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6 Paris Chamonix juin//juillet08

nos contemporains

sont-ils si mal à l’aise

dans notre société que

le moindre exotisme

leur fait perdre tout

sens critique ? Pourquoi

faut-il qu’ils présentent

systématiquement sous

un jour favorable le

voyage qu’ils viennent

de réaliser ? à lire les

comptes-rendus ou les

topos d’escalade dans

le Hoggar, toujours très

élogieux, on est en droit

de s’interroger…

Tamanrasset, lundi 3 décembre 2007, 8 heures

du matin. Après un voyage commencé

deux jours plus tôt, nous embarquons

avec une journée de retard dans deux 4x4

d’excellente facture, accompagnés de Mohammed,

le propriétaire de l’agence Abalema Voyages, d’un

second conducteur et d’un cuisinier. Agnès et Bertrand

arrivent de Bern et ont fait le voyage avec moi depuis

Paris. Laurent arrive de Gap, via Marseille. Andrea

et son père, Sergio, ont fait le voyage depuis Biella,

via Milan. Andrea est guide à temps partiel et a pour

mission d’emmener Agnès et Bertrand sur sa corde,

en les tractant si besoin. Sergio, à 68 ans, ne grimpe

plus, mais nous accompagne pour aller randonner

pendant que nous grimperons.

Nous nous sommes tous retrouvés à l’aéroport d’Alger,

mais avons dû patienter une journée entière avant

de nous envoler pour Tamanrasset, car Air Algérie

n’avait pas d’équipage disponible. Nous nous sommes

consolés en apprenant que le sud algérien était sous

la pluie pendant que nous baguenaudions dans les

ruelles de la Casbah à Alger.

A Tamanrasset, le beau temps est revenu, mais les nombreuses

flaques d’eau confirment le passage d’un épisode

pluvieux les jours précédents. Mohammed nous conseille

d’aller grimper sur les dômes de Tissalatine, 35 km au

nord de Tamanrasset, qui auront sans doute mieux séché

que les plus hauts sommets de l’Assekrem.

escalade

Grimper ou ne pas grimper

dans le Hoggar ?

texte et photos : françois renard

Coucher de soleil

sur les Tizouyag

depuis l’Assekrem

Comme le dit Dulac, Tissalatine est un site bien

adapté à une première approche du rocher local :

la première longueur de la voie « La Tortue », sur la

taupinière homonyme, permet d’apprécier d’emblée

la fragilité des prises, petites écailles à la solidité toute

relative. La seconde longueur offre un rocher plus

solide, mais moins adhérent. Voici en raccourci un

aperçu du rocher dans le massif du Hoggar : ocre,

adhérent mais fragile, ou bien, et plus rarement, noir,

solide, mais peu adhérent…

un énorme bloc en subtil équilibre

La voie en question est rapidement expédiée, corde

tendue à partir de la troisième longueur, et ne présente

guère d’autre intérêt que de se dégourdir après deux jours

d’un pénible voyage. De retour au pied de la Tortue,

et pour compenser deux jours d’inactivité, nous nous

attaquons à la voie qui parcourt le dôme qui lui fait

face, dénommée « Le poids et la mesure ». L’escalade

y est assez différente, en cheminée dans les deux premières

longueurs, en dalles à écailles friables dans les

deux suivantes et, au total, nettement plus intéressante.

Après une première longueur raide et soutenue (6b),

la deuxième longueur impose de se faufiler au travers

d’une étroite souricière, avant d’aborder une partie

dalleuse qui se termine par l’escalade d’un énorme bloc

posé en un subtil équilibre sur le sommet du dôme

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