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PEINTURES DE - erewhon - Free

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<strong>PEINTURES</strong> <strong>DE</strong><br />

GILLES CHAMBON<br />

peintre<br />

architecte<br />

urbaniste<br />

- Peint depuis 25 ans, dans son<br />

atelier près de Saint-Emilion<br />

- Dirige à Libourne l’agence<br />

d’architecture et d’urbanisme<br />

EREWHON<br />

- Enseigne à l'école d'architecture<br />

et de paysage de Bordeaux<br />

17 rue Fonneuve LIBOURNE 33500<br />

T 05 57 51 62 10 - F 05 57 74 10 89<br />

m : <strong>erewhon</strong>owhere@yahoo.fr<br />

web http://<strong>erewhon</strong>.free.fr<br />

http://art-figuration.blogspot.com


EXPOSITIONS, RECHERCHES, PUBLICATIONS, PROJETS<br />

EXPOSITIONS <strong>DE</strong> <strong>PEINTURES</strong><br />

2008 avril Exposition personnelle «hiérophanie buissonnière» à la galerie Can’Art, 28 rue des Polinaires, Toulouse<br />

2007 sept-oct Exposition personnelle à l’Office de Tourisme d’Aubeterre-sur-Dronne, Charente<br />

2006 sept. Exposition de groupe à la galerie 4SPAIS, 3 rue Joan Miro, Lleida, Espagne<br />

2002-20087 Participation aux expositions annuelles de l’association franco-japonaise En Hommage à J-F Millet,<br />

Musée Municipal d’Art d’Osaka ; 2004, prix de l’association; 2005 prix supérieur du jury.<br />

1997 “Partance”, exposition personnelle, galerie L’Andronne, Saint-Émilion<br />

1990 "Villes imaginaires", exposition personnelle, Maison de l'Architecture, Poitiers<br />

1988 "Territoires Magiques", exposition personnelle, D.A.T.A.R., Paris<br />

exposition à l'Institut Français d'Architecture (Peinture du projet d'aménagement du Parc de Charente<br />

(projet B Lassus) à Rochefort-s-Mer; exposée en permanence à la Corderie; publiée dans le N°226/227 de la revue<br />

URBANISME - "Antic Towns", exposition personnelle, Ecole d'Architecture de Bordeaux<br />

1985 "Nouveaux voyages en Erewhon", Galerie Clin d'Oeil, Toulouse (exposition présentée à FR3 MIDI<br />

PYRENEES) - "Espaces d'illusion", Galerie Archétype, Paris<br />

1984 "Peintures d'architectes"(expo collective), FIFARC de Bordeaux - "Citadelles d'Erewhon", exposi<br />

tion personnelle, Galerie Condillac, Bordeaux<br />

RECHERCHES, PUBLICATIONS, et ECRITS DIVERS<br />

2007 "SOUVENIRS D’ANTILLIA", 260p, roman, éd. Amalthée, Nantes<br />

2004 "<strong>DE</strong> L’ESTHETIQUE FRACTALE DU PAYSAGE URBAIN", communication faite au Congrès International FRAC<br />

TALES EN PROGRES, organisé à Paris en nov 2004 par l’Académie Européenne Interdisciplinaire des Sciences, sous la présidence<br />

de Benoît Mandelbrot. A paraître prochainement dans les Actes du Congrès<br />

"ITINERRANCE", 143p, fragments autobiographiques (non publié)<br />

"TENDANCES NUAGEUSES", 47p, reccueil de poésies (non publié)<br />

2002 "L'IMAGINAIRE <strong>DE</strong>S PAYSAGES URBAINS" réflexion menée dans le cadre des activités de recherche de l’équipe Cepage<br />

à l’école d’architecture de Bordeaux (non publié)<br />

1999 "RÉGIONALISME… VOUS AVEZ DIT "CRITIQUE"?" article polémique sur le régionalisme, publié dans le n°97 de la revue<br />

d'Architecture.<br />

1995 "LE PAYSAGE URBAIN DANS LA PEINTURE AU MOYEN-AGE ET A LA RENAISSANCE ; L'émergence d'une esthétique<br />

fractale" (1996, 298p); recherche individuelle suivie par Françoise Choay.<br />

1995 "QUESTION D'IMAGINAIRE ", .Article sur l'imaginaire urbain paru dans le n°1 de la lettre d'information sur l'histoire de la<br />

ville et de l'architecture (revue du BRA, Ministère de l'Equipement)<br />

1985 "PLAIDOYER POUR L’EXPRESSION ARTISTIQUE FIGURATIVE", essai polémique, 60p, non publié<br />

1984 "PARIS-ISTANBUL A L'AGE CLASSIQUE, structures commerciales", article publié dans le n°63 de la revue Métropolis.<br />

1979 "D’où viennent les HLM ?" bande dessinée publiée dans le n°46 de la revue "H" (Fédération des HLM) ; histoire du logement<br />

social sous forme de BD destinée aux enfants.<br />

1975 "L'HABITAT RURAL DANS LES HAUTES PLAINES <strong>DE</strong> L'EST ALGERIEN; PRATIQUES QUOTIDIENNES ET REAPPRO-<br />

PRIATION <strong>DE</strong> L'ESPACE" (170p, non publié); recherche en collaboration avec A. VAN <strong>DE</strong>R ELST (travail de diplôme), et pour le<br />

Centre Universitaire de Recherches d'Etudes et de Réalisation de Constantine.<br />

PROJETS ARCHITECTURAUX RÉCENTS<br />

2001-05 Aménagement du cours du Chapeau Rouge, à Bordeaux (avec David Mangin –SEURA–, mandataire) faisant suite au<br />

concours international gagné en juillet 2001<br />

1998-2001, 2007 Aménagement en deux tranches de la traversée de Barbezieux (ancienne N10), réalisation sélectionnée parmi les<br />

dix meilleures réalisations récentes en Charente<br />

2004-08 Réhabilitation et restructuration de l’îlot de la mairie à Barbezieux ; programme comprenant une salle d’expositions, les<br />

annexes de la mairie, et deux logements, à partir d’un ensemble urbain XVe-XIXe siècles.


ANACHRONISME ?<br />

L’art contemporain, après avoir malmené la peinture figurative –<br />

quand il n’a pas purement et simplement rejeté la peinture -, semble<br />

aujourd’hui à nouveau prêt à s’en accommoder. Mais le regard des<br />

élites s’est tellement habitué aux jeux plastiques et conceptuels qui ont<br />

marqué le siècle écoulé, qu’il admet encore mal un renouveau du travail<br />

humble sur l’image peinte.<br />

Je revendique ce travail humble, sans affèteries, tout entier<br />

tourné vers la poésie de l’élaboration imaginaire et vers la vérité de la<br />

représentation. J’ai toujours été fasciné par les grands maîtres figuratifs,<br />

particulièrement ceux de la Renaissance, et j’essaie de mettre à profit<br />

leurs leçons, quitte à détonner dans le paysage plastique contemporain<br />

; mais je n’ai aucune raison de changer de cap pour suivre l’air du<br />

temps…<br />

Suis-je pour autant anachronique ? La modernité réside plus,<br />

selon moi, dans l’ouverture aux mondes et aux temps différents, que<br />

dans la fuite en avant et l’absurde injonction de contemporanéité.<br />

Mes compositions accordent généralement une place importante<br />

aux villes imaginaires, sans doute parce que je suis architecte, et<br />

parce que je voue un amour particulier aux paysages urbains peints par<br />

les maîtres italiens et flamands. J’aime aussi à revisiter les sujets classiques<br />

de la peinture, notamment les sujets mythologiques et religieux,<br />

parce qu’ils constituent notre imaginaire collectif. Je cherche alors à<br />

confronter cet héritage poétique ancien à la poésie libre du monde<br />

actuel, avec quelques raccourcis volontiers ironiques, et parfois incongrus.<br />

Gilles Chambon


La mythologie<br />

Les mythologies chrétienne et classique, parce qu’elles imprègnent notre imaginaire, sont parmi les principales sources<br />

d’inspiration de la peinture occidentale.<br />

La logique mythologique est peu soucieuse de vraisemblance, et mélange allègrement les histoires, les lieux, et les<br />

époques. Il n’est pas interdit d’en traiter les thèmes avec une note d’humour, et d’en faire un conte poétique nouveau,<br />

amusant ou tragique, utilisant quelques convergences profondes de l’inconscient collectif.<br />

LA TRANSFIGURATION - huile sur toile, 100x106cm, 2006<br />

Le Christ s’était rendu sur le mont Thabor avec Pierre, Jean, et Jacques. Ces derniers après s’être endormis, furent réveillés par la vue de<br />

Jésus entouré des prophètes Moïse et Elie, et paraissant transfiguré. C’est alors qu’ils prirent conscience de sa nature divine.<br />

Mais étaient-ils vraiment réveillés, ou n’étaient-ils pas plutôt victime d’un songe partagé, de nature hypnagogique ? Dans celui-ci, ils prennent<br />

conscience de la terrible opposition entre le bas et le haut. En bas la matérialité pesante des êtres de chair, et en haut l’immatérialité de l’âme, de la foi,<br />

et de toutes les utopies religieuses ou politiques, dont la Jérusalem céleste est l’emblème. Moïse et Elie, figures tutélaires, ne sont plus qu’une métaphore<br />

des forces germinatives de la nature, et se résolvent en poires, raisins, courgettes, pommes, blés, oignons, etc… selon la recette inventée par le<br />

grand Arcimboldo. Le christ, derrière ses airs de maître à penser, n’est que du vent : vent qui dessèche les corps jusqu’au squelette, mais aussi vent<br />

qui ensemence et purifie le monde.<br />

Les trois apôtres endormis sont en fait surtout obsédés par leur machinerie interne, pleine d’os, de tendons, de boyaux, et de vésicules<br />

diverses. Jacques, sujet aux douleurs de poitrine, prend conscience de sa cavité thoracique ; Jean, qui à mal aux dents, découvre la mécanique compliquée<br />

de sa mâchoire ; quant à Pierre, qui est perclus de courbatures après l’ascension du mont Thabor, il se démultiplie en une foule d’écorchés,<br />

vision prémonitoire des martyrs chrétiens qui viennent lui demander des comptes.


LES QUATRE CAVALIERS - huile sur toile, 130x81cm, 2008<br />

II n’y a pas, à ma connaissance, de peinture importante représentant ce thème, mis à part la célèbre gravure de Dürer montrant les quatre cavaliers de<br />

l’apocalypse. Comme lui, j’ai respecté l’ordre et les attributs de chaque cavalier, tels que les décrits Saint Jean. Mais pourquoi des samouraïs ? Peutêtre<br />

parce que l’apocalypse moderne a commencé à Hiroshima ; d’ailleurs, les trois premiers cavaliers ressemblent étrangement à A. Einstein, N. Bohr,<br />

et R. Oppenheimer, les pères de la bombe atomique.


LA CENE, ou LES COPAINS D’ABORD - huile sur toile, 81x100 cm, 2005,<br />

Pourquoi une cène? Parcequ’en visitant les musées de Milan, de Vérone, et de Mantoue, je me suis délecté des merveilleuses fresques<br />

d’Altichiero, Mantegna, Luini, Ferrari... et j’ai été ravi par ce mélange de personnages expressifs, d’architectures imaginaires, de couleurs tendres et<br />

lumineuses. Dans ma « cène », la composition générale est en résonance directe avec les oeuvres de la Renaissance : grande perspective où se succèdent<br />

trois plans, le premier dévolu à la scène représentée, avec le christ au centre de la peinture, le second, de transition, formé de vastes arcades<br />

architecturales, et le dernier, dans le lointain, occupé par le foisonnement de l’architecture imaginaire. Evidemment, il ne s’agit pas d’une oeuvre de<br />

dévotion. Le Christ et les apôtres sont, comme au théâtre, de simples acteurs. Comment ai-je fais le casting ? J’avais envie d’y mettre quelques uns<br />

de mes proches (une façon ironique ou affectueuse de les faire participer à la célébration d’un mythe universel). Ils sont une simple transcription du<br />

pittoresque quotidien de nos attitudes autour d’un repas, qui rejoignent le pittoresque universel et intemporel auquel devait correspondre un repas<br />

d’apôtres. Il y a quatre personnages féminins : j’ai ainsi ouvert symboliquement aux femmes les plus hautes responsabilités de l’église, si frileuse en<br />

matière d’égalité des sexes.<br />

Bref, je me suis amusé, tout en voulant garder ma ferveur poétique. Ma cène est un repas banal où aucun des apôtres n’a conscience de<br />

l’importance de l’instant. Ils ne pensent pas que Jésus est un dieu : ils ont l’habitude de ses exagérations. Ils sont comme nous : ils connaissent leur<br />

passé, mais pas leur avenir.


LA PREDICATION AUX OISEAUX - huile sur toile,<br />

100 X 82cm, 2006<br />

On raconte que Saint François d’Assise, avant d’entrer<br />

dans la ville de Bevagna, rassembla des oiseaux de toutes sortes<br />

pour leur parler de Dieu. Il se sentait proche d’eux et n’avait<br />

aucune difficulté à leur adresser la parole. Max Ernst, qui avait<br />

intériorisé son profil aquilin comme une sorte de stigmate de la<br />

gens volatile, s’identifiait volontiers à son personnage « Loplop »,<br />

le Supérieur des oiseaux. Son œuvre abonde d’ailleurs d’évocations<br />

d’oiseaux. C’est donc lui qui, dans ma peinture, s’adresse<br />

solennellement aux oiseaux, sans distinction de race, de condition,<br />

ni de vérité zoologique. Il y a là effectivement de drôles d’oiseaux<br />

: les prestigieux Horus et Toth, qui n’ont pas de leçon à<br />

recevoir en matière de divinité ; une pauvre poule délinquante<br />

escortée de deux vautours ; le charmant couple du « monument<br />

aux oiseaux », qui boit les paroles de son créateur, contrairement<br />

aux patibulaires « scaphandriers somnambules », qui paraissent<br />

fomenter un mauvais coup. Mais en bon prêcheur médiatique,<br />

Saint-François-Loplop a tout prévu, et si les louanges du paradis<br />

n’emportent pas l’adhésion de l’auditoire, il sort son joker infernal,<br />

dont le nom de code est inscrit sur les prospectus qu’il a distribués.<br />

L’ASSOMPTION <strong>DE</strong> LA VIERGE - huile sur toile,<br />

70X79cm, 2006<br />

La Sainte Vierge est la personne la plus représentée<br />

de l’histoire de la peinture occidentale : annonciations, nativités,<br />

vierges à l’enfant, sept joies de la vierge, couronnements<br />

de la vierge, déplorations, assomptions, etc., sont légions. La<br />

Vierge est la figure princeps de la mère compassionnelle, mais<br />

aussi de toutes les femmes douées d’un érotisme à la fois autoritaire,<br />

protecteur, et désincarné. J’ai imaginé sa montée vers<br />

les cieux aussi fulgurante que celle d’une fusée, accompagnée<br />

d’un ange un peu ridicule en costume de superman, dont on ne<br />

sait trop s’il est là pour la soutenir, la propulser, ou simplement<br />

profiter de sa lumière et lui regarder sous les jupes, tant ceux<br />

qui l’approchent sont tentés par la régression vers des voluptés<br />

enfantines. Toute ressemblance avec des personnages réels<br />

serait évidemment fortuite.


LA TOUR <strong>DE</strong> BABEL - huile sur toile, 66 X 74cm, 2008<br />

Tout le monde connaît le mythe de la tour de Babel : une immense ziggourat lancée à l’assaut du ciel, acte fondateur qui symbolise la propension<br />

humaine impérialiste à conquérir la terre et les cieux. Puis l’échec survenu en raison d’une séparation des langages, et donc d’une incommunicabilité<br />

grandissante entre les hommes, commandée par un dieu jaloux de sa toute puissance.<br />

Ce mythe biblique m’a paru coller parfaitement à la situation de l’occident moderne, impérialiste et dominateur dans beaucoup de domaines, et en<br />

particulier, pour ce qui nous intéresse ici, en art:<br />

Le XIXe siècle éclectique avait en effet d’abord voulu récupérer dans un vocabulaire moderne rationalisé, l’ensemble des styles pêchés dans l’histoire<br />

de tous les peuples ; puis le XXe siècle les a, au contraire, rejetés tous, pour tenter de trouver, par l’expérimentation, le langage pur de la<br />

modernité. Mais la pureté moderne des uns n’a pas été celle des autres, et, comme à Babel, la signification des œuvres s’est peu à peu diluée<br />

dans confusion des langages plastiques. Ma toile représente une tour de Babel éclectique inachevée, rappelant le haut des premiers gratte-ciels<br />

américains. Au premier plan, on voit le roi Nemrod (emprunté à la tour de Babel de Bruegel), qui, prenant à témoin deux mystérieux personnages<br />

sortis du Laocoon d’El Greco, tente en vain de rassembler quelques acolytes vedettes de la peinture du XXe siècle, devenus aveugles les uns aux<br />

autres, et rendus impuissants à force de délire schizophrénique.


L’ENTREE À JERUSALEM - huile sur toile, 93 X 100cm, 2006<br />

Thème récurrent de la peinture occidentale jusqu’à la Renaissance, les<br />

représentations de l’entrée du Christ à Jérusalem ont une scénographie<br />

assez codifiée, reprise ici dans ses grandes lignes. L’ânesse et son ânon<br />

ont cependant été remplacés par un rhinocéros, en hommage aux délires<br />

de Dali, qui est le sphinx détenant les clefs de la Jérusalem de l’inconscient.<br />

La dentellière de Vermeer apparaît en contrepoint du rhinocéros car,<br />

comme chacun sait, Dali avait démontré à sa manière la totale homologie<br />

entre l’animal archaïque, et le chef d’œuvre si évolué du peintre hollandais.<br />

LA TENTATION <strong>DE</strong> SAINT ANTOINE - huile sur toile,<br />

80x80cm, 2006<br />

Ce sujet a été très apprécié par les peintres depuis Jérôme Bosch, parce<br />

qu’il se prête a la représentation des délires de l’imagination, où convergent<br />

les monstres pittoresques sortis des contes de l’enfance, et les symboles<br />

de sexualité, omniprésents dans l’esprit d’Antoine torturé par une trop<br />

longue solitude. Dans ma peinture, Saint Antoine est à l’intérieur d’une grotte<br />

qui n’est autre que la caverne intérieure de Platon, où viennent se projeter<br />

les reflets déformés d’une réalité à jamais inaccessible. Dans une<br />

caverne, l’ombre des torches crée des fantômes ailés, et le moindre relief<br />

ainsi éclairé capte l’imaginaire et entraîne les visions délirantes : la forêt de<br />

stalactites et de stalagmites devient une ville extraordinaire, l’ombre même<br />

d’Antoine devient un spectre féminin à tête d’oiseau. Malgré l’image positive<br />

que la tradition catholique nous en a transmise, et qu’a immortalisé<br />

Flaubert, Antoine est ici un SDF, déchu de tout statut social, qui vit dans la<br />

crasse (comme en témoigne sa promiscuité avec le cochon). Il tente d’oublier<br />

sa déchéance en s’adonnant à la boisson, comme le font beaucoup<br />

de clochards, et cela facilite grandement ses visions. Ce qui sauve Saint<br />

Antoine est justement la qualité de son imagination délirante ; ainsi le tirebouchon<br />

devient facilement un crucifix, et lui rappelle que le vin est bien «<br />

un petit Jésus en culotte de velours qui descend dans l’estomac ». Il comprend<br />

que ce breuvage sacré peut être à la fois Dieu ou le diable, ce dernier<br />

n’étant en définitive que la déformation délirante du premier, comme<br />

les visions de la caverne sont la déformation de la réalité. On peut alors<br />

supposer que fort de cette découverte, il trouva l’énergie pour prêcher ces<br />

mystères.


SAINT JERÔME DANS LE <strong>DE</strong>SERT - huile sur<br />

toile, 73x78cm, 2006<br />

Saint Jérôme est une des grandes figures de la chrétienté,<br />

parce qu’on lui doit la traduction de la bible en Latin, la «vulgate».<br />

En peinture, il a été représenté généralement soit dans<br />

son cabinet d’étude, soit pendant sa méditation au désert,<br />

accompagné d’un crucifix, d’un livre ouvert, et des attributs cardinalices.<br />

L’imaginaire collectif lui a adjoint un lion, faisant ainsi<br />

de lui le dernier protagoniste d’un mythe ancien présentant un<br />

héros qui apprivoise une bête fauve en lui ôtant une épine du<br />

pied. J’ai imaginé que cet homme qui rendit accessible au plus<br />

grand nombre le livre de la création, qui fréquenta le désert et<br />

les animaux sauvages, pouvait très bien être incarné par<br />

Nicolas Hulot. La prédilection de ce dernier pour la plongée et<br />

l’exploration des fonds marins, qui sont d’ailleurs le seul «<br />

désert » de notre planète encore à peu près sauvage, m’a<br />

conduit à imaginer la scène suivante : au cours d’une de ses<br />

plongées, et sous l’œil affectueux de son lion (de mer), Jérôme<br />

alias Nicolas, est interloqué par un christ en suspension. Celuici<br />

lui indique du regard le livre ouvert dont il doit s’occuper<br />

avant qu’il ne soit définitivement dégradé. Du coup il comprend<br />

ce que l’humanité y gagnera, et pense aussi à son avancement<br />

dans la hiérarchie cléricale. Une grosse méduse rouge qui passait<br />

par là lui évoque sans ambiguïté le chapeau de cardinal<br />

qu’il convoite.<br />

LES GEANTS - huile sur toile, 100x81cm, 2006<br />

Le combat des dieux et des géants, rapporté par Ovide, à<br />

donné lieu à quelques œuvres pendant la Renaissance, dont<br />

la plus célèbre est la salle des Géants du palais du Té, à<br />

Mantoue, due à Julio Romano, et qui montre la défaite des<br />

géants, pris dans un savant écroulement architectural. Dans<br />

toutes les mythologies, les géants sont la personnification des<br />

forces primordiales, menaçantes, mais finalement maîtrisées<br />

par l’homme. Fils de la terre, ils représentent aussi des montagnes<br />

qui s’élancent à l’assaut du ciel.<br />

Mes géants sont sortis tout droit des échancrures fantastiques<br />

et « gullivérisées » de certains rochers du cap Creus (que j’ai<br />

photographiés lors d’un pèlerinage dalinien). À la fois menaçants<br />

et menacés, formidables et fragiles, terribles et ridicules,<br />

ils symbolisent le dérèglement des éléments sur notre planète<br />

aujourd’hui. Et il n’est pas certain que, comme jadis, les dieux,<br />

assistés d’Hercule (qui personnifiait la puissance de la civilisation<br />

humaine), sortent à nouveau vainqueurs du combat qui<br />

s’annonce. Il est à craindre au contraire que tous, hommes,<br />

dieux, et géants, soient anéantis par l’incompréhension et la<br />

peur qui les poussent les uns contre les autres.


DANAE - huile sur toile, 70 X 73cm, 2006<br />

Comme tout le monde, j’ai toujours été émerveillé par la Danaé<br />

de Klimt, et c’est sans doute ce qui m’a donné envie d’en faire<br />

une. Les mauvaises langues diront que j’aurais mieux fait de<br />

m’abstenir. Soit. Mais si ma Danaé n’arrive pas à la cheville très<br />

retroussée de celle du vieux maître, elle est en tout cas beaucoup<br />

plus mythologique que la sienne : sa pluie d’or n’est en<br />

effet qu’un banal épanchement de coffre-fort, fait de louis d’or ;<br />

comme si la déesse de l’aurore était une vulgaire catin enfermée<br />

dans un bordel. Il y a derrière son interprétation la vilaine idée<br />

que les femmes ne jouissent que du fric. N’ayant pour ma part à<br />

offrir à la mienne (qui m’a servi de modèle) que la lumière du<br />

matin embrasant notre chambre, j’ai retrouvé la véritable signification<br />

de la pluie d’or : c’est un sperme divin absolument non<br />

monnayable, matérialisé exclusivement par la lumière dorée et<br />

humide du soleil levant, et qui vient réchauffer et féconder<br />

chaque jour la terre endormie. Le soleil se levant à l’est, il était<br />

normal que l’ambiance de la chambre-prison de Danaé soit<br />

quelque peu orientale.<br />

SAINT GEORGES ET LE DRAGON - huile sur toile,<br />

80x80cm, 2002<br />

Depuis le 11 septembre 2001, la lutte de Georges W. Bush<br />

contre Ben Laden et ses commandos terroristes m’évoque une<br />

sorte de remake du mythe de Saint Georges contre le dragon,<br />

avec une mise en scène à grand spectacle de type hollywoodien.<br />

Ma peinture peut être vue comme un projet d’affiche pour<br />

cette superproduction tragicomique, où l’on voit le héros défiant,<br />

avec une vulgarité virile toute américaine, le dragon terroriste<br />

qui lui échappe en partant en fumée. Mais le dromadaire indique<br />

que le yankee n’a pas dit son dernier mot, et qu’il a l’intention de<br />

poursuivre son expédition punitive jusque dans le désert. Quant<br />

à la princesse assise sous la croix (princesse de Trébizonde,<br />

dans la légende de Saint Georges), elle peut évidemment symboliser<br />

la chrétienté menacée, où, pourquoi pas, le génocide<br />

arménien qui a eu lieu dans cette ville en 1915 ; mais elle est<br />

surtout là pour faire vendre le film.


LE RENIEMENT <strong>DE</strong> ST PIERRE - huile sur<br />

toile, 70x83cm, 2006<br />

Une lumière d’aube un peu orageuse marque le côté<br />

dramatique de la scène représentée ; j’ai emprunté à<br />

Pierro della Francesca le groupe du christ au second<br />

plan de sa flagellation ; et les faciès de ceux qui dévisagent<br />

Pierre proviennent de Jérôme Bosch et de<br />

Francisco Goya, tandis que leurs corps sont interprétés<br />

du Tintoret. Mon Saint Pierre est celui de La voie<br />

lactée de Buñuel, et pour cause, c’est mon père qui<br />

jouait ce rôle (ce fût d’ailleurs son dernier personnage<br />

au cinéma ; il est mort l’année suivante, et est parti<br />

rencontrer le vrai Saint Pierre – en tout cas je l’espère<br />

pour lui). Mon Saint Pierre, donc, est en déséquilibre,<br />

à la fois déstabilisé par le hiératisme lumineux et<br />

calme du Jésus de Pierro della Francesca, qui reste<br />

impassible sous les coups de fouet, et effrayé par les<br />

contorsions grotesques que ceux qui aiment le sang<br />

et la délation, et qui hurlent avec le coq annonçant le<br />

drame de la passion. Au déséquilibre et à l’hésitation<br />

de Pierre, entre la force et la faiblesse, entre le courage<br />

et la peur, répond le déséquilibre de cette heure<br />

incertaine où la lumière hésite, et où le chant du coq<br />

est à la fois l’ultime cri d’angoisse de la nuit, et le premier<br />

témoin du jour qui réapparaît enfin.<br />

THÉSÉE ET LE MINOTAURE - huile sur toile,<br />

73x116cm, 2003<br />

Le Minotaure est une métaphore des pulsions primitives<br />

enfouies dans les replis de notre inconscient.<br />

C’est notre passé animal, c’est la puissance totémique<br />

qui malgré les millénaires, a toujours un pouvoir<br />

sur notre psyché. Il se trouve que la grotte<br />

Chauvet, découverte en 1994, possède sur ses parois<br />

un étrange dessin de Minotaure, exécuté il y a plus de<br />

vingt mille ans. Les artistes de cet âge farouche<br />

savaient révéler (et réveiller) par un trait extatique les<br />

puissances obscures prisonnières des cavernes. A la<br />

lumière agitée des flambeaux, les formes animales<br />

s’ébranlent et le rituel millénaire peut se dérouler à<br />

nouveau. C’est pourquoi j’ai choisi ce décor primitif<br />

pour évoquer l’éternel combat du guerrier solaire<br />

contre la bête ancestrale.


L’ANNONCIATION - huile sur toile, 77x73cm, 2003<br />

Quoi de plus doux, ravissant, et juvénile, que ces annonciations<br />

du quattrocento, en particulier celles de Filippo Lippi ? Chez<br />

quelques peintres plus archaïques, il n’est pas rare de voir aussi<br />

intervenir Dieu dans le fond du tableau, surmontant un petit<br />

nuage, et fécondant la vierge par l’intermédiaire d’un rayon doré.<br />

Je me suis inspiré de cette ambiance très féminine des annonciations<br />

italiennes, en représentant l’archange Gabriel sous les<br />

traits d’une jeune femme japonaise, dans son kimono immaculé,<br />

et à qui les ailes et le lys empruntés à Filippo Lippi allaient très<br />

bien. La vierge est ma fille Christine (quoi de plus doux et ravissant<br />

pour un père que ses filles ?), et si Dieu ne lui envoie pas de<br />

rayon, il assiste néanmoins à la scène depuis un poste élevé<br />

dans le ciel ; ce n’est cependant plus un nuage : j’ai voulu moderniser<br />

le thème, c’est pourquoi je l’ai placé dans une montgolfière,<br />

profitant de son aura ignée pour gonfler le ballon (transposition<br />

métaphorique du rayon spermatique divin qui « met en cloque »<br />

Marie).<br />

L’ADORATION <strong>DE</strong>S MAGES - huile sur toile, 94x79cm,<br />

2003<br />

Les « nativité » et les « adoration des mages », particulièrement<br />

celles de la Renaissance, sont parmi mes peintures préférées.<br />

Toutes m’enchantent par leur fraîcheur et leur ambiance merveilleuse,<br />

certainement associées aux crèches de noël admirées<br />

dans ma petite enfance. J’ai tenté de retrouver dans mon tableau<br />

cette ambiance naïve et intemporelle de conte enfantin. Le bœuf<br />

et l’âne sont pareils à des dieux tutélaires qui soupèsent les<br />

chances de réussite du nouveau-né, comme les banquiers de<br />

Quentin Metsys (auxquels leurs corps sont empruntés) soupèsent<br />

les pièces d’or. Les rois mages, à l’allure de sages orientaux, ne<br />

sont autres que Lénine, Mao, et Freud, dont la magie (ou la folie<br />

?) a marqué tous les nouveaux-nés du XXe siècle.


La poétique de l’insolite<br />

La société contemporaine, à cause de la rapidité de son évolution, nous confronte à la coexistence de comportements,<br />

d’idéologies, et d’imaginaires diamétralement opposés. Comme dans l’exemple ducassien du parapluie et de<br />

la machine à coudre réunis par hasard sur une table de dissection, une forme de poésie ambivalente peut surgir de<br />

ces rapprochements paradoxaux.<br />

L’ENIGME <strong>DE</strong> LA COLONISATION - huile sur toile,<br />

100x73cm, 2004<br />

La dénomination « énigme » est en hommage aux tableaux<br />

métaphysiques de de Chirico, que j’aime tant. Le rapport entre<br />

colonisateurs et colonisés, sans entrer dans le débat actuel sur<br />

les « effets positifs », est empreint d’ambivalence, et renvoie à<br />

des contradictions éternelles des rapports sociaux entre les cultures<br />

différentes. Il y a un plus fort et un plus faible, mais souvent<br />

le plus fort se retrouve piégé dans ses contradictions et<br />

perd la tête. La devise inscrite sur le bouclier, qui signifie qu’ « il<br />

faut s’égayer dans la liberté du dialogue », pointe cette contradiction<br />

insoluble entre la volonté de communiquer sur un pied<br />

d’égalité et les rapports de force qui existent dans toutes les<br />

confrontations.<br />

LE MYSTERE <strong>DE</strong> LA NEOCOLONISATION - huile sur<br />

toile, 100x73cm, 2003<br />

Tout le monde s’accorde aujourd’hui pour constater que le tourisme<br />

des pays riches vers les pays pauvres est une forme de<br />

néocolonisation. Les touristes compatissent à la misère des<br />

pays qu’ils aiment visiter, s’émerveillent devant leurs traditions,<br />

mais trouvent normal de conserver leurs habitudes et leur place<br />

au soleil. A l’inverse les indigènes, qui depuis leur indépendance<br />

pensaient s’être libérés, découvrent avec stupeur qu’ils marchent<br />

à l’ombre, et auront toujours un train de retard. Le tableau<br />

exprime les multiples contradictions de cette confrontation violente<br />

: la vieille Constantinoise rumine sa rancœur devant l’impudeur<br />

des infidèles, la jeune fille, qui vient d’acheter une robe<br />

à la mode, se dit qu’elle aurait pu faire une économie, et le petit<br />

garçon qui va à l’école pense déjà aux bons côtés de l’émigration,<br />

même s’il n’ose les regarder en face. Le chien, symbole de<br />

lubricité et d’impureté, se demande si c’est de l’art ou du cochon.<br />

Quant à la touriste, qui va sans doute porter plainte au commissariat<br />

parce qu’on lui a volé ses habits sur la plage, elle comprend<br />

que l’ombre gagne et qu’elle ne devrait pas trop traîner.


LE <strong>DE</strong>JEUNER SUR L’HERBE. - huile sur<br />

toile, 80x73cm, 2005<br />

Le tableau de Manet fit scandale en son temps parce<br />

qu’il actualisait le thème classique de la bacchanale<br />

antique en montrant de façon crue et contrastée des<br />

bourgeois contemporains accompagnés de femmes<br />

dénudées, dans un site champêtre. Aujourd’hui la<br />

nudité et la crudité sont devenus l’académisme de<br />

l’art d’avant-garde, c’est donc par oxymore que j’ai<br />

souhaité traiter ce thème : ce qui fait scandale en<br />

occident aujourd’hui n’est plus la nudité mais plutôt<br />

le voile islamique, et ce qui fait scandale en art est le<br />

recours à une figuration narrative au premier degré.<br />

MA MERE, CARON, ET L’ACHÉRON - huile<br />

sur toile, 54x65cm, 2003<br />

Ma mère, morte d’un cancer il y a seize ans, m’a<br />

ouvert, lorsque j’étais adolescent, les portes mystérieuses<br />

du monde irrationnel. Elle racontait ses<br />

séances médiumniques, et me faisait lire d’étranges<br />

livres où les frontières entre la vie et la mort devenaient<br />

de simples cours d’eau qui n’interdisaient pas<br />

qu’on se parle d’une rive à l’autre. Je ne sais si la<br />

maladie et l’imminence de la disparition n’ont pas<br />

ébranlé ses convictions mystiques, et c’est pourquoi<br />

j’ai voulu lui transmettre mon espoir, en la représentant<br />

dans ces parages mouvants où la vie se pelotonne<br />

sur son passé, et où l’avenir prend un visage<br />

inconnu : celui de Caron, le passeur d’âme, dont<br />

l’étrangeté m’a semblé pouvoir être suggérée par un<br />

Papou.


LES <strong>DE</strong>UX SOEURS - huile sur toile, 81x71cm, 2007<br />

J’ai peint ici la connivence entre ma belle mère et sa sœur religieuse, qui se retrouvent de temps à autre, lorsque la hiérarchie ecclésiastique de<br />

la seconde le leur permet. Il y a dans l’histoire de la peinture beaucoup de célèbres doubles portraits où le décentrement des personnages ouvre<br />

e point focal sur une vacuité qu’il faut remplir : là vont donc converger le rêve, l’imaginaire, la symbolique, donnant à ces œuvres une mystérieuse<br />

complexité. Emboîtant le pas à cette tradition, mon double portrait explore l’espace symbolique qui entoure ma belle mère et sa sœur. Il n’est pas<br />

construit intellectuellement ; il s’est imposé intuitivement, et de façon totalement irrationnelle, en sorte qu’il reste aussi pour moi une forme de<br />

rébus insolite, dont je découvre peu à peu certaines résonances.


L’imaginaire des villes<br />

Une trentaine d’aquarelles<br />

dont les formats varient entre<br />

xcm et xcm ont été<br />

réalisées entre et <br />

avec comme fil conducteur<br />

l’exploration onirique de la<br />

ville :<br />

travail sur le fractal sur l’im<br />

brication des échelles sur l’hy<br />

bridation des cultures architec<br />

turales sur la théâtralité des<br />

espaces sur la superposition<br />

de l’exotique et du familier<br />

hommage aux techniques tra<br />

ditionnelles du dessin à la<br />

plume et au lavis propres aux<br />

architectes ;<br />

hommage aussi à tous les<br />

peintres (et / ou architectes<br />

graveurs) découvreurs de<br />

l’onirisme urbain de Jan van<br />

Eyck à Chirico en passant par<br />

le plus grand d’entre eux<br />

Piranese<br />

L’ARCHE - aquarelle 40x50cm, 1983<br />

ANTILLIA - aquarelle 30x19cm, 1995<br />

L’AUBE <strong>DE</strong>S GRATTE-CIEL<br />

- aquarelle 33x20cm, 1984


L’imaginaire des villes<br />

EREWHON - aquarelle 47x48cm, 1985<br />

LE CHÂTEAU - aquarelle 28x36cm, 1995<br />

PARAMNÉSIE - aquarelle 35x15cm, 1982<br />

LE THÉÂTRE BLEU- aquarelle 21x13cm, 1984


L’imaginaire des villes<br />

LE VIADUC - aquarelle 30x21cm, 1984<br />

L’HEURE <strong>DE</strong> MARBRE - aquarelle 13x22cm, 1985<br />

ROME ANALOGUE - aquarelle 35x31cm, 1983<br />

AU FIL <strong>DE</strong> L’EAU - aquarelle 18x22cm, 1993


L’imaginaire des villes<br />

ANTICHTONE - aquarelle 22x33cm, 1983<br />

PALMERAIE BAROQUE<br />

- lithographie aquarellée 17x12cm, 1982<br />

LA GARE IMMOBILE - aquarelle 24x34cm, 1983 VILLA <strong>DE</strong>S NUÉES - aquarelle 20x11cm, 1982


PALAIS D’AUTOMNE - aquarelle 13X22cm, 1985<br />

LA MAISON <strong>DE</strong>S NAUFRAGES - aquarelle 15x22cm, 1985<br />

MAISON SUR LE SABLE - aquarelle 23x30cm, 1990<br />

L’imaginaire des villes<br />

L’ENCAN <strong>DE</strong>S MUSICIENS - aquarelle 35x27cm, 1986


LE GRAND LABYRINTHE - aquarelle 51x51cm, 1996<br />

LA MÉCANIQUE DU RÊVE - aquarelle 20x33cm, 1984<br />

L’imaginaire des villes<br />

L’ATTENTE - aquarelle 17x20cm, 1982


IMPRESSIONS JAPON I<br />

- encre de Chine et brou de noix sur papier 13x22cm, 2002<br />

IMPRESSIONS JAPON II<br />

- encre de Chine et brou de noix sur papier 27x14cm, 2002<br />

Encre et pinceau<br />

Nous autres peintres occidentaux sommes<br />

émerveillés par l’art du pinceau pratiqué en<br />

Chine et au Japon.<br />

Après un court séjour au pays du soleil levant,<br />

j’ai tenté, modestement, de jouer avec la rapidité<br />

ou la lenteur du geste, avec la dilution ou<br />

la concentration de l’encre, avec la dialectique<br />

du noir et du blanc.<br />

Ainsi sont nés une série de petits paysages<br />

japonais, et une série de statues antiques.<br />

IMPRESSIONS JAPON III<br />

- encre de Chine et brou de noix sur papier 12x25cm, 2002


IMPRESSIONS JAPON VI<br />

- encre de Chine et brou de noix sur papier 26x13cm, 2002<br />

IMPRESSIONS JAPON IV<br />

- encre de Chine et brou de noix sur papier 24x14cm, 2002<br />

Encre et pinceau<br />

IMPRESSIONS JAPON V<br />

- encre de Chine et brou<br />

de noix sur papier<br />

24x13cm, 2002<br />

IMPRESSIONS JAPON VII - encre de Chine et brou de noix sur papier<br />

13x25cm, 2002


IMPRESSIONS JAPON VIII<br />

- encre de Chine et brou de<br />

noix sur papier 22x12cm,<br />

2002<br />

STATUES<br />

- encre de Chine et brou de<br />

noix sur papier, 2005<br />

Encre et pinceau


JUNON - huile sur toile 46x33cm, 2001<br />

APOLLON - huile sur toile 46x33cm, 2001<br />

MINERVE - huile sur toile 46x33cm, 2001<br />

VENUS - huile sur toile 46x27cm, 2001<br />

La mythologie<br />

J’ai ici représenté les<br />

principaux protagonistes<br />

de la mythologie<br />

classique (les<br />

douze dieux olympiens)<br />

comme des<br />

figures emblématiques<br />

charriant deux<br />

millénaires d’imagerie.<br />

De nouvelles images<br />

d’Epinal.<br />

MARS - huile sur toile 46x27cm, 2001


ATLANTI<strong>DE</strong> I - huile sur toile 33x41cm, 2000<br />

ATLANTI<strong>DE</strong> II - huile sur toile 33x41cm, 2000 ATLANTI<strong>DE</strong> III - huile sur toile 33x41cm, 2000<br />

ATLANTI<strong>DE</strong> IV - huile sur toile 33x41cm, 2000<br />

La mythologie<br />

Depuis un voyage d’étude que je fis à 20 ans sur<br />

l’île de Santorin, dont l’explosion donna naissance<br />

jadis au mythe rapporté par Platon, l’Atlantide<br />

hante mon imagination et s’inscrit de façon récurrente<br />

dans beaucoup de mes travaux picturaux.<br />

J’ai réalisé entre 1999 et 2000, période de basculement<br />

millénaire, une série de 12 peintures<br />

commémorant l’âge révolu de cette civilisation<br />

énigmatique.<br />

ATLANTI<strong>DE</strong> V - huile sur toile 33x46cm, 2000


ARCHITECTURE I - huile sur toile marouflée sur panneau de particules, 39x55cm, 1988<br />

ARCHITECTURE I I -<br />

huile sur toile marouflée<br />

sur panneau de particules,<br />

55x60cm, 1989<br />

L’architecture<br />

Quelques uns des projets<br />

étudiés dans le<br />

cadre de mon activité<br />

d’architecte ont donné<br />

lieu à des compositions<br />

picturales.<br />

Ces compositions montrent<br />

qu’un projet d’architecture,<br />

même si la<br />

réalité le fait toujours<br />

tendre vers un objet<br />

unique, comporte en lui<br />

multiplicité et inachèvement<br />

; il s’exfolie en<br />

une série de strates<br />

géométriques aux<br />

contours incertains.


LE<br />

BELIER -<br />

encre et<br />

huile sur<br />

papier<br />

17x25cm,<br />

1999<br />

LE CAN-<br />

CER - encre<br />

et huile sur<br />

papier<br />

17x25cm,<br />

1999<br />

LE TAUREAU -<br />

encre et huile<br />

sur papier<br />

17x22cm, 1999<br />

LE<br />

SAGITTAIRE -<br />

encre et huile<br />

sur papier<br />

17x25cm,<br />

1999<br />

LES<br />

GEMEAUX<br />

- encre et<br />

huile sur<br />

papier<br />

17x25cm,<br />

1999<br />

L’imaginaire astrologique<br />

Si personne n’a jamais pu démontrer un quelconque<br />

effet des astres sur les destinées<br />

humaines, il est par contre avéré que l’imaginaire<br />

collectif se nourrit depuis toujours de l’observation<br />

du ciel et des mystérieux signes qu’il y<br />

décèle.<br />

Les constellations zodiacales sont ainsi au<br />

coeur de notre identité subconsciente. Des symboles<br />

immémoriaux et toute une poétique de la<br />

clairvoyance s’attache à elles.<br />

Guidé par l’énergie imaginaire de ces signes, j’ai<br />

illustré en 1999 le calendrier zodiacal par une<br />

série de peintures à l’huile sur papier.


LE CAPRICORNE - encre et huile sur papier 17x25cm, 1999<br />

LE VERSEAU - encre et huile sur papier 17x25cm, 1999<br />

LES POISSONS - encre et huile sur papier 17x25cm, 1999<br />

L’imaginaire astrologique<br />

LE FEU - encre et huile sur papier 17x30cm, 2003


LES PARAPLUIES D’UDJI - huile sur toile, 73x92cm, 2002<br />

Les mystères de la mémoire<br />

Marcel Proust a immortalisé sa petite madeleine.<br />

Elle est devenue une expression courante<br />

pour désigner le plaisir à la fois fugace et fulgurant<br />

que nous ressentons lorsqu’un objet ou un<br />

événement fait resurgir de l’oubli un intense sentiment.<br />

De loin en loin, je ressors de mes tiroirs (ou de<br />

mon ordinateur) d’anciennes photos ; parfois<br />

l’une d’elles me fait l’effet d’une «madeleine». Je<br />

prends alors avec beaucoup d’appétit mes pinceaux,<br />

et je savoure chaque instant où la note<br />

de couleur me revient et fait revivre en moi la<br />

profondeur et le mystère d’un souvenir heureux.<br />

ANNE AU BAIN - huile sur toile, 80x60cm, 1989 VENISE, ANNÉES 70, LAURENT ET MARTINE - huile sur toile, 46x55cm, 1999


PAYS DOGON 1 - huile sur toile,52x58cm, 2007<br />

RETOUR DU MALI<br />

Le Pays Dogon. Falaise du mimétisme et du mirage :<br />

les éboulis s’animent des multiples greniers mâles ou<br />

femelles, cylindriques ou vaguement tronconiques, et<br />

les blocs erratiques semblent se métamorphoser en<br />

colonies de champignons magiques couronnés chacun<br />

d’un petit chapeau pointu. Tout un univers hors du<br />

temps et semblant coupé du reste du monde, un cristal<br />

de l’imaginaire accroché à l’un des sites les plus<br />

émouvants de la planète. Bien sûr dans ce cristal se<br />

cache aussi la pauvreté et le désarroi qui étreignent<br />

l’ensemble du continent africain. Il n’empêche, une<br />

mystérieuse magie ancestrale, une résistance obstinée<br />

contre l’érosion des rites animistes, une nonchalance<br />

attentive aux cycles naturels, font que ce pays<br />

garde force, cohérence, et sérénité.<br />

PAYS DOGON 2 - huile sur toile, 54x52cm, 2007<br />

PAYS DOGON 3 - huile sur toile 58x62cm, 2007


JEUNE FILLE AVEC CHAT 1 - huile sur toile,50x65cm, 2007<br />

JEUNE FILLE AVEC CHAT 3 - huile sur toile,50x65cm, 2007<br />

JEUNE FILLE ENDORMIE<br />

AVEC SON CHAT<br />

La jeune fille endormie avec<br />

son chat, est aujourd’hui<br />

devenue quelqu’un d’autre,<br />

une jeune femme.<br />

Trois peintures forment des<br />

photographies sentimentales<br />

du souvenir de cette scène.<br />

Plus que de simple photostémoignages,<br />

les peintures, je<br />

crois, sont porteuses d’un lien<br />

émotionnel détaché du temps,<br />

capable de toucher les cœurs<br />

à des années, des décennies,<br />

ou des siècles de distance.<br />

Mistouf, le petit chat, n’est<br />

plus. Mais pour ceux qui ne<br />

connaissent, à travers mes<br />

peintures, que son être-souvenir,<br />

il est devenu un chat<br />

immortel. Tout le monde<br />

connaît la métaphore du chat<br />

de Schrödinger, qui est à la<br />

fois vivant et mort tant que<br />

l’on n’a pas ouvert la boite où<br />

il se cache (tant qu’une particule<br />

n’a pas été localisée par<br />

son observation, elle est à la<br />

fois onde et corpuscule). Il en<br />

va ainsi des êtres-souvenir :<br />

ils sont à la fois vivants et<br />

morts, tant qu’ils n’ont pas été<br />

immortalisés par une oeuvre<br />

attentive à leur réalité profonde.


Les mystères de la mémoire<br />

EL OUED 1977 - aquarelle -20x28cm, 1983<br />

KATEMACO 1972 - huile sur toile marouflée sur panneau de particules,<br />

59x74cm, 1993<br />

KAIROUAN-CAFÉ - huile sur toile, 91x73cm, 2001<br />

JOCE ET LES ENFANTS 1981 - huile sur toile, 41x33cm,<br />

2006


FONSERVINE, LOINTAINS - huile sur toile 41x33cm, 2003<br />

FONSERVINE, <strong>DE</strong> LA TERRASSE - huile sur toile 41x33cm, 2003<br />

LAC <strong>DE</strong><br />

HORTA -<br />

huile sur toile<br />

41x33cm,<br />

2005<br />

In situ<br />

Pratiquer la peinture sur le motif est<br />

passé de mode. C’est pourtant un<br />

exercice irremplaçable, et un moment<br />

de communion d’une grande qualité<br />

avec le paysage.<br />

Au fil de mes déplacements et de mes<br />

vacances, toujours muni d’une boite<br />

d’aquarelle, et parfois, d’un nécessaire<br />

de peinture à l’huile, je me suis arrêté<br />

ici où là, assis inconfortablement sur<br />

une pierre ou à même la terre humide,<br />

pour dialoguer avec le paysage pendant<br />

une heure ou deux.<br />

Il m’en est resté une bonne centaine<br />

d’aquarelles et une vingtaine de toiles<br />

qui scellent mes amitiés paysagères.


ECRIN <strong>DE</strong> HEÏAN, KYOTO - aquarelle 22x16cm, 2001<br />

JARDIN PUBLIC, OKAYAMA - aquarelle 16x22cm, 2001<br />

FORT SARAH BERNARD, BELLE ILE - aquarelle 25x34cm<br />

In situ<br />

LAVERANDA ANDALOUSIE aquarelle xcm <br />

PORT KEREL, BELLE ILE - aquarelle 18x38cm, 1993<br />

CÔTE, BELLE ILE - aquarelle 18x27cm, 1993


PORTO VECCHIO - aquarelle 18x28cm, 1992<br />

BENI-ISGEN - aquarelle 16x23cm, 1976<br />

CUSCO - aquarelle 16x23cm, 1976<br />

In situ<br />

L’ÎLE ROUSSE - aquarelle 28x18cm, 1998


encres de Chine sur papier 22x22cm, 2002<br />

Les hexagrammes<br />

Le Yi-King, ou «Livre des Mutations» fait partie de la culture<br />

orientale depuis la plus haute antiquité.<br />

Chaque hexagramme est l’une des combinaisons possibles<br />

de six lignes horizontales, continues (yang) ou coupées en<br />

deux segments (yin).<br />

La divination traditionnelle utilise ces figures, mais au-delà<br />

de cet usage, elles représentent une quintessence symbolique<br />

du monde et de ses mutations. En cela, ce sont des<br />

formes archétypales.<br />

Les encres de Chine de cette série sont faites au pinceau,<br />

sans dessin préalable, sur des feuilles de papier de format<br />

25x25cm.<br />

Chacune compose un paysage dont la structure est celle de<br />

l’hexagramme correspondant (son nom chinois est inscrit<br />

sur l’image).<br />

Les scènes imaginées renvoient à leur manière aux «Kuas»<br />

qu’elles illustrent.

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