3 Le Joyau Noir

nihon.ryouri.asia

3 Le Joyau Noir

oi-empereur, souverain de Granbretanne et futur maître de

l’Europe entière.

— Dis à ton maître d’ôter son masque et de parler lui-même,

rétorqua le comte Airain de sa voix sonore.

— Mon maître vous offre une paix honorable. Si vous vous

rendez sur-le-champ, il promet que le sang ne coulera pas. Il se

bornera à assurer le gouvernement de votre province au nom du

roi Huon, pour que justice soit faite et que l’ordre s’installe sur

cette terre rebelle. Nous vous offrons le salut. Si vous refusez,

toute la Kamarg devra en supporter les conséquences. Tout ce

que le feu n’aura pas détruit sera englouti par la mer. Le baron

Meliadus dit que vous savez fort bien qu’il est en son pouvoir

d’agir ainsi et que toute résistance entraînerait votre mort, ainsi

que celle de vos sujets.

— Dis au baron Meliadus, qui se dissimule derrière son

masque, trop honteux pour parler puisqu’il sait qu’il n’est qu’un

roquet misérable, qui a abusé de mon hospitalité et que j’ai

défait en un combat loyal, dis-lui que nous sommes capables de

le mettre à mort, lui, comme ses semblables. Dis-lui qu’il n’est

qu’un chien peureux et que mille de ses pareils ne pourraient

venir à bout d’un taureau de Kamarg. Dis-lui que nous

méprisons l’offre de paix qu’il nous fait, que nous la considérons

comme une ruse grossière qui n’aurait même pas abusé un

enfant. Dis-lui que nous n’avons nul besoin d’un gouverneur et

que nous sommes très satisfaits de la manière dont nous nous

gouvernons. Dis-lui…

Airain partit d’un grand rire en voyant Meliadus, fou de rage,

faire demi-tour et, suivi du héraut, rejoindre ses hommes.

Ils attendirent un quart d’heure, puis virent décoller les

ornithoptères. Dorian soupira. Les machines volantes avaient

déjà causé sa défaite à Köln. L’Histoire allait-elle se répéter ?

Le comte leva son sabre, et l’on entendit un grand

bruissement d’ailes. Regardant derrière lui, le jeune duc vit les

flamants écarlates prendre leur essor. Comparés aux maladroits

ornithoptères, qui s’efforçaient d’imiter leur vol, ils avaient une

grâce extraordinaire. Les grands oiseaux montaient toujours

plus haut, et leurs cavaliers, juchés sur leurs hautes selles,

126

More magazines by this user
Similar magazines