Les noces de Figaro - Opera Lyra Ottawa

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Les noces de Figaro - Opera Lyra Ottawa

Table des matières

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Au professeur

Bienvenue 3

Utilisation du guide pédagogique 3

Renseignements sur la représentation

À quoi s’attendre à l’opéra 4

Au sujet de la salle Southam et du Centre national des Arts 4

Au sujet d’Opéra Lyra Ottawa 5

Pleins feux sur Miriam Khalil 7

Wolfgang Amadeus Mozart

La vie de Mozart 8

La musique de Mozart 9

L’époque de Mozart 10

Tout au sujet de l’opéra

Tout ce que vous vouliez savoir sur l’opéra 12

L’argument de Le Nozze di Figaro 13

Coup d’œil sur Le Nozze di Figaro 16

Guide d’écoute de Le Nozze di Figaro (CD) 18

Leçons

1. Démêler les fils de l’intrigue 22

2. L’Ouverture 24

3. Qui mène le bal ? 26

4. Qui porte la culotte dans cet opéra ? 28

5. Dans la peau de Mozart 30

6. Le tribunal tranchera 33

Feuilles reproductibles

A : Ressources sur le Web 36

B : Les relations dans Le Nozze di Figaro (à utiliser avec la Leçon 1) 37

C : Les thèmes de l’Ouverture (à utiliser avec la Leçon 2) 38

D : Guide d’écoute – Voir-Ressentir-Entendre (à utiliser avec la Leçon 2) 40

E : Qui mène le bal ? (à utiliser avec la Leçon 3) 41

F : Joseph II, empereur romain germanique, 1741-1790 (à utiliser avec la Leçon 3) 42

G : Paroles – « Se vuol ballare » (à utiliser avec la Leçon 3) 43

H : Les arias de Chérubin (à utiliser avec la Leçon 4) 44

I : Chantons en chœur – « Non più andrai » (à utiliser avec la Leçon 5) 45

J : Guide d’écoute – « Non più andrai » (à utiliser avec la Leçon 5) 47

K : Dans la peau de Mozart (à utiliser avec la Leçon 5) 49

L : Cartes de dialogue – « Voi signor, che giusto siete » (à utiliser avec la Leçon 6) 50

M : Partition vocale – « Voi signor, che giusto siete » (à utiliser avec la Leçon 6) 51

Qui fait à quoi chez Opéra Lyra Ottawa ? 53

N.B. : Le masculin est utilisé dans ce guide au sens générique; il désigne autant les femmes que

les hommes.

1


Remerciements

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Opéra Lyra Ottawa aimerait remercier Michael Potter de son cadeau généreux, qui a rendu

possible la création du programme Matinée des jeunes à l’opéra. Par l’entremise de ce

programme, les jeunes de la région d’Ottawa-Gatineau auront l’occasion d’assister à un opéra

intégral à la salle Southam du Centre national des Arts.

Opéra Lyra Ottawa remercie chaleureusement tous ses donateurs de leur appui.

Auteurs

Alison Kenny-Gardhouse, Connexionarts, Inc.

Catherine West, Connexionarts, Inc.

Illustrateur

Richard Peachy, Goodness Graphics, Inc.

Conception graphique

Paul Kelly, gecko graphics inc.

Conception de la couverture

ROCKET57

Traduction

Llama Communications

© Connexionarts, 2008

www.connexionarts.com

2

Photo: Marc Fowler


Bienvenue

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Opéra Lyra Ottawa est fière d’offrir aux élèves de la région de la capitale nationale l’occasion

d’assister à un opéra intégral, accompagné par un orchestre. Notre production de Le Nozze di

Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart est certaine de surpasser toutes vos attentes !

Ce guide pédagogique a été conçu de sorte à vous

aider à préparer vos élèves en vue du spectacle. En

plus de répondre aux attentes du ministère de

l’Éducation de l’Ontario, plusieurs des leçons

abordent des sujets touchant aux études sociales et

aux arts du langage. Nous espérons que vous

trouverez utile l’information fournie dans ce guide

utile et vos élèves et vous apprécierez l’écoute du

disque compact.

Photo: Marc Fowler

Merci d’initier vos élèves au monde merveilleux de l’opéra. Nous sommes très heureux de pouvoir

offrir cette expérience stimulante à vos élèves et nous savons qu’ils seront enchantés par tout ce

que cette production de Le Nozze di Figaro a à offrir. Bon spectacle !

Elizabeth Howarth Judith Ginsburg

Directrice générale Gestionnaire, Studio d’opéra OLO

Opéra Lyra Ottawa Opéra Lyra Ottawa

Utilisation du guide pédagogique

Les leçons de ce guide sont conçues pour vous aider à familiariser vos élèves avec la musique et

l’histoire de Le Nozze di Figaro. De nombreuses d’informations techniques et historiques sont

incorporées dans chaque plan de leçon, de sorte que l’apprentissage des élèves, sur la musique et

l’opéra, soit mis en contexte. Les activités suivantes seront particulièrement utiles :

» Créer un « mur de mots » avec le vocabulaire spécifique à l’opéra. Continuer à

ajouter des mots chaque jour avant et après la représentation. Intégrer le

vocabulaire dans une évaluation ultérieure.

» Jouer les chansons du CD fréquemment – pendant les transitions ainsi que durant

les leçons.

» Donner à chaque élève une copie de l’histoire illustrée du guide. Une image vaut

mille mots !

» Demander aux élèves d’écouter la musique de Le Nozze di Figaro à la maison, dans

le cadre de leurs devoirs.

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Renseignements sur la représentation

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À quoi s’attendre à l’Opéra

Opéra Lyra Ottawa produit ses spectacles sur la scène de la salle Southam du Centre national des

Arts à Ottawa. Vos élèves seront intéressés par l’architecture saisissante du bâtiment, il sera donc

utile de jeter un coup d’œil aux informations présentées dans la section ci-dessous.

L’opéra commence à 11 h. Le premier acte est suivi d’un entracte, durant lequel les élèves ont

une demi-heure pour manger leur déjeuner dans le Foyer. Le deuxième acte commence après le

déjeuner et l’opéra se termine à 13 h 45.

Veuillez demander à vos élèves d’aller aux toilettes avant le spectacle ou pendant l’entracte car ils

ne devraient pas sortir de la salle pendant l’opéra. Nous vous remercions aussi de rappeler aux

élèves qu’un opéra demande une écoute consciencieuse et que, contrairement au cinéma ou aux

joutes de hockey, parler durant la représentation est très inappropriée. Il faut donc éviter de

parler ou de réagir de façon inadéquate à l’action afin de ne pas distraire les artistes. Par contre,

les réactions appropriées du public vont pousser les artistes à donner une bonne prestation.

N’oubliez pas qu’ils vous voient et vous entendent. Sentez-vous donc à l’aise d’applaudir, de rire,

de pleurer ou de réagir intérieurement à l’action qui se déroule sur scène. Si vous tout

particulièrement aimé ce que vous avez entendu, vous pouvez crier « Bravo ! » (ou « Brava ! » si

c’était chanté par une femme).

Au sujet de la salle Southam et du Centre national des Arts

Conçu comme un grand projet du gouvernement fédéral dans le

cadre des fêtes du centenaire de la Confédération, le Centre

national des Arts (CNA) a ouvert ses portes au public le 2 juin

1969. Implanté au cœur de la capitale nationale, en face de la

place de la Confédération et de la colline du Parlement, le CNA

occupe une superficie de 1,158 million de pieds carrés, et compte

parmi les plus grands complexes des arts de la scène du Canada.

Seul centre pluridisciplinaire et bilingue des arts de la scène en

Amérique du Nord, le CNA dispose d’une des plus grandes scènes

du continent.

Le motif de l’hexagone a servi d’élément architectural de base

pour la construction du CNA. Conçu par Fred Lebensold (ARCOP

Design), l’un des plus grands architectes de salles de spectacle

d’Amérique du Nord, l’immeuble est largement considéré comme un fleuron de l’architecture du

20

i

con, « un cœur qui bat ».

e siècle. Les créateurs du CNA, quoique convaincus par la beauté et le caractère fonctionnel du

complexe, estimaient qu’il ne devait pas être qu’une structure de briques et de mortier et qu’il lu

fallait, selon les termes de Jean Gas

La salle Southam est la plus grande des quatre salles de spectacle au CNA. Avec 2 323 places

assises, c’est l’endroit idéal pour offrir toute une variété de spectacles et d’activités. Les sièges de

la salle Southam sont répartis sur quatre niveaux et l’on retrouve des loges à chaque niveau. La

loge d’État, située au niveau de la Mezzanine, est réservée aux membres de la famille royale en

visite, aux chefs d’État ou aux invités de marque.

4


Au sujet d’Opéra Lyra Ottawa

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Le Chœur d’Opéra Lyra Ottawa

Ce ne sont pas seulement les personnages principaux qui sont importants dans un opéra ! Aucun

opéra n’est complet sans un chœur de chanteurs, pour représenter les personnages dans une

scène de foule ou pour amplifier la chanson, quand nécessaire. Quand vous arriverez au Centre

national des Arts pour assister à Le Nozze di Figaro, le Chœur d’Opéra Lyra Ottawa aura déjà été

en répétition pendant plusieurs mois.

Fondé en 1986, le Chœur d’OLO réunit actuellement près de 60 choristes de la région. Les

choristes ont deux vies – ils ont un travail régulier pendant le jour et se transforment en

chanteurs d’opéra la nuit. Le Chœur est aujourd’hui un ensemble hautement compétent et souple,

réputé pour sa discipline, sa rigueur et son esprit de camaraderie. Le Chœur d’OLO a pris part à

de nombreuses grandes productions d’Opéra Lyra Ottawa. Il est en outre souvent invité à se

produire avec d’autres organisations de la région dans le cadre de diverses manifestations

culturelles prestigieuses.

Le Chœur d’OLO accueille des jeunes chanteurs qui souhaitent percer dans le domaine musical et

tient des auditions chaque année. Tous les mois de janvier ont lieu les auditions publiques ainsi

que les auditions ponctuelles des choristes existants, en vue de combler les places au sein du

Chœur et pour des petits rôles. Les auditions alternent annuellement entre celles pour hommes et

celles pour femmes. Pour l’audition, les chanteurs doivent préparer deux arias d’opéra, dont une

en italien. Le comité d’audition décide laquelle des deux sera interprétée à l’audition. Dans

certains cas, les deux morceaux sont chantés.

Les principaux

Les gens qui interprètent les rôles importants dans un opéra s’appellent les principaux. Ils sont

des chanteurs qui travaillent professionnellement et sont rémunérés. Les principaux arrivent

environ trois semaines avant la première représentation et vivent dans un hôtel quand ils sont ici.

On s’attend à ce qu’ils arrivent avec toute leur musique apprise par cœur et qu’ils aient un bon

sens de leur personnage dans l’opéra. Le metteur en scène travaille avec les principaux pour les

aider à réaliser chacune des scènes. Durant les deux premières semaines des répétitions, ils sont

accompagnés au piano par un répétiteur. Une semaine avant la première représentation publique,

ils commencent à répéter sur la scène du CNA avec l’orchestre.

On permet aux principaux de travailler jusqu’à six heures par jour pendant six jours de suite, au

plus. Ces règles sont établies par le syndicat des chanteurs, Equity, pour les protéger et ne pas

forcer leur voix. Le régisseur coordonne tous les horaires des répétitions et doit savoir qui est

dans chacune des scènes et combien de temps est nécessaire pour chaque répétition. Certaines

scènes demandent plus de temps à placer que d’autres, il donc doit veiller à utiliser efficacement

les six heures par jour, par chanteur, qui lui sont allouées.

5


La distribution secondaire

Pendant que les chanteurs répètent, un autre groupe de personnes observent et prennent des

notes. Ce sont les membres de la distribution secondaire; ils sont aussi les interprètes que vous

verrez quand vous assisterez à la matinée scolaire. Ils sont généralement de jeunes chanteurs en

début de carrière professionnelle. En chantant à la représentation en matinée, les membres de la

distribution secondaire ont l’occasion d’apprendre et de chanter un rôle notable avec une grande

compagnie d’opéra, accompagnés par un orchestre. Il s’agit d’une étape importante dans leur

cheminement professionnel.

Un des membres de la distribution secondaire vous est présenté dans les pages suivantes.

Saviez-vous que…

Deux réceptions sont données le

soir de première. La fête officielle

est offerte par le commanditaire

de la saison et est tenue au CNA.

Par invitation seulement, celle-ci

réunit les principaux, le personnel

d’Opéra Lyra Ottawa et des

représentants de diverses

organisations. La deuxième fête

est organisée par le Chœur et se

tient généralement au domicile

d’un de leurs membres. Lorsque

la fête au CNA se termine vers

minuit, ceux qui veulent

poursuivre les célébrations se

joignent à la fête du Chœur.

6

Qu’est-ce qu’un

« sitzprobe »?

Prononcé zits-probe, ce terme

allemand n’est peut-être pas ce

que vous pensez ! Il est le nom

donné au type de répétition qui a

lieu le premier jour où la

compagnie utilise la grande

scène. Pour la première fois, les

principaux et le chœur travaillent

avec le maestro et l’orchestre.

Pour cette répétition, l’opéra est

chanté au complet, sans costume

ou mise en scène. Cela donne

l’occasion de vérifier l’ensemble

et l’équilibre entre le chant et

l’orchestre (rappelons que jusqu’à

présent, les répétitions ont

uniquement été accompagnées au

piano).


Pleins feux sur Miriam Khalil

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Les débuts Miriam Khalil a toujours aimé chanter. « J’ai

commencé avec de la musique pop; plus jeune, j’ai beaucoup

chanté les chansons de Whitney Houston. À l’insistance de mes

parents, j’ai suivi des cours de chant – ma professeure était

merveilleuse, m’encourageant à essayer différents styles de chant.

En fin de compte, j’ai beaucoup aimé les comédies musicales de

style plutôt classique, comme Carrousel. »

Adolescente, Miriam a continué à chanter dans une gamme de

styles. Elle a fait partie d’un petit groupe de musique de chambre à

son école secondaire, le Hillcrest High School, formé par la

conseillère pédagogique de l’école (qui sacrifiait ses heures de

déjeuner pour les répétitions). À dix-huit ans, Miriam a participé

aux auditions pour une production de West Side Story et y a

décroché le rôle

de Maria.

Miriam avait d’abord l’intention de poursuivre une carrière en

thérapie musicale, qui demande une formation préalable de trois

années d’études universitaires en musique. Toutefois, au bout de

trois ans en musique à l’Université d’Ottawa, les plans de Myriam changèrent, car elle avait

attrapé le virus du chant pour de bon. « J’aimais tellement cela que je ne pouvais m’imaginer faire

autre chose ! » Opéra Lyra Ottawa a joué un rôle déterminant dans la formation de Myriam – elle

a été membre du Studio d’opéra Lyra et s’est produite avec la compagnie durant la saison 2001-

2002.

Chanter le rôle de Suzanne Miriam en a long à

dire sur le rôle qui lui a été confié, celui de Suzanne. « J’ai

chanté ce rôle l’an dernier, en Italie. Suzanne est une fille

intelligente, intuitive et drôle, qui obtient ce qu’elle veut,

sans faire preuve de méchanceté. Elle est vraiment le seul

personnage de l’opéra dont les intentions sont pures – tout

ce qu’elle souhaite, c’est de se marier ! Dès le départ, elle

fait clairement savoir son objectif, qui est de se marier.

Tout ce qu’elle fait par la suite, c’est pour l’aider à

atteindre cet objectif. » Le rôle de Suzanne est aussi, en

passant, le plus long rôle de soprano de l’opéra. Miriam

explique qu’il s’agit néanmoins d’un rôle magnifique à chanter, car Mozart le situe dans une partie

très confortable du registre soprano. « Même si Suzanne est un personnage principal, l’instigatrice

et celle qui reste le plus longtemps sur scène, son rôle a été écrit de sorte à la ménager. Rendue à

la dernière scène, on n’est donc pas exténuée... » Elle s’arrête un moment avant de reprendre, en

riant, « fatiguée peut-être, mais pas exténuée. »

7

Qu’y a-t-il sur le iPod

de Miriam ?

Tori Amos, Christina Aguilera,

Michael Bublé, City of Angels,

Alanis Morissette, Arrowsmith.

J’aime aussi écouter des

chanteuses d’opéra comme

Montserrat Caballé et Renée

Fleming, en qui je trouve une

grande source d’inspiration.

Qu’espérez-vous réaliser, au cours des cinq prochaines années ?

« J’aimerais vivre un an à New York. J’y auditionne de temps en temps, et il y a tellement de

choses qui s’y passent. Aussi, ce serait génial de travailler en Europe pendant un moment. Ce qui

est bien, là-bas, c’est qu’on peut être sous contrat avec une compagnie d’opéra pendant six mois,

et y jouer trois différents rôles. Dans l’ensemble, toutefois, je veux m’établir et me faire connaître

dans le domaine comme une artiste de talent et digne de confiance. Avec un peu de chance,

j’aurai de nouveaux rôles à mon actif, et je serai reconnue pour mon interprétation de Suzanne et

d’autres personnages de Mozart. »


La vie de Mozart

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Mozart est né le 27 janvier 1756 à Salzbourg, en Autriche. Il avait

une sœur plus âgée, Maria Anna, surnommée Nannerl. À trois ans,

le jeune Wolfgang a débuté des leçons de clavecin et à cinq ans il

a écrit la première d’une série de plus 600 compositions. C’était

évident pour son père, un musicien accompli, que ses deux enfants

avaient beaucoup de talent en musique mais que son fils était en

plus un véritable prodige.

Pour ne pas perdre ce talent éblouissant, les deux enfants Mozart

et leur père ont entrepris une série de longues tournées

européennes. Le jeune Mozart et Nannerl ont joué dans les cours

des rois et des princes, devant des archevêques, et même devant

Marie-Antoinette, la future reine de France. Doué d’une oreille

extraordinaire, Mozart étonnait ses spectateurs en jouant de

mémoire de longs morceaux de musique qu’il n’avait auparavent

entendus qu’une seule fois. Il a composé sa première symphonie à l’âge de dix ans et son premier

opéra à douze ans. Sa mère est morte pendant qu’ils étaient en tournée à Paris et Mozart,

maintenant un jeune homme, est revenu s’établir à Salzbourg à titre d’organiste à la cour. Plus

tard, il a quitté Salzbourg pour tenter sa chance à Vienne. Il y a rencontré une chanteuse,

Constanze Weber, qu’il a épousée. Ensemble, ils ont eu six enfants, dont seulement deux ont

survécu passée la petite enfance, et ils n’ont pas eu de petits-enfants.

Mozart s’est bâti une brillante carrière de compositeur, d’interprète et de professeur même s’il eut

parfois quelques problèmes financiers. Il a composé Le Nozze di Figaro en 1786, et les quelques

années qui suivirent furent très occupées pour lui, avec de nombreuses commandes, opéras et

prestations pour l’empereur. En 1791, Mozart a reçu une commmande pour composer un

Requiem, ou une messe pour souligner le décès d’une personne. Malheureusement, sa propre

mort, probablement attribuable à une fièvre rhumatismale, l’a empêché de compléter l’ouvrage : il

n’avait que 35 ans.

Une invitation à

(ne pas) dîner

En 1764, le roi et la reine

de France invitèrent la

famille Mozart à dîner…

mais pour ne rien manger.

Les Mozart se sentirent

honorés de se tenir

derrière les fauteuils du

couple royal pour les

regarder manger. La reine,

enchantée par le petit

Mozart, lui tendit quelques

miettes de sa nourriture.

Il existe plusieurs mythes, rumeurs et idées fausses sur la vie de

Mozart, tout comme c’est le cas aujourd’hui au sujet de personnes

célèbres. On a souvent pensé que Mozart pouvait composer sans

effort alors que lui-même affirmait contraire. « C’est une erreur

de croire que la pratique de mon art m’est facile. Je vous assure,

cher ami, que personne ne porte autant attention à l’étude de la

composition que moi. Il existe peu de maîtres célèbres en

musique dont je n’ai fréquemment étudié les œuvres avec

diligence. » Mozart était un compositeur prolifique et plusieurs de

ses contemporains, incluant Josef Haydn et le jeune Beethoven, le

tenaient en haute estime. Ses lettres laissent entrevoir

personnalité complexe aux idées arrêtées, un homme un peu

prétentieux, parfois difficile, mais aussi très affectueux avec un

grand sens de l’humour et une grande joie de vivre.

8


La musique de Mozart

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9

La musique de Mozart est un exemple du

véritable style classique, tout comme celle de

Gluck, de Haydn et du jeune Beethoven. La

période classique s’étend de 1750 à 1820 et est

reconnue pour sa clarté, son équilibre, ses

qualités expressives rendues par le biais de

tensions et de relâchements, et la proéminence

de la mélodie. L’héritage musical de Mozart, en

tant que compositeur, inclut en outre la création

de textures complexes et sophistiquées qui

laissent présager la turbulence et la passion

propres au romantisme.

En plus des opéras, Mozart a composé des

concertos et des sonates pour piano, des

danses, des symphonies, des quatuors pour

cordes et de la musique sacrée, comme des

messes. Et tout cela à une époque où la musique était écrite à la main, par un homme qui est

mort à 35 ans !

Chaque spécialiste du domaine musical a son opinion sur Mozart. En 2006, le 250 e anniversaire de

sa naissance a apporté son lot de publicité sous forme, entre autres, de casse-têtes, de parfums,

de laits frappés et de chocolats à son effigie. Mais c’est sa musique qui a franchi les époques. Plus

de 200 ans après sa mort, nous sommes toujours fascinés par ce génie musical, et nous pouvons

entendre sa musique au cinéma, dans des annonces publicitaires et à la télévision.

Pour vivre, Mozart devait vendre son art et, comme ses contemporains, il a composé des

morceaux de musique pour plaire à son public cible. Mais il a également mis les son auditoire au

défi en leur présentant des morceaux qui les faisaient sortir de leur zone de confort; d’ailleurs, on

lui a parfois reproché d’écrire une musique trop compliquée pour son public. Le Nozze di Figaro

est probablement le plus connu de tous les opéras de Mozart, n’ayant jamais cédé sa place dans

le répertoire classique, et ce, depuis sa toute

première représentation. La musique de Mozart

fait aussi bien un retour sur les musiques de

Händel, de Bach et de la période baroque,

qu’elle s’étend vers la musique de Beethoven et

l’âge du romantisme. Dans cet opéra, on peut

entendre toute l’étendue de cette excellence

musicale.

Mozart est le plus grand compositeur de

tous. Beethoven a créé sa musique,

mais la musique de Mozart est d’une

telle pureté, d’une telle clarté, qu’on a

l’impression qu’il l’a simplement

découverte – que la musique a toujours

existé en tant que beauté intrinsèque de

l’univers en attente d’être mise en

lumière.

– Albert Einstein

Devinez qui sera

jeté à la mer...

L’improvisation était un important

élément de la formation de tout musicien

du 18 e siècle. Mozart et Clémenti, un

autre musicien bien connu de l’époque,

se présentèrent devant l’empereur pour

participer à un concours célèbre afin de

déterminer lequel des deux était le

meilleur musicien. Mozart a gagné, mais

de justesse. Clémenti était un peu plus

flamboyant mais « les connaisseurs »

trouvaient que Mozart avait plus de

profondeur et plus d’idées.


L’époque de Mozart

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Le siècle de Lumières

Wolfgang Amadeus Mozart est né le 27 janvier 1756, au milieu d’un siècle de transformations. Le

siècle de Lumières, nouvel âge « illuminé par la raison », fut une époque turbulente marquée par

des idées religieuses, sociales et scientifiques révolutionnaires, par l’apparition de nouvelles

inventions et par l’émergence de grands changements dans le mode de vie familiale.

Au 17 e siècle, Galilée a observé la Lune et Jupiter au moyen du premier télescope et a déterminé

que l’Univers était régi selon des principes mathématiques. Sir Isaac Newton a expliqué la

gravitation universelle et énoncé trois lois sur le mouvement. Des écrivains, des penseurs et des

philosophes comme Rousseau, Voltaire, Hume, Swift et Mary Wollstonecraft ont remis en question

la nature de la justice sociale et de l’identité humaine. La notion traditionnelle, selon laquelle les

humains sont nés pécheurs dans un monde centré sur Dieu, a été remplacée par la notion que les

hommes naissent naturellement bons et pourvus de « droits inaliénables », dans un monde

gouverné par la raison plutôt que par la seule foi. L’utopie semblait un projet réalisable : le

personnage de Candide de Voltaire vivait « dans le meilleur des mondes ». Les efforts pour

concilier ces visions étaient le fruit d’individus aussi bien que de la société dans son ensemble :

Newton, profondément religieux, croyait que même si les planètes suivaient une route

mathématiquement déterminée, c’était Dieu qui avait lancé leur mouvement.

De nouvelles inventions ont révolutionné la façon de vivre des gens. Traditionnellement rurale,

l’Europe se transforma graduellement en une société plus industrielle et urbaine au cours du

18 e siècle. Même si la révolution industrielle n’en était qu’à ses débuts, on pouvait déjà déceler

des signes de grands changements à venir. L’invention de machines pouvant remplacer le travail

manuel, comme la machine à vapeur ou les machines à filer le coton et à tisser, signifiait que les

familles, qui autrefois cultivaient et fabriquaient tout ce dont elles avaient besoin pour vivre sur

leurs petites fermes, devaient dorénavant trouver du travail dans les usines et peiner de longues

heures dans des conditions dangereuses pour des salaires de famine.

1752 1759 1764 1769 1776

Découverte

de

l’électricité

par

Benjamin

Franklin

Naissance

de Mozart à

Salzbourg,

Autriche, le

27 janvier

Mort de

Händel

Le Canada

devient

britannique

Invention du

Spinning

Jenny

(machine à

filer)

Fin de la 1 re

tournée

européenne

de Mozart

Invention de

la machine à

vapeur par

James Watt

Samuel

Hearne

atteint

l’océan

Arctique

1756 1763 1766 1771

10

Déclaration de

l’Indépendance


Le Jour

Noir : le

Canada se

retrouve en

pleine

noirceur à

14 h sans

raison

apparente

L’époque a aussi apporté des changements pour les femmes, mais pas toujours à leur avantage.

Les femmes n’avaient pas droit à la propriété et ne pouvaient pas prendre part à la nouvelle

économie en tant que propriétaires d’entreprises. Les femmes des classes moyennes et

supérieures étaient éduquées mais seuls les hommes pouvaient étudier les sciences et la

philosophie. Les femmes apprenaient à peindre, à dessiner, à chanter et à jouer de la musique,

toutes choses qu’une bonne épouse se devait de connaître. Les femmes des classes inférieures

ont dû commencer à peiner dans des manufactures tandis que se modifiait la vie familiale pour

mieux répondre à la nouvelle économie industrielle. Vers la fin du 18 e siècle, au moins deux livres

sur les droits des femmes ont été publiés, marquant un timide début de révolution féminine. Un

de ces livres, Vindication of the Rights of Women, a été écrit par Mary Wollstonecraft.

On ne peut trouver de manifeste plus important durant le siècle de Lumières que la Déclaration

d’indépendance des États-Unis d’Amérique, énoncé de mission de la Révolution américaine (1775-

1783). La Révolution française (1789-1799) était aussi le résultat des changements

monumentaux qui secouaient Europe. Le nouveau système de croyances justifiait l’éclatement des

classes sociales et le rejet de la monarchie dans les deux pays. À la même époque, le Canada a

vécu ses propres bouleversements avec la fin de la Guerre de Sept Ans, qui a fait du Canada une

possession entièrement britannique (1763).

Toute cette agitation sociale se reflète dans l’intrigue de Le Nozze di Figaro. En fait, la pièce de

théâtre sur laquelle l’opéra était basé était considérée d’un si mauvais goût que le roi Louis XVI se

serait écrié « …détestable, cela ne sera jamais joué ! » L’œuvre se moque de la noblesse et

dénonce la supériorité morale qui lui est automatiquement attribuée. Les personnages des classes

inférieures (Figaro et Suzanne) sont peints sous des traits sympathiques, et sont plus intelligents

et honorables que le comte.

1783 1785 1789 1792

Le mont

Skaptar

explose en

Islande,

tuant un

cinquième

de la

population

Les premiers

vols en

montgolfière

ont lieu en

France

La première

école du

Haut Canada

a été fondée

à Kingston

Mozart

compose

Le Nozze di

Figaro

Premier

service de

diligence au

Haut Canada

entre

Queenston

et Fort Érié

Mort de

Mozart le

5 décembre

Louis XIV et

Marie-

Antoinette

sont

exécutés à

la guillotine

Le Haut

Canada vote

une loi pour

interdire

l’esclavage

(première loi

du genre

dans tout

l’Empire

britannique)

1780 1783 1786 1791 1793

11


Tout ce que vous vouliez savoir sur l’opéra

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Q : Qu’est-ce que l’opéra ?

R : Il s’agit d’une histoire qui est

exprimée par l’entremise du chant, du

jeu théâtral et de la mise en scène.

Q : Quel genre d’histoire ?

R : Un critique de musique a déclaré que

la plupart des intrigues d’opéra se

résument à l’histoire d’une soprano et

d’un ténor qui souhaitent devenir

intimes, mais qui y sont empêchés par

un baryton ! Bien que cela n’est

évidemment pas toujours le cas, le

thème de l’amour non partagé revient

en effet souvent dans l’opéra. Mais les

histoires d’opéra sont avant tout des

histoires que nous vivons tous –

d’amour, de perte, de triomphe, et

d’espoir.

Q : Il me semble parfois que les

interprètes parlent tout en chantant.

Que font-ils ?

R : Les chansons s’appellent des ARIAS.

Les morceaux qui semblent parlés

sont des RÉCITATIFS. Ces derniers

sont semblables au dialogue dans une

pièce de théâtre, mais puisque c’est

un opéra, ils sont chantés.

Q : Quel instrument est joué pendant le

récitatif ? Il ressemble au piano.

R : L’instrument s’appelle un clavecin. Le

clavecin garde le tempo du récitatif.

Le claveciniste doit connaître le texte

à fond et être capable de suivre les

chanteurs instinctivement. Il joue à

partir d’une partition épurée – seuls

les accords lui sont fournis – il doit se

montrer expert improvisation.

Q : Le compositeur écrit-il tout ? L’histoire

et la musique ?

12

R : Non. Habituellement, l’histoire est

d’abord sous forme de roman ou de

pièce de théâtre. Un librettiste la

transforme pour créer un texte à

partir duquel le compositeur compose

des arias, des ensembles et des

récitatifs.

Q : Que diriez-vous de toutes ces voix ?

Elles semblent tellement différentes

l’une de l’autre.

R : Elles sont différentes. Il n’existe pas

deux voix identiques. Nous pouvons

seulement généraliser selon leur

registre et couleur :

Voix de femmes

Soprano colorature La plus aiguë

Soprano Aiguë

Mezzo-soprano Moyennement aiguë

Contralto Grave

Voix d’hommes

Alto La plus aiguë

Ténor Aiguë

Baryton Moyennement aiguë

Basse Grave

Q : Qu’est-ce que ça prend pour être un

grand chanteur d’opéra ?

R : Vous avez besoin d’une voix puissante

et distinctive, d’une compréhension

d’au moins quatre langues différentes,

d’une très grande compétence

musicale, de profondes habiletés

artistiques, d’un corps sain et de la

discipline. Surtout, vous devez

beaucoup aimer l’opéra et jouer sur

une scène.


Sommaire de Le Nozze di Figaro

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– Traduit d’un texte d’Opera News

ACTE I. Un domaine de campagne aux abords de

Séville, fin du 18 e siècle. Tandis qu’il prépare son

mariage, le valet Figaro apprend de sa fiancée

Suzanne, camériste de la comtesse Almaviva, que

leur cavaleur de maître, le comte Almaviva, a des

visées sur elle. Figaro est déterminé à se montrer

plus malin que lui. Entrent le fourbe Bartholo et

Marcelline, sa gouvernante, à qui Figaro avait

promis de se marier pour effacer une dette qu’il

ne peut acquitter. Les deux rivales, Marceline et

Suzanne, s’échangent quelques insultes. Chérubin,

jeune page désespérément romantique, fait son

entrée, s’extasiant sur les charmes de la gente

féminine, y compris ceux de Suzanne. Il se cache

quand surgit le comte, furieux de l’avoir surpris en

train de batifoler avec Barberine, la fille du

jardinier. Le comte poursuit Suzanne de ses

assiduités mais se cache, lui aussi, à l’arrivée de

Don Bazile, le maître de musique bavard. Quand

celui-ci laisse entendre que Chérubin est épris de

la comtesse, le comte sort de sa cachette et,

découvrant la présence de Chérubin, s’enrage de

plus bel. Figaro entre en compagnie de quelques

villageois, qui chantent les louanges de la réforme

progressive du comte et de son abolition du droit

de cuissage – le droit du noble de prendre la place

de son serviteur la nuit de ses noces. Almaviva

affecte Chérubin à son régiment de Séville,

laissant à Figaro le soin de réconforter le jeune

malheureux.

13

ACTE II. Dans son boudoir, la comtesse pleure

l’indifférence de son mari mais, aidée de Figaro et

de Suzanne, elle jure de le punir. Ils enverront

Chérubin, sous les traits de Suzanne, à un rendezvous

amoureux avec le comte. Chérubin,

éperdument amoureux de la comtesse, accepte la

mission; les deux femmes entreprennent de le

déguiser pour le rendez-vous. Suzanne s’apprête à

aller chercher un ruban quand le comte frappe à la

porte, furieux de la trouver verrouillée.

Chérubin se dissimule dans le cabinet contigu à la

chambre et la comtesse fait entrer son mari. Ce

dernier, ayant entendu un bruit, a des soupçons

même quand la comtesse lui assure qu’il s’agit de

Suzanne. Il insiste que sa femme l’accompagne

pour chercher des outils avec lesquels forcer la

porte du cabinet. Pendant ce temps, Suzanne, qui

était cachée derrière un paravent, aide Chérubin à

s’enfuir par la fenêtre et prend sa place dans le

cabinet. À leur retour, le comte et la comtesse

sont tous deux surpris de l’y trouver. Tout semble

aller pour le mieux, quand le jardinier fait

irruption, se plaignant d’avoir trouvé ses

géraniums écrasés dans la platebande au-dessous

de la fenêtre. Figaro, qui accourt pour annoncer

que le mariage est prêt, simule une entorse à la

cheville et s’avoue responsable du délit. C’est

alors que surgissent Marceline, Bartholo et Bazile,

pour signifier à Figaro qu’ils engagent des

poursuites à son encontre, nouvelle qui vient à

point nommé pour le comte, car elle lui permettra

de retarder le mariage.


ACTE III. Dans la salle où aura lieu le mariage,

Suzanne leurre le comte en lui promettant de le

rejoindre dans le jardin. Cependant, sa méfiance

s’éveille quand il la surprend en train de comploter

avec Figaro; il promet de se venger. En attente de

nouvelles de Suzanne, la comtesse songe à son

bonheur passé. Lors du débat entourant les

réclamations de Marceline, présidé par le comte,

tous apprennent avec stupéfaction que Figaro est

en fait le fils naturel de Marceline et Bartholo. La

14

mère et le fils s’embrassent, éveillant la jalousie

de Suzanne, jusqu’à ce qu’elle apprenne la vérité.

La comtesse rejoint Suzanne et compose avec elle

une lettre conviant le comte à un rendez-vous

dans le jardin. Plus tard, durant la cérémonie de

mariage, Suzanne glisse le billet, fermé avec une

épingle à chapeau, au comte. Celui-ci se pique le

doigt, laissant tomber l’épingle que Figaro

ramasse aussitôt.


ACTE IV. Dans le jardin, au clair de lune,

Barbarina informe Figaro et Marceline, après avoir

cherché en vain l’épingle à chapeau, du rendezvous

entre le comte et Suzanne.

15

Bazile propose judicieusement qu’ils jouent le jeu.

Fulminant contre les femmes, Figaro quitte les

lieux, laissant Suzanne et la comtesse, prêtes

pour leur mascarade. Restée seule, Suzanne

chante son amour pour Figaro. Celui-ci la surprend

mais pense que l’objet de sa passion est le comte.

Suzanne se cache à temps pour voir Chérubin

faire la cour à la comtesse, laquelle porte la robe

de Suzanne. Les apercevant, Almaviva chasse

Chérubin et envoie sa femme, qu’il croit être

Suzanne, à la tonnelle puis va la rejoindre. Figaro

comprend enfin la supercherie et se met de la

partie en étreignant passionnément Suzanne,

déguisée en comtesse. Le comte revient et,

croyant voir Figaro dans les bras de sa femme,

appelle tous les invités pour qu’ils soient témoins

de son jugement. Mais voilà que survient la vraie

comtesse, qui dévoile la ruse. Saisissant enfin la

vérité, le comte implore son pardon. Tous sont

réunis et ainsi se termine cette journée

rocambolesque à la cour des Almaviva.


Coup d’oeil sur Le Nozze di Figaro

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Figaro and Suzanne se réjouissent à la perspective

de leur mariage, mais le comte a des visées sur

Suzanne.

Marceline a prêté de l’argent à Figaro et exige

qu’il l’épouse s’il ne peut acquitter sa dette.

Heureusement, une tache de naissance révèle

à tous que Figaro est en fait le fils disparu de

Marceline. Celle-ci décide d’épouser Bartholo,

le père de son enfant retrouvé.

16

Chérubin, le jeune page du comte, est surpris

en train d’écouter subrepticement le comte

déclarer son amour à Suzanne.


Coup d’oeil sur Le Nozze di Figaro

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La comtesse et Suzanne tendent un piège au

comte; elles lui écrivent une lettre, le

conviant à un rendez-vous secret avec

Suzanne (qui sera réalité sa propre femme,

déguisée en Suzanne) cette nuit même,

au

jardin.

Tous sont réunis

avec leurs partenaires légitimes, le comte supplie la comtesse de lui pardonner

son

infidélité.


Guide d’écoute

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Piste Passage Détails du scénario

1 Ouverture

2

3

4

5

6

Instrumental

« Cinque… dieci… venti »

Figaro, Suzanne

« Se vuol ballare »

Figaro

« La vendetta, oh, la vendetta »

Bartholo

« Non so più cosa son, cosa

faccio »

Chérubin

« Non più andrai »

Figaro

Comme son titre l’indique, elle « ouvre » l’opéra; c’est le

premier morceau que vous entendrez. Le rideau demeure

généralement fermé durant l’Ouverture.

Il s’agit de la première aria de l’opéra. Figaro s’affaire à

mesurer la chambre pour le placement du lit nuptial.

Devant son miroir, Suzanne essaie un chapeau et

demande l’avis de Figaro. À la façon qu’ils bavardent, il

est clair qu’ils sont très amoureux et ont hâte de se

marier.

Suzanne réussit à convaincre Figaro que si le comte leur

donné une chambre à proximité de la sienne, c’est parce

qu’il veut exercer son « droit de cuissage », c’est-à-dire

partager le lit de Suzanne la nuit des noces. Sur ce point,

le comte est toutefois embêté, car il a déclaré

publiquement qu’il abolirait cette pratique, étant un

seigneur « moderne ». Il doit donc séduire Suzanne en

douce, à l’insu de Figaro. Ce dernier, bien entendu

furieux, entend déjouer le comte. Dans cette cavatine,

Figaro déclare essentiellement « Vous voulez jouer ? C’est

moi qui jouerai de vous ! »

La chanson révèle que Figaro, stratégiste hors pair,

projette de faire échouer les plans du comte. Il est passé

maître dans l’art du complot et connaît bien son patron.

Bartholo n’a jamais vraiment aimé Figaro, qui s’est

toujours montré plus malin que lui. Il est donc ravi de la

proposition de Marceline, de faire échec au mariage de

Figaro et Suzanne. Dans cette aria, il chante son intention

d’aider Marceline dans sa démarche et d’y trouver sa

vengeance.

Le jeune Chérubin chante à Suzanne l’amour et la

confusion que lui inspirent les femmes. Plus que tout, il

aime être amoureux (hormones en ébullition ?) et peut se

montrer assez théâtral.

Chérubin reçoit l’ordre de s’engager dans l’armée. Figaro

se moque de lui en chantant les servitudes de la vie

militaire – finie la belle vie, entouré de femmes. Au lieu, il

sera au combat, entouré du sifflement des balles. Cette

nouvelle désole quelque peu Chérubin.

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Guide d’écoute

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Éléments musicaux Stratégies d’écoute et activités

L’Ouverture situe l’ambiance de l’opéra. Mozart

joue avec plusieurs différents thèmes, qui

donnent une impression d’enjouement et

d’intrigue.

Voir la Leçon 2.

Le duo commence avec les deux voix qui chantent Demander : Quelle est la première voix que vous

de façon indépendante l’une de l’autre, laissant entendez et de quel type de voix s’agit-il ?

entendre que les personnages sont concentrés (Réponse : Figaro, baryton-basse) Quel est le

sur des choses différentes et ne se prêtent pas type de voix de Suzanne ? (Réponse : soprano)

attention. Quand ils se mettent à réfléchir tous Écouter : Levez la main quand la musique vous

deux au mariage, ils commencent à chanter à laisse savoir que Figaro et Suzanne se prêtent

l’unisson.

attention et pensent au mariage.

Une cavatine avec une structure ABA. Le tempo Voir la Leçon 3.

change pendant l’aria, qui commence avec une Diriger : Examinez deux à trois techniques de

mesure en 3/4, se poursuit en 2/4, et revient en direction d’orchestre et dirigez à votre tour la

3/4. La section en 3/4 rappelle une valse

musique de l’enregistrement. Écoutez

courtoise, qui devient graduellement plus

attentivement pour entendre les variations dans

stridente quand Figaro pense au comte et à son la mesure.

intention de faire des avances à Suzanne. Dans la Demander : Quel est l’effet de la variation de la

deuxième section, tandis que Figaro trame son

plan, la ligne vocale devient plus rapide.

mesure sur le ton de Figaro ?

Mozart crée une ambiance mélodramatique en

exploitant le registre « sombre » de l’orchestre et

en insérant des changements soudains et

dynamiques. La ligne vocale d’introduction est

fortement basée sur la triade tonique. Dans la

section centrale, un passage est chanté de

manière très rapide et rythmée, tandis que

Bartholo met ses idées en place, suivi par une

conclusion triomphalement malfaisante et

solidement ancrée dans une succession d’accords

I-IV-V.

L’aria progresse à un rythme rapide et les paroles

déferlent. L’orchestration crée un sentiment agité

en faisant succéder les accords arpégés.

Structure ABACA. Les trompettes que l’on entend

en arrière-plan évoquent l’armée. Les paroles et

la musique soulignent le contraste entre la vie

passée et future de Chérubin.

Demander : Quel type de voix Bartholo possèdet-il

? (Réponse : basse) En quoi sa voix est-elle

différente de celle de Figaro ?

Écouter : Pouvez-vous entendre le passage

rapide, vers le milieu de l’aria (il s’agit d’un

exemple de « patter song », chanté à une très

grande vitesse et rendant souvent un effet

comique).

Écouter : Le nom de Figaro est prononcé

plusieurs fois vers la fin de l’aria, dans un

passage qui veut essentiellement dire : « Pour ce

qui est de Figaro, je lui réglerai son cas ».

Combien de fois pouvez-vous entendre le nom de

Figaro? (Réponse : quatre)

Voir la Leçon 4.

Voir la Leçon 5.

Écouter : À la fin de l’aria, pouvez-vous

reconnaître le son de Chérubin sortant de la

scène au pas ?

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Guide d’écoute

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Piste Passage Détails du scénario

« Voi che sapete »

Chérubin

Suzanne persuade Chérubin de chanter une une

chanson qu’il a composée pour la comtesse, à

propos de l’amour.

7

8

9

10

11

12

« Voi signor, che giusto siete »

Le comte, la comtesse, Suzanne,

Figaro, Marceline, Bazile, Bartholo

« Hai già vinta la causa… Vedrò

mentre io sospiro »

Le comte

« Che soave zeffiretto (Sull’aria) »

Suzanne, la comtesse

« Giunse alfin il momento… Deh vieni

non tardar »

Suzanne

« Scena ultima »

Tous

Il s’agit de la dernière partie de la finale de l’Acte

II. Marceline, Bartholo et Bazile entrent sur scène

et déclarent que Figaro doit rembourser sa dette

en épousant Marceline. C’est la pagaille.

Le comte soupçonne Suzanne et Figaro de jouer

de lui et il est furieux. Il ne supporte pas qu’un

personnage de classe inférieure comme Figaro

puisse être heureux tandis que lui, le comte, ne

l’est pas. Il n’en revient pas de l’audace de Figaro

et de Suzanne et il jure de contrarier leur projet.

Durant l’aria, il passe de l’incertitude, à

l’agitation, au regain absolu de son assurance.

Suzanne et la comtesse complotent de prendre le

comte sur le fait, entrain de courtiser Suzanne. La

comtesse dicte une lettre au nom de Suzanne,

donnant rendez-vous au comte. En réalité, quand

le comte rencontrera « Suzanne », il s’agira plutôt

de la comtesse déguisée. Suzanne signe la lettre

et la cachète avec une épingle.

Suzanne est au jardin, habillée en comtesse. Elle

sait que Figaro est dissimulé dans les buissons et

qu’il doute de ses intentions. Elle chante une belle

chanson, enjoignant son amant de venir à elle.

Figaro l’entend mais croit, à tort, que la chanson

s’adresse au comte.

Le comte émerge des buissons, accusant sa

femme de lui être infidèle. Suzanne (sous les

traits de la comtesse) demande le pardon du

comte, mais il refuse violemment. Quand surgit la

vraie comtesse (habillée en Suzanne), le comte

comprend enfin la situation et c’est maintenant lui

qui implore le pardon de la comtesse, qu’elle lui

accorde. Tous les personnages sont réunis et

chantent avec joie que grâce à l’amour, tout s’est

bien terminé.

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Guide d’écoute

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Éléments musicaux Stratégies d’écoute et activités

Le pizzicato (technique qui consiste à jouer en Voir la Leçon 5.

pinçant les cordes au lieu d’utiliser l’archet) des

cordes représente Suzanne accompagnant

Chérubin à la guitare. Les bois procurent à la

ligne vocalique une très belle contre-mélodie.

Les trois premières voix que vous entendez Voir la Leçon 6.

ensemble sont celles de Marceline, de Bartholo et Écouter : Remarquez la voix la plus aiguë, celle

de Bazile, suivies par les interjections du comte, de la soprano, quand tous chantent ensemble.

de la comtesse, de Figaro et de Suzanne. Le C’est Suzanne. À sa voix s’ajoute souvent celle de

comte demande le silence – « silenzio ! » – à la comtesse ou du comte, qui chantent en

maintes reprises, insistant que la cause soit harmonie avec elle.

entendue. À mesure que l’affaire se corse, la

texture musicale devient plus complexe et,

éventuellement, tous chantent leur point de vue.

Cette aria nécessite une voix de baryton

Discuter : Avec un partenaire, écoutez l’aria et

puissante, possédant une large gamme de

discutez de la façon dont l’ambiance évolue

couleurs. Elle commence par un récitatif, alors durant le morceau.

que le comte essaie de comprendre ce qui se Demander : Pourquoi cette aria est-elle difficile à

passe. Son indignation grandissante est

chanter ? (Changement importants dans les

accompagnée par un assaut de roulades de dynamiques, passages de colorature, sauts

l’orchestre. À mesure que son plan se précise, la d’octaves)

ligne vocalique devient plus lyrique.

Un duettino (un court duo) en 6/8 avec une Réféchir : Que ressent la comtesse en ce moment

pastorale. Le lieu du rendez-vous est décrit et ? (Réponse possible : elle est probablement

reflété par la musique. À ce point de l’opéra, la gênée d’avoir à demander l’aide de sa servante

servante et sa maîtresse sont devenues

pour reconquérir son mari)

interchangeables, échangeant leurs vêtements et

chacune imitant l’autre. Cette proximité est

exprimée dans les lignes vocales, d’abord quand

les deux femmes chantent en écho l’une de

l’autre, ensuite quand elles chantent en

harmonie.

Cette aria d’amour est tendre et enveloppante. Écouter : Le mot italien « vieni » signifie

Comme le duettino chanté plus tôt par Suzanne « vient ». À la fin de cette aria, vous l’entendrez à

et la comtesse, ce morceau est écrit en 6/8 et plusieurs reprises. Remarquez comment Suzanne

possède une qualité pastorale (il rappelle la prend le temps de caresser ce mot pour attirer

nature environnante). La flûte, souvent associée celui qui l’écoute.

à la romance, occupe une place importante. Demander : Dans cette aria, que rend la voix de

Suzanne aussi amoureuse ?

Les contrastes dramatiques abondent dans la Voir la Leçon 1.

finale. Toutes les questions en suspens sont

résolues et on aboutit à une heureuse conclusion.

À différents moments, on peut entendre les

solistes, les petits ensembles et la distribution au

complet.

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Leçon 1 : Démêler les fils de l’intrigue

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Objectif

Les élèves explorent les connaissances qu’ils possèdent déjà et apprennent des notions de base de l’opéra.

Ils font leurs prédictions sur l’intrigue de Le Nozze di Figaro pour ensuite la lire. Enfin, ils écoutent une scène

et essaient de trouver sa place dans l’opéra, en analysant ses éléments musicaux.

Matériel

- Des feuillets autocollants de grande dimension, un feuillet par élève.

- La couverture du guide pédagogique de Le Nozze di Figaro.

- La fiche « Tout ce que vous vouliez savoir au sujet de l’opéra », coupée

en questions et réponses individuelles, collées sur des cartes (numérotez

les cartes de questions et de réponses dans le même ordre qu’elles

apparaissent dans le guide).

- La fiche Le Nozze di Figaro en un coup d’œil, découpée en cartes

individuelles, un ensemble de cartes par groupe de quatre élèves.

- L’argument de Le Nozze di Figaro, une copie par groupe.

- La fiche Les relations dans Le Nozze di Figaro, une par groupe (voir les

feuilles reproductibles).

- La piste 12, « Scena ultima » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

Plan de leçon

I. Faire appel à ses connaissances

Suggestion pour

l’enseignant :

Créez un tableau

d’affichage sur Le Nozze di

Figaro pour y apposer les

affiches, les images et les

produits des leçons au fur

et à mesure que se

poursuit l’étude de

l’opéra. Ce tableau

d’affichage facilitera le

rappel et la rétention des

notions abordées quand

les élèves participeront

aux activités des leçons

subséquentes.

Distribuez des feuillets autocollants aux élèves. Écrivez le mot « opéra »

au tableau et demandez à chaque élève d’écrire sur son feuillet un ou

deux mots qui lui viennent à l’esprit. Demandez ensuite aux élèves de coller leurs feuillets sur le tableau,

autour du mot « opéra ».

Discutez : Certains mots peuvent-ils être regroupés ? Demandez aux élèves de créer des groupes de mots en

changeant les mots de place, en les encerclant et en les étiquetant (p. ex., les mots « chanter », « voix

aiguë », « voix grave », « tremblotant » et « sonore » pourraient être regroupés sous « voix »). Comme

dans un diagramme Venn, certains mots peuvent appartenir à plus d’un groupe.

D’abord en groupes de deux, puis avec toute la classe, déterminez : Que savons-nous déjà à propos

d’opéra ? Quelles sont nos questions ? Inscrivez les questions dans un tableau afin de pouvoir y revenir plus

tard.

II. Découvrir Le Nozze di Figaro

Distribuez les cartes de questions et réponses à sept élèves et demandez-leur de diriger une interrogation

rapide. Lisez une question à voix haute, demandez des réponses, puis partagez la bonne réponse écrite sur

la carte.

Montrez aux élèves la couverture du guide pédagogique de Le Nozze di Figaro. D’après cette image, quelle

sorte d’histoire pensez-vous que l’opéra raconte ?

Divisez la classe en groupes de quatre élèves et remettez à chaque groupe un ensemble de cartes découpées

à partir de la page Le Nozze di Figaro en un coup d’œil. Demandez aux élèves de trouver l’ordre dans lequel

les cartes devraient apparaître. Ensuite, invitez les groupes à partager leurs prédictions avec la classe.

Remettez à chaque groupe une copie de l’argument et une copie de la fiche Les relations dans Le Nozze di

Figaro. À tour de rôle, les élèves lisent l’histoire à leur propre groupe et révisent au besoin l’ordre dans lequel

ils ont placé leurs cartes.

À mesure que les élèves lisent, ils peuvent remplir leur fiche Les relations dans Le Nozze di Figaro en reliant

les personnages à l’aide de flèches, en précisant de quelle sorte de relation il s’agit, et en ajoutant à la flèche

un mot d’association (p. ex., « jaloux de »).

22


Apposez les fiches remplies sur votre tableau d’affichage Le Nozze di Figaro.

III. Écouter

Demandez aux élèves de créer un tableau d’écoute divisé en trois colonnes.

Expliquez la tâche : Je vais jouer de la musique d’une scène de l’opéra. Cette musique comprend trois

sections, qui représentent chacune une mini-scène. Quand nous arriverons à une nouvelle section, je vous

l’indiquerai. Pendant que nous écoutons la musique, prenez des notes :

Combien de voix entendez-vous dans chaque mini-scène et de quel type sont-elles ?

Quelle est l’ambiance de la mini-scène ?

Quels mots reconnaissez-vous ? Notez-les. (Les paroles sont en italien, mais si vous écoutez

attentivement, il y a quelques mots que vous serez en mesure de reconnaître.)

De quelle partie de l’opéra cette scène pourrait-elle provenir ?

Jouez l’extrait, plus d’une fois si nécessaire. Afin que vous puissiez aviser vos élèves du début des trois miniscènes,

notez que chacune commence au moment suivant :

Mini-scène 1 – 0:00

Mini-scène 2 – 1:14 (le comte entre)

Mini-scène 3 – 4:15 (toutes les voix)

Partagez les réponses des élèves dans le cadre d’une discussion en groupe.

Expliquez aux élèves que l’extrait est en fait la scène finale de l’opéra. Écoutez-le encore une fois, en

essayant de reconnaître ce qui se passe dans chacune des trois mini-scènes : dans la première, le comte en

colère refuse de pardonner Figaro et Suzanne de l’avoir trompé; dans la deuxième, la comtesse surgit et

accorde généreusement son pardon à son mari penaud; et dans la troisième, tous les personnages célèbrent

la fin heureuse de cette folle journée.

Demandez aux élèves d’encercler les réponses inscrites dans leurs tableaux d’écoute qui étaient exactes ou

presque exacts. En tenant compte des réponses de tous les élèves, lesquelles étaient le plus souvent

correctes ? Quelqu’un a-t-il deviné de quelle scène il s’agissait ?

Vérifiez la liste des questions à propos de l’opéra qui vous avez dressée au début de la leçon. Certaines

questions ont-elles trouvé leur réponse ? Continuez de consulter cette liste tout au long des leçons suivantes.

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Décrire quelques aspects du contexte historique de la musique chantée, jouée ou écoutée.

- Communiquer ses idées et impressions relatives à la musique entendue.

9 e et 10 e années

- Définir et décrire les catégories et caractéristiques des sons (p. ex. : instrumentaux, vocaux,

aigus, graves, clairs, sombres).

11 e et 12 e années

- Expliquer l’influence de facteurs politiques, sociaux et technologiques sur la vie et la musique

des principaux compositeurs de la période classique.

- Reconnaître, analyser et évaluer des œuvres musicales à l’écoute.

23


Leçon 2 : L’Ouverture (Un démarrage en trombe !)

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Objectif

Les élèves écoutent l’Ouverture, l’analysent et tentent de déterminer

son ambiance, ses instruments de musique et ses différents thèmes.

Matériel

- La piste 1, « Ouverture » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

- La fiche Les thèmes de l’Ouverture, une par élève (voir les feuilles

reproductibles).

- La fiche Guide d’écoute – Voir-Ressentir-Entendre, une par élève

(voir les feuilles reproductibles).

Plan de leçon

I. Écouter et réagir

Préparez la classe pour l’écoute : Nous allons écouter l’Ouverture de

l’opéra. Il s’agit de la musique qui est jouée au tout début, avant le

lever du rideau. Son rôle est de préparer l’auditoire et de situer

l’ambiance de l’opéra. Tout en écoutant ce morceau, utilisez la fiche

Guide d’écoute Voir-Ressentir-Écouter pour décrire les images qui vous viennent à l’esprit, ce que la musique

vous fait ressentir, et ce que vous entendez.

24

Cet air m’est

familier…

La musique Mozart

apparaît très souvent au

cinéma. En fait, cette

Ouverture a été utilisée

dans de nombreux films,

notamment dans Trading

Places. On peut l’entendre

durant la scène

triomphale avec Dan

Ackroyd et Eddie Murphy,

qui se déroule au New

York Stock Exchange.

Partagez les commentaires des élèves avec toute la classe et notez-les sur des feuilles de présentation.

À chacun son

thème

Afin de rendre intéressant le

choix d’un titre pour chacun

des neuf thèmes, demandez

aux élèves de les nommer

d’après les neuf différents

personnages de l’opéra.

Ensuite, proposez des raisons

pour lesquelles chaque titre

donné va bien avec son

thème. Pensez-vous que c’est

ce que Mozart avait en tête ?

Nous ne le saurons jamais,

mais l’idée n’est pas

mauvaise !

Demandez : Quelle est l’ambiance générale ? (Les réponses varieront

d’un élève à l’autre, mais ils remarqueront probablement la qualité

mouvementée de la musique, un certain enjouement et peut-être un

sentiment de menace ou de mystère qui surgit.)

Demandez : Dans la musique, pouvez-vous vous souvenir de

passages qui se répètaient ? Y a-t-il des fragments que vous pourriez

fredonner ou siffler ? Souvenez-vous de ceux-ci, car certains de ces

fragments font probablement partie des thèmes de l’Ouverture.

Créez un « orchestre en synchronisation musicale », c’est-à-dire un

orchestre qui fait semblant d’interpréter une pièce pendant que l’on

entend son enregistrement sonore. Divisez la classe en familles

d’instruments : les cordes, les cuivres et les bois. Demandez à

chaque élève de choisir un instrument dont il guettera le son, parmi

la famille qui lui est attribuée.

Réécoutez l’Ouverture – les élèves peuvent lever la main quand ils

pensent entendre leur instrument, ou faire semblant de jouer leur

instrument. (Cet exercice est encore plus amusant quand les élèves

sont installés selon la disposition classique d’un orchestre.)


II. Lire, écouter et reconnaître

À noter : Pour cette section, il sera à l’avantage de la classe d’être exposée durant quelques jours à la

musique de l’Ouverture. Profitez des différentes occasions qui se présentent pour jouer l’Ouverture afin que

les élèves puissent se familiariser avec le morceau (p. ex., les périodes de transition, quand les élèves

entrent ou sortent de classe, et les périodes de rangement sont très appropriées).

Distribuez la fiche Les thèmes de l’Ouverture aux élèves. Chantez ou jouez les différentes thèmes. Les

thèmes vous semblent-ils familiers ?

Divisez la classe en neuf groupes et confiez un thème à chacun. Remettez à chaque groupe leur carte de

thème.

Regardez la musique sur votre carte de thème. D’après ce que vous voyez, que rechercherez-vous au

moment de l’écoute ? (p. ex., la musique sera-t-elle rapide ou lente, contiendra-t-elle plusieurs

pauses ou aucune, sera-t-elle jouée dans un registre aigu ou grave, s’agit-il d’un thème que vous

reconnaissez déjà ?)

Écoutez l’Ouverture et quand vous pensez entendre le thème de votre groupe, levez-vous. Asseyezvous

aussitôt que le thème est terminé, mais soyez prêt à vous relever quand vous l’entendrez à

nouveau.

Demandez au groupe de penser à un titre imaginatif pour leur thème (un titre qui décrit bien son ambiance).

Écrivez ces titres sur une fiche maîtresse que vous placerez sur votre tableau d’affichage Le Nozze di Figaro.

Le plan de l’Ouverture

Groupe A (mesures 1-59)

Thèmes 1-4 en ré majeur

Groupe B (mesures 60-138)

Thèmes 5-8 en la majeur

Thème 9 en la majeur, puis en ré majeur

Groupe A (mesures 139-171)

Thèmes 1-2 en ré majeur

Groupe B (mesures 172-235)

Thèmes 5-8 en ré majeur

Coda (mesures 236-294)

Thèmes 1, 4 et le motif m. 49-50 en ré majeur

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Lire la musique de la portée en utilisant les éléments de la notation (incluant les dièses, les

bémols, les bécames, les armures et les pauses).

- Communiquer ses idées et impressions relatives à la musique entendue.

9 e et 10 e années

- Chanter ou jouer avec le ton juste.

- Employer la terminologie appropriée pour décrire comment les répétitions et les contrastes

des éléments musicaux sont utilisées pour organiser le son (p. ex., la structure de la phrase, le

motif et le thème).

11 e et 12 e années

- Reconnaître, analyser et évaluer des œuvres musicales à l’écoute.

25


Leçon 3 : Qui mène le bal ?

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Objectif

Les élèves se renseignent sur le contexte historique de l’époque à laquelle l’opéra Le Nozze di Figaro a été

composé.

Matériel

- Un imprimé couleur ou un transparent de l’image illustrant les trois ordres de société au Moyen-âge, tirée

de : www.geocities.com/CollegePark/Hall/1170/chaucerhtml/chaucer.html.

- Un imprimé couleur ou un transparent de l’image illustrant les trois ordres de société au 18 e siècle, tirée de

: www.historywiz.com/oldregime.htm.

- La fiche Joseph II, empereur romain germanique, 1741-1790 (voir les feuilles reproductibles).

- La fiche Paroles – « Se vuol ballare », une par élève ou sur transparent (voir les feuilles reproductibles).

- La fiche Qui mène le bal ? (voir les feuilles reproductibles).

- La piste 3, « Se vuol ballare » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

Plan de leçon

I. Voir et réfléchir

Affichez les images illustrant les trois ordres de société afin que les élèves puissent les examiner. Les

prochaines étapes peuvent prendre la forme d’un travail écrit, d’un projet en groupe de deux suivi d’une

activité avec toute la classe, ou d’une discussion à laquelle tous les élèves participent.

Fournir le contexte :

Au Moyen-Âge et durant la Renaissance, les individus étaient classés en trois catégories appelées les

« ordres de société » : le clergé, la noblesse et le tiers état (ou le peuple). En cette époque, on croyait que

l’ordre dans lequel vous étiez né était décrété par Dieu et que vous ne pouviez changer d’ordre. Chacun des

trois ordres avait des droits et des devoirs spécifiques : le clergé était responsable des besoins spirituels, la

noblesse faisait la guerre et était chargée de la protection, et le tiers état fournissait la nourriture et la main

d’œuvre. Laquelle de ces images reflète le mieux cette perception de la société ? Pourquoi ?

Au 18 e siècle, cette structure sociale s’est effondrée, tout particulièrement en France et dans les colonies

britanniques (américaines). Regardez les images et essayez de déterminer ce qu’elles expriment à propos de

la façon dont pensaient les gens. (À noter : dans l’image où trois personnages sont assis sur le dos d’un

homme nu, un de ces personnages est le roi de France Louis XVI, qui a plus tard été exécuté par son propre

peuple durant la Révolution française.)

II. Lire et discuter

Lisez à voix haute ou de manière individuelle L’époque de Mozart, de la

première section de ce guide pédagogique.

Distribuez et lisez la fiche Joseph II, empereur romain germanique, 1741-

1790. Demandez à un élèves de lire le discours de Figaro, extrait de la

pièce originale de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (sur la même

fiche).

Discutez de la question suivante : À votre avis, pourquoi un souverain

absolu comme Joseph II aurait-il trouvé un tel discours dangereux ?

26


III. Écouter

Fournir le contexte de l’intrigue de « Se vuol ballare » (piste 3 sur le CD).

Écoutez l’aria « Se vuol ballare » de Figaro en suivant les paroles et les traductions sur la fiche Paroles –

« Se vuol ballare ».

Étudiez l’argument de l’opéra et trouvez des exemples où le comte exerce une autorité arbitraire, justifiant le

point de vue de Figaro. (Notez le plan prédateur qu’il échafaude pour Suzanne, le fait qu’il ait ordonné

Chérubin de s’engager dans l’armée, sa décision d’obliger Figaro à épouser Marceline, la jalousie qu’il ressent

envers « l’amant » de sa femme alors qu’il est lui-même infidèle, etc.)

IV. Mise en contexte

Discuter : En quoi les choses sont-elles différentes

(ou semblables) de nos jours ? Existe-t-il un

système comparable de classes au Canada ?

Expliquez votre réponse.

Expliquez ce qui suit : L’opéra Le Nozze di Figaro

est joué sur les scènes du monde entier depuis

plus de 200 ans. L’histoire se déroule

généralement à l’époque de Mozart mais les

metteurs en scène prennent parfois la liberté

artistique de la situer à une autre époque et de

l’adapter en donnant différentes professions aux

personnages. Par exemple, dans une production

moderne par le metteur en scène Peter Sellars, Le

Nozze di Figaro se déroule dans un appartement

luxueux de la tour Trump à New York, où Figaro

est le domestique d’un homme fortuné. Prenez un

moment pour réfléchir : si vous écriviez cette

pièce aujourd’hui, où situeriez-vous l’histoire et

par qui (ou quoi) représenteriez-vous les

personnages de Figaro et du comte ?

Remplir la fiche Qui mène le bal ?

Afficher et discuter. Attendez-vous à un large

éventail d’idées et de réponses. Certains élèves représenteront peut-être des rapports politiques oppressifs

(p. ex., la Chine et le Tibet) tandis que d’autres choisiront de représenter des rapports interpersonnels

oppressifs (p. ex., une brute et une victime).

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Décrire, à partir de l’écoute, quelques caractéristiques de la musique de la période classique.

- Décrire quelques aspects du contexte historique de la musique chantée, jouée ou écoutée.

- Communiquer ses idées et impressions relatives à la musique entendue.

9 e et 10 e années

- Expliquer le rôle de la musique dans des contextes culturels et historiques variés.

11 e et 12 e années

- Expliquer l’influence de certains facteurs politiques, sociaux et technologiques sur la vie et la

musique des grands compositeurs des périodes classique et baroque.

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Leçon 4 : Qui porte la culotte dans cet opéra ?

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Objectif

Les élèves apprennent ce qu’est un « rôle travesti » en opéra et comparent les deux arias de

Chérubin.

Matériel

- La piste 5, « Non so più cosa son cosa facio » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

- La piste 7, « Voi che sapete » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

- La fiche Les arias de Chérubin, une par élève (voir les feuilles reproductibles).

Plan de leçon

I. Mise en contexte

Un élément intéressant de l’opéra de cette époque est ce que l’on appelle le « rôle travesti ».

Prenez un instant pour demander aux élèves de proposer rapidement ce que pourrait être ce type

de rôle.

Expliquez : Un rôle travesti est un rôle masculin chanté par une femme, comme c’est le cas du

personnage de Chérubin dans Le Nozze di Figaro. À l’époque de Mozart, il n’était pas inhabituel

qu’un rôle masculin soit chanté par une femme. Le plus souvent, on y avait recours pour

représenter un adolescent dont la voix n’avait pas encore mué. Si de nos jours, il peut sembler

étrange de voir une femme chanter le rôle d’un homme, les auditoires de l’époque baroque

étaient habitués de voir les rôles ainsi inversés.

Pendant très longtemps, en opéra, la présence de femmes sur scène était déconseillée. La

solution évidente était de confier les rôles féminins à des hommes. Les rôles féminins étaient

chantés par des « castrati » (des hommes ayant subi une castration avant que leur voix ne mue).

Non seulement les castrati chantaient-ils les rôles féminins, mais ils interprétaient aussi les

principaux rôles masculins. Les voix masculines plus graves, c’est-à-dire qui avaient eu la chance

de muer, comme les voix de baryton et de basse, chantaient

généralement les rôles d’hommes malveillants ou plus âgés.

À l’époque où Mozart composait Le Nozze di Figaro,

l’utilisation de castrati était passée de mode. Le rôle du jeune

adolescent Chérubin a donc été écrit pour une mezzosoprano.

L’auditoire n’aurait eu aucun problème avec ceci car,

en fait, les rôles travestis ajoutaient un peu de piquant à

l’opéra puisqu’ils permettaient de voir une femme en

vêtements révélateurs. (Rappelez-vous qu’en ces temps, les

femmes avaient toujours les jambes recouvertes : le fait

d’être vue en public vêtue d’une culotte qui descend jusqu’aux

genoux aurait été tout-à-fait scandaleux !)

II. Écouter, comparer et souligner le contraste

Pour ajouter à la confusion,

Chérubin chante l’aria vêtu

des habits de Suzanne, c’està-dire

qu’il s’agit d’une femme

qui fait semblant d’être un

homme déguisé en femme.

C’est pourquoi certaines

personnes trouvent l’opéra

difficile à suivre.

– David Barber, When the Fat

Lady Sings: Opera History as

it Ought to be Taught

Distribuez des copies de la fiche Les arias de Chérubin et remettez à chaque élève deux feuillets

autocollants.

Préparez l’écoute des deux arias : Vous allez entendre les deux arias de Chérubin. Au départ, vous

pourriez trouver difficile d’imaginer qu’il est sensé s’agir de la voix d’un jeune adolescent, mais

faites de votre mieux !

28


Après avoir écouté les deux arias, je vais vous demander de quel acte sont extraites chacune

d’elles. Jetons un coup d’œil aux descriptions des scènes sur votre fiche.

Lisez et discutez brièvement des descriptions des scènes fournies sur la fiche Les arias de

Chérubin.

Jouez chaque aria. Écrivez le titre de chaque aria au tableau avant de la jouer (« Non so più cosa

son, cosa faccio », « Voi che sapete »). (À noter : Ne le dites pas, mais pour votre information…

« Non so più cosa son » provient de l’Acte I et « Voi che sapete » de l’Acte II).

Demandez aux élèves de suivre les directives données sur la fiche Les arias de Chérubin, soit :

Écoutez les deux arias de Chérubin. Réfléchissez à l’intrigue de l’opéra et à ce qui est

représenté. D’après ce que vous entendez, déterminez laquelle des arias provient de l’Acte

I, et laquelle de l’Acte II.

Prenez vos deux feuillets autocollants. Sur chacun d’eux, écrivez le titre de l’aria que vous

avez entendue et l’acte duquel vous pensez qu’elle provient. Expliquez votre choix.

Placez votre feuillet autocollant dans le tableau à deux colonnes, soit sous Acte I ou sous

Acte II.

Au tableau de la classe, dessinez un tableau à deux colonnes avec les entêtes « Acte I » et

« Acte II »).

Demandez aux élèves de coller leurs feuillets autocollants sous les colonnes qu’ils ont choisies.

Voyez s’il y a un consensus d’opinion, puis lisez les raisons décrites sur les feuillets. Discutez-en,

puis terminez l’exercice en révélant les bonnes réponses.

Utilisez un diagramme de Venn pour comparer les deux arias. Dans la zone commune, notez ce

qu’elles ont en commun. Dans les zones séparées, écrivez ce qui les distingue l’une de l’autre.

III. Réfléchir

Créez des analogies à partir de la supposition suivante :

Si les deux arias étaient des aliments (ou des voitures, des animaux)…

« Non so più cosa son » serait ________, « Voi che sapete » serait ______.

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Décrire, à partir de l’écoute, quelques caractéristiques de la musique de la période classique.

- Décrire quelques aspects du contexte historique de la musique chantée, jouée ou écoutée.

- Communiquer ses idées et impressions relatives à la musique entendue.

9 e et 10 e années

- Expliquer le rôle de la musique dans des contextes culturels et historiques variés.

11 e et 12 e années

- Expliquer l’influence de certains facteurs politiques, sociaux et technologiques sur la vie et la

musique des grands compositeurs des périodes classique et baroque.

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Leçon 5 : Dans la peau de Mozart

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Objectif

Les élèves chantent la version française d’une aria et analysent les effets des choix musicaux de Mozart.

Matériel

- La piste 6, « Non più andrai » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

- La fiche Chantons en chœur – « Non più andrai », une par élève (voir les feuilles reproductibles).

- La fiche Guide d’écoute – « Non più andrai », une par élève (voir les feuilles reproductibles).

- La fiche Dans la peau de Mozart, une par élève (voir les feuilles reproductibles).

Plan de leçon

I. Écouter, chanter et réagir

Jouez pour les élèves l’aria de Figaro « Non più andrai », leur expliquant que c’est ici que Chérubin a été

ordonné de s’engager dans l’armée et que Figaro lui offre son « encouragement », quelque peu moqueur.

Pendant qu’ils écoutent l’aria, demandez-leur s’ils entendent des répétions (Section A) et des éléments

musicaux qui leur font penser à un thème militaire. (Ils remarqueront peut-être l’utilisation de trompettes,

de musique militaire, etc.)

Expliquer : À l’époque où vivait Mozart, la trompette n’était pas un instrument régulier de l’orchestre; elle

était généralement ajoutée quand la musique était reliée à la royauté, à l’armée ou à la chasse. Les

trompettes ont évolué des clairons, qui ne pouvaient que jouer des accords de trois notes. Les sonneries

traditionnelles du clairon se limitent donc généralement aux notes do, mi et sol.

Remettez aux élèves des copies de l’aria et invitez-les à chanter avec la musique la version française des

paroles (en employant des stratégies adaptées à votre classe).

Distribuez la fiche Guide d’écoute – « Non più andrai ». Les élèves peuvent travailler avec un partenaire ou

en petit groupe pour repérer dans chaque passage les éléments musicaux suivants :

Mélodies basées sur un accord de trois notes

Notes détachées

Mélodies contrastées

Présence ou absence d’instruments à cordes, de trompettes, de timbales

Rejouez à plusieurs reprises de courts passages de la musique. Encouragez les élèves à consulter leur

version française des paroles pendant qu’ils écoutent la musique et remplissent leur Guide d’écoute.

Partagez les analyses des élèves avec l’ensemble de la classe, y ajoutant les informations fournies dans la

Fiche de l’enseignant : « Non più andrai ».

II. Réfléchir

Préparez les élèves à remplir la fiche Dans la peau de Mozart en leur

demandant de penser à ce dont Mozart aurait besoin pour

communiquer avec l’auditoire à ce point de l’opéra (pour exprimer le

fait que Chérubin doit s’engager dans l’armée et que Figaro trouve la

situation bien cocasse, en profitant pour rire un peu aux dépens du

jeune page).

Demandez aux élèves de poursuivre cette réflexion en se mettant

dans la peau de Mozart.

30

Exercice additionnel :

Donnez votre propre

représentation. Divisez la

classe en six groupes.

Demandez à chaque groupe

de mettre en scène un court

passage de l’aria (A, B, A, C,

A, Coda). Répétez pendant

cinq minutes, puis réunissezvous

pour une représentation

finale. Rideaux !


Fiche de l’enseignant : « Non più andrai » (Tu n’iras plus)

Section Mesures Paroles Type de mélodie

Utilisation des instruments à cordes,

A 1–13 Tu n’iras plus, papillon amoureux,

Nuit et jour tournant à l’entour,

Troublant le repos des belles,

Petit Narcisse, petit Adonis d’amour.

Répétition des deux dernières lignes

B 14–31 Tu n’auras plus ces beaux plumets,

Ce chapeau léger et élégant,

Ces cheveux, cette allure brillante,

Ce teint vermeil de jeune fille.

Tu n’auras plus ces plumets,

Ce chapeau, ces cheveux, cette allure

brillante.

A 32–43 Répétition du thème

C 44–53 Parmi les guerriers, sacrebleu,

Grosses moustaches, sac bouclé.

Fusil sur l’épaule, sabre au côté,

Nuque droite, fière mine,

Un grand casque, un grand turban.

54–59 Beaucoup d’honneur, peu d’argent, peu

d’argent !

Et au lieu du fandango,

60–61 Une marche dans la boue.

31

des cuivres, des timbales

Les notes détachées donnent

l’impression d’une marche militaire;

basée sur des accords de trois notes

joués par les trompettes; les cordes

portent l’accompagnement; les cors

ponctuent.

Mélodie plus douce; absence de notes

détachées; seules quelques notes

isolées des cors; les cordes

s’affairent – impression de moquerie.

La mélodie commence comme une

sonnerie de clairon (do et sol

uniquement); trompettes et timbales,

beaucoup de cuivres.

Absence de cuivres et de timbales.

Les cuivres reviennent sur le mot

« marcia » (qui signifie « marche »).


Section Mesures Paroles Type de mélodie

Utilisation des instruments à cordes,

C

continue

62–69 Par les monts et les vallons, sous la

neige et le soleil,

Dans le concert des tromblons,

Des bombardes, des canons

Qui font siffler les balles à l’oreille, dans

tous les tons.

70–77 Tu n’auras plus ces plumets, tu n’auras

plus ce chapeau,

Tu n’auras plus ces cheveux,

Tu n’auras plus cette allure brillante.

A 78–89 Répétition du thème

Coda

90–101 Petit Narcisse, petit Adonis d’amour.

Chérubin à la victoire, à la gloire

militaire,

Chérubin à la victoire, à la gloire

militaire,

A la gloire militaire, à la gloire militaire.

102–115 Coda instrumentale (on fait sortir

Chérubin au pas)

32

des cuivres, des timbales

Mélodie comme une sonnerie de

clairon; toutes les mesures à la même

hauteur; sonneries des cors (absence

de trompettes et de timbales);

absence des cordes.

Comme dans la section B.

La mélodie rappelle une sonnerie de

clairon (do, mi et sol uniquement);

trompette, cors, timbales; absence

des cordes; les triolets de la

trompette rappellent une sonnerie de

chasse ou militaire, un appel aux

armes.

Trompette, cors et timbales avec

cordes; retour de la sonnerie de la

trompette.

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Chanter ou jouer avec expression une variété de musique.

- Lire la musique de la portée.

9 e et 10 e années

- Chanter ou jouer avec le ton juste.

- Démontrer une habileté à écouter avec attention et discernement de la musique en direct ou

enregistrée en utilisant les étapes de l’analyse critique (réaction initiale, description, analyse,

interprétation et jugement).

11 e et 12 e années

- Analyser des œuvres musicales des périodes baroque et classique, expliquer comment les

différents éléments de la musique travaillent ensemble dans un style particulier, évaluer

l’efficacité de l’utilisation des éléments.

- Analyser la relation entre la musique et le contexte culturel.


Leçon 6 : Le tribunal tranchera

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Objectif

Les élèves écoutent un morceau d’ensemble de l’opéra et relèvent les stratégies de composition employées.

Ils discutent des questions d’ordre juridique que soulève cette scène.

Matériel

- La piste 8, « Voi signor che giusto siete » (CD des extraits de Le Nozze di Figaro).

- La fiche Cartes de dialogue – « Voi signor che giusto siete », une par élève (voir les feuilles reproductibles).

- La fiche Partition vocale – « Voi signor che giusto siete », une par élève ou sur transparent (voir les feuilles

reproductibles).

Plan de leçon

I. Écouter et analyser

Préparez les élèves en vue de l’écoute : Nous allons écouter la finale de l’Acte II. Marceline réclame son dû :

elle déclare que Figaro doit rembourser sa dette ou l’épouser. Je vous invite à écouter le passage et à

essayer de saisir l’ambiance de la scène et à comprendre ce qui se passe. Vous devrez également déterminer

combien de personnes chantent, alors écoutez attentivement !

Écoutez « Voi signor che giusto siete ». Demandez aux élèves de déterminer combien de personnages y

chantent. (Réponse : 7)

Remettez à chaque élève une carte avec une phrase de l’extrait. Éparpillez-vous dans la classe. Demandez

aux élèves de se promener dans la classe en répétant sa propre phrase de manière expressive tout en

essayant de ne pas parler en même temps que les autres. Demandez à trois ou quatre élèves de jouer le rôle

d’auditeur. Ceci serait-il un moyen efficace de présenter l’histoire à un auditoire, dans le cadre d’une pièce de

théâtre ? Pourquoi, ou pourquoi pas ?

Distribuez des copies de la partition vocale de l’extrait ou présentez-la sur un transparent.

Analyser la partition : Combien de personnages chantent simultanément ? Chantent-ils les mêmes paroles

que d’autres personnages ou des paroles différentes ? (À noter : sur le CD, l’extrait est chanté en italien,

mais la traduction française est fournie.)

Écoutez à nouveau ce court extrait, au début de la sélection. Que pouvez-vous conclure à propos de la

différence entre présenter un texte avec un dialogue parlé ou un dialogue chanté ?

Demander : Mozart fait-il quelque chose pour nous aider à entendre les différentes voix ? Écoutez plusieurs

fois le court extrait tout en regardant la partition vocale.

Examinez la musique plus attentivement, en accordant une attention particulière aux rythmes du chant de

chacun des personnages. En les guidant, les élèves remarqueront peut-être que :

- Marceline, Bartholo et Basilio chantent en homophonie.

- Suzanne et la comtesse chantent des paroles presque identiques, mais en ronde (canon).

- Le comte chante de longues notes soutenues (des blanches liées à la mesure suivante).

- Figaro chante aussi de longues notes (une série de blanches détachées), mais les siennes

sont décalées par rapport à celles du comte et commencent au milieu des liaisons du comte.

Aidez les élèves à comprendre qu’il s’agit de choix musicaux, que Mozart a faits pour nous aider à entendre

les différentes parties même si les personnages chantent simultanément.

Demandez à un élève de lire à voix haute cet extrait de la pièce de théâtre Amadeus, de Peter Schaffer :

Mozart : « Voilà pourquoi l’opéra est important. Parce que c’est plus vrai qu’un pièce ! Un écrivain de théâtre

aurait à transcrire toutes ces réflexions, l’une après l’autre, pour représenter cet instant précis. Le

compositeur peut toutes les écrire en même temps – et nous permettre de toutes les entendre ! Un appareil

stupéfiant : le quatuor vocal !... Je vous dis que je veux écrire une finale qui durera une demi-heure ! Un

33


quatuor, qui devient une quintette, qui devient un octuor – tous les sons se multipliant et s’élevant ensemble

– et ensemble, créant un son complètement nouveau ! Je vous parie que c’est ainsi que Dieu entend le

monde. Des millions de sons qui s’élèvent tous à la fois et se mélangent dans Son oreille pour devenir une

musique sans fin, inimaginable pour nous ! Voilà notre travail ! Voilà notre travail, à nous les compositeurs :

combiner les pensées intimes de cet homme-ci, et de celui-ci, et celui-ci, et de cette femme, et de celle-ci –

les pensées des servantes et celles des compositeurs de la cour – et transformer l’auditoire en Dieu.

II. Discuter

Passez en revue le tableau des relations créé à la Leçon 1 : Démêler les

fils de l’intrigue. Rappelez aux élèves que Marceline est une dame plus

âgée qui a prêté de l’argent à Figaro. Elle s’adresse au comte pour que

justice soit faite : selon les termes de leur contrat, si Figaro ne peut

rembourser sa dette, il doit l’épouser. Expliquez-leur qu’en l’absence

d’un système judiciaire séparé, il était normal de faire appel à un

aristocrate de la région pour juger d’une affaire légale.

Divisez la classe en deux groupes, dont l’un représentera la défense

(Marceline), et l’autre l’accusé (Figaro). Demandez à chaque groupe de

se diviser en petits sous-groupes pour préparer les éléments de

l’affaire. Chacun créera un tableau présentant plusieurs arguments en

faveur de leur client. Les sous-groupes de chaque partie se réuniront

ensuite, afficheront leurs tableaux et se mettront d’accord sur quatre

arguments solides. Ensemble, ils choisiront deux avocats et deux

conseillers qui représenteront leur client quand l’affaire sera portée

devant le tribunal.

Organisez le procès de la manière la plus réaliste possible. Nommez un

juge ou jouez vous-même ce rôle. Invitez les deux parties à débattre de

l’affaire. Observez des règles strictes quant au temps alloué à chacun,

avec une période de temps précise pour la présentation des arguments,

et une pour leur réfutation.

Les élèves dans l’auditoire feront le suivi des arguments présentés,

notant ceux qui ont été réfutés avec succès et ceux qui ne l’ont pas été. À la conclusion du procès, l’auditoire

procédera à un vote pour déterminer le gagnant.

34

À vous de jouer !

Le personnage de Mozart

mentionne « un quatuor, qui

devient une quintette, qui

devient un octuor ». Que

veut-il dire ? Pouvez-vous

réécrire la phrase en vous

servant de chiffres ?

Quels termes de musique

utiliseriez-vous pour décrire

des groupes de 1, 2, 3, 6 et

7 ?

Réponses :

Un groupe de quatre, qui

devient un groupe de cinq,

qui devient un groupe de

huit.

Solo, duo, trio, sextuor,

septuor.

Attentes du Ministère :

7 e et 8 e années

- Reconnaître le type de texture dans une musique appropriée à l’année scolaire

(homophonique, polyphonique).

- Décrire, à partir de l’écoute, quelques caractéristiques de la musique de la période classique.

- Décrire quelques aspects du contexte historique de la musique chantée, jouée ou écoutée.

- Communiquer ses idées et impressions relatives à la musique entendue.

9 e et 10 e années.

- Définir et décrire les textures musicales (c.-à-d., monophonique, homophonique et

polyphonique).

- Démontrer une habileté à écouter avec attention et discernement de la musique en direct ou

enregistrée en utilisant les étapes de l’analyse critique (réaction initiale, description, analyse,

interprétation et jugement).

11 e et 12 e années

- Analyser des œuvres musicales des périodes baroque et classique, expliquer comment les

différents éléments de la musique travaillent ensemble, dans un style particulier, et évaluer

l’efficacité de l’utilisation de ces éléments.

- Analyser la relation entre la musique et le contexte culturel.


Feuilles reproductibles

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A : Ressources sur le Web

B : Les relations dans Le Nozze di Figaro (à utiliser avec la Leçon 1)

C : Les thèmes de l’Ouverture (à utiliser avec la Leçon 2)

D : Guide d’écoute Voir-Ressentir-Entendre (à utiliser avec la Leçon 2)

E : Qui mène le bal ? (à utiliser avec la Leçon 3)

F : Joseph II, empereur romain germanique, 1741-1790 (à utiliser avec la Leçon 3)

G : Paroles – « Se vuol ballare » (à utiliser avec la Leçon 3)

H : Les arias de Chérubin (à utiliser avec la Leçon 4)

I : Chantons en chœur – « Non più andrai » (à utiliser avec la Leçon 5)

J : Guide d’écoute – « Non più andrai » (à utiliser avec la Leçon 5)

K : Dans la peau de Mozart (à utiliser avec la Leçon 5)

L : Cartes de dialogue – « Voi signor, che giusto siete » (à utiliser avec la Leçon 6)

M : Partition vocale – « Voi signor, che giusto siete » (à utiliser avec la Leçon 6)

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A : Ressources sur le Web

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Leçon 1 : Démêler les fils de l’intrigue (renseignements sur l’opéra)

(en anglais)

(en anglais)

Leçon 3 : Qui mène le bal ? (renseignements sur l’époque)

(en anglais)

(en anglais)

36


B : Les relations dans Le Nozze di Figaro

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[Sur transparent ou copies à distribuer]

NOM __________________________________________________

À l’aide d’une flèche et d’un mot d’association, montrez les relations qui lient les personnages.

Bartholo

Suzanne se marrient Figaro

La comtesse Almaviva Le comte Almaviva

Marcelline Chérubin

Barbarine

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C : Thèmes de l’Ouverture

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[Sur transparent ou copies à distribuer]

1 Titre __________________________________________________

2 Titre __________________________________________________

3 Titre __________________________________________________

4 Titre __________________________________________________

5 Titre __________________________________________________

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6 Titre __________________________________________________

7 Titre __________________________________________________

8 Titre __________________________________________________

9 Titre __________________________________________________

39


D : Guide d’écoute – Voir/Ressentir/Entendre

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[Sur transparent ou copies à distribuer]

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E : Qui mène le bal ?

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NOM __________________________________________________

Si Beaumarchais écrivait sa pièce aujourd’hui, au lieu d’au 18 e siècle en France, qui serait

l’artistocrate dominateur ? Et qui serait le serviteur futé, capable de le déjouer ?

Faites un croquis des deux personnages, remplissant les bulles de leur dialogue pour expliquer ce

que chacun des personnages pense de l’autre.

41


F : Joseph II, empereur romain germanique, 1741-1790

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NOM __________________________________________

À l’époque de Mozart, Joseph II dirigeait Vienne et il était clair que rien ne pouvait s’y passer sans

son autorisation. Il se voyait comme un souverain éclairé et durant son règne, il a entrepris une

série de réformes progressives. Mais aux yeux de Joseph II, il n’y avait pas trois ordres, mais bien

deux : lui et les autres !

Voici quelques exemples de ses contributions :

Établissement de la tolérance religieuse

Abolition de la peine de mort

Abolition du servage

Construction d’écoles, d’hôpitaux et d’orphelinats

Mais Joseph II était aussi un expansionniste, un partisan

de la guerre et un despote. Il régnait sur l’Autriche par

l’entremise des ministres qu’il avait lui-même nommés, de

sorte que tous devaient lui faire allégeance. Marie-

Antoinette, la reine de France qui a plus tard été exécutée

par son propre peuple durant la Révolution française, était

sa sœur.

Un important mécène des arts, Joseph II a commandé un

opéra à Mozart, L’Enlèvement au Sérail. Mozart souhaitait

vivement un poste permanent à la cour impériale, poste

qu’il a obtenu en 1787, lorsque Joseph II l’a nommé

compositeur de la cour. L’empereur admirait le talent de

Mozart et tenait à le garder à Vienne. De plus, il a nommé

Da Ponte, celui qui a écrit le livret de Le Nozze di Figaro de

Mozart, librettiste de la cour. Le censeur de Joseph II a

autorisé la publication de la pièce Le Mariage de Figaro de

Beaumarchais, prohibée dans plusieurs pays d’Europe à

l’époque. Toutefois, la représentation de la pièce et son

adaptation en opéra demeuraient interdites. Il a fallu que

Da Ponte enlève les passages jugés « dangereux », du

point de vue politique, pour que le censeur accepte

d’assouplir les restrictions.

Voici un exemple d’un passage que Da Ponte a exclut de la pièce de Beaumarchais, à la demande

du censeur. Selon vous, pourquoi un souverain absolu comme Joseph II trouverait-il un tel

discours dangereux ?

Non, monsieur le comte, vous ne l’aurez pas... vous ne l’aurez pas... Parce que vous êtes un

grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !... Noblesse, fortune, un rang, des places : tout

cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ! Vous vous êtes donné la peine de naître,

et rien de plus; du reste, homme assez ordinaire ! Tandis que moi, morbleu ! Perdu dans la foule

obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a

mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes; et vous voulez jouter.

Figaro

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G : Paroles – « Se vuol ballare »

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[Sur transparent ou copies à distribuer]

NOM __________________________________________

Se vuol ballare, signor Contino S’il veut danser, le seigneur petit comte,

Se vuol ballare, signor Contino, S’il veut danser, le seigneur petit comte,

Il chitarrino le suonerò Je lui jouerai de la guitare,

Il chitarrino le suonerò, sì, Je lui jouerai de la guitare, oui,

Le suonerò, sì, le suonerò. Je lui jouerai, oui, je lui jouerai.

Se vuol venire nella mia scuola, S’il veut venir à mon école,

La capriola le insegnerò, Je lui apprendrai la cabriole.

Se vuol venire nella mia scuola, S’il veut venir à mon école,

La capriola le insegnerò, sì, Je lui apprendrai la cabriole, oui,

Le insegnerò, sì, le insegnerò. Je lui apprendrai, oui, je lui apprendrai.

Saprò, saprò, saprò, saprò, saprò, Je saurai... je saurai... je saurai... je saurai...,

Ma piano, piano, piano, piano, piano, Mais, piano, piano, piano, piano, piano,

Meglio ogni arcano dissimulando scoprir En me dissimulant, je saurai mieux découvrir tout le

mystère !

(presto)

L’arte schermendo, l’arte adoprando Manipulant l’artifice, employant l’art,

Di quà pungendo, di là scherzando, Piquant ici, plaisantant là,

Tutte le macchine rovescierò. Je renverserai toutes les machinations.

L’arte schermendo, l’arte adoprando, Manipulant l’artifice, employant l’art,

Di quà pungendo, di là scherzando, Piquant ici, plaisantant là,

Tutte le macchine rovescierò, Je renverserai toutes les machinations,

Tutte le macchine rovescierò, Je renverserai toutes les machinations,

Tutte le macchine rovescierò, Je renverserai toutes les machinations,

Rovescierò, rovescierò. Je renverserai, je renverserai.

(tempo primo)

Répétez le premier couplet

Le saviez-vous…

Beaumarchais, l’auteur de la pièce originale Le Mariage de Figaro, était un personnage haut

en couleurs. Il a exercé de multiples professions durant sa vie, donc celui d’éditeur, de

marchand, de financier, d’espion, d’auteur et de fournisseur d’armes aux colonies

américaines durant la Guerre d’indépendance.

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H : Les arias de Chérubin

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[Sur transparent ou copies à distribuer]

Descriptions des scènes

Aria de l’Acte I

D’où proviennent ces arias ?

Chérubin confie à Suzanne l’amour qu’il ressent envers toutes les femmes, et pour la comtesse en

particulier. Il chante avec affolement de sa passion et de l’effet à la fois déroutant et merveilleux

que les femmes ont sur lui.

Je ne sais plus qui je suis, ce que je fais, parfois de feu, parfois de glace, chaque femme

me fait changer de couleur, chaque femme me fait palpiter.

Aria de l’Acte II

Chérubin, la comtesse et Suzanne sont dans la chambre de la comtesse. Suzanne le persuade de

chanter la canzona (une simple chanson) qu’il a écrite pour la comtesse, à propos de l’amour.

Vous qui savez ce qu’est l’amour, femmes, voyez si je l’ai dans le cœur. Ce que j’éprouve,

je vous le redirai, c’est nouveau pour moi, je ne puis le comprendre. Je sens un sentiment

plein de désir, parfois délice, parfois martyre. Je ne trouve la paix ni le jour ni la nuit, mais

pourtant j’aime souffrir ainsi. Vous qui savez ce qu’est l’amour, femmes, voyez si je l’ai

dans le cœur.

À vous de jouer !

1. Écoutez les deux arias de Chérubin. Réfléchissez à l’intrigue de l’opéra et à ce qui est

représenté. D’après ce que vous entendez, déterminez laquelle des arias provient de

l’Acte I, et laquelle provient de l’Acte II.

2. Prenez vos deux feuillets autocollants. Sur chacun d’eux, écrivez le titre de l’aria que

vous avez entendue et l’acte duquel vous pensez qu’elle provient. Expliquez votre choix.

3. Placez votre feuillet autocollant dans le tableau à deux colonnes, sous l’entête Acte I ou

l’entête Acte II.

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I : Chantons en chœur – « Non più andrai »

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I : Chantons en chœur – « Non più andrai »

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J : Guide d’écoute – « Non più andrai »

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NOM __________________________________________

Section Mesures Paroles Type de mélodie

Utilisation des cordes,

des cuivres, des timbales

A 1–13 Tu n’iras plus, papillon amoureux,

Nuit et jour tournant à l’entour,

Troublant le repos des belles,

Petit Narcisse, petit Adonis d’amour.

Répétition des deux dernières lignes

B 14–31 Tu n’auras plus ces beaux plumets,

Ce chapeau léger et élégant,

Ces cheveux, cette allure brillante,

Ce teint vermeil de jeune fille.

Tu n’auras plus ces plumets,

Ce chapeau, ces cheveux, cette allure brillante.

A 32–43 Répétition du thème

C 44–53 Parmi les guerriers, sacrebleu,

Grosses moustaches, sac bouclé.

Fusil sur l’épaule, sabre au côté,

Nuque droite, fière mine,

Un grand casque, un grand turban.

54–59 Beaucoup d’honneur, peu d’argent, peu d’argent !

Et au lieu du fandango,

60–61 Une marche dans la boue.

47


Section Mesures Paroles Type de mélodie

Utilisation des cordes,

C

continue

62–69 Par les monts et les vallons, sous la neige et le

soleil,

Dans le concert des tromblons,

Des bombardes, des canons

Qui font siffler les balles à l’oreille, dans tous les

tons.

70–77 Tu n’auras plus ces plumets, tu n’auras plus ce

chapeau,

Tu n’auras plus ces cheveux,

Tu n’auras plus cette allure brillante.

A 78–89 Répétition du thème

Coda

90–101 Petit Narcisse, petit Adonis d’amour.

Chérubin à la victoire, à la gloire militaire,

Chérubin à la victoire, à la gloire militaire,

A la gloire militaire, à la gloire militaire.

102–115 Coda instrumentale (on fait sortir Chérubin au

pas)

48

des cuivres, des timbales


K : Dans la peau de Mozart

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NOM __________________________________________

J’ai une idée GÉNIALE pour la finale du

premier acte.

Figaro fera marcher Chérubin au pas, se

moquant de lui et de ce que sera son avenir

dans l’armée. Maintenant, pour que le

musique fonctionne, je crois que je…

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L : Cartes de dialogue – « Voi signor, che giusto siete »

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Seigneur, vous

qui êtes juste,

vous devez nous

écouter.

Ils sont venus

pour me venger.

Je me sens

réconforté.

50

Ils sont venus

nous déjouer.

Trois fous, que

viennent-ils

faire ?

Quel remède

trouver ?


M : Partition vocale – « Voi signor, che giusto siete »

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M : Partition vocale – « Voi signor, che giusto siete »

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Qui fait quoi chez Opéra Lyra Ottawa ?

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Directrice générale

Elizabeth Howarth

Directeur artistique et chef d’orchestre principal

Tyrone Paterson

Administratrice générale

Isabelle Dubois

Directrice de l’implication communautaire et de la production

Marilyn Lawrie

Directeur du marketing et des communications

Karl Balisch

Gestionnaire du développement

Tricia Johnson

Stagiaire de la Fondation Metcalf

Laura Beks

Gestionnaire du Studio d’opéra

Judith Ginsburg

Directeur technique

Ron Ward

Coordonnatrice des bénévoles

Patricia Blute

Adjoint administratif

Stewart Grenzowski

Nous aimons recevoir du courrier ! Écrivez-nous à l’adresse suivante pour nous dire ce que vous

avez pensé de l’opéra :

Opera Lyra Ottawa

att. Isabelle Dubois

2, av. Daly, Suite 110

Ottawa, Ontario

K1N 6E2

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