13.07.2013 Vues

DE L'IVRESSE À LA DÉPENDANCE - Test-Achats

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01012<br />

www.test-achats.be<br />

Bimestriel<br />

17e année<br />

100 · décembre 2010/janvier 2011<br />

ISSN 1370-0650 · 13,10 €<br />

Bureau de dépôt: Bruxelles X P 801327<br />

9 771370 065005<br />

APHTES<br />

Des produits existent<br />

pour les combattre,<br />

mais en général, ils<br />

disparaissent seuls<br />

MATIÈRES GRASSES<br />

Aux omega 3, au soja,<br />

à l’huile d’olive ...<br />

Que choisir pour<br />

tartiner et cuisiner ?<br />

ENQUÊTE CONSOMMATION D’ALCOOL<br />

Expert ∙ Indépendant ∙ Proche de vous<br />

La frontière entre boire<br />

en société et avoir un réel<br />

problème de boisson est peutêtre<br />

plus mince qu’on ne le<br />

pense. Nous avons interrogé<br />

près de 1 000 Belges et écouté<br />

l’histoire d’anciens alcooliques<br />

<strong>DE</strong> L’IVRESSE<br />

<strong>À</strong> <strong>LA</strong> <strong>DÉPENDANCE</strong><br />

NUMÉRO 100<br />

Notre esprit<br />

critique infl uence<br />

la politique<br />

à votre profi t<br />

Préparations magistrales : test de qualité auprès de 42 pharmaciens


NR. 100 - DÉCEMBRE 2010/JANVIER 2011<br />

Cela fait 100 numéros que<br />

nous faisons pression pour<br />

des soins de santé et une<br />

alimentation de qualité,<br />

tous deux fi nancièrement<br />

abordable. Heureusement<br />

avec un certain succès<br />

26<br />

NOS TROIS VALEURS<br />

EXPERT<br />

Notre crédibilité repose sur l’expertise de 300<br />

collaborateurs hautement qualifi és, sur des méthodes<br />

éprouvées, transparentes et constamment réévaluées,<br />

et sur une éthique professionnelle exigeante.<br />

04.<br />

06.<br />

10.<br />

15.<br />

18.<br />

23.<br />

26.<br />

28.<br />

32.<br />

36.<br />

38.<br />

INDÉPENDANT<br />

Notre travail exige une totale indépendance d’un<br />

point de vue fi nancier, politique, idéologique. Nos<br />

prises de position et conseils ne sont conditionnés<br />

par aucune pression extérieure.<br />

Près d’un Belge sur dix<br />

consomme de l’alcool<br />

de manière à porter<br />

préjudice à sa santé.<br />

Apprenez à connaître<br />

vos limites pour éviter<br />

d’en devenir l’esclave<br />

RECHERCHES MÉDICALES<br />

Contre l’arthrose • Sclérose en plaques : atténuer les symptômes • Nitroglycérine<br />

et tendinites • Pin maritime • Hormones et calculs rénaux<br />

BLOC-NOTES SANTÉ<br />

Migration dans les aliments • Banque de donnée médicaments • Allergies<br />

alimentaires • Emballages • Contrôle des allégations • Médicaments<br />

avec alcool • Info ou pub ? • Viagra pour femmes • Effets secondaires<br />

ENQUÊTE CONSOMMATION D’ALCOOL<br />

Il est important de se rendre compte que l’on boit trop. Une attention<br />

toute particulière devrait être portée à la prévention chez les jeunes.<br />

APHTES<br />

Ils peuvent certes être ennuyeux, mais généralement pas grave. Traiter<br />

n’est même pas forcément utile.<br />

PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />

La qualité de nombre de préparations laisse à désirer. Nous trouvons<br />

que des règles s’imposent.<br />

CYSTITE<br />

A soigner avec ou sans antibiotiques ? Nous avons étudié la question et<br />

proposons également quelques autres traitements.<br />

100 NUMÉROS EN ACTION<br />

Des médicaments moins chers, moins de suppléments d’honoraires,<br />

une alimentation plus sûre, un étiquetage amélioré... Nous avons déjà<br />

obtenu beaucoup.<br />

MATIÈRES GRASSES<br />

Tartiner, cuire, faire dorer. Peut-être qu’il est possible de le faire plus<br />

sainement en choisissant mieux son produit.<br />

DIABÈTE<br />

Vivre avec le diabète n’est pas simple et encore moins bon marché. Un<br />

aperçu sur ce qui peut aider et sur les façons de comprimer les coûts.<br />

<strong>LA</strong> PAROLE AUX LECTEURS<br />

Le coût de l’homéopathie • Patuline dans les pommes • Chlore en piscine<br />

et asthme • Andullation • Sténose de la carotide : réaction<br />

VRAI OU FAUX<br />

"Tous les vins ont un apport calorique équivalent"<br />

DANS NOS PROCHAINS NUMÉROS : Sel caché • Dépistage cancer du sein • Cataracte • Deuil • Enquête soins dentaires<br />

PROCHE <strong>DE</strong> VOUS<br />

Nous tenons compte des besoins de tous les<br />

consommateurs et de nos affi liés en particulier. Nous<br />

sommes à l’écoute de leurs besoins et assurons un<br />

service rapide et adapté.<br />

L’information santé de notre magazine est basée sur les recherches scientifiques les plus récentes -ceci dans le but de répondre au mieux à votre demande d’information sérieuse et<br />

utile. Toutefois, en matière de santé, une certitude absolue ne peut jamais être garantie. Il est recommandé de consulter, pour son cas personnel, un professionel de la santé.


28<br />

COMMENT NOUS CONTACTER?<br />

Par téléphone<br />

02 542 35 55 (numéro général et questions<br />

sur des articles déjà publiés)<br />

02 542 33 00 (abonnements et commandes)<br />

Par e-mail<br />

contact via notre site internet www.test-achats.be<br />

Par courrier<br />

<strong>Test</strong> Santé,<br />

rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles<br />

10<br />

32<br />

100 NUMÉROS DÉJ<strong>À</strong> !<br />

TEST-SANTÉ FAIT ŒUVRE UTILE<br />

Ce n’est pas sans fi erté que nous présentons le numéro 100 de<br />

cette revue. Lancé il y a près de 17 ans, <strong>Test</strong>-Santé visait à répondre<br />

à la demande croissante d’informations objectives en<br />

matière de santé, d’alimentation saine et d’environnement.<br />

Notre ligne de conduite n’a pas bougé d’un pouce. Avant tout,<br />

transmettre une information fi able et objective, pour faire pièce<br />

aux messages orientés et infl uencés par les intérêts commerciaux<br />

dont vous êtes inondés par la publicité, les allégations<br />

de toutes sortes et les sites internet sponsorisés. Nous<br />

ne vous proposons pas d’insipides exposés ex-cathedra, mais<br />

des textes clairs, lisibles, à la portée de tous, avec un nouvel<br />

éclairage et des conseils concrets sur l’alimentation, le traitement<br />

et la prévention des maladies ainsi que la protection de<br />

l’environnement.<br />

Forts de notre expertise et de notre approche consumériste,<br />

nous intervenons auprès des instances concernées pour infl échir<br />

positivement la politique de soins de santé et d’alimentation.<br />

Car vous avez droit à des soins et à une nourriture qui soient<br />

à la fois de qualité et à la portée de tous. Trop souvent encore,<br />

on voit prescrire des traitements et<br />

des médicaments pas réellement<br />

Le consommateur<br />

a droit à une<br />

information correcte,<br />

complète et fi able,<br />

particulièrement en<br />

matière de santé et<br />

d’alimentation.<br />

nécessaires, ou introduire dans les<br />

aliments de base des ingrédients<br />

superfl us, comme des additifs.<br />

Nous luttons aussi pour votre droit<br />

à une information correcte et complète<br />

de la part des professionnels<br />

de la santé, de l’industrie pharmaceutique<br />

et alimentaire, des pouvoirs<br />

publics... Notre enquête sur<br />

les préparations magistrales (voir<br />

p. 18) montre que 1 sur 4 seulement répond aux exigences de<br />

qualité. Nous exigeons des contrôles accrus, avec publication<br />

des résultats, comme aux Pays-Bas. Il n’est pas normal non<br />

plus que seul 1 emballage sur 40 donne toute l’information<br />

utile. Une notice doit être systématiquement jointe. Nous devons<br />

à nos 130 000 abonnés et aux autres consommateurs de<br />

rester vigilants. Nous continuerons à assortir nos constatations<br />

de revendications fermes et d’actions concrètes, si cela<br />

s’avère nécessaire. Comme avec notre point de contact “eff ets<br />

indésirables” auquel 800 patients, depuis 2006, ont notifi é des<br />

problèmes avec des médicaments.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

03


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

04<br />

recherches médicales<br />

ARTHROSE<br />

Glucosamine et chondroïtine :<br />

toujours des doutes<br />

Des préparations à base de glucosamine<br />

et de chondroïtine sont<br />

proposées à qui souff re d’arthrose.<br />

Cependant, leur utilité<br />

reste controversée. Une nouvelle<br />

analyse arrive à des conclusions<br />

décevantes. Les auteurs ont collationné<br />

les résultats des meilleures<br />

études, pour déterminer si la<br />

glucosamine, la chondroïtine ou<br />

des combinaisons des deux ont<br />

un eff et bénéfi que sur la douleur<br />

et l’évolution de l’arthrose.<br />

Ils concluent que l’utilité de ces<br />

produits n’est pas démontrée.<br />

Seul point positif : ils ne font pas<br />

de tort. Cette analyse a toutefois<br />

immédiatement été critiquée<br />

pour des raisons variées. En défi<br />

nitive, ce que nous disions il y a<br />

SCLÉROSE EN P<strong>LA</strong>QUES<br />

Un médicament<br />

à l’étude<br />

La sclérose en plaques peut entraîner<br />

une dégradation progressive<br />

du contrôle des mouvements,<br />

de la perception sensorielle, de la<br />

mémoire, de la parole, etc. Elle<br />

est encore incurable. On dispose<br />

5 ans dans un article sur l’arthrose<br />

du genou (TS 73) reste valable :<br />

il est possible que la glucosamine<br />

et la chondroïtine aient un eff et<br />

contre les douleurs chez certains<br />

patients. Il n’est pas déraisonnable<br />

d’essayer, si les médicaments<br />

classiques n’apportent par le soulagement<br />

escompté.<br />

Notons que si la plupart de ces<br />

produits ont le statut de complément<br />

alimentaire, quelques préparations<br />

à la glucosamine sont<br />

quand même enregistrées comme<br />

médicament. Mais sur base<br />

d’un dossier peu convaincant. Un<br />

des avantages de l’enregistrement<br />

est que les médicaments<br />

sont censés être mieux contrôlés<br />

que les compléments et qu'il<br />

seulement de médicaments qui<br />

peuvent atténuer les symptômes<br />

et ralentir la progression de la maladie.<br />

Il faut dès lors continuer la<br />

recherche. C'est dans ce contexte<br />

que des chercheurs ont testé le<br />

salbutamol, un médicament déjà<br />

utilisé dans l'asthme, auprès de<br />

44 patients. Tous ont reçu un médicament<br />

classique de la sclérose<br />

en plaques, avec en sus soit du<br />

salbutamol, soit un placebo. Ils<br />

ont été suivis pendant deux ans.<br />

Il en ressort que l'adjonction de<br />

salbutamol a un eff et bénéfi que<br />

réel, bien que modeste. Mais<br />

il faudra d'autres études pour<br />

confi rmer ces résultats.<br />

(Source : Archives of Neurology,<br />

septembre 2010)<br />

Un eff et<br />

antidouleur<br />

n’est pas<br />

exclu, mais<br />

les données<br />

sont contradictoires<br />

sont accompagnés d’une notice<br />

sérieuse. Nous nous demandons<br />

pourtant si ce sont des arguments<br />

suffi sants pour conférer le statut<br />

de médicament à des produits<br />

dont l’effi cacité n’est pas claire.<br />

Vous pouvez consulter l’étude sur<br />

www.bmj.com.<br />

(Source : British Medical Journal,<br />

16 septembre 2010)<br />

TENDINITES<br />

La nitroglycérine<br />

serait utile<br />

Des chercheurs ont examiné si<br />

une pommade à la nitroglycérine<br />

peut être utile dans le traitement<br />

des tendinites et autres<br />

lésions des tendons. Après analyse<br />

des études de bonne qualité<br />

disponibles, ils concluent que<br />

la nitroglycérine par voie externe<br />

est effi cace pour atténuer la<br />

douleur associée aux problèmes<br />

de tendons. Il semble aussi que la<br />

nitroglycérine renforce les tendons<br />

dans les tendinites chroniques. Pour<br />

les auteurs, ces données prometteuses<br />

justifi ent des investigations plus poussées.<br />

Précisons qu'il n'y a actuellement qu'une seule pommade<br />

à la nitroglycérine sur le marché belge, soumise à prescription<br />

: Rectogesic, pour le soulagement des douleurs<br />

dues aux fi ssures anales chroniques.<br />

(Source : Archives of Physical Medicine<br />

and Rehabilitation, août 2010)


MA<strong>LA</strong>DIES CARDIOVASCU<strong>LA</strong>IRES<br />

Le pin maritime :<br />

ineffi cace<br />

Le pin maritime ne semble pas utile dans<br />

le cadre de la prévention des maladies<br />

cardiovasculaires.<br />

Dans l'espoir de réduire leur risque de maladie cardiovasculaire,<br />

certaines personnes ont recours à des compléments<br />

alimentaires : huiles de poisson, préparations á base de<br />

plantes, vitamines, minéraux... Parmi les suppléments à<br />

base de plantes, on trouve les extraits d’écorce de pin maritime,<br />

comme le Pycnogenol ou le Pygenol. Selon la publicité,<br />

ils protègent l’organisme contre toute une gamme<br />

de maladies. Pour nous limiter au système cardiovasculaire,<br />

ces produits préviendraient les troubles de la circulation,<br />

réduiraient le taux de mauvais cholestérol, abaisseraient<br />

la tension, diminueraient le risque d’infarctus, etc. Qu’en<br />

est-il ? Des chercheurs californiens ont testé l’eff et du pin<br />

maritime chez des personnes avec un risque accru de maladie<br />

cardiovasculaire. Les 130 participants ont été répartis<br />

sur deux groupes. Les uns ont pris chaque jour 200 mg<br />

d’extrait de pin maritime, les autres des tablettes sans<br />

substance active (placebo). L’étude a duré 3 mois. Les chercheurs<br />

n’ont noté aucune diff érence signifi cative entre les<br />

deux groupes en ce qui concerne l’évolution des facteurs<br />

de risque examinés, comme la tension sanguine, l’indice de<br />

masse corporelle et les taux de cholestérol. Bref, pas d’effet<br />

bénéfi que sur les facteurs de risque cardiovasculaire.<br />

Et l'étude était sponsorisée par la fi rme Toyo Shinyaku, qui<br />

n’est autre que le fabricant de l’extrait testé (Toyo-FVG pine<br />

bark extract).<br />

(Source : Archives of Internal Medicine, 27 septembre 2010)<br />

MÉNOPAUSE<br />

Hormones<br />

et calculs rénaux<br />

La<br />

substitution<br />

hormonale<br />

à la<br />

ménopause<br />

entraîne un<br />

risque accru<br />

de calculs<br />

rénaux<br />

A partir de l'analyse de deux études<br />

ayant comparé des femmes<br />

ménopausées recevant une substitution<br />

hormonale à des femmes<br />

recevant un placebo, totalisant<br />

plus de 27 000 participantes, des<br />

chercheurs américains ont tenté<br />

de déterminer s'il existe un lien<br />

entre le recours à la substitution<br />

hormonale à la ménopause et le<br />

risque de calculs rénaux (lithiase<br />

rénale ou néphrolithiase en langage<br />

médical).<br />

Leur conclusion est que oui, la<br />

substitution hormonale augmente<br />

le risque de développer<br />

des calculs rénaux. Les femmes<br />

furent suivies pendant 5 à 7 ans.<br />

Parmi celles recevant une substitution<br />

hormonale, on a noté<br />

335 cas de lithiase rénale, contre<br />

seulement 284 chez celles recevant<br />

le placebo.<br />

Selon les auteurs, c'est une nouvelle<br />

donnée à prendre en considération<br />

quand on envisage une<br />

substitution hormonale.<br />

Pour en savoir plus sur les calculs<br />

rénaux, voir notre article dans<br />

TS 95 (février 2010).<br />

(Source : Archives of Internal Medicine,<br />

11 octobre 2010)<br />

M. Vanbellinghen et A. Driesen<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

05


test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />

06<br />

bloc-notes santé<br />

Migration dans les<br />

aliments : suivi nécessaire<br />

Des particules de métaux lourds peuvent<br />

se retrouver dans nos assiettes<br />

via le matériel de cuisine : récipients<br />

en plastique passés au micro-ondes,<br />

assiettes et gobelets jetables chauffés,<br />

etc.<br />

Pollution industrielle<br />

Certains processus industriels provoquent<br />

également des problèmes,<br />

ce qui n’est pas neuf. En 2005 déjà,<br />

on trouvait, dans des "cartons" de<br />

lait pour bébés, des traces d’isopropylthioxanthone,<br />

un photo-initiateur<br />

présent dans la composition de l’encre<br />

utilisée sur la surface extérieure<br />

de l’emballage. Quelques semaines<br />

plus tard, des traces de cette même<br />

substance ont également été décelées<br />

dans des briques Tetra Pak de jus<br />

de fruits. Même si la présence d’ITX<br />

n’a pas eu d’incidence directe sur la<br />

santé à en croire l’Autorité européenne<br />

de sécurité alimentaire, les eff ets<br />

à long terme n’étaient guère connus.<br />

Par la suite, il a été décidé de ne plus<br />

utiliser cette technique sur les conditionnements<br />

d’aliments destinés aux<br />

enfants, de jus de fruits et de produits<br />

gras ou non gras. Quatre ans plus<br />

tard, des problèmes ont surgi avec<br />

la découverte de traces de 4-méthylbenzophénone,<br />

un photo initiateur<br />

lui aussi, composant des encres, dans<br />

des céréales du petit-déjeuner. Même<br />

si, selon les experts, cela ne posait<br />

pas de risques immédiats pour la<br />

santé, des craintes subsistaient pour<br />

les consommateurs fréquents et les<br />

enfants. La dose journalière tolérable<br />

(DJT) pour la benzophénone et ses<br />

dérivés a cependant été augmentée<br />

à 0,03 mg/kg de poids corporel, soit<br />

trois fois plus que la valeur auparavant<br />

proposée !<br />

La Belgique très bien classée<br />

L’enquête que nous avons menée<br />

nous a permis de vérifi er si les fabricants<br />

avaient, depuis, pris des me-<br />

sures afi n d’éviter la contamination<br />

par la benzophénone et ses dérivés.<br />

D’autant qu’à l’échelle européenne, il<br />

n’existe toujours aucune norme spécifi<br />

que pour les encres utilisées dans<br />

les emballages alimentaires. Nous<br />

avons également examiné quelques<br />

produits incriminés dans le passé.<br />

Sur 282 échantillons prélevés tant<br />

en Belgique qu’en Italie, Espagne et<br />

Portugal, nous n’avons trouvé que<br />

deux échantillons avec des traces de<br />

benzophénone ou dérivés.Il s’agissait<br />

d’un échantillon italien (dessert<br />

en poudre) et d’un échantillon portugais<br />

(riz) contenant des traces de<br />

benzophénone, mais en trop faibles<br />

quantités pour présenter un réel<br />

danger. En Belgique, deux emballages<br />

contenaient de la benzophénone<br />

mais aucune migration n’a été<br />

constatée vers l’aliment.<br />

Pas totalement positif<br />

La Belgique est très bien classée dans<br />

notre test, mais les constatations Italiennes<br />

et Portugaises révèlent qu’il<br />

s’agit d’une réelle problématique. Le<br />

système d’alerte rapide pour les denrées<br />

alimentaires et les aliments pour<br />

animaux (RASFF), mis en place par la<br />

Même si<br />

nous n’avons<br />

pas trouvé<br />

d’échantillon<br />

contaminé<br />

dans notre<br />

pays, la<br />

migration<br />

demeure un<br />

problème<br />

Commission européenne a enregistré<br />

pas moins de 18 notifi cations au<br />

cours des années 2009 et 2010. En<br />

outre, tous les composés chimiques<br />

(potentiellement) nuisibles présents<br />

dans les encres ne sont pas connus<br />

et nous connaissons trop peu leurs<br />

eff ets à long terme.<br />

Nous exigeons un cadre clair<br />

Il est urgent que la Commission<br />

européenne rédige une réglementation<br />

claire basée sur la résolution du<br />

Conseil de l’Europe, qui précise qu’il<br />

ne peut y avoir de contact direct entre<br />

les aliments et la surface imprimée<br />

du conditionnement, que la migration<br />

des substances doit être négligeable,<br />

voire nulle et qu’en tout cas, les limites<br />

établies ne peuvent être dépassées.<br />

Même si ces recommandations<br />

ne sont pas contraignantes. Il reste<br />

néanmoins hasardeux d’accorder le<br />

bénéfi ce du doute à des substances<br />

que nous connaissons trop peu. Pour<br />

pouvoir éviter toute contamination<br />

par des substances dont nous ignorons<br />

les eff ets à long terme, nous devrions<br />

disposer d’une liste des composés<br />

des encres pouvant être utilisés<br />

sans risque.


Base de données des médicaments<br />

élargie et actualisée<br />

Dans cette base de données en ligne, vous<br />

trouverez tous les médicaments commercialisés,<br />

soit quelque 6 900. Nous ne nous<br />

sommes donc pas limités aux médicaments<br />

pour lesquels il existe une alternative<br />

moins chère. Mais vous pourrez bien<br />

sûr continuer de vérifi er cela aussi. Vous y<br />

trouverez également le prix à payer pour<br />

un médicament, en tant qu’assuré ordinaire,<br />

de bénéfi ciaire d’une intervention<br />

majorée ou de titulaire du statut Omnio.<br />

Tout cela rien qu’en introduisant son nom<br />

et en répondant éventuellement à quel-<br />

Brochure :<br />

allergies alimentaires<br />

Que ce soit dans l’horeca ou les commerces où des aliments sont<br />

vendus en vrac, on accorde trop peu d’attention aux personnes<br />

atteintes d’allergies alimentaires. Au point que certaines, par<br />

exemple, doivent se priver d’une sortie au restaurant. Sous la<br />

devise "un client bien informé est un client fi délisé", nous avons<br />

élaboré à la demande du SPF Santé publique, une brochure destinée<br />

à remédier à cet état de fait. Cette brochure s’adresse aux<br />

boulangers, aux bouchers, aux traiteurs, aux cuisiniers, etc. et<br />

dispense des renseignements pratiques, des informations sur<br />

la présence d’allergènes dans certains produits alimentaires,<br />

sur la manière d’aborder ouvertement les allergies alimentaires<br />

éventuelles des clients, etc. Davantage d’informations sur www.<br />

pensezauxallergiesalimentaires.be R.R. et R.S.<br />

ques questions. En réponse, votre écran<br />

affi chera un tableau présentant tous les<br />

conditionnements existants, les alternatives<br />

et les prix (actualisés mensuellement).<br />

Ce tableau peut être imprimé<br />

et emporté chez votre médecin ou votre<br />

pharmacien pour discuter ensemble du<br />

médicament qui semble le plus indiqué<br />

à votre situation, compte tenu du prix<br />

et de la facilité d’utilisation. Essayez-le<br />

sans attendre sur www.test-achats.be/<br />

prixmedicament. A.L et R.S.<br />

Repères nutritionnels sur les<br />

emballages : peu de clarté<br />

Pour indiquer les repères nutritionnels journaliers,<br />

Kellogg’s Mini Break n’indique pas le<br />

nom de catégorie de la valeur nutritive, mais<br />

des symboles incompréhensibles, d’où l’inutilité<br />

pratique de cette mention. Les repères<br />

nutritionnels journaliers devraient permettre<br />

d’obtenir en un clin d’œil davantage d’informations<br />

sur les valeurs nutritives. En l’espèce,<br />

un dessin indique le taux de calories,<br />

les sucres, les matières grasses, les graisses<br />

saturées et la quantité de sel par portion<br />

et leur pourcentage respectif dans les<br />

LES REPÈRES NUTRITIONNELS<br />

quantités journalières maximales recom- JOURNALIERS indiqués à l’aide de<br />

mandées.<br />

S.B. et R.S.<br />

symboles : incompréhensible.<br />

Allergies<br />

alimentaires<br />

Bien informer les clients<br />

Service public fédéral Santé publique,<br />

Sécurité de la chaîne alimentaire et<br />

Environnement<br />

POUR PRÉSERVER<br />

VOTRE SANTÉ<br />

Vous trouverez sur notre site sous les rubriques<br />

“calculateurs” ou “dossiers” une série de modules<br />

de calcul qui vous aideront à préserver votre<br />

santé et à contrôler vos habitudes alimentaires.<br />

Déterminer son alcoolémie : quand vaut-il<br />

mieux éviter de prendre le volant ?<br />

Médicaments génériques : existe-t-il une<br />

version générique d’un médicament donné ?<br />

Quiz santé : testez vos connaissances en<br />

matière d’alimentation et de santé<br />

Maladies cardiovasculaires : calculez votre<br />

risque<br />

Tarifs médicaux : pour tout savoir sur les<br />

tarifs et les remboursements<br />

Troubles de la prostate : préparez votre<br />

visite chez le médecin grâce à notre questionnaire<br />

Allégations alimentaires : que dit le produit<br />

et dans quelle mesure est-ce exact ?<br />

Contraception : quel moyen pour vous?<br />

Dis-moi ce que tu manges : vos habitudes<br />

sont-elles bonnes ou mauvaises ?<br />

Sel : calculez la quantité de sel que vous<br />

ingérez<br />

www.test-achats.be > calculateurs<br />

UN ACHAT HORS <strong>DE</strong> BELGIQUE ?<br />

Au sein de l’Union européenne, la<br />

Commission européenne dispose<br />

d’un réseau de CEC (Centre Européen<br />

des Consommateurs). Chaque CEC<br />

informe les consommateurs locaux au<br />

sujet des achats dans un autre Etat membre<br />

(produits ou services) et les aide à résoudre<br />

leurs litiges rapidement et gratuitement.<br />

Vous avez un problème avec un achat que<br />

vous avez fait dans un autre pays de l’Union<br />

européenne ? Appelez le CEC Belgique :<br />

02 542 33 89<br />

test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />

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test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />

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bloc-notes santé<br />

Contrôle des allégations<br />

par les agences alimentaires<br />

Pour la deuxième fois, l’agence<br />

néerlandaise de contrôle<br />

des denrées alimentaires (de<br />

Nederlandse Voedsel en Warenautoriteit)<br />

s’est enquise de<br />

la véracité des allégations nutritionnelles<br />

que les fabricants<br />

apposent sur leurs produits et<br />

de leur conformité à la réglementation<br />

européenne. Résultat<br />

: à peine 54 % des produits<br />

sont conformes à leurs allégations.<br />

Certes, c’est un progrès<br />

par rapport à l’enquête précédente<br />

(2008 : 43 %), il reste cependant<br />

que près de la moitié<br />

de ces allégations sont dou-<br />

L’Agence fédérale des médicaments et des<br />

produits de santé (AFMPS) recommande<br />

d’éviter l’usage de médicaments contenant<br />

de l’alcool (éthanol) chez les enfants âgés<br />

de moins de deux ans. La prise d’une ou plusieurs<br />

doses de tels médicaments est susceptible<br />

d’entraîner chez eux des concentrations<br />

d’alcool supérieures à 0,125 g/litre de sang,<br />

ce qui peut nuire à leurs fonctions psychomotrices<br />

comme l’équilibre. L’AFMPS demande<br />

également que les fi rmes pharmaceutiques<br />

précisent clairement, sur les notices, la quantité<br />

d’alcool contenue et la dose à ne pas dépasser<br />

chez les enfants. Jusqu’à présent, vu<br />

que l’alcool est utilisé comme adjuvant, le<br />

fabricant est dispensé d’en mentionner les<br />

quantités.<br />

Par ailleurs, nous regrettons que la recommandation<br />

actuelle portant sur le maximum<br />

à ne pas dépasser, à 0,125 g/litre de sang soit,<br />

dans la pratique, à peine utilisable. Nous voudrions<br />

davantage de recommandations plus<br />

pratiques (notamment, limiter les concentrations<br />

d’alcool dans les médicaments destinés<br />

ALLÉGATIONS ALIMENTAIRES<br />

SUR LES PRODUITS : contrôles<br />

renforcés nécessaires.<br />

teuses. L’agence néerlandaise<br />

a prévenu les contrevenants :<br />

en cas de non-correction des<br />

indications, ils recevront une<br />

amende. La réglementation<br />

européenne en matière d’allégations<br />

nutritionnelles et<br />

de santé est également en vigueur<br />

dans notre pays. Lorsque<br />

des fabricants entendent utiliser<br />

des termes tels que "light"<br />

ou "riche en fi bres", ils doivent<br />

pouvoir l’attester. Mais il serait<br />

souhaitable que l’AFSCA eff ectue<br />

de tels contrôles et, si nécessaire,<br />

prenne les mesures<br />

appropriées. S.L. et R.S.<br />

Médicaments contenant<br />

de l’alcool : pas pour les enfants<br />

<strong>DE</strong>MAN<strong>DE</strong>Z <strong>À</strong> VOTRE MÉ<strong>DE</strong>CIN <strong>DE</strong>S<br />

INFORMATIONS sur le taux d’alcool si votre<br />

enfant a besoin de prendre un médicament.<br />

aux enfants). En attendant, demandez conseil<br />

à votre médecin et à votre pharmacien. Pour<br />

l’essentiel, les médicaments contenant de<br />

l’alcool (éthanol) sont surtout des remèdes<br />

liquides tels que les sirops contre la toux. Attention,<br />

les médicaments homéopathiques et<br />

phytothérapeutiques sont également concernés.<br />

A.D. et R.S.<br />

CENTRE <strong>DE</strong> CONTACT 02 542 35 55<br />

SERVICE ABONNEMENTS 02 542 33 00<br />

A L’ÉCOUTE<br />

DU TERRAIN<br />

Par nos études et prises de position,<br />

nous tentons de peser sur la<br />

politique de santé. Et, parfois, les<br />

choses évoluent dans le sens que<br />

nous souhaitons.<br />

Pharmacovigilance<br />

européenne<br />

Fin septembre, le Parlement européen a<br />

adopté les propositions de la Commission<br />

européenne en matière de pharmacovigilance.<br />

Nous avons suivi ce dossier<br />

de près et défendu activement les intérêts<br />

des utilisateurs de médicaments.<br />

Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits<br />

du résultat. Il est notamment prévu<br />

de mettre en place, dans tous les Etats<br />

membres, un système de notification<br />

directe des eff ets indésirables par les<br />

patients eux-mêmes. D’autres modifi -<br />

cations encore permettront de renforcer<br />

la pharmacovigilance (surveillance des<br />

eff ets secondaires des médicaments).<br />

Les propositions doivent être approuvées<br />

par le Conseil le 6 décembre, pour<br />

entrer en vigueur en 2011.<br />

Le naufrage du<br />

"Viagra féminin"<br />

Nous avons récemment dénoncé les stratégies<br />

de l’industrie pharmaceutique pour<br />

transformer même les personnes en parfaite<br />

santé en patients consommateurs<br />

de médicaments. Nous avons notamment<br />

mentionné Boehringer Ingelheim, qui veut<br />

nous faire accroire qu’un manque de désir<br />

sexuel est une grave infi rmité qui frappe<br />

d’innombrables femmes... dès 18 ans. La<br />

fi rme avait bien sûr un "médicament" ad<br />

hoc, qu’elle espérait lancer sous peu : la<br />

fl ibansérine, un antidépresseur. Mais elle<br />

vient d’abandonner ce projet, après une<br />

évaluation négative de la Food and Drug<br />

Administration américaine, qui juge que le<br />

produit n’est guère utile, alors qu’il présente<br />

des eff ets indésirables potentiellement<br />

sérieux. Plus d’info sur la médicalisation de<br />

la vie dans TS 97 (juin-juillet 2010).


Informations sur les médicaments : de la pub<br />

La firme pharmaceutique Novartis<br />

nous "sensibilise" à l’ostéoporose sur<br />

le site web d’e-santé. Ces informations<br />

n’en sont pourtant pas : c’est<br />

de la publicité. L’entreprise utilise<br />

des slogans angoissants et incite à<br />

demander conseil à un médecin, ce<br />

NOVARTIS PRÉTEND INFORMER<br />

En réalité, c’est de la publicité.<br />

qui, trop souvent, débouchera sur la<br />

prescription d’examens de mesure<br />

de la densité osseuse et de médicaments.<br />

Si ces examens et ces prescriptions<br />

médicamenteuses ont leur<br />

utilité chez certains patients à risque,<br />

ils ne sont pas toujours nécessaires.<br />

Lorsque la prise de médicaments est<br />

indiquée, les bisphosphonates oraux,<br />

l’alendronate et le risédronate constituent<br />

le premier choix. Néanmoins,<br />

l’entreprise indique que les médicaments<br />

sont toujours nécessaires et<br />

énumère sans nuance les avantages<br />

des médicaments à administrer<br />

par voie intraveineuse. Sans oublier<br />

de mettre à l’avant plan un produit<br />

qu’elle a développé récemment<br />

(Aclasta – acide zolédronique). Le<br />

consommateur ne peut que penser<br />

qu’il s’agit là de la meilleure solution.<br />

Or, nul argument scientifi que n’ap-<br />

Vos fêtes en toute<br />

sécurité, ça passe<br />

par <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />

Rectifi catif<br />

puie cette hypothèse. En outre, comme<br />

il s’agit d’un nouveau produit, le<br />

profi l de sécurité est moins connu.<br />

Novartis reste ainsi muet sur la récente<br />

constatation de problèmes rénaux<br />

imputables à l’injection d’acide<br />

zolédronique chez certains patients.<br />

Preuve encore que les "informations"<br />

des entreprises pharmaceutiques<br />

ont surtout une raison commerciale.<br />

Nous avons introduit une plainte<br />

auprès de l’Agence fédérale des médicaments.<br />

R.S. et M.V.H.<br />

L’article "Bouchons d’oreilles : une qualité très variable"<br />

de notre TS n° 99 d’octobre/novembre 2010 contient une<br />

erreur. En eff et, les résultats des bouchons d’oreilles universels<br />

d’Earproof Airsoft et de Variphone ER20 ont été inversés<br />

: il faut lire un résultat fi nal de 8 pour le premier et<br />

de 9 pour le second.<br />

Vous aimez boire un bon verre de vin ou<br />

une bière bien fraîche mais il vous arrive<br />

de vous demander quand vous atteignez<br />

la quantité autorisée? Avoir une petite<br />

idée<br />

de votre taux d’alcoolémie avant de<br />

prendr prendre le volant ne serait pas de refus?<br />

<strong>À</strong> l’approche des fêtes de fin d’année, un petit détour par notre<br />

calculateur “Déterminer son alcoolémie” s’impose.<br />

Établir un lien direct entre la quantité ingérée et le taux exact<br />

d’alcool dans le sang est extrêmement difficile. La quantité<br />

maximale autorisée peut varier d’une personne à l’autre et<br />

dépend, entre autres, de son poids, du type d’alcool consommé,<br />

du fait qu’elle ait mangé ou non, …<br />

Sur le site de <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong>, vous trouverez un module de calcul qui<br />

prend tous ces facteurs en compte et qui vous informe le plus<br />

précisément possible sur votre taux d’alcoolémie et ses effets.<br />

Découvrez ce calculateur sans attendre ! Surfez sur<br />

http://www.test-achats.be/alcotest<br />

TEST-ACHATS, VOTRE SANTÉ AVANT TOUT !<br />

test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />

09


INTERPEL<strong>LA</strong>NT<br />

Un peu moins<br />

de 10% des<br />

Belges ont une<br />

consommation<br />

telle qu’ils nuisent<br />

gravement à leur<br />

santé.<br />

AU TRAVAIL<br />

Ça consomme<br />

au boulot ! Une<br />

personne sur cent<br />

reconnaît avoir<br />

besoin d’alcool<br />

pour exercer son<br />

travail.<br />

PAS SI SIMPLE<br />

D’ARRÊTER<br />

Les alcooliques<br />

font souvent<br />

des dizaines<br />

de tentatives<br />

avant d’arrêter<br />

défi nitivement<br />

ENQUÊTE : CONSOMMATIONS D’ALCOOL<br />

Quand un verre<br />

en entraîne un a<br />

Les fêtes se<br />

rapprochent.<br />

C’est peut-être<br />

l’occasion de<br />

lever un verre ou<br />

deux. Mais quand<br />

dire "stop" ?<br />

Pleins feux sur le<br />

comportement des<br />

Belges.<br />

Consommé avec excès, l’alcool<br />

peut être à l’origine de nombreux<br />

problèmes : soucis de santé, accidents<br />

de la route, conséquences<br />

sur le plan social, problèmes familiaux<br />

ou violence... L’excès d’alcool<br />

porte aussi une lourde part de responsabilité<br />

dans les divorces et les<br />

ruptures, les hospitalisations et les<br />

décès prématurés. D’un autre côté,<br />

quand il est consommé en petite<br />

quantité, l’alcool peut réduire les<br />

risques de maladies cardiovasculaires,<br />

d’apoplexie ou de diabète.<br />

Où se trouve la limite entre une<br />

consommation modérée, à risque<br />

ou dangereuse ? Dans notre pays<br />

si fi er de ses bières, peut-on parler<br />

d’une consommation "saine" ?<br />

Boire, mais<br />

avec modération<br />

Le Belge moyen ne boude pas le<br />

plaisir d’un petit verre : 84 % déclarent<br />

boire de l’alcool de temps<br />

en temps – sans précision de quantité.<br />

Hommes et femmes sont plus<br />

ou moins égaux sur ce plan. Même<br />

si les hommes ont tendance à en<br />

consommer plus régulièrement.


utre<br />

Près d’un homme sur cinq (17 %)<br />

consomme de l’alcool quotidiennement,<br />

ce qui est moins fréquent<br />

chez les femmes (9 %).<br />

Certains stéréotypes se vérifient<br />

aussi. Les hommes boivent généralement<br />

de la bière, les femmes<br />

plutôt du vin. En semaine, on boit<br />

en compagnie de son partenaire et<br />

le week-end, de ses amis.<br />

Nous observons, pour la plupart,<br />

une attitude saine face à l’alcool.<br />

On boit d’abord pour se détendre<br />

et se relaxer (raison la plus<br />

citée). Ensuite, parce que l’alcool<br />

"Mon<br />

père était<br />

alcoolique.<br />

Il était<br />

chirurgien et<br />

a pratiqué<br />

jusqu’à sa<br />

mort. C’est la<br />

boisson qui<br />

l’a tué"<br />

NOTRE ENQUËTE<br />

Les Belges et la boisson<br />

Nous avons mené, en février et en mars, en collaboration avec d’autres<br />

associations de consommateurs, une enquête sur la consommation<br />

d’alcool dans quatre pays (Belgique, Italie, Portugal et Espagne). Dans la<br />

première phase de l’enquête, nous avons envoyé un questionnaire à un<br />

échantillon représentatif de la population. Les répondants étaient âgés<br />

de 18 à 74 ans. Nous avons reçu, pour la Belgique, 935 questionnaires<br />

dûment complétés. Les résultats sont représentatifs de la population<br />

belge (sexe, âge, province et niveau d’éducation). Sauf aux endroits où<br />

nous le mentionnons explicitement, le présent article ne se réfère qu’aux<br />

résultats obtenus pour la Belgique.<br />

Lutter contre la dépendance<br />

Pour la seconde phase, nous avons collaboré avec l’association des Alcooliques<br />

anonymes et avons récolté 561 formulaires, complétés par<br />

des alcooliques (stabilisés essentiellement). Nous avons ainsi pu mieux<br />

comprendre leur lutte contre la dépendance. Les commentaires que nous<br />

publions sont de nos répondants.<br />

aide "à s’amuser davantage entre<br />

amis". Parmi les motifs invoqués<br />

pour boire peu ou pas du tout : le<br />

risque de problèmes avec la police<br />

(contrôles d’alcoolémie) et de<br />

blesser un proche à cause d’une<br />

consommation excessive.<br />

Près d’1 personne sur 10<br />

met sa santé en danger<br />

Pour une minorité de Belges, la<br />

consommation d’alcool s’inscrit<br />

comme un comportement à risque,<br />

voire problématique. Près<br />

d’une personne sur dix (9,5 %)<br />

consomme de l’alcool en quantités<br />

telles qu’elle nuit à sa santé physique<br />

et mentale. Un comportement<br />

trois fois plus fréquent chez<br />

les hommes que chez les femmes<br />

(14,5 % contre 5 %).<br />

Les comportements problématiques<br />

se remarquent à un âge<br />

plus précoce chez les femmes (essentiellement<br />

entre 18 et 24 ans)<br />

que chez les hommes (entre 25 et<br />

34 ans). La dépendance à l’alcool<br />

se développe essentiellement chez<br />

les femmes et les hommes entre 45<br />

et 65 ans. L’alcoolisme est tout sauf<br />

un phénomène marginal. Il est<br />

présent dans toute la population.<br />

Près d’un Belge sur trois (31 %)<br />

connaît, dans sa famille proche,<br />

une personne qui a un tel problème<br />

– un chiff re plus élevé que dans<br />

les autres pays ayant participé à<br />

l’enquête. Parmi les alcooliques<br />

anonymes (AA), ce chiff re atteint<br />

même 48 % !<br />

Le seuil<br />

à ne pas dépasser<br />

On parle d’une consommation<br />

modérée chez les hommes lorsque<br />

celle-ci n’excède pas 21 verres<br />

par semaine. Chez les femmes, la<br />

limite se situe à 14 verres. Bien sûr,<br />

mieux vaut ne pas consommer<br />

cette quantité en une seule fois,<br />

tout comme il est important de<br />

respecter régulièrement une "journée<br />

sans alcool" dans la semaine.<br />

Si votre consommation dépasse ce<br />

quota, elle présente un risque réel<br />

pour votre santé.<br />

Seuls 12 % des hommes dépassent<br />

cette limite "raisonnable", contre<br />

9 % chez les femmes. Le nombre<br />

de "cuites" par an est lui aussi représentatif<br />

de notre comportement<br />

face à l’alcool. Les hommes<br />

sont plus fréquemment ivres que<br />

les femmes; idem pour les jeunes<br />

><br />

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11


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12<br />

ENQUÊTE: CONSOMMATION D’ALCOOL<br />

Le Belge boit-il souvent ?<br />

Jamais<br />

De temps en<br />

temps<br />

Régulièrement<br />

Quotidiennement<br />

15 %<br />

16 %<br />

17 %<br />

9 %<br />

25 %<br />

30 %<br />

Jamais : "je n’ai jamais bu d’alcool" ou "Je ne bois plus d’alcool". De temps en temps :<br />

"maximum quelques fois par mois". Régulièrement : "plusieurs fois par semaine".<br />

Quotidiennement : "au moins une fois par jour".<br />

<strong>LA</strong> NÉCESSITÉ <strong>DE</strong> <strong>LA</strong> PRÉVENTION<br />

38 %<br />

50 %<br />

Hommes<br />

Femmes<br />

"J’ai bu et<br />

fumé du<br />

cannabis<br />

pendant<br />

des années.<br />

Aujourd’hui,<br />

à 29 ans, je<br />

dois affronter<br />

toutes les<br />

conséquences<br />

de mes excès"<br />

de 18 à 24 ans par rapport à leurs<br />

aînés (de quelques années). L’enquête<br />

révèle que 35 % d’hommes<br />

et 18 % de femmes ont été ivres au<br />

moins une fois la dernière année.<br />

Un verre au boulot<br />

Les Belges boivent aussi assez régulièrement<br />

au travail (9,3 %, soit<br />

deux à trois fois plus que dans les<br />

autres pays interrogés). Un pour<br />

cent des personnes ayant déclaré<br />

boire de l’alcool de temps en<br />

temps admet que l’alcool leur est<br />

nécessaire pour pouvoir exécuter<br />

correctement leur travail.<br />

Les gros buveurs fument plus et<br />

consomment davantage d’autres<br />

drogues, un risque qui s’ajoute aux<br />

conséquences de l’alcool. Heureusement,<br />

beaucoup sont conscients<br />

PLUS ON COMMENCE JEUNE, PLUS LE RISQUE <strong>DE</strong> <strong>DÉPENDANCE</strong> EST ÉLEVÉ<br />

L’âge auquel les jeunes consomment pour la première fois de l’alcool peut faire une grande diff érence pour plus tard<br />

´ Chez les jeunes, une consommation d’alcool problématique<br />

peut entraîner des problèmes lors du passage de<br />

l’adolescence à l’âge adulte. Il peut aussi être à l’origine<br />

de diffi cultés émotionnelles, relationnelles et comportementales<br />

dans leur vie future.<br />

´ Une personne qui a commencé à boire de l’alcool très<br />

jeune court davantage de risques de devenir dépendante.<br />

Une enquête démontre que 40 % des jeunes qui ont commencé<br />

à boire avant l’âge de treize ans ont développé par<br />

la suite une dépendance à l’alcool. Ils rencontrent aussi<br />

plus de problèmes à l’école et ont un comportement plus<br />

perturbant que les autres jeunes du même âge.<br />

´ Lors de notre enquête, nous avons constaté que les<br />

alcooliques anonymes ont commencé à boire à un âge<br />

plus précoce que l’échantillon général de nos répondants,<br />

ce qui donne plus de poids encore à ce qui précède. Nous<br />

constatons aussi que cet âge évolue au fi l des générations.<br />

On commence à consommer de l’alcool de plus en<br />

plus jeune. Les répondants des générations les plus jeunes<br />

déclarent avoir bu leur premier verre à un âge plus<br />

précoce que leurs aînés.<br />

´ La prévention chez les jeunes est donc loin d’être inutile.<br />

Informer et choquer en soulignant les eff ets néfastes<br />

est insuffi sant. Il faut travailler en parallèle à plusieurs niveaux<br />

: une restriction de la publicité, une augmentation<br />

des prix et un contrôle eff ectif de l’âge minimum. Il est<br />

aussi important que les jeunes sachent se positionner par<br />

rapport à l’alcool dans leur environnement, de manière à<br />

pouvoir s’en protéger.<br />

>


qu’ils peuvent parfois prévoir ces<br />

conséquences ou les atténuer.<br />

Au moment de notre enquête,<br />

14 % des Belges consommant de<br />

l’alcool souhaitaient diminuer<br />

leur consommation (12 %) ou l’arrêter<br />

(2 %). Près d’une personne<br />

sur cinq avait un jour essayé de<br />

la réduire ou d’y mettre un terme.<br />

Parmi les buveurs problématiques,<br />

un sur trois essayait de réduire sa<br />

consommation et un sur vingt tentait<br />

d’arrêter.<br />

Agir très vite<br />

Les comportements problématiques<br />

s’aggravent au fi l du temps et<br />

une dépendance non traitée a tendance<br />

à empirer. Mieux vaut donc<br />

le plus tôt possible déceler le problème,<br />

le prendre en charge avec<br />

un accompagnement adapté aux<br />

besoins et aux possibilités de l’individu.<br />

Plus on intervient tôt dans<br />

le processus, moins les séquelles<br />

sont importantes et plus les chances<br />

restent grandes de pouvoir<br />

aider les buveurs problématiques.<br />

D’autant qu’à ce moment-là, le buveur<br />

peut bénéfi cier du soutien de<br />

son entourage. Les gros buveurs<br />

sont cependant souvent reconnus<br />

tardivement, voire pas du tout<br />

par les professionnels de la santé.<br />

Dans ce groupe, l’alcoolisme n’est<br />

détecté que dans un cas sur dix et<br />

ils ne sont que la moitié à bénéfi<br />

cier d’une aide concrète. Il faut<br />

parfois plus de dix ans avant qu’un<br />

diagnostic soit posé.<br />

Ce sont souvent des motifs liés à<br />

l’individu lui-même qui poussent<br />

un buveur à réduire sa consommation<br />

ou à cesser de boire; ce<br />

sont souvent les signaux de l’entourage<br />

qui donnent le coup de<br />

pouce nécessaire pour rechercher<br />

de l’aide. Le choix de la méthode la<br />

plus effi cace dépendra de la situation<br />

de l’individu et de la nature<br />

de son problème. Les interventions<br />

précoces et le dialogue entre<br />

le patient et un professionnel de la<br />

santé donneront de bons résultats<br />

chez les personnes qui ne sont<br />

pas totalement dépendantes. Le<br />

><br />

"Au début,<br />

l’alcool te fait<br />

oublier tes<br />

problèmes.<br />

Mais en fi n<br />

de compte, tu<br />

ne fais qu’en<br />

ajouter un à<br />

la liste"<br />

"A cause<br />

de ma<br />

dépendance,<br />

ma vie est<br />

partie à la<br />

dérive. Je<br />

n’obéissais<br />

plus qu’à<br />

l’alcool.<br />

Jamais je ne<br />

me suis senti<br />

aussi seul."<br />

Interview<br />

Jacques Verdonck (nom fi ctif)<br />

Un jour sans boire<br />

est un jour de gagné<br />

Il y a 20 ans, Jacques<br />

buvait. Tout le<br />

monde le savait,<br />

mais ne disait rien.<br />

Il pensait donc que<br />

son comportement<br />

n’avait rien<br />

d’anormal.<br />

Quand les choses ont-elles<br />

dérapé ?<br />

Il y a onze ans, je travaillais dans<br />

la navigation, un domaine où<br />

l’alcool coule facilement. J’imaginais<br />

que c’était bien vu pour<br />

faire partie du groupe. Très vite,<br />

j’ai commencé à boire du matin<br />

au soir. Je pensais que c’était<br />

normal. Sur une journée, je<br />

consommais deux à trois litres<br />

de genièvre plus une ou deux<br />

bouteilles de Martini blanc.<br />

Mais, je n’avais pas l’impression<br />

de boire exagérément, ni d’être<br />

ivre. Je me trompais : en fait, je<br />

ne dessaoulais jamais. Pourtant,<br />

je n’avais rien en commun avec<br />

l’image que je me faisais d’un<br />

"alcoolique" : je ne buvais pas<br />

en cachette, tout le monde savait<br />

que je buvais.<br />

Quand avez-vous pris conscience<br />

du problème ?<br />

Quand j’ai franchi la porte des<br />

AA. Avant, j’avais toujours refusé<br />

de l’admettre. On m’avait<br />

retiré deux fois mon permis<br />

pour conduite en état d’ivresse,<br />

mais j’estimais que ce n’était pas<br />

de ma faute. Pourtant, j’avais<br />

toujours une bouteille dans ma<br />

voiture. J’ai eu des black-out. Un<br />

jour, j’ai été contrôlé avec 4,5 g<br />

d’alcool dans le sang; un taux<br />

presque mortel.<br />

Les AA vous ont sauvé ?<br />

Les premières semaines chez<br />

les AA je ne comprenais pas le<br />

fonctionnement d’un tel groupe<br />

d’entraide. Je pensais qu’ils allaient<br />

me prendre en charge et<br />

me faire arrêter de boire, mais<br />

la réalité est différente. Nous<br />

apprenons tous de nos erreurs.<br />

Aujourd’hui, je suis sobre et<br />

heureux. Le temps que je consacre<br />

aux AA, je ne le consacre pas<br />

à la boisson.<br />

Les réunions hebdomadaires<br />

me permettent de recharger<br />

mes batteries. Mais l’angoisse de<br />

retomber ne nous quitte jamais.<br />

Le moindre contretemps est un<br />

danger qui peut nous faire de<br />

nouveau basculer. Notre rêve,<br />

c’est de pouvoir boire une bière.<br />

Une, pas deux. Et puis arrêter.<br />

Mais un verre, c’est la porte<br />

ouverte à l’ivresse.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

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test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

14<br />

ENQUÊTE: CONSOMMATION D’ALCOOL<br />

Les six raisons majeures qui poussent<br />

les AA à arrêter de boire<br />

><br />

Parce que l’alcool crée des problèmes<br />

personnels et familiaux<br />

problème est identifi é et le patient<br />

encouragé à modifi er son comportement.<br />

Les alcooliques tirent davantage<br />

profi t d’un traitement qui<br />

associe thérapie comportementale<br />

et médication.<br />

PLUS D’INFOS<br />

Je n’arrive plus à me contrôler<br />

quand j’ai bu<br />

La boisson nuit<br />

à ma santé mentale<br />

Mon/Ma partenaire a insisté<br />

pour que j’arrête<br />

Pour me sentir bien /<br />

mieux dans ma peau<br />

La boisson nuit à ma santé physique<br />

Infor-Drogues<br />

02 227 52 52. Permanence 24h/24<br />

www.infor-drogues.be<br />

AA Belgique francophone<br />

078 15 25 56. Permanence 24h/24<br />

info@alcooliquesanonymes.be<br />

www.alcooliquesanonymes.be<br />

Al-anon/Alateen (pour les membres<br />

de la famille, parents et amis des<br />

personnes alcooliques)<br />

02 216 09 08<br />

Les mardis et jeudis de 14 à 18 h.<br />

www.alanonbefr.be<br />

VOUS N’ÊTES PAS SEUL<br />

Vous trouverez dans notre dossier,<br />

plus d’informations encore et de<br />

contacts possibles pour vous aider.<br />

www.test-achats.be/alcool<br />

26 %<br />

49 %<br />

44 %<br />

39 %<br />

36 %<br />

36 %<br />

Des hauts et des bas<br />

Plus le problème est grave, plus on<br />

essaye de méthodes pour tenter de<br />

réduire ou de mettre un terme à la<br />

consommation d’alcool. Les personnes<br />

qui boivent peu ou modérément<br />

essaient par elles-mêmes, ou<br />

avec l’aide d’un proche. Celles qui<br />

boivent trop sollicitent plutôt une<br />

aide extérieure comme les groupes<br />

d’entraide (principalement les AA),<br />

les professionnels de la santé et les<br />

centres de désintoxication. La plupart<br />

des gros buveurs ne parviennent<br />

pas à arrêter du premier coup.<br />

En moyenne, les alcooliques font<br />

onze à douze tentatives avant d’arrêter<br />

de boire et 35 tentatives avant<br />

d’arriver à réduire leur consommation.<br />

Des AA très satisfaits<br />

La plus grande crainte d’un exalcoolique<br />

est de retomber dans<br />

son vice. Ce n’est pas pour rien<br />

que la durée des eff ets constitue le<br />

meilleur atout des AA. Un quart à<br />

un tiers des membres arrêtent de<br />

boire dans les douze mois après<br />

leur première réunion hebdomadaire,<br />

mais ceux qui persévèrent<br />

se montrent très satisfaits. L’indice<br />

"Il n’y a qu’une<br />

seule et unique<br />

option : arrêter<br />

complètement.<br />

Pour un<br />

alcoolique,<br />

croire qu’on<br />

peut se limiter<br />

à un verre en<br />

société est une<br />

illusion."<br />

de satisfaction chez les membres<br />

atteint 98 %. Les anciens gros buveurs<br />

faisant partie de notre échantillonnage<br />

ne tarissent pas non plus<br />

d’éloges : les AA remportent, chez<br />

eux aussi, un indice de satisfaction<br />

de 97 %.<br />

Un soutien à distance, tel qu’il en<br />

existe par téléphone, est moins<br />

apprécié, avec un indice de 31 %.<br />

L’indice de satisfaction relatif à<br />

l’aide des professionnels du monde<br />

médical, comme les médecins ou<br />

les psychologues, ne dépasse, par<br />

contre, jamais 60 %.<br />

Un constat que l’on retrouve invariablement<br />

dans les remarques des<br />

alcooliques anonymes : ils se sentent<br />

incompris. "Seul un alcoolique<br />

peut comprendre un alcoolique" et<br />

"alcoolique un jour, alcoolique toujours".<br />

Raison de plus pour éviter le<br />

piège de l’alcool…<br />

MIEUX VAUT PRÉVENIR<br />

Peter Kupers et Daisy Van Lissum<br />

Boire avec discernement<br />

´ Limitez votre consommation. Pas plus de<br />

21 verres (pour les hommes) et 14 verres (pour<br />

les femmes) par semaine, limitez la quantité (jamais<br />

plus de 6 verres consécutifs) et respectez<br />

régulièrement une journée sans alcool.<br />

´ Il est impossible de calculer le taux d’alcool<br />

que vous avez dans le sang en comptant le nombre<br />

de verres que vous buvez. Abstenez-vous de<br />

boire quand vous prenez le volant.<br />

´ Vous craignez que votre consommation d’alcool<br />

ne dépasse les limites ? Faites le test sur<br />

Infordrogues.be : "Stop ou Encore ?"<br />

´ Si vous avez un problème d’alcool, ne vous<br />

obstinez pas à le nier. Plus vous vous ferez aider<br />

rapidement, plus il vous sera facile de réduire<br />

votre consommation ou d’arrêter.


APHTES<br />

Rarement préoccupants<br />

Connus depuis Hippocrate, les<br />

aphtes sont de douloureux petits<br />

ulcères situés dans les muqueuses<br />

de la bouche. De forme arrondie<br />

ou ovale, blancs, jaunes ou grisâtres,<br />

ils provoquent une sensation<br />

de brûlure. Ils apparaissent sur les<br />

muqueuses de la bouche : à l’intérieur<br />

des lèvres et des joues, sur la<br />

langue, dans le fond de la bouche,<br />

sur la gencive et parfois sur le palais.<br />

L’aphtose est un phénomène souvent<br />

récurrent dont la périodicité<br />

est variable, parfois aléatoire : les<br />

accès se succèdent à intervalles<br />

plus ou moins rapprochés.<br />

Un aphte guérit tout seul<br />

Selon l’endroit où les aphtes se<br />

manifestent, la douleur peut être<br />

très intense, et manger, voire parler,<br />

peut devenir difficile. C’est<br />

le cas des lésions sur la langue et<br />

le palais, davantage impliqués<br />

lorsqu’on mâche ou avale, et en<br />

contact plus fréquent avec le reste<br />

de la bouche.<br />

Selon la taille, la durée et la douleur,<br />

on distingue trois types<br />

Les aphtes<br />

communs<br />

disparaissent<br />

spontanément<br />

en 1 à 2<br />

semaines<br />

Les aphtes sont un<br />

des maux buccaux<br />

les plus courants.<br />

Certes ennuyeux,<br />

généralement<br />

douloureux, mais<br />

la plupart du temps<br />

sans gravité.<br />

D’ailleurs, il n’est<br />

souvent pas utile<br />

de les traiter.<br />

d’aphtes. Notre article traitera surtout<br />

des plus courants les aphtes<br />

dits communs, rarement préoccupants.<br />

Dans 80 % des cas, ces aphtes communs<br />

(ou vulgaires) font moins d’1<br />

cm et disparaissent spontanément<br />

en une à deux semaines, sans laisser<br />

de cicatrice. L’aphtose commune<br />

se manifeste dès l’enfance<br />

ou l’adolescence et diminue en<br />

fréquence et en importance avec<br />

l’âge.<br />

Lorsqu’ils sont plus grands, dans<br />

10 à 15 % des cas, on parle d’aph-<br />

><br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

15


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

16<br />

APHTES<br />

Des petits ulcères dans la bouche<br />

><br />

tes géants. Souvent très douloureux,<br />

ils guérissent moins vite et<br />

laissent parfois une cicatrice. Ceci<br />

vaut aussi pour la forme la plus<br />

rare (5 à 10 % des cas), les aphtes<br />

dits herpétiformes parce qu’ils<br />

ressemblent aux blessures provoquées<br />

par l’herpès, qui sont très<br />

petits (1 à 3 mm) et très nombreux<br />

(jusqu’à 100 en même temps).<br />

Les causes<br />

restent mystérieuses<br />

Les aphtes sont une réaction immunitaire<br />

dont les causes ne sont<br />

pas véritablement connues. On<br />

suspecte néanmoins plusieurs facteurs<br />

d’en favoriser l’apparition.<br />

Une lésion dans la bouche peut<br />

être à l’origine d’un aphte. Lorsque<br />

la muqueuse est blessée par<br />

un appareil dentaire, une brosse à<br />

dents dure, une morsure en mangeant,<br />

une dent ébréchée, un aliment<br />

pointu (comme des chips),<br />

des soins dentaires, etc.<br />

Certaines personnes sensibles<br />

sont susceptibles de faire une<br />

réaction à l’un ou l’autre aliment<br />

particulier, comme le chocolat,<br />

les fraises, les agrumes, les noix,<br />

certains fromages, les tomates, les<br />

crustacés, etc.<br />

D’autres facteurs aussi ont été cités<br />

comme déclencheurs : manque<br />

Les aphtes sont ronds ou ovales,<br />

blancs, jaunes ou grisâtres et<br />

apparaissent sur les muqueuses<br />

de la bouche, le plus souvent à<br />

l’intérieur des lèvres ou des joues.<br />

de vitamines, stress, changements<br />

hormonaux, etc. Mais sans que le<br />

lien de cause à eff et soit scientifi -<br />

quement établi.<br />

Par ailleurs, il n’existe aucune<br />

preuve que les aphtes soient provoqués<br />

par un virus ou une bactérie.<br />

Pas d’inquiétude donc : on<br />

n' "attrape" pas un aphte et on ne<br />

peut pas le transmettre.<br />

Réduire la gêne<br />

Si l’aphtose commune est une pathologie<br />

bénigne en soi, elle n’en<br />

est pas moins inconfortable, voire<br />

douloureuse, à supporter.<br />

Lorsqu’on cherche un traitement<br />

contre les aphtes, on espère qu’il<br />

réduise la douleur, accélère la<br />

guérison, infl uence la fréquence<br />

d’apparition et/ou l’empêche. Un<br />

tel traitement n’existe pas.<br />

En eff et, les médicaments et remèdes<br />

existants ne parviennent, au<br />

maximum, qu’à réduire les symptômes.<br />

D’ailleurs, dans le cas des<br />

aphtes communs, un traitement<br />

n’est pas vraiment nécessaire. Si<br />

vous supportez la douleur, mieux<br />

vaut ne rien faire. La multitude<br />

des produits et formules diff érentes<br />

disponibles sur le marché est<br />

parlante : il n’existe aucune solution<br />

véritablement effi cace pour<br />

tous. On dispose de peu d’études<br />

Un aphte<br />

n’est jamais<br />

contagieux.<br />

Vous ne<br />

pouvez donc<br />

"contaminer"<br />

personne<br />

DIAGNOSTIC<br />

QUAND FAUT-IL CONSULTER<br />

LE MÉ<strong>DE</strong>CIN ?<br />

Les aphtes sont le plus souvent sans gravité,<br />

mais ils peuvent être révélateurs d’autres maladies.<br />

Il faut questionner votre médecin si :<br />

´ l’ulcération a une forme étrange et/ou très<br />

´ si l’aphte n’est pas guéri après 2 à 3 semai-<br />

´ si la douleur est vraiment intense;<br />

´ si vous présentez, en même temps, d’autres<br />

fi ables sur le traitement des aphtes.<br />

Un petit nombre de produits<br />

montrent une action plutôt limitée.<br />

Pour beaucoup d’autres, ce<br />

n’est pas le cas et on ne sait pas<br />

s’ils fonctionnent ou pas.<br />

Les remèdes manquent<br />

de fond scientifi que<br />

Une visite chez le médecin n’est<br />

généralement pas nécessaire et<br />

une personne souff rant d’aphtes<br />

ira probablement chercher un remède<br />

en pharmacie ou parapharmacie.<br />

Mais attention, si les remèdes<br />

sont nombreux sur le marché,<br />

la plupart manquent souvent de<br />

fondement scientifique solide.<br />

Voici notre avis critique à propos<br />

d’un certain nombre de produits<br />

en vente libre (sans prescription<br />

médicale).<br />

A savoir aussi : la plupart des antiaphtes<br />

sont contre-indiqués pour<br />

grande (plus d’1 cm);<br />

nes;<br />

symptômes, persistants, tels que fi èvre, douleurs<br />

musculaires, lésions de la peau, etc.<br />

Dans son diagnostic, le médecin distinguera les<br />

aphtes d’autres lésions de la bouche (ex. : infections<br />

bactériennes ou virales) qui nécessitent un<br />

traitement adapté. Dans les cas les plus sévères<br />

(rares), la présence récurrente d’aphtes peut parfois<br />

aider au diagnostic de plusieurs maladies<br />

graves : troubles immunitaires (ex. : sida), gastrointestinaux<br />

(ex. : maladie cœliaque, maladie de<br />

Crohn), etc.


Antiseptiques, anesthésiques locaux, à base de plantes, pansements<br />

liquides, il existe une multitude de produits anti-aphtes, mais leur<br />

effi cacité n’est pas prouvée, ou au mieux très modeste.<br />

les enfants de moins de 6 ans, voire<br />

de moins de 12 ans.<br />

Aux doses préconisées (à respecter<br />

absolument !), ces produits sont<br />

généralement sûrs, mais ne sont<br />

pas exempts de risque d’eff ets secondaires.<br />

Beaucoup d’entre eux<br />

peuvent causer des irritations ou<br />

réactions d’hypersensibilité chez<br />

certaines personnes. De plus,<br />

certains produits contiennent de<br />

l’alcool (comme adjuvant), contreindiqué<br />

pour certaines personnes.<br />

Dans tous les cas, lisez soigneusement<br />

la notice.<br />

Des produits<br />

à l’effi cacité relative<br />

Les produits en vente sur le marché<br />

fonctionnent selon diff érents<br />

mécanismes : certains désinfectent<br />

la bouche, d’autres sont destinés<br />

à freiner l’infl ammation et/<br />

ou à diminuer la douleur (effet<br />

anesthésiant), d’autres encore<br />

couvrent l’aphte d’un fi lm protecteur...<br />

Beaucoup combinent plusieurs<br />

actions.<br />

■ Les antiseptiques (ex. : Corsodyl,<br />

Eludril, Baxil) à base de chlorexidine,<br />

agissent sur les bactéries et<br />

virus, mais une surinfection bactérielle<br />

des aphtes est rare et facilement<br />

évitable par une bonne<br />

hygiène buccale. Quelques études,<br />

mais de valeur limitée, ont démontré<br />

leur action sur la douleur.<br />

Il existe d’autres types d’antiseptiques,<br />

mais l’évaluation de leur effi -<br />

cacité est encore plus faible.<br />

■ Les anesthésiques locaux (Medica,<br />

Colludol, Anginol-lidocaïne)<br />

à base de lidocaïne, ont un eff et<br />

antidouleur local (très) temporaire.<br />

On les trouve sous forme<br />

combinée, généralement avec un<br />

antiseptique.<br />

■ Traditionnellement, plusieurs<br />

médicaments à base de plantes<br />

sont aussi utilisés contre les aphtes.<br />

Le statut de médicament ne<br />

signifi e pas que leur effi cacité soit<br />

clairement prouvée, mais il existe<br />

plus de garanties quant à la qualité<br />

et la sécurité est mieux suivie par<br />

le système de pharmacovigilance.<br />

Seul Kamillosan a une base végétale<br />

pure (extraits de fl eurs de camomille<br />

auxquelles on prête des<br />

vertus anti-infl ammatoires et désinfectantes).<br />

Pyralvex associe des<br />

extraits de rhubarbe (dont on suppose<br />

des propriétés anti-infl ammatoires)<br />

et de l’acide salicylique.<br />

Sedemol contient plus d’autres<br />

substances actives que de plantes.<br />

Bien que les concentrations sont<br />

faibles, nous ne sommes pas partisans<br />

d’une telle mixture, d’autant<br />

que certaines de ces substances<br />

sont inutiles et/ou qu’il existe une<br />

alternative plus sûre. La composition<br />

devrait être examinée de plus<br />

près par l’Agence Fédérale des Mé-<br />

Les<br />

produits<br />

existants ne<br />

parviennent<br />

au maximum<br />

qu’à<br />

réduire les<br />

symptômes<br />

QUE FAIRE ?<br />

Pas besoin de dépenser<br />

pour soigner les aphtes<br />

Les aphtes communs guérissent sans intervention,<br />

ils n’ont pas besoin d’être traités. Il existe<br />

cependant quelques mesures à tenter pour limiter<br />

le problème :<br />

´<br />

Ne grattez pas, ne brossez pas l’aphte; il ne<br />

guérira pas plus vite. Au contraire, en malmenant<br />

l’ulcère, vous pouvez empirer la situation.<br />

´<br />

Soyez attentifs aux circonstances dans lesquelles<br />

les aphtes se manifestent et identifi ez<br />

par exemple les aliments à éviter.<br />

´ Brossez-vous<br />

dicaments. Cela vaut aussi pour<br />

Borostyrol (ci-après).<br />

■ Les pansements liquides. Le médicament<br />

Borostyrol contient plusieurs<br />

substances antiseptiques et<br />

forme une couche qui protège l’aphte<br />

d’irritations externes. D’autres<br />

produits non-médicamenteux agissent<br />

selon ce même principe de fi lm<br />

protecteur dont l’effi cacité n’est pas<br />

prouvée. Tandis que Urgo Aphtes<br />

et Mercurochrome proBuccal Soin<br />

Aphtes se limitent à l’action mécanique,<br />

Indolphar et Oralmedic renferment<br />

des substances qui pourraient<br />

être absorbées par la muqueuse.<br />

Quant aux allégations qu’affi chent<br />

de tels produits (ex. : "soulage immédiatement<br />

et durablement la<br />

douleur", "les aphtes disparaissent<br />

après quelques secondes"), elles<br />

ne sont pas basées sur des fondements<br />

scientifi ques solides.<br />

Martine Van Hecke et Geneviève Starquit<br />

les dents avec moins d’énergie<br />

et avec une brosse plus douce, pour limiter<br />

les blessures. En outre, une brosse usée peut<br />

facilement rayer la muqueuse et favoriser l’apparition<br />

d’aphtes.<br />

´<br />

Voyez le dentiste si les aphtes sont proches<br />

de dents ébréchées ou si vous vous mordez souvent<br />

la langue ou les joues en mangeant.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

17


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

18<br />

Une préparation magistrale (préparation<br />

médicamenteuse élaborée<br />

selon une "recette") est un médicament<br />

préparé par le pharmacien à<br />

la demande du médecin traitant. Ce<br />

terme s’appliquait autrefois à la quasi-totalité<br />

des médicaments, mais à<br />

l’heure actuelle, les médicaments<br />

prescrits sont essentiellement de<br />

facture industrielle. Les préparations<br />

magistrales restent toutefois<br />

utiles, pour autant qu’elles soient de<br />

grande qualité. Or c’est précisément<br />

là que le bât blesse.<br />

Toujours utile<br />

Dans une préparation magistrale,<br />

le dosage est parfaitement adapté<br />

au patient, ce qui peut s’avérer<br />

très important dans le cas de médicaments<br />

destinés à des enfants<br />

par exemple. Un sirop magistral<br />

PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />

Qualité irrégulière<br />

Près de<br />

quatre<br />

millions de<br />

préparations<br />

magistrales<br />

délivrées<br />

au cours des<br />

9 derniers<br />

mois de 2009<br />

permet de soulager des patients<br />

souff rant de problèmes de déglutition.<br />

De même, une préparation<br />

magistrale peut être d’un précieux<br />

secours lorsque les médicaments<br />

existants renferment des colorants<br />

ou des substances provoquant des<br />

réactions d’hypersensibilité, ou<br />

encore si un médicament est (temporairement)<br />

indisponible sous sa<br />

forme commerciale.<br />

Une qualité douteuse<br />

Il est bien crucial que le patient<br />

puisse se fi er aux compétences et<br />

à la précision de son pharmacien.<br />

Force est malheureusement de<br />

constater un problème de qualité<br />

majeur, mis en évidence tant par<br />

des analyses récentes de l’Agence<br />

fédérale des médicaments et des<br />

produits de santé (AFMPS) que<br />

Lorsque le<br />

médecin prescrit<br />

une préparation<br />

magistrale, c’est le<br />

pharmacien qui se<br />

charge de préparer<br />

ce traitement<br />

sur mesure. Mais<br />

peut-on se fi er<br />

aveuglément à leur<br />

qualité ?<br />

par notre propre enquête. En 2007,<br />

un tiers des préparations magistrales<br />

contrôlées par l’AFMPS<br />

n’étaient pas conformes aux normes<br />

européennes. Les risques qui<br />

en résultent pour la santé publique<br />

sont dès lors bien réels. Le patient<br />

ignore cependant tout de ces problèmes<br />

de qualité, parce que les<br />

résultats des enquêtes ne sont pas<br />

communiqués au grand public.<br />

S’ils découvrent des préparations<br />

non conformes, les inspecteurs<br />

de l’AFMPS rédigent un procèsverbal,<br />

qui donne théoriquement<br />

lieu à un règlement à l’amiable ou<br />

à une amende. Notre étude démontre<br />

toutefois que ces mesures<br />

ne semblent guère effi caces. Les<br />

normes de qualité sévères applicables<br />

aux médicaments industriels<br />

contrastent en outre vive-


NOTRE ENQUÊTE<br />

42 pharmacies au banc d’essai<br />

Dix patients fi ctifs se sont rendus chacun dans quatre pharmacies, munis<br />

d’une prescription pour 40 gélules de dexaméthasone de 0,5 mg. Administrée<br />

à cette dose, cette cortisone synthétique sert à traiter diverses<br />

aff ections – infl ammations, aff ections cutanées ou allergies – tant chez<br />

l’homme que chez la femme. Les pharmacies ont été sélectionnées au<br />

hasard et les préparations ont été achetées au début du mois de mars<br />

2010. Chaque acheteur anonyme a reçu des instructions précises et détaillées.<br />

Outre le prix, il devait également noter le temps d’attente.<br />

Tous les échantillons ont ensuite été analysés dans un laboratoire spécialisé.<br />

Les critères examinés étaient l’écart de poids des gélules, la concentration<br />

moyenne et l’écart de concentration en principe actif (le dexaméthasone),<br />

en référence à la Pharmacopée européenne. Ce manuel offi ciel<br />

des pharmaciens reprend les exigences de qualité légales applicables à<br />

tous les médicaments. Les préparations magistrales doivent elles aussi<br />

satisfaire à ces exigences. L’étiquetage a également été évalué, et plus<br />

particulièrement la présence des mentions légales imposées ainsi que<br />

sa lisibilité globale.<br />

Notre enquête repose sur un échantillonnage restreint et ses conclusions<br />

ne peuvent donc être généralisées, mais refl ètent bien la situation.<br />

Une préparation magistrale en huit étapes<br />

Les préparations magistrales réclament une précision extrême. A chaque étape du processus, la moindre erreur peut peser sur le résultat fi nal<br />

et infl uencer la qualité du médicament.<br />

1. Préparer les produits en vrac<br />

nécessaires.<br />

5. Répartir le mélange du mortier<br />

sur le gélulier.<br />

2. Peser avec précision les principes<br />

actifs et les agents de charge.<br />

6. Répartir le mélange uniformément<br />

dans toutes les gélules.<br />

Des exigences<br />

sévères pour les<br />

médicaments<br />

commerciaux,<br />

un contrôle<br />

quasi inexistant<br />

pour les<br />

préparations<br />

magistrales<br />

3. Mélanger soigneusement toutes<br />

les substances dans le mortier.<br />

7. Replacer les coques sur les<br />

gélules.<br />

ment avec celles défi nies pour les<br />

préparations magistrales. Il est dès<br />

lors assez étonnant, voire incompréhensible,<br />

que les préparations<br />

magistrales – concoctées en quelque<br />

sorte dans l’arrière-cuisine des<br />

pharmacies – ne fassent pas l’objet<br />

d’un contrôle plus strict.<br />

40 gélules<br />

de dexaméthasone<br />

Nous avons donc mis sur pied notre<br />

propre enquête afi n de mieux<br />

cerner la réalité du terrain. Pour<br />

ce faire, nous avons choisi une<br />

préparation de gélules de dexaméthasone.<br />

Selon les chiffres de l’INAMI, la<br />

dexaméthasone était en 2009 la<br />

cinquième substance entrant le<br />

plus souvent dans la composition<br />

de préparations magistrales. Nous<br />

avons par conséquent choisi une<br />

substance usuelle et une préparation<br />

ne contenant qu’un seul<br />

principe actif. Sans diffi culté par-<br />

4. Remplir le gélulier et fi xer les<br />

coques des gélules.<br />

8. Placer les gélules dans le conditionnement<br />

prévu.<br />

><br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

19


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

20<br />

PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />

><br />

ticulière, donc, pour les pharmaciens<br />

visités.<br />

Trois exigences<br />

Un laboratoire spécialisé a analysé<br />

les échantillons collectés par nos<br />

enquêteurs anonymes, en se référant<br />

aux normes de la Pharmacopée<br />

européenne.<br />

Le premier contrôle portait sur<br />

l’écart de poids entre les gélules.<br />

Cet écart peut être de maximum<br />

10 % par rapport au poids moyen. Il<br />

peut être dû au fait que le pharmacien<br />

ne répartit pas uniformément<br />

la préparation en poudre sur le gélulier<br />

lorsqu’il remplit les gélules.<br />

Le deuxième critère de contrôle<br />

était la concentration moyenne en<br />

principe actif. Chaque gélule<br />

devait idéalement contenir 0,5 mg<br />

de dexaméthasone. L’écart maximal<br />

autorisé est de 10 % (de plus<br />

Un<br />

échantillon<br />

ne contenait<br />

pas du tout<br />

de principe<br />

actif et n’était<br />

donc, fût-ce<br />

involontaire,<br />

qu’un placebo<br />

ou de moins). Les écarts par rapport<br />

à la concentration moyenne<br />

s’expliquent par des erreurs de<br />

pesée ou par la perte de substance<br />

active pendant la préparation.<br />

Enfi n, nous avons analysé l’écart<br />

de concentration, soit les différences<br />

observées au niveau de la<br />

quantité de principe actif entre les<br />

gélules. Si l’écart est trop important,<br />

le pharmacien a probablement<br />

mal mélangé le principe actif<br />

et l’excipient. En conséquence, le<br />

patient prend une dose diff érente<br />

chaque jour. Un échantillon n’était<br />

approuvé que s’il remplissait ces<br />

trois exigences.<br />

Seuls 11 échantillons<br />

ont été approuvés<br />

Au total, seuls 11 des 40 échantillons<br />

étaient satisfaisants. Trois<br />

échantillons contenaient d’autres<br />

ETIQUETAGE<br />

UN SEUL PHARMACIEN RESPECTE <strong>LA</strong> NORME<br />

Les résultats de l’analyse de l’étiquetage sont également décevants. Un seul pharmacien<br />

mentionnait toutes les informations imposées par la loi, de manière bien<br />

visible sur l’emballage.<br />

´ En<br />

vertu de la loi, une étiquette n’est "complète" que si elle mentionne de façon<br />

exhaustive la composition qualitative et quantitative des substances actives, la date de<br />

préparation et la date de péremption, de même que les coordonnées du pharmacien,<br />

du patient et du médecin prescripteur.<br />

´<br />

La pharmacie des Cayats, à Marcinelle, mérite une mention spéciale, car elle était la<br />

seule dont l’étiquette était conforme aux normes.<br />

´<br />

Onze étiquettes ont été refusées, car la date de péremption n’y fi gurait pas. Au moins<br />

deux informations exigées faisaient défaut sur les 28 autres.<br />

´<br />

La pharmacie Multipharma de Berchem reçoit le prix de la pire étiquette. Le nom<br />

du médecin et du pharmacien, les dates de préparation et de péremption ne sont que<br />

quelques-unes des informations essentielles qui brillaient par leur absence.<br />

´<br />

Sur certaines étiquettes, les mentions manuscrites étaient presque indéchiff rables.<br />

Quel intérêt d’avoir toutes les informations légales si on ne peut pas les lire ? Nous<br />

plaidons en faveur des étiquettes imprimées.<br />

´<br />

Aucune préparation n’était accompagnée d’une notice explicative, mais il ne s’agit<br />

pas d’une obligation légale. La loi impose toutefois de joindre une telle notice aux médicaments<br />

industriels, pourquoi pas aux préparations magistrales ? Les Pays-Bas ont<br />

déjà adopté une réglementation en ce sens et les notices peuvent être téléchargées<br />

et imprimées. Il ne s’agit pas, à notre sens, d’un eff ort démesuré dans le processus<br />

d’amélioration de l’information des patients.<br />

substances, mais nous n’avons pu<br />

identifi er ces impuretés. En revanche,<br />

l’écart de poids était bon : il<br />

n’était trop élevé que dans 8 cas.<br />

Presque tous les échantillons refusés<br />

n’étaient pas conformes sur le<br />

plan de la concentration moyenne,<br />

inférieure à 90 % ou supérieure à<br />

110 %.<br />

Pour 23 des 27 échantillons visés,<br />

la concentration en principe actif<br />

était (beaucoup) trop basse – 80,6<br />

% en moyenne – de sorte que le<br />

médicament risquait d’être moins<br />

efficace. L’un des échantillons<br />

(pharmacie Crickx, d’Ivoz-Ramet,<br />

une entité de la commune de Flémalle)<br />

ne contenait même pas du<br />

tout de principe actif – ce qui est<br />

tout à fait inacceptable !<br />

L’étiquetage laisse également à<br />

désirer. Un seul pharmacien reprenait<br />

toutes les informations<br />

Une étiquette imprimée reprenant<br />

toutes les mentions obligatoires<br />

est la solution idéale à nos yeux :<br />

lisibilité et conformité à la loi sont<br />

ainsi garanties.<br />

Un exemple à ne pas suivre, celui<br />

de la pharmacie Multipharma : des<br />

informations cruciales sont absentes,<br />

par ex.. le nom du pharmacien et la<br />

date de péremption.


PHARMACIES ET DÉLIVRANCE <strong>DE</strong> <strong>LA</strong> PRÉPARATION MAGISTRALE<br />

<strong>DE</strong> <strong>DE</strong>XAMÉTHASONE 0,5 MG<br />

Code postal<br />

poids de Écart<br />

1030<br />

Nom et adresse de la pharmacie<br />

Pharmacie Lechien, avenue Milcamps 60, Schaerbeek 4,90<br />

1030 Pharmacie Rosseels-Doms, avenue Latinis 59, Schaerbeek 4,40<br />

1030 Pharmacie Balhor, avenue de Roodebeek 64, Schaerbeek 4,40<br />

1030 Pharmacie Josaphat, rue Josaphat 332, Schaerbeek 5,02<br />

1050 Pharmacie Jardin Du Roi, avenue Louise 309, Ixelles 4,90<br />

1050 Pharmacie Du Récif, place Fernand Cocq 26, Ixelles 4,90<br />

1050 Pharmacie Rousseau, avenue Louise 49, Ixelles 4,90<br />

1050 Pharmacie Du Trône, chaussée de Wavre 181, Ixelles 4,40<br />

1410 Pharmacie de la Dreve, drève Richelle 225, Waterloo 4,40<br />

1410 Pharmacie Wera, rue de la Station 25, Waterloo 4,40<br />

1410 Pharmacie Guisset, chaussée de Bruxelles 528, Waterloo 4,40<br />

1420 Pharmacie de l’Estrée, chaussée d’Alsemberg 156 bis, Braine-l’Alleud 4,40<br />

2600 Apotheek Multipharma 124, Statiestraat 19, Berchem 4,40<br />

2600 Apotheek Mestdagh-Mebuphar NV, Gitschotellei 127, Berchem 4,40<br />

2600 Apotheek Vandenabeele, Grote Steenweg 9A, Berchem 4,40<br />

2610 Apotheek Bogaert, Heistraat 40, Wilrijk 4,40<br />

3600 Apotheek Duchateau, Stalenstraat 19, Genk 4,40<br />

3600 Apotheek Vanhaesebrouck, Hoogstraat 100, Genk 4,40<br />

3630 Apotheek F. Th eunissen, Weg naar Zutendaal 65, Opgrimbie (Maasmechelen) 4,90<br />

3650 Apotheek Th evissen - Meeus, Rijksweg 429, Dilsen-Stokkem 4,65<br />

4400 Pharmacie Collin, rue des Awirs 164, Awirs-Flémalle 4,40<br />

4400 Pharmacie Crickx, chaussée d’Ivoz 43, Ivoz-Ramet 0,0 s.o. 4,40<br />

4500 Pharmacie Chaudoir, rue du Pont 16, Huy 4,40<br />

4500 Pharmacie du Bassinia, Grand Place 16, Huy 4,40<br />

6000 Pharmacie de l’Alouette, rue du Terril 36, Charleroi 4,40<br />

6001 Lloydspharma - Pharmacie des Cayats, rue des Cayats 238, Marcinelle 4,40<br />

6001 Pharmacie Caupain, rue du Sanatorium 36, Marcinelle 4,40<br />

6110 Pharmacie Antoine, rue de Landelies 14, Montigny-Le-Tilleul 4,40<br />

7700 Multipharma Pharmacien Sabbe, Grand Rue 48, Moucron 4,40<br />

7700 Pharmacie Florence Woestyn, rue de la Station 82, Moucron 4,40<br />

7712 Pharmacie Scarcez, rue du Petit Audenaerde 101, Herseaux 4,40<br />

7712 Pharmacie Depraetere, place d’Herseaux 21, Herseaux 4,52<br />

8370 Apotheek B. Van de Sompel, Jules de Troozlaan 91, Blankenberge 4,40<br />

8370 Apotheek Cardon - Gobert, Vredelaan 84, Blankenberge 4,40<br />

8400 Apotheek Piers, Breidelstraat 5, Ostende 5,20<br />

8400 Apotheek Van Dender, De Smet de Naeyerlaan 12, Ostende 4,40<br />

9041 Apotheek Sanifar, Lourdesstraat 43, Oostakker 4,40<br />

9041 Apotheek Sorgeloose, Drieselstraat 4, Oostakker 4,40<br />

9940 Apotheek Simelco Evergem, Kapellestraat 60, Evergem 4,40<br />

9940 Apotheek Oushoorn, Doornzeledries 46a, Evergem 4,40<br />

EXCLUES <strong>DE</strong> NOTRE ENQUÊTE<br />

3600 Apotheek Roekaerts, Reinpadstraat 62, Genk N’ont pas accepté la prescription et ont envoyé notre<br />

enquêteur chez un autre pharmacien (parce qu’ils ne<br />

7700 Pharmacie Pollet, rue de la Marlière 15-17, Moucron<br />

disposaient pas des substances requises)<br />

Concentration<br />

moyenne<br />

Écart de concentration<br />

Conforme ?<br />

Prix (en euros)<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

21


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

22<br />

PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />

Aux Pays-Bas, les résultats des contrôles relatifs<br />

aux préparations magistrales (et les sanctions<br />

correspondantes) sont communiqués au grand public.<br />

><br />

légales requises sur l’emballage.<br />

Les temps d’attente et le prix méritaient<br />

toutefois une bonne note,<br />

car les pharmaciens se sont eff orcés<br />

de délivrer la préparation le<br />

plus rapidement possible. La plupart<br />

ont également appliqué le ticket<br />

modérateur légal (4,40 €), sans<br />

facturer de supplément excessif<br />

pour l’emballage.<br />

Légalement, un pharmacien ne<br />

peut refuser d’eff ectuer une préparation<br />

pour des raisons économiques.<br />

Les deux pharmaciens qui<br />

n’ont pas accepté la prescription,<br />

et ont renvoyé nos patients fi ctifs<br />

ailleurs, ont selon nous avancé un<br />

prétexte très léger – ils ne disposaient<br />

pas des substances nécessaires.<br />

La dexaméthasone entre<br />

fréquemment dans la composition<br />

de préparations magistrales et une<br />

pharmacie est de surcroît approvisionnée<br />

plusieurs fois par jour !<br />

Autoriser<br />

la sous-traitance<br />

Le manque d’expérience, de<br />

connaissances et de compétences,<br />

ou encore d’équipement peut<br />

nuire à la qualité des préparations<br />

magistrales. Aussi les pharmaciens<br />

doivent-ils avoir la possibilité de<br />

sous-traiter cette tâche à des offi -<br />

cines ou des sociétés spécialisées<br />

en la matière, comme c’est déjà<br />

le cas aux Pays-Bas. Le patient ne<br />

voit aucune diff érence : il se rend<br />

Les<br />

pharmaciens<br />

sont obligés<br />

de faires ces<br />

préparations<br />

eux-même,<br />

quitte à ce<br />

que la qualité<br />

en pâtisse<br />

chez son pharmacien habituel<br />

pour commander et rechercher sa<br />

préparation.<br />

Nous estimons que le nouvel arrêté<br />

royal du 21 janvier 2009 ne va<br />

pas assez loin. En vertu de ce texte,<br />

la réalisation de préparations magistrales<br />

fait partie des tâches clés<br />

et des obligations du pharmacien,<br />

qui n’est autorisé à sous-traiter<br />

que dans des cas exceptionnels.<br />

Une opportunité manquée, car<br />

dans bien des cas, la sous-traitance<br />

peut garantir une meilleure qualité,<br />

profi tant à la santé publique et<br />

à la crédibilité de la profession.<br />

Un marché<br />

non négligeable<br />

Depuis quelques années, les préparations<br />

magistrales représentent<br />

un marché stable d’environ 50 millions<br />

d’euros, soit un petit 2 % des<br />

dépenses totales de l’INAMI pour<br />

les médicaments remboursés en<br />

pharmacie. Cette part n’est donc<br />

pas négligeable. Avec le nouvel arrêté<br />

royal susmentionné, le législateur<br />

a laissé passer une chance de<br />

mettre l’accent sur la qualité.<br />

La société accorde sa confi ance au<br />

pharmacien, qui s’engage à eff ectuer<br />

les préparations avec le soin et<br />

la précision nécessaires et qui est<br />

rémunéré à cet eff et. Pour la crédi-<br />

NOUS EXIGEONS<br />

La qualité doit primer<br />

bilité de sa profession, le pharmacien<br />

est donc tenu de s’acquitter de<br />

cette tâche correctement.<br />

S’agissant du médicament que nous<br />

avons choisi, une mauvaise préparation<br />

n’entraînerait sans doute pas<br />

de graves eff ets secondaires, mais<br />

ce risque existe bel et bien pour<br />

d’autres médicaments. La plus<br />

grande vigilance est de mise lorsque<br />

les préparations contiennent<br />

des substances potentiellement<br />

toxiques à dose trop élevée et avec<br />

les préparations pour enfants : le<br />

dosage doit toujours être correct,<br />

surtout dans ces cas, car une différence<br />

d’un milligramme, de plus<br />

ou de moins, peut avoir des conséquences<br />

importantes.<br />

Annelies Driesen, Katrien Renders<br />

et Daisy Van Lissum<br />

SIGNALEZ-NOUS<br />

VOS PROBLEMES<br />

Eff ets secondaires, notice, prix...<br />

Vous avez des plaintes à propos<br />

d’un médicament ? Signalez-les<br />

nous via notre formulaire sur<br />

notre site<br />

www.test-achats.be/medicament<br />

ou demandez une version papier<br />

au 02 542 33 93<br />

´ Des contrôles plus fréquents et plus stricts, tant à propos<br />

des préparations que de l’étiquetage, des sanctions plus sévères<br />

pour les préparations non conformes et une communication<br />

transparente au sujet de ces actions pour le patient. Ce<br />

dernier a en eff et le droit de savoir si un pharmacien délivre des<br />

préparations de mauvaise qualité de façon répétée.<br />

´ Une notice explicative doit accompagner systématiquement<br />

toute préparation magistrale.<br />

´ Il faut étendre les possibilités de sous-traiter des préparations<br />

magistrales à des pharmaciens ou des entreprises spécialisées<br />

satisfaisant à des exigences de qualité sévères.


CYSTITE<br />

Guérisons spontanées<br />

fréquentes<br />

Besoin fréquent et impérieux d’uriner<br />

; diffi cultés pour commencer<br />

à uriner ; sensation que la vessie<br />

n’est pas complètement vidée ;<br />

douleur ou sensation de brûlure<br />

en urinant ; pression douloureuse<br />

dans le bas-ventre ; parfois traces<br />

de sang dans l’urine : voilà les<br />

symptômes typiques de la cystite.<br />

S’il y a d’autres plaintes, comme de<br />

la fi èvre, des douleurs lombaires<br />

ou des nausées et vomissements,<br />

cela peut être le signe d’une infection<br />

rénale.<br />

Poser le diagnostic<br />

De loin la plus fréquentea, la cystite<br />

simple n’est pas dangereuse,<br />

contrairement à une cystite dite<br />

"compliquée", qui peut l’être. En<br />

fait, les symptômes typiques de<br />

cystite chez une femme de 16 à<br />

65 ans, non enceinte et au demeurant<br />

en bonne santé, permettent<br />

en règle générale de considérer<br />

une cystite comme simple. Tous<br />

les autres cas sont en première<br />

instance à considérer comme<br />

compliqués.<br />

Il faut aussi savoir que des symptômes<br />

évoquant une cystite ont<br />

parfois une origine toute différente.<br />

Quand une femme est pour<br />

la première fois confrontée à des<br />

symptômes de cystite, elle doit<br />

donc toujours consulter un mé-<br />

La cystite<br />

peut avoir<br />

un impact<br />

important<br />

sur la qualité<br />

de vie et les<br />

activités<br />

quotidiennes<br />

La cystite est une<br />

infection de la<br />

vessie souvent<br />

pénible, qui frappe<br />

un grand nombre<br />

de femmes.<br />

Nous faisons<br />

le point sur les<br />

traitements et sur<br />

la prévention.<br />

decin, afi n d’obtenir un diagnostic<br />

correct.<br />

Une cystite simple peut généralement<br />

être diagnostiquée uniquement<br />

sur base des symptômes et<br />

des antécédents médicaux. Les<br />

médecins utilisent aussi certains<br />

tests, mais leur utilité est débattue<br />

(voir encadré).<br />

Antibiotiques ou non ?<br />

Si la patiente veut un soulagement<br />

aussi rapide que possible,<br />

le médecin peut prescrire un<br />

antibiotique immédiatement. Il<br />

est avéré que les antibiotiques<br />

accélèrent la guérison. Mais on<br />

peut aussi envisager d’attendre<br />

><br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

23


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

24<br />

CYSTITE<br />

Un problème surtout féminin<br />

><br />

Uretère<br />

Vessie<br />

Plus d’une femme sur deux sera tôt ou tard confrontée à un problème de cystite.<br />

La cystite est une infection de la vessie due à des bactéries qui vivent normalement dans l’intestin et<br />

qui sont donc aussi présentes dans les zones adjacentes au rectum. Dans l’immense majorité des cas, il<br />

s’agit de la bactérie Escherichia coli.<br />

Les bactéries peuvent coloniser la vessie en remontant par l’urètre. Des facteurs variés favorisent cette<br />

migration, le principal étant le contact sexuel : le risque de cystite est nettement plus élevé après un<br />

contact sexuel et augmente avec la fréquence des contacts.<br />

un peu. Sans traitement, il y a<br />

une fois sur deux amélioration,<br />

voire guérison dans les trois<br />

jours. De plus, ne pas traiter ne<br />

semble pas entraîner de risques<br />

particuliers. Bien sûr, si les symptômes<br />

persistent ou s’aggravent,<br />

il faut retourner chez le médecin.<br />

Si la femme trouve que ses<br />

symptômes ne disparaissent pas<br />

assez rapidement, elle peut à tout<br />

moment revoir le médecin pour<br />

une prescription d’antibiotiques.<br />

Autre stratégie envisageable : le<br />

médecin remet d’offi ce une prescription,<br />

mais en proposant de<br />

n’acheter le médicament que si<br />

cela ne va toujours pas mieux au<br />

bout de deux jours.<br />

Faire le bon choix<br />

Parmi les antibiotiques effi caces,<br />

on peut citer le triméthoprime, les<br />

nitrofuranes et la fosfomycine. Un<br />

traitement de courte durée (par<br />

exemple 3 jours de triméthoprime)<br />

semble aussi effi cace qu’un traitement<br />

plus long. Un traitement<br />

Reins<br />

Urètre<br />

Vessie<br />

court réduirait le risque d’effets<br />

indésirables et celui de promouvoir<br />

les résistances bactériennes.<br />

Il faut regretter qu’aucun fabricant<br />

ne commercialise un antibiotique<br />

contenant uniquement du triméthoprime,<br />

alors que celui-ci est<br />

pourtant un des premiers choix<br />

pour la cystite ! Le médecin doit<br />

donc rédiger une prescription<br />

magistrale, pour que le pharmacien<br />

prépare le médicament.<br />

D’autres antibiotiques peuvent<br />

convenir, mais l’essentiel est que<br />

le médecin fasse un choix réfl échi.<br />

Certains ont tendance à toujours<br />

prescrire les médicaments les<br />

plus récents. Non seulement ils<br />

sont souvent plus chers que des<br />

médicaments plus anciens tout<br />

aussi efficaces, mais il vaudrait<br />

mieux ne les utiliser que quand<br />

c’est vraiment indispensable. En<br />

ce qui concerne la cystite, cela fait<br />

des années que nous dénonçons<br />

la surprescription de quinolones<br />

(ciprofloxacine, norfloxacine,<br />

ofloxacine, lévofloxacine...), au<br />

Recourir<br />

ou non aux<br />

antibiotiques<br />

est une<br />

décision<br />

à prendre<br />

conjointement<br />

par la<br />

patiente et le<br />

médecin<br />

détriment d’antibiotiques plus anciens.<br />

Les quinolones sont effi caces,<br />

certes, mais mieux vaudrait ne<br />

les utiliser qu’en dernier recours et<br />

préserver ainsi leur effi cacité pour<br />

des aff ections graves.<br />

Autres traitements<br />

possibles ?<br />

Que penser des traitements autres<br />

que les antibiotiques ?<br />

■ Urocystil. Cet extrait de busserole<br />

(Arctostaphylos uva-ursi L.) a<br />

été enregistré comme médicament<br />

pour la cystite. Il n’y a cependant<br />

pas de preuves convaincantes que<br />

cet extrait de plante soit plus effi<br />

cace qu’un placebo. Les principaux<br />

eff ets indésirables sont des<br />

troubles de la digestion, mais il y a<br />

aussi des craintes quant à sa sécurité,<br />

notamment en raison d’une<br />

possible toxicité pour le foie en cas<br />

d’utilisation prolongée (cela vaut<br />

également pour les produits à base<br />

de busserole enregistrés comme<br />

"complément alimentaire").<br />

■ Boire plus. On prétend que boire<br />

beaucoup va "évacuer les bactéries"<br />

et accélérer la guérison. Ce<br />

n’est pas prouvé. Et si vous prenez<br />

des antibiotiques, boire plus risque<br />

de réduire leur concentration<br />

et donc leur effi cacité.<br />

De plus, quand on a une cystite, on<br />

a souvent mal quand on urine. Or,<br />

boire plus fait qu’on urine encore<br />

plus. Finalement, certaines données<br />

suggèrent même que boire<br />

plus pourrait augmenter le risque<br />

de colonisation par des bactéries !<br />

■ Alcaliniser l’urine. Pour soulager<br />

les symptômes, on conseille souvent<br />

aux femmes d’alcaliniser leur<br />

urine, en prenant par exemple du<br />

bicarbonate de soude. En fait, cela<br />

n’a jamais été évalué de manière<br />

sérieuse et l’on ignore totalement<br />

si c’est utile.<br />

• Antidouleurs. On recommande<br />

aussi des antidouleurs, comme<br />

le paracétamol, contre la douleur<br />

et la sensation de brûlure. Il n’y a<br />

toutefois guère d’études ayant examiné<br />

si c’est vraiment effi cace.<br />

■ Canneberge. Il n’y a pas de preu-


LE DIAGNOSTIC<br />

TESTER N’EST<br />

PAS TOUJOURS NÉCESSAIRE<br />

Les médecins ont souvent recours à certains tests, supposés<br />

vérifi er s’il y a vraiment une infection bactérienne de la vessie :<br />

bandelettes urinaires, cultures d’urine, dipslides...<br />

Ces tests sont censés limiter le recours inutile aux antibiotiques.<br />

Le test le plus utilisé est celui de la bandelette urinaire ou "dipstick".<br />

Une bandelette est trempée dans l’urine. Les changements<br />

de couleur sur la bandelette indiquent la présence de substances<br />

qui sont le signe d’une infection bactérienne. Mais les résultats<br />

donnent rarement une certitude absolue. Le test permet<br />

sans doute d’éviter de donner inutilement des antibiotiques à un<br />

certain nombre de femmes, mais risque aussi de priver d’autres<br />

femmes d’un traitement qui les aurait pourtant aidées. A vrai<br />

dire, aucun test n’est entièrement satisfaisant. Notamment parce<br />

que des études indiquent que<br />

chez nombre de femmes chez qui,<br />

d’après les tests, il n’y a pas d’infection<br />

significative de la vessie,<br />

la guérison est quand même accélérée<br />

par la prise d’antibiotiques.<br />

Bref, l’utilité réelle de ces tests ne<br />

fait pas l’unanimité.<br />

Le test de la bandelette<br />

("dipstick") a ses limites.<br />

ves que la canneberge (Vaccinium<br />

macrocarpon ou "cranberry") soit<br />

utile pour traiter la cystite.<br />

Il semble par contre que boire<br />

chaque jour du jus ou avaler des<br />

extraits de cette plante peut agir<br />

en prévention.<br />

Automédication<br />

et prévention<br />

Certaines femmes ont des cystites<br />

à répétition. Quand une femme<br />

fait un nouvel épisode de cystite,<br />

elle peut bien sûr reconsulter son<br />

médecin. Toutefois, les femmes<br />

qui ont déjà eu des cystites sont<br />

parfaitement à même de reconnaître<br />

les symptômes et de poser le<br />

diagnostic correct. A une patiente<br />

souff rant de cystites à répétition, le<br />

médecin peut donc envisager de<br />

prescrire une grande boîte d’antibiotique,<br />

en lui expliquant quand<br />

et comment elle peut se traiter elle-même.<br />

Face aux cystites à répétition, on<br />

peut aussi essayer une prévention,<br />

par exemple par une prise<br />

quotidienne d’antibiotiques, voire<br />

comme dit plus haut, boire du jus<br />

de canneberges. Si les récidives<br />

sont clairement liées aux contacts<br />

sexuels, une alternative est de ne<br />

prendre un antibiotique qu’après<br />

avoir fait l’amour.<br />

Aux femmes ménopausées, certains<br />

médecins proposent des œstrogènes<br />

intravaginaux (crèmes,<br />

Les jus et<br />

extraits de<br />

cranberry ont<br />

un modeste<br />

eff et en<br />

prévention<br />

des récidives<br />

QUE FAIRE ?<br />

En discuter avec<br />

le médecin<br />

tablettes, anneau vaginal), qui<br />

feraient obstacle aux bactéries de<br />

la cystite. Peut-être effi cace, mais<br />

pas sans risques (la substitution<br />

hormonale peut notamment favoriser<br />

certains cancers).<br />

Le recours aux spermicides va de<br />

pair avec un risque accru de cystite.<br />

Pour une femme sujette à des<br />

cystites récidivantes, il peut être<br />

utile d’opter pour une forme de<br />

contraception sans spermicide.<br />

D’autres conseils n’ont aucun<br />

fondement scientifi que sérieux :<br />

qu’après l’amour, la femme doit se<br />

précipiter aux toilettes pour uriner,<br />

qu’elle doit boire beaucoup<br />

d’eau, qu’aux toilettes elle doit<br />

s’essuyer du vagin vers le rectum<br />

et non l’inverse, qu’elle doit changer<br />

de slip chaque jour, ne porter<br />

que des slips de coton, éviter les<br />

pantalons serrants et l’on en passe<br />

et des meilleures. Selon nous, ce<br />

sont là de "faux bons conseils" qui<br />

génèrent surtout du stress.<br />

Maurice Vanbellinghen<br />

´ Si aujourd’hui la prescription d’un antibiotique<br />

est quasiment un automatisme, c’est pourtant<br />

rarement une nécessité médicale. Dans<br />

bien des cas, les symptômes d’une cystite non<br />

compliquée disparaissent rapidement, même<br />

sans traitement.<br />

´ Discutez avec votre médecin des diff érentes<br />

solutions possibles : prendre immédiatement un<br />

médicament ou ne pas traiter d’emblée et voir<br />

comment les choses évoluent naturellement.<br />

´ En cas de cystites à répétition, des stratégies<br />

de prévention peuvent être envisagées : médicaments<br />

préventifs, mais aussi jus ou extraits de<br />

canneberge. Eviter les formes de contraception<br />

qui font appel à un spermicide peut également<br />

réduire le risque de récidives.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

25


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

26<br />

Nous nous battons<br />

pour votre bien-être<br />

Un communiqué de l’agence Belga<br />

a révélé que la ministre démissionnaire<br />

de la Santé, Laurette Onkelinx,<br />

souhaitait relever les quotas<br />

de médicaments bon marché que<br />

les médecins sont tenus de prescrire.<br />

Cette politique, qui semble<br />

une évidence, est pourtant le fruit<br />

d’un travail de très longue haleine,<br />

auquel nous avons participé.<br />

Payer moins cher<br />

Depuis la création de notre magazine,<br />

nous sommes mus par la<br />

conviction qu’il est possible de<br />

En 1997, les<br />

médicaments<br />

génériques<br />

ne faisaient<br />

que 1 % à<br />

peine des<br />

traitements<br />

en Belgique<br />

100 NUMÉROS EN ACTION<br />

réaliser des économies en santé<br />

sans préjudice pour la qualité. Il<br />

est plus qu’indispensable de réduire<br />

les frais de santé. La dernière<br />

enquête nationale sur la santé révèle,<br />

en eff et, que, pour des raisons<br />

fi nancières, 10 % de la population<br />

reportent des soins à plus tard. La<br />

promotion d’équivalents moins<br />

chers aux spécialités originales,<br />

comme les médicaments génériques,<br />

comptait parmi les fers de<br />

lance de nos actions. La part de<br />

marché des génériques était trop<br />

faible en Belgique et bien en deçà<br />

Depuis 1994, nous<br />

vous informons de<br />

tout ce qui touche<br />

votre santé. Mais<br />

notre action va<br />

plus loin : nous<br />

militons en faveur<br />

de soins de santé<br />

plus abordables et<br />

d’une alimentation<br />

plus saine. Une<br />

politique qui porte<br />

ses fruits.<br />

des pourcentages des autres pays.<br />

Au travers d’innombrables publications<br />

sur le sujet et d’actions de<br />

sensibilisation, nous avons insisté<br />

sur la nécessité d’une révision en<br />

profondeur de la politique. Avec<br />

succès.<br />

Le gouvernement a introduit, en<br />

2001, le système de remboursement<br />

de référence, où l’INAMI<br />

rembourse autant pour la spécialité<br />

originale que pour son équivalent<br />

générique. Cette mesure,<br />

qui devait encourager le patient à<br />

se faire prescrire un médicament


générique, n’a pas suffi à modifi er<br />

les habitudes de prescriptions.<br />

Mais, elle a entraîné une diminution<br />

du prix de plusieurs médicaments<br />

de marque.<br />

En 2005, les médecins ont pu rédiger<br />

leurs prescriptions en mentionnant<br />

exclusivement le nom<br />

du principe actif. C’était alors au<br />

pharmacien de choisir, en accord<br />

avec le patient, le médicament le<br />

plus approprié (et le moins cher).<br />

Le succès de ce système est conditionné<br />

par la parfaite collaboration<br />

du pharmacien, que nos enquêteurs<br />

testent régulièrement.<br />

Depuis 2006, les médecins sont<br />

également tenus d’atteindre des<br />

pourcentages imposés en matière<br />

de prescription de médicaments<br />

bon marché. Pourcentages<br />

que l’on atteint aujourd’hui sans<br />

problème – raison pour laquelle<br />

la ministre envisage de relever<br />

les quotas. Résultat : alors que<br />

les médicaments génériques ne<br />

constituaient qu’1 % des traitements<br />

en 1997, ils représentaient<br />

25 % en 2008.<br />

Moins de suppléments<br />

d’honoraires<br />

Autre fer de lance : les divergences<br />

de prix entre les cliniques et<br />

les suppléments d’honoraires réclamés.<br />

Le montant à supporter<br />

par le patient peut passer du simple<br />

au quintuple selon l’hôpital, le<br />

type de chambre, les suppléments<br />

d’honoraires et divers autres éléments<br />

à prendre en compte.<br />

Fort heureusement, en ce domaine<br />

aussi, il y a eu des progrès.<br />

Aujourd’hui, les hôpitaux qui ne<br />

demandent plus de suppléments<br />

d’honoraires pour les chambres<br />

doubles ou communes bénéfi -<br />

cient d’aides fi nancières supplémentaires.<br />

Depuis le 1er janvier<br />

2010, il est interdit à tous les hôpitaux<br />

d’exiger un supplément<br />

de chambre pour les patients qui<br />

choisissent une chambre double.<br />

Résultat : entre 2005 et 2009, après<br />

des années d’augmentation, la<br />

facture moyenne d’hospitalisa-<br />

tion s’est stabilisée. Les suppléments<br />

d’honoraires en chambre<br />

individuelle, réellement excessifs<br />

ces dernières années, restent toutefois<br />

problématiques.<br />

Une alimentation<br />

saine et sûre<br />

La santé ne se limite pas aux soins.<br />

La prévention est primordiale et<br />

celle-ci passe, de façon logique,<br />

par une alimentation saine.<br />

L’évolution positive de la sécurité<br />

alimentaire dans notre pays n’est<br />

pas uniquement due aux grandes<br />

crises alimentaires auxquelles<br />

nous avons été confrontés et à la<br />

prise de conscience accrue qui<br />

s’en est suivi. Nous avons toujours<br />

pris l’initiative dans la lutte contre<br />

l’utilisation excessive de sel dans<br />

les plats préparés, d’additifs ou de<br />

pesticides – pour ne citer que ces<br />

trois dossiers importants.<br />

Des actions par ailleurs fortement<br />

européennes. L’autorité européenne<br />

de sécurité des aliments (EFSA)<br />

est en train de réviser la liste des<br />

additifs alimentaires autorisés. Et<br />

non sans raison, car pour beaucoup,<br />

leur totale innocuité reste<br />

encore à prouver, surtout chez les<br />

enfants. En ce qui concerne les<br />

pesticides, nos nombreuses analyses<br />

ont pu convaincre les instances<br />

européennes de la nécessité d’harmoniser<br />

les limites maximales de<br />

résidus au sein de l’UE. Notre campagne<br />

de lutte acharnée contre les<br />

sels cachés dans les plats préparés<br />

a également été payante, y compris<br />

à l’échelle internationale. Pour<br />

preuve, les fédérations belges des<br />

boulangers & pâtissiers, qui se<br />

sont engagées à utiliser moins de<br />

sel, ont servi d’exemple à plusieurs<br />

grandes multinationales.<br />

Un étiquetage clair<br />

A nos yeux, l’étiquette doit constituer<br />

la "carte d’identité" d’un produit<br />

alimentaire. Elle doit fournir<br />

une information claire et complète<br />

pour que le consommateur puisse<br />

choisir en toute connaissance de<br />

cause. Question santé, nous avons<br />

Les fabricants<br />

de produits<br />

alimentaires<br />

ne peuvent<br />

plus raconter<br />

n’importe<br />

quoi sur<br />

l’étiquette de<br />

leurs produits<br />

NOUS EXIGEONS<br />

noté ces derniers temps une importante<br />

évolution à divers niveaux.<br />

Depuis 2005, l’étiquetage<br />

des produits préemballés doit<br />

mentionner systématiquement<br />

la présence éventuelle de 14 ingrédients<br />

pouvant être à l’origine<br />

d’allergies. Est venue ensuite la législation<br />

en matière d’allégations<br />

nutritionnelles et de santé portant<br />

sur les produits alimentaires.<br />

Leurs prétendues vertus nutritives,<br />

notamment, sont aujourd’hui clairement<br />

défi nies. Pour que le fabricant<br />

puisse utiliser, par exemple,<br />

les mentions "light", "sans sucre"<br />

ou "pauvre en sel", la composition<br />

du produit doit désormais répondre<br />

à des critères spécifi ques.<br />

Karel Jooken, Robert Remy<br />

et Martine Van Hecke<br />

La santé : la vôtre<br />

et celle de votre budget<br />

´ Nous continuons à militer pour que l’on relève<br />

les quotas de prescription des médicaments<br />

bon marché et pour que l’on encourage les prescriptions<br />

sous le nom du principe actif.<br />

´ Les suppléments d’honoraires devraient être<br />

supprimés pour les patients en chambre double<br />

ou commune et plafonnés à 100 % dans les<br />

chambres individuelles. A terme, le fi nancement<br />

des hôpitaux devrait être réorganisé de sorte<br />

que ces suppléments puissent être abolis.<br />

´ Même s’il y a des évolutions positives dans<br />

le domaine alimentaire, tout n’est pas parfait.<br />

Il reste des choses à améliorer, entre autres au<br />

niveau de la composition des produits alimentaires<br />

ou de la réglementation des compléments<br />

alimentaires et des allégations de santé.<br />

´ L’étiquetage des produits alimentaires, y<br />

compris pour les aliments non emballés, doit<br />

être amélioré. Les consommateurs doivent recevoir<br />

des informations claires et compréhensibles<br />

sur leur valeur nutritive.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

27


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

28<br />

"Source d’oméga 3" ou "Riche en<br />

acides gras insaturés"... Les allégations<br />

nutritionnelles foisonnent<br />

sur les emballages des matières<br />

grasses, vantant la plus value des<br />

produits.<br />

Près de 53 % du marché des matières<br />

grasses à tartiner reviennent<br />

aux produits faisant référence à<br />

la santé, un concept très porteur,<br />

bien intégré par les fabricants.<br />

Mais peut-on croire ce qu’on lit ?<br />

Nous nous sommes penchés sur<br />

les matières grasses avec allégations,<br />

dont principalement celles<br />

enrichies en oméga 3, ainsi que<br />

les margarines à l’huile d’olive et<br />

au soja.<br />

Reconnaître<br />

les bonnes graisses<br />

Avant de se lancer dans l’analyse<br />

des allégations, commençons par<br />

MATIÈRES GRASSES<br />

Toutes les matières<br />

grasses ne se<br />

valent pas.<br />

Mais y a-t-il<br />

vraiment une<br />

diff érence entre<br />

une margarine<br />

enrichie en<br />

oméga 3 et une<br />

autre ?<br />

Des graisses plus saines ?<br />

De plus<br />

en plus de<br />

matières<br />

grasses<br />

vantent sur<br />

leur étiquette<br />

leur plusvalue<br />

pour<br />

votre santé<br />

comprendre les diff érentes sortes<br />

de graisses. On en distingue deux<br />

groupes, toujours présentes dans<br />

les matières grasses, mais en proportions<br />

variables.<br />

Les acides gras saturés (AGS) augmentent<br />

le taux de cholestérol<br />

sanguin et sont donc en partie responsables<br />

du développement des<br />

maladies cardiovasculaires.<br />

Les acides gras insaturés (AGI) sont<br />

soit mono-insaturés soit poly-insaturés.<br />

Ils sont meilleurs pour la<br />

santé, car ont un eff et favorable sur<br />

le taux de cholestérol.<br />

Ils sont donc un excellent allié à<br />

condition qu’ils soient présents<br />

sous leur forme de base appelée<br />

"cis" et non sous la forme "trans"<br />

auquel cas, l’organisme les considère,<br />

à peu de chose près, comme<br />

des AGS, avec tous les eff ets néfastes<br />

qu’on leur attribue.<br />

De beaux progrès<br />

Les acides gras trans sont donc<br />

à éviter et leur présence dans la<br />

composition d’un produit doit être<br />

limitée. Selon les recommandations<br />

belges, les acides gras trans<br />

ne doivent pas dépasser 1 % de<br />

l’apport calorique journalier.<br />

D’énormes progrès ont été faits à<br />

ce niveau depuis notre dernière<br />

analyse en 2005, puisque tous les<br />

produits que nous avons testés<br />

cette fois-ci sont sous la barre du<br />

pourcent.<br />

Pour en revenir aux allégations,<br />

les matières grasses enrichies en<br />

oméga 3 fournissent bel et bien les<br />

teneurs annoncées. Les produits<br />

se valent plus ou moins. Rien de<br />

très surprenant à cette homogénéité<br />

quand on sait que deux fabricants,<br />

Vandemoortele et Unilever,<br />

couvrent 69 % du marché et


Interview<br />

Stéphanie Bonnewyn<br />

A chacun ses besoins<br />

Il faut choisir le<br />

corps gras adéquat<br />

pour chaque usage<br />

particulier.<br />

Pourquoi faut-il choisir la matière<br />

grasse selon l’usage ?<br />

On n’utilise pas les mêmes graisses<br />

pour beurrer sa tartine que<br />

pour cuire un steak, car toutes<br />

n’ont pas les mêmes propriétés.<br />

Les produits allégés contenant<br />

moins de 40 % de matières grasses<br />

ne conviennent pas pour la<br />

cuisson, par exemple.<br />

Mieux vaut utiliser les graisses<br />

liquides spécialement conçues à<br />

cet eff et ou de l’huile d’olive. Vu<br />

qu’elles sont sous forme liquide,<br />

elles contiennent moins d’acides<br />

gras trans et saturés que la plupart<br />

des margarines.<br />

Quelles matières grasses utiliser<br />

si on a des problèmes de<br />

santé ?<br />

Les besoins de l’organisme vont<br />

bien sûr influencer le choix des<br />

graisses.<br />

Une personne souffrant d’une<br />

maladie cardiovasculaire, de<br />

diabète ou de cholestérol, devra<br />

possèdent donc bon nombre des<br />

produits testés.<br />

Un apport en oméga 3 est un<br />

atout, mais pas suffisant. L’enrichissement<br />

en oméga 3 n’a de sens<br />

que si les oméga 6 ne sont pas très<br />

élevés… Ce qui n’est pas toujours<br />

le cas. Un bon rapport oméga 6/<br />

de préférence opter pour des<br />

produits d’origine végétale, qu’il<br />

s’agisse de margarine, de minarine<br />

ou d’huile pour salade. Ils<br />

contiennent une proportion importante<br />

de graisses insaturées<br />

-entre 70 et 80 % contre 37 % pour<br />

le beurre- et ont donc un effet<br />

plus favorable sur le cholestérol<br />

que des aliments d’origine animale,<br />

comme le beurre, riches en<br />

graisses saturées environ 63 %.<br />

Et avec des problèmes de<br />

poids ?<br />

Si la personne est en surcharge<br />

pondérale ou qu’elle est désireuse<br />

de limiter les calories<br />

ingérées, elle choisira de préférence<br />

les beurres allégés, c’està-dire<br />

demi-écrémés, ou les<br />

margarines allégées comme les<br />

minarines, car ces produits ne<br />

contiennent que 40 % de matière<br />

grasse.<br />

Il faut certes se méfi er des calories<br />

inutiles sur les tartines, mais<br />

il est malgré tout important de ne<br />

pas bannir entièrement les matières<br />

grasses de l’assiette, même<br />

en période de diète. Elles fournissent,<br />

en eff et, des acides gras essentiels,<br />

que le corps ne peut produire,<br />

ainsi que des vitamines.<br />

oméga 3, qui devrait être de 4 à<br />

5/1, est aussi important pour le<br />

bon fonctionnement de l’organisme.<br />

Or, dans l’alimentation occidentale<br />

d’aujourd’hui, ce rapport<br />

tourne autour des 10 à 15/1 en<br />

moyenne. Dans notre test, 12 matières<br />

grasses ont un bon équilibre<br />

Stéphanie Bonnewyn, notre diététicienne<br />

Il faut<br />

orienter son<br />

choix afi n<br />

d’améliorer<br />

la qualité<br />

des graisses<br />

qu’on ingère<br />

Pas de restriction pour les<br />

personnes en bonne santé ?<br />

Les personnes ne souff rant pas<br />

de problème de santé ou de<br />

poids n’ont aucune raison de se<br />

priver de beurre, à condition de<br />

ne pas en abuser.<br />

Néanmoins, que cela soit pour<br />

cuire ou pour tartiner, la margarine,<br />

surtout d’origine entièrement<br />

végétale, est préférable<br />

d’un point de vue nutritionnel.<br />

Le beurre et la margarine apportent<br />

le même nombre de<br />

calories puisqu’ils contiennent<br />

tous les deux au moins 80 %<br />

de matières grasses, mais le<br />

beurre, exclusivement d’origine<br />

animale, contient plus d’acides<br />

gras saturés.<br />

entre oméga 6 et oméga 3, dont<br />

les produits à l’huile d’olive, qui<br />

ne fournissent pourtant pas beaucoup<br />

d’oméga 3.<br />

Nous avons aussi estimé que des<br />

produits d’origine végétale ne devaient<br />

pas contenir plus de 25 %<br />

d’acides gras saturés, mais 6 des<br />

><br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

29


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

30<br />

MATIÈRES GRASSES<br />

MATIÈRES GRASSES à tartiner et pour cuire<br />

Marque et dénomination<br />

MATIÈRES GRASSES ET MINARINES AU SOJA<br />

Utilisation (1)<br />

Matière grasse (g/100g)<br />

Composition<br />

ALPRO SOYA minarine - (0 % cholesterol) T 40 370 E A JJJJ 5 D D 0,89 3,55<br />

ALPRO SOYA light 15 % MG - + vit.A, D, B6, B9, B12 +<br />

fi bres<br />

kcal (100g)<br />

Acides gras saturés<br />

Acides gras trans<br />

Quantité d’oméga 3<br />

pour 100 kcal (2)<br />

Rapport oméga 6/<br />

oméga 3<br />

Prévention des maladies<br />

cardio-vasculaires<br />

T 15 142 E A J 20 D C 1,27 5,06<br />

BUTTEL<strong>LA</strong> (ALDI) Soja Minarine végétal T 40 365 E A JJ 14 D C 0,45 1,8<br />

CARREFOUR Soja cuire et rotir 100 % végétale C 75 700 E A JJ 17 D D 1,28 2,56<br />

STYLESSE (CARREFOUR) soja - 40 % MG T 40 380 E A JJ 14 D C 0,69 2,77<br />

MATIÈRES GRASSES ET MINARINES AUX OMEGA 3<br />

BECEL original - avec oméga 3&6 T 38 325 A A JJJ 7 B C 0,9 3,61<br />

BECEL oméga 3 plus - 2 types d’oméga 3 T 38 349 A A JJJ 6 B D 1,77 7,07<br />

BECEL light - avec oméga 3&6 T 25 247 A A JJJ 7 B C 0,96 3,83<br />

BECEL light liquide à cuire - avec oméga 3&6 C 56 500 A A JJJ 7 B C 2,19 4,39<br />

CARREFOUR Oméga 3 tartinable T 38 342 A A JJ 5 B D 0,49 1,97<br />

CORA Oméga 3 tartine et cuisson T/C 59 516 A A JJ 4 B C 2,39 4,78<br />

CULINO à tartiner oméga 3 T 38 366 A A JJJ 4 B D 0,63 1,27<br />

<strong>DE</strong>LHAIZE oméga 3 T 38 338 A A JJ 4 B B 0,79 3,16<br />

MATCH Oméga 3 tartine et cuisson T/C 59 545 A A JJ 9 B C 0,9 3,59<br />

SAINT-HUBERT riche en oméga 3 doux T 54 495 E A JJJ 2 D C 2,06 8,26<br />

SPRING (ALDI) Oméga 3 mat. grasse 38 % T 38 339 A A JJJ 3 B C 0,32 1,28<br />

VITA D’OR (LIDL) Oméga 3 mat. grasse 38 % T 38 341 A A JJJ 4 B C 0,33 1,31<br />

VITELMA Light 25 % MG - riche en oméga 3 T 25 229 A A JJJJJ 2 B D 0,94 4,48<br />

VITELMA oméga 3 - riche en oméga 3 C 75 655 A A JJJ 3 B C 1,56 3,12<br />

MATIÈRES GRASSES <strong>À</strong> L’HUILE D’OLIVE<br />

BERTOLLI à l’huile d’olive T 38 349 A A JJ 3 B C 1,12 4,48<br />

BELOLIVE à l’huile d’olive T 38 364 A A JJ 4 B D 1,31 5,23<br />

A trés bon B bon C moyen D médiocre E mauvais<br />

(1) T: tartinable C: cuisson<br />

(2) principalement l’acide alpha-linolénique (A<strong>LA</strong>), un des oméga 3 les plus courants<br />

J < 0,3g JJ ≥ 0,3g JJJ ≥ 0,6g JJJJ ≥ 0,9g JJJJJ ≥ 1,2g sur base de la législation européenne<br />

Etiquette<br />

Moyen par contenant<br />

Prix<br />

Moyen au kg


Les graisses présentes dans la<br />

composition ne sont pas toujours<br />

détaillées. Le pourcentage<br />

contenu et le type de graisses<br />

devraient être mentionnés.<br />

><br />

21 produits testés dépassent les<br />

30 %. Il s’agit de tous les produits<br />

à base de soja et Saint-Hubert, qui<br />

sont donc à éviter surtout dans le<br />

cadre de la prévention des maladies<br />

cardiovasculaires. Les autres<br />

ACI<strong>DE</strong>S GRAS ET CUISSON<br />

UN BURGER CUIT PEUT-IL FOURNIR<br />

<strong>DE</strong>S OMÉGA 3 ?<br />

Les acides gras poly-insaturés sont plus sensibles aux températures<br />

élevées que leurs homologues saturés. On peut donc<br />

se demander comment ils réagissent lorsqu’ils sont cuits.<br />

Nos tests permettent de dégager quelques premières tendances<br />

intéressantes.<br />

Pas d’arnaque<br />

Nous avons analysé la teneur en oméga 3 des matières grasses<br />

à cuire et d’un burger avant et après la cuisson.<br />

Utiliser des margarines riches en acides gras insaturés pour<br />

cuire présente un réel avantage, car ils sont conservés et<br />

«passent donc», dans une certaine mesure, sur l’aliment cuit.<br />

Nous avons aussi pu constater la valeur ajoutée des graisses<br />

de cuisson enrichies en oméga 3, car on retrouve ces derniers<br />

dans l’aliment cuit. Il y a donc un réel avantage lors de la cuisson<br />

du burger, dans notre cas.<br />

De son côté, le consommateur doit veiller aux bonnes pratiques<br />

de cuisson : la température ne doit être ni excessive<br />

(évitez la fumée) ni trop longue.<br />

Les<br />

margarines<br />

au soja<br />

contiennent<br />

trop d’acides<br />

gras saturés,<br />

nous les<br />

déconseillons<br />

QUE FAIRE ?<br />

ont des taux plus corrects. Pointons<br />

d’ailleurs Becel liquide, qui<br />

ne contient que 8 % d’acides gras<br />

saturés, choix intéressant pour la<br />

cuisson.<br />

Une étiquette complète<br />

Toutes les mentions obligatoires<br />

sont présentes sur l’étiquette de<br />

tous les produits.<br />

Néanmoins, on peut regretter que<br />

trop de produits ne détaillent pas<br />

le type d’huile ou de graisse indiquée<br />

dans la liste des ingrédients<br />

et que les informations nutritionnelles<br />

par 100g et par portion ne<br />

soient pas toujours mentionnées.<br />

Plus essentiel, la lisibilité de l’étiquette<br />

qui fait parfois défaut.<br />

Et si cette dernière n’est pas un critère<br />

de sélection, le prix, lui, en est<br />

sans doute un, d’autant qu’il vaut<br />

mieux y jeter un œil : de 1,27 €/kg<br />

pour Culino à 8,26 €/kg pour Saint<br />

Hubert.<br />

Stéphanie Bonnewyn et Sandrine Bouhy<br />

Varier et consommer<br />

avec modération<br />

´ Choisissez les matières grasses en fonction<br />

de vos besoins et variez les produits.<br />

´ Préférez les matières grasses végétales,<br />

sauf l’huile de palme, aux graisses animales.<br />

´ Limitez l’ajout inutile de matières grasses,<br />

quelles qu’elles soient.<br />

´ Ne tombez pas dans l’excès de restriction.<br />

Les matières grasses sont nécessaires et fournissent<br />

vitamines et acides gras essentiels.<br />

´ L’utilisation des bonnes graisses doit aussi<br />

s’inscrire dans une alimentation saine.<br />

´ Pour augmenter son quota d’oméga 3, les<br />

poissons gras restent la meilleure solution.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

31


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

32<br />

Le nombre de diabétiques ne cesse<br />

d’augmenter. Selon l’International<br />

Diabetes Federation, le diabète<br />

touchera 29 millions de personnes<br />

en Europe en 2025, contre 25 millions<br />

en 2003. Selon les estimations,<br />

la Belgique compte plus de<br />

500 000 personnes atteintes de<br />

diabète, dont 80 à 90 % de diabète<br />

de type 2, aussi appelé diabète de<br />

vieillesse.<br />

2 070 nouveaux cas de diabète de<br />

type 1 et 23 500 cas de diabète de<br />

type 2 seraient ainsi diagnostiqués<br />

chaque année.<br />

La moitié des diabétiques igno-<br />

Le diabète peut<br />

bouleverser votre<br />

existence, vous<br />

contraindre à adopter<br />

un mode de vie plus<br />

sain, voire vous<br />

imposer un traitement<br />

médicamenteux. Mais il<br />

n’empêche pas de vivre<br />

"normalement".<br />

Un mode de vie sain<br />

est indispensable<br />

Chaque<br />

année, 23 500<br />

nouveaux<br />

diabétiques<br />

de type 2 sont<br />

diagnostiqués<br />

en Belgique<br />

DIABÈTE<br />

reraient en outre leur maladie et<br />

courent dès lors un risque nettement<br />

plus élevé d’être victimes de<br />

complications sérieuses. Le diabète<br />

est en eff et une maladie grave,<br />

mais un diagnostic précoce et<br />

un traitement adapté évitent bien<br />

des souff rances au patient. Il peut<br />

même compter sur une qualité de<br />

vie et une espérance de vie "normales",<br />

s’il suit scrupuleusement<br />

son traitement.<br />

L’insuline, facteur clé<br />

Pendant la digestion, l’énergie<br />

présente dans les aliments (sous<br />

forme de sucres, d’amidon, etc.)<br />

est transformée en glucose, une<br />

source d’énergie que notre organisme<br />

peut exploiter.<br />

Le glucose arrive directement dans<br />

le sang et l’insuline entre alors en<br />

jeu... Cette hormone sécrétée par<br />

le pancréas veille à ce que le glucose<br />

parvienne aux cellules, qui<br />

reçoivent ainsi l’énergie dont elles<br />

ont besoin pour fonctionner. L’insuline<br />

maintient également le taux<br />

de glucose dans le sang (la glycémie)<br />

en équilibre, ce qui permet<br />

d’éviter l’hypoglycémie (manque<br />

de glucose) ou l’hyperglycémie


(trop de glucose). Chez les diabétiques,<br />

ce mécanisme est déréglé.<br />

En cause ? Trop<br />

de glucose dans le sang<br />

Le diabète de type 2 est le plus<br />

fréquent. Aussi appelé diabète de<br />

vieillesse (car il touche surtout<br />

les plus de 40 ans), il est dû à un<br />

double problème : d’une part, le<br />

pancréas ne sécrète pas assez d’insuline<br />

et, d’autre part, l’organisme<br />

ne réussit pas à exploiter l’insuline<br />

produite (résistance à l’insuline).<br />

Le glucose s’accumule donc dans<br />

le sang et augmente la glycémie,<br />

qui reste constamment élevée (hyperglycémie).<br />

Le diabète de type 1 se déclare habituellement<br />

pendant l’enfance ou<br />

l’adolescence, parce que le pancréas<br />

ne sécrète pas d’insuline. Par<br />

conséquent, le glucose dans le sang<br />

n’est pas utilisé et la glycémie augmente.<br />

Pour éliminer cet excès de glucose<br />

dans le sang, il faut adapter son<br />

mode de vie et/ou prendre des antidiabétiques<br />

(comprimés) ou de<br />

l’insuline.<br />

La situation inverse peut aussi se<br />

produire. Il est question d’hypoglycémie<br />

si la glycémie est trop faible<br />

et si le taux de glucose est trop bas<br />

pour couvrir les besoins de l’organisme.<br />

Pour y remédier, il faut donc<br />

consommer des sucres rapidement<br />

assimilables.<br />

Le diabète<br />

s’accompagne<br />

d’une<br />

hyperglycémie<br />

chronique.<br />

Voilà<br />

pourquoi il est<br />

aussi appelé<br />

"maladie du<br />

sucre"<br />

Exemple de stylos pour injecter l’insuline. Le choix<br />

dépend de votre préférence et de vos habitudes.<br />

><br />

UNE MA<strong>LA</strong>DIE COÛTEUSE<br />

INTERVENTIONS PRÉVUES<br />

POUR LES DIABÉTIQUES<br />

Le diabète est une maladie coûteuse pour la société. En raison<br />

de sa nature chronique et de la gravité des complications, elle<br />

représente environ 6,7 % du budget de santé total.<br />

Plusieurs systèmes ont donc été mis en place pour diminuer<br />

les frais des patients. L’INAMI rembourse par exemple entièrement<br />

ou partiellement le matériel nécessaire pour mesurer<br />

le taux de glucose dans le sang ou les consultations auprès de<br />

professionnels de la santé. L’insuline proprement dite et les<br />

antidiabétiques oraux sont donc gratuits pour le patient.<br />

Convention diabète<br />

La "Convention diabète" est le système le plus ancien, adopté<br />

par l’INAMI et plusieurs centres du diabète en 1987. En vertu<br />

de cette convention, les diabétiques qui doivent s’administrer<br />

deux injections (ou plus) d’insuline par jour reçoivent les informations<br />

et le suivi nécessaires, ainsi que du matériel d’autocontrôle<br />

gratuit. Ce dernier comprend un autopiqueur, des<br />

lancettes, un glucomètre et des bandelettes. En contrepartie,<br />

le patient s’engage à eff ectuer un certain nombre de mesures<br />

par mois, à consulter un spécialiste du fonctionnement des<br />

glandes hormonales (endocrinologue) au moins une fois par<br />

an et à se soumettre à divers examens chaque année. L’an<br />

dernier, quelque 94 000 diabétiques de type 1 ou 2 ont bénéfi<br />

cié de la convention.<br />

Trajet de soins<br />

Face à l’augmentation du nombre de diabétiques de type 2, qui<br />

ne répondent pas tous aux critères de la convention, un "trajet<br />

de soins" est proposé depuis septembre 2009 aux diabétiques<br />

qui reçoivent une à deux injections d’insuline par jour ou qui<br />

vont prochainement entamer un tel traitement. Le trajet de soins<br />

implique une étroite collaboration entre le généraliste et le spécialiste,<br />

d’une part, et le patient, d’autre part. Si vous satisfaites<br />

à un certain nombre de conditions, vous bénéfi ciez de divers<br />

avantages : remboursement intégral des consultations chez le<br />

généraliste et le spécialiste, programme de soins personnel,<br />

matériel (gratuit) d’autocontrôle, remboursement partiel des<br />

consultations chez un podologue agréé (spécialiste des pieds) et<br />

un diététicien deux fois par an. Selon les pouvoirs publics, 75 000<br />

diabétiques environ auraient droit à ce trajet de soins, mais la<br />

mise en œuvre du projet est assez lente.<br />

Passeport du diabète<br />

Crée en mars 2003, le passeport du diabète est un dossier qui<br />

off re aux médecins traitants des références et des informations<br />

précises utiles pour le traitement. Il donne notamment<br />

droit au remboursement partiel, deux fois par an, des prestations<br />

dispensées par un diététicien et un podologue agréé.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

33


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

34<br />

DIABÈTE<br />

><br />

Des premiers<br />

symptômes assez vagues<br />

Souvent, le diabète (surtout de<br />

type 2) reste longtemps inaperçu.<br />

Les symptômes se développent<br />

lentement et de façon insidieuse.<br />

Les signes les plus fréquents sont<br />

AUTOCONTRÔLE<br />

PAS TOUJOURS INDISPENSABLE, PARFOIS SOUHAITABLE<br />

Lorsque le médecin vérifi e le taux de glucose via<br />

une prise de sang, il obtient un bilan des deux ou<br />

trois derniers mois. Les patients diabétiques traités<br />

par injections d’insuline doivent cependant<br />

vérifi er en temps utile si leur glycémie est correcte<br />

à tel moment pour savoir quelle quantité<br />

d’insuline ils doivent s’administrer.<br />

L’autocontrôle leur off re cette possibilité. Cette<br />

pratique est courante chez les diabétiques de<br />

type 1, mais beaucoup moins chez ceux de type<br />

2. Le matériel est coûteux, le test n’est pas toujours<br />

nécessaire ni suffi sant en soi et les risques<br />

d’erreur ne sont pas exclus. Le cholestérol, la<br />

tension et le poids doivent aussi être surveillés.<br />

Diabétiques de type 1 : l’autocontrôle est toujours<br />

indispensable<br />

Chez les patients diabétiques de type 1, la glycémie<br />

varie considérablement et le risque d’hypoglycémie<br />

(un taux de sucre dans le sang trop bas,<br />

qui peut entraîner des palpitations, une transpiration<br />

excessive, des diffi cultés à se concentrer,<br />

une vision trouble, des tremblements,<br />

etc.) est élevé : les médecins et les spécialistes<br />

conseillent dès lors de vérifi er régulièrement le<br />

taux de sucre dans le sang.<br />

Diabétiques de type 2 : l’autocontrôle est recommandé<br />

dans certains cas<br />

Les patients traités par injections doivent aussi<br />

eff ectuer un autocontrôle, mais moins fréquemment<br />

– à quatre fois par jour comme les diabétiques<br />

de type 1.<br />

Si la glycémie est stable, par ex. chez les patients<br />

qui ne prennent pas encore de médicaments ou<br />

qui prennent des antidiabétiques oraux (lesquels<br />

ne font guère varier le taux), l’autocontrôle<br />

ne se justifi e guère. Si le traitement risque<br />

effectivement d’entraîner une hypoglycémie<br />

les suivants : envie d’uriner fréquente,<br />

sensation importante de<br />

faim et de soif, perte de poids,<br />

fatigue, diminution de la concentration,<br />

vision trouble, sensibilité<br />

accrue aux mycoses. A long terme,<br />

le diabète se manifeste par<br />

(par ex., sulfamidés hypoglycémiants, glinides)<br />

et si le patient mène une vie active et irrégulière,<br />

l’autocontrôle peut s’avérer utile pour maintenir<br />

le taux de glucose en équilibre.<br />

Dans le cas d’un diabète de type 2, les médicaments<br />

prescrits peuvent provoquer une hypoglycémie<br />

et la glycémie est instable. L’autocontrôle<br />

du taux sanguin pendant un certain temps peut<br />

alors être utile et permet d’adapter le traitement<br />

au besoin.<br />

CONTRÔLE DU TAUX <strong>DE</strong> SUCRE<br />

La lancette est insérée dans<br />

l’autopiqueur.<br />

La bandelette de test est<br />

placée dans le glucomètre.<br />

des troubles vasculaires et aff ecte<br />

la plupart des organes.<br />

Le diabète est habituellement<br />

diagnostiqué chez le généraliste,<br />

qui vérifi e à l’aide de deux prises<br />

de sang, des jours diff érents,<br />

si les taux de glucose des deux<br />

On pique ensuite le doigt<br />

avec la lancette.<br />

Une goutte de sang apparaît<br />

sur la bandelette et le taux s’affi che<br />

sur le glucomètre.


ou trois derniers mois sont<br />

normaux ou pas. Mais la maladie<br />

est souvent remarquée par hasard.<br />

Idéalement, le généraliste<br />

eff ectuera cependant des contrôles<br />

réguliers chez les personnes à<br />

risque, à savoir les plus de 65 ans,<br />

les personnes de 45 ans ayant un<br />

parent direct atteint de diabète,<br />

celles qui présentent des symptômes<br />

de diabète, qui ont déjà souffert<br />

de troubles de la glycémie,<br />

qui prennent des médicaments<br />

spécifi ques (des corticoïdes, par<br />

ex.) ou qui ont une maladie susceptible<br />

de provoquer le diabète.<br />

Un dépistage généralisé systématique<br />

n’est pas recommandé,<br />

car il serait trop coûteux et guère<br />

justifi é.<br />

Insuline pour baisser<br />

le taux de glucose<br />

Le diabète est une maladie chronique<br />

grave, mais si le patient<br />

bénéfi cie à temps d’une prise en<br />

charge de qualité, bien des souffrances<br />

peuvent lui être épargnées.<br />

Un premier aspect du traitement<br />

consiste à surveiller et rectifi er la<br />

glycémie.<br />

Pour un diabète de type 2, le médecin<br />

prescrira d’abord des "antidiabétiques",<br />

des médicaments<br />

qui stimulent la sécrétion d’insuline,<br />

abaissent le taux de glucose<br />

dans le sang ou affaiblissent la<br />

résistance à l’insuline de l’organisme.<br />

Lorsque ces médicaments ne sont<br />

plus assez effi caces, des injections<br />

d’insuline sont nécessaires pour<br />

adapter le taux de glucose. Les diabétiques<br />

de type 1 reçoivent d’emblée<br />

un traitement par injections<br />

d’insuline.<br />

Un taux de glucose<br />

en équilibre ne suffi t pas<br />

Surveiller la glycémie ne suffit<br />

pas, il faut aussi réduire le risque<br />

de maladies cardiovasculaires<br />

– une complication fréquemment<br />

associée au diabète – et veiller à<br />

ce que le patient conserve une<br />

tension optimale. Le cas échéant,<br />

ce dernier doit impérativement<br />

arrêter de fumer et maigrir s’il est<br />

obèse ou en surpoids (une perte<br />

de poids de 5 à 10 % atténue déjà<br />

considérablement la résistance<br />

à l’insuline). Une activité physique<br />

suffi sante, de même qu’une<br />

alimentation saine et équilibrée,<br />

s’imposent également.<br />

Les diabétiques devront certes<br />

introduire quelques changements<br />

dans leur existence, non sans<br />

quelque diffi culté. Ces eff orts parfois<br />

considérables s’avèrent néanmoins<br />

payants puisqu’ils permettent<br />

d’améliorer tant la qualité de<br />

vie que l’espérance de vie.<br />

De graves complications<br />

Si le traitement est insuffisant<br />

ou, pire, absent, de graves complications<br />

peuvent survenir. A<br />

long terme, une hyperglycémie<br />

endommage les organes (jusqu’à<br />

provoquer leur dysfonctionnement)<br />

et les tissus. Concrètement,<br />

le risque de crise cardiaque<br />

et d’hémorragie cérébrale<br />

(apoplexie) augmente, la rétine<br />

s’abîme, la cataracte et la cécité<br />

ne sont pas exclues, les reins se<br />

dégradent lentement mais sûrement,<br />

les vaisseaux sanguins<br />

peuvent s’atrophier au point de<br />

rendre une amputation nécessaire,<br />

les hommes souff rent d’impuissance,<br />

des troubles gastriques<br />

et intestinaux se manifestent et les<br />

problèmes podologiques sont fréquents.<br />

Les diabétiques courent<br />

en outre un risque de maladies<br />

cardiovasculaires deux à quatre<br />

fois plus élevé. Mais il faut le répéter<br />

: bien suivi, un traitement<br />

de qualité permet d’atténuer et<br />

de diff érer ces risques et désagréments.<br />

La prévention<br />

est l’aff aire de tous<br />

Il est impossible d’éviter le<br />

diabète de type 1, subordonné<br />

à des facteurs héréditaires. La<br />

génétique joue également un<br />

rôle dans le diabète de type 2,<br />

mais ce dernier est aussi lié à nos<br />

Outre la<br />

glycémie, les<br />

diabétiques<br />

doivent<br />

surveiller leur<br />

cholestérol,<br />

leur poids et<br />

leur tension<br />

habitudes de vie occidentales. La<br />

prévention permet donc, dans<br />

une certaine mesure, d’éviter cette<br />

maladie. Les recommandations<br />

peuvent sembler rabâchées, mais<br />

n’en sont pas moins importantes<br />

pour tout un chacun : maigrir,<br />

bouger davantage, adopter une<br />

alimentation saine et équilibrée,<br />

boire de l’alcool avec modération<br />

et ne pas fumer.<br />

PLUS D’INFOS<br />

MIEUX VAUT PRÉVENIR<br />

A. Lievens et R. Sas<br />

http://www.riziv.fgov.be/care/fr/<br />

revalidatie/convention/diabete/pdf/<br />

agreementadult.pdf<br />

Informations relatives à la Convention<br />

diabète.<br />

http://www.trajetdesoins.be<br />

présente les trajets de soins existants<br />

dans notre pays.<br />

http://www.inami.be/citizen/fr/<br />

medical-cost/specifi c/diabete/<br />

index.htm<br />

fournit des informations sur ce<br />

minidossier.<br />

http://www.diabete-abd.be/<br />

est le site web de l’Association belge<br />

du diabète.<br />

Mangez sain et bougez !<br />

´ Respectez les principes de la pyramide<br />

alimentaire. Deux mots clés doivent vous guider<br />

: "sain" et "équilibré". Autrement dit, beaucoup<br />

de fruits et de légumes, une consommation<br />

modérée de graisses et de sucres, ainsi<br />

que d’alcool.<br />

´ Bougez ! Une demi-heure d’activité physique<br />

d’intensité moyenne suffi t. Prendre les<br />

escaliers, garer la voiture un peu plus loin…<br />

sont autant de petits réfl exes à acquérir.<br />

´ Essayez d’arrêter de fumer. Si vous n’y<br />

parvenez pas seul, demandez conseil à votre<br />

médecin ou pharmacien.<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

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test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

36<br />

la parole aux lecteurs<br />

Le coût de<br />

l'homéopathie<br />

Monsieur A. ne<br />

comprend pas pourquoi<br />

son médicament<br />

homéopathique n'est plus<br />

remboursé.<br />

Il est affi lié à Partena, qui<br />

rembourse des médicaments<br />

homéopathiques à raison de<br />

maximum 75 € par an par<br />

personne. Dernièrement,<br />

il a constaté que le<br />

Mucococcinum Boiron, qui<br />

était remboursé, ne l'est plus.<br />

C'est un médicament qui<br />

coûte quand même 12,5 €<br />

pour 10 doses, nous dit-il.<br />

A-t-il un recours ? Il regrette<br />

aussi que l'Oscillococcinum<br />

ne soit pas remboursé, alors<br />

que c'est un médicament<br />

selon lui très effi cace en<br />

cas de début de grippe.<br />

Qui décide de ce qui est<br />

remboursé ou non et ne fautil<br />

pas informer la population<br />

de tels changements ?<br />

Rappelons d'abord qu'aucun<br />

médicament homéopathique<br />

n'est remboursé dans<br />

le cadre de l'assurance<br />

maladie obligatoire. C'est<br />

que leur effi cacité n'est pas<br />

démontrée. En principe,<br />

ne peuvent prétendre au<br />

remboursement que les<br />

médicaments qui ont une<br />

effi cacité scientifi quement<br />

prouvée. Les mutuelles<br />

off rent un remboursement<br />

partiel, mais cela dans le<br />

cadre de leur assurance<br />

complémentaire. Lorsque<br />

vous vous affi liez à une<br />

mutuelle, vous bénéfi ciez<br />

en sus de l'assurance<br />

maladie obligatoire d'une<br />

assurance complémentaire,<br />

pour laquelle vous payez un<br />

supplément à la mutuelle.<br />

Légalement, ce n'est<br />

pas obligatoire, mais en<br />

pratique il est diffi cile d'y<br />

échapper. Les interventions<br />

complémentaires concernent<br />

les lunettes et lentilles,<br />

l'orthodontie, le transport<br />

des malades, etc. Et<br />

aussi les médicaments<br />

homéopathiques. Ce<br />

remboursement est donc<br />

une initiative personnelle<br />

des mutuelles. Les personnes<br />

qui ne croient pas à<br />

l'homéopathie préféreraient<br />

sans doute un meilleur<br />

remboursement d'autres<br />

services, mais soit.<br />

Chaque mutuelle décide<br />

souverainement quels<br />

médicaments homéopathiques<br />

elle rembourse ou<br />

non et jusqu'à quel plafond.<br />

Il n'y a donc pas de recours<br />

pour monsieur A.<br />

Encore un mot au sujet de<br />

l'Oscillococcinum, "best seller"<br />

des laboratoires Boiron,<br />

censé aider contre les états<br />

grippaux. Pour préparer ce<br />

remède, on procède comme<br />

suit : on décapite un canard<br />

de Barbarie et on extrait son<br />

foie et son cœur ; on place<br />

quelques grammes de ces<br />

chairs dans une solution et<br />

on laisse macérer 40 jours.<br />

Puis on fi ltre le liquide, qui<br />

servira à préparer l'Oscillococcinum<br />

homéopathique<br />

vendu en pharmacie. Nous<br />

ignorons ce qu'en pensent les<br />

amis des animaux. Quoi qu'il<br />

en soit, l'effi cacité du remède<br />

n'est pas prouvée.<br />

La pomme<br />

empoisonnée ?<br />

Monsieur D. a entendu<br />

dire que les pommes<br />

contiennent une substance<br />

cancérigène, la patuline.<br />

Il se demande si l'on en<br />

retrouve aussi dans les jus<br />

et les compotes.<br />

Disons d'emblée qu'un eff et<br />

cancérigène de la patuline<br />

n'est pas démontré.<br />

La patuline est une mycotoxine,<br />

c.-à-d. une toxine<br />

produite par des moisissures.<br />

Bien des moisissures sont<br />

parfaitement inoff ensives,<br />

mais d'autres peuvent être<br />

nocives. En eff et, certaines<br />

produisent des mycotoxines,<br />

potentiellement<br />

dangereuses, comme les<br />

afl atoxines, mais aussi<br />

la patuline. Déjà en 1998<br />

(TS 28), nous avons signalé<br />

que certaines moisissures<br />

sur les pommes produisent<br />

rapidement de la patuline. A<br />

l'époque, nous avions analysé<br />

des jus de pomme et des<br />

compotes, avec des résultats<br />

plutôt rassurants quant aux<br />

teneurs en patuline.<br />

La patuline est associée<br />

surtout aux pommes<br />

manifestant la "pourriture<br />

brune" ou d'autres<br />

signes de pourrissement.<br />

Contrairement à ce que<br />

certains affi rment, un<br />

eff et cancérigène n'est pas<br />

prouvé, mais elle a - chez des<br />

animaux de laboratoire - des<br />

eff ets négatifs sur le système<br />

immunologique, le système<br />

nerveux et le système gastrointestinal.<br />

Quant à savoir<br />

si elle est dangereuse pour<br />

Les moisissures des pommes<br />

produisent rapidement de la<br />

patuline.<br />

l'homme, c'est moins clair.<br />

Il est rassurant de savoir<br />

que la patuline se dégrade<br />

rapidement lors de la<br />

digestion des aliments.<br />

Le développement de<br />

moisissures est un<br />

phénomène naturel et il est<br />

diffi cile d'éviter totalement la<br />

présence de patuline dans les<br />

produits dérivés de pommes,<br />

sachant qu'une seule pomme<br />

touchée peut contaminer<br />

le jus de 750 pommes ! Une<br />

étude de 2006 a montré<br />

qu'environ un jus de pomme<br />

sur dix est contaminé. A<br />

noter que la concentration<br />

moyenne en patuline était la<br />

plus élevée dans les jus bio.<br />

Mais les autorités ont fi xé<br />

des teneurs maximales en<br />

patuline pour les produits<br />

dérivés de pommes. Par<br />

précaution, on peut sans<br />

doute recommander de ne<br />

pas gaver les jeunes enfants<br />

de jus de pomme. D'un<br />

point de vue simplement<br />

diététique, certains boivent<br />

trop de jus de pomme, ce<br />

qui constitue un apport en<br />

calories trop important.<br />

Mieux vaut leur donner de<br />

l'eau.<br />

Piscines, chlore<br />

et asthme<br />

Monsieur et madame V. se<br />

demandent s'ils peuvent<br />

encore aller à la piscine


avec leur petite-fi lle, âgée<br />

d'un an. Elle est allergique<br />

aux pollens et aux<br />

acariens. Or, on leur a dit<br />

que le chlore des piscines<br />

favorise l'asthme.<br />

C'est un problème que<br />

nous avons déjà évoqué.<br />

Des études indiquent<br />

que la fréquentation des<br />

piscines, dont l'eau est<br />

désinfectée au chlore,<br />

entraîne un risque accru<br />

d'asthme et d'allergie. Pour<br />

le professeur Alfred Bernard<br />

de l'Université Catholique<br />

de Louvain, l'exposition<br />

croissante des enfants aux<br />

produits de chloration, très<br />

concentrés dans l'eau et l'air<br />

des piscines, serait même<br />

un des facteurs expliquant<br />

le nombre croissant de<br />

personnes allergiques.<br />

Avec d'autres chercheurs,<br />

il a récemment publié une<br />

nouvelle étude (European<br />

Respiratory Journal, juillet<br />

2010) qui confi rme que<br />

le chlore aff ecte la santé<br />

pulmonaire des jeunes<br />

enfants, surtout s'il y a<br />

des antécédents familiaux<br />

d'asthme ou d'allergie.<br />

L'étude montre que le chlore<br />

des piscines augmente le<br />

risque de bronchiolite et<br />

favorise le développement<br />

d'asthme et d'allergies.<br />

La prévention passe par<br />

des normes et contrôles<br />

Le chlore des piscines<br />

n'est pas bon pour les<br />

poumons des petits<br />

enfants.<br />

plus stricts et par le recours<br />

à d'autres méthodes de<br />

désinfection. En attendant,<br />

on ne peut que conseiller<br />

la prudence vis-à-vis des<br />

établissements où règne<br />

une forte odeur de chlore. Le<br />

professeur Bernard va même<br />

jusqu'à conseiller d'éviter les<br />

piscines avant 6-7 ans.<br />

Vous avez dit<br />

andullation ?<br />

Madame D. veut savoir si<br />

la thérapie par andullation<br />

est aussi effi cace que<br />

l'affi rment ses promoteurs.<br />

Elle a découvert cette<br />

thérapie sur le site www.<br />

andullation.eu. L'andullation<br />

serait une nouvelle méthode<br />

pour traiter les maux<br />

les plus divers, par une<br />

combinaison de vibrations<br />

qui "génèrent une résonance<br />

dans la cellule" et d'ondes de<br />

chaleur électromagnétiques<br />

diff usées par infrarouge.<br />

Ce serait effi cace pour<br />

combattre le mal de dos,<br />

mais aussi pour aider à<br />

obtenir un ventre plat,<br />

lutter contre le mal de mer,<br />

améliorer les performances<br />

sportives, aider au traitement<br />

du syndrome de fatigue<br />

chronique, etc. En fait, il<br />

s'agit simplement d'un<br />

matelas de massage avec des<br />

éléments chauff ants. Le site<br />

présente des études censées<br />

démontrer l'effi cacité du<br />

système, mais, examinées<br />

d'un regard critique, elles<br />

ne démontrent qu'une seule<br />

chose, à savoir que certains<br />

"scientifi ques" n'ont aucun<br />

scrupule quand il s'agit de<br />

produire sur commande des<br />

études dont les résultats<br />

vont dans le sens de ce que<br />

souhaite le commanditaire.<br />

On peut aller se faire "traiter"<br />

notamment dans certains<br />

salons de massage. On peut<br />

aussi acheter le matelas, si<br />

l'on est disposé à débourser<br />

plus de 2 000 €. Nous<br />

pensons quant à nous que les<br />

allégations avec lesquelles<br />

ce système est vanté sont<br />

trompeuses.<br />

Sténose de la<br />

carotide :<br />

réaction<br />

Dans TS93 (novembre<br />

2009) nous avons publié un<br />

article sur la sténose de la<br />

carotide. En même temps,<br />

nous avons mis en ligne<br />

un dossier plus fourni.<br />

Le docteur Koentges,<br />

chirurgien vasculaire<br />

à l'Eeuwfeestkliniek<br />

(Anvers) nous a fait<br />

parvenir une réaction.<br />

Les artères carotides<br />

transportent le sang jusqu'au<br />

cerveau. Une sténose<br />

(rétrécissement) de la carotide<br />

est une aff ection relativement<br />

fréquente, qui dans les cas<br />

graves peut provoquer un<br />

accident vasculaire cérébral.<br />

La cause de la sténose est le<br />

plus souvent l'athérosclérose,<br />

une accumulation de plaque<br />

d'athérome sur la paroi<br />

interne des artères. L'examen<br />

de premier choix pour les<br />

sténoses de la carotide reste<br />

l'exploration duplex (bon<br />

marché et sans risques).<br />

Si le médecin découvre<br />

une sténose à l'examen, il<br />

doit bien peser le pour et<br />

le contre d'une éventuelle<br />

opération. Une opération de<br />

la carotide entraîne toujours<br />

des risques. On peut opter<br />

pour une chirurgie classique<br />

(une endartériectomie,<br />

consistant à inciser le cou et<br />

à ouvrir la carotide) ou pour<br />

une opération par l'intérieur<br />

(angioplastie, avec mise en<br />

place d'un stent).<br />

Nous avions écrit que par<br />

le passé on pratiquait le<br />

plus souvent des opérations<br />

classiques. Le docteur<br />

Bernard Koentges, chirurgien<br />

vasculaire, trouve que<br />

cela suggère que ce n'est<br />

aujourd'hui plus le cas. Ce en<br />

quoi il n'a pas tout à fait tort.<br />

Nous tenons donc à préciser<br />

que c'est toujours l'opération<br />

classique (endartériectomie)<br />

qui reste la référence et<br />

qui est la plus pratiquée.<br />

Il y a quelques années, les<br />

angioplasties avec mise en<br />

place d'un stent ont connu<br />

un succès croissant, mais<br />

cet engouement diminue<br />

depuis environ 3 ans. La<br />

raison en est que l'on a<br />

constaté que la mise en<br />

place de stents, même<br />

améliorée par l'utilisation<br />

de fi ltres, entraîne plus de<br />

complications.<br />

Sur www.test-achats.be/<br />

stenose vous trouverez un<br />

dossier complet sur la sténose<br />

de la carotide, avec de plus<br />

amples informations sur les<br />

deux types d'opérations et<br />

leurs risques respectifs.<br />

M. Vanbellinghen et A. Lievens<br />

test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

37


test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />

38<br />

"<br />

vrai ou faux ?<br />

Tous les vins ont un apport<br />

calorique équivalent<br />

On dit souvent que l’alcool fait<br />

grossir. Les personnes qui souhaitent<br />

perdre du poids s’interrogent<br />

fréquemment sur l’apport calorique<br />

des boissons alcoolisées. Combien<br />

de calories une bière contient-t-elle ?<br />

Y a-t-il une diff érence entre le vin<br />

rouge et le vin blanc ? Les bulles ontelles<br />

une infl uence ? Que penser des<br />

alcopops dont les jeunes raff olent ?<br />

Les étiquettes mentionnent rarement<br />

ce type d’information. Pour connaître<br />

l’apport calorique d’une boisson, il<br />

faut tenir compte de sa teneur en<br />

alcool et en sucres résiduels. Mais le<br />

calcul n’est pas si simple. Il existe,<br />

par exemple, des diff érences entre<br />

les vins blancs et les vins rouges et<br />

entre les vins mousseux et les vins<br />

non mousseux. Le degré d’alcool<br />

fi gure toujours sur l’étiquette. Quant<br />

à la teneur en sucres résiduels, il faut<br />

parfois la deviner.<br />

PAS D’INFORMATIONS SUR <strong>LA</strong><br />

TENEUR EN SUCRE<br />

■ Pour déterminer les calories d’une<br />

boisson, il faut tenir compte de sa teneur<br />

en alcool et en sucres résiduels.<br />

■ cette dernière correspond au taux de<br />

sucres qui n’ont pas été transformés en<br />

alcool lors de la fermentation.<br />

■ L’information sur la teneur en sucres<br />

résiduels n’a cependant aucun caractère<br />

légal contraignant. Cette teneur<br />

chiff rée n'apparaît jamais sur les bouteilles.<br />

VIN B<strong>LA</strong>NC VERSUS VIN ROUGE<br />

■ Le taux de sucres résiduels du vin<br />

rouge est très faible : généralement inférieur<br />

à 1 g/l. Mais certains peuvent<br />

renfermer jusqu’à 4 ou 5 g/l.<br />

■ Les vins blancs sont classés selon leur<br />

teneur en sucres résiduels : sec (de 0 à<br />

4 g/l), demi-sec (de 4 à 12 g), moelleux<br />

(de 12 à 45 g) et doux (plus de 45 g).<br />

Notre affi rmation est FAUSSE.<br />

"<br />

■ La classifi cation des vins mousseux<br />

comme le champagne est encore diff érente<br />

: extra-brut (de 0 à 6 g/l), brut (de<br />

6 à 15 g), extra-dry (de 12 à 20 g), sec<br />

(de 17 à 35 g), demi-sec (de 33 à 50 g)<br />

et doux (plus de 50 g). Enfi n, certains<br />

champagnes ne contiennent aucun<br />

sucre et sont vendus sous des appellations<br />

telles que "brut sauvage", "brut<br />

zéro" ou "ultra-brut".<br />

CALCULER L’APPORT CALORIQUE<br />

■ 1 gramme d’alcool apporte 7 kilocalories<br />

et 1 gramme de sucre 4 kilocalories.<br />

■ Pour calculer l’apport calorique d’un<br />

verre, il vous faudra convertir en poids<br />

la teneur en alcool mentionnée sur la<br />

bouteille (exprimée en volume), tout<br />

en tenant compte de la densité de l’alcool<br />

(0,789).<br />

■ Ce qui donne la formule suivante : volume<br />

d’un verre (en ml) × teneur en alcool<br />

(en volume, tel que mentionné sur<br />

l’étiquette) × 0,789 × 7. Ajoutez enfi n au<br />

résultat obtenu l’apport calorique des<br />

éventuels sucres résiduels.<br />

EXERCICES <strong>DE</strong> CALCUL<br />

■ Un verre de vin rouge (12 cl) contenant<br />

13 % d’alcool et moins d’1 g de<br />

sucres résiduels par litre : 120 × 0,13 ×<br />

0,789 × 7 = 86 kilocalories.<br />

■ Un verre de vin blanc doux (12 cl) à<br />

12 % d’alcool et 50 g de sucres résiduels<br />

par litre : 120 × 0,12 × 0,789 × 7 = 79 calories.<br />

Auquel on ajoute les sucres résiduels<br />

pour un verre : (50 × 120 / 1000) ×<br />

4 = 24 kilocalories. Ce qui fait103 kcal.<br />

■ Autres exemples : un verre de whisky<br />

(3 cl) apporte environ 65 kilocalories,<br />

un verre de porto entre 180 et 200 kilocalories,<br />

et une bouteille de breezer<br />

(25 cl) entre 100 et 120 kilocalories.<br />

Katrien Depoorter et Robert Remy


A<br />

n° an<br />

Acupuncture 87 08<br />

Alcool et jeunes (enquête)<br />

Aliments :<br />

95 10<br />

– allégations sur les produits 83 08<br />

– allergènes 84 08<br />

– "sans sucre"<br />

Alimentation<br />

93 09<br />

– et humeur 81 07<br />

– et prévention des maladies 97 10<br />

Allergies 91 09<br />

Alli (rôle du pharmacien - enquête) 96 10<br />

Alzheimer (la maladie) 80 07<br />

Amiante<br />

Antibiotiques<br />

94 09<br />

– consommation en Europe 87 08<br />

– prescription en Belgique (enquête) 92 09<br />

Antidépresseurs 80 07<br />

Antioxydants 82 07<br />

Argent et maladie (VF) 79 07<br />

Audition et bruit 87 08<br />

Autisme 85 08<br />

Automédication<br />

B<br />

84 08<br />

Bains de bouche 97 10<br />

Biocides 90 09<br />

Biscuits (dits "sains") 85 08<br />

Boissons "bien-être" 90 09<br />

Bouchons d’oreilles 99 10<br />

Bruit et audition<br />

C<br />

Calculs<br />

87 08<br />

– biliaires 84 08<br />

– rénaux 95 10<br />

– rénaux et lait (VF)<br />

Cancer :<br />

82 07<br />

– colorectal 80 07<br />

– de la gorge 96 10<br />

– de la prostate (dépistage) 79 07<br />

– du cerveau 90 09<br />

– du col de l’utérus 92 09<br />

– et qualité de vie 83 08<br />

– les traitements 78 07<br />

Cellules souches 90 09<br />

Centres de bronzage (enquête) 94 09<br />

Chirurgie et traitements esthétiques (enquête) 92 09<br />

Cholestérol 89 09<br />

Cholestérol (VF) 84 08<br />

Chutes (prévention) 88 08<br />

CO et joues rouges (VF) 81 07<br />

Colorants dans l’alimentation 99 10<br />

Coma 85 08<br />

Compléments alimentaires (enquête) 94 09<br />

Condition physique 81 07<br />

Contrôles médicaux 98 10<br />

Cosmétiques et acné (VF) 89 09<br />

Cuisine (hygiène éponges-lavettes - enquête) 89 09<br />

Cuisine (hygiène - toxi-infections alimentaires) 95 10<br />

Cuisson (modes de) et valeur nutritive 87 08<br />

Crudités (V/F)<br />

D<br />

90 09<br />

Dégénérescence maculaire 83 08<br />

Dentistes (tarifs) 97 10<br />

Diarrhée bébés (conseils pharmaciens : enq.) 86 08<br />

Diverticulose 99 10<br />

Don d’organes<br />

E<br />

93 09<br />

Édulcorants 87 08<br />

E-health<br />

Enfants :<br />

96 10<br />

– à l’hôpital 94 09<br />

– médicaments<br />

F<br />

92 09<br />

Fatigue chronique (syndrome) 94 09<br />

Fibres dans l'alimentation 79 07<br />

Cet index reprend les articles parus dans <strong>Test</strong>-Santé depuis le n° 78 (4-5/2007) et jusqu’au n° 99 inclus.<br />

Certains sujets ont été abordés de manière plus succincte dans des rubriques.<br />

Toutefois, vous ne retrouverez ici que la rubrique “Vrai ou Faux” (VF).<br />

G<br />

Gels désinfectants (VF) 95 10<br />

Gencives (affections) 86 08<br />

Gonfl ement des ganglions 82 07<br />

Grains de beauté 97 10<br />

Graisses<br />

– mauvaises 92 09<br />

– végétales (VF) 78 07<br />

H<br />

Hépatite A,B et C 91 09<br />

Hernie linguinale 92 09<br />

Homéopathie 96 10<br />

Homéopathie et phytothérapie (VF) 91 09<br />

Honoraires médicaux 84 08<br />

Hôpitaux :<br />

– enfants (enquête) 94 09<br />

– information aux patients 81 07<br />

– services des urgences (enquête) 88 08<br />

– tarifs 78 07<br />

Hoquet et médicaments (VF) 86 08<br />

Hygiène<br />

– corporelle (enquête) 84 08<br />

– intime 81 07<br />

Hyperactivité et trouble du défi cit d’attention 82 07<br />

Hypocondrie 80 07<br />

I<br />

Incontinence urinaire 94 09<br />

Infections alimentaires 86 08<br />

Infections nosocomiales 93 09<br />

Infertililté (enquête) 96 10<br />

Insomnie 89 09<br />

Insuffi sance cardiaque 79 07<br />

L<br />

Lait (produits laitiers) 91 09<br />

Langes réutilisables 68 05<br />

Limonades et décalcifi cation des os (VF) 98 10<br />

Lire dans la pénombre (VF) 97 10<br />

Lymphomes 86 08<br />

Lombalgies 83 08<br />

M<br />

Maniaco-dépression 78 07<br />

Maigrir (voir Régimes)<br />

Mal de cou 79 07<br />

Maladies auto-immunes 88 08<br />

Matériel scolaire et substances nocives 98 10<br />

Médecines alternatives (enquête) 81 07<br />

Médicalisation de la vie 97 10<br />

Médicaments :<br />

– contrefaçons sur internet 98 10<br />

– déchets 88 08<br />

– effets secondaires 91 09<br />

– en vente libre 87 08<br />

– modifi cation de la loi 78 07<br />

– nouvelles formes d’administration 83 08<br />

– orphelins 99 10<br />

– parcours des médicaments 78 07<br />

– point de contact TA (plaintes) 85 08<br />

– politique (modèle Kiwi) 79 07<br />

– polymédication des seniors (enquête) 98 10<br />

– pour les enfants 92 09<br />

– prescriptions "off-label" 95 10<br />

– prix (économies possibles) 82 07<br />

– publicité 85 08<br />

– usage (information-enquête) 79 07<br />

Micro-ondes sûrs (VF) 96 10<br />

N<br />

Nanotechnologies 89 09<br />

O<br />

Obésité 90 09<br />

Oméga-3 dans l’alimentation 82 07<br />

Oreilles (croissance) (VF) 83 08<br />

Ozone 86 08<br />

P<br />

Parkinson (maladie) 95 10<br />

Patients<br />

– droits des 88 08<br />

– et prestataires de soins (relations -enquête) 99 10<br />

– mobilité 91 09<br />

Peau (problèmes) 80 07<br />

Pesticides dans les fruits 96 10<br />

Petit-déjeuner idéal<br />

Pharmaciens<br />

87 08<br />

– prescriptions substances actives (enq.) 89 09<br />

– rôle (enquête) 96 10<br />

Pharmacies (prescriptions subst. active-enq.) 89 09<br />

Phytothérapie 93 09<br />

Placebo (effet) 89 09<br />

Plombage (prix) (VF) 99 10<br />

Pneumonie 81 07<br />

Polluants domestiques : biocides et pesticides<br />

Pollution<br />

78 07<br />

– dans le métro 97 10<br />

– de l’air à l’école 81 07<br />

– intérieure 80 07<br />

Pommes (taches brunes VF) 88 08<br />

Potées de légumes 93 09<br />

Poux 99 10<br />

Produits toxiques à la maison<br />

R<br />

83 08<br />

Régimes dans les magazines 78 07<br />

Rhume 90 09<br />

Risques cardio-vasculaires<br />

S<br />

86 08<br />

Sang (don - enquête) 86 08<br />

Santé sur internet 93 09<br />

Sel marin (VF)<br />

Seniors<br />

92 09<br />

– cohabitation 99 10<br />

– polymédication - enquête 98 10<br />

Sida et VIH 82 07<br />

Smoothies 89 09<br />

Soins de santé (accessibilité) 95 10<br />

Solaires (crèmes) 91 09<br />

Sorbet (VF) 94 09<br />

Soutien-gorge et cancer du sein (VF) 87 08<br />

Sport (en refaire) 85 08<br />

Stations-services (inhalation substances tox.) 95 10<br />

Stress au travail 90 09<br />

Supermarchés (politique nutrionnelle)<br />

T<br />

88 08<br />

Tabagisme (enquête) 85 08<br />

Tapis puzzle pour enfants 93 09<br />

Textiles (substances toxiques) 84 08<br />

Thorax (douleur) 84 08<br />

Thyroïde (troubles) 98 10<br />

Traumatismes<br />

Trouble<br />

97 10<br />

– bipolaire 78 07<br />

– du défi cit d’attention et hyperactivité<br />

Troubles<br />

82 07<br />

– de la personnalité (enquête) 83 08<br />

– psychiques (enquête)<br />

V<br />

82 07<br />

Veines variqueuses 82 07<br />

Végétariens et calories (VF) 80 07<br />

VIH et sida 82 07<br />

Voiture (qualité de l’air)<br />

Y<br />

87 08<br />

Yaourts à boire 98 10<br />

Yeux rouges 87 08<br />

Pour obtenir une copie<br />

des articles ou commander<br />

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<strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />

rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles<br />

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Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />

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Les activités de <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong> sont<br />

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juridiques: la SCRL Association des<br />

Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />

(n° d’entreprise 0425.989.356)<br />

et l’ASBL Association Belge des<br />

Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />

(0407.703.668) – Y. Genin, président.<br />

L’organisation est notamment membre<br />

du BEUC (Bureau Européen des<br />

Unions de Consommateurs), de ICRT<br />

(International Consumers' Research<br />

and <strong>Test</strong>ing) et de CI (Consumers'<br />

International).<br />

L'organisation s’est vu décerner le<br />

label "Entreprise écodynamique" de<br />

la Région de Bruxelles-Capitale pour<br />

ses eff orts en matière d’écogestion.<br />

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des tests sont toujours indépendants<br />

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Editeur responsable:<br />

Dominique Henneton<br />

www.test-achats.be<br />

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39


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