3 Le Joyau Noir

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3 Le Joyau Noir

chacun muni d’une lance-feu, les guidèrent à la rencontre des

ornithoptères de bronze.

Les flamants, qui volaient à une altitude supérieure, étaient

mieux placés que les lourds appareils, mais il était difficile de

croire qu’ils pourraient sortir vainqueurs de l’affrontement. Des

traînées rouges, presque invisibles à cette distance, venaient

frapper les flancs des ornithoptères. Un pilote fut touché. Tué

sur le coup, il tomba de son appareil, dont les ailes, après avoir

battu l’air quelques instants d’une façon désordonnée, se

replièrent. Comme une pierre, l’engin vint s’écraser au pied de

la colline. Hawkmoon vit un pilote granbreton braquer sur un

flamant les canons jumeaux de son ornithoptère. Deux traits de

feu rayèrent le ciel, et l’oiseau écarlate, touché, bascula sur le

flanc. Dans un nuage de plumes, il s’abattit sur le sol. L’air était

brûlant et empli du bruit infernal des machines volantes, mais

le comte Airain s’était détourné du spectacle pour s’intéresser à

la cavalerie du Ténébreux Empire, qui venait de lancer la

charge.

Pendant un moment, le comte resta immobile, se contentant

de regarder la foule des cavaliers qui se rapprochait. Puis il leva

son sabre une nouvelle fois et rugit :

— Que les tours ouvrent le feu !

Les museaux de certaines des armes étranges qui hérissaient

les tours se tournèrent en direction des assaillants et un

sifflement aigu se fit entendre, presque insoutenable.

Hawkmoon remarqua que les armes n’avaient envoyé aucun

projectile ; cependant, à l’instant où ils atteignaient les

marécages, les chevaux se cabraient, affolés, les naseaux

écumants et les yeux révulsés. Les cavaliers étaient désarçonnés

et, pataugeant dans la boue, essayaient de calmer les bêtes

malades de peur.

Le comte Airain se tourna vers son compagnon.

— Cette arme émet un rayon invisible qui porte le son. Le

sifflement que vous avez entendu n’est rien auprès de ce qu’ont

dû subir les montures de nos ennemis.

— Devons-nous charger sur-le-champ ? demanda

Hawkmoon.

— Non, non, attendons. Refrénez votre impatience.

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