dimanche 28 janvier

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dimanche 28 janvier

EIILUSTR

DIX-HUITIEME ANNEE. N° 883 L'HEBDOMADAIRE DE TOUTE LA FAMILLE 1 FRéNC - 28 JANVIER 1940.

M1CHELET DIT UN JOUR...

Un pays, une race...

V Allemagne est à l'Europe ce qu'une lésion

est à un organisme humain

par DIDIER DARTEYRE

Une bienfaisante animatrice

CLARA ARTON

qui fonda la Croix-Rouge américaine

Lisez dans ce numéro :

L'extraordinaire réussite du D r Mesmer,

guérisseur d'autrefois (page 2).

î A TRAVERS L'IMMENSE AMERIQUE DU

I SUD, VASTE CONTINENT OU S'EPA-

| NOUÎSSENT DEC DEMOCRATIES (p. 3).

\ ■ : y : '.

i En regardant l'Europe (page 4).


Le drame hollandais (page 5).


Nos nombreux autres articles, nos deux

romans, notre chronique de la mode, etc.

L'ANGLETERRE est un em- terre, à tous ceux qui sont tompire,

l'Allemagne un pays, bés proche la frontière, aux

une race ; la France est aviateurs écrasés sous les dé-

une personne, a écrit Jules Mi- bris de leur appareil, aux mate-

Chelet dans cette œuvre magnilots disparus à jamais sous les

fique qu'est son Tableau de la flots, et aussi à la désespérance

France. Et il semble que rien des mères, des épouses, des

ne soit plus exact que cette dé= amies, des sœurs qui, en Polo-

finition à la fois simple et sai= gne, en Bohême, en Autriche,

sissànte, où l'Allemagne, enca- pleurent l'être cher qu'emmedrée

de ses deux adversaires nèrent un jour des « hommes »

d'aujourd'hui, fait songer à de la Gestapo, chargés de le

quelque criminelle marchant en- conduire vers quelque camp de

tre deux gendarmes.

concentration, vers la torture

Par son génie colonisateur, ou la mort-..

son habileté politique et sa Oui, l'Allemagne est un pays,

belle tradition libérale, l'An- une race, mais une race dont

gleterre a su en effet forger Hitler incarne très exactement

un Empire dont tous les élé- les démentielles ambitions et

ments — liés les uns aux au- symbolise la volonté de contres

par le serment d'alléquête. Il incarne aussi, par sa

geance à la Couronne — affir- propagande perfide, le goût de

ment en ce moment même leur la race allemande pour tout ce

solidarité et leur idéal de paix qui est espionnage, terrorisme,

et de liberté.

manœuvres tendant à diviser

celui que l'on veut abattre ou

Ainsi, au cours de longs siècles

d'histoire, où la souplesse

asservir.

Oui, l'Allemagne, qui n'est

et la finesse de ses hommes

d'État n'ont cessé de se mani-

qu'un pays, n'abrite bien qu'une

race : celle qui a choisi pour la

fester avec un souci patriotique

représenter le plus cynique des

sans caractère agressif, l'An-

menteurs et le plus barbare

gleterre est demeurée non pas

un pays, mais une nation...

des maîtres. Un maître délirant

Une nation de gentlemen, qui,

que les malheurs mêmes du

peuple allemand laissent indif-

même dans la guerre, n'ignore

rien de l'esprit chevaleresque

férent et qui ne songe qu'à

ai des devoirs que l'on peut

étancher sa soif de domination.

avoir h remplir dans le cadre

Et quel dommage pour l'Europe

que le « mal hitlérien »

de l'honneur comme dans celui

des sentiments qui élèvent l'hu-

n'ait point suscité l'opposition

manité. Et c'est pourquoi Hit-

d'un peuple allemand moins lâler

qui, après avoir solennelleche

devant la force et plus soument

renoncé, en septembre

cié de vérité. Car, dans une na-

1938, à tout autre revendication

libre, Hitler n'aurait jation

territoriale, n'en égorgea

mais pu dire : « La guerre est

pas moins la Tchécoslovaquie,

de tous les temps, elle est iné-

a achevé d'écœurer le peuple

vitable » sans s'attirer cette ré-

anglais.

ponse :

Aussi, quand Hitler déclare « Si la guerre est de tous les

peu après qu'il avait été con- temps et si elle est inévitable,

traint à annexer la Bohême c'esr parce qu'il y a des hom-

parce que c'était là un « foyer mes comme vous pour la dé-

de coti;munïsme », l'Angleterre clencher, afin r|

ne s'indigna plus, car elle savait

comme Jules Michelet que

l'Allemagne n'est ni un empire,

ni une nation, ni une personne,

mais seulement une race. Une

race avec tous ses défauts, avec

ses ambitions démesurées, son

goût pour le mensonge, son

culte de la force, sa volonté de

domination et sa tyrannie

cruelle et brutale... Et la volteface

de Hitler mettant sa main

—-. encore rouge du sang des

communistes allemands — dans

la patte sale du « camarade »

Staline, enhardi par son exemple,

a achevé de polariser sur

l'aventurier de Berlin le ressentiment

de la loyale nation

anglaise.

Une nation est en effet un

groupement de citoyens libres

et unis en dépit d'origines ou

de religions parfois différentes,

alors qu'un pays peut n'être

que le cadre d'un racisme étriqué

et bien souvent mensonger.

Ainsi, une nation ne saurait,

sans déchoir, renier sa parole,

tandis qu'un pays, c'est quelque

chose de moins grand dans l'ordre

moral, une simple expression

géographique dans les

limites de quoi on peut tout dire

et tout faire...

La théorie de Hitler, déclarant

que « tout ce qui est germain

doit être allemand » est

en effet aussi absurde que celle

qui consisterait à dire que tout

ce qui est latin doit être annexé

à l'Italie parce que cette

contrée fut autrefois le berceau

de la latinité ! Aussi bien pourrait-on

soutenir que tout ce qui

est Scandinave doit être norvégien,

que tout ce qui est anglosaxon

doit être anglais ou que

tout ce qui est slave doit être

russe ! Il n'y aurait plus alors

qu'à retourner à l'âge de la

pierre taillée et à recommencer

tout ce que les peuples ont

cimenté avec l'aide du temps.

C'est d'ailleurs ce à quoi tend

la « politique » de Hitler, primaire

féroce et prétentieux qui

sépare de leurs enfants les mamans

tchèques ou polonaises et

s'efforce à jouer les tyrans

mongols ou à plagier servilement

les Attila-

Oui, l'Allemagne est bien un

pays, une race, mais une race

qui n'est point comme les autres...

Je ne pense pas en effet

qu'il soit au monde un autre

peuple où des hommes ayant

fait la dernière guerre puissent

pousser la haine de race, la joie

de voler ou le désir de tuer

jusqu'à acclamer celui qui les

mènerait vers quelque abattoir

orné d'une croix gammée. Or,

c'est bien, hélas ! ce qu'ont fait

les anciens combattants allemands

qui, après l'étranglement

de la malheureuse Tchécoslovaquie,

adressèrent au FUhrer

— pour l'en féliciter ! —

télégramme sur télégramme.

Oui, l'Allemagne est bien un

pays, une race, mais une race

dont tous les éléments doivent

être regardés comme solidaires

et condamnés dans un seul et

même esprit de réprobation et,

disons-le, de vengeance- Car la

vengeance est noble, légitime,

sacrée, quand on songe à toutes

les souffrances que cette brute

de Hitler a déchaînées sur la

e le jour de Noël, en C'EST

1821, que naquit Clara par SIMONE SAINT-CLAIR

Barton — la future fondatrice

de la Croix-

Rouge — dans une vieille

ferme des Massachusetts,

d'une lignée de patriotes et connaîtront lorsqu'elle passera per des femmes de bonne volonté

de soldats dont elle hérita de la pour se rendre sur les champs qu'elle fit instruire à Worcester

conscience droite et du courage. de bataille et qui la salueront et à Bordentown et, bravement,

Précoce, studieuse, craignant avec émotion.

sacrifiant son pécule personnel,

davantage ses semblables que, Avant de se faire infirmière bé- elle se livra tout entière à la tâ-

plus tard, les balles ou les boulets névole, Clara Barton fut secréche qu'elle se créait. Elle parcou-

de canons, elle reçut l'éducation taire à l'Inspection des douanes. rut la plus grande partie de la

sportive et masculine de ses frè- C'est là que la guerre civile la Nouvelle Angleterre afin d'assures

aînés qui, dès le jeune âge, surprit et c'est de ce moment rer à ses groupements aides et

lui apprirent à monter à cheval qu'elle commença à visiter les ressources qu'ils pussent prendre

sans selle, à jouer au football et blessés sur leur lit d'hôpital, leur avec eux en premières lignes.

Dire que cela fut aisé serait

mensonge. Partout où l'initiative

d'une femme prend de l'influence,

elle risque de se voir entraver

par des jalousies et des mesquineries.

Clara Barton eut à lutter

contre ces. petitesses, contre les

majors de l'armée régulière, contre

les infirmières diplômées.

Mais avec sa persévérance remarquable,

Clara Barton ne se

découragea pas. Par des amis de

son père, elle réussit à s'infiltrer

—- elle et ses aides dans des

régiments actifs, afin de soulager

les blessés et les moribonds.

' = On raconté qu'en 1862, un soldat

atrocement mutilé à l

satisfaire

quelque vieille rancune ou quelque

maladif orgueil ».

En parlant ainsi, le peuple

allemand se serait élevé au-dessus

de la « race », pour se situer

sur le plan humain et

national. Il connaîtrait aujourd'hui

le véritable bonheur de

vivre, qui, de toute évidence, ne

peut venir de la Guerre, cette

hideuse mangeuse d'hommes

qui prend parfois les traits insignifiants

d'un ancien caporal

de l'armée autrichienne..-

Et rien ne résume mieux le

problème de la paix — ce problème

que Hitler a rendu inintelligible

à tout un peuple —

que cette pensée d'Alphonse UN PORTRAIT DE CLARA BARTON (Visa N" 41.592.)

Karr :

« Des malheurs évités le

bonheur se compose »... à assumer, sans peu;, des responapportant des gâteries et le résabilités.confort

de son sourire, écrivant

Malheureusement pour l'hu- A dix-huit ans, toute petite, pour eux des lettres, leur lisant

manité, le peuple allemand ne mince, nerveuse, avec d'immenses des journaux, se rendant indis-

conçoit pas encore les choses yeux compatissants, elle avait pensable où qu'elle allât.

aussi simplement. II entend im- quantités d'admirateurs mais au- Et c'est au cours de séjours

poser, dominer, asservir et il cun prétendant qu'elle voulût prolongés dans les hôpitaux

n'hésite pas — bien qu'habitant prendre au sérieux. En dépit de qu'elle se rendit compte que de

une des contrées le mieux pour- sa féminité et de sa fragilité, les nombreux blessés relevés sur ; les

vues de l'Europe —• à « réclamer

» pour lui, et sans se sou-

hommes redoutaient son esprit champs de bataille mouraient en

plein d'humour, sa volonté tenace arrivant à l'arrière pour avoir

cier des besoins des autres, toujours

plus de place, toujours

et sa grande intelligence. ' manqué de soins dès les premiers

plus de droits, toujours plus de De son père, un ancien combat- instants. Leurs plaies s'infec-

force... Et malheur à celui qui, tant, elle avait acquis une véritataient, . ce qui signjfiait, pour

sa patrie envahie et mutilée, ne ble science des choses militaires, beaucoup, soit la mort, soit l'am-

manifestera point d'enthou- connaissait la plupart des régiputation d'un membrér qu'on ausiasme

envers le pays, la race ments et ne rougissait pas des rait pu éviter. Clara Barton com-

élue...

plaisanteries un peu lestes des prit alors que son œuvre de se-

« Par l'éducation de l'indi- soldats ou de leurs jurons. Ces cours serait bien plus utile =ur les

vidu et de la masse, a écrit, un soldats qui, lorsqu'elle aura at- lieux du combat que dans les

jour du temps de paix, un de teint l'âge adulte, apprendront à salles d'hôpital.

mes confrères, la société ob- l'aimer, ces régiments qui la re- Aussitôt, elle essaya de groutiendrait

une harmonie réelle

et non pas seulement apparente.

Alors que la loi et le châtiment

ne rétablissent l'ordre

qu'au petit bonheur, car le châtiment

réussit bien rarement à

donner de la noblesse à un caractère

avili ».

Oui, toutes ces observations

sont des plus justes quand il

s'agit d'une personne comme la

France ou d'un empire comme

l'Angleterre. Mais elles perdent

toute leur valeur en face d'un

pays, d'une race comme l'Allemagne.

C'est pourquoi nous ne devons

à aucun moment oublier que le

Reich et son Fiihrer ne sont ni

une nation ni un chef d'Etat,

mais une tribu guerrière et féroce,

que gouverne un maître

tyrannique mais toujours respecté.

Et lorsque le canon se

sera tu et que cesseront les cris,

les appels ou les râles des blessés,

sachons renoncer à l'édu

cation pour ne songer qu'à la

loi et au châtiment. Car tout le

drame européen réside dans

cette terrible fatalité : l'Allemagne

est une race...

Une race de proie, pour qui

le mot « éducation » ne signifie

absolument rien et qui n'a

que mépris ou insolence pour

les faibles ou les sentimentaux-

C'est-à-dire pour les foules qui

maudissent aujourd'hui — vingt

ans après la plus horrible des

guerres ! — celui qui, en dépit

de toutes les concessions à

« Lui » faites, a stupidement,

sauvagement, sans même savoir

exactement ce qu'il veut, imposé

au monde la guerre de

1939-194».

Didier DARTEYRE»

!épaule

droite, en Virginie, râlait, une

nuit, sans espoir de se voir relevé

par des brancardiers. Soudain,

alors qu'il- désespérait que ses

plaintes-fussent entendues, la figure

d'une, femme surgit devant

lui, d'une femme qui le regardait

avec d'immenses yeux sombres et

compatissants, et dont le contact

des douces mains lui rappelait

celles de sa mère.

Avec un sanglot, il jeta son

bras gauche autour du cou de la

petite femme penchée sur lui. et

er'ârria

7 Miss Barton, me reconnaisse*-vous

? Je suis Charley Hamiltoh

qui portait votre Sac d'écolèire

quand vous alliez à l'école.

Clara1 tés que celles-ci tendirent une

oreille attentive à ses demandes,

remanièrent et approvisionnèrent

entièrement ces services.

Elle s'occupait également des

prisonniers, facilitant les échanges

et les correspondances entre les par CLEMENT VAUTEL

familles, si bien qu'Abraham Lincoln,

cet autre grand philanthrope,

ayant appris tout le bien

fait par Clara Barton, donna l'or- UN MONSIEUR QUI N'EST PAS CONTENT

dre qu'on lui facilitât sa tâche.

C'est ainsi que miss Barton put y T-Y condamné à mort, pré- — Bah! A trois ou quatre

constituer un bureau de rensei- M J voyant sa tin pro- cents mètres de là, vous en avez

gnements qui permettait aux fachaîne, disait :

une autre, et même deux aumilles

d'obtenir des nouvelles de — Le plus ennuyeux, c'est tres !

leurs soldats portés manquants que je devrai me lever de très — « Ma » station était sf

ou prisonniers.

bonne heure..- Moi qui aime tant commode !

La paix se fit enfin en Virginie faire la grasse matinée ! — Un peu de footing ne vous,

et Clara Barton aurait pu se re- Je ne voudrais pas comparer fait pas de mat. Et puis, songez

poser. Mais son cœur généreux mon honorable ami Orinchard que le métro n'a pas toujours

ne le lui permit pas. Bien qu'ex- à ce Jean Hiroux, mais enfin je existé et qu'au surplus, c'est le

trêmement fatiguée, elle se décida suis bien obligé de constater guerre...

à. entreprendre un voyage en Eu- qu'il lui ressemble en ceci : sa — Soit, c'est la guerre, mais

rope car, en 1864, elle avait eu philosophie ne l'aide pas à sup- je veux qu'on « me » rende

vent qu'à Genève on créait une porter les menus désagréments « ma » station- J'ai déjà écrit à

institution internationale qui res- qui, d'ordinaire, accompagnent, « mon » conseiller municipal, à

semblait beaucoup à celle qu'elle si je peux m'exprimer ainsi, les « mon » député...

créait en Amérique.

calamités, catastrophes et au- Orinchard n'accepte pas non

Sa notoriété l'avait devancée. tres grands malheurs. plus avec le sourire les autres

Quand elle arriva à Genève, elle Orinchard est homme à gé- privations et restrictions. A

fut non seulement reçue à bras mir après un incendie qui au- vrai dire, il finit toujours,

ouverts, mais c'est à elle qu'on rait tout ravagé chez lui : quand nous en parlons ensem-

demanda conseil pour fonder ce — Encore si j'avais pu sauble, par lès reconnaître indis-

§

ui fut véritablement la Croix- ver mon stylo qui fonctionnait pensables, mais il est instincti-

'ouge.

si bien !

vement « rouspéteur » j ja ré-

Soudain, la guerre de 1870 L'autre jour, j'ai rencontré signation n'est pas du tout son

éclate. A la frontière suisse, Clara mon ami qui sortait d'un bureau fait, et ce qui lui arrache les

Barton et quelques amies se met- de tabac. Il avait l'air de très jérémiades les plus tragi-comitent

tout aussitôt à l'œuvre. Té- mauvaise humeur. A ma quesques et aussi les plus vaines, ce~

moin du bombardement de Strastion : « Keskignia ? », il me ré- sont les inconvénients les plus

bourg, emportée dans les lignes pondit :

supportables de l'état de

allemandes, elle soigne les blessés — C'esr odieux ce qui m'ar- guerre ! Grinchard, qui a été de

allemands puis reste à Paris, rive... Impossible de trouver la « dernière » et s'est même

après le siège, pour aider, parmi dans tout Paris des mousmés ! très bien conduit, est un de ces

la population abattue. Enfin, elle — Des mousmés ?

hommes dont la résistance aux

retourne à Strasbourg, où elle es- — Oui, les cigarettes que je coups de la « fatalité » ne jussaie

d'apporter des secours aux préfère... La régie n'en livre tifie guère le dicton : « Qui

civils dans la mesure de ses plus, parait-il, aux buralistes ! peut le plus peut le moins ».

moyer.s. ■

—■ C'est la guerre.

Mon ami resterait calme, j'en

Avec des fonds venus d'Améri-

—■ Je le ■ sais bien que c'est suis sûr, sous an bombarde*

la guerre... Mais il faut me pas- ment, et ce qui vient encore «fc

que et la puissante aide financière

ser de mousmés, et c'est une l'énerver, ce n'est pas l'abus du

de la grande-duchesse de. Bade,

privation très pénible. Ah ! café, mais la privation du breu-

elle fonda un « système de cha-

Barton sourit entre ses rité » qui n'avait pas été prévu

quelle époque !

vage noir et parfumé qui fut

Orinchard est dans tous ses cher à Voltaire et à Balzac.

larmes, vit que le bras droit de dans les statuts de la Croix- états, depuis septembre der- Mon ami est-il un phéno-

Charley ne pourrait jamais plus Rouge internationale. Elle s'ingénier,

parce que « sa » station du mène ? Non... Que de Grincharàs

porter un sac et, immédiatement, nia à donner du travail, en temps

métro a été fermée-

endurent stoïquement les pires

appelant, des brancardiers, elle fit de paix, à des femmes et à des — Naturellement, se récrie-t- épreuves et maudissent te destin

emmener Charley au plus proche jeunes filles, leur faisant fabriil, c'est celle-là qui a été sacri- parce qu'il pleut le jour où ils

poste de secours. Des soins lui quer des vêtements de toutes sor-

furent .aussitôt donnés qui prétes pour les malheureux.

fiée !

étrennent un complet !

vinrent l'amputation du bras mu- La grande-duchesse la décora.

tilé.

Paris la remercia puis, plus fati-

C'était toujours dans les ténèguée que lorsqu'elle était venue

bres de la nuit, quand le bruit du en Europe, Clara Barton se réem- Le croiriez-vous ?

canon s'était un peu apaisé, que la barqua pour l'Amérique.

mince silhouette de Clara Burton, C'est de ce moment que date

enveloppée d'une cape sombre, la véritable fondation de la Croix- ALLEZ DONC DIRE QUE LA CHALEUR TROPICALE

parcourait les champs de bataille Rouge américaine, dont miss Bar-

ou venait porter son aide d'apton fut la première présidente, N'EST PAS PROPICE AU TRAVAIL!

provisionnement aux postes de cette organisation admirable qui

secours des premières lignes. Sa fait tant de bien dans le monde Les fourmis nous donnent à cet égard un éclatant démenti.

devise était : « Suivez le canon ! » entier et qui stipula, dans ses sta-

Et quand ies soldats l'apercetuts, qu'elle ne vivrait que de M. G.-H. Parker, de Harvard University. a profité d

vaient, ils s'écriaient ; « Voilà le contributions volontaires.

pétrel impétueux ! »

Même avant de savoir d'où lui

A Fredericksbourg, elle tra- viendraient les fonds, Clara Barversa

le Rappahannock avec l'arton organisa des secours lors de

mée, sous une mitraille intense, à l'immense incendie qui dévasta la

tel point qu'une balle passa au forêt de Michigan, en 1881. Elle

travers de sa robe. A Antietam, fit charger sans trêve les bateaux

un homme à qui elle donnait à cjui descendaient le Mississipi et

boire, fut tué entre, ses bras, alors 1 Ohio de toutes sortes de vête-

que la : balle ressortait dans la ments, de vivres, de produits

manche de sa robe. Ce trou-là, pharmaceutiques pour qu'ils fus

Clara Barton se refusa à le faire sent distribués aux familles sans

réparer. Après la bataille de abri, En 1893, elle se précipita

Wilderness,. désolée de l'état de aux îles Carolines où un typhon

pauvreté dans iequel se trouvaient venait d'engloutir de nombreux

les services sanitaires, elle se villages.

rendit à Washington et fit tant

de démarches auprès des autorl (Lire la suite page 5.)

pun séjour

au Laboratoire de l'Ile Barro Colorado, dans le lac Gatun, sur le

canal de Panama, pour étudier l'activité des fourmis tropicales, en

liberté dans la jungle. , '

Un nid de fourmis de l'espèce Atta Columbica fut choisi, d'où

partaient cinq pistes allant vers la jungle. L'auteur chronométra le

nombre d'individus qui passaient sur chaque piste en une minute,

se dirigeant vers la fourmilière et chargés .de débris de feuilles. Sur

la piste la plus fréquentée, il en compta 151 à 184 ; sur la deuxième,

52 à 81 ; sur la troisième, 49 à 61 ; sur la quatrième, 1 à 6 ; et*sur

la cinquième, o à 5. Les moyennes furent 162, 69, 53, 3 et 2, leur

total 290. Comme toutes portaient des fragments de feuilles, M. Parker

pesa celles-ci et obtint un poids total de 3 gr. 35 apportés à la

fourmilière par minute. Cela correspond à plus de 200 grammes par

heure et plus de 2 kil. 400 en douze heures de jour. Chaque fourmi

parcourait, pendant les douze heures les plus chaudes, de 1 a 20 à

1 m. 50 par minute. Ces quelques chiffres peuvent donner une idée

de l'activité d'une fourmilière tropicale.

JEAN AUBIN.

CHEZ NOS ALLIÉS BRITANNIQUES

par bombes asphyxiantes. — A droite : des femmes anglaises travaillant,

Avec beaucoup de courage et d'ardeur, les femmes anglaises s'efforcent, dans une formation militaire, à l'expédition de milliers de paquets de thé

depuis le début de la guerre, d'alléger la lourde tâche des hommes, et ceci aux soldats. On sait, en effet, que c@ produit est en quelque sorte la boisson

dans les domaines les plus variés. Voici, à gauche, une équipe féminine pro- nationale de nos alliés et amis dë f Empire'britannique. L(Vrsa N° 4\.595.}

cédant, à 'Londres, à des exercices de nettoiement contre la contamination

•î


DIMANCHE-ILLUSTRE

Un profil de Mesmer

(Visa N" 41.596.)

A

U commencement de l'an-

née 1778, arriva dans notre

capitale le docteur alle-

mand Mesmer, qui se présenta à

tous comme possédant un excep-

tionnel et très puissant pouvoir

magique. Et il n'omettait point

d'ajouter, avec une forte assu-

rance, que ce pouvoir lui permet-

tait d'opérer sur de nombreux

malades — et plus particulière-

ment sur ceux qui mettaient

toute leur confiance en lui — des

guérisons en quelque sorte mira-

culeuses. Mais il ne précisait point

qu'il venait de subir à Vienne un

fâcheux échec où sa théorie sur

les propriétés de l'aimant

n'avait rien innové.

Le docteur Mesmer était des-

cendu à l'hôtel Bouret, dans le

GUERISSEURS DU TEMPS JADIS

L'extraordinaire réussite

du docteur MESMER

qui, un jour de 1778, arriva théâtralement à Paris pour

y exercer son pouvoir "magique". Mais il s'en fut cinq

ans plus tard, avec beaucoup de discrétion et en aban-

donnant son fameux " baquet magnétique"...

ques, sortes de légers attouche-. magnétique émanant du fer et

ments, faits à l'aide des mains ou, | s'exerçant sur le système grand

plus exactement, de l'extrémité

des doigts.

Les effets ainsi obtenus par les

émanations de fluide magnétique

— réalisées au moyen classique

de la cuve, de l'eau et du fer —

variaient beaucoup, le métal

exerçant sur l'organisme de cer-

tains une action plus vive et con-

gestionnante que sur celui d'au-

tres malades. Ceux qui étaient

traités pour la première fois

n'éprouvaient en général aucune

sensation, alors que chez les au-

tres, l'action magnétique provo-

quait des bâillements, des fris-

sons, des sueurs et, parfois même,

des éclats de rire ayant tous pour

cause un état nerveux. Enfin,

ceux qui avaient déjà subi, dans

une plus ou moins large mesure,

les effets du baquet magnétique,

sympathique, étaient suivies d'un

état de prostration, de somno-

lence qui ne cessait qu'après quel-

ques heures. Alors, certains ma-

lades affirmaient ressentir un

profond soulagement à leurs

maux ou un bienfaisant et dura-

ble apaisement de leurs nerfs.

Mais d'autres déclaraient n'éprou-

ver aucun effet curatif, ce qui,

loin de les décourager, les inci-

tait à persévérer dan3 l'espoir

d'une guérison prochaine.

A cet égard, quelques scepti-

ques — de qui il importe de sou-

ligner l'esprit critique et le bon

sens — affirmèrent que des com-

pères, prétendus malades et ha-

biles à simuler des crises, se

trouvaient dans chacune des sal-

les. Mais, en dépit de toutes les

attaques, le baquet magnétique

Le docteur Mesmer avait accoutumé de réunir ses malades autour du fameux

« baquet magnétique ». (D'après une gravure ancienne). (Visa N° 41.593.)

luxueux et élégant quartier de la étaient souvent pris de convul

place Vendôme, et là, faisant

montre d'un remarquable sens

psychologique, il se déclara tout

d'abord « bienfaiteur de l'huma-

nité » et prévint tous ceux qui

venaient le trouver qu'il ne pou-

vait soigner que quelques mala-

des, mais que par la suite, il s'or-

ganiserait pour traiter et guérir

tout le monde.

Après quoi il fit savoir à tous

et à toutes que la somme que

chaque malade « accepté' » au-

rait à verser était fixée à... dix

louis par mois ! Ce qui était pour

l'époque un chiffre des plus co-

quets-

Mesmer, dont le nom devait

passer à la postérité en dépit du

caractère hautement fantaisiste

de son « système », avait pour

doctrine le magnétisme animal.

Les malades affluèrent à l'hô-

tel Bouret pour y suivre les cures

prescrites par le « savant », et

quelques guérisons, dues évidem-

ment à des causes fortuites ou à

de simples phénomènes d'auto-

suggestion, chez des sujets ner-

veux, achevèrent de consolider le

crédit du magicien ! Le nombre

des malades en traitement devint

rapidement considérable et bien-

tôt Mesmer se trouva amené,

pour donner satisfaction à tous,

à concevoir et à réaliser le fa-

meux « baquet magnétique » qui

fit courir non seulement tout Pa-

ris, mais encore bien des gens

venus de province pour se confier

aux bons soins de l'homme de

acience.

Celui-ci, qui ne pouvait plus

traiter ses malades séparément,

avait en effet décidé de les ma-

gnétiser en « série ». Il forma

alors des groupes de dix ou douze

malades qu'il réunissait dans une

salle peu éclairée et au milieu

de laquelle avait été disposée une

vaste cuve en bois de chêne, large

d'environ deux mètres, longue de

(six et d'une hauteur de soixante

centimètres.

Fermée par un couvercle plat,

cette cuve ressemblait extérieu-

rement à quelque table ovale. Elle

sions durant plusieurs heures,

Ces convulsions — sortes de

crises que Mesmer considérait

comme du meilleur augure — ne

se produisaient qu'après une assez

longue attente et gagnaient l'un

après l'autre tous les malades

traités en même temps. Elles dé-

butaient par des plaintes doulou-

reuses entrecoupées de hoquets,

dont le bruit était couvert par un

piano dont un artiste ne cessait

de jouer pendant toute la durée

des séances.

La respiration des malades

était haletante, leur visage deve-

nait blême jusqu'au moment où,

par une sorte de réaction suprême,

ils revenaient à eux, pour se rou-

ler sur le sol, se relever soudain

et se livrer aux gestes les plus

singuliers.

Mesmer et ses aides interve-

naient alors, saisissant les plus

furieux ou les plus agités et les

entraînant dans une pièce voisine,

aux murs capitonnés.

Ces convulsions, dues en géné-

ral à une action brutale du fluide

connut une vogue tellement

grande que Mesmer dut installer

dans son hôtel quatre appareils !

Et peu après cette extraordinaire

réussite, il fut contraint à s'éta-

blir rue Plâtrière, à l'hôtel Bul-

lion, qu'il transforma en une cli-

nique des plus confortables.

Le succès était si grand, la fa-

veur du public si générale dans

toutes les couches sociales que

Mesmer ne craignit pas d'adres-

ser au gouvernement une de-

mande... impérative, précisant que

si les pouvoirs publics lui refu-

saient le château et le domaine

dont il avait besoin, il se verrait

obligé à quitter la France et à

priver de ses soins d'innombra-

bles malades ! Et comme « l'il-

lustre savant » ne put s'entendre

avec le ministre sollicité, il boucla

ses valises et effectua un départ

théâtral qui avait pour effet de

frapper l'imagination des foules.

Les fidèles de Mesmer furent en

effet désolés de ce qui n'était au

vrai qu'une fausse sortie, car le

magnétiseur avait confié à un de

ses disciples et... associés — le

TAS D' " ALLEMANDS

CE QU'EST LE REFRAIN DES JEUNESSES NAZIES

REFLET DE L'AME D'UN PEUPLE

par MARCEL JACQUEMYNS

A TJSSI loin qu'on

dans l'histoire, laquelle est

pourtant fertile en ini-

quités, lâchetés ou crimes de toute

sorte, jamais un régime ne s'est

couvert, autant que celui d'Hitler,

d'une boue aussi sanglante ni

aussi abondante. Et c'est vraiment

traiter un sujet déjà bien rebattu

que de parler des atrocités hitlé-

riennes.

Quand nous disons « atrocités »

nous entendons bien ne point par-

ler des faits isolés ni des gestes

, souvent odieux qui, hélas ! ac

était aux trois quarts remplie compagnent toutes les g Ue rres

d'eau et contenait, disposé sur le Nous ne voui ons en effet narlei

fond, un mélange de verre pilé et

de limaille de fer, sur quoi

étaient couchées des bouteilles

pleines d'eau, rangées symétrique-

ment. Enfin, le couvercle était

pourvu d'orifices par quoi s'échap-

paient des tiges de fer dont une

des extrémités plongeait dans le certains pays étrangers où opéré

liquide, tandis que l'autre était I rent les a g en .ts nazis. Et c'es

tenue par les malades assis autour

du fameux baquet magnétique

Chacune des personnes traitées

saisissait donc une tige et s'en

appliquait la pointe sur la partie

dont elle souffrait — estomac,

cœur, front, gorge, etc. — et at-

tendait, souvent longtemps, l'ar-

rivée du fluide guérisseur. Tous

le3 malades étaient reliés entre

eux par une longue et épaisse

corde qui entourait leur corps

sans les serrer ni les gêner dans

leurs mouvements. Et nous ver-

rons un peu plus loin que cette

précaution n'était pas inutile.

De fois à autre, Mesmer s'in-

téressait plus spécialement au

cas de l'un d'eux, qu'il soumet-

tait alors à des passes magnéti-

Nous ne voulons en effet parler

que des crimes ordonnés par un

gouvernement et commis en quel-

que sorte sous le couvert de la

légalité. C'est le cas des innom-

brables assassinats qui, depuis

l'avènement d'Hitler, se sont suc-

cédé dans le Reich et même dans

rè-

agents nazis. Et c'est

aussi celui des affreuses migra-

tions de peuples ; des camps de

concentration ; des exécutions de

Tchèques, d'Autrichiens ou de Po-

lonais, coupables de fidélité en-

vers leur idéal national ; des trai-

tements monstrueux réservés,

dans les pays conquis, aux popu-

lations à qui tout ravitaillement

est systématiquement refusé et

dont les enfants meurent dans les

bras des mères quand celles-ci

n'ont point été contraintes à se

séparer de leur « petit ».

Quelques martyrs

parmi beaucoup d'autres...

Que de souffrances — morales

ou physiques — par le fait d'une

remonte,poignée d'hommes qui a réussi à

fanatiser tout un peuple ! Et que

de crimes à expier, lorsque vien-

dra le jour de la, grande liquida-

tion...

Au cours des dernières semai-

nes, nous avons eu à enregistrer

le « suicide » du propriétaire du

Dom-Hôtel de Cologne, coupable

d'avoir émis des doutes sur l'ha-

bileté de la politique hitlérienne

et aussi la mort de Stanislas Es-

treicher, qui fut un grand savant

et. qui s'est éteint au camp de

concentration de Sachsenhausen-

Oranienburg, près de Berlin. Ce

savant polonais est décédé, à

soixante-treize ans, à la suite des

traitements barbares que lui in

fligèrent les brutes nazies.

Mais ce n'est point tout, car le

destin tragique des professeurs ou

savants polonais s'est affirmé une

fois de plus par la mort de l'émi-

nent historien Bronislas Dem-

binski, âgé de soixante-seize ans

et qui, avec beaucoup d'autres, fut

arrêté peu après l'entrée des Al-

lemands en Pologne martyre.

docteur Deslon — le soin d'ou-

vrir un autre établissement où

l'influence mesmérienne serait

maintenue jusqu'à son retour.

Mais Deslon s'aboucha avec plu-

sieurs financiers pour « travail-

ler » en dehors du contrôle de

Mesmer, qui s'était réservé dans

l'affaire ce que l'on est convenu

d'appeler « la part du lion ».

Ce que voyant, Mesmer, aussi

rapide que son fluide magnétique

et qui avait sans doute le désir

nostalgique de retrouver ses ba-

quets, ses bouteilles et sa limaille

de fer, quitta Spa, où il se trou-

vait depuis quelque temps, et re-

vint dare-dare à Paris.

Il fonda alors une société dite

de l'Harmonie, à qui il vendit son

secret » quelque trois cents

mille livres. Mais une fois qu'il eut

empoché tout ce bel argent, Mes-

mer ne livra rien — et pour

cause ! — et quitta le pays avec

beaucoup plus de discrétion que

lors de son premier départ !... Il

vécut alors en Angleterre, puis en

Allemagne.

Et le seul bénéficiaire de cette

indélicatesse fut Deslon, qui hé-

rita la renommée de Mesmer et

magnétisa pendant quelque temps,

et avec beaucoup de profit, un

nombre respectable de malades

et, davantage encore, de louis

Ce qui prouve que si l'on n'a

jamais pu fabriquer de l'or par

des procédés scientifiques, il est

toujours possible de transformer

en or un peu de limaille de fer !

Car s'il est indéniable que ce der-

nier métal possède une valeur

thérapeutique et peut avoir un

effet curatif, il est non moins cer-

tain que de nombreux « clients »

de Mesmer ou de de Deslon fu-

rent exagérément confiants. Et,

c'est bien le cas de dire d'eux

qu'ils crurent « dur comme fer »

au pouvoir mystérieux des deux

hommes dont le succès demeure

~* après cent soixante-deux an-

nées écoulées — une source d'éton-

nement pour nos contemporains.

Cependant, il est aujourd'hui un

autre succès encore bien moins

compréhensible. C'est le pouvoir

magique qu'exerce sur tout un

peuple un certain Adolf Hitler,

mage moderne, sans culture ni

bagage de connaissances. Mais

tandis que Mesmer se conten-

tait — en les guérissant ou non —

de prendre l'argent de ses fidèles,

Hitler va plus loin : il dispose

de leur vie et les sacrifie avec

désinvolture à ses ambitions et à

son orgueil. j

Ainsi, c'est le malade, l'aàHté,

le nerveux qui conduit aujourd'hui

une masse stupide ou crédule non

plus vers quelque baquet magné-

tique, mais vers le creuset incan-

descent de la guerre, élargi aux

dimensions d'un gouffre...

HENRY-GERRAR.

LES RÉFLEXIONS

DE FRANK CRANE

L E cœur de l'homme est plein d'oubli,

C'est une eau qui remue et ne garde aucun pli...

Ainsi prétend un poète...

A-t-il raison ? Oublions-nous vraiment si vite ? Et faut-il ou-

blier ? Comme individu, comme peuple ?

Et d'abord, il y a plusieurs mémoires, celle du cœur certes, mais

celle aussi de la tête.

Ne dirons-nous même pas qu'il existe une mémoire du corps,

tout animale, qui nous fait aimer certains climats et nous en trouver

bien ; certains lieux, par un obscur souvenir ancestral, ou plus sim-

plement certaines occupations, certains divertissements, voire cer-

tains mets?

Les souvenirs du cœur sont tantôt ceux qui s'effacent le plus

vite — comme une brume légère qui se dissipe à mesure que

s'avance le jour — tantôt ceux qui demeurent en nous, ineffaça-

bles — comme les traces patientes ou brutales qu'une goutte d'eau

perpétuelle ou un torrent furieux laissent sur la pierre.

A chacun sa mémoire. Mais souvenons-nous qu'on doit être

maître de sa mémoire comme de ses autres facultés. Nos amours,

nos amitiés, nos haines et nos rancunes passent en nous, que faut-il

en conserver ?

Gardons intact ce qui est beau, tout ce que nou3 avons éprouvé

d'enthousiaste, de fort, de doux, de pur. C'est là un trésor que rien

ne pourra nous enlever, un capital dont nous pourrons toujours tirer

cet intérêt : un souvenir lumineux, réconfortant, parfois une conso-

lation.

Mais les rancœurs, les déceptions ! Faut-il se les remémorer ?

Mais la haine, mais les aversions ?

Une maxime nous dit : « Inscris les bienfaits sur le roc et les

injures sur le sable. »

Peut-être n'en faut-il écouter que la moitié.

Les bienfaits, certes, doivent être inscrits en nous comme sur

le roe, inoubliés et inoubliables, nous les gardons à la fois dans

notre cœur et dans notre tête. Entre nations, ils demeurent inscrits

dans les annales des peuples.

Il en va autrement des injures. Que notre cœur s'efforce d'ou-

blier les déceptions, les méchancetés, tout ce qui des autres lui est

venu de mal. Qu'il sache ne pas conserver d'amertume, qu'il sache

éliminer la rancune que de mauvais procédés font naître imman-

quablement.

Mais que la tête se souvienne 1 L'expérience, que l'on acquiert

au prix de bien des mésaventures, n'est autre chose que la mémoire

bien employée. La tête, l'intelligence, tirent les leçons qui décou-

lent des observations, des expériences.

Pour mieux agir à l'occasion, pour ne pas retomber dans une

erreur, pour ne pas se laisser jouer ou molester derechef.

Ici, pas d'oubli, ni pour les particuliers, ni pour les nations :

l'Histoire est la mémoire des peuples.

Les Arabes répètent : « Si ton prochain te trompe une fois, c'est

sa faute ; deux fois, c'est la tienne ».

Les peuples comme les individus ont leurs caractéristiques per-

manentes. A notre mémoire de nous mettre en garde vis-à-vis de

ceux qui se sont montrés agressifs, malveillants et faux.

Faisons leur bilan avant que d'agir envers eux.

Non... la reconnaissance pour les bienfaits, le pardon pour les

injures... mais jamais l'oubli I

LES MAUVAISES ATTITUDES CHEZ L'ENFANT

ORSQU'UN enfant commence à se

tenir mal, lorsqu'il, apparaît

-J avec le dos un peu voûté, ou

bien avec une épaule un peu plus

haute que l'autre, ou encore avec les

omoplates très saillantes, les parents

n'ont pas tendance à s'inquiéter ; le

seul traitement appliqué consiste gé-

néralement, en ce qui concerne les

garçons, à leur répéter à chaque ins-

tant « tiens-toi droit », sans succès

du reste ; et en ce qui concerne les

filles, à leur donner un corset dit « de

maintien », qui ne maintient que la

mauvaise attitude. Or, Cette mauvaise

tenue doit être surveillée de très près,

car elle est le début de troubles sou-

vent graves qui, par la suite, devien-

dront difficiles à guérir, et elle est le

signe d'un état général déficient.

C'est chez l'enfant qui grandit

beaucoup, au moment des poussées de

croissance et spécialement au moment

de l'adolescence, que la colonne ver-

tébrale tend à se déformer. La mau-

vaise attitude est le fait de beaucoup

de causes occasionnelles : immobilité

trop longue infligée aux jeunes éco-

liers ; mobilier scolaire souvent mal

adapté, bancs trop étroits, sans dos-

siers, sans appuis pour les pieds ;

myopie qui force l'enfant à se cour-

ber pour lire et pour écrire.

Mais la cause réelle et profonde de

la maladie, c'est une sorte de rachi-

tisme, fragilité spéciale du tissu

osseux ; les os sont mous, ils se dé-

POUR VENIR

EN AIDE

à la Finlande

Sous l'égide de M. Holma, mi-

nistre de Finlande, et avec le

concours de nombreuses personna-

lités françaises, vient de se cons-

tituer le Comité central d'assis-

tance à la Finlande, auquel peu-

vent dès maintenant s'adresser

tous ceux qui, dans les circons-

tances présentes, désirent donner

au peuple finlandais un témoignage

de leur sympathie. (Bureaux : 7

et 9, boulevard Haussmann, à

Taris. Téléphone : Provence 79-30.)

BRIC-A-BRAC

Produits de synthèse

Tous les chimistes d'Alle-

magne sont mobilisés pour travail-

ler nuit et jour à la recherche d'er-

satz destinés à remplacer, dans

l'économie du Reich, les produits

qui lui font défaut.

Et voici, d'après une dépêche du

5 janvier, que le café synthétique

aurait fait son apparition en Alle-

magne. « L'aspect et l'arôme de ce

nouvel ersati, assure-t-on, ne se dif-

férencieraient en rien de ceux du

%'rai café ». La formule ne nous en

est pas donnée, mais nous croyons

savoir que le café synthétique serait

ontenu t phr le traitement de J'an-

thracite par une solution concentrée

de jus de chaussettes. C'est très

simple... Il suffisait d'y songer.

Mais Fritz, au fond de sa case-

mate 3e la ligne Siegfried, songe

mélancoliquement :

— Tout ça, c'est très joli. Mais

quand donc notre industrie nazie

réallsera-t-eile le soldat synthétique?

L'^ufo.

Les Tchécoslovaques

au Canada

~~ Il y a plus de 8.000 Tché-

coslovaques dans la seule province

d'Ontario et un plus grand nombre

encore de citoyens canadiens d'ori-

gine tchécoslovaque. Le consul de

Tchécoslovaquie à Toronto, le Cpt,

Horace H. Van Wart, qui eut

l'honneur de servir avec les forces

tchécoslovaques en Sibérie entre

1917 et 1922, a maintenu le service

consulaire même après l'occupation

des pays tchèques. Chez les Tché-

coslovaques du Canada règne un

excellent esprit de coopération et

d'enthousiasme patriotique qui se

manifeste par le désir fervent de ser-

vir au mieux notre cause en ces

temps de guerre. Hommes et femmes

s'organisent pour être prêts à ren-

dre tous les services qu'on peut

attendre d'eux.

L'Indépendance tchécoslovaque.

A l'inverse des ilotes

**** A Sparte, on promenait dans

les rues des ilotes ivres pour mon-

trer aux citoyèns le degré d'avilis-

sement où conduit l'alcoolisme.

En Allemagne, on vient de pren-

dre à l'encontre des « pochards »

une mesure très différente. On a

constaté, e n effet, depuis quelque

temps, un notable accroissement du

nombre des ivrognes. Beaucoup

d'Allemands cherchent dans l'alcool,

paraît-il, l'oubli de leurs peines. Le

nazisme le leur interdit et le préfet

de Mayence vient de condamner à

quatre semaines de « prison éduca-

tive » un buveur invétéré en ordon-

nant en outre que le nom du cou-

pable et sa photographie soient pu-

bliés dans les journaux locaux.

Excelsior.

forment ; ils sont mous parce que l'en-

fant n'a pas eu assez d'air et de so-

leil ; parce qu'il respire mal à cause

de végétations adénoïdes ; parce que,

vers l'adolescence, les glandes qui

servent à fixer le calcium sur les os

ont des fonctions très nombreuses et

ne suffisent plus à tout.

Si on laisse ces os se déformer,

quand ils fixeront à nouveau d» la

chaux et durciront, cela se fera en

mauvaise position et, une fois les es

bien solides, la déformation sera défi-

nitive.

La colonne vertébrale fragile peut

se déformer en « cyphose », c'est

l'enfant bossu à dos rond ; ou en

scoliose », c'est la déviation laté-

rale, avec le poumon comprimé et

espirant mal, les épaules à hauteurs

différentes, une branche plus saillant?

que l'autre.

Tant que la déformation disparaît,

lorsque l'enfant se penche en avant,

c'est que la guérison complète peut

être espérée.

Les enfants qui présentent ces

troubles ont eu en même temps des

douleurs dans les membres ; ils sont

facilement essoufflés et sont sujets

aux rhumes et aux bronchites, ainsi

qu'à de terribles migraines.

Le principe même du traitement,

c'est de soulager la colonne verté-

brale afin d'empêcher la déformation,

c'est-à-dire qu'il faudra obtenir de

l'enfant un allongement aussi pro-

longé que possible, total, toute la

journée et toute la nuit dans les cas

graves ; moins sévères dans les cas

légers. L'enfant restera allongé sur

le dos ou sur le ventre, jamais sur le

côté. Son lit doit être dur et plat,

pas . d'oreiller ni de traversin ; une

planche doit être glissée sous le ma-

telas. Si le dos est rond, on glisse un

traversin très dur au niveau de la

convexité, sous l'enfant, afin de la

réduire peu à peu.

A cet allongement, qui est l'essen-

tiel du traitement, il faut ajouter Une

bonne aération ; le plus de soleil pos-

sible ; un régime alimentaire recalci-

fiant et des médicaments, sels de

chaux et extraits glandulaires qui,

naturellement, doivent être prescrits

par un médecin.

La gymnastique, sauf la gymnas-

tique respiratoire qui peut être prati-

quée par l'enfant couché, comme le

port d'un corset, ne conviennent

qu'à des cas très spéciaux, doivent

être surveillés par des spécialistes,

sont des armes à double tranchant,

souvent dangereuses, rarement' indis-

pensables.

Une gymnastique rationnelle pourra

être utile après guérison des lésions

osseuses, mais sous une surveillance

attentive. Exceptionnellement, une

opération peut être nécessaire pour

redresser une déformation déjà fixée.

Pas de corsets pour les filles ; pas

de bretelles pour les garçons ; laisser

allongés à plat le plus longtemps pos-

sible les enfants qui grandissent ;

leur donner le maximum d'air et de

soleil avec une bonne nourriture et

ils n'auront jamais de lésions osseuses.

Dr LHOPITAL.

Un bon Conseil

Par cette température, les personnes

qui ont de violents accès d'asthme,

catarrhe, essoufflement, toux d e

vieilles bronchites, se soulagent ins-

tantanément et guérissent progressi-

vement en employant la Poudre Louis

Legras, ce précieux remède qui a

obtenu la plus haute récompense à

l'Exposition Universelle de 1900. Prix

de la boîte 6 fr. 25, ttes phles.

Quelle différence il y a en-

tre la réforme n" i et la

réforme n 2 ?

▼ La réforme n° 1, définitive

ou temporaire, est prononcée

pour maladie ou infirmité con-

tractée sous les drapeaux, en

temps de guerre comme en

temps de paix.

La réforme n" 2, définitive,

est prononcée pour toute affec-

tion ou inaptitude non imputa-

ble au service.

La réforme n" 1 donne droit

et particulièrement au delà des

Alpes, par rapport à la France

seulement. Ultramontain s'ap-

plique aussi à certaines doctri-

nes théologiques particulières et

favorables à Rome, par opposi-

tion aux principes gallicans.

3jC ïïî

SI la division du temps en

semaines remonte à la plus

haute antiquité ?

▼ Oui, cette division des jours

'à les orienter vers l'accession la poitrine, à l'endroit du cœur, divisait le quartier par groupes

aux cadres de l'Armée. une plaque avec les mots : LA- de trente ; sur trente billet3 il

Les quatre écoles militaires berté, Egalité, Fraternité, y en avait vingt-cinq blancs qui

à pension si l'invalidité résul- préparatoires d'enseignement gé- C'est l'imprimeur Momoro qui renvoyaient les miliciens quittes en périodes septénaires "fur "en

tant de la maladie contractée nêral (enseignement primaire su- paraît être l'auteur de cette de- du service, et cinq noirs qui les usage aux temps antiques, les

ou de la blessure reçue est au périeur) sont : Les Andelys, vise et c'est lui qui, en en qua- obligeaient à servir. Cette me- Chaldéens, Egyptiens et Juifs

minimum de 10 %. Enfin, le Autun, Billons, Epinal (repliée lité de membre de l'administra- sure était générale, même pour l'ayant adoptée. Mais la Bible a

temps passé en position de ré- sur Niort). tion départementale de Paris, fit la haute bourgeoisie. Ceux qui donné à cette ' division un ca-

forme temporaire n° 1 est L'Ecole d'Autun renferme un inscrire sur les édifices en 1793, tiraient les cinq billets noirs ractère religieux en rapprochant

compté dans la durée de pré- cours secondaire qui prépare à les trois mots : Liberté, Egalité, donnaient leurs noms ; on les des jours de la semaine ses pha-

sence sous les drapeaux.

•ÏC 9{C i(i

la première partie du baccalau-

réat (suite éventuelle au Pryta-

née militaire de La Flèche).

Il existe à Tulle une Ecole

Comment assouplir des peaux militaire «préparatoire technique,

tannées ? qui a pour but de fournir à l'ar-

▼ Le manque de souplesse ée . d | ? lu ? e . n P Iu . s mécanisée,

des peaux que vous avez tan- d ? s cad # de techniciens eprou-

nées provient de ce que vous ves; %. _ - , ... '

n'avez pas pratiqué le palisson- . Au s°n ir de

f ?fs e ? oles . mlh -

nage, c'est-à-dire l'assouplisse- talres préparatoires, les jeunes

Fraternité.

A quels chiffres de tonnage

s'élèvent les pertes des na-

vires neutres, pendant les

quatre premiers mois de

guerre ?

-r Du 2 septembre au 31 dé-

désireux de' poursuivre cembre 1939, les pays neutres

inscrivait, on prenait leur signa-

lement, et on leur donnait Une

cocarde bleue et blanche pour

mettre à leur chapeau.

ik .* sjs

Si l'Inclinaison de la tour de

Plse fut une chose voulue

ou accidentelle ?

▼ L'inclinaison de cette anti-

ses de la création du monde.

ment mécanique qui est de rè- fens «■ . pouisuivre „";„rraÛ ôi navires reôrésèn- que et oelebre construction de fais, aeceae en ïfiSl. 11 eut d<

gle en mégisserie Pendant le Î5?. ^^^L^^SilSS^ tant un tonnage d": 266.000 ton- P lu s.de 50 mètres de haut fut bonne heure le goût des aventu-

Qui était Alexandre Selkirk,

dont les aventures inspirè-

rent le récit imagé du per-

sonnage de Robinson Cru-

soé ?

▼ Selkirk était un marin an-

que et célèbre construction de glais, décédé en 1721. Il eut de

ÏÏi^TmT&ifàiïrpg. P« des centres de perfectionne- tant un tonnage^wxw «m- Accidentelle. Elle est environ de fes,et, au cours d'un voyage où

„(i' A* fwrfr», «»,,«» la ment : Saumur, Autun, Versail- ries. Ces pei tes considérées dans 4 èt il s'était querellé avec son cani-

caution de frotter souvent la ,

peau pour empêcher le collage le % ou de spécialisations : Ver-

des fibrilles qui constituent le sailIes > Fontainebleau, Saumur.

derme, puis^ne fois la peau sè- * * :':

che, on l'assouplit en la frot-

tant côté chair, les extrémités Comment faire un produit sensible.

leur ensemble constituent envi-

ron 1,2 du tonnage total de cha-

cun des pays intéressés. Depuis

décembre, les pertes enregis-

trées sont en décroissance très

de la peau étant tenues à deux

mains, sur la partie? arrondie

d'une planche fixée vertieale-

iment. On étire ainsi la peau en

tout sens jusqu'à ce qu'elle ait

acquis la souplesse désirée. On

mètres. il s'était querellé avec son capi-

* * * taine, 11 se fit débarquer dans

l'île Juan-Fernandez, .alors inha-

57/ existe des contrées où la bitée. Il y demeura plusieurs an-

pluie est en quelque sorte nées, se procurant vêtements,

inconnue ? vivres et logis suivant la ma-

~ . , , T, . nière vulgarisée par l'œuvre de

Z ° U !i da , D l ! ? Ha .u te - E gyP te . de Foé s Robinson Crusoé, qui

région de Achnmn, il ne pleut n - est autre que le récit rom ' a £ cé

d'entretien pour carrosserie

d'automobile et un autre

pour imperméabiliser une Si les mobilisés peuvent faire qu une ou deux fois par siècle. de ]a vie de Selkirk,

bâche ? rétablir leur ligne télépho- ^ t

sJ^ a ^ on

d u navs

rr La mixture suivante qui «hue pendant leur séjour ce " e paltIe au pays ' * * *

peut faciliter cette opération en correspond à la plupart des pré- dans leur résidence ? * * :;: n . . n .

saupoudrant la peau de talc et parafions commerciales vous ^. Les mobilisés, abonnés au n JïLJnl* JL , °. tto de Habsbourg est le

"n 6 i 1^?^' 00 brOSS6 6t pei" sence de pétrole' 850 g' dence primitive. Il en coûtera f e Carabe laîamTsa- fi,s aîné du det' n«r empereur

gne les poils. De même> pour l'impermêabi- une redevance fixée à 25 francs ^1) - es un bouqSet dont d'Autriche-Hongiie, Charles I",

L i a^„ 1r 0 f?r,a une fa _ g>que.

d automobile, 450 cm3. par période mensuelle indivisible çon seulement intelligible pour * * *

Appliquer, au moyen d'une d'utilisation à 1/12 de la rede- ie s intéressés

T L'officier de l'armée active, bF083 de iaQ°n à vance annuelle. Combien le corps humain con-

quelle que soit sa position, peut bien faire pénétrer, sur l'étoffe Dans ces deux cas les commu- * * * tient de sang?

toucher, pour blessures ou mala- Parfaitement sèche. Opérer, de nications échangées sont soumi- _ Js „n\ctv rin «nno- -)m„

dies justiciables de la loi du 31 ^l^fH^ \l22Z' ses à la taxe réglementaire. De quand date l'emploi du dans „ n organismeT humain

sel et quel est le chiffre de présente généralement la trel-

sa consommation moyenne ? zième partie du poids total du

Si les officiers de l'armée ac-

tive peuvent toucher dans

leurs diverses positions une

pension d'invalidité ?

mars 1919, une pension d'invali- en ■ prenant toutes précautions

dité calculée d'après les barè- utiIes d'éviter l'inflamma-

mes de ladite loi, ainsi que les tion de l' esB ence.

diverses majorations et alloca-

tions y afférentes.

* * *

* * *

Quels sont, dans l'ordre, les

Nous ne rêvons

due plaies et bosses !...

Mais qu'attendre d'un gouver-

nement d'aventuriers aussi cyni-

ques que cruels et qu'espérer d'un

peuple dont les jeunesses ont

adopté comme hymne préféré un

chant où revient à plusieurs re-

prises, dans un refrain hurlé par

de3 milliers de sauvages en dé-

lire, ces paroles qui résument

toute l'Allemagne :

« Nous ne rêvons que plaies et

bosses ! Aujourd'hui l'Europe, de-

main le monde entier ! >

Tas d' « Allemands »...

▼ L'usage du sel remonte à corP s- Ce


Bninniu |J3 2g JANVIER 1940 "■■"•"""miniimiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiimiraii iinmiiiiiiiii iiiiimiiiiiiiinmiimiiiiiiimmniiini iimiiii miiin iiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiinini 3 n cumin iniiiiiiiim iniuiui limi mini mu imililiiiiiillllllilllll luiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiHinuiminiiiiHiiiiiiiniHiiiiiHiHii DIMANCHE"

NATIONS D'OUTRE-ATLANTIQUE

A travers l'immense Amérique du Sud

vaste continent où s'épanouissent

dix démocraties amies

Ce que sont les richesses de ces États latins

à qui nous lient bien des souvenirs historiques

ON SAIT que la France et l'Angleterre

comptent de très nombreux

amis dans toute l'Amérique

du Sud, qui, chaque jour davantage,

fait conjuguer sa politique européenne

avec celle des Etats-Unis de TArnérique du

Nord, D est donc permis de dire que du

Canada à la pointe extrême de l'Argentine,

la cause des nations alliées est considérée

avec une réelle sympathie. Et est-il

besoin de rappeler qu'un télégramme collectif

adressé à la Finlande a récemment

associé, dans une ardente protestation et

l'assurance d'une aide matérielle, toutes les

républiques américaines, mues par un seul

et même sentiment 1 Nous avons déjà parlé,

ici-même, de la République Argentique,

grand Etat de l'Amérique latine, et traité

aussi du Venezuela. Aujourd'hui nous

passerons en revue les ressources du Brésil,

du Chili, de l'Equateur, du Pérou et de

la Colombie, et, dans un de nos prochains

numéros, nous entretiendrons nos lecteurs

des richesses de la Bolivie et du Paraguay

qui, naguère engagés dans un conflit armé,

à propos du Chaco, apprécient mieux aujourd'hui

le premier de tous les biens î la

paix,»

LE CHILI

Cette république, dont la superficie est

de 776.000 kilomètres carrés et la population

d'environ six millions d'habitants, est

certainement le pays qui présente la plus

curieuse expression géographique. Sa longueur

— qui atteint près de 4.226 kilomètres

— est aussi singulière que sa largeur,

qui n'en dépasse pas trois cents.

Par sa structure, quelque peu semblable

à celle de la Californie, le Chili, par suite

de sa forme toute particulière, comprend

les zones les plus diverses, et à quoi l'océan

Pacifique sert de lien. A la suite d'une

guerre victorieuse, le Chili a étendu sa zone

minière et a mis la main sur des territoires

d une très grande richesse. Le pays possède

une zone boisée où se trouvent des vallées

propres à la culture et à l'élevage et une

zone purement agricole qui, embrassant de

nombreuses provinces et occupant la vallée

centrale, procure en abondance des céréales,

des légumes, des fruits et des vins fort

appréciés.

Le Chili exporte chaque année, et pour

des sommes très élevées, du guano, du

borax, de l'iode, de l'or, de l'argent et du

manganèse. La région au sud d'Arica est

excessivement riche en cuivre et en salpêtre.

Pour ce dernier, le Chili est le grand

fournisseur du monde entier. Il en est le

véritable marché régulateur. L'importance

de ce produit employé comme engrais et

comme composant dans la fabrication des

explosifs vaut aux industriels chiliens

d'énormes profits, et certaines parties du

pays ne vivent que par les nitrates.

Le charbon de terre et le minerai de fer,

d'excellente qualité et de facile extraction,

sont. peu exploités. Le premier n'est

utilisé que pour les besoins intérieurs du

pays qui, plus producteur que fabricant,

préfère, pour l'instant du moins, porter son

activité ailleurs. Le second a commencé à

être extrait par fortes quantités, notamment

dans la province de Coquimbo où

les mines sont, depuis quelque temps déjà,

très productives.

Le Chili, malgré sa population réduite,

possède de nombreuses villes importantes

et conçues d'après les meilleures méthodes

de l'urbanisme.

Santiago, la capitale, s'étend sur plus de

3.000 kilomètres carrés, dans une plaine au

pied des Cordillères et constitue un centre

commercial et industriel très actif, Valparaiso,

Conception, Iquique, Punta-Arenas,

Antofagasta, Corral, Coronel, Talcahuano,

Coquimbo, Taltal et Pisagua sont autant de

cités importantes ou de centres maritimes.

par Y. DUTARQUE ~|

Parmi ces derniers, Valparaiso est considéré

fort justement comme le port principal

du Pacifique sud et Punta-Arenas — portfranc

— comme le grand entrepôt de la République.

LE BRESIL

La Confédération Brésilienne constitue,

après les Etats-Unis, la plus vaste république

américaine. Sa superficie, qui dépasse

8.500.000 kilomètres carrés, est à peu

près égale à celle 1 de toutes les autres nations

de l'Amérique du Sud.

Formé en grande partie d'un vaste plateau

avec des vallées et des plaines, il jouit

d'un climat doux et varié. Certaines fractions

de son territoire, d'ailleurs dépourvues

d'agglomérations, sont insalubres,

mais il convient de faire remarquer qu'en

raison de son immense superficie, les régions

peu propres à la colonisation sont

aussi éloignées de ses grands centres que

Téhéran ou Ankara le sont de Paris ou le

lac Tchad de Lisbonne ou de Rome !

Admirablement servi par de magnifiques

cours d'eau qui le découpent fort utilement,

le Brésil possède le plus long fleuve

du monde, l'Amazone, gigantesque voie liquide

de 6.500 kilomètres qui présente par

ses groupes d'îles couvertes d'une végétation

exubérante, ses bords verdoyants et

ses berceaux de feuillages, des paysages

d'une indéfinissable beauté.

Sans insister sur la forêt vierge, unique

sur le globe, ni sur les célèbres chutes

d'eau, l'aspect du pays est splendide. La

baie de Rio de Janeiro, joyau précieux,

décrit avec admiration par tous les voyageurs,

abrite la capitale brésilienne, grande

et belle ville de plus de deux millions d'habitants.

Pernambouc, Bahia, Santos, Sao-Paulo,

Goyaz, Natal, Porto-Alegre sont les autres

centres du Brésil. Certains sont des

ports dont l'importance est considérable et

se dével oppe chaque jour davantage. Ce

sont là de vastes villes où l'on peut être

assuré de bénéficier de toutes les commodités

nées du progrès et des nécessités de

la vie moderne.

Le Brésil est un pays excessivement riche

en mines d'or et de diamants. On en trouve

plus particulièrement dans. les Etats de

Goyaz, Parana, Matto-Grosso, Bahia et

Minas-Géraes. Il possède également de

l'argent, des émeraudes en grandes quantités,

des saphirs, des topazes, des tourmalines

d'un prix très élevé. Les terrains anéneux,

les régions rocheuses livrent au prospecteur

des améthystes, des agathes, des

grenats, du graphite, du mica, du manganèse,

de l'arsenic, du bismuth, du cuivre, du

marbre, de l'amiante, de l'étain, du zinc et

du chlorure de sodium.

UNE RICHESSE IMMENSE

La culture du café représente pour le

Brésil le véritable pivot de sa puissance

financière et il semble bien qu'il en sera

toujours ainsi, car 85 % de la production

mondiale sont fournis par lui et aucun

concurrent n'est susceptible, même

dans un avenir éloigné, de lui ravir la première

place.

Les arbres les plus précieux, les plus

variés et les plus résistants se comptent par

centaines de millions sur le territoire brésilien.

L'hévéa ou arbre caoutchouc, qu'il

convient de citer à part, couvre des surfaces

aussi étendues que la France.

Chaque fois qu'un arbre ou une plante a

été introduit au Brésil, on a toujours enregistré

des résultats surprenants. Le cocotier,

qui occupe, lui aussi, des espaces

considérables, nous en fournit un nouvel

exemple : Importé des Indes, il donna, dès

le début des essais, des résultats supérieurs.

On en compte aujourd'hui dans la Confé-

dération plus de cent millions de pieds,

c'est-à-dire presque autant que dans tous

les autres pays producteurs : Mexique,

Nouvelle-Calédonie, Ceylan, Java, Sumatra,

Fidji, Inde britannique, etc.

Et ces quelques indications valent mieux

qu'un long exposé.

LA COLOMBIE

Cette république, voisine du Venezuela,

constitue une nation très prospère, à la

monnaie saine, et qui détient en quelque

sorte le monopole de la production du platine,

les événements à quoi sert présentement

de cadre l'U. R. S. S. désorganisée

et mal dirigée économiquement, paralysant

dans une certaine mesure l'exploitation des

gisements des monts Oural.

Le commerce des émeraudes constitue,

lui aussi, une importante base de richesse,

la Colombie se classant très en avant à ce

point de vue.

Mais voici qu'à ces diverses sources

d'activité économique viennent s'ajouter de

riches gisements de pétrole, dont les nappes

L'HOTEL DES POSTES

A SANTIAGO (Visa N° 41.588.)

furent découvertes il y a quelque vingtcinq

ans.

La Colombie, dont la population dépasse

neuf millions d'habitants, possède des villes

très importantes dont le rôle grandit avec

l'aide du temps : Soccoro, Carthagène,

Carmen, Baranquilla, Antioqua, Bucaramanga,

Santa-Marta, Zipaquira, Piedeguasta,

etc.

Medellin, qui est la grande cité commerciale,

le centre d'activité économique

du pays, voit sa richesse en partie liée au

voisinage de vastes terrains houillers. Enfin,

la capitale — Santa-Fe-de-Bogota —

compte 260.000 habitants. C'est une ville

salubre, située sur un plateau, au centre

même de la Colombie, que traverse la- Cor-"

dillère des Andes. Et rappelons, à ce propos,

que ce pays est le premier fes Etats

sud-américains qui aient organit de façon

régulière des services de trai^borts et

de poste par avion.

La Colombie et son voisin le V*iezuela,

dont les intérêts sont communs, dont les

chiffres de population et de superficie sont

pour ainsi dire égaux, et qui appartiennent

au même système fluvial, collaborent

étroitement en vue de leur mutuel dévelop-

L'ELEGANTE AVENUE RIO-BRANCO, UNE DES GRANDES ARTERES DE LA CAPITALE BRESILIENNE

.(Visa N" 4L59U.

LA SPLENDIDE BAIE DE RIO, L'UN DES PLUS BEAUX SITES QUI SOIENT AU MONDE.

Au premier plan : la ville. — Au fond : le célèbre « Pain de sucre », d'où Ton découvre

un panorama magnifique. ,(Visa N" 41.590.).

pement économique et du mieux-être de

leurs laborieuses populations.

L'EQUATEUR

La république de l'Equateur, qui est

un peu moins étendue que la Grande-

Bretagne ou l'Italie, est l'un des Etats les

plus actifs du Nouveau Continent et l'un

des mieux pourvus.

Sa population est d'environ un million

et demi. Sa capitale, Quito, située à

2.800 mètres d'altitude, groupe près de

100.000 habitants. C'est une des plus jolies

cités de l'Amérique, et sa propreté et l'aspect

de certains édifices en font un lieu

de séjour agréable. Guayaquil, l'un des

ports du Pacifique dont le mouvement est

considérable, et Babahoyo qui assure le

transit avec l'intérieur, sont les deux autres

centres importants.

LE PEROU

Le Pérou est la troisième république de

l'Amérique du Sud pour la superficie. Sa

population est d'environ six millions d'habitants,

et sa capitale, Lima, est l'un des

centres les plus actifs et les plus populeux

des pays du Pacifique.

On rencontre au Pérou de nombreux et

importants troupeaux de lamas, vigognes,

alpagas, moutons, porcs et chevaux. Les

gisements de guano sont très rémunérateurs.

Les fruits, la canne à sucre, le coton,

le maïs, le riz, la vigne, le ricin et

presque toutes les céréales y sont cultivés

dans de larges proportions.

L'or, l'argent, le cuivre, le vanadium, le

mercure, le pétrole, le borax, le tungstène,

le soufre, le charbon, le nickel, le

cobajt, l'antimoine, le bismuth et le sel

s'y trouvent par quantités fort intéressantes.

Aussi le Pérou est-il un pays reposant

sur des bases économiques solides,

qui achève de mettre en relief l'énorme

somme de richesse de l'immense continent

sud-américain. Cette vaste communauté

d'intérêts, que constituent les démocraties

latines d'outre-Atlantique, exerce surtout

son activité dans le domaine des productions

naturelles — agriculture, sylviculture,

terrains miniers, etc. — alors que la

vieille Europe, encore riche, malgré Hit-

ler et les quelques matamores qui, en ces

dernières années, paralysèrent les capitaux,

demeure le domaine des manufactures, des

usines, des laboratoires, des fabriques. Ce

qui permet, en considérant l'équilibre économique

ainsi établi entre l'Ancien et le

Nouveau Monde, d'augurer une utile et

bienfaisante collaboration américano-européenne.

Une fois Hitler abattu, bien entendu...

DU CYNIQUE VON PAPEN

A LA « CARTE DU MONDE »

D'HITLER

Car cet aventurier n'a-t-il pas, dans sa

demeure de Berchtesgaden, une carte du

« monde hitlérien » (sic), où l'Argentine,

l'Uruguay, le Chili et une partie du Brésil

— oh ! une partie seulement ! — sont

indiqués comme « terres allemandes » ?...

Ainsi, le bourreau de l'Europe établit la

carte du monde, mais pas à la manière de

Ptolémée !

Ce qui incite beaucoup de nos amis Sud-

Américains à se souvenir que pendant

« l'autre guerre allemande de 1914-1918 >,

von Papen, chargé d'une mission en Argentine,

ne désignait jamais autrement que

sous le nom de « macacos » les Américains

du Sud.

Mais les autorités argentines interceptèrent

et déchiffrèrent un des messages qu'il

adressait à son gouvernement et où cette

grossièreté était répétée dans plusieurs

phrases. Et von Papen, pris en quelque

sorte en flagrant délit, fut invité à quitter

promptement le pays, pour regagner le

« paradis boche ».

Ce qu'il fit sans aucunement s'excuser,

mais en gardant la ferme volonté de revenir

plus tard, pour coloniser l'Amérique latine

!

Sans doute au nom du germanisme ?...

UNE VUE DU PORT CHILIEN DE TALTAL (Visa N° 41.589.)

C H I R O M A N C I E

Deux mains, deux âmes, deux destins.**

CEUX DU PRESIDENT ROOSEVELT ET DU "CHANCELIER" AD0LF HITLER

Nous avons prié une spécialiste

des plus réputées en

matière de graphologie et

de chiromancie, Greta Winter,

d'analyser pour nous l'écriture

d'Hitler ainsi qu'une reproduc-

La main

et la signature d'Hitler

tion des lignes de sa main. Nous

ne pouvions faire un choix plus

heureux, car Greta Winter, qui

résidait à Vienne avant le bouleversement

de son pays a fort

bien connu le tyran allemand et

l'a même suivi pendant son ascension

vers le pouvoir. Mais

il semble que ce pouvoir soit

appelé à aboutir à tout autre

chose qu'au succès-

Cette main, nous dit notre

interlocutrice, est celle d'un

exalté, d'un homme qui n'aime

personne, bien qn'Û ait eu dans

sa vie une affection « avortée »

vers l'âge de 30 ans. Intelligence

tardive et réduite, en quelque

sorte une « intelligence de

cours du soir ». Hitler n'aime

?

ue lui-même, car son mont de

upiter, qui symbolise l'ambition,

est d'une taille démesurément

grande. Sa ligne de vie est

très courte et présage une mort

violente, et ceci sous peu. Exil,

puis suicide probable. (Ne porte-t-il

toujours pas sur lui un revolver?).

Quant a la signature,

c'est là le reflet d'une culture

sommaire. Remarquez qu'Adolphe

est écrit en lettres allemandes

et Hitler en caractères latins,

ce qui prouve un souci

certain de culture. L'H est

énorme, ce qui révèle un pro-

fond respect de sa propre personne.

C'est aussi une écriture

de haine et d'entêtement.

Et voici maintenant la main

d'un bien sympathique chef

d'Etat, le président des Etats-

Unis Franklin Roosevelt. Nous

vous donnons quelques appréciations

sur les lignes prodigieuses

de sa main d'après les

voyantes et l'auteur du livre

Some jamous Hands, le docteur

Josef Ranald de New-York.

Bien que traçant sur sa ligne

de vie les marques de paralysie,

cette ligne est extrêmement longue

et présage une vieillesse

centenaire.

L'esprit est fin, d'une culture

LA VIE OUTRE-RHIN

UN NOUVEAU ET ÉTRANGE CATÉCHISME

— Quel est, aujourd'hui, en Europe, Xhomme le plus méchant,

celui qui prive les enfants allemands de bonbons et a rendu les rues

obscures la nuit ?

— C'est Chamberlain.

—; Pourquoi ce méchant homme a-t-il attaqué l'innocente Allemagne

et a-t-il plongé l'Europe dans une guerre que le Reich ne voulait

pas ?

— Parce qu'il est jaloux de la riche Allemagne et qu'il craint

Hitler !

Ces effarantes questions et ces réponses d'une puérilité non

moins effarantes, sont extraites du Catéchisme de l'histoire moderne,

qui va être répandu dans toutes les écoles du Reich et dont un de

nos confrères anglais a pu se procurer un exemplaire.

Comme on le voit, le peuple allemand n'est pas un peuple très

évolué, et ces questions et ces réponses montrent une fois de plus

que l'Allemagne n'est pas un pays comme les autres. Elle est en

effet le domaine idéal des aventuriers et fabricants de slogans à

l'usage des fanatiques...

remarquable et la ligne de tète

très longue indique aussi un esprit,

doué d'une grande volonté,

d'un caractère original et d'une

persévérance étonnante. Le président

est surtout arrivé par son

La main

du président

Franklin Roosevelt

seul mérite et sa réputation va

encore grandir, car d'importants

événements se préparent qui

l'amèneront à jouer dans le

monde un rôle décisif et bienfaisant.

Beaucoup de sentiments animent

cet homme... La ligne de

cœur est avant tout celle d'un

bon père de famille, d'un homme

très généreux et aux sentiments

profondément humains.

Deux mains, deux âmes, deux

destins.;.

EMILE RIBAS.


■—«" DIMANCHE-ILLUSTRE

4 H«ii«HyipHM«wMw»


28 JÀN VIER. 1940 ,,I,,,,,l,,,,,,,,,,,,,,ni,,ll,,l,mm,l,lim,l, »'ii'»w JJ iiiiiiiiiiiiitinmiiiiiiiiiiimiimiiimimiiiiiiiNiiiM DIMANCHE "ILLUSTRE |,MII,LLTL1 '

Tricotez ce confortable

PULL-0VER

Je vais aujourd'hui vous donner

un modèle de pull-over qui vous

rendra de grands services par ce

froid.

Il vous faudra 300 g. de laine,

6 boutons, un jeu d'aiguilles n° 4.

Les points employés sont :

1° Le point de côtes 2 et 1. Pre-

mier rang 2 m. endroit, 1 m. envers;

2 e rang, 2 m. envers, 1 m. endroit ;

3* rang, répétez le premier rang.

2" Le .point de riz, 1 m. endroit,

1 m. envers, contrariées à chaque

rang.

3" Le point de semis. Chaque

bande de dessin se fait sur 4 rangs

(voir croquis).

Premier rang : 1 m. end., 1 m. en-

vers, 5 m. end., recommencer 1 m.

env., 5 m. end., etc..

Deuxième rang : 1 m. env., 1 m.

end., 1 m. env., 1 m. end., 3 m. env.,

recommencer 1 m. end., 1 m. env., 1 m. end.,

Terminer par une maille endroit.

Troisième rang : comme le premier.

Quatrième rang : entièrement à l'envers.

Cinquième rang : contrarier les semis, soit : 4 m. end.,

env., 5 m. end., recommencer 1 m. env., 5 m. end., etc..

miner par 5 m. endroit.

Sixième rang : 1 m. end., 3 m. env., 1 m, end., 1 m.

1 m. end., recommencer 3 m. env., 1 m. end., 1 m. env.,

endroit, etc..

Septième rang : comme ,1e cinquième.

Huitième rang : entièrement à l'envers.

Neuvième rang : comme le premier rang.

Exécution du dos. — Monter 75 m. sur Une hauteur de 8 cm.,

tricoter au point de côtes 2 et 1. Au rang suivant, tricoter au

point de jersey 1 seul rang aller et au retour de façon à suppri-

mer 17 m. Il reste donc 58 m. Dès maintenant commencer le

point de semis. Tricoter 6 cm. tout droit, augmenter de 1 m. à

chaque extrémité tous les 3 cm. Vous obtiendrez donc ainsi une

hauteur totale de 32 cm. Pour l'emmanchure, diminuer 6 m. en

une fois et 1 m. à chaque extrémité, aux rangs suivants pen-

dant 4 rangs. Continuer- à tricoter tout droit pour obtenir une

emmanchure de 15 cm. Fermer le dos en une seule fois.

Exécution du devant. — Monter 80 m., tricoter pendant 8 cm.

eu point de côtes 2 et 1. Faire un rang aller et retour au point de

jersey dans lequel on supprimera 1 m. toutes les 4 m. de façon à

n'avoir que 60 m. sur l'aiguille. Partager le travail en 2 parties

égaies, soit 30 m. sur chaque .aiguille. Ajouter sur les 2 ouvertures

du devant 5 m. que l'on tricotera au point de riz tout le long du

travail dans la bande au point de riz du côté droit on répartira 6

boutonnières à 4 cm. environ les unes des autres. Tricoter pen-

dant 6 cm. au point de semis puis augmenter de 1 m. du côté des

coutures tous les 2 cm., ceci sur une hauteur totale de 32 cm. A

l'emmanchure diminuer de 10 m. en une seule fois, puis 6 fois

1 m. tous les rangs et tricoter ensuite tout droit pour obtenir une

emmanchure de 18 cm. Du côté opposé à l'emmanchure et à 11 cm. de

cette dernière, faire l'encolure en rabattant 12 m. en une seule fois et

4 fois 1 m.; ensuite fout droit durant 4 cm. Faire l'autre côté de la même

manière dans l'autre sens, et en supprimant les boutonnières.

Exécution des manches. — Monter 45 m. Tricoter au point de côtes

2 et 1 sur une hauteur de 4 cm. Faire un rang de jersey aller et retour

dans lequel on supprimera tous les 4 points 1 point de façon à n'avoir

que 33 m. sur l'aiguille. Tricoter sur une hauteur de 40 cm. en augmen-

tant de 1 m. de chaque côté tous les 3 cm. Diminuer de 3 m. d'un côté

et de 5 m., puis de 1 m. à chaque extrémité et tricoter pendant 15 cm.

On fermera sur 15 pointer

Exécution du col au point de riz._— Monter 2 m., puis augmenter de

1 m. tous les rangs jusqu'à ce que l'on ait 22 m. Tricoter tout droit pen-

dant 38 cm., faire les diminutions comme vous avez fait les augmen-

tations.

Assemblage. — Repasser votre travail à la patte mouille, coudre en-

semble le dos et les devants, fermer et poser les deux manches. Poser

1* col, coudre les boutons.

Après les récentes explosions de grisou

en Angleterre, en Belgique et en France

•EUT-OSI EVITER LES CATASTROPHES M

Après d'autres accidents du même genre, survenus il

Angleterre, en Belgique et hier encore en France, le

dent de mine de Pont-Creck, aux Etats-Unis, attire

du public sur les dangers du grisou. Aussi il semble

de revenir aujourd'hui sur cette question, sous la

de nos collaborateurs spécialisés.

y a peu de temps en

récent et grave aeci-

à nouveau l'attention

qu'il soit intéressant

plume autorisée d'un

D

EUX terribles sinistres miniers

ont endeuillé, récemment,

l'Ecosse et la Belgique. ^ 33

morts et plus de 20 blessés, d'une

part ; Il morts et 85 blessés de

l'autre, tels sont les bilans des ex-

plosions qui se sont produites. Les

hommes sont-ils donc impuissants en

présence de tels phénomènes, entend-

on dire ? On ne fait donc rien pour

éviter de tels sinistres ?

Ces récentes catastrophes sont

dues sans contestation possible, au

grisou. On sait que ce dernier est un

gaz combustible qui se dégage, spon-

tanément, dans presque toutes les

mines de charbon et- même, contrai-

rement à ce que croient nombre de

personnes, dans certaines mines mé-

talliques, dans les mines de sel et

dans les soufrières de Sicile.

Il est, essentiellement, composé de

la combinaison de carbone et d'hy-

drogène que les chimistes nomment

méthane et que l'on peut se procurer,

très facilement, en plongeant un fla-

con plein d'eau, ouverture en bas,

dans une mare, dont on remue la

vase, avec un bâton, sous le flacon ;

d'où le nom de gaz des marais qui

est aussi, fréquemment, donné au

méthane.

Le grisou des mines de houille est

dû à la décomposition des matières

végétales enfouies, depuis des millé-

naires, dans la masse charbonneuse.

Il ne provient donc pas d'une décom-

position actuelle de la houille.

Pour comprendre ce qui a pu se

passer, rappelons, en quelques mots,

quelles sont les propriétés du grisou.

Les propriétés du grisou

Le grisou est léger, puisqu'un litre

pèse 0,8 g. environ, tandis qu'un litre

d'air pèse 1,3 g. Il s'élève donc, dans

l'atmosphère de la mine, et le mé-

lange d'air et de grisou a tendance

à s'accumuler, en certains points

hauts de cette dernière, comme lés

cloches du circuit' d'aération.

L'air grisouteux, pouf être explo-

sif, doit contenir une proportion de

grisou comprise entre 6 et 16 %. Au-

dessous de 6 %, il n'y a aucun dan-

ger, parce que la flamme est refroi-

die par l'excès d'air et s'éteint, spon-

tanément. Au-dessus de 16 %, le

grisou ne peut p&s brûler, parce qu'il

n'a pas assez d'air à sa disposition.

Mais, pour une proportion de 9 %

de grisou, qui brûle, totalement» l'air

avec lequel il est mélangé, le danger

est, peut-on dire, maximum.

Une flamme dangereuse

L'inflammation déclenchée en un

point du milieu gazeux, se propage

avec une vitesse pouvant atteindre

Ides centaines de'mètres à la seconde.

I Les malheureux qui se trouvent alors

sur le parcours de la flamme éf qui,

Suivant l'expression des mineurs,

« avalent le feu », sont perdus, tant

est grande la désorganisation des

poumons.

Que fait-on et que peut-on faire

pour éviter des catastrophes comme

celles des charbonnages ? C'est ce

que nous allons voir.

Il faut ventiler les mines

D'abord, on s'efforce d'empêcher

l'accumulation du grisou, laquelle a,

comme cause, soit une ventilation in-

suffisante ou mal dirigée, soit l'exis-

tence de vieux travaux incomplète-

ment remblayés et non ventilés, soit

des dégagements instantanés. Le re-

mède à ces accumulations de grisou

est simple, en théorie, tout au moins;

il consiste à aérer soigneusement les

galeries des minés.

On sait que tout mineur se trou-

vant sur le passage des gaz produits

par une explosion est fatalement

perdu. Le sinistre de Seaham, dans le

comté de Durham, en Angleterre, par

exemple, qui s'est produit en 1880,

en est la preuve : l'explosion n'a tué

directement que quatre mineurs et

en a fait périr indirectement 160, à

cause de certaines conditions spé-

ciales à l'exploitation de la mine.

Ce qu'il y a lieu de faire

Aussi, renvoie-t-on toujours l'air

provenant des régions grisouteuses

de la mine par la voie la plus di-

recte, aux puits de retour d'air, sans

Jamais lui faire suivre les voies d?

roulage ou tout autre partie de la

mine où les ouvriers séjournent nor-

malement. Le service dirigeant a par-

ticulièrement le devoir de veiller à

ce qu'en cas d'explosion, l'aération

ne soit pas complètement suspendue

dans toute la mine par là destruc-

tion des portes et barrages qui ser-

vent à diriger le courant d'air.

Pour éviter les accumulations de

grisou, dans les vieux travaux, il suf-

fit de les remplir totalement, après

que tout le charbon en à été soi-

gneusement extrait.

Les causes d'inflammation

Le grisou ne s'enflamme pas de

lui-même ; mais, hélas ! dans les

mines, les causes d'inflammation sont

nombreuses et tiennent à l'exploita-

tion même de la mine : les mineurs

ont besoin de lumière dans la nuit

souterraine ; des explosifs et un ap-

pareillage électrique leur sont néces-

saires.

Les lampes à feu nu ont causé de

multiples accidents, dans les nvnes,

même très peu grisouteuses, où elles

étaient employées. Un progrès d'une

importance considérable a été fait.

QUELLES SONT LES FORMALITES A REMPLIR PAR

LES PERSONNES SUSCEPTIBLES DE S'OCCUPER

D'ŒUVRES DE GUERRE FAISANT APPEL

A LA GENEROSITE PUBLIQUE ?

Ces formalités sont les sui-

vantes :

1° Demande d'autorisation (pré-

fecture ou sous-préfecture dans les

départements, préfecture de police

pour Paris), indiquant : objet de

l'œuvre, son siège et ses ressour-

ces — avec engagement d'adhérer

ftu secours national (œuvre devant

venir en aide à la population ci-

vile) et d'en observer les directives

ou de se conformer aux instruc-

tions éventuelles du ministère in-

téressé (militaires et marins sous

les drapeaux) ; ou à celles du mi-

nistère des Anciens combattants

et pensionnés (œuvres venant en

aide à des anciens combattants ou

victimes de la guerre) ;

2° Stipuler de la façon la plus

expresse que les ressources re-

cueillies doivent être intégralement

employées à l'objet visé dans la dé-

claration.

Les demandes sont soumises à

l'examen d'une commission dépar-

tementale des œuvres de guerre,

qui procède à enquête et propose

l'accord ou le refus de l'autorisa-

tion (en demandant, si besoin est,

une modification des statuts). La

décision appartient au ministre de

l'Intérieur.

Ce décret (du 29 novembre 1939)

s'applique à toute personne physi-

que ou morale, et même à toutes

les œuvres déjà existantes, même

à celles qui ont pu antérieurement

fonctionner sous le régime de la

loi du 30 mai 1916. Les articles 12,

13 et 14 précisent les moyens par

lesquels il peut être fait appel, les

autorisations à obtenir dans cha-

que cas particulier, les fermes dans

lesquelles doivent être faites les

collectes, quêtes et ventes, la ma-

nière dont doit s'exercer le con-

trôle des recettes et dépenses.

VAM1ÊTÊ

Le centenaire d'un opéra fameux :

LA FAVORITE

A FAVORITE aura cent

ans cette année.. Cet opéra

en quatre actes de Royer

et Waez, musique de Donizetti,

naquit en effet, sur la scène de

l'Académie royale de musique le

2 décembre 1840, aux applaudis-

sements d'une salle en délire. Et

tout à fait par hasard, car c'est au

théâtre de la Renaissance que cet

ouvrage devait être créé sous le

titre de l'Ange de Nisida. La fer-

meture de ce théâtre fit trans-

porter la pièce à l'Opéra où, pour

la circonstance, on ajouta un qua-

trième acte et on changea de ti-

tre.

DUprez chantait Fernand, Ro-

sine Stoltz, Léonore et Barroilhet,

dont c'était le début, le rôle du

roi.

La mise en scène, comme tou-

jours très soignée dès cette épo-

que, et même très réaliste, fut

unanimement admirée. « C'est

un magnifique carnaval d'été,

écrit un certain R... dans la Revue

et gazette musicale de Paris,

qui n'est autre très probablement

que Richard Wagner. Les jasmins

et les orangers sont censés abri-

ter cette luxueuse mascarade du

moyen âge, richement encadrée

par des décorations qui représen-

tent les campagnes de Grenade

et les merveilles de l'Alhambra et

du Généralité ».

Le succès de la Favorite, ne se

démentit pas.

Huit ans plus tard, c'était au

tour de l'Italie de connaître la

belle œuvre de Donizetti ; déjà la

France entière fredonnait Van-

dante : O mon Fernand, tous les

biens de la terre. Cela dura des

années, jusqu'au début de ce siè-

cle. Les couleurs de la Favorite

pâlirent, d'autres engouements

s'emparèrent des foules, les affi-

ches portèrent d'autres titres. Des-

tin commun à tous les chefs-

d'œuvre !

Mais les cœurs qui avaient battu

aux souffrances de Léonore, les

âmes tendres émues par cette

musique où la suavité abonde, gar-.

dent toujours en eux le souvenir

de cet opéra, qui fut sans doute le

premier que virent bien des gé-

nérations. Longtemps en effet, les

théâtres en province ouvrirent

leur saison avec la Favorite. On

attendait le ténor à l'air fameux:

« Un ange, une femme inconnue. »

Les orgues de Barbarie, vérita-

bles bibliothèques des refrains

célèbres, contribuèrent à entrete-

nir dans les mémoires les phra-

ses fameuses de Donizetti. Que

de mères ont chanté à leurs en-

fants la mélancolique romance de

LéoPoré ! Aujourd'hui encore, le

disque apporte les éclats magnifi-

ques des voix italiennes plus fi-

dèles que les nôtres au beau

chant d'autrefois. Le charme

semble rompu néanmoins.

Il faudra bien tout de même

nous rendre la Favorite pour son

centenaire. C'est une chose à la-

quelle M. Jacques . Rouché songe

certainement. Peut-être la jeu-

nesse nouvelle s'étonnera du goût

des aïeux en 1840 ; mais nous

en connaissons qui auront les lar-

mes aux yeux.

La Favorite, en effet, n'a plus

été jouée à l'Opéra depuis dé-

cembre 1904. Affre et Cossira,

succédant à Alvarez et à Roger,

furent les derniers Fernand, Noté

et Renaud les derniers Roi, et

Mmes Royer et Delna, les der-

nières Léonore.

ARTHUR DE THARPAL.

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60 centimes

par Davy, lorsqu'il a Créé sa lampe.

Bien que dit de sûreté, Cet appareil

et les similaires ont causé nombre

de sinistres dont beaucoup sont dus

à l'ouverture imprudente de la lampe,

à sa fermeture incomplète ou à la

détérioration de ses diverses pièces.

Les explosifs dits de sûreté

L'exploitation des houillères con-

duit à tirer, assez souvent, des coups

de mines, destinés à creuser dans

les roches dures des galeries reliant

une couche de charbon à une au-

tre, ou à débiter des veines dont le

charbon trop dur résiste à l'action du

marteau pneumatique ou de pics.

On se sert des explosifs de sû-

reté, ainsi qualifiés parce que leur

flamme est insuffisamment chaude et

leur duréê d'explosion trop brève,

pour pouvoir enflammer le grisou.

Certainement, on ne lance pas un

défi au destin, en amorçant ces ex-

plosifs avec une mèche lente, con-

ductrice du feu et dont on enflamme-

rait l'extrémité éloignée de la ma-

tière dangereuse. Un ouvrier, ins-

tallé loin du lieu de l'explosion, fait

mouvoir une petite magnéto qui en-

voie son courant dans un filde pla-

tine lequel devient incandescent et

entraîne la déflagration de quelques

grammes de fulminate de mercure,

lesquels à leur tour déterminent la

gazéification de l'explosif.

Très généralement, l'opération,

ainsi conduite, n'est suivie d'aucune

conséquence catastrophique. Mais, il

suffit que quelques malheureuses cir-

constances se trouvent réalisées :

excès d'explosifs, déflagration de la

masse de charbon avant que l'ex-

plosion soit terminée, ce qui à

pour effet de libérer encore du gri-

sou et le sinistre a lieu.

Un appareillage électrique

antigrisouteux

Employer de l'air comprimé, sous

une pression de 5 à 6 kilos par cen-

timètre carré, pour actionner les ma-

chines du fond, c'est bien ce que l'on

a fait ; mais, c'est vraiment peu éco-

nomique et l'on préfère, maintenant,

de beaucoup, se servir de moteurs

électriques. Or, ceux-ci ont le terri-

ble inconvénient de produire, à leurs

balais, des étincelles qui enflamment,

infailliblement, le grisou.

On a recherché, et, depuis quel-

ques années, on a mis au point des

moteurs dits antigrisouteux, dont le

principe est tout à fait comparable

à celui des lampes de sûreté.

Le moteur est disposé dans un

carter métallique assez résistant pour

ne pas se briser en cas d'explosion.

Ce carter présente le minimum d'ou-

vertures ; celles qui sont absolument

indispensables pour l'utilisation de

l'énergie et le passage des conduc-

teurs électriques. Ceux-ci sont, d'ail-

leurs, pourvus de multiples épais-

seurs et d'isolants.

En résumé, on voit que les condi-

tions d'exploitation des charbonna-

ges, au point de Vue sécurité, ont

été grandement améliorées ; mais, il

est souhaitable que ces améliorations

se poursuivent encore, afin d'éviter,

le plus possible, le retour de catas-

trophes aussi terribles.

JEAN AUBIN.

EN MARGE DE L'ACTUALITÉ

Le drame hollandais

CULTIVER OU DÉPÉRIR

UN ami hollandais, que je

rencontrai dans Paris, ces

jours-ci, me dit sur un ton

pessimiste :

— A l'endroit où fut Close, en

1932, la digue du Zuiderzée,

s'élève une tôur-mirador où est

écrit : « Un peuple qui vit, conti-

nue de bâtir son avenir. » Or, c'est

le contraire, aujourd'hui. Un peu-

ple qui veut vivre, et c'est notre

cas, se ruine. Ah .! s'écria-t-il, en

voyant ma surprise, vous aussi,

vous n'avez songé qu'au pittores-

que de nos moyens de défense par

l'eau ! On perce un petit trou

dans une digue, par où le flot

s'écoule, puis, l'eau ayant disparu

par la même voie, les paysans re-

commencent à planter leur blé, en

sifflant le Wilhelmus van Nas-

sauwe. Ouiche !

Et mon Hollandais de me four-

nir sur sa sombre humeur quel-

ques explications, que je veux ré-

sumer ici :

Le peuple des Pays-Bas est un

peuple d'agriculteurs. Un tiers de

la production agricole est des-

tiné à l'exportation. Le reste, au-

quel s'ajoutent les importations,

nourrit, sans compter le nom-

breux cheptel, une population de

8.557.000 habitants, une des plus

denses de l'Europe, 250 par kilo-

mètre carré. Pour les Hollandais,

il s'agit donc bien de cultiver ou

de dépérir. Ils doivent conser-

ver leur terre arable, n'en pas lais-

ser perdre un centimètre carré.

Or, une grande partie en est ac-

tuellement noyée sous un mélange

d'eau douce et d'eau salée. Sous

l'action de cette dernière, la terre

devient infertile, toute trace d'hu-

mus y disparaît.

Naguère, le polder Anna Pau-

lowna, un des plus grands avant

l'assèchement du Zuiderzée, fut

accidentellement envahi .par la

mer, catastrophe qui réduisait à

la misère plusieurs générations

de paysans. Que de peine pour

le rendre ensuite susceptible de

culture ! '

Il fallait procéder à de longs,

à d'innombrables essais scientifi-

ques. On inonda un petit polder de

40 hectares, on lui appliqua diver-

ses méthodes d'assèchement,

pour n'en retenir que la plus ra-

pide et la plus efficace ; on étu-

dia le rôle des micro organismes,

le choix des cultures ayant

chance de vivre dans un terrain

forcément ingrat. Au début, on

ne réussit qu'à y planter du sei-

gle et des glaïeuls.

Les Français, qui ont voyagé

aux Pays-Bas, ont pu voir que

beaucoup de villes, même les plus

importantes, que des provinces en-

tières y sont situées plus bas

que le niveau de la mer. Ils ont

eu la vision hallucinante de voi-

liers qui, au-dessus de leur tête,

semblaient se promener dans la

prairie En réalité, ces bateaux na-

viguaient sur un canal ou sur îa

mer. Sans digues et sans dunes,

38 % du pays seraient sous les

vagues. D'immenses polders, les

plus grands du monde, comme le

Wieringermeerpolder, dont là su-

perficie atteint 22.000 hectares,

ont été gagnés sur Cette mer in-

térieure que fut le Zuiderzée. Son

assèchement a accru de 7 % la

surface du pays, de 10 % sa sur-

face arable.

L'an dernier, une délégation

d'ingénieurs agricoles français a

visité cette œuvre gigantesque.

L'excursion s'étendit jusqu'aux

forceries du Westland (3.000 hec-

tares de serres vitrées, 1.000 hec-

tares de châssis vitrés), aux ins-

tituts de recherches agricoles, aux

coopératives laitières, aux écoles

de laiteries et d'agriculture, aux

fermes expérimentales, aux chan-

tiers de tourbières, aux champs

d'essais potassiques, aux marchés

de fromage, et jusqu'à cette mer-

veille d'organisation qu'est le

« Stamhuisboek » frison, dési-

gné aussi sous le nom anglais de

« herd-book », par quoi s'exerce

le contrôle de la race bovine et

celui de la production laitière.

C'est en quelque sorte le Gotha du

bétail où sont consignées la no-

blesse, la santé, la fécondité, et

la capacité laitière des indivi-

dus.

Quand on considère que la Hol-

lande est seize fois plus petite

que la France, non compris, bien

entendu, ses possessions colonia-

les, qu'extrêmement prolifique —

les familles de quatre, cinq en-

fants, n'y sont point une rareté

— elle a grand besoin d'espace

vital. Quand on réfléchit à son im-

mense effort dans le domaine

agricole, à sa lutte séculaire et

dispendieuse contre la mer, et que

€ Dieu créa le môûde, à l'excep-

tion de la Hollande », on com-

prend le drame, qui se joue entre

ses frontières étroites.

Puissent ses sacrifices à la

déesse Liberté se borner à l'eau,

là où tant d'autres lui donnent

leur sang !

ADRIENNE LAUTERE.

Suite de la page 1

CLARA SAUT©

Son génie d'administratrice ne

se départit pas un instant. La

Croix-Rouge internationale avait

été fondée pour soulager les mi-

sères de la guerre, Clara Barton

prouva que la Croix-Rouge amé-

ricaine devait faire plus : soula-

ger l'humanité à tous les instants

de l'existence.

Lors des plus grandes catastro-

phés de l'Histoire moderne, on re-

trouve la présence de « l'impé-

tueux pétrel » ; durant l'inonda-

tion de Johnstown, dans l'Arménie

martyre et parmi les horreurs de

Galveston. Quand le Maine sauta

dans le port, miss Barton était

encore sur les lieux, prodiguant

les secours. On a dit d'elle que

La philatélie

NOUVEAUTÉS DE SURINAM

L A Hollande compte parmi les pays

qui ont émis les plus beaux tim-

bres-poste, mais ce pays a lait béné-

ficier de son sens artistique les émis-

sions faites pour ses vastes et riches

colonies d'Amérique ou d'Asie.

C'est ainsi que la possession néer-

landaise de Surinam a été, tout ré-

cemment, dotée de nouvelles valeurs

des plus décoratives. Et nos lecteurs

apprécieront certainement, par les

deux reproductions que nous donnons

ici, te caractère extrêmement artis-

tique des nouvelles vignettes.

Chacun des timbres de la série qui

vient d'enrichir le domaine ■philaté-

lique est illustré d'un profil de femme

indigène, notamment d'une métisse,

d'une Javanaise, d'une Hindoustanie

et d'une Indienne. Certaines races

asiatiques sont en effet représentées

dans la population de Surinam ■—

colonie sud-américaine — par suite

de mouvements d'immigration réali-

sés des Indes en Amérique.

Tous ces très beaux timbres ont été

dessinés par M. Hartz, dont le talent

s'est déjà affirmé en d'autres circons-

tances. Cet excellent artiste aux dons

très personnels et qui a su donner à

ses œuvres une facture tout à fait

exceptionnelle et séduisante, a, en

effet, gravé plusieurs timbres des

Pays-Bas, ainsi que des nouveautés

du Luxembourg dont nous avons

déjà parlé ici même.

D. D.

« c'était un général luttant avec

des civils ».

Le tsar de Russie et le sultan

de Turquie la décorèrent. Elle le

fut plus que tout autre femme,

dans l'Histoire, qui n'était pas de

sang royal. Pourtant, c'est tou-

jours une simble broche avec une

croix rouge qui fermait sa robe

à la naissance du cou.

Agée de 82 ans, elle était en-

core vaillante mais dans l'incapa-

cité, naturellement, d'assumer des

charges d'organisatrice au-dessus

de ses forces. Elle dut donner sa

démission de présidente active

pour devenir présidente hono-

raire, mais elle restait à la dispo-

sition de ceux qui l'appelaient à

l'aide. Dans sa maison, une pièce

spéciale servait de réserve de

pharmacie — et Dieu sait si elle

était bien garnie ! — afin de pou-

voir distribuer pansements et re-

mèdes aux pauvres qui n'avaient

pas les moyens de se les procu-

rer.

Clara Barton qui n'avait jamais

pensé à elle-même et qui s'était

penchée sur les misères humaines

avec j tant de compassion, resta

jusqu'à 90 ans un des êtres les

plus désintéressés que la terre eût

jamais portés. A cet âge avancé,

elle n était plus que l'ombre

d'elle-même et s'éteignit comme

une lampe qui ne pouvait plus

brûler.

Elle laissa une œuvre immense

et qui durera, sans doute, jusqu'à

la fin des siècles : la Croix-Rouge,

l'emblème du secours dans toutes

les circonstances pénibles de la

vie, le symbole à la fois du cou-

rage, du dévouement, de la dou-

ceur.

SIMONE SAINT-CLAIR.

Le gérant : G. ETIENNE.

Paris, BERNARD.impr.,18,r.d'Enghlen,

UN mot reçu au moment où elle s'apprêtait à

rejoindre Louise Matiesen à la garden-party,

offerte par M. Petrowitch à la société select

d'Ostende, l'avait troublée.

« Excusez-moi de manquer à ma parole,

vous ne me verrez pas ce tantôt... J'ai tant de

choses à vous dire, qui ne supportent ni le bruit ni la

foule, que je ne saurais vous rencontrer chez Petro-

witch. Si vous avez le moins du monde le désir de con-

naître la nature de ces choses, je serai ce Soir, à la tom-

bée du soleil dans la mer, à l'endroit que vous connais-

sez bien. »

Edwige avait brûlé le billet et était venue chez

M. Petrowitch, avec le secret espoir que, contrairement

a cet avis, son. signataire viendrait l'y rejoindre.

Mais il n'était pas venu.

Aujourd'hui, elle avait le pressentiment que la situa-

tion allait se transformer et qu'elle serait mise en de-

meure, par une déclaration formelle de Philipp, de faire

connaître sa réponse.

Se marier ! grave affaire ! Si elle n'eût écouté que ses

sentiments, peut-être eût-elle agréé la proposition de

M. Knight.

Mais lui était-il permis de se marier ?

Comme elle se posait cette question, le jeune homme

Surgit de derrière une roche, et, les mains tendues vers

elle, s'exclama :

— Merci d'être venue !

Au moment de répondre à l'étreinte que lui offraient

les mains du jeune homme, Mlle Snell s'aperçut qu'ab-

sorbée dans ses pensées, elle n'avait pas songé à regar-

der ce qui lui avait été glissé si mystérieusement dans

les mains à la villa Petrowitch.

Elle tendit donc seulement sa main droite à Philipp,

qui la baisa dévotement, tandis qu'elle faisait disparaî-

tre, sans qu'il y prît garde, la main gauche dans la

poche intérieure de sa mante, où elle déposa le papier

mystérieux.

En même temps, elle demanda, toute souriante :

— Pourquoi me remercier ?... Avez-vous coutume de

L AL

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par JEAN 3ËORLAY

m'adresser des remerciements chaque fois qu'au cours

de cette saison nous nous sommes rencontrés ?

— Cette fois n'est pas Semblable aux précédentes,

déclara-t-il avec fébrilité..

— En quoi se différencle-t-elle donc ? interrogea-

t-eîle, feignant l'ingénuité.

D'une voix grave, il prononça :

— C'est sans doute la dernière fois que nous nous

voyons.

— La dernière ! répéta-t-elle, se sentant un petit

choc au cœur ; quittez-vous donc Ostende ?

— Oui, demain.

— Voilà un départ bien précipité... que rien ne fai-

sait prévoir... du moins à ma connaissance.

Il y avait dans cette restriction comme un peu de

dépit.

— A la mienne non plus, s'empressa-t-il de protester.

Il ajouta :

— C'est ce tantôt seulement que j'ai été avisé.

— Vous avez mis bien peu d'empressement à m'en

prévenir, remarqua-t-el!e.

Visiblement, elle voulait donner à sa voix une in-

tonation de plaisanterie ; mais cela était au-dessus de

ses forces, et le sourire qui pinçait ses lèvres fines

s'apparentait plutôt à une grimace.

— Je vous savais chez Basile Petrowitch, répliqua

M. Knight, et vous n'ignorez pas que je n'y fréquente

pas.

— Tout le monde y va, cependant.

— Sauf moi... coupa-t-il.

I! s'excusa aussitôt de la brièveté de cette réplique.

— Ne m'en veuillez pas si je suis un peu nerveux...

ce départ m'afflige énormément... plus que je ne saurais

dire...

— En tout cas, ne le dites pas...

— Et cependant, il le faut; je n'ai désiré vous voir

une dernière fois que pour cela...

— En ce cas, parlez, lança-t-elle, je vous écoute.

— Vous permettez que je m'asseye, Car je présume

que cela va être long ?

— Très court, mademoiselle, car tout ce que j'ai

à vous dire, se résume dans ces trois syllabes : « Je

vous aime ».

Elle garda le silence, tandis qu'il la fixait anxieuse-

ment, cherchant à surprendre sur les traits de son vi-

sage l'impression que faisait sur la jeune fille cette brève

déclaration.

Enfin, elle observa, rieuse :

— Vraiment ! et c'est le jour où nous devons nous

quitter que vous me faites cet aveu !...

— J'ai été jusqu'à ce jour assez lâche pour ne pas

oser vous faire part de mes sentiments.

— Et voùs trouvez très élégant de me décocher, en

fuyant, cette flèche, sans souci de savoir si je n'en

garderai pas en moi le fil de fer barbelé jusqu'à la fin

de mes jours ?

Elle avait prononcé Ces derniers mots d'une voix iro-

niquement tragique, et lui, tout décontenancé, de bal-

butier :

— J'ignorais si je pouvais espérer...

— Le seul moyen de le savoir, cOupa-t-elle, était

de vous déclarer.

— C'est ce que je viens de faire...

— Un peu tard ; maintenant, peut-être avez-vous

désiré me laisser le temps de réfléchir, durant votre ab-

sence.

— Pas même ; j'aurais voulu, en partant, emporter

un espoir... qui m'eût fait supporter, avec plus de pa-

tience, mon long exil.

— Votre exil ! ne dirait-on pas que l'Angleterre est

à l'autre bout du monde ?...

— C'est, en "effet, à l'autre bout du monde que je

vais ; j'ai appris ma nomination d'inspecteur de la com-

pagnie du câblé télégraphique « Eastern Extension »,

et je dois m'embarquer demain matin pour l'île des

Cocos !

— Qu'est-ce que c'est que ça, l'île des Cocos ?

— Une agglomération madéporique située en plein

océan Indien, à égal chemin de Melbourne et de Cal-

cutta, où l'Angleterre a installé sa plus puissante sta-

tion de câbles.

Il ajouta mélancoliquement :

— Huit semaines de voyage... autant pour le retour...

— Et un séjour de...? interrogea la jeune fille, dont

le visage s'était embrumé.

Il eut un haussement d'épaules :

— Comment savoir, quand on part, la date de son

retour ?

Un nouveau silence, au bout duquel Edwige Snell

observa.

— En sorte que vous voudriez mêler le souvenir de

ma personne aux mélancolies que vous promènerez sou*

les cocos de l'océan Indien.

— Comment pouvez-vous plaisanter, â'exclamâ-t-il,

en me voyant si triste ?

Elle répondit :

— Un auteur français — Beaumarchais, je crois —«

fait dire à l'un de ses personnages, Figaro si je ne

m'abuse : « Je me hâte de rire de tout, de peur d'être

obligé d'en pleurer. »

Philipp Knight s'enhardit â lui prendre les mains,

s'exclamant :

— Vraiment, Edwige, dois-je comprendre que ce dé-

part vous laisserait un peu chagrine ?

Il y avait dans cette exclamation une manifestation

si violente de joie, qu'elle ne peut s'empêcher de ré*

pondre :

— Peut-être plus qu'un peu, Philipp...

— Que vous me rendez heureux ! explosa-t-ll.

Ils se turent durant quelques instants, émus, les mains

étreintes.

Elle murmura :

— Et vous partez demain ? quel dommage, nous

eussions eu ensemble, jusqu'à la fin de la "saison un si

joli flirt !...

-— Pourquoi plaisanter d'une chose si sérieuse, pro-

têsta-t-il.

Mais elle répliqua :

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