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Une amylose cardiaque, jusqu'où aller dans le diagnostic et le ...

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<strong>Une</strong> <strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>, <strong>jusqu'où</strong> <strong>al<strong>le</strong>r</strong> <strong>dans</strong> <strong>le</strong> <strong>diagnostic</strong> <strong>et</strong> <strong>le</strong> traitement ?<br />

Extrait du Consensus online<br />

http://www.consensus-online.fr/?<strong>Une</strong>-<strong>amylose</strong>-<strong>cardiaque</strong>-jusqu-ou<br />

<strong>Une</strong> <strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>,<br />

<strong>jusqu'où</strong> <strong>al<strong>le</strong>r</strong> <strong>dans</strong> <strong>le</strong><br />

<strong>diagnostic</strong> <strong>et</strong> <strong>le</strong> traitement ?<br />

- Consensus Cardio - Consensus Cardio n°61 - septembre 2010 - Image du mois -<br />

Consensus online<br />

Date de mise en ligne : mercredi 6 octobre 2010<br />

Copyright © Consensus online Page 1/3


<strong>Une</strong> <strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>, <strong>jusqu'où</strong> <strong>al<strong>le</strong>r</strong> <strong>dans</strong> <strong>le</strong> <strong>diagnostic</strong> <strong>et</strong> <strong>le</strong> traitement ?<br />

M. G..., âgé de 75 ans, cyclotouriste qui effectue habituel<strong>le</strong>ment 10 000 à 12 000 km par an,<br />

est hospitalisé pour un bilan <strong>dans</strong> <strong>le</strong>s suites d'un malaise survenu à l'effort en Lituanie <strong>et</strong><br />

d'une dyspnée d'effort stade II évoluant depuis plusieurs mois.<br />

Ce patient présente comme seul facteur de risque, hormis son sexe <strong>et</strong> son âge, un tabagisme modéré sevré évalué<br />

à 8 paqu<strong>et</strong>s/année. Il faut souligner que <strong>le</strong> bilan pneumologique avec EFR s'est révélé négatif. L'ECG m<strong>et</strong> en<br />

évidence une HVG modérée, <strong>et</strong> l'échographie <strong>cardiaque</strong> (Figures 1 à 3) une bonne contractilité segmentaire <strong>et</strong><br />

globa<strong>le</strong>, avec aspect de CMH circonférentiel<strong>le</strong> assez sévère, mesuré à 18 mm au niveau du septum IV avec un<br />

aspect hyperbrillant. L'épreuve d'effort s'avérant litigieuse, une scintigraphie myocardique est réalisée <strong>et</strong> montre une<br />

discrète hypofixation de la partie basa<strong>le</strong> de la jonction inféro-basa<strong>le</strong>.<br />

La coronarographie m<strong>et</strong> en évidence un réseau coronaire infiltré, athéromateux <strong>et</strong> calcifié, mais sans lésion<br />

significative, en revanche, la ventriculographie montre un aspect de CMH très marqué (Figure 4) . Le bilan est alors<br />

complété par une IRM myocardique (Figure 5) évocatrice d'une <strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>. L'absence de chaînes légères<br />

libres sériques nécessite un approfondissement des explorations diagnostiques. La biopsie des glandes salivaires <strong>et</strong><br />

cel<strong>le</strong> de la graisse sous-cutanée réalisée <strong>dans</strong> un second temps reviennent négatives. Par contre, une PBO m<strong>et</strong> en<br />

évidence un îlot graisseux portant une <strong>amylose</strong> de type AL. Le <strong>diagnostic</strong> est confirmé par une biopsie myocardique<br />

avec des dépôts extracellulaires finement craquelés entre <strong>le</strong>s myocytes, éosinophi<strong>le</strong>s à la coloration par l'HES<br />

(Figure 6) <strong>et</strong> des dépôts prenant une coloration rouge groseil<strong>le</strong> à la coloration par <strong>le</strong> rouge Congo, substance<br />

amyloïde (Figures 7 <strong>et</strong> 8) .<br />

Discussion<br />

C<strong>et</strong>te observation perm<strong>et</strong> de discuter <strong>le</strong>s critères diagnostiques, <strong>le</strong>s thérapeutiques <strong>et</strong> <strong>le</strong> pronostic de l'<strong>amylose</strong><br />

<strong>cardiaque</strong> (AC). L'<strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong> regroupe plusieurs entités cliniques ayant en commun <strong>le</strong> dépôt extracellulaire<br />

de protéines fibrillaires agencées en feuil<strong>le</strong>ts plissés. L'AC est plus fréquente au cours de l'<strong>amylose</strong> AL <strong>et</strong> constitue<br />

un exemp<strong>le</strong> classique de cardiomyopathie restrictive. C'est, de plus, une affection non exceptionnel<strong>le</strong> qui représente<br />

5 à 10% des cardiopathies non ischémiques. El<strong>le</strong> est de mauvais pronostic. Ainsi, ce sont plus de 600 nouveaux cas<br />

qui sont répertoriés chaque année, avec un pic de fréquence entre 60 <strong>et</strong> 70 ans, en revanche l'AC reste<br />

exceptionnel<strong>le</strong> avant 40 ans. L'insuffisance <strong>cardiaque</strong> représente la circonstance de découverte la plus classique,<br />

entre 60 <strong>et</strong> 70% des cas, mais c<strong>et</strong>te dernière traduit une forme sévère <strong>et</strong> avancée, comme c'est <strong>le</strong> cas <strong>dans</strong> notre<br />

observation. L'angor est la deuxième manifestation clinique, r<strong>et</strong>rouvé <strong>dans</strong> 25% des cas, <strong>et</strong> des observations de<br />

pseudo-nécrose ont éga<strong>le</strong>ment été publiées. Enfin, une hypotension orthostatique a été décrite <strong>dans</strong> 16 % des cas.<br />

L'ECG est pathologique <strong>dans</strong> plus de 90% des cas <strong>et</strong> peut montrer :<br />

a) un microvoltage contrastant avec l'HVG échographique ;<br />

b) un aspect de pseudo-nécrose antérieure ;<br />

c) une déviation axia<strong>le</strong> droite ou gauche ;<br />

d) des troub<strong>le</strong>s rythmiques ou conductifs.<br />

Mais c'est l'échocardiographie qui reste l'examen majeur avec la mise en évidence d'une HVG prédominant<br />

habituel<strong>le</strong>ment sur <strong>le</strong> septum, associée à un aspect granité, brillant. De plus, l'association à un profil restrictif <strong>et</strong> à un<br />

épanchement péricardique peut rapidement suggérer <strong>le</strong> <strong>diagnostic</strong> d'<strong>amylose</strong>. Enfin, il faut souligner que <strong>le</strong>s<br />

thromboses intra<strong>cardiaque</strong>s sont fréquentes, même chez <strong>le</strong>s patients en rythme sinusal, <strong>et</strong> qu'el<strong>le</strong>s doivent être<br />

systématiquement recherchées. A côté de l'échocardiographie, l'IRM avec injection de gadolinium est caractérisée ici<br />

par un rehaussement tardif sous-endocardique.<br />

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<strong>Une</strong> <strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>, <strong>jusqu'où</strong> <strong>al<strong>le</strong>r</strong> <strong>dans</strong> <strong>le</strong> <strong>diagnostic</strong> <strong>et</strong> <strong>le</strong> traitement ?<br />

Rechercher <strong>le</strong>s autres localisations<br />

Parallè<strong>le</strong>ment, <strong>le</strong> cardiologue doit systématiquement rechercher d'autres localisations, en particulier réna<strong>le</strong>. En eff<strong>et</strong>,<br />

<strong>dans</strong> 50% des cas, <strong>le</strong>s patients présentent une atteinte réna<strong>le</strong>, avec <strong>le</strong> plus souvent un syndrome néphrotique ou<br />

une thrombose des veines réna<strong>le</strong>s. La seconde localisation extra<strong>cardiaque</strong> est l'atteinte pulmonaire avec un<br />

syndrome interstitiel diffus ou une atteinte nodulaire à la radiographie pulmonaire. Enfin, <strong>le</strong>s atteintes digestives sont<br />

courantes avec en particulier des macroglossies, des dysphagies liées à la neuropathie végétative, ou des atteintes<br />

du grê<strong>le</strong>.<br />

<strong>Une</strong> des originalité de notre dossier est qu'aucune localisation extra<strong>cardiaque</strong> n'a été mise en évidence.<br />

Le <strong>diagnostic</strong> de certitude repose sur l'histologie qui m<strong>et</strong> en évidence, grâce à la coloration par <strong>le</strong> rouge Congo, la<br />

protéine amyloïde, en revanche, <strong>le</strong>s techniques immuno-histochimiques perm<strong>et</strong>tent de caractériser <strong>le</strong> type. Trois<br />

sites sont préférés : la biopsie recta<strong>le</strong>, l'aspiration de la graisse sous-cutanée abdomina<strong>le</strong> <strong>et</strong> la biopsie des glandes<br />

salivaires accessoires. Dans notre observation, la biopsie des glandes salivaires <strong>et</strong> cel<strong>le</strong> de la graisse sous-cutanée<br />

sont revenues négatives, une biopsie endomyocardique a donc été réalisée <strong>et</strong> a apporté la confirmation<br />

diagnostique.<br />

Le traitement de l'<strong>amylose</strong> AL repose sur deux axes :<br />

a) <strong>le</strong> traitement général de l'<strong>amylose</strong> ;<br />

b) <strong>le</strong> traitement spécifique de l'<strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong>.<br />

Le traitement général consiste en une corticothérapie type prednisone, associée à un alkylan, <strong>dans</strong> certains cas une<br />

autogreffe de moel<strong>le</strong> peut être discutée.<br />

Le traitement de l'<strong>amylose</strong> <strong>cardiaque</strong> sera d'abord celui de l'insuffisance <strong>cardiaque</strong>, en gardant en mémoire que <strong>le</strong>s<br />

bêtabloquants <strong>et</strong> la digoxine sont fortement déconseillés, de même que <strong>le</strong>s anticalciques bradycardisants. De fortes<br />

doses de diurétiques sont en général nécessaires pour contrô<strong>le</strong>r <strong>le</strong>s signes congestifs. Il faut noter que <strong>dans</strong> de<br />

nombreux cas la chimiothérapie entraîne une réduction des signes cliniques <strong>et</strong>/ou des anomalies <strong>cardiaque</strong>s <strong>et</strong> plus<br />

particulièrement une régression de la CMH. Le pronostic de c<strong>et</strong>te maladie reste sévère, avec une médiane de survie<br />

de 13 mois après <strong>le</strong> <strong>diagnostic</strong> <strong>et</strong> de seu<strong>le</strong>ment 6 mois en cas d'atteinte <strong>cardiaque</strong> en l'absence de traitement.<br />

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