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PARTIE SCOLAIRE - INRP

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Année scolaire 1814-1915. N° 2 34 Octobre 1914.

PARTIE SCOLAIRE

DIRECTIONS ET EXERCICES

RTRT ffir R APHTF AfOTJVF A TJTftÇ [Sous cette rabrique, nous mettrons chaque semaine l'annonce de»

DlDLlUVji\.n.i rllE... J V U U J


82°, Année. N° 2 24 Octobre 1 914.

MANUEL GÉNÉRAL

DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

JOURNAL HEBDOMADAIRE

DES INSTITUTEURS ET DES INSTITUTRICES

On s'abonne à Paris, chez MM. Hachette et C i# , libraireséditeurs,

boulevard Saint-Germain, 79 ; dans les départements,

chez tous les libraires ou sans frais dans tous les

bureaux de 'poste.

Prix de l'abonnement pour un an :

FRANCE 6 fr.

UNION POSTALE 8 fr.

Prix du numéro : 10 cent.

Les demandes de changement d'adresse doivent tire accompagnées de 5oc. — Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.

= SOMMAIRE =

Pourquoi nous nous battons (p. 13). 0 0 0 0 0 0 0 o o o F. BUISSON,

MON FRANC PARLER : L'École pendant la Guerre (p. 15). o o ANDRÉ BALZ.

Pédagogie pratique (p. 16). 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 o JEAN MAGNEIN.

« Illassablenient » (p. 17). o o o o o o o o o o o o o o o o R. PÉRIÉ.

OPINIONS DE NOS ( Lettre d'un non-mobilisé (p. 17). 0 0 0

o 0 0 0 0 T..

LECTEURS | A propos des Promotions (p. 17). o o o o PAUL MOREL.

1. L'Electro-aimant et la Chirurgie militaire. — 2. L'Importance alimentaire des

REVUE

SCIENTIFIQUE

Fruits. •— 5. Les Invasions de Sauterelles et l'Institut Pasteur. — 4. Ce que

peuvent transporter les plus grands Transatlantiques. — 5. Les Avantages du

Pansement individuel. — 6. La Crise des (Sufs. — 7. La Résistance de VAir

et la Forme des Locomotives, (p. 18). 0 0 0 0 0 0 SAINT-GILLES

Revue de la Presse. — Revue des Bulletins. — Communication.

Actes officiels. — Annonces.

— Correspondance.

RENOUVELLEMENT DES ABONNEMENTS '

AVIS TRÈS IMPORTANT

En raison clu nombre considérable des abonnements à renouveler au moment d<

la rentrée scolaire, nous engageons nos lecteurs, pour éviter tout retard dans la

réception de leur journal, à se réabonner de suite, sans frais, chez leur libraire ou

dans leur bureau de poste, ou en nous envoyant le montant de leur réabonnement

'avant le 3i décembre prochain.

A tous ceux dont l'abonnement ne serait pa$ renouvelé a cette date ou~qui ne notts

auraient pas fait connaître dans quelles conditions ili Tmmvrtt^nenl

soit réglé, nous ferons présenter, sans frais, par la p


MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

placer son pays au-dessus d e tout, même a udessus

de la justice, au-dessus des lois, nationales

et internationales, au-dessus des droits

et des devoirs éternels de l'humanité?...

Non, répondez-vous tous. Le droit du plus

fort, c'est la négation de tout droit.

Un jour — c'était vers la fin dejuillet dernier—ceux

qui mènent les affaires de l'Empire allemand

ont cru que le moment propice était

venu. Ils étaient prêts. Ii leur fallait la guerre

tout de suite e t u ne guerre qui devait fondre

sur nous à l'improviste comme un ouragan de

fer e t de feu.

Pour entrer plus vite e n France, il y avait

un moyen sûr. C'était d e traverser a u pas d e

eourse la Belgique, petit pays neutre. Le gouvernement

allemand n e supposait pas que la

Belgique, avec ses 7 millions d'habitants, pût

s'aviser de lutter contre un empire de 68 millions.

Le gouvernement allemand s'était trompé.

La petite Belgique, non seulement refusa les

complaisances infâmes qu'on lui demandait,

mais elle défendit héroïquement sa liberté. Elle

sacrifia des milliers d'hommes, elle subit les

horreurs d'une invasion digne des Barbares,

elle vit son territoire ravagé, sa capitale rançonnée,

ses villes bombardées, ses monuments

détruits, son industrie ruinée, sa population

obligée de fuir en masse devant les obus et

l'incendie. Mais elle ne céda pas. Etl'énormeflot

allemand fut, contre toute prévision, retardé de

plusieurs jours. Le coup était manqué...

Vous criez : « A r ive la Belgique-! » Vous avez

raison : rien n'est plus beau que de voir une poignée

d'hommes, au péril de leur vie, se dresser

ainsi pour la défense du droit.

*

* *

Mais ce ne fut pas tout.

Témoin de cette criminelle violation des engagements

internationaux, l'Angleterre, qui est

une des puissances garantes de l a neutralité

belge, n'hésita pas. Elle déclara la guerre à

l'Allemagne, fit alliance avec nous et se jeta résolument

dans la mêlée, en jurant de ne pas se

retirer avant d'avoir réduit à l'impuissance le

colosse militaire qui prétend faire laloi àl'Europe.

Cette intervention de l'Angleterre aggravait

singulièrement la situation del'Empire allemand.

N'ayant avec lui que l'Autriche, d'ailleurs très

ébranlée elle-même, obligé de faire fa?e aux

énormes armées de la Russie, coupé de presque

toutes ses relations avec le reste du monde par

la marine anglaise, l'Empire allait jouer son

existence. Il n'avait qu'une ressource : c'était de

produire un effet foudroyant par une éclatante

3t immédiate défaite infligée à l'armée française.

Et dans leur enivrement, les Allemands poussèrent

avec fureur plus d'un million de soldats

parlatrouée ouverte ainsi au mépris des contrats.

Ils devaient, en quelques jours, être à Paris,

et nous imposer, avec la paix, le démembrement

de la France.

Là encore ils se trompaient.

Il n'était pas possible d'empêcher l'avalanche

de se précipiter sur nos départements du Nord

et du Nord Est Mais le sang-froid de nos généraux

et l'indomptable courage d e n os soldats

ont fait cette merveille que ce million d'hommes

qui devait nous écraser a été forcé d e reculer

sans avoir touché au camp retranché de Paris.

L'immense bataille de la Marne, qui dura sept

jours, a sauvé Paris et la France.

*

* *

La lutte n'est pas finie.

A l'heure où je vous parle, il y a plus de vingthuit

jours que dure, surlesbords de la Somme,

de l'Aisne, de la Meuse, une bataille sans précédent,

ou plutôt u ne série d'actions simulianées,

dont chacune égale les plus grandes

batailles de l'histoire. Jamais le monde n e vit

un aussi gigantesque duel de nations.

Essayez de vous représenter cette ligne de

près de 400 kilomètres, de Lille à Belfort, le long

de laquelle les envahisseurs cherchent, jour et

nuit, à se frayer un passage.

Et qu'est-ce qui les arrête s ur une si grande

longueur? C'est un mur qu'ils ne peuvent abattre,

une muraille vivante faite des poitrines de nos

soldats français et anglais.

Tous les jours, la mitraille y fait d'épouvantables

vides sanglants. Tous les jours, nous les

comblons par l'arrivée de nouveaux combattants.

Et pas un point de cet immense front de

bataille où l'attaque furieuse des ennemis n'ait

été repoussée à force de dévouement, d e discipline

et d'héroïsme !

*

* *

Et maintenant, enfants, si l'on vous demande

ce que font là-bas vos pères et vos grands frères,

vous saurez le dire, n'est-ce pas ?

Avant tout, ils défendent la France contre

l'Allemagne. Mais ils font plus. Ils défendent le

Droit contre la Force. Ils défendent, avec notre

liberté, l a liberté de tous les pays, petits et

grands, qui veulent être et rester libres.

Ils défendent contre le militarisme prussien

le respect des contrats, la foi à la parole d onnée,

l'inviolabilité des traités, le respect de

la civilisation et de l'humanité, toutes ces choses

sacrées qu'un ministre allemand appelle des


PARTIE GÉNÉRALE 15

MON FRANC PARLER

L'École pendant la Guerre

La mobilisation des adjoints. — Comment on pourvoit aux vacances du personnel. — Les déchets

de la population tcolaire. — Les grands restent aux champs. — Nous ne sommes plus en

1870. — CJue circulaire ministérielle. — Comment l'appliquer dans les campagnes.

I J'ai voulu savoir comment en celte année

terrible s.e faisait la rentrée des classes e t je

suis allé visiter une école, loin, bien loin de

Paris, dans un pays qui n'a p as e u — directement

d u moins — à souffrir des maux de la

guerre.

A la veille de la mobilisation, le personnel

de cette école se composait d'un directeur et de

quatre adjoints. Sur les quatre, trois ont été

mobilisés et incorporés dans l'active ou dans

les services auxiliaires de l'armée. L'un d'eux,

qui avait été blessé, est déjà retourné au feu.

Pour remplir ces vides, l'inspection académique

a envoyé u n jeune homme pourvu du

brevet simple, mais qui n'a accepté ces fonctions

que comme situation d'atteute, car il désire, je

crois, entrer dans les Portes et Télégraphes,

Avec lui, o n a dépêché au directeur une jeune

institutrice qui sort de l'école normale, soit, en

réalité, deux suppléants pour occuper trois places

vacantes.

Mais, je me liât • de le dire, cette organisation

est pour le moment suffisante et voici pourquoi.

En même temps que diminuait le nombre des

maîtres, la population scolaire s'abaissait dans

d'assez fortes proportions.

Les petits et les moyeDS sont rentrés au jour

fixé; mais les grands sont restés chez eux. Ils

ont déserté le cours supérieur et le coui's complémentaire,

si bien que l'école se trouve, p our

ainsi dire, décapitée.

J'ajoute que jamais absences n'odt été mieux

justifiées. Nous sommes dans un pays agricole.

La mobilisation a fait disparaître en quelques

jours toute la population valide et cela en pleine

moisson . P our la première fois depuis un siècle,

depuis les mémorables campagnes de 1813 et de

1814, o n a vu les femmes îemplacer les hommes

dans les travaux des champs. En ce moment

elles arrachent les pommes de terre. Après,

viendra la récolte des fruits, la fabrication du

cidre, la fumure, l'ensemencement. Pour tout

cela, on a besoin d u travail des petits gars, de

ceux du moins qui ont les bras solides et sont

déjà initiés aux travaux des champs. Voilà pourquoi

la grande classe risque de n'être guère fréquentée

cet hiver.

Il n'en fut pas de même en 1870 et pour cause.

On vivait alors sous le régime de l'engagement

décennal. Tous les membres de l'enseignement

public se trouvaient exemptés du service militaire.

Seuls, les engagés volontaires restèrent

sous les drapeaux jusqu'à la conclusion de la

paix. Mais les instituteurs, en majorité, n'avaient

pas quitté leurs postes et la rentrée se fît dans

des conditions normales.

Quant à la populati-n elle-même, elle était,

aussi moins profondément atteinte. On ne

connaissait pas le service obligatoire. Sur les

champs de bataille, c'étaient des armées qui se

heurtaient et non pas, comme aujourd'hui, des

nations armées. Beaucoup d'hommes valides

restèrent en ce temps-là dans leurs foyers. Aussi

n'avait-il pas été nécessaire de faire appel, pour

les travaux des champs, à la main-d'œuvre des

enfants de douze à quinze ans. On put ainsi

éviter une perturbation générale qui aura

sa répercussion sur toutes les œuvres scolaires,

à plus forte raison s ur les œuvres postscolaires.

Que voulez-vous? A la guerre comme

à la guerre. On fera partout le possible. Chacun

y mettra du sien.

Tout dernièrement, le ministre de l'Instruction

publique a fait paraître une circulaire dans

laquelle il expose le programme de la première

classe. Il demande avec raison que, le jour de

la rentrée, la première parole d u maître aux

élèves hausse les cœurs vers la patrie et que sa

« première leçon honore la lutte sacrée où nos

armes sont engagées ».

« Dans tout le pays, à la m ême heure, les

fils de France vénéreront le génie de notre

nation et salueront l'héroïsme de ceux qui

versent leur sang p ourja liberté,- la justice et

le droit humain. La leçon d u maître sera simple.

et forte. Elle devra convenir à l'âge de ses

auditeurs, les u ns enfants, les autres adolescents.

»

C'est fort bien, mais encore faut-il que ces

leçons soient adaptées à la mentalité de l'auditoire.

Justement, au moment où je sortais de

l'école, une brave temme m'apportait une lettre

de son fils, simple matelot sur le Voltaire qui

fait partie de l'escadre en ce moment dans

l'Adriatique sous les ordres d e l'amiralissime.

Combien je regrette d e ne l'avoir pas co.piée

pour vous la transcrire ici 1 Elle se résume en

ces quelques mots : « Ne vous faites pas plus de

bile que nous. Nous ne manquons de r ien.

Nous travaillons beauîoup pour la patrie, c'està-dire

pour vous tous. Attendez encore un peu

et vous verrez que nous ne travaillons pas trop

mal. » E t dans toutes les lettres qu'on m'a fait

lire, qu'elles viennent de l'Adriatique, de te

Marne ou de l'Aisne, c'est la même note simple,

vibrante et réconfortante dans leur naïveté !

Pourquoi ne lirait-on pas aux enfants quelquesunes

des lettres de leurs aînés ? C'est la guerre

racontée par des « p ays » qui parlent en même

temps d u village, de la famille et des amis, et

qui tous, sans exception, affirment une foi

iuvincible dans le succès final Cette lecture,

j'en suis certain, ferait plus d'effet sur les petits

paysans que toute la pompe et les fioritures de

la rhétorique officielle.

ANDRÉ BALZ.


MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

' A propos de l'interrogation.

Comment la préparer. — Comment la conduire.

C'est u n des lieux communs de la pédagogie

que tout exposé oral, toute leçon du maître,

doit se compléter par deux séries de questions :

des questions d'intelligence destinées à provoquer

la réllexion de l'élève, à exercer ses facultés

d'observation et de jugement; puis, la leçon

finie, des questions de contrôle permettant de

constater si notre enseignement a porté, s'il

a été suivi, et ce qu'il en reste dans l'esprit des

enfants. C'est de cette dernière catégorie de

questions seulement que nous entendons nous

occuper ici.

Il nous semble que trop souvent, nous n'accordons

pas à cet exercice toute l'importance

qu'il mérite, et que, -conséquemmeut, nous

négligeons un peu sa préparation. Rappelonsnous

cependant combien il'nous est difficile à

nous-mêmes de saisir exactement la pensée de

nos interlocuteurs, et de répondre avec précision

aux questions qui nous sont posées; cette

difficulté se trouve notablement accrue lorsque

la question est vague, imprécise et mal délimitée;

or, elle le sera fréquemment à l'école primaire,

si elle est improvisée.

L'improvisation en matière d'interrogation

est donc à condamner. Elle ne peut que provoquer

des réponses inexactes ou incomplètes,

quand elles ne sont pns baroques ou absurdes,

de ces réponses qui excitent l'hilarité de toute

la classe et découragent ou exaspèrent les

maîtres, alors que pourtant ils en sont responsables

pour une large part. Afin d'éviter ces

réponses malheureuses, il suffira que les questions

soient bien choisies, bien coordonnées,

que l'enfant aperçoive aisément la relation

étroite existant entre celle qui lui est adressée

et la précédente; il faudra surtout qu'elles

soient énoncées en termes clairs et simples :

en un mot que, par leur choix, leur disposition,

leur nombre toujours restreint, elles permettent

de constituer u n exact et bref résumé de la

leçon : pour cela, une préparation minutieuse

est nécessaire.

Supposons que ce travail préparatoire ail été

bien fait. Yoici maintenant, en classe, la leçon

achevée : le maître est dans sa chaire, bien en

r ace de ses élèves, les dominant, les enveloppant

tous du regard. Et n'allez pas croire que

cette place du maître soit indifférente ! Ne doit il

pas éviter par ses déplacements successifs, de

devenir lui-même un sujet de distraction pour

ceux qui l'écoutent? S'adressant alors à toute la

classe, il pose sa première question. D'un coup

d'oeil, il juge, à la physionomie de ses auditeurs,

si tous ont bien entendu et compris cette question;

il pourrait presque nommer déjà ceux qui

ont tro.ivé la réponse; alors seulement, après

avoir laissé à chacun quelques instants de ré­

Pédagogie pratique.

flexion, il désigne celui qui, à haute voix, devra

formuler cette réponse.

Lorsque l'élève interrogé ne répond pas,— ce

qui sera assez rare,si la question a été bien préparée

à l'avance, — le maître pourra présenter

cette questionsous une autre forme,il s'efforcera

de la préciser davantage encore, de façon à jeter

un peu de lumière dansl'esprit de son élève.Mais

qu'il se garde d'aucun geste d'impatience et qu'il

ne se hâte point trop de soumettre la même

question à u n second, puis à un troisième auditeur.

Procéder ainsi serait favoriser la paresse

d'esprit des élèves faibles ou indifférents et

paralyser en eux toute velléité d'effort intellectuel

: « Pourquoi, penseront-ils, dès qu'ils connaîtront

notre habitude, pourquoi nous évertuer

à chercher une réponse que la complaisance

d'un camarade plus prompt et mieux renseigné

va fournir bientôt, et que le maître acceptera

bénévolement, dans l'oubli complet du premier

élève interrogé? »

Il importe, au contraire, que les enfants

sachent bien que vous ne les tiendrez pas quittes

avant qu'ils n'aient t'ait pour répondre un effort

sérieux, que leur responsabilité, leur petit

amour-propre d'écolier sont engagés, et que

tous leurs camarades vont être les témoins ou

de leur succès ou de leur insuffisance.

A ceux qui pourraient objecter qu'avec un

tel procédé la classe risque de manquer de vie

et qu'il est préférable d'intéresser le plus

d'élèves possible à la recherche dq la solution,

if sera facile de faire remarquer que l'interrogation

s'adresse à tous, que chacun a été invité

à-chercher mentalement la réponse, que souvent,

dix, vingt mains SÏ sont levées à la fois,

et sont venues prouver.que personne n'est resté

indifférent, et cela avant môme que l'élève

désigné ait répondu tout haut.

L'avantage du procédé, au contraire, c'est que

cet élève trouvera dans l'attitude de ses condisciples,

dans leur désir, péniblement contenu,

de répondre avant lui, un stimulant des plus

décisifs, pour accomplir l'effort que son émulation

lui demandera de faire.

Le maître, ayantobtenu une première réponse,

pourra demander à u n second élève de la rectifier

ou de la compléter.

Surtout n'exigeons pas une réponse trop

prompte. Donnons à l'enfant le temps de la

réflexion. Réprimons, au besoin, ces réponses

trop hâtives qui font naître ou entretiennent

chez nos élèves la légèreté et l'étourderie, qu'ils

conserveront peut-être toute leur vie.

L'interrogation bien conduite nous fournit

ainsi l'une des meilleures occasions de donner

aux enfants de bonnes habitudes d'esprit et de

cultiver en eux l'attention et la réflexion. Et

chacun sait que ce sont là deux précieuses

facultés : profitons-en.

JEAN MAGINEIN,

Instituteur à Ludon (Gironde).


« Illassablemeiit ».

Du front de bataille un artilleur écrivait

'autre jour à u n académicien pour lui signaler

e mot inlassable, forme vicieuse au lieu à'èllasable.

On s'est moqué. Comment peut-on être à

e point homme de métier, capable a u milieu

e la guerre d'éplucher un vocable tout en

fchargeantson fusil?

Et en ,effet, même pour ceux qui ne la font

as, il est difficile de penser à autre chose. Vous

e savez mieux que personne, instituteurs, institutrices

qui, pour une raison ou pour une autre,

avez dû rester à votre poste et rouvrir l'école,

k'-Votre cœur et votre esprit vont si aisément

ailleurs ! Ceux d'entre vous qui n'ont ni frères,

ni mari, ni enfants engagés dans le combat ont

pour parents tous les soldats de France. Concentrer

son attention sur l'humble tâche quoti -

dienne, à l'heure où nous sommes, c'est dur. Il

le faut cependant.

H « Il le faut 1 » disaient avec une résolution

tranquille les paysans appelés par la mobilisation

et aucun cri d'enthousiasme, aucun chant

n'aurait renfermé une aussi sérieuse promesse

de victoire. Il le faut. Il faut là-bas suivre le

• drapeau sans murmure et sans peur. Il faut ici

faire épeler les petits enfants, guider leurs doigts

novices qui s'exercent gauchement à tracer des

jambages, répéter sans cesse les mêmes paroles,

• inculquer les mêmes éléments. Humble routine,

mais la tâche du soldat sous un ardent soleil ou

dans une boue tenace, fatigué par les jeûnes et

les insomnies, allant, venant, avançant, reculant

sans savoir ce que le chef suprême veut faire

de sa pauvre machine, sinon qu'elle sert obscurément

à sauver le pays, n'est-elle pas, en

apparence, bien ingrate? Comme la vôtre elle

est nécessaire : cela suffit.

«France, disait le poète Sully Prudhomme, il

y a u n demi siècle,

Sur le tableau d'école

Construis, sans vanité, la longue parabole

Que promet la justice au boulet rédempteur.

-Il parlaiL ainsi sans haine, car il ajoutait :

M. Plus je suis Français, plus je me sens humain.

. Aujourd'hui (nous n e l'avons pas voulu, le

crime et la honte en soient au kaiser et à ses

complices!) la longue parabole s'est élancée

et décrit son arc sanglant, — vers la justice,

,£spérons-le. La part que le maître d'écoie prus-

| "sien eut à la j ournée de Sadowa, le nôtre pourra

f!;jBa revendiquer dans tous nos succès. Et si notre

iflvicloire n'est pas souillée par d'odieuses représailles,

si nos soldats s'interdisent les talions

[infâmes qui égalent la victime au bourreau, c'est

encore à l'école, à notre école qu'on le devra,

à son enseignement qui jamais ne sépara l'amour

de la patrie de l'amour de l'humanité.

A l'œuvre donc et que la craie, le livre de

lecture courante, le boulier-compteur, le tableau

noir vous aient tout entiers, instituteurs, institutrices,

tant que durent les six longues heures

de classe. Le soir, penchés sur la carte, où

vous suivrez, les yeux brouillés par les larmes

mais l'espoir au cœur, le progrès obstiné de nos

armées, vous pourrez vous rendre ce témoignage

que, vous aussi, comme nos soldats, vous avez

travaillé pour la France, inlassablement ouillasblement.

R. PÉR'jtE.

PARTIE GÉNÉRALE 17

OPINIONS DE NOS LECTEURS

Lettre d'un non-mobilisé.

...Combien de fois, depuis deux mois, et combien

profondément, j'ai regretté de n'avoir plus ni la jeunesse

ni la vigueur nécessaires pour prendre part,

réellement,, activement, à cette guerre sainte! Trois

de mes adjoints, sur quatre, sont partis. Et comme je

les envie ! Dès le premier jour de la mobilisation, je

me suis mis à la disposition de la municipalité et je

lui ai fait le sacrifice de toutes mes vacances, dimanches

et fêtes compris. Mais comme le travail qui m'a

été confié me paraissait pauvre et insignifiant! J'ai

prononcé le mot de sacrifice, comment ai-je pu l'écrire?

Ce renoncement au repos des vacances, quelle misère

au prix de leur sacrifice, & eux, les vaillants qui nous

font un rempart de leur corps, et qui nous préparent

une si haute gloire! Jamais je n'avais senti une telle

soif, un tel besoin de dévouement. Car cette gloire,

qui déjà se lève, et qui auréolera tous les fronts de

France, il me semble que j'en serai un profiteur,

sans l'avoir méritée...

... Et tout de même, je me dis parfois avec quelque

fierté, que l'Ecole laïque, notre Ecole tant méconnue,

pourra en revendiquer sa part. L'idéal qu'ils

ont au cœur, les jeunes champions du droit et de la

liberté, n'ést-ce point — n'en déplaise à. Barrés

— celui que nous leur avons proposé, que l'Ecole

a fait rayonner, quand elle s'est attachée à faire aimer,

en même temps que la Patrie, la vérité, la justice,

la générosité?

La justice de saint Louis, la loyauté de Bayard,

oui. Mais aussi ce respect du droit humain, cette large

fraternité que révolte toute atteinte à la dignité personnelle,

cette fierté républicaine qui nous vient de

Rousseau et de Danton, de Hoche et de Marceau, des

soldats de l'an II, précurseurs de ceux de 1914.

Allons, décidément, l'œuvre est bonne, qui produit

de tels fruits. Et il convient de s'y remettre avec toute

l'ardeur d'un apostolat.

Je suis rentré avec trois jeunes filles comme adjointes,

et, déjà, je sens que. cela va. marcher. L'élan

est donné, dès le deuxième jour de classe, et la foi

laïque nous enflamme tous.

Puisse-t elle préparer pour l'avenir, non ' pas de

plus glorieuses, mais de plus pacifiques moissons.

Car, décidément, c'est bien encore noire honneur,

aujourd'hui, d'accepter si résolument la guerre, sans

l'avoir voulue, et de la juger, malgré tout, comme

nous la jugions hier, horrible et absurde.

... Quel jeune homme je suis encore, malgré mes

cheveux gris!... Et comme je m'emballe!

Veuillez m'excuser, je vous prie, et agréer, etc.

T. . Instituteur à E... (Sarihe).

A propos des Promotions.

La guerre provoquera diverses répercussions dans

le domaine pédagogique.

Ainsi, nous approchons de l'époqie où le conseil départemental

doit dresser les listes des promotions au

choix. Comment,procéder? Pour les institutrices, rien

de changé. Il n'en va pas de même en ce qui concerne

les instituteurs. Va-t-on oublier ceux qui luttent à la

frontière? Ou bien va-t-on récompenser ceux-ci en

négligeant ceux qui, avec moins d'éclat sans doute,

ont accompli tout leur devoir?

Voici ce que je propose h cet égard :

Que tous les maîtres appelés sous les drapeaux, et

gui sont allés sur le champ de bataille, voient, à dater

du l or janvier, le nombre de leurs années de services

majoré d'une unité. De cette' façon, fous bénéficieront,

soit en 1915, soit plus tard, d'une promotion anticipée,

parfaitement méritée.

Quant à ceux que leur âge ou leurs infirmités ont

exclus du service militaire, ils continueront à bénéficier

des promotions, selon les modalités prévues par

les règlements.

PAUL MOREL,

Instituteur à la Seyne-sur-Mer.


18 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

- REVUE SCIENTIFIQUE \

PAR SAINT-GILLES

1, L'Ëlectro-aimant et la Chirurgie militaire. — 2. L'Importance alimentaire des Fruits.— 3. Les

Invasioiis de Sauterelles et l'Ins itut Pasteur. — 4. Ce que peuvent transporter les plus grands

Transatlantiques. — 5. Les Avantages du Pansement individuel. — 6. La Crise des Œufs. — 7. La

Résistance de l'Air et la Forme des Locomotives.

1. — L'Ëlectro-aimant et la

Chirurgie militaire.

A l'Académie des sciences. — Comment on peut extraire

les balles. — Les expériences de Lyon,

Tout dernièrement, à l'Aca lémie des sciences,

M. Dastre a fait connaître les résultats d'expériences

faites à l'hôpital Desgenettes à Lyon, en

vue de faciliter l'extraction des balles e n utilisant

des électro-aimants de graude puissance.

Les balles allemandes sont en piomb, mais elles

sont revêtues d'une carapace de feri o-nickel qui

est attirée par un électro-aimant sulfisammeat

puissant. En soumettant à l'action d'un instrument

de ce genre une balle qui s'est arrêtée

sous la peau, on la voit bientôt pointer vers la

surface du derme qu'elle soulève; il est alors

facile de pratiquer une incision qui la met à

jour. Si elle est engagée dans lçs muscles, sous

l'action d'un électro aimant elle s'oriente vers

la surface d u corps, et chemine en produisant

une douleur caractéristique qui décèle

sa présence, puis il apparaît, quand elle est suffisamment

proche de la surface, un gonflement

de la peau qui indique la place où il faut Ja

chercher.

Malheureusement les électro-aimants suffisamment

puissants pour être Utilement employés

sont rares. M. Weiss, de Zurich, et

M. Cotton, maître de conférences à l'Ecole normale

supérieure, en ont un à leur disposition,

à l'aide duquel ils se sont, de leur côté, employés

à la recherche des projectiles dans les

membres blessés.

L'Hôtel-Dieu de Lyon possède dans sa clinique

d'ophtalmologie l'instrumentation nécessaire

à ce mode d'intervention. Il est certain que les

chefs des services chirurgicaux des hospices,

dont l'expérience égale la valeur, y recourront

s'ils en voient la nécessité.

La science radiographique, servante presque

indispensable de la chirurgie moderne, a d'innombrables

applications. Elle découvre dans

l'organisme tous les corps étrangers, quelles

que soient leur nature et leur constitution; mais

elle est encore coûteuse et nécessite des dépenses

et des installations auxquelles n e sauraient

songer des hôpitaux d'importance

moyenne. Il y a donc place à côté d'elle pour

cette nouvelle et ingénieuse application de

l'électro-magnétisme.

2. — L Importance alimentaire des Fruits.

Une classification rationnelle.— Peut-on vivre uniquement

de fruits ? — Obstacles pratiques. — Les

fruits, aliments d'appoint. —• A quel moment

faut il les consommer 1

M.Armand Gautier,del'Académiedes sciences,

a rangé les fruits en cinq groupes : 1° fruits

aqueux, acidulés (pommes, poires, prunes,

pêches, abricots, fraises et framboises) ; 2° fruits

sucrés liais (ligues, bananes, dattes, raisin);

3° fruits gras ou oléagineux (noix, noisettes,

amandes, cacao, noix de coco); 4° fruits albumineux

et amylacés (bananes, marrons, châtaignes,

figues sèches)

Les fruits aqueux, comme le nom l'indique,

renferment jusqu'à 90 pour 100 d'eau. Leur

valeur nutritive est nulle. Ils sont simplement

rafraîchissants et « plaisants » à l'estomac. Les

fruits sucrés ont une plus grande valeur alimenlaire.

Il en est de même des fruits gras ou oléagineux,

mais ils sont en même temps d'une

digestion plus difficile.

Il y a des végétariens convaincus et pratiquants.

En est-il de même des fruitariens? Le

D r Henri Labbé ne le croit pas.

Les fruitariens purs, par goût ou conviction,

nous dit-il, sont bien rares, s'il en existe. Les

hommes qui disent se nourrir de fruits mêlent

toujours à leur alimentation quelques céréales.

Le citadin, même le paysan d'aujourd'hui,

peuvent ils être fruitariens ? Dans l'affirmative,

peut-on trouver à cette pratique un réel avantage,

sans trop d'inconvénients accessoires ? Si

le fruitarisme n'est ni possible ni désirable,

quelle doit être la part exacte des fruits dans

l'alimentation rationnelle?

Les enseignements fournis par l'étude de la

composition des fruits dictent la réponse à ces

questions. La valeur d'un aliment doit, en premier

lieu, s'apprécier à sa teneur en albumine.

Les substances albuminoïdes ne peuvent, dans

l'alimentation, être supplées par aucune autre.

En outre, il faut en introduire dans la diète

quotidienne un minimum indispensable. Ce

minimum, en pratique, ne doit guère s'abaisser

au-dessousdeSO à 60grammes,presque 1 gramme

par kilogramme corporel.

Des cinq classes de fruits, quatre n e fournissent

pas l'albumine dans des conditions

satisfaisantes. Une seule y peut suffire, celle

desfruitsgrassecs: noix, noisettes, amandes,etc.

On ne saurait donc être « fruitarien » strict,

qu'en avalant au moins 6 à 8 kilogrammes de

fruits aqueux acidulés ordinaires, ou 4 kilogrammes

d'un Iruit sucré comme le raisin.

Cela est irréalisable en pratique : seuls les

fruits secs offrent, sous un très petit poids, une

ration albumineuse suffisante pour la nourriture

quotidienne. Mais l'a'bumine des fruits secs ne

se trouve pas dans un état de digèstibilité

parfait.

Il ne faut donc considérer les fruits que comme

des aliments d'appoint des plus précieux pour

le régime alimentaire.

Encore, à ce point de vue, l'habitude que

nous avons de consommer les fruits comme

dessert à la fin des repas n'est-elle pas très

recommandable. Leur acidité libre ou combinée

vient gêner l'action de l'acide chlorhydrique de

l'estomac ; le suc gastrique perd son activité,

d'où des digestions pénibles et de fréquents embarras

gastriques. Il serait plus logique de


consommer les fruits en dehors des grands

repas, ou même à jeun, le matin.

En résumé, la consommation des fruits, trop

restreinte dans nos usages actuels, doit être

encouragée partout." Si le fruit, à régime infégral

est une utopie, on peut utiliser rationnellement

cette denrée savoureuse. Il faut rendre les

fruits abordables à toutes les bourses, en plantant

davantage d'arbros fruitiers à «rand rendement.

Le « verger communal » doit devenir une

réalité.-Les fruits exotiques, bien meilleur

marché que les nôtres, n'e doivent pas nous

arriver grevés des droits de douane ou des commissions

prélevées par d'innombrables intermédiaires,

qui en décuplent le prix et en font

des mets de luxe. »

Quant au consommateur, il doit, par l'introduction

fréquente, dans les menus rationnels,

de confitures, fruits confits, marmelades, réaliser

l'association harmonieuse et économique de

notre précieux aliment national, le sucre, avec

les fruits, que le terroir et nos colonies mettent

à sa disposition.

3. — Les invasions de Sauterelles

e l'Institu Pasteur.

Le fléau des pays chauds. — Un milliard de dégâts

i'j'. par an. — Les sauterelles et les locomotives. —

Vanité des remèdes. — Le bouillon de culture du

I D' d'Hérelle.

| On a tout dit sur les ravages causés par les

sauterelles sur une bonne partie du globe terrestre.

On évalue à un milliard de trancs les

pertes causées annuellement par leurs invasions.

Mais les conséquences de ces invasions sont

plus terribles encore que les dégâts et les ruines

immédiates qu'elles causent. Ainsi, en Algérie,

pendant l'année 1867, la famine provoquée par

le passage des sauterelles emporta plus de cinq

cent raillé Arabes. Et cette inva*ion fut encore

dépassée par celle de 1891, la plus gigantesque

qu'ait connue le xix" siècle. Toute l'Afrique du

Nord, du Maroc à l'Egypte, fut aiteinte. Le fléau

gagna même la Syrie et s'étendit jusqu'à l'Inde.

^ Ces envahisseurs sont admirablement armés

-pour la guerre. Ce qui frappe au premier abord

en eux, c'est leur grosse tête aplatie, d'où sortent

des yeux énormes et arrondis, c'est la

Knâehoire monstrueusement large et coupante,

.(puissant instrument de destruction. A sa nais-

S|ance, la sauterelle est dépourvue d'ailes, l'évolution

des larves dure assez longtemps, de qua-

Ï rante à soixante jours. Pendant cette première

période, les criquets (c'est ainsi qu'on appelle

les larves de la sauterelle) s'avancent en courant

sur le sol; s'ils se heurtent contre un obstacle,

ils font des bonds d'une vingtaine de centimètres

pour le franchir. Les criquets se déplacent le

jour et se reposent la nuit, mangeant pendant

la marche et le repos ; leur voracité et ieur insatiabilité

sont indescriptibles. La bande compacte

qu'ils forment s'avance droit devant elle,

dévorant tout sur son passage. Rien n e peut

résister à ces hordes qui rongent, pillent, massacrent

tout : herbes, moissons, feuilles, jusqu'à

l'écorce des arbres, jusqu'aux racines des

plantes. Là où elles ont passé, le sol est complètement

rasé; et le pays, il n'y a pas longtemps

encore fertile, qui égayait le regard par

PARTIE GÉNÉRALE 19

ses paysages Ueuris et luxuriants, apparaît dévasté,

lugubre, plein de dévastation.

Le D r d'IIérelie raconte un détail curieux sur

leur mode de déplacement. Les insectes sont si

étroitement serrés les uns contre les autres

qu'une bande, traversant une voie de chemin

de fer, arrête les traius dans leur marche. La

locomotive patine sur la couche grouillante, et

il faut attendre que la colonne soit passée, ce

qui dure parfois des heures entières.

De vains efforts avaient été laits jusqu'ici pour

se débarrasser des sauterelles : barrières de toile

cirée, barrières de zinc, acclimatation d'oiseaux

et d'insectes réputés ennemis naturels de ces

insectes, tout, jusqu'aux immenses filets tendus

dans l'atmosphère et remorqués par des ballons,

avait piteusement échoué. La découverte

du D r d'Hérelle, de 1 Institut Pasteur, va nous

donner probablement la Solution définitive d u

problème.

Le jeune savant a préparé à cet effet une culture

de coccobacilles d'une violence extraordinaire.

On les ensemence s ur un bouillon qui

contient les aliments nécessaires et où ils se multiplient

avec une rapidité incroyable : au bout de

quelques heures, dans un litre de bouillon, on

compte plus de 500 milliards de coccobacilles.

Pour la destruction de la sauterelle, deux litres

par hectare suffisent largement. Aussitôt qu'une

région est envahie par la sauterelle, le bactériologiste,

api ès avoir énsemencé le bouillon de

culture, procède à l'infestation des champs. La

pulvérisation s'effectue sous la surveillance per- •

sonneile du bactériologiste qui, préalablement, a

doit étudier la région où ii est appelé à opérer.

La maladie se répand parmi les insectes plus ou

moins rapidement, suivant les circonstances qui,

connues du bactériologiste, peuvent lui être

d'un concours cohsidérable pour la destruction

de l'ennemi.

Il faut espérer que, grâce à cette découverte,

le fléau contre lequel àv.-ient jusqu'ici échoué

tous les remè


20 MANUEL GÉNÉRAL :.: DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

Caronia, à vitesse relativement lente et sans le

luxe qui se trouvait % bord d'autres très grands

bateaux, le nombre des individus prenant passage

à bord était de 2 918, dont 480 pour l'équipage,

1 780 pour la troisième classe, 290 pour

la seconde, et enfin 168 pour la première. Au

contraire, avec des bateaux de luxe et à très

grande vitesse, comme le Lusitania, la puissance

de transport était d e plus de 3 000 personnes,

dont 580 de première, 450 de seconde, 1 120 de

troisième, l'équipage, y compris, bien entendu,

le très nombreux personnel des garçons, femmes

de chambre, cuisiniers, etc., représentant 850 individus.

On a fait depuis lors des bateaux à

marche relativement leate, pouvant prendre

3 240 personnes à leur bord, dont 450 individus

pour l'équipage sèulement, parce qu'il s'agit de

bateaux beaucoup moins luxueux, et 1 940 passagers

de troisième, des émigrants surtout, avec

600 passagers de seconde et 250 de première.

5. — Les Avaatages du Pansement

individuel.

Sur le champ de bataille. — En attendant le transport

à Vambulance. — Les progrès du service de

santé.

On a dit avec raison que d i premier pansement

dépendait le sort d u blessé Protéger la

plaie le plus possible, c'est certainement rendre

beaucoup plus rares les infections ^secondaires,

source de terribles complications. Les dernières

guerres du Transvaal, russo-japonaise, des Bal-

6 kans ont démontré la réelle utilité du « pansement

individuel » que tout soldat porte sur lui

dans une poche spéciale du vêtement. Il y a

déjà vingt ans que notre armée a été dotée de

ce moyen efficace de protection des plaies,

qu'autrefois le blessé remplaçait instinctivement

par u n mouchoir, des substances quelconques,

telles que mousse, terre, qui apportaient

par leur septicité les germes des plus redoutables

affections (tétanos, septicémie, etc.).

Le « pansement individuel », qu'il ne faut pas

confondre avec le premier pansement fait à

l'ambulance par des médecins, se compose d'un

plumasseau d'étoupe, d'une compresse dé gaze,

d'une bande, d'un morceau de tissu imperméable,

de deux épingles de sûreté. Les pièces de

ce pansement .sont chimiquement purifiées et

imprégnées de bichlorure de mercure au 1/3000;

elles sont enfermées dans u n sac de tissu imperméable,

et le tout dans une enveloppe externe

en cotonnade grise.

Les approvisionnements de pansements individuels

et de pansements d'ambulance sont

aseptiques et peuvent inspirer toute confiance.

Si le nombre des blessés a été jusqu'ici trop

élevé, on a eu la consolation de constater qu'un

grand nombre de ces blessures étaient légères.

Aussi, grâce à l'amélioration le ces pansements,

le service de santé a.-t-il pu remettre très vite

sur pied beaucoup de combattants qui n e demandaient,

du reste, qu'à retourner au feu.

6. — La Crise des Œufs.

La consommation supérieure à la production. —

Tributaires de'l'ètranger. — Un appel aux aviculteurs.

Il paraît que nos poules françaises ne pondent

pas assez ou que nous consommons trop d'œufs.

C'est ce que nous apprend une récente circulaire

du ministre de l'Agriculture, qui fait à ce sujet

un appel pressant aux aviculteurs.

Par suite du développement du bien-être dan3

nos campagnes, les populations rurales consomment

beaucoup plus d'œufs que par le passé.

La proportion expédiée dans les grands centres

a donc diminué, alors que, daus les villes

mêmes, la demande s'accroissait non seulement

en raison des nécessités de l'existence qui

obligent à choisir des aliments dont la préparation

est rapide et, facile, mais aussi à cause de

l'orientation nouvelle des prescriptions médicales

en matière de régime alimentaire.

Aussi, nos importations ont passé de 2 millions

de kilogrammes en 1860 à 12 millions en

1900 et à 30 millions en 1912, tandis que, par

contre, nos exporta'ions diminuaient d'une

manière très appréciable,tombant del2millions

de kilogrammes en 1860 à 10 millions en 1900

et à 5115000 en 1912. L'aviculture nationale

doit donc s'efforcer de remédierà cette situation

et d'assurer une augmentation de la production

suffisante pour répondre aux exigences de la

consommation.

7. — La Résistance de l'Air

et la Forme des Locomotives.

Pour les grandes vitesses de déplacement. — Sensibles

pertes d'énergie. — Le coupe-vent à l'avant des

machines. — Les avantages de la forme ogivale.

L'air oppose au mouvement des corps une

résistance qui, faible pour de petites vitesses de

déplacement, devient énorme pour des vitesses

importantes.

Pour les chemins de fer, la" question est considérable,

car aux vitesses des grands express,

c'est par centaines de chevaux que se compte la

puissance de la machine absorbée pour vaincre

l'effort de l'air. Or, il ne semble pas que des

règles très suivies aient été appliquées dans la

construction pour réduire au minimum cette

perte d'énergie et donner la forme la plus

convenable à l'avant des locomotives. C'est

ainsi que les «coupe-vent», fort en vogue il y

a quelques années, paraissent avoir été à peu

près abandonnés.

Des expériences récentes viennent d'être faites

en Amérique pour permettre de se rendre

compte de l'influence d e la forme de l'avant

d'une machine motrice sur la vitesse d u train

et sur la consommation en combustible. La

locomotive employée était à essence et son avant

fut successivement équipé en pointe ogivale et

en plate-forme. Les résultats ont été très nets.

La consommation, qui s'élevait à 67 litres par

100 kilomètres lorsque l'avant était ogival, esï

passée à 95 litres lorsque l'avant était plat, soit

une augmentation de 40 pour 100. Sur une pente

de 7 mm. 5 par mètre, abordée à la vitesse de

64 kilomètres à l'heure, la machine a parcouru

10 kilomètres en 9 minutes', le moteur élant

arrêté, et sa, vitesse est passée à 80 kilomètres

à l'heure lorsque l'avant était taillé en pointe.

Au contraire, avec l'avant plat, les 10 kilomètres

ont été parcourus en 13 minutes, et il a

même été nécessaire de remettre le moteur en

marche pour terminer le parcours. Enfin, les

expérimentateurs ont aussi remarqué que la

stabilité était meilleure lorsque l'avant était

taillé en pointe.

SAINT-GILLES.


REVUE DE LA PRESSE

: Ce que l'Instituteur a dit.

De M. Lucien Descaves, dans le Journal :

... Et l'instituteur dit :

— Tout à l'heure, la classe achevée, vous crierez

g | o u s : Vive la France ! mais je veux que vous sachiez

Bien auparavant tout ce que je vous demande de mettre

dans ce cri de votre cœir. Il y en a, parmi vous,

Mue leurs parents aiment davantage, depuis qu'ils ont

^réchappé d'un accident ou d'une maladie grave. Eh

SÈien! aujourd'hui les rôles sont renversés. C'est vous,

gïes petits enfants de France, qui devez chérir plus

Encore votre mère, en proie à l'épidémie des barbares

gnui a failli l'emporter. Vous savez qu'ils se sont rués

sur elle à l'improviste, qu'ils l'ont prise à la gorge et

frappée. C'est pour la défendre que vos pères, vos

rendes, vos frère* sont partis il y a deux mois. Ils ne

.'sont pas encore au bout de leurs peines. Après avoir

•chassé l'ennemi do notre pays, ils auront à le poursuivre

pour le châtier d'avoir, derrière son kronprinz,

qui donnait l'exemple, dévalisé les maisons, incendié

les villes, fusillé' leurs habitants désarmés, achevé les

blessés, tiré sur les ambulances, accumulé les ruines,

Enfin! Li France sortira victorieuse de l'épreuve...,

mais el'.e a déjà bien souffert et, plus turd, vous vous

ferez une idée de la quantité de sang qu'elle a perdu,

èn voyant ce qu'une seule petite ville comme celleci

a dù en verser pour sa contribution. Il y en a, pourtant,

de plus malheureuses... etje vous dirai lesquelles,

en commençant par nos provinces envahies la revision

du cours de géographie de l'année dernière.

Vous apprendrez par cœur Us noms de ces martyres.

Nous en dresserons la liste ensemble; vous l'aurez

toujours sous les yeux, tableau noir, Livre d'Or! Les

villes tombent au cjiamp d'honneur comme les hommes;

mais elles ne meurent pas. On les relève, on

les soigne, on les réconforte : elles sont immortelles,

comme notre race décimée. Quant aux braves soldats

qui auront accompli l'œuvre de délivrance et qui

n'auront pas l'orgueil et la joie d'assister au triomphe,

c'est en leur honneur que vous allez faire votre première

dictée. Nous la prendrons dans Victor Hugo.

Ecrivez :

Ceux qui, pieusement, sont morts pour la Patrie

Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienoe et prie.

Entre les plus beaux noms, leur nom est lo plus beau :

Toute gloire auprès d'eux passe et tombe éphémère

Et, comme ferait une mère,

La voix d'un peuplo entier les berce en leur tombeau.

IQiand les plumes eurent fini de courir sur les cahiers,

l'instituteur reprit :

— Nous allons maintenant terminer la classe en

regardant des images. Vous n'ignorez pas les impardonnables

attentats commis par les Allemands, notamment

à Loavain, chez nos vaillants amis de Belgique,

et à Reims, en France. Je vais vous montrer une de

nos plus vieilles et de nos plus belles cathédrales,

telle qu'elle était avant le crime, et telle qu'elle est

|.après. Vous ne l'auriez peut-être jamais vue... A

gprésent qu'elle n'existe plus ou qu'elle est en partie

nutilée, vous la verrez toujours!

Tandis que les images passaient sous les yeux des

infants, l'instituteur ajouta :

— Un monument analogue à la cathédrale de Reims

îous fut ravi, il y a quarante-quatre ans. Sa restitu-

.ion certaine, prochaine, mettra un baume sur les

)lessures de l'autre. Lequel d'entre vous me nommera

;e monument?

Un grani leva la main et dit avec élan :

— La cathédrale de Strasbourg.

— Bien. C'est cela. Merci.

Un silence se fit. Le temps d'une prière a bouche

close. Puis, sur le cri, bien conscient, cette fois, de :

Vive la France! -que l'instituteur n'eut pas mémo besoin

de provoquer, les enfants s'en allèrent, deux à

deux, vers la cantine, qui supplée, pour qualqua

emps encore, le père absent et la mèro dépourvue...

PARTIE GÉNÉRALE 21

Pédagogie allemande.

De M. Curt Wigand, dans la Revue des Deux

Mondes :

On peut dire que l'Allemand de tout âge et de

toute condition est toujours « au port d'armes, les

talons réunis ». C'est là, en quelque sorte, une tenue

nationale allemande, une véritable institution, et qui

fonctionne dès l'entrée à l'école. A.u lieu de reconnaître,

avec les maîtres de la pédagogie ancienne et

moderne, que le professeur doit tâcher à devenir

l'ami de l'élève, nos professeurs allemands, du haut

en bas de l'échelle universitaire, se complaisent dans

le rôle d'officiers instructeurs. Oderint, dum meluant.'

« libre à eux de me haïr, pourvu seulement qu'ils me

craignent ! » voilà, sauf de très rares exceptions,

l'alpha et l'oméga de toute notre pédagogie allemande!

Quant à former les caractères, objet que l'on

n'atteint qu'en se gagnant la confiance et l'affection

de l'élève, c'est de quoi ces messieurs n'ont jamais

eu et n'auront jamais le moinlre souci. « Que deviendraient

à ce compte —- nous objectent-ils — l'autorité,

la subordination, l'obéissance sacro-sainte de

l'inférieur envers son supérieur ? »

La fin de I'École-Qourbi.

Du journal le Temps :

Les partisans de la civilisation des indigènes en

Algérie ont eu récemment un nouveau succès à enregistrer.

L'école-gourbi a vécu.

On se rappelle comment ce système d'enseignement

au rabais était né. Pour obtenir du Parlement l'autorisation

de contracter un emprunt, l'Algérie avait dû,

en 1908, s'engager à dépenser chaque année 550000 fr.

de plus pour le développement de l'enseignement

indigène. C'est à propos de l'emploi,, de ces 550000 fr.

supplémentaires que l'école-gourbi" fut inventée. Les

délégations flnancières décidèrent qu'ils sertiraient à

ouvrir GO écoles nouvelles par an. M.iis quelles écolesl

11 était interdit de dépenser plus de 5 000 francs pour

le bâtiment; la classe devait être tenue par un moniteur

indigène à 600 francs par an, recruté n'importe

où; et l'e.iseignement ne devait pas être « intellectuel

», mais avoir un caractère agricole.

Cette lamentable expérience aura duré six ans. Elle

navrait l'élite indigène, qui voyait les volontés bienveillantes

du Parlement ainsi trahies. Elle révoltait

les patriotes, qui pensent que le rapprochement des

Européens et des indigènes de l'Afrique du nord est

un des principaux facteurs de notre avenir national

et que l'instruction en doit être l'agent. Et elle commençait

à causer quelque inquiétude parmi les Algériens

eux-mêmes. En présence des résultats, les gens

de bon sens ne pouvaient pas ne pas apercevoir quels

embarras la colonie se préparait. Des bâtiments de

5 000 francs sont des granges inutilisables pour une

école serieuse, des moniteurs à 600 fraucs ne sont

bons à rien ; quand elle s'en serait mis quelques centaines

sur les bras, qu'est-ce que la colonie allait en

faire? Aussi entendit-on l'année dernière des membres

èminents des délégations, comme M. Barbedette

et M. Morinaud, émettre l'avis qu'il était peut-être

prudent d'enrayer.

Non seulement lé minis.ére de l'Instruction publique

n'a pas approuvé le programme des écoles-gourbis,

mais il les a supprimées. Il prescrit qu'à l'avenir

l'enseignement indigène ne soit donné que par

des instituteurs ayant appris leur métier à l'école

normale et choisis deux tiers parmi les Français et

un tiers parmi les indigènes. Finis les moniteurs

à 600 fraucs; finies les écoles à 5 000 francs, car du

moment qu'on prend de vrais instituteurs, on sera

obligé de les loger convenablement.


22

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

REVUE

OES BULLETINS DÉPARTEMENTAUX

de l'Enseignement primaire

Ayons 5e sentiment de notre responsabilité.

Il ne faut jamais perdrè de vue qu'un instituteur,

même en dehors de sa classe, est tenu à une prudence

et à une réserve que lui imposent son caractère

d'éducateur et le souci de respecter les susceptibilités

légitimes des parents qui lui confient la formation de

leurs enfants. S il l'oublie, s'il affi- he la prétention de

ne s'imposer aucune contrainte dans ses paroles, dans

ses actes, dans toutes les manifestations de ses

opinions personnelles, je n'ai pa* besoin de répéter

qu'il le fait toujours au dé riment de la cause de

l'école laïque qu'il s'est engagé à servir; mais il me

paraît nécessaire de rappeler qu'il s'expose, en considération

des intérêts de cette école, qu'il dessert, à se

voir éloigner d'un milieu où il compromet de gaieté

de cœur son autorité morale. (Eure-et-Loir.)

Non des beaux livres, mais de bons livres.

Je souhaiterais que le crédit des prix fût' consacré

à acheter moins des dorures et du carton que des

livres substantiels et qui nous manquent. Dans certains

pays on oiïre un dictionnaire ou un memento

encyclopédique à tout élève qui sort de l'école : le

cadeau serait mieux venu encore avant que l'enfant

quittât l'école. C'est en classe qu'il lui faut commencer

à feuilleter un dictionnaire ; d'abord pour savoir

s'en servir, et puis pour prendre ce 1 te saine habitude

de chercher quand il ignore, et de vérifier quand il

croit savoir. Je donnerais donc volontiers en prix un

dictionnaire à tous les élèves du cours moyen, avant

le certificat d'études.

Et après le certificat d'études?... n'est-il pas ridicule

de donner aux enfants des reliures coûteuses,

quand il serait si bon de leur constituer une petite

bibliothèque de bons livres. Les élèves des cours

complémentaires n'ont quasi rien à eux, pas même

un théâtre classique ou un recueil de morceaux

choisis. Yoilà. des cadeaux à faire à la sortie du cours

supérieur... Bref, je voudrais qu'on s'inspirât avant

tout, dans l'emploi du crédit des prix, des besoins

prochains des écoliers, riches ou pauvre?, qu'on

récompense. (Seine et-Oise.)

Pour que les bons élèves ne pâtissent pas

de la mauvaise fréquentation scolaire.

L'irrégularité incline les maîtres à piétiner sur

place, â refaire pour un enfant qui était absent les

leçons de la veille ou de l'avant-veille, etc. Certains

instituteurs ont même dû prendre des mesures pour

remédier à cette situation, et se décider à faire leurs

leçons au jour fixé par leur répartition mensuelle,

sans tenir compte des absences.

Cette pratique me paraît, devoir être généralisée.

L'enfant qui s'absente un ou Jeux jours doit être tenu

d'apprendre, en dehors de la classe, les leçons qui

auront été faites durant cet intervalle; c'est la sanction

de son irrégularité Lapratijue contraire donne

une prime à sa négligence. Sans doute, le maître

pourra l'aider à rattraper le ternes perdu en revenant

lui-même sur les leçons passées; la classe ne

pourra que profiter de ce retour rapide sur des choses

déjà vues. Mais en aucune façon cette revision sommaire

ne saurait être une répétition de la leçon, qui

serait fastidieuse pour les élèves réguliers et les empêcherait

de suivre leur programme dans son intégralité.

Il serait singulier que leur assiduité reçût une

telle punition. (Lot.)

II faut avant tout que l'Ecole enseigne les

Connaissances fondamentales.

J'ai rencontré au cours moyen dos élèves qui ne

possédaient ni tous les éléments, ni la pratique pour

ainsi dire mécanique de la lecture; j'en ai rencontré

qui savaient à peine la table de multiplication ou la

conjugaison des verbes réguliers; j'en ai rencontré

qui se tiraient mal d'un exercice de copie. Et alors je

vous dis : Vous n'arriverez à rien tant que vos élèves

ne sauront pas lire, écrire et compter; apprenez-leur

à lire, à écrire, à compter, comme vous voudrez ou

comme vous pourrez ; mais rendez-vous compte que,

la leçon de morale exceptée, tous les autres exercices

scolaires seront dérisoires tant que ces enfants ne

seront pas débrouillés, tant qu'ils resteront enlisés

dans leur ignorance fondamentale.

( Tarn-et-Garonne.)

Contre l'École buissonnière.

Nous enregistrons l'arrêté ci-dessous, relatif à la

fréquentation scolaire, qui a été pris dans quelques

communes du département de Meurthe-et-Moselle.

Arrêté municipal sur la fréquentation scolaire.

Considérant que chaque enfant doit être muni d'un

minimum de connaissances indispensables à tout citoyen

et qu'il y a lieu de le soustraire aux dangers

de la rue,

Arrêtons ;

ARTICLE PREMIER. — Tout enfant de six à treize ans

révolus qui sera dans la rue, sur les places et autres

lieux publics, pendant les heures de classe, sans motif

légitime, sera conduit par le garde champêtre à

l'école où il est inscrit. Si la déclaration prévue par

la loi n'a pas été faite par les parents ou par la personne

responsable, l'enfant sera remis d'office à l'école

pnblique.

ART. 2. — Les sanctions édictées par les articles

13 et 14 de la loi du 28 mars 1882 seront rigoureusement

appliquées aux parents, tuteurs et personnes

responsables qui négligeront d'envoyer à l'école les

enfants placés sous leur surveillance.

(Meurthe-et-Moselle.)

COMMUNICATION

Effets dont le prix est remboursé

aux soldats.

L'approche de la saison froide fait désirer que

chaque homme soit pourvu aussi" rapidement que

possible de vêtements chauds qui lui permettent de

supporter les intempéries. L'administration militaire

poursuit à cet effet la constitution et la mise en distribution

des approvisionnements nécessaires; mais,

en outre, pour hâter le moment où chaque homme

sera en possession de ses vêtements, et pour assurer

une meilleure adaptation individuelle, le ministre a

décidé, ainsi que cela a été fait et continue à être fait

pour les chaussures, que les militaires nouvellement

convoqués, aussi bien que ceux actuellement sous les

drapeaux ou ceux qui négligent leur corps après leur

sortie d'un hôpital, pourront se munir personnellement

des effets suivants :

2 chemises de flanelle, 2 caleçons de tricot, 1 jersey

ou chandail, 1 ceinture de "flanelle, 2 paires de

chaussettes de laine, 1 couverture de laine, 1 paire de

gants de laine.

Ils seront immédiatement remboursés dès leur

arrivée au corps, aussitôt qu'ils auront présenté ces

efl'ets a la commission instituée dans ce but.

(Note officielle.)


CORRESPONDANCE

Questions scolaires.

Travail manuel dans les collèges et lycées

de jeunes filles.

Un vieil abonné....

« Quel est le titre exigé des professeurs de travail

manuel dans les lycées et collèges de jeunes filles ? »

• Il n'y a pas pour cet enseignement de diplôme

secondaire. Les professeurs sont choisis parmi les

institutrices qui possèdent le certificat d'aptitude à

l'enseignement du travail manuel dans les écoles normales

et les écoles primaires supérieures. Les aspirantes

à ce diplôme doivent être âgées d e vingt et un

ans et posséder le brevet supérieur ou le baccalauréat.

Le programme de l'examen est en vente à la

librairie Delaldin, 115, boulevard Saint-Germain,

Paris, prix : 30 centimes.

Institutrice titulaire et intérimaire.

à P... (Maine-et-Loire.)


24

MANUEL GÉNÉRAL DE , L'INSTRUCTION PRIMAIRE

PETITES ANNONCES DU " MANUEL GENERAL 99

CONDITIONS D'INSERTION

ANNONCES NON COMMERCIALES

Les abonné» d'un an au Aiunacl générai oui uruii (en ce qui

concerne les annonces non commerciales seulement) a l'insertion

gratuite de 30 mots pendant le cours de leur abonnement.

Chaque mot supplément aire est compté à raison de lOcent. 1 un.

Tous les lecteurs non abonnes d'un an paieront 2>0 cent, le mot.

ANNONCES COMMERCIALES

Abonnés d'un an, l'é mot centimes.

Non abonnés, le mot 30 centimes.

M. G. 6861 10

cent.

POUR RÉPONDRE AUX PETITES ANNONCES

1 arrive trop souvent que nous ne pouvons

transmettre au destinataire, faute

d'affranchissement,les réponses à nos petites

annonces. Pour éviter toute erreui\

nous prionsnos correspondantsdese con -

former à lamarche indiquée ci-dessous:

1« Ecrire sa réponse «îeprêléreMc* sur

Une carte-lettre timbrée à ÎO cen­

RÉCEPTION DES ANNONCES

Les demandes d'insertion doivont nous parvenir le jeudi au plu*

tard pour le numéro du samedi de la semaine suivante• Elles

doivent toujours être accompagnées d'une bande recente d'envoi

du journal, pour les abonnés, du prix de l'insertion calculé

comme il vient d'ôtre dit.

Nota. — Los annonces de librairie et de ventu de chutes postales

illustiéos ne sont pas insérées.

times. — 2» la fermer. — 3° îs'e pas mettre

d'adresse sur cette carte-lettre; inscrire

seulement en tête le Numéro de lapetito

annonce à laquelle on répond.— 4° Placer

la carte-lettre ainsupréparée dans une

enveloppe affranchie à 10 centimes et

adresser le toul à l'Administration du

Manuelgénéra ^Servicedelà Publicité).

Administration

10

cent-

du « Manuel Général D

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d'enseigner la sténotuation

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jeunes filles ou jeunes garçons. Petites

des situations peuvent s'adresser à l'In­ le B. S. M. G. 8102.

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Année scolaire 1914-1915. N° 2 24 Octobre 1914.

SUJETS DE COMPOSITIONS

donnés dans

LES EXAMENS ET CONCOURS D E L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

PRÉPARATION DES CANDIDATS

POUF la préparation des maîtres aux examens

du Certificat d'aptitude pédagogique,

du Brevet supérieur,

du Professorat des écoles normales,

do l'Inspection primaire,

du Certificat d'aptitude à l'enseignement des

langues virantes (anglais et allemand),

nous tenons à la disposition de nos abonnés un grand

nombre de sujets a traiter, que nous leur fournirons

gratuitement sur demande accompagnée d'une

bande du journal et adressée au secrétaire de la rédaction

du Manuel général.

Nous prions nos correspondants de vouloir bieii

indiquer avec précision l'espèce des sujets qu'ils désirent.

(Sujets du C. A. P., ou du brevet supérieur,

ou du professorat (lettres ou sciences), ou de l'inspection,

ou du 0 . A. 5, l'enseignement de l'anglais, ou à

l'enseignement de l'allemand.)

Pour les candidats an Gertificat d'aptitude pédagogique,

le Manuel général propose en outre,

dans le premier numéro de chaque mois, deux sujets

à traiter et publie, le mois suivant, le compte rendu

général des compositions reçues.

Le premier numéro de chaque mois contient anssi

le texte de plusieurs sujets à traiter pour la préparation

du Certificat d'aptitude à, l'inspection

des écoles maternelles.

EXAMEN DES CONSCRITS DE LA CLASSE

1913, NON MUNIS DU CERTIFICAT

D'ÉTUDES PRIMAIRES

Langres, 21" régiment d'infanterie -.

I. — Orthographe et Écriture.

L'approche «Je J'iiiver.

Toute la journée, un vtnt aigre a soufflé de l'ouest.

Le ciel est resté bas et triste, et j'ai vu passer des

vols de corbeaux. Maintenant, il pleut ; j'entends l'eau

qui ruisselle des gouttières et qui fouette les vitres de

ma chambre. Les tuiles, soulevées, roulent sur le toit,

tombent sur le sol détrempé ; dans la nuit, les pauvres

arbres, sous l'effort du vent plus colère, gémissent et

craquent.

II. — Calcul.

a) Ecrire les nombres : 387, 7 635, 75 829.

b) Pour s'acquitter d'une dette de 7 500 fr., une personne

verse une première fois 975 fr., une seconde

fois 2 625 fr. et une troisième fois 1 730 fr. Combien

doit-elle encore ?

c) Un laboureur achète à un vigneron 8 barriques

de vin de 225 litres à 0 fr. 40 le litre. Il lui vend

16 hectolitres de blé à 18 fr. l'hectolitre. Combien le

laboureur doit-il au vigneron?

1. En remerciant vivement ceux de nos abonnés qui ont

l'obligeance de nous envoyer les sujets de compositions donnés

dans les examens et concours, nous les prions, pour faciliter

le travail de l'imprimerie, d'écrire seulement sur le

recto des feuilles qu'ils nous adressent.

2. Communiqué par M. Guithaux. - instituteur soldat du

2l« régiment d'infanterie.

Sujets de Compositions.

AVIS RELATIF

A L A CORRECTION D ES COPIES

Nous rappelons à nos abonnés que nous corrigeons

toutes les copies qui nous sont adressées çar eux es

que le tarif des corrections est fixé ainsi qu'il

suit

1 fr. 50 par sujet pour les compositions prèparaoires

aux examens de ..l'Inspection primaire, d<

l'Inspection des écoles maternelles, du Professorat

des écoles normales et du Certificat d'aptitude

à l'enseignement des langues* vivantes ;

1 ir. par sujet pour les compositions préparatoires

au Certificat d'aptitude pédagogique ;

0 fr. 75 par sujet pour les compositions préparaoires

aux examens du Brevet supérieur (la composition

de mathématiques peut comprendre deux pro

blêmes, qui sont corrigés pour 0 fr. 75; — l'épreuvt

de langues vivantes ne doit contenir qu'un exercicf

en anglais ou en allemand) ;

0 fr. 50 par sujet pour les compositions des aspirants

auBreret élémenta.ire, auxEcoles normaleprimaires

et au Certificat d'études primaires.

De plus les abonnés doivent ajouter, au prix indi

qué pour la correction, la somme nécessaire poui

l'affranchissement de leurs copies, sous envelopp*

fermée, au retour.

Ces petites sommes peuvent nous être adressées ai

même temps que les copies, soit par mandat-poste

soit en timbres-poste, soit en timbres spéciaux d'un^

valeur conventionnelle de 0 fr. 25 chacun, que l'admi

nistration du journal tient à la disposition da eau*

qui en demandent.

III. — Histoire, Géographie, instruction civique

1. Que vous rappellent ces deux noms historiques

Austerlitz et Sedan 1

2. Sur quels grands fleuves se trouvent les villes

suivantes : Rouen, Lyon, Orléans, Toulouse ?

3. Par qui sont élus les députés ? les sénateurs?

GERTIFICAT D'ÉTUDES PRIMAIRES 1

Orthographe et Écriture.

Le coucher des corbeaux dans les bois.

Une légion de corbeaux, accourus de tous les voisinages

pour coucher sur les grandes cimes, se déroulait

à, travers l'espace, à la façon d'un immense voile

de deuil, flottant au vent, poussant des clameurs violentes

et sinistres.

Quelquefois, ils se posaient,, criblant de taches

noires les branches emmêlées sur le ciel rouge, surlf

ciel sanglant des crépuscules d'automne. Puis, tout s

coup, ils repartaient en croassant affreusement et en

déployant de nouveau au-dessus des bois le long feston

sombre de leur vol.

Ils s'abattaient enfin sur les faîtes les plus hauts e:

cessaient peu à peu leurs rumeurs, tandis que la nuu

grandissante mêlait leurs plumes noires au noir dt

1 espace. MAUPASSANT.

QUESTIONS. — 1. Sens des mots : légion, sinistsre,

crépuscule, feston.

(Légion: une grande quantité. —Sinistre .-lugubre,

qui fait craindre des malheurs. — Crépuscule : clarté

1. Chécy (Loiret) ; 10 juin 1914. Communiqué par M. Alboay.

à Marigny (Loiret).

ff* 2.

C. NAMPON. Cent problèmes d'Arithmétique du Brevet supérieur, & v n eC vo S °'in-°g? brol-hT"^.'? 8 0 C.


MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

(ui persiste après le coucher du soleil. — Fe>ton:

dessin en forme de guirlande.

2. Faites l'analyse de chacun des termes suivants •

Tandis que la nuit grandissante.

3. Quel est l'infinitif du verbe dont le participe

îassé est accouru? Conjuguer ce verbe au présent de

indicatif et au futur simple.

Composition française.

C'est jeudi. Il fait un temps magnifique. Un de vos

••amarades, qui vient vous chercher pour faire une

iromenade, vous trouve très occupé à faire vos devoirs.

Dialogue.

SUJET TRAITÉ. — « Bonjour, Jean, dépêche-toi de

anger livres et cahiers, et partons pour l'étang du

lauprè. En marchant bon p^p, nous aurons juste le

emps d'y manger des.fraises que nous cueillerons et

le rentrer pour le dîner. — Impossible, mon

ieux, mes devoirs ne sont pas faits et j'en ai pour

eux bonnes heures. Je ne voudrais pas te gâter ta

romenade : pars vite, sans t'attarder plus longtemps.

- Ah ! mais non, je n'y vais pas seul. Je ne peux pas

roire que tu vas gâcher une radieuse après-midi

omme celle-ci à rester enfermé. Ils seront toujours

i, tes livres et tes cahiers, tandis que le soleil, lui,

te brille que quand il veut. Allons! viens, les fraises

eront mûres à point et je connais même un coin du

iois où nous dénicherons des framboises parfumées.

- A quoi bon me tenter? Mon travail est là, qui m'at-

' and; crois-tu que je m'amuserais si je partais en le

lissant en souffrance ? Dirais-je au maître, demain,

[u'il faisait trop beau temps pour travailler? Belle

•aison de paresseux! — Alons, l'incorruptible, il n'y

i rien à faire avec toi; je repasserai dans deux heures

it nous irons simplement humer l'air au bord de la

•oute. »

Calcul.

1. Le plan cadastral de votre commune est à

échelle de 1/2 500; trouver: 1° la longueur réelle

•'une ligne qui, sur ce plan, mesure 67 mm.;

2° Li surface d'un champ rectangulaire qui, sur ce

•lan, a 47 mm. sur 32 mm.

SOLUTION. — Longueur de la ligne : 0 m. C67 X

• 500 = 167 m. 5.

Longueur réelle du champ: 0 m . 047 x 2 500 =

17 m. 50.

Largeur du champ: 0 m. 032 X 2 500 = 80 m.

Surface du champ : 1 m'- x 117,5 X 80 = 9 4t0m 2 .

Réponses : 167 m. 5 ; 9 4 00 m 2 .

2. Multiplier 36 par 11 : 1° par les procédés du

alcul mental ; 2° par ceux du calcnl rapide. Expliuez

et justifiez la manière de procéder.

SOLUTION. — 1° Pour multiplier 38 par II, je le

lultiplie d'abord par 10 en transformant les unités en

izaines : 36 x 10 = 36 dizaines ou 360 unités, puis

ajoute, à ce produit partiel, une fois 36, ce qui fait

96. J'ai ainsi multiplié 36 par les deux parties d'une

jmme qui est 11, et j'ai additionné les deux produits

iartie)s, ce qui revient à multiplier 36 par cette

orjime.

2° Pour multiplier rapidement36 par 11. j'additionne

3 nombre des unités et le nombre des dizaines, soit

; + 6 = 9, et j'intercale le chiffre ainsi trouvé entre

3 3 et le 6, formant un nouveau nombre. 396, qui est

eproduit cherché. (Remarquer que cette façon de

irocéler est un simple abrégé de l'opération écrite :

>n additionne, sans les écrire au préalable, les deux

jroduits partiels. )

Agriculture.

Qu'est-ce que la greffe ? Comment la fait-on ? Citez

les exemples.

Soins k donner à une treille.

Couture.

5 centimètres surjet; 5 centimètres ourlet; demiooutonniére.

Dessin.

Un petit banc ou tabouret.

CONCOURS POUR L'OBTENTION DES

BOURSES AU COLLÈGE CHAPTAL 1

L R " SÉRIE.

Orthographe.

Lu première neige.

Un matin, le soleil, qui s'est leyé tard, dessine son

disque pâle derrière un rideau de brume jaunâtre ; le

ciel est si bas qu'il semble toucher la terre. Des bandes

de corbeaux partent pour aller dépecer quelque bête

morte. Le noir essaim fend l'air d'un vol plus rapide

que d'ordinaire, car il a, avec son instinct prophétique,

pressenti un changement de temps.

En effet, de blancs dosons de neige commencent à

tourbillonner comme le duvet de cygnes qu'on plumerait

là-haut. Bientôt, ils deviennent plus nombreux,

plus pressés; une légère couche de blancheur, pareille

à cette poussière de sucre dont on saupoudre les

gâteaux, s'étend sur le sol. Une peluche argentée

s'attache aux branches des arbres, et l'on dirait que

les toits ont mis des chemises blanches. Il neige. La

couche s'épaissit et déjà, sous un linceul uniforme,

les inégalités du terrain ont disparu. Peu à peu les

chemins s'effacent, les silhouettes des objets sur lesquels

glisse la neige se découpent en noir ou en gris

sombre. A l'horizon, la lisièro du bois forme une

zone roussâsre rehaussée de points de gouache. Et la

neige tombe toujours, lentement, silencieusement, car

le vent s'est apaisé ; les bras des sapins ploient sous

le faix, et quelquefois, secouant leur charge, s? relèvent

brusquement ; des paqjuets de neige glissent et

vont s'écraser avec un son mat sur le tapis blanc.

THÉOPHILE GAUTIER.

QUESTIONS GRAMMATICALES.

1. — Formes. — 1. Analyser deviennent. Conjuguer

ce verbe au passé antérieur et à l'imparfait du subjonctif.

2! Que signifient les expressions : noir essaim et

linceul uniforme?

Citer quelques mots de la famille d'uniforme.

3. Expliquer les mots : silhouette, horizon, apaisé.

4. Analyser vont. Conjuguer ce verbe au passé

simple et à l'impératif présent.

II. — Syntaxe. — 1. Nombre et nature des propositions

contenues dans la phrase : En effet..., jusqu'à

qu'on plumerait là-haut.

2. Analyser le mot qu' dans l'expression : qu'on

plumerait là-haut, et que dans: Von dirait que les

toits...

3. Analyser ou dans : se découpent en noir ou en

gris sombre. Que peut encore être ce mot? Citer un

exemple.

EXPLICATIONS. — Deviennent: verbe d'état; passé

antérieur: je fus devenu; imparfait du subjonctif :

que je devinsse.

2. Noir essaim : essaim est le doublet d'examen,

qui, au sens propre, désigne l'aiguille indicatrice de

l'équilibre d'une balance ; l'idée de pesée se lie aisément

à celle d'examen (évaluation du mérite) et celle

d'examen à celle de choix, de sélection : l'essaim

d'abeilles est un groupe de choix qui crée une ruche

nouvelle; d'autre part, l'essaim, quand il se suspend

en grappe' à quelque branche d'arbre, ressemble quelque

peu à une aiguille qui s'élargirait en fer de pique.

Le noir essaim des corbeaux est un groupe de ces

oiseaux, noirs de plumage, qui fait songer à quelque

groupe d'abeilles, au noir corselet. — Linceul uniforme

: le linceul est le drap (primitivement en toile

de lin) qui sert à ensevelir les morts ; rapprocher :

linge, lingerie, etc. ; uniforme signifie, littéralement :

qui n'a qu'une forme, qui présente partout le même

1. Paris, 1914.

ARITHMFTIfHJF • fi MàHIIIPI Deux cents Problèmes et questions de théorie du Brevet . f ..

i 1 ly «jl, . u- m/inur.L. élémentaire avec solutions. I f, ct2' fériés. 2 volume» 10-16. Cliwiuc vol. * •


aspect. Rapprocher : unité, unique, univers, universel,

université, etc. ; former, formation, conforme,

difforme, etc.

Silhouette: vague contour, simple profil; ce mot

reproduit, par antonomase, le nom d'un contrôleur

général de Louis XV. M. de Silhouette n'administra

que pendant quelques mois les finances de l'Etat et

passa, peut-être à tort (il voulut réduire les dépenses

du roi), pour un esprit inconsistant et mal pondéré.

— Horizon : mathématiquement, petit cercle de la

sphère terrestre que limitent toutes les tangentes

issues d'un même point extérieur à cette sphère ; dans

le langage courant, limite de l'espace que peut, d'un

unique point de vue, embrasser circulairement le

regard ; ligne qui semble séparer l'un de l'autre le

ciel et la terre. — Apaisé: calmé, remis à l'état de

paix. Rapprocher: paisible, pacifier, pacifique, etc.

3. Vont: verbe de forme active, sens transitif indirect

(intransitif, d'après les anciennes grammaires).

1. En effet, etc. Il y a, dans cette phrase, trois

propositions: 1° Principale: En effet, de blancs flocons

de neige commencent à voltiger et à tourbillonner

; 2° Suborlonnée à la principale, elliptique,

compl. circonstanciel de comparaison: comme (voltige)

le duvet de cygnes; 8 ' Sub. à la précédente,

compl. déterminatif de cygnes: qu'on plumerait làhaut.

2. Qu'on plumerait : qu' (mis pour que) est un

pronom relatif, de la 3° pers. du masc. pluriel, compl.

dir. de plumerait. — On dirait que : que, ici, est

conjonction.

3. En noir ou en gris: ou, conjonction ; où est

adverbe et joue en certains cas le rôle d'un pronom

ralatif. Esemple : « Mes jambes à leur tour iront où

vous voudrez. »

Arithmétique.

Problèmes. — 1. Une ménagère veut Se rendre

compte de la pureté du lait qu'on lui fournit. Sa

boite au lait a pour contenance 24 décilitres ; elle pèse,

vide, 5 hg. 37, et, pleine de lait, 3 kg. Sachant que la

densité du lait pur est de 1,03, dire si le lait fourni

contient de l'eau, et, dans le cas de l'affirmative, quel

est le volume de cette eau.

Vérifier le résultat.

SOLUTION. — 2i dl. = 2 1. 4. Poids de 2 1. 4 de lait

pur : 1 kg. 03 x 2,4 = 2 kg. 472. Poids du lait que

contient la boîte : 3 kg. — 0 kg. 537 = 2 kg. 463, ou

2 463 gr. Différence avec le poids rationnel : 2 472 gr.

— 2 463 gr. = 9 gr Différence entre le poids d'un

litre de lait par et celui d'un litre d'eau : 1030 gr. —

1000 gr. =30 gr. Quantité d'eau que contient le lait

de la ménagère : ~ 9 = = 0 1. 3, ou 3 dl.

Vérification. — Poids de 3 dl. d'eau: 1000 gr. x

0,3 = 300 gr. Poids du lait que contient le vase :

2163 gr. Poids du vase : 537 gr. Poids total: 300 gr.

4- 2163 gr. + 537 gr. = 3 000 gr. = 3 kg.

2. Un cultivateur âchète, à. raison de 4 500 fr. l'hectare,

un champ rectangulaire de 160 m. de long sur

85 m. 40 de large. Il se propose de payer comptant

la moitié du pris d'achat, et le reste dans 5 mois, avec

les intérêts à 4 3/4 °/0 par an.

Quel est le montant de chaque versement ?

SOLUTION. — Surface du champ : 1 m® x 160 x 84,5

= 13 664 m 2 = 136 a. 64. Prix de l'are : ' • =

100

45 fr. Pris d'achat du champ: 45 fr. x 136,64 =

6 148 fr. 80. Somme payée comptant: ^ 148 fr—S0 _

3 074 fr. 40. Intérêts de 3 074 fr. 40 à 4 3/4 % ou

19 fr . 19 fr. x 3074.4 x 5

—-,— °/0 pendant 5 mois : ; — =

4 4 x 1U0 x 12

19 fr. X' 12 81

— = 60 fr. 8475, ou, commercialement,

60 fr. 85. Montant du deuxième versement : 3 074 fr. 40

+ 60 fr. 85 = 3 135 fr. 25.

SUJETS DE COMPOSITIONS 7

BREVET ÉLÉMENTAIRE 1

Orthographe.

Le soulier d'enfant.

Je ne crois pas qu'il y ait rien au monde de plus

riant que les idées qui s'éveillent dans le cœur d'une

mère à la vue du petit soulier de son enfant. Surtout

si c'est le soulier de fête, des dimanches, du baptême,

le soulier brodé jusque sous la semelle, un soulier

avec lequel l'enfant n'a pas encore fait un pas. Ce

soulier-là a tant de grâce et de petitesse, il lui est si

impossible de marcher, que c'est pour la mère comme

si elle voyait son enfant. Elle lui sourit, elle le baise,

elle lui parle. Elle se demande s'il se peut en effet

qu'un pied soit si petit ; et, l'enfant fût-il absent, il

suffit du joli soulier pour lui remettre sous les yeux

la douce et fragile créature. Elle croit le voir, elle le

voit, tout entier, vivant, joyeux, avec ses mains

délicates, sa tête ronde, ses lèvres pures, ses yeux

sereins, dont le blanc est bleu. Si c'est l'hiver, il est

là, il rampe sur le tapis, il escalaie laborieusement

un tabouret, et la mère tremble qu'il n'approche du

feu. Si c'est l'été, il se traîne dans la cour, dans le

jardin, arrache l'herbe d'entre les pavés, regarde naïvement

les grands chiens, les grands chevaux, sans

peur, joue avec les coquillages, avec les fleurs, fait

gronder le jardinier, qui trouve le sable dans les

plates-bandes, la terre dans les allées. Tout rit, tout

brille autour de lui, comme lui, jusqu'au souffle d'air

et au rayon de soleil qui s'ébattent à l'envi dans les

boucles follettes de ses cheveux. Le soulier montre

tout cela à la mère et lui fait fondre le cœur comme

le feu une cire.

VICTOR HUGO, Notre-Dame de Paris.

QUESTIONS. — 1. Décomposez la première phrase

en propositions. Indiquez la nature et, s'il y a lieu,

la fonction do chacune d'elles.

2. Indiquez la fonction des mots ou groupes de

mots soulignés.

3. Précisez le sens qu'ont dans la dictée les expressions

suivantes : les idées qui s'éveillent ; il escalade

laborieusement un tabouret; s'ébattent à Venvi;

fait gronder le jardinier ; lui fait fondre le cœur.

4. Quels sont, dans ce texte, les détails qui vous

paraissent les plus touchants ?

EXPLICATIONS. — 1. Il y a, dans la première phrase,

quatre propositions : 1° Principale : Je ne crois pas;

2° Sub. à la principale, complément direct: qu'il y

ait rien au monde de riant (que rien ne soit riant

au monde) ; 3° Sub. à la précédente, elliptique ;

compl. circ. de comparaison: que (sont riantes) les

idées; 4° Sub. à la précédente, compl. déterminatif

de idées : le reste de la phrase.

2. Que les idées : compl. circ. elliptique de soit

riant; voir l'analyse précédente. — Elle le voit tout

entier : tout, adverbe, modifi) entier; entier, adjectif

qualificatif, m. sing. qualifie'le pronom le, mis pour

enfant. — Gomme le feu une cire : feu est le sujet

de fond, verbe sous-entendu, et cire, le compl. dir.

du même verbe.

3. Les idées qui s'éveillent : des idées qui naissent

dans l'esprit comme celles qui succèdent à un doux

rêve, à un bienfaisant sommeil. — Il escalade laborieusement

un tabouret : escalader • signifie, dans le

sens propre, franchir un obstacle à l'aide l'une ou de

plusieurs échelles (rapprocher escale, escalier, échelon,

etc.); ici, l'auteur exagère l'idée, il nous ia présente

sous la forme d'une plaisante hyperbole : il

compare les barreaux du tabouret à ceux d'une échelle;

laborieusement veut dire avec beaucoup de labeur,

de peines, d'efforts. — S'ébattent à l'envi: prennent

leurs ébats à qui mieux mieux, semblent s'y inviter

mutuellement; envi (no pas confondre avec envie)

est de la famille des mots invire, inviter, invitation,

etc. — Fait gronder le jardinier : mécontente

le jardinier, qui murmure, qui gronde entre ses dents,

1. Mourthe-ot-Moscllo ; aspirantes.

M. AUBRIL. Cent compositions françaises du Brevet supérieur 1.25


8

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

parce qu'on lui orée de petits ennuis, parce qu'on lui

gâte son travail. — Lui fait fondre le cœur : lui

cause des émotions telles qu'il lui semble que ses

armes douces et joyeuses lui fondent le cœur, c'està-dire

attendrissent, amollissent délicieusement tout

son être, de sorte qu'elle n'a plus conscience de la

vie que dans l'immense bonheur de la maternité.

4. Détails les plus touchants : 1° les idées riantes

que fait naître, tout de suite, dans le cœur de la

mère, la vue du soulier de l'enfant ; 2° la vue du

soulier de fête, que l'enfant portait avant d'avoir

essayé son premier pas ; 3° les formes délicates de

ce petit soulier, parce qu'elles font songer à la mignonne

petitesse du pied qu'il a chaussé; 4° l'évocation

de tout ce qui caractérise la première enfance :

grâce et pureté de la physionomie, audace et gentillesse

naïves des premières manifestations de la vie

chez l'enfant, surtout quand la nature semble le

caresser et lui sourire.

Composition française.

Expliquez cette pensée d'un moraliste : « La grande

éducatrice des filles sera toujours leur poupée. »

Faites appel à vos souvenirs. Dites combien vous

aimiez votre poupée, de quels soins vous l'entouriez,

quels bons moments vous avez passés à l'habiller, à

ranger son ménage, à confectionner son trousseau.

Demandez-vous quelles leçons vous ont données tous

ces jeux à votre insu.

EXPLICATIONS. — Le sentiment. — N&. faites pas

appel à vos souvenirs de lectures; laisser parler librement,

naturellement, votre cœur. Le sommaire est

très net ; suivez-le de point en point. Ne craignez pas

de dire que votre poupée, à votre insu peut-être, vous

a donné la première intuition de l'amour et du devoir

maternels, que vous la considériez vraiment, par les

yeux de l'imagination, comme « votre fille » et qu'elle

vous a permis le charmant essai du rôle de la « petite

rnère ».

Leçons pratiques. — Cette' partie du sujet a trait

au pur sentiment. Voyez ensuite les leçons pratiques

que vous avez tirées du commerce intime avec votre

poupée : ordre, propreté, amour du travail, et spécialement

des travaux domestiques, qui doivent tenir une

si large place dans l'éducation et l'existence de la

femme.

Conclusion. — Rien de plus captivant et de pins

utile pour la fillette que le jeu « à la poupée », quand

il élimine la coquetterie, la paresse et la vanité.

Arithmétique.

Théorie. — On a à multiplier 49 par 19. Dites

ce que deviendra le produit si on ajoute une unité à

chacun de= facteurs. Tirer de cette constatation uce

règle pratique de calcul mental pour la multiplication

de deux nombres de deux chiffres, terminés l'un et

l'autre par 9.

INDICATIONS. — Soit un produit de deux facteurs

quelconque. Si l'on ajoute 1 au multiplicande, on a

à multiplier une somme par un nombre ; on peut

considérer l'opération, quand le multiplicateur est un

nombre entier, comme une addition d autant de nombres

égaux au nouveau multiplicande, qu'il y a

d'unités dans le multiplicateur. Si chacun de ces

nombres est augmenté de i. le total est, évidemment,

augmenté d'autant d'unités qu'il y en a dans le mul­

tiplicateur, ce qui revient à. dire que le produit primitif

est augmenté du multiplicateur. Si l'on ajbute

ensuite 1 au multiplicateur, comme le produit doit

être à l'égard du second multiplicande ce que le

second multiplicateur est à l'égard de l'unité, le second

produit est augmenté du second multiplicateur; d'où

il résulte que le produit primitif est augmenté du

multiplicande + le multiplicateur + 1, autrement dit

de la somme des facteurs accrue d'une unité.

Dans le cas spécial qu'indique l'énoncé précédent,

le produit sera donc augmenté de 49 -f 19 + 1 ou

50 + 20 — 1. D'où cette rèffle pratique de calcul mental

: Pour effectuer le produit de deux nombres

terminés par 9, ajouter 1 à chaque facteur, faire le

produit des deux nombres obtenus (nombres exacts

de dizaines) et retrancher du résultat la somme de

ces nombres diminué de 1. On aura ici : 49 x 19 =

50 x 20 — 70 + 1 = 1 000 — 69 = 931.

Problème.;— Avec une pièce de toile blanchie, on

peut faire un certain nombre de serviettes de 0 m. 75

de longueur et il restera 0 m. 50 de toile. Si l'on

donne 5 cm. de plus de longueur à chaque serviette,

on fera deux serviettes de moins et il ne restera rien

de la pièce de toile. La toile" non blanchie a coûté

1 fr. 10 le mètre et elle a perdu de sa longueur

au blanchissage. On demande la longueur de la pièce

de toile blanchie et le prix de revient de chaque serviette,

qui mesure 0 m 80 de long, en comptant la

façon à 1 fr. 60 par douzaine.

SOLUTION. — Différence des longueurs de toile employées

dans les deux cas, si l'on suppose que le nombre

de serviettes est resté celui de la première hypothèse

; (0.75 + 0 m. 05) 2 + 0 m. 50 = 0 m. 80 x 2

+ 0 m. 50= 2 m. 10. Cette différence provient d'une

augmentation de 5 cm. de longueur par serviette.

1 x 2 10

Nombre des serviettes dans le premier cas ;

0,05

210

42. Longueur de la toile employée : 0 m,. 75

x 42 + 0 m. 50 = 32 m. Longueur de la toile, avant

le blanchissage, sachant que 20 m. de toile non blanchie

ont fourni 20 m. — 1 m. = 19 m. de toile blan­

32 m. x 20

chie ; . Si la serviette mesure 0 m. 80 au

Ï9~

lieu de 0 m. 75, il n'y a plus que 42 — 2 = 40 ser-

- « -o • 4 4 i J i * -i 1 fr. 10 X 32 x 20

viettes. Prix total de la toile : —-m, =

19

37 fr. 05. Prix de la façon :

16 fr.

lfr. 60x40 lfr.60 x 10

12 — 3

5 fr. 33. Prix total de revient; 37 fr. 05

42 fr. 38

-+• 5 fr. 33 = 42 fr. 38. Prix d'une serviette :

40

i fr. OE-à, ou 1 fr. 06, à moins d'un centime

près, par excès.

Vérification. — Longueur de 42 serviettes à 0m. 75 :

0 m. 75 x 42 = 31 m. 50 ; de 40 serviettes à 0 m. 80 ;

0 m. 8 x 40 = 32 m. ; 31 m. 50 + 0 m. 50 = 32 m.

Dessin.

Dessin perspectif à vue d'une carafe et d'un verre

groupés.

Feuille 1/4 Ingres.

Librairie HACHETTE et C le , 79, boulevard Saint=Germain, Paris.

L. R O Y , directeur d'école publique.

Livret mensuel

DE CORRESPONDANCE

Entre l'École et la Famille

Suivi de notions d'hygiène scolaire, d'un dossier sanitaire de l'élève, etc.

Brochure in-iG, couverture forte ' 1 0 cent.


18 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

Chant.

L'oiselet a quitté sa branche (25 chansons en fan

-tines, par JACQUES DALCROZE).

Occupations manuelles.

Confection d'un balai. — Choisir un groupe d'aiguilles

de pm de la même longueur ; les lier solidement

ensemble, 4out près du bout par lequel elles tenaient à.

a branche. Introduire par force au milieu des extrémités

'liées un petit morceau de bois qui sera le

manche'.

Jouer à la marchande d'aig uilles. — Préparer

les aiguilles à vendre en les piquant à intervalles réguliers

sur de longs rectangles de papier, de la façon

dont sont piquées les épingles vendues dans le commerce.

Modelag-e. — 1° Une branche de pin : entourer

de pâte un bout de bois et rouler entre les mains

jusqu'à ce que la pâte forme un cylindre allongé à

peu près régulier. Avec une latte ou l'ébauchoir,modeler

les écailles de l'écorce. Planter les vraies

aiguilles à l'extrémité de la branche en observant

bien les dispositions des aiguilles sur la branche naturelle.

2. Un arbre en pot: modeler un pot à fleur plein.

Piquer une pomme de pin sur un petit bâton pointu

et planter dans le pot. Si on peut peindre en vert la

pomme de pin, en brun le pot et le bâtonnet, l'effet

sera plus joli.

Frises. — 1° Enduire de colle ou de résine les

aiguilles de pin et les appliquer tn cioix juxtaposées

sur du papier fort ou du carton. On peut colorier les

losanges compris entre les croix. D'autres dispositions

sont à chercher.

MORALE

A L'ECOLE PRIMAIRE

Flèches de tout bois.

Peu à peu. — Tout à, coup.

Voici deux expressions du langage courant. Elles

se retrouvent sur nos lèvres tous les jours. Lorsque

vous décrivez une scène à laquelle vous avez assisté,

ou que vous expliquez à quelqu'un comment il doit

s'y prendre pour exécuter un travail, vous avez tour

à tour recours à ces deux expressions : peu à peu, —

tout à coup.

Il existe entre elles un contraste. La première

définit les actions lentes, la deuxième les événements

brusques. Le soleil qui se lève ou se couche est une

imagefidèledecequisefaitpeuà peu. Ceux d'entre vous

qui ne dorment pas trop longtemps le matin ont pu

assister au lever du soleil. Ce n'est pas un spectacle

pour impatients. Le spectacle est beau, mais le

plaisir de l'observer dure assez longtemps. D'abord,

on remarque vers l'est une pâle et vague lueur

blanche, cette lueur grandit, rosit, envahit tout

l'orient. Mais le soleil ne paraît toujours pas. Les

gens pressés pourraient lui dire : allons donc, dépêchetoi

de surgir, ou je m'en vais. Mais le soleil ne hâtera

pas pour cela son lever et c'est heureux, car si le

soleil faisait un bond pour complaire à ces esprits

qui le pressent et le conjurent de se dépêcher, il y

aurait un cataclysme universel. Lentement enfin le

roi du jour monte au-dessus de la ligne de l'horizon

et tout le jour, en sa course, il reste fidèle à sa

devise : peu à peu.

I 2° Pour la leçon sur le sapin, on

peut faire découper des silhouettes

dans le genre de celle-ci (fig.),puis

les faire coller en frise et colo- .. ,

rier. V ^ r'

Dessin.

D'après nature. — Des aiguilles

de pin dans diverses positions. —

Une branche de pin. — Si la leçon sur le sapin a

été faite, faire dessiner une branche de sapin et une

branche de pin, après avoir bien insittè sur les 'dispositions

différentes des aiguilles sur la branche.

Calcul.

La notion du 3. — Compter lentement 3 enfants,

3 chaises, 3 balles, 3 crayons, etc.

Montrer 3 doigts. Montrer 3 paires d'aiguilles de

pin ; 3 aiguilles (les enfants aidés par la maîtresse

trouveront qu'il faut séparer deux aiguilles pour en

ajouter une à une autre paire). Disposer les aiguilles

par groupes de 3 ; les dessiner par groupes de 3.

3 enfante apportent chacun une aiguille ; combien

d'aiguilles ? Mettre sur la table 2 aiguilles attachées

et une aiguille seule ; combien? Il reste dans la

boîte une aiguille toute seule ; Jean vient y mettre

une paire d'aiguilles : .combien y en a-t-il maintenant

? Apprendre de même 3 — 1 = 2 ; 3 — 2 = 1;

3 — 3 = 0.

J'ai 3 enfants ; apportez-moi assez d'aiguilles pour

que chacun en ait une.

Louise a rempli 3 sacs d'aiguilles ; si on lui donne

un sou par sac, combien aura-t-elle de sous? De

3

même g = 1.

J'ai 2 aiguilles ; puis-je en donner une à chacun de

ces 3. enfants ? — En cassant en deux quelques

aiguilles de pin pour obtenir des petits morceaux,

on pourra dessiner le 3 ainsi

La notion du 4. — Même procédé que pour le 3.

4

Insister sur 2 x 2 = 4 e t g = 2. Faire disposer 4 ai­

guilles de toutes les manières possibles et les compter

séparément, puis par groupes: 2 et 2, 4 ; 1 et 3, 4;

3 et 1, 4. . M. S.

Tout autre est l'éclair. Il jaillit instantanément de

la plus noire obscurité et disparaît de même, t.out à

coup. Tout en lui est inattendu et c'est le cas de le

dire : foudroyant. Ses ravages sont terribles; ce

n'est pas par minutes, c'est par dixièmes et centièmes

de secondes que se calcule son action. Cependant, si

l'on veut bien observer de plus près la façon dont

naît l'éclair, il faut reconnaître que s'il éclate avec

soudaineté, il se prépare lentement. C'est peu à peu

que s'amasse l'électricité, pendant des jours et des

heures. Sa lumineuse et bruyante manifesta'ion dans

l'éclair et le tonnerre se doit tout entière à cette

préparation sans bruit et que nul souvent ne remarque.

— Ceci nous fournit une première réflexion

pourles amis du «toutà coup », dontsûrement plusieurs

nous écoutent. Tout à coup c'est impressionnant,

cela frappe et séduit, cela se fait remarquer, car cela

sonne et reluit. Le tout à coup éblouit la galerie et

remplit d'admiration les yeux des spectateurs. Aussi,

les enfants qui aiment aller vivement et affectionnent

les procédés expéditifs, sont-ils amateurs des allures

rapides, des effets instantanés et des événements foudroyants.

Souhaiter une chose et la voir se réaliser

sans tarder ; faire un plan et l'exécuter immédiatement,

commencer et finir presque en même temps,

cjuel rêve ! Plusieurs aiment la science ; mais i condition

de devenir savants tout à coup ; la musique

leur plaît infiniment, mais ils voudraient l'apprendre

par des procédés accélérés. D'autres aiment l'argent,

mais gagné rapidement. A cette soit' de réaliser,

posséder, progresser aussi vite que possible,répondent

les promesses de ceux qui savent que chacun croit

volontiers ce qu'il désire avec ardeur. Méthodes pour

LECTURE : GABET et GILLARD, Nouvelle méthode de lecture. 1 vol . . 60 C»


apprendre les langues en quelques semaines; recettes

pour guérir les maladies en quelques jours ; conseils

pour faire fortune en quelques années. Tout cela

s'offre aux impatiences faciles à tromper. Mais la

vérité est que les maladies, si elles se guérissent,

se guérissent peu à peu; que l'argent en général se

gagne lentement et que tout savoir ne s'acquiert

qu'à la longue. La nature et la vie des hommes,

nous répètent les patientes et bonnes leçons du peu à

peu. Les brouillons, les fous, les écervelés, veulent

entreprendre tout à la fois et visent les résultats

rapides. Les sages vont lentement et sûrement. Avec

le peu à peu on arrive à réaliser des merveilles

absolument impossibles à réaliser tout à coup. Lorsqu'il

s'agit de percer un tunnel, chacun sait que c'est

une œuvre de longue haleine. Une formidable chaîne

de montagnes sépare deux pays et rend leurs relations

difficiles. Pour parvenir de l'un de ces pays dans

l'autre, il faut faire de longs détours. On voudrait

aller plus vite. Que faut-il se résigner à. faire ? — Il

faut se résigner à percer un tunnel. C'est-à-dire que

pour aller plus vite, un jour, il faut d'abord aller

plus lentement. Le moindre piéton peut aller d'un

pays à l'autre à pied et par petites journées, plus

rapidement que ne vont y aller ces hommes qui grattent

la terre, enlèvent coup de pioche après coup de

pioche, et coup de mine après coup de mine, des

couches de terre et des fragments de rocher. Que

tout cela est long, lent, pénible 1 Un jour, lorsque

le tunnel sera percé, des trains y passeront en transportant

les voyageurs comme par enchantement de

France ou de Suisse, en Italie, par exemple. Mais de

qui ce glorieux tout à coup est-il l'enfant ? N'est-ce

pas qu'il est l'enfant du modeste et laborieux peu à

peu t

Tous ceux qui savent quelques bribes de mécanique

peuvent citer des exemples des merveilles du peu à

peu. La force se décuple et se centuple dans la presse

hydraulique, mais peu à peu. Avec un cric qui marche

bien un homme peut soulever un bloc de pierre

énorme, un wagon pesant plusieuri tonnes. Tout

levier est une application du peu à peu. Une autre

application est la scie. Une mince lame d'acier dentelé

se fraye un chemin à travers le cœur d'un

chêne. De l'eau, tombant goutte à goutte sur une

pierre, si dure soit-elle, finit par l'user et la percer.

Le peu à peu a le secret de toutes les inventions, de

toutes les découvertes. Si elles éclatent dans le public

comme des nouveautés retentissantes, elles se sont

lentement préparées dans les laboratoires où les

expériences se font peu à peu, avec un scrupule et

une patience héroïques. Entre le peu à peu et le tout

à coup il faut faire son choix

Dans certaines circonstances, mieux vaut agir

virement. Ainsi, je ne conseille pas aux enfants, ni

a personne, de se lever peu à peu, avec une sage, et

prudente lenteur. Ils risqueraient de se rendormir,

Mieux vaut sauter du lit. Se faire arracher une dent

très lentement serait peut-être un moyen de souffrir

davantage: arrachez-nous cela aussi vite que possible.

Une action décidée, rapide et courageuse est souvent

une condition de succès. Mais prenez y garde I Pour

agir vite à l'heure décisive, il est nécessaire d'être

prêt et toute préparation généralement ex : ge du temps

et de la patience. On n'improvise pas les grandes

actions, pas plus qu'on n'improvise les fruits sur

les arbres. L'acte est un fruit. Vous pouvez cueillir

une pomme vivement : elle a fleuri et mûri lentement.

Enfin, il est une image par laquelle je désire

avertir les gens qui s'imaginent que plus on va vite,

mieux cela vaut, et cette image, c'est l'escalier. Yous

voulez monter au sixième étage d'une maison. Franchir

la distance d'un seul coup est impossible : degré par

uegré, par l'escalier, vous y arriverez. Si vous avez

à descendre, c'est différent, vous pouvez descendre

a un seul coup : mais je vous conseille tout de même

de prendre l'escalier, car s'il est plus expéditif et

plus rap de de sauter par la fenè re du sixième, il est

plus sûr de descendre les escaliers pas à pas, peu à

Peu et chacun sait pourquoi.

CHARLES WAGNER.

PARTIE SCOLAIRE 19

LANGUE FRANÇAISE

— COURS ÉLÉMENTAIRE =====

VOCABULAIRE. — L'automne.

GRAMMAIRE. — Le nom et le verbe.

ORTIIOORAPHE. — Noms sujets au pluriel. — Terminaisons

s, n, nt. •>

***

Elocution et vocabulaire.

{Peut servir pour les 3 cours.)

Observation.

Ce que l'on sent.

Il fait moins chaud, la température est plus fraîche.

— Le vent est vif, dur ; les bourrasques. Le brouillard

est froid, épais ; on frissonne.

Ce que l'on voit.

L'ÎS feuilles jaunissent, tombent; elles couvrent,

elles tapissent, elles jonchent le sol ; le vent les roule

dans les fossés. Elias s'entassent; elles sont noires,

elles pourrissent.

Le feuillage se colore, s'empourpre, se dore.

Les arbres sont chargés de fruits. — Les branches

plient. —Les fruits mûrissent, se gonflent de suc. Ils

sont vermeils, dorés, appétissants, succulents. Ils

tentent les enfants. On cueille les mûres, les prunolles

dans les haies.

Les champs sont nus, dépouillés ; les fleurs sont

rares ; les prés reverdissent ; les ruisseaux, les mares,

les ètaugs se remplissent ; les pluies tombent ; les

eaux se troublent, jaunissent ; elles charrient le

limon, les feuilles mortes, les brindilles desséchées.

Les oiseaux émigrent, les hirondelles se rassemblent,

s'envolent.

Le travail.

La récolte des pommes de terre ; les tiges noircies

; le cultivateur courbé ; les hoyaux ouvrent les

sillons ; les tubercule? apparaissent ; les charrettes

roulent lourdement; les tombereaux se vident...

La récolte des marrons ; les bogues épineuses, ouvertes

; les coques luisantes; les nèfles blettes; les

pêches veloutées.

La vendange, le vignoble, les ceps noirs, tortus, les

sarments flexibles, les graphes dorées ou vermeilles ;

les raisins ; les joyeux vendangeurs ; les hottes remplies,

les serpes, les sécateurs.

Les semailles, le semeur, la semence, les guérets,

les labours.

La chasse, le gibier traqué ; le chasseur adroit ; le

chien qui flaire, le nez au vent ; la gibecière garnie ;

le fusil en bandoulière ; l'équipement, les bottes, le

gros drap ; la casquette, la cartouchière.

e que l'on entend.

La pluie crépite,, le vent siffle, hurle, mugit, les

branches mortes craquent, le bruissement des feuilles;

les cris des chasseurs, l'aboiement des chiens, la

détonation du fusil.

Raisonnement.

que l'on sait.

Les jours pluscourts ; les nuits pluslongues; l'équinoxed'automne

; l'automne succède à l'été ; il précède,

il annonce l'hiver. — La fin de jolies choses : feuilles,

fleurs. — L'idée de la mort. — La tristesse, la mélancolie.

ORTHOGRAPHE. — Faire copier les mots dont l'or"

thographe présente quelque difficulté.

**»

Vocabulaire, Grajaruaire.

I. Chercher le verbe qui convient pour former les

phrases suivantes :

Verbes.— Détacher, tomber, rouler, décomposer,

ruisseler, crépiter, entraîner; gonfler, pencher ;

lever ; enfoncer, arracher.

La feuille se ... de la branche; elle ... sur la

route ; le vent la ... dans, les fossés ; elle se ...

La pluie ... sur les vitres; elle ... sur les toits ;

elle ... le sable ; elle ... le ruisseau.

LECTURE EXPLIQUÉE : GuëCHOT. Premier livre, Cours élémentaire co^smo^n""! 6 . 1 '? h »


20 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

Grammaire et orthographe. — Ecrire les phrases

au pluriel.

II. Verbes en ir. — Singulier en it ; pluriel en

issent.

Le vent mugit; le nuage s'assombrit; la source

jaillit ; la feuille jaunit; la prunelle mûrit: la grappe

rougit ; le sarment fléchit ; la nèfle s'amollit ; le pré

reverdit ; la tige noircit ; le tombereau se remplit ;

une détonation retentit ; le chasseur bondit.

Ecrire les phrases au pluriel.

Analyse : vent, nom, sujet du verbe mugit ; nuage,

nom, sujet, etc...

III. RECHERCHE DO SC.TET. — Les feuilles jonchent

le sol. Les enfants; se barbouillent de mûres. Les

champs se dépouillent de leurs récoltes. Les rivières

charrient du limon. Les hirondelles émigrent. Les

hoyauoo soulèvent les tubercules. Les roues creusent

des ornières. Les sécateurs détachent les grappes.

Les chiens flairent la trace du gibier. Les jours sont

égaux aux nuits à l'équinoxe.

Ecrire les phrases au singulier.

Analyser les noms sujets.

Dictées de récapitulation.

I. —Voici l'automne. Les feuilles des arbres jaunissent.

Le vent les détache ; elles tombent doucement',

elles jonchent la route. La bourrasque les balaie dans

les fossés. Les fruits mûrissent; les pommes se

dorent, les sarments de la vigne fléchissent sous le

poids des grappes. Les vendangeurs arrivent en chantant

dans les vignobles. Ils chargent leurs hottes de

raisins. '

EXERCICES. — I. — Mettre un point sous chaque

verbe et deux points sous le sujet. — Pourquoi les

feuilles tombent-elles doucement ? Pourquoi les vendangeurs

chantent-ils ? A quelle saison succède l'automne?

Quelle saison précède-t-il?

IL — L'automne est la saison des fruits. Le raisin,

_ les pommes, les poires, ies pêches, les marrons mûrissent.

Les tiges des pommes de terre jaunissent, noircissent,

et tombent sur les sillons. Les charrettes, les

tombereaux roulent lourdement vers les champs. Les

récoltes s'entassent dans la cour de la ferme. Puis le

cultivateur laboure, herse, sème, prépare une prochaine

moisson.

III. — Analyser les sujets des verbes indiquant une

action : raisin, sujet de mûrissent, etc.

Récitation.

Retour du labour.

INDICATIONS. — Avant de lire le morceau, l'expliquer

:

Principe : Les idées avant ies mots.

L'autre soir, un fermier revenait du labour. Il avait

travaillé toute la journée, il était fatigué. Vous devinez

comment il marchait? — Lentement. — Oui, et,

comme le soir tombait, il songeait... A quoi? — A son

travail. — Peut être; et puis, quand le soleil s'éteint,

que la nuit vient, on se sent, parfois, un peu triste...

on ne sonue pas à rire. On est? — SérieuxI — Oui,

grave comme on dit encore.

Il avait labouré son champ avec une mule. Il la

menait boire. Vous savez où? — A l'abreuvoir. —

Bien. Tout à coup, il aperçoit là-bas, un enfant qui

accourt vers lui, les bras tendus, heureux de revoir

son papa. Si heureux qu'on aurait dit que pour lui.

c'était une fête de l'embrasser. Et le pauvre petit

marchait à peine; comme il était tout petit encore, il

parlait difficilement, il prononçait mal, il bégayait.

L'entendez-vous? Il dit : «Papal Donne! Je veux

mener le cheval. » Le cheval, pour lui, c'était la

mule, n'est-ce pas? Et le papa sourit; et il donne au

petit bonhomme le bout de la corde. Les voilà partis,

tous les trois. Vous savez comme on appelle une réunion

de trois écoliers ? — Un groupe. — Le papa, la

mule, le marmot, formaient un groupe, aussi. Croyezvous

qu'ils allaient aussi vite que tout i l'heure, le

papa et la mule? — Non, le petit garçon n'aurait pas

pu les suivre. — Ils étaient donc plus lents. Les

voyez-vous ? Qui marche en avant? — L'enfant. —•

C'est cela, tenant la bride dans sa main. Et la bonne

bête le suit, docile. Pourtant elle est bien plus grande,

bien plus forte... Elle pourrait échapper au bambin.

Mais il semble qu'elle se plaît à lui obéir, comme si

elle sentait que ce pauvre enfant est bien petit, bien

faible. Et un être faible, petit, qui n'est point méchant,

qui n'est point orgueilleux, qui paraît ne songer

qu'à sa faiblesse, qui n'a pas l'idée de faire le

mal, qui ne songe même pas à ses qualités, on dit

qu'il est humble.

Bien humble, en effet, le pauvre petit, mais bien

content de mener la mule. Aussi il rit, mais ses pieds

maladroits heurtent les pierres: il trébuche; il se

penche. Va-t-il tomber, va-t-il se retenir? On dirait

qu'il ne sait pas, qu'il n'est pas sûr, pas atrtain du

chemin qu'il doit faire ; ses pas sont incertains. Quand

on ne sait pas quoi faire, on hésite. Tout


— pluies, gonfler; — rivières, charrier; — hoyaux,

ouvrir ; — tubercules, remplir ;,— chien, traquer.

II. —Avec les noms et les compléments indirects

donnés, construire des propositions.. (Recherche du

verbe.)

Feuilles, fossés; — sarnrunts, poids; — près,

pluies ; — oiseaux, contrées ; — hirondelles, toits ; —

tiges, sillons; — vendangeurs, Ceps ; — pluie, vitres;

— branches, pieds; — cris, forêts; — automne, été.

Verbes. — Entasser, plier, reverdir; émigrer ; se

rassembler ; s'affaisser ; s'empresser ; crépiter ; craquer;

retentir, succéder.

Ecrire ces propositions au futur. — Analyser les

compléments.

III.— Conjuguer au présent, à l'imparfait de l'indi"

catif et au futur, les verbes :Préparer la vendange >

aiguiser les serpettes; détacher les grappes; charger

les hottes ; vider les raisins dans les cuves ; fabriquer

le vin. (Changer de verbe à chaque personne

: Je prépare la vendange, tu aiguises les serpettes,

etc.)

IV. —Etude étymologique de quelques mots :

Feuille ; arbre ; fruit ; vin ; semeur.

Feuille : feuillet, feuillage, feuillir, feuillée, feuilleter,

feuilleton, foliole, effeuiller, effeuillage. »

Arbre:.arbrisseau, arbuste; arborer; arborescent;

arboriculteur, arboriculture.

Fruit: fruitier, fruiterie; fructueux ; fructifier ;

fructidor ; fructifère ; frugal; roment.

Vin: vineux ; vinette ; vinasse ; vinaire; vinaigre ;

vinaigrier; vinaigrette; vigne; vigueron ; vignoble;

viticulteur.

Semeur: semaille ; semence; semis; semoir;

séminaire, ensemencer, disséminer, ensemencement.

Dresser la liste de ces mots.

•Faire entrtr les mots en italiques dans une phrase.

Dictée de récapitulation.

Un brouillard épais flotte au-dessus de la plaine. Il

enveloppe las haies de vapeurs grisâtres. Il dépose

sur les feuilles jaunies, sur les fruits mûris, sur les

pêches veloutées, comme sur les prunelles bleuies, un

fia réseau de rosée. Les peupliers élancés émergent

au-dessus de la brume.

C'est l'automne. Il déroule son riche manteau de

pourpre et d'or sur la terre qui meurt.

Mais le vent dépouille les arbres de leur parure aux

teintes éclatantes. Les feuilles mortes jonchent la

route. Des bourrasques les soulèvent : elles tournoient,

elles retombent, elles roulent dans les fossés.

Les campagnes se dépouillent et les bocages se dépeuplent.

Les charrettes plient sous le poids des

récoltes. Les oiseaux se préparent à partir. Les

hirondelles s'alignent en noirs cordons sur la crête

des toits.

Mille bruits s'élèvent : sur le coteau, les rires et les

gais propos des joyeux vendangeurs annoncent la

fête des pampres : dans la plaine, le laboureur excite

son cheval, des coups de fusil éclatent; un bruissement

de feuilles sèches annonce la fuite éperdue d'un

lièvre effarouché.

1. — Expliquer : les pêches veloutées ; émerger ;

bourrasques ; bocages.

2. — Qu'est-ce que ce riche manteau de pourpre

et d'or ?

3.— Pourquoi dit-on qu'en automne la terre meurt ?

4- —« Rechercher et analyser les compléments du

verbe dans les quatre premières phrases.

5- — Quelles idées exprime la phrase : Il déroule

sonriche'manteau, etc. ? Quelle est l'idée principale?

. Exprimer ces deux idées en deux phrases distinctes.

(Il déroule son riche manteau de pourpre

et d'or sur la terre. Ln terre meurt.)

Montrer l'utilité, le rôle du mot qui.

Dictée »à étudier.

II. — Les marrons d'Inde.

Le soleil levant crible de rayons obliques le feuillage

des vieux marronniers et y jette mille taches de

clarté. Par instants, le large souffle du vent automnal

secoue et tord les ramures, leur arrache de longs et

PARTIE SCOLAIRE 21

puissants soupirs. Et les fruits do tomber. Clocl cloc!

clocl Sur le gazon de la pelouse, sec et brûlé par la

torride canicule, sont éparses des feuilles sèches,

nombreuses comme des taches de rousseur sur la

peau. Les coques vertes et épineuses font explosion

en touchant le soi : les marrons sautent et roulent

de toutes parts. L'un d'eux vient rouler à mes pieds.

Il est très gros ; froid au toucher, luisant comme

J.'acajou. L'admirable fruit! Quel dommage qu'il soit

inutile I — F . COPPÉE.

Exercices.

1. — Pourquoi dit-on que le soleil" crible le feuil-

?

Quand soupirez-vous ? — Expliquez : leur arrache

de longs et puissants soupirs.

Relevez dans le texte une comparaison à la fois

exacte et frappante (nombreuses comme des taches

de rousseur, etc.). Copiez-la sur votre-cahier de notes.

Remarquez-vous une description des marrons

d'Inde faite en quelques mots ? (11 est très gros, etc.)

Copiez-la sur votre cahier de noies.

2. — Expliquez : la canicule. (La racine de canicule

est canis : chien; canicule, petit chien. Un

groupe de sept étoiles, une constellation représente

un peu le museau d'un chien. L'une de ces étoiles,

très brillante, est Sirius, Du 24 juillet au 26 août,

Sirius. apparaît le matin en même temps que le soleil.

Or, à ce moment de l'année, il fait très chaud.

La canicule désigne d-rnc la grande chaleur de cette

époque. Torride : brûlante.

3. — Analyser : rayon ; feuillage ; — soupir; gazon,

pieds.

4. — Citer les propositions de la deuxième phrase.

5. — Rétablir la phrase : Sur le gazon de la pelouse,

etc., dans l'ordre logique.

Rechercher un verbe SDUS- entendu dans cette

hrase : comme des taches de rousseur sur la peau.

reuses. — A quoi sert le mot comme?

E

Récitation.

III. L'automne.

A toute autre saison, je préfère l'automne ;

Et je préfère, aux chants des arbres pleins de nids,

La lamentation confuse et monotone

Que rend la harpe d'or des grands chênes jaunis.

Je préfère aux gazons semés de pâquerettes

Où la source égrenait son collier d'argent vif,

La clairière déserte, où, tristes et discrètes,

Les feuilles mortes font leur bruit doux et plaintif.

Plus de moissons aux champs ni de foins aux vallées,

Mais le stigle futur rit sur les bruns sillons,

Et le saule, penchant ses branches désolées,

Sert de perchoir nocturne aux trileux oisillons.

Et, depuis le ruisseau que recouvrent les aunes.

Jusqu'aux sommeis où, seuls,les ajoncs ont des fleurs,

Les feuillages divers qui s'étagent par zones

Doublent le chant des bruits do l'hymne des couleurs.

Et les pommiers sont beaux, courbés sous leurs fruits

[roses,

Et beaux les ceps sanglants marbrés de raisins noirs,

Mais plus beaux, s'écroulant sous leurs baugues décloses,

Les châtaigniers vêtus de la pourpre des soirs.

F. FABIÉ.

Exercices.

Expliquer lamentation confuse et monotone.

Lamentation, plainte. Lamentation confuse : lamentation

qui ne se distingue pas nettement des bruits

environnants. Lamentation monotone : lamentation

toujours la même, sur un seul ton (mono : un).

La harpe d'or des grands chênes jaunis. Une harpe

est un instrument de musique à cordes. En pinçant

les cordes, on obtient des sons très doux.

Le feuillage des chênes fait entendre aussi, sous

l'action du vent, une sorte de musique, dont la douceur

peut se comparer à celle de la harpe. Ils sont

jaunis : d'où l'expression harpe d'or.

La source égrenait son collier d'argent vif. — On

égrène un collier quand on en enlève les grains un à.

LE Cl I JRE : Miles ISELIN et CŒUR. Petit livre de lectures enfantines. toCourTéléTentalr^! 75 C.


22 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

un. Si l'on compare la source à un collier, devinezvous

ce qui formera les grains?... Mais les gouttes

d'eau. Et vous savez comme elles sont brillantes,

comme elles ètincellent quand la lumière du soleil

vient les frapper.

La clairière déserte, etc. — Une clairière est un

endroit de la foret où les arbres sont plus espacés,

plus clairsemés. Les feuilles mortes, en tombant, ne

l'ont qu'un léger bruit, doux comme une plainte.

Nous imaginons d'ailleurs facilement qu'elles se

plaignent en tombant puisqu'elles meurent. Mais

comme ce bruit est très faible, il ne trouble, il ne

dérange personne : elles sont discrètes.

Le seigle futur rit sur les bruns sillons. — Le

seigle est semé ; il enveloppe les sillons, les guérets

bruns d'un tapis vert, qui réjouit l'œil, qui semble

rire. Est-ce du seigle ! Non, si l'on veut, puisque ce

n'est pas une plante complète : cette herbe si courte

ne sera de seigle que quand elle aura grandi, poussé

une tige, des épis, des fleurs... comme un enfant ne

devient un homme qu'après un certain âge : et donc

c'est bien, du seigle futur, comme l'enfant est un futur

citoyén.

Et le saule, etc. — Une variété de saule a des

branches qui s'élèvent, puis se recourbent et retombent.

On l'appelle le saule pleureur. Si ses

branches pleurent, elles ont de la* peine, elles sont

dèjolées.

La nuit, les oisillons frileux viennent y percher !

d'où l'expression : perchoir nocturne.

Les feuillages divers, etc. — Les arbres n'ont pas

le même feuillage. Les mêmes arbres se trouvent à la

même hauteur sur les collines ouïes montagnes. Audessus

et au-dessous il s'en trouve d'autres ; ainsi les

diverses essences d'arbres se succèdent de bas en

haut, comme les étages d'une maison : ils s'étagent.

Et ceux de la même espèce, étant situés à la même

hauteur, se groupent par zones. Au bas de la colline,

le ruisseau murmure ; le vent fait vibrer la

harpe d'or des chênes ; les oiseaux gazouillent : voilà

des bruits qui font plaisir à l'oreille, qui s'harmonisent

comme des chants, et qui s'élèvent au-dessus

de la colline, semblent la couvrir, l'envelopper.

Au-dessous de l'étoffe où votre veste est taillée on a

cousu une seconde étoffe qui la double.

Au-dessous des chants'variés qui enveloppent la

colline se trouvent les couleurs diverses des arbres

qui la couvrent : et ces couleurs font aux chants

comme une doublure. Et elles se fondent aussi, elles

plaisent à l'œil comme un chant agréable, plaît à

l'oreille; elles forment une harmonie, comme un

chant, un hymne.

Et beaux les ceps sanglants marbrés de raisins

noirs. — Les feuilles de la vigne, à l'automne, sont

d'une couleur rouge vif, comme le sang. D'où : les

ceps sanglants. Au milieu de ces feuilles apparaissent

les grappes noires qui forment comme des plaques

sur le fond rouge. Et ces plaques, ces taches noires

rappellent celles que présente le marbre.

Les baugues décloses. — Les baugues sont les enveloppes

de marrons; les baugues décloses : les baugues

ouvertes.

Les châtaigniers vêtus de la pourpre des soirs. —

Le châtaignier s'élève, haut et large. En arrière,

apercevez-vous le soir, le ciel rouge, pourpre? Cette

rougeur l'environne, semble le. vêtir.

**.

Rédaction.

Observation de quelques actions.

I. — Les pommes de terre.

Voyez votre père (ou une autre personne), au jardin

ou aux champs, arracher des pommes de terre.

Où il est. — Le corps; les jambes. — Son outil,

comment il le tient. — Premier mouvement : voyez

l'outil. — Deuxième mouvement : ce que fait le hoyau.

— Maintenant, regardez la terre du sillon, les tiges,

les^tubercules. — Le papa; son outil; sa main; ce

qu'elle jette, où? — Nouveaux mouvements: delà

main, de l'outil. — Autre geste. — En avant 1

II. — Il pleut!

Il pleut au dehors. — A la maison; vous êtes

assis devant un bon feu. Votre frère rentre avec son

parapluie. Regardez bien ses actions et décrivez-les.

SUJET TBAITÉ. — Il pleut. La pluie crépite sur le

toit. De larges gouttes s'écrasent et ruissellent sur lo

carreau de vitre.

Tranquillement assis près de la cheminée, je regarde

la flamme rouge qui danse au milieu du foyer.

Tout à coup, la porte s'ouvre violemment et une

voix se fait entendre : « Quel mauvais temps! » Je

tourne la tête. Mon frère Emile paraît sur le seuil.

Il tient le manche de son parapluie de la main droite.

De la main gauche, il appuie sur le ressort four

abaisser les baleines. L'eau dégoutte sur le plancher.

Vivement, il achève de fermer le parapluie et le pose

dans un coin. Il pousse la porte et s'avance vers la

cheminée. Il tend vers la flamme ses deux mains

rouges et humides. Ses souliers laissent sur les carreaux

propres une empreinte boueuse. Il prend une

chaise et s'assied, les jambes allongées, les semelles

de ses chaussures tournées vers le feu.

Bientôt il murmure : « Il fait meilleur ici que dans

la rue! »

= = = = = COURS SUPÉRIEUR = = = = =

Vocabulaire.

Automne.

I. Etude étymologique des mots du vocabulaire.

(Voir cours moyen.)

II. Etude de quelques expressions.

Expliquer les expressions : feuille de route; arborer

un pavillon; les fruits de la terre; le fruit du

travail; les fruits de la paix; vin d honneur; pot

de vin; œnologie ; œnophile; répandre la bonne semence.

La vendange.

La vendange sur les coteaux mosellans a la beauté

d'une fête antique. Par les chemins, s'avance le Silène

pansu, à califourchon sur son âne, qu'il fouette

d'un pampre. Des enfants barbouillés grimpant derrière

les cuvelles pour voler du raisin. Au coin d'un

pré, un vigneron foule les grappes, debout sur un

chariot, du soleil p : ein les yeux, la face épanouie

d'un large rire : le rire des bonnes années. Des pulpes

écrasées et des pépins sont collés à ses jambes

velues, et des guêpes, l'abdomen cerelé d'or, tourbillonnent

autour de la cuve. L'homme se'baisse et enfonce

une pelle de bois dans l'amoncellement des

grappes noires, et le moût gicle, ruisselle, et lèche

de son flot écumeux les douves de la cuve teintée de

pourpre.

Les bandes de vendangeurs se sont dispersées dans

les vignes. Une femme a suspendu sa camisole au

bout d'un échal.as; le haillon rouge tire l'œil et claque

au vent comme un drapeau; et quand le soir

vient, des bandes d'étoumaux s'abattent du .ciel,

comme une trombe de grêle; on les entend jacasser

au ras du sol dans l'épaisseur des ceps.

A la nuit tombante, les chariots rentrent, leurs

charpentes desséchées grinçant à chaque cahot. Des

femmes suivent, portant des sarments chargés de

grappes. On accrochera ces branches aux solives du

plafond, et les raisins fripés se conserveront jusqu'au

cœur de l'hiver. Des cuves débondées coule le flot

boueux, qu'on tamise dans des panitrs d'osier, pour

faire le vin gris. Et le moût sucré poisse les mains,

barbouille les faces, répand au fond des logis une

odeur vineuse. — EMILE MOSKLLY.

Exercices.

1. Recheycher le nombre et la nature des propositions

contenues dans les phrases écrites en caractères

italiques... (

Indiquer la fonction des propositions subordonnées.

Montrez comment elles sont reliées à la principale.

2. Expliquer les mots : mosellans (coteaux de la

Moselle); Silène (père nourricier du dieu du vin :

Bacchus, ici un vieux vigneron, la face enluminée,

bedonnant, sur son ânfe); Califourchon (racine :

GRAMMAIRE • DllSSOUCHET. Grammaire enfantine illustrée. Un vol. in-16, cart. . . • 4 0 C»


fourche : une jambe à droite, une jambe à gauche de

l'âne, ma:is jetées sans attention; Pampre (sarment

de vigne avec ses feuilles) ; Pulpe (la chair molle des

fruits; fripés (chiffonnés).

3. Que signifie : la beauté d'une féte antique?

Fêles antiques : fêtes organisées par les Grecs,-"en

plein air, sous un beau ciel, et qui étaient caractérisées

parla simplicité, l'élégance, l'ordre et l'harmonie.

Le rire des bonnes années : le rire qui naît de

la satisfaction qu'éprouve le vigneron en présence

d'une bonne vendange.

4. Rechercher des mots de la famille de califourchon

: fourche; fourchée, fourchet, fourchette, fourchettèe,

fourchu, fourgon, fourgonner; enfourcher;

bifurquer, bifurcation.

5. Relever les ejpressions pittoresques du texte.

***

Composition française.

I. — L'ouverture de la chasse. — La journée du

chasseur.

1. Le dépari (songez à la joie impatiente du chasseurs).

— Montrez ses préparatifs : costume; fusil;

voyez le chien; ses bonds, ses jappements.

2. En route : ne décrivez pas un paysage imaginaire

; songez à un coin du pays que vous connaissez;

voyez-y le chasseur et le chien ; recherchez les détails

intéressants ; faites-nous voir le chasseur, l'œil aux

aguets, l'oreille attentive, battant les buissons. Ecoutez

les bruits qu'il entend. Montrez aussi le chien,

courant, flairant, le nez à terre, revenant sur ses pas,

hésitant, repartant; entendez les voix, les encouragements

du chasseur.

3. Tout à ooup : aboiements; bruissement de feuilles

remuées; apparition d'un lapin (monfrez-le : pattes

allongées, oreilles dressées; ventre à terre); observez

le chasseur, son émotion (où elle se lit : les

yeux, le teint); en joue: la détonation, le nuage de

fumée. Malheureux lapin : cuibute, le chien (il rapporte

à son maître). Dans la gibecière.

4. Suivez le chasseur à travers champs, haies et

buissons : agilité, fatigue, satisfaction ou dépit.

5. A quoi il ne songe pas : massacrer ainsi des

animaux inoffensifs, n'est-ce point un jeu barbare?

Tâihez de voir en quoi il est cruel? Ce que le chasseur

y voit : lutte conire les ruses, la vitesse des

animaux. Aussi triomphe-t-il: retour à la maison; la gibecière;

le coin du feu : le récit de la chasse.

II. — J'aime l'automne.

Dites : J'aime l'automne : et montrez pourquoi.

Rechercher ce que l'automne a d'agréable.

1. Idée de température. — a) Ce que l'on sent;

chaleur diminuée; la fraîcheur du matin et du soir;

rôdeur de la terre arrosée par la pluie. — 6) Ce que

l'on voit : ciel d'un azur plus tendre ; brouillards légers

trainant sur )a vallée, s'elfilochant, se dissipant.

— c) Ce qu'on entend : la pluie sur les feuilles, sur

les toits; le vent qui siffle, quand on est chez soi, etc.

2. Idée de beauté. — Le feuillage aux mille nuances

; les fruits dorés, vermeils, noirs ou bleus; quelques

observations : la vigne, ses pampres, ses raisins;

le peuplier aux feuilles d'or; le marronnier; les prés

reverdis; les guèrets, les stmailles.

3. Idée de richesse. — Les récoltes'; les charrettes

chargées; la provision, les futailles remplies.

4. Les plaisirs de l'automne. — La cueillette des

fruits : pommes, poires, prunes, pêches, nèfles, etc.

La vendange; le vin et le cidre doux, le retour des

veillées; la chasse, etc.

5. Objection. — L'automne est triste, mélancolie

des feuilles agonisantes, des arbres qu'on dépouille.

Réponse : Non, l'automne enseigne l'espoir, la confiance

en la vie.

Le travail du semeur : espoirI Le blé qui lève: espoir!

Les ruisseaux qui se gonflent: espoir!

Citer les vers du poète s'adressant à l'automne :

Le printemps a ses fleurs et l'été ses rayons,

Il te suffit, à toi, leur sœur laborieuse,

De préparer leur gloire en traçant tes sillons.

PARTIE SCOLAIRE 23

A . TOUCHA.RD,

Instituteur.

LE CALCUL SIMPLE ET PRATIQUî

L'AUTOMNE.

Notions pratiques et connaissances usuelles. —

L'AUTOMNE. — L'automne a commence le ... 23 septembre.

— Nous sommes donc en automne depuis...

jours. (En comptant jour par jour, le 24 cela faisait

1 j., le 25, cela taisait 2 j., etc).

TRAVAUX D'AUTOMNE. — Vendange, fabrication du

vin et du cidre ; gaulage des noix (comment les vend-on

dans le (pays? combien?...); récolte des betteraves,

des carottes, des pommes de terre (prix de ces différentes

denrées). — Semailles : blé, seigle. — Les

fruits : pommes, poires, châtaignes, coings, nèfles, etc.

(cours du moment...). A la ville: le marchand de

marrons : combien donne-t-il de marrons pour Ofr. 05,

0 fr. 10; combien vend-il le litre?

PLAISIRS D'AUTOMNE. —' La chasse : prix d'uD fusil.

.. ; des cartouches... ; principales pièces de gibier,

donner le prix moyen de chacune d'elles.

Cours élémentaire.

Programme. — EN ARITHMÉTIQUE. — Lesuniiés, compter

de 1 à 9. •— L a dizaine. — EN GÉOMÉTRIE ET SYSTÈME

AIÉTRTQUE'. — La ligne droite ; les sortes de lignes. — Les

unités du système métrique. — t onsnlter : A. LEMOINE,

Premières Leçons de Calcul, p. 2, 25, 52 et 54.

Les unités : de 1 à 10.

Comment on compte. — EXERCICES ORAUX. —

1. Compter des marrons : aligner 5, puis 6, 7, 8 et

9 marrons.

2. Combien y a-t-il de lettres dans les mots : noix,

pommes, pommiers, automne, marrons, châtaignes,

etc., etc. (mots écrits au tableau).

3. Quel est le plus grand nombre : 6 marrons ou

8 marrons? 7 noix ou 9noix?

4. Combien une mouche a-t-elle de pattes? Combien

en a l'araignée?

5. La'semaine. — Combien y a-t-il de jours dans

la semaine? Nommez-les. Nommez les jours où l'on

vient à l'école; combien y en a-t-il dans une semaine?

6. Au moyen de marrons : Compter de 2!en S

jusqu'à 8 à partir de 2. Compter de 2 en 2 jusqu'à 9

à partir de 1.

De mémoire : Compter de 2 en 2, de 2 à 8, de 1 à

9; de 8 à 2; de 9 à i.

Comment s'écrivent les nombres. — EXERCICES

ÉCRITS. —R 1. Voici un marron. Dessinez : cinq marrons,

sept marrons, neuf marrons, huit marrons, six marrons.

Ecrivez le chiffre correspondant.

2. Séparer les lettres des mots : vigne, raisin,

vendange, labeur, semence, etc.., et écrire le nombre

de lettres qu'ils contiennent.

3. Remplacer les points par un nombre.— Il y a...

saisons : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. —

L'automne dure ... mois : octobre, novembre et dé

cembre. — Il y a ... jours dans la semaine.

4. Ecrire un mot, de six lettres, un de sept, un de

huit et un de neuf lettres.

5. Dicter un nombre de marrons, noix, etc. — Le:

élèves écrivent le nombre dicté et dessinent le nombri

correspondant de ronds, marrons ou noix.

La dizaine.

Comment on forme la dizaine?— 1. Que fon

neuf marrons et un marron?... dix marrons. — Enfilons-les

sur une petite ficelle. — Ces dix marron,

réunis forment une dizaine de marrons.

Remarque : 10 marrons séparés et ia dizaine d'

marrons enfilés représentent la même quantité.

2. Combien faut-il de noix? de nèfles? de feuille

mortes? etc., pour-faire une dizaine de noix, de né

fies, de feuilles, etc.

3. Que forme une grappe de 10 grains de raisin

GRAMMAIRE : MAQUET, FLOT et ROY. Cours de langue française. et 0 r,iovenV'' e yoi a '. r '! 1 '


24

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

un plateau sur lequel il y a dix pommes?,un sac qui

contient dix noix? etc.

4. Lever les doigts des deux mains : combien en

ayez-vous en tout?

5. Dessiner : une dizaine de traits ou de points encadrés;

une dizaine de marrons enfilés; un sac transparent

contenant une dizaine de noix.

Comment s'écrit la dizaine. — Dix marrons

s'écrivent 10, ce qui veut dire 1 dizaine et pas nn (0)

marron de plus. Remarquer que le 0 ne représente

rien, mais il permet d'écrire le 1 au 2 e rang, qu'on

appelle le rang des dizaines.

1. Ecrivez le nombre de marrons, de noix et de

traits en dessous des dessins précédents.

2. Montrer au moyen d'un dessin la différence enire

i et 10.

3. Dessiner 9 traits, puis 8, 7, 6 et 5 traits, compter

ensuite combien il faut ajouter de traits pour

compléter la dizaine.

Exercice de réflexion. — Quelle est la pièce de

monnaie qui vaut une dizaine de francs?

Calcul mental : 6 et 7.

Exercices de composition. — 1. Distribuer 6 marrons

: comment peut-on les grouper?

& SS


Les applications pratiques du calcul.

jer degré : l ro année du cours élémentaire.

Deviner. — AJOUTER. — 1. Sur un fil télégraphique

1 y a 4 hirondelles, 3 autres viennent s'y poser.

Combien y en a-t-il en tout?

RETRANCHER. — 2. Si de ces 7 hirondelles, 2 reprennent

leur vol, combien" en reste-t-il?

3. Voici 6 feuilles .mortes : il y en a 3 d'abîmées.

Combien y en a-t-il d'iniactes ?

PLUSIEURS FOIS. — 4. Trois de vos camarades m'ont

apporté chacun 2 feuilles mortes. Combien m'ont-ils

donné de feuilles en tout ?

5. Une marchande a donné 2 pommes pour 0 fr.05?

Combien en donnera-t-elle pour 2 fois 0 fr. 05 ? pour

3 pièces de 0 fr. 05.

Calcul amusant. — Il y a 5 oiseaux sur une

branche d'arbre. Un chasseur,tire et en tue 1. Combien

en reste-t-il sur la branche ? (R. : Aucun, les

autres se sont envolés.)

2 e degré : Cours élémentaire et moyen.

Problème à résoudre. — D'un panier contenant

57 pommes, oji en a retiré 12. Combien en reste-t-il?

RAISONNEMENT. — Qu'est-ce qu'on demande ? Le

nombre de pommes qui reste dans le panier. Or, si

l'on n'en avait pas retiré, il resterait dans le panier les

57 pommes qu'il y avait d'abord : il reste donc ce

nombre de pommes diminué du nombre de pommes

retirées.

SOLUTION. — Il reste 57 p. — 12 p. = 45 p.

RÉPONSE. — Dans le panier il reste 45 pommes.

RECOMMANDATIONS. — Ne pas oublier la virgule

dans les nombres décimaux, bien indiquer la nature

des unités à tous les nombres de la soustraction.

VÉRIFICATION. — Si dans le panier *où il reste

. 45 pommes on remettait les 12 'pommes enlevées,

combien devrait-il y avoir alors de pommes dans le

panier? Vérifions: 45 p. + 12 p. = 57 p. Ne

jamais oublier de faire la preuve de toute soustraction.

Problèmes oraux. — 1. D'un panier contenant

12 pommes, on en retire 5. Combien en reste-t-il?

2. Dans un quarteron de 26 noix, on en a trouvé

5 véreuses. Combien y en avait,-il de bonnes?

3. Un cultivateur a récolté 15 sacs de pommes de

terre. Il en garde 3 pour son usage personnel. Combien

peut-il vendre de sacs ?

Problèmes écrits. — 1. Un cultivateur a récolté

97 sacs de pommes de terre. Il en a vendu 53 sacs.

Combien de sacs lui reste-tril ?

2. Un jardinier a révolté 276 pommes; par le transport

24 ont été gâtées. Combien de pommes a-t-il à

vendre ?

3. Une voiture chargée de betteraves pèse 3 945 kg.

La voiture vide pèse 784 kg. Quel est le poids du

chargement ?

4. On a acheté pour 25 fr. 75 de semence. On en a

semé pour une valeur de 12 fr. 60. Quelle valeur de

semence a-t-on encore ?

5. Un fermier a vendu pour 115 fr. 60 de pommes

de terre. Il en a déjà livré pour 72 fr. 85. Pour combien

lui en reste-t-il à livrer ?

Calculs à vérifier. — Dans le problème suivant:

D'un panier de pommes en contenant pour 12 fr. 20

on en a déjà vendu pour la somme de 7 fr. Pour

combien reste-t-il de pommes dans le panier? un

élève, a trouvé 19 fr. 20, un autre 1 223. Par

un simple examen, dire si ces réponses sont possibles.

Un autre elève a écrit la solution suivante :

« 11 reste pour 7 fr. — 12 fr. 20 = 5 fr. 20. » Quelle

faute a-t-il commise?

3 e degré : Cours moyen.

('Certificat d'études.)

Problème à résoudre. — Un cultivateur achète à

un vigneron 7 barriques de vin de 225 1. à 0 tr. 40

le litre; il lui vend 25 hl. de pommes de terre à

18 fr. l'hl. Combien le cultivateur redoit-il au vigneron

? (Gard.)

1 REMARQUE. — Séparer les différentes données

en allant à la ligne après chacune d'elles.

PARTIE SCOLAIRE 25

RAISONNEMENT. — On demande : ce que le cultivateur

redoit au vigneron. Or, il lui doit la valeur

de ce qu'il lui a acheté, diminuée de la valeur de ce

qu'il lui a vendu.

II faut donc calculer : la valeur de ce qu'il a

acheté = prix d'une pièce ou 225 lois le prix d'un

litre x nombre de pièces de vin; la valeur de ce

qu'il a vendu = prix d'un hl. X nombre d'hl. de

pommes de terre.

CALCUL APPROXIMATIF. — Supposons que le cultivateur

a acheté 7 barriques de 200 1. à raison de

0 fr. 50 le litre. La bairique de 200 1. vaudra donc

100 fr. et les 7 barriques, 700 fr. Supposons qu'il a

vendu 25 hl. de p. de lerre à 20 fr., soit pour 2 fois

250 fr. ou. 500 fr. Il redevra donc : 700 fr. — 500 fr.

= 200 fr.

SOLUTION. — Le cultivateur redoit au vigneron la

valeur de ce qu'il a acheté, diminuée de ce qu'il a

vendu. Or, il a acheté 7 barriques, valant 0 fr. 40

X 225 = 90 fr. chacune, et 90 fr. x 7 = 630 fr. en

tout. Il a vendu pour 18 fr. X 25 = 450 fr. de pommes

de terre. Il redoit 630 fr. — 450 fr. == 180 fr.

. R. : Le cultivateur redoit 180 fr. au vigneron.

VÉRIFICATION DES P.ÉSULTATS. — 1° A-t-on cherché

ce qu'on demandait '' 2° N'a t on pas commis de fautes

de raisonnement ? Retrancher la valeur de l'achat de

la valeur de la vente par exemple ; 3° n'a-t-on pas

fait de fautes de calcul ? 225 1. de vin à 0 fr. 40 peuvent-ils

valoir 900 fr. ou 9 fr. ? 7 barriques à 90 fr.

peuvent-elles valoir 63 fr. ou 6300 fr.?25hl. à 18 fr.

peuvent-elles valoir 45 fr. ou 4 500 fr.? etc. Pourquoi?

Faire les preuves de chaque opération.

Problèmes écrits. — 1. Un cultivateur a récolté

8 sacs de pommes de terre pesant chacun 55 kg. et

12 autres sacs pesant chacun 28 kg. Dites la valeur

de toutes ces pommes de terre, à O fr. 25 le kg. ? —

R. : 1 94 fr.

2. Un vigneron a récolté une année 75 pièces de

vin de chacune '£28 1. qu'il a vendu 0 fr. 40 le litre.

L'année suivante, il n'a récolté que 6'- pièces de2251.,

mais il a pu vendre son vin à 0 fr. 55 le litre.

Combien sa récolte de cette année lui a-t-ellf rapporté

de plus que celle de l'an dernier? — R. : 934 fr. 80.

3. Un cultivateur veut vendre sa récolte de 28 sacs

de pommes de terre de chacun 95 kg. pour la somme

rte 433 fr. 80. 1160 kg. ont été vendus à raison de

0 fr. 18 le kg. A quel prix a été vendu chaque kg.

du reste? — R. : 0 fr. 15.

4. J'ai récolté 626 pommes et après en avoir réservé

un demi-cent pour ma consommation, j'ai vendu le

tiers du reste à raison de 3 pour 0 fr. 35. Combien

dois je vendre chacune des autres pour retirer 58fr.80

de la vente de toutes mes pommes? — R. : 0 fr. 10

5. Pendant tout l'automne, un chasseur a vendu

35 perdrix à un prix unique, puis 21 lièvres, dont le

tiers à 7 fr. 25 et le reste à 6 fr. 75 l'un. Le prix

total de ce gibier a été de 206 fr. 50. Trouver le prix

de chaque perdrix' — R. : 1 fr. 75.

Calcul de libre initiative. — Quelle est la valeur

des pommes de terre que vous avez consommées dans

votre famille, pendant cette semaine? De quelle

quantité de pommes de terre aurez-vous besoin pour

cet hiver ? Quelle en sera la valeur ?

Problème concentrique. — Pour les 3 degrés. —

Un cultivateur a retiré trois sacs d'un plant de pommes

de terre et quatre sacs d'un autre. Combien a-t-il

récolté de sacs? — 2 e et 3° degrés. Si chaque sac

contient 65 kg. dé pommes de terre. Combien a-t-il

récolté de kg. de pommes de terré? — 3 e degré.

11 en réserve le 1/5 pour sa consommation personnelle

et vend le reste à. raison de 0 fr. 35 les 2 kg.

Quelle somme restera-t-il de cette vente?

4 U degré : Cours moyen.

(Cert. d'ét. et concours.)

REVISION. — Partages inégaux. — 2 PARTS'. —

1. Un vigneron a récolté 92 hl. de vin, dont 24 hl.

de vin rouge de plus que de vin blanc. Trouver la

quantité d'hl. de vin de chaque sorte, récoltée par ce

1. Voir le numéro précédent.

Q. N À M P O N . Cent questions de the'orie du Brevet supérieur (Arithméiique, Algèbre, Ge'ométrie. 1. »


26 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

vigneron. (Faire un graphique.) — R. 58 hl. de fin

rouge et 34 hl. de vin blanc.

2. Deux personnes achètent ensemble 360 fagots' à

25 fr. le cent ; l'une prend 80 fagols de plus que

l'autre. Combien chacune doit-elle payer ? (Aveyron.)

— R. : La l re 55 fr. pour 220 fagots; la 2° 35 fr.

pour 140 fagots.

.3. Un vigneron a employé 2 ouvriers pendant

tout le mois de septembre et les a payés au même

prix. A la fin du mois, il a donné à l'un 2 hl. de vin

et 23 fr. et k l'autre 1 hl. et 57 fr. Trouver le salaire

journalier de chaque ouvrier, sachant qu'ils se sont

reposés 4 jours dans le mois. (Haute-Garonne.)

RAISONNEMENT. — On demande: le salaire journalier

de chaque ouvrier.

Il faut connaître : le salaire du mois, que l'on

divisera par le nombre de jours de travail.

Pour trouver le salaire mensuel, remarquer que le

1 er reçoit 2 hl. de vin et 23 fr. et le 2° 1 hl. de vin et

57 fr. Le 2° ne reçoit qu'un hl. de vin, mais il reçoit en

argent la valeur de l'hl. de vin que le 1 er a reçu en

nature, d'où la différence des sommes versées k chacun.

SOLUTION. — Le 2 E ouvrier reçoit 5 7 fr. — 2 3 fr.

= 34 fr. de plus, pour 2 hl. — 1 hl. = 1 hl. de

vin qu'il reçoit de moins, d'où l'hl. de vin vaut 34 fr.

et le salaire mensuel de chaque ouvrier = (34 fr. x 2)

+ 23 fr. ou 34 fr. + 57 fr. = 91 fr. Ils ont travaillé

30 j. — 4 j. = S6 j. et leur salaire journalier est

donc de 91 fr. : 26 = 3 fr. 50.

= = = COURS SUPÉRIEUR =

Questions théoriques.

Programme — EN ARITHMÉTIQUE. — Numération des

nombres décimaux : choix de l'unité suivant la grandeur

que l'on veut mesurer, afin d'avoir toujours aussi peu de

chiffres décimuux que possible. dans les nombres quo nous

employons. Distinguer : traction d'unité, fraction décimale,

nombre fractionnaire, nombre décimal. Valeur absolue et

valeur relative d'un chiffre. Application : changement

d'unité dans un nombre décimal, en rendant ce nombre 10,

100, 1 000 fois plus grand ou plus petit.

EN GÉOMÉTRIE ET SYSTÈME MÉTRIQUE. — L a ligne et le

plan. — L a ligne droite. — Généralités snr le système métrique.

— Numération.

1. Comparer : 1° 14,75 et 2,85 ; 2° 17,289 et 17,28-

Comment reconnaît-on qu'un nombre décimal est

plus grand qu'un autre.

DISCUSSION. — Tout nombre décimal se compose

d'une partie entière et d'une partie fractionnaire. On

peut donc d'abord comparer les parties entières : le

plus grand nombre sera celui qui a la partie entière

la plus grande (la fraction décimale étant inférieure

k 1 sera toujours insuffisante pour combler la différence

composée d'une ou plusieurs unités). Ainsi

14>2, donc 14,75>2,85. Si les parties entièressont

égales, on compare les chiffres de même rang k partir

de la virgule, le nombre qui contient les unités décimales

les plus fortes est le plus grand nombre.

Ainsi 17,289 > 17,28 parce que les unités dixièmes et

centièmes étant semblables dans les 2 nombres; le

1 er contient 9 millièmes et que le 2 S n'en a pas.

Autrement : considérer les 2 nombres comme des

fractions: 14.75 > 2,85 parce que 1 475/100> 285/100

et 17,289 > 17,28, parce que 17.289/1000> 17280/1000.

2. En déplaçant la virgule de trois rangs vers la

droite, un nombre décimal a été augmenté de 7 512 unités,

48; quel était ce nombre décimal? (Bourses, ens.

prim. sup.)

DISCUSSION. — En déplaçant la virgule de 3 rangs

vers la droite, le nombre devient égal à 1 000 fois sa

valeur primitive (dire pourquoi). 11 a donc augmenté

de 1 000 fois — 1 fois = 999 fois sa valeur primitive.

C'est que celle-ci est égale k 7,512,48 : 999 = 7,52.

Vérification. — 7,52 devient 7 520. Le nombre a

donc augmenté de 7 520 — 7,52 = 7 512,48.

Applications pratiques de l'arithmétique.

Fabrication du cidre. — On achète pour faire du

cidre des pommes k 3 fr. 50 les 100 kg. Sachant

qu'il faut 112 kg. 5 de pommes pour faire 75 1. de

cidre et que les frais de fabrication s'élèvent à 0fr.70

par hl. de cidre, dites à combien reviendra le litre

de cette boisson.

RAISONNEMENT. — On demande le prix de revient

du litre. Or, le prix du litre est le 1/100 du prix de l'hl.

Il faut calculer : le prix de revient de l'hl. de cidre.

On trouvera ce prix de revient en ajoutant les frais

de fabrication au prix des pommes nécessaires.s;-

On trouvera le prix des pommes pour ICO |1. de

cidre, en multipliant le prix du quintal par le nombre

de quintaux de pommes nécessaires.

SOLUTION. — Si pour 75 1. de cidre il faut 112 Ug. 5

de pommes, pour 1 hl. ou 100 1. il en faut 112 kg. 5

X 100/75 = 150 kg., ou 1 q. 5 valant 3 fr. 50 x 1,5

= 5 fr. 25. En ajoutant les frais, 1 hl. de cidre

revient à 5 fr. 25 + 0 fr. 70 = 5 fr. 95. Le litre

reviendra à 5 fr. 95 : 100 = 0 fr. 0 595 ou 0 fr. 06.

Applications de l'arithmétique

et de l'algèbre.

Salaires de vignerons. — 1. Un vigneron engage

un journalier et un aide, celui-ci gagnant un salaire

égal à la moitié de celui du journalier. Après

18 jours de travail, il donne au journalier 57 fr. et

1 quintal de pommes de terre, et k l'aide 21 fr. et

1 quintal de pommes de terre. A combien estime-t-on

le quintal de pommes de terre?

SOLUTION ARITHMÉTIQUE. — Si l'aide était payé au

même tarif que le journalier, il aurait reçu un salaire

double, soit : 42 fr. et 2 quintaux de p. de t. Le

journalier ayant reçu 57 fr. et 1 quintal de p. de t.

C'est que le quintal de p. de t. est évalué à 57 fr. —

42 fr. = 15 fr.

SOLUTION ALGÉBRIQUE. — Soit x la valeur du quintal

de p. de t. L'aide a reçu 21 fr. + x et le journalier

57 fr. + x. Comme le journalier a reçu le double

de l'aide, on peut écrire 57 + x — 2 (21 + x).

Effectuer le produit des nombres du 2 6 terme : 57

-f x = 42 + 2 x. Retrancher x, puis 42 aux^2 fermés

et on aura 57 — 42 = 2 x — x, d'où x = 15.

2. Un propriétaire emploie 2 vignerons qu'il paye

partie en argent, partie avec le vin produit par sa

vigne, mais auiquels il donne le même salaire journa'ier.

Il emploie le 1 er pendant 54 journées, le 2"

pendant 90 journées. Il donne au 1 er 94 fr. 50 et

3 hl. de vin ; au 2® 142 fr. 50 et 5 hl. 2/3. Quel est le

prix de l'hl. de vin et le prix de la journée 1

IBrcv. élém., Alger.)

ANALYSE DES DONNÉES : 9 4 fr. 5 0 + valeur de 3 hl.

vin = salaire de 54 j.

142 fr. 50 + valeur de 5 hl. 2/3 = salaire de 90 j.

SOLUTION. — 90 j. = les 5/3 de 54 j. — Multiplions

a l re ligne par 5/3.

157.fr. 50 -1- valeur de 5 hl. = salaire de 90 j.

D'où, en comparant à ;la 2 e ligne : 2/3 hl. de vin

valent 15 fr. ; l'hl. vaut donc 15 x 3/2 = 22 fr. 60.

Dans ce cas, le salaire de 90 j. est de 157 fr. 50 +

(22 fr. 50 x 5) = 270 fr. et le salaire journalier:

270 : 90 = 3 fr.

VÉRIFIER. — 94 fr. 50 + (22 fr. 5 0 X 3) = 3 fr. X

54.

142 fr. 50 + (22 fr. 50 x 5 2/3) = 3 fr. x 90.

EQUATION ALGÉBRIQUE = 142 fr. 5 0 + 5 2/3 x =

5/3 (94,50 + 3 x).

Récréations mathématiques. — Trois chasseurs

conviennent de se partager également le gibier qu'ils

tueront. A la fin de la journée, ils n'ont tué qu'un

perdreau évalué k 2 fr. et un lièvre évalué à 7 fr.

Comme ils ne veulent, pas détailler chaque pièce,

comment pourront-ils faire le partage?

SOLUTION. — Ils ont une valeur de 2 fr. + 7 fr.

—- 9 fr. à se partager, soit 3 fr. chacun. C elui qui aura

le lièvre, touchant 4 fr. de trop, devra donner 1 ir:

à celui qui prendra le perdreau et 3 fr. k celui qui

n'aura rien.

MAUDUIT,

Instituteur.

O. NàMPON. Cent Problèmes de Geométrie et d'Algèbre du Brevet supérieur Tfn V ^i S ?n-ii°hr.


PARTIE SCOLAIRE

HiSTOIRE

, COURS ÉLÉMENTAIRE .

Un Gallo-Romain : Sabinus.

1. La Gaule romaine. — Pendant quatre cents

ans les Romains sont restés les maîtres de la Gaule.

Le territoire romain était si grand que la Gaule n'en

était qu'une partie, une province romaine. En Gaule,

on ne voyait guère de soldats romains que le long du

Rhin. A' l'intérieur du pays, il n'y en avait tout au

plus que 1200 à 1500 pour faire la police : c'étaient

plutôt des gendarmes que des soldats. Aussi, Sabinus,

chef des Gaulois de Langres, d'accord avec d'autres

nobles, voulut eij profiter pour chasser les Romains.

2. Un noble Gallo Romain.— Il ne faut pas croire

que Sabinus était un Gaulois comme Vercingétorix.

Son nom est un nom romain comme Charles est un

nom français, ICarl un nom allemand; Sabinus ne

parlait presque jamais gaulois, il parlait le latin des

gens de Rome : il s'habillait comme les -vainqueurs :

jambes nues, un manteau romain aux larges plis,

agrafé sur l'épaule, et sa maison ne ressemblait guère

à la hutte habitée par ses grands-parents.

Au milieu de ses propriétés — car Sabinus était

très riche — s'élevait sur une petite colline une sorte

de château entouré de murs hauts et épais qui le

défendaient. A l'intérieur des murs, en dehors de

la maison, il y avait des granges avec des provisions

pour plusieurs mois, des bains avec eau chaude,

eau froide, salle où Sabinus venait tous les jours se

faire essuyer, frictionner, parfumer après la plongée

dans l'eau froide ou le bain chaud. En entrant dans

la maison, on trouvait l'appartement des femmes ;

là se tenait Eponine, la jeune femme de Sabinus :

elle surveillait les domestiques qui tissaient la toile,

cousaient les vêtements. Puis venait une, galerie

couverte où Sabinus se promenait avec ses amis et

tout le long de laquelle étaient des salles k manger,

des salles de repos où l'on pouvait dormir, causer,

jouer. Au pied de la colline était une grande ferme

habitée par les domestiques chargés de cultiver les

terres de Sabinus. Château, ferme, tout cela on

l'appelait villa, d'où est venu village.

3. La révolte de Sabinus. — Peu de Gaulois se

révoltèrent. Pourquoi chasser les Romains, pensaient-ils,

ils ont fait tant de bien à la Gaule ! Plus

de batailles entre voisins, mais la tranquillité partout,

ce qui permet de travailler; partout les arbres tombent

sous la hache, des champs bien cultivés remplacent

les forêts. A travers la campagne, de bonnes

routes larges et solides permettent aux marchands

d'aller d'une ville à l'autre, et ces villes ont de beaux

monuments : des théâtres, des arènes, des fontaines

qui versent une eau fraîche et claire.

Sabinus fut donc vaincu facilement. Réfugié dans

sa riche villa, il,y mit le feu pour faire croire à sa

mort, et sa femme Eponine resta trois jours et trois

nuits sans manger, folle de douleur. Un domestique

fidèle vint l'avertir que S»binus vivait, caché au fond

d'un souterrain voisin. Alors, elle ne fit pas voir sa

ioie; lejour, elle paraissait pleurer encore son mari

et la nuit elle le rejoignait, lui apportait des vivres,

des vêtements. Cette triste vie dura neuf ans; deux

petits enfants naquirent et furent élevés dans les souterrains.

Mais un jour les soldats romains découvrirent

Sabinus et l'amenèrent, enchaîné, devant l'empereur

Vespasien. Eponine se jeta à ses pieds: « Vois

ces enfants, lui dit-elle, j'ai voulu les nourrir dans

une prison obscure pour quo nous fussions trois à

demander la grâce de leur père. » Autour de l'empereur,

tout le monde avait les larmes aux yeux; seul

Vespasien resta calme et commanda que Sabinus fût

mis à mort. Eponine ne voulut pas vivre seule; elle

obtint de mourir avec son mari.

= COURS MOYEN ET SUPERIEUR —

XTne ville gallo-romaine : Lutèce i.

.,*• Autour de Lutèce. — A partir du confluent de

°nne et de la Seine, on entrait dans la vallée du

deau^ U ^ Vant rt ^ on ' étudier Autun, Vienne, Nîmes, Bor-

WSTOIRE : GAUTHIER et DESCHAMPS,

grand fleuve, plus ouverte, plus riante, mieux cultivée

et l'on arrivait à Lutèce ou Paris. Tel que le

montre le plan ci-dessous, ce petit port de commerce,

centre du cabotage sur la Seine, comprenait deux

parties distinctes : l'ancienne ville celte, Lutèce ou la

Cité ; sur la rive gauche, un faubourg gallo-romain.

I. Lutèce. — 2. Autel dédié à Jupiter. — 3. Palais. —

4.-Ponts de bois fortifiés. —5. Bois. — 6. Marais. — 7. Route

d'Orléans. — 8. Roule dos provinces du Nord. — 9. Mont

Lueotitius.—10. Canalisation. •—11. Thermes. — 12. Camp.

— 13. Arènes. — 14. Port de Nantts.

II. Lutèce. — Au cours de la lutte contre les Romains,

les Gaulois l'avaient brûlée pour empêcher

l'ennemi de s'y retrancher. Elle s'était rebâtie à la

romaine : à l'époque de Tibère (I er siècle), la confrérie

des bateliers parisiens ou Nautes élevait sur l'emplacement

où fut bâtie depuis la cathédrale un autel à

Jupiter. On pénétrait dans la cité par un pont de

bois, dans l'axe de la rue Saint-Jacques, et l'on passait

tout d'abord sous un arc de triomphe dont des

fragments luxueusement décorés ont été retrouvés.

Le parvis Notre-Dame actuel était la place publique

ou Forum; à l'autre pointe de l'île, des fouilles ont

mis à jour les débris d'un véritable palais, réservé

sans doute aux hôtes princiers de passage à Lutèce.

Un deuxième pont de bois, faisant suite au premier,

conduisait à la rive droite. Tout de suite, on était en

pleine campagne : des espaces marécageux, de longues

routes bordées de tombeaux suivant l'habitude

romaine; à l'horizon, des collines boif-èes, les temples

de Mercure et de Mars sur le Mons Martis = Montmartre,

voilà ce qu'embrassait le regard.

III. Le faubourg- de la rive gauche. — La

montagne Sainte-Geneviève, alors mont Lueotitius,

devint le noyau d'une sorte de faubourg, moitié ville,

moitié campagne, qui prit le nom de Lucotèce. Les

débris exhumés par le percement des runs parisiennes,

d'autres ruines encore lisibles, permettent de reconstituer

le faubourg gallo-romain. Le voyageur venant

du Sud arrivait par la route d'Orléans — rue Saint-

Jacques; il avait laissé en arrière et à gauche l'aqueduc

monumental — deux arches en sont encore intactes

— qui, franchissant à Arcreil la vallée de la Bièvre,

permettait d'amener, sur !e mont Lueotitius, l'eau

abondante et pure des sources de Rungis. 11 longeait

une cité militaire avec camp retranché, champ de

manœuvres, en bordure du boulevard Saint Michel

et avait, en face de lui, le magnifique édifice des Thermes,

à la fois palais et bains publics ; à droite, et

adossé à la colline, les arènes de la rue Afonge.

IV. Un empereur romain â Lutèce. — Au

iv e siècle, les soldats romains proclamèrent César

leur chef Julien, Cet acte dont l'histoire de Rome

nous oflre de nombreux exemples, eut lieu au palais

des Thermes. Julien aimait « sa chère Lutèce », il y

séjournait volontiers. Les. eaux pures de la rivière,

dit-il, sont excellentes à boire. L'hiver n'y est pas

rude, ce qu'il attribue au voisinage de l'océan. Les

habitants ont de bonnes vignes et des figuiers même,

depuis qu'on prend soin de les revêtir de paille.

S'il fait trop froid, on se chauffe par le moyen de

poêles, qu'on met dans lps appartements.

A. AYMARU, instituteur.

de France. Cours moyen et supérieur. 1.40

27


28 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

GÉOGRAPHIE

' COURS ÉLÉMENTAIRE

Comment retrouver son chemin quand

on l'a perdu.

I. Des notions positives. — 1° De tous les côtés,

il semble que le ciel touche la terre; la ligne, à partir

de laquelle noue- ne voyons plus rien, c'est l'horizon.

On dit de quelqu'un qui connaît son chemin : il sait

s'orienter. Qu'est-ce que s'orienter? C'est, dans l'horizon,

trouver [ orient, c'est-à-dire le côté où le soleil

apparaît le matin comme une grosse boule rouge.

L'orient s'appelle encore le levant, car on dit au matin

que le soleil se lève; c'est tncore l'est. Le côté

opposé de l'horizon, c'est le couchant ou occident,

ou encore 1 ouest. A midi, celui qui regarde le soleil

en face, est tourné" vers le midi ou sud; il tourne le

dos au nord.

2° Dans une ville, un passant complaisant indique

le chemin à qui s'est égaré ; dans la campagne

on a des chances de rencontrer sur la route

un charretier, on cantonnier, dans les champs, des

cultivateurs, capables de remettre dans son chemin

celui qui l'a perdu. Mais si l'on traverse un bois

épais ? une lande déserte ? Savoir s'orienter est nécessaire

; le jour, le soleil peut nous y aider. En effet,

si, au matin, le soleil vient caresser la figure du petit

dormeur, en passant, le bras par la fenêtre, on montre

l'est. Si, le soir des bçaux jours d'été, le soleil est

rouge du côté de la gare, c'est que la gare est à

l'ouest. Jacques habite près de la station; un jeudi

en poursuivant ses camarades, dans une belle partie

de gendarme:- et de voleurs, il s'est égaré loin de

chez lui. Jacques r'a pas pleuré; regardant l'horizon

il a aperçu le soleil qui se couuha.it au milieu d'un

véritable incendie, tout de suite, il a marché vers le

soleil couchant et a retrouvé sa maison.

3° Il y a encore d'autres moyens de s'orienter : on

a remarqué que, sur les arbres, la mousse ne garnit

guère que la partie face au nord On vend aussi des

boussoles, sortes de petites montres à une seule

aiguille qui ne donne pas l'heure, mais qui se tourne

toujours vers le nord. Enfin, dans les nuits ètoilées,

on peut retrouver son chemin grâce à l'étoile polaire

qui indique aussi la direction du nord.

II. Des directions. — Voilà une leçon intéressante,

à laquelle il faut bien se garder de donner un

caractère livresque car elle se prête à une foule d'observations.

Le point de départ en sera l'école, la salle

de classe, dont on déterminera la situation par rapport

aux points cardinaux. Puis on fera résoudre les

problèmes suivants : où 3ont placés par rapport à

l'école : la maison des écoliers? un monument —

église, maiiie? rues et places principales? les villages

de la commune par rapport au chef-lieu, etc. On

montrera une boussole, on fera observer les arbres

des bois voisins, distinguer par une nuit claire d'automne,

grand chariot, petit chariot, étoile polaire.

Quant aux données positives résumées plus haut, il

faut les exposer dans une forme agréable, exempte de

pédante lourdeur, et dont Rousseau a donné justement

dans l'Emile (Emile perdu dans la forêt de

Montmorency, p. 548, Hachette éd.), un excellent

modèle. Et pourquoi ne pas amorcer sa leçon par le

conte du petit Poucet ? On ne rendra jamais la géographie

trop souriante et par suite trop aimable.

= COURS MOYEN ET COURS SUPÉRIEUR =

La France dans le monde géographique.

I. La France occupe sur le globe une situation

heureuse — 1° Elle s'éiend entre 42°51' et 51°5' de

latitude Nor J, à des distances rigoureusement égales

de l'équateur et du pôle Elle occupe à peu près le

centre d( s terres émergées : à 18C00 km. de la Nouvelle-Zélande,

k 13 000 km. du cap Horn (Amérique

du Sud): 7 280 km. la séparent à la fois de l'extrémité

Nord-Oue-; de l'Amérique et de l'extrémité

Nord-Est de l'Asie.

2° Conséquences : La situation dans l'hémisphère

boréal, qui ren eririe la plus grande partie des terres

émergée^, au centre de ces mêmes terres, so prête

parfaitement aux relations avec les autres hommes

et au développement de la civilisation. Traversée

par le 45° de latitude, la France est au centre de la

zone tempérée. Or, cette zone est celle qui convient le

mieux à l'homme : son activité s'y exerce à l'écart de

la chaleur humide qui déprime, du froid excessif

qui engourdit, au milieu d'une végétation variée où

les plantes des régions chaudes se mêlent aux plantes

des régions plus froides. (Ex. français : olivier, maïs,

vigne, houblon, sapin.)

II. La France occupe en Europe une situation

privilégiée. — 1° Envisagée sur le planisphère,

l'Europe apparaît comme une péninsule asiatique qui

va s'amincissant vers l'Ouest ainsi que le prouvent

les distances suivantes : d'Odessa (mer Noire) à la

Baltique, 1 200 km.; de Trieste (Adriatique) à la mer

du Nord, 900 km. ; de Cette à Bordeaux, 400 km.

seulement, par un chemin d'accès large et facile, sans

montagnes à franchir. Dans le signalement de la

France,"voilà un trait essentiel ; c'est la contrée européenne

sise au rapprochement delà Méditerranée

et de l'océan Atlantique. Elle a donc subi à la fois

l'influence méditerranéenne et l'influence océanique

puisqu'elle a éié la terre où les races du Nord se

sont rencontrées avec celles du Midi. Et comme

« aucune contrée civilisée n'est l'artisan exclusif de sa

propre civilisation (expliquer) », la France a dù à sa

situation géographique privilégiée de pouvoir prendre

dans les civilisations les plus diverses ce qui couverait

à son soi et à ses habitants. 'Voici qui le

prouve :

2° Les influences extérieures : o) Pour se procurer

l'étain de la Grande-Bretagne, les marchands de la

Méditerranée empruntent la voie naturelle du Rhône,

de la Saône et de la Seine. A commencer par Marseille,

des villes se fondent sur ce parcours, des marchés

s'y tiennent : foires de Bt-aucaire, de Troyes, etc. ;

la barque du commerçant y apporte des besoins nouveaux,

le goût du mieux-être, une part des civilisations

phénicienne, grecque et romaine. Par les Croisades,

l'expédition d'Egypte, l'Algérie, le percement

du canal de Suez, le Maroc, la Méditerranee a continué

à être intimement liée à la civilisation et à la

prospérité françaises. Mais lorsqu'au moment de la

découverte de l'Amérique le bassin de la Méditerranée

se trouva en partie déserté, des pays comme la

Grèce, des villes comme Venise, Gênes,'virent diminuer

leur richesse: la France, elle, continua à prospérer

parce qu'elle poùvai , par l'Océan, s'intéresser

au Nouveau-M.-inde où elle espéra, un moment, fonder

une b) Nouvelle-France La France est au aussi Canada. un pays continental :

Une large ouverture au Nord-Est a permis même de

tout temps aux migrations germaniques de lui infuser

un peu de leur rude énergie tout en devenant complètement

françaises, grâce au charme du sol et du

climat français. Et cette frontière conventionnelle,

toujours menacée par la poussés d'audelà du Rhin,

a obligé la France à lutter pour sa propre existence,

à ne pas se confiner, confiante dans une situation

inexpugnable, dans le splendide isolement où s'est si

longtemps complue l'Angleterre. Elle a forcé notre

pays à prendre part à tous les conflits qui ont agité

l'Europe, elle a assuré une communication intime

entre sa vie et celle des autres nations; nous lui

devons l'intérêt général qui s'attache à notre histoire.

Ainsi, par sa situation dans le monde et en Europe,

la France était destinée à recevoir de bonne

heure la civilisation, à devenir un lieu important

de peuplement et d'échanges.

Exercices. — A cjueile latitude se trouve la région

que vous habitez? — Peut-on le constater par les

cultures ? le climat? — Quelle a été l'influence dominante

dans votr* 1 région : méditerranéenne? océanique?

continentale ? Prouvez-le par des faits (monuments,

types physiques, langue, échanges commerciaux, etc.).

Bibliographie. — Consulter chapitres II, III d atls

Tableau de la géographie de la France, par VIDAL-

LAiîLA'jnE. Hachette, éd.

A . AYMARD, Instituteur.

GEOGRAPHIE : LEIKONNIER, SCHRABER et GALLOUEBEC, Cours préparatoire. 7 5 C.


LEÇON DE CHOSES

Le pommier. Le cidre.

L'orge. Le houblon. L a bière.

MATÉRIEL DK LA LEÇON. — Quelques pommes à cidre :

une pomme acide, une pomme douce, une pomme

amêre. — Une bouteille, un bouchon, une ligature

de bouchon. — Quelques verres. — Une poire à

cidre. — Avoir, à l avance, préparé de l'orge

germée. — Quelques grains d'orge non germes. —

De l'eau bouillante. — Cônes de houblon. — Une

infusion de houblon. — Un ptu de levure de

bière. — Delà bière brune, de la bière blonde. —

Un mortier et un pilon.

LA LKÇON. — I. Nous allons, aujourd'hui, mes enfants,

commencer par faire des constatations relatives

à nos expériences de la dernière leçon. — i° Regardez

le jus exprimé d'une grappe, dans lequel nous

avons laissé séjourner les peaux des grains. Quelle

est sa couleur ? — 11 est rougeâtre. — 2° Regardez,

dans le verre il 0 2, le jus qui n'est pas resté en contact,

avec les pellicules ? — 11 est incolore.

Conclusion : La matière colorante du vin est dans

les pellicules. Troisième constatation: Jean, viens

goûter le liquide de l'un de ces deux verres. — Monsieur,

il n'est plus sucré : c'est déjà du vin. — 4° Et,

dans le lia :on que j'ai soigneusement fermé, tout dtsuite

après l'avoir rempli de jus sucré, y a-t-il du vin?

Gotttes-y, Jean. — Monsieur, il est encore sucré. Ce

n'est pas du vin.

Conclusion : Le jus sucré du raisin ne fermente

pas s'il est à l'abri de l'air. L air transporte les fer

ments qui transforment la moût en vin.

Et maintenant, mes amis, regardez les fruits que

j'ai alignés sur le bureau. Vous les connaissez bien :

ce sont des pommes. Elles n'ont ni la même couleur

ni la même grosseur. Mais, vous allez les goûter.

(Distribuer un quartier de chacune à quelques

élèves.) Quelle saveur avait ton quartier de pomme,

Pierre ? — Monsieur, il était acide, aigre. — Et le

tien, Paul? — Monsieur, c'est une pomme douce,

presque sucrée. — Et le tien, Henri? — C'est une

pomme amère ; 6lle a mauvais goût. — Vous le

voyez, ces pommes n'ont pas la même saveur.

Nous allons écraser quelques pommes dans ce vase

à parois très épaisses, ave ; un pilon, et nous en

recueillerons le jus. Il est évident que les pomnres

acides nous donneront un jus aigre, les pommes

douces un jus sucré, et les pommes amères un jus

peu agréable à boire. Nous allons mettre dans différents

vases les liquides que nous avons obtenus. Nous

les goûterons dans quelques jours. Vous savez déjà

qu'en opérant ainsi nous avons fait du cidre.

Dans les pays où les pommiers poussent bien et

donnent de bons fruits, dans lesrégions où l'onfabriquedu

cidre, on ne fait pas autrechose que ce que j'ai

fait devant vous. Naturellement, on a des machines

pour aller plus vite.'Mais il y a toujours l'écrasage

des pommes et la mise en fermentation. Cependant,

il est des choses importantes qu'il faut savoir. Quand

récolte-t-on les pommes ? Quand elles sont mûres,

n'est-ce pas? Et à quoi reconnaît-on qu'elles sont

mûres? Va-t-on s'amuser à les goûter toutes? —

Non ; on reconnaît qu'elles sont mûres quand elles se

détachent toutes seules de l'arbre et tombent à terre.

— Fait-on le cidre tout de suite? — Non, monsieur,

on laisse les pommes mijoter en tas, c'est-à-dire

achever de bien mûrir. — Où met-on les pommes ?

— On peut les laisser dehors. — Qu'arriverait-il si on

les enfermait dans un grenier bien sec?... Elles se

faneraient et perdraient bientôt tout leur / jus

Les voilà bien mûres ; le tas dé pommes répand

une bonne odeur. On écrase les fruits, ici, dans une

auge creusée dans un tronc d'arbres, là, avec un

moulin concasseur, où les pommes sont broyées dans

un engrenage. Comment va-t-on les presser? Un

pilon ne suffirait pas. On se sert d'un pressoir. Mais,

auparavant, on laisse la chair des pommes, la pulpe,

comme disent les savants, tremper dans le jus Elle

brunit à l'air, cette pulpe, et elle communique su

PARTIE SCOLAIRE 29

cidre sa belle couleur brune ou dorée. Le jus obtenu

au pressoir est versé dans des tonneaux. La fermentation

commence ; le gaz qui est produit monte à la

surface et s'échappe parla bonde du tonneau; il entraîne

avec lui toutes les impuretés, tous les fragments

de pulpe qui sont dans la masse liquide.

Une expérience ! Ce jus que nous avons recueilli,

nous allons en emplir cette petite bouteille tout à

l'heure. Vite, un bouchon, et nous ligaturerons solidement

le bouchon, car la fermentation est commencée.

Elle se fera doucement, tout, doucement; mais

le gaz produit par la fermentation ne pourra pas

s'échapper. Il restera emprisonné dans la bouteille...

— Oui, monsieur; mais si on coupe la ligature du

bouchon, le gaz se sauve et il entraîne du cidre. Cela

fait de la mousse. — Qu'est-ce qui produit cette

mousse? — C'est le gaz de la fermentation. — Voilà

l'histoire du cidre mousseux.

II. Voici des grains d'orge [en distribuer aux

élèves). Les uns sont secs, et les autres un peu

humides. Ces derniers, je les ai laissés séjourner dans

un peu d'eau tiède depuis deux jours. Regardez-les et

comparez-les... — Ceux qui sont humides sont plus

gros; ils se sont gonflés... — Est-ce tout? — Non, ils

présentent une petite pousse sur le côté ; ils "ont

germé. — Croquez un grain d'orge non germé. Quel

goût a-t-il î — On dirait qu'on mange de la farine. —

Bien. Goûtez un grain d'orge germe. —• Monsieur, il

est sucré. — Oui, mes enfants, la germination du

grain d'orge amène la transformation d'une partie

de la farine en sucre.

Eh bien! c'est là tout le secret de la fabrication de

la bière, la boisson des gens du Nord. Faire germer

des grains d'orge ! C'est cette opération qu'on appelle

le maltage (le malt, c'est l'orge germet). Si nous

écrasons les grains germés après les avoir débarrassés

de leurs petites pousses (qu'on appelle touraillons

dans l'industrie). 11 si nous mettons le tout dans

de l'eau chaude, nous aurons bientôt de l'eau

sucrée. Cette opération, c'est le bras âge. Quand

le brassage est terminé, on cuit le liquide avec .

du houblon.

Voici, mes enfants, des cônes de houblon. Le houblon,

c'est une plante grimpante, cousine germaine

du chanvre. Les cônes du houblon, ce sont des

groupes de petites feuilles (les savants vous diraient

des bractées) qui enveloppent des fleurs. Les grandes

bractées se recouvrent à ia base d'une matière jaune

très aromatique. Regardez de près; vous verrez cette

poudre jaune : c'esî le lupulin ou lupuline. Nous

allons faire bouillir quelques cônes dans l'eau. En un

instant, l'eau se colore et devient jaune foncé. Laissons

refroidir Viens goûter ce liquide, Jean... — Il

est amer. — Eh bien ! si on fait cuire le moût sucré

provenant de l'orge germée avec des cônes de houblon,

on rendra le Hquiie un peu amer. La bière

sans houblon, c'est de la bière quand même, mais

elle se conserve moins bien. Le houblon l'empêche

d'aigrir. — Monsieur, il y a de la bière blonde et de

la bière brune. — Parfaitement, Si, avant d'écraser

les grains germés, je les avais fait griller un peu sur

le feu, ils auraient pris une couleur brune très foncée,

et, en les mettant dans l'eau au moment du brassage,

nous aurions eu un liquide coloré en brun, alors que

d'ordinaire il est presque incolore. La bière blonde

oit sa couleur au houblon ; la bière brune doit la

sienne surtout au malt grillé.

La bière n'est pas faite quand la cuisson du moût

pst terminée : le liquide e6t à la fois sucré et amer.

Il reste à le faire fermenter, comme on le fait pour

le moût de raisin. La fermentat'on se fait dans de

grandes cuves. Ces cuves sont disposées dans des

.•:aves où la température est constante (15 à 20°)-

Quand elles sont remplies de liquide, on y ajoute de

la levure (en montrer autant que possible) pour provoquer

la fermentation.

La bière est soutirée et mise dans des fûts où 1a

fermentation continue. C'est cette fermentation qui

fait mousser la bière, comme elle fait mousser le cidre

qui n'est pas achevé.

A . LACLEF,

Inspecteur primaire.

SCIENCES : P. LËDOUX, Leçons sciences phys. et nat., Cours supér. et compî. Brevet élém. 1.80


30 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

DESSIN

Décoration.

Bordures.

Cours moyen et supérieur. — Le croquis proposé

(fig. 1), tracé au tableau, donne l'aspect que devra présenter

dans son ensemble la composition de l'élève,

plus affirmée danss3s formes et coloriée selon le goût

de chacun.

Schéma.

Interprétation.

Cet aspect dépend d'abord delà division ou pas de

la "bordure, eu égsrd à sa largeur, puis de la grandeur

proportionnelle des taches.

Les tiges, tangentes aux côtés, traversent dans leur

partie moyenne l'espace à décorer, sur une longueur

égale aux 3/2 environ de la largeur. Tout à côté, sur

la droite, sont disposés des points, en nombre variable,

qu'il faut interpréter, c'est-à-dire munir de formes

tirées de la nature ou de là géométrie : fruits, petites

fleurs, etc.

i Les grosses taches allongées, en zigzags, simulent

des éléments plus importants, des feuilles, par

exemple.

I^Bnfin, certains élèves, plaçant la bordure horizontalement,

pourraient apercevoir un ensemble formé

d'ailes de papillon.

Nous croyons utile de rappeler, en ce commencement

d'année, quelques larges principes relatifs à

l'emploi de la couleur en décoration.

Il ne peut être question, dans notre cours, de décoration

en relief, et les arrangemenfs sur surfaces

planes sont notre seul objectif.

C'est donc sans préoccupation de relief, d'ombres,

que nous appliquerons les éléments végétaux ou animaux

de notre choix. Nous remarquerons,à ce sujet,

que les compositions des tout jeunes enfants sont

souvent d'un effet décoratif plus franc que celles

d'élèves plus âgés, qui ont pensé mieux faire en mettant

maladroitement à profit leur connaissance du modelé

ou de la perspective.

Yoici deux compositions ci-contre pouvant asseoir

notre jugement.

L'une (A) est l'œuvre d'un élève de quatorze ans

qui, sur notre désir et de parti pris, a utilisé sans

choix de détails ses connaissances du dessin d'après

nature pour la réalisation du schéma proposé.

L'autre (B) est l'interprétation naïve du premier

dessin, par un enfant de neuf ans, à qui nous avons

suggéré les couleurs.

Sans doute, au point de vue de la ligne et de la

forme exactement équilibrée, la première mériterait

nos suffrages. Mais combien plus décorative est la

:

' v • V

seconde, avec ses taches larges, d'une seule touche,

conservant à la bordure son allure tranquille de surface

plane.

Les reliefs boursouflent ou creusent le décor ; ils

l'assombrissent généralement, au surplus, à. moins

que, par une disposition recherchée, les taches ainsi

formées fassent un groupement spécial, un ensemble

décoratif.

La multiplicité des couleurs vient, en outre, ajouter

souvent de la confusion au décor. Il faudra donc être

t*-ès sobre en cet endroit au début. Deux, trois_ couleurs

suffisent à produire un ensemble harmonieux.

Cours élémentaire. — Feuille de papier 8 X 16.

Plier la feuille en quatre parties égales, dans les

deux sens.

Prendre le milieu des quatre petits carrés obtenus

(voir fig. ci-dessous).

Faire partir de ce milieu quatre feuilles en diagonale.

Suivre en dehors, à peu de distance, le contour de

ces feuilles et colorier extérieurement k cette ligne.

Deux couleurs en tout.

Encadrer la bordure par un filet composé de deux

éléments géométriques alternés.

L . BOYRIE,

Instituteur.

POUR

LES MÉNAGÈRES ET POUR LESJV1AMÂHS

Le bien-être et la joie au foyer.

Cherchons, mes enfants, la signification de ce mot

« bien-être » que vous entendrez souvent répéter

autour de vous. Bien être, bien exister, bien vivre,

vivre dans les conditions les plus favorables, n'est-ce

pas ainsi que nous pouvons préparer notre définition?

Nous sommes donc amenées à dire : le bien-être

est l'ensemble des circonstances matérielles qui font

la vie agréable et facile. On confond parfois le

bien-être avec la fortune, ce qui est une erreur; si

l'argent est la source de l'abondance et du luxe vrai

ou faux, nous allons voir que le bien-être naît de l'intelligence,

de l'affection et peut être l'hôte des plus

humbles logis.

MANUEL DE DESSIN : G. QUÉNIOUX. : A


Avez-vous remarqué la sensation sgréable que vous

éprouvez le matin en vous éveillant dans une chambre

claire et bien tenue? Vos yeux se reposent avec plaisir

sur les meubles familiers, si simples qu'ils soient,

parce qu'ils sont bien entretenus et que chacun est à

la place qui lui convient. Si c'est l'hiver, Je bonnes

couvertures vous protègent contre le froid; si c'est

l'été, un rideau à défaut de persiennes, empêche le

soleil d'enlever trop vite à votre chambre la fraîcheur

de la nuit. Vous prolongez à. plaisir votre toilette

parce que vous disposez d'ustensiles appropriés, assez

grands et faciles à manier. Votre maman a tout

prévu : même si vous n'avez pas la jouissance entière

de la chambre, vous pouvez vous isoler d'une façon

complète; le linge est sec et propre, l'eau est fraîche,

le savon est de bonne qualité. Tous les raffinements

que pourrait ajouter la richesse n'augmenteraient

guère la somme de bien-être dont vous jouissez.

Vous voici à table. Le couvert, très simple, est mis

avec soin; le repas frugal a été surveillé avec vigilance

et est cuit à point; la desserte est à portée de

la main et on n'a pas à se déranger inutilement. La

salle est à une bonne température. Si c'est l'été, la

boisson a été rafraîchie ; si c'est l'hiver, les assiettes

ont été chauffées. Aucun convive n'est gêné par la

chaleur de la cuisinière ou par l'air trop vif d'une

fenêtre. On est aussi à l'aise qu'on le serait dans une

salle à manger luxueuse et l'on mange aussi bien

que si le repas était plus compliqué et plus coûteux.

•Vous rentrez de la classe, le soir, un peu lasses

d'avoir bien travaillé et bien joué; cependant il vous

reste des devoirs à faire, des leçons à étudier. Volontiers

vous renonceriez à ce supplément de travail qui

vous paraît fastidieux. Mais la table est là, toute

prête, avec l'écritoire et la lampe. Votre maman a

placé devant la chaise que vous préférez ; vous ne

résistez pas à cet appel et votre heure de travail passe

rapidement et agréableipent.

Quand votre père rentrera tout à l'heure, ce sera

vofre tour de l'entourer de prévenances : une toilette

sommaire, des pantoufles reposantes, un siège confortable

lui feront oublier ses fatigues. Au lieu de se

plaindre de sa condition modeste, il se trouvera heureux

si, à la sensation de bien être qu'il éprouve, se

mêle la joie de trouver des visages ouverts, des

cœurs qui ne demandent qu'à s'épancher. Votre

bonne humeur, la sérénité de votre mère font partie

du confortable.

Le bien-être et la joie ne s'acquièrent pas à prix

d'argent Le premier est fait de prévenances, d'attentions

intelligentes. Toute ménagère peut le distribuer

autour d'elle. A la campagne comme à la ville, dans

toutes les conditions, une femme peut rendre à son

entourage la vie facile et douce, cela sans dépenses

ni fatigues exagérées. La joié le plus souvent est la

compagne du bien-être, car elle naît des sentiments

que l'on éprouve en constatant autour de soi une

affection intelligente et dévouée.

M . BOUTIER,

Institutrice.

ÉDUCATION PHYSIQUE

Les séances de gymnastique. — L'éducation physique

à l'école primaire doit comprendre, pour être

complète :

1° des leçons de gymnastique proprement dite ;

2° des séancts spéciales de sports (marches, grands

jeux, exercices élémentaires de boxe, natation, etc...)

ayant un but hygiénique et utilitaire.

Ces séances de sports, dans l'état actuel des

choses, sont assez difficiles à donner à, l'école primaire.

C'est pourquoi, désireux avant tout d'établir

un programme pratique, nous les négligerons cette

année.

Les jeux. — Les jeux ne peuvent constituer à eux

seuls toute l'éducation physique, mais ils doivent

y tenir une grande place, d'autant plus large que

Ion s'adresse à des élèves plus jeures. Les « petits

PARTIE SCOLAIRE 31

jeux » ont donc leur place marquée dans la leçon de

gymnastique. Nos lecteurs trouveront dans la collection

du Manuel général de l'année dernière la description

détaillée de très nombreux jeux parmi lesquels

ils pourront choisir, et que nous nous contenterons,

cette année, de désigner par leurs titres.

Fréquence des leçons. — Il est reconnu, par ceux

qui s'occupent d'éducation physique que la leçon de

gymnastique ne peut produire d'effets vraiment

utiles qu'à la condition d'être journalière. Telle

était l'opin : on des auteurs de l'arrêté du 8 août 1890

qui, dernier en date et jamais abrogé, réglemente —

ou plutôt devrait réglementer — l'enseignement de

la gymnastique dans les écoles primaires. Cet arrêté

est si peu connu, et si peu appliqué, que nous croyons

utile de l'exhumer pour nos lecteurs. 11 y est dit :

« Le temps consacré chaque jour aux exercices

physiques, dans les écoles primaires élémentaires de

garçons et de filles, doit être de' deux heures, sur

lesquels on réservera à la gymnastique une demiheure

au moins pour les enfants au-dessous de

dix ans, trois quarts d'heure au moins pour les

enfants au-dessus de dix ans. Ce temps serait avantageusement

réparti en deux séances. Les travaux

manuels, pas plus que les exercices militaires spéciaux,

ne pourront être considérés comme leçons de

gymnastique. »

Les deux séances d'une demi-heure par semaine

que l'on trouve le plus souvent aux emplois du temps,

sont absolument insuffisantes, ce qui ne veut pas dire

qu'il faille les négliger.

E . TAIZIÈRES,

Instituteur.

LA LECTURE DU SAMEDI

Exploits d'aviateurs.

Nous savons par de brèves notes, surtout par quelques

récits de la presse étrangère, que nos aviateurs survolent

sans cesse les lignes ennemies pour apporter ensuite de précieux

renseignements à notre état-major. Ils guident le tir

de l'artillerie, ils portent les messages. — Points de mire

des mitrailleuses et des fusils ennemis, ils reçoivent dos

balles qui trouent les ailes de leurs appareils, percent le

réservoir à essence, faussent la direction, les blessent ou

les tuent eux-mêmes ; ils sont pourchassés par les aéroplanes

ennemis. — Rien ne les arrête; leur hardiesse, leur

sang-froid, leur mépris de la mort .dépasse ce qu'on 'peut

imaginer. — Les journaux ne donnent que quelques rares

récits de leurs prouesses. Nous espérons que l'histoire nous

dira leurs actes inouïs de courage.

LE SANG-FROID D'UN AVIATEUR.

Un de nos aviateurs, faute d'essence, avait dû atterrir

dans un village du territoire annexé.

Il remplissait son réservoir, quand une forte patrouille

allemande fut signalée. Sans se troubler, l'officier

continua à vider ses bidons; les Allemands,,

étonnés, ne comprenant pas, s'arrêtèrent à 200 mètres

sans tirer, craignant peut-être un piège. Le réservoir

plein, l'aviateur mit en marche et partit. A ce moment,

les Allemands, se voyant joués, tirèrent sur

lui. Il était trop tard; l'appareil et son pilote sont

rentrés sains et saufs. (Le Temps.)

HÉROÏSME D'UN AVIATEUR RUSSE.

Attaché à une escadrille aérienne d'une armée

russe, le capitaine Nesteroff au cours d'une reconnaissance

en aéroplane, aperçut un avion autrichien

qui planait au-dessus des troupes slaves avec le projet

de jeter des bombes sur leur camp.

Aussitôt il se précipite vers cet ennemi, le poursuit

et, sans hésiter, fonce sur l'avion autrichien qu'il

brise, culbute et entraîne dans sa propre chute. Par.

sa mort héroïque il a sauvé des bombes ennemies le

camp russe et privé les Autrichiens d'observations

précieuses que. leur aurait fournies leur aviateur.

Le capitaine Nesteroff était marié et père de deux

enfants. Il était aussi le soutien de sa vieille mère.

(Le Figaro.)

GYMNASTIQUE : Manuel d'exercices physiques et de jeux scolaires 1.50


32 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE

LES DÉBUTS D'UN PASSAGER E N AÉROPLANE.

Maintenant c'est l'aube aigre après une nuit de vent

et d'ondées.

De grands nuages se bousculent dans le ciel encore

obscur et des rafales passent.

Près du monoplan, maintenu par les sapeurs arcboutés,

le capitaine F...", appuyé sur sa canne, donne

ses dernières instructions au pilote. Celui-ci, hier encore,

courait, champion fameux, les aérodromes et

les meetings ; maintenant il fait son devoir militaire

en toute simplicité ! Bardé, casqué, masqué de cuir,

il écoute avec nue délérente attention le capitaine qui

dit, amical et familier :

— Mon petit, vous allez prendre ce passager et ces

dépêches et filer droit au nord jusqu'à X... jLa consigne

est d'arriver; pas de prouesses en route, si vous

êtes « descendu », détruisez tout; si vous échappez,

rejoignez X... le plus tôt possible et présentez-vous

an général avec votre passager, qui transmettra son

message verbal.

Puis il nous salue, et, nous serrant la main :

— Bonne chance, amis, et faites vitel

Insensiblement, le jour gramit; une grande brise

fraîche d'est nettoie le ciel, un éblouissemant jaune

et rouge n»arque la place où va jaillir le soleil.

Tandis que !e pilote examine l'appareil, je m'installe

à mon poste de passager, le paquet pour le général

entre les jambes et une carabine de chaque côté,

le long du fuselage.

Nous sommes prêts, l'hélice lancée; le moteur, démuselé,

pousse sa clameur héroïque; l'appareil roule

en cahotant; puis insensiblement s'élève. Devant moi,

le pilote, lié à son siège, immobile et attentif, règle

la montée à petits coups de ses commandes, et déjà

s'élargit et se dessine au-dessous de nous notre cher

aérodrome avec sa double ligne de hangars, son

étang et ses chemins courant au milieu des cultures.

Nous -allons droit au nord, bousculés par cette

brise d'est qui nous fait dériver.

Nous allons grand traiû, fouettés d'air vif, et nous

montons toujours.

Maintenant, c'est la monotonie de la route, au-dessus

de la campagne confuse. Le pilote, cramponné à

ses commandes, parait immobile, de temps à autre

les grandes rafales d'est nous secouent et nous jettent

hors de notre route.

Subitement, le moteur coupé, on n'entend plus que

le ronflement du vent dans les agrès; le monoplan,

cabré, s'immobilise presque, et le pilote, tourné, vers

moi, me montre de petites fumées noires qui courent

dans le vent au-dessous de nous; puis il me fait signe

d'écouter; mais je n'entends que le sifflement du

vent dans les agrès, le bourdonnement de l'hélice et

le cliquetis du moteur entraîné-. Puis, l'allumage est

remis, et la formidable chanson du moteur recommence,

couvrant tout.

Les petites fumées se font.plus nombreuses et plus

voisines. Nous essayons encore de monter, quand un

grand sou:fle nous couche sur le côté; prodigieusement

prompt, le pilote a redressé, mais aussitôt une

nouvelle et plus effroyable secousse nous dresse presque

verticalement, et nous perdons de l'altitude; les

éclairs et les fumées peuplent maintenant notre voisi­

nage et de grands souffles d'air nous bousculent.

Nous fonçons droit devant nous, au milieu de ce

danger; cramponné au fuselage, j attends l'inévitable,

sans pensée, à bout d'émotivité.

Et puis le calme revient, la zone terrible est franchie

; au-dessous de nous, une forêt immense s'étend,

coupée de ravins. C'est dans le calme revenu, alors

que nous paraît reconquise la sécurité, que le danger

reparaît immédiat et formidable. A peine échappé de

la zone infernale nous commençons à pencher sur

une aile. Le pilote, à bout de gauchissement, arcboute,

coupe l'allumage, tourne à demi la tête et me

montre des yeux un lambeau de toile déchirée qui

flotte au vent sur notre aile gauche.

A.vant que j'aie pu réfléchir, la descente vertigineuse

commence et s'accélère aussitôt en chute. Avant que

j aie pu reconnaître le sol au-dessous de nous, un

atterrissage brutal et cahoté nous met à terre au

fond d'une étroite clairière. Seul le pilote pouvait

tenter et réussir une telle mauœuvre désespérée.

Calme, bien que le visage encore crispé d'angoisse,

il saute sur le sol en criant : « Prenez les armes

pendant que je réparerai 1 » et il s'active à coller

une pièce sur l'aile endommagée tout en disant :

« Vite, vite. Si les Boches arrivent, tirez dessus, et

puis je mettrai le feu à l'appareil et nous nous

sauverons. Vi.e. vite... » Et pendant que je surveille

la clairière, la carabine en main, le pilote continue

son travail et répète machinalement : « Vite, vite! »

Puis, sans dire autre chose que ces mots, sans cesse

répétés, il me fait signe de soulever la queue de

l'appareil, s'y attelle lui-même, et nous voilà, essayant

de traîner l'appareil à l'autre bout de la clairière. Ce

diab e d'homme veut essayer de repartir en vol 1

Mais les racines nous accrochent, les pierres menacent

de nous faire verser; accablés, à bout de nerfs,

nous allons laisser retomber la -queue du monoplan

quand le pilote, pâle, contracté et suant, et qui répète

comme une obsession : « Vite, vite ! » bondit et met

son revolver sous le nez d'un homme fangeux et

hérissé que nous n'avions pas vu approcher, je saute

sur une carabine, tandis que l'homme, très calme,

parle du fond de sa barbe : « Nous sommes d'ici,

nous devons guider les nôtres dans les bois .^Depuis

que les Boches sont là, nous sommes cachés. On va

vous donner un coup de main, les autres sont pas

loin. » En effet, à son appel, les « autres », pareillement

boueux et pareillement hérissés, s'approchent

et s'attellent au monoplan. Dans un iustant nous

sommes à poste et prêts à partir.

L'hélice lancée, rudement secoués d'abord, nous

prenons franchement notre essor, mais les arbres de

la clairière viennent au-devant de nous. Ils grandissent

; nous ne passerons pas. Et, subitement, d'un

saut presque vertical, nous passons l'obstacle, frôlant

les hautes branches, puis nous voguons de nouveau

sur l'océan des cimes feuillues.

Maintenant nous allons notre route, détendus,

presque joyeux et nous montons toujours. Quand

nous repassons, perdus dans le ciel, les canons ont

cessé leur feu, et bientôt après, descendant par degrés,

nous retrouvons les lignes françaises et accomplissons

en simplicité la tâche ordonnée.

(Le Journal.)

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