DE L'IVRESSE À LA DÉPENDANCE - Test-Achats
DE L'IVRESSE À LA DÉPENDANCE - Test-Achats
DE L'IVRESSE À LA DÉPENDANCE - Test-Achats
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01012<br />
www.test-achats.be<br />
Bimestriel<br />
17e année<br />
100 · décembre 2010/janvier 2011<br />
ISSN 1370-0650 · 13,10 €<br />
Bureau de dépôt: Bruxelles X P 801327<br />
9 771370 065005<br />
APHTES<br />
Des produits existent<br />
pour les combattre,<br />
mais en général, ils<br />
disparaissent seuls<br />
MATIÈRES GRASSES<br />
Aux omega 3, au soja,<br />
à l’huile d’olive ...<br />
Que choisir pour<br />
tartiner et cuisiner ?<br />
ENQUÊTE CONSOMMATION D’ALCOOL<br />
Expert ∙ Indépendant ∙ Proche de vous<br />
La frontière entre boire<br />
en société et avoir un réel<br />
problème de boisson est peutêtre<br />
plus mince qu’on ne le<br />
pense. Nous avons interrogé<br />
près de 1 000 Belges et écouté<br />
l’histoire d’anciens alcooliques<br />
<strong>DE</strong> L’IVRESSE<br />
<strong>À</strong> <strong>LA</strong> <strong>DÉPENDANCE</strong><br />
NUMÉRO 100<br />
Notre esprit<br />
critique infl uence<br />
la politique<br />
à votre profi t<br />
Préparations magistrales : test de qualité auprès de 42 pharmaciens
NR. 100 - DÉCEMBRE 2010/JANVIER 2011<br />
Cela fait 100 numéros que<br />
nous faisons pression pour<br />
des soins de santé et une<br />
alimentation de qualité,<br />
tous deux fi nancièrement<br />
abordable. Heureusement<br />
avec un certain succès<br />
26<br />
NOS TROIS VALEURS<br />
EXPERT<br />
Notre crédibilité repose sur l’expertise de 300<br />
collaborateurs hautement qualifi és, sur des méthodes<br />
éprouvées, transparentes et constamment réévaluées,<br />
et sur une éthique professionnelle exigeante.<br />
04.<br />
06.<br />
10.<br />
15.<br />
18.<br />
23.<br />
26.<br />
28.<br />
32.<br />
36.<br />
38.<br />
INDÉPENDANT<br />
Notre travail exige une totale indépendance d’un<br />
point de vue fi nancier, politique, idéologique. Nos<br />
prises de position et conseils ne sont conditionnés<br />
par aucune pression extérieure.<br />
Près d’un Belge sur dix<br />
consomme de l’alcool<br />
de manière à porter<br />
préjudice à sa santé.<br />
Apprenez à connaître<br />
vos limites pour éviter<br />
d’en devenir l’esclave<br />
RECHERCHES MÉDICALES<br />
Contre l’arthrose • Sclérose en plaques : atténuer les symptômes • Nitroglycérine<br />
et tendinites • Pin maritime • Hormones et calculs rénaux<br />
BLOC-NOTES SANTÉ<br />
Migration dans les aliments • Banque de donnée médicaments • Allergies<br />
alimentaires • Emballages • Contrôle des allégations • Médicaments<br />
avec alcool • Info ou pub ? • Viagra pour femmes • Effets secondaires<br />
ENQUÊTE CONSOMMATION D’ALCOOL<br />
Il est important de se rendre compte que l’on boit trop. Une attention<br />
toute particulière devrait être portée à la prévention chez les jeunes.<br />
APHTES<br />
Ils peuvent certes être ennuyeux, mais généralement pas grave. Traiter<br />
n’est même pas forcément utile.<br />
PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />
La qualité de nombre de préparations laisse à désirer. Nous trouvons<br />
que des règles s’imposent.<br />
CYSTITE<br />
A soigner avec ou sans antibiotiques ? Nous avons étudié la question et<br />
proposons également quelques autres traitements.<br />
100 NUMÉROS EN ACTION<br />
Des médicaments moins chers, moins de suppléments d’honoraires,<br />
une alimentation plus sûre, un étiquetage amélioré... Nous avons déjà<br />
obtenu beaucoup.<br />
MATIÈRES GRASSES<br />
Tartiner, cuire, faire dorer. Peut-être qu’il est possible de le faire plus<br />
sainement en choisissant mieux son produit.<br />
DIABÈTE<br />
Vivre avec le diabète n’est pas simple et encore moins bon marché. Un<br />
aperçu sur ce qui peut aider et sur les façons de comprimer les coûts.<br />
<strong>LA</strong> PAROLE AUX LECTEURS<br />
Le coût de l’homéopathie • Patuline dans les pommes • Chlore en piscine<br />
et asthme • Andullation • Sténose de la carotide : réaction<br />
VRAI OU FAUX<br />
"Tous les vins ont un apport calorique équivalent"<br />
DANS NOS PROCHAINS NUMÉROS : Sel caché • Dépistage cancer du sein • Cataracte • Deuil • Enquête soins dentaires<br />
PROCHE <strong>DE</strong> VOUS<br />
Nous tenons compte des besoins de tous les<br />
consommateurs et de nos affi liés en particulier. Nous<br />
sommes à l’écoute de leurs besoins et assurons un<br />
service rapide et adapté.<br />
L’information santé de notre magazine est basée sur les recherches scientifiques les plus récentes -ceci dans le but de répondre au mieux à votre demande d’information sérieuse et<br />
utile. Toutefois, en matière de santé, une certitude absolue ne peut jamais être garantie. Il est recommandé de consulter, pour son cas personnel, un professionel de la santé.
28<br />
COMMENT NOUS CONTACTER?<br />
Par téléphone<br />
02 542 35 55 (numéro général et questions<br />
sur des articles déjà publiés)<br />
02 542 33 00 (abonnements et commandes)<br />
Par e-mail<br />
contact via notre site internet www.test-achats.be<br />
Par courrier<br />
<strong>Test</strong> Santé,<br />
rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles<br />
10<br />
32<br />
100 NUMÉROS DÉJ<strong>À</strong> !<br />
TEST-SANTÉ FAIT ŒUVRE UTILE<br />
Ce n’est pas sans fi erté que nous présentons le numéro 100 de<br />
cette revue. Lancé il y a près de 17 ans, <strong>Test</strong>-Santé visait à répondre<br />
à la demande croissante d’informations objectives en<br />
matière de santé, d’alimentation saine et d’environnement.<br />
Notre ligne de conduite n’a pas bougé d’un pouce. Avant tout,<br />
transmettre une information fi able et objective, pour faire pièce<br />
aux messages orientés et infl uencés par les intérêts commerciaux<br />
dont vous êtes inondés par la publicité, les allégations<br />
de toutes sortes et les sites internet sponsorisés. Nous<br />
ne vous proposons pas d’insipides exposés ex-cathedra, mais<br />
des textes clairs, lisibles, à la portée de tous, avec un nouvel<br />
éclairage et des conseils concrets sur l’alimentation, le traitement<br />
et la prévention des maladies ainsi que la protection de<br />
l’environnement.<br />
Forts de notre expertise et de notre approche consumériste,<br />
nous intervenons auprès des instances concernées pour infl échir<br />
positivement la politique de soins de santé et d’alimentation.<br />
Car vous avez droit à des soins et à une nourriture qui soient<br />
à la fois de qualité et à la portée de tous. Trop souvent encore,<br />
on voit prescrire des traitements et<br />
des médicaments pas réellement<br />
Le consommateur<br />
a droit à une<br />
information correcte,<br />
complète et fi able,<br />
particulièrement en<br />
matière de santé et<br />
d’alimentation.<br />
nécessaires, ou introduire dans les<br />
aliments de base des ingrédients<br />
superfl us, comme des additifs.<br />
Nous luttons aussi pour votre droit<br />
à une information correcte et complète<br />
de la part des professionnels<br />
de la santé, de l’industrie pharmaceutique<br />
et alimentaire, des pouvoirs<br />
publics... Notre enquête sur<br />
les préparations magistrales (voir<br />
p. 18) montre que 1 sur 4 seulement répond aux exigences de<br />
qualité. Nous exigeons des contrôles accrus, avec publication<br />
des résultats, comme aux Pays-Bas. Il n’est pas normal non<br />
plus que seul 1 emballage sur 40 donne toute l’information<br />
utile. Une notice doit être systématiquement jointe. Nous devons<br />
à nos 130 000 abonnés et aux autres consommateurs de<br />
rester vigilants. Nous continuerons à assortir nos constatations<br />
de revendications fermes et d’actions concrètes, si cela<br />
s’avère nécessaire. Comme avec notre point de contact “eff ets<br />
indésirables” auquel 800 patients, depuis 2006, ont notifi é des<br />
problèmes avec des médicaments.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
03
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
04<br />
recherches médicales<br />
ARTHROSE<br />
Glucosamine et chondroïtine :<br />
toujours des doutes<br />
Des préparations à base de glucosamine<br />
et de chondroïtine sont<br />
proposées à qui souff re d’arthrose.<br />
Cependant, leur utilité<br />
reste controversée. Une nouvelle<br />
analyse arrive à des conclusions<br />
décevantes. Les auteurs ont collationné<br />
les résultats des meilleures<br />
études, pour déterminer si la<br />
glucosamine, la chondroïtine ou<br />
des combinaisons des deux ont<br />
un eff et bénéfi que sur la douleur<br />
et l’évolution de l’arthrose.<br />
Ils concluent que l’utilité de ces<br />
produits n’est pas démontrée.<br />
Seul point positif : ils ne font pas<br />
de tort. Cette analyse a toutefois<br />
immédiatement été critiquée<br />
pour des raisons variées. En défi<br />
nitive, ce que nous disions il y a<br />
SCLÉROSE EN P<strong>LA</strong>QUES<br />
Un médicament<br />
à l’étude<br />
La sclérose en plaques peut entraîner<br />
une dégradation progressive<br />
du contrôle des mouvements,<br />
de la perception sensorielle, de la<br />
mémoire, de la parole, etc. Elle<br />
est encore incurable. On dispose<br />
5 ans dans un article sur l’arthrose<br />
du genou (TS 73) reste valable :<br />
il est possible que la glucosamine<br />
et la chondroïtine aient un eff et<br />
contre les douleurs chez certains<br />
patients. Il n’est pas déraisonnable<br />
d’essayer, si les médicaments<br />
classiques n’apportent par le soulagement<br />
escompté.<br />
Notons que si la plupart de ces<br />
produits ont le statut de complément<br />
alimentaire, quelques préparations<br />
à la glucosamine sont<br />
quand même enregistrées comme<br />
médicament. Mais sur base<br />
d’un dossier peu convaincant. Un<br />
des avantages de l’enregistrement<br />
est que les médicaments<br />
sont censés être mieux contrôlés<br />
que les compléments et qu'il<br />
seulement de médicaments qui<br />
peuvent atténuer les symptômes<br />
et ralentir la progression de la maladie.<br />
Il faut dès lors continuer la<br />
recherche. C'est dans ce contexte<br />
que des chercheurs ont testé le<br />
salbutamol, un médicament déjà<br />
utilisé dans l'asthme, auprès de<br />
44 patients. Tous ont reçu un médicament<br />
classique de la sclérose<br />
en plaques, avec en sus soit du<br />
salbutamol, soit un placebo. Ils<br />
ont été suivis pendant deux ans.<br />
Il en ressort que l'adjonction de<br />
salbutamol a un eff et bénéfi que<br />
réel, bien que modeste. Mais<br />
il faudra d'autres études pour<br />
confi rmer ces résultats.<br />
(Source : Archives of Neurology,<br />
septembre 2010)<br />
Un eff et<br />
antidouleur<br />
n’est pas<br />
exclu, mais<br />
les données<br />
sont contradictoires<br />
sont accompagnés d’une notice<br />
sérieuse. Nous nous demandons<br />
pourtant si ce sont des arguments<br />
suffi sants pour conférer le statut<br />
de médicament à des produits<br />
dont l’effi cacité n’est pas claire.<br />
Vous pouvez consulter l’étude sur<br />
www.bmj.com.<br />
(Source : British Medical Journal,<br />
16 septembre 2010)<br />
TENDINITES<br />
La nitroglycérine<br />
serait utile<br />
Des chercheurs ont examiné si<br />
une pommade à la nitroglycérine<br />
peut être utile dans le traitement<br />
des tendinites et autres<br />
lésions des tendons. Après analyse<br />
des études de bonne qualité<br />
disponibles, ils concluent que<br />
la nitroglycérine par voie externe<br />
est effi cace pour atténuer la<br />
douleur associée aux problèmes<br />
de tendons. Il semble aussi que la<br />
nitroglycérine renforce les tendons<br />
dans les tendinites chroniques. Pour<br />
les auteurs, ces données prometteuses<br />
justifi ent des investigations plus poussées.<br />
Précisons qu'il n'y a actuellement qu'une seule pommade<br />
à la nitroglycérine sur le marché belge, soumise à prescription<br />
: Rectogesic, pour le soulagement des douleurs<br />
dues aux fi ssures anales chroniques.<br />
(Source : Archives of Physical Medicine<br />
and Rehabilitation, août 2010)
MA<strong>LA</strong>DIES CARDIOVASCU<strong>LA</strong>IRES<br />
Le pin maritime :<br />
ineffi cace<br />
Le pin maritime ne semble pas utile dans<br />
le cadre de la prévention des maladies<br />
cardiovasculaires.<br />
Dans l'espoir de réduire leur risque de maladie cardiovasculaire,<br />
certaines personnes ont recours à des compléments<br />
alimentaires : huiles de poisson, préparations á base de<br />
plantes, vitamines, minéraux... Parmi les suppléments à<br />
base de plantes, on trouve les extraits d’écorce de pin maritime,<br />
comme le Pycnogenol ou le Pygenol. Selon la publicité,<br />
ils protègent l’organisme contre toute une gamme<br />
de maladies. Pour nous limiter au système cardiovasculaire,<br />
ces produits préviendraient les troubles de la circulation,<br />
réduiraient le taux de mauvais cholestérol, abaisseraient<br />
la tension, diminueraient le risque d’infarctus, etc. Qu’en<br />
est-il ? Des chercheurs californiens ont testé l’eff et du pin<br />
maritime chez des personnes avec un risque accru de maladie<br />
cardiovasculaire. Les 130 participants ont été répartis<br />
sur deux groupes. Les uns ont pris chaque jour 200 mg<br />
d’extrait de pin maritime, les autres des tablettes sans<br />
substance active (placebo). L’étude a duré 3 mois. Les chercheurs<br />
n’ont noté aucune diff érence signifi cative entre les<br />
deux groupes en ce qui concerne l’évolution des facteurs<br />
de risque examinés, comme la tension sanguine, l’indice de<br />
masse corporelle et les taux de cholestérol. Bref, pas d’effet<br />
bénéfi que sur les facteurs de risque cardiovasculaire.<br />
Et l'étude était sponsorisée par la fi rme Toyo Shinyaku, qui<br />
n’est autre que le fabricant de l’extrait testé (Toyo-FVG pine<br />
bark extract).<br />
(Source : Archives of Internal Medicine, 27 septembre 2010)<br />
MÉNOPAUSE<br />
Hormones<br />
et calculs rénaux<br />
La<br />
substitution<br />
hormonale<br />
à la<br />
ménopause<br />
entraîne un<br />
risque accru<br />
de calculs<br />
rénaux<br />
A partir de l'analyse de deux études<br />
ayant comparé des femmes<br />
ménopausées recevant une substitution<br />
hormonale à des femmes<br />
recevant un placebo, totalisant<br />
plus de 27 000 participantes, des<br />
chercheurs américains ont tenté<br />
de déterminer s'il existe un lien<br />
entre le recours à la substitution<br />
hormonale à la ménopause et le<br />
risque de calculs rénaux (lithiase<br />
rénale ou néphrolithiase en langage<br />
médical).<br />
Leur conclusion est que oui, la<br />
substitution hormonale augmente<br />
le risque de développer<br />
des calculs rénaux. Les femmes<br />
furent suivies pendant 5 à 7 ans.<br />
Parmi celles recevant une substitution<br />
hormonale, on a noté<br />
335 cas de lithiase rénale, contre<br />
seulement 284 chez celles recevant<br />
le placebo.<br />
Selon les auteurs, c'est une nouvelle<br />
donnée à prendre en considération<br />
quand on envisage une<br />
substitution hormonale.<br />
Pour en savoir plus sur les calculs<br />
rénaux, voir notre article dans<br />
TS 95 (février 2010).<br />
(Source : Archives of Internal Medicine,<br />
11 octobre 2010)<br />
M. Vanbellinghen et A. Driesen<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
05
test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />
06<br />
bloc-notes santé<br />
Migration dans les<br />
aliments : suivi nécessaire<br />
Des particules de métaux lourds peuvent<br />
se retrouver dans nos assiettes<br />
via le matériel de cuisine : récipients<br />
en plastique passés au micro-ondes,<br />
assiettes et gobelets jetables chauffés,<br />
etc.<br />
Pollution industrielle<br />
Certains processus industriels provoquent<br />
également des problèmes,<br />
ce qui n’est pas neuf. En 2005 déjà,<br />
on trouvait, dans des "cartons" de<br />
lait pour bébés, des traces d’isopropylthioxanthone,<br />
un photo-initiateur<br />
présent dans la composition de l’encre<br />
utilisée sur la surface extérieure<br />
de l’emballage. Quelques semaines<br />
plus tard, des traces de cette même<br />
substance ont également été décelées<br />
dans des briques Tetra Pak de jus<br />
de fruits. Même si la présence d’ITX<br />
n’a pas eu d’incidence directe sur la<br />
santé à en croire l’Autorité européenne<br />
de sécurité alimentaire, les eff ets<br />
à long terme n’étaient guère connus.<br />
Par la suite, il a été décidé de ne plus<br />
utiliser cette technique sur les conditionnements<br />
d’aliments destinés aux<br />
enfants, de jus de fruits et de produits<br />
gras ou non gras. Quatre ans plus<br />
tard, des problèmes ont surgi avec<br />
la découverte de traces de 4-méthylbenzophénone,<br />
un photo initiateur<br />
lui aussi, composant des encres, dans<br />
des céréales du petit-déjeuner. Même<br />
si, selon les experts, cela ne posait<br />
pas de risques immédiats pour la<br />
santé, des craintes subsistaient pour<br />
les consommateurs fréquents et les<br />
enfants. La dose journalière tolérable<br />
(DJT) pour la benzophénone et ses<br />
dérivés a cependant été augmentée<br />
à 0,03 mg/kg de poids corporel, soit<br />
trois fois plus que la valeur auparavant<br />
proposée !<br />
La Belgique très bien classée<br />
L’enquête que nous avons menée<br />
nous a permis de vérifi er si les fabricants<br />
avaient, depuis, pris des me-<br />
sures afi n d’éviter la contamination<br />
par la benzophénone et ses dérivés.<br />
D’autant qu’à l’échelle européenne, il<br />
n’existe toujours aucune norme spécifi<br />
que pour les encres utilisées dans<br />
les emballages alimentaires. Nous<br />
avons également examiné quelques<br />
produits incriminés dans le passé.<br />
Sur 282 échantillons prélevés tant<br />
en Belgique qu’en Italie, Espagne et<br />
Portugal, nous n’avons trouvé que<br />
deux échantillons avec des traces de<br />
benzophénone ou dérivés.Il s’agissait<br />
d’un échantillon italien (dessert<br />
en poudre) et d’un échantillon portugais<br />
(riz) contenant des traces de<br />
benzophénone, mais en trop faibles<br />
quantités pour présenter un réel<br />
danger. En Belgique, deux emballages<br />
contenaient de la benzophénone<br />
mais aucune migration n’a été<br />
constatée vers l’aliment.<br />
Pas totalement positif<br />
La Belgique est très bien classée dans<br />
notre test, mais les constatations Italiennes<br />
et Portugaises révèlent qu’il<br />
s’agit d’une réelle problématique. Le<br />
système d’alerte rapide pour les denrées<br />
alimentaires et les aliments pour<br />
animaux (RASFF), mis en place par la<br />
Même si<br />
nous n’avons<br />
pas trouvé<br />
d’échantillon<br />
contaminé<br />
dans notre<br />
pays, la<br />
migration<br />
demeure un<br />
problème<br />
Commission européenne a enregistré<br />
pas moins de 18 notifi cations au<br />
cours des années 2009 et 2010. En<br />
outre, tous les composés chimiques<br />
(potentiellement) nuisibles présents<br />
dans les encres ne sont pas connus<br />
et nous connaissons trop peu leurs<br />
eff ets à long terme.<br />
Nous exigeons un cadre clair<br />
Il est urgent que la Commission<br />
européenne rédige une réglementation<br />
claire basée sur la résolution du<br />
Conseil de l’Europe, qui précise qu’il<br />
ne peut y avoir de contact direct entre<br />
les aliments et la surface imprimée<br />
du conditionnement, que la migration<br />
des substances doit être négligeable,<br />
voire nulle et qu’en tout cas, les limites<br />
établies ne peuvent être dépassées.<br />
Même si ces recommandations<br />
ne sont pas contraignantes. Il reste<br />
néanmoins hasardeux d’accorder le<br />
bénéfi ce du doute à des substances<br />
que nous connaissons trop peu. Pour<br />
pouvoir éviter toute contamination<br />
par des substances dont nous ignorons<br />
les eff ets à long terme, nous devrions<br />
disposer d’une liste des composés<br />
des encres pouvant être utilisés<br />
sans risque.
Base de données des médicaments<br />
élargie et actualisée<br />
Dans cette base de données en ligne, vous<br />
trouverez tous les médicaments commercialisés,<br />
soit quelque 6 900. Nous ne nous<br />
sommes donc pas limités aux médicaments<br />
pour lesquels il existe une alternative<br />
moins chère. Mais vous pourrez bien<br />
sûr continuer de vérifi er cela aussi. Vous y<br />
trouverez également le prix à payer pour<br />
un médicament, en tant qu’assuré ordinaire,<br />
de bénéfi ciaire d’une intervention<br />
majorée ou de titulaire du statut Omnio.<br />
Tout cela rien qu’en introduisant son nom<br />
et en répondant éventuellement à quel-<br />
Brochure :<br />
allergies alimentaires<br />
Que ce soit dans l’horeca ou les commerces où des aliments sont<br />
vendus en vrac, on accorde trop peu d’attention aux personnes<br />
atteintes d’allergies alimentaires. Au point que certaines, par<br />
exemple, doivent se priver d’une sortie au restaurant. Sous la<br />
devise "un client bien informé est un client fi délisé", nous avons<br />
élaboré à la demande du SPF Santé publique, une brochure destinée<br />
à remédier à cet état de fait. Cette brochure s’adresse aux<br />
boulangers, aux bouchers, aux traiteurs, aux cuisiniers, etc. et<br />
dispense des renseignements pratiques, des informations sur<br />
la présence d’allergènes dans certains produits alimentaires,<br />
sur la manière d’aborder ouvertement les allergies alimentaires<br />
éventuelles des clients, etc. Davantage d’informations sur www.<br />
pensezauxallergiesalimentaires.be R.R. et R.S.<br />
ques questions. En réponse, votre écran<br />
affi chera un tableau présentant tous les<br />
conditionnements existants, les alternatives<br />
et les prix (actualisés mensuellement).<br />
Ce tableau peut être imprimé<br />
et emporté chez votre médecin ou votre<br />
pharmacien pour discuter ensemble du<br />
médicament qui semble le plus indiqué<br />
à votre situation, compte tenu du prix<br />
et de la facilité d’utilisation. Essayez-le<br />
sans attendre sur www.test-achats.be/<br />
prixmedicament. A.L et R.S.<br />
Repères nutritionnels sur les<br />
emballages : peu de clarté<br />
Pour indiquer les repères nutritionnels journaliers,<br />
Kellogg’s Mini Break n’indique pas le<br />
nom de catégorie de la valeur nutritive, mais<br />
des symboles incompréhensibles, d’où l’inutilité<br />
pratique de cette mention. Les repères<br />
nutritionnels journaliers devraient permettre<br />
d’obtenir en un clin d’œil davantage d’informations<br />
sur les valeurs nutritives. En l’espèce,<br />
un dessin indique le taux de calories,<br />
les sucres, les matières grasses, les graisses<br />
saturées et la quantité de sel par portion<br />
et leur pourcentage respectif dans les<br />
LES REPÈRES NUTRITIONNELS<br />
quantités journalières maximales recom- JOURNALIERS indiqués à l’aide de<br />
mandées.<br />
S.B. et R.S.<br />
symboles : incompréhensible.<br />
Allergies<br />
alimentaires<br />
Bien informer les clients<br />
Service public fédéral Santé publique,<br />
Sécurité de la chaîne alimentaire et<br />
Environnement<br />
POUR PRÉSERVER<br />
VOTRE SANTÉ<br />
Vous trouverez sur notre site sous les rubriques<br />
“calculateurs” ou “dossiers” une série de modules<br />
de calcul qui vous aideront à préserver votre<br />
santé et à contrôler vos habitudes alimentaires.<br />
Déterminer son alcoolémie : quand vaut-il<br />
mieux éviter de prendre le volant ?<br />
Médicaments génériques : existe-t-il une<br />
version générique d’un médicament donné ?<br />
Quiz santé : testez vos connaissances en<br />
matière d’alimentation et de santé<br />
Maladies cardiovasculaires : calculez votre<br />
risque<br />
Tarifs médicaux : pour tout savoir sur les<br />
tarifs et les remboursements<br />
Troubles de la prostate : préparez votre<br />
visite chez le médecin grâce à notre questionnaire<br />
Allégations alimentaires : que dit le produit<br />
et dans quelle mesure est-ce exact ?<br />
Contraception : quel moyen pour vous?<br />
Dis-moi ce que tu manges : vos habitudes<br />
sont-elles bonnes ou mauvaises ?<br />
Sel : calculez la quantité de sel que vous<br />
ingérez<br />
www.test-achats.be > calculateurs<br />
UN ACHAT HORS <strong>DE</strong> BELGIQUE ?<br />
Au sein de l’Union européenne, la<br />
Commission européenne dispose<br />
d’un réseau de CEC (Centre Européen<br />
des Consommateurs). Chaque CEC<br />
informe les consommateurs locaux au<br />
sujet des achats dans un autre Etat membre<br />
(produits ou services) et les aide à résoudre<br />
leurs litiges rapidement et gratuitement.<br />
Vous avez un problème avec un achat que<br />
vous avez fait dans un autre pays de l’Union<br />
européenne ? Appelez le CEC Belgique :<br />
02 542 33 89<br />
test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />
07
test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />
08<br />
bloc-notes santé<br />
Contrôle des allégations<br />
par les agences alimentaires<br />
Pour la deuxième fois, l’agence<br />
néerlandaise de contrôle<br />
des denrées alimentaires (de<br />
Nederlandse Voedsel en Warenautoriteit)<br />
s’est enquise de<br />
la véracité des allégations nutritionnelles<br />
que les fabricants<br />
apposent sur leurs produits et<br />
de leur conformité à la réglementation<br />
européenne. Résultat<br />
: à peine 54 % des produits<br />
sont conformes à leurs allégations.<br />
Certes, c’est un progrès<br />
par rapport à l’enquête précédente<br />
(2008 : 43 %), il reste cependant<br />
que près de la moitié<br />
de ces allégations sont dou-<br />
L’Agence fédérale des médicaments et des<br />
produits de santé (AFMPS) recommande<br />
d’éviter l’usage de médicaments contenant<br />
de l’alcool (éthanol) chez les enfants âgés<br />
de moins de deux ans. La prise d’une ou plusieurs<br />
doses de tels médicaments est susceptible<br />
d’entraîner chez eux des concentrations<br />
d’alcool supérieures à 0,125 g/litre de sang,<br />
ce qui peut nuire à leurs fonctions psychomotrices<br />
comme l’équilibre. L’AFMPS demande<br />
également que les fi rmes pharmaceutiques<br />
précisent clairement, sur les notices, la quantité<br />
d’alcool contenue et la dose à ne pas dépasser<br />
chez les enfants. Jusqu’à présent, vu<br />
que l’alcool est utilisé comme adjuvant, le<br />
fabricant est dispensé d’en mentionner les<br />
quantités.<br />
Par ailleurs, nous regrettons que la recommandation<br />
actuelle portant sur le maximum<br />
à ne pas dépasser, à 0,125 g/litre de sang soit,<br />
dans la pratique, à peine utilisable. Nous voudrions<br />
davantage de recommandations plus<br />
pratiques (notamment, limiter les concentrations<br />
d’alcool dans les médicaments destinés<br />
ALLÉGATIONS ALIMENTAIRES<br />
SUR LES PRODUITS : contrôles<br />
renforcés nécessaires.<br />
teuses. L’agence néerlandaise<br />
a prévenu les contrevenants :<br />
en cas de non-correction des<br />
indications, ils recevront une<br />
amende. La réglementation<br />
européenne en matière d’allégations<br />
nutritionnelles et<br />
de santé est également en vigueur<br />
dans notre pays. Lorsque<br />
des fabricants entendent utiliser<br />
des termes tels que "light"<br />
ou "riche en fi bres", ils doivent<br />
pouvoir l’attester. Mais il serait<br />
souhaitable que l’AFSCA eff ectue<br />
de tels contrôles et, si nécessaire,<br />
prenne les mesures<br />
appropriées. S.L. et R.S.<br />
Médicaments contenant<br />
de l’alcool : pas pour les enfants<br />
<strong>DE</strong>MAN<strong>DE</strong>Z <strong>À</strong> VOTRE MÉ<strong>DE</strong>CIN <strong>DE</strong>S<br />
INFORMATIONS sur le taux d’alcool si votre<br />
enfant a besoin de prendre un médicament.<br />
aux enfants). En attendant, demandez conseil<br />
à votre médecin et à votre pharmacien. Pour<br />
l’essentiel, les médicaments contenant de<br />
l’alcool (éthanol) sont surtout des remèdes<br />
liquides tels que les sirops contre la toux. Attention,<br />
les médicaments homéopathiques et<br />
phytothérapeutiques sont également concernés.<br />
A.D. et R.S.<br />
CENTRE <strong>DE</strong> CONTACT 02 542 35 55<br />
SERVICE ABONNEMENTS 02 542 33 00<br />
A L’ÉCOUTE<br />
DU TERRAIN<br />
Par nos études et prises de position,<br />
nous tentons de peser sur la<br />
politique de santé. Et, parfois, les<br />
choses évoluent dans le sens que<br />
nous souhaitons.<br />
Pharmacovigilance<br />
européenne<br />
Fin septembre, le Parlement européen a<br />
adopté les propositions de la Commission<br />
européenne en matière de pharmacovigilance.<br />
Nous avons suivi ce dossier<br />
de près et défendu activement les intérêts<br />
des utilisateurs de médicaments.<br />
Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits<br />
du résultat. Il est notamment prévu<br />
de mettre en place, dans tous les Etats<br />
membres, un système de notification<br />
directe des eff ets indésirables par les<br />
patients eux-mêmes. D’autres modifi -<br />
cations encore permettront de renforcer<br />
la pharmacovigilance (surveillance des<br />
eff ets secondaires des médicaments).<br />
Les propositions doivent être approuvées<br />
par le Conseil le 6 décembre, pour<br />
entrer en vigueur en 2011.<br />
Le naufrage du<br />
"Viagra féminin"<br />
Nous avons récemment dénoncé les stratégies<br />
de l’industrie pharmaceutique pour<br />
transformer même les personnes en parfaite<br />
santé en patients consommateurs<br />
de médicaments. Nous avons notamment<br />
mentionné Boehringer Ingelheim, qui veut<br />
nous faire accroire qu’un manque de désir<br />
sexuel est une grave infi rmité qui frappe<br />
d’innombrables femmes... dès 18 ans. La<br />
fi rme avait bien sûr un "médicament" ad<br />
hoc, qu’elle espérait lancer sous peu : la<br />
fl ibansérine, un antidépresseur. Mais elle<br />
vient d’abandonner ce projet, après une<br />
évaluation négative de la Food and Drug<br />
Administration américaine, qui juge que le<br />
produit n’est guère utile, alors qu’il présente<br />
des eff ets indésirables potentiellement<br />
sérieux. Plus d’info sur la médicalisation de<br />
la vie dans TS 97 (juin-juillet 2010).
Informations sur les médicaments : de la pub<br />
La firme pharmaceutique Novartis<br />
nous "sensibilise" à l’ostéoporose sur<br />
le site web d’e-santé. Ces informations<br />
n’en sont pourtant pas : c’est<br />
de la publicité. L’entreprise utilise<br />
des slogans angoissants et incite à<br />
demander conseil à un médecin, ce<br />
NOVARTIS PRÉTEND INFORMER<br />
En réalité, c’est de la publicité.<br />
qui, trop souvent, débouchera sur la<br />
prescription d’examens de mesure<br />
de la densité osseuse et de médicaments.<br />
Si ces examens et ces prescriptions<br />
médicamenteuses ont leur<br />
utilité chez certains patients à risque,<br />
ils ne sont pas toujours nécessaires.<br />
Lorsque la prise de médicaments est<br />
indiquée, les bisphosphonates oraux,<br />
l’alendronate et le risédronate constituent<br />
le premier choix. Néanmoins,<br />
l’entreprise indique que les médicaments<br />
sont toujours nécessaires et<br />
énumère sans nuance les avantages<br />
des médicaments à administrer<br />
par voie intraveineuse. Sans oublier<br />
de mettre à l’avant plan un produit<br />
qu’elle a développé récemment<br />
(Aclasta – acide zolédronique). Le<br />
consommateur ne peut que penser<br />
qu’il s’agit là de la meilleure solution.<br />
Or, nul argument scientifi que n’ap-<br />
Vos fêtes en toute<br />
sécurité, ça passe<br />
par <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />
Rectifi catif<br />
puie cette hypothèse. En outre, comme<br />
il s’agit d’un nouveau produit, le<br />
profi l de sécurité est moins connu.<br />
Novartis reste ainsi muet sur la récente<br />
constatation de problèmes rénaux<br />
imputables à l’injection d’acide<br />
zolédronique chez certains patients.<br />
Preuve encore que les "informations"<br />
des entreprises pharmaceutiques<br />
ont surtout une raison commerciale.<br />
Nous avons introduit une plainte<br />
auprès de l’Agence fédérale des médicaments.<br />
R.S. et M.V.H.<br />
L’article "Bouchons d’oreilles : une qualité très variable"<br />
de notre TS n° 99 d’octobre/novembre 2010 contient une<br />
erreur. En eff et, les résultats des bouchons d’oreilles universels<br />
d’Earproof Airsoft et de Variphone ER20 ont été inversés<br />
: il faut lire un résultat fi nal de 8 pour le premier et<br />
de 9 pour le second.<br />
Vous aimez boire un bon verre de vin ou<br />
une bière bien fraîche mais il vous arrive<br />
de vous demander quand vous atteignez<br />
la quantité autorisée? Avoir une petite<br />
idée<br />
de votre taux d’alcoolémie avant de<br />
prendr prendre le volant ne serait pas de refus?<br />
<strong>À</strong> l’approche des fêtes de fin d’année, un petit détour par notre<br />
calculateur “Déterminer son alcoolémie” s’impose.<br />
Établir un lien direct entre la quantité ingérée et le taux exact<br />
d’alcool dans le sang est extrêmement difficile. La quantité<br />
maximale autorisée peut varier d’une personne à l’autre et<br />
dépend, entre autres, de son poids, du type d’alcool consommé,<br />
du fait qu’elle ait mangé ou non, …<br />
Sur le site de <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong>, vous trouverez un module de calcul qui<br />
prend tous ces facteurs en compte et qui vous informe le plus<br />
précisément possible sur votre taux d’alcoolémie et ses effets.<br />
Découvrez ce calculateur sans attendre ! Surfez sur<br />
http://www.test-achats.be/alcotest<br />
TEST-ACHATS, VOTRE SANTÉ AVANT TOUT !<br />
test santé 100 décémbre 2010/janvier 2011<br />
09
INTERPEL<strong>LA</strong>NT<br />
Un peu moins<br />
de 10% des<br />
Belges ont une<br />
consommation<br />
telle qu’ils nuisent<br />
gravement à leur<br />
santé.<br />
AU TRAVAIL<br />
Ça consomme<br />
au boulot ! Une<br />
personne sur cent<br />
reconnaît avoir<br />
besoin d’alcool<br />
pour exercer son<br />
travail.<br />
PAS SI SIMPLE<br />
D’ARRÊTER<br />
Les alcooliques<br />
font souvent<br />
des dizaines<br />
de tentatives<br />
avant d’arrêter<br />
défi nitivement<br />
ENQUÊTE : CONSOMMATIONS D’ALCOOL<br />
Quand un verre<br />
en entraîne un a<br />
Les fêtes se<br />
rapprochent.<br />
C’est peut-être<br />
l’occasion de<br />
lever un verre ou<br />
deux. Mais quand<br />
dire "stop" ?<br />
Pleins feux sur le<br />
comportement des<br />
Belges.<br />
Consommé avec excès, l’alcool<br />
peut être à l’origine de nombreux<br />
problèmes : soucis de santé, accidents<br />
de la route, conséquences<br />
sur le plan social, problèmes familiaux<br />
ou violence... L’excès d’alcool<br />
porte aussi une lourde part de responsabilité<br />
dans les divorces et les<br />
ruptures, les hospitalisations et les<br />
décès prématurés. D’un autre côté,<br />
quand il est consommé en petite<br />
quantité, l’alcool peut réduire les<br />
risques de maladies cardiovasculaires,<br />
d’apoplexie ou de diabète.<br />
Où se trouve la limite entre une<br />
consommation modérée, à risque<br />
ou dangereuse ? Dans notre pays<br />
si fi er de ses bières, peut-on parler<br />
d’une consommation "saine" ?<br />
Boire, mais<br />
avec modération<br />
Le Belge moyen ne boude pas le<br />
plaisir d’un petit verre : 84 % déclarent<br />
boire de l’alcool de temps<br />
en temps – sans précision de quantité.<br />
Hommes et femmes sont plus<br />
ou moins égaux sur ce plan. Même<br />
si les hommes ont tendance à en<br />
consommer plus régulièrement.
utre<br />
Près d’un homme sur cinq (17 %)<br />
consomme de l’alcool quotidiennement,<br />
ce qui est moins fréquent<br />
chez les femmes (9 %).<br />
Certains stéréotypes se vérifient<br />
aussi. Les hommes boivent généralement<br />
de la bière, les femmes<br />
plutôt du vin. En semaine, on boit<br />
en compagnie de son partenaire et<br />
le week-end, de ses amis.<br />
Nous observons, pour la plupart,<br />
une attitude saine face à l’alcool.<br />
On boit d’abord pour se détendre<br />
et se relaxer (raison la plus<br />
citée). Ensuite, parce que l’alcool<br />
"Mon<br />
père était<br />
alcoolique.<br />
Il était<br />
chirurgien et<br />
a pratiqué<br />
jusqu’à sa<br />
mort. C’est la<br />
boisson qui<br />
l’a tué"<br />
NOTRE ENQUËTE<br />
Les Belges et la boisson<br />
Nous avons mené, en février et en mars, en collaboration avec d’autres<br />
associations de consommateurs, une enquête sur la consommation<br />
d’alcool dans quatre pays (Belgique, Italie, Portugal et Espagne). Dans la<br />
première phase de l’enquête, nous avons envoyé un questionnaire à un<br />
échantillon représentatif de la population. Les répondants étaient âgés<br />
de 18 à 74 ans. Nous avons reçu, pour la Belgique, 935 questionnaires<br />
dûment complétés. Les résultats sont représentatifs de la population<br />
belge (sexe, âge, province et niveau d’éducation). Sauf aux endroits où<br />
nous le mentionnons explicitement, le présent article ne se réfère qu’aux<br />
résultats obtenus pour la Belgique.<br />
Lutter contre la dépendance<br />
Pour la seconde phase, nous avons collaboré avec l’association des Alcooliques<br />
anonymes et avons récolté 561 formulaires, complétés par<br />
des alcooliques (stabilisés essentiellement). Nous avons ainsi pu mieux<br />
comprendre leur lutte contre la dépendance. Les commentaires que nous<br />
publions sont de nos répondants.<br />
aide "à s’amuser davantage entre<br />
amis". Parmi les motifs invoqués<br />
pour boire peu ou pas du tout : le<br />
risque de problèmes avec la police<br />
(contrôles d’alcoolémie) et de<br />
blesser un proche à cause d’une<br />
consommation excessive.<br />
Près d’1 personne sur 10<br />
met sa santé en danger<br />
Pour une minorité de Belges, la<br />
consommation d’alcool s’inscrit<br />
comme un comportement à risque,<br />
voire problématique. Près<br />
d’une personne sur dix (9,5 %)<br />
consomme de l’alcool en quantités<br />
telles qu’elle nuit à sa santé physique<br />
et mentale. Un comportement<br />
trois fois plus fréquent chez<br />
les hommes que chez les femmes<br />
(14,5 % contre 5 %).<br />
Les comportements problématiques<br />
se remarquent à un âge<br />
plus précoce chez les femmes (essentiellement<br />
entre 18 et 24 ans)<br />
que chez les hommes (entre 25 et<br />
34 ans). La dépendance à l’alcool<br />
se développe essentiellement chez<br />
les femmes et les hommes entre 45<br />
et 65 ans. L’alcoolisme est tout sauf<br />
un phénomène marginal. Il est<br />
présent dans toute la population.<br />
Près d’un Belge sur trois (31 %)<br />
connaît, dans sa famille proche,<br />
une personne qui a un tel problème<br />
– un chiff re plus élevé que dans<br />
les autres pays ayant participé à<br />
l’enquête. Parmi les alcooliques<br />
anonymes (AA), ce chiff re atteint<br />
même 48 % !<br />
Le seuil<br />
à ne pas dépasser<br />
On parle d’une consommation<br />
modérée chez les hommes lorsque<br />
celle-ci n’excède pas 21 verres<br />
par semaine. Chez les femmes, la<br />
limite se situe à 14 verres. Bien sûr,<br />
mieux vaut ne pas consommer<br />
cette quantité en une seule fois,<br />
tout comme il est important de<br />
respecter régulièrement une "journée<br />
sans alcool" dans la semaine.<br />
Si votre consommation dépasse ce<br />
quota, elle présente un risque réel<br />
pour votre santé.<br />
Seuls 12 % des hommes dépassent<br />
cette limite "raisonnable", contre<br />
9 % chez les femmes. Le nombre<br />
de "cuites" par an est lui aussi représentatif<br />
de notre comportement<br />
face à l’alcool. Les hommes<br />
sont plus fréquemment ivres que<br />
les femmes; idem pour les jeunes<br />
><br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
11
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
12<br />
ENQUÊTE: CONSOMMATION D’ALCOOL<br />
Le Belge boit-il souvent ?<br />
Jamais<br />
De temps en<br />
temps<br />
Régulièrement<br />
Quotidiennement<br />
15 %<br />
16 %<br />
17 %<br />
9 %<br />
25 %<br />
30 %<br />
Jamais : "je n’ai jamais bu d’alcool" ou "Je ne bois plus d’alcool". De temps en temps :<br />
"maximum quelques fois par mois". Régulièrement : "plusieurs fois par semaine".<br />
Quotidiennement : "au moins une fois par jour".<br />
<strong>LA</strong> NÉCESSITÉ <strong>DE</strong> <strong>LA</strong> PRÉVENTION<br />
38 %<br />
50 %<br />
Hommes<br />
Femmes<br />
"J’ai bu et<br />
fumé du<br />
cannabis<br />
pendant<br />
des années.<br />
Aujourd’hui,<br />
à 29 ans, je<br />
dois affronter<br />
toutes les<br />
conséquences<br />
de mes excès"<br />
de 18 à 24 ans par rapport à leurs<br />
aînés (de quelques années). L’enquête<br />
révèle que 35 % d’hommes<br />
et 18 % de femmes ont été ivres au<br />
moins une fois la dernière année.<br />
Un verre au boulot<br />
Les Belges boivent aussi assez régulièrement<br />
au travail (9,3 %, soit<br />
deux à trois fois plus que dans les<br />
autres pays interrogés). Un pour<br />
cent des personnes ayant déclaré<br />
boire de l’alcool de temps en<br />
temps admet que l’alcool leur est<br />
nécessaire pour pouvoir exécuter<br />
correctement leur travail.<br />
Les gros buveurs fument plus et<br />
consomment davantage d’autres<br />
drogues, un risque qui s’ajoute aux<br />
conséquences de l’alcool. Heureusement,<br />
beaucoup sont conscients<br />
PLUS ON COMMENCE JEUNE, PLUS LE RISQUE <strong>DE</strong> <strong>DÉPENDANCE</strong> EST ÉLEVÉ<br />
L’âge auquel les jeunes consomment pour la première fois de l’alcool peut faire une grande diff érence pour plus tard<br />
´ Chez les jeunes, une consommation d’alcool problématique<br />
peut entraîner des problèmes lors du passage de<br />
l’adolescence à l’âge adulte. Il peut aussi être à l’origine<br />
de diffi cultés émotionnelles, relationnelles et comportementales<br />
dans leur vie future.<br />
´ Une personne qui a commencé à boire de l’alcool très<br />
jeune court davantage de risques de devenir dépendante.<br />
Une enquête démontre que 40 % des jeunes qui ont commencé<br />
à boire avant l’âge de treize ans ont développé par<br />
la suite une dépendance à l’alcool. Ils rencontrent aussi<br />
plus de problèmes à l’école et ont un comportement plus<br />
perturbant que les autres jeunes du même âge.<br />
´ Lors de notre enquête, nous avons constaté que les<br />
alcooliques anonymes ont commencé à boire à un âge<br />
plus précoce que l’échantillon général de nos répondants,<br />
ce qui donne plus de poids encore à ce qui précède. Nous<br />
constatons aussi que cet âge évolue au fi l des générations.<br />
On commence à consommer de l’alcool de plus en<br />
plus jeune. Les répondants des générations les plus jeunes<br />
déclarent avoir bu leur premier verre à un âge plus<br />
précoce que leurs aînés.<br />
´ La prévention chez les jeunes est donc loin d’être inutile.<br />
Informer et choquer en soulignant les eff ets néfastes<br />
est insuffi sant. Il faut travailler en parallèle à plusieurs niveaux<br />
: une restriction de la publicité, une augmentation<br />
des prix et un contrôle eff ectif de l’âge minimum. Il est<br />
aussi important que les jeunes sachent se positionner par<br />
rapport à l’alcool dans leur environnement, de manière à<br />
pouvoir s’en protéger.<br />
>
qu’ils peuvent parfois prévoir ces<br />
conséquences ou les atténuer.<br />
Au moment de notre enquête,<br />
14 % des Belges consommant de<br />
l’alcool souhaitaient diminuer<br />
leur consommation (12 %) ou l’arrêter<br />
(2 %). Près d’une personne<br />
sur cinq avait un jour essayé de<br />
la réduire ou d’y mettre un terme.<br />
Parmi les buveurs problématiques,<br />
un sur trois essayait de réduire sa<br />
consommation et un sur vingt tentait<br />
d’arrêter.<br />
Agir très vite<br />
Les comportements problématiques<br />
s’aggravent au fi l du temps et<br />
une dépendance non traitée a tendance<br />
à empirer. Mieux vaut donc<br />
le plus tôt possible déceler le problème,<br />
le prendre en charge avec<br />
un accompagnement adapté aux<br />
besoins et aux possibilités de l’individu.<br />
Plus on intervient tôt dans<br />
le processus, moins les séquelles<br />
sont importantes et plus les chances<br />
restent grandes de pouvoir<br />
aider les buveurs problématiques.<br />
D’autant qu’à ce moment-là, le buveur<br />
peut bénéfi cier du soutien de<br />
son entourage. Les gros buveurs<br />
sont cependant souvent reconnus<br />
tardivement, voire pas du tout<br />
par les professionnels de la santé.<br />
Dans ce groupe, l’alcoolisme n’est<br />
détecté que dans un cas sur dix et<br />
ils ne sont que la moitié à bénéfi<br />
cier d’une aide concrète. Il faut<br />
parfois plus de dix ans avant qu’un<br />
diagnostic soit posé.<br />
Ce sont souvent des motifs liés à<br />
l’individu lui-même qui poussent<br />
un buveur à réduire sa consommation<br />
ou à cesser de boire; ce<br />
sont souvent les signaux de l’entourage<br />
qui donnent le coup de<br />
pouce nécessaire pour rechercher<br />
de l’aide. Le choix de la méthode la<br />
plus effi cace dépendra de la situation<br />
de l’individu et de la nature<br />
de son problème. Les interventions<br />
précoces et le dialogue entre<br />
le patient et un professionnel de la<br />
santé donneront de bons résultats<br />
chez les personnes qui ne sont<br />
pas totalement dépendantes. Le<br />
><br />
"Au début,<br />
l’alcool te fait<br />
oublier tes<br />
problèmes.<br />
Mais en fi n<br />
de compte, tu<br />
ne fais qu’en<br />
ajouter un à<br />
la liste"<br />
"A cause<br />
de ma<br />
dépendance,<br />
ma vie est<br />
partie à la<br />
dérive. Je<br />
n’obéissais<br />
plus qu’à<br />
l’alcool.<br />
Jamais je ne<br />
me suis senti<br />
aussi seul."<br />
Interview<br />
Jacques Verdonck (nom fi ctif)<br />
Un jour sans boire<br />
est un jour de gagné<br />
Il y a 20 ans, Jacques<br />
buvait. Tout le<br />
monde le savait,<br />
mais ne disait rien.<br />
Il pensait donc que<br />
son comportement<br />
n’avait rien<br />
d’anormal.<br />
Quand les choses ont-elles<br />
dérapé ?<br />
Il y a onze ans, je travaillais dans<br />
la navigation, un domaine où<br />
l’alcool coule facilement. J’imaginais<br />
que c’était bien vu pour<br />
faire partie du groupe. Très vite,<br />
j’ai commencé à boire du matin<br />
au soir. Je pensais que c’était<br />
normal. Sur une journée, je<br />
consommais deux à trois litres<br />
de genièvre plus une ou deux<br />
bouteilles de Martini blanc.<br />
Mais, je n’avais pas l’impression<br />
de boire exagérément, ni d’être<br />
ivre. Je me trompais : en fait, je<br />
ne dessaoulais jamais. Pourtant,<br />
je n’avais rien en commun avec<br />
l’image que je me faisais d’un<br />
"alcoolique" : je ne buvais pas<br />
en cachette, tout le monde savait<br />
que je buvais.<br />
Quand avez-vous pris conscience<br />
du problème ?<br />
Quand j’ai franchi la porte des<br />
AA. Avant, j’avais toujours refusé<br />
de l’admettre. On m’avait<br />
retiré deux fois mon permis<br />
pour conduite en état d’ivresse,<br />
mais j’estimais que ce n’était pas<br />
de ma faute. Pourtant, j’avais<br />
toujours une bouteille dans ma<br />
voiture. J’ai eu des black-out. Un<br />
jour, j’ai été contrôlé avec 4,5 g<br />
d’alcool dans le sang; un taux<br />
presque mortel.<br />
Les AA vous ont sauvé ?<br />
Les premières semaines chez<br />
les AA je ne comprenais pas le<br />
fonctionnement d’un tel groupe<br />
d’entraide. Je pensais qu’ils allaient<br />
me prendre en charge et<br />
me faire arrêter de boire, mais<br />
la réalité est différente. Nous<br />
apprenons tous de nos erreurs.<br />
Aujourd’hui, je suis sobre et<br />
heureux. Le temps que je consacre<br />
aux AA, je ne le consacre pas<br />
à la boisson.<br />
Les réunions hebdomadaires<br />
me permettent de recharger<br />
mes batteries. Mais l’angoisse de<br />
retomber ne nous quitte jamais.<br />
Le moindre contretemps est un<br />
danger qui peut nous faire de<br />
nouveau basculer. Notre rêve,<br />
c’est de pouvoir boire une bière.<br />
Une, pas deux. Et puis arrêter.<br />
Mais un verre, c’est la porte<br />
ouverte à l’ivresse.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
13
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
14<br />
ENQUÊTE: CONSOMMATION D’ALCOOL<br />
Les six raisons majeures qui poussent<br />
les AA à arrêter de boire<br />
><br />
Parce que l’alcool crée des problèmes<br />
personnels et familiaux<br />
problème est identifi é et le patient<br />
encouragé à modifi er son comportement.<br />
Les alcooliques tirent davantage<br />
profi t d’un traitement qui<br />
associe thérapie comportementale<br />
et médication.<br />
PLUS D’INFOS<br />
Je n’arrive plus à me contrôler<br />
quand j’ai bu<br />
La boisson nuit<br />
à ma santé mentale<br />
Mon/Ma partenaire a insisté<br />
pour que j’arrête<br />
Pour me sentir bien /<br />
mieux dans ma peau<br />
La boisson nuit à ma santé physique<br />
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AA Belgique francophone<br />
078 15 25 56. Permanence 24h/24<br />
info@alcooliquesanonymes.be<br />
www.alcooliquesanonymes.be<br />
Al-anon/Alateen (pour les membres<br />
de la famille, parents et amis des<br />
personnes alcooliques)<br />
02 216 09 08<br />
Les mardis et jeudis de 14 à 18 h.<br />
www.alanonbefr.be<br />
VOUS N’ÊTES PAS SEUL<br />
Vous trouverez dans notre dossier,<br />
plus d’informations encore et de<br />
contacts possibles pour vous aider.<br />
www.test-achats.be/alcool<br />
26 %<br />
49 %<br />
44 %<br />
39 %<br />
36 %<br />
36 %<br />
Des hauts et des bas<br />
Plus le problème est grave, plus on<br />
essaye de méthodes pour tenter de<br />
réduire ou de mettre un terme à la<br />
consommation d’alcool. Les personnes<br />
qui boivent peu ou modérément<br />
essaient par elles-mêmes, ou<br />
avec l’aide d’un proche. Celles qui<br />
boivent trop sollicitent plutôt une<br />
aide extérieure comme les groupes<br />
d’entraide (principalement les AA),<br />
les professionnels de la santé et les<br />
centres de désintoxication. La plupart<br />
des gros buveurs ne parviennent<br />
pas à arrêter du premier coup.<br />
En moyenne, les alcooliques font<br />
onze à douze tentatives avant d’arrêter<br />
de boire et 35 tentatives avant<br />
d’arriver à réduire leur consommation.<br />
Des AA très satisfaits<br />
La plus grande crainte d’un exalcoolique<br />
est de retomber dans<br />
son vice. Ce n’est pas pour rien<br />
que la durée des eff ets constitue le<br />
meilleur atout des AA. Un quart à<br />
un tiers des membres arrêtent de<br />
boire dans les douze mois après<br />
leur première réunion hebdomadaire,<br />
mais ceux qui persévèrent<br />
se montrent très satisfaits. L’indice<br />
"Il n’y a qu’une<br />
seule et unique<br />
option : arrêter<br />
complètement.<br />
Pour un<br />
alcoolique,<br />
croire qu’on<br />
peut se limiter<br />
à un verre en<br />
société est une<br />
illusion."<br />
de satisfaction chez les membres<br />
atteint 98 %. Les anciens gros buveurs<br />
faisant partie de notre échantillonnage<br />
ne tarissent pas non plus<br />
d’éloges : les AA remportent, chez<br />
eux aussi, un indice de satisfaction<br />
de 97 %.<br />
Un soutien à distance, tel qu’il en<br />
existe par téléphone, est moins<br />
apprécié, avec un indice de 31 %.<br />
L’indice de satisfaction relatif à<br />
l’aide des professionnels du monde<br />
médical, comme les médecins ou<br />
les psychologues, ne dépasse, par<br />
contre, jamais 60 %.<br />
Un constat que l’on retrouve invariablement<br />
dans les remarques des<br />
alcooliques anonymes : ils se sentent<br />
incompris. "Seul un alcoolique<br />
peut comprendre un alcoolique" et<br />
"alcoolique un jour, alcoolique toujours".<br />
Raison de plus pour éviter le<br />
piège de l’alcool…<br />
MIEUX VAUT PRÉVENIR<br />
Peter Kupers et Daisy Van Lissum<br />
Boire avec discernement<br />
´ Limitez votre consommation. Pas plus de<br />
21 verres (pour les hommes) et 14 verres (pour<br />
les femmes) par semaine, limitez la quantité (jamais<br />
plus de 6 verres consécutifs) et respectez<br />
régulièrement une journée sans alcool.<br />
´ Il est impossible de calculer le taux d’alcool<br />
que vous avez dans le sang en comptant le nombre<br />
de verres que vous buvez. Abstenez-vous de<br />
boire quand vous prenez le volant.<br />
´ Vous craignez que votre consommation d’alcool<br />
ne dépasse les limites ? Faites le test sur<br />
Infordrogues.be : "Stop ou Encore ?"<br />
´ Si vous avez un problème d’alcool, ne vous<br />
obstinez pas à le nier. Plus vous vous ferez aider<br />
rapidement, plus il vous sera facile de réduire<br />
votre consommation ou d’arrêter.
APHTES<br />
Rarement préoccupants<br />
Connus depuis Hippocrate, les<br />
aphtes sont de douloureux petits<br />
ulcères situés dans les muqueuses<br />
de la bouche. De forme arrondie<br />
ou ovale, blancs, jaunes ou grisâtres,<br />
ils provoquent une sensation<br />
de brûlure. Ils apparaissent sur les<br />
muqueuses de la bouche : à l’intérieur<br />
des lèvres et des joues, sur la<br />
langue, dans le fond de la bouche,<br />
sur la gencive et parfois sur le palais.<br />
L’aphtose est un phénomène souvent<br />
récurrent dont la périodicité<br />
est variable, parfois aléatoire : les<br />
accès se succèdent à intervalles<br />
plus ou moins rapprochés.<br />
Un aphte guérit tout seul<br />
Selon l’endroit où les aphtes se<br />
manifestent, la douleur peut être<br />
très intense, et manger, voire parler,<br />
peut devenir difficile. C’est<br />
le cas des lésions sur la langue et<br />
le palais, davantage impliqués<br />
lorsqu’on mâche ou avale, et en<br />
contact plus fréquent avec le reste<br />
de la bouche.<br />
Selon la taille, la durée et la douleur,<br />
on distingue trois types<br />
Les aphtes<br />
communs<br />
disparaissent<br />
spontanément<br />
en 1 à 2<br />
semaines<br />
Les aphtes sont un<br />
des maux buccaux<br />
les plus courants.<br />
Certes ennuyeux,<br />
généralement<br />
douloureux, mais<br />
la plupart du temps<br />
sans gravité.<br />
D’ailleurs, il n’est<br />
souvent pas utile<br />
de les traiter.<br />
d’aphtes. Notre article traitera surtout<br />
des plus courants les aphtes<br />
dits communs, rarement préoccupants.<br />
Dans 80 % des cas, ces aphtes communs<br />
(ou vulgaires) font moins d’1<br />
cm et disparaissent spontanément<br />
en une à deux semaines, sans laisser<br />
de cicatrice. L’aphtose commune<br />
se manifeste dès l’enfance<br />
ou l’adolescence et diminue en<br />
fréquence et en importance avec<br />
l’âge.<br />
Lorsqu’ils sont plus grands, dans<br />
10 à 15 % des cas, on parle d’aph-<br />
><br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
15
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
16<br />
APHTES<br />
Des petits ulcères dans la bouche<br />
><br />
tes géants. Souvent très douloureux,<br />
ils guérissent moins vite et<br />
laissent parfois une cicatrice. Ceci<br />
vaut aussi pour la forme la plus<br />
rare (5 à 10 % des cas), les aphtes<br />
dits herpétiformes parce qu’ils<br />
ressemblent aux blessures provoquées<br />
par l’herpès, qui sont très<br />
petits (1 à 3 mm) et très nombreux<br />
(jusqu’à 100 en même temps).<br />
Les causes<br />
restent mystérieuses<br />
Les aphtes sont une réaction immunitaire<br />
dont les causes ne sont<br />
pas véritablement connues. On<br />
suspecte néanmoins plusieurs facteurs<br />
d’en favoriser l’apparition.<br />
Une lésion dans la bouche peut<br />
être à l’origine d’un aphte. Lorsque<br />
la muqueuse est blessée par<br />
un appareil dentaire, une brosse à<br />
dents dure, une morsure en mangeant,<br />
une dent ébréchée, un aliment<br />
pointu (comme des chips),<br />
des soins dentaires, etc.<br />
Certaines personnes sensibles<br />
sont susceptibles de faire une<br />
réaction à l’un ou l’autre aliment<br />
particulier, comme le chocolat,<br />
les fraises, les agrumes, les noix,<br />
certains fromages, les tomates, les<br />
crustacés, etc.<br />
D’autres facteurs aussi ont été cités<br />
comme déclencheurs : manque<br />
Les aphtes sont ronds ou ovales,<br />
blancs, jaunes ou grisâtres et<br />
apparaissent sur les muqueuses<br />
de la bouche, le plus souvent à<br />
l’intérieur des lèvres ou des joues.<br />
de vitamines, stress, changements<br />
hormonaux, etc. Mais sans que le<br />
lien de cause à eff et soit scientifi -<br />
quement établi.<br />
Par ailleurs, il n’existe aucune<br />
preuve que les aphtes soient provoqués<br />
par un virus ou une bactérie.<br />
Pas d’inquiétude donc : on<br />
n' "attrape" pas un aphte et on ne<br />
peut pas le transmettre.<br />
Réduire la gêne<br />
Si l’aphtose commune est une pathologie<br />
bénigne en soi, elle n’en<br />
est pas moins inconfortable, voire<br />
douloureuse, à supporter.<br />
Lorsqu’on cherche un traitement<br />
contre les aphtes, on espère qu’il<br />
réduise la douleur, accélère la<br />
guérison, infl uence la fréquence<br />
d’apparition et/ou l’empêche. Un<br />
tel traitement n’existe pas.<br />
En eff et, les médicaments et remèdes<br />
existants ne parviennent, au<br />
maximum, qu’à réduire les symptômes.<br />
D’ailleurs, dans le cas des<br />
aphtes communs, un traitement<br />
n’est pas vraiment nécessaire. Si<br />
vous supportez la douleur, mieux<br />
vaut ne rien faire. La multitude<br />
des produits et formules diff érentes<br />
disponibles sur le marché est<br />
parlante : il n’existe aucune solution<br />
véritablement effi cace pour<br />
tous. On dispose de peu d’études<br />
Un aphte<br />
n’est jamais<br />
contagieux.<br />
Vous ne<br />
pouvez donc<br />
"contaminer"<br />
personne<br />
DIAGNOSTIC<br />
QUAND FAUT-IL CONSULTER<br />
LE MÉ<strong>DE</strong>CIN ?<br />
Les aphtes sont le plus souvent sans gravité,<br />
mais ils peuvent être révélateurs d’autres maladies.<br />
Il faut questionner votre médecin si :<br />
´ l’ulcération a une forme étrange et/ou très<br />
´ si l’aphte n’est pas guéri après 2 à 3 semai-<br />
´ si la douleur est vraiment intense;<br />
´ si vous présentez, en même temps, d’autres<br />
fi ables sur le traitement des aphtes.<br />
Un petit nombre de produits<br />
montrent une action plutôt limitée.<br />
Pour beaucoup d’autres, ce<br />
n’est pas le cas et on ne sait pas<br />
s’ils fonctionnent ou pas.<br />
Les remèdes manquent<br />
de fond scientifi que<br />
Une visite chez le médecin n’est<br />
généralement pas nécessaire et<br />
une personne souff rant d’aphtes<br />
ira probablement chercher un remède<br />
en pharmacie ou parapharmacie.<br />
Mais attention, si les remèdes<br />
sont nombreux sur le marché,<br />
la plupart manquent souvent de<br />
fondement scientifique solide.<br />
Voici notre avis critique à propos<br />
d’un certain nombre de produits<br />
en vente libre (sans prescription<br />
médicale).<br />
A savoir aussi : la plupart des antiaphtes<br />
sont contre-indiqués pour<br />
grande (plus d’1 cm);<br />
nes;<br />
symptômes, persistants, tels que fi èvre, douleurs<br />
musculaires, lésions de la peau, etc.<br />
Dans son diagnostic, le médecin distinguera les<br />
aphtes d’autres lésions de la bouche (ex. : infections<br />
bactériennes ou virales) qui nécessitent un<br />
traitement adapté. Dans les cas les plus sévères<br />
(rares), la présence récurrente d’aphtes peut parfois<br />
aider au diagnostic de plusieurs maladies<br />
graves : troubles immunitaires (ex. : sida), gastrointestinaux<br />
(ex. : maladie cœliaque, maladie de<br />
Crohn), etc.
Antiseptiques, anesthésiques locaux, à base de plantes, pansements<br />
liquides, il existe une multitude de produits anti-aphtes, mais leur<br />
effi cacité n’est pas prouvée, ou au mieux très modeste.<br />
les enfants de moins de 6 ans, voire<br />
de moins de 12 ans.<br />
Aux doses préconisées (à respecter<br />
absolument !), ces produits sont<br />
généralement sûrs, mais ne sont<br />
pas exempts de risque d’eff ets secondaires.<br />
Beaucoup d’entre eux<br />
peuvent causer des irritations ou<br />
réactions d’hypersensibilité chez<br />
certaines personnes. De plus,<br />
certains produits contiennent de<br />
l’alcool (comme adjuvant), contreindiqué<br />
pour certaines personnes.<br />
Dans tous les cas, lisez soigneusement<br />
la notice.<br />
Des produits<br />
à l’effi cacité relative<br />
Les produits en vente sur le marché<br />
fonctionnent selon diff érents<br />
mécanismes : certains désinfectent<br />
la bouche, d’autres sont destinés<br />
à freiner l’infl ammation et/<br />
ou à diminuer la douleur (effet<br />
anesthésiant), d’autres encore<br />
couvrent l’aphte d’un fi lm protecteur...<br />
Beaucoup combinent plusieurs<br />
actions.<br />
■ Les antiseptiques (ex. : Corsodyl,<br />
Eludril, Baxil) à base de chlorexidine,<br />
agissent sur les bactéries et<br />
virus, mais une surinfection bactérielle<br />
des aphtes est rare et facilement<br />
évitable par une bonne<br />
hygiène buccale. Quelques études,<br />
mais de valeur limitée, ont démontré<br />
leur action sur la douleur.<br />
Il existe d’autres types d’antiseptiques,<br />
mais l’évaluation de leur effi -<br />
cacité est encore plus faible.<br />
■ Les anesthésiques locaux (Medica,<br />
Colludol, Anginol-lidocaïne)<br />
à base de lidocaïne, ont un eff et<br />
antidouleur local (très) temporaire.<br />
On les trouve sous forme<br />
combinée, généralement avec un<br />
antiseptique.<br />
■ Traditionnellement, plusieurs<br />
médicaments à base de plantes<br />
sont aussi utilisés contre les aphtes.<br />
Le statut de médicament ne<br />
signifi e pas que leur effi cacité soit<br />
clairement prouvée, mais il existe<br />
plus de garanties quant à la qualité<br />
et la sécurité est mieux suivie par<br />
le système de pharmacovigilance.<br />
Seul Kamillosan a une base végétale<br />
pure (extraits de fl eurs de camomille<br />
auxquelles on prête des<br />
vertus anti-infl ammatoires et désinfectantes).<br />
Pyralvex associe des<br />
extraits de rhubarbe (dont on suppose<br />
des propriétés anti-infl ammatoires)<br />
et de l’acide salicylique.<br />
Sedemol contient plus d’autres<br />
substances actives que de plantes.<br />
Bien que les concentrations sont<br />
faibles, nous ne sommes pas partisans<br />
d’une telle mixture, d’autant<br />
que certaines de ces substances<br />
sont inutiles et/ou qu’il existe une<br />
alternative plus sûre. La composition<br />
devrait être examinée de plus<br />
près par l’Agence Fédérale des Mé-<br />
Les<br />
produits<br />
existants ne<br />
parviennent<br />
au maximum<br />
qu’à<br />
réduire les<br />
symptômes<br />
QUE FAIRE ?<br />
Pas besoin de dépenser<br />
pour soigner les aphtes<br />
Les aphtes communs guérissent sans intervention,<br />
ils n’ont pas besoin d’être traités. Il existe<br />
cependant quelques mesures à tenter pour limiter<br />
le problème :<br />
´<br />
Ne grattez pas, ne brossez pas l’aphte; il ne<br />
guérira pas plus vite. Au contraire, en malmenant<br />
l’ulcère, vous pouvez empirer la situation.<br />
´<br />
Soyez attentifs aux circonstances dans lesquelles<br />
les aphtes se manifestent et identifi ez<br />
par exemple les aliments à éviter.<br />
´ Brossez-vous<br />
dicaments. Cela vaut aussi pour<br />
Borostyrol (ci-après).<br />
■ Les pansements liquides. Le médicament<br />
Borostyrol contient plusieurs<br />
substances antiseptiques et<br />
forme une couche qui protège l’aphte<br />
d’irritations externes. D’autres<br />
produits non-médicamenteux agissent<br />
selon ce même principe de fi lm<br />
protecteur dont l’effi cacité n’est pas<br />
prouvée. Tandis que Urgo Aphtes<br />
et Mercurochrome proBuccal Soin<br />
Aphtes se limitent à l’action mécanique,<br />
Indolphar et Oralmedic renferment<br />
des substances qui pourraient<br />
être absorbées par la muqueuse.<br />
Quant aux allégations qu’affi chent<br />
de tels produits (ex. : "soulage immédiatement<br />
et durablement la<br />
douleur", "les aphtes disparaissent<br />
après quelques secondes"), elles<br />
ne sont pas basées sur des fondements<br />
scientifi ques solides.<br />
Martine Van Hecke et Geneviève Starquit<br />
les dents avec moins d’énergie<br />
et avec une brosse plus douce, pour limiter<br />
les blessures. En outre, une brosse usée peut<br />
facilement rayer la muqueuse et favoriser l’apparition<br />
d’aphtes.<br />
´<br />
Voyez le dentiste si les aphtes sont proches<br />
de dents ébréchées ou si vous vous mordez souvent<br />
la langue ou les joues en mangeant.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
17
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
18<br />
Une préparation magistrale (préparation<br />
médicamenteuse élaborée<br />
selon une "recette") est un médicament<br />
préparé par le pharmacien à<br />
la demande du médecin traitant. Ce<br />
terme s’appliquait autrefois à la quasi-totalité<br />
des médicaments, mais à<br />
l’heure actuelle, les médicaments<br />
prescrits sont essentiellement de<br />
facture industrielle. Les préparations<br />
magistrales restent toutefois<br />
utiles, pour autant qu’elles soient de<br />
grande qualité. Or c’est précisément<br />
là que le bât blesse.<br />
Toujours utile<br />
Dans une préparation magistrale,<br />
le dosage est parfaitement adapté<br />
au patient, ce qui peut s’avérer<br />
très important dans le cas de médicaments<br />
destinés à des enfants<br />
par exemple. Un sirop magistral<br />
PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />
Qualité irrégulière<br />
Près de<br />
quatre<br />
millions de<br />
préparations<br />
magistrales<br />
délivrées<br />
au cours des<br />
9 derniers<br />
mois de 2009<br />
permet de soulager des patients<br />
souff rant de problèmes de déglutition.<br />
De même, une préparation<br />
magistrale peut être d’un précieux<br />
secours lorsque les médicaments<br />
existants renferment des colorants<br />
ou des substances provoquant des<br />
réactions d’hypersensibilité, ou<br />
encore si un médicament est (temporairement)<br />
indisponible sous sa<br />
forme commerciale.<br />
Une qualité douteuse<br />
Il est bien crucial que le patient<br />
puisse se fi er aux compétences et<br />
à la précision de son pharmacien.<br />
Force est malheureusement de<br />
constater un problème de qualité<br />
majeur, mis en évidence tant par<br />
des analyses récentes de l’Agence<br />
fédérale des médicaments et des<br />
produits de santé (AFMPS) que<br />
Lorsque le<br />
médecin prescrit<br />
une préparation<br />
magistrale, c’est le<br />
pharmacien qui se<br />
charge de préparer<br />
ce traitement<br />
sur mesure. Mais<br />
peut-on se fi er<br />
aveuglément à leur<br />
qualité ?<br />
par notre propre enquête. En 2007,<br />
un tiers des préparations magistrales<br />
contrôlées par l’AFMPS<br />
n’étaient pas conformes aux normes<br />
européennes. Les risques qui<br />
en résultent pour la santé publique<br />
sont dès lors bien réels. Le patient<br />
ignore cependant tout de ces problèmes<br />
de qualité, parce que les<br />
résultats des enquêtes ne sont pas<br />
communiqués au grand public.<br />
S’ils découvrent des préparations<br />
non conformes, les inspecteurs<br />
de l’AFMPS rédigent un procèsverbal,<br />
qui donne théoriquement<br />
lieu à un règlement à l’amiable ou<br />
à une amende. Notre étude démontre<br />
toutefois que ces mesures<br />
ne semblent guère effi caces. Les<br />
normes de qualité sévères applicables<br />
aux médicaments industriels<br />
contrastent en outre vive-
NOTRE ENQUÊTE<br />
42 pharmacies au banc d’essai<br />
Dix patients fi ctifs se sont rendus chacun dans quatre pharmacies, munis<br />
d’une prescription pour 40 gélules de dexaméthasone de 0,5 mg. Administrée<br />
à cette dose, cette cortisone synthétique sert à traiter diverses<br />
aff ections – infl ammations, aff ections cutanées ou allergies – tant chez<br />
l’homme que chez la femme. Les pharmacies ont été sélectionnées au<br />
hasard et les préparations ont été achetées au début du mois de mars<br />
2010. Chaque acheteur anonyme a reçu des instructions précises et détaillées.<br />
Outre le prix, il devait également noter le temps d’attente.<br />
Tous les échantillons ont ensuite été analysés dans un laboratoire spécialisé.<br />
Les critères examinés étaient l’écart de poids des gélules, la concentration<br />
moyenne et l’écart de concentration en principe actif (le dexaméthasone),<br />
en référence à la Pharmacopée européenne. Ce manuel offi ciel<br />
des pharmaciens reprend les exigences de qualité légales applicables à<br />
tous les médicaments. Les préparations magistrales doivent elles aussi<br />
satisfaire à ces exigences. L’étiquetage a également été évalué, et plus<br />
particulièrement la présence des mentions légales imposées ainsi que<br />
sa lisibilité globale.<br />
Notre enquête repose sur un échantillonnage restreint et ses conclusions<br />
ne peuvent donc être généralisées, mais refl ètent bien la situation.<br />
Une préparation magistrale en huit étapes<br />
Les préparations magistrales réclament une précision extrême. A chaque étape du processus, la moindre erreur peut peser sur le résultat fi nal<br />
et infl uencer la qualité du médicament.<br />
1. Préparer les produits en vrac<br />
nécessaires.<br />
5. Répartir le mélange du mortier<br />
sur le gélulier.<br />
2. Peser avec précision les principes<br />
actifs et les agents de charge.<br />
6. Répartir le mélange uniformément<br />
dans toutes les gélules.<br />
Des exigences<br />
sévères pour les<br />
médicaments<br />
commerciaux,<br />
un contrôle<br />
quasi inexistant<br />
pour les<br />
préparations<br />
magistrales<br />
3. Mélanger soigneusement toutes<br />
les substances dans le mortier.<br />
7. Replacer les coques sur les<br />
gélules.<br />
ment avec celles défi nies pour les<br />
préparations magistrales. Il est dès<br />
lors assez étonnant, voire incompréhensible,<br />
que les préparations<br />
magistrales – concoctées en quelque<br />
sorte dans l’arrière-cuisine des<br />
pharmacies – ne fassent pas l’objet<br />
d’un contrôle plus strict.<br />
40 gélules<br />
de dexaméthasone<br />
Nous avons donc mis sur pied notre<br />
propre enquête afi n de mieux<br />
cerner la réalité du terrain. Pour<br />
ce faire, nous avons choisi une<br />
préparation de gélules de dexaméthasone.<br />
Selon les chiffres de l’INAMI, la<br />
dexaméthasone était en 2009 la<br />
cinquième substance entrant le<br />
plus souvent dans la composition<br />
de préparations magistrales. Nous<br />
avons par conséquent choisi une<br />
substance usuelle et une préparation<br />
ne contenant qu’un seul<br />
principe actif. Sans diffi culté par-<br />
4. Remplir le gélulier et fi xer les<br />
coques des gélules.<br />
8. Placer les gélules dans le conditionnement<br />
prévu.<br />
><br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
19
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
20<br />
PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />
><br />
ticulière, donc, pour les pharmaciens<br />
visités.<br />
Trois exigences<br />
Un laboratoire spécialisé a analysé<br />
les échantillons collectés par nos<br />
enquêteurs anonymes, en se référant<br />
aux normes de la Pharmacopée<br />
européenne.<br />
Le premier contrôle portait sur<br />
l’écart de poids entre les gélules.<br />
Cet écart peut être de maximum<br />
10 % par rapport au poids moyen. Il<br />
peut être dû au fait que le pharmacien<br />
ne répartit pas uniformément<br />
la préparation en poudre sur le gélulier<br />
lorsqu’il remplit les gélules.<br />
Le deuxième critère de contrôle<br />
était la concentration moyenne en<br />
principe actif. Chaque gélule<br />
devait idéalement contenir 0,5 mg<br />
de dexaméthasone. L’écart maximal<br />
autorisé est de 10 % (de plus<br />
Un<br />
échantillon<br />
ne contenait<br />
pas du tout<br />
de principe<br />
actif et n’était<br />
donc, fût-ce<br />
involontaire,<br />
qu’un placebo<br />
ou de moins). Les écarts par rapport<br />
à la concentration moyenne<br />
s’expliquent par des erreurs de<br />
pesée ou par la perte de substance<br />
active pendant la préparation.<br />
Enfi n, nous avons analysé l’écart<br />
de concentration, soit les différences<br />
observées au niveau de la<br />
quantité de principe actif entre les<br />
gélules. Si l’écart est trop important,<br />
le pharmacien a probablement<br />
mal mélangé le principe actif<br />
et l’excipient. En conséquence, le<br />
patient prend une dose diff érente<br />
chaque jour. Un échantillon n’était<br />
approuvé que s’il remplissait ces<br />
trois exigences.<br />
Seuls 11 échantillons<br />
ont été approuvés<br />
Au total, seuls 11 des 40 échantillons<br />
étaient satisfaisants. Trois<br />
échantillons contenaient d’autres<br />
ETIQUETAGE<br />
UN SEUL PHARMACIEN RESPECTE <strong>LA</strong> NORME<br />
Les résultats de l’analyse de l’étiquetage sont également décevants. Un seul pharmacien<br />
mentionnait toutes les informations imposées par la loi, de manière bien<br />
visible sur l’emballage.<br />
´ En<br />
vertu de la loi, une étiquette n’est "complète" que si elle mentionne de façon<br />
exhaustive la composition qualitative et quantitative des substances actives, la date de<br />
préparation et la date de péremption, de même que les coordonnées du pharmacien,<br />
du patient et du médecin prescripteur.<br />
´<br />
La pharmacie des Cayats, à Marcinelle, mérite une mention spéciale, car elle était la<br />
seule dont l’étiquette était conforme aux normes.<br />
´<br />
Onze étiquettes ont été refusées, car la date de péremption n’y fi gurait pas. Au moins<br />
deux informations exigées faisaient défaut sur les 28 autres.<br />
´<br />
La pharmacie Multipharma de Berchem reçoit le prix de la pire étiquette. Le nom<br />
du médecin et du pharmacien, les dates de préparation et de péremption ne sont que<br />
quelques-unes des informations essentielles qui brillaient par leur absence.<br />
´<br />
Sur certaines étiquettes, les mentions manuscrites étaient presque indéchiff rables.<br />
Quel intérêt d’avoir toutes les informations légales si on ne peut pas les lire ? Nous<br />
plaidons en faveur des étiquettes imprimées.<br />
´<br />
Aucune préparation n’était accompagnée d’une notice explicative, mais il ne s’agit<br />
pas d’une obligation légale. La loi impose toutefois de joindre une telle notice aux médicaments<br />
industriels, pourquoi pas aux préparations magistrales ? Les Pays-Bas ont<br />
déjà adopté une réglementation en ce sens et les notices peuvent être téléchargées<br />
et imprimées. Il ne s’agit pas, à notre sens, d’un eff ort démesuré dans le processus<br />
d’amélioration de l’information des patients.<br />
substances, mais nous n’avons pu<br />
identifi er ces impuretés. En revanche,<br />
l’écart de poids était bon : il<br />
n’était trop élevé que dans 8 cas.<br />
Presque tous les échantillons refusés<br />
n’étaient pas conformes sur le<br />
plan de la concentration moyenne,<br />
inférieure à 90 % ou supérieure à<br />
110 %.<br />
Pour 23 des 27 échantillons visés,<br />
la concentration en principe actif<br />
était (beaucoup) trop basse – 80,6<br />
% en moyenne – de sorte que le<br />
médicament risquait d’être moins<br />
efficace. L’un des échantillons<br />
(pharmacie Crickx, d’Ivoz-Ramet,<br />
une entité de la commune de Flémalle)<br />
ne contenait même pas du<br />
tout de principe actif – ce qui est<br />
tout à fait inacceptable !<br />
L’étiquetage laisse également à<br />
désirer. Un seul pharmacien reprenait<br />
toutes les informations<br />
Une étiquette imprimée reprenant<br />
toutes les mentions obligatoires<br />
est la solution idéale à nos yeux :<br />
lisibilité et conformité à la loi sont<br />
ainsi garanties.<br />
Un exemple à ne pas suivre, celui<br />
de la pharmacie Multipharma : des<br />
informations cruciales sont absentes,<br />
par ex.. le nom du pharmacien et la<br />
date de péremption.
PHARMACIES ET DÉLIVRANCE <strong>DE</strong> <strong>LA</strong> PRÉPARATION MAGISTRALE<br />
<strong>DE</strong> <strong>DE</strong>XAMÉTHASONE 0,5 MG<br />
Code postal<br />
poids de Écart<br />
1030<br />
Nom et adresse de la pharmacie<br />
Pharmacie Lechien, avenue Milcamps 60, Schaerbeek 4,90<br />
1030 Pharmacie Rosseels-Doms, avenue Latinis 59, Schaerbeek 4,40<br />
1030 Pharmacie Balhor, avenue de Roodebeek 64, Schaerbeek 4,40<br />
1030 Pharmacie Josaphat, rue Josaphat 332, Schaerbeek 5,02<br />
1050 Pharmacie Jardin Du Roi, avenue Louise 309, Ixelles 4,90<br />
1050 Pharmacie Du Récif, place Fernand Cocq 26, Ixelles 4,90<br />
1050 Pharmacie Rousseau, avenue Louise 49, Ixelles 4,90<br />
1050 Pharmacie Du Trône, chaussée de Wavre 181, Ixelles 4,40<br />
1410 Pharmacie de la Dreve, drève Richelle 225, Waterloo 4,40<br />
1410 Pharmacie Wera, rue de la Station 25, Waterloo 4,40<br />
1410 Pharmacie Guisset, chaussée de Bruxelles 528, Waterloo 4,40<br />
1420 Pharmacie de l’Estrée, chaussée d’Alsemberg 156 bis, Braine-l’Alleud 4,40<br />
2600 Apotheek Multipharma 124, Statiestraat 19, Berchem 4,40<br />
2600 Apotheek Mestdagh-Mebuphar NV, Gitschotellei 127, Berchem 4,40<br />
2600 Apotheek Vandenabeele, Grote Steenweg 9A, Berchem 4,40<br />
2610 Apotheek Bogaert, Heistraat 40, Wilrijk 4,40<br />
3600 Apotheek Duchateau, Stalenstraat 19, Genk 4,40<br />
3600 Apotheek Vanhaesebrouck, Hoogstraat 100, Genk 4,40<br />
3630 Apotheek F. Th eunissen, Weg naar Zutendaal 65, Opgrimbie (Maasmechelen) 4,90<br />
3650 Apotheek Th evissen - Meeus, Rijksweg 429, Dilsen-Stokkem 4,65<br />
4400 Pharmacie Collin, rue des Awirs 164, Awirs-Flémalle 4,40<br />
4400 Pharmacie Crickx, chaussée d’Ivoz 43, Ivoz-Ramet 0,0 s.o. 4,40<br />
4500 Pharmacie Chaudoir, rue du Pont 16, Huy 4,40<br />
4500 Pharmacie du Bassinia, Grand Place 16, Huy 4,40<br />
6000 Pharmacie de l’Alouette, rue du Terril 36, Charleroi 4,40<br />
6001 Lloydspharma - Pharmacie des Cayats, rue des Cayats 238, Marcinelle 4,40<br />
6001 Pharmacie Caupain, rue du Sanatorium 36, Marcinelle 4,40<br />
6110 Pharmacie Antoine, rue de Landelies 14, Montigny-Le-Tilleul 4,40<br />
7700 Multipharma Pharmacien Sabbe, Grand Rue 48, Moucron 4,40<br />
7700 Pharmacie Florence Woestyn, rue de la Station 82, Moucron 4,40<br />
7712 Pharmacie Scarcez, rue du Petit Audenaerde 101, Herseaux 4,40<br />
7712 Pharmacie Depraetere, place d’Herseaux 21, Herseaux 4,52<br />
8370 Apotheek B. Van de Sompel, Jules de Troozlaan 91, Blankenberge 4,40<br />
8370 Apotheek Cardon - Gobert, Vredelaan 84, Blankenberge 4,40<br />
8400 Apotheek Piers, Breidelstraat 5, Ostende 5,20<br />
8400 Apotheek Van Dender, De Smet de Naeyerlaan 12, Ostende 4,40<br />
9041 Apotheek Sanifar, Lourdesstraat 43, Oostakker 4,40<br />
9041 Apotheek Sorgeloose, Drieselstraat 4, Oostakker 4,40<br />
9940 Apotheek Simelco Evergem, Kapellestraat 60, Evergem 4,40<br />
9940 Apotheek Oushoorn, Doornzeledries 46a, Evergem 4,40<br />
EXCLUES <strong>DE</strong> NOTRE ENQUÊTE<br />
3600 Apotheek Roekaerts, Reinpadstraat 62, Genk N’ont pas accepté la prescription et ont envoyé notre<br />
enquêteur chez un autre pharmacien (parce qu’ils ne<br />
7700 Pharmacie Pollet, rue de la Marlière 15-17, Moucron<br />
disposaient pas des substances requises)<br />
Concentration<br />
moyenne<br />
Écart de concentration<br />
Conforme ?<br />
Prix (en euros)<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
21
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
22<br />
PRÉPARATIONS MAGISTRALES<br />
Aux Pays-Bas, les résultats des contrôles relatifs<br />
aux préparations magistrales (et les sanctions<br />
correspondantes) sont communiqués au grand public.<br />
><br />
légales requises sur l’emballage.<br />
Les temps d’attente et le prix méritaient<br />
toutefois une bonne note,<br />
car les pharmaciens se sont eff orcés<br />
de délivrer la préparation le<br />
plus rapidement possible. La plupart<br />
ont également appliqué le ticket<br />
modérateur légal (4,40 €), sans<br />
facturer de supplément excessif<br />
pour l’emballage.<br />
Légalement, un pharmacien ne<br />
peut refuser d’eff ectuer une préparation<br />
pour des raisons économiques.<br />
Les deux pharmaciens qui<br />
n’ont pas accepté la prescription,<br />
et ont renvoyé nos patients fi ctifs<br />
ailleurs, ont selon nous avancé un<br />
prétexte très léger – ils ne disposaient<br />
pas des substances nécessaires.<br />
La dexaméthasone entre<br />
fréquemment dans la composition<br />
de préparations magistrales et une<br />
pharmacie est de surcroît approvisionnée<br />
plusieurs fois par jour !<br />
Autoriser<br />
la sous-traitance<br />
Le manque d’expérience, de<br />
connaissances et de compétences,<br />
ou encore d’équipement peut<br />
nuire à la qualité des préparations<br />
magistrales. Aussi les pharmaciens<br />
doivent-ils avoir la possibilité de<br />
sous-traiter cette tâche à des offi -<br />
cines ou des sociétés spécialisées<br />
en la matière, comme c’est déjà<br />
le cas aux Pays-Bas. Le patient ne<br />
voit aucune diff érence : il se rend<br />
Les<br />
pharmaciens<br />
sont obligés<br />
de faires ces<br />
préparations<br />
eux-même,<br />
quitte à ce<br />
que la qualité<br />
en pâtisse<br />
chez son pharmacien habituel<br />
pour commander et rechercher sa<br />
préparation.<br />
Nous estimons que le nouvel arrêté<br />
royal du 21 janvier 2009 ne va<br />
pas assez loin. En vertu de ce texte,<br />
la réalisation de préparations magistrales<br />
fait partie des tâches clés<br />
et des obligations du pharmacien,<br />
qui n’est autorisé à sous-traiter<br />
que dans des cas exceptionnels.<br />
Une opportunité manquée, car<br />
dans bien des cas, la sous-traitance<br />
peut garantir une meilleure qualité,<br />
profi tant à la santé publique et<br />
à la crédibilité de la profession.<br />
Un marché<br />
non négligeable<br />
Depuis quelques années, les préparations<br />
magistrales représentent<br />
un marché stable d’environ 50 millions<br />
d’euros, soit un petit 2 % des<br />
dépenses totales de l’INAMI pour<br />
les médicaments remboursés en<br />
pharmacie. Cette part n’est donc<br />
pas négligeable. Avec le nouvel arrêté<br />
royal susmentionné, le législateur<br />
a laissé passer une chance de<br />
mettre l’accent sur la qualité.<br />
La société accorde sa confi ance au<br />
pharmacien, qui s’engage à eff ectuer<br />
les préparations avec le soin et<br />
la précision nécessaires et qui est<br />
rémunéré à cet eff et. Pour la crédi-<br />
NOUS EXIGEONS<br />
La qualité doit primer<br />
bilité de sa profession, le pharmacien<br />
est donc tenu de s’acquitter de<br />
cette tâche correctement.<br />
S’agissant du médicament que nous<br />
avons choisi, une mauvaise préparation<br />
n’entraînerait sans doute pas<br />
de graves eff ets secondaires, mais<br />
ce risque existe bel et bien pour<br />
d’autres médicaments. La plus<br />
grande vigilance est de mise lorsque<br />
les préparations contiennent<br />
des substances potentiellement<br />
toxiques à dose trop élevée et avec<br />
les préparations pour enfants : le<br />
dosage doit toujours être correct,<br />
surtout dans ces cas, car une différence<br />
d’un milligramme, de plus<br />
ou de moins, peut avoir des conséquences<br />
importantes.<br />
Annelies Driesen, Katrien Renders<br />
et Daisy Van Lissum<br />
SIGNALEZ-NOUS<br />
VOS PROBLEMES<br />
Eff ets secondaires, notice, prix...<br />
Vous avez des plaintes à propos<br />
d’un médicament ? Signalez-les<br />
nous via notre formulaire sur<br />
notre site<br />
www.test-achats.be/medicament<br />
ou demandez une version papier<br />
au 02 542 33 93<br />
´ Des contrôles plus fréquents et plus stricts, tant à propos<br />
des préparations que de l’étiquetage, des sanctions plus sévères<br />
pour les préparations non conformes et une communication<br />
transparente au sujet de ces actions pour le patient. Ce<br />
dernier a en eff et le droit de savoir si un pharmacien délivre des<br />
préparations de mauvaise qualité de façon répétée.<br />
´ Une notice explicative doit accompagner systématiquement<br />
toute préparation magistrale.<br />
´ Il faut étendre les possibilités de sous-traiter des préparations<br />
magistrales à des pharmaciens ou des entreprises spécialisées<br />
satisfaisant à des exigences de qualité sévères.
CYSTITE<br />
Guérisons spontanées<br />
fréquentes<br />
Besoin fréquent et impérieux d’uriner<br />
; diffi cultés pour commencer<br />
à uriner ; sensation que la vessie<br />
n’est pas complètement vidée ;<br />
douleur ou sensation de brûlure<br />
en urinant ; pression douloureuse<br />
dans le bas-ventre ; parfois traces<br />
de sang dans l’urine : voilà les<br />
symptômes typiques de la cystite.<br />
S’il y a d’autres plaintes, comme de<br />
la fi èvre, des douleurs lombaires<br />
ou des nausées et vomissements,<br />
cela peut être le signe d’une infection<br />
rénale.<br />
Poser le diagnostic<br />
De loin la plus fréquentea, la cystite<br />
simple n’est pas dangereuse,<br />
contrairement à une cystite dite<br />
"compliquée", qui peut l’être. En<br />
fait, les symptômes typiques de<br />
cystite chez une femme de 16 à<br />
65 ans, non enceinte et au demeurant<br />
en bonne santé, permettent<br />
en règle générale de considérer<br />
une cystite comme simple. Tous<br />
les autres cas sont en première<br />
instance à considérer comme<br />
compliqués.<br />
Il faut aussi savoir que des symptômes<br />
évoquant une cystite ont<br />
parfois une origine toute différente.<br />
Quand une femme est pour<br />
la première fois confrontée à des<br />
symptômes de cystite, elle doit<br />
donc toujours consulter un mé-<br />
La cystite<br />
peut avoir<br />
un impact<br />
important<br />
sur la qualité<br />
de vie et les<br />
activités<br />
quotidiennes<br />
La cystite est une<br />
infection de la<br />
vessie souvent<br />
pénible, qui frappe<br />
un grand nombre<br />
de femmes.<br />
Nous faisons<br />
le point sur les<br />
traitements et sur<br />
la prévention.<br />
decin, afi n d’obtenir un diagnostic<br />
correct.<br />
Une cystite simple peut généralement<br />
être diagnostiquée uniquement<br />
sur base des symptômes et<br />
des antécédents médicaux. Les<br />
médecins utilisent aussi certains<br />
tests, mais leur utilité est débattue<br />
(voir encadré).<br />
Antibiotiques ou non ?<br />
Si la patiente veut un soulagement<br />
aussi rapide que possible,<br />
le médecin peut prescrire un<br />
antibiotique immédiatement. Il<br />
est avéré que les antibiotiques<br />
accélèrent la guérison. Mais on<br />
peut aussi envisager d’attendre<br />
><br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
23
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
24<br />
CYSTITE<br />
Un problème surtout féminin<br />
><br />
Uretère<br />
Vessie<br />
Plus d’une femme sur deux sera tôt ou tard confrontée à un problème de cystite.<br />
La cystite est une infection de la vessie due à des bactéries qui vivent normalement dans l’intestin et<br />
qui sont donc aussi présentes dans les zones adjacentes au rectum. Dans l’immense majorité des cas, il<br />
s’agit de la bactérie Escherichia coli.<br />
Les bactéries peuvent coloniser la vessie en remontant par l’urètre. Des facteurs variés favorisent cette<br />
migration, le principal étant le contact sexuel : le risque de cystite est nettement plus élevé après un<br />
contact sexuel et augmente avec la fréquence des contacts.<br />
un peu. Sans traitement, il y a<br />
une fois sur deux amélioration,<br />
voire guérison dans les trois<br />
jours. De plus, ne pas traiter ne<br />
semble pas entraîner de risques<br />
particuliers. Bien sûr, si les symptômes<br />
persistent ou s’aggravent,<br />
il faut retourner chez le médecin.<br />
Si la femme trouve que ses<br />
symptômes ne disparaissent pas<br />
assez rapidement, elle peut à tout<br />
moment revoir le médecin pour<br />
une prescription d’antibiotiques.<br />
Autre stratégie envisageable : le<br />
médecin remet d’offi ce une prescription,<br />
mais en proposant de<br />
n’acheter le médicament que si<br />
cela ne va toujours pas mieux au<br />
bout de deux jours.<br />
Faire le bon choix<br />
Parmi les antibiotiques effi caces,<br />
on peut citer le triméthoprime, les<br />
nitrofuranes et la fosfomycine. Un<br />
traitement de courte durée (par<br />
exemple 3 jours de triméthoprime)<br />
semble aussi effi cace qu’un traitement<br />
plus long. Un traitement<br />
Reins<br />
Urètre<br />
Vessie<br />
court réduirait le risque d’effets<br />
indésirables et celui de promouvoir<br />
les résistances bactériennes.<br />
Il faut regretter qu’aucun fabricant<br />
ne commercialise un antibiotique<br />
contenant uniquement du triméthoprime,<br />
alors que celui-ci est<br />
pourtant un des premiers choix<br />
pour la cystite ! Le médecin doit<br />
donc rédiger une prescription<br />
magistrale, pour que le pharmacien<br />
prépare le médicament.<br />
D’autres antibiotiques peuvent<br />
convenir, mais l’essentiel est que<br />
le médecin fasse un choix réfl échi.<br />
Certains ont tendance à toujours<br />
prescrire les médicaments les<br />
plus récents. Non seulement ils<br />
sont souvent plus chers que des<br />
médicaments plus anciens tout<br />
aussi efficaces, mais il vaudrait<br />
mieux ne les utiliser que quand<br />
c’est vraiment indispensable. En<br />
ce qui concerne la cystite, cela fait<br />
des années que nous dénonçons<br />
la surprescription de quinolones<br />
(ciprofloxacine, norfloxacine,<br />
ofloxacine, lévofloxacine...), au<br />
Recourir<br />
ou non aux<br />
antibiotiques<br />
est une<br />
décision<br />
à prendre<br />
conjointement<br />
par la<br />
patiente et le<br />
médecin<br />
détriment d’antibiotiques plus anciens.<br />
Les quinolones sont effi caces,<br />
certes, mais mieux vaudrait ne<br />
les utiliser qu’en dernier recours et<br />
préserver ainsi leur effi cacité pour<br />
des aff ections graves.<br />
Autres traitements<br />
possibles ?<br />
Que penser des traitements autres<br />
que les antibiotiques ?<br />
■ Urocystil. Cet extrait de busserole<br />
(Arctostaphylos uva-ursi L.) a<br />
été enregistré comme médicament<br />
pour la cystite. Il n’y a cependant<br />
pas de preuves convaincantes que<br />
cet extrait de plante soit plus effi<br />
cace qu’un placebo. Les principaux<br />
eff ets indésirables sont des<br />
troubles de la digestion, mais il y a<br />
aussi des craintes quant à sa sécurité,<br />
notamment en raison d’une<br />
possible toxicité pour le foie en cas<br />
d’utilisation prolongée (cela vaut<br />
également pour les produits à base<br />
de busserole enregistrés comme<br />
"complément alimentaire").<br />
■ Boire plus. On prétend que boire<br />
beaucoup va "évacuer les bactéries"<br />
et accélérer la guérison. Ce<br />
n’est pas prouvé. Et si vous prenez<br />
des antibiotiques, boire plus risque<br />
de réduire leur concentration<br />
et donc leur effi cacité.<br />
De plus, quand on a une cystite, on<br />
a souvent mal quand on urine. Or,<br />
boire plus fait qu’on urine encore<br />
plus. Finalement, certaines données<br />
suggèrent même que boire<br />
plus pourrait augmenter le risque<br />
de colonisation par des bactéries !<br />
■ Alcaliniser l’urine. Pour soulager<br />
les symptômes, on conseille souvent<br />
aux femmes d’alcaliniser leur<br />
urine, en prenant par exemple du<br />
bicarbonate de soude. En fait, cela<br />
n’a jamais été évalué de manière<br />
sérieuse et l’on ignore totalement<br />
si c’est utile.<br />
• Antidouleurs. On recommande<br />
aussi des antidouleurs, comme<br />
le paracétamol, contre la douleur<br />
et la sensation de brûlure. Il n’y a<br />
toutefois guère d’études ayant examiné<br />
si c’est vraiment effi cace.<br />
■ Canneberge. Il n’y a pas de preu-
LE DIAGNOSTIC<br />
TESTER N’EST<br />
PAS TOUJOURS NÉCESSAIRE<br />
Les médecins ont souvent recours à certains tests, supposés<br />
vérifi er s’il y a vraiment une infection bactérienne de la vessie :<br />
bandelettes urinaires, cultures d’urine, dipslides...<br />
Ces tests sont censés limiter le recours inutile aux antibiotiques.<br />
Le test le plus utilisé est celui de la bandelette urinaire ou "dipstick".<br />
Une bandelette est trempée dans l’urine. Les changements<br />
de couleur sur la bandelette indiquent la présence de substances<br />
qui sont le signe d’une infection bactérienne. Mais les résultats<br />
donnent rarement une certitude absolue. Le test permet<br />
sans doute d’éviter de donner inutilement des antibiotiques à un<br />
certain nombre de femmes, mais risque aussi de priver d’autres<br />
femmes d’un traitement qui les aurait pourtant aidées. A vrai<br />
dire, aucun test n’est entièrement satisfaisant. Notamment parce<br />
que des études indiquent que<br />
chez nombre de femmes chez qui,<br />
d’après les tests, il n’y a pas d’infection<br />
significative de la vessie,<br />
la guérison est quand même accélérée<br />
par la prise d’antibiotiques.<br />
Bref, l’utilité réelle de ces tests ne<br />
fait pas l’unanimité.<br />
Le test de la bandelette<br />
("dipstick") a ses limites.<br />
ves que la canneberge (Vaccinium<br />
macrocarpon ou "cranberry") soit<br />
utile pour traiter la cystite.<br />
Il semble par contre que boire<br />
chaque jour du jus ou avaler des<br />
extraits de cette plante peut agir<br />
en prévention.<br />
Automédication<br />
et prévention<br />
Certaines femmes ont des cystites<br />
à répétition. Quand une femme<br />
fait un nouvel épisode de cystite,<br />
elle peut bien sûr reconsulter son<br />
médecin. Toutefois, les femmes<br />
qui ont déjà eu des cystites sont<br />
parfaitement à même de reconnaître<br />
les symptômes et de poser le<br />
diagnostic correct. A une patiente<br />
souff rant de cystites à répétition, le<br />
médecin peut donc envisager de<br />
prescrire une grande boîte d’antibiotique,<br />
en lui expliquant quand<br />
et comment elle peut se traiter elle-même.<br />
Face aux cystites à répétition, on<br />
peut aussi essayer une prévention,<br />
par exemple par une prise<br />
quotidienne d’antibiotiques, voire<br />
comme dit plus haut, boire du jus<br />
de canneberges. Si les récidives<br />
sont clairement liées aux contacts<br />
sexuels, une alternative est de ne<br />
prendre un antibiotique qu’après<br />
avoir fait l’amour.<br />
Aux femmes ménopausées, certains<br />
médecins proposent des œstrogènes<br />
intravaginaux (crèmes,<br />
Les jus et<br />
extraits de<br />
cranberry ont<br />
un modeste<br />
eff et en<br />
prévention<br />
des récidives<br />
QUE FAIRE ?<br />
En discuter avec<br />
le médecin<br />
tablettes, anneau vaginal), qui<br />
feraient obstacle aux bactéries de<br />
la cystite. Peut-être effi cace, mais<br />
pas sans risques (la substitution<br />
hormonale peut notamment favoriser<br />
certains cancers).<br />
Le recours aux spermicides va de<br />
pair avec un risque accru de cystite.<br />
Pour une femme sujette à des<br />
cystites récidivantes, il peut être<br />
utile d’opter pour une forme de<br />
contraception sans spermicide.<br />
D’autres conseils n’ont aucun<br />
fondement scientifi que sérieux :<br />
qu’après l’amour, la femme doit se<br />
précipiter aux toilettes pour uriner,<br />
qu’elle doit boire beaucoup<br />
d’eau, qu’aux toilettes elle doit<br />
s’essuyer du vagin vers le rectum<br />
et non l’inverse, qu’elle doit changer<br />
de slip chaque jour, ne porter<br />
que des slips de coton, éviter les<br />
pantalons serrants et l’on en passe<br />
et des meilleures. Selon nous, ce<br />
sont là de "faux bons conseils" qui<br />
génèrent surtout du stress.<br />
Maurice Vanbellinghen<br />
´ Si aujourd’hui la prescription d’un antibiotique<br />
est quasiment un automatisme, c’est pourtant<br />
rarement une nécessité médicale. Dans<br />
bien des cas, les symptômes d’une cystite non<br />
compliquée disparaissent rapidement, même<br />
sans traitement.<br />
´ Discutez avec votre médecin des diff érentes<br />
solutions possibles : prendre immédiatement un<br />
médicament ou ne pas traiter d’emblée et voir<br />
comment les choses évoluent naturellement.<br />
´ En cas de cystites à répétition, des stratégies<br />
de prévention peuvent être envisagées : médicaments<br />
préventifs, mais aussi jus ou extraits de<br />
canneberge. Eviter les formes de contraception<br />
qui font appel à un spermicide peut également<br />
réduire le risque de récidives.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
25
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
26<br />
Nous nous battons<br />
pour votre bien-être<br />
Un communiqué de l’agence Belga<br />
a révélé que la ministre démissionnaire<br />
de la Santé, Laurette Onkelinx,<br />
souhaitait relever les quotas<br />
de médicaments bon marché que<br />
les médecins sont tenus de prescrire.<br />
Cette politique, qui semble<br />
une évidence, est pourtant le fruit<br />
d’un travail de très longue haleine,<br />
auquel nous avons participé.<br />
Payer moins cher<br />
Depuis la création de notre magazine,<br />
nous sommes mus par la<br />
conviction qu’il est possible de<br />
En 1997, les<br />
médicaments<br />
génériques<br />
ne faisaient<br />
que 1 % à<br />
peine des<br />
traitements<br />
en Belgique<br />
100 NUMÉROS EN ACTION<br />
réaliser des économies en santé<br />
sans préjudice pour la qualité. Il<br />
est plus qu’indispensable de réduire<br />
les frais de santé. La dernière<br />
enquête nationale sur la santé révèle,<br />
en eff et, que, pour des raisons<br />
fi nancières, 10 % de la population<br />
reportent des soins à plus tard. La<br />
promotion d’équivalents moins<br />
chers aux spécialités originales,<br />
comme les médicaments génériques,<br />
comptait parmi les fers de<br />
lance de nos actions. La part de<br />
marché des génériques était trop<br />
faible en Belgique et bien en deçà<br />
Depuis 1994, nous<br />
vous informons de<br />
tout ce qui touche<br />
votre santé. Mais<br />
notre action va<br />
plus loin : nous<br />
militons en faveur<br />
de soins de santé<br />
plus abordables et<br />
d’une alimentation<br />
plus saine. Une<br />
politique qui porte<br />
ses fruits.<br />
des pourcentages des autres pays.<br />
Au travers d’innombrables publications<br />
sur le sujet et d’actions de<br />
sensibilisation, nous avons insisté<br />
sur la nécessité d’une révision en<br />
profondeur de la politique. Avec<br />
succès.<br />
Le gouvernement a introduit, en<br />
2001, le système de remboursement<br />
de référence, où l’INAMI<br />
rembourse autant pour la spécialité<br />
originale que pour son équivalent<br />
générique. Cette mesure,<br />
qui devait encourager le patient à<br />
se faire prescrire un médicament
générique, n’a pas suffi à modifi er<br />
les habitudes de prescriptions.<br />
Mais, elle a entraîné une diminution<br />
du prix de plusieurs médicaments<br />
de marque.<br />
En 2005, les médecins ont pu rédiger<br />
leurs prescriptions en mentionnant<br />
exclusivement le nom<br />
du principe actif. C’était alors au<br />
pharmacien de choisir, en accord<br />
avec le patient, le médicament le<br />
plus approprié (et le moins cher).<br />
Le succès de ce système est conditionné<br />
par la parfaite collaboration<br />
du pharmacien, que nos enquêteurs<br />
testent régulièrement.<br />
Depuis 2006, les médecins sont<br />
également tenus d’atteindre des<br />
pourcentages imposés en matière<br />
de prescription de médicaments<br />
bon marché. Pourcentages<br />
que l’on atteint aujourd’hui sans<br />
problème – raison pour laquelle<br />
la ministre envisage de relever<br />
les quotas. Résultat : alors que<br />
les médicaments génériques ne<br />
constituaient qu’1 % des traitements<br />
en 1997, ils représentaient<br />
25 % en 2008.<br />
Moins de suppléments<br />
d’honoraires<br />
Autre fer de lance : les divergences<br />
de prix entre les cliniques et<br />
les suppléments d’honoraires réclamés.<br />
Le montant à supporter<br />
par le patient peut passer du simple<br />
au quintuple selon l’hôpital, le<br />
type de chambre, les suppléments<br />
d’honoraires et divers autres éléments<br />
à prendre en compte.<br />
Fort heureusement, en ce domaine<br />
aussi, il y a eu des progrès.<br />
Aujourd’hui, les hôpitaux qui ne<br />
demandent plus de suppléments<br />
d’honoraires pour les chambres<br />
doubles ou communes bénéfi -<br />
cient d’aides fi nancières supplémentaires.<br />
Depuis le 1er janvier<br />
2010, il est interdit à tous les hôpitaux<br />
d’exiger un supplément<br />
de chambre pour les patients qui<br />
choisissent une chambre double.<br />
Résultat : entre 2005 et 2009, après<br />
des années d’augmentation, la<br />
facture moyenne d’hospitalisa-<br />
tion s’est stabilisée. Les suppléments<br />
d’honoraires en chambre<br />
individuelle, réellement excessifs<br />
ces dernières années, restent toutefois<br />
problématiques.<br />
Une alimentation<br />
saine et sûre<br />
La santé ne se limite pas aux soins.<br />
La prévention est primordiale et<br />
celle-ci passe, de façon logique,<br />
par une alimentation saine.<br />
L’évolution positive de la sécurité<br />
alimentaire dans notre pays n’est<br />
pas uniquement due aux grandes<br />
crises alimentaires auxquelles<br />
nous avons été confrontés et à la<br />
prise de conscience accrue qui<br />
s’en est suivi. Nous avons toujours<br />
pris l’initiative dans la lutte contre<br />
l’utilisation excessive de sel dans<br />
les plats préparés, d’additifs ou de<br />
pesticides – pour ne citer que ces<br />
trois dossiers importants.<br />
Des actions par ailleurs fortement<br />
européennes. L’autorité européenne<br />
de sécurité des aliments (EFSA)<br />
est en train de réviser la liste des<br />
additifs alimentaires autorisés. Et<br />
non sans raison, car pour beaucoup,<br />
leur totale innocuité reste<br />
encore à prouver, surtout chez les<br />
enfants. En ce qui concerne les<br />
pesticides, nos nombreuses analyses<br />
ont pu convaincre les instances<br />
européennes de la nécessité d’harmoniser<br />
les limites maximales de<br />
résidus au sein de l’UE. Notre campagne<br />
de lutte acharnée contre les<br />
sels cachés dans les plats préparés<br />
a également été payante, y compris<br />
à l’échelle internationale. Pour<br />
preuve, les fédérations belges des<br />
boulangers & pâtissiers, qui se<br />
sont engagées à utiliser moins de<br />
sel, ont servi d’exemple à plusieurs<br />
grandes multinationales.<br />
Un étiquetage clair<br />
A nos yeux, l’étiquette doit constituer<br />
la "carte d’identité" d’un produit<br />
alimentaire. Elle doit fournir<br />
une information claire et complète<br />
pour que le consommateur puisse<br />
choisir en toute connaissance de<br />
cause. Question santé, nous avons<br />
Les fabricants<br />
de produits<br />
alimentaires<br />
ne peuvent<br />
plus raconter<br />
n’importe<br />
quoi sur<br />
l’étiquette de<br />
leurs produits<br />
NOUS EXIGEONS<br />
noté ces derniers temps une importante<br />
évolution à divers niveaux.<br />
Depuis 2005, l’étiquetage<br />
des produits préemballés doit<br />
mentionner systématiquement<br />
la présence éventuelle de 14 ingrédients<br />
pouvant être à l’origine<br />
d’allergies. Est venue ensuite la législation<br />
en matière d’allégations<br />
nutritionnelles et de santé portant<br />
sur les produits alimentaires.<br />
Leurs prétendues vertus nutritives,<br />
notamment, sont aujourd’hui clairement<br />
défi nies. Pour que le fabricant<br />
puisse utiliser, par exemple,<br />
les mentions "light", "sans sucre"<br />
ou "pauvre en sel", la composition<br />
du produit doit désormais répondre<br />
à des critères spécifi ques.<br />
Karel Jooken, Robert Remy<br />
et Martine Van Hecke<br />
La santé : la vôtre<br />
et celle de votre budget<br />
´ Nous continuons à militer pour que l’on relève<br />
les quotas de prescription des médicaments<br />
bon marché et pour que l’on encourage les prescriptions<br />
sous le nom du principe actif.<br />
´ Les suppléments d’honoraires devraient être<br />
supprimés pour les patients en chambre double<br />
ou commune et plafonnés à 100 % dans les<br />
chambres individuelles. A terme, le fi nancement<br />
des hôpitaux devrait être réorganisé de sorte<br />
que ces suppléments puissent être abolis.<br />
´ Même s’il y a des évolutions positives dans<br />
le domaine alimentaire, tout n’est pas parfait.<br />
Il reste des choses à améliorer, entre autres au<br />
niveau de la composition des produits alimentaires<br />
ou de la réglementation des compléments<br />
alimentaires et des allégations de santé.<br />
´ L’étiquetage des produits alimentaires, y<br />
compris pour les aliments non emballés, doit<br />
être amélioré. Les consommateurs doivent recevoir<br />
des informations claires et compréhensibles<br />
sur leur valeur nutritive.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
27
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
28<br />
"Source d’oméga 3" ou "Riche en<br />
acides gras insaturés"... Les allégations<br />
nutritionnelles foisonnent<br />
sur les emballages des matières<br />
grasses, vantant la plus value des<br />
produits.<br />
Près de 53 % du marché des matières<br />
grasses à tartiner reviennent<br />
aux produits faisant référence à<br />
la santé, un concept très porteur,<br />
bien intégré par les fabricants.<br />
Mais peut-on croire ce qu’on lit ?<br />
Nous nous sommes penchés sur<br />
les matières grasses avec allégations,<br />
dont principalement celles<br />
enrichies en oméga 3, ainsi que<br />
les margarines à l’huile d’olive et<br />
au soja.<br />
Reconnaître<br />
les bonnes graisses<br />
Avant de se lancer dans l’analyse<br />
des allégations, commençons par<br />
MATIÈRES GRASSES<br />
Toutes les matières<br />
grasses ne se<br />
valent pas.<br />
Mais y a-t-il<br />
vraiment une<br />
diff érence entre<br />
une margarine<br />
enrichie en<br />
oméga 3 et une<br />
autre ?<br />
Des graisses plus saines ?<br />
De plus<br />
en plus de<br />
matières<br />
grasses<br />
vantent sur<br />
leur étiquette<br />
leur plusvalue<br />
pour<br />
votre santé<br />
comprendre les diff érentes sortes<br />
de graisses. On en distingue deux<br />
groupes, toujours présentes dans<br />
les matières grasses, mais en proportions<br />
variables.<br />
Les acides gras saturés (AGS) augmentent<br />
le taux de cholestérol<br />
sanguin et sont donc en partie responsables<br />
du développement des<br />
maladies cardiovasculaires.<br />
Les acides gras insaturés (AGI) sont<br />
soit mono-insaturés soit poly-insaturés.<br />
Ils sont meilleurs pour la<br />
santé, car ont un eff et favorable sur<br />
le taux de cholestérol.<br />
Ils sont donc un excellent allié à<br />
condition qu’ils soient présents<br />
sous leur forme de base appelée<br />
"cis" et non sous la forme "trans"<br />
auquel cas, l’organisme les considère,<br />
à peu de chose près, comme<br />
des AGS, avec tous les eff ets néfastes<br />
qu’on leur attribue.<br />
De beaux progrès<br />
Les acides gras trans sont donc<br />
à éviter et leur présence dans la<br />
composition d’un produit doit être<br />
limitée. Selon les recommandations<br />
belges, les acides gras trans<br />
ne doivent pas dépasser 1 % de<br />
l’apport calorique journalier.<br />
D’énormes progrès ont été faits à<br />
ce niveau depuis notre dernière<br />
analyse en 2005, puisque tous les<br />
produits que nous avons testés<br />
cette fois-ci sont sous la barre du<br />
pourcent.<br />
Pour en revenir aux allégations,<br />
les matières grasses enrichies en<br />
oméga 3 fournissent bel et bien les<br />
teneurs annoncées. Les produits<br />
se valent plus ou moins. Rien de<br />
très surprenant à cette homogénéité<br />
quand on sait que deux fabricants,<br />
Vandemoortele et Unilever,<br />
couvrent 69 % du marché et
Interview<br />
Stéphanie Bonnewyn<br />
A chacun ses besoins<br />
Il faut choisir le<br />
corps gras adéquat<br />
pour chaque usage<br />
particulier.<br />
Pourquoi faut-il choisir la matière<br />
grasse selon l’usage ?<br />
On n’utilise pas les mêmes graisses<br />
pour beurrer sa tartine que<br />
pour cuire un steak, car toutes<br />
n’ont pas les mêmes propriétés.<br />
Les produits allégés contenant<br />
moins de 40 % de matières grasses<br />
ne conviennent pas pour la<br />
cuisson, par exemple.<br />
Mieux vaut utiliser les graisses<br />
liquides spécialement conçues à<br />
cet eff et ou de l’huile d’olive. Vu<br />
qu’elles sont sous forme liquide,<br />
elles contiennent moins d’acides<br />
gras trans et saturés que la plupart<br />
des margarines.<br />
Quelles matières grasses utiliser<br />
si on a des problèmes de<br />
santé ?<br />
Les besoins de l’organisme vont<br />
bien sûr influencer le choix des<br />
graisses.<br />
Une personne souffrant d’une<br />
maladie cardiovasculaire, de<br />
diabète ou de cholestérol, devra<br />
possèdent donc bon nombre des<br />
produits testés.<br />
Un apport en oméga 3 est un<br />
atout, mais pas suffisant. L’enrichissement<br />
en oméga 3 n’a de sens<br />
que si les oméga 6 ne sont pas très<br />
élevés… Ce qui n’est pas toujours<br />
le cas. Un bon rapport oméga 6/<br />
de préférence opter pour des<br />
produits d’origine végétale, qu’il<br />
s’agisse de margarine, de minarine<br />
ou d’huile pour salade. Ils<br />
contiennent une proportion importante<br />
de graisses insaturées<br />
-entre 70 et 80 % contre 37 % pour<br />
le beurre- et ont donc un effet<br />
plus favorable sur le cholestérol<br />
que des aliments d’origine animale,<br />
comme le beurre, riches en<br />
graisses saturées environ 63 %.<br />
Et avec des problèmes de<br />
poids ?<br />
Si la personne est en surcharge<br />
pondérale ou qu’elle est désireuse<br />
de limiter les calories<br />
ingérées, elle choisira de préférence<br />
les beurres allégés, c’està-dire<br />
demi-écrémés, ou les<br />
margarines allégées comme les<br />
minarines, car ces produits ne<br />
contiennent que 40 % de matière<br />
grasse.<br />
Il faut certes se méfi er des calories<br />
inutiles sur les tartines, mais<br />
il est malgré tout important de ne<br />
pas bannir entièrement les matières<br />
grasses de l’assiette, même<br />
en période de diète. Elles fournissent,<br />
en eff et, des acides gras essentiels,<br />
que le corps ne peut produire,<br />
ainsi que des vitamines.<br />
oméga 3, qui devrait être de 4 à<br />
5/1, est aussi important pour le<br />
bon fonctionnement de l’organisme.<br />
Or, dans l’alimentation occidentale<br />
d’aujourd’hui, ce rapport<br />
tourne autour des 10 à 15/1 en<br />
moyenne. Dans notre test, 12 matières<br />
grasses ont un bon équilibre<br />
Stéphanie Bonnewyn, notre diététicienne<br />
Il faut<br />
orienter son<br />
choix afi n<br />
d’améliorer<br />
la qualité<br />
des graisses<br />
qu’on ingère<br />
Pas de restriction pour les<br />
personnes en bonne santé ?<br />
Les personnes ne souff rant pas<br />
de problème de santé ou de<br />
poids n’ont aucune raison de se<br />
priver de beurre, à condition de<br />
ne pas en abuser.<br />
Néanmoins, que cela soit pour<br />
cuire ou pour tartiner, la margarine,<br />
surtout d’origine entièrement<br />
végétale, est préférable<br />
d’un point de vue nutritionnel.<br />
Le beurre et la margarine apportent<br />
le même nombre de<br />
calories puisqu’ils contiennent<br />
tous les deux au moins 80 %<br />
de matières grasses, mais le<br />
beurre, exclusivement d’origine<br />
animale, contient plus d’acides<br />
gras saturés.<br />
entre oméga 6 et oméga 3, dont<br />
les produits à l’huile d’olive, qui<br />
ne fournissent pourtant pas beaucoup<br />
d’oméga 3.<br />
Nous avons aussi estimé que des<br />
produits d’origine végétale ne devaient<br />
pas contenir plus de 25 %<br />
d’acides gras saturés, mais 6 des<br />
><br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
29
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
30<br />
MATIÈRES GRASSES<br />
MATIÈRES GRASSES à tartiner et pour cuire<br />
Marque et dénomination<br />
MATIÈRES GRASSES ET MINARINES AU SOJA<br />
Utilisation (1)<br />
Matière grasse (g/100g)<br />
Composition<br />
ALPRO SOYA minarine - (0 % cholesterol) T 40 370 E A JJJJ 5 D D 0,89 3,55<br />
ALPRO SOYA light 15 % MG - + vit.A, D, B6, B9, B12 +<br />
fi bres<br />
kcal (100g)<br />
Acides gras saturés<br />
Acides gras trans<br />
Quantité d’oméga 3<br />
pour 100 kcal (2)<br />
Rapport oméga 6/<br />
oméga 3<br />
Prévention des maladies<br />
cardio-vasculaires<br />
T 15 142 E A J 20 D C 1,27 5,06<br />
BUTTEL<strong>LA</strong> (ALDI) Soja Minarine végétal T 40 365 E A JJ 14 D C 0,45 1,8<br />
CARREFOUR Soja cuire et rotir 100 % végétale C 75 700 E A JJ 17 D D 1,28 2,56<br />
STYLESSE (CARREFOUR) soja - 40 % MG T 40 380 E A JJ 14 D C 0,69 2,77<br />
MATIÈRES GRASSES ET MINARINES AUX OMEGA 3<br />
BECEL original - avec oméga 3&6 T 38 325 A A JJJ 7 B C 0,9 3,61<br />
BECEL oméga 3 plus - 2 types d’oméga 3 T 38 349 A A JJJ 6 B D 1,77 7,07<br />
BECEL light - avec oméga 3&6 T 25 247 A A JJJ 7 B C 0,96 3,83<br />
BECEL light liquide à cuire - avec oméga 3&6 C 56 500 A A JJJ 7 B C 2,19 4,39<br />
CARREFOUR Oméga 3 tartinable T 38 342 A A JJ 5 B D 0,49 1,97<br />
CORA Oméga 3 tartine et cuisson T/C 59 516 A A JJ 4 B C 2,39 4,78<br />
CULINO à tartiner oméga 3 T 38 366 A A JJJ 4 B D 0,63 1,27<br />
<strong>DE</strong>LHAIZE oméga 3 T 38 338 A A JJ 4 B B 0,79 3,16<br />
MATCH Oméga 3 tartine et cuisson T/C 59 545 A A JJ 9 B C 0,9 3,59<br />
SAINT-HUBERT riche en oméga 3 doux T 54 495 E A JJJ 2 D C 2,06 8,26<br />
SPRING (ALDI) Oméga 3 mat. grasse 38 % T 38 339 A A JJJ 3 B C 0,32 1,28<br />
VITA D’OR (LIDL) Oméga 3 mat. grasse 38 % T 38 341 A A JJJ 4 B C 0,33 1,31<br />
VITELMA Light 25 % MG - riche en oméga 3 T 25 229 A A JJJJJ 2 B D 0,94 4,48<br />
VITELMA oméga 3 - riche en oméga 3 C 75 655 A A JJJ 3 B C 1,56 3,12<br />
MATIÈRES GRASSES <strong>À</strong> L’HUILE D’OLIVE<br />
BERTOLLI à l’huile d’olive T 38 349 A A JJ 3 B C 1,12 4,48<br />
BELOLIVE à l’huile d’olive T 38 364 A A JJ 4 B D 1,31 5,23<br />
A trés bon B bon C moyen D médiocre E mauvais<br />
(1) T: tartinable C: cuisson<br />
(2) principalement l’acide alpha-linolénique (A<strong>LA</strong>), un des oméga 3 les plus courants<br />
J < 0,3g JJ ≥ 0,3g JJJ ≥ 0,6g JJJJ ≥ 0,9g JJJJJ ≥ 1,2g sur base de la législation européenne<br />
Etiquette<br />
Moyen par contenant<br />
Prix<br />
Moyen au kg
Les graisses présentes dans la<br />
composition ne sont pas toujours<br />
détaillées. Le pourcentage<br />
contenu et le type de graisses<br />
devraient être mentionnés.<br />
><br />
21 produits testés dépassent les<br />
30 %. Il s’agit de tous les produits<br />
à base de soja et Saint-Hubert, qui<br />
sont donc à éviter surtout dans le<br />
cadre de la prévention des maladies<br />
cardiovasculaires. Les autres<br />
ACI<strong>DE</strong>S GRAS ET CUISSON<br />
UN BURGER CUIT PEUT-IL FOURNIR<br />
<strong>DE</strong>S OMÉGA 3 ?<br />
Les acides gras poly-insaturés sont plus sensibles aux températures<br />
élevées que leurs homologues saturés. On peut donc<br />
se demander comment ils réagissent lorsqu’ils sont cuits.<br />
Nos tests permettent de dégager quelques premières tendances<br />
intéressantes.<br />
Pas d’arnaque<br />
Nous avons analysé la teneur en oméga 3 des matières grasses<br />
à cuire et d’un burger avant et après la cuisson.<br />
Utiliser des margarines riches en acides gras insaturés pour<br />
cuire présente un réel avantage, car ils sont conservés et<br />
«passent donc», dans une certaine mesure, sur l’aliment cuit.<br />
Nous avons aussi pu constater la valeur ajoutée des graisses<br />
de cuisson enrichies en oméga 3, car on retrouve ces derniers<br />
dans l’aliment cuit. Il y a donc un réel avantage lors de la cuisson<br />
du burger, dans notre cas.<br />
De son côté, le consommateur doit veiller aux bonnes pratiques<br />
de cuisson : la température ne doit être ni excessive<br />
(évitez la fumée) ni trop longue.<br />
Les<br />
margarines<br />
au soja<br />
contiennent<br />
trop d’acides<br />
gras saturés,<br />
nous les<br />
déconseillons<br />
QUE FAIRE ?<br />
ont des taux plus corrects. Pointons<br />
d’ailleurs Becel liquide, qui<br />
ne contient que 8 % d’acides gras<br />
saturés, choix intéressant pour la<br />
cuisson.<br />
Une étiquette complète<br />
Toutes les mentions obligatoires<br />
sont présentes sur l’étiquette de<br />
tous les produits.<br />
Néanmoins, on peut regretter que<br />
trop de produits ne détaillent pas<br />
le type d’huile ou de graisse indiquée<br />
dans la liste des ingrédients<br />
et que les informations nutritionnelles<br />
par 100g et par portion ne<br />
soient pas toujours mentionnées.<br />
Plus essentiel, la lisibilité de l’étiquette<br />
qui fait parfois défaut.<br />
Et si cette dernière n’est pas un critère<br />
de sélection, le prix, lui, en est<br />
sans doute un, d’autant qu’il vaut<br />
mieux y jeter un œil : de 1,27 €/kg<br />
pour Culino à 8,26 €/kg pour Saint<br />
Hubert.<br />
Stéphanie Bonnewyn et Sandrine Bouhy<br />
Varier et consommer<br />
avec modération<br />
´ Choisissez les matières grasses en fonction<br />
de vos besoins et variez les produits.<br />
´ Préférez les matières grasses végétales,<br />
sauf l’huile de palme, aux graisses animales.<br />
´ Limitez l’ajout inutile de matières grasses,<br />
quelles qu’elles soient.<br />
´ Ne tombez pas dans l’excès de restriction.<br />
Les matières grasses sont nécessaires et fournissent<br />
vitamines et acides gras essentiels.<br />
´ L’utilisation des bonnes graisses doit aussi<br />
s’inscrire dans une alimentation saine.<br />
´ Pour augmenter son quota d’oméga 3, les<br />
poissons gras restent la meilleure solution.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
31
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
32<br />
Le nombre de diabétiques ne cesse<br />
d’augmenter. Selon l’International<br />
Diabetes Federation, le diabète<br />
touchera 29 millions de personnes<br />
en Europe en 2025, contre 25 millions<br />
en 2003. Selon les estimations,<br />
la Belgique compte plus de<br />
500 000 personnes atteintes de<br />
diabète, dont 80 à 90 % de diabète<br />
de type 2, aussi appelé diabète de<br />
vieillesse.<br />
2 070 nouveaux cas de diabète de<br />
type 1 et 23 500 cas de diabète de<br />
type 2 seraient ainsi diagnostiqués<br />
chaque année.<br />
La moitié des diabétiques igno-<br />
Le diabète peut<br />
bouleverser votre<br />
existence, vous<br />
contraindre à adopter<br />
un mode de vie plus<br />
sain, voire vous<br />
imposer un traitement<br />
médicamenteux. Mais il<br />
n’empêche pas de vivre<br />
"normalement".<br />
Un mode de vie sain<br />
est indispensable<br />
Chaque<br />
année, 23 500<br />
nouveaux<br />
diabétiques<br />
de type 2 sont<br />
diagnostiqués<br />
en Belgique<br />
DIABÈTE<br />
reraient en outre leur maladie et<br />
courent dès lors un risque nettement<br />
plus élevé d’être victimes de<br />
complications sérieuses. Le diabète<br />
est en eff et une maladie grave,<br />
mais un diagnostic précoce et<br />
un traitement adapté évitent bien<br />
des souff rances au patient. Il peut<br />
même compter sur une qualité de<br />
vie et une espérance de vie "normales",<br />
s’il suit scrupuleusement<br />
son traitement.<br />
L’insuline, facteur clé<br />
Pendant la digestion, l’énergie<br />
présente dans les aliments (sous<br />
forme de sucres, d’amidon, etc.)<br />
est transformée en glucose, une<br />
source d’énergie que notre organisme<br />
peut exploiter.<br />
Le glucose arrive directement dans<br />
le sang et l’insuline entre alors en<br />
jeu... Cette hormone sécrétée par<br />
le pancréas veille à ce que le glucose<br />
parvienne aux cellules, qui<br />
reçoivent ainsi l’énergie dont elles<br />
ont besoin pour fonctionner. L’insuline<br />
maintient également le taux<br />
de glucose dans le sang (la glycémie)<br />
en équilibre, ce qui permet<br />
d’éviter l’hypoglycémie (manque<br />
de glucose) ou l’hyperglycémie
(trop de glucose). Chez les diabétiques,<br />
ce mécanisme est déréglé.<br />
En cause ? Trop<br />
de glucose dans le sang<br />
Le diabète de type 2 est le plus<br />
fréquent. Aussi appelé diabète de<br />
vieillesse (car il touche surtout<br />
les plus de 40 ans), il est dû à un<br />
double problème : d’une part, le<br />
pancréas ne sécrète pas assez d’insuline<br />
et, d’autre part, l’organisme<br />
ne réussit pas à exploiter l’insuline<br />
produite (résistance à l’insuline).<br />
Le glucose s’accumule donc dans<br />
le sang et augmente la glycémie,<br />
qui reste constamment élevée (hyperglycémie).<br />
Le diabète de type 1 se déclare habituellement<br />
pendant l’enfance ou<br />
l’adolescence, parce que le pancréas<br />
ne sécrète pas d’insuline. Par<br />
conséquent, le glucose dans le sang<br />
n’est pas utilisé et la glycémie augmente.<br />
Pour éliminer cet excès de glucose<br />
dans le sang, il faut adapter son<br />
mode de vie et/ou prendre des antidiabétiques<br />
(comprimés) ou de<br />
l’insuline.<br />
La situation inverse peut aussi se<br />
produire. Il est question d’hypoglycémie<br />
si la glycémie est trop faible<br />
et si le taux de glucose est trop bas<br />
pour couvrir les besoins de l’organisme.<br />
Pour y remédier, il faut donc<br />
consommer des sucres rapidement<br />
assimilables.<br />
Le diabète<br />
s’accompagne<br />
d’une<br />
hyperglycémie<br />
chronique.<br />
Voilà<br />
pourquoi il est<br />
aussi appelé<br />
"maladie du<br />
sucre"<br />
Exemple de stylos pour injecter l’insuline. Le choix<br />
dépend de votre préférence et de vos habitudes.<br />
><br />
UNE MA<strong>LA</strong>DIE COÛTEUSE<br />
INTERVENTIONS PRÉVUES<br />
POUR LES DIABÉTIQUES<br />
Le diabète est une maladie coûteuse pour la société. En raison<br />
de sa nature chronique et de la gravité des complications, elle<br />
représente environ 6,7 % du budget de santé total.<br />
Plusieurs systèmes ont donc été mis en place pour diminuer<br />
les frais des patients. L’INAMI rembourse par exemple entièrement<br />
ou partiellement le matériel nécessaire pour mesurer<br />
le taux de glucose dans le sang ou les consultations auprès de<br />
professionnels de la santé. L’insuline proprement dite et les<br />
antidiabétiques oraux sont donc gratuits pour le patient.<br />
Convention diabète<br />
La "Convention diabète" est le système le plus ancien, adopté<br />
par l’INAMI et plusieurs centres du diabète en 1987. En vertu<br />
de cette convention, les diabétiques qui doivent s’administrer<br />
deux injections (ou plus) d’insuline par jour reçoivent les informations<br />
et le suivi nécessaires, ainsi que du matériel d’autocontrôle<br />
gratuit. Ce dernier comprend un autopiqueur, des<br />
lancettes, un glucomètre et des bandelettes. En contrepartie,<br />
le patient s’engage à eff ectuer un certain nombre de mesures<br />
par mois, à consulter un spécialiste du fonctionnement des<br />
glandes hormonales (endocrinologue) au moins une fois par<br />
an et à se soumettre à divers examens chaque année. L’an<br />
dernier, quelque 94 000 diabétiques de type 1 ou 2 ont bénéfi<br />
cié de la convention.<br />
Trajet de soins<br />
Face à l’augmentation du nombre de diabétiques de type 2, qui<br />
ne répondent pas tous aux critères de la convention, un "trajet<br />
de soins" est proposé depuis septembre 2009 aux diabétiques<br />
qui reçoivent une à deux injections d’insuline par jour ou qui<br />
vont prochainement entamer un tel traitement. Le trajet de soins<br />
implique une étroite collaboration entre le généraliste et le spécialiste,<br />
d’une part, et le patient, d’autre part. Si vous satisfaites<br />
à un certain nombre de conditions, vous bénéfi ciez de divers<br />
avantages : remboursement intégral des consultations chez le<br />
généraliste et le spécialiste, programme de soins personnel,<br />
matériel (gratuit) d’autocontrôle, remboursement partiel des<br />
consultations chez un podologue agréé (spécialiste des pieds) et<br />
un diététicien deux fois par an. Selon les pouvoirs publics, 75 000<br />
diabétiques environ auraient droit à ce trajet de soins, mais la<br />
mise en œuvre du projet est assez lente.<br />
Passeport du diabète<br />
Crée en mars 2003, le passeport du diabète est un dossier qui<br />
off re aux médecins traitants des références et des informations<br />
précises utiles pour le traitement. Il donne notamment<br />
droit au remboursement partiel, deux fois par an, des prestations<br />
dispensées par un diététicien et un podologue agréé.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
33
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
34<br />
DIABÈTE<br />
><br />
Des premiers<br />
symptômes assez vagues<br />
Souvent, le diabète (surtout de<br />
type 2) reste longtemps inaperçu.<br />
Les symptômes se développent<br />
lentement et de façon insidieuse.<br />
Les signes les plus fréquents sont<br />
AUTOCONTRÔLE<br />
PAS TOUJOURS INDISPENSABLE, PARFOIS SOUHAITABLE<br />
Lorsque le médecin vérifi e le taux de glucose via<br />
une prise de sang, il obtient un bilan des deux ou<br />
trois derniers mois. Les patients diabétiques traités<br />
par injections d’insuline doivent cependant<br />
vérifi er en temps utile si leur glycémie est correcte<br />
à tel moment pour savoir quelle quantité<br />
d’insuline ils doivent s’administrer.<br />
L’autocontrôle leur off re cette possibilité. Cette<br />
pratique est courante chez les diabétiques de<br />
type 1, mais beaucoup moins chez ceux de type<br />
2. Le matériel est coûteux, le test n’est pas toujours<br />
nécessaire ni suffi sant en soi et les risques<br />
d’erreur ne sont pas exclus. Le cholestérol, la<br />
tension et le poids doivent aussi être surveillés.<br />
Diabétiques de type 1 : l’autocontrôle est toujours<br />
indispensable<br />
Chez les patients diabétiques de type 1, la glycémie<br />
varie considérablement et le risque d’hypoglycémie<br />
(un taux de sucre dans le sang trop bas,<br />
qui peut entraîner des palpitations, une transpiration<br />
excessive, des diffi cultés à se concentrer,<br />
une vision trouble, des tremblements,<br />
etc.) est élevé : les médecins et les spécialistes<br />
conseillent dès lors de vérifi er régulièrement le<br />
taux de sucre dans le sang.<br />
Diabétiques de type 2 : l’autocontrôle est recommandé<br />
dans certains cas<br />
Les patients traités par injections doivent aussi<br />
eff ectuer un autocontrôle, mais moins fréquemment<br />
– à quatre fois par jour comme les diabétiques<br />
de type 1.<br />
Si la glycémie est stable, par ex. chez les patients<br />
qui ne prennent pas encore de médicaments ou<br />
qui prennent des antidiabétiques oraux (lesquels<br />
ne font guère varier le taux), l’autocontrôle<br />
ne se justifi e guère. Si le traitement risque<br />
effectivement d’entraîner une hypoglycémie<br />
les suivants : envie d’uriner fréquente,<br />
sensation importante de<br />
faim et de soif, perte de poids,<br />
fatigue, diminution de la concentration,<br />
vision trouble, sensibilité<br />
accrue aux mycoses. A long terme,<br />
le diabète se manifeste par<br />
(par ex., sulfamidés hypoglycémiants, glinides)<br />
et si le patient mène une vie active et irrégulière,<br />
l’autocontrôle peut s’avérer utile pour maintenir<br />
le taux de glucose en équilibre.<br />
Dans le cas d’un diabète de type 2, les médicaments<br />
prescrits peuvent provoquer une hypoglycémie<br />
et la glycémie est instable. L’autocontrôle<br />
du taux sanguin pendant un certain temps peut<br />
alors être utile et permet d’adapter le traitement<br />
au besoin.<br />
CONTRÔLE DU TAUX <strong>DE</strong> SUCRE<br />
La lancette est insérée dans<br />
l’autopiqueur.<br />
La bandelette de test est<br />
placée dans le glucomètre.<br />
des troubles vasculaires et aff ecte<br />
la plupart des organes.<br />
Le diabète est habituellement<br />
diagnostiqué chez le généraliste,<br />
qui vérifi e à l’aide de deux prises<br />
de sang, des jours diff érents,<br />
si les taux de glucose des deux<br />
On pique ensuite le doigt<br />
avec la lancette.<br />
Une goutte de sang apparaît<br />
sur la bandelette et le taux s’affi che<br />
sur le glucomètre.
ou trois derniers mois sont<br />
normaux ou pas. Mais la maladie<br />
est souvent remarquée par hasard.<br />
Idéalement, le généraliste<br />
eff ectuera cependant des contrôles<br />
réguliers chez les personnes à<br />
risque, à savoir les plus de 65 ans,<br />
les personnes de 45 ans ayant un<br />
parent direct atteint de diabète,<br />
celles qui présentent des symptômes<br />
de diabète, qui ont déjà souffert<br />
de troubles de la glycémie,<br />
qui prennent des médicaments<br />
spécifi ques (des corticoïdes, par<br />
ex.) ou qui ont une maladie susceptible<br />
de provoquer le diabète.<br />
Un dépistage généralisé systématique<br />
n’est pas recommandé,<br />
car il serait trop coûteux et guère<br />
justifi é.<br />
Insuline pour baisser<br />
le taux de glucose<br />
Le diabète est une maladie chronique<br />
grave, mais si le patient<br />
bénéfi cie à temps d’une prise en<br />
charge de qualité, bien des souffrances<br />
peuvent lui être épargnées.<br />
Un premier aspect du traitement<br />
consiste à surveiller et rectifi er la<br />
glycémie.<br />
Pour un diabète de type 2, le médecin<br />
prescrira d’abord des "antidiabétiques",<br />
des médicaments<br />
qui stimulent la sécrétion d’insuline,<br />
abaissent le taux de glucose<br />
dans le sang ou affaiblissent la<br />
résistance à l’insuline de l’organisme.<br />
Lorsque ces médicaments ne sont<br />
plus assez effi caces, des injections<br />
d’insuline sont nécessaires pour<br />
adapter le taux de glucose. Les diabétiques<br />
de type 1 reçoivent d’emblée<br />
un traitement par injections<br />
d’insuline.<br />
Un taux de glucose<br />
en équilibre ne suffi t pas<br />
Surveiller la glycémie ne suffit<br />
pas, il faut aussi réduire le risque<br />
de maladies cardiovasculaires<br />
– une complication fréquemment<br />
associée au diabète – et veiller à<br />
ce que le patient conserve une<br />
tension optimale. Le cas échéant,<br />
ce dernier doit impérativement<br />
arrêter de fumer et maigrir s’il est<br />
obèse ou en surpoids (une perte<br />
de poids de 5 à 10 % atténue déjà<br />
considérablement la résistance<br />
à l’insuline). Une activité physique<br />
suffi sante, de même qu’une<br />
alimentation saine et équilibrée,<br />
s’imposent également.<br />
Les diabétiques devront certes<br />
introduire quelques changements<br />
dans leur existence, non sans<br />
quelque diffi culté. Ces eff orts parfois<br />
considérables s’avèrent néanmoins<br />
payants puisqu’ils permettent<br />
d’améliorer tant la qualité de<br />
vie que l’espérance de vie.<br />
De graves complications<br />
Si le traitement est insuffisant<br />
ou, pire, absent, de graves complications<br />
peuvent survenir. A<br />
long terme, une hyperglycémie<br />
endommage les organes (jusqu’à<br />
provoquer leur dysfonctionnement)<br />
et les tissus. Concrètement,<br />
le risque de crise cardiaque<br />
et d’hémorragie cérébrale<br />
(apoplexie) augmente, la rétine<br />
s’abîme, la cataracte et la cécité<br />
ne sont pas exclues, les reins se<br />
dégradent lentement mais sûrement,<br />
les vaisseaux sanguins<br />
peuvent s’atrophier au point de<br />
rendre une amputation nécessaire,<br />
les hommes souff rent d’impuissance,<br />
des troubles gastriques<br />
et intestinaux se manifestent et les<br />
problèmes podologiques sont fréquents.<br />
Les diabétiques courent<br />
en outre un risque de maladies<br />
cardiovasculaires deux à quatre<br />
fois plus élevé. Mais il faut le répéter<br />
: bien suivi, un traitement<br />
de qualité permet d’atténuer et<br />
de diff érer ces risques et désagréments.<br />
La prévention<br />
est l’aff aire de tous<br />
Il est impossible d’éviter le<br />
diabète de type 1, subordonné<br />
à des facteurs héréditaires. La<br />
génétique joue également un<br />
rôle dans le diabète de type 2,<br />
mais ce dernier est aussi lié à nos<br />
Outre la<br />
glycémie, les<br />
diabétiques<br />
doivent<br />
surveiller leur<br />
cholestérol,<br />
leur poids et<br />
leur tension<br />
habitudes de vie occidentales. La<br />
prévention permet donc, dans<br />
une certaine mesure, d’éviter cette<br />
maladie. Les recommandations<br />
peuvent sembler rabâchées, mais<br />
n’en sont pas moins importantes<br />
pour tout un chacun : maigrir,<br />
bouger davantage, adopter une<br />
alimentation saine et équilibrée,<br />
boire de l’alcool avec modération<br />
et ne pas fumer.<br />
PLUS D’INFOS<br />
MIEUX VAUT PRÉVENIR<br />
A. Lievens et R. Sas<br />
http://www.riziv.fgov.be/care/fr/<br />
revalidatie/convention/diabete/pdf/<br />
agreementadult.pdf<br />
Informations relatives à la Convention<br />
diabète.<br />
http://www.trajetdesoins.be<br />
présente les trajets de soins existants<br />
dans notre pays.<br />
http://www.inami.be/citizen/fr/<br />
medical-cost/specifi c/diabete/<br />
index.htm<br />
fournit des informations sur ce<br />
minidossier.<br />
http://www.diabete-abd.be/<br />
est le site web de l’Association belge<br />
du diabète.<br />
Mangez sain et bougez !<br />
´ Respectez les principes de la pyramide<br />
alimentaire. Deux mots clés doivent vous guider<br />
: "sain" et "équilibré". Autrement dit, beaucoup<br />
de fruits et de légumes, une consommation<br />
modérée de graisses et de sucres, ainsi<br />
que d’alcool.<br />
´ Bougez ! Une demi-heure d’activité physique<br />
d’intensité moyenne suffi t. Prendre les<br />
escaliers, garer la voiture un peu plus loin…<br />
sont autant de petits réfl exes à acquérir.<br />
´ Essayez d’arrêter de fumer. Si vous n’y<br />
parvenez pas seul, demandez conseil à votre<br />
médecin ou pharmacien.<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
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test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
36<br />
la parole aux lecteurs<br />
Le coût de<br />
l'homéopathie<br />
Monsieur A. ne<br />
comprend pas pourquoi<br />
son médicament<br />
homéopathique n'est plus<br />
remboursé.<br />
Il est affi lié à Partena, qui<br />
rembourse des médicaments<br />
homéopathiques à raison de<br />
maximum 75 € par an par<br />
personne. Dernièrement,<br />
il a constaté que le<br />
Mucococcinum Boiron, qui<br />
était remboursé, ne l'est plus.<br />
C'est un médicament qui<br />
coûte quand même 12,5 €<br />
pour 10 doses, nous dit-il.<br />
A-t-il un recours ? Il regrette<br />
aussi que l'Oscillococcinum<br />
ne soit pas remboursé, alors<br />
que c'est un médicament<br />
selon lui très effi cace en<br />
cas de début de grippe.<br />
Qui décide de ce qui est<br />
remboursé ou non et ne fautil<br />
pas informer la population<br />
de tels changements ?<br />
Rappelons d'abord qu'aucun<br />
médicament homéopathique<br />
n'est remboursé dans<br />
le cadre de l'assurance<br />
maladie obligatoire. C'est<br />
que leur effi cacité n'est pas<br />
démontrée. En principe,<br />
ne peuvent prétendre au<br />
remboursement que les<br />
médicaments qui ont une<br />
effi cacité scientifi quement<br />
prouvée. Les mutuelles<br />
off rent un remboursement<br />
partiel, mais cela dans le<br />
cadre de leur assurance<br />
complémentaire. Lorsque<br />
vous vous affi liez à une<br />
mutuelle, vous bénéfi ciez<br />
en sus de l'assurance<br />
maladie obligatoire d'une<br />
assurance complémentaire,<br />
pour laquelle vous payez un<br />
supplément à la mutuelle.<br />
Légalement, ce n'est<br />
pas obligatoire, mais en<br />
pratique il est diffi cile d'y<br />
échapper. Les interventions<br />
complémentaires concernent<br />
les lunettes et lentilles,<br />
l'orthodontie, le transport<br />
des malades, etc. Et<br />
aussi les médicaments<br />
homéopathiques. Ce<br />
remboursement est donc<br />
une initiative personnelle<br />
des mutuelles. Les personnes<br />
qui ne croient pas à<br />
l'homéopathie préféreraient<br />
sans doute un meilleur<br />
remboursement d'autres<br />
services, mais soit.<br />
Chaque mutuelle décide<br />
souverainement quels<br />
médicaments homéopathiques<br />
elle rembourse ou<br />
non et jusqu'à quel plafond.<br />
Il n'y a donc pas de recours<br />
pour monsieur A.<br />
Encore un mot au sujet de<br />
l'Oscillococcinum, "best seller"<br />
des laboratoires Boiron,<br />
censé aider contre les états<br />
grippaux. Pour préparer ce<br />
remède, on procède comme<br />
suit : on décapite un canard<br />
de Barbarie et on extrait son<br />
foie et son cœur ; on place<br />
quelques grammes de ces<br />
chairs dans une solution et<br />
on laisse macérer 40 jours.<br />
Puis on fi ltre le liquide, qui<br />
servira à préparer l'Oscillococcinum<br />
homéopathique<br />
vendu en pharmacie. Nous<br />
ignorons ce qu'en pensent les<br />
amis des animaux. Quoi qu'il<br />
en soit, l'effi cacité du remède<br />
n'est pas prouvée.<br />
La pomme<br />
empoisonnée ?<br />
Monsieur D. a entendu<br />
dire que les pommes<br />
contiennent une substance<br />
cancérigène, la patuline.<br />
Il se demande si l'on en<br />
retrouve aussi dans les jus<br />
et les compotes.<br />
Disons d'emblée qu'un eff et<br />
cancérigène de la patuline<br />
n'est pas démontré.<br />
La patuline est une mycotoxine,<br />
c.-à-d. une toxine<br />
produite par des moisissures.<br />
Bien des moisissures sont<br />
parfaitement inoff ensives,<br />
mais d'autres peuvent être<br />
nocives. En eff et, certaines<br />
produisent des mycotoxines,<br />
potentiellement<br />
dangereuses, comme les<br />
afl atoxines, mais aussi<br />
la patuline. Déjà en 1998<br />
(TS 28), nous avons signalé<br />
que certaines moisissures<br />
sur les pommes produisent<br />
rapidement de la patuline. A<br />
l'époque, nous avions analysé<br />
des jus de pomme et des<br />
compotes, avec des résultats<br />
plutôt rassurants quant aux<br />
teneurs en patuline.<br />
La patuline est associée<br />
surtout aux pommes<br />
manifestant la "pourriture<br />
brune" ou d'autres<br />
signes de pourrissement.<br />
Contrairement à ce que<br />
certains affi rment, un<br />
eff et cancérigène n'est pas<br />
prouvé, mais elle a - chez des<br />
animaux de laboratoire - des<br />
eff ets négatifs sur le système<br />
immunologique, le système<br />
nerveux et le système gastrointestinal.<br />
Quant à savoir<br />
si elle est dangereuse pour<br />
Les moisissures des pommes<br />
produisent rapidement de la<br />
patuline.<br />
l'homme, c'est moins clair.<br />
Il est rassurant de savoir<br />
que la patuline se dégrade<br />
rapidement lors de la<br />
digestion des aliments.<br />
Le développement de<br />
moisissures est un<br />
phénomène naturel et il est<br />
diffi cile d'éviter totalement la<br />
présence de patuline dans les<br />
produits dérivés de pommes,<br />
sachant qu'une seule pomme<br />
touchée peut contaminer<br />
le jus de 750 pommes ! Une<br />
étude de 2006 a montré<br />
qu'environ un jus de pomme<br />
sur dix est contaminé. A<br />
noter que la concentration<br />
moyenne en patuline était la<br />
plus élevée dans les jus bio.<br />
Mais les autorités ont fi xé<br />
des teneurs maximales en<br />
patuline pour les produits<br />
dérivés de pommes. Par<br />
précaution, on peut sans<br />
doute recommander de ne<br />
pas gaver les jeunes enfants<br />
de jus de pomme. D'un<br />
point de vue simplement<br />
diététique, certains boivent<br />
trop de jus de pomme, ce<br />
qui constitue un apport en<br />
calories trop important.<br />
Mieux vaut leur donner de<br />
l'eau.<br />
Piscines, chlore<br />
et asthme<br />
Monsieur et madame V. se<br />
demandent s'ils peuvent<br />
encore aller à la piscine
avec leur petite-fi lle, âgée<br />
d'un an. Elle est allergique<br />
aux pollens et aux<br />
acariens. Or, on leur a dit<br />
que le chlore des piscines<br />
favorise l'asthme.<br />
C'est un problème que<br />
nous avons déjà évoqué.<br />
Des études indiquent<br />
que la fréquentation des<br />
piscines, dont l'eau est<br />
désinfectée au chlore,<br />
entraîne un risque accru<br />
d'asthme et d'allergie. Pour<br />
le professeur Alfred Bernard<br />
de l'Université Catholique<br />
de Louvain, l'exposition<br />
croissante des enfants aux<br />
produits de chloration, très<br />
concentrés dans l'eau et l'air<br />
des piscines, serait même<br />
un des facteurs expliquant<br />
le nombre croissant de<br />
personnes allergiques.<br />
Avec d'autres chercheurs,<br />
il a récemment publié une<br />
nouvelle étude (European<br />
Respiratory Journal, juillet<br />
2010) qui confi rme que<br />
le chlore aff ecte la santé<br />
pulmonaire des jeunes<br />
enfants, surtout s'il y a<br />
des antécédents familiaux<br />
d'asthme ou d'allergie.<br />
L'étude montre que le chlore<br />
des piscines augmente le<br />
risque de bronchiolite et<br />
favorise le développement<br />
d'asthme et d'allergies.<br />
La prévention passe par<br />
des normes et contrôles<br />
Le chlore des piscines<br />
n'est pas bon pour les<br />
poumons des petits<br />
enfants.<br />
plus stricts et par le recours<br />
à d'autres méthodes de<br />
désinfection. En attendant,<br />
on ne peut que conseiller<br />
la prudence vis-à-vis des<br />
établissements où règne<br />
une forte odeur de chlore. Le<br />
professeur Bernard va même<br />
jusqu'à conseiller d'éviter les<br />
piscines avant 6-7 ans.<br />
Vous avez dit<br />
andullation ?<br />
Madame D. veut savoir si<br />
la thérapie par andullation<br />
est aussi effi cace que<br />
l'affi rment ses promoteurs.<br />
Elle a découvert cette<br />
thérapie sur le site www.<br />
andullation.eu. L'andullation<br />
serait une nouvelle méthode<br />
pour traiter les maux<br />
les plus divers, par une<br />
combinaison de vibrations<br />
qui "génèrent une résonance<br />
dans la cellule" et d'ondes de<br />
chaleur électromagnétiques<br />
diff usées par infrarouge.<br />
Ce serait effi cace pour<br />
combattre le mal de dos,<br />
mais aussi pour aider à<br />
obtenir un ventre plat,<br />
lutter contre le mal de mer,<br />
améliorer les performances<br />
sportives, aider au traitement<br />
du syndrome de fatigue<br />
chronique, etc. En fait, il<br />
s'agit simplement d'un<br />
matelas de massage avec des<br />
éléments chauff ants. Le site<br />
présente des études censées<br />
démontrer l'effi cacité du<br />
système, mais, examinées<br />
d'un regard critique, elles<br />
ne démontrent qu'une seule<br />
chose, à savoir que certains<br />
"scientifi ques" n'ont aucun<br />
scrupule quand il s'agit de<br />
produire sur commande des<br />
études dont les résultats<br />
vont dans le sens de ce que<br />
souhaite le commanditaire.<br />
On peut aller se faire "traiter"<br />
notamment dans certains<br />
salons de massage. On peut<br />
aussi acheter le matelas, si<br />
l'on est disposé à débourser<br />
plus de 2 000 €. Nous<br />
pensons quant à nous que les<br />
allégations avec lesquelles<br />
ce système est vanté sont<br />
trompeuses.<br />
Sténose de la<br />
carotide :<br />
réaction<br />
Dans TS93 (novembre<br />
2009) nous avons publié un<br />
article sur la sténose de la<br />
carotide. En même temps,<br />
nous avons mis en ligne<br />
un dossier plus fourni.<br />
Le docteur Koentges,<br />
chirurgien vasculaire<br />
à l'Eeuwfeestkliniek<br />
(Anvers) nous a fait<br />
parvenir une réaction.<br />
Les artères carotides<br />
transportent le sang jusqu'au<br />
cerveau. Une sténose<br />
(rétrécissement) de la carotide<br />
est une aff ection relativement<br />
fréquente, qui dans les cas<br />
graves peut provoquer un<br />
accident vasculaire cérébral.<br />
La cause de la sténose est le<br />
plus souvent l'athérosclérose,<br />
une accumulation de plaque<br />
d'athérome sur la paroi<br />
interne des artères. L'examen<br />
de premier choix pour les<br />
sténoses de la carotide reste<br />
l'exploration duplex (bon<br />
marché et sans risques).<br />
Si le médecin découvre<br />
une sténose à l'examen, il<br />
doit bien peser le pour et<br />
le contre d'une éventuelle<br />
opération. Une opération de<br />
la carotide entraîne toujours<br />
des risques. On peut opter<br />
pour une chirurgie classique<br />
(une endartériectomie,<br />
consistant à inciser le cou et<br />
à ouvrir la carotide) ou pour<br />
une opération par l'intérieur<br />
(angioplastie, avec mise en<br />
place d'un stent).<br />
Nous avions écrit que par<br />
le passé on pratiquait le<br />
plus souvent des opérations<br />
classiques. Le docteur<br />
Bernard Koentges, chirurgien<br />
vasculaire, trouve que<br />
cela suggère que ce n'est<br />
aujourd'hui plus le cas. Ce en<br />
quoi il n'a pas tout à fait tort.<br />
Nous tenons donc à préciser<br />
que c'est toujours l'opération<br />
classique (endartériectomie)<br />
qui reste la référence et<br />
qui est la plus pratiquée.<br />
Il y a quelques années, les<br />
angioplasties avec mise en<br />
place d'un stent ont connu<br />
un succès croissant, mais<br />
cet engouement diminue<br />
depuis environ 3 ans. La<br />
raison en est que l'on a<br />
constaté que la mise en<br />
place de stents, même<br />
améliorée par l'utilisation<br />
de fi ltres, entraîne plus de<br />
complications.<br />
Sur www.test-achats.be/<br />
stenose vous trouverez un<br />
dossier complet sur la sténose<br />
de la carotide, avec de plus<br />
amples informations sur les<br />
deux types d'opérations et<br />
leurs risques respectifs.<br />
M. Vanbellinghen et A. Lievens<br />
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
37
test santé 100 décembre 2010/janvier 2011<br />
38<br />
"<br />
vrai ou faux ?<br />
Tous les vins ont un apport<br />
calorique équivalent<br />
On dit souvent que l’alcool fait<br />
grossir. Les personnes qui souhaitent<br />
perdre du poids s’interrogent<br />
fréquemment sur l’apport calorique<br />
des boissons alcoolisées. Combien<br />
de calories une bière contient-t-elle ?<br />
Y a-t-il une diff érence entre le vin<br />
rouge et le vin blanc ? Les bulles ontelles<br />
une infl uence ? Que penser des<br />
alcopops dont les jeunes raff olent ?<br />
Les étiquettes mentionnent rarement<br />
ce type d’information. Pour connaître<br />
l’apport calorique d’une boisson, il<br />
faut tenir compte de sa teneur en<br />
alcool et en sucres résiduels. Mais le<br />
calcul n’est pas si simple. Il existe,<br />
par exemple, des diff érences entre<br />
les vins blancs et les vins rouges et<br />
entre les vins mousseux et les vins<br />
non mousseux. Le degré d’alcool<br />
fi gure toujours sur l’étiquette. Quant<br />
à la teneur en sucres résiduels, il faut<br />
parfois la deviner.<br />
PAS D’INFORMATIONS SUR <strong>LA</strong><br />
TENEUR EN SUCRE<br />
■ Pour déterminer les calories d’une<br />
boisson, il faut tenir compte de sa teneur<br />
en alcool et en sucres résiduels.<br />
■ cette dernière correspond au taux de<br />
sucres qui n’ont pas été transformés en<br />
alcool lors de la fermentation.<br />
■ L’information sur la teneur en sucres<br />
résiduels n’a cependant aucun caractère<br />
légal contraignant. Cette teneur<br />
chiff rée n'apparaît jamais sur les bouteilles.<br />
VIN B<strong>LA</strong>NC VERSUS VIN ROUGE<br />
■ Le taux de sucres résiduels du vin<br />
rouge est très faible : généralement inférieur<br />
à 1 g/l. Mais certains peuvent<br />
renfermer jusqu’à 4 ou 5 g/l.<br />
■ Les vins blancs sont classés selon leur<br />
teneur en sucres résiduels : sec (de 0 à<br />
4 g/l), demi-sec (de 4 à 12 g), moelleux<br />
(de 12 à 45 g) et doux (plus de 45 g).<br />
Notre affi rmation est FAUSSE.<br />
"<br />
■ La classifi cation des vins mousseux<br />
comme le champagne est encore diff érente<br />
: extra-brut (de 0 à 6 g/l), brut (de<br />
6 à 15 g), extra-dry (de 12 à 20 g), sec<br />
(de 17 à 35 g), demi-sec (de 33 à 50 g)<br />
et doux (plus de 50 g). Enfi n, certains<br />
champagnes ne contiennent aucun<br />
sucre et sont vendus sous des appellations<br />
telles que "brut sauvage", "brut<br />
zéro" ou "ultra-brut".<br />
CALCULER L’APPORT CALORIQUE<br />
■ 1 gramme d’alcool apporte 7 kilocalories<br />
et 1 gramme de sucre 4 kilocalories.<br />
■ Pour calculer l’apport calorique d’un<br />
verre, il vous faudra convertir en poids<br />
la teneur en alcool mentionnée sur la<br />
bouteille (exprimée en volume), tout<br />
en tenant compte de la densité de l’alcool<br />
(0,789).<br />
■ Ce qui donne la formule suivante : volume<br />
d’un verre (en ml) × teneur en alcool<br />
(en volume, tel que mentionné sur<br />
l’étiquette) × 0,789 × 7. Ajoutez enfi n au<br />
résultat obtenu l’apport calorique des<br />
éventuels sucres résiduels.<br />
EXERCICES <strong>DE</strong> CALCUL<br />
■ Un verre de vin rouge (12 cl) contenant<br />
13 % d’alcool et moins d’1 g de<br />
sucres résiduels par litre : 120 × 0,13 ×<br />
0,789 × 7 = 86 kilocalories.<br />
■ Un verre de vin blanc doux (12 cl) à<br />
12 % d’alcool et 50 g de sucres résiduels<br />
par litre : 120 × 0,12 × 0,789 × 7 = 79 calories.<br />
Auquel on ajoute les sucres résiduels<br />
pour un verre : (50 × 120 / 1000) ×<br />
4 = 24 kilocalories. Ce qui fait103 kcal.<br />
■ Autres exemples : un verre de whisky<br />
(3 cl) apporte environ 65 kilocalories,<br />
un verre de porto entre 180 et 200 kilocalories,<br />
et une bouteille de breezer<br />
(25 cl) entre 100 et 120 kilocalories.<br />
Katrien Depoorter et Robert Remy
A<br />
n° an<br />
Acupuncture 87 08<br />
Alcool et jeunes (enquête)<br />
Aliments :<br />
95 10<br />
– allégations sur les produits 83 08<br />
– allergènes 84 08<br />
– "sans sucre"<br />
Alimentation<br />
93 09<br />
– et humeur 81 07<br />
– et prévention des maladies 97 10<br />
Allergies 91 09<br />
Alli (rôle du pharmacien - enquête) 96 10<br />
Alzheimer (la maladie) 80 07<br />
Amiante<br />
Antibiotiques<br />
94 09<br />
– consommation en Europe 87 08<br />
– prescription en Belgique (enquête) 92 09<br />
Antidépresseurs 80 07<br />
Antioxydants 82 07<br />
Argent et maladie (VF) 79 07<br />
Audition et bruit 87 08<br />
Autisme 85 08<br />
Automédication<br />
B<br />
84 08<br />
Bains de bouche 97 10<br />
Biocides 90 09<br />
Biscuits (dits "sains") 85 08<br />
Boissons "bien-être" 90 09<br />
Bouchons d’oreilles 99 10<br />
Bruit et audition<br />
C<br />
Calculs<br />
87 08<br />
– biliaires 84 08<br />
– rénaux 95 10<br />
– rénaux et lait (VF)<br />
Cancer :<br />
82 07<br />
– colorectal 80 07<br />
– de la gorge 96 10<br />
– de la prostate (dépistage) 79 07<br />
– du cerveau 90 09<br />
– du col de l’utérus 92 09<br />
– et qualité de vie 83 08<br />
– les traitements 78 07<br />
Cellules souches 90 09<br />
Centres de bronzage (enquête) 94 09<br />
Chirurgie et traitements esthétiques (enquête) 92 09<br />
Cholestérol 89 09<br />
Cholestérol (VF) 84 08<br />
Chutes (prévention) 88 08<br />
CO et joues rouges (VF) 81 07<br />
Colorants dans l’alimentation 99 10<br />
Coma 85 08<br />
Compléments alimentaires (enquête) 94 09<br />
Condition physique 81 07<br />
Contrôles médicaux 98 10<br />
Cosmétiques et acné (VF) 89 09<br />
Cuisine (hygiène éponges-lavettes - enquête) 89 09<br />
Cuisine (hygiène - toxi-infections alimentaires) 95 10<br />
Cuisson (modes de) et valeur nutritive 87 08<br />
Crudités (V/F)<br />
D<br />
90 09<br />
Dégénérescence maculaire 83 08<br />
Dentistes (tarifs) 97 10<br />
Diarrhée bébés (conseils pharmaciens : enq.) 86 08<br />
Diverticulose 99 10<br />
Don d’organes<br />
E<br />
93 09<br />
Édulcorants 87 08<br />
E-health<br />
Enfants :<br />
96 10<br />
– à l’hôpital 94 09<br />
– médicaments<br />
F<br />
92 09<br />
Fatigue chronique (syndrome) 94 09<br />
Fibres dans l'alimentation 79 07<br />
Cet index reprend les articles parus dans <strong>Test</strong>-Santé depuis le n° 78 (4-5/2007) et jusqu’au n° 99 inclus.<br />
Certains sujets ont été abordés de manière plus succincte dans des rubriques.<br />
Toutefois, vous ne retrouverez ici que la rubrique “Vrai ou Faux” (VF).<br />
G<br />
Gels désinfectants (VF) 95 10<br />
Gencives (affections) 86 08<br />
Gonfl ement des ganglions 82 07<br />
Grains de beauté 97 10<br />
Graisses<br />
– mauvaises 92 09<br />
– végétales (VF) 78 07<br />
H<br />
Hépatite A,B et C 91 09<br />
Hernie linguinale 92 09<br />
Homéopathie 96 10<br />
Homéopathie et phytothérapie (VF) 91 09<br />
Honoraires médicaux 84 08<br />
Hôpitaux :<br />
– enfants (enquête) 94 09<br />
– information aux patients 81 07<br />
– services des urgences (enquête) 88 08<br />
– tarifs 78 07<br />
Hoquet et médicaments (VF) 86 08<br />
Hygiène<br />
– corporelle (enquête) 84 08<br />
– intime 81 07<br />
Hyperactivité et trouble du défi cit d’attention 82 07<br />
Hypocondrie 80 07<br />
I<br />
Incontinence urinaire 94 09<br />
Infections alimentaires 86 08<br />
Infections nosocomiales 93 09<br />
Infertililté (enquête) 96 10<br />
Insomnie 89 09<br />
Insuffi sance cardiaque 79 07<br />
L<br />
Lait (produits laitiers) 91 09<br />
Langes réutilisables 68 05<br />
Limonades et décalcifi cation des os (VF) 98 10<br />
Lire dans la pénombre (VF) 97 10<br />
Lymphomes 86 08<br />
Lombalgies 83 08<br />
M<br />
Maniaco-dépression 78 07<br />
Maigrir (voir Régimes)<br />
Mal de cou 79 07<br />
Maladies auto-immunes 88 08<br />
Matériel scolaire et substances nocives 98 10<br />
Médecines alternatives (enquête) 81 07<br />
Médicalisation de la vie 97 10<br />
Médicaments :<br />
– contrefaçons sur internet 98 10<br />
– déchets 88 08<br />
– effets secondaires 91 09<br />
– en vente libre 87 08<br />
– modifi cation de la loi 78 07<br />
– nouvelles formes d’administration 83 08<br />
– orphelins 99 10<br />
– parcours des médicaments 78 07<br />
– point de contact TA (plaintes) 85 08<br />
– politique (modèle Kiwi) 79 07<br />
– polymédication des seniors (enquête) 98 10<br />
– pour les enfants 92 09<br />
– prescriptions "off-label" 95 10<br />
– prix (économies possibles) 82 07<br />
– publicité 85 08<br />
– usage (information-enquête) 79 07<br />
Micro-ondes sûrs (VF) 96 10<br />
N<br />
Nanotechnologies 89 09<br />
O<br />
Obésité 90 09<br />
Oméga-3 dans l’alimentation 82 07<br />
Oreilles (croissance) (VF) 83 08<br />
Ozone 86 08<br />
P<br />
Parkinson (maladie) 95 10<br />
Patients<br />
– droits des 88 08<br />
– et prestataires de soins (relations -enquête) 99 10<br />
– mobilité 91 09<br />
Peau (problèmes) 80 07<br />
Pesticides dans les fruits 96 10<br />
Petit-déjeuner idéal<br />
Pharmaciens<br />
87 08<br />
– prescriptions substances actives (enq.) 89 09<br />
– rôle (enquête) 96 10<br />
Pharmacies (prescriptions subst. active-enq.) 89 09<br />
Phytothérapie 93 09<br />
Placebo (effet) 89 09<br />
Plombage (prix) (VF) 99 10<br />
Pneumonie 81 07<br />
Polluants domestiques : biocides et pesticides<br />
Pollution<br />
78 07<br />
– dans le métro 97 10<br />
– de l’air à l’école 81 07<br />
– intérieure 80 07<br />
Pommes (taches brunes VF) 88 08<br />
Potées de légumes 93 09<br />
Poux 99 10<br />
Produits toxiques à la maison<br />
R<br />
83 08<br />
Régimes dans les magazines 78 07<br />
Rhume 90 09<br />
Risques cardio-vasculaires<br />
S<br />
86 08<br />
Sang (don - enquête) 86 08<br />
Santé sur internet 93 09<br />
Sel marin (VF)<br />
Seniors<br />
92 09<br />
– cohabitation 99 10<br />
– polymédication - enquête 98 10<br />
Sida et VIH 82 07<br />
Smoothies 89 09<br />
Soins de santé (accessibilité) 95 10<br />
Solaires (crèmes) 91 09<br />
Sorbet (VF) 94 09<br />
Soutien-gorge et cancer du sein (VF) 87 08<br />
Sport (en refaire) 85 08<br />
Stations-services (inhalation substances tox.) 95 10<br />
Stress au travail 90 09<br />
Supermarchés (politique nutrionnelle)<br />
T<br />
88 08<br />
Tabagisme (enquête) 85 08<br />
Tapis puzzle pour enfants 93 09<br />
Textiles (substances toxiques) 84 08<br />
Thorax (douleur) 84 08<br />
Thyroïde (troubles) 98 10<br />
Traumatismes<br />
Trouble<br />
97 10<br />
– bipolaire 78 07<br />
– du défi cit d’attention et hyperactivité<br />
Troubles<br />
82 07<br />
– de la personnalité (enquête) 83 08<br />
– psychiques (enquête)<br />
V<br />
82 07<br />
Veines variqueuses 82 07<br />
Végétariens et calories (VF) 80 07<br />
VIH et sida 82 07<br />
Voiture (qualité de l’air)<br />
Y<br />
87 08<br />
Yaourts à boire 98 10<br />
Yeux rouges 87 08<br />
Pour obtenir une copie<br />
des articles ou commander<br />
un numéro complet :<br />
<strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />
rue de Hollande 13, 1060 Bruxelles<br />
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02-542 35 13 (fax)<br />
Vous trouverez également nos articles<br />
sous format pdf sur<br />
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TEST SANTÉ<br />
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Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />
Notre organisation<br />
Les activités de <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong> sont<br />
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juridiques: la SCRL Association des<br />
Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />
(n° d’entreprise 0425.989.356)<br />
et l’ASBL Association Belge des<br />
Consommateurs <strong>Test</strong>-<strong>Achats</strong><br />
(0407.703.668) – Y. Genin, président.<br />
L’organisation est notamment membre<br />
du BEUC (Bureau Européen des<br />
Unions de Consommateurs), de ICRT<br />
(International Consumers' Research<br />
and <strong>Test</strong>ing) et de CI (Consumers'<br />
International).<br />
L'organisation s’est vu décerner le<br />
label "Entreprise écodynamique" de<br />
la Région de Bruxelles-Capitale pour<br />
ses eff orts en matière d’écogestion.<br />
Garanties d’indépendance<br />
L'organisation est fi nancièrement<br />
indépendante.<br />
Son budget est alimenté exclusivement<br />
par les cotisations de ses<br />
affi liés et la vente de ses publications.<br />
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des tests sont toujours indépendants<br />
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Toute reproduction, citation ou<br />
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de nos articles et du terme déposé<br />
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Editeur responsable:<br />
Dominique Henneton<br />
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