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23 janvier 1922 - Bibliothèque de Toulouse

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LUNDI <strong>23</strong> JANVIER <strong>1922</strong> - 31 e Année - N° 10.563<br />

Téléphone : 2-12 — Chèque Postal : C. N° 4.936<br />

i5 c Organe <strong>de</strong> Défense Sociale et Religieuse i5 0,<br />

DIR.EJOTION as, Rue PRIX DES ABONNEMENTS<br />

Hociuelaine, <strong>Toulouse</strong><br />

France et colonies « tr.<br />

Etranger 15 i<br />

a Mort <strong>de</strong> Sa Sainteté BENOIT XV<br />

Benoît XV vient <strong>de</strong> succomber, au Vatican,<br />

après sept années et <strong>de</strong>mie <strong>de</strong><br />

règne. Le Pontife, jeune encore, dont<br />

nous avions l'honneur <strong>de</strong> recevoir récemment<br />

la bémédiction, et qui, sous un<br />

aspect chétif et peut-être à cause <strong>de</strong> cela,<br />

paraissait avoir à peine dépassé la cinquantaine,<br />

n'a pas résisté aux atteintes<br />

d'un mal supporté avec <strong>de</strong>s sentiments<br />

<strong>de</strong> foi et <strong>de</strong> résignation qui ont fait l'admiration<br />

du mon<strong>de</strong> chrétien et peuvent<br />

servir d'exemple à chacun d'entre nous.<br />

Le cardinal Giacomo délia Chiesa avait<br />

été élevé au pontificat suprême, à une<br />

heure particulièa-ement émouvante. La<br />

nouvelle <strong>de</strong> son élection était parvenue<br />

aux Français qui défendaient leur sol<br />

envahi le jour même où le siège du gouvernement<br />

français était transféré à Bor<strong>de</strong>aux.<br />

C'étaient les plus sombres jours <strong>de</strong><br />

l'invasion, les heures les plus horribles<br />

d'une guerre dont les crimes n'avaient<br />

pas été sans contribuer à abréger les<br />

jours <strong>de</strong> Pie X. Religio <strong>de</strong>populata !<br />

Quelle plus saisissante illustration <strong>de</strong> la<br />

prophétie attribuée à saint Malaehie !<br />

Collaborateur du cardinal Rampolla et<br />

confi<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la pensée <strong>de</strong> l'ancien secrétaire<br />

d'Etat <strong>de</strong> Léon XIII, son élection<br />

fut considérée comme un triomphe pour<br />

l'Entente ; peut-être à cause <strong>de</strong> cela,<br />

nous attendions-nous, nous Français, à<br />

entendre sortir <strong>de</strong> sa bouche d'autres<br />

paroles que celles qu'il pouvait prononcer.<br />

La haine et la calomnie ont trop<br />

souvent empêché <strong>de</strong> saisir tout le sens<br />

<strong>de</strong> celles qu'il a proférées.<br />

Elu au plus fort <strong>de</strong> la guerre, père <strong>de</strong><br />

tous les catholiques, il a voulu être surtout<br />

le Pape <strong>de</strong> la paix ; le nom même<br />

qu'il choisit et qui avait été porté, pour<br />

la <strong>de</strong>rnière fois, par un archevêque <strong>de</strong><br />

Bologne, comme lui, pontife pacifique,<br />

doux et tolérant, était une indication,<br />

sans doute intentionnelle, du caractère<br />

qu'il entendait donner à son pontificat.<br />

Il fut, en effet, le Pape <strong>de</strong> la paix ;<br />

c'est dès juillet 1915 qu'il écrivait, dans<br />

son premier appel aux belligérants :<br />

« Qu'il soit béni celui qui, le premier,<br />

élèvera une branche d'olivier et tendra<br />

la main à l'ennemi, en lui offrant <strong>de</strong>s<br />

conditions raisonnables <strong>de</strong> paix ; souhaitons<br />

la réconciliation <strong>de</strong>s Etats ; que les<br />

peuples, re<strong>de</strong>venus frères, reviennent<br />

aux pacifiques travaux <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s, <strong>de</strong>s<br />

arts et <strong>de</strong> l'industrie ; qu'une fois établi<br />

l'empire du droit, 'ls déci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> confier<br />

dorénavant la solution <strong>de</strong> leurs différends,<br />

non plus au tranchant <strong>de</strong> l'épée,<br />

mais aux raisons <strong>de</strong> justice et d'équité<br />

étudiées avec le calme et la pondération<br />

nécessaires. »<br />

Ce calme et cette pondération, la présence<br />

du Saint-Père au sein du Conseil<br />

<strong>de</strong>s Nations eût, sans doute, réussi à les<br />

apporter où les parties <strong>de</strong> golf <strong>de</strong><br />

Washington ou <strong>de</strong> Cannes n'ont fait<br />

naître que confusions.<br />

Depuis, ses appels en faveur d'une<br />

paix chrétienne ne furent pas toujours<br />

compris ; ses interventions à Berlin, par<br />

l'intermédiaire d'Erzberger, <strong>de</strong>meurèrent<br />

sans résultat. La paix s'est faite sans<br />

le Pape ; la Société <strong>de</strong>s Nations aussi ;<br />

sa place y est toujours vi<strong>de</strong>. A l'Evangile<br />

dont il y eût apporté les préceptes,<br />

on a préféré les 14 points du prési<strong>de</strong>nt<br />

Wilson. Pensez-vous que le mon<strong>de</strong> s'en<br />

trouvera mieux ?<br />

Après que l'Europe eut déposé les armes,<br />

le maintien <strong>de</strong> la paix fut la constante<br />

préoccupation <strong>de</strong> Benoît XV, soit<br />

qu'il écrivît aux évêques d'Allemagne<br />

pour la réparation <strong>de</strong>s maux <strong>de</strong> la<br />

guerre, soit qu'il félicitât la Suisse pour<br />

l'usage qu'elle a fait du don <strong>de</strong> la paix ;<br />

qu'il prescrive <strong>de</strong>s prêts pour les enfants<br />

affamés <strong>de</strong> l'Europe centrale, ou qu'il remercie<br />

M. Hoover <strong>de</strong>s efforts qu'il a faits<br />

en faveur <strong>de</strong>s enfants malheureux d'Europe,<br />

ou qu'enfin il publie son Encyclique<br />

<strong>de</strong> mai 1920 sur la réconciliation et<br />

la paix, dans laquelle il prétendait donner<br />

lui-même l'exemple du pardon en<br />

levant, sous certaines conditions, l'interdiction<br />

faite aux chefs d'Etats catholiques<br />

d'aller au Quirinal.<br />

La paix, il l'a voulue aussi avec la<br />

gouvernement français et l'action personnelle<br />

du Pape qui a canonisé Jeanne<br />

d'Arc et qui a maintenu, malgré notre<br />

absence <strong>de</strong> Rome, le protectorat exclusif<br />

<strong>de</strong> la France sur toutes les communautés<br />

catholiques du Levant, n'a pas peu contribué<br />

à la reprise <strong>de</strong> relations voulue<br />

non seulement par tous les catholiques,<br />

mais par tous les bons Français.<br />

La France est aujourd'hui à Rome,<br />

avec les autres nation?, souvent séparées<br />

<strong>de</strong> l'Eglise romaine, par l'ignorance,<br />

l'hérésie ou le schisme ; la France catholique<br />

prie <strong>de</strong>vant la couche où repose le<br />

Pape mort ; elle prie et <strong>de</strong>man<strong>de</strong> que<br />

la paix faite dans les actes officiels entre<br />

Paris et Rome se fasse aussi dans les<br />

cœurs entre le gouvernement français et<br />

les catholiques ; elle sait que l'impartialité<br />

n'exclut pas la justice, que la conciliation<br />

et la bonté n'excluent pas la fer-<br />

meté, ni l'amour <strong>de</strong> la paix, l'affirmation<br />

<strong>de</strong> ses droits <strong>de</strong> nation et <strong>de</strong> Fille<br />

aînée <strong>de</strong> l'Eglise. *<br />

Et dans le Pape ressuscité qui remontera,<br />

dans quelques jours, sur le Trône<br />

<strong>de</strong> Saint-Pierre, elle attend, avec confiance,<br />

le Père pru<strong>de</strong>nt et ferme, auquel<br />

elle s'apprête à apporter l'hommage <strong>de</strong><br />

sa vénération et <strong>de</strong> sa soumission.<br />

fiaston GUÊZE.<br />

Rome, <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

SA SAINTETÉ LE PAPE BENOIT XV A<br />

RENDU SON AME A DIEU DE MATIN A 6 HEU-<br />

RES.<br />

Un <strong>de</strong>s plus récents instantanés<br />

tiu Pape BENOIT XV sur le trône pontifical<br />

BIOGRAPHIE DE BENOIT XV<br />

La jeunesse<br />

Né à Gènes, le 21 novembre 1854, Jacques<br />

délia Chiesa fit ses étu<strong>de</strong>s au séminaire <strong>de</strong><br />

Gênes et suivit les cours <strong>de</strong> droit <strong>de</strong> l'Université,<br />

où il prit son doctorat en droit, le<br />

2 août 1875.<br />

Après avoir subi les <strong>de</strong>rniers examens il<br />

se <strong>de</strong>stina à la carrière ecclésiastique et vint<br />

à Rome faire sa théologie. Il se fit admettre<br />

au Collège Capranica et suivit les cours <strong>de</strong><br />

la Grégorienne, où il prit ses gra<strong>de</strong>s en théologie.<br />

Ordonné prêtre le 21 décembre 1878, il entra<br />

ensuite à l'Académie <strong>de</strong>s nobles ecclésiastiques.<br />

C'est dans cette maison d'étu<strong>de</strong> spéciale<br />

qu'il se forma à la carrière diplomatique.<br />

Mgr Rampolla était secrétaire <strong>de</strong> la Propagan<strong>de</strong><br />

quand Léon XIII le <strong>de</strong>stina à la nonciature<br />

d'Espagne. Le nouveau nonce, mai connaissait<br />

l'abbé délia Chiesa, le prit comme<br />

secrétaire, le 2 <strong>janvier</strong> 1883. A partir du moment<br />

où il fut emmené à Madrid par Migr<br />

Rampolla, la vie <strong>de</strong> Mpr délia Ghiesa, qui<br />

avait été fait à cette occasion camérier secret<br />

<strong>de</strong> Sa Sainteté, le 28 mai 1883, se confond avec<br />

celle <strong>de</strong> son supérieur. Il reste quatre ans en<br />

Espagne, puis revient à Rome avec le cardinal,<br />

que Léon XIII <strong>de</strong>stinait à être son secrétaire<br />

d'Etat, en 1887. Dans cette haute situation,<br />

le cardinal Rampolla ne voulut point<br />

se séparer dut secrétaire dont il venait d'apprécier<br />

les rares et soli<strong>de</strong>s qualités. Il se connaissait<br />

en hommes.<br />

Au Vatican, Mgr Jacques délia Chiesa cumulait<br />

une double fonction : officiellement, il<br />

était minutante <strong>de</strong> la Seorétairerie d'Etat et,<br />

en cette qualité, était chargé <strong>de</strong> rédiger la<br />

minute <strong>de</strong>s pièces qui <strong>de</strong>vaient être expé- -<br />

djiées. Mais il avait une autre fonction, c'était<br />

d'être le secrétaire particulier, l'homme <strong>de</strong><br />

confiance du secrétaire d'Etat. Il resta longtemps<br />

dans cette position, officiellement subalterne,<br />

<strong>de</strong> minutante. Il aurait pu évi<strong>de</strong>mment,<br />

se servant <strong>de</strong> la protection du cardinal<br />

Rarnipolla, arriver à <strong>de</strong>s charges plus hautes.<br />

De 1887 à 1900, c'est-à-dire pendant 13 années,<br />

il resta dans cette charge secondaire.<br />

Le 18 juillet 1900, il fut nommé prélat domestique<br />

; le <strong>23</strong> avril 1901, il franchissait le<br />

<strong>de</strong>rnier échelon <strong>de</strong> sa carrière et était nommé<br />

substitut <strong>de</strong> la Seorétairerie d'Etat et secrétaire<br />

du chiffre. C'est à cause <strong>de</strong> cette charge<br />

la première <strong>de</strong> la Secrétairerie d'Etat, quîil<br />

était nommé, le 30 mai <strong>de</strong> cette même année,<br />

Consulter du Saint-Office. .<br />

" C'est pendant qu'il était à la Secrotairene<br />

d'Etat, qu'il fut nommé, par le gouvernement<br />

français chevalier <strong>de</strong> la Légion d'honneur,<br />

par décret du 21 <strong>janvier</strong> 1889. Mgr Gasparri,<br />

qui est <strong>de</strong>venu son secrétaire d'Etat, l est aussi.<br />

C'est le premier pape qui ait eu cette déco-<br />

lonisait que Benoît XV parle très bien_ le<br />

français et qu'il alla à Lour<strong>de</strong>s, en août 1913,<br />

avec un pèlerin âge italieni <strong>de</strong>,8.000 ' P«r^rmes.<br />

Il s'arrêta à Notre-Dame <strong>de</strong> la Gar<strong>de</strong>, à Marseille,<br />

et à Sflint-Sernin <strong>de</strong> <strong>Toulouse</strong><br />

Léon XIII mourut le 20 millet 1903, et le<br />

poste <strong>de</strong> secrétaire «lu Sacré Collège était vacant,<br />

par la mort <strong>de</strong> Mgr Volpim • les cardinaux<br />

<strong>de</strong>vaient choisir un secrétaire Deux<br />

noms furent mis en présence : celui <strong>de</strong> Mgr<br />

délia Chiesa et celui <strong>de</strong> M'sr Merry <strong>de</strong>l Val. Il<br />

semble que le choix <strong>de</strong> ce <strong>de</strong>rnier fût dû surfit<br />

; > l'influence personnelle du cardinal Oreoha<br />

doyen du Sacré Collège, ma s le seul<br />

fnit'nue MKT délia Chiesa avait été sur les<br />

rangs^ontre l'estime qu'en faisaient les car.<br />

dinaux.<br />

Mgr délia Chiesa sous Pie X<br />

Quahâ Pie X fut élu. Mgr Merry <strong>de</strong>l Val<br />

<strong>de</strong>vint pro-secrétaire, puis après son élévation<br />

Su cardinal, secrétaire d'Etat. Il conserva tous<br />

les emolovéS <strong>de</strong> cette secrétairerie et, parmi<br />

eux te statut et secrétaire du Chiffre La<br />

continuation <strong>de</strong> cette faveur montre combien<br />

le prélat en était digne et ce n'est point un<br />

iiJrô v-nio- ire «ne «le dire qu'il fut le servi-<br />

L'Archevêque <strong>de</strong> Bologne<br />

Le 16 décenifor,e 1907, Pie X nomme *f*rr délia<br />

Chiesa a la tête <strong>de</strong> l'archidiocèse <strong>de</strong> Bologne,<br />

vacant par suite <strong>de</strong> la mort du cardinal<br />

Svampa ; ce n'était point sans motif. Ce siège<br />

conduit presque toujours au cardinalat ;<br />

mais il est particulièrement difficile. Les Bolonais,<br />

dit-on, ont la réputation d'être «tes<br />

gens remuante et il n'est pas toujours facile<br />

<strong>de</strong> les contenir ; il faut une souplesse très<br />

gran<strong>de</strong> associée à une fermeté <strong>de</strong> caractère<br />

Qui ne se laisse point démonter. C'est parce<br />

que Mgr délia Chiesa avait fait montre <strong>de</strong> ces<br />

Qualités, difficiles parfois à se concilier, qu'il<br />

fut désigné pour ce siège important. Suivant<br />

l'usage, car c'est un privilège <strong>de</strong>s prélats palatins,<br />

il fut sacré par Pie X, le 22 décembre<br />

1907. La cérémonie se fit à la chapelle Sdxtine,<br />

puis il partit pour Bologne où il fut intronise<br />

le <strong>23</strong> février 1908.<br />

A partir <strong>de</strong> ce moment, la vie <strong>de</strong> l'archevêque<br />

se confond avec celle <strong>de</strong> son diocèse<br />

dtont il était l'âme. Il fut bien accueilli. Mais<br />

l' archevêque <strong>de</strong>vait monter plus haut. Le 25<br />

mai 1914, il était créé cardmal-prêtre <strong>de</strong> la<br />

Sainte Eglise Romaine, et le 28 mai, recevait<br />

le chapeau avec le titre <strong>de</strong>s Quatre Saintes<br />

Couronnes dont il prenait possession le<br />

4 juin.<br />

À cette occasion, les Bolonais voulurent<br />

montrer combien ils tenaient h leur archevêque,<br />

et appréciaient ses gran<strong>de</strong>s qualités <strong>de</strong><br />

père et <strong>de</strong> prélat. Le «ordinal avait reçu <strong>de</strong><br />

nombreux ca<strong>de</strong>aux religieux ; un comité se<br />

forma pour lui donner quelque chose <strong>de</strong> plus<br />

pratique, et, quand il revint <strong>de</strong> Rome, le cardinal<br />

trouvait, à la porte <strong>de</strong> son palais une<br />

splendi<strong>de</strong> automobile fermée dont ses diocésains<br />

lui faisaient hommage, pour qu'il put<br />

plus facilement paraourlr son diocèse.<br />

Le Souverain-Pontife<br />

Le 20 août 1914, Pie X rendait à Dieu son<br />

âme magnifique, frappé par la bronchite et<br />

toisai, comme l'affirmait son mé<strong>de</strong>cin, le professeur<br />

Martfhiafava. par l'immense angoisse<br />

que lui apportait la guerre mondiale.<br />

Le 3' septembre au matin, au dixième scrutin,<br />

le cardinal délia Chiesa était élu Pape.<br />

Ayant accepté l'élection, il prenait le nom<br />

<strong>de</strong> Benoît XV. ,.<br />

Le cardinal délia Volpe, camerlingue puis<br />

les cardinaux, à tour <strong>de</strong> rôle, s'agenouillèrent<br />

et'baisèrent la main du nouveau Pontife, dont<br />

Ils reçurent l'accola<strong>de</strong> <strong>de</strong> paix. Le cardinal<br />

camerlingue mit alors, au doigt <strong>de</strong> Benoit XV,<br />

l'Anneau du Pécheur.<br />

La Proclamation<br />

A 11 h. 30, le cardinal délia Volpe parut au<br />

balcon du portique <strong>de</strong> Saint-Pierre pour annoncer<br />

l'élection. On rapporte qu'au même<br />

moment on entendit, au milieu du silence <strong>de</strong><br />

la foule, les ordres donnés par les officiers<br />

italiens <strong>de</strong> présenter les armes. Les soldats<br />

italiens, dans la position <strong>de</strong> l'immobilité, rendirent<br />

ainsi le premier hommage <strong>de</strong> l'Italie<br />

à Benoît XV. .<br />

Le nouveau Pape donna ensuite, à l'intérieur<br />

<strong>de</strong> Saint-Pierre, sa première bénédiction urbi<br />

et orbi, selon le cérémonial romain, puis les<br />

cloches <strong>de</strong> toutes les églises <strong>de</strong> Rome sonnèrent<br />

joyeusement pendant une heure.<br />

Le soir après la secon<strong>de</strong> obédience <strong>de</strong>s cardinaux,<br />

S. S. Benoît XV se rendit aux appartements<br />

pontificaux préparés au troisième<br />

étage du Vatican<br />

Le couronnement fut fixé au dimanche 6<br />

septembre ,dans la chapelle Sixtine et non<br />

dans la basilique <strong>de</strong> Saint-Pierre. Cette forme<br />

moins éclatante fut choisie à cause <strong>de</strong>s graves<br />

circonstances que traversait l'Europe.<br />

S. S. Benoît XV.on se le rappelle, notifia<br />

directement à M. Pomcaré, prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la<br />

République, son élévation au Souverain Pontificat.<br />

Benoît XV était le 265 successeur <strong>de</strong> Saint-<br />

Pierre, prince <strong>de</strong>s Apôtres et vicaire <strong>de</strong> Jésus-<br />

Christ.<br />

BUSTES ET PORTRAITS DU PAPE<br />

En 1915, M. Rcdin, le célèbre sculpteur<br />

français, a fait le buste en marbre <strong>de</strong> Sa<br />

Sainteté Benoît XV. Malgré ses occupations<br />

et préoccupations, le Pape donna quelques<br />

séances <strong>de</strong> pose à, l'artiste, qui loua dans la<br />

presse sa gran<strong>de</strong> courtoisie.<br />

En 1918, M. Albert BesnajEÛ» directeur, <strong>de</strong><br />

l'Ecole française à Rome, avait fait le por,.<br />

trait <strong>de</strong> Benoît XV, que M. Henry Cochln décrivait<br />

ainsi :<br />

« Le Pape, dans les jardins du Vatican,<br />

s'avance vers nous ; la robe blanche paraît<br />

à peine au milieu <strong>de</strong>s draperies du manteau<br />

rouge que les dieux matas jointes réunissent<br />

sur la ceinture.<br />

« Il est encadré <strong>de</strong> cyprès au feuillage sombre<br />

et. dans le fond, au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> sa tête,<br />

ocir-mé une tiârw immense, s'élève vers le<br />

cle] la coupole blanche die Saint-Ptewe.<br />

« C'est la figure dé Celui en qui reposent<br />

tous les espoirs <strong>de</strong> l'humanité qui croit. »<br />

On se rappelle que, le 2 <strong>janvier</strong> <strong>1922</strong>, Benoît<br />

XV recevait au Vatican M. Denys Puecli,<br />

nouveau directeur <strong>de</strong> la Villa Mocbcis, et<br />

s'entretenait avec lui en connaisseur d'art et<br />

particulièrement <strong>de</strong> tapisseries.<br />

LES DERNIERS MOMENTS<br />

Rome, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Le Tempo donne les détails suivants sur les<br />

<strong>de</strong>rniers moments du Pape Benoît XV :<br />

A 5 h. 05, ce matin, le Pape se levant dit :<br />

« Préparez moi mes vêtements, le cardinal<br />

Vico viendra à 5 h. 30 et iie veux assister à la<br />

messe qu'il célébrera ». Puis se touchant les<br />

joues, le Pape, ajouta : « H faut qu'on me<br />

fasse la barbe, car 11 y a bien longtemps que<br />

je ne mie la suis pas faite. »<br />

A 5 h 30. MOT Cal<strong>de</strong>rarai observant que le<br />

Pape était très paie et ne donnait pas signe <strong>de</strong><br />

vie, lui toucha les pieds et constata qu'ils<br />

étaient «lacés : le corps aussi était déjà froid.<br />

A ce moment fut introduit Mgr Nasali Roca,<br />

archevêque <strong>de</strong> Bologne, qui tomba à genoux<br />

au chevet du- mourant. Dès ce moment le<br />

Pape ne donna plus signe <strong>de</strong> vie, mais son<br />

cœur battait encore très faiblement avec intermittence.<br />

A 6 h. 5, le docteur Chérufoini, qui n'avait<br />

pas lâohé le pouls sJu Pape, laissa tomber<br />

gravement cas mots : « Sa Sainteté n'09t<br />

plus. »<br />

Au moment <strong>de</strong> la mort du Pape, étaient présents<br />

: le cardinal Gasiparri, secrétaire d'Etat,<br />

le cardinal Giogi, grand pénitencier, le cardinal<br />

Vico, MOT Oaceia, maître cle chambre: Mgr<br />

Zampini, sacriste; Mgr Respighi. préfet; Mgr<br />

Mauzini, évèque <strong>de</strong> Plaisance ; te comte<br />

Persioo. neveu du Pape et le marquis Serlupi,<br />

dignitaire <strong>de</strong> la cour pontificale.<br />

A 5 h. 20, le cardinal Vico, selon le désir<br />

exprimé par le Pape, était venu au Vatican<br />

célébrer la messe dans la chapelle contiguë<br />

à la chambre du Pape ; celui-ci entra en<br />

agonie. Les assistants récitèrent les prières<br />

<strong>de</strong>s mourants. Le cardinal Cicsgi donna au<br />

Pape l'a <strong>de</strong>rnière absoute. Le Pape expira à<br />

6 heures.<br />

QUELQUES DÉTAILS<br />

Vers 22 h. 30, le Pape <strong>de</strong>manda aux personnes<br />

qui l'entouraient, si on priait pour lui<br />

dans les églises <strong>de</strong> Rome.<br />

« Non pas à Rome seulement, lui fut-il répondu.<br />

mai,s dans toultes Jes églises d'Italie. »<br />

Et quelqu'un ajouta :<br />

« Tous les Italiens sont présents en esprit,<br />

près du lit <strong>de</strong> Votre Sainteté. »<br />

<strong>Bibliothèque</strong> municipale <strong>de</strong> <strong>Toulouse</strong> - Tous droits réservés<br />

Un sourire illumina alors le visage du Souverain<br />

Pontife, qui leva une main comme pour<br />

bénir.<br />

A <strong>23</strong> h. 30, le Pape <strong>de</strong>manda quelle heure<br />

il était. On lui répondit, en lui donnant<br />

l'heure précise.<br />

Le Pape ajouta : « Allez vous reposer, car<br />

Qici à 6 heures lu matin. 11 y a beaucoup da<br />

temps. »<br />

LE DERNIER SOUPIR<br />

Vers 5 heures ce matin, Benoît XV semblait<br />

avoir reconquis une énergie extraordinaire,<br />

fti bien qu'il <strong>de</strong>scendit <strong>de</strong> son lit pour boire et<br />

disant qu'il voulait s'habiller; mais il fut aussitôt<br />

repris par une faiblesse extrême; avec<br />

une douce violence, on le contraignit à se<br />

remettre au lit, Le Pape, se mit sur le côté,<br />

dans sa position favorite <strong>de</strong> repos, repliant le<br />

bras droit sous la tête. Mgr Vespigni, s'empreasa<br />

d'avertir ie cardinal Gasparri, le majordome,<br />

le maître <strong>de</strong> chambre et Mgr Pizzardo.<br />

Le cardinal Vico interrompit les préparatifs<br />

<strong>de</strong> sa messe et s'approcha du lit pour recueillir<br />

le <strong>de</strong>rnier soupir du Pape.<br />

LES DERNIÈRES VOLONTES<br />

Le Pape a <strong>de</strong>mandé que son corps ne soit<br />

pas embaumé ; toutefois, la dépouille du<br />

Saint-Père, après la toilette <strong>de</strong>s morts, sera<br />

revêtue <strong>de</strong>s habits pontificaux et exposée dans<br />

la salle du Trône pendant <strong>de</strong>ux jours.<br />

Aussitôt après la mort du Pape, le Cardinal<br />

Gasparri, en sa qualité <strong>de</strong> camerlingue <strong>de</strong><br />

l'Eglise, a immédiatement assumé la direction<br />

<strong>de</strong>s affaires.<br />

On a fait évacuer les appartements pontificaux,<br />

qui sont maintenant occupés par un<br />

peloton <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>s nobles, commandés par le<br />

marquis Sarrazani.<br />

Les sceaux ont été immédiatement apposés<br />

sur les portes <strong>de</strong> la bibliothèque et sur celles<br />

du cabinet <strong>de</strong> travail du Pape, situé au second,<br />

et la Secrétairerie d'Etat a transmis officiellement<br />

la nouvelle <strong>de</strong> la mort aux gouvernements<br />

et aux corps diplomatiques. Les<br />

Cardinaux ont été avisés par téléphone.<br />

AUTOUR DU VATICAN<br />

Pendant toute la nuit, <strong>de</strong> nombreux groupes,<br />

notamment <strong>de</strong> journalistes, ont stationné<br />

sur la place Saint-Pierre.<br />

Des patrouilles <strong>de</strong> carabiniers et <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>s<br />

royaux assuraient le service d'ordre. On questionnait<br />

anxieusement les personnes qui sortaient<br />

du Vatican.<br />

Vers 5 h, 30, on apprit que la fin du Pape<br />

était prochaine. Quelques minutes après, à 6<br />

heures, on vit dans l'intérieur, par la porte<br />

du Palais, les gar<strong>de</strong>s suisses s'agenouiller. La<br />

porte fut immédiatement fermée C'était l'annonce<br />

<strong>de</strong> la mort.<br />

Les gar<strong>de</strong>s royaux firent évacuer l'espace,<br />

<strong>de</strong>vant la porte du Vatican, et l'occupèrent,<br />

laissant un libre passage aux personnes ayant<br />

<strong>de</strong>s rapports avec le Vatican.<br />

La foule, malgré la nuit qui régnait encore,<br />

commença à augmenter ; le mouvement <strong>de</strong>s<br />

automobiles et <strong>de</strong>s voitures s'intensifia, spécialement<br />

du côté <strong>de</strong> la porte dite <strong>de</strong> Bronze,<br />

située sur la place <strong>de</strong> la Basilique<br />

Vers 7 heures, tes cloches <strong>de</strong> Saint-Pierre<br />

lorsque la Basilique fut ouverte retentirent<br />

lentement, signalant la mort du Pontife<br />

De nombreux fidèles assistèrent aux messes<br />

célébrées aux divers autels.<br />

Le mouvement sur la place augmente sans<br />

cesse. La foule tourne les yeux vers la fenêtre<br />

<strong>de</strong> la chambre du Pape, dont les jalousies<br />

sont a <strong>de</strong>mi fermées.<br />

Le temps est clair et la température est très<br />

douce.<br />

QUELQUES SOUVENIRS<br />

Le Pape s'est éteint alors *ue tout autour <strong>de</strong><br />

lui dans la chambre et dans l'antichambre<br />

les éloges, les regrets tombés <strong>de</strong> la bouche<br />

<strong>de</strong>s assistants, prélats, visiteurs, diplomates<br />

cardinaux, tressaient comme <strong>de</strong> magnifiques<br />

couronnes <strong>de</strong> <strong>de</strong>uil.<br />

Un <strong>de</strong>s prélats qui approchait quotidiennement<br />

le Souverain-Pontife, Mgr Pizzardo,<br />

égrenait en pleurant ses souvenirs : « Quel<br />

caractère exceptionnel, disait-il ; quel homme<br />

sobre, mesuré, vertueux ; il travaillait toute<br />

la journée sans répit, dormait à peine 6 heures.<br />

A 8 heures du matin il entrait dans la<br />

bibliothèque où était son bureau particulier<br />

et y séjournait jusqu'à 9 heures. Il lisait quotidiennement<br />

soit dans les textes, soit dans<br />

les traductions, les journaux du mon<strong>de</strong> entier,<br />

examinant les articles qui concernaient<br />

le Vatican et le catholicisme et les soumettait<br />

ensuite aux cardinaux secrétaires d'Etat.<br />

« Il par lait le français et l'espagnol, et<br />

comprenait l'anglais. Il écrivait lui-môme<br />

tous ses nombreux discours. Il observait avec<br />

rigueur toute l'ascétique pratique du jeûne et<br />

<strong>de</strong> l'abstinence. Le matin il prenait seulement<br />

une tasse <strong>de</strong> café noir et restait ainsi jusqu'à<br />

i heure <strong>de</strong> l'après-midi, heure du déjeuner.<br />

Il travaillait, il lisait et écoutait, ce qui lui<br />

permettait d'avoir sur toutes les questions<br />

politiques, religieuses, diplomatiques et du<br />

droit Canon, <strong>de</strong>s opinions empreintes d'une<br />

objectivité qui faisait l'admiration <strong>de</strong> tous<br />

ceux qui travaillaient à ses côtés ou qui l'approchaient.<br />

»<br />

LE GOUVERNEMENT ITAL9EK<br />

Aussitôt que M, Bonomi, prési<strong>de</strong>nt du conseil,<br />

a appris la nouvelle <strong>de</strong> la mort du Pape,<br />

il a donné <strong>de</strong>s instructions précises afin que<br />

la liberté du gouvernement provisoire <strong>de</strong><br />

l'Eglise et <strong>de</strong>s délibérations du Sacré-Collège<br />

soit garantie. M. Bonomi a communiqué la.<br />

nouvelle au roi, aux titulaires <strong>de</strong>s hautes<br />

charges <strong>de</strong> l'Etat et aux gouverneurs <strong>de</strong>s colonies.<br />

U a prescrit que tous les bâtiments<br />

publics à Rome et en province mettent le drapeau<br />

en berne.<br />

CONDOLÉANCES DU GOUVERNEMENT BELGE<br />

Bruxelles, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

M. Jaspar, ministre <strong>de</strong>s affaires étrangères,<br />

vient d'adresser à M. Beyens .ambassa<strong>de</strong>ur <strong>de</strong><br />

Belgique à Rome, un télégramme le priant<br />

d'exprimer au cardinal secrétaire d'Etat les<br />

sentiments <strong>de</strong> profon<strong>de</strong> affliction avec lesquels<br />

Leurs Majestés et le gouvernement<br />

belge ont appris la pénible nouvelle du décès<br />

du Saint-Père.<br />

D'autre part, par suite <strong>de</strong> la mort du Saint-<br />

Père, la réception qui <strong>de</strong>vait avoir lieu au<br />

château royal <strong>de</strong> Laeken, en l'honneur <strong>de</strong> la<br />

comtesse <strong>de</strong> Noailles, est contremandée.<br />

LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS<br />

Paris, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Le général Lasson, chef <strong>de</strong> la maison du<br />

prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la République, s'est rendu dans<br />

la matinée à la nonciature pour présenter à<br />

Mgr Ceretti, nonce apostolique, les condoléances<br />

du prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la République, en<br />

raison <strong>de</strong> la mort du Pape. Le diner et la<br />

soirée diplomatique qui <strong>de</strong>vaient avoir heu<br />

le 25 <strong>janvier</strong> à l'Elysée sont contremandés.<br />

M. Raymond Poincaré, accompagné <strong>de</strong> M.<br />

<strong>de</strong> Fouquières, chef du protocole, se rendra cet<br />

après-midi à la nonciature pour présenter à<br />

Mgr Ceretti, les condoléances du gouvernement<br />

français à l'occasion <strong>de</strong> la mort <strong>de</strong> Sa<br />

Sainteté le Pape Benoît XV.<br />

A LA NONCIATURE<br />

Paris, 21 <strong>janvier</strong>.<br />

Ce n'es* que vers 10 heures que S. E. Mgr ceretti<br />

a reçu le télégramme du Cardinal Gasparri,<br />

camerlingue, lui annonçant la mort <strong>de</strong><br />

Sa Sainteté.<br />

a mois 6 mois t M<br />

Le Nonce s'est retiré dans ses appartements,<br />

où. nous a-t-on dit, il a pleuré longuement.<br />

Mgr Ceretti, on le sait, était un <strong>de</strong>s fils préférés<br />

<strong>de</strong> Benoît XV.<br />

Les registres, déposés dans l'antichambre, se<br />

couvrent <strong>de</strong> signatures. M. Colrat, sous-secrétaire<br />

d'Etat à la prési<strong>de</strong>nce du conseil, s'est<br />

Inscrit un <strong>de</strong>s premiers, ainsi qu'un grand<br />

nombre d'ambassa<strong>de</strong>urs, tels que Leurs Excellences<br />

Quinonès <strong>de</strong> Léon, ambassa<strong>de</strong>ur<br />

a Espagne. Myron T. Herrik, ambassa<strong>de</strong>ur<br />

<strong>de</strong>s Etats-Unis, Mayer. ambassa<strong>de</strong>ur d'Allemagne,<br />

etc.<br />

Signalons encore les signatures <strong>de</strong> MM. Mau.<br />

nçmry, ministre <strong>de</strong> l'intérieur, Raiberti, ministre<br />

<strong>de</strong> la marine, le prési<strong>de</strong>nt Emile Loufcet<br />

et Mme Loubet, l'amiral Lacaze, le maréchal<br />

Pétain, le maréchal Foch.<br />

Un service religieux sera, dit-on, célébré, ces<br />

jours-ci. à la Ma<strong>de</strong>leine, sous la prési<strong>de</strong>nce<br />

<strong>de</strong> Mgr Ceretti.<br />

La nouvelle <strong>de</strong> la mort <strong>de</strong> Sa Sainteté n'a<br />

été communiquée, dans les églises, qu'aux <strong>de</strong>rnières<br />

messes .<br />

LE TÉLÉGRAMME A LA NONCIATURE<br />

Voici le texte du télégramme adressé par le<br />

cardinal camerlingue à Mgr Ceretti, nonce<br />

apostolique à Paris :<br />

« J'ai la douleur <strong>de</strong> vous annoncer la mort<br />

ou Saint-Père survenue ce matin à 6 heures.<br />

« Signé .- Cardinal GASFABHI. »<br />

LE TESTAMENT DE BENOIT XV<br />

M tr.<br />

30 ><br />

Voici quelques détails sur le testament pontifical.<br />

Benoît XV laisse à son neveu Joseph<br />

délia Chiesa, ses biens et ses propriétés <strong>de</strong><br />

Pegli. Quant à ce se trouve au Vatican<br />

le Pape a écrit qu'il en avait eu seulement<br />

l'usage et que par conséquent aucun <strong>de</strong> ses<br />

parents ne saurait en revendiquer la propriété.<br />

Le testament a été lu par le cardinal Gasparri<br />

«levant les cardinaux assemblés. Il est<br />

fort bref et très simple.<br />

LES CONDOLÉANCES<br />

DU CORPS DIPLOMATIQUE<br />

La foule est gran<strong>de</strong> <strong>de</strong>s pèlerins et <strong>de</strong>s,visiteurs<br />

aui se ren<strong>de</strong>nt .continuellement à l'église<br />

Saint-Pierre. Dès <strong>de</strong>main matin, le corps du<br />

Pape défunt sema transporté solennellement<br />

dans la basilique et exposé au public.<br />

Get après-midi, tous les membres du coups<br />

diplomatique, ayant à leur tête le doyen qui<br />

est l'ambassa<strong>de</strong>ur d'Espagne, se sont rendus<br />

au Vatican où ils ont été reçus par le cardinal<br />

Gasparri qui leur a communiqué, officiellement,<br />

la nouvelle <strong>de</strong> la mort du Pape. Tous<br />

les palais gouvernementaux et les ministères<br />

ont mis leur drapeau en berne.<br />

LES FUNÉRAILLES<br />

Selon l'usage traditionnel, las funéraàUsé du<br />

Pa«e se célèbrent durant les neuf jours qui<br />

suivent la mort. Les 7', 8' et 9', jours dits <strong>de</strong>s<br />

gran<strong>de</strong>s funérailles, l'office est -célébré plus<br />

solennellement. Le <strong>de</strong>rnier jour, avant les absoutes,<br />

un ecclésiastique, désigné par le Sacré-<br />

Collège réuni en congrégation générale, prononce<br />

l'oraison funèbre.<br />

LE SACRÉ-COLLÈGE<br />

Le collège <strong>de</strong>s cardinaux est en ce moment<br />

divisé en <strong>de</strong>ux groupes à peu près égaux <strong>de</strong><br />

cardinaux étrangers et <strong>de</strong> cardinaux italiens.<br />

Il semble qu'on doive exclure toute possibilité<br />

<strong>de</strong> faire élire un cardinal étranger, bien<br />

que certains membres du Saoré-Gollege, tels<br />

que Mgr Merry <strong>de</strong>l Val, ne cachent,, point,<br />

leurs sympathies pour une semblable éventualité.<br />

C'est donc: sur les cardinaux italiens<br />

que l'attention doit se porter<br />

Parmi ceux-ci, le cardinal Mafli, recueille<br />

<strong>de</strong> nombreux suffrages dans les milieux italiens.<br />

Mais ses idées mo<strong>de</strong>rnes très avancées<br />

susciteront l'opposition <strong>de</strong> nombreux membres<br />

du Sacro Collège, notamment du groupe<br />

qui a pris peur chef, te cardinal Merry <strong>de</strong>i<br />

Val et dont les idées se rattachent aux gran<strong>de</strong>s<br />

lignes du pontificat <strong>de</strong> Pie X.<br />

Parmi ces cardinaux, un <strong>de</strong>s plus mar<br />

quants est le cardinal di Laï : les autres cardinaux,<br />

tels que 1e cardinal Bisletti, rencontreraient<br />

moins d'opposition.<br />

Entre la tendance du cardinal di Laï, et la<br />

tendance du cardinal Mafli, pourrait se trouver<br />

place en faveur d'un homme comme le<br />

cardinal Gasparri sous le nom <strong>de</strong> qui pourrait<br />

se faire l'union.<br />

C'est bien entendu <strong>de</strong>s prévisions qui ne<br />

peuvent se baser sur aucune donnée certaine,<br />

car l'événement a pris au dépourvu<br />

tous les milieux et même les milieux du<br />

Sacré-Collège.<br />

Parmi les cardinaux italiens qui vivent en<br />

<strong>de</strong>hors <strong>de</strong> la curie, une <strong>de</strong>s figures les plus<br />

éminentes est le cardinal Rafti, ancien nûnee<br />

en Pologne.<br />

Le Sacré-Collège compte actuellement 61<br />

cardinaux dont 31 italiens et 30 étrangers.<br />

Parmi ces <strong>de</strong>rniers figurent : 5 Français, 1<br />

Belge; 3 Allemands, 2 Autrichiens, 1 Hongrois,<br />

1 Tchéeo-Slovaque,_2 Polonais, 1 Holandais.<br />

6 Espagnols, 1 Portugais, Améri-<br />

oains 1 Canadien, 1 Brésilien.<br />

LES SUCCESSEURS ÉVENTUELS<br />

Les journaux considèrent comme cardinaux<br />

susceptibles <strong>de</strong> prendre le Pontificat :<br />

N.N. S,S. Ratti, archevêque <strong>de</strong> Milan, Lafontaine,<br />

patriarche <strong>de</strong> Venise, Maffi, archevêque<br />

<strong>de</strong> Pise et les cardinaux <strong>de</strong> la Curie romaine<br />

: Gasparri, Bisletti et Luamdi.<br />

L'INFLUENCE FRANÇAISE AU CONCLAVE<br />

Le Sacré-Collège, qui <strong>de</strong>vrait compter 70<br />

membres, se réunira dans huit jours en Conclave,<br />

afin <strong>de</strong> pourvoir au remplacement du<br />

Pape défunt.<br />

Les cardinaux français ont été particulièrement<br />

frapnés par la mort : trois sur huit ont<br />

disparu et ne sont pas encore remplacés. Ce<br />

sont ; Mgr Amette, archevêque <strong>de</strong> Paris ;<br />

Mgir Dubois, archevêque <strong>de</strong> Rennes, et Mgr<br />

<strong>de</strong> Cabrières, évèque do Montpellier.<br />

Les cinq cardinaux restant sont : Mgr Dubois<br />

qui,


OJÎÎDI S3 JANVIER 1952<br />

L'OPINION DE LA PRESSE<br />

L'IMPRESSION EN FRANCE<br />

Du Journal <strong>de</strong>s Débats :<br />

« Si la France me tendait le petit doigt, di-<br />

Le Ministère Polncaré<br />

•ait Benoit XV au len<strong>de</strong>main <strong>de</strong> l'armistice.<br />

Je lui tendrais, moi, mes <strong>de</strong>ux mains ouvertes.<br />

« Benoit XV eut avant <strong>de</strong> mourir la joie <strong>de</strong><br />

voir s'accomplir cette réconciliation, qu'il<br />

vvait si ar<strong>de</strong>mment désirée. Le grand accueil<br />

Qu'il fit à notre ambassa<strong>de</strong>ur, la confiance<br />

particulière qu'il lui accorda d'emblée, les mar-<br />

ques spéciales <strong>de</strong> bienveillance dont il se<br />

plut a l'entourer" jusqu'à son <strong>de</strong>rnier jour, té-<br />

moignent assez <strong>de</strong> l'importance qu'il atta-<br />

chait à la reprise <strong>de</strong>s relations officielles entre<br />

J» Saint-Siège et la Bépublique.<br />

« Assurer à l'Eglise <strong>de</strong>s forces jeunes et nou-<br />

velles, conquérir par elle <strong>de</strong> nouveaux domai-<br />

nes, tut la nréoccupation dominante du Pape,<br />

et c'est vers l'Orient nu'il tourna d'abord ses<br />

regards. Tout le long <strong>de</strong> la frontière qui sé-<br />

pare en Europe le catholicisme <strong>de</strong> l'ortho-<br />

doxie, <strong>de</strong>puis la Baltique lusqu'a la mer Noire,<br />

s'échelonnent <strong>de</strong>s églises qui diffèrent <strong>de</strong> cel-<br />

les <strong>de</strong> Borne par le rite, les tradi'ions locales,<br />

la langue liturgique ; mais observent néan-<br />

moins la discipline et l'obéissance à l'égard<br />

du Pontife romain. Benoît XV considérait ces<br />

communautés comme les postes avancés du<br />

catholicisme. La Bussie blanche et l'Ukraine<br />

étaient pour Lui les marches d'où l'Eglise ro-<br />

maine s'élancerait à la conquête do In partie<br />

du mon<strong>de</strong> slave <strong>de</strong>meurée schismatique. Il<br />

enverra en Pologne et <strong>de</strong>stina à l'Ukraine les<br />

meilleurs diplomates dont disposait le Vatican.<br />

« Benoit XV Interdit à ses missionnaires<br />

toute action tendant à ramener nu rite latin<br />

les ndr,évè-<br />

que die Bayeux, Mgr du Bois die La Villenabel,<br />

atrehevequé <strong>de</strong> Rouen, d'autres encoure, qui<br />

témoignaient d'intctnitions conciliatrices dé-<br />

oiaraient d avance s'incliner <strong>de</strong>vant la vo-<br />

lonté <strong>de</strong> Benoît XV, drnnt ils connaissaient la<br />

pensée secrète: lorsque ce soir, le cardinal ca-<br />

merlingue. VÎT Gasparri, fnappera selon le<br />

cérémonial, trds coups sur le front du Pape<br />

défunt, et après l'avoir appelé trois fois par<br />

son nom <strong>de</strong> baptême, Jacques, prononcera la<br />

phrase sacramentale : « Le Pape est vraiment<br />

mort ». l'arrêt <strong>de</strong> cette pensée sera rituelle-<br />

ment ««sacré<br />

« La France doit souhaiter que la pensée du<br />

nouveau Pape soit comme celle <strong>de</strong> Léon XIII,<br />

toute d'apaisement, qu'elle soit par elle dans<br />

j'ordre spirituel l'image <strong>de</strong> cette union sacrée<br />

<br />

La Journée <strong>de</strong> huit heures<br />

UNE ENTENTE<br />

Londres, 21 <strong>janvier</strong>.<br />

M. Michaël Colins et sir James Craig adres-<br />

sent conjointement à la presse un communi-<br />

qué à l'Entente que voici :<br />

i La commission <strong>de</strong> délimitation <strong>de</strong> la<br />

frontière entre l'Irlan<strong>de</strong> lustérienne du Nord<br />

et l'Irlan<strong>de</strong> du Sud, telle qu'elle a été pré-<br />

vue par le traité, sera modifiée. Les gouver-<br />

nants <strong>de</strong> l'Etat libre d'Irlan<strong>de</strong> et du Nord <strong>de</strong><br />

l'Irlan<strong>de</strong> nommeront chacun un représen-<br />

tant qui adressera un rapport à M. Collins<br />

et à sir James ûraig, résultais s'entendront,<br />

au nom <strong>de</strong> leurs gouvernements respectifs,<br />

au sujet <strong>de</strong>s frontières qui ser mt établies en-<br />

tre les <strong>de</strong>ux parties <strong>de</strong> l'Irlan<strong>de</strong>.<br />

« La question du tarif douanier sera exa-<br />

minée ultérieuremont. En attendant, les re-<br />

présentants <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux gouvernements 6'enga-<br />

gent à faire cesser les représailles.<br />

» Pour les problèmes qui intéressent toute<br />

l'Irlan<strong>de</strong>, ils s'efforceront <strong>de</strong> trouver une pro.<br />

lédure mieux appropriée que celle dite du<br />

Conseil <strong>de</strong> l'Irlan<strong>de</strong>, proposée par la cou-<br />

ronne <strong>de</strong> l'Irlan<strong>de</strong>. »<br />

tur, Manza,<br />

B Mutu1î'- Gagnant : 39; placés : Mlle <strong>de</strong> la<br />

V toï 8 d5M^^.. 3^10 mètres. -<br />

^'ufulr^ Gênant : 20.50; placée- Fauche-<br />

1C Sd Prix '<strong>de</strong> la Ville <strong>de</strong> Nice (simple-<br />

chase). — 1. Ecurie Decazes ; «. Brave, s.<br />

A Non e placés : Héros-XII, Coq-GainoisL Do*<br />

vile Harry, Suavita, Saint-Hèlrer, Baliotis<br />

Pnchard, Spada. Le-Pharisien c ,„,„ ia<br />

Mutuel _iriB2-nfl,nt : 10.50: placés : Ecurie<br />

Decazes, 20, ,<br />

Prix Pent Magnan. — 1. Eamon-Beag; 8.<br />

Phllhellène.<br />

Non placés : Isri'h-Lady.<br />

Face, dhella, Bon-Accueil.<br />

Mutuel. — Gagnant : 17<br />

A PAU<br />

Pau, <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

Prix <strong>de</strong> la Chaicese, course <strong>de</strong> haies, à ré-<br />

clamer. 3.000 francs, 3.000 mètres. — 1. Ser-<br />

penteau II, à M. Harry La Montagne (D. Kal<br />

K-V) ; 2- QueieheuT. à M. Jules Mayer (Ed<br />

Haës) ; 3. Grand Couronné III, à M. Martial<br />

Mazères (L. Toufian). ,<br />

Mutuel : gagnant, 47; places : Serpenteau II.<br />

14 50 ; Querelleur, 16 50; Grand Couronné III,<br />

20 Prix du Labourd, steeple-ohase, à réclamer<br />

3.000 francs. 3.600 mètres. - 1. Montholon à<br />

M. A. Sahathier (J.-B. Bourdalé) ; 2. Dam-<br />

Main, a M. Georges Claverie (M. <strong>de</strong> Tauzia^<br />

3. Orchaise, à M. André <strong>de</strong> Fournas (M. <strong>de</strong><br />

F Mutael': gagnant, 51 ; placés : Mtontholon.<br />

16 ; Damblaim, 13 50 ; Orchaise 20.<br />

Prix d'Albret, course <strong>de</strong> mes, 10.000 francs.<br />

2.000 mètres. - L Dan IV, à M Léon Olry-<br />

Rœ<strong>de</strong>rer (A. Kalley) • 2. Total Inconnu à M.<br />

Maurice Labrouche (P. Tronqua) : S. Avize,<br />

à M. Léon Olrv-Ros<strong>de</strong>rer (C Lemmial).<br />

Mutuel : gagnant, écurie Olry-Rœ<strong>de</strong>rer,<br />

64 50 ; placéJT: Dan IV. 1 750 ; Total Inconnu.<br />

l4 p : rix Vl du Pays Basque, 5.000 francs, 4.000 mè-<br />

tres — 1. Lavoisier, à M. 'Martial . Mazères<br />

(L. Toufian) ; 2. Occebourg, a M. Pierre Gjl-<br />

lou (L Duffourc) ; 3. Fait du Prince, è M. C.<br />

Galtier d'Auriac jt, Audiger) et Y "<br />

comte J <strong>de</strong> Rechebouet (M. <strong>de</strong> Champredî,<br />

<strong>de</strong>ad-heat pour la 3» place. a „^ a r-<br />

Mutuel : gagnant. 25 ; places : Lavoisier,<br />

1 550 ; Occebourg, 17.<br />

FOOTBALL<br />

Les Poules <strong>de</strong> 3<br />

A TOULOUSE<br />

Un accord Austro-Hongrois<br />

DANS LE COMMERCE<br />

Paris. 22 <strong>janvier</strong>.<br />

M. Albert Peyronnet, ministre du travail<br />

avait convoqué les représentante <strong>de</strong>^J* f^fani<br />

salions patronales et ouvrières du commer-<br />

ce <strong>de</strong> détail autres que l'alimentation <strong>de</strong>s vil-<br />

les <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 100 000 habitants, en vue <strong>de</strong><br />

discuter les conditions d'application <strong>de</strong> la loi<br />

sur la journée <strong>de</strong> huit heures à leurs établis-<br />

sements.<br />

Après un long échange <strong>de</strong> vues au cours<br />

duquel les <strong>de</strong>ux parties ont formulé leur avis<br />

sur le principe <strong>de</strong> la loi ainsi que sur les dé-<br />

rogations permanentes et temporaires, il a été<br />

convenu que l'administration élaborerait un<br />

texte <strong>de</strong> rèsflement à soumettre au Conseil<br />

d'Etat et réglant ces diverses questions. Les<br />

représentants <strong>de</strong>s organisations patronales se<br />

sont engagés à faire accepter ce règlement<br />

par leurs adhérents dès qu'il aura été adopté<br />

par le Conseil d'Etat et à prendre la respon-<br />

sabilité <strong>de</strong> sa loyale application.<br />

Budapest, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

La Conférence économique austro-hongroise<br />

abouti à la conclusion d'un accord valable<br />

pour dix ans. accordant aux chemins <strong>de</strong> fer<br />

autrichiens le libre transit à travers la région<br />

<strong>de</strong> Sopron, conformément à l'accord <strong>de</strong> Ve-<br />

nise<br />

-.;.»»><br />

Le Congrès <strong>de</strong> Gênes<br />

Moscou, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Des nouvelles <strong>de</strong> source privée annoncent<br />

que MM. Krassine, Lïtvinof et Joffo seront dé-<br />

légués du gou vente mont <strong>de</strong>s Soviets a la Con-<br />

férence <strong>de</strong> Gènes.<br />

Enlevés par une avalanche<br />

Berne. 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Vendredi, vers 16 heures, un grave acci<strong>de</strong>nt<br />

<strong>de</strong> montagne s'est produit dans le val Muraing<br />

j (canton <strong>de</strong>s Grisons*<br />

Trois Anglais, officiers <strong>de</strong> l'armée britanni-<br />

que, partis <strong>de</strong> Pontrésina. faisaient du ski<br />

dans le Fuorcla Muraing, avec le gui<strong>de</strong> Ulrich<br />

Grass, quand une avalanche poudreuse en-<br />

traîna )ë groupe.<br />

Une colonne <strong>de</strong> secours, partie aussitôt, ne<br />

trouva rien. Une secon<strong>de</strong> colonne, partie hier,<br />

trouva <strong>de</strong>ux <strong>de</strong>s Anglais en vie, dont un<br />

blessé.<br />

D'autres colonnes <strong>de</strong> secours trouvèrent, ce<br />

matin seulement, le corps du troisièmie An-<br />

glais, nommé Keep. ét du gui<strong>de</strong>, tous les <strong>de</strong>ux<br />

tués et ensevelis sous une forte couche <strong>de</strong><br />

neige.<br />

Les corps ont été ramenés dans la vallée<br />

' V«iUÏ » o e - cl* A*f - ;<br />

Offre it caiss. m D,<br />

aux Eq. nugVy clv.<br />

mil., tcol. gagnant<br />

Champ, <strong>de</strong> Frotte*.<br />

Le Sta<strong>de</strong> Toulousain bat le Boucau par 22<br />

points (6 essais, 2 buts) à zéro<br />

Cette rencontre, favorisée par une tempéra-<br />

ture idéale, s'est déroulée <strong>de</strong>vant la foule <strong>de</strong>s<br />

grands jours.<br />

A l'entrée <strong>de</strong>s équipes sur le ground. on<br />

constate que les Toulousains sont handicapés<br />

par l'absence <strong>de</strong> leur capitaine Struxiano et<br />

du bridant et sympathique Jauréguy. La fouit<br />

proteste bruyamment contre le sans-gène <strong>de</strong>s<br />

dirigeants, qui ont négligé <strong>de</strong> prévenir le pu<br />

blic <strong>de</strong>s changements apportés à ta formation<br />

<strong>de</strong>s équipes.<br />

Les équipes sont ainsi composées :<br />

Boucau. — Arrière, Gassagne ; trois-quarts<br />

Maye, Duclaux, Forsans, Dupin ; <strong>de</strong>mis, Bac<br />

qué, Castets ; avants, Lissayou, Sorring, Bédé<br />

re, Larrieu. Dauga, Lossale, Réal, Biarrotte.<br />

Sta<strong>de</strong> Toulousain. — Arrière, Balansa ; trois-<br />

quarts, Dournac, Nougal. Bor<strong>de</strong>s, Fiquet; <strong>de</strong>-<br />

mis, Galaup, Berges ; avants, Larrieu, Pré-<br />

vost, Bioussa. Puecn, Lubin, Pôpion, Gras<br />

Pons.<br />

Arbitre : M. Lanusse, d'Armagnac-Bigorre.<br />

La partie<br />

Dès le début, les opérations se maintiennent<br />

au centre du terrain. Le Boucau domine en<br />

mêlée et fait donner ses trois-quarts ; ces <strong>de</strong>r-<br />

niers se montrent hésitants et ne poursuivent<br />

pas leurs efforts, se bornant à taper <strong>de</strong>s coups<br />

<strong>de</strong> pied à suivre.<br />

Les Toulousains sont le plus souvent privés<br />

<strong>de</strong> la balile ; néanmoins, sur une bonne mêlée<br />

favorable, lies trois-quarts rouges s'ébranlent<br />

et c'est une série <strong>de</strong> passes nettes et précises<br />

la balle suit toute la lign* et parvient a Dour<br />

nac. qui charge ; bloqué, il recentre & Bor<strong>de</strong>s<br />

qui marque l'essai.<br />

<strong>Toulouse</strong>, 3 points.<br />

A la remise en jeu, les Boucaulais dominent<br />

toujours en mêlée, mais ne profitent guère <strong>de</strong><br />

cet avantage Le jeu se poursuit très rapi<strong>de</strong>.<br />

Las avants boucaulais jouent avec une ar<strong>de</strong>ur<br />

et une énergie extraordinaires et bousculent<br />

fortement les avants rouges, qui ne semblent<br />

pas donner avec beaucoup d'entrain • cepen<br />

dant, les rares fois où elles ont la balle les li<br />

gnes arrières toulousaines mènent <strong>de</strong> splen<br />

dt<strong>de</strong>s offensives et se montrent fort dangereu<br />

ses.<br />

6<br />

Puech conduit un sup^rib-» dribbling qui ga.<br />

gn.e beaucoup <strong>de</strong> temraln. Lee avants rouge*<br />

se n-veillent et dandinent à leur tour et nous<br />

assistons ù plusieurs jolies offensives <strong>de</strong>s<br />

trois-quarts reuges. parfaitement bloquée*<br />

par les Boucaulai'i.<br />

Cependant, sur un mauvais dégagement du<br />

Boucau, Bioussa intercepte feinte et marque<br />

un joli essai, transforme par Larrieu<br />

<strong>Toulouse</strong>, 8 points.<br />

k La mi-temps survient sur ce résultat.<br />

La partie fut généralement intéressante ; le<br />

jeu fut dur et serré, les Boucaulais se bornant<br />

a jouer une défense acharnée.<br />

Les Toulousains, au contraire, ne négligè-<br />

rent jamais une occasion d'ouvrir le jeu à<br />

<strong>de</strong>ux battants et s'efforcèrent <strong>de</strong> faire marcher<br />

.eurs lignes arrières, ces <strong>de</strong>rniers éclipsant<br />

leurs rivales, conduisirent <strong>de</strong> splendi<strong>de</strong>s of-<br />

fensives qui gagnèrent toujours beaucoup <strong>de</strong><br />

terrain, et furent constamment dangereuses<br />

pour l'adversaire<br />

Les avants du Boucau forment un groupe-<br />

ment puissant, ar<strong>de</strong>nt et terriblement énergi-<br />

que ; ils menèrent la première partie du match<br />

à une allure vertigineuse, harcelant sans ré-<br />

pit l'adversaire, le dominant en mêlée, tes<br />

bousculant eu tovohe et dans le jeu ouifert,<br />

semfint le tiésatroi et la confusion dans le<br />

pack adverse.<br />

Malheureusement, les lignes arrières du<br />

Boucau. très souvent en possession <strong>de</strong> la balle,<br />

ne surent pas en tirer te meilleur profit ; très<br />

hésitants et te plus souvent mal placés, ils ne<br />

poussèrent jamais à fond leurs offensives,<br />

qu'ils terminèrent invariablement par coups <strong>de</strong><br />

pied a suivre, réguliènement repris par l'ad-<br />

versaire.<br />

Las avants toulousains, quelque peu suffo-<br />

ques au aeout, par l'allure fougueuse du<br />

match, laissèrent passer l'ouragan et, peu à<br />

peu, usant l'adversaire, prirent un avantage<br />

très net pour dominer ensuite dans toutes ies<br />

pnases du jeu. Néanmoins, ieur début du<br />

match fut pénible, jouant trop isolément, fai-<br />

sant <strong>de</strong> louables eiiorts personnels, mais in-<br />

suffisamment soutenus; ils eurent beaucoup<br />

<strong>de</strong> difficulté pour trouver la bonne carbura-<br />

tion.<br />

il est évi<strong>de</strong>nt que cette ligne composée dans<br />

son ensemoie <strong>de</strong> superbes éléments, manque<br />

encore d'entraînement pour donner son plein<br />

ren<strong>de</strong>ment ; mais il est non moins certain<br />

que lorsque cette ligne sera entraînée à bloc,<br />

elle sera <strong>de</strong> taille à tenir tête aux meilleurs.<br />

Berges, qui suppléait ' Struxiano, avait une<br />

lour<strong>de</strong> tache à remplir ; il s'en acquitta d'ail-<br />

leurs fort bien et louinnit urne excellente par-<br />

tie. Il est certain que n'importe quelle équipe<br />

<strong>de</strong> pi-froièro série serait heureuse <strong>de</strong> possédai-<br />

un <strong>de</strong>mi <strong>de</strong> mêlée <strong>de</strong> la classe <strong>de</strong> Beirgès ; ;1<br />

est simplement dommage pour cte <strong>de</strong>rnier<br />

qu'il se trouve nettement barré par le presti-<br />

gieux Stmc<br />

Galaup, à l'ouverture, confirma <strong>de</strong> façon in-<br />

discutable ce que nous avons toujours pensé<br />

<strong>de</strong> lui, c'est que ce joueur, en forme, est cer-<br />

tainement le plus bel attaquant que nous<br />

ayons en ce moment en France à ce poste<br />

Admirablement servis, les trois-quarts rou-<br />

ges fourniront une magnifique partie ; Bor<strong>de</strong>s<br />

tut le lea<strong>de</strong>r <strong>de</strong> ce quatuor, qui se montra ra-<br />

pi<strong>de</strong>, souple, scientifique et le plus souvent<br />

parfaitement bien inspiré. Fiquet, qui rempla-<br />

çait Jauréguy, affirma d'excellentes qualités<br />

et ne se montra nullement déplacé en pareille<br />

compagnie.<br />

Balansa, à l'arrière, fut satisfaisant.<br />

L'arbitrage <strong>de</strong> M. Lanusse fut moins net et<br />

moins énergique qu'à son habitu<strong>de</strong>. — LYNX.<br />

A PERPIGNAN<br />

L'U. S. Perpignanaise bat le T.O.E.C.<br />

par 18 points (3 essais Ramis, 1 essai<br />

Constant, 3 buts Marmayou) à réro.<br />

Partie très dune, jouée <strong>de</strong>vant une foula<br />

nomlM-euse. La première mi-temps fut une<br />

longue série <strong>de</strong> cafouillages. <strong>Toulouse</strong> do-<br />

mine régulièrement en mêlée et fait donner<br />

ses trois-quHtts ; mais ces <strong>de</strong>rniers se mon-<br />

trent incapables <strong>de</strong> conclure. Les avants tou-<br />

lousains tournent alors les mêlées et, à cha-<br />

que coup, essaient <strong>de</strong> partir en dribbling ;<br />

mais la défense <strong>de</strong> Perpignan cloque énergi-<br />

quement.<br />

A la touche, les Toulousains ont aussi le<br />

meilleur. Les rares fois que lies Perpignanais<br />

ont la balle, les trois-quarts sang et or se<br />

lancent avec leur virtuosité habituelle Les<br />

centres Ramis et Drapé se distinguent Suc-<br />

cessivement, les <strong>de</strong>ux oaanps sont menacés<br />

D une tourne, Vaqué ouvre sur ses trois-<br />

quarts. Ramis fonce et marque le premier<br />

essai.<br />

Vers la fin <strong>de</strong> la mi-temps, les Perpignamais<br />

dominent et. sur une touche <strong>de</strong> but la balle<br />

passe <strong>de</strong> mains en mains jusqu'à nàmis oui<br />

marque à l'autre coin.<br />

Après le repos, le jeu <strong>de</strong>vient très dur • <strong>de</strong><br />

ombreux ôquipiers sont touchée et, pendant<br />

- quart-d'heure, le jeu est fort déplaisant<br />

Poitiers,<br />

9 à 0.<br />

Poix. — C. A. Appamôcn bat Lai<strong>de</strong>nne nn*<br />

9 à 4.<br />

l'atniers. — Pamiors bat Laloii<strong>de</strong>. par<br />

à 12.<br />

Urona<strong>de</strong>. — Grena<strong>de</strong>-Olympique bat Toulon<br />

se-Boohoure. par 24 à 0.<br />

Cartons. — Gaiilac bat Caihors par 8 à 0.<br />

Montauban. — Les Cheminots <strong>de</strong> Montaub-m<br />

battent l'isle-du-Tarn par 6 à 0.<br />

1<br />

Bagueras. — Sta<strong>de</strong> Bagnerais bat PlaisanT.»<br />

par 5 à 3, ^<br />

Audi. — F. C. Auscitain bat Nérac<br />

46 à 0.<br />

Albi. — U. S. Montalbanaiso bat Albi<br />

13 à 6.<br />

Castres. — Castres-Olympique (2) bat Bonne-<br />

foy par 3 à 0.<br />

- Castres Olympique bat White-Dewills (U<br />

Perpignan par 5 à 0.<br />

l'onigueux. — B. E. C. a battu C. A. <strong>de</strong> Péri,<br />

gueux par G à 3.<br />

Bor<strong>de</strong>aux. — S. A. Bor<strong>de</strong>lais a battu Mau,<br />

Xeon par 8 à 4.<br />

— Soc-tiom Btirdigalienne bat A. S. du Midi<br />

par 8 à 6. ~<br />

<strong>Toulouse</strong>. — I>e Tocquey Club Toulousain<br />

bat le T. O. E. C. (2) par 3 à 9.<br />

Saint-Gau<strong>de</strong>ns. — Saint-Gau<strong>de</strong>ns a battu Jeu.<br />

nesse Sportive Tarbaise par 28 à 0.<br />

Brive. - Club Athlétique Brivlste (2) bal<br />

Gap<strong>de</strong>mac (2) -w 24 à 0.<br />

Montpellier. — En association, Antibes bat<br />

S. O. <strong>de</strong> Montpellier par 2 à 1.<br />

Briw. — C. A. Brtviste (3) bat S. O. Péri,<br />

gueux (2) par 14 à 0.<br />

Decazeville. — Decazeville bat Millau na»<br />

11 à 0. <br />

Condom. — S. A. Condomnoise réserve bat<br />

A. S. Fleurance (2) par 17 à 3.<br />

>£;.:.<br />

Un Meurtre<br />

De notre correspondant particulier :<br />

Foix, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Un meurtre a été commis dans la nuit <strong>de</strong> sa-<br />

medi à dimanche dans la commune du Boso.<br />

L'auteur, un nomme Jean Bonnefont, âgé <strong>de</strong><br />

32 ans. a blessé mortelleirnent un <strong>de</strong> ses com-<br />

pa*riotes et s'est rendu ensuite à Foix pour se<br />

constituer prisonnier.<br />

Le parquet, immédiatement prévenu, s'est<br />

rendu sur les lieux pour procé<strong>de</strong>r à une en-<br />

quête.<br />

Rixe Mortelle<br />

De notre correspondant particulier :<br />

Castres, 22 <strong>janvier</strong>.<br />

Un meurtre a été commis dans le hameau <strong>de</strong><br />

Peillè<strong>de</strong>, commune <strong>de</strong> Castres.<br />

A la suite d'une rixe provoquée par <strong>de</strong>s<br />

questions d intérêt, le sieur Louis Gabau<strong>de</strong>. 80<br />

ans, propriétaire à Peillè<strong>de</strong>, a tué à coups <strong>de</strong><br />

couteau dans l'aine gauche un <strong>de</strong> ses voisins,<br />

Auguste Azema, 53 ans.<br />

Les <strong>de</strong>ux hommes gardaient leurs troupeaux<br />

lorsque <strong>de</strong>s paroles aigre-douces furent échan-<br />

gées, bientôt suivies <strong>de</strong> coups.<br />

Louis Gabau<strong>de</strong>, terrassé et. se sentant, vu<br />

son âge, en état d'infériorité manifeste, sortit<br />

alors un couteau et frappa Azéma <strong>de</strong> plu-<br />

sieurs coups, dont un <strong>de</strong>vait être mortel.<br />

Le meurtrier lui-même, asse?, grièvement<br />

Wessé, est soigné à l'hôpital <strong>de</strong> Castres.<br />

Gabau<strong>de</strong> et Azéma vivaient <strong>de</strong>puis <strong>de</strong> lon-<br />

gues années en mauvaise intelligence.<br />

Carbonisée<br />

De notre correspondant particulier :<br />

Vic-Bigorre, 28 <strong>janvier</strong>.<br />

Mme veuve Dazet, plus que septuagénaire,<br />

était restée seule dans sa maison, rue Neuve,<br />

vendredi, dans la soirée. Alors qu'elle cher-<br />

chait a allumer, au foyer, une lampe à essen-<br />

ce,, le îeu prit à ses vêtements.<br />

MM. Larca<strong>de</strong> père et Mis qui passaient en<br />

ce moment entendirent ses cris. L'un courut<br />

à son secours et l'autre alla appeler les en-<br />

fants <strong>de</strong> la malheureuse femme<br />

Des lambeaux <strong>de</strong> chairs presque carbouist'ies<br />

restaient attachés aux vêtements qu'on fui<br />

oblige die lui arracher. Elle a expire samedi<br />

matin, après d'atroces souffrances.<br />

l'oulouse joue à quatorze. Perpignan a <strong>de</strong>s<br />

iquipiers qui traînent la jambe. Enfin le ieu<br />

S '\ S 81 £V *? <strong>de</strong>ux c&tès - on attaque.<br />

Le r.O.E.C. truque en mêlée et <strong>de</strong> nom-<br />

gnan X COU|p ' s francs aon * accordés à Perpi-<br />

l.es attaques <strong>de</strong>s Catalans se précisent et<br />

sont magnifiques ; o,v«ms et trois-quarts<br />

jouent un hand-ball splendi<strong>de</strong><br />

Sur mêlée à cinq mètres, Constant s'éohap-<br />

pe et marque l'essai. ^<br />

<strong>Toulouse</strong> tente <strong>de</strong> réagir ' mais ses aitn<br />

ques manquent <strong>de</strong> netteté et' <strong>de</strong> préclli et<br />

es passes sont faites dans le vi<strong>de</strong>. Soudain<br />

F.amts, en possession <strong>de</strong> la balle, charge in*<br />

-istiblemeait. par une succession <strong>de</strong> feintes<br />

passe tous ses adversaires et marque au cen-<br />

buts nter qM Mawna you réussit trois jolis<br />

Le T.O.E.C. possè<strong>de</strong> une jolie ligue d'avanu<br />

qui donna le plus souvent la ffi à sas T<br />

•rues arrières mais celles-ci ne surent pas<br />

»n profiter Lavigne se dépens beau^o^p<br />

iur ie^eineur" 16 "** En amnts - ^<br />

A Perpignan, tous les joueurs sont à féJli-<br />

citer. Er. avants. Perrv et Alalbert se flièm<br />

remarquer. Baran<strong>de</strong> parut impressionnéïml<br />

le jeu ru<strong>de</strong> <strong>de</strong> l'adversaire<br />

Sï "uu«ie par<br />

Ramis et Drapé furent les héros <strong>de</strong> la jour-<br />

née, ce <strong>de</strong>rnier se montranOFès en pnJjU<br />

rift^r' ^y 1 ne I )a 't pis dans<br />

" bon Jour. "Les ailiers furent qTt^e ^,<br />

liges, les r.pntri»- *»< *<br />

le tràVal<br />

néglig^ tes centres faisant" à' peu "pre? fout<br />

LE MATCH RACING-ACEN<br />

.„,,,., , Colombes, 22 <strong>janvier</strong><br />

Le Midi, représenté par Agen domino tUn<br />

<strong>de</strong>nt la première mi-temps? 8 A"èn STnointt<br />

Bacing, 6 -oints. « 0 Points ;<br />

A la fin le Bacing-Club, 29 points • le S ti<br />

Agenais, 8 points. ^ "^ • 16 *• U-<br />

LOURDES CONTRE LA GÉNÉRALE<br />

Gran<strong>de</strong> affluence au Sta<strong>de</strong> Perahinir p*n<br />

dan 4 la première mi-temps. Rottr<strong>de</strong>s domine"<br />

Ala mt-temp3 : Lour<strong>de</strong>s, 8 points ! «Ste!<br />

GAWfi points 0 ' L ° Urdai8 - 16 ^ la<br />

Carcossonne. — L'A S rjnrpnca^^,„„i- .<br />

le S. Bor<strong>de</strong>lais vav ^t^OrT^ bat<br />

larbos. - Le Stadoceste Tarbaïs bat 4rir. »<br />

<strong>Bibliothèque</strong> municipale <strong>de</strong> <strong>Toulouse</strong> - Tous droits réservés


'LUNDI <strong>23</strong> JANVIER 1028<br />

Température<br />

Du 11 <strong>janvier</strong><br />

„~sslon atmosi»hérientse Frô<strong>de</strong>, tsH., écluse Pont Matahiaa.<br />

NAISSANCES DU 90 IANVIER<br />

Geneviève Aman, place du Peyrou 2.<br />

LOUIJS Pujol, ailéB OharSes <strong>de</strong> Fitte, 54.<br />

Anitonlin Dessuiigles, rue <strong>de</strong>s Trols-Fours.<br />

O<strong>de</strong>tte Manfany, avenue <strong>de</strong> Lombez, 75.<br />

Jean Monta,gii)ac. boulevard <strong>de</strong> la Gaffe 27.<br />

Antoine Herman<strong>de</strong>z, place Bachelier, î.<br />

André Garai o, à Grotx-.DauiVMle.<br />

Simon Souquct, à Saint-Martim-du-Touch.<br />

Marie Thomas, route <strong>de</strong> Paris.<br />

Ediinomle An«ot, rue Sainte-Lucie. 9.<br />

iMiag<strong>de</strong>leine Mendilcote, route <strong>de</strong> Illagnac, U.<br />

Joscpli Lavauit, allée Saiinit-Agno, 14.<br />

Marthe Souiligniac, rue <strong>de</strong>s I*Oiltnaires, 22.<br />

DÉCÈS DU 20 JANVIEH<br />

Antic. v* Cassé. 89 ans, route <strong>de</strong> Ba.yo.nne.<br />

iSériès, V Bert, 87 ans, twie Raymond-lV, 18.<br />

Marie Jeau, 68 ans rue <strong>de</strong>s Paradoux, 32.<br />

Auge. ép. Balmu, 38 ans, rue Gazaïî, 6.<br />

Espéron, v" Osmon,t, 79 ans. rue <strong>de</strong>s Anges. 12.<br />

Pierre Gouzy. 87 ams, rue Dauiljenten. 13.<br />

Puech. v" Albue, 59 ans rue du Taur, 2.<br />

Roger Rayuaud, 1 an, rue Ste-Eiphretm, 2.<br />

F e.imand Palobart, 45 ans. r. Clalre-PauiMiac, 24.<br />

Jeam Béteille, 77 ams, rue <strong>de</strong> la ("haine, 34.<br />

Michel Adolphe. 54 ams, ch. <strong>de</strong> Bataille, 14.<br />

Françoise Sègovia, 8 mois, rue <strong>de</strong>s Bûchers, 11.<br />

Louis Tonraiom, 75 ann, chemin <strong>de</strong> la Gloire, 32.<br />

Duhuls. V Albertiml, 79 ans, T. <strong>de</strong>s 36-Ponts.<br />

Pleure . Masseainaud, 85 ans, rue <strong>de</strong> la Fon<strong>de</strong>rie, 26.<br />

E~3<br />

DANS LA REGION<br />

lE<br />

Les Réparations<br />

LA RÉPONSE DE L'ALLEMAGNE<br />

Berlin, <strong>23</strong> Janvier.<br />

D'après le Berliner Tageblatt, la réponse lu<br />

gouvernement allemand à la commission <strong>de</strong>s<br />

réparations serait mise au net mercredi et<br />

remise vraisarnblaiblemeint jeudi à la com-<br />

mission.<br />

Elle comprendra une partie principale et<br />

quatre ou cinq annexes. La partie principale<br />

est divisée en . <strong>de</strong>ux sections : la premierro<br />

traite <strong>de</strong>s questions du plan <strong>de</strong> réforme nt<br />

dos garanties ; la secon<strong>de</strong> s'occupe <strong>de</strong> l'état<br />

'les paiements ponv <strong>1922</strong>. les annexes com-<br />

prennent <strong>de</strong>s documents à l'appui <strong>de</strong>s indi-<br />

cations données <strong>de</strong>ns la partie principale sur<br />

la solvabilité <strong>de</strong> l'Allemagne.<br />

NARBONNE — Elections municipales com-<br />

plémentaires.'-— Inscrits, 6.776 ; votants, 2.558;<br />

suffrages exprimés, 2.487 : majorité abso-<br />

lue, 1.695<br />

Ont obtenu :<br />

liste socialiste. — MM. Vidal, 1.630 voix •<br />

Cazenave, 1.590; Delprat, 1.587; Limouzy, 1.598.<br />

Union <strong>de</strong>s Gauches. — MM. Coudonne, 1.312<br />

voix; Cros 1 ?57 • Guidoni, 1.318 ; Jouilia, 1.295.<br />

Communistes. — MM. Dourlies, 267 voix :<br />

Bn.vnaud 268 ; Puig,-265 ; Saturât, 263.<br />

. Liste pandoresque. — MM. Bérail, 324 voix,<br />

"aimes, 324; lamur, 320; Louis, 320.<br />

Ballottage.<br />

La France et la Pologne<br />

Paris, <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

Le général Mangiu a présidé, hier après-<br />

midi, à ;a Scrbonne, une réunion organisée<br />

par ia. Ligue française<br />

M. Noulens. aucun ministre, ancien ambas-<br />

sa<strong>de</strong>ur à Pétrogi-'id. a fait une conférence sur<br />

la France et la Pologne.<br />

" Grâce au secours <strong>de</strong> la France, a-t-il dit,<br />

Ja. I ologme a pu reprendre dans le mon<strong>de</strong> une<br />

place honorable. ..<br />

Le conférencier a conclu en préconisant<br />

une alliance toujours plus étroite entre les<br />

tleux pays, qui ont <strong>de</strong>s intérêts communs et<br />

qui, à l'Ouest et à l'Est, sont les remparts<br />

nécessaires <strong>de</strong> la préservation <strong>de</strong> la paix et<br />

<strong>de</strong> la civilisation.<br />

A VENDRE : 2 presses et matériel complet<br />

pour fabrication <strong>de</strong> timbres caoutchouc (avec<br />

caractères), le tout en bon état. Prix : 1.500 fr.<br />

Rognëuse, marque Théodore, 0 m 20 <strong>de</strong> coupe,<br />

marchant très bien, 500 francs.<br />

Machine Magand .pour cartes <strong>de</strong> visite.<br />

S'adresser : A. Escourbiac, 40, rue Peyro-<br />

lières, au 1 er , <strong>Toulouse</strong>.<br />

Confédération Nationale<br />

<strong>de</strong>s Exportateurs <strong>de</strong> Fruits,<br />

Légumes, etc.<br />

C'est à <strong>Toulouse</strong> et. non pas à Narbonne,<br />

comme on nous l'a fait écrire hier par errêur<br />

Que doit avoir lieu le prochain congrès où se-<br />

ront présentés les statuts et règlement <strong>de</strong> la<br />

future confédération dies exportateurs <strong>de</strong><br />

fruits, légumes et primeurs.<br />

Renversée par un Cycliste<br />

Hier matin, à 10 h. 35, Mme Anna Bivière,<br />

<strong>de</strong>meurant quartier du Pech, passant avenue<br />

die Lombez, a été heurtée et renversée par un<br />

cycliste, M. Laurent Rov domicilié à Blagnac.<br />

Dans sa chute, cette dame s'est fait à la jambe<br />

gauche une blessure sans gTavité.<br />

SIMIN PALAY A TOULOUSE<br />

Contrairement à ce qui avait été primitivement<br />

décidé, ce n'est pas le 5 février, mais le dimameine<br />

26 lévrier que la Chorale Deodat <strong>de</strong> Sévérac don-<br />

nera à la salle <strong>de</strong>s J'aoubLns la journée Béarnaise.<br />

Ce n'est donc que le <strong>23</strong> février que nous aurons «3<br />

t>laisir d'eniterjdire le poète Simin Palay. actuelle-<br />

ment en tournée <strong>de</strong> propagan<strong>de</strong> occitane dans les<br />

villes <strong>de</strong> Provence.<br />

Le <strong>de</strong>uxième cahier <strong>de</strong> la Chorale paraîtra pro-<br />

chainement.<br />

CINÉMA PATHÉ<br />

Du mardi 24 au dimanche 39 <strong>janvier</strong> : Les Contes<br />

<strong>de</strong>s Mille et une Nuits, 3" chapitre, Enterrée vi-<br />

vante ; Carnaval tragique ; Chariot et le mari<br />

jaloux ; Actualités.<br />

Lundi : relâche. Récital Blanche Selva.<br />

Il GOSSE!<br />

ThïKID<br />

LE "THEKHf<br />

Il est revenu !<br />

On le verra au<br />

jourd'hui, en ma-<br />

tinée et en soi-<br />

rée à<br />

l'APOLLO<br />

TARIF CINÉMA<br />

Elections Départementales<br />

AU CONSEIL GÉNÉRAL<br />

A Château-Giron<br />

Bennes, <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

Voici 16 résultat <strong>de</strong>. l'élection au Conseil<br />

général ani a eu lieu dans le canton <strong>de</strong> Ohâ-<br />

toau-Ciron :<br />

Inscrits. 2.146; votants, 1.737; bulletins<br />

blancs et nuls, 28: suffrages exprimés, 1.709.<br />

Ont obtenu : M. Guérault. républicain, anti-<br />

quaire à Paris. 9S9 voix (élu) • M. Touteau,<br />

radical-social^te, 714 voix- divers 6.<br />

Il s'agissait <strong>de</strong> remplacer M. Barbot, répu-<br />

blicain, décédé.<br />

A Aire-sur-la-Lys<br />

Saint-Orner <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

Bans le canton d'Aine-sur-la-Lys, M. Lefeb-<br />

vro du Prey est élu pair 2.161 voix, sur 3.155<br />

votants et 4.245 inscrits.<br />

PARAITRONT DÉSORMAIS<br />

'e JEUDI et le DIMANCHE<br />

pics Dentifrices (Savon et Pile) ^<br />

ERASMIC<br />

Nettoient et blanchissent<br />

M<br />

GARANT! d<br />

pur Cacao et Sucre<br />

d'AIGUE BELLE<br />

DÉPÔT Î 1. Place Saint- Rtienno<br />

TOULOUSE<br />

S narres OXA TV/TB<br />

BENIT, pharmacien,<br />

27 i-,,e Mmablftu. <strong>Toulouse</strong>.<br />

Trcupsr retour <strong>de</strong> Cihis<br />

Marseille, <strong>23</strong> Janvier<br />

Deux mille six cents hommes <strong>de</strong>s troupes<br />

<strong>de</strong> Cilicie ont. été débarqués hier à Marseille<br />

par le Peiho et l'Ispahan, venant, <strong>de</strong> Beyrouth.<br />

la Mort di ?ase<br />

Rome, <strong>23</strong> <strong>janvier</strong>.<br />

DEVANT LA DÉPOUILLE FUNÈBRE<br />

Hier matin, ie cardinal Gasparri, camerlin-<br />

gue <strong>de</strong> l'Eglise a procédé à ia reconnaissance<br />

do la dépouillé du Pape avec le cérémonial<br />

habituel.<br />

Le corps a été. ensuite revêtu <strong>de</strong> la soutane<br />

blanche du rochet, <strong>de</strong> la mozette et du ca-<br />

îuail. Ses mains, croisées sur la poitrine, ont<br />

été unies à l'ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> la Couronne du Rosaire.<br />

Quatre cierges allumés ont été placés à côte<br />

du lit.<br />

Plusieurs messes ont ete célébrées dans la<br />

chambre mortuaire ; le neveu du Pape y<br />

assistait.<br />

La dépouille a été transportée dans la soi-<br />

rée dans la salle du Trône, pour l'exposition<br />

solennelle.<br />

RÉUNION DU SACRÉ-COLLÈGE<br />

Hier matin, dans la salle <strong>de</strong>s Congréga-<br />

tions, a eu heu la première réunion du Sacré-<br />

Collège, coavoqué par le cardinal-camerlin-<br />

gUii Tous les cardinaux présents à Rome s'y<br />

sent rendus.<br />

A Propos d'une Automobile<br />

pour rien<br />

La direction du cinéma Le Royal informe sa<br />

fidèle clientèle que l'automobile Ford offerte<br />

par l'Agence Ford <strong>de</strong> <strong>Toulouse</strong> n'ayant pas<br />

été réclamée par le gagnant,, un <strong>de</strong>uxième<br />

tirage aura lieu le Jeudi 2 lévrier en soirée; il<br />

aera remis à partir <strong>de</strong> <strong>de</strong>main mardi 24 jan-<br />

vier, h chaque client venant au Royal et<br />

ayant acquitté sa place, un nouveau billet gra-<br />

tuit <strong>de</strong> tombola. Ces billets participeront au<br />

nouveau tirage du 2 février, ainsi que les an-<br />

ciens billets ; tous les possesseurs sont donc<br />

priés <strong>de</strong> les conserver précieusement ; il y<br />

aura aussi une série d'autres lots importants<br />

que nous ferons connaître sous peu.<br />

MiRiu, <strong>de</strong> um H<br />

0U S«. Wfc<br />

qu'on trouve les Modèles inimitables <strong>de</strong> la<br />

Capitale.<br />

Robes, Manteaux, Costumes, Fourrures<br />

7-PALACE<br />

Aujourd'hui, en soirée, à 8 h. 45 :<br />

i° Le Pont <strong>de</strong>s Soupirs<br />

3 e époque : La Fuite dans la Tempête<br />

2" Le Match sensationnel<br />

Carpentier-Cook<br />

3° Le film le plus pathétique qui ait<br />

Jamais été vu à l'écran :<br />

La Charrette Fantôme<br />

Retenez vos places à<br />

augmentation <strong>de</strong> 10 h.<br />

2 h. 1/2 à 6 ueures.<br />

l'avance, sans<br />

à midi et <strong>de</strong><br />

Aujourd'hui LUNDI :<br />

LE B0TAL<br />

POUR DON CARLOS<br />

<strong>de</strong> Pierre BENOIT<br />

Chariot joue Curmen<br />

inénarrable fou-rire<br />

ET GROUPES<br />

El LDIANTS D'ACTION FRANÇAISE. — Le<br />

wroiiipe donnera sa 5' conférence jeudi pro-<br />

chain, a 20 h. 30 à la pornuuuence <strong>de</strong> la rue<br />

96s Aits (entrée, '34 rue <strong>de</strong> Metz). Notre ami<br />

Jules Lacointa pariera sur : « La confirma-<br />

tion <strong>de</strong> la doctrine d'A. F. par les faits <strong>de</strong><br />

Politique extérieure ». Tous les étudiants <strong>de</strong><br />

FUatveraité sont cordialement invités à cette<br />

réunion.<br />

LYCEENS ET COLLEGIENS D'ACTION<br />

FRAdNCAISE. — Jeudi <strong>de</strong>rnier, le groupe don-<br />

nait sa 6' conférence aux lycéens venus en<br />

grand nombre écouter le secrétaire du groupe<br />

Parler SUIT ; « La plus gran<strong>de</strong> France, ou la<br />

Poliiiijiie <strong>de</strong>s frontières naturelles ». Cette<br />


HT7NDI 29 JANVIER 19<strong>23</strong><br />

U Umm Littéraire<br />

Le tricentenaire <strong>de</strong> Molière, célébré dans<br />

toutes les villes <strong>de</strong> France, ne sera pas oublié<br />

il <strong>Toulouse</strong>. On nous annonce, en effet; que les<br />

actifs directeurs du Théâtre <strong>de</strong>s Variétés, MM.<br />

Audioui, consacreront au grand poète comi-<br />

que une matinée littéraire exceptionnelle. Elle<br />

comprendra une représentation extraordinaire<br />

du .Bourgeois Gentilhomme, avec le concours<br />

<strong>de</strong> M. Lafon, <strong>de</strong> la Comédie-Française, et une<br />

troupe d'artistes <strong>de</strong>s principaux théâtres <strong>de</strong><br />

Paris. La pièce sera accompagnée <strong>de</strong> la musi-<br />

que <strong>de</strong> Lullii et <strong>de</strong> toute la mise en scène.<br />

Le couronnement du buste <strong>de</strong> Molière, avec<br />

un poème <strong>de</strong> M. J.-R. <strong>de</strong> Brousse, terminera<br />

nette matinée, qui s'ouvrira par une conféren-<br />

ce <strong>de</strong> notre collaborateur Armand Pravie).<br />

Cette belle séance a été fixée au jeudi 9 fé-<br />

vrier.<br />

— Les membres du Comité <strong>de</strong> la Société<br />

t Les Amis <strong>de</strong> François Coppée » : Mme la<br />

duchesse <strong>de</strong> Rouan,- Mme W'eoer, MM. Auguste<br />

Dorehain, Jean Monval, André Dumas, Geor-<br />

ges Druilhet, Ernest Prévost, Louis Richard,<br />

ont été reçus par Mme Sarah Bernhardt, à qui<br />

ils allaient <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r son théâtre et son con-<br />

cours, pour une gran<strong>de</strong> représentation en<br />

l'honneur _du noète <strong>de</strong>s Humbles. Cette repre<br />

semtation <strong>de</strong> gala aura lieu au Théâtre Sarah-<br />

Bernhardt, vers la fin <strong>de</strong> février, et elle pro-<br />

met d'être « admirable », selon le mot <strong>de</strong> la<br />

§v Son père<br />

était un boucher normand, et sa mère une<br />

couturière parisienne ; il a été é>levé à la cam-<br />

pagne par son grand-père, républicain con-<br />

vaincu, et à douze ans, il s'est battu à.l'école,<br />

au moment du boulangisme, « pour la Répu-<br />

blique ».<br />

Puis, s'est ouverte pour lui l'ère <strong>de</strong>s difficul-<br />

tés. 11 est passé un peu partout, dans une<br />

école industrielle, chez un commerçant du<br />

quartier <strong>de</strong>s Halles, dans l'administration<br />

commune <strong>de</strong> la France Nouvelle et <strong>de</strong> l'Obser-<br />

vateur français, chez un favricant <strong>de</strong> produits<br />

chimiques, dans les Etablissements <strong>de</strong>s Dé-<br />

troits, à Singapour... Et, <strong>de</strong> tous ces efforts, il<br />

est sorti anarchiste.<br />

Georges Valois, en effet, a erré au pavs<br />

d'anarchie, <strong>de</strong> im à 1900. Il vivait chiche-<br />

ment, <strong>de</strong> son travail chez Georges Blon<strong>de</strong>l<br />

l'économiste, et chez André Blon<strong>de</strong>l, l'électri-<br />

cien ; puis, il étudiait, et fréquentait <strong>de</strong> cu-<br />

rieux milieux dont il nous a donné <strong>de</strong> très<br />

beaux croquis. Je note tout particulièrement<br />

les portraits qu'il trace <strong>de</strong> Lucien Jean et<br />

Charles-Louis Philippe.<br />

Comment Valois est-il sorti <strong>de</strong> là ? Vous le<br />

verrez minutieusement exposé dans son livre.<br />

Toutes sortes d'influences ont agi sur lui. Il<br />

a passé à la caserne, et il y a trouve tout au-<br />

tre chose que ce qu'il attendait ; il a été pré-<br />

cepteur en Russie, il a couru le mon<strong>de</strong>, et le<br />

problème religieux l'a partout sollicité ; il s'est<br />

marié, et le jour où il a dû comman<strong>de</strong>r à son<br />

enfant, le principe d'autorité s'est imposé à<br />

lui.<br />

C'est alors qu'il écrivit son fameux livre :<br />

l'Homme Qui vient, et que, après l'avoir com-<br />

ment, mais il l'étudia et fut pleinement con-<br />

quis. Et cependant, comme il avait été loin<br />

<strong>de</strong> tout cela !<br />

Au mois <strong>de</strong> juillet suivant, il allait à Os-<br />

ten<strong>de</strong> saluer le Duc d'Orléans. Il y allait avec,<br />

en tète quelques objections encore. Mais il<br />

écrit :<br />

a II ne resta rien <strong>de</strong> ces pensées lorsque je<br />

fus <strong>de</strong>vant le prince. 11 entrait, plein <strong>de</strong> cette<br />

majesté simple, alerte, qui est celle que le<br />

peuple français aime à trouver chez ses rois;<br />

son visage, encadré d'or roux, était illuminé<br />

par un regard jaillissant du bleu limpi<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

ses yeux. ïl serait au milieu d'une foule, vêtu<br />

da bure, que l'on irait droit à lui, disant :<br />

voici le roi. Il avait la main tendue, il m'at-<br />

tira à lui, et m'embrassa, selon sa coutume.<br />

11 m'interrogea sur la France, et sur cette par-<br />

tie, <strong>de</strong> la France nue je connaissais particu-<br />

lièrement. Toutes les questions que je me po-<br />

sais la veille étaient résolues, un simple geste<br />

<strong>de</strong> Mgr le Duc d'Orléans les avait tranchées.<br />

J'avais adiftérô à la monarchie, mais j'étais<br />

aujourd'hui conquis par la personne du<br />

prince. »<br />

Les Mémoires, qui retracent en détail cette<br />

longue évolution s'achèvent sur la guerre.<br />

Georges Valois en tire encore <strong>de</strong> précieuses<br />

leçons :<br />

« Une patrouille étant accrochée dans la<br />

plaine, on envoie une section la dégager. Au<br />

rassemblement, le sous-officier qui comman-<br />

<strong>de</strong>, un intellectuel, croit <strong>de</strong>voir dire quelques<br />

mots sur la solidarité envers les camara<strong>de</strong>s<br />

en péril. La section écoute, impatiente, mais<br />

une voix, celte d'un ouvrier socialiste, s'élève<br />

dans le rang et met fin à la harangue :<br />

— Fous-nous la paix ! crie-t-elie au SÎJS-<br />

officier. Comman<strong>de</strong> !<br />

! « Le soldat français, le Français, l'homme,<br />

1 veut <strong>de</strong>s chefs, et <strong>de</strong>s chefs dignes <strong>de</strong> l'être.<br />

Quand il fait la révolution, c'est parce que ses<br />

chefs ont cessé <strong>de</strong> remplir leur fonction. »<br />

Il y aurait, <strong>de</strong> longues pages à écrire et à<br />

citer d'un pareil livre, qui marquera dans la<br />

production <strong>de</strong> notre époque. Il doit être lu,<br />

relu, médité par tous ceux-là, si nombreux<br />

encore, dont la préoccupation dominante est<br />

le salut <strong>de</strong> la patrie.<br />

Armand PRAVIEL.<br />

Voici un volume d'un tout petit format,<br />

mais qui n'en contient pas moins l'exposé<br />

d'une <strong>de</strong>s plus graves questions <strong>de</strong> la politi-<br />

que étrangère actuelile : Le Problème autri-<br />

chien et le rattachement à l'Allemagne. J. Ter-<br />

sannes, édition Bossard, -43, rue Munie, à Pa-<br />

ris. Prix : -4.80 .<br />

Sans doute, il est un peu tard pour signaler<br />

à nos lecteurs l'intérêt <strong>de</strong> cet ouvrage qui a<br />

paru au début <strong>de</strong> 1921. Mais comme, <strong>de</strong>puis<br />

lors, le problème qui s'y trouve disséqué <strong>de</strong><br />

main <strong>de</strong> maître n'a hélas ! aucunement chan-<br />

gé <strong>de</strong> face et n'a pas fait un pas dans la voie<br />

<strong>de</strong> la solution, on peut, encore, lire avec fruit<br />

ce magistral exposé écrit par un homme qui<br />

a vu, qui a étudié, sur place, son sujet et l'a<br />

approfondi jusque dans ses moindres détails.<br />

Au fond, à l'heure où la guerre a pris fin,<br />

les Autrichiens détestaient les Prussiens et<br />

n'avaient aucunement l'idée <strong>de</strong> s'unir à eux.<br />

Aujourd'hui ii en est tout différemment. Pour-<br />

I quoi ? L'Entente a multiplié les maladresses.<br />

Elle n'a rien fait pour conquérir l'âme <strong>de</strong> ce<br />

pays.<br />

Comme l'Allemagne a été plus habile ! Elle<br />

a d'abord gagné à sa cause tous les journaux<br />

<strong>de</strong> Vienne ou <strong>de</strong> la province. Puis, elle a<br />

exercé sa propagan<strong>de</strong> au sein <strong>de</strong>s principaux<br />

partis politiques et <strong>de</strong>s associations profes-<br />

sionnelles, sans que nous ayons tenté quoi que<br />

ce soit pour nous opposer à son envahisse-<br />

ment. Elle est parvenue à faire éliminer <strong>de</strong><br />

toutes les principales charges du pays les ad-<br />

versaires <strong>de</strong> sa politique. Elle a, enfin, orga-<br />

nisé sa formidable association : le Heimats-<br />

dieust, qui a, dans chaque commune, un re-<br />

présentant chargé <strong>de</strong> répandre les idées alle-<br />

man<strong>de</strong>s et qui coordonne, centralise et dirige<br />

tous les efforts faits en faveur du rattache-<br />

ment,<br />

' Les circoonstances économiques : la disette,<br />

la /wnine 3»M pèsent sur 1*Autriche ont, d'ail-<br />

leurs, largement favorisé les menées <strong>de</strong> nos<br />

adversaires auxquels elles ont permis <strong>de</strong> mon-<br />

trer le rattachement <strong>de</strong> /'Allemagne comme la<br />

panacée universelle avec laQuelle doivent dis-<br />

paraître tous leurs maux.<br />

Do porté, qu'à l'heure actuelle, la majorité<br />

<strong>de</strong>s Autrichiens, qu'ils appartiennent au mon-<br />

<strong>de</strong> ouvrier, aux milieux universitaires, aux<br />

divers partis politiques est favorable au rat-<br />

tachement.<br />

Tel est le danger !<br />

Est-il encore temps d'y parer ?<br />

M Tersaimes affirme que oui. Mais il n'y a<br />

plus une minute à perdre, une impru<strong>de</strong>nce à<br />

commettre.<br />

Il faut, au plus vite, que les Alliés donnent<br />

au gouvernement aotued <strong>de</strong> l'Autriche <strong>de</strong><br />

l'autorité dans son propre pays. Il leur appar-<br />

tient « <strong>de</strong> couvrir son programme d'assainisse-<br />

ment financier et <strong>de</strong> relèvement politique. Il<br />

faut modifier la mentalité actuelle <strong>de</strong>s habi-<br />

tants du pays, les intéresser <strong>de</strong> nouveau aux<br />

affaires publiques, en développant leur esprit<br />

<strong>de</strong> solidarité et en les débarrassant du scep-<br />

ticisme dont Us s'enveloppent <strong>de</strong>puis la révo-<br />

lution ».<br />

Et donc, pendant quelques années encore,<br />

les puissances alliées <strong>de</strong>vront s'occuper beau-<br />

coup <strong>de</strong> l'Autriche, intervenir fréquemment<br />

auprès <strong>de</strong> son gouvernement, surveiller son<br />

administration, lui fournir un appui considé-<br />

rable et l'ai<strong>de</strong>r <strong>de</strong> toutes façons à « faire la<br />

soudure... »<br />

Nos lecteurs comprendront que nous n'avons<br />

pu qu'esquisser, ici, la thèse si bien ordonnée,<br />

si puissante <strong>de</strong> l'auteur <strong>de</strong> l'ouvrage.<br />

Mais nous en avons dit assez, tout <strong>de</strong> mê- \<br />

me pour faire comprendre avec quel soin et .<br />

quelle métho<strong>de</strong> a été composée l'étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> M.<br />

Tersamies, qui est accompagnée d'une inté-<br />

ressante préface <strong>de</strong> M. A. Gauvain, rédacteur<br />

au Journal <strong>de</strong>s Débats.<br />

Tous ceux qui s'occupent <strong>de</strong>s questions <strong>de</strong><br />

politique extérieure ou que préoccupe seule- '<br />

ment l'avenir <strong>de</strong> l'Europe et <strong>de</strong> la France li- i<br />

ront avec fruit ce petit livre et l'installeront |<br />

soigneusement dans les rayons <strong>de</strong> leur biblio-<br />

thèque, car il représente une source <strong>de</strong> docu-<br />

ments <strong>de</strong> premier choix.<br />

t. <strong>de</strong> F.<br />

LES ÂLMANÂCHS<br />

Il n'est pas encore trop tard pour parler<br />

<strong>de</strong>s Almanadhe. Ils sont légion. Mais parmi<br />

eux, signalons tout-à-fait en tête l'Almanach<br />

<strong>de</strong> la Renaissance du Livre.<br />

Imprimé en noir et rouge, illustré en noir<br />

et en couleur, il s'offre au public sous les<br />

apparences d'un livre <strong>de</strong> luxe mis à la portée<br />

<strong>de</strong> toutes les bourses. Non seulement il réunit<br />

la plus riche collection <strong>de</strong> Nouvelles, Contes<br />

et Poèmes <strong>de</strong>s meilleurs auteurs- actuels,<br />

mais, soius- la signature <strong>de</strong> ceux-ci, <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s<br />

sur toutes Içs formes <strong>de</strong> l'activité intellectuelle<br />

française. Toute la France qui lit trouvera<br />

dans ce charmant volume une idée complète<br />

<strong>de</strong> l'orientation <strong>de</strong> la Fiance qui pense et<br />

écrit, et aussi <strong>de</strong> tous les procédés d illus-<br />

tration du Livre d'Art.<br />

Le texte est aligné <strong>de</strong> MM. Albert-Jean. Ale-<br />

xandre Arnoux, René Benjamin, Pierre be-<br />

noît Jules Bertaut, André Billy, Binct-Valmcr<br />

Marcel Bonlengar, Francis Carco, Fernand<br />

Divoire Roland Dargielee, Louis Forest Franc-<br />

Nohain, José Germain, Pierre Guitet-Vauque-<br />

lin Emile Henriot, André Lamandé, Anare<br />

Lebey Pierre Mac Orlan, Edmond Pilon,<br />

Gaston Picard, Armand Praviel, Ernest Ray-<br />

naud. Edmond Sêe, J. Valmy-Baysse Jean<br />

Vartot. Jean Vignaud, Paul Voivenel, Emile<br />

Zavle. Quant aux illustra ions elles sont si-<br />

gnées dune pléia<strong>de</strong> d'artistes.brillants : Geor-<br />

ges Barbier, Gus Bofa, Robert Bonflls Gabriel<br />

Daraignès, Maxime Dethomas, André Hofer,<br />

Chas? Labor<strong>de</strong>, G. Lepape, Ch. Martin. G.<br />

(Mcurgue, Pierre Falké, Séméon.<br />

C'est assez dire quel remarquable ensemble<br />

artistique et littéraire constitue lAlmanach <strong>de</strong><br />

la nenaissance du Livre - Un volume <strong>de</strong> 130<br />

pages, grand 17x27 centimètres. : 3 francs,<br />

78/ boulevard Saint-Michel, Pans.).<br />

_ L'Armanac <strong>de</strong> la Gascougno vient <strong>de</strong> pa-<br />

raître avec un sommaire toujours aussi sa-<br />

voureux toujours aussi aimable. Il nous arri-<br />

ve même cette année avec un texte gascon<br />

él M. Léon Bérard, Ministre <strong>de</strong> 1 Instruction<br />

Publique I<br />

Rn tête du fascicule, Lou Oascarot dans<br />

cette lanlrueVine où l'« «tove^r<br />

dA l'Orne blanc, retrace le programme ae<br />

PArmanac. Nous eni citerons un passage lAr-<br />

manac célébrant cette année ses no-ces aar<br />

gent :<br />

L'aouots recon-neeut lou païs a-ufP^i» ' r .<br />

nssi& «<br />

i a, «ne n'es tooulat este lou mt-<br />

ra AcaBmiaats*ous i do»n« engoan encoèio<br />

ïït,,V;r Tiviinaties Uei aoi countes <strong>de</strong> manié-<br />

„o B "S£ State7^bLSts qu'a bèt tems a, mès<br />

Ùns SS'o comm tout ço qiui preiig pè clens la<br />

Srro mairanoe

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