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Les paysans révendiquent leur participation - La voix du paysan ...

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LA VOIX DU PAYSAN<br />

CONGOLAIS<br />

www.la<strong>voix</strong><strong>du</strong><strong>paysan</strong>congolais.com<br />

TRIMESTRIEL D’INFORMATIONS AGRICOLES, DU MONDE RURAL ET DE L’ENVIRONNEMENT- Prix: 1500 FC KIN- 2000 FC Provinces<br />

CINQUIEME ANNEE-N°19 JUIN 2012- EDITEUR : BAUDOUIN HAMULI - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : JEAN-BAPTISTE LUBAMBA<br />

Fonds de Promotion de l’Agriculture<br />

<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

<strong>révendiquent</strong><br />

<strong>leur</strong> <strong>participation</strong><br />

FICHE TECHNIQUE<br />

L’ananas export ou<br />

ananas avion !<br />

ACTUALITES<br />

IIème<br />

Edition de<br />

la Foire<br />

agricole<br />

de Kimpese<br />

ACTUALITES<br />

Activités et<br />

réalisations<br />

de la FAO en<br />

RDC<br />

PROVINCES<br />

Etre<br />

maraîchère<br />

à Kinshasa<br />

Tenue de la première série d’ateliers sur le<br />

projet «Synergie et complémentarité»<br />

1150 avenue Tabora. C/Barumbu- Tél 0998311821- 0821446508- 0997653390. B.P 14582 kin 1.Fax:001-775-402-7683.e-mail:la<strong>voix</strong><strong>du</strong> <strong>paysan</strong>_rdc@yahoo.fr./www.la<strong>voix</strong><strong>du</strong><strong>paysan</strong>congolais.com


L<br />

ACTUALITES<br />

Editorial<br />

Par Baudouin Hamuli<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.02<br />

Le Ministre Jean Chrysostome Vahamwiti<br />

et la CONAPAC se sont accordés sur la<br />

promotion de l’agriculture en RDC<br />

e nouveau Ministre de<br />

l’Agriculture et <strong>du</strong><br />

Développement Rural, Jean L Chrysostome Vahamwiti a<br />

accordé une audience, vendredi<br />

25 Mai 2012 à une délégation<br />

des <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, con<strong>du</strong>ite par Paluku<br />

Mivimba, président de la Confédération<br />

Nationale des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> <strong>du</strong> Congo,<br />

CONAPAC. C’est un Ministre de<br />

l’Agriculture tout souriant qui a bravé le<br />

protocole en venant chercher lui-même ses<br />

hôtes <strong><strong>paysan</strong>s</strong> dans la salle d’attente pour<br />

les amener dans son bureau . Le président<br />

Paluku de la CONAPAC n’a pas caché sa<br />

joie et a profité de l’occasion pour féliciter<br />

le Chef de l’Etat d’avoir pensé à placer à la<br />

tête de ce ministère un acteur de<br />

développement issu <strong>du</strong> monde <strong>paysan</strong>.<br />

Certaines personnes l’appellent :<br />

« Ministre <strong>paysan</strong> ». Dans les<br />

discussions, les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> ont fait part au<br />

Ministre de <strong>leur</strong> souci de promouvoir<br />

réellement l’agriculture en RDC tout en<br />

souhaitant que, lors de prochains débats<br />

24 juin 2012 : <strong>La</strong> loi agricole<br />

et le poisson<br />

a date <strong>du</strong> 24 Juin est réellement une date symbolique et<br />

historique pour l’Agriculture en RDC. C’est en cette date<br />

qu’est célébrée la journée <strong>du</strong> poisson. Cette fête a été<br />

organisée cette fois dans la ville portuaire de Moanda<br />

dans la province <strong>du</strong> Bas Congo. Cette année encore, en<br />

plus <strong>du</strong> couvert festif de cette journée, une incise historique va<br />

être accolée à cette date. En effet, c’est le 24 juin 2012 que la loi<br />

portant principes fondamentaux <strong>du</strong> secteur agricole est entrée<br />

officiellement en vigueur.<br />

Pour rappel, cette loi a été promulguée le 23 décembre 2011<br />

après un long marathon parlementaire qui a pratiquement<br />

accaparé le monde <strong>paysan</strong> pendant plus de deux ans. Cette loi<br />

devient ainsi effective mais son applicabilité pose encore des<br />

problèmes. Des problèmes qui sont de réels défis.<br />

Le premier défi est sans doute celui de sa vulgarisation. Il sera<br />

bon que les petits <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pauvres des campagnes per<strong>du</strong>es<br />

soient informés de l’existence d’une loi qui organise le secteur<br />

agricole. Et qu’ils peuvent également accéder à certaines<br />

facilités selon les prévisions <strong>du</strong> législateur.<br />

Un autre défi est celui de rendre public les mesures d’application<br />

devant accompagner la loi agricole. Par rapport à ce défi, la<br />

Confédération nationale des Agriculteurs et pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles <strong>du</strong> Congo – CONAPAC- a constitué des commissions<br />

qui travaillent sur les propositions des mesures<br />

d’accompagnement de cette loi, notamment les commissions<br />

décentralisation (art. 8 et 9) , questions foncières(art.12 à 17 et<br />

27) , Fiscalité et Financement(art.40,56 et 73) ,et la commission<br />

technique ( art. 29,30,37, 43, 48, 49, 54, 55). Le travail de la<br />

CONAPAC est appelé à proposer les coordonnées essentielles<br />

de cette loi afin qu’elle devienne complète. Le troisième défi<br />

reste l’application effective par tous de cette loi agricole.<br />

Tout compte fait, la mise en vigueur de la Loi portant principes<br />

fondamentaux <strong>du</strong> secteur agricole, reste un signal fort pour faire<br />

de l’agriculture un secteur véritablement assaini.<br />

budgétaires au Parlement, la part à allouer<br />

à l’Agriculture soit de 10 % comme le<br />

demande le Protocole de Maputo.<br />

L’agriculture contribue au PIB national à<br />

la hauteur de 36 % au budget annuel de<br />

l’Etat. Malheureusement, ce secteur,<br />

déclaré pourtant priorité des priorités ,<br />

bénéficie chaque année des allocations qui<br />

ne dépassent pas 2%. Comme si « l’on<br />

veut traire une vache qu’on refuse de<br />

nourrir », déclarent les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pour qui<br />

L<br />

a Relance des activités de la<br />

ferme pilote de l’ex-DAIPN<br />

( N’sele) est une priorité <strong>du</strong><br />

Ministre de l’agriculture. Il<br />

faudrait d’abord faire un état<br />

des lieux de la ferme.<br />

<strong>La</strong> préparation et lancement de la<br />

campagne agricole 2012-2013 pour la<br />

partie de l’hémisphère Sud de la RDC est<br />

aussi une priorité. Il est question de relancer<br />

les cultures vivrières de base en mettant<br />

des outils de travail, des semences et des<br />

moyens financiers à la dispositions des<br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles:<br />

Manioc : Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>, Bas Congo, Nord<br />

Kivu et province orientale :30 parcs en<br />

bois de 1 500 ha ;<br />

Maïs : Kasaï Occidental, Kasaï Oriental<br />

et Katanga : 840 ha pour une pro<strong>du</strong>ction<br />

de 900 tonnes ;<br />

Riz : Maniema, Equateur et Province<br />

Orientale et Katanga :840 pour une<br />

pro<strong>du</strong>ction de 2 000 tonnes ;<br />

Haricot : Nord-Kivu, Sud Kivu et Bas<br />

Congo : 1 500 ha pour une pro<strong>du</strong>ction de<br />

970 Tonnes ;<br />

Pomme de terre : Nord Kivu,<br />

Province Orientale ( Ituri), Bas Congo :<br />

80 Ha pour une pro<strong>du</strong>ction de 2000 tonnes.<br />

Maraîchage : Hiterland de Kinshasa,<br />

Bas Congo et Nord Kivu : 1 000 Ha ;<br />

Jean-Baptiste Lubamba<br />

il faut donner des moyens au ministère de<br />

l’agriculture si l’on veut avoir de bons<br />

résultats.<br />

<strong>Les</strong> échanges entre les <strong>paysan</strong> et le<br />

Ministre étaient essentiellement axés<br />

autour des points suivants : l’opération<br />

tracteur, le renforcement des Cargs,<br />

l’évolution de la CONAPAC, la loi<br />

Le ministre del’Agriculture Jean Chrysostome Vahamwiti<br />

agricole, la campagne agricole, les<br />

plantations abandonnées, le financement<br />

de l’agriculture, la recherche agricole, la<br />

<strong>La</strong> feuille de route de 100 jours <strong>du</strong> Ministre<br />

de l’Agriculture<br />

Organisation de la campagne de<br />

vaccination de grande envergure contre la<br />

peste des petits ruminants dans les<br />

provinces ou cette maladie apparaît pour<br />

la première fois et avec une très forte<br />

virulence ( Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>, Equateur et Bas<br />

Congo) et contre la fièvre Aphteuse( FA),<br />

la péripneumonie contagieuse des<br />

bovidés ( PPCB) à l’Est <strong>du</strong> pays ( Ituri,<br />

Nord et Sud Kivu). Il s’agit d’évaluer des<br />

effectifs à vacciner ; acquérir des vaccins<br />

et organiser la campagne de vaccination.<br />

Renforcer les capacités des pêcheurs par<br />

l’acquisition des intrants de pêche pour<br />

les organisations professionnelles<br />

structurées sur base de contrats<br />

programme à signer ( avec des clauses et<br />

objectifs bien définis). Il s’agit d’acquérir<br />

des intrants de la pêche (nappes de filets,<br />

bobines de nylon, hameçons, ralingues,<br />

flotteurs, balances, lampes coleman,<br />

couteaux de pêches, bassins ) et <strong>du</strong><br />

matériels ( moteurs hors bord, pîrogues<br />

améliorées, sels iodés, etc…) pour les<br />

sites de Nsiamfumu et Kimwabi ( Bas<br />

Congo), pool Malebo ( Kinshasa), Inongo,<br />

Nyoki et Kutu ( Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>), Bumba,<br />

Mbandaka et Bikoro ( Equateur),<br />

Kisangani, Kasenyi et Tshoma (Province<br />

orientale), Vitshumbi et Kyavinyonge (<br />

Nord kivu), Bukavu et Uvira ( Sud kivu),<br />

relance des cultures d’exportation, la<br />

sécurité foncière. <strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> ont donné<br />

<strong>leur</strong>s points de vue qui ont été pris en<br />

compte par le Ministre dans sa nouvelle<br />

politique agricole en élaboration.<br />

Concernant les tracteurs, 2150 tracteurs<br />

sont prévus, mais 1600 sont déjà<br />

distribués et 500 seront réceptionnés.<br />

L’utilisation de ces engins posent<br />

problèmes,notamment ceux liés au<br />

manque des tractoristes et de matériels de<br />

rechange, le relief. Pour les <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, il<br />

faudrait réévaluer cette opération en<br />

identifiant clairement les problèmes avant<br />

de les déployer de nouveau. Il faudrait<br />

identifier les pools de développement de<br />

la mécanisation agricole et assurer la<br />

formation des tractoristes. Pour Malembe<br />

Simplexe <strong>du</strong> FAT, il faudrait aussi<br />

associer la petite mécanisation.<br />

<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> ont aussi demandé au<br />

Ministre d’officialiser la campagne<br />

agricole dont la dernière expérience en<br />

RDC remonte en 1990. Pour ce faire, Il<br />

faudrait responsabiliser les gouverneurs<br />

de provinces et appeler tous les partenaires<br />

à travers des conférences provinciales<br />

agricoles spéciales en vue de préparer la<br />

campagne agricole qui doit se tenir en juin<br />

2012.<br />

Concernant l’article 16 de la Loi agricole<br />

qui divise les grands pro<strong>du</strong>cteurs et les<br />

petits pro<strong>du</strong>cteurs, le Ministre a souligné<br />

que le gouvernement ne refuse pas les gros<br />

pro<strong>du</strong>cteurs comme il ne peut pas refuser<br />

les petits pro<strong>du</strong>cteurs, mais l’enjeu c’est<br />

de faire en sorte que les grands et petits<br />

pro<strong>du</strong>cteurs cohabitent<br />

Kalemie, Moba,Kashobwe, Pweto,<br />

Dépression de Kamalondo(Katanga)<br />

Relancer la pisciculture par la<br />

réhabilitation de 3 centres d’alevinage<br />

principaux à Kisangani dans la province<br />

Orientale, Kasangulu ouest dans la<br />

province <strong>du</strong> Bas Congo et Ngandajika Sud<br />

dans la province <strong>du</strong> Kasaï Oriental pour la<br />

pisciculture dans les trois provinces avec<br />

ramifications possible pour les autres<br />

provinces. Le coût est d’environ 350 000<br />

Usd. Il s’agit de réhabiliter des étangs<br />

d’alevinage avec les bâtiments de centres<br />

et infrastructures connexes aux élevages<br />

associés à la pisciculture ; Equipement de<br />

centres en matériels d’exploitation et de<br />

terrassement ; Renforcement des<br />

capacités <strong>du</strong> personnel existant ou à<br />

affecter.<br />

Poursuivre les travaux d’entretien des<br />

pistes rurales d’un linéaire de 2 240 kms<br />

sur l’ensemble <strong>du</strong> pays et la réhabilitation<br />

d’un linéaire de 168 Km des pistes rurales<br />

avec le concours des partenaires<br />

techniques et financiers.<br />

-Poursuivre les travaux de forages : onze<br />

puits avec pompes immergées et 124 puits<br />

avec pompes manuelles sur l’ensemble <strong>du</strong><br />

pays.<br />

Le financement agricole est aussi le cheval<br />

de bataille de Vahamwiti.


<strong>Les</strong> ateliers d’Agri Congo<br />

renforcent les leaders <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

Au total, 26 ateliers destinés aux leaders d’organisations <strong>paysan</strong>nes devront être organisés<br />

en 2012 et 2013 dans le cadre <strong>du</strong> projet «Synergie et complementarité» initié par<br />

l’Alliance AgriCongo; une coalition de huit ONGs belges qui travaillent pour le<br />

renforcement de l’agriculture familiale au Congo. Ces ateliers permettront aux<br />

représentants d’organisations <strong>paysan</strong>nes de dialoguer sur quatre thèmes qu’ils ont<br />

identifiés comme prioritaires pour le développement de l’agriculture familiale <strong>du</strong> Congo.<br />

<strong>La</strong> session préparatoire aux ateliers a eu lieu <strong>du</strong> 4 au 6 avril 2012 à Kinshasa et a pu<br />

rassemblé près de 60 leaders <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais, des journalistes, des coopérants ainsi<br />

que des représentants de l’Alliance AgriCongo. Le premier atelier consacré à la loi agricole<br />

s’est tenu <strong>du</strong> 8 au 10 mai 2012 dans la province <strong>du</strong> Bas-Congo. L’urgence s’impose donc<br />

pour les mouvements <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de pouvoir influencer la commission chargée dans les<br />

prochains mois de la rédaction des mesures d’application de la loi portant principes<br />

fondamentauix relatifs à l’agriculture. D’autres thèmes sont également abordés lors de<br />

ces ateliers notamment les infrastructures rurales, l’accès aux microcrédits et<br />

L<br />

l’accaparement des terres. L’insécurité juridique au Congo favorise en effet ce<br />

phénomène et les agriculteurs familiaux se voient spoliés de <strong>leur</strong>s terres au<br />

bénéfice de grands propriétaires ou multinationales de l’agrobusiness. « <strong>Les</strong><br />

défis les plus importants pour l’agriculture familiale ont déjà été abordés lors<br />

de la première réunion nationale des leaders <strong><strong>paysan</strong>s</strong> en 2010. <strong>Les</strong> ateliers vont<br />

être une opportunité pour discuter de ces thèmes au niveau régional », déclare<br />

Paluku Mivimba, président de la jeune Confédération Nationale des Pro<strong>du</strong>cteurs<br />

Agricoles <strong>du</strong> Congo (Conapac), qui se veut défendre les intérêts des agriculteurs<br />

familiaux. « Depuis trois ans nous avons investi dans le rassemblement des<br />

leaders <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais. C’est la raison pour laquelle ces ateliers constituent<br />

un moment charnière », selon Lode Delbare, directeur général de Trias, l’ONG<br />

belge qui coordonne l’organisation des réunions. « Ce projet représente un<br />

premier pas qui devrait permettre aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong> défavorisés <strong>du</strong> Congo en travaillant<br />

ensemble d’en faire bien d’autres»<br />

Matadi : Urgence d’influencer les mesures<br />

d’application de la loi agricole<br />

e premier atelier d’échange,<br />

d’analyse et de planification de<br />

plaidoyer, s’est tenu <strong>du</strong> 7 au 9<br />

Mai dans la ville de Matadi au<br />

complexe hôtelier<br />

FORMOZA. Cet atelier, qui s’est tenu<br />

après le lancement officiel <strong>du</strong> projet «<br />

Synergie et complémentarité », ouvre la<br />

première série d’ateliers axés sur les quatre<br />

thèmes qui ont été retenus au carrefour<br />

<strong>paysan</strong> à savoir : <strong>La</strong> loi portant principes<br />

fondamentaux relatifs à l’agriculture en<br />

RDC ; Le financement de l’agriculture ;<br />

<strong>Les</strong> infrastructures rurales ; <strong>La</strong> sécurité<br />

foncière.<br />

L’atelier de Matadi avait comme objectif<br />

global d’ encourager la <strong>participation</strong><br />

<strong>paysan</strong>ne à la définition des politiques<br />

agricoles et au suivi de <strong>leur</strong> mise en œuvre<br />

à travers le renforcement <strong>du</strong> mouvement<br />

<strong>paysan</strong> ». Pour y parvenir, cette rencontre<br />

devait amener les participants à<br />

s’approprier de la loi agricole<br />

(Appropriation à travers une analyse<br />

approfondie de la Loi agricole au regard<br />

des intérêts <strong>du</strong> Mouvement Paysan<br />

Congolais et de dégager à partir de<br />

l’analyse de cette loi les actions<br />

prioritaires pour le plaidoyer et de<br />

stratégies de <strong>leur</strong> mise en œuvre. Aussi,<br />

l’atelier devait susciter au sein des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes l’intérêt d’être<br />

ensemble pour mener les actions de<br />

plaidoyer au profit <strong>du</strong> mouvement <strong>paysan</strong><br />

(Consolidation <strong>du</strong> Mouvement <strong>paysan</strong> au<br />

niveau provincial).<br />

Plusieurs délégués ont participés à cet<br />

atelier parmi lesquels les membres des<br />

Unions des pro<strong>du</strong>cteurs agricoles<br />

provenant de dix territoires de la province<br />

<strong>du</strong> Bas Congo et de la ville de Boma et de<br />

Matadi ; le Représentant de l’Assemblée<br />

provinciale <strong>du</strong> Bas Congo ;le<br />

Représentant <strong>du</strong> CARG ; les chefs de<br />

division de l’administration<br />

Photo de famille des participants à l’atelier de Matadi<br />

provinciale ;les conseillers des ministres<br />

de l’environnement, de l’agriculture ; les<br />

membres <strong>du</strong> Comité méthodologique ;les<br />

Représentants des ONG Belges actives<br />

dans la zone ;les membres de<br />

l’Association des journalistes <strong>du</strong> Congo<br />

(AJAC).<br />

A l’ouverture, le lundi 07 mai 2012, le<br />

premier facilitateur, Mme Alida a expliqué<br />

aux participants le but de cette rencontre<br />

en insistant qu’il ne s’agit pas d’une<br />

Vues de participants à l’atelier de Matadi lors des travaux en groupes<br />

formation mais d’un atelier qui rassemble<br />

les <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, un atelier d’échange et<br />

d’analyse où les gens sont venus de toutes<br />

parts pour échanger.<br />

Un des temps forts de cet atelier a été sans<br />

doute le mot <strong>du</strong> partenaire et Représentant<br />

de SOSFAIM qui a tenu à signifier qu’il<br />

y a une autre forme de pauvreté qui se<br />

tra<strong>du</strong>it par le fait que les populations ne<br />

savent pas participer aux systèmes de<br />

gestion et de décision à divers niveaux :<br />

ACTUALITES<br />

local et national. Ainsi, plusieurs acteurs<br />

dont SOSFAIM et son partenaire le<br />

Cenadep ont jugé essentiel depuis<br />

quelques années d’accompagner les<br />

populations pro<strong>du</strong>ctrices rurales et semi<br />

–urbaines regroupées dans des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes primaires vers<br />

des structures secondaires et tertiaires<br />

capables de négocier, de défendre <strong>leur</strong>s<br />

intérêts et de participer à des prises de<br />

décisions locales, nationales et<br />

internationales. Dans le Bas-Congo, cette<br />

action a abouti en 2010 à la mise en place<br />

d’une structure provinciale dénommée «<br />

Forces Paysannes <strong>du</strong> Kongo Central»,<br />

FOPAKO, en sigle.<br />

Pour le représentant de SOS FAIM,<br />

l’atelier de Matadi était une superbe<br />

occasion pour les participants de se<br />

connaître les uns et les autres au regard de<br />

<strong>leur</strong>s OP, <strong>leur</strong>s Unions et milieux de<br />

provenance et d’ analyser et comprendre<br />

les points clés de la loi agricole en relevant<br />

<strong>leur</strong>s craintes et attentes vis–à–vis de la<br />

loi sur l’agriculture. C’est aussi une<br />

occasion de formuler des<br />

recommandations à tenir en compte dans<br />

la rédaction des mesures d’application; Il<br />

a fini par souhaiter aux participants la<br />

bienvenue au nom de l’alliance<br />

Agricongo, de SOSFAIM et <strong>du</strong> Cenadep.<br />

(suite en page 4)<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.03


ACTUALITES<br />

(suite de la page 3)<br />

Pour sa part, le président PALUKU<br />

MIVIMBA de la CONAPAC, s’est<br />

estimé heureux d’accueillir les<br />

participants dans ce beau cadre et a<br />

remercié tous les participants pour <strong>leur</strong><br />

disponibilité. Il a présenté la vision et la<br />

mission la CONAPAC qui se résument<br />

en ces termes : « Un monde <strong>paysan</strong><br />

solidaire, professionnel et prospère ». Sa<br />

mission est de représenter et défendre tant<br />

au niveau national qu’international les<br />

intérêts des pro<strong>du</strong>cteurs agricoles<br />

congolais pour <strong>leur</strong> permettre de<br />

participer activement à la vie de la société<br />

et de s’y épanouir. Il a relevé que c’est le<br />

début d’une série d’ateliers sur les 4 thèmes<br />

retenus lors de carrefour <strong>paysan</strong>.<br />

Ces ateliers devront aboutir à la mise en<br />

place d’un plan de plaidoyer et le<br />

renforcement de la structuration <strong>du</strong><br />

mouvement <strong>paysan</strong>.<br />

Aussi, il sera question au cours de cet<br />

atelier d’analyser les point qui offrent les<br />

avantages aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong> et ceux qui les<br />

défavorisent, les contraintes et comment<br />

les contenir en vue de dégager quelques<br />

recommandations. Il a tra<strong>du</strong>it le besoin<br />

majeur des pro<strong>du</strong>cteurs agricoles<br />

congolais qui est celui de faire entendre<br />

<strong>leur</strong> point de vue sur le développement<br />

agricole en RD Congo, ainsi que le désir<br />

de se retrouver dans une structure<br />

<strong>paysan</strong>ne nationale en vue de mieux<br />

défendre <strong>leur</strong>s intérêts auprès des<br />

autorités publiques et des autres acteurs<br />

socioprofessionnels.<br />

L’on a également enregistré le mot <strong>du</strong><br />

Coordonnateur de projet Agricongo, M.<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.04<br />

L’atelier de Kwango s’approprie la loi agricole<br />

P<br />

lusieurs dizaines de <strong><strong>paysan</strong>s</strong>,<br />

venus de tous les coins <strong>du</strong><br />

district de Kwango dans la<br />

province <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>, se<br />

sont réunis <strong>du</strong> 21 au 23 Mai<br />

2012 à la cité de Kenge, <strong>leur</strong> chef-lieu,<br />

dans le cadre d’un grand atelier d’analyse,<br />

d’échange et de planification de plaidoyer<br />

sur la Loi portant principes fondamentaux<br />

relatifs à l’agriculture en RD Congo<br />

(promulguée en décembre dernier par le<br />

Chef de l’Etat). Ces leaders des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes de Kwango ont<br />

aussi mis à profit cette occasion pour<br />

consolider le mouvement <strong>paysan</strong> dans <strong>leur</strong><br />

province.<br />

Ainsi, l’objectif principal de cet atelier est<br />

donc d’encourager la <strong>participation</strong><br />

<strong>paysan</strong>ne à la définition et au suivi de la<br />

mise en œuvre des politiques agricoles à<br />

travers le renforcement <strong>du</strong> mouvement<br />

<strong>paysan</strong>. A côté de celui-ci, les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> ont<br />

travaillé pour 3 objectifs spécifiques<br />

retenus par les organisateurs. Notamment,<br />

l’appropriation (analyse approfondie) de<br />

la Loi agricole au regard des intérêts <strong>du</strong><br />

mouvement <strong>paysan</strong> ; la proposition des<br />

actions prioritaires de plaidoyer et<br />

stratégies de <strong>leur</strong> mise en œuvre ainsi que<br />

Freddy MUYALA, qui a axé son<br />

allocution sur la présentation <strong>du</strong> projet<br />

Agricongo. Avant de commencer son<br />

propos,le représentant <strong>du</strong> Gouverneur de<br />

la province <strong>du</strong> Bas Congo, en l’occurrence<br />

le Ministre de l’Intérieur faisant l’intérim<br />

<strong>du</strong> Ministre de l’Agriculture, a d’abord<br />

réchauffé la salle en entonnant une<br />

chanson, a souligné qu’on ne peut pas<br />

atteindre le bien-être social sans penser à<br />

l’agriculture ; raison pour laquelle le<br />

Président de la République Démocratique<br />

<strong>du</strong> Congo s’investit de manière<br />

significative pour développer<br />

l’agriculture. Au delà de matériels, il faut<br />

révolutionner les pratiques sans toutefois<br />

oublier une bonne organisation des<br />

acteurs <strong>du</strong> secteur et reste convaincu que<br />

cet atelier prendra en compte toutes ces<br />

préoccupations. Il a encouragé les<br />

participants à saisir l’opportunité qu’offre<br />

ce projet qui permet de cet espace de<br />

réflexion. <strong>La</strong> province réaffirme sa volonté<br />

d’appuyer la déclaration de Maputo. Elle<br />

s’engage à soutenir le renforcement de la<br />

FOPAKO. Pour terminer, il a tenu à<br />

remercier les organisateurs de l’atelier et<br />

les Responsables de ce projet pour avoir<br />

porté le choix sur le Bas Congo pour le<br />

démarrage de cette série d’ateliers.<br />

<strong>Les</strong> échanges proprement dits ont eu lieu<br />

dans des groupes de travail. En effet, cinq<br />

groupes de travail ont été constitués et<br />

chaque groupe était appelé à traiter un<br />

thème autour de la loi agricole.<br />

Le Groupe 1 MBENGA a réfléchi sur les<br />

articles 6 à 9 ayant trait au cadre<br />

institutionnel ; le Groupe 2 VILLAGE<br />

INGA a travaillé sur l’exploitation<br />

la consolidation <strong>du</strong> mouvement <strong>paysan</strong><br />

au niveau provincial.Il faudrait signaler<br />

que le choix de la cité de Kenge(située à<br />

près de 277 kilomètres de Kinshasa sur la<br />

route nationale n°1) a été fait tout<br />

simplement pour des raisons<br />

d’accessibilité. Ces assises accueillent des<br />

agricole (cfr. 10 à13) ; le Groupe 3 :<br />

KIVUMBI KA MBANA a échangé sur les<br />

articles 14 à 15 toujours en relation avec<br />

l’exploitation agricole ; le Groupe 4 :<br />

KWILU NGONGO a échangé sur<br />

l’acquisition des terres (cfr articles 17 à<br />

21) ; le Groupe 5 POPOKABAKA a<br />

travaillé sur l’acquisition des terres<br />

agricoles et précisément de la cession des<br />

droits à l’article 22 ; le groupe 6<br />

KAKONGO a travaillé sur les articles 26<br />

et 27 en rapport avec les conflits fonciers<br />

et enfin le Groupe 7 VILLAGE<br />

KINDOMPOLO a travaillé sur les<br />

articles 56 à 61 portant sur le financement<br />

agricole.<br />

Et après ces échanges, les<br />

recommandations suivantes ont été<br />

formulées :<br />

-<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> au niveau national doivent<br />

faire un plaidoyer pour l’effectivité de ce<br />

fonds<br />

-L’article 56, l’Etat Congolais a mis à la<br />

disposition des agriculteurs un fonds pour<br />

la promotion de l’agriculture<br />

-L’existence légale dont question à l’art<br />

61 doit se faire à quel niveau?<br />

-Aux articles 58 et 59, pourquoi le<br />

gouvernement ne peut pas créer une<br />

banque agricole de proximité<br />

-<strong>Les</strong> avantages de ces dispositions de la<br />

loi est qu’à partir de ce fonds le <strong>paysan</strong><br />

peut accroitre sa pro<strong>du</strong>ction ; accroitre son<br />

revenu et accroitre son niveau de vie.<br />

Le souhait reste cependant de clarifier les<br />

procé<strong>du</strong>res qui seront appliquées pour<br />

l’obtention <strong>du</strong> crédit.<br />

Emmanuel KOKOLO<br />

Caritas international Belgique qui a<br />

assuré le lea organisationnel de cet atelier<br />

abrité dans la salle polyvalente Joseph<br />

Guffens <strong>du</strong> Collège Saint Jean-Bosco de<br />

Kenge.<br />

A l’ouverture des travaux, le président de<br />

la Fédération des organisations <strong>paysan</strong>nes<br />

Quelques photos des participants lors de l’atelier de Kenge<br />

participants venus de tous les secteurs <strong>du</strong><br />

district de Kwango répartis en 5<br />

principaux axes. Notamment de Kenge<br />

(tous les 5 secteurs), de Popokabaka (tous<br />

les 3 secteurs), de Kasongo-Lunda, de<br />

Kahemba et de Feshi. Et c’est l’Ong<br />

<strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> (FOPABAND), M. Jacques<br />

Mitiniqui est en même temps le répondant<br />

de la Confédération nationale des<br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles <strong>du</strong> Congo<br />

(CONAPAC) dans cette province, a dans<br />

son mot de bienvenu, indiqué que le<br />

Matadi : Urgence d’influencer les mesures<br />

d’application de la loi agricole<br />

<strong>paysan</strong> pro<strong>du</strong>cteur agricole doit prendre<br />

conscience, comprendre ce qu’il doit faire.<br />

<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> ont aujourd’hui <strong>leur</strong> Loi tant<br />

atten<strong>du</strong>e. « Nous devons prendre cette Loi<br />

comme les chrétiens protègent la Bible…<br />

Cette loi ne doit pas rester ici au<br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> une lettre morte… nous devons<br />

remercier le Président de la République<br />

pour la promulgation de cette Loi. Nous<br />

voulons nous reconstituer sur une<br />

nouvelle base, vers un nouveau départ qui<br />

s’appelle le « Mouvement <strong>paysan</strong> », s’estil<br />

adressé aux participants.<br />

Son collègue représentant de la<br />

CONAPAC au Sud-Kivu, M. Sami<br />

Olame dans son speech a fait savoir aux<br />

participants que cette Loi agricole<br />

promulguée en décembre 2011 doit-être<br />

comprise par tous les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de la RDC<br />

et pro<strong>du</strong>ire des résultats tant atten<strong>du</strong>s.<br />

Quant à Mme Espérance Nzuzi <strong>du</strong> Bas-<br />

Congo, elle a demandé aux femmes<br />

<strong>paysan</strong>nes <strong>du</strong> Kwango de s’approprier<br />

cette Loi agricole surtout par rapport au<br />

respect de l’aspect genre. Elle a exhaussé<br />

les femmes de poser la question de savoir<br />

où est votre place dans cette Loi agricole<br />

? Dans la suite des travaux proprement<br />

(suite en page 5)


Equateur : <strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> veulent participer<br />

au Conseil consultatif provincial<br />

es organisations <strong>paysan</strong>nes de<br />

la province de l’Equateur ont L pris la résolution de tout<br />

mettre en œuvre pour<br />

participer à hauteur de 70 %<br />

au Conseil consultatif provincial (dont<br />

30 % de femmes) qui sera mis en place<br />

conformément à la loi agricole qui est<br />

entré en vigueur en juin 2012. Elles ont<br />

fait cette recommandation lors de l’atelier<br />

d’analyse, d’échanges et de planification<br />

de plaidoyer sur la loi agricole de la RDC<br />

organisé à Iyonda <strong>du</strong> 04 au 06 juin 2012<br />

au centre Motema Moko, 15kms de<br />

Mbandaka dans la province de l’Equateur.<br />

C’est le Ministre provincial de<br />

l’Agriculture et Développement rural de<br />

la province de l’Equateur, Jean Faustin<br />

Mokoma qui a ouvert et clôturé les<br />

travaux de cet atelier. Le Ministre a relevé<br />

le paradoxe de la RDC: un pays aux<br />

énormes potentialités agricoles mais qui<br />

continue d’importer les pro<strong>du</strong>its<br />

alimentaires. Ce paradoxe est dû à une<br />

mauvaise politique agricole menée<br />

depuis de décennies. Heureusement! ce<br />

vide juridique vient d’être comblé avec la<br />

promulgation de la Loi portant principes<br />

fondamentaux <strong>du</strong> secteur agricole. Pour<br />

le Ministre, cette loi donne de grandes<br />

orientations en ce qui concerne la<br />

promotion de l’agriculture en RDC. Cette<br />

loi doit etre vulgarisée et doit<br />

nécessairement combler certaines<br />

lacunes dans les mesures d’application.<br />

Pendant trois jours, une soixantaine de<br />

délégués venus de 12 territoires sur 13 que<br />

composent la province ont pris part aux<br />

travaux. Pour les <strong><strong>paysan</strong>s</strong>,tous les<br />

problèmes auxquels ils sont confrontés<br />

notamment l’insécurité foncière, le<br />

manque d’intrants et des moyens<br />

financiers peuvent trouvent <strong>leur</strong>s<br />

solutions dans le cadre <strong>du</strong> Conseil<br />

Consultatif provincial qui est en fait un<br />

organe multi- acteurs <strong>du</strong> domaine de<br />

(suite de la page 4)<br />

dits, les participants étant divisés en<br />

plusieurs groupes de 5 personnes chacun,<br />

ont adopté l’objectif principal de l’atelier<br />

et s’expliquer quant à <strong>leur</strong> compréhension<br />

de ceci. Leur facilitateur Danny Singoma<br />

<strong>du</strong> réseau PRODDES, <strong>leur</strong> a apporté de la<br />

lumière sur les trois objectifs spécifiques.<br />

Il <strong>leur</strong> a également démontré, dans une<br />

approche participative, le bien-fondé ou<br />

l’intérêt pour eux, les pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles, d’examiner les différents articles<br />

de la Loi portant principes fondamentaux<br />

relatif à l’agriculture. Pédagogiquement,<br />

le facilitateur avait ensuite demandé aux<br />

participants de lire et analyser les articles<br />

de la Loi, selon que chaque table a reçu sa<br />

délimitation ; d’exprimer <strong>leur</strong>s craintes<br />

et attentes par rapport à ces articles (s’il y<br />

en a), et enfin de répondre aux questions y<br />

afférentes. C’est ce qui a été fait avant que<br />

Le Ministre Provincial de l’agriculture a présidé les cérémonies d’ouverture et de clôture<br />

l’agriculture. Le ministre provincial de<br />

l’agriculture de la province de l’Equateur<br />

a encouragé les recommandations des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> mais estime-t-il qu’il faudrait<br />

d’abord que son ministère signe l’arrêté<br />

devant instituer le CCP. Faustin Makoma<br />

Pourquoi l’atelier de Kenge?<br />

le représentant CONAPAC Sud-Kivu<br />

n’intervienne pour éclairer <strong>leur</strong> lanterne<br />

sur certaines lacunes.<br />

POURQUOI L’ATELIER DE<br />

KENGE ?<br />

Ce grand atelier thématique est organisé<br />

dans le cadre <strong>du</strong> « Projet d’appui au<br />

plaidoyer et à la structuration <strong>paysan</strong>ne<br />

provinciale et nationale en RDC », un<br />

programme lancé dernièrement à<br />

Kinshasa par l’alliance AgriCongo (un<br />

réseau d’Ong belges) en synergie avec la<br />

CONAPAC. Ce programme cofinancé par<br />

la coopération belge a donc pour but de<br />

permettre les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> d’avoir un cadre de<br />

discussions et d’échanges autour des<br />

points d’intérêt qui les concernent et<br />

pouvoir les porter au niveau local,<br />

provincial et national, afin qu’ils soient<br />

pris en compte. Ainsi est-il question qu’au<br />

a demandé à ce qu’on mette à sa<br />

disposition toutes ces recommandations<br />

afin qu’il entrevoit dans quelle mesure il<br />

peut intervenir au niveau national et<br />

provincial en vue de la prise en compte<br />

des préoccupations des <strong><strong>paysan</strong>s</strong>. Il a par<br />

cours de la période 2012 – 2013, des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes d’au moins cinq<br />

provinces de la RDC dont le Bas-Congo,<br />

le Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>, l’Equateur, le Nord et le Sud-<br />

Kivu, participent à quatre cycles<br />

thématiques d’ateliers en vue d’élaborer<br />

un plan de plaidoyer focalisé, et de<br />

ail<strong>leur</strong>s insisté sur la responsabilité des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> de piocher cette loi en vue d’aider<br />

les législateurs et l’exécutif à prendre de<br />

bonnes mesures en faveur de l’agriculture.<br />

Car «pas des <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, pas d’inspection<br />

provinciale et pas de ministre de<br />

l’agriculture».<br />

A Iyonda, l’on a noté une forte <strong>participation</strong> des femmes <strong>paysan</strong>nes de l’Equateur<br />

Une forte <strong>participation</strong> des femmes<br />

renforcer la structure <strong>paysan</strong>ne provinciale<br />

et nationale. <strong>Les</strong> quatre thèmes à exploiter<br />

sont : le fonds de l’agriculture, la loi<br />

portant principes fondamentaux relatifs à<br />

l’agriculture, les infrastructures rurales et<br />

la sécurité foncière.<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.05<br />

ACTUALITES<br />

Pour sa part,le président de la Convention<br />

<strong>paysan</strong>ne de l’Equateur (COPADE),<br />

Boumar, a rappelé les quatre thèmes<br />

retenus dans ce projet à savoir: la loi<br />

agricole, la sécurisation foncière, les<br />

infrastructures agricoles et crédit agricole.<br />

Lors des échanges avec les participants à<br />

l’atelier, le Ministre Faustin Makoma a<br />

suggéré de plaider pour la création des<br />

banques de crédit agricole à travers la RDC<br />

qui vont donner des crédits aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong> en<br />

vue de les aider à acquérir de petites unités<br />

de pro<strong>du</strong>ction. Ainsi les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pourront<br />

pro<strong>du</strong>ire de l’huile de palme à partir de ces<br />

petites unités qu’ils peuvent installer<br />

meme derrière <strong>leur</strong>s maisons. Ils auront<br />

aussi besoin de bons emballages et de<br />

curcuit de commercialisation.<br />

Cet atelier s’inscrit dans la série des<br />

premiers ateliers organisés dans le cadre<br />

<strong>du</strong> projet « Synergie et complémentarité»<br />

appuyé par l’alliance Agricongo qui<br />

travaille dans différentes provinces de la<br />

RDC en vue de soutenir l’agriculture<br />

familiale congolaise à travers un travail<br />

d’appui à la structuration <strong>du</strong> mouvement<br />

<strong>paysan</strong> à la base et d’accompagnent des<br />

OP dans <strong>leur</strong>s efforts de formation des<br />

actions de plaidoyers.<br />

JB Lubamba<br />

<strong>Les</strong> ateliers auront lieu à 7 endroits, dont<br />

4 au Bas-Congo, 4 au Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>, 2 au<br />

Kwango, 4 dans le nord de l’Equateur, 4<br />

au sud de l’Equateur, 4 au Sud-Kivu et 4<br />

au Nord-Kivu. En tout, 26 ateliers seront<br />

organisés dans un espace de 24 mois, au<br />

rythme de 6 (ou 7) ateliers par semestre.<br />

L’objectif visé <strong>du</strong> projet est la structuration<br />

et le renforcement des organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes en vue de <strong>leur</strong> reconnaissance<br />

par les autorités nationales, décentralisées<br />

et les agences de développement comme<br />

des partenaires incontournables dans<br />

l’élaboration et la mise en œuvre d’une<br />

politique agricole en RDC aux niveaux<br />

local, provincial et national. Ce, en faveur<br />

d’une agriculture familiale (<strong>paysan</strong>ne)<br />

comme choix d’un développement<br />

inclusif et <strong>du</strong>rable.


U<br />

ACTUALITES<br />

ne cinquantaine de<br />

participants venus de<br />

Kinshasa, de la province<br />

Orientale, des organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes, des ONG<br />

d’accompagnements des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> et des<br />

représentants des services étatiques de six<br />

territoires de la province ont été conviés à<br />

ce grand forum <strong>paysan</strong>.<br />

«Cet atelier visait à rendre disponible<br />

un plan de plaidoyer agricole qui doit<br />

tenir compte des besoins des <strong><strong>paysan</strong>s</strong>», a<br />

souligné André Mayengo, Représentant<br />

Régional de Vredeseilanden en RD<br />

Congo. «<strong>Les</strong> assises sont organisées<br />

dans le souci de permettre aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

de s’approprier cette loi agricole et de<br />

mieux l’interpréter. <strong>Les</strong> <strong>paysan</strong>nes et<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> <strong>du</strong> Nord-Kivu analysent et<br />

inventorient les articles de la loi qui<br />

offrent des opportunités et des avantages<br />

aux pro<strong>du</strong>cteurs agricoles ainsi que ceux<br />

qui ne favorisent pas la promotion de<br />

l’agriculture familiale», a confirmé, à la<br />

presse de l’AJAC, Paluku Mivimba,<br />

président de la CONAPAC qui a loué la<br />

volonté <strong>du</strong> Gouvernement central en ce<br />

qui concerne la promotion et la<br />

modernisation de l’agriculture<br />

congolaise.<br />

Lors de la cérémonie d’ouverture,le<br />

Ministre Provincial de l’Agriculture au<br />

Nord-Kivu Nzanzu Kasivita Carly, a,<br />

dans son allocution, rappelé à l’auguste<br />

assemblée les efforts fournis par les<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes dans le<br />

développement <strong>du</strong> secteur agricole. Le<br />

Ministre Provincial de l’Agriculture a<br />

insité sur la vision <strong>du</strong> Gouvernement dans<br />

la relance <strong>du</strong> secteur agricole en RD<br />

Congo: « L’agriculture étant parmi les<br />

priorités des priorités <strong>du</strong> nouveau<br />

quinquennat <strong>du</strong> chef de l’Etat, il y a lieu<br />

de saisir cette occasion pour se structurer<br />

de plus en plus aux fins de satisfaire au<br />

développement économiques des <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

que nous encadrons » .<br />

Dans le cadre <strong>du</strong> partenariat public privé,<br />

Nzanzu Kasivita Carly pense qu’il est<br />

grand temps au gouvernement de tirer<br />

attention sur des questions spécifiques<br />

telles que le cadastre agricole, la nature<br />

juridique <strong>du</strong> Conseil Consultatif local,<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°18.P.6<br />

Goma : Tous ensemble pour soutenir la<br />

loi agricole<br />

Le Comité de pilotage d’Agricongo au Nord –Kivu a organisé les ateliers d’analyse, d’échange et de planification de plaidoyer<br />

sur la loi agricole <strong>du</strong> 13 au 15 juin 2012 à Goma , chef-lieu de la province <strong>du</strong> Nord-Kivu . Ces assises de trois jours tenues à Mbiza<br />

Hôtelsous l’égide de VECO en collaboration avec la Fédération des Organisations des Pro<strong>du</strong>cteurs Agricoles <strong>du</strong> Nord-Kivu et<br />

de la Confédération Nationale des pro<strong>du</strong>cteurs Agricoles <strong>du</strong> Congo, s’inscrit dans le cadre <strong>du</strong> projet «Synergie complémentarité»<br />

d’AgriCongo.<br />

Une vue de participants à l’atelier de Goma à Mbiza Hôtel<br />

Le ministre provincial de l’Agriculture <strong>du</strong> Nord-Kivu prononçant son discours d’ouverture de l’atelier<br />

sa composition, la portée de ses décisions<br />

et l’octroi des crédits agricoles. Il a<br />

terminé en exhortant les participants de<br />

susciter l’intérêt d’être ensemble pour<br />

mener les actions de plaidoyer au profit<br />

<strong>du</strong> mouvement <strong>paysan</strong> en RDCongo.<br />

Pour sa part, le Président de la<br />

Confédération Nationale des Pro<strong>du</strong>cteurs<br />

Agricoles <strong>du</strong> Congo, en sigle CONAPAC,<br />

Paluku Mivimba a salué la bravoure des<br />

différentes Organisations <strong>paysan</strong>nes et<br />

ONG partenaires pour ce long processus<br />

d’organisation et de structuration <strong>du</strong><br />

mouvement <strong>paysan</strong> dans toutes les<br />

provinces de la RDCongo . Paluku<br />

Mivimba n’a pas caché sa satisfaction visà-vis<br />

de tous les amis d’Agricongo et de<br />

la CONAPAC Nord-Kivu représentée par<br />

la FOPAC Nord-Kivu, d’avoir facilité<br />

l’avènement de ce grand forum <strong>paysan</strong> au<br />

Nord-Kivu.Cet atelier d’Alliance<br />

Agricongo s’inscrit dans une série<br />

d’ateliers qui se succèdent dans les<br />

différentes provinces identifiées et autour<br />

des quatre thèmes choisis lors <strong>du</strong> premier<br />

carrefour <strong>paysan</strong> organisé à Kinshasa en<br />

2010. En rappel, ces thèmes sont :<br />

Plaidoyer sur la loi portant principes<br />

fondamentaux relatifs à l’agriculture, la<br />

sécurité foncière des exploitants agricoles,<br />

les infrastructures rurales et le crédit<br />

agricole devant favoriser le financement<br />

des activités des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles. Ainsi, l’objectif de cet atelier<br />

est de parvenir à mettre en place des plans<br />

de plaidoyer provincial, national et<br />

international ainsi que pour un<br />

renforcement de la dynamique locale dans<br />

la structuration des organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes avant de renforcer la<br />

structuration nationale.<br />

Le choix des thèmes par les <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, tels<br />

que la faible compétitivité de l’agriculture<br />

sur le marché national et international, le<br />

changement climatique, l’insécurité<br />

persistante dans l’Est <strong>du</strong> pays plus<br />

précisément dans le territoires de<br />

Rutshuru, Masisi , Lubero et Beni ainsi<br />

que des provinces voisines <strong>du</strong> Sud-Kivu<br />

et Orientale constituent un défis pour le<br />

développement de l’agriculture dans ce<br />

pays.<br />

<strong>Les</strong> travaux de cet atelier d’Agricongo au<br />

Nord-Kivu se sont focalisés sur la<br />

compréhension de la loi avant d’en faire<br />

une analyse et de dégager des<br />

recommandations pour la mise en place<br />

des mesures d’application de loi agricole<br />

en RDCongo . <strong>La</strong> consolidation <strong>du</strong><br />

mouvement <strong>paysan</strong> à tous les niveaux était<br />

également au menu des échanges au cours<br />

de la troisième journée de l’atelier. « Tous<br />

ensemble, soutenons la loi agricole » :<br />

C’est à ce mot que le Ministre Provincial<br />

de l’agriculture a clôturé le premier<br />

atelier Agricongo au Nord-Kivu.<br />

Jean Baptiste (AJAC Nord-Kivu)<br />

PROGRAMME DES ACTIVITES DU PROJET SYNERGIE ET COMPLEMENTARITE


Une nouvelle variété de manioc qui<br />

accroît la pro<strong>du</strong>ction<br />

Plus de 150 associations de jeunes agriculteurs en République démocratique <strong>du</strong> Congo (RDC) recourent de plus en plus au manioc<br />

TME 419, une variété améliorée utilisée avec des méthodes adaptées pour accroître la pro<strong>du</strong>ction et contribuer ainsi à la sécurité<br />

alimentaire. Déçus par une ancienne variété de manioc (F100), souvent ravagée par la mosaïque, une maladie des plantes, les<br />

jeunes agriculteurs des régions de la RDC où le manioc figure parmi les pro<strong>du</strong>its les plus consommés par la population, deviennent<br />

de plus en plus actifs en expérimentant, depuis trois ans, le TME 419 qui <strong>leur</strong> permet d’augmenter <strong>leur</strong> pro<strong>du</strong>ction.<br />

E<br />

n 2011, nous avons pro<strong>du</strong>it 58<br />

tonnes de manioc TME 419<br />

sur un champ de deux hectares<br />

à raison de 29 tonnes par<br />

hectare contre 10 à 12 tonnes<br />

par hectare avec le F100 en 2010», affirme<br />

Romain Twarita, 27 ans, Coordonnateur<br />

de Action des jeunes pour le<br />

développement de Nkara (AJDN), une<br />

association de 22 membres opérant dans<br />

cette zone située à 90 kilomètres de Kikwit,<br />

la capitale de la province <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>,<br />

dans le sud-ouest de la RDC.<br />

Twarita ajoute que l’AJDN a également<br />

recouru à la méthode de «binage» qui, ditil<br />

à IPS, «vaut deux arrosages». Il consiste<br />

à casser la couche superficielle <strong>du</strong> sol pour<br />

favoriser l’infiltration de l’eau quand il<br />

pleut. <strong>Les</strong> agriculteurs utilisent aussi le<br />

«fumier recyclé» et le «compost» pour<br />

enrichir le sol en mélangeant des rési<strong>du</strong>s<br />

organiques et minéraux.<br />

«<strong>La</strong> grande difficulté, c’est l’insuffisance<br />

des matériels de binage et<br />

l’incompréhension des chefs des terres qui<br />

vendent cher des portions des forêts de 50<br />

ares à 40 ou 50 dollars selon<br />

l’emplacement», explique-t-il à IPS,<br />

indiquant que «les 58 tonnes nous ont<br />

remporté 25.520 dollars par rapport aux<br />

10.000 dollars en 2010 et 3.000 en 2009<br />

quand nous avions commencé». Il a ajouté<br />

qu’en 2012, le défrichage et le binage<br />

commenceront en mai. «Ce manioc est<br />

D<br />

epuis un certain temps,<br />

plusieurs <strong><strong>paysan</strong>s</strong> d’Afrique,<br />

en particulier ceux <strong>du</strong> bassin<br />

forestier <strong>du</strong> Congo, regrettent<br />

le fait que les émissions de gaz<br />

à effet de serre provoquent la chute de la<br />

pro<strong>du</strong>ction agricole. «Avant 2010, nous<br />

récoltions par exemple 1.200<br />

kilogrammes par hectare pour le maïs<br />

kasaï1 et 1.000 kg pour l’arachide jl24.<br />

Mais à partir de 2010, cela est ré<strong>du</strong>it à<br />

700 kg pour le maïs et à 600 kg pour<br />

l’arachide», affirme, inquiet, Jean-<br />

Baptiste Mbwengele, président d’une<br />

coopérative de pro<strong>du</strong>ction et de vente qui<br />

regroupe une quarantaine d’organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes en République démocratique<br />

<strong>du</strong> Congo (RDC). Mbwengele ajoute que<br />

cette baisse de la pro<strong>du</strong>ction est causée par<br />

la perturbation <strong>du</strong> calendrier agricole, liée<br />

à l’excès des pluies qui provoquent des<br />

maladies de plantes comme l’anthracnose,<br />

la bactériose, la mosaïque (maladie de<br />

certaines plantes)... ou par la sécheresse <strong>du</strong>e<br />

à une déforestation exagérée. En partenariat<br />

avec le Programme des Nations Unies<br />

pour le développement, la RDC a initié le<br />

Programme d’actions pour l’adaptation et<br />

la sécurité alimentaire (PANA-ASA) qui<br />

est un projet de renforcement des capacités<br />

<strong>du</strong> secteur agricole «pour une planification<br />

et une réponse aux menaces additionnelles<br />

<strong>La</strong> variété TME 419 permet d’augmenter la pro<strong>du</strong>ction<br />

ven<strong>du</strong> soit localement aux commerçants,<br />

soit envoyé à Kinshasa, la capitale de la<br />

RDC, et il s’écoule vite», déclare à IPS,<br />

Jacques Mitini, président <strong>du</strong> réseau des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>,<br />

comprenant 255 associations <strong>paysan</strong>nes<br />

dont 70 appartenant aux jeunes<br />

agriculteurs âgés de 21 à 33 ans. Dans la<br />

province <strong>du</strong> Bas-Congo (ouest <strong>du</strong> pays),<br />

le Comité de développement de Kakongo<br />

(CDK) utilise le bocage en plantant des<br />

arbres, en même temps que les cultures,<br />

pour créer des brise-vents pouvant faire<br />

maintenir l’humidité <strong>du</strong> milieu, dans un<br />

champ de trois hectares entretenu depuis<br />

2011.<br />

«Nous utilisons la méthode de bocage,<br />

c’est pourquoi il y a des brise-vents<br />

constituées des plantes de moringa qui<br />

fertilisent même la terre sans recourir aux<br />

engrais chimiques. L’irrigation intervient<br />

également», explique Espérance Nzuzi,<br />

présidente de Force <strong>paysan</strong>ne <strong>du</strong> Bas-<br />

Congo, un réseau de 264 associations<br />

<strong>paysan</strong>nes dont 87 créées par des jeunes.<br />

«<strong>Les</strong> 84 tonnes de manioc TME 419<br />

obtenues l’année passée (2011) a rapporté<br />

36.960 dollars par rapport aux 14 tonnes<br />

de F100 en 2010 pour une recette de 6.160<br />

dollars», ajoute Nzuzi, soulignant qu’en<br />

2009, le CDK avait obtenu 2.100 dollars<br />

avec le F100.<br />

De <strong>leur</strong> côté, les Jeunes dynamiques de<br />

Maluku (JDM), une association de 18<br />

membres dans la périphérie de Kinshasa,<br />

la capitale congolaise, se sont engagés<br />

dans l’agriculture depuis 2010 en<br />

cultivant un hectare, et un autre en 2011.<br />

«Nous pratiquons le binage seulement<br />

depuis que nous avons commencé ce<br />

métier en 2010 et nous avons pro<strong>du</strong>it 15<br />

tonnes de TME 419. Mais en 2011, avec<br />

un hectare et demi, la pro<strong>du</strong>ction était de<br />

28 tonnes. Nous y avons mis un peu<br />

d’engrais chimique», témoigne Anne<br />

Mburabata, 32 ans, présidente de JDM.<br />

«Avant de vulgariser cette variété de<br />

manioc, nous avons expérimenté le TME<br />

419. Lors des expériences en 2008, nous<br />

avons semé 3.000 boutures de manioc et<br />

nous avons récolté 30.000 boutures, soit<br />

dix fois plus», indique à IPS, Didier<br />

Mboma, responsable des innovations<br />

techniques de «Impresa serviti<br />

coordinati» (ISCO), une ONG italienne<br />

qui offre gratuitement cette variété et<br />

participe à sa vulgarisation en RDC.<br />

Mboma affirme également que les jeunes<br />

se prennent actuellement en charge grâce à<br />

ACTUALITES<br />

<strong>leur</strong>s travaux agricoles et participent au<br />

renforcement de la sécurité alimentaire.<br />

«<strong>Les</strong> jeunes agriculteurs doivent tendre<br />

vers la professionnalisation de <strong>leur</strong> métier<br />

en maîtrisant toute la chaîne des va<strong>leur</strong>s,<br />

depuis la pro<strong>du</strong>ction jusqu’à la<br />

commercialisation, en passant par la<br />

transformation», souligne Dr Christophe<br />

Arthur Mampuya, chef de service au<br />

ministère de l’Agriculture, de la Pêche et<br />

de l’Elevage.<br />

Badylon Kawanda Bakiman<br />

Timides actions de lutte contre le réchauffement climatique<br />

que présentent les changements<br />

climatiques sur la pro<strong>du</strong>ction et la sécurité<br />

alimentaire». «Ce projet facilitera<br />

notamment l’accès au matériel génétique<br />

adapté aux conditions climatiques<br />

atten<strong>du</strong>es ainsi que l’adoption des<br />

meil<strong>leur</strong>s pratiques de gestion de l’eau et<br />

de la fertilité des sols», explique Jean<br />

Ndembo, coordinateur national <strong>du</strong> PANA-<br />

ASA.<br />

<strong>La</strong> lutte contre la déforestation est<br />

également une nécessité, tant pour<br />

renforcer la résilience des fermiers locaux<br />

que pour contribuer à la ré<strong>du</strong>ction, dans le<br />

monde, des émissions de gaz à effet de serre<br />

sous forme de carbone stocké dans des<br />

forêts saines. Depuis plusieurs années, le<br />

gouvernement congolais, à travers le<br />

Programme d’appui à la réhabilitation <strong>du</strong><br />

secteur agricole et rural (PARSAR), mène<br />

également des actions de reboisement.<br />

Avec l’appui de la Banque africaine de<br />

développement, le PARSAR a reboisé<br />

quelque 600 hectares dans les provinces<br />

<strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> et <strong>du</strong> Bas-Congo, dans<br />

l’ouest <strong>du</strong> pays, plantant 2,225 millions<br />

d’arbres, principalement des acacias, selon<br />

Albert Luzayadio, coordinateur national<br />

<strong>du</strong> programme. Des zones plus petites ont<br />

été également réhabilitées par le<br />

PARSAR, dans l’est, dans la Province<br />

orientale, où 44 hectares ont été plantés à<br />

Kisangani; et 25 hectares à Pweto, dans le<br />

Katanga (sud-est de la RDC). Le<br />

programme travaille de concert avec la<br />

société civile. Célestin Awiwi Mimbu,<br />

coordinateur national de Action de<br />

reboisement au Congo, une organisation<br />

non gouvernementale (ONG), indique que<br />

son ONG a planté plus de 900.000 arbres<br />

à travers la RDC, notamment les acacias<br />

et les eucalyptus dont les feuilles fertilisent<br />

bien le sol, selon Mimbu. Mimbu<br />

explique qu’en plus des acacias et des<br />

eucalyptus, des magnolias parasols - le<br />

Maesopsis eminiii, une espèce géante à<br />

croissance rapide très répan<strong>du</strong>e en Afrique<br />

tropicale – et plusieurs arbres fruitiers ont<br />

été plantés sur plusieurs sites, notamment<br />

sur 34 hectares à N<strong>du</strong>nga et<br />

Ngulamabondo, et 56 hectares à<br />

Masimanimba, dans la province <strong>du</strong><br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> (sud-ouest <strong>du</strong> pays).<br />

«Si nous nous sommes évertués à faire ces<br />

reboisements depuis début 2011 et grâce<br />

au Fonds forestier national mis en place<br />

par le gouvernement, c’est pour permettre<br />

de réaliser une bonne résilience, favoriser<br />

la croissance verte, combattre le<br />

réchauffement climatique qui a plusieurs<br />

retombées négatives», déclare Mimbu à<br />

IPS. Mais, il regrette qu’il n’y ait pas de<br />

budget pour l’entretien des arbres qui sont<br />

parfois victimes des feux de brousse.<br />

«L’un des défis majeurs à l’adaptation au<br />

changement climatique dans le bassin <strong>du</strong><br />

Congo demeure les conflits armés. Dans<br />

les provinces <strong>du</strong> Maniema, <strong>du</strong> Nord-Kivu<br />

et <strong>du</strong> Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, en<br />

proie à ces conflits depuis 1997, des<br />

groupes armés et <strong>leur</strong>s bombes ont<br />

provoqué la dégradation des forêts en<br />

détruisant même la fertilité <strong>du</strong> sol avec des<br />

matières chimiques contenues dans ces<br />

bombes», explique Corneille Lebu, un<br />

écologiste de la RDC. «Ces bombes<br />

coupent des feuilles qui en principe<br />

absorbent <strong>du</strong> carbone, rendent le sol nu,<br />

provoquant un lessivage et détruisant les<br />

micro-organismes. Il y a accélération<br />

accentuée de l’évapo-transpiration et<br />

libération rapide des gaz à effet de serre»,<br />

souligne Lebu à IPS, ajoutant: «Depuis<br />

1997, les conflits en RDC ont déjà<br />

provoqué plus de cinq millions de morts».<br />

Lebu estime que «pour réussir des actions<br />

d’adaptation, il est impérieux de pacifier<br />

d’abord les zones ravagées par des guerres,<br />

et de faire la correction <strong>du</strong> sol en faisant<br />

recours aux fumiers recyclés».<br />

Le Cameroun, la RDC et la République<br />

centrafricaine ont initié <strong>leur</strong> Programme<br />

national d’adaptation, indique un rapport<br />

de 2010 <strong>du</strong> Projet des forêts <strong>du</strong> bassin <strong>du</strong><br />

Congo et adaptation aux changements<br />

climatiques en Afrique centrale, dénommé<br />

«COFCCA».<br />

<strong>La</strong>ncé lors à Yaoundé, au Cameroun, en<br />

2008, ce projet vise à «identifier et<br />

hiérarchiser conjointement les secteurs<br />

des bois et services issus des forêts<br />

particulièrement vulnérables au<br />

changement climatique à l’échelle<br />

nationale et régionale». Le projet veut<br />

également «partager les... expériences sur<br />

les stratégies d’adaptation aux impacts <strong>du</strong><br />

changement climatique touchant une<br />

ressource transfrontalière partagée que<br />

sont les forêts <strong>du</strong> bassin <strong>du</strong> Congo...»<br />

Au Gabon, le gouvernement a créé, en<br />

février 2010, l’Agence gabonaise d’études<br />

et d’observations spatiales: terre, climat,<br />

homme (AGEOS-TECH). Et depuis<br />

juillet 2010, un accord tripartite lie<br />

l’Institut de recherche pour le<br />

développement français, l’Institut de<br />

recherche spatiale brésilien, et l’AGEOS-<br />

TECH. (...)<br />

<strong>La</strong> station de réception d’images par<br />

satellite aura pour «première tâche la<br />

surveillance de l’état de santé des forêts<br />

tropicales <strong>du</strong> bassin <strong>du</strong> Congo, qui est le<br />

deuxième poumon vert de la planète, après<br />

l’Amazonie...», indique le gouvernement<br />

gabonais. Le bassin couvre 520 millions<br />

(suite en page 8)<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.7


ACTUALITES<br />

IDENTIFICATION DURABLE<br />

DE LA PRODUCTION ET<br />

DIVERSIFICATION<br />

AGRICOLE<br />

Dans ce domaine, l’assistance technique<br />

de la FAO a concerné la formulation de<br />

stratégies et politiques, le développement<br />

et la diversification des cultures,<br />

vulgarisations des bonnes pratiques, la<br />

lutte contre les maladies des ravageurs, et<br />

la gestion des ressources phytogénétiques<br />

pour l’alimentation et l’agriculture.<br />

A cet égard, la FAO a aidé le gouvernement<br />

à :<br />

1-Définir les différents axes pour la<br />

préparation de la Note de politique<br />

agricole et rurale qui sert actuellement de<br />

cadre de référence pour le secteur et qui<br />

détermine les conditions de promotion de<br />

l’investissement dans le secteur ;<br />

2-Se doter d’une politique semencière<br />

assortie d’une législation semencière en<br />

cours d’adoption au niveau <strong>du</strong> parlement<br />

et d’une position Nationale dans le<br />

domaine des OGM ;<br />

3-Structurer l’horticulture urbaine et<br />

périurbaine ;<br />

4-Développer les bonnes pratiques pour<br />

une gestion intégrée grâce à l’intro<strong>du</strong>ction<br />

de l’approche « Champ Ecole Paysanne »<br />

adoptée par le gouvernement en tant que<br />

système national de vulgarisation<br />

agricole ;<br />

5-Réhabiliter la culture <strong>du</strong> manioc par la<br />

pro<strong>du</strong>ction et la distribution des boutures<br />

résistances à la mosaïque à travers tout le<br />

territoire national ;<br />

6-Relancer la pro<strong>du</strong>ction <strong>du</strong> riz avec le<br />

développement et l’intro<strong>du</strong>ction de<br />

nouvelles variétés (Nerica, par ex.) et le<br />

développement de la culture des bas-fonds<br />

et <strong>du</strong> riz inondé ;<br />

7-Relancer la pro<strong>du</strong>ction des semences de<br />

proximité par le développement d’un<br />

réseau d’agri multiplicateur ;<br />

8-Définir une stratégie de communication<br />

rurale par l’utilisation de la radio rurale<br />

communautaire avec la <strong>participation</strong> des<br />

communautés concernées ;<br />

9-Elaborer le programme National de<br />

Sécurité Alimentaire, que le gouvernement<br />

utilise comme pilier pour la préparation<br />

de son Programme Détaillé de<br />

L<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.8<br />

<strong>La</strong> FAO en RDC : Du programme agricole<br />

d’urgence à l’assistance technique<br />

a FAO s’est adaptée aux différents contextes en développant un programme avec deux composantes : (i) une composante « programme agricole d’urgence »<br />

(actuellement concentré à l’Est) qui a couvert tout le pays jusque à une période récente et (ii) une composante « programme d’assistance technique » principalement<br />

dans la partie peu touchée par les guerres qui se sont succédées à l’Est. Le programme agricole d’urgence a surtout consisté en la distribution d’intrants agricoles<br />

à des ménages en situation de vulnérabilité. Avec la situation de post conflit, ce programme évolue vers des activités de réhabilitation. Le programme d’assistance<br />

technique concerne différents domaines <strong>du</strong> secteur agricole et rural, y inclus la définition des politiques, des cadres juridiques et réglementaires, le développement<br />

de la pro<strong>du</strong>ction agricole, la santé animale, la gouvernance forestière, ainsi que l’information rurale avec les questions <strong>du</strong> genre.<br />

Développement de l’Agriculture<br />

Africaine (PDDAA)<br />

ACCROISSEMENT DE LA<br />

PRODUCTION ANIMALE<br />

<strong>La</strong> situation de guerre dans l’Est <strong>du</strong> pays<br />

et le déplacement des populations ont<br />

provoqué la propagation des maladies<br />

transfrontières dans cette zone (déjà à<br />

risque) car le pays a une frontière avec neuf<br />

pays. Ce qui a entraîné une décimation <strong>du</strong><br />

cheptel. Dans ce contexte, la FAO a appuyé<br />

de façon récurrente les campagnes de<br />

vaccination contre différentes zoonoses,<br />

en particulier la péripneumonie<br />

contagieuse bovine, la dermatose<br />

no<strong>du</strong>laire des bovidés et les charbons<br />

bactériens et symptomatiques. De même,<br />

dans le cadre de la lutte contre la grippe<br />

aviaire, la FAO a assisté pour la mise en<br />

place <strong>du</strong> plan de contingence et pour la<br />

réhabilitation des laboratoires de<br />

diagnostic (Kinshasa, Lubumbashi et<br />

Goma).<br />

UTILISATION DURABLE<br />

DES RESSOURCES<br />

HALIEUTIQUES ET<br />

AQUACOLES<br />

Le pays dispose d’un potentiel halieutique<br />

estimé à 700.000 tonnes par an. <strong>La</strong><br />

pro<strong>du</strong>ction actuelle atteint à peine 100.000<br />

tonnes et est l’œuvre principalement des<br />

pêcheurs artisanaux. Après avoir assisté le<br />

pays dans la préparation de son plan<br />

Directeur des pêches, la FAO a pris<br />

plusieurs initiatives pour le renforcement<br />

des capacités de l’administration et des<br />

pêcheurs, notamment par la promotion des<br />

moyens d’existence <strong>du</strong>rable.<br />

Plus récemment, la FAO à appuyé le pays<br />

à se doter d’une strategie et d’un plan de<br />

développement de l’aquaculture assorti<br />

d’une législation actualisée sur la pêche et<br />

l’aquaculture, en cours d’adoption au<br />

niveau <strong>du</strong> gouvernement.<br />

De même, outre le renforcement des<br />

capacités de l’administration des pêches<br />

<strong>La</strong> pollitique de la FAO en RDC prend en compte les aspects <strong>du</strong><br />

genre pour mieux planifier le développement des communautés.<br />

dans la gestion informatisée des<br />

statistiques de pêche, des initiatives ont<br />

été prises, à travers le FMPP, pour préparer<br />

le réseau national devant servir de base à<br />

la vulgarisation <strong>du</strong> code de con<strong>du</strong>ite pour<br />

une pêche Responsable de la FAO.<br />

SÉCURITÉ SANITAIRE DES<br />

A LIMENTS<br />

(suite de la page 7)<br />

d’hectares dont environ 200 millions<br />

d’hectares pour la forêt seule, soit 38,4 pour<br />

cent, selon la FAO.<br />

Au Burundi, la plante jatropha est plantée<br />

depuis 2010 sur des dizaines d’hectares<br />

dans le rayon de Rukoko par l’association<br />

‘Turbane’ de Gikuzi, dans le sud <strong>du</strong> pays,<br />

grâce à l’appui <strong>du</strong> Fonds forestier <strong>du</strong><br />

bassin <strong>du</strong> Congo basé à Bujumbura, la<br />

capitale. Le projet est initié dans le Cadre<br />

stratégique de lutte contre la pauvreté au<br />

Burundi, approuvé depuis 2004 par la<br />

Banque mondiale et le Fonds monétaire<br />

international.<br />

Ce reboisement avec 100.000 plants de<br />

jatropha permet «d’atténuer l’impact de la<br />

déforestation de l’aire protégée de Rukoko<br />

et son écosystème, de lutter contre le<br />

réchauffement climatique et de mettre en<br />

Après l’initiative de 1995 pour aider à<br />

mettre en place une stratégie nationale<br />

pour promouvoir et contrôler le secteur<br />

informel de l’alimentation de manière à<br />

améliorer la qualité des aliments préparés<br />

et ven<strong>du</strong>s sur la voie publique, la FAO a<br />

aidé le pays à se doter d’une stratégie de<br />

contrôle et de surveillance de la qualité des<br />

aliments en impliquant les différentes<br />

institutions et structures concernées, y<br />

compris le secteur privé.<br />

GESTION DURABLE DES<br />

F OR ÊTS<br />

En considération des importantes<br />

ressources forestières <strong>du</strong> pays, la FAO<br />

assiste le gouvernement pour mieux faire<br />

face au défi de gestion <strong>du</strong>rable de ces<br />

ressources. Dans ce cadre, la FAO a assisté<br />

la pays dans la préparation de la nouvelle<br />

loi forestière promulguée en août 2002.<br />

Une assistance pour la relance <strong>du</strong> secteur<br />

forestier a été fournie pour aider à la<br />

préparation des textes d’application <strong>du</strong><br />

nouveau code forestier et jeter les bases<br />

d’un aménagement <strong>du</strong>rable des forêts.<br />

1.6.Amélioration de la sécurité<br />

alimentaire et de la nutrition<br />

Dans le cadre <strong>du</strong> suivi de la Conférence<br />

Internationale sur la Nutrition (CIN), la<br />

FAO a aidé le pays à finaliser son Plan<br />

National d’Action pour la Nutrition<br />

(PNAN) qui a été formellement adopté par<br />

le gouvernement en 1995.<br />

L’appui apporté au Service National des<br />

Statistiques Agricoles a permis le<br />

renforcement des capacités de ce service<br />

dans la gestion informatisée de<br />

l’information agricole, ainsi qu’en matière<br />

de bilans alimentaires.<br />

De même, l’assistance de la FAO a permis<br />

au pays de se doter d’un Programme<br />

National de Sécurité Alimentaire.<br />

1.7.Meil<strong>leur</strong>e préparation et réponse<br />

Timides actions de lutte contre le<br />

réchauffement climatique<br />

place des mécanismes d’adaptation»,<br />

indique le document de base <strong>du</strong> projet<br />

«Exploitation intégrée de la plante<br />

jatropha au Burundi».<br />

Pour limiter les dégâts des changements<br />

climatiques <strong>du</strong>s à la déforestation qui<br />

prend de l’amp<strong>leur</strong> au Burundi, le premier<br />

vice-président, Thérence Sinuguruza,<br />

avait demandé, en novembre 2011, au<br />

ministère de l’Environnement<br />

«d’instaurer une loi interdisant des coupes<br />

anarchiques des arbres». Mais dans<br />

l’ensemble, les actions des gouvernements<br />

et de la société civile en Afrique centrale<br />

sont timides jusque-là puisqu’elles ne<br />

donnent pas encore des résultats<br />

escomptés, estime Odon Munsadi, un<br />

écologiste en RDC. «<strong>Les</strong> communautés<br />

de nos pays respectifs n’appliquent pas<br />

efficace aux menaces et situation<br />

d’urgence alimentaire et agricole.<br />

Dans le cadre <strong>du</strong> programme<br />

agricole d’urgence, la FAO a<br />

permis de :<br />

1-Renforcer les capacités <strong>du</strong> pays pour<br />

planifier et coordonner la réponse en<br />

matière de sécurité alimentaire. A cet effet,<br />

un système de surveillance et de collecte<br />

des données a été mis en place pour suivre<br />

la sécurité alimentaire des ménages et les<br />

prix alimentaires. <strong>La</strong> FAO a aussi aidé le<br />

Gouvernement à établir une classification<br />

Intégrée de la Phase de la sécurité<br />

alimentaire (IPC) qui est actualisée tous<br />

les six mois dans chacune des provinces<br />

<strong>du</strong> pays ;<br />

2-Lutter contre l’insécurité alimentaire<br />

aigue et relancer la pro<strong>du</strong>ction alimentaire<br />

en appuyant les ménages vulnérables en<br />

intrants agricoles, de pêche et de géniteurs<br />

de petit bétail et de volailles souvent dans<br />

le cadre d’une approche conjointe avec le<br />

PAM, l’UNICEF et le HCR ;<br />

3-Rébailiter et sensibiliser afin de<br />

consolider les moyens d’existence et<br />

promouvoir la coexistence pacifique.<br />

C’est le cas notamment de l’appui de la<br />

FAO dans la réinsertion socio-éconolique<br />

des semences de proximité par les agrimultiplicateurs.<br />

EQUITÉ HOMMES-<br />

F E MM ES<br />

EN RDC, l’initiative la plus importante<br />

de la FAO dans ce domaine concerne les<br />

activités menées par le projet DIMITRA,<br />

en particulier au sud Kivu et au Katanga,<br />

avec une bonne prise de conscience à tous<br />

les niveaux, de la nécessité de prendre en<br />

compte les aspects <strong>du</strong> genre pour mieux<br />

planifier le développement des<br />

communautés <br />

encore de pratiques agro-écologiques, et<br />

les conséquences des changements<br />

climatiques demeurent inchangées».<br />

«L’Afrique subsaharienne pro<strong>du</strong>it moins<br />

de quatre pour cent des émissions de gaz à<br />

effet de serre, soit bien moins que<br />

l’Amérique <strong>du</strong> nord, l’Europe, l’Asie et<br />

d’autres régions in<strong>du</strong>strialisées», selon<br />

les experts. Mais, «l’Afrique subit déjà les<br />

effets des changements climatiques et en<br />

pâtira davantage dans les années à venir».<br />

Badylon Kawanda Bakiman<br />

*Cet article fait partie d’une série<br />

soutenue par le Réseau de<br />

connaissances sur le climat et le<br />

développement. http://cdkn.org/ (FIN/<br />

2012)


<strong>La</strong> COPACO a pris part à la consultation regionale<br />

des organisations de la Société civile pour l’Afrique<br />

D u<br />

21 au 22 Avril 2012, le Porteparole<br />

National de la COPACO<br />

à l’occurrence le pasteur BUKA<br />

MUPUNGU Nathanael, a pris<br />

part à la Consultation Régionale des<br />

Organisations de la Société Civile pour<br />

l’Afrique. Cette Consultation a été<br />

organisée en prélude de la 27ème<br />

Conférence Régionale de la FAO pour<br />

l’Afrique qui s’est tenu <strong>du</strong> 23 au 27 avril<br />

2012 toujours à Brazzaville, Capitale de<br />

la République <strong>du</strong> Congo.En cette<br />

Consultation Régionale, le Porte-parole<br />

Nationale de la Confédération Paysanne<br />

<strong>du</strong> Congo qui est le principal<br />

regroupement des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de la<br />

République Démocratique <strong>du</strong> Congo «<br />

COPACO-PRP » en sigle a été<br />

accompagné d’une forte délégation de 5<br />

membres. <strong>La</strong> <strong>participation</strong> totale à cette<br />

consultation était de 70 leaders<br />

d’organisations de la société civile<br />

Africaine venant de tous les pays<br />

d’Afrique et des représentants de la FAO.<br />

Nous pouvons noter la présence des<br />

réseaux importants tels que la PROPAC<br />

(Plate-forme Sous- Régionale des<br />

Organisations Paysannes d’Afrique<br />

Centrale) qui était l’organisatrice, le<br />

ROPPA (Réseau des Organisations<br />

Paysannes et des Pro<strong>du</strong>cteurs Agricoles de<br />

e Secrétaire général de la<br />

Confédération <strong>paysan</strong>ne <strong>du</strong><br />

Congo (COPACO) a exprimé<br />

l’inquiétude de ses membres,<br />

l e s <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais, devant la<br />

vague qui se constate de vente à outrance<br />

des terres qui tra<strong>du</strong>it, selon cette<br />

association, une mauvaise gestion des<br />

espaces que l’on veut faire croire<br />

abandonnés.<br />

<strong>La</strong> Confédération <strong>paysan</strong>ne <strong>du</strong> Congo,<br />

Principal Regroupement de Paysans,<br />

COPACO-PRP en sigle, dirigée par le<br />

Pasteur Buka Mupungu Nathanëel dit<br />

halte à l’accaparement de terres en RD<br />

Congo. Nos terres ne sont pas sous<br />

exploitées. Mais elles sont et seront gérées<br />

jusqu’à des générations futures. <strong>La</strong> vente<br />

à outrance de nos terres inquiète<br />

aujourd’hui, les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais réunis<br />

au sein de la Copaco. Cette population<br />

abandonnée à son triste sort assiste<br />

impuissamment à la confiscation de nos<br />

terres léguées par nos ancêtres.<br />

Cette mauvaise gestion des terres avait<br />

occasionné plusieurs morts parmi les<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> de l’Etat de Para au Brésil, un<br />

certain 17 avril. Revendiquant la même<br />

pratique que la Copaco dénonce. C’est<br />

inacceptable qu’on puisse chasser les<br />

natifs de <strong>leur</strong>s terres, afin de les confier aux<br />

néo-colonialistes pour la culture de l’agro-<br />

En prélude de la 27 ème Conférence de la FAO pour l’Afrique<br />

l’Afrique de l’Ouest), le RAPDA (Réseau<br />

Africain pour le Droit à l’Alimentation),<br />

la Via Campesina pour ne citer que cela.<br />

Plusieurs thématiques suivantes ont été<br />

présentées à savoir : Le Cadre Stratégique,<br />

Accès aux ressources et mise en œuvre des<br />

lignes Directrices comme priorité pour<br />

<strong>La</strong> Copaco s’oppose à<br />

l’expropriation des terres en RDC<br />

L<br />

Sur cette photo, on voit M. Nathanaël BUKA de la COPACO aux côtés d’une participante à la<br />

rencontre de Brazzaville<br />

carburant, au détriment de l’agriculture<br />

familiale que nous a laissée les Belges,<br />

laquelle pour le pays était une richesse non<br />

négligeable.<br />

<strong>La</strong> Copaco attire l’attention des élus que<br />

<strong>leur</strong>s électeurs potentiels qui sont les<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> ne <strong>leur</strong> demandent que la défense<br />

de <strong>leur</strong>s terres confisquées par les<br />

multinationaux sachant qu’en faisant cela,<br />

les néo-colonialistes en connivence avec<br />

les ennemis <strong>du</strong> pays, veulent faire des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> <strong>leur</strong> main d’oeuvre ouvrière.<br />

Au gouvernement, ces multinationaux ont<br />

lancé la souveraineté alimentaire que veut<br />

mettre en application le Président de la<br />

République qui a dit, dans son discours<br />

d’investiture, demandant aux congolais à<br />

consommer local. Avec cette politique, il<br />

n’y a que les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> qui doivent aider le<br />

Chef de l’Etat à pouvoir réussir le pari en<br />

ce qui concerne la souveraineté<br />

alimentaire. C’est pourquoi le<br />

gouvernement doit avoir une bonne<br />

politique de la gestion des terres afin de<br />

donner la possibilité aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de vous<br />

accompagner dans votre action laquelle<br />

consiste à relever le défi <strong>du</strong> social. Vive les<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong>, Vive la souveraineté alimentaire<br />

! Vive le Congo Démocratique !<br />

In <strong>La</strong> Référence Plus<br />

l’Afrique, Investissement en agriculture :<br />

PDDAA, Partenariats Publics Privé,<br />

Consultation CS sur des principes des<br />

investissements responsables en<br />

agriculture.Il faut noter par ail<strong>leur</strong>s que<br />

cette réunion a été rehaussée de la présence<br />

de Mamadou Cissokho, Président<br />

Le Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et <strong>du</strong><br />

Centre <strong>du</strong> Fonds International de Développement<br />

Agricole en visite à Kinshasa <strong>du</strong> 03 au 06 juin 2012.<br />

L<br />

e Directeur de la Division<br />

Afrique de l’Ouest et <strong>du</strong><br />

Centre <strong>du</strong> Fonds International<br />

de Développement Agricole<br />

atten<strong>du</strong> à Kinshasa. Monsieur Ides de<br />

Willebois répond à l’invitation qui lui a<br />

été adressée par la Délégation de la<br />

République Démocratique <strong>du</strong> Congo lors<br />

de sa <strong>participation</strong> à la 35 e session <strong>du</strong><br />

Conseil des Gouverneurs <strong>du</strong> FIDA en<br />

février 2012. L’objectif de la mission est<br />

de rencontrer les autorités congolaises et<br />

les partenaires de développement en<br />

République Démocratique <strong>du</strong> Congo afin<br />

de passer en revue la performance <strong>du</strong> FIDA<br />

et les options stratégiques<br />

d’investissement en réponse aux priorités<br />

nationales en matière de développement<br />

agricole et rural.L’agenda de M. Ides de<br />

Willebois prévoit des réunions avec le<br />

Ministère de l’Agriculture et <strong>du</strong><br />

Développement Rural ainsi que celui des<br />

Finances. Il se réunira également avec les<br />

responsables de différents projets financés<br />

par le FIDA en RDC ainsi que ceux <strong>du</strong><br />

Bureau de Liaison de Kinshasa. Des<br />

réunions sont également prévues avec les<br />

Partenaires Techniques et<br />

Financiers.Après l’étape de Kinshasa, le<br />

Directeur de la Division Afrique de l’Ouest<br />

et <strong>du</strong> Centre <strong>du</strong> FIDA se rendra à<br />

Brazzaville, en République <strong>du</strong> Congo.<br />

Monsieur Ides R.J van der Does de<br />

Willebois, de nationalité néerlandaise, est<br />

né le 15 septembre 1956. Marié et père de<br />

trois enfants, il est expert en gestion des<br />

projets et programmes de développement<br />

et formulation de politiques de lutte<br />

contre la pauvreté rurale. C’est depuis<br />

2011 qu’il occupe le poste de Directeur de<br />

la Division Afrique de l’Ouest et <strong>du</strong> Centre<br />

<strong>du</strong> FIDA, après avoir dirigé la Division<br />

Afrique Orientale et Australe (2006- 2011)<br />

et le Portefeuille Pays (2002-2006). Il a<br />

également occupé des hautes fonctions<br />

dans d’autres agences des Nations Unies<br />

notamment l’UNOPS et le PNUD mais<br />

également dans différentes structures de<br />

développement dans plusieurs pays<br />

africains.<br />

Le FIDA, une agence spécialisée des<br />

Nations unies, a été établi comme<br />

institution financière en 1977. Il a pour<br />

mission d’éradiquer la pauvreté et la faim<br />

dans les zones rurales des pays en<br />

développement. Il aide les populations<br />

rurales pauvres à améliorer <strong>leur</strong> sécurité<br />

alimentaire et nutritionnelle, accroitre<br />

<strong>leur</strong>s revenus et renforcer <strong>leur</strong> capacité de<br />

résistance. Il défend également la cause de<br />

femmes et des hommes ruraux pauvres ;<br />

grâce à son orientation multilatérale, il<br />

offre une plate forme mondiale solide pour<br />

débattre des questions de politique rurale<br />

et mieux faire comprendre combien,<br />

l’investissement en faveur de l’agriculture<br />

et <strong>du</strong> développement rural est important<br />

ACTUALITES<br />

d’honneur <strong>du</strong> ROPPA qui a parlé de<br />

l’expérience de la société civile par rapport<br />

à l’interaction avec la FAO en Afrique<br />

pour ré<strong>du</strong>ire la pauvreté et améliorer la<br />

sécurité alimentaire mondiale.<br />

C’est depuis 1980 que FIDA a commencé<br />

son partenariat et ses interventions en<br />

RDCONGO, mais suite aux différentes<br />

situations et évènements politiques qu’a<br />

connu notre pays, il dû suspendre ses<br />

interventions ; c’est seulement en 2004<br />

qu’il relança sa présence en RDCONGO.<br />

Et depuis 2004, le FIDA finance trois<br />

programmes qui couvrent trois<br />

Provinces: le Programme de Relance<br />

Agricole dans Province de l’Equateur (<br />

PRAPE, 2005-2012, avec un financement<br />

complémentaire <strong>du</strong> Fonds belge pour la<br />

sécurité alimentaire, FBSA);le<br />

Programme de Réhabilitation de<br />

l’Agriculture dans le District de la Tshopo<br />

en Province Orientale ( PRAPO, 2007-<br />

2013, avec un financement<br />

complémentaire <strong>du</strong> FBSA), et le<br />

Programme Intégré de Réhabilitation de<br />

l’Agriculture dans la Province <strong>du</strong><br />

Maniema ( PIRAM, 2010-2019, avec un<br />

cofinancement <strong>du</strong> Fonds de l’OPEP pour<br />

le développement international). Un<br />

quatrième programme, Programme<br />

d’Appui aux Pôles d’Approvisionnement<br />

de Kinshasa en Pro<strong>du</strong>its Vivriers et<br />

Maraichers (PAPAKIN) est en cours<br />

d’élaboration.<br />

Sahel N’LANDU VANGU<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P. 9


L e<br />

ACTUALITES<br />

document de politique<br />

nationale de la pêche et de<br />

l’aquaculture élaboré aux<br />

termes des travaux de l’atelier<br />

organisé par le ministère de la<br />

tutelle <strong>du</strong> secteur va désormais définir<br />

l’organisation harmonieuse en RDC des<br />

activités des opérateurs qui y oeuvrent<br />

pour <strong>leur</strong> meil<strong>leur</strong>e exploitation <strong>La</strong><br />

République démocratique <strong>du</strong> Congo vient<br />

d’être dotée de la version finale de son<br />

document de Politique nationale de la<br />

pêche et de l’aquaculture (PNPA). Et ce,<br />

moyennant des amendements des experts.<br />

Ce document a été validé à l’issue d’un<br />

atelier clôturé vendredi 04 mai 2012 au<br />

CEPAS, dans la commune de la Gombe à<br />

Kinshasa, lequel a été organisé sous<br />

l’égide <strong>du</strong> ministère en charge de la Pêche<br />

avec l’appui de ACPFISH II (programme<br />

visant à contribuer à la gestion <strong>du</strong>rable et<br />

équitable de la pêche dans les régions des<br />

États ACP). En effet, la Politique nationale<br />

de la pêche et de l’aquaculture (PNPA)<br />

repose sur une vision <strong>du</strong>rable <strong>du</strong> domaine<br />

et définit des objectifs, globaux et<br />

spécifiques, ainsi que des principes<br />

directeurs. Elle vise une société d’espoir,<br />

capable de hisser la RDC au rang des pays<br />

à revenu intermédiaire, à économie<br />

émergente et d’atteindre les objectifs <strong>du</strong><br />

millénaire de développement (OMD).<br />

Son objectif principal est d’amener le<br />

domaine de la pêche et de l’aquaculture<br />

dans une dynamique de gestion <strong>du</strong>rable<br />

en vue d’améliorer la pro<strong>du</strong>ctivité à travers<br />

l’entrepreneuriat, en tenant compte de<br />

l’environnement provincial, sousrégional,<br />

régional et international.<br />

Promouvoir l’aquaculture sous toutes ses<br />

formes ainsi que la gestion différenciée des<br />

pêcheries avec des institutions<br />

provinciales adaptées ; améliorer la<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.10<br />

Le CADC- Congo planifie ses activités pour la sécurité<br />

alimentaire dans la péripherie de Kinshasa<br />

L<br />

e Centre d’Appui au<br />

d é v e l o p p e m e n t<br />

Communautaire <strong>du</strong> Congo<br />

(CADC-Congo) a tenu, les 9<br />

et 10 juin 2012 au Centre d’accueil Usuma<br />

de Kinshasa, un atelier de planification des<br />

activités pour la première année de son<br />

programme quadriennal (2012-2015) de<br />

sécurité alimentaire pour les associations<br />

<strong>paysan</strong>nes dans la périphérie de Kinshasa.<br />

Financé par la Fédération genevoise de<br />

coopération à travers la Caritas Genève,<br />

ce programme concerne 40 associations<br />

<strong>paysan</strong>nes de deux zones d’intervention,<br />

à savoir : la zone de Ndjili Brasserie<br />

(Nsele) comprenant les villages de<br />

Manenga, Nganda Pio, Lucio et Dingi-<br />

Dingi ; et la zone <strong>du</strong> Plateau de Bateke<br />

pour les villages Bita, Kimpeti, Karo, Sao,<br />

Kamitatu et Balumu.<br />

L’atelier, qui était animé par l’ingénieur<br />

agronome Célestin Koko Nzeza, a compté<br />

avec la <strong>participation</strong> d’une vingtaine de<br />

professionnels, dont aussi bien des experts<br />

<strong>La</strong> RDC dotée d’un document de politique<br />

nationale de pêche et de l’aquaculture PNPA<br />

structuration et la gestion des<br />

organisations, constituent donc des<br />

objectifs spécifiques de cette politique.<br />

Voilà qui justifie l’ultime importance des<br />

travaux de cet atelier qui a connu la<br />

<strong>participation</strong> des consultants, professeurs,<br />

personnes ressources, directeurs et cadres<br />

de l’administration de la Pêche, des<br />

inspecteurs provinciaux de la Pêche etc.<br />

Ces derniers ont mis à contribution <strong>leur</strong><br />

savoir, expérience et expertise pour valider<br />

ce document Politique nationale de la<br />

pêche et de l’aquaculture qui sera soumis<br />

d’ici peu au nouveau Gouvernement de la<br />

République.<br />

Il faut signaler que les participants à ces<br />

travaux ont également dégagé une vision<br />

spécifique liée à ce secteur. <strong>La</strong>quelle se<br />

tra<strong>du</strong>it en ces termes : « la politique de la<br />

pêche et de l’aquaculture se veut un secteur<br />

animé par des acteurs publics et privés<br />

dynamiques, capables de créer des emplois<br />

et d’augmenter la pro<strong>du</strong>ction par une<br />

exploitation <strong>du</strong>rable des ressources<br />

halieutiques et aquacoles en vue de ré<strong>du</strong>ire<br />

la pauvreté, d’assurer la sécurité<br />

alimentaire et l’accès des populations aux<br />

services sociaux de base », lit-on dans le<br />

rapport final de cet atelier. Lequel a été<br />

marqué par quatre temps forts. D’abord, la<br />

présentation d’ACPFISH II qui est<br />

spécifiquement un programme de<br />

renforcement <strong>du</strong> développement et de la<br />

mise en œuvre des politiques sectorielles<br />

de pêche, par son coordonnateur régional<br />

pour l’Afrique centrale. Puis, le document<br />

amendé de Politique nationale des pêches<br />

et aquaculture par les consultants de<br />

SOFRECO. Et les travaux proprement dit<br />

de cet atelier ont intervenu après la<br />

présentation de la méthodologie.<br />

<strong>Les</strong> quatre groupes de travail constitués à<br />

cet effet (pêche, aquaculture, recherche,<br />

<strong>Les</strong>participants à l’atelier deplanification de l’année 1 <strong>du</strong> programme de sécurité alimentaire dans la<br />

péripherie de Kinshasa<br />

agronomes que des spécialistes en gestion<br />

de projets communautaires. On a observé<br />

également la présence de représentants des<br />

vision de la politique de pêche et<br />

aquaculture) s’étaient penchés sur les<br />

amendements de fonds relatifs à la vision,<br />

aux champs politiques, aux axes<br />

stratégiques et actions prioritaires de ce<br />

document de PNPA. Pour le secrétaire<br />

générale à l’Agriculture, Pêche et Elevage,<br />

M. Ali Ramazani qui a présidé la cérémonie<br />

de clôture de l’atelier, « Ce document qui<br />

constitue à la fois un instrument<br />

fondamental de gestion et de planification<br />

<strong>du</strong> secteur de pêche et l’aquaculture, vient<br />

de jeter les bases d’une nouvelle vision et<br />

des nouvelles stratégies pour le<br />

développement de ce secteur en RDC ». Il<br />

a ainsi formulé les vœux que ce document<br />

soit consolidé davantage par<br />

l’élaboration des plans et programmes<br />

d’action nécessaires pour la mise en œuvre<br />

de cette politique nationale.<br />

Lepetit Baende/L’Avenir<br />

autorités politico-administratives des<br />

axes concernés ainsi que de représentants<br />

des communautés bénéficiaires. Outre les<br />

membres <strong>du</strong> CADC-Congo, ces experts<br />

provenaient, notamment, de l’INADES<br />

Formation, <strong>du</strong> Ministère congolais de<br />

l’Agriculture, de l’Action de carême<br />

Suisse, de l’inspection de l’agriculture de<br />

la commune de Maluku et de N’sele, de la<br />

Caritas Développement Kinshasa ainsi<br />

que de la Caritas Congo.<br />

Tous ont travaillé sans relâche dans le but<br />

de renforcer les capacités des animateurs<br />

ainsi que des parties prenantes sur la<br />

planification, l’exécution et le suivi des<br />

activités. Au terme des travaux, le CADC-<br />

Congo a pu enrichir le cadre logique <strong>du</strong><br />

programme avec des activités détaillées<br />

qui ont également été planifiées en vue de<br />

<strong>leur</strong> exécution. <strong>Les</strong> animateurs ont, pour<br />

<strong>leur</strong> part, maîtrisé les outils de<br />

planification et de suivi des activités.<br />

Le programme quadriennal de sécurité<br />

alimentaire apprêté par le CADC-Congo<br />

tombe à point nommé. En effet, les<br />

populations des zones ciblées font face à<br />

la prévalence d’une malnutrition aiguë et<br />

à une mortalité infanto-maternelle élevée.<br />

L’accès à l’eau potable dans ces zones est<br />

quasi inexistant, tandis que<br />

l’environnement connait une dégradation<br />

préoccupante. Enfin, les villages ciblés se<br />

caractérisent par une précarité prononcée<br />

des conditions de vie de la population. Le<br />

CADC-Congo a ainsi estimé utile, à<br />

travers ce programme, de mener des<br />

interventions pour atténuer, un tant soit<br />

peu, l’impact de cette pauvreté par un<br />

encadrement et un accompagnement des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> structurés en associations,<br />

principalement sur la base des activités de<br />

sécurité alimentaire.<br />

L’Objectif <strong>du</strong> programme est donc<br />

d’améliorer les conditions de vie des<br />

populations concernées grâce à<br />

l’instauration, à terme, d’une agriculture<br />

<strong>du</strong>rable. Plus spécifiquement, il s’agit de<br />

renforcer la sécurité alimentaire et<br />

d’améliorer le revenu des ménages de 40<br />

associations ciblées et de ré<strong>du</strong>ire de 50%<br />

les taux d’analphabétisme, des maladies<br />

d’origine hydrique et des risques de<br />

contamination au VIH/SIDA, sans oublier<br />

le renforcement <strong>du</strong> rôle et <strong>du</strong> pouvoir de<br />

décision de la femme. Pour atteindre ces<br />

objectifs, l’atelier de planification a<br />

recensé plusieurs activités allant de<br />

formations diverses à la sensibilisation en<br />

passant par des appuis et des encadrements<br />

aussi bien sur la chaîne agricole qu’au sujet<br />

de la santé, de l’eau, de l’environnement et<br />

<strong>du</strong> leadership de la femme, sans oublier<br />

l’alphabétisation fonctionnelle<br />

Jonas Kota<br />

Atelier de planification de l’année 1 <strong>du</strong> programme de sécurité alimentaire dans la péripherie de<br />

Kinshasa


D<br />

Echange d’expériences entre pêcheurs<br />

<strong>du</strong> Sud -Kivu et de Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong><br />

ans le cadre de l’exécution <strong>du</strong><br />

projet Ndjamba Ndjale et en<br />

rapport avec les Résultats 2 et 3<br />

<strong>du</strong> projet, un voyage d’échange<br />

a été organisé mi-avril 2012 ,<br />

sous l’egide <strong>du</strong> CENADEP, à Bukavu.En<br />

effet,les pêcheurs <strong>du</strong> lac Maï Ndombe sont<br />

allés pour apprendre et acquérir des<br />

expériences sur la pêche dans la province<br />

<strong>du</strong> Sud Kivu en vue de les aider à changer<br />

de comportement et à avoir plus de<br />

créativités dans <strong>leur</strong> profession.<br />

Il sied de rappeler que le lac Maï Ndombe<br />

est l’un des lacs <strong>du</strong> pays qui connaissent<br />

une diminution sensible des ressources<br />

halieutiques suite à une forte pression de<br />

pêche exercée par la population sur le lac.<br />

Absence d’une réglementation de la pêche,<br />

niveau de pauvreté très avancé de la<br />

population, absence d’activités<br />

alternatives, faible esprit de créativité,<br />

insuffisance d’informations et des<br />

sensibilisations sur les risques<br />

d’extermination des ressources naturelles<br />

et impacts environnementaux suite à une<br />

pêche non responsable… voilà le contexte<br />

dans lequel évoluent les pêcheurs <strong>du</strong> Maï<br />

–Ndombe.<br />

Cette situation appelle en urgence la mise<br />

en place des stratégies de sensibilisation<br />

pour amener les communautés locales à<br />

une prise de conscience <strong>du</strong> danger qui les<br />

guette. Etant donné l’enclavement <strong>du</strong><br />

milieu, créer des ouvertures aux pêcheurs<br />

pour découvrir les réalités d’autres<br />

milieux pourrait entrainer un réel<br />

changement de comportement et<br />

vouloir pêcher plus et<br />

rapidement, les pêcheurs de<br />

A l’Équateur, au nord de la RDC,<br />

mettent à mal les écosystèmes,<br />

limitant la repro<strong>du</strong>ction et le<br />

développement des poissons. <strong>La</strong><br />

traditionnelle et prospère pêche à la nasse<br />

qui les respectait tend à disparaître.<br />

Pêcheur de longue date sur le fleuve Congo<br />

à Bakanga (10 km en aval de Mbandaka),<br />

le septuagénaire Nestor Munsonga ne<br />

cesse de regretter le bon vieux temps. Alors,<br />

en ce début de la petite saison pluvieuse<br />

d’avril, il pouvait déjà poser de<br />

nombreuses nasses en toute sérénité,<br />

assuré de faire ses premières captures et se<br />

constituer un stock. Aujourd’hui, il a <strong>du</strong><br />

mal à en installer ne serait-ce qu’une<br />

dizaine. Toutes les herbes et les arbustes<br />

bordant le fleuve aux environs de son<br />

campement ont été déracinés ou coupés par<br />

d’autres pêcheurs qui, eux, emploient soit<br />

les «nkala», une sorte de treillis faits de<br />

raphia, soit des filets à très petites mailles<br />

en forme de poche. «Voilà ce qu’ils ont<br />

fait…, se lamente Nestor. C’est par ici que<br />

nous débutions notre campagne.<br />

Maintenant, il ne reste plus rien. Il nous<br />

faut attendre que les îlots soient inondés<br />

pour aller chercher des endroits où poser<br />

nos nasses. Et si cela n’arrivait pas, qu’estce-que<br />

nous deviendrons ?».<br />

contribuer ainsi à la conservation des<br />

ressources halieutiques et pourquoi pas<br />

naturelles.<br />

Dans ce contexte, le projet Ndjamba<br />

Ndjale, par l’entremise <strong>du</strong> bureau de<br />

Cenadep, chargé de la coordination <strong>du</strong><br />

projet et de la structuration des O.P.P., a<br />

organisé un voyage d’échanges à<br />

destination de Bukavu où l’activité pêche<br />

est mieux organisée : règlementation,<br />

Techniques de pêche, organisation<br />

(structuration des associations), circuits<br />

de commercialisation. A cause des<br />

avancées significatives que connaissent<br />

les pêcheurs <strong>du</strong> lac Kivu, une délégation<br />

de 6 personnes dont 4 pêcheurs <strong>du</strong> lac Maï<br />

Ndombe provenant des 4 différents axes<br />

d’intervention <strong>du</strong> projet et 2 agents<br />

d’exécution <strong>du</strong> projet a effectué cette visite<br />

d’échange à titre pédagogique.<br />

Cette mission avait pour objectif<br />

d’améliorer les conditions de vie des<br />

pêcheurs <strong>du</strong> lac Maï Ndombe. Il fallait pour<br />

ce faire amener ces 4 pêcheurs <strong>du</strong> lac Maï<br />

Ndombe et ces 2 agents <strong>du</strong> projet à<br />

découvrir de nouvelles expériences sur la<br />

pêche dans d’autres sites ; acquérir de<br />

nouvelles expériences sur l’organisation<br />

<strong>du</strong> secteur de pêche ; aux pêcheurs <strong>du</strong> lac<br />

Maï Ndombe et découvrir le niveau<br />

d’organisation <strong>du</strong> secteur de pêche sur le<br />

lac Kivu.<strong>La</strong> mission devait aussi prendre<br />

des contacts utiles pour l’organisation <strong>du</strong><br />

secteur de pêche sur le lac Maï Ndombe et<br />

amener les communautés <strong>du</strong> lac Maï<br />

Ndombe au changement de<br />

comportement,<br />

Cette mission a donné des meil<strong>leur</strong>s<br />

résultats, entre autres l’acquisition de<br />

nouvelles expériences sur l’organisation<br />

<strong>du</strong> secteur de pêche par les pêcheurs <strong>du</strong> Maï<br />

Ndombe ; la découverte <strong>du</strong> niveau<br />

d’organisation <strong>du</strong> secteur de pêche sur le<br />

lac Kivu, des contacts utiles pris pour<br />

l’organisation <strong>du</strong> secteur de pêche sur le<br />

lac Maï Ndombe ; des changements de<br />

comportement<br />

des communautés des pêcheurs <strong>du</strong> lac Maï<br />

Ndombe suite à des activités de<br />

sensibilisation menées lors de cette<br />

mission . Aussi, 4 pêcheurs et 2 agents <strong>du</strong><br />

ACTUALITES<br />

projet ont découvert de nouvelles<br />

expériences sur la pêche dans d’autres<br />

sites;<br />

Grégoire Baku<br />

Coordonnateur a.i <strong>du</strong> Projet Ndjamba-<br />

Ndjale<br />

<strong>La</strong> pêche à la nasse tend à dispraître en RDC<br />

UNE TECHNIQUE<br />

ANCESTRALE PROPRE<br />

Technique traditionnelle séculaire<br />

pratiquée par la tribu «Libinza» et<br />

apparentés dans la province de l’Équateur,<br />

la pêche à la nasse s’effectue en bor<strong>du</strong>re<br />

des cours d’eau et n’attrape souvent que<br />

de gros poissons au sein de la flore<br />

aquatique, «milieu de vie de poissons par<br />

excellence». «Or, les autres pêcheurs, eux,<br />

scrutent sans cesse les berges des cours<br />

d’eau à la recherche <strong>du</strong> moindre espace<br />

herbeux. Une fois repéré celui-ci est<br />

encerclé, toute sa végétation coupée et<br />

arrachée afin d’en recueillir, sans<br />

distinction de taille, toutes les espèces de<br />

poisson qui s’y trouvent, regrette le vieux<br />

Nestor. En détruisant ces sites halieutiques,<br />

ils nous privent de notre terrain<br />

d’exploitation et empêchent les poissons<br />

de se repro<strong>du</strong>ire».Timothée Mangwele,<br />

agro-vétérinaire et fervent pratiquant de la<br />

pêche à la nasse soutient que cette manière<br />

de procéder a des implications néfastes sur<br />

l’environnement et sur <strong>leur</strong> pêche. «En<br />

s’attaquant de façon effrénée à ces espaces,<br />

on ré<strong>du</strong>it considérablement le nombre des<br />

sites halieutiques, on détruit les frayères<br />

(lieux de repro<strong>du</strong>ction des poissons) et on<br />

prive les poissons de <strong>leur</strong> nourriture», faitil<br />

observer remarquant une baisse de<br />

Pêcheurs dans le <strong>La</strong>c Kivu (Photo LVPC)<br />

pro<strong>du</strong>ctivité. «Des pêcheurs reconnaissent<br />

que certaines espèces de poissons comme<br />

le «mboto» et le «monganza», de gros<br />

calibre, ne se font plus prendre en quantité<br />

comme par le passé», dit-il.Pour JB<br />

Maleka, assistant à l’Institut supérieur de<br />

Pêche à Mbandaka, la pêche à la nasse est<br />

très écologique : elle ne se pratique que<br />

pendant la période de crues (avril-mai et<br />

août-décembre), laissant ainsi le temps<br />

aux poissons de se repro<strong>du</strong>ire et de se<br />

développer. Pour être mise en oeuvre, cette<br />

technique de pêche exige la présence de la<br />

végétation aquatique, ce qui contribue à<br />

préserver l’écosystème.<br />

RÉGLEMENTER LA PÊCHE<br />

Moins rentable, la pêche à la nasse n’attire<br />

cependant plus autant de monde. Finie<br />

l’époque où l’on pouvait contempler, au<br />

mois d’août, des villages entiers vidés de<br />

<strong>leur</strong>s habitants, des centaines et des<br />

centaines de personnes descendant le<br />

fleuve Congo à destination de lointains<br />

campements <strong>du</strong> sud et ne rentrer qu’à la<br />

Pêche à la natte dans les célèbres chuttes de Wagenia à Kisangani<br />

mi-décembre. <strong>Les</strong> jeunes surtout s’en<br />

désintéressent. Bionic Mobonga, l’un<br />

d’eux s’en explique : «à quoi sert-il de<br />

fabriquer des nasses en grande quantité<br />

lorsqu’on sait qu’on n’aura pas assez<br />

d’espace pour les poser et qu’en définitive,<br />

on ne récoltera pas grand-chose ? Moi j’ai<br />

abandonné…»,se désole-t-il.<br />

Nostalgiques, les personnes âgées refusent<br />

de s’avouer vaincues. «Il faut règlementer<br />

la pêche. Tolérer les mauvaises pratiques,<br />

c’est appauvrir et la population et<br />

l’environnement», demande Timothée <br />

Mathieu Mokolo<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.11


REPORTAGE<br />

<strong>La</strong> foire manioc a été une occasion pour<br />

l’APTM de présenter ses pro<strong>du</strong>its à base<br />

de manioc. Le souhait de l’Association<br />

des Pro<strong>du</strong>cteurs et Transformateurs de<br />

Manioc, APTM, est que cette foire soit un<br />

lieu de contact avec les autres acteurs<br />

capables de soutenir les maillons faibles<br />

des filières agricoles en Afrique. L’APTM<br />

est convaincue que l’amélioration des<br />

conditions de vie de la population passe<br />

aussi par l’augmentation de la pro<strong>du</strong>ction<br />

et de pro<strong>du</strong>ctivité agricoles, la<br />

transformation de ces pro<strong>du</strong>its afin de<br />

diversifier et d’allonger la <strong>du</strong>rée de<br />

conservation des pro<strong>du</strong>its périssables et<br />

l’accès équitable aux marchés<br />

économiques rentables. L’APTM a été<br />

créée en 2004 avec plus de 600 membres<br />

et 6 000 ménages. <strong>La</strong> mission est la<br />

valorisation <strong>du</strong> manioc qui est le pro<strong>du</strong>it<br />

consommé par la majorité des congolais<br />

en particulier et <strong>du</strong> Bas Congo en général.<br />

L’APTM s’engage à promouvoir la<br />

Réactions<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P. 12<br />

Face à face agriculteurs, transformateurs et financiers à<br />

la IIème Foire agricole et artisanale de Kimpese<br />

A<br />

griculteurs, éleveurs et<br />

transformateurs venus de tout<br />

le Bas Congo, notamment de<br />

territoires de Luozi, Seke<br />

Banza, Songololo et Mbanza<br />

Ngungu ont pris part à la foire agricole et<br />

artisanale de Kimpese <strong>du</strong> 8 au 10 juin<br />

2012. Organisée par le Centre régional<br />

d’appui et de formation pour le<br />

développement, CRAFOD, cette foire a<br />

été ouverte et clôturée par le Directeur de<br />

cabinet <strong>du</strong> Ministre provincial de<br />

l’agriculture et d’élevage <strong>du</strong> Bas Congo,<br />

Nzun<strong>du</strong> Luntadi.<br />

L’Administrateur <strong>du</strong> territoire de<br />

Songololo a souhaité que cette foire<br />

agricole et artisanale de Kimpese soit<br />

pérennisée annuellement. « Ça serait une<br />

occasion de prouver à d’autres provinces<br />

que nous sommes réellement un grenier<br />

agricole. S’il est vrai que l’or, le diamant<br />

et d’autres minéraux précieux sont<br />

Mme MAMIE MAHUNGU,<br />

Présidente de l’APTM : «Le Manioc<br />

doit devenir un business «<br />

NZUNDU LUNTADI, Directeur de cabinet <strong>du</strong> Ministre provinciale<br />

de l’agriculture <strong>du</strong> Bas Congo: « <strong>La</strong> foire agricole et artisanale de Kimpese est<br />

perçue comme un moyen pour réaliser la promotion de la pro<strong>du</strong>ction agricole et artisanale<br />

de la province s’inscrit dans la logique de la liaison de la pro<strong>du</strong>ction avec le marché.<br />

L’initiative est très louable et mérite que des sincères félicitations soient adressées à<br />

ces auteurs et organisateurs»<br />

JULIEN MAFUANIKISA, Eleveur membre de l’Association des<br />

éleveurs de gros bétails de Songololo, AEGBS: « Dans le contexte des<br />

éleveurs, la foire est un marché ou les gens se rencontrent et échangent les expériences.<br />

Mais, nous avons connu un problème puisque nous ne pouvions pas exposer nos bœufs<br />

car il fallait un moyen de transport qui coûtait cher pour louer un véhicule.<br />

MPELA BOMOKINA, Chargé de pro<strong>du</strong>ction <strong>du</strong> Centre<br />

d’encadrement des familles indigentes/ Kimpese: « Nous sommes<br />

contents de la tenue de cette foire . Notre premier intérêt est de faire connaître nos<br />

pro<strong>du</strong>its et la vente a suivi.»<br />

Réactions recueillies par JB Lubamba<br />

culture <strong>du</strong> manioc . Elle est une<br />

organisation qui réunit des pro<strong>du</strong>cteurs<br />

de manioc. <strong>La</strong> vision est de faire <strong>du</strong><br />

manioc un business c’est-à-dire faire <strong>du</strong><br />

manioc un tremplin pour le<br />

développement de l’économie de la RDC<br />

en améliorant sa qualité, sa quantité et son<br />

prix.<br />

Mme Mamie MAHUNGU<br />

Un reportage de Jean-Baptiste Lubamba<br />

Ambiance lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la Foire agricole et artisanale de Kimpese<br />

inaccessibles à tout le monde, il est aussi<br />

vrai que la terre à cultiver, pour élever ou<br />

pêcher est à la portée de tout le monde »,<br />

a-t-il déclaré.<br />

Pour sa part, Willy Bongolo, Directeur<br />

de CRAFOD, la deuxième foire agricole<br />

et artisanale de Kimpese poursuit les<br />

mêmes objectifs que la première tenue en<br />

juin 2011, à savoir : « Promouvoir les<br />

pro<strong>du</strong>its vivriers, maraichers,<br />

halieutiques et transformés de la province<br />

Quelles sont les premières impressions<br />

à l’occasion de cette deuxième foire<br />

agricole et artisanale de Kimpese ?<br />

Ma première impression est d’abord la<br />

forte mobilisation des pro<strong>du</strong>cteurs qui ne<br />

sont pas seulement de Songololo, mais<br />

qui sont venus presque de tout le Bas<br />

Congo.<br />

D’où viennent-il exactement?<br />

Ils viennent notamment de là ou nous<br />

avons des postes d’animation rurale<br />

notamment de Luozi, Sekebansa, Mbanza<br />

Ngungu ainsi que de Madimba qui sont<br />

tous ici et nous avons des partenaires<br />

privés notamment ceux qui sont dans la<br />

pro<strong>du</strong>ction comme : Midema,<br />

ISTACHA…<br />

Qu’est-ce qui explique cet engouement ?<br />

<strong>Les</strong> gens ont compris que l’on peut<br />

pro<strong>du</strong>ire le manioc, l‘on peut pro<strong>du</strong>ire les<br />

arachides, les bananes… ça n’a pas une<br />

va<strong>leur</strong> ajoutée, il faut maintenant aller vers<br />

la transformation pour avoir cette va<strong>leur</strong><br />

ajoutée. Ici ceux qui sont dans la filière<br />

transformation nous ont démontré qu’on<br />

peut augmenter la va<strong>leur</strong> ajoutée.<br />

Votre deuxième impression ?<br />

<strong>La</strong> deuxième impression c’est beaucoup<br />

plus sur la microfinance.<strong>Les</strong>partenaires<br />

ont compris que les pro<strong>du</strong>cteurs ont un<br />

<strong>du</strong> Bas Congo ; Promouvoir les<br />

technologie appropriées et les œuvres<br />

d’art <strong>du</strong> Bas Congo ; Favoriser les<br />

contacts entre agriculteurs/éleveurs et<br />

pro<strong>du</strong>cteurs des technologies appropriées<br />

d’une part et ces premiers et les opérateurs<br />

de la micro finance d’autre part ; Favoriser<br />

la découverte des potentialités <strong>du</strong> Bas<br />

Congo ; Permettre aux pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles, pêcheurs, transformateurs et les<br />

institutions financières à se faire<br />

sérieux problème notamment celui<br />

d’agrandir <strong>leur</strong>s affaires et ils sont venus<br />

se joindre à nous pour nous rencontrer et<br />

noter toutes les difficultés que rencontrent<br />

les pro<strong>du</strong>cteurs .Ils nous ont fait voir qu’ils<br />

ont des réponses à ces difficultés<br />

notamment en ce qui concerne le capital<br />

financier (argent) pour pro<strong>du</strong>ire<br />

davantage. Il y a Procrédit Bank qui est<br />

venu, il y a aussi BIAC et d’autres<br />

partenaires IFC qui accompagne toutes les<br />

banques qui sensibilisent, qui forment<br />

connaître ; Faciliter les contacts directs,<br />

sans intermédiaires entre pro<strong>du</strong>cteurs et<br />

les acheteurs/consommateurs ;<br />

Promouvoir la culture de la paix par les<br />

enfants des écoles maternelles et primaires<br />

et par les pratiques des arts martiaux ;<br />

Revaloriser nos pro<strong>du</strong>its et aliments<br />

locaux ».<br />

(suite en page 13)<br />

Willy Bongolo, Directeur <strong>du</strong> CRAFOD<br />

« Il faut maintenant aller vers la transformation des<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles pour avoir une va<strong>leur</strong> ajoutée»<br />

M. Willy Bongolo prononçant son discours de cirsconstance à<br />

l’ouverture de la Foire<br />

afin que nous soyons en mesure de monter<br />

des plans d’affaires pouvant permettre<br />

d’avoir de micro crédits.<br />

Quelles sont les perspectives de<br />

la foire agricole et artisanale de<br />

Kimpese ?<br />

En organisant cette foire, nous avons<br />

toujours visé faire en sorte que nous<br />

puissions avoir une foire qui devrait se<br />

(suite en page 13)


Face à face agriculteurs, transformateurs et financiers à<br />

la IIème Foire agricole et artisanale de Kimpese<br />

(suite de la page 12)<br />

Le Directeur de cabinet <strong>du</strong> ministre<br />

provincial de l’agriculture <strong>du</strong> Bas Congo<br />

a indiqué dans son allocution qu’on<br />

pro<strong>du</strong>it pour un marché et le revenu<br />

permanent doit revenir aux pro<strong>du</strong>cteurs<br />

pour acquérir les biens sociaux dont ils<br />

ont besoin pour améliorer <strong>leur</strong>s conditions<br />

de vie.<br />

En clair, le développement d’une zone est<br />

intimement en relation avec l’accès aux<br />

marchés de sa pro<strong>du</strong>ction. Celle-ci doit<br />

être pro<strong>du</strong>ctive et doit s’inscrire dans une<br />

filière agricole porteuse et mutualisée pour<br />

faire profiter la pro<strong>du</strong>ction à la base des<br />

avantages <strong>du</strong> marché.<br />

(suite de la page 12)<br />

tenir chaque année. Maintenant, les gens<br />

réclament une semaineau lieu de 3 jours .<br />

Pour nous, nous faisons un plaidoyer<br />

auprès des autorités locales, provinciales<br />

pourqu’on puisse institutionnaliser la<br />

foire et que tout le monde puisse savoir<br />

que chaque année il y a une foire qui se<br />

tient à Kimpese à telle période. Mauis nous<br />

voulons aider les pro<strong>du</strong>cteurs à pouvoir<br />

se professionnaliser dans un ou deux<br />

pro<strong>du</strong>its. Car ils ont compris que quand<br />

on est partout, il est difficile de se<br />

professionnaliser, de bien maitriser la<br />

filière. Nous voulons bien accompagner<br />

ces pro<strong>du</strong>cteurs pour qu’ils puissent se<br />

professionnaliser dans un ou deux<br />

pro<strong>du</strong>its. Voilà les grandes perspectives.<br />

Que pouvez-vous dire en conclusion ?<br />

Je lance un premier appel à la population<br />

de Songololo. Vous avez constaté que<br />

ceux qui ont exposé sont venus de loin.<br />

<strong>La</strong> population locale de Kimpese,<br />

Songololo n’est pas venue nombreuse<br />

Il a souligné que les enjeux de l’heure sont<br />

la compétitivité de pro<strong>du</strong>its agricoles de<br />

la RDC dans les grands ensembles comme<br />

la SADC, le COMESA. Pour y arriver, il<br />

faut Faire « un effort pour aplanir les<br />

entraves et les goulots d’étranglement ;<br />

Prendre urgemment des dispositions<br />

requises pour répondre de manière<br />

adéquate à l’absence de compétitivité liée<br />

à la pro<strong>du</strong>ction locale de matière<br />

première ; Mettre tout en œuvre pour<br />

parachever l’intégration locale et<br />

désenclaver les sites de pro<strong>du</strong>ction pour<br />

rattraper ainsi le retard qui risque de nous<br />

être préjudiciable dans l’intégration<br />

régionale et mondiale qui se présente<br />

Participation des OP <strong>du</strong> PDIBF<br />

à la IIème édition de la Foire<br />

agricole de Kimpese<br />

Q<br />

uatre représentants des<br />

organisations <strong>paysan</strong>nes et le<br />

gérant de la Coopec-Mayombe<br />

appuyées par le CENADEP dans le Bas-<br />

Fleuve dans le cadre <strong>du</strong> programme de<br />

développement intégré <strong>du</strong> Bas-Fleuve<br />

(PDIBF) ont pris part <strong>du</strong>rant deux jours à<br />

la foire agricole et artisanale de Kimpese<br />

organisée <strong>du</strong> 8 au 10 juin 2012. Accueillis<br />

par l’autorité provinciale, représentée par<br />

le Directeur de cabinet <strong>du</strong> Ministre<br />

provinciale de l’agriculture et d’élevage<br />

<strong>du</strong> Bas Congo, Nzun<strong>du</strong> Luntadi, ces<br />

derniers ont découvert des<br />

impressionnantes innovations dans la<br />

transformation et conservation <strong>du</strong><br />

manioc, des fruits, de la viande de porc et<br />

volaille etc…. et <strong>du</strong> sens <strong>du</strong><br />

professionnalisme de <strong>leur</strong>s pairs. Des<br />

échanges fructueux ont lieu avec les<br />

pro<strong>du</strong>cteurs et transformateurs de<br />

Kimpese et environnants présents à la<br />

foire sur les semences et les différentes<br />

techniques culturales ainsi que de<br />

transformation et de conservation de ces<br />

pro<strong>du</strong>its ainsi qu’avec la société financière<br />

internationale (IFC) qui voudrait<br />

contribuer à la promotion des petites et<br />

moyennes entreprises (PME)<br />

particulièrement dans le domaine<br />

agricole.<br />

«Il faut do ner à l’agriculture une place de<br />

choix pour ré<strong>du</strong>ire la pauvreté »<br />

alors que l’appel a été lancé depuis le début<br />

<strong>du</strong> mois de mai 2012. <strong>La</strong> population n’est<br />

pas venue nombreuse vendre alors que<br />

c’est la foire agricole. Nous n’avons pas<br />

organisé un kermesse. Nous aurions dû<br />

avoir beaucoup de pro<strong>du</strong>its agricoles,<br />

maraîchers, vivriers, d’élevage… Un autre<br />

appel est adressé aux populations qui<br />

remettent l’agriculture en seconde zone<br />

alors qu’elle occupe plus de 85 % de la<br />

population en RDC. Si nous ne donnons<br />

pas à l’agriculture une place de choix, il<br />

sera difficile de ré<strong>du</strong>ire la pauvreté dans<br />

notre pays. Je pense que nous aurons<br />

intérêt de pro<strong>du</strong>ire en mécanisant notre<br />

agriculture. <strong>Les</strong> tracteurs ne suffisent pas,<br />

il faudrait que l’état puisse en distribuer<br />

d’autres, distribuer des semences, des<br />

intrants afin que les petits et gros<br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles puissent pro<strong>du</strong>ire<br />

d’avantages afin d’accéder aux crédits.<br />

Propos recueillis par Jean Baptiste<br />

Lubamba<br />

dorénavant comme un processus<br />

inexorable », a-t-il conclu.<br />

Cette foire se tient dans un contexte ou<br />

l’agriculture est dominée par une<br />

agriculture de subsistance dont plusieurs<br />

facteurs sont à la base de cette prééminence<br />

de l’agriculture commerciale dans le<br />

district de cataractes au Bas Congo.<br />

Il s’agit de l’évacuation pénible des<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles (secs et périssables)<br />

<strong>du</strong>e entre autres à l’éloignement des<br />

bassins de pro<strong>du</strong>ction par rapport aux<br />

marchés urbains, la détérioration lente de<br />

certaines pistes communautaires<br />

JB Lubamba<br />

Gratitude Ntonda Mandiangu, Entrepreneuse<br />

de 25 ans en RDC : «Je me suis lancée»<br />

U<br />

n cliquetis de bouteilles dans<br />

son local de 25 mètres carrés.<br />

«Voilà les jus de maracujas, ici<br />

le jus de mangues, au fond les<br />

jus de gingembre et d’orange,<br />

et ici le miel pour sucrer les boissons, et<br />

l’hydromel, le vin de miel.» C’est ici que<br />

cette jeune entrepreneure de 25 ans,<br />

diplômée en technique agroalimentaire,<br />

transforme et conserve les fruits qui certes<br />

font la richesse <strong>du</strong> Bas-Congo mais qui<br />

meurent dans les champs. L’absence de<br />

véhicules et la pauvreté <strong>du</strong> réseau routier<br />

<strong>du</strong> pays ne permettent pas de les acheminer<br />

au marché à temps. «Il fallait <strong>leur</strong> trouver<br />

une va<strong>leur</strong> ajoutée au lieu de perdre toute<br />

cette matière première disponible à bas<br />

prix.»<br />

RELEVER LE DÉFI<br />

Mlle Gratitude, comme elle tient à se faire<br />

appeler, emploie une vingtaine de femmes<br />

de sa région de Kisantu. Elles aident à<br />

nettoyer, couper, ré<strong>du</strong>ire en purée, stériliser<br />

et embouteiller les fruits. Sa microentreprise,<br />

le Cetrapal, (Centre de<br />

transformation de pro<strong>du</strong>its agro<br />

alimentaires locaux ) a été créée en 2008<br />

avec un petit fonds de démarrage de<br />

l’Union Européenne qui lui a permis<br />

d’acheter les appareils nécessaires.<br />

abandonnées et le coût élevé de transport ;<br />

les faibles compétences commerciales de<br />

petits exploitants agricoles ne <strong>leur</strong><br />

permettent pas d’accéder facilement aux<br />

marchés urbains nationaux et<br />

transnationaux et les tracasseries<br />

policières. <strong>La</strong> foire est donc un moyen<br />

choisi par le CRAFOD et ses partenaires<br />

pour consolider les cultures de la paix et<br />

de la bonne gouvernance d’une part et<br />

contribuer à la promotion de l’agriculture<br />

<strong>du</strong>rable dans la province <strong>du</strong> Bas Congo.<br />

Plusieurs rêvent d’un emploi. D’autres le créent. Devant les tristes «cimetières» de mangues pourries, Gratitude Ntonda Mandiangu<br />

a eu l’idée de préserver les richesses naturelles gaspillées <strong>du</strong> Bas-Congo en République démocratique <strong>du</strong> Congo et a créé sa propre<br />

entreprise.<br />

<strong>Les</strong> efforts de certains pour la décourager<br />

ont eu l’effet contraire : elle a redoublé<br />

d’efforts pour relever le défi et prouver<br />

qu’une femme peut réussir. «Je me suis<br />

lancée», dit-elle. Ses parents, actifs eux<br />

aussi dans le domaine agricole l’ont<br />

beaucoup encouragée à fonder son<br />

entreprise. A quelques pas <strong>du</strong> local, sa mère<br />

gère quelques champs qui ont l’avantage<br />

de ne pas être éloignés <strong>du</strong> centre de<br />

transformation. Une entreprise familiale<br />

? Résolument non, répond la maman :<br />

«Elle devra réussir par ses propres<br />

moyens». Car faire intervenir la famille<br />

dans ces contrées, explique-t-elle,<br />

risquerait de faire faillir l’entreprise. Elle<br />

n’en dit pas plus.<br />

MARKETING Une telle<br />

petite entreprise peut-elle survivre alors<br />

que les multinationales disposent déjà de<br />

réseaux de distribution efficaces de<br />

boissons sucrées et colorées à des prix<br />

inférieurs aux succulents jus embouteillés<br />

localement? A quelques kilomètres d’ici,<br />

au café terrasse de l’impressionnant jardin<br />

botanique de Kisantu, la journaliste<br />

commande un jus local. On ne sert que les<br />

cocas habituels dans cette institution qui<br />

s’enorgueillit de préserver le patrimoine<br />

agricole de cette région fertile <strong>du</strong> Bas-<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.13<br />

REPORTAGE<br />

Photo Helène Michaux<br />

Congo qui, si elle s’organisait, pourrait<br />

nourrir tout le pays.Mlle Gratitude rêve<br />

de synergie avec les grandes compagnies,<br />

et aussi avec ses concurrents en Afrique de<br />

l’Ouest, plus avancés dans ce domaine.<br />

Elle veut s’en inspirer «et même les<br />

dépasser». Pour l’instant – et c’est déjà<br />

une victoire dont elle est fière – ses jus<br />

Cetrapal sont ven<strong>du</strong>s dans un supermarché<br />

à quelques heures de route dans la capitale<br />

Kinshasa, et ail<strong>leur</strong>s en RDC. Elle rêve de<br />

conquérir tout le pays, l’Afrique, et<br />

pourquoi pas, le reste <strong>du</strong> monde.<br />

AGRICULTURE MODERNE<br />

Car l’avenir <strong>du</strong> pays est dans l’agriculture,<br />

affirme Gratitude, de concert avec nombre<br />

d’organisations internationales et de<br />

gouvernements africains. Mais<br />

l’agriculture, où il faut travailler <strong>du</strong>r sans<br />

rien gagner, n’intéresse pas les jeunes<br />

congolais, déplore-t-elle. Ce n’est pas cette<br />

agriculture «de l’antiquité» à la houe qu’il<br />

faut privilégier, mais une agriculture<br />

moderne mécanisée. C’est là que se trouve<br />

l’avenir. «Quand le peuple congolais<br />

mangera très bien, tout s’arrangera.»<br />

HELENE MICHAUD<br />

Radio Nederland/ Rédaction Afrique


L<br />

A LA UNE<br />

a nouvelle loi agricole parle<br />

<strong>du</strong> financement de<br />

l’agriculture au chapitre 3. On<br />

peut lire ceci:<br />

Article 56 : Il est créé un Fonds<br />

national de développement agricole, ciaprès<br />

dénommé Fonds, destiné à financer<br />

l’agriculture.<br />

Article 57 : <strong>Les</strong> ressources <strong>du</strong> Fonds sont<br />

constituées notamment : a) de redevances<br />

prélevées sur les pro<strong>du</strong>its agricoles et<br />

denrées alimentaires importés ; b) de<br />

recettes <strong>du</strong> service de la quarantaine<br />

végétale ; c) d’allocations budgétaires de<br />

l’Etat ; d) de dons et legs; e) de<br />

contributions des bail<strong>leur</strong>s de fonds. Un<br />

décret délibéré en Conseil des ministres<br />

détermine les pro<strong>du</strong>its agricoles et les<br />

denrées alimentaires importés passibles<br />

de la redevance <strong>du</strong> Fonds ainsi que le taux<br />

applicable.<br />

Article 58 : <strong>Les</strong> ressources <strong>du</strong> Fonds sont<br />

recouvrées par voie bancaire et déposées<br />

dans des comptes ouverts à cette fin.<br />

Article 59 : <strong>Les</strong> ressources <strong>du</strong> Fonds sont<br />

mises à la disposition des banques<br />

commerciales et des institutions de microfinances<br />

en couverture <strong>du</strong> financement<br />

public des crédits agricoles ou des<br />

garanties pour les crédits accordés aux<br />

exploitants agricoles.<br />

Article 60 : <strong>Les</strong> crédits accordés aux<br />

exploitants agricoles au titre <strong>du</strong> Fonds<br />

sont assujettis à des taux d’intérêt<br />

préférentiels.<br />

Article 61 : L’accès aux crédits <strong>du</strong> Fonds<br />

est soumis aux conditions particulières<br />

suivantes :<br />

a) être un exploitant ou un regroupement<br />

d’exploitants agricoles ayant une<br />

existence légale ;<br />

b) offrir des garanties de remboursement<br />

des capitaux empruntés ;<br />

c) s’engager à affecter la totalité <strong>du</strong> crédit<br />

à l’activité agricole financée.<br />

Article 62 : Outre l’octroi des<br />

Lisez et<br />

faites lire<br />

subventions, la province et l’entité<br />

territoriale décentralisée prennent, dans<br />

<strong>leur</strong>s juridictions respectives, les mesures<br />

incitatives pour la promotion des<br />

investissements publics et privés et<br />

l’octroi des <strong>La</strong> crédits pour Voix le développement<br />

de l’agriculture<br />

Pour les <strong><strong>paysan</strong>s</strong>, ce fonds qui arrive à<br />

point Du nommé <strong>leur</strong> Paysan<br />

permettra assuremment<br />

d’accroître <strong>leur</strong> pro<strong>du</strong>ction ; <strong>leur</strong> revenu et<br />

aussi <strong>leur</strong> Congo-<br />

niveau de vie. Depourvus de<br />

moyens , les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> éprouvent à ce jour<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.14<br />

Fonds de promotion de l’Agriculture<br />

<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> <strong>révendiquent</strong><br />

<strong>leur</strong> <strong>participation</strong><br />

<strong>La</strong> question de financement agricole reste au cœur de débats des ateliers organisés à l’initiative de l’Alliance AgriCongo au bénéfice des<br />

leaders d’organisations <strong>paysan</strong>nes. <strong>Les</strong> participants à ces ateliers ont tous relevé que l’agriculture sans argent ne peut pas évoluer. Ils ont<br />

ainsi reconnu la pertinence de la loi portant principes fondamentaux <strong>du</strong> secteur agricole qui prévoit en ses articles 56, 57,58,59, 60, 61 et 62<br />

la création d’un fonds pour le financement de l’agriculture.<br />

d’énormes difficultés pour acheter des<br />

intrants, les semences et entretenir une<br />

main d’oeuvre . Ce déficit les contraint<br />

d’ail<strong>leur</strong>s à être incapables d’acquérir des<br />

petites unités de pro<strong>du</strong>ction. Leurs<br />

pro<strong>du</strong>its sont ven<strong>du</strong>s à des prix dérisoires,<br />

sans va<strong>leur</strong> ajoutée. <strong>La</strong> conséquence est<br />

que les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> restent fatalement pauvres<br />

ré<strong>du</strong>its dans une agriculture de<br />

susbsistance sans avenir. Ainsi espèrentils<br />

participer à la gestion de ce fonds<br />

agricole pour ne plus retomber dans les<br />

erreurs <strong>du</strong> passé .<br />

Il faut dire que les pro<strong>du</strong>cteurs agricoles<br />

ont toujours été des parents pauvres en<br />

RDC. Pourtant ils participent au PIB <strong>du</strong><br />

pays à hauteur de 35 % chaque année. Ce<br />

qui contraste énormément avec la part <strong>du</strong><br />

budget réservé au secteur agricole. Pour<br />

2012, l’on parle de 3, 5 % <strong>du</strong> budget- une<br />

première- qui sera affecté à ce secteur.<br />

DIFFICILE ACCES AUX CREDITS<br />

L’accès au crédit reste difficile et très<br />

limitatif dans l’ensemble de l’économie<br />

congolaise. Le système bancaire<br />

comprend plus d’une vingtaine de<br />

banques commerciales dont les agences<br />

sont situées principalement à Kinshasa et<br />

dans les chefs-lieux des provinces. On<br />

estime qu’actuellement, il n’y a pas plus<br />

d’un millions de comptes bancaires pour<br />

une population de plus de 65 millions<br />

d’habitants. Il existe par ail<strong>leur</strong>s un nombre<br />

grandissant de coopératives d’épargne et<br />

de crédit (COOPEC) essentiellement à<br />

Kinshasa, au Katanga, au Bas-Congo et<br />

dans les Kivu (il n’en existe encore aucune<br />

dans certaines provinces comme le<br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>). Mais de nombreuses<br />

COOPEC ont de graves problèmes de<br />

gestion et une situation financière très<br />

fragile. Seulement 90 COOPEC ont pour<br />

l’instant été accréditées par la Banque<br />

centrale <strong>du</strong> Congo qui a commencé à<br />

réguler plus étroitement <strong>leur</strong><br />

développement. Enfin, il existe de<br />

nombreuses initiatives de microcrédit<br />

initiées par des ONG et/ou dans le cadre<br />

de projets de développement, de<br />

couverture en général très limitée et dont<br />

la viabilité est douteuse.<br />

<strong>Les</strong> activités des banques et des COOPEC<br />

concernent essentiellement la collecte<br />

d’épargne et le crédit à très court terme.<br />

Aucune de ces institutions n’offre de prêts<br />

à moyen terme. <strong>Les</strong> taux d’intérêt sont très<br />

élevés (40-50% pour les prêts en Francs<br />

congolais et 16-20% par an pour les prêts<br />

en dollar) et les crédits doivent être<br />

sécurisés par des garanties réelles que peu<br />

d’emprunteurs sont capables d’apporter.<br />

<strong>La</strong> seule institution accordant des crédits<br />

Emmanuel KOKOLO<br />

Faute de financement, les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais sont incapables de s’octroyer de petites unités de pro<strong>du</strong>ction<br />

à moyen terme est le Fonds de promotion<br />

de l’in<strong>du</strong>strie (FPI), une institution<br />

publique créé en 1989 pour financer<br />

l’activité économique, en particulier<br />

l’investissement. <strong>Les</strong> prêts <strong>du</strong> FPI sont<br />

accordés à des taux hautement<br />

subventionnés (15% par an en FC) et la<br />

demande des investisseurs est donc forte.<br />

Cependant les ressources <strong>du</strong> FPI sont très<br />

limitées33 et l’obtention d’un prêt est<br />

assez difficile. De plus, les conditions de<br />

crédit (5 ans avec un an de différé au mieux)<br />

Leurs pro<strong>du</strong>its sont ven<strong>du</strong>s à un prix dérisioire sans va<strong>leur</strong> ajoutée<br />

ne sont pas compatibles avec de nombreux<br />

investissements dans l’agriculture<br />

(irrigation, cultures pérennes). Enfin, il<br />

n’existe pas en RDC d’institution<br />

apportant des capitaux à risque.<br />

<strong>Les</strong> investissements dans l’agriculture,<br />

comme dans les autres secteurs de<br />

l’économie, doivent donc être financés<br />

soit sur crédits « off-shore », que peu<br />

d’investisseurs sont capables de<br />

mobiliser, ou sur ressources propres. (Lire<br />

à ce sujet. L’Agriculture : Pierre<br />

Angulaire de l’Economie de la RDC,<br />

article de Jean-Paul Chausse, Thomas<br />

Kembola et Robert Ngonde)<br />

Partout ail<strong>leur</strong>s, lors des échanges ,les<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> souhaitent participer à la<br />

constitution de ce fonds , à sa gestion et à<br />

la répartition de ce fonds de promotion de<br />

l’Agriculture pour ne pas revivre la triste<br />

et malheureuse expérience de la Banque<br />

de crédit agricole et <strong>du</strong> Fonds de<br />

Convention de Développement (FCD ,<br />

ancêtre <strong>du</strong> FPI) où les crédits étaient plus<br />

accordés aux dignitaires de la Deuxième<br />

République qu’aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong>. <strong>Les</strong><br />

coopératives <strong>paysan</strong>nes sont également un<br />

exutoire idéal pour faire parvenir des fonds<br />

aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong>. Ces structures sont<br />

nécessaires et ne demandent qu’à être<br />

reformées d’autant plus que les<br />

coopératives existantes offrent des taux<br />

d’intérêt et gages qui sont supérieurs à <strong>leur</strong><br />

revenu


D es<br />

stratégies mises en oeuvre<br />

n’ont jusqu’à présent pas été<br />

en mesure d’éradiquer la<br />

pauvreté, ni d’améliorer les<br />

conditions de vie de la très<br />

grande majorité de la population rurale en<br />

Afrique. (…)<br />

Dans un rapport publié en 1990, la Banque<br />

mondiale concluait déjà que la pauvreté,<br />

phénomène essentiellement rural, était<br />

progressivement en train de devenir un<br />

phénomène urbain également. Cette<br />

observation devrait constituer un sérieux<br />

avertissement à tous les acteurs <strong>du</strong><br />

développement. » Face à ce constat, et<br />

devant la réalité d’une pauvreté de la<br />

population accentuée par des guerres à<br />

répétition à l’Est de la R.D.Congo: les<br />

opérateurs <strong>du</strong> secteur de la microfinance<br />

et ceux intervenant en milieu rural, se sont<br />

résolus d’échanger sur la problématique<br />

<strong>du</strong> financement <strong>du</strong> monde rural dans la<br />

Province <strong>du</strong> Sud Kivu.<br />

<strong>Les</strong> réflexions issues de cet Atelier, tenu à<br />

Bukavu, <strong>du</strong> 17 au 18 juin 2010, ont<br />

con<strong>du</strong>it à une première ébauche de<br />

planification des activités destinées tant<br />

soit peu à rencontrer certains parmi les<br />

questionnements posés pour financer le<br />

monde rural au Sud Kivu. Cet atelier<br />

organisé par le GAMF, a connu la<br />

<strong>participation</strong> des certains services<br />

étatiques impliqués dans le<br />

développement rural, ainsi que les<br />

opérateurs <strong>du</strong> secteur de développement<br />

agricole et ceux <strong>du</strong> secteur de la<br />

microfinance de la province <strong>du</strong> Sud Kivu.<br />

<strong>Les</strong> textes des exposés, les expériences des<br />

acteurs impliqués et ainsi que les résultats<br />

de travaux en groupes et les<br />

recommandations issues de ces travaux<br />

sont présentés dans ce rapport. Ils<br />

devraient servir de support et/ou<br />

d’orientation à tout acteur intéressé par le<br />

développement <strong>du</strong> monde rural au Sud<br />

Kivu.<br />

En organisant l’atelier le GAMF a visé<br />

comme objectif de créer un cadre<br />

d’incitation, un cadre d’échange et de<br />

donner une opportunité aux acteurs des I<br />

M F, banques et aux opérateurs<br />

économiques ruraux <strong>du</strong> Sud Kivu de<br />

réfléchir sur le financement des activités<br />

<strong>du</strong> monde rural , en vue de comprendre,<br />

d’émettre des réflexions, des avis et<br />

considérations et des recommandations<br />

susceptibles d’aider, à l’amélioration des<br />

interventions financières en milieu rural<br />

pour l’intérêt de tous, mais surtout des<br />

populations pauvres des huit territoires de<br />

la province et bénéficiaires des acquis de<br />

cet atelier. Le souci majeur est de donner<br />

une contribution au développement de la<br />

Financement de l’agriculture en RDC<br />

<strong>La</strong> problématique de financement <strong>du</strong> monde<br />

rural dans la province <strong>du</strong> Nord-Kivu<br />

Grâce à l’appui financier de SOS Faim / Belgique, le Groupe d’Acteurs de<br />

Microfinance <strong>du</strong> Kivu (GAMF en sigle) et la Fédération des Organisations de<br />

Pro<strong>du</strong>ction Agricole <strong>du</strong> Congo au Sud Kivu(FOPAC Sud Kivu), ainsi que d’autres<br />

intervenants en milieu rural, se sont mis ensemble pour étudier les voies et moyens<br />

de pousser une synergie à se constituer en faveur <strong>du</strong> financement des activités de<br />

pro<strong>du</strong>ction économique en milieu rural, dans la province <strong>du</strong> Sud Kivu, en<br />

République Démocratique <strong>du</strong> Congo. Il existe en RDC des millions des terres<br />

arables et fertiles pouvant nourrir des milliards des personnes ; mais le<br />

province qui permettra de dégager une série<br />

d’activités communes et spécifiques que<br />

devront mener les acteurs impliqués à<br />

savoir : les Paysans, les Organisations<br />

Paysannes, les Organisations d’Appui, les<br />

Institutions de Microfinance, les Banques,<br />

l’Etat, les bail<strong>leur</strong>s de fonds et autres, afin<br />

que dans une synergie planifiée, le monde<br />

rural reçoive des appuis devant aboutir aux<br />

résultats plus solides.<br />

L’ACCES AU MICROCREDIT<br />

: UNE CONDITION SINE<br />

QUA NON POUR LA<br />

RELANCE DE<br />

L’AGRICULTURE AU SUD<br />

KIVU, A TRAVERS LES<br />

PRODUCTEURS<br />

AGRICOLES<br />

REGROUPES AU SEIN DES<br />

ORGANISATIONS<br />

PAYSANNES.<br />

L’objectif de contribuer à la ré<strong>du</strong>ction de<br />

la pauvreté, en augmentant la pro<strong>du</strong>ction<br />

agricole sur une base <strong>du</strong>rable, appelle à une<br />

intensification des activités agricoles et<br />

l’implication de divers acteurs dont<br />

pourraient faire partie les Institutions de<br />

Micro finance. Cependant, la vétusté <strong>du</strong><br />

matériel agricole dont disposent les<br />

pro<strong>du</strong>cteurs, le coût élevé des intrants et<br />

les conditions d’approvisionnement<br />

difficiles relevées dans la Province <strong>du</strong> Sud<br />

Kivu, ne milite pas en faveur d’une<br />

intensification adéquate.« <strong>Les</strong> pro<strong>du</strong>cteurs<br />

rencontrent toutes les difficultés pour<br />

Kwashiorkor se vit encore dans plusieurs coins <strong>du</strong> pays. <strong>Les</strong> générations<br />

congolaises actuelles et futures ne seront –elles pas condamnées à revitaliser<br />

l’économie rurale, pour stimuler la pro<strong>du</strong>ction locale, et libérer le congolais de la<br />

dépendance alimentaire ? En effet : « depuis plusieurs décennies déjà, les Etats, les<br />

organisations internationales et les organisations non gouvernementales se<br />

penchent sur les problèmes <strong>du</strong> développement rural en Afrique (MAIN, au<br />

Luxembourg, en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale à Kigali,…).<br />

renouveler <strong>leur</strong> matériel agricole<br />

archaïque, et s’approvisionner<br />

régulièrement en intrants de qualité et en<br />

quantité suffisante, faute de moyens<br />

financiers suffisants et d’accès au crédit.<br />

Il y a lieu de signaler que malgré les efforts<br />

déployés en matière de crédit par les<br />

Institutions de Micro Finance en milieu<br />

urbain et certaines organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes (crédit rotatif), le financement<br />

de l’activité agricole et le crédit aux<br />

pro<strong>du</strong>cteurs demeurent très insignifiants<br />

si pas inexistants pour favoriser une<br />

intensification de l’agriculture et une<br />

augmentation de la pro<strong>du</strong>ction.<br />

Pour relever ces défis, la mise en place<br />

d’un cadre qui devra développer et mettre<br />

en oeuvre des stratégies visant à faciliter<br />

aux pro<strong>du</strong>cteurs ciblés l’accès au crédit,<br />

afin de financer les activités rurales est<br />

nécessaire si pas indispensable. Dans cette<br />

perspective, ledit cadre devra réunir les<br />

responsables d’Organisations Paysannes,<br />

les autorités étatiques et les institutions<br />

de microfinance pour susciter des<br />

contributions pouvant permettre la<br />

réalisation d’un bon diagnostic et la<br />

recherche de pistes appropriées pour un<br />

accès facile, <strong>du</strong>rable et profitable au crédit<br />

en faveur des braves pro<strong>du</strong>cteurs agricoles<br />

de la Province de Sud <strong>du</strong> Kivu.<br />

QUEL AVENIR POUR LES<br />

PETITS PRODUCTEURS<br />

AGRICOLES DU SUD KIVU?<br />

Dans notre province, l’agriculture fait face<br />

à un double défi :<br />

- pro<strong>du</strong>ire plus et mieux pour répondre à la<br />

croissance des besoins alimentaires et en<br />

particulier approvisionner les villes;<br />

- assurer des revenus et aussi générer des<br />

emplois en milieu rural afin de ré<strong>du</strong>ire<br />

l’exode rural mais également lutter contre<br />

les inégalités et la pauvreté qui concernent<br />

d’abord les campagnes. A l’instar de toutes<br />

les agricultures africaines, et à l’exception<br />

de quelques complexes agricoles et agroin<strong>du</strong>striels<br />

de type capitaliste,<br />

l’agriculture dans notre province est<br />

d’abord familiale.<br />

Le discours politique dans plusieurs pays<br />

de la région tend à opposer de plus en plus<br />

une agriculture pro<strong>du</strong>ctiviste dotée de<br />

moyens de pro<strong>du</strong>ction à fort contenu en<br />

capital et intégrée aux marchés, voire à<br />

certaines firmes, et les agricultures<br />

familiales plus « classiques», relevant<br />

d’un modèle général commun et qui<br />

seraient présentés à priori comme moins<br />

efficaces économiquement, moins aptes à<br />

affronter les contraintes et à profiter des<br />

opportunités <strong>du</strong> nouveau contexte<br />

économique et institutionnel issu <strong>du</strong><br />

processus de la mondialisation (cas de<br />

l’East African Community).<br />

Ainsi, selon nous, la question centrale que<br />

doivent aujourd’hui affronter les<br />

politiques agricoles est celle de la gestion<br />

d’une segmentation progressive des<br />

agricultures au Sud-Kivu. En effet, les<br />

écarts sont croissants et voient<br />

l’émergence d’une minorité<br />

FOCUS<br />

d’exploitations (opérateurs économiques<br />

), fortement dotée en facteurs de<br />

pro<strong>du</strong>ction et en capital social, évoluant<br />

vers une logique d’entreprise agricole et<br />

la pro<strong>du</strong>ction de biens agricoles<br />

exclusivement destinés au marché, qui<br />

s’oppose à une agriculture plus<br />

«traditionnelle », à cheval entre logiques<br />

d’autoconsommation et de marché, avec<br />

des dotations en facteurs plus inégales et<br />

plus fragiles.<br />

Selon la Banque mondiale (2000), 70%<br />

des pauvres vivent aujourd’hui en milieu<br />

rural. En forçant le trait, les politiques<br />

libérales post-ajustement auraient même<br />

tendance à renforcer et à cristalliser ce<br />

<strong>du</strong>alisme, la première catégorie relevant<br />

naturellement de tout l’arsenal des<br />

incitations liées à la promotion <strong>du</strong> secteur<br />

privé, la seconde relevant au contraire des<br />

mesures de lutte contre la pauvreté. Mais<br />

le développement d’entreprises agricoles<br />

« modernes et performantes » constitue-til<br />

une réelle solution aux besoins ? <strong>Les</strong><br />

organisations <strong>paysan</strong>nes n’ont-t-elles pas<br />

aussi un rôle éminent à jouer en matière de<br />

gestion des ressources naturelles et de<br />

préservation de l’emploi? Quel sera le<br />

devenir des exploitations marginalisées<br />

et des populations qui en vivent, faute de<br />

secteurs d’activités alternatifs, sachant que<br />

90% de la population active de la RD<br />

Congo est encore agricole, soit 54 000 000<br />

de personnes (Statistiques de la CEI ,<br />

2005). Il existe donc un défi majeur en<br />

termes de politiques publiques et de<br />

dispositifs d’appui rénovés, mieux à<br />

même de prendre en compte ces « grandes<br />

masses », la réalité <strong>du</strong> nouvel<br />

environnement international et ses<br />

conséquences sur les secteurs agricoles<br />

nationaux. Et, dans cette perspective, les<br />

agricultures familiales sont probablement<br />

les mieux dotées pour s’adapter à la<br />

mondialisation grâce à <strong>leur</strong> flexibilité et<br />

<strong>leur</strong> capacité d’adaptation.<br />

(A SUIVRE)<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19 .P.15


L<br />

ECHOS DES PROVINCES<br />

a faitière des organisations<br />

<strong>paysan</strong>nes <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong><br />

(FOPABAND) en sigle, créée<br />

le 10 septembre 2010, est<br />

aujourd’hui en pleine<br />

croissance et elle dirigée par Jacques<br />

MITINI ONTUMOS. <strong>La</strong> FOPABAND<br />

poursuit plusieurs objectifs à savoir :<br />

défendre les intérêts socio-économique et<br />

culturelle de ses membres, assurer la<br />

commercialisation des pro<strong>du</strong>its agricoles<br />

de ses membres et les représenter auprès<br />

de l’Etat et d’autres partenaires financier.<br />

Le président <strong>du</strong> FOPABAND affirme que<br />

le mouvement <strong>paysan</strong> au Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> est<br />

en marche avec FOPABAND qui compte<br />

actuellement 279 unions des<br />

organisations des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles <strong>du</strong> deuxième degré en sigle OPA<br />

et 3.850 organisations <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de base <strong>du</strong><br />

1èr degré en sigle OPB constitué des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs agricoles basés dans<br />

des villages.<br />

Jacques Mitini révèle que, dans<br />

l’ensemble, la FOPABAND compte<br />

347.887 membres <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles et FOPABAND encadre<br />

2.446.190 <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs agricoles.<br />

<strong>La</strong> province <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> dans son<br />

ensemble contient 19 territoires et la<br />

FOPABAND couvre 15 territoires en<br />

matière d’identification des OPA.Pour le<br />

président Mitini , « l’Alliance Agricongo<br />

est un partenaire privilégié qui a aidé<br />

les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> à se retrouver aux 1 èr et<br />

deuxième Carrefours <strong><strong>paysan</strong>s</strong>. Grâce à<br />

ces deux carrefours <strong><strong>paysan</strong>s</strong> aujourd’hui,<br />

nous avons participé à l’atelier de<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.16<br />

Nord -Kivu: <strong>La</strong> Fopac met en place un système<br />

d’information sur les prix agricoles<br />

C<br />

’est depuis les années 2004<br />

que la Fédération des<br />

Organisations des<br />

Pro<strong>du</strong>cteurs Agricoles <strong>du</strong><br />

Congo au Nord-Kivu (FOPAC)<br />

accompagne les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs<br />

dans la commercialisation de <strong>leur</strong>s<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles sur les marchés locaux<br />

et urbains de la province <strong>du</strong> Nord-Kivu.<br />

Huit ans après, la FOPAC est aujourd’hui<br />

dotée des capacités de pouvoir maîtriser<br />

les données relatives aux transactions de<br />

ce mécanisme très indispensable aux<br />

pro<strong>du</strong>cteurs et aux consommateurs des<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles. Voilà d’ail<strong>leur</strong>s ce qui<br />

a poussé la FOPAC à mettre en place un<br />

système d’information autour des prix des<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles lequel s’étend<br />

actuellement sur treize marchés <strong>du</strong><br />

domaine.<br />

Dénommé Système d’Information sur le<br />

Marché, SIMA en sigle, il a pour but<br />

d’assurer la transparence <strong>du</strong> marché afin<br />

que les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs agricoles en<br />

tirent les plus grands marges possibles<br />

dans le cadre de son objectif général.<br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>: Le mouvement<br />

<strong>paysan</strong> en marche<br />

lancement <strong>du</strong> projet Synergie et<br />

complémentarité.» avec l’appui de<br />

l’Alliance Agricongo.<br />

« Cet atelier de réflexion est un idéal pour<br />

nous en ce sens qu’il a permis de<br />

renforcer la structuration <strong>du</strong> mouvement<br />

<strong>paysan</strong> avec la CONAPAC au niveau<br />

national et la FOPABAND au niveau<br />

provincial. Celle-ci est une faitière<br />

M. Jac ques Mitini<br />

incontournable et légitime des <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricole de la province <strong>du</strong><br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>. Car, à partir de la naissance<br />

de la FOPABAND, il y a eu un éveil de<br />

conscience et un appel à tous les <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles de se prendre en<br />

charge pour l’amélioration de la qualité<br />

de notre métier de l’agriculture», affirme<br />

Jacques Mitini.<br />

Thomas MUKOKO<br />

Le SIMA comporte six objectifs<br />

spécifiques : Primo, ressortir les<br />

informations sur les prix de gros et de<br />

détail, les quantités de pro<strong>du</strong>ctions, les<br />

stocks disponibles sur les marchés<br />

locaux, le nombre des commerçants<br />

grossistes, le nombre des commerçants<br />

détaillants au sein des marchés locaux,<br />

urbains. Secundo, connaître les besoins de<br />

la population <strong>paysan</strong>ne dans chaque entité<br />

chefferie ou secteur en matière de la<br />

commercialisation des pro<strong>du</strong>its agricoles.<br />

Tertio, diffuser hebdomadairement les<br />

informations des prix des pro<strong>du</strong>its<br />

agricoles sur les marchés déjà ciblés à<br />

L<br />

<strong>La</strong> RD Congo félicitée pour son<br />

engagement à renforcer le<br />

partenariat avec la Société civile<br />

a présidente de la plateforme<br />

sous-régionale des<br />

Organisations <strong>paysan</strong>nes<br />

d’Afrique centrale<br />

(PROPAC), Elisabeth<br />

Atangana, a loué samedi à Brazzaville,<br />

l’engagement d’ouverture et la vision <strong>du</strong><br />

Congo, de contribuer au développement<br />

d’un partenariat renforcé entre la société<br />

civile et les gouvernements africains dans<br />

la recherche collective des voies pour la<br />

sécurité et la souveraineté alimentaire et<br />

l’émergence <strong>du</strong> continent. M m e<br />

Atangana a salué cette volonté <strong>du</strong> Congo<br />

à l’occasion de la consultation des<br />

Organisations de la société civile (OSC)<br />

pour l’ Afrique, prélude à la 27ème<br />

Conférence régionale de la FAO qui se<br />

tiendra <strong>du</strong> 23 au 26 avril dans la capitale<br />

congolaise.A cet effet, elle a appelé les<br />

gouvernements et le secteur privé à prendre<br />

en compte les intérêts de l’ensemble des<br />

groupes sociaux de la société civile sur la<br />

formulation <strong>du</strong> cadre stratégique, en vue<br />

d’assurer une sécurité alimentaire<br />

Tableau reprenant les prix de pro<strong>du</strong>its agricoles affiché par la FOPAC<br />

travers les canaux de communication<br />

disponibilisés par la FOPAC tels que les<br />

téléphones cellulaires, les tableaux<br />

affiches , le bulletin et les émissions<br />

Wakulima Amkeni . Quarto, améliorer le<br />

service de commercialisation des pro<strong>du</strong>its<br />

agricoles. Quinto, disposer au sein de la<br />

FOPAC des informations utiles pour la<br />

préparation des offres techniques et le<br />

montage des projets et autres. Sexto, créer<br />

une banque de données agricoles au sein<br />

de la FOPAC.<br />

Ainsi donc, la collecte des informations<br />

sur les prix des gros, de détail et des<br />

quantités disponibles sont publiées<br />

régionale.« Si nous voulons ré<strong>du</strong>ire de<br />

moitié la pauvreté sur le continent africain<br />

d’ici 2015, si nous voulons nourrir<br />

l’Afrique et lui assurer une croissance<br />

<strong>du</strong>rable, nous devons agir ensemble, les<br />

gouvernements, le secteur privé et la<br />

société civile dans un esprit gagnantgagnant<br />

; nous devons agir plus et mieux<br />

«, a-t- elle notamment déclaré.<br />

Relevant l’importance de la société civile<br />

dans ce cadre, Mme Atangana qui est<br />

également la coordinatrice <strong>du</strong> comité d’<br />

organisation de la consultation des OSC<br />

pour l’Afrique, a dit que sa plateforme<br />

contribue à l’élaboration et à la mise en<br />

oeuvre des programmes et projets de<br />

développement.A l’ouverture des travaux<br />

de cette concertation, le ministre<br />

congolais de l’agriculture et de l’élevage,<br />

Rigobert Maboundou, a reconnu que «la<br />

société civile, qui ne répond ni de la logique<br />

de marché, ni de celle <strong>du</strong> pouvoir, n’est<br />

pas moins un partenaire efficace des<br />

pouvoirs publics, dont la sensibilité<br />

spécifique à tous les problèmes<br />

<strong>du</strong>rant toutes les semaines sur les marchés<br />

ruraux, urbains et transfrontaliers ciblés<br />

par la FOPAC. Ces prix des pro<strong>du</strong>its<br />

disponibles sont diffusés également sur<br />

les antennes des radios partenaires à travers<br />

l’émission de la FOPAC et tout autre<br />

support accessible, tel que énuméré cihaut.<br />

Quant aux besoins de consommation<br />

par pro<strong>du</strong>it, ils sont identifiés auprès des<br />

grossistes, demi-grossistes et détaillants<br />

par semaine, mois et trimestre.<br />

Jean Baptiste (AJAC Nord-Kivu)<br />

économiques, sociaux et culturels, doit<br />

toujours être mise dans la balance de la<br />

définition de toute perspective de<br />

développement».Selon lui, la<br />

contribution de la société civile à<br />

l’animation <strong>du</strong> thème de la 27ème<br />

conférence régionale de l’Organisation<br />

des Nations Unies pour l’Alimentation et<br />

l’Agriculture (FAO) pour l’ Afrique fait<br />

partie des objectifs de ce forum, estimant<br />

que sur le plan alimentaire,» l’Afrique va<br />

mal «.<br />

Au cours de cette réunion qui s’achève<br />

dimanche, plusieurs thèmes sont abordés,<br />

entre autres, «Cadre stratégique global»,<br />

« Accès aux ressources et mise en oeuvre<br />

des lignes directrices : une priorité pour<br />

l’Afrique «, et «Construction de platesformes<br />

multi-acteurs au niveau national,<br />

régional, continental et renforcement de<br />

la communication et de la concertation<br />

entre acteurs de la société civile».<br />

Xinhua


Bas-Congo: <strong>Les</strong> éleveurs de Songololo<br />

dénoncent les tracasseries des agents<br />

de l’administration<br />

L<br />

es éleveurs <strong>du</strong> territoire de<br />

Songololo font face à<br />

plusieurs tracasseries<br />

administratives. <strong>Les</strong> agents de<br />

l ’ E t a t commis aux services<br />

Environnement, In<strong>du</strong>strie, la DGRADD,<br />

service vétérinaire <strong>du</strong> territoire, la DGI…<br />

viennent en ordre dispersé pour réclamer<br />

des taxes. Cette déclaration <strong>du</strong> président<br />

des éleveurs Nsumbu Talamaku alias<br />

Mon pays peut nous en dire plus : « Nous<br />

ne sommes pas contre les taxes.Nous<br />

sommes d’accord de payer les taxes, mais<br />

nous ne savons pas combien payer, à qui<br />

et quelles taxes ». Nous demandons à<br />

l’état de régler cette situation parce que<br />

le fait d’avoir des vaches ne signifie pas<br />

que vous avez de l’argent ».L’autre<br />

problème auquel les fermiers de<br />

Songololo sont confrontés est les<br />

problèmes des conflits de terre. En effet,<br />

les ayants- droits entrent en conflits sur<br />

une même portion de terre. Il y a parfois<br />

jusqu’à trois prétendants. Chacun ne<br />

reconnait pas les droits de payer à l’autre<br />

et vice versa. Conséquence: les fermiers<br />

sont obligés de payer les mêmes frais<br />

doublement ou triplement. Le contrat<br />

coutumier exige de donner une vache<br />

chaque année aux ayants- droit. En cas de<br />

conflit, le fermier est obligé de donner une<br />

L<br />

a fondation El Shaddai dirigée<br />

par le Révérend Colin Michel<br />

Nzolantima vient de mener une<br />

mission dans le site Sama, dans<br />

le territoire de Mbanza Ngungu, secteur<br />

Ntima Nsi pour s’enquérir de la situation<br />

dans cette partie de la RDC. L’objectif de<br />

cette mission a été d’évaluer le niveau socio<br />

économique de la population et dresser un<br />

état de lieu agronomique sur base des<br />

observations directes <strong>du</strong> périmètre de<br />

pro<strong>du</strong>ction de ce village.<br />

<strong>La</strong> mission a débuté par Kimpese jeudi<br />

31mai 2012 et le point de chute a été la<br />

localité de chantier Malele dans le secteur de<br />

Wombo, territoire de Songololo sur la route<br />

qui con<strong>du</strong>it vers Luozi. Des échanges ont eu<br />

lieu avec un groupe des ayants- droit de la<br />

cité de Malele avec la situation de terre jadis<br />

utilisée par le Réverend Nzolantima, ont<br />

abouti à l’idée de relancer le projet de<br />

l’élevage de gros bétail.Dans les échanges<br />

avec les communautés locales, l’ingénieur<br />

Bikawa Kadi a souligné l’importance <strong>du</strong><br />

travail mécanique ainsi que l’importance de<br />

l’association qui permet de relancer la<br />

pro<strong>du</strong>ction et la commercialisation des<br />

pro<strong>du</strong>its agricoles y compris l’acquisition<br />

des semences dans les milieux . Des<br />

difficultés rencontrées dans ce village sont :<br />

la présence des anciennes variété de<br />

manioc avec la prévalence de maladie telles<br />

vache de plus à la partie des ayants- droits<br />

qui a gagné le procès. L’autre problème est<br />

lié aux champs qui sont souvent mis à côté<br />

des enclos alors que alors que la loi<br />

foncière reconnaît de mettre les champs à<br />

7 Kms des enclos de vaches. Ils ont aussi<br />

le problème d’’approvisionnement en<br />

bloc à lécher qui coûte cher jusqu’à 20<br />

dollars au moment où il n’y a pas des<br />

magasins au niveau local pour s’en<br />

approvisionner et il en est de même de<br />

manque de magasin d’outillages pour les<br />

élevages, les pro<strong>du</strong>its vitamineux<br />

coûtent chers. Cette association est née<br />

vers 1994 suite aux pillages que cette<br />

partie de laprovince a connus. En ce<br />

moment beaucoup de fermes ont été pillés<br />

par les hommes en uniformes;surtout lers<br />

fermes qui se trouvaient le long de la<br />

bœufs avec un cheptel de 56 000 bêtes vers<br />

les années 1970-1980. Aujourd’hui , il ne<br />

reste que moins de 1200 bêtes. Toutes les<br />

démarches entreprises par les propriétaires<br />

auprès des autorités publiques pour<br />

obtenir <strong>leur</strong>s indemnisations sont<br />

-Kivu:<br />

Bas -Congo : Le village Sama dans le territoire de Mbanza-Ngungu<br />

confronté à d’énormes difficultés<br />

que la bactériose , l’anthracnose et la<br />

mosaïque ; la présence de la maladie de<br />

balaie de la sorcière, benchy top sur le plante<br />

de banane ; l’accessibilité difficile aux<br />

intrants connexes pour les cultures<br />

Elévage des vaches dans la province <strong>du</strong> Bas Congo (Photo RV Nina)<br />

nationale numéro un. Elles ont toutes été<br />

pillées par les militaires qui abattaient<br />

parfois 156 vaches par jour. Il y a des bêtes<br />

qui fuyaient dans la forêt quand elles<br />

voyaient que les autres sont abattus. En<br />

tout, 42 fermes ont été victimes de pillage<br />

à Songololo jadis grand fournisseur de<br />

<strong>Les</strong> femmes villageoises de Sama au champ<br />

maraichères et faible organisation de cette<br />

filière ; le faible niveau de formation des<br />

pro<strong>du</strong>cteurs ; les difficultés en rapport avec<br />

la mécanisation agricole ; le faible revenu et<br />

évacuation difficile de pro<strong>du</strong>it s agricoles ;<br />

demeurées vaines. Ainsi, les éleveurs ont<br />

eu l’idée de créer <strong>leur</strong> association pour<br />

discuter ensemble et trouver des solutions<br />

à <strong>leur</strong>s problèmes. Cette association a été<br />

reconnue en 2004. Selon Nsumbu<br />

Talamaku, l’objectif poursuivi par cette<br />

association est d’augmenter la pro<strong>du</strong>ction,<br />

l’agriculture encore rudimentaire,<br />

l’utilisation de techniques non adaptées et<br />

non-respect <strong>du</strong> calendrier agricole ; le<br />

manque des structures relais<br />

d’accompagnement des pro<strong>du</strong>cteurs à la<br />

ECHOS DES PROVINCES<br />

défendre les intérêts des fermiers.Cette<br />

association comprend 27 membres<br />

(fermiers) alors que dans tout le territoire<br />

de Songololo , il y a 40 éleveurs recensés.<br />

Ils demandent à l’état de les aider pour les<br />

frais de formation.<br />

JBL<br />

base ; l’absence des strucutures de la micro<br />

finance, soit le crédit agricole et de campagne<br />

dans le secteur de pro<strong>du</strong>ction horticole et<br />

vivrière….Face à tous ces problèmes, la<br />

fondation El Shaddai a formulé les<br />

recommandations suivantes : injection de<br />

nouvelle s variétés de manioc résistantes à<br />

la mosaïque africaine souche africaine et de<br />

patate douce y compris de techniques<br />

adaptées à la santé et celle des écosystèmes<br />

c’est-à-dire la pro<strong>du</strong>ction et protection<br />

intègrée ; Formation et renforcement des<br />

capacités sur la planification locale et<br />

organisation <strong>paysan</strong>neen vue de catalyser le<br />

changement dans le village de Sama ;<br />

Formation sur le leadership <strong>paysan</strong> dans la<br />

région ; Accompagnement des activités de<br />

réhabilitation de la route Sama chantier<br />

Malele ; Disponibilisation des tracteurs<br />

pour la mécanisation agricole pour la saison<br />

agricole.Pour rappel, le village de Sama est<br />

caractérisé par les activités de la pro<strong>du</strong>ction<br />

de l’horticulture rurale pour la pro<strong>du</strong>ction<br />

vivrière telle que le manioc et les autre plantes<br />

à tubercule. <strong>La</strong> présence de bananeraies y<br />

compris d’autres cultures fruitières autour<br />

<strong>du</strong> village sont aussi importantes. Le village<br />

Sama est situé le long de la rivière Lukunga<br />

et sur le pied <strong>du</strong> Mont cristal à une altitude<br />

moyenne de 500 m à 600 m d’altitude.<br />

JBL et IBRAHIM Manzukula de la radio<br />

Ntemo/Mbanza Ngungu<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.17


Q<br />

ECHOS DES PROVINCES<br />

A près<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.18<br />

Kinshasa: <strong>Les</strong> mamans maraîchères<br />

parlent de <strong>leur</strong> métier<br />

le lotissement de la<br />

Pépinière de Bandalungwa, les<br />

maraîchers et maraîchères qui<br />

ont monnayé d’espace à l’excimetière<br />

de Kasa-Vubu, ont <strong>du</strong> mal à<br />

pro<strong>du</strong>ire comme ce fut le cas à la Pépinière<br />

de Bandalungwa.Sur le site Ex-cimetière<br />

de Kasa-Vubu, les travaux champêtres sont<br />

observés <strong>du</strong> lundi à samedi. Ce lieu est<br />

situé dans la commune portant le même<br />

nom, précisément au croisement des<br />

avenues Kasa-vubu et Sao.Tout espace est<br />

occupé sur ce lieu. De loin, l’on n’aperçoit<br />

que les ver<strong>du</strong>res de plates-bandes des<br />

légumes. Egalement, des silhouettes en<br />

mouvement. Ce sont des maraîchers et<br />

maraîchères qui travaillent en ordre<br />

dispersé. Chacun dans son espace. <strong>Les</strong> uns<br />

se livrent à labourer la terre et à arroser des<br />

plates-bandes. <strong>Les</strong> autres par contre,<br />

s’emploient à cueillir des légumes et à<br />

négocier de prix avec des revendeurs.À<br />

l’intérieur de cet espace, outre des champs,<br />

il y a aussi de petits arbres. Ils <strong>leur</strong> servent<br />

par moment de lieu de repos pour se cacher<br />

le soleil. Aussi, on y trouve de petits<br />

restaurants de fortune pour ceux qui, après<br />

<strong>La</strong> maraîchère<br />

Kiakuma Wambaka :<br />

« Mon souci est que<br />

l’Etat comprenne<br />

l’amp<strong>leur</strong> de cette<br />

activité… »<br />

uelques maraîchères kinoises<br />

se plaignent de la non prise en<br />

compte de <strong>leur</strong> travail par le<br />

gouvernement, alors que <strong>leur</strong><br />

faible pro<strong>du</strong>ction aident tant<br />

soit peu la population kinoise.Dans cette<br />

optique, Mme Kiakuma Wamba, pasteur<br />

à l’église Kimbaguiste de son état, plaide<br />

pour une attention particulière de l’Etat à<br />

<strong>leur</strong> travail d’agriculture, dans un entretien<br />

avec le journal « <strong>La</strong> Voix des Paysans<br />

Congolais ». Agée de 60 ans, elle fait son<br />

champ dans l’enceinte de l’école<br />

kimbaguiste « Maman Mvete », située au<br />

croisement des avenues Makanza et ex-24<br />

novembre, dans la commune de Ngiri-<br />

Ngiri. <strong>La</strong> paroisse Kimbaguiste a donné<br />

cette espace aux mamans qui veulent<br />

pratiquer l’agriculture. Plusieurs platesbandes<br />

s’y trouvent. Mais, des légumes<br />

qui dominent les plantations, poussent<br />

sans problème étant donné que la terre est<br />

très fertile. Ce terrain de pratiquement un<br />

hectare est marécageux. Il bénéficie de<br />

l’humidité de la rivière Basoko qui le<br />

traverse et dont la source est localisée dans<br />

Le lotissement de Pépinière de Bandalungwa a ré<strong>du</strong>it au chômage un bon nombre des maraîchers et maraîchères. Ceux qui se sont procurés de place dans le site Excimetière<br />

de Kasa-Vubu moyennant quelques billets de banque, peinent t, à ce jour, à retrouver <strong>leur</strong> niveau de pro<strong>du</strong>ction d’antan.<br />

Mme Makemba Hélène :« je ne me retrouve plus<br />

depuis le lotissement de la Pépinière de Bandal… »<br />

la comme de Bumbu. <strong>Les</strong> quatre<br />

dimensions géographiques de cet espace<br />

sont quasiment clôturées. Mais le mur qui<br />

longe l’avenue Makanza se trouve dans un<br />

état de délabrement avancé, donnant ainsi<br />

la possibilité aux gens, même non<br />

identifiées, d’y entrer et d’en sortir. Ce qui<br />

en effet facilite le vol. Sous un soleil de<br />

plomb, Pasteur Kiakuma Wambaka à côté<br />

de sa collaboratrice, est plongé dans les<br />

travaux de champ. Elle transplante des<br />

légumes d’une plate-bande à une autre.<br />

Elle se redresse et baille à gorge déployée<br />

avant de se plier de nouveau pour continuer<br />

son travail. Proche d’elle, sa collaboratrice<br />

est en train d’enlever des fumiers toute<br />

matière plastique et autre objet<br />

indestructible perpétuel. Elle était en<br />

position accroupie.Avec un visage<br />

renfrogné tra<strong>du</strong>isant l’expression de<br />

peine, elle se redresse. Main gauche contre<br />

le dos, elle se tord des dou<strong>leur</strong>s et<br />

s’exclame : « C’est difficile de faire ce<br />

travail. Je souffre des maux de dos. Mais<br />

je n’ai pas de choix. Je dois travailler pour<br />

(suite en page 19)<br />

Mme Makemba Helène prennant soin de ses légumes<br />

avoir beaucoup travaillé, peuvent se<br />

ressourcer en alimentation. L’on peut<br />

encore observer la présence des puits. Ces<br />

derniers constituent des sources d’eau <strong>leur</strong><br />

permettant d’arroser <strong>leur</strong> champ. <strong>Les</strong><br />

passants traversent innocemment et sans<br />

répit le lieu.<br />

De groupes de fumeurs de chanvre,<br />

composés des « Shegués »,envahissent<br />

régulièrement ce lieu le soir et y passe nuit,<br />

sans être inquiéter par les policiers. Ils<br />

favorisent de fois le vol des légumes au<br />

profit des jeunes gens venus <strong>du</strong> Camp<br />

Colonel Kokolo, situé sur l’avenue Pierre<br />

Mulele (ex-24 novembre). Dans le cadre<br />

<strong>du</strong> mois de la femme placé sous le label<br />

«Investir dans la femme ruraleet dans la<br />

jeune fille pour un avenir meil<strong>leur</strong> », Mme<br />

Makemba Hellène trouvée sur le lieu en<br />

train de faire son champ, raconte les réalités<br />

de terrain forcement lié à <strong>leur</strong> mutation de<br />

la Pépinière de Bandalungwa (d’où elle<br />

est venue) à l’actuelle place, le site Excimetière<br />

de Kasa-Vubu. Veuve de son état,<br />

cette maraîchère a commencé ce travail<br />

depuis 1976 à la Pépinière de Bandal.<br />

Hellène Makemba, mère de sept enfants,<br />

habite la commune Bumbu et ne travaille<br />

pas chaque jour. Elle se rend au champ<br />

lundi, mardi, jeudi et samedi.<br />

D’autres jours, mercredi et vendredi, sont<br />

sacrifiés à la prière, à l’en croire.Avec l’air<br />

ratatiné et avec un visage rempli de sueurs<br />

qui coulent à grosses gouttes, la veuve<br />

lâche : « je ne me retrouve plus depuis le<br />

lotissement de la Pépinière de<br />

Bandalungwa. Là bas, je faisais beaucoup<br />

de plates-bandes de légumes et celles-ci<br />

me rapportaient beaucoup d’argent. J’en<br />

avais vraiment beaucoup. Je parvenais<br />

quand même à nourrir mes petits-fils.<br />

Mais, ici à Kasa-Vubu, c’est un lieu de<br />

problème. Trop de problèmes. Toujours<br />

des problèmes des limites … » Elle laisse<br />

entendre qu’elle a <strong>du</strong> mal à pro<strong>du</strong>ire<br />

beaucoup à la suite <strong>du</strong> petit espace acheté<br />

sur ce site à Kasa-Vubu. Ce n’est le hasard<br />

qu’il a trouvé une place à la Pépinière. «<br />

J’habitais Bandalungwa à l’époque avant<br />

de divorcer d’avec mon mari. Ce qui m’a<br />

permis de trouver une place à la Pépinière.<br />

» Malgré les difficultés liées au manque<br />

des semences et à certains outils aratoires,<br />

les femmes travaillaient calmement sur ce<br />

lieu. Elles pro<strong>du</strong>isaient des légumes qui<br />

captaient la curiosité des revendeuses et<br />

des revendeurs de différents marchés de la<br />

partie ouest de la ville de Kinshasa. Ces<br />

derniers affluaient le lieu à chaque récolte.<br />

Le problème d’espace a commencé à poser<br />

problème quand ce lieu (Pépinière) est<br />

envahi par plusieurs personnes,<br />

soucieuses de faire les champs sur le<br />

même endroit. Mais cela n’avait pas de<br />

l’amp<strong>leur</strong>. Selon H. Makemba, ce<br />

problème a empiré davantage après le<br />

lotissement de ce lieu, en échange de<br />

l’argent remis aux maraîchers et<br />

maraîchères qui l’exploitaient.<br />

Ayant un visage qui tra<strong>du</strong>it le regret, elle<br />

a fait savoir que présentement, beaucoup<br />

de maraîchers tournent le pouce à la<br />

maison par manque d’espace. Certains<br />

parmi eux, dit- elle, ont trouvé d’autres<br />

espaces ail<strong>leur</strong>s, entre autres ex-cimetière<br />

de Kasa-vubu.« Moi personnellement, j’ai<br />

préféré le site ex-Cimetière de Kasa-Vubu<br />

malgré les réalités que nous vivons », a<br />

dit Hellène Makemba avant de préciser<br />

qu’elle faisait, à l’époque, de champs sur<br />

le même endroit, puis elle est allée<br />

continuer à la Pépinière de Bandalungwa.<br />

«<br />

Au cimetière de Kasa-Vubu, j’avais 21<br />

plates-bandes. Quand je suis allée à la<br />

Pépinière de Bandal, je me suis procurée<br />

de 42 plates-bandes et je me retrouvais<br />

sérieusement. Je suis retournée au site ex-<br />

Cimetière Kasa-Vubu tout en monnayant<br />

l’espace avec des billets de banque. Mais,<br />

j’ai eu 14 plates-bandes. C’est <strong>du</strong>r. Je vis<br />

seulement par la grâce de Dieu… » Elle a<br />

souligné que l’argent qu’elle gagne est<br />

dépensé immédiatement pour les gens qui<br />

les aident à travailler.« Je vends une platebande<br />

à 10. 000 Fc. Avec ce peu d’argent,<br />

j’achète des fumiers, la quantité d’un<br />

pousse-pousse revient à 5 000 fc. L’achat<br />

des graines, c’est 1.000 fc. Il faut payer à<br />

quelqu’un 1.000 fc pour labourer. Parfois,<br />

je donne 1.500 quand il doit labourer avec<br />

des fumiers. Ça va nous servir à quoi »,<br />

s’en plaint Hellène Makemba.Cette<br />

dernière a épinglé le risque que les<br />

maraîchères et maraîchers encourent<br />

pendant <strong>leur</strong> travail de champ. « On se<br />

blesse avec la houe, morceau de bouteille,<br />

tôle et autres objets tranchants quand on<br />

laboure le sol », dit-elle.<br />

<strong>Les</strong> semences posent problème dans <strong>leur</strong><br />

activité, sans oublier les outils aratoires.<br />

Des amarantes, des oseilles, des épinards<br />

et des pointes noires…sont la<br />

particularité de <strong>leur</strong> culture. Egalement,<br />

le besoin d’arrosoir et de pompe à eau se<br />

fait sentir.<br />

« Nous avons besoin de semence, graine,<br />

fumier. Je ne sais pas qu’est-ce qu’on peut<br />

faire pour mettre de pompe d’eau pour<br />

nous permettre d’arroser les champs. <strong>Les</strong><br />

puits sont séchés à cause de l’absence de<br />

pluie. Pour creuser un puits, il faut<br />

débourser 20. 000 Fc et chercher de l’argent<br />

encore pour achat de tonneau qu’on doit<br />

utiliser dans ce puits »,dit-elle. Malgré ça,<br />

les <strong>paysan</strong>nes vivent une autre réalité<br />

actuellement sur le marché. « <strong>Les</strong> pro<strong>du</strong>its<br />

ne sont plus bien ven<strong>du</strong>s comme ce fut le<br />

cas. <strong>Les</strong> autorités de ce pays ont pris<br />

l’habitude de créer de champs dans <strong>leur</strong><br />

concession. Ils ne viennent plus acheter<br />

des légumes et autres pro<strong>du</strong>its ». Elle<br />

dénonce aussi le fait que les Shégués<br />

s’installent dans le lieu et font sortir de<br />

sable blanc qu’il vende. « Il nous dérange<br />

franchement. De fois, ils nous chassent et<br />

sabotent nos plates-bandes pour y creuser<br />

», regrette Hellène Makemba qui poursuit<br />

: « on ne vole pas chez moi. Mais, de l’autre<br />

côté, les enfants qui viennent de camp<br />

Kokolo, volent avec l’aide des Shegués.<br />

»Le conflit de limite y existe et demeure<br />

sans solution. Ce qui fait que les<br />

maraîchers se regardent en chien de faïence<br />

entre eux.« Nous avons de conflits de<br />

limite, mais moi je m’en fou. L’Etat ne<br />

nous assiste pas et nous ne sommes<br />

affiliées à aucune association. Sauf que<br />

pendant la campagne électorale, on est<br />

venu nous donner les intrants par des<br />

candidats. Mais, moi je ne prenais pas…<br />

»,lâche-t-elle.Un faible engouement a été<br />

observé dans la sensibilisation de la<br />

journée internationale de la femme chez<br />

les maraîchères qui cultivent sur le Site<br />

ex-cimetière de Kasa-Vubu. « Pour la<br />

journée de la femme, les gens étaient<br />

venus, mais pas nombreux, pour contacter<br />

les maraîchères. Moi, j’avais refusé ce<br />

contact, parce qu’ils ne s’occupent jamais<br />

de nous. Pourquoi ils ont atten<strong>du</strong> ce<br />

moment ? Avant, beaucoup de gens étaient<br />

venus, mais rien a été fait…c’est triste. »,<br />

se lamente H. Makemba.Le poids de l’âge<br />

lui contraint à mettre terme à cette carrière<br />

moins élogieuse.« Je suis fatigué, l’âge<br />

est tellement avancé et j’ai envie<br />

d’abandonner ce travail », s’en plaint elle.<br />

A. Mangituka


Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong> : Augmentation des prix des<br />

portions des forêts à Kikwit<br />

Kikwit et ses périphéries les<br />

fermiers et les chefs de terre<br />

A augmentent chaque année les<br />

prix des portions des forêts<br />

qu’ils vendent aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong><br />

pour défricher les champs. Conséquence :<br />

plusieurs <strong><strong>paysan</strong>s</strong> démunis n’ont pas pu<br />

faire face l’année dernière. « Na mvula me<br />

luta mono me basis ave nguba, masangu,<br />

mantete ti manio cna mpila ya mono<br />

vandaka kusala ntete. Bilanga ya 25 ares<br />

ya beto sumbaka na 42.000 fc na 2010, yo<br />

kumaka na 2011 na 60.000 fc. Mono<br />

kukukaka ve na kusumba ( l’année passée<br />

je n’avais plus semé et récolté des<br />

arachides, maïs, courges et maniocs<br />

comme d’habitude.<br />

Un champ de 25 ares que nous achetions à<br />

42.000 fc (45,6$) en 2010, est arrivé en<br />

2011 à 60.000 fc, soit 65,2 $. Je n’avais<br />

plus de force pour acheter) », regrette, tête<br />

baissée Germaine Mukanga, veuve de 49<br />

ans qui nourrit une famille de 6 enfants<br />

dont deux ne sont plus scolarisés faute de<br />

moyens.<br />

Mukanga, habitant la commune de<br />

Kazamba, cultivait ses champs à Vunda<br />

dans le secteur Kipuka à une douzaine de<br />

kilomètres de Kikwit dans le sud-ouest<br />

de la République démocratique <strong>du</strong> Congo<br />

(RDC) où des dizaines des familles ont<br />

l’habitude de défricher des champs. Pierre<br />

Mufondia, 50 ans, est un <strong>paysan</strong> de<br />

Kikwit 3 dans la commune de Nzinda.<br />

Souvent il fait son agriculture à<br />

Mudikongo et Mipangu, respectivement<br />

à 10 et 13 kilomètres de Kikwit. Il connaît<br />

la même situation. « En 2010 nous<br />

achetions un champ de 30 ares à32.000 fc,<br />

soit 35 $ , mais en 2011 c’était augmenté<br />

à 43.000 fc , soit 47 $. Cela nous a paralysé<br />

», témoigne-t-il fâché .Dans le rayon de<br />

<strong>La</strong> maraîchère Kiakuma Wambaka : « Mon souci est que<br />

l’Etat comprenne l’amp<strong>leur</strong> de cette activité… »<br />

(suite de la page 18)<br />

nourrir ma famille. Ça fait 15 ans depuis<br />

que je commençais ce travail. » Elle a été<br />

initiée par sa mère qui faisait le même<br />

travail dans le temps. « J’ai commencé<br />

avec des légumes ici à Kinshasa. Bien<br />

avant, je faisais des champs avec ma mère<br />

au Bas-Congo vers la chute de Zongo »,<br />

se confie Kiabuma au journal « <strong>La</strong> <strong>voix</strong><br />

des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> congolais ». Ce travail lui<br />

permet de subvenir à ses besoins et à venir<br />

à la rescousse de son foyer. « Je gagne en<br />

vendant. C’est ce qui m’oblige à bien faire<br />

mon travail d’agriculture », a-t-elle dit<br />

avant d’ajouter : « Nous exploitons cet<br />

espace dans le cadre de la paroisse. Mais<br />

en revanche, nous donnons quelques<br />

choses sous formes d’offrandes. »<br />

Cette maraîchère émet le vœu : « Mon<br />

souci est que l’Etat comprenne l’amp<strong>leur</strong><br />

de cette activité. Il faut qu’il commence à<br />

s’occuper de nous parce que nous faisons<br />

vivre aussi un petit nombre de la<br />

population.» Avant de faire le travail de<br />

champ, dit-elle, il y a toujours des<br />

Carrefour, à 20 km de Kikwit, dans le<br />

secteur Imbongo, ce sont aussi des<br />

p<strong>leur</strong>es. Maman Yvonne Mbundana de la<br />

commune de Lukolela n’y vas plus depuis<br />

deux ans : « les chefs des terres et les<br />

fermiers exagèrent. A Kakoy, Carrefour et<br />

Kwangamala, ils augmentent les prix de<br />

la même façon. 55.000 fc (59,7 $) en 2009,<br />

70.000 fc (76 $) en 2010 et 80.000 fc (90<br />

$) en 2011 pour une portion de 50 ares »,<br />

indique-t-elee.Ces trois <strong><strong>paysan</strong>s</strong> font parti<br />

de plusieurs autres qui ont vu <strong>leur</strong>s<br />

activités agricoles chuter suite à<br />

l’augmentation systématique des prix des<br />

portions des forêts par les fermiers et chefs<br />

des terres. Cette situation a connu des<br />

retombées négatives sur la vie des<br />

<strong><strong>paysan</strong>s</strong>. Plus de 60 pour cent des<br />

populations en RDC vivent des activités<br />

champêtres, mais le problème foncier<br />

constitue une sorte d’épine dans les roues<br />

agricoles. « Malgré toute la bonne volonté<br />

qu’ils peuvent manifester, l’accès à la terre<br />

par les agriculteurs reste un casse-tête »,<br />

reconnait le Docteur Christophe-Arthur<br />

MAMPUYA, directeur chef de service au<br />

secrétariat général <strong>du</strong> ministère de<br />

l’Agriculture, Pêche et Elevage en RDC.<br />

Quant à eux les chefs des terres et fermiers<br />

contactés se sont évertués de donner des<br />

explications par rapport à l’augmentation<br />

des prix des portions des forêts : « Nous<br />

sommes souvent dérangés par l’Etat avec<br />

des taxes que nous payons au ministère<br />

de l’Environnement et Conservation de<br />

la nature.<br />

Qui doit payer cet argent ? c’est pourquoi<br />

nous ajoutons cet argent sur les prix de<br />

vente des champs », se justifie Pierrot<br />

Musimantoy un des fermiers rencontré à<br />

Kikwit 3. Musimantoy ajoute une autre<br />

raison : « les agriculteurs gagnent<br />

éléments à mettre ensemble. « <strong>La</strong> terre est<br />

là. Il faut d’abord avoir de l’espace, la houe,<br />

des fumiers, avant de commencer à<br />

labourer…et la semence doit être prête »,<br />

Mme Kiakuma Wambaka dans son champ<br />

beaucoup de pro<strong>du</strong>its agricoles quand ils<br />

exploitent des forêts qui sont dans nos<br />

terres. Et nous autres qu’est-ce que nous<br />

gagnons ? »Un autre chef de terre qui a<br />

requit l’anonymat a révélé à SGL « qu’il<br />

y a des gens qui meurent suite à des<br />

problèmes de terre et des forêts. Il y a trois<br />

ans , ajoute-t-il, mon cousin avait trouvé<br />

la mort subitement puisqu’ ‘il avait ven<strong>du</strong><br />

, en mai 2009 , à des piètres prix des<br />

portions des forêts laissées par des ancêtres<br />

dans le secteur Nko ».<br />

« Tout fermier ou chef de terre doit obtenir<br />

de l’Etat un certificat qui l’autorise<br />

d’occuper une portion de terre ou de forêt.<br />

S’il veut aussi abattre des arbres ou la forêt,<br />

il doit passer au ministère de<br />

Equateur: Un conflit foncier<br />

oppose les communautés à Kungu<br />

ne vive tension règne entre les<br />

communautés Lingonda et U Bobeyi dans le secteur de<br />

Bomboma, territoire de<br />

Kungu à l'Equateur, ont indiqué des<br />

sources locales, dimanche 5 mai. <strong>Les</strong><br />

Lingonda accusent les Bobeyi de violer<br />

les limites de <strong>leur</strong>s terres tracées depuis<br />

1958, sous la colonisation, après le premier<br />

conflit qui les avait opposés. Selon<br />

des sources indépendantes, les Bobeyi<br />

ramassent des escargots pour <strong>leur</strong> nourriture<br />

dans la forêt des Lingonda parce que<br />

ces derniers n'en mangent pas. <strong>Les</strong><br />

lingonda verraient d'un mauvais œil ces<br />

incursions dans <strong>leur</strong> forêt.<br />

a épinglé Pasteur Kiakuma Wambaka qui<br />

a renchéri : « Nous n’utilisons pas des<br />

engrais chimiques parce que nous avons<br />

une bonne terre ».Malgré la clôture de cet<br />

l’Environnement pour se conformer à la<br />

loi », Elucide Oscar Aka, chef de service<br />

urbain de l’Environnement et<br />

Conservation de la nature de Kikwit.<br />

IL FAUT UNIFORMISER LES PRIX<br />

Selon Jean-Baptiste Mbwengele,<br />

président de la Coopérative de pro<strong>du</strong>ction,<br />

vente et expédition des frets, une plateforme<br />

qui encadre 240 associations<br />

<strong>paysan</strong>nes dans la province <strong>du</strong> Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong>,<br />

« la diversité et l’augmentation des prix<br />

des champs piétinent les activités<br />

agricoles. C’est pourquoi, l’Etat doit sortir<br />

une loi qui doit uniformiser les prix des<br />

champs pour que les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> respirent »<br />

Badylon KAWANDA BAKIMAN<br />

Le chef de groupement de Lingonda,<br />

Zangama Nyapole, affirme avoir saisi les<br />

autorités provinciales, depuis en novembre<br />

2011, "des provocations à répétition<br />

des Bobeyi". Mais ces dernières n'ont pas<br />

réagi, indique-t-il.<br />

<strong>Les</strong> conflits fonciers entre communautés<br />

sont fréquents dans cette province. Le<br />

désaccord entre les Munzaya et les Enyele,<br />

qui se disputaient la gestion des étangs<br />

piscicoles, avait dégénéré, en novembre<br />

2009, en une insurrection armée. Celle-ci<br />

avait embrasé Sud-Ubangi et le Sud-Equateur<br />

au point d'atteindre même Mbandaka.<br />

Des nombreux militaires et civils avaient<br />

espace, le cas de vol décourage les<br />

agriculteurs. Ces derniers en sont<br />

victimes à maintes reprises.« Nous<br />

observons de cas de vol pendant la nuit.<br />

Mais nous avons ici notre service de<br />

sécurité. En fait c’est un service de la<br />

paroisse. Ces gardiens de la paroisse<br />

s’appellent : Pied gauches. Ils arrêtent des<br />

vo<strong>leur</strong>s et si les vo<strong>leur</strong>s sont plus forts, ils<br />

font recours à la police » a-t-elle<br />

précisé.<strong>Les</strong> travaux champêtres sont très<br />

<strong>du</strong>rs et pernicieux. Ils dérangent de fois la<br />

santé si l’on ne prend pas garde. « Nous<br />

encourons de risques incroyables. Le<br />

maux de dos. On se blesse par mégarde.<br />

On a mal aux pieds. On s’expose au soleil<br />

pendant le travail, de fois on tombe<br />

malade. En rentrant à la maison, les<br />

enfants me massent le dos. C’est très<br />

souffrant », se lamente le Pasteur.<br />

Face à cette difficulté, les agents qui<br />

prétendaient travailler sous l’étiquette de<br />

l’Etat sont venus <strong>leur</strong> proposer l’achat de<br />

carte d’adhésion à une organisation qui<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.19<br />

ECHOS DES PROVINCES<br />

per<strong>du</strong> la vie au cours de ces affrontements.<br />

Plus de cent mille personnes avaient été<br />

contraintes de fuir <strong>leur</strong>s domiciles pour<br />

se réfugier au Congo Brazzaville voisin.<br />

Un autre conflit est celui qui oppose, depuis<br />

les années 90, les habitants <strong>du</strong> groupement<br />

Boso-Dingo dans le secteur de<br />

Bomboma à ceux <strong>du</strong> groupement Moliba<br />

dans le secteur de Mowanda. Ce conflit<br />

rebondit presque chaque année à la période<br />

de défrichage des champs entre les deux<br />

communautés, qui se disputent les limites<br />

des terres.<br />

Radiookapi.net:<br />

s’occupe des maraîchères de la ville de<br />

Kinshasa. Ne sachant à quel saint se vouer,<br />

elles ont trouvé cette initiative salutaire.<br />

« Nous avons acheté une fiche et<br />

commencé à verser 500 fc chaque mois<br />

comme on s’était enten<strong>du</strong>. Un homme<br />

venait au nom de l’Etat et on lui a donné<br />

notre contribution mensuelle pendant,<br />

c’était pendant deux mois. Depuis, il a<br />

disparu. C’est dommage, » se plaintelle.<strong>Les</strong><br />

maraîchères méritent une<br />

attention particulière <strong>du</strong> gouvernement à<br />

travers son ministère de l’Agriculture,<br />

pêche et élevage. Difficile d’évaluer <strong>leur</strong><br />

contribution sur le marché, elles mettent<br />

à la disposition de revendeuses pour la<br />

plupart des pro<strong>du</strong>its qui aident tant soit<br />

peu la population.Ainsi, le gouvernement<br />

est appelé à ne pas laisser le monopole<br />

d’assistance aux organisations non<br />

gouvernementales oeuvrant dans ce<br />

secteur de venir en aide aux maraîchères.<br />

A. Mangituka


ECHOS DES PROVINCES<br />

S<br />

ols appauvris, maigres récoltes,<br />

alimentation insuffisante et carencée,<br />

les agriculteurs <strong>du</strong> Kasaï<br />

Occidental vivent de plus en<br />

plus mal. Sans encadrement, ni semences<br />

sélectionnées, les pro<strong>du</strong>cteurs sont désemparés<br />

et continuent à brûler la forêt pour<br />

cultiver.<br />

"Il y a plus de 30 ans, je nourrissais mes<br />

enfants avec les pro<strong>du</strong>its de mes champs,<br />

car les récoltes étaient satisfaisantes. Au<br />

matin, le riz et les haricots étaient consommés<br />

comme petit déjeuner. Le foufou était<br />

présent deux fois par jour à l'heure de<br />

grands repas. Actuellement, les villageois<br />

ne récoltent plus assez faute de terre fertile",<br />

témoigne Paul Mukendi, un grand<br />

cultivateur de la paroisse de Mikalayi, au<br />

Kasaï. "Aujourd'hui, beaucoup d'enfants<br />

meurent dans les villages par manque de<br />

nourriture en quantité et de qualité convenable,<br />

constate Mathieu Muamba, infirmier<br />

d'un centre de santé dans la zone sanitaire<br />

de Cikula. Le soja, les chenilles, le<br />

haricot sont rares".<br />

<strong>Les</strong> familles mangent <strong>du</strong> foufou aux légumes<br />

une fois par jour. Selon lui, "la cuisson<br />

se fait sans huile ni d'arachide ni de<br />

palme. <strong>Les</strong> pro<strong>du</strong>its sont ven<strong>du</strong>s à vil prix<br />

dès les premiers jours de récolte. <strong>Les</strong> greniers<br />

restent vides. <strong>La</strong> pro<strong>du</strong>ction a baissé<br />

malgré la relance de certains projets d'appui".<br />

Kasaï Oriental: <strong>La</strong><br />

pro<strong>du</strong>ction agricole<br />

demeure faible<br />

L<br />

es tracteurs que le gouverne- "<strong>Les</strong> confessions religieuses et certaines<br />

ment congolais a donnés à la ONGD qui ont bénéficié de ces tracteurs<br />

province <strong>du</strong> Kasaï-Oriental en ont fait <strong>leur</strong>s propriétés privées " s'in-<br />

n'ont pas pro<strong>du</strong>it les résultats digne le ministre.<br />

atten<strong>du</strong>s. Le ministre provin- Ces tracteurs ont été octroyés aux diffécial<br />

de l'Agriculture, Pêche et Elevage, rentes provinces de la RDC en 2010 par le<br />

Roger Tshilombo, l'a constaté lors d'une gouvernement central. Le Kasaï-Oriental<br />

tournée d'inspection dans les différents avait bénéficié de plus d'une centaine de<br />

territoires de la province. Il affirme que la tracteurs agricoles livrés en deux temps.<br />

mauvaise utilisation des engins a eu un Le premier lot de plus de soixante engins<br />

impact négatif sur la pro<strong>du</strong>ction agricole. était complet. Mais le deuxième, avait été<br />

<strong>La</strong> hausse <strong>du</strong> prix <strong>du</strong> maïs sur le marché a livré sans accessoires. Ce manque d'acces-<br />

été l'indicateur de la faible pro<strong>du</strong>ction soires a aussi pénalisé les agriculteurs de<br />

agricole dans cette province. Il y a deux la province dans l'utilisation des tracteurs.<br />

ans, avant la distribution des tracteurs, le Roger Tshilombo l'a confirmé: "certains<br />

kilo et demi <strong>du</strong> maïs qui était ven<strong>du</strong> à 500 accusent le manque d'accessoires de cer-<br />

Francs congolais (environ 0,60 dollars), tains tracteurs ; mais d'une façon générale,<br />

s'élève aujourd'huis à 2 500 Francs con- on a remarqué que les gens ont manqué de<br />

golais ( 2, 8 dollars américains) sur le suivi de notre part".<br />

marché.<br />

Pour booster les résultats des récoltes, le<br />

Ce qui a poussé Roger Tshilombo à se ren- ministère provincial envisage de réaffecter<br />

dre dans les territoires de Ngandajika, ces engins agricoles dans les contrées où<br />

Katanda, Luilu, Lupatapata, Miabi et le besoin se fait réellement sentir.<br />

Kabeya Kamuanga. Partout, le constat a C'est le cas des territoires de Ngandajika,<br />

été le même.Pour le ministre, plusieurs Luputa et Miabi. Le ministre de l'agricul-<br />

raisons seraient à la base de la faible proture <strong>du</strong> Kasaï-Oriental a affirmé que la<br />

<strong>du</strong>ction agricole. Il cite notamment le coût province s'est également résolue d'ache-<br />

élevé exigé aux agriculteurs pour louer les ter des accessoires pour les engins qui en<br />

tracteurs et l'appropriation de ces engins manquent.<br />

par certaines organisations.<br />

Radiookapi.net<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.20<br />

Kasaï Occidental: <strong>Les</strong> agriculteurs<br />

n’arrivent pas à se nourrir<br />

MANQUE D'ENCADREMENT<br />

Modeste Kalonji, un agent de développement,<br />

se rappelle que "les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> de 1970<br />

cultivaient sous le contrôle des agronomes<br />

et hommes de terrain et que les rendements<br />

étaient bons". <strong>Les</strong> champs de la<br />

savane, poursuit-il, réussissaient pour certaines<br />

cultures semées sur plates-bandes<br />

ou en sillons en enfouissant des herbes<br />

dans le sol. C'était notre technique préférée,<br />

confie maman Ado Milolo, une vieille<br />

dame de 71 ans, mais "les jeunes<br />

d'aujourd'hui se contentent de la facilité.<br />

Ils coupent l'herbe à la surface et la brûlent.<br />

<strong>La</strong> pro<strong>du</strong>ction paraît bonne la première<br />

fois, mais la deuxième n'est pas évidente".<br />

Exploiter la même terre plusieurs fois par<br />

an est exclu. Sans encadrement, la population<br />

se décourage. Dieudonné Ilunga,<br />

agent de développement au secteur de<br />

Musuasua, confirme l'absence de techniciens<br />

agricoles aux côtés des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> :<br />

es agriculteurs qui con<strong>du</strong>isent<br />

des tracteurs depuis deux ans<br />

dans le district de l'Ituri sont<br />

en formation depuis le samedi<br />

21 avril pour bien utiliser ces<br />

engins. Cette formation de dix jours vise<br />

à <strong>leur</strong> permettre d'augmenter <strong>leur</strong> pro<strong>du</strong>ction<br />

agricole et d'en améliorer la qualité.<br />

En 2010, le gouvernement congolais avait<br />

donné cinquante tracteurs aux agriculteurs<br />

de sept districts de l'Ituri mais la plupart<br />

des con<strong>du</strong>cteurs n'étaient pas recyclés ou<br />

formés pour con<strong>du</strong>ire ces tracteurs. Ce qui<br />

Un parking des tracteurs<br />

"Nous nous déplaçons sur invitation, car<br />

nos bureaux ne disposent pas de frais de<br />

missions ni de transport. Toutefois, nous<br />

sensibilisons les cultivateurs à utiliser le<br />

tithonia et le mucuna comme engrais verts<br />

et les composts comme fertilisants. Seulement,<br />

ils y croient à peine".Pour cultiver<br />

le maïs et le riz, les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> continuent<br />

à déboiser la forêt, ce qui renforce les perturbations<br />

climatiques, mais ils n'ont pas<br />

pour autant changé <strong>leur</strong>s dates de semis,<br />

explique le technicien Ndamamba de la<br />

division provinciale de l'Agriculture.<br />

LES TRACTEURS AUX RICHES<br />

Plusieurs ONG et programmes ont aidé<br />

les agriculteurs depuis 2007 : Caritas<br />

Congo, la FAO, le PRESAR… En 2008,<br />

la population avait reçu des semences sélectionnées<br />

et les récoltes ont été meil<strong>leur</strong>es.<br />

Ils ont commencé à utiliser des engrais<br />

verts, des composts, de la fiente de volaille.<br />

Certains de l'hinterland de la ville de Kananga<br />

suivent toujours ces conseils et pro-<br />

a eu pour conséquence une baisse de rendement<br />

agricole et des pannes précoces des<br />

engins.Le chef de brigade <strong>du</strong> service national<br />

de mécanisation agricole (Senama)<br />

affirme que beaucoup de tractoristes se<br />

servaient des tracteurs en ignorant les instructions<br />

d'utilisation : " Pour les uns c'est<br />

un recyclage, pour les autres, c'est vraiment<br />

une formation. Après cette remise à niveau,<br />

nous attendons de chaque tractoriste<br />

l'amélioration de ses prestations tout en<br />

protégeant les engins ".Cette formation<br />

est répartie en trois jours de théorie et sept<br />

<strong>du</strong>isent mieux, mais sur de petites surfaces.<br />

Au terme de ces projets, en 2010-2011,<br />

la misère a refait surface, car les semences<br />

ne sont plus distribuées et l'encadrement<br />

a disparu. <strong>Les</strong> tracteurs et motoculteurs,<br />

donnés par le gouvernement, sont confiés<br />

à ceux qui ont des moyens, mais ils ne<br />

fonctionnent pas toujours faute de techniciens.<br />

<strong>La</strong> population se contente de petits<br />

champs de moins d'un hectare sur un sol<br />

épuisé. <strong>Les</strong> aliments de base, maïs et manioc,<br />

coûtent cher et sont insuffisants.<br />

Actuellement, en période de récolte, un<br />

kilo de maïs coûte 1,3 $, quatre fois plus<br />

cher qu'en 2009. M. Ngalamulume, un<br />

ancien fonctionnaire, se souvient : "Vers<br />

les années 1960, le travail de la terre était<br />

obligatoire pour tout villageois, et l'État<br />

les suivait à la loupe. <strong>Les</strong> paresseux<br />

payaient des amendes. Garder les semences<br />

était recommandé et un grenier était<br />

exigé dans chaque maison sous l'œil vigilant<br />

de l'agronome. Ces bonnes habitudes<br />

ont passé avec le temps et la faim a élu<br />

domicile chez nous". Syfia/LP<br />

Ituri : <strong>Les</strong> agriculteurs en formation<br />

pour bien con<strong>du</strong>ire les tracteurs<br />

L<br />

jours de pratique. L'impact de cette formation<br />

sur la pro<strong>du</strong>ction vivrière sera évalué<br />

d'ici le mois de juin prochain, a-t-il<br />

indiqué.Par ail<strong>leur</strong>s, il faut dire que le quatre<br />

vingt tracteurs affectés par le gouvernement<br />

central à la Province Orientale<br />

n’ont pas amélioré la pro<strong>du</strong>ction agricole,<br />

deux ans après. C’est le constat fait lors<br />

d’un atelier d’évaluation de l’utilisation<br />

de ces engins par le Conseil régional des<br />

organisations non gouvernementales de<br />

développement (CRONGD) de la Province<br />

Orientale, le 19 juin.OKAPI


L<br />

L’ananas export ou<br />

ananas avion !<br />

L’ananas haut de gamme encore appelé ananas export ou «ananas avion», est l’un de nos pro<strong>du</strong>its agricoles qui est de plus en plus sollicité<br />

par les pays de l’Union Européenne, plus précisément la France et la Belgique. C’est un créneau porteur, mais ce marché est très exigeant<br />

en ce qui concerne l’observation des normes sur les limites des rési<strong>du</strong>s des pesticides.<br />

Le PIP (Programme Initiative Pesticide) a mis sur pied en 2010 un itinéraire technique de pro<strong>du</strong>ction de ces ananas. C’est l’objet de cette<br />

fiche technique. Pour ceux qui pro<strong>du</strong>isent déjà des ananas consommés localement, la pro<strong>du</strong>ction de l’ananas avion <strong>leur</strong> donne une grande<br />

opportunité de franchir un palier important et accroître <strong>leur</strong>s revenus.<br />

LA PRÉPARATION DU SOL<br />

’ananas a des racines très<br />

fragiles. <strong>La</strong> prise en compte de<br />

cette réalité par le pro<strong>du</strong>cteur au<br />

moment de la préparation <strong>du</strong><br />

sol est une clé importante pour<br />

la réussite.<br />

LA PRÉPARATION DU SOL<br />

L’ananas a des racines très fragiles. <strong>La</strong> prise<br />

en compte de cette réalité par le pro<strong>du</strong>cteur<br />

au moment de la préparation <strong>du</strong> sol est une<br />

clé importante pour la réussite.<br />

Le système racinaire de l’ananas est<br />

superficiel et se localise essentiellement<br />

dans les 40 premiers centimètres <strong>du</strong> sol.<br />

Ces racines ne peuvent donc bien croître<br />

que dans un milieu meuble et bien aéré.<br />

Tout obstacle à <strong>leur</strong> croissance a un effet<br />

néfaste sur le développement de la plante.<br />

<strong>Les</strong> excès d’eau causent également<br />

l’asphyxie des racines. Le drainage <strong>du</strong> sol<br />

doit donc être satisfaisant. Le choix d’un<br />

site et sa préparation doivent tenir compte<br />

de ces exigences.<br />

<strong>La</strong> texture <strong>du</strong> sol que l’on peut considérer<br />

comme optimale pour l’ananas,<br />

correspond aux teneurs moyennes<br />

suivantes: 60 à 70 % de sable, 10 à 20 % de<br />

limons et 10 à 20 % d’argile. <strong>Les</strong> sols<br />

sablo-argileux ou argilo-sableux<br />

s’avèrent donc être les meil<strong>leur</strong>s. <strong>Les</strong> sols<br />

argileux et lourds sont fortement<br />

déconseillés. <strong>Les</strong> sols trop latéritiques ou<br />

gravillonnaires ne sont guère favorables<br />

et gênent le développement racinaire.<br />

Ils sont favorables au développement des<br />

symphyles, ravageurs qui occasionnent<br />

de graves dégâts sur les racines des ananas.<br />

L’ananas supporte les sols pauvres en<br />

éléments minéraux si les besoins en<br />

éléments nutritifs sont satisfaits par des<br />

apports d’engrais.<br />

Une bonne préparation <strong>du</strong> sol passe par la<br />

destruction <strong>du</strong> couvert végétal<br />

Plus que la richesse <strong>du</strong> sol, c’est son<br />

acidité, qui doit être un facteur de sélection.<br />

Le meil<strong>leur</strong> PH pour la culture se situe<br />

entre 4,5 et 5,5. Il est donc important autant<br />

que possible de faire analyser son sol avant<br />

de se lancer dans la culture d’ananas haut<br />

de gamme. <strong>Les</strong> risques de pourriture aux<br />

champignons Phytophthora sont<br />

importants sur des sols peu acides. A<br />

l’inverse, la trop forte acidification des<br />

sols favorise le développement des<br />

nématodes.<br />

<strong>Les</strong> sols sablo-argileux sont les plus<br />

indiqués pour la culture de l’ananas avion.<br />

<strong>La</strong> destruction <strong>du</strong> couvert végétal doit être<br />

la plus complète possible pour éviter la<br />

présence de rési<strong>du</strong>s végétaux non<br />

décomposés dans le sol qui gênent le<br />

développement des racines et peuvent<br />

abriter les parasites et maladies de<br />

l’ananas.<br />

Une bonne préparation <strong>du</strong> sol n’est<br />

possible que si le couvert végétal a été<br />

correctement détruit. <strong>La</strong> destruction <strong>du</strong><br />

couvert végétal peut être mécanisée à<br />

travers l’utilisation de rotobèches ou<br />

bèches rotatives. Ces outils permettent<br />

d’éviter la formation de semelles de<br />

labour et des zones de compaction <strong>du</strong> sol.<br />

A défaut de la mécanisation, on peut aussi<br />

préparer le sol à la main avec des dabas. Il<br />

suffira alors de bien émietter les mottes<br />

de terre. Pour une plantation en double<br />

ligne, la taille <strong>du</strong> billon est d’environ 70<br />

cm de large au sommet, 90 à 100 cm de<br />

large à la base et de 30 cm de hauteur.<br />

LE CHOIX ET<br />

L’UTILISATION DU<br />

MATÉRIEL VÉGÉTAL<br />

<strong>La</strong> qualité des rejets (fraîcheur, poids,<br />

homogénéité) est un des facteurs<br />

essentiels de la réussite de la culture.<br />

Il est indispensable de pro<strong>du</strong>ire des<br />

variétés appréciées à l’export. Il faut<br />

utiliser des rejets dont le poids varie entre<br />

400 et 500 g.<br />

En plus de la Cayenne lisse qui est la<br />

principale variété exportée vers l’Union<br />

Européenne, de nouvelles variétés<br />

hybrides de type « sweet » se distinguent<br />

de plus en plus.<br />

<strong>Les</strong> avantages de cette nouvelle génération<br />

d’hybrides sont : des fruits naturellement<br />

mieux colorés; des fruits peu acides qui<br />

se démarquent de la Cayenne; une<br />

robustesse dans le transport et la<br />

conservation. A côté de ces deux variétés<br />

adaptées au transport par bateau, la famille<br />

des «Quenn» est également intéressante<br />

pour se positionner sur un marché haut de<br />

gamme. Ces fruits se colorent<br />

naturellement et sont très parfumés. Ils<br />

sont également très fragiles <strong>du</strong> point de<br />

vue <strong>du</strong> transport et de la conservation.<br />

<strong>La</strong> qualité des rejets (fraîcheur, poids,<br />

homogénéité) est un des facteurs<br />

essentiels de la réussite de la culture.<br />

<strong>La</strong> qualité des rejets (fraîcheur, poids,<br />

homogénéité) est un des facteurs<br />

essentiels de la réussite de la culture. Pour<br />

se placer dans de bonnes conditions, il<br />

faut absolument assurer, pendant toute la<br />

période de pro<strong>du</strong>ction des rejets, un bon<br />

entretien des parcelles (apports d’engrais,<br />

désherbage, application de pesticides) et<br />

une récolte régulière de ces rejets.<br />

Le poids des rejets employés varie de 300<br />

à 600 grammes en général. Des rejets plus<br />

légers rallongent le cycle. Des rejets trop<br />

gros accroissent les risques de floraisons<br />

« naturelles » (non contrôlées) à certaines<br />

époques de l’année. Le poids optimum <strong>du</strong><br />

rejet à mettre en terre se situe entre 400 et<br />

500 g.<br />

S’assurer que les rejets sont exempts de<br />

maladies<br />

Selon <strong>leur</strong> taille, les rejets n’ont pas la<br />

même vitesse de développement. Il est<br />

donc important pour obtenir une<br />

croissance et une récolte homogène de les<br />

planter par groupe de taille homogène. Un<br />

calibrage ou tri des rejets doit être réalisé<br />

en fonction de <strong>leur</strong>s poids (classe de 100<br />

grammes) ou de <strong>leur</strong> diamètre de base.<br />

Le parage consiste à enlever les vieilles<br />

feuilles courtes à la base <strong>du</strong> rejet avant la<br />

mise en terre. Il permet de mettre à nu les<br />

quelques racines présentes et accélère<br />

l’émission racinaire après la mise en terre<br />

en saison sèche.<br />

Il est naturellement essentiel de planter<br />

<strong>du</strong> matériel sain, c’est-à-dire exempt de<br />

cochenilles et non atteint de wilt ou<br />

pourriture noire à sa base. <strong>La</strong> cicatrisation<br />

de la base par exposition au soleil suffit<br />

habituellement à protéger le rejet de cette<br />

pourriture noire. Un traitement régulier<br />

des parcelles en pro<strong>du</strong>ction de rejets contre<br />

les cochenilles permet de récolter des rejets<br />

sains. Une fois que les rejets ont été<br />

récoltés puis triés, éventuellement mis en<br />

FICHE TECHNIQUE<br />

bottes au bord de la parcelle de pro<strong>du</strong>ction,<br />

on les transporte dès que possible vers le<br />

carré à planter pour réaliser la plantation.<br />

DISPOSITIF DE<br />

PLANTATION DES REJETS<br />

<strong>Les</strong> densités se situent être 50 à 70 000<br />

pieds à l’hectare, proportionnellement au<br />

degré d’ensoleillement de la zone.<br />

<strong>Les</strong> plants sont généralement plantés en «<br />

lignes jumelées » (deux lignes pour une «<br />

rangée ») ou en lignes triples (trois lignes<br />

pour une «rangée»), les plants étant<br />

disposés en quinconce.<br />

Il faut prévoir un espacement de 25 à 30<br />

cm entre les plants sur la ligne et de 30 à<br />

40 cm entre les lignes. Un espace de 15 cm<br />

doit séparer la ligne <strong>du</strong> bord <strong>du</strong> billon. <strong>Les</strong><br />

densités peuvent se situer dans une<br />

fourchette de 50 000 à 70 000 pieds par ha.<br />

<strong>Les</strong> densités les plus fortes seront<br />

privilégiées dans les zones bien<br />

ensoleillées, mais nécessitent aussi<br />

l’emploi d’une couverture de<br />

polyéthylène et des techniques<br />

d’irrigation. Plus la densité est élevée, plus<br />

la sélection <strong>du</strong> matériel végétal doit être<br />

sévère.<br />

En effet, avec l’augmentation des<br />

densités, les phénomènes de concurrence<br />

s’accroissent ainsi que l’hétérogénéité des<br />

parcelles. <strong>Les</strong> plants les moins développés<br />

dans les mois qui suivent la plantation<br />

peuvent alors être totalement étouffés et<br />

ne donner que de très petits fruits.<br />

(suite en page 22)<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P21


EN PRATIQUE<br />

Il est préférable de réaliser un piquetage<br />

préalable à la mise en terre des rejets afin<br />

d’assurer une disposition régulière des<br />

plants lors de la mise en terre<br />

correspondante à la densité choisie.<br />

<strong>La</strong> mise en terre <strong>du</strong> rejet est une opération<br />

primordiale pour assurer un bon<br />

démarrage et un développement<br />

homogène des plants. Elle doit permettre<br />

un bon contact <strong>du</strong> sol avec le rejet en<br />

évitant la formation d’une paroi lisse qui<br />

perturberait l’émission racinaire et<br />

favoriserait l’accumulation d’eau et les<br />

risques de pourriture. <strong>La</strong> profondeur de<br />

plantation ne doit pas dépasser 8 à 10 cm<br />

(en fonction de la taille <strong>du</strong> rejet) de façon<br />

à éviter des pourritures et «l’ensablement<br />

<strong>du</strong> coeur» des plants.<br />

<strong>Les</strong> trous de plantation ne doivent pas être<br />

préparés à l’avance. <strong>Les</strong> plants ne doivent<br />

pas être «vissés» dans le sol car les<br />

bourgeons sont alors endommagés et la<br />

paroi <strong>du</strong> sol en contact avec le rejet est<br />

lissée.<br />

COMMENT CONSTRUIRE<br />

UN PROGRAMME DE<br />

FERTILISATION<br />

Le potassium agit sur la texture et le<br />

remplissage des fruits<br />

Un engrais complet adapté à l’ananas est<br />

une solution très satisfaisante pour réaliser<br />

une bonne fertilisation.<br />

Une attention particulière doit être<br />

apportée pour fractionner les apports en<br />

fonction des besoins de la plante et éviter<br />

les apports au plus fort de la saison des<br />

P<br />

L’ananas export ou<br />

ananas avion !<br />

(suite de la page 21)<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.22<br />

<strong>La</strong> conservation des oignons<br />

lusieurs méthodes de<br />

conservation des oignons<br />

permettent aux pro<strong>du</strong>cteurs de<br />

ré<strong>du</strong>ire les pertes financières<br />

<strong>du</strong>es à la surabondance de cette denrée sur<br />

les marchés. Il y a un moyen de conserver<br />

les oignons pour mieux vendre les mois<br />

qui suivent. (...)<br />

Tout d’abord, il existe des principes de<br />

base pour une conservation réussie:<br />

utilisation dans la mesure <strong>du</strong> possible des<br />

fertilisants organiques, arrêt de l’arrosage<br />

ou l’irrigation au moins 15 jours avant la<br />

récolte, car quand les feuilles sont<br />

complètement sèches, c’est que la plante<br />

a retiré toute la sève de la bulbe.<br />

Pendant la récolte, éviter de blesser les<br />

bulbes. Après la récolte, le lieu de stockage<br />

doit être bien aéré, bien sec, à l’ombre et au<br />

frais.<br />

LES MÉTHODES SIMPLES<br />

Il existe des méthodes simples de<br />

conservation des oignons.<br />

- On peut les étaler sur <strong>du</strong> sable dans une<br />

case ou à l’ombre.<br />

- Tresser les oignons par les feuilles et les<br />

suspendre dans des vieux filets.<br />

- Etaler les oignons sur les étagères (pas<br />

en contact avec la terre humide).<br />

- Stocker dans des sacs à larges mailles<br />

(où l’air peut passer) et étaler une fois par<br />

semaine au soleil.<br />

pluies (perte par lessivage) et de la saison<br />

sèche (perte par volatilisation des engrais<br />

en particulier pour l’azote).<br />

Lorsque d’autres formes d’engrais sont<br />

disponibles, il est intéressant de construire<br />

un programme de fertilisation plus<br />

complexe.<br />

Quoi qu’il en soit, il est important de :<br />

- Positionner les apports azote et potasse<br />

en jouant sur les différentes formulations<br />

et forme d’application pour tenir compte<br />

: de la longueur <strong>du</strong> cycle (nombre,<br />

fréquence et quantité desapports); <strong>du</strong><br />

stade de croissance des plants (première<br />

moitié de cycle ou seconde moitié de<br />

cycle).<br />

- Démarrer les apports à partir de la 3ème<br />

semaine après planting. Choisir sulfate ou<br />

<strong>La</strong> technique de stockage amélioré consiste à stocker les oignons à une température ambiante, et dans<br />

un local ou magasin permettant une bonne ventilation naturelle.<br />

- Contrôler régulièrement en enlevant tout<br />

ce qui commence à pourrir avant qu’il ne<br />

contamine les autres.<br />

Le stockage traditionnel et ses limites<br />

Une bonne partie de la pro<strong>du</strong>ction<br />

d’oignon récoltée par les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> est<br />

chlorure de potasse en seconde partie de<br />

cycle végétatif pour jouer sur l’acidité <strong>du</strong><br />

fruit. Nécessité d’un dernier apport d’azote<br />

et de potasse entre 2 et 3 semaines avant le<br />

TIF (traitement d’in<strong>du</strong>ction florale). Ne<br />

pas réaliser d’apports après le TIF.<br />

- Eventuellement, compléter au cours <strong>du</strong><br />

cycle végétatif avec des apports de sulfate<br />

de fer, sulfate de zinc ou des formulations<br />

plus complètes d’oligoéléments si cela<br />

est nécessaire.<br />

Ce programme peut être mo<strong>du</strong>lé en cours<br />

de cycle en fonction <strong>du</strong> climat, de la<br />

croissance des plants et de la longueur <strong>du</strong><br />

cycle en respectant le rapport de 2 à 2,5 si<br />

le TIF est retardé de 2 semaines<br />

In la <strong>voix</strong> <strong>du</strong> <strong>paysan</strong><br />

Cameroun<br />

stockée suivant les méthodes<br />

traditionnelles. Au Nord, les cases<br />

d’habitation ont des formes variables<br />

(rondes ou rectangulaires), avec une<br />

toiture généralement faite de paille, et de<br />

tôle pour quelques unes.<br />

Ces cases, hermétiquement fermées, sont<br />

munies d’une porte et souvent, d’une<br />

petite fenêtre. <strong>Les</strong> structures de stockage<br />

qu’utilisent les <strong><strong>paysan</strong>s</strong> sont très souvent<br />

construites suivant le même modèle, que<br />

celui des cases d’habitation. Très souvent,<br />

ce sont ces cases qui sont converties en<br />

structures de stockage.<br />

Telles que construites, ces structures ne<br />

favorisent pas une bonne ventilation des<br />

bulbes. <strong>La</strong> circulation d’air est très<br />

difficile, parce que la porte constitue la<br />

seule ouverture . <strong>Les</strong> épaisseurs des<br />

couches d’oignons sont très importantes<br />

(30 à 40 cm de hauteur). Cette situation,<br />

ajoutée au fait que les bulbes sont mal aérés,<br />

entraîne un réchauffement <strong>du</strong> local et des<br />

condensations locales des vapeurs d’eau,<br />

créant ainsi des conditions favorables au<br />

développement des microbes.<br />

En plus, la disposition des pro<strong>du</strong>its rend<br />

les opérations de triage difficiles et oblige<br />

le <strong>paysan</strong> à marcher sur les oignons<br />

lorsqu’il veut contrôler son stock. En<br />

marchant sur les oignons, les enveloppes<br />

extérieures sont endommagées et les<br />

bulbes sont ainsi exposées aux attaques<br />

de champignons. Dans les greniers à<br />

oignons, l’opération de tri est encore plus<br />

difficile à réaliser, car pour le faire, le<br />

pro<strong>du</strong>cteur est obligé de vider tout le<br />

stock, et cette manipulation endommage<br />

les oignons et les rend plus sensibles au<br />

développement de la pourriture.<br />

Dans ces conditions, une fois que les<br />

bulbes attaquées ne sont pas retirées <strong>du</strong><br />

stock, la contamination par contact avec<br />

des bulbes saines évolue très rapidement<br />

et peut détruire en très peu de temps la<br />

totalité de la pro<strong>du</strong>ction.<br />

DES PERTES D’ENVIRON<br />

60% AU BOUT DE 3 MOIS<br />

Généralement, les pertes dans ces cellules<br />

traditionnelles sont estimées à près de<br />

60% au bout de trois (3) mois. Ainsi donc,<br />

l’important risque de perte dissuade les<br />

pro<strong>du</strong>cteurs de stocker sur une longue<br />

période, et ce malgré la perspective d’une<br />

forte plus-value. <strong>La</strong> majorité d’entre eux<br />

commercialise <strong>leur</strong>s pro<strong>du</strong>its à la récolte,<br />

entraînant à un moment donné et sur une<br />

courte période, une abondance des<br />

pro<strong>du</strong>its sur les marchés et une chute des<br />

prix comme c’est le cas actuellement.<br />

Irénée Modeste Bidima<br />

LA TECHNIQUE DE<br />

STOCKAGE AMÉLIORÉ<br />

Le magasin de stockage amélioré permet<br />

de ré<strong>du</strong>ire la pourriture des oignons<br />

<strong>La</strong> technique de stockage amélioré<br />

consiste à stocker les oignons à une<br />

température ambiante, et dans un local ou<br />

magasin permettant une bonne<br />

ventilation naturelle.<br />

Il s’agit de construire quatre murs en<br />

briques de terre avec des trous d’aération<br />

pour permettre une bonne circulation de<br />

l’air à l’intérieur <strong>du</strong> local. <strong>La</strong> toiture <strong>du</strong><br />

magasin doit être faite en paille, mais<br />

suffisamment fermée pour que la pluie ne<br />

puisse pas entrer à l’intérieur.<br />

A l’intérieur <strong>du</strong> magasin, on dispose quatre<br />

dispositifs de stockage et chacun est<br />

constitué à son tour de quatre étagères ou<br />

claies superposées.<br />

<strong>Les</strong> oignons sont étalés sur ces claies de<br />

façon à obtenir une faible épaisseur, soit<br />

70 kg par mètre carré, environ 122 kg par<br />

claie. Un couloir central et un passage<br />

autour des mo<strong>du</strong>les de stockage<br />

permettent d’accéder facilement aux<br />

bulbes. <strong>Les</strong> bulbes atteints de pourriture<br />

ou en cours de germination sont alors<br />

retirés <strong>du</strong> lot, limitant les risques de<br />

propagation de la pourriture (...)<br />

In la <strong>voix</strong> <strong>du</strong> <strong>paysan</strong> Cameroun/IMB


L<br />

<strong>Les</strong> pro<strong>du</strong>its agricoles <strong>du</strong> Territoire<br />

de Luozi à destination de centres et<br />

marchés urbains<br />

Enquête sur les prix des cossettes de<br />

manioc dans les marchés de Kinshasa<br />

e prix <strong>du</strong> sac de cossette<br />

de manioc n’est pas fixe<br />

ou stable. Plusieurs<br />

facteurs expliquent<br />

cette instabilité,notamment<br />

l’alternance des saisons, la<br />

rotation des véhicules, la rareté ou<br />

l’abondance de cossettes de<br />

manioc dans les différents<br />

marchés de Kinshasa.<strong>La</strong><br />

commercialisation de ce pro<strong>du</strong>it<br />

agricole est fortement influencée<br />

par un phénomène communément<br />

appelé « manœuvres » à travers<br />

lesquelles des femmes s’érigent<br />

en intermédiaires entre les<br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles ou les<br />

commerçants et les<br />

consommateurs, acheteurs ou les<br />

revendeurs. Ce sont les<br />

« mamans manœuvres ». .<br />

<strong>Les</strong> commerçants ou pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles ne speuvent vendre <strong>leur</strong>s<br />

pro<strong>du</strong>its seuls. Ils ne se limitent<br />

qu’à proposer le prix de vente qui<br />

devra être revu -sans doute àla<br />

hausse- par les « mamans<br />

manœuvres » qui semblent mieux<br />

maîtriser l’état <strong>du</strong> marché. Mais<br />

l’objectif est de faire un bénéfice<br />

...pour la survie de <strong>leur</strong>s familles .<br />

En outre, ces « mamans<br />

manœuvres » sont rompus pour<br />

retarder ou écouler à un temps<br />

MARCHE<br />

Matadi kibala<br />

Matete<br />

Kanda kanda<br />

Lisala<br />

Prix de Vente<br />

DES PAYSANS<br />

45.000fc<br />

17.000fc<br />

48.000fc<br />

48.000fc<br />

45.000fc<br />

25.000fc<br />

record les pro<strong>du</strong>its à <strong>leur</strong> charge.<br />

Elles auraient également une<br />

certaine capacité de nuisance.<br />

Tenez! Au cas où les pro<strong>du</strong>cteurs<br />

refusaient <strong>leur</strong> assistance, elles<br />

influencent négativement les<br />

consommateurs ou les<br />

revendeurs.<strong>Les</strong> pro<strong>du</strong>cteurs sont<br />

obligés de coopérer. Surtout en<br />

période de l’abondance des<br />

Prix de Vente<br />

DES FEMMES<br />

MANOEUVRES<br />

56.000 à DSCT<br />

50.000 DNP<br />

28.000fc<br />

56.000fc<br />

56.000fc<br />

56.000fc<br />

35.000fc<br />

cossettes de manioc sur le<br />

marché. Elles sont capables de<br />

clouer une cargaison aux dépôts<br />

pour la vendre à un rythme lent<br />

et les frais des dépôts est à la<br />

chargé des commerçants. En<br />

période d’abondance, les<br />

mamans manœuvres repartissent<br />

les pro<strong>du</strong>its aux revendeurs de<br />

confiance pour vendre en détail<br />

QUALITE<br />

Très bonne<br />

assez bon<br />

Très bonne<br />

bonne<br />

bonne<br />

PROVENANCE<br />

Bas-Congo<br />

Village<br />

Badimbu<br />

Kakongo<br />

(Mayombe)<br />

Ban<strong>du</strong>n<strong>du</strong><br />

Bas-Congo<br />

Village<br />

MAWUNZI<br />

Konzo<br />

Kimpangu au<br />

Bas-congo<br />

selon un délai fixé. Cela pour<br />

permettre un écoulement rapide<br />

des pro<strong>du</strong>its à <strong>leur</strong> charge. <strong>Les</strong><br />

frais de la manutention et <strong>du</strong> dépôt<br />

sont à la charge des pro<strong>du</strong>cteurs<br />

agricoles ou commerçants. C’est<br />

pourquoi les pro<strong>du</strong>cteurs sont<br />

contraints d’accepter le service des<br />

«mamans manœuvres» pour<br />

diminuer le coût de dépôt et vite<br />

GRANDEUR DU<br />

SAC<br />

Grand formage<br />

(allonge)<br />

Petit format<br />

Grand format<br />

Grand format<br />

Grand format<br />

Petit format<br />

rentrer au village. <strong>Les</strong> femmes<br />

manœuvres achètent les cossettes<br />

de manioc à un prix un peu bas<br />

aux <strong><strong>paysan</strong>s</strong> qui doivent à <strong>leur</strong>s<br />

tour payer les différents frais de<br />

transport, de parking et de dépôt.<br />

THOMAS MUKOKO<br />

ECHOS DES MARCHES<br />

Source: Observatoire<br />

Economique<br />

des Marchés-Bulletin<br />

AGRISUD<br />

Juin 2012<br />

ECHOS DES MARCHES<br />

LA VOIX DU PAYSAN CONGOLAIS N°19.P.23


TRIMESTRIEL D’INFORMATIONS AGRICOLES, DU MONDE RURAL ET DE L’ENVIRONNEMENT- Prix: 1000 FC KIN- 1500 FC Provinces<br />

CINQUIEME ANNEE-N°19-JUIN 2012 EDITEUR : BAUDOUIN HAMULI - DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : JEAN-BAPTISTE LUBAMBA<br />

Entrée en vigueur de la loi portant principes fondamentaux<br />

relatifs au secteur agricole sans mesures d’application !<br />

es membres de la Commission<br />

de rédaction des mesures<br />

d’application de la loi portant L principes fondamentaux<br />

relatifs à l’agriculture ont tenu<br />

une réunion d’évaluation, mardi 29 mai<br />

2012 au cabinet <strong>du</strong> Conseiller juridique<br />

<strong>du</strong> ministre de l’agriculture. Cette réunion<br />

a été motivée par le fait qu’il n’y a pas eu<br />

de rencontre formelle des membres pour<br />

faire la jonction entre les membres<br />

résidents et les non-résidents. D’où une<br />

incompréhension entre les membres faute<br />

d’information. Résultat: on n’arrive pas<br />

à faire un rapport complet et à connaitre la<br />

situation exacte dans les différentes sous-<br />

O n<br />

commissions. Il y a aussi le contexte actuel<br />

avec un nouveau gouvernement et des<br />

moyens non disponibilisés par les<br />

partenaires. Cela exige une redéfinition<br />

d’un certain nombre d’éléments de<br />

stratégie et de mobilisation des fonds.<br />

Le constat général fait est que les travaux<br />

évoluent malgré les difficultés réelles liées<br />

surtout à la logistique, au manque de<br />

motivation des membres des différentes<br />

sous commissions… Ils évoluent<br />

lentement à cause de la divergence des<br />

vues dans les groupes. <strong>Les</strong> options plus<br />

légalistes et juridisme entravent à la bonne<br />

marche des travaux.<br />

«<strong>La</strong> Femme maraîchère<br />

immortalisée »<br />

se rappellera que l’humanité entière a célébré la Journée Internationale de la<br />

Femme le 8 Mars. Le thème retenu pour cette année 2012 a été : «<br />

L’autonomisation de la femme rurale, pilier de la lutte contre la pauvreté et<br />

la faim». Ce thème est jugé très important puisqu’il met en exergue le travail<br />

combien fastidieux réalisé par les femmes rurales qui concourt véritablement<br />

dans la lutte contre la pauvreté et surtout contre la faim. En RDC, des femmes de toutes<br />

les provinces ont célébré cette journée à <strong>leur</strong> manière à travers diverses activités, mais<br />

sans nécessairement la présence de la véritable femme rurale qui s’occupait de son<br />

champsignorant tout de cette journée. A Kinshasa, un artiste sculupteur de renommée<br />

Me Alfred Liyolo a pensé à la femme maraichère qui nourrit pratiquement la ville en<br />

l’immortalisant à travers un monument. Celui-ci a été construit dans la Commune de<br />

Ngaba, un quartier populaire de la ville de Kinshasa à l’entrée de la route qui mène vers<br />

un grand centre de pro<strong>du</strong>ction de légumes et autres pro<strong>du</strong>its agricoles, à savoir: <strong>La</strong> cité<br />

de Kimwenza. Me Liyolo observe chaque jour des femmes avec <strong>leur</strong>s légumes sur <strong>leur</strong>s<br />

têtes et parfois avec des enfants sur les dos en direction de différents marchés de Kinshasa.<br />

Quelques caractéristiques de cette oeuvre, les boules qu’on retrouve sur la tête de la<br />

statue symbolisent les plate-bandes et la cruche symbolise le manque d’eau dans la<br />

ville de Kinshasa et ces femmes sont parfois obligées de parcourir jusqu’à 100 mètres<br />

pour chercher de l’eau en vue d’arroser <strong>leur</strong>s champsPETRA IYELI<br />

QUATRE SOUS-<br />

COMMISSIONS<br />

<strong>Les</strong> travaux en sous-commissions se<br />

présentent de la manière suivante :<br />

<strong>La</strong> sous-commission<br />

décentralisation qui travaille sur les<br />

articles 8 et 9 autour de M. Alain HUART,<br />

bénéficie d’un certain nombre des<br />

volontaires <strong>du</strong> ministère. Alain Huart a<br />

déjà pro<strong>du</strong>it et distribué aux membres des<br />

autres sous commissions, un draft de<br />

projet d’arrêté.<br />

<strong>La</strong> commission foncière (5<br />

membres) travaille sur les articles de 12 à<br />

17 et l’article 26. Elle devra pro<strong>du</strong>ire deux<br />

textes dont un sur le cadastre agricole et<br />

un autre sur le Conseils consultatifs. Un<br />

draft de texte sur le cadastre agricole est<br />

déjà pro<strong>du</strong>it par Me FATAKI et distribué<br />

à tous les membres. Celui sur les conseils<br />

consultatifs, doit être pro<strong>du</strong>it par Me<br />

FLAVIEN. Un atelier de mise à niveau est<br />

prévu au courant de la semaine avant<br />

d’entamer les travaux proprement de<br />

discussion et de partage des drafts qui<br />

seront alors pro<strong>du</strong>its.<br />

Concernant la sous-commission<br />

Fiscalité et financement de<br />

l’agriculture (4 membres) 40,56 et 73,<br />

le draft des juristes est en cours de<br />

discussion en plénière de la souscommission.<br />

7 des 28 articles de ce draft<br />

ont déjà été traités. Deux aspects sont<br />

ressortis des débats : les aspects<br />

juridiques et les aspects techniques. <strong>Les</strong><br />

premiers devront être approfondis par les<br />

juristes alors que les deuxièmes seront par<br />

le groupe de technicien.<br />

<strong>La</strong> sous-commission technique (5<br />

membres) articles 29 ;30,<br />

37,43,48,49,54,55 : est la plus surchargée<br />

compte tenu des articles qu’elle doit traiter.<br />

A l’allure où vont les choses, aucune souscommission<br />

n’est prête et probablement<br />

ne sera prête d’ici le 24 juin date d’entrée<br />

en vigueur de la loi. Aucun partenaire n’a<br />

honoré jusque-là ses engagements pour le<br />

travail.<br />

RECOMMANDATIONS<br />

Face à cette léthargie, les membres de cette<br />

commission ont formulé des<br />

recommandations suivantes : Procéder à<br />

des mini rencontres de mise à niveau pour<br />

ceux qui n’ont pas participé au processus<br />

d’élaboration de la loi ; Rester dans la<br />

mesure <strong>du</strong> possible dans l’esprit <strong>du</strong><br />

législateur qui privilégie le caractère<br />

innovant de la loi ; Toutes les faiblesses<br />

de la loi pourront faire l’objet d’une<br />

nouvelle démarche de sa révision auprès<br />

des organes compétents ; Ayez en ligne de<br />

mires l’idée de la réforme de la loi foncière ;<br />

car la procé<strong>du</strong>re est déjà entamée au niveau<br />

<strong>du</strong> ministère des affaires foncières .<br />

Ils ont aussi émis le souhait d’actionner<br />

les démarches auprès des bail<strong>leur</strong>s des<br />

fonds pour une libération rapide des<br />

moyens pour éviter une rupture dans les<br />

travaux ; Contacter le Ministre de<br />

l’agriculture et développement rural pour<br />

lui signifier l’impossibilité pratique de<br />

terminer le travail avant la date fatidique<br />

<strong>du</strong> 24 juin 2012. Ils ont aussi relevé qu’il<br />

devient de plus en plus indispensable que<br />

les deux membres non résidents de la<br />

commission( Paluku Mivimba et<br />

Malembe Simplexe Kambale) soient plus<br />

permanent compte tenu <strong>du</strong> travail à faire<br />

et <strong>du</strong> rôle important qu’ils sont en train de<br />

jouer dans le cadre de la mise en relation<br />

entre le nouveau ministre.<br />

D’autres recommandations ont porté sur<br />

comment réunir une documentation<br />

complète sur le dossier et le déposer auprès<br />

<strong>du</strong> nouveau ministre pour une vue plus<br />

complète afin de lui permettre de<br />

s’intégrer objectivement dans la<br />

démarche ; Organiser urgemment une<br />

rencontre avec des sous-groupes pour<br />

étudier les voies et moyens de relancer les<br />

travaux et passer l’information et relancer<br />

tous les partenaires potentiels et annoncés<br />

pour les appuis aux travaux de la<br />

commission.<br />

Etaient présents à cette réunion :<br />

PAULIN OSIT : Chargé des CARG et<br />

plan de développement et coordonnateur<br />

de la commission ; ITOLE MAHEGE :<br />

Conseiller juridique <strong>du</strong> ministre ;<br />

PALUKU MIVIMBA : Président de la<br />

CONAPAC et de la cellule de plaidoyer<br />

autour de la loi agricole ; ETIENNE<br />

BISIMWA : Secrétaire Exécutif de la<br />

CONAPAC et secrétaire permanent de la<br />

commission ; SIMPLEX KAMBALE<br />

MALEMBE : Coordonnateur <strong>du</strong> Forum<br />

des Amis de la Terre F.A.T/G rands <strong>La</strong>cs et<br />

membre de la cellule de plaidoyer et<br />

membre de secrétariat permanent de la<br />

commission.<br />

PERSPECTIVES DU 24 JUIN<br />

2012<br />

C’est en principe le 24 juin 2012 que la<br />

loi portant principes fondamentaux<br />

relatifs au secteur agricole en RDC est<br />

entrée en vigueur, mais sans ses mesures<br />

d’application. En effet, la commission<br />

mise en place depuis août 2011 pour<br />

élaborer les mesures d’application n’a<br />

jamais fonctionné réellement faute des<br />

moyens.<br />

Retrouvez ce journal sur le siteweb<br />

www.la<strong>voix</strong><strong>du</strong><strong>paysan</strong>congolais.com<br />

Pour les membres de cette commission,<br />

tous les moyens promis à cette<br />

commission aussi bien par le<br />

gouvernement congolais que par des<br />

bail<strong>leur</strong>s de fonds n’ont pas encore été<br />

disponibilisés. Cette situation entraîne<br />

comme conséquences, la démotivation des<br />

membres de la commission qui n’ont plus<br />

le cœur à l’ouvrage. Tous les espoirs placés<br />

dans cette commission par des<br />

pro<strong>du</strong>cteurs agricoles se sont évanouis<br />

puisque la loi est entrée en vigueur sans<br />

ses mesures d’accompagnement. <strong>Les</strong><br />

travaux de cette commission n’ont connu<br />

aucune évolution significative, au<br />

contraire ils marquent les pas.<br />

<strong>Les</strong> <strong><strong>paysan</strong>s</strong> pro<strong>du</strong>cteurs auraient souhaité<br />

que cette commission puisse pro<strong>du</strong>ire des<br />

mesures d’application pour que certains<br />

articles en défaveur des <strong><strong>paysan</strong>s</strong> dans la<br />

loi agricole puissent trouver des correctifs,<br />

mais hélas rien n’est fait.<br />

JBL<br />

<strong>La</strong> Voix <strong>du</strong><br />

Paysan<br />

Congolais<br />

MENSUEL D’INFORMATIONS AGRICOLES,<br />

DU MONDE RURAL ET<br />

DE L’ENVIRONNEMENT<br />

Editeur<br />

Baudouin Hamuli<br />

Directeur de Publication<br />

Jean Baptiste Lubamba<br />

Rédacteur en Chef<br />

Emmanuel Kokolo<br />

Comité Editorial<br />

Baudouin Hamuli, Jean-Baptiste Lubamba,<br />

François Cajot, Jeanine Mukanyirwa, Albert<br />

Kabuya, Freddy Mumba, Emmanuel Kokolo,<br />

Danny Singoma<br />

Collaboration<br />

Thomas Mukoko, Petra Iyeli, Alain Huart,<br />

Hygin Mandiangu, Dina Buhake, Jean Baptiste<br />

Musabyimana, Baende Lepetit, Raymonde<br />

Senga, Jean Victor Ngeleka<br />

Administration et Finances<br />

Justin Kangwenyenye<br />

Distribution<br />

Thomas Mukoko<br />

Chrispin Assimbo<br />

Impression<br />

IPC Services<br />

Kinshasa<br />

1150 avenue Tabora. C/Barumbu- Tél 0998311821- 0821446508- 0997653390. B.P 14582 kin 1.Fax:001-775-402-7683.e-mail:la<strong>voix</strong><strong>du</strong> <strong>paysan</strong>_rdc@yahoo.fr./www.la<strong>voix</strong><strong>du</strong><strong>paysan</strong>congolais.com

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