12.07.2013 Vues

FEUILLE - Ville de Genève

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la<br />

<strong>FEUILLE</strong><br />

VERTE<br />

JOURNAL DES CONSERVATOIRE ET JARDIN BOTANIQUES – VILLE DE gENèVE<br />

DépARTEmENT DE LA CULTURE – N° 41 – DéCEmBRE 2010


ève<br />

Vive nos aRbRES<br />

Depuis le mois d’octobre, un portail web dédié aux arbres du canton <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong> est accessible à l’adresse :<br />

www.ville-geneve.ch/themes/environnement-urbain-espaces-verts/arbres/<br />

ou tapez «arbres» dans le moteur <strong>de</strong> recherche du site <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />

Ce site réalisé par la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, en partenariat avec le Système d’Information<br />

du Territoire Genevois (SITG), le Canton <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et la Haute<br />

école du paysage, d’Ingénierie et d’Architecture <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (Hepia), a<br />

bénéficié du soutien <strong>de</strong> la Fondation Hans Wilsdorf. Sa vocation est <strong>de</strong><br />

présenter au public les informations disponibles pour les 212 000 arbres<br />

hors forêts <strong>de</strong> l’inventaire cantonal. En effet, avec 1700 espèces et variétés<br />

ornementales d’arbres et arbustes, <strong>Genève</strong> dispose d’un patrimoine<br />

arboré d’une incroyable richesse. Depuis ce portail web, le public peut<br />

découvrir ce trésor genevois grâce à <strong>de</strong> nombreux articles, comme par<br />

exemple <strong>de</strong>s activités didactiques, l’histoire <strong>de</strong> certains arbres remarquables,<br />

<strong>de</strong>s fiches sur les principales espèces du canton ainsi que <strong>de</strong>s<br />

galeries photographiques <strong>de</strong> qualité. De plus, une plateforme cartographique<br />

<strong>de</strong>s arbres isolés du canton permet <strong>de</strong> retrouver facilement le<br />

nom <strong>de</strong>s arbres que le public croise tous les jours. En plus <strong>de</strong> cette carte,<br />

les internautes peuvent localiser tout au long <strong>de</strong> l’année les floraisons<br />

spectaculaires, les plus belles parures <strong>de</strong>s arbres à l’automne ou encore<br />

les fruits intéressants à observer. Véritable trait d’union entre les professionnels<br />

et le grand public, ce site entièrement tourné vers la découverte<br />

<strong>de</strong> nos arbres est déjà une référence incontournable. P. Martin<br />

Rédacteur responsable<br />

D. Roguet<br />

Rédacteurs<br />

D. Aeschimann, R. Avalos, O. Bakke,<br />

B. Bäumler, P. Boillat, A. Breda,<br />

P. Bungener, H. Burgos, S. Caetano,<br />

M. Chapalay, P. Clerc, D. Gautier, L. Gautier,<br />

D. Jeanmonod, C. Lambelet, P.-A. Loizeau,<br />

P. Martin, B. Mocellin, P. Mugny, Y. Naciri,<br />

R. Palese, J. Parra, A. Pin, P. Perret, D. Roguet,<br />

A. Schlüssel, P. Steinmann, M. Stitelmann,<br />

A. Traoré, M. Vera, N. Wyler<br />

Photographies<br />

D. Aeschimann, C. Lambelet, D. Roguet,<br />

B. Renaud, D. Roguet, PSR, Swissaid<br />

Conception graphique<br />

Atelier d’édition CJB<br />

Impression<br />

SRO Kundig - <strong>Genève</strong><br />

Le journal <strong>de</strong>s Conservatoire et Jardin botaniques<br />

<strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> paraît une fois l’an.<br />

© 2010 Conservatoire et Jardin botaniques,<br />

<strong>Genève</strong>. Toute reproduction intégrale ou<br />

partielle <strong>de</strong>s textes ou <strong>de</strong>s illustrations <strong>de</strong> cette<br />

édition est strictement interdite sans l’accord<br />

préalable <strong>de</strong>s CJB.<br />

Vous pouvez télécharger la Feuille Verte au<br />

format PDF sur notre site internet :<br />

www.ville-ge.ch/cjb<br />

impressum<br />

sommaire - sommaire - sommaire<br />

Brèves 2<br />

editoriaux 3-4<br />

Jardin 5<br />

recherche 6-10<br />

travaux 11-12<br />

conservatoire 13<br />

conservation 14-19<br />

education 20-21<br />

rétrospectives 22-23<br />

coopération 24-31<br />

evènement 32-33<br />

programme 34<br />

puBlications 35<br />

partenaires 36-37<br />

Brèves 38-39<br />

pagE 2 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Une Belle<br />

promesse d ’ avenir<br />

Les Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong><br />

genève possè<strong>de</strong>nt un herbier <strong>de</strong> quelque 6 millions<br />

d’échantillons provenant du mon<strong>de</strong> entier et la<br />

bibliothèque réunit la quasi-totalité <strong>de</strong> tout ce qui a été<br />

publié dans le domaine <strong>de</strong> la botanique systématique<br />

es collections font<br />

<strong>de</strong>s CJB l’un <strong>de</strong>s tout<br />

premiers instituts mondiaux<br />

dans le domaine <strong>de</strong> la biodiversité<br />

végétale, dont on sait que<br />

la sauvegar<strong>de</strong> constitue aujourd’hui<br />

l’un <strong>de</strong>s enjeux cruciaux d’un développement<br />

harmonieux et durable<br />

<strong>de</strong> la planète.<br />

Mais les herbiers, tout comme les<br />

livres, nécessitent <strong>de</strong>s soins attentifs.<br />

Pour résister aux outrages du temps,<br />

ils doivent être conservés dans <strong>de</strong><br />

bonnes conditions. Au cours <strong>de</strong><br />

ces presque <strong>de</strong>ux siècles d’histoire,<br />

l’institution n’a pas cessé d’enrichir<br />

ses collections, fidèle à cet esprit<br />

naturaliste qui fit la renommée <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong> dès le 18 e siècle. Au fil du<br />

temps, entre réaménagements et<br />

agrandissements successifs, les CJB<br />

n’ont pas ménagé leurs efforts pour<br />

trouver <strong>de</strong>s solutions permettant à<br />

la fois <strong>de</strong> continuer à enrichir leurs<br />

collections tout en les conservant le<br />

mieux possible.<br />

Dès 1973, un pas décisif a été franchi<br />

pour pérenniser ce qui constitue<br />

une base fondamentale pour la<br />

connaissance du mon<strong>de</strong> végétal en<br />

garantissant aux herbiers un statut<br />

<strong>de</strong> bien culturel d’importance<br />

internationale. Ils ont alors été<br />

placés dans <strong>de</strong>s abris anti-atomiques<br />

aménagés dans les sous-sols<br />

<strong>de</strong>s nouveaux bâtiments inaugurés<br />

à l’époque. Ces espaces ont permis<br />

d’absorber, provisoirement, l’augmentation<br />

constante <strong>de</strong>s collections. Or<br />

comme on peut bien l’imaginer, les<br />

herbiers trop compressés s’abîment,<br />

ils <strong>de</strong>viennent difficiles à consulter<br />

et toute manipulation risque <strong>de</strong><br />

les détériorer. D’où la nécessité <strong>de</strong><br />

prévoir <strong>de</strong> nouvelles extensions<br />

pour garantir leur conservation<br />

sans hypothéquer leur enrichissement<br />

futur.<br />

Ce défi est aujourd’hui en passe d’être<br />

relevé avec l’extension <strong>de</strong> l’herbier sur<br />

trois niveaux enterrés d’une construction<br />

répondant aux normes d’abri et<br />

<strong>de</strong> protection <strong>de</strong> biens culturels. Bien<br />

que cette réalisation ait bénéficié<br />

d’une subvention <strong>de</strong> la Confédération<br />

d’un montant <strong>de</strong> 1,4 million, elle a<br />

été rendue possible grâce aux 11,5<br />

millions d’un fonds spécial issu <strong>de</strong> la<br />

donation Varenne. Elle prélu<strong>de</strong> à une<br />

<strong>de</strong>uxième étape – la rénovation <strong>de</strong> La<br />

Console, un édifice emblématique <strong>de</strong><br />

l’histoire <strong>de</strong>s CJB.<br />

Pourquoi rappeler ces faits ? La raison<br />

en est simple. Si tout se passe comme<br />

prévu, les CJB <strong>de</strong>vraient pouvoir dispo-<br />

Patrice Mugny<br />

Conseiller administratif<br />

en charge<br />

du département<br />

<strong>de</strong> la culture<br />

<strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

Editorial<br />

ser, d’ici trois ans, <strong>de</strong>s équipements qui<br />

conviennent à une institution scientifique<br />

<strong>de</strong> premier plan et dont le rayonnement<br />

se mesure aujourd’hui par le<br />

nombre <strong>de</strong> sollicitations, à l’échelle<br />

planétaire, dont elle fait l’objet pour<br />

mener <strong>de</strong>s expertises et favoriser le partage<br />

<strong>de</strong>s savoirs et <strong>de</strong>s compétences, en<br />

particulier dans le cadre d’un intense<br />

coopération avec les pays du Sud.<br />

A l’heure <strong>de</strong> quitter mes fonctions <strong>de</strong><br />

Conseiller administratif qui a eu,<br />

durant huit ans, la responsabilité<br />

politique <strong>de</strong> cette institution, c’est<br />

pour moi une profon<strong>de</strong> satisfaction<br />

et – pourquoi pas ? – une gran<strong>de</strong><br />

fierté, d’avoir pu lancer cet indispensable<br />

projet <strong>de</strong> construction/<br />

rénovation d’une institution qui fait<br />

honneur à <strong>Genève</strong>.<br />

Et je lui souhaite un bel avenir.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 3


cJB 100%<br />

renouvelables<br />

D’ici à fin 2010, les vastes installations <strong>de</strong>s Conservatoire<br />

et Jardins botaniques (CJB) tireront la quasi-totalité <strong>de</strong> leur<br />

énergie du bois et du soleil, avec l’appui d’un programme<br />

intelligent <strong>de</strong> chauffage pour ses serres et bâtiments<br />

e concept permettra d’assurer les<br />

besoins en chaleur du site en utilisant<br />

80% d’énergies renouvelables, évitant<br />

ainsi une consommation annuelle d’environ<br />

250 000 litres <strong>de</strong> mazout.<br />

La <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> vient <strong>de</strong> terminer l’installation <strong>de</strong>s<br />

pièces maîtresses <strong>de</strong> ce système, soient <strong>de</strong>ux chaudières<br />

à bois déchiqueté et une chaudière à gaz en<br />

appoint <strong>de</strong> la chaufferie centrale. La gestion thermique<br />

<strong>de</strong>s serres sera assurée informatiquement. Elle<br />

intégrera <strong>de</strong>s prévisions météo dans le système, afin<br />

d’optimiser l’utilisation <strong>de</strong> la chaufferie.<br />

Le bois est <strong>de</strong> retour<br />

Une partie du bois déchiqueté nécessaire aux chaudières<br />

sera issu <strong>de</strong> l’entretien <strong>de</strong>s parcs et forêts <strong>de</strong><br />

la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, alors que le sol<strong>de</strong> proviendra <strong>de</strong><br />

l’entretien <strong>de</strong>s forêts privées <strong>de</strong> la région. Un accord<br />

a abouti entre les associations <strong>de</strong> propriétaires<br />

forestiers privés du canton, l’Etat <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et la<br />

<strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Ce système contribuera ainsi au<br />

développement d’une nouvelle filière bois dans le<br />

canton, sous l’égi<strong>de</strong> <strong>de</strong> la municipalité.<br />

Cet hiver, c’est l’Etat <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> qui jouera un rôle<br />

<strong>de</strong> tampon en fournissant une partie du bois, les<br />

associations forestières ne débutant leurs opérations<br />

que cette année. Le bois sera vendu en forêt et<br />

c’est la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> qui assumera son transport,<br />

stockage et déchiquetage.<br />

Nouveaux panneaux thermiques<br />

et photovoltaïques<br />

Le soleil est largement mis à profit. Le toit <strong>de</strong> la<br />

maison <strong>de</strong>s jardiniers, dans laquelle se situent<br />

l’essentiel <strong>de</strong>s besoins en eau chau<strong>de</strong> sanitaire<br />

du site, a accueilli cet hiver une centrale solaire<br />

thermique. D’une surface <strong>de</strong> 180 m 2 , elle alimente<br />

le réseau <strong>de</strong> chauffage et fournit une part <strong>de</strong> l’eau<br />

chau<strong>de</strong> sanitaire pour la cafétéria et les vestiaires <strong>de</strong>s<br />

jardiniers. Cette installation mixte autorisera l’arrêt<br />

<strong>de</strong> la chaufferie centrale durant la belle saison.<br />

Ces panneaux thermiques <strong>de</strong>vraient produire<br />

environ 130 000 kWh par an, soit une économie<br />

équivalente à 13 000 litres <strong>de</strong> mazout ou une<br />

diminution <strong>de</strong>s émissions <strong>de</strong> gaz à effet <strong>de</strong> serre<br />

<strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> 34,5 tonnes <strong>de</strong> CO 2 . S’ajoutent désormais<br />

à ce dispositif une centrale solaire photovoltaïque.<br />

D’une surface <strong>de</strong> 148 m 2 , elle produira<br />

annuellement 20 000 kWh, soit l’équivalent <strong>de</strong> la<br />

consommation <strong>de</strong> sept foyers <strong>de</strong> quatre personnes.<br />

Cette électricité sera revendue aux SIG et disponible<br />

via l’offre SIG-Vitale Vert.<br />

Arrosage <strong>de</strong>s plantes avec l’eau du<br />

lac et nouveaux bâtiments en vue<br />

Les jardins <strong>de</strong>s CJB nécessitent beaucoup d’eau.<br />

Cet été, un raccor<strong>de</strong>ment sur le réseau d’eau du<br />

lac « <strong>Genève</strong> Lac Nations» a donc été réalisé pour<br />

l’arrosage <strong>de</strong>s plantes. 60 000 m 3 d’eau issus du<br />

Pierre-André Loizeau Directeur<br />

réseau potable seront remplacés par <strong>de</strong> l’eau du<br />

lac, réduisant la facture d’eau <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 45%.<br />

S’ajoute à cela le fait que <strong>de</strong>puis <strong>de</strong> nombreuses<br />

années déjà, les CJB ont développé une installation<br />

<strong>de</strong> récupération d’eau <strong>de</strong> pluie <strong>de</strong> 1000 m 3 ,<br />

qui permet <strong>de</strong> couvrir une partie <strong>de</strong>s besoins en<br />

eau d’arrosage du site.<br />

Actuellement en cours <strong>de</strong> réalisation, le nouvel herbier<br />

souterrain détiendra enfin une très haute performance<br />

énergétique. Quant au futur bâtiment BOT<br />

III, dont l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> rénovation est en cours, il autorisera<br />

une diminution <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux tiers <strong>de</strong> ses consommations.<br />

Ces projets s’inscrivent dans les objectifs fixés<br />

par la stratégie «100% renouvelable en 2050 », dont<br />

le déploiement permet <strong>de</strong> soutenir l’économie locale<br />

dans un contexte économique difficile.<br />

Des travaux financés par le canton<br />

et la Confédération<br />

La rénovation <strong>de</strong> la chaufferie centrale et l’installation<br />

<strong>de</strong> <strong>de</strong>ux chaudières à bois déchiqueté s’élève<br />

à 750 000 francs, subventionnés par le fonds énergie<br />

<strong>de</strong>s collectivités publiques. Il en va <strong>de</strong> même<br />

pour le raccor<strong>de</strong>ment sur le réseau d’eau « <strong>Genève</strong><br />

Lac Nations» (340 000 francs). Quant à l’installation<br />

<strong>de</strong> panneaux solaires thermiques, chiffrée<br />

à 200 000 francs, elle a pu être réalisée grâce à<br />

l’appui <strong>de</strong>s subventions fédérales et cantonales dans<br />

le cadre du programme ChèqueEnergie 2009.<br />

pagE 4 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


La politique <strong>de</strong><br />

gESTION <strong>de</strong> nos<br />

cOLLEcTIONS<br />

Alexandre Breda Jardinier-Chef<br />

Pascale Steinmann Adjointe au Jardinier-Chef<br />

l’instar <strong>de</strong> nombreux<br />

Jardins botaniques européens,<br />

nous avons décidé<br />

d’engager une vaste réflexion sur la<br />

politique <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong> nos collections<br />

vivantes. Cette réflexion porte sur les<br />

collections qui comprennent celles<br />

du Jardin alpin <strong>de</strong> la Linnaea et celles<br />

du domaine <strong>de</strong> Penthes.<br />

En effet, les collections sont souvent<br />

le fait d’hommes particulièrement<br />

bien inspirés, qui, à travers leur passion,<br />

ont accumulé un plus ou moins<br />

grand nombre <strong>de</strong> références sur<br />

une thématique donnée. Ceci peut<br />

conduire à une certaine hétérogénéité<br />

<strong>de</strong>s concepts et <strong>de</strong>s objets, ce d’autant<br />

plus que les CJB ont une histoire qui<br />

crée certaines contraintes.<br />

Cependant les Jardins botaniques<br />

doivent revoir périodiquement la<br />

bonne adéquation <strong>de</strong> la qualité et <strong>de</strong><br />

l’étendue <strong>de</strong> leurs collections avec les<br />

Une révision périodique<br />

<strong>de</strong> ce document<br />

permettra <strong>de</strong> faire<br />

évoluer les collections<br />

questions et les préoccupations du<br />

moment. Par ailleurs, elles doivent<br />

aussi s’adapter à l’évolution <strong>de</strong> la<br />

législation et <strong>de</strong> leurs missions. Un<br />

point <strong>de</strong> situation a été effectué dans<br />

les années nonante par le Professeur<br />

Spichiger, directeur <strong>de</strong> l’époque.<br />

Issus généralement <strong>de</strong> Jardins d’acclimatation,<br />

dans lesquels les jardiniers<br />

tentaient d’adapter à nos latitu<strong>de</strong>s la<br />

diversité <strong>de</strong>s plantes exotiques pour<br />

la présenter au public, les Jardins<br />

botaniques voient, <strong>de</strong> nos jours, évoluer<br />

leurs missions vers <strong>de</strong>s considérations<br />

plus locales et en lien direct<br />

avec une nature menacée. Ainsi<br />

leur rôle s’oriente vers la recherche,<br />

la conscientisation, l’éducation et<br />

la conservation in situ et ex situ. La<br />

collection doit donc être adaptée, car<br />

elle doit être au service <strong>de</strong> ceux qui<br />

l’utilisent.<br />

D’autre part, la collection doit également<br />

obéir à <strong>de</strong>s règles précises<br />

permettant <strong>de</strong> la documenter. Cette<br />

documentation rigoureuse assure<br />

une traçabilité <strong>de</strong>s origines, utiles<br />

tant du point <strong>de</strong> vue du respect<br />

<strong>de</strong>s règles commerciales strictes<br />

liées au problème du biopiratage<br />

que <strong>de</strong> celui <strong>de</strong> la connaissance <strong>de</strong><br />

l’origine génétique <strong>de</strong>s individus.<br />

Les CJB ont adopté <strong>de</strong>puis quelques<br />

années les règles <strong>de</strong> l’IPEN (International<br />

Plant Exchange Network)<br />

dans ce but.<br />

Une étu<strong>de</strong> approfondie <strong>de</strong> l’état et<br />

du contenu <strong>de</strong> la collection vivante<br />

<strong>de</strong>s CJB sera menée. Les thématiques<br />

seront redéfinies en fonction<br />

d’objectifs <strong>de</strong> recherche, d’éduca-<br />

Les Jardins botaniques<br />

doivent revoir<br />

périodiquement<br />

la qualité et l’étendue<br />

<strong>de</strong> leurs collections<br />

tion et <strong>de</strong> conservation. Le temps<br />

nécessaire au maintien <strong>de</strong>s collections<br />

sera estimé pour chacune<br />

d’elles, afin <strong>de</strong> garantir <strong>de</strong>s soins<br />

suffisants et adaptés aux moyens à<br />

Jardin<br />

disposition. Une révision périodique<br />

<strong>de</strong> ce document permettra <strong>de</strong> faire<br />

évoluer les collections en fonction<br />

<strong>de</strong> nouvelles missions et <strong>de</strong> nouveaux<br />

moyens.<br />

Dans le cadre <strong>de</strong> ce projet, une étudiante<br />

a travaillé plusieurs mois sur<br />

la politique <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong> nos collections<br />

pour son master en environnement.<br />

A partir <strong>de</strong> ses constatations<br />

et conclusion, nous élaborerons les<br />

lignes directrices pour la gestion <strong>de</strong><br />

nos collections.<br />

Notre objectif ultime est <strong>de</strong> s’assurer<br />

que les bonnes plantes soient<br />

placées aux bons endroits pour une<br />

bonne utilisation. Ce credo doit<br />

servir <strong>de</strong> gui<strong>de</strong> pour tous les collaborateurs<br />

<strong>de</strong>s CJB dans la gestion<br />

et le développement <strong>de</strong>s collections<br />

vivantes.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 5


La Flore éLEcTRONIqUE<br />

<strong>de</strong> SUISSE<br />

Ce nouveau projet a pour objectif principal le développement d’un outil<br />

électronique portable pour i<strong>de</strong>ntifier les plantes vasculaires <strong>de</strong> Suisse<br />

ue vous soyez un botaniste<br />

confirmé, un étudiant ou un amateur<br />

<strong>de</strong> plantes, il vous faut un<br />

outil simple d’utilisation, technologiquement<br />

performant et scientifiquement pertinent<br />

pour vous permettre d’i<strong>de</strong>ntifier une espèce<br />

végétale.<br />

La Suisse dispose d’une documentation floristique<br />

diversifiée sous forme d’ouvrages<br />

imprimés (Flores, Atlas <strong>de</strong> distribution,<br />

Listes Rouges, etc.), ainsi que <strong>de</strong> très nombreuses<br />

données accessibles en ligne sur le<br />

site du Centre du Réseau Suisse <strong>de</strong> Floristique<br />

(www.crsf.ch). Mais le développement<br />

rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong>s nouvelles technologies informatiques<br />

offre aujourd’hui <strong>de</strong> nouvelles<br />

perspectives : la petite Flore <strong>de</strong> poche <strong>de</strong> la<br />

Suisse, bien connue sous le nom <strong>de</strong> «Nouveau<br />

Binz», <strong>de</strong>vient chrysali<strong>de</strong> ; un projet <strong>de</strong><br />

Flore électronique prend forme aux CJB.<br />

Que sera le papillon ? Un appareil électronique<br />

à emporter sur le terrain (tablette, téléphone<br />

portable ou autre), comprenant <strong>de</strong>s systèmes<br />

d’i<strong>de</strong>ntification, <strong>de</strong>s <strong>de</strong>scriptions d’espèces,<br />

<strong>de</strong>s photos détaillées, <strong>de</strong>s cartes <strong>de</strong> distribution,<br />

etc. Le travail du botaniste sera facilité,<br />

grâce à l’accès à une multitu<strong>de</strong> d’informations<br />

mises à jour périodiquement. Pour ce qui est<br />

<strong>de</strong> l’illustration en particulier, la mise à disposition<br />

<strong>de</strong> l’utilisateur <strong>de</strong> nombreuses photographies<br />

numériques <strong>de</strong>s caractères distinctifs<br />

<strong>de</strong>s espèces offrira une ai<strong>de</strong> considérable à la<br />

Le travail du botaniste sera<br />

facilité, grâce à l’accès à<br />

une multitu<strong>de</strong> d’informations<br />

mises à jour périodiquement<br />

détermination, comme le montrent trois exemples<br />

: Viola riviniana, Lolium perenne et Elymus<br />

repens. Cet appareil <strong>de</strong>vrait être le plus<br />

réduit possible, afin d’être utilisé facilement<br />

sur le terrain. Il <strong>de</strong>vra afficher une excellente<br />

visibilité <strong>de</strong>s informations à l’écran, supporter<br />

la pluie et les gelées matinales. La<br />

déclinaison du contenu <strong>de</strong>vrait pouvoir se<br />

faire non seulement au niveau d’un outil<br />

noma<strong>de</strong>, mais aussi d’un site web, voire<br />

d’une publication papier traditionnelle.<br />

Les CJB fourniront une large partie du<br />

contenu <strong>de</strong> cette Flore électronique : clés<br />

<strong>de</strong> détermination, <strong>de</strong>scriptions d’espèces,<br />

expertise en nomenclature, iconographie.<br />

Ils vont coordonner le projet grâce à leur<br />

expérience quant aux besoins <strong>de</strong>s utilisateurs<br />

et collaborent avec quatre partenaires,<br />

la DSIC, le CRSF, l’HEPIA et les<br />

David Aeschimann Conservateur<br />

Beat Bäumler Adjoint scientifique<br />

Pierre-André Loizeau Directeur<br />

éditions HAUPT, qui publient Flora Helvetica.<br />

La Direction <strong>de</strong>s systèmes d’information et <strong>de</strong><br />

la communication <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (DSIC)<br />

apportera ses compétences informatiques,<br />

notamment au niveau <strong>de</strong> la programmation. Le<br />

Centre du Réseau Suisse <strong>de</strong> Floristique (CRSF)<br />

gère une base <strong>de</strong> données <strong>de</strong>s informations floristiques<br />

<strong>de</strong> Suisse et fournira notamment les<br />

cartes <strong>de</strong> distribution <strong>de</strong>s espèces. La Haute<br />

école du paysage, d’ingénierie et d’architecture<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (HEPIA) apportera son expertise<br />

sur plusieurs axes : compétences en sciences<br />

naturelles, en programmation informatique et<br />

en technologies. Ce projet bénéficie d’une subvention<br />

fédérale (OFEV).<br />

De gauche à droite<br />

Viola riviniana Eperon épais, sillonné et échancré à<br />

l’extrémité; Lolium perenne Une seule glume à la<br />

base <strong>de</strong> l’épillet (sur la droite <strong>de</strong> l’image); Elymus<br />

repens Deux glumes à la base <strong>de</strong> l’épillet.<br />

pagE 6 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


ce que nous apprennent les<br />

analyses <strong>de</strong> la<br />

Biodiversité en cORSE<br />

Daniel Jeanmonod Conservateur<br />

André Schlüssel Adjoint scientifique<br />

En 2007 nous annoncions la parution <strong>de</strong> Flora Corsica, un ouvrage <strong>de</strong> synthèse et<br />

<strong>de</strong> terrain pour l’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong> toutes les espèces <strong>de</strong> plantes présentes en Corse<br />

epuis, grâce aux données<br />

que nous avions<br />

accumulées dans cette<br />

flore, nous avons pu analyser la biodiversité<br />

(ou phytodiversité puisqu’il<br />

s’agit <strong>de</strong> plantes uniquement) <strong>de</strong> l’île<br />

sous divers aspects. Nous évoquons<br />

quelques-uns <strong>de</strong> ces résultats ici :<br />

1) La flore <strong>de</strong> cette île s’avère<br />

particulièrement riche : les données<br />

comparatives montrent que la Corse<br />

comporte plus d’espèces <strong>de</strong> plantes<br />

que les autres gran<strong>de</strong>s îles méditerranéennes,<br />

avec une richesse spécifique<br />

quasi comparable avec celles<br />

<strong>de</strong>s régions méditerranéennes continentales<br />

voisines (fig. 1). Rappelons<br />

ici que les îles se révèlent généralement<br />

plus pauvres que les régions<br />

continentales adjacentes, du fait <strong>de</strong><br />

leur isolement géographique.<br />

2) Une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> cette flore<br />

(environ 40% !) se caractérise par<br />

une répartition très limitée dans<br />

l’île, c’est-à-dire qu’on rencontre<br />

ces espèces au maximum dans<br />

dix stations ou dans une zone géographique<br />

très localisée. Ce type<br />

<strong>de</strong> distribution en fait <strong>de</strong>s espèces<br />

susceptibles <strong>de</strong> <strong>de</strong>voir être protégées<br />

ou gérées <strong>de</strong> façon à ce qu’elles ne<br />

disparaissent pas suite à un aména-<br />

gement routier, une urbanisation ou<br />

tout autre atteinte. Ces plantes rares<br />

sont principalement <strong>de</strong>s espèces <strong>de</strong>s<br />

milieux aquatiques<br />

ou bien<br />

<strong>de</strong>s plantes<br />

qui vivent sur<br />

les falaises<br />

et les rochers<br />

c a l c a i r e s ,<br />

<strong>de</strong>ux types<br />

<strong>de</strong> milieux<br />

peu fréquents<br />

dans l’île. Par<br />

ailleurs, il<br />

s’agit le plus<br />

souvent <strong>de</strong><br />

plantes vivant à basse altitu<strong>de</strong> (ce<br />

que l’on appelle l’étage mésoméditerranéen,<br />

soit entre 10 et 1000 m),<br />

alors que l’on pensait plutôt les trouver<br />

plus haut.<br />

3) La Corse est soumise à un climat<br />

qui lui permet <strong>de</strong> montrer <strong>de</strong>s plan-<br />

Fig. 1 Comparaison <strong>de</strong> la<br />

richesse floristique <strong>de</strong> la<br />

Corse avec celle <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s<br />

îles méditerranéennes et <strong>de</strong>s<br />

régions continentales voisines,<br />

ainsi qu’avec celle <strong>de</strong> la<br />

Suisse. Ces territoires ayant<br />

<strong>de</strong>s surfaces très différentes,<br />

seules les valeurs logarithmiques<br />

permettent une<br />

comparaison qui a un sens. La<br />

ligne représentant les valeurs<br />

moyennes attendues (droite<br />

<strong>de</strong> régression), les territoires<br />

sous la ligne sont plus pauvres,<br />

ceux au-<strong>de</strong>ssus plus riches.<br />

tes en fleur tout au long <strong>de</strong> l’année.<br />

Certes elles ne sont que 34 espèces à<br />

fleurir en décembre et 35 en janvier,<br />

Recherche<br />

mais la meilleure pério<strong>de</strong> pour voir<br />

le maximum d’espèces en fleur ne<br />

sont pas les mois d’avril ou mai,<br />

comme on aurait pu s’y attendre<br />

dans une zone méditerranéenne,<br />

mais en juin, mois pendant lequel<br />

près <strong>de</strong>s ¾ <strong>de</strong>s espèces <strong>de</strong> plantes<br />

(1598 !) sont susceptibles d’être en<br />

fleur à une altitu<strong>de</strong> ou à une autre<br />

dans l’île (fig. 2).<br />

4) Autre surprise : on pensait trouver<br />

le plus d’espèces endémiques dans la<br />

partie sommitale <strong>de</strong> l’île (les étages<br />

oroméditerranéen, subalpin et alpin<br />

situés au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> 1600 m), mais<br />

en fait c’est dans l’étage montagnard<br />

situé entre 1000 et 1700 m que l’on<br />

en trouve le plus, alors que cet étage<br />

ne couvre que 11% <strong>de</strong> la surface <strong>de</strong><br />

l’île (fig. 3).<br />

5) Chaque année, <strong>de</strong> nouvelles espèces<br />

arrivent dans l’île, généralement<br />

introduites pour <strong>de</strong>s raisons essentiellement<br />

ornementales. Malheureusement<br />

ces espèces se révèlent parfois<br />

Fig. 2<br />

Nombre<br />

d’espèces<br />

<strong>de</strong> plantes<br />

en fleur<br />

à chaque<br />

mois <strong>de</strong><br />

l’année.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 7


Fig. 3 Nombre d’espèces <strong>de</strong> plantes endémiques dans chacun <strong>de</strong>s étages <strong>de</strong> végétation (ces<br />

étages sont placés selon leur position altitudinale respective, en partant du niveau <strong>de</strong> la mer<br />

jusqu’aux plus hauts sommets <strong>de</strong> l’île).<br />

envahissantes (telles que l’Ailanthe<br />

Ailanthus altissima, la Griffe <strong>de</strong> sorcière<br />

Carpobrotus edulis, le Séneçon<br />

du Cap Senecio inaequi<strong>de</strong>ns...) et<br />

peuvent alors poser d’énormes problèmes<br />

<strong>de</strong> gestion en menaçant les<br />

espèces rares ou endémiques <strong>de</strong> l’île,<br />

ou en posant <strong>de</strong>s problèmes d’ordre<br />

économique. Nous avons calculé la<br />

progression numérique <strong>de</strong>s espèces<br />

introduites dans l’île en fonction <strong>de</strong>s<br />

données recueillies <strong>de</strong>puis un siècle<br />

(fig. 4). Cette projection tend à montrer<br />

qu’il <strong>de</strong>vrait y avoir davantage<br />

d’espèces introduites que d’espèces<br />

indigènes dans un siècle environ.<br />

Certes toutes ces plantes ne survivent<br />

pas à long terme, mais celles qui<br />

semble pouvoir subsister et se repro-<br />

duire (on les appelle <strong>de</strong>s métaphytes)<br />

<strong>de</strong>vraient alors représenter quand<br />

même plus que 60% <strong>de</strong> la flore indigène.<br />

Ce modèle (fig. 4) donne une<br />

gran<strong>de</strong> stabilité au nombre <strong>de</strong> plantes<br />

indigènes, mais il est probable<br />

que plusieurs d’entre elles risquent<br />

<strong>de</strong> disparaître suite à la concurrence<br />

faite par les espèces envahissantes.<br />

Cet aspect représente un défi à relever<br />

pour le Conservatoire botanique <strong>de</strong><br />

Corse qui a la charge <strong>de</strong> la gestion <strong>de</strong><br />

la biodiversité <strong>de</strong> l’île.<br />

Bien d’autres résultats, en voie <strong>de</strong><br />

publication, nous permettent <strong>de</strong><br />

mieux cerner les aspects <strong>de</strong> la biodiversité<br />

corse, ce qui en font <strong>de</strong>s outils<br />

pour une meilleure gestion du patrimoine<br />

original <strong>de</strong> l’île.<br />

Fig. 4 Evolution attendue du nombre d’espèces introduites, et parmi celles-ci, <strong>de</strong> celles qui subsistent<br />

et se reproduisent (= métaphytes), par rapport au nombre d’espèces indigènes (qui reste stable).<br />

pagE 8 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Le catalogue <strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong><br />

sUISSE est maintenant sur le web<br />

En 2004 paraissait, l’ouvrage «Les champignons lichénisés<br />

<strong>de</strong> Suisse». publié dans la revue «Cryptogamica Helvetica»<br />

sous l’égi<strong>de</strong> <strong>de</strong> «Bryolich» et <strong>de</strong> la Société mycologique suisse ;<br />

financé par les CJB et l’Académie suisse <strong>de</strong>s sciences naturelles<br />

e catalogue est en quelque<br />

sorte un «bottin téléphonique»<br />

<strong>de</strong>s espèces<br />

<strong>de</strong> lichens suisses. Il fournit, en 320<br />

pages, l’information essentielle sur la<br />

nomenclature, l’écologie et la distribution<br />

<strong>de</strong>s 1650 espèces <strong>de</strong> lichens dont<br />

l’existence en Suisse était alors rapportée<br />

dans la littérature. Cependant, les<br />

connaissances sur la fonge lichénique<br />

suisse sont en constante évolution et,<br />

après la parution <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux compléments<br />

au Catalogue (Clerc 2005, 2009), on<br />

dénombrait déjà 1700 espèces pour<br />

la Suisse. Un tel catalogue en version<br />

papier <strong>de</strong>vient donc rapi<strong>de</strong>ment obsolète<br />

au fil <strong>de</strong>s années après sa publication. Le projet<br />

<strong>de</strong> mettre une version électronique <strong>de</strong> ce catalogue<br />

on line sur les pages web <strong>de</strong>s CJB a été dès lors clairement<br />

défini comme étant un premier pas dans<br />

l’élaboration d’une «Flore numérique <strong>de</strong>s lichens<br />

<strong>de</strong> Suisse» (Clerc & Truong 2008). Un catalogue<br />

électronique a l’avantage sur la version papier <strong>de</strong><br />

pouvoir être mis à jour régulièrement à moindre<br />

frais et <strong>de</strong> pouvoir être consultable sur le web partout<br />

dans le mon<strong>de</strong>.<br />

Le système d’informations<br />

botaniques <strong>de</strong> genève (SIBg)<br />

Avec quelque 6 000 000 d’échantillons d’herbiers<br />

à gérer, environ 15 000 spécimens cultivés<br />

à entretenir et plus <strong>de</strong> 80 projets <strong>de</strong> recherche à<br />

mener, les CJB on consacré un effort important<br />

à la mise en place d’un système d’informations<br />

permettant à la fois la gestion <strong>de</strong>s collections<br />

vivantes, <strong>de</strong>s herbiers et <strong>de</strong>s projets scientifiques:<br />

le Système d’informations botaniques <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

(SIBG). C’est notamment à partir du SIBG que<br />

sont aujourd’hui extraites les informations proposées<br />

aux internautes via les différentes bases<br />

<strong>de</strong> données mises sur la « toile » à l’adresse sui-<br />

vante: http://www.ville-ge.ch/cjb/bd.php.<br />

Concernant plus particulièrement les lichens<br />

<strong>de</strong> Suisse, une première base <strong>de</strong> données, dite<br />

« locale » a été développée en vue <strong>de</strong> la publication<br />

<strong>de</strong> l’ouvrage « Les champignons lichénisés <strong>de</strong><br />

Suisse » et <strong>de</strong> ses compléments (Clerc 2004, 2005,<br />

2009). Avec le projet <strong>de</strong> « Catalogue électronique<br />

<strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse » (Clerc & Truong 2010)<br />

et l’idée <strong>de</strong> développer dans le futur une « Flore<br />

numérique <strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse » (Clerc & Truong<br />

2008), l’intégration <strong>de</strong> ces informations au SIBG<br />

était incontournable. Compte tenu <strong>de</strong>s spécificités<br />

inhérentes à la lichénologie, le SIBG a donc dû être<br />

adapté, notamment par l’introduction d’environ<br />

25 nouvelles tables et l’importation <strong>de</strong> quelque<br />

65 000 enregistrements (données taxonomiques,<br />

chorologiques, écologiques et bibliographiques).<br />

En parallèle, un outil spécifique <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong> ces<br />

informations a été développé.<br />

Le catalogue électronique<br />

<strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse<br />

La page d’entrée sur le site permet directement la<br />

recherche d’une espèce au moyen d’une ban<strong>de</strong><br />

déroulante à gauche. Six onglets permettent<br />

Philippe Clerc Conservateur<br />

Raoul Palese Conservateur<br />

Recherche<br />

d’accé<strong>de</strong>r à la recherche, à un bref<br />

historique <strong>de</strong> la lichénologie suisse,<br />

aux informations nécessaires à la<br />

consultation du catalogue, à l’ensemble<br />

<strong>de</strong> la littérature consultée, à divers<br />

liens internets et aux remerciements.<br />

Lorsqu’une espèce à été sélectionnée<br />

dans la ban<strong>de</strong> déroulante à gauche, les<br />

informations la concernant apparaissent<br />

alors dans la ban<strong>de</strong> principale à<br />

droite. Pour chacune <strong>de</strong>s espèces, le<br />

catalogue fournit <strong>de</strong>s informations sur<br />

sa synonymie, son écologie (substrat),<br />

sa distribution altitudinale (étages <strong>de</strong><br />

végétation), sa répartition en Suisse,<br />

que cela soit au niveau cantonal ou<br />

au niveau <strong>de</strong>s régions naturelles, ainsi que la liste<br />

<strong>de</strong>s publications sur lesquelles se base sa mention<br />

pour la Suisse. Le « Catalogue électronique <strong>de</strong>s<br />

lichens <strong>de</strong> Suisse » (Clerc & Truong 2010) a été<br />

lancé sur le web en février 2010. Il est consultable<br />

à l’adresse suivante : http://www.ville-ge.ch/<br />

musinfo/bd/cjb/cataloguelichen et contient exactement<br />

1770 espèces validées pour la Suisse.<br />

perspectives<br />

Ce catalogue électronique est un premier pas dans<br />

le développement aux CJB et sur la toile d’une<br />

« Flore numérique <strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse ». L’année<br />

2011 <strong>de</strong>vrait voir l’ouverture d’un site web contenant<br />

les premiers genres traités <strong>de</strong> la « Flore numérique<br />

<strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse ».<br />

Bibliographie<br />

Clerc, P. (2004). Les champignons lichénisés <strong>de</strong> Suisse. Catalogue<br />

bibliographique complété par <strong>de</strong>s données sur la distribution<br />

et l’écologie <strong>de</strong>s espèces. Cryptogamica Helvetica 19: 1-320.<br />

Clerc, P. (2005). Premier complément au Catalogue <strong>de</strong>s lichens<br />

<strong>de</strong> Suisse. Meylania 31: 8-12.<br />

Clerc, P. (2009). Deuxième complément au Catalogue <strong>de</strong>s lichens<br />

<strong>de</strong> Suisse. Meylania 42: 7-14.<br />

Clerc, P. & C. Truong (2008). Une flore du 21e siècle: la flore<br />

numérique <strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse. Feuille Verte 39:14-15.<br />

Clerc, P. & C. Truong (2010). Catalogue <strong>de</strong>s lichens <strong>de</strong> Suisse.<br />

http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/cjb/cataloguelichen<br />

[Version 1.0, 01.03.2010].<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 9


Les cOdE-baRRES<br />

génétiques chez les<br />

plantes vasculaires<br />

Sofia Caetano Post-doctorante<br />

Yamama Naciri Chargée <strong>de</strong> Recherche<br />

David Aeschimann Conservateur<br />

Un pas en avant dans la documentation <strong>de</strong> la biodiversité<br />

2010 a été déclarée «Année Internationale<br />

<strong>de</strong> la Biodiversité» ce qui a également<br />

permis <strong>de</strong> discuter <strong>de</strong> l’application<br />

<strong>de</strong>s nouvelles technologies moléculaires<br />

à l’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s espèces. Une<br />

part importante <strong>de</strong> la biodiversité nous<br />

est en effet encore inconnue et, aussi<br />

surprenant que cela puisse paraître,<br />

les scientifiques en savent parfois plus<br />

sur les étoiles qui scintillent dans notre<br />

galaxie que sur le nombre d’espèces<br />

vivant sur notre planète. Dans un<br />

contexte <strong>de</strong> perte rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> biodiversité,<br />

l’inventaire et la protection <strong>de</strong> ce qui<br />

existe est une urgence absolue. L’analyse<br />

du matériel héréditaire (l’ADN<br />

contenu dans chaque cellule vivante)<br />

a été proposée pour faciliter et accélérer<br />

ces inventaires, souvent longs et parfois<br />

lacunaires.<br />

Depuis le début du XXI e siècle la communauté<br />

scientifique cherche ainsi à se<br />

doter d’un système <strong>de</strong> co<strong>de</strong>-barres génétiques<br />

qui permettraient d’i<strong>de</strong>ntifier<br />

chaque espèce. Un projet financé par le<br />

Fonds National Suisse <strong>de</strong> la Recherche<br />

Scientifique a débuté en 2008 aux CJB,<br />

avec pour but <strong>de</strong> tester l’application<br />

d’un tel système à plusieurs groupes<br />

d’espèces végétales proches.<br />

Les co<strong>de</strong>-barres génétiques sont <strong>de</strong>s<br />

petits morceaux d’ADN, i<strong>de</strong>ntiques<br />

par leur fonction chez toutes les<br />

plantes, mais dont la séquence diffère<br />

à priori d’une espèce à l’autre.<br />

L’utilisation <strong>de</strong> telles séquences<br />

sur <strong>de</strong>s spécimens non i<strong>de</strong>ntifiés<br />

et leur comparaison à une base <strong>de</strong><br />

données générale <strong>de</strong>vraient idéale-<br />

ment permettre d’i<strong>de</strong>ntifier l’espèce<br />

à laquelle appartient une feuille<br />

d’arbre, un fragment mousse ou un<br />

champignon.<br />

Parmi les différents groupes <strong>de</strong> plantes<br />

testées (saules rampants, érables,<br />

adénostyles, chèvrefeuilles, gentianes,<br />

véroniques et géraniums),<br />

seuls les spécimens <strong>de</strong> chèvrefeuilles<br />

ont été assignés sans ambiguïté à<br />

leur espèce respective, grâce à l’utilisation<br />

exclusive <strong>de</strong> co<strong>de</strong>-barres<br />

génétiques. Le système a cependant<br />

montré <strong>de</strong>s faiblesses lorsqu’il s’est<br />

agit d’i<strong>de</strong>ntifier <strong>de</strong>s espèces apparues<br />

récemment, comme c’est le cas <strong>de</strong>s<br />

saules rampants, <strong>de</strong> certaines gentianes<br />

ou <strong>de</strong>s adénostyles. Du fait <strong>de</strong><br />

leur divergence récente, ces espèces<br />

partagent certaines copies <strong>de</strong>s frag-<br />

Les co<strong>de</strong>-barres<br />

génétiques sont <strong>de</strong>s<br />

petits morceaux d’ADN<br />

ments d’ADN qui servent <strong>de</strong> co<strong>de</strong>barres,<br />

ce qui rend l’assignation <strong>de</strong>s<br />

échantillons à leur espèce parfois<br />

problématique. De la même façon,<br />

les co<strong>de</strong>-barres génétiques n’ont pu<br />

aboutir à <strong>de</strong>s résolutions satisfaisantes<br />

en cas <strong>de</strong> croisements entre espèces<br />

proches, comme cela a pu être<br />

mis en évi<strong>de</strong>nce chez les érables, les<br />

véroniques et les géraniums. Ce phénomène,<br />

appelé aussi hybridation,<br />

est très commun chez les plantes. Il<br />

entraîne, même lorsque les évènements<br />

d’hybridation sont anciens,<br />

le partage <strong>de</strong> certaines séquences<br />

Impossible avec les co<strong>de</strong>-barres génétiques actuels <strong>de</strong> faire la différence<br />

entre l’adénostyles à feuilles blanches (a) et l’adénostyle à feuilles<br />

d’alliaire (b) pourtant facilement distinguables morphologiquement.<br />

d’ADN, ce qui nuit clairement à<br />

l’i<strong>de</strong>ntification correcte <strong>de</strong>s espèces<br />

sur la base unique <strong>de</strong> co<strong>de</strong>-barres<br />

génétiques. Un consensus vient tout<br />

juste d’être trouvé sur le type <strong>de</strong><br />

fragments d’ADN à utiliser comme<br />

co<strong>de</strong>-barres génétiques. Celui-ci n’est<br />

cependant pas toujours satisfaisant.<br />

La performance <strong>de</strong>s co<strong>de</strong>-barres<br />

actuels, en tant que système d’i<strong>de</strong>ntification<br />

<strong>de</strong>s espèces, est en effet fortement<br />

influencée par la façon dont les<br />

groupes végétaux se sont diversifiés<br />

au cours <strong>de</strong> l’évolution.<br />

Biodiversité signifie diversité <strong>de</strong><br />

la vie. Or, cette diversité peut être<br />

décrite à différents niveaux, selon<br />

que l’on s’intéresse à la diversité<br />

<strong>de</strong>s écosystèmes, à celle <strong>de</strong>s espèces,<br />

ou à celle <strong>de</strong>s gènes. L’utilisation<br />

<strong>de</strong> co<strong>de</strong>-barres génétiques permet<br />

d’ores et déjà <strong>de</strong> répertorier la diversité<br />

génétique du mon<strong>de</strong> végétal.<br />

Leur utilisation comme marqueurs<br />

d’espèce n’est cependant pas pleinement<br />

satisfaisante chez les plantes<br />

vasculaires, et <strong>de</strong>s recherches<br />

intégrant taxonomie et génétique<br />

évolutive sont nécessaires. La reconnaissance<br />

morphologique, basée sur<br />

les étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> taxonomie et <strong>de</strong> systématique<br />

classiques, est encore une<br />

nécessité incontournable.<br />

pagE 10 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES<br />

a<br />

b


Extension <strong>de</strong>s<br />

HERbIERS<br />

Département <strong>de</strong>s constructions et <strong>de</strong> l’aménagement <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

La molasse du chantier servira à<br />

rénover les édifices anciens<br />

<strong>Genève</strong>, la molasse locale, dite du<br />

lac, est difficile d’accès et les collectivités<br />

publiques doivent régulièrement<br />

importer du grès <strong>de</strong> Suisse et d’Europe<br />

pour rénover <strong>de</strong>s édifices anciens. Les<br />

faça<strong>de</strong>s retouchées intègrent donc plusieurs<br />

qualités <strong>de</strong> pierres et trahissent parfois <strong>de</strong>s<br />

différences chromatiques. Mais l’ouverture<br />

d’un chantier aux Conservatoire et Jardin<br />

botaniques (CJB) <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, en<br />

vue <strong>de</strong> la création d’un nouvel herbier et <strong>de</strong><br />

trois pavillons d’accueil, a offert à la municipalité<br />

une opportunité : celle <strong>de</strong> disposer à<br />

nouveau <strong>de</strong> ce matériau typique <strong>de</strong> la région,<br />

qu’on retrouve sur maintes faça<strong>de</strong>s prestigieuses<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, comme par exemple à la<br />

rue <strong>de</strong>s Granges.<br />

L’herbier, <strong>de</strong> trois étages, sera doté d’un « puits »<br />

<strong>de</strong> lumière pour le confort <strong>de</strong>s usagers. Environ<br />

18 000 mètres linéaires <strong>de</strong> rayonnages<br />

accueilleront les collections du prestigieux<br />

institut <strong>de</strong> botanique, qui compte plus <strong>de</strong> 6<br />

millions d’échantillons <strong>de</strong> plantes. La situation<br />

en profon<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> l’édifice offrira d’excellentes<br />

Actuellement, il n’existe plus<br />

<strong>de</strong> carrière <strong>de</strong> molasse à genève<br />

conditions climatiques <strong>de</strong> conservation, répondant<br />

ainsi aux exigences fédérales <strong>de</strong> protection<br />

<strong>de</strong>s biens culturels en cas <strong>de</strong> conflit ou <strong>de</strong><br />

catastrophe. L’Office fédéral idoine chargé <strong>de</strong> la<br />

protection <strong>de</strong>s biens culturels apporte d’ailleurs<br />

son appui financier à cette opération.<br />

Travaux<br />

La découverte d’une molasse <strong>de</strong><br />

bonne qualité<br />

En 2008, ce sont <strong>de</strong>s sondages géologiques<br />

réalisés en vue <strong>de</strong>s travaux aux CJB qui ont<br />

mis en évi<strong>de</strong>nce la présence <strong>de</strong> grés – molasse<br />

du lac – à partir d’environ 6 mètres <strong>de</strong> profon<strong>de</strong>ur,<br />

là même où se tiendra le 3 e sous-sol<br />

<strong>de</strong> l’herbier <strong>de</strong>s CJB. Entre 500 et 700 m 3 <strong>de</strong><br />

molasse <strong>de</strong>vraient être extraits. Cette pierre,<br />

malléable mais fragile, veinée <strong>de</strong> rouge et <strong>de</strong><br />

vert, permettra <strong>de</strong>s travaux <strong>de</strong> rénovation sur<br />

<strong>de</strong>s bâtiments anciens en propriété publique<br />

ou privée.<br />

La décision d’exploiter la molasse du lac a<br />

nécessité <strong>de</strong>s travaux d’analyse pour confirmer<br />

la qualité du grès. Celui-ci se situe sur un banc<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 11


<strong>de</strong> molasse situé non loin <strong>de</strong>s anciennes carrières<br />

<strong>de</strong> molasses exploitées jusqu’à la moitié<br />

du 19 e siècle, lorsque, <strong>de</strong> façon saisonnière, le<br />

niveau du lac était suffisamment bas. La <strong>Ville</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong> a mandaté un géologue qui a fait<br />

Cette opération permet <strong>de</strong><br />

récupérer une matière naturelle<br />

et précieuse<br />

pratiquer <strong>de</strong>s essais au laboratoire <strong>de</strong>s matériaux<br />

pierreux <strong>de</strong> l’EPFL. Le rapport a relevé<br />

<strong>de</strong> bonnes qualités <strong>de</strong> la pierre, en dureté,<br />

textures et teintes d’aspect gris verdâtre à lie<strong>de</strong>-vin.<br />

Il a ramené le volume exploitable <strong>de</strong><br />

molasse <strong>de</strong> qualité entre 300 et 700 m 3 , contre<br />

les 1500 m 3 envisagés initialement.<br />

Actuellement, il n’existe plus <strong>de</strong> carrière <strong>de</strong><br />

molasse à <strong>Genève</strong>. Les pierres <strong>de</strong> remplacement<br />

proviennent <strong>de</strong> carrières situées dans les<br />

cantons <strong>de</strong> Berne et Fribourg, ainsi que d’Allemagne<br />

et <strong>de</strong> France. Il en résulte, comme<br />

on peut le voir parfois, <strong>de</strong>s faça<strong>de</strong>s donnant<br />

parfois un aspect <strong>de</strong> « patchwork ».<br />

La <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> genève se réserve une<br />

partie <strong>de</strong> la molasse<br />

Comment fallait-il abor<strong>de</strong>r l’exploitation <strong>de</strong><br />

ce grand gisement ? Après vérification auprès<br />

d’autres cantons, la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> a choisi <strong>de</strong><br />

confier ce travail à trois entreprises. Les frais<br />

<strong>de</strong> découpage, d’excavation et <strong>de</strong> transport<br />

<strong>de</strong> la pierre sont à leur charge. En retour, les<br />

entrepreneurs achètent le droit d’exploiter la<br />

molasse. Quant à la municipalité, elle pourra<br />

recourir aux services <strong>de</strong>s carriers pour <strong>de</strong>s<br />

ouvrages <strong>de</strong> rénovation. Un accord prévoit<br />

une extraction <strong>de</strong> 300 m 3 nets, avec un « droit<br />

d’exploiter » payé à la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> selon le<br />

cubage réellement extrait, ainsi qu’une réser-<br />

Conférence <strong>de</strong> presse du mercredi 7 juillet 2010<br />

vation <strong>de</strong> 25 m 3 <strong>de</strong> molasse pour la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>, pendant 10 ans, pour un prix <strong>de</strong> fourniture<br />

fixe et préférentiel. Une quantité qui<br />

<strong>de</strong>vrait suffire aux besoins en molasse pour<br />

cette même pério<strong>de</strong>.<br />

L’investissement financier <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

pour extraire la totalité <strong>de</strong> la pierre et en assurer<br />

elle-même le stockage durant au moins 15 ans<br />

– au vu <strong>de</strong>s quantités – aurait coûté plus <strong>de</strong> 1,2<br />

million <strong>de</strong> francs. La protection <strong>de</strong> la molasse est<br />

en effet obligatoire, s’agissant d’un matériau qui<br />

subit facilement l’érosion. Par ailleurs, la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong> n’est pas équipée pour assumer <strong>de</strong>s opérations<br />

commerciales <strong>de</strong> vente <strong>de</strong> pierre. Enfin,<br />

cette opération permet <strong>de</strong> récupérer une matière<br />

naturelle utile et précieuse, au lieu <strong>de</strong> la détruire<br />

et l’évacuer par camion dans <strong>de</strong>s décharges.<br />

Embellir les faça<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s maisons<br />

prestigieuses du 18 e siècle<br />

Historiquement, la molasse – cette pierre <strong>de</strong><br />

sable – était recueillie dans <strong>de</strong>s carrières<br />

lacustres sur la rive droite <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, aux<br />

alentours <strong>de</strong> Pregny. Cette pierre malléable<br />

servait à réaliser les parties les plus fines<br />

<strong>de</strong>s bâtiments et notamment les chaînages<br />

d’angle (renforcement <strong>de</strong>stiné à consoli<strong>de</strong>r<br />

un angle) et les cadres <strong>de</strong> portes et <strong>de</strong> fenê-<br />

tres. Des galets et du mortier composaient le<br />

reste <strong>de</strong>s édifices. On retrouve <strong>de</strong> la molasse<br />

du lac, notamment sur la face <strong>de</strong> la maison<br />

Tavel. Au 18 e siècle, la couleur <strong>de</strong> cette<br />

pierre tendre est très appréciée. Nombre <strong>de</strong><br />

maisons genevoises patriciennes sont parées<br />

<strong>de</strong> ce matériau qu’on passe au rabot. C’est le<br />

Nombre <strong>de</strong> maisons patriciennes<br />

genevoises sont parées<br />

<strong>de</strong> ce matériau<br />

cas du Château <strong>de</strong> l’Impératrice Joséphine :<br />

une propriété <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, actuellement<br />

en cours <strong>de</strong> rénovation. Citons encore<br />

la cathédrale, l’Hôtel <strong>de</strong> <strong>Ville</strong>, le Palais<br />

Wilson, la Villa La Concor<strong>de</strong> et les magnifiques<br />

immeubles <strong>de</strong> la rue <strong>de</strong>s Granges, côté<br />

place Neuve.<br />

A <strong>Genève</strong>, l’arrivée du train, au milieu du 19 e<br />

siècle, a marqué le début <strong>de</strong> la fin <strong>de</strong> l’utilisation<br />

<strong>de</strong> la molasse. Les bâtiments sont<br />

élevés avec <strong>de</strong>s pierres plus soli<strong>de</strong>s, qu’on<br />

importe notamment du Salève, du Jura et<br />

<strong>de</strong> Bourgogne. Ce chantier représente donc<br />

une opportunité unique <strong>de</strong> réparer nos bâtiments<br />

avec une pierre locale très semblable<br />

à celle d’origine.<br />

pagE 12 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Le caTaLOgUE collectif<br />

<strong>de</strong>s œuvres <strong>de</strong> LINNé<br />

Les CJB ont accueilli, les 30 septembre et 1 er octobre 2010,<br />

la 15 e réunion <strong>de</strong>s partenaires du projet Linnaeus Link<br />

Patrick Perret Conservateur<br />

Pierre Boillat Bibliothécaire principal<br />

arl Linnaeus (Carl<br />

von Linné, 1707-1778)<br />

est l’une <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s<br />

figures scientifiques du 18 e siècle.<br />

Ses travaux ont marqué l’histoire<br />

<strong>de</strong>s sciences et leur influence reste<br />

encore essentielle.<br />

Englobant en particulier la totalité<br />

<strong>de</strong>s êtres vivants connus <strong>de</strong> son<br />

temps, son œuvre reste un modèle<br />

pour les étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> la biodiversité.<br />

De plus, c’est à lui que l’on doit<br />

la nomenclature botanique binominale<br />

utilisée universellement<br />

aujourd’hui (la paquerette : Bellis<br />

perennis L., nom <strong>de</strong> genre Bellis,<br />

épithête d’espèce perennis, rappel<br />

abrégé du créateur du nom L. pour<br />

Linné).<br />

Le succès <strong>de</strong> Linné est passé par la<br />

dissémination <strong>de</strong>s ses nombreux écrits<br />

qui se retrouvent jusque dans les plus<br />

obscures bibliothèques. En 1996 un<br />

groupe <strong>de</strong> spécialistes anglais a posé<br />

les bases du projet Linnaeus Link<br />

avec <strong>de</strong>ux objectifs. Le premier se<br />

propose <strong>de</strong> recenser tous les ouvrages<br />

Son œuvre reste un<br />

modèle pour les étu<strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong> la biodiversité<br />

<strong>de</strong> Linné et <strong>de</strong> fournir un traitement<br />

bibliographique standardisé accessible<br />

à travers l’internet. Le second envisage<br />

<strong>de</strong> digitaliser tout ce corpus en y associant<br />

l’ensemble <strong>de</strong> ses manuscripts et<br />

sa volumineuse correspondance. Un<br />

Les participants à la 15 e réunion du Linnaeus Link Project <strong>de</strong>vant la Console<br />

catalogue collectif en ligne, le Linnaeus<br />

Link Union Catalogue, a été tout<br />

spécialement créé.<br />

Depuis 1999, le projet se développe en<br />

associant chaque année <strong>de</strong> nouvelles<br />

institutions. Les Conservatoire et Jardin<br />

botaniques sont la première institution<br />

suisse à rejoindre le projet en<br />

2008. Aujourd’hui, 14 institutions sont<br />

partenaires : Botanischer Garten und<br />

Botanisches Museum Berlin-Dahlem,<br />

British Library (London), Conservatoire<br />

et Jardin Botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, Hunt Institute for Botanical<br />

Documentation (Pittsburgh), Det<br />

Kongelige Bibliotek, Nationalbibliotek<br />

og Københavns universitetsbibliotek,<br />

Kungl. Vetenskapsaka<strong>de</strong>mien (Stockholm),<br />

Linnean Society of London,<br />

conservatoire<br />

Natural History Museum (London),<br />

New York Botanical Gar<strong>de</strong>n, Real<br />

Jardín Botánico (Madrid), Royal<br />

Botanic Gar<strong>de</strong>ns (Kew), Stockholms<br />

universitetsbibliotek, Svenska Linnésällskapet<br />

(Uppsala), Uppsala universitetsbibliotek.<br />

Après avoir saisi dans notre catalogue<br />

informatisé nos 635 références linnéennes,<br />

nous nous apprêtons à les<br />

transférer dans le catalogue collectif<br />

et à les voir apparaître en ligne courant<br />

2011.<br />

Cette magnifique vitrine valorisera<br />

notre fonds linnéen. Les chercheurs<br />

pourront dès lors prendre plus facilement<br />

connaissance <strong>de</strong> notre richesse<br />

documentaire.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 13


La LITTORELLE<br />

à une fleur<br />

Conservation d’une espèce appartenant à<br />

un milieu très menacé en Suisse<br />

a littorelle (Littorella uniflora (L.)<br />

Asch.) est une espèce peu spectaculaire,<br />

autrefois répandue sur les<br />

rives <strong>de</strong>s lacs suisses (fig. 1). Il s’agit d’une<br />

relicte glaciaire distribuée en Europe occi<strong>de</strong>ntale<br />

<strong>de</strong> l’Islan<strong>de</strong> à la Méditerranée (Corse,<br />

Sardaigne). On la trouve sur les rivages couverts<br />

<strong>de</strong> végétation submergés durant 5 à 21<br />

semaines par an. Elle y forme <strong>de</strong>s gazons <strong>de</strong>nses<br />

sur les grèves exondées, dans les crevasses<br />

<strong>de</strong> rochers littoraux, parfois dans les roselières<br />

lâches ou le long <strong>de</strong>s eaux courantes.<br />

La littorelle a donné son nom à un groupe<br />

d’associations végétales, appelé couramment<br />

les «gazons littoraux». Ceux-ci sont <strong>de</strong>venus<br />

extrêmement rares et menacés en Suisse.<br />

Historiquement, leur déclin a débuté avec la<br />

régulation du niveau d’eau <strong>de</strong>s lacs, à l’exception<br />

notable du lac <strong>de</strong> Constance qui recèle les<br />

<strong>de</strong>rniers peuplements d’importance (fig. 2).<br />

D’autres facteurs contribuent à leur disparition<br />

: d’une part l’eutrophisation, qui permet<br />

à <strong>de</strong>s espèces très concurrentes <strong>de</strong> s’installer,<br />

d’autre part le développement intense <strong>de</strong>s<br />

constructions et <strong>de</strong>s activités <strong>de</strong> loisir, qui<br />

détruisent le milieu.<br />

Malgré la régulation du niveau <strong>de</strong>s eaux, la<br />

littorelle était encore assez fréquente le long<br />

<strong>de</strong>s rives du Léman dans les années 50 (fig. 3).<br />

Les gazons littoraux étaient cependant déjà<br />

très appauvris à cette époque, comme l’explique<br />

Mme Clau<strong>de</strong> Weber en 1956. Les mieux<br />

conservés se trouvaient alors aux Dunes <strong>de</strong><br />

Sciex, en France voisine.<br />

Réputée disparue <strong>de</strong>puis ces observations, la<br />

littorelle a réapparu au bord du Léman en 1992<br />

avec la découverte, par M. Farille, botaniste<br />

français, d’une station exondée jusqu’alors<br />

Catherine Lambelet Conservatrice<br />

Yamama Naciri Chargée <strong>de</strong> Recherche<br />

inconnue près <strong>de</strong> Messery (fig. 4). En 1992,<br />

la localité <strong>de</strong> Messery comprenait un gazon<br />

très <strong>de</strong>nse, comptant <strong>de</strong>s dizaines <strong>de</strong> milliers<br />

d’individus. Or, la population, qui a été observée<br />

chaque année <strong>de</strong>puis 1999 à la fin <strong>de</strong> la<br />

pério<strong>de</strong> émergée, a diminué très fortement<br />

<strong>de</strong>puis cette date pour n’être plus constituée<br />

que <strong>de</strong> 35 rosettes en 2004.<br />

Pour comprendre les causes exactes <strong>de</strong> ce<br />

déclin rapi<strong>de</strong> et tenter <strong>de</strong> prévenir la disparition<br />

totale <strong>de</strong> cette unique localité, les CJB ont<br />

patronné un travail <strong>de</strong> diplôme mené à l’Université<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. Quelques dizaines <strong>de</strong> rosettes<br />

ont en outre été prélevées sur place, mises<br />

en culture ex situ aux CJB et multipliées.<br />

Les résultats du travail <strong>de</strong> diplôme ont permis<br />

<strong>de</strong> dégager les causes principales <strong>de</strong> la<br />

régression, soit la concurrence exercée par la<br />

population <strong>de</strong>s roseaux qui s’était peu à peu<br />

installée sur le site et l’ombrage <strong>de</strong>s arbres<br />

<strong>de</strong> la rive. Il apparaît en outre que le régime<br />

hydrique n’a cessé <strong>de</strong> se dégra<strong>de</strong>r au cours <strong>de</strong>s<br />

ans. Depuis 1974, l’amplitu<strong>de</strong> du battement<br />

<strong>de</strong>s eaux, les hauteurs maximales atteintes et<br />

la durée <strong>de</strong> la pério<strong>de</strong> d’émersion ont diminué<br />

régulièrement. Ceci a peu à peu réduit<br />

la surface favorable disponible à une ban<strong>de</strong><br />

altitudinale toujours plus étroite (1,6 m). Il a<br />

aussi été constaté que la reproduction <strong>de</strong> la<br />

population était limitée à son volet végétatif,<br />

aucune inflorescence n’ayant été notée durant<br />

les cinq années d’observation.<br />

La structure génétique <strong>de</strong> la population restante<br />

a été comparée avec celles <strong>de</strong> trois<br />

populations plus fournies d’un lac non régulé,<br />

celui <strong>de</strong> Constance, et à celle d’une population<br />

du lac <strong>de</strong> Zurich. Les résultats sont intéressants<br />

car ils démontrent que la population <strong>de</strong><br />

pagE 14 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES<br />

Fig. 1<br />

Fig. 2


Fig. 3<br />

Fig. 4<br />

conservation<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 15


Messery présente encore <strong>de</strong> la diversité génétique,<br />

ceci malgré une chute démographique<br />

sévère. Cette diversité se situe dans la fourchette<br />

<strong>de</strong> celle <strong>de</strong>s autres populations étudiées.<br />

Une conclusion importante est aussi<br />

qu’à ce sta<strong>de</strong> <strong>de</strong> régression et d’isolation <strong>de</strong>s<br />

populations en Suisse et dans les régions<br />

limitrophes, toutes les populations relictuelles<br />

doivent être conservées et faire l’objet <strong>de</strong><br />

mesures <strong>de</strong> protection.<br />

Avec le soutien <strong>de</strong> la Commission suisse pour<br />

la conservation <strong>de</strong>s plantes sauvages et dans<br />

le cadre d’un projet Interreg3 transfrontalier,<br />

un plan d’action a pu être mis en place. Ses<br />

objectifs sont <strong>de</strong> :<br />

• Compléter les données sur la situation <strong>de</strong><br />

l’espèce dans la région genevoise<br />

• Poursuivre la surveillance <strong>de</strong> la population<br />

et <strong>de</strong> l’habitat<br />

• Préserver le <strong>de</strong>rnier site connu<br />

• Pratiquer une gestion du milieu propice à<br />

la littorelle<br />

• Restaurer la population <strong>de</strong> la littorelle<br />

dans son état le plus favorable<br />

• I<strong>de</strong>ntifier les sites potentiels et recréer <strong>de</strong>s<br />

habitats favorables.<br />

L’année 2010 a vu le quasi-achèvement <strong>de</strong>s cinq<br />

premières étapes. Un renforcement <strong>de</strong> la population<br />

a eu lieu avec la réintroduction en 2004<br />

et en 2008 <strong>de</strong>s plantes multipliées au jardin<br />

botanique, soit le transfert <strong>de</strong> 1560 rosettes.<br />

Ces rosettes ont été plantées régulièrement<br />

sur l’emplacement <strong>de</strong>s anciennes populations<br />

et à leur pourtour pour<br />

tester si une autre partie<br />

<strong>de</strong> la localité était<br />

adaptée aux exigences<br />

<strong>de</strong> l’espèce. Une gestion<br />

appropriée <strong>de</strong> la<br />

station a permis d’assurer<br />

le succès <strong>de</strong> ce<br />

renforcement (fig. 5).<br />

Elle comprend une<br />

fauche annuelle juste<br />

avant la montée <strong>de</strong>s<br />

eaux fin avril ainsi que<br />

l’élagage <strong>de</strong>s arbres<br />

riverains en cas <strong>de</strong><br />

nécessité. La matière<br />

fauchée est ramassée<br />

et exportée hors du<br />

site. Chaque année la<br />

masse exportée diminue,<br />

ce qui traduit<br />

l’affaiblissement progressif<br />

<strong>de</strong>s phragmites.<br />

Depuis la mise en place en 2006 <strong>de</strong> ces mesures<br />

<strong>de</strong> gestion, les effectifs <strong>de</strong>s populations<br />

ont augmenté <strong>de</strong> manière très rapi<strong>de</strong> sur la<br />

station originelle (fig. 6). L’effectif du premier<br />

renforcement est passé <strong>de</strong> 410 rosettes à plus<br />

<strong>de</strong> 13500 en cinq ans (x 33), l’effectif du<br />

second <strong>de</strong> 840 à plus <strong>de</strong> 13300 en <strong>de</strong>ux ans<br />

(x 16). Les effectifs ont démarré lentement<br />

avant la mise en place <strong>de</strong> la gestion du site,<br />

puis ils ont très rapi<strong>de</strong>ment augmenté. Conjuguée<br />

à <strong>de</strong>s années favorables climatiquement,<br />

cette gestion a permis la formation du<br />

«gazon» typique entre les plantations (fig. 7).<br />

Les stolons <strong>de</strong> la littorelle permettent en effet<br />

la colonisation rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong>s espaces libres entre<br />

les pots mis en place lorsque les conditions<br />

le permettent. Une fois le «gazon» reformé, la<br />

progression est par contre plus lente, car les<br />

rosettes se concurrencent. Les essais entrepris<br />

autour <strong>de</strong> la station d’origine, avec une altitu<strong>de</strong><br />

légèrement inférieure, donc une remontée <strong>de</strong>s<br />

eaux plus rapi<strong>de</strong> au printemps, ont cependant<br />

toutes fini par échouer. Ceci a aussi été le cas<br />

pour un essai <strong>de</strong> réintroduction à la Pointe-àla-Bise,<br />

sur le territoire genevois.<br />

Les effectifs actuels atteignent à Messery<br />

<strong>de</strong>s valeurs très élevées mais ne représentent<br />

toutefois qu’environ 10 m 2 <strong>de</strong> surface<br />

occupée (fig. 8). Peu à peu, les placettes<br />

s’agrandissent et pourront dans les conditions<br />

actuelles recoloniser à terme toute<br />

la surface favorable. La diminution <strong>de</strong> la<br />

concurrence a permis en outre à la littorelle<br />

<strong>de</strong> refleurir, ce qui n’avait plus été constaté<br />

<strong>de</strong>puis neuf ans.<br />

pagE 16 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES<br />

Fig. 5<br />

Fig. 6<br />

R: renforcement <strong>de</strong> la population<br />

G: introduction <strong>de</strong> mesures <strong>de</strong> gestion<br />

Partie blanche: non comptabilisé


Fig. 7 De haut en bas: 25 mars 2004<br />

25 avril 2006<br />

25 avril 2008<br />

Concernant les aspects <strong>de</strong> conservation ex<br />

situ et in situ <strong>de</strong> cette espèce, les conclusions<br />

suivantes peuvent être relevées :<br />

•<br />

•<br />

La multiplication végétative s’est révélée praticable<br />

en culture ex situ et la tolérance au<br />

substrat <strong>de</strong> culture est élevée. Le taux <strong>de</strong> multiplication<br />

est conséquent (33 fois le stock<br />

initial en 3 ans). La multiplication par graines<br />

est plus difficile et doit encore être tentée<br />

La réintroduction <strong>de</strong> plantes cultivées est<br />

possible au printemps et peut se faire assez<br />

facilement à partir <strong>de</strong> pots. Si les conditions<br />

•<br />

•<br />

Fig. 8<br />

sont bonnes, les populations réintroduites<br />

s’éten<strong>de</strong>nt rapi<strong>de</strong>ment pour former le gazon<br />

typique d’une littorellaie après 2 ans déjà<br />

(30-50 cm entre les pots)<br />

Une gestion adaptée permet <strong>de</strong> conserver la<br />

littorelle même au sein d’une phragmitaie<br />

(fauche, exportation). La préservation <strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong>rniers biotopes appropriés le long <strong>de</strong>s<br />

rives lacustres constitue une priorité<br />

Autour du lac Léman subsiste une ceinture<br />

altitudinale restreinte où la préservation<br />

<strong>de</strong> populations <strong>de</strong> littorelle et d’espèces <strong>de</strong>s<br />

conservation<br />

gazons littoraux est possible. Ces populations<br />

restent cependant exposées à <strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong>structions et <strong>de</strong>s extinctions subites<br />

• Les rives doivent être prospectées à la<br />

recherche <strong>de</strong> populations immergées<br />

et <strong>de</strong> sites appropriés pour <strong>de</strong>s réintroductions,<br />

notamment à <strong>Genève</strong> où<br />

certains projets à l’étu<strong>de</strong> pourraient<br />

permettre à un milieu favorable d’être<br />

reconstitué.<br />

Les actions entreprises pour la sauvegar<strong>de</strong><br />

d’espèces menacées n’aboutissent pas<br />

toujours. Dans ce cas, il est réjouissant <strong>de</strong><br />

constater que <strong>de</strong>s mesures appropriées<br />

<strong>de</strong> gestion et <strong>de</strong> renforcement <strong>de</strong> la population<br />

ont permis une renaissance rapi<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> la localité. Les résultats montrent que<br />

les populations d’espèces très menacées<br />

nécessitent <strong>de</strong>s suivis et une gestion régulière<br />

pour assurer un succès à long terme.<br />

La préservation <strong>de</strong>s populations en conditions<br />

ex situ est également essentielle, les<br />

phénomènes stochastiques auxquels elles<br />

sont soumises pouvant entraîner une disparition<br />

très rapi<strong>de</strong>.<br />

REmERCIEmENTS<br />

Ce projet a vu le jour grâce à la collaboration <strong>de</strong> nombreux organismes<br />

et <strong>de</strong> nombreuses personnes. La Commission suisse pour<br />

la conservation <strong>de</strong>s plantes sauvages (CPS-SKEW) et Interreg III<br />

ont soutenu financièrement ce projet. Nous remercions particulièrement<br />

Jan Krause, qui a mené avec beaucoup <strong>de</strong> compétence son<br />

travail <strong>de</strong> diplôme sur le sujet, et Tobias Richter, qui a participé<br />

durant son stage pratique à l’analyse <strong>de</strong>s données génétiques. Parmi<br />

les institutions concernées, <strong>de</strong> nombreuses personnes ont collaboré<br />

au succès <strong>de</strong> cette entreprise : chez ASTERS à Annecy Bernard Bal,<br />

Aurélie Boissezon, Pascal Erba, Denis Jordan, Dominique Lopez-<br />

Pinot, Antoire Rouiller, Audrey Wlodarczyk, au DGNP à <strong>Genève</strong><br />

Bertrand von Arx, à Ecotec Sébastien Beuchat, à Pro Natura <strong>Genève</strong><br />

Patrick Charlier, Sébastien Miazza, Frédéric Reverchon et Michel<br />

Vauthey, aux CJBG Fadil Avdija, Frédéric Biéri, Daniel Levantal,<br />

Vincent Herpailler, Cédric Fawer, Robert Braito, Florian Mombrial,<br />

Jérôme Porchet et plusieurs stagiaires, ainsi que <strong>de</strong>s collaborateurs<br />

bénévoles, Gabrielle Barriera, Alain Demierre, André Schlüssel et<br />

Christian Schnei<strong>de</strong>r.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 17


caRTOgRapHIE<br />

<strong>de</strong>s milieux naturels<br />

Le Système d’Information du patrimoine Vert s’investit<br />

durablement dans la connaissance et la conservation<br />

<strong>de</strong>s espaces naturels du bassin genevois<br />

’année 2010 a été placée<br />

sous le signe <strong>de</strong> la<br />

biodiversité avec notamment<br />

la mise en place <strong>de</strong> nombreuses<br />

manifestations à travers le mon<strong>de</strong>.<br />

Néanmoins, dans notre vision <strong>de</strong>s<br />

choses, la conservation <strong>de</strong> la biodiversité<br />

ne doit pas se limiter à <strong>de</strong>s actions<br />

ponctuelles <strong>de</strong> communication, mais<br />

être une démarche soutenue qui<br />

s’inscrit dans la durée. Ainsi le Système<br />

d’Information du Patrimoine<br />

Vert (SIPV - http://www.ville-ge.ch/<br />

cjb/sipv/) s’est engagé <strong>de</strong>puis plusieurs<br />

années à construire un véritable<br />

atlas géographique <strong>de</strong> l’ensemble<br />

<strong>de</strong>s connaissances existantes sur la<br />

biodiversité végétale <strong>de</strong> notre canton<br />

et <strong>de</strong>s régions limitrophes. Dans cette<br />

optique, le SIPV se construit progressivement<br />

autour <strong>de</strong> quatre gran<strong>de</strong>s<br />

thématiques qui sont : les arbres isolés,<br />

la flore sauvage, les espaces verts<br />

et les milieux naturels.<br />

Dans le cadre <strong>de</strong>s actions entreprises<br />

sur les milieux naturels, le projet SIPV<br />

ne se limite pas au regroupement et<br />

à la diffusion <strong>de</strong> la connaissance,<br />

mais il participe directement à son<br />

acquisition et sa production. Cette<br />

volonté est née du constat que, pour<br />

entreprendre <strong>de</strong>s politiques <strong>de</strong> conservation<br />

<strong>de</strong>s milieux naturels qui soient<br />

viables à long terme, il est nécessaire<br />

d’être au plus près <strong>de</strong>s mutations du<br />

territoire. En effet, les changements<br />

dans le paysage du bassin genevois<br />

sont particulièrement rapi<strong>de</strong>s et marqués<br />

sous l’effet d’une forte pression<br />

anthropique. Une étu<strong>de</strong> menée par la<br />

Communauté d’Etu<strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong> l’Aménagement du<br />

Territoire (CEAT) relève<br />

que l’agglomération<br />

franco-valdo-genevoise<br />

(l’aire d’influence <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>) est en Europe <strong>de</strong><br />

l’Ouest et en Suisse l’agglomération<br />

qui présente<br />

la plus forte croissance<br />

démographique. Avec<br />

actuellement 850000<br />

habitants, dont 470000<br />

pour le seul canton <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>, notre agglomération<br />

dépassera le million<br />

d’habitants dans les<br />

vingt années à venir.<br />

Cet afflux démographique entraîne<br />

inévitablement un morcellement<br />

et une réduction importante <strong>de</strong>s<br />

milieux naturels. Pour relever le défi<br />

d’un aménagement du territoire qui<br />

répon<strong>de</strong> aux attentes <strong>de</strong>s administrés<br />

(logement, mobilité, dynamisme<br />

économique, cadre <strong>de</strong> vie, etc.), tout<br />

en préservant et favorisant la qualité<br />

<strong>de</strong> l’environnement (biodiversité <strong>de</strong>s<br />

espèces et <strong>de</strong>s milieux, réduction <strong>de</strong>s<br />

pollutions, changements climatiques,<br />

etc.), il est donc fondamental<br />

<strong>de</strong> disposer d’un référentiel cartographique<br />

précis et actuel. Pour information,<br />

la <strong>de</strong>rnière cartographie <strong>de</strong><br />

la végétation du bassin genevois date<br />

<strong>de</strong> 1973 et celle du canton <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

(basée sur <strong>de</strong>s observations réalisées<br />

entre 1985 et 1995) date <strong>de</strong> 2000.<br />

Pour organiser efficacement les politiques<br />

<strong>de</strong> conservation <strong>de</strong>s milieux<br />

Pascal Martin Adjoint scientifique<br />

Nicolas Wyler Conservateur<br />

Raoul Palese Conservateur<br />

Cartographie <strong>de</strong> la zone Vuache-Sion-Laire; en encart la situation au niveau<br />

<strong>de</strong> l’agglomération franco-valdo-genevoise<br />

naturels, l’ensemble <strong>de</strong>s acteurs doit<br />

disposer <strong>de</strong> données beaucoup plus<br />

récentes.<br />

Les Conservatoire et Jardins botaniques<br />

<strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> (CJB),<br />

associés au projet d’agglomération<br />

franco-valdo-genevois (www.projetagglo.org),<br />

au PNUE-GRID, à l’Université<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, la Direction Générale<br />

<strong>de</strong> l’Aménagement du Territoire<br />

(DGAT), à la Direction Générale <strong>de</strong><br />

la Nature et du Paysage (DGNP),<br />

ainsi qu’à <strong>de</strong> nombreuses associations<br />

Françaises et Genevoises (Pro<br />

Natura, FRAPNA Haute-Savoie et Ain,<br />

Apollon74, Asters, etc.), ont réalisé<br />

entre 2009 et 2010 une cartographie<br />

<strong>de</strong>s milieux naturels d’une région<br />

prioritaire <strong>de</strong> l’agglomération genevoise.<br />

Cette région, appelée Vuache-<br />

Sion-Laire (voir figure 1), est com-<br />

prise dans les départements <strong>de</strong> l’Ain,<br />

<strong>de</strong> la Haute-Savoie et du canton <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>. Elle s’étend sur une surface<br />

<strong>de</strong> 113 km 2 , soit à titre <strong>de</strong> comparaison,<br />

presque la moitié du canton <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong>. Cette zone est particulièrement<br />

riche en milieux naturels<br />

avec <strong>de</strong>s sites très réputés tels que les<br />

marais <strong>de</strong> l’Etournel, les pinè<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s<br />

teppes <strong>de</strong> la Repentance et <strong>de</strong>s Raclerets,<br />

le Vallon <strong>de</strong> la Laire et bien sûr<br />

le massif du Vuache. Les nombreux<br />

milieux naturels qui composent cette<br />

région du bassin genevois abritent<br />

une faune et une flore particulièrement<br />

riches dont une partie <strong>de</strong>s<br />

espèces sont actuellement menacées<br />

d’extinction.<br />

Pour produire <strong>de</strong>s données précises<br />

et actuelles, les CJB, l’Université <strong>de</strong><br />

<strong>Genève</strong> et le PNUE-GRID ont déve-<br />

pagE 18 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Paysage agricole avec cordon forestier, commune d’Avusy conservation<br />

loppé une métho<strong>de</strong> <strong>de</strong> cartographie<br />

novatrice à partir d’images satellites<br />

et/ou <strong>de</strong> photographies aériennes.<br />

Un <strong>de</strong>s objectif <strong>de</strong> cette métho<strong>de</strong><br />

est <strong>de</strong> pouvoir rapi<strong>de</strong>ment mettre<br />

à jour ces données cartographiques<br />

dès que <strong>de</strong> nouvelles source <strong>de</strong><br />

données (images satellite ou photographies<br />

aériennes) sont disponibles,<br />

soit environ tous les quatre<br />

ans, afin d’être au plus proche <strong>de</strong> la<br />

réalité du territoire. La démarche se<br />

décompose en six gran<strong>de</strong>s étapes :<br />

Prairie <strong>de</strong> fauche (Arrhenatherion) typique<br />

<strong>de</strong> la région genevoise<br />

1) Synthèse <strong>de</strong>s données environnementales<br />

et cartographiques<br />

existantes.<br />

2) Découpage automatique <strong>de</strong><br />

la zone à cartographier en objets<br />

semblables d’après les informations<br />

<strong>de</strong>s images source. On attribuera<br />

à ces objets les différents<br />

milieux naturels.<br />

3) Complément d’inventaire <strong>de</strong> terrain<br />

pour les zones avec peu <strong>de</strong> données<br />

cartographiques préexistantes.<br />

4) Modélisation statistique <strong>de</strong>s mi-<br />

lieux naturels d’après les connaissances<br />

regroupées et prédiction sur l’en-<br />

semble <strong>de</strong>s objets découpés à l’étape 2.<br />

5) Attribution à tous les objets<br />

découpés d’un milieu naturel le<br />

plus vraisemblable par un système<br />

expert (résultats <strong>de</strong>s prédictions,<br />

connaissa nce<br />

<strong>de</strong>s milieux,<br />

proximité à <strong>de</strong>s<br />

milieux connus,<br />

etc.).<br />

6) Validation<br />

<strong>de</strong> terrain, affinage<br />

du système<br />

expert et corrections<br />

finales.<br />

Grâce à cette<br />

métho<strong>de</strong>, une<br />

surface <strong>de</strong> 113<br />

km 2 a été cartographiée<br />

au 10000 e en moins <strong>de</strong> huit<br />

mois <strong>de</strong> travail. Un travail <strong>de</strong> cartographie<br />

<strong>de</strong> terrain classique aurait<br />

nécessité beaucoup plus <strong>de</strong> temps<br />

pour arriver au même résultat. Nous<br />

avons ainsi pu i<strong>de</strong>ntifier 34 classes<br />

d’occupation du sol dont 25 catégories<br />

<strong>de</strong> milieux naturels différents<br />

répartis en près <strong>de</strong> 9000 objets sur le<br />

terrain. Pour la zone Vuache-Sion-<br />

Laire, 10% du territoire est occupé<br />

par le bâti, les infrastructures et la<br />

végétation urbaine, 48% par l’agriculture<br />

et 42% par les milieux naturels.<br />

Au sein <strong>de</strong> ces milieux naturels,<br />

les zones forestières dominent<br />

largement avec 87% <strong>de</strong>s surfaces<br />

naturelles (forêts du Vuache, forêts<br />

<strong>de</strong> Collogny, les Grands Bois, le bois<br />

<strong>de</strong>s Ouilles, Mont <strong>de</strong> Sion, Vallon <strong>de</strong><br />

la Laire...). Un résultat à souligner<br />

est la très bonne cartographie <strong>de</strong>s<br />

cordons forestiers et <strong>de</strong>s haies hautes<br />

qui découpent les étendues agricoles<br />

(voir en particulier la partie<br />

sud <strong>de</strong> la carte <strong>de</strong> la figure 1). Ces<br />

milieux sont en effet primordiaux<br />

pour la survie <strong>de</strong> nombreuses espèces<br />

d’oiseaux et <strong>de</strong> rongeurs et participent<br />

au maintien <strong>de</strong> la biodiversité<br />

locale. Ils assurent en outre une<br />

continuité paysagère et compensent<br />

en partie la fragmentation.<br />

Parmi les 25 milieux naturels cartographiés,<br />

14 sont considérés comme<br />

prioritaires dans les politiques <strong>de</strong><br />

conservation à l’échelle suisse et<br />

européenne. Ces milieux (roselières,<br />

pelouses sèches, pinè<strong>de</strong>s, alluvions,<br />

saulaies, prairies humi<strong>de</strong>s, parois calcaires,<br />

etc.) représentent une surface<br />

cumulée <strong>de</strong> 13 km 2 dans la zone cartographiée<br />

soit plus <strong>de</strong> 12% du total et<br />

28% <strong>de</strong> l’ensemble <strong>de</strong>s milieux naturels.<br />

Ce <strong>de</strong>rnier chiffre montre l’intérêt<br />

<strong>de</strong> cette région pour la conservation<br />

<strong>de</strong>s milieux menacés. Après cette<br />

première mise en œuvre à gran<strong>de</strong><br />

échelle, le projet SIPV a acquis une<br />

expérience soli<strong>de</strong> pour poursuivre<br />

dans cette voie. La métho<strong>de</strong> développée<br />

allie la connaissance <strong>de</strong>s<br />

milieux naturels, la qualité <strong>de</strong>s<br />

données source et les progrès technologiques<br />

réalisés ces <strong>de</strong>rnières<br />

années. Plusieurs autres instituts<br />

<strong>de</strong> cartographie <strong>de</strong> la végétation en<br />

Europe s’inspirent <strong>de</strong> notre démarche<br />

pour concevoir leurs projets.<br />

Dès l’automne 2010, un projet <strong>de</strong><br />

cartographie précise <strong>de</strong> la végétation<br />

du canton <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> a été initié<br />

en partenariat avec la DGNP. Cette<br />

carte, réalisée à partir <strong>de</strong>s photographies<br />

aériennes <strong>de</strong> juin 2009, permettra<br />

d’i<strong>de</strong>ntifier plus rapi<strong>de</strong>ment<br />

les sites les plus sensibles en vue <strong>de</strong><br />

leur conservation. Les possibilités <strong>de</strong><br />

mises à jour régulières <strong>de</strong> la cartographie,<br />

tous les trois à quatre ans<br />

par exemple, sont <strong>de</strong>s atouts exceptionnels<br />

pour optimiser les politiques<br />

<strong>de</strong> gestion <strong>de</strong> l’environnement et<br />

d’aménagement du territoire à long<br />

terme (suivi, connexion <strong>de</strong>s milieux<br />

naturels, renaturation, etc.).<br />

Les CJB, à travers le projet SIPV, se<br />

positionnent dorénavant en portedrapeau<br />

<strong>de</strong> la connaissance et <strong>de</strong><br />

l’ai<strong>de</strong> à la conservation <strong>de</strong>s milieux<br />

naturels dans le bassin genevois.<br />

Une véritable dynamique <strong>de</strong> groupe<br />

entre les pouvoirs politiques, les<br />

universitaires et les mouvements<br />

associatifs est désormais en marche<br />

pour maintenir la qualité <strong>de</strong> notre<br />

environnement.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 19


Le Jardin botanique :<br />

un moyen d’enseignement<br />

Le Jardin botanique est un outil reconnu <strong>de</strong> sensibilisation<br />

au mon<strong>de</strong> végétal. pour les enseignants, c’est aussi<br />

un moyen <strong>de</strong> pratiquer l’éducation à l’environnement<br />

aux portes <strong>de</strong> la ville<br />

ls sont nombreux à venir<br />

pour <strong>de</strong>s sorties <strong>de</strong> classes<br />

et <strong>de</strong>s courses d’école.<br />

Alors, pour bon nombre d’écoliers<br />

c’est la découverte <strong>de</strong> plantes <strong>de</strong> toutes<br />

sortes ! Mais, il est souhaitable d’aller<br />

au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> la sortie d’agrément et <strong>de</strong><br />

découverte, pour passer à l’acquisition<br />

<strong>de</strong> connaissances et à la sensibilisation<br />

culturelle. Alors, comment<br />

faire ? Que proposer aux élèves pour<br />

qu’ils regar<strong>de</strong>nt, observent, et apprennent.<br />

Comment attirer leur regard ?<br />

Comment les mener <strong>de</strong> la découverte<br />

d’une plante à d’autres questionnements<br />

: son importance dans notre<br />

alimentation ou son rôle dans l’écologie,<br />

par exemple ? Autant <strong>de</strong> questions<br />

que se posent les enseignants.<br />

En effet, l’utilisation <strong>de</strong>s collections<br />

vivantes du Jardin botanique pour<br />

l’enseignement peut sembler simple<br />

au premier abord, mais elle requiert<br />

toutefois une certaine préparation et<br />

quelques éléments <strong>de</strong> métho<strong>de</strong>. C’est<br />

pourquoi les enseignants sont également<br />

nombreux à solliciter une visite<br />

guidée, un atelier, une animation ou<br />

une ai<strong>de</strong> pour préparer leur visite.<br />

Ils ne se sentent pas toujours prêts<br />

à mener ces activités eux-mêmes.<br />

Pour les ai<strong>de</strong>r à s’y préparer, et leur<br />

faciliter un accès direct et autonome<br />

à l’utilisation du Jardin botanique<br />

comme moyen d’enseignement, nous<br />

proposons chaque année quelques<br />

journées ou <strong>de</strong>mi-journées <strong>de</strong> formation<br />

continue.<br />

Magali Stitelmann<br />

Médiatrice scientifique<br />

Au programme 2010-2011, notre<br />

collaboration avec le Département<br />

<strong>de</strong> l’Instruction Publique (DIP)<br />

pour la formation continue <strong>de</strong>s<br />

enseignants comprend les cours suivants<br />

: un cours <strong>de</strong> sensibilisation à<br />

l’apiculture à l’attention <strong>de</strong>s enseignants<br />

du Cycle d’orientation ; un<br />

module inter-musée (avec le musée<br />

<strong>de</strong> l’Ariana) à l’attention <strong>de</strong>s maîtres<br />

spécialistes d’arts visuels (http://icp.<br />

ge.ch/dip/fc/); et un cours <strong>de</strong> sensibilisation<br />

à la botanique autour<br />

du thème <strong>de</strong> la plante symbole <strong>de</strong>s<br />

Alpes, l’e<strong>de</strong>lweiss.<br />

Ces actions contribuent à la mission<br />

<strong>de</strong> transmission <strong>de</strong>s savoirs <strong>de</strong> nos<br />

Conservatoire et Jardin botaniques.<br />

Elles visent également à continuer<br />

<strong>de</strong> répondre à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> du DIP.<br />

Nous mettons une attention régulière<br />

à les inscrire dans un processus<br />

d’évaluation et <strong>de</strong> suivi. Il est capital<br />

que ces cours permettent effectivement<br />

aux enseignants d’atteindre<br />

leurs objectifs. Nous serons ainsi<br />

plus nombreux à pouvoir transmettre<br />

<strong>de</strong>s éléments importants sur<br />

la diversité végétale, l’importance<br />

<strong>de</strong> sa conservation et l’ampleur <strong>de</strong><br />

son utilité pour la société mo<strong>de</strong>rne.<br />

Les collections vivantes du Jardin<br />

botanique, <strong>de</strong> ses herbiers et <strong>de</strong> sa<br />

bibliothèque représente un patrimoine<br />

inestimable que les écoliers<br />

genevois peuvent ainsi découvrir et<br />

apprendre à apprécier.<br />

pagE 20 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


<strong>de</strong>s nouvelles du<br />

mIcOcOULIER gOULU<br />

Le jardin musical cultivé par le secteur horticole du<br />

Jardin botanique durant quelques années a été<br />

le terrain d’expérimentation pour ce stage novateur<br />

l s’agissait d’une approche visant à<br />

permettre <strong>de</strong> construire une relation<br />

vivante face à la nature. Au fil <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux<br />

journées d’ateliers au Jardin botanique, puis dans<br />

la salle <strong>de</strong> rythmique <strong>de</strong> Geisendorf, divers moyens<br />

d’expression sont proposés aux classes selon une<br />

formule polyvalente qui favorise la multidisciplinarité<br />

et la création <strong>de</strong> lien. Regards croisés : les<br />

maîtres spécialistes interviennent dans les domaines<br />

<strong>de</strong>s arts visuels et <strong>de</strong> la musique/rythmique ;<br />

les médiateurs du musée dans la création <strong>de</strong> lien<br />

avec les collections du musée vivant qu’est le Jardin<br />

botanique <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>.<br />

Magali Stitelmann<br />

Médiatrice scientifique<br />

A partir <strong>de</strong>s matériaux végétaux et <strong>de</strong>s sensations<br />

éveillées dans les espaces jardinés, les élèves élaborent<br />

et construisent <strong>de</strong>s connaissances par le<br />

biais du mime et <strong>de</strong> la narration, <strong>de</strong> l’observation<br />

et du <strong>de</strong>ssin, du découpage, ainsi que du<br />

mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s sons, <strong>de</strong> la musique, du mouvement<br />

et <strong>de</strong> la danse.<br />

Forts du succès rencontré, les intervenants ont<br />

fait évoluer la formule <strong>de</strong> ce stage en s’appuyant<br />

désormais sur les collections vivantes permanentes<br />

du Jardin botanique. En effet, cellesci<br />

offrent un grand potentiel d’inspiration et<br />

PUBLICITé<br />

Education<br />

d’apprentissage, permettant <strong>de</strong> moduler très<br />

largement, voire <strong>de</strong> s’adapter à la diversité <strong>de</strong>s<br />

conditions <strong>de</strong> chaque jour <strong>de</strong> stage ; pluie ou<br />

soleil, joie ou mélancolie, toujours avec curiosité<br />

et admiration pour la Nature et la place que<br />

nous y occupons.<br />

Dès la rentrée 2010, la nouvelle formule <strong>de</strong> ce stage<br />

est proposée aux classes genevoises, sur inscription.<br />

Informations : http://wwwedu.ge.ch/ep/art/,<br />

http://www.ville-ge.ch/cjb/accueil_ecoles.php<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 21


1 2<br />

3 4<br />

Rétrospective<br />

1 Vernissage <strong>de</strong><br />

l’exposition<br />

In Situ Ex Situ<br />

co-produite<br />

avec Pro Natura<br />

<strong>Genève</strong> (6 mai)<br />

2 Toutes les<br />

excursions<br />

In Situ Ex Situ<br />

commençaient au<br />

Jardin botanique et<br />

faisaient appel à la<br />

mobilité douce<br />

3 Excursion en<br />

bateau à la Pointe<br />

à la Bise dans le<br />

cadre <strong>de</strong> l’exposition<br />

(5 septembre)<br />

4 Atelier dans le<br />

Centre nature <strong>de</strong><br />

Pro Natura <strong>Genève</strong><br />

(Excursion à la<br />

Pointe à la Bise du<br />

5 septembre)<br />

5 L’exposition<br />

commune In Situ<br />

Ex Situ autour <strong>de</strong><br />

la biodiversité<br />

régionale<br />

(co-production<br />

CJB - Pro Natura<br />

<strong>Genève</strong>)<br />

pagE 22 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES<br />

5


1<br />

annuelle<br />

1 La plus gran<strong>de</strong> feuille du mon<strong>de</strong> (palmier) reproduite par Cyrille<br />

Châtelain pour la Nuit <strong>de</strong> la Science consacrée aux extrêmes et aux<br />

limites (10 et 11 juin)<br />

2 Forte affluence au stand commun, CJB-Pro Natura, <strong>de</strong> la Nuit <strong>de</strong> la<br />

Science (10 et 11 juin)<br />

3 Jo Fontaine (à droite), sculpteur, <strong>de</strong>vant son œuvre terminée,<br />

«Le Miroir du CIel», en partie façonnée par les écoles (juin)<br />

4 Journée Swissaid sur les paysans du Sud aux CJB (mai)<br />

5 Construction du nouveau Pavillon d’accueil <strong>de</strong>s CJB à l’entrée<br />

Place Albert-Thomas (printemps)<br />

6 Visite guidée et atelier « signés» pour les enfants sourds et<br />

malentendants <strong>de</strong> l’Ecole <strong>de</strong> Montbrillant (collab. UNI3, juin)<br />

Fidèle à sa tradition, la Feuille Verte<br />

vous présente une rétrospective<br />

photographique <strong>de</strong>s évènements<br />

marquants <strong>de</strong> l’année écoulée<br />

3 4<br />

5 6<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 23<br />

2


cOOpéRaTION édUcaTIVE<br />

<strong>de</strong>s cJb avec le SUd<br />

es Conservatoire et<br />

Jardin botaniques <strong>de</strong><br />

la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> sont<br />

une institution <strong>de</strong> renommée internationale<br />

et un musée vivant <strong>de</strong> la<br />

cité genevoise. Comme la plupart <strong>de</strong>s<br />

jardins botaniques établis, ils se trouvent<br />

dans l’hémisphère Nord, hors<br />

<strong>de</strong> la ceinture <strong>de</strong> biodiversité tropicale<br />

qui entoure la planète. Il n’y a<br />

malheureusement pas <strong>de</strong> corrélation<br />

entre la répartition géographique<br />

<strong>de</strong>s jardins botanique mondiaux et<br />

les zones <strong>de</strong> biodiversité naturelle et<br />

culturelle maximum.<br />

Cette situation découle <strong>de</strong> l’histoire<br />

<strong>de</strong>s jardins botaniques et surtout <strong>de</strong><br />

la situation économique très défavorable<br />

dans les pays qui abritent<br />

les forêts tropicales, ces <strong>de</strong>rnières<br />

accueillant 80% <strong>de</strong> la biodiversité<br />

mondiale.<br />

Une <strong>de</strong>s missions primordiales <strong>de</strong>s<br />

jardins botaniques en ce début <strong>de</strong><br />

XXI e siècle est d’essayer d’enrayer<br />

la perte drastique <strong>de</strong> la biodiversité<br />

végétale. Les objectifs fixés par la<br />

Global Strategy for Plant Conservation<br />

(GSPC) n’ont pu être atteints<br />

pour cette Année internationale<br />

Pierre-André Loizeau<br />

Directeur <strong>de</strong>s CJB et du programme<br />

<strong>de</strong> coopération au Sud<br />

Didier Roguet<br />

Responsable scientifique<br />

du programme <strong>de</strong> coopération au Sud<br />

<strong>de</strong> la biodiversité (2010) et doivent<br />

être repoussés au minimum d’une<br />

dizaine d’années. Ce constat doit être<br />

établi, malgré les sommes considérables<br />

consacrées à la protection et<br />

à la conservation <strong>de</strong>s milieux et <strong>de</strong>s<br />

espèces. S’il semble que le nombre<br />

global d’espèces vivant sur la Terre<br />

ait été sous-estimé, nous continuons<br />

à perdre <strong>de</strong> nombreuses espèces journellement,<br />

en particulier en zone<br />

intertropicale.<br />

Une <strong>de</strong>s missions <strong>de</strong>s<br />

jardins botaniques au XXI e<br />

siècle est d’enrayer la<br />

perte <strong>de</strong> la biodiversité<br />

Alors que nos équipes <strong>de</strong> scientifiques<br />

et <strong>de</strong> jardiniers-botanistes, à <strong>Genève</strong><br />

et comme dans beaucoup d’autres<br />

institutions botaniques <strong>de</strong> recherches<br />

dans le mon<strong>de</strong>, travaillent à répertorier,<br />

classer, conserver, multiplier<br />

et cultiver ces espèces végétales, et<br />

alors que nos éducateurs spécialisés,<br />

nos rédacteurs et éditeurs-botanistes,<br />

nos gestionnaire <strong>de</strong> base <strong>de</strong> données<br />

informent, éduquent et publient<br />

<strong>de</strong>s pages consacrées à cet effort <strong>de</strong><br />

conservation, la perte <strong>de</strong>s phytodiversités<br />

naturelle et culturelle semble<br />

néanmoins inexorable.<br />

politique <strong>de</strong> coopération<br />

<strong>de</strong>s CJB<br />

Mo<strong>de</strong>stement et <strong>de</strong>puis plus <strong>de</strong> 10 ans,<br />

les CJB, à travers une politique coopérative<br />

concertée d’ethnobotanique<br />

appliquée et d’éducation environnementale<br />

ciblée, tentent <strong>de</strong> proposer<br />

pagE 24 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


<strong>de</strong>s solutions pratiques au constat très<br />

négatif décrit ci-<strong>de</strong>ssus. Il s’agit <strong>de</strong><br />

micro-projets éducatifs, montés dans<br />

nos zones tropicales <strong>de</strong> compéten-<br />

Les CJB mettent en<br />

œuvre <strong>de</strong>s micro-projets<br />

éducatifs basés sur<br />

les critères du<br />

développement durable<br />

ces floristiques (Amérique du Sud et<br />

Afrique principalement). Ces projets,<br />

basés sur un développement durable,<br />

doivent respecter <strong>de</strong>s contingences et<br />

certains pré-requis pour pouvoir être<br />

mis en œuvre par nos soins :<br />

• <strong>de</strong>s compétences floristiques <strong>de</strong><br />

notre institution dans le domaine<br />

géographique concerné<br />

• une <strong>de</strong>man<strong>de</strong> in situ, émanant<br />

d’une municipalité, d’un organisme<br />

d’état ou du mouvement associatif<br />

local<br />

• une validation politique et<br />

académique locale<br />

• un financement, si possible<br />

partagé avec une entité locale ou<br />

complété par celle-ci, inférieur à<br />

30 000.– (CHF) par année<br />

• la création d’un centre<br />

d’éducation à l’environnement<br />

dans une structure végétalisée,<br />

visitable par le public (si possible<br />

visitée) et proche d’une ville<br />

importante<br />

• la création <strong>de</strong> jardins<br />

ethnobotaniques, attenants à la<br />

structure ci-<strong>de</strong>ssus<br />

• le contrôle et la validation<br />

scientifiques par une autorité<br />

académique locale compétente<br />

ou/et par les CJB<br />

• la maîtrise <strong>de</strong>s échéances AAA<br />

(Autodétermination, Autogestion,<br />

Autonomisation) avec un agenda<br />

clairement déterminé.<br />

Ces projets sont appuyés financièrement,<br />

par l’intermédiaire <strong>de</strong>s<br />

CJB, grâce au Fonds <strong>de</strong> solidarité <strong>de</strong><br />

la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et sont encouragés<br />

à faire l’objet <strong>de</strong> financements<br />

complémentaires locaux (municipalités<br />

et universités locales,<br />

mouvement associatif local, Croix<br />

Rouge Suisse, etc.).<br />

Les CJB ont développé <strong>de</strong>s<br />

projets <strong>de</strong> coopération<br />

éducatives dans<br />

différents pays<br />

En Bolivie<br />

Les Jardins ethnobotaniques du<br />

«Kusillo» à la Paz, qui présentent,<br />

<strong>de</strong> manière interactive et<br />

muséographiée, les plantes utiles<br />

et techniques <strong>de</strong> ce pays andin, en<br />

relation avec l’artisanat concerné et<br />

le commerce équitable. Cette expérience<br />

éducative extraordinaire a<br />

malheureusement été stoppée nette<br />

dans son élan par <strong>de</strong>s changements<br />

politiques locaux.<br />

Au Brésil<br />

Le projet <strong>de</strong> Jardins communautaires<br />

<strong>de</strong> plantes utilitaires <strong>de</strong> la Municipalité<br />

<strong>de</strong> Sao Paulo en marge <strong>de</strong> la<br />

Réserve naturelle <strong>de</strong> Api-Capivari-<br />

Monos a subit un sort i<strong>de</strong>ntique.<br />

Les Jardins ethnobotaniques et vétérinaires<br />

<strong>de</strong> l’Université <strong>de</strong> Patos, dans<br />

l’état du Paraïba (Nord-est du Brésil)<br />

sont eux florissants. Ils font partie<br />

d’un projet que les CJB continuent à<br />

soutenir et qui a pour objectif la mise<br />

en valeur <strong>de</strong>s savoirs traditionnels liés<br />

aux plantes vétérinaires <strong>de</strong> la Caatinga<br />

(formation végétale typique du<br />

Nord-est brésilien). En plus <strong>de</strong>s jardins,<br />

un herbier et une bibliothèque,<br />

montée par nos soins, soutiennent<br />

l’action ethno-sociale <strong>de</strong> ce projet <strong>de</strong><br />

conservation et <strong>de</strong> réappropriation du<br />

patrimoine phytovétérinaire local.<br />

En Côte d’Ivoire<br />

Un programme éducatif s’est développé<br />

autour <strong>de</strong> la protection et <strong>de</strong><br />

la conservation <strong>de</strong> la forêt d’Adiopodoumé,<br />

voisine du Centre suisse <strong>de</strong><br />

recherches scientifiques. Un manuel<br />

éducatif <strong>de</strong> conservation botanique,<br />

autogérée par les villageois habitants<br />

autour <strong>de</strong> la forêt en question,<br />

a été édité. Il est très populaire en<br />

Côte d’Ivoire et a reçu <strong>de</strong>s prix dans<br />

ce pays francophone <strong>de</strong> l’Afrique <strong>de</strong><br />

l’ouest. Il est applicable à toute cette<br />

zone côtière africaine.<br />

Au Burkina-Faso<br />

Dans la proche banlieue <strong>de</strong> Ouagadougou,<br />

un appui logistique et<br />

coopération<br />

méthodologique a été fourni au<br />

Centre éducatif du Parc <strong>de</strong> Bangr’<br />

Weogoo qui reçoit journellement <strong>de</strong><br />

nombreuses classes pour une initiation<br />

à l’éducation environnementale<br />

(EE) en zone sahélienne.<br />

A ces exemples s’ajoutent<br />

nos <strong>de</strong>ux projets pilotes,<br />

en voici le développement<br />

et les buts<br />

Le projet AEPY à Asuncion<br />

(Paraguay)<br />

Ce projet, le plus ancien <strong>de</strong>s CJB en<br />

matière <strong>de</strong> coopération au Sud, est<br />

basé sur l’utilisation traditionnelle<br />

et généralisée <strong>de</strong>s plantes médicinales<br />

dans la culture populaire paraguayenne.<br />

Que ce soit pour adoucir<br />

et aromatiser le maté ou se soigner,<br />

les officinales sont omniprésentes sur<br />

Le paraguay est l’un<br />

<strong>de</strong>s pays au mon<strong>de</strong> qui<br />

a subi la plus forte<br />

déforestation au mon<strong>de</strong><br />

les marchés <strong>de</strong> ce pays d’Amérique du<br />

Sud. Ce négoce fait vivre <strong>de</strong> nombreuses<br />

familles <strong>de</strong> récolteurs, <strong>de</strong> paysans,<br />

<strong>de</strong> ven<strong>de</strong>urs <strong>de</strong> rue et <strong>de</strong> marché.<br />

De nombreux laboratoires ou officines<br />

proposent ces plantes, plus ou<br />

moins conditionnées, à l’exportation,<br />

principalement en Argentine<br />

et au Brésil. Le Paraguay est aussi<br />

un <strong>de</strong>s pays au mon<strong>de</strong> qui a subi la<br />

plus forte déforestation ces cinquante<br />

<strong>de</strong>rnières années, en gran<strong>de</strong> partie<br />

due au défrichement pour le bois, le<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 25


charbonnage et à terme la plantation<br />

<strong>de</strong> coton, <strong>de</strong> soja transgéniques et le<br />

pâturage.<br />

Une étu<strong>de</strong> ethnobotanique menée<br />

par l’un <strong>de</strong>s soussignés en 1996 sur<br />

les marchés d’Asuncion a permis <strong>de</strong><br />

démontré la richesse du patrimoine<br />

phytomédicinal local : plus <strong>de</strong> 700<br />

espèces utilisées dans le pays, dont le<br />

70% cueillies régionalement. Cette<br />

recherche ethnobotanique a permis<br />

en parallèle <strong>de</strong> développer une approche<br />

et une méthodologie d’ethnobotanique<br />

appliquée à l’éducation environnementale<br />

dans le cadre du Jardin<br />

botanique d’Asuncion. Ce programme<br />

fait l’objet d’une convention intermunicipale<br />

entre les villes <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et<br />

d’Asuncion. Il a débouché sur :<br />

• la création d’un Jardin médicinal<br />

abritant plus <strong>de</strong> 500 espèces et<br />

variétés en collection, ce qui en<br />

fait l’une <strong>de</strong>s plus belles collections<br />

officinales d’Amérique du Sud<br />

• la publication <strong>de</strong> nombreux opus,<br />

fiches pédagogiques, feuillets<br />

thématiques, brochures et livres<br />

• la proposition d’ateliers<br />

thématiques, <strong>de</strong> visites, <strong>de</strong> cours et<br />

<strong>de</strong> stages pour tous les publics<br />

• l’éditions <strong>de</strong> vidéos, d’émissions<br />

sur les télévisions et radios locales,<br />

<strong>de</strong> suppléments thématiques dans<br />

les quotidiens et d’exposition<br />

régionales (4) et internationale<br />

(« Cap au Sud », 2002, <strong>Genève</strong>)<br />

• la création <strong>de</strong> collections<br />

secondaires (Université nationale<br />

d’Asuncion, Jardin Patino<br />

d’Aregua, jardins communautaires<br />

jardins paysans (5), etc.)<br />

• la collaboration, parrainée par la<br />

Croix Rouge Suisse (CRS), avec<br />

29 associations paysannes, autour<br />

<strong>de</strong> la mise en culture,<br />

la domestication et la reforestation<br />

avec <strong>de</strong>s espèces médicinales<br />

paraguayennes, y compris la<br />

production d’un manuel <strong>de</strong><br />

production intégrée<br />

• la création <strong>de</strong> Campotech, à la<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong>s associations<br />

paysannes et toujours en<br />

collaboration avec la CRS.<br />

Il s’agit d’une structure éducative<br />

post-scolaire, type «technicum»,<br />

qui favorise et induit <strong>de</strong>s<br />

opportunités professionnelles<br />

pour les adolescents en les liant à<br />

la communauté et en essayant<br />

d’éviter une trop forte migration<br />

vers la ville<br />

• la production en 2009 d’un<br />

ouvrage <strong>de</strong> référence sur les plantes<br />

médicinales utilisées au Paraguay,<br />

largement distribué gratuitement<br />

dans les milieux <strong>de</strong>s marchés<br />

(ven<strong>de</strong>urs, reven<strong>de</strong>urs, récolteurs)<br />

et paysans. Cet ouvrage contient<br />

<strong>de</strong>s informations taxonomiques,<br />

ethnobotaniques, phytopharma-<br />

ceutiques et horticoles originales.<br />

Il est basé sur la collection vivante<br />

du Jardin botanique d’Asuncion et<br />

fournit <strong>de</strong> multiples indications<br />

sur la toxicité et la conservation<br />

<strong>de</strong>s espèces en question.<br />

Le projet est actuellement en phase<br />

d’autonomisation à travers la création<br />

au Paraguay d’une association<br />

autonome «relais», AEPY (Associacion<br />

ethnobotanica paraguaya),<br />

qui défend et promeut le projet,<br />

tout en recherchant <strong>de</strong>s fonds pour<br />

celui-ci.<br />

Le projet CEEH (Centre<br />

d’éducation environnementale<br />

<strong>de</strong> Hann), <strong>de</strong> Dakar au<br />

Sénégal<br />

Ce projet sénégalais est basé sur les<br />

mêmes fondamentaux que le projet<br />

AEPY paraguayen.<br />

Il comprend plusieurs volets et un<br />

projet d’extension :<br />

• le Centre d’éducation proprement<br />

dit qui est abrité dans l’ancien<br />

Aquarium réhabilité du Parc<br />

<strong>de</strong> Hann, seul espace vert <strong>de</strong> toute<br />

l’agglomération dakaroise en<br />

plein expansion. Ce centre<br />

reçoit <strong>de</strong> nombreuses classe pour<br />

<strong>de</strong>s initiations environnementales,<br />

<strong>de</strong>s formations continues pour les<br />

enseignants (éco-prof) et <strong>de</strong>s<br />

camps d’été<br />

• le Jardin ethnobotanique,<br />

qui abrite une très belle<br />

collection <strong>de</strong> plantes utilitaires<br />

du Sénégal interprétée et<br />

classée par utilisation<br />

• la publication <strong>de</strong> fiches<br />

pédagogiques, d’un manuel pour<br />

l’éducation environnementale en<br />

zone pré-sahélienne, co-édité<br />

dans la série éducative <strong>de</strong>s CJB<br />

et <strong>de</strong> divers documents publiés<br />

en collaboration avec les<br />

Ministères concernés (Education<br />

nationale et Environnement),<br />

dont un opuscule pour la « Case<br />

<strong>de</strong>s tout-petits», une structure<br />

d’accueil, décentralisée dans les<br />

villages<br />

• la mise sur pied <strong>de</strong> programmes<br />

à l’attention <strong>de</strong>s communautés<br />

<strong>de</strong> la municipalité <strong>de</strong> Hann<br />

(gestion <strong>de</strong>s déchets, compostage,<br />

«jardins familiaux <strong>de</strong> table»,<br />

festival environnemental<br />

<strong>de</strong> musique, etc.)<br />

pagE 26 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES<br />

1 2


3<br />

4 5<br />

• le projet d’extension, proprement<br />

dit, par la création d’un <strong>de</strong>uxième<br />

CEE, au Nord du Sénégal,<br />

à St-louis, dans le cadre <strong>de</strong><br />

l’ancien jardin d’acclimatation<br />

<strong>de</strong> l’INRA.<br />

Responsabilité et<br />

conservation<br />

Ces <strong>de</strong>ux exemples démontrent à<br />

loisir notre volonté <strong>de</strong> travailler<br />

dans le Sud en utilisant tant nos<br />

compétences floristique et ethnobotaniques<br />

que celles <strong>de</strong> nos partenaires,<br />

pour développer ensemble<br />

<strong>de</strong>s micro-projets socio-éducatifs,<br />

qui répon<strong>de</strong>nt à un développement<br />

durable <strong>de</strong> qualité.<br />

Nous pensons que les jardins botaniques<br />

européens, nord-américains et<br />

asiatiques <strong>de</strong>s pays développés ont une<br />

responsabilité évi<strong>de</strong>nte, souvent postcoloniale,<br />

à collaborer et à travailler<br />

à la réhabilitation et à l’utilisation <strong>de</strong>s<br />

jardins <strong>de</strong> la ceinture intertropicale<br />

dans les pays en voie <strong>de</strong> développement.<br />

Cette collaboration initiale doit<br />

être suivie d’une coopération pour la<br />

mise sur pied d’une politique concertée<br />

d’ethnobotanique appliquée à<br />

l’éducation environnementale.<br />

La méthodologie est la même pour<br />

tous nos projets :<br />

1. Compilation et validation <strong>de</strong>s<br />

données ethnobotaniques issues<br />

<strong>de</strong>s savoirs traditionnels<br />

1 Rue du marché<br />

au Sorcières <strong>de</strong> la Paz<br />

(Bolivie)<br />

2 Marché aux plantes<br />

vétérinaires<br />

(Patos – Paraïba – Brésil)<br />

3 Déforestation massive<br />

dans les campagnes<br />

paraguayenne<br />

4 Pépinière pour<br />

la reforestation<br />

à Ouagadougou<br />

(burkina Faso)<br />

5 Dernière exposition<br />

AEPY au Paraguay<br />

2. Valorisation <strong>de</strong> la valeur<br />

patrimoniale <strong>de</strong> ces connaissances<br />

populaires et renforcement <strong>de</strong><br />

l’auto estime <strong>de</strong>s populations<br />

locales, en particulier <strong>de</strong>s classes<br />

défavorisées<br />

3. Prise <strong>de</strong> conscience et induction<br />

d’un processus <strong>de</strong> responsabilité<br />

vis-vis <strong>de</strong> la conservation <strong>de</strong>s<br />

espèces végétales<br />

4. Production <strong>de</strong> matériaux<br />

pédagogiques adaptés,<br />

construction d’un programme <strong>de</strong><br />

médiation ad hoc.<br />

Au vu <strong>de</strong>s expériences accumulées,<br />

<strong>de</strong>s projets qui évoluent positivement,<br />

<strong>de</strong> l’impact socio-éducatif sur place<br />

coopération<br />

et <strong>de</strong> l’impact en matière <strong>de</strong> politique<br />

environnementale au niveau régional,<br />

nous ne pouvons qu’encourager<br />

et recomman<strong>de</strong>r à d’autres jardins<br />

botaniques ce type <strong>de</strong> partenariat<br />

avec nos collègues du Sud.<br />

La compilation <strong>de</strong> ces projets et leur<br />

mise en valeur par le BGCI en réseau<br />

sur leurs différents supports représenteraient,<br />

outre une forme <strong>de</strong> reconnaissance,<br />

un engagement clair <strong>de</strong><br />

l’autorité fédératrice en faveur <strong>de</strong> ces<br />

collaborations Nord-Sud. Nous l’appelons<br />

<strong>de</strong> nos vœux.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 27


L’exposition 2010<br />

du projet EpY:<br />

«nos plantes,<br />

notre peuple»<br />

Ana Pin et Cecilia Romero<br />

Magali Stitelmann Traduction<br />

Cette année, l’exposition itinérante s’installe au Centre<br />

<strong>de</strong> visiteurs <strong>de</strong> l’usine hydroélectrique binationale<br />

«ITAIpU» à Hernandarias dans l’Alto paraná.<br />

L’usine est une gran<strong>de</strong> entreprise hydroélectrique que<br />

le paraguay partage avec le Brésil, et qui s’alimente<br />

dans les eaux tumultueuses du fleuve paraná.<br />

’exposition «Nos Plantes,<br />

notre peuple», du<br />

14 au 25 septembre<br />

2010, est <strong>de</strong>stinée principalement<br />

au public régional. Plusieurs municipalités<br />

<strong>de</strong> la zone bénéficieront<br />

ainsi <strong>de</strong>s contenus présentés sur<br />

les espèces utiles <strong>de</strong> la flore paraguayenne.<br />

Pour la nouvelle présentation,<br />

les panneaux vont faire<br />

l’objet d’un concept graphique<br />

amélioré favorisant l’interactivité.<br />

L’exposition mettra l’accent sur les<br />

espèces <strong>de</strong> la forêt primaire, car<br />

celle-ci, peuplée <strong>de</strong> précieuses<br />

espèces forestières, est propre à la<br />

région d’accueil <strong>de</strong> l’exposition où<br />

les populations indigènes font usage<br />

<strong>de</strong>s ressources naturelles végétales<br />

dans leur vie quotidienne.<br />

L’exposition fait partie <strong>de</strong>s activités<br />

du Projet Etnobotanica Paraguaya<br />

(EPY); elle est organisée et coordonnée<br />

par <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong><br />

la Direction <strong>de</strong> Gestion Environnementale<br />

<strong>de</strong> la ville d’Asunción<br />

(Raquel Drachenberg), <strong>de</strong> l’Association<br />

Etnobotánica Paraguaya<br />

(Cecilia Romero) et <strong>de</strong> la Faculté<br />

<strong>de</strong>s Sciences Exactes et Naturelles.<br />

– FACEN (Maria Elena Ferreira),<br />

avec le soutien <strong>de</strong>s Conservatoire et<br />

Jardin botaniques <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> – CJB<br />

et la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, Suisse, ainsi<br />

que <strong>de</strong> l’entreprise ITAIPU Binationale.<br />

<strong>de</strong>s nouvelles<br />

<strong>de</strong> campOTEcH-<br />

Institut Supérieur<br />

d’agroécologie<br />

José Parra,<br />

Hever Burgos et Ana Pin<br />

Magali Stitelmann Traduction<br />

a mise sur pied <strong>de</strong> l’Institut Technique Supérieur<br />

– INTECS Ko’e Pyahu – Campotech se poursuit. Elle<br />

est menée par l’organisation paysanne Tesaî Reka<br />

Paraguay (TRP), avec le soutien <strong>de</strong>s Conservatoire et Jardin<br />

botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. La formation en agroécologie<br />

<strong>de</strong>s jeunes en milieu rural est sa mission principale, car en améliorant<br />

les conditions <strong>de</strong> vie <strong>de</strong>s communautés il est possible <strong>de</strong><br />

freiner l’exo<strong>de</strong> rural.<br />

La reconnaissance officielle <strong>de</strong> notre Institut par le Ministère <strong>de</strong><br />

l’Education du Paraguay est imminente. Dans un premier temps,<br />

nous avions entrepris <strong>de</strong>s démarches visant à la création d’une<br />

université <strong>de</strong> développement intégré. Bien que cette idée n’ait<br />

pas été abandonnée, nous avons opté pour la création d’un Institut<br />

Technique Supérieur qui pourra s’effectuer plus rapi<strong>de</strong>ment<br />

car elle ne requiert pas la validation du Parlement. Dans cette<br />

perspective, TRP propose d’ores et déjà à ses futurs étudiants <strong>de</strong>s<br />

cours d’agroécologie (cultures et acclimatation <strong>de</strong>s plantes), et<br />

<strong>de</strong> techniques d’apprentissage et orientation professionnelle. Par<br />

ailleurs, <strong>de</strong>ux pépinières modèle <strong>de</strong> plantes médicinales sont<br />

cultivées : l’une au Centre Educatif Intégral (CEI) Ko’e Pyahu <strong>de</strong><br />

San Miguel Unión avec 80 espèces, et l’autre sur les installations<br />

<strong>de</strong> l’ACADEI (Association Paysanne <strong>de</strong> Développement Intégral) à<br />

Yataity du Nord avec 100 espèces. Cette <strong>de</strong>rnière est cultivée sous<br />

la responsabilité <strong>de</strong> Rosa Britos, ancienne étudiante du CEI. Les<br />

formations et l’entretien <strong>de</strong>s pépinières comptent avec le soutien<br />

technique du Projet Etnobotánica Paraguaya EPY.<br />

Au mois d’août 2010, TRP a contribué à organiser avec d’autres<br />

institutions le Second Séminaire Régional du Bassin versant<br />

Cuenca <strong>de</strong>l Plata sur l’Education et l’Agroécologie, qui a eu lieu à<br />

San Estanislao, San Pedro.<br />

pagE 28 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Le proJet du Jardin<br />

Ethnobotanique<br />

<strong>de</strong> patiño<br />

Une nouvelle réalisation du projet paraguayen<br />

e Jardin Ethnobotanique Patiño<br />

est un nouveau projet <strong>de</strong> l’Association<br />

Ethnobotanique Paraguay<br />

financé par la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> par le biais <strong>de</strong>s<br />

Conservatoire et Jardin botaniques, et par <strong>de</strong>s<br />

fonds privés. Son objectif est la conservation<br />

<strong>de</strong>s espèces utiles <strong>de</strong> la flore indigène du Paraguay<br />

: plantes médicinales, d’usage artisanal,<br />

plantes cosmétiques et tinctoriales, textiles et<br />

autres. Un accent particulier sera mis sur celles<br />

dont les populations sauvages sont menacées.<br />

Ce Jardin est prévu en tant que module<br />

complémentaire à la pépinière ethnobotanique<br />

<strong>de</strong> plantes médicinales du Jardin botanique<br />

d’Asunción.<br />

Le projet se réalise sur un terrain <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux<br />

hectares qui a été mis à disposition par un<br />

couple paraguayo-suisse soutenant cette initiative<br />

; il est à 55 km d’Asunción, près <strong>de</strong> la<br />

<strong>Ville</strong> d’Aregua.<br />

La conception <strong>de</strong>s infrastructures a été réalisée<br />

par une équipe d’architectes paraguayens, dont<br />

la vision écologique prend en compte tous les<br />

aspects techniques <strong>de</strong> préservation <strong>de</strong> l’espace<br />

naturel et du paysage.<br />

Voici les activités qui seront proposées par le<br />

Jardin Ethnobotanique Patiño :<br />

• Présentation et entretien d’une<br />

collection d’espèces végétales utiles<br />

• Visites guidées à l’attention <strong>de</strong> groupes<br />

• Ateliers d’éducation environnementale,<br />

conférences et séminaires<br />

• Cours <strong>de</strong> formation continue<br />

• Vente <strong>de</strong> matériel et publications<br />

d’éducation environnementale<br />

• Multiplication et vente <strong>de</strong> plantons<br />

• Présentation d’oiseaux pour<br />

l’observation<br />

Maria Vera, Ramona Avalos et Ana Pin<br />

Magali Stitelmann Traduction<br />

Au Paraguay, il existe très peu d’espaces<br />

récréatifs et éducatifs tels que celui-ci, qui<br />

soient ouverts au public et oú l’on puisse<br />

mener <strong>de</strong>s actions d’éducation environnementale,<br />

générer <strong>de</strong> l’information et <strong>de</strong>s<br />

savoirs, diffuser <strong>de</strong>s pistes d’action pour la<br />

conservation, la gestion et la protection <strong>de</strong>s<br />

coopération<br />

espèces forestières, et valoriser les connaissances<br />

sur les espèces et la biodiversité utilisées<br />

au Paraguay, <strong>de</strong> même que sur les coutumes<br />

et traditions qui y sont associées.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 29


Une secon<strong>de</strong> étape <strong>de</strong><br />

réalisations pour le projet<br />

« flora da caatinga»<br />

Une secon<strong>de</strong> étape a débuté en janvier 2010, pour ce projet commun<br />

<strong>de</strong> l’Université Fédérale <strong>de</strong> paraïba à patos (UFCg/patos), Brésil<br />

et <strong>de</strong>s Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> genève<br />

ous avons récemment engagé<br />

Maria <strong>de</strong> Fátima Araújo, biologiste<br />

<strong>de</strong> formation, en tant que conservatrice.<br />

Spécialisée en floristique et taxonomie<br />

<strong>de</strong>s Euphorbiacées, c’est elle qui dirige<br />

maintenant les herbiers <strong>de</strong> l’UFCG/Patos, avec<br />

une équipe <strong>de</strong> travail qui comprend treize étudiants,<br />

un assistant et <strong>de</strong>ux biologistes, et dont<br />

l’objectif est <strong>de</strong> mener <strong>de</strong>s recherches taxonomiques<br />

sur la riche flore <strong>de</strong> la Caatinga.<br />

Cette équipe a, <strong>de</strong>puis, été formée à la préparation<br />

d’échantillons <strong>de</strong> plantes et à leur i<strong>de</strong>ntification,<br />

au conditionnement d’un herbier, et<br />

à l’utilisation du programme BRAHMS (Botanical<br />

Research and Herbarium Management<br />

System), qui est aujourd’hui le programme<br />

standard d’organisation <strong>de</strong> collections d’herbiers<br />

selon le Groupe <strong>de</strong> Phylogénie <strong>de</strong>s<br />

Angiospermes.<br />

Environ 550 nouveaux échantillons <strong>de</strong> plantes<br />

<strong>de</strong> la Caatinga ont été collectés au cours <strong>de</strong><br />

six expéditions <strong>de</strong> terrain, et sont maintenant<br />

disponibles pour toute personne intéressée par<br />

la flore <strong>de</strong> cette région, ainsi que <strong>de</strong>s exsiccata<br />

supplémentaires donnés par d’autres herbiers<br />

brésiliens.<br />

La mise en place du Sentier d’interprétation<br />

<strong>de</strong> la Caatinga dans un fragment forestier situé<br />

sur le campus universitaire est en cours. L’inventaire<br />

<strong>de</strong>s espèces d’arbres a permis d’i<strong>de</strong>ntifier<br />

sept espèces exotiques et vingt-quatre<br />

espèces indigènes, parmi lesquelles <strong>de</strong>ux sont<br />

considérées comme vulnérables en raison<br />

d’une forte pression antropique dans le biome<br />

<strong>de</strong> la Caatinga. Il s’agit <strong>de</strong> Myracrodruon<br />

urun<strong>de</strong>uva Allemao et <strong>de</strong> Amburana cearensis<br />

(Allemao) A. C. Sm. Ce fragment <strong>de</strong> forêt<br />

sera enrichi d’autres espèces indigènes afin <strong>de</strong><br />

donner l’opportunité aux visiteurs d’apprécier<br />

cette flore spécifique.<br />

Les collaborateurs impliqués dans le programme<br />

d’éducation à l’environnement ont<br />

visité plusieurs écoles et <strong>de</strong> petites communautés<br />

rurales pour enseigner comment<br />

Olaf Bakke Université <strong>de</strong> Patos (N-E.brésilien)<br />

Coordinateur du projet <strong>de</strong> coopération<br />

Magali Stitelmann<br />

Traduction et adaptation<br />

préparer <strong>de</strong>s remè<strong>de</strong>s faits maison avec <strong>de</strong>s<br />

plantes <strong>de</strong> la Caatinga, et comment les administrer<br />

en toute sécurité aux enfants, aux adultes<br />

et aux animaux.<br />

Notre intention est d’aller plus avant dans nos<br />

recherches et nos interactions avec la population<br />

locale et la communauté scientifique.<br />

Nous comptons obtenir une reconnaissance<br />

légale <strong>de</strong> notre herbier par le réseau <strong>de</strong>s herbiers<br />

du Brésil, et ainsi ai<strong>de</strong>r la communauté<br />

scientifique à augmenter nos connaissances<br />

sur la forêt <strong>de</strong> la Caatinga.<br />

Nous savons que ce sont là <strong>de</strong>s buts ambitieux<br />

pour cette équipe embryonnaire <strong>de</strong> passionnés<br />

<strong>de</strong> la Caatinga. Ces buts ne pourront être<br />

atteints, et nous ne pourrons fournir les services<br />

escomptés à la population et la société<br />

en général, que si le soutien institutionnel que<br />

nous recevons se poursuit. Nous faisons <strong>de</strong><br />

notre mieux pour mériter ce soutien et continuer<br />

à développer la force <strong>de</strong> notre équipe et<br />

son expertise sur la Flore <strong>de</strong> la Caatinga.<br />

pagE 30 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


<strong>de</strong>s écogui<strong>de</strong>s pour<br />

accueillir nos visiteurs<br />

Chaque année, le Centre d’Education Environnementale <strong>de</strong> Hann (CEEH) reçoit<br />

<strong>de</strong>s stagiaires nationaux et étrangers. L’année passée, nous avions reçu m. Benedict<br />

Hudson, <strong>de</strong> nationalité nord-américaine, pour <strong>de</strong>ux mois. A la fin <strong>de</strong> son stage,<br />

il enregistra un petit film sur le jardin ethnobotanique qu’il mit dans le site Youtube*<br />

ette année, nous avons<br />

reçu M. Benjamin Rinfray,<br />

animateur nature<br />

et étudiant en BTS au lycée agricole<br />

<strong>de</strong> Périgueux en France, du 16 juin<br />

au 25 août 2010.<br />

«Je voulais effectuer un<br />

stage <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux mois et <strong>de</strong>mi<br />

au Sénégal dans un lieu où<br />

l’éducation environnementale<br />

est développée. Quand<br />

j’ai tapé « centre d’éducation<br />

environnementale au<br />

Sénégal » sur un moteur<br />

<strong>de</strong> recherche sur Internet,<br />

je n’ai trouvé que le Centre<br />

d’Education Environnementale<br />

du Parc <strong>de</strong> Hann.<br />

Ces informations étaient sur<br />

le site Internet <strong>de</strong>s Conservatoire<br />

et Jardin botaniques<br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>. J’ai donc envoyé<br />

un mail à <strong>Genève</strong> et c’est<br />

M. Didier Roguet qui m’a<br />

donné vos coordonnées. Estce<br />

le seul centre d’éducation environnementale<br />

au Sénégal ? ».<br />

Bien sûr que non, ce n’est pas le<br />

seul ! Mais le CEEH propose <strong>de</strong>s<br />

activités très concrètes avec les<br />

écoles et dans le Parc <strong>de</strong> Hann. De<br />

surcroit, nous avons produit <strong>de</strong>s<br />

supports didactiques à plusieurs<br />

centaines d’exemplaires jugés très<br />

intéressants par les bénéficiaires<br />

(un gui<strong>de</strong> pédagogique pour les enseignants,<br />

une ban<strong>de</strong> <strong>de</strong>ssinée pour<br />

les tout petits, <strong>de</strong>s posters sur bâche,<br />

etc.). M. Benjamin a donc été reçu<br />

pendant <strong>de</strong>ux mois et <strong>de</strong>mi et son<br />

programme <strong>de</strong> stage a permis <strong>de</strong><br />

mener à bien :<br />

• l’organisation d’un centre aéré<br />

pour <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> 8 à 15 ans<br />

• la formation d’écogui<strong>de</strong>s pour<br />

l’ensemble du Parc<br />

• <strong>de</strong>s animations nature pour les<br />

jeunes visiteurs (élèves) principalement.<br />

Le centre aéré regroupant une soixantaine<br />

d’élèves a été organisé. Pendant<br />

<strong>de</strong>ux semaines, ces jeunes ont participé<br />

à <strong>de</strong>s activités manuelles, culturelles et<br />

sportives liées à l’environnement. Une<br />

cérémonie <strong>de</strong> clôture a eu lieu à la fin<br />

qui a permis aux parents <strong>de</strong> voir les<br />

activités menées par leurs enfants. Ce<br />

centre aéré a été une gran<strong>de</strong> réussite et<br />

à l’unanimité, les parents ont émis le<br />

vœu <strong>de</strong> voir <strong>de</strong> telles activités se pour-<br />

suivre et sur une durée plus importante.<br />

Des œuvres ont été réalisées avec <strong>de</strong>s<br />

feuilles <strong>de</strong> rônier, du sable <strong>de</strong> plusieurs<br />

couleurs, du carton, <strong>de</strong> la colle, etc.<br />

Le représentant <strong>de</strong>s parents disait<br />

lors la cérémonie <strong>de</strong> clôture : «Nous<br />

préférons que nos enfants soient ici<br />

et apprennent à protéger l’environnement<br />

que d’aller à la mer car celle-ci<br />

est polluée et la baigna<strong>de</strong> entraine<br />

<strong>de</strong>s maladies graves».<br />

Il y a trois ans, le CEEH avait élaboré<br />

un petit document pour la formation<br />

<strong>de</strong> gui<strong>de</strong>s pour le Parc <strong>de</strong> Hann. En<br />

effet, nous dénombrons plus d’un<br />

million <strong>de</strong> visites d’enseignants et<br />

élèves chaque année sans accompagnement,<br />

d’où la nécessité <strong>de</strong> former<br />

<strong>de</strong>s écogui<strong>de</strong>s. Et c’est cette année<br />

seulement que la formation a pu<br />

Altiné Traoré<br />

Coordinatrice du CEEH<br />

coopération<br />

être organisée. Ces écogui<strong>de</strong>s, recrutés<br />

principalement parmi <strong>de</strong> jeunes<br />

bacheliers du Quartier <strong>de</strong> Hann,<br />

représentent désormais une force<br />

supplémentaire qui va faire changer<br />

le visage du Parc, comme l’a souligné<br />

l’adjoint au directeur du Parc<br />

<strong>de</strong> Hann, surtout lorsque les<br />

nouvelles possibilités d’accueil<br />

<strong>de</strong> groupes scolaires<br />

seront mieux connues <strong>de</strong><br />

nos publics.<br />

Pour occuper les élèves après<br />

la visite du jardin ethnobotanique,<br />

du zoo, ou <strong>de</strong> la mare,<br />

le stagiaire français a développé<br />

<strong>de</strong>s animations pour<br />

les écogui<strong>de</strong>s. Il s’agit <strong>de</strong> jeux<br />

interactifs sur la flore, la biodiversité,<br />

la chaine alimentaire,<br />

par le biais d’activités<br />

utilisant les sens autres que<br />

la vue, comme le toucher et le<br />

goût par exemple.<br />

Les écogui<strong>de</strong>s sont très motivés.<br />

Cette prestation est cofinancée par<br />

les autorités municipales et nationales,<br />

et une participation sera <strong>de</strong>mandée<br />

aux visiteurs. Ceux-ci sont<br />

dorénavant bien encadrés et guidés.<br />

Ils repartent <strong>de</strong> leurs visites avec <strong>de</strong><br />

bonnes informations.<br />

* Liens<br />

Mon Jour Typique à Dakar Partie 1<br />

www.youtube.com/watch?v=xgBFT3YmVKQ&featu<br />

re=channel_page<br />

Mon Jour Typique à Dakar Partie 2<br />

http://www.youtube.com/watch?v=RyIowZn4spM<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 31


EdELWEISS<br />

Une fleur<br />

nationale?<br />

Didier Roguet Chef <strong>de</strong> projet<br />

mythes et paradoxes<br />

L’e<strong>de</strong>lweiss a été désigné symbole national<br />

au XIX e siècle pour, paraît-il, redorer<br />

le blason d’une Suisse quelque peu en<br />

perte <strong>de</strong> vitesse. Mais rien ne prédisposait<br />

cette petite fleur blanche, argentée et<br />

velue à être élevée au rang <strong>de</strong>s célébrités<br />

«helvético-alpine», même si elle trône<br />

délicieusement sur la plupart <strong>de</strong> nos<br />

objets <strong>de</strong> consommation touristiques.<br />

L’e<strong>de</strong>lweiss est originaire d’Himalaya et<br />

<strong>de</strong> Sibérie où elle compte encore plus<br />

<strong>de</strong> 30 espèces sauvages mal connues et<br />

peu travaillées. Elle émigra durant les<br />

pério<strong>de</strong>s glacières (ère quaternaire)<br />

vers l’Europe. Actuellement, le Leontopodium<br />

alpinum est présent dans les<br />

Alpes, les Pyrénées ou encore les Carpates.<br />

Sa seule cousine européenne Leontopodium<br />

nivale a une aire <strong>de</strong> répartition<br />

plus restreinte<br />

Comme cette plante est petite et discrète,<br />

<strong>de</strong> nombreux promeneurs ne la voient<br />

pas lors <strong>de</strong> leurs promena<strong>de</strong>s en montagne.<br />

Ce fait a probablement renforcé<br />

le mythe <strong>de</strong> la plante rare et inaccessible,<br />

bien qu’elle soit probablement plus<br />

fréquente qu’il n’y paraît. La «fleur <strong>de</strong>s<br />

neiges» n’est plus une espèce menacée<br />

sensu stricto, car elle a été domestiquée<br />

en Valais dans le années 90. L’«étoile<br />

<strong>de</strong>s Alpes» est cependant encore protégée<br />

dans quatorze cantons suisses, dont<br />

Vaud, Valais, Tessin, Fribourg, Berne,<br />

Exposition<br />

du 19 mai au 16 octobre 2011<br />

Appenzell et tout le centre <strong>de</strong> la Suisse.<br />

L’E<strong>de</strong>lweiss a été magnifié à la fin du<br />

XIX e siècle. Cette fleur n’a par contre<br />

aucun rapport symbolique et utilitaire<br />

direct avec l’histoire antérieure du territoire<br />

alpien et <strong>de</strong> la Suisse en particulier.<br />

Si elle était parfois utilisée pour ses<br />

vertus thérapeutiques (antidiarrhéique<br />

pour l’homme et le bétail), les paysans<br />

<strong>de</strong> montagnes suisses la cultivent dorénavant<br />

pour la cosmétique, car elle est<br />

riche en radicaux libres, anti-UV et aux<br />

propriétés antivieillissantes.<br />

Une plante discrète et mal connue, même<br />

<strong>de</strong>s botanistes, une espèce aux pouvoirs<br />

thérapeutiques limités, à la rareté<br />

contestée, aux valeurs nationalistes<br />

parfois douteuses car liée au nazisme,<br />

en voilà un symbole étrange pour notre<br />

petite suisse alpine !<br />

Une espèce au nom universel néanmoins,<br />

qui transcen<strong>de</strong> les barrières <strong>de</strong> rösti et<br />

qui nous offre un trait d’union magnifique<br />

et mobilisateur pour une exposition<br />

bilingue que nous souhaitons nationale.<br />

Une fleur nationale pour<br />

une exposition nationale?<br />

Les Jardins botaniques <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et <strong>de</strong><br />

Zurich ont une vocation nationale. Les<br />

collections qu’ils abritent, vivantes ou<br />

mortes (herbiers et bibliothèque) sont<br />

<strong>de</strong> valeur mondiale. Outre leurs missions<br />

<strong>de</strong> conservation, <strong>de</strong> recherche,<br />

pagE 32 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


d’enseignement et d’exploration, ils organisent<br />

périodiquement et respectivement<br />

<strong>de</strong>s expositions qui attirent chaque année<br />

<strong>de</strong> nombreux publics dans leurs allées.<br />

L’idée d’une exposition bilingue commune<br />

sur l’e<strong>de</strong>lweiss, la fleur suisse emblématique<br />

par excellence, a permis <strong>de</strong> cristalliser<br />

leur volonté <strong>de</strong> collaboration en<br />

matière <strong>de</strong> vulgarisation.<br />

Projet multipolaire et vulgarisé, l’exposition<br />

se déclinera en quatre pôles interactifs :<br />

• E<strong>de</strong>lweiss botanique<br />

• E<strong>de</strong>lweiss, cultiver et protéger<br />

le mythe<br />

• E<strong>de</strong>lweiss médicinal, cosmétique<br />

et alimentaire<br />

• E<strong>de</strong>lweiss, le symbole<br />

Les quatre piliers <strong>de</strong> la croix suisse reformulés<br />

et retravaillés par <strong>de</strong>s spécialistes,<br />

botanistes, ethnologues et agronomes !<br />

Cette exposition abor<strong>de</strong>ra aussi la question<br />

<strong>de</strong> notre rapport paradoxal à la symbolique<br />

véhiculée par cette fleur alpine, omniprésente<br />

dans l’imagerie consumériste et<br />

touristique suisse, en particulier au-<strong>de</strong>ssus<br />

<strong>de</strong> 1300 mètres. Elle dévoilera aussi<br />

<strong>de</strong>s facettes cachées liées à la taxonomie<br />

<strong>de</strong> ce genre botanique peu travaillé ou aux<br />

développements agro-économiques nova-<br />

teurs autour <strong>de</strong> sa domestication. L’histoire<br />

ethnographique <strong>de</strong> notre plante, son<br />

rapport profond et permanent <strong>de</strong>puis le<br />

XIX e siècle avec l’histoire <strong>de</strong> l’objet utilitaire<br />

alpin seront étudié et interprété.<br />

Cette exposition multifacettes proposera<br />

<strong>de</strong>s éclairages différenciés sur une espèce<br />

qui appartient à chacun d’entre nous,<br />

mais qui nous échappe lorsque l’on essaie<br />

<strong>de</strong> comprendre son omniprésence. Les<br />

collections vivantes (collection d’espèces<br />

du genre Leontopodium et mortes (herbiers<br />

et illustrations) <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux institutions<br />

seront mises en valeur par les conservateurs<br />

et les jardiniers-botanistes dans le<br />

cadre <strong>de</strong> cette «exposition-promena<strong>de</strong>».<br />

Une attention particulière sera apportée<br />

aux fleurs symboliques et nationales, à<br />

leur valeur intégrative dans une société<br />

multiculturelle et globalisée.<br />

L’exposition, dont l’entrée sera libre, se tiendra en parallèle et<br />

dans <strong>de</strong>ux langues, du 19 mai au 16 octobre, en plein air dans les<br />

<strong>de</strong>ux jardins botaniques <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> et Zurich.<br />

Elle bénéficiera <strong>de</strong> la collaboration <strong>de</strong> l’ Agroscope ACW Changins-<br />

Wä<strong>de</strong>nswil et <strong>de</strong> sa Stations <strong>de</strong>s Fougères en Valais. Elle tirera sa substance<br />

scientifique <strong>de</strong> l’ouvrage magistral «E<strong>de</strong>lweiss, reine <strong>de</strong>s fleurs» qui sortira<br />

<strong>de</strong> presse pour l’occasion (Editions du Belvédère pour la version française et<br />

AT Verlag pour la version alleman<strong>de</strong>).<br />

De nombreuses visites guidées, excursions, animations et atelier pour grands<br />

et petits agrémenteront cette année consacrée à ce symbole alpien par excellence.<br />

Six visites nocturnes et théatralisées sont au programme en juin et en<br />

septembre. Un film 3D coproduit par les CJB et nvp Production sera dévoilé<br />

pour l’exposition et visible dans notre boutique du Jardin botanique avec <strong>de</strong>s<br />

produits dérivés plein <strong>de</strong> créativité.<br />

Renseignements complets dès février sur le site web <strong>de</strong>s CJB, par tél. au<br />

022 418 51 00 et sur le site web <strong>de</strong> l’exposition www.expo-e<strong>de</strong>lweiss.ch<br />

Evènement<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 33


agendas -programmes 2011<br />

LES aTELIERS VERTS<br />

dU JaRdIN bOTaNIqUE<br />

2.3<br />

9.3<br />

16.3<br />

23.3<br />

30.3<br />

6.4<br />

13.4<br />

Bourgeons et chatons,<br />

messagers du printemps<br />

Succulentes ou cactus?<br />

Autres palmiers, autres<br />

tissages, autres tressages<br />

Voyage en Amazonie<br />

Sous la terre s’éveillent les<br />

beautés du printemps<br />

Cultivons <strong>de</strong>s plantes qui<br />

sentent bon<br />

A la découverte <strong>de</strong> surprenantes<br />

plantes miniatures<br />

4.5<br />

11.5<br />

18.5<br />

25.5<br />

8.6<br />

15.6<br />

Une étoile <strong>de</strong>s neiges<br />

pour fêter les mamans!<br />

Mon herbier<br />

<strong>de</strong>s champs 1<br />

A la découverte<br />

<strong>de</strong> l’étonnant<br />

micromon<strong>de</strong><br />

Mon herbier<br />

<strong>de</strong>s champs 2<br />

Jeux <strong>de</strong> piste dans<br />

les rocailles<br />

Le rucher du Jardin<br />

botanique<br />

visites guidées - variations Botaniques<br />

nvie <strong>de</strong> mieux connaître le mon<strong>de</strong><br />

végétal ? Le travail <strong>de</strong>s botanistes et<br />

<strong>de</strong>s horticulteurs vous intéresse ? Les CJB vous<br />

convient à participer à <strong>de</strong>s visites guidées thématiques<br />

les mardi durant la pause <strong>de</strong> midi.<br />

12.04 Floraison printanière<br />

19.04 Les serres du Jardin botanique<br />

03.05 Les carnivores, <strong>de</strong>s plantes<br />

qui font peur?<br />

10.05 Le rucher du Jardin botanique<br />

24.05 Sauvegar<strong>de</strong>r les plantes rares<br />

<strong>de</strong> notre région<br />

31.05 Un peu, beaucoup,<br />

passionnément?<br />

De la marguerite à l’e<strong>de</strong>lweiss<br />

07.06 Conservation <strong>de</strong> la biodiversité<br />

agricole<br />

14.06 Jardin alpin<br />

Ces visites sont organisées par <strong>de</strong>s spécia-<br />

listes, jardiniers et scientifiques qui vous<br />

feront part <strong>de</strong> leur passion et vous gui<strong>de</strong>ront<br />

à travers les différentes collections et trésors<br />

que renferme notre institution.<br />

21.06 E<strong>de</strong>lweiss<br />

28.06 Découvrir la flore alpine<br />

au travers <strong>de</strong>s ouvrages <strong>de</strong> la<br />

Bibliothèque <strong>de</strong>s CJB<br />

30.08 Les énergies renouvelables<br />

du Jardin<br />

06.09 Les palmiers<br />

13.09 L’herbier <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> : une<br />

encyclopédie <strong>de</strong> la biodiversité<br />

20.09 Les arbres <strong>de</strong> notre<br />

musée vivant<br />

27.09 Les lichens: le mariage d’une<br />

algue et d’un champignon<br />

Depuis 1996, les Conservatoire et Jardin<br />

botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> genève proposent<br />

aux enfants <strong>de</strong> 8 à 11 ans <strong>de</strong>s ateliers<br />

périscolaires <strong>de</strong> découverte et <strong>de</strong> sensibilisation<br />

au mon<strong>de</strong> végétal et animal<br />

Cette année à nouveau, et en collaboration avec l’UNI3, 19<br />

ateliers aux thèmes variés seront animés bénévolement par<br />

<strong>de</strong>s aînés souhaitant transmettre leurs savoirs et leur joie <strong>de</strong><br />

vivre aux plus jeunes. Ces après-midi éducatifs ont lieu sur<br />

inscription les mercredi après-midi <strong>de</strong> 14h à 16h30 selon les<br />

dates indiquées.<br />

Inscriptions au 022 379 70 68 (UNI3)<br />

mardi et vendredi <strong>de</strong> 9h30 à 11h30<br />

programme et bulletin d’inscription:<br />

www.ville-ge.ch/cjb<br />

Les visites ont lieu le mardi <strong>de</strong> 12h30 à 13h30.<br />

Ren<strong>de</strong>z-vous <strong>de</strong>vant la Villa Le Chêne (ch. <strong>de</strong><br />

l’Impératrice 1, entrée nord-est du Jardin botanique)<br />

Visites gratuites, sur inscription préalable par<br />

téléphone : 022 418 51 00 ou par email :<br />

visites.cjb@ville-ge.ch<br />

04.10 Pourquoi et comment<br />

conserver les graines?<br />

11.10 De l’expérimentation<br />

botanique à l’exploration<br />

<strong>de</strong>s Alpes: histoire <strong>de</strong> la<br />

Botanique genevoise<br />

18.10 Herbiers <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> : une<br />

encyclopédie <strong>de</strong> la biodiversité<br />

01.11 La diversité lue dans les gènes<br />

15.11 Le bâtiment <strong>de</strong> la Console<br />

ouvre ses portes au public<br />

29.11 Du cacao aux épices,<br />

un Noël équitable?<br />

Programme complet disponible sur : www.ville-ge.ch/cjb/visites_gui<strong>de</strong>es.php – Visites du 24 mai au 11 octobre dans le cadre <strong>de</strong> l’exposition EDELWEISS<br />

pagE 34 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


e<strong>de</strong>lweiss,<br />

la reine <strong>de</strong>s fleurs<br />

’E<strong>de</strong>lweiss porte une i<strong>de</strong>ntité alpine<br />

mythique chargée <strong>de</strong> symboles.<br />

D’origine eurasiatique, cette plante vivace <strong>de</strong><br />

la famille <strong>de</strong>s Astéracées forme <strong>de</strong>s inflorescences<br />

composées <strong>de</strong> plusieurs capitules <strong>de</strong><br />

fleurs minuscules entourés <strong>de</strong> bractées étalées<br />

blanches et duveteuses. Ses vertus médicinales<br />

ont été découvertes très tôt par les paysans <strong>de</strong><br />

montagne qui soignent encore efficacement leur<br />

bétail (ou leur famille) avec une infusion <strong>de</strong><br />

fleurs d’E<strong>de</strong>lweiss. Les composés actifs à l’origine<br />

<strong>de</strong> ces bons résultats thérapeutiques ont<br />

été mis en évi<strong>de</strong>nce récemment. Cette plante<br />

emblématique <strong>de</strong>meure rare dans nos montagnes.<br />

Elle est ainsi protégée dans tout l’Arc alpin.<br />

Des essais <strong>de</strong> domestication ont été nécessaires<br />

afin d’enrayer le pillage <strong>de</strong>s sites naturels et <strong>de</strong><br />

répondre à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’industrie cosmétique.<br />

Véritable star <strong>de</strong>s Alpes, l’E<strong>de</strong>lweiss trouve<br />

une place <strong>de</strong> choix sur les différents motifs vestimentaires<br />

et <strong>de</strong> très nombreux objets. Il <strong>de</strong>vient<br />

alors un très bon argument <strong>de</strong> marketing ! Ce<br />

livre, le 1 er consacré à l’E<strong>de</strong>lweiss en langue<br />

française, sortira <strong>de</strong> presse en avril 2011.<br />

Les auteurs Charly Rey a été chercheur en botanique à la Station Fédérale Agroscope <strong>de</strong> Changins. Il est considéré comme un <strong>de</strong>s meilleurs spécialistes mondiaux <strong>de</strong><br />

l’E<strong>de</strong>lweiss. Catherine Baroffio, José Vouillamoz, Clau<strong>de</strong>-Alain Carron enseignent et effectuent <strong>de</strong>s travaux <strong>de</strong> recherches à la Station Fédérale Agroscope <strong>de</strong> Changins.<br />

Didier Roguet est conservateur aux Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>Genève</strong> et Sabine Rey est enseignante.<br />

Utilités bOTaNIqUES<br />

et ouvrage richement<br />

illustré <strong>de</strong> gravures<br />

et <strong>de</strong> photographies vous fera<br />

découvrir les secrets et les petites<br />

histoires <strong>de</strong>s plantes utilitaires<br />

<strong>de</strong> jardin botanique. A la<br />

fois familières et mystérieuses,<br />

ces plantes utiles ont souvent<br />

une fascinante histoire<br />

commune avec l’homme. Des<br />

potions magiques <strong>de</strong>s sorcières<br />

aux recettes <strong>de</strong>s grands-mères,<br />

beaucoup <strong>de</strong> végétaux ont<br />

<strong>de</strong>s pouvoirs insoupçonnés.<br />

L’auteur présente ces espèces<br />

avec vivacité et saveur en révélant<br />

leurs utilisations et leurs<br />

symboles.<br />

Une introduction vulgarisée à<br />

l’ethnobotanique et <strong>de</strong>s références<br />

aux massifs <strong>de</strong> plantes utilitaires<br />

régionales ou tropicales<br />

(Terrasses <strong>de</strong>s officinales et utilitaires,<br />

Utiles tropiques) du Jar-<br />

NaTURES genevoises<br />

a-t-il donc plusieurs natures dans le bassin genevois ? Probablement, et ce splendi<strong>de</strong><br />

livre <strong>de</strong> photographies résume à merveille les «natures» <strong>de</strong>s diversités biologiques <strong>de</strong><br />

ce territoire fort colonisé par l’homme, mais qui laisse encore une petite place aux organismes<br />

(faune, flore) parfois étonnants qui le peuplent.<br />

Plus <strong>de</strong> 70 photographes naturalistes <strong>de</strong> très haut niveau, membres <strong>de</strong> Pro Natura <strong>Genève</strong><br />

et collaborateurs <strong>de</strong>s Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, ont mis leur<br />

regard au service <strong>de</strong> la connaissance et <strong>de</strong> la conservation <strong>de</strong> cette nature genevoise. Faunes<br />

et flores parfois méconnues, car nous ne savons plus prendre le temps <strong>de</strong> l’observation et <strong>de</strong><br />

la contemplation. Une leçon <strong>de</strong> choses, une leçon <strong>de</strong> vie, une découverte <strong>de</strong> nos natures par<br />

l’image sous le regard du naturaliste.<br />

Ce livre est sorti <strong>de</strong> presse, il est disponible à notre boutique et dans toute bonne librairie.<br />

din botanique <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> sont<br />

évi<strong>de</strong>mment au ren<strong>de</strong>z-vous.<br />

La sortie <strong>de</strong> cet ouvrage, qui<br />

<strong>de</strong>vrait inciter à la visite du<br />

Jardin botanique, est prévue<br />

en mars 2011 pour le Salon du<br />

livre genevois.<br />

Utilités botaniques<br />

<strong>de</strong> Didier Roguet (conservateur,<br />

ethnobotaniste et responsable <strong>de</strong>s<br />

collections <strong>de</strong> plantes utilitaires aux<br />

Conservatoire et Jardin botaniques<br />

<strong>de</strong> la <strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>)<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 35


a la découverte<br />

<strong>de</strong> la flore <strong>de</strong> la cORSE<br />

Bala<strong>de</strong> botanique dans l’Île <strong>de</strong> Beauté<br />

’AAJB a invité ses membres<br />

à découvrir le<br />

règne Eucaryota <strong>de</strong> la<br />

Corse, du 5 au 12 juin 2010. Huit<br />

Amis ont répondu avec enthousiasme<br />

à cette proposition. L’organisation<br />

était parfaite et le temps idéal.<br />

La Corse, d’une superficie égale à environ<br />

celle <strong>de</strong> la Romandie, est habitée<br />

par une flore d’une variété nettement<br />

Michel Chapalay & Bernard Mocellin Membres AAJB<br />

supérieure à celle <strong>de</strong> la Suisse. La formation<br />

<strong>de</strong> cette île, encore rattachée à<br />

l’Ibérie à l’Eocène (40 millions d’années)<br />

pour ensuite dériver vers l’Italie<br />

dans sa position actuelle, son orientation<br />

et son élévation maximale (le<br />

Mont Cintu est à 2710 m), font d’elle<br />

un refuge pour <strong>de</strong>s espèces multiples<br />

et abondantes.<br />

En une semaine, les taxons découverts<br />

ont été innombrables, princi-<br />

Dans le fond désert <strong>de</strong>s Agriates. Au centre embouchure <strong>de</strong> l’Ostriconi<br />

avec forêt ripisylve, milieu d’origine <strong>de</strong> la vigne (Vitis vinifera) qui est une liane.<br />

On ne peut qu’être silencieux <strong>de</strong>vant un tel spectacle.<br />

palement par le fait que les étages <strong>de</strong><br />

végétation visités furent très variés.<br />

Le programme proposé concernait<br />

uniquement le Nord <strong>de</strong> l’île. Nous<br />

avons découvert la flore dans <strong>de</strong>s<br />

sites très intéressants tels que : la<br />

presqu’île <strong>de</strong> la Revellata, l’embouchure<br />

<strong>de</strong> l’Ostriconi, la réserve <strong>de</strong><br />

Scandola, la crique <strong>de</strong> Girolata (magnifique<br />

site accessible qu’en bateau<br />

ou à pied), les calanches <strong>de</strong> Piana,<br />

les gorges <strong>de</strong> Spilonca, la forêt d’Aïtone,<br />

la vallée d’Asco, la vallée <strong>de</strong> la<br />

Restonica, le lac <strong>de</strong> Melo, l’étang <strong>de</strong><br />

Bigulia, etc.<br />

C’est dans une pinte corse <strong>de</strong>vant<br />

une Pietra bien fraîche et avec beaucoup<br />

<strong>de</strong> regrets que le groupe a du<br />

se séparer... avec l’espoir que la visite<br />

du Sud <strong>de</strong> l’île lui sera proposé<br />

à court terme.<br />

pagE 36 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


Photo©Swissaid Photo©ProSpecieRara<br />

la Biodiversité<br />

un atout incontesté!<br />

pourtant, il a fallu que l’ONU décrète 2010 année internationale<br />

<strong>de</strong> la biodiversité pour que le slogan «la biodiversité, c’est la vie»<br />

<strong>de</strong>vienne la responsabilité <strong>de</strong> tous<br />

onserver 750 variétés <strong>de</strong> pommes<br />

et 120 variétés <strong>de</strong> tomates – un<br />

caprice ? Quelques-unes, rentables,<br />

ne suffiraient-elles pas à couvrir largement la<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong> ? Pourquoi ne pas laisser s’étioler<br />

les <strong>de</strong>rnières races traditionnelles <strong>de</strong> chèvres,<br />

évincées par leurs avatars mo<strong>de</strong>rnes et performants<br />

? Autant <strong>de</strong> questions auxquelles nous<br />

sommes confrontés chaque jour. Année <strong>de</strong> la<br />

biodiversité oblige, pools et ressources génétiques<br />

tiennent la ve<strong>de</strong>tte pour mettre en lumière<br />

l’importance <strong>de</strong> la biodiversité – feu <strong>de</strong> paille<br />

médiatique ou réelle prise <strong>de</strong> conscience ?<br />

Agriculteurs, paysagistes, éleveurs et amateurs<br />

<strong>de</strong> spécialités ProSpecieRara savent que<br />

la diversité agricole est indispensable pour<br />

garantir un libre accès pour tous aux ressources<br />

génétiques, préserver notre souveraineté<br />

alimentaire tout en favorisant le maintien du<br />

paysage et l’intégrité <strong>de</strong> l’environnement.<br />

Pour que le plus grand nombre prenne<br />

conscience que «la diversité c’est la vie», nous<br />

avons multiplié tout au long <strong>de</strong> l’année <strong>de</strong> nombreuses<br />

manifestations ProSpecieRara labellisées<br />

2010, Année internationale <strong>de</strong> la biodiversité,<br />

organisées autour <strong>de</strong>s trois axes suivants :<br />

• Découvrir Fête <strong>de</strong> la chèvre bottée (en mai, à<br />

Brend, VD), marché <strong>de</strong> plantons (en mai, à Vevey,<br />

VD), visite <strong>de</strong> pâturages boisés (en juin, à Orvin<br />

et Tramelan, BE), «Caravane <strong>de</strong>s semence» (en<br />

mai, en collaboration avec Swissaid, aux Conservatoire<br />

et Jardin botaniques <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>), marché<br />

bio <strong>de</strong> Saignelégier (en septembre, à Saignelégier,<br />

JU), Nature en Ra<strong>de</strong> (<strong>de</strong> juin à septembre,<br />

en collaboration avec Pro Natura, à <strong>Genève</strong>).<br />

Denise Gautier<br />

Coordinatrice ProSpecieRara-Suisse<br />

partenaires<br />

• Savourer Visite gourman<strong>de</strong> (en juin, en<br />

collaboration avec ProNatura, à Champ-Pittet,<br />

VD), dégustation surprise (en septembre, à<br />

Sauvabelin, VD).<br />

• Pratiquer Cours <strong>de</strong> multiplication <strong>de</strong><br />

semences (en août, à Chambrelien, NE), cours<br />

<strong>de</strong> filage et feutrage <strong>de</strong> laine (en septembre, en<br />

collaboration avec Laines d’ici, à Cernier, NE),<br />

cours <strong>de</strong> taille <strong>de</strong>s fruitiers (en novembre, à<br />

Glovelier, JU et <strong>Genève</strong>), colloque biodiversité<br />

(en novembre, à Sion, VS).<br />

Souhaitons que ces activités vous aient permis <strong>de</strong><br />

mieux comprendre les enjeux <strong>de</strong> la biodiversité,<br />

d’apprendre à la connaître et, nous l’espérons,<br />

<strong>de</strong> vous encourager à nous ai<strong>de</strong>r à la protéger et<br />

à la sauvegar<strong>de</strong>r !<br />

De haut en bas et <strong>de</strong> gauche à droite Le massif ProSpecieRara aux CJB, un outil didactique pour<br />

sensibiliser le grand public à la conservation <strong>de</strong> la biodiversité. Dans le massif <strong>de</strong> multiplication<br />

ProSpecieRara, les jardiniers <strong>de</strong>s CJB font un précieux travail <strong>de</strong> sauvegar<strong>de</strong> d’anciennes variétés.<br />

La naissance d’une chèvre bottée, une fête en soi pour cette race menacée.<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 37<br />

Photo©ProSpecieRara


extension <strong>de</strong>s<br />

herbiers (suite)<br />

e chantier <strong>de</strong> construction <strong>de</strong> l’herbier BOTV (voir FV<br />

39 et 40) a été ouvert en janvier 2010. L’espace nécessaire<br />

aux trois niveaux en sous-sol a été creusé et la molasse<br />

rencontrée extraite.<br />

En parallèle, les réflexions sur la rénovation <strong>de</strong>s bâtiments<br />

Console et Bot 2/3 se poursuit en collaboration avec les services<br />

compétents et les architectes mandatés.<br />

Laurent Gautier Conservateur<br />

’année 2010 est celle<br />

<strong>de</strong> la biodiversité et <strong>de</strong><br />

l’échéance du compte à rebours<br />

2010, l’année où, selon l’engagement<br />

<strong>de</strong> nombreux Etats<br />

signataires <strong>de</strong> la Convention<br />

<strong>de</strong> Rio en 1992, la diminution<br />

continue <strong>de</strong> la biodiversité<br />

<strong>de</strong>vait être stoppée.<br />

Ce but a-t-il été atteint ? Le<br />

Forum Biodiversité Suisse <strong>de</strong><br />

l’Académie <strong>de</strong>s Sciences Naturelles<br />

(SCNAT) a tenté d’y répondre<br />

en publiant, avec le soutien <strong>de</strong> la<br />

Fondation Bristol ainsi que <strong>de</strong>s<br />

offices fédéraux <strong>de</strong> l’environne-<br />

ment (OFEV) et <strong>de</strong> l’agriculture<br />

(OFAG), un livre qui décrit l’évolution<br />

<strong>de</strong> la biodiversité <strong>de</strong>puis<br />

1900, présentée selon différents<br />

facteurs comme l’économie<br />

forestière, l’agriculture, l’urbanisation,<br />

le tourisme, les transports,<br />

les changements climatiques<br />

etc. Cet ouvrage est l’œuvre<br />

<strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 80 scientifiques et<br />

experts qui ont établi ce bilan<br />

sur la base <strong>de</strong>s meilleures données<br />

actuellement à disposition.<br />

A <strong>de</strong> rares exceptions près, il y<br />

est démontré que la biodiversité<br />

a fortement reculé en Suisse jusque<br />

dans les années 1990. Puis<br />

digitalisation<br />

<strong>de</strong>s collections<br />

a digitalisation <strong>de</strong> nos collections, et plus particulièrement<br />

<strong>de</strong> nos échantillons-types et <strong>de</strong> nos collections historiques se<br />

poursuit avec l’appui financier <strong>de</strong> la Andrew W. Mellon Foundation.<br />

Les échantillons sont saisis en base <strong>de</strong> données et une image numérique<br />

à haute résolution est prise. Ces informations sont accessibles<br />

sur la toile par le site <strong>de</strong>s CJB. A ce jour et <strong>de</strong>puis le début du projet<br />

en 2004, les 1,7 Million <strong>de</strong> $ investis par la fondation ont permis <strong>de</strong><br />

traiter plus <strong>de</strong> 50’000 échantillons.<br />

Un bILaN <strong>de</strong> l’évolution <strong>de</strong> la Biodiversité en suisse<br />

publication d’un livre du Forum Biodiversité<br />

à l’occasion du «compte à rebours 2010»<br />

L. Gautier<br />

les pertes ont pu être ralenties,<br />

ce qui met en valeur l’effet <strong>de</strong>s<br />

mesures diverses adoptées pour<br />

protéger l’environnement dès les<br />

années 1980, par exemple dans<br />

le domaine agricole ou forestier.<br />

La tendance générale laisse à<br />

penser que le fond est quasiment<br />

atteint et qu’une légère remontée<br />

se <strong>de</strong>ssine peu à peu, ce qui est en<br />

soi réjouissant malgré les énormes<br />

pertes subies <strong>de</strong>puis plus<br />

d’un siècle. De nouveaux nuages<br />

s’amoncellent cependant à l’horizon<br />

sous la forme <strong>de</strong>s menaces<br />

générées par les changements<br />

climatiques et les espèces exotiques<br />

envahissantes.<br />

Le livre a été publié tout d’abord<br />

en allemand en avril 2010 et la<br />

version française sera disponible<br />

au printemps 2011. Des informations<br />

complémentaires sont<br />

disponibles sur :<br />

www.biodiversity.ch/f/.<br />

C. Lambelet<br />

pagE 38 – N° 41 – décEmbRE 10 – La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES


publication d’une LISTE<br />

<strong>de</strong>s espèces et sites prioritaires<br />

<strong>de</strong>s pLaNTES VaScULaIRES<br />

du canton <strong>de</strong> genève<br />

A l’occasion <strong>de</strong> l’année <strong>de</strong> la biodiversité les<br />

Conservatoire et Jardin Botaniques et la Direction<br />

générale Nature et paysage achèvent dix années<br />

d’un projet <strong>de</strong> collaboration concernant l’inventaire<br />

<strong>de</strong>s espèce menacées du canton <strong>de</strong> genève<br />

ébuté par le recensement <strong>de</strong>s espèces<br />

rares et <strong>de</strong> leurs populations qui<br />

a mobilisé plusieurs personnes pour <strong>de</strong>s<br />

campagnes <strong>de</strong> terrain entre 2001 et 2005, il<br />

a débouché en 2006 sur la publication d’une<br />

liste <strong>de</strong>s plantes vasculaires avec Liste Rouge.<br />

Pour mieux pouvoir gérer les près <strong>de</strong> 400<br />

espèces qui ont un statut <strong>de</strong> menace cantonal,<br />

l’étape suivante a consisté à hiérarchiser les espèces<br />

selon une priorité d’action. La métho<strong>de</strong><br />

développée a permis d’évaluer plus <strong>de</strong> 250 es-<br />

es événements vulcanologiques exceptionnels que nous avons<br />

vécu cette année et qui ont paralysé l’Europe entière, n’ont<br />

pas toujours eu que <strong>de</strong>s conséquences néfastes pour l’Humanité...<br />

En 1815, l’explosion du volcan Tambora en Indonésie (quelques<br />

10 000 fois supérieures à celle du volcan islandais) en rejetant un<br />

énorme nuage <strong>de</strong> cendre, a contribué à faire diminuer <strong>de</strong> 1 <strong>de</strong>gré<br />

la température <strong>de</strong> l’Hémisphère nord. Elle a créé les conditions<br />

d’une disette sans précé<strong>de</strong>nt lors <strong>de</strong> l’année suivante (1816) appelée<br />

«l’année sans été». Cette <strong>de</strong>rnière eut pour conséquence directe la<br />

fondation même <strong>de</strong> notre Institution, le Jardin botanique <strong>de</strong> <strong>Genève</strong><br />

pèces. Suivant leur localisation géographique,<br />

elles ont ensuite été regroupées en plus <strong>de</strong> 430<br />

sites, qui ont eux aussi été hiérarchisés.<br />

Le résultat sera prochainement publié dans<br />

un Hors Série, qui comprendra notamment les<br />

résultats détaillés par commune. Il permettra<br />

aux gestionnaires <strong>de</strong> la nature <strong>de</strong> tenir compte<br />

au mieux <strong>de</strong>s intérêts <strong>de</strong>s plantes <strong>de</strong> notre<br />

canton et <strong>de</strong> planifier les actions <strong>de</strong> sauvegar<strong>de</strong><br />

en conséquence.<br />

C. Lambelet<br />

aU-dESSOUS du volcan<br />

brèves<br />

LAMBELET-HAUETER, C., C. SCHNEIDER & R.<br />

MAYOR (2006). Inventaire <strong>de</strong>s plantes vasculaires du<br />

canton <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> avec Liste Rouge. Hors-série<br />

N° 10. Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la <strong>Ville</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, <strong>Genève</strong>.<br />

LAMBELET-HAUETER, C., C. SCHNEIDER & B. VON<br />

ARX (2010). Conservation <strong>de</strong>s plantes vasculaires du<br />

canton <strong>de</strong> <strong>Genève</strong> : espèces et sites prioritaires. Horssérie<br />

N° 12. Conservatoire et Jardin botaniques <strong>de</strong> la<br />

<strong>Ville</strong> <strong>de</strong> <strong>Genève</strong>, <strong>Genève</strong> (à paraître).<br />

en 1817 sur l’emplacement <strong>de</strong> l’actuel Parc <strong>de</strong>s Bastions !<br />

Candolle rapporta ainsi ces événements exceptionnels :<br />

« Cet hiver <strong>de</strong> 1816 à 1817 fut remarquable par une cherté <strong>de</strong> vivres qui<br />

pouvait presque s’appeler disette. On montra un zèle et une générosité<br />

remarquables pour faciliter la nourriture <strong>de</strong>s classes pauvres, soit en leur<br />

donnant <strong>de</strong>s vivres à bon marché, soit en leur fournissant du<br />

travail. Cette circonstance qui aurait pu la retar<strong>de</strong>r, accéléra la<br />

fondation du Jardin botanique .»<br />

Patrick Bungener Collaborateur scientifique<br />

La <strong>FEUILLE</strong> VERTE – JOURNaL dES cONSERVaTOIRE ET JaRdIN bOTaNIqUES – N° 41 – décEmbRE 10 – pagE 39


CONSERVATOIRE<br />

ET JARDIN BOTANIQUES<br />

VILLE DE GENèVE<br />

Conservatoire & Jardin botaniques<br />

Case postale 60<br />

Chemin <strong>de</strong> l’impératrice 1<br />

CH-1292 Chambésy/genève<br />

Tél. 022 418 51 00<br />

Fax 022 418 51 01<br />

www.ville-ge.ch/cjb/

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