diagnostic biologique - Faculté de médecine de Montpellier
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MIB - Dermatologie – ECN 79, 87, 343 Diagnostic et suivi <strong>de</strong>s infections <strong>de</strong>s muqueuses, <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s phanères, <strong>de</strong> la gale et<br />
<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
Année Universitaire 2006 - 2007<br />
Diagnostic et suivi <strong>de</strong>s infections <strong>de</strong>s muqueuses, <strong>de</strong> la peau et<br />
<strong>de</strong>s phanères, <strong>de</strong> la gale et <strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s<br />
examens <strong>biologique</strong>s<br />
(P. Rispail, J.-P. Lavigne, M. Segondy, H. Darbas)<br />
Décembre 2006<br />
P. Rispail, J.-P. Lavigne, M. Segondy, H. Darbas<br />
Objectifs E.N.C.<br />
79 - Ectoparasitoses cutanées : gale et pédiculose.<br />
87 - Infections cutanéo-muqueuses bactériennes et mycosiques.<br />
343 - Ulcérations ou érosions <strong>de</strong>s muqueuses orales et/ou génitales.<br />
I. Principaux tableaux cliniques évocateurs<br />
I.1. Infections muqueuses<br />
I.1.1. Infections bactériennes <strong>de</strong>s muqueuses<br />
Une érosion se définit comme une perte <strong>de</strong> substance superficielle (épi<strong>de</strong>rmique et/ou <strong>de</strong>rmique superficielle)<br />
souvent post-vésiculeuse, post-bulleuse, post-traumatique, qui guérira généralement sans cicatrice.<br />
L’ulcération, plus profon<strong>de</strong>, intéresse le <strong>de</strong>rme moyen et profond avec <strong>de</strong>s risques <strong>de</strong> cicatrices.<br />
Le chancre est à une érosion ou ulcération <strong>de</strong> nature infectieuse provoquée par la pénétration d’un microorganisme<br />
ou bacille spécifique (tréponème, bacille <strong>de</strong> Ducrey).<br />
Les principales causes infectieuses spécifiques sont du domaine <strong>de</strong>s MST et sont plus habituelles sur les<br />
muqueuses génitales (syphilis (Treponema pallidum), chancre mou (Haemophilus ducrey), maladie <strong>de</strong> Nicolas et<br />
Favre (Chlamydia trachomatis) et donovanose). Les infections à germes banaux peuvent induire <strong>de</strong>s ulcérations<br />
muqueuses chroniques voire extensives en cas <strong>de</strong> déficit immunitaire et s’accompagnent d’adénopathies satellites.<br />
Elles sont exceptionnelles chez le sujet immunocompétent.<br />
I.1.2. Infections virales <strong>de</strong>s muqueuses : herpès<br />
Les virus « herpes simplex » <strong>de</strong> type 1 et 2 (HSV-1, HSV-2) [et le virus <strong>de</strong> la varicelle et du zona (VZV)]<br />
appartiennent à la famille <strong>de</strong>s Herpesviridae. Ces virus sont responsables d'éruptions vésiculeuses et se caractérisent<br />
par leur persistance dans l'organisme sous forme latente, avec <strong>de</strong>s réactivations qui peuvent être symptomatiques<br />
(infections récurrentes). Le virus HSV-1 est surtout responsable <strong>de</strong> l'herpès oral et le virus HSV-2 <strong>de</strong> l'herpès génital.<br />
Cette distinction n'est toutefois pas stricte et 10-20% <strong>de</strong>s cas d'herpès génital sont dus à HSV-1. Des formes sévères<br />
d'infection par ces virus peuvent être observées :<br />
HSV-1 HSV-2 VZV<br />
Gingivo-stomatite (primo-infection)<br />
Kératite<br />
Encéphalite<br />
Atteintes viscérales : oesophagite,<br />
hépatite, pneumonie…<br />
(immunodéprimés)<br />
Herpès néonatal<br />
Atteintes viscérales<br />
(immunodéprimés)<br />
Pneumonie<br />
(primo-infection adultes)<br />
Encéphalite, cérébellite<br />
Embryo-foetopathies<br />
Varicelle néonatale<br />
(immunodéprimés)<br />
La primo-infection se traduit par une éruption vésiculeuse douloureuse sur la muqueuses buccale ou génitale,<br />
avec souvent <strong>de</strong>s signes généraux (fièvre). Les lésions persistent <strong>de</strong>ux à trois semaines. Il existe <strong>de</strong>s récurrences <strong>de</strong><br />
périodicité très variable.<br />
<strong>Faculté</strong> <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>Montpellier</strong>-Nîmes
MIB - Dermatologie – ECN 79, 87, 343 Diagnostic et suivi <strong>de</strong>s infections <strong>de</strong>s muqueuses, <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s phanères, <strong>de</strong> la gale et<br />
<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
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I.1.3. Infections fongiques <strong>de</strong>s muqueuses : candidoses<br />
I.1.3.1. Candidoses buccales :<br />
* Les stomatites aiguës candidosiques regroupent : la stomatite pseudo-membraneuse, ou muguet buccal :<br />
enduit blanchâtre en plaques, recouvrant une muqueuse jugale érythémateuse, voire hémorragique; atteinte<br />
concomitante fréquente <strong>de</strong> la langue (glossite) et du palais (ouranite) ; la stomatite érythémateuse, souvent après<br />
antibiothérapie : pas d'enduit blanchâtre, mais érythème intense, sensation <strong>de</strong> brûlure, glossite érythémateuse, lisse et<br />
vernissée, ouranite ; la stomatite <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ntiers, ou « candidose <strong>de</strong>s prothèses » : érythème intense, limité à la zone<br />
prothétique.<br />
* Les Candida peuvent coloniser et pérenniser certaines lésions <strong>de</strong> stomatites chroniques, sans pour cela<br />
<strong>de</strong>voir toujours être considérés comme responsables <strong>de</strong> la pathologie : leucoplasie buccale, glossite losangique<br />
médiane, langue noire villeuse, ...<br />
* La chéilite candidosique se traduit par un gonflement <strong>de</strong>s lèvres, recouvertes <strong>de</strong> squames sèches et <strong>de</strong><br />
croûtelles. La chéilite angulaire, ou perlèche candidosique, est un intertrigo <strong>de</strong>s commissures labiales : fissures<br />
érythémato-squameuses.<br />
* La laryngite candidosique est une extension <strong>de</strong> l'œsophagite et/ou du muguet buccal.<br />
I.1.3.2. Candidoses génitales :<br />
* La vulvo-vaginite candidosique est liée à un déséquilibre <strong>de</strong> la trophicité et/ou du pH <strong>de</strong> la muqueuse vaginale. Elle est<br />
favorisée en particulier par la grossesse, toutes les affections gynécologiques, la prise d'œstro-progestatifs et le diabète. Elle<br />
détermine prurit vulvaire et leucorrhées crémeuses.<br />
* La balano-posthite candidosique est une lésion inflammatoire du sillon balano-préputial, recouverte d'un<br />
enduit blanchâtre.<br />
* La dissémination ascendante <strong>de</strong> ces candidoses peut être à l'origine d'urétrite et <strong>de</strong> prostatite, <strong>de</strong> cystite et<br />
d'annexites, parfois d'urétérite, voire d'atteintes rénales.<br />
Certaines mycoses « exotiques » ont également une expression muqueuse : paracoccidioïdomycose ( =<br />
« blastomycose ») sud-américaine, …<br />
I.1.4. Infection parasitaire <strong>de</strong>s muqueuses : trichomonose génito-urinaire<br />
Maladie vénérienne bénigne, fréquente et cosmopolite, due à un Protozoaire Flagellé, Trichomonas vaginalis<br />
(bactériophage, parfois hématophage), se localisant dans les cavités uro-génitales : vagin, glan<strong>de</strong>s <strong>de</strong> Skene et <strong>de</strong><br />
Bartholin, vessie et urètre chez la femme, sillon balano-préputial, glan<strong>de</strong>s urétrales, vésicules séminales et prostate<br />
chez l'homme. La dissémination est favorisée par l'absence <strong>de</strong> symptomatologie quasi-constante chez l'homme, une<br />
fois sur <strong>de</strong>ux chez la femme. La vulvo-vaginite est aiguë ou sub-aiguë (leucorrhées, prurit vulvaire, dyspareunie).<br />
L'association avec Candida albicans est fréquente. La coexistence est possible avec les gonocoques ou <strong>de</strong>s<br />
pyogènes banaux.<br />
Certaines parasitoses « exotiques » ont également une expression muqueuse : leishmanioses sudaméricaines,<br />
…<br />
I.2. Infections cutanéo-phanériennes<br />
I.2.1. Infections cutanées bactériennes<br />
La peau normale est colonisée par une flore bactérienne qui occupe les couches superficielles <strong>de</strong> l’épi<strong>de</strong>rme<br />
et les annexes pilaires. Ce portage bactérien est plus marqué dans certaines régions cutanées (plis, périnée, mains)<br />
ou muqueuses (fosses nasales).<br />
La flore rési<strong>de</strong>nte ou permanente comporte <strong>de</strong>s cocci à Gram + (Staphylococcus epi<strong>de</strong>rmidis, mais aussi S.<br />
aureus), <strong>de</strong>s bacilles à Gram + (corynébactéries) aérobies ou anaérobies (Propionibacterium acnes) lipophiles ; <strong>de</strong>s<br />
bactéries à Gram – <strong>de</strong> type cocci (Neisseria sp.) et <strong>de</strong> type bacilles (Acinetobacter sp., Proteus sp....)<br />
La flore transitoire ou contaminante résulte d’une contamination externe ou <strong>de</strong> contiguïté à partir d’un portage<br />
muqueux. S. aureus est le contaminant le plus fréquent.<br />
La flore normale varie en fonction : - <strong>de</strong> la qualité <strong>de</strong> l’épi<strong>de</strong>rme (toute maladie affectant l’épi<strong>de</strong>rme et en<br />
particulier toute effraction est habituellement contaminée) ; - <strong>de</strong> l’interaction <strong>de</strong>s bactéries ; - <strong>de</strong> facteurs<br />
d’environnement (chaleur et humidité favorisant la contamination) ; - <strong>de</strong> l’hôte (déficit immunitaire, diabète...). Environ<br />
20% <strong>de</strong> la population normale est porteuse <strong>de</strong> façon prolongée <strong>de</strong> S. aureus sur <strong>de</strong>s « gîtes » cutanés ou muqueux<br />
(fosses nasales). Ce portage chronique est un facteur <strong>de</strong> risque d’infections cutanées symptomatiques. Il est<br />
particulièrement fréquent chez les diabétiques, les hémodialysés, les patients atteints <strong>de</strong> <strong>de</strong>rmatite atopique.<br />
Décembre 2006<br />
P. Rispail, J.-P. Lavigne, M. Segondy, H. Darbas<br />
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<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
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L’impétigo est une infection cutanée superficielle (sous la couche cornée <strong>de</strong> l’épi<strong>de</strong>rme) à streptocoque βhémolytique<br />
du groupe A et/ou à S. aureus. Auto-inoculable et non immunisant, il atteint surtout l’enfant. Il est<br />
contagieux avec <strong>de</strong> petites épidémies familiales ou <strong>de</strong> collectivités qui justifient l’éviction scolaire. La lésion<br />
élémentaire est une bulle superficielle, sous-cornée. Très fragile elle est rarement vue et évolue rapi<strong>de</strong>ment vers une<br />
érosion recouverte <strong>de</strong> croûtes jaunâtres<br />
(« méIicériques ») à extension centrifuge. A début souvent péri-orificiel, les lésions diffusent sur le visage et les<br />
membres supérieurs en raison du portage manuel. En l’absence <strong>de</strong> complication, il n’existe pas <strong>de</strong> signes généraux<br />
(en particulier pas <strong>de</strong> fièvre).<br />
L’ecthyma est une forme creusante d’impétigo habituellement localisé aux membres inférieurs.<br />
Le furoncle est une infection profon<strong>de</strong> du follicule pilo-sébacé par S. aureus, secondairement suppurée avec<br />
nécrose et élimination du follicule pileux (bourbillon). Il est favorisé par le portage manuel à partir <strong>de</strong>s gîtes<br />
staphylococciques, plus fréquents en cas <strong>de</strong> diabète, d’immunosuppression, d’atopie, <strong>de</strong> carence martiale. Le manque<br />
d’hygiène, l’obésité, l’occlusion et la friction mécanique favorisent la survenue <strong>de</strong>s furoncles.<br />
L’anthrax est un agglomérat <strong>de</strong> furoncles, réalisant un placard inflammatoire hyper-algique parsemé <strong>de</strong><br />
pustules. Il peut s’accompagner <strong>de</strong> fusées purulentes sous-jacentes, <strong>de</strong> fièvre et d’adénopathies régionales. Son<br />
siège électif est le cou ou le haut du dos.<br />
La furonculose est la répétition d’épiso<strong>de</strong>s <strong>de</strong> furoncles, avec passage à la chronicité sur <strong>de</strong>s pério<strong>de</strong>s <strong>de</strong><br />
plusieurs mois.<br />
Les folliculites superficielles sont <strong>de</strong>s papulo-pustules à S. aureus principalement centrées par un poil<br />
(prenant le nom <strong>de</strong> sycosis pour l’atteinte <strong>de</strong> la barbe).<br />
L’hidrosadénite est une infection <strong>de</strong>s glan<strong>de</strong>s sudorales axillaires ou génito-pubiennes.<br />
L’érysipèle est une <strong>de</strong>rmo-hypo<strong>de</strong>rmite bactérienne aiguë à streptocoque, le plus souvent β-hémolytique du<br />
groupe A, plus rarement d’un autre groupe (G ou C) siégeant principalement au membre inférieur (« grosse jambe rouge<br />
aiguë fébrile » unilatérale).<br />
La fasciite nécrosante est une <strong>de</strong>rmo-hypo<strong>de</strong>rmite bactérienne nécrosante (présence d'une nécrose tissulaire<br />
<strong>de</strong> l'hypo<strong>de</strong>rme et secondairement du <strong>de</strong>rme) avec atteinte <strong>de</strong> l'aponévrose superficielle.<br />
La gangrène gazeuse est une infection cutanée nécrosante, d'extension rapi<strong>de</strong>, touchant les tissus souscutanés,<br />
les muscles et les fascia sous-jacents. Elle est le plus souvent due à une inoculation directe d’une bactérie<br />
anaérobie, Clostridium perfringens, suite à une plaie, une intervention chirurgicale, une ulcération ou une fistule<br />
cutanée, ou une perforation intestinale.<br />
.<br />
Certaines infections cutanées bactériennes « exotiques » (« mycétomes » actino-bactériens, lèpre, etc …)<br />
sont « hors programme E.N.C. ».<br />
I.2.2. Infections cutanées virales : varicelle et zona<br />
Bien que l'item 87 ne fasse référence qu'aux infections cutanéo-muqueuses bactériennes et fongiques, citons<br />
ici le virus <strong>de</strong> la varicelle et du zona (VZV), agent <strong>de</strong> la varicelle qui correspond à la primo-infection et du zona qui<br />
correspond à une infection récurrente. Des formes sévères d'infection par ces virus peuvent être observées (cf.<br />
tableau supra : Infections muqueuses virales).<br />
I.2.3. Infections cutanéo-phanériennes fongiques<br />
I.2.3.1. Candidoses cutanées et unguéales :<br />
* Les intertrigos candidosiques sont <strong>de</strong>s lésions <strong>de</strong>s grands plis (axillaires, sous-mammaires, génito-cruraux,<br />
...) et <strong>de</strong>s sillons interdigitaux, parfois interdigito-plantaires. La lésion est symétrique par rapport au pli, prurigineuse,<br />
érythémateuse et inflammatoire, humi<strong>de</strong> et suintante, avec un dépôt blanchâtre au fond du pli.<br />
* L'onyxis candidosique atteint le plus souvent les ongles <strong>de</strong>s mains, mais existe aux pieds. La lésion évolue<br />
<strong>de</strong>puis la partie proximale <strong>de</strong> l'ongle. La zone péri-unguéale est le siège d'un péri-onyxis, bourrelet inflammatoire et<br />
douloureux.<br />
* Certains foyers cutanés secondaires se traduisent par <strong>de</strong>s abcès sous-cutanés, souvent compliqués <strong>de</strong><br />
phlébite.<br />
* Les candidoses granulomateuses <strong>de</strong>s sujets très immunodéprimés s'expriment par <strong>de</strong>s granulomes <strong>de</strong> la<br />
face et du cuir chevelu, avec généralisation secondaire.<br />
I.2.3.2. Pityrosporoses ou malassezioses :<br />
Mycoses superficielles cosmopolites dues à Pityrosporum (= Malassezia) furfur, levure lipophile<br />
épisaprobionte <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s follicules pilo-sébacés. Les pityrosporoses se manifestent généralement sur terrain<br />
hyperséborrhéique à l'occasion d'une diminution <strong>de</strong>s défenses locales et/ou générales. Les expressions cliniques les<br />
plus fréquentes sont le pityriasis versicolor, le pityriasis capitis et la folliculite à Pityrosporum. Elles peuvent coexister<br />
chez le même patient.<br />
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I.2.3.3. Cryptococcoses.<br />
Les immunodépressions (essentiellement SIDA, également hémopathies malignes, cancers et autres<br />
affections débilitantes) permettent la dissémination <strong>de</strong> Cryptococcus neoformans à partir <strong>de</strong>s poumons et par voie<br />
sanguine et lymphatique, en particulier à l'encéphale et aux méninges, éventuellement aux viscères, au squelette et à<br />
la peau, déterminant, dans ce <strong>de</strong>rnier cas, une cryptococcose cutanée secondaire par dissémination. Existe<br />
également une cryptococcose cutanée primaire par inoculation, notamment chez les éleveurs d'Oiseaux.<br />
I.2.3.4. Dermatophytoses<br />
Liées au parasitisme <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s phanères par certains Dermatophytes dont les plus fréquemment<br />
isolés en Europe sont actuellement : T. rubrum (65 %), T. mentagrophytes (15 %), M. canis (10 %). Tous les<br />
Dermatophytes peuvent envahir la peau et les ongles, alors que seulement quelques-uns attaquent les cheveux et les<br />
poils. Les formes cliniques selon la localisation sont actuellement dans l'ordre <strong>de</strong> fréquence : les onychomycoses, en<br />
particulier <strong>de</strong>s orteils (atteinte latéro-distale sans péri-onyxis, avec risque <strong>de</strong> colonisation secondaire par d'autres<br />
Champignons opportunistes comme Scopulariopsis brevicaulis et Fusarium spp). ; les <strong>de</strong>rmatophytoses <strong>de</strong> la peau<br />
dite « glabre » (<strong>de</strong>rmatophytoses cutanée circinée, inguino-crurale, interdigitoplantaire); les teignes tondantes<br />
microsporiques (M. canis, …) et trichophytiques (T. violaceum, T. soudanense, T. tonsurans, …) et le favus (T.<br />
schoenleini); les folliculites suppurées, le plus souvent d'origine animale (sycosis <strong>de</strong> la région <strong>de</strong> la barbe [mentagre]<br />
ou du cou, kérion <strong>de</strong> Celse du vertex ou <strong>de</strong> la nuque, … - T. verrucosum, T. mentagrophytes, …).<br />
I.2.3.5. Aspergilloses, fusarioses, mucormycoses, …<br />
Les Aspergillus et divers autres Champignons filamenteux peuvent se développer dans le conduit auditif<br />
externe et la peau (brûlures, plaies).<br />
I.2.3.6. Mycoses <strong>de</strong>rmiques et/ou « exotiques »<br />
Sporotrichose, chromomycoses, mycétomes fongiques, histoplasmoses (notamment africaine),<br />
chrysosporiose ( = « blastomycose ») nord-américaine <strong>de</strong> Gilchrist; coccidioïdomycose; paracoccidioïdomycose ( =<br />
« blastomycose ») sud-américaine, lobomycose ( = « blastomycose » chéloïdienne), entomophthoromycoses, piedra<br />
noire, tinea nigra palmaris, …<br />
I.2.4. Infections cutanéo-phanériennes parasitaires<br />
L'item 87 ne faisant référence qu'aux infections cutanéo-muqueuses bactériennes et fongiques, les<br />
protozooses (leishmanioses, …), helminthoses (filarioses, larva migrans, …), et diverses ectoparasitoses (myiases,<br />
…) sont « hors-sujet ». Seules seront donc traitées la gale et les pédiculoses (item79) (cf. infra).<br />
I.3. Gale et pédiculoses<br />
I.3.1. Gale ou scabiose<br />
Dermatose parasitaire strictement humaine provoquée par un Acarien parasite, Sarcoptes scabiei, à peine<br />
visible à l'œil nu (250 à 300 µm), dont la femelle creuse une galerie (sillon) dans l’épi<strong>de</strong>rme. Transmission<br />
essentiellement directe. Localisations évocatrices (espaces interdigitaux, faces latérales <strong>de</strong>s doigts, poignets…). Prurit<br />
(surtout nocturne), sillons, vésicules perlées, …<br />
I.3.2. Pédiculoses<br />
Les Poux sont <strong>de</strong>s parasites obligatoires <strong>de</strong>s Mammifères, sur lesquels, ils passent toute leur existence. Ils<br />
sont cosmopolites. Mâle et femelle sont hématophages stricts.<br />
Le Pou <strong>de</strong> tête (Pediculus humanus capitis - 2 à 3 mm) prolifère dans les cheveux, éventuellement la barbe.<br />
Actuellement en extension dans les collectivités d'enfants. Piqûre et prurit désagréables. Les lentes (0,8 mm) sont<br />
fixées aux cheveux près du cuir chevelu.<br />
Le Pou <strong>de</strong> corps (Pediculus humanus corporis) vit dans les vêtements et sur les poils du corps et ne va sur la<br />
peau que pour se nourrir. Il pond <strong>de</strong>s lentes fixées aux fibres <strong>de</strong>s vêtements, également <strong>de</strong>s couvertures. Piqûre<br />
désagréable. Vecteur potentiel <strong>de</strong> rickettsioses.<br />
Le Pou <strong>de</strong> pubis ou Morpion (Phthirius inguinalis ou pubis - 1 à 2 mm, aplati, globuleux) est transmis par voie<br />
vénérienne. Par ses pattes armées <strong>de</strong> griffes très fortes, il se fixe sur les poils pubiens, mais aussi sur les poils <strong>de</strong>s<br />
cuisses, <strong>de</strong> l'abdomen, et même <strong>de</strong>s aisselles et <strong>de</strong>s sourcils. Piqûre désagréable, prurit, taches bleu-ardoisé aux<br />
endroits parasités, lésions <strong>de</strong> grattage, impétiginisation.<br />
II. Prescription <strong>de</strong> l'examen <strong>biologique</strong> et modalités <strong>de</strong> prélèvement<br />
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II.1. Infections muqueuses et cutanées bactériennes<br />
i. Ce prélèvement doit être pratiqué lors <strong>de</strong> plaies superficielles. L’inconvénient <strong>de</strong> cette métho<strong>de</strong> est qu’elle<br />
recueille la totalité <strong>de</strong> la flore aérobie colonisante d’où est issue la majorité <strong>de</strong>s germes responsables <strong>de</strong> l’infection<br />
diminuant la spécificité <strong>de</strong> cet examen, même en cas <strong>de</strong> nettoyage préalable <strong>de</strong> la plaie. De plus, les bactéries<br />
anaérobies ne sont pas recherchées, ce qui diminue la sensibilité <strong>de</strong> l’examen. Cette technique n’est pas totalement<br />
adaptée à la mise en évi<strong>de</strong>nce optimale <strong>de</strong>s bactéries réellement responsables <strong>de</strong> l’infection, surtout si celle-ci est<br />
profon<strong>de</strong>. Par contre lors d’infection <strong>de</strong>s muqueuses, ce prélèvement est intéressant.<br />
Curetage-écouvillonnage. Ce prélèvement nécessite <strong>de</strong> racler ou <strong>de</strong> cureter le tissu à la base et sur les<br />
bords <strong>de</strong> l’ulcère avant <strong>de</strong> nettoyer la plaie puis <strong>de</strong> passer un écouvillon. Cette métho<strong>de</strong> est indiquée pour les<br />
prélèvements superficiels et les plaies anfractueuses profon<strong>de</strong>s. Elle fournit <strong>de</strong>s résultats plus spécifiques<br />
(i<strong>de</strong>ntification plus rare <strong>de</strong> bactéries colonisantes) que l’écouvillonnage simple. Une recherche <strong>de</strong> bactéries<br />
anaérobies strictes est possible mais elle nécessite <strong>de</strong>s conditions <strong>de</strong> prélèvement particulières : écouvillon avec <strong>de</strong><br />
l’alginate, maintien <strong>de</strong> la chaîne d’anaérobiose jusqu’à l’ensemencement au laboratoire. L’interprétation <strong>de</strong>s résultats<br />
obtenus par cette métho<strong>de</strong> est plus simple pour le clinicien car ce prélèvement permet un isolement optimal <strong>de</strong>s<br />
bactéries infectantes.<br />
Biopsie tissulaire <strong>de</strong> lésions profon<strong>de</strong>s. Elle s’effectue à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> « punch biopsie » au lit du mala<strong>de</strong>, <strong>de</strong><br />
« true cut » ou <strong>de</strong> prise <strong>de</strong> matériel au cours d’un débri<strong>de</strong>ment chirurgical. La biopsie doit être réalisée après<br />
préparation <strong>de</strong> la plaie et doit passer en peau saine. En ne passant ni par la plaie, ni par un trajet fistuleux, on évite la<br />
contamination du prélèvement par <strong>de</strong>s bactéries colonisant la plaie. Une anesthésie locale doit être pratiquée au<br />
préalable. Ce prélèvement permet d’obtenir 2 à 3 petits morceaux <strong>de</strong> tissu à partir <strong>de</strong> plusieurs zones ; ces fragments<br />
sont immédiatement déposés dans un tube stérile en ajoutant quelques gouttes d’eau physiologique pour éviter la<br />
<strong>de</strong>ssiccation mais sans adjonction <strong>de</strong> conservateur ou <strong>de</strong> formol. Cette technique est indiquée <strong>de</strong>vant toutes les plaies<br />
profon<strong>de</strong>s. C’est la métho<strong>de</strong> à privilégier chaque fois que possible car c’est le moyen le plus fiable d’isoler les<br />
bactéries infectantes. Toutefois cette métho<strong>de</strong> n’est pas toujours techniquement ou humainement réalisable et son<br />
coût <strong>de</strong>meure élevé.<br />
Aspiration à l'aiguille fine d'une lésion profon<strong>de</strong>. Tout liqui<strong>de</strong> purulent, collecté dans un abcès profond,<br />
doit être aspiré à l’ai<strong>de</strong> d’une aiguille fine. La ponction doit être effectuée en passant par une zone cutanée saine bien<br />
désinfectée (détersion suivie d’un antiseptique). Cependant certains auteurs proposent quand même <strong>de</strong> passer au<br />
travers <strong>de</strong> la plaie superficielle (si elle existe), après nettoyage <strong>de</strong> celle-ci. En cas <strong>de</strong> plaie sèche, 1 à 2 ml <strong>de</strong> sérum<br />
physiologique peuvent être injectés dans la profon<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> la plaie puis ré-aspirés pour être analysés. La seringue<br />
ayant servi au prélèvement sera envoyée au laboratoire sans aiguille, purgée d’air et bouchée hermétiquement et<br />
stérilement. Cette technique doit être pratiquée <strong>de</strong>vant toutes les plaies profon<strong>de</strong>s collectées ou anfractueuses<br />
notamment lorsque les prélèvements par écouvillons sont proscrits.<br />
Une fois les prélèvements réalisés, ils doivent être étiquetés, renseignés correctement et transmis au<br />
laboratoire <strong>de</strong> microbiologie le plus rapi<strong>de</strong>ment possible (dans les 2h, maximum 4h) et dans les meilleures conditions<br />
(à une température <strong>de</strong> 20°C). Pour la recherche <strong>de</strong> syphilis, la durée <strong>de</strong> survie <strong>de</strong> la bactérie étant réduite, il est<br />
préférable <strong>de</strong> faire le prélèvement au laboratoire. Pour les autres prélèvements, ils doivent bénéficier <strong>de</strong> milieux <strong>de</strong><br />
transport spéciaux contenant <strong>de</strong>s géloses nutritives notamment pour l’isolement <strong>de</strong>s bactéries anaérobies strictes.<br />
L’ensemencement direct <strong>de</strong> flacons d’hémoculture n’est pas recommandé en raison du risque <strong>de</strong> contamination par<br />
<strong>de</strong> la flore commensale non pathogène.<br />
II.2. Herpès, varicelle et zona<br />
Dans la plupart <strong>de</strong>s cas l'examen clinique est suffisant pour diagnostiquer un herpès, une varicelle ou un<br />
zona.<br />
Le <strong>diagnostic</strong> virologique sera essentiel pour le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong>s formes sévères, ou <strong>de</strong>s formes atypiques<br />
d'éruption (<strong>diagnostic</strong> différentiel) : immunofluorescence, PCR, culture cellulaire.<br />
Les lésions cutanées (vésicules, ulcérations) sont prélevées par un écouvillonnage appuyé du plancher <strong>de</strong>s<br />
lésions, en crevant au préalable la vésicule si nécessaire. Ces lésions doivent être « actives », au sta<strong>de</strong> vésicule ou<br />
ulcération. Un prélèvement trop précoce (lésion maculeuse) ou trop tardif (croûtes) restera souvent ininterprétable.<br />
D'autres prélèvements peuvent être indispensables <strong>de</strong>vant les formes compliquées : biopsies… Le séro<strong>diagnostic</strong><br />
peut ai<strong>de</strong>r le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> la varicelle.<br />
II.3. Infections muqueuses et cutanéo-phanériennes fongiques<br />
II.3.1. Recherche d'une fluorescence sous rayonnement ultra-violet ("lampe <strong>de</strong> Wood")<br />
Elle est effectuée par le clinicien, éventuellement par le biologiste avant le prélèvement, <strong>de</strong>vant certaines<br />
lésions cutanéo-phanériennes. En effet, les voies biochimiques utilisées par certaines espèces particulières <strong>de</strong><br />
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<strong>Faculté</strong> <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine <strong>Montpellier</strong>-Nîmes
MIB - Dermatologie – ECN 79, 87, 343 Diagnostic et suivi <strong>de</strong>s infections <strong>de</strong>s muqueuses, <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s phanères, <strong>de</strong> la gale et<br />
<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
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Champignons pour dégra<strong>de</strong>r les molécules organiques constitutives <strong>de</strong> la peau et <strong>de</strong>s phanères (notamment la<br />
kératine) aboutissent à la présence, dans les tissus colonisés, <strong>de</strong> substances spontanément fluorescentes sous un<br />
rayonnement ultra-violet d'une fréquence donnée. L'examen <strong>de</strong> ces lésions cutanéo-phanériennes ainsi éclairées à<br />
l'ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> la lampe <strong>de</strong> Wood peut révéler cette fluorescence, et donc fortement étayer le <strong>diagnostic</strong> positif <strong>de</strong> mycose.<br />
La teinte <strong>de</strong> la fluorescence oriente vers un type <strong>de</strong> Champignon (ou, éventuellement, vers un <strong>diagnostic</strong> différentiel<br />
non mycologique). L'étendue <strong>de</strong>s zones cutanées fluorescentes permet un bilan d'extension <strong>de</strong> l’activité du<br />
Champignon et gui<strong>de</strong> le geste <strong>de</strong> prélèvement en vue <strong>de</strong> l'examen mycologique proprement dit. Toutefois, l'absence<br />
<strong>de</strong> fluorescence nette n'infirme en rien le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> mycose.<br />
En pratique courante, cet examen para-clinique fait partie du <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong>s pityrosporoses (= malassezioses) et<br />
<strong>de</strong> certaines <strong>de</strong>rmatophytoses :<br />
. l'examen sous lampe <strong>de</strong> Wood <strong>de</strong>s lésions hyper-chromiques (plus rarement <strong>de</strong>s lésions hypo- ou<br />
achromiques) du pityriasis versicolor met en évi<strong>de</strong>nce une fluorescence en plaques variant du jaune verdâtre au jaune<br />
orangé. Il révèle les atteintes invisibles à l'œil nu et permet un bilan d'extension à l'ensemble du tronc, <strong>de</strong>s hanches,<br />
<strong>de</strong>s cuisses, ... Par contre, la fluorescence « gris perle » <strong>de</strong> lésions hypochromiques oriente plutôt vers un vitiligo;<br />
. cette même fluorescence jaunâtre : - en plaques sur le cuir chevelu est fortement en faveur d'un pityriasis<br />
capitis ; - ponctuelle au niveau <strong>de</strong>s follicules pilo-sébacés oriente vers une pityrosporose folliculaire ;<br />
. une fluorescence verte sous rayonnement ultra-violet <strong>de</strong>s petits cheveux cassés courts est un argument<br />
majeur du <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> certaines teignes tondantes microsporiques, notamment <strong>de</strong>s teignes à Microsporum canis<br />
(également à M. audouini langeroni) et, plus accessoirement en Europe, du favus à Trichophyton schoenleini. Ce<br />
sont, bien entendu, ces petits cheveux fluorescents qui seront prélevés en priorité en vue <strong>de</strong> l'examen mycologique.<br />
A noter : la fluorescence rouge sous rayonnement ultra-violet d'une lésion cutanée inguino-crurale oriente le<br />
<strong>diagnostic</strong> vers un érythrasma, lésion due à une Bactérie du genre Corynebacterium.<br />
II.3.2. Prescription <strong>de</strong> l'examen <strong>biologique</strong> et modalités <strong>de</strong> prélèvement<br />
Quelle que soit la localisation <strong>de</strong> la (ou <strong>de</strong>s) lésion(s) supposée(s) d'origine fongique, la prescription,<br />
accompagnée d'un maximum d'informations cliniques et épidémiologiques, <strong>de</strong>vra être formulée ainsi :<br />
Examen mycologique d'une lésion <strong>de</strong> …[localisation très précise; si plusieurs lésions, les énumérer précisément] ;<br />
prélèvement [si non effectué par le clinicien], examen direct, cultures (isolement et i<strong>de</strong>ntification).<br />
Modalités <strong>de</strong> prélèvement : les prélèvements doivent être effectués avant tout traitement antifongique par voie<br />
générale ou en application locale. Les précautions d'usage <strong>de</strong> stérilité visent, entre autres, à éviter la contamination du<br />
matériel <strong>biologique</strong> par les Bactéries, mais également par <strong>de</strong>s Levures ou <strong>de</strong>s Champignons filamenteux présents<br />
dans le milieu extérieur ou à l'état saprobiontique chez le patient : conditions optimales d'asepsie, stérilité du matériel<br />
<strong>de</strong> prélèvement et <strong>de</strong> recueil …<br />
Le recueil <strong>de</strong>s mucosités buccales ou génitales, <strong>de</strong>s écoulements, se fait au moyen d'un écouvillon humidifié<br />
au moyen d’un peu <strong>de</strong> liqui<strong>de</strong> physiologique stérile. Le matériel stérile utilisé pour le prélèvement <strong>de</strong>s lésions<br />
cutanéo-phanériennes est fonction du type et <strong>de</strong> la localisation <strong>de</strong> la lésion et du produit <strong>biologique</strong> à recueillir :<br />
curette <strong>de</strong> Brocq fenêtrée, scalpel mousse (c'est à dire non aiguisé) ou vaccinostyle, pinces à épiler, ciseaux fins,<br />
pinces et ciseaux à ongles, bistouri d'Harouet (ou Punch-biopsy ® ), éventuellement écouvillon humidifié au moyen<br />
d’un peu <strong>de</strong> liqui<strong>de</strong> physiologique stérile (jamais seul …) … Certains prélèvements nécessitent <strong>de</strong>s matériels<br />
particuliers en local médico-technique ou en bloc opératoire (biopsies, …).<br />
Les produits <strong>biologique</strong>s prélevés sont : les mucosités (écouvillonnage <strong>de</strong> muqueuses), le suintement <strong>de</strong>s<br />
intertrigos, le pus <strong>de</strong>s péri-onyxis (écouvillonnage), les squames (scalpel mousse, curette <strong>de</strong> Brocq), les fragments<br />
d'ongles et la matière sous-unguéale (scalpel mousse, curette <strong>de</strong> Brocq), les cheveux, poils et duvets (pinces à<br />
épiler), les fragments tissulaires (biopsies cutanées, …), divers liqui<strong>de</strong>s <strong>biologique</strong>s (pus, ...).<br />
Le conditionnement et le transport <strong>de</strong> ces produits <strong>biologique</strong>s se font en récipients stériles (tubes, flacons,<br />
petites boîtes <strong>de</strong> Petri, …) bien fermés, éventuellement après ajout <strong>de</strong> quelques gouttes <strong>de</strong> liqui<strong>de</strong> physiologique<br />
stérile pour éviter la <strong>de</strong>ssiccation. En particulier, les fragments biopsiques <strong>de</strong> peau ou les diverses pièces<br />
opératoires <strong>de</strong>stinés à l'examen mycologique doivent être conditionnés dans du liqui<strong>de</strong> physiologique stérile, sans<br />
fixateur, totalement séparés <strong>de</strong> ceux, fixés, <strong>de</strong>stinés à l'anatomo-pathologiste.<br />
Si, d’une manière générale, une conservation courte <strong>de</strong>s produits <strong>biologique</strong>s est possible à 4° C, la longue<br />
survie à sec et à température ambiante <strong>de</strong>s Champignons dans les squames, cheveux et poils, fragments d’ongles<br />
et <strong>de</strong> matière sous-unguéale permet un éventuel envoi à distance sans risque <strong>de</strong> détérioration.<br />
Précisons que les techniques immunologiques ne sont d'aucun apport dans le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong>s mycoses<br />
muqueuses et cutanéo-phanériennes. De même, aucune technique <strong>de</strong> biologie moléculaire n'est encore, à ce jour,<br />
utilisable en routine.<br />
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<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
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II.4. Trichomonose génito-urinaire<br />
Le <strong>diagnostic</strong> repose sur la mise en évi<strong>de</strong>nce et l'i<strong>de</strong>ntification du parasite, après <strong>de</strong>man<strong>de</strong> au laboratoire<br />
expressément formulée sur la prescription. Prélèvement vaginal à l’ai<strong>de</strong> d’un écouvillon stérile humidifié <strong>de</strong> quelques<br />
gouttes <strong>de</strong> sérum physiologique (plus rarement lavage <strong>de</strong> la cavité vaginale avec quelques millilitres <strong>de</strong> sérum<br />
physiologique tiédi). Chez l'homme, la recherche <strong>de</strong> Trichomonas vaginalis (écouvillonnage uréthral) est tout à fait<br />
aléatoire et un résultat négatif sans valeur.<br />
II.5. Gale et pédiculoses<br />
Le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> la gale est avant tout épidémiologique (cas familiaux ou en collectivités) et clinique<br />
(localisation <strong>de</strong>s lésions, prurit, sillons, …). En cas <strong>de</strong> doute, la prescription d'un examen parasitologique sur les<br />
squames prélevées au scalpel ou au vaccinostyle sur les sillons est possible, mais sa sensibilité est très faible.<br />
La pédiculose du cuir chevelu est évoquée sur un prurit, souvent chez l'enfant, et confirmée, sans recours au<br />
laboratoire, par la découverte <strong>de</strong> lentes bien fixées au cheveux, notamment sur la nuque et <strong>de</strong>rrière les oreilles (à ne<br />
pas confondre avec <strong>de</strong>s « pellicules »). Les Poux adultes sont assez rarement mis en évi<strong>de</strong>nce.<br />
Les Poux du corps ne vont sur la peau que pour piquer. Ils vivent dans les vêtements, et c'est là que l'on doit<br />
les rechercher.<br />
Les Morpions sont découverts accrochés aux poils pubiens, et en cas <strong>de</strong> parasitisme important, au niveau du<br />
sillon inter-fessier, <strong>de</strong>s cuisses, <strong>de</strong> l'abdomen, <strong>de</strong>s aisselles et <strong>de</strong>s sourcils.<br />
En cas doute, lentes, Poux et Morpions peuvent être envoyés au laboratoire pour confirmation <strong>de</strong><br />
l'i<strong>de</strong>ntification, ou le patient adressé pour prélèvement.<br />
III. Techniques mises en oeuvre par le laboratoire, délai <strong>de</strong> réponse, résultats et<br />
interprétation<br />
III.1. Infections muqueuses et cutanées bactériennes<br />
Le <strong>diagnostic</strong> direct est le seul <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> certitu<strong>de</strong>, car il permet la mise en évi<strong>de</strong>nce <strong>de</strong> la bactérie ellemême.<br />
Cependant l’examen direct et la coloration <strong>de</strong> Gram ne sont pas toujours d’un gran<strong>de</strong> utilité dans les<br />
prélèvements cutanés (faible corrélation entre le résultat <strong>de</strong> la coloration <strong>de</strong> Gram et celui <strong>de</strong> la culture <strong>de</strong> biopsies<br />
tissulaires). T. pallidum est mis en évi<strong>de</strong>nce au microscope à fond noir (sous forme <strong>de</strong> spirochètes).<br />
Cultures - Isolement <strong>de</strong> la bactérie : Divers milieux sont utilisés qui doivent satisfaire les besoins nutritifs et<br />
énergétiques <strong>de</strong>s bactéries à cultiver. En pratique, sont utilisés plusieurs milieux soli<strong>de</strong>s (gélosés) permettant<br />
l'isolement <strong>de</strong> clones bactériens sous la forme <strong>de</strong> colonies (<strong>de</strong> l'ordre <strong>de</strong> 10 6 bactéries). Après ensemencement, les<br />
divers milieux sont habituellement incubés dans une étuve à 37°C, en atmosphère ambiante (culture aérobie) ou en<br />
l'absence d'oxygène (culture anaérobie en jarre plastique, par exemple).<br />
PCR : Cette technique permet <strong>de</strong> mettre en évi<strong>de</strong>nce C. trachomatis.<br />
Sérologie : Cette technique permet d’effectuer le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> la syphilis. Trois tests sont disponibles : VDRL<br />
(veneral disease research laboratory), TPHA (treponema pallidum hemagglutination assay) et FTA (fluorescence<br />
treponema assay).<br />
Délai <strong>de</strong> réponse : <strong>de</strong> très nombreuses espèces bactériennes croissent après 18-24 h d'incubation à 37°C.<br />
Cependant d'autres espèces ont <strong>de</strong>s délais d'incubation plus longs telles Mycobacterium tuberculosis (temps moyen<br />
d'isolement <strong>de</strong> l'ordre <strong>de</strong> 21 jours). Une fois isolées, l'i<strong>de</strong>ntification et l'antibiogramme <strong>de</strong> la majorité <strong>de</strong>s bactéries<br />
habituelles sont obtenus dans un délai <strong>de</strong> 18-24 h. Le délai <strong>de</strong> réponse du microbiologiste sera donc au minimum <strong>de</strong><br />
48h.<br />
L'interprétation <strong>de</strong>s résultats doit se faire en collaboration avec le clinicien et doit prendre en compte un<br />
certain nombre <strong>de</strong> facteurs tels que les conditions <strong>de</strong> recueil <strong>de</strong> l’échantillon, le délai <strong>de</strong> transport du prélèvement vers<br />
le laboratoire, les conditions <strong>de</strong> transport du prélèvement, et le type <strong>de</strong> bactéries isolées (staphylocoques, bacilles à<br />
Gram négatif…).<br />
En règle générale, les infections aiguës superficielles sont mono- ou pauci-bactériennes avec présence quasiconstante<br />
<strong>de</strong> cocci aérobies à Gram positif (dont principalement <strong>de</strong>s staphylocoques) alors que les atteintes<br />
profon<strong>de</strong>s, chroniques ou sévères sont volontiers multi-bactériennes associant germes aérobies (cocci à Gram positif<br />
et bacilles à Gram négatif) et anaérobies.<br />
Les bactéries aérobies à Gram positif sont les plus fréquentes ; dans ce groupe, S. aureus est la bactérie le<br />
plus souvent mise en évi<strong>de</strong>nce, <strong>de</strong> façon isolée ou au sein d’une population polymicrobienne, lors d’infections qu’elles<br />
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soient superficielles ou profon<strong>de</strong>s. Les streptocoques β-hémolytiques sont également fréquents et les infections qu’ils<br />
déterminent doivent être traitées.<br />
Les bacilles aérobies à Gram négatif, essentiellement <strong>de</strong> la famille <strong>de</strong>s entérobactéries (Proteus mirabilis,<br />
Escherichia coli…), se rencontrent généralement, en cas d’infections chroniques ou déjà traitées. Pseudomonas<br />
aeruginosa est volontiers mis en évi<strong>de</strong>nce après <strong>de</strong>s bains <strong>de</strong> pied, un traitement par <strong>de</strong>s pansements humi<strong>de</strong>s ou le<br />
port <strong>de</strong> chaussures en caoutchouc. Leur rôle pathogène est cependant discuté.<br />
Les bactéries anaérobies strictes, le plus souvent cocci à Gram positif mais aussi bacilles à Gram négatif<br />
(Prevotella spp, Bacteroi<strong>de</strong>s spp) sont souvent associées à <strong>de</strong>s germes aérobies. Les bactéries à Gram positif<br />
anaérobies strictes sont en règle présentes dans <strong>de</strong>s plaies peu profon<strong>de</strong>s alors que celles à Gram négatif anaérobies<br />
sont associées à une nécrose ischémique ou à une atteinte profon<strong>de</strong>.<br />
L’écologie <strong>de</strong>s bactéries multirésistantes est à prendre en compte. L’isolement <strong>de</strong> ces bactéries nécessite <strong>de</strong>s<br />
mesures d’hygiène adaptées. Les souches <strong>de</strong> S. aureus isolées <strong>de</strong> plaies et résistantes à la méticilline constituent<br />
actuellement un problème <strong>de</strong> première importance. Leur isolement n’est pas obligatoirement synonyme <strong>de</strong> virulence<br />
accrue. Parmi les cocci à Gram positif, <strong>de</strong>ux autres bactéries multirésistantes sont à surveiller : les entérocoques<br />
résistants à la vancomycine et S. aureus <strong>de</strong> sensibilité diminuée aux glycopepti<strong>de</strong>s (GISA). Par ailleurs, sont<br />
également isolées <strong>de</strong>s entérobactéries résistantes aux céphalosporines <strong>de</strong> 3 e génération (β-lactamase à spectre<br />
étendu ou céphalosporinase déréprimée), P. aeruginosa et <strong>de</strong>s bactéries <strong>de</strong> l’environnement multirésistantes<br />
(Stenotrophomonas maltophilia, Acinetobacter baumannii).<br />
Les bactéries les moins virulentes ou commensales (Enterococcus sp., S. epi<strong>de</strong>rmidis ou les corynébactéries)<br />
ne doivent pas être traitées sauf si elles sont isolées à plusieurs reprises sur <strong>de</strong>s prélèvements particulièrement<br />
fiables ou que l’état septique du patient est inquiétant.<br />
III.2. Herpès, varicelle et zona<br />
Le <strong>diagnostic</strong> <strong>biologique</strong> est essentiellement un <strong>diagnostic</strong> direct basé sur la mise en évi<strong>de</strong>nce du virus dans<br />
les prélèvements. La recherche directe par immunofluorescence donne un résultat rapi<strong>de</strong>. La PCR <strong>de</strong>vient une<br />
technique <strong>de</strong> choix en raison <strong>de</strong> sa très gran<strong>de</strong> sensibilité (c'est la métho<strong>de</strong> à utiliser impérativement pour la<br />
recherche du virus dans le LCR). La culture cellulaire gar<strong>de</strong> un intérêt pour le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> l'herpès, car la technique<br />
est sensible et donne un résultat en 24 à 48 heures (mais elle est toutefois <strong>de</strong> plus en plus supplantée par la PCR). Le<br />
séro<strong>diagnostic</strong> est sans intérêt pour le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> l'herpès car il est négatif lors <strong>de</strong> la primo-infection (incubation<br />
courte) et les réactivations fréquentes ren<strong>de</strong>nt l'interprétation d'une sérologie positive délicate. Le séro<strong>diagnostic</strong> est<br />
utile pour le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> la varicelle (IgM), mais peu utile pour le <strong>diagnostic</strong> du zona.<br />
III.3. Infections muqueuses et cutanéo-phanériennes fongiques<br />
Le produit <strong>biologique</strong> est partagé en <strong>de</strong>ux parties sensiblement égales par le laboratoire pour effectuer en<br />
parallèle examen direct et culture.<br />
a) Examen direct :<br />
L’affaiblissement <strong>de</strong>s défenses immunitaires générales et locales laisse libre cours à la multiplication et au<br />
bourgeonnement (et souvent la filamentation) <strong>de</strong>s Levures et à la germination, suivie <strong>de</strong> filamentation, <strong>de</strong>s spores <strong>de</strong><br />
Champignons filamenteux. La preuve formelle d’un état pathologique, corollaire <strong>de</strong> cette permissivité immunitaire, est<br />
apportée dans les vingt-quatre heures par l’examen direct, technique indispensable pour mettre en évi<strong>de</strong>nce le<br />
Champignon sous cet « état parasitaire ». A elle seule, en effet, la positivité <strong>de</strong> cet examen direct permet d’impliquer<br />
un (ou plusieurs) Champignon(s) dans le processus pathologique, donc d’affirmer la mycose.<br />
L’examen direct « à frais » se pratique directement sur le produit <strong>biologique</strong>, sans fixation ni coloration<br />
spécifique. Il est facilité par l’utilisation d’éclaircissants (p. ex. : lactophénol d'Amann). Sont ainsi examinés notamment<br />
les appositions sur lame d’écouvillons et les duvets, poils et cheveux sur ou dans lesquels peut être révélée la<br />
présence <strong>de</strong> levures bourgeonnantes (+/-mycélium) <strong>de</strong> Candida spp., <strong>de</strong> spores <strong>de</strong> Pityrosporum (= Malassezia) furfur<br />
intra-folliculaires, <strong>de</strong> filaments intra-pilaires et spores <strong>de</strong> Dermatophytes.<br />
La coloration en rose « fuchsia » foncé selon la technique <strong>de</strong> Hotchkiss-MacManus (HMM) est adaptée <strong>de</strong> la<br />
coloration P.A.S. <strong>de</strong>s histo-pathologistes. Elle est particulièrement indiquée pour mettre en évi<strong>de</strong>nce les Candida spp.<br />
(blastospores et filaments), les spores et filaments <strong>de</strong> Malassezia furfur et les filaments <strong>de</strong>s Dermatophytes dans les<br />
squames, les Candida spp. (blastospores et filaments), les filaments <strong>de</strong>s Dermatophytes et <strong>de</strong> certains Champignons<br />
opportunistes (Scopulariopsis brevicaulis, Fusarium spp., …) dans les fragments d’ongle et <strong>de</strong> matière sous-unguéale.<br />
Les fragments tissulaires (biopsies cutanées, pièces opératoires, …) bénéficient, avec les mêmes résultats,<br />
<strong>de</strong> cette coloration P.A.S., mais doivent faire également l'objet d'une imprégnation argentique <strong>de</strong> Gomori-Grocott ou<br />
Gomori-méthénamine-argent (GMA ou GMS) qui colore en brun-noir la paroi <strong>de</strong>s filaments d’Aspergillus, <strong>de</strong> Fusarium,<br />
<strong>de</strong> Penicillium, <strong>de</strong>s Mucorales, …<br />
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<strong>de</strong>s pédiculoses : le bon usage <strong>de</strong>s examens <strong>biologique</strong>s<br />
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En cas <strong>de</strong> positivité <strong>de</strong> l’examen direct, le <strong>diagnostic</strong> <strong>de</strong> mycose sera bien évi<strong>de</strong>mment maintenu, même si les<br />
cultures restent ultérieurement négatives ou sont souillées par d'autres spores « contaminantes » présentes sur ou<br />
dans le matériel <strong>biologique</strong> prélevé.<br />
b) Cultures<br />
L’isolement se fait par ensemencements pratiqués <strong>de</strong> façon stérile, classiquement sur tubes <strong>de</strong> gélose<br />
glucosée (2 %) <strong>de</strong> Sabouraud, contenant <strong>de</strong>s antibiotiques antibactériens et <strong>de</strong>s vitamines. Les milieux ainsi<br />
ensemencés sont conservés au moins une semaine à 27° C et à 37° C (cette <strong>de</strong>rnière température est indispensable<br />
pour les fragments biopsiques <strong>de</strong> peau). En cas <strong>de</strong> positivité, le développement :<br />
- en <strong>de</strong>ux à quatre jours (parfois davantage, notamment quand le patient est déjà traité par antifongiques), <strong>de</strong><br />
colonies blanchâtres, crémeuses, épaisses, luisantes suggèrera une (ou <strong>de</strong>s) Levure(s), notamment du genre<br />
Candida, très occasionnellement Cryptococcus neoformans. Les colonies sont dénombrées, habituellement <strong>de</strong> façon<br />
semi-quantitative (<strong>de</strong> « rares » à « très nombreuses »).<br />
- en trois à huit jours, <strong>de</strong> colonies en nappe <strong>de</strong> consistance et <strong>de</strong> teinte variables (bleutée, verte, ocre, rose,<br />
blanche, …) orientera vers les Aspergillus, Penicillium, Fusarium, et autres Champignons filamenteux, …<br />
- en une à trois semaines, parfois plus, <strong>de</strong> colonies dont la forme, la consistance et la couleur, variables,<br />
seront <strong>de</strong>s critères macroscopiques d’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s Dermatophytes.<br />
Ces délais <strong>de</strong> croissance, véritables critères d’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s Champignons, conditionnent, bien entendu, le<br />
délai <strong>de</strong> réponse définitive <strong>de</strong> la part du Laboratoire.<br />
A noter : les cultures <strong>de</strong> Pityrosporum (= Malassezia) furfur, longues et difficiles, ne sont classiquement pas<br />
entreprises, le <strong>diagnostic</strong> étant déjà posé sur l'aspect clinique, une fluorescence sous rayonnement ultra-violet et la<br />
spécificité <strong>de</strong>s images à l'examen direct.<br />
Par ailleurs, la négativité <strong>de</strong>s cultures (souvent du fait <strong>de</strong> prises antérieures d'antifongiques) n'infirme bien<br />
évi<strong>de</strong>mment pas le <strong>diagnostic</strong> (en particulier quand l'examen direct est positif) et n'a aucune valeur <strong>de</strong> guérison d’une<br />
mycose précé<strong>de</strong>mment prouvée tant que l'examen direct reste positif.<br />
L'i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s espèces <strong>de</strong> Levures ou <strong>de</strong> Champignons filamenteux se fait sur <strong>de</strong>s caractères<br />
morphologiques (macro- et microscopiques) et/ou physiologiques (vitesse <strong>de</strong> croissance, besoins vitaminiques,<br />
utilisation et fermentation <strong>de</strong>s sucres, ...). Cette phase d’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>man<strong>de</strong> au moins trois jours supplémentaires,<br />
parfois une semaine ou plus.<br />
III.4. Trichomonose génito-urinaire<br />
Compte tenu <strong>de</strong> la fragilité du Trichomonas, il est essentiel que l’examen au microscope du produit <strong>de</strong><br />
prélèvement se fasse très rapi<strong>de</strong>ment et même, si possible, extemporanément (cliniques <strong>de</strong> MST). L'examen direct<br />
est effectué à l'état frais, entre lame et lamelle : parasite très mobile, <strong>de</strong> forme variable. Si l’examen est tardif, le<br />
parasite est immobile et difficilement visible; un étalement sur lame coloré au May-Grünwald-Giemsa peut<br />
« rattraper » le <strong>diagnostic</strong>, mais l’i<strong>de</strong>ntification du parasite est alors plus difficile et aléatoire. La culture in vitro et le<br />
<strong>diagnostic</strong> moléculaire (PCR) existent, mais ne sont pas effectués en pratique courante.<br />
III.5. Gale et pédiculoses<br />
La mise en évi<strong>de</strong>nce au microscope <strong>de</strong> Sarcoptes ou <strong>de</strong> leurs œufs, voire d'un fragment d'Acarien ou d'œuf,<br />
dans les squames est difficile et très aléatoire dans les formes banales, a fortiori dans les formes surinfectées.<br />
(photos)<br />
L'examen microscopique <strong>de</strong>s lentes ou <strong>de</strong>s Poux adultes, éventuellement facilité par l'utilisation d'un liqui<strong>de</strong><br />
éclaircissant, permet, sur les seuls caractères morphologiques, <strong>de</strong> confirmer le parasitisme.<br />
(photos)<br />
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P. Rispail, J.-P. Lavigne, M. Segondy, H. Darbas<br />
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