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Passion selon St Matthieu - In illo tempore

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Mgr Hilarion Alfeyev

Passion selon St Matthieu

pour solistes, choeur et orchestre (Russie, 2006)

NOUVEL ORCHESTRE DE GENÈVE

direction: Alexandre Traube

Réduction: 5.–

Chœur

solistes:

Vera Kalberguenova

Irina Solomatina

Valeriy Tsarev

Alexandre Diakoff

évangéliste:

D. Georges Jonneret

1

www.inillotempore.ch

imprimerie

messeiller sa


La Passion selon Saint Matthieu de Mgr Hilarion Alfeyev

Le métropolite Hilarion Alfeyev ne souhaite guère parler ou faire parler de sa musique. Pour lui,

celle-ci doit parler d’elle-même. Ce texte se veut donc plutôt une présentation de ce qu’est une

Passion pensée par un homme de l’Eglise d’Orient. Pour cela, nous retraçons brièvement l’histoire

de ce genre en Occident ainsi que des Offices de la Semaine Sainte byzantins. Les formes

musicales ne seront qu’évoquées. Cette brève introduction est complétée par un texte du Père

Gabriel Bunge, osb (Tessin), analysant le contexte historique et spirituel de cette création.

Une Passion est en soi une nouveauté dans l’histoire de la musique orthodoxe. Ce genre est

occidental. La lecture de l’Evangile de la messe est aux jours saints le récit évangélique de la

Passion, proclamé de manière très dramatisée, aussi loin qu’on puisse remonter dans l’histoire

de la liturgie, avec la distinction entre trois lecteurs aux intonations diversifiées: l’Evangéliste, le

Christ et les autres personnages. Ce genre latin a été repris et enrichi dans le culte luthérien, qui

à l’époque de Bach lui adjoignait des méditations piétistes et donnait un traitement d’oratorio

au genre. Un tel caractère dramatique n’apparaît pas dans la liturgie orientale. Cependant, le

récit de la Passion du Christ est aussi solennisé durant la Semaine Sainte, notamment à l’Office

de matines du Vendredi Saint, appelé aussi Office des Saintes Souffrances ou Office des Douze

Evangiles, parce que la Passion est proclamée en 12 extraits issus des quatre Evangélistes. Chaque

récit est suivi d’une acclamation: « Gloire à ta patience, Seigneur » et d’un poème mystique

musical qui est une méditation sur le texte précédent.

Mgr Hilarion reprend à son compte cette forme liturgique pour en faire une œuvre de concert

spirituel, une grande méditation sur la Semaine Sainte, ce que sont devenues de nos jours les

grandes Passions-oratorio, le plus souvent sorties de leur contexte. Comme c’est le cas dans les

Passions occidentales, il ne prend ses fragments évangéliques que dans un seul Evangile, en

l’occurence celui de Matthieu, qui est ainsi chanté presque in extenso. On a ainsi une forme

qui se rapproche de la Passion luthérienne avec ses alternances de récits bibliques et de poèmes

spirituels. A la différence que le poème spirituel ici est issu des trésors de la liturgie de

l’Eglise d’Orient. Dans celle-ci, dans une inspiration paulinienne, la Croix n’est jamais dissociée

de la Résurrection; ainsi, après le récit de la mort du Christ, plusieurs poèmes chantent la

descente du Christ aux Enfers pour libérer les captifs qui y sont retenus ou son relèvement des

morts, tandis que d’autres maintiennent tel quel ce double regard, comme le final:

« Ta mort, Seigneur, nous la proclamons. Alleluia, gloire à Toi. Et Ta Résurrection, nous la confessons.

Alleluia, gloire à Toi ». Autre différence de taille : l’Evangile est lu à la manière russe, sur

une seule note avec des formules de cadences, et on a donc un récit plus contemplatif, moins

dramatique, sans distinction entre les différents personnages. La variété apparaît dans les poèmes

qui suivent, issus à présent non seulement du Vendredi Saint, mais de la Semaine Sainte

et de Pâques en général. De plus, ils sont traités par le compositeur dans une grande diversité

de styles et de moyens.

Cette diversité de style nous amène d’emblée à l’autre élément extrêmement novateur de la

Passion: l’utilisation d’un orchestre comme dans les oratorios d’Occident, alors que la liturgie

orientale n’admet que la voix humaine, créée directement par Dieu, comme instrument digne

de le louer. Cette présence de l’orchestre rend définitivement l’oeuvre impropre à un usage

liturgique, lui donnant une fonction de concert spirituel et de catéchèse musicale (genre qui

a d’ailleurs existé, mais toujour a cappella, dans l’histoire de la musique russe). Le texte du

P. Gabriel explique ce passage à la forme ‘concert’, inhabituelle dans l’orthodoxie, passage

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d’autant plus surprenant qu’il est dû à un évêque et au porte-parole du Patriarcat de Moscou.

La présence de l’orchestre permet de multiplier grandement les formes musicales employées,

empruntant tant au monde liturgique russe qu’à la grande musique occidentale. Plusieurs pièces

pour choeur et orchestre, notamment l’ouverture et le finale, s’inspirent consciemment

de Bach, cherchant à transposer l’univers si riche que le cantor de Leipzig a su créer dans ses

Passions au sein du monde et de la langue slaves. On relèvera entre autres les cordes basses

qui répètent à l’unisson les notes des grands accords quatre ou huit fois pour créer un climat

de marche inéluctable vers la Croix (procédé remontant d’ailleurs à Monteverdi). Les pièces

pour orchestre seul sont soit des fugues, soit des chorals. Mais que l’usage répété de la fugue

ne nous trompe pas: s’il dénote également un souci de prendre pour modèle l’auteur de « l’Art

de la Fugue », le style de ces dernières s’éloigne beaucoup du Baroque et intègre de nombreux

éléments de la musique symphonique russe des 19 e et 20 e siècles. Ainsi le no 47 qui prépare le

finale, sous l’austère forme de la fugue, rappelle plus dans son orgie rythmique et chromatique,

avec des accents irrégulièrement décalés, créant un climat halluciné, les recherches rythmiques

et la sauvagerie d’un Stravinsky.

Le choeur, lui, porte souvent l’héritage du chant slavon, tant monodique – mélodies nouvelles

de Mgr Hilarion dans le style de l’antique chant znamenny, cousin du chant grégorien – que

polyphonique, avec un sens modal très développé, qui s’oppose aux grandes compositions

russes du 19 e siècle, plus inspirées par la musique tonale romantique. Il est alors a cappella

ou accompagné par l’orchestre de différentes manières, parfois novatrices dans la façon dont

se répartissent les rôles de chacun. Enfin, les soli s’inspirent soit de Bach, soit d’un moderne

znamen accompagné à l’orchestre, soit de couleurs impressionnistes.

La structure musicale de l’œuvre évoque un chemin de Croix: les tonalités évoluant par paliers

de do à fa, où l’œuvre culmine pendant toute la Crucifixion, avant de redescendre au do initial:

une manière musicale de rendre l’ascension du Golgotha, la mort et la descente de la Croix.

Alexandre Traube

Présentation de la Passion selon Saint Matthieu du métropolite Hilarion

par le Père Gabriel Bunge, osb, Tessin.

« La Passion selon saint Matthieu » est à la fois une œuvre musicale et un évènement religieux,

un de ces « signes du temps » qu’il s’agit de « lire » attentivement. C’est ce second aspect qui

retiendra ici notre attention.

Cette œuvre musicale est sortie de façon inattendue de l’esprit d’un jeune évêque du Patriarcat

de Moscou. C’est dire qu’elle est l’œuvre d’un moine, puisque les évêques orthodoxes sont

tous choisis dans l’ordre monastique. Dans le cas de l’évêque Hilarion (Alfeyev) il s’agit cependant

d’un homme dont la vocation semble avoir été dès le départ double : musicale et monastique.

Les deux ne s’excluent évidemment pas, et beaucoup de moines sont très doués pour

la musique, qui joue d’ailleurs un grand rôle dans la liturgie orthodoxe, tant dans les offices

que dans la liturgie eucharistique. Mais dans le cas de l’évêque Hilarion, cette dualité dépasse

manifestement la normalité.

Le P. Hilarion a reçu dans sa jeunesse une excellente formation musicale, puis il est devenu

moine, et c’est comme moine et puis théologien qu’il s’est fait d’abord apprécier. Ceux qui

le connaissent personnellement depuis longtemps, savaient bien qu’il n’avait jamais renié sa

vocation musicale, mais elle restait cantonnée dans le domaine du privé.

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Devenu évêque, Mgr. Hilarion a continué à se faire apprécier comme auteur d’œuvres théologiques,

puis il a été appelé à représenter son Eglise dans les échanges œcuméniques. C’est une

carrière qui n’avait jusqu’à présent rien d’extraordinaire, l’exemple d’autres moines-évêques

en témoigne. Mais voilà, de façon inattendue pour tous, Mgr. Hilarion s’est manifesté comme

compositeur d’une œuvre musicale, unique en son genre. Comment situer ce phénomène ?

« La Passion selon saint Matthieu » est apparue à un moment crucial de l’histoire russe. Sorties

de plus de 70 ans de dictature communiste, la Russie et avec elle son cœur vital, l’Eglise

Orthodoxe, se sont vues confrontées à d’énormes problèmes : L’Etat avec l’effondrement de ses

institutions, de son économie, voire même avec la mise en question de sa place dans le monde,

l’Eglise avec la réduction de son tissu institutionnel (évêchés, clergé, monastères etc.) au strict

minimum, avec une position plus que marginale dans un pays qu’elle avait cependant jadis

aidé à construire. Mais plus grave que tout, société et Eglise ont dû faire face à l’effondrement

de toute valeur éthique.

L’Etat pouvait se servir des immenses ressources de ce grand pays pour non seulement transformer

la société mais littéralement reconstruire le pays, dans le but de lui rendre aussi sa

place dans le concert des peuples. L’Eglise, par contre, privée de tous ses moyens, n’avait pas

seulement à reconstruire des édifices, mais surtout à guérir les âmes blessées, et non seulement

celles des croyants, mais aussi celles des incroyants qui avaient mis toutes leurs espérances

dans le projet tragique de la construction d’une société sans Dieu.

Pour rejoindre les croyants, qui étaient toujours restés bien plus nombreux qu’un observateur

superficiel n’aurait cru, l’Eglise disposait de ses moyens traditionnels dont elle n’avait jamais

perdu l’usage : la liturgie, la catéchèse, même si elle avait été réduite à l’espace intérieur des

églises, la vie monastique, tolérée ou vécue clandestinement, etc. Ce qui a sauvé la foi pendant

la longue période soviétique était sans doute la liturgie que l’Eglise a toujours célébrée avec le

plus grand soin. Le pouvoir athée n’a sans doute jamais compris qu’à moitié pourquoi l’Eglise

y tenait tellement. Ce n’étaient pas tellement les beaux bâtiments et les objets du culte qu’elle

défendait. A ce niveau, même les plus cultivés parmi les non-croyants avaient vite compris qu’il

s’agissait ici aussi d’un patrimoine national qu’il fallait sauver, et on l’a sauvé en très grande

partie. L’Eglise seule savait aussi qu’un homme qui prie ne perd jamais la foi et qu’il doit réapprendre

à prier si il veut retrouver la foi.

L’Eglise a donc en un premier temps reconstruit autant d’églises que possibles, rouvert autant

de monastères que l’on voulait bien lui restituer, pour multiplier ainsi les foyers de la prière

publique et des centres de vie spirituelle. Cette œuvre grandiose, liée au nom de l’actuel

Patriarche S.S. Alexis II, n’a souvent pas été comprise en Occident, surtout quant il s’agissait

d’églises aussi grandes que le Saint Sauveur à Moscou. Mais le but était et reste de donner aux

fidèles toujours plus nombreux un toit sous lequel ils pouvaient se réunir pour la prière et pour

être instruits dans la foi.

Mais comment rejoindre les non-croyants ? Beaucoup d’entre eux n’étaient d’ailleurs pas à

proprement parler des incroyants, parce qu’ils avaient souvent été baptisés par des membres

croyants de leur famille, bien qu’ils n’aient jamais eu l’occasion d’être initiés dans la foi et la

pratique de la vie chrétienne. C’est ici que nous voyons le Sitz im Leben de l’œuvre musicale

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de Mgr. Hilarion. C’est une œuvre qui doit tout à la grande tradition musicale de la Russie et

qui au fond n’a pu être écrite qu’en Russie. Or cette tradition n’est pas seulement profane, elle

est aussi et historiquement même d’abord sacrée. Dans « La Passion selon saint Matthieu » les

deux filières se joignent et forment un tout où l’on passe continuellement de l’un à l’autre, bien

que le fond reste toujours sacré, et plus spécifiquement liturgique.

Comment un auditeur russe, puisque c’est à lui que s’adresse d’abord cette « Passion », perçoit-il,

vit-il cette œuvre musicale ?

Le croyant doit avoir l’impression d’entrer dans son église et d’entendre l’office de la Passion,

bien que d’une façon tout à fait inhabituelle, parce que accompagné d’instruments à cordes,

seulement d’instruments à cordes d’ailleurs. Ceux-ci renforcent en effet les cordes vocales des

chantres, le seul ‘instrument’ qui est admis dans la liturgie orthodoxe. Le croyant reconnaît

donc immédiatement les superbes chants de l’office de la Passion qui depuis toujours touchent

son cœur, le portent au repentir et à l’action de grâce pour l’immense miséricorde que Dieu

nous a témoignée en donnant son Fils Unique pour la vie du monde. Leur présentation musicale

lui permet de les vivre d’une façon toute nouvelle.

Le non-croyant par contre, nous semble-t-il, doit éprouver des sentiments contrastants qui

l’interrogent sur ce qu’il est en train de vivre. La musique qu’il entend ne lui est pas inconnue

puisqu’elle est enracinée dans la grande tradition occidentale. Mais il n’a jamais mis le pied

dans une église, la foi chrétienne lui est pratiquement inconnue, plus encore la liturgie de

l’Eglise. Que faire de ces textes, chantés en plus en slavon ecclésiastique, la vieille langue liturgique

de l’Eglise russe ? Il perçoit intuitivement que la musique épouse parfaitement l’esprit de

ces textes sacrés, mais que disent-ils, pourquoi cette union entre texte et musique touche-t-il

tellement son cœur ?

Car de même que personne ne peut rester indifférent devant une icône, de même tout auditeur

cultivé ne peut qu’être profondément touché par ce qu’il entend. Il en va comme de la superbe

crucifixion dont on voyait continuellement la reproduction lors de la première à Moscou.

Même si on n’en comprend pas le message, on perçoit intuitivement qu’il y a là bien plus

qu’une peinture.

Ni les artistes ni les auditeurs seront tous des croyants, mais beaucoup de ceux qui ne le sont

pas se poseront sans doute bien des questions, et c’est cela, nous semble-t-il, le but caché de

cette oeuvre. Car dans l’Eglise Orthodoxe la musique, comme l’icône, n’est qu’un des nombreux

moyens dont l’Eglise se sert depuis les temps le plus reculés pour transmettre l’unique et

seul message que le Sauveur lui a confié. La toute première et la plus importante question que

même un auditeur non-croyant doit se poser, est donc de savoir quel est bien cet ‘esprit’ qui a

inspiré une telle musique.

Ce sont les textes liturgiques qui le lui révèleront et que Mgr Hilarion a eu soin de donner entre

les mains des auditeurs, traduits dans leur langue maternelle. Pour en savoir plus, il faut ensuite

se donner la peine de remonter à la source de ces textes superbes, la liturgie même. Les aides

ne lui manqueront pas pour s’y faire initier. Il y découvrira ce qu’il aura déjà confusément ressenti

plus d’une fois devant un chef-d’œuvre de l’iconographie russe, dont le véritable Sitz im

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Leben n’est pas le musée ou la collection privée, mais l’église ou le coin de prière. Toutes ces

icônes ne sont elles pas l’expression visible d’une seule vérité: L’amour de ce Dieu qui s’est fait

homme pour que l’homme devienne ‘dieu’ ?

De là il ne reste plus qu’un pas à franchir pour poser la question cruciale : Si Dieu nous a tant

aimés, ne dois-je pas l’aimer à mon tour de tout mon cœur et de toutes mes forces ? Si mon Sauveur

est venu vers moi, ‘descendant même jusque dans l’Hadès’ (comme le dit un des chants

liturgiques les plus émouvants), ne dois-je pas le suivre à mon tour partout où il me conduira ?

Et si j’ai renié mon Sauveur, n’y aura-t-il pas aussi pour moi un repentir salutaire, comme pour

Pierre qui l’a même renié trois fois ?

Dans ce sens, ce chef-d’œuvre musical de l’évêque Hilarion fait œuvre de re-évangélisation.

Il est une invitation généreuse à tout homme sensible de découvrir, au-delà de la beauté de la

musique de cette « Passion selon saint Matthieu », la valeur immortelle des textes sacrés qu’elle

rend audibles, et la foi qui les a inspirés. Plaise à Dieu qu’elle puisse faire cette œuvre non seulement

en Russie, mais aussi dans tous ces pays qui ont jadis reçu la semence de l’Evangile, et

qui l’ont par la suite étouffée sous les épines de leurs soucis mondains et leurs vains plaisirs.

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Le métropolite Hilarion Alfeyev

Né en 1966 à Moscou, le métropolite Hilarion

Alfeyev fait d’abord ses études de violon, de piano

et de composition à l’école Gnessin et au conservatoire

de Moscou. Il entre ensuite au monastère à

Vilnius en 1987, où il est ordonné prêtre. Ses études

le conduisent au doctorat de théologie à Moscou

et Oxford. Il mène en parallèle une intense activité

comme évêque et théologien. Il est Président

du Département des Affaires extérieures du Patriarcat

de Moscou et, à ce poste, est l’un des hommes

qui œuvrent le plus dans le dialogue entre Orient

et Occident. Sa Passion en est un témoignage de la

plus haute valeur. En 2010, il a été nommé métropolite

(anciennement, évêque d’une métropole, c’està-dire

une ville de grande importance, actuellement,

plus haut titre honorifique dans la hiérarchie russe)

en reconnaissance des services accomplis. Le métropolite

Hilarion est aussi privat-docent de l’Université

de Fribourg. Selon son vœu, cette œuvre est donnée

en Suisse en lien avec cette Université. Il est l’auteur

de 600 publications, dont 30 livres, traduits en de nombreuses langues. Il a toujours cultivé

son activité de musicien, composant notamment des Vêpres, une Messe, des mélodies sur les

poèmes de F. Garcia Lorca, un Oratorio de Noël et une Symphonie de Psaumes. Sa Passion a

été jouée à Moscou, à Rome, au Canada et en Australie.

Le chœur In illo tempore

Le choeur In illo tempore, ensemble de musique ancienne de 25 chanteurs, a été élargi pour

cette occasion unique à 80 chanteurs passionnés, de Neuchâtel, Genève, Fribourg et Zürich.

Il interprète habituellement le répertoire sacré de la Renaissance et du Baroque et le chant

grégorien. Le choeur chante quinze fois par an, principalement en Romandie. A l’étranger, il a

été invité aux Festivals Arte Sacro de Madrid, Musica antigua de Barcelone, Chiave d’argento à

Chiavenna en Italie et Festival de Dvigrad en Croatie.

Après un CD consacré au Requiem de Tomás Luis de Victoria pour l’anniversaire de cette

œuvre, il a enregistré un coffret sur les œuvres inédites de ce grand maître espagnol, en recréation

mondiale. A côté d’un vaste répertoire liturgique du 15e au 18e siècles, il a aussi à son actif

des chants populaires sacrés suisses italiens du 17e siècle et la participation au drame liturgique

(opéra médiéval) l’Enfant de Gétron avec l’ensemble Flores harmonici sous la direction

d’Alexandre Traube.

Alexandre Traube

Après des études de mathématiques, composition, direction chorale (classe de M. Corboz) et de

théorie au Centre de Musique Ancienne Genève (prix du Conseil d’Etat), il a terminé un master

en musique médiévale à la HEM de Genève (avec distinction) sous la direction de Francis Biggi.

Il étudie la théologie à Fribourg. Il dirige le choeur In illo tempore et l’ensemble médiéval Flores

harmonici (notamment polyphonies de l’An Mil de Winchester, chants de St-Jacques-de-Com-

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postelle et Hildegard von Bingen, Festival international de musique ancienne de Megève, Jubilés

du Puy-en-Velay, Festival de l’Abbaye de Bonmont…). Il est maître de chapelle à la paroisse du

Christ-Roi à Fribourg, où il écrit de la musique sacrée. Il donne des ateliers de musique Renaissance

au Centre de Musique Ancienne de Genève et de chant grégorien à Neuchâtel. Il est

critique musical à l’Express. Il s’intéresse aux traditions orales et étudie la musique byzantine. Il

a écrit diverses études et transcrit ou complète des œuvres inédites du passé.

Vera Kalberguenova, soprano

Née à Moscou, elle y achève des études de géologie avant d’étudier le chant auprès de Maria

Ganieshnina. 1998, premier prix du concours de Ekaterinbourg. 1999, diplôme au concours

Mozart de Salzbourg. Elle s’est produite de 1999 à 2001 dans des mises en scène des théâtres

Satz et Amadeï de Moscou, où elle débute avec le Papagena. Elle a ensuite connu le succès

dans les rôles de Pamina, Blondchen, Bastienne, Clorinda, Amour et Lioudmilla. Elle achève

en 2007 une virtuosité sous la direction d’Antoinette Faëz au Conservatoire de Fribourg. Elle

prend part aux master-class de Tereza Zylis-Gara, Philippe Huttenlocher et Mady Masplé et

perfectionne son jeu théâtral auprès de Giselle Salin. Elle se produit en 2006 au Neues Theater

am Bahnhof de Dornach dans le rôle de Blondchen. Elle a aussi chanté de nombreux concerts

en Suisse, France et Russie.

Irina Solomatina Tissot, mezzo-soprano

Née à Tula (Russie), Irina Solomatina commence sa carrière en tant que choriste puis soliste

dans divers choeurs, notamment au Théâtre Stanislavski de Moscou et avec la Capella du

Kremlin (dir. G. Dmitriac) qui se produit aussi en tournées internationales (Serbie, Chypre,

Suisse). Elle fait aussi partie pendant plusieurs années de l’ensemble choral professionnel du

Monastère Georgii de Moscou. Elle achève sa formation de soliste en 2006 à l’Institut Ivanov

de Moscou avant de s’installer en Suisse. Elle interprète en concert le répertoire classique et

traditionnel russe. Avec Valentin Reymond, elle a chanté le rôle d’Elisabeth dans la Cantate

pour le temps de Noël de Frank Martin à la Collégiale de Neuchâtel.

Valeriy Tsarev, ténor

Né en Russie, dans une famille de musiciens, il étudie le piano, puis le chant au Conservatoire

de Saratov et de Genève avec Eric Tappy et Gilles Cachemaille. En 2001, il étudie à l’Opéra

Studio de Zurich et y chante le rôle d’Alzabar aux côtés de Cecilia Bartoli à l’Opéra de Zurich.

Ayant remporté des prix lors de plusieurs concours internationaux, il participe également à

des Master classes de Arkhipova, Schwarzkopf, Fassbaender, Rolfe-Johnson, Yakar. Fort d’une

grande expérience de la scène et d’un vaste répertoire de concert, il a par ailleurs réalisé

divers enregistrements. Parmi ses collaborations artistiques, Welser-Möst, Rilling, Corboz, Bostok,

Griffiths. Il travaille à l’Opéra de Lucerne, (Fledermaus, Mosé, Lucio Silla, Armide, etc. Il

est engagé à l’Opéra de Bienne où il chante Alfredo (La Traviata), Tito (La Clemenza di Tito),

Almaviva (Il Barbiere di Siviglia), Tebaldo, Quint, Orphée, etc. Il travaille avec l’Opéra de

Chambre de Genève.

Alexandre Diakoff, baryton-basse

Alexandre Diakoff étudie le chant auprès d’Eric Tappy au Conservatoire de musique de Genève

où il obtient le Premier Prix avec distinction. Durant sa formation, il suit un cours de deux

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ans au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, fait ses débuts à l’Opéra-studio de St-Pétersbourg

dans La Dame de pique. Il est ensuite membre de l’Opéra-studio de Zürich. Depuis,

il interprète régulièrement des rôles de caractère au Grand Théâtre de Genève, à l’Opéra de

Lausanne, à l’Opéra de Chambre de Genève, ainsi qu’en France, en Italie, en République

tchèque, aux Etats-Unis et au Canada. Parmi ses rôles, Amida, Simone, Bruschino Padre, Bartolo,

Slook, le Médecin (Le Nez, Chostakovitch), etc. Hôte du Victoria-Hall de Genève et de la

Tonhalle de Zurich, il interprète la plupart des grandes œuvres du répertoire de musique sacrée

parmi lesquelles les Passions de Bach, ainsi que des œuvres de Lalande, Monteverdi, Händel,

Haydn, Mozart, Schubert, Berlioz, Rossini, Verdi, Dvorak etc. Il a chanté sous la direction de

Michel Plasson, Armin Jordan, Louis Langrée, Kent Nagano, Christian Thielmann, John Nelson,

Helmuth Rilling et Michel Corboz. Il est également chef de choeur spécialisé en musique

liturgique slave.

Diacre Georges Jonneret, « évangéliste »

Le rôle de l’évangéliste consiste à déclamer le texte évangélique, à la manière slave, sur quasi

une seule note avec à la fois beaucoup de puissance, d’émotion et de hiératisme. Ce texte

sera chanté en langue française et non slave. Rares sont les personnes capables de conjuguer

ces diverses qualités slaves et de les rendre dans un français pur et intelligible. C’est le cas de

Pierre-Georges Jonneret. Protodiacre à la Cathédrale russe de Genève et français d’origine, il a

étudié le chant à Milan et à Moscou et maîtrise ainsi parfaitement dans notre langue le style et

la déclamation liturgique slaves.

Nouvel Orchestre de Genève

Le Nouvel Orchestre de Genève a été fondé en 1999 par un groupe de musiciens motivés. Son

objectif est de développer une collaboration avec les choeurs et d’initier une activité symphonique.

Michel Dumonthay assure la direction de cette formation à géométrie variable.

L’ensemble est composé de professeurs des Conservatoires et écoles de musique de Suisse

Romande et d’étudiants des classes professionnelles. Cet orchestre a été créé dans des buts

didactiques et sociaux. Il a été la première formation symphonique à se produire à la prison

de Champ-Dollon, avec la 5ème Symphonie de Beethoven. Il collabore également avec plusieurs

organismes comme « Forces » et « Village d’Enfants » pour des manifestations caritatives.

Depuis deux ans, il est l’initiateur du concert du Nouvel An pour les personnes âgées. D’autre

part, il soutient la création d’artistes suisses. Il a ainsi permis la première du Concerto pour

Clarinette du compositeur Edouard Chappot.

Il est formé pour cette occasion de 31 instruments à cordes.

Remerciements:

Le Chœur In illo tempore remercie tous les partenaires grâce auxquels ces concerts ont été

possibles, notamment:

la Fondation Elysium, la Loterie Romande, la Fondation Ernst Göhner, la Banque Cantonale

de Neuchâtel, la Ville de Neuchâtel, l’Etat de Neuchâtel, l’Université de Fribourg, la Ville

de Fribourg, l’Etat de Fribourg, le Bureau interparoissial de la ville de Fribourg, l’Abbaye

d’Einsiedeln, le journal l’Express, l’imprimerie Messeiller, ainsi que tous les autres donateurs.

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PASSION SELON SAINT MATTHIEU

MGR HILARION ALFEYEV

Часть I. ТАЙНАЯ ВЕЧЕРЯ / PARTIE I. LA CÈNE

1. Хор: “Плач священный”

Плач священный, приидите, воспоим

Христу.

Аллилуйа, aллилуйа, aллилуйа.

Господи, Боже мой! Воспою Тебе

надгробную песнь.

Аллилуйа, aллилуйа, aллилуйа.

Плачет и рыдает Матерь Твоя.

Аллилуйа, aллилуйа, aллилуйа.

1. Choeur: “Une lamentation sainte”

Une lamentation sainte, venez, chantons

au Christ.

Alleluia, alleluia, alleluia.

Seigneur, mon Dieu, je Te chanterai un

chant funèbre.

Alleluia, alleluia, alleluia.

Elle pleure et se lamente, Ta Mère.

Alleluia, alleluia, alleluia.

2. Evangéliste: complot contre Jésus et trahison de Judas (Mt 26: 1–5, 14–16)

Lors donc que Jésus eut achevé tous ces discours, il dit à ses disciples : « Vous savez

que dans deux jours la Pâque arrive, et que le Fils de l’Homme va être livré pour être

crucifié. » Alors les grands prêtres et les anciens du peuple se rassemblèrent dans le

palais du grand prêtre appelé Caïphe, et ils se concertèrent pour arrêter Jésus par ruse

et le tuer. Mais ils disaient : « Pas pendant la fête, pour qu’il ne se produise pas de

tumulte dans le peuple. »

Alors un des Douze, appelé Judas Iscariote, étant allé trouver les grands prêtres,

dit : « Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? » Ils lui comptèrent

trente pièces d’argent, et dès lors, il cherchait une occasion opportune pour le livrer.

3. Хор и Речитатив (Тенор):

“Тече глаголя Иуда”

Хор: Слава долготерпению Твоему,

Господи.

Тенор, хор: Тече глаголя Иуда

беззаконным книжником:

что мне хощете дати, и аз вам предам

Его?

Среди же совещавающих

Сам стоял еси невидимо Совещаваемый.

Сердцеведче, пощади души наша.

3. Choeur et récitatif (Ténor):

“Il a couru parler, Judas”

Choeur: Gloire à Ta longanimité,

Seigneur.

Ténor et choeur: Il a couru parler, Judas,

aux scribes iniques:

Que voulez-vous me donner si je vous le

livre?

Et Toi dont ils parlaient,

Tu Te tenais, invisible, au milieu d’eux.

Toi qui sondes les cœurs, épargne nos âmes.

4. Evangéliste: annonce de la trahison (Mt 26: 17–22, 25)

Le premier jour des Azymes, les disciples s’avancèrent vers Jésus, en disant : « Où

veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? » Il dit : « Allez à la ville

chez un tel et dites-lui : “Le Maître dit : Mon temps est proche, c’est chez toi que je

fais la Pâque avec mes disciples”. » Et les disciples firent comme le leur avait prescrit

Jésus, et ils préparèrent la Pâque.

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Le soir venu, il se mit à table avec les douze disciples. Et tandis qu’ils mangeaient, il

dit : « En vérité, je vous dit qu’un d’entre vous me livrera. » Et, grandement attristés,

ils se mirent à lui dire, chacun : « Serait-ce moi, Seigneur ? »

Prenant la parole, Judas, qui le livrait, dit : « Serait-ce moi, Rabbi ? » Il lui dit : « C’est

toi qui l’as dit. »

5. Хор: “На вечери Твоей”

Слава долготерпению Твоему, Господи.

На вечери Твоей, Христе Боже,

глаголал еси Твоим учеником: един от

вас предаст Мя.

Скорбяще зело, начаша глаголати Ему

един кийждо их: не аз ли, Господи?

Иуда же вопроси: не аз ли, Равви?

Глагола Иисус: ты рекл еси, Иудо.

5. Choeur: “Pendant Ta Cène”

Gloire à Ta longanimité, Seigneur.

Pendant Ta Cène, Christ Dieu, Tu as

dit à Tes disciples: l'un de vous Me

trahira.

Très tristes, ils commencèrent tout un

chacun à lui dire: “Pas moi, Seigneur?”

Judas demanda: “Pas moi, Rabbi?”

Jésus dit: “Tu l'as dit, Judas.”

6. Evangéliste: institution de l'Eucharistie (Mt 26: 26–30)

Tandis qu’ils mangeaient, Jésus, ayant pris du pain et dit la bénédiction, le rompit et,

le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez ; ceci est mon corps. » Et, ayant

pris une coupe et rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci

est mon sang, celui de l’Alliance, qui est répandu pour beaucoup en rémission des

péchés. Je vous le dis : je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne, jusqu’à

ce Jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. »

Et, après avoir chanté l’hymne, ils sortirent vers le Mont des Oliviers.

7. Хор: “Странствия Владычня”

Слава Тебе, Господи, слава Тебе.

Странствия Владычня и

безсмертныя трапезы на горнем

месте высокими умы, вернии,

приидите насладитеся. Возшедша

Слова, от слова научившеся, Егоже

величаем.

8. Fugue

7. Choeur: “De l'hospitalité du Maître”

Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Toi.

De l'hospitalité du Maître et de l'immortelle

table dans la chambre haute, élevant

nos esprits, fidèles, venez, jouissons.

Il est monté la-haut, le Verbe, dont nous

avons appris la parole, Lui que nous

exaltons.

9. Evangéliste: annonce du reniement de Pierre (Mt 26: 31–35)

Alors Jésus leur dit : « Vous tous, vous vous scandaliserez à mon sujet cette nuit-ci,

car il est écrit : Je frapperai le berger et seront dispersées les brebis du troupeau.

Mais après que je me serai relevé, je vous précéderai en Galilée. » Prenant la parole,

Pierre lui dit : « Quand même tous se scandaliseraient à ton sujet, moi, jamais je ne

me scandaliserai ! » Jésus lui déclara : « En vérité, je te dis qu’en cette nuit, avant

qu’un coq chante, trois fois tu me renieras. » Pierre lui dit : « Et même s’il me faut

mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.

11


10. Хор и Речитатив (Бас и Тенор):

“Аще и вси отвергутся”

Хор: Слава Тебе, Господи, слава Тебе.

Бас: Аще и вси отвергутся, аз не

отвергуся Тебе, возопи Петр ко

Иисусу, с Тобою умру. Ни плоть,

ниже кровь, но Отец Твой откры ми

Тя: Егоже благословим, славяще во

веки.

Хор: Егоже благословим, славящи во

веки.

Тенор: Глубину премудрости

Божественныя и разума не всю

испытал еси: бездну же Моих судеб

не постигл еси, человече, Господь

рече. Плоть убо сый, не хвалися,

трижды бо отвержешися Мене: Егоже

благословим, славяще во веки.

Хор: Егоже благословим, славящи во

веки.

11. Ария, Меццо-сопрано:

“Чертог Твой вижду”

Чертог Твой вижду, Спасе мой,

украшенный, и одежды не имам, да

вниду в онь.

Просвети одеяние души моея,

Светодавче, и спаси мя.

12

10. Chœur et récitatifs (Basse et Ténor):

“Quand bien même tous Te renieraient”

Choeur: Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Toi.

Basse: Quand bien même tous Te

renieraient, je ne Te renierai pas, dit Pierre

à Jésus, je mourrai avec Toi. Ce n'est pas la

chair ni le sang, c'est Ton Père qui T'a

révélé à moi. Nous Le bénissons, Le

glorifiant dans les siècles.

Choeur: Nous Le bénissons, Le glorifiant

dans les siècles.

Ténor: Tu n'as pas sondé toute la

profondeur de la sagesse et de la

connaissance divines: tu n'as pas compris,

homme, l'abîme des jugements du

Seigneur. Tu es chair, ne te glorifie pas, car

tu Me renieras trois fois. Nous Le

bénissons, Le glorifiant dans les siècles.

Choeur: Nous Le bénissons, Le glorifiant

dans les siècles.

11. Air, Mezzo-soprano:

“Je vois le lieu de Tes noces”

Je vois, paré de beauté, le lieu de Tes

noces, mon Sauveur, et je n'ai pas de

vêtement pour entrer.

Illumine la parure de mon âme, Toi qui

donnes la lumière, et sauve-moi.

12. Evangéliste: au Mont des Oliviers (Mt 26: 36–44)

Alors Jésus vient avec eux dans un domaine appelé Guethsémani, et il dit aux

disciples : « Asseyez-vous ici même, pendant que je m’en vais là-bas pour prier. » Et,

prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il se mit à ressentir tristesse et

anxiété. Alors il leur dit : « Mon âme est triste à mourir, demeurez ici et veillez avec

moi. »

Et, s’étant avancé un peu, il tomba sur sa face, priant et disant : « Mon Père, s’il est

possible, que passe loin de moi cette coupe ! Cependant non comme moi je veux,

mais comme toi tu veux. » Et il vient vers les disciples et les trouve endormis, et il dit

à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez

et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent mais la chair est faible. »

De nouveau, une seconde fois, s’en étant allé, il pria, disant : « Mon Père, si cela ne

peut passer sans que je le boive, que soit faite ta volonté ! » Et étant venu de

nouveau, il les trouva endormis, car leur yeux étaient alourdis. Et les ayant laissés, de

nouveau s’en étant allé, il pria pour la troisième fois, disant la même parole, de

nouveau.


13. Хор и Речитатив (Тенор):

“Днесь Зиждитель небесе и земли”

Хор: Слава долготерпению Твоему,

Господи.

Тенор, Xор: Днесь Зиждитель небесе

и земли глаголаше Своим учеником:

приближися час, и приспе Иуда

предаяй Мя, да никтоже отвержется

Мене, видя Мя на Кресте посреде

двою разбойнику: стражду бо яко

человек, и спасу яко Человеколюбец в

Мя верующия.

14. Хop: Блаженны

Во Царствии Твоем помяни нас,

Господи, егда приидеши во Царствии

Твоем.

Блажени нищии духом,

яко тех есть Царство Небесное.

Блажени плачущии,

яко тии утешатся.

Блажени кротцыи,

яко тии наследят землю.

Блажени алчущии и жаждущии

правды, яко тии насытятся.

Блажени милостивии,

яко тии помиловани будут.

Блажени чистии сердцем,

яко тии Бога узрят.

Блажени миротворцы,

яко тии сынове Божии нарекутся.

Блажени изгнани правды ради,

яко тех есть Царство Небесное.

Блажени есте, егда поносят вам

и ижденут и рекут

всяк зол глагол

на вы лжуще Мене ради.

Радуйтеся и веселитеся,

яко мзда ваша многа

на небесех.

13. Chœur et récitatif (Ténor):

“Aujourd'hui le Créateur”

Choeur: Gloire à Ta longanimité,

Seigneur.

Ténor et Choeur: Aujourd'hui le Créateur

du ciel et de la terre a parlé à Ses

disciples: S'approche l'heure et s'avance

Judas qui Me trahit. Que personne ne Me

renie, Me voyant sur la Croix entre deux

larrons, car Je souffre comme un homme,

mais comme Celui qui aime les hommes

Je sauve ceux qui croient en Moi.

14. Chœur: les Béatitudes

Dans Ton Royaume, souviens-Toi de nous,

Seigneur, quand Tu viendras dans Ton

Royaume.

Bienheureux les pauvres en esprit,

car à eux est le Royaume des cieux.

Bienheureux ceux qui pleurent,

car ils seront consolés.

Bienheureux les doux,

car ceux-ci auront en héritage la terre.

Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la

justice, car ceux-ci seront rassasiés.

Bienheureux les miséricordieux,

car à eux il sera fait miséricorde.

Bienheureux les cœurs purs,

car ceux-ci verront Dieu.

Bienheureux les artisans de paix,

car ceux-ci seront appelés fils de Dieu.

Bienheureux les persécutés à cause de la

justice, car à eux est le Royaume des cieux.

Bienheureux êtes-vous si l’on vous

calomnie et qu’on vous persécute et si l’on

dit de vous toute sorte de paroles

mauvaises et mensongères à cause de Moi.

Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse,

car votre récompense sera grande

dans les cieux.

13


14

Часть II. СУД / PARTIE II. LE JUGEMENT

15. Evangéliste: arrestation de Jésus (Mt 26: 47–50, 55–56)

Et tandis qu’il parlait encore, voici que vint Judas, un des Douze, et avec lui une foule

nombreuse avec des glaives et des bâtons, envoyée par les grands prêtres et les

anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné un signe, en disant : « Celui à

qui je donnerai un baiser, c’est lui : arrêtez-le. » Et aussitôt s’étant avancé vers Jésus,

il dit : « Salut, Rabbi ! » et il lui donna un long baiser. Jésus lui dit : « Mon ami, fais ce

pour quoi tu es là ! » Alors, s’étant avancés, ils portèrent les mains sur Jésus et

l’arrêtèrent.

A cette heure-là, Jésus dit aux foules : « Comme contre un brigand vous êtes sortis

avec des glaives et des bâtons pour me saisir ! Chaque jour, dans le Temple, j’étais

assis à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. » Tout cela arriva pour que

s’accomplissent les écrits des prophètes. Alors, tous les disciples, l’ayant laissé,

s’enfuirent.

16. Хор и Речитаитв (Тенор):

“Ученик Учителя соглашаше цену”

Хор: Слава долготерпению Твоему,

Господи.

Тенор: Ученик Учителя соглашаше цену

и на тридесятих сребреницех продаде

Господа, лобзанием льстивным предая

Его беззаконником на смерть.

Хор: Слава долготерпению Твоему,

Господи.

17. Choral orchestral

16. Chœur et récitatif (Ténor):

“Le disciple marchanda le Maître”

Choeur: Gloire à Ta longanimité,

Seigneur.

Ténor: Le disciple marchanda le Maître.

Pour trente pièces d'argent, il vendit le

Seigneur. Par un baiser trompeur, il Le

livra aux iniques pour être mis à mort.

Choeur: Gloire à Ta longanimité,

Seigneur.

18. Evangéliste: comparution devant le grand prêtre (Mt 26: 57–68)

Ceux qui avaient arrêté Jésus l’emmenèrent chez Caïphe, le grand prêtre, où les

scribes et les anciens s’étaient rassemblés. Pierre le suivait de loin jusqu'à la cour du

grand prêtre et, entré à l’intérieur, il s’assit avec les gardes, pour voir comment cela

finirait. Les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un faux témoignage contre

Jésus afin de le mettre à mort, et ils n’en trouvèrent pas, bien que beaucoup de faux

témoins se fussent présentés. Finalement, il s’en présenta deux, qui dirent : « Cet

homme a déclaré : “Je puis détruire le sanctuaire de Dieu, et au bout de trois jours le

rebâtir”. »

Et, s’étant levé, le grand prêtre lui dit : « Tu ne réponds rien ! Qu’est-ce que ces gens

témoignent contre toi ? » Jésus se taisait. Et le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure, de par

le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. »

Jésus lui dit : « C’est toi qui l’as dit. Aussi bien je vous le dis : désormais vous verrez

le Fils de l’Homme assis à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. »

Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Qu’avons

nous encore besoin de témoins ? Voici que maintenant vous avez entendu le


lasphème ! Que vous en semble ? » Répondant, ils dirent : « Il est passible de

mort. »

Alors ils lui crachèrent à la face et le souffletèrent. D’autres lui donnèrent des coups,

en disant : « Prophétise pour nous, Christ ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »

19. Хop: “Одеяйся светом”

Слава долготерпению Твоему,

Господи.

Одеяйся светом яко ризою наг на суде

стояше,

и в ланиту ударение прият от рук, ихже

созда:

беззаконнии же людие на Кресте

пригвоздиша Господа Славы:

тогда завеса церковная раздрася,

солнце померче, не терпя зрети Бога

досаждаема, Егоже трепещут

всяческая. Тому поклонимся.

19. Chœur: “Celui qui S'habille de

lumière”

Gloire à Ta longanimité, Seigneur.

Celui qui S'habille de lumière comme

d'un manteau Se tient nu au jugement.

Et sur la joue, Il a reçu des coups des

mains mêmes qu'Il a créées.

Des gens sans loi ont cloué sur la Croix le

Seigneur de gloire:

alors le rideau du Temple s'est déchiré, le

soleil s'est obscurci, ne supportant pas la

vue de Dieu outragé, Lui devant qui

tremble tout. Lui, nous l'adorons.

20. Evangéliste: le reniement de Pierre (Mt 26: 69–75)

Pierre était assis dehors dans la cour. Et une servante s’avança vers lui, en disant :

« Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. » Mais lui nia devant tous, en disant : « Je

ne sais pas ce que tu dis. » Comme il était sorti vers le portail, une autre le vit et dit à

ceux qui étaient là : « Celui-là était avec Jésus le Nazôréen ! » Et de nouveau il nia

avec serment : « Je ne connais pas cet homme. » Peu après, ceux qui se tenaient là,

s’étant avancés, dirent à Pierre : « Vraiment, toi aussi tu en es ; et d’ailleurs ton parler

te trahit. » Alors il se mit à proférer des imprécations et à jurer : « Je ne connais pas

cet homme ! » Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole de Jésus, qui

avait dit : « Avant qu’un coq chante, trois fois tu me renieras. » Et, étant sorti dehors,

il pleura amèrement.

21. Хор и Речитатив (Бас):

“Трижды отрекся Петр”

Хор: Слава долготерпению Твоему,

Господи.

Бас: Трижды отрекся Петр, абие

реченное ему разуме, но принесе к

Тебе слезы покаяния: Боже, очисти мя

и спаси мя.

Хор: Боже, очисти мя и спаси мя.

22. Ария, Бас: “Боже, очисти мя”

Боже, очисти мя и спаси мя.

21. Chœur et récitatif (Basse):

“Pierre Te renia trois fois”

Choeur: Gloire à Ta longanimité,

Seigneur.

Basse: Pierre Te renia trois fois, mais il

comprit aussitôt ce que Tu lui avais dit et

Te porta les larmes du repentir: O Dieu,

purifie-moi et sauve-moi.

Chœur: O Dieu, purifie-moi et sauve-moi.

22. Air, Basse: “O Dieu, purifie-moi”

O Dieu, purifie-moi et sauve-moi.

15


23. Evangéliste: repentir et suicide de Judas (Mt 27: 1–5)

Le matin venu, tous les grands prêtres et anciens du peuple tinrent conseil contre

Jésus, pour le mettre à mort. Et, après l’avoir lié, ils l’emmenèrent et le livrèrent à

Pilate, le gouverneur.

Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il avait été condamné, se repentit, et il

rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens, en disant : « J’ai

péché en livrant un sang innocent. » Ceux-ci dirent : « Que nous importe ? A toi de

voir ! » Et, ayant jeté l’argent dans le Sanctuaire, il se retira et s’en alla se pendre.

24. Хop: “Кий тя образ, Иудо”

Слава страстем Твоим, Господи.

Кий тя образ, Иудо, предателя Спасу

содела?

Еда от лика тя апостольска разлучи?

Еда дарования исцелений лиши?

Еда со онеми свечеряв, тебе от

трапезы отрину?

Еда иных ноги умыв, твои же

презре?

О коликих благ непамятлив был еси!

И твой убо неблагодарный

обличается нрав.

Того же безмерное проповедуется

долготерпение и велия милость.

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24. Chœur: “Quelle est la cause, Judas”

Gloire à Ta Passion, Seigneur.

Quelle est la cause, Judas, qui t'a fait trahir

le Sauveur?

T'a-t-Il donc séparé du chœur des Apôtres?

T'a-t-Il donc privé de la grâce des guérisons?

T'a-t-Il donc écarté de ceux qui avec toi

mangeaient à la table?

Quand Il lava les pieds des autres, a-t-Il

méprisé les tiens?

Que de bienfaits tu as oubliés!

et ainsi ton ingratitude

s’est révélée.

Mais Sa longanimité sans mesure est

proclamée, ainsi que Sa grande miséricorde.

25. Evangéliste: devant Pilate (Mt 27: 11–17, 21–26)

Jésus comparut devant le gouverneur. Et le gouverneur l’interrogea en disant : « C’est

toi qui es le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi qui le dis. » Et comme il était

accusé par les grands prêtres et les anciens, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit :

« Tu n’entends pas tout ce dont ils témoignent contre toi ? » Et il ne lui répondit sur

aucun point, de sorte que le gouverneur était fort étonné.

A chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui

qu’elle voulait. On avait alors un prisonnier fameux appelé Barabbas.

Prenant la parole, le gouverneur leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous

relâche ? » Ils dirent : « Barabbas. » Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus, celui

qui est appelé Christ ? » Ils disent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Celui-ci déclara :

« Quel mal a-t-il donc fait ? » Et eux criaient plus fort : « Qu’il soit crucifié ! »

Pilate, voyant que cela ne servait à rien, mais qu’il en résultait plutôt du tumulte, prit

de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis quitte de ce sang. A

vous de voir ! » Et, répondant, tout le peuple dit : « Que son sang soit sur nous et sur

nos enfants ! » Alors il leur relâcha Barabbas. Quant à Jésus, après l’avoir fait

flageller, il le livra pour être crucifié.


26. Хор и Речитатив (Тенор):

“Егда предстал еси Каиафе”

Хор: Слава страстем Твоим, Господи.

Тенор: Егда предстал еси Каиафе,

Боже, и предался еси Пилату, Судие,

небесныя силы от страха

поколебашася. Егда же вознеслся еси

на древо, посреде двою разбойнику,

вменился еси с беззаконными,

Безгрешне, за еже спасти человека:

Незлобиве Господи, слава Тебе.

Хор: Незлобиве Господи, слава Тебе.

27. Fugue

*****

26. Choeur et récitatif (Ténor):

“Lorsque Tu fus mené devant Caïphe”

Choeur: Gloire à Ta Passion, Seigneur.

Ténor: Lorsque Tu fus mené devant

Caïphe, ô Dieu, et lorsque Tu fus livré à

Pilate, ô Juge, les Puissances célestes

tremblèrent de peur. Lorsque Tu fus élevé

sur l'arbre de la croix entre deux larrons,

Tu fus compté parmi les iniques, Toi qui es

sans péché, afin de sauver l'homme. Dieu

de bonté, gloire à Toi.

Choeur: Dieu de bonté, gloire à Toi.

Часть III. РАСПЯТИЕ / PARTIE III. LA CRUCIFIXION

28. Хop: “Да молчит всякая плоть”

Да молчит всякая плоть человеча и да

стоит со страхом и трепетом.

Да молчит всякая плоть человеча и

ничто же земное в себе да помышляет.

Царь бо царствующих и Господь

господствующих приходит заклатися

и датися в снедь верным.

Аллилуйа, аллилуйа, аллилуйа.

28. Chœur: “Que se taise toute chair”

Que se taise toute chair mortelle et qu'elle

demeure dans la crainte et le tremblement.

Que se taise toute chair mortelle et qu'elle

ne pense à rien de terrestre.

Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs

vient se faire immoler et se donner en

nourriture aux fidèles.

Alleluia, alleluia, alleluia.

29. Evangéliste: les outrages et la crucifixion (Mt 27: 27–37)

Alors les soldats du gouverneur, prenant avec eux Jésus dans le prétoire,

rassemblèrent auprès de lui toute la cohorte. Après l’avoir dévêtu, ils le couvrirent

d’une chlamyde écarlate et, ayant tressé une couronne avec des épines, ils la

posèrent sur sa tête avec un roseau dans la main droite. Et, tombant à genoux devant

lui, ils le bafouèrent en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Et, crachant sur lui, ils prirent

le roseau, et ils l’en frappaient à la tête.

Et, lorsqu’ils l’eurent bafoué, ils le dévêtirent de la chlamyde et le revêtirent de ses

vêtements.

Et ils l’emmenèrent pour le crucifier. En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène,

du nom de Simon ; ils le requirent pour prendre sa croix. Et arrivés en un lieu

dit Golgotha, c’est-à-dire lieu dit « du Crâne », ils lui donnèrent à boire du vin

mélangé avec du fiel, et l’ayant goûté, il ne voulut pas boire.

Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en jetant le sort. Et,

s’étant assis, ils le gardaient là. Et on posa au-dessus de sa tête le motif de sa

condamnation écrit ainsi : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.

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30. Хop: “Кресту Твоему”

Слава страстем Твоим Господи.

Кресту Твоему покланяемся, Владыко,

и святое воскресение Твое славим.

31. Хop: “Днесь висит на древе”

Днесь висит на древе, Иже на водах

землю повесивый,

венцем от терния облагается, Иже

Ангелов Царь,

в ложную багряницу облачается,

одеваяй небо облаки,

заушение прият, Иже во Иордане

свободивый Адама,

гвоздьми пригвождается Жених

Церковный,

копием прободается Сын Девы.

Покланяемся Страстем Твоим, Христе.

Покланяемся Страстем Твоим, Христе.

Покланяемся Страстем Твоим, Христе.

Покажи нам и славное Твое

воскресение.

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30. Chœur: “Ta croix”

Gloire à Ta Passion, Seigneur.

Ta croix, nous la vénérons, ô Maître, et Ta

sainte résurrection, nous la proclamons.

31. Chœur: “En ce jour est suspendu”

En ce jour est suspendu à l’arbre de la croix

Celui qui sur les eaux a suspendu la terre.

D'une couronne d'épines Il est couronné,

Lui le Roi des Anges.

De fausse pourpre Il est revêtu, Lui qui

revêt le ciel de nuées.

Il accepte les coups, Lui qui dans le

Jourdain a libéré Adam.

De clous, Il est cloué, l'Epoux de l'Eglise.

De la lance, Il est percé, le Fils de la

Vierge.

Nous nous prosternons devant Ta Passion,

ô Christ.

Nous nous prosternons devant Ta Passion,

ô Christ.

Nous nous prosternons devant Ta Passion,

ô Christ.

Révèle-nous ta glorieuse Résurrection.

32. Evangéliste: Jésus en croix raillé et injurié (Mt 27: 38–44)

Alors sont crucifiés avec lui deux brigands, un à droite et un à gauche.

Les passants l’injuriaient, hochant la tête et disant : « Toi qui détruis le Sanctuaire et

en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la

croix ! » Pareillement aussi les grands prêtres, le bafouant avec les scribes et les

anciens disaient : « Il en a sauvé d’autres ; il ne peut se sauver lui-même ! Il est roi

d’Israël ! Qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ; il s’est

confié à Dieu : qu’Il le délivre maintenant, s’Il tient à lui ; car il a dit : “Je suis le Fils

de Dieu”. » De même aussi les brigands qui avaient été crucifiés avec lui l’insultaient.

33. Хop: “Искупил ны еси”

Слава страстем Твоим, Господи.

Искупил ны еси от клятвы законныя

честною Твоею Кровию, на Кресте

пригвоздився и копием прободся,

безсмертие источил еси человеком,

Господи, слава Тебе.

33. Chœur: “Tu nous as rachetés”

Gloire à Ta Passion, Seigneur.

Tu nous as rachetés de la malédiction de

la Loi par Ton précieux Sang. A la Croix,

Tu as été cloué et par la lance transpercé,

répandant l'immortalité pour l'homme,

Seigneur, gloire à Toi.


34. Evangéliste: la mort de Jésus (Mt 27: 45–50)

Dès la sixième heure, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième

heure. Vers la neuvième heure, Jésus clama d’une voix forte : « Eli, Eli, lema

sabachthani ? » c’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu

abandonné ? » Certains de ceux qui se tenaient là disaient, en l’entendant : « Le voilà

qui appelle Elie ! » Et aussitôt l’un d’eux, courant prendre une éponge, l’emplissant de

vinaigre et la mettant au bout d’un roseau, lui donnait à boire. Mais les autres

disaient : « Laisse ; voyons si Elie va venir le sauver ! » Jésus, de nouveau, criant

d’une voix forte, rendit l’esprit.

35. Хop: “Тебе поем”

Тебе поем,

Тебе благословим,

Тебе благодарим, Господи,

и молимтися, Боже наш.

35. Chœur: “Nous Te louons”

Nous Te louons,

nous Te bénissons,

nous Te rendons grâce, Seigneur,

et nous Te prions, ô notre Dieu.

36. Evangéliste: après la mort de Jésus (Mt 27: 51–56)

Et voici que le rideau du Sanctuaire se fendit en deux de haut en bas ; et la terre fut

secouée, et les rochers se fendirent, et les tombeaux s’ouvrirent, et les corps de

nombreux saints qui dormaient se relevèrent et, sortant des tombeaux après sa

résurrection, ils entrèrent dans la Ville sainte et se manifestèrent à un grand nombre

de gens. Le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus, ayant vu la secousse et ce

qui arrivait, eurent très peur et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Il y avait là beaucoup de femmes qui de loin regardaient, celles-là mêmes qui avaient

suivi Jésus depuis la Galilée, pour le servir ; parmi lesquelles étaient Marie la

Magdaléenne, et Marie mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

37. Хорал и Речитатив (Тенор):

“Вся тварь изменяшеся страхом”

Вся тварь изменяшеся страхом, зрящи

Тя на Кресте висима, Христе: солнце

омрачашеся, и земли основания

сотрясахуся, вся сострадаху

Создавшему вся. Волею нас ради

претерпевый, Господи, слава Тебе.

Распеншуся Ти, Христе, вся тварь

видящи трепеташе, основания земли

колебашася, церковная завеса

раздрася на двое, и мертвии от гробов

воскресоша. Предстоящи же Мати

Твоя вопияше, рыдающи матерски:

како не возрыдаю и утробы Моея не

бию, зрящи Тя нага, яко осуждена, на

древе висяща?

Распныйся и погребыйся и воскресый

из мертвых, Господи, слава Тебе.

37. Choral orchestral et récitatif (Ténor):

“Toute la création se renversa de peur”

Toute la création se renversa de peur, Te

voyant, Christ, suspendu à la Croix: le

soleil s'obscurcit, les fondements de la terre

tremblèrent, l'univers souffrait avec son

Créateur. Toi qui as voulu souffrir pour

nous, Seigneur, gloire à Toi.

Te voyant crucifié, Christ, toute la création

trembla, les fondements de la terre

chancelèrent, le voile du Temple se fendit

en deux, les morts se relevèrent des

tombeaux. Ta Mère, se tenant à tes côtés,

s’écriait dans sa lamentation de mère :

Comment ne pas me lamenter, ne pas me

frapper le sein, quand je Te vois dépouillé,

suspendu à l'arbre de la croix comme un

condamné? Crucifié, enseveli et ressuscité

des morts, Seigneur, gloire à Toi.

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38. Ария, Сопрано:

“Cын Мой и Бог Мой”

Cын Мой и Бог Мой, Жизнь Моя и

Надежда угасе на Кресте,

Радость Моя и Свет Мой во гроб

сниде. Сын Мой и Господь Мой,

свет очей Моих, сладчайший Мой

Иисус. Радость Моя, весна Моя,

солнце Мое зайде. Сын Мой и Бог

Мой во гроб сниде.

39. Хop: “Не рыдай Мене, Мати”

Не рыдай Мене, Мати, зрящи во

гробе, Егоже во чреве безсеменно

зачала еси Сына: востану бо и

прославлюся, и вознесу со славою

непрестанно, яко Бог, верою и

любовию Тя величающия.

40. Хор и Речитатив (Тенор):

“Воскресни, Боже”

Тенор: Воскресни, Боже, суди земли,

яко Ты царствуеши во веки.

Хор: Воскресни, Боже, суди земли,

яко Ты царствуеши во веки.

Тенор: Величит душа моя волею

страдавшаго и погребеннаго Христа

жизнодавца.

Хор: Воскресни, Боже, суди земли,

яко Ты царствуеши во веки.

Тенор: Христос, новая Пасха, жертва

живая, Агнец Божий, вземляй грехи

мира.

Хор: Воскресни, Боже, суди земли,

яко Ты царствуеши во веки.

41. Фуга (Оркестра и Хор):

“Воскресни, Боже”

Воскресни, Боже.

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38. Аir, Soprano:

“Mon Fils et mon Dieu”

Mon Fils et mon Dieu, ma Vie et mon

Espérance se sont éteints sur la Croix.

Ma Joie et ma Lumière dans la tombe ont été

descendus. Mon Fils et mon Seigneur, la

lumière de mes yeux, mon très doux Jésus.

Ma joie, mon printemps, mon soleil qui s'est

couché. Mon Fils et mon Dieu dans la

tombe ont été descendus.

39. Chœur: “Ne Me pleure pas, ô Mère”

Ne Me pleure pas, ô Mère, en voyant dans

le tombeau le Fils que tu avais conçu sans

semence en tes entrailles, car Je ressusciterai

et Je serai glorifié et comme Dieu J'exalterai

dans la gloire pour l'éternité ceux qui te

glorifient avec foi et amour.

40. Chœur et récitatif (Ténor):

“Lève-Toi, ô Dieu”

Ténor: Lève-Toi (= Ressuscite), ô Dieu, juge

la terre, car Tu règnes pour les siècles.

Chœur: Lève-Toi, ô Dieu, juge la terre, car

Tu règnes pour les siècles.

Ténor: Magnifie, ô mon âme, Celui qui

volontairement a souffert et a été enseveli, le

Christ qui donne la vie.

Chœur: Lève-Toi, ô Dieu, juge la terre, car

Tu règnes pour les siècles.

Ténor: Christ, nouvelle Pâque, victime

vivante, Agneau de Dieu, enlève le péché

du monde.

Chœur: Lève-Toi, ô Dieu, juge la terre, car

Tu règnes pour les siècles.

41. Fugue double (Orchestre et Choeur):

“Lève-Toi, ô Dieu”

Lève-Toi, ô Dieu.


Часть IV. ПОГРЕБЕНИЕ / PARTIE IV. LA MISE AU TOMBEAU

42. Evangéliste: la mise au tombeau (Mt 27: 57–61)

Le soir venu, arriva un homme riche, d’Arimathie, du nom de Joseph, qui lui aussi

était devenu disciple de Jésus. Celui-ci, s’avançant vers Pilate, réclama le corps de

Jésus. Alors Pilate ordonna de le remettre. Et, prenant le corps, Joseph le roula dans

un linceul propre et le mit dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait tailler dans le

roc ; puis, ayant roulé une grande pierre à l’entrée du tombeau, il s’en alla. Il y avait

là Marie la Magdaléenne et l’autre Marie, assises en face du sépulcre.

43. Хop: “Благообразный Иосиф”

Благообразный Иосиф, с древа снем

Пречистое тело Твое, плащаницею

чистою обвив, и благоуханьми во

гробе нове покрыв положи, но

тридневен воскресл еси Господи,

даруяй мирови велию милость.

43. Chœur: “Le noble Joseph”

Le noble Joseph descendit de la croix Ton

corps immaculé et, l'ayant enveloppé d'un

linceul immaculé et embaumé d’aromates, il

le déposa dans un tombeau neuf. Mais le

troisième jour, Tu es ressuscité, Seigneur,

donnant au monde Ta grande miséricorde.

44. Evangéliste: la garde du tombeau (Mt 27: 62–66)

Le lendemain, c’est à dire après la Préparation, les grands prêtres et les Pharisiens se

rassemblèrent chez Pilate et dirent : « Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet

imposteur a dit, quand il vivait encore : “Trois jours après je me relève”. Ordonne

donc que le sépulcre soit gardé sûrement jusqu’au troisième jour, de peur que ses

disciples ne viennent le dérober et ne disent au peuple : “Il s’est relevé de chez les

morts” ; dernière imposture qui serait pire que la première ! » Pilate leur déclara :

« Vous avez une garde ; allez, prenez vos sûretés comme vous l’entendez. » Ceux-ci

allèrent donc s’assurer du sépulcre, en scellant la pierre et en plaçant la garde.

45. Ария, Тенор:

“Господи, Боже мой”

Господи, Боже мой, надгробную

песнь, исходную песнь Тебе воспою,

во ад сошедшему, смерть

умертвившему.

46. Хop: “Сошел еси во ад”

Сошел еси во ад, Христе Боже, и

смертию смерть поправ, воскресe

тридневен.

45. Аir, Ténor:

“Seigneur, mon Dieu”

Seigneur, mon Dieu, je Te chante un chant

funèbre, un chant d'adieu, à Toi qui aux

enfers es descendu, à Toi qui as vaincu la

mort.

46. Chœur: “Tu es descendu aux enfers”

Tu es descendu aux enfers, Christ Dieu, et

ayant vaincu la mort par Ta mort, Tu es

ressuscité le troisième jour.

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47 / 48. Фуга и Заключительный хор: 47 / 48. Fugue et Chœur final:

47 “Смерть / 48. Фуга Твою, и Заключительный Господи” хор: 47 “Ta / mort, 48. Fugue Seigneur” et Chœur final:

47 / “Смерть Смерть 48. Фуга Твою, и Твою, Заключительный Господи, Господи” возвещаем, хор: 47 / 48. Fugue “Ta Ta mort, mort, et Chœur Seigneur, Seigneur” final: nous la proclamons.

“Смерть Смерть aллилуйа, Твою, Твою, слава Господи” Господи, Тебе. И возвещаем, воскресение “Ta mort, Ta Alleluia, Seigneur” mort, Seigneur, gloire à Toi. nous Et Ta la proclamons.

résurrection,

Смерть aллилуйа, Твое Твою, исповедуем, Господи, слава Тебе. aллилуйа, возвещаем, И воскресение слава Тебе. Ta mort, Seigneur, Alleluia, nous la confessons. nous gloire la à proclamons. Toi. Alleluia, Et Ta résurrection, gloire à Toi.

aллилуйа, Твое Смерть исповедуем, слава Твою, Тебе. Господи, И aллилуйа, воскресение возвещаем, слава Тебе. Alleluia, gloire nous Ta mort, à la Toi. confessons. Seigneur, Et Ta résurrection, nous Alleluia, la proclamons. gloire à Toi.

Твое Смерть aллилуйа, исповедуем, Твою, слава aллилуйа, Господи, Тебе. И слава возвещаем, воскресение Тебе. nous la confessons. Ta Alleluia, mort, Seigneur, gloire Alleluia, à Toi. gloire nous Et à Ta la Toi. proclamons.

résurrection,

Смерть aллилуйа, Твое Твою, исповедуем, Господи, слава Тебе. aллилуйа, возвещаем, И воскресение слава Тебе. Ta mort, Seigneur, Alleluia, nous la confessons. nous gloire la à proclamons. Toi. Alleluia, Et Ta résurrection, gloire à Toi.

aллилуйа,

Твое исповедуем,

слава Тебе. И

aллилуйа,

воскресение

слава Тебе.

Alleluia, gloire à Toi. Et Ta résurrection,

Смерть Твою, Господи, возвещаем, nous Ta mort, la confessons. Seigneur, nous Alleluia, la proclamons. gloire à Toi.

Твое исповедуем, aллилуйа, слава Тебе. nous la confessons. Alleluia, gloire à Toi.

Смерть aллилуйа, Твою, слава Господи, Тебе. И возвещаем, воскресение

Смерть Твою, Господи, возвещаем,

Ta Alleluia, mort, Seigneur, gloire à Toi. nous Et Ta la proclamons.

résurrection,

Ta mort, Seigneur, nous la proclamons.

aллилуйа, aллилуйа, Твое исповедуем, слава слава Тебе. Тебе. И aллилуйа, воскресение И воскресение слава Тебе, Alleluia, gloire Alleluia, nous à la Toi. confessons. gloire Et Ta à résurrection, Toi. Alleluia, Et Ta résurrection, gloire à Toi,

Твое Твое СЛАВА исповедуем, исповедуем, ТЕБЕ! aллилуйа, aллилуйа, слава Тебе, слава Тебе, nous la confessons. nous GLOIRE la À confessons. TOI! Alleluia, gloire Alleluia, à Toi, gloire à Toi,

СЛАВА СЛАВА ТЕБЕ! ТЕБЕ!

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GLOIRE À TOI! GLOIRE À TOI!

***** *****

*****

Références liturgiques

Les textes des chants de cette Passion (indiqués ci-dessous par leur numéro)

sont tirés ou inspirés de plusieurs offices liturgiques byzantins, notamment:

Matines du Jeudi saint: 7, 11

Matines du Vendredi saint (appelé également Office des Saintes Souffrances

ou Office Références des Douze liturgiques Evangiles): 3, 10, 13, 16, 19, 21, 22, 24, 26, 31, 33, 37

Matines Références Les textes du Samedi des liturgiques pièces saint (ou vocales Office de de l’Epitaphios): cette Passion 1, 38, (indiquées 39, 40, 41, ci-dessous 43, 45 par leur

Matines Les numéro) textes du Dimanche sont des pièces tirés de ou la vocales Croix: inspirés 30 de de cette plusieurs Passion offices (indiquées liturgiques ci-dessous byzantins, par leur

Divine numéro) notamment: Liturgie sont du Samedi tirés ou saint: inspirés 28 de plusieurs offices liturgiques byzantins,

Divine notamment:

Matines Liturgie du dominicale: Jeudi saint: 14, 7, 35 11

Matines du Jeudi saint: 7, 11

Matines du Vendredi saint (appelé également Office des Saintes Souffrances

Matines ou Office du des Vendredi Douze Evangiles): saint (appelé 3, également 10, 13, 16, Office 19, 21, des 22, Saintes 24, 26, Souffrances 31, 33, 37

ou Office des Douze Evangiles): 3, 10, 13, 16, 19, 21, 22, 24, 26, 31, 33, 37

Matines du Samedi saint (ou Office de l’Epitaphios): 1, 38, 39, 40, 41, 43, 45

Matines du Samedi saint (ou Office de l’Epitaphios): 1, 38, 39, 40, 41, 43, 45

Matines du Dimanche

de la Croix: 30

Matines du Dimanche

de la Croix: 30

Tropaire du Dimanche des Myrophores (= 3e Dim. du Temps pascal): 43

Tropaire du Dimanche des Myrophores (= 3e Dim. du Temps pascal): 43

Divine Liturgie du Samedi saint: 28

Divine Liturgie du Samedi saint: 28

Divine Liturgie dominicale: 14, 35

Divine Liturgie dominicale: 14, 35


Interprètes:

Direction: Alexandre Traube

Solistes:

Vera Kalberguenova

Irina Solomatina

Valeriy Tsarev

Alexandre Diakoff

Evangéliste: Pierre-Georges Jonneret

Choeur In illo tempore

Sopranos : Nelly Baehler, Françoise Borioli, Joelle Delley, Féodora Diakoff, Florence Fellrath,

Ariane Francey, Nathalie Gasser, Loredana Germann-Viscardi, Fataneh Howe, Sandrine Le Coq,

Marianne Ner, Marija Pecic, Maya Schwab, Olivera Sekulic, Gabriella Simionato, Claudine

Simonet-Borcard, Catherine Steiner, Eveline Steinmann, Martine Zaech

Altos : Claudine Amacker, Delphine Besia, Alexandra Borzilo, Jana Bourquin, Maryline

Caballero, Pascale Chatelet, Marie-France de Weck, Christine Demierre, Marie-Jo Flatt, Sandrine

Gasser Bahou, Marie Grandjean, Pascale Hotz, Monique Humm, Francine Humbert, Kirsten

Kirschner, Eveline Pheulpin Racine, Nicole Schaubert, Viviane Sessa, Dragana Simijonovic

Ténors : Marlyse Bürki, Gérard Carfagno, Yan Greppin, Raphael Grunder, Christoph Kohlwes,

Jean-Frédéric Malcotti, Olivier Meylan, Zvezdana Mihailovic, Sylvie Müller, Parvan Netchov,

Francine Ombelli Lazarev, Zoran Perisic, Catherine Sandoz, P. Miroslav Simijonovic,

Marie-Jeanne Traube, Raymond Traube, Jiawen Xia

Basses : Jean-Claude Baehler, Michel Berger, Jacques-Antoine Berset, Marco Coric, Didier

Delacroix, Olivier Flatt, Hubert Godat, Daniel Goetsch, Rajko Markovic, Dragan Mihailovic,

Philippe de Salis, Roland Schwab, Cyril Tissot, Claude Tripet, Nicolas Tripet, Jean-Thierry

von Büren, Henri Wetli, Yaroslav Ayvazov

Nouvel orchestre de Genève:

Konzertmeister et violon solo: Medhat Abdel-Salam

Violon 1: Sandro Tigishvili, Oxana Bossuet, Patricia Giannetti, Yuko Tajima, Annabelle Dugast,

Pierre-Yves Denis, Armande Galloway

Violon 2: David Decroux, Delphine Bouvier, Ann Maurer, Claire Dassesse, Miron Peku, Rika

Takaba, Chiovi Suzuki

Alto solo: Vénéra Anastassova

Altos: Kaoli Yokoyama, Martina Neis, Filipo Johnson, Davide Montagne, Olivier Clément

Violoncelle solo: John Devore

Violoncelles: Arthur Guignard, Vladislava Morales, Vendula Matejkova, Kinga Jedwabny-Schlatter

Contrebasses: Jose Angel Toyo Gilson, Carlos Payan, Alexandre Ito Souza, Borna Dejanovic,

Doroteja Kostova

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