dimanche 24 septembre

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dimanche 24 septembre

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MHIIIIII LE 24 SEPTEMBRE 1933 Miiinii H m i■ 1111M11111111111


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UN CONTE D'ACTION

■UAN ne semble pas tranquille, murmurai par San Roque. Il y a un endroit où nous ne — Sa main s'abattait sur moi !

pas ? dit-il. Je suis soldat ; je veux continuer

un des neuf individus assis autour de ; manquons pas d'intelligences... Nous autres, — Si nous n'avions pas été reconnus, je à me battre.

la table.

nous te quitterons à Gaucin, pour gagner rentrerais tranquillement chez mon père. Le caporal, qui a conduit jusqu'à Cor-

— Non!... Poe el Chrlato! Non!... Estépona.

— Il habite par ici ?

doue les militaires d'un bateau torpillé,

riposta sourdement un homme jeune, à Des pensionnaires de la posada prenaient — Oui. Un village des environs. Je ne connaît ces pièces. Il prend les billets de ban-

visage rude et bronzé, dont les che- place autour de la grande table : un prêtre, le verrai pas... Je ne veux pas qu'il sache ; que, salue et conclut :

veux descendaient en favoris jusqu'au m- j des commis voyageurs arrivés de Bodadilla il méprise les contrebandiers...

— Je- vous souhaite bonne chance... Mais

veau inférieur des oreilles... Je sens qu'on par le dernier train, un lieutenant de chas- Un rire étouffé courut autour de la table. je doute que vous échappiez aussi facile-

nous épie. Vous le savez bien, quand if y à seurs. La servante, crasseuse, piquait une -— Il me croit ouvrier à Alméria. ment lorsque vous arriverez près de Gibral-

un danger, je le flaire, moi ! Je sens le doua- touffe de géranium dans ses cheveux, au- — Un filet est tendu devant nous, reprit-il. tar.nier

et le garde civil à une lieue !... Vous dessus de l'oreille gauche. D'une outre en Il se tut, lanciné par son inquiétude. Après le départ des gardes civils, l'auber-

rappelez-vous, l'année dernière, dans le peau de bouc, un garçon qui ressemblait — Vous quatre, vous n'étiez pas avec giste rappela les contrebandiers.

Nevada ?... Je vous ai arrêtés net, dans un plus à un vagabond qu'à un domestique d'au- nous, lors de... l'affaire, fît-il, soudain ; vos — Merci, fit simplement Juan au marin.

sentier où jamais il n'y avait eu de péril... berge, versait dans les bouteilles le vin épais figures ne sont pas suspectes... Ailez dehors. Tu sais, c'est la vie que tu me sauves. J'étais

Tous mes nerfs se mettaient en révolte. qui teint les verres ; sur les tables, les vases Eaites le guet sur la place. C'est à Ronda bon pour le garrot.

J'aurais parié ma tête que les gendarmes poreux offraient aux convives une eau fraî- qu'est le danger, je vous dis ! Je sens le mal- — Eh ! compère, il faudra déguerpir

étaient plus haut. M'étais-je trompé ?... Auche comme la neige de la Nevada. heur sur nous...

avant'minuit, avertit l'hôte.

jourd'hui, c'est la même chose. Je les flaire. . Après s'être suffisamment lesté d'ome- Un des hommes haussa les épaules. Son Nous gagnerons la montagne... Mais pas

Il parlait bas, mais ses dents grinçaient. lette, de pois chiches et de raisin, le voisin lui toucha le bras :

avant d'avoir fait son affaire à l'homme qui

'— Est-ce moi qui vous mets en danger l Français se leva et sortit.

— Tu n'as jamais eu de pressentiments ?... accompagnait les gendarmes, grinça-t-il

demanda son voisin en mauvais espagnol. Grand, sec, coiffé du large feutre, le cou Tu es trop jeune. Mais tu apprendras qu'il entre les dents.

— Hé ! non ! Tu t'es évadé, tu veux nu, un châle à rayures rouges et jaunes jeté faut y croire... Obéis à Juan.

rejoindre Gibraltar et retourner à ton ba-

Un quart d'heure après rentrèrent les qua-

sur l'épaule, l'enseigne de vaisseau Collin Quatre hommes se levèrent.

teau français au lieu de rester tranquilletre

patrouilleurs. L'un d'eux apportait des

ne pouvait inspirer de soupçons à ceux qui — Ah ! si je tenais un de ces indicateurs !

ment en Espagne ! Si les gardes civils te re-

renseignements précieux.

n'entendaient pas son jargon hispano-fran- fit le chef en serrant les poings.

prennent, ils ne nous accuseront pas de

— Les gardes civils sont sortis avec un

çais. Et il s'était habitué à un mutisme de Ils continuèrent à fumer en silence, tan-

complicité. Les internés qui s'évadent ne

individu que je reconnaîtrai. Ils l'appelaient

trappiste.

dis que les quatre patrouilleurs se disper-

commettent pas un crime !... Il te reste de

Sanche. Je les ai suivis au parc où commen-

l'arqent ?

Rappelé à la base de Casablanca pour saient sur la place. Collin vit ceux-ci s'arçait le concert militaire. Et j'ai pu écouter

prendre le commandement d'un sous-marin rêter à des points où ils pourraient sur-

— Oui.

leurs projets. Ils doivent se retrouver sur

à Toulon, il s'était embarqué à bord d'un veiller les rues d'accès. Au bout de quelques

— Alors, tu pourras t'en tirer en payant,

la place, à deux heures du matin ; ils seront

cargo en partance. Escorté jusqu'à Tanger, minutes, ils disparurent dans ces voies, ju-

si les gardes t interrogent... C'est en arri-

une vingtaine. Pas de danger que nous

le bateau s'était fait torpiller après un jour geant que leur mission y serait plus discrètevant

près de Gibraltar que la difficulté com-

échappions, paraît-il ! D'ailleurs, la posada

mencera.

de navigation dans les eaux espagnoles, et ment et plus activement remplie.

sera gardée à vue. Alors je me suis douce-

— Vous m'avez promis un guide.

n'avait réussi qu'à venir s'enfoncer à cinq Le crépuscule violaçait les ombres. Les ment renseigné sur ce Sanche... On l'appelle

cents mètres de Carthagène. L'enseigne Col- cloches grêles de l'église lancèrent huit

•— Pablo t'accompagnera jusqu'à la zone,

Sanche le Taciturne. Il se promène parfois

lin, envoyé à Cordoue, comme prisonnier de coups dans le silence de la petite ville an- jusqu'à trois et quatre heures du matin, au

guerre, n'avait plus eu qu'une pensée : mon dalouse. Sur la place, rien qu'une vieille bord des roches.

sous-marin m'attend. S'évader en ne connais- femme à la porte du presbytère...

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— Je ne lui souhaite pas de le faire ce

sant pas dix mots de castillan était difficile. Un homme d'une cinquantaine d'années soir, gronda Juan.

Vos dents seront plus belles et conserveront une Durant six mois, il piocha la langue de Cer- entra dans une maison aux balcons fleuris —Justement, c'est là qu'il compte atten-

Inaltérable santé si vous les soignez avec le Supervantès, puis il fila, déguisé en paysan. Il prit de géraniums. Or, deux minutes plus tard, dre l'heure.

émail au carmin du Docteur Pierre, qui donne aux

dents une blancheur incomparable et avive le le train pour Alquilar, mais renonça dès le la porte de cette maison se rouvrit et Col

rouge des lèvres et gencives.

lendemain à un mode de locomotion trop lin distingua dans le vestibule les bicornes

convoyé par les gardes civils. Sur les quais de deux gendarmes.

de chaque gare, et dans les wagons mêmes, — Mes nouveaux amis vont être enfer-

ii ne voyait plus que les détestables bicormés dans la souricière, se dit-il.

ES contrebandiers s'entre-regardèrent.

BtRETELLES ÉTIRA nes. , .

Déjà debout, il se dirigea tranquillement Pas besoin de paroles, que' le marin

B MAXIMUM D'ÉLASTICITÉ, m A Osuna, il rencontra cette troupe de vers la posada.

L français n'eût pas approuvées. Ces

contrebandiers qui revenait vers la mer. Le — Les gardes civils ! lança-t-il en entrant regards.^ c était la condamnation de l'indi-

marché fut conclu : on le conduirait à tra- dans la salle.

cateur Sanche.

vers la montagne jusqu'auprès de Gibraltar. Les quatre hommes se dressèrent, mena- Comme l'enseigne se disposait à sortir,

Il s'était confié à ces huit hommes — qui çants. Collin vit briller le canon d'un revol- Juan l'interpella :

pouvaient l'assassiner comme ils voudraient ver. ,

— Sois à une heure sur la Puente Nuevo.

car ils n'ignoraient pas qu'il était sans armes — Suivez-moi ! ordonna Juan. Je connais Nous marcherons pendant la nuit.

et portait une somme suffisante pour payer une cachette dans la maison voisine. L'enseigne se dirigea vers le petit parc,

à tous une semaine de fête à Malaga. Ils disparurent par une porte. qui ouvrait

où jouait la fanfare des chasseurs. Les rues

Mais ces aventuriers un peu sauvages ont sur le cellier. Avant de sortir, le chef se

s'étaient animées d'une vie joyeuse. Une

leur honneur. Quelques jours d'intimité en retourna :

brise d'est apportait toutes les senteurs

libres de la montagne.

avaient même fait des compagnons agréa- — Tu ne viens pas avec nous ?

A une heure du matin, lorsque l'enseigne

bles, de mœurs très frustes et de morale pas- — Non, répondit l'enseigne, c'est peut- se trouva sur le Puente Nuevo, qui, à une

sablement éraillée, mais francs et courageux, être moi qu'ils cherchent. Vous m'ayez dit

gais lurons à leurs heures...

hauteur vertigineuse, enjambe une crevasse,

que je pourrais m'en tirer avec de l'argent. tout était désert autour de lui. Mais lâ-bas,

Après ça, ils s'en iront.

à sa droite, au bord des rocs les plus es-

Il alla s'asseoir sur un banc, auprès de Le marin s'installa à la table d'hôte et carpés, un homme se promenait. Un groupe

la curieuse église dont la tour octogonale fuma tranquillement. Un colloque dans les arrivait par là.

Nourissez Bébé vous-même, s'élève par trois étages jusqu'à la croix. couloirs. Des talons qui résonnent. Deux — Mes bandits sont exacts, pensa le ma-

Collin était sorti par discrétion. Inquiets bicornes s'encadrent dans la porte, suivis de rin. Avant une heure, nous aurons gagné la

ou faites-en un Bébé Nestlé à tort ou à raison, les contrebandiers dési- l'hôtelier et du quinquagénaire de la place. montagne.

raient sans doute se concerter.

— Vous voyez bien qu'ils sont partis, Le groupe s'était divisé. Quatre hommes

Dès qu'ils furent seuls, en effet, les huit proteste l'hôtelier.

marchaient en avant. Ils dépassèrent le pro-

hommes se rapprochèrent, et, au milieu de — Et celui-là ? demande un gendarme. meneur attardé. Soudain, d'un seul mouve-

Lait sucré la fumée des cigarettes, ils parlèrent à voix — Un voyageur arrivé seul.

ment, ils se retournèrent, le saisirent et le

farine lactée basse. Aucun danger que, de la table d'hôte, — Vos papiers.

précipitèrent dans le gouffre.

les pensionnaires pussent surprendre une Collin se lève, très calme :

A cette vue, Collin jeta un cri. L'indica-

seule parole...

— Je ne veux pas dire mon nom devant teur, condamné à mort par Juan, roulait de

— Depuis notre bagarre avec les doua- ces deux hommes, caporal. Quand vous roches en roches. Le jeune homme le vit

niers, il y a deux mois, je ne suis pas tran- serez seul avec votre gendarme, je parlerai. s'arrêter dans une broussaille aux deux tiers

NESTLÉ quille, disait Juan. Nous avons été recon- Le caporal hésite..: Bah ! après tout, il est de sa chute. Instinctivement, Collin bondit

nus !... Sinon, est-ce que je m'inquiéterais ? armé !... Il fait signe à l'indicateur et au vers la gauche, où il savait que des sentiers

'Les aliments parfaits Nous n'emportons aucune marchandise ! posadero.

descendaient dans la plaine. D'ailleurs, les

Pas de preuves ! Nous pourrions répondre Alors Collin tire tranquillement ses piè- contrebandiers le suivaient en courant, dési-

des tout-petits.

aux gendarmes : « Laissez la paix aux bons ces d'identité et les tend, entre deux billets rant s'assurer que leur victime était bien

citoyens!... » Mais il y a le cadavre du de cent pesetas.

morte.

douanier !■... Tu as tiré trop vite,- Pablo !.„ . — Vous n'êtes pas nos ennemis, n'est-ce

(Lire la suite page 15.)


m iiiiii LE 24 SEPTEMBRE 1933 nHMMiiiHmiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiminiiiimimiMiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiii 5 iiiiiiinmiiiiiiiiiiiimuiiniHiiiiiiiiiiiiH ■■■itiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiui DIMANCHE-ILLUSTRÉ «« 3

Si nous connaissons, à l'heure actuelle,

d'une façon presque parfaite, les

intrigues politiques qui se sont

nouées à la cour des rois de France

pendant la deuxième partie du

XV" siècle, c'est surtout à Comines que

nous le devons. Comme la plupart des chroniqueurs

de cette époque, Comines était-il

donc un ménestrel, un frère heureux des

anciens jongleurs, en un mot le louangeur

attitré d'un qrand seigneur qui devenait

ainsi, tout à la fois, le patron et le héros

de l'œuvre entreprise ? Point du tout.

Philippe van den Clyte, sire de Comines,

était d'une excellente famille des Flandres.

S'il écrivit ses Mémoires, ce fut parce que

l'inaction lui pesait, pour son propre plaisir

et non dans l'espoir de récompenses qui ne

pouvaient égaler celles précédemment reçues.

Né en 1445, le sire de Comines ne fut

point un « escumeur » de latin. Les humanités

furent lettres mortes pour lui ; par

contre, son enfance, passa à apprendre le

noble métier des armes, à manier parfaitement

le cheval. Ce fut donc un fort gentil

page que le duc de Bourgogne, Philippe

le Bon, vit arriver un jour et qu'il s'empressa

de donner pour compagnon à son fus, le

comte de Charolais.

Une étroite amitié ne tarda pas à unir

ces jeunes gens. Petit-fils de Jean Sans Peur,

le comte de Charolais ne devait pas mentir

à sa valeureuse ascendance ; bientôt, il

changeait son nom pour un autre que l'Histoire

n'oubliera pas de sitôt et que Comines

put graver en lettres d'airain, celui

de Charles le Téméraire.

NTRER dans la vie aux côtés d'un si noble

E et puissant personnage était déjà une

chance, l'espérance d'une existence aventureuse

et pleine de prouesses. Le comte de

Charolais n'était pas maître à laisser chômer

ses bons compagnons et c'est pourquoi

nous trouvous, en H65, le jeune Comines

tout à l'enthousiasme de ses vingt ans, sur

le champ de bataille de Montlhéry.

Il se battait sous la. bannière de la Ligue

du Bien Public et l'ennemi était représenté

par un jeune homme qui, lui aussi, devait

faire ses premières preuves de bravoure et

de stratégie dans cette journée. C'était un

certain Louis, qui venait de recueillir la

couronne de France et entendait la porter

sans avoir à la tenir de ses nobles féaux.

Louis XI inaugurait son règne de façon singulière.

La Ligue du Bien Public n'avait guère

"d'autre motif que la défense des intérêts et

des privilèges féodaux contre l'autorité

royale. Le détenteur de la couronne voulait

abaisser les grands possesseurs de fiefs.

La lutte s engagea sous les tours même

du château célèbre dans l'histoire du moyen

.âqe par ses résistances au pouvoir et que^ les

premiers successeurs de Hugues Capet n'ac-

'quirent qu'en s'alliant aux seigneurs de

Montlhéry. Pour la première fois, Comines

put voir à l'œuvre ceux qu'il devait servir

avec des fortunes diverses — Charles et

Louis — et leurs actes, dans cette journée,

lui dictèrent peut-être sa conduite future.

Les soldats avaient mollement engagé le

combat, mais les deux chefs accomplissaient

prouesses sur prouesses. Louis XI eut un

cheval tué sous lui au plus fort de la mêlée.

On le crut mort ; mais, reparaissant soudain,

il rallia ses troupes et, par trois fois, les

ramena à l'assaut. Seulement, le jeune Louis

était déjà un fin renard ; le gain de la journée

étant assuré, il rentra vivement dans

Paris, enjeu de la bataille. Comines nous

montre alors le comte de Charolais tout

gonflé d'orgueil. « Il estima la gloire être

sienne, ce qui, depuis, lui a coûté bien cher,

car jamais plus il n'usa de conseil d'homme,

mais du sien propre et, par là, fut finie sa

vie et sa maison détruite. »

Néanmoins, étant Flandrien, Comines

se trouvait attaché au sort de cette maison

par Emile Pagès

de Bourgogne. Sans consulter ses préférences

secrètes, il suivit donc la fortune du

comte de Charolais. Cette fortune le conduisit

sur maints champs de bataille, Charles

ne cessant de guerroyer. Il assista ainsi à

la destruction de Liège, à des scènes d'horreur

qui révoltaient son humanité et son

sens de fin politique.

C'est de cette époque, sans doute, que

date le refroidissement de l'amitié du duc

et de son serviteur. Charles le Téméraire

n'autorisait aucun conseil et Comines

commença à essuyer bien des rebuffades, des

brutalités même, dit-on. L eloignement ne fit

que s'accentuer entre les deux hommes, à

la suite de la fameuse entrevue de Péronnc.

Louis XI était pris dans le piège ; au comble

de la colère, le duc de Bourgogne n'avait

qu'un geste à faire pour supprimer son royal

cousin. Comines osa parler haut, s'opposer

au geste.

Charles le Téméraire ne pardonna jamais

ce conseil de clémence, mais Louis ne l'oublia

pas. Aussi, en 1472, lorsque la vie fut

devenue impossible auprès du premier maître,

Comines trouva-t-il une refuge près

de celui qui, depuis fort longtemps, attendait

sa venue.

A la cour de France, l'arrivant ne trouva

pas de grands seigneurs en adulation perpétuelle

devant le maître ; un entourage effacé,

des hommes simples, un médecin, un barbier :

Tristan Coictier, Olivier le Daim. Mais ces

hommes sans titres étaient rompus à toutes

les difficultés de la diplomatie, savaient parfaitement

déjouer les intrigues, démasquaient

les traîtres : un cardinal La Ballue, un-connétable

de Saint-Pol, un duc de Nemours.

Le duc de Nemours ! Comines assista à

toutes les phases de cette sanglante tragédie.

Allié à la famille des Armagnacs,

Nemours, petit ca'det de fortune, était passé

plusieurs fois du service de Louis XI à celui

de ses ennemis. Las de ces volte-face, le

8 juillet 1470, le roi fit jurer à Nemours

que, désormais, il lui serait fidèle et l'avertirait

de tout ce qui se tramerait contre lui.

Nemours prêta le serment terrible qui engageait

sa tête. Mais des yeux vigilants surent

lire dans sa correspondance au connétable

de Saint-Pol et le seigneur de Plessis-les-

Tours remit Nemours aux mains de son

tortionnaire juré en lui disant : « Faites-le

moi bien parler ; faites-le moi parler clair. »

Le duc parla clair, très clair... et sa tête

roula sous le glaive du bourreau en la place

des Halles.

Le sire Philippe de Comines et sa femme en prières, d'après une sculpture

du quinzième siècle (Musée du Louvre).

Le supplicié laissait de grands biens. Comines

rêva de les faire entrer dans sa maison.

Nemours n'avait-il pas un fils et lui possédait

une fille. Une telle idée était bien de

ce fin politique, qui s'assurait en outre la

bienveillance de Louis XI, heureux de voir

l'héritier d'un rebelle s'allier à la famille

d'un de ses plus fidèles serviteurs. Seulement

Coictier et Olivier, jaloux de ce grand seigneur

trop bon diplomate, le desservirent

de toutes leurs forces auprès du maître.

C'est qu'il y avait vraiment de quoi exciter

l'envie. Alors que les autres demeuraient

obscurs, bien que payés magnifiquement,

Comines, lui, grandissait d'éclatante manière.

Maintenant, il se voyait paré de la

dignité de sénéchal du Poitou et s'honorait

du titre de seigneur d'Argenton. Au surplus,

il gagnait dignement ces honneurs.

Après avoir servi Charles le Téméraire

au péril même de sa vie, il servait maintenant

avec fidélité et empressement ce

Louis XI qu'il admirait et dont il appréciait

les qualités supérieures. Il y avait entre le

roi et lui une unité parfaite de vues.

Aussi Comines fut-il désigné pour se

rendre en Flandre, en Bourgogne, en Angleterre.

A cette époque, il est à l'apogée de

sa carrière. Villemain l'a bien dépeint :

« Comines est un esprit sérieux, solide,

intelligent de toutes les ruses, jugeant avec

un sens merveilleux le caractère, la forme,

le but des gouvernements ; plus habile que

scrupuleux, mais cependant s'élevant à la

probité par le bon sens, parce que, à tout

prendre, elle est plus raisonnable que le

reste et qu'elle assure mieux le maintien de

la puissance. »

Donc, pendant onze ans, jusqu'à la mort

du roi en 1483, Comines fut le confident

de Louis XI, son intime, son « valet de

chambre ». Un valet de chambre grand

seigneur, cela va sans dire et qui ne pouvait

disparaître brusquement de la scène politique

comme un Olivier, un Tristan l'Hermite,

du fait d'un trépas illustre. D'ailleurs,

pour un tel politique, la situation paraissait

excellente.

Une femme, Anne de Beaufeu, fille du roi

défunt, exerçait la régence jusqu'à la majorité

de son jeune frère, le futur Charles VIII.

Un épisode vécu des Chroniques de Comines: «La mort du duc Charles le

Jeméraire devant Nancy, en 1477 », d'après une ancienne enluminure.

Bien entendu, l'occasion était belle aux

ambitions pour se débrider ; ce fut une ruée

autour de la couronne. Comines pressentait

la fortune du duc d'Orléans, dans lequel

il devinait un homme capable de devenir roi.

Il prit donc place à ses côtés et entra à sa

suite dans le grand complot des princes.

Malheureusement, le seigneur d'Argenton

avait des affaires très compliquées, entre

autres certains démêlés avec la puissante

famille des La Trémoïlle, que Louis XI avait

dépouillée à son profit du fief de Talmont.

Anne de Beaujeu jeta les yeux sur l'ancien

valet de chambre de son père ; elle reconnut

en lui un ennemi qu'il ne ferait pas bon

dédaigner et, opposant la fermeté à la ruse,

elle ruina en une minute les espérances politiques

du conspirateur. Comines fut arrêté

purement et simplement.

A

SON tour, il fit connaissance avec les fameuses

« fillettes » du roi. son ami, les

cages de fer du sinistre château de Loches.

Il eut huit bons mois pour en juger le parfait

agencement et gémir comme l'avaient

précédemment fait d'illustres prisonniers.

De là, on le transféra à Paris où un sort

plus doux l'attendait. Sa prison se trouva

en « la haulte chambre de la Tour carrée

de la Conciergerie ». Là, il avait une distraction

merveilleuse pour tuer le temps. Il

regardait passer les bateaux ! principalement

« ceux qui montaient contremont la

rivière de Seine du côté de Normandie ».

Mais le passage des chalands ne suffisait pas

pour occuper l'esprit d'un homme tel que

Comines et, après avoir passé les années

1488 et 1489 dans cette situation mélancolique,

il obtint de plaider sa cause luimême.

Son qrand talent aidant — et aussi

parce que le duc d'Orléans était rentré en

faveur — il obtint sa grâce.

Aussi, en 1492, le voyons-nous faire partie

de l'expédition d'Italie. Charles VIII a appris

à estimer à sa juste valeur le valet de chambre

de son père. Il lui confie plusieurs missions

diplomatiques aux cours italiennes de

Venise et de Milan. Elles n'aboutissent pas

toutes à des succès et les ennemis du seigneur

d'Arqenton en profitent pour le rejeter

dans l'ombre. Mais le fin matois possède

plus d'une corde à son arc. Contre toute

espérance, en 1495, nous le retrouvons en

Italie, auprès du roi, et participant à cette

chevauchée merveilleuse dont il a lui-même

dit que : « Charles VIII réussit si bien qu'il

faut conclure que ce voyage fut conduit de

Dieu tant à l'aller qu'au retourner. » Ce

n'étaient que cavalcades, fêtes, tournois.

Le 31 décembre, l'entrée à Rome se fit « en

bel et furieux ordre de bataille, trompettes

sonnantes et tambours battants. »

Mais, aux approches de la terre de France,

le sort sembla soudain vouloir donner un

démenti à cette promenade triomphale. Le

lundi 6 juillet 1495, les Français, au nombre

de 9.000, se trouvèrent en présence d'une

nombreuse armée forte de 40.000 hommes,

concentrée dans les défilés des Alpes, près

de Fornoue. Le péril exalta tous les cou-?

rages. Ecoutons Comines parler de cette

journée où il joua de l'épée une fois de plus :

« Le petit roi n'était plus reconnaissable

tant il était grand, ferme, audacieux. Je vins

à lui et le trouvais armé de toutes pièces

et monté sur le plus beau cheval que j'ai

vu de mon temps. Il semblait que ce jeune

homme fut tout autre que sa nature né por-;

tait, ni sa taille, ni sa complexion, et ce

cheval le montrait grand, et avait le visage

bon et la parole audacieuse et sage. »

; \ (Lire la suite page 14.)


DIMANCHE-ILLUSTRÉ mmum iiiulimi imn« ■■ iniiiiiiimiiiiuiM i 6 iiiïiiiiii iiiiiiiiiiuiiiiiiciiiiiimii i ""»"' iiiiiiiiiimiu LE 24 SEPTEMBRE 1933 iiiiimt?

LA SUITE: AU PROCHAIN NUMÉRO...

J'ai noté les termes mêmes de la discussion

; mais voici qu'elle dégénère en une

bruyante dispute, où s entre-croisent les

mois polysyllabes du jargon scientifique.

C'est sans contredit un privilège...

IUMMERLEE regarda

et acquiesça. M'approchant

à mon

tour, je vis un être

minuscule, qui semblait

fait en verre

pilé, glisser, dans

une sorte de coulée

visqueuse, à travers le rond de

lumière. Lord John, lui, acceptait

tout de confiance.

— Peu me chaut que votre animal

soit mort ou vif, dit-il. Lui et

moi ne nous connaissons même

pas de vue. Pourquoi m'en soucierais-je

? Je ne suppose pas qu'il

s'inquiète de notre santé.

Je partis de rire; sur quoi, Challenger

me lança un coup d'œil si

méprisant qu'il me glaça.

— La légèreté de l'homme à

demi éduqué, dit-il, est pour la

science un pire obstacle que l'ignorance

obtuse. Si lord John Roxton

voulait se donner la peine...

— Un peu de modération, mon

cher George, fit Mrs Challenger,

en passant sa main dans la noire

crinière penchée sur le microscope.

Qu'est-ce que cela peut faire que

cette amibe vive ou ne vive pas ?

— Cela peut faire beaucoup, répliqua,

d'un ton pincé, Challenger.

— Soit, nous vous écoutons ! fit

lord John, qui sourit, sans rancune.

Autant parler de cela que d autre

chose, ci vous pensez que j'ai

traité votre animal trop cavalièrement

ou que je l'ai blessé en quoi

que ce soit, je lui fais mes excuses.

■— Pour ma part, intervint Summerlee

de sa voix grinçante et chicanière,

je ne comprends pas l'importance

que vous attachez a ce

que votre amibe vive. Elle habite

la même atmosphère que nous, d'où

s'ensuit naturellement que le poison

n'agit pas sur elle. Hors de cette

chambre, elle périrait.

— Vos observations, mon bon

Summerlee, dit Challenger, énorme

d'indulgence (ah ! que ne puis-je

peindre cette tête hautaine, sous

l'éclatant reflet circulaire que lui

envoyait le miroir du microscope ! )

vos observations montrent que vous

appréciez mal la situation. Ce spécimen

a été monté hier, et il est

hermétiquement clos. Il ne reçoit

rien de notre oxygène. Mais, bien

entendu, notre éther a pénétré jusqu'à

lui, comme jusqu'à tout autre

point de l'univers. Il a donc survécu

au poison. Vous pouvez en

conclure que toutes les amibes qui

sont hors de cette chambre, au lieu

d'être mortes, selon votre affirmation

erronée, survivent à la catastrophe.

— Eh bien, même à présent, je

„ me sens pas l'envie de bu'/lei

de joie. En quoi la chose a-t-elle

une importance ?

— Simplement en ceci : que le

monde continue à vivre. Si vous

aviez l'imagination scientifique,

vous projetteriez votre esprit au

delà du fait actuel ; vous verriez,

d'ici à quelques millions d'années

— simple période transitoire dans

l'immense série des âges — fourmiller

de plus belle, sur toute la

terre, la vie animale et la vie humaine,

issues de cet imperceptible

germe. Vous avez rencontré de ces

prairies où l'incendie, effaçant

toute trace de gazon et de plantes,

n'a laissé qu'une étendue noirâtre.

Vous les croiriez vouées à n'être

éternellement qu'un désert. Mais,

dans le sol, les racines restent ; repassez

par là quelques années plus

tard, vous ne reconnaîtrez pas les

plages ravagées. L'infime créature

que voici porte en elle les racines

de. la vie animale ; et par les puissances

de développement qu'elle

renferme, par son évolution, elle

ne peut manquer, avec le temps,

| de supprimer jusqu'à la dernière

' trace de la crise sans ______

pareille où nous som- __»___■!

mes englobés.

— Diablement Intéressant

! dit lord

John, qui, sans en

avoir l'air, s'était

tout de même rapproché

du microscope.

Le drôle de petit personnage,

à cataloguer

numéro 1 parmi les

portraits d ancêtres !

Il a sur lui comme un

gros bouton de chemise.

— Cet objet sombre

est son nucléus,

énonça Challenger, à

la façon d'une gouvernante

qui montre

l'alphabet à un gamin.

— Ainsi, maintenant,

poursuivit lord

John en riant, nous

n'allons plus nous

sentir seuls, il y a un

autre vivant que nous

sur la terre.

— Vous semblez

tenir pour acquis, dit

Summerlee. que le

monde, de par sa

création, a pour unique

objet de produire

et d'entretenir la vie

humaine ?

— Mais, monsieur,

quel objet différent

lui supposeriez-vous?

d urtanda Challenger,

A.CONAN DO/LE

TRADUCTION DE

LOUIJT LABAT

qui se gendarmait à la moindre

contradiction.

— Je trouve monstrueuse, quand

j'y réfléchis, la prétention de

i'nomme se figurant que le monde

est un théâtre bâti pour qu'il s'y

pavane.

— Sans dogmatiser là-dessus,

sans y mettre non plus de ce que

vous appelez, bien témérairement,

une monstrueuse prétention, nous

pouvons à coup sûr affirmer que

nous occupons le rang le plus élevé

dans la nature.

— Le plus élevé à notre connaissance.

— Cela, monsieur, va sans dire.

— Pensez aux millions, et

peut - être aux billions d'années

pendant lesquelles la terre roula

toute vide dans l'espace, ou, sinon

toute vide, du moins sans aucune

idée ni aucun signe annonciateur

de l'espèce humaine. Imaginez-la

baignée par la pluie, grillée par le

soleil, fouettée par le vent.^ durant

ces innombrables siècles. L'homme

ne date que d'hier dans l'ordre des

temps géologiques. Pourquoi dt-

RÉSUMÉ DES CHAPITRES PARUS

ALONE, journaliste, est

M chargé d'interviewer le

professeur Challenger, à la

suite d'un article paru dans

le Times, sur les « possibi=

lités scientifiques de la fin

du monde». 11 rencontre à

la gare des amis de Challen'

ger qui ont reçu de ce dernier

un télégramme leur demandant

de le rejoindre,

avec des tubes d'oxygène,

dans sa villa de la grande

banlieue de Londres.

En arrivant, ils rencontrent

le professeur Challenger,

venu les chercher en

automobile. Challenger leur

explique que notre planète a

rencontré dans l'éther une

zone de poison, et qu'elle

s'y" précipite à la vitesse

de quelques millions de

milles par minute. C'est de

là que leur viennent les malaises

ressentis par eux et

par lui-même. Déjà l'atmosphère

est devenue irrespirable

et, dans la campagne,

gens et bêtes s'abattent

partout comme foudroyés.

Par bonheur, une pièce de

la villa se trouve être parfaitement

étanche : c'est le

boudoir de la femme du professeur,

Mrs Challenger.

Tous s'y précipitent munis

des précieux tubes d'oxygène

qui constitueront leur

suprême ressource quand

l'air viendra à leur manquer,

ressource qui sera ellemême,

inévitablement, trop

vite épuisée.

Pourtant, le professeur,

grâce à un procédé ingénieux,

a réussi à détruire

chimiquement l'oxyde de

carbone dégagé dans la

pièce où sont emprisonnés

les héros de cette aventure.

Le petit groupe de reclus

est convaincu que, grâce à

un concours de circonstances

providentiel, il est seul

à avoir échappé, de par le

vaste monde, à cette fin affreuse.

Sur ces entrefaites,

le professeur Challenger,

que tracassent jusqu'au seuil

de la mort les préoccupations

scientifiques, étudie

au microscope, une goutte

d'eau, dans leur refuge y

découvre un microbe vivant.

Cette trouvaille, en apparence

dérisoire, semble le

plonger dans une joie si

profonde, que ses compagnons

d'infortune, qui n'en

entrevoient guère l'importance,

en arrivent presque

à douter s'il a conservé

toute sa raison—

créter que cette formidable préparation

se faisait à son bénéfice ?

— Au bénéfice de qui, alors, ou

de quoi ?

Summerlee haussa les épaules.

« Comment le dire ? C'est peutêtre

ce que nous ne saurions même

concevoir, car peut-être l'homme

n'est-il qu'un simple accident, un

sous-produit qui se sera dégagé au

cours des choses : ainsi l'écume de

l'Océan imaginerait que l'Océan fut

créé pour la produire et l'entretenir,

ou une souris de cathédrale

que l'édifice fut construit et aménagé

pour sa résidence. »

j'ai noté les termes mêmes de la

discussion ; mais voici qu'elle dégénère

en une bruyante dispute, où

s'entre-croisent les mots polysyllabes

du jargon scientifique. C'est

sans contredit un privilège que

d'écouter deux hommes de cette

intelligence débattre les plus hautes

questions ; mais leur perpétuel

discorde fait que des profanes

comme lord John et moi n'en tirent

pas grand'chose de positif. Ils se

neutralisent l'un l'autre, et nous

^^^^^^ restons Gros - Jean

■■ — " — comme devant. A

présent, tout ce beau

vacarme a cessé ;

Summerlee s'est rassis

sur sa chaise, pendant

que Challenger,

manœuvrant encore

les vis de son microscope,

fait entendre,

sans répit, un

grondement sourd,

profond, inarticulé,

comme la mer après

la tempête. Lord John

me rejoint à la fenêtre,

et nous regardons

la nuit au dehors.

Une lune nouvelle,

la dernière que doivent

contempler des

prunelles humaines,

luit d'un pâle éclat.

Mais les étoiles ont

une vivacité singulière.

Même dans

l'air transparent du

plateau sud - américain,

je ne les vis jamais

plus brillantes.

Est-ce que la modification

de l'éther affecterait

la lumière ?

Le bûcher funéraire

de Brighton flambe

toujours, et une

rande tache rouge

âans le ciel, vers

l'ouest, dénonce quelque

sinistre à Auruiidel,

Chichester

ou Port3mout_. Je

...que d'écouter deux hommes de cette

intelligence débattre les plus hautes questions

; mais leur perpétuel discord fait que

des profanes comme lord John et moi

n'en tirent pas grand'chose de positif.

me rassieds, je médite, de temps

en temps je prends une note. Il

flotte dans l'air une mélancolique

douceur. Jeunesse, beauté, amour,

vertus chevaleresques, tout cela

est-il fini ? Sous les rayons des astres,

cette terre semble le pays du

rêve et de la paix. Que nous voilà

loin d'un Golgotha de la race humaine,

terrible et couvert de cadavres

! Je me surprends soudain à

rire.

— Holà ! jeune homme, qu'y

a-t-il ? fait lord John, me dévisageant,

très étonné. Un bon sujet de

gaieté a son prix en des temps si

rudes.

— Je pensais, dis-je, à toutes les

grandes questions qui restent sans

solution après ce qu'elles nous ont

coûté de soins et de peine. La

question de la rivalité anglo-allemande,

par exemple, ou celle du

golfe Persique, qui passionnait

mon directeur. Aurions-nous jamais

prévu, quand elles nous donnaient

tant de tintouin, la façon

dont elles devaient se résoudre ?

Nous retombons dans le silence.

Sans doute chacun de nous songe

aux amis déjà partis. Mrs Challenger

sanglote, et son mari, à voix

basse, la console. Je revois toutes

sortes de gens ; je me les représente

couchés, rigides et blêmes,

comme le pauvre Austin dans la

cour. Me Ardle entre autres : je

sais, par le bruit de sa chute, sa

position exacte, le visage sur son

bureau, la main sur son'téléphone.

Et Beaumont, notre directeur :

vraisemblablement, il s'allonge sur

le tapis de Turquie bleu et'rougé

qui orne son sanctuaire. Et les camarades,

dans la salle des reporters,

Macdonna, Murrey, Bond :

ils sont certainement morts à l'œuvre,

ayant en main leurs carnets

bourrés d'impressions vivantes et

de faits prodigieux. Je les imagine,

celui-ci dépêché auprès des docteurs,

cet autre à Wesminster, ce

troisième à Saint-Paul. De quelles

fulgurantes « manchettes » ils auront

eu la vision suprême, qui jamais

ne devait se matérialiser en

encre d'imprimerie ! Je vois Masdonna

chez les docteurs. « On espère

à Harley Street. Interview de

Mr Soley Wilson. Le grand spécialiste

dit « Ne perdons pas. cou-

» rage ». Notre correspondant particulier

a trouvé l'éminent savant

juché sur son toit, où l'avait forcé

de se réfugier la foule de clients

épouvantés qui avaient envahi sa

demeure. Sans dissimuler qu'il mesurât

l'immense gravité de la situation,

le célèbre médecin a refusé

d admettre que toutes les avenues

de l'espoir fussent closes ». Ainal


•wiiiii.LE 24 SEPTEMBRE 1933 mm '■■muni iiniii m iniii m IIIIIIIIIIIIII m 7 IIIIIIIIIII IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIIIIIIIII iiiiiNiiiiniiiiiiiMi i ni DIMANCHE-ILLUSTRÉ immin

débuterait Mac. Puis il y avait son col, que le hérissement touffu

Bond. Sans doute avait-il « fait »

conscience de la situation, les notre triste chambre empoisonnée,

et luxuriant de sa barbe. Il ronfle,

Et, de toute sa force, il lança'

Saint-Paul. Il soignait son style.

craintes de l'homme dominaient un nous contemplions comme un rê-ve

en vibrant de tout son corps, et le

sa lorgnette contre la vitre.

Ma parole, quel thème pour lui !

instant chez lui le stoïcisme du sa- de beauté cette glorieuse et pure

ténor aigu de Summerlee répond vant. Lord John était 'aussi froid,

Les derniers éclats du verre

« Tandis que, de la petite galerie

campagne caressée par les brises. r

ar intervalles à sa basse sonore,

sous le dôme, je plongeais 'le re-

aussi alerte que s'il se fût levé un

n'avaient pas teinté sur le parquet

Mrs Challenger tendait une main

Eord John sommeille aussi, sa lon- matin de chasse.

de la chambre qu'une bouffée de

gard dans toute cette humanité

vers elle, comme dans un geste

gue personne pliée de travers dans — Cinquième et dernier, dit-il,

vent salubre, à la fois violente et

grouillante, prosternée par le dé-

d'imploration. Nous rapprochâmes

un fauteuil d'osier. Déjà l'aube lorgnant le tube. Or ça, jeune

douce, frappait en plein nos visages

sespoir aux pieds d'une puissance

nos sièges pour les ranger en demi-

glisse un peu de sa froide clarté

congestionnés.

homme, vous n'allez pas prétendre

quelle avait si obstinément ignocercle

devant la fenêtre. Déjà l'at-

dans la chambre. Tout est gris et aue ' vous vous donniez la peine

Je ne sais combien de temps nous

rée, par dessus les remous de la

mosphère devenait très lourde.

morne.

d'écrire vos impressions dans ce

demeurâmes sur place, éperdus,

foule montait jusqu'à mes oreilles Je regarde se lever le soleil, le

— Ce cylindre n'a pas l'air de

carnet sur votre genou ?

muets. Enfin, comme dans un

un tel murmure de terreur et de

vouloir beaucoup durer, dit lord

fatal soleil qui va éclairer un monde —■ Quelques notes, simplement,

songe, j'entendis la voix de Chal-

prière, une si frémissante adjura-

John, respirant avec , peine.

dépeuplé. Un jour a suffi pour pour tromper les heures.

lenger :

tion vers l'inconnu, que... ». Ainsi éteindre la race humaine ; mais les

— La quantité d'oxygène varie

de suite.

— Je doute que l'idée en fût ve-

— Nous voici revenus aux

planètes continuent leur ronde, les

d'un cylindre à l'autre, dit Chalnue

à personne qu'un Irlandais.

conditions normales ! criait-il. Le

Oui, ç'avait été une belle fin marées s'élèvent et s'abaissent, le

lenger. Cela dépend de la pression

Pour avoir un lecteur, il va falloir

monde a rejeté sa ceinture de poi-.

pour un reporter, bien qu'il fût vent soupire ; la nature poursuit ses

et du soin avec- lequel- on les

attendre, je crois, que notre jeune

son!-Mais, de toute l'humaniité,

mort, comme je vais mourir, en | voies, jusque, semble-t-il, dans

charge. Je croirais volontiers comme

soeur l'amibe ait un peu monté en

nous seuls avons échappé au dé-

possession de trésors inemployés. l'amibe même, et pas un signe ne

vous, Roxton, que celui-ci laisse à

graine ; et elle n'en paraît pas

sastre !

Que ne donnerait Bond, le pauvre

désirer.

manifeste que celui qui s'intitulait pressée. Eh bien, professeur, quel-

garçon, pour voir ses initiales le roi de la création ait jamais réles perspectives ?

— De sorte qu'on nous aura volé

J.-H. B. au bas des lignes que je joui ou désolé l'univers par sa pré-

crois lire !

Challenger regardait le brouil-

la dernière heure de notre vie !

sence. En bas, dans la cour, Austin lard du matin noyer le paysage.

s'écria Summerle avec amertume.

Mais voilà bien du radotage. s'étale de tous ses membres, livide Sur cet océan d'ouate, les coteaux

Admirable trait de notre siècle sor-

Manière de passer le temps. Mrs sous la clarté du petit jour, et boisés dressaient des îlots conidide

! Allons, Challenger, voici pour JE no;,s revois tous, sur nos

Challenger s'est retirée dans le ca- brandissant encore de sa main ques.

vous le moment, si le cœur vous en chaises, aspirant gloutonnebinet

de toilette ; elle dort, nous morte la lance d'arrosage. L'huma- — On dirait un linceul, dit Mrs

dit, d'étudier les phénomènes subnement cette.bonne brise ma-

dit le professeur. Lui, cependant, nité se personnifie dans cet homme Challenger, qui avait revêtu' un

jectifs de la dissolution physique. rine du sud-ouest qui agitait la

rend des notes et consulte des ainsi couché, à demi grotesque, à

E peignoir. Elle était prophétique, — Mettez-vous sur ce tabouret, mousseline des rideaux et nous ra-

ouquins à la table centrale, aussi demi pathétique, et totalement dé- George, cette chanson que vous contre mes qenoux, et donnez-moi fraîchissait la figure. Combien de

calme que s'il avait en perspective chu de sa puissance, près de la ma- aviez coutume de chanter : Enve- la main, dit Challenger à sa femme. temps nous fûmes là sans bouger,

des années de labeur paisible. Sa chine qu'il gouvernait...

loppe le vieux, enveloppe le jeune. J'estime, mes amis, qu'il ne sert je me le demande. Plus tard, nous

plume d'oie mène grand bruit sur Ici s'arrêtent mes notes. Depuis, Mais vous grelottez, mes pauvres plus à rien de résiter dans cette ne parvenions nas à nous accorder

le papier, comme pour crier son les événements se sont trop préci- amis. J'ai passé la nuit au chaud intolérable atmosphère. Vous n'y sur ce point. Nous étions ahuris,

mépris des opinions adverses. pités, et avec trop de violence, dans mes couvertures, pendant que tenez pas, ma chérie, n'est-ce pas ? étourdis, hébétés. Tous, devant la

Summerlee, ployé de côté sur sa pour me permettre d'écrire. Mais vous geliez sur vos chaises. Je vais Mrs Challenger, avec une petite mort nous evions tendu notre cou-

chaise, émet de temps à autre un la mémoire m'en restitue fidèlement réparer cela.

plainte, cacha son visage dans les rage ; mais l'effrayante et soudaine

ronflement qui m'exaspère ; lord chaque détail. Une impression de "Elle sortit dare-dare, la brave genoux de son mari.

obligation d'avoir à continuer à

John repose, enfoncé dans la suffocation, d'étranglement, me fit petite créature ; bientôt nous en- — J'ai vu, dit lord John, des gens vivre après l'anéantissement de

sienne, les yeux clos. Comment les regarder les cylindres, et je frémis. tendîmes le ronron d'une bouilloire se baigner en hiver dans la Ser- notre race nous portait un coup qui

gens peuvent dormir dans de telles Les sabliers de nos vies s'épui- et Mrs Challenger ne tarda pas à pentine ; alors que déjà tous les nous accablait. Cependant, petit à

conditions, c'est inconcevable. saient. Challenger, dans le. cours reparaître avec un plateau où cinq autres baigneurs sont dans l'eau, petit, le mécanisme paralysé com-

3 heures du matin. Je m'éveille de la nuit, avait porté du troisième tasses exhalaient une vapeur de un ou deux frissonnent encore sur mença de se remettre en marche ;

en sursaut. Il était 11 h. 5 quand cylindre au quatrième le conduit chocolat.

la berge, enviant ceux qui ont fait les vannes de la mémoire fonction-

j'ai tracé ma dernière ligne. Je me extérieur de l'oxygène ; évidem- — Voici qui vous fera du bien, le plongeon. Aux derniers le pire. nèrent ; les idées se rejoignirent

souviens d'avoir remonté ma monment, le quatrième arrivait, lui buvez ! dit-elle.

Je suis pour les premiers. dans nos cerveaux. Avec une artre

et noté l'heure. J'ai donc — qui aussi, au bout de son contenu. Ma Et nous bûmes, Summerlee de- — Vous ouvririez la fenêtre ? dente, une implacable lucidité,

l'eût jamais cru ? — gaspillé cinq gorge se contractait de plus en manda la permission d'allumer sa Vous affronteriez l'éther ? nous aperçûmes les rapports entre

heures sur le bref délai dont nous plus sous l'horrible étreinte. Je pipe. Mes deux autres compagnons — Plutôt le poison que l'as- le passé, le présent et le futur,

disposions. Mais je me sens renou- courus dévisser le conduit, je et moi, nous avions des cigarettes. phyxie !

entre la vie que nous avions vécue

velé, prêt à ce qui m'attend. Du l'adaptai à notre dernier cylindre. Le tabac, je crois, nous calma les Summerlee, à contre-cœur, fit un et celle que nous allons vivre. Dans

moins, je me le persuade. Et pour- Je sentais qu'il y avait urgence et nerfs, ce qui n'empêche pas que signe d'assentiment, et tendant à un sentiment de muette horreur,

tant, plus un "homme est en bon que, si ma main avait tant soit peu nous eûmes tort de fumer, car l'at- Challenger sa main osseuse : cherchant les yeux de nos compa-

état, plus la vie afflue en. lui, et tardé, tous mes compagnons aumosphère étouffée de la chambre — Nous avons eu bien des quegnons,

nous y lisions ce qu'ils li-

plus il doit avoir horreur de la raient succombé dans leur sommeil. devint irrespirable. Challenger dut relles, nous n'en aurons plus, dit-il. saient eux-mêmes dans les nôtres.

mort. Que de sagesse et de miséri- Je fus d'ailleurs rassuré à cet égard ouvrir l'imposte.

Dans le fond, nous nous aimions

Loin que notre chance miraculeuse

corde dans cette sollicitude de la par la voix de Mrs Challenger — Pour combien de temps en et nous estimions l'un et l'autre.

nous causât aucune joie, nous nous

nature qui veut que notre ancre criant, du cabinet de toilette : avons-nous, Challenger? questionna Au revoir !

abîmions dans la plus noire dé-

terrestre se détache par une infi- — George ! George ! j'étouffe ! lord John.

tresse. Le mystérieux océan de l'innité

d'imperceptibles secousses,

— Au revoir, jeune homme ! me

— N'ayez pas peur, Mrs Chal- —' Peut-être pour trois heures,

fini avait engouffré tout ce que

jusqu'à ce aue, du port intenable

dit lord John. Mais la fenêtre est

lenger, réponais-je, cependant que, répondit-il avec un haussement

nous aimions ici-bas ; nous n'étions

où nous enchaînait le monde, no-

calfeutrée. Pas moyen de l'ouvrir.

d'un bond, les autres se mettaient d'épaules.

plus que les prisonniers d'une île

tre conscience dérive dans la sur pied ; je viens d'ouvrir un nou-

Challenger se pencha, souleva sa

— J'ai commencé par avoir grand

déserte, sans amis, sans espoirs,

grande mer au delà !

veau cylindre.

femme, la pressa contre sa poitrine,

peur, dit Mrs Challenger ; mais

sans désirs. Quelques années

Mrs Challenger dort toujours Même à une pareille minute,

cependant qu'elle lui jetait ses bras

plus le dénouement approche, moins

encore, nous rôderions comme des

dans le cabinet de toilette. Chal- je ne pus m'empêcher de sourire en

autour du cou.

il m'impressionne. Ne croyez-vous

chacals parmi les sépultures ; puis

lenger s'est endormi sur son siège. voyant Challenger, tel un mons.

— Malone, fit-il gravement,

pas que nous devrions prier,

enfin, ayant tardé de mourir, nous

Quel tableau ! Son énorme mem- trueux gosse barbu, passer sur ses

donnez-moi cette lorgnette.

George ?

mourrions seuls.

brure penche en arrière, ses paupières deux formidables poings

■— Priez si vous le voulez, ma

Je la lui tendis. Alors, d'une voix

CoNAN DOYLE.

grosses mains velues s'agrafent a couverts d'une noire broussaille. chérie, répondit très tranquillement

de tonnerre :

son gilet, sa tête se dérobe, à tel Summerlee avait des frissons de le gros homme. Nous avons tous

— Nous nous remettons aux Traduit de l'anglais par L. LABAT.

point que je n'aperçois, par dessus fièvre ; à mesure qu'il reprenait notre manière de prier. La mienne

mains de la puissance qui nous (Illustrations de M. SAUVAYRE.)

créa

est un consentement absolu

! prononça-t-il.

et

(A suivre.)

joyeux à tout ce que le destin me

réserve. Et par là se rejoignent

apparemment la plus haute religion

et la plus haute science.

■— Je ne puis pas dire, en bonne

franchise, que mon état d'esprit

soit celui du consentement, et surtout

du consentement joyeux, grogna

Summerlee sans quitter sa pipe.

Je me soumets parce que je dois

me soumettre. J'avoue que j'aurais

aimé vivre un an de plus pour terminer

ma classification des fossiles

de la craie.

— Que votre travail reste inachevé,

cela ne compte guère, pontifia

Challenger, si l'on songe que

moi-même j'en suis encore au

début de ma grande œuvre :

L'Echelle de la vie. Mon Cerveau,

mes lectures, mon expérience, tout

ce qui, en somme, constitue chez

moi, un bagage unique, j'allais le

mettre dans ce livre destiné à faire

époque. Et néanmoins, je vous l'ai

dit, je consens.

— Je présume que nous laissons

tous quelque affaire en train, dit

lord John. Vous, jeune homme ?

—■ Je préparais un livre de vers,

répondis-je.

— Eh bien ! le monde aura du

moins évité cela. Pour peu qu'on

cherche, on découvre toujours qu'un

malheur ne va pas sans compensation.

— Et vous-même ? demandai-je

— Moi, je faisais mes malles ;

j^avais promis à Merivale d'aller au

Thibet chasser avec lui, ce printemps,

le léopard des neiges. Mais

c'est vous, Mrs Challenger, qui

devez trouver le coup dur, quand

vous veniez de bâtir cette maison

délicieuse !

— Où est George, là est ma

maison, dit Mrs Challenger. Mais

que ne donnerais-je pour une dernière

promenade avec vous tous

dans la fraîcheur du matin, sur ces

magnifiques dunes !

Le mot retentit dans nos cœurs.

Le soleil venait de déchirer son

Austin s étale de tous ses membres, livide sous la clarté du petit voile de brume, la forêt tout entière « Nous nous remettons aux mains de la puissance qui nous créa ! »

jour, et brandissant encore de sa main morte la lance d'arrosage.» baignait dans de l'or. Du fond de dit-il. Et, de toute sa force, il lança sa lorgnette contre la vitre.


«■■mu DIMANCHE-ILLUSTRÉ iiiiunin«.miiiiiiMiiiiiiimiiiiiiiiiiimi iiiiiiumimi ■■■mu 8 «■ iiiiiHiiiiHiiniiiiiiraiiiiiiiiiimiiiiiiniiiiiiiiiHiiiitiiiiiiHiniiiiii POUR LES

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Copyright par Dimanche-Illustré, Chicago Tribune,

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PLUS VITE QUE çKîï.* ■

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pour 1 entretien des meubles vernis ..laquas

LION NOIR

Copyright par Dimanche-Illustré,


■uiiiiui Dl M ANC HE-ILLUSTRÉ iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiiiii iiniiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin 10 IIIMIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII iimiiiiiiiniiiii L» """"'» LE 24 SEPTEMBRE 1933 iiimmr

je voudrais

bien savoir...

Quelle fut l'origine du Conservatoire des

Arts et Métiers ?

AUCANSON, célèbre mécanicien, avait com-

V pris toute l'utilité dont pouvait être la vue

de nombreuses machines pour l'enseignement

de la mécanique et pour le perfectionnement

des procédés de l'industrie. Dès 1775, il avait

formé, à l'hôtel de Mortagne, rue de Chaionne,

la première collection publique de machines,

instruments et outils. A sa mort, il

légua cette collection au gouvernement. La

Convention rendit un décret ordonnant qu'il

serait formé à Paris le Conservatoire des Arts

et Métiers. Mais ce ne fut qu'en l'an VI que

le Conseil des Cinq-Cents décida que oe

Conservatoire serait installé dans les bâtiments

de l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-

Champs.

Il est à remarquer que de tous les anciens

monastères de Paris, Saint-Martin-des-Champs

est le seul dont les constructions subsistent

encore presque intégralement.


Comment on peut devenir infirmière militaire

?

ES infirmières militaires se recrutent exclu-

L sivement au concours. Ce concours comporte

des épreuves pratiques, des épreuves

orales et des notions de pharmacie.

Les épreuves pratiques comportent : l'application

d'un pansement, bandage, écharpe, la

manipulation d'instruments médicaux-chirurgicaux.

Les épreuves orales comportent des notions

médicales et chirurgicales : hygiène, anasthésie.

etc. Les notions de pharmacie comportent

des généralités sur les médicaments.


mini» LE 24 SEPTEMBRE 1933 ■■■■IIIIIIIIIHIUIIIIII un iimum iiiiiiiiiiuui iiiiimii 11 IIIIIIIMIHIIIIIIIIII i iiiuuiiiiiùiiiiiiiiii m iiiiiiiiiiiii ii'iiiiniii DIMANCHE-ILLUSTRÉ unité»

profitons de nos

loisirs pour nous

instruire un peu

UN ASPECT DE LA TREILLE OU A LIEU LA CLASSIQUE VENTE ANNUELLE. VOICI

QUELQUES JEUNES AMATEURS, SINON SÉRIEUX, AU MOINS ENTHOUSIASTES

LES ORIGINES PRÉTENDUES DE LA CÉLÈBRE

TREILLE DU ROI DE FONTAINEBLEAU

A

L'HEURE où, de par toute la France

(les dernières nées étant celles de

Màcon et de... la gare Saint-Lazare),

s'ouvrent des stations uvales, il est curieux de

connaître l'histoire de la mirifique treille

qui fut plantée pour le non plaisir du roy

et dont le produit annuel (cette année, 4.086

francs) figure en recette en un quelconque

chapitre du budget de la III e République.

Beaucoup de Français connaissent les jardins

et le parc de Fontainebleau : Jardin de

Diane, ainsi nommé à cause de la statue de

la déesse qu'exécutèrent en 1684 les frères

Keller pour une jolie fontaine ornée de têtes

de cerfs en bronze, Jardin Anglais tracé par

Napoléon I e r sur l'emplacement de l'ancien

Jardin des Pins, où jaillissait la fontaine Beleau

(Belle Eau), dont l'influence étymologique

sur le nom du pays et de la grande

forêt (anciennement dite de Bière) est trop

évidente pour que l'on y insiste davantage ;

— le Parterre, séparé du Jardin Anglais par

l'Etang aux carpes centenaires, borné au

sud par le Bréau et renfermant le bassin du

Tibre et se terminant à l'est par une terrasse

dominant 1.200 mètres de canal entouré

d'ormes — le Parc, enfin.

C'est dans ce parc, d'une superficie de

4 hectares, qui se termine à l'est et au sud

sur Avon et Changis, que se trouve, grimpant

sur 1.200 mètres de longueur, en cadres

horizontaux et en palmettes, à l'assaut du

mur N, la fameuse Treille du Roy, dont

400 kilos de raisins seulement furent vendus

cette année et donnèrent le produit global

ci-dessus indiqué.

Cette treille est devenue, en 1929, monument

historique, de même que la caserne

Raoult, limitrophe du fameux mur. Il fallut

cette mesure pour préserver l'une et l'autre

contre des projets d'urbanisme édilitaire qui

les eussent impitoyablement sacrifiées.

Ainsi furent sauvés les vieux ceps royaux,

dont l'origine est très controversée. Selon les

uns, la première vigne aurait été plantée

vers 1750, sur ordre de Louis XV et aurait

eu comme origine Chasselas, près Mâcon.

Cette version lui créerait déjà, une ancienneté

digne de respect. Selon d'autres historiens,

ce serait en juillet 1599 qu'Henri IV,

parcourant ses jardins sablonneux où rien ne

venait, aurait dit au jardinier, désolé de

constater une irrévocable stérilité : « Sèmesy

des Gascons ! » et le jardinier aurait interprété

l'ordre reçu en plantant sur l'emplacement

déconcertant quelques ceps de Jurançon.

Selon d'autres auteurs, la treille remonterait

à François I er , qui en aurait fait venir

les premiers pieds de Cahors ; mais une

légende charmante voudrait que ce fût un

présent fait au roi créateur de la première

cellule initiale de l'actuel palais, par le sultan

Soliman le Magnifique. Celui-ci aurait ramené

les ceps originels de Kakhetie, la province

géorgienne aux vignes plantureuses, où leur

nectar ênivrant lui aurait inspiré le dégoût

de la haine et de la vengeance en même

temps que l'amour de la paix. Les ayant re-

| plantés sous le soleil de Turquie, il en aurait

fait hommage à François I" en gage d'amitié.

La vérité doit être complexe et faite de la

réunion de toutes ces charmantes histoires.

H y a tout lieu de penser, en effet, que tous

les rois amis de Fontainebleau, ayant été

aussi amis du vin, aient songé à y planter

quelque vigne, d'origine chère à leur coeur.

Ainsi voisineraient des plants du Quercy

avec ceux de la Bourgogne (ces derniers

ayant essaimé sur Fontainebleau et Thomery

dont le chasselas est, lui aussi, fort apprécié.

Quant à l'évolution de cette treille, elle

n'a pas été sans replantements et recépages,

sous la direction de très savants et experts

jardiniers. Le prix élevé auquel atteignent

ses produits disent assez en quelle estime la

tiennent les gourmets.

CUBA, L'ILE TOUJOURS EN FEU

sident à accorder à la jeune République di'

pouvoir exécutif confié

1

Cuba ce que l'on a appelé" l'amendemeni

Platt. En vertu de cet amendement, le3 Etats-1 Unis peuvent, en tout temps, intervenir pour

« préserver l'indépendance de Cuba, pour

soutenir un gouvernement légal, protéger le3

villes, les propriétés, la liberté individuelle,

imposer le respect des obligations qui incombent,

de par le traité de Paris, au gouvernement

cubain (article 3). Pour être toujours

à même d'assumer le rôle de protection qui

leur incombe du fait du dit article, ils ont

spécifié (article 7), qu'ils auraient le droit

d'acheter les territoires nécessaires à l'établissement

d'un dépôt de charbon ou d'une station

navale sur certains points déterminés par une

convention.

L'amendement, accepté de part et d'autre,'

avait été incorporé à la Constitution le 12 juin

1901 ; et le 2 juillet 1903, les Etats-Unis prirent

à bail les deux stations de Guantanamo

et, de Bahia-Hondas, moyennant un versement

annuel de 2 millions de dollars.

C'est en vertu de ces dispositions que la

grande République

américaine estime

avoir un droit de'

regard sur les affaires

de Cuba, à laquelle

l'unissent par

ailleurs tant de souvenirs

glorieux et d'intérêts

communs.

Le président Machado

(né eh 1873, en

exercice depuis 1925)

ayant été déposé, le

vice-président Dr Carlos

Manuel de Cespédès

lui succéda

très constitutionnellement

et dissolut le

Congrès.

Le président actuel,

M. Grau San Martin,

a prêté, le 10 septembre,

serment devant

le tribunal suprême.

Il lui manque la

consécration du vote

populaire direct. En

même temps, la

à un président et à un M. GRAU SAN MARTIN, QUI VIENT D'ÊTRE république va avoir

vice-président élus pour ÉLU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CUBAINE à élire un nouveau

quatre ans (man-

Congrès.

dat porté depuis à six ans de durée), et un Les forces militaires cubaines compren-

pouvoir législatif appartenant à un Congrès nent environ 15.000 hommes de toutes ar-

composé d'un Sénat et d'une Chambre des mes, auxquelles il convient d'ajouter envi-

représentants (élus d'abord pour six ans, ron 3.000 hommes de guardia rural (gen-

maintenant pour huit).

darmerei). L'île a environ 5.000 kilomètres

En même temps que cette Constitution était de voies ferrées et quelques canonnières.

édictée, les Etats-Unis autorisaient leur pré-

A. LORBERT.

D'UNE superficie de 114.514 kilomètres

carrés, la République de Cuba 'est

actuellement peuplée de 3.831.561 habitants

(recensement de 1931), contre

3.368.923 en 1924.

Administrativement parlant, elle comprend

six provinces : Pinar del Rio, Havana, Mataupas,

Santa-Clara, Camaguey, Oriente. La

Havane en est la capitale et le port principal.

Autres ports : Bahia-Honda, Matanzas,

Cardenas, Nuevitas, Santiago, Cienfuegos.

Les principales ressources de l'île, surnommée

parfois « la Perle des Antilles », consistent

dans : la production du sucre de canne

(415 millions de tonnes, de 1925 à 1930),

contingentée à 2.700.000 tonnes pour la campagne

1932-1933 (tout ce qui n'est pas absorbé

par les besoins locaux étant dirigé sur

les Etats-Unis pour raffinage) ; celle du

tabac réputé (50 millions de kilos par an).

Viennent ensuite, comme cultures, par ordre

d'importance, le café, le cacao, les fruits et

les céréales. Le cheptel comprend principalement

5 millions de

bovidés et 350.000 chevaux.

Les importations ont

été, en 1931, de

80.112.592 dollars (dont

2.848.997 avec la

France) ; les exportations

de 118.865.553 dollars

(dont 2.004.134

avec la France). Les

relations douanières

avec notre pays sont

régies par un accord

commercial datant du

6 novembre 1929, nous

accordant le sort de la

nation la plus favorisée

(Etats-Unis exceptés).

Rendue indépendante

de l'Espagne par le

traité de Paris du

1er décembre 1898, l'île

s'est donnée, le 21 février

1901, une Constitution

calquée sur celle

des Etats-Unis : un

L'Ondatra ou rat musqué

qui donne à nos élégantes

une jolie fourrure

appelée communément :

LE RAGONDIN

F

OURRURE autant connue qu'appréciée, le

ragondin est fait de peaux d'ondatras

ou de rongeurs voisins de ceux-ci, ap-

partenant comme eux à la faune canadienne.

C'est par millions que, pratiquant le piégeage,

les trappeurs professionnels et les

colons canadiens capturent, chaque année,

castors, blaireaux, pécaris, renards (argentés

et les moeurs en partie. Il a la queue écailleuse

et comprimée latéralement, longue de

20 à 25 centimètres (sur 65 à 70 de longueur

totale). Au bord des eaux, il construit, comme

le castor, des sortes de huttes assez confortables.

Bien que vivant de plantes aquatiques

et de mollusques, il ne dédaigne pas de faire

des incursions dans les plantations voisines et

d'y commettre des dégâts importants. Il devient

alors nettement nuisible.

La chair de l'animal est musquée : il possède

à la base de la queue des glandes qui

sécrètent une substance telle — à odeur de

civette — d'où le nom (fiber zibethicus) i

donné à l'ondatra canadien.

La fourrure du rat musqué ou le ragondin

à dû, dans ces dernières années, une appréciable

plus-value à l'appauvrissement en

fourrures de haute qualité, et a pris, de ce

fait, une telle importance qu'on a dû pratiquer

sur une grande échelle l'élevage de

ce « rat-castor ».

LES TRAVERSÉES DE LA MANCHE

;

|

:

ADONIS, déification de la beauté masculine

LE goût du confort est devenu tellement

absolu dans notre vie moderne qu'il

s'applique maintenant même aux traversées

maritimes les plus courtes. Tel est

le cas des traversées de la Manche, et notamment

de Dieppe-Newhawen, à laquelle est

affecté, depuis le 6 avril dernier, un

DONIS, dont le nom est demeuré syno- venu de là à Byblos. Un jour, au cours d'une

paquebot digne d'être, à cet égard, cité en

nyme de beauté masculine incompa- chasse dans la forêt du Liban, il aurait ren-

exemple, le Brighton.

A rable, était un Baal Phénicien dont contré Aphrodite qui, toute Vénus qu'elle

Long de 93 m. 30, large de 12, d'un tirant

le culte s'était, à l'usage, imposé aux Grecs était, aurait éprouvé pour lui un violent amour.

d'eau normal de 3 m., ce paquebot, capable de

qui se l'étaient approprié et en avaient fait, Cette faveur lui aurait valu la jalousie de

recevoir 1.450 passagers, peut réaliser

à leur tour, une de leurs divinités.

Mars qui l'aurait tué, directement selon les

25 nœuds. Aussi abat-il en 2 h. 40 la tra-

En Phénicie comme en Chaldée, chaque unes, par l'intermédiaire selon les autres,

ville de quelque importance avait son dieu, d'un sanglier furieux. Mais dès qu'il parvint UN SUPERBE RAT MUSQUÉ DE 7 KGR. 500, QUI versée entre les réseaux des chemins de fer de

seigneur et maître : son Baal. De même que aux enfers, Adonis inspira à Proserpine un S'ÉTAIT ÉCHAPPÉ DE QUELQUE CENTRE D'ÉLE- l'Etat et du Southern-Railway, à l'union desquels

il est dû.

Melkarth-Baal était le Baal de Tyr, Adonis amour égal. Sur les instances d'Aphrodite, VAGE ET QUI A ÉTÉ TUÉ A ALFORTVILLE PAR

était celui de Byblos, port, et selon la légende, qui l'aimait toujours, Zeus le ressuscita, mais UN DE NOS LECTEURS, M. ZACCHARIAN Des autres traversées principales sont : de

la plus vieille ville du monde.

il dut partager sa vie entre Aphrodite et

l'est à l'ouest, avec leurs durées approxima-

Adonis personnifiait pour ses fidèles admi- Proserpine en accordant à tour de rôle six ou autres), rats musqués, visons, martres, tives :

rateurs le dieu-soleil lui-même. La légende mois à chacune d'elles.

lynx, coyotes, ratons, mouffettes, belettes, Dunkerque-Tilbury, 6 h. 30 ;

le faisait mourir aux premières froidures La légende d'Adonis a inspiré de nom- loups et gloutons. Le rat musqué, le renard Calais-Douvres, 1 h. 15 (itinéraire du ra-

pour renaître dès que les vents tiédissants breux sculpteurs et artistes : Rubens, Pru- argenté et le castor viennent au premier pide dénommé la Flèche-d'Or) ;

annonçaient le retour du printemps. Naturellement,

sa mort était déplorée et sa rédhon,

Canova, etc. Il convient de signaler rang des prises. Le rat musqué n'est autre

que s'il personnifiait le soleil, la lune était que l'ondatra (fiber).

Boulogne-Folkestone, 1 h. 30 ;

Le Havre-Southampton, 7 heures.

surrection célébrée en grande pompe. représentée, elle, par Astarté, qui devint en Ce muridé (tribu des microtlnés) ressem- Traversées secondaires : Caen-'Southamp*

Né en Arabie, où sa mère Myrrha passait Grèce Aphrodite, la déesse de Cythère susble beaucoup au castor, dont 11 a le pelage ton ; Cherbourg-Southamptc.i ; Saint-Malo«

pour l'avoir mis au monde, Adonis serait nommée.

éjals, moelleux, brillant, et tirant sur le roux, Southampton.


îigimui DIMANCHE-ILLUSTRÉ IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIII iiim nu iiiim 12 iiiitiiiiiinim m iiiiu mu ininn iiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiini LK 24 SEPTEMBRE 1933 IMIIIIIIM

UN CONTE GJH

LE MELON DE CAGOUFIOT

Vous me faites rire avec vos melons de

Cavaillon !... Si vous connaissiez ceux

de Gonfle-Boufigue...

Gros comme des coucourdes, ronds

comme des billes de billard, d'un beau vert

sombre qui semble verni au ripolin !... Et

quand on les ouvre !... On dirait de la nacre

!... Et quand on les savoure... un sucre !...

Ah ! pour de fameux melons", ce sont de

fameux melons, je vous en donne mon

billet !...

Joseph Cagoufiot en avait semé une bonne

éminée et demie dans sa petite terre en bordure

du chemin qui conduit à Saint-Coudounat,

car Joseph Cagoufiot adore les melons,

les bons, comme de juste !... Aussi

avait-il choisi sa graine, l avait-il soigneusement

fait sécher, et, dès qu'une petite

feuille vert pâle avait émergé de la bonne

et grasse terre brune, je vous laisse à penser

les soins qu'il leur avait donnés !... Et zou !

des brouettes d'engrais... et zou ! de pleins

Et quand on les ouvre !...

arrosoirs d'eau ! Car le terroir est un peu

sec, la pluie étant rare à Gonfle-Boufigue,

si le vent y est féroce !... Aussi, les melons

prospéraient, fallait voir cela !...,

— Cette année, je crois que l'on pourra

se régaler, et s'en fourrer jusque-là !

Et, tout le long du jour, Cagoufiot ne parlait

plus que de ses melons ! Au café de la

Grosse Platane, où chaque soir il vient faire

sa manille avec les amis, les melons étaient

toujours sur le tapis, et, le dimanche, sur le

champ de Mars, véritablement, Joseph Cagoufiot

en oubliait de jouer aux boules, et

il fallait que ses partenaires de la quadrette,

LES DÉSABUSÉS

— Encore une idée à toi de vouloir voir la mer !

par Rodolphe Bringer

la meilleure du pays, comme vous le supposez

bien, vinssent le tirer par la manche

en lui disant :

—; Voyons ! Jé, c'est à toi de jouer !...

A la fin, tu nous assommes avec tes melons

et nuis tes melons !...

Eh bien ! et vous le croirez si vous voulez,

mais les melons de Cagoufiot sont devenus

superbes !... Dès le mois dernier, ils étaient

déjà gros comme la tête d'un enfant de sept

ans, et vous pensez si la chaleur de juillet

leur fut profitable !...

Cette année, je crois que l'on pourra

s'en fourrer jusque là !

Enfin, Cagoufiot allait être payé de ses

peines, et le soir, il disait à la Finet, sa

femme :

— Dimanche prochain, j'en apporterai

une paire !... Et tu verras ce surchoix !...

L'eau, déjà, lui en venait à la bouche !...

Hélas !

Qui ne vous a pas dit que, samedi dernier,

quand ce pauvre Cagoufiot est allé à sa terre

pour cueillir une paire de ces fameux melons

dont il se promettait tant se régaler, il

n'en a plus trouvé un seul !... Ou du moins,

s'il en restait encore une pauvre douzaine,

c'étaient des tardifs qui n'avaient pas encore

eu le temps de mûrir tout leur soûl !...

Que voulez-vous ?... Il passe tant et tant

de monde sur le chemin de Saint-Coudounat,

et les melons de Cagoufiot étaient, par

avance, si réputés dans tout le pays !... Chaque

passant n'avait qu'à se baisser, en cueillir

un, pour voir si Cagoufiot, tout de même,

ne s'était pas vanté...

Et vous parlez d'une colère !... Les yeux

lui en sortaient de la tête, le soir, au café

de la Grosse Platane, où il contait sa déconvenue

; il était rouge comme une pomme

d'amour et sa voix tremblait d'indignation :

— Les bandits !... Les sacripants !... Les

enfants de porcs !... M'avoir volé tous mes

melons !... Mais cela ne se passera pas

comme ça, et, l'an prochain, je sais bien ce

que je ferai, tonnerre de gueusas de sort !...

Et les projets que Joseph Cagoufiot médi-

Ils étaient déjà gros comme la tête

d'un enfant de sept ans.

tait devaient être terribles, car il avait dit

cela sur un tel ton que, bien qu'on le connût,

toute la salle avait frémi...

LE CONNAISSEUR!

— 255 francs ! il me va ?...

■— Non... il faisait mieux en vitrine !...

Et vous parlez d'une colère !.'.,

~s

C'est que Cagoufiot n'est pas un de ces

hommes dont on peut se gausser !... Dans un

moment de colère, il est capable d'assommer

son ami le plus intime !....

— Et ce fut d'une voix angoissée que le

Marius Roumègue lui demanda :

— Et qu'est-ce que tu feras, l'année pro«

chaîne, Jé ?...

— Ce que je ferai ?... répondit Cagoufiot

de son air le plus farouche, eh bien ! j'en

sèmerai le double et, comme cela, peut-être

m'en laissera-t-on quelques-uns pour que je

les goûte !...

RODOLPHE BRINGER.

UN PEU FANTAISIE

ITUATION embarrassante :

S — Et ton riche mariage,

c'est pour quand ?

— Ah ! Je n'en sais rien. Figure-toi

que ma fiancée a dit

au'elle ne m'épousera que lorsque

j'aurai payé mes dettes. Et

moi. je ne pourrai les payer

que quand je l'aurai épousée.

E JUGE. — Pourquoi avez-

L vous dérobé dix kilos de

viande à ce boucher ?

LE PRÉVENU. — J'vas vous

expliquer, monsieur le juge.

Je n'avais pas de couteau sur

moi. Je ne pouvais donc en

prendre moins.

OCTEUR, avez-vous déjà fait

D des erreurs de diagnostic

?

— Une seule fois... Un monsieur

assez pauvrement vêtu

est venu à ma consultation et

je ne lui ai trouvé qu'une indigestion.

Ce n'est qu'après

son départ que j'ai su qu'il

était assez riche pour avoir

l'appendicite.

'HEURE indésirable :

L — Augustine, les œufs

sont-ils cuits ?

— Non, madame, ils ne sont

même pas sur le feu.. Je >i'ai

pas de montre pour régler la

cuisson...

— Comment ! Mais il v a

une horloge accrochée dans

votre cuisine...

— Madame oublie que je

ne puis pas m'en servir... Elle

avance d'un quart d'heure !

IGNALEMENT caractéristique•

S Le brigadier à un voyageur

;

— Et vous, monsieur, là-i

bas, vos papiers, votre passeport

?

Or, en fait de papiers, le

voyageur n'a que la carte du

restaurant où il vient de dîner.

Il la passe au gendarme,

qui lit :

« Tête de veau, poitrine da

mouton, lar.gue de bœuf, etc. »

. — C'est bien ça. Merci, monsieur,

vous pouvez passer.

U N bohème, criblé de dettes,

reçoit de ses créanciers

des menaces de poursuites

s'il ne les paie pas au plus

vite.

— Comment ! s'écrie-t-il furieux,

j'ai déjà eu une peine

de tous les diables à emprunter

de l'argent, et il faut que

je sois encore tourmenté pour

le rendre 1


Itiimiii' LE 24 SEPTEMBRE 1933 itimimim nnin ■■miitiiiiiiu m mm miiitm i 13 iiimmiimimmmim minimum,,, mm, mm mm, DIMANCHE-ILLUSTRÉ immitt

UNE SIMPLE RAISON..

— Dites-donc, mais c'est un chic type, votre voisin

depuis ce matin il vous envoie un air ravissant :

Je pense à toi quand je m'éveille...

Et de loin je te suis des yeux.

VOISINAGE

— Y faut point n'avouer peur !... Vous verrez, avant huit jours vous serez

comme une vieille paire d'amis !... (Dessin médit de DHARM.)

OPÉRATION DU MILLIONNAIRE

Le chirurgien. — Le plus dur est

fait, il s'en tirera.

L'aide. — Non, le plus dur n'est pas

fait, il faudra prévenir les héritiers !

(Dessin inédit de RAFFRAY.)

•QUELQUES BOXS MOTS

B grand avocat

L avait mené l'affaire

brillamment, et

les juges venaient de

se prononcer comme

ils le devaient.

Et maintenant,

dit le plaideur, veuillez

me faire connaître le

montant de vos honoraires.

Le bon maître se

recueillit, revivant *un

instant le passé, puis :

— J'ai beaucoup

connu votre père, fitil.

Pour vous, ce sera

dix mille francs !

Le plaideur tira une

liasse de son portefeuille

et la tendit a

l'avocat, gui l'empocha

prestement, et accompagna

son client

vers la porte de

son cabinet. La porte

franchie :

■ — Loué soit Dieu !

fit ce dernier. Il n'a

pas connu mon grandpère

!

APA et maman, à ta-

P ble, parlent de i

l'éclipsé de soleil qui j

doit avoir lieu le len- j

demain. Et Nino et |

Nénette (huit, ans et

cinq ans) écoutent de

toutes leurs petites

oreilles...

Au bout d'un instant,

Nino, très intéressée,

demande à son

papa :

-— A quelle heure

est-ce qu'on la verra,

cette éclipse, dis,

papa ?:..

— "Entre cinq heures

et sept heures du

matin, ma petite fille...

A l'ordinaire, hélas!

Nénette et Nino ne se

lèvent jamais à une

heure aussi matinale

que cela, et elles se

regardent toutes les

deux en poussant un

grand soupir :

— Aussi, dit Nénette,

pourquoi fontils

ça si tôt ?

N spadassin entre

U dans la boutique

d'un barbier pour se

faire raser, et il pose

une paire de pistolets

près de lui en disant

au figaro :

— Si tu m'écorches,

voilà de quoi te casser

la tête.

LA CIGARETTE DE LUXE

— Dis-moi, Jean, pourquoi est-elle

dorée au bout, celle-là ?

Jean, d'un air supérieur. — Tu ne

sais donc rien !... C'est pour indiquer le

bout qu'on doit allumer, voyons !

(Dessin inédit de RENÉ LOUYS.)

La barbe s'achève

sans dommage et le

rasé, en le constatant

devant un miroir, demande

:

— Tu n'as donc pas

eu peur ?

— Pas du tout, car

si je vous avais entamé

la peau, je vous

coupais immédiatement

la gorge !

MITH à l'habitude de

S fumer des cigares

exécrables, qui l'ont

rendu célèbre parmi

les membres de son

club.

— Je vous parie, disait-il

un jour à son

ami John, à la suite

d'une ' controverse, je

vous parie ce que vous

voudrez... tenez, une

boîte de "cigares

comme les miens !

— Oh ! non, réplique

John, je ne parie

jamais !

— Ah ! vous voyez...

triomphe Smrth, vous

...On n'est pas plus aimable ; je parie qu'il

va vous inviter à déjeuner ou bien que...

avez peur de perdre !

— Pas du tout, j'ai

surtout peur de gagner

!

EUF heures du ma-

N tin. La neige vient

de tomber. La, rue

des Martyrs présente

l'aspect d'une superbe

piste de bobs.

Une voiture de livraison,

attelée d'un

spécimen de la plus

belle conquête de

l'homme, descend la

rue.

Le charretier, un titi

parisien pur sang, encourage

de la voix son

cheval, qui patine

comme champion norvégien.

Tout a coup, à

une glissade plus accentuée

il lui lance à

plein gosier, avec un

accent comme seuls

peuvent le posséder les

citoyens de Belleville

ou de Ménilmontant :

« Non, mais des fois,

c'est-'y qu'tu t'erois à

Chamonfx ! »

BREVETS

■— Non, je vais vous dire : je lui ai emprunté

de l'argent !... (Dessin inédit de DHARM.)

— C'est votre voiture, chère amie, superbe, vous avez votre permis d«

conduire ?

— Non, pas encore, mais j'ai mon brevet d'infirmière !...

(Dessin inédit de JrLn^s.)

LE NOUVEAU PLACEMENT

— C'est pour m'acheter un billet de

loterie ! (Dessin inédit de CHARLES DE BL-SSY.)

u restaurant :

A Un monsieur est

assis devant un plat

de bêlons auxquelles,

en pressant énergiquemient

un citron, il

tente de redonner un

semblant de vie. Impatienté,

il appelle le

maître d'hôtel :

— Dites donc ! elles

n'ont pas l'air de réagir

beaucoup sous le

citron, vos huiîtres !

— Ah ! réplique

l'autre avec un geste

désabusé, vous savez,

monsieur, elles voient

tellement de citrons,

les huîtres, qu'elles

doivent finir par en

prendre l'habitude i...

ALINO va rendre vi-

C site à un avocat

de ses amis qui, fort

occupé à recevoir

d'importants clients,

le fait prier de repasser.

— Monsieur a défendu

sa porte, explique

le valet de chambre.

»

— Ah ! oui, répond

Calino, il a défendu

sa porte, autant dire

simplement alors que

c'est une porte condamnée

!

u tribunal :

A Le président Interroge

un témoin :

— Dame Eoliveau,

L'AUTRE DANGER

— Si tu étais à moi... comme je te

corrigerais !

— Pourquoi ?... pasque j'fume !

— Non... mais parce que tu es bien

jeune pour toucher aux allumettes...

(Dessin inédit de R. SourAULT.)

quel âge avez-vous ?

La dame (avec une

hésitation visible). —

Trente... trente-neuf

ans, monsieur le président

l

Le président (d'un

ton bonhomme). —

Fort bien, veuillez à

présent me dire quel

âge vous aviez il y a,

quarante-huit ans.


iiiHiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ HiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiniiiuiiiiiiiiuiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiiiiMiMiiiiiiiiiHiuiiMiii X4

congrégation doit s'asseoir dehors tandis que

le prêtre officie à l'intérieur où il n'y a place

J. PRUDON. que pour l'autel et l'officiant.

Cette église fut bâtie voici bien des années

par un Indien qui demanda à la Vierge la

guérison de sa femme mourante. Sa prière

DANGEREUX MAQUILLAGE fut exaucée et l'Indien reconnaissant construisit

de ses propres mains, et avec les pauvres

ÉCIDÉMENT la profession d'acteur exige cha- matériaux qu'il possédait, l'église qui est cer-

D que jour de nouvelles aptitudes. La plus tainement la plus minuscule du monde. Il la

inattendue est bien celle-ci. On annonce en fit héxagonale, avec une porte de style gothi-

effet qu'un nouveau procédé de maquillage que et surmonta le toit d'une croix réunie par

des acteurs vient d'être expérimenté dans les des clous. Elle fut consacrée par un prêtre qui

studios d'une firme cinématographique an- voyageait en Louisiane et qui lui donna le

laise. Afin d'obtenir un changement complet nom imposant qu'elle porte encore.

fans l'expression du visage, on recouvre ce

New-York American.

dernier entièrement avec une préparation à

base de peau de poisson.

Les essais du début n'avaient été faits, précise-t-on,

que pour figurer une blessude ou une

cicatrice. Mais le procédé s'est révélé extrêmement

dangereux, car il faut huit heures

pour grimer un visage. De plus, la peau de

oisson recouvre complètement les pores de

E1 peau, causant une véritable intoxication.

D'ailleurs, on se souvient peut-être des accidents

survenus aux fameux « hommes de

bronze » de jadis, dont l'épiderme était complètement

recouvert de dorure.

C'est pourquoi cette opération nécessite de

la part du patient une grande résistance.

Voici assurément le meilleur moyen pour décourager

les candidats au titre de vedette.

DIMANCHE-ILLUSTRE

RÉTRIBUE LES PHOTOGRAPHIES

QUI LUI SONT ENVOYÉES PAR SES LECTEURS

DÈS. QU'ELLES ONT ÉTÉ PUBLIÉES

E

UN NOM SIMPLE...

La mêlée dura une heure à peine. Là

E prince George d'Angleterre devant se furie française dispersa l'ennemi. Trois mille

L rendre, sous peu, dans le pays de Galles, Italiens restèrent sur le champ de bataille

le village de Llanfair revendique, à cette oc- et deux cents Français. Cette victoire, oucasion,

le droit d'être désigne par son vrai

nom.

vrant la route des Alpes, permit le retour.

Il n'y a là rien que de très légitime, mais ce Comines espérait beaucoup du nouveau

nom compte 58 lettres et 19 syllabes. roi. Malheureusement, Charles VIII l'Affa-

Le nom de Llanfair, usité en matière de carble mourut tout jeune, en 1498. La cou>

tographie est déjà une abréviation de celui

de Llanfairpwligwyngvll qui figure dans les ronne passait sur la tête de Louis XII, le Père

horaires ferroviaires du pays de Galles pour du Peuple, son cousin, mari de Jeanne, fille

désigner la commune en question. Or, en de Louis XI. Louis XII était 1 ancien duc

l'honneur du prince, Llanfair a voulu que son d'Orléans !

nom figurât en entier sur sa gare. Il s'y déploie

maintenant sur une pancarte longue de Le seigneur d'Argenton avait eu partie

7 m. 50.

liée avec le duc d'Orléans, lors de la qrande

Et on lit : Llanfairpwligwyngyllgogeryoh- conspiration des Princes. Cette fois, il espéwyrndrobwllandisïlicgogogoch.rait

bien être amplement payé en dignités

Mais, quand nous disons : « on lit », c'est

un euphémisme !

et honneurs de ses mois de cachots à Loches,

Comœdia. de ses années de prison à Paris.

Louis XII inaugura son règne par une

LA PROVENCE ET LES ARTISTES parole magnifique : « Ce n'est pas au roi

E tous temps^ la Provence a exercé une atti- de France à venger les injures du duc d'Or-

D rance impérieuse sur les peintres. Elle léans ». Le résultat d'une si belle parole

leur offre, U faut le dire, des coloris excep- fut qu'il accueillit à merveille La Trémoïlle,

tionnels qu'un soleil exaspéré fait « chanter »

à merveille.

son ancien adversaire et, retournant sa

Les peintres n'ont pas été ingrats et des parole à l'égard des amis, fort mal le séné"

centaines de toiles courent le monde, chantant chai du Poitou.

les beautés de la Provence. Les Provençaux Pour une disgrâce, ce fut une disgrâce

sont sensibles à ces hommes et ils viennent totale, absolue. Le sire de Comines fut

d'avoir une heureuse initiative en fondant la

Maison de vacances et d'études de plein air engagé à prendre un repos bien gagné et

des artistes paysagistes professionnels. à partir cultiver ses vignes dans son magni-

C'est ainsi que des aujourd'hui, à Avignon, fique domaine d'Argenton.

en attendant d'autres hospitalités promises Crépuscule d'une vie emplie d'événements

sur divers points de notre belle Provence, les

artistes paysagistes professionnels sont reçus capitaux pour l'histoire de l'Europe ; vie

gratuitement dans une maison simple, où qui commence au sein de là mêlée de Mont-

ils trouveront le matériel nécessaire à un lhéry, qui se poursuit à la lueur des incen-

séjour de auinze jours à un mois. Ils pourdies de Liège et de Gand, qui voit passer

ront s'y installer seuls, en communauté entre

camarades ou en famille, et pour cela ils Louis XI prisonnier à Péronne, qui apprend

auront, à leur disposition, électricité, literie et la ruine de la maison de Bourgogne avec la

ustensiles de ménage. Ils pourront alors tra- mort de Charles le Téméraire... et le sang

vailler librement dans le plus beau décor du de Nemours... et les missions à travers le3

Comtat, où se rencontrent des artistes du

monde entier, face au château des Papes. cours étrangères... et la mort du roi diplo-

Les artistes se trouveront donc dans une mate... et les complots, les cachots, puis le

ambiance exceptionnelle d'art et de poésio, retour de la fortune... les ambassades, l'apo-

dans une sorte de « Villa Médicis », mais théose des guerres d'Italie, l'aurore d'un

sans examens, sans directeur, sans règlements

!

règne nouveau, la puissance qui est là, à

Courrier des Etats-Unis. portée de la main, tout cela s achève dans

l'oubli, au fond d'un vieux manoir, bien loin

UN NOUVEAU MODE D'EXÉCUTION dans la province, au seuil de la vieillesse

ANS l'Etat de Nevada, on vient d'expéri- bougonne.

D menter une nouvelle manière d'exécuter Plus rien autour de Comines ; plus

les condamnés à mort. C'est un certain James d'amis, plus d'armes. Plus d'armes ?... Mais

Miller qui a eu l'honneur de l'inaugurer.

James Miller a été assis, en plein air, au si, il en est une encore : la plume ! Le vieux

milieu d'amandiers en fleurs qui répandaient guerrier, l'homme d'Etat se fait historien.

une odeur enivrante, sur un siège sous lequel Il est dévoré d'ambitions impuissantes et

on avait placé un seau aux trois quarts rem- l'oisiveté le tue. Les interminables procès

pli d'acide sulfuriqUe, dans lequel on jeta

quelques comprimés de cyanure de sodium. engagés au sujet de l'héritage de sa femme,

James Miller fut asphyxie sans s'en aperce- Hélène de Chambes, lui paraissent tout à

voir, avec une extrême rapidité.

coup dépourvus de tout intérêt. Le seul, le

Veritas. vrai, le grand plaisir des derniers jours est

là : remplir ces pages blanches qui attendent

ANIMAUX ET TÉLÉGRAPHIE

devant l'écritoire, crier sa conviction à la

ES animaux savent s'adapter avec une ra-

L postérité qui jugera les faits et les acteurs.

pidité étonnante aux inventions qui viennent

modifier leurs habitudes ou simplement

Oh ! ce faisant, le sénéchal du Poitou ne

la vision de ce qui les .entoure. Ainsi, pour s'en songe pas à se venger ; il ne maltraite per-

tenir à quelques exemples, les oiseaux ne se sonne, ni le Téméraire qui l'a brutalisé, ni

soucient plus de l'avion, quelque soit l'inten- Coictier, ni Olivier le Daim qui le jalousité

du ronflement des moteurs, car ils paraissèrent et le desservirent, ni l'ingrat Louis

sent savoir que c'est une machine humaine

sans péril pour eux ; de même les autos n'ef- d'Orléans qui l'a exilé. La vérité, rien que

fraient plus les chevaux, et les vaches ont, la vérité, tout dire sur ses maîtres et l'avenir

depuis longtemps, cessé de s'intéresser aux sera le juge. Pendant dix ans, jusqu'à ce que,

trains...

le 18 octobre 1511, la mort lui arrache la

Les lignes subissent parfois des dérangements

du fait d'oiseaux qui se perchent im-. plume des doigts, Comines ne cessera

prudemment à proximité des isolateurs. Mais d'écrire et de nous léguer ce document qui

il n'y faut voir qu'un simple hasard. forme ses Mémoires.

Dans les premier temps qui suivirent l'éta- Le public ne les connaîtra pas tout de

blissement de lignes télégraphiques en Norvège,

des poteaux de bois fraîchement posés, suite, ces pages où dans un stvle froid et

principalement au voisinage des bois de sa- impartial le conseiller des plus fameux perpins,

se trouvaient endommagés par des coups sonnages du xv

de bec et même parfois perfores de part en

part ; ces trous, dont le diamètre allait jusqu'à

atteindre sept centimètres, se trouvaient

en règle générale près des isolateurs.

C'était l'œuvre d'un oiseau bien connu, le

pic noir et vert qui fait sa nourriture d'insectes

qu'il cherche sans l'écorce et au coeur

des arbres gâtés. Mais pourquoi s'attaquer à

des poteaux, sans écorce et sains, ceci avec

une telle insistance ? Vraisemblablement la

résonance produite par les vibrations du fil faisait

croire à l'oiseau que l'intérieur du poteau

renfermait des vers çt des insectes, et il l'entreprenait

incontinent de son bec robuste.

L'ours fut aussi une victime de cette illusion

acoustique. Aimant beaucoup le miel, il

confondait sans doute les vibrations des fils

télégraphiques avec le bourdonnement d'un

essaim d'abeilles. Comme il ne trouvait pas

la ruche supposée, il la croyait cachée sous le

monceau de pierres, qui maintenait le poteau,

où le son est le plus intense. Il dispersait

donc toutes les pierres dans_ toutes les directions,

afin de trouver le trésor rêvé par sa

gourmandise. Les pierres dispersées ont été

longtemps chose inexplicable, jusqu'à ce qu'on

ait aperçu les traces des griffes même de

l'ours, mis en Colère par l'insuccès de sa tentative.

Dernières Nouvelles d'Alsace

et de Lorraine.

SOYONS AU COURANT...

...de la création prochaine de timbresque ladite taxe est celle de l'affranchissement

poste à l'effigie de nos hommes célèbres. des imprimés au tarif international.

ous avons connu, à diverses époques, des

N émissions - de timbres-poste représentant ...de la rentrée des classes et de Papplica-

certains de nos hommes célèbres et notamtion des nouveaux décrets scolaires.

ment Pasteur. Dai^s le même ordre d'idées,

N

l'administration des P. T. T. se propose

sait que la rentrée générale des classes

O d'émettre sous peu plusieurs timbres de ce

aura lieu le lundi 2 octobre prochain. A

genre. Victor Hugo sera évoqué le premier,

ce moment vont entrer en application les ré-

dans cette série. Puis viendrait ensuite un

cents décrets ministériels concernant la gra-

timbre Paul-Doumer, dédié tant à la mémoire

tuité des classes secondaires et l'orientation

de son œuvre d'homme d'Etat et de grand

générale des jeunes élèves. A cette occasion,

citoyen qu'au souvenir de sa fin tragique

fidèles à notre programme qui consiste à ren-

comme président de la République. Ensuite

seigner nos lecteurs et à leur être utiles dans

nous aurions un timbre Arîetide-Briand. Ces

toute la mesure du possible, nous avons de-

timbres correspondraient aux taxes respecmandé à M. Elie Mossé, directeur de l'école

tives de 1 fr. 25, 0 fr. 75 et 0 f r. 30 ; cette

supérieure Colbert, de vouloir bien documen-

dernière s'appliquant au timbre Brland, qui ter parents et élèves sur la scolarité nouvelle.

serait d'une large circulation mondiale puis- Nous publierons son article dans notre prochain

numéro.

8 siècle dévoile enfin sa pensée.

Il faudra attendre jusqu'en 1524 pour

qu'ils paraissent au grand jour ; mais, alors,

le nom de Comines éclate une fois de plus

et s'envole, emporté par la bouche de la

Renommée qui, désormais, ne cessera plus

de parler de lui. Et le sire de Comines,

ce qrand ambitieux, ce précurseur d'un autre

grand seigneur, le duc de Saint-Simon,

devenu tout comme lui grand écrivain forcé,

jouit de la gloire la plus inattendue, celle des

Lettres.

D'une autre encore, puisque son œuvre

a servi à plus d'un politique pour se former

l'esprit. Et un empereur de quelque renom,

Charles-Quint, pour ne rien celer, conservait

toujours les Mémoires à portée de sa main

et les nommait son « bréviaire ». Comines

eut été payé de toutes ses peines s'il eut su

que, même dans la tombe, il conseillait

encore les rois... ses amis.

EMILE PAGES.

Ce qu'il faut faire

Quand on a une respiration sifflante, quand on a

une bronchite chronique, une toux grasse et spasmodique,

quand on étouffe, il faut avoir recours

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EN REGARDANT

BAILLER

LES HUITRES

par H. MÊGUIN

LA saison d'automne va s'ouvrir : les huîtres

également, s'il est permis d'ainsi

parler. La devanture des restaurants

nous offre à nouveau, parmi les belles algues

vertes et gonflées d'iode qu'on dirait vernissées

par quelque procédé spécial, les coquilles

rugueuses aux parfums salés de marées

lointaines et d'aventures.

Petit exposé historique

'HUÎTRE semble connue et, par conséquent,

L appréciée des hommes depuis l'antiquité

la plus reculée. On la retrouve choisie comme

motif d'ornement de nombre de bas-reliefs

anciens de l'architecture gréco-latine.

Il est à présumer qu'avant d'utiliser les

coquilles de l'huître pour des fins décoratives

nos ancêtres avaient su goûter toute la

saveur âpre de sa chair océane. Mais jamais

sans doute la consommation de ces bivalves

n'a atteint dans le monde entier des proportions

comparables à celles d'aujourd'hui.

Cela tient principalement à une grande amélioration

des procédés de conservation et surtout

à la rapidité et la multiplicité de3 modes

de transports. Nous n'avons pas l'importance

exacte du trafic auquel donne lieu le commerce

de l'huître en

France, mais pour un

pays comme l'Angleterre

des chiffres récents

nous montrent

que l'industrie huîtrière

rapporte bon

an mal an, aux seuls

ostréiculteurs, une

somme de l'ordre de

3 millions de livres

sterling, soit environ,

au cours du change,

28 millions de francs.

n est juste de dire

que les Anglais sont,

bien plus que nous encore,

gros mangeurs

d'huîtres. Il en va de

même des Américains.

Aux Etats-Unis, où

l'huître figure sur des

tables fort modestes,

on la gobe même couramment,

au petit déjeuner

du matin ; nos

amis d'outre-Atlantique

considèrent qu'elle est bien plus profitable

à l'organisme tout en .offrant plus de

saveur quand on la gruge ainsi à jeun. Il se

peut qu'ils n'aient point tort.

La ponte des huîtres

et leur croissance

_ 'HUÎTRE dépose ses œufs sous forme d'une

L masse transparente, agglomérée, qui se

fixe sur le sol et s'y développe. Pour la commodité

du maniement ultérieur, les ostréiculteurs

l'amènent à déposer lesdits œufs sur

des sortes de tuiles plates spéciales qui tapissent

le fond du parc et qu'on pourra plus

tard enlever, déplacer au fur et à mesure de

la croissance des petites huîtres et selon les

besoins.

Celles-ci, à leur naissance, sont désignées

sous le nom général de « plantain ».

Pour atteindre une taille normale, c'està-dire

8 à 10 centimètres, les bivalves mettent

de trois à cinq ans. Il en faut vingt-cinq

à trente pour obtenir les énormes huîtres

pesant plus d'un kilo que reproduit un de

nos documents. Ces huîtres-record, dont les

coquilles seraient dignes de quelque musée

océanographique, ont été récoltées dans un

parc de la région de La Tremblade, en Charente

maritime. Une particularité curieuse

de l'huître nous est révélée par un savant

anglais, le professeur Maurice Burton, qui

a pu, grâce à des aquariums spéciaux, se

livrer sur les huîtres à des' études approfondies.

Il ressort notamment desdites études

que l'huître peut avoir des œufs, qu'elle soit

femelle ou mâle. Les reproductrices s'observent,

paraît-il, également dans les deux

sexes. Nos connaissances zoologiques ne nous

permettent pas d'affirmer que le cas est

unique dans les annales du règne animal,

mais, à vue de nez, il ne nous paraît tout de

même pas courant !

Appellations d'origine

DES HUÎTRES APPORTÉES PAR DE MODERNES

DIVINITÉS MARINES, BOTTÉES DE CAOUTCHOUC,

MAIS DONT LE SOURIRE EST BIEN JOLI

L existe, on le sait, deux grandes variétés

T

[ principales d'huîtres : les « plates » telles

que marennes, belon, Ostende, etc., et les rustiques

dites « portugaises ». Et nous connaissons

aussi les partisans et advérsaires de

ces deux espèces comme jadis il y eut la

grande querelle des « anciens et des modernes

». - ■

En fait, portugaises et huîtres plates possèdent

bien leurs vertus respectives et il

gérait injuste de dénigrer systématiquement

les premières sous le prétexte spécieux et superficiel

que les secondes étant « plus chères

» sont forcément meilleures.

En vérité tout cela est affaire de goût.

Quant à la différence des prix elle s'explique

fort aisément : la portugaise pond beaucoup

plus d'œufs que l'huître plate, environ dix à

douze millions contre deux à trois. En outre,

elle est beaucoup plus « rustique », si l'on

peut employer ce terme déjà cité pour un animal

marin, infiniment moins sujette aux épidémies

de toutes sortes qui guettent la jeune

huître et la déciment dès sa naissance. Le

pire c'est que ces épidémies sont parfois tenaces

et s'acharnent sur les parcs pendant des

années entières, ruinant complètement les

cultures... et les cultivateurs, à tout le moins

paralysant leurs efforts pour un temps imprévisible.

Tel ce fut le cas pour la Belon

et la Cancale.

L'appellation d'origine présente pour les

huîtres une importance assez comparable à

celle des grandes crus. Elle est protégée par

la loi. C'est ainsi qu'une huître n'a pas le

droit de se dire « marenne » si elle ne vient

pas effectivement de ce pays charmant du

bassin rochefortais, ou « belon » si elle n'est

point vraiment élevée sur les bords de cette

délicieuse rivière finistérienne.

Une telle outrecuidance de ces bivalves

ne serait du reste pas à craindre ; car on

dit volontiers arbitrairement « bête comme

une huître » et, au fond, on n'en sait rien

du tout. Mais le fait est que l'animal est

discret ! Il ne dit jamais rien et vous pouvez

vous fier à lui pour n'aller point se vanter

en public ou colporter des petits histoires

sur le monde !

Puisque nous en sommes à l'origine des

huîtres, disons quelques mots des « claires ».

Nous allons peut-être vexer vivement ces

intéressants gastéropodes, mais soulignons

que le terme « claires » n'indique nullement

une race spéciale ou

un lieu déterminé

de parc d'élevage. La

claire est tout simplement

une sorte de

caisse de bois à claire-voie,

flottable, dans

laquelle les huîtres

sont mises à dégorger.

Généralement, on

les retire du parc pour

les mettre dans les

claires pendant six

mois, à la suite de

quoi on les replace

au parc pendant six

autres mois, et ce alternativement

jusqu'à

leur récolte et à leur

expédition vers les

centres de vente.

C'est pour différencier

ces huîtres

des coquillages ramassés

sans méthode

ni contrôle qu'on finit

par les désigner sous

le nom global de « claires » ou, mieux encore,

« d'huîtres de claires ».

Les ennemis de l'huître

L semblerait a priori que le plus granl

I ennemi de l'huître soit l'homme, vu la

guerre acharnée qu'il lui fait. Mais elle en

a d'autres et de nombreux dans son élément

marin. Ses adversaires les plus redoutables

sont des crustacés (homards, langoustes), et,

au premier rang de ceux-là, le crabe. Celuici

attaque l'huître avec une astuce déconcertante

pour un animal au faciès plutôt

borné. Il s'efforce de cisailler avec ses pinces

les muscles qui font mouvoir les valves du

mollusque, car il sait bien que là réside la

seule défense de sa victime. Mais il ne s'agit

pas pour lui de rater son coup, l'huître

ayant vite fait de se refermer brutalement

en lui brisant la patte. La plupart des

crabes et des autres crustacés que nous

voyons amputés d'un ou plusieurs membres

ont subi précisément cette mésaventure.

L'huître a encore un ennemi redoutable, une

sorte d'arapède ou de bernicle, nanti d'un

puissant pouvoir de succion. La bernicle

s'attache avec un art consommé sur la partie

la plus faible de la coquille et l'use lentement

pour parvenir enfin jusqu'à la chair

du mollusque qu'elle vide peu à peu de sa

substance, perinde ac cadaver.

Quelques conseils et une anecdote

de bonne humeur

terminer, donnons quelques petits

P OUR

conseils

altruistes. L'huître, comme

la vengeance, est un mets qui gagne

à être mangé froid. Cependant, certains raffinés

en font un plat chaud. Nous renvoyons

les amateurs dudit à ces manuels de cuisine

qu'on trouve en vente dans toutes les bonnes

librairies. Pour nous, nous préférons la belle

huître bien verte, bien allègre, ondulant

mollement de toutes ses membranes et papilles

dans une eau cristalline, amère, fleurant

bon les embruns.

L'huître se passe fort bien" d'être accompagnée

par une boisson quelconque, et

les vrais connaisseurs s'en voudraient de

mêler ùn goût profane au parfum divin de

cette fleur d'océan. Mais si l'on se trouve

à une table où des vins sont servis, préférons

un doigt de vin blanc très sec. Les vins

rouges ou même les crus blancs sucrés formeraient

avec l'huître un amalgame déplorable.

N mange des ^huîtres selon une fort

O vieille tradition pendant les mois en r.

Cela ne signifie nullement que de mai à septembre

l'huître devienne nocive et offre des

TROIS BEAUX SPÉCIMENS DE PORTUGAISES,

VIEILLES D'ENVIRON TRENTE ANS, ET PESANT

CHACUNE PRÈS D'UN KILOGRAMME

risques d'empoisonnement. Mais c'est durant

cette période qu'on lieu l'incubation et

la ponte. A ce moment, le coquillage est

« laiteux », moins bon, moins agréable aussi

d'aspect ; en outre, à cause de la saison

chaude, le transport et la bonne conservation

présentent des difficultés infiniment

plus grandes qu'à la saison froide. N'oublions

pas que l'huître doit toujours être manger

vivante ; une huître morte ou sèche n'est

pas obligatoirement dangereuse, mais elle

présente des possibilités certaines d'intoxication

grave.


NFIN, pour conclure

E le héros aurait été

Aurélien Scholl.

cette histoire, dont

— une de plus ! —

L'humoriste, au restaurant, contemple avec

une moue prononcée, un plat de marennes

d'une vitalité relative.

— Diable ! dit-il au garçon qui l'observe

d'un air exagérément niais, diable !... mais

elles ne sont pas fraîches, vos huîtres !

— Monsieur, rétorque le garçon, je regrette,

mais je ne suis pas dedans !

Alors Aurélien Scholl, avec un intraduisible

dédain dans l'éclair du monocle :

•— Eh bien ! mon pauvre ami, cela prouve

tout simplement que vous n'êtes pas à votre

place.

Suite de lu page 4

HENRY MÉGUIN.

L'ABIME DE RONDA

La descente fut longue, par cette mauvaise

sente rocailleuse. Malgré son avance, les

Espagnols, habitués aux itinéraires hasardeux,

rejoignirent Collin au moment où il

atteignait le fond.

■— Qu'est-ce que vous voulez faire ? demanda

Juan avec rudesse.

Le marin ne ralentit pas sa course.

— Cet homme vit peut-être encore. ]e le

sauverai.

Le bandit haussa les épaules et murmura

:

— Français !...

Collin ne répondit pas. Les dents serrées,

i! montait, s'accrochait aux branchages. Le

contrebandier vit qu'ils arriveraient ensemble

près du corps, et que si un reste de vie

animait l'indicateur, il y aurait bataille. 11

s'arrêta, sortit son revolver, visa posément.

La balle alla frapper où il l'avait voulu.

Collin arrivait trop tard. Il n'y avait plus

qu'un cadavre, qui dardait ses yeux agrandis,

horribles.

Poussé par une curiosité haineuse, Juan

arrivait aussi. Il se pencha sur la face livide,

où une traînée de sang vidait la tempe

gauche, et se redressa, les mains tendues, en

poussant un grand cri :

— Mon père !...

Le Français le regarda. Il le vit pâle,

mais en apparence très calme.

— Voul ez-vous m'aider à le descendre ?

fit Juan d'une voix aussi changée que devait

l'être son âme.

A deux, ils amenèrent le corps au bas des

roches et attendirent le reste de la troupe.

Alors Juan s'agenouilla de nouveau pour

baiser le visage exsangue, puis il dit :

— Un fils qui a tué son père ne peut plus

vivre. Je vais me livrer... Vous autres, guidez

le Français comme je le lui ai promis.

Il serra toutes les mains, en silence, et

ils le virent retourner, d'un pas ferme, vers le

sentier de la ville, vers le châtiment.

E. DE KEYSER.

Suite de la page 3

AU MAROC

On décida, il y a aujourd'hui dix ans,

d'opérer successivement trois opérations dans

le Nord et dans le Centre et, éventuellement,

une dans le Sud. La première consistait à

occuper, dans la région voisine de la zone

espagnole, au nord-est de Fez, la rive droite

du Moyen-Ouergha. Cela fait, on prévoyait

deux offensives dans la zone de Taza. Mais

on avait compté sans la révolte de l'oued

Lau, qui mit bientôt en ébullition toute la

partie occidentale de la zone espagnole.

Abd el Krim venait d'entrer en lice contre

nous.

Fils du caïd des Béni Ouriaghel, Abd ei

Krim était devenu, au service des autorités

espagnoles, cadi de Melilla. Les Berbères reconnurent

vite sa compétence et se groupèrent

autour de lui. Dès 1921, après l'envoi

d'un ultimatum, il avait fait subir au générai

Sylvestre la défaite d'Anoual et était devenu

seul maître du Rif.

La première attaque riffaine se produisit

contre la tribu-tampon des Beni Zeroual. En

trois jours cette grande tribu était vaincue.

Des villages étaient pillés, de nombreux otages

envoyés dans le Rif et les Beni Zeroual

contraints de prendre les armes contre nous.

Il n'est pas question de relater en détails

ce que fut la guerre du Rif encore présente

à bien des mémoires. Elle fut longue, coûteuse,

mais menée de main de maître. Et

lorsque Abd el Krim, définitivement vaincu,

dût s'incliner, lorsque la situation fut rétablie,

lorsque Lyautey décida de quitter le

Maroc auquel il avait donné le meilleur de

lui-même, la situation était rétablie au point

où elle avait été portée avant l'agression riffaine.

Alors furent entamées de nouvelles opérations

de pacification. En vertu du vieil adage

« au Maroc pas de situation stationnaire ;

qui n'avance pas recule ! » nos hommes peu

à peu avancèrent, réduisirent les foyers de

dissidence jusqu'à les faire en grande partie

disparaître. Les dernières opérations qui

marquent le terme des opérations d'envergure

entreprises depuis 1931 sous les ordres

du général Huré ont à peu près complètement

réduit les insoumis. L'an dernier, le puissant

massif du Djebel 'Sagho était complètement

encerclé avec ses dissidents.

Mais l'opération entreprise n'était pas

terminée. II restait encore à soumettre la

région du Grand-Atlas, délimitée par le

Grand-Plateau des Lacs et la profonde coupure

du massif Mehoul. Au lendemain de

l'attentat d'Aït Yacoub, il fallait gagner de

vitesse la propagande dissidente qui renaissait.

La réaction fut si rapide qu'elle décontenança

l'adversaire et transforma en un

échec très net ce qu'il pouvait considérer

comme un semblant de victoire.

Entrons un peu dans le détail.

De mars à juin, les opérations préliminaires

sont menées par les troupes des confins

algéro-mar.ocains, par celles du Tadia et

celles de Marrakech. En juillet, les troupes

de Meknès y apportent leur appui.

La jonction des groupes du Tadia et des

confins sur le haut plateau de l'Asif-Melloul

rend la situation politique et militaire très

favorable. L'arrivée du groupe de Marrakech

permet l'occupation de la vallée de l'Imdghaz.

Dès lors, le mouvement de pacification

s'amplifie dans de larges proportions. Les

hautes vallées du Ghefis, du Todra, de

l'oued Ifer, l'agglomération de Tametoucht, le

djebel Taadat, Kerdous occupés permettaient

l'investissement du djebel Badou.

A la date du 26 mars, le général Catroux

pouvait, dans un ordre du jour émouvant,

annoncer que la brillante et ardue campagne

entreprise par le groupe de Marrakech touchait

à sa fin. Dans la possession du massif

du Koucer, un dernier engagement eut lieu.

Le 6 septembre dernier, nos troupes l'occupaient

et les derniers dissidents du Grand-

Atlas se soumettaient.

Ainsi vient de prendre fin une campagne

quî prendra place parmi les plus hauts faits

d'armes accomplis depuis un quart de siècle

au Maroc et qui a ramené sous l'obéissance

du sultan les tribus dissidentes réputées les

plus irréductibles.

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