Livre partie 2

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Livre partie 2

Notre quartier

Dans mon quartier

On voit beaucoup de personnes âgées.

J’ai des amis

Qui sont à l’école Pierre Curie.

J’habite dans un bâtiment

Où il n’y a que des bons vivants.

Mes amies les sauterelles

Sont toujours à la maternelle.

A la boulangerie

Il n’y a que des sucreries.

Lisa

50 I Quartier Bidée… mille et une histoires ! I Classe de CM1 de M me Fossier I


La grande forêt

Il était une fois une fille qui s’appelait Julie. Elle se promenait dans la nature lorsqu’elle rencontra un chien. Il

la mena à un endroit de la nature qui s’appelait la Grande Forêt. C’était un endroit immense, il y avait plein

d’arbres de toutes les espèces. Elle était entrée dans un endroit légendaire. On voyait le quartier de la Bidée au

loin. Julie se demanda si elle pourrait sortir de la Grande Forêt parce qu’elle ne voyait pas de sortie. Alors elle

vit que le chien avait disparu. Julie pensa que c’était chez lui. Julie commença à parcourir la Grande Forêt. Puis

Julie rencontra une autre personne qui s’appelait Amandine et qui, apparemment était la maîtresse du chien.

Julie lui demanda si elle savait comment sortir. Amandine lui dit qu’elle ne savait pas. Elle continua à chercher

et trouva deux autres personnes.

Elles étaient frère et sœur et ne s’entendaient pas. Mais comment sortir ? Il fallait aller droit devant et Julie pensait

qu’Amandine, aussi, voudrait sûrement sortir. Alors le chien d’Amandine réapparut. Soudain, il se mit à

courir et Julie pensa qu’il allait retrouver Amandine. Elle le suivit. Cinq minutes plus tard, Julie aperçut Amandine

qui commençait à s’ennuyer. Alors elle lui demanda si elle voulait partir d’ici. Amandine sembla plutôt ravie.

Mais elle avoua que ce n’était pas son chien et qu’elle l’avait trouvé dans la forêt. Elles réussirent à sortir et

devinrent amies.

Sharleen

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Les élèves de CM1/CM2 :

BENALLEL Hafsa, BERGER David, DELOS Anthony, DOUILLARD Nicolas,

DUARTE Maëva, DUCHE Adeline, JACQUEMIN Dorian, MORVANY Melvin,

NEKAZ Sihem, TABIA Selyan, ALAABOUCHE Chaïma, GALOP Yohan, GARRIDO Fabio,

HOKE Betul, JOURDAIN Quentin, LEGENDRE Jason, LORENTIN Cassandra,

MERABET Océane, MORIN Dylan, SAADI Hassna


Slameurs en herbe

Classes de CM1/CM2 de Mlle Tadjenant

Elémentaire Pierre Curie

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La Bidée est brûlée

Dans le quartier des immeubles sont brûlés.

Dans la cité des immeubles sont rasés

et des fenêtres sont fracassées.

La Bidée est embrouillée et les immeubles sont abîmés.

Les portes sont brisées, cassées, embrouillées et brûlées.

Les bâtiments sont brisés et les caves sont détériorées.

Les carreaux des voitures sont éclatés.

Les policiers se font taper et je veux déménager.

Des caves, des voitures et des camions sont abîmés

et brulés, des vitres fracassées.

Il y a un bâtiment qu’ils vont reconstruire dans deux ans.

Ma cité sera plus belle et rénovée.

Des boites à lettres sont brûlées et fracassées.

Des poubelles sont brûlées et moi je suis révoltée.

Dans les rues y’ a le feu et dans les bâtiments : c’est brûlant.

Adeline

I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I


La Bidée au passé

Dans mon quartier trop d’embrouillé.

Dans mon quartier trop de choses brûlées.

Dans mon quartier carreaux cassés.

Dans mon quartier gros mots aux murs.

Dans mon quartier des jeunes tapent la police.

Dans mon quartier y’ a plein d’papiers.

Dans mon quartier y’ a des endroits privés.

Mais tout le monde s’ permet.

Dans d’autres quartiers tout est bien.

Oui mais là pas dans le mien!

Après être rénové,

Mon quartier va évoluer:

Là la Bidée s’ra préférée.

Yeeehhhhh!!!!

Anthony

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I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I


Dans mon quartier

Dans mon quartier y’a des personnes bizarres

Y a des carreaux cassés, moi j’en ai marre

Sur les murs y’a des mots violents,

Notre quartier a besoin d’agents,

Mon quartier est en danger car

Les bâtiments sont brûlés,

Par-terre y’a des verres cassés,

Les gens sont dangereux

Ils nous brisent nos cœurs:

Notre quartier a besoin d’ nous

Y’a des gens très méchants,

Notre quartier a besoin de nouveaux bâtiments

Betul

Mon quartier pollué

L’importance de notre quartier

La Bidée est importante pour notre quartier

C’est le choix des gens de la cité

Ils vont déménager pour ne pas être embêtés

Y’a des f’nêtres cassées et des caves brûlées

La Bidée va être rasée et détériorée

Les gens vont d’voir payer pour ne pas s’embrouiller

Les policiers sont toujours dans notre quartier

Les gens s’font insulter mais faut pas s’habituer !

Cassandra

Dans mon quartier y’a des fenêtres cassées, des gens gentils qui veulent les réparer.

Mais dans mon quartier y’a des maisons abandonnées et des maisons brulées.

Dans mon quartier y’a des gens embrouillés.

Dans mon quartier y’a plein de déchets.

Mon quartier s’appelle la Bidée et j’aimerai l’améliorer.

Jason

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I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I

Mes pensées de la Bidée

Dans mon quartier, un bâtiment va être rasé,

Dans ma cité on’a pas les moyens de tout payer,

Dans mon quartier y’a un bâtiment avec des portes cassées et

des fenêtres explosées, des tags sur les murets,

Dans ma cité y’a des gens qui s’embrouillent

et qui mettent le feu dans les caves,

Dans mon quartier y’a des trafics de drogue et des jeunes qui

aiment taper les petits les touts petits,

Dans ma cité y’a des voitures des caves brûlées,

Les jeunes de ma cité abusent un peu trop,

Les jeunes de mon quartier s’amusent à casser

les pare-brises des voitures.

Les jeunes de ma cité abusent aussitôt

qu’ils voient un étranger arriver emménager.

Il y a des jeunes menacés, agressés, en danger.

La Bidée c’est un danger

pour les jeunes de ma cité.

Dylan


Dans ma cité

Le quartier de la Bidée est détérioré.

Les immeubles sont brûlés.

Les fenêtres sont cassées.

Les portes sont abîmées.

La cité est rasée.

Le quartier de la Bidée est rasé.

Les immeubles sont rasés.

Les fenêtres sont brisées.

Les portes sont brûlées.

Le quartier de la Bidée est brisé.

Les immeubles, les fenêtres et les portes sont détériorées.

La cité est abîmée.

Le quartier de la Bidée est abîmé.

Les poubelles sont brûlées.

Les pompiers ont éteint les feux.

Les personnes brûlent la cité et moi je suis fâché !

David

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La Bidée d’aujourd’hui et de demain

A la Bidée y ‘a toujours le feu,

A la Bidée y’ a un immeuble cassé,

A la Bidée y’ a des gens qui cassent les carreaux,

A la Bidée les gens font des bêtises,

Mon quartier s’appelle la Bidée,

A la Bidée les gens écrivent sur les murs,

A la Bidée des gens habitent ils disent

des mots grossiers sur leur quartier,

A la Bidée va y’avoir un nouveau bâtiment,

A la Bidée y’ a un nouveau passage

j’espère que les gens vont calmer leur rage

et qu’ils deviendront sages.

Si les gens ne sont pas contents

ils n’ont qu’à faire leurs bagages !

Dorian

Les dangers de la Bidée

Dans la Bidée y’a une cité qui va être rasée et brûlée.

Dans mon quartier il y a des voitures brûlées et des carreaux cassés.

Dans la Bidée il y a des policiers qui se font insulter et taper.

Dans mon quartier il y a des gens embrouillés.

Dans la Bidée y’a des gens menacés, agressés, en danger, handicapés,

Dans la Bidée ils ont inventé un danger.

La Bidée c’est notre quartier.

Quentin

I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I

La Bidée en danger

Dans ma Bidée

Y’a une cité

Des caves brûlées

Des bâtiments rasés

Des gens embrouillés

Des grillages rouillés

Des personnes en danger

Des fenêtres cassées

Bref moi j’aurais aimé

Habiter un beau quartier...

Pas dans un quartier abîmé

Demain j’espère que la Bidée

Sera organisée.

Ma cité est trop dang’reuse

Pour les jeunes la Bidée

Et voilà l’feu déclenché

Pompiers, policiers arrivés

Le feu retiré

Les policiers insultés

Partent déçus et énervés

J’suis quand même habituée

Au quartier d’la Bidée

Mais faut qu’elle change

Pour exister!

Chaima


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Le Quartier de la Bidée

Dans la Bidée y’a une cité qui va se faire raser.

La Bidée c’est une cité.

Le quartier est détérioré.

La Bidée, la cité et le quartier s’font toujours brûler.

Dans le quartier y’a des portes et des fnet’es fracassées.

Dans la Bidée il y a toujours les pompiers et les policiers.

Dans la Bidée pourquoi y’a t-il des gens

et des enfants qui s’emmêlent.

Dans la Bidée y’a la mairie annexe qui va fermer.

Mais pourquoi va-t-elle fermer ?

Dans la Bidée y’a des immeubles cassés.

Dans la Bidée y’a eu une soirée

pendant la nuit à côté de la fusée.

Dans la Bidée y’a une fusée.

Pourquoi dans la Bidée y’a une cité ?

Pourquoi veulent-ils nous faire déménager ?

Y’a aussi à la Bidée, des injures sur les murs.

Y’a des gens qui mettent le feu,

mais c’est sûr faut pas trop abuser.

Hassna

I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I


Mon ancienne cité

Quand je suis dans ma cité elle est embrouillée

Et surtout emmêlée.

Le quartier est brûlé cassé détérioré.

La Bidée a des bâtiments cassés,

Des jeux, des carreaux fracassés,

On payait notre quartier ils l’ont démoli.

Elle est devenue comme avant,

La Bidée ne changera jamais!

Les carreaux cassés, la cité détériorée.

Les bâtiments remplis de dessins,

Les jeunes se tapent tout le temps,

Elle n’a pas évolué, c’est toujours la Bidée.

J’ai déménagé parce que les gens s’insultent tout le temps

Ils font du bruit pendant la nuit.

Ils abusent, les murs sont remplis de graffitis.

Moi je préfère la Bidée pas brûlée

Sans insulte, et pas détériorée.

Même si je ne suis plus à la Bidée

C’était mon quartier

Et moi je l’aimais.

Maëva

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I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I


La Bidée : comme elle est !

Dans le quartier y’a une cité.

Dans la cité y’a la Bidée.

Dans la Bidée y’a souvent le feu,

les pompiers, la police.

Y’a des tags partout sur les bâtiments.

Des vitres cassées, des voitures brûlées.

La Bidée est polluée avec ces saletés.

La Bidée va être rasée et

dans un an ce sera la nouvelle Bidée.

Voilà mon quartier : C’est la Bidée.

J’espère qu’elle va changer...

Hafsa

Mes sentiments pour la Bidée

A l’intérieur de la Bidée

Dans la Bidée, y’a une cité qu’a été brûlée

puis fracassée,

Notre cité a été rasée, les gens sont embrouillés,

Y’a des fenêtres fracassées, des portes cassées,

Des caves brûlées, y’a des tags d’insatisfaits.

Dans la Bidée, y’a beaucoup de choses cassées

C’est un quartier trop détérioré.

Il faudrait peut-être le rénover.

Yohan

Dans ma ville, y ‘ a une cité qui s’appelle la Bidée,

Y ‘a des portes abîmées, des fenêtres cassées,

Et sur les murs des mots grossiers.

Y’a des gens qui ne s’aiment pas et y mettent le feu parfois.

Ils ont détruit des bâtiments et vont en reconstruire maintenant.

Bientôt s’ra plus la Bidée, s’ra une nouvelle cité.

Oui mais moi c’est mon quartier et je l’aime comme il est.

Océane

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La Bidée va être rasée

Dans la Bidée tout est cassé.

Les fenêtres sont brisées.

Des immeubles ont explosés.

Des camions ont brûlés.

Des policiers se font taper.

Les portes sont fracassées.

Les boîtes à lettres sont gribouillées,

et les murs sont détériorés.

Ça n’empêche qu’ c’est la Bidée.

Nicolas

La Bidée de nos cœurs

Dans la cité y’a des murs brûlés

des portes rouillées,

Des fenêtres cassées,

des apparts fracassés

Mais ils sont en train de la rénover.

Ils vont payer pour

ce qu’ils ont fait à la Bidée

Ils ont brisé nos cœurs.

La Bidée c’était notre quartier

Fabio

I Slameurs en herbe I Classes de CM1/CM2 de M lle Tadjenant I


Demain la Bidée changera

Au cœur de la Bidée, y’a une cité.

Dans cette cité, y’a des bâtiments et des carreaux détériorés.

Au cœur de la Bidée, y’a une cité.

Dans cette cité, y’a des caves et des voitures brûlées.

Au cœur de la Bidée, y’a une cité.

Dans cette cité, y’a des garages et des panneaux rouillés.

Au cœur de la Bidée, y’a une cité.

Dans cette cité, y’a même des injures sur les murs.

Pour moi cette cité, elle doit changer.

Selyan

Ma cité est dégradée

Au cœur de la Bidée tout est rasé.

A la cité de la Bidée tout est emmêlé,

Dans la cité de la Bidée il y a des fenêtres cassées.

A la Bidée il y a des caves et des voitures brûlées.

Dans la cité de la Bidée il y a des bâtiments brûlés.

La police et les pompiers tournent autour de la Bidée

à cause des caves et des voitures brûlées.

Dans mon quartier il y a des accidents partout.

Mais ma Bidée je voudrais la rénover.

Voici mon quartier la Bidée !!!

Sihem

Ma cité la Bidée

J’habite dans une cité qui s’appelle la Bidée.

Il y a des gens énervés quand leurs caves sont brûlées.

Il y a des bâtiments cassés et des grossièretés marquées.

A Epernay eux leur quartier n’a pas de carreaux cassés

Et de bâtiments brûlés.

Une fois je marchais pour aller à la Vallée

Et sous mon pied je trouve une carte d’identité.

Si vous avez un PC tapez la « Bidée »

Et vous verrez mon bloc en train d’brûler

Et des gens en train d’paniquer...

Mais dans mon quartier j’n’ai pas aimé

Quand ils ont brûlé les bâtiments,

Des habitants ont dû déménager.

Mais la Bidée c’est mieux que d’habiter dans un foyer

Et la Bidée c’est mon quartier.

Melvin

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Les élèves de CM2 :

ACONDION Avionessa, AKOUCHI Inès, BALLA Shnaïda, BANVIN Glory,

BECUWE Chloé, BENCHIHA Aziz, BOUZERIBA Rani, DE OLIVEIRA Julien,

DECELLE Isaak, DOS SANTOS Stéphanie, FARIA Benjamin, HAUTION Chloé,

JACQUEMIN Jessica, KAYA Nisanur, KHAMOULI Nadia, MEKOUI Darryl,

OZYUREK Sémanur, RITZLER Clément, SEGHIR Wafa, TAJRI Soufiane,

TOUATI Erine, ZARDAH Safia


Un coup de théâtre à la Bidée

Classes de CM2 de Mlle Duquesnoy

Elémentaire Pierre Curie

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Un coup de théâtre à la Bidée

Au Grand Tribunal de Châlons, dans la magnifique salle au tableau de juge et aux merveilleuses

peintures sur plafond, se déroulait le procès de la Bidée…

Les habitants du quartier étaient très embêtés de venir au tribunal pour défendre leur quartier

alors que d’autres étaient là pour enfoncer la Bidée. Il y avait beaucoup de bruits, les

avocats criaient de partout. Personne ne voulait que la Bidée soit rénovée sauf…

Le juge entra dans la salle. Les gens se levèrent comme pour le saluer. Une des parties dit

qu’elle était dangereuse et inanimée, la partie adverse dit qu’elle était culturellement riche, jolie…

Pensez-vous que la Bidée soit vraiment inanimée et dangereuse ?

« Ecoutez si la Bidée est rénovée, ça sera une bonne idée, il y aura plus de sécurité, plus de

propreté, plus de gardiens dans les immeubles et plus de parcs à jeux…

- « Oui, mais… Plus de gens quitteront la Bidée ! »

Le juge se leva et dit : « Stop !! La Bidée sera rénovée et c’est tout ! ». Certains sautèrent

de joie et l’autre partie était très triste de la décision du juge.

Trouvez-vous que la décision du juge soit correcte ? Moi, non !

Quelques jours plus tard, un matin bien froid, des gens s’appelèrent pour se réunir. A la boulangerie,

ils se dirent : « Bon alors vous êtes prêts les gars ? »

- « Oui, c’est bon, on peut y aller. »

Je vois sur votre tête que vous sentez que ça va mal se passer… Je vais vous raconter la suite.

Ils étaient très mécontents car ils voulaient rénover la Bidée. Ils crièrent « Non, non à la démolition

de la Bidée ». D’autres dirent « Oui, Oui, Oui », alors ils se bagarrèrent, ils s’injurièrent, prirent des

panneaux et tous se mirent en route. Ils finirent par s’énerver et décidèrent de brûler des poubelles.

Une personne venue de nulle part essaya de les arrêter mais ils n’en firent qu’à leur tête et mirent toute

leur colère sur lui.

I Un coup de théâtre à la Bidée I Classe de CM2 de M lle Duquesnoy I


Au moment où la Bidée se déchaînait, un ange vêtu de blanc, avec de grandes ailes arriva. Les gens

curieux, un peu peureux, s’approchèrent…

« vvvous êtes un un vvvvrai ananange ?

- Oui.

- Et pppppourquooi êtes vous venu ici ?

- Parce que vous vous battez et brûlez des poubelles.

- Mais on est énervé ! C’est le maire qui t’envoie ?

- Non, on m’a envoyé pour vous montrer le futur de votre quartier que vous aimez tant.

- Est-ce qu’on peut le voir ?

- Mais bien sûr, enfin on y vient ! Vous allez passer par ce panneau de publicité… Alors vous y allez ?!

Mais vous n’avez que deux heures ! »

Scène 1 :

Les visiteurs

Les 2 visiteurs, Sarah et Jeff arrivent chacun d’un côté de la scène, en se promenant.

Sarah : Bonjour Monsieur !

Jeff : Bonjour Madame.

Olivier entre.

Olivier : J’ai aperçu des gardiens qui faisaient la garde dans le parc quand je suis sorti.

Sarah : Maintenant que tu me le dis, je peux sortir le soir sans danger.

Jeff : J’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit que le quartier était sécurisé et je suis rassuré !

Olivier : Je vais voir les nouveaux habitants comme vous, je vais vous présenter le quartier.

Sarah et Jeff (ensemble) : Oh, OUI ! Nous serions très contents de visiter le quartier !

Olivier : Allons – y !

Les 3 personnages sortent.

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I Un coup de théâtre à la Bidée I Classe de CM2 de M lle Duquesnoy I

Scène 2 :

La sécurité routière

Mélissa et Matthieu entrent avec une chaise et les installent côte à côte.

Mathieu : Bonjour Madame !

Mélissa : Bonjour Monsieur !

Matthieu : c’est un beau jour pour se promener en voiture, pour faire les magasins.

(Pause, puis en avançant vers le devant de la scène)

Est-ce que vous respectez les panneaux d’indication ? Est-ce que vous grillez les feux rouges ? Est-ce que

vous mettez les clignotants ? Est-ce que vous ralentissez au stop ?….. Sinon je ne vais pas avec vous !

Mélissa (en avançant vers Matthieu) : OUI, je respecte les panneaux d’indication ! NON, je ne grille

pas les feux rouges ! OUI, je mets mes clignotants pour tourner. OUI, je ralentis au stop ! Pourquoi

toutes ces questions ????

Matthieu : parce que ça me rappelle un accident.

Mélissa : Allez, venez !

Ils montent en voiture et roulent.

Matthieu (criant) : Attention au stop !!!!!!!!

Mélissa : Je ralentis, pardon, je ne l’avais pas vu.

Matthieu : Faites attention la prochaine fois. Continuez à rouler, les magasins vont fermer.

Ils roulent.

Matthieu : OH ! Regardez, ils ont mis des nouveaux panneaux pour avertir des bosses, des écoles et

des limitations de vitesse.

Les panneaux (longeant la scène pour sortir): Les bosses, les écoles, les limitations (bis)

Les visiteurs arrivent et s’arrêtent pour traverser devant la voiture.

Mélissa (montrant les piétons) : C’est bien pour les nouveaux habitants venus d’autres villes et d’autres pays.

Ils repartent.

Matthieu et Mélissa : Enfin, nous sommes arrivés !

Ils sortent de la voiture et sortent de scène.


Scène 3 :

La propreté du quartier

Les visiteurs se promènent et hument l’air en disant : Humm !

Ils sortent.

Luc : Hmmmmm, ça sent bon !

Lucas : Oui, ça sent bon car ils ont nettoyé ce matin. Et aussi, il y a plein de poubelles : une jaune pour

les papiers, une verte pour les verres, une rouge pour le plastique et la noire pour ce qu’il reste... (en

les montrant au public), la noire, la rouge, la verte, la jaune.

Tina : tu as raison ! Maintenant, il y a pleiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin de gens qui recyclent.

Luc : Regarde ! Le jardin est rempli d’oiseaux et de fleurs !

Lucas : Oui, c’est beau car il a fait pousser des fleurs en mettant des graines.

Tina : Tu as raison.

Luc : Allez, allons nettoyer les immeubles.

Lucas : D’accord, allons-y !

Ils prennent tous les trois un balai.

Tina : Il faut ramasser les déchets et les jeter.

Ensemble : Ramasser les déchets et les jeter… Nettoyer les couloirs …. A coups de balai …… (en

sortant un chiffon de leurs poches) essuyer les vitres avec un produit anti-tâches.

Ensemble : Nous avons fini !

Lucas : Allons boire une boisson froide avec des gâteaux à la boulangerie du quartier.

Tina : D’accord, on y va !

Ils partent et s’installent à une table.

Les visiteurs (arrivent et remarquent la propreté) : Oh ça sent bon, et c’est propre.

Tina, Luc et Lucas (ravis) : Nous sommes contents.

Ils se lèvent et sortent.

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I Un coup de théâtre à la Bidée I Classe de CM2 de M lle Duquesnoy I

Scène 4 :

Le jardin

Les visiteurs sortent en fond de scène et croisent Marjorie qui entre et se dirige vers le jardin.

Marjorie : Aujourd’hui, j’ai beaucoup de travail car les légumes sont gelés. (Elle s’avance vers le public)

J’aurais besoin de deux personnes, un (en désignant un spectateur) et deux (désignant un autre spectateur).

Les spectateurs, Sabrina et Camélia, se lèvent et la rejoignent sur scène.

Marjorie (devant le jardin) : Alors je vais vous expliquer la situation, il faut : ramasser les légumes gelés et

les jeter.

Ensemble : Ramasser les légumes gelés et les jeter (bis)….

Ils saisissent leurs outils et avancent vers le public en chantant :

Ensemble (air des 7 nains) : Nous sommes, nous sommes les meilleurs jardiniers, les meilleurs jardiniers de

toute la Bidée !

Ensemble : Piocher la terre et ratisser (bis) ; tailler les rosiers et arroser (bis).

Ils reposent les outils et devant le jardin …

Sabrina : Cela nous prendra du temps pour faire ça !

Camélia : Mais il faut le temps qu’il faudra pour remettre le jardin en état ….

Ensemble : au CŒUR de la Bidée !

Camélia : Maintenant que c’est fini, on organisera une fête pour inaugurer le nouveau jardin. On enverra

des invitations aux …

Ensemble : habitants du quartier !

Camélia : pour leur dire qu’il y aura une fête pour inaugurer …

Ensemble : le nouveau potager !

Camélia : Vous pourrez ramasser les nouveaux fruits et légumes.

Ensemble, ils se tournent et chantent en partant

Ensemble : Nous sommes, nous sommes les meilleurs jardiniers, les meilleurs jardiniers de toute la (ils se

retournent vers le public) Bidée !

Ils sortent. Les visiteurs arrivent et ramassent des fruits et de légumes, puis ils sortent.


Scène 5 :

Le carnaval

Deux grandes dames se promènent avec leurs enfants et vont au carnaval. Les deux dames se rencontrent

et discutent.

Pauline : Bonjour madame.

Sémanur : Bonjour, comment allez-vous ?

Pauline : Ça va et vous ?

Sémanur : Oui, ça va. Je vais aller chercher ma fi lle Cloé à l’école Curie.

Pauline : Oh moi aussi, je vais chercher ma fi lle Nisanur, à l’école Curie ! Allons y ensemble !

Chloé : Bonjour Nisanur.

Nisanur : Bonjour Chloé.

Le carnaval passe.

Chloé : Nisanur, regarde comme c’est beau !

Nisanur : Oui, c’est beau ce carnaval.

Semanur : Oui, c’est bien, il y en a souvent dans le quartier. Allons chercher des confettis.

Toutes ensemble : Oh, oui ! C’est excellent comme idée.

Pauline : Je connais un vendeur pas très loin qui est sympa et qui n’est pas cher.

Elles vont acheter des confettis, sortent et reviennent en suivant le carnaval.

Sémanur : il y a des gens qui s’amusent bien dans le carnaval. Je connais le monsieur qui organise le

carnaval, il est gentil. Il l’organise tous les ans.

Pauline : Il y aura une fête dans une semaine.

Chloé : Super

Ils dansent tous ensemble.

Elles sortent en suivant le carnaval.

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I Un coup de théâtre à la Bidée I Classe de CM2 de M lle Duquesnoy I

Scène 6 :

La fête

Après la rénovation la mairie organise une fête à la Bidée pour toutes les cultures.

Trois des habitants, l’africain, le portugais et l’arabe, installent la salle pour la fête. Puis en attendant les

habitants, ils dialoguent.

Arabe (en criant) : Qui veut goûter à mon gâteau arabe ?

Portugais : Moi, je veux bien … mais mon fils a une forte fièvre, il …

Arabe : Moi quand ma fille est malade, je lui donne du thé à la menthe.

Portugais : Merci, on échange. Je te donne une recette spéciale portugaise, … une merveille !

Africain : Moi j’ai des CD de musique qui me servent à rien. Je peux vous les donner.

Portugais : Moi, j’aime bien les musiques africaines.

Arabe : Moi aussi !

Africain : Attendez, je vais les chercher !

Il sort et revient.

Arabe (joyeux et en criant) : Aujourd’hui, c’est la fête, il faut en profiter !

Les visiteurs arrivent, les habitants aussi.

Africain : Passons à l’action.

Il met de la musique, tout le monde danse.

Portugais (s’avançant vers le public) : C’est la meilleure soirée de ma vie !

Arabe (s’avançant à côté) : Faudra qu’on demande s’il y aura encore des fêtes comme ça !

Africain (les rejoignant) : Il y en aura sûrement cette semaine !

Ils continuent à danser. Le Maire arrive.

Le maire : Allez, c’est l’heure, il faut ranger !

Portugais : Oh, non ! Pourquoi maintenant ? On commence à s’amuser …

Le maire : Bon, d’accord, je vous laisse encore 2 heures mais après, on range tout. Je vous fais confiance.

Africain : Merci Monsieur Le Maire, je voterai pour vous !

La danse reprend, entrée d’autres habitants.

Le maire : Allez, on range tout !

Tout le monde se met à ranger et sort de scène au fur et à mesure, laisser seule une petite fille sur scène.


Scène 7 :

Les jeux

Sophie, la petite fille joue à la marelle, deux garçons entrent et discutent :

Matthieu : C’est tranquille la Bidée comparé à d’autres quartiers ou villes où il ya des incidents.

Mohamed : C’est bien, on peu sortir.

Matthieu : Je suis d’accord, on peut jouer…..

Ils voient la petite fille.

Ensemble : …. à la marelle !

Les trois enfants jouent.

Ensemble : à la corde à sauter.

Les trois enfants jouent.

Sophie (s’arrêtant) : C’est l’heure de l’école !

Elle sautille pour prendre son cartable, les deux garçons font la route :

Matthieu et Mohamed : Traverser, traverser, c’est l’heure de l’école.

Sophie passe, ils la suivent et sortent.

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7 x 7 = 49

I Un coup de théâtre à la Bidée I Classe de CM2 de M lle Duquesnoy I

Scène 8 :

L’école

Des élèves entrent de tous les côtés et s’installent pour travailler. Le maître arrive.

La maîtresse : Bonjour, assoyez-vous. Est-ce que vous avez fait vos devoirs ?

Elèves ensemble : Oui, nous les avons faits.

La maîtresse : Aujourd’hui nous allons faire de la conjugaison, après ce sera la récréation puis nous ferons

l’évaluation de maths. Prenez votre ardoise.

Les élèves sortent ensemble leurs ardoises.

La maîtresse : Récitez-moi le verbe « chanter » au présent.

Les élèves : Je chante, tu chantes, s, il chante, nous chantons, o-n-s, vous chantez e-z-, ils chantent, e-n-t !

La maîtresse : Très bien ! Excellent ! Récitez-moi le verbe « finir » au présent.

Les élèves : Je finis, i-s, tu finis, i-s, il finit, i-t, nous finissons, o-n-s, vous finissez, e-z, ils finissent, e-n-t !

La maîtresse : Excellent ! Parfait !

Ça sonne, c’est la récréation.

La maîtresse : Vous pouvez sortir.

Les élèves sortent et font de petits groupes sur scène.

Wafa : Vous jouez à quoi ?

Darryl et Glory : Nous ne jouons pas, nous apprenons notre leçon.

Nisanur : Tu joues à quoi ?

Avionessa : Je joue à la marelle !

Inès : Vous jouez à quoi ?

Chloé et Stéphanie : Nous ne jouons pas, nous apprenons notre leçon.

Inès : Ah, oui, bonne idée ! Moi aussi je vais l’apprendre.

Ça sonne, la récréation est finie. Les élèves vont se ranger devant la maîtresse. Ils rentrent en classe.

La maîtresse : C’est l’heure de l’évaluation de maths. Je vais vous distribuer les cahiers. (Elle distribue)

Au bout de quelques temps, un élève lève le doigt.

La maîtresse : Oui ?

Glory : J’ai fini.

La maîtresse : Tu peux prendre un livre.

9 x 9 = 81

7 x 8 = 56


Darryl : Maîtresse, vous pouvez me prêter une gomme ?

La maîtresse : Attends je vais voir si j’en ai…

Wafa : Maîtresse, si vous voulez, je peux lui prêter une gomme.

La maîtresse : Ca serait gentil.

Les élèves, ensemble : Nous avons fi ni.

La maîtresse ramasse les cahiers.

La maîtresse : Faites votre cartable, ça va sonner.

Les élèves font leur cartable, il est 16h30, ça sonne.

La maîtresse : Bonne soirée, à demain et surtout apprenez bien vos leçons.

Ensemble : Oui, à demain Maîtresse

Les élèves sortent.

Epilogue

Les gens revinrent de leur voyage avec l’ange…

Ils dirent qu’ils voulaient cette Bidée là pour leurs enfants.

- Si vous voulez cette Bidée là, il faut arrêter les manifestations !

Et la Bidée redeviendra belle et joyeuse.

La Bidée redevint donc calme et paisible.

Ensuite les gens de la Bidée fi rent la fête en l’honneur

de l’ange et lui dirent MERCI !!

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Les élèves de CM2 :

AKPADJI Cindy, ARBAOUCH Hamed, BENALLEL Amine, COBANOGLU Efzhelan,

DJEBRANI Mehdi, EL BOUJADI Rizlane, FERON Mathilda, FUSILI Julia, GOVAERT Typhanie,

GRINGUILLARD Remy, GUINARD Vanessa, JEAN-MARIE James, LEFORT Océane,

MARDIROSSYAN Elen, MOUZON Amélia, MUTOMBO Gracia, NEKAZ Hamza,

SMEESTERS Taylor, SOSSON Guillaume, TCHATCHOUA Cathy, UKAJ Gzim, VAUTIER Coralie

Les élèves de 6 ème :

Lisa LUBIN, Florianne BEURTON, André CAMPION, Antoine ROLLET, Théo DROUET,

Théa CHAILLE, Camille BUSQUET, Justine FEVRE, Bilal BENSLIMANE


Gare d’Orléans : terminus pour le passé

Classe de CM2 de Mme Tétienne

et classe de 6 ème de Mme Destrez et Mme Lassasseigne

Ecole Ferdinand Buisson, collège Nicolas Appert

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Gare d’Orléans :

terminus pour le passé

Le quartier d’Orléans était en

plein bouleversement. De nombreuses

familles avaient déménagé

car leur immeuble allait

être démoli. Le chantier était

devenu le terrain de jeux des

enfants. Souvent, on pouvait

rencontrer Paul, Louis et Marie.

Ils avaient tous les trois onze

ans et se connaissaient depuis

la maternelle. Maintenant, ils

allaient au collège Nicolas Appert

en sixième.

Marie, ce qui comptait le plus

dans sa vie c’était son quartier,

et ses deux copains Paul et

Louis. Eux, c’étaient ses supers

amis. Parfois ils se disputaient,

mais se réconciliaient toujours.

A l’école maternelle, ils étaient

quatre, mais l’un d’entre eux

avait déménagé et depuis ils

étaient trois inséparables.

Paul, c’était l’intellectuel de la

bande. En classe, il trouvait

toujours les bonnes réponses

avant tout le monde, il aidait les

autres et était très amical. Physiquement,

il était plutôt petit et

menu avec des petites lunettes

sur le bout du nez qu’il portait

toujours de travers.

Louis, c’était le petit rigolo de

service. Il avait toujours une blague

à raconter et avait toujours

le sourire. Il avait aussi faim en

permanence. Ainsi, il amenait

des provisions à l’école et ses

amis aimaient bien parce qu’il

les partageait. Comme Paul, il

habitait la tour d’Orléans. Souvent,

le soir, il sortait pour promener

son chien et alors, ils se

retrouvaient tous au parc derrière

la barre d’Orléans. De là,

ils se dirigeaient tranquillement

vers le champignon en béton

qui se trouvait derrière l’école

maternelle. Ils s’arrêtaient régulièrement

à chaque fois que le

chien faisait ses petits besoins.

Bien sur, Louis avait un sac en

plastique pour ramasser derrière

lui.

Marie habitait dans le bâtiment

qui allait être coupé en deux

pour en faire deux immeubles

séparés. Elle était contente car

on allait enfin la refaire à neuf

cette barre. Puis on referait le

parc avec des arbres, des plantes

et des jeux pour les petits.

Ça allait être super !

Un soir, ce n’était pas un soir

comme les autres, le ciel avait

une drôle de couleur et le vent

soufflait un peu plus fort que

d’habitude, les trois amis impatients

de se retrouver après la

classe avaient organisé un rendez-vous

secret rue d’Orléans

devant l’immeuble en démolition

:

- C’est vraiment gentil d’être

venu ! s’exclama Paul.

- Tu ne pensais quand même

pas que l’on ne viendrait pas ?

répondit Marie.

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


- Je pensais que Louis viendrait,

mais pas toi, dit Paul.

- Et pourquoi pas moi, se fâcha

Marie ?

- Parce que tu es une fille, se

moqua Paul.

- Hè, ho, arrêtez de vous disputer,

c’est embêtant à la fin !

- On est là pour jouer ! cria

Louis, énervé.

- D’accord, mais à quoi on

joue ? demanda Marie.

- Pourquoi pas au chat ? répondit

Paul.

- Non, je n’aime pas ce jeu. On

joue à cache-cache, vous voulez

bien ? dit Louis.

- Oui, pourquoi n’y ai-je pas

pensé plus tôt ! s’exclama

Paul.

- Bonne idée, Louis, mais c’est

toi qui comptes, soupira Marie.

- Bon d’accord, mais le premier

que je trouve, c’est lui qui

comptera après, rajouta-t-il.

- Tu comptes jusqu’à 20 ! Vite,

Paul, allons nous cacher, s’exclama

Marie !

- Cachons-nous dans l’immeuble

au 15 ! Là-bas Louis ne nous

trouvera pas, chuchota Paul.

- Tout en haut, au dernier étage !

répondit Marie tout bas.

- 18, 19, 20, j’arrive, cria

Louis.

- Zut, je ne suis pas encore cachée

! se dit Marie.

- Je t’ai trouvée, Marie ! Tu es

dans les escaliers, s’exclama

Louis !

- Ce n’est pas juste, je n’étais

pas encore cachée ! se lamenta

Marie.

- C’est de ta faute : c’est toi qui

m’as dit de compter jusqu’à

20. Et puis tu aurais pu te

cacher plus près. Il y a plein

d’autres cachettes :

- Dans l’immeuble, c’est interdit

! s’énerva Marie.

La dispute leur avait ôté toute

envie de jouer. Ils décidèrent de

rentrer.

En chemin, ils passèrent devant

la grue. Le numéro onze était

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déjà bien grignoté. Marie regarda

l’engin et ça lui faisait

une drôle d’impression, ça lui

faisait comme un vide dans le

cœur. C’était là qu’habitait leur

ami qui était parti. C’était le

dernier souvenir qui leur restait

de lui. On ne voyait plus qu’une

fenêtre de son ancien appartement.

Ils étaient là à regarder

quand soudain rompant le silence,

Paul fit une proposition

stupéfiante :

- Si on montait voir.

Ils se sont regardés sans rien

dire pendant un bon moment,

puis :

- Ca ne va pas la tête, Paul, dit

Marie en se retournant vers

lui ! C’est dangereux, ça peut

s’effondrer et puis… c’est interdit

! Et puis…Et puis…

- Et puis moi, j’ai faim, dit Louis

qui ne pensait qu’à son estomac.

- Vous êtes des trouillards ! Il n’y

a pas de risque, j’y suis monté

hier.

Louis et Marie dévisagèrent Paul

avec de grands yeux. C’était incroyable.

Paul se risquer dans

un endroit pareil …

- Vous n’avez pas confiance ?

Mon grand frère était avec

moi et on a trouvé un passage.

C’est sans risque.

- Vous êtes allés jusqu’à l’appartement

?

- Non mais seulement devant

la porte. Ecoutez, vous faites

comme vous voulez mais moi,

j’y vais. Vous n’avez qu’à m’attendre.

»

Et sur ces mots, il escalada le

tas de gravats et commença à

passer derrière la palissade qui

protégeait le chantier.

- On ne restera pas longtemps,

demande Louis, parce que ….

- Ouais, on sait, t’as faim. Bon

allez, on le suit !

Marie n’eut pas l’impression

que ce fût elle qui avait prononcé

cette phrase. Pourtant, elle

était bien derrière Paul et les

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


voilà tous les trois s’enfonçant

dans ce micmac de béton et de

ferraille tordues.

- Mais qu’est ce qui m’a pris ?

pensa-t-elle.

Ils commencèrent à entrer à l’intérieur.

Ce n’était pas facile :

il faisait sombre et il y avait

beaucoup de pierres, de verre

cassé, de barres de fer et des

tas de choses qui encombraient

le passage vers les escaliers :

- T’aurais pu prendre une lampe,

Paul, dit Marie. On n’y

voit rien, on va se casser quelque

chose !

- T’inquiète pas, dès qu’on a

trouvé les escaliers, on monte

au 3 ème et on entre dans l’appartement.

Quand on y sera,

il y a la fenêtre et on verra

clair. »

Elle se demandait ce qu’ils allaient

trouver dedans. Elle demanda

à Paul.

- Tu verras bien, répondit- il un

peu brutalement.

Ils avançaient péniblement dans

le couloir et soudain ils trouvèrent

les escaliers. Ils s’engagèrent

dans l’étroit passage qui

les bouchait. Ils montèrent silencieusement

jusqu’à la porte.

Un grand panneau était collé

dessus :

ENTREE INTERDITE DANGER

- Paul, est ce bien raisonnable

d’entrer la dedans, souffla

Louis ?

- Pour le savoir, il faut entrer.

La porte était bloquée, il se sentit

soulagé. Mais Paul insista et

donna un grand coup de pied

dedans et elle se cassa en deux

dans un bruit épouvantable. Ils

se glissèrent à l’intérieur.

L’appartement était sale, vide et

triste. Les papiers peints étaient

arrachés. Il y avait une tonne de

poussière et des toiles d’araignées

énormes. Marie espéra

que ces bestioles se tiendraient

tranquille.

- ATCHOUM !

- AAAAH ! Ça va pas, non !

crièrent Paul et Marie.

Cet idiot de Louis leur avait fait

une peur bleue avec son éternuement.

La chambre où ils venaient

jouer était complètement dévastée.

Plus rien ne restait de leurs

jeux, de leurs rires, de leurs

disputes. Rien. C’était tellement

désolant qu’ils se mirent à pleurnicher

tous les trois comme des

bébés :

- Bon, mais c’est pas tout ça, dit

Louis en reniflant, mais faudrait

qu’on y aille parce que…

- T’as faim ! répondirent les

deux autres en chœur.

Alors ils éclatèrent de rire. Un

vrai fou rire. Impossible de s’arrêter.

Après quelques minutes,

ils reprirent leurs esprits et se

dirigèrent vers la sortie. Là, en

passant devant la fenêtre qui

donnait sur la rue d’Orléans,

ils s’arrêtèrent un moment.

Ils regardèrent au travers du

carreau les anciens magasins

désormais fermés. Il y avait le

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« A DEUX PAS » où ils allaient

acheter leurs bonbons et leurs

jouets. C’était un peu leur repaire.

Le propriétaire était sympa,

il leur donnait beaucoup de

choses. Les habitants avaient

l’habitude aussi d’y faire des

petites courses car le magasin

était ouvert tard. Il y avait beaucoup

de choix mais c’était un

peu cher.

Soudain, une espèce de grognement

se fit entendre. Marie

demanda à Louis si ce n’était

pas son ventre qui faisait ce

bruit là. Il la regarda avec des

yeux ronds :

- Non, c’est pas moi, mais j’ai

entendu ça aussi.

- Moi aussi, dit Pierre, qui

n’avait pas été très bavard jusque

là.

A nouveau, ils entendirent quelque

chose, mais cette fois ci,

c’était plutôt un grondement

sourd.

- Qu’est ce que c’est que ça ?

demanda Louis, un peu inquiet

- Je ne sais pas, répondit Paul

qui n’avait pas l’air très rassuré

non plus.

Marie n’en menait pas large et

elle commença à regretter d’être

venue. Par la fenêtre, elle vit le

ciel qui s’obscurcit très vite.

- Ce doit être un orage, dit-elle

pour se rassurer un peu.

Mais le vacarme qui suivit ses

paroles vint la contredire immédiatement.

Les murs commencèrent

à trembler :

- Fichons le camp, cria Paul !

Ils se ruèrent dans le couloir. Il

y faisait noir et tout l’immeuble

tremblait :

- Mais qu’est ce qui se passe !

Mais qu’est ce qui se passe !

- Un tremblement de terre, dit

Paul dans un souffle.

- On va mouriiiiiir, gémit Louis !

D’un seul coup, une espèce de

grosse mâchoire passa devant

eux broyant tout sur son passage

:

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


- C’est la grue ! C’est la grue !

- Mais c’est pas possible, il est

7 heures du soir il n’y a plus

d’ouvrier, hurla Paul !

Ils coururent droit devant eux,

sautant par-dessus les gravats.

Le bruit était épouvantable. Ils

se protégèrent les yeux de la

poussière qui les aveuglait.

Soudain Marie sentit comme un

vide devant elle. Elle stoppa

net. C’était un trou, énorme.

- Attention devant, cria-t-elle à

l’attention de ses deux amis !

Mais trop tard. Emportés par

leur élan, ils se percutèrent

tous les trois et tombèrent :

- AAAAH

La glissade fut interminable

……………

Marie se réveilla la première. Il

faisait noir et elle était couverte

de poussière. Elle appela ses

amis mais personne ne répondit.

Sa voix résonnait comme

dans une caverne. Le plus effrayant,

c’était ce silence. Elle

n’entendait plus le vacarme de

la grue, ni le fracas des murs

qui s’effondraient. La peur la

gagna progressivement. Elle

s’assit sur une pierre et se mit

à pleurer.

Soudain, elle sentit quelque

chose remuer à côté d’elle et

qui se mit à tousser bruyamment.

C’était Louis qui émergeait

de dessous un tas de

gravats. Il s’ébroua comme

son chien et grommela quelque

chose du genre « où suis-je ».

Puis il vit Marie et tout deux se

mirent à rire nerveusement. Peu

à peu, l’obscurité se dissipait et

ils pouvaient enfin découvrir le

lieu où ils se trouvaient. Cela

ressemblait à un tunnel ou une

espèce de galerie souterraine.

- Mais où est donc passé Paul,

se demandèrent-ils.

Ils entendirent alors des pas.

Quelqu’un s’approchait d’eux.

C’était Paul. Comme eux, il

était couvert de poussière, il

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avait perdu ses lunettes et avait

une vilaine griffe sur la joue.

Après de brèves retrouvailles,

Marie demanda aux garçons

s’ils avaient une idée de l’endroit

où ils pouvaient bien se

trouver. Paul se mit à réfléchir :

- Voyons, nous sommes sous

l’immeuble, un long boyau

noir, on sent l’humidité de la

roche …Les caves…Les caves

sous la voie creuse ! On dit

bien que le sous-sol est troué

comme du gruyère sur des kilomètres

et que les Romains les

creusaient déjà.

- Mais c’est un vrai labyrinthe,

gémit Louis. Jamais on ne sortira

de là- dedans !

- Si, répondit Marie, il faut

s’éloigner de la Marne, donc

remonter la pente vers la voie

creuse. On trouvera bien une

sortie par là.

- Mais on ne sent pas la pente,

dit Paul.

Il prit alors une poignée de

poussière et la jeta en l’air. Le

nuage qu’il provoqua ainsi se

dirigea vers leur droite.

- Par là, à gauche dit Paul. Le

courant d’air vient de ce bout.

Il y a donc une sortie.

Ils se mirent en route. Après plusieurs

longues minutes de pénible

progression, Louis trébucha

et s’étala de tout son long en

poussant un juron épouvantable

:

- J’ai buté sur un truc en ferraille,

grogna t-il en se relevant !

Paul, intrigué, se pencha :

- Des rails, suivons les !

Après un bon quart d’heure

de marche la galerie qu’ils

suivaient sembla s’élargir. Ils

commencèrent à percevoir des

bruits qu’ils avaient encore du

mal à identifier puis, au bout

d’un couloir, une grande bouffée

d’air frais :

- On est sorti, crièrent-ils en

chœur !

Ils se mirent à courir comme des

fous.

Et tout d’un coup, ils se retrouvèrent

sur les rails d’une gare,

mais ils ne savaient pas laquelle.

Louis, tombé au milieu des

voies se releva rapidement, très

effrayé. Des hommes en uniforme

- [des soldats ?] - criaient

vers lui. Ils regardèrent autour

d’eux, ils virent une foule de

gens marchant, courant dans

tous les sens. Les femmes portaient

des robes longues et des

chapeaux étranges, des ouvriers

allaient et venaient auprès des

machines, vérifiaient les freins,

accrochaient des wagons à de

grosses locomotives à vapeur.

On entendait des sifflements

qui venaient de partout et une

épaisse fumée montait sous

une toiture arrondie au-dessus

d’eux. Ils étaient tout étourdis.

Ils se dépêchèrent de traverser

les voies. Ils virent de loin une

pancarte, ils se rapprochèrent

et déçus, ils pouvaient lire

« Bienvenue à la gare d’Orléans

».

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


Ils se dirent tous les trois :

- Oh non ! Nous sommes à Orléans…

dans la Loire !

Louis, paniqué, se mit à pleurer

:

- Maman, Papa, je suis perdu !

Plus jamais je ne désobéirai,

je vous le promets !

- Comment allons- nous faire

pour retourner à Châlons, se

lamentait Marie ?

Paul réfléchissait.

Dans sa tête, il se disait qu’il

avait déjà entendu ça quelque

part.

- Ah oui, je me rappelle, on en

avait parlé en CM2 en cours

d’éducation civique : on avait

construit une deuxième gare à

Châlons vers 1875 !

- 1875 ??? Ah ! Non ! Impossible

! hurlèrent les trois enfants.

- C’est bizarre, je ne reconnais

plus rien, s’écria Marie ! Mais

pourquoi l’immeuble n’est plus

là ?

- Pourtant nous étions bien dans

cet immeuble, rue d’Orléans et

non Gare d’Orléans dit Louis.

- Je ne reconnais plus rien et où

est passée la grue monstrueuse,

se lamentait Marie ?

- Mais nous sommes bien à Châlons,

tu vois cette rue plus loin,

c’est celle où on jouait après

le goûter, répondit Louis.

- Et là le long des quais, c’est

bien la menuiserie RIBEIRE,

et la maison en brique vers

le fond de la rue c’est bien la

maison où j’habitais quand

j’étais petit. Oui, ma maison

mais avant que l’on refasse le

garage.

- Avant, donc ça veut bien dire

que l’on est dans le passé…

- Oh noon ! Comment allonsnous

faire pour aller dans le

présent ? protesta Marie.

Ils partirent en courant pour

vérifier. Ils remontèrent l’Avenue

Jean Jaurès, inquiets car

la pancarte indiquait « rue du

faubourg de Marne. »

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- Mais nous sommes à Châlons,

regarde tu reconnais bien

l’école Jean Macé.

- Les gens sont habillés comme

dans les livres d’histoire, se

souvint Marie.

Ils partirent voir une dame avec

un chapeau à plumes et une

robe longue en dentelle :

- Bonjour Madame, on n’est

pas d’accord pour savoir dans

quel siècle nous sommes…

- Mais 1880, c’est le XIX° siècle

- Je vous emmène, allez !

- Euh… !

- Pas de discussion !

Alors, les enfants le suivirent.

Elle les conduisit dans une école,

avenue de Paris que Paul

connaissait déjà car c’est là qu’il

allait aux cours de judo et Louis

au Qwan ki do. On les sépara,

Marie dût entrer du côté « Ecole

de Filles » tandis que Louis et Paul

étaient dirigés de l’autre côté

« Ecole de Garçons ».

Côté garçons : ils entrèrent et le

maître leur dit

- Asseyez-vous, vous êtes en retard.

Montrez vos doigts !

Ils étaient morts de peur tandis

que le maître saisissait une

grande règle pour leur taper sur

le bout des doigts. Ils n’osaient

pas crier. Ensuite, ils furent étonnés

de voir qu’il se tenait sur

une estrade et qu’à côté de lui,

tourné vers le tableau, un camarade

qui était puni avait comme

des oreilles d’âne sur la tête.

- C’est encore plus sévère que

dans mon ancienne école ! dit

Paul.

- Chuut ! dit Louis qui avait peur

d’être puni.

Côté filles, Marie entrait elle

aussi. La maîtresse lui montra

une place à un vieux pupitre de

bois où le banc était collé à la

table. Elle était obligée d’écrire

avec un porte-plume qu’elle

trempait dans un godet qui se

trouvait dans un trou au bout de

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


la table. Il était rempli d’encre

violette. Il fallait écrire suivant

un modèle. Elle avait déjà fait

de grosses taches sur sa feuille

et en avait sur les doigts. Tout

le monde la regardait méchamment

car elle ne portait pas de

blouse comme les autres.

A la récréation, ils se retrouvèrent

et se sauvèrent.

Les enfants explorèrent alors

l’avenue de Paris pour rechercher

des lieux qu’ils avaient pu

connaître avant l’accident.

N’ayant pas trouvé de traces

de leur collège, ils décidèrent

d’aller jouer vers le dôme

qu’ils avaient souvent vu, depuis

la cour de récréation. Ce

n’était pas le lieu délabré qu’ils

avaient connu : le toit de la tour

paraissait neuf et tout autour

poussaient des vignes. Ils se

régalèrent avec les raisins. Sur

le sol, ils trouvèrent de multiples

cailloux. Louis dit :

- Celui qui lancera le caillou le

plus haut aura gagné tous mes

chewing-gums.

Marie prit un caillou et le lança,

puis vint le tour de Paul. Il

réussit à le lancer en plein dans

une vitre qui se brisa. Tout à

coup, un homme sortit de nulle

part. Effrayés, les trois enfants

quittèrent immédiatement le domaine.

Marie dit qu’ils feraient mieux

d’aller vers le moulin car elle

pensait qu’il n’y aurait personne

pour les embêter. Arrivés là-bas,

au moulin Morel, ils furent très

étonnés de le trouver en activité,

ils montèrent dans le moulin

et décidèrent de faire une partie

de cache-cache. Ils se chamaillèrent

car personne ne voulait

compter. C’est finalement

Paul qui dut compter jusqu’à

50. Marie vit des sacs de farine

et se cacha dedans. Louis

explora le moulin et se perdit.

Paul trouva Marie et rit car elle

était toute blanche. Les deux en-

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fants se mirent à chercher Louis

pendant une heure, mais il resta

introuvable. Il s’était finalement

glissé derrière les sacs de blé

et s’était endormi. Ils pensèrent

alors à leurs parents et ça les

rendirent tristes.

Paul eut soudain l’idée d’aller

à la bibliothèque pour chercher

dans les livres comment rentrer

chez eux. Ils se questionnèrent

pour savoir dans quelle bibliothèque

aller pour avoir les informations.

- On va à la bibliothèque Pompidou

ou à Diderot ? dit Marie.

- A la bibliothèque Diderot.

C’est plus facile de trouver des

livres, on se sert facilement

dans les rayons, dit Louis.

- Non, il y a plus de choix à la

Bibliothèque Pompidou ! cria

Marie.

- Mais réfléchissez un peu. Au temps

où nous sommes, elles n’existent

encore pas, affirma Paul.

- Ah oui…Mais où on va alors ?

s’exclama Marie.

- On pourrait à nouveau questionner

des passants pour savoir où

se trouve la bibliothèque, propose

Louis.

- Oh, pour une fois que tu as

une bonne idée, ricana Paul !

Les deux garçons et la fillette

se dirigèrent vers un couple de

personnes âgées, mais ils ne savaient

pas du tout.

- Je suis fatigué, je n’en peux

plus dit Louis et j’ai faim.

Les deux autres le consolèrent.

Ils franchirent le pont de Marne

et virent de nombreuses boutiques.

Louis décida d’entrer dans

le magasin de jouets. Quand il

poussa la porte, il fut surpris par

le bruit du carillon. Il était très

étonné de voir des jouets si anciens,

des voitures en bois, des

cordes à sauter pour les filles,

une boîte à musique où tournait

un petit manège, une poupée en

porcelaine. Ce qui l’étonnait le

plus était une sorte de cylindre

multicolore. Il tourna le manche

et cet objet glissait tout seul.

Le marchand de jouets lui dit :

- C’est une toupie, mon gamin.

Il répondit :

- Mais tous ces objets sont très

anciens, où sont passés les ordinateurs

et les jeux de console

?

- Je ne connais pas les consoles,

je ne fabrique que des jouets

en bois.

Près de la porte, il vit des cornets

surprises enveloppés dans

du papier journal, il trouva ça

laid.

- Vous n’avez pas de sachets de

bonbons ?

- Mais non, allez chez la boulangère

! répondit l’homme

qui était vêtu d’une chemise

blanche comme si c’était dimanche.

Il portait des bésicles,

et une grosse moustache lui

donnait l’air sévère. Il semblait

très méfiant. Louis sortit avec

crainte !

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


Dans la rue de Marne, il croisait

des gens riches, les femmes

avaient des robes longues et

tenaient des ombrelles. Il avait

honte en regardant ses vêtements

tout déchirés alors que

les autres garçons portaient des

costumes à col marin avec de

larges chapeaux comme sur les

photos de son arrière grandmère.

Bientôt, il vit la boulangerie. La

vitrine était ornée d’un beau

rideau blanc de dentelle. Il

poussa la porte et entra. Il sentit

aussitôt une bonne odeur de

pain chaud. Il avait tellement

faim ! La boulangère était petite

et plutôt grosse avec de longs

cheveux blonds retenus par un

foulard blanc, elle était vêtue

d’une robe longue élégante.

Elle s’adressa à lui d’une voix

douce en lui montrant une multitude

de bocaux où se trouvaient

des rouleaux de réglisse avec un

bonbon coloré au milieu, des su-

cres d’orge multicolores, des sucettes,

des sachets de Zan, des

roudoudous et elle rit quand il

lui montra sa pièce de un euro,

car il fallait payer en « francs

». Elle la jeta, mais lui donna

quand même des bonbons en

forme de quartiers d’orange et

un petit pain au lait qu’il avala

à toute vitesse. Un jeune garçon

apportait des pains dans un panier

en osier et les disposait sur

des étagères en fer. Une voix le

fit sursauter :

- Toujours aussi goinfre, Louis !

C’est alors qu’il reconnut le mitron.

C’était leur ami Pierre, celui

qui habitait avec eux autrefois,

enfin dans le futur, dans

l’immeuble, rue d’Orléans,

celui à cause de qui tout était

arrivé.

- Mais qu’est-ce que tu fais là ?

- Le fameux soir, j’étais là aussi.

Je vous ai vu entrer dans l’immeuble

et je vous ai suivis.

Comme je suis tombé après

vous, j’ai atterri plus loin, dans

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cette boulangerie.

- T’inquiète pas, on a un plan,

on reviendra te chercher !

Il lui lança un clin d’œil et se dépêcha

de rejoindre les autres.

Ils allèrent voir maintenant un

homme se dirigeant en charrette

vers la Mairie et le questionnèrent

:

- La bibliothèque ? Oui, elle se

trouve juste à côté de la Mairie.

Je peux vous emmener si

vous voulez ;

- Oui, avec grand plaisir, merci.

Arrivés devant le lieu, ils descendirent

de la charrette, il fallait

passer sous un porche, ouvrir

une large porte. Ils contemplèrent

l’immense escalier qui menait

sûrement à la bibliothèque.

Tout était si ancien que cela leur

semblait sinistre. Ils grimpèrent

les escaliers, ouvrirent une autre

porte et découvrirent l’immensité

des rayonnages. Ils trouvèrent

toutes sortes de livres :

Bricoler, La Chine…. Ils grim-

pèrent un escalier grinçant et se

faufilèrent silencieusement dans

les rayons. Arrivés en haut, ils

partirent chacun de leur côté.

Louis ne trouva rien et Paul que

des livres sans rapport avec la

magie ou le temps.

Marie pensa à fouiller dans

les niches et dans l’armoire

grillagée. Elle trouva un vieux

livre poussiéreux et souffla dessus.

On arrivait à peine à lire

« Remonter dans le temps…

2010 ».

Elle trouva une page où était

écrit « Egarés du temps, pour

remonter dans le présent, vous

devrez suivre les conseils du

Savant grec et réaliser une figure

géométrique magique

comportant 2 règles, 2 équerres,

une corde et un rapporteur

qui viendront des écoles du

quartier situées sur la ligne de

la connaissance. » Paul avait

trouvé des renseignements sur :

« Les phénomènes étranges

dans les caves de la Butte ».

On pouvait lire qu’il était dangereux

de s’aventurer dans les

profondeurs des caves et souterrains

creusés dans la craie

car ils étaient si anciens que

le temps y était perturbé. Louis

n’avait rien trouvé, mais il avait

fait connaissance d’un étudiant

qui se mit à leur expliquer le

théorème de Thales avec de

petites bandes de carton et ça

donnait ceci. (Il a bien voulu

leur donner le schéma).

La figure ressemblait à la voile

d’un bateau avec un angle appelé

a, l’ensemble s’appelant ∆

- on vous traduit : alpha-delta.

Delta comme « Delta plane »

disait Paul, qui commençait à

comprendre.

Paul dit :

- On va se séparer

- O.K.

Chacun se rendit dans une

école, Marie et Louis à l’Ecole

I Gare d’Orléans : terminus pour le passé I Classe de CM2 de M me Tétienne et classe de 6 ème de M me Destrez et M me Lassasseigne I


Jean Macé et Paul, à l’école

Condorcet. Ils attendirent que

l’on sonne la cloche de la récréation

et se glissèrent dans

les classes. Paul dut se cacher

dans un placard pendant deux

heures car le maître utilisait justement

l’équerre pour sa leçon.

Louis retourna chercher Pierre

à la boulangerie tandis que les

deux autres amis formaient la figure

géométrique dans un coin

de la Gare d’Orléans. Ils s’assirent

au centre, s’agrippant

les uns les autres et l’ensemble

décolla comme un deltaplane

fendant le temps.

Ils volaient au-dessus des nuages,

tout à coup, ils les traversèrent

et atterrirent devant un

immeuble.

- Super ! s’écrièrent en chœur

les quatre enfants quand ils

réalisèrent qu’ils étaient juste

devant l’immeuble.

- Nous sommes dans le présent,

s’exclama Paul !

- C’est trop beau, on a réussi,

pleura de joie Marie !

- Enfin ! Nous voilà arrivés !

On croirait un rêve, c’est merveilleux,

s’exclama Louis.

Ils serraient leur ami Pierre très

fort dans leurs bras.

- Rentrons chez nous, nous goûterons

des tartines de « Nutella

», proposa Marie.

- Bonjour Madame, dirent les

trois garçons.

- Coucou Maman ! on vient

goûter dit Marie à sa mère.

- C’est bizarre, on dirait que

Maman n’a pas remarqué que

nous étions partis, chuchota

Marie.

- Allons voir si nos mères ont

remarqué notre disparition, dit

Louis sur un ton craintif.

Plus tard…

- Nos mères n’ont rien vu, dit

Paul qui avait retrouvé ses lunettes

!

- Tant mieux.

Maintenant si vous passez dans

le quartier, le centre de l’immeuble

est complètement abattu. Si

vous voyez un groupe d’enfants

qui complotent, pas très

loin, accompagnés d’un petit

chien… Ce sont eux !

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Direction régionale

des affaires culturelles

Champagne-

Ardenne

ECHOS URBAINs est un projet issu d’une envie et d’un besoin de travailler avec les enfants des écoles de la Rive Gauche sur

les changements architecturaux dans leur quartier.

Ce livre est la finalisation de deux projets :

- une Projet Artistique Globalisé porté par l’Education Nationale en partenariat avec la Bibliothèque Médiathèque à Vocation

Régionale et M. J.C. Hanché, photographe.

- un projet porté et financé par le contrat Urbain de Cohésion Social de la ville de Châlons en Champagne.

Les classes participantes :

RRS Louis Grignon

Ecole élémentaire Pierre Curie :

- CE2 de Mlle Rageade et M. Roger

- CE2/CM1 de Mme Lefèbvre

- CM1 de Mme Fossier

- CM1/CM2 de Mlle Tadjenant

- CM2 de Mlle Duquesnoy

RRS Nicolas Appert :

Ecole Ferdinand Buisson :

- CM2 de Mme Tétienne

Collège Nicolas Appert :

- un groupe d’élèves de 6 ème

de Mme Destrez et Mme Lassasseigne

Création : Concepto Studio - Reims