dimanche 27 septembre

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dimanche 27 septembre

Mmniir NEUVIÈME ANNÉE : N° 448 « iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiii:::mn!ii"i»i»!""i"» 50 CentllïieS ■"• wiii(Hii"iiiiiiiniiiniiniiiininimniniiitiiiiiii'iniiii LE 27 SEPTEMBRE 1931 ■■"""«»

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UN SPECTACLE QUE L'ON N'A PAS EU E'OCCASION DE VOIR A L'EXPOSITION COLONIALE : LES POUSSE-POUSSE ANNAMITES

Parmi les moyens de locomotion envisagés pour les promeneurs de l'Exposition y renoncer à la suite de certaines protestations contre l'utilisation de la traction

coloniale, on avait envisagé l'emploi des pousse-pousse annamites bien connus, et à bras. Ceux-ci, photographiés en longue file, se détachant sur le ciel pâle, n'évoqui

auraient donné à Yincenues une couleur locale encore plus accentuée. On a dû quent-ils pas curieusement une fresque d'art indochinois, figurines de paravent ?

LA BICYCLETTE'NAINE .DU MUTILK

Un mutilé de guerre, M. Rolla, blessé aux jambes, marchant

difficilement, s'est fait construire cette minuscule bicyclette

spéciale, grâce à laquelle il évolue avec Une aisance

et une rapidité smprenantes parmi la foule et les voitures.

AVANT LA RENTREE... UNE DERNIÈRE BELOTTE

ARRET D'AUTOBUS RECORD

Est-ce un record? En tout cas, ce tableau

d'arrêt d'autobus, situé au coin de la rue

et du quai du Louvre, à Paris, ne comporte

pas moins de seize lignes d'autobus.

Ajoutons que, tout près de là, passent

sept lignes de tramways àvoisinant le

métro et un embarcadère de bateauxmouches.

C'est un quartier bien desservi !

EN AMÉRIQUE : UN OUVRIER ACROBATE

On répare actuellement les câbles qui soutiennent le grand

pont traversant la rivière Hudson, en Amérique. Et cet

ouvrier, grimpé au-dessus du .Vide sur les fils d'acier, a

tout l'air d'un "acrobate dansant sur la corde raide.

EN PLEINE CAPITALE ; LE POULAILLER SUR LE BALCON

Ces joyeux baigneurs de Royan se disposent à quitter la plage pour regagner Jusqu'où peut conduire l'amour de la volaille ! Un locataire d'une maison de la

leurs pénates avec l'automne, mais non sans avoir, toutefois, fait une dernière rue Hubért-de-Lamothe n'a-t-il pas installé, sur son balcon un véritable poupartie

de belotte, jouée dans l'eau et de façon aussi amusante qu'improvisée. lailler que voici, masqué par des toiles. Il a des œufs frais à bon compte 1


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Hennin DIMANCHE-ILLÎ?STR2 IIHIIMIIIIIIIII i iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiii mu mu 4 iiiiiiiiiiiniiiiiiiiiniiî niiiimiiiiiiii imiiimiiiiiiiii n LE 27 SEPTEMBRE 1931 ■'«■■•■N

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RENNES Paris. 18 septembre — Décision est

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que passée la première quinzaine

du mois de novembre.

Pairie. 18 septembre. — Le prince de

dalle», menant de Biarritz, arriva a

Pari» t-« tempe n*6tant pas


" LE 27 SEPTEMBRE 1931 iiuiiiunuiiiii 11111111111■.i■ ■ i■ i■ iiiiiiiiiiiiiijitiiiiiuiiiii 5 " iiiiiiiuKiiitiiii iiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiii DIMANCHE-ILLUSTRÉ «««m

LES ROMANS DE LA VIE

CHARLES DALLERY, L'INVENTEUR DE L'HÉLICE

EN septembre 1832, il y aura cent ans

qu'une petite embarcation évoluait,

par ses seuls moyens, dans le bassin

de la Villette, sous les yeux intrigués

de quelques curieux. A l'arrière

du bateau, un bouillonnement

dru se produisait, frangeant le sillage d'une

mousseuse écume...

L'ingénieur boulonnais Pierre-Frédéric Sauvage

était à bord, et le propulseur de la barque

n'était autre que l'hélice : on était en septembre

1832, et jamais, de mémoire d'homme,

on n'avait vu im mécanisme tel que celui-ci

imprimer, à un mobile flottant, un quelconque

mouvement de translation. Pierre Sauvage,

qui n'était déjà plus un tout jeune homme

■— il avait quarante-sept ans — chantait et

s'ébattait comme un enfant, en mettant,

quelques minutes après son premier essai, le

pied à terre. Le 28 mai précédent, il avait

obtenu un brevet, le premier, à sa connaissance,

qui eût jamais été pris, consacrant

l'application d'une forme spéciale d'hélice

à la navigation.

Aujourd'hui, avec un canot de 15 pieds, il

>rocédait, devant la commission désignée par

Î

e ministre de la Marine, l'amiral de Rigny,

aux essais qui consacraient deux années de

patient labeur.

C'est au début de 1831, voici un peu plus de

cent ans, que Sauvage avait conçu l'idée de

substituer aux roues à aubes des navires une

sorte de godille régulière. Ses premiers essais,

le chercheur les avait poursuivis sur ce que

nos aviomieurs d'aujourd'hui appellent volontiers

un « modèle réduit » : un petit bateau

de 271 millimètres de long sur 108 de large

et 68 de creux.

En octobre de 1831, Sauvage avait réalisé

son premier et probant essai dans un petit

canal artificiel de sa construction. Le 15 janvier

suivant, devant plusieurs notabilités

boulonnaises, l'inventeur avait obtenu la

consécration publique de ses efforts : mis en

mouvement à l'aide de petites roues à aubes,

son bateau, lourd de 545 grammes, parcourait,

en une minute, 2 m. 36. Muni de son hélice,

le modèle réduit couvrait, dans le même

temps, 7 m. 44.

Cette hélice primitive, c'était une pièce de

sureau sur laquelle des aiguilles tendaient

une fine toile. Moins de trois mois après,

Sauvage améliorait déjà le profil de l'engin

et devait à son père, artisan abbevillois, de

pouvoir le réaliser en cuivre rouge.

L'hélice — on l'a dit encore officiellement

à Boulogne, ces dernières semaines, avec assez

de conviction — est donc pour le moins centenaire.

Or, il faut bien le dire, avec l'Institut de

France, l'hélice propulseur n'a pas cent ans.

L'hélice a eu cent vingt-huit ans le 29 mars

dernier.

Le registre des brevets, au Conservatoire

des Arts et Métiers, porte, en effet, à l'année

1803 et à la date du 2g mars, témoignage du

fait : l'original du brevet s'y trouve; son titulaire

s'appelle Thomas-Charles-Auguste Dallery,

aîné de Frédéric Sauvage de trente et

un ans, et l'ayant devancé de \dngt-huit

années dans la découverte et l'application de

l'hélice propulsive immergée.

Le destin des deux hommes devait revêtir

le même-tragique ; odyssée lamentable de chercheurs

animés par une flamme géniale, également

vivace, en dépit des coups du sort.

Mais Dallery fut le premier.

HARLES DALLERY vit le jour dans un des plus

C caractéristiques quartiers du vieil Amiens,

le 4 septembre 1754. Ses premiers jeux, dans

l'atelier de son père, facteur d'orgues, furent

voués à la mécanique et à la construction.

L'enfant était un imaginatif. Né mécanicien,

il construisait à douze ans des horloges

véritables et qui indiquaient l'heure avec une

étonnante précision. Toutes ses récréations, il

les puisait dans la mécanique et la physique,

tour à tour accordeur d'instruments de musique,

pyrotechnicien, horloger, orfèvre...

Mais l'enfance passe, Charles Dallery va

avoir vingt ans. Il vient d'adapter à la harpe

un mécanisme de son invention qui donne

aux demi-tons pins de justesse et de promptitude.

Il accourt à Paris proposer son système

à l'un des plus réputés facteurs de harpes.

Celui-ci accueille le jeune homme, qu'il place

à la tête de ses ateliers, et son invention, de

laquelle il le frustre aussitôt en prenant le

brevet à son nom. Daller)' découvre le plagiat.

Déçu, il retourne à Amiens, à l'atelier paternel,

où il reprend ses orgues d'autrefois. En 1779,

le fils succède au père : il n'a que vingt-cinq ans.

L'atelier d'orgues l'absorbe tout entier.

Dallery s'attache aux tuyaux magiques, en

perfectionne la soufflerie, la mécanique du

clavier, la délicatesse de l'acoustique. Mais

déjà cela ne lui suffit plus... La machine à

vapeur sort des limbes. Dallery se passionne

pour les premiers essais des Anglais, dont on

commence à parler en Picardie. Il entreprend

de construire une machine de petite dimension

qui va lui servir à actionner une voiture.

En 1780, la machine est réalisée : elle est à

haute pression et munie de cette chaudière

tabulaire qui est la clef unique des prestigieux

) a ir  « = A PRECHER'

t Il y a bientôt près de cent ans — c'était en septembre 1832 — que

l'hélice, tout nouvel appareil de propulsion des navires, faisait ses essais

publics dans le bassin de la Villette. Celui qui l'expérimentait, à bord d'un

petit bateau, était l'ingénieur Pierre-Frédéric Sauvage, que l'on considère

comme le père de l'invention. A tort, puisque dès le 29 mars 1803, près

de vingt-neuf ans avant, un autre inventeur avait obtenu, du Conservatoire

des Arts et Métiers, un brevet pour la fabrication d'une hélice.

C'était Charles Dallery, dont nous retraçons, ici, l'existence à la fois

féconde et malheureuse de chercheur pauvre.

J

problèmes de la vapeur. Dallery a l'esprit trop

positif pour se recréer longtemps avec son

invention : il transforme son véhicule automoteur

en une machine à battre l'étain de ses

tuyaux d'orgues, le volant actionnant une

son œuvre, concourent également à son échec.

Entre temps, l'inventeur a multiplié les ascensions

en montgolfières, après avoir construit

lui-même son aérostat : sa seconde ascension

lui a rapporté quelques mille francs, produit

CHARLES DALLERY, d'après un de ses derniers portraits.

sorte de fléau qui s'abat sur le métal avec une

extrême fréquence.

Mais, déjà, la réputation de l'inventeur a

dépassé le cadre de sa tâche quotidienne ; de

toute la ville, de maints points de la région,

on s'en vient voir Ihomme et sa machine. Le

chapitre de la cathédrale d'Amiens apprend

la chose dans le même temps qu'il arrête sa

décision de doter le vaisseau gothique amiénois

d'une orgue digne de lui : Dallery est sollicité.

Il produit ses plans, devis et dessins.

L'œuvre coûtera 400.000 livres, somme prodigieuse

pour l'époque, mais que le chapitre

ne discutera pas, ayant décidé d'installer,

derrière la magnifique rose qui domine le

portail du BeauDieu, les orgues les plus célèbres

de l'Europe. Dallery se met à l'œuvre. Mais,

déjà, la Révolution enflamme le pays : le jour

même que le traité est signé, le séquestre

est mis sur les biens du chapitre. La carrière

de Dallery est, dès lors, brisée ; de longtemps,

en France, on ne construira plus d'orgues...

Dallery, après avoir un temps fabriqué des

clavecins, devient meunier. Il édifie un moulin

à veut avec des transmissions mécaniques qui

en font un modèle du genre, mais l'époque,

peu propice au commerce, et le désintéressement

de Dallery pour le côté mercantile de

des droits d'entrée réclamés aux curieux, au

profit de l'inventeur, par le conseil municipal

d'Amiens. Mais l'homme a honte de cet

argent qu'il s'en va dépenser en ascensions

publiques de propagande à Abbeville, à Arras,

a Saint-Omer.

Observateur, méditatif, Dallery parle peu ;

d'une simplicité presque austère de mœurs et

de tenue, il n'a pas le moindre souci des incidences

pécuniaires de ses initiatives. Sa

seconde femme, qu'il a épousée en 1790, après

un veuvage de cinq ans, n'a pas assez de force

de caractère pour être au-dessus de la mauvaise

fortune que le sort impose trop souvent

à l'homme de génie dont elle est la compagne.

Aussi se réjouit-elle fort de voir le cycle des

échecs apparemment clos, en partant avec

son mari pour les bords de la Loire, où Dallery

doit, a Amboise d'abord, à Nevers ensuite,

construire, pour le compte d'un fabricant de

limes, deux machines a vapeur de grandes

dimensions.

Ces machines classent aussitôt Dallery au

premier rang des grands techniciens de la mécanique

: plusieurs années durant, il partage

son temps entre Amboise et Nevers, où il dirige

les deux usines de M. Sabatier, qui deviendra,

un peu plus tard, préfet de la Nièvre.

Dallery, que Paris attire, se tourne vers le

gouvernement ; il lui offre de construire des

moulins à farine mus à la vapeur : les bâtiments

de l'octroi à la barrière de Bercy lui sont accordés,

et la Ville de Paris promet sa garantie

financière. Mais la fatalité s'acharne. 1793

vient, et la terrible disette. Une fois de plus,

l'inventeur change de métier. Il se fait bijoutier.

L'étonnant mécanicien, après avoir construit

ce que son époque appelle des « monstres »,

qui demandent leur force à la vapeur, s'en

prend aux infiniment petits de l'horlogerie ;

il fait de toutes pièces des montres qu'il sertit,

sur des bagues, et dont le cadran est moins

grand qu'une pièce actuelle de cinquante

centimes. Non seulement, l'habile homme fait

toutes ses pièces, mais tous ses outils : ceux

pour tailler la roue du cylindre, ceux pour

fendre, pour arrondir. Il va jusqu'à faire luimême

les boîtes d'or ovales et le tour minuscule

qui lui servira à obtenir cette forme.

fortune, enfin, semble se montrer. En 1795,

LA

le bijoutier parisien Callault découvre

le parti qu'il peut tirer de cette collaboration

quasi magique : une nouvelle industrie va

naître, celle qui imprimera aux premières

façons de l'or employé dans la bijouterie ce

cachet de perfection féerique et soudaine dont

Dallery marque toutes ses œuvres. L'inventeur

picard en a le secret et le monopole ; là

encore, il a créé tous ses appareils. Pendant

vingt-cinq ans, toute la bijouterie française

aura pour base le taraud, le moletê, le grainé,

le découpé de Charles Dallery. Parmi ces appareils,

celui qui sert à confectionner le taraud,

tracé autour du fil d'or d'un filet hélicoïdal,

demeure un véritable trait de génie. C'est de

là que va naître l'hélice...

En construisant son appareil minuscule,

Dallery a accumulé les remarques les plus

pénétrantes ; géomètre autant que mécanicien,

il a découvert le miracle de l'hélice, de la

vis ; en trait de lumière, il a perçu la possibilité

d'une application à la navigation d'un mécanisme

fondé sur le pas hélicoïdal. Il est allé

plus loin, et le titre même de son brevet l'attestera

: il s'agit d'un mobile perfectionné appliqué

aux voies de transport par mer et par terre.

Une circonstance favorable paraît se présenter

: le Premier Consul vient de former, face

à l'Angleterre, son camp de Boulogne, après la

rupture de la paix d'Amiens. Charles Dallery

se flatte de voir l'ensemble des appareils dont

il a déjà dessiné les plans, substitué aux

frêles bateaux plats dont l'armée française doit

se servir. Il prend aussitôt ses brevets qui lui

assurent, pour cinq ans, la propriété exclusive

de ses inventions. Sa demande de brevet est

accompagnée d'un long mémoire, écrit en

entier de sa main, et d'une liasse de plans

ayant trait à quatre mécanismes que Dallery

entend mettre au service de la navigation à

vapeur : l'hélice immergée propulsive-directrice,

l'hélice ventilateur, pour activer, le

tirage des foyers de machines à vapeur, la

chaudière tubulaire, les mâts télescopiques

rentrants.

Le 29 mars 1803, Dallery obtient ses brevets.

En hâte, il s'abouche avec quelques

constructeurs de Bercy, rassemble des ouvriers,

jette dans l'entreprise toute sa fortune :

30.000 francs. Sur ses plans, un bateau est

construit. Un bateau, mû par la vapeur, à

l'arrière duquel une énorme hélice en cuivre

termine l'arbre moteur.

Mais il faut de l'argent, encore de l'argent

pour achever la machine à vapeur dont, seule,

une moitié des pièces est construite. Confiant,

Dallery fait, néanmoins, mettre son bateau à

la Seine, à Bercy, puis se met en quête d'argent.

Il sollicite ses amis : on lui ferme la

porte. Il s'adresse alors au Premier Consul,

dans l'espoir d'obtenir de l'Etat les quelques

milliers *de francs qui lui font défaut ; il

n'obtient, selon son mot, qu'un «refus cruel

et inintelligent ».

Désespéré, las profondément, doutant de

tout et de soi, Dallery réunit ses ouvriers, leur

distribue ses derniers écus et leur demande

de l'imiter sans chercher à comprendre. Il

prend alors une lourde masse, s'acharne sur la

machine à demi-construite, la brise de ses

mains ; à ses côtés, sur ses ordres, les hommes

l'imitent, effarés, jusqu'à ce que le bâtiment

ne soit plus qu'un ponton broyé, où les pièces

de fer et de bois s'élèvent et s'emmêlent en

décombres lamentables.

Le ressort de cette vie magnifique est, dès

lors, brisé. L'homme renonce à tout ce qui

n'est plus le pain quotidien, vivant péniblement,

vingt-deux ans durant, d'une obscure

besogne d'horloger, avant de s'éteindre à

Jouy-en-Josas, en 1835, après avoir connu

les premiers essais de Frédéric Sauvage,

deux ans après la Révolution de juillet.

Le 17 mars 1845, dix ans après la mort de

l'illustre précurseur, l'Académie des Sciences

reconnaissait solennellement l'authenticité de

la découverte et des brevets de Charles Dallery

en 1803. Le centenaire de l'hélice est passe.

Il se situait en 1903... A cette date, on ne

soupçonnait pas encore l'immense pas que

ferait faire au monde la navigation aérienne,

grâce à l'hélice, à l'hélice de Dallery.

A.-A. SPRËCHER.


DIÏVîANCHE-ILLUSTRi\! wwmuiiiiinwniiiiii miiiiii inmiiniiii minimum 6 mi nui niiini m iiiiiiiiiiiiiiiiimimimiui LE 27 SEPTEMBRE 1931 mmum

HOLA I Capitaine?... écoutez... des

cris de détresse 1

' — Ce damné vent... N» sa, Bourrel,

je n'entends rien I

— Patron, écoutez... tenez, là,

celui-là.

— Je n'entends rien, Bourrel... Mais où,

dans quelle direction?

— Peut-on savoir, avec ces tornades qui vous

emportent, ce fracas qui étouffe tous les autres

bruits. Ces diables de ténèbres !

— Cherchons, Bourrel ; foi de capitaine

Guze, s'il y a un homme en perdition, nous le

retrouverons ! Holà I Morfas, viens par ici,

suis-nous. Attention les gars, gare aux trous I

Les suroîts rejetant les trombes d'eau qui

venaient les fouetter, les toiles cirées ruisselantes,

les trois hommes s'avançaient, attentifs

aux moindres bruits, à ceux qui pouvaient

ne pas être ceux de la furieuse tempête.

Ils marchaient péniblement, traînant les

jambes dans l'eau qui leur dépassait les

genoux.

Par instant, de vifs éclairs embrassaient

de leurs lueurs immenses un horizon sauvagement

effrayant.

A perte de vue... l'eau.

L'eau agitée par l'acharnement d'un vent

qui cinglait sa surface, ou par des tourbillons

où surnageaient des débris de toutes sortes,

arrêtés dans l'orbe de ces remous.

L'eau avait envahi les terres, écrasé les

hautes herbes ; elle avait traîtreusement couché

les haies et, seuls, les arbres lui dérobaient

leur ramure squelettique en la surplombant de

leurs branches agitées par des frémissements

d'agonie.

Unie, trompeuse, cette surface horizontale,

à peine sillonnée dans son immensité, glauque

sous les étincelles blafardes, couvrait de sa

désolante uniformité la campagne surprise.

Trois hommes rudes, farouchement braves,

descendus de leur bateau, drainaient leurs

jambes dans la nappe noire pour aller inspecter

une maison aux fenêtres béantes, sans vie.

La cheminée qui ne fume plus, les paquets

de boue qu'arrêtent les confins des murs :

l'inondation brutale !

— Bourrel, passe-moi ta lanterne, je vais

essayer de l'allumer. A l'abri de ces murs,

elle tiendra peut-être !

Des lueurs jaillissantes allumèrent, dans une

encoignure, la mèche de la grosse lampe de

secours.

Son globe rond étala sur les pierres une

lumière dansante, festonnant la pénombre.

Les trois sauveteurs considérèrent attentivement

le décor effroyablement triste, cet

intérieur abandonné, tout encore imprégné

d'une intimité disparue.

Des tableaux, des objets, des souvenirs

aux murs.

Des meubles familiers, dont les bases disparaissaient

dans la fange boueuse.

— Holà ! hurla Guze, y a-t-il quelqu'un ici ?

Nul écho ne répliqua.

Montons, décida le capitaine, en désignant

un escalier étroit, qui débouchait près

d'eux.

L'inspection rapide, toute semblable à

une fouille, les appels répétés, tout fut vain.

Il n'y avait personne.

— Vois-tu, Bourrel, tu as rêvé, tu n'as

jamais entendu de cris. Ce n'était que la

rafale qui t'a sifflé aux oreilles ! Allons, les

gars ! En bateau ! Allons voir plus loin si l'on

n'a pas besoin de nous !

, Les hommes enjambèrent le bord de leur

embarcation.

Un clapotis rythmé ponctua le battement

des rames.

Le bateau s'éloigna dans la plaine inondée.

Par instant, sous l'éclat bref de la foudre,

la barque apparaissait divisant les vagues,

les séparant de son rostre rustique ou les

écrasant de sa poupe alourdie.

L

o o «>

ES trois silhouettes des sauveteurs se fondaient

dans une même ombre, ne déta-

chant que leur buste. Les rames cla-

quaient sur l'eau, tiraient le bateau et frisaient

là surface pour se plancmer à nouveau. Dans

la chaumine abandonnée, le silence n'était

plus troublé que par le lèchement des murs

par les derniers soubresauts de l'eau.

... Un carillon se mit à tinter.

Insouciant des terribles événements, suspendu

au-dessus de la nappe liquide, sans

ame, mais mécanique, il abattit neuf heures

parce qu'il devait les abattre.

Les pulsations de son timbre... Le cœur des

choses qui prend un aspect de vie parmi tant

d'inertie.

Un soupir rauque s'éleva soudain...

Une forme remua, qui provoqua des bruits

d'éclabousseinent s.

Derrière la maison, une ombre se détacha

d'un buisson qui la dissimulait.

Les soufflements d'une respiration hoquetante...

; Brutal, un éclair inonda une seconde

l'horizon, sculptant des reliefs saisissants,

trahissant les secrets de l'ombre.

Un homme était debout, les yeux hagards,

«rc-bouté le long d'un mur rugueux. Ses

UN CONTE D'ACTION

O U R N

par MICHEL SERVANNE

Les drames de la mer sont souvent soudains et irrésistibles, mais aussi

il y a parfois des drames de passion, de douleur humaine, plus violents

encore. C'est la sombre terreur d'une double tragédie de cette sorte

qu'on va lire ici, dans un récit ramassé et angoissant.

vêtements lacérés découvraient une épaule

sanglante.

Dans la nuit, ses plaintes chantonnaient

leurs sons inarticulés.

Les rafales reprirent leur violence.

Fouetté par la pluie, l'inconnu reprit peu

à peu l'exacte connaissance de sa situation.

Ses yeux habitués à l'obscurité devinaient

les contours des choses.

Il pensa partir et remua une jambe.

Son pied revint vivement en arrière, après

Jf

fracassant les échos et éclaboussants la terre

de ses éclairs aveuglants...

Les deux vieux se serrent l'un contre l'autre.

Elle, assise, cramponnée au bras de son

« vieux ». Lui, debout à ses côtés, une casquette

noire sur sa tête ridée, redressant avec effort

son torse fatigué pour donner à la vieille

femme l'illusion d'une protection.

La bataille furieuse ébranle par instants les

murs de la chaumière.

A chaque grognement lointain du tonnerre,

27 avait un couteau qu'il voulait me planter là... dans la poitrine...

Alors, nous nous sommes battus... coulant dans cette eau glaciale...

avoir senti la rencontre d'un corps mou. Ses

yeux essayèrent de sonder les ténèbres épaisses.

La foudre vint à son secours, déclrirant la nuit.

Près de lui, le sommet d'un buisson secouait

ses minuscules feuilles.

Contre elles, une main terminait un poignet

émergeant de l'eau.-

L'homme se couvrit les yeux de ses paumes

rassemblées. Un souvenir violent, montant à

son cerveau, le fit tituber.

Sa poitrine fut parcourue par un frémissement.

Vainquant l'effarant désordre de ses pensées,

il affermit sa volonté en tendant tous ses nerfs,

enjamba l'obstacle et partit dans la nuit,

emportant son secret.

— Maman I Voyons, maman, n'aie pas

peur ! Ce n'est que le tonnerre ! Il tombe...

et puis après !... Ce n'est pas la fin du monde !

— Louis, es-tu si sûr que ce ne soit pas la

fin du monde ?

— Mais non, es-tu ridicule ! N'aie pas si

peur que cela. C'est une tempête, une monstrueuse

tempête, mais tu sais bien qu'une fois

passée... Eh bien !... Eh bien ! ce sera à nouveau

le calme... le beau calme de la vie paisible

!

— Ah !... Encore un fracas !... Tu entends ?

Cet infernal bruit ? Et puis... ces lueurs continuelles

qui déchirent la nuit ! Louis, éteins la

lampe ! Louis, j'ai peur... il va sûrement nous

arri ver un malheur !

« Tu entends cette eau qui cingle brutalement...

et cés trombes d'eau... si méchantes ! »

Des secondes longuement vécues dans le

bruit terrifiant de l'ouragan...

Le roulement lourd d'un tonnerre coléreux

la vieille femme resserre ses doigts sur la

manche de l'homme.

Quand les éclatements deviennent trop violents,

un pleur coule lentement sur la peau

parcheminée, se détournant dans le sillon d'une

ride.

Irrégulière mais crue, la lumière orageuse

entre brutalement par les zébrures des volets.

Des cuivres brillants s'âllument aux murs,

une grande glace s'iradie de lueurs fugitives.

Les objets semblent réagir eux-mêmes,

saillant brusquement de leur niche d'ombre

pour refléter l'éblouissement de leurs faces

empourprées.

Imperturbable, un seul visage ne tressaille

pas. Son sourire, ridiculement figé, ignore les

manifestations de l'ouragan.

Flanqué de son cadre imposant et naïf, il

surplombe le centre d'une commode ventrue.

Ce portrait gauche attira un regard hésitant

de la vieille femme.

Ses prunelles fixèrent un moment les traits,

ridiculement figés de la peinture.

— Louis, où est-il... lui, en ce moment ?

— Tu es ridicule, Ada. Crois-tu donc que

cette tempête enserre toute la terre ?

« U ignore, sans doute, les craintes de ses

vieux, là-bas, à la cité.

« A cette heure-ci, il doit taquiner d'innocentes

cartes, dans le calme d'un café désert. »

— Louis... s'il pouvait être près de nous !

L'homme pencha la ttte, longea d'un

regard le bord de la table avec un automatisme

machinal. U ne prêta pas attention aux

paroles que sa femme murmura tout bas.

Des instants sans vie s'écoulèrent.

Peu à peu, les rafales s'étaient transformées

en pluie régulière. Calmée de ses excitations

morbides, la nature dispersait de loin en loin

une électricité moins violente.

— Louis... il était peut-être sur le chemin

de la maison.

— Tu es folle, maman... Pourquoi ?...

Pourquoi ce soir ?... Voilà si longtemps que

nous l'espérons en vain I... Il est si loin... si

loin de nous !

— Et s'il s'était enfin décidé à quitter sa

ville, si nos images étaient devenues un besoin

pour lui ?

— Cinq ans !...

D'un hochement désabusé, le vieillard

exprima toute sa douloureuse incrédulité.

— Si... la... lettre de sa maman... avait

éveillé un frémissement dans son cœur...!

— Tu lui as écrit ?...

Un geste de reproche... de colère, plus

factice que réelle!

U

o o o

N sursaut de frayeur soudaine fit tituber

le \ieil homme ! On venait de frapper!

Enivré d'émotion ou d'espoir, les deux

vieillards n'osèrent faire un pas.

Une étouffante joie étreignait leur gorge.

Une pression de mains traduisit la commune

pensée.

L'homme réagit, il se précipita vers la porte.

— Lui, si c'était lui !... Papa, tu pardonneras

! marmonna la vieille femme.

Le bruit d'une serrure qu'on libère...

Le battant qui s'ouvre brusquement...

Un homme était là, titubant, les yeux

agrandis, le regard fixe.

Ses vêtements déchirés, soutenus sur sa

poitrine par une main sanglante...

L'eau ruisselait de toutes ses nippes.

Son visage se releva, une lumière fugace

sculpta ses trails... Ce n'était pas lui..

Pourquoi cette pensée ridicule, ce pressentiment

qu'ils n'osaient s'avouer, qui leur faisait

croire que leur fils était sur le chemin de

la maison.

— Qui êtes-vous ?... Que voulez-vous ?...

Vous ne venez pas pour nous dire...

Mais l'homme, immobile, restait silencieux,

hébété.

Il s'avança précipitamment, traversa

pièce et vint choir sur les dalles, près du feu,

devant les deux vieux inquiets...

Les heures avaient passé, construites de

minutes trop lourdes...

Mal vêtu, dans les vêtements d'un autre,

l'inconnu souriait.

Son sourire exprimait le réconfort et la

reconnaissance, et son regard essayait de

transmettre l'infinie gratitude qu'il ressentait

pour les deux bons vieux qui l'avaient soigné

et réconforté.

— Vois-tu, maman, toi qui as eu si peur,

la clémence divine nous a protégés. Ce pauvre

monsieur nous dit, qu'en bas, dans la vallée,

tout est inondé, saccagé. Les pauvres masures

sont des épaves immobiles dans cette mer de

boue. Pauvres gens !

— Dites-moi, monsieur, c'est arrivé vite ?...

Si vite !

— Hélas ! La fuite précipitée dans la nuit

n'a pas permis aux habitants de rassembler

leurs objets les plus chers. Ceux qui,.comme

moi, se sont attardés, ont été prisonniers de

l'eau, de cette eau traîtresse, qui sapait les

vieux murs, engloutissait parfois, sous son

irrésistible poussée, les chaumines branlantes...

et puis... cette eau qui monte... qui monte...

Et s'il n'y avait eu que cette eau !

L'inconnu haletait, sa poitrine se gonflait

d'un rythme de colère.

U allongea une main meurtrie, il désigna

silencieusement sa poitrine blessée.

.— Un écroulement sans doute ? émit la

vieille femme.

Les dents du malheureux se desserrent pour

laisser filtrer un souffle de rage et d'horreur :

— Non, des hommes !... Des pilleurs !...

des assassins... des bandits... Ces sombres

pillards qui se sont abattus sur nos foyers

déserts, volant... pillant... nos chaumières

abandonnées...

— Se peut-il ? Des hommes... des monstres

aussi sinistres pour... Ce n'est pas possible...

ce n'est pas possible !...

L'incoimu, comme pris par des rémini,

cences douloureuses, secoua la tête tristement.

— Oui... des monstres !

La fièvre brillait aux lobes de ses yeux subitement

agrandis.

— Des monstres, répétait-il macliinalement,

le cou tendu, la tête empourprée d'une chaleur

soudaine. Un monstre, cet homme que j'ai

trouvéenbas, dansl'eau, démolissant mon vieux

bahut pour me voler mon argent... Il croyait

la maison vide... comme toutes les autres où il

avait dû passer !... Alors, ce fut la lutte sauvage...

Il fallait que je disparaisse pour ne

jamais reconnaîtie cette face de bandit qu'illuminaient

les éclairs... Il avait un couteau qu'il

voulait me planter là... dans ma poitrine...

Il fallait qu'il me tue, qu'il supprime en moi

le témoin horrifié qui demanderait vengeance...

Alors, nous nous sommes battus... coulant

dans cette eau glaciale...

(Lire la suite, page IO, y colonne).


"" LE 27 SEPTEMBRE 1951 < i uîiiiiiùi iiiuminini nïmuiiiui 7 iiiiMiMiiimmniiiiiimMtiiiMmiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiuiiiiiiiiiNiimiiimimi DIMANCHE-ILLUSTIîÉ «««ni

UN CONTE D'AVENTURE

UNE ÉVASION AU XV e SIÈCLE

D'UN éboulis de muraille d'enceinte

haute, brunie, crevassée, où serpentaient

de vieux lierres, un homme

surgit.

Il resta quelques instants immobile,

dissimulé derrière un arbuste.

De son observatoire, il dominait Thonon,

tout le Bas-Chablais et le pays de Gavot, le lac

Léman, les coteaux vaudois et la ligne à peu

près droite du Jura qui s'étendait à l'horizon.

Devant lui, à mi-pente d'un terrain tourmenté,

rocailleux, s'élevait un ramassis de

laides cahutes, et à peu de distance, un pâtre,

coiffé d'un chapeau à cornes, revêtu d'un

habit de toile grise, sur le dos duquel descendaient

ses cheveux liés et formant grosse

queue, dirigeait son troupeau dans la direction

d'une masure d'où s'échappait une légère fumée.

Rassuré, l'homme s'elança, dévalant la

pente, sautant les haies incultes, franchissant

les clôtures placées plutôt pour séparer les

champs que pour arrêter le voyageur.

Après un quart d'heure d'une course soutenue,

l'homme atteignit une forêt de haute

futaie, composée d'arbres d'essences variées

et d'une belle venue.

Un jour douteux filtrait avec peine; la

vigne vierge mêlée au lierre enlaçait des troncs

d'une stature gigantesque; des buis et des

houx d'une croissance rare, d'une senteur vive,

formaient comme un bois dans cette forêt et

garnissaient entièrement les intervalles des

arbres supérieurs.

Cette végétation luxuriante augmentait les

difficultés éprouvées par le fugitif qui bondissait

au milieu des fourrés sans prêter attention

aux ronces qui déchiraient ses habits et aux

épines qui le blessaient cruellement.

Arrive à une petite clairière garnie de

mousses veloutées, de bruyères et de fougères,

l'homme s'arrêta.

U essuya la sueur qui couvrait son visage,

puis, la téte tendue dans la direction du chemin

parcouru, il écouta : pas d'autres bruits

que ceux de la forêt ! Son évasion n'était

peut-être pas encore connue ?

Aurait-il le temps d'atteindre le lac et la

maison des pêcheurs avant d'être rejoint par

les soldats du duc qui seraient lancés à sa

poursuite dès la découverte de son évasion ?

On n'était pas tendre en l'an de grâce 14...

A cette époque troublée, où des bandes

détroussaient les marchands et les voyageurs,

ravageaient la campagne, attaquant les courriers,

brûlant les récoltes, commettant toutes

sortes de violences et de dégâts, il n'était pas

rare de voir des hommes suspendus par des

cravates de chanvre aux basses branches des

par HENRI PICARD

Qui pourrait supposer que le majestueux lac Léman ait pu être jamais le

théâtre d'aventures sensationnelles ! Cependant, en lisant ^histoire du

comte de Vergy, on verra que cette région splendide servit, au XV e siècle,

de cadre à une évasion qui ne manqua ni d'aléas ni de dangers.

A droite, les Alpes montraient eu détail

leurs taillis de chêne, leurs forêts de sapins,

leurs pâturages, leurs pics déchirés et leurs

versants de neige.

Un instant, le comte de Vergy songea à

s'enfoncer dans les massifs redoutables, mais,

désarmé, il lui était impossible de combattre,

de jour et de nuit, contre les ours, les loups

et autres bêtes féroces.

Il lui était également impossible de lutter,

sans vivre et sans manteau, contre le froid,

J

Un soldat, un de ceux qui avaient contribué

à l'arrestation du comte, s'avança à son tour.

Arrivé près du châtaignier, il leva la tête...

Le comte de Vergy, se croyant découvert, prit

peur, fit un mouvement, une blanche craqua.

Le souffle suspendu, le cœur étreint d'une

peur atroce, le fugitif, immobile, attendit...

Le bruit de la branche brisée s'était sans

doute confondu au milieu des mille bruits de

la forêt, car le soldat passa.

Longtemps, le comte de Vergy demeura

Le long de la grève, les filets dont les riverains

s'étaient servis pendant la nuit, étaient

étendus sur des piquets.

Au seuil d'une pauvre cabane, un pêcheur

fabriquait des cordes avec la seconde écorce

de tilleul pendant que sa femme et ses filles

confectionnaient des filets.

Malgré la demi-obscurité, la navette passait

et repassait, et les nœuds se serraient sous la

main rapide de l'ouvrière.

Le comte de Vergy contourna la chautnine

pour ne pas attirer l'attention des pêcheurs

qui n'auraient pas manqué de s'étonner de sa

présence.

Arrivé à un groupe d'habitations misérables

et délabrées, le comte de Vergy s'engagea

dans un passage nauséabond, à peu près

impraticable, servant de rigole à l'eau des

fumiers : c'était une rue du village. Il avisa

une masure et pénétra par une porte basse qui

laissait échapper une fuméj âcre et des odeurs

fétides.

Autour d'une table rustique, deux hommes

et une femme mangeaient et buvaient au

même pot.

L'arrivée de l'intrus les fit se lever précipitamment.

arbres, mais il était plus rare de voir un

;entilhomme parvenant à s'évader d'une

f orteresse féodale.

Le comte Nicolas de Vergy, le héros de cette

histoire, gentilhomme savoyard, n'était pas

un bandit et, certes, il eût préféré rejoindre

ses compagnons qui préparaient une expédition

au château de Ripaille, devenu célèbre

à la suite de la retraite, aucunement solitaire,

du duc Amédée de Savoie, retraite si peu

empreinte d'austérité, de pénitence et de vie

contemplative que l'expression « faire ripaille »

s'est conservée jusqu'à nos jours.

La guerre entre Genève et la Savoie durait

toujours.

Les Vaudois, plus éclairés, étaient en possession

de presque toutes les libertés et se

montraient jaloux de les conserver; les Savoyards,

au contraire, n'en possédaient aucune.

Cette dissemblance provenait de la différence La-barque était aux deux tiers de sa route quand le fugitif, malgré la brume encore

de religion et de gouvernement. Les Vaudois dense, distingua une flottille, précédée de deux bonnes galères armées d'artillerie.

étaient protestants ; les Savoyards étaient

sous la domination de l'église catholique,, divi- sans compter la neige, qui pouvait tomber

sée elle-même par la lutte de ses deux papes, abondante et recouvrir les sentiers, dissimuler

Nicolas V et Félix V.

les crevasses, tendre cent embûches, préparer

On avait établi à Ripaille un port où étaient mille souffrances au pauvre fugitif.

à l'ancre les galères du duc.

Il s'apprêtait à quitter la forêt et se dirigeait

vers le pays de Gavot quand il aperçut au


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MIER. CHEZ QUI IL EST EN

PENSioN QUI NE VEUT PLU5

LE &ARW

CANNI SA US ME ,JE V0U5

Copyright par Ditfianfhe-Illustrê,


«■mu DIMÀNCHE-ILLUSTEÉ W«iiiimtniniumranninujninuiiiiiimiim^ 10 HiiiMiiiiiiiiiiiitiiiiiniiiiiiiHiiniiiiiiiiiiiliiMiiiniHiiiiliiiWiiiiHiHii LE 27 SEPTEMBRE 1331

JE VOUDRAIS BIEN SAVOIR...

Cette rubrique est ouverte à tous nos lecteurs. Elle leur permettra de se

tenir en contact constant avec leur journal, qui les renseignera volontiers

sur tous les faits d'intérêt général et d'ordre documentaire ou pratique;

mais un délai assez long peut s'écouler avant l'insertion des réponses,

et nous restons naturellement juges de leur opportunité.

S'il est vrai que l'Académie française ait

supprimé 1' " h " aspiré ?

ous n'avons aucune nouvelle de cette décision'

N On se ferait, d'ailleurs, une idée fausse du rôle et

des pouvoirs de l'Académie française en se figurant

qu'elle a licence de prononcer et de rendre exécutoires

de pareils arrêts. Elle ne fait guère, sauf de très rares

exceptions, qu'enregistrer les décirions de l'usage.

Il est vrai que beaucoup de gens, par paresse, disent :

« des aricots ». Ils ont tort. Mais les mêmes trouveraient

ridicule de dire « faire alte » pour « faire halte ». La suppression

de l'h aspiré enlèverait au mot toute sa signification

énergique.

L'h aspiré, en français comme dans les autres langues,

peut être considéré comme une demi-consonne qui a sa

valeur propre. L'h muet n'a qu'une valeur étymologique.

La langue italienne l'a supprimé, comme l'autre, sauf

dans cinq ou six mots empruntés aux idiomes étrangers.

C'était son droit. Nous n'en avons pas moins une impression

bizarre en lisant des mots comme : onesto, umiliare,

abilita. Ou encore : filosofia. L'h ne serait-il considéré

qu'au point de vue étymologique, il n'y a aucun

déshonneur, pour une langue, à descendre du

Jatin. — G. DE LAUTKEC

A quoi servent les explorations polaires,

comme celle que vient de tenter sir Hubert

Wilkins, à bord du " Nautilus " ?

EAUCOUP trop de personnes considèrent volontiers

B de telles expéditions comme de magnifiques performances,

parfaitement inutiles. Elles se bornent à

y voir des manifestations d'un esprit particulièrement

aventureux. Mais les explorateurs polaires savent qu'ils

peuvent rapporter des régions glacées de la planète

des documents scientifiques extrêmement intéressants.

Les régions polaires jouent, effectivement, un rôle

Capital dans la vie générale de la terre.

Quelle végétation croît dans ces contrées désolées?

C'est ce qu'il serait intéressant de savoir. Pendant

les quelques mois d'un été qui nous paraîtrait plutôt

froid, certaines étendues, particulièrement favorisées,

se parent hâtivement d'un tapis de mousse qu'émaillent

des fleurs aux coloris riches et variés.

On a la preuve que les régions polaires n'ont pas

toujours été aussi peu accueillantes qu'elles le sont

maintenant ; il y a bien des siècles, elles étaient recouvertes

d'une végétation équatoriale, comme le montrent

les empreintes fossiles trouvées dans les glaces

antarctiques.

Il serait non moins curieux de savoir quels microbes

peuvent exister dans le sol polaire ; s'ils sont vivants,

c'est-à-dire aptes a végéter aux basses températures,

ou engourdis depuis des millénaires et capables de

retrouver leur activité grâce à un retour à des conditions

de vie plus clémentes. Le froid ne tue pas les

micro-organismes, que les—igo° de l'air liquide laissent

assez indifférents.

Il y a beaucoup d'espèces animales aux pôles et

d'un i style » tout à fait particulier. Le Nautilus possède

des hublots, ouverts dans ses parois, qui permettent,

en utilisant de puissants projecteurs électriques,

dé voir ce qui se passe dans les eaux environnantes,

d'étudier les mœurs des multiples animaux marins

et, notamment, d'éclaircir les raisons de leurs migrations

à travers les eaux de la planète. Enfin, l'étude,

poursuivie dans les régions polaires, des aurores

boréales et des orages magnétiques, serait de nature à

nous renseigner sur la constitution des couches de la

haute atmosphère, encore si peu connue.

Si l'art, appelé gothique, n'est pas d'essence

spécifiquement française ?

semble bien, en effet, prouvé que l'art ogival, qui est

IL

apparu, dans notre pays, au xne siècle, ait pris naissance

dans l'Ile-de-France. Il ne doit absolument rien

aux Goths, dont on lui a appliqué le nom d'une façon

toute gratuite. L'art ogival, qui bousculait, en matière

d'architecture, toutes les traditions, était rendu possible

par la découverte de la voûte sur nervures ou croisée

d'ogive. Ces nervures de pierre, croisées, permettaient,

on s'en rend compte, une bien plus grande stabilité

de l'édifice et, en même temps, un aflfinement, un allégement

des lignes, une élévation, qui étaient interdits

à la voûte de plein cintre des constructions romanes.

Or, au xii» siècle, les goths avaient depuis longtemps

disparu de nos contrées, et lorsqu'ils vinrent ravager

l'empire romain, en l'an 410, leur état de civilisation

embryonnaire n'était guère propice à la création d'un

art architectural aussi complexe et en même temps

aussi complet que l'art ogival,dont sont nées les fines

et hautaines dentelles de pierre qu'on peut admirer,

notamment, dans des cathéjralcs comme celles de

Notre-Dame, à Paris, de Reims, de Rouen, de Bourges,

de Chartres, de Sens, de I,aon. etc. C'est au xvic siècle

que l'art ogival fut détrôné pc ai faire place aux lignes,

multiples et contournées, de lù Renaissance.

Le meilleur procédé po'-tr tirer un gibier qui

se déplace ?

L faut d'abord considérer qv*. I rat cf\ci est une ques-

I tion d'entraînement. Un gra:i>l fusil, habitué à toutes

les passes du gibier, épaule quand il le faut, jette son

coup de fusil à la. seconde voulue, la plupart du temps

les deux y eu x ouverts, et serait fort en peine de disséquer

ces gestes successifs et de les inscrire dans une théorie.

Pour les débutants, il n'est pr.s mauvais, cependant,

de leur inculquer certaines règles fondamentales qui,

bien observées d'abord, leur permettront d'acquérir

cette justesse et cette aisance qui sont justement

l'apanage exclusif des bons c'iasseurs. Il faut, premièrement,

distinguer deux choses : le tir sur gibier à poil;

le tir sur gibier à plume. Les principes sont les mêmes

ou à peu près, mais les conditions où s'effectue ce tir,

diffèrent. La vitesse du gibier à poil est moins considérable,

généralement, que celle du gibier à plume, mais

l'aspect même du sol gêne le plus souvent le tir.

N'Importe. Le tir du lièvre, du lapin se pratique de la

façon suivante. Si l'animal p,u l droit devant le chasseur,

tirer assex en avant, à hauteur des oreilles. S'il vient,

au cmtraire, sur le chasseur, tirer bas devant les pattes,

du feçon à ce que toute la f&arge enveloppe l'animal

au moment où on lâche le coup. Pour un animal passant

en travers, tirer nettement devant le museau, et d'autant

plus que la vitesse de la bête paraît grande. Un

lièvre lancé en pleine vitesse et en plein travers à

40 mètres, doit être tiré au moins 50 centimètres devant.

Mais il va sans dire que ces corrections de tir,

qui dépassent de beaucoup le cadre de cette brève

étude, sont fonction des circonstances. C'est, comme

nous le disions, l'habitude qui,mieux que tout,donnera

au chasseur le coup d'œil, le sens de l'évaluation et

le réflexe à accomplir.

Pour le gibier à plume, même principe, mais avec

rate différence que la vitesse est souvent plus grande.

Un perdreau, un faisan qui passent en battue, avec le

vent arrière, atteignent et même dépassent fréquemment

60 kilomètres à l'heure. En conséquence, s'ils

passent en travers, à 30 mètres, par exemple, il faut

les tirer très en avant, près de 2 mètres, pour qu'ils se

trouvent dans la gerbe au moment de l'arrivée du coup.

Si le faisan ou le perdreau, surtout le perdreau, partent

droit devant, il faut les tirer en couvrant largement la

pièce avec le canon du fusil.

Souvenons-nous que, surtout avec un fusil lourd

comme le 12, on a une tendance à toujours tirer trop

bas. Si le perdreau vient droit sur le chasseur, il doit

être tiré en plein et légèrement en dessous.

Nous pourrions multiplier les exemples à l'infini,

mais ce serait superflu, car le tir dépend toujours de

ces quelques principes fondamentaux et qui finissent,

à la longue, par s'appliquer d'eux-mêmes.

Ce qu'étaient les soldats nommés voltigeurs ?

T ES compagnies de voltigeurs ont été instituées par

*—' Napoléon I or pour encourager les hommes de petite

taille, qu'on tournait souvent en ridicule. Le décret

du 3 mars 1804 crée une de ces compagnies d'élite par

chaque bataillon d'infanterie légère, et le décret du

20 septembre de la même année introduisit les voltigeurs

dans l'infanterie de ligne, une compagnie par

bataillon.

Ces hommes d'élite étaient très petits, mais très

vifs ; leur taille ne pouvait dépasser 4 pieds ri pouces.

Ils furent d'abord destinés à être transportés rapidement,

par les troupes à cheval, dans l'endroit attaqué

par l'ennemi ; aussi les exerçait-on à sauter légèrement

en croupe.

En 1814, à la première abdication, nous avions dixneuf

régiments de voltigeurs, Ils furent supprimés sous

le second Empire.

Comment se fait l'enregistrement des films

sonores et parlants?

IL tombe sous le sens qu'on ne peut étudier en quelques

t lignes, et dans le détail, une invention aussi complexe

que le cinéma parlant. Mais, enfin, voici, grosso modo,

le procédé le plus employé à l'heure actuelle : les prises

de vues et les prises de sons se trouvent synchronisées,

c'est-à-dire enregistrées sur la même pellicule, pellicule

tout à fait spéciale, d'ailleurs. En son centre, elle

impressionne les images comme les pellicules anciennes,

mais, sur les bords, se trouve une mince bande hypersensible

qui enregistre les sons comme pourrait le faire

le disque de cire vierge d'un appareil enregistreur de

phonographe. Ainsi images et sons se trouvent impressionnés

en même temps. Le seul défaut de cette invention

étonnante, c'est que si les images peuvent être

enregistrées comme dans les «caméras », utilisées autrefois

à une assez grande distance, il n'en va pas du tout

de même des sons qui ne se reproduisent nettement que

lorsqu'ils sont émis très près de l'appareil récepteur

et en évitant tout bruit parasite. Ceci revient à dire

que, dans ces conditions, toute scène importante de

plein air est à peu près interdite. D'où l'obligation de

travailler beaucoup en studio, ce qui restreint singulièrement

le cadre de l'action des films modernes. Cependant,

des, recherches incessante; sont pratiquées pour

obvier à cet inconvénient, et il faut penser que, d'ici

très peu de temps, le metteur en scène sera doté d'appareils

de prises de sons beaucoup plus puissants et à la

fois plus sensibles que ceux actuellement en usage. Ils

pourront, par exemple, englober toute une multitude

et permettre de percevoir les cris poussés, et même les

mots, dans un rayon d'une centaine de mètres ou plus.

 quand remonte, chez nous, les premiers

essais de service militaire obligatoire ?

peut dire que c'est François I er qui tenta d'inau-

^— gurer chez nous le service militaire obligatoire.

A cette époque, Charles-Quint, tenant l'Espagne,

l'Autriche et les Flandres, nos frontières étaient constamment

en butte à des invasions que l'année royale

s'épuisait à refouler.

D'autre part, à l'intérieur du pays, des bandes

armées dévastaient les provinces et mettaient à sac

villes et villages. Pour remédier à cette situation critique,

François I er se vit obligé de renforcer ses troupes

sans pour cela faire appel à de nouveaux mercenaires,

qui coûtaient d'ailleurs fort cher. Il eut alors l'idée de

créer un service militaire obligatoire temporaire. Par

ordonnance du 24 juillet 1534. il décida de lever.dant

les grandes provinces, des légions, une par province, à

savoir : Normandie, Bourgogne, Languedoc, Bretagne,

Picardie, Dauphiné, Guyenne. Ces sept légions étaient

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(Suite du texte de la page 6.)

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UNE ÉVASION AU XV* SIÈCLE

(Suite du texte de la page y.)

« Je me suis relevé, à demi-étoufîé... blessé...

hagard...

« Lui ?... Il ne s'est pas relevé... Seule, sa

main émergeait du niveau glauque...

« J'avais tué... je suis un assassin !... »

Lui touchant l'épaule, le vieil homme lui

murmura :

— Non, non, pauvres gars... vous n'êtes

pas un assassin. Il le fallait bien... n'était-ce

pas vous... ou lui ?

« Tenez, oubliez, parlons d'autre chose... Laissez

ces horribles souvenirs... Parlons de nous !

« Savez-vous que vous nous avez causé une

joie bien irraisonnée quand vous avez frappé

à cette porte ?... Nous, qui attendions presque

ce choc sur cette porte !... Ah ! c'est bien des

bêtises que les pressentiments !... On se figurait,

la mère et moi, qu'il allait nous revenir

ce soir... On se demandait si l'ouragan... Ah !

comme c'est bête de se figurer des choses.. On se

disait : «C'est sans doute lui, le gars... le fils

qui nous revient enfin... » Tenez, mon pauvre

homme, on a bien de la peine, nous aussi !...

Mais on pardonnerait si vite s'il se présentait

tout à coup... On oublierait tout !... C'est un

malheureux au fond. Il n'est pas mauvais,

seulement voilà... le jeu, puis surtout une

femme, maudite créature!... Tenez, mon

brave homme... ce portrait, c'est lui! Ah!

c'est bien lui !...

Les deux vieux sanglotaient d'un chagrin

u'ils avaient dû bien souvent égrener le long

âes heures solitaires...

L'inconnu compatissant se leva vers l'image.

Sursautant tout à coup, il resta figé, la

bouche ouverte, les yeux fixes.

Cette tête... ces yeux... ce visage...

Le vieillard avait surpris son attitude ; incapable

de prononcer une parole, il étouffait en

gémissant des syllabes sans suite.

— Qu'avez-vous, mais qu'avez-vous ? balbutia

l'inconnu à la vue du pauvre homme qui

tremblait en épiant ses jparoles... Ce n'est pas

ce portrait qui m'a cause ce trouble, essaya-t-il

de dire en souriant... c'est en me levant... ma

blessure !

Revenant à lui, dodelinant la tête, le vieillard

murmura :

— Quelle affreuse pensée ! Dire que j'ai

pu un instant...

— Brave homme, reprit le blessé.

Lentement, avec effort, une ombre descendait

le sentier raviné par les pluies.

L'homme paraissait souffrir à chaque pas

qu'il faisait. Il dut s'asseoir.

Prenant sa tête dans ses mains, il sanglota :

— Pauvres vieux... Pauvres vieux... Ils ne

le reverront jamais, leur fils... jamais... car je

le leur ai tué... Je ne pouvais pas leur dire...

Non, je ne pouvais pas leur crier : « Votre fils

est un bandit... il est mort... C'est moi quil'ai

tué... » Je ne pouvais pas leur dire, à ces pauvres

vieux... que leur fils était un pillard... un

monstre, comme ils disaient, et... un assassin

!... MICHEL SËRVANNE.

constituées chacune par six compagnies d'infanterie à

effectif de mille hommes, soit, en tout, une a'-mée de

quarante-deux mille hommes. C'était relativement

considérable pour l'époque. Mais 11 semble bien que ce

projet n'obtint pas un accueil favorable. Les paysans

se plaignirent que le service militaire les arrachait à

leurs champs et que leurs travaux, les récoltes auraient

à en souffrir grandement. Ils furent soutenus dans leurs

revendications par la plupart des parlements de province,

et, dans l'entourage immédiat du roi lui-même,

nombreux étaient, comme Brantôme, les adversaires de

ce projet. François Ier Le comte de Vergy avait employé, sans le

savoir, un moyeu bien connu des pirates chinois

qui respirent des heures sous l'eau au

moyen d'un roseau.

Quelques instants plus tard, ruisselant, grelottant,

mais libre, le comte de Vergy manœuvrait

la voile.

lentement, trop lentement à son gré, le

bateau s'éloigna.

Les vagues se succédaient avec rapidité j

dans le ciel, des nuages lourds, chargés d'orage,

se poursuivaient.

Au milieu de ce prodigieux entassement de

montagnes qui, de leurs masses -abruptes,

sauvages, anguleuses, écrasaient sa pensée,

seul, sur le lac, qui secouait furieusement la

frêle embarcation et risquait à chaque minute

de la faire sombrer, le comte de Vergy luttait

avec courage; la voile se gonflait, la mâture

craquait, et la barque filait comme une flèche

dans la direction du pays vaudois, quand,

soudain, un éclair terrifiant traversa le ciel,

suivi aussitôt d'un bruit de tonnerre qui se

répercuta longtemps dans les vallons ; brusquement,

le vent tourna et le fugitif n'eut

que le temps de carguer la voile pour éviter un

naufrage.

Maintenant, il devait résister à la rame

contre le courant qui l'entraînait vers les côtes

de Savoie.

L'orage déchaîné sévissait, des trombes

d'eau s'abattaient sur la barque qui grimpait

au sommet de vagues énormes pour retomber

brutalement dans un trou d'eau écumant.

Les éclairs, le tonnerre, le lac irrité et

mugissant, le retour vers Ripaille, malgré ses

efforts désespérés, décuplaient les forces du

fugitif. Combien de temps dura cette lutte

inégale au milieu des éléments déchaînés ?

Par quel miracle la barque et son occupant

ne furent-ils pas engloutis ?

Destinée !...

A la tempête succéda le calme le plus absolu.

Désormais, certain de n'être pas rejoint,

le comte de Vergy s'assura du vent et reprit

la direction des côtes vaudoises.

La barque était aux deux tiers de sa route

uand le fugitif, malgré la brume encore

âense, distingua une flottille, précédée de deux

bonnes galères armées d'artillerie, qui se dirigeait

vers Ripaille.

Pour tout autre que le comte de Vergy, cette

rencontre était le salut assuré et la certitude

d'être vengé des souffrances endurées. f

Mais le gentilhomme était supérieur à l'ensemble

de ses compatriotes qui, à cette époque,

étaient timorés, comprimés, étouffés dans une

torpeur intellectuelle, un engourdissement

moral qui ne laissait pas à la conscience la

faculté du désir de liberté, l'espérance d'une

régénération sociale ou d'une émancipation

politique.

Et c'est parce qu'il était conscient de l'acte

qu'il allait commettre, qu'il l'accomplit.

Sans hésitation, le comte de Vergy prit le

vent et la direction de Ripaille, qu'il atteignit

bientôt. Il essuya le feu de plusieurs arquebusiers,

mais parvint à pénétrer dans le port

en criant : « Alerte I Voici les ennemis ! »

Le lendemain, après que l'attaque eût été

repoussée, le comte de Vergy était reconduit

dans son cachot où, par grâce spéciale, on le

laissa mourir au lieu d'être brûlé vif, pour le

récompenser du signalé service rendu à son

pays et à son prince.

Quelques années plus tard, en 158g, les

Genevois, au cours d une nouvelle expédition,

y renonça après un essai éphémère

et incomplet. Mais le principe du service militaire comblèrent le port de Ripaille, brûlèrent les

obligatoire était né.

embarcations qu'il contenait et saccagèrent

l'ermitage. HENRI PICARD.

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LE 27 SEPTEMBRE 1931 iitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiininiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiii H 111 iti m i ■ i n 111111 M 1111111 1111 ri 11 ■■ i mi m M ■■ i c m n mi n u 11111 ni L-v iil ANCHE-ILLUSTRÉ «imn»

PROFITONS DE NOS LOISIRS DU DIMANCHE

POUR NOUS INSTRUIRE UN PEU

PAGANINI

ICOLAS PAGANINI, qui fut le plus extraordinaire

virtuose du dernier siècle, naquit

à Gênes le 18 février 1784. Un père

brutal et irascible lui apprit la mandoline,

puis ayant heureusement découvert les remarquables

dispositions de l'enfant pour la musique,

lui donna des maîtres dont l'un fut

Giacomo Costa, premier violon des églises de

Gênes. A huit ans, le petit prodige écrivait sa

remière sonate. Bientôt après, il jouait à

F

église, chaque dimanche, un concerto nou-

veau. A neuf ans, il donna sur la Carmagnole,

au Grand-Théâtre de Gênes, des variations

qui furent très admirées.

Puis, à Parme, il fut l'élève de Rolla et de

Ghiretti. En 1797, il fit sa première tournée

d'artiste à travers la Lombardie ; il mit à

profit cette tournée triomphale pour se soustraire,

par la fuite, à une éducation qui ne

tenait compte ni de ses goûts ni des profits

qu'il occasionnait à sa famille.

Son ivresse de la liberté conquise n'alla pas

sans l'entraîner à quelques excès, que son

talent lui faisait toutefois pardonner de ses

admirateurs, toujours empressés à lui venir

en aide. Mais ces aventures de jeunesse contribuèrent

à créer autour de son nom une légende

peu honorable.

A dix-neuf ans, il avait déjà fait trois fois

le tour de l'Italie, jouant parfois sur deux

cordes, voire même sur une seule corder pour se

varier, toujours admiré et admirable. La fragilité

de sa santé lui interdisait cependant une

absolue continuité dans l'effort ; son activité

n'allait pas sans de fréquentes interruptions.

NICOLAS PAGANINI

Ce fut en 1813 que Paganini donna ses

Streghe (les Sorcières), dont le succès fut

foudroyant. En 1831, il vint pour la première

fois à Paris, après avoir traversé toute l'Allemagne

; il y donna, le 9 mars, son premier

concert à l'Opéra.

Il revint à Paris en 1833, y fit la connaissance

de Berlioz, qui écrivit à son intention

sa fantaisie Harold en Italie, pour alto solo et

orchestre". En 1838, il envoya au compositeur,

« à titre d'hommage », 20.000 francs, qui permirent

à Berlioz d écrire en toute tranquillité

sa plus belle œuvre : Roméo et Juliette, qu'il lui

dédia. Mais Paganini, depuis longtemps atteint

de phtisie laryngée, allait devenir complètement

aphone. Les médecins l'envoyèrent

passer, dans le Midi de la France, les années qui

devaient être ses dernières. Au cours de ces

années, il ne joua plus que rarement et dans

l'intimité. Il séjourna successivement à Marseille,

puis à Nice. Ce fut là qu'il mourut,

le 27 mai 1839.

L

^> ^> ^>

LATONE

ATONE (Léto), fille du titan Céos et de

Phœbé, était, dans la mythologie grecque,

la mère de Phœbus (Apollon, le soleil)

et d'Artémis (Diane, la lune). Ayant été

aimée de Zeus, Jupiter, elle avait mis au

inonde Phœbus, dans l'île de Délos, au pied

d'un palmier ; Artémis, dans celle d'Ortygie.

! Puis comme Python, le monstrueux serpent

aux cent têtes et aux cent gueules vomissant

des flammes, avait poursuivi dans Ortygie

l'épouse errante en butte à la jalousie d'Héra,

Phœbus alla le tuer à Delphes, à côté du sanctuaire

même de Gaca, rendant les oracles et

dont il avait la garde.

Phœbus et Artémis tuèrent de même, à

coups de flèches, le géant TitylS'. Ils menacèrent

les sept garçons et les sept filles de

•Niobé, reine de Lydie, qui s'était moquée de

Léto parce que cette dernière n'avait que

deux enfants.

Des paysans ayant troublé méchamment

l'eau d'un lac où elle voulait se désaltérer,

Léto les métamorphosa tous en grenouilles.

C'est ce sujet dont se sont inspirés les auteurs

du bassin de Latone, à Versailles, les frères

Ealthazar et Gaspard de Marsy,

D

LES DÉPARTEMENTS FRANÇAIS

Géographie

'UNE superficie de 555.607 hectares, le

département de l'Ardèche, qui a comme

limite orientale, de Limony à Pont-

Saint-Esprit, le Rhône, a été défini « une

petite Suisse accrochée aux flancs des Cévennes

», mais une Suisse à belles coulées de

laves, témoins impérissables d'un volcanisme

éteint. Elles constituent, au sud du département,

l'arrondissement de Largentière, profon-

dément tourmenté.

Elles se hérissent de

cônes phonolithiques,

tels que le Gerbierde-Jonc

(1.551 m.).

Deux gradins s'étagent

entre elles et la

vallée du Rhône.

Tel est, dans ses

grandes lignes, le Vivarais,

plein de gorges,

de sources minérales

(Vals-les-Bains,

Nérac), de petits lacs

volcaniques. Ilsecoutinue

au Nord, par le

Meygal (1.551 m.)

jusqu'au Mézenc

(1.754 m.), que la

chaîne des Boutières,

orientée sud-ouestnord-est,

relie au

mont Pilât. Au centre,

ce sont les granits

et les calcaires

recouverts de déjections

volcaniques de

la montagne dé Coiron.

Ici, peu de plaines.

Les vallées n'y sont

qu'une succession de

défilés et de gorges,

tellesl'Ardèche, entre

Chirols et Aubenas,

puis vers Pont-d'Arc,

la Loire, entre le pied

du Gerbier-de-Jonc

L'ARDÈCHE

Bois et Forêts

Culture

viticole

HAUTE- ,£»* ,

J

LOIRE "

M^Mézen


DIMANCHE-ILLUSTRÉ 11111 ««niiiitiiiniiiiiHiMitHiiiiiiiMiiiimiiiiiitiiiiiiimiiiriiiniiiiiiHiiii 12 irinimiiiiiiiiiiinti iitiiiiinimromiitmniinirim i ininiii LE 27 SEPTEMBRE 1931

LA SEMAINE COMIQUE

TEMPÉRATURE;

— Il faudra lui prendre sa température

matin et soir.

— Bien, docteur... Au soleil ou à l'ombre?

(Dessin inédit de M.-W. JULHÈS.)

LES AIRS CÉLÈBRES

... J'ai fait trois foooads le tour du

monde !...

Une voix. — T'aurais mieux fait d'rester

chez toi /...

(Dessin inédit d'A. SAUVAGE.)

LE TEMPS PERDU

— Monsieur, ça fait trois heures que j'ie

regarde pêcher et il n'a encore rien pris!

Croyez-vous qu'y a des gens qu'ont du temps

t) perdre ? A

(Dessin inédit de R.-H. MlCHU.)

SOUVENIRS

— Oh ! moi, madame, quand mon mari

est mort, il faisait un temps splendide !

(Dessin inédit de MADELEINE BAUDRYJ

J'AVAIS dîné chez mes amis Chanthounne.

Excellent dîner. Les Chanthounne sont

des gens très bien. Lui, Albert Chanthounne,

devenu riche dans les affaires de rubans et

(tout en s'occupant encore de son commerce)

prenant, néanmoins, de fréquentes vacances.

Elle, M me Marie Chanthounne, gentille, douce,

admirant son mari, et mère impeccable de la

jeune Antoinette, dont les dix-huit ans faisaient

la joie de la maison.

Il y a beaucoup de braves gens, — les

Chanthounne étaient de braves gens. Je ne sais

vraiment pas pourquoi les romanciers ne parleraient

que des êtres interlopes, méchants ou

vicieux.

Après dîner, Albert Chanthounne me dit :

— Nous partons, à la fin du mois, dans notre

propriété du Rayol. Viens avec nous.

— C'est trop loin !

■—■ Tu es idiot ! Mille kilomètres, ce n'est

pas loin.

— Qu'est-ce qu'il te faut !

— Tu ne connais pas le Rayol : c'est un

paradis. La mer bleue, les orangers, les mimosas,

les roses. Et toi, qui es un vieux Parisien,

tu ne t'embêteras pas, parce qu'il y a un

grand hôtel où on donne des soirées et où tu

pourras danser le charleston, si l'envie t'en

prend.

— Soit, lui dis-je. J'attendrai que vous

0. éfc^p"" J&jt»]j

Tu ignores l'affolement de l'heure du train...

soyez installés et j'irai vous rejoindre pour

huit jours.

— Ça n'est pas ça du tout ! Nous t'emmenons.

La voiture a quatre bonnes places : nous

ne sommes que trois ; nous t'emmenons. Trois

jours. C'est un voyage merveilleux. C'est moi

qui conduis !.

— Tu es bien gentil, mais je préfère le train.

— Quelle horreur ! s'écria M me Chanthounne.

— Vous n'êtes pas à la page ! insinua

Antoinette.

— Tu ne sais pas ce que tu dis ! conclut

Albert. Tu n'as jamais fait d'auto.

— Pardon 1 Je prends des taxis tous les

jours.

— Ne dis pas de bêtises ! L'auto, c'est le

bonheur ! Réfléchis : tu es chez toi. Tu pars

quand tu veux, tu arrives quand tu veux. Tu

ignores l'affolement de l'heure du train. Tu es

ton maître. Tu n'as pas besoin de regarder

ta montre. Tu t'arrêtes où ça te plaît. Si tu

rencontres, sur la route, une auberge qui te

séduit, tu y déjeunes tranquillement. Liberté!

Liberté ! Demande à ma femme, demande à

ma fille !

Je commençais à me sentir ébranlé.

■— Je parie que tu dois faire de la vitesse.

J'ai très peur, dans ces machines-là !

•— Je ne dépasse jamais soixante. Ma femme

a aussi peur que toi ! Je suis très prudent.

Décide-toi, tu nous feras plaisir. L

Je me décidai.

— On part à six heures trente du matin,

me dit Albert.

— Diable I

— Il le faut ! Je préférerais même partir

à six heures. Parce que, tu comprends, nous

devons déjeuner à Auxerre, pour coucher à

Mâcon. Tout notre itinéraire dépend de ça !

J'étais à la porte de mon ami Chanthounne

à six heures trente. Il faisait frisquet et j'avais

très envie de dormir. M me Chanthounne

s'activait à fourrer dans la voiture des paniers,

àrs paquets, «les valises et des couvertures.

Antoinette avait perdu son sac et était remontée

à l'appartecaent pour le chercher. Albert

s'impatientêit.

— NOUP ne pnrtirons jamais !...

— Mais, tUs-j-ï, pourquoi t'énerves-f u ? Tu

pars quat jf 1M tïriX ; ce n'est pas comme le

chemin d£ v*S.

— Tu cai- s. ife Jr'onnes, toi !... D faut que je

sois à Auxerre à midi. L'itinéraire est minuté.

Dépêchons-nous, dépêchons-nous !

Antoinette revint avec son sac ; mais

M me Chanthounne se souvint qu'elle avait une

recommandation urgente à faire à la concierge,

et elle rentra sous la voûte. Albert trépignait.

Nous nous mîmes en route à sept heures

trente.

— Vous voyez comme c'est commode, me

dit M me Chanthounne. Au lieu de se presser, de

s'agacer et d'avoir peur de manquer le train,

nous sommes partis quand nous avons voulu.

C'est délicieux !

Cependant, à partir de Corbeil, je pus voir

sur le cadran que mon ami Albert faisait du

quatre-vingt-cinq et même plus.

— Tu vas bien vite ! lui lançai-je, effrayé.

— J'y suis forcé. Regarde l'heure ! Je n'ai

pas une minute à perdre !

Nous n'arrivâmes à Auxerre qu'à deux

heures, affamés. C'était, d'après l'itinéraire,

l'heure d'en repartir.

— Bah ! dit Albert. Nous filerons un peu

plus vite. La route de Mâcon est excellente.

— Tu nous casseras la figure ! m'écriai-je.

■—■ N'a3'ez donc pas peur comme ça 1 me dit

Antoinette. Papa est un as du volant !

J'aurais bien aimé prendre mon café tranquille,

mais Albert nous bouscula. Il tirait sa

montre à chaque minute. On remonta vite

dans la voiture. Chanthounne démarra comme

un fou et nous lança sur la route à du quatrevingt-quinze

au moins. J'avais le cœur tellement

serré que ma digestion fut compromise.

A Chagny, on creva. Mâcon ne nous vit

qu'à dix heures trente du soir.

— Dînons vite ! déclara Albert, et allons

nous coucher. Demain matin, on part à cinq

heures trente.

J'insinuai :

— Tu ne pourrais pas nous laisser dans

notre lit jusqu'à six heures ?

Il m'envoya promener.

■— Tu n'as pas une âme de chauffeur, me

dit-il. Tu ne sais pas ce que c'est que l'étape.

Dans un voyage, l'étape, c'est tout ! Nous

couchons demain à Avignon. Il faut bien que

nous y soyons arrivés pour y coucher, et, pour

y arriver, il faut rattraper le temps perdu.

C'est pour ça qu'on va trop vite et qu'on fait

des accidents !

— Mais, ne m'avais-tu pas dit que le plaisir

de l'auto, c'était de partir quand on voulait,

d'arriver quand on voulait, de flâner en route

et d'être, en un mot, son maître ?

— Je l'ai dit et je le répète. Seulement,

J'avais le cœur si serré que ma digestion...

comme nous partons demain matin à 5 h. 30,

permets-moi de ne pas prolonger une conversation

oiseuse et laisse-moi aller dormir.

Bonsoir !

Nous crevâmes de nouveau à 10 kilomètres

de Valence. Nous déjeunâmes à Valence en

dix minutes.

Albert nous conduisit à une moyenne de

quatre-vingts jusqu'à Avignon. On était en

retard !... Et mon ami Chanthounne n'aimait

pas être en retard.

— Pressons ! Pressons ! disait-il tout le

temps.

Et nous 0 pressions » tant que nous pouvions.

Je ne peux pas dissimuler que nous étions

très essoufflés en arrivant au Rayol.

-— Est-ce beau! s'écria Chanthounne. Si

tu veux, nous irons demain à Saint-Raphaël.

Il y a, jusque-là, une route en corniche incomparable.

Seulement, il faudra être parti à sept

heures pour arriver à l'étape pour le déjeuner.

Je demandai :

— Est-ce qu'il n'y a pas un train qui

conduit à Saint-Raphaël ?

— Si ! Un affreux tortillard ! Je te défends

bien de le prendre... Ça serait ridicule ; tu

serais forcé de te préoccuper de l'heure, tu

aurais peur de manquer le train... Tti serais

esclave !... Avec la voiture, vois comme on est

libre !... PIERRE VALDAGNE.

FOLIES

Ci

C

Le paralytique enragé. — Enfin, je vais )

pouvoir écraser mon premier piéton !...

(Dessin inédit de VARÉJ

RENSEIGNEMENT

— Voyons, madame, y a-t-il quelque 1

chose d'intéressant à voir dans le pays?...

— Bien sûr, dame /... Pour moi, c'est.., \

les touristes !...

(Dessin inédit de GASTON MAS.)

Tétas

CRAINTES VAINES

— Je viens d'avaler mon bouton de col!

— Au moins, tu ne te plaindras plus qu'il

a roidé sous l'armoire!

KDessin inédit de TÉTRAS.)

BIZARRERIE

— Oui, c'est un drôle de cas : l'Espagnol

a la jaunisse et le Chinois a la grippe espagnole

!

(Dessin médit de RENÉE ALTIERJ


H.,M,,r LE 27 SEPTEMBRE 1931 iiiiiiiiiiHiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiii 13 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimiitiiiMiiiiiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiH,- îiïjfANCHE-ILLUSTRÉ ••i>it>m

CHARITÉ BIEN ORDONNEE

Bob. — Fais attention, papa, voilà an camion qui

arrive... et puis une auto... traverse pas...

CAS EMBARRASSANT

Je voudrais des bas couleur chair!

(Dessin inédit de HARO.)

SYSTÈME D

— Qu'est-ce que cette grosse tache sur ton

cahier ?

— Je vais t'expliquer, maman. J'avais fait

quatre taches que je n'ai pas pu effacer.

Comme le maître a promis une mauvaise note

par tache,-je les ai réunies en une seule 1

(Dessin inédit de GEORCES CHARRI-RE.)

QUESTION

— D'où je viens? De la pêche aux ablettes...

— T'en a pris beaucoup?

— Aucune.

— Alors, comment sais-tu que c'est des

ablettes? (Dessin inédit de ROMÉO CABLES.)

Papa, flatté. — Comme tu veilles sur moi. Bob ! Cela

te ferait donc tant de peine que je me fasse écraser ?

LES CHIENS N'AIMENT PAS LES CHATS

— J'attends une visite : mon peintre animalier,

à qui j'ai commandé le portrait de

Mitsou, beau chai noir de la tante Ursule.

Comme elle adore son matou, ce cadeau lui fera

plaisir! On sonne, ce doit être mon peintre...

— Est-il bien ressemblant?

— C'est bien Mitsou de la tante Ursule!

Quelle bonne surprise je vais lui causer!...

N négociant retiré des affaires

U avait acquis une très belle propriété

rustique, et, sur le Ironton

de la porte d'entrée, la fantaisie lui

vint de faire graver cette inscription :

« Cette propriété appartiendra à

celui qui pourra prouver qu'il est

véritablement content. »

A quelque temps de là, il vit entrer

un inconnu qui, après l'avoir salué,

lui demanda à parler au maître de

la maison.

— Le maître de la maison? C'est

moi ! lui répondit le négociant. Que

désirez-vous ?

— Prendre possession de celte

maison et de ses dépendances, riposta

le passant, car personne n'est plus

content, ni plus heureux que moi.

— Monsieur, dit à son iSSir le propriétaire,

cela n'est pas ; car si vous

— Cher monsieur, je vous apporte le

tableau que vous m'avez commandé ; je pense

que vous en serez satisfait...

i... /...

PEU E F Al T A I S ! E

étiez aussi pleinement satisfait de

votre condition, vous ne désireriez

pas encore la possession de mon bien !

L'étranger se retira, la mine déconfite.

C"H bien! la meunière, c'est à vous

'—' cette douzaine de bambins qui

jouent au bord de l'eau?...

— Oui, mon bon monsieur, et

j'attendions le treizième...

— Fichtre, je vous fais mes

compliments, vous allez bien !

Dame ! on prend ses précautions,

il y en a toujours quelquesuns

qui se noyent!...

NTRE gardiens de la paix.

E — C'est étonnant, brigadier,

toutes les professions, tous les

métiers ynt leur patron dont on

(Dessin inédit d'Ans ENE BRIVOT.)

célèbre la fête ; à nous autres, ça

nous manque complètement.

— Que, subséquemment, vous

faites erreur ; nous avons un patron,

le sieur Josué, qui arrêta le soleil...

En connaissez-vous beaucoup dans

notre corporation qui en feraient

autant?...

T TNE vieillefemme contemple avec

tendresse un affreux carlin qui

se prélasé; sur ses genoux, et qu'un

de ses voisins caresse complaisamment.

— Vous aimez les chiens, mon

bon monsieur?

— Je les adore, madame, je les

adore. Malheureusement, depuis

le siège de Paris, je n'ai eu que

trop rarement l'occasion d'y

goûter 1

Bob. — Oh ! oui, papa, pense donc, jamais je ne retrou-


iiiiinii UrMANCHE-ïLLUSTRÉ limiiuù'iû luniiiin i n HIMIIH i i i îi J4 m uiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiHiiiiiiimiiiiiirtiiMi iiiiiiu LE 27 SEPTEMBRE 1931 "imiiiii

BRIC-A-BRAC

ÉCHOS ET MOUVELLES DE PARTOUT

L'ART DE LA FLANERIE

est une science, a dit Balzac, et le grand écri-

PANER

vain ne s'est certes pas trompé. Le flâneur novice

commet toutes sortes de bévues. Cet apprenti s'arrête

où un arrêt est regrettable et continue son chemin sans

se soucier des détails importants qu'il omet ainsi. Le

flâneur ne contemple pas bêtement les pompiers déroulant

leurs tuyaux de caoutchouc renforcé, afin d'éteindre

un feu de cheminée insignifiant. Le flâneur, au contraire,

restera de longs moments au coin d'une rue, à un

endroit où ceux qui ne connaissent pas la science de

flâner ne voient rien, absolument rien pouvant retenir

l'attention. Et, pourtant, le flâneur ne bronche pas, il

contemple des heures et des heures les allées et venues

des passants. Graduellement, sa science devient telle

qu'intuitivement il se préoccupe de ce qui l'intéresse le

plus : la vie. Tout doit être vif, rapide, pour intéresser

cet homme qui lui, appiiremment, mène la plus lente

des existences.

Le synonyme de flâneur c été souventes fois appliqué

au journaliste ; certains s'en offusquent. Us ont tort,

indubitablement tort, car, si des titres étaient indispensables

pour exercer lî métier de journaliste, celui

de flâneur (tout court) serait certes,le meilleur. Flâner

est l'opposé de ne rien faire, a dit Toepffer ; ajoutons

que savoir flâner est savoir presque tout faire.

CHASSE FACILE

La Presse de Montréal.

u cercle, Castecalde et Pitalugue discutent sur la

A chasse.

— Moi, observe Castecalde, j'ai chassé de tout,

de l'alouette, de la caille, de la grive, du sanglier, et

des oiseaux de mer; j'ai même chassé le viremotte,

l'avant-guidon, le semblefigue et le tarnagasse.

— Le tarnagasse ?

— Tu ne pais pas ce que c'est? C'est un oiseau qui a

une patte plus courte que l'autre.

— Une patte plus courte que l'autre? et pourquoi?

— Tarce qu'il vit à flanc de coteau.

— Mais alors, comment tu le chasses, cet oiseau ?

—■ Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas, mais,

quand tu ie sais, c'est bien simple.

— Et comment tu fais, toi?

— Ob ! moi, je l'appelle, je le siffle.

— Et alors?

— Alors, il se retourne et, comme il a une patte plus

courte que l'autre, il tombe et il se casse la ... figure !

VIEILLES ÉGLISES

L'Hôtellerie.

NE des églises les plus curieuses, bien que pas des

U plus visitées de Munich, c'est l'église de l'Assomption-de-la-Vierge,

qui se trouve dans un des faubourgs

de la ville et qui date du xv e siècle. Dans un bruit de

tonnerre, tout récemment, son clocher s'est écroulé,

entraînant dans sa chute une partie du mur de gauche

de l'église. Les nombreux curieux qui ont visité l'endroit

du désastre, se sont étonnés de voir qu'un rétable

qui Se trouve tout près des décombres écroulés n'a pas

souffert, non plus même que le beau vitrail qui est placé

à gauche de l'ouverture béante.

On avait bien eu déjà quelques doutes sur la solidité

du clocher, mais on n'i;naginait nullement qu'une

catastrophe pût être toutt- proche.

Die Woche.

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