Les paysans révendiquent leur participation - La voix du paysan ...

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Les paysans révendiquent leur participation - La voix du paysan ...

LA VOIX DU PAYSAN

CONGOLAIS

www.lavoixdupaysancongolais.com

TRIMESTRIEL D’INFORMATIONS AGRICOLES, DU MONDE RURAL ET DE L’ENVIRONNEMENT- Prix: 1500 FC KIN- 2000 FC Provinces

CINQUIEME ANNEE-N°19 JUIN 2012- EDITEUR : BAUDOUIN HAMULI - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : JEAN-BAPTISTE LUBAMBA

Fonds de Promotion de l’Agriculture

Les paysans

révendiquent

leur participation

FICHE TECHNIQUE

L’ananas export ou

ananas avion !

ACTUALITES

IIème

Edition de

la Foire

agricole

de Kimpese

ACTUALITES

Activités et

réalisations

de la FAO en

RDC

PROVINCES

Etre

maraîchère

à Kinshasa

Tenue de la première série d’ateliers sur le

projet «Synergie et complémentarité»

1150 avenue Tabora. C/Barumbu- Tél 0998311821- 0821446508- 0997653390. B.P 14582 kin 1.Fax:001-775-402-7683.e-mail:lavoixdu paysan_rdc@yahoo.fr./www.lavoixdupaysancongolais.com


L

ACTUALITES

Editorial

Par Baudouin Hamuli

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.02

Le Ministre Jean Chrysostome Vahamwiti

et la CONAPAC se sont accordés sur la

promotion de l’agriculture en RDC

e nouveau Ministre de

l’Agriculture et du

Développement Rural, Jean L Chrysostome Vahamwiti a

accordé une audience, vendredi

25 Mai 2012 à une délégation

des paysans, conduite par Paluku

Mivimba, président de la Confédération

Nationale des paysans du Congo,

CONAPAC. C’est un Ministre de

l’Agriculture tout souriant qui a bravé le

protocole en venant chercher lui-même ses

hôtes paysans dans la salle d’attente pour

les amener dans son bureau . Le président

Paluku de la CONAPAC n’a pas caché sa

joie et a profité de l’occasion pour féliciter

le Chef de l’Etat d’avoir pensé à placer à la

tête de ce ministère un acteur de

développement issu du monde paysan.

Certaines personnes l’appellent :

« Ministre paysan ». Dans les

discussions, les paysans ont fait part au

Ministre de leur souci de promouvoir

réellement l’agriculture en RDC tout en

souhaitant que, lors de prochains débats

24 juin 2012 : La loi agricole

et le poisson

a date du 24 Juin est réellement une date symbolique et

historique pour l’Agriculture en RDC. C’est en cette date

qu’est célébrée la journée du poisson. Cette fête a été

organisée cette fois dans la ville portuaire de Moanda

dans la province du Bas Congo. Cette année encore, en

plus du couvert festif de cette journée, une incise historique va

être accolée à cette date. En effet, c’est le 24 juin 2012 que la loi

portant principes fondamentaux du secteur agricole est entrée

officiellement en vigueur.

Pour rappel, cette loi a été promulguée le 23 décembre 2011

après un long marathon parlementaire qui a pratiquement

accaparé le monde paysan pendant plus de deux ans. Cette loi

devient ainsi effective mais son applicabilité pose encore des

problèmes. Des problèmes qui sont de réels défis.

Le premier défi est sans doute celui de sa vulgarisation. Il sera

bon que les petits paysans pauvres des campagnes perdues

soient informés de l’existence d’une loi qui organise le secteur

agricole. Et qu’ils peuvent également accéder à certaines

facilités selon les prévisions du législateur.

Un autre défi est celui de rendre public les mesures d’application

devant accompagner la loi agricole. Par rapport à ce défi, la

Confédération nationale des Agriculteurs et producteurs

agricoles du Congo – CONAPAC- a constitué des commissions

qui travaillent sur les propositions des mesures

d’accompagnement de cette loi, notamment les commissions

décentralisation (art. 8 et 9) , questions foncières(art.12 à 17 et

27) , Fiscalité et Financement(art.40,56 et 73) ,et la commission

technique ( art. 29,30,37, 43, 48, 49, 54, 55). Le travail de la

CONAPAC est appelé à proposer les coordonnées essentielles

de cette loi afin qu’elle devienne complète. Le troisième défi

reste l’application effective par tous de cette loi agricole.

Tout compte fait, la mise en vigueur de la Loi portant principes

fondamentaux du secteur agricole, reste un signal fort pour faire

de l’agriculture un secteur véritablement assaini.

budgétaires au Parlement, la part à allouer

à l’Agriculture soit de 10 % comme le

demande le Protocole de Maputo.

L’agriculture contribue au PIB national à

la hauteur de 36 % au budget annuel de

l’Etat. Malheureusement, ce secteur,

déclaré pourtant priorité des priorités ,

bénéficie chaque année des allocations qui

ne dépassent pas 2%. Comme si « l’on

veut traire une vache qu’on refuse de

nourrir », déclarent les paysans pour qui

L

a Relance des activités de la

ferme pilote de l’ex-DAIPN

( N’sele) est une priorité du

Ministre de l’agriculture. Il

faudrait d’abord faire un état

des lieux de la ferme.

La préparation et lancement de la

campagne agricole 2012-2013 pour la

partie de l’hémisphère Sud de la RDC est

aussi une priorité. Il est question de relancer

les cultures vivrières de base en mettant

des outils de travail, des semences et des

moyens financiers à la dispositions des

producteurs agricoles:

Manioc : Bandundu, Bas Congo, Nord

Kivu et province orientale :30 parcs en

bois de 1 500 ha ;

Maïs : Kasaï Occidental, Kasaï Oriental

et Katanga : 840 ha pour une production

de 900 tonnes ;

Riz : Maniema, Equateur et Province

Orientale et Katanga :840 pour une

production de 2 000 tonnes ;

Haricot : Nord-Kivu, Sud Kivu et Bas

Congo : 1 500 ha pour une production de

970 Tonnes ;

Pomme de terre : Nord Kivu,

Province Orientale ( Ituri), Bas Congo :

80 Ha pour une production de 2000 tonnes.

Maraîchage : Hiterland de Kinshasa,

Bas Congo et Nord Kivu : 1 000 Ha ;

Jean-Baptiste Lubamba

il faut donner des moyens au ministère de

l’agriculture si l’on veut avoir de bons

résultats.

Les échanges entre les paysan et le

Ministre étaient essentiellement axés

autour des points suivants : l’opération

tracteur, le renforcement des Cargs,

l’évolution de la CONAPAC, la loi

Le ministre del’Agriculture Jean Chrysostome Vahamwiti

agricole, la campagne agricole, les

plantations abandonnées, le financement

de l’agriculture, la recherche agricole, la

La feuille de route de 100 jours du Ministre

de l’Agriculture

Organisation de la campagne de

vaccination de grande envergure contre la

peste des petits ruminants dans les

provinces ou cette maladie apparaît pour

la première fois et avec une très forte

virulence ( Bandundu, Equateur et Bas

Congo) et contre la fièvre Aphteuse( FA),

la péripneumonie contagieuse des

bovidés ( PPCB) à l’Est du pays ( Ituri,

Nord et Sud Kivu). Il s’agit d’évaluer des

effectifs à vacciner ; acquérir des vaccins

et organiser la campagne de vaccination.

Renforcer les capacités des pêcheurs par

l’acquisition des intrants de pêche pour

les organisations professionnelles

structurées sur base de contrats

programme à signer ( avec des clauses et

objectifs bien définis). Il s’agit d’acquérir

des intrants de la pêche (nappes de filets,

bobines de nylon, hameçons, ralingues,

flotteurs, balances, lampes coleman,

couteaux de pêches, bassins ) et du

matériels ( moteurs hors bord, pîrogues

améliorées, sels iodés, etc…) pour les

sites de Nsiamfumu et Kimwabi ( Bas

Congo), pool Malebo ( Kinshasa), Inongo,

Nyoki et Kutu ( Bandundu), Bumba,

Mbandaka et Bikoro ( Equateur),

Kisangani, Kasenyi et Tshoma (Province

orientale), Vitshumbi et Kyavinyonge (

Nord kivu), Bukavu et Uvira ( Sud kivu),

relance des cultures d’exportation, la

sécurité foncière. Les paysans ont donné

leurs points de vue qui ont été pris en

compte par le Ministre dans sa nouvelle

politique agricole en élaboration.

Concernant les tracteurs, 2150 tracteurs

sont prévus, mais 1600 sont déjà

distribués et 500 seront réceptionnés.

L’utilisation de ces engins posent

problèmes,notamment ceux liés au

manque des tractoristes et de matériels de

rechange, le relief. Pour les paysans, il

faudrait réévaluer cette opération en

identifiant clairement les problèmes avant

de les déployer de nouveau. Il faudrait

identifier les pools de développement de

la mécanisation agricole et assurer la

formation des tractoristes. Pour Malembe

Simplexe du FAT, il faudrait aussi

associer la petite mécanisation.

Les paysans ont aussi demandé au

Ministre d’officialiser la campagne

agricole dont la dernière expérience en

RDC remonte en 1990. Pour ce faire, Il

faudrait responsabiliser les gouverneurs

de provinces et appeler tous les partenaires

à travers des conférences provinciales

agricoles spéciales en vue de préparer la

campagne agricole qui doit se tenir en juin

2012.

Concernant l’article 16 de la Loi agricole

qui divise les grands producteurs et les

petits producteurs, le Ministre a souligné

que le gouvernement ne refuse pas les gros

producteurs comme il ne peut pas refuser

les petits producteurs, mais l’enjeu c’est

de faire en sorte que les grands et petits

producteurs cohabitent

Kalemie, Moba,Kashobwe, Pweto,

Dépression de Kamalondo(Katanga)

Relancer la pisciculture par la

réhabilitation de 3 centres d’alevinage

principaux à Kisangani dans la province

Orientale, Kasangulu ouest dans la

province du Bas Congo et Ngandajika Sud

dans la province du Kasaï Oriental pour la

pisciculture dans les trois provinces avec

ramifications possible pour les autres

provinces. Le coût est d’environ 350 000

Usd. Il s’agit de réhabiliter des étangs

d’alevinage avec les bâtiments de centres

et infrastructures connexes aux élevages

associés à la pisciculture ; Equipement de

centres en matériels d’exploitation et de

terrassement ; Renforcement des

capacités du personnel existant ou à

affecter.

Poursuivre les travaux d’entretien des

pistes rurales d’un linéaire de 2 240 kms

sur l’ensemble du pays et la réhabilitation

d’un linéaire de 168 Km des pistes rurales

avec le concours des partenaires

techniques et financiers.

-Poursuivre les travaux de forages : onze

puits avec pompes immergées et 124 puits

avec pompes manuelles sur l’ensemble du

pays.

Le financement agricole est aussi le cheval

de bataille de Vahamwiti.


Les ateliers d’Agri Congo

renforcent les leaders paysans

Au total, 26 ateliers destinés aux leaders d’organisations paysannes devront être organisés

en 2012 et 2013 dans le cadre du projet «Synergie et complementarité» initié par

l’Alliance AgriCongo; une coalition de huit ONGs belges qui travaillent pour le

renforcement de l’agriculture familiale au Congo. Ces ateliers permettront aux

représentants d’organisations paysannes de dialoguer sur quatre thèmes qu’ils ont

identifiés comme prioritaires pour le développement de l’agriculture familiale du Congo.

La session préparatoire aux ateliers a eu lieu du 4 au 6 avril 2012 à Kinshasa et a pu

rassemblé près de 60 leaders paysans congolais, des journalistes, des coopérants ainsi

que des représentants de l’Alliance AgriCongo. Le premier atelier consacré à la loi agricole

s’est tenu du 8 au 10 mai 2012 dans la province du Bas-Congo. L’urgence s’impose donc

pour les mouvements paysans de pouvoir influencer la commission chargée dans les

prochains mois de la rédaction des mesures d’application de la loi portant principes

fondamentauix relatifs à l’agriculture. D’autres thèmes sont également abordés lors de

ces ateliers notamment les infrastructures rurales, l’accès aux microcrédits et

L

l’accaparement des terres. L’insécurité juridique au Congo favorise en effet ce

phénomène et les agriculteurs familiaux se voient spoliés de leurs terres au

bénéfice de grands propriétaires ou multinationales de l’agrobusiness. « Les

défis les plus importants pour l’agriculture familiale ont déjà été abordés lors

de la première réunion nationale des leaders paysans en 2010. Les ateliers vont

être une opportunité pour discuter de ces thèmes au niveau régional », déclare

Paluku Mivimba, président de la jeune Confédération Nationale des Producteurs

Agricoles du Congo (Conapac), qui se veut défendre les intérêts des agriculteurs

familiaux. « Depuis trois ans nous avons investi dans le rassemblement des

leaders paysans congolais. C’est la raison pour laquelle ces ateliers constituent

un moment charnière », selon Lode Delbare, directeur général de Trias, l’ONG

belge qui coordonne l’organisation des réunions. « Ce projet représente un

premier pas qui devrait permettre aux paysans défavorisés du Congo en travaillant

ensemble d’en faire bien d’autres»

Matadi : Urgence d’influencer les mesures

d’application de la loi agricole

e premier atelier d’échange,

d’analyse et de planification de

plaidoyer, s’est tenu du 7 au 9

Mai dans la ville de Matadi au

complexe hôtelier

FORMOZA. Cet atelier, qui s’est tenu

après le lancement officiel du projet «

Synergie et complémentarité », ouvre la

première série d’ateliers axés sur les quatre

thèmes qui ont été retenus au carrefour

paysan à savoir : La loi portant principes

fondamentaux relatifs à l’agriculture en

RDC ; Le financement de l’agriculture ;

Les infrastructures rurales ; La sécurité

foncière.

L’atelier de Matadi avait comme objectif

global d’ encourager la participation

paysanne à la définition des politiques

agricoles et au suivi de leur mise en œuvre

à travers le renforcement du mouvement

paysan ». Pour y parvenir, cette rencontre

devait amener les participants à

s’approprier de la loi agricole

(Appropriation à travers une analyse

approfondie de la Loi agricole au regard

des intérêts du Mouvement Paysan

Congolais et de dégager à partir de

l’analyse de cette loi les actions

prioritaires pour le plaidoyer et de

stratégies de leur mise en œuvre. Aussi,

l’atelier devait susciter au sein des

organisations paysannes l’intérêt d’être

ensemble pour mener les actions de

plaidoyer au profit du mouvement paysan

(Consolidation du Mouvement paysan au

niveau provincial).

Plusieurs délégués ont participés à cet

atelier parmi lesquels les membres des

Unions des producteurs agricoles

provenant de dix territoires de la province

du Bas Congo et de la ville de Boma et de

Matadi ; le Représentant de l’Assemblée

provinciale du Bas Congo ;le

Représentant du CARG ; les chefs de

division de l’administration

Photo de famille des participants à l’atelier de Matadi

provinciale ;les conseillers des ministres

de l’environnement, de l’agriculture ; les

membres du Comité méthodologique ;les

Représentants des ONG Belges actives

dans la zone ;les membres de

l’Association des journalistes du Congo

(AJAC).

A l’ouverture, le lundi 07 mai 2012, le

premier facilitateur, Mme Alida a expliqué

aux participants le but de cette rencontre

en insistant qu’il ne s’agit pas d’une

Vues de participants à l’atelier de Matadi lors des travaux en groupes

formation mais d’un atelier qui rassemble

les paysans, un atelier d’échange et

d’analyse où les gens sont venus de toutes

parts pour échanger.

Un des temps forts de cet atelier a été sans

doute le mot du partenaire et Représentant

de SOSFAIM qui a tenu à signifier qu’il

y a une autre forme de pauvreté qui se

traduit par le fait que les populations ne

savent pas participer aux systèmes de

gestion et de décision à divers niveaux :

ACTUALITES

local et national. Ainsi, plusieurs acteurs

dont SOSFAIM et son partenaire le

Cenadep ont jugé essentiel depuis

quelques années d’accompagner les

populations productrices rurales et semi

–urbaines regroupées dans des

organisations paysannes primaires vers

des structures secondaires et tertiaires

capables de négocier, de défendre leurs

intérêts et de participer à des prises de

décisions locales, nationales et

internationales. Dans le Bas-Congo, cette

action a abouti en 2010 à la mise en place

d’une structure provinciale dénommée «

Forces Paysannes du Kongo Central»,

FOPAKO, en sigle.

Pour le représentant de SOS FAIM,

l’atelier de Matadi était une superbe

occasion pour les participants de se

connaître les uns et les autres au regard de

leurs OP, leurs Unions et milieux de

provenance et d’ analyser et comprendre

les points clés de la loi agricole en relevant

leurs craintes et attentes vis–à–vis de la

loi sur l’agriculture. C’est aussi une

occasion de formuler des

recommandations à tenir en compte dans

la rédaction des mesures d’application; Il

a fini par souhaiter aux participants la

bienvenue au nom de l’alliance

Agricongo, de SOSFAIM et du Cenadep.

(suite en page 4)

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.03


ACTUALITES

(suite de la page 3)

Pour sa part, le président PALUKU

MIVIMBA de la CONAPAC, s’est

estimé heureux d’accueillir les

participants dans ce beau cadre et a

remercié tous les participants pour leur

disponibilité. Il a présenté la vision et la

mission la CONAPAC qui se résument

en ces termes : « Un monde paysan

solidaire, professionnel et prospère ». Sa

mission est de représenter et défendre tant

au niveau national qu’international les

intérêts des producteurs agricoles

congolais pour leur permettre de

participer activement à la vie de la société

et de s’y épanouir. Il a relevé que c’est le

début d’une série d’ateliers sur les 4 thèmes

retenus lors de carrefour paysan.

Ces ateliers devront aboutir à la mise en

place d’un plan de plaidoyer et le

renforcement de la structuration du

mouvement paysan.

Aussi, il sera question au cours de cet

atelier d’analyser les point qui offrent les

avantages aux paysans et ceux qui les

défavorisent, les contraintes et comment

les contenir en vue de dégager quelques

recommandations. Il a traduit le besoin

majeur des producteurs agricoles

congolais qui est celui de faire entendre

leur point de vue sur le développement

agricole en RD Congo, ainsi que le désir

de se retrouver dans une structure

paysanne nationale en vue de mieux

défendre leurs intérêts auprès des

autorités publiques et des autres acteurs

socioprofessionnels.

L’on a également enregistré le mot du

Coordonnateur de projet Agricongo, M.

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.04

L’atelier de Kwango s’approprie la loi agricole

P

lusieurs dizaines de paysans,

venus de tous les coins du

district de Kwango dans la

province du Bandundu, se

sont réunis du 21 au 23 Mai

2012 à la cité de Kenge, leur chef-lieu,

dans le cadre d’un grand atelier d’analyse,

d’échange et de planification de plaidoyer

sur la Loi portant principes fondamentaux

relatifs à l’agriculture en RD Congo

(promulguée en décembre dernier par le

Chef de l’Etat). Ces leaders des

organisations paysannes de Kwango ont

aussi mis à profit cette occasion pour

consolider le mouvement paysan dans leur

province.

Ainsi, l’objectif principal de cet atelier est

donc d’encourager la participation

paysanne à la définition et au suivi de la

mise en œuvre des politiques agricoles à

travers le renforcement du mouvement

paysan. A côté de celui-ci, les paysans ont

travaillé pour 3 objectifs spécifiques

retenus par les organisateurs. Notamment,

l’appropriation (analyse approfondie) de

la Loi agricole au regard des intérêts du

mouvement paysan ; la proposition des

actions prioritaires de plaidoyer et

stratégies de leur mise en œuvre ainsi que

Freddy MUYALA, qui a axé son

allocution sur la présentation du projet

Agricongo. Avant de commencer son

propos,le représentant du Gouverneur de

la province du Bas Congo, en l’occurrence

le Ministre de l’Intérieur faisant l’intérim

du Ministre de l’Agriculture, a d’abord

réchauffé la salle en entonnant une

chanson, a souligné qu’on ne peut pas

atteindre le bien-être social sans penser à

l’agriculture ; raison pour laquelle le

Président de la République Démocratique

du Congo s’investit de manière

significative pour développer

l’agriculture. Au delà de matériels, il faut

révolutionner les pratiques sans toutefois

oublier une bonne organisation des

acteurs du secteur et reste convaincu que

cet atelier prendra en compte toutes ces

préoccupations. Il a encouragé les

participants à saisir l’opportunité qu’offre

ce projet qui permet de cet espace de

réflexion. La province réaffirme sa volonté

d’appuyer la déclaration de Maputo. Elle

s’engage à soutenir le renforcement de la

FOPAKO. Pour terminer, il a tenu à

remercier les organisateurs de l’atelier et

les Responsables de ce projet pour avoir

porté le choix sur le Bas Congo pour le

démarrage de cette série d’ateliers.

Les échanges proprement dits ont eu lieu

dans des groupes de travail. En effet, cinq

groupes de travail ont été constitués et

chaque groupe était appelé à traiter un

thème autour de la loi agricole.

Le Groupe 1 MBENGA a réfléchi sur les

articles 6 à 9 ayant trait au cadre

institutionnel ; le Groupe 2 VILLAGE

INGA a travaillé sur l’exploitation

la consolidation du mouvement paysan

au niveau provincial.Il faudrait signaler

que le choix de la cité de Kenge(située à

près de 277 kilomètres de Kinshasa sur la

route nationale n°1) a été fait tout

simplement pour des raisons

d’accessibilité. Ces assises accueillent des

agricole (cfr. 10 à13) ; le Groupe 3 :

KIVUMBI KA MBANA a échangé sur les

articles 14 à 15 toujours en relation avec

l’exploitation agricole ; le Groupe 4 :

KWILU NGONGO a échangé sur

l’acquisition des terres (cfr articles 17 à

21) ; le Groupe 5 POPOKABAKA a

travaillé sur l’acquisition des terres

agricoles et précisément de la cession des

droits à l’article 22 ; le groupe 6

KAKONGO a travaillé sur les articles 26

et 27 en rapport avec les conflits fonciers

et enfin le Groupe 7 VILLAGE

KINDOMPOLO a travaillé sur les

articles 56 à 61 portant sur le financement

agricole.

Et après ces échanges, les

recommandations suivantes ont été

formulées :

-Les paysans au niveau national doivent

faire un plaidoyer pour l’effectivité de ce

fonds

-L’article 56, l’Etat Congolais a mis à la

disposition des agriculteurs un fonds pour

la promotion de l’agriculture

-L’existence légale dont question à l’art

61 doit se faire à quel niveau?

-Aux articles 58 et 59, pourquoi le

gouvernement ne peut pas créer une

banque agricole de proximité

-Les avantages de ces dispositions de la

loi est qu’à partir de ce fonds le paysan

peut accroitre sa production ; accroitre son

revenu et accroitre son niveau de vie.

Le souhait reste cependant de clarifier les

procédures qui seront appliquées pour

l’obtention du crédit.

Emmanuel KOKOLO

Caritas international Belgique qui a

assuré le lea organisationnel de cet atelier

abrité dans la salle polyvalente Joseph

Guffens du Collège Saint Jean-Bosco de

Kenge.

A l’ouverture des travaux, le président de

la Fédération des organisations paysannes

Quelques photos des participants lors de l’atelier de Kenge

participants venus de tous les secteurs du

district de Kwango répartis en 5

principaux axes. Notamment de Kenge

(tous les 5 secteurs), de Popokabaka (tous

les 3 secteurs), de Kasongo-Lunda, de

Kahemba et de Feshi. Et c’est l’Ong

du Bandundu (FOPABAND), M. Jacques

Mitiniqui est en même temps le répondant

de la Confédération nationale des

producteurs agricoles du Congo

(CONAPAC) dans cette province, a dans

son mot de bienvenu, indiqué que le

Matadi : Urgence d’influencer les mesures

d’application de la loi agricole

paysan producteur agricole doit prendre

conscience, comprendre ce qu’il doit faire.

Les paysans ont aujourd’hui leur Loi tant

attendue. « Nous devons prendre cette Loi

comme les chrétiens protègent la Bible…

Cette loi ne doit pas rester ici au

Bandundu une lettre morte… nous devons

remercier le Président de la République

pour la promulgation de cette Loi. Nous

voulons nous reconstituer sur une

nouvelle base, vers un nouveau départ qui

s’appelle le « Mouvement paysan », s’estil

adressé aux participants.

Son collègue représentant de la

CONAPAC au Sud-Kivu, M. Sami

Olame dans son speech a fait savoir aux

participants que cette Loi agricole

promulguée en décembre 2011 doit-être

comprise par tous les paysans de la RDC

et produire des résultats tant attendus.

Quant à Mme Espérance Nzuzi du Bas-

Congo, elle a demandé aux femmes

paysannes du Kwango de s’approprier

cette Loi agricole surtout par rapport au

respect de l’aspect genre. Elle a exhaussé

les femmes de poser la question de savoir

où est votre place dans cette Loi agricole

? Dans la suite des travaux proprement

(suite en page 5)


Equateur : Les paysans veulent participer

au Conseil consultatif provincial

es organisations paysannes de

la province de l’Equateur ont L pris la résolution de tout

mettre en œuvre pour

participer à hauteur de 70 %

au Conseil consultatif provincial (dont

30 % de femmes) qui sera mis en place

conformément à la loi agricole qui est

entré en vigueur en juin 2012. Elles ont

fait cette recommandation lors de l’atelier

d’analyse, d’échanges et de planification

de plaidoyer sur la loi agricole de la RDC

organisé à Iyonda du 04 au 06 juin 2012

au centre Motema Moko, 15kms de

Mbandaka dans la province de l’Equateur.

C’est le Ministre provincial de

l’Agriculture et Développement rural de

la province de l’Equateur, Jean Faustin

Mokoma qui a ouvert et clôturé les

travaux de cet atelier. Le Ministre a relevé

le paradoxe de la RDC: un pays aux

énormes potentialités agricoles mais qui

continue d’importer les produits

alimentaires. Ce paradoxe est dû à une

mauvaise politique agricole menée

depuis de décennies. Heureusement! ce

vide juridique vient d’être comblé avec la

promulgation de la Loi portant principes

fondamentaux du secteur agricole. Pour

le Ministre, cette loi donne de grandes

orientations en ce qui concerne la

promotion de l’agriculture en RDC. Cette

loi doit etre vulgarisée et doit

nécessairement combler certaines

lacunes dans les mesures d’application.

Pendant trois jours, une soixantaine de

délégués venus de 12 territoires sur 13 que

composent la province ont pris part aux

travaux. Pour les paysans,tous les

problèmes auxquels ils sont confrontés

notamment l’insécurité foncière, le

manque d’intrants et des moyens

financiers peuvent trouvent leurs

solutions dans le cadre du Conseil

Consultatif provincial qui est en fait un

organe multi- acteurs du domaine de

(suite de la page 4)

dits, les participants étant divisés en

plusieurs groupes de 5 personnes chacun,

ont adopté l’objectif principal de l’atelier

et s’expliquer quant à leur compréhension

de ceci. Leur facilitateur Danny Singoma

du réseau PRODDES, leur a apporté de la

lumière sur les trois objectifs spécifiques.

Il leur a également démontré, dans une

approche participative, le bien-fondé ou

l’intérêt pour eux, les producteurs

agricoles, d’examiner les différents articles

de la Loi portant principes fondamentaux

relatif à l’agriculture. Pédagogiquement,

le facilitateur avait ensuite demandé aux

participants de lire et analyser les articles

de la Loi, selon que chaque table a reçu sa

délimitation ; d’exprimer leurs craintes

et attentes par rapport à ces articles (s’il y

en a), et enfin de répondre aux questions y

afférentes. C’est ce qui a été fait avant que

Le Ministre Provincial de l’agriculture a présidé les cérémonies d’ouverture et de clôture

l’agriculture. Le ministre provincial de

l’agriculture de la province de l’Equateur

a encouragé les recommandations des

paysans mais estime-t-il qu’il faudrait

d’abord que son ministère signe l’arrêté

devant instituer le CCP. Faustin Makoma

Pourquoi l’atelier de Kenge?

le représentant CONAPAC Sud-Kivu

n’intervienne pour éclairer leur lanterne

sur certaines lacunes.

POURQUOI L’ATELIER DE

KENGE ?

Ce grand atelier thématique est organisé

dans le cadre du « Projet d’appui au

plaidoyer et à la structuration paysanne

provinciale et nationale en RDC », un

programme lancé dernièrement à

Kinshasa par l’alliance AgriCongo (un

réseau d’Ong belges) en synergie avec la

CONAPAC. Ce programme cofinancé par

la coopération belge a donc pour but de

permettre les paysans d’avoir un cadre de

discussions et d’échanges autour des

points d’intérêt qui les concernent et

pouvoir les porter au niveau local,

provincial et national, afin qu’ils soient

pris en compte. Ainsi est-il question qu’au

a demandé à ce qu’on mette à sa

disposition toutes ces recommandations

afin qu’il entrevoit dans quelle mesure il

peut intervenir au niveau national et

provincial en vue de la prise en compte

des préoccupations des paysans. Il a par

cours de la période 2012 – 2013, des

organisations paysannes d’au moins cinq

provinces de la RDC dont le Bas-Congo,

le Bandundu, l’Equateur, le Nord et le Sud-

Kivu, participent à quatre cycles

thématiques d’ateliers en vue d’élaborer

un plan de plaidoyer focalisé, et de

ailleurs insisté sur la responsabilité des

paysans de piocher cette loi en vue d’aider

les législateurs et l’exécutif à prendre de

bonnes mesures en faveur de l’agriculture.

Car «pas des paysans, pas d’inspection

provinciale et pas de ministre de

l’agriculture».

A Iyonda, l’on a noté une forte participation des femmes paysannes de l’Equateur

Une forte participation des femmes

renforcer la structure paysanne provinciale

et nationale. Les quatre thèmes à exploiter

sont : le fonds de l’agriculture, la loi

portant principes fondamentaux relatifs à

l’agriculture, les infrastructures rurales et

la sécurité foncière.

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.05

ACTUALITES

Pour sa part,le président de la Convention

paysanne de l’Equateur (COPADE),

Boumar, a rappelé les quatre thèmes

retenus dans ce projet à savoir: la loi

agricole, la sécurisation foncière, les

infrastructures agricoles et crédit agricole.

Lors des échanges avec les participants à

l’atelier, le Ministre Faustin Makoma a

suggéré de plaider pour la création des

banques de crédit agricole à travers la RDC

qui vont donner des crédits aux paysans en

vue de les aider à acquérir de petites unités

de production. Ainsi les paysans pourront

produire de l’huile de palme à partir de ces

petites unités qu’ils peuvent installer

meme derrière leurs maisons. Ils auront

aussi besoin de bons emballages et de

curcuit de commercialisation.

Cet atelier s’inscrit dans la série des

premiers ateliers organisés dans le cadre

du projet « Synergie et complémentarité»

appuyé par l’alliance Agricongo qui

travaille dans différentes provinces de la

RDC en vue de soutenir l’agriculture

familiale congolaise à travers un travail

d’appui à la structuration du mouvement

paysan à la base et d’accompagnent des

OP dans leurs efforts de formation des

actions de plaidoyers.

JB Lubamba

Les ateliers auront lieu à 7 endroits, dont

4 au Bas-Congo, 4 au Bandundu, 2 au

Kwango, 4 dans le nord de l’Equateur, 4

au sud de l’Equateur, 4 au Sud-Kivu et 4

au Nord-Kivu. En tout, 26 ateliers seront

organisés dans un espace de 24 mois, au

rythme de 6 (ou 7) ateliers par semestre.

L’objectif visé du projet est la structuration

et le renforcement des organisations

paysannes en vue de leur reconnaissance

par les autorités nationales, décentralisées

et les agences de développement comme

des partenaires incontournables dans

l’élaboration et la mise en œuvre d’une

politique agricole en RDC aux niveaux

local, provincial et national. Ce, en faveur

d’une agriculture familiale (paysanne)

comme choix d’un développement

inclusif et durable.


U

ACTUALITES

ne cinquantaine de

participants venus de

Kinshasa, de la province

Orientale, des organisations

paysannes, des ONG

d’accompagnements des paysans et des

représentants des services étatiques de six

territoires de la province ont été conviés à

ce grand forum paysan.

«Cet atelier visait à rendre disponible

un plan de plaidoyer agricole qui doit

tenir compte des besoins des paysans», a

souligné André Mayengo, Représentant

Régional de Vredeseilanden en RD

Congo. «Les assises sont organisées

dans le souci de permettre aux paysans

de s’approprier cette loi agricole et de

mieux l’interpréter. Les paysannes et

paysans du Nord-Kivu analysent et

inventorient les articles de la loi qui

offrent des opportunités et des avantages

aux producteurs agricoles ainsi que ceux

qui ne favorisent pas la promotion de

l’agriculture familiale», a confirmé, à la

presse de l’AJAC, Paluku Mivimba,

président de la CONAPAC qui a loué la

volonté du Gouvernement central en ce

qui concerne la promotion et la

modernisation de l’agriculture

congolaise.

Lors de la cérémonie d’ouverture,le

Ministre Provincial de l’Agriculture au

Nord-Kivu Nzanzu Kasivita Carly, a,

dans son allocution, rappelé à l’auguste

assemblée les efforts fournis par les

organisations paysannes dans le

développement du secteur agricole. Le

Ministre Provincial de l’Agriculture a

insité sur la vision du Gouvernement dans

la relance du secteur agricole en RD

Congo: « L’agriculture étant parmi les

priorités des priorités du nouveau

quinquennat du chef de l’Etat, il y a lieu

de saisir cette occasion pour se structurer

de plus en plus aux fins de satisfaire au

développement économiques des paysans

que nous encadrons » .

Dans le cadre du partenariat public privé,

Nzanzu Kasivita Carly pense qu’il est

grand temps au gouvernement de tirer

attention sur des questions spécifiques

telles que le cadastre agricole, la nature

juridique du Conseil Consultatif local,

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°18.P.6

Goma : Tous ensemble pour soutenir la

loi agricole

Le Comité de pilotage d’Agricongo au Nord –Kivu a organisé les ateliers d’analyse, d’échange et de planification de plaidoyer

sur la loi agricole du 13 au 15 juin 2012 à Goma , chef-lieu de la province du Nord-Kivu . Ces assises de trois jours tenues à Mbiza

Hôtelsous l’égide de VECO en collaboration avec la Fédération des Organisations des Producteurs Agricoles du Nord-Kivu et

de la Confédération Nationale des producteurs Agricoles du Congo, s’inscrit dans le cadre du projet «Synergie complémentarité»

d’AgriCongo.

Une vue de participants à l’atelier de Goma à Mbiza Hôtel

Le ministre provincial de l’Agriculture du Nord-Kivu prononçant son discours d’ouverture de l’atelier

sa composition, la portée de ses décisions

et l’octroi des crédits agricoles. Il a

terminé en exhortant les participants de

susciter l’intérêt d’être ensemble pour

mener les actions de plaidoyer au profit

du mouvement paysan en RDCongo.

Pour sa part, le Président de la

Confédération Nationale des Producteurs

Agricoles du Congo, en sigle CONAPAC,

Paluku Mivimba a salué la bravoure des

différentes Organisations paysannes et

ONG partenaires pour ce long processus

d’organisation et de structuration du

mouvement paysan dans toutes les

provinces de la RDCongo . Paluku

Mivimba n’a pas caché sa satisfaction visà-vis

de tous les amis d’Agricongo et de

la CONAPAC Nord-Kivu représentée par

la FOPAC Nord-Kivu, d’avoir facilité

l’avènement de ce grand forum paysan au

Nord-Kivu.Cet atelier d’Alliance

Agricongo s’inscrit dans une série

d’ateliers qui se succèdent dans les

différentes provinces identifiées et autour

des quatre thèmes choisis lors du premier

carrefour paysan organisé à Kinshasa en

2010. En rappel, ces thèmes sont :

Plaidoyer sur la loi portant principes

fondamentaux relatifs à l’agriculture, la

sécurité foncière des exploitants agricoles,

les infrastructures rurales et le crédit

agricole devant favoriser le financement

des activités des paysans producteurs

agricoles. Ainsi, l’objectif de cet atelier

est de parvenir à mettre en place des plans

de plaidoyer provincial, national et

international ainsi que pour un

renforcement de la dynamique locale dans

la structuration des organisations

paysannes avant de renforcer la

structuration nationale.

Le choix des thèmes par les paysans, tels

que la faible compétitivité de l’agriculture

sur le marché national et international, le

changement climatique, l’insécurité

persistante dans l’Est du pays plus

précisément dans le territoires de

Rutshuru, Masisi , Lubero et Beni ainsi

que des provinces voisines du Sud-Kivu

et Orientale constituent un défis pour le

développement de l’agriculture dans ce

pays.

Les travaux de cet atelier d’Agricongo au

Nord-Kivu se sont focalisés sur la

compréhension de la loi avant d’en faire

une analyse et de dégager des

recommandations pour la mise en place

des mesures d’application de loi agricole

en RDCongo . La consolidation du

mouvement paysan à tous les niveaux était

également au menu des échanges au cours

de la troisième journée de l’atelier. « Tous

ensemble, soutenons la loi agricole » :

C’est à ce mot que le Ministre Provincial

de l’agriculture a clôturé le premier

atelier Agricongo au Nord-Kivu.

Jean Baptiste (AJAC Nord-Kivu)

PROGRAMME DES ACTIVITES DU PROJET SYNERGIE ET COMPLEMENTARITE


Une nouvelle variété de manioc qui

accroît la production

Plus de 150 associations de jeunes agriculteurs en République démocratique du Congo (RDC) recourent de plus en plus au manioc

TME 419, une variété améliorée utilisée avec des méthodes adaptées pour accroître la production et contribuer ainsi à la sécurité

alimentaire. Déçus par une ancienne variété de manioc (F100), souvent ravagée par la mosaïque, une maladie des plantes, les

jeunes agriculteurs des régions de la RDC où le manioc figure parmi les produits les plus consommés par la population, deviennent

de plus en plus actifs en expérimentant, depuis trois ans, le TME 419 qui leur permet d’augmenter leur production.

E

n 2011, nous avons produit 58

tonnes de manioc TME 419

sur un champ de deux hectares

à raison de 29 tonnes par

hectare contre 10 à 12 tonnes

par hectare avec le F100 en 2010», affirme

Romain Twarita, 27 ans, Coordonnateur

de Action des jeunes pour le

développement de Nkara (AJDN), une

association de 22 membres opérant dans

cette zone située à 90 kilomètres de Kikwit,

la capitale de la province du Bandundu,

dans le sud-ouest de la RDC.

Twarita ajoute que l’AJDN a également

recouru à la méthode de «binage» qui, ditil

à IPS, «vaut deux arrosages». Il consiste

à casser la couche superficielle du sol pour

favoriser l’infiltration de l’eau quand il

pleut. Les agriculteurs utilisent aussi le

«fumier recyclé» et le «compost» pour

enrichir le sol en mélangeant des résidus

organiques et minéraux.

«La grande difficulté, c’est l’insuffisance

des matériels de binage et

l’incompréhension des chefs des terres qui

vendent cher des portions des forêts de 50

ares à 40 ou 50 dollars selon

l’emplacement», explique-t-il à IPS,

indiquant que «les 58 tonnes nous ont

remporté 25.520 dollars par rapport aux

10.000 dollars en 2010 et 3.000 en 2009

quand nous avions commencé». Il a ajouté

qu’en 2012, le défrichage et le binage

commenceront en mai. «Ce manioc est

D

epuis un certain temps,

plusieurs paysans d’Afrique,

en particulier ceux du bassin

forestier du Congo, regrettent

le fait que les émissions de gaz

à effet de serre provoquent la chute de la

production agricole. «Avant 2010, nous

récoltions par exemple 1.200

kilogrammes par hectare pour le maïs

kasaï1 et 1.000 kg pour l’arachide jl24.

Mais à partir de 2010, cela est réduit à

700 kg pour le maïs et à 600 kg pour

l’arachide», affirme, inquiet, Jean-

Baptiste Mbwengele, président d’une

coopérative de production et de vente qui

regroupe une quarantaine d’organisations

paysannes en République démocratique

du Congo (RDC). Mbwengele ajoute que

cette baisse de la production est causée par

la perturbation du calendrier agricole, liée

à l’excès des pluies qui provoquent des

maladies de plantes comme l’anthracnose,

la bactériose, la mosaïque (maladie de

certaines plantes)... ou par la sécheresse due

à une déforestation exagérée. En partenariat

avec le Programme des Nations Unies

pour le développement, la RDC a initié le

Programme d’actions pour l’adaptation et

la sécurité alimentaire (PANA-ASA) qui

est un projet de renforcement des capacités

du secteur agricole «pour une planification

et une réponse aux menaces additionnelles

La variété TME 419 permet d’augmenter la production

vendu soit localement aux commerçants,

soit envoyé à Kinshasa, la capitale de la

RDC, et il s’écoule vite», déclare à IPS,

Jacques Mitini, président du réseau des

organisations paysannes du Bandundu,

comprenant 255 associations paysannes

dont 70 appartenant aux jeunes

agriculteurs âgés de 21 à 33 ans. Dans la

province du Bas-Congo (ouest du pays),

le Comité de développement de Kakongo

(CDK) utilise le bocage en plantant des

arbres, en même temps que les cultures,

pour créer des brise-vents pouvant faire

maintenir l’humidité du milieu, dans un

champ de trois hectares entretenu depuis

2011.

«Nous utilisons la méthode de bocage,

c’est pourquoi il y a des brise-vents

constituées des plantes de moringa qui

fertilisent même la terre sans recourir aux

engrais chimiques. L’irrigation intervient

également», explique Espérance Nzuzi,

présidente de Force paysanne du Bas-

Congo, un réseau de 264 associations

paysannes dont 87 créées par des jeunes.

«Les 84 tonnes de manioc TME 419

obtenues l’année passée (2011) a rapporté

36.960 dollars par rapport aux 14 tonnes

de F100 en 2010 pour une recette de 6.160

dollars», ajoute Nzuzi, soulignant qu’en

2009, le CDK avait obtenu 2.100 dollars

avec le F100.

De leur côté, les Jeunes dynamiques de

Maluku (JDM), une association de 18

membres dans la périphérie de Kinshasa,

la capitale congolaise, se sont engagés

dans l’agriculture depuis 2010 en

cultivant un hectare, et un autre en 2011.

«Nous pratiquons le binage seulement

depuis que nous avons commencé ce

métier en 2010 et nous avons produit 15

tonnes de TME 419. Mais en 2011, avec

un hectare et demi, la production était de

28 tonnes. Nous y avons mis un peu

d’engrais chimique», témoigne Anne

Mburabata, 32 ans, présidente de JDM.

«Avant de vulgariser cette variété de

manioc, nous avons expérimenté le TME

419. Lors des expériences en 2008, nous

avons semé 3.000 boutures de manioc et

nous avons récolté 30.000 boutures, soit

dix fois plus», indique à IPS, Didier

Mboma, responsable des innovations

techniques de «Impresa serviti

coordinati» (ISCO), une ONG italienne

qui offre gratuitement cette variété et

participe à sa vulgarisation en RDC.

Mboma affirme également que les jeunes

se prennent actuellement en charge grâce à

ACTUALITES

leurs travaux agricoles et participent au

renforcement de la sécurité alimentaire.

«Les jeunes agriculteurs doivent tendre

vers la professionnalisation de leur métier

en maîtrisant toute la chaîne des valeurs,

depuis la production jusqu’à la

commercialisation, en passant par la

transformation», souligne Dr Christophe

Arthur Mampuya, chef de service au

ministère de l’Agriculture, de la Pêche et

de l’Elevage.

Badylon Kawanda Bakiman

Timides actions de lutte contre le réchauffement climatique

que présentent les changements

climatiques sur la production et la sécurité

alimentaire». «Ce projet facilitera

notamment l’accès au matériel génétique

adapté aux conditions climatiques

attendues ainsi que l’adoption des

meilleurs pratiques de gestion de l’eau et

de la fertilité des sols», explique Jean

Ndembo, coordinateur national du PANA-

ASA.

La lutte contre la déforestation est

également une nécessité, tant pour

renforcer la résilience des fermiers locaux

que pour contribuer à la réduction, dans le

monde, des émissions de gaz à effet de serre

sous forme de carbone stocké dans des

forêts saines. Depuis plusieurs années, le

gouvernement congolais, à travers le

Programme d’appui à la réhabilitation du

secteur agricole et rural (PARSAR), mène

également des actions de reboisement.

Avec l’appui de la Banque africaine de

développement, le PARSAR a reboisé

quelque 600 hectares dans les provinces

du Bandundu et du Bas-Congo, dans

l’ouest du pays, plantant 2,225 millions

d’arbres, principalement des acacias, selon

Albert Luzayadio, coordinateur national

du programme. Des zones plus petites ont

été également réhabilitées par le

PARSAR, dans l’est, dans la Province

orientale, où 44 hectares ont été plantés à

Kisangani; et 25 hectares à Pweto, dans le

Katanga (sud-est de la RDC). Le

programme travaille de concert avec la

société civile. Célestin Awiwi Mimbu,

coordinateur national de Action de

reboisement au Congo, une organisation

non gouvernementale (ONG), indique que

son ONG a planté plus de 900.000 arbres

à travers la RDC, notamment les acacias

et les eucalyptus dont les feuilles fertilisent

bien le sol, selon Mimbu. Mimbu

explique qu’en plus des acacias et des

eucalyptus, des magnolias parasols - le

Maesopsis eminiii, une espèce géante à

croissance rapide très répandue en Afrique

tropicale – et plusieurs arbres fruitiers ont

été plantés sur plusieurs sites, notamment

sur 34 hectares à Ndunga et

Ngulamabondo, et 56 hectares à

Masimanimba, dans la province du

Bandundu (sud-ouest du pays).

«Si nous nous sommes évertués à faire ces

reboisements depuis début 2011 et grâce

au Fonds forestier national mis en place

par le gouvernement, c’est pour permettre

de réaliser une bonne résilience, favoriser

la croissance verte, combattre le

réchauffement climatique qui a plusieurs

retombées négatives», déclare Mimbu à

IPS. Mais, il regrette qu’il n’y ait pas de

budget pour l’entretien des arbres qui sont

parfois victimes des feux de brousse.

«L’un des défis majeurs à l’adaptation au

changement climatique dans le bassin du

Congo demeure les conflits armés. Dans

les provinces du Maniema, du Nord-Kivu

et du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, en

proie à ces conflits depuis 1997, des

groupes armés et leurs bombes ont

provoqué la dégradation des forêts en

détruisant même la fertilité du sol avec des

matières chimiques contenues dans ces

bombes», explique Corneille Lebu, un

écologiste de la RDC. «Ces bombes

coupent des feuilles qui en principe

absorbent du carbone, rendent le sol nu,

provoquant un lessivage et détruisant les

micro-organismes. Il y a accélération

accentuée de l’évapo-transpiration et

libération rapide des gaz à effet de serre»,

souligne Lebu à IPS, ajoutant: «Depuis

1997, les conflits en RDC ont déjà

provoqué plus de cinq millions de morts».

Lebu estime que «pour réussir des actions

d’adaptation, il est impérieux de pacifier

d’abord les zones ravagées par des guerres,

et de faire la correction du sol en faisant

recours aux fumiers recyclés».

Le Cameroun, la RDC et la République

centrafricaine ont initié leur Programme

national d’adaptation, indique un rapport

de 2010 du Projet des forêts du bassin du

Congo et adaptation aux changements

climatiques en Afrique centrale, dénommé

«COFCCA».

Lancé lors à Yaoundé, au Cameroun, en

2008, ce projet vise à «identifier et

hiérarchiser conjointement les secteurs

des bois et services issus des forêts

particulièrement vulnérables au

changement climatique à l’échelle

nationale et régionale». Le projet veut

également «partager les... expériences sur

les stratégies d’adaptation aux impacts du

changement climatique touchant une

ressource transfrontalière partagée que

sont les forêts du bassin du Congo...»

Au Gabon, le gouvernement a créé, en

février 2010, l’Agence gabonaise d’études

et d’observations spatiales: terre, climat,

homme (AGEOS-TECH). Et depuis

juillet 2010, un accord tripartite lie

l’Institut de recherche pour le

développement français, l’Institut de

recherche spatiale brésilien, et l’AGEOS-

TECH. (...)

La station de réception d’images par

satellite aura pour «première tâche la

surveillance de l’état de santé des forêts

tropicales du bassin du Congo, qui est le

deuxième poumon vert de la planète, après

l’Amazonie...», indique le gouvernement

gabonais. Le bassin couvre 520 millions

(suite en page 8)

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.7


ACTUALITES

IDENTIFICATION DURABLE

DE LA PRODUCTION ET

DIVERSIFICATION

AGRICOLE

Dans ce domaine, l’assistance technique

de la FAO a concerné la formulation de

stratégies et politiques, le développement

et la diversification des cultures,

vulgarisations des bonnes pratiques, la

lutte contre les maladies des ravageurs, et

la gestion des ressources phytogénétiques

pour l’alimentation et l’agriculture.

A cet égard, la FAO a aidé le gouvernement

à :

1-Définir les différents axes pour la

préparation de la Note de politique

agricole et rurale qui sert actuellement de

cadre de référence pour le secteur et qui

détermine les conditions de promotion de

l’investissement dans le secteur ;

2-Se doter d’une politique semencière

assortie d’une législation semencière en

cours d’adoption au niveau du parlement

et d’une position Nationale dans le

domaine des OGM ;

3-Structurer l’horticulture urbaine et

périurbaine ;

4-Développer les bonnes pratiques pour

une gestion intégrée grâce à l’introduction

de l’approche « Champ Ecole Paysanne »

adoptée par le gouvernement en tant que

système national de vulgarisation

agricole ;

5-Réhabiliter la culture du manioc par la

production et la distribution des boutures

résistances à la mosaïque à travers tout le

territoire national ;

6-Relancer la production du riz avec le

développement et l’introduction de

nouvelles variétés (Nerica, par ex.) et le

développement de la culture des bas-fonds

et du riz inondé ;

7-Relancer la production des semences de

proximité par le développement d’un

réseau d’agri multiplicateur ;

8-Définir une stratégie de communication

rurale par l’utilisation de la radio rurale

communautaire avec la participation des

communautés concernées ;

9-Elaborer le programme National de

Sécurité Alimentaire, que le gouvernement

utilise comme pilier pour la préparation

de son Programme Détaillé de

L

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.8

La FAO en RDC : Du programme agricole

d’urgence à l’assistance technique

a FAO s’est adaptée aux différents contextes en développant un programme avec deux composantes : (i) une composante « programme agricole d’urgence »

(actuellement concentré à l’Est) qui a couvert tout le pays jusque à une période récente et (ii) une composante « programme d’assistance technique » principalement

dans la partie peu touchée par les guerres qui se sont succédées à l’Est. Le programme agricole d’urgence a surtout consisté en la distribution d’intrants agricoles

à des ménages en situation de vulnérabilité. Avec la situation de post conflit, ce programme évolue vers des activités de réhabilitation. Le programme d’assistance

technique concerne différents domaines du secteur agricole et rural, y inclus la définition des politiques, des cadres juridiques et réglementaires, le développement

de la production agricole, la santé animale, la gouvernance forestière, ainsi que l’information rurale avec les questions du genre.

Développement de l’Agriculture

Africaine (PDDAA)

ACCROISSEMENT DE LA

PRODUCTION ANIMALE

La situation de guerre dans l’Est du pays

et le déplacement des populations ont

provoqué la propagation des maladies

transfrontières dans cette zone (déjà à

risque) car le pays a une frontière avec neuf

pays. Ce qui a entraîné une décimation du

cheptel. Dans ce contexte, la FAO a appuyé

de façon récurrente les campagnes de

vaccination contre différentes zoonoses,

en particulier la péripneumonie

contagieuse bovine, la dermatose

nodulaire des bovidés et les charbons

bactériens et symptomatiques. De même,

dans le cadre de la lutte contre la grippe

aviaire, la FAO a assisté pour la mise en

place du plan de contingence et pour la

réhabilitation des laboratoires de

diagnostic (Kinshasa, Lubumbashi et

Goma).

UTILISATION DURABLE

DES RESSOURCES

HALIEUTIQUES ET

AQUACOLES

Le pays dispose d’un potentiel halieutique

estimé à 700.000 tonnes par an. La

production actuelle atteint à peine 100.000

tonnes et est l’œuvre principalement des

pêcheurs artisanaux. Après avoir assisté le

pays dans la préparation de son plan

Directeur des pêches, la FAO a pris

plusieurs initiatives pour le renforcement

des capacités de l’administration et des

pêcheurs, notamment par la promotion des

moyens d’existence durable.

Plus récemment, la FAO à appuyé le pays

à se doter d’une strategie et d’un plan de

développement de l’aquaculture assorti

d’une législation actualisée sur la pêche et

l’aquaculture, en cours d’adoption au

niveau du gouvernement.

De même, outre le renforcement des

capacités de l’administration des pêches

La pollitique de la FAO en RDC prend en compte les aspects du

genre pour mieux planifier le développement des communautés.

dans la gestion informatisée des

statistiques de pêche, des initiatives ont

été prises, à travers le FMPP, pour préparer

le réseau national devant servir de base à

la vulgarisation du code de conduite pour

une pêche Responsable de la FAO.

SÉCURITÉ SANITAIRE DES

A LIMENTS

(suite de la page 7)

d’hectares dont environ 200 millions

d’hectares pour la forêt seule, soit 38,4 pour

cent, selon la FAO.

Au Burundi, la plante jatropha est plantée

depuis 2010 sur des dizaines d’hectares

dans le rayon de Rukoko par l’association

‘Turbane’ de Gikuzi, dans le sud du pays,

grâce à l’appui du Fonds forestier du

bassin du Congo basé à Bujumbura, la

capitale. Le projet est initié dans le Cadre

stratégique de lutte contre la pauvreté au

Burundi, approuvé depuis 2004 par la

Banque mondiale et le Fonds monétaire

international.

Ce reboisement avec 100.000 plants de

jatropha permet «d’atténuer l’impact de la

déforestation de l’aire protégée de Rukoko

et son écosystème, de lutter contre le

réchauffement climatique et de mettre en

Après l’initiative de 1995 pour aider à

mettre en place une stratégie nationale

pour promouvoir et contrôler le secteur

informel de l’alimentation de manière à

améliorer la qualité des aliments préparés

et vendus sur la voie publique, la FAO a

aidé le pays à se doter d’une stratégie de

contrôle et de surveillance de la qualité des

aliments en impliquant les différentes

institutions et structures concernées, y

compris le secteur privé.

GESTION DURABLE DES

F OR ÊTS

En considération des importantes

ressources forestières du pays, la FAO

assiste le gouvernement pour mieux faire

face au défi de gestion durable de ces

ressources. Dans ce cadre, la FAO a assisté

la pays dans la préparation de la nouvelle

loi forestière promulguée en août 2002.

Une assistance pour la relance du secteur

forestier a été fournie pour aider à la

préparation des textes d’application du

nouveau code forestier et jeter les bases

d’un aménagement durable des forêts.

1.6.Amélioration de la sécurité

alimentaire et de la nutrition

Dans le cadre du suivi de la Conférence

Internationale sur la Nutrition (CIN), la

FAO a aidé le pays à finaliser son Plan

National d’Action pour la Nutrition

(PNAN) qui a été formellement adopté par

le gouvernement en 1995.

L’appui apporté au Service National des

Statistiques Agricoles a permis le

renforcement des capacités de ce service

dans la gestion informatisée de

l’information agricole, ainsi qu’en matière

de bilans alimentaires.

De même, l’assistance de la FAO a permis

au pays de se doter d’un Programme

National de Sécurité Alimentaire.

1.7.Meilleure préparation et réponse

Timides actions de lutte contre le

réchauffement climatique

place des mécanismes d’adaptation»,

indique le document de base du projet

«Exploitation intégrée de la plante

jatropha au Burundi».

Pour limiter les dégâts des changements

climatiques dus à la déforestation qui

prend de l’ampleur au Burundi, le premier

vice-président, Thérence Sinuguruza,

avait demandé, en novembre 2011, au

ministère de l’Environnement

«d’instaurer une loi interdisant des coupes

anarchiques des arbres». Mais dans

l’ensemble, les actions des gouvernements

et de la société civile en Afrique centrale

sont timides jusque-là puisqu’elles ne

donnent pas encore des résultats

escomptés, estime Odon Munsadi, un

écologiste en RDC. «Les communautés

de nos pays respectifs n’appliquent pas

efficace aux menaces et situation

d’urgence alimentaire et agricole.

Dans le cadre du programme

agricole d’urgence, la FAO a

permis de :

1-Renforcer les capacités du pays pour

planifier et coordonner la réponse en

matière de sécurité alimentaire. A cet effet,

un système de surveillance et de collecte

des données a été mis en place pour suivre

la sécurité alimentaire des ménages et les

prix alimentaires. La FAO a aussi aidé le

Gouvernement à établir une classification

Intégrée de la Phase de la sécurité

alimentaire (IPC) qui est actualisée tous

les six mois dans chacune des provinces

du pays ;

2-Lutter contre l’insécurité alimentaire

aigue et relancer la production alimentaire

en appuyant les ménages vulnérables en

intrants agricoles, de pêche et de géniteurs

de petit bétail et de volailles souvent dans

le cadre d’une approche conjointe avec le

PAM, l’UNICEF et le HCR ;

3-Rébailiter et sensibiliser afin de

consolider les moyens d’existence et

promouvoir la coexistence pacifique.

C’est le cas notamment de l’appui de la

FAO dans la réinsertion socio-éconolique

des semences de proximité par les agrimultiplicateurs.

EQUITÉ HOMMES-

F E MM ES

EN RDC, l’initiative la plus importante

de la FAO dans ce domaine concerne les

activités menées par le projet DIMITRA,

en particulier au sud Kivu et au Katanga,

avec une bonne prise de conscience à tous

les niveaux, de la nécessité de prendre en

compte les aspects du genre pour mieux

planifier le développement des

communautés

encore de pratiques agro-écologiques, et

les conséquences des changements

climatiques demeurent inchangées».

«L’Afrique subsaharienne produit moins

de quatre pour cent des émissions de gaz à

effet de serre, soit bien moins que

l’Amérique du nord, l’Europe, l’Asie et

d’autres régions industrialisées», selon

les experts. Mais, «l’Afrique subit déjà les

effets des changements climatiques et en

pâtira davantage dans les années à venir».

Badylon Kawanda Bakiman

*Cet article fait partie d’une série

soutenue par le Réseau de

connaissances sur le climat et le

développement. http://cdkn.org/ (FIN/

2012)


La COPACO a pris part à la consultation regionale

des organisations de la Société civile pour l’Afrique

D u

21 au 22 Avril 2012, le Porteparole

National de la COPACO

à l’occurrence le pasteur BUKA

MUPUNGU Nathanael, a pris

part à la Consultation Régionale des

Organisations de la Société Civile pour

l’Afrique. Cette Consultation a été

organisée en prélude de la 27ème

Conférence Régionale de la FAO pour

l’Afrique qui s’est tenu du 23 au 27 avril

2012 toujours à Brazzaville, Capitale de

la République du Congo.En cette

Consultation Régionale, le Porte-parole

Nationale de la Confédération Paysanne

du Congo qui est le principal

regroupement des paysans de la

République Démocratique du Congo «

COPACO-PRP » en sigle a été

accompagné d’une forte délégation de 5

membres. La participation totale à cette

consultation était de 70 leaders

d’organisations de la société civile

Africaine venant de tous les pays

d’Afrique et des représentants de la FAO.

Nous pouvons noter la présence des

réseaux importants tels que la PROPAC

(Plate-forme Sous- Régionale des

Organisations Paysannes d’Afrique

Centrale) qui était l’organisatrice, le

ROPPA (Réseau des Organisations

Paysannes et des Producteurs Agricoles de

e Secrétaire général de la

Confédération paysanne du

Congo (COPACO) a exprimé

l’inquiétude de ses membres,

l e s paysans congolais, devant la

vague qui se constate de vente à outrance

des terres qui traduit, selon cette

association, une mauvaise gestion des

espaces que l’on veut faire croire

abandonnés.

La Confédération paysanne du Congo,

Principal Regroupement de Paysans,

COPACO-PRP en sigle, dirigée par le

Pasteur Buka Mupungu Nathanëel dit

halte à l’accaparement de terres en RD

Congo. Nos terres ne sont pas sous

exploitées. Mais elles sont et seront gérées

jusqu’à des générations futures. La vente

à outrance de nos terres inquiète

aujourd’hui, les paysans congolais réunis

au sein de la Copaco. Cette population

abandonnée à son triste sort assiste

impuissamment à la confiscation de nos

terres léguées par nos ancêtres.

Cette mauvaise gestion des terres avait

occasionné plusieurs morts parmi les

paysans de l’Etat de Para au Brésil, un

certain 17 avril. Revendiquant la même

pratique que la Copaco dénonce. C’est

inacceptable qu’on puisse chasser les

natifs de leurs terres, afin de les confier aux

néo-colonialistes pour la culture de l’agro-

En prélude de la 27 ème Conférence de la FAO pour l’Afrique

l’Afrique de l’Ouest), le RAPDA (Réseau

Africain pour le Droit à l’Alimentation),

la Via Campesina pour ne citer que cela.

Plusieurs thématiques suivantes ont été

présentées à savoir : Le Cadre Stratégique,

Accès aux ressources et mise en œuvre des

lignes Directrices comme priorité pour

La Copaco s’oppose à

l’expropriation des terres en RDC

L

Sur cette photo, on voit M. Nathanaël BUKA de la COPACO aux côtés d’une participante à la

rencontre de Brazzaville

carburant, au détriment de l’agriculture

familiale que nous a laissée les Belges,

laquelle pour le pays était une richesse non

négligeable.

La Copaco attire l’attention des élus que

leurs électeurs potentiels qui sont les

paysans ne leur demandent que la défense

de leurs terres confisquées par les

multinationaux sachant qu’en faisant cela,

les néo-colonialistes en connivence avec

les ennemis du pays, veulent faire des

paysans leur main d’oeuvre ouvrière.

Au gouvernement, ces multinationaux ont

lancé la souveraineté alimentaire que veut

mettre en application le Président de la

République qui a dit, dans son discours

d’investiture, demandant aux congolais à

consommer local. Avec cette politique, il

n’y a que les paysans qui doivent aider le

Chef de l’Etat à pouvoir réussir le pari en

ce qui concerne la souveraineté

alimentaire. C’est pourquoi le

gouvernement doit avoir une bonne

politique de la gestion des terres afin de

donner la possibilité aux paysans de vous

accompagner dans votre action laquelle

consiste à relever le défi du social. Vive les

paysans, Vive la souveraineté alimentaire

! Vive le Congo Démocratique !

In La Référence Plus

l’Afrique, Investissement en agriculture :

PDDAA, Partenariats Publics Privé,

Consultation CS sur des principes des

investissements responsables en

agriculture.Il faut noter par ailleurs que

cette réunion a été rehaussée de la présence

de Mamadou Cissokho, Président

Le Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et du

Centre du Fonds International de Développement

Agricole en visite à Kinshasa du 03 au 06 juin 2012.

L

e Directeur de la Division

Afrique de l’Ouest et du

Centre du Fonds International

de Développement Agricole

attendu à Kinshasa. Monsieur Ides de

Willebois répond à l’invitation qui lui a

été adressée par la Délégation de la

République Démocratique du Congo lors

de sa participation à la 35 e session du

Conseil des Gouverneurs du FIDA en

février 2012. L’objectif de la mission est

de rencontrer les autorités congolaises et

les partenaires de développement en

République Démocratique du Congo afin

de passer en revue la performance du FIDA

et les options stratégiques

d’investissement en réponse aux priorités

nationales en matière de développement

agricole et rural.L’agenda de M. Ides de

Willebois prévoit des réunions avec le

Ministère de l’Agriculture et du

Développement Rural ainsi que celui des

Finances. Il se réunira également avec les

responsables de différents projets financés

par le FIDA en RDC ainsi que ceux du

Bureau de Liaison de Kinshasa. Des

réunions sont également prévues avec les

Partenaires Techniques et

Financiers.Après l’étape de Kinshasa, le

Directeur de la Division Afrique de l’Ouest

et du Centre du FIDA se rendra à

Brazzaville, en République du Congo.

Monsieur Ides R.J van der Does de

Willebois, de nationalité néerlandaise, est

né le 15 septembre 1956. Marié et père de

trois enfants, il est expert en gestion des

projets et programmes de développement

et formulation de politiques de lutte

contre la pauvreté rurale. C’est depuis

2011 qu’il occupe le poste de Directeur de

la Division Afrique de l’Ouest et du Centre

du FIDA, après avoir dirigé la Division

Afrique Orientale et Australe (2006- 2011)

et le Portefeuille Pays (2002-2006). Il a

également occupé des hautes fonctions

dans d’autres agences des Nations Unies

notamment l’UNOPS et le PNUD mais

également dans différentes structures de

développement dans plusieurs pays

africains.

Le FIDA, une agence spécialisée des

Nations unies, a été établi comme

institution financière en 1977. Il a pour

mission d’éradiquer la pauvreté et la faim

dans les zones rurales des pays en

développement. Il aide les populations

rurales pauvres à améliorer leur sécurité

alimentaire et nutritionnelle, accroitre

leurs revenus et renforcer leur capacité de

résistance. Il défend également la cause de

femmes et des hommes ruraux pauvres ;

grâce à son orientation multilatérale, il

offre une plate forme mondiale solide pour

débattre des questions de politique rurale

et mieux faire comprendre combien,

l’investissement en faveur de l’agriculture

et du développement rural est important

ACTUALITES

d’honneur du ROPPA qui a parlé de

l’expérience de la société civile par rapport

à l’interaction avec la FAO en Afrique

pour réduire la pauvreté et améliorer la

sécurité alimentaire mondiale.

C’est depuis 1980 que FIDA a commencé

son partenariat et ses interventions en

RDCONGO, mais suite aux différentes

situations et évènements politiques qu’a

connu notre pays, il dû suspendre ses

interventions ; c’est seulement en 2004

qu’il relança sa présence en RDCONGO.

Et depuis 2004, le FIDA finance trois

programmes qui couvrent trois

Provinces: le Programme de Relance

Agricole dans Province de l’Equateur (

PRAPE, 2005-2012, avec un financement

complémentaire du Fonds belge pour la

sécurité alimentaire, FBSA);le

Programme de Réhabilitation de

l’Agriculture dans le District de la Tshopo

en Province Orientale ( PRAPO, 2007-

2013, avec un financement

complémentaire du FBSA), et le

Programme Intégré de Réhabilitation de

l’Agriculture dans la Province du

Maniema ( PIRAM, 2010-2019, avec un

cofinancement du Fonds de l’OPEP pour

le développement international). Un

quatrième programme, Programme

d’Appui aux Pôles d’Approvisionnement

de Kinshasa en Produits Vivriers et

Maraichers (PAPAKIN) est en cours

d’élaboration.

Sahel N’LANDU VANGU

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P. 9


L e

ACTUALITES

document de politique

nationale de la pêche et de

l’aquaculture élaboré aux

termes des travaux de l’atelier

organisé par le ministère de la

tutelle du secteur va désormais définir

l’organisation harmonieuse en RDC des

activités des opérateurs qui y oeuvrent

pour leur meilleure exploitation La

République démocratique du Congo vient

d’être dotée de la version finale de son

document de Politique nationale de la

pêche et de l’aquaculture (PNPA). Et ce,

moyennant des amendements des experts.

Ce document a été validé à l’issue d’un

atelier clôturé vendredi 04 mai 2012 au

CEPAS, dans la commune de la Gombe à

Kinshasa, lequel a été organisé sous

l’égide du ministère en charge de la Pêche

avec l’appui de ACPFISH II (programme

visant à contribuer à la gestion durable et

équitable de la pêche dans les régions des

États ACP). En effet, la Politique nationale

de la pêche et de l’aquaculture (PNPA)

repose sur une vision durable du domaine

et définit des objectifs, globaux et

spécifiques, ainsi que des principes

directeurs. Elle vise une société d’espoir,

capable de hisser la RDC au rang des pays

à revenu intermédiaire, à économie

émergente et d’atteindre les objectifs du

millénaire de développement (OMD).

Son objectif principal est d’amener le

domaine de la pêche et de l’aquaculture

dans une dynamique de gestion durable

en vue d’améliorer la productivité à travers

l’entrepreneuriat, en tenant compte de

l’environnement provincial, sousrégional,

régional et international.

Promouvoir l’aquaculture sous toutes ses

formes ainsi que la gestion différenciée des

pêcheries avec des institutions

provinciales adaptées ; améliorer la

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.10

Le CADC- Congo planifie ses activités pour la sécurité

alimentaire dans la péripherie de Kinshasa

L

e Centre d’Appui au

d é v e l o p p e m e n t

Communautaire du Congo

(CADC-Congo) a tenu, les 9

et 10 juin 2012 au Centre d’accueil Usuma

de Kinshasa, un atelier de planification des

activités pour la première année de son

programme quadriennal (2012-2015) de

sécurité alimentaire pour les associations

paysannes dans la périphérie de Kinshasa.

Financé par la Fédération genevoise de

coopération à travers la Caritas Genève,

ce programme concerne 40 associations

paysannes de deux zones d’intervention,

à savoir : la zone de Ndjili Brasserie

(Nsele) comprenant les villages de

Manenga, Nganda Pio, Lucio et Dingi-

Dingi ; et la zone du Plateau de Bateke

pour les villages Bita, Kimpeti, Karo, Sao,

Kamitatu et Balumu.

L’atelier, qui était animé par l’ingénieur

agronome Célestin Koko Nzeza, a compté

avec la participation d’une vingtaine de

professionnels, dont aussi bien des experts

La RDC dotée d’un document de politique

nationale de pêche et de l’aquaculture PNPA

structuration et la gestion des

organisations, constituent donc des

objectifs spécifiques de cette politique.

Voilà qui justifie l’ultime importance des

travaux de cet atelier qui a connu la

participation des consultants, professeurs,

personnes ressources, directeurs et cadres

de l’administration de la Pêche, des

inspecteurs provinciaux de la Pêche etc.

Ces derniers ont mis à contribution leur

savoir, expérience et expertise pour valider

ce document Politique nationale de la

pêche et de l’aquaculture qui sera soumis

d’ici peu au nouveau Gouvernement de la

République.

Il faut signaler que les participants à ces

travaux ont également dégagé une vision

spécifique liée à ce secteur. Laquelle se

traduit en ces termes : « la politique de la

pêche et de l’aquaculture se veut un secteur

animé par des acteurs publics et privés

dynamiques, capables de créer des emplois

et d’augmenter la production par une

exploitation durable des ressources

halieutiques et aquacoles en vue de réduire

la pauvreté, d’assurer la sécurité

alimentaire et l’accès des populations aux

services sociaux de base », lit-on dans le

rapport final de cet atelier. Lequel a été

marqué par quatre temps forts. D’abord, la

présentation d’ACPFISH II qui est

spécifiquement un programme de

renforcement du développement et de la

mise en œuvre des politiques sectorielles

de pêche, par son coordonnateur régional

pour l’Afrique centrale. Puis, le document

amendé de Politique nationale des pêches

et aquaculture par les consultants de

SOFRECO. Et les travaux proprement dit

de cet atelier ont intervenu après la

présentation de la méthodologie.

Les quatre groupes de travail constitués à

cet effet (pêche, aquaculture, recherche,

Lesparticipants à l’atelier deplanification de l’année 1 du programme de sécurité alimentaire dans la

péripherie de Kinshasa

agronomes que des spécialistes en gestion

de projets communautaires. On a observé

également la présence de représentants des

vision de la politique de pêche et

aquaculture) s’étaient penchés sur les

amendements de fonds relatifs à la vision,

aux champs politiques, aux axes

stratégiques et actions prioritaires de ce

document de PNPA. Pour le secrétaire

générale à l’Agriculture, Pêche et Elevage,

M. Ali Ramazani qui a présidé la cérémonie

de clôture de l’atelier, « Ce document qui

constitue à la fois un instrument

fondamental de gestion et de planification

du secteur de pêche et l’aquaculture, vient

de jeter les bases d’une nouvelle vision et

des nouvelles stratégies pour le

développement de ce secteur en RDC ». Il

a ainsi formulé les vœux que ce document

soit consolidé davantage par

l’élaboration des plans et programmes

d’action nécessaires pour la mise en œuvre

de cette politique nationale.

Lepetit Baende/L’Avenir

autorités politico-administratives des

axes concernés ainsi que de représentants

des communautés bénéficiaires. Outre les

membres du CADC-Congo, ces experts

provenaient, notamment, de l’INADES

Formation, du Ministère congolais de

l’Agriculture, de l’Action de carême

Suisse, de l’inspection de l’agriculture de

la commune de Maluku et de N’sele, de la

Caritas Développement Kinshasa ainsi

que de la Caritas Congo.

Tous ont travaillé sans relâche dans le but

de renforcer les capacités des animateurs

ainsi que des parties prenantes sur la

planification, l’exécution et le suivi des

activités. Au terme des travaux, le CADC-

Congo a pu enrichir le cadre logique du

programme avec des activités détaillées

qui ont également été planifiées en vue de

leur exécution. Les animateurs ont, pour

leur part, maîtrisé les outils de

planification et de suivi des activités.

Le programme quadriennal de sécurité

alimentaire apprêté par le CADC-Congo

tombe à point nommé. En effet, les

populations des zones ciblées font face à

la prévalence d’une malnutrition aiguë et

à une mortalité infanto-maternelle élevée.

L’accès à l’eau potable dans ces zones est

quasi inexistant, tandis que

l’environnement connait une dégradation

préoccupante. Enfin, les villages ciblés se

caractérisent par une précarité prononcée

des conditions de vie de la population. Le

CADC-Congo a ainsi estimé utile, à

travers ce programme, de mener des

interventions pour atténuer, un tant soit

peu, l’impact de cette pauvreté par un

encadrement et un accompagnement des

paysans structurés en associations,

principalement sur la base des activités de

sécurité alimentaire.

L’Objectif du programme est donc

d’améliorer les conditions de vie des

populations concernées grâce à

l’instauration, à terme, d’une agriculture

durable. Plus spécifiquement, il s’agit de

renforcer la sécurité alimentaire et

d’améliorer le revenu des ménages de 40

associations ciblées et de réduire de 50%

les taux d’analphabétisme, des maladies

d’origine hydrique et des risques de

contamination au VIH/SIDA, sans oublier

le renforcement du rôle et du pouvoir de

décision de la femme. Pour atteindre ces

objectifs, l’atelier de planification a

recensé plusieurs activités allant de

formations diverses à la sensibilisation en

passant par des appuis et des encadrements

aussi bien sur la chaîne agricole qu’au sujet

de la santé, de l’eau, de l’environnement et

du leadership de la femme, sans oublier

l’alphabétisation fonctionnelle

Jonas Kota

Atelier de planification de l’année 1 du programme de sécurité alimentaire dans la péripherie de

Kinshasa


D

Echange d’expériences entre pêcheurs

du Sud -Kivu et de Bandundu

ans le cadre de l’exécution du

projet Ndjamba Ndjale et en

rapport avec les Résultats 2 et 3

du projet, un voyage d’échange

a été organisé mi-avril 2012 ,

sous l’egide du CENADEP, à Bukavu.En

effet,les pêcheurs du lac Maï Ndombe sont

allés pour apprendre et acquérir des

expériences sur la pêche dans la province

du Sud Kivu en vue de les aider à changer

de comportement et à avoir plus de

créativités dans leur profession.

Il sied de rappeler que le lac Maï Ndombe

est l’un des lacs du pays qui connaissent

une diminution sensible des ressources

halieutiques suite à une forte pression de

pêche exercée par la population sur le lac.

Absence d’une réglementation de la pêche,

niveau de pauvreté très avancé de la

population, absence d’activités

alternatives, faible esprit de créativité,

insuffisance d’informations et des

sensibilisations sur les risques

d’extermination des ressources naturelles

et impacts environnementaux suite à une

pêche non responsable… voilà le contexte

dans lequel évoluent les pêcheurs du Maï

–Ndombe.

Cette situation appelle en urgence la mise

en place des stratégies de sensibilisation

pour amener les communautés locales à

une prise de conscience du danger qui les

guette. Etant donné l’enclavement du

milieu, créer des ouvertures aux pêcheurs

pour découvrir les réalités d’autres

milieux pourrait entrainer un réel

changement de comportement et

vouloir pêcher plus et

rapidement, les pêcheurs de

A l’Équateur, au nord de la RDC,

mettent à mal les écosystèmes,

limitant la reproduction et le

développement des poissons. La

traditionnelle et prospère pêche à la nasse

qui les respectait tend à disparaître.

Pêcheur de longue date sur le fleuve Congo

à Bakanga (10 km en aval de Mbandaka),

le septuagénaire Nestor Munsonga ne

cesse de regretter le bon vieux temps. Alors,

en ce début de la petite saison pluvieuse

d’avril, il pouvait déjà poser de

nombreuses nasses en toute sérénité,

assuré de faire ses premières captures et se

constituer un stock. Aujourd’hui, il a du

mal à en installer ne serait-ce qu’une

dizaine. Toutes les herbes et les arbustes

bordant le fleuve aux environs de son

campement ont été déracinés ou coupés par

d’autres pêcheurs qui, eux, emploient soit

les «nkala», une sorte de treillis faits de

raphia, soit des filets à très petites mailles

en forme de poche. «Voilà ce qu’ils ont

fait…, se lamente Nestor. C’est par ici que

nous débutions notre campagne.

Maintenant, il ne reste plus rien. Il nous

faut attendre que les îlots soient inondés

pour aller chercher des endroits où poser

nos nasses. Et si cela n’arrivait pas, qu’estce-que

nous deviendrons ?».

contribuer ainsi à la conservation des

ressources halieutiques et pourquoi pas

naturelles.

Dans ce contexte, le projet Ndjamba

Ndjale, par l’entremise du bureau de

Cenadep, chargé de la coordination du

projet et de la structuration des O.P.P., a

organisé un voyage d’échanges à

destination de Bukavu où l’activité pêche

est mieux organisée : règlementation,

Techniques de pêche, organisation

(structuration des associations), circuits

de commercialisation. A cause des

avancées significatives que connaissent

les pêcheurs du lac Kivu, une délégation

de 6 personnes dont 4 pêcheurs du lac Maï

Ndombe provenant des 4 différents axes

d’intervention du projet et 2 agents

d’exécution du projet a effectué cette visite

d’échange à titre pédagogique.

Cette mission avait pour objectif

d’améliorer les conditions de vie des

pêcheurs du lac Maï Ndombe. Il fallait pour

ce faire amener ces 4 pêcheurs du lac Maï

Ndombe et ces 2 agents du projet à

découvrir de nouvelles expériences sur la

pêche dans d’autres sites ; acquérir de

nouvelles expériences sur l’organisation

du secteur de pêche ; aux pêcheurs du lac

Maï Ndombe et découvrir le niveau

d’organisation du secteur de pêche sur le

lac Kivu.La mission devait aussi prendre

des contacts utiles pour l’organisation du

secteur de pêche sur le lac Maï Ndombe et

amener les communautés du lac Maï

Ndombe au changement de

comportement,

Cette mission a donné des meilleurs

résultats, entre autres l’acquisition de

nouvelles expériences sur l’organisation

du secteur de pêche par les pêcheurs du Maï

Ndombe ; la découverte du niveau

d’organisation du secteur de pêche sur le

lac Kivu, des contacts utiles pris pour

l’organisation du secteur de pêche sur le

lac Maï Ndombe ; des changements de

comportement

des communautés des pêcheurs du lac Maï

Ndombe suite à des activités de

sensibilisation menées lors de cette

mission . Aussi, 4 pêcheurs et 2 agents du

ACTUALITES

projet ont découvert de nouvelles

expériences sur la pêche dans d’autres

sites;

Grégoire Baku

Coordonnateur a.i du Projet Ndjamba-

Ndjale

La pêche à la nasse tend à dispraître en RDC

UNE TECHNIQUE

ANCESTRALE PROPRE

Technique traditionnelle séculaire

pratiquée par la tribu «Libinza» et

apparentés dans la province de l’Équateur,

la pêche à la nasse s’effectue en bordure

des cours d’eau et n’attrape souvent que

de gros poissons au sein de la flore

aquatique, «milieu de vie de poissons par

excellence». «Or, les autres pêcheurs, eux,

scrutent sans cesse les berges des cours

d’eau à la recherche du moindre espace

herbeux. Une fois repéré celui-ci est

encerclé, toute sa végétation coupée et

arrachée afin d’en recueillir, sans

distinction de taille, toutes les espèces de

poisson qui s’y trouvent, regrette le vieux

Nestor. En détruisant ces sites halieutiques,

ils nous privent de notre terrain

d’exploitation et empêchent les poissons

de se reproduire».Timothée Mangwele,

agro-vétérinaire et fervent pratiquant de la

pêche à la nasse soutient que cette manière

de procéder a des implications néfastes sur

l’environnement et sur leur pêche. «En

s’attaquant de façon effrénée à ces espaces,

on réduit considérablement le nombre des

sites halieutiques, on détruit les frayères

(lieux de reproduction des poissons) et on

prive les poissons de leur nourriture», faitil

observer remarquant une baisse de

Pêcheurs dans le Lac Kivu (Photo LVPC)

productivité. «Des pêcheurs reconnaissent

que certaines espèces de poissons comme

le «mboto» et le «monganza», de gros

calibre, ne se font plus prendre en quantité

comme par le passé», dit-il.Pour JB

Maleka, assistant à l’Institut supérieur de

Pêche à Mbandaka, la pêche à la nasse est

très écologique : elle ne se pratique que

pendant la période de crues (avril-mai et

août-décembre), laissant ainsi le temps

aux poissons de se reproduire et de se

développer. Pour être mise en oeuvre, cette

technique de pêche exige la présence de la

végétation aquatique, ce qui contribue à

préserver l’écosystème.

RÉGLEMENTER LA PÊCHE

Moins rentable, la pêche à la nasse n’attire

cependant plus autant de monde. Finie

l’époque où l’on pouvait contempler, au

mois d’août, des villages entiers vidés de

leurs habitants, des centaines et des

centaines de personnes descendant le

fleuve Congo à destination de lointains

campements du sud et ne rentrer qu’à la

Pêche à la natte dans les célèbres chuttes de Wagenia à Kisangani

mi-décembre. Les jeunes surtout s’en

désintéressent. Bionic Mobonga, l’un

d’eux s’en explique : «à quoi sert-il de

fabriquer des nasses en grande quantité

lorsqu’on sait qu’on n’aura pas assez

d’espace pour les poser et qu’en définitive,

on ne récoltera pas grand-chose ? Moi j’ai

abandonné…»,se désole-t-il.

Nostalgiques, les personnes âgées refusent

de s’avouer vaincues. «Il faut règlementer

la pêche. Tolérer les mauvaises pratiques,

c’est appauvrir et la population et

l’environnement», demande Timothée

Mathieu Mokolo

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.11


REPORTAGE

La foire manioc a été une occasion pour

l’APTM de présenter ses produits à base

de manioc. Le souhait de l’Association

des Producteurs et Transformateurs de

Manioc, APTM, est que cette foire soit un

lieu de contact avec les autres acteurs

capables de soutenir les maillons faibles

des filières agricoles en Afrique. L’APTM

est convaincue que l’amélioration des

conditions de vie de la population passe

aussi par l’augmentation de la production

et de productivité agricoles, la

transformation de ces produits afin de

diversifier et d’allonger la durée de

conservation des produits périssables et

l’accès équitable aux marchés

économiques rentables. L’APTM a été

créée en 2004 avec plus de 600 membres

et 6 000 ménages. La mission est la

valorisation du manioc qui est le produit

consommé par la majorité des congolais

en particulier et du Bas Congo en général.

L’APTM s’engage à promouvoir la

Réactions

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P. 12

Face à face agriculteurs, transformateurs et financiers à

la IIème Foire agricole et artisanale de Kimpese

A

griculteurs, éleveurs et

transformateurs venus de tout

le Bas Congo, notamment de

territoires de Luozi, Seke

Banza, Songololo et Mbanza

Ngungu ont pris part à la foire agricole et

artisanale de Kimpese du 8 au 10 juin

2012. Organisée par le Centre régional

d’appui et de formation pour le

développement, CRAFOD, cette foire a

été ouverte et clôturée par le Directeur de

cabinet du Ministre provincial de

l’agriculture et d’élevage du Bas Congo,

Nzundu Luntadi.

L’Administrateur du territoire de

Songololo a souhaité que cette foire

agricole et artisanale de Kimpese soit

pérennisée annuellement. « Ça serait une

occasion de prouver à d’autres provinces

que nous sommes réellement un grenier

agricole. S’il est vrai que l’or, le diamant

et d’autres minéraux précieux sont

Mme MAMIE MAHUNGU,

Présidente de l’APTM : «Le Manioc

doit devenir un business «

NZUNDU LUNTADI, Directeur de cabinet du Ministre provinciale

de l’agriculture du Bas Congo: « La foire agricole et artisanale de Kimpese est

perçue comme un moyen pour réaliser la promotion de la production agricole et artisanale

de la province s’inscrit dans la logique de la liaison de la production avec le marché.

L’initiative est très louable et mérite que des sincères félicitations soient adressées à

ces auteurs et organisateurs»

JULIEN MAFUANIKISA, Eleveur membre de l’Association des

éleveurs de gros bétails de Songololo, AEGBS: « Dans le contexte des

éleveurs, la foire est un marché ou les gens se rencontrent et échangent les expériences.

Mais, nous avons connu un problème puisque nous ne pouvions pas exposer nos bœufs

car il fallait un moyen de transport qui coûtait cher pour louer un véhicule.

MPELA BOMOKINA, Chargé de production du Centre

d’encadrement des familles indigentes/ Kimpese: « Nous sommes

contents de la tenue de cette foire . Notre premier intérêt est de faire connaître nos

produits et la vente a suivi.»

Réactions recueillies par JB Lubamba

culture du manioc . Elle est une

organisation qui réunit des producteurs

de manioc. La vision est de faire du

manioc un business c’est-à-dire faire du

manioc un tremplin pour le

développement de l’économie de la RDC

en améliorant sa qualité, sa quantité et son

prix.

Mme Mamie MAHUNGU

Un reportage de Jean-Baptiste Lubamba

Ambiance lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la Foire agricole et artisanale de Kimpese

inaccessibles à tout le monde, il est aussi

vrai que la terre à cultiver, pour élever ou

pêcher est à la portée de tout le monde »,

a-t-il déclaré.

Pour sa part, Willy Bongolo, Directeur

de CRAFOD, la deuxième foire agricole

et artisanale de Kimpese poursuit les

mêmes objectifs que la première tenue en

juin 2011, à savoir : « Promouvoir les

produits vivriers, maraichers,

halieutiques et transformés de la province

Quelles sont les premières impressions

à l’occasion de cette deuxième foire

agricole et artisanale de Kimpese ?

Ma première impression est d’abord la

forte mobilisation des producteurs qui ne

sont pas seulement de Songololo, mais

qui sont venus presque de tout le Bas

Congo.

D’où viennent-il exactement?

Ils viennent notamment de là ou nous

avons des postes d’animation rurale

notamment de Luozi, Sekebansa, Mbanza

Ngungu ainsi que de Madimba qui sont

tous ici et nous avons des partenaires

privés notamment ceux qui sont dans la

production comme : Midema,

ISTACHA…

Qu’est-ce qui explique cet engouement ?

Les gens ont compris que l’on peut

produire le manioc, l‘on peut produire les

arachides, les bananes… ça n’a pas une

valeur ajoutée, il faut maintenant aller vers

la transformation pour avoir cette valeur

ajoutée. Ici ceux qui sont dans la filière

transformation nous ont démontré qu’on

peut augmenter la valeur ajoutée.

Votre deuxième impression ?

La deuxième impression c’est beaucoup

plus sur la microfinance.Lespartenaires

ont compris que les producteurs ont un

du Bas Congo ; Promouvoir les

technologie appropriées et les œuvres

d’art du Bas Congo ; Favoriser les

contacts entre agriculteurs/éleveurs et

producteurs des technologies appropriées

d’une part et ces premiers et les opérateurs

de la micro finance d’autre part ; Favoriser

la découverte des potentialités du Bas

Congo ; Permettre aux producteurs

agricoles, pêcheurs, transformateurs et les

institutions financières à se faire

sérieux problème notamment celui

d’agrandir leurs affaires et ils sont venus

se joindre à nous pour nous rencontrer et

noter toutes les difficultés que rencontrent

les producteurs .Ils nous ont fait voir qu’ils

ont des réponses à ces difficultés

notamment en ce qui concerne le capital

financier (argent) pour produire

davantage. Il y a Procrédit Bank qui est

venu, il y a aussi BIAC et d’autres

partenaires IFC qui accompagne toutes les

banques qui sensibilisent, qui forment

connaître ; Faciliter les contacts directs,

sans intermédiaires entre producteurs et

les acheteurs/consommateurs ;

Promouvoir la culture de la paix par les

enfants des écoles maternelles et primaires

et par les pratiques des arts martiaux ;

Revaloriser nos produits et aliments

locaux ».

(suite en page 13)

Willy Bongolo, Directeur du CRAFOD

« Il faut maintenant aller vers la transformation des

produits agricoles pour avoir une valeur ajoutée»

M. Willy Bongolo prononçant son discours de cirsconstance à

l’ouverture de la Foire

afin que nous soyons en mesure de monter

des plans d’affaires pouvant permettre

d’avoir de micro crédits.

Quelles sont les perspectives de

la foire agricole et artisanale de

Kimpese ?

En organisant cette foire, nous avons

toujours visé faire en sorte que nous

puissions avoir une foire qui devrait se

(suite en page 13)


Face à face agriculteurs, transformateurs et financiers à

la IIème Foire agricole et artisanale de Kimpese

(suite de la page 12)

Le Directeur de cabinet du ministre

provincial de l’agriculture du Bas Congo

a indiqué dans son allocution qu’on

produit pour un marché et le revenu

permanent doit revenir aux producteurs

pour acquérir les biens sociaux dont ils

ont besoin pour améliorer leurs conditions

de vie.

En clair, le développement d’une zone est

intimement en relation avec l’accès aux

marchés de sa production. Celle-ci doit

être productive et doit s’inscrire dans une

filière agricole porteuse et mutualisée pour

faire profiter la production à la base des

avantages du marché.

(suite de la page 12)

tenir chaque année. Maintenant, les gens

réclament une semaineau lieu de 3 jours .

Pour nous, nous faisons un plaidoyer

auprès des autorités locales, provinciales

pourqu’on puisse institutionnaliser la

foire et que tout le monde puisse savoir

que chaque année il y a une foire qui se

tient à Kimpese à telle période. Mauis nous

voulons aider les producteurs à pouvoir

se professionnaliser dans un ou deux

produits. Car ils ont compris que quand

on est partout, il est difficile de se

professionnaliser, de bien maitriser la

filière. Nous voulons bien accompagner

ces producteurs pour qu’ils puissent se

professionnaliser dans un ou deux

produits. Voilà les grandes perspectives.

Que pouvez-vous dire en conclusion ?

Je lance un premier appel à la population

de Songololo. Vous avez constaté que

ceux qui ont exposé sont venus de loin.

La population locale de Kimpese,

Songololo n’est pas venue nombreuse

Il a souligné que les enjeux de l’heure sont

la compétitivité de produits agricoles de

la RDC dans les grands ensembles comme

la SADC, le COMESA. Pour y arriver, il

faut Faire « un effort pour aplanir les

entraves et les goulots d’étranglement ;

Prendre urgemment des dispositions

requises pour répondre de manière

adéquate à l’absence de compétitivité liée

à la production locale de matière

première ; Mettre tout en œuvre pour

parachever l’intégration locale et

désenclaver les sites de production pour

rattraper ainsi le retard qui risque de nous

être préjudiciable dans l’intégration

régionale et mondiale qui se présente

Participation des OP du PDIBF

à la IIème édition de la Foire

agricole de Kimpese

Q

uatre représentants des

organisations paysannes et le

gérant de la Coopec-Mayombe

appuyées par le CENADEP dans le Bas-

Fleuve dans le cadre du programme de

développement intégré du Bas-Fleuve

(PDIBF) ont pris part durant deux jours à

la foire agricole et artisanale de Kimpese

organisée du 8 au 10 juin 2012. Accueillis

par l’autorité provinciale, représentée par

le Directeur de cabinet du Ministre

provinciale de l’agriculture et d’élevage

du Bas Congo, Nzundu Luntadi, ces

derniers ont découvert des

impressionnantes innovations dans la

transformation et conservation du

manioc, des fruits, de la viande de porc et

volaille etc…. et du sens du

professionnalisme de leurs pairs. Des

échanges fructueux ont lieu avec les

producteurs et transformateurs de

Kimpese et environnants présents à la

foire sur les semences et les différentes

techniques culturales ainsi que de

transformation et de conservation de ces

produits ainsi qu’avec la société financière

internationale (IFC) qui voudrait

contribuer à la promotion des petites et

moyennes entreprises (PME)

particulièrement dans le domaine

agricole.

«Il faut do ner à l’agriculture une place de

choix pour réduire la pauvreté »

alors que l’appel a été lancé depuis le début

du mois de mai 2012. La population n’est

pas venue nombreuse vendre alors que

c’est la foire agricole. Nous n’avons pas

organisé un kermesse. Nous aurions dû

avoir beaucoup de produits agricoles,

maraîchers, vivriers, d’élevage… Un autre

appel est adressé aux populations qui

remettent l’agriculture en seconde zone

alors qu’elle occupe plus de 85 % de la

population en RDC. Si nous ne donnons

pas à l’agriculture une place de choix, il

sera difficile de réduire la pauvreté dans

notre pays. Je pense que nous aurons

intérêt de produire en mécanisant notre

agriculture. Les tracteurs ne suffisent pas,

il faudrait que l’état puisse en distribuer

d’autres, distribuer des semences, des

intrants afin que les petits et gros

producteurs agricoles puissent produire

d’avantages afin d’accéder aux crédits.

Propos recueillis par Jean Baptiste

Lubamba

dorénavant comme un processus

inexorable », a-t-il conclu.

Cette foire se tient dans un contexte ou

l’agriculture est dominée par une

agriculture de subsistance dont plusieurs

facteurs sont à la base de cette prééminence

de l’agriculture commerciale dans le

district de cataractes au Bas Congo.

Il s’agit de l’évacuation pénible des

produits agricoles (secs et périssables)

due entre autres à l’éloignement des

bassins de production par rapport aux

marchés urbains, la détérioration lente de

certaines pistes communautaires

JB Lubamba

Gratitude Ntonda Mandiangu, Entrepreneuse

de 25 ans en RDC : «Je me suis lancée»

U

n cliquetis de bouteilles dans

son local de 25 mètres carrés.

«Voilà les jus de maracujas, ici

le jus de mangues, au fond les

jus de gingembre et d’orange,

et ici le miel pour sucrer les boissons, et

l’hydromel, le vin de miel.» C’est ici que

cette jeune entrepreneure de 25 ans,

diplômée en technique agroalimentaire,

transforme et conserve les fruits qui certes

font la richesse du Bas-Congo mais qui

meurent dans les champs. L’absence de

véhicules et la pauvreté du réseau routier

du pays ne permettent pas de les acheminer

au marché à temps. «Il fallait leur trouver

une valeur ajoutée au lieu de perdre toute

cette matière première disponible à bas

prix.»

RELEVER LE DÉFI

Mlle Gratitude, comme elle tient à se faire

appeler, emploie une vingtaine de femmes

de sa région de Kisantu. Elles aident à

nettoyer, couper, réduire en purée, stériliser

et embouteiller les fruits. Sa microentreprise,

le Cetrapal, (Centre de

transformation de produits agro

alimentaires locaux ) a été créée en 2008

avec un petit fonds de démarrage de

l’Union Européenne qui lui a permis

d’acheter les appareils nécessaires.

abandonnées et le coût élevé de transport ;

les faibles compétences commerciales de

petits exploitants agricoles ne leur

permettent pas d’accéder facilement aux

marchés urbains nationaux et

transnationaux et les tracasseries

policières. La foire est donc un moyen

choisi par le CRAFOD et ses partenaires

pour consolider les cultures de la paix et

de la bonne gouvernance d’une part et

contribuer à la promotion de l’agriculture

durable dans la province du Bas Congo.

Plusieurs rêvent d’un emploi. D’autres le créent. Devant les tristes «cimetières» de mangues pourries, Gratitude Ntonda Mandiangu

a eu l’idée de préserver les richesses naturelles gaspillées du Bas-Congo en République démocratique du Congo et a créé sa propre

entreprise.

Les efforts de certains pour la décourager

ont eu l’effet contraire : elle a redoublé

d’efforts pour relever le défi et prouver

qu’une femme peut réussir. «Je me suis

lancée», dit-elle. Ses parents, actifs eux

aussi dans le domaine agricole l’ont

beaucoup encouragée à fonder son

entreprise. A quelques pas du local, sa mère

gère quelques champs qui ont l’avantage

de ne pas être éloignés du centre de

transformation. Une entreprise familiale

? Résolument non, répond la maman :

«Elle devra réussir par ses propres

moyens». Car faire intervenir la famille

dans ces contrées, explique-t-elle,

risquerait de faire faillir l’entreprise. Elle

n’en dit pas plus.

MARKETING Une telle

petite entreprise peut-elle survivre alors

que les multinationales disposent déjà de

réseaux de distribution efficaces de

boissons sucrées et colorées à des prix

inférieurs aux succulents jus embouteillés

localement? A quelques kilomètres d’ici,

au café terrasse de l’impressionnant jardin

botanique de Kisantu, la journaliste

commande un jus local. On ne sert que les

cocas habituels dans cette institution qui

s’enorgueillit de préserver le patrimoine

agricole de cette région fertile du Bas-

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.13

REPORTAGE

Photo Helène Michaux

Congo qui, si elle s’organisait, pourrait

nourrir tout le pays.Mlle Gratitude rêve

de synergie avec les grandes compagnies,

et aussi avec ses concurrents en Afrique de

l’Ouest, plus avancés dans ce domaine.

Elle veut s’en inspirer «et même les

dépasser». Pour l’instant – et c’est déjà

une victoire dont elle est fière – ses jus

Cetrapal sont vendus dans un supermarché

à quelques heures de route dans la capitale

Kinshasa, et ailleurs en RDC. Elle rêve de

conquérir tout le pays, l’Afrique, et

pourquoi pas, le reste du monde.

AGRICULTURE MODERNE

Car l’avenir du pays est dans l’agriculture,

affirme Gratitude, de concert avec nombre

d’organisations internationales et de

gouvernements africains. Mais

l’agriculture, où il faut travailler dur sans

rien gagner, n’intéresse pas les jeunes

congolais, déplore-t-elle. Ce n’est pas cette

agriculture «de l’antiquité» à la houe qu’il

faut privilégier, mais une agriculture

moderne mécanisée. C’est là que se trouve

l’avenir. «Quand le peuple congolais

mangera très bien, tout s’arrangera.»

HELENE MICHAUD

Radio Nederland/ Rédaction Afrique


L

A LA UNE

a nouvelle loi agricole parle

du financement de

l’agriculture au chapitre 3. On

peut lire ceci:

Article 56 : Il est créé un Fonds

national de développement agricole, ciaprès

dénommé Fonds, destiné à financer

l’agriculture.

Article 57 : Les ressources du Fonds sont

constituées notamment : a) de redevances

prélevées sur les produits agricoles et

denrées alimentaires importés ; b) de

recettes du service de la quarantaine

végétale ; c) d’allocations budgétaires de

l’Etat ; d) de dons et legs; e) de

contributions des bailleurs de fonds. Un

décret délibéré en Conseil des ministres

détermine les produits agricoles et les

denrées alimentaires importés passibles

de la redevance du Fonds ainsi que le taux

applicable.

Article 58 : Les ressources du Fonds sont

recouvrées par voie bancaire et déposées

dans des comptes ouverts à cette fin.

Article 59 : Les ressources du Fonds sont

mises à la disposition des banques

commerciales et des institutions de microfinances

en couverture du financement

public des crédits agricoles ou des

garanties pour les crédits accordés aux

exploitants agricoles.

Article 60 : Les crédits accordés aux

exploitants agricoles au titre du Fonds

sont assujettis à des taux d’intérêt

préférentiels.

Article 61 : L’accès aux crédits du Fonds

est soumis aux conditions particulières

suivantes :

a) être un exploitant ou un regroupement

d’exploitants agricoles ayant une

existence légale ;

b) offrir des garanties de remboursement

des capitaux empruntés ;

c) s’engager à affecter la totalité du crédit

à l’activité agricole financée.

Article 62 : Outre l’octroi des

Lisez et

faites lire

subventions, la province et l’entité

territoriale décentralisée prennent, dans

leurs juridictions respectives, les mesures

incitatives pour la promotion des

investissements publics et privés et

l’octroi des La crédits pour Voix le développement

de l’agriculture

Pour les paysans, ce fonds qui arrive à

point Du nommé leur Paysan

permettra assuremment

d’accroître leur production ; leur revenu et

aussi leur Congo-

niveau de vie. Depourvus de

moyens , les paysans éprouvent à ce jour

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.14

Fonds de promotion de l’Agriculture

Les paysans révendiquent

leur participation

La question de financement agricole reste au cœur de débats des ateliers organisés à l’initiative de l’Alliance AgriCongo au bénéfice des

leaders d’organisations paysannes. Les participants à ces ateliers ont tous relevé que l’agriculture sans argent ne peut pas évoluer. Ils ont

ainsi reconnu la pertinence de la loi portant principes fondamentaux du secteur agricole qui prévoit en ses articles 56, 57,58,59, 60, 61 et 62

la création d’un fonds pour le financement de l’agriculture.

d’énormes difficultés pour acheter des

intrants, les semences et entretenir une

main d’oeuvre . Ce déficit les contraint

d’ailleurs à être incapables d’acquérir des

petites unités de production. Leurs

produits sont vendus à des prix dérisoires,

sans valeur ajoutée. La conséquence est

que les paysans restent fatalement pauvres

duits dans une agriculture de

susbsistance sans avenir. Ainsi espèrentils

participer à la gestion de ce fonds

agricole pour ne plus retomber dans les

erreurs du passé .

Il faut dire que les producteurs agricoles

ont toujours été des parents pauvres en

RDC. Pourtant ils participent au PIB du

pays à hauteur de 35 % chaque année. Ce

qui contraste énormément avec la part du

budget réservé au secteur agricole. Pour

2012, l’on parle de 3, 5 % du budget- une

première- qui sera affecté à ce secteur.

DIFFICILE ACCES AUX CREDITS

L’accès au crédit reste difficile et très

limitatif dans l’ensemble de l’économie

congolaise. Le système bancaire

comprend plus d’une vingtaine de

banques commerciales dont les agences

sont situées principalement à Kinshasa et

dans les chefs-lieux des provinces. On

estime qu’actuellement, il n’y a pas plus

d’un millions de comptes bancaires pour

une population de plus de 65 millions

d’habitants. Il existe par ailleurs un nombre

grandissant de coopératives d’épargne et

de crédit (COOPEC) essentiellement à

Kinshasa, au Katanga, au Bas-Congo et

dans les Kivu (il n’en existe encore aucune

dans certaines provinces comme le

Bandundu). Mais de nombreuses

COOPEC ont de graves problèmes de

gestion et une situation financière très

fragile. Seulement 90 COOPEC ont pour

l’instant été accréditées par la Banque

centrale du Congo qui a commencé à

réguler plus étroitement leur

développement. Enfin, il existe de

nombreuses initiatives de microcrédit

initiées par des ONG et/ou dans le cadre

de projets de développement, de

couverture en général très limitée et dont

la viabilité est douteuse.

Les activités des banques et des COOPEC

concernent essentiellement la collecte

d’épargne et le crédit à très court terme.

Aucune de ces institutions n’offre de prêts

à moyen terme. Les taux d’intérêt sont très

élevés (40-50% pour les prêts en Francs

congolais et 16-20% par an pour les prêts

en dollar) et les crédits doivent être

sécurisés par des garanties réelles que peu

d’emprunteurs sont capables d’apporter.

La seule institution accordant des crédits

Emmanuel KOKOLO

Faute de financement, les paysans congolais sont incapables de s’octroyer de petites unités de production

à moyen terme est le Fonds de promotion

de l’industrie (FPI), une institution

publique créé en 1989 pour financer

l’activité économique, en particulier

l’investissement. Les prêts du FPI sont

accordés à des taux hautement

subventionnés (15% par an en FC) et la

demande des investisseurs est donc forte.

Cependant les ressources du FPI sont très

limitées33 et l’obtention d’un prêt est

assez difficile. De plus, les conditions de

crédit (5 ans avec un an de différé au mieux)

Leurs produits sont vendus à un prix dérisioire sans valeur ajoutée

ne sont pas compatibles avec de nombreux

investissements dans l’agriculture

(irrigation, cultures pérennes). Enfin, il

n’existe pas en RDC d’institution

apportant des capitaux à risque.

Les investissements dans l’agriculture,

comme dans les autres secteurs de

l’économie, doivent donc être financés

soit sur crédits « off-shore », que peu

d’investisseurs sont capables de

mobiliser, ou sur ressources propres. (Lire

à ce sujet. L’Agriculture : Pierre

Angulaire de l’Economie de la RDC,

article de Jean-Paul Chausse, Thomas

Kembola et Robert Ngonde)

Partout ailleurs, lors des échanges ,les

paysans souhaitent participer à la

constitution de ce fonds , à sa gestion et à

la répartition de ce fonds de promotion de

l’Agriculture pour ne pas revivre la triste

et malheureuse expérience de la Banque

de crédit agricole et du Fonds de

Convention de Développement (FCD ,

ancêtre du FPI) où les crédits étaient plus

accordés aux dignitaires de la Deuxième

République qu’aux paysans. Les

coopératives paysannes sont également un

exutoire idéal pour faire parvenir des fonds

aux paysans. Ces structures sont

nécessaires et ne demandent qu’à être

reformées d’autant plus que les

coopératives existantes offrent des taux

d’intérêt et gages qui sont supérieurs à leur

revenu


D es

stratégies mises en oeuvre

n’ont jusqu’à présent pas été

en mesure d’éradiquer la

pauvreté, ni d’améliorer les

conditions de vie de la très

grande majorité de la population rurale en

Afrique. (…)

Dans un rapport publié en 1990, la Banque

mondiale concluait déjà que la pauvreté,

phénomène essentiellement rural, était

progressivement en train de devenir un

phénomène urbain également. Cette

observation devrait constituer un sérieux

avertissement à tous les acteurs du

développement. » Face à ce constat, et

devant la réalité d’une pauvreté de la

population accentuée par des guerres à

répétition à l’Est de la R.D.Congo: les

opérateurs du secteur de la microfinance

et ceux intervenant en milieu rural, se sont

résolus d’échanger sur la problématique

du financement du monde rural dans la

Province du Sud Kivu.

Les réflexions issues de cet Atelier, tenu à

Bukavu, du 17 au 18 juin 2010, ont

conduit à une première ébauche de

planification des activités destinées tant

soit peu à rencontrer certains parmi les

questionnements posés pour financer le

monde rural au Sud Kivu. Cet atelier

organisé par le GAMF, a connu la

participation des certains services

étatiques impliqués dans le

développement rural, ainsi que les

opérateurs du secteur de développement

agricole et ceux du secteur de la

microfinance de la province du Sud Kivu.

Les textes des exposés, les expériences des

acteurs impliqués et ainsi que les résultats

de travaux en groupes et les

recommandations issues de ces travaux

sont présentés dans ce rapport. Ils

devraient servir de support et/ou

d’orientation à tout acteur intéressé par le

développement du monde rural au Sud

Kivu.

En organisant l’atelier le GAMF a visé

comme objectif de créer un cadre

d’incitation, un cadre d’échange et de

donner une opportunité aux acteurs des I

M F, banques et aux opérateurs

économiques ruraux du Sud Kivu de

réfléchir sur le financement des activités

du monde rural , en vue de comprendre,

d’émettre des réflexions, des avis et

considérations et des recommandations

susceptibles d’aider, à l’amélioration des

interventions financières en milieu rural

pour l’intérêt de tous, mais surtout des

populations pauvres des huit territoires de

la province et bénéficiaires des acquis de

cet atelier. Le souci majeur est de donner

une contribution au développement de la

Financement de l’agriculture en RDC

La problématique de financement du monde

rural dans la province du Nord-Kivu

Grâce à l’appui financier de SOS Faim / Belgique, le Groupe d’Acteurs de

Microfinance du Kivu (GAMF en sigle) et la Fédération des Organisations de

Production Agricole du Congo au Sud Kivu(FOPAC Sud Kivu), ainsi que d’autres

intervenants en milieu rural, se sont mis ensemble pour étudier les voies et moyens

de pousser une synergie à se constituer en faveur du financement des activités de

production économique en milieu rural, dans la province du Sud Kivu, en

République Démocratique du Congo. Il existe en RDC des millions des terres

arables et fertiles pouvant nourrir des milliards des personnes ; mais le

province qui permettra de dégager une série

d’activités communes et spécifiques que

devront mener les acteurs impliqués à

savoir : les Paysans, les Organisations

Paysannes, les Organisations d’Appui, les

Institutions de Microfinance, les Banques,

l’Etat, les bailleurs de fonds et autres, afin

que dans une synergie planifiée, le monde

rural reçoive des appuis devant aboutir aux

résultats plus solides.

L’ACCES AU MICROCREDIT

: UNE CONDITION SINE

QUA NON POUR LA

RELANCE DE

L’AGRICULTURE AU SUD

KIVU, A TRAVERS LES

PRODUCTEURS

AGRICOLES

REGROUPES AU SEIN DES

ORGANISATIONS

PAYSANNES.

L’objectif de contribuer à la réduction de

la pauvreté, en augmentant la production

agricole sur une base durable, appelle à une

intensification des activités agricoles et

l’implication de divers acteurs dont

pourraient faire partie les Institutions de

Micro finance. Cependant, la vétusté du

matériel agricole dont disposent les

producteurs, le coût élevé des intrants et

les conditions d’approvisionnement

difficiles relevées dans la Province du Sud

Kivu, ne milite pas en faveur d’une

intensification adéquate.« Les producteurs

rencontrent toutes les difficultés pour

Kwashiorkor se vit encore dans plusieurs coins du pays. Les générations

congolaises actuelles et futures ne seront –elles pas condamnées à revitaliser

l’économie rurale, pour stimuler la production locale, et libérer le congolais de la

dépendance alimentaire ? En effet : « depuis plusieurs décennies déjà, les Etats, les

organisations internationales et les organisations non gouvernementales se

penchent sur les problèmes du développement rural en Afrique (MAIN, au

Luxembourg, en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale à Kigali,…).

renouveler leur matériel agricole

archaïque, et s’approvisionner

régulièrement en intrants de qualité et en

quantité suffisante, faute de moyens

financiers suffisants et d’accès au crédit.

Il y a lieu de signaler que malgré les efforts

déployés en matière de crédit par les

Institutions de Micro Finance en milieu

urbain et certaines organisations

paysannes (crédit rotatif), le financement

de l’activité agricole et le crédit aux

producteurs demeurent très insignifiants

si pas inexistants pour favoriser une

intensification de l’agriculture et une

augmentation de la production.

Pour relever ces défis, la mise en place

d’un cadre qui devra développer et mettre

en oeuvre des stratégies visant à faciliter

aux producteurs ciblés l’accès au crédit,

afin de financer les activités rurales est

nécessaire si pas indispensable. Dans cette

perspective, ledit cadre devra réunir les

responsables d’Organisations Paysannes,

les autorités étatiques et les institutions

de microfinance pour susciter des

contributions pouvant permettre la

réalisation d’un bon diagnostic et la

recherche de pistes appropriées pour un

accès facile, durable et profitable au crédit

en faveur des braves producteurs agricoles

de la Province de Sud du Kivu.

QUEL AVENIR POUR LES

PETITS PRODUCTEURS

AGRICOLES DU SUD KIVU?

Dans notre province, l’agriculture fait face

à un double défi :

- produire plus et mieux pour répondre à la

croissance des besoins alimentaires et en

particulier approvisionner les villes;

- assurer des revenus et aussi générer des

emplois en milieu rural afin de réduire

l’exode rural mais également lutter contre

les inégalités et la pauvreté qui concernent

d’abord les campagnes. A l’instar de toutes

les agricultures africaines, et à l’exception

de quelques complexes agricoles et agroindustriels

de type capitaliste,

l’agriculture dans notre province est

d’abord familiale.

Le discours politique dans plusieurs pays

de la région tend à opposer de plus en plus

une agriculture productiviste dotée de

moyens de production à fort contenu en

capital et intégrée aux marchés, voire à

certaines firmes, et les agricultures

familiales plus « classiques», relevant

d’un modèle général commun et qui

seraient présentés à priori comme moins

efficaces économiquement, moins aptes à

affronter les contraintes et à profiter des

opportunités du nouveau contexte

économique et institutionnel issu du

processus de la mondialisation (cas de

l’East African Community).

Ainsi, selon nous, la question centrale que

doivent aujourd’hui affronter les

politiques agricoles est celle de la gestion

d’une segmentation progressive des

agricultures au Sud-Kivu. En effet, les

écarts sont croissants et voient

l’émergence d’une minorité

FOCUS

d’exploitations (opérateurs économiques

), fortement dotée en facteurs de

production et en capital social, évoluant

vers une logique d’entreprise agricole et

la production de biens agricoles

exclusivement destinés au marché, qui

s’oppose à une agriculture plus

«traditionnelle », à cheval entre logiques

d’autoconsommation et de marché, avec

des dotations en facteurs plus inégales et

plus fragiles.

Selon la Banque mondiale (2000), 70%

des pauvres vivent aujourd’hui en milieu

rural. En forçant le trait, les politiques

libérales post-ajustement auraient même

tendance à renforcer et à cristalliser ce

dualisme, la première catégorie relevant

naturellement de tout l’arsenal des

incitations liées à la promotion du secteur

privé, la seconde relevant au contraire des

mesures de lutte contre la pauvreté. Mais

le développement d’entreprises agricoles

« modernes et performantes » constitue-til

une réelle solution aux besoins ? Les

organisations paysannes n’ont-t-elles pas

aussi un rôle éminent à jouer en matière de

gestion des ressources naturelles et de

préservation de l’emploi? Quel sera le

devenir des exploitations marginalisées

et des populations qui en vivent, faute de

secteurs d’activités alternatifs, sachant que

90% de la population active de la RD

Congo est encore agricole, soit 54 000 000

de personnes (Statistiques de la CEI ,

2005). Il existe donc un défi majeur en

termes de politiques publiques et de

dispositifs d’appui rénovés, mieux à

même de prendre en compte ces « grandes

masses », la réalité du nouvel

environnement international et ses

conséquences sur les secteurs agricoles

nationaux. Et, dans cette perspective, les

agricultures familiales sont probablement

les mieux dotées pour s’adapter à la

mondialisation grâce à leur flexibilité et

leur capacité d’adaptation.

(A SUIVRE)

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19 .P.15


L

ECHOS DES PROVINCES

a faitière des organisations

paysannes du Bandundu

(FOPABAND) en sigle, créée

le 10 septembre 2010, est

aujourd’hui en pleine

croissance et elle dirigée par Jacques

MITINI ONTUMOS. La FOPABAND

poursuit plusieurs objectifs à savoir :

défendre les intérêts socio-économique et

culturelle de ses membres, assurer la

commercialisation des produits agricoles

de ses membres et les représenter auprès

de l’Etat et d’autres partenaires financier.

Le président du FOPABAND affirme que

le mouvement paysan au Bandundu est

en marche avec FOPABAND qui compte

actuellement 279 unions des

organisations des paysans producteurs

agricoles du deuxième degré en sigle OPA

et 3.850 organisations paysans de base du

1èr degré en sigle OPB constitué des

paysans producteurs agricoles basés dans

des villages.

Jacques Mitini révèle que, dans

l’ensemble, la FOPABAND compte

347.887 membres paysans producteurs

agricoles et FOPABAND encadre

2.446.190 paysans producteurs agricoles.

La province du Bandundu dans son

ensemble contient 19 territoires et la

FOPABAND couvre 15 territoires en

matière d’identification des OPA.Pour le

président Mitini , « l’Alliance Agricongo

est un partenaire privilégié qui a aidé

les paysans à se retrouver aux 1 èr et

deuxième Carrefours paysans. Grâce à

ces deux carrefours paysans aujourd’hui,

nous avons participé à l’atelier de

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.16

Nord -Kivu: La Fopac met en place un système

d’information sur les prix agricoles

C

’est depuis les années 2004

que la Fédération des

Organisations des

Producteurs Agricoles du

Congo au Nord-Kivu (FOPAC)

accompagne les paysans producteurs

dans la commercialisation de leurs

produits agricoles sur les marchés locaux

et urbains de la province du Nord-Kivu.

Huit ans après, la FOPAC est aujourd’hui

dotée des capacités de pouvoir maîtriser

les données relatives aux transactions de

ce mécanisme très indispensable aux

producteurs et aux consommateurs des

produits agricoles. Voilà d’ailleurs ce qui

a poussé la FOPAC à mettre en place un

système d’information autour des prix des

produits agricoles lequel s’étend

actuellement sur treize marchés du

domaine.

Dénommé Système d’Information sur le

Marché, SIMA en sigle, il a pour but

d’assurer la transparence du marché afin

que les paysans producteurs agricoles en

tirent les plus grands marges possibles

dans le cadre de son objectif général.

Bandundu: Le mouvement

paysan en marche

lancement du projet Synergie et

complémentarité.» avec l’appui de

l’Alliance Agricongo.

« Cet atelier de réflexion est un idéal pour

nous en ce sens qu’il a permis de

renforcer la structuration du mouvement

paysan avec la CONAPAC au niveau

national et la FOPABAND au niveau

provincial. Celle-ci est une faitière

M. Jac ques Mitini

incontournable et légitime des paysans

producteurs agricole de la province du

Bandundu. Car, à partir de la naissance

de la FOPABAND, il y a eu un éveil de

conscience et un appel à tous les paysans

producteurs agricoles de se prendre en

charge pour l’amélioration de la qualité

de notre métier de l’agriculture», affirme

Jacques Mitini.

Thomas MUKOKO

Le SIMA comporte six objectifs

spécifiques : Primo, ressortir les

informations sur les prix de gros et de

détail, les quantités de productions, les

stocks disponibles sur les marchés

locaux, le nombre des commerçants

grossistes, le nombre des commerçants

détaillants au sein des marchés locaux,

urbains. Secundo, connaître les besoins de

la population paysanne dans chaque entité

chefferie ou secteur en matière de la

commercialisation des produits agricoles.

Tertio, diffuser hebdomadairement les

informations des prix des produits

agricoles sur les marchés déjà ciblés à

L

La RD Congo félicitée pour son

engagement à renforcer le

partenariat avec la Société civile

a présidente de la plateforme

sous-régionale des

Organisations paysannes

d’Afrique centrale

(PROPAC), Elisabeth

Atangana, a loué samedi à Brazzaville,

l’engagement d’ouverture et la vision du

Congo, de contribuer au développement

d’un partenariat renforcé entre la société

civile et les gouvernements africains dans

la recherche collective des voies pour la

sécurité et la souveraineté alimentaire et

l’émergence du continent. M m e

Atangana a salué cette volonté du Congo

à l’occasion de la consultation des

Organisations de la société civile (OSC)

pour l’ Afrique, prélude à la 27ème

Conférence régionale de la FAO qui se

tiendra du 23 au 26 avril dans la capitale

congolaise.A cet effet, elle a appelé les

gouvernements et le secteur privé à prendre

en compte les intérêts de l’ensemble des

groupes sociaux de la société civile sur la

formulation du cadre stratégique, en vue

d’assurer une sécurité alimentaire

Tableau reprenant les prix de produits agricoles affiché par la FOPAC

travers les canaux de communication

disponibilisés par la FOPAC tels que les

téléphones cellulaires, les tableaux

affiches , le bulletin et les émissions

Wakulima Amkeni . Quarto, améliorer le

service de commercialisation des produits

agricoles. Quinto, disposer au sein de la

FOPAC des informations utiles pour la

préparation des offres techniques et le

montage des projets et autres. Sexto, créer

une banque de données agricoles au sein

de la FOPAC.

Ainsi donc, la collecte des informations

sur les prix des gros, de détail et des

quantités disponibles sont publiées

régionale.« Si nous voulons réduire de

moitié la pauvreté sur le continent africain

d’ici 2015, si nous voulons nourrir

l’Afrique et lui assurer une croissance

durable, nous devons agir ensemble, les

gouvernements, le secteur privé et la

société civile dans un esprit gagnantgagnant

; nous devons agir plus et mieux

«, a-t- elle notamment déclaré.

Relevant l’importance de la société civile

dans ce cadre, Mme Atangana qui est

également la coordinatrice du comité d’

organisation de la consultation des OSC

pour l’Afrique, a dit que sa plateforme

contribue à l’élaboration et à la mise en

oeuvre des programmes et projets de

développement.A l’ouverture des travaux

de cette concertation, le ministre

congolais de l’agriculture et de l’élevage,

Rigobert Maboundou, a reconnu que «la

société civile, qui ne répond ni de la logique

de marché, ni de celle du pouvoir, n’est

pas moins un partenaire efficace des

pouvoirs publics, dont la sensibilité

spécifique à tous les problèmes

durant toutes les semaines sur les marchés

ruraux, urbains et transfrontaliers ciblés

par la FOPAC. Ces prix des produits

disponibles sont diffusés également sur

les antennes des radios partenaires à travers

l’émission de la FOPAC et tout autre

support accessible, tel que énuméré cihaut.

Quant aux besoins de consommation

par produit, ils sont identifiés auprès des

grossistes, demi-grossistes et détaillants

par semaine, mois et trimestre.

Jean Baptiste (AJAC Nord-Kivu)

économiques, sociaux et culturels, doit

toujours être mise dans la balance de la

définition de toute perspective de

développement».Selon lui, la

contribution de la société civile à

l’animation du thème de la 27ème

conférence régionale de l’Organisation

des Nations Unies pour l’Alimentation et

l’Agriculture (FAO) pour l’ Afrique fait

partie des objectifs de ce forum, estimant

que sur le plan alimentaire,» l’Afrique va

mal «.

Au cours de cette réunion qui s’achève

dimanche, plusieurs thèmes sont abordés,

entre autres, «Cadre stratégique global»,

« Accès aux ressources et mise en oeuvre

des lignes directrices : une priorité pour

l’Afrique «, et «Construction de platesformes

multi-acteurs au niveau national,

régional, continental et renforcement de

la communication et de la concertation

entre acteurs de la société civile».

Xinhua


Bas-Congo: Les éleveurs de Songololo

dénoncent les tracasseries des agents

de l’administration

L

es éleveurs du territoire de

Songololo font face à

plusieurs tracasseries

administratives. Les agents de

l ’ E t a t commis aux services

Environnement, Industrie, la DGRADD,

service vétérinaire du territoire, la DGI…

viennent en ordre dispersé pour réclamer

des taxes. Cette déclaration du président

des éleveurs Nsumbu Talamaku alias

Mon pays peut nous en dire plus : « Nous

ne sommes pas contre les taxes.Nous

sommes d’accord de payer les taxes, mais

nous ne savons pas combien payer, à qui

et quelles taxes ». Nous demandons à

l’état de régler cette situation parce que

le fait d’avoir des vaches ne signifie pas

que vous avez de l’argent ».L’autre

problème auquel les fermiers de

Songololo sont confrontés est les

problèmes des conflits de terre. En effet,

les ayants- droits entrent en conflits sur

une même portion de terre. Il y a parfois

jusqu’à trois prétendants. Chacun ne

reconnait pas les droits de payer à l’autre

et vice versa. Conséquence: les fermiers

sont obligés de payer les mêmes frais

doublement ou triplement. Le contrat

coutumier exige de donner une vache

chaque année aux ayants- droit. En cas de

conflit, le fermier est obligé de donner une

L

a fondation El Shaddai dirigée

par le Révérend Colin Michel

Nzolantima vient de mener une

mission dans le site Sama, dans

le territoire de Mbanza Ngungu, secteur

Ntima Nsi pour s’enquérir de la situation

dans cette partie de la RDC. L’objectif de

cette mission a été d’évaluer le niveau socio

économique de la population et dresser un

état de lieu agronomique sur base des

observations directes du périmètre de

production de ce village.

La mission a débuté par Kimpese jeudi

31mai 2012 et le point de chute a été la

localité de chantier Malele dans le secteur de

Wombo, territoire de Songololo sur la route

qui conduit vers Luozi. Des échanges ont eu

lieu avec un groupe des ayants- droit de la

cité de Malele avec la situation de terre jadis

utilisée par le Réverend Nzolantima, ont

abouti à l’idée de relancer le projet de

l’élevage de gros bétail.Dans les échanges

avec les communautés locales, l’ingénieur

Bikawa Kadi a souligné l’importance du

travail mécanique ainsi que l’importance de

l’association qui permet de relancer la

production et la commercialisation des

produits agricoles y compris l’acquisition

des semences dans les milieux . Des

difficultés rencontrées dans ce village sont :

la présence des anciennes variété de

manioc avec la prévalence de maladie telles

vache de plus à la partie des ayants- droits

qui a gagné le procès. L’autre problème est

lié aux champs qui sont souvent mis à côté

des enclos alors que alors que la loi

foncière reconnaît de mettre les champs à

7 Kms des enclos de vaches. Ils ont aussi

le problème d’’approvisionnement en

bloc à lécher qui coûte cher jusqu’à 20

dollars au moment où il n’y a pas des

magasins au niveau local pour s’en

approvisionner et il en est de même de

manque de magasin d’outillages pour les

élevages, les produits vitamineux

coûtent chers. Cette association est née

vers 1994 suite aux pillages que cette

partie de laprovince a connus. En ce

moment beaucoup de fermes ont été pillés

par les hommes en uniformes;surtout lers

fermes qui se trouvaient le long de la

bœufs avec un cheptel de 56 000 bêtes vers

les années 1970-1980. Aujourd’hui , il ne

reste que moins de 1200 bêtes. Toutes les

démarches entreprises par les propriétaires

auprès des autorités publiques pour

obtenir leurs indemnisations sont

-Kivu:

Bas -Congo : Le village Sama dans le territoire de Mbanza-Ngungu

confronté à d’énormes difficultés

que la bactériose , l’anthracnose et la

mosaïque ; la présence de la maladie de

balaie de la sorcière, benchy top sur le plante

de banane ; l’accessibilité difficile aux

intrants connexes pour les cultures

Elévage des vaches dans la province du Bas Congo (Photo RV Nina)

nationale numéro un. Elles ont toutes été

pillées par les militaires qui abattaient

parfois 156 vaches par jour. Il y a des bêtes

qui fuyaient dans la forêt quand elles

voyaient que les autres sont abattus. En

tout, 42 fermes ont été victimes de pillage

à Songololo jadis grand fournisseur de

Les femmes villageoises de Sama au champ

maraichères et faible organisation de cette

filière ; le faible niveau de formation des

producteurs ; les difficultés en rapport avec

la mécanisation agricole ; le faible revenu et

évacuation difficile de produit s agricoles ;

demeurées vaines. Ainsi, les éleveurs ont

eu l’idée de créer leur association pour

discuter ensemble et trouver des solutions

à leurs problèmes. Cette association a été

reconnue en 2004. Selon Nsumbu

Talamaku, l’objectif poursuivi par cette

association est d’augmenter la production,

l’agriculture encore rudimentaire,

l’utilisation de techniques non adaptées et

non-respect du calendrier agricole ; le

manque des structures relais

d’accompagnement des producteurs à la

ECHOS DES PROVINCES

défendre les intérêts des fermiers.Cette

association comprend 27 membres

(fermiers) alors que dans tout le territoire

de Songololo , il y a 40 éleveurs recensés.

Ils demandent à l’état de les aider pour les

frais de formation.

JBL

base ; l’absence des strucutures de la micro

finance, soit le crédit agricole et de campagne

dans le secteur de production horticole et

vivrière….Face à tous ces problèmes, la

fondation El Shaddai a formulé les

recommandations suivantes : injection de

nouvelle s variétés de manioc résistantes à

la mosaïque africaine souche africaine et de

patate douce y compris de techniques

adaptées à la santé et celle des écosystèmes

c’est-à-dire la production et protection

intègrée ; Formation et renforcement des

capacités sur la planification locale et

organisation paysanneen vue de catalyser le

changement dans le village de Sama ;

Formation sur le leadership paysan dans la

région ; Accompagnement des activités de

réhabilitation de la route Sama chantier

Malele ; Disponibilisation des tracteurs

pour la mécanisation agricole pour la saison

agricole.Pour rappel, le village de Sama est

caractérisé par les activités de la production

de l’horticulture rurale pour la production

vivrière telle que le manioc et les autre plantes

à tubercule. La présence de bananeraies y

compris d’autres cultures fruitières autour

du village sont aussi importantes. Le village

Sama est situé le long de la rivière Lukunga

et sur le pied du Mont cristal à une altitude

moyenne de 500 m à 600 m d’altitude.

JBL et IBRAHIM Manzukula de la radio

Ntemo/Mbanza Ngungu

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.17


Q

ECHOS DES PROVINCES

A près

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.18

Kinshasa: Les mamans maraîchères

parlent de leur métier

le lotissement de la

Pépinière de Bandalungwa, les

maraîchers et maraîchères qui

ont monnayé d’espace à l’excimetière

de Kasa-Vubu, ont du mal à

produire comme ce fut le cas à la Pépinière

de Bandalungwa.Sur le site Ex-cimetière

de Kasa-Vubu, les travaux champêtres sont

observés du lundi à samedi. Ce lieu est

situé dans la commune portant le même

nom, précisément au croisement des

avenues Kasa-vubu et Sao.Tout espace est

occupé sur ce lieu. De loin, l’on n’aperçoit

que les verdures de plates-bandes des

légumes. Egalement, des silhouettes en

mouvement. Ce sont des maraîchers et

maraîchères qui travaillent en ordre

dispersé. Chacun dans son espace. Les uns

se livrent à labourer la terre et à arroser des

plates-bandes. Les autres par contre,

s’emploient à cueillir des légumes et à

négocier de prix avec des revendeurs.À

l’intérieur de cet espace, outre des champs,

il y a aussi de petits arbres. Ils leur servent

par moment de lieu de repos pour se cacher

le soleil. Aussi, on y trouve de petits

restaurants de fortune pour ceux qui, après

La maraîchère

Kiakuma Wambaka :

« Mon souci est que

l’Etat comprenne

l’ampleur de cette

activité… »

uelques maraîchères kinoises

se plaignent de la non prise en

compte de leur travail par le

gouvernement, alors que leur

faible production aident tant

soit peu la population kinoise.Dans cette

optique, Mme Kiakuma Wamba, pasteur

à l’église Kimbaguiste de son état, plaide

pour une attention particulière de l’Etat à

leur travail d’agriculture, dans un entretien

avec le journal « La Voix des Paysans

Congolais ». Agée de 60 ans, elle fait son

champ dans l’enceinte de l’école

kimbaguiste « Maman Mvete », située au

croisement des avenues Makanza et ex-24

novembre, dans la commune de Ngiri-

Ngiri. La paroisse Kimbaguiste a donné

cette espace aux mamans qui veulent

pratiquer l’agriculture. Plusieurs platesbandes

s’y trouvent. Mais, des légumes

qui dominent les plantations, poussent

sans problème étant donné que la terre est

très fertile. Ce terrain de pratiquement un

hectare est marécageux. Il bénéficie de

l’humidité de la rivière Basoko qui le

traverse et dont la source est localisée dans

Le lotissement de Pépinière de Bandalungwa a réduit au chômage un bon nombre des maraîchers et maraîchères. Ceux qui se sont procurés de place dans le site Excimetière

de Kasa-Vubu moyennant quelques billets de banque, peinent t, à ce jour, à retrouver leur niveau de production d’antan.

Mme Makemba Hélène :« je ne me retrouve plus

depuis le lotissement de la Pépinière de Bandal… »

la comme de Bumbu. Les quatre

dimensions géographiques de cet espace

sont quasiment clôturées. Mais le mur qui

longe l’avenue Makanza se trouve dans un

état de délabrement avancé, donnant ainsi

la possibilité aux gens, même non

identifiées, d’y entrer et d’en sortir. Ce qui

en effet facilite le vol. Sous un soleil de

plomb, Pasteur Kiakuma Wambaka à côté

de sa collaboratrice, est plongé dans les

travaux de champ. Elle transplante des

légumes d’une plate-bande à une autre.

Elle se redresse et baille à gorge déployée

avant de se plier de nouveau pour continuer

son travail. Proche d’elle, sa collaboratrice

est en train d’enlever des fumiers toute

matière plastique et autre objet

indestructible perpétuel. Elle était en

position accroupie.Avec un visage

renfrogné traduisant l’expression de

peine, elle se redresse. Main gauche contre

le dos, elle se tord des douleurs et

s’exclame : « C’est difficile de faire ce

travail. Je souffre des maux de dos. Mais

je n’ai pas de choix. Je dois travailler pour

(suite en page 19)

Mme Makemba Helène prennant soin de ses légumes

avoir beaucoup travaillé, peuvent se

ressourcer en alimentation. L’on peut

encore observer la présence des puits. Ces

derniers constituent des sources d’eau leur

permettant d’arroser leur champ. Les

passants traversent innocemment et sans

répit le lieu.

De groupes de fumeurs de chanvre,

composés des « Shegués »,envahissent

régulièrement ce lieu le soir et y passe nuit,

sans être inquiéter par les policiers. Ils

favorisent de fois le vol des légumes au

profit des jeunes gens venus du Camp

Colonel Kokolo, situé sur l’avenue Pierre

Mulele (ex-24 novembre). Dans le cadre

du mois de la femme placé sous le label

«Investir dans la femme ruraleet dans la

jeune fille pour un avenir meilleur », Mme

Makemba Hellène trouvée sur le lieu en

train de faire son champ, raconte les réalités

de terrain forcement lié à leur mutation de

la Pépinière de Bandalungwa (d’où elle

est venue) à l’actuelle place, le site Excimetière

de Kasa-Vubu. Veuve de son état,

cette maraîchère a commencé ce travail

depuis 1976 à la Pépinière de Bandal.

Hellène Makemba, mère de sept enfants,

habite la commune Bumbu et ne travaille

pas chaque jour. Elle se rend au champ

lundi, mardi, jeudi et samedi.

D’autres jours, mercredi et vendredi, sont

sacrifiés à la prière, à l’en croire.Avec l’air

ratatiné et avec un visage rempli de sueurs

qui coulent à grosses gouttes, la veuve

lâche : « je ne me retrouve plus depuis le

lotissement de la Pépinière de

Bandalungwa. Là bas, je faisais beaucoup

de plates-bandes de légumes et celles-ci

me rapportaient beaucoup d’argent. J’en

avais vraiment beaucoup. Je parvenais

quand même à nourrir mes petits-fils.

Mais, ici à Kasa-Vubu, c’est un lieu de

problème. Trop de problèmes. Toujours

des problèmes des limites … » Elle laisse

entendre qu’elle a du mal à produire

beaucoup à la suite du petit espace acheté

sur ce site à Kasa-Vubu. Ce n’est le hasard

qu’il a trouvé une place à la Pépinière. «

J’habitais Bandalungwa à l’époque avant

de divorcer d’avec mon mari. Ce qui m’a

permis de trouver une place à la Pépinière.

» Malgré les difficultés liées au manque

des semences et à certains outils aratoires,

les femmes travaillaient calmement sur ce

lieu. Elles produisaient des légumes qui

captaient la curiosité des revendeuses et

des revendeurs de différents marchés de la

partie ouest de la ville de Kinshasa. Ces

derniers affluaient le lieu à chaque récolte.

Le problème d’espace a commencé à poser

problème quand ce lieu (Pépinière) est

envahi par plusieurs personnes,

soucieuses de faire les champs sur le

même endroit. Mais cela n’avait pas de

l’ampleur. Selon H. Makemba, ce

problème a empiré davantage après le

lotissement de ce lieu, en échange de

l’argent remis aux maraîchers et

maraîchères qui l’exploitaient.

Ayant un visage qui traduit le regret, elle

a fait savoir que présentement, beaucoup

de maraîchers tournent le pouce à la

maison par manque d’espace. Certains

parmi eux, dit- elle, ont trouvé d’autres

espaces ailleurs, entre autres ex-cimetière

de Kasa-vubu.« Moi personnellement, j’ai

préféré le site ex-Cimetière de Kasa-Vubu

malgré les réalités que nous vivons », a

dit Hellène Makemba avant de préciser

qu’elle faisait, à l’époque, de champs sur

le même endroit, puis elle est allée

continuer à la Pépinière de Bandalungwa.

«

Au cimetière de Kasa-Vubu, j’avais 21

plates-bandes. Quand je suis allée à la

Pépinière de Bandal, je me suis procurée

de 42 plates-bandes et je me retrouvais

sérieusement. Je suis retournée au site ex-

Cimetière Kasa-Vubu tout en monnayant

l’espace avec des billets de banque. Mais,

j’ai eu 14 plates-bandes. C’est dur. Je vis

seulement par la grâce de Dieu… » Elle a

souligné que l’argent qu’elle gagne est

dépensé immédiatement pour les gens qui

les aident à travailler.« Je vends une platebande

à 10. 000 Fc. Avec ce peu d’argent,

j’achète des fumiers, la quantité d’un

pousse-pousse revient à 5 000 fc. L’achat

des graines, c’est 1.000 fc. Il faut payer à

quelqu’un 1.000 fc pour labourer. Parfois,

je donne 1.500 quand il doit labourer avec

des fumiers. Ça va nous servir à quoi »,

s’en plaint Hellène Makemba.Cette

dernière a épinglé le risque que les

maraîchères et maraîchers encourent

pendant leur travail de champ. « On se

blesse avec la houe, morceau de bouteille,

tôle et autres objets tranchants quand on

laboure le sol », dit-elle.

Les semences posent problème dans leur

activité, sans oublier les outils aratoires.

Des amarantes, des oseilles, des épinards

et des pointes noires…sont la

particularité de leur culture. Egalement,

le besoin d’arrosoir et de pompe à eau se

fait sentir.

« Nous avons besoin de semence, graine,

fumier. Je ne sais pas qu’est-ce qu’on peut

faire pour mettre de pompe d’eau pour

nous permettre d’arroser les champs. Les

puits sont séchés à cause de l’absence de

pluie. Pour creuser un puits, il faut

débourser 20. 000 Fc et chercher de l’argent

encore pour achat de tonneau qu’on doit

utiliser dans ce puits »,dit-elle. Malgré ça,

les paysannes vivent une autre réalité

actuellement sur le marché. « Les produits

ne sont plus bien vendus comme ce fut le

cas. Les autorités de ce pays ont pris

l’habitude de créer de champs dans leur

concession. Ils ne viennent plus acheter

des légumes et autres produits ». Elle

dénonce aussi le fait que les Shégués

s’installent dans le lieu et font sortir de

sable blanc qu’il vende. « Il nous dérange

franchement. De fois, ils nous chassent et

sabotent nos plates-bandes pour y creuser

», regrette Hellène Makemba qui poursuit

: « on ne vole pas chez moi. Mais, de l’autre

côté, les enfants qui viennent de camp

Kokolo, volent avec l’aide des Shegués.

»Le conflit de limite y existe et demeure

sans solution. Ce qui fait que les

maraîchers se regardent en chien de faïence

entre eux.« Nous avons de conflits de

limite, mais moi je m’en fou. L’Etat ne

nous assiste pas et nous ne sommes

affiliées à aucune association. Sauf que

pendant la campagne électorale, on est

venu nous donner les intrants par des

candidats. Mais, moi je ne prenais pas…

»,lâche-t-elle.Un faible engouement a été

observé dans la sensibilisation de la

journée internationale de la femme chez

les maraîchères qui cultivent sur le Site

ex-cimetière de Kasa-Vubu. « Pour la

journée de la femme, les gens étaient

venus, mais pas nombreux, pour contacter

les maraîchères. Moi, j’avais refusé ce

contact, parce qu’ils ne s’occupent jamais

de nous. Pourquoi ils ont attendu ce

moment ? Avant, beaucoup de gens étaient

venus, mais rien a été fait…c’est triste. »,

se lamente H. Makemba.Le poids de l’âge

lui contraint à mettre terme à cette carrière

moins élogieuse.« Je suis fatigué, l’âge

est tellement avancé et j’ai envie

d’abandonner ce travail », s’en plaint elle.

A. Mangituka


Bandundu : Augmentation des prix des

portions des forêts à Kikwit

Kikwit et ses périphéries les

fermiers et les chefs de terre

A augmentent chaque année les

prix des portions des forêts

qu’ils vendent aux paysans

pour défricher les champs. Conséquence :

plusieurs paysans démunis n’ont pas pu

faire face l’année dernière. « Na mvula me

luta mono me basis ave nguba, masangu,

mantete ti manio cna mpila ya mono

vandaka kusala ntete. Bilanga ya 25 ares

ya beto sumbaka na 42.000 fc na 2010, yo

kumaka na 2011 na 60.000 fc. Mono

kukukaka ve na kusumba ( l’année passée

je n’avais plus semé et récolté des

arachides, maïs, courges et maniocs

comme d’habitude.

Un champ de 25 ares que nous achetions à

42.000 fc (45,6$) en 2010, est arrivé en

2011 à 60.000 fc, soit 65,2 $. Je n’avais

plus de force pour acheter) », regrette, tête

baissée Germaine Mukanga, veuve de 49

ans qui nourrit une famille de 6 enfants

dont deux ne sont plus scolarisés faute de

moyens.

Mukanga, habitant la commune de

Kazamba, cultivait ses champs à Vunda

dans le secteur Kipuka à une douzaine de

kilomètres de Kikwit dans le sud-ouest

de la République démocratique du Congo

(RDC) où des dizaines des familles ont

l’habitude de défricher des champs. Pierre

Mufondia, 50 ans, est un paysan de

Kikwit 3 dans la commune de Nzinda.

Souvent il fait son agriculture à

Mudikongo et Mipangu, respectivement

à 10 et 13 kilomètres de Kikwit. Il connaît

la même situation. « En 2010 nous

achetions un champ de 30 ares à32.000 fc,

soit 35 $ , mais en 2011 c’était augmenté

à 43.000 fc , soit 47 $. Cela nous a paralysé

», témoigne-t-il fâché .Dans le rayon de

La maraîchère Kiakuma Wambaka : « Mon souci est que

l’Etat comprenne l’ampleur de cette activité… »

(suite de la page 18)

nourrir ma famille. Ça fait 15 ans depuis

que je commençais ce travail. » Elle a été

initiée par sa mère qui faisait le même

travail dans le temps. « J’ai commencé

avec des légumes ici à Kinshasa. Bien

avant, je faisais des champs avec ma mère

au Bas-Congo vers la chute de Zongo »,

se confie Kiabuma au journal « La voix

des paysans congolais ». Ce travail lui

permet de subvenir à ses besoins et à venir

à la rescousse de son foyer. « Je gagne en

vendant. C’est ce qui m’oblige à bien faire

mon travail d’agriculture », a-t-elle dit

avant d’ajouter : « Nous exploitons cet

espace dans le cadre de la paroisse. Mais

en revanche, nous donnons quelques

choses sous formes d’offrandes. »

Cette maraîchère émet le vœu : « Mon

souci est que l’Etat comprenne l’ampleur

de cette activité. Il faut qu’il commence à

s’occuper de nous parce que nous faisons

vivre aussi un petit nombre de la

population.» Avant de faire le travail de

champ, dit-elle, il y a toujours des

Carrefour, à 20 km de Kikwit, dans le

secteur Imbongo, ce sont aussi des

pleures. Maman Yvonne Mbundana de la

commune de Lukolela n’y vas plus depuis

deux ans : « les chefs des terres et les

fermiers exagèrent. A Kakoy, Carrefour et

Kwangamala, ils augmentent les prix de

la même façon. 55.000 fc (59,7 $) en 2009,

70.000 fc (76 $) en 2010 et 80.000 fc (90

$) en 2011 pour une portion de 50 ares »,

indique-t-elee.Ces trois paysans font parti

de plusieurs autres qui ont vu leurs

activités agricoles chuter suite à

l’augmentation systématique des prix des

portions des forêts par les fermiers et chefs

des terres. Cette situation a connu des

retombées négatives sur la vie des

paysans. Plus de 60 pour cent des

populations en RDC vivent des activités

champêtres, mais le problème foncier

constitue une sorte d’épine dans les roues

agricoles. « Malgré toute la bonne volonté

qu’ils peuvent manifester, l’accès à la terre

par les agriculteurs reste un casse-tête »,

reconnait le Docteur Christophe-Arthur

MAMPUYA, directeur chef de service au

secrétariat général du ministère de

l’Agriculture, Pêche et Elevage en RDC.

Quant à eux les chefs des terres et fermiers

contactés se sont évertués de donner des

explications par rapport à l’augmentation

des prix des portions des forêts : « Nous

sommes souvent dérangés par l’Etat avec

des taxes que nous payons au ministère

de l’Environnement et Conservation de

la nature.

Qui doit payer cet argent ? c’est pourquoi

nous ajoutons cet argent sur les prix de

vente des champs », se justifie Pierrot

Musimantoy un des fermiers rencontré à

Kikwit 3. Musimantoy ajoute une autre

raison : « les agriculteurs gagnent

éléments à mettre ensemble. « La terre est

là. Il faut d’abord avoir de l’espace, la houe,

des fumiers, avant de commencer à

labourer…et la semence doit être prête »,

Mme Kiakuma Wambaka dans son champ

beaucoup de produits agricoles quand ils

exploitent des forêts qui sont dans nos

terres. Et nous autres qu’est-ce que nous

gagnons ? »Un autre chef de terre qui a

requit l’anonymat a révélé à SGL « qu’il

y a des gens qui meurent suite à des

problèmes de terre et des forêts. Il y a trois

ans , ajoute-t-il, mon cousin avait trouvé

la mort subitement puisqu’ ‘il avait vendu

, en mai 2009 , à des piètres prix des

portions des forêts laissées par des ancêtres

dans le secteur Nko ».

« Tout fermier ou chef de terre doit obtenir

de l’Etat un certificat qui l’autorise

d’occuper une portion de terre ou de forêt.

S’il veut aussi abattre des arbres ou la forêt,

il doit passer au ministère de

Equateur: Un conflit foncier

oppose les communautés à Kungu

ne vive tension règne entre les

communautés Lingonda et U Bobeyi dans le secteur de

Bomboma, territoire de

Kungu à l'Equateur, ont indiqué des

sources locales, dimanche 5 mai. Les

Lingonda accusent les Bobeyi de violer

les limites de leurs terres tracées depuis

1958, sous la colonisation, après le premier

conflit qui les avait opposés. Selon

des sources indépendantes, les Bobeyi

ramassent des escargots pour leur nourriture

dans la forêt des Lingonda parce que

ces derniers n'en mangent pas. Les

lingonda verraient d'un mauvais œil ces

incursions dans leur forêt.

a épinglé Pasteur Kiakuma Wambaka qui

a renchéri : « Nous n’utilisons pas des

engrais chimiques parce que nous avons

une bonne terre ».Malgré la clôture de cet

l’Environnement pour se conformer à la

loi », Elucide Oscar Aka, chef de service

urbain de l’Environnement et

Conservation de la nature de Kikwit.

IL FAUT UNIFORMISER LES PRIX

Selon Jean-Baptiste Mbwengele,

président de la Coopérative de production,

vente et expédition des frets, une plateforme

qui encadre 240 associations

paysannes dans la province du Bandundu,

« la diversité et l’augmentation des prix

des champs piétinent les activités

agricoles. C’est pourquoi, l’Etat doit sortir

une loi qui doit uniformiser les prix des

champs pour que les paysans respirent »

Badylon KAWANDA BAKIMAN

Le chef de groupement de Lingonda,

Zangama Nyapole, affirme avoir saisi les

autorités provinciales, depuis en novembre

2011, "des provocations à répétition

des Bobeyi". Mais ces dernières n'ont pas

réagi, indique-t-il.

Les conflits fonciers entre communautés

sont fréquents dans cette province. Le

désaccord entre les Munzaya et les Enyele,

qui se disputaient la gestion des étangs

piscicoles, avait dégénéré, en novembre

2009, en une insurrection armée. Celle-ci

avait embrasé Sud-Ubangi et le Sud-Equateur

au point d'atteindre même Mbandaka.

Des nombreux militaires et civils avaient

espace, le cas de vol décourage les

agriculteurs. Ces derniers en sont

victimes à maintes reprises.« Nous

observons de cas de vol pendant la nuit.

Mais nous avons ici notre service de

sécurité. En fait c’est un service de la

paroisse. Ces gardiens de la paroisse

s’appellent : Pied gauches. Ils arrêtent des

voleurs et si les voleurs sont plus forts, ils

font recours à la police » a-t-elle

précisé.Les travaux champêtres sont très

durs et pernicieux. Ils dérangent de fois la

santé si l’on ne prend pas garde. « Nous

encourons de risques incroyables. Le

maux de dos. On se blesse par mégarde.

On a mal aux pieds. On s’expose au soleil

pendant le travail, de fois on tombe

malade. En rentrant à la maison, les

enfants me massent le dos. C’est très

souffrant », se lamente le Pasteur.

Face à cette difficulté, les agents qui

prétendaient travailler sous l’étiquette de

l’Etat sont venus leur proposer l’achat de

carte d’adhésion à une organisation qui

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.19

ECHOS DES PROVINCES

perdu la vie au cours de ces affrontements.

Plus de cent mille personnes avaient été

contraintes de fuir leurs domiciles pour

se réfugier au Congo Brazzaville voisin.

Un autre conflit est celui qui oppose, depuis

les années 90, les habitants du groupement

Boso-Dingo dans le secteur de

Bomboma à ceux du groupement Moliba

dans le secteur de Mowanda. Ce conflit

rebondit presque chaque année à la période

de défrichage des champs entre les deux

communautés, qui se disputent les limites

des terres.

Radiookapi.net:

s’occupe des maraîchères de la ville de

Kinshasa. Ne sachant à quel saint se vouer,

elles ont trouvé cette initiative salutaire.

« Nous avons acheté une fiche et

commencé à verser 500 fc chaque mois

comme on s’était entendu. Un homme

venait au nom de l’Etat et on lui a donné

notre contribution mensuelle pendant,

c’était pendant deux mois. Depuis, il a

disparu. C’est dommage, » se plaintelle.Les

maraîchères méritent une

attention particulière du gouvernement à

travers son ministère de l’Agriculture,

pêche et élevage. Difficile d’évaluer leur

contribution sur le marché, elles mettent

à la disposition de revendeuses pour la

plupart des produits qui aident tant soit

peu la population.Ainsi, le gouvernement

est appelé à ne pas laisser le monopole

d’assistance aux organisations non

gouvernementales oeuvrant dans ce

secteur de venir en aide aux maraîchères.

A. Mangituka


ECHOS DES PROVINCES

S

ols appauvris, maigres récoltes,

alimentation insuffisante et carencée,

les agriculteurs du Kasaï

Occidental vivent de plus en

plus mal. Sans encadrement, ni semences

sélectionnées, les producteurs sont désemparés

et continuent à brûler la forêt pour

cultiver.

"Il y a plus de 30 ans, je nourrissais mes

enfants avec les produits de mes champs,

car les récoltes étaient satisfaisantes. Au

matin, le riz et les haricots étaient consommés

comme petit déjeuner. Le foufou était

présent deux fois par jour à l'heure de

grands repas. Actuellement, les villageois

ne récoltent plus assez faute de terre fertile",

témoigne Paul Mukendi, un grand

cultivateur de la paroisse de Mikalayi, au

Kasaï. "Aujourd'hui, beaucoup d'enfants

meurent dans les villages par manque de

nourriture en quantité et de qualité convenable,

constate Mathieu Muamba, infirmier

d'un centre de santé dans la zone sanitaire

de Cikula. Le soja, les chenilles, le

haricot sont rares".

Les familles mangent du foufou aux légumes

une fois par jour. Selon lui, "la cuisson

se fait sans huile ni d'arachide ni de

palme. Les produits sont vendus à vil prix

dès les premiers jours de récolte. Les greniers

restent vides. La production a baissé

malgré la relance de certains projets d'appui".

Kasaï Oriental: La

production agricole

demeure faible

L

es tracteurs que le gouverne- "Les confessions religieuses et certaines

ment congolais a donnés à la ONGD qui ont bénéficié de ces tracteurs

province du Kasaï-Oriental en ont fait leurs propriétés privées " s'in-

n'ont pas produit les résultats digne le ministre.

attendus. Le ministre provin- Ces tracteurs ont été octroyés aux diffécial

de l'Agriculture, Pêche et Elevage, rentes provinces de la RDC en 2010 par le

Roger Tshilombo, l'a constaté lors d'une gouvernement central. Le Kasaï-Oriental

tournée d'inspection dans les différents avait bénéficié de plus d'une centaine de

territoires de la province. Il affirme que la tracteurs agricoles livrés en deux temps.

mauvaise utilisation des engins a eu un Le premier lot de plus de soixante engins

impact négatif sur la production agricole. était complet. Mais le deuxième, avait été

La hausse du prix du maïs sur le marché a livré sans accessoires. Ce manque d'acces-

été l'indicateur de la faible production soires a aussi pénalisé les agriculteurs de

agricole dans cette province. Il y a deux la province dans l'utilisation des tracteurs.

ans, avant la distribution des tracteurs, le Roger Tshilombo l'a confirmé: "certains

kilo et demi du maïs qui était vendu à 500 accusent le manque d'accessoires de cer-

Francs congolais (environ 0,60 dollars), tains tracteurs ; mais d'une façon générale,

s'élève aujourd'huis à 2 500 Francs con- on a remarqué que les gens ont manqué de

golais ( 2, 8 dollars américains) sur le suivi de notre part".

marché.

Pour booster les résultats des récoltes, le

Ce qui a poussé Roger Tshilombo à se ren- ministère provincial envisage de réaffecter

dre dans les territoires de Ngandajika, ces engins agricoles dans les contrées où

Katanda, Luilu, Lupatapata, Miabi et le besoin se fait réellement sentir.

Kabeya Kamuanga. Partout, le constat a C'est le cas des territoires de Ngandajika,

été le même.Pour le ministre, plusieurs Luputa et Miabi. Le ministre de l'agricul-

raisons seraient à la base de la faible proture du Kasaï-Oriental a affirmé que la

duction agricole. Il cite notamment le coût province s'est également résolue d'ache-

élevé exigé aux agriculteurs pour louer les ter des accessoires pour les engins qui en

tracteurs et l'appropriation de ces engins manquent.

par certaines organisations.

Radiookapi.net

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.20

Kasaï Occidental: Les agriculteurs

n’arrivent pas à se nourrir

MANQUE D'ENCADREMENT

Modeste Kalonji, un agent de développement,

se rappelle que "les paysans de 1970

cultivaient sous le contrôle des agronomes

et hommes de terrain et que les rendements

étaient bons". Les champs de la

savane, poursuit-il, réussissaient pour certaines

cultures semées sur plates-bandes

ou en sillons en enfouissant des herbes

dans le sol. C'était notre technique préférée,

confie maman Ado Milolo, une vieille

dame de 71 ans, mais "les jeunes

d'aujourd'hui se contentent de la facilité.

Ils coupent l'herbe à la surface et la brûlent.

La production paraît bonne la première

fois, mais la deuxième n'est pas évidente".

Exploiter la même terre plusieurs fois par

an est exclu. Sans encadrement, la population

se décourage. Dieudonné Ilunga,

agent de développement au secteur de

Musuasua, confirme l'absence de techniciens

agricoles aux côtés des paysans :

es agriculteurs qui conduisent

des tracteurs depuis deux ans

dans le district de l'Ituri sont

en formation depuis le samedi

21 avril pour bien utiliser ces

engins. Cette formation de dix jours vise

à leur permettre d'augmenter leur production

agricole et d'en améliorer la qualité.

En 2010, le gouvernement congolais avait

donné cinquante tracteurs aux agriculteurs

de sept districts de l'Ituri mais la plupart

des conducteurs n'étaient pas recyclés ou

formés pour conduire ces tracteurs. Ce qui

Un parking des tracteurs

"Nous nous déplaçons sur invitation, car

nos bureaux ne disposent pas de frais de

missions ni de transport. Toutefois, nous

sensibilisons les cultivateurs à utiliser le

tithonia et le mucuna comme engrais verts

et les composts comme fertilisants. Seulement,

ils y croient à peine".Pour cultiver

le maïs et le riz, les paysans continuent

à déboiser la forêt, ce qui renforce les perturbations

climatiques, mais ils n'ont pas

pour autant changé leurs dates de semis,

explique le technicien Ndamamba de la

division provinciale de l'Agriculture.

LES TRACTEURS AUX RICHES

Plusieurs ONG et programmes ont aidé

les agriculteurs depuis 2007 : Caritas

Congo, la FAO, le PRESAR… En 2008,

la population avait reçu des semences sélectionnées

et les récoltes ont été meilleures.

Ils ont commencé à utiliser des engrais

verts, des composts, de la fiente de volaille.

Certains de l'hinterland de la ville de Kananga

suivent toujours ces conseils et pro-

a eu pour conséquence une baisse de rendement

agricole et des pannes précoces des

engins.Le chef de brigade du service national

de mécanisation agricole (Senama)

affirme que beaucoup de tractoristes se

servaient des tracteurs en ignorant les instructions

d'utilisation : " Pour les uns c'est

un recyclage, pour les autres, c'est vraiment

une formation. Après cette remise à niveau,

nous attendons de chaque tractoriste

l'amélioration de ses prestations tout en

protégeant les engins ".Cette formation

est répartie en trois jours de théorie et sept

duisent mieux, mais sur de petites surfaces.

Au terme de ces projets, en 2010-2011,

la misère a refait surface, car les semences

ne sont plus distribuées et l'encadrement

a disparu. Les tracteurs et motoculteurs,

donnés par le gouvernement, sont confiés

à ceux qui ont des moyens, mais ils ne

fonctionnent pas toujours faute de techniciens.

La population se contente de petits

champs de moins d'un hectare sur un sol

épuisé. Les aliments de base, maïs et manioc,

coûtent cher et sont insuffisants.

Actuellement, en période de récolte, un

kilo de maïs coûte 1,3 $, quatre fois plus

cher qu'en 2009. M. Ngalamulume, un

ancien fonctionnaire, se souvient : "Vers

les années 1960, le travail de la terre était

obligatoire pour tout villageois, et l'État

les suivait à la loupe. Les paresseux

payaient des amendes. Garder les semences

était recommandé et un grenier était

exigé dans chaque maison sous l'œil vigilant

de l'agronome. Ces bonnes habitudes

ont passé avec le temps et la faim a élu

domicile chez nous". Syfia/LP

Ituri : Les agriculteurs en formation

pour bien conduire les tracteurs

L

jours de pratique. L'impact de cette formation

sur la production vivrière sera évalué

d'ici le mois de juin prochain, a-t-il

indiqué.Par ailleurs, il faut dire que le quatre

vingt tracteurs affectés par le gouvernement

central à la Province Orientale

n’ont pas amélioré la production agricole,

deux ans après. C’est le constat fait lors

d’un atelier d’évaluation de l’utilisation

de ces engins par le Conseil régional des

organisations non gouvernementales de

développement (CRONGD) de la Province

Orientale, le 19 juin.OKAPI


L

L’ananas export ou

ananas avion !

L’ananas haut de gamme encore appelé ananas export ou «ananas avion», est l’un de nos produits agricoles qui est de plus en plus sollicité

par les pays de l’Union Européenne, plus précisément la France et la Belgique. C’est un créneau porteur, mais ce marché est très exigeant

en ce qui concerne l’observation des normes sur les limites des résidus des pesticides.

Le PIP (Programme Initiative Pesticide) a mis sur pied en 2010 un itinéraire technique de production de ces ananas. C’est l’objet de cette

fiche technique. Pour ceux qui produisent déjà des ananas consommés localement, la production de l’ananas avion leur donne une grande

opportunité de franchir un palier important et accroître leurs revenus.

LA PRÉPARATION DU SOL

’ananas a des racines très

fragiles. La prise en compte de

cette réalité par le producteur au

moment de la préparation du

sol est une clé importante pour

la réussite.

LA PRÉPARATION DU SOL

L’ananas a des racines très fragiles. La prise

en compte de cette réalité par le producteur

au moment de la préparation du sol est une

clé importante pour la réussite.

Le système racinaire de l’ananas est

superficiel et se localise essentiellement

dans les 40 premiers centimètres du sol.

Ces racines ne peuvent donc bien croître

que dans un milieu meuble et bien aéré.

Tout obstacle à leur croissance a un effet

néfaste sur le développement de la plante.

Les excès d’eau causent également

l’asphyxie des racines. Le drainage du sol

doit donc être satisfaisant. Le choix d’un

site et sa préparation doivent tenir compte

de ces exigences.

La texture du sol que l’on peut considérer

comme optimale pour l’ananas,

correspond aux teneurs moyennes

suivantes: 60 à 70 % de sable, 10 à 20 % de

limons et 10 à 20 % d’argile. Les sols

sablo-argileux ou argilo-sableux

s’avèrent donc être les meilleurs. Les sols

argileux et lourds sont fortement

déconseillés. Les sols trop latéritiques ou

gravillonnaires ne sont guère favorables

et gênent le développement racinaire.

Ils sont favorables au développement des

symphyles, ravageurs qui occasionnent

de graves dégâts sur les racines des ananas.

L’ananas supporte les sols pauvres en

éléments minéraux si les besoins en

éléments nutritifs sont satisfaits par des

apports d’engrais.

Une bonne préparation du sol passe par la

destruction du couvert végétal

Plus que la richesse du sol, c’est son

acidité, qui doit être un facteur de sélection.

Le meilleur PH pour la culture se situe

entre 4,5 et 5,5. Il est donc important autant

que possible de faire analyser son sol avant

de se lancer dans la culture d’ananas haut

de gamme. Les risques de pourriture aux

champignons Phytophthora sont

importants sur des sols peu acides. A

l’inverse, la trop forte acidification des

sols favorise le développement des

nématodes.

Les sols sablo-argileux sont les plus

indiqués pour la culture de l’ananas avion.

La destruction du couvert végétal doit être

la plus complète possible pour éviter la

présence de résidus végétaux non

décomposés dans le sol qui gênent le

développement des racines et peuvent

abriter les parasites et maladies de

l’ananas.

Une bonne préparation du sol n’est

possible que si le couvert végétal a été

correctement détruit. La destruction du

couvert végétal peut être mécanisée à

travers l’utilisation de rotobèches ou

bèches rotatives. Ces outils permettent

d’éviter la formation de semelles de

labour et des zones de compaction du sol.

A défaut de la mécanisation, on peut aussi

préparer le sol à la main avec des dabas. Il

suffira alors de bien émietter les mottes

de terre. Pour une plantation en double

ligne, la taille du billon est d’environ 70

cm de large au sommet, 90 à 100 cm de

large à la base et de 30 cm de hauteur.

LE CHOIX ET

L’UTILISATION DU

MATÉRIEL VÉGÉTAL

La qualité des rejets (fraîcheur, poids,

homogénéité) est un des facteurs

essentiels de la réussite de la culture.

Il est indispensable de produire des

variétés appréciées à l’export. Il faut

utiliser des rejets dont le poids varie entre

400 et 500 g.

En plus de la Cayenne lisse qui est la

principale variété exportée vers l’Union

Européenne, de nouvelles variétés

hybrides de type « sweet » se distinguent

de plus en plus.

Les avantages de cette nouvelle génération

d’hybrides sont : des fruits naturellement

mieux colorés; des fruits peu acides qui

se démarquent de la Cayenne; une

robustesse dans le transport et la

conservation. A côté de ces deux variétés

adaptées au transport par bateau, la famille

des «Quenn» est également intéressante

pour se positionner sur un marché haut de

gamme. Ces fruits se colorent

naturellement et sont très parfumés. Ils

sont également très fragiles du point de

vue du transport et de la conservation.

La qualité des rejets (fraîcheur, poids,

homogénéité) est un des facteurs

essentiels de la réussite de la culture.

La qualité des rejets (fraîcheur, poids,

homogénéité) est un des facteurs

essentiels de la réussite de la culture. Pour

se placer dans de bonnes conditions, il

faut absolument assurer, pendant toute la

période de production des rejets, un bon

entretien des parcelles (apports d’engrais,

désherbage, application de pesticides) et

une récolte régulière de ces rejets.

Le poids des rejets employés varie de 300

à 600 grammes en général. Des rejets plus

légers rallongent le cycle. Des rejets trop

gros accroissent les risques de floraisons

« naturelles » (non contrôlées) à certaines

époques de l’année. Le poids optimum du

rejet à mettre en terre se situe entre 400 et

500 g.

S’assurer que les rejets sont exempts de

maladies

Selon leur taille, les rejets n’ont pas la

même vitesse de développement. Il est

donc important pour obtenir une

croissance et une récolte homogène de les

planter par groupe de taille homogène. Un

calibrage ou tri des rejets doit être réalisé

en fonction de leurs poids (classe de 100

grammes) ou de leur diamètre de base.

Le parage consiste à enlever les vieilles

feuilles courtes à la base du rejet avant la

mise en terre. Il permet de mettre à nu les

quelques racines présentes et accélère

l’émission racinaire après la mise en terre

en saison sèche.

Il est naturellement essentiel de planter

du matériel sain, c’est-à-dire exempt de

cochenilles et non atteint de wilt ou

pourriture noire à sa base. La cicatrisation

de la base par exposition au soleil suffit

habituellement à protéger le rejet de cette

pourriture noire. Un traitement régulier

des parcelles en production de rejets contre

les cochenilles permet de récolter des rejets

sains. Une fois que les rejets ont été

récoltés puis triés, éventuellement mis en

FICHE TECHNIQUE

bottes au bord de la parcelle de production,

on les transporte dès que possible vers le

carré à planter pour réaliser la plantation.

DISPOSITIF DE

PLANTATION DES REJETS

Les densités se situent être 50 à 70 000

pieds à l’hectare, proportionnellement au

degré d’ensoleillement de la zone.

Les plants sont généralement plantés en «

lignes jumelées » (deux lignes pour une «

rangée ») ou en lignes triples (trois lignes

pour une «rangée»), les plants étant

disposés en quinconce.

Il faut prévoir un espacement de 25 à 30

cm entre les plants sur la ligne et de 30 à

40 cm entre les lignes. Un espace de 15 cm

doit séparer la ligne du bord du billon. Les

densités peuvent se situer dans une

fourchette de 50 000 à 70 000 pieds par ha.

Les densités les plus fortes seront

privilégiées dans les zones bien

ensoleillées, mais nécessitent aussi

l’emploi d’une couverture de

polyéthylène et des techniques

d’irrigation. Plus la densité est élevée, plus

la sélection du matériel végétal doit être

sévère.

En effet, avec l’augmentation des

densités, les phénomènes de concurrence

s’accroissent ainsi que l’hétérogénéité des

parcelles. Les plants les moins développés

dans les mois qui suivent la plantation

peuvent alors être totalement étouffés et

ne donner que de très petits fruits.

(suite en page 22)

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P21


EN PRATIQUE

Il est préférable de réaliser un piquetage

préalable à la mise en terre des rejets afin

d’assurer une disposition régulière des

plants lors de la mise en terre

correspondante à la densité choisie.

La mise en terre du rejet est une opération

primordiale pour assurer un bon

démarrage et un développement

homogène des plants. Elle doit permettre

un bon contact du sol avec le rejet en

évitant la formation d’une paroi lisse qui

perturberait l’émission racinaire et

favoriserait l’accumulation d’eau et les

risques de pourriture. La profondeur de

plantation ne doit pas dépasser 8 à 10 cm

(en fonction de la taille du rejet) de façon

à éviter des pourritures et «l’ensablement

du coeur» des plants.

Les trous de plantation ne doivent pas être

préparés à l’avance. Les plants ne doivent

pas être «vissés» dans le sol car les

bourgeons sont alors endommagés et la

paroi du sol en contact avec le rejet est

lissée.

COMMENT CONSTRUIRE

UN PROGRAMME DE

FERTILISATION

Le potassium agit sur la texture et le

remplissage des fruits

Un engrais complet adapté à l’ananas est

une solution très satisfaisante pour réaliser

une bonne fertilisation.

Une attention particulière doit être

apportée pour fractionner les apports en

fonction des besoins de la plante et éviter

les apports au plus fort de la saison des

P

L’ananas export ou

ananas avion !

(suite de la page 21)

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.22

La conservation des oignons

lusieurs méthodes de

conservation des oignons

permettent aux producteurs de

duire les pertes financières

dues à la surabondance de cette denrée sur

les marchés. Il y a un moyen de conserver

les oignons pour mieux vendre les mois

qui suivent. (...)

Tout d’abord, il existe des principes de

base pour une conservation réussie:

utilisation dans la mesure du possible des

fertilisants organiques, arrêt de l’arrosage

ou l’irrigation au moins 15 jours avant la

récolte, car quand les feuilles sont

complètement sèches, c’est que la plante

a retiré toute la sève de la bulbe.

Pendant la récolte, éviter de blesser les

bulbes. Après la récolte, le lieu de stockage

doit être bien aéré, bien sec, à l’ombre et au

frais.

LES MÉTHODES SIMPLES

Il existe des méthodes simples de

conservation des oignons.

- On peut les étaler sur du sable dans une

case ou à l’ombre.

- Tresser les oignons par les feuilles et les

suspendre dans des vieux filets.

- Etaler les oignons sur les étagères (pas

en contact avec la terre humide).

- Stocker dans des sacs à larges mailles

(où l’air peut passer) et étaler une fois par

semaine au soleil.

pluies (perte par lessivage) et de la saison

sèche (perte par volatilisation des engrais

en particulier pour l’azote).

Lorsque d’autres formes d’engrais sont

disponibles, il est intéressant de construire

un programme de fertilisation plus

complexe.

Quoi qu’il en soit, il est important de :

- Positionner les apports azote et potasse

en jouant sur les différentes formulations

et forme d’application pour tenir compte

: de la longueur du cycle (nombre,

fréquence et quantité desapports); du

stade de croissance des plants (première

moitié de cycle ou seconde moitié de

cycle).

- Démarrer les apports à partir de la 3ème

semaine après planting. Choisir sulfate ou

La technique de stockage amélioré consiste à stocker les oignons à une température ambiante, et dans

un local ou magasin permettant une bonne ventilation naturelle.

- Contrôler régulièrement en enlevant tout

ce qui commence à pourrir avant qu’il ne

contamine les autres.

Le stockage traditionnel et ses limites

Une bonne partie de la production

d’oignon récoltée par les paysans est

chlorure de potasse en seconde partie de

cycle végétatif pour jouer sur l’acidité du

fruit. Nécessité d’un dernier apport d’azote

et de potasse entre 2 et 3 semaines avant le

TIF (traitement d’induction florale). Ne

pas réaliser d’apports après le TIF.

- Eventuellement, compléter au cours du

cycle végétatif avec des apports de sulfate

de fer, sulfate de zinc ou des formulations

plus complètes d’oligoéléments si cela

est nécessaire.

Ce programme peut être modulé en cours

de cycle en fonction du climat, de la

croissance des plants et de la longueur du

cycle en respectant le rapport de 2 à 2,5 si

le TIF est retardé de 2 semaines

In la voix du paysan

Cameroun

stockée suivant les méthodes

traditionnelles. Au Nord, les cases

d’habitation ont des formes variables

(rondes ou rectangulaires), avec une

toiture généralement faite de paille, et de

tôle pour quelques unes.

Ces cases, hermétiquement fermées, sont

munies d’une porte et souvent, d’une

petite fenêtre. Les structures de stockage

qu’utilisent les paysans sont très souvent

construites suivant le même modèle, que

celui des cases d’habitation. Très souvent,

ce sont ces cases qui sont converties en

structures de stockage.

Telles que construites, ces structures ne

favorisent pas une bonne ventilation des

bulbes. La circulation d’air est très

difficile, parce que la porte constitue la

seule ouverture . Les épaisseurs des

couches d’oignons sont très importantes

(30 à 40 cm de hauteur). Cette situation,

ajoutée au fait que les bulbes sont mal aérés,

entraîne un réchauffement du local et des

condensations locales des vapeurs d’eau,

créant ainsi des conditions favorables au

développement des microbes.

En plus, la disposition des produits rend

les opérations de triage difficiles et oblige

le paysan à marcher sur les oignons

lorsqu’il veut contrôler son stock. En

marchant sur les oignons, les enveloppes

extérieures sont endommagées et les

bulbes sont ainsi exposées aux attaques

de champignons. Dans les greniers à

oignons, l’opération de tri est encore plus

difficile à réaliser, car pour le faire, le

producteur est obligé de vider tout le

stock, et cette manipulation endommage

les oignons et les rend plus sensibles au

développement de la pourriture.

Dans ces conditions, une fois que les

bulbes attaquées ne sont pas retirées du

stock, la contamination par contact avec

des bulbes saines évolue très rapidement

et peut détruire en très peu de temps la

totalité de la production.

DES PERTES D’ENVIRON

60% AU BOUT DE 3 MOIS

Généralement, les pertes dans ces cellules

traditionnelles sont estimées à près de

60% au bout de trois (3) mois. Ainsi donc,

l’important risque de perte dissuade les

producteurs de stocker sur une longue

période, et ce malgré la perspective d’une

forte plus-value. La majorité d’entre eux

commercialise leurs produits à la récolte,

entraînant à un moment donné et sur une

courte période, une abondance des

produits sur les marchés et une chute des

prix comme c’est le cas actuellement.

Irénée Modeste Bidima

LA TECHNIQUE DE

STOCKAGE AMÉLIORÉ

Le magasin de stockage amélioré permet

de réduire la pourriture des oignons

La technique de stockage amélioré

consiste à stocker les oignons à une

température ambiante, et dans un local ou

magasin permettant une bonne

ventilation naturelle.

Il s’agit de construire quatre murs en

briques de terre avec des trous d’aération

pour permettre une bonne circulation de

l’air à l’intérieur du local. La toiture du

magasin doit être faite en paille, mais

suffisamment fermée pour que la pluie ne

puisse pas entrer à l’intérieur.

A l’intérieur du magasin, on dispose quatre

dispositifs de stockage et chacun est

constitué à son tour de quatre étagères ou

claies superposées.

Les oignons sont étalés sur ces claies de

façon à obtenir une faible épaisseur, soit

70 kg par mètre carré, environ 122 kg par

claie. Un couloir central et un passage

autour des modules de stockage

permettent d’accéder facilement aux

bulbes. Les bulbes atteints de pourriture

ou en cours de germination sont alors

retirés du lot, limitant les risques de

propagation de la pourriture (...)

In la voix du paysan Cameroun/IMB


L

Les produits agricoles du Territoire

de Luozi à destination de centres et

marchés urbains

Enquête sur les prix des cossettes de

manioc dans les marchés de Kinshasa

e prix du sac de cossette

de manioc n’est pas fixe

ou stable. Plusieurs

facteurs expliquent

cette instabilité,notamment

l’alternance des saisons, la

rotation des véhicules, la rareté ou

l’abondance de cossettes de

manioc dans les différents

marchés de Kinshasa.La

commercialisation de ce produit

agricole est fortement influencée

par un phénomène communément

appelé « manœuvres » à travers

lesquelles des femmes s’érigent

en intermédiaires entre les

producteurs agricoles ou les

commerçants et les

consommateurs, acheteurs ou les

revendeurs. Ce sont les

« mamans manœuvres ». .

Les commerçants ou producteurs

agricoles ne speuvent vendre leurs

produits seuls. Ils ne se limitent

qu’à proposer le prix de vente qui

devra être revu -sans doute àla

hausse- par les « mamans

manœuvres » qui semblent mieux

maîtriser l’état du marché. Mais

l’objectif est de faire un bénéfice

...pour la survie de leurs familles .

En outre, ces « mamans

manœuvres » sont rompus pour

retarder ou écouler à un temps

MARCHE

Matadi kibala

Matete

Kanda kanda

Lisala

Prix de Vente

DES PAYSANS

45.000fc

17.000fc

48.000fc

48.000fc

45.000fc

25.000fc

record les produits à leur charge.

Elles auraient également une

certaine capacité de nuisance.

Tenez! Au cas où les producteurs

refusaient leur assistance, elles

influencent négativement les

consommateurs ou les

revendeurs.Les producteurs sont

obligés de coopérer. Surtout en

période de l’abondance des

Prix de Vente

DES FEMMES

MANOEUVRES

56.000 à DSCT

50.000 DNP

28.000fc

56.000fc

56.000fc

56.000fc

35.000fc

cossettes de manioc sur le

marché. Elles sont capables de

clouer une cargaison aux dépôts

pour la vendre à un rythme lent

et les frais des dépôts est à la

chargé des commerçants. En

période d’abondance, les

mamans manœuvres repartissent

les produits aux revendeurs de

confiance pour vendre en détail

QUALITE

Très bonne

assez bon

Très bonne

bonne

bonne

PROVENANCE

Bas-Congo

Village

Badimbu

Kakongo

(Mayombe)

Bandundu

Bas-Congo

Village

MAWUNZI

Konzo

Kimpangu au

Bas-congo

selon un délai fixé. Cela pour

permettre un écoulement rapide

des produits à leur charge. Les

frais de la manutention et du dépôt

sont à la charge des producteurs

agricoles ou commerçants. C’est

pourquoi les producteurs sont

contraints d’accepter le service des

«mamans manœuvres» pour

diminuer le coût de dépôt et vite

GRANDEUR DU

SAC

Grand formage

(allonge)

Petit format

Grand format

Grand format

Grand format

Petit format

rentrer au village. Les femmes

manœuvres achètent les cossettes

de manioc à un prix un peu bas

aux paysans qui doivent à leurs

tour payer les différents frais de

transport, de parking et de dépôt.

THOMAS MUKOKO

ECHOS DES MARCHES

Source: Observatoire

Economique

des Marchés-Bulletin

AGRISUD

Juin 2012

ECHOS DES MARCHES

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.23


TRIMESTRIEL D’INFORMATIONS AGRICOLES, DU MONDE RURAL ET DE L’ENVIRONNEMENT- Prix: 1000 FC KIN- 1500 FC Provinces

CINQUIEME ANNEE-N°19-JUIN 2012 EDITEUR : BAUDOUIN HAMULI - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : JEAN-BAPTISTE LUBAMBA

Entrée en vigueur de la loi portant principes fondamentaux

relatifs au secteur agricole sans mesures d’application !

es membres de la Commission

de rédaction des mesures

d’application de la loi portant L principes fondamentaux

relatifs à l’agriculture ont tenu

une réunion d’évaluation, mardi 29 mai

2012 au cabinet du Conseiller juridique

du ministre de l’agriculture. Cette réunion

a été motivée par le fait qu’il n’y a pas eu

de rencontre formelle des membres pour

faire la jonction entre les membres

résidents et les non-résidents. D’où une

incompréhension entre les membres faute

d’information. Résultat: on n’arrive pas

à faire un rapport complet et à connaitre la

situation exacte dans les différentes sous-

O n

commissions. Il y a aussi le contexte actuel

avec un nouveau gouvernement et des

moyens non disponibilisés par les

partenaires. Cela exige une redéfinition

d’un certain nombre d’éléments de

stratégie et de mobilisation des fonds.

Le constat général fait est que les travaux

évoluent malgré les difficultés réelles liées

surtout à la logistique, au manque de

motivation des membres des différentes

sous commissions… Ils évoluent

lentement à cause de la divergence des

vues dans les groupes. Les options plus

légalistes et juridisme entravent à la bonne

marche des travaux.

«La Femme maraîchère

immortalisée »

se rappellera que l’humanité entière a célébré la Journée Internationale de la

Femme le 8 Mars. Le thème retenu pour cette année 2012 a été : «

L’autonomisation de la femme rurale, pilier de la lutte contre la pauvreté et

la faim». Ce thème est jugé très important puisqu’il met en exergue le travail

combien fastidieux réalisé par les femmes rurales qui concourt véritablement

dans la lutte contre la pauvreté et surtout contre la faim. En RDC, des femmes de toutes

les provinces ont célébré cette journée à leur manière à travers diverses activités, mais

sans nécessairement la présence de la véritable femme rurale qui s’occupait de son

champsignorant tout de cette journée. A Kinshasa, un artiste sculupteur de renommée

Me Alfred Liyolo a pensé à la femme maraichère qui nourrit pratiquement la ville en

l’immortalisant à travers un monument. Celui-ci a été construit dans la Commune de

Ngaba, un quartier populaire de la ville de Kinshasa à l’entrée de la route qui mène vers

un grand centre de production de légumes et autres produits agricoles, à savoir: La cité

de Kimwenza. Me Liyolo observe chaque jour des femmes avec leurs légumes sur leurs

têtes et parfois avec des enfants sur les dos en direction de différents marchés de Kinshasa.

Quelques caractéristiques de cette oeuvre, les boules qu’on retrouve sur la tête de la

statue symbolisent les plate-bandes et la cruche symbolise le manque d’eau dans la

ville de Kinshasa et ces femmes sont parfois obligées de parcourir jusqu’à 100 mètres

pour chercher de l’eau en vue d’arroser leurs champsPETRA IYELI

QUATRE SOUS-

COMMISSIONS

Les travaux en sous-commissions se

présentent de la manière suivante :

La sous-commission

décentralisation qui travaille sur les

articles 8 et 9 autour de M. Alain HUART,

bénéficie d’un certain nombre des

volontaires du ministère. Alain Huart a

déjà produit et distribué aux membres des

autres sous commissions, un draft de

projet d’arrêté.

La commission foncière (5

membres) travaille sur les articles de 12 à

17 et l’article 26. Elle devra produire deux

textes dont un sur le cadastre agricole et

un autre sur le Conseils consultatifs. Un

draft de texte sur le cadastre agricole est

déjà produit par Me FATAKI et distribué

à tous les membres. Celui sur les conseils

consultatifs, doit être produit par Me

FLAVIEN. Un atelier de mise à niveau est

prévu au courant de la semaine avant

d’entamer les travaux proprement de

discussion et de partage des drafts qui

seront alors produits.

Concernant la sous-commission

Fiscalité et financement de

l’agriculture (4 membres) 40,56 et 73,

le draft des juristes est en cours de

discussion en plénière de la souscommission.

7 des 28 articles de ce draft

ont déjà été traités. Deux aspects sont

ressortis des débats : les aspects

juridiques et les aspects techniques. Les

premiers devront être approfondis par les

juristes alors que les deuxièmes seront par

le groupe de technicien.

La sous-commission technique (5

membres) articles 29 ;30,

37,43,48,49,54,55 : est la plus surchargée

compte tenu des articles qu’elle doit traiter.

A l’allure où vont les choses, aucune souscommission

n’est prête et probablement

ne sera prête d’ici le 24 juin date d’entrée

en vigueur de la loi. Aucun partenaire n’a

honoré jusque-là ses engagements pour le

travail.

RECOMMANDATIONS

Face à cette léthargie, les membres de cette

commission ont formulé des

recommandations suivantes : Procéder à

des mini rencontres de mise à niveau pour

ceux qui n’ont pas participé au processus

d’élaboration de la loi ; Rester dans la

mesure du possible dans l’esprit du

législateur qui privilégie le caractère

innovant de la loi ; Toutes les faiblesses

de la loi pourront faire l’objet d’une

nouvelle démarche de sa révision auprès

des organes compétents ; Ayez en ligne de

mires l’idée de la réforme de la loi foncière ;

car la procédure est déjà entamée au niveau

du ministère des affaires foncières .

Ils ont aussi émis le souhait d’actionner

les démarches auprès des bailleurs des

fonds pour une libération rapide des

moyens pour éviter une rupture dans les

travaux ; Contacter le Ministre de

l’agriculture et développement rural pour

lui signifier l’impossibilité pratique de

terminer le travail avant la date fatidique

du 24 juin 2012. Ils ont aussi relevé qu’il

devient de plus en plus indispensable que

les deux membres non résidents de la

commission( Paluku Mivimba et

Malembe Simplexe Kambale) soient plus

permanent compte tenu du travail à faire

et du rôle important qu’ils sont en train de

jouer dans le cadre de la mise en relation

entre le nouveau ministre.

D’autres recommandations ont porté sur

comment réunir une documentation

complète sur le dossier et le déposer auprès

du nouveau ministre pour une vue plus

complète afin de lui permettre de

s’intégrer objectivement dans la

démarche ; Organiser urgemment une

rencontre avec des sous-groupes pour

étudier les voies et moyens de relancer les

travaux et passer l’information et relancer

tous les partenaires potentiels et annoncés

pour les appuis aux travaux de la

commission.

Etaient présents à cette réunion :

PAULIN OSIT : Chargé des CARG et

plan de développement et coordonnateur

de la commission ; ITOLE MAHEGE :

Conseiller juridique du ministre ;

PALUKU MIVIMBA : Président de la

CONAPAC et de la cellule de plaidoyer

autour de la loi agricole ; ETIENNE

BISIMWA : Secrétaire Exécutif de la

CONAPAC et secrétaire permanent de la

commission ; SIMPLEX KAMBALE

MALEMBE : Coordonnateur du Forum

des Amis de la Terre F.A.T/G rands Lacs et

membre de la cellule de plaidoyer et

membre de secrétariat permanent de la

commission.

PERSPECTIVES DU 24 JUIN

2012

C’est en principe le 24 juin 2012 que la

loi portant principes fondamentaux

relatifs au secteur agricole en RDC est

entrée en vigueur, mais sans ses mesures

d’application. En effet, la commission

mise en place depuis août 2011 pour

élaborer les mesures d’application n’a

jamais fonctionné réellement faute des

moyens.

Retrouvez ce journal sur le siteweb

www.lavoixdupaysancongolais.com

Pour les membres de cette commission,

tous les moyens promis à cette

commission aussi bien par le

gouvernement congolais que par des

bailleurs de fonds n’ont pas encore été

disponibilisés. Cette situation entraîne

comme conséquences, la démotivation des

membres de la commission qui n’ont plus

le cœur à l’ouvrage. Tous les espoirs placés

dans cette commission par des

producteurs agricoles se sont évanouis

puisque la loi est entrée en vigueur sans

ses mesures d’accompagnement. Les

travaux de cette commission n’ont connu

aucune évolution significative, au

contraire ils marquent les pas.

Les paysans producteurs auraient souhaité

que cette commission puisse produire des

mesures d’application pour que certains

articles en défaveur des paysans dans la

loi agricole puissent trouver des correctifs,

mais hélas rien n’est fait.

JBL

La Voix du

Paysan

Congolais

MENSUEL D’INFORMATIONS AGRICOLES,

DU MONDE RURAL ET

DE L’ENVIRONNEMENT

Editeur

Baudouin Hamuli

Directeur de Publication

Jean Baptiste Lubamba

Rédacteur en Chef

Emmanuel Kokolo

Comité Editorial

Baudouin Hamuli, Jean-Baptiste Lubamba,

François Cajot, Jeanine Mukanyirwa, Albert

Kabuya, Freddy Mumba, Emmanuel Kokolo,

Danny Singoma

Collaboration

Thomas Mukoko, Petra Iyeli, Alain Huart,

Hygin Mandiangu, Dina Buhake, Jean Baptiste

Musabyimana, Baende Lepetit, Raymonde

Senga, Jean Victor Ngeleka

Administration et Finances

Justin Kangwenyenye

Distribution

Thomas Mukoko

Chrispin Assimbo

Impression

IPC Services

Kinshasa

1150 avenue Tabora. C/Barumbu- Tél 0998311821- 0821446508- 0997653390. B.P 14582 kin 1.Fax:001-775-402-7683.e-mail:lavoixdu paysan_rdc@yahoo.fr./www.lavoixdupaysancongolais.com

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