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Bibliothèque départementale<br />
LES MOTS DU POTAGER<br />
abécédaire de souvenirs dans les maisons de retraite
Tous nos remerciements aux résidentes et aux<br />
résidents des maisons de retraite et hôpitaux ainsi<br />
qu’à leurs animatrices et animateurs, pour leur<br />
participation enthousiaste à ce livre de souvenirs.<br />
Catherine Badet (Vernoux-en-Vivarais)
Recueil de textes<br />
présentés par<br />
Sylvette Béraud-<br />
Williams, écrivain<br />
et ethnologue.<br />
Photographies<br />
réalisées par des<br />
“lecteurs jardiniers”<br />
de l’<strong>Ardèche</strong>
PRÉFACE<br />
C’est avec beaucoup<br />
d’émotion et de fierté<br />
que je préface cet ouvrage qui symbolise les nombreuses<br />
actions con<strong>du</strong>ites par le Conseil général<br />
auprès des personnes âgées dans le cadre <strong>du</strong> programme<br />
“Culture bleue”.Susciter et maintenir les<br />
liens avec la culture et la lecture,entretenir la vie<br />
sociale, stimuler la mémoire, provoquer des rencontres<br />
entre les générations, voilà nos missions<br />
vis-à-vis d’une population qui est à la fois un<br />
témoin <strong>du</strong> passé et un trait d’union vers l’avenir.<br />
<strong>Les</strong> impliquer dans la publication d’un ouvrage<br />
comme <strong>Les</strong> Mots <strong>du</strong> <strong>potager</strong>, c’est leur prouver<br />
que la vie continue, que leur expérience et leur<br />
vécu ont un sens, qu’ils peuvent s’inscrire dans<br />
une action, ici et maintenant, et que leur<br />
mémoire est prise en compte. En ravivant leurs<br />
souvenirs liés au jardin, c’est une partie de leur<br />
existence que l’on aborde, mais aussi un pan de
notre histoire et de notre patrimoine : évoquer<br />
les modes de vie d’hier permet notamment<br />
de comprendre les enjeux actuels sur nos liens<br />
avec la nature, dans une période où l’écologie<br />
est une priorité pour toute démarche politique<br />
et citoyenne responsable.<br />
Permettre aux seniors de s’accomplir en “cultivant<br />
leur jardin”, donner aux générations à<br />
venir un terreau fertile et des racines profondes<br />
sur lesquelles elles pourront s’épanouir,<br />
combiner le passé, le présent et l’avenir : tel<br />
est le sens de ce petit reccueil de souvenirs<br />
et de notre action auprès des personnes âgées<br />
qui ont plus que jamais un rôle important à<br />
jouer dans l’harmonie de notre région et de la<br />
société dans son ensemble.<br />
Olivier Pévérelli<br />
vice-président <strong>du</strong> Conseil général, délégué à la culture
INTRODUCTION<br />
“Le bout <strong>du</strong><br />
monde et le<br />
fond <strong>du</strong> jardin contiennent la même quantité de<br />
merveilles”, écrit Christian Bobin dans son roman<br />
Tout le monde est occupé. Cette pensée est pleinement<br />
illustrée par <strong>Les</strong> Mots <strong>du</strong> <strong>potager</strong>: des personnes<br />
âgées revisitent leur passé par le prisme <strong>du</strong><br />
jardin avec beaucoup de richesse et de sincérité.<br />
De A comme Air, à Z comme Zinnia, les références<br />
sont multiples. Elles disent aussi bien<br />
le travail de la terre que les parfums de l’enfance<br />
ou les saveurs de la vie. Elles évoquent<br />
à la fois les outils, les plantes, les fleurs et les<br />
maisons, les relations amicales, les ambiances<br />
familiales ou les étapes de l’existence.Elles exhalent<br />
enfin, et malgré la nostalgie qui les hante,<br />
un souffle de vie et de bonheur, fût-il per<strong>du</strong>…<br />
Véritable aboutissement d’une démarche au
long cours dans les établissements pour personnes<br />
âgées, cet abécédaire est avant tout un petit livre<br />
précieux. Entremêlant l’intime et le collectif, les<br />
petites histoires et la grande, il a la faculté de<br />
nous toucher au cœur tout en nous en apprenant<br />
beaucoup sur nos anciens, sur la société d’hier<br />
et sur notre histoire récente.<br />
Au fil des souvenirs qui s’égrènent,on se dit qu’à<br />
la manière <strong>du</strong> jardin dont nous parlait le poète,<br />
la mémoire recèle des merveilles et que le trésor<br />
de nos vies est parfois beaucoup plus proche<br />
qu’on ne le pense : pas au bout <strong>du</strong> monde, mais<br />
dans le fond <strong>du</strong> jardin ; pas seulement dans le présent,mais<br />
aussi dans un passé que les personnes<br />
âgées portent en elles et que ce beau recueil<br />
permet d’exhumer avec beaucoup d’intensité.<br />
Nelly Vingtdeux<br />
directrice de la Bibliothèque départementale
Jardins de mémoire<br />
Il y avait la maison et puis dans son prolongement<br />
le jardin, aussi soigné, aménagé, fréquenté<br />
qu’elle, le “chez soi”extérieur, la face nature où<br />
l’on était maître…<br />
Offert au “recueil de mémoire” le jardin semblait<br />
un sujet prolifique et léger, porteur de tous<br />
les printemps besogneux, de légumes à foison,<br />
de bouquets variés.Il a cependant fallu <strong>du</strong> temps<br />
pour se l’approprier tant étaient éloignés la<br />
bêche et l’arrosoir, les semis et les plants.<br />
<strong>Les</strong> établissements pour personnes âgées<br />
réservent peu d’espace aux jardins susceptibles<br />
d’inspiration. Qu’à cela ne tienne. Autour<br />
<strong>du</strong> panier de cerises posé sur la table, de pensées<br />
semées dans des bacs et de bulbes sur le<br />
talus, de quelques laitues et radis narguant<br />
la morne pelouse, de marc de café réservé<br />
pour le pied des rosiers, l’amorce s’est faite.
Entre fierté et nostalgie les <strong>mots</strong> ont égrené la pratique<br />
et les savoir-faire,l’observation et les proverbes,<br />
les êtres chers, initiateurs, le travail et l’effort, la<br />
détente et la rêverie, les rencontres et l’échange.<br />
De l’Italie <strong>du</strong> Sud à Kourou, des hortensias bleus<br />
<strong>du</strong> Pas-de-Calais aux jardins ouvriers d’Annonay,<br />
des éclats de vies ont tissé un patchwork pittoresque.<br />
Chacun a retrouvé le rythme des saisons :<br />
janvier, les premières violettes au bois, février et<br />
les pois, la Saint-Didier, les haricots…<br />
La vie s’est élargie de sens réactivés, d’odeurs<br />
de menthe, de feuilles de tomate ou de terre<br />
mouillée.Elle a pris le croquant des premiers radis,<br />
le suc <strong>du</strong> persil, la mesure des carrés. Elle s’est<br />
confortée à la plénitude des cueillettes. Elle a<br />
rompu la course immuable <strong>du</strong> temps pour l’apprivoiser<br />
au projet rassurant de graines à germer.<br />
Elle a rejoint l’enfance,le jardin des premières fois<br />
et des voyages immobiles,infiniment renouvelés.<br />
Sylvette Béraud-Williams, écrivain et ethnologue
Nicole Selosse (Joyeuse)<br />
aubergine - arrosoir
ADMIRER : J’avais un joli boule-de-neige et un lilas.<br />
<strong>Les</strong> gens se plantaient sur ma terrasse pour admirer.<br />
Marie, 87 ans<br />
AGRUMES : Nous avions un jardin en Italie <strong>du</strong> Sud.C’était<br />
un jardin d’agrumes, on avait des oranges, des mandarines,<br />
des bergamotes, des citrons, et un <strong>potager</strong>. Bruna<br />
AIL : Pour régaler mes Lyonnais 1 , il suffisait que je leur<br />
fasse une crique et ils étaient contents ; moi la crique,<br />
je ne la fais qu’avec de l’ail ! Lydie, 95 ans<br />
AISE : Quand on allait faire un tour au jardin, on était<br />
à notre aise, on portait une chaise, on s’asseyait, on était<br />
chez nous. Marie-Louise, 90 ans<br />
AIR : Le jardin me manque un peu, ça faisait prendre<br />
l’air. Andrée, 59 ans<br />
Nous avions le jardin au fond de la cour, c’était le<br />
jardin des parents. Moi, ça m’obligeait à sortir de la<br />
maison. Colette<br />
1. Ses enfants partis travailler à Lyon.
ALLÉE : Chez moi on rentrait par un petit portail et<br />
puis il y avait une allée de rosiers. On en avait acheté<br />
quelques uns et mon mari refaisait des boutures.<br />
Paulette, 86 ans<br />
APPRENTISSAGE : Le jardinage, ça s’apprend tout<br />
seul, ça, madame, si vous aimez faire des légumes,<br />
si vous aimez récolter quelque chose. On essaye toujours<br />
tout. Mes parents ont bien dit leur mot. On<br />
essayait de faire le mieux. Élise, 74 ans<br />
C’est mon père, mes grands-parents, qui m’ont<br />
appris. J’ai commencé jeune : à douze-treize ans.<br />
Quand on n’allait pas à l’école, on n’allait pas se promener<br />
comme maintenant. On travaillait pas à se<br />
crever, mais bon… André, 62 ans<br />
J’ai commencé tout petit à jardiner. Des fois on allait<br />
au jardin plutôt que d’aller à l’école, ou on gardait<br />
les bêtes. Gabriel, 75 ans<br />
AROMATES : Du persil, <strong>du</strong> thym, <strong>du</strong> laurier. C’est un<br />
arbre, le laurier. Il est au bord <strong>du</strong> jardin, il ne meurt pas<br />
le laurier ! Je ne mettais pas de basilic dans le jardin,<br />
il était en pot,à côté de la maison.<strong>Les</strong> aromates servaient<br />
pour faire les sauces quand je faisais un lapin ou un<br />
ragoût de veau. Marie
ARQUEBUSE : On faisait deux ou trois litres d’arquebuse,<br />
c’est bon pour la digestion après le repas<br />
de midi. J’aimais bien ça. Surtout que j’avais la gnôle<br />
que je faisais distiller. Une année, on avait fait distiller<br />
95 litres : on payait pas de droits ! Je les ai toujours<br />
mes papiers. J’allais à Mauves, et à un moment<br />
donné j’allais au Crestet 2 . Gabriel, 95 ans<br />
ARROSER : Dans le jardin,il y avait une source qui venait<br />
d’un ruisseau. On l’y avait amenée par une béalière 3 .<br />
On arrosait avec un tuyau. Et puis on avait une source,<br />
à côté, à partager avec le voisin. Marie, 87 ans<br />
Moi, à Saint-Romain, j’avais mis le robinet dans la cave<br />
et on passait le tuyau par une petite fenêtre. J’avais<br />
acheté deux cents mètres de tuyau ! On allait au jardin<br />
le matin et le soir pour arroser. Marie, 100 ans<br />
Je me rappelle que j’arrosais avec un sabot, un sabot au<br />
bout d’un bâton, je prenais l’eau dans les gaillassous 4 et<br />
puis à l’arrosoir.En 1949,nous avons eu l’eau sur évier dans<br />
la cave : mon Dieu combien de fois j’ai donné des coups de<br />
tête pour remonter l’arrosoir ! Il y avait quinze marches<br />
d’escalier de pierre et il fallait baisser la tête ! André, 85 ans<br />
2. Il y avait un alambic à Mauves et au Crestet pour la saison.<br />
3. Petit canal d’irrigation creusé dans la terre.<br />
4. Rigole, petite mare.
Il faut arroser le soir,pour que la fraîcheur de la nuit conserve<br />
les bienfaits de l’arrosage. Il ne faut pas que l’eau soit<br />
trop fraîche, cela coupe les légumes, il faut donc pomper<br />
l’eau avant et la mettre dans des bassins. Lucien, 79 ans<br />
Le soir,en été,on allait arroser.On passait de bons moments.<br />
Il y avait une pompe dans le jardin qui faisait monter l’eau<br />
de la rivière dans une citerne. Marie-Antoinette, 91 ans<br />
Pour arroser mon jardin, j’utilisais l’eau de pluie et de<br />
source, c’est la meilleure. Avec des amis, nous avions<br />
installé une réserve d’eau de trois milles litres pour<br />
récupérer l’eau <strong>du</strong> toit. Il y avait une grande solidarité<br />
entre nous. Selon les années la réserve se remplissait<br />
vite et souvent. Il pleuvait beaucoup plus, des<br />
semaines entières. Par contre, il y avait des années de<br />
sécheresse, il était interdit d’arroser les jardins, comme<br />
maintenant, mais c’était rare.<br />
Nous utilisions l’eau de source quand la réserve était épuisée.<br />
Elle débitait 18 000 litres en dix heures.Tous les gens<br />
<strong>du</strong> village venaient en chercher, soit pour leur consommation,<br />
soit pour l’emporter au lavoir. Gabriel, 95 ans<br />
ARROSOIR : Bien sûr, j’avais un jardin… Et les enfants<br />
s’occupaient de l’arroser, ils transportaient l’eau de la<br />
fontaine dans des arrosoirs… Puis l’eau est arrivée et<br />
les enfants ne râlaient plus ! Marie, 83 ans
ASPERGE : Mon beau frère labourait avec ses bœufs<br />
ou ses chevaux et moi ensuite j’ensemençais et je<br />
plantais des asperges, des betteraves…<br />
D’ailleurs encore aujourd’hui les asperges ressortent :<br />
ça repousse bien ! Mais personne n’y va plus, les<br />
enfants ne font plus de jardin ! Henri, 88 ans<br />
Je ramassais les asperges et je les marquais avec un<br />
bout de bâton pour qu’on ne marche pas dessus avant<br />
qu’elles poussent. Andrée, 59 ans<br />
Une fois que l’asperge est bien enracinée, ça <strong>du</strong>re<br />
longtemps. Ça s’appelle des griffes ce qu’on met en<br />
terre. Renée, 78 ans<br />
AUBERGINE : <strong>Les</strong> aubergines, on les coupe en petits<br />
morceaux pour mettre dans la ratatouille. On peut<br />
aussi les mettre en tranches, une après l’autre dans<br />
la padela 5 . <strong>Les</strong> aubergines frites en tranches, c’est<br />
meilleur que les aubergines à la ratatouille.<br />
On peut aussi faire frire les courgettes. On les coupe<br />
en tranches, on les met un peu à dessaler pour faire<br />
sortir l’eau, comme pour les aubergines. collectif<br />
5. La poêle.
B<br />
Gaëtan Pilato (Saint-Étienne-de-Boulogne)<br />
blette - bouquet
BASSIN : Il y avait une pompe avec une éolienne,<br />
ça montait l’eau <strong>du</strong> grand bassin de cinq mètres de<br />
long, un mètre quatre-vingt de large et deux mètres<br />
de haut. Mon mari l’avait recouvert de grillage parce<br />
qu’il avait très peur que ses petits tombent dedans.<br />
Florence, 83 ans<br />
BÉGONIA : Je mettais des pétunias et des bégonias<br />
dans mes bacs parce que ça fleurit tout l’été. Le bégonia<br />
fleurit même mieux encore que le pétunia et<br />
même jusqu’au mois de novembre,comme le géranium.<br />
collectif<br />
BISSEXTILE : “Année bissextile, année imbécile”dit<br />
le proverbe. Albert, 69 ans<br />
BÊTES : On ramassait les bêtes à Bon Dieu pour<br />
les mettre sur les carottes ou les haricots contre les<br />
pucerons. Julie, 87 ans<br />
BLANCHIR : Je faisais blanchir les scaroles en<br />
posant des planches dessus. Jeanne, 85 ans<br />
Ils n’étaient pas amers les cardons ! On les faisait blanchir.<br />
On les enveloppait dans <strong>du</strong> papier. Marie, 100 ans
BLETTE : On retire le vert de la côte, on le fait cuire<br />
à l’eau, on passe à la moulinette. On fait revenir ça.<br />
On fait une béchamel, on mélange. On le met au four.<br />
À côté on prépare des œufs <strong>du</strong>rs avec des croûtons<br />
de pain. Charlotte, 90 ans et Jacqueline, 80 ans<br />
Avec les blettes, quand on tuait le cochon une fois par<br />
an, on faisait des caillettes. Il en faut beaucoup des<br />
blettes pour faire des caillettes !<br />
Je crois qu’il faut trois kilos de blettes crues pour<br />
avoir un kilo de blettes cuites ! Dans les caillettes<br />
on mettait des aromates : <strong>du</strong> thym, <strong>du</strong> sel et <strong>du</strong><br />
poivre… On utilisait des débris de viande. On en faisait<br />
des petites boulettes qu’on mettait dans la crépine.<br />
Marie, 85 ans<br />
On lavait les blettes à la rivière. Puis on les faisait<br />
cuire dans un grand chaudron et ensuite on les<br />
égouttait. Quand elles étaient bien égouttées on ajoutait<br />
<strong>du</strong> lard, <strong>du</strong> foie, “de la” chou rave. On hachait<br />
avec une machine, avec une manivelle qu’on tournait<br />
à la main. <strong>Les</strong> caillettes c’est ce qu’on fait en dernier,<br />
une fois qu’on a fini de faire les saucisses,le saucisson…<br />
Marie-Antoinette, 91 ans<br />
On conservait tout ce qui pouvait mûrir : les graines de<br />
poireaux, de salades, le persil, les haricots, les courges,<br />
courgettes, potirons, les cardons, blettes… collectif
BOUQUET : Dans le reste <strong>du</strong> jardin, mon fils avait mis<br />
des bruyères,des azalées,beaucoup d’hortensias,des palmiers,<br />
des lauriers-roses, des camélias. C’était vraiment<br />
un parc. Je faisais des bouquets. Catherine, 85 ans<br />
J’avais fait un petit chemin au milieu <strong>du</strong> jardin avec<br />
des fleurs de chaque côté. J’en donnais à l’épicière<br />
ambulante qui faisait les tournées pour ramasser les<br />
œufs. Elle portait un peu d’épicerie dans son camion.<br />
Je lui donnais des bouquets de fleurs. collectif<br />
BOUTURES : Mon mari faisait des boutures de géraniums,<br />
des boutures de rosiers, d’hortensias. Le lilas, il<br />
fallait faire une petite rigole, mettre un peu d’engrais<br />
dans l’eau, le mettre, laisser bien tremper, coucher la<br />
branche, remettre de l’eau et de la terre. De préférence<br />
il faut prendre une branche qui a fleuri,et pour les rosiers<br />
une branche qui a fait une belle rose. Pour les hortensias<br />
c’est la même chose. Paulette, 86 ans
C<br />
Magali Ruiz (Saint-Apollinaire-de-Rias)<br />
capuines - carottes
CABANON : Mon mari avait fait un cabanon, il y<br />
mettait des outils et puis des sacs, des cochonneries…<br />
Il l’avait construit en moëllons et couvert de tôle.<br />
Antonia, 97 ans<br />
Il y avait le cabanon au fond <strong>du</strong> jardin pour le<br />
cochon, le coq, les poules pour nous, les poulets pour<br />
l’année. On mangeait des lapins, de la volaille, pas<br />
de beefsteak. On les nourrissait avec les herbes <strong>du</strong><br />
jardin, des aromates des champs et <strong>du</strong> grain pour<br />
les engraisser… Florence, 83 ans<br />
On avait un cabanon. On y mettait tous les outils <strong>du</strong><br />
jardin, on y logeait nos sièges pour s’asseoir. Quand<br />
on arrivait au jardin, on sortait tout ce qu’il fallait, une<br />
petite table pour pique-niquer là… Oui, là, notre<br />
cabane de jardin… Oh ! C’est des choses inoubliables…<br />
Oh, oui ! C’est <strong>du</strong> passé… Marie-Louise, 90 ans<br />
Le cabanon était grand, cinq à six mètres de long et<br />
trois mètres de large. À l’intérieur : une cuisinière, une<br />
table, des chaises, un vieux frigo en guise de placard,<br />
de la vaisselle. On avait tout installé avec ma femme.<br />
On y mangeait. Nous avons fait de bons repas avec les<br />
amis, on y dansait aussi. Nous avons fait le repas de<br />
baptême de ma petite-fille.<br />
<strong>Les</strong> outils y étaient entreposés, le grain des poules, les<br />
graines, les pots de fleurs. Il y avait beaucoup de place.
Ça me rappelle de très bons souvenirs ! Par gentillesse,<br />
un voisin nous avait installé l’électricité. Il<br />
avait branché une baladeuse à partir de chez lui.<br />
Il y avait une très bonne ambiance, il y faisait bon<br />
vivre. Gabriel, 95 ans<br />
Nous avions une cabane,juste de quoi mettre nos outils,<br />
nos graines. Je me rappelle que la chatte de nos voisins<br />
était venue y faire ses petits. Lydie, 88 ans<br />
CANAL : Il y avait de l’eau à volonté pour arroser le<br />
jardin. Il avait fallu faire un canal pour l’amener sur<br />
deux cents-trois cents mètres. collectif<br />
CARDON : Plante tes cardons en mai, ils ne monteront<br />
jamais. André, 84 ans<br />
L’hiver, je protégeais les cardons des premières<br />
gelées avec le papier des sacs de granulés à lapins.<br />
Jeanne, 85 ans<br />
C’est la sécheresse qui les rend amers. Il fallait qu’il gèle<br />
pour les ramasser. Renée, 78 ans<br />
Pour faire cuire les cardons vous mettez une cuillère<br />
de farine délayée dans l’eau froide pour qu’ils restent<br />
blancs… Odette, 89 ans
Le gratin de cardons :<br />
• Blanchir les cardons, puis faire un roux (beurre<br />
et farine).<br />
• Mettre les cardons dans un plat à gratin avec<br />
<strong>du</strong> gruyère et passer au four.<br />
Pour améliorer le plat, quand j’avais un os à moelle,<br />
<strong>du</strong> lard,ou un jus de viande je le mettais à cuire avec.<br />
C’est simple et c’est bon ! Des cardons j’en faisais<br />
toujours. Lydie, 95 ans<br />
CAROTTE : <strong>Les</strong> carottes ça se dit pastenailles en patois.<br />
collectif<br />
<strong>Les</strong> carottes, ça se repique pas, il faut les éclaircir.<br />
Michel, 62 ans<br />
On avait des carottes <strong>du</strong> printemps à l’automne.<br />
Gabriel, 75 ans<br />
Pour que les carottes soient droites, il fallait mettre dans<br />
la tranchée moitié sable, moitié terreau. collectif<br />
CARRÉ : On avait un petit carré, j’y mettais des fleurs.<br />
J’aimais bien cultiver la terre. Charlotte, 90 ans
Le jardin était en bandes, un carré pour les poireaux, un<br />
pour les salades, un pour les radis, un grand carré pour<br />
les pommes de terre qui étaient notre alimentation principale.<br />
Des plantes médicinales, des plantes aromatiques<br />
et tout autour c’était le jardin d’agrément, il y avait des<br />
fleurs que j’achetais chez l’épicier <strong>du</strong> coin. Julie, 87 ans<br />
On faisait des carrés de légumes, on appelait ça des<br />
tables. Renée, 78 ans<br />
Il y avait des petits carrés de chaque côté de l’allée.<br />
On savait à l’avance ce qu’on allait y planter. On faisait<br />
les graines. Auguste, 88 ans<br />
CÉLERI : J’avais toujours deux ou trois pieds de céleri<br />
pour faire la soupe, pour faire le pot-au-feu… Marie, 85 ans<br />
CENDRE DE BOIS : Pour traiter les “nérous”, des<br />
petites bestioles noires comme les moucherons, on utilisait<br />
la cendre de bois. Élise, 76 ans<br />
CERISE : Ce cageot de cerises ça nous a rappelé le bon<br />
temps. Il y avait un cerisier à l’école. On s’asseyait dessous.<br />
Quand on avait mangé les cerises, on cassait le<br />
noyau, on mangeait l’amande, on perdait rien ! À l’école<br />
laïque il y avait un cerisier et un poirier. collectif
CHAMBAS : Mes jardins étaient sur deux chambas.<br />
Celle <strong>du</strong> bas était plantée de patates, des rattes, et des<br />
haricots Saint-Fiacre et des rameurs etc. <strong>Les</strong> premiers<br />
haricots, je les faisais toujours en salade avec des<br />
tomates. Ça change de la soupe de tous les jours !<br />
Sur l’autre chambas, il y avait des tomates, des courgettes,<br />
des aubergines et des choux de trois variétés,<br />
des choux de Milan, de Bruxelles et… je ne me souviens<br />
plus. Élise, 74 ans<br />
CHARBON : Ce sont souvent des hortensias bleus qu’on<br />
a dans le nord. Si vous avez un peu de charbon, vous<br />
l’écrasez, vous le mettez dans l’eau, vous arrosez avec<br />
ça et vous aurez des hortensias bleus. Paulette, 86 ans<br />
CHIENDENT : Le chiendent, il faut bien l’enlever,<br />
sinon il rentre dans les pommes de terre. Durant la<br />
guerre, on en faisait des brosses avec les racines.<br />
Lucien, 79 ans<br />
CHOU : Il y avait des choux, des choux de Bruxelles,<br />
<strong>du</strong> chou-rave… André, 81 ans<br />
COFFRE : On mettait la pompe à eau et les outils dans<br />
le coffre ; on était sûr de les retrouver. Raymonde, 68 ans
COING : On avait des coings. Pour faire la pâte : épluchez<br />
les fruits, cuisez-les à l’eau puis moulinez, pesez<br />
et mettez autant de sucre. Cuisez un quart d’heure :<br />
attention aux doigts, ça pète ! Et ça brûle, alors, mettez<br />
des gants ! Et voilà ! La pâte est prête… Denise, 95 ans<br />
La pâte de coing :<br />
• Prévoir un kilo de fruits pour 700 g de sucre.<br />
• On récolte les coings en octobre. Prendre quatre<br />
fruits mûrs. <strong>Les</strong> éplucher si possible, enlever les<br />
pépins après les avoir coupés en quatre.<br />
• <strong>Les</strong> mettre dans un confiturier en cuivre ou dans<br />
une cocotte. Ajouter de l’eau de sorte qu’ils soient<br />
recouverts.<br />
• <strong>Les</strong> faire bouillir. Une fois cuits, les égoutter puis<br />
les passer à la moulinette.<br />
• Mettre la pâte obtenue dans un faitout ou le<br />
confiturier. Ajouter le sucre et bien mélanger.<br />
• <strong>Les</strong> faire cuire. Bien remuer. Quand ça change<br />
de couleur, arrêter le feu.<br />
• Mettre dans des plats ou assiettes et laisser refroidir<br />
avant de couper en morceaux et déguster.<br />
Charlotte, 90 ans et Thérèse, 78 ans
CONFITURE : J’avais aussi des fraisiers et des framboisiers.<br />
J’en faisais de la confiture, mais je faisais surtout<br />
de la confiture de cerises. Pour faire la confiture de<br />
cerises, il faut d’abord les équeuter, les dénoyauter.<br />
Puis les peser et mettre autant de sucre que de fruits.<br />
Puis,vous la laissez cuire une heure,et une fois refroidie,<br />
la mettez en bocaux. Élise, 74 ans<br />
On avait quelques pêches, un cerisier, quelques prunes.<br />
On faisait beaucoup de confitures.Il fallait 750 grammes<br />
de sucre pour un kilo de fruits. Charlotte, 90 ans<br />
La confiture d’abricots,c’est ma préférée ! D’ailleurs c’est<br />
bien celle que je choisis tous les matins pour mon déjeuner<br />
! Pour qu’elle soit bonne,il faut laisser reposer toute<br />
une nuit les abricots dénoyautés avec le sucre et la faire<br />
cuire le lendemain.Pour les quantités et le temps de cuisson…<br />
Ça se voit, ça se sent, ça se goûte… Marie, 89 ans<br />
CONSERVATION : Pour conserver les poireaux, ils<br />
doivent rester tout l’hiver dans le jardin, et les carottes,<br />
c’est pareil. Élise, 74 ans<br />
CONSERVES : Si vous aviez vu les conserves qu’il y<br />
avait à ma cave, vous en reviendriez pas ! Des cardons,<br />
les haricots quand il y en avait beaucoup…<br />
Florence, 83 ans
COPAIN : Un jour, un copain m’a amené manger <strong>du</strong><br />
côté de Lanarce chez son oncle, manger un plat de<br />
truffes. Mais là, surprise ! C’est que les truffes c’était des<br />
pommes de terre, “des truffioles” ! André, 84 ans<br />
CORNICHONS : Oh ! les bocaux ! Ah ! oui, les cornichons,<br />
on les faisait dégorger dans <strong>du</strong> sel, et on les<br />
mettait dans <strong>du</strong> vinaigre. Marie-Louise, 90 ans<br />
COUCOU : Je faisais des bouquets, ça me faisait plaisir.<br />
J’écoutais le coucou au printemps et j’avais un sou<br />
dans la poche… Pour avoir de l’argent toute l’année !<br />
Olga, 87 ans<br />
COULEURS : Des hortensias, j’en avais des bleus, tout<br />
le monde les enviait.<br />
- Vous mettiez <strong>du</strong> fer au pied des hortensias ?<br />
- Oh ! Non ! C’est des histoires ça. Marie, 87 ans<br />
COULEUVRES : Quelle horreur ! j’en pleurais ! collectif<br />
COURGE, COURGETTE : <strong>Les</strong> courgettes à la bohémienne<br />
: avec <strong>du</strong> sel, <strong>du</strong> poivre, de l’ail, de l’oignon<br />
et une bonne sauce. collectif
La tarte à la courge sucrée/salée :<br />
Vous préparez et faites cuire la pâte à tarte.On prend<br />
une courge rouge d’automne. Une citrouille, oui. La<br />
courge est cuite à l’eau.Vous la laissez égoutter dans<br />
un torchon bien propre. Ensuite vous la mettez au<br />
frigo pour qu’elle se refroidisse bien. Quand vous la<br />
sortez, vous faites la crème : <strong>du</strong> lait et la béchamel.<br />
Vous ajoutez de la gelée de coing, de la confiture<br />
ou de la gelée de groseilles. Vous y mettez un raisin<br />
<strong>du</strong> jardin là, pour décorer la tarte. Je me rappelle<br />
pas bien, hein. Je l’ai faite au Saint-Sacrement et<br />
c’est un régal. Mais la soeur était cuisinière en<br />
Italie. Elle a dit : “Mais qu’est-ce que vous voulez<br />
faire avec cette courge ?”“Eh bien, on va faire une<br />
tarte !” Et on a réussi ! Lucie, 84 ans<br />
CUIVRE : Un fil de cuivre dans le pied de la racine, cela<br />
empêche les maladies sur les tomates. Paul, 88 ans<br />
Nous n’avions pas de pro<strong>du</strong>its pour traiter, juste le<br />
sulfate de cuivre ou bouillie bordelaise, pour traiter<br />
le mildiou des vignes et des tomates. Élise, 76 ans
Nicole Selosse (Joyeuse)<br />
dahlia - doryphore
DÉSHERBAGE : Je désherbais avec mes doigts, va. Il<br />
faut y aller avec les doigts, sinon c’est pas ça. <strong>Les</strong> gros<br />
poireaux, à la binette oui, mais les petits qui sortent de<br />
la terre,tout avec les doigts,va.Maintenant y’a <strong>du</strong> désherbant<br />
fait pour, mais c’est pas terrible. J’en ai jamais<br />
utilisé.Pour désherber comme ça,on trouvait personne.<br />
C’est pas que c’est plus pénible mais il faut être patient.<br />
J’ai fait ça de 12-13 ans jusqu’à 60 ans. André, 62 ans<br />
DÉTENTE : Quand on allait au jardin c’était la détente !<br />
Juliette, 87 ans<br />
Le jardinage évoque la liberté, le plaisir. Mon jardin était<br />
loin de chez moi, environ cinq cents mètres. Des voitures<br />
passaient, mais sous les arbres, je me détendais. C’était<br />
apaisant.La rivière était en bas <strong>du</strong> jardin… Ça changeait<br />
de l’usine, <strong>du</strong> bruit, de la chaleur… Marie-Louise, 91 ans<br />
À Marseille, mon petit jardin était à côté de la maison.<br />
C’était ma distraction en rentrant <strong>du</strong> travail.Il me permettait<br />
de me détendre. Il y a toujours à faire dans un jardin,<br />
pas de quoi s’ennuyer.Dans mon jardin,je ne pensais plus<br />
aux soucis. J’achetais mes plants de tomates, de salades.<br />
Je me souviens, il y avait des rosiers… Guillaume<br />
DORYPHORE : <strong>Les</strong> doryphores, les gamins devaient<br />
les ramasser. Lucien, 79 ans
E<br />
Alice Lacour-Dalzon (Chandolas)<br />
eau - escargot
EAU : J’avais de l’eau de source deux fois par semaine,<br />
le mardi et le vendredi 6 . Jean, 80 ans<br />
J’ai toujours eu de l’eau. J’avais l’Eyrieux pas loin heureusement.<br />
C’est juste avant le barrage. J’utilisais l’eau<br />
<strong>du</strong> barrage. Enfin, j’avais une source et puis un puits. Et<br />
l’été s’il n’y en avait pas assez, j’avais une pompe, je la<br />
montais <strong>du</strong> barrage. Au mois de septembre, octobre,<br />
ça venait mieux, ça donnait à foison ! Des fois en juillet<br />
c’était sec, ça avait <strong>du</strong> mal à venir. André, 62 ans<br />
J’avais de l’eau grâce à une mare où les animaux pouvaient<br />
aller boire. Il y avait une source, j’avais fait<br />
installer un système d’arrosage par le plombier. Il y<br />
avait six cents mètres de tuyau, il fallait faire une<br />
bonne dénivellation. Jeanne, 85 ans<br />
Ma tante de La Souche avait un jardin. Je l’aidais. Près de<br />
ce jardin il y avait le ruisseau qui passait. J’y mettais une<br />
planche pour détourner l’eau.Quand l’eau avait bien inondé<br />
le petit coin,je revenais,je déplaçais la planche,je détournais<br />
le ruisseau, et j’arrosais comme ça. Lucette<br />
L’eau ne manquait jamais car une source coulait dans<br />
le jardin et j’avais construit un bassin en pierre pour<br />
accueillir l’eau. Henri, 88 ans<br />
6. Il partageait les droits d’eau avec un ou plusieurs jardiniers.
ÉCHALOTTE : L’échalotte se dit l’escalanha en patois.<br />
Marie-Antoinette, 91 ans<br />
ÉCHANGES : C’étaient de bons moments, à la retraite,<br />
surtout avec deux ou trois voisins, avec la bouteille<br />
et le casse-croûte. On échangeait des légumes<br />
à repiquer. André, 84 ans<br />
ÉCLUSE : Pour arroser, on avait un jet relié à une<br />
écluse. Élise, 74 ans<br />
ENDIVE : Mon mari faisait les endives lui-même. Il<br />
les plantait, il les coupait quand c’était vert, c’est la<br />
chicorée, comme on appelle chez nous dans le Pasde-Calais<br />
: la “chicon”. Paulette, 86 ans<br />
J’avais fait des endives. Une année les taupes me les<br />
avaient toutes bouffées ! Elles étaient jolies, elles<br />
étaient prêtes à manger. Nom d’un chien ! <strong>Les</strong> bêtes<br />
c’est pas tout à fait fou. <strong>Les</strong> rats, c’est pareil : il paraît<br />
que quand ils ont trouvé une source, ils avertissent<br />
les alentours pour venir s’approvisionner. J’avais un<br />
joli massif, et en l’affaire d’une semaine les taupes<br />
les ont toutes mangées. Mon épouse me dit : “Elles<br />
sont pas prêtes tes endives ?” Il y avait que les<br />
déchets. Saloperie ! Gabriel, 95 ans
ENFANCE : Je revois le jardin de mon enfance, de mes<br />
grands-parents.Je courais dans les allées.Mais je n’ai pas<br />
connu ce que c’était de faire le jardin. Renée, 97 ans<br />
ÉPOUVANTAIL : Je mettais des planches de bois<br />
avec de vieux vêtements. <strong>Les</strong> habits disparaissaient<br />
parfois, volés par un passant. Je mettais des boîtes<br />
de conserves pen<strong>du</strong>es, cela faisait fuir les oiseaux. On<br />
pouvait mettre aussi des criquets artificiels qui tournent<br />
au vent. Lucien, 79 ans<br />
ESCARGOT : <strong>Les</strong> escargots aimaient bien venir. Ils<br />
étaient pas heureux avec moi parce que je les tenais<br />
ramassés. Je les donnais à ma voisine et quand elle<br />
les avait préparés, elle m’en donnait toujours un bol.<br />
C’était des petits gris. Gabriel, 95 ans
Gaëtan Pilato (Saint-Étienne-de-Boulogne)<br />
fraise - fourmis
FAISAN : Une fois, il y avait un faisan dans le coteau.<br />
Et un jour, il avait atterri dans le jardin. Puis comme<br />
le jardin était clos, il se trouvait bien. Il a pris un coup<br />
de fusil ! Gabriel, 95 ans<br />
FIERTÉ : On avait de la fierté ! Quand on avait<br />
ramassé les premières pommes de terre, quel événement<br />
! C’était pas grand’chose, mais ça venait <strong>du</strong><br />
jardin, alors… ! Marie-Louise, 90 ans<br />
FLEURS : Ma mère faisait beaucoup de fleurs. On<br />
les portait au cimetière. Louis, 96 ans<br />
J’avais beaucoup de géraniums dans des biches sur<br />
la terrasse, des hortensias, des marguerites et des<br />
glaïeuls.<br />
<strong>Les</strong> chaudières dans lesquelles on faisait manger les<br />
cochons dans le temps, on les remplissait de terre<br />
et on y semait des pensées. Jacqueline, 80 ans<br />
On avait beaucoup de fleurs aussi. Mon père en mettait<br />
tout le tour <strong>du</strong> jardin, et quand c’était fleuri, il<br />
fallait voir comme c’était joli… Fernande, 73 ans<br />
J’avais beaucoup de fleurs, des fleurs avec de grandes<br />
tiges, des dahlias, des arums, des marguerites, des
eines marguerites, des glaïeuls, des iris et des<br />
lavandes… je fleurissais l’église avec d’autres dames.<br />
Marie-Louise, 87 ans<br />
On m’avait donné beaucoup de fleurs. Chaque plante<br />
avait son histoire. Marie, 87 ans<br />
FOURMI : Contre les fourmis, l’huile de camphre :<br />
tremper un cordon, puis le planter tout autour <strong>du</strong><br />
jardin avec des piquets. Attention aux odeurs ! Cela<br />
empêche aussi la venue des lapins et des serpents.<br />
Lucien, 79 ans<br />
FRAISE : <strong>Les</strong> fraises qu’on a ramassées ! Il y en avait<br />
une largeur comme ça, comme d’ici à la maison. On<br />
les portait sur le marché. collectif<br />
La variété de nos fraises c’était “la mouteaux”. À cette<br />
époque, c’était la meilleure. Elle n’existe plus maintenant.<br />
Une fraise pouvait peser entre cent et cent vingt<br />
grammes. Une année, elles avaient fleuri deux fois. Je<br />
leur mettais <strong>du</strong> fumier.<br />
Je les ramassais avec ma femme. Ma femme faisait des<br />
confitures, des glaces et aussi des fraises au vin, c’était<br />
très rafraîchissant. Une année, j’ai eu des voleurs. Une<br />
famille entière est venue se servir. Roger, 84 ans
Pour que les fraises ne s’abîment pas, il faut les planter<br />
sur <strong>du</strong> plastique, ou sur un paillasson de paille. Quand<br />
il pleut, elles ne prennent pas la terre. collectif<br />
FUMIER : J’allais chercher <strong>du</strong> fumier à la ferme. Y’a<br />
rien de tel ! Qu’ils sont bêtes les gens maintenant ! Y’a<br />
plus de vaches, y’a plus rien… Marie, 87 ans<br />
On n’a jamais mis d’engrais, on utilisait le fumier des<br />
bêtes, et ça faisait drôlement bien. Gabriel, 75 ans<br />
Tous les ans je mettais sur la terre <strong>du</strong> fumier, à l’automne,<br />
pour la protéger de l’hiver. Au printemps je<br />
la bêchais, c’était plus facile car le fumier était<br />
presque désintégré. Gabriel, 95 ans
G<br />
Céline Duployez (Saint-Apollinaire-de-Rias)<br />
groseilles - géranium
GÉRANIUM : J’avais un géranium très ancien que<br />
j’avais repiqué. Il aurait fallu le mettre à l’abri. Il a<br />
gelé. Et voilà, c’est comme ça. Marie, 87 ans<br />
Il y avait des géraniums devant la porte. Il y en avait<br />
qui l’avaient baptisée “la maison aux géraniums”. Ma<br />
femme, il fallait toujours qu’elle ait des fleurs dedans,<br />
hiver comme été. Gabriel, 95 ans<br />
GOÛT : Mon père s’occupait <strong>du</strong> jardin. Avec lui, j’ai<br />
eu très jeune le goût <strong>du</strong> jardin. On apprenait à jardiner<br />
naturellement, en suivant le père. Il nous passait<br />
un peu après ! C’était le bon temps ! André, 84 ans<br />
Avec les copains,quand ils passaient,on allait au jardin.<br />
Oui, on y avait goût ! Auguste, 88 ans<br />
GRAINE : Je commandais les graines à maison Teyssier<br />
ou bien au syndicat “GammVert”. Je conservais un<br />
peu de graines de poireaux, pas tout, mais pas mal.<br />
André, 62 ans<br />
Mon mari n’achetait jamais ses graines, il les gardait<br />
d’une année sur l’autre dans des pots. Florence, 83 ans<br />
Mes parents gardaient la graine des haricots, une<br />
variété qui n’avait pas de fil. Jacqueline, 80 ans
H<br />
Gaëtan Pilato (Saint-Étienne-de-Boulogne)<br />
haricots - hirondelles
HARICOT : Pour que les haricots verts et les petits<br />
pois germent plus vite on les mettait à tremper dans<br />
l’eau toute une nuit avant de semer. collectif<br />
<strong>Les</strong> haricots, on les sème à la Saint Didier le 23 mai.<br />
Le dicton dit : “Il faut semer les haricots à la Saint-<br />
Didier, on en récolte un plein panier”. Michel, 62 ans<br />
J’aimais bien aussi faire des haricots à Toulaud.<br />
J’avais un jardin qui était au nord alors il fallait pas<br />
les faire trop tôt. Une année j’ai fait cinquante-deux<br />
bocaux de haricots ! Lydie, 95 ans<br />
On les laissait sécher dehors, puis on les mettait<br />
au galetas là-haut. Ils servaient des fois l’hiver pour<br />
faire la soupe. collectif<br />
HERBE : Pour tirer l’herbe, il faut y être souvent. Gilbert<br />
Ce que je détestais le plus c’était les sarclages, trier<br />
les herbes à la main, les herbes au milieu des plants<br />
qu’il ne fallait pas déraciner. Ça donnait bien mal<br />
au dos et une bonne dose de flemme. Julie, 87 ans<br />
J’avais un peu de tout dans mon jardin, mais maintenant<br />
c’est tout en herbe… Tant pis ! Lydie, 95 ans
I<br />
Julie Jarry<br />
iris - if
ICI : Mon mari semait à la volée des pensées de<br />
toutes les couleurs. Il y en avait dans tout le jardin,<br />
une ici, une là… Florence, 83 ans<br />
IDOLE : Mon mari, quand il ne travaillait plus, il était<br />
dans son jardin tous les matins, c’était son idole son<br />
jardin. Paulette, 86 ans<br />
INSECTE : Des insectes on n’en avait pas comme<br />
maintenant. Je sais pas ce que ça veut dire qu’il y ait<br />
tant de pucerons comme ça, des pucerons jaunes, des<br />
pucerons verts… L’hiver tuait un peu les insectes.<br />
Maintenant, il n’y a point d’hiver. Julie, 87 ans<br />
Quand on a un bassin ou bien des citernes,les grenouilles<br />
mangent les insectes. Paul, 88 ans
J<br />
Élisabeth et Yves Azzolini (Malbosc)<br />
jardinier - jonquille
JANVIER : Janvier, février, mars, je préparais la terre.<br />
Je semais les poireaux au mois de janvier et puis les<br />
blettes, tout ça, début mars… Après, j’ai tout plastiqué<br />
pardi ! Ça gagne presque un mois et demi. Il semble<br />
pas mais ça avance ! André, 62 ans<br />
JARDINS OUVRIERS : Notre jardin était à la SACOGA 7 ,<br />
un jardin d’ouvriers de Renault Véhicules In<strong>du</strong>stries…<br />
Mon mari pour bêcher, faire les tables, papa pour<br />
planter… Marie-Louise, 80 ans<br />
À Vidalon, nous avions un jardin d’ouvrier, vers l’Église.<br />
On avait un cabanon et on laissait tous les outils.<br />
Tout le monde se connaissait… les messieurs buvaient<br />
l’apéro… Quand on avait des salades, on en faisait<br />
profiter les autres… Marie-Louise, 87 ans<br />
JOIE : Le jardin c’est la joie de vivre de toute une<br />
famille. Hubert, 71 ans<br />
7. Société de construction et gestion immobilière en <strong>Ardèche</strong>
K<br />
Charline Bourbon<br />
kiwis - kilos
KILO : Pour préparer les pommes de terre qu’on a mises<br />
à germer,il faut les couper,avec trois yeux 8 .<strong>Les</strong> mettre dans<br />
une cagette et les planter tous les 40 centimètres. Une<br />
pomme de terre en donne environ un kilo. collectif<br />
KOUROU : En Guyane, il y a le jardin <strong>du</strong> bourg de<br />
Kourou ; il est propriété de l’INRA. La terre a été rapportée<br />
et enrichie. Il y a des jardiniers noirs et des<br />
jardiniers asiatiques. En Guyane, on a tous les fruits<br />
et légumes, mais ils sont très chers, comme la vie !<br />
On cultive bien sûr le manioc, le riz blanc et la plupart des<br />
légumes et des fruits : la cristophine ou corossolle ressemble<br />
à un avocat en plus gros avec des épines. Elle pousse sur<br />
un arbuste comme les pêchers et on la ramasse avec des<br />
gants. Elle est très <strong>du</strong>re à cuire, on la consomme en gratin<br />
avec des pommes de terre ou des bananes-légumes. Le<br />
fruit de l’arbre à pain, en fait un légume, a la peau d’un<br />
ananas. Il y a trois à quatre fruits par an. La bananelégume<br />
pousse en régime également sur un bananier.<br />
À Saint-Élie, on trouvait aussi des dachines, racines<br />
difficiles à cuire,des patates douces,des haricots chinois,<br />
en fruits des goyaves, des maracougas ou fruits de la<br />
passion, des papayes, des oranges, des mandarines, des<br />
citrons… Denis, 58 ans, a vécu neuf ans en Guyane<br />
8. trois germes
L<br />
Catherine Guillot<br />
lilas - lézard
LAPIN : Il y avait deux lapins de garenne qui sortaient<br />
de mon jardin. Il m’a fallu mettre des pièges.<br />
Ils se servaient les bougres ! Et quand je faisais le jardin<br />
aux Granges, le voisin faisait l’élevage des lapins.<br />
Il y en avait toujours qui se sauvaient. Ils passaient<br />
sous le grillage. Deux avaient réussi à rentrer dans<br />
le jardin, mais ils partaient plus. Une fois, ma pauvre<br />
épouse ramassait des haricots. Il y en a un qui était<br />
gîté là. Il lui est parti devant le nez. Elle a eu peur la<br />
pauvre ! Tout le monde venait me voir, même les gendarmes.<br />
Alors, je leur avais dit aux gendarmes : “J’ai<br />
deux lapins dans mon jardin, ils veulent pas foutre<br />
le camp… Alors si quelqu’un se plaint qu’il entend<br />
des coups de fusils, vous saurez à quoi vous en tenir !”.<br />
Il y avait la bonbonne dans le coin <strong>du</strong> jardin, je leur<br />
ai payé à boire un canon. Tout se terminait bien et<br />
je les ai tués tous les deux comme ça ! Gabriel, 95 ans<br />
Il y avait des lapins de garenne qui venaient manger<br />
les salades… il y en avait pour eux. Le chat parfois<br />
attrapait les petits ; alors, on gardait le chat dedans !<br />
Méline, 91 ans<br />
LÉGUMES : Secret de longévité : j’ai vécu mes vingt<br />
premières années au pied <strong>du</strong> Mézenc, là où le lait des<br />
mamans n’est pas empoisonné et je mangeais les<br />
légumes <strong>du</strong> jardin. Marie, 101 ans
Je faisais beaucoup de légumes, des pommes de terre<br />
rosées, des carottes, des carottes rouges, des navets.<br />
Pas de fleurs, alors qu’ici je plante beaucoup de<br />
fleurs : des dalhias, des anémones, des tulipes, des<br />
narcisses. Jean-Marie, 57 ans<br />
Maman avait un joli assortiment de poireaux, choux,<br />
tomates, courgettes… Nous n’achetions jamais de<br />
légumes. Nous faisions avec ce que le jardin nous<br />
donnait. Denise, 95 ans<br />
Ceux qui avaient des légumes étaient embêtés pendant<br />
la guerre. Ils risquaient des ennuis si on les<br />
voyait en transporter. C’était strict, ils étaient réquisitionnés.<br />
Suzanne, 85 ans<br />
Moi, je faisais des légumes : des carottes, des poireaux,<br />
des courgettes, des concombres. Je faisais beaucoup<br />
de haricots, jusqu’à la fin octobre. Je faisais des haricots<br />
verts, des blancs aussi. Moi, je faisais surtout des nains,<br />
pas des rameurs. Ça monte à deux mètres ça ! J’en faisais<br />
3000-3500 mètres carrés. Ah ! Si je vous dis que<br />
j’en faisais, j’en faisais ! J’en expédiais à Saint-Étienne.<br />
Y’a un camion qui passait trois fois par semaine. <strong>Les</strong><br />
primeurs, je les vendais ici, dans les restaurants. Je les<br />
vendais à Chervil, dans la vallée de l’Eyrieux. Je cultivais<br />
sur des terrasses. Le reste, je le faisais pour ma<br />
consommation personnelle. Quelques bricoles aussi,<br />
mais sans comparaison avec les haricots. André, 62 ans
Le langage des fleurs :<br />
J’avais des roses dans mon jardin, des marguerites,<br />
des dahlias, des iris, des œillets d’Inde et un<br />
coin avec des chrysanthèmes.<br />
• La rose c’est l’amour.<br />
• La violette l’humilité.<br />
• Le muguet et le gui portent bonheur.<br />
• Le myosotis c’est le souvenir : “Ne m’oubliez pas”.<br />
• Le chrysanthème c’est la fleur <strong>du</strong> souvenir.<br />
• La marguerite qu’on effeuille : “Je t’aime, un peu,<br />
beaucoup, tendrement, à la folie, pas <strong>du</strong> tout !”.<br />
• L’olivier c’est le symbole de la paix.<br />
• Le lierre : je m’attache ou je meurs. collectif<br />
LENTILLES : On semait des lentilles au-dessus des<br />
châtaigniers. Il n’y avait pas d’eau. Josiane, 62 ans<br />
LILAS : J’avais un grand lilas alors on coupait des<br />
branches pour faire un bouquet. C’est parfumé le<br />
lilas ! Ça devient grand un lilas, ça vient vieux, ça a<br />
beaucoup de résistance. collectif
LIMACE : Pour éviter que les salades ne soient dévorées<br />
par les limaces, il faut étaler de la cendre de<br />
bois autour des salades. Laisser les grenouilles et les<br />
hérissons, car ils mangent les limaces et les escargots.<br />
Lucienne, 85 ans<br />
Ah ! Oui,il y en avait des astuces contre les limaces ! Quand<br />
il y avait des astuces, elle mangeaient pas les salades.<br />
L’astuce est l’ennemie de la limace ! Juliette, 87 ans<br />
LIRE : Le jardin donnait à l’Est, au soleil<br />
levant, je pouvais m’installer pour lire au<br />
soleil. Je lisais beaucoup de romans en ce<br />
temps là… Madeleine, 87 ans<br />
LIVRE : La pensée qu’on peut faire sécher,<br />
qu’on met dans les livres. Elle se conserve<br />
bien, même sèche.<br />
J’ai une pensée sèche qui a 45 ans. Mon<br />
mari travaillait en Angleterre à ce moment-là<br />
et le 1 er mai, il m’avait envoyé une pensée<br />
dans une lettre “Je pense à toi”.Je l’ai toujours.<br />
Marie-Louise, 84 ans
LUNE : Je regardais la lune pour planter les poireaux<br />
et les blettes, c’est surtout ça. Ça a tendance à monter,<br />
ah, je peux vous le dire ! Il faut planter en lune vieille.<br />
Il en monte bien plus en lune pleine. André, 62 ans<br />
J’ai jamais fait attention à la lune pour mes fleurs.<br />
Je plantais quand j’avais le temps. J’avais mon travail,<br />
la maison… Marie, 87 ans<br />
Je plantais en lune vieille,c’est mieux pour les semis.Enfin,<br />
ça dépendait, quand on avait le temps… Gabriel, 75 ans<br />
Ne semez jamais les patates en lune nouvelle !<br />
Marie-Louise, 91 ans<br />
On ne regardait pas la lune et ça a bien marché quand<br />
même. J’y crois pas trop à tout ça. Élise, 74 ans<br />
Quand venait le printemps, je disais à mon mari : “Et<br />
si on allait semer les haricots”. Mais il fallait regarder<br />
la lune… Clémentine, 83 ans<br />
Il ne faut jamais semer les petites graines en pleine lune<br />
car cela monte trop. Paul, 86 ans<br />
“Année des treize lunes noires,on va s’en voir”. Albert, 69 ans
M<br />
Nicole Selosse (Joyeuse)<br />
muret - mulot
MANCHE : Pour se faire de l’argent, mon père fabriquait<br />
des manches d’outils. Beaucoup de monde venait<br />
et commandait <strong>du</strong> matériel. Il avait fabriqué tous ses<br />
outils pour la ferme, râteaux à dents, brouettes.<br />
Je me souviens d’une dame qui allait à la messe. Elle<br />
portait des gants blancs. En chemin elle s’est arrêtée<br />
chez nous pour acheter un manche de pioche. Nous<br />
avions trouvé ça drôle de tenir un manche de pioche<br />
avec des gants blancs dans l’église ! Lydie, 88 ans<br />
MARS : Dès le mois de mars on commençait à piocher<br />
et à mettre des petits pois, des graines de radis, c’était<br />
la première chose, et ensuite des salades. Antonia, 97 ans<br />
MATIN : L’après-midi, s’il faisait trop chaud j’arrêtais,<br />
parce que les petits plants ça se “carne 9 ”. Alors<br />
il vaut mieux commencer de bon matin et finir tard,<br />
voilà. André, 62 ans<br />
MELON : Il y avait un jardin qui faisait surtout bien<br />
pour les melons. Celui qui me le labourait, un voisin,<br />
m’a dit : “Comment tu fais, moi j’ai jamais réussi ?”<br />
C’est un don ça aussi ! Gabriel, 95 ans<br />
9. flétrit
MENTHE : Contre les rats on met de la menthe. Lydie,95 ans<br />
MERLE : Le merle est un voleur qui tire les petits pois<br />
quand ils sortent. Lucien, 79 ans<br />
MOINEAU : Pour éloigner les moineaux, les enfants<br />
montaient sur les cerisiers. Florence, 83 ans<br />
MOTOCULTEUR : Pour le jardin, nous nous sommes<br />
modernisés : en 68 j’ai acheté un motoculteur. Je le<br />
prêtais à mes voisins. Gabriel, 95 ans<br />
MUGUET : J’avais deux jardins et un bout de terrain<br />
avec juste <strong>du</strong> muguet. Mon fils m’en avait offert un brin<br />
et puis ça s’est multiplié. Élise, 74 ans<br />
MULOT : C’est comme une année,les mulots s’y étaient<br />
mis. <strong>Les</strong> voisins m’avaient fait cadeau d’un camion de<br />
fumier de poules qui viennent de ces élevages… C’est<br />
toujours nourri avec des granulés… Eh bien,les carottes,<br />
les pommes de terre, même les dahlias, il y avait une<br />
rangée de dahlias le long de la grille : tout bouffé ! Je<br />
voyais qu’ils dépérissaient. Je me disais : “Qu’est-ce qui<br />
se passe ?”C’était des mulots. Gabriel, 95 ans
Plantes médicinales :<br />
• Armoise comme vermifuge et contre les infections<br />
urinaires.<br />
• Camomille contre la constipation et pour faciliter<br />
la digestion.<br />
• Menthe pour la digestion,et comme antiseptique.<br />
• Millepertuis pour favoriser la circulation <strong>du</strong> sang.<br />
• Orties en infusion pour lutter contre la bronchite,<br />
en massage contre les rhumatismes et pour la<br />
circulation <strong>du</strong> sang.<br />
• Thym pour lutter contre le rhume.<br />
• Tilleul pour s’endormir.<br />
• Verveine : bon pour tout.<br />
Lucienne, 85 ans et Mireille, 83 ans
Michel Cimaz (Saint-Apollinaire-de-Rias)<br />
noisettes - nid
NÉCESSITÉ : Par nécessité pendant la guerre à<br />
Charmaran, près de Romans, les Allemands nous faisaient<br />
cultiver et venaient se servir… ils volaient aussi<br />
les œufs… ils regardaient à travers pour voir s’il n’y<br />
avait pas de poussin… Madeleine, 69 ans<br />
Vin de noix :<br />
• Ramasser les noix avec l’écorce verte<br />
• Couper en 4, mettre 4 litres de bon vin rouge,<br />
1 litre de marc, 40 sucres et remuer.<br />
• Après quarante jours, passer dans un filtre<br />
à café en papier<br />
• Laisser reposer le plus longtemps possible<br />
et boire très frais.<br />
Lucienne, 85 ans et Mireille, 83 ans
O<br />
Yves Azzolini (Malbosc)<br />
oignons - œillets
OCTOBRE : <strong>Les</strong> petits pois on les semait en octobre,<br />
l’ail, l’oignon, aussi. André, 84 ans<br />
ŒILLET D’INDE : J’avais toujours beaucoup d’œillets<br />
d’Inde qui poussaient à l’aventure. Je voyais disparaître<br />
les petits plants d’un jour à l’autre.Alors,un jour de temps<br />
pluvieux, j’ai pris le temps de regarder les mangeurs<br />
d’œillets d’Inde. Je me rappelle avoir observé un escargot<br />
qui était presque complètement sorti de sa coquille.<br />
Son corps était tout enroulé autour de la tige de l’œillet<br />
et il l’a mangé en rien de temps. J’étais stupéfaite de la<br />
vitesse à laquelle cela s’est passé. Olga, 87 ans<br />
OIGNON : Ce sont des “cebas” en patois.<br />
Marie-Antoinette, 91 ans<br />
OISEAUX : On ne faisait pas peur aux oiseaux, c’est<br />
précieux les oiseaux. Josiane, 62 ans<br />
ORTIE : On faisait tremper les orties pour faire de l’engrais.<br />
Chez nous on faisait tremper l’ortie quinze jours<br />
sinon trois semaines. On prenait une casserole d’eau,<br />
on y ajoutait une casserole de purin d’ortie et on en<br />
arrosait les plantes, ça enlevait les pucerons et en même<br />
temps ça fortifiait les plantes. Julie, 87 ans
Outils :<br />
Le béchard pour faire à la main quand mon mari<br />
repiquait des choux. Élise, 74 ans<br />
Pour avoir un beau jardin, il faut bien le travailler<br />
avant, au béchard. Émile, 80 ans<br />
La bêche à quatre becs pour retourner la terre,<br />
en patois on l’appelle le lichet. Henri, 88 ans<br />
Le bichat ou betchet : c’est une triandine à quatre<br />
dents recourbées. Albert, 69 ans<br />
Il faut une binette pour biner les haricots. Élise, 74 ans<br />
Le “binou”est une petite binette, une petite pioche.<br />
Gabriel, 95 ans<br />
À Vernoux on dit l’“escobu”.<br />
Le “fichou” c’est le plantoir. Émile, 80 ans<br />
J’utilisais souvent le “pichard”, la petite pioche.<br />
Jean-Marie, 57 ans<br />
J’utilisais beaucoup la pioche, un côté avec deux<br />
dents et l’autre avec une lame. Gabriel, 95 ans
On coupait l’herbe à la “daille” 10 . Et on portait la<br />
“gouère” 11 en bois à la ceinture pour mettre la<br />
pierre à aiguiser. Gabriel, 95 ans<br />
Un “ébratchou”, c’est une lame longue de trente à<br />
quarante centimètres qui servait à arracher les<br />
bruyères et les genêts. Gabriel, 95 ans<br />
J’avais une pioche et un râteau, une fourche si<br />
on avait de l’herbe à enlever ou autre, et quand<br />
on a une pioche et un râteau, ça commence bien<br />
à faire… Charlotte, 90 ans<br />
Le “piochou 12 , qui sert à faire des trous pour planter<br />
les pommes de terre. collectif<br />
<strong>Les</strong> outils de base ce sont les plantoirs, des petites<br />
pioches, des binettes. Andrée, 59 ans<br />
L’outillage c’était la pioche, le râteau… La triandine<br />
non, la terre était trop légère. Auguste, 88 ans<br />
10. la faux.<br />
11. étui en forme de cône.<br />
12. piochon
P<br />
Gaëtan Pilato (Saint-Étienne-de-Boulogne)<br />
potiron - panier
PANIER : J’ai l’image de mon père revenant le soir<br />
avec, sur son dos, un panier d’osier rempli de légumes.<br />
Le jardin était quand même à environ deux kilomètres<br />
de la maison ! Henri, 88 ans<br />
PARTAGE : Mon jardin, c’était le jardin des autres :<br />
parents et amis ! Aurélie<br />
PASSE-TEMPS : On y allait au moins dix fois par jour.<br />
On regardait pousser. Il fallait sulfater, on mettait des<br />
granulés… C’était un passe-temps ! Auguste, 88 ans<br />
PÊCHES : Mes parents avaient des arbres fruitiers, et<br />
moi gamine j’emballais les pêches dans de la fibre pour<br />
éviter qu’elles s’abîment. Mon père était le seul autorisé<br />
à cueillir les fruits, il ne laissait personne d’autre les<br />
ramasser, il voulait les cueillir et les choisir lui même.<br />
Nous les enfants, on tenait les cagettes. Lise, 93 ans<br />
PERSIL : Je semais toujours <strong>du</strong> persil bien plus qu’il n’en<br />
fallait, pour des fois en donner un bouquet. André, 62 ans<br />
PLAISIR : Tout me plaisait bien dans mon travail. Si on<br />
le fait, c’est que ça plaît, moi il me semble. André, 62 ans
Pour moi le jardin <strong>potager</strong> me rappelle mon père et ces<br />
samedis après midi que nous passions au jardin. Dans<br />
ce jardin poussait tout ce qu’on voulait ! Choux, salades,<br />
pommes de terres, radis, fraises… et quelques fleurs pour<br />
ma mère. Moi je devais arroser le jardin, et j’adorais le<br />
faire. C’était un vrai plaisir ! J’organisais des courses<br />
d’escargots, et courais après les papillons. Et puis on<br />
s’asseyait sur le banc, avec vue sur le jardin, et on<br />
regardait pousser les légumes. Marie-Claudine, 85 ans<br />
J’aimais bien faire le jardin, et ça faisait plaisir…<br />
et puis, on en donnait aux voisins… Régis, 98 ans<br />
PLANTS : Moi je faisais beaucoup de semis, les plants<br />
de choux, je plantais un peu de chaque, le choux de<br />
Bruxelles et l’autre qu’on recommandait, le brocolis. Je<br />
faisais aussi les poireaux comme ça, j’avais le semis<br />
sous la main, parce que s’il faut partir à droite ou à<br />
gauche pour chercher des plants… Ma pauvre épouse<br />
m’aidait bien. Parce que moi je pâtissais, quand les<br />
semis étaient bien sortis, qu’on ne pouvait pas biner,<br />
c’était elle qui le faisait. Gabriel, 95 ans<br />
Je faisais des poireaux. Mais c’était surtout pour les<br />
plants, pour repiquer. Je faisais aussi beaucoup de<br />
blettes, choux et tomates, pour repiquer. J’allais les<br />
vendre en montagne, ou bien on venait chez moi en<br />
chercher. André, 62 ans
POIREAU : On achetait des graines de poireaux qui<br />
coûtaient les yeux de la tête et puis il n’y en avait que<br />
quelques uns qui sortaient. Alors des fois on achetait<br />
des plants de poireaux. Et une année mon mari avait<br />
bien fait ses rangs de poireaux et puis les gamins<br />
avaient arraché tous les poireaux, l’un après l’autre.<br />
Mon mari les avait bien alignés ! Antonia, 97 ans<br />
On dit “de pòrre” en patois. Marie-Antoinette, 91 ans<br />
POMME D’ARROSOIR : Il fallait se servir de la pomme<br />
d’arrosoir pour ne pas abîmer les semis. Renée, 78 ans<br />
POMME DE TERRE : On disait souvent des tartifles<br />
en patois. Marie-Antoinette, 91 ans<br />
Un jour, avec mon mari, on a décidé de planter des<br />
pommes de terre germées. Mon garçon de quatre ans<br />
était toujours avec moi et quand je faisais la soupe, il<br />
voyait que j’enlevais le germe. Et lui, croyant faire un<br />
grand exploit a dégermé le cageot de pommes de terre<br />
et a dit : “Maman, ça y est, j’ai tout fait !”.<br />
Mon mari en rentrant m’a dit que je m’en occupais<br />
jamais de ce petit. Ses jambes l’ont sauvé, sinon il<br />
aurait eu une bonne fessée ! Et moi, j’ai eu des<br />
reproches. Julie, 87 ans
Je plantais aussi différentes sortes de patates : des<br />
Beauvais, elles se gardaient bien pour la semence d’une<br />
année sur l’autre, des Binje et des Rabanel mais pas tellement<br />
celles-là, elles étaient pas très bonnes. Gabriel, 75 ans<br />
Recette de la bombine :<br />
• Ingrédients : pommes de terre, lard, thym, olives<br />
noires et/ou vertes<br />
Laver les pommes de terre,les éplucher,les couper en<br />
petits morceaux. Ajouter un oignon, un peu de lard<br />
ou de viande qu’on a fait revenir.Mettre <strong>du</strong> laurier,de<br />
l’ail, de la frigoule 13 et de l’eau. On laisse mijoter ça<br />
pendant vingt minutes, un quart d’heure. On peut<br />
ajouter des tomates si on veut, <strong>du</strong> sel, <strong>du</strong> poivre…<br />
Laisser mijoter 30 minutes en remuant de temps en<br />
temps. Une fois cuite, on peut la passer au four pour<br />
la faire gratiner.<br />
Charlotte, 90 ans et Jacqueline, 80 ans<br />
POMPE : Au jardin, j’utilisais une pompe à main installée<br />
sur le puits. Je remplissais des tonneaux de cinquante<br />
litres avec l’aide de mes enfants. Fernand, 87 ans<br />
13. ou “farigoule” : thym
POTAGER : Mon mari travaillait à l’usine et quand il<br />
avait fini, à 20 heures, il s’occupait <strong>du</strong> jardin, surtout en<br />
été.Il ne voulait pas que je m’occupe <strong>du</strong> <strong>potager</strong>,il disait<br />
que ce n’était pas droit quand je le faisais et il n’était pas<br />
content. Du coup je n’y allais plus ! Elisa, 79 ans<br />
POTIRON : Le plus gros que j’ai récolté,il faisait 38 kilos !<br />
Ça commence à faire ! Gabriel, 95 ans<br />
PUCERON : On plantait un rosier à chaque carré de<br />
légumes, c’est comme pour les vignes : les pucerons vont<br />
sur le rosier,et cela évite de tuer les coccinelles. Paul, 88 ans<br />
PUITS : Il y avait un puits pour arroser. On puisait<br />
avec une poulie, un seau et on remplissait l’arrosoir.<br />
Jean-Marie, 57 ans<br />
Ah ! Oui ! Il faut de l’eau ! Nous, on n’avait qu’un puits<br />
et il fallait charrier l’eau avec des seaux. C’était pas<br />
facile ! On n’avait pas l’eau de la ville… Josette, 70 ans
Q<br />
Catherine Raymond<br />
quetsche (prunier et prunes)
QUARTIER : Il fallait marcher près d’un kilomètre pour<br />
aller au jardin. On allait chercher les légumes au fur et<br />
à mesure de nos besoins. <strong>Les</strong> enfants <strong>du</strong> quartier<br />
aimaient bien venir avec nous pour y gratter. Marie<br />
QUELQUE CHOSE : Le jardin, c’est quelque chose !<br />
C’est mon mari qui le faisait. Il se situait à coté de<br />
la bergerie et <strong>du</strong> poulailler. Il était en deux parties :<br />
le <strong>potager</strong> et le champ de pommes de terre. C’est<br />
important d’avoir un jardin, on a tout sur place. On<br />
a besoin d’un poireau, d’un chou… on va le chercher,<br />
pas besoin de courir à Privas ! Yvonne, 86 ans<br />
QUEUE DE CERISE : <strong>Les</strong> queues de cerises qu’on<br />
faisait sécher, c’était pour faire des tisanes, quand on<br />
peut pas faire pipi. Charlotte, 90 ans
R<br />
Gérard Le Rouzes (Chandolas)<br />
radis - roses
RAIE : C’est moi qui faisais les haricots parce que<br />
mon mari ne tirait pas droit dans le jardin. J’aimais<br />
pas ça moi ! Alors je le faisais. Avec mon piochon,<br />
je faisais la raie. Je savais bien faire. On me l’avait<br />
appris toute jeune. collectif<br />
RAISIN : Il y avait une rangée de raisins de table,des gros<br />
raisins “Alpouse la Vallée”et des blancs. Florence, 83 ans<br />
RAT : Le 11 novembre il ne faut pas rentrer les légumes<br />
à la cave parce que les rats les mangent… Et attention !<br />
C’était respecté… Camille, 88 ans<br />
RATTE : En patois ce sont les virous. Maurice, 79 ans<br />
Je faisais des rattes. Elles sont petites et la chair est fine.<br />
On les sèche bien pour qu’elles ne soient pas pleines<br />
d’eau. On les met dans une cocotte, doucement, parce<br />
que si c’est trop cuit, c’est pas bon. Louise, 90 ans<br />
Pour éplucher les rattes : secouer les rattes dans un sac<br />
de jute, secouer, cela enlève la peau. collectif<br />
RÉPARTITION DU TRAVAIL : Je m’occupais plutôt des<br />
fleurs, mon mari et mes enfants, <strong>du</strong> jardin. Élise, 74 ans
Puis je me suis mariée, j’ai continué un peu le jardinage,<br />
mais c’était davantage mon mari qui travaillait le jardin.<br />
J’enlevais un peu l’herbe, je relevais un peu les cadres,<br />
je ratissais les plans, j’arrosais. Jacqueline, 80 ans<br />
REPIQUAGE : <strong>Les</strong> salades perdent <strong>du</strong> temps, le<br />
temps <strong>du</strong> repiquage. Moi, je ne repiquais jamais les<br />
salades. Michel, 62 ans<br />
ROSE : Elles étaient parfumées ces roses ! Oh ! qu’elles<br />
étaient belles ! J’en faisais un bouquet pour mon institutrice.<br />
Elle était bien contente. collectif<br />
ROSIER : C’étaient surtout des rosiers nains, il y avait<br />
quelques rosiers remontants, j’avais fait une plantation<br />
dessinée en coeur. J’aimais le boulot, je le faisais<br />
bien. <strong>Les</strong> rosiers étaient pas hauts. Je les tenais taillés.<br />
C’était vraiment joli ! Il y avait des chamarrés et<br />
des blancs. Gabriel, 95 ans<br />
J’ai toujours aimé les jardins… J’aimais bien les fleurs.<br />
Un cousin m’avait envoyé des rosiers de Lyon et je les<br />
taillais à ma manière de faire. Augusta, 96 ans<br />
ROTATIONS : On faisait des rotations au jardin. André,84 ans
On ne plantait pas deux années de suite le même<br />
légume au même endroit. Jean, 80 ans<br />
Je faisais attention à faire tourner les plantations.<br />
Un coup c’était des patates et l’année d’après, autre<br />
chose. C’est important ça. Gabriel, 75 ans<br />
ROUGE-GORGE : Le rouge-gorge,c’est l’ami <strong>du</strong> jardinier.<br />
Albert, 69 ans<br />
RUCHE : Il y avait un jardin, on n’y faisait guère que<br />
des pommes de terre ou des choux pour le cochon.<br />
Entre autre, il y avait des ruches, alors il ne fallait pas<br />
y aller… Elles étaient mauvaises ! Elles venaient vous<br />
chercher loin. On disait que c’étaient des italiennes, je<br />
sais pas ce que c’était mais… Elles allaient vous chercher<br />
loin celles-là ! Lydie, 88 ans<br />
On avait des ruches, mais elles étaient dans des troncs<br />
d’arbres. Je ne me souviens plus comment ils allaient<br />
chercher le miel,mais ça fait longtemps… Je vous parle<br />
<strong>du</strong> jardin de mon enfance. Augusta, 96 ans<br />
RUTABAGA : C’est un peu comme <strong>du</strong> céleri rouge.<br />
On les coupe en morceaux et on les frit à la poêle.<br />
Marie-Antoinette, 91 ans
S<br />
Michel Goslino (La Rochette)<br />
salade - soleil
SABLE : <strong>Les</strong> endives,les cardons… pour les faire blanchir<br />
on les mettait dans le sable entièrement. Jean, 72 ans<br />
La cave, c’était comme un jardin : on gardait tous les<br />
légumes dans le sable, dans la cave à voûte. On sortait<br />
les légumes <strong>du</strong> jardin et on les mettait à demi-enterrés<br />
dans le sable, les tomates vertes avec la queue, les betteraves,<br />
les carottes, les oignons, les endives. On avait<br />
des légumes frais tout l’hiver ! Marie-Louise, 80 ans<br />
SAINTS DE GLACE : Après le 16 mai, on peut tout<br />
planter, après les Saints de glace. Paul, 86 ans<br />
SAINT-JEAN : Ici, la groseille s’appelle le raisin de<br />
Saint-Jean. Germaine, 92 ans<br />
SALADE : Le mécanicien à côté, quand son épouse<br />
voulait faire une salade, venait se servir. Mais j’ai jamais<br />
demandé un sou à personne. Gabriel, 95 ans<br />
Mon père cultivait beaucoup de salades. Il les semait<br />
toujours près <strong>du</strong> mur <strong>du</strong> jardin, à l’abri. Marie-Jeanne<br />
On achetait les graines à GammVert, sauf les graines<br />
de salades qu’on gardait. Elles sont un peu violettes,<br />
mais je ne me souviens plus <strong>du</strong> nom. Élise, 76 ans
SALSIFIS, SCORSONÈRE : <strong>Les</strong> salsifis, les scorsonères<br />
c’est pareil : il fallait deux ans pour qu’on puisse<br />
les ramasser. Marie, 100 ans<br />
SANGLIER : Une fois, au jardin, nous avons eu la visite<br />
de deux sangliers en pleine journée ! Élise, 76 ans<br />
SANTÉ : On dit que de cultiver un jardin on travaille<br />
pour sa santé. Gabriel, 95 ans<br />
SAUGE : Autour <strong>du</strong> jardin il y avait une grande bor<strong>du</strong>re<br />
fleurie avec une sorte de sauge rouge. À propos<br />
de la sauge, on m’a dit : “Si vous prenez une branche<br />
de sauge chez votre voisin, la plante crève, votre voisin<br />
doit la cueillir pour vous”. Germaine, 82 ans<br />
SEMER : Moi, je trouve que ce qu’on sème, c’est<br />
meilleur. Élise, 74 ans<br />
SOLEILLER : C’est mon mari qui s’occupait de l’arrosage<br />
de la semaine… Alors on remplissait un bassin et<br />
on laissait bien soleiller l’eau, on laissait tempérer au<br />
soleil. Parce que quand elle sort <strong>du</strong> puits elle est fraîche.<br />
On abîme le légume sans le savoir. Renée, 78 ans
SOUVENIR : J’ai gardé un bout de jardin… en souvenir…<br />
J’y ai planté des rattes, des doucettes… J’y vais toutes les<br />
semaines si tout va bien ! Ma femme avait fait des bocaux<br />
il y a deux ans et il y en a encore… Régis, 98 ans<br />
Le purin d’ortie préparé dans de grands tonneaux,<br />
qui sentait très mauvais, servait à traiter les pucerons.<br />
Je me souviens aussi <strong>du</strong> marc de café que je mettais<br />
au pied de mes rosiers pour les protéger. Élise, 76 ans<br />
SPORT : Déjà gamin mon père me faisait retourner la<br />
terre. Il me disait : “Tu veux faire <strong>du</strong> sport ? Eh bien viens<br />
travailler dans le jardin !”C’était mon sport et j’appréciais<br />
pas trop cela ! En fait, c’est plus pratique d’aller acheter<br />
ses légumes chez les commerçants ! Louis, 83 ans
Gérard Le Rouzes (Chandolas)<br />
tomates - tulipes
TAUPE : J’utilisais la taupicine,mais c’est dangereux.Y’en<br />
a deux, trois qui ont été torchées comme ça ! André, 62 ans<br />
Contre les taupes, le mieux c’était la taupicine. On en<br />
trouvait à ce moment-là. J’empoisonnais les vers et elles<br />
mangeaient ça. Gabriel, 75 ans<br />
J’avais eu une taupe dans mon jardin. Je l’avais noyée.<br />
J’avais découvert le trou de sa taupinière et je l’avais rempli<br />
d’eau. J’avais mis je ne sais combien d’arrosoirs d’eau !<br />
Elle n’a plus fait de monticules, je l’avais noyée ! collectif<br />
<strong>Les</strong> taupes on les tuait avec la pioche, on les sortait. Ou<br />
on les tuait avec des vers empoisonnés. Jean-Marie, 57 ans<br />
Pour les taupes, il faut mettre <strong>du</strong> gazole dans le trou.<br />
L’odeur les fait fuir. Paul, 88 ans<br />
<strong>Les</strong> “capriers” 14 sont des plantes hautes pour éloigner les<br />
taupes. C’est efficace, mais il faut les laisser longtemps.<br />
Lydie, 95 ans<br />
TEMPS : Tout le temps j’y étais. Quand j’avais une<br />
minute : allez, on allait voir s’il n’y avait pas de l’herbe<br />
qui était sortie. J’aimais jardiner moi ! collectif<br />
14. euphorbe
Tout le monde avait son jardin <strong>potager</strong>. Il faut y passer<br />
<strong>du</strong> temps : le matin et le soir. Marie-Rose, 91 ans<br />
Oh ! Mon Dieu, quand même ! Mon mari ne s’arrêtait<br />
jamais ! Il n’était content que lorsqu’il passait <strong>du</strong> temps<br />
à son jardin et qu’on le lui laissait faire, ou bien quand<br />
il partait pêcher ! Marie-Louise<br />
TERRE : Notre jardin était à Saint-Marcel, en montant<br />
à la Mûre… on avait une très bonne terre, bien grasse.<br />
Je me souviens d’un 14 juillet : mon fils Michel est allé<br />
dans le jardin et les abeilles l’ont tout recouvert. Il s’est<br />
jeté à terre, la terre l’a préservé au visage… on a pris<br />
une cruche d’eau et on l’a arrosé… et les abeilles sont<br />
parties ! Camille, 88 ans<br />
C’est bon, des fois, de laisser reposer la terre, ça fait des<br />
mottes. On les retourne après avec le tracteur et c’est<br />
bien, ça tient au frais. Gabriel, 75 ans<br />
TILLEUL : Le tilleul, il faut le faire sécher à l’ombre.<br />
Pas au soleil. Élise, 74 ans<br />
Dans le temps les personnes âgées qui n’avaient pas<br />
les moyens qu’on a maintenant, se débrouillaient encore<br />
assez bien. Ils avaient des idées quand même. Ils se soignaient<br />
avec les plantes. Aux bébés qui ne dormaient
pas, on faisait une tisane de tilleul, on le mettait dans<br />
leur biberon pour les calmer, ça les calmait bien !<br />
“Rien n’a passat que n’en tornat ! 15 . collectif<br />
TISANE : On faisait beaucoup de verveine, c’était<br />
bon pour l’estomac, la camomille sauvage, on la faisait<br />
sécher, on la gardait dans une boîte, un sac, ça<br />
se conservait la saison. Charlotte, 90 ans<br />
La “rude” 16 se servait en tisane, si vous aviez un coup de<br />
froid,avec de la goutte dedans,la gnôle. Clémentine, 83 ans<br />
TOMATE : Ce sont les pommes d’amour. Michel, 62 ans<br />
<strong>Les</strong> tomates farcies.On cueillait les tomates, on les<br />
ouvrait en deux. On enlevait les graines et on faisait un<br />
farci de viande, de la viande de veau qu’on achetait<br />
chez le boucher, de la tranche ou de la rouelle. On faisait<br />
cuire la viande. On la passait à la moulinette, on y<br />
mettait des oignons,de l’ail et on faisait un farci de viande<br />
et on garnissait les tomates. Ça faisait un bon plat.<br />
J’en faisais assez souvent l’été, au moment de la récolte.<br />
Mon mari s’occupait des tomates. Il fallait les traiter<br />
parce qu’elles attrapaient le mildiou. Julienne, 97 ans<br />
15. Rien n’est passé qui ne revienne.<br />
16. ou rue officinale
Pour les plants de tomates, on mettait des orties coupées<br />
au pied… ça enlève la maladie… Marie-Louise, 87 ans<br />
TOMBE : Il y avait des arbres dans le jardin. Il y avait des<br />
cerisiers,des pruniers.Et il y avait même des tombes à deux<br />
endroits. C’était pas travaillé là où il y avait des tombes.<br />
La propriétaire y avait fait faire un entourage en fer. Et<br />
quand elle est décédée, ça s’est ven<strong>du</strong>. Et un jour que je<br />
promenais de ce côté là, l’entourage en fer, je l’ai vu au<br />
bord <strong>du</strong> Duzon, dans un talus. Ceux qui avaient acheté<br />
l’avaient enlevé. Dans le temps, mes parents étaient au<br />
Mas. Dans tous les jardins il y avait des tombes. Il y avait<br />
même un coin, dans un jardin, où il y avait des pierres<br />
tombales, entre les bâtiments de la ferme. Lydie, 88 ans<br />
TOURTERELLE : J’avais installé un épouvantail avec<br />
des vieux vêtements à moi, mais les tourterelles mangeaient<br />
tout quand même. Louis, 83 ans<br />
TONNEAU : Pour l’approvisionnement de l’eau de<br />
source,nous avions quatre tonneaux de deux cents litres<br />
chacun. Ils se remplissaient la nuit à tour de rôle. C’était<br />
un système avec un flotteur qui se mettait en action sous<br />
la pression de l’eau.Nous nous servions de l’eau aussi bien<br />
pour le jardin que pour la maison. L’eau de source était<br />
très bonne à boire.Nous l’avons faite analyser. Élise, 89 ans
TRANSMISSION : Mon mari, c’était un maître, il<br />
taillait ses arbres, et aussi les hibiscus : un rose et<br />
un mauve. Mes filles ont tout appris de lui. Ce sont<br />
de vraies jardinières.<br />
Moi, je n’avais pas le droit d’aller dans son jardin.<br />
Il disait qu’une femme dans le jardin c’est pire<br />
qu’une poule. Ma deuxième fille était toujours avec<br />
lui au jardin. Paulette, 86 ans<br />
TRAVAIL : C’est mon mari qui faisait le jardin, moi<br />
je m’occupais des fleurs. Mais maintenant, le jardin,<br />
comment il doit être ? Ma fille s’en occupe pas beaucoup.<br />
Quand je serai plus là, qu’est-ce que ça va<br />
devenir ? Ça fait <strong>du</strong> travail un jardin… Lydie, 95 ans<br />
C’était le travail de mon mari, et moi je le regardais !<br />
On y semait des pois gourmands, des haricots, des<br />
oignons, des raves et des navets. Quand c’était le<br />
moment des pommes de terre, on les coupait en deux<br />
et puis on les plantait dans la terre. Marie, 89 ans<br />
Le jardin, c’était plutôt une charge de travail. Mais<br />
j’étais bien contente de récolter les légumes. C’était<br />
un apport de nourriture. Et puis j’aimais faire mes<br />
confitures de framboises pour régaler mes enfants<br />
au goûter. Je ramassais aussi des fraises et j’en faisais<br />
des tartes et des salades avec un peu de sucre<br />
et de vin rouge. Élise, 76 ans
U<br />
Jérôme Séjourné<br />
urtica dioica (orties) - uranie (papillon)
UNIQUE : À Saint-Élie, en Guyane, il y a beaucoup<br />
d’abricotiers dits de pays : leur fruit unique, un seul<br />
par an, pèse près de deux kilos ! Il a le goût et la couleur<br />
de l’abricot. Denis, 58 ans<br />
On y récoltait <strong>du</strong> bon légume ! C’était agréable car<br />
quand on allait arroser, on discutait avec les voisins qui<br />
avaient leur jardin à côté. C’était unique ! Le soir on<br />
s’asseyait sur les rochers au bord de la rivière, jusqu’à<br />
tard et on discutait. Marie-Antoinette, 91 ans<br />
UTILES : <strong>Les</strong> capucines sont très utiles pour éloigner<br />
les pucerons. Lydie, 95 ans<br />
On utilisait l’engrais naturel : on avait des lapins, des<br />
poules et on utilisait la paille et les crottes pour faire<br />
<strong>du</strong> fumier. Marie-Louise, 80 ans
D.R.<br />
vignes - violettes
VARIÉTÉS : J’ai changé la variété des haricots :<br />
avant y’avait trop de fils. Je faisais des Aramis, des<br />
Contendeurs, les Super Violets, les haricots blancs, les<br />
beurrés. André, 62 ans<br />
VERVEINE : Je préparais de la verveine. Je la plantais<br />
dans une grosse marmite. Quand elle était en fleur,<br />
il fallait la couper et la faire pendre par des bâtons,<br />
à l’ombre toujours. Élise, 74 ans<br />
Au jardin, on mettait de la verveine. On la coupait, on<br />
la couvrait l’hiver car elle craint le gel. Marie<br />
VIOLET : Il y avait le violet,c’était un sentier,un tout petit<br />
chemin qui faisait le tour <strong>du</strong> jardin. Fernande, 73 ans<br />
VIOLETTE : À fin janvier il doit y avoir des violettes,<br />
des violettes des bois. Le crocus aussi vient très tôt, au<br />
mois de février. Le narcisse c’est comme les jonquilles,<br />
les tulipes aussi. collectif<br />
VIVACES : Dans le jardin <strong>du</strong> haut, il y a des fleurs qui<br />
reviennent toutes les années : des narcisses, des grosses<br />
plantes blanches, des boules de neige, <strong>du</strong> lilas, des<br />
primevères. Marie, 87 ans
W X<br />
Y Z<br />
D.R.<br />
Zinnia
WILLIAMS : Après le marc de raisin, l’alambic distillait<br />
la cerise, la mirabelle et la poire Williams qui reste la<br />
meilleure pour faire de l’alcool. collectif<br />
X: Dans mon jardin, je faisais des pommes de terre,<br />
des salades et des tomates. J’avais aussi des haricots<br />
grimpants sur des tuteurs en X. collectif<br />
Y: Prenant appui sur un support en forme de Y, le<br />
bras de la “manlèva” 17 permettait de remonter le<br />
seau <strong>du</strong> puits.collectif<br />
ZINNIA : Je faisais un massif de zinnias. Ça tient bien<br />
en bouquet le zinnia. Gabriel, 95 ans<br />
17.puits à balancier ou chadouf,comme on en trouvait dans le sud de l'<strong>Ardèche</strong><br />
et en particulier vers <strong>Les</strong> Vans.
Index des résidences et des personnes agées<br />
Résidence Le Grand Pré<br />
(Alboussière)<br />
Animatrice :<br />
Catherine Chevillon<br />
Résident(e)s :<br />
Élise Laye, 76 ans<br />
Élise Peyrot, 89 ans<br />
Fanny Casimir, 93 ans<br />
Fernand Monchal, 87 ans<br />
Gabriel Valette, 95 ans<br />
Jeanne Cluzel, 85 ans<br />
Lydie Rivière, 88 ans<br />
Olga Vernet, 87 ans<br />
Roger Desbrus, 84 ans<br />
Résidence Hôtel de Ville<br />
(Annonay)<br />
Animatrices : Agnès Barriol<br />
et Christine Artru<br />
Résident(e)s :<br />
Albert Chomel, 69 ans<br />
Andrée Matarasso, 81 ans<br />
Aurélie Fontbonne<br />
Bruna Addesso<br />
Camille Rouby, 88 ans<br />
Colette Battandier<br />
Denis Terray, 58 ans<br />
Jean Montgrenier, 72 ans<br />
Madeleine Bernard, 69 ans<br />
Marcelle Chaulet, 92 ans<br />
Marie-Louise Gimenez, 87 ans<br />
Marie-Louise Pavia, 80 ans<br />
Marthe Vacher, 96 ans<br />
Méline Bombrun, 91 ans<br />
Odette Martinez, 89 ans<br />
Raymonde Zurano, 68 ans<br />
Régis Chapuis, 98 ans<br />
Simone Itier, 88 ans<br />
Résidence Boisvignal (Aubenas)<br />
Animatrices : Emmanuelle<br />
Faure et Sandrine Coquelin<br />
Résident(e)s :<br />
Antonia Beuchon, 97 ans<br />
André Theyssier, 81 ans<br />
Andrée Roux, 59 ans<br />
Catherine Marze, 85 ans<br />
Charlotte Constant, 90 ans<br />
Clémentine Crouzet, 83 ans<br />
Jacqueline Névissas, 80 ans<br />
Jean-Marie Roux, 57 ans<br />
Julienne Bouquet, 97 ans<br />
Louis Pascal, 96 ans<br />
Louise Sabatier, 90 ans<br />
Lucette Ladet<br />
Marie Cros, 87 ans<br />
Paulette Lambert, 86 ans<br />
Simone Delisen, 90 ans<br />
Thérèse Dours, 78 ans
Hôpital Fernand Lafont<br />
(Le Cheylard)<br />
Animatrice :<br />
Sophie Williams<br />
Résident(e)s :<br />
André Chastagnier, 62 ans<br />
André Deyres, 78 ans<br />
Élise Coste, 74 ans<br />
Gabriel Marion, 75 ans<br />
Lucie Pourtier, 84 ans<br />
Marie Chalencon, 101 ans<br />
Marie Nury, 87 ans<br />
Suzanne Fontanel, 85 ans<br />
Résidence Montoulon<br />
(Privas)<br />
Animatrice :<br />
Claire Prince<br />
Résident(e)s :<br />
Henri Durand, 88 ans<br />
Julienne Gandon, 83 ans<br />
Lise Doire, 93 ans<br />
Louis Pavier, 83 ans<br />
Lucien Guillerme, 79 ans<br />
Lucienne Fargier, 85 ans<br />
Madeleine Roux, 87 ans<br />
Marie Plataret, 83 ans<br />
Marie-Claudine Souche, 85 ans<br />
Marie-Rose Pouyet, 91 ans<br />
Mireille Nucci, 83 ans<br />
Paul Bouzonnet, 88 ans<br />
Paul Clément, 86 ans<br />
Rosa et André Mounier, 85 ans<br />
Yvonne Belin, 86 ans<br />
Résidence <strong>Les</strong> Charmes<br />
(Satillieu)<br />
Animatrice :<br />
Christiane Sanchez<br />
Résident(e)s :<br />
Augusta Mousset, 96 ans<br />
Auguste Vachier, 88 ans<br />
Fernande Sassolas, 73 ans<br />
Josette Cote, 70 ans<br />
Juliette Mouton, 87 ans<br />
Marie Conil, 100 ans<br />
Marie-Louise Clauzel, 90 ans<br />
Andrée Marest, 97 ans<br />
Renée Tavenard, 78 ans<br />
Résidence Le Charnivet<br />
(Saint-Privat)<br />
Animateur : Guy Michel<br />
Résident(e)s :<br />
André Vercauteren, 84 ans<br />
Florence Duplan, 83 ans<br />
Jean Taupenas, 80 ans<br />
Josiane Gamel, 62 ans<br />
Julie Mouyon, 87 ans
Hôpital Beauregard<br />
(Vernoux-en-Vivarais)<br />
Animatrice :<br />
Catherine Badet<br />
Résident(e)s :<br />
Émile Plantier, 80 ans<br />
Hélène Viazac, 94 ans<br />
Jean-Paul Pons, 77 ans<br />
Louise Veyrie, 85 ans<br />
Lydie Coulet, 95 ans<br />
Maurice Campana, 79 ans<br />
Michel Rey, 62 ans<br />
Pierre Brunel, 78 ans<br />
Roger Bois, 86 ans<br />
Simone Robert, 70 ans<br />
Résidence Le Bosc<br />
(Vals-les-Bains)<br />
Animatrice :<br />
Véronique Gossieaux<br />
Résident(e)s :<br />
Antoinette Clerc, 88 ans<br />
Berthe Balverre, 93 ans<br />
Denise Chaudouard, 95 ans<br />
Emma Beauvais, 93 ans<br />
Françoise Aznar, 85 ans<br />
Germaine Chareyre, 92 ans<br />
Henriette Testut, 80 ans<br />
Irène Berret, 80 ans<br />
Marcelle Nougier, 92 ans<br />
Maria Veyrenc, 90 ans<br />
Marie Duclaux, 89 ans<br />
Marie-Jeanne Picon, 90 ans<br />
Marie-Louise Chanut, 84 ans<br />
Marie-Louise Fargier, 91 ans<br />
Marie-Louise Veyrenche, 83 ans<br />
Nicole Deneu, 66 ans<br />
Odile Gibert, 62 ans<br />
Robert Perdriau, 79 ans<br />
Thérèse Anfray, 61 ans<br />
Thérèse Coste, 88 ans<br />
Résidence Le Bon Repos<br />
(Vesseaux)<br />
Animatrice :<br />
Séverine Mandin<br />
Résident(e)s :<br />
Andrée, 82 ans<br />
Elisa Ferrari, 79 ans<br />
Georgette Brun, 87 ans<br />
Germaine, 82 ans<br />
Hubert, 71 ans<br />
Joséphine Garde, 89 ans<br />
Marie, 85 ans<br />
Marie-Antoinette Marsal, 91 ans<br />
Marie-Louise Fort, 60 ans<br />
Marthe Artige, 88 ans<br />
Suzanne, 75 ans<br />
Suzanne Duflos, 82 ans
Conseil général<br />
de l’<strong>Ardèche</strong><br />
Bibliothèque<br />
départementale<br />
chemin de Many<br />
Veyras, BP 737<br />
07007 Privas cedex<br />
tél.: 04 75 66 05 90<br />
fax : 04 75 64 87 11<br />
mél : bibliotheque.<br />
departementale<br />
@ardeche.fr<br />
Graphisme : Perluette<br />
Impression : Ferréol<br />
Achevé d’imprimer<br />
en avril 2009<br />
Dépôt légal :<br />
1 er semestre 2009<br />
ISBN 978-2-908220-44-5<br />
© Conseil général<br />
de l’<strong>Ardèche</strong>, 2009
Catherine Badet (Vernoux-en-Vivarais)
LES MOTS DU POTAGER est un abécédaire qui mêle<br />
l’intime et le collectif, les petites histoires et la grande.<br />
Il a la faculté de nous toucher au cœur et de nous en<br />
apprendre beaucoup sur nos anciens et leurs <strong>potager</strong>s…<br />
ISBN 978-2-908220-44-5