Du général de Gaulle à Jacques Chirac

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Du général de Gaulle à Jacques Chirac

H istoire de notre temps

Du général de Gaulle

à Jacques Chirac

LE GAULLISME ET LES FRANÇAIS


Du général de Gaulle à Jacques Chirac

Les Français et le gaullisme

Sommaire 3 e partie

Le Français et le gaullisme

1. L’adhésion ou le rassemblement

Durant la guerre : de « quarante millions de pétainistes »

89

à « quarante millions de gaullistes » ?

À la Libération : des gaullistes dans presque tous les

89

partis mais pas de parti gaulliste

À partir de 1947 : le temps des « partis » gaullistes et du

91

gaullisme électoral

93

2. Le rejet ou l’antigaullisme 103

Les thèmes de l’antigaullisme 103

Les temps forts de l’antigaullisme 110

La géographie de la France antigaulliste

Conclusion : De Gaulle, le gaullisme, mythe et

113

histoire

116


«

Les Français et le gaullisme

1. L’adhésion ou le rassemblement

Chaque Français fut, est ou sera gaulliste » déclare de Gaulle en

1952. L’adhésion des Français au gaullisme a effectivement

beaucoup varié au fil du temps, forte par exemple en 1944, 1947 ou

1958 mais aussi faible en 1946, 1974 ou 1981. Deux temps doivent

être distingués : la Seconde Guerre mondiale et ses lendemains

immédiats (1940-1946) quand le gaullisme ne s’identifie pas à un

parti politique et le long demi-siècle (1947-2002) où le gaullisme est

associé à un mouvement politique, qu’il soit – pour l’essentiel – le

RPF sous la IVe République, l’UNR puis l’UDR et le RPR sous la

Ve République. L’existence d’une force politique gaulliste permet

d’apprécier aisément l’ampleur du gaullisme en termes de militants

– ce que Jean Charlot a appelé « le gaullisme des compagnons » –, d’électeurs

et d’élus. L’appartenance aux partis gaullistes et le vote gaulliste

ne donnent cependant pas une vue exhaustive de l’adhésion au gaullisme.

D’autres critères – tels les sondages ou l’engagement des intellectuels

– peuvent être pris en compte et quelques exemples de cette

forme d’adhésion seront fournis.

89


2. Le rejet ou l’antigaullisme

L

’antigaullisme est aussi « vieux » que le gaullisme et trouve

même quelques-uns de ses thèmes favoris dans les années qui

précèdent la naissance du gaullisme ! Ainsi, avant 1940, plusieurs

images négatives de Charles de Gaulle circulent, dont celle de

l’homme orgueilleux au caractère difficile et celle de l’homme des

chimères. L’historien Philippe Foro, auteur d’une belle étude – la

seule – sur l’antigaullisme –, hélas limitée à la période 1940-1953,

cite la formule de Jean Gautier : « je suis antigaulliste depuis 1916 »

qui répond à celle du lieutenant-colonel Boudhors – chef du capitaine

de Gaulle en 1916 – : « je suis gaulliste depuis 1916 » ! 1

D’autres thèmes s’ajoutent pour alimenter l’antigaullisme, parfois

complémentaires, parfois contradictoires. En réalité, il existe plusieurs

antigaullismes dont les racines et les formes d’expression sont

différentes. L’antigaullisme ne s’arrête, bien sûr, pas en 1953 même

si les années de guerre et du RPF correspondent à son apogée, tant

il est, toujours selon Philippe Foro, « un sentiment majeur de la vie

politique française ». Il varie selon les époques avec des temps forts

et des temps d’accalmie. Au-delà d’un certain nombre de traits communs,

durables, il faut tenir compte de la chronologie et des circonstances.

Enfin, l’antigaullisme est aussi inégalement présent dans

l’espace et force est de constater qu’il dispose de « bastions » durables.

1. Philippe Foro, L’antigaullisme. Réalités et représentations (1940-1953), Paris, Honoré

Champion, 2003, p. 21.

103


116

CONCLUSION

De Gaulle, le gaullisme, mythe et histoire

Dans la mémoire des Français – et plus encore des autres peuples

du monde –, le gaullisme est d’abord et avant tout associé

à un homme, le général de Gaulle qui en est le fondateur éponyme

et qui domine son histoire et celle de la France durant trente

ans, entre 1940 et 1970. Comme le rappelait le Premier ministre

Michel Rocard lors de l’ouverture du colloque « De Gaulle en son

siècle » en 1990 : « pour tous les Français nés avant la Seconde

Guerre mondiale, de Gaulle n’appartient pas seulement à l’histoire

de France, mais aussi bien à l’histoire individuelle de chacun » 1. On

pourrait ajouter que de Gaulle fait encore partie de l’histoire personnelle

de la génération des « baby-boomers » qui entrent dans

l’âge adulte au temps de la République gaullienne dans les années

1960.

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