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Gestion des sinistres dus aux catastrophes naturelles - Planat

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Collection<br />

Connaissances<br />

Münchener Rück<br />

Munich Re Group<br />

<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong><br />

<strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Expériences, analyses et plans d’action


Après les inondations de 2002 : les costumes<br />

du « Lac <strong>des</strong> cygnes » sont mis à sécher sur les<br />

fauteuils de la salle de spectacle de l’Opéra<br />

Semper.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Préface<br />

Préface<br />

Les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> occasionnent généralement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de masse et <strong>des</strong> gros <strong>sinistres</strong>, et la<br />

gestion <strong>des</strong> dommages peut ici facilement évoluer en management de crise. En effet, lorsqu’ils veulent<br />

régler les <strong>sinistres</strong>, les assureurs n’ont pas seulement à faire face à <strong>des</strong> milliers de dommages, ils sont<br />

aussi directement confrontés à leurs effets : l’effondrement <strong>des</strong> infrastructures ou la défaillance <strong>des</strong><br />

rése<strong>aux</strong> de communication représentent <strong>des</strong> défis coloss<strong>aux</strong> pour les professionnels de l’assurance.<br />

Sans préparation adéquate et sans programmes de prévention ou plans d’action appropriés, les<br />

assureurs peuvent facilement courir le risque d’être dépassés par les événements quand il leur faut<br />

régler <strong>des</strong> milliers de dommages le plus rapidement possible. Actions non homogènes, retards et<br />

trop-payés peuvent en être les conséquences, et les entreprises risquent non seulement d’avoir à<br />

assumer <strong>des</strong> frais qui auraient pu être évités, mais aussi d’être confrontées à une perte de confiance<br />

susceptible de nuire à leurs affaires.<br />

Désireuse de proposer <strong>des</strong> pistes de solution à ces problèmes et de permettre une approche proactive,<br />

l’équipe de gestion <strong>des</strong> connaissances de la Münchener Rück a réuni dans la présente brochure<br />

un ensemble d’expériences en matière de gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>.<br />

Les articles portent non seulement sur les tâches classiques de la gestion de <strong>sinistres</strong>, ils font aussi<br />

état <strong>des</strong> enseignements et <strong>des</strong> connaissances acquises sur la base de <strong>sinistres</strong> récents ou renseignent<br />

sur les solutions envisageables et les tendances en matière de management <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Les<br />

check-lists pour les assureurs et les assurés soulignent l’intention <strong>des</strong> auteurs de donner <strong>des</strong> indications<br />

transposables dans la pratique de l’assurance.<br />

Alfons Maier<br />

Knowledge Management – Topic Network Leader Property Claims<br />

1


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Sommaire<br />

4<br />

6<br />

10<br />

12<br />

14<br />

27<br />

29<br />

32<br />

34<br />

41<br />

46<br />

48<br />

52<br />

59<br />

70<br />

74<br />

Sommaire<br />

Tâches et défis<br />

La dynamique particulière <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Tendances et développements<br />

<strong>Gestion</strong> efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Une action rapide et ciblée est décisive<br />

<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Résultats et enseignements à tirer <strong>des</strong> événements<br />

Tempêtes et ouragans<br />

2004 <strong>aux</strong> États-Unis : les ouragans Charley, Frances, Ivan et Jeanne<br />

2003 en Corée et au Japon : le typhon Maemi<br />

1999 en Europe : les tempêtes d’hiver Lothar et Martin<br />

Séismes<br />

1999 en Turquie : le séisme d’Izmit<br />

1995 au Japon : le séisme de Kobe<br />

Inondations<br />

2002 en Europe : les inondations<br />

Tendances et solutions possibles<br />

De la check-list à la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Géocodage<br />

La transparence est le préalable indispensable<br />

Fraude<br />

Les <strong>sinistres</strong> de masse peuvent inciter à la fraude<br />

Plans d’action pour les assureurs<br />

Flexibilité en cas de sinistre<br />

Résumé et perspectives<br />

Modèles de sinistre récurrents – Approches innovantes<br />

Annexe : check-lists pour une gestion proactive <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

<strong>Gestion</strong> professionnelle <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> pour les assureurs et les assurés<br />

Sur la côte est <strong>des</strong> États-Unis, après le passage<br />

du cyclone Isabel en septembre 2003, toute aide<br />

était la bienvenue pour mener à bien les trav<strong>aux</strong><br />

de déblaiement.<br />

3


Tâches et défis<br />

La dynamique particulière <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

<strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Les <strong>sinistres</strong> liés <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> ne<br />

présentent jamais la même configuration. La<br />

gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> requiert donc une démarche<br />

proactive et intégrée pour permettre une action<br />

rapide et professionnelle dans une situation<br />

d’urgence.<br />

4<br />

À Oakland, dans la cave d’une maison exposée<br />

<strong>aux</strong> tremblements de terre, <strong>des</strong> techniciens<br />

fixent <strong>des</strong> panne<strong>aux</strong> et <strong>des</strong> tiges d’ancrage sur<br />

les murs. Ces mesures sont <strong>des</strong>tinées à stabiliser<br />

la maison et à lui permettre de résister <strong>aux</strong><br />

secousses telluriques.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> sont de graves <strong>sinistres</strong> qui occasionnent<br />

généralement d’énormes dégâts économiques ou de lourds<br />

dommages humains. La Münchener Rück suppose que leur<br />

fréquence et leur intensité ne cesseront d’augmenter. Le secteur<br />

assurantiel doit donc s’attendre à ce que les <strong>sinistres</strong> résultant<br />

d’événements naturels augmentent considérablement dans les<br />

années à venir.<br />

Les cataclysmes ont <strong>des</strong> causes <strong>naturelles</strong> ou présumées<br />

<strong>naturelles</strong>, par exemple les séismes générés par <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong><br />

souterrains dans les mines (écaillement). On pourrait<br />

aussi classer dans cette catégorie les événements météorologiques,<br />

qui, intensifiés par le changement climatique<br />

d’origine anthropique, se transforment en <strong>catastrophes</strong>.<br />

Mais quelle doit être l’importance du sinistre pour que l’on<br />

puisse parler de catastrophe naturelle ? La Münchener Rück<br />

considère un événement naturel comme étant un cataclysme,<br />

lorsque la vie d’êtres humains est en jeu ou que<br />

surviennent <strong>des</strong> dommages matériels très importants. De<br />

plus, elle distingue encore ici les « gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> ». Conformément à la définition <strong>des</strong> Nations<br />

unies, on parle de gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> lorsque<br />

les régions affectées sont incapables de faire face seules à<br />

la situation. C’est le cas, en principe, si au moins l’un <strong>des</strong><br />

critères suivants est rempli :<br />

– une aide nationale ou internationale est nécessaire<br />

– il y a plusieurs milliers de morts<br />

– il y a plusieurs centaines de milliers de sans-abri<br />

– le préjudice économique est considérable<br />

– les dommages assurés sont substantiels (en fonction du<br />

volume du marché)<br />

Le NatCatSERVICE ® de la Münchener Rück, l’une <strong>des</strong> archives<br />

électroniques les plus vastes du monde en matière de<br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, gère <strong>des</strong> statistiques sur les plus<br />

gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> <strong>des</strong> 2 dernières décennies<br />

et sur l’ensemble <strong>des</strong> cataclysmes survenus depuis 1980.<br />

La représentation graphique 1 montre dans quelles proportions<br />

les conséquences pécuniaires et humanitaires <strong>des</strong><br />

gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> se répartissent entre les<br />

divers risques naturels depuis 1950. Les autres événements<br />

sont constitués essentiellement par les vagues de chaleur,<br />

les incendies de forêt, la sécheresse, le gel et les avalanches.<br />

Le graphique fait tout d’abord apparaître que, avec une part<br />

de 54 %, les séismes, y compris les tsunamis, font le plus de<br />

victimes. Il montre aussi que les événements d’origine<br />

6<br />

atmosphérique génèrent les préjudices économiques les<br />

plus importants et les plus gros dommages assurés. Environ<br />

les trois quarts <strong>des</strong> dommages assurés ont été causés par<br />

<strong>des</strong> tempêtes, 6 % étaient imputables <strong>aux</strong> inondations et le<br />

même pourcentage était attribuable à d’autres <strong>catastrophes</strong><br />

météorologiques. Cette large part de dommages d’origine<br />

météorologique revêt une importance particulière, car elle<br />

est influencée par l’homme à travers le changement climatique<br />

anthropogène.<br />

La représentation graphique 2 montre le nombre <strong>des</strong> gran<strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> par an, depuis 1950, qui varient entre<br />

0 (années 1952 et 1958 peu marquées par les cataclysmes) et<br />

15 (année 1993). Alors que pour les événements géologiques,<br />

on ne constate pas de tendance dans le temps, il est frappant<br />

de voir que les <strong>catastrophes</strong> climatiques ont augmenté en<br />

flèche dans les années 1980 et 1990. On peut donc exclure<br />

les distorsions pour ces gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong>, car, étant<br />

donné l’amélioration globale <strong>des</strong> can<strong>aux</strong> d’information (par<br />

exemple, enregistrements plus détaillés au cours <strong>des</strong> dernières<br />

décennies), cela aurait aussi un impact sur le nombre<br />

<strong>des</strong> tremblements de terre. La tendance à la hausse <strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> climatiques n’est pas en soi une preuve de<br />

l’influence du changement climatique, mais elle en est un<br />

indice éloquent. Cette évolution correspond exactement à<br />

la situation à laquelle on s’attendait du fait du changement<br />

climatique.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Fig. 1 : Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Nombre d’événements : 268<br />

Inondation 25 %<br />

Tremblement de terre, tsunami<br />

et éruption volcanique 29 %<br />

Tempête 40 %<br />

Autres événements (vague de<br />

chaleur/sécheresse, incendie de forêts,<br />

intempérie hivernale/gel) 6 %<br />

Préjudice économique :<br />

1 400 milliards de $US<br />

Inondation 27 %<br />

Tremblement de terre, tsunami<br />

et éruption volcanique 35 %<br />

Tempête 31 %<br />

Autres événements (vague de<br />

chaleur/sécheresse, incendie de forêts,<br />

intempérie hivernale/gel) 7 %<br />

Nombre de morts : 1,65 million<br />

Inondation 7 %<br />

Tremblement de terre, tsunami<br />

et éruption volcanique 54 %<br />

Tempête 38 %<br />

Autres événements (vague de<br />

chaleur/sécheresse, incendie de forêts,<br />

intempérie hivernale/gel) 1 %<br />

Dommages assurés :<br />

230 milliards de $US<br />

Inondation 6 %<br />

Tremblement de terre, tsunami<br />

et éruption volcanique 14 %<br />

Tempête 74 %<br />

Autres événements (vague de<br />

chaleur/sécheresse, incendie de forêts,<br />

intempérie hivernale/gel) 6 %<br />

Source : NatCatSERVICE ® , Groupe de Recherche GéoRisques, Münchener Rück (2005)<br />

Les séismes, y compris les tsunamis,<br />

ont de loin été les plus meurtriers.<br />

Cependant, les événements<br />

d’origine atmosphérique ont causé<br />

les préjudices économiques et les<br />

dommages assurés les plus importants.<br />

Environ les trois quarts <strong>des</strong><br />

dommages assurés ont été causés<br />

par <strong>des</strong> tempêtes, 6 % étaient imputables<br />

<strong>aux</strong> inondations et le<br />

même pourcentage était attribuable<br />

à d’autres <strong>catastrophes</strong> météorologiques.<br />

7


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Fig. 2 : Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> par an depuis 1950<br />

nombre<br />

14<br />

12<br />

10<br />

8<br />

6<br />

4<br />

2<br />

0<br />

Fig. 3 : Préjudices économiques et dommages assurés<br />

8<br />

1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000<br />

Le nombre <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> climatiques a<br />

fortement augmenté au cours <strong>des</strong> années<br />

1980 et 1990. La tendance à la hausse <strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> climatiques n’est pas en soi<br />

une preuve de l’influence du changement<br />

climatique, mais elle en est un indice éloquent.<br />

en milliards<br />

de US$<br />

80<br />

70<br />

60<br />

50<br />

40<br />

30<br />

20<br />

10<br />

0<br />

Les courbes représentant l’évolution du<br />

préjudice économique et <strong>des</strong> dommages<br />

assurés (à la valeur actuelle) montrent que<br />

depuis 1950 les dégâts causés par les <strong>catastrophes</strong><br />

n’ont pas seulement augmenté de<br />

façon linéaire, mais aussi exponentielle.<br />

16<br />

14<br />

Tremblement de terre, tsunami et éruption volcanique<br />

Tempête<br />

Inondation<br />

Autres événements (par ex. vague de chaleur/sécheresse,<br />

incendie de forêt, vague de froid/gel)<br />

1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000<br />

Source : NatCatSERVICE ® , Groupe de Recherche GéoRisques, Münchener Rück (2005)<br />

> 178 milliards<br />

de $US<br />

Préjudice économique (à la valeur de 2004)<br />

Dont dommages assurés (à la valeur de 2004)<br />

Moyenne décennale du préjudice économique<br />

Évolution du préjudice économique<br />

Évolution <strong>des</strong> dommages assurés<br />

> 113 milliards<br />

de $US


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> 1950–2004<br />

Si l’augmentation du nombre <strong>des</strong> événements est frappante,<br />

la croissance du préjudice économique et <strong>des</strong> dommages<br />

assurés causés par les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> est<br />

encore plus impressionnante. Le graphique 3 montre nettement<br />

que les montants de <strong>sinistres</strong> n’augmentent pas<br />

seulement de façon linéaire, mais aussi exponentielle, et<br />

ce bien que les valeurs soient données après correction de<br />

l’inflation.<br />

Augmentation <strong>des</strong> dommages assurés et du préjudice<br />

économique générés par les cataclysmes<br />

La croissance radicale <strong>des</strong> dommages est principalement<br />

due à l’accroissement de la population et à la forte augmentation<br />

<strong>des</strong> valeurs et <strong>des</strong> densités d’assurance dans un<br />

grand nombre <strong>des</strong> pays concernés. On constate également<br />

que, malgré le renforcement <strong>des</strong> règles de construction et<br />

l’évolution technique, beaucoup de bâtiments et d’infrastructures<br />

ne sont pas devenus plus stables, mais plus<br />

vulnérables <strong>aux</strong> risques naturels. Le peuplement et l’in<strong>dus</strong>trialisation<br />

de régions hautement exposées ainsi que<br />

l’urbanisation à l’échelle mondiale favorisent aussi cette<br />

évolution. En même temps, les indices d’une influence<br />

croissante du changement climatique sur la fréquence et<br />

l’intensité <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> se sont multipliés.<br />

2004 – l’année la plus coûteuse de l’histoire de l’assurance<br />

en termes de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

2004 s’inscrit pleinement dans la tendance à long terme à<br />

l’aggravation <strong>des</strong> dommages <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> événements naturels.<br />

Avec 35 milliards de $US de dommages assurés imputables<br />

<strong>aux</strong> 9 gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> de l’année et 45<br />

milliards de $US générés par l’ensemble <strong>des</strong> cataclysmes,<br />

l’année 2004 a été l’année <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> la<br />

plus coûteuse de l’histoire de l’assurance. Les gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

de l’année écoulée confirment de façon impressionnante<br />

que le monde de l’assurance doit s’attendre à<br />

faire face à de nouvelles dimensions de <strong>sinistres</strong>. Il est probable<br />

que la fréquence et l’intensité <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

continueront d’augmenter. Si les tendances perdurent,<br />

il y a lieu de s’attendre dans 10 ans à la survenance de<br />

plus de 800 événements par an en moyenne, dont presque<br />

90 % seront <strong>dus</strong> à <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> climatiques. Le montant<br />

<strong>des</strong> dommages économiques dépassera alors largement<br />

les valeurs record actuelles de 150 milliards de $US par an<br />

et, en moyenne annuelle, la part <strong>des</strong> dommages assurés<br />

progressera d’environ un quart, représentant quelque<br />

40 milliards de $US. Certaines super<strong>catastrophes</strong> isolées<br />

ou <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> en série, comme en 2004, pourraient<br />

atteindre <strong>des</strong> coûts encore bien supérieurs à ces montants.<br />

La gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> se trouve devant de grands défis<br />

posés par les nouvelles dimensions de <strong>sinistres</strong><br />

Le secteur assurantiel doit donc se préparer à devoir faire<br />

face à une continuelle aggravation <strong>des</strong> charges d’indemnisation<br />

découlant <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>. La gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> a aussi devant elle <strong>des</strong> défis coloss<strong>aux</strong> lancés<br />

par les nouvelles dimensions de <strong>sinistres</strong>. À l’avenir, au<br />

plafonnement <strong>des</strong> engagements et à l’application d’une<br />

prime adéquate devra venir s’ajouter une gestion efficace<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> pour que ces risques restent assurables. La<br />

succession <strong>des</strong> cyclones qui ont sévi <strong>aux</strong> États-Unis en<br />

2004 – 4 événements majeurs en l’espace de 6 semaines –<br />

a fait ressortir clairement les limites et les déficits de la<br />

gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Nous présentons dans les chapitres suivants les particularités<br />

de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans le domaine <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong>. Nous faisons aussi état <strong>des</strong> enseignements<br />

et <strong>des</strong> connaissances acquises sur la base de<br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> survenues au cours de ces dernières<br />

années et présentons <strong>des</strong> approches envisageables<br />

pour l’avenir en matière de gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

9


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

<strong>Gestion</strong> efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Lors de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances s’emploie<br />

aussi à régler de gros <strong>sinistres</strong> et <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de masse. La clé du<br />

professionnalisme dans le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> réside dans une<br />

gestion proactive.<br />

Pour le monde de l’assurance, les dommages issus <strong>des</strong><br />

risques naturels présentent un intérêt bien particulier, et ceci<br />

pour différentes raisons. En premier lieu, nous sommes frappés<br />

par la tragédie provoquée par les <strong>catastrophes</strong>, comme<br />

dernièrement le tsunami qui s’est produit en décembre 2004.<br />

En second lieu, il semblerait que, ces derniers temps, les<br />

dommages causés par les risques naturels prennent <strong>des</strong><br />

proportions de plus en plus importantes. C’est ce qu’ont<br />

montré, entre autres, les 4 cyclones qui ont balayé la Floride<br />

en l’espace de seulement 6 semaines en 2004.<br />

Il est probable que les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> ne cesseront<br />

d’augmenter en fréquence et en intensité.<br />

Tenir compte <strong>des</strong> dimensions nouvelles de <strong>sinistres</strong> pour<br />

leur règlement<br />

La particularité de ce genre de <strong>catastrophes</strong> repose sur le<br />

fait qu’elles développent une dynamique tout à fait différente<br />

de celle que l’on connaît <strong>des</strong> gros <strong>sinistres</strong> individuels.<br />

En outre, ces <strong>catastrophes</strong> demandent de toutes les<br />

entités concernées un comportement très souple et une<br />

mobilisation élevée.<br />

Pourquoi ces <strong>sinistres</strong> sont-ils d’une nature complètement<br />

différente de celle <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels ? Il y a plusieurs<br />

raisons à cela : au contraire <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels, les<br />

événements naturels sont souvent prévisibles plusieurs<br />

jours à l’avance, comme cela a été le cas lors du typhon<br />

Maemi en 2003. De surcroît, leur étendue géographique est<br />

bien plus importante et ils engendrent <strong>des</strong> millions de<br />

<strong>sinistres</strong> individuels, ainsi que l’ont montré les tempêtes<br />

de l’hiver 1999 en Europe.<br />

En raison de la complexité de leurs répercussions, les<br />

risques de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> sont souvent considérés<br />

comme <strong>des</strong> événements susceptibles de toucher en même<br />

temps les polices d’assurance Dommages, Transport, Automobile,<br />

Vie, Maladie, Accidents du travail et Voyages. Les<br />

assureurs sont également confrontés au fait que les <strong>sinistres</strong><br />

10<br />

sont souvent déclarés avec un certain retard. Ici encore, plusieurs<br />

raisons expliquent les choses : tout d’abord, sur les<br />

lieux de la catastrophe, les mesures d’urgence ont priorité.<br />

Ensuite, dans les régions touchées, l’infrastructure est souvent<br />

anéantie, de sorte que l’on ne peut pas, ou bien difficilement,<br />

accéder <strong>aux</strong> lieux sinistrés. Parfois, après une catastrophe,<br />

les assurés ne trouvent plus leurs polices, ou<br />

celles-ci sont détruites, ce qui complique la déclaration de<br />

sinistre.<br />

Il y a alors problème pour les assureurs et les réassureurs :<br />

plus les déclarations de sinistre arrivent tard et moins il<br />

y a de données empiriques, plus une première estimation<br />

du préjudice est difficile. Dans quelques cas, on a donc<br />

recours à une analyse <strong>des</strong>cendante. À partir de l’estimation<br />

du préjudice économique et du dommage assuré qui<br />

s’étend à l’ensemble du marché, on détermine le nombre<br />

d’assurés et les parts de marché éventuellement touchés<br />

par le sinistre.<br />

Tout assuré a droit à ce que son préjudice soit traité convenablement,<br />

même dans une situation exceptionnelle. Par<br />

contre, l’assureur se voit aussitôt confronté à <strong>des</strong> milliers<br />

de déclarations de sinistre qui l’obligent à faire preuve de<br />

prouesses logistiques et organisationnelles. En principe,<br />

tous les événements catastrophiques représentent une<br />

lourde épreuve physique et psychique, non seulement<br />

pour le service Sinistres, mais encore pour l’ensemble de<br />

la compagnie d’assurance, comme cela a été le cas lors <strong>des</strong><br />

séismes à Kobe au Japon en 1995 ou, 4 ans plus tard, en<br />

Turquie.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> <strong>Gestion</strong> efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Solutions pour arriver à une gestion efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Étant donné que <strong>des</strong> accidents de ce genre ont toujours<br />

une immense répercussion sur le monde de l’assurance,<br />

les articles de la présente publication traiteront de la gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> après une catastrophe. Les questions clés<br />

sont les suivantes : comment une compagnie d’assurances<br />

peut-elle se préparer à de pareils cas, par exemple à <strong>des</strong><br />

inondations du genre de celles qu’a connues l’Europe en<br />

2002 ? Ou bien comment réagir, aussi bien en interne que<br />

vis-à-vis de l’extérieur, avant et pendant l’événement ? Et,<br />

le plus important : par quels moyens puis-je satisfaire mes<br />

clients le plus rapidement possible après l’événement ?<br />

Et, finalement : que faut-il que je modifie pour être, la prochaine<br />

fois, encore meilleur?<br />

La gestion <strong>des</strong> situations d’urgence est importante<br />

En se basant sur une analyse <strong>des</strong> événements les plus<br />

récents, nous allons montrer différentes mesures (mise en<br />

place d’une équipe de secours) et différents processus<br />

organisationnels (intervention de spécialistes <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>)<br />

qui peuvent augmenter l'efficacité de la gestion <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>. En outre, nous donnerons <strong>des</strong> éclaircissements<br />

à propos <strong>des</strong> récents développements techniques <strong>des</strong>tinés<br />

à l’instruction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, par exemple à propos du géocodage.<br />

Cet aperçu sera complété par une série de suggestions<br />

que nous avons résumées sous forme de check-lists à<br />

la fin de ces pages. Le thème de la fraude jouant également<br />

un rôle croissant dans le règlement <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>,<br />

nous y consacrerons un chapitre particulier.<br />

Cependant, tous les exemples de <strong>sinistres</strong> cités par la suite<br />

confirment à nouveau les faits suivants : lorsque la majeure<br />

partie <strong>des</strong> dossiers est traitée après une catastrophe naturelle,<br />

toutes les personnes concernées devraient procéder<br />

à une rétrospective <strong>des</strong> événements. Sans attendre, une<br />

analyse commune entre assureurs et réassureurs est alors<br />

requise, qui pourra englober les thèmes et les contenus<br />

suivants :<br />

– estimation du coût total définitif de la catastrophe pour<br />

l’assurance directe<br />

– enseignements à tirer de la catastrophe<br />

– propositions visant à améliorer la gestion future <strong>des</strong><br />

cumuls et <strong>des</strong> gros <strong>sinistres</strong><br />

– en guise de conclusion, recommandations pratiques<br />

pour la souscription<br />

Nous souhaitons que cette brochure vous aide à l’avenir à<br />

gérer efficacement les dommages causés par les <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong>. C’est un bon ouvrage de référence,<br />

contenant une quantité de faits issus de l’expérience, qui<br />

vous permettra de juger si votre organisation est prête à<br />

intervenir et vous incitera peut-être à la structurer différemment,<br />

à y apporter <strong>des</strong> modifications ou à la perfectionner.<br />

Car une chose est sûre : les prochaines <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>,<br />

et les <strong>sinistres</strong> de masse qui en découlent, se produiront<br />

certainement.<br />

11


<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Résultats et enseignements à tirer <strong>des</strong> événements<br />

La Münchener Rück s’attend à une augmentation<br />

de la fréquence et de l’intensité <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong>. Pour le monde de l’assurance, cela<br />

signifie qu’il aura à faire face à un défi <strong>des</strong> plus<br />

difficiles. Dans le chapitre qui suit, nous allons<br />

présenter plusieurs événements marquants qui<br />

se sont produits au cours <strong>des</strong> dernières années et<br />

dont l’analyse contribue à l’élaboration d’une<br />

gestion plus efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

12<br />

Après les inondations catastrophiques de<br />

2002 à Dresde, <strong>des</strong> volontaires et <strong>des</strong><br />

employés d’un hôtel retirent <strong>des</strong> sacs de<br />

sable d’une digue.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Tempêtes et ouragans<br />

Les tempêtes constituent manifestement la majeure partie <strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>. En 2004, avec 96 % <strong>des</strong> dommages assurés,<br />

les dommages consécutifs <strong>aux</strong> tempêtes ont pris une place prépondérante<br />

dans le bilan <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> chez les assureurs<br />

mondi<strong>aux</strong>. Nous avons procédé à l’analyse de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

à partir de 3 événements exemplaires qui se sont produits, au cours<br />

<strong>des</strong> dernières années, <strong>aux</strong> États-Unis, en Asie et en Europe.<br />

2004 <strong>aux</strong> États-Unis : les ouragans Charley, Frances, Ivan<br />

et Jeanne<br />

En 2004, les cyclones tropic<strong>aux</strong> qui se sont formés dans<br />

l’Atlantique et dans les Caraïbes ont marqué de nouve<strong>aux</strong><br />

records dans les annales météorologiques. Au cours de la<br />

saison cyclonique, qui va de juin à septembre, l’État de la<br />

Floride a été touché par 4 ouragans : Charley, Frances, Ivan<br />

et Jeanne. Jamais encore il n’y avait eu autant de <strong>catastrophes</strong><br />

dues à <strong>des</strong> tempêtes, à tout le moins depuis 1850,<br />

date à partir de laquelle on a commencé à rassembler, pour<br />

la première fois, <strong>des</strong> données sur les ouragans. Jusqu’ici,<br />

le nombre maximum de <strong>sinistres</strong> causés par <strong>des</strong> cyclones<br />

en Floride avait été de 3 en 1886, 1896 et 1964.<br />

14<br />

L’ouragan Charley<br />

Fig. 1 : La succession d’ouragans en Floride Fig. 2 : L’ouragan Charley<br />

Memphis<br />

Matthew<br />

New York<br />

Washington<br />

Houston La Nouvelle-Orléans<br />

La Havane<br />

Charley<br />

Nicole<br />

Otto<br />

Hermine<br />

Frances<br />

Jeanne<br />

Bonnie<br />

Earl<br />

En 2004, au total 15 cyclones tropic<strong>aux</strong> ont pris<br />

naissance dans l’océan Atlantique, 9 d’entre<br />

eux ont atteint une force d’ouragan avec <strong>des</strong><br />

vents soufflant à plus de 118 km/h. La charge<br />

principale d’indemnisation pour les assureurs<br />

a été causée par les 4 ouragans Charley,<br />

Frances, Ivan et Jeanne.<br />

Lisa<br />

Alex<br />

Danielle<br />

Ivan<br />

Gaston<br />

Karl<br />

Vitesse du vent sur<br />

l’échelle Saffir-Simpson<br />

Vitesse en km/h<br />

Dépression<br />

tropicale (< 60)<br />

Tempête tropicale<br />

(60–117)<br />

SS 1 (118–153)<br />

SS 2 (154–177)<br />

SS 3 (178–209)<br />

SS 4 (210–249)<br />

SS 5 ( > – 250)<br />

Charley, le 3 e ouragan de la saison 2004, a traversé la Floride<br />

les 13 et 14 août en direction ouest-est au nord de Fort<br />

Myers. Au moment de son entrée sur les terres, Charley<br />

avait atteint la catégorie 3 sur l’échelle Saffir-Simpson (qui<br />

en compte 5), avec <strong>des</strong> vents soufflant en rafales de 270 à<br />

280 km/h. L’ouragan Andrew avait une vitesse de vent<br />

comparable, en 1992, en traversant le sud de la Floride.<br />

Une fois au-<strong>des</strong>sus <strong>des</strong> terres, Charley a diminué d’intensité<br />

et est passé dans la catégorie 2, tout en conservant sa<br />

force cyclonique, avec <strong>des</strong> rafales de plus de 150 km/h,<br />

avant de quitter la Floride près de Daytona Beach, sur la<br />

côte Atlantique. Ensuite, Charley a remonté la côte est <strong>des</strong><br />

États-Unis, soufflant encore à 120 km/h sur la Caroline du<br />

Sud et du Nord et causant de légers dommages.<br />

Panama City<br />

Tallahassee<br />

Les 13 et 14 août, l’ouragan Charley a traversé<br />

la Floride en direction du nord-est.<br />

Source Fig. 1, Fig. 2 :<br />

Groupe de Recherche Géo Risques,<br />

Münchener Rück (2005)<br />

Jacksonville<br />

Clermont<br />

Sanford<br />

Orlando<br />

Tampa<br />

Auburndale<br />

St. Petersburg<br />

Fort Meade<br />

Bradenton<br />

Sebring<br />

Arcadia<br />

!(<br />

Punta Gorda<br />

Fort Myers<br />

Naples<br />

Daytona Beach<br />

Palm Beach<br />

Fort Lauderdale<br />

Miami


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

L’ouragan Frances<br />

Les 3 et 4 septembre 2004, l’ouragan Frances a traversé les<br />

Bahamas avec une intensité de catégorie 3 sur l’échelle<br />

Saffir-Simpson. Sur sa trajectoire qui le menait vers la<br />

Floride, il s’est légèrement affaibli et a atteint la côte américaine<br />

avec la force d’un ouragan de catégorie 2, accompagné<br />

de rafales de vents soufflant à 180–200 km/h. Dans la<br />

nuit du 4 au 5 septembre, le cyclone se trouvait à proximité<br />

<strong>des</strong> comtés de Sainte-Lucie et de Martin. Frances était une<br />

tempête exceptionnellement puissante : à lui seul, l’œil du<br />

cyclone avait un diamètre de près de 100 km lorsqu’il a<br />

atteint les terres et était donc environ 5 fois plus grand que<br />

le cyclone Charley. Le diamètre de la zone balayée par les<br />

vents cycloniques (atteignant donc plus de 120 km/h)<br />

mesurait 280 km, soit nettement plus que lors d’un ouragan<br />

de moyenne taille. Autre particularité : se déplaçant à<br />

une vitesse de 5 à 10 km/h, la tempête avançait très lentement.<br />

C’est ce qui explique que l’ouragan ait sévi très longtemps<br />

dans le périmètre touché et causé, en conséquence,<br />

d’importants dégâts <strong>aux</strong> bâtiments. De plus, en raison de<br />

son inertie, l’ouragan a pu se charger d’une importante<br />

quantité d’humidité, ce qui, par la suite, a provoqué<br />

<strong>des</strong> pluies torrentielles et <strong>des</strong> inondations sur une zone<br />

étendue.<br />

Fig. 3 : L’ouragan Frances<br />

Houston<br />

Memphis<br />

La Nouvelle-Orléans<br />

La Havane<br />

New York<br />

Washington<br />

La trajectoire de Frances, ouragan qui a<br />

traversé la Floride les 4 et 5 septembre 2004.<br />

Source : Groupe de Recherche Géo Risques,<br />

Münchener Rück (2005)<br />

Vitesse du vent sur<br />

l’échelle Saffir-Simpson<br />

Vitesse en km/h<br />

Dépression<br />

tropicale (< 60)<br />

Tempête tropicale<br />

(60–117)<br />

SS 1 (118–153)<br />

SS 2 (154–177)<br />

SS 3 (178–209)<br />

SS 4 (210–249)<br />

SS 5 ( > – 250)<br />

Image radar de l’ouragan Frances juste avant<br />

son arrivée sur les côtes de la Floride.<br />

Source : US National Weather Service<br />

15


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

L’ouragan Ivan<br />

L’ouragan Ivan s’est formé le 2 septembre 2004 à 10° de latitude<br />

N et 30° de longitude O. La dépression tropicale, qui se<br />

développait rapidement, a atteint une force de tempête le<br />

3 septembre et une intensité cyclonique le 5 septembre, avec<br />

<strong>des</strong> vents soufflant à plus de 118 km/h. En l’espace <strong>des</strong><br />

18 heures qui ont suivi, l’intensité du système cyclonique est<br />

passée de la catégorie 1 à la catégorie 4 sur l’échelle Saffir-<br />

Simpson. Les rafales de vent ont atteint 210 à 250 km/h. Ivan<br />

a conservé cette intensité pendant environ 12 heures avant<br />

de s'affaiblir et de re<strong>des</strong>cendre dans la catégorie 2. Mais ce<br />

n’était que le premier pas vers un record : le 8 septembre,<br />

Ivan a de nouveau atteint la catégorie 4 et s’y est maintenu<br />

jusqu’à son arrivée sur les côtes de l’Alabama le 16 septembre.<br />

L’ouragan a conservé cette intensité pendant environ<br />

200 heures. Au cours de cette période, Ivan a même atteint<br />

à 3 reprises la catégorie 5 pour s’y maintenir chaque fois<br />

pendant plusieurs heures. L’ouragan a montré toute sa puissance<br />

le 12 septembre en soufflant en rafales de 330 km/h. La<br />

puissance d’Ivan était énorme : son potentiel de <strong>des</strong>truction,<br />

c’est-à-dire la valeur de son indice intensité-durée, a été la<br />

plus élevée de tous les ouragans qui l’avaient précédé.<br />

Fig. 4 : La succession d'ouragans en Floride : Ivan<br />

Oklahoma City<br />

Dallas<br />

0 250 500<br />

Kilometers<br />

La trajectoire de l’ouragan<br />

Ivan qui a atteint les terres<br />

le 16 septembre 2004, à la<br />

frontière de l’Alabama et de<br />

la Floride.<br />

Source : Groupe de<br />

Recherche Géo Risques,<br />

Münchener Rück (2005)<br />

16<br />

Houston<br />

0 500 km<br />

Nashville<br />

Memphis<br />

La Nouvelle-Orléans<br />

!(<br />

La Havane<br />

New York<br />

Washington D.C.<br />

Engagements par<br />

comté en milliards<br />

de $US<br />

<<br />

– 1<br />

>1–2<br />

>2–5<br />

>5–10<br />

>10–30<br />

>30–500<br />

Vitesse du vent sur<br />

l’échelle Saffir-Simpson<br />

Vitesse en km/h<br />

Dépression<br />

tropicale (< 60)<br />

Tempête tropicale<br />

(60–117)<br />

SS 1 (118–153)<br />

SS 2 (154–177)<br />

SS 3 (178–209)<br />

SS 4 (210–249)<br />

SS 5 ( > – 250)<br />

Cependant, Ivan n’a pas seulement battu de nouve<strong>aux</strong><br />

records météorologiques. Sur sa trajectoire à travers les<br />

Caraïbes, et bien avant son passage sur les terres <strong>des</strong><br />

États-Unis, l’ouragan Ivan a généré <strong>des</strong> records négatifs<br />

dans l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances : le 7 septembre 2004, Ivan<br />

a traversé l’île de la Grenade avec une force de catégorie 3<br />

sur l’échelle Saffir-Simpson. L’île n’était pas préparée à<br />

faire face à une tempête de pareille intensité. Trente-neuf<br />

personnes ont trouvé la mort ; 90 % <strong>des</strong> bâtiments ont été<br />

endommagés ou complètement détruits. Le 12 septembre,<br />

les dégâts matériels ont été encore plus importants sur les<br />

îles Caïmans. Dans cette région, les violentes tempêtes et<br />

les raz de marée ont détruit près d’1,5 milliard de $US de<br />

valeurs assurées, sur un montant total de l’ordre de 5<br />

milliards de $US.<br />

Image radar de l’ouragan Ivan avant son arrivée<br />

sur la Floride.<br />

Source : US National Weather Service


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

L’ouragan Jeanne<br />

Tout comme Frances 3 semaines auparavant, l’ouragan<br />

Jeanne a frappé la côte est de la Floride le 25 septembre<br />

2004, alors qu’il se trouvait dans la catégorie 3 avec <strong>des</strong><br />

pointes de vent de 230 à 240 km/h. D’un diamètre atteignant<br />

70 à 75 km, l’œil de cette tempête tropicale avait également<br />

une taille qui dépassait la moyenne. En conséquence, le territoire<br />

touché par les dégâts était très étendu. Jeanne a<br />

conservé la vitesse élevée de ses vents encore très loin dans<br />

l’intérieur du pays. Cinq heures après que l’ouragan a eu<br />

traversé la côte, les rafales atteignaient encore 190 à 200<br />

km/h. Jeanne a été le 4 e et dernier grand ouragan qui est<br />

venu frapper la Floride en l’espace de 6 semaines en 2004.<br />

Fig. 5 : L’ouragan Jeanne<br />

Oklahoma City<br />

Dallas<br />

Houston<br />

0 500 km<br />

Memphis<br />

La Nouvelle-Orléans<br />

New York<br />

Washington D.C.<br />

La Havane<br />

La trajectoire de Jeanne, ouragan qui a traversé<br />

la Floride les 26 et 27 septembre 2004.<br />

Source : Groupe de Recherche Géo Risques,<br />

Münchener Rück (2005)<br />

Vitesse du vent sur<br />

l’échelle Saffir-Simpson<br />

Vitesse en km/h<br />

Dépression<br />

tropicale (< 60)<br />

Tempête tropicale<br />

(60–117)<br />

SS 1 (118–153)<br />

SS 2 (154–177)<br />

SS 3 (178–209)<br />

SS 4 (210–249)<br />

SS 5 ( > – 250)<br />

Dommages<br />

Les dommages assurés, qui s’élèvent à plus de 30 milliards<br />

de $US, constituent pour l’assurance, en valeurs originales,<br />

une nouvelle charge maximum découlant <strong>des</strong> cyclones<br />

tropic<strong>aux</strong> qui se sont produits au cours d’une même année<br />

dans l’Atlantique. La Floride a dû supporter la charge<br />

d’indemnisation la plus élevée (21 milliards de $US) <strong>aux</strong><br />

États-Unis. Toutefois, l’Alabama et d’autres États fédér<strong>aux</strong><br />

ont contribué pour un montant considérable d’environ<br />

5 milliards de $US au préjudice total. En sus, <strong>aux</strong> Caraïbes<br />

(îles Caïmans, Bahamas, Jamaïque, République dominicaine,<br />

Grenade), les 4 ouragans ont détruit pour 2,5<br />

milliards de $US de valeurs assurées. Un total de quelque<br />

2 millions de <strong>sinistres</strong> individuels souligne encore à quel<br />

point la succession d’ouragans a constitué un défi particulier<br />

pour les inspecteurs-régleurs ; rien qu’en Floride,<br />

1,6 million de <strong>sinistres</strong> ont été déclarés.<br />

Image radar de l’ouragan Jeanne avant son<br />

arrivée sur les terres dans le comté de Martin<br />

(Floride).<br />

Source : US National Weather Service<br />

17


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Fig. 6 : Plateformes pétrolières offshore dans le golfe du Mexique et simulation<br />

du champ <strong>des</strong> vents de l’ouragan Ivan<br />

Simulation par la Münchener Rück du champ <strong>des</strong><br />

vents de l’ouragan Ivan dans le golfe du Mexique<br />

et sites <strong>des</strong> plateformes pétrolières offshore.<br />

Bien qu’Ivan ait frôlé la partie est de la zone de<br />

forage, où les installations offshore ne<br />

représentaient qu’une concentration de valeurs<br />

assez faible, ce cyclone a été un événement<br />

extrêmement coûteux pour le secteur énergie<br />

offshore.<br />

Source : United States Department of the<br />

Interior – Minerals Management Service<br />

Simulation du champ <strong>des</strong> vents :<br />

Münchener Rück<br />

Fig. 7 : Bilan <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> occasionnés par la succession d’ouragans qui se sont<br />

produits <strong>aux</strong> États-Unis et dans les Caraïbes en 2004<br />

18<br />

Plateforme d’extraction<br />

de pétrole<br />

Trajectoire de l’ouragan<br />

Ivan<br />

Vitesse du vent en km/h<br />

100–109<br />

110–119<br />

120–129<br />

130–139<br />

140–149<br />

150–159<br />

160–169<br />

170–179<br />

180–189<br />

190–199<br />

200–209<br />

210–219<br />

220–229<br />

230–239<br />

240–249<br />

250–259<br />

260–269<br />

≥ 270<br />

Ouragan Préjudice économique Dommages assurés dont dommages assurés <strong>aux</strong><br />

(en milliards de $US) (en milliards $US) États-Unis (avec secteur énergie<br />

offshore ; en milliards de $US)<br />

Charley 18,0 8,0 7,6<br />

Frances 12,0 6,0 5,6<br />

Ivan 23,0 12,5 10,6<br />

Jeanne 9,2 5,0 4,9<br />

Total 62,2 31,5 28,7<br />

Situation : septembre 2005.<br />

Le préjudice économique et les dommages<br />

assurés <strong>des</strong> 4 <strong>catastrophes</strong> cycloniques ont battu<br />

un nouveau record.<br />

Source : Groupe de Recherche<br />

Géo Risques, Münchener Rück (2005)


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Secteur énergie offshore : nouveau record en termes de<br />

dégâts<br />

Au vu de près de 2,5 à 3 milliards de $US de dommages<br />

matériels assurés et d’interruptions d’exploitation infligés<br />

au secteur énergie offshore, l’ouragan Ivan surpasse nettement<br />

tous les gros <strong>sinistres</strong> connus dans ce segment<br />

d’affaires. En comparaison : la perte totale de la plateforme<br />

pétrolière « Piper Alpha » en 1988 a coûté à l’assurance 1,4<br />

milliard de $US et, en 1992, après le passage de l’ouragan<br />

Andrew, les dommages maritimes assurés s’élevaient à<br />

moins d’1 milliard de $US.<br />

Un coup d’œil sur la carte de la répartition géographique<br />

<strong>des</strong> plateformes pétrolières offshore dans le golfe du<br />

Mexique (voir fig. 6) montre que le potentiel de dommages<br />

causés par Ivan aurait été encore bien plus important si la<br />

trajectoire de l'ouragan était passée un peu plus à l’ouest.<br />

<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

La partie qui suit décrit les problèmes spécifiques apparus<br />

au niveau de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> après le passage <strong>des</strong><br />

4 ouragans en Floride. Cependant, plusieurs <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> peuvent se reproduire à n’importe quel moment<br />

sur un même territoire et dans un laps de temps relativement<br />

court. C’est pourquoi il est recommandé de procéder<br />

à un examen précis <strong>des</strong> problèmes spécifiques liés au<br />

cumul <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> qui engendrent une immense<br />

quantité de <strong>sinistres</strong> individuels, afin d’en tirer <strong>des</strong> leçons.<br />

Une bonne partie <strong>des</strong> thèmes abordés ont également une<br />

grande importance pour la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> à <strong>des</strong><br />

méga<strong>catastrophes</strong> individuelles.<br />

Surcharge <strong>des</strong> services Sinistres <strong>des</strong> compagnies<br />

d’assurances<br />

Les plans d’urgence de presque tous les assureurs ne prévoyaient<br />

aucun cumul de <strong>catastrophes</strong> de cette ampleur.<br />

On n’avait surtout pas prévu l’apparition de tant de <strong>sinistres</strong><br />

individuels en l’espace de seulement 6 semaines – dont environ<br />

1,6 million en Floride. C’est ce qui, au début, a contribué<br />

à un certain manque d’organisation dans l’instruction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>.<br />

Dans un premier temps, la plupart <strong>des</strong> compagnies d’assurances<br />

avaient trop peu de gestionnaires et de collaborateurs<br />

internes à leur disposition pour effectuer un règlement<br />

correct <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, puisque leur nombre était établi<br />

en fonction d’une seule mégacatastrophe qui surviendrait<br />

dans un certain secteur. La somme <strong>des</strong> dommages causés<br />

par la succession de 4 ouragans a donc engendré une surcharge<br />

de travail à laquelle les assureurs ne pouvaient pratiquement<br />

plus faire face, compte tenu du personnel et de<br />

l’équipement bureautique disponibles.<br />

Par conséquent, les compagnies d’assurances se sont<br />

efforcées d’obtenir <strong>des</strong> gestionnaires supplémentaires,<br />

mais parfois en vain. On a donc eu recours à <strong>des</strong> collaborateurs<br />

venus d’autres services (par exemple du service de<br />

production) ou rappelés de leurs congés. On est même allé<br />

jusqu’à faire revenir <strong>des</strong> gestionnaires qui étaient à la<br />

retraite. Pour les services internes, beaucoup de compagnies<br />

ont chargé <strong>des</strong> centres d’appel externes de la saisie<br />

<strong>des</strong> dommages, ainsi que <strong>des</strong> employés qualifiés de sociétés<br />

d’intérim pour l’étude <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Des compagnies d’assurances qui utilisaient un système<br />

de règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> basé sur l’Internet ont fait travailler<br />

leurs spécialistes à la maison pour compenser la<br />

pénurie de bure<strong>aux</strong>. Quelques assureurs ont ouvert <strong>des</strong><br />

bure<strong>aux</strong> de soutien hors de Floride, d’autres en ont installé<br />

provisoirement dans le secteur touché par la catastrophe,<br />

dans lesquels leurs collaborateurs ont pu procéder à l’enregistrement<br />

<strong>des</strong> dommages et au versement d’acomptes<br />

<strong>aux</strong> clients concernés. D’une manière générale, toutes les<br />

compagnies ont travaillé sous forte pression – 7 jours sur<br />

7 pendant les premiers mois qui ont suivi le passage <strong>des</strong><br />

ouragans.<br />

19


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Les assureurs ont mis en place <strong>des</strong> numéros de téléphone<br />

gratuits pour les déclarations de <strong>sinistres</strong>. Pour faire face au<br />

grand nombre de déclarations effectuées par téléphone, les<br />

appels ont également été enregistrés, convertis en fichiers<br />

sonores, puis envoyés par courrier électronique au personnel<br />

en charge de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Des employés de nombreuses<br />

sociétés ont même utilisé leur appareil portable privé<br />

afin de téléphoner en dépit <strong>des</strong> lignes bloquées. Dans leur<br />

message d’attente, plusieurs compagnies d’assurances ont<br />

fait passer une bande d’annonce qui, au lieu de la musique<br />

habituelle, répondait <strong>aux</strong> questions fréquemment posées par<br />

les assurés, par exemple concernant la limitation de l’importance<br />

du sinistre ou l’étendue de la garantie.<br />

En raison de la surcharge, d’autres appareils techniques,<br />

tels que photocopieurs et imprimantes, ont capitulé : <strong>des</strong><br />

centaines d’experts en <strong>sinistres</strong> devaient être pourvus en<br />

copies de polices originales et, chaque jour, les sociétés<br />

d’assurances établissaient <strong>des</strong> milliers de chèques. On<br />

avait donc un besoin urgent d’appareils supplémentaires.<br />

Même le logiciel servant à la saisie <strong>des</strong> dommages, qui, en<br />

fait, devait venir à bout d’une telle charge, a dû être adapté<br />

immédiatement ou complété par d’autres applications.<br />

Cependant, ceux qui ont souffert le plus, ce sont les assureurs<br />

dont les bure<strong>aux</strong> et l’infrastructure avaient été<br />

endommagés par les ouragans. Les sociétés touchées,<br />

équipées d’une alimentation électrique de secours, ont pu<br />

au moins surmonter l’interruption du courant. Néanmoins,<br />

même les entreprises qui, peu avant le passage <strong>des</strong> ouragans,<br />

avait acquis <strong>des</strong> affaires importantes dans la branche<br />

Dommages ou <strong>des</strong> sociétés entières, ont été durement touchées.<br />

Au moment <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, l’organisation de leur service<br />

Dommages n’avait pas encore été consolidée et le<br />

matériel électronique et les logiciels n’étaient pas encore<br />

pleinement utilisables.<br />

En outre, le Department of Financial Services de Floride,<br />

favorable <strong>aux</strong> consommateurs, a augmenté la pression sur<br />

les assureurs et donc la charge de travail. Cette autorité a<br />

fixé <strong>aux</strong> sociétés <strong>des</strong> délais très courts pour régler les dommages<br />

<strong>dus</strong> <strong>aux</strong> ouragans subis par les clients privés. Dans<br />

un délai de 30 jours après la déclaration d’un sinistre, il<br />

fallait que les assureurs procèdent au moins à l’estimation<br />

<strong>des</strong> dommages individuels, fassent une offre de règlement<br />

sérieuse et effectuent, le cas échéant, le versement d’un<br />

acompte raisonnable.<br />

20<br />

Pénurie d’experts externes en dommages matériels<br />

Avec près de 0,5 million de <strong>sinistres</strong> individuels, l’ouragan<br />

Charley avait déjà engendré une pénurie d’experts externes<br />

en dommages matériels. Après le passage du second<br />

ouragan, les sociétés d’assurances n’ont pu engager <strong>des</strong><br />

experts, si elles le pouvaient, qu’à <strong>des</strong> coûts révisés à la<br />

hausse. Certains assureurs ont même proposé de leur propre<br />

chef <strong>des</strong> honoraires plus élevés <strong>aux</strong> experts afin de les<br />

attacher à leur service. Cependant, une bonne rémunération<br />

ne représentait pas une garantie : si, en raison de problèmes<br />

internes, les assureurs ne parvenaient pas à mettre<br />

à la disposition <strong>des</strong> experts les documents nécessaires,<br />

ceux-ci se laissaient parfois débaucher par <strong>des</strong> sociétés<br />

mieux organisées.<br />

Comme il n’y avait pas assez d’experts sur place, les assureurs<br />

en ont fait venir de très loin. Après le passage de<br />

Charley, le Department of Financial Services de Floride a<br />

délivré environ 7 000 licences, et, après Frances, 5 000. Si<br />

l’on y ajoute les 3 000 experts déjà enregistrés, près de<br />

15 000 travaillaient donc en Floride. Cela a entraîné<br />

quelques problèmes : d’une part, les experts n’étaient bien<br />

souvent pas familiarisés avec les données locales, d’autre<br />

part, les différentes langues et dialectes, mais encore les<br />

comportements divers, ont créé de nouvelles difficultés.<br />

Mais ce n’était pas tout : étant donné que de vastes zones<br />

devaient être évacuées et que les infrastructures étaient<br />

endommagées, rapidement, le carburant est devenu rare.<br />

Le prix de l’essence a atteint 6 $US le gallon. En outre, les<br />

ouragans avaient dégradé de nombreux hôtels et les<br />

experts <strong>sinistres</strong> ont dû loger à une grande distance <strong>des</strong><br />

zones touchées. C’est pourquoi les frais d’essence et de<br />

voyage <strong>des</strong> experts ont été considérables. Par-<strong>des</strong>sus le<br />

marché, nombreux sont ceux qui ont perdu beaucoup de<br />

temps en attendant dans <strong>des</strong> queues parfois interminables<br />

devant les stations-services. De ce fait, ils ne pouvaient<br />

inspecter qu’un nombre réduit de risques par jour et,<br />

finalement, ils ont été moins sollicités par les coordinateurs<br />

de <strong>catastrophes</strong>.<br />

Les possibilités de communication, parfois extrêmement<br />

restreintes, ont en outre handicapé la coordination <strong>des</strong><br />

experts. Les rése<strong>aux</strong> téléphoniques étaient surchargés ou<br />

ne fonctionnaient pas du tout pendant <strong>des</strong> semaines, les<br />

ouragans ayant détruit les antennes-relais de téléphonie<br />

mobile et les lignes téléphoniques. Les experts qui avaient<br />

conclu <strong>des</strong> contrats avec différentes sociétés de téléphonie<br />

mobile étaient avantagés, puisque les fournisseurs de services<br />

n’étaient pas tous touchés par les pannes dans toutes<br />

les régions. Souvent, il n’y avait plus que les téléphones<br />

par satellite ou les talkies-walkies ainsi que l’Internet qui<br />

pouvaient aider, ce dernier s’avérant le meilleur moyen de<br />

communication entre les assureurs et les experts.


Il y a également eu une pénurie de personnel, de nombreuses<br />

sociétés ayant dû évacuer à plusieurs reprises les<br />

experts qui inspectaient les dommages causés par l’ouragan<br />

Charley en Floride : tout d’abord, juste avant l’arrivée<br />

de l’ouragan Frances, puis de nouveau avant Ivan et finalement<br />

avant l’apparition de Jeanne. Ceci a considérablement<br />

ralenti l’inspection <strong>des</strong> lieux, la mise en place de<br />

mesures conservatoires et l’instruction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Toutefois, les compagnies d’assurances, qui avaient procédé<br />

au géocodage de leur portefeuille Dommages matériels,<br />

avaient un certain avantage : elles ont pu orienter<br />

leurs experts de façon ciblée et gagner ainsi du temps et<br />

de l’argent, car elles ont comparé les coordonnées de leur<br />

portefeuille avec la trajectoire <strong>des</strong> ouragans et étaient ainsi<br />

en mesure d’identifier rapidement les secteurs ayant<br />

probablement subi les dommages les plus grands.<br />

Les risques géocodés ont en outre empêché les experts<br />

<strong>sinistres</strong> de se perdre en chemin en cherchant <strong>des</strong> assurés.<br />

En effet, après le passage <strong>des</strong> tempêtes, aucune plaque de<br />

rue ne se trouvait à sa place. Les experts équipés d’un système<br />

GPS ont trouvé leurs clients malgré l’absence de panne<strong>aux</strong><br />

de signalisation.<br />

Pendant l’évacuation, <strong>des</strong> milliers d’habitants de<br />

Floride se sont trouvés bloqués pendant <strong>des</strong><br />

heures dans les embouteillages sur les autoroutes.<br />

21


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Présélection <strong>des</strong> dommages à inspecter par les assureurs<br />

Le Department of Financial Services de Floride propose<br />

<strong>aux</strong> compagnies d’assurances d’inspecter la région touchée<br />

par l’ouragan. Dans le cadre du projet « Partenaires<br />

dans le risque », la zone est survolée par un hélicoptère<br />

juste après la pénétration de l’ouragan sur les terres, afin<br />

d’établir la liste <strong>des</strong> dommages. À peine 48 heures plus<br />

tard, tous les assureurs ont accès à une carte électronique<br />

placée sur l’Internet, qui présente les secteurs ayant un<br />

profil de sinistre identique ou similaire. À partir <strong>des</strong> données<br />

du risque, les assureurs peuvent alors procéder à une<br />

première évaluation de leurs préjudices.<br />

Afin de maîtriser, dans de telles circonstances, l’énorme<br />

quantité de <strong>sinistres</strong> individuels, plusieurs assureurs ont<br />

effectué une présélection <strong>des</strong> dommages qui devaient être<br />

expertisés par <strong>des</strong> spécialistes externes. Les petits dommages<br />

présumés ont fréquemment été réglés sans formalité<br />

et sans déplacement, soit sur seule étude du dossier,<br />

ce que l’on appelle « <strong>des</strong>k adjustment », soit par téléphone,<br />

« telephone adjustment » Dans ces cas-là, ce n’est pas un<br />

expert externe qui a inspecté le sinistre, mais ce sont les<br />

employés du service intérieur qui ont interrogé les clients<br />

par téléphone et qui ont évalué le montant du préjudice.<br />

Après le passage <strong>des</strong> ouragans sur la Floride, les<br />

couvreurs étaient particulièrement demandés et<br />

ont pu nettement augmenter leurs tarifs.<br />

22<br />

L’intervention d’experts publics (« public adjusters ») a<br />

entraîné une hausse <strong>des</strong> limites d’indemnisation<br />

Alors que les experts <strong>sinistres</strong> externes travaillent sur<br />

ordre de l’assureur et sont rétribués par celui-ci, les<br />

experts publics agissent à la demande <strong>des</strong> assurés, en<br />

général <strong>des</strong> clients particuliers, pour leur propre compte et<br />

indépendamment d’une compagnie d’assurances. Leurs<br />

honoraires, qui sont à la charge de l’assuré, sont calculés à<br />

partir du montant d’indemnisation versé par l’assureur.<br />

Pour ce qui est <strong>des</strong> dommages causés par les ouragans en<br />

Floride, le Department of Financial Services a cependant<br />

limité les honoraires <strong>des</strong> experts publics à un maximum de<br />

10 % de l’indemnisation, et ceci jusqu’au 14 février 2005.<br />

Souvent, <strong>des</strong> experts à la retraite ou <strong>des</strong> anciens rédacteurs<br />

<strong>sinistres</strong> travaillent comme experts publics. Le grand<br />

nombre de dommages causés par les ouragans a attiré<br />

vers la Floride <strong>des</strong> experts publics venant de toutes les<br />

régions <strong>des</strong> États-Unis et le Department of Financial Services<br />

a établi environ 400 licences d’urgence d’une validité<br />

d’un an. Malheureusement, parmi ces experts se trouvaient<br />

également de nombreux <strong>aux</strong>iliaires jeunes, inexpérimentés<br />

et peu qualifiés qui voulaient surtout gagner de<br />

l’argent rapidement.<br />

De manière générale, on constate que l’intervention d’experts<br />

publics a entraîné une hausse <strong>des</strong> limites d’indemnisation.<br />

En effet, ceux-ci estiment habituellement – ce qui<br />

est dans leur propre intérêt – la valeur du préjudice à un<br />

montant plus élevé que ne le fait un expert <strong>sinistres</strong> qui travaille<br />

pour un assureur. Dans <strong>des</strong> cas isolés, ils ont procédé<br />

à <strong>des</strong> évaluations correspondant à 4 fois celles <strong>des</strong> experts


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

engagés par les compagnies d’assurances. En outre, les<br />

indemnisations augmentent fréquemment du fait que l’intervention<br />

d’experts publics retarde le règlement d’un<br />

sinistre, par exemple en raison de longues négociations<br />

entre assuré et expert public d’un côté et assureurs et<br />

inspecteurs-régleurs de l’autre.<br />

Problèmes liés <strong>aux</strong> franchises et à la répartition <strong>des</strong><br />

dommages<br />

Après la catastrophe causée par les tempêtes, de nombreux<br />

clients privés ont constaté avec étonnement que leur<br />

assurance Multirisque <strong>des</strong> bâtiments prévoyait, en sus de<br />

la franchise forfaitaire, une franchise particulière, proportionnellement<br />

plus élevée en cas de dommages <strong>dus</strong> à <strong>des</strong><br />

ouragans et allant de 2 à 5 % de la somme assurée par événement.<br />

Les franchises prévues en cas d’ouragan avaient<br />

été introduites en 1996, en réaction au cyclone Andrew qui<br />

avait ravagé la Floride 4 ans plus tôt.<br />

L’application d’une franchise proportionnelle avait déjà<br />

plongé certains assurés, qui n’avaient été touchés que par<br />

un seul ouragan, dans <strong>des</strong> difficultés financières et la situation<br />

a donc été encore pire pour les quelque 29 000 assurés<br />

qui ont été frappés à 2 ou 3 reprises par les ouragans, par<br />

exemple dans la région d’Orlando. Car, d’une façon générale,<br />

la franchise prévue pour les ouragans doit être appliquée<br />

pour chaque événement, c’est-à-dire, dans les cas<br />

susmentionnés, 2 ou 3 fois.<br />

En raison de la succession rapide <strong>des</strong> ouragans dans une<br />

seule et même région en l’espace de quelques semaines, il<br />

était presque impossible, dans de nombreux cas, de distinguer<br />

les dommages les uns <strong>des</strong> autres lorsqu’un risque avait<br />

été touché par plusieurs tempêtes. Des problèmes sont<br />

apparus, notamment lorsqu’un premier dommage, qui<br />

n’avait pas encore été enregistré, par exemple en raison de<br />

l’absence d’experts ou de la surcharge <strong>des</strong> assureurs, a été<br />

frappé par l’ouragan suivant.<br />

De nombreux assurés ont documenté leurs propres <strong>sinistres</strong><br />

et les <strong>sinistres</strong> avoisinants au moyen de photographies<br />

ou de films vidéo, de sorte que les dommages ont pu être<br />

identifiés ultérieurement. Par contre, si l’expert <strong>sinistres</strong> ne<br />

parvenait pas à différencier les <strong>sinistres</strong>, il ne pouvait finalement<br />

appliquer qu’une seule franchise. Finalement, plusieurs<br />

assureurs de particuliers sont allés jusqu’à renoncer<br />

globalement à l’application de plusieurs franchises, puisqu’on<br />

ne pouvait bien souvent plus faire de différence entre<br />

les dommages. En outre, <strong>des</strong> clients ont souvent prétendu<br />

que le premier ouragan avait tellement endommagé leur<br />

maison que, pour cette seule raison, elle n’avait pu résister<br />

<strong>aux</strong> ouragans ultérieurs. La pression exercée sur les assureurs<br />

a également été renforcée par le directeur du Department<br />

of Financial Services, qui a qualifié d’« injuste »<br />

l’application de plusieurs franchises pour les bâtiments<br />

d’habitation privés qui avaient été endommagés par<br />

plusieurs tempêtes.<br />

Mais il est aussi arrivé que certains assurés essayent de<br />

déclarer plusieurs fois un même et unique sinistre en prétendant<br />

qu’il avait été causé par différents ouragans. Dans<br />

ce genre de cas, de nombreux assureurs ont préféré faire<br />

de nouveau appel à <strong>des</strong> experts en <strong>sinistres</strong> qui connaissaient<br />

le risque et le dommage prétendu. D’autres assureurs,<br />

en revanche, ont envoyé, à la place d’un expert, un<br />

spécialiste <strong>des</strong> frau<strong>des</strong>. Pour faire face à de pareils cas, il<br />

s’est avéré très utile de procéder, immédiatement après la<br />

survenance du sinistre, à une saisie rapide <strong>des</strong> déclarations,<br />

d’établir une documentation photographique complète<br />

– du voisinage également –, d’introduire <strong>des</strong> mentions<br />

précises dans les dossiers de <strong>sinistres</strong> et de recourir à un<br />

système permettant de dresser l’historique <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Fig. 8 : Hausse <strong>des</strong> prix de matéri<strong>aux</strong> de construction et <strong>des</strong> coûts de main-d’œuvre en Floride (exemples)<br />

Prix selon le programme Prix réels en Floride Hausse <strong>des</strong><br />

d’enquête <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> en décembre 2004 prix de<br />

Toitures 2,86 $US par sq. ft.* 3,25 $US par sq. ft.* 14 %<br />

Moquettes 2,44 $US par sq. ft.* 3,75 $US par sq. ft.* 54 %<br />

Placoplâtre 1,74 $US par sq. ft.* 4,00 $US par sq. ft.* 130 %<br />

Trav<strong>aux</strong> de peinture 0,33 $US par sq. ft.* 1,00 $US par sq. ft.* 203 %<br />

L’énorme hausse <strong>des</strong> prix <strong>des</strong> matéri<strong>aux</strong> de<br />

construction et <strong>des</strong> coûts de main-d’œuvre en<br />

Floride après les ouragans de 2004 a entraîné<br />

pour les assureurs une charge d’indemnisation<br />

nettement supérieure à celle qui avait été<br />

envisagée à l’origine.<br />

*sq. ft. = square feet<br />

1 sq. ft. = 0,09290 m 2<br />

23


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Difficile calcul du préjudice total<br />

Pour la majeure partie <strong>des</strong> compagnies d’assurance, il n’a<br />

pas été simple de procéder à l’estimation de leur préjudice<br />

total. Ce n’est que peu à peu que <strong>des</strong> résultats correspondant<br />

à la réalité ont été révélés. Il faut cependant constater que le<br />

coût total du sinistre a finalement dépassé la charge originellement<br />

escomptée. Il y a pour cela différentes raisons :<br />

– Après le second ouragan, <strong>des</strong> sociétés indépendantes<br />

d’experts en <strong>sinistres</strong> ont augmenté leurs tarifs en raison<br />

d'un besoin plus élevé. Quelques assureurs ont également,<br />

de leur propre gré, versé <strong>aux</strong> experts <strong>des</strong> honoraires<br />

plus élevés afin de les fidéliser.<br />

– De même, l’intervention d’experts publics, en majeure<br />

partie à la demande de particuliers, a causé une augmentation<br />

de la charge totale que les assureurs devaient supporter.<br />

– Lors de la constitution <strong>des</strong> provisions pour <strong>sinistres</strong> à<br />

payer, l’énorme hausse <strong>des</strong> prix <strong>des</strong> matéri<strong>aux</strong> de construction<br />

et <strong>des</strong> coûts de main-d’œuvre (qui atteignait parfois<br />

100 % et plus) n’avait bien souvent pas été prise en<br />

compte. Ce sont principalement les couvreurs qui, en raison<br />

de la forte demande, ont nettement augmenté leurs<br />

prix. De nombreux assurés ont donc réclamé <strong>des</strong> prestations<br />

supplémentaires, les sommes déjà versées ne suffisant<br />

plus à couvrir les frais de réparation.<br />

24<br />

– En raison de la pénurie de matéri<strong>aux</strong> de construction et<br />

de main-d’œuvre en Floride, les pertes d’exploitation ont<br />

aussi sensiblement augmenté, étant donné que le calendrier<br />

<strong>des</strong> échéances fixé à l’origine ne pouvait plus être<br />

respecté.<br />

– Enfin, de nombreux assurés, qui n'avaient pas de résidence<br />

principale en Floride, ont déclaré leurs dommages<br />

relativement tard. Bien souvent, ces personnes, que l’on<br />

appelle les « snowbirds », car ils ne font qu’hiverner en<br />

Floride, ont constaté, <strong>des</strong> mois après le passage <strong>des</strong><br />

ouragans, que leurs résidences secondaires avaient été<br />

endommagées ou entièrement détruites. De la sorte, les<br />

assureurs ont encore reçu, 6 mois après les ouragans,<br />

quelque 8 000 nouvelles déclarations de sinistre par<br />

semaine.<br />

Renforcement profitable <strong>des</strong> lois de construction ; recours<br />

quasiment impossible pour les assureurs<br />

Le renforcement <strong>des</strong> lois de construction en Floride après le<br />

passage de l’ouragan Andrew a porté ses fruits. Du côté <strong>des</strong><br />

entreprises de construction notamment, il y a encore eu,<br />

juste avant les 4 ouragans, <strong>des</strong> tentatives visant à obtenir<br />

un assouplissement de la réglementation, sous prétexte<br />

que la dépense supplémentaire était inutile et trop élevée.<br />

Entre-temps, on n’évoque plus cette question, car les bâtiments<br />

qui ont été construits selon les nouvelles normes ont<br />

résisté <strong>aux</strong> tempêtes et subi, en général, tout au plus <strong>des</strong><br />

dommages bénins.<br />

Les ouragans ont détruit de nombreuses<br />

résidences mobiles, un<br />

genre d’habitation très prisé en<br />

Floride. Emportés par le vent, les<br />

débris de ces maisons construites<br />

de manière simple ont causé <strong>des</strong><br />

dommages supplémentaires.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

C’est ce qui explique qu’en fin de compte les assureurs<br />

n’ont eu que peu de possibilité de recours, par exemple<br />

contre les entrepreneurs en bâtiment ou les architectes.<br />

Les bâtiments plus anciens, qui ont été les plus touchés, ne<br />

tombaient pas sous le coup <strong>des</strong> normes renforcées. Par<br />

contre, si <strong>des</strong> maisons neuves présentaient <strong>des</strong> dégâts, il<br />

fallait prouver qu’elles n’avaient pu résister <strong>aux</strong> vitesses de<br />

vent prévues par les normes. Mais cela était quasiment<br />

impossible, car on pouvait opposer <strong>aux</strong> assureurs que les<br />

dommages étaient <strong>dus</strong> à <strong>des</strong> rafales de vent particulièrement<br />

fortes.<br />

Les sociétés d’assurances entamaient également une tentative<br />

de recours chaque fois que <strong>des</strong> dommages avaient été<br />

causés à <strong>des</strong> maisons voisines par <strong>des</strong> pans de bâtiment ou<br />

<strong>des</strong> débris emportés par le vent. De nombreux dommages<br />

de ce genre ont surtout été causés par les résidences mobiles<br />

si populaires en Floride. Mais ici encore, il était généralement<br />

impossible d’apporter <strong>des</strong> preuves, de sorte que la<br />

possibilité de recours est restée purement théorique.<br />

Enseignements à tirer de la saison <strong>des</strong> ouragans en 2004<br />

pour la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

La succession d’ouragans en Floride a montré que les compagnies<br />

d’assurances doivent également tenir compte de<br />

ce genre de gros <strong>sinistres</strong> dans leurs plans d’urgence. On<br />

pourrait par exemple imaginer une double approche : une<br />

première étape du plan d’urgence pourrait être orientée<br />

sur les conditions d’une catastrophe naturelle moyenne ;<br />

une seconde étape pourrait prendre en considération l’accumulation<br />

de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> sur une courte<br />

période ou la survenance de méga<strong>catastrophes</strong>, encore<br />

jamais vues. Du reste, il est recommandé de s’entraîner à<br />

la mise en pratique <strong>des</strong> plans d’urgence.<br />

Après le passage <strong>des</strong> ouragans, bien que la situation ait été<br />

nouvelle et extrêmement lourde pour les rédacteurs <strong>sinistres</strong><br />

– ne serait-ce qu’en Floride, il a fallu traiter 1,6 million<br />

de dossiers individuels dans un temps record en travaillant<br />

7 jours sur 7 –, il importait cependant d’être précis et<br />

rigoureux. En effet, chaque erreur commise est maintes<br />

fois reproduite et, par la suite, ne peut être retrouvée et<br />

corrigée qu’à grand peine en raison de la quantité énorme<br />

<strong>des</strong> déclarations enregistrées.<br />

L’évolution continue <strong>des</strong> systèmes techniques de secours<br />

offre de bonnes chances de moderniser et de perfectionner<br />

en permanence la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Comme exemples,<br />

nous pouvons citer le système GPS, le téléphone par satellite<br />

et l’Internet, qui ont rendu de précieux services pour la<br />

gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> ouragans. Pour de nombreux<br />

assureurs, il s’est révélé avantageux d’utiliser un système<br />

homogène de données, car la double saisie d’informations<br />

recèle le danger d’erreurs supplémentaires et d’un temps<br />

de réponse plus long.<br />

La rapide succession de 4 ouragans sur un même territoire<br />

a également posé <strong>des</strong> problèmes encore inconnus jusqu’alors<br />

pour attribuer correctement certains dommages <strong>aux</strong><br />

événements correspondants. Dans la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>,<br />

le facteur temps a acquis une importance supplémentaire.<br />

Ainsi, seuls les assureurs qui avaient enregistré rapidement<br />

les dommages individuels que leurs experts avaient inspectés<br />

sans tarder, sont parvenus à faire la distinction entre les<br />

différents <strong>sinistres</strong> affectant un même risque et à éviter<br />

qu’un seul et même dommage ne soit indemnisé plusieurs<br />

fois.<br />

Après une catastrophe naturelle, il ne faut pas sous-estimer<br />

l’énorme pénurie de rédacteurs <strong>sinistres</strong> et d’experts, mais<br />

également le manque de matéri<strong>aux</strong> de construction, de<br />

machines et la pénurie d’ouvriers, ainsi que la carence en<br />

eau, en nourriture, en carburant et l’insuffisance de logements<br />

intacts. Lorsqu’ils calculent les coûts escomptés, les<br />

assureurs devraient tenir compte de ces facteurs, tant dans<br />

leur plan d’urgence concret que pour évaluer les extrêmes<br />

hausses de prix qui découlent d’une telle situation.<br />

Pour finir, le secteur assurantiel doit s’attendre, après de<br />

gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, à être l’objet d’un surcroît<br />

de pression provenant <strong>des</strong> milieux politiques et de l’État<br />

qui, bien souvent, essaient d’intervenir pour représenter<br />

les intérêts <strong>des</strong> assurés.<br />

25


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

2003 en Corée et au Japon : le typhon Maemi<br />

En général, <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> tels que le typhon Maemi ne se<br />

limitent pas à un seul pays. La situation géographique<br />

particulière de Taïwan, de la Corée du Sud et du Japon<br />

rend cette région de l’Asie extrêmement sensible <strong>aux</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> ; en outre, ces 3 pays possèdent un haut<br />

niveau de développement technique et présentent ainsi<br />

<strong>des</strong> concentrations de valeur importantes au niveau de<br />

l’économie mondiale.<br />

Événement<br />

Le 5 septembre 2003, un front de mauvais temps s’est<br />

développé <strong>aux</strong> abords de l’île de Guam, puis s’est transformé<br />

rapidement en une puissante dépression tropicale.<br />

Le 8 septembre, cette dépression a atteint une force de<br />

typhon – Maemi était né. Maemi a continué de gagner en<br />

intensité pour se métamorphoser en supertyphon de catégorie<br />

5 sur l’échelle Saffir-Simpson lorsqu’il a atteint les<br />

îles situées au sud d’Okinawa (archipel <strong>des</strong> Ryukyu). Sur sa<br />

trajectoire qui le menait vers la Corée du Sud, il s’est légèrement<br />

affaibli et a frappé la côte sud de la province de<br />

Kyungsang dans la nuit du 12 septembre. À ce moment-là,<br />

le typhon était dans la catégorie 3 de l’échelle Saffir-Simpson.<br />

En l’espace de 6 heures seulement, il avait traversé la<br />

partie sud-est de la République de Corée.<br />

Au début, on a cru que Maemi était l’événement le plus<br />

exceptionnel et le plus violent jamais connu. La vitesse de<br />

ses vents et l’intensité de ses précipitations montrent<br />

cependant que la période de récurrence d’un tel événement<br />

est de 10 à 15 ans.<br />

Fig. 9 : Échelle de Saffir-Simpson pour les tempêtes tropicales<br />

Vitesse moyenne du vent<br />

Catégorie m/s km/h mile/h Nœud<br />

1 Faible 32,7–42,6 118–153 73–95 64–82<br />

2 Moyen 42,7–49,5 154–177 96–110 83–96<br />

3 Intense 49,6–58,5 178–209 111–130 97–113<br />

4 Extrême 58,6–69,4 210–249 131–155 114–134<br />

5 Catastrophique 69,5– 250– 156– 135–<br />

Le 13 septembre 2003, dans le port de Pusan<br />

(au sud de Séoul), le typhon Maemi a fait tomber<br />

les grues comme <strong>des</strong> allumettes.<br />

Dommages<br />

Lors du passage de Maemi, le Japon s’en est tiré à bon<br />

compte. Seul l’archipel <strong>des</strong> Ryukyu, dans la préfecture<br />

d’Okinawa, a été violemment touché. Sur l’île de Miyako,<br />

entièrement développée du point de vue touristique, le<br />

réseau d’électricité, par exemple, n’était pratiquement plus<br />

en état de fonctionner. Si Maemi avait suivi une trajectoire<br />

plus à l’est, de nombreuses régions du Japon auraient probablement<br />

été fortement touchées.<br />

En sus <strong>des</strong> dommages habituels causés par <strong>des</strong> vitesses<br />

du vent élevées, la Corée du Sud a été dévastée par <strong>des</strong> raz<br />

de marée et <strong>des</strong> inondations monstres déclenchées par<br />

<strong>des</strong> pluies diluviennes qui ont été pour une bonne part à<br />

l’origine de <strong>des</strong>tructions de bâtiments, de structures et de<br />

machines. Plus de 80 % <strong>des</strong> dommages assurés proviennent<br />

<strong>des</strong> branches Dommages et Transport. Les affaires de<br />

la branche Automobile ont contribué <strong>aux</strong> dommages pour<br />

une part atteignant près de 18 %. Le reste provenait de différentes<br />

couvertures non-Vie (voir fig. 11).<br />

La trajectoire de Maemi est passée par les régions les plus<br />

in<strong>dus</strong>trialisées de la Corée : Pusan, Masan et Ulsan. En raison<br />

de l’hyperconcentration de valeurs, ces régions présentent<br />

une pénétration d’assurance beaucoup plus élevée<br />

que les autres parties du pays. Avec ses nombreux chantiers<br />

de construction et ses installations in<strong>dus</strong>trielles, cette<br />

zone a connu le plus grand cumul de dommages assurés.<br />

Une caractéristique de ce genre d’événement est le grand<br />

nombre de <strong>sinistres</strong> individuels, avec toutefois <strong>des</strong> montants<br />

relativement peu élevés. Les seules exceptions ont<br />

été certaines installations portuaires et infrastructures en<br />

chantier, particulièrement exposées.<br />

Classification de l’intensité d’une tempête selon<br />

la vitesse moyenne du vent.<br />

27


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

Le segment Transport a subi de graves dommages affectant<br />

les polices de construction navale. Rien que dans 3 chantiers<br />

navals, 25 grands navires ont été endommagés. D’un<br />

côté, ces faits illustrent bien la vulnérabilité de ce genre<br />

d’installations en cas de tempête. De surcroît, ils mettent en<br />

évidence que nous avons affaire à un problème de cumul<br />

qu’il ne faut pas négliger. Pour le souscripteur, cela signifie<br />

qu’il doit connaître parfaitement ses risques et son portefeuille<br />

et qu’il doit savoir adapter sa politique d’acceptation<br />

en conséquence. Pour le gestionnaire de risques de l’assuré,<br />

il s’agit d’orienter de façon optimale les étapes de processus<br />

de production sur l’exposition et de définir clairement<br />

<strong>des</strong> mesures préventives.<br />

En prenant la Corée comme exemple, l’énumération qui<br />

suit montre de manière concrète les dommages causés par<br />

le typhon Maemi :<br />

– 127 victimes<br />

– 25 000 personnes évacuées/sans-abri<br />

– plus de 5 000 habitations détruites<br />

– 13 000 foyers privés et magasins endommagés<br />

– 465 navires touchés, avariés ou détruits<br />

– 2 raffineries de pétrole ont dû être fermées<br />

– 5 centrales nucléaires ont dû être arrêtées ; 1,4 million de<br />

ménages en ont été affectés.<br />

Rien qu’en Corée, le dommage économique causé par<br />

Maemi a atteint 4,8 milliards de $US. Environ 12 %, soit<br />

557 millions de $US, étaient assurés.<br />

Fig. 10 : Typhon Maemi en 2003<br />

La répartition <strong>des</strong> pointes de vent<br />

maximales sur la trajectoire de Maemi,<br />

du sud de la Corée en direction nor<strong>des</strong>t.<br />

Les raz de marée sur la côte et les<br />

inondations à l’intérieur du pays ont<br />

contribué pour une bonne part <strong>aux</strong><br />

charges d’indemnisation.<br />

Source : Groupe de Recherche<br />

Géo Risques, Münchener Rück (2005)<br />

28<br />

Trajectoire du typhon Maemi<br />

Pointes de vent<br />

maximales en km/h<br />

80–100 km/h<br />

110–120 km/h<br />

130–140 km/h<br />

150–160 km/h<br />

210–220 km/h<br />

<strong>Gestion</strong> du sinistre<br />

En Corée du Sud, ni le gouvernement ni les assureurs ne s’attendaient<br />

à une catastrophe de cette ampleur. Dans un premier<br />

temps, certaines compagnies d’assurances étaient débordées,<br />

tant sur le plan de l’organisation que du personnel,<br />

et avaient du mal à traiter les déclarations de <strong>sinistres</strong>. Vu la<br />

quantité d’événements, les effectifs d’inspecteurs-régleurs<br />

ont rapidement été épuisés. Ceci a ralenti l’inspection <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> et, en conséquence, empêché une liquidation<br />

rapide.<br />

La loi coréenne de protection contre les incendies prévoit<br />

une protection automatique contre tous les risques naturels.<br />

Jusqu’alors, cette situation ne représentait pas un<br />

problème pour le pays et l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances,<br />

puisque le t<strong>aux</strong> de pénétration de l’assurance et les valeurs<br />

assurées étaient, en particulier dans le domaine privé, relativement<br />

faibles. D’après les données connues, le rapport<br />

entre les dommages assurés et les dommages économiques<br />

causés par les typhons s’est élevé à 2 ou 3 %.<br />

Outre la possibilité de contracter une assurance, il existe un<br />

programme national de protection, qui procure une aide<br />

financière directe <strong>aux</strong> personnes concernées. Ce programme<br />

entre en application à partir d’un préjudice économique total<br />

d’1,5 milliard de wons sud-coréens, soit environ 1,3 million<br />

de $US, et/ou de 30 000 sans-abri.<br />

Le rapport dommages assurés/préjudice économique<br />

atteint par Maemi était de 12 %. Les indemnités versées par<br />

l’État se sont élevées à environ 1 400 milliards de wons<br />

(environ 1,2 milliard de $US). En raison de ces expérien-<br />

Fig. 11 : Typhon Maemi :<br />

pourcentage <strong>des</strong> dommages assurés<br />

Dommages matériels 60,3 %<br />

Transport 20,6 %<br />

Automobile 17,7 %<br />

Autres 1,4 %


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

ces, on envisage maintenant un système d’assurance <strong>des</strong><br />

risques naturels. En parallèle, on projette d’adapter le<br />

niveau <strong>des</strong> t<strong>aux</strong> à l’exposition et d’introduire une franchise<br />

généralisée pour les risques naturels.<br />

L’évolution de la sinistralité dans le segment Transport a<br />

montré que les différents chantiers navals constituaient de<br />

fortes concentrations de valeurs et représentaient ainsi,<br />

pendant la saison bien connue <strong>des</strong> typhons, un risque de<br />

cumul qu’il ne fallait pas sous-estimer. Ceci souligne le fait<br />

que, dans ce segment aussi, le contrôle <strong>des</strong> cumuls est un<br />

élément essentiel et primordial de la gestion <strong>des</strong> risques.<br />

Les exploitants de chantiers navals peuvent donc s’inspirer<br />

de cette méthode de gestion afin de réduire le potentiel de<br />

dommages.<br />

1999 en Europe : les tempêtes d’hiver Lothar et Martin<br />

De nombreuses régions européennes ont été complètement<br />

surprises par les tempêtes qui se sont produites en décembre<br />

1999. En France et en Allemagne principalement, ces<br />

événements ont causé <strong>des</strong> dommages sans précédent. Du<br />

26 au 28 décembre 1999, les tempêtes Lothar et Martin ont<br />

ravagé l’Europe centrale. Elles s’étaient formées au-<strong>des</strong>sus<br />

<strong>des</strong> e<strong>aux</strong> froi<strong>des</strong> de l’Atlantique nord, avaient développé<br />

leur force maximale au-<strong>des</strong>sus de l’Europe et fini par se<br />

dissiper 2 ou 3 jours plus tard. Lothar a atteint sa plus<br />

basse pression (961 hPa) dans les alentours de Paris. Une<br />

montée de l’intensité <strong>des</strong> vents au-<strong>des</strong>sus <strong>des</strong> terres n’avait<br />

pas été annoncée. Dans l’intérieur du pays, l’ouragan<br />

Lothar a atteint <strong>des</strong> pointes de vent de 180 km/h et, sur les<br />

sommets <strong>des</strong> Alpes, il a même soufflé en rafales de 250<br />

km/h. Le diamètre de l’ouragan mesurait presque 300 km.<br />

Des millions de faça<strong>des</strong> et de fenêtres ont été<br />

endommagées par les tempêtes d’hiver en 1999.<br />

Les dommages causés par Lothar ne pouvaient être évités,<br />

car les météorologues avaient sous-estimé la tempête :<br />

soit on ne l’avait pas annoncée du tout, soit on l’avait<br />

annoncée, mais en pronostiquant <strong>des</strong> vitesses de vent trop<br />

faibles. C’est pourquoi beaucoup de personnes ont été<br />

surprises aussi bien par la violence de l’ouragan que par<br />

l’ampleur <strong>des</strong> dommages.<br />

200 km plus au sud, la tempête Martin a traversé la France<br />

en soufflant en rafales de 150 à 190 km/h. Sa plus basse<br />

pression étant de 964 hPa, elle n’atteignait pas tout à fait<br />

celle de l’ouragan Lothar.<br />

Une semblable superposition de 2 tempêtes s’était produite<br />

en janvier et février 1990 avec le passage de Daria et<br />

Herta. Les dommages assurés engendrés par ces ouragans<br />

s’étaient élevés alors à environ 8,5 milliards d’€. Cependant,<br />

les vents de Lothar et de Martin ayant soufflé à <strong>des</strong><br />

vitesses nettement supérieures, les dommages causés ont<br />

atteint de nouve<strong>aux</strong> nive<strong>aux</strong> record, notamment en France<br />

et en Allemagne.<br />

Dommages<br />

À elle seule, la tempête Lothar a causé <strong>des</strong> dommages économiques<br />

de près de 11,5 milliards d’€, dont 50 % étaient<br />

assurés. Vu les quelque 2,4 millions de <strong>sinistres</strong> individuels,<br />

cela correspond à un montant moyen d’environ<br />

2 500 € par sinistre. L’endroit dévasté le plus connu a été le<br />

parc d’attraction Disneyland Paris, qui, en raison <strong>des</strong><br />

dégâts matériels, a dû fermer ses portes le lendemain de<br />

Noël.<br />

Dans presque tous les cas, <strong>des</strong> toits ont été<br />

endommagés et certains ont même en partie été<br />

déclarés pertes totales.<br />

29


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Tempêtes et ouragans<br />

C’est surtout en France que la tempête Martin a causé <strong>des</strong><br />

dégâts, mais elle a également sévi en Espagne, en Suisse et<br />

en Italie, causant la mort de 30 personnes. Le montant total<br />

<strong>des</strong> dommages économiques s’est élevé à 4 milliards d’€,<br />

celui <strong>des</strong> dommages assurés à 2,5 milliards d’€ pour 1 million<br />

de <strong>sinistres</strong> individuels. Pour la tempête Martin, le montant<br />

moyen du sinistre a également atteint environ 2 500 €.<br />

Au total, les tempêtes d’hiver ont coûté la vie à 140 personnes<br />

en 1999. Le montant <strong>des</strong> dommages économiques s’est<br />

élevé à 15,5 milliards d’€, celui <strong>des</strong> dommages assurés à<br />

8,4 milliards d’€ pour 3 millions de <strong>sinistres</strong> individuels. Par<br />

rapport à une seule tempête, les tempêtes d’hiver ont<br />

engendré, en France, le plus grand montant de dommages<br />

assurés de toute l’histoire du pays. Sur les 96 départements,<br />

69 ont été déclarés zones sinistrées.<br />

Les bourrasques, les débris emportés par le vent et les arbres<br />

abattus ont endommagé de nombreuses infrastructures<br />

telles que routes et lignes de chemin de fer, mais également<br />

lignes téléphoniques, lignes à haute tension et de<br />

surface appartenant à <strong>des</strong> entreprises in<strong>dus</strong>trielles ou<br />

étatiques.<br />

Pour le seul territoire français, environ 3 millions de <strong>sinistres</strong><br />

individuels ont été enregistrés, la plupart concernant<br />

<strong>des</strong> bâtiments d’habitation. À Paris, 60 % <strong>des</strong> toits ont été<br />

endommagés et environ 6 000 <strong>des</strong> 175 000 arbres déracinés.<br />

Pour 95 % <strong>des</strong> risques, les dommages ont touché les toitures,<br />

pour 35 % les murs extérieurs. On a déploré d’autres dommages<br />

principalement <strong>aux</strong> cheminées, <strong>aux</strong> antennes, <strong>aux</strong> fenêtres<br />

et à <strong>des</strong> millions d’arbres. Dans une analyse effectuée sur<br />

place, Risk Management Solutions (RMS) a constaté que les<br />

bâtiments datant de la fin <strong>des</strong> années 1980 et du début <strong>des</strong><br />

années 1990 présentaient plus de dommages que les édifices<br />

plus anciens datant <strong>des</strong> années 1960 et 1970.<br />

En outre, on a constaté que les hautes cheminées, qui<br />

dominent habituellement les bâtiments anciens, avaient<br />

causé, en s’écrasant, d’autres dommages <strong>aux</strong> toitures. De<br />

surcroît, quand les toitures n’étaient pas bien entretenues,<br />

<strong>des</strong> dégâts s’étaient également produits.<br />

De même, les entreprises in<strong>dus</strong>trielles ont été fortement<br />

touchées. En sus <strong>des</strong> toitures et <strong>des</strong> faça<strong>des</strong>, ce sont principalement<br />

les lignes électriques de surface qui ont été détériorées.<br />

3,5 millions de foyers ont été privés d’électricité à<br />

la suite de la chute de près de 300 pylônes électriques, en<br />

raison de câbles arrachés et de transformateurs grillés. La<br />

plus importante société française de distribution d'énergie<br />

a estimé ses propres dommages à 2,5 milliards d’€ et a<br />

parlé d’actions de grande envergure pour minimiser et éliminer<br />

les dégâts. Pour effectuer les opérations de rétablissement<br />

du réseau, une armée de 100 000 techniciens, dont<br />

certains venant d’entreprises de construction européennes,<br />

une flotte de 400 hélicoptères et un groupe de 6 000<br />

30<br />

sapeurs sont intervenus. Plus de 600 km de câbles de remplacement<br />

ont dû être acheminés d’autres pays par un<br />

pont aérien. En outre, de nombreuses entreprises ont rappelé<br />

leurs employés en congés ou en retraite anticipée. On<br />

a prié les collègues de revenir au bureau. Ce n’est qu’à la<br />

mi-janvier que la situation est redevenue normale et que<br />

pratiquement tous les branchements fonctionnaient de<br />

nouveau.<br />

Une grande entreprise française de télécommunication a<br />

déclaré un sinistre de 150 millions d’€, le plus grand sinistre<br />

individuel assuré. De nombreux bâtiments avaient été<br />

touchés et près de 500 000 pylônes abattus. À la fin de<br />

l’année, plus d’1 million d’usagers n’avaient pas de ligne<br />

téléphonique en état de fonctionner. L’entreprise a effectué<br />

assez tard la déclaration de ce gros sinistre et, quelques<br />

mois plus tard, a dû relever de presque 100 % sa première<br />

estimation. En sus de l’absence d’un système approprié de<br />

contrôle <strong>des</strong> dommages, c’est surtout une hausse de 300 %<br />

<strong>des</strong> prix <strong>des</strong> matéri<strong>aux</strong> de réparation et <strong>des</strong> coûts de maind’œuvre<br />

qui a conduit à cette correction.<br />

Les bâtiments publics ont également été touchés par les<br />

tempêtes. Selon les estimations, près de 10 % <strong>des</strong> écoles<br />

ont été endommagées. À Paris et en banlieue, par exemple,<br />

certaines écoles étaient dévastées à 60 %. Sur la côte<br />

Atlantique, <strong>des</strong> on<strong>des</strong> de tempête ont détruit <strong>des</strong> embarcations<br />

mouillées dans les ports, <strong>des</strong> automobiles en stationnement,<br />

<strong>des</strong> digues et <strong>des</strong> habitations situées à proximité.<br />

<strong>Gestion</strong> du sinistre<br />

Comme les 2 tempêtes s’étaient produites dans les limites<br />

de la clause de 72 heures, habituellement appliquée, une<br />

controverse est née au sujet du texte <strong>des</strong> polices et <strong>des</strong><br />

estimations du SMP. En définitive cependant, les tempêtes<br />

ont été définies par le marché <strong>des</strong> assurances comme<br />

2 événements indépendants. Une conséquence de ces plus<br />

de 3 millions de <strong>sinistres</strong> individuels survenus de manière<br />

inattendue a été la pénurie d’experts. Vu la quantité de<br />

petits <strong>sinistres</strong>, certains assureurs ont effectué le règlement<br />

sans avoir recours à <strong>des</strong> experts.


Juste après le passage <strong>des</strong> tempêtes, certains assureurs<br />

Dommages étaient débordés par l’affluence <strong>des</strong> déclarations<br />

de sinistre. Afin de créer <strong>des</strong> capacités, par exemple,<br />

les dommages non couverts n’ont pas été saisis sur ordinateur<br />

et <strong>des</strong> employés venus d’autres branches ont été<br />

adjoints au service de règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de la branche<br />

Dommages. Parfois, <strong>des</strong> badauds avi<strong>des</strong> de sensation<br />

ont considérablement gêné l’accès <strong>aux</strong> lieux sinistrés et<br />

retardé les trav<strong>aux</strong> de déblaiement. Ceci a perturbé, entre<br />

autres, l’intervention du Service allemand d’assistance<br />

technique ( « Technisches Hilfswerk » ) qui venait porter<br />

secours avec 2 000 collaborateurs.<br />

Les jours fériés de Noël, et les vacances scolaires ont eu,<br />

pour l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances, une répercussion positive,<br />

surtout sur les <strong>sinistres</strong> de pertes d’exploitation, car de<br />

nombreux dommages ont pu être réparés pendant ces<br />

journées-là.<br />

Vous trouverez de plus amples informations dans notre<br />

brochure « Tempêtes d’hiver en Europe » (2001).<br />

Des constructions légères, comme ce chapiteau à<br />

Munich, ont été <strong>des</strong> proies faciles pour la tempête<br />

Lothar en décembre 1999.<br />

31


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Séismes<br />

Les géologues estiment que la terre tremble environ 20 000 fois par<br />

an. Tous les 2 à 3 jours survient un séisme d’une intensité atteignant<br />

au moins 6 sur l’échelle de Richter et pouvant occasionner de lourds<br />

dommages. Les enseignements tirés <strong>des</strong> tremblements de terre d’Izmit,<br />

en Turquie, et de Kobe, au Japon, offrent <strong>des</strong> critères utiles pour<br />

la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> découlant de <strong>catastrophes</strong> de cette ampleur.<br />

1999 en Turquie : le séisme d’Izmit<br />

1999 a été l’année <strong>des</strong> gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>.<br />

Rien qu’en Turquie, presque 18 000 personnes sont mortes<br />

lors de violents séismes qui ont sévi <strong>aux</strong> mois d’août et de<br />

novembre. Le préjudice économique a été énorme et a pesé<br />

sur la croissance de l’économie turque durant plusieurs<br />

années.<br />

Événement<br />

Le 17 août 1999 à 3 h 02 (heure locale) est survenu, à une<br />

latitude Nord de 40,7° et une longitude Est de 30°, un séisme<br />

de magnitude 7,4 sur l’échelle de Richter. Le foyer sismique<br />

était situé à quelque 17 km de profondeur et à environ 90 km<br />

au sud-est d’Istanbul, dans le golfe d’Izmit. La secousse<br />

principale du 17 août a été suivie de centaines de répliques,<br />

dont la plus forte a ébranlé le sol le 13 septembre 1999<br />

(magnitude 5,9), faisant encore au moins 10 victimes et plus<br />

de 300 blessés.<br />

Ce séisme n’a pas frappé la région de façon totalement<br />

inattendue. Cette zone est connue pour être une « lacune<br />

sismique », autrement dit une région à probabilité d’occurrence<br />

accrue. Un peu plus à l’ouest se trouve une autre<br />

lacune.<br />

Dommages<br />

Cette série de secousses telluriques dévastatrices se<br />

traduit en chiffres comme suit :<br />

– Préjudice économique : 12 milliards de $US<br />

– Dommages assurés : 600 millions de $US<br />

– Morts : 17 200<br />

32<br />

Dans l’ensemble, l’ampleur <strong>des</strong> dévastations a été à l’échelle<br />

<strong>des</strong> dégâts <strong>aux</strong>quels on peut s’attendre face à un<br />

séisme de cette intensité dans <strong>des</strong> régions proches du foyer<br />

sismique. À l’exception, toutefois, <strong>des</strong> nombreux effondrements<br />

tot<strong>aux</strong> qui étaient <strong>dus</strong> à la très mauvaise qualité de la<br />

construction <strong>des</strong> bâtiments d’habitation en Turquie. Des<br />

déplacements de sol et <strong>des</strong> tassements ont aussi été à l’origine<br />

de très gros dégâts. Les bâtiments effondrés – comme<br />

tous les immeubles récents en Turquie – avaient été conçus<br />

et construits suivant <strong>des</strong> normes leur permettant en principe<br />

de résister <strong>aux</strong> tremblements de terre. Elles correspondent<br />

en majeure partie au « Uniform Building Code » californien.<br />

Le fait que <strong>des</strong> immeubles à plusieurs étages n’ont<br />

pas résisté <strong>aux</strong> secousses sismiques et ont été détruits<br />

vient de ce que le code de construction parasismique n’a<br />

pas été strictement appliqué, faute aussi de surveillance<br />

durant les trav<strong>aux</strong>.<br />

Du point de vue assurantiel, les séismes entrent dans la<br />

catégorie <strong>des</strong> cumuls, pour lesquels non seulement plusieurs<br />

branches sont touchées, par exemple les branches<br />

Dommages ou Risques techniques, mais aussi divers<br />

domaines de l’in<strong>dus</strong>trie. Les secousses <strong>des</strong>tructrices qui<br />

ont frappé la Turquie ont surtout affecté l’in<strong>dus</strong>trie lourde<br />

et l’in<strong>dus</strong>trie pharmaceutique, le secteur automobile, la<br />

fabrication du papier et <strong>des</strong> pneus, les in<strong>dus</strong>tries de l’acier<br />

et du ciment ainsi que l’in<strong>dus</strong>trie pétrochimique. L’incendie<br />

de la raffinerie de Tupras a constitué le plus gros sinistre<br />

individuel (150 millions de $US) et aussi le premier incendie<br />

d’une raffinerie de pétrole consécutif à un tremblement<br />

de terre depuis 1992.<br />

L’infrastructure, elle non plus, n’a pas été épargnée. En très<br />

peu de temps, le séisme a paralysé les systèmes de distribution<br />

d’eau et d’électricité et a dévasté docks, ouvrages portuaires,<br />

ponts et routes. Cela a occasionné pour les assureurs<br />

et les réassureurs <strong>des</strong> coûts substantiels en assurance<br />

Dommages, notamment lorsqu’il existait <strong>des</strong> garanties Pertes<br />

d’exploitation.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

Route endommagée dans le port de Gölcük.<br />

Les sapeurs-pompiers luttent contre le feu qui<br />

ravage les réservoirs de la raffinerie de Tupras.<br />

De nombreuses maisons situées le long de la<br />

côte, entre Gölcük et Yalova, se sont écroulées.<br />

Trois jours après le séisme, la raffinerie de Tupras,<br />

près de Korfez, brûle encore.<br />

Sinistre partiel chez un fabricant de pneus à<br />

Izmit.<br />

Dégâts caractéristiques sur un bâtiment doté<br />

d’un rez-de-chaussée de construction souple : les<br />

piliers ont cédé et la maison s’est effondrée.<br />

33


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

<strong>Gestion</strong> du sinistre<br />

La zone sinistrée a offert un spectacle de désolation après<br />

la première vague de secousses telluriques. Des problèmes<br />

massifs de communication sont encore venus aggraver la<br />

situation.<br />

Rappelons-le, le séisme est survenu la nuit, peu après 3 h.<br />

Bien que les informations soient parvenues tôt le matin, il<br />

a été impossible de contacter les collaborateurs <strong>des</strong> entreprises<br />

d’assurance concernées durant 1 ou 2 jours. Cela<br />

s’explique, entre autres, par le fait que le nombre de victimes<br />

était très élevé et que, dans la capitale aussi, beaucoup<br />

de personnes étaient personnellement affectées par<br />

la catastrophe ; par ailleurs, la défaillance du réseau d’alimentation<br />

en courant électrique et le chaos généralisé de<br />

la circulation ont empêché que l’on puisse prendre contact<br />

avec les personnes compétentes. Ce n’est que 3 ou 4 jours<br />

plus tard que les premiers interlocuteurs ont de nouveau<br />

été joignables. La zone touchée n’était généralement pas<br />

accessible. Seuls les secours turcs ou internation<strong>aux</strong><br />

avaient le droit de se rendre sur les lieux. Les experts en<br />

<strong>sinistres</strong> et les experts d’assurance n’ont pu examiner la<br />

zone sinistrée qu’une semaine ou 15 jours plus tard.<br />

Fig. 1 : Carte sismotectonique du sud du Japon<br />

MTL<br />

Plaque eurasienne<br />

Risque sismique pour Kobe : 2 plaques entrent ici en<br />

collision, la plaque eurasienne et la plaque <strong>des</strong> Philippines.<br />

Après la survenance <strong>des</strong> séismes en 1944/1946,<br />

on avait supposé que le risque de tremblement de terre<br />

portait essentiellement sur la zone nord se trouvant à la<br />

frontière <strong>des</strong> plaques. Les zones de cette frontière qui<br />

ont subi une rupture en 1944/46 sont hachurées en<br />

rouge. Le risque sismique semblait faible pour la région<br />

de Kobe qui, de ce fait, n’était pas préparée au tremblement<br />

de terre de 1995.<br />

Source : http://www.seismo.unr.edu<br />

34<br />

Awaji<br />

1946<br />

Kobe<br />

1944<br />

1995 au Japon : le séisme de Kobe<br />

Le Japon est situé sur une <strong>des</strong> zones sismiques les plus<br />

actives du monde. Les petites secousses n’y sont presque<br />

plus prises en compte, et l’amélioration <strong>des</strong> techniques de<br />

la construction donne au public un sentiment de sécurité.<br />

Pourtant, l’exemple de Kobe a montré que ce risque naturel<br />

est insidieux et, de ce fait, fort préoccupant : contrairement<br />

à d’autres risques naturels, celui-ci est pratiquement imprévisible<br />

et une mise en garde est quasiment impossible.<br />

Événement<br />

Le Japon a fait cette triste expérience le 17 janvier 1995,<br />

lorsqu’un terrible séisme est venu frapper la ville de Kobe et<br />

les préfectures voisines de Hyogo et d’Osaka. À 5 h 46, un<br />

séisme, qui a duré 20 secon<strong>des</strong>, a ravagé la ville. Ce court<br />

espace de temps a suffi pour changer complètement la<br />

physionomie de la ville et transformer la vie de ses habitants.<br />

L’épicentre du séisme était situé à une profondeur de 13<br />

km, environ à mi-chemin entre l’île de Awaji et la ville de<br />

Kobe, par 34,65° de longitude Nord et 135,18°de latitude<br />

Est. Sa magnitude a atteint 7,2 sur l’échelle de Richter. Cela<br />

correspond à la magnitude 7 sur l’échelle d’intensité japonaise<br />

à 7 degrés. Jamais auparavant, le Japon moderne<br />

n’avait été la proie d’une force <strong>des</strong>tructrice aussi intense.<br />

Tokyo<br />

Plaque <strong>des</strong> Philippines<br />

MTL<br />

Épicentre du séisme de 1995<br />

Zones de rupture du séisme de 1944/46<br />

Frontière <strong>des</strong> plaques<br />

Median Tectonic Line<br />

Plaque du<br />

Pacifique


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

La ville de Kobe compte environ 1,5 million d’habitants et<br />

est située à quelque 200 km au nord de la fosse océanique<br />

de Nankaï qui marque la frontière entre la plaque eurasienne<br />

et la plaque <strong>des</strong> Philippines. Les surfaces hachurées<br />

en rouge (figure 1) constituent <strong>des</strong> parties de la zone de<br />

frontière entre les plaques qui se sont déjà rompues lors<br />

<strong>des</strong> séismes de 1944 et 1946. En outre, la Median Tectonic<br />

Line (MTL), une faille horizontale comparable à celle de de<br />

San Andreas, en Californie, est localisée à 60 km au sud de<br />

Kobe.<br />

Étant donné l’éloignement relativement important de gran<strong>des</strong><br />

failles telles que la MTL, le non-spécialiste se demande<br />

comment un événement comme celui de Kobe a pu se produire.<br />

Les modèles de microfissuration nous donnent ici<br />

une explication. Le schéma 2 fait apparaître les frontières<br />

de fissuration pour la région Kobe-Osaka. Kobe est localisée<br />

directement au-<strong>des</strong>sus de la ligne tectonique Arima-<br />

Takatsuki qui constitue la portion Nord-Ouest du microbloc<br />

d’Osaka. Ce bloc est limité au sud par la MTL. On suppose<br />

que le système de faille Arima-Takatsuki est à l’origine du<br />

grand tremblement de terre de Hanshin, comme on appelle<br />

aussi au Japon le tremblement de terre de Kobe. Cela se<br />

trouve confirmé par l’enregistrement <strong>des</strong> répliques représentées<br />

dans le schéma 3.<br />

On peut localiser exactement le système de faille en se<br />

basant sur les épicentres <strong>des</strong> répliques survenues durant<br />

les 2 premiers jours. La zone de rupture du séisme de Kobe<br />

s’étend de la partie nord de l’île Awaji jusqu’à la baie<br />

d’Osaka et le long de Honshu jusqu’au sud de Kobe. Les<br />

conséquences catastrophiques du séisme sont <strong>dus</strong> à ce<br />

que la secousse principale s’est produite en plein sur la<br />

faille ArimaTakatsuki.<br />

Dommages<br />

Fig. 2 : Failles dans la conurbation Osaka-Kobe Fig. 3 : Répliques de 1995<br />

Nojima F.<br />

Le dernier gros séisme a eu lieu<br />

dans cette région en 1596. Cela<br />

explique que le risque sismique y ait<br />

été malheureusement sous-estimé.<br />

Collines et montagnes<br />

Sols alluvi<strong>aux</strong>/plaine<br />

Épicentre du séisme<br />

de 1995<br />

RF<br />

OBF<br />

Kobe<br />

MTL<br />

ATL<br />

0 20km<br />

Vu l’activité sismique relativement faible de la faille Arima-<br />

Takatsuki – le dernier gros séisme survenu dans cette zone<br />

datait de 1596 –, personne ne s’attendait à un séisme de<br />

cette ampleur. Cela explique aussi les difficultés rencontrées<br />

au début pour maîtriser la catastrophe. Notamment<br />

les champs de compétence entre les autorités locales, le<br />

gouvernement national et les organisations humanitaires<br />

internationales n’étaient pas clairement délimités. Bien<br />

que le « Large-Scale Countermeasure Act » du gouvernement<br />

réglemente depuis 1978 les mesures d’urgence en<br />

cas de gros tremblement de terre, il n’en a tout d’abord pas<br />

été fait application. Motif : ces mesures <strong>des</strong>tinées à sauvegarder<br />

les vies et les valeurs matérielles n’entrent en jeu<br />

que pour les gros séismes qui surviennent dans <strong>des</strong><br />

régions sismiques spécialement enregistrées comme<br />

zones sismiques. Jusqu’alors, seules la ville de Tokyo et la<br />

région de Tokai étaient considérées comme exposées,<br />

Kobe n’était absolument pas prévue dans la liste.<br />

Osaka Kobe<br />

UF<br />

RF Rokko fault system<br />

OBF Osaka Bay fault<br />

UF Uemachi fault<br />

ATL Arima Takatsuki Tectonic<br />

Line<br />

MTL Median Tectonic Line<br />

Awaji<br />

On peut localiser exactement le<br />

système de faille en se basant sur les<br />

épicentres <strong>des</strong> répliques survenues<br />

durant les 2 premiers jours. Les<br />

conséquences catastrophiques du<br />

séisme sont <strong>dus</strong> au fait que la<br />

secousse principale s’est produite en<br />

plein sur la faille Arima-Takatsuki.<br />

Osaka Bay<br />

Épicentres <strong>des</strong> répliques<br />

Source : wwweic.eri.u-tokyo.ac.jp/<br />

db/jma/index.html<br />

35


Le port artificiel de Port Island quelques semaines<br />

après le séisme. Les postes à quai étaient inutilisables<br />

et les rails <strong>des</strong> grues étaient détruits. Un an<br />

plus tard, le port était reconstruit à près de 80 %.<br />

36<br />

Les chiffres ressortant du bilan de Kobe reflètent l’effroyable<br />

ampleur de cette catastrophe naturelle :<br />

– Morts : > 6 000<br />

– Blessés : > 40 000<br />

– Dommages <strong>aux</strong> bâtiments causés par le séisme :<br />

> 390 000<br />

– Dommages <strong>aux</strong> bâtiments <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> incendies consécutifs<br />

au séisme : > 6 000<br />

Au total, la catastrophe a occasionné un préjudice économique<br />

représentant 100 milliards de $US. Seule une infime<br />

partie de cette somme, environ 3 milliards de $US, était<br />

assurée.<br />

Des dégâts massifs <strong>dus</strong> à la liquéfaction <strong>des</strong> sols ont affecté<br />

particulièrement le port à conteneurs de Kobe. Les 35 postes<br />

à quai pour conteneurs ont été paralysés en l’espace de<br />

quelques secon<strong>des</strong>. Les îles artificielles de Rokko Island et<br />

de Port Island, notamment, ont subi <strong>des</strong> tassements représentant<br />

parfois 3 m (moyenne atteinte pour Rokko Island :<br />

1,6 m) et il y a eu <strong>des</strong> déplacements du sol dans la zone<br />

littorale artificielle qui ont atteint par endroits plus de 5 m.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

Kobe était jusqu’alors le sixième port à conteneurs du<br />

monde, et il était à craindre que le séisme ait effacé ce<br />

centre de transbordement de la carte mondiale <strong>des</strong> ports de<br />

chargement. D’après les premières estimations du gouvernement,<br />

les frais de reconstruction se situaient autour de<br />

1 400 milliards de ¥ (environ 12,8 milliards de $US).<br />

Grâce à un planning de construction prévoyant et à de<br />

soli<strong>des</strong> fondations de piliers, les constructions ont été largement<br />

épargnées par le séisme, notamment dans la partie<br />

centrale <strong>des</strong> îles artificielles. Cependant, les dégâts survenus<br />

<strong>aux</strong> systèmes d’approvisionnement ont été considérables.<br />

Des effondrements complets ou <strong>des</strong> dommages massifs<br />

<strong>aux</strong> structures porteuses d’immeubles d’habitation,<br />

à usage commercial ou de bâtiments in<strong>dus</strong>triels se sont<br />

surtout produits dans une zone étroite parallèle à la faille<br />

active. De vastes incendies ont en outre entièrement détruit<br />

<strong>des</strong> blocs d’habitation notamment dans <strong>des</strong> régions à forte<br />

densité de population. Les facteurs combinés – construction<br />

à grande densité, rues étroites et nature <strong>des</strong> matéri<strong>aux</strong> de<br />

construction utilisés – ont permis au feu de se propager<br />

rapidement. De plus, les actions de secours immédiates et<br />

ultérieures ont été entravées par la défaillance et l’effondrement<br />

de l’infrastructure. La part <strong>des</strong> incendies dans le sinistre<br />

total a cependant représenté moins de 10 %.<br />

En particulier dans le district de Hanshin, les voies principales<br />

de circulation (rues, rails, métro) passent toutes dans<br />

un étroit corridor de 3 km de large. Elles constituent le long<br />

de la baie d’Osaka l’axe principal de communication pour<br />

les transports de marchandises et de personnes entre l’est<br />

et l’ouest du pays. C’est aussi là que s’est produit l’effondrement<br />

spectaculaire de l’autoroute de Hanshin sur une<br />

Cet appontement dans le port à conteneurs de<br />

Kobe a été littéralement soulevé par les forces<br />

telluriques.<br />

longueur de quelque 650 m. Dans cette zone, vu l’exiguïté,<br />

plusieurs routes et voies de chemin de fer sont en surélévation.<br />

Le séisme ne les a pas épargnés : 320 ponts et plus<br />

de 9 400 tronçons de voies ont été endommagés ou<br />

détruits. De plus, de nombreuses routes secondaires ont<br />

été bloquées par les décombres de maisons effondrées ou<br />

suite à <strong>des</strong> affaissements consécutifs à <strong>des</strong> éboulements<br />

dans les zones de circulation du métro.<br />

Tous les systèmes vit<strong>aux</strong> d’approvisionnement et d’évacuation<br />

(électricité, eau, gaz, téléphone, e<strong>aux</strong> usées, etc.)<br />

étaient presque complètement paralysés, environ 1 million<br />

de personnes ont été privées d’électricité. Toutefois, en<br />

l’espace de 24 heures, la moitié était de nouveau approvisionnée<br />

par le réseau et, une semaine après, les autres<br />

foyers restés intacts étaient de nouveau alimentés.<br />

Et cela, grâce à l’étroite coopération <strong>des</strong> centrales de<br />

production d’électricité, qui ont aidé à la reconstruction<br />

moyennant d’immenses efforts et <strong>des</strong> moyens techniques<br />

exceptionnels.<br />

La distribution d’eau pour les quelque 3,4 millions d’habitants<br />

de Kobe et <strong>des</strong> préfectures limitrophes a été<br />

défaillante à 85 %. Cela a considérablement handicapé les<br />

opérations d’extinction. D’innombrables ruptures de<br />

conduites, difficiles à localiser, ont occasionné <strong>des</strong> goulots<br />

d’étranglement au niveau de l’approvisionnement de la<br />

population. Il a fallu environ 5 semaines pour arriver à<br />

réparer presque 90 % <strong>des</strong> dommages. Avant le séisme, la<br />

ville de Kobe avait déjà mis au point, pour un approvisionnement<br />

de secours, un système appelé « two-supply pond<br />

system ». L’alimentation se fait ici par l’intermédiaire de 2<br />

retenues. En cas de tremblement de terre, une commande<br />

Les obstacles dangereux et volumineux comme<br />

les décombres, les câbles électriques ou les<br />

conduites de gaz béantes ont gêné les actions de<br />

secours. Par mesure de prévention, beaucoup de<br />

canalisations d’alimentation de gaz sont munies<br />

de soupapes de coupure, mais ces dernières ne<br />

fonctionnent pas toujours.<br />

37


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

électronique permet de stopper l’écoulement d’une retenue.<br />

La réserve en eau ainsi obtenue est censée suffire<br />

pour alimenter Kobe durant une semaine. Ce système a<br />

fonctionné comme prévu de sorte qu’il y a tout d’abord eu<br />

suffisamment d’eau pour tout le monde. Mais la répartition<br />

via le réseau de conduites n’a pas été possible, car diverses<br />

canalisations avaient éclaté. Cependant, l’intervention<br />

de plus de 2 000 techniciens et d’environ 840 engins-citernes<br />

a permis de résoudre le problème.<br />

Sur le plan commercial, ce sont surtout les fabricants de<br />

chaussures en plastique qui ont subi les plus gros dégâts.<br />

Leurs installations ont été détruites à 90 % par le séisme et<br />

les incendies qui lui ont succédé. Jusque-là cette branche<br />

de l’in<strong>dus</strong>trie couvrait environ un dixième du marché japonais<br />

de la chaussure. Les fabricants de saké, boisson nationale<br />

très appréciée <strong>des</strong> Japonais, ont aussi été durement<br />

frappés. Avant le séisme, les 50 fabricants de saké de Kobe<br />

produisaient environ un tiers du saké consommé au Japon.<br />

<strong>Gestion</strong> du sinistre<br />

Pour l’assurance <strong>des</strong> immeubles d’habitation contre le<br />

risque de tremblement de terre, on peut tirer de la catastrophe<br />

de Kobe <strong>des</strong> enseignements d’ordre général, utiles<br />

pour la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> : en principe, le programme<br />

d’assurance d’État, auquel tous les assureurs loc<strong>aux</strong> sont<br />

rattachés, couvre les bâtiments d’habitation au Japon. Les<br />

mutuelles offrent <strong>des</strong> solutions alternatives, mais elles ne<br />

prennent pas en charge les risques de tremblement de terre<br />

Fig. 4 : Le programme d’assurance de l’État au Japon<br />

Dommages <strong>aux</strong> biens<br />

Bâtiments<br />

Contenu<br />

Indemnisation<br />

* Somme assurée Tremblement de terre<br />

= 30–50 % de la somme assurée Incendie,<br />

mais ne pouvant dépasser la limite<br />

d’indemnisation.<br />

En 1995, le tremblement de terre de Kobe a<br />

complètement détruit l’autoroute de Hanshin<br />

sur une longueur de 650 m.<br />

Sinistre total<br />

Dommage/réparation<br />

structure porteuse > 50 %<br />

de la valeur du bâtiment<br />

(valeur de marché) ou surface<br />

utile perdue > 70 % de<br />

la surface utile totale<br />

Dommage au contenu<br />

> 80 % de la valeur de<br />

marché<br />

100 % de la S.A.<br />

Tremblement de terre*<br />

dans le centre <strong>des</strong> villes. C’est la General Insurance Association<br />

of Japan (GIAJ) qui coordonne la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

pour le programme d’État. Cette société intègre tous les<br />

assureurs et les experts en <strong>sinistres</strong> pour les <strong>catastrophes</strong><br />

causées par <strong>des</strong> tremblements de terre. Il est clairement<br />

défini comment les <strong>sinistres</strong> doivent être traités et classés,<br />

ce qui permet une gestion relativement rapide et simple.<br />

Le séisme de Kobe a donné l’occasion de tester ce système,<br />

qui a dû être adapté dans différentes phases, notamment<br />

sur le plan de l’indemnisation.<br />

Dans le détail, le programme d’assurance d’État couvre 2 domaines<br />

: les bâtiments d’habitation et les biens mobiliers – il<br />

est donc comparable à une assurance Multirisque Habitation<br />

normale. L’indemnisation se fait en 3 étapes, suivant qu’il s’agit<br />

d’un sinistre total, d’un demi-sinistre ou d’un sinistre partiel.<br />

Comme le fait apparaître le tableau suivant, le montant<br />

de l’indemnisation est fonction du t<strong>aux</strong> d’endommagement.<br />

Ce programme est en place depuis le tremblement de terre<br />

de Niigata en 1964. Les plafonds d’indemnisation ont été relevés<br />

en plusieurs étapes et adaptés dans la formule de garantie<br />

; au moment du séisme, ils étaient fixés à 10 millions de ¥<br />

(93 000 $US) pour les bâtiments et à 5 millions de ¥ (46 500<br />

$US) pour les biens mobiliers. Ces montants n’ont pourtant<br />

couvert qu’une fraction <strong>des</strong> dommages occasionnés par la<br />

catastrophe. Sous le poids de la pression publique, ces limites<br />

ont dû encore être relevées, et représentent à l’heure<br />

actuelle respectivement 50 millions de ¥ (465 000 $US) et<br />

10 Millions de ¥ (93 000 $US).<br />

Demi-sinistre<br />

Dommage/réparation<br />

structure porteuse > 20 % et<br />

< 50 % de la valeur du bâtiment<br />

(valeur de marché) ou<br />

surface utile perdue > 20 %<br />

et < 70 % de la surface utile<br />

totale<br />

Dommage au contenu<br />

> 30 % et < 80 % de la valeur<br />

de marché<br />

50 % de la S.A.<br />

Tremblement de terre*<br />

Sinistre partiel<br />

Dommage/réparation<br />

structure porteuse > 3 %<br />

et < à 20 % de la valeur du<br />

bâtiment (valeur de marché)<br />

ou inondation du rezde-chaussée<br />

consécutive à<br />

un séisme/45 cm au-<strong>des</strong>sus<br />

du niveau du sol<br />

Dommage au contenu<br />

> 10 % et < 30 % de la valeur<br />

de marché<br />

5 % de la S.A.<br />

Tremblement de terre*<br />

Le système d’indemnisation de l’assurance<br />

Tremblement de terre au Japon pour les<br />

bâtiments et leur contenu.<br />

Source : EQ Insurance in Japan<br />

39


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Séismes<br />

Le modèle japonais montre que la coordination ciblée et la<br />

façon de procéder pour le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> a <strong>des</strong><br />

retombées positives : les <strong>sinistres</strong> de masse sont réglés<br />

rapidement et équitablement.<br />

La sécurité <strong>des</strong> bâtiments joue depuis toujours un rôle très<br />

important au Japon. C’est le premier pays à avoir introduit,<br />

en avril 1919, à l’échelle nationale, un code de la construction<br />

portant sur la planification de constructions parasismiques.<br />

Les paramètres en matière de conception se sont<br />

améliorés au cours <strong>des</strong> décennies, surtout sur la base de<br />

données nouvelles acquises après la survenance de gros<br />

séismes. D’importantes modifications sont intervenues en<br />

1982. Malgré ces progrès, une grand nombre de structures<br />

et de bâtiments existants comportent de gros déficits eu<br />

égard à la résistance <strong>aux</strong> secousses telluriques, et ce pour<br />

les raisons suivantes :<br />

– structure correspondant à <strong>des</strong> normes anciennes<br />

– non-respect <strong>des</strong> normes de sécurité en vigueur<br />

– négligence dans l’exécution <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong><br />

On observe malheureusement cette tendance négative<br />

dans de nombreux pays, et même dans les pays riches. La<br />

situation pourrait être améliorée grâce à un contrôle efficace<br />

effectué par une autorité compétente lors de la construction<br />

de bâtiments et pour les opérations de réfection<br />

imposées par la loi. Eu égard <strong>aux</strong> aspects sécurité, ces<br />

mesures devraient figurer tout en haut sur la liste to-do.<br />

Les t<strong>aux</strong> de pénétration de l’assurance au niveau <strong>des</strong><br />

risques commerci<strong>aux</strong> et in<strong>dus</strong>triels étaient très faibles en<br />

1995. D’où la difficulté d’apprécier la gestion <strong>des</strong> risques<br />

du point de vue assurantiel. Cependant, si l’on compare les<br />

biens et les in<strong>dus</strong>tries concernés, on constate ce qui suit :<br />

les bâtiments et les installations in<strong>dus</strong>trielles modernes,<br />

conformes <strong>aux</strong> normes parasismiques après la réforme du<br />

code de la construction en 1982, se sont généralement<br />

révélés être nettement plus stables que les constructions<br />

40<br />

plus anciennes. En même temps, les dommages subis<br />

par les bâtiments plus vétustes ont été plus importants<br />

que prévus. Le séisme a généré <strong>des</strong> arrêts d’exploitation<br />

considérables dans la branche commerciale et in<strong>dus</strong>trielle.<br />

Le plus souvent, les pertes économiques ont été<br />

supportées par les entreprises elles-mêmes, étant donné<br />

qu’habituellement, sur le marché local, les interruptions<br />

d’exploitation ne sont pas assurées. On peut en conclure<br />

que ce genre de garanties, en cas de super<strong>catastrophes</strong>,<br />

peuvent devenir problématiques pour les assureurs et<br />

les réassureurs.<br />

Le tremblement de terre de Kobe a montré que <strong>des</strong><br />

mesures telles qu’une planification complète, une gestion<br />

de la qualité et un contrôle technique <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong><br />

constituent <strong>des</strong> composants essentiels pour un management<br />

d’urgence efficace. C’est de cette façon que l’on<br />

peut le mieux prendre en compte les expositions<br />

connues. Il devrait en être fait application dans toutes les<br />

régions exposées <strong>aux</strong> tremblements de terre.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Inondations<br />

Les inondations constituent les causes <strong>naturelles</strong> de <strong>sinistres</strong> catastrophiques<br />

les plus fréquentes. Dans le monde entier, environ un<br />

tiers de tous les événements enregistrés et un tiers <strong>des</strong> dommages<br />

économiques sont générés par les inondations. Et il n’y a pas que<br />

les événements centenn<strong>aux</strong> qui constituent <strong>des</strong> défis particuliers<br />

pour le management <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

2002 en Europe : les inondations<br />

Événement<br />

Au cours <strong>des</strong> premières semaines du mois d’août 2002,<br />

<strong>des</strong> inondations massives ont eu lieu dans toute l’Europe,<br />

de la péninsule ibérique à la mer Noire, de l’Écosse au Sud<br />

de l’Italie. Le bilan humain a représenté quelque 400 morts.<br />

Les plus gros dommages ont été enregistrés à l’est de<br />

l’Europe centrale : certaines parties de l’Allemagne, de<br />

l’Autriche et de la République tchèque ont été dévastées,<br />

plusieurs jours durant, par de violentes chutes de pluie qui<br />

ont provoqué <strong>des</strong> inondations catastrophiques dans les<br />

régions du Danube et de l’Elbe. Sur certains affluents <strong>des</strong><br />

fleuves Kamp (Autriche), et Wießeritz (Saxe), les débits ont<br />

atteint l’intensité de pério<strong>des</strong> de retour de plus de 500 ans.<br />

Les inondations ont été d’une telle gravité que de gros<br />

dommages sont survenus non seulement à proximité <strong>des</strong><br />

fleuves, mais aussi là où on ne se serait normalement pas<br />

attendu à un aléa d'inondation. D’énormes dégâts ont été<br />

occasionnés notamment par les crues de type torrentiel<br />

qui, par exemple dans les monts Métallifères, ont transformé<br />

de petits ruisse<strong>aux</strong> en fleuves impétueux. Dans bien<br />

<strong>des</strong> cas, il a même fallu constater que les pertes étaient<br />

totales. L’Elbe a atteint en 2002 <strong>des</strong> nive<strong>aux</strong> d’eau sans précédent.<br />

La crue a abîmé plusieurs digues qui se sont rompues<br />

à une bonne douzaine d’endroits. Les unités de prévention<br />

<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> ont lutté plusieurs jours contre<br />

l’eau, car de larges étendues étaient inondées ; elles ont<br />

sauvé <strong>des</strong> vies humaines et essayé de parer au plus pressé.<br />

Dommages<br />

Il n’est pas exagéré de considérer l’événement du mois<br />

d’août 2002 comme une crue d’occurrence centennale. Cela<br />

a incontestablement représenté – en chiffres absolus – la<br />

catastrophe due <strong>aux</strong> inondations la plus coûteuse que l’Europe<br />

ait jamais connue. Rien que dans les 3 pays évoqués, le<br />

préjudice économique a représenté au total presque 18<br />

milliards d’€, dont à peine un cinquième était assuré.<br />

Fig. 1 : Les inondations en Europe en 2002<br />

Allemagne<br />

Danube<br />

Elbe<br />

Les inondations du mois d’août 2002 ont affecté<br />

en Europe centrale les bassins versants du<br />

Danube et de l’Elbe. La zone sinistrée est<br />

hachurée en vert.<br />

Zone sinistrée<br />

Pays touchés<br />

Fleuves en crue<br />

Bassins versants<br />

Elbe<br />

Danube<br />

République<br />

tchèque<br />

Slovaquie<br />

Autriche Hongrie<br />

41


Dresde, le 17 août 2002 : la prise de vue aérienne<br />

permet de voir l’étendue <strong>des</strong> inondations. La<br />

place située devant l’opéra Semper (au centre de<br />

la photo) et la cour intérieure du Zwinger (en bas)<br />

étaient totalement envahies par les e<strong>aux</strong> qui atteignaient<br />

une hauteur de 9,4 m.<br />

42<br />

L’Allemagne a été le pays le plus gravement touché par la<br />

catastrophe. Environ les deux tiers <strong>des</strong> dommages <strong>dus</strong> <strong>aux</strong><br />

inondations sont survenus sur le sol allemand, dont environ<br />

les trois quarts en Saxe et à Dresde, sa capitale.<br />

On a enregistré plus de 140 000 avis de <strong>sinistres</strong> en Allemagne.<br />

Le coût total <strong>des</strong> dégâts assurés s’est chiffré à environ<br />

1,8 milliard d’€ et la charge moyenne <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> a représenté<br />

quelque 12 000 €. Presque 87 % <strong>des</strong> dommages relevaient<br />

de l’assurance Dommages (contenu, bâtiment<br />

d’habitation, assurances <strong>des</strong> biens commerci<strong>aux</strong> et in<strong>dus</strong>triels).<br />

12 % d’entre eux grevaient l’assurance Automobile,<br />

et le reste impactait essentiellement l’assurance Transport.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Inondations<br />

En République tchèque, selon les informations de l’association<br />

nationale <strong>des</strong> assureurs, presque 78 000 <strong>sinistres</strong> ont<br />

généré un coût total de dommages assurés s’élevant à<br />

quelque 1,2 milliard d’€. Le sinistre moyen représentait ainsi<br />

environ 15 000 €. Un tiers <strong>des</strong> dommages s’est focalisé sur<br />

Prague, la capitale, où, entre autres, le métro a été inondé.<br />

L’ampleur <strong>des</strong> inondations était telle que même les moyens<br />

de protection contre les inondations mis en place temporairement<br />

le long <strong>des</strong> fleuves n’ont pas permis de juguler vraiment<br />

les dommages.<br />

Dégâts à l’infrastructure et dommages in<strong>dus</strong>triels<br />

C’est l’infrastructure qui a le plus souffert <strong>des</strong> inondations.<br />

En Allemagne, les masses d’eau ont détruit 180 ponts et<br />

740 km de routes. Rien qu’en Saxe, la compagnie <strong>des</strong> chemins<br />

de fer allemands a enregistré une perte (partielle ou<br />

totale) de 540 km de rails, 130 km de remblais, 240 postes<br />

d’aiguillage, 94 ponts et 200 gares. Le coût total du sinistre<br />

s’est chiffré à environ 1 milliard d’€.<br />

La situation n’était pas beaucoup plus réjouissante pour le<br />

métro pragois : 13 stations inondées par la crue et 35 km<br />

de tronçons de voie étaient noyés sous les e<strong>aux</strong>. Les<br />

exploitants ont évalué le sinistre à un montant se chiffrant<br />

au moins à plusieurs dizaines de millions d’€, et les trav<strong>aux</strong><br />

de réparation ont duré 6 mois. L’eau a pénétré dans le système<br />

du métro non seulement d’en haut, par la rue, mais<br />

aussi d’en bas, par <strong>des</strong> joints défaillants ou <strong>des</strong> gaines<br />

pour câbles et tuyauteries.<br />

Comme en République tchèque, un certain nombre d’exploitations<br />

in<strong>dus</strong>trielles étaient inondées, avec un niveau<br />

d’eau atteignaient parfois 2 mètres, les dégâts matériels<br />

ont également été accompagnés d’importants <strong>sinistres</strong><br />

de pertes d’exploitation. Ainsi, une grande exploitation<br />

chimique a subi <strong>des</strong> dommages <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> inondations se<br />

chiffrant à plusieurs dizaines de millions d’€. D’autres<br />

entreprises, par exemple une firme de télécommunication<br />

allemande, ont subi <strong>des</strong> pertes dont le montant a dépassé<br />

100 millions d’€.<br />

Fig. 2 : Bilan <strong>des</strong> inondations survenues en 2002 (en milliards d’€) :<br />

Préjudice total Dommages assurés Pourcentage assuré<br />

Allemagne 11,5 1,8 16 %<br />

Autriche<br />

République<br />

3,1 0,4 13 %<br />

tchèque 3,0 1,2 40 %<br />

République tchèque : <strong>des</strong> zones in<strong>dus</strong>trielles<br />

entières étaient sous l’eau qui atteignait par<br />

endroits un niveau de 2 m. Les parcs de réservoirs<br />

et les installations électriques ont été particulièrement<br />

détériorés par les inondations.<br />

Dommages <strong>aux</strong> bâtiments<br />

Les <strong>sinistres</strong> les plus dramatiques sont survenus le long<br />

<strong>des</strong> petits cours d’eau, dans le bassin versant de l’Elbe.<br />

Dans la région <strong>des</strong> monts Métallifères, l’eau a enfoncé <strong>des</strong><br />

murs, sapé <strong>des</strong> fondations et a provoqué ainsi l’écroulement<br />

total de certaines maisons. Après les crues, de nombreux<br />

bâtiments étaient tellement endommagés qu’ils<br />

n’ont pas pu être sauvés ou réparés.<br />

Dans le quartier de Karlin, dans la vieille ville de Prague,<br />

ainsi qu’à Dresde et dans d’autres villes, l’eau en s’écoulant<br />

a détérioré un grand nombre d’immeubles qui sont<br />

devenus inutilisables ; ceci étant dû, entre autres, à l’humidité,<br />

<strong>aux</strong> boues polluées et parfois à un manque de stabilité<br />

statique. À la suite de mesures préventives défaillantes,<br />

certains réservoirs d’hydrocarbures qui fuyaient ont<br />

provoqué une série de dommages de contamination. Les<br />

boues laissées par les crues, contaminées par le pétrole ou<br />

<strong>des</strong> bactéries, ont du être évacuées. La moisissure qui<br />

s’était formée dans nombre de bâtiments mal séchés a<br />

Les inondations du mois d’août<br />

2002 ont constitué – en chiffres<br />

absolus – la catastrophe due <strong>aux</strong><br />

inondations la plus coûteuse que<br />

l’Europe ait jamais connue. Les<br />

dommages assurés se sont élevés<br />

au total à 3,4 milliards d’€.<br />

Source : Groupe de Recherche<br />

Géo Risques, Münchener Rück<br />

(2005)<br />

43


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Inondations<br />

occasionné d’autres dommages consécutifs <strong>aux</strong> inondations.<br />

La fermeture de ces immeubles a généré diverses<br />

interruptions d’exploitation.<br />

Les e<strong>aux</strong> souterraines, qui étaient remontées à la surface,<br />

ont en partie impacté massivement la statique <strong>des</strong> bâtiments,<br />

ce qui a augmenté le coût total du sinistre. Le flottement,<br />

les inclinaisons et les fissurations ont généré <strong>des</strong><br />

problèmes de stabilité statique ou <strong>des</strong> pertes de stabilité,<br />

suivis dans certains cas de l’écroulement <strong>des</strong> constructions.<br />

Pour réduire les dommages, on a en partie inondé<br />

volontairement <strong>des</strong> caves afin d’équilibrer les charges de<br />

pression sur le bâtiment et pour éviter aussi que les masses<br />

d’eau qui s’écoulaient détériorent la structure <strong>des</strong><br />

constructions. Toutefois, il a souvent été nécessaire d’appliquer<br />

<strong>des</strong> mesures supplémentaires pour préserver la<br />

stabilité statique, ce qui a fait sensiblement augmenter les<br />

coûts de <strong>sinistres</strong>.<br />

Les innombrables dommages <strong>aux</strong> constructions le montrent<br />

clairement : il est impératif de prendre en compte<br />

l’éventualité d’une crue dans le planning de construction.<br />

Un grand nombre de bâtiments étaient par exemple construits<br />

directement au bord de rivières de moyenne montagne,<br />

presque au même niveau que le cours d’eau ou dans<br />

<strong>des</strong> vallons. La situation a également été aggravée par les<br />

facteurs suivants : construction ne prenant pas en compte<br />

les risques, ne prévoyant pas de moyens d’étanchement<br />

ou avec <strong>des</strong> cuvelages de cave non étanche, utilisation ne<br />

tenant pas compte <strong>des</strong> risques, comme l’aménagement<br />

coûteux d’une cave.<br />

La figure 3 fait apparaître l’interdépendance de la hauteur<br />

d’eau (en centimètres) et du coût de sinistre (en pourcentage)<br />

par rapport à la valeur du bâtiment pour la cave et<br />

le rez-de-chaussée. La ligne critique est indiquée en pointillés,<br />

entre cave et rez-de-chaussée, les valeurs situées<br />

dans la zone d’habitation au-<strong>des</strong>sus du sol étant habituellement<br />

beaucoup plus élevées. On peut ici limiter au préalable<br />

les dégâts en transportant les biens de valeur dans<br />

les étages supérieurs.<br />

<strong>Gestion</strong> du sinistre<br />

Avant que les fleuves ne débordent, plusieurs sociétés<br />

d’assurance ont essayé de développer et de coordonner<br />

les opérations de règlement de <strong>sinistres</strong> en mettant en<br />

place <strong>des</strong> groupes de gestion <strong>des</strong> situations d’urgence. Il<br />

était prévu qu’une équipe centrale ait <strong>des</strong> pouvoirs éten<strong>dus</strong><br />

pour mettre en place les premières mesures d’urgence<br />

et réunir les flux d’informations. On a pu ici mettre aussi à<br />

profit les expériences faites lors du changement de millénaire<br />

et <strong>des</strong>quelles on avait beaucoup appris pour le maintien<br />

de la conduite d’une exploitation et la gestion <strong>des</strong><br />

situations d’urgence. Les techniques d’approche proactives<br />

ont largement aidé à maîtriser les <strong>sinistres</strong> de masse et<br />

les problèmes d’infrastructure.<br />

44<br />

Fig. 3 : Dommages liés <strong>aux</strong> inondations : le coût <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> est fonction du niveau d’eau<br />

20<br />

15<br />

10<br />

5<br />

Sinistre<br />

(1 000 €)<br />

Cave<br />

Préjudice total<br />

Biens<br />

mobiliers<br />

Biens immobiliers<br />

Bâtiments et<br />

installations<br />

extérieures<br />

0 30 60 90 120 150 180 210 30 60 90 120<br />

Source : Bayer. Lan<strong>des</strong>amt für<br />

Wasserwirtschaft 1989<br />

La courbe fait apparaître l’interdépendance de la<br />

hauteur d’eau (en centimètres) et du coût de<br />

sinistre (en pourcentage) par rapport à la valeur<br />

du bâtiment pour la cave et le rez-de-chaussée.<br />

A<br />

Rez-de-chaussée<br />

Hauteur d’eau en cm<br />

Certaines sociétés avaient déjà auparavant adapté leurs<br />

systèmes informatiques afin de pouvoir effectuer le règlement<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de masse et mettre au point <strong>des</strong> formulaires<br />

simplifiés <strong>des</strong>tinés par exemple au règlement <strong>des</strong><br />

dommages <strong>aux</strong> bâtiments. Leur objectif était, dans le cas<br />

d’une accumulation de dommages, de permettre à leurs<br />

clients et à leurs collègues, sur place, un règlement de<br />

<strong>sinistres</strong> rapide, homogène et de haut niveau. Ces sociétés<br />

ont aussi été les premières à être en mesure d’apprécier<br />

correctement les <strong>sinistres</strong>.<br />

Le fait que certaines compagnies aient mis en place <strong>des</strong><br />

équipes spéciales pour le règlement <strong>des</strong> gros <strong>sinistres</strong><br />

s’est aussi avéré efficace. Ces équipes étaient composées<br />

d’experts en <strong>sinistres</strong>, d’ingénieurs et de juristes ayant<br />

pour tâche d’effectuer un règlement rapide et optimal <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> importants. La gestion <strong>des</strong> dommages a également<br />

été facilitée par le fait qu’au départ les <strong>sinistres</strong> ont<br />

été documentés à l’aide d’une caméra.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Inondations<br />

Problèmes lors de l’ouverture <strong>des</strong> dossiers de <strong>sinistres</strong><br />

Au cours <strong>des</strong> premiers jours qui ont suivi les inondations,<br />

les déclarations de <strong>sinistres</strong> ne sont parvenues que très<br />

lentement auprès <strong>des</strong> compagnies. D’une part, l’infrastructure<br />

étant détruite, les informations ne pouvaient pas circuler<br />

rapidement ; d’autre part les assurés avaient tout d’abord<br />

d’autres mesures d’urgence importantes à prendre. À<br />

cela est venu s’ajouter le fait que certains assurés n’avaient<br />

plus de documents contractuels justificatifs, leurs immeubles<br />

ayant été inondés. Les installations centrales de traitement<br />

<strong>des</strong> données <strong>des</strong> entreprises d’assurance étaient en<br />

partie noyées sous les e<strong>aux</strong>.<br />

De plus, le travail <strong>des</strong> assureurs a été problématique du fait<br />

que pour les crues du mois d’août, il n’existait pas de base<br />

d’appréciation empirique comme c’est le cas pour les tempêtes<br />

ou les tremblements de terre. Il leur a donc fallu<br />

apprécier les premiers dommages ad hoc, en se fondant<br />

sur la dimension macroéconomique et le préjudice économique<br />

supposés.<br />

À l’avenir, il se pourrait que les systèmes d’information<br />

géographique, ce que l’on appelle les portefeuilles géocodés,<br />

jouent un rôle majeur dans l’appréciation <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

liés <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>. Plus d’informations à ce<br />

sujet dans notre chapitre consacré au géocodage.<br />

Durant ces inondations catastrophiques, les assureurs ont<br />

pu difficilement contrôler les insuffisances d’assurance.<br />

Par suite d’un manque de personnel, les divers cas n’ont<br />

souvent pu être analysés que longtemps après. Cela a parfois<br />

provoqué le mécontentement <strong>des</strong> assurés. Une solution<br />

pratique pour résoudre ce dilemme a consisté à faire<br />

intervenir <strong>des</strong> experts en <strong>sinistres</strong> et <strong>des</strong> experts comptables<br />

externes qui ont examiné à un stade encore précoce<br />

du sinistre les éventuelles insuffisances d’assurance.<br />

Dommages consécutifs et limitation de l’importance du<br />

sinistre<br />

En matière d’inondations, les <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> à l’humidité ou à<br />

la corrosion jouent un rôle important. Pour atténuer les<br />

dégâts, autrement dit éviter ou limiter la corrosion, il s’est<br />

avéré très utile de faire appel à <strong>des</strong> entreprises de nettoyage<br />

et d’assainissement <strong>des</strong> loc<strong>aux</strong>. Les spécialistes ont rapidement<br />

nettoyé les bâtiments et effectué le sauvetage et le nettoyage<br />

<strong>des</strong> installations et appareils endommagés. Ces entreprises<br />

spécialisées ont mobilisé jusqu’à 500 collaborateurs<br />

répartis dans toute l’Europe pour venir à bout <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Une station de métro dans la vieille ville de Prague<br />

après les terribles inondations d’août 2002 : les<br />

marques sur les vitres permettent encore de se<br />

faire une idée du niveau <strong>des</strong> e<strong>aux</strong>. L’infrastructure<br />

de la ville a été fortement touchée, les zones<br />

inondées du métro n’ayant pu être remises en<br />

service que plusieurs semaines plus tard.<br />

Il s’est cependant avéré que de nombreux assurés ne<br />

savaient pas quelles étaient les premières mesures à prendre<br />

pour éviter les dégâts de corrosion et de moisissure. Il serait<br />

bon de les sensibiliser suffisamment tôt dans ce domaine. Il<br />

serait aussi judicieux d’établir déjà dans le contrat-cadre un<br />

lien avec les entreprises spécialisées chargées de réparer les<br />

dégâts d’eau, afin qu’en cas d’urgence, on puisse faire appel<br />

à elles moyennant un prix fixé au préalable.<br />

De bonnes initiatives pour combattre la fraude<br />

À l’occasion de cette crue du siècle, il a aussi fallu éclaircir<br />

certains cas de fraude éventuelle. Le problème s’est notamment<br />

posé toutes les fois qu’un assuré déclarait la perte de<br />

valeurs assurées élevées dans sa cave.<br />

Ainsi, en République tchèque, <strong>des</strong> mesures préventives<br />

internes de lutte contre la fraude fournissent <strong>des</strong> exemples<br />

positifs : certains paiements <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs ont<br />

été effectués suivant un système prévoyant 2 signatures.<br />

En outre, on a veillé à ce que les personnes chargées de<br />

l’instruction du sinistre ne soient pas du pays.<br />

Les contrôleurs ont aussi été méfiants lorsque les dommages<br />

déclarés étaient survenus en dehors <strong>des</strong> zones réputées<br />

sinistrées. Dans de tels cas, les <strong>sinistres</strong> ont fait l’objet<br />

d’un traitement particulièrement minutieux permettant<br />

d’exclure sans ambiguïté les présomptions de fraude.<br />

45


Tendances et solutions possibles<br />

De la check-list à la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> décrites précédemment<br />

fournissent <strong>aux</strong> sociétés d’assurance <strong>des</strong> informations<br />

précieuses sur lesquelles elles peuvent<br />

s’appuyer pour gérer les autres événements du<br />

même type qui se produiront à l’avenir. Le chapitre<br />

suivant propose <strong>des</strong> solutions supplémentaires en<br />

présentant <strong>des</strong> techniques spéciales et <strong>des</strong> instruments<br />

de travail, allant de la check-list <strong>aux</strong> plans<br />

d’action.<br />

46<br />

Mise sur orbite du système de satellites Galiléo<br />

par l’étage supérieur de la fusée Ariane 5.<br />

Galiléo est l’équivalent européen du système<br />

américain GPS.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Géocodage<br />

Un haut niveau de transparence dans la souscription est un préalable<br />

nécessaire pour une gestion efficace <strong>des</strong> risques et <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans<br />

la branche <strong>des</strong> assurances. Les informations géocodées sont particulièrement<br />

bien adaptées pour répondre à ces exigences. On peut<br />

en outre y avoir recours pour démasquer les fraudeurs de l’assurance.<br />

La transparence est le préalable indispensable<br />

Beaucoup de spécialistes de l’assurance ne savent pas<br />

encore très exactement ce que recouvre la notion de géocodage<br />

ou de géoréférencement. Cette méthode est pourtant<br />

depuis longtemps la base sur laquelle peuvent s’appuyer<br />

les souscripteurs pour identifier les risques, les<br />

analyser et les rendre assurables.<br />

Le principe de base du géocodage est en fait assez simple ;<br />

il s’agit de faire la liaison entre les banques de données et<br />

les cartes géographiques. Ce sont les données de portefeuille<br />

et de <strong>sinistres</strong> <strong>des</strong> assureurs directs qui constituent<br />

le fondement de la souscription géographique. Le géocodage,<br />

c’est-à-dire la localisation d’un risque dans l’espace,<br />

associe à l’adresse de l’assuré ou au lieu du sinistre un<br />

couple de coordonnées géographiques (longitude et latitude).<br />

Ces informations peuvent être ensuite utilisées pour<br />

un traitement statistique ou pour <strong>des</strong> analyses de risque<br />

complexes, dès lors qu’elles sont combinées à d’autres<br />

données, comme, par exemple, <strong>des</strong> données météorologiques<br />

ou <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> historiques.<br />

Identifier les potentiels de cumuls<br />

Le géocodage peut être réalisé à plusieurs degrés de précision<br />

: on peut se baser sur <strong>des</strong> États entiers, <strong>des</strong> villes, <strong>des</strong><br />

secteurs de code postal ou <strong>des</strong> adresses précises. Dans de<br />

nombreux cas, un géocodage approximatif, effectué au<br />

niveau <strong>des</strong> États ou <strong>des</strong> Länder, est insuffisant. De même,<br />

le système de classification <strong>des</strong> risques par zonage<br />

CRESTA (www.cresta.org), fréquemment utilisé dans l’assurance<br />

Dommages, est souvent trop imprécis pour la gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Il n’est pas assez exact pour reconnaître<br />

les <strong>sinistres</strong> ou les modèles de <strong>sinistres</strong> très localisés ou<br />

concentrés sur un périmètre limité, ou pour effectuer un<br />

contrôle fiable <strong>des</strong> localisations <strong>des</strong> risques à forte exposition<br />

ou à haute concentration de valeurs, par exemple les<br />

installations in<strong>dus</strong>trielles ou les surfaces potentiellement<br />

inondables.<br />

48<br />

Les données géocodées permettent d’effectuer <strong>des</strong> analyses<br />

de portefeuilles, <strong>des</strong> modélisations et de définir <strong>des</strong><br />

scénarios. Elles constituent une base essentielle de prise<br />

de décision pour la souscription et la gestion <strong>des</strong> risques,<br />

car on peut, grâce à elles, identifier les cumuls chez les<br />

assureurs et les réassureurs. Cela comprend également les<br />

risques de cumuls dans les polices dites polices collectives<br />

ou polices master qui sont courantes dans les grands<br />

groupes ou dans les sociétés de construction d’immeubles.<br />

En effet, les adresses de référence indiquées dans les<br />

données de portefeuilles sont souvent celles <strong>des</strong> bure<strong>aux</strong><br />

de la société de gestion, alors que les polices collectives<br />

couvrent plusieurs dizaines ou centaines de risques individuels<br />

situés à <strong>des</strong> endroits divers. Les risques d’accumula-<br />

Fig. 1 : L’ouragan Lothar en décembre 1999<br />

En combinant les données relatives<br />

<strong>aux</strong> champs <strong>des</strong> vents et les informations<br />

<strong>des</strong> polices avec adresses géocodées,<br />

on peut identifier <strong>des</strong> modèles<br />

de sinistre et évaluer rapidement<br />

les <strong>sinistres</strong> probables.<br />

Champ<br />

<strong>des</strong> vents<br />

en km/h<br />

20<br />

30<br />

40<br />

50<br />

60<br />

70<br />

80<br />

90<br />

100<br />

110<br />

120<br />

130<br />

140<br />

150<br />

En jaune : immeubles exposés à<br />

<strong>des</strong> vents de plus de 80 km/h<br />

En bleu : immeubles exposés à <strong>des</strong><br />

vents de moins de 80 km/h


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Géocodage<br />

tion sont donc parfois difficiles à identifier ou sont mal évalués.<br />

Grâce à <strong>des</strong> informations géographiques précises<br />

indiquant les adresses exactes, il devient facile de reconnaître<br />

les polices collectives et de les décomposer en<br />

objets individuels. Il est même souvent possible de déterminer<br />

le montant exact de l’engagement de chaque risque<br />

en particulier. Si ceci n’est pas le cas, on peut toujours arriver<br />

à calculer un engagement moyen par bien.<br />

Tous les fournisseurs de services de géocodage utilisent<br />

<strong>des</strong> données rassemblées à l’origine pour la navigation<br />

aérienne et la planification routière. Un grand nombre de<br />

centres nation<strong>aux</strong> de relevés topographiques ont, en outre,<br />

commencé à collecter et à proposer <strong>des</strong> coordonnées<br />

exactes au niveau de chaque construction. Les informations<br />

géocodées ont un degré de couverture particulièrement<br />

élevé dans les grands pays in<strong>dus</strong>trialisés, notamment<br />

<strong>aux</strong> États-Unis et en Europe. Des données de cette<br />

précision existent déjà pour les marchés asiatiques. On<br />

peut également faire appel, via l’Internet, à <strong>des</strong> services<br />

extérieurs qu’il est possible d’intégrer dans le paysage<br />

informatique spécifique de l’entreprise. Accessoirement,<br />

ces informations peuvent servir à contrôler l’exactitude<br />

<strong>des</strong> données de base <strong>des</strong> clients et être utilisées pour <strong>des</strong><br />

mesures ciblées de géomarketing – un avantage bien<br />

entendu exclusivement réservé <strong>aux</strong> assureurs directs.<br />

Fig. 2 : Conséquences de l’inondation d’août 2002<br />

Mettre en évidence les modèles de sinistre<br />

Les adresses de risque géocodées servent à élaborer <strong>des</strong><br />

modèles et <strong>des</strong> profils de <strong>sinistres</strong> possibles pour les portefeuilles<br />

et les périls naturels ; ils permettent d’autre part<br />

de calculer <strong>des</strong> scénarios. De même, ces données contribuent<br />

à éclaircir toutes les questions en rapport avec la<br />

survenance d’un sinistre.<br />

Exemple : dommages causés par les tempêtes<br />

Pour déterminer l’exposition d’un portefeuille d’assurance<br />

au risque de tempête, on peut comparer le portefeuille<br />

avec les informations disponibles concernant les champs<br />

<strong>des</strong> vents d’un événement. La figure 1 montre qu’après la<br />

tempête Lothar, en décembre 1999, il a été possible d’identifier<br />

tous les bâtiments qui avaient été exposés à <strong>des</strong><br />

vents supérieurs à 80 km/h (marqués en jaune) ; en mettant<br />

en relation les champs <strong>des</strong> vents (zones marquées en<br />

rouge) et les bâtiments en portefeuille, c’est-à-dire <strong>des</strong><br />

centaines de milliers de risques individuels.<br />

Si les données <strong>des</strong> événements météorologiques actuels<br />

sont de bonne qualité, les combinaisons de données, de<br />

plus en plus détaillées, peuvent même aider à évaluer<br />

rapidement et de manière précise le montant de <strong>sinistres</strong><br />

attendu pour un portefeuille. Pour optimiser encore davantage<br />

le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> et le travail <strong>des</strong> experts, on<br />

peut faire ressortir les régions touchées par les plus gros<br />

<strong>sinistres</strong>.<br />

La gestion <strong>des</strong> risques peut être<br />

considérablement améliorée en<br />

combinant les données météorologiques<br />

actuelles et les données <strong>des</strong><br />

inondations avec les informations<br />

<strong>des</strong> portefeuilles.<br />

Rayures rouges : zone inondée<br />

Points rouges : risques isolés au<br />

niveau d’un bâtiment<br />

Triangles verts : dommages au<br />

niveau d’un bâtiment<br />

En jaune : zones de code postal et<br />

chiffres <strong>des</strong> co<strong>des</strong> post<strong>aux</strong><br />

49


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Géocodage<br />

Le géocodage apporte également une aide précieuse pour<br />

éclaircir les cas de frau<strong>des</strong> locales à l’assurance.<br />

Exemple : dommages causés par les inondations<br />

Le système allemand de zonage <strong>des</strong> inondations, <strong>des</strong> fortes<br />

pluies et <strong>des</strong> refoulements d’eau, ZÜRS, fonctionne également<br />

à partir de données de géocodage <strong>des</strong> adresses. Il<br />

représente, pour le marché mondial, une base d’évaluation<br />

uniforme dont on ne pourrait plus se passer aujourd’hui<br />

dans la branche assurance Dommages. Pour la première<br />

fois, les assureurs peuvent automatiquement combiner <strong>des</strong><br />

informations précises sur les risques liés <strong>aux</strong> inondations<br />

avec les adresses exactes <strong>des</strong> risques <strong>des</strong> clients.<br />

Le géocodage améliore la gestion locale <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Le détail d’une photo satellite, à la figure 2, montre les<br />

suites de l’inondation d’août 2002 en Allemagne et met en<br />

évidence l’énorme potentiel d’analyse <strong>des</strong> données géocodées<br />

<strong>des</strong> adresses.<br />

Les données satellite montrent les limites de la zone inondée,<br />

marquée en rayures rouges. Les risques isolés sont<br />

représentés avec <strong>des</strong> points rouges et les avis de <strong>sinistres</strong><br />

avec <strong>des</strong> triangles verts. Les lignes jaunes délimitent les<br />

zones de code postal, montrant par cet exemple l’inexactitude<br />

de ce référencement géographique pour la gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, car il ne permet pas de délimiter exactement<br />

les objets touchés ou ceux qui ne le sont pas, ce qui rend<br />

l'évaluation <strong>des</strong> potentiels de <strong>sinistres</strong> difficile.<br />

Les avis de <strong>sinistres</strong> (triangles verts) mettent par contre en<br />

évidence certains modèles de <strong>sinistres</strong> dans la mesure où<br />

<strong>des</strong> localisations précises issues du géocodage ont été utilisées.<br />

Ces informations sont en même temps une aide précieuse<br />

pour la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Le graphique fait clairement<br />

ressortir les <strong>sinistres</strong> connus se trouvant à l’extérieur<br />

de la zone de dommages concernée et les cas douteux peuvent<br />

ainsi être rapidement éclaircis.<br />

avril mai juin<br />

50<br />

Reconnaître les <strong>sinistres</strong> via les satellites et se défendre<br />

<strong>des</strong> frau<strong>des</strong><br />

Les images satellitaires étant de plus en plus précises et les<br />

satellites de plus en plus nombreux, les assurances sont<br />

donc aidés par le ciel, au sens propre du terme. Un assureur<br />

ayant reçu un avis de sinistre survenu à l’aéroport de<br />

Munich en a fait l’expérience. La déclaration de sinistre<br />

faisait état d’avions endommagés par <strong>des</strong> rafales de neige<br />

mélangée à <strong>des</strong> graviers. Des photos satellite, prises par<br />

hasard au moment du sinistre, ont prouvé que la cause<br />

déclarée n’avait pas pu être à l’origine du sinistre.<br />

L’inconvénient <strong>des</strong> prises de vue par satellite est, actuellement<br />

encore, que les nuages font écran et rendent de nombreux<br />

systèmes aveugles. D’autre part, la durée de révolution<br />

<strong>des</strong> satellites empêchent d’assurer une observation<br />

constante.<br />

Le géocodage, combiné avec <strong>des</strong> photos satellite très<br />

récentes et traitées spécialement, est aussi utilisé pour <strong>des</strong><br />

contrôles dans le domaine de l’agriculture. À partir de 2007,<br />

la société RapidEye (www.rapideye.de) exploitera un système<br />

assisté par satellite qui pourra offrir <strong>des</strong> services et<br />

<strong>des</strong> analyses <strong>aux</strong> assureurs agricoles. Ce système devrait<br />

permettre d’améliorer les prévisions en matière de rendements<br />

agricoles et d’évaluer non seulement plus précisément<br />

mais aussi plus vite les dommages causés <strong>aux</strong> récoltes<br />

et les pertes dues à la grêle, <strong>aux</strong> tempêtes, à la<br />

sécheresse et au gel.<br />

Les effets climatiques sont<br />

clairement reconnaissables sur ces<br />

parcelles agricoles. La photo<br />

montre au mois de mai <strong>des</strong><br />

dommages partiels <strong>dus</strong> à la grêle et<br />

en juin de gran<strong>des</strong> surfaces sinistrées<br />

à cause de la sécheresse.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Géocodage<br />

L’aide qui vient du ciel<br />

Les assureurs qui opèrent dans la branche Transport – un<br />

domaine particulièrement touché par la fraude – peuvent<br />

espérer profiter du système de localisation ponctuelle<br />

qu’offrent la technologie GPS (Global Positioning System)<br />

et le futur système européen Galileo. Le système de « vessel<br />

tracking » permet de savoir de manière détaillée où se<br />

trouvent les risques mobiles, telles les flottes de navires ou<br />

de véhicules, y compris leurs précieuses cargaisons.<br />

Le traitement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, en particulier après de gran<strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, pourrait, à l’avenir, être effectué<br />

par une utilisation combinée <strong>des</strong> systèmes GPS et <strong>des</strong> données<br />

de géocodage. Actuellement déjà, il serait tout à fait<br />

possible, du point de vue technique, d’équiper les inspecteurs-régleurs<br />

de Palm ou de PDA (Personal Digital Assistant),<br />

ces appareils contenant non seulement les principales<br />

données géocodées <strong>des</strong> clients, mais aussi une petite<br />

unité GPS permettant une localisation précise.<br />

Les systèmes de localisation assistés par satellite facilitent<br />

non seulement la recherche <strong>des</strong> adresses <strong>des</strong> clients et <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>, mais ils permettent de prévenir les frau<strong>des</strong><br />

puisque l’expertise se concentre, non pas sur le bien le<br />

plus gravement endommagé de toute une rue, mais très<br />

exactement sur le bien de l’assuré. Ce type de cas est fréquent<br />

dans les régions sévèrement touchées par <strong>des</strong> tempêtes<br />

et dans lesquelles il est impossible de s’orienter.<br />

Du point de vue technique, les outils électroniques sont<br />

déjà une réalité. Notre rôle, en tant que sociétés d’assurance,<br />

est d’exploiter les possibilités offrant le plus grand<br />

potentiel de réduction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Une unité Palm avec récepteur<br />

GPS intégré (www.garmin.de).<br />

L’appareil contient <strong>des</strong> données<br />

cartographiques et <strong>des</strong> adresses<br />

de clients pouvant être utilisées<br />

après de gran<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong>.<br />

Sources<br />

Schadenspiegel 1/2005 : Les informations<br />

géographiques permettent<br />

de résoudre <strong>des</strong> cas de <strong>sinistres</strong><br />

complexes. Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft<br />

(éd.).<br />

Versicherungsbetrug – Neue<br />

Methoden – Effizientere Abwehrtechniken<br />

(2005) : Mehr Schadentransparenz<br />

durch Geokodierung.<br />

Münchener Rückversicherungs-<br />

Gesellschaft (éd.) (n’existe qu’en<br />

allemand).<br />

Geo Bit 1/2004 Rendite und Risiko<br />

(n’existe qu’en allemand)<br />

Topics geo – Rétrospective <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> survenues<br />

en 2004 (2005) : Les informations<br />

géocodées permettent d’améliorer<br />

la transparence <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> –<br />

Münchener Rückversicherungs-<br />

Gesellschaft (éd.).<br />

Topics Geo – Rétrospective <strong>des</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> survenues<br />

en 2003 (2004) : La souscription<br />

géographique : applications dans<br />

la pratique, Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft<br />

(éd.).<br />

Topics – Rétrospective <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> survenues<br />

en 2002 (2003) : Le « point » sur les<br />

risques : la souscription géographique<br />

améliore-t-elle la gestion<br />

<strong>des</strong> risques ? Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft<br />

(éd.).<br />

51


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Fraude<br />

Après une catastrophe naturelle, les compagnies d’assurances sont<br />

en général submergées d’avis de <strong>sinistres</strong>. Dans cette situation<br />

d’exception, accentuée encore par la pression <strong>des</strong> délais serrés exigés<br />

pour le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> et en raison de l’énorme charge au<br />

niveau de l’organisation, les assureurs doivent en outre faire preuve<br />

d’une grande vigilance pour reconnaître les tentatives de fraude.<br />

Le problème<br />

Les données ci-<strong>des</strong>sous donnent une idée concrète de<br />

l’ampleur du problème : selon plusieurs étu<strong>des</strong> américaines,<br />

environ 10 % <strong>des</strong> déclarations de <strong>sinistres</strong> en assurance<br />

Dommages et RC sont frauduleuses. Aux États-Unis,<br />

la fraude à l’assurance occupe le deuxième rang <strong>des</strong> crimes<br />

économiques, précédée seulement de la fraude fiscale.<br />

L’office américain se consacrant à la lutte contre la<br />

fraude en assurance, National Insurance Crime Bureau<br />

(NICB), indique qu’<strong>aux</strong> États-Unis, en assurances Dommages<br />

et RC, environ 30 milliards de $US sont versés par an<br />

en raison de déclarations frauduleuses. La fédération allemande<br />

<strong>des</strong> assureurs, Gesamtverband der Deutschen Versicherungswirtschaft<br />

(GDV), estime qu’en Allemagne les<br />

<strong>sinistres</strong> résultant d’une fraude à l’assurance s’élèvent à<br />

plus de 4 milliards d’€ par an. Suivant une estimation prudente,<br />

il semble donc que, dans le monde entier, plus de<br />

100 milliards de $US soient payés pour <strong>des</strong> prestations<br />

d’assurance dérivant de frau<strong>des</strong>.<br />

Pour l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances, l’un <strong>des</strong> grands problèmes<br />

réside dans le fait que la fraude à l’assurance est un délit<br />

relativement bien accepté dans la société. En d’autres termes,<br />

un trop grand nombre de personnes considèrent la<br />

fraude à l’assurance comme une peccadille ou comme un<br />

délit ne faisant pas de victime. Une enquête neutre, réalisée<br />

à la demande de l’Association of British Insurers (ABI)<br />

en 2002, a fait apparaître que presque la moitié (48 %) <strong>des</strong><br />

personnes interrogées déclaraient qu’elles seraient prêtes<br />

à réclamer <strong>des</strong> dommages et intérêts à une assurance à<br />

partir d’une fausse déclaration. 7 % ont même avoué avoir<br />

déjà fait de fausses déclarations de <strong>sinistres</strong>, ce qui signifie<br />

qu’apparemment, en Grande-Bretagne, plus de 3 millions<br />

de personnes ont déjà escroqué leur assurance ou essayé<br />

de le faire. En Allemagne, la situation n’est pas beaucoup<br />

52<br />

plus brillante. Une enquête a montré que près de la moitié<br />

<strong>des</strong> personnes interrogées considéraient la fraude à l’assurance<br />

comme un délit anodin. 22 % ont même déclaré<br />

qu’elles trouvaient normal de demander <strong>aux</strong> assurances<br />

<strong>des</strong> prestations basées sur une fausse déclaration, si cela<br />

ne se répétait pas régulièrement.<br />

Après une catastrophe naturelle, le nombre <strong>des</strong> dommages<br />

individuels est tellement énorme que la tentation est<br />

grande pour les assurés de présenter <strong>des</strong> deman<strong>des</strong><br />

frauduleuses, supposant que les inspecteurs-régleurs <strong>des</strong><br />

assurances ont devant eux <strong>des</strong> piles de dossiers de dommages<br />

qu’ils ne peuvent pas étudier dans le détail.<br />

Définitions<br />

L’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances parle de catastrophe chaque<br />

fois qu’un événement entraîne <strong>des</strong> dommages matériels<br />

assurés d’un montant correspondant à un minimum fixé<br />

et qu‘un grand nombre d’assurés et d’assureurs sont touchés.<br />

L’unité Property Claims Services (PCS) de l’American<br />

Insurance Office (ISO) qualifie un événement de catastrophe<br />

lorsque les dommages matériels assurés dépassent<br />

25 millions de $US. Ces définitions ne sont toutefois<br />

pas d'une grande aide face au problème de la fraude traité<br />

dans ce chapitre. Le facteur déterminant n’est pas ici le<br />

montant <strong>des</strong> dommages, mais bien plus le nombre exceptionnellement<br />

élevé <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels, auquel se<br />

trouve confrontée l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances à la suite<br />

d'ouragans, de torna<strong>des</strong>, d’inondations, de tremblements<br />

de terre ou de feux de brousse.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

La définition juridique exacte de la fraude dépend bien<br />

entendu du système juridique en vigueur. Dans le droit<br />

coutumier anglo-saxon, la définition faisant référence se<br />

base sur le jugement de principe Derry v. Peek datant de<br />

1889. Selon cette décision, on considère qu’il y a fraude<br />

lorsque <strong>des</strong> faits sont déclarés intentionnellement de façon<br />

erronée ou si l’auteur de la déclaration ne croit pas à la<br />

véracité <strong>des</strong> faits ou les présente de façon inexacte avec<br />

une indifférence évidente.<br />

Les éléments constitutifs de la fraude sont cependant à peu<br />

près similaires dans la plupart <strong>des</strong> systèmes juridiques. Il<br />

faut, en premier lieu, prouver que les faits ont été déclarés<br />

sciemment de façon erronée, cette fausse déclaration ayant<br />

été faite par écrit, oralement ou par acte concluant. Un simple<br />

avis, un jugement de valeur ou <strong>des</strong> pronostics ne peuvent pas<br />

être considérés comme <strong>des</strong> faits. La fraude sous-entend en<br />

outre une action intentionnelle. En ce qui concerne le règlement<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, il faut souligner qu’une fausse déclaration<br />

non intentionnelle <strong>des</strong> faits ne représente pas en soi un délit.<br />

Il faut de plus que la personne voulant tromper ait effectivement<br />

réussi à duper l’autre partie. La fausse déclaration <strong>des</strong><br />

faits doit finalement avoir entraîné une mise à disposition de<br />

capital, qui à son tour est à l’origine d’un dommage immatériel.<br />

Dans le cas d’une fraude lésant un assureur, la fausse<br />

présentation <strong>des</strong> faits dans la déclaration de sinistre entraîne<br />

en règle générale une prestation d’assurance injustifiée<br />

réduisant le patrimoine de l’assureur.<br />

Les différents types de frau<strong>des</strong> à la suite de <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong><br />

La fraude peut prendre les formes les plus diverses. Après<br />

<strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, les princip<strong>aux</strong> scénarios de<br />

fraude, qu’il s’agisse de tentatives ou de frau<strong>des</strong> réellement<br />

réalisées, se présentent essentiellement sous les<br />

formes suivantes – cette énumération n’étant toutefois pas<br />

exhaustive :<br />

Le dommage simulé<br />

Ce premier type de fraude comprend les cas où aucun dommage<br />

n’a eu lieu en réalité. Les circonstances du sinistre<br />

sont totalement inventées et les biens soi-disant détruits<br />

n’ont jamais existé. L’assuré n’a donc subi aucun dommage.<br />

Le bateau disparu<br />

En septembre 2003, l’ouragan Isabel a atteint les côtes de<br />

Caroline du Nord et s’est dirigé ensuite vers le nord-ouest en<br />

traversant la Virginie. Isabel a causé au total <strong>des</strong> dommages<br />

de 5 milliards de $US, les dommages assurés s’élevant à<br />

1,7 milliard de $US. Le propriétaire d’un luxueux bateau de<br />

plaisance a voulu profiter de l’occasion et a déclaré un<br />

dommage à son assurance. Il a prétendu que le bateau avait<br />

coulé après s’être détaché de ses amarres pendant la tempête.<br />

Dans sa déclaration de sinistre, il affirmait que les<br />

amarres du yacht avaient été renforcées avant la tempête.<br />

Après le passage de l’ouragan, il avait voulu contrôler l’état<br />

de son yacht mais celui-ci avait disparu. Quelques jours plus<br />

tard, le bateau qui avait soi-disant coulé était retrouvé dans<br />

un entrepôt au lieu de travail de l’assuré, où il avait visiblement<br />

été transporté. Les collaborateurs de la division Fraude<br />

à l’assurance (Insurance Fraud Division) de la police de l’État<br />

de Virginie ont découvert le bateau après avoir reçu <strong>des</strong><br />

informations de la société d’assurance.<br />

Ce type d’escroquerie à l’assurance est certes relativement<br />

rare, mais les montants d’indemnité réclamés sont en général<br />

élevés. Selon l’enquête du ABI citée plus haut, 37 % <strong>des</strong><br />

personnes interrogées affirmaient qu’elles n'écartaient pas<br />

l’idée de déclarer à leur assurance un cas de sinistre totalement<br />

inventé et 29 % d’entre elles étaient d’avis qu’il s’agissait<br />

d’une façon d’agir acceptable ou tout du moins tolérable.<br />

Seulement 2 % avouaient avoir déjà commis une fraude<br />

de ce type. D’après cette enquête, les personnes interrogées<br />

estiment qu’une fausse déclaration n’est pas plus répréhensible<br />

qu’un vol en magasin.<br />

Un port de plaisance sur la côte est <strong>des</strong> États-<br />

Unis en Virginie, après le passage de l’ouragan<br />

Isabel – un seul bateau est sorti indemne de la<br />

tempête.<br />

53


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

Le dommage provoqué intentionnellement<br />

Un type de fraude classique est le dommage provoqué<br />

volontairement. Dans ce genre de cas, l’assuré déclenche<br />

intentionnellement le dommage, comme par exemple dans<br />

le cas d’un incendie volontaire. Il subit donc effectivement<br />

un dommage qu’il a toutefois délibérément causé.<br />

La voiture cabossée<br />

En juillet 1984, un terrible orage de grêle de 20 minutes a<br />

causé <strong>des</strong> dommages matériels de plus de 1,5 milliard d’€<br />

dans la région de Munich, les dommages assurés représentant<br />

750 millions d’€. De toute son histoire, l’in<strong>dus</strong>trie<br />

allemande <strong>des</strong> assurances n’avait jamais connu de sinistre<br />

d’une telle ampleur. Des grêlons gros comme <strong>des</strong> balles de<br />

tennis ont endommagé <strong>des</strong> bâtiments, cassé <strong>des</strong> fenêtres,<br />

brisé <strong>des</strong> serres et abîmé au total 240 000 véhicules. Les<br />

dommages <strong>aux</strong> véhicules assurés ont coûté environ 460<br />

millions d’€, pour réparer les pare-brises éclatés et les carrosseries<br />

parsemées de bosses. Un propriétaire de véhicule<br />

particulièrement futé voulait profiter du règlement de<br />

sinistre rapide et sans formalité <strong>des</strong> assureurs après la<br />

tempête de grêle et a lui-même fait <strong>des</strong> bosses sur sa voiture<br />

espérant recevoir une indemnisation de son assurance<br />

Tierce partielle. Sa tentative a néanmoins échoué car<br />

il avait fait les bosses en tapant au marteau de l’intérieur.<br />

Comme dans le premier exemple, ce type de fraude à<br />

l’assurance se caractérise en général par <strong>des</strong> deman<strong>des</strong><br />

d’indemnisation élevées. Mais ici aussi, heureusement,<br />

en comparaison avec les autres formes de fraude à l’assurance,<br />

le nombre <strong>des</strong> cas est restreint.<br />

La tempête de grêle qui s’est abattue sur Munich<br />

en juillet 1984 a endommagé 240 000 véhicules,<br />

les dommages <strong>aux</strong> véhicules assurés se sont<br />

montés à environ 460 millions d’€. Les vitres ont<br />

éclaté, les carrosseries étaient pleines de bosses<br />

et les toits <strong>des</strong> cabriolets étaient en lambe<strong>aux</strong>.<br />

54<br />

Le dommage adapté <strong>aux</strong> conditions de la police<br />

La troisième variante de fraude à l’assurance englobe les cas<br />

dans lesquels l’assuré a effectivement subi un dommage en<br />

raison d’un événement fortuit. Le dommage n’étant pourtant<br />

pas couvert conformément au libellé de la police, le déroulement<br />

du sinistre est exposé à l’assureur de telle façon que le<br />

dommage puisse encore entrer dans la garantie.<br />

La grêle imaginaire<br />

Le propriétaire d’un magasin dans le Midwest <strong>des</strong> États-<br />

Unis a déclaré un sinistre à son assurance, affirmant que le<br />

toit de sa maison avait été fortement endommagé par un<br />

violent orage de grêle. De l’eau avait donc pénétré dans le<br />

bâtiment, abîmant les murs et le mobilier. D’après la police<br />

d’assurance, les dommages au contenu <strong>dus</strong> à la pluie n’étaient<br />

couverts que si l’eau de pluie avait pénétré dans le<br />

bâtiment en raison d’un événement naturel, par exemple si<br />

le vent ou la grêle avaient provoqué <strong>des</strong> dommages au toit<br />

ou <strong>aux</strong> murs extérieurs. L’expert <strong>sinistres</strong> s’est informé<br />

auprès <strong>des</strong> services météorologiques pour vérifier l’origine<br />

du sinistre. Ceux-ci ont révélé qu’il y avait effectivement eu<br />

un orage de grêle dans la région, mais justement pas à<br />

l’endroit où se trouvait l’immeuble assuré. Le dommage au<br />

toit qui avait permis à la pluie de pénétrer dans la maison<br />

était en fait dû à l’état général de délabrement du bâtiment.<br />

Contrairement <strong>aux</strong> 2 premiers types, cette forme de fraude<br />

à l’assurance est très fréquente. Dans l’ensemble, les<br />

indemnités réclamées sont cependant relativement peu<br />

élevées.<br />

En cas de sinistre, les services météorologiques<br />

peuvent donner <strong>des</strong> indications exactes sur la<br />

progression régionale d’une tempête ou d’un<br />

orage de grêle.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

Le dommage exagéré<br />

La forme de fraude la plus fréquente, qui se retrouve dans<br />

toutes les branches d’assurance, est certainement d’exagérer<br />

une demande de dédommagement existante envers l’assureur.<br />

La personne lésée subit donc réellement un dommage,<br />

survenu en raison d’un événement fortuit et dont la cause est<br />

couverte par la police, mais elle grossit le montant du sinistre.<br />

La question est de savoir à partir de quand une exagération<br />

devient une fraude ?<br />

En particulier après une catastrophe naturelle, les dommages<br />

subis par les assurés sont d’une ampleur telle qu’ils ne sont<br />

plus en mesure d’estimer exactement le montant <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

et encore moins d’en apporter une quelconque preuve.<br />

Il est donc fréquent que la hauteur de l’indemnité doive être<br />

négociée entre l’assuré et l’assureur, auquel cas on fait en<br />

général appel à un expert d’assurance indépendant. Pour<br />

beaucoup d’assurés, il semble donc légitime d’entamer la<br />

négociation avec <strong>des</strong> deman<strong>des</strong> de réparation relativement<br />

élevées afin de garder une certaine marge de manœuvre vers<br />

le bas.<br />

Les tribun<strong>aux</strong> anglais ont statué, dans le cas Nsbuga v.<br />

Commercial Union en 1998, « qu’il faut reconnaître comme<br />

une réalité commerciale le fait que l’assuré demande une<br />

indemnisation souvent supérieure au montant qu’il<br />

escompte recevoir. Ceci s’expliquant par le fait qu’il s’attend<br />

dès le début à devoir mener une sorte de marchandage ou<br />

tout du moins à s'engager dans <strong>des</strong> négociations. Et il serait<br />

injuste de conclure, à partir de ces circonstances, que quelqu’un<br />

a agi de façon frauduleuse uniquement parce qu’il a<br />

énoncé un montant plus élevé que celui qu’il supposait raisonnablement<br />

recevoir. Pour qu’il y ait fraude, il faut que la<br />

personne lésée demande une indemnisation franchement<br />

exagérée, tout en sachant que sa revendication est en<br />

grande partie totalement dénuée de fondement ».<br />

Ce jugement fait ressortir à quel point il est important de<br />

disposer d’informations actuelles et exactes sur les risques<br />

assurés. Il est également indispensable d’enregistrer les<br />

<strong>sinistres</strong> sans délai et dans les détails, car ceci permet de<br />

faire une estimation fiable du montant <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, de<br />

limiter la marge de négociation à un minimum et d’exclure<br />

ainsi à priori les exagérations frauduleuses.<br />

Les dommages exagérés prennent une forme particulière<br />

lorsqu’interviennent <strong>des</strong> entreprises de trav<strong>aux</strong> ou de<br />

services. Après une catastrophe naturelle, les régions touchées<br />

sont souvent quadrillées par <strong>des</strong> sociétés de<br />

nettoyage ou de réparations qui offrent leurs services, en<br />

faisant du porte à porte. Un grand nombre d’entre elles<br />

sont tout à fait sérieuses et cherchent à réaliser <strong>des</strong> affaires<br />

honnêtes, mais les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> attirent également<br />

les escrocs et les charlatans qui veulent tirer profit de<br />

la situation précaire <strong>des</strong> personnes touchées. Des entreprises<br />

peu scrupuleuses exigent par exemple une avance élevée<br />

avant le début <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong>, mais ne les terminent pas<br />

et disparaissent purement et simplement. D’autres utilisent<br />

<strong>des</strong> matéri<strong>aux</strong> bon marché ou font du mauvais travail<br />

ne correspondant pas <strong>aux</strong> réglementations de construction<br />

en vigueur, mais facturent pourtant <strong>des</strong> prestations de<br />

haute qualité. Il est fréquent que l’assuré ne s’aperçoive<br />

même pas de la supercherie. D’autres métho<strong>des</strong> inclut la<br />

participation de l’assuré, par exemple en proposant à ce<br />

dernier <strong>des</strong> réparations qui, en raison d’une déclaration de<br />

<strong>sinistres</strong> exagérée, l’avantagent et lui permettent d’améliorer<br />

sa situation par rapport à celle d’avant le sinistre.<br />

55


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

Dommage exagéré à une toiture<br />

El Niño est un phénomène au cours duquel la partie est du<br />

Pacifique tropical se réchauffe, influençant l’ensemble du<br />

système atmosphérique de l’océan Pacifique tropical. Le<br />

phénomène El Niño de 1997/1998 a été, au siècle dernier, le<br />

plus redoutable dans son genre et a engendré <strong>des</strong> tempêtes<br />

d’une violence extrême qui se sont abattues sur la Californie.<br />

Pourtant, les dommages n’ont pas été causés seulement par<br />

El Niño. Un couvreur de la région a décrit en détail à <strong>des</strong><br />

enquêteurs « secrets » qui se faisaient passer pour <strong>des</strong> promeneurs<br />

et observaient une maison endommagée construite<br />

sur une plage, comment obtenir non seulement une<br />

nouvelle toiture pour « leur » domicile, mais de surcroît un<br />

peu plus d’argent de l’assurance. Il avait l’intention de remettre<br />

à l’assurance un devis indiquant, en plus <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong><br />

de couverture, les réparations d’une installation de chauffage<br />

solaire. En posant quelques débris d’une installation de<br />

ce type sur le toit de la maison, il voulait donner l’impression<br />

que la tempête avait arraché non seulement le toit, mais également<br />

les panne<strong>aux</strong> solaires.<br />

Les frau<strong>des</strong> à l’assurance basées sur <strong>des</strong> deman<strong>des</strong> d’indemnisation<br />

exagérées sont très fréquentes, mais les dommages<br />

dans chaque cas individuel sont en général relativement<br />

peu élevés. Une enquête menée en 2000 par le US<br />

Insurance Research Council (conseil américain de recherche<br />

en assurance) a montré que 24 % <strong>des</strong> américains considéraient<br />

comme acceptable de gonfler un montant<br />

réclamé pour, de cette façon, compenser les derniers versements<br />

de prime. 35 % <strong>des</strong> personnes interrogées trouvaient<br />

correct de grossir un dommage pour « rattraper »<br />

la franchise. Selon le sondage réalisé pour l’ABI, déjà<br />

mentionné plus haut, 47 % n’excluaient pas d’exagérer un<br />

dommage tandis que 40 % affirmaient qu’ils trouvaient<br />

El Niño (ici en modèle) n’est pas le seul phénomène<br />

générateur de dommages ; à la suite de<br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, les assureurs doivent<br />

souvent faire face à <strong>des</strong> deman<strong>des</strong> de réparation<br />

exagérées et donc injustifiées.<br />

56<br />

cela acceptable ou tout du moins encore tolérable. Dans la<br />

conscience morale du grand public, le fait de gonfler les<br />

réclamations d’assurance est donc mis au même niveau<br />

que le fait d’acheter, en connaissance de cause, <strong>des</strong> biens à<br />

un receleur.<br />

Comment reconnaître les frau<strong>des</strong> après <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> ?<br />

En règle générale, après <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, les<br />

rédacteurs <strong>sinistres</strong> <strong>des</strong> compagnies d’assurance tout<br />

comme les experts indépendants ploient sous l’énorme<br />

masse <strong>des</strong> déclarations de <strong>sinistres</strong> individuels. L’imagination<br />

criminelle de certains assurés se trouve stimulée par<br />

ces circonstances hors du commun. D’une part, la tentation<br />

est grande de s’approprier beaucoup d’argent, de l’autre, le<br />

danger d’être pris semble minime. Les scénarios de fraude<br />

se renouvellent sans cesse, ce qui rend <strong>aux</strong> assureurs la<br />

tâche encore plus difficile. De plus, la plupart <strong>des</strong> assureurs<br />

ne veulent pas importuner encore leurs clients, déjà victimes<br />

d’une catastrophe naturelle, en se montrant tatillons<br />

ou à fortiori en les accusant à tort. Pour les assureurs, la<br />

meilleure <strong>des</strong> publicités, après une catastrophe naturelle,<br />

est en effet un règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> rapide et sans formalité.<br />

Il existe toutefois <strong>des</strong> indices typiques pouvant éveiller<br />

<strong>des</strong> soupçons de fraude et qu’il est utile de noter.<br />

Par exemple, une demande d’indemnisation relativement<br />

élevée pour laquelle il n’existe aucune preuve, même pas<br />

<strong>des</strong> restes ou tout du moins <strong>des</strong> photos ou <strong>des</strong> factures de<br />

l’objet assuré. Il peut également arriver que les objets soidisant<br />

disparus ne correspondent pas à la situation financière,<br />

à la profession ou au style de vie de l’assuré ou que,<br />

tout simplement de par leur taille, ils ne puissent pas faire<br />

partie du bâtiment occupé par l’assuré. Il se peut également<br />

que l’assuré ne soit pas capable de décrire les objets<br />

prétendument détruits, ne se souvienne plus quand et où il<br />

les a achetés, ne retrouve plus ni le mode d’emploi ni la<br />

carte de garantie ; il est alors justifié d’avoir <strong>des</strong> doutes. On<br />

peut aussi présumer une tentative de fraude en cas d’absence<br />

de factures officielles ou lorsque les factures d’artisans<br />

n’indiquent pas de façon plausible et correcte les<br />

prestations fournies.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

En ce qui concerne les assurés ayant <strong>des</strong> couvertures commerciales<br />

ou in<strong>dus</strong>trielles, <strong>des</strong> indices révélateurs peuvent<br />

être un volume de stock particulièrement élevé juste le jour<br />

du sinistre, la perte d’articles qui étaient visiblement depuis<br />

longtemps en magasin, un déséquilibre net entre la réclamation<br />

et l’actif de la société ou même une insolvabilité<br />

menaçante.<br />

Les assureurs devraient en tous cas se montrer suspicieux<br />

si aucun autre dommage n’a été déclaré dans les alentours<br />

immédiats, s’il n’est pas possible de vérifier que les circonstances<br />

prétendues dans la déclaration existaient réellement<br />

le jour et au lieu du sinistre ou si le déroulement et<br />

la configuration du sinistre ne peuvent pas être expliqués<br />

de façon plausible. La situation est également suspecte si<br />

le risque était déjà en mauvais état avant l’événement, si<br />

l’assuré n’a pas satisfait à certaines obligations de déclaration<br />

avant la souscription du contrat ou si l’adresse indiquée<br />

sur les factures n’est pas celle du prétendu lieu du<br />

sinistre. Un autre indicateur pour une éventuelle tentative<br />

de fraude peut être le fait que l’assuré connaisse les conditions<br />

de la police dans les moindres détails, qu’il ait réglé<br />

<strong>des</strong> arriérés de prime avant la survenance du sinistre ou<br />

qu’il ait demandé une modification contractuelle ayant un<br />

impact sur l’indemnisation ou encore que le sinistre se soit<br />

produit très peu de temps après le début de l’assurance.<br />

Face à <strong>des</strong> cas de ce type, il est recommandé <strong>aux</strong> rédacteurs<br />

<strong>sinistres</strong>, malgré la masse de travail, d’analyser le<br />

dossier avec une attention toute particulière et de faire <strong>des</strong><br />

recherches plus avancées. Dans certaines circonstances, il<br />

est conseillé de faire appel à un spécialiste de la fraude et,<br />

si les soupçons se confirment, d’informer les autorités<br />

compétentes.<br />

Fig. 1 : Les 4 types de scénarios de fraude à l’assurance, qu’il s’agisse de tentative de fraude ou de fraude consommée<br />

Dommage simulé<br />

Dommage provoqué<br />

intentionnellement<br />

Dommage adapté <strong>aux</strong><br />

conditions de la police<br />

Dommage exagéré<br />

Sinistre réel<br />

non<br />

oui<br />

oui<br />

oui<br />

Après les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>, les règlements<br />

de <strong>sinistres</strong> se font parfois dans une situation un<br />

peu confuse qui stimule l’imagination de certains<br />

assurés et les incite à faire <strong>des</strong> deman<strong>des</strong><br />

d’indemnisation frauduleuses.<br />

En raison d’un<br />

événement fortuit<br />

non<br />

non<br />

oui<br />

oui<br />

Conséquences de la fraude à l’assurance et bilan<br />

Les conséquences de la fraude à l’assurance sont considérables,<br />

pour chaque assuré en particulier, pour la communauté<br />

<strong>des</strong> assurés et pour l’in<strong>dus</strong>trie <strong>des</strong> assurances dans<br />

son ensemble.<br />

Pour le demandeur, une fausse déclaration de sinistre peut<br />

entraîner en premier lieu <strong>des</strong> conséquences juridiques<br />

relevant du droit civil. Suivant le système juridique en<br />

vigueur et les circonstances du cas en question, celles-ci<br />

peuvent aller du refus de versement de l’indemnité à l’obligation<br />

de restitution en passant par la résiliation ou la<br />

contestation par voie d’annulation du contrat d’assurance<br />

ou même par la demande de dommages-intérêts de la part<br />

de l’assureur.<br />

Viennent ensuite les éventuelles conséquences pénales.<br />

Certaines sociétés d’assurance hésitent pourtant à porter<br />

plainte contre <strong>des</strong> demandeurs malhonnêtes auprès <strong>des</strong><br />

autorités répressives, soit parce qu’ils ne pensent en tirer<br />

aucun avantage soit parce qu’ils craignent une publicité<br />

négative (en l’occurrence de passer pour un assureur qui<br />

cherche par tous les moyens à se dérober à ses obligations<br />

de paiement). Pourtant, dans de nombreux pays, comme<br />

par exemple dans 20 <strong>des</strong> États fédér<strong>aux</strong> américains, les<br />

assureurs ont une obligation légale de le faire. Depuis<br />

1996, le nombre <strong>des</strong> arrestations pour fraude à l’assurance<br />

<strong>aux</strong> États-Unis a augmenté de plus de 400 % et les condamnations<br />

ont plus que doublé dans le même temps. Dans un<br />

grand nombre de systèmes juridiques, de nouve<strong>aux</strong> types<br />

de délits ont été définis permettant de punir plus sévèrement<br />

les frau<strong>des</strong> envers les assureurs ou de combler les<br />

lacunes existant au niveau pénal pour certaines infractions.<br />

En Allemagne, les sanctions punissant la fraude<br />

consommée peuvent aller d’une simple amende à une<br />

peine d’emprisonnement, de 5 à 10 ans au maximum, dans<br />

Couvert<br />

par la police<br />

non<br />

non<br />

non<br />

oui<br />

Montant du sinistre<br />

justifié<br />

non<br />

non<br />

non<br />

non<br />

57


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Fraude<br />

les cas particulièrement graves. Aux États-Unis, la fraude à<br />

l’assurance peut être pénalisée par <strong>des</strong> peines d’emprisonnement<br />

allant même jusqu’à 14 ans. Il ne faut pas oublier<br />

que la fraude à l’assurance a un impact financier sur l’in<strong>dus</strong>trie<br />

<strong>des</strong> assurances dans son ensemble ainsi que sur la<br />

communauté <strong>des</strong> assurés, qui pour la grande majorité, ont<br />

un comportement intègre et loyal. Les règlements de sinistre,<br />

obtenus de façon frauduleuse et injustifiée, atteignent<br />

<strong>des</strong> sommes énormes, et de plus, ils sont finalement répartis<br />

sur tous les assurés sous la forme d’une augmentation<br />

<strong>des</strong> primes.<br />

Les sociétés d’assurance ont pour cette raison pris <strong>des</strong><br />

initiatives variées pour se défendre contre la fraude. Elles<br />

soumettent leurs rédacteurs <strong>sinistres</strong> et leurs experts <strong>sinistres</strong><br />

à une formation intensive afin qu’ils soient en mesure<br />

de reconnaître les indices de fraude avec rapidité et certitude,<br />

elles désignent <strong>des</strong> spécialistes de la fraude, créent<br />

<strong>des</strong> services spéci<strong>aux</strong> de fraude et font appel <strong>aux</strong> moyens<br />

électroniques les plus modernes. En s’appuyant sur <strong>des</strong><br />

données de portefeuilles géocodés, par exemple, il est<br />

facile de contrôler si les risques soi-disant touchés se trouvent<br />

réellement dans la zone sinistrée. Les nombreuses<br />

possibilités de recherche offertes par l’Internet et par les<br />

banques de données interbranche, comme par exemple le<br />

système d’information allemand Uniwagnis ainsi que les<br />

systèmes de recherche automatique « datamining », ont<br />

déjà fait leur preuve dans la chasse <strong>aux</strong> fausses déclarations<br />

de <strong>sinistres</strong>. Dans certains pays, les assureurs se sont<br />

regroupés pour fonder <strong>des</strong> sociétés de droit privé se<br />

consacrant à la lutte contre la fraude. Aux États-Unis, le<br />

National Insurance Crime Bureau (NICB), déjà mentionné<br />

plus haut, en est un exemple. D’autres pays se saisissent<br />

du problème au niveau associatif, en France par exemple<br />

avec ALFA (Agence pour la lutte contre la fraude à l’assurance).<br />

Les organisations de ce type soutiennent les assureurs<br />

non seulement dans les cas individuels de sinistre,<br />

elles mènent également de gran<strong>des</strong> campagnes d’information<br />

afin d’expliquer <strong>aux</strong> assurés la portée et les effets de la<br />

fraude à l’assurance. Car il est finalement de l’intérêt de<br />

tous les intervenants qu’une catastrophe naturelle ne se<br />

termine pas par un désastre.<br />

58


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Plans d’action pour les assureurs<br />

Un plan d’action augmente la flexibilité en cas de sinistre et fonctionne<br />

selon une approche globale. Il permet de mieux exploiter<br />

l’organisation et la méthode de gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> ainsi que les<br />

ressources existantes.<br />

Un plan d’action (PA) augmente la flexibilité en cas de<br />

sinistre, car il organise les processus d’instruction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>. Son introduction et son suivi suivent une approche<br />

globale dans le cadre de laquelle interviennent tant<br />

<strong>des</strong> facteurs internes que <strong>des</strong> éléments externes. Bien que<br />

toutes les éventualités ne soient pas planifiables, le fait de<br />

comprendre clairement les processus et les propres objectifs<br />

aide à réagir, même à l’imprévisible.<br />

Un PA appliqué de façon conséquente permet, en cas de<br />

catastrophe, de concentrer le peu de ressources disponibles<br />

sur les points essentiels. Il est alors possible, non seulement<br />

d’augmenter l’efficacité de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>,<br />

mais également d’arriver à une réduction <strong>des</strong> coûts. La<br />

mise en œuvre d’un plan d’urgence fait ressortir les points<br />

faibles de l’entreprise et apporte ainsi une valeur ajoutée<br />

non négligeable.<br />

Pour créer la structure d’un PA, on peut dans l’ensemble<br />

faire appel <strong>aux</strong> outils de gestion de projet existants. Ce<br />

sont en fait les données et les expériences de la gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> qui viennent remplir la structure et lui donner<br />

vie. S’il n’y a pas de données disponibles, on peut aussi<br />

travailler à partir de modèles.<br />

Dans de nombreux pays, la loi exige que certaines entreprises<br />

possèdent <strong>des</strong> plans opérationnels d’urgence pour<br />

les accidents majeurs. Afin que les sociétés soient prêtes à<br />

faire face à <strong>des</strong> situations d’urgence, par exemple une fuite<br />

de gaz toxique. Du point de vue de la technique de l’assurance,<br />

les assureurs ne sont pas obligés de créer <strong>des</strong> plans<br />

d’urgence pour maîtriser les dommages <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong>.<br />

Étant donné la tendance actuelle à protéger de plus en plus<br />

les consommateurs et les investisseurs, les sociétés d’assurance<br />

voient également la nécessité d’une gestion efficace<br />

de l’urgence. En d’autre termes, les assureurs veulent<br />

et doivent, à leur tour, prouver qu’ils ont leurs affaires bien<br />

en mains. Ceci concerne essentiellement leur capacité de<br />

gérer les opérations techniques liées <strong>aux</strong> cumuls et <strong>aux</strong><br />

gros <strong>sinistres</strong>, en particulier après une catastrophe naturelle.<br />

Un système opérationnel de management <strong>des</strong> urgences<br />

est bien sûr toujours un facteur de coûts, mais c’est également<br />

un argument important en termes de service et de<br />

sécurité qui finalement réduit les coûts. Des étu<strong>des</strong><br />

menées par l’université d’Oxford indiquent qu’une gestion<br />

efficace <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> peut même faire augmenter la<br />

valeur de l’entreprise dans son ensemble.<br />

La longue expérience <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de cumul montre que<br />

certains <strong>des</strong> assureurs concernés n’ont toujours pas de<br />

schéma défini selon lequel ils doivent traiter les <strong>sinistres</strong><br />

majeurs.<br />

Il ressort en outre que certains modèles de <strong>sinistres</strong> apparaissent<br />

régulièrement. Par exemple, l’accumulation de<br />

milliers de <strong>sinistres</strong> individuels, le manque d’information<br />

sur les <strong>sinistres</strong> dans les premiers jours ou semaines suivant<br />

l’événement, la mauvaise coordination du personnel<br />

s’occupant <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> ainsi qu’un nombre insuffisant<br />

d’inspecteurs-régleurs. Il est possible et nécessaire de mettre<br />

en œuvre <strong>des</strong> mesures organisationnelles proactives<br />

dont le but est d’alléger au maximum la tâche de tous les<br />

intervenants en cas de sinistre. Tous ces processus peuvent<br />

être rassemblés dans un plan d’action ; lorsqu’une<br />

situation d’urgence se présente, ils forment la structure<br />

portante d’une gestion efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Le processus de développement d’un PA<br />

Normalement, c’est la Direction qui donne l’ordre d’élaborer<br />

un PA. L’expérience a montré qu’il était bon de désigner<br />

un membre de la Direction pour parrainer le projet afin que<br />

le PA se voit attribuer au sein de l’entreprise une valeur<br />

digne de son importance. La planification de l’urgence<br />

représentant un ensemble très complexe (voir fig. 1), il est<br />

recommandé d’avoir recours à une approche professionnelle<br />

de gestion de projet pour structurer les processus.<br />

59


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

L’équipe de planification<br />

Le premier pas dans l’élaboration d’un PA est de former<br />

une équipe de planification. Celle-ci doit représenter toutes<br />

les branches touchées, les services <strong>sinistres</strong>, souscription,<br />

gestion clients, personnel et gestion <strong>des</strong> risques. Il est<br />

important que les intervenants aient <strong>des</strong> connaissances<br />

fondées sur les points suivants :<br />

– potentiels de sinistre et mécanismes <strong>des</strong> risques naturels<br />

– processus de règlement de <strong>sinistres</strong><br />

– marchés et clients concernés<br />

– interlocuteurs en cas de sinistre<br />

– potentiels de risques pour les employés, les bâtiments et<br />

l’informatique<br />

– propres possibilités d’intervention, par exemple en ce qui<br />

concerne l’informatique<br />

Les employés devraient d’autre part être en mesure de<br />

transposer les informations disponibles dans <strong>des</strong> processus.<br />

La phase de conception d’un PA<br />

Il existe certes un grand nombre d’approches possibles<br />

dans la gestion <strong>des</strong> urgences, mais elles sont toutes<br />

basées, pour l’essentiel, sur le même modèle. Les 3 questions<br />

fondamentales pour la conception d’un plan d’action<br />

sont les suivantes :<br />

Fig. 1 : Exemple de gestion de projet<br />

Définition de<br />

– l’objectif du<br />

projet<br />

– l’équipe<br />

responsable<br />

60<br />

Calcul <strong>des</strong><br />

risques<br />

Évaluation<br />

<strong>des</strong> risques<br />

Mise au<br />

point de contremesures/PA<br />

Mise en<br />

application et<br />

contrôle <strong>des</strong><br />

mesures<br />

Define Measure Analyse Improve Control<br />

Fig. 2 : Questions fondamentales de la planification de l’urgence<br />

De quels événements s’agit-il ?<br />

Quels peuvent être les effets de ces événements ?<br />

Que peut-on faire pour lutter contre les effets négatifs ?<br />

De quels événements s’agit-il ?<br />

Outre les désastres induits par l’homme, les <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> représentent le plus grand défi pour les assureurs.<br />

Suivant les régions, les scénarios à prendre en<br />

compte sont différents. Les risques de tempête, d’inondation<br />

et de séisme sont actuellement considérés comme les<br />

plus importants. Il existe également de nombreux autres<br />

périls, en général limités dans l’espace ou de par le volume<br />

de <strong>sinistres</strong> qu’ils engendrent, tels le volcanisme, la grêle<br />

ou les avalanches.<br />

Les risques naturels peuvent être classifiés selon <strong>des</strong> critères<br />

multiples. Par exemple, la fréquence de récurrence,<br />

l’intensité, l’espace touché, la durée moyenne ou le temps<br />

de pré-alerte d’un événement catastrophique, c’est-à-dire<br />

le temps entre l’alerte et la survenance de l’événement.<br />

La classification <strong>des</strong> risques naturels doit également tenir<br />

compte <strong>des</strong> facteurs loc<strong>aux</strong>. La figure 3 montre par exemple<br />

<strong>des</strong> paramètres loc<strong>aux</strong> influant sur certains scénarios.<br />

Adaptation et<br />

amélioration<br />

permanentes<br />

<strong>des</strong> processus<br />

Risque<br />

Conséquences/<br />

effets<br />

Mesures<br />

Une gestion de projet professionnelle<br />

est indispensable pour la planification<br />

<strong>des</strong> urgences. Le processus<br />

« SixSigman-DMAIC » propose une<br />

approche possible : une comparaison<br />

est établie, en plusieurs étapes,<br />

entre les résultats prévus et la situation<br />

réelle ; on effectue ensuite les<br />

améliorations adéquates, on contrôle<br />

leur impact et on procède<br />

éventuellement à nouveau à<br />

certaines rectifications. Les<br />

différentes phases sont réalisées<br />

avec l’aide d’outils et de métho<strong>des</strong><br />

déterminés.<br />

Un plan d’urgence se déroule en<br />

principe toujours selon le même<br />

schéma fondamental.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Quels peuvent être les effets de ces événements ?<br />

Les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> entraînent en général <strong>des</strong><br />

dommages matériels et corporels pour les assurés. Les<br />

assureurs, qui peuvent être eux-mêmes touchés par l’événement,<br />

devraient donc aussi prendre en compte leur<br />

éventuel préjudice personnel dans la planification. En premier<br />

lieu, pourtant, les assureurs s’intéressent <strong>aux</strong> effets<br />

possibles sur l’organisation de leur travail :<br />

– Dans quelle mesure les <strong>sinistres</strong> vont-ils toucher leur<br />

propre société, dans toutes les branches assurées ?<br />

– Est-il possible, avec les moyens disponibles, de calculer<br />

et d’évaluer un tel nombre de <strong>sinistres</strong> ?<br />

– Combien de temps va-t-il falloir pour l’ouverture <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> ?<br />

Pour pouvoir répondre à ces questions, il est indispensable<br />

que l’assureur connaisse parfaitement ses portefeuilles,<br />

ses clients, ses marchés, etc.<br />

Les résultats de cette analyse servent de base au plan d’urgence.<br />

Si les données rassemblées ne suffisent pas pour<br />

mettre au point un modèle sérieux d’intervention en cas de<br />

catastrophe, il est alors nécessaire de créer et d’appliquer<br />

<strong>des</strong> scénarios hypothétiques. On peut prendre comme<br />

orientation <strong>des</strong> informations déjà existantes, provenant de<br />

<strong>sinistres</strong> antérieurs, même si les causes de <strong>sinistres</strong> étaient<br />

différentes. Par exemple, en cas de typhon ou d’inonda-<br />

Fig. 3 : Évaluation du site en fonction de l’exposition <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>,<br />

en prenant l’exemple de Tokyo.<br />

Risque naturel<br />

Potentiel de risques<br />

Période de récurrence estimée<br />

Temps de pré-alerte (zone)<br />

Durée prévue<br />

Saison<br />

Typhon<br />

moyen<br />

< 50 ans<br />

1–5 jours<br />

1–2 jours<br />

Été/automne<br />

tion, le temps de pré-alerte pour Tokyo va d’un à plusieurs<br />

jours (voir fig. 3). Dans les 2 cas, ce laps de temps peut être<br />

utilisé pour prendre <strong>des</strong> mesures préventives et pour préparer<br />

l’instruction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

Dans tous les cas, il faudrait utiliser <strong>des</strong> paramètres comparables<br />

pour tous les types de <strong>catastrophes</strong> afin de pouvoir<br />

transposer d’un scénario à l’autre les mesures concernant<br />

les processus de règlement de <strong>sinistres</strong>. Ces mesures<br />

devraient par exemple être présentées sous forme de<br />

check-lists dans le PA.<br />

Un point important devant être pris en compte dans le PA<br />

concerne le comportement du client en matière de déclaration<br />

de sinistre. Dans certaines régions, il est courant que<br />

les déclarations soient remises personnellement au représentant<br />

de la société d’assurance. Souvent, les habitants<br />

restent auprès de leurs biens pour se protéger contre les<br />

pillages et n’ont donc pas la possibilité de faire une déclaration<br />

du sinistre. Si donc l’assureur n’envoie pas de<br />

régleur sur place, les déclarations de <strong>sinistres</strong> lui parviendront<br />

vraisemblablement avec du retard, ce qui souvent<br />

n’en facilite pas la compréhension. La conséquence directe<br />

– voir fig. 2 – dans cet exemple serait ainsi un besoin accru<br />

de personnel <strong>des</strong> services extérieurs et de régleurs et non<br />

pas un nombre insuffisant de rédacteurs <strong>sinistres</strong>. Cette<br />

conséquence devrait également s’inscrire dans le processus<br />

du PA.<br />

Inondation<br />

moyen<br />

< 50 ans<br />

1–2 jours<br />

1–3 jours<br />

Été/automne<br />

Séisme<br />

élevé<br />

< 100 ans<br />

aucun<br />

< 1 minute<br />

sans<br />

incidence<br />

Pour évaluer l’exposition <strong>aux</strong><br />

<strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> d’un<br />

endroit donné, il suffit d’appliquer<br />

<strong>des</strong> critères relativement simples<br />

mais toutefois pertinents. Les expériences<br />

tirées d’une catastrophe<br />

(par ex. une tempête) peuvent<br />

ensuite être transposées à un autre<br />

scénario de catastrophe potentielle<br />

(par ex. une inondation) et l’on peut<br />

en déduire <strong>des</strong> mesures adéquates.<br />

61


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Une fois que les différents scénarios individuels sont décrits,<br />

il faut mettre au point <strong>des</strong> contre-mesures et établir une liste<br />

de priorités pour les démarches suivantes. Il est important<br />

de faire également une évaluation <strong>des</strong> conséquences possibles<br />

pour sa propre société, sur une échelle allant de « négligeable<br />

» à « menace existentielle ». La figure 4 présente un<br />

schéma d’évaluation simple permettant de calculer le propre<br />

risque d’être touché par un dommage.<br />

Fig. 4 : Évaluation <strong>des</strong> facteurs de risque individuels<br />

+<br />

./.<br />

62<br />

Risque de sinistre =<br />

exposition immédiate/probabilité d’occurrence<br />

Fig. 5 : Matrice d’évaluation pour les risques<br />

Valeur<br />

maximale<br />

Dimension<br />

acceptable<br />

Exposition<br />

immédiate<br />

potentiel de <strong>sinistres</strong><br />

mesures de protection<br />

Limite de tolérance<br />

Risque avec mesure<br />

de protection<br />

Mesure<br />

de protection<br />

Valeur maximale<br />

Évaluation <strong>des</strong> facteurs de risque individuels<br />

Le potentiel de <strong>sinistres</strong> est en règle générale relativement<br />

facile à exprimer en valeur monétaire. Le danger immédiat<br />

et l’efficacité <strong>des</strong> mesures de protection sont, par contre,<br />

plus difficiles à évaluer. C’est pour cette raison qu’il est<br />

recommandé de se servir d’échelles d’évaluation utilisant<br />

<strong>des</strong> valeurs absolues (0 = peu important/très mauvais,<br />

5 = très important/bon) et de réaliser l’évaluation au sein<br />

d’une équipe composée de personnes provenant de divers<br />

départements et occupant <strong>des</strong> fonctions variées. Les chiffres<br />

obtenus peuvent être repris dans une matrice prédéfinie<br />

pour être ensuite évalués. La figure 5 montre un schéma de<br />

ce type grâce auquel il est facile de constater si le risque se<br />

trouve encore, ou non, dans un cadre acceptable.<br />

Risque sans mesure<br />

de protection<br />

Potentiel de<br />

<strong>sinistres</strong><br />

Le risque de sinistre d’un objet<br />

augmente avec son exposition<br />

immédiate, c’est-à-dire avec sa<br />

probabilité d’occurrence et son<br />

potentiel de <strong>sinistres</strong> (sur le plan<br />

financier). Il peut être réduit par<br />

<strong>des</strong> mesures de protection<br />

adéquates.<br />

La matrice permet une évaluation<br />

simple et pertinente du risque de<br />

sinistre. Les risques dépassant la<br />

limite de tolérance sont inacceptables<br />

et doivent être réduits. Ceci<br />

ne veut pourtant pas dire que les<br />

risques en <strong>des</strong>sous de la limite de<br />

tolérance n’exigent pas de mesures<br />

de prévention ou de réduction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>, ils se trouvent simplement<br />

plus bas dans la liste <strong>des</strong> priorités.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Que peut-on faire pour lutter contre les effets (négatifs)<br />

d’une catastrophe ?<br />

Une fois que la définition <strong>des</strong> scénarios de <strong>sinistres</strong> et de<br />

leurs conséquences éventuelles est terminée, il faut spécifier<br />

les contre-mesures.<br />

Pour les processus complexes, il est conseillé de subdiviser<br />

les actions prévues en :<br />

– mesures préventives<br />

– mesures à prendre pendant la catastrophe<br />

– reconstruction ou autres mesures consécutives<br />

Fig. 6 : Facteurs d’influence possibles sur la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Nombre <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> individuels<br />

atten<strong>dus</strong><br />

Urgence<br />

Cohérence<br />

Plusieurs facteurs ont une influence variée sur<br />

la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Pour éviter les goulets<br />

d’étranglement en cas de catastrophe, il faut<br />

décider préalablement quelles sont les valeurs<br />

importantes pour sa propre entreprise.<br />

Facteurs<br />

quantitatifs<br />

Facteurs temporels<br />

Informations <strong>des</strong><br />

investisseurs<br />

Il ne suffit pas bien sûr de se contenter de donner une liste<br />

de solutions possibles. Les mesures doivent être évaluées<br />

en fonction de leur efficacité et <strong>des</strong> facteurs d’influence<br />

présents. Et ceci sous-entend que les processus existants<br />

et les objectifs de l’entreprise sont connus et intégrés dans<br />

la planification.<br />

Outre la rentabilité, les besoins en ressources et les effets<br />

temporels, c’est le facteur humain qui joue un rôle essentiel<br />

lors de <strong>catastrophes</strong>. Les paramètres indiqués à la<br />

figure 6 devraient donc être pris en considération pour la<br />

définition et l’évaluation <strong>des</strong> contre-mesures. Certains de<br />

ces paramètres peuvent, dans <strong>des</strong> cas individuels, se compléter<br />

ou concourir. Il faut, le cas échéant, réévaluer les<br />

divers aspects ou chercher <strong>des</strong> alternatives et <strong>des</strong> solutions<br />

universellement applicables.<br />

Effet monétaire<br />

Dommages propres<br />

ou <strong>aux</strong> tiers ?<br />

PA du client<br />

Réserves<br />

Effet moral<br />

Alternatives<br />

Solution externe<br />

Accessibilité<br />

sur place<br />

Mesures<br />

immédiates<br />

Acomptes<br />

Risque<br />

existentiel<br />

Solution<br />

interne<br />

63


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Citons un exemple : le poids donné <strong>aux</strong> facteurs d’influence<br />

dépend <strong>des</strong> valeurs « éléments temporels » et « dommages<br />

propres/<strong>aux</strong> tiers ». Si ces composants se trouvent réunis<br />

dans un cas de sinistre, ce sont les intérêts du client qui,<br />

pour <strong>des</strong> raisons d’orientation clients, auront priorité. Si un<br />

dommage subi par la société d’assurance représente un<br />

danger pour la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans son ensemble, il<br />

faut bien sûr tout d’abord régler le dommage de l’assureur.<br />

Dans le cas d’une inondation, par exemple, une entreprise<br />

chargée du séchage s’occuperait en premier lieu <strong>des</strong> bâtiments<br />

et <strong>des</strong> installations de l’assureur.<br />

La mise en application d’un PA<br />

Lorsque le PA est défini dans ses gran<strong>des</strong> lignes, on en<br />

vient à la planification <strong>des</strong> détails qui sera suivi, par étapes,<br />

de la mise en application. Celle-ci comprend différentes<br />

phases indiquées à la figure 7.<br />

Fig. 7 : Les différentes étapes de la mise en application du PA<br />

Planification détaillée de mesures de réduction ou de suppression <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> et création<br />

d’une cellule catastrophe et d’un groupe spécial catastrophe (Cat-Task-Force/CTF).<br />

64<br />

Mise en place de mesures préventives<br />

Réaliser <strong>des</strong> simulations (exercices d’urgence)/améliorations<br />

Communication et formation <strong>des</strong> employés<br />

Perfectionnement permanent <strong>des</strong> processus<br />

Les exemples de cas suivants, qui représentent <strong>des</strong> scénarios<br />

individuels, illustrent comment un plan d’urgence peut<br />

se dérouler concrètement. La partie « Mesures » (secteur<br />

du bas dans le graphique ci-contre) comprend les mesures<br />

concrètes en cas de catastrophe et donc la part de planification<br />

se trouvant, pour sa majeure partie, dans le manuel<br />

d’urgence.<br />

Exemple 1 : une inondation cause <strong>des</strong> dommages chez un<br />

assureur. La figure 8 montre les diverses phases du PA,<br />

avec les éventuels problèmes internes de l’assureur.<br />

Exemple 2 : les routes sont coupées à cause d’une inondation.<br />

La figure 9 montre les diverses phases du PA, prenant<br />

en compte les éventuelles influences externes.<br />

Le cadre du PA pour les mesures<br />

nécessaires en cas de catastrophe<br />

étant défini, il faut élaborer les<br />

mesures individuelles et les<br />

mettre en place.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Fig. 8 : Les diverses étapes du déroulement d’un PA, avec les éventuels problèmes<br />

internes de l’assureur.<br />

Risque<br />

Conséquences<br />

Mesures<br />

Tempête<br />

Non-disponibilité <strong>des</strong> outils<br />

de travail nécessaires<br />

Catastrophes avec temps<br />

de pré-alerte<br />

Dommages<br />

<strong>aux</strong> bâtiments<br />

Insuffisance de<br />

capacité<br />

informatique<br />

Employés en<br />

vacances<br />

Employés <strong>des</strong><br />

antennes<br />

extérieures<br />

Les cases marquées en orange montrent, tout au<br />

long du scénario, le surplus de travail administratif<br />

causé par le grand nombre de déclarations de<br />

<strong>sinistres</strong> à la suite d’une inondation et par conséquent<br />

le besoin accru de rédacteurs <strong>sinistres</strong>.<br />

Une inondation est en général une catastrophe<br />

avec un temps de pré-alerte ; il est donc possible<br />

de prendre certaines mesures avant l’arrivée de<br />

l’événement. Pour être en mesure de maîtriser le<br />

Catastrophes sans<br />

temps de pré-alerte<br />

surcroît de travail, on peut faire appel <strong>aux</strong> employés<br />

<strong>des</strong> départements <strong>sinistres</strong> d’autres branches<br />

ou d’autres secteurs géographiques. Il est nécessaire<br />

que les employés obtiennent les droits<br />

d’accès nécessaires ainsi que les pouvoirs de<br />

régler les <strong>sinistres</strong>. Il s’agit là d’une étape qui<br />

peut être mise en œuvre de façon proactive, en<br />

amont.<br />

Panne <strong>des</strong> installations techniques/d’électricité/<strong>des</strong><br />

moyens de<br />

communication/de l’informatique<br />

Nombre insuffisant<br />

de spécialistes<br />

informatiques<br />

Collaborateurs<br />

externes<br />

Transfert <strong>des</strong> dossiers de<br />

<strong>sinistres</strong> <strong>aux</strong> antennes<br />

extérieures<br />

Départements <strong>sinistres</strong><br />

Secteur central Souscription<br />

d’autres branches/pays<br />

Vérifier les<br />

connaissances<br />

linguistiques<br />

Inondation<br />

Surplus de travail<br />

administratif<br />

Nombre insuffisant de<br />

rédacteurs <strong>sinistres</strong><br />

Employés non touchés<br />

Employés <strong>des</strong><br />

départements non touchés<br />

Régler l’accès<br />

<strong>aux</strong> systèmes<br />

Régler la<br />

coordination<br />

Analyse <strong>des</strong><br />

risques<br />

possibles<br />

Comment<br />

l’événement<br />

pourrait-il nous<br />

toucher ?<br />

Quelles sont<br />

les mesures<br />

nécessaires pour<br />

la gestion et la<br />

prévention <strong>des</strong><br />

risques ?<br />

65


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Fig. 9 : Les diverses étapes du déroulement d’un PA devant faire face à<br />

d’éventuelles influences externes.<br />

Risque<br />

Conséquences<br />

Mesures<br />

66<br />

Tempête<br />

Dommages <strong>aux</strong><br />

bâtiments<br />

Catastrophes avec temps<br />

de pré-alerte<br />

Panne du réseau<br />

de communication<br />

Propres employés<br />

Le scénario fait apparaître les effets rétroactifs<br />

sur les processus d’affaires de l’assureur. Il se<br />

peut qu’à la suite d’une inondation, les routes<br />

vers la région touchée soit coupées et que le<br />

réseau téléphonique soit perturbé. Il est donc<br />

impossible de remettre une déclaration de<br />

sinistre par voie normale ou d’envoyer un<br />

formulaire de déclaration. Pour pouvoir malgré<br />

Impossible de faire<br />

une déclaration directe<br />

Budget<br />

Inondation<br />

Routes coupées<br />

Interruption de la distribution/du<br />

ramassage du<br />

courrier<br />

Création d’un bureau<br />

provisoire sur place<br />

Expert <strong>sinistres</strong><br />

Ordre<br />

Catastrophes sans temps<br />

de pré-alerte<br />

Panne d’électricité/<br />

de distribution d’eau<br />

Approvisionnement<br />

général interrompu<br />

Impossible d’envoyer les formulaires<br />

de déclaration de <strong>sinistres</strong><br />

Rapport<br />

tout enregistrer les <strong>sinistres</strong> sans perdre de<br />

temps, un bureau provisoire est créé sur place<br />

dans lequel un expert <strong>sinistres</strong> est chargé de<br />

distribuer les formulaires, de recevoir les déclarations<br />

et d’organiser les visites d’inspection.<br />

L’expert peut par exemple transmettre une<br />

déclaration groupée à l’assureur par téléphone<br />

satellite.<br />

Contrat-cadre<br />

avec les experts<br />

<strong>sinistres</strong><br />

Analyse<br />

<strong>des</strong> risques<br />

possibles<br />

Comment<br />

l’événement<br />

pourrait-il<br />

toucher nos<br />

clients ?<br />

Quelles sont<br />

les mesures<br />

nécessaires pour<br />

la gestion et la<br />

prévention <strong>des</strong><br />

risques ?


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

<strong>Gestion</strong> de l’action en cas de sinistre à caractère<br />

catastrophique<br />

Comme ceci a déjà été dit, une catastrophe peut doublement<br />

toucher une société d’assurance, d’une part par les<br />

dommages <strong>des</strong> assurés et de l’autre par ceux touchant<br />

l’entreprise elle-même. La gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> nécessite<br />

donc une stratégie tournée à la fois vers l’extérieur et vers<br />

l’intérieur pour pouvoir, en situation d’urgence, garantir un<br />

suivi ordonné <strong>des</strong> dossiers.<br />

Dans le cadre de la stratégie interne, il faudrait créer <strong>des</strong><br />

organes et établir <strong>des</strong> règles pour pouvoir agir en cas de<br />

catastrophe. Il est important qu’au moins certains de ces<br />

organes soient en mesure de travailler de façon autonome.<br />

Il faut donc constituer <strong>des</strong> unités redondantes qui, tout du<br />

moins en partie, peuvent se charger de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

après la survenance de l’événement.<br />

La cellule catastrophe<br />

La cellule catastrophe est l’organe exécutant du PA en cas<br />

de catastrophe. Il n’est pas absolument indispensable que<br />

les membres du groupe spécial Cat-Task-Force (CTF) ou de<br />

la cellule soient les mêmes que ceux de l'équipe de planification<br />

d’origine.<br />

La cellule catastrophe s’occupe de la gestion <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong><br />

au niveau global de l’entreprise. Étant donné qu’elle<br />

doit, selon la situation, prendre <strong>des</strong> décisions immédiates,<br />

la cellule a besoin d’être habilitée <strong>des</strong> pouvoirs correspondants.<br />

Les rapports faits <strong>aux</strong> décideurs doivent suivre un<br />

parcours clair et rapide. Il serait irrationnel d’attendre que la<br />

catastrophe ne survienne pour répartir les fonctions et il faut<br />

donc que non seulement la cellule, mais également les autres<br />

employés, à tous les nive<strong>aux</strong> hiérarchiques, reçoivent<br />

auparavant <strong>des</strong> directives et <strong>des</strong> formations sur les conditions<br />

de travail en situation d’urgence.<br />

Toute catastrophe a pourtant toujours <strong>des</strong> effets inatten<strong>dus</strong><br />

sortant du cadre habituel et l’entraînement n’est donc<br />

possible que dans une mesure limitée. Il est recommandé<br />

de former un groupe spécial CTF chargé de faire face à ces<br />

défis exceptionnels.<br />

Le groupe spécial CAT-Task-Force (CTF)<br />

La fonction essentielle du CTF est d’exécuter <strong>des</strong> tâches qui<br />

n’apparaissent que rarement ou dans un cadre restreint en<br />

matière de gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Une mission typique prise<br />

en charge par un CTF est par exemple de se rendre sans tarder<br />

sur les lieux de la catastrophe pour se faire une idée <strong>des</strong><br />

dommages. Les membres du groupe spécial CTF fournissent<br />

en quelque sorte les tout premiers reportages et organisent<br />

les mesures, telles l’intervention <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs.<br />

En particulier pour les gros <strong>sinistres</strong>, ils peuvent avoir <strong>des</strong><br />

compétences spéciales, par exemple pour les acomptes ou<br />

bien remplir <strong>des</strong> fonctions de conseil technique, juridique ou<br />

assurantiel auprès <strong>des</strong> personnes lésées.<br />

Amélioration du déroulement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

La cellule et le groupe CTF s’occupent surtout <strong>des</strong> fonctions<br />

de direction dans la communication, l’organisation et<br />

le règlement. La gestion de base <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> ne changent<br />

pas de mains. Il est pourtant possible d’améliorer les processus<br />

standard au moyen de mesures spécialement<br />

conçues pour les <strong>catastrophes</strong>. Il ressort de presque toutes<br />

les enquêtes menées auprès <strong>des</strong> assurés autour du thème<br />

satisfaction <strong>des</strong> clients que ces derniers souhaitent un<br />

règlement rapide et efficace <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Une approche<br />

proactive de cette question au niveau de la gestion <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>, et en particulier <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de masse, peut être<br />

réalisée de 3 façons :<br />

– en se préparant bien <strong>aux</strong> événements escomptés<br />

– en mettant au point <strong>des</strong> processus de gestion<br />

performants<br />

– en gardant <strong>des</strong> réserves ou en augmentant les ressources<br />

en cas de sinistre<br />

Ces 3 points constituent en fait la base de tout plan d’urgence.<br />

Il est évident qu’un PA ne peut pas éliminer les<br />

influences extérieures qui rendent la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

difficile ou la retardent. Il aide cependant à fiabiliser les<br />

processus et apporte un soutien notoire dans le cadre <strong>des</strong><br />

potentiels propres et dans un espace temporel le plus<br />

réduit possible. Les mesures doivent donc être créées en<br />

fonction <strong>des</strong> scénarios de <strong>sinistres</strong> atten<strong>dus</strong>, c’est-à-dire<br />

selon<br />

– le type du sinistre,<br />

– le nombre <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels escomptés,<br />

– la propagation géographique <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels,<br />

– l’infrastructure existante.<br />

Les <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> entraînant en général une multitude<br />

d’événements individuels, l’optimisation <strong>des</strong> processus<br />

porte essentiellement sur les mesures de réduction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> ou les mesures anticipant la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

67


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Pour améliorer le déroulement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, on peut<br />

utiliser les moyens suivants :<br />

– recommandations en matière de prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

qui seraient par exemple envoyées en même temps que<br />

la police d’assurance (voir check-list en annexe)<br />

– créer et envoyer au préalable un formulaire unique de<br />

déclaration<br />

– créer et gérer <strong>des</strong> hot-lines <strong>sinistres</strong> et <strong>des</strong> services<br />

assistance<br />

– installer <strong>des</strong> outils informatiques permettant d’enregistrer,<br />

de gérer et d’évaluer les <strong>sinistres</strong> de masse<br />

– créer <strong>des</strong> outils informatiques pour pouvoir faire une<br />

estimation rapide de la charge globale <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

– établir <strong>des</strong> circuits de communication et un format de<br />

rapport uniformes pour les contacts avec la Direction,<br />

la presse, etc.<br />

Simulation, exercices d’urgence et analyses postévénement<br />

Pour mettre un PA en application, il faut s’être préparé à<br />

faire face à une situation d’urgence. Les exercices ont pour<br />

but non seulement de faire connaître les mesures d’urgence<br />

<strong>aux</strong> employés, mais également de déceler les faiblesses<br />

et les erreurs du système pour pouvoir y remédier.<br />

L’efficacité <strong>des</strong> mesures techniques d’urgence, par exemple<br />

avoir recours à de la capacité informatique externe,<br />

peut facilement être contrôlée par <strong>des</strong> simulations. Toute<br />

mesure ayant un impact direct sur le processus d’exploitation<br />

devrait toutefois faire l’objet d’un exercice d’urgence<br />

impliquant les employés concernés de façon à recenser le<br />

plus grand nombre possible de facteurs d’influence potentiels.<br />

Après chaque exercice, tout comme après chaque<br />

événement, il faut analyser toutes les expériences et intégrer<br />

les résultats dans <strong>des</strong> processus améliorés. Il est<br />

important de mettre en évidence les résultats tant négatifs<br />

que positifs. Étant donné que nous nous trouvons, comme<br />

ceci a déjà été mentionné, dans un domaine fonctionnant<br />

essentiellement sur une base empirique, les connaissances<br />

tirées <strong>des</strong> tests et de la pratique sont souvent la seule<br />

source de données.<br />

68<br />

Documentation et manuel d’urgence<br />

Dans la planification d’urgence, l’un <strong>des</strong> points essentiels<br />

est de fixer par écrit les différentes démarches à suivre en<br />

cas de catastrophe. Un manuel d’urgence doit être écrit de<br />

telle façon qu’il puisse être compris par toute personne<br />

externe ayant <strong>des</strong> connaissances techniques normales,<br />

sans pour autant être au courant <strong>des</strong> secrets de l’entreprise.<br />

En plus de la version électronique, il doit exister <strong>des</strong> exemplaires<br />

imprimés du manuel, dont un au moins devrait être<br />

conservé à l’extérieur de l’entreprise. Il est recommandé de<br />

remettre un exemplaire, toujours actualisé bien entendu, à<br />

chacun <strong>des</strong> membres du CTF et de la cellule.<br />

Prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

L’un <strong>des</strong> éléments fondament<strong>aux</strong> d’une gestion performante<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> est le facteur temps. En règle générale,<br />

plus on réagit tôt et rapidement à un sinistre, plus il reste<br />

limité. L’échelle de priorités est donc la suivante :<br />

– prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

– réduction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

– règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> et remise en état<br />

L’objectif principal doit donc être la prévention. En général,<br />

les conditions d’assurance obligent l’assuré à prendre, à<br />

ses frais, <strong>des</strong> mesures de prévention et de réduction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>. Cette obligation pour l’assuré d’intervenir par<br />

anticipation représente un aspect déterminant de la gestion<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Il a pourtant longtemps été sous-estimé,<br />

en particulier dans l’assurance <strong>des</strong> particuliers. Les cas<br />

sont rarissimes où l’on demande à l’assuré d’indiquer les<br />

mesures qu’il a prises pour réduire d’éventuels <strong>sinistres</strong>.<br />

Les <strong>sinistres</strong> catastrophiques étant en augmentation permanente,<br />

c’est pourtant là un aspect qui occupera une<br />

place de plus en plus importante dans le règlement <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>, car c’est le seul moyen de faire évoluer les mentalités<br />

et d’empêcher les assurés de se reposer totalement<br />

sur les assurances. Il faut qu’ils comprennent qu’ils sont<br />

liés à une obligation contractuelle d’éviter les dommages,<br />

dans la mesure du possible.<br />

Il est clair que personne ne peut empêcher une catastrophe<br />

naturelle. En ce qui concerne les <strong>sinistres</strong>, et tout spécialement<br />

les <strong>sinistres</strong> individuels, il existe toujours <strong>des</strong> possibilités<br />

de prévenir ou de minimiser les <strong>sinistres</strong>. Ceci est<br />

également valable pour les dommages subis par l’assureur<br />

lui-même. L’une <strong>des</strong> approches possibles est proposée par<br />

les check-lists, en annexe de la brochure, qui devraient<br />

faire partie intégrante du PA.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Plans d’action pour les assureurs<br />

Communication<br />

Pour qu’un PA fonctionne sans problème, il est indispensable<br />

que la communication soit assurée pendant toutes les<br />

phases du plan. L’assuré devrait être informé, en amont,<br />

par exemple au moyen de la police, <strong>des</strong> mesures de réduction<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> ou <strong>des</strong> formalités de déclaration. L’information<br />

du public et <strong>des</strong> marchés financiers est également<br />

d’une importance croissante pour que les communiqués<br />

sur les charges attendues soient publiées « juste à temps ».<br />

En ce qui concerne la communication du risque, nous<br />

renvoyons à la brochure de la MR sur ce thème (n o de<br />

commande MR 302-03158).<br />

Perspectives<br />

Le nombre croissant <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> exige de<br />

la part <strong>des</strong> assureurs la recherche constante de nouvelles<br />

approches en matière de gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Les professionnels<br />

de l’assurance sont de plus en plus nombreux à<br />

reconnaître les signes du temps et ils s’orientent désormais,<br />

surtout en assurance <strong>des</strong> particuliers et au-delà du<br />

dédommagement monétaire classique, sur ce que l’on<br />

appelle la restitution en nature. Il s’agit ici d’un service<br />

comprenant les mesures les plus diverses de remise en état<br />

ou de remplacement <strong>des</strong> biens endommagés de l’assuré.<br />

Dans l’ensemble, il est nécessaire d’intégrer davantage<br />

l’assuré dans la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, pas seulement parce<br />

qu’il est le mieux placé pour connaître le risque individuel,<br />

mais également parce que c’est lui qui peut intervenir le<br />

plus tôt dans le déroulement d’un sinistre.<br />

69


Résumé et perspectives<br />

Modèles de <strong>sinistres</strong> récurrents – Approches innovantes<br />

Les grands défis qui se posent à la gestion de<br />

<strong>sinistres</strong> lors de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> ont été<br />

décrits au moyen d’exemples de dommages<br />

concrets, et les données et leçons à en tirer ont été<br />

exposées.<br />

70<br />

Le 1 er septembre, jour anniversaire du tremblement<br />

de terre du Kanto en 1923, les écoliers<br />

japonais à Tokyo portent <strong>des</strong> capuches<br />

matelassées <strong>des</strong>tinées à les protéger contre la<br />

chute de débris. C’est ainsi que l’on prépare<br />

chaque année <strong>des</strong> milliers de personnes au<br />

séisme majeur qui pourrait à tout moment<br />

toucher le Japon.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong><br />

Résumé et perspectives<br />

La présente publication décrit les princip<strong>aux</strong> défis qui se posent à la<br />

gestion de <strong>sinistres</strong> lors de <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong>. En s’appuyant<br />

sur <strong>des</strong> exemples de <strong>sinistres</strong> concrets, elle soumet <strong>aux</strong> sociétés<br />

d’assurance de précieuses propositions d’amélioration ainsi que <strong>des</strong><br />

pistes de solution permettant une action proactive.<br />

Nous avons eu à faire à une série d’événements naturels<br />

importants dans le passé récent : les 4 ouragans <strong>aux</strong> États-<br />

Unis en 2004, le typhon en Corée et au Japon en 2003, les<br />

inondations en Europe en 2002, les tempêtes d’hiver en<br />

Europe en 1999 ainsi que les séismes en Turquie en 1999 et<br />

au Japon en 1995. Toutes les <strong>catastrophes</strong> ont été soigneusement<br />

analysées et <strong>des</strong> aspects intéressants ont été mis<br />

en lumière lors du règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, tout particulièrement<br />

en ce qui concerne la situation d’urgence qui règne<br />

après la survenance d’une catastrophe et les défis <strong>aux</strong>quels<br />

est confronté l’assureur. En nous appuyant sur <strong>des</strong><br />

exemples de <strong>sinistres</strong>, nous montrons clairement que<br />

nombre de défis se posent, mais aussi qu’il existe <strong>des</strong> solutions<br />

pour optimiser la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. Il faut s’occuper<br />

<strong>des</strong> clients avec encore plus de rapidité et de professionnalisme.<br />

Car les <strong>sinistres</strong> font partie intégrante <strong>des</strong><br />

opérations d’assurance pour les assureurs directs et les<br />

réassureurs – et souvent, ce n’est que lorsqu’ils sont en<br />

présence d’un sinistre que les clients et l’économie nationale<br />

peuvent vraiment apprécier la qualité et la valeur<br />

ajoutée offertes par les assureurs.<br />

Aujourd’hui, la gestion professionnelle <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans<br />

le cadre du règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> individuels est chez<br />

tous les assureurs synonyme de « best practice ». Les dommages<br />

provoqués par <strong>des</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> dont il<br />

est question ici montrent cependant que ce professionnalisme<br />

doit aussi être appliqué au management de milliers<br />

de <strong>sinistres</strong> de cumul et de gros <strong>sinistres</strong>. Pour la gestion<br />

de <strong>sinistres</strong> d’urgence, il convient de se conformer au<br />

principe suivant : à une catastrophe succède toujours une<br />

autre catastrophe ! Cela signifie qu’après la survenance<br />

d’un événement il faut analyser ce qui a bien fonctionné,<br />

ce qui a été négatif et comment on peut s’améliorer. Pour<br />

permettre à nos clients d’effectuer une brève analyse, nous<br />

avons élaboré à leur intention, à titre de service, un catalogue<br />

de check-lists situé en annexe.<br />

72<br />

<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> : Quo vadis ?<br />

Systèmes d’alerte précoce<br />

Il sera plus que jamais nécessaire de disposer de systèmes<br />

d’alerte précoce efficaces qui devront contribuer à l’établissement<br />

de prévisions précises sur les événements et à la<br />

mise en pratique d’une gestion proactive <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>. La<br />

mise en œuvre <strong>des</strong> plans d’action peut ainsi avoir lieu<br />

encore plus tôt. À cet égard, on peut, aujourd’hui déjà, citer<br />

l’exemple <strong>des</strong> applications en matière de logistique de<br />

l’information, grâce <strong>aux</strong>quelles les alertes <strong>aux</strong> intempéries<br />

lancées par les services d’information sont communiquées<br />

directement et à temps <strong>aux</strong> personnes touchées. Les informations<br />

météorologiques sont transmises <strong>aux</strong> personnes<br />

sur le support qu’elles ont choisi (téléphone, téléfax, e-mail,<br />

téléphone portable, pager). Il est également possible de<br />

consulter les alertes météo lorsque l’on change de lieu de<br />

résidence (pendant <strong>des</strong> voyages par exemple). Pour cela,<br />

les utilisateurs sont localisés via leur téléphone portable et<br />

reçoivent ensuite – si nécessaire – une alerte par SMS.<br />

À l’avenir, il sera accordé une importance beaucoup plus<br />

grande <strong>aux</strong> alertes précoces et, de ce fait, à l’intensification<br />

de la prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans le domaine <strong>des</strong> risques<br />

naturels.<br />

Géocodage<br />

Le géocodage aide à identifier les modèles de <strong>sinistres</strong> et<br />

permet d’améliorer leur gestion au plan local. Nous avons<br />

montré en détail combien cette méthode est performante.<br />

L’objectif poursuivi étant d’exploiter les possibilités offrant<br />

le plus grand potentiel de réduction <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, une<br />

attention toute particulière sera accordée, dans le futur,<br />

<strong>aux</strong> systèmes de localisation par satellite.


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Résumé et perspectives<br />

Plans d’action<br />

Un plan d’action (PA) augmente la flexibilité en cas de<br />

sinistre, car il organise les processus d’instruction <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>. Une approche globale permet, en cas de catastrophe<br />

(sinistre naturel, gros sinistre, perte d’image de<br />

marque, sinistre catastrophique dû au terrorisme), de<br />

concentrer le peu de ressources disponibles sur les points<br />

essentiels. Il est alors possible, non seulement d’augmenter<br />

l’efficacité et la fiabilité de la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, mais<br />

également d’arriver à une réduction <strong>des</strong> coûts. La mise en<br />

œuvre d’un plan d’urgence fait ressortir les points faibles<br />

de l’entreprise et apporte ainsi une valeur ajoutée non<br />

négligeable.<br />

À l’avenir, les assurés seront, eux aussi, davantage intégrés<br />

dans la gestion <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> (prévoyance en amont et<br />

suivi en aval), pas seulement parce qu’il sont les mieux<br />

placés pour connaître le risque individuel (prévention <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong>), mais également parce que ce sont eux qui peuvent<br />

intervenir le plus tôt dans le déroulement d’un sinistre<br />

(réduction de sinistre).<br />

Offres de services innovantes de la Münchener Rück<br />

Les services Sinistres disposent de ressources limitées, et<br />

ce, non seulement pour le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> catastrophiques.<br />

Les informations essentielles doivent être à jour<br />

et à portée de la main. Les offres de services innovantes de<br />

la Münchener Rück, développées à l’origine pour nos<br />

cédantes alleman<strong>des</strong>, vont dans ce sens :<br />

– Le système informatique de management <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

par connect.munichre propose, en ligne, <strong>aux</strong> rédacteurs<br />

<strong>sinistres</strong> de nos clients <strong>des</strong> informations sur certains<br />

types de <strong>sinistres</strong> choisis, tels que les événements naturels<br />

par exemple. La navigation dans le système est fonction<br />

de la façon dont l’assureur direct traite les dossiers.<br />

Le suivi et l’actualisation <strong>des</strong> informations est effectué à<br />

un niveau central, et il suffit ensuite <strong>aux</strong> utilisateurs d’appuyer<br />

sur une touche pour disposer de celles-ci immédiatement.<br />

– <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans le cadre d’événements naturels<br />

(NatCat Loss Estimation Service) : la Münchener<br />

Rück a mis au point et testé une méthode (reposant sur<br />

le géocodage) en vue d’une estimation et d’une gestion<br />

rapide <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> dans le cadre d’événements naturels.<br />

Sur la base <strong>des</strong> données <strong>des</strong> polices avec adresses géocodées<br />

et grâce <strong>aux</strong> informations relatives à la météorologie<br />

fournies par <strong>des</strong> tiers et traitées par le Groupe de<br />

Recherche GéoRisques de la Münchener Rück, il est possible<br />

d’analyser rapidement, pour chaque portefeuille<br />

individuel, l’incidence d’un événement concret tel qu’une<br />

tempête. Ces informations sont ensuite transmises à la<br />

cédante. Les courts temps de traitement permettent<br />

même, dans certaines circonstances, de prévenir les<br />

assurés menacés.<br />

L’assurance et la réassurance <strong>des</strong> risques naturels constituent<br />

l’un <strong>des</strong> rares domaines de croissance existant dans<br />

l’assurance Dommages. En conséquence, il faudrait faire<br />

appel <strong>aux</strong> meilleurs métho<strong>des</strong> et procédés disponibles<br />

pour les processus, les structures et les outils utilisés pour<br />

ces opérations, notamment dans le cadre de l’instruction et<br />

du règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>.<br />

La Münchener Rück est en mesure de mettre à votre disposition<br />

<strong>des</strong> experts du Département Dommages et du Groupe<br />

de Recherche GéoRisques, qui pourront vous apporter leur<br />

appui avant et après une catastrophe. La présente brochure<br />

a pour objet de contribuer à répondre <strong>aux</strong> attentes <strong>des</strong> assurés,<br />

<strong>des</strong> autorités de surveillance ainsi que <strong>des</strong> employés et<br />

<strong>des</strong> actionnaires <strong>des</strong> compagnies d’assurance en ce qui<br />

concerne la gestion professionnelle <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong>, et à faire<br />

face le mieux possible <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> à venir.<br />

73


Annexe : check-lists pour une gestion<br />

proactive <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

<strong>Gestion</strong> professionnelle <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> pour<br />

les assureurs et les assurés<br />

Les mesures, indiquées dans les check-lists qui<br />

suivent, ont seulement valeur d’exemple et ne<br />

sauraient être considérées comme exhaustives.<br />

74


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

A. Check-list pour les assureurs<br />

Mesures à prendre avant une catastrophe<br />

Mettre au point un plan d’action qui tient compte de la survenance de plusieurs<br />

événements catastrophiques et le tester<br />

Concevoir <strong>des</strong> systèmes informatiques et organiser la gestion <strong>des</strong> documents de<br />

façon à pouvoir traiter plusieurs milliers de dossiers de <strong>sinistres</strong> et de résoudre au<br />

plan technique le problème du rattachement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>aux</strong> événements qui les<br />

ont provoqués, afin d’éviter les doubles décomptes<br />

Élaborer un concept permettant <strong>aux</strong> clients d’établir et d’envoyer leur déclaration de<br />

sinistre (sur <strong>des</strong> formulaires simplifiés ou par l’Internet)<br />

Prendre <strong>des</strong> mesures de prévention <strong>des</strong> dommages (application de standards techniques,<br />

amélioration <strong>des</strong> règles de construction et <strong>des</strong> sauvegar<strong>des</strong> informatiques) ;<br />

cette recommandation vaut à la fois pour les assurés et pour les assureurs qui peuvent<br />

eux aussi être touchés par la catastrophe<br />

Procéder à l’évaluation du risque en faisant, si possible, une inspection chez l’assuré<br />

pour vérifier si les standards techniques de sécurité vis-à-vis <strong>des</strong> périls naturels sont<br />

respectés<br />

Conclure <strong>des</strong> accords-cadre avec <strong>des</strong> sociétés spécialisées dans la liquidation <strong>des</strong><br />

<strong>sinistres</strong> et dans le nettoyage et l’assainissement <strong>des</strong> loc<strong>aux</strong><br />

Préparer une liste <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs et <strong>des</strong> experts disponibles<br />

Identifier et contrôler le risque de cumul <strong>des</strong> périls naturels que peut présenter<br />

le portefeuille<br />

Fournir <strong>aux</strong> clients <strong>des</strong> modèles NatCat et <strong>des</strong> outils appropriés (par ex. zones Cresta<br />

et service MRcatPML) de façon à pouvoir évaluer l’exposition du portefeuille<br />

Géocoder le portefeuille<br />

Préparer <strong>des</strong> informations (cartes) indiquant les scénarios et les expositions <strong>aux</strong>quels<br />

les zones touchées peuvent être confrontées<br />

Tenir à la disposition du réassureur ou d’autres spécialistes <strong>des</strong> événements naturels<br />

les données nécessaires à <strong>des</strong> étu<strong>des</strong> et <strong>des</strong> analyses scientifiques<br />

Encourager l’utilisation et l’amélioration de systèmes d’alerte précoce<br />

Estimer les SMP et transmettre l’information au réassureur ; actualiser régulièrement<br />

les estimations<br />

75


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

<strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

76<br />

Créer un comité d’action et faire prendre les premières mesures<br />

Premières estimations de sinistre ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– évaluation <strong>des</strong> propres dommages subis<br />

– prise de vues aériennes (qui facilitent éventuellement une première estimation)<br />

– géocodage <strong>des</strong> portefeuilles (ce qui simplifie la première estimation <strong>des</strong> dommages)<br />

– prise en compte <strong>des</strong> déclarations tardives<br />

– prise en considération du surcoût <strong>des</strong> frais d’expert, <strong>des</strong> tarifs <strong>des</strong> sociétés de<br />

réparation et du prix du matériel utilisé<br />

Mettre en application le plan d’urgence actuel<br />

Constituer une équipe pour les gros <strong>sinistres</strong><br />

Enregistrer les gros <strong>sinistres</strong><br />

Prévoir et gérer l’intervention <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs<br />

Rechercher <strong>des</strong> ressources disponibles pour le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> (personnel en<br />

congé, à la retraite, en congé parental, etc.)<br />

Surveiller et gérer la charge de travail <strong>des</strong> services administratifs et <strong>des</strong> services<br />

commerci<strong>aux</strong><br />

Préparer une liste <strong>des</strong> numéros de téléphone et <strong>des</strong> adresses e-mail de tous les<br />

gestionnaires de <strong>sinistres</strong><br />

Mettre à la disposition <strong>des</strong> collaborateurs et <strong>des</strong> clients <strong>des</strong> informations concernant<br />

les mesures prioritaires et le règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Remettre <strong>aux</strong> inspecteurs-régleurs et <strong>aux</strong> gestionnaires de <strong>sinistres</strong> <strong>des</strong> résumés <strong>des</strong><br />

conditions d’assurance et <strong>des</strong> clauses<br />

Mettre en place <strong>des</strong> outils informatiques permettant le traitement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de<br />

masse<br />

Définir <strong>des</strong> circuits de communication et <strong>des</strong> chaînes d’information uniformes


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

Déclaration de <strong>sinistres</strong> et règlement<br />

Installer une hotline ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– numéros de téléphone (gratuits) pour déclarer les <strong>sinistres</strong><br />

– convertir les appels téléphoniques en fichiers sonores, lesquels pourront être<br />

envoyés sous forme de courriers électroniques <strong>aux</strong> gestionnaires <strong>sinistres</strong><br />

– en cas d’encombrement de l’installation téléphonique, avoir recours éventuellement<br />

<strong>aux</strong> téléphones mobiles personnels <strong>des</strong> collaborateurs<br />

– annonce préenregistrée <strong>des</strong> réponses <strong>aux</strong> questions les plus fréquentes (FAQ)<br />

concernant l’étendue de la garantie et les mesures conservatoires<br />

– créer et gérer <strong>des</strong> services d’assistance<br />

Créer sur place dans les zones sinistrées <strong>des</strong> bure<strong>aux</strong> mobiles chargés du règlement<br />

<strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> (ouverture <strong>des</strong> dossiers ou paiements)<br />

Prévoir et gérer l’intervention <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– évaluer et augmenter les ressources en personnel, si besoin est, en rappelant les<br />

absents, les retraités ou en formant <strong>des</strong> souscripteurs, <strong>des</strong> commerci<strong>aux</strong>, etc.<br />

– accorder <strong>des</strong> autorisations de règlement, en vérifier les limites et éventuellement<br />

les adapter<br />

– prendre le plus tôt possible <strong>des</strong> photos <strong>des</strong> dégâts pour les utiliser à <strong>des</strong> fins de<br />

documentation<br />

– gérer le planning <strong>des</strong> déplacements et <strong>des</strong> rendez-vous <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs<br />

– faire le point sur les conditions de circulation (routes ou ponts détruits ou<br />

infranchissables, etc.)<br />

– premières inspections <strong>des</strong> zones sinistrées, une fois le danger passé (force du vent,<br />

hauteur d’eau, répliques sismiques)<br />

– intégrer dans la planification l’interdiction d’accéder dans les zones sinistrées<br />

Optimiser l’enregistrement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

– mettre à la disposition <strong>des</strong> collaborateurs un formulaire simplifié permettant une<br />

déclaration groupée <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> de masse, que l’on peut éventuellement remplir<br />

sur un micro-ordinateur<br />

Établir une liste <strong>des</strong> priorités pour le traitement <strong>des</strong> dossiers de sinistre et pour<br />

les visites ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– confier le règlement <strong>des</strong> gros <strong>sinistres</strong> et <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> pertes d’exploitation à <strong>des</strong><br />

inspecteurs-régleurs expérimentés<br />

– fixer pour certains <strong>sinistres</strong> un règlement simplifié et sur seule étude du dossier<br />

– documenter rapidement les <strong>sinistres</strong> afin de les distinguer <strong>des</strong> autres événements<br />

et <strong>des</strong> événements précédents<br />

– faire intervenir si possible le même inspecteur-régleur lorsqu’un assuré déclare<br />

plusieurs événements dommageables<br />

– faire appel, si besoin est, à <strong>des</strong> spécialistes de la fraude<br />

Mandater et gérer les inspecteurs-régleurs externes ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– tenir compte de l’infrastructure détruite dans le plan d’intervention et dans le<br />

traitement du nombre <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

– prendre éventuellement en considération le surcoût <strong>des</strong> frais d’expert, s’il y a pénurie<br />

d’experts<br />

– penser à la situation linguistique et culturelle dans la zone sinistrée<br />

– prévoir l’utilisation de téléphones satellite ou de talkies-walkies en cas de panne <strong>des</strong><br />

rése<strong>aux</strong> de téléphonie fixe et mobile<br />

– gérer le travail <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs (souvent possible avec <strong>des</strong> portefeuilles<br />

géocodés)<br />

– envisager l’utilisation de systèmes GPS de façon à localiser le lieu d’assurance<br />

Mandater <strong>des</strong> sociétés de réparation et <strong>des</strong> sociétés spécialisées dans le nettoyage et<br />

l’assainissement<br />

77


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

78<br />

Conduite à adopter par l’assureur lorsqu’il a lui-même subi <strong>des</strong> dommages et qu’il n’y a<br />

plus suffisamment de postes de travail ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– installer les collaborateurs dans <strong>des</strong> bure<strong>aux</strong> mobiles<br />

– créer <strong>des</strong> postes de travail à domicile connectés à l’Internet<br />

– déplacer les personnels chargés du traitement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> sur simple étude <strong>des</strong><br />

dossiers vers d’autres unités de l’entreprise qui n’ont pas été touchées<br />

Augmenter, si besoin est, l’équipement bureautique (photocopieuses et imprimantes)<br />

Traiter les questions relatives au règlement <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> ; plusieurs mesures sont<br />

possibles :<br />

– franchise applicable lorsque plusieurs événements naturels se chevauchent dans le<br />

temps<br />

– franchise applicable lorsque plusieurs risques couverts par une police sont frappés<br />

par un sinistre<br />

– plafonds d’indemnisation (question de l’indemnisation maximale ou de la franchise)<br />

– dommages assurés en vertu d’arrêtés administratifs<br />

– frais assurés (couverture <strong>des</strong> frais occasionnés par les mesures préventives ou<br />

conservatoires suite à la catastrophe)<br />

– pertes d’exploitation sans dommages matériels<br />

– dommages indirects<br />

Communiquer le plus rapidement possible au réassureur les estimations de sinistre<br />

ainsi que les bases sur lesquelles elles ont été calculées ; lui communiquer également<br />

à intervalles réguliers et rapprochés les actualisations <strong>des</strong> montants mis en réserve<br />

Mettre le plus tôt possible à la disposition du réassureur toutes informations utiles :<br />

paiements déjà effectués, bordere<strong>aux</strong>, traités concernés, schémas d’indemnisation,<br />

estimations de perte définitive


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

B. Check-list Plan d’urgence<br />

Mettre en place une équipe de planification<br />

Constituer une équipe<br />

Répartir les pouvoirs<br />

Définir les tâches<br />

Élaborer un plan et un budget<br />

Analyser les ressources et les dangers<br />

Vérifier les plans internes et les polices<br />

Échange d’expériences avec <strong>des</strong> groupes externes<br />

Contrôler/identifier les instructions et les règlements<br />

Identifier les produits, services et processus critiques<br />

Identifier les ressources internes et les capacités<br />

Vérifier les assurances<br />

Dresser une liste <strong>des</strong> situations d’urgence et <strong>des</strong> probabilités de survenance<br />

de ces situations<br />

Conséquence possible sur l’homme<br />

Conséquence possible sur les biens<br />

Conséquence possible sur les activités<br />

Évaluer les ressources internes et externes<br />

Concevoir le plan, le cas échéant, pour plusieurs événements catastrophiques<br />

79


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

Développer un plan d’urgence<br />

80<br />

Rassembler les pièces nécessaires à la planification, telles que résumé, mesures<br />

d’urgence, documents de support (chaînes d’information, listes de numéros de<br />

téléphone, etc.)<br />

Identifier les défis ; établir une liste de priorités pour les activités<br />

Élaborer un plan d’urgence<br />

Élaborer un programme d’entraînement<br />

Gérer la coordination avec les organisations extérieures<br />

Entretenir <strong>des</strong> contacts avec les organisations intérieures<br />

Remanier les exercices<br />

Faire approuver officiellement le plan<br />

Distribuer le plan<br />

Mettre en œuvre un plan d’urgence<br />

Intégrer le plan dans les circuits internes de la société<br />

Effectuer <strong>des</strong> séances d’entraînement<br />

Évaluer le plan et le modifier, si nécessaire


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

C. Check-list en cas d’intervention d’inspecteurs-régleurs<br />

externes<br />

Critères d’intervention <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs<br />

Mandater les inspecteurs-régleurs (leur mission est fonction, le cas échéant, du type<br />

et du montant de sinistre, <strong>des</strong> pertes d’exploitation, de leurs connaissances linguistiques)<br />

<strong>Gestion</strong> et organisation <strong>des</strong> missions <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs<br />

Fixer le plan d’intervention <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs dans les zones touchées<br />

Coordonner les inspecteurs-régleurs, au niveau régional<br />

Gérer la coopération et l’information entre les inspecteurs-régleurs et les assureurs<br />

et/ou les assurés<br />

Déterminer la charge de travail moyenne et/ou le nombre de dossiers instruits par<br />

chaque inspecteur-régleur et procéder à une régulation<br />

Gérer la chaîne d’information et son déroulement dans le temps en ce qui concerne le<br />

traitement <strong>des</strong> dossiers de sinistre (nombre de rapports provisoires et ordre dans<br />

lequel ils doivent être établis, rapport final)<br />

Accords contractuels<br />

Conclure éventuellement <strong>des</strong> accords de coopération (en exclusivité) entre les<br />

inspecteurs-régleurs et les assureurs et/ou les assurés<br />

Si les inspecteurs-régleurs recourent à <strong>des</strong> sous-traitants (sociétés, collaborateurs<br />

indépendants), vérifier la qualité de ces derniers<br />

Communication<br />

Définir les circuits et les moyens de communication avec les inspecteurs-régleurs<br />

(téléphone mobile, talkie-walkie, téléphone satellite)<br />

Utiliser, le cas échéant, <strong>des</strong> systèmes GPS pour localiser le lieu d’assurance<br />

81


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

Tâches et compétences <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs<br />

82<br />

Donner <strong>aux</strong> inspecteurs-régleurs le pouvoir de régler les <strong>sinistres</strong> (compte tenu du type<br />

et du montant)<br />

Vérifier périodiquement s’ils connaissent les termes de la police ; contrôler si les questions<br />

importantes en matière de règlement (conditions de garantie et d’indemnisation)<br />

ont été prises en compte<br />

Leur laisser, le cas échéant, la possibilité d’introduire <strong>des</strong> mesures conservatoires<br />

Vérifier que les règles de construction <strong>des</strong> bâtiments ont été respectées<br />

Si un même lieu d’assurance est frappé par plusieurs cataclysmes :<br />

– les inspecteurs-régleurs vérifient l’application <strong>des</strong> franchises, aident à évaluer les<br />

pertes d’exploitation (pertes d’exploitation étendues en raison de l’arrêt <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong><br />

de réparation dû à l’arrivée d’un nouvel événement : dommages consécutifs ou<br />

nouve<strong>aux</strong> dommages ?)<br />

– les inspecteurs-régleurs apportent leur concours lorsque les assurés ont tendance à<br />

demander <strong>des</strong> dédommagements exagérés (détection et prévention de la fraude)<br />

Structure <strong>des</strong> coûts<br />

Fixer la rétribution <strong>des</strong> inspecteurs-régleurs (prix à la journée/tarif horaire, forfaits<br />

déplacements, etc.)<br />

Intégrer éventuellement dans le coût de sinistre une modification de la structure <strong>des</strong><br />

droits et <strong>des</strong> coûts de règlement de <strong>sinistres</strong> (s’il y a pénurie d’inspecteurs-régleurs)<br />

Élaborer <strong>des</strong> mesures visant à détecter le double décompte <strong>des</strong> frais de déplacement<br />

(en cas d’intervention d’un inspecteur dans la même zone)


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

D. Check-list en cas d’intervention de sociétés de<br />

nettoyage et d’assainissement <strong>des</strong> loc<strong>aux</strong><br />

Mandater rapidement une société de nettoyage en fonction du type et du montant de<br />

sinistre ; envisager une interruption de son activité<br />

Vérifier quel type de sinistre doit être traité en priorité (dommages <strong>dus</strong> à l’humidité,<br />

moisissures)<br />

Sélectionner <strong>des</strong> techniques de nettoyage et d’assainissement pour <strong>des</strong> bâtiments et<br />

<strong>des</strong> installations spéciales ; vérifier si l’on a recours à <strong>des</strong> techniques particulièrement<br />

coûteuses<br />

Vérifier la formation et la qualité du travail <strong>des</strong> agents <strong>des</strong> sociétés de nettoyage et<br />

d’assaissement intervenant sur place (expérience en matière de nettoyage, de<br />

séchage, d’assainissement, connaissances en langues)<br />

Conclure éventuellement <strong>des</strong> accords de coopération (en exclusivité) entre les sociétés<br />

de nettoyage et d’assainissement et les assureurs et/ou les assurés<br />

Vérifier si la société de nettoyage et d’assainissement emploie <strong>des</strong> sous-traitants<br />

(sociétés, collaborateurs indépendants) ainsi que la qualité du travail de ces derniers<br />

Coordoner les sociétés de nettoyage et d’assainissement, au niveau régional<br />

Définir les circuits et les moyens de communication (téléphone mobile, talkie-walkie,<br />

téléphone satellite) entre la société de nettoyage, l’assuré et l’assureur<br />

Décider <strong>des</strong> mesures d’assainissement en étroite collaboration avec la société de<br />

nettoyage, l’assuré et l’assureur<br />

Vérifier la structure <strong>des</strong> droits et <strong>des</strong> coûts <strong>des</strong> prestations de nettoyage et d’assainissement<br />

(montant <strong>des</strong> trav<strong>aux</strong>, montants fixes, prix par unité)<br />

Calculer, le cas échéant, une augmentation <strong>des</strong> frais d’assainissement<br />

83


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

E. Check-list pour les assurés<br />

(essentiellement in<strong>dus</strong>triels)<br />

Généralités<br />

84<br />

Identifier les zones touchées par les périls naturels et demander <strong>des</strong> informations à<br />

l’assureur local<br />

En cas d’exposition <strong>aux</strong> périls naturels, se renseigner auprès <strong>des</strong> autorités locales pour<br />

savoir s’il existe <strong>des</strong> plans d’urgence et d’évacuation<br />

Consulter la compagnie d’assurances qui se chargera de visiter et d’apprécier les<br />

risques et d’émettre <strong>des</strong> recommandations en matière de prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Développer un plan d’action et un plan d’urgence en cas de catastrophe et le tester<br />

Personnel<br />

Constituer une équipe d’intervention d’urgence (emergency response team)<br />

Informer le personnel sur la sécurité et sur les expériences lors de <strong>catastrophes</strong><br />

<strong>naturelles</strong> et le former<br />

Mettre en œuvre <strong>des</strong> mesures d’entraînement permettant la préparation et la maîtrise<br />

<strong>des</strong> situations d’urgence<br />

Bâtiments et équipements<br />

Tenir compte <strong>des</strong> règles de sécurité en vigueur pour la construction et/ou la remise en<br />

état de bâtiments et d’équipements. Consulter l’assureur, le réassureur, l’architecte ou<br />

l’ingénieur du génie civil pour obtenir <strong>des</strong> conseils professionnels sur les mesures de<br />

prévention <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong><br />

Vérifier l’installation pour détecter les points faibles et son éventuelle vulnérabilité et<br />

prendre <strong>des</strong> mesures pour réduire ces risques<br />

Contrôler à intervalles réguliers les divers éléments <strong>des</strong> installations sur le plan de la<br />

construction, de la technique et de l’organisation<br />

Conclure un contrat-cadre avec <strong>des</strong> sociétés spécialisées dans le nettoyage et<br />

l’assainissement <strong>des</strong> loc<strong>aux</strong><br />

Prévoir une alimentation de secours en cas de coupure de courant<br />

Documenter à l’aide de photos ou d’enregistrements vidéo les bâtiments,<br />

les structures, les installations et les produits essentiels<br />

Envisager de déplacer les documents et les équipements dans <strong>des</strong> endroits sûrs<br />

Mesures précédant ou suivant immédiatement la catastrophe<br />

Prendre les mesures d’urgence conformément au plan d’action<br />

Suivre les alertes <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> dans les médias<br />

Vérifier si les rése<strong>aux</strong> d’alimentation en énergie et en flui<strong>des</strong> ont été endommagés<br />

Déclencher l’alimentation électrique de secours


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

Mesures spécifiques<br />

1. Inondation<br />

Vérifier si les zones où se trouvent les installations sont exposées <strong>aux</strong> risques<br />

d’inondation, de refoulement et de pluies torrentielles<br />

Déplacer les documents et les équipements et les mettre dans <strong>des</strong> endroits plus élevés<br />

Suivre les alertes <strong>aux</strong> inondations (radio)<br />

Demander à l’assureur toutes informations sur l’assurance Inondation (exposition à<br />

ce risque)<br />

Réfléchir <strong>aux</strong> mesures de protection <strong>des</strong> installations contre les inondations ; plusieurs<br />

mesures sont possibles :<br />

– mettre en œuvre les dispositifs de coupure d’urgence <strong>des</strong> installations<br />

– boucher les fenêtres, les portes ou autres ouvertures à l’aide de matéri<strong>aux</strong> résistants à<br />

l’eau (parpaings ou briques)<br />

– installer <strong>des</strong> clapets anti-retour et anti-refoulement pour éviter le retour <strong>des</strong> e<strong>aux</strong> dans<br />

les loc<strong>aux</strong> techniques<br />

– renforcer, le cas échéant, les murs afin qu’ils puissent mieux résister à la pression<br />

hydraulique<br />

– construire <strong>des</strong> murs étanches autour <strong>des</strong> équipements ou <strong>des</strong> zones de travail <strong>des</strong><br />

installations, particulièrement exposés <strong>aux</strong> inondations<br />

– envisager la construction de murs de protection ou de digues à l’extérieur de<br />

l’installation in<strong>dus</strong>trielle afin de retenir l’eau<br />

– ancrer les cuves de stockage (<strong>des</strong> combustibles, <strong>des</strong> produits chimiques) pour<br />

éviter qu’elles ne soient soulevées et emportées par l’eau ; remplir les cuves vi<strong>des</strong> ;<br />

rehausser les conduits de ventilation<br />

– serrer les freins <strong>des</strong> grues et fixer les ponts mobiles<br />

– protéger ou déplacer les biens entreposés à l’air libre<br />

– installer, le cas échéant, <strong>des</strong> portes étanches<br />

– prévoir, le cas échéant, <strong>des</strong> ouvertures dans les soubassements de façon à ne pas<br />

gêner l’écoulement de l’eau (pour ne pas affecter la solidité du bâtiment)<br />

– mettre en place <strong>des</strong> murs mobiles de protection contre les inondations<br />

– installer éventuellement une pompe avec une alimentation de secours pour pomper<br />

l’eau en permanence<br />

– identifier les matéri<strong>aux</strong> ou produits chimiques dangereux qui sont dans <strong>des</strong> entrepôts<br />

inondables, les déplacer ou les stocker en hauteur<br />

– stocker les documents importants et les objets de valeur en lieu sûr<br />

– couper l’alimentation <strong>des</strong> installations électriques pour éviter les courts-circuits <strong>dus</strong> à<br />

l’humidité<br />

– protéger les fours, les chauffe-eau, les table<strong>aux</strong> électriques et autres équipements, les<br />

surélever ou les déplacer<br />

– déplacer les contenus/les biens pouvant être inondés ; réduire les stocks exposés <strong>aux</strong><br />

inondations ; si possible, les mettre en hauteur, les déménager ou les mettre à l’abri<br />

Empêcher les dommages consécutifs <strong>dus</strong> à l’humidité en enlevant ou en séchant les<br />

contenus/biens touchés par l’eau<br />

85


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

2. Tremblement de terre<br />

86<br />

Déterminer l’exposition <strong>des</strong> installations <strong>aux</strong> tremblements de terre (par l’intermédiaire<br />

de l’assureur ou du réassureur)<br />

Interroger les autorités locales et l’assureur pour connaître l’exposition du lieu<br />

d’assurance et du voisinage au risque sismique<br />

Faire vérifier par un expert (ingénieur du génie civil) les défauts de structure<br />

Mettre en œuvre les dispositifs de coupure d’urgence <strong>des</strong> installations<br />

Mettre au point <strong>des</strong> mesures de renforcement et de protection et établir une liste <strong>des</strong><br />

priorités ; plusieurs mesures sont possibles :<br />

– ajouter au cadre <strong>des</strong> entretoises métalliques ou <strong>des</strong> murs de renforcement<br />

– renforcer les colonnes et murs de fondation <strong>des</strong> bâtiments<br />

– remplacer les murs en briques qui ne sont pas renforcés avec du ciment<br />

– <strong>des</strong>cendre les gros objets lourds sur les rayons inférieurs <strong>des</strong> étagères ou les poser<br />

sur le sol et les fixer s’ils présentent un danger pour les personnes<br />

– fixer les étagères, les armoires de rangement, les meubles hauts, les appareils de<br />

bureau, les ordinateurs, les imprimantes, les photocopieuses et autres appareils<br />

inventoriés pour les empêcher de glisser ou de se renverser<br />

– ancrer dans le sol les équipements stationnaires et les machines qui pèsent lourd<br />

– mettre, si possible, les équipements plus grands sur <strong>des</strong> roulettes et les attacher <strong>aux</strong><br />

murs avec <strong>des</strong> sangles<br />

– mettre, si nécessaire, <strong>des</strong> entretoises dans les plafonds suspen<strong>dus</strong><br />

– poser, là où c’est nécessaire, du verre de sécurité<br />

– protéger les conduites d’alimentation et les conduites in<strong>dus</strong>trielles principales<br />

– protéger plus particulièrement les systèmes de secours (colonnes sèches)<br />

– installer <strong>des</strong> embouts flexibles sur les conduites de façon à empêcher toute fuite de<br />

gaz ou d’eau<br />

– respecter les normes de construction locales et les règles d’utilisation <strong>des</strong> sols<br />

Préparer <strong>des</strong> doubles <strong>des</strong> plans de construction pour pouvoir apprécier la solidité du<br />

bâtiment après un séisme<br />

Contrôler d’un œil critique l’utilisation et le stockage de matéri<strong>aux</strong> dangereux ; séparer<br />

les produits chimiques qui sont incompatibles entre eux<br />

Fixer <strong>des</strong> points de rassemblement pour le personnel après un séisme – à l’intérieur<br />

<strong>des</strong> installations, mais loin <strong>des</strong> murs extérieurs et <strong>des</strong> fenêtres<br />

Effectuer avec le personnel <strong>des</strong> exercices de simulation et d’évacuation en cas de<br />

secousse sismique


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Annexe<br />

3. Tempête<br />

Mettre en œuvre l’alerte <strong>aux</strong> tempêtes ainsi que les plans d’évacuation et préparer <strong>des</strong><br />

moyens de transport pour les collaborateurs<br />

Arrimer les équipements et les structures à l’air libre<br />

Protéger les fenêtres (avec <strong>des</strong> volets ou du bois)<br />

Vérifier régulièrement la charpente <strong>des</strong> toits<br />

Préparer une couverture de toit et <strong>des</strong> bâches pour réduire les dommages consécutifs<br />

Mettre en œuvre les dispositifs d’arrêt d’urgence <strong>des</strong> installations<br />

Effectuer <strong>des</strong> exercices de simulation et d’évacuation en cas de tempête, d’ouragan et<br />

de tornade<br />

Installer <strong>des</strong> pompes pour éliminer l’eau et prévoir une alimentation électrique de<br />

secours<br />

Préparer le déménagement de certaines parties de l’installation à un autre endroit<br />

Effectuer un back-up <strong>des</strong> enregistrements, <strong>des</strong> logiciels et <strong>des</strong> données importantes<br />

Mettre en place <strong>des</strong> mesures d’assainissement (séchage par exemple) pour éviter les<br />

dommages consécutifs <strong>dus</strong> à l’humidité (corrosion, moisissures)<br />

Mettre à l’abri et protéger les véhicules automobiles<br />

87


Münchener Rück, <strong>Gestion</strong> <strong>des</strong> <strong>sinistres</strong> <strong>dus</strong> <strong>aux</strong> <strong>catastrophes</strong> <strong>naturelles</strong> Auteurs<br />

Auteurs<br />

Pr. Dr. Peter Höppe<br />

Responsable du Groupe de<br />

Recherche GéoRisques/<strong>Gestion</strong><br />

de l’environnement – Corporate<br />

Underwriting/Global Clients<br />

Dr. Alfons Maier<br />

Responsable Knowledge<br />

Management<br />

Topic Network Property Claims<br />

Ingénieur <strong>Gestion</strong>naire Risques et<br />

Sinistres Senior, Département<br />

Sinistres Europe 1<br />

Andreas Siebert<br />

Responsable Géoinformatique et<br />

Communication<br />

Groupe de Recherches GéoRisques –<br />

Corporate Underwriting/Global<br />

Clients<br />

Peter Wißhak<br />

Juriste <strong>Gestion</strong>naire Sinistres<br />

Secteur Opérationnel Claims<br />

Management and Consulting –<br />

Corporate Underwriting/Global<br />

Clients<br />

88<br />

Uwe Kastl<br />

Ingénieur <strong>Gestion</strong>naire Risques et<br />

Sinistres<br />

Secteur Opérationnel Claims<br />

Management and Consulting –<br />

Corporate Underwriting/Global<br />

Clients<br />

Ernst Rauch<br />

Chef de département<br />

Risque tempêtes, météorologiques et<br />

climatiques, Groupe de Recherche<br />

GéoRisques/<strong>Gestion</strong> de l’environnement<br />

– Corporate Underwriting/<br />

Global Clients<br />

Dr. Anselm Smolka<br />

Chef de département<br />

Séismes/Inondations, Groupe de<br />

Recherche GéoRisques –<br />

Corporate Underwriting/Global<br />

Clients<br />

Dr. Horst Kirrmann<br />

Ingénieur <strong>Gestion</strong>naire Risques et<br />

Sinistres<br />

Département Sinistres – Asie,<br />

Australasie, Afrique<br />

Jürgen Ruß<br />

Ingénieur <strong>Gestion</strong>naire Risques et<br />

Sinistres<br />

Département Sinistres – Asie,<br />

Australasie, Afrique<br />

Thomas J. Toth<br />

Vice-président<br />

Property Claims – American Re<br />

Dr. Wolfgang Kron<br />

Responsable Risques hydrologiques;<br />

Département <strong>des</strong> risques géophysiques<br />

et hydrologiques, Groupe de<br />

Recherche GéoRisques/<strong>Gestion</strong> de<br />

l’environnement – Corporate Underwriting/Global<br />

Clients<br />

Barbara Sättler<br />

Souscriptrice junior<br />

Special and Financial Risks –<br />

Munich-American RiskPartners<br />

Klaus Wenselowski<br />

Ingénieur <strong>Gestion</strong>naire Risques et<br />

Sinistres Senior<br />

Secteur Opérationnel Claims<br />

Management and Consulting –<br />

Corporate Underwriting/Global<br />

Clients


© 2006<br />

Münchener Rückversicherungs-Gesellschaft<br />

Königinstrasse 107<br />

80802 München<br />

Allemagne<br />

Téléphone : +49 (89) 38 91-0<br />

Téléfax : +49 (89) 39 90 56<br />

http://www.munichre.com<br />

Responsable du contenu<br />

Knowledge Management – Property Net<br />

Topic Network Property Claims<br />

Contact<br />

Dr. Alfons Maier<br />

Téléphone : +49 (89) 38 91-53 83<br />

Téléfax : +49 (89) 38 91-7 53 83<br />

E-mail : amaier@munichre.com<br />

Illustrations<br />

Photo de la couverture : Erwin Doering/VISUM<br />

Page 2 : Joe Skipper/Reuters/CORBIS<br />

Page 5 : Roger Ressmeyer/CORBIS<br />

Page 13 : Till Leeser/Bilderberg<br />

Page 21 : Associated Press/AP<br />

Page 22 : Archives MR<br />

Page 24 : Archives MR<br />

Page 26 : Associated Press, YONHAP<br />

Page 29 : Archives MR<br />

Page 31 : Archives MR<br />

Page 33 : 1–3 ABSG Consulting, www.absconsutling.com/<br />

4–6 Archives MR<br />

Page 36 : Archives MR<br />

Page 37 : Archives MR<br />

Page 38 : Masaharu Hatano/Reuters/CORBIS<br />

Page 42 : picture-alliance/dpa<br />

Page 43 : picture-alliance/dpa<br />

Page 45 : Archives MR<br />

Page 47 : picture-alliance/dpa<br />

Page 53 : Reuters/CORBIS<br />

Page 54 à gauche : Archives MR<br />

Page 54 à droite : CORBIS<br />

Page 56 : picture-alliance/dpa<br />

Page 71 : Reuters/CORBIS<br />

Impression<br />

Druckerei Fritz Kriechbaumer<br />

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Numéro de commande 302-04647

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