Lire la chronique - Le Québec, une histoire de famille
Lire la chronique - Le Québec, une histoire de famille
Lire la chronique - Le Québec, une histoire de famille
Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !
Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.
La rencontre<br />
<strong>de</strong> Marco Calliari<br />
et <strong>de</strong> Stéphane<br />
Catelli au Caffè<br />
Italia, sur <strong>la</strong> rue<br />
Saint-Laurent,<br />
dans <strong>la</strong> Petite Italie<br />
Quand<br />
Catelli<br />
renContre<br />
Calliari<br />
Au Caffè Italia, l’un <strong>de</strong>s cafés les<br />
plus italiens <strong>de</strong> <strong>la</strong> métropole,<br />
nous avons rencontré <strong>de</strong>ux<br />
Québécois d’origine italienne:<br />
Stéphane Catelli, qui a participé<br />
au tournage <strong>de</strong> <strong>la</strong> série<br />
<strong>Le</strong> <strong>Québec</strong>, <strong>une</strong> <strong>histoire</strong> <strong>de</strong> <strong>famille</strong>,<br />
et Marco Calliari, qui en est le<br />
narrateur… Ils nous parlent <strong>de</strong><br />
leurs racines et <strong>de</strong> leur enfance<br />
à <strong>la</strong> sauce italo-québécoise.<br />
PAR Marie-Anne Alepin<br />
110 7 jourS 23 décembre 23 décembre 7 jours 111
stéphane, connaissais-tu tes ancêtres<br />
avant le tournage du <strong>Québec</strong>, <strong>une</strong> <strong>histoire</strong><br />
<strong>de</strong> <strong>famille</strong>?<br />
Je connaissais très peu l’<strong>histoire</strong> <strong>de</strong> ma<br />
<strong>famille</strong>. Mon grand-père, Reale Catelli, est<br />
arrivé au <strong>Québec</strong> en 1912, à l’âge <strong>de</strong> 16 ans,<br />
en raison du manque <strong>de</strong> travail en Italie. Il<br />
travail<strong>la</strong>it ici et envoyait l’argent à sa <strong>famille</strong><br />
en Italie. Par <strong>la</strong> suite, il s’est marié avec<br />
<strong>une</strong> je<strong>une</strong> immigrée française qui venait<br />
<strong>de</strong> <strong>la</strong> Normandie. Je sais aussi qu’à l’époque<br />
le cousin <strong>de</strong> mon père tenait <strong>la</strong> taverne<br />
Catelli, sur <strong>la</strong> rue Ontario.<br />
as-tu <strong>une</strong> anecdote familiale à nous<br />
raconter?<br />
En 1993, j’étais camionneur. Un jour, alors<br />
que je <strong>de</strong>vais faire <strong>une</strong> livraison à <strong>la</strong> compagnie<br />
Catelli, j’ai dû présenter mon permis<br />
pour pouvoir passer <strong>la</strong> sécurité. <strong>Le</strong> gars ne<br />
croyait pas que j’étais un Catelli. Je me suis<br />
amusé à lui dire que j’étais le patron et que<br />
j’al<strong>la</strong>is le congédier s’il ne me <strong>la</strong>issait pas<br />
entrer, mais les Bor<strong>de</strong>n étaient les proprié-<br />
taires <strong>de</strong>puis longtemps.<br />
Marco, tu as participé à <strong>la</strong> narration <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
capsule. Quelle est l’<strong>histoire</strong> <strong>de</strong>s Calliari?<br />
Mon grand-oncle est arrivé le premier. Puis<br />
est venu le tour <strong>de</strong> mon grand-père Luigi,<br />
qui s’est installé ici après <strong>la</strong> Secon<strong>de</strong> Guerre<br />
mondiale. Il était agriculteur dans <strong>la</strong> région<br />
<strong>de</strong> Trentino: il possédait <strong>de</strong>s vergers et <strong>de</strong>s<br />
animaux. Mais les terres étaient pauvres, et <strong>la</strong><br />
famine était fréquente. Il cherchait du travail.<br />
Une fois arrivé au <strong>Québec</strong>, mon grand-père<br />
est <strong>de</strong>venu cuisinier. Peu à peu, il a fait venir<br />
mon père et en tout cinq frères et sœurs ainsi<br />
que ma grand-mère. Sa sœur épileptique a dû<br />
rester en Italie, car le Canada ne vou<strong>la</strong>it pas<br />
Stéphane<br />
et son fils,<br />
Sébastien, en<br />
république<br />
dominicaine<br />
<strong>Le</strong> grand-père<br />
<strong>de</strong> Stéphane<br />
Catelli. on pourrait<br />
même dire que<br />
c’est son sosie!<br />
d’elle. <strong>Le</strong> plus je<strong>une</strong> a dû attendre un peu<br />
avant d’être admis. Ma mère, également<br />
immigrée italienne, est arrivée en 1961, <strong>la</strong><br />
même année que mon père. Ils se sont rencontrés<br />
ici. Elle a été adoptée par <strong>la</strong> <strong>famille</strong><br />
Calliari en épousant mon père.<br />
avez-vous grandi dans <strong>la</strong> culture italienne?<br />
S.: Malheureusement non. Mon père a été<br />
élevé par ma grand-mère, qui était Française.<br />
Mon grand-père était pâtissier et il travail<strong>la</strong>it<br />
7 jours sur 7, du matin au soir. Mon père,<br />
voyant très peu son père, n’a pas appris <strong>la</strong><br />
<strong>la</strong>ngue italienne et n’a donc pas pu me transmettre<br />
sa culture.<br />
<strong>la</strong> lignée se poursuit-elle chez les Catelli<br />
et les Calliari?<br />
J’ai un garçon, Sébastien. J’ai <strong>une</strong> sœur qui<br />
a <strong>de</strong>ux filles, mais elles ne portent pas le nom<br />
Catelli. Nous sommes trois Catelli dans notre<br />
<strong>famille</strong>. Il y en a sûrement d’autres, mais je ne<br />
les connais pas. Je sais par contre qu’on peut<br />
compter le nombre <strong>de</strong> Catelli au <strong>Québec</strong> sur<br />
les doigts <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux mains.<br />
M.: Moi, je n’ai pas encore eu <strong>de</strong> petits Calliari.<br />
Je veux <strong>de</strong>s enfants, mais je ne suis pas pressé.<br />
Nous sommes 12 Calliari au <strong>Québec</strong>.<br />
Vous vous considérez comme un italien<br />
ou comme un Québécois?<br />
C’est <strong>une</strong> question difficile. C’est certain que<br />
je suis les <strong>de</strong>ux. Je suis plus Italien quand ça<br />
<strong>une</strong> vieille photo <strong>de</strong> <strong>famille</strong><br />
où l'on croît qu'Assunta,<br />
l'arrière-grand-mère <strong>de</strong><br />
Stéphane se trouve à gauche.<br />
m’arrange et parfois plus Québécois. (rires)<br />
Il y en a qui ont plus l’air italien que moi<br />
et ne jurent que par les produits italiens,<br />
comme Ferrari… Certains enfants d’immigrants<br />
italiens ont grandi dans <strong>de</strong>s espèces<br />
<strong>de</strong> ghettos italiens, donc ils ont mangé<br />
<strong>la</strong> même bouffe, ils ont écouté <strong>la</strong> même<br />
musique, ils ont trippé sur les mêmes chars<br />
que leurs parents. Je ne dis pas que c’est<br />
mauvais, mais ça coupe parfois <strong>de</strong>s autres<br />
cultures.<br />
S.: Je suis totalement Québécois, mais j’ai<br />
toujours dit que j’étais d’origine italienne.<br />
Il y a quelque chose en moi qui fait que<br />
je me sens italien, même si je ne connais<br />
pas <strong>la</strong> culture. Je sens <strong>une</strong> différence par<br />
rapport à mes amis québécois. Je ne suis<br />
encore jamais allé en Italie, mais l’appel<br />
<strong>de</strong> mes racines se fait sentir.<br />
est-ce qu’on vous montrait du doigt<br />
à l’école parce que vous étiez fils<br />
d’immigrés?<br />
M.: À l’école, on formait <strong>de</strong>s équipes <strong>de</strong><br />
hockey dans <strong>la</strong> ruelle. Il y avait les «importés»<br />
dans <strong>une</strong> équipe et les Québécois<br />
dans l’autre. J’étais dans l’équipe <strong>de</strong>s<br />
«importés», évi<strong>de</strong>mment. Il y avait <strong>de</strong>ux<br />
Espagnols, un Chilien, un Haïtien… Il y<br />
avait quelques Québécois…<br />
S.: J’ai grandi sur le P<strong>la</strong>teau et je n’avais<br />
« Ma mère est arrivée <strong>de</strong> l'Italie en 1961,<br />
<strong>la</strong> même année que mon père. Ils se sont<br />
rencontrés ici, au <strong>Québec</strong>.» — Marco Calliari<br />
Carlo onorato<br />
Catelli<br />
pas du tout l’air d’un étranger. Mais quand le<br />
nom sortait, là, on sentait <strong>la</strong> différence.<br />
aviez-vous un surnom?<br />
Mon surnom, c’était «les pâtes» ou «les<br />
nouilles». C’était désagréable et lourd à porter.<br />
Je n’étais pas fier <strong>de</strong> porter ce nom quand<br />
j’étais enfant, mais maintenant, je me sens<br />
particulier grâce à ce nom si peu répandu.<br />
M.: Moi, on m’appe<strong>la</strong>it Canari ou Calgary, rien<br />
<strong>de</strong> méchant. Mais toi, Stéphane, tu <strong>de</strong>vais pas<br />
manger <strong>de</strong> pâtes à l’école! (rires)<br />
S.: Non, surtout pas! (rires) Je dînais à <strong>la</strong> maison<br />
<strong>de</strong> toute façon!<br />
stéphane, as-tu noué <strong>de</strong>s liens avec <strong>de</strong>s<br />
italiens?<br />
Non. Il me reste <strong>de</strong>ux cousins que je ne vois<br />
pas et qui ne portent pas le nom Catelli. Mes<br />
parents sont décédés, mes grands-parents<br />
aussi. Je n’ai pas connu mes grands-parents,<br />
car ils étaient déjà morts à ma naissance. Ça<br />
fait 16 ans que mon père est décédé; ma mère<br />
l’a suivi 8 mois plus tard, <strong>de</strong>s suites d’un cancer.<br />
Elle avait 17 ans <strong>de</strong> moins que mon père.<br />
Ç’a été <strong>une</strong> année difficile… leur départ, l’un<br />
La <strong>famille</strong> <strong>de</strong> Luigi Calliari, le<br />
grand-père <strong>de</strong> Marco, à Noël<br />
en 1966. Luigi est au centre,<br />
à gauche.<br />
Carlo Catelli, né en 1817 en lombardie, est le premier à arriver<br />
au QuébeC, en 1845. il épouse Catherine Green et, <strong>de</strong>venu veuf,<br />
il se remarie aveC marie-louise Corneau. il n’a pas <strong>de</strong> <strong>de</strong>sCendanCe.<br />
<strong>de</strong>ux <strong>de</strong> ses neveux, pietro et Carlo onorato (<strong>de</strong>venu<br />
Charles-honoré), viennent s’installer au QuébeC en 1866.<br />
Ce <strong>de</strong>rnier fon<strong>de</strong> <strong>la</strong> première usine <strong>de</strong> pâtes au Canada<br />
l’année suivante, alors Qu’il n’a Que 18 ans. à ses débuts, <strong>la</strong><br />
CompaGnie Catelli fabriQue <strong>de</strong>s maCaronis et <strong>de</strong>s vermiCelles<br />
<strong>de</strong> façon artisanale. il se retire <strong>de</strong>s affaires en 1910. <strong>la</strong><br />
CompaGnie a été vendue à bor<strong>de</strong>n foods et, <strong>de</strong>puis 1990,<br />
elle appartient à <strong>une</strong> Gran<strong>de</strong> multinationale amériCaine, <strong>la</strong><br />
new world pasta, propriété du Groupe espaGnol ebro puleva.<br />
après l’autre. Nous étions orphelins; ma petite<br />
sœur n’avait que 17 ans, et moi, 21.<br />
Étant orphelins aussi je<strong>une</strong>s, avez-vous eu<br />
<strong>de</strong> l’ai<strong>de</strong>?<br />
Non, pas vraiment. Ma sœur est allée chez son<br />
copain. Mes grands-parents du côté maternel<br />
étaient là; c’était le noyau <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>famille</strong>, mais<br />
ils sont décédés peu <strong>de</strong> temps après. La sœur<br />
<strong>de</strong> mon père, Thérèse, est décédée quand<br />
j’avais huit ans, et son autre sœur, Jeanine, est<br />
morte au début <strong>de</strong>s années 2000. Donc, nous<br />
sommes très peu <strong>de</strong> Catelli en ce moment.<br />
<strong>une</strong> situation comme celle-là exige <strong>de</strong> se<br />
prendre en charge rapi<strong>de</strong>ment.<br />
C’est certain. Mon fils avait un an. Donc, j’ai<br />
dû être autonome très vite. Sur ce p<strong>la</strong>n-là, je<br />
n’ai pas eu trop <strong>de</strong> problèmes. Mais ma sœur<br />
était encore je<strong>une</strong>, et ç’a été plus difficile pour<br />
elle. Mes parents étaient divorcés, et ma mère<br />
avait 46 ans quand elle est morte. C’est pour<br />
ça que je voyage beaucoup… Elle me disait<br />
souvent: «Stéphane, quand vous allez être plus<br />
vieux, je vais voyager.» Finalement, elle n’a pas<br />
pu, elle remettait toujours tout au len<strong>de</strong>main.<br />
<strong>Le</strong> père <strong>de</strong> Marco,<br />
Mario, en Italie dans<br />
les années 50, entouré<br />
<strong>de</strong> quelques-uns <strong>de</strong><br />
ses frères, Franco,<br />
Bruno et Gino, et <strong>de</strong> <strong>la</strong><br />
grand-mère Camil<strong>la</strong><br />
Moi, je ne veux pas attendre plus tard, je veux<br />
prendre le temps <strong>de</strong> vivre et profiter pleinement<br />
<strong>de</strong> ma vie.<br />
tu es agent immobilier, et tu viens <strong>de</strong><br />
prendre un congé sabbatique. Quels sont<br />
tes projets?<br />
Je fais <strong>une</strong> pause, car ma <strong>de</strong>rnière année a été<br />
mouvementée. Je pense aussi à d’autres projets<br />
en parallèle. Mais je veux surtout prendre<br />
le temps <strong>de</strong> vivre.<br />
allez-vous en italie régulièrement?<br />
M.: J’y vais au moins <strong>de</strong>ux fois par année.<br />
Je fais <strong>de</strong>s spectacles et je passe chaque fois<br />
voir <strong>la</strong> <strong>famille</strong>. J’ai toujours un petit cousin<br />
ou <strong>une</strong> petite cousine qui vient me voir en<br />
spectacle. J’ai encore <strong>une</strong> gran<strong>de</strong> <strong>famille</strong><br />
là-bas, mais elle est éparpillée… Mi<strong>la</strong>n,<br />
Naples, Rome.<br />
as-tu <strong>une</strong> région préférée en italie?<br />
Non. Tout est beau en Italie! Mais <strong>la</strong> région<br />
<strong>de</strong> mon père, Trentino Alto Adige (Trentin-<br />
Haut-Adige), peu <strong>de</strong> gens <strong>la</strong> connaissent.<br />
C’est <strong>une</strong> belle région montagneuse, avec un<br />
<strong>la</strong>c immense, le <strong>la</strong>c <strong>de</strong> Gar<strong>de</strong>. <strong>Le</strong>s amateurs<br />
112 7 jourS 23 décembre 23 décembre 7 jours 113
Marco Calliari sur <strong>la</strong> terre natale<br />
<strong>de</strong> son grand-père, dans <strong>la</strong> région<br />
<strong>de</strong> Trentino, en Italie<br />
« Nous sommes 12<br />
Calliari au <strong>Québec</strong>.»<br />
— Marco Calliari<br />
<strong>de</strong> montagne, <strong>de</strong> randonnée, d’esca<strong>la</strong><strong>de</strong>, <strong>de</strong><br />
ski ou <strong>de</strong> snow vont capoter: c’est à 3000 m<br />
d’altitu<strong>de</strong>, entre Mi<strong>la</strong>n et Venise, au nord <strong>de</strong><br />
Vérone, au sud <strong>de</strong> l’Autriche…<br />
stéphane, tu n’es pas encore allé en italie?<br />
Pourquoi?<br />
C’est toujours au programme, mais chaque<br />
fois je finis par choisir <strong>une</strong> autre <strong>de</strong>stination.<br />
Je repousse souvent ça parce que j’ai <strong>de</strong>s<br />
invitations pour aller ailleurs. Mais là, Marco<br />
m’a donné le goût d’y aller. Je pense même y<br />
aller en février. Peut-être que je vais le suivre<br />
lors <strong>de</strong> son prochain spectacle en Italie.<br />
(rires)<br />
Pourquoi les italiens <strong>de</strong> Montréal parlent<br />
surtout ang<strong>la</strong>is?<br />
M.: En général, les immigrés qui arrivaient<br />
en Amérique débarquaient sur un continent<br />
anglophone. Ça al<strong>la</strong>it <strong>de</strong> soi que leurs enfants<br />
étudient dans <strong>de</strong>s écoles ang<strong>la</strong>ises. La loi 101<br />
a tout chambardé. Ils ont dû retirer leurs<br />
QUEBEC<br />
LE<br />
UNE HISTOIRE DE FAMILLE<br />
114 7 jourS 23 décembre<br />
enfants <strong>de</strong>s écoles anglophones et les<br />
envoyer dans les écoles francophones. Du<br />
jour au len<strong>de</strong>main, ils ont tourné le dos à<br />
tous les nationalistes et ils sont maintenant<br />
presque tous libéraux. Ils sont arrivés au<br />
début du XIX e siècle, ils sont chez eux et<br />
veulent aussi prendre part aux décisions.<br />
Par contre, 30 ans plus tard, on comprend<br />
le pourquoi <strong>de</strong> cette loi et je suis un fier<br />
enfant <strong>de</strong> <strong>la</strong> loi 101. Toutefois, <strong>la</strong> majorité<br />
<strong>de</strong>s Italiens ont réussi à aller dans <strong>de</strong>s écoles<br />
ang<strong>la</strong>ises; je ne sais pas comment, mais<br />
ils ont pu contourner le système.<br />
Marco, tu chantes maintenant en italien.<br />
avant, tu étais dans le groupe heavy<br />
metal anonymus… C’est un retour<br />
aux sources?<br />
En 1981, j’étais tout petit et je suis allé<br />
en Italie avec mes parents et ma sœur.<br />
J’y suis retourné pour fêter mes 20 ans.<br />
Quand je suis entré au cégep, en chant<br />
c<strong>la</strong>ssique, je me rappelle que j’aimais les<br />
chants italiens et je remarquais que j’avais<br />
<strong>une</strong> certaine facilité; j’en connaissais les airs<br />
puisque mon père était fan <strong>de</strong> Pavarotti.<br />
C’est à ce moment-là que j’ai appris par<br />
exemple Bel<strong>la</strong> Ciao et <strong>de</strong>s c<strong>la</strong>ssiques<br />
italiens et que j’ai écrit le premier album,<br />
Ché <strong>la</strong> vita.<br />
Quels sont tes projets?<br />
La tournée Al Faro Est se poursuit et, l’année<br />
prochaine, je ferai <strong>une</strong> gran<strong>de</strong> tournée en<br />
Italie, aux États-Unis et dans l’Ouest<br />
Canadien.<br />
À quoi ressemblera noël dans vos<br />
<strong>famille</strong>s, cette année?<br />
S.: C’est le Noël traditionnel à <strong>la</strong> québécoise:<br />
<strong>la</strong> tourtière, <strong>la</strong> din<strong>de</strong>. Il n’y a rien d’italien.<br />
M.: Chez les Calliari, à Noël, tout le mon<strong>de</strong><br />
est bienvenu: les voisins, les Québécois, les<br />
amis <strong>de</strong>s amis... Tout le mon<strong>de</strong> passe à <strong>la</strong><br />
maison, à Noël. Ma mère fait vraiment beau-<br />
coup <strong>de</strong> bouffe, mais rien n’est gaspillé. Je<br />
suis fier <strong>de</strong> mes parents, qui ont su adopter<br />
les valeurs écologiques qu’on a au <strong>Québec</strong>.<br />
Je leur ai montré comment faire du compost.<br />
Oui, je suis fier d’eux.<br />
Marco poursuit sa tournée le 10 décembre<br />
au théâtre Lachapelle, à <strong>Québec</strong>, et le<br />
16 décembre, à Montréal, au Tributaire. Pour<br />
les autres dates: www.marcocalliari.com.<br />
les Catelli<br />
en bref<br />
• Ce patronyme n’est pas<br />
rare en italie, mais au<br />
<strong>Québec</strong>, on en compte<br />
tout au plus <strong>une</strong> dizaine.<br />
• par contre, le nom est<br />
très popu<strong>la</strong>ire grâce à<br />
<strong>la</strong> gran<strong>de</strong> compagnie<br />
<strong>de</strong> pâtes Catelli.<br />
• en 1881, <strong>la</strong> communauté<br />
italienne <strong>de</strong> montréal compte<br />
130 personnes environ;<br />
dans les années 60,<br />
elle compte plus <strong>de</strong><br />
100 000 personnes<br />
d’origine italienne,<br />
et aujourd’hui, près<br />
<strong>de</strong> 250 000.<br />
• <strong>Le</strong>s je<strong>une</strong>s talents Catelli<br />
était un concours <strong>de</strong><br />
chansons pour les je<strong>une</strong>s,<br />
organisé à <strong>la</strong> radio CKaC,<br />
puis à télé-métropole.<br />
• à part les quelques<br />
premiers arrivants, au<br />
xix e siècle, <strong>la</strong> communauté<br />
italienne <strong>de</strong> montréal<br />
s’est principalement formée<br />
à partir <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux gran<strong>de</strong>s<br />
vagues d’immigration,<br />
celle <strong>de</strong> 1900 à <strong>la</strong> première<br />
Guerre mondiale, puis<br />
celle <strong>de</strong> 1950 à 1970.<br />
CHAQUE SEMAINE À SALUT, BONJOUR!, LES LUNDI, MERCREDI ET VENDREDI À 7 H 35<br />
ET AU RÉSEAU TVA LES LUNDI, MERCREDI ET VENDREDI À 18 H 57<br />
LEQUEBECUNEHISTOIREDEFAMILLE.COM