Suivre le lien - Direction des Enseignements Secondaires

des.pf

Suivre le lien - Direction des Enseignements Secondaires

CONTRIBUTION DE L. ROSSO-MIRZICA

Collège de Papara


LES TRAITES NEGRIERES ET LES

ESCLAVAGES


MISE AU POINT SCIENTIFIQUE


BIBLIOGRAPHIE

O. PETRE-GRENOUILLEAU : « Traites négrières, essai

d’histoire globale ». Gallimard 2004

Doc.Photo : « Les traites négrières » n°8032

M.DORIGNY etB.GAINOT : « Atlas des esclavages »

N° spécial Capital Histoire : « Les grands empires dans

l’Histoire

Historiens et Géographes n° 408 (nov.2009) : Article

« Enseigner l’esclavage en France »

Colloque ECEHG : « L’enseignement de l’esclavage, des

traites et de leurs abolitions dans l’espace hexagonal »

(2006/2010)

V.ALBE : « Enseigner des controverses ». 2009


« J’habite une blessure sacrée,

J’habite des ancêtres imaginaires,

J’habite un vouloir obscur,

J’habite un long silence,

J’habite une soif irrémédiable,

J’habite un voyage de mille ans,

J’habite une guerre de trois cent ans… »

A. Césaire : « Cahier d’un retour au pays

natal ».


INTRODUIRE LE SUJET

L’esclavage est la négation de l’être humain pour le réduire à

l’état de force de travail brut. Il n’est attaché ni à une

civilisation, ni à un espace géographique, ni à une époque

donnée. C’est l’une des formes les plus constantes de la

domination d’êtres humains par d’autres.

L’esclavage est à distinguer de la traite qui apparaît au VII è

siècle côté oriental avec l’expansion musulmane et du côté

occidental au XVII è siècle avec la création du système de

plantation aux Amériques.

La traite des Noirs apparaît comme une migration forcée parmi

d’autres sauf que le déporté est désigné comme l’Autre absolu et

qu’il fait l’objet d’un commerce.

Ainsi, plus de 40 millions d’hommes, de femmes et d’enfants

ont été transformés en marchandises dans le cadre de la plus

importante déportation organisée d’être humains.


Afin de mieux comprendre de quoi l’on parle, il nous faut tout

d’abord nous arrêter sur les mots et leur signification :

- Esclave : Dans la Rome antique, le terme « servus » viendrait de

« servare », sens que l’on trouve encore dans « conserver »

(garder en vie). Autour de l’an mil, le terme « servus » est

remplacé en Occident par le terme « sclavus » qui vient du droit

germanique. Il désigne plus particulièrement les populations

serviles des régions spécifiquement slaves. Mais son usage est

étendu aux Arabes, aux Turcs et aux Grecs.

L’esclave fait de l’individu la chose d’un maître qui dispose

souverainement de son corps, de son travail et de ses biens. Il

peut être vendu, loué ou cédé à bail.

- Nègre : Vient de « negro » (origine espagnole). Désigne au XV è

siècle une « personne de race noire » avant de prendre au XVIII

è siècle le sens « d’esclave noir ».


- Traite : Sous l’Ancien Régime, le mot désigne un commerce. Au pluriel, les

traites négrières renvoient à l’idée de pluralités des formes de traites et à des

temporalités différentes.

Pour Olivier Pétré-Grenouilleau, la traite est née de l’incapacité de certaines

sociétés esclavagistes, aux Amériques comme en Afrique noire pré-coloniale et

dans le monde musulman, à maintenir ou à développer leur population servile

par croît naturel. Elle repose sur la combinaison de 5 éléments :

• Existence de réseaux d’approvisionnement de captifs, organisés et stables,

avec des lieux et des routes

• L’insuffisance de la croissance démographique des esclaves sur leur lieu

d’importation

• Différence entre les lieux de production et d’utilisation

• Des échanges sous forme tributaire avec des courtiers sur place

• Assentiments d’entités politiques qui y trouvaient leur intérêt.

Au total, enseigner l’histoire des traites négrières et des esclavages c’est

enseigner une histoire globale et complexe.


PROBLEMATIQUE

COMMENT HISTOIRE ET MÉMOIRE DES TRAITES

ET DES ESCLAVAGES ENTRENT – ELLES EN

RESONANCE, EN CONTRADICTION OU EN

DIALOGUE ?


POINT 1 / LES TRAITES

NEGRIERES : UNE HISTOIRE

GLOBALE


L’histoire globale (« world history » ou « new global

history ») vise à décrire, à penser les contacts entre les

peuples et les civilisations : c’est une histoire des échanges,

des guerres, des transferts et des destructions.

Faire de l’histoire globale c’est réapprendre à penser les

dynamiques historiques, redonner vie à l’histoire

comparée c’est aussi reposer la question du Même et de

l’Autre.

Faire de l’histoire globale c’est apprendre à réarticuler les

dynamiques de l’économie, des forces sociales, du

politique, des cultures et de l’imaginaire.

Si la construction des nations a donné naissance aux

histoires nationales, la construction d’un espace

mondialisé invite à repenser l’histoire de la planète dans

son ensemble.


Ainsi, le travail d’O.P.G. s’inscrit dans cette dynamique : le

trafic des esclaves noirs a impliqué 4 continents (Afrique,

Europe, Asie et Amérique), ce qui rend indispensable le

recours à une histoire globale prenant en compte toutes

les dynamiques locales.

A noter : quelques ouvrages majeurs d’histoire globale

- La naissance du monde moderne de CH. Bayly (2007)

C’est cet ouvrage qui fait connaître la « world history » au

public français.

- « Géohistoire de la mondialisation » de CH.Grataloup

(2007)

Ce géographe analyse sur la longue durée les processus qui

ont permis à l’Occident d’imposer sa vision du monde.


- « L’histoire économique globale » de PH. NOREL

(2009)

Dans son ouvrage, Norel relativise de l’Occident au

développement économique et scientifique du

monde.

Selon ses travaux, avant la RI, la plupart des inventions

sont chinoises, indiennes ou arabes. La grande force

de l’Occident c’est d’avoir transformé et valorisé les

inventions des autres.


POINT 2 / MISE AU POINT

SCIENTIFIQUE


A – LES ESCLAVAGES AVANT

LES GRANDES DECOUVERTES


1 / L’ESCLAVAGE ANTIQUE

On ne peut guère parler de traite négrière dans le monde

antique. Parmi beaucoup d’autres, des esclaves noirs

étaient présents en Egypte, à Carthage ou bien à Rome. Ils

venaient principalement d’Afrique orientale.

Mais les effectifs concernés sont demeurés faibles, les flux

instables et liés aux guerres plus qu’à l’existence de

réseaux commerciaux structurés.

De plus, l’image du Noir n’est pas particulièrement

négative dans le monde gréco-romain.

Ainsi, si l’esclavage existe depuis l’Antiquité, ce n’est

pas le cas de l’histoire de la traite.


2 / LES TRAITES ORIENTALES


Les empires arabe, perse, puis ottoman ont

systématiquement pratiqué l’esclavage. L’islam interdisant

la réduction en esclavage des croyants, les Africains non

islamisés vivant au sud du Sahara furent considérés

comme devant être esclaves : ainsi, entre le VIII è et le

XIX è siècle, le monde arabe transporta plusieurs

millions d’Africains.

D’ailleurs c’est dans le cadre des traites orientales

que l’image du Noir, peu à peu assimilée à la figure de

l’esclave, se dévalorisa, participant à son tour à la

légitimation de la traite dont l’empire avait besoin.

A noter : absence de sources comptables pour connaître

avec précision l’ampleur du prélèvement mais les

estimations oscillent entre 7 et 14 millions de personnes.


3 / LES TRAITES AFRICAINES


Dans le continent africain, plusieurs éléments ont donné à

l’esclavage une si grande importance que, à partir du

milieu du XV è siècle, le mot « africain » équivalait à

esclave, puis « nègre » signifia esclave. En Afrique, la

guerre était partout et constante, faisant de nombreux

captifs.

La traite intra-africaine est bien antérieure au XV è siècle.

Trois faits la favorisèrent :

- De grandes formations étatiques dans les régions de

savanes (Sahel, pays du Zambèze, royaume du Kongo)

- L’existence d’un grand nombre de captifs dus à la guerre

permanente et aux razzias

- Et la conquête arabe offrant des débouchés à des

intermédiaires de la traite.


B – LES TRAITES OCCIDENTALES

1 / LES DEBUTS DES TRAITES OCCIDENTALES

Pour qualifier l’ensemble des traites qui ont alimenté le monde

occidental et ses possessions, mieux vaut parler de « traites

occidentales » que de « traites atlantiques ». Car des esclaves

noirs furent également déportés en direction des colonies de

plantation de l’Océan Indien.

Du milieu du XV è siècle au dernier tiers du XVII è siècle, le

commerce entre Européens et Africains était diversifié : les

premiers allaient chercher en Afrique de l’or, de l’ivoire et aussi

quelques esclaves. En échange, ils apportaient des marchandises

variées , parmi lesquelles des comestibles.

Sans la mise en place du système de la plantation aux

Amériques (Caraibes, Brésil et Sud des EU), l’arrivée massive

d’esclaves noirs n’aurait sans doute pas été nécessaire.


Au final, ce sont des raisons à la fois politiques et

économiques qui furent à l’origine de l’essor de la

traite occidentale. Or, à la fin du XVII è siècle,

l’Afrique disposait d’un nombre important d’esclaves

issus de conflits militaires et encore faiblement

employés sur place : ainsi, développement de la

traite occidentale mille ans après les débuts de la

traite orientale.

Dans les deux cas (orientale et occidentale), le

racisme paraît avoir été plus la conséquence que

la cause de l’essor du trafic négrier.


2 / LA TRAITE EUROPEENNE

Si la traite existait en Afrique et en Asie, c’est la

colonisation du Nouveau Monde par les Européens

qui marqua une rupture quantitative.

En effet, la traite européenne constitua une des plus

massives entreprises de déplacement forcé d’êtres

humains : entre 12 et 15 millions d’hommes et de

femmes arrachés à leur continent sans espoir de

retour.

Cette déportation de masse fut organisée

administrativement par les plus grandes nations

d’Europe.


DOC. LES ROUTES DU COMMERCE

NEGRIER


La traite négrière du XVI è au XIX è siècle forma trois

circuits distincts :

- La traite de l’Atlantique nord = moteur du système négrier

européen, fonctionnait selon le schéma du « commerce

triangulaire

- La traite de l’Atlantique sud fonctionnait presque toujours

en « droiture » = liens directs entre le Brésil et la côte

occidentale de l’Afrique. Le détour par Lisbonne était

exceptionnel.

- La traite dans l’Océan Indien : transactions effectuées des

côtes de Madagascar et d’ Afrique orientale vers les îles

sans revenir en Europe.


DOC. LES CHIFFRES DE LA TRAITE

Les chiffres de la traite négrière ont été longtemps

objet de vives polémiques.

Aujourd’hui, les données statistiques sont désormais

admises par tous : entre 12 et 13 millions d’Africains

ont été embarqués à bord des négriers européens,

toutes destinations confondues, avec un taux de

mortalité moyen de l’ordre de 15%.

Le nombre de victimes en Afrique, du fait direct de la

traite européenne, est impossible à évaluer avec

précision, faute de sources.


3 / L’EUROPE NEGRIERE

Trois grands pays ont assuré la traite atlantique : le

Portugal (90% de l’ensemble), l’Angleterre (près de 10 000

expéditions négrières) et la France (un peu plus de 3 700

expéditions négrières. L’Espagne, pour sa part, a fait appel

à la traite étrangère.

Elle s’appuya surtout sur les ports de sa façade atlantique,

en plein essor depuis la mise en valeur des colonies

d’Amérique.

L’esclavage et les traites négrières jouent un rôle de

premier plan dans l’essor de l’Europe et la première

mondialisation.


DOCUMENT


LES GRANDS PORTS DE LA TRAITE

ATLANTIQUE

L’Europe des ports négriers se concentre dans un

triangle délimité par Bordeaux, Liverpool et la côte

néerlandaise. Les trois grands ports négriers

britanniques arrivent en tête : Liverpool, Londres et

Bristol.

Le second groupe est constitué des ports négriers

français : Nantes, la Rochelle, Bordeaux, Saint-Malo et

le Havre-Rouen.

Viennent ensuite les ports des Provinces-Unies :

Amsterdam et Rotterdam essentiellement.

Et loin derrière, Lisbonne et Cadix.


C- LES SOCIETES ESCLAVAGISTES

1 / LE CADRE DE LA PLANTATION

Le système esclavagiste colonial a été étroitement associé,

entre le milieu du XVII è siècle et le premier tiers du XIX

è, à la plantation, appelée habitation dans les Antilles

Françaises et à la Réunion.

La plantation esclavagiste type est principalement

consacrée à la monoculture de la canne à sucre.

Aux Antilles, les planteurs avaient d’abord utilisé la maind’œuvre

amérindienne mais elle était affaiblie par le choc

microbien et refusait l’esclavage. Ensuite, on fit venir des

ouvriers blancs « engagés » qui payaient le prix de leur

voyage en travaillant. La dernière solution fut d’utiliser les

esclaves noirs africains.


REPARTITION DES ESCLAVES DANS

LES ANTILLES FRANCAISES


SALADIER AUX ESCLAVES


Les plantations concentraient en un même lieu le

travail de la terre, la transformation des produits et la

vente directe aux négociants métropolitains.

On distingue plusieurs types d’esclaves :

- Les « esclaves à pioche » qui accomplissaient les

travaux les plus durs dans les champs. Réveillés avant

l’aurore, ils travaillaient sous le fouet d’un

contremaître chargé de punir tout signe de

relâchement. Le travail s’interrompait pendant deux

heures pour le repas puis reprenait jusqu’à la nuit.


- « les esclaves à talents »exerçaient des professions

de menuisiers, forgerons, ouvriers du sucre ou du

café… Travail particulièrement dangereux (bras

brûlés dans les chaudières par exemple).

- Les esclaves domestiques qui servaient aux travaux

de la maison.


2 / LES RESISTANCES A L’ESCLAVAGE

A la mise en servitude est associée son contraire la résistance.

Il existait plusieurs formes de résistance à l’esclavage : le refus

de se laisser embarquer ou les révoltes à bord des navires

négriers ou encore des avortements, des suicides, les ruptures

du rythme de travail dans les ateliers, les empoisonnements de

la table du maître, les sabotages des machines …

La première forme de résistance est la fuite, appelée

marronnage : les esclaves fugitifs se cachaient dans les coins

sauvages, souvent poursuivis par des chasseurs de fugitifs.

Quiconque rencontrait un fugitif avait le droit de le tuer.

Autre forme de résistance : les révoltes, particulièrement

nombreuses au tournant du XVIII è siècle (rôle de la RF).


D – LES TRAITES DANS L’HISTOIRE

1/ LE ROLE DE LA TRAITE DANS L’ESSOR DE

L’OCCIDENT

Idée généralement admise : la traite et l’esclavage ont joué

un rôle dominant dans l’accumulation du capital

nécessaire au démarrage de la révolution industrielle.

On sait aujourd’hui que les profits de la traite étaient très

irréguliers. En moyenne, ils n’ont pas dépassé 10% pour la

traite anglaise qui était la plus profitable de toutes les

traites européennes.

Par contre, la traite a bien permis l’ascension de milieux

marchands : des négociants ont en effet pu s’enrichir et

s’élever dans la société.


2 / LA TRAITE DANS L’HISTOIRE DE L’AFRIQUE NOIRE

Du côté démographique, idée avancée : en 14 siècles, du VI è au

XX è siècle, environ 28 millions de personnes furent arrachées à

leur continent. Quelle serait la population de l’Afrique noire

sans les traites d’exportation ? Ou encore, par ses effets, la traite

constitue – t- elle ou non l’un des facteurs du mal

développement actuel de l’Afrique noire?

Aujourd’hui, plus personne ne fait de la révolution

démographique le préalable à la révolution industrielle.

Autre cliché répandu : dans l’Afrique pré-coloniale, toutes les

guerres étaient entreprises pour se procurer des esclaves. Or, en

Afrique comme ailleurs, les guerres répondaient à des logiques à

la fois politiques et économiques, et les esclaves étaient le plus

souvent un sous-produit qu’un but de guerre.


3 / LA PERCEPTION DE L’ESCLAVAGE : COMBATTRE LES IDEES RECUES

Tout d’abord, le régime de l’esclavage : le mythe des soins apportés par les maîtres aux esclaves. En

fait, l’esclavage génère la mort, à brève échéance le travail de l’esclave tue. Selon des historiens

démographes anglo-saxons, l’espérance de vie d’un esclave à son arrivée sur une plantation était de 4

à 6 ans.

Ensuite : le Code Noir (1685) : De nombreux extraits de ce document dans les manuels alors que ce

document ne correspond à aucune réalité car il ne fut jamais appliqué. Ce furent les réglementations

mises au point par les assemblées locales de planteurs qui constituèrent un véritable code de

fonctionnement juridique et social des colonies, laissant aux propriétaires droit de vie et de mort sur

leurs esclaves.

Autre évocation à propos du Code Noir : sert souvent de justification en tant que garant théorique

contre les abus des maîtres, démarche qui entretient l’illusion d’une sorte de protection des esclaves.

En fait, existence d’un véritable régime de terreur sur les plantations.

Autre point : les abolitions de l’esclavage : elles ne furent jamais l’effet d’un décret généreux pris par

les puissances coloniales. Dans le cas de la France, prise en compte de plusieurs éléments : révoltes

d’esclaves ou menaces de révoltes d’esclaves, aspect économique (la question de la rentabilité de

l’esclavage dans contexte RI et culture de la betterave sucrière).

Enfin : la qualification de crime contre l’humanité (loi Taubira de 2001) n’est pas nouvelle : dès la fin

du XVIII è siècle, Condorcet, Mirabeau, l’abbé Grégoire, les abolitionnistes britanniques avaient

dénoncé l’esclavage en tant que crimes.


Au total, les traites négrières constituent une

question complexe faisant partie d’un nouveau

champ de la recherche historique : l’histoire

globale.

Or, cette question est controversée et constitue

« une question socialement vive ».


POINT 3 / LES TRAITES NEGRIERES

ET LES ESCLAVAGES :UNE QSV

Aborder la question des traites négrières c’est aborder une

thématique avec le statut de question socialement et

politiquement vive.

Qu’est ce qu’une Question Socialement Vive ?

Cette expression de QSV dans l’enseignement de l’histoire est

récente pour la France et plus ancienne dans le domaine anglosaxon

(« controversial issues », « controversial topics »)

Legardez et Simonneaux (« Enseigner les questions vives », ESF

2006) évoquent 3 raisons pour lesquelles une question peut être

socialement vive à l’école :

- Elle est vive dans la société

- Elle est vive dans les savoirs de référence

- Elle est vive dans les savoirs scolaires


EXEMPLES DE QSV

La Révolution Française

L’esclavage et les traites négrières

Le fait religieux

La colonisation

La Shoah

Le communisme

Le régime de Vichy : archétype de la question

controversée (travaux de R.Paxton puis de H.Rousso)


EN QUOI LES TRAITES NEGRIERES

CONSTITUENT-ELLES UNE QSV ?

Plusieurs raisons liées à la montée des revendications

mémorielles des Noirs en France hexagonale et Outre-Mer.

Ils souhaitent bénéficier du même intérêt mémoriel dont

jouissent les Juifs par rapport à la Shoah.

A – La commémoration du 150 è anniversaire de l’abolition

de l’esclavage en 1998

B- La loi Taubira de 2001

C – La loi du 23 février 2005

D- L’affaire dite « Pétré-Grenouilleau » et ses

conséquences

Remarque : Depuis 2008, les débats sur l’enseignement de

l’esclavage ont considérablement baissé d’intensité alors que les

programmes de recherche se sont développées (création du

Centre International de Recherche sur les Esclavages en 2008).


POINT 4

LES TRAITES NEGRIERES DANS LES

PROGRAMMES SCOLAIRES


En une dizaine d’années, le thème de l’esclavage et

des traites négrières a connu une évolution marquée

du point de vue de leur inscription dans les

programmes et les textes officiels.

Ainsi, on peut mesurer l’importance croissante de

cette thématique dans l’esprit des représentants de

l’éducation nationale : ainsi, les traites négrières

constituent une « question chaude » et ce seront les

nouveaux programmes qui vont la « refroidir ».


DANS LE PRIMAIRE

Les programmes de 2002 intègrent pour la première

fois la question de l’esclavage dans l’un des chapitres à

l’étude.


DANS LE COLLEGE

A/ PROGRAMMES DE 1997

- En France hexagonale, aucune mention de l’esclavage

hormis les repères chronologiques de fin de 3 è.

- Dans les DOM

Adaptation des programmes afin de prendre en compte

la spécificité de l’enseignement sur place.

B/ PROGRAMMES DE 2008

Les nouveaux programmes introduisent l’esclavage

dans l’enseignement de l’histoire: en classe de 5 è et

en classe de 4 è.


INSTRUCTIONS OFFICIELLES

DIVERSES DEPUIS LA LOI TAUBIRA

DE 2001

1) Circulaire du 2/11/2005 et BO N°41 du 10/11/2005

2) Note de service du 4/11/2005 et BO N°42 du

17/11/2005

3) Note de service du 14/4/2006 et BO N°16 du

20/4/2006

Le 10 mai est retenu : Mémoire de la traite négrière, de

l’esclavage et de leurs abolitions.


4) Texte du 5 mai 2006 de la Direction générale de

l’Enseignement scolaire

5) Note de service du 31/10/2007 et BO N°40 du

8/11/2007

- 2 décembre : journée internationale pour l’abolition de

l’esclavage

- 10 mai : date anniversaire de l’adoption à l’unanimité

par le Sénat reconnaissant la traite et l’esclavage

comme crime contre l’humanité.


6) Circulaire du 29/4/2008 du Premier Ministre et BO du 2

mai 2008

Calendrier des commémorations de la traite négrière, de l’esclavage

et de leurs abolitions :

- 10 mai : journée de commémoration nationale

- + Outre-Mer

- 27 avril : Mayotte

- 22 mai : Martinique

- 27 mai : Guadeloupe

- 10 juin : Guyane

- 20 décembre : Réunion

- 7) Note de service du 9/2/2009 et BO N°8 du 19/2/2009

- 8) Note de service du 9/4/2010 et BO N°17 du 29/4/2010


CONCLUSION

La question de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions a

occupé une place croissante des politiques éducatives de l’Etat

français au cours des années 2000, à l’occasion de la refonte des

différents programmes.

Ces programmes scolaires ont clairement répondu à des enjeux

et en se faisant l’écho d’enjeux politiques.

En effet, la volonté de l’Etat de prendre en considération la

« mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs

abolitions » répond à deux engagements politiques : celui de la

loi Taubira d’une part et d’autre part celui du Président de la

République J. Chirac.

Toutefois, dans la rédaction des programmes, le renouvellement

de l’historiographie a été pris en compte ( intégration des traites

orientales et africaines) : ainsi, face au devoir de mémoire du

politique s’est posé un devoir d’histoire.

More magazines by this user
Similar magazines