Crédits photographiques Page 125: www.heimatschutz.ch/SG-St ...

archivesma.epfl.ch

Crédits photographiques Page 125: www.heimatschutz.ch/SG-St ...

Crédits photographiques

Page 125:

www.heimatschutz.ch/SG-St-Gallen-Hochschule.333.0.html

L’Architecture d’Aujourd’hui, n°107, 1963, p. 68

http://www.stadt.sg.ch/home/bau_und_planung/hochbauamt/baudokumentationen/Baudok_Ordner_4/_jcr_content/Par/downloadlist_26/DownloadListPar/download.ocFile/112_

baudoku_boppartshof.pdf

HUNZIKER Christian, « De la sculpture à l’architecture », Architecture d’aujourd’hui, n°121,

1965, p.101

http://www.breitenbach-so.ch/de/portrait/portraitkirchen/portkircheromkath/

http://www.tagblatt.ch/storage/scl/tbnews/tbsg/tb-go/912698_m3w560h330q75v11173_

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WERK, n°57, 1970, p.17

BÄCHER Max, Walter M. Förderer, architecture-sculpture, Neuchâtel, Editions du Griffon, 1975

Page 126-127

http://maps.google.ch/maps

BÄCHER Max, Walter M. Förderer, architecture-sculpture, Neuchâtel, Editions du Griffon, 1975


AnAlyse des

interventions

effeCtuées sur l’œuvre

ArChiteCturAle de

WAlter förderer

à trAvers des

études de CAs


Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

liste de bâtiments

analysés

4.1 Liste de bâtiments analysés

132 L’œuvre construite de Walter Förderer est arrivée à un âge où le béton

perd de sa fraîcheur. Les bâtiments les plus âgés ont cinquante-deux

ans et les plus récents ont trente-sept ans. Ayant entrepris ce travail

sans connaître l’état de l’ensemble, je me suis vite rendue compte, qu’une

grande partie avait subi des interventions de rénovations, d’assainissement,

de remise aux normes, etc.

Certaines interventions ont été menées consciencieusement en prenant

en compte l’aspect patrimonial du bâtiment et en planifiant minutieusement

les travaux, alors que d’autres n’ont subi que des rafistolages

bricolés sur le moment pour pallier rapidement aux problèmes, sans forcément

une vue à long terme.

Certains bâtiments ont probablement été rénovés par Walter Förderer

lui-même ou en tous cas par son dernier associé, Rolf Lüscher.

Il y a trois types d’interventions qui ont été effectuées sur les bâtiments

qui vont être analysés ci-dessous. Il y a les bâtiments qui ont subi une

intervention globale, planifiée de A à Z par une entité mandatée à ce propos.

A l’opposé, il y a les bâtiments qui n’ont subi que de petites interventions

ponctuelles, souvent sans mise à l’enquête, par une personne

responsable du bâtiment. Et puis les bâtiments sur lesquels une intervention

est prévue dans un futur proche. Ce qui différencie aussi les bâtiments

dans la manière d’aborder une intervention, c’est la mesure de

protection dont ils bénéficient.


Afin d’essayer d’avoir une vue d’ensemble de la manière d’intervenir sur

un bâtiment en béton brut des années 1960-1975, j’ai essayé de récolter

des documents, informations, plans, etc. relatifs aux interventions,

auprès des intervenants ou des responsables des bâtiments. De plus, j’ai

visité, souvent en compagnie du sacristain ou du concierge, les églises

ou les écoles. Les informations sont disparates, les avis se contredisent

parfois ou les indications données ne sont pas suffisamment détaillées.

Dans les chapitres qui suivent, j’ai malgré tout essayé d’assembler ces

données par thèmes et d’en extraire un maximum d’informations. J’ai

fait nombre de suppositions notamment au sujet des bâtiments que j’ai

visités sans interlocuteur.

133


134

LÜSCHER Rolf, selon

entretien du 15 novembre

2011 à Schaffhausen

FÖRDERER Walter cité

dans BÄCHER Max, Walter

M. Förderer, architecturesculpture,

Neuchâtel,

Editions du Griffon, 1975,

p. 134

Ibidem, p. 135

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

liste de bâtiments

analysés

Je ne vais pas traiter de la banque cantonale de Schaffhausen, car elle

subit depuis qu’elle est entrée en fonction diverses et constantes interventions.

Cela est notamment dû au fait qu’une banque doit garder une

apparence « moderne » pour rassurer ses clients et doit répondre à des

mesures de sécurité en constante évolution. L’intérieur a donc régulièrement

été transformé ; l’empreinte de Förderer a depuis longtemps disparu.

De plus, la banque est une exception dans la manière de construire de

Förderer. En participant au concours, il voulu un bâtiment qui s’intègre à

la vieille ville en lui dessinant un toit à pans foncés (et non toiture plate,

comme habituellement chez Förderer) et des façades à crépi blanc.

Cette idée d’intégration à l’existant était assez neuve en 1962 et, selon

M. Lüscher, ce fut l’élément qui leur fit gagner le concours. Förderer en

parle en ces termes : « Je voulais que l’harmonisation recherchée avec

la vieille ville soit ressentie non comme un compromis, mais comme une

réponse à une suggestion bienvenue. Une cantine sur deux niveaux et

des logements nous permirent de traiter le toit dans l’esprit de la vieille

ville. » Il est par contre intéressant de noter que la façade est protégée

par les monuments historiques.

Le restaurant Park am Rheinfall, tout comme la banque cantonale de

Schaffhausen, a subi dès qu’un deuxième gérant fut entré en fonction

une transformation qui, selon M. Förderer , a vidé le bâtiment de sa

substance. Il est, en effet, difficile de reconnaître un bâtiment de Förderer

dans ce qu’il reste des aménagements intérieurs d’origine. Un jardin

d’hiver, d’énormes stores et divers ajouts sont venus modifier la façade

de manière assez brutale. Les fenêtres ont dû être changées, celles en

place actuellement sont coulissantes en aluminium. A l’intérieur, ils ne

restent que quelques boiseries d’origine. A première vue, le béton n’a pas

été rénové mais aurait reçu un coup de peinture protectrice et son état

est plutôt mauvais. On peut malgré tout remarquer que là où la peinture

a été appliquée la mousse n’a pas pu prendre racine.

Ces deux exemples montrent peut être que dans le domaine privé, les

raisons de rentabilité priment sur la sauvegarde de l’existant. Ainsi, dans

la liste de bâtiments dont je vais traiter de l’état actuel, il ne reste que

des bâtiments appartenant à la collectivité publique. Ce qui ne veut pas

forcément dire qu’ils aient été mieux entretenus que ces deux exemples.


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Construction et durabilité VII

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Master I - Janvier 2012

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Cour de récréation devant l’ancienne salle de sport: Photo d’origine extraite de: Das Werk, Heft Nr. 8 von 1963,

Hochschule St. Gallen; Vorfabrizierte Wohnbauten, page 303


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Photo d’origine extraite de: Das Werk, Heft Nr. 8 von 1963,

Hochschule St. Gallen; Vorfabrizierte Wohnbauten, page 298

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Photo d’origine extraite de: Das Werk, Heft Nr. 8 von 1963,

Hochschule St. Gallen; Vorfabrizierte Wohnbauten, page 299

22

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Das Werk, Heft Nr. 8 von 1963,

Hochschule St. Gallen; Vorfabrizierte Wohnbauten, page 305

21

Anne-Fanny Cotting - Henri Gindre - Lorraine Kehrli

Nom : Hochschule für Wirtschafts und Sozialwissenschaft

Adresse : St.Gallen

Concours : 1957

Construction : 1959 - 1963

Collaborateurs : Förderer, Otto et Zwimpfer

Usage : Haute école

Mesure de protection : protégé par les mesures prises par la confédération

Etat actuel : Intervention globale effectuée en 2006-2011

Nom : Orientierungsschule Brunnmatt

Adresse : Basel

Concours : 1958

Construction : 1960 - 1964

Collaborateurs : Förderer, Otto et Zwimpfer

Usage : Ecole secondaire

Mesure de protection : inscrit à l‘inventaire

Etat actuel : Intervention en cours

Nom : Kantonsschule

Adresse : Schaffhausen

Concours : ?

Construction : 1962 - 66

Collaborateurs : Förderer, Otto et Zwimpfer

Usage : Ecole secondaire II

Mesure de protection : tout l’ensemble est protégé par les mesures prises par le

canton

Etat actuel : interventions ponctuelles : 2009 : changement des fenêtres, 2011 :

assainissement de la façade, par la suite : transformation de salles de classe en

bureaux pour les professeurs.

Nom : St-Nicolas

Adresse : Hérémence

Concours : 1963

Construction : 1967 - 71

Collaborateurs : W. M. Förderer

Exécution : Morrisod, Furrer et Jeizner

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : protégé par les mesures prises par la confédération

Etat actuel : petites intervention ponctuelles

135


Nom : St. Klemenz

Adresse : Bettlach

Concours : 1966

Construction : 1966 - 69

Collaborateurs : W. M. Förderer et J. Meier

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : En cours d’inscription à l’inventaire

Etat actuel : Future intervention prévue en 2013

Nom : Heiligkreuz

Adresse : Tiefenau (BE)

Projet : 1964

Construction : 1967 - 69

Collaborateurs : W. M. Förderer et R. Burkhalter

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : Inscrite à l’inventaire en tant que « Schützenswert »

Etat actuel : petites interventions ponctuelles

Nom : St. Johannes

Adresse : Luzern

Concours : 1965

Construction : 1967-70

Collaborateurs : W. M. Förderer et R. Härter

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : probablement inscrit à l’inventaire

Etat actuel : Première intervention d’assainissement du béton, de rénovation de la

cour intérieure et de réfection de l’étanchéité des toitures en 2010, intervention de

transformation et d’isolation du centre paroissial.

Nom : Boppartshof

Adresse : St. Gallen

Concours : 1962

Construction : 1965 - 66

Collaborateurs : Förderer, Otto et Zwimpfer

Usage : Ecole primaire

Mesure de protection : ?

Etat actuel : intervention globale effectuée de 1998-2005


holische Kirche Heilig-Kreuz

r-MasansGR

en: Prof. W.M. Förderer,

R. Luescher und J. Meier, Schaffhausen und Karlsruhe

er: H.Turnherr

e: Schwander & Flisch AG, Chur; Bötschi, Chur

69

Hans Hänggi, Sumiswald

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Nom : St. Gallus

Adresse : Lichtensteig

Concours : 1966

Construction : 1966 - 68

Collaborateurs : W. M. Förderer et J. Meier

Usage : Ecole catholique

Mesure de protection : Inscrite à l’inventaire en tant que « Haltenswert »

Etat actuel : intervention globale effectuée en 2010-2011

Nom : Heiligkreuz

Adresse : Chur

Concours : 1963

Construction : 1966 - 69

Collaborateurs : W. M. Förderer et H. Turnherr

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : protégé par les mesures prises par le canton

Etat actuel : intervention globale effectuée récemment

Nom : St. Konrad Zentrum

Adresse : Schaffhausen

Projet : 1968

Construction : 1969 - 71

Collaborateurs : W. M. Förderer et R. Lüscher

Usage : Eglise catholique

Mesure de protection : protégé par les mesures prises par le canton

Etat actuel : petites interventions ponctuelles

Nom : Im Gräfler

Adresse : Schaffhausen

Concours : 1964

Projet : 1967 - 1970

Construction : 1971 - 74

Collaborateurs : W. M. Förderer, R. Lüscher et J. Meier

Usage : Ecole secondaire

Mesure de protection : ?

Etat actuel : petites interventions ponctuelles et future intervention prévue

137


Crédits photographiques

Page 135 :

«Hochschule St. Gallen; Vorfabrizierte Wohnbauten», Das Werk, n° 8, 1963, pp. 298, 305

BÄCHER Max, Walter M. Förderer, architecture-sculpture, Neuchâtel, Editions du Griffon,

1975, pp.132, 133, 51

Page 136 :

BRENTINI Fabrizio, St.Klemenz Bettlach, Bettlach, Röm.-kath. Kirchgemeinde, 1995

«Kirchen in Chur, Bettlach und Bern-Tiefenau», Deutsche Bauzeitschrift, Gütersloh, Bertelsmann

Fachverlag, 1970

http://www.stadt.sg.ch/home/bau_und_planung/hochbauamt/baudokumentationen/Baudok_Ordner_4/_jcr_content/Par/downloadlist_26/DownloadListPar/download.ocFile/112_

baudoku_boppartshof.pdf

Page 137:

BÄCHER Max, Walter M. Förderer, architecture-sculpture, Neuchâtel, Editions du Griffon,

1975, pp.24, 106

Das Werk, n° 58, 1971, p.512

Les images sans sources proviennent des documents fournis par les architectes ou les ingénieurs

chargés des interventions ou ont été prises par Lorraine Kehrli (St-Gall et Brunnmatt)

ou par l’auteur.

138

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

4.2.1 enveloppe

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

4.2 Pathologies courantes et interventions effectuées

4.2.1.1 Béton apparent

Le béton est un matériau composite, composé de pierre artificielle renforcée

par de l’acier car le béton ne supporte que peu la traction. Ces

matériaux sont compatibles car ils ont plus ou moins le même coefficient

d’allongement thermique. Donner forme au bâtiment, reprendre

les efforts de pression et protéger l’acier contre la rouille sont parmi les

fonctions principales du béton.

Contrairement à un mur en maçonnerie crépie, le béton porte et exprime

en même temps la surface. C’est un rêve d’architecte d’avoir le même

matériau, c’est à dire un monolithe qui se laisse former et structurer.

Par contre, cela représente une problématique majeure de restauration

(souvent un véritable « cauchemar » pour un restaurateur).

Ceci pose un problème de déontologie auquel il faut répondre préalablement

à toute intervention. Que faut-il sauvegarder, la forme, la surface,

ou la surface et de la forme patiné par le temps ?

Le béton étant un matériau récent comparé à la brique ou à la pierre, sa

vie et son vieillissement au fil du temps fut l’objet de nombreuses recherches

et d’études expérimentales. Les processus de vieillissement et

d’endommagement ainsi que les méthodes d’assainissement du béton

commencent à être bien connus. Par contre le béton apparent et la sauvegarde

de sa modénature, de sa texture et de sa couleur doit encore

faire l’objet de recherches. Contrairement à ce qui fut longtemps avancé,

le béton n’est ni inerte ni auto-lavant, mais il réagit avec son environnement.


Théorie du vieillissement :

La corrosion des fers provient d’une réaction naturelle du béton. Les

pores d’un jeune béton sont remplis par de l’hydroxyde de calcium. Cet

oxyde confère au béton une alcalinité qui protège les fers de la corrosion.

On appelle ce phénomène la passivation des aciers. Le dioxyde de

carbone contenu dans l’air entre dans le béton plus ou moins lentement,

selon la qualité du béton. Il réagit, en présence de l’eau, avec cet oxyde

de calcium pour former du carbonate de calcium. Ceci a pour conséquence

de diminuer le pH du béton et ainsi d’empêcher la passivation

des aciers. Ce phénomène, appelé carbonatation du béton, avance de

la surface vers l’intérieur du béton. Les fers s’oxydent lorsque le front de

carbonatation arrive à eux et en présence d’eau. Ainsi plus le recouvrement

des fers est important, plus l’oxydation des fers est retardée. La

rouille des fers augmente leur volume de sept fois et le béton entourant

les fers éclate. Les premiers signes annonciateurs de la corrosion des

fers ne sont souvent que la pointe de l’iceberg. Lors d’apparition de fissures,

la vitesse de corrosion est amplifiée.

On a donc deux possibilités d’intervention pour éviter que les fers ne

rouillent. Soit on protège les fers, soit on évite le contact du béton avec

l’eau.

139


140

http ://www.lerm.fr/lerm/

Newsletter/Newsletter10/

lerm_Newsletter10carbonatation.shtml

Fissure « auto-réparée

» à Im Gräfler

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

Anamnèse du bâtiment :

Lors d’une première visite de contrôle de l’état du béton, il faudrait

s’armer d‘un profondimètre qui permet de repérer à quelle profondeur

sont les fers. Il faudrait contrôler l’avancée du front de carbonatation

avec de la phénolphtaléine sur des fractures fraîches de béton. « La

phénolphtaléine est un indicateur de pH coloré dont le virage se situe aux

alentours de 9. Cela permet de différencier la zone carbonatée (pH < 9)

qui reste incolore, de la zone non carbonatée (pH > 9 et allant jusqu’ à 13)

colorée en violet. » Avec ces deux indications, on peut déjà déduire si

les fers commencent à se corroder et quelle est la vitesse du front de

carbonatation. Avec un marteau, on peut trouver les zones qui sonnent

creux où les fers ont une probabilité d’être corrodés. Mais attention, une

zone peut sonner creux dès sa construction. Il faudrait aussi repérer

les fissures après la pluie et les mesurer pour juger de leur menace.

L’anamnèse doit se faire sur plusieurs années, car il faut non seulement

connaître la dégradation du béton mais aussi son évolution dans le

temps.


Procédés de réparation :

Afin de garantir le succès d’une intervention sur le béton, il est nécessaire

de déterminer les buts exacts de cette intervention, de comparer toutes

les variantes selon un système de critères : conditions de succès de la

méthode, moyens de vérification de l’effet recherché, durabilité à long

terme de l’effet recherché, possibilité d’interventions ultérieures, effet

de l’intervention sur l’esthétique de l’ouvrage, conditions d’utilisation

de l’ouvrage pendant les travaux et coût. Il va de soi que cette analyse

sectorielle devrait être étendue à tout le projet, y compris l’utilisation du

bâtiment.

L’assainissement du béton apparent demande parfois que l’on change

de philosophie de travail. Dans les objectifs qui sont généralement

demandés, il faut que l’intervention soit garantie en une fois et que ses

bienfaits durent des lustres. L’application d’un traitement hydrophobe,

par exemple, est invisible à l’œil nu. On devrait donc revenir régulièrement

contrôler l’apparence du béton. Si des taches noires apparaissent sur

celui-ci, c’est que de l’eau est passée à travers la couche hydrophobe et

est restée piégée derrière. La lasure étant invisible, ceci implique le fait

qu’elle se dégrade plus rapidement et qu’elle doive être entretenue tous

les dix ans. Une peinture protectrice comporte des paillettes métalliques

qui la protègent des UV. C’est pourquoi, on utilise plus couramment cette

peinture sur les surfaces horizontales. Un contrôle régulier permet aussi

de reconnaître la nature des fissures et de déterminer comment les

assainir. Si une fissure bouge au fil du temps, c’est que c’est une fissure

de dilatation. Il faut donc mettre en place un joint souple qui a besoin

d’être refait tous les dix ans. Si la fissure ne bouge pas, c’est qu’elle

provient du retrait du béton. Si elle n’excède pas un demi-millimètre, elle

va s’autoréparer, sinon il faut la colmater.

141


142

Tableau récapitulant

les interventions possibles

sur le béton

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

Surface :

Il y a deux types d’éléments qui viennent salir une façade de béton. Les

éléments inorganiques, comme la poussière, les particules fines provenant

de la pollution ou les efflorescences et les éléments organiques

comme les mousses, lichens ou algues. De multiples méthodes existent

pour enlever ces éléments étrangers. Le choix de la méthode d’intervention

dépend de différents critères. Le type de salissures, l’état du béton,

la durée d’intervention, l’environnement dans lequel l’intervention doit

être effectuée, le pouvoir abrasif ou invasif de la méthode, etc. Ci-contre

un tableau récapitulant les techniques de nettoyage. Dans « procédés

avancés », de nouvelles techniques telles que le nettoyage cryogénique

par projection de glace sèche, le nettoyage par ultrasons multifréquences,

le nettoyage par projection Spongjet et le nettoyage par

hydroaspiration sont citées.

La surface du béton peut aussi être abrasée par le vent ou érodée par

l’eau qui lui coule dessus.


Structure :

Outre l’éclatement du béton dû à la corrosion des fers, les dégâts subits

par le béton proviennent des éclats causés par des chocs directs, des

fissures, du gel et dégel et des réactions alcali-granulats, etc.

Lorsque l’acier est attaqué par la rouille, il y a deux cas de figure. Soit

l’acier est absolument nécessaire au fonctionnement statique du bâtiment

et dans ce cas une intervention radicale s’impose. Lorsqu’il s’agit

d’acier dit constructif qui sert surtout à lier d’autres aciers ensemble de

façon qu’ils ne bougent pas trop pendant le bétonnage, on peut se permettre

plus de liberté dans leur traitement.

Outre le fait de devoir ouvrir le béton autour des fers corrodés, d’éliminer

la rouille et de passiver les aciers, certains choix doivent être faits par

l’architecte pour sauvegarder l’apparence du béton apparent. Il faudrait

dessiner les élévations et y intégrer les ragréages, choisir leur dimension

et leur forme pour minimiser leur impact visuel, ou du moins les intégrer

à l’existant. Le choix du mortier de ragréage est important.

143


144

CAUSSARIEU Alexandre,

Gau Thomas, Guide pratique

de la rénovation de façades

pierre, béton, brique, Paris,

Eyrolles, 2005, p. 55

Esquisses d’interventions

sur le béton

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

« D’une manière générale, le mortier choisi doit avoir les caractéristiques

suivantes :

imperméabilité à l’eau et aux agents agressifs ;

module d’élasticité équivalent à celui du béton support ;

adhérence supérieure ou égale à la cohésion superficielle des bétons ;

résistance mécanique supérieure ou égale à celles du béton support ;

dilatation thermique équivalente à celle du béton support. »

Par souci d’esthétique, le mortier devrait avoir une couleur se rapprochant

le plus possible de l’originale. Et ceci n’est pas une mince affaire, le

béton étant très changeant d’un mètre à l’autre. La cure du mortier doit

être protégée afin qu’il ne soit prématurément fissuré. Il est important de

préciser qu’un taconnage parfaitement invisible est impossible. Puis un

traitement est nécessaire pour contrer les effets de la carbonatation. Il

existe différentes méthodes de la plus fine à la plus imposante. La durée

de vie de ces interventions est généralement inversement proportionnelle

à leur discrétion. L’imprégnation hydrophobe est une peinture sans

pigments, actuellement à base de silicones ou siloxanes, ce qui signifie

qu’on applique une mince couche de verre sur la surface qui ne laisse

pas passer l’eau à l’état liquide mais laisser passer la vapeur d’eau.

On peut ajouter à cette imprégnation des pigments en faible dosage. On

obtient ainsi une lasure qui égalise légèrement les teintes du béton ainsi

que les traces de réparations.

Avec l’ajout plus important de pigment et un limon très fin, on obtient un

badigeon. Celui-ci épouse la forme du béton mais anéantit la structure

existante de la surface.

L’étape suivante est l’ajout d’un crépi.

Pour finir, dans certains rares cas, il faut ajouter un bardage complet qui

permet éventuellement l’isolation par l’extérieur.

Le choix de l’intervention dépend, outre l’aspect visuel, de la gravité des

dégâts.

Le béton de Förderer, malgré son âge, est particulièrement en bon état.

Le soin que Förderer portait à l’apparence du béton a joué un grand rôle

dans sa préservation face aux attaques du temps. De plus, il ne présente

que très peu de fissures de retrait, preuve à nouveau de l’attention portée

à l’apparence du béton et de la très grande quantité d’armature.


genBrühwiler 02.11.2011

12

12

145


146

Façade échantillon

Réparations visibles

lorsqu’il pleut

Œuvre d’art non-nettoyée

Garde-corps enduit de

peinture

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

A St-Gall, le but de l’intervention était clairement d’assainir le béton apparent

tout en conservant son apparence d’origine. A l’extérieur, les façades

peintes ont été décapées puis sablées. Une grande attention a été

portée pour trouver la méthode adéquate : le type de buse, la quantité de

sable et la distance de projection. Puis les fers rouillés ont été mis à nu,

traités avec une peinture anti-rouille et un mortier leur a été appliqué. Le

choix de ce mortier, de sa texture et de sa couleur a fait l’objet d’essais

sur un pan de façade. Il s’est avéré qu’en pratique il était très difficile

d’appliquer exactement la bonne couleur, celle-ci étant changeante d’un

mètre à l’autre. De plus, le nouveau mortier présente des fissures de retrait.

Afin de retrouver une couleur équivalente, les taconnages ont été

peints avec de la lasure pour béton minéral. Puis toutes les surfaces ont

été enduites d’une couche hydrophobe. Par temps sec, les réparations

sont quasiment invisibles. Par contre, celles-ci sont mises en évidence

lorsque les surfaces sont mouillées.

Les garde-corps en béton ont été enduits d’une peinture protectrice en

PVC qui empêche l’infiltration d’eau sur les surfaces horizontales. Cette

peinture, de couleur « béton », résiste plus longtemps qu’une lasure

transparente car elle contient des paillettes métalliques qui la protègent

des UV. C’est une solution insatisfaisante, mais dans tous les cas préférable

à la pose d’une couvertine ou à aucune intervention qui induirait

une dégradation rapide du béton.

A l’intérieur le béton n’est que peu dégradé. Certains trous ont été rebouchés,

mais sans prendre le soin de « cacher » l’intervention afin de

la différencier de l’original. L’intervention la plus importante concernant

le béton à l’intérieur est son nettoyage. La grande fréquentation d’une

école implique des traces d’usage. La couche noire sur la main-courante

due aux mains sales a dû être poncée avec un papier de verre très fin, les

différents solvants essayés ne donnant pas de résultats satisfaisants.

A St. Konrad, le béton extérieur a été peint avec un enduit de protection

gris il y a environ de ça vingt ans. Une intervention d’assainissement du

béton est prévue dans deux ou trois ans. Le béton est avant tout sale

mais n’a pas l’air d’être très dégradé. Lors de ma visite je n’ai trouvé qu’un

fer apparent, et ceci dans un lieu totalement protégé des intempéries.

Ce qui me fait penser qu’il doit être apparent depuis le début. L’intervention

va-t-elle se charger d’enlever la couche de peinture et d’appliquer

une couche hydrophobe ? A l’intérieur, certains murs ont été peints en un

gris pâle afin de rendre les espaces plus lumineux. Ce sont précisément

les murs de la chapelle et des salles supérieures.


148

Le limonage est un mélange

de sable très fin avec

un liant. Il est donc plus fin

qu’un crépi mais plus épais

qu’une peinture. C’est une

couche protectrice très fine.

Si on réemploit les mêmes

pierres que pour le béton,

il est possible de retrouver

une teinte similaire au

béton. C’est un traitement

de protection plutôt doux

et qui, selon le liant, peut

se délaver en 15 à 20 ans.

C’est donc une variante peu

invasive et surtout plus

réversible que la peinture.

FOURRE Nicolas de www.

leca-system.fr selon entretien

par email

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

A Brunnmatt, le béton a été recouvert d’une peinture couvrante et grise.

L’intervention en cours compte retirer cette peinture et réparer le béton

afin qu’il retrouve son apparence initiale. Une couche hydrophobe va être

appliquée puis un limonage. L’accent est mis sur le retour à l’état originel

et la préservation de l’existant.

A Bettlach, le béton n’est pas en trop mauvais état. Quelques éclats

sont dus à la corrosion des fers. Ces endroits seront traités de manière

« douce ». Une intervention a déjà participer à assainir le clocher, il y a

longtemps. A cette époque, M. Lüscher avait dû intervenir afin que l’on ne

crépisse pas l’église. Le problème de la future intervention réside dans

le type de béton employé en place. Une certaine portion du bâtiment est

en béton Leca.

Le béton Leca est employé afin d’alléger la construction et d’augmenter

l’isolation. Des boules d’argile expansée remplacent le gravier, ce qui

rend le béton plus faible au niveau statique. De plus, les boules peuvent

se gorger d’eau, ce qui annihile le pouvoir isolant. Le béton Leca présente

aussi une moins bonne durabilité. Par contre, il n’y a aucun changement

au niveau des barres d’armature par rapport au béton « normal ».

J’ai contacté Leca France et mon interlocuteur a répondu à la question

de l’assainissement du béton Leca : « Cependant, les bétons allégés se

réparent comme les bétons courants a priori, c’est pourquoi je vous invite

à regarder les produits de réparation présentés sur notre site […] »

Les méthodes d’assainissement sont plus compliquées. Tout d’abord

avec quel matériau « taconner » ? Si l’on veut imprégner le béton, il y a

un risque que les boules réagissent avec le produit ou qu’elles pompent

le produit comme une éponge et donc que l’imprégnation se fasse de

manière irrégulière. A Bettlach, le problème, c’est que ce béton Leca

fut peint avec une peinture protectrice colorée. Donc comment enlever

cette couche de peinture sans endommager le béton ? Les premiers essais

font apparaître les boules d’argile expansée comme sur le pelage

d’un dalmatien. La question se pose de savoir s’il ne faut pas enlever

cette peinture et intervenir par dessus. Et là de nouveau, comment va

réagir le produit d’imprégnation avec la peinture préexistante, et surtout

comment va pouvoir pénétrer le produit d’imprégnation ? Si la peinture

est suffisamment abîmée, elle pourrait laisser passer le produit. Là où le

béton est « normal » il subira une imprégnation hydrophobe de surface.

Cette imprégnation, bien que transparente, adoucit la force du béton

brut.

Une autre problématique se présente à Bettlach qui se rapproche plus

de la statique que du béton même. Le plafond dans d’église est une sorte

de dalle en béton de treize centimètres suspendue par des éléments


Lasure blanche et

lichens à St. Konrad

Peinture, dégats et

échantillon de limonage

à Brunnmatt


150

Nettoyage partiel et

taconnage à Tiefenau

Dégats, peinture et

essais d’intervention à

Bettlach

CAUSSARIEU Alexandre,

GAU Thomas, Guide

pratique de la rénovation

de façades pierre, béton,

brique, Paris, Eyrolles, 2005,

pp.78-79

Ibidem, pp.146-147

Cette technique appelée

en allemand Trockeneis

Strahlverfahren permet

d’appliquer un choc

thermique aux saletés et

de les faire se décoller plus

facilement. Cette technique

n’est pas abrasive.

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Béton apparent

métalliques. Dans quel état sont ces éléments et dans quelle mesure

peut-on garantir la sécurité ? Les ingénieurs sont en train de plancher

sur la question. Il est fort probable que cette technique ait été utilisée

dans d’autres églises notamment à Tiefenau.

A Tiefenau, les endroits où les fers étaient apparents ont été rebouchés.

Les fers ont probablement été traités. L’intervention n’a-t-elle traité que

les fers apparents, ou y a-t-il eu une analyse un peu plus approfondie,

à savoir que tous les fers corrodés même ceux qui n’avaient pas encore

montré leur rouille en surface ont bien été traités? Le concierge nettoie

chaque été la surface du béton au karcher. Ici se posent une quantité

de questions. L’eau n’est-elle pas injectée dans le béton ? Se pourraitil

qu’elle reste prisonnière de l’argile expansée ? Ou qu’elle accélère la

carbonatation du béton ? On voit que le béton a été « nettoyé » dans un

endroit protégé des intempéries. Quelle est donc cette couche qui a été

enlevée ? Est-ce juste de la patine, des algues ou la couche protectrice

du béton ? Dans le Guide pratique de la rénovation de façades, il est

indiqué que le nettoyage à haute pression « est bien adapté à l’entretien

régulier des façades ayant subi un traitement hydrofuge de surface ».

Plusieurs indications sont données quant à l’utilisation correcte d’un

karcher afin que le traitement ne soit pas abrasif.

A la Kantonsschule de Schaffhausen, une couche de peinture recouvrait

les façades extérieures. Elle a été retirée car, selon M. Lüscher, elle

n’amenait rien. Une méthode de projection de particules a été employée.

C’est probablement la méthode Sponge Jet qui a été employée. Ce procédé

« consiste à projeter sous pression des éponges polyuréthanes de

faible dimension […] contre les surfaces à traiter. […] Elles se déforment

et s’aplatissent au moment de l’impact ; en reprenant leur forme, elles

absorbent les salissures situées au point d’impact et les entraînent

dans leur chute. Les éponges sont ensuite collectées, transférées dans

l’unité de tamisage et séparées des salissures. […] Toutes les éponges

ayant encore une dimension suffisante peuvent être réutilisées au cours

d’une nouvelle projection. » Ce procédé est intéressant car moins nocifs

pour les manipulateurs.

A Lichtensteig, le béton a été nettoyé avec du CO 2 à moins huitante degré

Celsius. Le crépi a également été traité avec ce même procédé. Celuici

avait déjà été refait auparavant et une couche d’isolation y avait été

ajoutée. Lors de la dernière intervention, le crépi a été nettoyé puis une

couche de peinture, d’une teinte identique à celle d’origine, a été appli-


154

Tiefenau

+Lichtensteig

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe

Béton apparent

quée. Quelques ragréages ponctuels ont dû être réalisés. Mais en général,

le béton était en très bon état. Ne pouvant pas mettre une couvertine

sur le crucifix de béton, une couche de peinture PVC a été appliquée sur

les faces horizontales.

A l’école Boppartshof, les architectes avaient pour but, outre d’assainir

les fenêtres, le béton apparent et l’étanchéité en toiture, de préserver

l’apparence extérieure architectonique tout en faisant disparaître les

dégâts, sans oublier de remettre les bâtiments aux normes énergétiques.

Voici comment le service des bâtiments de St-Gall présente les

travaux : le béton carbonaté a été enlevé sur 20 mm de profondeur. Les

armatures, ainsi libérées, ont été sablées. Un nouveau béton a été projeté

sur une épaisseur de 35 mm. Un coffrage a été appliqué contre ce

béton, reproduisant l’ancien motif de coffrage. Ainsi, toutes les façades

en béton apparent sont augmentées de 15 mm d’épaisseur.

A Luzern, la paroisse dut intervenir d’urgence pour assainir le clocher

et étanchéifier les toitures plates. Le clocher en béton Leca présentait

de nombreux dégâts : corrosion des fers, éclatement du béton, fissures,

dépôts de calcaire, pousse de lichens et présence de nombreuses

taches. La plupart des surfaces avaient perdu leur alcalinité. Le bureau

d’ingénieur chargé des travaux avait observé sur cinq ans l’évolution des

dommages. Le but de l’intervention consistait en l’assainissement du

béton tout en préservant son apparence. Les mesures prises devraient

avoir une durée d’action de trente ans. Le béton a été piqué partout où

se présentaient des dégâts, les armatures ont été « nettoyées » et protégées

de la corrosion puis, à l’emplacement des réparations, le béton a

été reprofilé comme le coffrage d’origine. La surface de réparation a été

gardée la plus limitée possible, évitant ainsi, de devoir recoffrer des surfaces

entières. Aucune lasure bouchant les pores n’a été appliquée afin

de ne pas endommager le béton d’origine. Les surfaces de réparation ont

été retouchées à la peinture afin qu’elles se confondent avec le béton

d’origine. Par contre, les taches de vieillesse, la patine et les retouches

d’origine n’ont pas été corrigées. Malgré l’attention portée à la tâche, un

observateur attentif peut repérer les réparations. Les façades assainies

ont été enduites d’un traitement hydrophobe profond et transparent, et

les façades de la cour intérieure recouvertes d’une couche de protection

contre les graffitis. Les joints de dilatations ont été refaits. L’ingénieur

précise que le choix du mortier s’est fait après de nombreux essais et

échantillons. Les surfaces de la cure et du centre paroissial avaient été

bien préservées grâce à l’application d’une lasure. Celles-ci ont été net-


ng

Détail à BopphartshofDas

Verfahren der elektrochemischen Realkali-

Etat des façades à Im sierung, welches bei der Sanierung der Sichtbe-

Gräfler

Page de droite : état

tonfassade des Stadtheaters ein Jahr zuvor ein-

avant travaux de l’église gesetzt worden war, konnte in der Schulanlage

St. Johannes à Luzern

Boppartshof wegen der teilweise zu geringen

Betonüberdeckung nicht angewendet werden.

Hier musste die Betonoberfläche abgetragen

und neu aufgebaut werden.

Mittels Wasserhöchstdruck wurden im Jet-Verfahren

ca. 20 mm der karbonisierten Betonoberfläche

entfernt. Die oberflächennahen korrodierten

Armierungseisen wurden dabei freigelegt

und durch Sandstrahlen gereinigt. Auf den so

vorbereiteten Untergrund wurde ein ca. 35 mm

starker Spritzbeton aufgebracht und in der neuen

Oberfläche die raue Struktur der ursprünglich verwendeten,

sägerohen Brettschalung nachgebildet.

Damit es eine gelungene Sanierung werden

konnte, musste auch auf Details geachtet werden.

Ein besonderes Beispiel dafür sind die Fensterbänke:

Auf die bestehenden Ortbetonbänke

wurden vorfabrizierte, mit Glasfasern armierte

Zementfensterbänke aufgesetzt.

Zum Umfang der Sanierungsarbeiten gehörte die

Sanierung der verputzten Mauerwerkspartien,

aber auch der Ersatz der Holzfenster durch Holz-

Metall-Fenster und die Installation eines neuen

Sonnenschutzes mit ausstellbaren Stoffstoren.

Die mit der Fassadensanierung erzielten Resultate

erfüllen die Erwartungen sowohl in qualitativer

als auch in ästhetischer Hinsicht.

ektonischen Qualität der Schulauschäden

gegenüber, die sich

0-er Jahren an den Sichtbetonenstern

und den Flachchern

r 1990 beschloss der Stadtrat

anierungsvarianten prüfen zu

eine Aussensanierung mit der

che Erscheinungsbild bewahrt

bilder nachhaltig beseitigt wersserdem

sollten die Vorgaben

tretenden Verordnung zum Enesetzt

werden. Die Fassadenüber

mehrere Jahre verteilt und

iert.

Im Verlauf der nächsten Jahre wurden auch die

Toilettenanlagen der drei Schulhaustrakte, der

Aula und der Turnhallen sukzessive saniert.

Schnitt Fensterbank

1 neue Holz-/ Metallfenster, steckbarer Wetterschenkel

2 alte Betonfensterbank

3 neue Fensterbank aus glasfaserarmiertem Feinbeton

4 alte Ortbetonfassade

5 neue Spritzbetonfassade


Schubiger AG Bauingenieure Luzern 4519.4 St. Johanneskirche Luzern Fotodokumentation

Betonfassadensanierung Schadensbilder

Abbildung 7: Dieser stark verwitterte Fassadenabschnitt zeigt die Hauptschäden sehr schön auf.

Abbildung 1: An der Kirchenfassade, sowie an vielen Stellen im Innenhof stechen grosse Abplatzungen in Folge von

Holzeinschlüssen in Auge. Durch unterschiedliche Materialausdehungen (Holz, Beton) bei Temperatur- und

Feuchtigkeitsschwankungen Abbildung entstehen 6: Durch hohe die Spannungen poröse Betonhaut im Beton, der gelangt zum Abplatzen Wasser der in obersten die Abbildung obersten Betonschicht Schichten 2: führt. Durch der den Betonfassade, Korrosionsvorgang welches vergrössert sich bei seinem sich das Volumen der Armierungsstäbe deutlich. Der d

Austritt aus als auffällige Rostflecken zeigt.

entstehende sehr hohe Druck auf den aussenliegenden Beton führt zu dessen Wegbrechen.

BC-Dok:BC doc:Hauptgeschäft:Objekte in Arbeit:2008:08.116 St. Johannes Kirchenzentrum Luzern:Allgemein:02.

Berichte:Fotodokumentation Schadensbilder.doc Seite 3 von 4

19.03.2009 / hl

1. Etappe 2010: Sofortmassnahmen Turmsanierung / Flachdach / Innenhof

Das in den Jahren 1967 – 1970 erstellte Kirchenzentrum St. Johannes im Würzenbach von W

Förderer hat den Zahn der Zeit sichtlich erkennbar zu spüren bekommen. Anfang 2010 bewil

Abbildung 2: Durch den Korrosionsvorgang vergrössert sich das Volumen der Armierungsstäbe deutlich. Der dadurch

entstehende Kichenrat sehr hohe Druck eine auf den aussenliegenden erste Beton Sanierungsetappe, führt zu dessen Wegbrechen. die von April 2010 bis September 2010 ausgeführt wu

BC-Dok:BC doc:Hauptgeschäft:Objekte in Arbeit:2008:08.116 St. Johannes Kirchenzentrum Luzern:Allgemein:02.

Berichte:Fotodokumentation Schadensbilder.doc Seite 1 von 4

19.03.2009 / hl

157

BC-Dok:BC doc:Hauptgeschäft:Objekte in Arbeit:2008:08.116 St. Johannes Kirchenzentrum Luzern:Allgemein

Berichte:Fotodokumentation Schadensbilder.doc Seite 1 von 4

Abbildung 8: Starker Flechtenbewuchs und Betonverfärbungen, vorwiegend am Kirchenturm, beeinträchtigen das

Erscheinungsbild der Kirche stark.

BC-Dok:BC doc:Hauptgeschäft:Objekte in Arbeit:2008:08.116 St. Johannes Kirchenzentrum Luzern:Allgemein:02.

Berichte:Fotodokumentation Schadensbilder.doc Seite 4 von 4

19.03.2009 / hl


Etat des façades de

Chur après assainissement

du béton

Clocher de St.

Johannes assaini

Etat du béton dans

les escaliers extérieurs

à Hérémence


160

Kantonschule

Chur

Luzern

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe

Béton apparent

toyées à l’eau sous-pression. L’intervention en cours prévoit d’éliminer

la peinture blanche qui recouvre les murs intérieurs et de leur redonner

leur apparence originale.

On remarque, notamment à la Kantonsschule de Schaffhausen et à Chur,

que, bien que le béton ait été nettoyé et assaini, les aménagements extérieurs

et les couverts n’ont pas été pris en compte dans l’intervention.

Pour ce qui est des couverts, il se pourrait que ce qui paraît tâché ne soit

en fait qu’une patine naturelle, ces surfaces étant abritées des intempéries.


Crédits photographiques

Page 142 :

CAUSSARIEU Alexandre, GAU Thomas, Guide pratique de la rénovation de façades pierre,

béton, brique, Paris, Eyrolles, 2005

Page 145 :

Conférence de E. Brühwyler, Méthodes douces pour la remise en état et protection du béton

apparent, le 2 novembre 2011 à l’EPFL

Les images sans sources proviennent des documents fournis par les architectes ou les ingénieurs

chargés des interventions ou ont été prises par Lorraine Kehrli (St-Gall et Brunnmatt)

ou par l’auteur.

161


162

St.Gall

Bettlach

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe fenêtres

4.2.1.2 Fenêtres

L’architecture de Förderer est percée de nombreuses fenêtres. Il n’y en

a pas moins de soixante sur les petits bâtiments et aucune n’a la même

dimension que l’autre.

Les différents intervenants s’accordent à dire qu’il faut changer les fenêtres

pour atteindre une meilleure isolation thermique du bâtiment,

diminuant ainsi la consommation de mazout. Les fenêtres en bois ont

une durée de vie de huitante ans environ à condition qu’elles soient correctement

entretenues. Donc vu l’âge des bâtiments, elles devraient encore

remplir leur fonction. Par contre, dans un souci d’améliorer le bilan

thermique et sachant qu’on ne peut intervenir ni sur les murs intérieurs,

ni sur les murs extérieurs, les fenêtres sont le seul élément de façade

sur lequel il est possible d’intervenir pour améliorer l’isolation.

Les fenêtres de Förderer sont généralement en bois, peintes de couleur

brune foncée, sauf à St. Konrad où elles sont vertes et oranges. Förderer

aime les disposer à fleur du mur intérieur. Les murs étant généralement

épais, elles sont, très en retrait du nu extérieur du mur, et donc passablement

protégées des intempéries.

A l’école de St-Gall, les fenêtres, en acier ont quasiment toutes été

changées. Non pas pour une raison thermique, mais bien parce qu’elles

contenaient de l’amiante. Enlever l’amiante seulement aurait été difficile

et coûteux. De plus, certains cadres étaient rouillés. Des fenêtres double

vitrage, avec cadre en alu, ont remplacé les anciennes. Une attention

toute particulière a été portée à l’apparence de la nouvelle fenêtre. Les

mêmes dimensions et la même teinte obtenue par peinture de l’alu ont

été choisies soigneusement. Au rez-de-chaussée, les fenêtres existantes

on été remises en état car les changer n’avait pas de sens dans

un local juste tempéré. Les fenêtres comportant des œuvres d’art ont

aussi subi un traitement particulier. Le verre simple a été remplacé par

du double vitrage et les cadres ont juste été nettoyés.

A Bettlach pourtant, certaines fenêtres sur la face ouest ont dû être

changées car trop détériorées et n’étant plus étanches. Elles ont été

remplacées par des fenêtres bois-alu. L’alu a été peint de la teinte des

fenêtres en bois. Le bois n’étant pas un matériau uniforme, la différence

est plutôt flagrante. Lors de l’intervention prévue va-t-on remplacer les

fenêtres restantes? Et par quel type?


163


164

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe fenêtres

A Brunnmatt, plusieurs options ont été étudiées concernant les fenêtres.

Pour définir la meilleure option, des points ont été attribués à chacune

d’elles selon des critères pris en compte. Il est étonnant et intéressant

de constater que l’option –remplacement des vitrages- remporte plus

de points que l’option – remplacement par des fenêtres alu-bois-. La

durée de vie des éléments avec entretien a aussi été prise en compte,

ainsi que l’amélioration du bilan énergétique. Ainsi en remplaçant uniquement

les vitrages existants par des doubles vitrage, l’isolation en façade

présente une amélioration de 25%. En considérant que les cadres

de fenêtres existants ont tenu quarante ans sans entretien, ils devraient

encore tenir trente ans avec de l’entretien. Par contre, les fenêtres des

locaux plus humides seront entièrement remplacées.

A Chur, il semblerait que les fenêtres aient reçu une attention toute

particulière. Les ouvrants de la salle commune ont été remplacés par

de plus efficaces. Toutes les autres fenêtres originales sont restées en

place. Il leur a juste été rajouté une tablette et un renvoi d’eau en aluminium

de la couleur du bois.

A l’école Im Gräfler, les fenêtres sont originales. Elles sont en alu de couleur

rouge et verte, et elles semblent à première vue en parfait état. A

Hérémence, toutes les fenêtres sont également d’origine ! Une intervention

étant prévue dans les années qui viennent, espérons qu’elles seront

sauvegardées, et qu’elles ne seront pas sacrifiées sur l’autel du développement

durable. A Kempraten, les fenêtres sont aussi originales, en bois

peint blanc à l’intérieur et en alu de couleur brun foncé à l’extérieur.

A la Kantonsschule de Schaffhausen, les fenêtres en alu étaient encore

en bon état. Le principal problème résidait dans la valeur U. Elles ont

toutes été changées par des fenêtres en alu avec profil isolé. Mais une

grande attention a été portée à l’apparence qui devait être identique à

celle des fenêtres originales.

A St. Konrad, toutes les fenêtres ont été transformées. Les menuiseries

intérieures ont été gardées et les changements ne sont perceptibles

qu’à l’extérieur, où une menuiserie en alu a été ajoutée. Bien que les dimensions

aient été préservées, la couleur verte d’origine n’a pas réussi à

être reproduite à l’identique.


+Chur

Im Gräfler


E BRUNNMATT-SCHULHAUS

Fenstersanierung


Im Bereich der Turnhalle und der Garderoben wird wegen der fehlenden Einbindung in raumseitige

Holzverkleidungen und der höheren Beanspruchung durch Feuchtigkeit ein Totalersatz angestrebt (neue

Fenster mit 3-fach-Verglasung UG= 0.6 W/m2K).

Bewertungsmatrix Sanierungsvarianten

Bewertungspunkte 1-5 (Minimum-Maximum), (*Haupttrakt)

GP ARGE BRUNNMATT-SCHULHAUS

Glasersatz

2-fach IV

Holzfenster neu

2-fach IV

Holz-

Metallfenster neu

2-fach IV

Wert Punkte Wert Punkte Wert Punkte

- Bauphysik / Energie 3 4 4

U-Wert / Ug= 1.0 1.50 W/m2K 3 1.40 W/m2K 3 1.30 W/m2K 5

g-wert 5 4 4

Risiko Bauschäden

(Anschlüsse)

5 3 3

- Energie

(Grauenergieeinsatz)

5 3 2

- Behaglichkeit 4 4 4

- Sicherheit 3 4 4

- Beschlagsund

Fenstertechnik

3 4 4

- Risiken bei Ausführung

und Montage

4 3 3

- Langlebigkeit 3 3 5

Glas 15 Jahre 5 15 Jahre 5 15 Jahre 5

Rahmen 30 Jahre 3 35 Jahre 4 40 Jahre 5

- Unterhaltsintervalle 3 3 5

Glas 15 Jahre 5 15 Jahre 5 15 Jahre 5

Rahmen 5 Jahre 3 5 Jahre 3 20 Jahre 5

- Kosten 846 CHF/m2* 5 886 CHF/m2* 4 1‘011 CHF/m2* 3

- Denkmalpflege 5 3 2

- Architektur 5 4 2

Total Punkte 73 66 70

Aufgrund des Variantenvergleichs bzw. der Bewertungsmatrix empfiehlt der Fassadenplaner nach wie vor

in erster Priorität den Vorschlag Glasersatz.

Variantes pour

Brunnmatt

Page suivante, de

haut en bas, de gauche

à droite :

St-Konrad

Tiefenau

Kantonalschule à

Schaffhausen

Tiefenau 13

Lichtensteig

Kempraten


169


Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

170 A Lichtensteig, les septante-six fenêtres ont toutes été changées. Les

fenêtres en bois brun ont été remplacées par des fenêtres en alu-bois,

triple vitrage. A l’extérieur, l’alu a été peint de « couleur bois ». A l’intérieur,

la nouvelle fenêtre a été plaquée contre la boiserie existante. Le bois

employé est assez semblable à celui de la boiserie. Ne connaissant pas

le profil d’origine de la fenêtre, on ne peut pas savoir si les proportions,

les profils et alignements ont été préservés.

Hérémence

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe fenêtres

A Tiefenau, certaines fenêtres ont été changées. Le restaurateur des

monuments historiques a exigé que l’ouvrant, côté extérieur, soit en bois

mais a accepté que le dormant, à l’extérieur, soit en alu. Nous avons donc

un mélange bois-alu peint en brun sur l’extérieur de la fenêtre. La tablette

en bois ne pouvant être réutilisée, on a appliqué une sorte de tablette en

zinc ou en aluminium, remontant le long de la menuiserie sur environ

quinze centimètres et laissée brute. Des éléments de menuiserie originaux

sont restés en place. Il est dommage de constater que la couleur

de ces éléments et celle des nouveaux éléments ne correspondent pas.

Se rendant compte de la disharmonie, la personne en charge des travaux

compte repeindre ces éléments restants ainsi que les fenêtres d’origine

avec le nouveau brun pour retrouver une unité de couleur des fenêtres.

A Boppartshof, les fenêtres existantes en bois ont été remplacées par

des fenêtres bois-alu. Une nouvelle tablette de fenêtre en béton armé

de fibre de verre vient s’appliquer sur l’ancienne. Un nouveau store en

tissu a été ajouté.

A Luzern, les fenêtres d’origine vont être remplacées par des fenêtres

alu-bois, triple vitrage respectant les proportions des actuelles. L’argumentaire

pour l’emploi de l’alu est qu’il se présente comme étant le seul

matériau pouvant être peint de la même couleur que l’original sans avoir

besoin d’être régulièrement entretenu. Les fenêtres actuelles ne sont

plus étanches à l’eau et l’air et plusieurs ne peuvent être rénovés. Par

contre les portes dessinées par Förderer seront gardées en l’état. Les

stores sont remplacés par des copies conformes au modèle et à la couleur

d’origine.

On remarque dans de nombreux cas que les fenêtres en bois, bien que

normalement plus résistantes dans, ont été toutes remplacées par des

fenêtres en alu-bois. Elles étaient pourtant placées profondément dans

le mur et donc protégées des intempéries. Le problème vient probablement

du fait qu’elles étaient peintes de couleur sombre. Elles ont donc


moins bien résisté aux UV. Et c’est la raison pour laquelle elles ont été

remplacées par de l’alu. Un constructeur de fenêtre ne garantit actuellement

pas une fenêtre en bois sombre. Les architectes ont donc dû faire

le choix entre sauvegarder la couleur ou le matériau.

171


172

Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Couvertines et toiture

4.2.1.3 Couvertines et toiture

Une majorité des bâtiments de Walter Förderer sont recouverts d’une

toiture plate ou du moins, lorsque la toiture n’est pas plate, l’acrotère ne

comporte que rarement une couvertine. Le détail n’est pas des plus adéquats.

De plus, l’étanchéité, si elle est insuffisamment protégée, a une

faible résistance aux intempéries et au soleil. Les toitures plates n’étant

pas adaptées à notre climat, la résolution de détails adéquats était à

l’état de recherche et on peut dire qu’actuellement on a peut être résolu

le problème.

Förderer avait laissé des instructions claires : pas de couvertine en

cuivre. Et ceci pour une raison bien précise. Le cuivre agit contre les

mousses et les lichens. Ainsi Förderer, conscient que le béton ne resterait

pas immaculé, ne voulait pas que le cuivre cause des coulures de

« propreté ». De plus, vers la fin de sa carrière, il dut se résoudre, pour

des raisons évidentes, à poser des couvertines, en acier chromé. A l’école

Im Gräfler, il a travaillé un détail qui participe à l’ensemble de la composition.

Le retour de couvertine affleure le béton, et ce retour mesure

environ vingt-cinq à trente centimètres. De même à la Kantonsschule de

Schaffhausen, une couvertine en acier a été prévue dès l’origine. Puisque

Förderer s’est rendu compte en 1960 qu’une couvertine était nécessaire,

on peut se demander pourquoi, par la suite, il n’a pas continué dans cette

voie.

Quasiment tous les toits ont dû être assainis. Il y a eu différentes manières

d’aborder l’intervention, ce que l’on peut constater à travers

la pose de couvertine. A travers la mise en place d’un nouvel élément

constructif, l’architecte doit se poser la question de la raison de son absence,

de son utilité et de son apparence. Comment aurait fait Förderer

s’il avait dû poser une couvertine ? Förderer ayant posé des couvertines,

il est intéressant de voir comment il en a traité les détails. Malheureusement,

au vu des interventions effectuées, les architectes n’ont que rarement

cherché à connaître ces détails, ou n’ont pas eu le courage de les

reproduire. Il est vrai que la mise en place de ce détail, demande que l’on

scie le béton existant afin que le retournement de la couvertine soit à

fleur avec le béton. De plus, la couvertine travaillée par Förderer est imposante.

La mise en place de celle-ci sur un bâtiment qui n’en avait pas

changerait radicalement son image. De plus, dans les deux exemples où

Förderer a travaillé la couvertine, il a profité de la présence de ce matériau

pour l’utiliser ailleurs pour en faire des « décors ». Que choisir donc

dans ce cas ? Une couvertine, type Förderer, ce qui implique le sciage

du béton (donc aucun retour en arrière possible) et une apparence pro-


Im Gräfler

Détail de couronnement

d'acrotère

Kantonalschule à

Schaffhausen

173


Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

174 fondément changée, mais l’assurance que c’est un détail « conforme » à

Förderer, ou alors rendre le retour de couvertine le plus discret possible

et ainsi prendre le moins de risque ? Ou, dernière solution, y a-t-il moyen

de ne pas mettre de couvertine ? En effet, celle-ci n’est pas nécessaire.

On peut la remplacer par une peinture hydrophobe. Cette dernière,

appliquée sur une surface horizontale est colorée pour mieux résister

aux intempéries. Le sommet de l’acrotère n’étant que rarement visible,

cette méthode permettrait de sauvegarder l’apparence d’origine. La raison

pour laquelle on n’a jamais recouru à cette technique, c’est qu’elle

demande un contrôle régulier et qu’après une durée de vie de dix ans

maximum, une nouvelle application de la peinture doit être faite.

Certaines toitures ont été laissées brutes à l’origine, sans aucunes étanchéités

de quelque sorte, notamment celles d’espaces extérieurs.

Détail de couvertine à

St.Gall

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Couvertines et toiture

A Hérémence, le toit des escaliers extérieurs côté nord a été laissé brut.

Il y a quelques années, pour remédier au manque d’étanchéité, une sorte

de peinture assez couvrante a été exécutée. Là où le toit a été refait,

une fine couvertine a été mise en place. Mais tous les autres acrotères,

garde-corps ou remontées sont restés nus. Cette couverture d’acrotère

a été traitée pour reprendre les angles du béton existant. N’aurait-il pas

été plus judicieux de traiter ce détail différemment ? On peut aussi se

poser la question de quelle manière ce nouvel élément a été fixé.

A St-Gall, les toitures ont toutes été isolées dans les années 1990 avec

du foamglass de 14 cm en moyenne. Pour assurer une meilleure étanchéité

des raccords, on a rajouté soit une couche de peinture PVC, soit

une bande de cuivre. Cette dernière variante est plus durable mais plus

coûteuse, et elle a un impact visuel plus grand. Mais quel était le détail

d’origine ? Pour protéger les acrotères, une couvertine qui dépasse de

maximum deux centimètres en façade a été ajoutée. Par contre, pour le

bâtiment principal, un détail a été élaboré pour que la couvertine ne se

voie pas depuis le bas. Pourquoi ne pas avoir employé partout de la peinture

PVC comme pour les garde-corps ? La raison tient probablement au

fait que c’est un détail qui exige un contrôle régulier, et qui demande à

être refait tous les dix à quinze ans.

A Bettlach, il y a deux types de couvertines, probablement consécutives

à deux interventions. Le toit principal présente une couvertine mince

alors que celle des toits « latéraux » est plus imposante. Par contre

aucune n’atteint les proportions de celles de la Kantonsschule ou d’Im

Gräfler. On voit que l’étanchéité a dû fuir. Ce genre de coulure blanche de


Hérémence

Détail proposé

Détail probable de

l’acrotère

175


177

Hérémence

Bettlach

Chur


Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

178 calcaire peut être enlevée à l’acide, mais avec beaucoup de doigté pour

trouver la bonne manière de faire.

St. Konrad

WEIBEL F., concierge,

selon entretien du 10

novembre 2011 à Berne-

Tiefenau

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Couvertines et toiture

A Chur, le choix a été fait de rendre la couvertine la plus discrète possible.

Tout comme à Hérémence où elle est la plus mince de toutes. Le

choix de poser une tôle sur l’acrotère était-il judicieux ? Le béton ne présente

aucun défaut ou réparation au niveau de l’acrotère. Ce n’était donc

pas une zone à problème. Une analyse de risque a-t-elle été menée pour

estimer nécessaire de recouvrir l’acrotère ? Une peinture aurait-elle

peut-être suffi ?

A St. Konrad, le détail en vigueur est encore celui d’origine. Il n’y a donc

pas de couvertine et la remontée d’étanchéité est en cuivre ; une engravure

a été faite afin de fixer cette remontée. En façade, l’acrotère s’arrête

sans être surligné par un quelconque couronnement, De plus les évacuations

d’eau sont laissées brutes, l’eau s’écoulant le long d’une engravure.

A Lichtensteig, on perçoit deux types de couvertines. Elles sont constituées

probablement du même matériau et ont les mêmes proportions,

mais ont dû être posées à des époques différentes. La plus claire a dû

être déposée lors de la dernière intervention, cette année encore. Un

tube de tôle a été introduit dans les évacuations d’eau. Il est pratiquement

imperceptible. Le grand changement dans cette intervention, c’est

le changement dans la pente de la toiture. Afin de faciliter l’écoulement

de l’eau, la toiture à deux pans concaves ne devient plus qu’un pan. Ceci

n’affecte aucunement son raccord au clocher.

A Tiefenau, c’est assez compliqué. Le toit est isolé au fur à mesure, selon

les moyens financiers. Ainsi actuellement on peut observer deux types

de couvertines, l’une en cuivre récent (orange brillant) et l’autre en cuivre

oxydé (brun foncé). Lors de récentes interventions, la pose d’isolation

induit une épaisseur plus grande et donc un acrotère plus petit. Ainsi les

évacuations d’eau ont dû être bouchées. L’eau s’écoulerait actuellement

par-dessus l’acrotère. Lors des anciennes interventions, on a introduit

des tubes en cuivre dans les évacuations d’eau en béton laissé nu, et une

plaque de cuivre a été placée assez maladroitement contre la façade.

Une autre intervention, celle de l’isolation d’une terrasse, a provoqué à

un problème. En augmentant l’épaisseur sur dalle à cause de l’isolation,

le garde-corps, qui n’était déjà pas aux normes actuelles, s’est retrouvé

encore diminué. La question se pose actuellement de savoir comment


179


Lichtensteig

Tiefenau, photographie

actuelle et d’origine


Analyse des interventions

effectuées sur

l’œuvre architecturale

de Walter förderer

à travers des

études de cas

Pathologies courantes

et interventions

effectuées

enveloppe Couvertines et toiture

182 résoudre ce problème. Comment mettre le garde-corps d’environ 60

centimètres aux normes sans pour autant que cela se voie en façade ?

Cette situation malheureuse, aurait pu être prise en considération avant

de se retrouver devant le fait accompli, si une simple coupe avait été

dessinée à cet endroit.

A Luzern, lors de l’intervention d’urgence, les toits ont été étanchéifiés

et ré-isolés après qu’une intervention similaire ait déjà eu lieu auparavant.

Un nouveau couronnement d’acrotère a été mis en place et les évacuations

d’eau ont été préservées, mais une gargouille probablement en

zinc a été insérée. L’évacuation d’eau du clocher a été modifiée car initialement

l’eau s’écoulait dans une conduite coulée dans le béton. Celle-ci

était trop rouillée et laissait l’eau s’introduire dans le béton.

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