3 Le Joyau Noir

nihon.ryouri.asia

3 Le Joyau Noir

La nuit venait et, comme il était impossible aux

ornithoptères de voler dans l’obscurité, le baron Meliadus ne

pourrait apprendre la raison exacte de l’assèchement brutal du

fleuve que le lendemain. Alors, songea Hawkmoon, il enverrait

sans doute ses sapeurs réparer les dégâts. Mais, cela, le jeune

duc l’avait prévu aussi.

Il était temps à présent de se préparer. Il rampa jusqu’à la

cuvette où bivouaquaient ses hommes et réunit ses lieutenants.

Il visait un objectif précis et il espérait que le succès de son

projet démoraliserait complètement les guerriers de

Granbretanne.

La nuit était tombée. À la lumière des torches, les soldats

continuaient à travailler, tirant les lourdes machines de guerre

jusqu’à la rive, rapportant sur la terre ferme des caisses de

vivres. Meliadus, pressé d’atteindre les frontières de Kamarg,

n’avait accordé aucun répit à ses hommes. Monté sur son

destrier, il parcourait le terrain, exhortant les soldats épuisés et

en sueur. Au camp, chaque ordre avait monté ses tentes autour

de sa bannière, mais rares étaient ceux qui se reposaient.

Personne ne remarqua l’approche des guerriers vêtus de

capes noires dont les chevaux descendaient sans bruit les flancs

de la colline.

Hawkmoon arrêta sa monture et porta sa main droite à son

côté, où pendait le sabre que Meliadus lui avait donné. Il le tira

du fourreau, le leva lentement, puis, d’un geste énergique, le

pointa vers l’avant. C’était le signal de la charge.

Sans pousser un cri, accompagnés seulement par le

roulement des sabots de leurs bêtes et le cliquetis métallique de

leurs armes, les hommes de Kamarg s’élancèrent, suivant leur

chef qui, couché sur l’encolure de son cheval, fondait sur un

garde surpris. La pointe de son sabre s’enfonça dans la gorge du

soldat, qui trépassa avec un gargouillis étouffé. Ils arrivèrent

devant les premières tentes, coupèrent les cordes qui les

retenaient et occirent les rares ennemis qui essayaient de les

arrêter. Les Granbretons ignoraient toujours qui les attaquait.

Hawkmoon atteignit le centre du premier cercle, et son bras

armé décrivit une large courbe. La lourde lame brisa la hampe

115

More magazines by this user
Similar magazines