Le miel n'échappe pas à la pollution - 60 Millions de Consommateurs

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Le miel n'échappe pas à la pollution - 60 Millions de Consommateurs

nent près d’un quart des colonies.

Pour expliquer ce phénomène,

de nombreuses pistes

sont généralement avancées:

modification des paysages, frelon

asiatique, maladies ou encore

stress chimique provoqué par

l’exposition des abeilles aux produits

phytosanitaires.

Une production

menacée

Il n’y a sans doute pas un unique

coupable. Les chercheurs penchent

pour des effets combinés

de plusieurs de ces facteurs.

Une étude publiée en juin par

des équipes du CNRS et de l’Inra

va dans ce sens: les abeilles

affectées par un parasite,

le Nosem ceranae,

u La recherche

de polluants

Pour la première fois, «60» s’est

appuyé sur la méthode méta -

bolomique développée par Profilomic,

start-up du CEA. Cette approche

globale, ajoutée à la méthode

classique (spectrométrie de masse),

nous a permis de rechercher avec

précision, dans 76 échantillons

de miel, les résidus de 91 molécules

indésirables (56 pesticides et 35

antibiotiques) choisies au préalable

avec notre expert. D’abord, des

COMMENT NOUS AVONS PROCÉDÉ

Nous avons recherché

91 molécules indésirables.

extraits concentrés de chaque miel ont été obtenus par extraction

liquide. Ces extraits ont ensuite été analysés par chromato graphie

liquide couplée à un spectre de masse. L’opération a été répétée

trois fois pour chacun. Nous avons pu dénombrer et identifier

les molécules présentes, et ce à une teneur inférieure ou

égale à 10 nanogrammes par gramme d’échantillon

(limite maximale autorisée de résidus).

et par ailleurs exposées à des

pesticides, même à faible dose,

ne peuvent pas survivre. La légalisation

par le ministère de

l’Agriculture, cet été, de l’insecticide

Cruiser OSR, pointé par les

apiculteurs comme potentiellement

toxique pour les abeilles, a

encore ravivé le débat. De quoi

s’interroger sur la pureté des produits

de la ruche, miel en tête.

UNE BELLE IMAGE…

L’image du miel “si bon

pour la santé” pourrait,

à terme, être gâchée par

les traces de pollution

environnementale.

DENIS/RÉA

MIELS

u L’analyse

physico-chimique

La qualité de chaque miel a

été évaluée selon les critères

fixés par la réglementation:

l’humidité ; la teneur en

hydroxyméthylfurfural (HMF),

mesurée par chromatographie

en phase liquide et témoin

du vieillissement du miel ;

et enfin le profil des sucres.

L’humidité est un des critères

principaux de la qualité du miel.

Dans le doute, il est tentant de

se tourner vers les miels estampillés

bio. En quelques années,

leur marché a explosé.

Un produit qui se doit

d’être irréprochable

Dans notre essai, les bio représentent

près d’un tiers des miels.

Ce label est-il garant d’un “zéro

pollution”? Quid des autres produits?

Consommés à tous les

âges et souvent tous les jours,

ils se doivent d’être bons, sains

et irréprochables, notamment en

matière de polluants.

Nous avons voulu le vérifier sur

76 miels en nous fondant sur une

méthode de détection innovante

(voir ci-dessus). De quoi vous

aider à déguster un produit

bon pour les papilles

comme pour la santé.

octobre 2011 l n°464 l 60 millions de consommateurs l 31

DENIS/RÉA

web Code 46432

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Retrouvez tous les résultats

de nos analyses sur

www.60millions-mag.com

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