3 Le Joyau Noir

nihon.ryouri.asia

3 Le Joyau Noir

Hawkmoon mit pied à terre et suivit son éclaireur jusqu’à la

crête de la colline, le dos courbé, avançant

précautionneusement.

En arrivant au sommet, il se coucha sur le sol et observa la

vallée où serpentait le fleuve. Pour la première fois, il pouvait

contempler la Granbretanne dans toute sa puissance.

C’était comme une vaste légion surgie de l’enfer, qui

progressait lentement vers le sud, les bataillons succédant aux

bataillons, les escadrons suivant les escadrons, et cette

multitude de soldats masqués faisait penser à une armée

d’animaux avançant implacablement vers les frontières de

Kamarg. Des bannières immenses flottaient sur cette mer, des

étendards de métal se balançaient au bout de longues hampes.

Il y avait la bannière d’Asrovak Mikosevaar, ornée du cadavre

ricanant surmonté d’un vautour, et qui portait, en lettres

écarlates, la devise Mort à la Vie. La silhouette minuscule qui

chevauchait près de ce drapeau devait être Mikosevaar en

personne, le plus impitoyable des seigneurs de la guerre

granbretons, après le baron Meliadus. Suivant l’emblème félin

du duc Vendel, grand connétable de l’ordre du Chat, avançaient

les troupes aux masques de mouche du seigneur Jarak

Nankenseen. Il y avait ainsi plus de cent bannières, parmi

lesquelles Hawkmoon remarqua celle de l’ordre de la Mante.

Seul le grand connétable de cet ordre était absent – il s’agissait

de l’empereur Huon. En tête marchaient les loups de Meliadus.

Le baron portait lui-même son étendard, et son cheval

caparaçonné arborait un chanfrein qui le faisait ressembler à un

loup gigantesque.

Le sol tremblait sous le pas des hommes et des bêtes, l’air

était empli du cliquetis métallique des armes et des armures et

l’atmosphère était chargée de l’odeur des chevaux et des soldats

ruisselants de sueur.

Hawkmoon ne s’absorba pas longtemps dans la

contemplation de cette fantastique armée. Rapidement, il

reporta son attention sur le fleuve, observant les péniches

lourdement chargées, qui progressaient bord contre bord. Elles

étaient si nombreuses qu’elles cachaient presque totalement les

112

More magazines by this user
Similar magazines