Revue internationale d'écologie méditerranéenne Mediterranean ...
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ecologia<br />
mediterranea<br />
Vol. 34 – 2008<br />
<strong>Revue</strong> <strong>internationale</strong> d’écologie <strong>méditerranéenne</strong><br />
<strong>Mediterranean</strong> Journal of Ecology<br />
Editor-in-Chief: Pr. Thierry Dutoit<br />
Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie (IMEP) Naturalia Publications<br />
<strong>Mediterranean</strong> Institute of Ecology and Paleoecology
ecologia mediterranea<br />
Éditeur en chef : P r Thierry Dutoit<br />
UMR CNRS IRD IMEP<br />
Université d’Avignon, IUT<br />
Site Agroparc, BP 1207<br />
84911 Avignon cedex 09<br />
France<br />
Éditeurs associés (UMR CNRS 6116 IRD IMEP)<br />
D r Alex Baumel (dynamique et génétique des<br />
populations), Université Paul-Cézanne.<br />
D r Élise Buisson (écologie de la restauration, interactions<br />
biotiques), Université d’Avignon.<br />
D r Cécile Claret (écologie des invertébrés aquatiques,<br />
hydrobiologie), Université Paul-Cézanne.<br />
P r Thierry Dutoit (écologie des communautés végétales),<br />
Université d’Avignon.<br />
D r Bruno Fady (génétique des populations, écosystèmes<br />
forestiers), INRA, Avignon.<br />
P r Thierry Gauquelin (dendroécologie, écologie<br />
<strong>méditerranéenne</strong>), Université de Provence.<br />
D r Raphaël Gros (écologie et microbiologie des sols),<br />
Université Paul-Cézanne.<br />
D r Frédéric Guiter (palynologie), Université Paul-<br />
Cézanne.<br />
P r Frédéric Médail (biogéographie, biologie de la<br />
conservation). Université Paul-Cézanne.<br />
D r Jérôme Orgeas (écologie des invertébrés terrestres),<br />
Université Paul-Cézanne.<br />
D r Philippe Ponel (paléoécologie, écologie des<br />
invertébrés terrestres), CNRS, Université Paul-Cézanne.<br />
D r Isabelle Schwob (bio-indicateurs, écophysiologie<br />
végétale), Université de Provence.<br />
D r Brigitte Talon (pédo-anthracologie, écologie des<br />
écosystèmes forestiers), Université Paul-Cézanne.<br />
D r Éric Vidal (interactions biotiques faune-flore,<br />
ornithologie, mammalogie). Université Paul-Cézanne.<br />
Comité de lecture<br />
D r James Aronson, Montpellier, France<br />
P r Marcel Barbero, Marseille, France<br />
D r Margaret Brock, Armidale, Australie<br />
D r Marc Cheylan, Montpellier, France<br />
D r Max Debussche, Montpellier, France<br />
D r Glenn A. Goodfriend, Washington, États-Unis<br />
D r Patrick Grillas, Arles, France<br />
D r Joël Guiot, Marseille, France<br />
D r Richard J. Hobbs, Midland, Australie<br />
P r Serge Kreiter, Montpellier, France<br />
P r Edouard Le Floc’h, Montpellier, France<br />
P r N.S. Margaris, Mytilène, Grèce<br />
D r Carlos Ovalle, Chillàn, Chili<br />
P r Franco Pedrotti, Camerino, Italie<br />
D r Juan M. Pleguezuelos, Grenade, Espagne<br />
D r Philippe Ponel, Marseille, France<br />
D r Roger Prodon, Banyuls, France<br />
P r Dave M. Richardson, Cape Town, Afrique du Sud<br />
D r F. Xavier Sans i Serra, Université de Barcelone,<br />
Espagne<br />
P r Avi Schmida, Jérusalem, Israël<br />
D r Carlo Urbinati, Legnaro, Italie<br />
ISSN 0153-8756<br />
Instructions aux auteurs<br />
ecologia mediterranea publie des travaux de recherche<br />
originaux et des mises au point sur des sujets se rapportant<br />
à l’écologie fondamentale ou appliquée des<br />
régions <strong>méditerranéenne</strong>s, à l’exception des milieux<br />
marins. La revue exclut les articles purement descriptifs<br />
ou de systématique. ecologia mediterranea privilégie<br />
les domaines scientifiques suivants : bioclimatologie,<br />
biogéographie, écologie des communautés, biologie de<br />
la conservation, écologie de la restauration, biologie des<br />
populations, écologie génétique, écologie du paysage,<br />
écologie microbienne, écologie végétale et animale, écophysiologie,<br />
paléoclimatologie, paléoécologie. La revue<br />
accepte également la publication d’actes de colloques,<br />
d’articles de synthèse, de notes méthodologiques, de<br />
comptes rendus d’ouvrages, des résumés de thèses, ainsi<br />
que des commentaires sur les articles récemment parus<br />
dans ecologia mediterranea.<br />
Les manuscrits sont soumis à des lecteurs spécialistes<br />
du sujet, ou à des membres du Comité de lecture, ou aux<br />
éditeurs. La décision finale d’accepter ou de refuser un<br />
article relève des éditeurs. L’article proposé doit être<br />
envoyé en version électronique à thierry.dutoit@univavignon.fr<br />
(version doc ou rtf). Une fois leur article<br />
accepté, les auteurs devront tenir compte des remarques<br />
des lecteurs, puis ils renverront leur texte corrigé sous<br />
trois mois toujours sous format électronique (doc ou rtf).<br />
Passé ce délai, la seconde version sera considérée<br />
comme une nouvelle proposition. Les illustrations originales<br />
seront jointes à l’envoi. Les épreuves corrigées<br />
doivent être retournées au secrétariat de la revue sans<br />
délai. Les livres et monographies devant être analysés<br />
seront envoyés à l’éditeur en chef.<br />
TEXTE<br />
Les articles (dactylographiés en double interligne, en<br />
format A4) doivent être rédigés de préférence en français<br />
ou en anglais. Si l’article soumis n’est pas rédigé<br />
en anglais, il est demandé (en plus des résumés) une version<br />
anglaise abrégée ainsi qu’une traduction en anglais<br />
des titres des figures et tableaux. L’article doit être complet<br />
: titres français et anglais, auteur(s) et adresse(s),<br />
résumés en français et anglais (au minimum), version<br />
anglaise abrégée (si le texte n’est pas en anglais), mots<br />
clés, texte, puis remerciements, bibliographie, figures et<br />
tableaux. Le texte des articles originaux de recherche<br />
devrait normalement comporter quatre parties : introduction,<br />
méthodes, résultats, discussion. En ce qui<br />
concerne la saisie du texte, il est simplement demandé<br />
aux auteurs de distinguer clairement les titres des différents<br />
paragraphes. Les titres ne seront pas numérotés.<br />
Pour numéroter les sous-titres, éviter les lettres. Attention,<br />
l’emploi de mots soulignés est à proscrire. Les<br />
noms d’auteurs cités figureront en minuscules dans le<br />
texte comme dans la bibliographie. En français, n’utilisez<br />
les majuscules que pour les noms propres, sauf<br />
exception justifiée. Les ponctuations doubles ( : ; ? ! )<br />
sont précédées d’un espace, contrairement aux ponctuations<br />
simples ( , . ). En revanche, toutes les ponctuations<br />
sont suivies d’un espace. La mise en forme définitive<br />
du texte sera assurée par la revue.<br />
ABONNEMENT<br />
(contact : ecologia@naturalia-publications.com)<br />
1 an = 1 numéro<br />
Abonnement Frais de port Total<br />
France 20 € 3 € 23 €<br />
Europe 20 € 6 € 26 €<br />
Monde 20 € 8 € 28 €<br />
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AUTEURS<br />
L’adresse de chaque auteur sera indiquée avec l’adresse<br />
courriel de l’auteur pour la correspondance. Dans le cas<br />
où la publication est le fait de plusieurs auteurs, il doit<br />
être précisé lors du premier envoi la personne à qui doit<br />
être retourné l’article après lecture.<br />
RÉSUMÉS, MOTS CLÉS ET VERSION ABRÉGÉE<br />
Les résumés doivent comporter 300 mots au maximum<br />
et la version anglaise abrégée 1 000 mots (environ une<br />
page). Le nombre de mots clés est limité à six, dans la<br />
langue des résumés ; ils ne doivent généralement pas<br />
figurer dans le titre.<br />
BIBLIOGRAPHIE<br />
La bibliographie regroupera toutes les références citées<br />
et elles seules. Les références seront rangées dans l’ordre<br />
alphabétique des auteurs et de façon chronologique. Les<br />
abréviations <strong>internationale</strong>s des titres des revues doivent<br />
être utilisées (sauf en cas de doute). Vérifier attentivement<br />
le manuscrit pour s’assurer que toutes les références<br />
citées dans le texte apparaissent bien en bibliographie<br />
et inversement.<br />
Article<br />
Andow D.A., Karieva P., Levin S.A. & Okubo A., 1990.<br />
Spread of invading organisms. J. Ecol. 4: 177-188.<br />
Ouvrage<br />
Harper J.L., 1977. Population biology of plants. London,<br />
Academic Press, 300 p.<br />
Chapitre d’ouvrage<br />
May R.M., 1989. Levels of organisation in ecology. In:<br />
Cherret J.M. (ed.), Ecological concepts. Oxford, Blackwell<br />
Scientific Public: 339-363.<br />
Actes de conférence<br />
Grootaert P., 1984. Biodiversity in insects, speciation<br />
and behaviour in Diptera. In: Hoffmann M. & Van der<br />
Veken P. (eds), Proceedings of the symposium on “Biodiversity:<br />
study, exploration, conservation”. Ghent,<br />
18 November 1992: 121-141.<br />
CITATIONS ET RENVOIS APPELÉS DANS LE TEXTE<br />
Les mots « figures » et « tableaux » annoncés dans le<br />
texte sont écrits en toutes lettres et en minuscules. Indiquer<br />
le nom d’auteur et l’année de publication (mais<br />
indiquer tous les auteurs dans la bibliographie). Exemples<br />
: « Since Dupont (1962) has shown that… », or<br />
“This is in agreement with previous results (Durand et<br />
al. 1990 ; Dupond & Dupont 1997)…”. Le numéro de<br />
page de la citation n’est mentionné que dans le cas où<br />
elle est entre guillemets. Si la publication est écrite par<br />
plus de deux auteurs, le nom du premier doit être suivi<br />
par et al.<br />
ABRÉVIATIONS, NOMENCLATURE ET MOTS LATINS<br />
L’usage d’une abréviation technique doit être précédée<br />
de sa signification lors de sa première apparition. Les<br />
codes de nomenclature doivent être respectés selon les<br />
conventions <strong>internationale</strong>s. Les mots latins doivent être<br />
mis en italiques (et al., a priori, etc.), et en particulier<br />
les noms de plantes ou d’animaux. Lors de la première<br />
apparition du nom d’une espèce, il est demandé d’y faire<br />
figurer le nom d’auteur (exemple : Olea europaea L.).<br />
FIGURES ET TABLEAUX<br />
Les figures et tableaux (précédés des légendes correspondantes<br />
sur une feuille séparée) doivent être remis<br />
séparément du texte, prêts à l’impression, sans nécessiter<br />
de réduction (donc au maximum : format 16 × 22 cm<br />
ou 8 × 22 cm). Tous les documents devant être insérés<br />
dans le texte doivent être annoncés, numérotés dans<br />
l’ordre croissant et légendés. Les tableaux informatisés<br />
ne doivent pas comporter de signes ( : ou | ) pour marquer<br />
les colonnes.<br />
TIRÉS À PART<br />
Il est fourni 25 tirés à part et un pdf par article, même<br />
lorsqu’il y a des auteurs multiples. Des tirés à part supplémentaires<br />
peuvent être obtenus à la demande : ils<br />
seront facturés.
ecologia mediterranea<br />
<strong>Revue</strong> <strong>internationale</strong> d’écologie <strong>méditerranéenne</strong><br />
<strong>Mediterranean</strong> Journal of Ecology<br />
Sommaire/Contents<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Éditorial – Editorial<br />
ecologia mediterranea en 2008,<br />
une revue d’écologie appliquée à la biologie de la conservation.<br />
T. DUTOIT (éditeur en chef) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3<br />
Structure des infrutescences et capacité fructifère<br />
de deux cytotypes de Lygeum spartum L. de l’ouest algérien.<br />
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5<br />
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène<br />
d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France). Données préliminaires.<br />
P. TOUFLAN, B. TALON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13<br />
Local species richness distribution at “Evolution Canyon” microsite,<br />
Mt. Carmel, Israel.<br />
T. PAVLÍC˘EK, E. NEVO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25<br />
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe<br />
dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran.<br />
Vol. 34 – 2008<br />
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL,<br />
P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological<br />
and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> Area (1970-2000).<br />
L. SALVATI, M. ZITTI, T. CECCARELLI, L. PERINI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53<br />
Variabilité phénotypique de la phénologie végétative<br />
et de la biomasse d’une espèce d’intérêt écologique<br />
et économique au Maroc : Atriplex halimus L.<br />
A. HADDIOUI, M. M. OULD MOHAMED LEMINE, L. H. ZINELABIDINE, S. BOUDA . . . . . . . . . . . . . . . . . 65<br />
Distribution and phytogeographical analysis<br />
of Quercus ithaburensis ssp. macrolepis in Greece.<br />
A. PANTERA, A. M. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73<br />
Submerged macrophytes as bioindicators for pollution<br />
in Lake Mariut along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt.<br />
T. M. GALAL, E. A. M. FARAHAT, M. FAWZY . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83<br />
Résumés de thèses – Ph. D summaries<br />
Nathalie VAN DER PUTTEN, Audrey MARCO,<br />
Morteza DJAMALI, S. RICCI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91<br />
1
Remerciements<br />
Le comité éditorial de la revue remercie les collègues<br />
qui ont participé à ce numéro pour leurs conseils,<br />
corrections et avis.<br />
D r Alain DUTARTRE, CEMAGREF, Bordeaux<br />
D r Boris FUMANAL, université de Bourgogne, Dijon<br />
D r Brigitte TALON, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Bruno FADY, INRA, Avignon<br />
D r Cécile CLARET, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Claude NAPOLÉONE, INRA, Avignon<br />
D r Errol VÉLA, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Frédéric GUITTET, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Grégory LOUCOUGARAY, CEMAGREF, Grenoble<br />
D r Jérôme ORGEAS, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Martin LAVOIE, université Laval, Québec, Canada<br />
D r Michel THINON, CNRS, Marseille<br />
D r Nicolas MONTES, université de Provence, Marseille<br />
D r Pascal CAMPAGNE, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
D r Philippe PONEL, CNRS, Marseille<br />
D r Régine VERLAQUE, CNRS, Marseille<br />
D r Valérie BERTAUDIÈRE-MONTES, université de Provence, Marseille.<br />
P r Christopher CARCAILLET, École pratique des hautes études, Montpellier<br />
P r Frédéric MÉDAIL, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
P r Pierre QUEZEL, université Paul-Cézanne, Marseille<br />
P r Thierry DUTOIT, université d’Avignon, IUT<br />
P r Thierry GAUQUELIN, université de Provence, Marseille<br />
© ecologia mediterranea<br />
Fabrication : Transfaire, 04250 Turriers<br />
Imprimé en Europe
Pr Thierry DUTOIT<br />
Éditeur en chef<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Éditorial<br />
Le volume 34 de l’année 2008 d’ecologia mediterannea est le<br />
troisième volume réalisé en collaboration avec les éditions Naturalia<br />
Publications*. Suite au retard de publication accumulé depuis 2005,<br />
le nombre de contributions soumises à notre revue a<br />
considérablement diminué et il faut souligner que c’est grâce aux<br />
soumissions de nos collègues d’Afrique du Nord et de Méditerranée<br />
orientale que notre revue peut continuer à exister et sortir un<br />
fascicule par année (huit articles par fascicule). Certains collègues de<br />
l’UMR IRD CNRS Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie<br />
(IMEP) se sont également considérablement mobilisés pour permettre à<br />
notre revue de continuer à paraître. Ainsi, leurs articles se trouvent<br />
disséminés dans les volumes de 2006 à 2008. Qu’ils soient ici<br />
considérablement remerciés pour leur contribution à la survie d’une<br />
revue d’écologie multilangue non indexée à l’heure où toutes les<br />
évaluations convergent vers des publications <strong>internationale</strong>s de<br />
langue anglaise. ecologia mediterranea reste en effet une revue<br />
scientifique d’écologie <strong>méditerranéenne</strong> de transfert entre écologie<br />
fondamentale et sciences de la conservation. Elle permet toujours la<br />
publication d’articles comprenant de nombreux tableaux d’inventaires<br />
en annexes qui seront des ressources de données historiques<br />
importantes dans les années futures comme en témoignent les<br />
nombreuses demandes de copies d’articles parus dans nos précédents<br />
numéros depuis 1975. Nous invitons également les étudiants ayant<br />
soutenu leur doctorat à nous envoyer le résumé de leur manuscrit<br />
afin d’en faire une information au sein de notre communauté<br />
scientifique. En effet, en plus d’une centaine d’abonnés, de nos<br />
indexations dans les bases de données Pascal du CNRS et de Biosis,<br />
ecologia mediterranea est également échangé avec plus de cinquante<br />
autres revues scientifiques dans le bassin méditerranéen !<br />
Notre objectif pour 2009 reste donc clairement de relancer le flux de<br />
soumission d’articles. Cet objectif devrait pouvoir être atteint grâce<br />
aux parutions simultanées des exemplaires papier des années 2006,<br />
2007 et 2008. De même, l’ensemble des anciens numéros a été<br />
numérisé et il devrait être en ligne dans notre futur site internet<br />
géré par l’université d’Avignon et des pays du Vaucluse. La reprise de<br />
la gestion des abonnements par Naturalia Publications et une<br />
meilleure visibilité devraient ainsi permettre une reprise plus<br />
conséquente de notre activité de valorisation des recherches en<br />
écologie <strong>méditerranéenne</strong> et leurs applications en biologie de la<br />
conservation.<br />
* http://www.naturalia-publications.com<br />
3
Structure des infrutescences<br />
et capacité fructifère<br />
de deux cytotypes de Lygeum spartum L.<br />
de l’ouest algérien<br />
Fruit structure and fructification capacity of two Lygeum spartum L.<br />
cytotypes from western Algeria<br />
Résumé<br />
L’espèce Lygeum spartum comprend en Algérie<br />
deux cytotypes : l’un diploïde à 2n = 16 et l’autre<br />
polyploïde plus largement répandu à 2n = 40.<br />
Les observations réalisées dans le cadre de cette<br />
étude ont montré que les deux cytotypes présentent<br />
des différences morphologiques telles<br />
qu’un simple examen sur le terrain permet de<br />
les distinguer. Le cytotype diploïde possède des<br />
infrutescences plus productives et dont les parties<br />
libres des lemmes sont plus courtes que<br />
celles du polyploïde ; il se rencontre dans des<br />
stations isolées des hauts plateaux (à Kheiter et<br />
à Aïn Benkhellil, localités distantes de 100 km<br />
environ). Le cytotype polyploïde présente des<br />
infrutescences de capacité reproductrice plus<br />
faible, avec un taux d’anomalies assez élevé (12<br />
à 17 %) et un pourcentage d’ovaires avortés<br />
plus élevé (21,94 % contre 9,01 %) ; il est présent<br />
aussi bien sur les hauts plateaux que dans les<br />
zones salines littorales. Nos résultats montrent<br />
que les deux cytotypes de Lygeum spartum sont<br />
bien distincts tant par leur anatomie que par<br />
leur localisation géographique. Ces données<br />
devraient faciliter l’étude de la répartition des<br />
deux cytotypes et de leur évolution respective<br />
et, ainsi, conduire à une meilleure conservation<br />
du cytotype diploïde qui semble actuellement<br />
en voie de régression et permettre une bonne<br />
gestion du polyploïde, dans le cadre du développement<br />
durable des zones arides et semiarides<br />
algériennes.<br />
Mots clés : Lygeum spartum, capacité fructifère,<br />
lemmes, diploïde, polyploïde, Algérie.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Abstract<br />
A. DJABEUR 1 , M. KAID-HARCHE 1 et A. M. CATESSON 2<br />
1. Département de biotechnologie, faculté des sciences,<br />
Université des sciences et de la technologie, Mohamed Boudiaf,<br />
BP 1505, El M’naouar, 31000 Oran, Algérie<br />
2. AAEENS, École normale supérieure, 45, rue d’Ulm, 75230 Paris cedex 05<br />
Adresse pour la correspondance : P r Kaid-Harche Meriem.<br />
E-mail : armoise2001@yahoo.fr<br />
Lygeum spartum, the only species of the genus<br />
Lygeum, is present in Algeria either as a diploid<br />
(2n = 16) or a polyploid (2n = 40) cytotype. Our<br />
results show that the two cytotypes differ in<br />
spikelet morphology and reproductive capacity.<br />
The diploid cytotype has more vigorous fructifications<br />
with lemmas characterized by shorter<br />
distal parts, a character which can be used for<br />
an easy recognition of the cytotype in the field.<br />
It is present only in isolated stations of the high<br />
plateaus (e. g. at Kheiter and at Aïn Benkhellil,<br />
stations 100 km apart). The polyploid cytotype,<br />
in spite of a higher number of defective fructifications<br />
(between 12 and 17%) and a higher<br />
percentage of aborted flowers (21.94% against<br />
9.01%), can be found in stations localized either<br />
in the littoral, saline region or on the semi-arid<br />
high plateaus. Thus, the two cytotypes differ by<br />
morphological, biological characters as well as<br />
by their geographical location. Further in situ<br />
observations based on the present results would<br />
lead to a better understanding of the extension<br />
potential of both cytotypes in view of better<br />
management, protection and regeneration of<br />
Lygeum spartum communities.<br />
Keywords: Lygeum spartum, fructification<br />
capacity, lemmas, diploid, polyploid, Algeria.<br />
5
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON<br />
6<br />
English short version<br />
Lygeum spartum (Poaceae), a perennial grass<br />
growing in South <strong>Mediterranean</strong> regions, is<br />
characterized by a high ecological plasticity.<br />
It is found in Algeria either on arid high<br />
plateaus or in semi-arid, saline coastal regions.<br />
In contrast with other Poaceae, each inflorescence<br />
comprises only one spikelet with one to<br />
four flowers. Mature caryopses are enclosed<br />
in a lignified hairy tube resulting from the partial<br />
coalescence of the lemmas. The structure<br />
and the reproductive capacity of these com-<br />
Figure 1 – Morphologie des infrutescences de L. spartum.<br />
A : albumen ; Ca : caryopse ; Ll : lemmes libres ; Lo : loge ; Ls : lemmes soudés ; Lv :<br />
loge vide ; Po.ex : poils externes ; Po.in : poils internes ; t : tégument du caryopse.<br />
a – Observation à la loupe binoculaire des infrutescences. (1) : cytotype diploïde<br />
de Kheiter (hauts plateaux). (2) : cytotype polyploïde d’Es-Sénia (littoral).<br />
(3) : infrutescence mal formée dépourvue de poils (sauf à la base) et dont les<br />
lemmes sont entièrement soudées.<br />
b – Observation à la loupe binoculaire d’une infrutescence à trois loges : deux<br />
pleines et une vide.<br />
c – Observation au microscope électronique à balayage d’une infrutescence à<br />
deux loges (une pleine et une vide). Avec la présence de poils courts du côté<br />
interne des lemmes.<br />
d – Observation au microscope électronique à balayage d’une infrutescence à<br />
trois loges pleines (inflorescence à trois fleurs fécondées).<br />
plex dispersal units are still poorly understood<br />
although the knowledge would be of great<br />
help for determining the extension potential,<br />
analysing the biodiversity of this key species<br />
of steppic plant communities and sustaining<br />
development of regions threatened by desertification<br />
and other ecological disasters.<br />
Previous studies (Benmansour & Kaid-<br />
Harche 2001) demonstrated the presence of<br />
two cytotypes in Algeria: a diploid one (2n =<br />
16) growing on an arid high plateaus station<br />
at Kheiter and a polyploid one (2n = 40)<br />
growing in the littoral zone at Es-Sénia. Fruc-<br />
Figure 1 – Morphology of L. spartum mature spikelets.<br />
A: endosperm; Ca: caryopse; Ll: free distal part of the<br />
lemmas; Lo: loculus; Ls: coalescent basal parts of lemmas;<br />
Lv: empty cavity; Po.ex.: external hairs; Po.in.: internal hairs;<br />
t: caryopse tegument.<br />
a – Mature spikelets. (1): spikelet from Kheiter (2n = 16) on<br />
the high plateaus; (2): spikelet from Es-Sénia in the littoral<br />
zone; (3): defective spikelet.<br />
b – Transverse section of a mature spikelet with three loculi:<br />
one empty, two with caryopses.<br />
c and d – Transverse sections of mature spikelets observed<br />
with a scanning electron microscope: one caryopse and one<br />
empty loculus in c, three caryopses in d.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Structure des infrutescences et capacité fructifère de deux cytotypes de Lygeum spartum L. de l’ouest algérien<br />
tifications of the two Lygeum cytotypes were<br />
compared. Mature spikelets used in the present<br />
study were harvested in each station from<br />
about one hundred clumps of Lygeum during<br />
the years 1993, 1997, 1999 and 2002. Mature<br />
spikelets reaching about 2 cm in length were<br />
covered with long silky hairs. Lemmas were<br />
fused together at basis, the distal parts remaining<br />
free. Defective spikelets with only a few,<br />
short hairs and/or entirely fused lemmas were<br />
found (Figure 1 a). The percentage of defective<br />
mature spikelets was significantly higher<br />
in the littoral cytotype (Figure 2). In normal<br />
Longueur (cm)<br />
2<br />
1,8<br />
1,6<br />
1,4<br />
1,2<br />
1<br />
0,8<br />
0,6<br />
0,4<br />
0,2<br />
0<br />
100<br />
90<br />
80<br />
70<br />
60<br />
50<br />
40<br />
30<br />
20<br />
10<br />
0<br />
%<br />
1993 1997 1999 2002 1993 1997 1999 2002<br />
99,6 0,4<br />
cytotype 2n = 16<br />
99,3 0,7<br />
99,0 1,0<br />
99,5 0,5<br />
86,4 13,6<br />
spikelets, the length of the free distal parts of<br />
the lemmas also differed between the two<br />
cytotypes. They were nearly four times<br />
shorter in plants growing at Kheiter, on the<br />
high plateau (mean length, 0.31 cm) than in<br />
plants from the littoral station (mean length,<br />
1.3 cm). Normal mature spikelets presented<br />
one to four loculi each corresponding to one<br />
of the spikelet flowers (Figure 1 b, c, d). In<br />
both cytotypes, most spikelets contained<br />
either two (in about 50% of samples) or three<br />
(in about 44% of samples) loculi (Figure 4).<br />
A mature caryopse was present in most loculi,<br />
85,9 14,1<br />
cytotype 2n = 40<br />
1993 1997 1999 2002 1993 1997 1999 2002<br />
cytotype 2n = 16 cytotype 2n = 40<br />
% des inf. normales % des inf. mal formées<br />
85,2 14,8<br />
88,0 12,0<br />
Figure 2 – Longueur moyenne des parties<br />
libres des lemmes des<br />
infrutescences dans les deux<br />
cytotypes de L. spartum.<br />
Les valeurs en abscisses<br />
correspondent aux années de<br />
récolte et l’échelle verticale<br />
indique les écarts types.<br />
Figure 2 – Length (mean value) of the free<br />
distal parts of lemmas:<br />
comparison between the two<br />
cytotypes of L. spartum. 1993,<br />
1997, 1999, 2002 : harvest years;<br />
standard deviation indicated by<br />
vertical bars.<br />
Figure 3 – Pourcentage des infrutescences<br />
normales (en blanc) et mal<br />
formées (en gris) dans les deux<br />
cytotypes de L. spartum.<br />
Les valeurs en abscisses<br />
correspondent aux années<br />
de récolte.<br />
Figure 3 – Relative percent of normal (in<br />
white) and defective (in grey)<br />
mature spikelets: comparison<br />
between the two cytotypes, at<br />
Kheiter (2n = 16) and at Es-Sénia<br />
(2n = 40). 1993, 1997, 1999, 2002 :<br />
harvest years.<br />
7
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON<br />
Figure 4 – Variation du nombre de loges par<br />
infrutescence (en % du nombre<br />
total d’infrutescences) dans les<br />
deux cytotypes du L. spartum.<br />
Les valeurs en abscisses<br />
correspondent aux années de<br />
récolte.<br />
Figure 4 – Relative number of mature<br />
spikelets with one, two, three<br />
and four loculi in percent of the<br />
total number of spikelets, in the<br />
two cytotypes of L. spartum.<br />
1993, 1997, 1999, 2002 : harvest<br />
years.<br />
Figure 5 – Pourcentage du nombre de loges<br />
vides (en gris) et pleines (en<br />
blanc) au cours des 4 années<br />
d’étude dans les deux cytotypes<br />
de Lygeum spartum.<br />
Figure 5 – Relative percent of empty (in<br />
grey) or full (in white) loculi in<br />
mature spikelets from the two<br />
cytotype high plateaus (2n = 16)<br />
and littoral zone (2n = 40).<br />
8<br />
but some loculi were crushed and empty due<br />
to flower or young fruit abortion. The percentage<br />
of empty loculi (Figure 5) was significantly<br />
higher in the littoral cytotype (about<br />
22%) than in the Kheiter plants (around 8%).<br />
These results show the existence of two distinct<br />
taxa (2n = 16 and 2n = 40). They suggest<br />
that the diploid plants growing on the<br />
high plateaus have better reproductive potentialities,<br />
i.e. less defective spikelets and less<br />
abortive ovaries, than the polyploid plants<br />
from the littoral station. However, according<br />
to Benmiloud (2003), diploid plants were<br />
%<br />
100<br />
90<br />
80<br />
70<br />
60<br />
50<br />
40<br />
30<br />
20<br />
10<br />
0<br />
%<br />
100<br />
90<br />
80<br />
70<br />
60<br />
50<br />
40<br />
30<br />
20<br />
10<br />
0<br />
1,9<br />
49,4 46,5<br />
2,2<br />
4,3<br />
50,1 44,2<br />
1,4<br />
4,5<br />
48,3 45,7<br />
1,5<br />
found only in some locations of the Algerian<br />
high plateaus at Kheiter and at Aïn Benkhellil,<br />
stations which are 100 km apart, while polyploid<br />
plants were harvested both in the littoral<br />
zone and in several stations of the high<br />
plateaus, but not at Kheiter or at Aïn Benkhellil.<br />
This suggests that polyploid plants<br />
might be actually expanding due to higher<br />
vegetative multiplication and adaptative<br />
potentialities although their reproductive<br />
capacity is slightly lower than that of the<br />
diploid cytotype.<br />
4,7<br />
52,4 40,5<br />
2,4<br />
1993 1997 1999 2002 1993 1997 1999 2002<br />
cytotype 2n = 16 cytotype 2n = 40<br />
% 1 loge % 2 loges % 3 loges % 4 loges<br />
13,69<br />
86,31<br />
6,59<br />
93,41<br />
7,23<br />
92,77<br />
1993 1997 1999 2002 1993 1997 1999 2002<br />
cytotype 2n = 16<br />
8,5<br />
91,5<br />
loges pleines loges vides<br />
0,3<br />
59,2 37,3<br />
3,2<br />
15,34<br />
84,66<br />
1,1<br />
46,9 47,2<br />
4,8<br />
24,54<br />
75,46<br />
2,5<br />
42,2 49,2<br />
6,1<br />
30,31<br />
69,69<br />
cytotype 2n = 40<br />
1,3<br />
52,7 41,8<br />
4,2<br />
17,58<br />
82,42<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Introduction<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Structure des infrutescences et capacité fructifère de deux cytotypes de Lygeum spartum L. de l’ouest algérien<br />
Lygeum spartum L. encore appelé Sparte est<br />
une Poacée vivace répandue dans plusieurs<br />
pays du bassin méditerranéen ; en Algérie il<br />
constitue un élément dominant de la steppe<br />
algérienne, et y occupe une aire étendue, estimée<br />
à 3 millions d’hectares ; il croît sur des<br />
sols sableux et des sols salins, dans les étages<br />
bioclimatiques aride et semi-aride. De ce fait,<br />
il constitue un élément important dans l’équilibre<br />
du milieu et dans la lutte contre la désertification<br />
(Le Houérou 1986 ; Barbero & Quézel<br />
1995). Le L. spartum est également une<br />
plante fourragère appréciée par le bétail. Il<br />
pourrait aussi être, comme l’Alfa (Stipa tenacissima<br />
L.), une source de pâte à papier. En<br />
effet, les travaux de Harche et al. (1990) ont<br />
montré que les feuilles de Sparte possèdent un<br />
tissu fibreux à parois riches en composés<br />
polysaccharidiques, pouvant donner de la pâte<br />
à papier.<br />
Le double intérêt, écologique et économique,<br />
du Sparte nous a incités à étudier ses infrutescences<br />
et leur capacité fructifère. Dans les<br />
conditions naturelles cette plante se régénère<br />
essentiellement par voie végétative, grâce à<br />
son rhizome comme la plupart des Poacées<br />
vivaces. Toutefois, la production des infrutescences,<br />
dont la structure a été peu étudiée jusqu’ici<br />
(Quézel & Santa 1962 ; Ozenda 1985),<br />
semble relativement importante. La fertilité<br />
des graines mériterait aussi d’être étudiée.<br />
Selon Willis (1980), Lygeum spartum L. est<br />
un genre monospécifique. Des études cytogénétiques<br />
(Benmansour & Kaid-Harche 2001)<br />
ont montré l’existence de deux niveaux de<br />
ploïdie, 2n = 40 et 2n = 16. Le premier cytotype<br />
polyploïde (2n = 40) est largement répandu<br />
en Algérie (Benmiloud 2003), sa présence<br />
a été aussi signalée en Égypte<br />
(Ramanujam 1938) et en Espagne (Lorenzo-<br />
Andreu & Garcia-Santez 1950). Par contre, le<br />
deuxième cytotype diploïde (2n = 16) récemment<br />
trouvé, semble localisé sur les hauts plateaux<br />
algériens, uniquement à Aïn Benkhellil<br />
et à Kheiter, deux stations distantes de 100 km<br />
environ et situées dans l’étage bioclimatique<br />
aride (Benmansour & Kaid-Harche 2001 ;<br />
Benmiloud 2003).<br />
À l’heure actuelle, nous ne possédons aucune<br />
donnée précise sur les capacités reproductrices<br />
de ces deux cytotypes. Or, de telles<br />
informations sont indispensables pour évaluer<br />
les potentialités d’extension du Lygeum spartum<br />
dans son aire naturelle et donc prétendre<br />
à une meilleure gestion de ce végétal qui<br />
constitue un élément important de la biodiversité<br />
à préserver et à valoriser dans le cadre<br />
du programme du développement durable. Ce<br />
genre présente, en outre, un très grand intérêt<br />
scientifique puisqu’il s’agit d’un groupe très<br />
singulier et marginal : tribu des Lygeae. En<br />
effet, contrairement aux autres Poacées<br />
chaque inflorescence comprend un épillet<br />
constitué d’une à quatre fleurs. À maturité les<br />
caryopses sont inclus dans un tube lignifié<br />
recouvert de longs poils soyeux résultant de<br />
la soudure partielle des lemmes (Ozenda<br />
1985).<br />
L’objectif de ce travail est donc d’étudier et<br />
de comparer la morphologie, la structure et la<br />
capacité fructifère des infrutescences produites<br />
par les deux cytotypes présents sur le<br />
sol algérien.<br />
Tableau 1 – Variabilité des caractères morphologiques des infrutescences des deux cytotypes<br />
de L. spartum durant les quatre années d’études.<br />
Table 1 – Variability of the morphological characters of the mature spikilets of both cytotypes<br />
of L. spartum during the four years of studies.<br />
Cytotype diploïde Cytotype polyploïde<br />
2n = 16 2n = 40<br />
Longueur des parties libres des lemmes (cm) 0,31 ± 0,003 1,30 ± 0,06<br />
Infrutescences normales (%) 99,35 ± 0,26 86,37 ± 1,19<br />
Infrutescences mal formées (%) 0,65 ± 0,26 13,62 ± 1,19<br />
Infrutescences à une loge (%) 1,87 ± 0,50 4,57 ± 1,21<br />
Infrutescences à deux loges (%) 50,05 ± 1,73 50,25 ± 7,35<br />
Infrutescences à trois loges (%) 44,22 ± 2,66 43,87 ± 5,38<br />
Infrutescences à quatre loges (%) 3,85 ± 1,31 1,30 ± 0,91<br />
Loges vides (%) 9,00 ± 3,22 21,94 ± 6,82<br />
Loges pleines (%) 90,99 ± 3,22 78,06 ± 6,82<br />
9
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON<br />
10<br />
Matériel et méthodes<br />
Matériel<br />
Les infrutescences du L. spartum qui ont fait<br />
l’objet de ce travail ont été récoltées en 1993,<br />
1997, 1999 et 2002. Les prélèvements ont été<br />
effectués au hasard sur 100 touffes par population<br />
poussant dans les conditions naturelles<br />
et bien dispersées dans les stations de récoltes<br />
des deux cytotypes. La race polyploïde à 2n<br />
= 40 se rencontre sur le littoral oranais, dans<br />
l’étage bioclimatique semi-aride tempéré, sur<br />
un sol gypseux, halomorphe, ayant un pH<br />
basique (Aimé 1988). La position géographique<br />
de la station d’échantillonnage à Es-<br />
Sénia est la suivante : latitude : 35 o 38’ N ;<br />
longitude : 00 o 36’W ; altitude : 90 mètres. Le<br />
cytotype diploïde (2n = 16) croît sur les hauts<br />
plateaux à Kheiter (Benmansour & Kaid-<br />
Harche 2001), dans l’étage bioclimatique<br />
aride à hiver froid et frais (Le Houérou 1995).<br />
Le sol est halomorphe, de texture sablo-limoneuse,<br />
avec un pH basique (Aïdoud 1983). La<br />
position géographique de cette station de prélèvement<br />
est la suivante : latitude : 34 o 09’ N ;<br />
longitude : 00 o 04’ E ; altitude : 1 000 mètres.<br />
Méthodes<br />
Au cours de l’échantillonnage deux sortes<br />
d’infrutescences ont été observées : des infrutescences<br />
à maturité complète que nous avons<br />
appelées infrutescences normales et des infrutescences<br />
présentant un développement<br />
incomplet se traduisant par une déformation<br />
morphologique, l’absence de poils et de<br />
caryopses (infrutescences avortées). L’étude<br />
morphologique de ces infrutescences a été<br />
réalisée à la loupe binoculaire et au microscope<br />
électronique à balayage. Le nombre<br />
d’infrutescences mal formées et le nombre<br />
moyen de loges pleines (contenant des<br />
caryopses) et de loges vides ont été évalués<br />
sur 1 000 infrutescences par cytotype. La longueur<br />
de la moitié libre des lemmes a été<br />
mesurée sur 500 infrutescences par cytotype.<br />
Les tests statistiques ont été réalisés par analyse<br />
de variance (ANOVA) au risque α = 0,05,<br />
à l’aide du logiciel de statistique “Statistical<br />
Package for Social Sciences SPSS”.<br />
Résultats<br />
Observation morphologique<br />
des infrutescences<br />
L’observation à l’œil nu montre que les infrutescences<br />
libérées de leur spathe sont de<br />
forme allongée, mesurant plus de 2 cm de<br />
long et recouvertes de poils ; les parties terminales<br />
des lemmes sont libres (figure 1 a).<br />
Les coupes transversales réalisées dans la<br />
moitié inférieure des infrutescences montrent<br />
que les lemmes sont parfaitement soudées et<br />
relativement épaisses, tapissées de longs poils<br />
soyeux à l’extérieur et de poils courts à l’intérieur<br />
(figure 1 b, c, d).<br />
Longueur moyenne<br />
des parties libres des lemmes<br />
L’analyse des résultats (figure 2) montre que<br />
les parties libres des lemmes du cytotype<br />
diploïde provenant des hauts plateaux 2n = 16<br />
(station de Kheiter) ont une longueur<br />
moyenne de 0,31 cm. De plus, la différence<br />
observée entre les récoltes des quatre années<br />
étudiées n’est pas significative (p = 0,853 ;<br />
F=0,262 ; ddl = 3). Les parties libres des<br />
lemmes sont nettement plus grandes dans la<br />
population polyploïde du littoral, avec une<br />
longueur moyenne de 1,3 cm sur les quatre<br />
années d’observation, soit une mesure environ<br />
quatre fois supérieure à celle des<br />
diploïdes. La différence observée entre les<br />
deux cytotypes est hautement significative<br />
(p = 0,0001 ; F = 47,99 ; ddl = 1).<br />
Une différence significative (p = 0,0001 ; F =<br />
29,50 ; ddl = 3) est obtenue entre les récoltes<br />
des diverses années pour la population littorale,<br />
contrairement à ce qui a été observé pour<br />
celle des hauts plateaux.<br />
Pourcentage des infrutescences<br />
mal formées<br />
À ce niveau, les deux cytotypes diffèrent nettement.<br />
Le cytotype polyploïde (2n = 40) du<br />
littoral produit un pourcentage plus élevé<br />
d’infrutescences mal formées par rapport à<br />
celui de la station des hauts plateaux (2n =<br />
16), quelle que soit l’année de récolte considérée<br />
(Figure 3). Le cytotype diploïde présente<br />
peu d’anomalies, entre 0,4 % (en 1993)<br />
et 1 % (en 1999). Par contre, chez les plantes<br />
polyploïdes, le taux d’anomalies se situe entre<br />
12 % (en 2002) et 17,8 % (en 1999). Le test<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Structure des infrutescences et capacité fructifère de deux cytotypes de Lygeum spartum L. de l’ouest algérien<br />
statistique par l’analyse de variance montre<br />
une différence hautement significative entre<br />
les deux cytotypes (p = 0,0001 ; F = 405,54 ;<br />
ddl = 1).<br />
Nombre moyen de loges<br />
(nombre de fleurs) par infrutescence<br />
Les infrutescences à 2 et 3 loges dominent largement<br />
dans les deux cytotypes (figure 4).<br />
Dans le cas des infrutescences à 2 loges la<br />
moyenne globale sur les quatre années atteint<br />
50,05 % pour les échantillons des hauts plateaux<br />
et 50,26 % pour ceux du littoral. Ces<br />
valeurs sont respectivement de 44,22 % et<br />
43,87 % pour les infrutescences à 3 loges. La<br />
différence observée entre les deux types<br />
d’infrutescences n’est pas significative<br />
(p = 0,963 ; F = 0,002 ; ddl = 1) pour les deux<br />
loges, et (p = 0,919 ; F = 0,011 ; ddl = 1) pour<br />
les trois loges.<br />
Les pourcentages d’infrutescences à une loge<br />
et à quatre loges restent très faibles (figure 4).<br />
Cependant, la différence entre les deux stations<br />
est significative pour les infrutescences<br />
à une loge (p = 0,01 ; F = 16,09 ; ddl = 1) et<br />
à quatre loges (p = 0,007 ; F = 19,09 ; ddl = 1),<br />
les premières (à une loge) sont plus importantes<br />
chez le cytotype polyploïde (4,57 %)<br />
alors qu’elles ne se rencontrent que dans<br />
1,9 % des cas chez le cytotype diploïde. Inversement,<br />
les infrutescences à quatre loges sont<br />
plus importantes chez le cytotype diploïde<br />
(3,85 % contre 1,3 % chez le polyploïde).<br />
Fructification<br />
Les loges vides correspondent à des ovaires<br />
ou à des fruits avortés précocement. Le pourcentage<br />
de loges vides du cytotype polyploïde<br />
du littoral (21,94 %) est bien supérieur à celui<br />
du cytotype diploïde des hauts plateaux<br />
(9,01 %). Les taux des caryopses bien formés<br />
sont donc supérieurs chez le cytotype diploïde<br />
(90,99 contre 78,06) (figure 5). La différence<br />
observée entre les deux cytotypes est significative<br />
(p = 0,02 ; F = 9,82 ; ddl = 1).<br />
Discussion et conclusion<br />
Des analyses cytogénétiques récentes ont<br />
révélé l’existence, en Algérie, de deux cytotypes<br />
chez le L. spartum : à 2n = 16 sur les<br />
hauts plateaux et à 2n = 40 sur le littoral ora-<br />
nais (Benmansour & Kaid-Harche 2001). Les<br />
deux populations étudiées sont également<br />
caractérisées par des différences significatives<br />
dans les pourcentages d’oses neutres, d’acides<br />
uroniques et d’acide cinnamique présents dans<br />
les parois des poils des infrutescences (Zeriahène<br />
et al. 1998 et 2003). Le travail actuel met<br />
en évidence des différences très nettes entre<br />
les deux cytotypes, concernant la morphologie<br />
des infrutescences et leur capacité fructifère.<br />
Le cytotype polyploïde se distingue morphologiquement<br />
du cytotype diploïde par une<br />
plus grande longueur de la partie libre de ses<br />
lemmes : 1,3 cm contre 0,3 cm. Battandier &<br />
Trabut (1895) puis Maire (1953) avaient<br />
signalé la présence de deux variétés chez le<br />
Lygeum spartum L. : var. longispathum et var.<br />
genuinum distinctes par la longueur des<br />
lemmes des spathes et des anthères. Nos<br />
observations apportent une précision sur la<br />
longueur des parties libres des lemmes, ils<br />
permettent de suggérer que la variété longispathum<br />
proposée par Battandier & Trabut<br />
(1895) et Maire (1953) correspond au polyploïde,<br />
polymorphe décrit dans ce travail. Il<br />
serait intéressant de vérifier si le cytotype<br />
diploïde correspond à la variété genuinum. La<br />
différence morphologique observée entre les<br />
deux cytotypes, très précieuse pour les futures<br />
prospections, permet de différencier sur le terrain<br />
les deux cytotypes qui apparaissent<br />
comme des taxons bien distincts par une<br />
remarquable stabilité de leurs caractères morphologiques.<br />
Les infrutescences des diploïdes<br />
récoltés à Kheiter ont des pourcentages de<br />
malformations et de loges vides significativement<br />
plus faibles que ceux observés sur les<br />
individus polyploïdes (respectivement 0,4-1 %<br />
contre 12-17,8 % et 7,97 % contre 21,94 %).<br />
Ces données suggèrent un investissement dans<br />
la reproduction par graines légèrement plus<br />
faible du cytotype polyploïde.<br />
L’intérêt de ces résultats, du point de vue fondamental,<br />
est de mettre en relief des caractères<br />
propres à chacun des deux cytotypes de<br />
l’espèce L. spartum. Ces nouvelles données<br />
suggèrent l’existence d’un phénomène de spéciation<br />
dont l’étude mérite d’être réalisée. Des<br />
investigations plus détaillées sur la répartition<br />
géographique des deux taxons et sur leur plasticité<br />
écologique semblent aussi très nécessaires.<br />
L’aire du diploïde paraît être limitée à<br />
quelques stations des hauts plateaux algériens<br />
: Kheiter et à Aïn Benkhellil, deux localités<br />
distantes de 100 km (Benmiloud 2003).<br />
L’aire de répartition du cytotype polyploïde<br />
est beaucoup plus vaste puisqu’on le ren-<br />
11
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON<br />
12<br />
contre en divers lieux du pourtour méditerranéen.<br />
En Algérie, il croît sur le littoral oranais<br />
(Benmansour & Kaid-Harche 2001), et dans<br />
plusieurs stations des hauts plateaux (Aïn<br />
Sefra, Sétif, El-Bayadh, Djelfa, Aflou, Biskra,<br />
Constantine) (Benmiloud 2003 ; Abdedaim<br />
2006 ; Djabeur 2007 observations non<br />
publiées). La polyploïdie est un phénomène<br />
très répandu chez les plantes puisqu’elle<br />
affecte 70 % environ des Phanérogames. L’extension<br />
des polyploïdes au détriment des<br />
diploïdes semble jouer un rôle majeur dans<br />
leur évolution et diversification (Raicu 1976 ;<br />
Briggs & Walters 1997 ; Otto & Whitton<br />
2000). Dans le cas du L. spartum, le diploïde<br />
très peu dynamique semble pourtant posséder<br />
une capacité de fructification meilleure que<br />
celle du polyploïde. Il serait donc intéressant<br />
de comparer pour les deux cytotypes les pourcentages<br />
de germination et les taux de survie<br />
des plantules. Comme la majorité des Poacées<br />
polyploïdes, ce dernier taxon paraît investir<br />
davantage dans la multiplication végétative<br />
que dans la reproduction par graines pour<br />
assurer son expansion géographique. Il reste<br />
aussi à résoudre le problème de l’origine de<br />
ces 2 nombres chromosomiques, assez rares<br />
chez les Poacées, surtout le niveau exact de<br />
polyploïdie du cytotype à 2n = 40, en recherchant<br />
les cytotypes intermédiaires.<br />
Cet aspect des recherches offre également un<br />
intérêt appliqué dans le cadre du développement<br />
durable en zones arides et semi-arides<br />
algériennes. Le cytotype diploïde qui risque<br />
de se trouver dominé par le polyploïde plus<br />
compétitif mérite d’être protégé afin de maintenir<br />
la biodiversité du territoire. Par contre,<br />
une meilleure connaissance de la plasticité<br />
écologique du cytotype polyploïde devrait<br />
aider à la valorisation et à la gestion de cette<br />
espèce qui constitue un élément important<br />
dans la lutte contre la désertification des hauts<br />
plateaux algériens.<br />
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plants growing in two different biotopes. Sciences<br />
et technologie C., 20: 57-59.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Étude pédoanthacologique<br />
à haute résolution spatiale<br />
de l’histoire holocène d’une forêt<br />
subalpine (Alpes du Sud, France).<br />
Données préliminaires<br />
Résumé<br />
L’analyse des charbons de bois piégés dans les<br />
sols d’une forêt mixte de mélèze (Larix decidua<br />
Mill.) et de pin cembro (Pinus cembra L.) de la<br />
haute vallée du Guil (Queyras, Hautes-Alpes), a<br />
été entreprise pour en retracer l’histoire. Un<br />
échantillonnage à haute résolution spatiale<br />
(cinq fosses par parcelle de 0,5 ha) a été mené<br />
dans le but de tester l’homogénéité des résultats<br />
sur une parcelle de surface restreinte. Les<br />
premiers résultats obtenus ont révélé une forte<br />
hétérogénéité spatiale de l’enregistrement taxinomique<br />
et des quantités de charbons contenus<br />
dans les sols. Les dates radiocarbone obtenues<br />
montrent que Pinus cembra est présent sur le<br />
site depuis 7 600 cal et que Larix decidua a été<br />
enregistré dès 6 060 cal. BP. Le mélèze, essence<br />
dominante dans l’ensemble des enregistrements<br />
anthracologiques, a très certainement bénéficié,<br />
à partir de la seconde moitié de l’Holocène, de<br />
l’influence des pratiques pastorales passées.<br />
Mais aujourd’hui, avec l’abandon de ces pratiques,<br />
la dynamique de la végétation tend à<br />
modifier la structure forestière en faveur du pin<br />
cembro, modifiant ainsi le paysage à l’échelle du<br />
versant.<br />
Mots clés : charbons de bois, Holocène,<br />
étage subalpin, perturbation, Larix decidua,<br />
Pinus cembra.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Abstract<br />
Soil charcoal analysis (pedoanthracology) in an<br />
ancient larch forest in the upper Guil valley<br />
(French Alps, Queyras) allows us to propose a<br />
reconstitution of the ancient woodland. This<br />
preliminary research comprises high-resolution<br />
spatial sampling (five pits per 0.5 ha) where the<br />
aim was to assess the homogeneity of the<br />
results obtained by charcoal analysis at a small<br />
scale. The results demonstrate heterogeneous<br />
patterns of charcoal distribution in terms of<br />
quantities and anthracological assemblages. The<br />
radiocarbon dates obtained demonstrate that<br />
arolla pine (Pinus cembra) has been present<br />
since 7600 cal. BP and that larch (Larix decidua)<br />
was present in the area from c. 6 061 cal. BP.<br />
Influenced by anthropogenic practices, the larch<br />
forest cover increased since the second half of<br />
the Holocene. However, today, owing to the<br />
abandonment of pastoral practices, the arolla<br />
pine has become dominant as it is favoured by<br />
vegetation dynamics, thus modifying forest<br />
structure and landscape.<br />
Philippe TOUFLAN, Brigitte TALON<br />
Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie,<br />
IMEP CNRS 6116, bâtiment Villemin, Europôle de l’Arbois<br />
BP 80, 13545 Aix-en-Provence cedex 04, France<br />
philippe.touflan@etu.univ-cezanne.fr<br />
brigitte.talon@univ-cezanne.fr<br />
Keywords: Charcoal analysis, Disturbances,<br />
Holocene, Larix decidua, Pinus cembra,<br />
subalpine stage.<br />
13
PHILIPPE TOUFLAN, BRIGITTE TALON<br />
14<br />
Introduction<br />
La richesse et la composition spécifiques des<br />
écosystèmes forestiers résultent non seulement<br />
de la combinaison d’événements paléogéographiques,<br />
climatiques et écologiques,<br />
mais aussi d’une emprise humaine ancienne<br />
et omniprésente. Les conséquences de ces<br />
activités sont considérables sur la végétation<br />
avoisinant les peuplements humains (Clark et<br />
al. 1989 ; Barbero et al. 1990 ; Carcaillet<br />
1998 ; Carcaillet et al. 1998). De nouvelles<br />
données archéologiques (Walsh et al. 2005 ;<br />
Walsh & Richer 2006) situent les premières<br />
installations humaines dans les Alpes au Mésolithique<br />
(10 200-9 000 BP). Ces incursions<br />
en altitude sont souvent saisonnières et le<br />
reflet de l’exploitation du potentiel cynégétique<br />
du milieu alpin par des groupes de chasseurs<br />
(Bouby & Billaud 2001). L’occupation<br />
permanente de ces espaces est sans doute plus<br />
tardive et il faut parfois attendre l’âge du<br />
bronze (3 000-3 500 BP) pour voir apparaître<br />
les premières traces d’installations humaines<br />
durables (Barge et al. 1998 ; Leveau & Martinez<br />
2002). Les données palynologiques ont<br />
mis en évidence un important changement de<br />
végétation coïncidant avec les premières<br />
traces d’occupation et d’exploitation des<br />
milieux montagnards entre le Néolithique<br />
final et l’âge du bronze (Fauquette & Talon<br />
1995 ; Muller et al. 2006 ; Walsh & Richer<br />
2006). Pour la période Holocène, l’analyse<br />
des perturbations générées par les activités<br />
anthropiques (pastoralisme, brûlis, etc.) est<br />
donc essentielle pour comprendre les processus<br />
écologiques qui ont contribué à façonner<br />
les écosystèmes et à déterminer la composition<br />
des communautés végétales actuelles<br />
(Pons & Thinon 1987 ; Talon et al. 1998 ; Thinon<br />
& Talon 1998 ; Tinner et al. 1998).<br />
Aujourd’hui les gestionnaires constatent que<br />
la dynamique engendrée par l’abandon de certaines<br />
pratiques agricoles pluriséculaires telles<br />
que le pastoralisme provoque une forte augmentation<br />
du couvert forestier dans les Alpes.<br />
Les gestionnaires s’interrogent à juste titre sur<br />
l’évolution à long terme des systèmes forestiers<br />
d’aujourd’hui, qui ont été contraints par<br />
des siècles d’influences anthropiques. Pour<br />
orienter les choix de gestion forestière dans<br />
une optique de développement durable et surtout<br />
pour apporter des éléments précieux sur<br />
des questions aussi controversées que la naturalité<br />
des forêts, la végétation potentielle des<br />
milieux ou l’état de référence des écosys-<br />
tèmes (Ehrlich 1996 ; Norton 1996), les<br />
témoignages paléoécologiques sont indispensables.<br />
Des études ont montré que l’accumulation de<br />
combustible au sein des forêts conduit inexorablement<br />
à sa combustion lors d’incendies<br />
(Cyr et al. 2005 ; Tinner et al. 2005). Ces<br />
incendies enrichissent les sols en charbons de<br />
bois, qui sont le reflet de la végétation<br />
ligneuse incendiée. La pédoanthracologie, qui<br />
a pour objet l’analyse des charbons de bois<br />
dans les sols, permet d’apporter une information<br />
locale sur les variations de composition<br />
floristique ligneuse au cours du temps, permettant<br />
ainsi d’aborder la question de la végétation<br />
potentielle de ces milieux (Carcaillet &<br />
Thinon 1996 ; Talon et al. 2005).<br />
Toutefois, les enregistrements pédoanthracologiques<br />
sont issus de sols soumis à de fortes<br />
perturbations qui ne permettent pas de les<br />
considérer comme des milieux stratifiés au<br />
même titre que les milieux sédimentaires.<br />
C’est pourquoi il est nécessaire de s’appuyer<br />
sur des datations 14C pour tenter de reconstruire<br />
les variations de la composition floristique<br />
ligneuse au cours du temps. Mais le<br />
caractère reproductible de ces enregistrements<br />
nous permet d’en tester la variabilité locale.<br />
Dans le but de tester cette variabilité, nous<br />
avons réalisé plusieurs prélèvements sur une<br />
parcelle de 0,5 ha. Nous présentons ici les<br />
résultats de l’analyse pédoanthracologique<br />
d’une forêt subalpine. Nos objectifs sont :<br />
1) de tester la qualité de la résolution spatiale<br />
des données pédoanthracologiques en multipliant<br />
les prélèvements sur une surface restreinte,<br />
2) d’aborder les variations de la composition<br />
floristique ligneuse des parcelles au<br />
cours de l’Holocène, à l’aide de datations<br />
AMS obtenues à partir des charbons extraits<br />
de l’analyse pédoanthracologique.<br />
Matériels et méthodes<br />
Site d’étude<br />
Le Queyras est un petit massif situé au sudest<br />
du Briançonnais (figure 1), compris dans<br />
les Alpes internes sud-occidentales (Ozenda<br />
1985). Bordé par des crêtes et des sommets<br />
élevés (2 800 à 3 300 m d’altitude), il forme<br />
un bassin intérieur tourné vers l’ouest, sculpté<br />
par les eaux et les glaciers s’écoulant vers la<br />
Durance. Les vallées du Queyras oriental sont<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France)<br />
creusées majoritairement dans les schistes lustrés<br />
(zone de schistes lustrés piémontais),<br />
alors que la moitié ouest est constituée de calcaires<br />
compacts (Lemoine & Tricart 1988).<br />
Le Queyras reçoit des précipitations très affaiblies.<br />
La plus grande partie du territoire de la<br />
vallée est marquée par une sécheresse qui<br />
augmente à l’extrême les contrastes de températures<br />
liés à l’altitude. Les données de la<br />
station météorologique de Saint-Véran<br />
(2 115 m) indiquent que la moyenne des températures<br />
du mois le plus froid (février) est de<br />
– 3 o C, alors que la moyenne des températures<br />
du mois le plus chaud (juillet) est de + 13 o C.<br />
Le régime pluviométrique indique un creux<br />
estival et un maximum de précipitations à<br />
l’automne, pour une moyenne annuelle de<br />
900 mm. Le massif du mont Viso jouit aussi<br />
d’un apport d’humidité en provenance de la<br />
plaine du Pô, par le biais de la « nebbia »,<br />
sorte de brouillard local. La couverture forestière<br />
représente un tiers de la surface du parc<br />
naturel régional du Queyras et est majoritairement<br />
constituée d’essences telles que Pinus<br />
cembra L., Larix decidua Mill., Pinus unci-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
nata Miller ex. Mirbel, Pinus sylvestris L.,<br />
Abies alba Mill. et Picea abies (L.) Karst.<br />
(Ozenda 1985).<br />
La forêt de Praroussin<br />
La forêt de Praroussin se situe sur le versant<br />
ouest de la vallée du Guil (44o 45 N, 7o 00 E)<br />
au-dessus du hameau de l’Echalp. Une barre<br />
rocheuse la divise en deux parties d’orientations<br />
et d’altitudes différentes. Afin de tenir<br />
compte de l’hétérogénéité des communautés<br />
forestières et du gradient altitudinal, nous<br />
avons délimité une parcelle de 0,5 ha, dans<br />
chacune des deux parties de la forêt.<br />
La 1re parcelle (PRA I) est située sur le versant<br />
NNO de la crête de Praroussin (figure 2), à<br />
2 080 m d’altitude, proche de la limite supérieure<br />
de la forêt. La topographie est régulière<br />
avec une pente d’environ 25-30o . Le milieu<br />
est caractérisé par une forêt peu dense, dominée<br />
par Larix decidua (mélèze d’Europe),<br />
auquel est associé Pinus cembra (pin cembro).<br />
Le sous-bois, marqué par une régénéra-<br />
Figure 1 – Carte de<br />
localisation de la<br />
vallée du Guil au<br />
cœur du Queyras.<br />
Le site d’étude (la<br />
forêt de Praroussin)<br />
se trouve à<br />
proximité du<br />
hameau de l’Echalp.<br />
15
PHILIPPE TOUFLAN, BRIGITTE TALON<br />
16<br />
Figure 2 –<br />
Localisation des<br />
parcelles sur le versant.<br />
tion dynamique de Pinus cembra et de Larix<br />
decidua, est principalement composé de Rhododendron<br />
ferrugineum L. (rhododendron),<br />
de Vaccinium myrtillus L. (myrtille) et de<br />
Juniperus sibirica Burgsd. (genévrier).<br />
La 2 e parcelle (PRA II) est située sur le versant<br />
ouest de la vallée du Guil, à 1 980 m d’altitude.<br />
L’inclinaison est de 30 o de moyenne. La<br />
forêt fermée, dominée par Larix decidua, est<br />
représentée par de nombreux mélèzes et pins<br />
cembro de gros diamètre dont certains sont<br />
pluricentenaires (Talon et al. 2006). Le sousbois<br />
est essentiellement herbacé avec<br />
quelques pieds de Juniperus sibirica et de<br />
Vaccinium myrtillus. On y observe une régénération<br />
importante de Pinus cembra, en dépit<br />
d’une pratique pastorale toujours active.<br />
Prélèvements sur le terrain<br />
Nous avons adopté une stratégie d’échantillonnage<br />
multiple, à raison de cinq fosses<br />
pédologiques régulièrement réparties sur toute<br />
la surface de la parcelle (figure 3). Chaque<br />
fosse pédologique est échantillonnée à différents<br />
niveaux de profondeur, tous les 10 cm,<br />
du fond vers la surface.<br />
Extraction des charbons<br />
Le contenu de chaque sac, correspondant à<br />
un niveau de profondeur, est séché à l’étuve<br />
(40 o C), puis pesé afin d’obtenir le poids sec<br />
du sol. Le tamisage à l’eau nous permet de<br />
séparer la fraction flottante du sol, contenant<br />
les charbons, de la fraction lourde. Celui-ci se<br />
fait à l’aide d’une cuve rotative dans laquelle<br />
on ajoute un défloculant (hexamétaphosphate<br />
de sodium, P 2 O 4 Na) qui permet de casser les<br />
agrégats et facilite l’extraction des charbons.<br />
Le surnageant est récupéré sur un tamis de<br />
0,4 mm. Les fractions minérales sont récupérées<br />
sur une colonne de tamis de 5 mm, 2 mm<br />
et 0,4 mm (Carcaillet & Thinon 1996).<br />
Compte tenu de la quantité importante de<br />
charbons extraite des sols, seules les fractions<br />
supérieures à 1,25 mm ont été triées, pesées<br />
et identifiées.<br />
Identification<br />
Les charbons sont observés au microscope<br />
optique épiscopique aux grossissements<br />
× 250, × 500 et × 1000. L’identification se fait<br />
à l’aide des descriptions anatomiques des bois<br />
des atlas xylologiques (Jacquiot 1955 ; Jacquiot<br />
et al. 1973 ; Schweingruber 1990) et par<br />
comparaison avec les charbons de l’anthracothèque<br />
de référence (IMEP). Larix decidua et<br />
Picea abies ne peuvent pas être distingués<br />
facilement (Talon 1997). La majorité des fragments<br />
sont donc notés Larix/Picea. Cependant,<br />
certains charbons, plus gros et mieux<br />
conservés (comme ceux envoyés à dater), ont<br />
permis une étude plus approfondie, qui a toujours<br />
abouti à l’identification du mélèze et<br />
jamais à celle de l’épicéa. L’épicéa (Picea<br />
abies) n’étant par ailleurs pas présent dans<br />
notre secteur d’étude, pour l’interprétation des<br />
résultats, nous avons assimilé Larix/Picea au<br />
mélèze (Larix decidua).<br />
Anthracomasse<br />
et présentation des données<br />
Figure 3 –<br />
Répartition<br />
des prélèvements<br />
sur les parcelles.<br />
Les charbons sont pesés afin de calculer l’anthracomasse<br />
spécifique, permettant l’expression<br />
quantitative des données anthracolo-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France)<br />
giques (Carcaillet & Talon 1996). L’anthracomasse<br />
spécifique (AS) peut être calculée<br />
par profil (ASP), par niveau (ASN) et par taxon<br />
(AST). Elle se calcule en divisant la masse de<br />
charbons (mg) par la masse de terre (kg) de<br />
fraction inférieure à 5 mm. On l’exprime en<br />
mg.kg -1 .<br />
L’ensemble des anthracomasses est ensuite<br />
représenté dans un diagramme anthracologique<br />
afin d’apprécier graphiquement la<br />
variation des AST sur toute la hauteur du profil.<br />
Une attention toute particulière doit être<br />
apportée à la prise en compte des différences<br />
d’échelles entre les taxons. Les anthracomasses<br />
des différentes espèces ne sont pas le<br />
reflet de leur représentation relative dans le<br />
milieu. De même, le diagramme anthracologique<br />
est une représentation imagée des résultats<br />
quantitatifs des identifications en fonction<br />
de la profondeur et en aucun cas la représentation<br />
de changements de végétation au cours<br />
du temps.<br />
Datations<br />
Onze fragments de charbon soigneusement<br />
identifiés ont été traités dans un bain d’hexamétaphosphate<br />
de sodium pendant 24 heures<br />
pour en extraire les acides humiques, avant<br />
d’être envoyés à dater par le radiocarbone<br />
(technique AMS) au Poznam Radiocarbon<br />
Laboratory (Pologne). La sélection des charbons<br />
s’est effectuée sur la base de l’essence<br />
identifiée, de la masse de chaque fragment<br />
(> 2 mg), et de leur localisation sur la parcelle<br />
et dans le profil. Cinq dates proviennent de<br />
charbons de Pinus cembra, cinq de Larix/<br />
Picea (identifié avec certitude comme Larix)<br />
et une de Abies. Les dates obtenues ont été<br />
calibrées avec le programme Calib Rev4.4.2<br />
(Stuiver & Reimer 1993).<br />
Résultats<br />
Tous les niveaux de prélèvement contiennent<br />
des charbons. L’identification a porté sur<br />
1 506 fragments (745 pour PRA I et 761 pour<br />
PRA II), dont 50 % de Larix/Picea et 22 % de<br />
Pinus cembra. Les autres essences identifiées<br />
sont Abies, Salix et des éricacées du genre<br />
Arctostaphylos et Vaccinium. La diversité des<br />
taxons identifiés est plus grande sur PRA II<br />
que sur PRA I.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Praroussin I (PRA I)<br />
L’ASP (quantité de charbon par profil) des<br />
cinq prélèvements de PRA I est extrêmement<br />
variable : elle varie entre 125 mg.kg -1 (PRA I 3)<br />
et 3 136 mg.kg -1 (PRA I 4) (tableau 1). Les diagrammes<br />
anthracologiques (figure 4) montrent<br />
que les sols de PRA I contiennent majoritairement<br />
des charbons de Larix/Picea et Pinus<br />
cembra. La tendance générale donne une nette<br />
dominance de Larix/Picea sur Pinus cembra,<br />
sauf pour PRA I 1 (150 mg.kg -1 pour Pinus<br />
cembra, contre maximum 54 mg.kg -1 pour<br />
Larix/Picea). Certains taxons, tels que Arctostaphylos,<br />
Vaccinium et autres éricacées, sont<br />
présents à l’état de traces dans la plupart des<br />
profils, particulièrement dans PRA I 2. Des<br />
charbons vitrifiés ont été observés dans tous<br />
les prélèvements sans exception ; cependant,<br />
leur signification n’est pas encore clairement<br />
comprise.<br />
Tableau 1 – Anthracomasses par profil (ASP)<br />
en mg.kg -1 (fraction >1,25 mm).<br />
ASP en mg/kg<br />
Prélèvement PRA I PRA II<br />
1 1322 340<br />
2 126 1 349<br />
3 125 1 568<br />
4 3136 3 774<br />
5 180 2 875<br />
Praroussin II (PRA II)<br />
Les différentes valeurs des ASP de la 2 e parcelle<br />
témoignent non seulement de la grande<br />
variabilité des quantités de charbons d’un prélèvement<br />
à un autre (de 340 mg.kg -1 à<br />
3 774 mg.kg -1 ), mais aussi de la différence de<br />
l’enregistrement anthracologique d’une parcelle<br />
à une autre, PRA II étant globalement<br />
plus riche que PRA I. La diversité des taxons<br />
identifiés sur PRA II (dix taxons différents) est<br />
également plus grande que sur PRA I (seulement<br />
sept). Les cinq prélèvements de PRA II<br />
sont dominés par des charbons de Larix/<br />
Picea, dont la fréquence d’apparition est de<br />
100 %. Pinus cembra est le deuxième taxon<br />
le mieux représenté, avec une fréquence d’apparition<br />
légèrement inférieure (figure 5). Le<br />
sapin (Abies alba) a été identifié dans PRA II<br />
2 et 5, mais en petite quantité. Salix est enregistré<br />
uniquement dans PRA II 2. Enfin, les<br />
éricacées ne sont que faiblement représentées<br />
(AST généralement inférieures à 4 mg.kg -1 ).<br />
17
PHILIPPE TOUFLAN, BRIGITTE TALON<br />
Figure 4 –<br />
Diagrammes<br />
anthracologiques<br />
de PRA I (AST en<br />
mg/kg). Les AST des<br />
taxons Larix/Picea et<br />
Pinus cembra sont<br />
affectées de la<br />
même échelle sur<br />
chaque profil (0 à<br />
200 mg.kg -1 ).<br />
18<br />
1<br />
2<br />
3<br />
4<br />
5<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
10<br />
20<br />
30<br />
40<br />
50<br />
60<br />
5<br />
15<br />
25<br />
35<br />
45<br />
55<br />
10<br />
20<br />
30<br />
40<br />
50<br />
60<br />
70<br />
5<br />
10<br />
20<br />
30<br />
40<br />
50<br />
60<br />
5<br />
15<br />
25<br />
35<br />
45<br />
55<br />
65<br />
75<br />
85<br />
Larix/ Picea<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picea<br />
2777-2709 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picea<br />
6061-5931 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picea<br />
Larix<br />
/ Picea<br />
80 120 160 200<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
Pinus cembra<br />
Pinus cembra<br />
Praroussin I<br />
1628-1509 cal. BP<br />
3163-2966 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
7673-7567 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
40 80 120 160 200<br />
40 80 120 160 200<br />
40 80 120 160 200<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
3 6<br />
Dicotylédone sp.<br />
5 10<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Arctostaphyllos.sp<br />
2 4<br />
Arctostaphyllos.sp<br />
2 4<br />
Arctostaphyllos.sp<br />
2 4<br />
Arctostaphylos.sp<br />
2 4<br />
Arctostaphyllos.sp<br />
2 4<br />
Vaccinium.sp<br />
2 4<br />
Vaccinium.sp<br />
2 4<br />
Vaccinium.sp<br />
5 10 15<br />
Vaccinium.sp<br />
2 4<br />
Vaccinium.sp<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
1<br />
2<br />
3<br />
4<br />
5<br />
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France)<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
PROFONDEUR en cm<br />
5<br />
15<br />
25<br />
35<br />
45<br />
55<br />
5<br />
10<br />
20<br />
30<br />
40<br />
50<br />
60<br />
5<br />
15<br />
25<br />
35<br />
45<br />
5<br />
10<br />
20<br />
30<br />
40<br />
50<br />
5<br />
15<br />
25<br />
35<br />
45<br />
55<br />
65<br />
Larix / Picéa<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picéa<br />
933-791 cal. BP<br />
914-806 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picéa<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picéa<br />
1541-1411 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
Larix / Picéa<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
Pinus cembra<br />
Pinus cembra<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
40 80 120 160 200<br />
Pinus cembra<br />
40 80 120 160 200<br />
919-759 cal. BP<br />
956-882 cal. BP<br />
40 80 120 160 200<br />
40 80 120 160 200<br />
Praroussin II<br />
Abies alba<br />
2 4<br />
Abies alba<br />
2 4<br />
Abies alba<br />
2 4<br />
Abies alba<br />
2 4<br />
Abies alba<br />
2 4<br />
Salicacée<br />
2 4<br />
Salicacée<br />
5907-5734 cal. BP<br />
2 4<br />
Salicacée<br />
2 4<br />
Salicacée<br />
2 4<br />
Salicacée<br />
2 4<br />
Légumineuse<br />
2 4<br />
Légumineuse<br />
2 4<br />
Légumineuse<br />
2 4<br />
Légumineuse<br />
2 4<br />
Légumineuse<br />
2 4<br />
Abies / Larix<br />
2 4<br />
Abies / Larix<br />
2 4<br />
Abies / Larix<br />
2 4<br />
Abies / Larix<br />
4 8<br />
Abies / Larix<br />
4 8<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
2 4<br />
Conifère<br />
10 20<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4 6<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Dicotylédone sp.<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
2 4<br />
Ericacée<br />
10 20<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Indéterminable<br />
4 8<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
Vitrifié<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
10 20 30 40 50<br />
Figure 5 –<br />
Diagrammes<br />
anthracologiques<br />
de PRA II (AST en<br />
mg/kg). Les AST des<br />
taxons Larix/Picea et<br />
Pinus cembra sont<br />
affectées de la<br />
même échelle sur<br />
chaque profil (0 à<br />
200 mg.kg -1 ).<br />
19
PHILIPPE TOUFLAN, BRIGITTE TALON<br />
20<br />
Les datations radiocarbone replacent les différents<br />
événements de feu de la première moitié<br />
à la fin de l’Holocène (tableau 2). La date<br />
la plus ancienne provient d’un charbon de pin<br />
cembro (7 673 cal. BP) sur PRA I. Les dates<br />
obtenues pour le mélèze s’étendent de 6 000<br />
à 860 cal. BP. L’unique date obtenue pour le<br />
sapin (5 907 cal. BP) coïncide avec la plus<br />
ancienne date obtenue sur PRA II. Les dates<br />
les plus récentes (919 à 956 cal. BP) proviennent<br />
toutes de PRA II.<br />
Discussion<br />
Nos résultats mettent particulièrement bien en<br />
évidence l’hétérogénéité des quantités de<br />
charbons contenus dans les sols de parcelles<br />
de seulement 1/2 ha (tableau 1). Par comparaison<br />
avec les données de la littérature (Carcaillet<br />
& Talon 2001 ; Carnelli et al. 2004),<br />
tous nos sols peuvent être considérés comme<br />
riches en charbons. En revanche, la diversité<br />
spécifique des enregistrements anthracologiques<br />
varie moins d’un prélèvement à<br />
l’autre. Toutefois, PRA I 1 montre une très<br />
nette dominance de Pinus cembra, allant à<br />
l’encontre de la tendance des autres prélèvements,<br />
dominés par Larix/Picea (figure 4). La<br />
stratégie d’échantillonnages multiples (figure<br />
3) que nous avons testée semble donc bien<br />
adaptée à révéler l’hétérogénéité des quantités<br />
de charbons contenus dans les sols ainsi<br />
que la variabilité de la diversité taxinomique<br />
des enregistrements anthracologiques. Cette<br />
variabilité de l’enregistrement anthracologique<br />
est sans doute à mettre en relation avec<br />
la distribution spatiale des essences sur la parcelle,<br />
et particulièrement avec celle du bois<br />
mort au sol, qui lors du passage d’un feu produit<br />
facilement des charbons. Feu après feu,<br />
la production et l’enfouissement des charbons<br />
reflètent la localisation des différentes essences<br />
sur la parcelle au cours du temps. Nos<br />
résultats montrent que la pédoanthracologie<br />
doit reposer sur un échantillonnage multiple,<br />
qui permet d’apprécier l’hétérogénéité des<br />
enregistrements pédoanthracologiques et ainsi<br />
de baser ces interprétations sur des données<br />
plus fiables. Dans le but de confirmer ces<br />
résultats originaux, d’autres sites font l’objet<br />
d’une analyse pédoanthracologique suivant un<br />
protocole similaire. La question se pose maintenant<br />
du nombre minimum de prélèvements<br />
anthracologiques à réaliser pour une surface<br />
donnée et pour une formation végétale don-<br />
née, afin de rendre compte au mieux de la<br />
diversité végétale passée.<br />
Les premiers résultats de l’analyse pédoanthracologique<br />
de la forêt de Praroussin,<br />
appuyés par les datations AMS, nous fournissent<br />
des éléments de réponse pour la compréhension<br />
de son histoire au cours des sept derniers<br />
millénaires. La végétation du versant<br />
s’articulait autour de deux taxons, Pinus cembra<br />
et Larix decidua. Toutefois, le découpage<br />
en deux parcelles opéré au sein de la forêt de<br />
Praroussin nous laisse entrevoir deux histoires<br />
différentes au niveau de ce versant.<br />
Les sols de PRA I ont révélé des horizons<br />
riches en matière organique, témoins de processus<br />
pédogénétiques longs nécessitant une<br />
stabilité à long terme de la végétation en<br />
place. Il semblerait donc que les sols de PRA I,<br />
peu perturbés, se soient développés sous un<br />
couvert forestier relativement constant entre<br />
7 600 cal. BP à 1 500 cal. BP (tableau 2).<br />
Au cours du Tardiglaciaire, la hausse des températures,<br />
interrompue par l’épisode froid du<br />
Dryas III, entre 12 900 et 11 600 ans cal. BP<br />
(Davis et al. 2003), provoque le retrait des<br />
glaciers dans les différentes vallées des Alpes<br />
internes, permettant ainsi une recolonisation<br />
des espaces asylvatiques par des espèces pionnières,<br />
en particulier Pinus uncinata, Larix<br />
decidua et Pinus cembra (Ali et al. 2005).<br />
Mais le forçage climatique ne peut être tenu<br />
comme seul responsable des changements au<br />
sein des peuplements forestiers des vallées<br />
des Alpes du Sud, d’autant que la surface couverte<br />
par les forêts de mélèzes s’accroît pendant<br />
les périodes contemporaines des premières<br />
installations humaines permanentes,<br />
que l’on situe à l’âge du bronze (Barge et al.<br />
1998 ; Walsh et al. 2005 ; Walsh & Richer,<br />
2006). Les plus anciens témoignages de la<br />
présence du pin cembro dans le Queyras<br />
datent de 9 000 ans (Ali et al. 2003). Sur Praroussin,<br />
l’ensemble des dates de PRA I (tableau<br />
2), nous permet de confirmer sa présence<br />
dès 7 600 cal. BP, et son maintien sur le versant<br />
jusque vers 1 500 cal. BP, en compagnie<br />
du mélèze, dont l’installation sur PRA I<br />
remonte à 6 000 cal. BP. Larix a été enregistré<br />
dès 8 000 cal. BP dans certaines stations<br />
de l’extrême sud des Alpes (Ortu et al. 2005)<br />
mais les études menées sur l’ensemble des<br />
Alpes montrent que son essor est plus tardif,<br />
autour de 6 000 BP. Nous pouvons poser l’hypothèse<br />
que PRA I a été, dès 7 600 cal. BP,<br />
colonisée par le pin cembro, probablement<br />
accompagné du mélèze, puis les deux<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France)<br />
Tableau 2 – Datations AMS pour Praroussin I et II.<br />
essences se sont partagées l’espace, avec toutefois<br />
une dominance du mélèze plus marquée<br />
en relation avec les activités anthropiques.<br />
Nous n’avons pas assez de dates pour tenter<br />
de reconstituer le régime des feux sur PRA I.<br />
Cependant, il est évident que plusieurs feux<br />
sont survenus entre 7 673 et 1 628 cal. BP<br />
(tableau 2). Les plus anciens (entre 7 673 cal.<br />
BP et 6 061 cal. BP) ont eu lieu pendant une<br />
période encore mal connue du point de vue de<br />
l’utilisation de la montagne par l’homme, et<br />
les plus récentes (3 163 cal. BP, 2 777 cal. BP<br />
et 1 628 cal. BP) pendant l’âge du bronze, qui<br />
marque le début d’une occupation permanente<br />
du milieu et l’accentuation de l’exploitation<br />
sylvopastorale des Alpes. Des prospections<br />
archéologiques récentes soutiennent l’idée<br />
d’une date relativement précoce des premières<br />
pénétrations en haute montagne par des<br />
groupes humains issus de régions méridionales,<br />
consécutivement au reflux de l’englacement<br />
Würmien dans les Alpes du Sud<br />
(Walsh et al. 2005 ; Walsh & Richer 2006).<br />
Cependant, cette fréquentation précoce serait<br />
uniquement le reflet d’une présence saisonnière<br />
de groupes de chasseurs et non d’une<br />
occupation permanente du milieu. Nos données<br />
ne sont donc pas suffisantes pour distinguer<br />
l’origine naturelle (climatique) de l’origine<br />
anthropique de ces feux.<br />
L’histoire de la parcelle PRA II est légèrement<br />
différente. Les sols sont plus riches en charbons<br />
de bois, mais aussi moins structurés. Un<br />
test de Chi2 nous indique que quatre des six<br />
dates obtenues (914 cal. BP, 919 cal. BP,<br />
933 cal. BP et 956 cal. BP) appartiennent<br />
statistiquement au même événement (Xi2 =<br />
7,81, ddl = 3, p < 0,05) bien que provenant de<br />
profils et de profondeurs différents. Ces dates<br />
correspondent soit à un même événement de<br />
feu, soit à des charbons d’un même individu,<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Lab n o Âge 14 C cal. BP (2 sigma) Profondeur (cm) Taxon<br />
PRA I Poz-16000 1 655 ± 30 BP 1 509-1 628 60 Pinus cembra<br />
Poz-16002 2 595 ± 30 BP 2 709-2 777 50 Larix decidua<br />
Poz-16001 2 930 ± 30 BP 2 966-3 163 30 Pinus cembra<br />
Poz-16004 5 265 ± 35 BP 5 931-6 061 50 Larix decidua<br />
Poz-16003 6 750 ± 40 BP 7 567-7 673 30 Pinus cembra<br />
PRA II Poz-16008 915 ± 30 BP 759-919 20 Pinus cembra<br />
Poz-16006 965 ± 30 BP 791-933 10 Larix decidua<br />
Poz-16007 905 ± 30 BP 806-914 30 Larix decidua<br />
Poz-16010 985 ± 30 BP 882-956 20 Pinus cembra<br />
Poz-16076 1 595 ± 30 BP 1 411-1 541 40 Larix decidua<br />
Poz-18170 5 065 ± 35 BP 5 734-5 907 30 Abies alba<br />
cette dernière hypothèse pouvant être exclue<br />
de fait par la distance qui sépare les fosses les<br />
unes des autres. Il semble que nous ayons sur<br />
PRA II une homogénéisation du contenu<br />
anthracologique au sein des profils. Cette<br />
homogénéisation ne peut avoir pour cause<br />
qu’un remaniement du sol, d’origine physique<br />
(avalanches, chablis, glissements de terrain)<br />
ou biologique (bioturbation, animaux fouisseurs)<br />
(Lutz 1940, 1960 ; Brown 1977 ;<br />
Brown & Martel 1981 ; Norman et al. 1995 ;<br />
Talon et al. 2005). La grande quantité de charbons<br />
conservés dans les sols de PRA II laisse<br />
envisager, dates à l’appui, une activité anthropique<br />
plus grande sur cette parcelle. Les feux<br />
y auraient été plus fréquents. La pente y étant<br />
plus forte, l’érosion et les risques de chablis<br />
y ont été également plus importants, source<br />
de remaniement et de rajeunissement des profils<br />
(Eugenio & Lloret 2004).<br />
L’enregistrement anthracologique révèle une<br />
diversité spécifique supérieure à celle observée<br />
actuellement, comme en témoigne l’occurrence<br />
de charbons d’Abies alba et de Salix<br />
(figure 5). La présence du sapin autour de<br />
5 907 cal. BP à 1 980 m d’altitude vient<br />
appuyer les résultats d’études (Fauvart 2006)<br />
qui tendent à démontrer que sa limite d’aire<br />
serait plus étendue que ce que l’on pensait<br />
jusqu’alors pour le Queyras (Lavagne 1983).<br />
Les exigences écologiques de cette essence<br />
lui permettraient aujourd’hui de s’installer sur<br />
des sites autrefois considérés comme lui étant<br />
défavorables. Son aire de répartition potentielle<br />
serait donc beaucoup plus étendue que<br />
celle qu’on lui attribue généralement (Carcaillet<br />
& Muller 2005).<br />
La dominance du mélèze n’est pas remise en<br />
question, mais le mélézin devait être ponctué<br />
de bouquets de pins cembro, auxquels pouvaient<br />
s’ajouter quelques individus d’Abies<br />
21
PHILIPPE TOUFLAN, BRIGITTE TALON<br />
22<br />
alba. De plus, la présence de Salix, de petits<br />
feuillus et d’éricacées, montre que cette forêt<br />
mixte était suffisamment ouverte pour permettre<br />
le développement d’une strate arbustive.<br />
Conclusion<br />
L’analyse anthracologique a révélé une<br />
grande variabilité à la fois quantitative et qualitative<br />
des enregistrements pédoanthracologiques,<br />
traduisant la grande résolution spatiale<br />
de ces paléo-enregistrements. Un seul prélèvement<br />
par parcelle au lieu de cinq aurait<br />
conduit à une interprétation erronée car<br />
incomplète. À la lumière de ces nouveaux<br />
résultats, la pédoanthracologie doit reposer<br />
sur un échantillonnage multiple, qui permet<br />
d’apprécier l’hétérogénéité des enregistrements<br />
pédoanthracologiques et ainsi de baser<br />
ces interprétations sur des données plus<br />
fiables.<br />
Dès la fin de l’Holocène (6 061 cal. BP), le<br />
versant est colonisé par Larix decidua et<br />
Pinus cembra. Le pin cembro était présent sur<br />
le versant de façon récurrente depuis plus de<br />
7 600 ans. Le mélèze, quant à lui, est attesté<br />
depuis au moins 6 000 ans. Le cortège forestier<br />
s’accompagne de saule, d’éricacées et surtout<br />
de sapin, absent du versant aujourd’hui,<br />
et dont la présence sur le site a été datée<br />
autour de 5 907 cal. BP. La présence de charbon<br />
dans tous les niveaux de prélèvements<br />
souligne l’importance des incendies dans<br />
l’histoire de ce versant. Les dates obtenues,<br />
couvrant près de 7 000 ans, confirment l’importance<br />
des feux comme moteurs de la dynamique<br />
végétale, particulièrement à partir de<br />
l’âge du bronze. Les deux parcelles étudiées<br />
ont connu deux histoires différentes. Le haut<br />
du versant (PRA I) ne paraît pas avoir connu<br />
de phases d’exploitation trop intenses,<br />
contrairement à la partie basse (PRA II). Les<br />
impacts répétés des pratiques anthropiques<br />
(incendies et pâturage) ont façonné le paysage<br />
à l’échelle du versant, entraînant des dégradations<br />
importantes de la couverture pédologique.<br />
La dynamique actuelle de la végétation<br />
tend à modifier la structure forestière et à<br />
terme le paysage de Praroussin. Toutefois, il<br />
n’est pas évident de distinguer les effets des<br />
changements du mode d’utilisation des terres<br />
de ceux du réchauffement climatique, sur<br />
l’évolution de la dynamique actuelle de la<br />
végétation de ce versant.<br />
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23
Local species richness distribution<br />
at “Evolution Canyon” microsite,<br />
Mt. Carmel, Israel<br />
Distribution locale de la richesse en espèces<br />
dans le microsite « Evolution Canyon »,<br />
Mont Carmel, Israël<br />
Abstract<br />
We evaluated the interslope and intraslope distributions<br />
of species richness in 17 taxa representing<br />
cyanobacteria, lower plants (Agaricales,<br />
lichens, mosses), invertebrates (butterflies,<br />
grasshoppers, oribatid mites, springtails, carpet,<br />
darkling, dung, hister, jewel, and leaf beetles),<br />
vertebrates (reptiles), and two rather ecological<br />
groups (soil fungi and woody plants) at the<br />
microsite “Evolution Canyon”, lower Nahal<br />
Oren, Mt. Carmel, Israel. At least seven, out of<br />
all the studied ones, showed significant differences<br />
in species richness between the “African<br />
savanna-like” south-facing slope (AS) and the<br />
“European garrigue-like” north-facing slope<br />
(ES) separated by a distance of a 100 m at the<br />
valley bottom.<br />
Four clusters representing the studied taxa<br />
could be distinguished according to inter- and<br />
intraslope species richness distributions. The<br />
“heat-dependent” taxa (reptiles, butterflies,<br />
darkling beetles) behaviourally adjust for heat<br />
gain and show a propensity for the more illuminated,<br />
drier, warmer, “AS”. Grasshoppers, carpet,<br />
and leaf beetles were more speciose at<br />
“AS” as well, but this might relate to the annual<br />
plants cover. The “humidity-dependent” taxa<br />
(soil fungi, springtails, mosses, Agaricales,<br />
woody plants, oribatid mites) share their<br />
propensity for higher environmental humidity,<br />
higher amount of water on the cooler “ES” covered<br />
by the dense <strong>Mediterranean</strong> garrigue.<br />
Except for the oribatid mites, their species richness<br />
followed a downslope trend of increasing<br />
humidity and water runoff on both slopes.<br />
Keywords: species richness, distribution,<br />
Evolution Canyon.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Our results indicate that environmental factors<br />
related to the specific slope microclimate<br />
− mainly water and energy – should be considered<br />
as factors influencing the local distribution<br />
of species richness.<br />
Résumé<br />
Nous avons évalué les distributions inter- et<br />
intraversant de la richesse en espèces dans<br />
17 taxons de cyanobactéries, plantes inférieures<br />
(Agaricales, lichens, mousses), invertébrés (lépidoptères,<br />
sauterelles, acariens oribates, collemboles,<br />
dermestes, ténébrions, bousiers, histers,<br />
buprestes et chrysomèles), vertébrés (reptiles) et<br />
deux groupes plutôt écologiques (champignons<br />
du sol et plantes ligneuses) dans le microsite<br />
« Evolution Canyon », Nahal Oren inférieur,<br />
Mont Carmel, Israël. Au moins sept taxons,<br />
parmi l’ensemble des taxons étudiés, ont présenté<br />
des différences significatives au plan de la<br />
richesse en espèces entre le versant exposé au<br />
sud, dit « pseudo-savane africaine » (AS), et le<br />
versant exposé au nord, dit « pseudo-garrigue<br />
européenne » (ES), distants de 100 m au fond de<br />
la vallée.<br />
Quatre groupes, représentant les taxons étudiés,<br />
ont pu être distinguées en fonction des dis-<br />
Tomáš PAVLÍčEK * and Eviatar NEVO<br />
Institute of Evolution, University of Haifa,<br />
Mt. Carmel, Haifa 31905, Israel<br />
*Correspondence: Tomáš Pavlíček, Institute of Evolution,<br />
University of Haifa, Mt. Carmel, Haifa 31905, Israel<br />
Tel.: (972) 4 8240506 Fax: (972) 4 8360455<br />
E-mail: pavlicek@research.haifa.ac.il<br />
Mots clés : richesse en espèces, distribution,<br />
Evolution Canyon.<br />
25
TOMÁŠ PAVLÍčEK, EVIATAR NEVO<br />
26<br />
tributions de la richesse inter- et intraversant.<br />
Les taxons « thermo-dépendants » (reptiles,<br />
papillons, ténébrions) adaptent leur comportement<br />
pour « gagner » de la chaleur et montrent<br />
une propension pour l’« AS » mieux éclairé, plus<br />
sec et plus chaud. Les sauterelles, les dermestes<br />
et les chrysomèles étaient les plus riches en<br />
espèces sur l’« AS », mais ceci peut être lié à la<br />
couverture de plantes annuelles. Les taxons<br />
« humidité-dépendants » (champignons du sol,<br />
collemboles, mousses, Agaricales, plantes<br />
ligneuses, acariens oribates) recherchent une<br />
plus forte humidité environnementale, de l’eau<br />
en plus grande quantité sur l’« ES », plus frais,<br />
avec sa couverture dense de garrigue <strong>méditerranéenne</strong>.<br />
À l’exception des mites oribates, la<br />
richesse en espèces de ces taxons « humiditédépendants<br />
» augmentait avec l’humidité et les<br />
eaux de ruissellement croissant vers l’aval sur les<br />
deux versants.<br />
Nos résultats indiquent que les facteurs environnementaux<br />
associés au microclimat spécifique<br />
des versants – principalement eau et énergie<br />
– devraient être considérés comme des<br />
facteurs influant sur la distribution locale de la<br />
richesse en espèces.<br />
Introduction<br />
Since Humboldt’s explanation (1808) of the<br />
global gradient of species richness, more than<br />
30 alternative hypotheses were suggested<br />
(Hawkins et al. 2003), but the search for the<br />
primary factor(s) underlying this gradient<br />
continues. Hawkins et al. (2003) concluded<br />
that contemporary climate constrains terrestrial<br />
taxonomic richness over a broad geographic<br />
range and showed that measures of<br />
energy, water or water-energy balance could<br />
explain large-scale spatial variation in species<br />
richness better than other climatic and nonclimatic<br />
variables.<br />
In this article, we explore the possibility that<br />
parameters connected with water and energy<br />
might constrain taxonomic richness not only<br />
regionally but also locally. The study is part<br />
of a long-term biodiversity evolution project<br />
aimed at revealing the underlying evolutionary<br />
driving forces causing microsite divergence<br />
in biomes, species and populations<br />
(Nevo 1995, 1997, 2001).<br />
Material and Methods<br />
Description of the microsite<br />
The “Evolution Canyon” (“EC”) microsite<br />
(32 o 43’N, 34 o 58’E) is located at lower Nahal<br />
Oren, Mt. Carmel, Israel. The “EC” presumably<br />
originated in Plio-Pleistocene (Nevo<br />
1995), and runs in Mt. Carmel in an east-west<br />
direction to the <strong>Mediterranean</strong> Sea. The distance<br />
between the “African savanna-like”<br />
south-facing (AS) and the opposite “European<br />
garrigue-like” north-facing (ES) slopes is<br />
100 m at the valley bottom and 400 m at the<br />
valley top. An open park forest of evergreen<br />
Ceratonia siliqua-Pistacia lentiscus with<br />
dominant savanna-like grassland covers the<br />
xeric “AS”. By contrast, a dense <strong>Mediterranean</strong><br />
garrigue of abundant evergreen Quercus<br />
calliprinos and deciduous Pistacia<br />
palaestina covers the mesic “ES” (Nevo et al.<br />
1999). Shared characteristics of both slopes<br />
are (1) evolutionary history, (2) geology<br />
(Upper Cenomanian limestone: Karcz 1959),<br />
(3) regional <strong>Mediterranean</strong> climate (mean<br />
annual rainfall ca. 600 mm, potential evapotranspiration<br />
1700 mm, and mean temperatures<br />
of 13 o C in January and 28 o C in August:<br />
Atlas of Israel 1970), and (4) pedology (terra<br />
rossa on both slopes: Nevo et al. 1998). Due<br />
to differences in geographic orientation, the<br />
“AS” is significantly more insolated, and consequently<br />
warmer, less humid and with larger<br />
day/night microclimate differences than the<br />
opposite “ES” (Pavlíček et al. 2003). Soil<br />
water availability increases from the top to the<br />
bottom of each slope due to water runoff and<br />
deeper soil profiles at the lower parts of slopes<br />
(Nevo et al. 1998). In short, higher relative<br />
humidity, more water, lower illuminance and<br />
temperature, and denser plant cover characterize<br />
the “ES” in contrast with the “AS”. The<br />
Kendall procedure shows that illumination<br />
(Ill.), mean temperature (t) and relative humidity<br />
are completely associated one with another<br />
at “EC”. Therefore, we cannot tell their<br />
influence separately and only six relatively<br />
independent parameters remains (Table 1).<br />
These produce 15 correlations including five<br />
that appear to be significant (p
and by interslope differences in microclimate<br />
(Pavlíček et al. 2003).<br />
The species richness in each taxon was estimated<br />
at six stations: at the lower part of each<br />
slope (30 m asl., AS3 and ES5), at the middle<br />
part of each slope (60 m asl., AS2 and ES6),<br />
and at the upper part of each slope (90 m asl.,<br />
AS1 and ES7). To see if is possible to generalize<br />
the obtained interslope differentiation<br />
pattern we tested the interslope difference in<br />
another canyon, with the south- and north-facing<br />
slopes Nahal Keziv, Upper Galilee, Israel.<br />
This canyon is about 50 km north from “EC”<br />
(see Finkel at al. 2001 for details about this<br />
site).<br />
Statistics<br />
Since our data set is not normally distributed,<br />
we used the Kendall’s nonparametric correlations<br />
that give a proportion implying that the<br />
pairs of the two variables in the observed data<br />
are in the correct or natural rank order. In our<br />
case, we correlated the ranks representing<br />
species richness in one taxon or one environmental<br />
factor at six stations against ranks representing<br />
speciosity in other taxon or environmental<br />
factor at the same stations at “EC”.<br />
The significance level should be corrected for<br />
multiple correlations since we expect false<br />
significances can be present in our case. Since<br />
the use of Bonferonni correction is less suitable<br />
in our case because it does not consider<br />
the number of significant correlations in the<br />
complete data set, we preferred to test the<br />
number of significant correlations against the<br />
expected number obtained by chance alone<br />
(Aiken 1955). To test the overall significance<br />
of the multiple correlations we used the pow-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Local species richness distribution at “Evolution Canyon” microsite, Mt. Carmel, Israel<br />
Table 1 – Kendall correlations (T) between the recognized environmental factors. Correlations p
TOMÁŠ PAVLÍčEK, EVIATAR NEVO<br />
28<br />
Results<br />
The vernacular and scientific names of the<br />
17 studied taxa and the ranking of stations for<br />
each taxon, from minimal to maximal species<br />
richness, are seen in Table 2. Many of the<br />
studied taxa, such as cyanobacteria and invertebrates,<br />
are phylogenetically distant. The<br />
woody plants and soil fungi form rather ecological<br />
than taxonomic groups. It is legitimate,<br />
in our opinion, to include them in analyses<br />
together with other taxa since the species<br />
included in these two groups do not overlap<br />
with any other analysed taxon and each of<br />
these two groups share a common propensity<br />
in a reaction to environmental factors, especially<br />
as regard of water and energy balance.<br />
Ten taxa (oribatid mites, reptiles, soil fungi,<br />
butterflies, leaf and darkling beetles, springtails,<br />
mosses, Agaricales and woody plants)<br />
out of 17 (59%) showed significant interslope<br />
differences (p≤0.05) in species richness by the<br />
ID model (Table 2), but among them could be<br />
expected with a 95% probability three or less<br />
false positives (Binomial confidence limit:<br />
Aiken 1955). In other words, at least in seven<br />
taxa (41% of the listed taxa) the significant<br />
interslope differences in species richness<br />
should be real. All the above mentioned ten<br />
taxa were also significantly correlated with<br />
the studied environmental factors (Table 4).<br />
A two-dimensional scatterplot obtained by<br />
means of the MDS is presented in Figure 1.<br />
For the MDS, we used the Kendall correlation<br />
matrix (Table 3) made out of the correlations<br />
between rankings of species richness on stations,<br />
as presented in Table 2. It is obvious<br />
that the Dimension 1 (Figure 1) differentiates<br />
between “ES”/“AS”. Taxa more speciose on<br />
the “ES” are located between 0.0 and −1.4 of<br />
the scale and the taxa prevailing on the “AS”<br />
are placed between 0.0 and 1.2 of the scale.<br />
The Dimension 2 (Figure 1) separates the taxa<br />
according to the inter-station order. The taxa<br />
showing downslope increase in speciosity<br />
cluster between 0.0 and 0.8 of the scale and<br />
the taxa whose species richness growth upslope<br />
increase cluster between 0.0 and −1.2 of<br />
the scale (Figure 1).<br />
Figure 1 allows distinguish the four clusters:<br />
a) Taxa prevailing at the “ES” in which<br />
species richness increase upslope (oribatid<br />
mites, lichens, springtails), b) Taxa prevailing<br />
at “ES” in which species richness increase<br />
downslope (Agaricales, mosses, soil fungi,<br />
woody plants), c) Taxa prevailing at “AS” in<br />
which species richness increase upslope<br />
(dung beetles, cyanobacteria, butterflies, reptiles),<br />
and d) Taxa prevailing at “AS” in which<br />
species richness increase downslope (hister,<br />
leaf, carpet and darkling beetles, grasshoppers).<br />
Please, note that the jewel beetles do<br />
not show clear interslope differences (Figure<br />
1).<br />
Oribatid mites and leaf beetles, and mosses<br />
and Agaricales are fully associated (Table 3)<br />
Table 2 – The ranking of species richness at the stations at “EC” in studied taxa from the smallest to the highest values.<br />
AS1 AS2 AS3 ES5 ES6 ES7 Ref.<br />
Oribatid mites (Oribatidae)* 3 1 2 4 5 6 1<br />
Reptiles * 6 5 4 1 2 3 2<br />
Soil Fungi * 2 3 1 5 6 4 3, 1<br />
Butterflies (Rhopalocera * ) 4.5 6 4.5 1.5 1.5 3 4<br />
Grasshoppers (Acrididae) 2.5 5 6 2.5 2.5 2.5 5<br />
Carpet beetles (Dermestidae) 4 4 6 4 1 2 6<br />
Jewel beetles (Buprestidae) 2 4.5 4.5 6 3 1 7, 11<br />
Leaf beetles (Chrysomelidae * ) 4 5 6 2 3 1 8<br />
Springtails (Collembola * ) 2 3 1 6 4.5 4.5 9<br />
Lichens 4 2 2 6 5 2 10<br />
Mosses (Bryophyta * ) 1.5 3 1.5 6 5 4 10<br />
Agaricales * 1.5 3 1.5 6 5 4 10<br />
Cyanobacteria 6 4 2 2 2 5 10<br />
Dung beetles (Scarabaeidae) 5 6 2 4 3 1 11<br />
Hister beetles (Histeridae) 4 4 6 2 4 1 12<br />
Darkling beetles (Tenebrionidae * ) 5 4 6 2 2 2 11, 13<br />
Woody plants * 1 2.5 2.5 5 6 4 14<br />
*interslope difference of p = 0.05 according to the ID model. 1. Melamud et al. in preparation, 2. Nevo et al. 1996; 3. Ellanskaya et al. 1997;<br />
4. Kravchenko et al. 2002; 5. Pavlíček et al. 2002; 6. Hava et al. 2001; 7. Volkovitsh et al. 2000; 8. Chikatunov et al. 2000; 9. Kaprus et al. unpublished;<br />
10. Wasser et al. 1995; 11. Chikatunov et al. 1999; 12. Chikatunov et al. 2004; 13. Chikatunov et al. 1997; 14. Nevo et al. 1999.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Dimension 2<br />
0.8<br />
0.6<br />
0.4<br />
0.2<br />
0.0<br />
– 0.2<br />
– 0.4<br />
– 0.6<br />
– 0.8<br />
– 1.0<br />
– 1.2<br />
– 1.4 – 1.2<br />
Woody plants<br />
Agaricales+Mosses<br />
Soil fungi<br />
Springtails<br />
Oribatid mites<br />
– 1.0<br />
Lichens<br />
– 0.8<br />
but not identical and they should be regarded<br />
as independent groups. Therefore, 136 correlations<br />
were obtained and out of them 26<br />
showed p
TOMÁŠ PAVLÍčEK, EVIATAR NEVO<br />
30<br />
Correlations between taxa<br />
and environmental factors<br />
The overall tests on correlations between all<br />
environmental factors and taxa, with the<br />
exception of the rock and stones cover, were<br />
significant (Table 4). The same overall results<br />
were obtained in correlations limited to the<br />
“AS” taxa and to the “ES” taxa (Table 4). It<br />
is difficult to decide which of the single significant<br />
correlations (factor x taxon) are real<br />
and which might be false positives. Presumably,<br />
the smaller p might distinguish between<br />
the real and false positives. If p ranking can<br />
help, then 10-11 below mentioned taxa are<br />
candidates for the interslope differences due<br />
to environmental factors:<br />
(a) “AS” taxa: reptiles × water availability;<br />
butterflies, darkling beetles and reptiles or leaf<br />
beetles × humidity, mean temperature and<br />
illuminance; grasshoppers, leaf beetles ×<br />
annual plants cover; butterflies × perennial<br />
plants cover; darkling beetles and general<br />
plant cover.<br />
(b) “ES” taxa: mosses, Agaricales or woody<br />
plants × water availability; springtails, mosses,<br />
Agaricales, woody plants and soil fungi<br />
or oribatid mites × 1/RH, illuminance and<br />
mean temperature; soil fungi, springtails,<br />
mosses, Agaricales or woody plants × general<br />
plant cover.<br />
For “ES” taxa, the general plant cover (and<br />
parameters associated with it) seems to be<br />
more important than for “AS” taxa and for<br />
both groups a complex of parameters composed<br />
of humidity, illuminance, mean temperature<br />
and associated parameters plays an<br />
important part.<br />
Outlier taxa<br />
Cyanobacteria were not correlated significantly<br />
with any other taxon, they did not show<br />
significant interslope difference according to<br />
the “ID” model, but they were significantly<br />
correlated with the cover made by stones and<br />
rock (T = 0.75, p = 0.028) (Table 4). Lichens,<br />
jewel, hister and dung beetles did not show<br />
significant interslope differences by the “ID”<br />
model and they did not significantly correlate<br />
either with any other taxa (with an exception<br />
of hister beetles: Table 3) or with the environmental<br />
parameters. However, lichens cluster<br />
near of the humidity-dependent taxa prevailing<br />
on the “ES” (Figure 1) where they<br />
should perhaps be included.<br />
Table 4 – Kendall correlations (T) between studied taxa and environmental factors. By bold and underlined are marked p< 0.001,<br />
by bold are marked p< 0.01 correlations and by underlined are marked p
Table 5 – Interslope differences in number of species in Nahal Keziv, Upper Galilee, Israel<br />
(AS = south-facing slope, ES = north-facing slope).<br />
Repetitions<br />
All taxa studied so far (Cyanobacteria, soil<br />
fungi, vascular plants, beetles) at N. Keziv<br />
showed the significant interslope differences<br />
in number of species (Table 5) indicating that<br />
the interslope differences are not limited to<br />
“EC” but that they are more general at least<br />
in the studied region.<br />
Discussion<br />
At least seven taxa out of 17 studied ones<br />
show significant interslope differences in the<br />
number of species at “EC” in spite of the<br />
interslope distance of 100 m at the valley bottom.<br />
The most plausible 10 candidates for significant<br />
interslope differences in their species<br />
richness are: oribatid mites, soil fungi, springtails,<br />
mosses, Agaricales, and woody plants<br />
(more speciose at the “ES”) and reptiles, butterflies,<br />
leaf, and darkling beetles (more speciose<br />
at the “AS”). In other studied taxa better<br />
evidence is needed to indicate interslope<br />
differences in their species richness. The<br />
“AS”/“ES” ration in number of taxa showing<br />
higher speciosity on one or another slope<br />
could change if more taxa are included or if<br />
the taxa of the same rank are compared. The<br />
important conclusions are that the interslope<br />
differences in species richness might be real<br />
in number of taxa and that, at least in some<br />
cases, it is possible to alienate taxa propensities<br />
with the microclimate on the slope where<br />
they are more speciose as indicated below.<br />
The observed interslope pattern in species<br />
richness might be of the more general nature<br />
as indicated our data on another canyon, N.<br />
Keziv in Israel and as also indicated by published<br />
data (e.g. Kutiel 1992; Lieffers &<br />
Larkin-Lieffers 1987; Stephenson 1982).<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Local species richness distribution at “Evolution Canyon” microsite, Mt. Carmel, Israel<br />
Taxon No of species No of species No of unique No of unique Binomial test Reference<br />
at AS at ES species at AS species at ES<br />
Cyanoprocariota 29 17 16 4 p=0.005 Vinogradova et al. 2000<br />
Soil fungi 149 108 88 47 p=4.10 –4 Grishkan et al. 2003<br />
Vascular plants 205 54 178 27 p
TOMÁŠ PAVLÍčEK, EVIATAR NEVO<br />
32<br />
transpiration rate makes the more insolated<br />
“AS” slope effectively dryer. However, additional<br />
study needs to be conducted on soil<br />
fungi. Source of our data was Ellanskaya et<br />
al. (1997) but Grishkan et al. (2000) concluded<br />
that soil fungi are more speciose on the<br />
“AS” than on the “ES”. Unfortunately in the<br />
later work is not given species richness estimations<br />
per station.<br />
“AS-prevailing” taxa<br />
Reptiles, butterflies, leaf, carpet and darkling<br />
beetles, grasshoppers are more speciose on<br />
the drier, more illuminated warmer and open<br />
“AS” in comparison with the “ES” taxa. The<br />
preference for “AS” is less uniform in comparison<br />
with the “ES” taxa but robust as indicated<br />
by the following evidence:<br />
(i) Preference (p≤0.05) for “AS” indicated by<br />
the “ID” model for reptiles, butterflies, darkling<br />
and leaf beetles;<br />
(ii) Negative correlations (p≤0.05) with water<br />
availability, RH, perennial plant cover and<br />
positive correlations (p≤0.05) with illuminance<br />
in reptiles and butterflies or negative<br />
correlations (p≤0.05) with the general plant<br />
cover or annual plants cover, humidity and<br />
positive correlations (p≤0.05) with illuminance<br />
and temperature (darkling and leaf beetles)<br />
or positive correlations (p≤0.05) with<br />
annual plant cover (grasshoppers and carpet<br />
beetles), and positive correlations between the<br />
“AS” taxa, and<br />
(iii) Clear separation of “AS” clusters from<br />
“ES” clusters by means of the MDS.<br />
Reptiles and butterflies, that show increase of<br />
species richness upslope, can adjust their heat<br />
gains behaviourally by sunbathing or indirectly<br />
by choosing suitable “warm” habitats<br />
(Cowles & Bogert 1944; Clench 1966; May<br />
1979) or hotter time periods. It is perhaps not<br />
a coincidence that species richness in both<br />
taxa increases upslope toward the stonier,<br />
rockier and less vegetated parts of both slopes<br />
where sunshine is more easily available. Reptile<br />
species richness is globally mostly constrained<br />
by ambient energy input (Hawkins &<br />
Porter 2003), and sunshine and temperature<br />
are the primary factors affecting butterfly<br />
richness in Great Britain (Turner et al. 1987)<br />
and the water-energy balance (evapotranspiration)<br />
explains 3/4 of the variance in butterfly<br />
species richness in western/central Europe<br />
and northern Africa (Hawkins & Porter 2003).<br />
At “EC”, 14 species of diurnal butterflies and<br />
10 species of reptiles were present on the ES<br />
and 24 species of butterflies and 16 species of<br />
reptiles on the AS (Kravchenko et al. 2002;<br />
Nevo et al. 1996). Comparatively, crepuscular<br />
and nocturnal moths did not show significant<br />
interslope differences (Kravchenko<br />
unpublished). Darkling beetles could be also<br />
influenced by illuminance and mean temperature<br />
since they are well adapted to withstand<br />
high temperature and prolonged drought<br />
(Ahearn & Hadley 1969; Seely 1979; Hamilton<br />
1971). They did not show clear upslope or<br />
downslope trend but they were negatively correlated<br />
with the general plant cover. Not surprisingly,<br />
grasshoppers, leaf and carpet beetles<br />
were positively correlated with the<br />
abundance of annual plants, more abundant<br />
and conspicuous on the “AS”, since two first<br />
taxa are phytophagous and the adults of carpet<br />
beetles are pollen or nectar eaters or scavengers<br />
in flowers mainly of annual plants. In<br />
short, the taxa could be prevalent on the “AS”<br />
due to their higher ambient energy demands<br />
or due to biotic factors such as annual flower<br />
availability. The fact that many of the “AS”<br />
prevailing taxa show tendency to increase<br />
species richness downslope might point on<br />
the importance of the water-energy balance.<br />
Outlier taxa<br />
The significant correlation between Cyanobacteria<br />
and cover made by stones and rock<br />
is plausible since the Cyanobacteria were collected<br />
on stones and rocks (Wasser et al.<br />
1995), but this correlation might be a false<br />
positive. Lichens clustered near of the “waterdependent”<br />
taxa (Figure 1) with whom they<br />
share the same properties. Predaceous hister<br />
beetles clustered together with the “AS” taxa<br />
where they perhaps belong. The local distribution<br />
of mainly coprophagous dung beetles,<br />
predaceous and the phytophagous jewel beetles<br />
will need to be studied in more details<br />
since they did not show clear inter- and intraslope<br />
differentiation.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Conclusions<br />
Our data suggest, within constrains imposed<br />
by the correlation analysis and deduction, that<br />
the important determinants of the local<br />
species richness distribution in many taxa, but<br />
not all, might be connected with the slopespecific<br />
climate, i.e., with differences in water<br />
availability, relative humidity, temperature<br />
and with energy constrains. In other words,<br />
the contemporary climate might be the most<br />
important underlying factor influencing<br />
species richness distribution globally<br />
(Hawkins et al. 2003) as well as locally.<br />
Acknowledgements<br />
This study was supported by the Israel Discount<br />
Bank Chair of Evolutionary Biology<br />
and the Ancell-Teicher Research Foundation<br />
for Genetics and Molecular Evolution. We<br />
thank Boris Vilenkin for comments on the<br />
manuscript.<br />
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ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation<br />
sur un transect forêt-steppe<br />
dans le parc national du Golestan,<br />
nord-est de l’Iran<br />
Modern pollen rain-vegetation relationships along a forest-steppe<br />
transect in the Golestan National Park, NE Iran<br />
Abstract<br />
Pollen rain-vegetation relationships were studied<br />
over a forest-steppe transect in Golestan<br />
National Park, NE Iran. The surface pollen percentages<br />
were compared to the vegetation<br />
composition of the respective vegetation types<br />
in 18 sampling points using both descriptive and<br />
numerical approaches. Hyrcanian lowland<br />
forests are characterized by pollen assemblages<br />
dominated by Quercus, Carpinus betulus and<br />
low frequencies of Zelkova carpinifolia. Both<br />
Parrotia persica and Zelkova carpinifolia show a<br />
very low pollen representation in modern surface<br />
samples, an under-representation that<br />
should be taken into account in the interpretation<br />
of past vegetation records. Transitional<br />
communities between the forest and steppe<br />
including Acer monspessulanum subsp. turcomanicum,<br />
Crataegus and Paliurus scrubs, Juniperus<br />
excelsa woodlands and shrub-steppe patches<br />
are more difficult to distinguish in pollen assemblages,<br />
however, they are characterized by<br />
higher values of the dominant shrub species.<br />
The transitional vegetation communities at the<br />
immediate vicinity of the forest show also a substantial<br />
amount of grass pollen. Many insectpollinated<br />
taxa are strongly under-represented<br />
in the pollen rain including most of the rosaceous<br />
trees and shrubs, Rhamnus, Paliurus, Acer<br />
Keywords: modern pollen rain-vegetation<br />
relationship, pollen representation, ecotone,<br />
Golestan National Park, Iran.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
and Berberis. Artemisia steppes are characterized<br />
by very high values of Artemisia pollen and<br />
the near absence of tree pollen.<br />
Résumé<br />
M. DJAMALI 1* , J.-L. de BEAULIEU 1 , P. CAMPAGNE 1 ,<br />
Y. AJANI 2 , V. ANDRIEU-PONEL 1 , P. PONEL 1 ,<br />
M. Cheikh ALBASSATNEH 1 , S. A. G. LEROY 3<br />
1. CNRS UMR 6116, Université Paul-Cézanne, Institut méditerranéen d’écologie<br />
et de paléoécologie (UMR CNRS/IRD), Europôle méditerranéen de l’Arbois,<br />
Pavillon Villemin, BP 80, 13545 Aix-en-Provence cedex 04, France<br />
2. Department of pharmacognosy, Institute of medical plants, ACECR,<br />
no. 97, Bozorgmehr Street, POBox 13145-1446, Tehran, Iran<br />
3. Institute for the Environment, Brunel University, Uxbridge,<br />
Middlesex UB8 3PH, UK<br />
* E-mail : morteza_djamali@yahoo.com<br />
Les relations pluie pollinique-végétation ont été<br />
étudiées sur un transect de forêt-steppe dans le<br />
parc national du Golestan dans le nord-est de<br />
l’Iran. Les pourcentages polliniques ont été comparés<br />
à la composition des 18 relevés floristiques<br />
par des méthodes descriptives et des analyses<br />
multivariées. Les forêts hyrcaniennes de basses<br />
altitudes sont caractérisées par des assemblages<br />
polliniques dominés par Quercus, Carpinus betulus<br />
et Zelkova carpinifolia. La faible représentation<br />
pollinique de Parrotia persica et Zelkova<br />
carpinifolia dans les échantillons de surface est<br />
une information qui doit être prise en compte<br />
pour l’interprétation des diagrammes polliniques.<br />
Les communautés de transition entre la<br />
forêt et la steppe y compris les brousses à Acer<br />
Mots clés : pluie pollinique actuelle-végétation,<br />
écotone, représentation pollinique, parc national<br />
du Golestan, Iran.<br />
35
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
36<br />
monspessulanum, Crataegus et Paliurus, les junipéraies<br />
et les taches des steppes arbustives dans<br />
les zones steppiques sont plus difficiles à mettre<br />
en évidence par les assemblages polliniques de<br />
surface, mais d’une façon générale, ces communautés<br />
sont caractérisées par une meilleure<br />
représentation pollinique des arbustes dominants.<br />
Les communautés de transition à proximité<br />
immédiate de la forêt se distinguent par<br />
une importante représentation du pollen des<br />
Poaceae. De nombreux taxons entomogames<br />
sont fortement sous-représentés dans la pluie<br />
pollinique, plus particulièrement les arbres et<br />
arbustes appartenant à la famille des Rosaceae,<br />
ainsi que Rhamnus, Paliurus, Acer et Berberis.<br />
Les steppes à Artemisia sont caractérisées par la<br />
présence dominante du pollen d’Artemisia et la<br />
quasi-absence de pollen arborescent.<br />
Introduction<br />
Les écotones constituent les parties de la biosphère<br />
les plus sensibles aux changements<br />
environnementaux et peuvent migrer sur de<br />
longues distances en réponse aux changements<br />
climatiques (Neilson 1993). C’est pourquoi<br />
les recherches palynologiques accomplies<br />
dans ces zones sont susceptibles de<br />
fournir des informations précieuses sur la<br />
dynamique à long terme et les changements<br />
de la végétation (Liu et al. 1999). La plupart<br />
des études consacrées aux relations végétation<br />
actuelle/pluie pollinique ont été menées sur<br />
des milieux à végétation homogène et non sur<br />
des végétations de transition (Davis 1983-<br />
1984). Cependant, la connaissance de la pluie<br />
pollinique actuelle dans les milieux d’écotone<br />
est importante en paléoécologie car elle peut<br />
permettre d’améliorer l’interprétation des diagrammes<br />
polliniques provenant de régions<br />
qui, au cours de leur histoire, furent dans cette<br />
situation écologique intermédiaire (Liu et al.<br />
1999 ; Vincens et al. 2000). Dans le nord de<br />
l’Iran, les écotones sont fréquents dans la<br />
zone de transition qui sépare les forêts hyrcaniennes<br />
sud-caspiennes des biomes semiarides<br />
adjacents. Les forêts hyrcaniennes<br />
constituent un refuge important pour de nombreuses<br />
espèces relictes tertiaires (Akhani &<br />
Ziegler 2002 ; Budnar-Tregubov 1972, 1996 ;<br />
Leroy & Roiron 1996 ; Leroy & Arpe 2007).<br />
La nature de la dynamique de ces forêts et du<br />
contexte climatique qui leur a permis de survivre<br />
aux glaciations quaternaires est donc<br />
d’une importance considérable pour la compréhension<br />
des phénomènes d’extinctions et<br />
de migrations au Quaternaire supérieur dans<br />
l’hémisphère Nord. La seule étude pollena-<br />
nalytique publiée sur le nord de l’Iran est celle<br />
de Ramezani et al. (2008), qui a permis d’obtenir<br />
un enregistrement pollinique tardi-holocène<br />
des forêts situées dans le secteur central<br />
des versants nord de l’Alborz. Cette étude a<br />
permis de reconstruire la dynamique de végétation<br />
à l’échelle locale, en réponse à deux<br />
événements climatiques correspondants à<br />
l’Anomalie climatique médiévale (1100 AD)<br />
et au Petit âge glaciaire (1560-1600 AD), et à<br />
une phase d’action humaine plus intense au<br />
début du XIX e siècle. Les mêmes auteurs<br />
conduisent actuellement dans la région une<br />
étude pluie pollinique/végétation le long d’un<br />
transect altitudinal (Ramezani, comm. pers.).<br />
Les forêts hyrcaniennes subhumides sont<br />
séparées des steppes irano-touraniennes semiarides<br />
à Artemisia par la longue chaîne des<br />
hautes montagnes du nord de l’Iran : Talesh<br />
(nord-ouest, plus de 3 000 m a.s.l.), Alborz<br />
(nord, plus de 4 000 m a.s.l.) et Kopet-Dagh<br />
(nord-est, jusqu’à 3 500 m a.s.l). Dans certaines<br />
vallées qui relient les hauts plateaux du<br />
centre de l’Iran aux basses plaines littorales<br />
de la mer Caspienne, des écotones se sont<br />
développés sous la forme de communautés<br />
végétales de transition où se mêlent éléments<br />
floristiques hyrcaniens et irano-touraniens.<br />
C’est une vallée de ce type, entaillant le massif<br />
du Golestan, qui a été sélectionnée pour la<br />
présente étude. La plupart des études de pollen<br />
de surface au Proche-Orient ont été<br />
menées dans des régions semi-arides, parmi<br />
lesquelles les monts Zagros, l’Iran central et<br />
le Plateau anatolien (Wright et al. 1967 ; van<br />
Zeist et al. 1970 ; Bottema & Barkoudah<br />
1979 ; Moore & Stevenson 1982 ; Woldring<br />
& Bottema 2001-2002). La production pollinique<br />
des essences majeures comme Zelkova,<br />
Parrotia, Fagus, Carpinus, Juglans, Acer et<br />
Juniperus a fait l’objet d’études dans les<br />
forêts humides euxino-hyrcaniennes du Caucase<br />
et dans les lambeaux forestiers plus xérophiles<br />
des hautes régions du Kirghizistan<br />
(Yazvenko 1991 ; Stuchlik & Kvavadze 1993 ;<br />
Kvavadze & Stuchlik 2002 ; Beer et al. 2007).<br />
Dans le présent article les relations pollenvégétation<br />
sont analysées dans la partie centrale<br />
du parc national du Golestan, le long<br />
d’un court transect forêt-steppe qui recoupe<br />
les forêts planitiaires, les fruticées et brousses<br />
de transition et la steppe à Artemisia. Une<br />
attention particulière est accordée à la représentation<br />
pollinique de Zelkova carpinifolia,<br />
essence qui constitue l’un des éléments<br />
relictes les plus remarquables de la forêt planitiaire<br />
hyrcanienne dans cette région.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
Matériel et méthodes<br />
Région étudiée<br />
Le parc national du Golestan est situé au<br />
nord-est de l’Iran (figure 1). Sa position charnière<br />
entre la région subhumide sud-caspienne<br />
et les régions semi-arides des parties<br />
centrales et centro-orientales du Plateau iranien,<br />
ainsi que la présence de plusieurs<br />
chaînes de montagnes relativement élevées<br />
qui bloquent les masses d’air humide en provenance<br />
de la mer Caspienne, créent des<br />
microclimats particuliers avec des précipitations<br />
de l’ordre de 150 mm/an dans le sud-est,<br />
et jusqu’à plus de 1 000 mm/an dans certaines<br />
régions centrales du Parc (Akhani 1998).<br />
Le parc national du Golestan est à la limite de<br />
deux importantes régions phytogéographiques,<br />
la région euro-sibérienne (province<br />
hyrcanienne) et la région irano-touranienne<br />
(province de Khorassan-Kopet-Dag) (Akhani<br />
1998). Les forêts hyrcaniennes ou sud-caspiennes,<br />
qui forment une longue et étroite<br />
ceinture de végétation sur les pentes nord des<br />
monts Alborz, constituent la principale zone<br />
à végétation euro-sibérienne d’Iran. Ces forêts<br />
sont dominées par des essences feuillues décidues,<br />
tempérées, et contiennent de nombreuses<br />
relictes tertiaires comme Zelkova carpinifolia<br />
(Pall.) K. Koch, Parrotia persica<br />
(DC) C.A. Mey., Pterocarya fraxinifolia<br />
(Lam. ex Poir.) Spach, Quercus castaneifolia<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
C.A. Mey., et des arbres subtropicaux asiatiques<br />
comme Diospyros lotus L., Gleditsia<br />
caspica L., Danaë racemosa (L.) et Albizzia<br />
julibrissin Durazz. (Akhani & Ziegler 2002 ;<br />
Budnar-Tregubov 1972 ; Sales & Hedge<br />
1996 ; Klein 1994 ; Leroy & Roiron 1996 ;<br />
Leestmans 2005 ; Leroy & Arpe 2007). La<br />
présence de ces espèces relictes à distribution<br />
actuelle disjointe ainsi que l’absence presque<br />
totale des forêts de conifères nordiques dans<br />
les hautes régions du sud de la Caspienne ont<br />
été invoquées par certains auteurs comme un<br />
témoignage de la faible extension des glaciations<br />
quaternaires dans les monts Alborz<br />
(Klein 1994). Les parties occidentales du parc<br />
national du Golestan sont recouvertes de<br />
forêts hyrcaniennes alors que les parties orientales,<br />
nord-orientales et sud-orientales sont<br />
dominées par des plantes irano-touraniennes.<br />
Des communautés végétales mixtes existent<br />
au contact entre ces deux domaines floristiques.<br />
Bien que la flore et la végétation du<br />
Parc aient été bien décrites par Akhani (1998),<br />
et la majeure partie des espèces végétales cartographiées<br />
par le même auteur, il n’existe<br />
encore aucune carte de végétation détaillée<br />
pour cette région. Le Parc présente une<br />
mosaïque d’unités végétales comprenant des<br />
forêts hyrcaniennes mésophytiques de basse<br />
et moyenne altitude, des fruticées et brousses<br />
ouvertes ou fermées parfois mêlées à des peuplements<br />
de Poaceae en C 4 , des bois de Juniperus,<br />
des steppes d’altitude et des prairies,<br />
Figure 1 – Le parc national du Golestan (NE Iran) et les points d’échantillonnage (d’après Akhani, 1998).<br />
37
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
38<br />
des steppes à Artemisia et Artemisia-Stipa, et<br />
diverses communités halophiles ou de transition<br />
(Akhani 1998 ; Akhani & Ziegler 2002).<br />
Il existe par ailleurs de nombreux écotones<br />
entre ces différents types de végétation.<br />
L’échantillonnage du pollen de surface et les<br />
relevés de végétation ont été menés sur un<br />
écotone forêt-steppe dans la partie centrale du<br />
Parc (figure 1). Le transect étudié recoupe sur<br />
quelques kilomètres à peine une zone de transition<br />
qui s’étend de la forêt planitiaire hyrcanienne<br />
aux steppes irano-touraniennes à<br />
Artemisia, en passant par les fruticées et les<br />
bois de Juniperus (figure 1).<br />
Méthodes de terrain<br />
La campagne de terrain a été menée au cours<br />
du printemps et de l’été 2003. Les fleurs<br />
fraîches de nombreux taxons ligneux (arbres<br />
et arbustes) ont été prélevées dans le but de<br />
constituer une collection pollinique de référence<br />
pour le Parc. Cette collection a été complétée<br />
par des pollens extraits de fleurs sèches<br />
prélevées sur divers échantillons bien identifiés,<br />
provenant de l’herbier H. Akhani et actuellement<br />
conservés au Botanical Biodiversity<br />
Research Laboratory (université de<br />
Téhéran). Au total, 18 relevés phytosociologiques<br />
ont été effectués selon la méthode<br />
phytosociologique zuricho-montpelliéraine<br />
(Braun-Blanquet 1964), le long d’un transect<br />
de 20 km situé dans la partie centrale du Parc<br />
(figure 1). Le transect étudié traverse la zone<br />
de transition, ou écotone, entre les forêts planitiaires<br />
à l’ouest et les steppes d’altitude à<br />
l’est. La superficie des relevés varie de 25 m 2<br />
(5 m x 5 m) dans les steppes à 400 m 2 (20 m<br />
x 20 m) dans les forêts. Les points d’échantillonnage<br />
1-11 sont situés dans la zone forestière,<br />
les points 12 et 13 dans les fruticées de<br />
transition, les points 14 et 15 dans les bois de<br />
Juniperus, le point 16 dans une steppe arbustive<br />
et les points 17 et 18 dans la steppe. Les<br />
relevés 3, 4, 6 et 8 ont été réalisés sous un<br />
couvert forestier à Zelkova carpinifolia dominant<br />
et les relevés 10 et 11 en lisière de forêt.<br />
Figure 2 – Diagramme pollinique<br />
des échantillons<br />
de surface actuels dans le parc<br />
national du Golestan<br />
(NE Iran).<br />
Les coussinets de mousses (comprenant à la<br />
fois les parties vertes récentes et les parties<br />
brunes plus anciennes) ont été collectés en<br />
milieu forestier, alors qu’en milieu steppique<br />
ce sont les Poaceae (touffes et ligules) et les<br />
lichens qui ont été prélevés, selon les<br />
méthodes préconisées par Heim (1970), Saadi<br />
& Bernard (1991), Davis & Fall (2001),<br />
Moore & Stevenson (1982) et Wright et al.<br />
(1967). Jusqu’à 10 échantillons ont été prélevés<br />
au hasard dans chacun des quadrats puis<br />
conservés dans des sachets en papier.<br />
Méthodes de laboratoire<br />
Tous les échantillons de surface et les fleurs<br />
ont été acétolysés pour extraire les grains de<br />
pollen (Faegri & Iversen 1989). Dans le cas<br />
des coussinets de mousses, les échantillons<br />
ont été traités aussi à l’HCl et à l’HF pour éliminer<br />
les particules minérales (Moore et al.<br />
1991). L’identification des grains de pollen a<br />
été réalisée par comparaison avec le matériel<br />
de la collection de référence du Parc et de<br />
celle de l’IMEP (Institut méditerranéen d’écologie<br />
et de paléoécologie), et avec les atlas<br />
polliniques d’Europe et d’Afrique du Nord<br />
(Beug 2004 ; Moore et al. 1991 ; Reille 1992,<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
1995, 1998). Pour chaque spectre au moins<br />
500 grains de pollen ont été identifiés.<br />
Traitement des données<br />
et représentation<br />
Les pourcentages polliniques ont été calculés<br />
à partir de la somme pollinique totale des<br />
taxons terrestres. Les plantes aquatiques, les<br />
pollens non identifiés/non identifiables et les<br />
spores ont été exclus du total de la somme<br />
pollinique. Le diagramme pollinique (figure<br />
2) a été tracé à l’aide du logiciel GpalWin<br />
(Goeury 1997). Une analyse en composantes<br />
principales (ACP) a été appliquée aux comptages<br />
polliniques, alors qu’une analyse factorielle<br />
des correspondances (AFC) a été appliquée<br />
aux relevés de végétation à l’aide du<br />
logiciel Canoco pour Windows version 4 (ter<br />
Braak 1995 ; ter Braak & Smilauer 1998).<br />
L’analyse de co-inertie ACP-ACP (Dolédec &<br />
Chessel 1994) a été effectuée sur les matrices<br />
de données de végétation et de pollen à l’aide<br />
du logiciel R (R Development Core Team<br />
2006), pour mettre en évidence les structures<br />
communes entre la pluie pollinique et la composition<br />
de la végétation dans chaque site<br />
d’échantillonnage.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Résultats<br />
Relevés floristiques<br />
Au total 211 espèces de plantes ont été rencontrées.<br />
Le relevé 14 présente une diversité<br />
taxonomique maximale avec 57 espèces. Cinq<br />
types principaux de végétation ont été observés<br />
et échantillonnés : (1) la forêt, (2) les<br />
brousses et fruticées de transition dominées<br />
par Acer monspessulanum subsp. turcomanicum<br />
(Pojark.) E. Murray Kalmia, Paliurus<br />
spina-christi Miller, Jasminum fruticans L. et<br />
des espèces des genres Crataegus, Rhamnus,<br />
Lonicera et Jasminum, (3) les bois de Juniperus<br />
excelsa M. Bieb., (4) la steppe arbustive<br />
(peuplements à Cotoneaster), (5) la steppe à<br />
Artemisia et Artemisia-Stipa. Le tableau 1<br />
présente les relevés et les échantillons de pollen<br />
de surface.<br />
Diagramme pollinique<br />
Les spectres polliniques des échantillons de<br />
surface sont réunis dans le diagramme de la<br />
figure 2. Cinq groupes d’assemblages polliniques<br />
correspondant aux cinq zones de végétation<br />
traversées par le transect peuvent être<br />
39
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
Tableau 1 – Communautés végétales, habitats et situation des relevés de végétation effectués au parc national du Golestan<br />
et correspondants aux échantillons polliniques de surface.<br />
40<br />
Code Communautés définies Zone Altitude Coordonnées Taille des relevés Échantillon<br />
par les plantes dominantes de végétation (m) (m) traité<br />
R1 Carpinus cf. orientalis Forêt planitiaire 900 37o 22’ 20“ N<br />
55<br />
15 x 15 Coussinet de mousse<br />
o 55’ 45“ E<br />
R2 Paliurus spina-christi-Zelkova Forêt planitiaire 800 37o 22’ 15“ 10 x 10 Coussinet de mousse<br />
carpinifolia 55o 56’ 15“<br />
R3 Zelkova carpinifolia-Paliurus Forêt planitiaire 800 37o 22’ 15“ 10 x 10 Coussinet de mousse<br />
spina-christi 55o 56’ 20“<br />
R4 Zelkova carpinifolia Forêt planitiaire 900 37o 22’ 00“<br />
55<br />
15 x 15 Coussinet de mousse<br />
o 56’ 40“<br />
R5 Carpinus betulus Forêt planitiaire 900 37o 22’ 16“<br />
55<br />
15 x 15 Coussinet de mousse<br />
o 57’ 05“<br />
R6 Acer monspessulanum subsp. Forêt planitiaire 900 37o 22’ 16“ 15 x 15 Coussinet de mousse<br />
turcomanicum-Fraxinus excelsior 55o 57’ 47“<br />
R7 Quercus castaneifolia Forêt planitiaire 850 37o 22’ 20“<br />
55<br />
20 x 20 Coussinet de mousse<br />
o 58’ 36“<br />
R8 Zelkova carpinifolia Forêt planitiaire 1 000 37o 22’ 01“<br />
56<br />
20 x 20 Coussinet de mousse<br />
o 00’ 05“<br />
R9 Quercus castaneifolia-Zelkova Forêt planitiaire 900 37o 21’ 30“ 20 x 20 Coussinet de mousse<br />
carpinifolia 56o 00’ 15“<br />
R10 Quercus castaneifolia- Forêt planitiaire 1 100 37o 21’ 5 x 5 Coussinet de mousse<br />
Carpinus betulus 56o 07’ et Lichen<br />
R11 Crataegus-Quercus castaneifolia Forêt planitiaire 1 100 37o 21’ 5 x 5 Coussinet de mousse<br />
56o 07’ et Lichen<br />
R12 Paliurus spina-christi Forêt planitiaire 950 37o 20’ 10“<br />
56<br />
10 x 10 Coussinet de mousse<br />
o 00’ 25“<br />
R13 Lonicera-Berberis Fruticées et brousse 1 500 37o 20’ 38“ 10 x 10 Lichen<br />
de transition 56o 01’ 32“<br />
R14 Juniperus excelsa-Acer Fruticées et brousse 1 300 37o 20’ 13“ 10 x 10 Lichen<br />
monspessulanum de transition 56o 01’ 32“<br />
R15 Juniperus excelsa Bois de Juniperus 1 000 37o 19’ 49“<br />
56<br />
15 x 15 Lichen<br />
o 01’ 20“<br />
R16 Cotoneaster Steppe arbustive 1 800 37o 21’<br />
56<br />
5 x 5 Ligules de Poaceae<br />
o 09’<br />
R17 Dorema hyrcanum-Centaurea Steppe à Artemisia 1 450 37o 21’ 5 x 5 Touffe de Poaceae<br />
et Stipa 56o 11’<br />
R18 Dorema hyrcanum Steppe à Artemisia 1 450 37o 21’ 5 x 5 Touffe de Poaceae<br />
et Stipa 56o 11’<br />
distingués. Les groupes polliniques F et<br />
Ss+As (figure 2) sont bien caractérisés par des<br />
valeurs élevées de pollen arboréen et d’Artemisia,<br />
respectivement ; la distinction entre les<br />
trois autres zones de végétation de transition<br />
est plus délicate et nécessite une étude<br />
détaillée des taux de pollen arbustif.<br />
Groupe d’assemblages polliniques F (forêt).<br />
Ce groupe pollinique, qui comprend les<br />
échantillons prélevés sous la canopée, est<br />
caractérisé par des valeurs très élevées de pollen<br />
arboréen (jusqu’à 85 %). Les taux de pollen<br />
d’Artemisia et de Chenopodiaceae restent<br />
bas, à l’exception de ceux des échantillons 9,<br />
10 et 11. Il faut noter qu’en raison de plusieurs<br />
épisodes de crues consécutives à de<br />
fortes pluies, avant les prélèvements, d’importantes<br />
populations d’Artemisia annua et<br />
Chenopodium spp. ont colonisé les milieux<br />
perturbés en fond de vallée, à proximité des<br />
points d’échantillonnage. De plus, d’importantes<br />
populations d’Artemisia absinthium<br />
associées à des Poaceae occupent les clairières<br />
des forêts, plus fréquentes à proximité<br />
des zones de transition. Les pollen de Quercus<br />
dominent les spectres (jusqu’à 46 % dans<br />
le spectre 7), de Carpinus (jusqu’à 32 % dans<br />
le spectre 1), de Zelkova/Ulmus (jusqu’à<br />
13,7 % dans le spectre 4) et d’Alnus (jusqu’à<br />
18 % dans le spectre 1). Les taux d’Acer et de<br />
Fraxinus augmentent légèrement dans le<br />
spectre 6, qui correspond à une importante<br />
communauté de ces deux essences. Le petit<br />
pic de Rosaceae du spectre 11 est très probablement<br />
induit par Crataegus, qui est dominant<br />
sur ce point d’échantillonnage.<br />
Groupe d’assemblages polliniques Ts (fruticées<br />
et brousses de transition). Dans ce<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
groupe pollinique les pourcentages de pollen<br />
arboréen décroissent et le rôle de certaines<br />
espèces ligneuses arbustives comme les<br />
Rhamnaceae (Paliurus spina-christi et Rhamnus),<br />
Ephedra, Acer et Jasminum devient plus<br />
important, par ailleurs les Poaceae présentent<br />
des valeurs maximales (31 %).<br />
Groupe d’assemblages polliniques Jw (bois<br />
de Juniperus). Ce groupe pollinique est caractérisé<br />
par de petits pics de pollen de Juniperus<br />
et d’autres taxons arbustifs provenant de<br />
la zone Ts. Les pollen de Carpinus et d’Alnus<br />
présentent des valeurs accrues, probablement<br />
en raison de l’ouverture du milieu qui facilite<br />
la pénétration de pollen allochthone transporté<br />
par le vent depuis les forêts voisines. Ainsi,<br />
l’assemblage pollinique correspondant à cette<br />
zone peut ne pas être représentatif des bois de<br />
Juniperus typiques, tels qu’ils ont été décrits<br />
dans le nord-est du Parc (Akhani 1998).<br />
Groupe d’assemblages polliniques Ss (steppe<br />
arbustive). Les pollen arboréens décroissent<br />
fortement (jusqu’à moins de 10 %), en<br />
revanche les taux d’Artemisia, Chenopodiaceae<br />
et Caryophyllaceae augmentent, par<br />
comparaison avec les valeurs atteintes dans le<br />
groupe précédent. Un petit pic de Rosaceae<br />
est probablement induit par les buissons nains<br />
de Cotoneaster et de diverses Rosaceae (dont<br />
Crataegus spp. et Rosa spp.) qui poussent<br />
dans la région.<br />
Groupe d’assemblages polliniques As (steppe<br />
à Artemisia et Stipa). Il est caractérisé par de<br />
fortes valeurs d’Artemisia (jusqu’à 87 %) et<br />
l’absence presque totale de pollen arboréen.<br />
Les Chenopodiaceae et les Poaceae présentent<br />
de très faibles pourcentages.<br />
Relations pluie polliniqueassemblage<br />
d’espèces<br />
Assemblage d’espèces<br />
Le plan factoriel 1-2 de l’AFC effectuée sur la<br />
matrice de relevés phytoécologiques<br />
(figure 3) permet de distinguer trois groupes<br />
de points d’échantillonnage correspondant à<br />
la forêt (groupe A : relevés 1-11), à toutes les<br />
communautés de transition dont les formations<br />
à Acer monspessulanum subsp. turcomanicum,<br />
les fruticées et les brousses à Crataegus<br />
et Paliurus, les bois de Juniperus et les<br />
steppes arbustives (groupe B : relevés 12-16)<br />
et les steppes à Artemisia (groupe C : relevés<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Figure 3 – Plans factoriels 1-2 des relevés (a) et espèces végétales (b)<br />
de l’analyse factorielle des correspondance (AFC) effectuée<br />
sur la matrice de relevés de végétation (tableaux 1 et 2).<br />
41
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
42<br />
17 et 18). Les axes 1 et 2 de l’AFC expliquent<br />
respectivement 17,1 % et 11,9 % de la<br />
variance totale.<br />
Presque tous les relevés qui constituent le<br />
groupe A sont situés du côté positif de l’axe 1.<br />
Ce groupe est caractérisé par les arbres, les<br />
arbustes et les herbacées typiques des forêts<br />
planitiaires. Comme le montre la figure 3, il<br />
existe une variabilité non négligeable entre les<br />
différents relevés du groupe A, certainement<br />
en raison d’une forte hétérogénéité de la végétation<br />
dans cette zone, liée à la diversité des<br />
habitats et à la dégradation des milieux sous<br />
l’effet de récentes crues et de l’impact des<br />
activités humaines. Le groupe B se situe du<br />
côté négatif des deux axes de l’AFC. Les relevés<br />
appartenant à ce groupe sont principalement<br />
composés de taxons arbustifs tels que<br />
Rhamnus, Ephedra, Juniperus, Jasminum,<br />
Berberis, Lonicera et Acer monspessulanum.<br />
Paliurus spina-christi est une plante caractéristique<br />
des communautés de transition qui<br />
peut aussi se trouver dans le sous-bois de<br />
forêts dégradées (par exemple dans les relevés<br />
2 et 3). Il n’est pas possible de séparer<br />
clairement les relevés des bois de Juniperus<br />
de ceux provenant des fruticées de transition,<br />
des brousses et des steppes arbustives. Le<br />
groupe C réunit des relevés provenant de la<br />
zone steppique, il est caractérisé par Artemisia,<br />
des Chenopodiaceae et des Apiaceae<br />
(Dorema hyrcanum), ce dernier formant dans<br />
le Parc d’importants peuplements au sein des<br />
steppes à Artemisia.<br />
Pluie pollinique<br />
L’ACP effectuée sur les données polliniques<br />
(axes 1 et 2) sépare quatre groupes correspondant<br />
aux relevés de la zone forestière<br />
(groupe A), de la zone de transition (groupes<br />
B et C) et des zones de steppes et de steppes<br />
arbustives (groupe D) (figure 4a). Les deux<br />
premiers axes expliquent 81,8 % de l’inertie<br />
(variance) totale (axe 1 : 64 % et axe 2:<br />
17,8 %).<br />
Le pollen de Quercus est le type pollinique le<br />
plus caractéristique du groupe A (relevés 1-9<br />
et 11). Les pollens de Carpinus, Zelkova,<br />
Alnus, Tilia et Parrotia constituent le second<br />
élément caractéristique dans la pluie pollinique<br />
de la forêt (figure 4b). Les pollens de<br />
Sambucus, Polygonum, Apiaceae et Scrophulariaceae<br />
jouent aussi un rôle important dans<br />
la définition des assemblages polliniques<br />
forestiers. Le groupe intermédiaire B (relevés<br />
12 et 13), qui correspond aux communautés<br />
arbustives de transition à Paliurus spinachristi,<br />
est défini par la présence de pollen de<br />
plusieurs taxons arbustifs tels que Paliurus,<br />
Ephedra et Jasminum, et de taxons herbacés<br />
comme les Rubiaceae, Teucrium, Viola,<br />
Haplophyllum et Astragalus. De plus, le pollen<br />
de Poaceae contribue notablement à caractériser<br />
ces communautés de transition. Le<br />
groupe C réunit les bois de Juniperus (relevés<br />
14 et 15). Le pollen d’Artemisia est le plus<br />
caractéristique des assemblages polliniques<br />
du groupe D (relevés 16 à 18), qui rassemble<br />
des échantillons provenant des zones de<br />
steppes et de steppes arbustives. Les pollens<br />
de Caryophyllaceae, Chenopodiaceae, Centaurea<br />
et Rheum caractérisent les assemblages<br />
polliniques de la zone de steppes sur la<br />
seconde composante importante. Le relevé 10<br />
est isolé, intermédiaire entre les échantillons<br />
de forêts et de steppes, car la quantité anormalement<br />
élevée de pollen d’Artemisia tire ce<br />
site forestier vers les steppes à armoises.<br />
Analyse de co-inertie<br />
Les résultats de l’analyse de co-inertie sont<br />
présentés sur la figure 5. Le coefficient de corrélation<br />
entre l’axe 1 (resp. 2) de l’ACP « relevés<br />
phytoécologiques » et l’axe 1 (resp. 2) de<br />
l’ACP « données polliniques » est R²=31,8 %<br />
(resp. R²=16,1 %). L’analyse de co-inertie<br />
(RV=75,60, p < 0.001) montre dans l’ensemble<br />
une bonne correspondance entre les<br />
assemblages polliniques et les assemblages de<br />
plantes, sur chaque site. Les relevés des zones<br />
forestières et steppiques présentent la co-inertie<br />
maximale entre végétation et pluie pollinique,<br />
et les relevés des fruticées de transition<br />
présentent la co-inertie minimale, comme le<br />
montre la longueur des flèches, plus courtes<br />
lorsque la corrélation entre les données polliniques<br />
et les données de végétation est plus<br />
importante (figure 5).<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
Figure 4 – Plans factoriels 1-2 des sites de prélèvements (a) et des taxons polliniques (b) de l’analyse en composantes principales<br />
(ACP) effectuée sur la matrice d’assemblages polliniques.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
43
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
Tableau 2 – Relevés de végétation. Les chiffres représentent la dominance de chaque taxon dans le relevé. Le premier chiffre indique<br />
sa dominance dans la strate arborescente, le deuxième indique sa dominance dans la strate arbustive et le troisième<br />
indique sa dominance dans la strate herbacée. Lorsqu’il y a 4 chiffres, le premier concerne la strate arborescente 1,<br />
le second la strate arborescente 2. La nomenclature est tirée d’Akhani (1998). L’échelle utilisée pour exprimer les<br />
abondances est celle de Braun-Blanquet (1964), avec 0 indiquant l’absence des taxons dans les strates.<br />
44<br />
Taxons Relevés*<br />
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18<br />
Acantholimon radeanum 030 001<br />
Acantholimon sp. 00+<br />
Acer cappadocicum 0+0<br />
Acer monspessulanum 0+0 2+0 00+ 020 010 001<br />
Acer velutinum<br />
Acer sp.<br />
Aegilops sp. 00r 001<br />
Aegilops tauschii 00+ 00+<br />
Alcea gorganica 00+<br />
Alliaria petiolata 002 002 00+ 001 001 001<br />
Allium sp. 00r 00r 00+ 00+ 00r 00r 00r 00r 001<br />
Alyssopsis mollis 00+ 00+ 00+<br />
Alyssum sp. 00+ 00+ 00r 00+ 001 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Androsace maxima 00+ 001<br />
Anthemis sp. 001 00+<br />
Anthriscus cretica 00+<br />
Anthriscus sp. 00+ 00+ 001 00+<br />
Anthriscus sylvestris 00+ 00+ 00+<br />
Arenaria serppyllifolia 00+ 00+<br />
Arenaria sp. 00+ 001 00r<br />
Arrhenatherum elatius 001 001 00+<br />
Artemisia kopetdaghensis 001<br />
Artemisia sp. 00+ 00r 00+ 002<br />
Asparagus sp. 00+<br />
Asparagus verticillatus 00+ 00+ 00+<br />
Asperula sp. 00+ 00+ 00+<br />
Asplenium adianthum-nigrum<br />
Asplenium trichomanes<br />
Astragalus jolderensis 001<br />
Astragalus microcephalus 00+<br />
Astragalus shahrudensis 00+<br />
Astragalus sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Avena sterilis subsp. ludoviciana 00+ 00r 00+ 00+ 002 00+<br />
Berberis sp. 020 01+<br />
Boissiera squarrosa 00r<br />
Bothriochloa sp. 00+ 001<br />
Brachypodium sylvaticum 00+ 004 001 00+ 004<br />
Bromus danthoniae 00+ 00+ 00+<br />
Bromus sp. 001 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 002 00+ 00+ 001 00+ 00+ 00+<br />
Bunium sp. 00+<br />
Bupleurum exalatum 00+<br />
Bupleurum rotundifolium 001 00+<br />
Caccinia macranthera 00r<br />
Campanula sp. 00+<br />
Cardus sp. 00r<br />
Cardus transcaspicus 00+ 00+<br />
Carex sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 001 00+ 001 001 00+<br />
Carpinus sp. 40+ 4++ 1+0 01+ 100<br />
Caucalis platycarpos 00+ 00+ 00r 001<br />
Celtis caucasica<br />
Centaurea hyrcanica 00+ 00+ 00+ 00r 001<br />
Centaurea sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 00r 001<br />
Cerasus pseudoprostrata 01+ 001<br />
Cerasus sp. 010 0+0<br />
Ceratocephala falcata 00+ 00+<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
Taxons Relevés*<br />
Cleistogenes serotina 002 001 002<br />
Clinopodium sp.<br />
Colutea buhsei 01+ 010 0+0 010 010 0+0<br />
Convolvulus sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 001 00+<br />
Cornus guinea subsp. australis<br />
Cotoneaster sp. 040<br />
Cousinia sp. 00+ 00+<br />
Crataegus sp. 00+ 00+ 00+ 1+0 00+ 120 010 0+0 021 00+ 010<br />
Crepis sancta 00+<br />
Crocus almehensis 00+<br />
Crocus sp. 00r<br />
Crucianella gilanica subsp.<br />
transcaspica 001 00+<br />
Crupina vulgaris 00+<br />
Crupina vulgaris 001 002 00+<br />
Cuscuta monogyna +00 +00 0+0 +00<br />
Cynodon dactylon 00+<br />
Dactylis glomerata 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 001 00+ 00+ 001<br />
Delphinium sp. 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Dianthus sp. 00+ 001<br />
Dictamnus albus 001<br />
Dorema hyrcanum 001 002 001<br />
Echinaria capitata 00+ 00+<br />
Echinops koelzii 001 001 001<br />
Echinops ritrodes 001 001 001<br />
Echinops sp. 001<br />
Elymus sp. 001 00+<br />
Ephedra sp. 010 0+0 0+0 01+<br />
Eremopyrum sp. 00r<br />
Eremostachys labiosiformis 00+ 00+ 001<br />
Eryngium caucasicum 00+ 00+<br />
Euonymus latifolia<br />
Euonymus velutina 0++ 010<br />
Euphorbia amygdaloides 00r 00+<br />
Euphorbia sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Ferula sp. 00+<br />
Festuca sp. 00+ 00+ 002 002 002 001<br />
Fraxinus excelsior 2+0<br />
Fumana sp. 00+<br />
Fumaria sp. 00r<br />
Gagea sp. 00r<br />
Galium odoratum 00r 001 00+ 001<br />
Galium sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 00+ 001 00+<br />
Galium tenuissimum 001 001<br />
Gladiolus italica 00+<br />
Glycyrrhiza glabra 00+<br />
Gypsophila aretioides 001<br />
Halothamnus gaucus 001 00+<br />
Haplophyllum acutifolium 001 002 00+ 00+<br />
Abondance Dominance<br />
(la surface couverte par le taxon)<br />
r < 1 % (1 petit individu)<br />
+ < 1 % (1 à 5 petits individus)<br />
1 ≥ 1 % > 5 %<br />
2 ≥ 5 % > 25 %<br />
3 ≥ 25 % > 50 %<br />
4 ≥ 50 % > 75 %<br />
5 ≥ 75 % > 100 %<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18<br />
*Relevés Communauté *Relevés Communauté<br />
1. Carpinus<br />
2. Paliurus spina-christi-Zelkova carpinifolia<br />
3. Zelkova carpinifolia-Paliurus spina-christi<br />
4. Zelkova carpinifolia<br />
5. Carpinus<br />
6. Acer monspessulanum-Fraxinus excelsior<br />
7. Quercus castaneifolia<br />
8. Zelkova carpinifolia<br />
9. Quercus castaneifolia-Zelkova carpinifolia<br />
10. Quercus castaneifolia-Carpinus betulus<br />
11. Crataegus-Quercus castaneifolia<br />
12. Paliurus spina-christi<br />
13. Lonicera -Berberis<br />
14. Juniperus excelsa-Acer monspessulanum<br />
15. Juniperus excelsa<br />
16. Cotoneaster<br />
17. Dorema hyrcanum-Centaurea<br />
18. Dorema hyrcanum<br />
45
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
Tableau 2 – Suite<br />
46<br />
Taxons Relevés*<br />
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18<br />
Helianthemum nummularium 00+<br />
Helianthemum sp. 00+<br />
Heteropapus altaicus 00+<br />
Holosteum glotinosum 00+ 00+<br />
Hordeum bulbosum 00+ 00+ 00+<br />
Hyoscyamus pusillus 00+<br />
Hypericum sp. 00+ 00+<br />
Inula sp. 001 00+ 002<br />
Jasminum fruticans 010 00r 020 010 021 010<br />
Johrenia golestanica 00+ 00+ 001 001<br />
Juniperus excelsa 020 21+<br />
Kochia prostrata 001<br />
Koeleria macranthera 00+<br />
Krascheninnkovia ceratoides 010<br />
Lactuca sp. 00r<br />
Lamium album 00+ 00+ 00+ 002 001<br />
Lappula sp. 00+ 00r 00+ 00+ 00+<br />
Lapsana communis 00+<br />
Laser trilobum 001<br />
Lathyrus laxiflorus<br />
Lecokia cretica 00+ 00+<br />
Linaria sp. 00r<br />
Linosyris vulgaris 00+<br />
Loliolum sp. 00+ 00+<br />
Lolium sp. 00+<br />
Lonicera sp. 020 030 02+<br />
Luzula forsteri<br />
Medicago sp. 00+ 00+ 00+<br />
Medicago lupulina 001<br />
Melica sp. 00+<br />
Mespilus germanica 0+0<br />
Minuartia hamata 00+<br />
Minuartia meyeri 00+<br />
Morus albus<br />
Muscari caucasicum 00+ 00+<br />
Myosotis sp. 00+ 00r 00+ 00+<br />
Neotorularia dentata 00+<br />
Noaea mucronata 00+ 00+<br />
Onobrychis sp. 00r 00+ 00+ 00+<br />
Onosma sp. 00+<br />
Opopanax hispidis 001<br />
Origanum vulgare 00+ 00+<br />
Paliurus spina-christi 00+ 030 010 02+ 01+ 02+ 020 020 010<br />
Perovskia abrotanoides 00+<br />
Phleum paniculatum 00+ 00+ 00r 00+ 00+ 00+ 001 00+ 00+<br />
Phlomis sp. 001 00+ 00+<br />
Phragmites australis 001<br />
Piptatherum sp. 00+ 002<br />
Poa bulbosa 00R 00r 00+ 001 00+ 001 001<br />
Poa masenderana 00+ 00+<br />
Polygonum convolvulus 00+ 00+ 00r<br />
Polygonum sp. 00r 00+<br />
Potentilla sp. 00+ +<br />
Primula heterochroma<br />
Prunus divaricata 0+0 00+ 020 02+ 0+0 021 010 010<br />
Pyrus boissieriana 200<br />
Quercus castaneifolia 200 010 ++0 5111 00r 51+ 100 010<br />
Rhamnus pallasii 0+0 02+ 001 020 020 020 020<br />
Rochelia sp. 00+<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
Taxons Relevés*<br />
Roemaria sp. 00+ 00+<br />
Rosa sp. 0+0 00+<br />
Rubia sp. 00+ 00+<br />
Rubus sp. 010<br />
Rumex sp. 00+<br />
Salsola arbusculiformis 010<br />
Salvia sp. 00+<br />
Scabiosa sp. 00+ 001 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Scandix pectes-veneris 00+<br />
Scandix stellata 00+ 001<br />
Scorzonera sp. 001 00r 00+<br />
Scrophularia sp. 00+<br />
Scutellaria tournefortii 00+ 00r 00+<br />
Securigera sp. 001<br />
Sedum sp. 00r 00+<br />
Sideritis montana 00+<br />
Silene cyri 00+<br />
Silene italica 00+ 00+ 001 00+<br />
Silene sp. 00+ 00+ 00+ 00+ 001<br />
Stachys sp. 002 00+<br />
Stellaria holostea<br />
Stipa sp. 001 00+ 001 00+<br />
Stipa bromoides 002 002 003 001<br />
Taeniatherum caput-medusa<br />
subsp. crinitum 002 00+<br />
Tamnus communis 00+<br />
Tanacetum parthenium 00+<br />
Tanacetum sp. 00+<br />
Teucrium chamaedrys 00+ 00+ 00+ 00+<br />
Teucrium polium 00+ 00+ 00+ 002<br />
Teucrium sp. 00+ 00+<br />
Tilia platyphyllos subsp. caucasica<br />
Torilis japonica 001 002 001 00+ 00+<br />
Trachyna dystachia 003 003<br />
Tragopogon sp. 00r 00r<br />
Tulipa sp. 00+<br />
Valerianella sp. 00r<br />
Verbascum sp. 00+ 001<br />
Veronica sp. 00r 00+ 00r<br />
Vicia crocea<br />
Vicia sp. 00+ 00+ 00r 001<br />
Vinca herbacea 00+<br />
Vincetoxicum scandens<br />
Vincetoxicum sp. 00+ 00+<br />
Viola sieheana 00+ 001 001 00+<br />
Viola sp. 00+ 00+ 00+<br />
Viscum album +00<br />
Vulpia persica 00+<br />
Zelkova carpinifolia 020 320 521 0++ 0++ 431 22+ 02+<br />
Ziziphora tenuior 00+ 001 00r 00+<br />
Abondance Dominance<br />
(la surface couverte par le taxon)<br />
r < 1 % (1 petit individu)<br />
+ < 1 % (1 à 5 petits individus)<br />
1 ≥ 1 % > 5 %<br />
2 ≥ 5 % > 25 %<br />
3 ≥ 25 % > 50 %<br />
4 ≥ 50 % > 75 %<br />
5 ≥ 75 % > 100 %<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18<br />
*Relevés Communauté *Relevés Communauté<br />
1. Carpinus<br />
2. Paliurus spina-christi-Zelkova carpinifolia<br />
3. Zelkova carpinifolia-Paliurus spina-christi<br />
4. Zelkova carpinifolia<br />
5. Carpinus<br />
6. Acer monspessulanum-Fraxinus excelsior<br />
7. Quercus castaneifolia<br />
8. Zelkova carpinifolia<br />
9. Quercus castaneifolia-Zelkova carpinifolia<br />
10. Quercus castaneifolia-Carpinus betulus<br />
11. Crataegus-Quercus castaneifolia<br />
12. Paliurus spina-christi<br />
13. Lonicera -Berberis<br />
14. Juniperus excelsa-Acer monspessulanum<br />
15. Juniperus excelsa<br />
16. Cotoneaster<br />
17. Dorema hyrcanum-Centaurea<br />
18. Dorema hyrcanum<br />
47
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL, P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY<br />
48<br />
Discussion<br />
Caractérisation<br />
des types de végétation<br />
par les assemblages polliniques<br />
Les résultats obtenus par les méthodes d’ordination<br />
permettent de comparer les principaux<br />
types de végétation aux assemblages<br />
polliniques. Les ACP et les AFC appliquées<br />
aux données polliniques et floristiques permettent<br />
de distinguer plus facilement les<br />
végétations forestières et steppiques par leurs<br />
assemblages polliniques (figures 4 et 5). Toutefois,<br />
cette distinction est moins facile à établir<br />
pour les communautés de transition,<br />
comme le montre aussi l’analyse de co-inertie<br />
où les communautés de transition (relevés<br />
12, 13, 14, 15 et 16) présentent les corrélations<br />
pollen-végétation les plus basses<br />
(figure 5).<br />
Cette étude montre que la caractérisation des<br />
types de végétation au moyen des pourcentages<br />
polliniques est moins fiable dans les<br />
zones de transition que dans les végétations<br />
homogènes (forêt ou steppe). Cependant cer-<br />
Figure 5 – Plan factoriel 1-2 des relevés de l’analyse de co-inertie entre la<br />
pluie pollinique et la végétation dans les sites d’échantillonnage<br />
(RV : 75,60, p < 0,001). Les flèches plus courtes correspondent aux<br />
relevés pour lesquels les correspondances « pluie polliniquevégétation<br />
» sont les meilleures.<br />
tains échantillons (relevés 2, 3 et 4) montrent<br />
de faibles valeurs de co-inertie, même en zone<br />
forestière. Comme on le verra dans le chapitre<br />
suivant, ceci peut résulter d’une sous-représentation<br />
pollinique de certains taxons dominants,<br />
comme Zelkova carpinifolia et Paliurus<br />
spina-christi.<br />
La difficulté de la distinction statistique et de<br />
la classification des communautés végétales<br />
rencontrées dans la zone de transition est en<br />
partie due à leur composition floristique complexe,<br />
qui présente une juxtaposition des<br />
plantes provenant de domaines phytogéographiques<br />
différents. Dans le relevé 10, de petits<br />
spécimens de l’espèce mésophile Zelkova<br />
carpinifolia poussent par exemple à côté<br />
d’Ephedra, un arbuste nain typiquement xérophile.<br />
Les bois ouverts, les brousses et les fruticées<br />
qui occupent dans le Parc les habitats<br />
de transition entre forêt et steppe peuvent<br />
avoir des origines diverses, successions écologiques<br />
ou réelles communautés de transition<br />
(Akhani 1998). Même si le parc national du<br />
Golestan a célébré son 50e anniversaire en<br />
2007, un demi-siècle de protection semble<br />
insuffisant pour compenser le long passé d’intenses<br />
activités humaines, comme le montrent<br />
les nombreux sites archéologiques observés<br />
çà et là dans le Parc. De nombreuses communautés<br />
de transition identifiées dans le Parc<br />
peuvent en fait correspondre à des stades de<br />
succession d’une végétation en train de recoloniser<br />
des territoires anciennement perturbés.<br />
La situation se complique encore pour les<br />
assemblages de pollen de surface car la pluie<br />
pollinique n’est pas limitée aux communautés<br />
végétales locales. La végétation extralocale<br />
et surtout régionale contribue aussi<br />
notablement à la pluie pollinique (Janssen<br />
1966). À ces facteurs s’ajoute aussi le rôle de<br />
la topographie (Markgraf 1980) et des paramètres<br />
microclimatiques. Le Parc présente un<br />
relief très accidenté (figure 1) qui influe fortement<br />
sur la vitesse et l’orientation des vents<br />
dominants, facteurs importants dans le transport<br />
du pollen et les précipitations. De plus,<br />
la plupart des échantillons étudiés ont été collectés<br />
dans le fond d’une vallée bordée de<br />
pentes abruptes où les changements altitudinaux<br />
de végétation sont très marqués.<br />
Malgré ces difficultés rencontrées dans la distinction<br />
statistique des communautés de transition<br />
du parc national du Golestan par la<br />
pluie pollinique, les trois communautés végétales<br />
de transition traversées par le transect<br />
(Acer monspessulanum, fruticées et brousses<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
à Crataegus et Paliurus, bois de Juniperus et<br />
mosaïque de fruticées et de steppes) peuvent<br />
être identifiées par les valeurs légèrement<br />
accrues des espèces arbustives dominantes<br />
(figure 2).<br />
Représentation pollinique<br />
des taxons remarquables<br />
La comparaison des pourcentages polliniques<br />
et du couvert végétal permet de mieux estimer<br />
la représentation pollinique de certains<br />
taxons végétaux. Parmi les principales<br />
essences présentes dans les sites d’échantillonnage<br />
de la zone forestière, il semble que<br />
Zelkova carpinifolia soit fortement sousreprésenté<br />
dans les assemblages polliniques<br />
de surface. La morphologie du pollen de Zelkova<br />
est très similaire à celle d’Ulmus, cependant<br />
les critères morphologiques proposés par<br />
Nakagawa et al. (1998) et Kvavadze &<br />
Connor (2005) et la comparaison avec le<br />
matériel du référence du Parc ont permis de<br />
distinguer ces deux types polliniques. Le pollen<br />
de Zelkova carpinifolia peut être distingué<br />
d’Ulmus par ses dimensions supérieures, la<br />
dominance des formes tétrazonoporées par<br />
rapport aux pentazonoporées, l’épaississement<br />
de l’exine autour des pores et une sculpture<br />
rugueuse plus grossière en vue polaire<br />
(Kvavadze & Connor 2005 ; Nakagawa et al.<br />
1998). De plus, un autre critère a été évoqué<br />
récemment par Kvavadze & Connor (2005) :<br />
l’exine de Zelkova carpinifolia présente une<br />
sculpture psilée au niveau des pores. Ce<br />
caractère est très pertinent pour identifier le<br />
pollen en vue polaire. Nos mesures portant<br />
sur 100 grains de pollen de Zelkova contenus<br />
dans la collection de référence montrent que<br />
88 % des grains possèdent 4 pores, 11 % possèdent<br />
5 pores et seulement 1 % présentent<br />
3 pores ; 76 % des grains ont une taille de 34-<br />
38 m. Ces constatations ont été effectuées<br />
aussi en Géorgie orientale où Zelkova forme<br />
des peuplements naturels presque purs (Stuchlik<br />
& Kvavadze 1993 ; Kvavadze & Connor<br />
2005). Il faut noter que Zelkova constitue<br />
aujourd’hui le principal représentant de la<br />
famille Ulmaceae dans le Parc. Ulmus glabra<br />
Huds. est présent depuis l’étage planitiaire<br />
jusqu’à l’étage montagnard mais il est bien<br />
moins fréquent que Zelkova. Ulmus minor<br />
Mill. est encore moins fréquent, il est limité<br />
aux cours d’eau et aux fruticées à Crataegus<br />
dominant (Akhani 1998).<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
La comparaison des pourcentages polliniques<br />
avec les abondances de végétation en milieu<br />
forestier montre que Zelkova est sous-représenté<br />
dans la pluie pollinique actuelle d’un<br />
facteur > 4, même sous une canopée fermée<br />
où Zelkova forme 100 % du couvert. Par<br />
exemple, dans le relevé 4 qui a été effectué<br />
dans un peuplement presque pur de Zelkova<br />
carpinifolia (strate arborée 100 %, strate<br />
arbustive 25 %), le pourcentage de Zelkova<br />
atteint à peine 13,5 % (figure 2). Ceci<br />
implique que même de très faibles pourcentages<br />
de Zelkova dans les diagrammes polliniques<br />
peuvent suggérer un rôle significatif de<br />
cette essence dans la composition du couvert<br />
forestier. Ainsi, des taux atteignant pendant<br />
l’Eémien 18 % à Castiglione et 32 % à Fucino<br />
en Italie (Follieri et al. 1986) indiquent que<br />
Zelkova était une composante majeure des<br />
forêts de la Péninsule italienne pendant le dernier<br />
interglaciaire.<br />
Les études pluie pollinique/végétation des<br />
forêts planitiaires hyrcaniennes dans le sudest<br />
de l’Azerbaïdjan (Yazvenko 1990) ont<br />
aussi révélé une très faible dispersion pollinique<br />
pour Zelkova carpinifolia et Parrotia<br />
persica. Bien que Parrotia soit une importante<br />
composante des forêts planitiaires du Parc<br />
(Akhani 1998), son pollen a été rarement<br />
observé dans les spectres modernes. Cette<br />
faible représentation pollinique peut être<br />
expliquée au moins partiellement par la phénologie<br />
de cet arbre qui fleurit en février,<br />
période où la région enregistre régulièrement<br />
un fort enneigement. Il est possible qu’une<br />
partie importante du pollen émis soit emportée<br />
vers les cours d’eau au moment de la fonte<br />
des neiges.<br />
À la différence de Zelkova et de Parrotia,<br />
Carpinus et Quercus ont une bonne représentation<br />
pollinique. Alnus semble aussi caractérisé<br />
par une très bonne dispersion pollinique.<br />
Bien qu’aucun spécimen d’Alnus n’ait été<br />
identifié à proximité des relevés, son pollen<br />
est toujours une composante importante des<br />
échantillons de surface, à la fois en forêt et<br />
dans les zones de transition. Aujourd’hui,<br />
Alnus glutinosa forme des peuplements très<br />
denses dans certaines forêts riveraines et lieux<br />
humides situés le long de la mer Caspienne<br />
(Naqinejad 2003). Par ailleurs, Alnus glutinosa<br />
et A. subcordata jouent un rôle important<br />
dans les forêts riveraines du parc national<br />
du Golestan (Akhani 1998). Ces deux sources<br />
potentielles peuvent expliquer la présence de<br />
pollen d’Alnus dans les échantillons étudiés.<br />
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50<br />
Carpinus et Alnus présentent une vaste aire<br />
MPVC (Maximum Pollen-Vegetation Correlation),<br />
ce qui suggère une très bonne dispersion<br />
pollinique (Yazvenko 1990). Les Rosaceae<br />
ligneuses entomogames telles que<br />
Crataegus, Prunus, Pyrus, Cerasus et Cotoneaster<br />
se traduisent par d’insignifiants pourcentages<br />
dans les spectres polliniques de surface,<br />
bien qu’elles soient présentes dans la<br />
majorité des relevés dans la zone forestière.<br />
La reproduction entomogame de ces Rosaceae<br />
ligneuses est probablement à l’origine de<br />
cette sous-représentation, qui a également été<br />
mise en évidence dans l’ouest de l’Iran et sur<br />
le plateau anatolien (Wright et al. 1967 ; Woldring<br />
& Bottema 2001-2002). C’est aussi le<br />
cas d’Acer et de Fraxinus, qui sont fortement<br />
sous-représentés dans les échantillons de surface<br />
malgré leur importance dans le couvert<br />
forestier (relevé 6, tableau 1). Les aires MPVC<br />
obtenues pour ces deux taxons dans les forêts<br />
hyrcaniennes planitiaires sont petites (20 m x<br />
20 m) et traduisent leur faible représentation<br />
dans la pluie pollinique (Yazvenko 1990). La<br />
faible représentation pollinique des espèces<br />
les plus xérophiles d’Acer a aussi été observée<br />
dans les bois ouverts d’Anatolie (van<br />
Zeist et al. 1970).<br />
Il a été démontré dans le passé que Juniperus<br />
est relativement sous-représenté dans la pluie<br />
pollinique lorsqu’il forme des peuplements<br />
mixtes avec Quercus (van Zeist et al. 1970).<br />
Les valeurs relativement basses de pollen de<br />
Juniperus dans les relevés 12 et 13 (figure 2)<br />
pourraient suggérer que ce taxon est sousreprésenté<br />
dans les échantillons polliniques de<br />
surface, à la fois dans les peuplements purs et<br />
dans les peuplements mixtes. Des échantillons<br />
collectés dans de vastes peuplements homogènes<br />
de Juniperus seraient nécessaires pour<br />
confirmer cette hypothèse.<br />
L’un des résultats majeurs de cette étude est<br />
que certains arbustes comme Berberis, pollinisés<br />
par les insectes, sont presque totalement<br />
absents dans la pluie pollinique alors qu’ils<br />
sont très fréquents dans le couvert végétal<br />
(relevés 12 et 14). Les arbustes Paliurus,<br />
Rhamnus, Jasminum, Colutea, Lonicera et<br />
Cotoneaster sont un peu mieux représentés<br />
dans la pluie pollinique mais avec des taux<br />
toujours très bas. De faibles taux de Paliurus<br />
spina-christi et Rhamnus (R. kurdica) ont<br />
aussi été signalés du sud-est de la Turquie<br />
(van Zeist et al. 1970). Ephedra présente une<br />
production pollinique modérée mais une<br />
excellente dispersion, puisque de faibles taux<br />
peuvent être trouvés même dans les régions<br />
forestières du Parc. Cette bonne production et<br />
dispersion pollinique ont aussi été signalées<br />
dans les régions semi-arides d’Iran et du nordouest<br />
de la Chine (Moore & Stevenson 1982 ;<br />
Herzschuh et al. 2006). L’extrême surreprésentation<br />
pollinique d’Artemisia est bien<br />
connue (Moore & Stevenson 1982 ; El-Moslimany<br />
1987), elle est manifeste dans notre<br />
étude comme en témoignent les taux extrêment<br />
élevés enregistrés dans les steppes et les<br />
steppes arbustives, même dans les lieux où<br />
Artemisia n’est pas particulièrement abondant.<br />
Conclusions<br />
Les patrons de végétation sont globalement<br />
bien reflétés par la pluie pollinique actuelle.<br />
Les patrons et les gradients observés dans les<br />
caractéristiques physionomiques et floristiques<br />
de la végétation de la partie centrale du<br />
parc national du Golestan sont reflétés par la<br />
pluie pollinique actuelle. Les méthodes numériques<br />
offrent un outil complémentaire d’approche<br />
semi-quantitative dans la perception de<br />
ces patrons et gradients, et facilitent la comparaison<br />
des deux jeux de données. L’analyse<br />
de co-inertie, encore peu utilisée, s’est avérée<br />
une bonne méthode dans l’analyse fine des<br />
correspondances pluie pollinique-végétation.<br />
Les analyses descriptives comme les analyses<br />
numériques indiquent que la forêt hyrcanienne<br />
planitiaire du Parc peut être caractérisée<br />
par des assemblages polliniques dominés<br />
par Quercus, Carpinus betulus et Zelkova carpinifolia,<br />
et dans une moindre mesure par<br />
Alnus, Tilia et Parrotia persica. La représentation<br />
pollinique de deux essences relictes,<br />
Zelkova carpinifolia et Parrotia persica, est<br />
fortement sous-représentée dans les échantillons<br />
actuels. La pluie pollinique analysée<br />
dans les communautés de transition (comme<br />
les brousses à Acer monspessulanum, Crataegus<br />
et Paliurus, les bois de Juniperus<br />
excelsa et les steppes arbustives à Cotoneaster)<br />
reflète moins bien les types de végétation<br />
productrice. Ceci est probablement dû à la<br />
nature composite de ces communautés sur le<br />
plan phytogéographique, à la sous-représentation<br />
de nombreuses espèces dominantes<br />
arbustives comme Paliurus, Rhamnus, Acer<br />
monspessulanum, Crataegus, Berberis, Cotoneaster,<br />
etc., et à la nature transitoire de beaucoup<br />
de ces communautés, qui correspondent<br />
à divers stades de succession après une<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe dans le parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
déprise succédant à une longue période d’impact<br />
anthropique intense sur la végétation et<br />
les paysages. Certains arbres et arbustes entomogames<br />
tels que les Rosaceae, Acer monspessulanum<br />
et Berberis sont extrêmement<br />
sous-représentés dans la pluie pollinique. De<br />
plus, les steppes arbustives à Cotoneaster, les<br />
steppes d’altitude à Artemisia émettent des<br />
quantités importantes de pollen d’Artemisia<br />
qui peuvent masquer la production pollinique<br />
relativement basse de ces communautés.<br />
Le parc national du Golestan est l’une des<br />
rares zones protégées du Proche-Orient présentant<br />
une large gamme de formations végétales<br />
non perturbées et d’écotones d’origine<br />
variée, dans des contextes climatiques et phytogéographiques<br />
diversifiés. Des recherches<br />
plus poussées portant sur les relations pluie<br />
pollinique-végétation sur l’ensemble du Parc<br />
seraient susceptibles d’apporter des données<br />
précieuses aux palynologues pour la reconstruction<br />
des anciennes végétations et des<br />
anciens climats dans cette région du Proche-<br />
Orient. Elles pourraient aussi contribuer à<br />
améliorer l’interprétation de futurs diagrammes<br />
polliniques du sud de la Caspienne<br />
et des régions semi-arides voisines. Ce premier<br />
travail d’échantillonnage de surface étant<br />
loin d’explorer la diversité de l’ensemble des<br />
écosystèmes hyrcaniens, il est prévu de le<br />
poursuivre dans un proche avenir.<br />
Remerciements<br />
Les auteurs remercient le service culturel de<br />
l’ambassade de France à Téhéran pour l’aide<br />
financière qui a permis de réaliser les campagnes<br />
de terrain et pour l’attribution en 2003<br />
d’une bourse MSc au premier auteur. Cette<br />
étude a également été financée par le Research<br />
Council University of Tehran en tant<br />
que projet de recherches Geobotanical Studies<br />
in Different Parts of Iran. Nous sommes<br />
reconnaissants au professeur Hossein Akhani<br />
pour les corrections pertinentes et son soutien<br />
pendant les campagnes de terrain et à Jalil<br />
Noroozi pour leur assistance sur le terrain et<br />
leur aide dans la réalisation des relevés floristiques.<br />
Nous remercions également le<br />
Département de l’Environnement iranien qui<br />
a délivré toutes les autorisations nécessaires<br />
et qui a fourni l’aide logistique, ainsi que le<br />
directeur et le personnel du Parc pour leur<br />
aide constante, en particulier les gardes qui<br />
nous ont aidé sur le terrain.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
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ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Sensitivity to land degradation:<br />
monitoring ecological<br />
and human factors<br />
in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
Abstract<br />
Land degradation (LD) is a global environmental<br />
hazard which has rapidly increased also in<br />
temperate regions. It involves ecological, economic,<br />
social, institutional, and cultural factors.<br />
In complex <strong>Mediterranean</strong> landscapes a thorough<br />
study of the interaction of bio-physical<br />
patterns with population and economic characteristics<br />
is necessary to better delineate sensitive<br />
areas. Up to now, few researches were devoted<br />
to assess sensitivity to LD over time in the<br />
<strong>Mediterranean</strong> basin. The aims of this paper are<br />
therefore (i) to provide a basic framework of<br />
bio-physical and socio-economic variables<br />
assumed as input of LD processes leading to<br />
desertification; (ii) to illustrate a set of environmental<br />
indicators suitable for carrying out a<br />
temporal assessment of LD in the <strong>Mediterranean</strong><br />
basin; (iii) to suggest a simple procedure<br />
aimed to achieve a synthetic evaluation of LD<br />
over a long time period. As an example, the<br />
map of areas sensitive to LD has been obtained<br />
for Latium (central Italy) by means of Geographic<br />
Information System (GIS) techniques,<br />
combining nine different indicators which<br />
reflect specific processes related to climate, soil,<br />
vegetation, and human pressure. A composite<br />
index of sensitivity to LD (ISD) has been derived<br />
from the nine indicators separately at four consecutive<br />
years (1970, 1980, 1990, 2000). ISD<br />
increased along the coastal areas and in lowlands<br />
close to the metropolitan area of Rome,<br />
suggesting that human factors have been crucial<br />
in determining trends in sensitivity to LD<br />
over the study period.<br />
Keywords: land degradation, sensitivity level,<br />
indicators, time series, Rome, Italy.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Luca SALVATI 1 , Marco ZITTI 2 , Tomaso CECCARELLI 2 and Luigi PERINI 2<br />
1. Italian National Institute of Statistics – Environmental Statistics Department,<br />
Via A. Ravà 150, I-00142 Rome<br />
2. National Council for Agricultural Research – Research Unit for Climatology<br />
and Meteorology applied to Agriculture,<br />
Via del Caravita 7a, I-00186 Rome<br />
Correspondence to:<br />
Dr. Luca Salvati<br />
ISTAT – Environmental Statistics Unit<br />
Via A. Ravà 150<br />
I-00142 Rome<br />
Fax: + 39 6 6953.1214<br />
E-mail address: bayes00@yahoo.it<br />
Résumé<br />
La dégradation des sols est un problème environnemental<br />
global qui s’est accru rapidement<br />
aussi dans les régions tempérées. Facteurs de<br />
nature écologique, économique, sociale, institutionnelle,<br />
et culturale sont impliqués. Dans<br />
des paysages méditerranéens complexes, une<br />
étude approfondie sur l’interaction entre facteurs<br />
d’origine biophysique et caractéristiques<br />
démographiques et économiques est nécessaire<br />
pour mieux déterminer les zones sensibles.<br />
Concernant le bassin méditerranéen, jusqu’à<br />
présent les recherches dédiées à l’évaluation de<br />
la sensibilité à la dégradation des sols dans le<br />
temps sont très peu développées.<br />
Pourtant les objectives de ce papier sont :<br />
(i) fournir un modèle simplifié où les variables<br />
biophysiques et socio-économiques représentent<br />
des facteurs d’accélération de la dégradation<br />
des sols, amenant au risque de désertification<br />
; (ii) décrire une série d’indicateurs<br />
environnementaux appropriés pour une évaluation<br />
temporelle de la dégradation des sols<br />
dans le bassin méditerranéen ; (iii) suggérer une<br />
procédure simple finalisée à une évaluation de<br />
synthèse de la dégradation des sols à long<br />
terme.<br />
Mots clés : dégradation des sols,<br />
niveau de sensibilité, indicateurs, séries temporelles,<br />
Rome, Italie.<br />
53
LUCA SALVATI, MARCO ZITTI, TOMASO CECCARELLI, LUIGI PERINI<br />
54<br />
À titre d’exemple, une carte des zones sensibles<br />
à la dégradation des sols a été réalisée pour la<br />
région du Lazio (Italie central) en utilisant des<br />
systèmes informatiques géographiques (SIG), où<br />
neuf indicateurs différents ont été combinés,<br />
qui correspondent à des processus spécifiques<br />
liés au climat, aux sols, à la végétation et à la<br />
pression humaine. Un indicateur composé de<br />
sensibilité à la dégradation des sols (ISD) a été<br />
dérivé à partir des neuf indicateurs et pour<br />
quatre années consécutives (1970, 1989, 1990,<br />
2000). L’indicateur ISD augmente le long de la<br />
côte et dans les plaines près de la zone métropolitaine<br />
de Rome. Cela suggère que les facteurs<br />
humains ont une importance cruciale en ce qui<br />
concerne la variation de la sensibilité à la dégradation<br />
des sols dans la période d’étude considérée.<br />
Introduction<br />
Land degradation (LD) is a complex phenomenon<br />
which ultimately leads to a reduction<br />
of soil fertility (Mainguet 1994; Geeson<br />
et al. 2002; Brandt et al. 2003). It involves<br />
ecological and economic processes that affect<br />
the environment at different geographical<br />
scales (Fantechi et al. 1995; Thornes &<br />
Brandt 1996; Mairota et al. 1998). The complexity<br />
of this phenomenon represents a challenge<br />
for the scientific approach and for the<br />
development of efficient action plans (Le<br />
Houerou 1993; Puigdefabregas & Mendizabal<br />
1998; Rubio et al. 2008). In dry areas LD,<br />
coupled with extreme ecological and geophysical<br />
conditions may turn into an irreversible<br />
process of environmental degradation<br />
called desertification (Arianoutsou-Faraggitaki<br />
1985; Perez-Trejo 1992; Geeson et al.<br />
2002). LD has generally been associated to<br />
bio-physical conditions (e.g. soil characteristics,<br />
slope, vegetation cover) together with<br />
specific aspects of drought (e.g. Salvati &<br />
Zitti 2005; Incerti et al. 2007; Salvati et al.<br />
2008a). However, an even broader multidisciplinary<br />
approach based on the analysis of<br />
the interaction among social, economic, and<br />
ecological factors, is necessary to better delineate<br />
sensitive areas (Conacher & Sala 1998;<br />
Conacher 2000; Trisorio-Liuzzi & Hamdy<br />
2002). In fact, the most recent researches are<br />
characterized by a renewed interest in LDrelated<br />
issues, due to increased anthropogenic<br />
influences over the society-resource system<br />
such as those caused by market, demography,<br />
tourism, as well as the environmental and<br />
agricultural policies (see for discussions, Wil-<br />
son & Juntti 2005; Salvati & Zitti 2007a and<br />
references therein).<br />
Due to the heterogeneity of cause-effects relationships<br />
and the complex linkage between<br />
LD and the human activities, the choice of an<br />
efficient methodology to evaluate LD is a<br />
major challenge (Rubio & Bochet 1998).<br />
Methodologies allowing an identification of<br />
sensitive areas to LD have already been<br />
applied in a number of studies (e.g. Salvati et<br />
al. 2008b). Among them, the ESA (Environmental<br />
Sensitive Area) procedure appears to<br />
be the most largely applied in the <strong>Mediterranean</strong><br />
basin due to its simplicity in model<br />
building and to the flexibility in the use of<br />
available/relevant indicators (e.g. Basso et al.<br />
2000, but see also Sepehr et al. 2007; Ali &<br />
El Baroudy 2008). In the ESA model three<br />
partial indicators related to bio-physical<br />
processes are considered (Salvati et al.<br />
2008b). They involve the assessment and<br />
elaboration respectively of climate, soil quality,<br />
and land use indicators (Salvati & Zitti<br />
2005). One ancillary indicator (estimated in a<br />
restricted number of studies only) is based on<br />
proxies for the quality of land management<br />
(Basso et al. 2000).<br />
A critical point remarked in the most recent<br />
literature is the lack in time series and scenarios<br />
analysis on sensitive areas (e.g. Salvati<br />
& Zitti 2008a, 2008b) and, consequently, on<br />
the evolution of the main factors (both ecological<br />
and socio-economic ones) involved in<br />
LD (see also a discussion in Salvati & Zitti<br />
2005). Despite the fact that, at least in theory,<br />
a multiplicity of data sources on bio-physical<br />
variables are currently available (Basso et al.<br />
2000; Bathurst et al. 2003; Feoli et al. 2003;<br />
Salleo & Nardini 2003; Salvati & Zitti<br />
2007a), the evaluations carried out until now,<br />
even in more developed countries, are providing<br />
significant information on LD trends<br />
over time only in few cases (e.g. Veron et al.<br />
2006; Otto et al. 2007; Simeonakis et al.<br />
2007). Moreover, although socio-economic<br />
factors are universally acknowledged to be<br />
important in determining levels of sensitivity<br />
to LD (e.g. Perez-Trejo 1992; Fantechi et al.<br />
1995; Feoli et al. 2002), relatively few studies<br />
have ventured to translate these processes<br />
into numerical values and still fewer have<br />
attempted to link them with ecological indicators<br />
(e.g. Rubio & Bochet 1998; Basso et<br />
al. 2000). Therefore, an integrated evaluation<br />
of ecological and socio-economic aspects of<br />
land configuration in order to assess sensitiv-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
ity to LD should be carried out through a temporal<br />
approach (Feoli et al. 2003; Otto et al.<br />
2007), e.g. by taking into account the structural<br />
changes occurred over a sufficiently<br />
large time horizon (Salvati & Zitti 2007a).<br />
Providing a key example at the local level, in<br />
this paper a revised ESA framework was proposed<br />
which is able to (i) depict land sensitivity<br />
at a detailed spatial scale, and (ii) assess<br />
its variation along a long time span through<br />
the integration of simple ecological and socioeconomic<br />
indicators.<br />
Materials and methods<br />
Study area<br />
The study site includes the administrative<br />
NUTS-2 region of Latium, one of the twenty<br />
Italian regions. In 2000, it includes NUTS-3<br />
five provinces (Viterbo, Rieti, Rome, Latina,<br />
and Frosinone) and NUTS-5 377 municipalities<br />
(Salvati & Zitti 2007b). It covers an area<br />
of approximately 17,065 km 2 and is characterised<br />
by a complex topography which<br />
ranges from 0 to ca. 2,200 m above sea level,<br />
with different climatic zones depending on<br />
elevation (Salvati & Zitti 2007a). Three main<br />
zones are described, including (i) a dry subhumid<br />
area along the coast with an average<br />
annual rainfall ranging from 600 to 650 mm,<br />
(ii) a humid zone in the Apennine zone with<br />
more than 1,000 mm and (iii) a transitional<br />
zone between the two, including lowlands and<br />
hilly areas inland (Salvati & Zitti 2005). Conditions<br />
with irregular and intense rainfalls are<br />
common and mean annual temperatures range<br />
from ca. 12 o C in the mountains to 18 o C in<br />
the lowlands (Salvati et al. 2008b). In the last<br />
fifty years, the area has been subjected to<br />
important land use changes due to intensive<br />
urban growth (especially in Rome), tourism<br />
and industrial development (mainly around<br />
the coastal rim), a number of forest fires, the<br />
intensification of agriculture in lowland and<br />
hilly areas, as well as the abandonment of<br />
agricultural terraces inland (Figure 1) (see<br />
also Salvati & Zitti 2007a).<br />
LD indicators<br />
In this study, all the selected indicators (see<br />
Table 1) were chosen according to a number<br />
of requirements influencing the reliability of<br />
the outcome (Rubio & Bochet 1998) on the<br />
Panel A<br />
Panel B<br />
Panel C<br />
Figure 1 – A selection of sites sensitive to LD in Latium based on the ISD: the<br />
peri-urban landscape of Rome subjected to soil sealing (panel A),<br />
the agricultural lowlands north to the City subjected to soil<br />
salinisation (panel B), and a marginal inland area subjected to soil<br />
erosion (panel C).<br />
55
LUCA SALVATI, MARCO ZITTI, TOMASO CECCARELLI, LUIGI PERINI<br />
Table 1 – Indicators used in the assessment of LD, research dimensions, related variables, and statistical sources.<br />
Research Indicator Unit of measure Source<br />
dimension (Abbreviation) and association to LD<br />
56<br />
Climate and soil Aridity index (IAR) mm/mm (–) Meteorological Statistics<br />
Available Water Capacity (AWC) mm (–) Ministry for Agricultural Policies<br />
Erosion rate (ERO) T ha –1 y –1 (+) Joint Research Centre<br />
Land use/cover Woodland cover (WOO) % (–) National Census of Agriculture<br />
Loss in cultivated surface (LOS) % (–) National Census of Agriculture<br />
Index of agriculture intensification (INT) % (+) National Census of Agriculture<br />
Human pressure Population density (DEN) People km –2 (+) National Census of Household<br />
Demographic variation (VAR) % (+) National Census of Household<br />
Industrial concentration (IND) Equivalents (+) National Census of Industry<br />
Rainfall (mm)<br />
Aridity Index<br />
1200<br />
1000<br />
800<br />
600<br />
400<br />
1,5<br />
1,0<br />
0,5<br />
basis of the following criteria: (i) availability<br />
and regularity of time series, (ii) quality and<br />
reliability of data sources, (iii) easy computing<br />
of integrated alphanumeric and cartographic<br />
data (e.g. Basso et al. 2000; Kosmas<br />
et al. 2003).<br />
Panel A<br />
200<br />
1992 1996 2000 2004 2008<br />
Panel B<br />
0<br />
1992 1996 2000 2004 2008<br />
Figure 2 – Average annual rainfall (panel A) and aridity index (panel B)<br />
trends measured in Rome (1992-2008).<br />
Straight line indicates long term (1961-1990) average; dotted line indicates the<br />
estimated, linear trend (1992-2008); circle dots indicate, respectively, years with<br />
precipitation less than 500 mm (panel A) and years with aridity index less than 0.65<br />
(panel B).<br />
Climate and soil characteristics represent the<br />
most important factors affecting sensitivity to<br />
LD (Sharma 1998; Kosmas et al. 2000a,<br />
2000b, 2003; Brandt et al. 2003; Sivakumar<br />
2007). A multivariate analysis carried out in<br />
order to detect simple indicators quantifying<br />
sensitivity to LD in Italy at a detailed spatial<br />
scale suggests that the aridity index and the<br />
available water capacity of the soil are the<br />
crucial variables explaining spatial patterns of<br />
LD through the highest proportion of variance<br />
(see Salvati & Zitti 2005). All the other variables<br />
considered, describing both climate (e.g.<br />
rainfall rate, precipitation intensity, number of<br />
rainy days, rainfall seasonality index, soil<br />
moisture rate, drought index) and soil properties<br />
(e.g. soil depth, texture, and organic carbon)<br />
are strictly correlated to aridity index and<br />
available water capacity of the soil, respectively.<br />
Aridity index (IAR) is obtained as the<br />
ratio between annual average rainfall rate and<br />
reference evapotranspiration (Sharma 1998).<br />
As an example, long-term trends of average<br />
annual rainfall and aridity index measured in<br />
Rome (which is approximately located at the<br />
centre of the study region) were reported in<br />
Figure 2. Both the variables were below the<br />
long-term average also showing a clear<br />
decreasing trend during the last years. Since<br />
1992 till now, four years were recorded with<br />
annual precipitation below 500 mm and three<br />
years with the aridity index falling below<br />
0.65, which is considered the threshold<br />
between the sub-humid and dry climate (e.g.<br />
Rubio & Bochet 1998; Basso et al. 2000; Salvati<br />
et al. 2008b)<br />
IAR was derived from about 200 monitoring<br />
stations evenly distributed within the study<br />
area. The average annual precipitation values<br />
for the period 1951-2000 were calculated<br />
using the data of daily precipitation at 185 sta-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
tions belonging to the national meteorological<br />
networks (e.g. Italian Hydrographic and<br />
Oceaonographic Service, National Agrometeorological<br />
Service, Meteorological Air Force<br />
Service). The average annual reference evapotranspiration<br />
rate was calculated using the<br />
Penman-Montieth formula (e.g. Venezian-<br />
Scarascia et al. 2006). The meteorological<br />
dataset used in this step was composed of<br />
daily values recorded during the period 1951-<br />
2000 at about 40 gauging stations of meteorological<br />
networks (e.g. Salvati et al. 2008c).<br />
To obtain a regional distribution and spatial<br />
coverage of the two meteorological variables<br />
over the four periods chosen (1951-1970,<br />
1961-1980, 1971-1990, 1981-2000) kriging<br />
and co-kriging (with elevation, latitude and<br />
distance to the sea as ancillary variables) procedures<br />
were applied, respectively to precipitation<br />
and reference evapotranspiration. IAR<br />
mean values were obtained for each study<br />
period in the form of raster maps by GIS<br />
tools. Zonal statistic procedures were applied<br />
to obtain an estimation of IAR mean value in<br />
each municipality of Latium (e.g. Salvati &<br />
Zitti 2007a).<br />
Physical processes involved in LD are also<br />
related to soil characteristics (Kosmas et al.<br />
2000a, 2000b, 2003). In order to derive an<br />
index relating soil properties to LD, data<br />
describing soil moisture level were considered<br />
(Salvati & Zitti 2007a). Data were taken from<br />
an Italian database of soil characteristics,<br />
built-up on more than 18,000 original soil<br />
samples, as well as on soil databases such as<br />
the ecopedological and geological maps of<br />
Italy and additional sources such as Digital<br />
Elevation Models and land use maps (e.g. Salvati<br />
& Zitti 2008a, 2008b). For the mentioned<br />
reasons among the different variables available,<br />
the Available Water Capacity (AWC)<br />
was selected. The point values of AWC were<br />
interpolated to a 8 km longitude-latitude grid<br />
resulting in a raster map. A zonal statistic procedure<br />
was applied to obtain an estimation of<br />
the AWC median value in each municipality<br />
of Latium (Salvati & Zitti 2007a). Finally, the<br />
importance of soil erosion in LD over the<br />
<strong>Mediterranean</strong> area has also been widely<br />
recognised since it appears to be the end<br />
results of climatic, soil, and vegetation<br />
processes (e.g. Symeonakis et al. 2007).<br />
Therefore, erosion rate appears to be another<br />
important indicator of LD processes. In this<br />
study, the erosion rate (ERO) was estimated<br />
applying the USLE model (Salvati & Zitti<br />
2008a, 2008b), based on the Italian map of<br />
soil erosion, produced by the Joint Research<br />
Centre (JRC) on the behalf of the Italian Ministry<br />
for the Environment. A zonal statistic<br />
procedure (Salvati & Zitti 2007a) was applied<br />
to obtain an estimation of the ERO median<br />
value in each municipality of Latium.<br />
Impact of land use changes on LD (e.g.<br />
Brouwer et al. 1991; Thornes & Brandt 1996;<br />
Kosmas et al. 2000b; Brandt et al. 2003;<br />
Drake & Vafeidis 2004; Thornes 2004) was<br />
assessed as a result of practices such as crop<br />
intensification along coastal areas as well as<br />
in lowland zones, farm and grazing abandonment<br />
(inland), unsustainable management of<br />
woodlands (in mountain areas, among the<br />
others). Crop intensification (INT) was measured<br />
through a proxy indicator described in<br />
Salvati et al. (2007). Such index is the ratio<br />
between the surface of most intensified crops<br />
(i.e., perennial crops and arable land) and the<br />
total cultivated surface at the municipality<br />
level. Data were obtained each ten year from<br />
the National Census of Agriculture (i.e. 1970,<br />
1982, 1990, 2000). The abandonment of marginal<br />
agricultural lands may represent a consequence<br />
of an unbalanced human population<br />
dynamics between internal and coastal areas<br />
(Puigdefabregas & Mendizabal 1998; Tanrivermis<br />
2003). In this study the loss of agriculture<br />
land (LOS) was measured in each<br />
municipality according to the variation over<br />
ten years. It is expressed as the loss of total<br />
cultivated area and it is measured in correspondence<br />
to the last five censuses (i.e. 1961,<br />
1970, 1982, 1990, 2000). Moreover, deforestation<br />
also leads to an increased overland<br />
flow since it removes vegetation which probably<br />
affects rates of runoff more than any<br />
other single factor (Kosmas et al. 2000b). The<br />
rate of woodland cover over time (WOO) is<br />
therefore an useful indicator of LD (Mairota<br />
et al. 1998) and, in the present study, it was<br />
estimated based on data collected during the<br />
last four censuses of Agriculture at the municipality<br />
level.<br />
Impact of human pressure on LD was<br />
assessed as a result of processes such as: (i)<br />
relocation of people along the coastal areas,<br />
(ii) increasing population density around the<br />
major cities, and (iii) industrial concentration<br />
with its consequent impact on soil and water<br />
(Mairota et al. 1998; Loumou et al. 2000;<br />
Tanrivermis 2003; Salvati & Zitti 2005). Population<br />
increase has a direct impact on soil<br />
sealing due to human expansion over productive<br />
lands, which has much increased in the<br />
57
LUCA SALVATI, MARCO ZITTI, TOMASO CECCARELLI, LUIGI PERINI<br />
58<br />
recent years (Salvati & Zitti 2007b). Moreover,<br />
the tourist influx in sensitive areas has<br />
become a problem since it generates urban<br />
growth to the expense of natural landscapes<br />
and it contributes to the overexploitation of<br />
the water resources (e.g. Mazhoumi 1997).<br />
Unplanned urban expansion has resulted in<br />
the lack of even basic services such as water<br />
supply (e.g. Venezian Scarascia et al. 2006).<br />
At its simplest level, human factors can be<br />
expressed in term of population density<br />
(POP), measured at the municipality level<br />
every ten years (i.e. 1971, 1981, 1991, 2001)<br />
by the National Census of Household. Moreover,<br />
a demographic variation index (VAR)<br />
calculated for the same time horizon was<br />
defined at the same geographical scale.<br />
Finally, an index of industrial concentration<br />
(IND) was developed for each municipality<br />
(Salvati & Zitti 2007a) based on the model<br />
described by APAT (2003). Such index indirectly<br />
measures the impact of industries in<br />
term of soil/water pollution and takes into<br />
account different economic activities, placing<br />
a weight on each of them which is based on<br />
their different impact in term of organic<br />
wastes. Data were collected through the<br />
National Census of Industry and Services<br />
every ten years (i.e. 1971, 1981, 1991, 2001).<br />
Model building<br />
According to the ESA framework (Basso et<br />
al. 2000; Salvati & Zitti 2005), a quantification<br />
of the different environmental sensitivity<br />
levels at the municipality level can be carried<br />
out by evaluating the overall influence that<br />
single information layers have on the process<br />
under study (Feoli et al. 2002; Salvati & Zitti<br />
2008b). Here, a synthetic index of sensitivity<br />
to LD (ISD) was calculated based to the nine<br />
indicators previously described (e.g. Rubio &<br />
Table 2 – Average figures of the ISD by elevation and NUTS-3 province.<br />
Bochet 1998). As all the indicators were<br />
measured through a cardinal scale, we prefer<br />
to use a classical integration procedure to<br />
built-up the synthetic index by adopting a two<br />
stage approach (Salvati & Zitti 2007a). In the<br />
first step, each indicator was transformed into<br />
a scale ranging from 0 to 1 by the equations:<br />
X t,i,j = (x’ i,j – x’ min,j )/(x’ max,j – x’ min,j ) (1)<br />
X t,i,j = 1 - [(x’ i,j – x’ min,j )/(x’ max,j – x’ min,j )] (2)<br />
where x’ i,j represents the observed value for<br />
the i-th variable measured in the j-th municipality,<br />
and x’ min,j and x’ max,j respectively represent<br />
the minimum and maximum observed<br />
values for the i-th variable measured in each<br />
municipality of Latium. Equation 1 was<br />
applied to variables showing a positive relationship<br />
with LD, Equation 2 to variables<br />
which showed a negative association to LD,<br />
as reported in Table 2 (Salvati & Zitti 2005).<br />
The sign of each indicator (+/–) was attributed<br />
according to the positive or negative relationship<br />
with LD phenomena (see Rubio &<br />
Bochet 1998; Basso et al. 2000; Kosmas et al.<br />
2000a, 2000b, 2003; Brandt et al. 2003; Salvati<br />
& Zitti 2005, 2007a), as reported in<br />
Table 1. The single variables range between 0<br />
(the lowest contribution to land sensitivity)<br />
and 1 (the highest contribution to land sensitivity).<br />
In the second step, the final sensitivity of a<br />
certain municipality is evaluated through a<br />
synthetic index (ISD) composed as the arithmetic<br />
mean of the nine transformed variables:<br />
m<br />
ΣXi,norm,j i=1<br />
ISDj =<br />
m<br />
where m is the number of indicators entered<br />
in the procedure (nine in this study). ISD<br />
1970 Difference 1970-2000<br />
Province Lowlands Hilly areas Mountain Total Lowlands Hilly areas Mountain Total<br />
Viterbo 0.43 0.40 - 0.40 0.03 0.02 - 0.02<br />
Rieti - 0.35 0.29 0.31 - 0.02 – 0.01 0.00<br />
Rome 0.49 0.37 0.26 0.35 0.04 0.06 0.03 0.05<br />
Latina 0.39 0.36 0.36 0.37 0.02 0.02 0.00 0.02<br />
Frosinone - 0.35 0.30 0.33 - 0.00 0.00 0.00<br />
Latium 0.44 0.37 0.29 0.35 0.03 0.03 0.01 0.02<br />
Figures are reported as the average of transformed values (weighted by commune surface) calculated in each municipality.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
ranges between 0 (the lowest sensitivity to<br />
LD) and 1 (the highest sensitivity to LD). Following<br />
the ESA procedure, the outline structure<br />
gives equal weights to each level indicator<br />
(Basso et al. 2000). Different classes of<br />
environmental sensitivity were identified<br />
based on ISD figures (e.g. Salvati & Zitti<br />
2005; Salvati et al. 2008b). In Latium, three<br />
classes of ISD (i.e., < 0.3; 0.3-0.4; > 0.4) can<br />
be used to represent increasing levels of sensitivity<br />
to LD, passing from low to high sensitivity<br />
to LD (e.g. Salvati & Zitti 2005,<br />
2007a).<br />
Validation<br />
The performance of the proposed model to<br />
estimate the different levels of sensitivity to<br />
LD at the municipality scale can be assessed<br />
by analysing the relation that exists between<br />
the ISD and a standard ESA index (sensu<br />
Basso et al., 2000) calculated at the same<br />
period and geographical scale. Therefore, we<br />
have generated two ESAI maps of Latium<br />
referring to 1990 and 2000 period (Salvati &<br />
Zitti 2005, 2008a) which provided a detailed<br />
description of the indicators included and the<br />
original dataset in GIS format) and we derived<br />
the mean value of the ESAI for each municipality<br />
by GIS zonal statistics procedure (Salvati<br />
& Zitti 2007a, 2008b). The relationship<br />
between the ISD and ESAI was assessed in<br />
1990 and 2000 by a parametric correlation<br />
test. Significance was tested at p = 0.05.<br />
Results<br />
The ISD index<br />
The spatial and temporal distribution of the<br />
ISD at the municipality level was analysed in<br />
Latium based on average figures further<br />
aggregated by province and elevation zone<br />
(Table 2). In 1970 the highest score of ISD<br />
was found in lowlands (0.44), decreasing in<br />
hilly (0.37) and mountain zones (0.29). The<br />
highest level of sensitivity to LD was<br />
observed in Viterbo and Latina provinces,<br />
which showed dry climatic conditions and the<br />
highest level of agricultural intensification.<br />
During the period 1970-2000, ISD increased<br />
more in lowlands and hilly areas (0.03) than<br />
in mountain zones. The highest increase was<br />
observed in Rome province (0.05). The spatial<br />
distribution of the ISD is illustrated in<br />
Figure 3 which provides a map of Latium<br />
municipalities for 1970 and 2000. The ISD is<br />
mapped according to three classes representing<br />
increasing levels of sensitivity to LD. The<br />
general increase in the ISD over the last thirty<br />
years is clear: in 1970 only few municipalities,<br />
generally around Rome or along the<br />
coastal rim, belong to the highest ISD class,<br />
while in 2000 almost all lowland and hilly<br />
municipalities of Rome, Viterbo, and Latina<br />
provinces belong to this class.<br />
Changes in the ISD showed differences in<br />
both the spatial and temporal dimensions<br />
(Figure 4). In fact, the highest increase was<br />
recorded in the decade 1970-1980. This<br />
occurred especially along coastal and lowland<br />
1970<br />
2000<br />
Figure 3 – Sensitivity<br />
to LD estimated<br />
through the ISD in<br />
Latium at the<br />
municipality level in<br />
1970 and 2000.<br />
59
LUCA SALVATI, MARCO ZITTI, TOMASO CECCARELLI, LUIGI PERINI<br />
60<br />
1980 – 1970<br />
2000 – 1990<br />
Figure 4 – Changes in the ISD from 1970 to 2000 in Latium at the municipality level.<br />
ISD<br />
0.5<br />
0.4<br />
0.3<br />
0.2<br />
0.1<br />
0<br />
0.36<br />
0.31<br />
1970<br />
0.42<br />
0.33<br />
Figure 5 – The ISD trend (1970-2000) in coastal<br />
and inland municipalities of Latium.<br />
0.43<br />
0.34<br />
0.45<br />
0.34<br />
1980 1990 2000<br />
Inland<br />
Coastal<br />
1990 – 1980<br />
2000 – 1970<br />
municipalities of Viterbo, Rome, and Latina<br />
provinces, where processes of agricultural<br />
intensification, industrial concentration, and<br />
population growth were more relevant. In the<br />
following decades, marked increases (> 0.05)<br />
in the ISD were observed only in few municipalities<br />
belonging to the metropolitan area of<br />
Rome. However, a weak increase (0-0.05)<br />
was observed in both 1980-1990 and 1990-<br />
2000 decades along coastal and internal lowland<br />
and hilly areas, especially in the moreintensified<br />
rural landscape of Viterbo and<br />
Rome provinces. Considering elevation, a<br />
trend in the ISD was clearly visible in both<br />
inland and coastal municipalities of Latium<br />
(Figure 5), with an average increase of 0.03<br />
in the inlands and of 0.09 in coastal areas<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
from 1970 to 2000. The dichotomy observed<br />
in the ISD between coastal and inland zones<br />
increased during the seventies and maintained<br />
high during the following decades, according<br />
to a progressive impact of human activities on<br />
lowlands (see also Salvati & Zitti 2007a).<br />
Variation in the single indicators<br />
over time<br />
According to the framework previously<br />
described, changes in the ISD over time can<br />
be explained by variation in the distribution<br />
of the nine indicators considered. As a matter<br />
of fact, transformed indicators contribute by<br />
the same weight to the ISD and their variations<br />
reflect the importance of the different<br />
temporal changes in the factors affecting LD.<br />
In Table 3 we reported the absolute variation<br />
in the nine indicators which are the inputs to<br />
the ISD procedure. The indicators were calculated<br />
over the period 1970-2000 at the<br />
municipality level and summarised as the<br />
mean values by elevation zones. At the<br />
regional level, the most important variation<br />
was observed in VAR and LOS indicators,<br />
respectively 0.18 and 0.12. It means that VAR<br />
and LOS contributed more than the other factors<br />
to the increase of sensitivity to LD over<br />
the study period. The higher contribution was<br />
observed for VAR in hilly and mountain areas<br />
and for LOS in coastal areas. Another significant<br />
contribution to ISD was due to INT and<br />
IND in lowlands (respectively 0.06 and 0.07)<br />
as well as to IAR, which shows a weak<br />
increase in all the elevation zones (0.04 in<br />
Latium). Notably, the influence of WOO to<br />
ISD level decreased especially in mountain<br />
areas, according to the general re-afforestation<br />
phenomena involving part of the Apennines<br />
in the last years (e.g. Salvati et al.<br />
2007). Taken together, such results confirm<br />
the dichotomy between coastal and internal<br />
zones based on both socio-economic and ecological<br />
factors.<br />
Validation<br />
Figure 6 shows the relationship between the<br />
ISD and ESAI at the municipality level in<br />
1990 and 2000 study periods. As expected,<br />
the relationship is linear with significant coef-<br />
Table 3 – Absolute variation in the nine transformed indicators entered in the ISD by elevation.<br />
Difference 1970-2000<br />
Indicators Lowlands Hilly areas Mountain zones Latium<br />
IAR 0.01 0.04 0.03 0.04<br />
AWC 0.00 0.00 0.00 0.00<br />
ERO 0.00 0.00 0.00 0.00<br />
INT 0.06 0.00 – 0.08 – 0.02<br />
LOS 0.16 0.12 0.12 0.12<br />
WOO – 0.02 -0.04 – 0.12 – 0.06<br />
DEN – 0.01 0.00 0.00 0.00<br />
VAR 0.02 0.19 0.17 0.18<br />
IND 0.07 0.01 0.00 0.01<br />
Each indicator was reported as the average of transformed values calculated in each municipality. AWC and ERO<br />
indicators were measured once during the study period and entered the model as constant values.<br />
ESAI<br />
4<br />
3<br />
2<br />
1<br />
0<br />
0<br />
ISD<br />
y = 2.69x + 1.13<br />
R 2 = 0.50<br />
0.2 0.4 0.6 0.8<br />
Figure 6 – The relationship between ISD and ESAI measured in 1990 (left) and 2000<br />
at the same geographical level (i.e. NUTS-5 municipalities).<br />
ESAI<br />
4<br />
3<br />
2<br />
1<br />
0<br />
0<br />
ISD<br />
y = 2.73x + 1.33<br />
R 2 = 0.62<br />
0.2 0.4 0.6 0.8<br />
61
LUCA SALVATI, MARCO ZITTI, TOMASO CECCARELLI, LUIGI PERINI<br />
62<br />
ficients in both the periods analysed. The<br />
results presented here are not used to define<br />
allometric relationships but only to illustrate<br />
that, in general, ISD is producing sensible<br />
measures of LD in a congruent ESA framework.<br />
Notably, it was already demonstrated<br />
(Basso et al. 2000) that the ESAI was significantly<br />
correlated to soil degradation indicators<br />
in sample plots.<br />
Discussion<br />
Several studies have pointed out that an indepth<br />
effort providing detailed indicators of<br />
land sensitivity is necessary to calibrate and<br />
improve more refined theoretical models (e.g.<br />
Ibanez et al. 2008). The establishment of a<br />
geographic information system is therefore<br />
meaningful to develop a dynamic inventory of<br />
natural resources and accurately assess the<br />
processes that lead to LD (Rubio & Bochet<br />
1998; Basso et al. 2000). The problem<br />
remains as to integrate different data sources,<br />
variables, and indicators, and to obtain a synthetic<br />
index describing a complex concept like<br />
LD (Salvati & Zitti 2008b). It should be clear<br />
that in complex <strong>Mediterranean</strong> ecosystems<br />
the study of the interaction of bio-physical<br />
patterns with population characteristics and<br />
economic matters is necessary to better delineate<br />
sensitive areas (Wilson & Juntti 2005).<br />
However, social and economic phenomena<br />
are difficult to assess at a scale which is compatible<br />
with the detail which nowadays can be<br />
obtained through the spatialisation of biophysical<br />
variables (Dumanski et al. 1998;<br />
Rubio & Bochet 1998; Basso et al. 2000).<br />
This study has looked into the possibility of<br />
combining statistical data obtained from different<br />
sources (e.g. climatic, pedological,<br />
agronomic, demographic, and economic ones)<br />
in order to estimate changes in LD over a time<br />
period. At the municipality level results<br />
assessed areas where sensitivity to LD is<br />
increasing, based on the supposedly main factors<br />
involved in this phenomenon (Salleo &<br />
Nardini 2003; Salvati et al. 2008b). The<br />
methodology appears easy to apply also in<br />
less developed countries where the availability<br />
of high-resolution statistical information is<br />
usually poor (e.g. Rubio & Bochet 1998). It<br />
can be used in the process of selecting areas<br />
needing mitigation measures aimed at reducing<br />
or even reversing their degradation trend<br />
over time (Feoli et al. 2003).<br />
In this study human pressure, which was<br />
shown to be a leading factor in environmental<br />
degradation (Fantechi et al. 1995; Mairota<br />
et al. 1998), has significantly increased during<br />
the last thirty years in Latium (Salvati &<br />
Zitti 2005, 2007a). Different spatial patterns<br />
were identified in lowlands compared to<br />
mountain zones. Among the other factors, an<br />
exponential growth in population has taken<br />
place, with different trends between coastal<br />
areas and marginal hilly/mountain zones far<br />
from the sea (e.g. Salvati & Zitti 2007b). The<br />
dichotomy between coastal and inland areas<br />
is enhanced not only due to population density<br />
possibly leading to a declining environmental<br />
quality, but also as far as services,<br />
quality of human potential, and job opportunities<br />
are concerned (e.g. Wilson & Juntti<br />
2005).<br />
Conclusion<br />
Taking into account a wide number of socioeconomic<br />
aspects in the evaluation of LD (e.g.<br />
population, industry, agriculture), as it has<br />
been done to calculate the ISD, may therefore<br />
shade new light in depicting sensitive areas at<br />
high spatial resolution (Rubio & Bochet 1998;<br />
Feoli et al. 2002; Salvati & Zitti 2005). It also<br />
shows possible directions taken by the degradation<br />
phenomena, as human pressure and<br />
socio-economic changes may act more rapidly<br />
than changes in climate regimes or variation<br />
in soil composition or vegetation cover<br />
(e.g. Loumou et al. 2000; Tanrivermis 2003;<br />
Salvati & Zitti 2007a).<br />
To establish links of causality within ecological<br />
and socio-economic processes (Rubio &<br />
Bochet 1998) is necessary to identify indicators<br />
as reliable inputs for decision making and<br />
for the implementation of strategies to combat<br />
LD (Salvati et al. 2008b). The main issues<br />
which prove to be useful in this assessment<br />
include: (i) the analysis of statistical methods<br />
to explore the causes and consequences of<br />
economic and social processes of LD; (ii) the<br />
set up of data warehouses and associated<br />
metadata information as well as collections of<br />
multivariate tools which are able to analyse<br />
complex datasets (e.g., data mining, neural<br />
networks); (iii) the definition of relevant geographical<br />
levels (e.g., NUTS-3 province,<br />
NUTS-5 municipality) to correctly derive<br />
environmental indicators; (iv) the preparation<br />
of manuals of good practices in order to dis-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> area (1970-2000)<br />
seminate original datasets, final indicators,<br />
and associated methodologies among the relevant<br />
authorities (e.g. Salvati & Zitti 2005;<br />
Salvati et al. 2008b). By using suitable indicators<br />
collected from long time series, a temporal<br />
approach may better indicate the spatial<br />
and temporal direction of LD, which is meaningful<br />
to improve strategies aimed to mitigate<br />
LD and contrast desertification at a local<br />
scale.<br />
Acknowledgements<br />
Thanks are due to F. Giordano (APAT), M.E.<br />
Venezian Scarascia (ITAL-ICID), P. Gagliardo<br />
(CNLSD-MATT, Università della Calabria),<br />
A. Ferrara (Università della Basilicata)<br />
for fruitful discussions about the procedure to<br />
assess land sensitivity.<br />
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ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Variabilité phénotypique<br />
de la phénologie végétative<br />
et de la biomasse d’une espèce d’intérêt<br />
écologique et économique au Maroc :<br />
Atriplex halimus L.<br />
Phenotypic variability of shoot phenology<br />
and biomass in a species of ecological<br />
and economic interest in Morocco : Atriplex halimus L.<br />
Résumé<br />
Dans une perspective de caractérisation des ressources<br />
naturelles d’Atriplex halimus L. au<br />
Maroc, la diversité phénotypique de neuf populations<br />
a été évaluée à l’aide de onze caractères<br />
morphométriques. Les paramètres phénologiques,<br />
l’aspect morphologique des rameaux et<br />
des feuilles et la production des matières fraîche<br />
et sèche d’A. halimus ont été étudiés, en raison<br />
de leur contribution à la valeur fourragère. Des<br />
différences significatives des paramètres phénologiques,<br />
de taille et de production des<br />
matières fraîche et sèche ont été observées<br />
entre populations. Deux groupes de populations<br />
ont été distingués par ACP. Le premier groupe<br />
est constitué des populations qui proviennent<br />
de stations littorales, caractérisées par des<br />
plantes plus vigoureuses ayant une biomasse<br />
fraîche et sèche élevée. Le second groupe est<br />
constitué de populations continentales caractérisées<br />
par des plantes moins vigoureuses ayant<br />
une biomasse fraîche et sèche faible.<br />
Mots clés : Atriplex halimus, populations<br />
sauvages, diversité phénotypique.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Abdelmajid HADDIOUI, Mohamed Mahmoud OULD MOHAMED LEMINE,<br />
Lalla Hasna ZINELABIDINE et Said BOUDA<br />
Laboratoire de gestion et valorisation des ressources naturelles,<br />
Équipe de génétique et biotechnologie végétale, Université Sultan Moulay Slimane,<br />
Faculté des sciences et techniques, BP 523, Beni Mellal, Maroc<br />
Tél. : 212 61 68 42 39 ; Fax : 212 23 48 52 01 ; Email : ahaddioui@yahoo.fr<br />
Abstract<br />
The halophyte plant, Atriplex halimus L., is of a<br />
great ecological and economical interest by its<br />
adaptation to the climatic and pedological conditions<br />
of the arid and semi-arid <strong>Mediterranean</strong><br />
regions. This species, particularly adapted to<br />
arid and salt-affected areas, is used as a food for<br />
livestock forage, a wood source and a plant barrier<br />
against desert invasion (McKell 1989). In<br />
Morocco, A. halimus is widely distributed as a<br />
wild species. The description and the conservation<br />
of A. halimus genetic resources seem particularly<br />
important for the rehabilitation and<br />
disturbed areas by salt and low rainfall. Early<br />
study analysing the isoenzyme polymorphism,<br />
showed high genetic diversity in Moroccan populations<br />
of A. halimus (Haddioui & Baaziz 2001;<br />
Abbad et al. 2004a). In this study, the plant life<br />
history traits diversity of the same populations<br />
as studied by Haddioui & Baaziz (2001) was<br />
assessed using eleven morphological and phenological<br />
parameters. The morphological traits<br />
related with the ramification, leaves and fresh<br />
and dried mass production, which contributed<br />
Keywords: Atriplex halimus, wild populations,<br />
phenotypic diversity.<br />
65
ABDELMAJID HADDIOUI, MOHAMED MAHMOUD OULD MOHAMED LEMINE, LALLA HASNA ZINELABIDINE, SAID BOUDA<br />
66<br />
mainly in the forage value of each plant were<br />
studied. The analysis of variance (ANOVA) has<br />
exhibited significant differences between populations<br />
for most of the morphological characters.<br />
Principal component analysis (PCA) highlighted<br />
two groups of population according to<br />
their geographical origin. The first group is composed<br />
by the littoral populations which are<br />
characterized by an increased vigour and high<br />
levels of forage production. All the remaining<br />
continental populations characterized by a<br />
weak vegetative development and low levels of<br />
forage production are clustered in the second<br />
group. This study showed a significant phenotypic<br />
heterogeneity between the nine studied<br />
populations. This variability is all the more significant<br />
as the populations are located in different<br />
climates.<br />
Introduction<br />
Atriplex halimus L. (Chenopodiaceae) appartient<br />
aux halophytes de grande importance<br />
écologique et économique des régions <strong>méditerranéenne</strong>s<br />
en considérant son adaptation<br />
aux conditions pédoclimatiques des zones<br />
arides et semi-arides et son rôle dans l’alimentation<br />
du bétail (McKell 1989 ; Le Houérou<br />
2000 ; Martinez et al. 2003). En effet,<br />
cette espèce est utilisée comme plante fourragère<br />
notamment durant la période de sécheresse<br />
estivale (Le Houérou 1992 ; Valderrábano<br />
et al. 1996 ; Bajji et al. 2002 ; Abbad et<br />
al. 2004a). Des analyses de valeur fourragère,<br />
d’appétence et de production de biomasse,<br />
montrent l’intérêt d’A. halimus dans les<br />
régions arides et semi-arides du type méditerranéen<br />
(Ben Ahmed et al. 1996 ; Kinet et<br />
al. 1998). Sous des précipitations annuelles<br />
de 200 à 400 mm, A. halimus peut produire<br />
2 000 à 4 000 kg de matière sèche par an et<br />
par hectare de fourrage riche en protéines (Le<br />
Houérou 1992 ; Ben Ahmed et al. 1996). Le<br />
système racinaire pivotant présente un fort<br />
développement et forme un réseau dense susceptible<br />
d’agréger le sol et de le rendre résistant<br />
à l’érosion (Chisci & Martinez 1993 ;<br />
Abbad et al. 2004b ; Ortiz-Dorda et al. 2005).<br />
De plus, A. halimus est une espèce utilisée<br />
aussi bien pour la lutte contre l’érosion et la<br />
désertification que pour la valorisation des<br />
sols marginaux et dégradés (Wills et al.<br />
1990).<br />
Au Maroc, cette espèce est représentée par<br />
plusieurs populations sauvages qui sont distribuées<br />
selon les caractéristiques du climat,<br />
du relief et de l’action anthropique. Elle est<br />
ainsi généralement rencontrée dans des environnements<br />
à caractères arides et salins. Des<br />
études phytoécologiques réalisées par Abbad<br />
(1993) ont montré les performances écologiques<br />
de cette espèce et son adaptation aux<br />
conditions de salinité des sols du Maroc occidental.<br />
Une étude pastoraliste, réalisée par<br />
Ahamdane (1994) dans une région aride au<br />
Maroc, a montré que cette espèce participe de<br />
manière importante à la valeur pastorale de la<br />
végétation. D’autres études de la diversité<br />
génétique entreprises chez plusieurs populations<br />
de cette espèce situées dans des habitats<br />
différents au Maroc, ont révélé un remarquable<br />
polymorphisme de cette espèce tant au<br />
niveau phénotypique qu’au niveau isoenzymatique<br />
(Abbad et al. 2004a ; Haddioui &<br />
Baaziz 2001). De même, une grande diversité<br />
de comportements en présence de la<br />
contrainte saline a été également obtenue chez<br />
cinq populations marocaines (Haddioui &<br />
Baaziz 2006).<br />
Le présent travail constitue un complément<br />
des diverses études menées sur cette espèce<br />
au Maroc et dont l’objectif consiste en une<br />
analyse de la variabilité phénotypique de plusieurs<br />
populations sauvages situées dans des<br />
sites qui présentent des variations importantes<br />
d’altitude (15 à 690 m) et de pluviométrie<br />
(191 à 680 mm). Le but de ce travail est de<br />
contribuer à une meilleure connaissance de<br />
cette espèce et de caractériser des variétés<br />
naturelles et localement adaptées à certains<br />
environnements du Maroc.<br />
Matériel et méthodes<br />
Notre étude a porté sur 9 populations sauvages<br />
d’A. halimus, récoltées dans différentes<br />
régions du Maroc (tableau 1 ; figure 1). Les<br />
graines de chaque population sont tirées au<br />
hasard à partir de nombreux fruits prélevés sur<br />
des individus séparément (une centaine d’individus<br />
par population). Les graines sont<br />
débarrassées manuellement de leurs valves<br />
fructifères (bractées) puis mises à germer à<br />
température ambiante et à l’obscurité dans des<br />
boîtes de Pétri sur un papier filtre imbibé<br />
d’eau. Quatre jours après l’imbibition des<br />
graines, les plantules sont repiquées dans des<br />
pots contenant un mélange composé à parts<br />
égales de sable et de sol argileux et placés<br />
sous abri (serre tunnel). L’arrosage s’effectue<br />
à l’eau courante à raison de deux fois par<br />
semaine. Les populations considérées ont été<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
traitées sous forme d’un seul bloc. Un échantillon<br />
aléatoire de 60 individus par population<br />
a servi pour la collecte des données. L’essai a<br />
été réalisé à la faculté des sciences et techniques<br />
de Beni Mellal à 580 m d’altitude.<br />
Onze caractères qui permettent d’étudier le<br />
développement et la croissance de l’appareil<br />
végétatif et de son incidence sur le rendement,<br />
ont été mesurés. Au début, les dates d’apparition<br />
des premières, deuxièmes et troisièmes<br />
feuilles (DF1, DF2 et DF3) ont été notées.<br />
Après 6 mois, les paramètres suivants ont été<br />
déterminés : la longueur du premier entrenœuds<br />
(LPEN), la longueur du pétiole de la<br />
sixième feuille (LPF6), la longueur de la<br />
sixième feuille (LF6), la longueur de l’axe<br />
orthotrope (LO), le nombre d’entre-nœuds<br />
(NEN), le nombre de rameaux plagiotropes<br />
(NRP), le poids de la matière fraîche de la<br />
plante (PF) et le poids de la matière sèche<br />
(PS) obtenu après séchage du matériel végétal<br />
pendant 48 heures à 80 o C.<br />
Les caractères phénologiques (le nombre de<br />
jours entre la germination et l’apparition des<br />
trois premières feuilles) et de croissance d’A.<br />
halimus ont été comparés entre les neuf populations<br />
étudiées à l’aide d’une analyse de<br />
variance à un facteur (ANOVA). De même une<br />
analyse en composantes principales (ACP),<br />
traitant simultanément toutes les données, a<br />
été réalisée afin de discriminer les populations<br />
étudiées. Les analyses statistiques ont été<br />
effectuées à l’aide du programme STAT-ITCF.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Variabilité phénotypique de la phénologie végétative et de la biomasse<br />
d’une espèce d’intérêt écologique et économique au Maroc : Atriplex halimus L.<br />
Tanger<br />
Espagne<br />
Tableau 1 – Caractéristiques géographiques et météorologiques des populations d’A. halimus étudiées.<br />
Table 1 – Geographic and meteorological characteristics of natural populations of A. halimus.<br />
Mer Méditerrannée<br />
0 100 200 km<br />
Figure 1 – Localisation géographique des populations<br />
d’A. halimus étudiées.<br />
Figure 1 – Map of Morocco showing locations<br />
of the A. halimus populations analysed.<br />
Population Abréviation Localité Latitude Longitude Altitude Pluviométrie moyenne<br />
la plus proche nord ouest (m) annuelle (mm)<br />
Tanger TG Nord-ouest de Tanger 35 o 47’ 5 o 51’ 75 680<br />
Rabat RA Rabat 34 o 03’ 6 o 46’ 65 540<br />
Sidi Bouzid SB 10 km nord de Safi 32 o 24’ 9 o 14’ 15 365<br />
Essouiria ES 30 km sud de Safi 32 o 03’ 9 o 19’ 15 365<br />
Chichaoua CH Plateau de Chichaoua 31 o 32’ 8 o 46’ 340 191<br />
Marrakech MA 5 km nord de Marrakech 31 o 41’ 8 o 00’ 460 225<br />
Tamelelt TA Tamelelt 31 o 50’ 7 o 31’ 690 350<br />
El Kelâa des Sraghna KL El Kelaâ des Sraghna 33 o 50’ 4 o 37’ 450 250<br />
Settat SE 20 km sud de Settat 32 o 57’ 7 o 40’ 190 260<br />
Maroc<br />
Océan Atlantique<br />
Rabat<br />
Settat<br />
Sidi Bouzid El Kelâa de Sraghna<br />
Essouiria Tamelelt<br />
Marrakech<br />
Chichaoua<br />
67
ABDELMAJID HADDIOUI, MOHAMED MAHMOUD OULD MOHAMED LEMINE, LALLA HASNA ZINELABIDINE, SAID BOUDA<br />
68<br />
Résultats<br />
Les valeurs moyennes des caractères phénologiques<br />
et morphologiques mesurés chez les<br />
différentes populations sont représentées dans<br />
le tableau 2. Pour les dates d’apparition des<br />
trois premières feuilles (DF1, DF2 et DF3),<br />
on note que ce sont les populations continentales,<br />
CH (Chichaoua), MA (Marrakech), TA<br />
(Tamelelt), KL (El Kelâa des Sraghna) et SE<br />
(Settat), qui présentent généralement les<br />
valeurs moyennes les plus élevées. Alors que<br />
les populations originaires du littoral atlantique,<br />
TG (Tanger), RA (Rabat), SB (Sidi<br />
Bouzid) et ES (Essouiria), présentent généralement<br />
les valeurs moyennes les plus faibles.<br />
Concernant les paramètres de la croissance<br />
(longueur du premier entre-nœud (LPEN),<br />
longueur du pétiole de la sixième feuille<br />
(LPF6), longueur de la sixième feuille (LF6),<br />
longueur de l’axe orthotrope (LO), nombre<br />
d’entre-nœuds (NEN) et nombre de rameaux<br />
plagiotropes (NRP), on note des valeurs<br />
moyennes relativement élevées chez les populations<br />
de la côte atlantique TG, RA, SB et<br />
ES. Ces dernières présentent également des<br />
valeurs élevées pour la production de matière<br />
fraîche et matière sèche (PF et PS). Cepen-<br />
dant, les populations continentales CH, MA,<br />
TA, KL et SE présentent des valeurs<br />
moyennes relativement faibles aussi bien pour<br />
les paramètres de la croissance que pour la<br />
production de matière fraîche et matière<br />
sèche.<br />
Les résultats de l’analyse de la variance montrent<br />
des différences hautement significatives<br />
entre les populations étudiées pour 10 caractères<br />
parmi les 11 mesurés (tableau 3).<br />
La matrice des coefficients de corrélations<br />
issue de l’analyse en composantes principales<br />
(tableau 4) montre d’importantes corrélations<br />
positives entre les dates d’apparition des trois<br />
premières feuilles (0,60 à 0,78). D’autres corrélations<br />
positives sont également enregistrées<br />
entre des paramètres de la croissance des<br />
feuilles et des tiges. La longueur de l’axe<br />
orthotrope (LO) est fortement corrélée à la<br />
longueur du premier entre-nœud (LPEN)<br />
(0,68), à la longueur du pétiole de la sixième<br />
feuille (LPF6) (0,70), au nombre de rameaux<br />
plagiotropes (NRP) (0,79) et au nombre<br />
d’entre-nœuds (NEN, 0,84). Ce dernier caractère<br />
est fortement corrélé également avec la<br />
longueur de la sixième feuille (LF6, 0,76) et<br />
le nombre de rameaux plagiotropes (NRP,<br />
0,82). De même, nous avons obtenu de fortes<br />
Tableau 2 – Valeurs moyennes (± l’écart type) des traits d’histoires de vie mesurés chez neuf populations marocaines d’A. halimus.<br />
Table 2 – Measurements (means ± standard deviation) of the life history traits estimated in nine Moroccan populations of A. halimus.<br />
Populations<br />
Variables TG RA SB ES CH MA TA KL SE<br />
DF1 (jours) 20,47 20,73 18,75 18,85 21,97 21,17 20,88 22,05 22,37<br />
± 3,25 ± 2,45 ± 3,50 ± 2,86 ± 2,89 ± 2,15 ± 3,65 ± 3,82 ± 1,05<br />
DF2 (jours) 27,92 29,45 27,62 27,27 29,50 29,32 28,28 29,27 29,15<br />
± 3,82 ± 3,82 ± 2,42 ± 3,82 ± 3,82 ± 3,82 ± 3,82 ± 3,82 ± 3,82<br />
DF3 (jours) 35,87 36,90 34,00 33,05 34,90 35,88 34,18 35,62 37,40<br />
± 1,62 ± 2,29 ± 3,12 ± 2,86 ± 3,19 ± 3,27 ± 3,24 ± 4,02 ± 2,06<br />
LPEN (mm) 17,42 16,58 16,27 17,07 16,78 14,87 15,43 14,68 16,52<br />
± 1,11 ± 1,29 ± 1,26 ± 1,12 ± 1,72 ± 0,95 ± 1,25 ± 2,22 ± 3,06<br />
LPF6 (mm) 28,12 28,28 29,02 28,15 28,02 28,02 28,08 27,47 27,47<br />
± 1,74 ± 1,12 ± 2,08 ± 3,24 ± 3,26 ± 2,21 ± 2,25 ± 2,10 ± 1,84<br />
LF6 (mm) 28,63 29,07 24,75 24,87 20,48 23,25 23,27 24,30 24,55<br />
± 1,29 ± 2,05 ± 1,45 ± 2,79 ± 3,42 ± 3,78 ± 1,16 ± 1,48 ± 1,29<br />
LO (cm) 90,88 89,88 89,37 90,18 85,30 84,43 83,85 84,85 83,93<br />
± 4,89 ± 3,65 ± 4,62 ± 5,12 ± 5,39 ± 2,78 ± 4,78 ± 4,19 ± 2,34<br />
NEN 22,23 22,95 22,57 22,55 20,95 21,08 21,41 20,73 19,37<br />
± 0,91 ± 0,76 ± 1,76 ± 1,48 ± 1,98 ± 2,36 ± 1,69 ± 1,78 ± 1,61<br />
NRP 18,60 18,67 18,40 17,48 16,52 15,20 17,37 16,68 15,43<br />
± 0,96 ± 0,96 ± 0,78 ± 1,46 ± 1,52 ± 1,69 ± 1,19 ± 0,88 ± 0,79<br />
PF (g) 4,09 4,14 4,27 4,18 3,42 3,18 3,18 3,38 3,29<br />
± 0,78 ± 1,14 ± 0,89 ± 0,92 ± 0,64 ± 1,12 ± 1,04 ± 0,16 ± 0,98<br />
PS (g) 0,83 0,86 0,89 0,88 0,69 0,62 0,66 0,66 0,63<br />
± 0,12 ± 0,08 ± 0,10 ± 0,15 ± 0,14 ± 0,16 ± 0,14 ± 0,11 ± 0,12<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Variabilité phénotypique de la phénologie végétative et de la biomasse<br />
d’une espèce d’intérêt écologique et économique au Maroc : Atriplex halimus L.<br />
Tableau 3 – Résultats de l’analyse de variance (ANOVA) des différents caractères morphologiques<br />
mesurés chez neuf populations marocaines d’A. halimus.<br />
Table 3 – Analysis of variance (ANOVA) results of morphological parameters<br />
estimated in nine Moroccan populations of A. halimus.<br />
Variables Source de variation ddl SCE CM F P<br />
DF1 (jours) Population 8 818,39 102,29 7,44 < 0,01<br />
Résiduelle 531 7 296,80 13,74<br />
Totale 539 8 115,19<br />
DF2 (jours) Population 8 455,06 56,88 4,35 < 0,01<br />
Résiduelle 531 6 941,91 13,07<br />
Totale 539 7 396,98<br />
DF3 (jours) Population 8 953,4 119,17 6,51 < 0,01<br />
Résiduelle 531 9 716,33 18,30<br />
Totale 539 10 669,73<br />
LPEN (mm) Population 8 449,12 56,14 4,20 < 0,01<br />
Résiduelle 531 7 092,45 13,35<br />
Totale 539 7 541,57<br />
LPF6 (mm) Population 8 101,76 12,72 0,44 > 0,05<br />
Résiduelle 531 15 425,82 29,05<br />
Totale 539 15 527,58<br />
LF6 (mm) Population 8 3396,32 424,54 20,42 < 0,01<br />
Résiduelle 531 11 035,26 20,78<br />
Totale 539 14 431,59<br />
LO (cm) Population 8 4352,68 544,08 3,44 < 0,01<br />
Résiduelle 531 83 963,65 158,12<br />
Totale 539 88 316,33<br />
NEN Population 8 629,33 78,67 4,01 < 0,01<br />
Résiduelle 531 10 392,85 19,57<br />
Totale 539 11 022,18<br />
NRP Population 8 802,30 100,28 9,42 < 0,01<br />
Résiduelle 531 5 653,35 10,65<br />
Totale 539 6 455,65<br />
PF (g) Population 8 97,85 12,23 14,80 < 0,01<br />
Résiduelle 531 438,54 0,83<br />
Totale 539 536,38<br />
PS (g) Population 8 6,40 0,80 51,82 < 0,01<br />
Résiduelle 531 8,20 0,015<br />
Totale 539 14,60<br />
Tableau 4 – Matrice des corrélations de l’ACP entre les caractères morphologiques<br />
mesurés chez neuf populations marocaines d’A. halimus.<br />
Table 4 – Correlation matrix of the PCA of morphological parameters<br />
estimated in nine Moroccan populations of A. halimus.<br />
Caractères<br />
DF1 DF2 DF3 LPEN LPF6 LF6 LO NEN NRP PF PS<br />
DF1 1<br />
DF2 0,78 1<br />
DF3 0,68 0,60 1<br />
LPEN – 0,35 – 0,48 – 0,06 1<br />
LPF6 – 0,30 – 0,32 – 0,35 0,37 1<br />
LF6 – 0,81 – 0,49 – 0,50 0,27 0,16 1<br />
LO – 0,73 – 0,64 – 0,23 0,68 0,70 0,57 1<br />
NEN – 0,81 – 0,52 – 0,43 0,36 0,53 0,76 0,84 1<br />
NRP – 0,38 – 0,52 – 0,22 0,46 0,65 0,64 0,79 0,82 1<br />
PF – 0,81 – 0,60 – 0,33 0,64 0,64 0,68 0,26 0,86 0,84 1<br />
PS – 0,82 – 0,64 – 0,37 0,64 0,59 0,69 0,95 0,87 0,82 0,89 1<br />
69
ABDELMAJID HADDIOUI, MOHAMED MAHMOUD OULD MOHAMED LEMINE, LALLA HASNA ZINELABIDINE, SAID BOUDA<br />
70<br />
corrélations positives entre la plupart des<br />
caractères de la croissance et le poids des<br />
matières fraîche et sèche des plantes (0,59 à<br />
0,87). Par ailleurs, des corrélations négatives<br />
ont été observées entre les dates d’apparition<br />
des trois premières feuilles et les autres caractères<br />
de la croissance et le poids des matières<br />
fraîche et sèche. La date d’apparition de la<br />
première feuille (DF1) montre une importante<br />
corrélation négative avec la longueur de la<br />
sixième feuille (LF6, – 0,81), La longueur de<br />
l’axe orthotrope (LO, – 0,73), le nombre<br />
d’entre-nœuds (NEN, – 0,81), le poids de la<br />
matière fraîche (PF, – 0,81) et le poids de la<br />
matière sèche (PS, – 0,82). De même, la date<br />
d’apparition de la deuxième feuille (DF2) présente<br />
une corrélation négative élevée avec la<br />
longueur de l’axe orthotrope (LO, – 0,64), le<br />
poids de la matière fraîche (PF, – 0,60) et le<br />
poids de la matière sèche (PS, – 0,64).<br />
Par ailleurs, les résultats de l’ACP montrent<br />
que les trois premiers axes principaux absorbent<br />
à eux seuls 89,3 % (65,3 + 16,4 + 7,6) de<br />
la variabilité totale. Cette forte représentati-<br />
vité des trois premiers axes témoigne de la<br />
présence d’une organisation des populations<br />
selon les caractères phénotypiques mesurés.<br />
L’axe 1, qui explique 65,3 % de l’inertie<br />
totale, est défini du côté négatif par des caractères<br />
de l’initiation foliaire : la date d’apparition<br />
des trois premières feuilles (DF1, DF2 et<br />
DF3) et du côté positif par des caractères de<br />
la vigueur de la plante : la longueur de l’axe<br />
orthotrope (LO), le nombre d’entre-nœuds<br />
(NEN), le nombre de rameaux plagiotropes<br />
(NRP), le poids des matières fraîche et sèche<br />
(PF, PS). En représentant 16,4 % de la variabilité<br />
totale, l’axe 2 est corrélé positivement à<br />
la longueur du premier entre-nœuds (LPEN) et<br />
à la longueur de la sixième feuille (LF6) et<br />
négativement à la longueur du pétiole de la<br />
sixième feuille (LPF6).<br />
La représentation graphique de la dispersion<br />
des populations dans le plan engendré par les<br />
deux premiers axes de l’ACP (81,7 % de la<br />
variabilité totale), montre une séparation nette<br />
des populations selon l’axe 1 en deux groupes<br />
(figure 2). Les quatre populations côtières du<br />
littoral atlantique RA (Rabat), TG (Tanger),<br />
Figure 2 – Représentation graphique de la dispersion de neuf populations<br />
marocaines d’A. halimus dans le plan 1-2 de l’ACP.<br />
Figure 2 – Plot of nine Moroccan populations of A. halimus according the two first axes of the PCA.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ES (Essouiria) et SB (Sidi Bouzid) se séparent<br />
des autres et forment un groupe. Ces<br />
populations sont caractérisées par des plantes<br />
plus vigoureuses, avec des poids de matières<br />
fraîche et sèche très élevés et une initiation<br />
foliaire précoce (tableau 2). Les cinq populations<br />
continentales SE (Settat), KL (El Kelâa<br />
des Sraghna), MA (Marrakech), CH (Chichaoua)<br />
et TA (Tamelelt) forment un deuxième<br />
groupe. Ces populations à valeurs<br />
moyennes faibles pour des caractères qui se<br />
rapportent à la croissance et à la production<br />
des plantes, sont caractérisées par des plantes<br />
peu vigoureuses et des poids de matières<br />
fraîche et sèche très faibles ainsi que par une<br />
mise à feuille tardive (tableau 2).<br />
Discussion<br />
La caractérisation de la variabilité de la phénologie<br />
végétative et de la biomasse des populations<br />
sauvages d’A. halimus a mis en évidence<br />
un polymorphisme phénotypique<br />
important. Les variations observées pour les<br />
différents paramètres témoignent d’une<br />
grande hétérogénéité phénotypique entre les<br />
populations d’A. halimus au Maroc. Ce résultat<br />
suggère la présence d’une variabilité génétique<br />
importante qui caractérise les populations<br />
étudiées. En effet, le polymorphisme<br />
phénotypique a été enregistré chez ces populations<br />
cultivées dans les mêmes conditions<br />
expérimentales en dehors de leur environnement<br />
d’origine (El Hansali et al. 2007). Toutefois,<br />
l’effet maternel n’est pas à exclure pour<br />
expliquer ce résultat. Les mesures portant sur<br />
des plantes issues de graines échantillonnées<br />
à partir des populations cultivées dans les<br />
mêmes conditions pendant deux à trois ans<br />
seraient d’une grande importance pour découpler<br />
les bases génétiques des effets environnementaux.<br />
Les regroupements des populations étudiées<br />
montrent clairement que les caractéristiques<br />
végétatives peuvent être mises en relation<br />
avec certains facteurs écologiques du milieu<br />
d’origine. Ainsi, il apparaît que les populations<br />
situées dans les régions de basse altitude<br />
en bordure de la mer sont caractérisées par un<br />
bon développement végétatif et une bonne<br />
production de matières fraîche et sèche. En<br />
revanche, les populations situées dans des<br />
régions continentales de haute altitude se<br />
caractérisent par un aspect végétatif peu développé<br />
et des poids de matières fraîche et sèche<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Variabilité phénotypique de la phénologie végétative et de la biomasse<br />
d’une espèce d’intérêt écologique et économique au Maroc : Atriplex halimus L.<br />
très faibles. La subdivision des populations se<br />
fait donc en deux groupes correspondant à des<br />
traits d’histoire de vie différents. Ce regroupement<br />
des populations en fonction de l’origine<br />
géographique de la population a été<br />
obtenu chez ces mêmes populations en utilisant<br />
des marqueurs isoenzymatiques (Haddioui<br />
& Baaziz 2001). Ces variabilités phénotypiques<br />
et génotypiques ayant déjà<br />
également été vérifiées dans des populations<br />
marocaines (Abbad et al. 2004a). Ces distinctions<br />
populationnelles ont par ailleurs été<br />
observées chez d’autres espèces végétales :<br />
Medicago spp (Cremer-Bach 1992) ; Medicago<br />
ciliaris L. et Medicago intertexta L.<br />
(Cherifi et al. 1993) ; Medicago polymorpha<br />
L. (Abdelkefi et al. 1996) ; Medicago truncatula<br />
Gaertn (El Hansali et al. 2007) ; Hedysarum<br />
spinosissimum L. (Baatout et al. 1991).<br />
Cette diversité phénotypique des populations<br />
sauvages d’A. halimus au Maroc offre des<br />
possibilités de choix pour sélectionner un<br />
matériel correctement adapté à différentes<br />
régions. Les résultats obtenus suggèrent que<br />
les populations littorales présentent un potentiel<br />
agronomique et peuvent être utilisées pour<br />
une meilleure valorisation agricole de cette<br />
espèce au Maroc. En effet, ces populations<br />
présentent beaucoup plus d’intérêt dans la<br />
mesure où elles se montrent les plus vigoureuses<br />
et produisent beaucoup plus de matière<br />
verte et de matière sèche. Des travaux d’amélioration<br />
peuvent être entrepris sur ces populations<br />
pour que leur exploitation dans différentes<br />
régions agricoles donne les meilleurs<br />
résultats.<br />
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ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Distribution and phytogeographical<br />
analysis of Quercus ithaburensis<br />
ssp. macrolepis in Greece<br />
Distribution et analyse phytogéographique<br />
de Quercus ithaburensis ssp. macrolepis en Grèce<br />
Abstract<br />
This paper presents the distribution of Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis in Greece, its basic ecological<br />
requirements such as rock and soil characteristics,<br />
topography, climatic and bioclimatic<br />
factors and chorological and life form spectra of<br />
its forests. Data were collected with questionnaires<br />
sent to all Forest Service offices around<br />
the country and were further completed with<br />
field observations. The results suggest that Q.<br />
ithaburensis ssp. macrolepis forests cover an<br />
area of 29,631.8 ha in the form of stands, thickets<br />
and groups, in lowlands and uplands of continental<br />
and insular Greece. Furthermore, isolated<br />
individuals are scattered throughout the<br />
country. The subspecies develops in a variety of<br />
rock and soil types, slope inclinations, aspects<br />
and different types of <strong>Mediterranean</strong> bioclimates.<br />
It prefers low to middle altitudes, on the<br />
sub-humid bioclimate and on shallow to moderate<br />
deep calcareous soils. All these characteristics,<br />
combined with human activities, influence<br />
vegetation types in each region. Due to climate<br />
and various human interventions, the <strong>Mediterranean</strong><br />
elements dominate and only in the<br />
forests found in the more northern regions the<br />
percentage of the submeditteranean elements<br />
increase considerably. Additionally, Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis forests are characterized<br />
by the dominance of therophytes.<br />
Keywords: Oak, soil, climate, vegetation,<br />
<strong>Mediterranean</strong> elements.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
A. PANTERA 1 , A. M. PAPADOPOULOS 1 , G. FOTIADIS 1 and V. P. PAPANASTASIS 2<br />
1. Correspondent author: T.E.I. Lamias, Forestry Department and Natural<br />
Environment Management, 36100 Karpenissi, Greece<br />
Tel.: +30 22370 25063,<br />
Fax: +30 22370 24035,<br />
Email: pantera@teilam.gr<br />
2. Laboratory of Rangeland Ecology, Aristotle University of Thessaloniki,<br />
54124 Thessaloniki, Greece<br />
Résumé<br />
Cet article présente la distribution de Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis en Grèce, ses conditions<br />
écologiques de base, telles que les caractéristiques<br />
du substrat et du sol, la topographie, les<br />
facteurs climatiques et bioclimatiques et des<br />
spectres chorologiques et des formes de vie. Les<br />
données ont été collectées à l’aide des questionnaires,<br />
envoyés à tous les services forestiers<br />
du pays et complétés par des observations et<br />
mesures sur le terrain. Les résultats montrent<br />
que Q. ithaburensis ssp. macrolepis couvrent<br />
une superficie de 29 631,8 ha, en formations<br />
forestières, dans les zones de plaines et semimontagneuses<br />
de la Grèce continentale et insulaire.<br />
Il est encore présent sous la forme d’arbres<br />
isolés dans plusieurs régions du pays. La sousespèce<br />
se développe sur divers types de substrat<br />
et de sols avec des inclinaisons et expositions<br />
diverses, et sous différents types de bioclimats<br />
méditerranéens. Elle préfère des régions à basse<br />
et moyenne altitude, en bioclimat subhumide,<br />
sur des sols calcaires peu ou moyennement profonds.<br />
Tous ces critères combinés aux activités<br />
humaines influencent les structures de végétation<br />
dans chaque région. En raison du climat et<br />
des divers types d’interventions humaines, les<br />
éléments méditerranéens dominent. C’est seulement<br />
dans les forêts du nord du pays, que le<br />
pourcentage des éléments subméditerranéens<br />
augmente considérablement. En générale les<br />
forêts de Q. ithaburensis ssp. macrolepis sont<br />
caractérisées par la dominance des thérophytes.<br />
Mots clés : chêne velani, sol, climat, végétation,<br />
éléments méditerranéens.<br />
73
A. PANTERA, A. M. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS<br />
74<br />
Introduction<br />
Quercus ithaburensis is an East-<strong>Mediterranean</strong><br />
deciduous oak easily distinguished<br />
from the other species by its semicircular<br />
crown and sized acorns. Sub-species of this<br />
oak are reported in southeast Italy (Pignatti<br />
1982), south Albania (Villaeys 1990), Greece<br />
(Economidou 1981; Athanasiadis 1986b;<br />
Christensen 1997), Turkey (Davis 1982),<br />
Syria and Lebanon (Mouterde 1966; Camus<br />
1936-1938 in Scaramuzzi 1960), Israel<br />
(Kaplan & Gutman 1999), northwestern Jordan<br />
(Zohary 1973) and west Anatolia (Akman<br />
et al. 1978; Lattif & Younis 1984). According<br />
to Christensen (1997), the sub-species Q.<br />
ithaburensis ssp. macrolepis (Kotschy) Hedge<br />
& Yalt., is present in Greece.<br />
Diapoulis (1939) and Grispos (1936, 1973),<br />
based on Theophrastus (Page et al. 1968) and<br />
other ancient writers, mention the existence<br />
of extended Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests in ancient Greece. Great forests with<br />
old Q. ithaburensis ssp. macrolepis trees<br />
reportedly existed during the past in the<br />
<strong>Mediterranean</strong> zone of the country, in Peloponnesus,<br />
Attica, and the Aegean islands<br />
(Grispos 1973). Up to the last century, the<br />
main uses of the species were for wood and<br />
acorn production (Giannakopoulou 2002).<br />
Furthermore, tannins extracted from Q.<br />
ithaburensis ssp. macrolepis acorn cups supported<br />
a great tannery and dye industry (Ioannidis<br />
2002).<br />
During the last decades, activities such as<br />
conversion of forests to agricultural land, illegal<br />
lumbering, overgrazing and forest fires<br />
have confined Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
to small-forested units or to isolated individuals<br />
in the interior of forested islets in lowland<br />
and semi-mountainous agricultural<br />
fields, relics from old forests (Quezel &<br />
Bonin 1980; Quezel & Barbero 1985; Tutin<br />
et al. 1993). Compared to the past, the subspecies<br />
currently has rather ecological than<br />
economic importance. Pantera (2002) mentions<br />
the numerous functions of Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis such as its contribution<br />
to the ecological balance of unfavorable to<br />
other oaks environments, the valuable acorns<br />
as fodder to wild fauna, as well as the possible<br />
future re-use of natural dyes for tannery.<br />
There has been an increasing interest from the<br />
public and private sectors during the last few<br />
years to protect and manage the remaining Q.<br />
ithaburensis ssp. macrolepis forests and to<br />
expand them by new plantations. It is of great<br />
importance the fact that it forms some of the<br />
few deciduous oak forests in the eastern<br />
<strong>Mediterranean</strong> zone (eu-meditteranean,<br />
Quercetalia ilicis zone) (Dafis 1973). Certain<br />
forests are included in the “Natura 2000” E.C.<br />
program (Dafis et al. 1997; Platis 2002).<br />
Based on the local increasing demand for<br />
organic products, certain farmers have<br />
invested on organic husbandry farms providing<br />
free-range pork meat, raised in Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis forests (Nikolopoulos<br />
2002). On the other hand, limited information<br />
exists on its distribution, the ecological<br />
requirements of the subspecies, and the phytogeography<br />
of the deciduous forests formed<br />
by the subspecies in the <strong>Mediterranean</strong> zone<br />
of Greece.<br />
The objectives of this paper were to: i. study<br />
the subspecies distribution in Greece; ii. investigate<br />
the subspecies requirements for certain<br />
ecological traits; iii. relate its distribution with<br />
bioclimatic, topography and soil factors; and<br />
iv. investigate the life forms and the phytogeographical<br />
distribution of plant species of<br />
the Q. ithaburensis ssp. macrolepis forests, as<br />
a preliminary contribution to a better understanding<br />
of its ecology and, consequently, its<br />
conservation.<br />
Materials and Methods<br />
The distribution of Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis was inventoried with the use of<br />
specially prepared questionnaires that were<br />
sent to all (104) Forest Service offices around<br />
the country. These offices are in charge of the<br />
management and conservation of forests and<br />
forest lands at the various counties and are<br />
stationed at their capital towns. The questionnaire<br />
addressed each Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis population separately and<br />
requested information concerning its geographical<br />
position and area covered, site characteristics<br />
such as altitude, slope inclination<br />
and aspect, rock and soil depth. Additionally,<br />
it included questions concerning various stand<br />
characteristics and previous management,<br />
associated vegetation, regeneration status and<br />
the reasons for sparse or possible lack of<br />
regeneration, and finally any comments that<br />
the inquirer had to report. The climatic and<br />
bioclimatic characteristics were analyzed<br />
based on data derived from the Hellenic<br />
National Meteorological Service (1999) of the<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
period 1955-1997, and the Greek bioclimatic<br />
maps (Mavrommatis 1980). Vegetation information<br />
reported in the questionnaires was<br />
interpreted taking into account published<br />
accounts of forest vegetation (Mavrommatis<br />
1978; Quezel & Barbero 1985) and forest<br />
associations (Dafis 1973) maps. Several in<br />
situ visits followed for further observations on<br />
the parameters of interest.<br />
The dominant species of the plant associations<br />
were identified based on previous references<br />
(Barbero & Quezel 1980; Athanasiadis<br />
& Gerasimidis 1985; Theocharopoulos et al.<br />
1998; Quezel & Médail 2003), and sampled<br />
by in situ visits in Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests. The samples collected were<br />
transferred and treated (dried) in the botanic<br />
laboratory of the Forestry and Natural Resources<br />
Management department of Karpenissi<br />
and subsequently identified based on Flora<br />
Europaea (Tutin et al. 1968-1980, 1993) and<br />
Flora Hellenica, vol. 1-2 (Strid & Tan 1997-<br />
2002). Floristic catalogues were produced<br />
from the recorded taxa per region (a total of<br />
512 species identified). The taxa were<br />
grouped into chorological and life form cate-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Distribution and phytogeographical analysis of Quercus ithaburensis ssp. macrolepis in Greece<br />
gories according to the systems described by<br />
Oberdorfer (1990) and Raunkiaer (1910)<br />
respectively. The chorological and life form<br />
types of the species were found based on the<br />
existing literature (Oberdorfer 1990; Pignatti<br />
1982; Tutin et al. 1968-1980, 1993; Greuter<br />
et al. 1984-1989; Strid & Tan 1997, 2002).<br />
Results<br />
Distribution and area covered<br />
by Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
Q. ithaburensis ssp. macrolepis expands in<br />
continental and insular Greece, mainly in lowlands<br />
and forested hills as well as in agricultural<br />
and urban areas (Figure 1). It covers an<br />
area of 29632 ha in the form of small (thickets)<br />
or larger stands and isolated individuals.<br />
Areas of greater distribution include western<br />
Greece (11894 ha), the islands of Crete (5500<br />
ha) and Lesvos (5000 ha), south Peloponnesus<br />
(3484 ha) and the Cyclades islands (2000 ha).<br />
Figure 1 – Distribution<br />
of Quercus ithaburensis<br />
ssp. macrolepis in Greece.<br />
75
A. PANTERA, A. M. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS<br />
76<br />
Rock, soil types<br />
and topographic factors<br />
Most of the Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests grow on limestone soils (76%), in various<br />
areas of continental Greece, the Ionian<br />
islands and Crete. Another 16.9% occurs on<br />
volcanic soils in Lesvos and other Aegean<br />
islands and a 7.1% on fhlysch, schist, igneous<br />
and Neogene rocks in various Greek areas.<br />
Concerning soil depth, 41.9% is present on<br />
shallow to very shallow soils (0.15-0.30 m)<br />
and 53.5% on moderately deep soils (0.30-<br />
0.60 m). Only a small part of forests (4.6%)<br />
grows on deep to very deep soils (>0.60 m)<br />
due to the extensive forest destruction and<br />
subsequent land use for agricultural purposes<br />
(Pantera & Papanastasis 2003; Pantera &<br />
Panagiotou 2003).<br />
The subspecies expands in areas from sea<br />
level (0 m) up to 1100 m a.s.l., and in various<br />
aspects and slope inclinations. A detailed<br />
analysis of aspects revealed that the major<br />
part of the Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests (43.1%) develops on east, south, and<br />
west facing slopes; a 17.7% prefers northeast,<br />
north, and northwest facing slopes; and a<br />
39.2% does not relate to a specific aspect. On<br />
the other hand, the subspecies prefers plain,<br />
hilly and semi-mountainous sites up to an<br />
altitude of 600-700 m. In protected areas of<br />
higher altitudes, it develops in mixture with<br />
Quercus pubescens or, sparsely, with Quercus<br />
cerris and other deciduous oaks.<br />
Climatic – bioclimatic factors<br />
The distribution of the subspecies confines to<br />
areas with mean annual precipitation ranging<br />
from 324 to 1084.6 mm. The forests receiving<br />
the highest precipitation are those found<br />
in Western Greece (Ionian Islands, Epirus and<br />
west Peloponnesus). On the contrary, the<br />
forests receiving low precipitation are located<br />
in southeastern continental Greece (Attica)<br />
and the islands of Cyclades. Concerning the<br />
mean minimum temperature of the coldest<br />
month (m), Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
occurs only in areas with m ranging from 0 to<br />
9.4 o C. The lowest values of m are recorded<br />
in Northern Greece, ranging approximately<br />
from 0 to 3 o C and the highest in the islands<br />
of south Aegean (Crete, Rhodes), of south<br />
Ionian sea and of Cyclades, ranging approximately<br />
from 8 to 9.4 o C. In respect to the<br />
mean maximum temperature of the warmest<br />
month (M), the species occurs in areas with a<br />
range of M between 26.8 and 34.5 o C. The<br />
lowest values of M are recorded in areas of<br />
insular and northwestern continental Greece,<br />
whereas the highest in the mainland. According<br />
to the bioclimatic map (Mavrommatis<br />
1980), the species grows in the following<br />
<strong>Mediterranean</strong> bioclimates:<br />
a) Semi-arid, with cool winters in Macedonia,<br />
temperate winters in Attica and warm winters<br />
in the Cyclades islands,<br />
b) Sub-humid, with cool winters in Thrace<br />
and Thessaly, temperate winters in Sterea<br />
Ellada (Central Greece), in northwestern<br />
and south Peloponnesus and the north<br />
Aegean islands and warm winters in the<br />
south Aegean and south Ionian islands, and<br />
c) Humid, with temperate winters in west<br />
Peloponnesus, Epirus and north Ionian<br />
islands.<br />
Flora – Vegetation<br />
By combining the inventory results with the<br />
forest vegetation (Mavrommatis 1978; Quezel<br />
& Barbero 1985) and forest associations maps<br />
(Dafis 1973), it appears that Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis grows in Greece mainly in the<br />
mesomediterranean layer of the Quercetalia<br />
ilicis zone. Its presence decreases in the thermomediterranean<br />
layer where it mainly grows<br />
in the lowlands of southeastern Greece. Occasionally<br />
it is present in restricted areas of the<br />
supramediterranean layer in northern and<br />
northwestern Greece, in mixture with other<br />
deciduous oaks such as Quercus frainetto,<br />
Q. cerris, Q. trojana and Q. pubescens.<br />
The understorey of many areas is mainly<br />
composed of unpalatable to grazing species<br />
such as Phlomis fruticosa, Urginea maritima,<br />
Euphorbia dendroides and other phryganic<br />
species (Table 1). Additionally, evergreen<br />
broadleaved shrubs such as Ceratonia siliqua,<br />
Acer sempervirens etc. accompany the species<br />
in several areas whereas, in some of those, it<br />
grows in mixture with conifers such as Pinus<br />
pinea in northwestern Peloponnesus and<br />
Juniperus excelsa in Thrace (Table 1).<br />
The Q. ithaburensis ssp. macrolepis forest<br />
understorey differentiates according to the<br />
vegetation zone and consists mainly of:<br />
1. Grasslands and shrubby vegetation in the<br />
supramediterranean layer (Thrace, Lesvos,<br />
south-eastern Thessaly, north-western Peloponnesus);<br />
2. Phryganic and shrubby vegetation in the<br />
mesomediterranean and thermomediter-<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Distribution and phytogeographical analysis of Quercus ithaburensis ssp. macrolepis in Greece<br />
Table 1 – Some important floristic elements of Greek Quercus ithaburensis ssp. macrolepis forests.<br />
Taxa Area found<br />
Pteridophyta<br />
Polypodiaceae Asplenium ceterach L. west Sterea Ellada, Epirus<br />
Spermatophyta<br />
Gymnospermae<br />
Cupressaceae Juniperus excelsa M. Bieb. Thrace<br />
Juniperus oxycedrut L. ssp. oxycedrus Thrace<br />
Pinaceae Pinus halepensis ssp. brutia (Ten.) Holmboe Thrace<br />
Pinus pinea L. northwest Peloponnesus<br />
Angiospermae – Dicotylidonae<br />
Acanthaceae Acanthus spinosus L. almost everywhere<br />
Aceraceae Acer campestre L. Thrace, south Peloponnesus<br />
Acer monspessulanum L. Thrace<br />
Acer sempervirens L. south Peloponnesus, Cyclades<br />
Anacardiaceae Pistacia lentiscus L. west Sterea Ellada, Epirus<br />
Pistacia terebinthus L. almost everywhere<br />
Cistaceae Cistus creticus L. almost everywhere<br />
Cistus monspeliensis L. south Peloponnesus<br />
Cistus salvifolius L. Crete<br />
Compositae Bellis perennis L. Lesvos, Crete, west Sterea Ellada, Epirus<br />
Cornaceae Cornus mas L. Epirus<br />
Cruciferae Cardamine acanthothamnos L. almost everywhere<br />
Ericaceae Erica arborea L. Crete, south Peloponnesus<br />
Erica manipuliflora Salisb. Crete, south Peloponnesus<br />
Euphorbiaceae Euphorbia acanthothamnos Boiss. south Sterea Ellada<br />
Euphorbia dendroides L. Crete, south Sterea Ellada<br />
Fagaceae Quercus coccifera L. almost everywhere<br />
Quercus frainetto Ten. Epirus, Thessaly<br />
Quercus pubescens WilId. almost everywhere<br />
Labiatae Coridothymus capitatus (L.) Reichenb. fil. south Sterea Ellada<br />
Lavandula stoechas L. Crete, south Peloponnesus, Cyclades<br />
Origanum vulgare L. almost everywhere<br />
Phlomis fruticosa L. almost everywhere<br />
Salvia officinalis L. Thrace, west Sterea Ellada, Epirus<br />
Leguminosae Calicotome villosa (Poir.) Link Crete, south Peloponnesus, west Sterea Ellada<br />
Ceratonia siliqua L. Crete<br />
Cercis siliquastrum L. northwest Peloponnesus, west Sterea Ellada<br />
Hipppocrepis emerus ssp. emeroides<br />
(Boiss. & Spruner) Lassen Crete, Thrace, west Sterea Ellada<br />
Ononis spinosa L. Lesvos, Epirus<br />
Oleaceae Fraxinus ornus L. Thrace<br />
Jasminum fruticans L. Crete, Thrace, Epirus<br />
Olea europaea L. almost everywhere<br />
Phillyrea latifolia L. almost everywhere<br />
Ranunculaceae Clematis flammula Thrace, west Sterea Ellada, Epirus<br />
Rhamnaceae Paliurus spina-christi Mill. everywhere except the islands<br />
Rosaceae Crataegus monogyna Jacq. everywhere except the islands<br />
Malus trilobata (Labill.) C.K.Schneider Thrace<br />
Prunus spinosa L. almost everywhere<br />
Pyrus amygdaliformis Vill. almost everywhere<br />
Pyrus communis L. Crete, Thessaly<br />
Pyracantha coccinea M. Roem. Crete, Thessaly<br />
Sarcopoterium spinosum (L.) Spach Crete, Lesvos, Cyclades, Epirus, south Sterea Ellada<br />
Rubiaceae Galium aparine L. almost everywhere<br />
Rubia peregrina L. Crete, northwest Peloponnesus<br />
Santalaceae Osyris alba L. Crete, west Sterea Ellada, Epirus<br />
Angiospermae – Monocotylidonae<br />
Juncaceae Carex distachya Desf. everywhere except the islands<br />
Gramineae Chrysopogon gryllus (L.) Trin. almost everywhere<br />
Dactylis glomerata L. almost everywhere<br />
Liliaceae Asparagus acutifolius L. almost everywhere<br />
Asphodelus aestivus Brot. almost everywhere<br />
Ruscus aculeatus L. almost everywhere<br />
Urginea maritima (L.) Baker almost everywhere<br />
77
A. PANTERA, A. M. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS<br />
78<br />
ranean layer (Cyclades, south Peloponnesus,<br />
Crete etc.).<br />
An 88.2% of the Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis forests can be characterized as<br />
pure (seedling-derived), open to widely open<br />
canopy stands. Possibly this (open canopy<br />
stands), in combination with other factors<br />
(human influences, xerothermic climate, light<br />
demand of the dominant tree species etc.)<br />
may result to the dominance of therophyta<br />
followed by hemicryprophyta and phanerophyta<br />
(life form spectra, Table 2).<br />
As far as the phytogeographical analysis of<br />
Q. ithaburensis ssp. macrolepis forests is concerned,<br />
Table 3 shows that the <strong>Mediterranean</strong><br />
elements largely dominate over the sub-<br />
Table 2 – Life-form spectra of the flora of the Quercus ithaburensis ssp. macrolepis forests in Greece<br />
Geographical region<br />
<strong>Mediterranean</strong> and the eurasiatic ones. This<br />
supports the characterization of Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis as a typical <strong>Mediterranean</strong><br />
subspecies and, at the same time, one of the<br />
few deciduous subspecies forming forests<br />
within the Quercetalia ilicis zone. The sub-<br />
<strong>Mediterranean</strong> elements greatly approach the<br />
<strong>Mediterranean</strong> ones only in a few areas such<br />
those located close to the supramediterranean<br />
layer (Thrace, Lesvos, southeast Thessaly,<br />
north-western Peloponnesus), which are those<br />
approximately close to the limits between the<br />
Quercetalia ilicis and Quercetalia pubescentis<br />
vegetation zones. Actually, most of the<br />
<strong>Mediterranean</strong> and sub-<strong>Mediterranean</strong> species<br />
are of eastern and, only a few of them, of<br />
western origin.<br />
Thrace SE NW Sterea Cyclades Crete S. Pelo- Lesvos W Sterea NW Pelo- Epirus<br />
Life form Thessaly Ellada ponnesus Ellada ponnesus<br />
Hemicryptophytes (H) 38 27 32 40 39 30 34 59 30 76<br />
Geophytes (G) 7 11 8 18 20 16 11 22 10 19<br />
Chamaephytes (Ch) 7 2 3 2 9 3 4 8 1 14<br />
Nanophanerophytes (NP) 15 9 9 6 25 13 6 16 2 18<br />
Megaphanerophytes (MP) 12 8 6 3 4 6 6 6 3 9<br />
Therophytes (T) 50 40 54 58 48 37 74 94 37 88<br />
Hydrophyes (W) 0 0 0 0 0 0 0 6 1 0<br />
Table 3 – Chorological spectra of the flora of the Quercus ithaburensis ssp. macrolepis forests in Greece<br />
Geographical region<br />
Thrace SE NW Sterea Cyclades Crete S. Pelo- Lesvos W Sterea NW Pelo- Epirus<br />
Chorological elements Thessaly Ellada ponnesus Ellada ponnesus<br />
<strong>Mediterranean</strong> (med) 45 35 45 50 59 47 52 79 28 82<br />
Sub-mediterranean (smed) 55 37 34 40 42 35 50 66 29 71<br />
Eurasiatic (euras) 18 21 20 24 30 16 20 41 18 46<br />
North (no) 3 3 5 7 2 4 6 6 4 10<br />
Greek endemic (hell) 0 0 1 1 3 1 0 1 0 1<br />
Cosmopolitical (cosmo) 2 0 1 2 1 1 3 0 3 1<br />
Continental (kont) 2 0 1 0 1 0 2 5 1 4<br />
Balcan endemics (balkan) 2 0 3 1 1 1 0 4 0 7<br />
Alpine (alp) 1 0 1 0 1 0 0 0 0 1<br />
Sub-cosmopolitical (subcosmo) 0 0 0 1 0 0 1 1 1 0<br />
Cultivated (cult) 0 0 1 1 0 0 0 2 0 0<br />
Greek subendemic (subhell) 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0<br />
Subatlantic/west mediterranean<br />
(subatl/wmed)<br />
East <strong>Mediterranean</strong>/east<br />
sub-mediterranean<br />
2 2 6 6 7 3 3 11 4 14<br />
(omed/osmed) 22 12 15 22 21 19 20 28 14 31<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Discussion and conclusions<br />
Q. ithaburensis ssp. macrolepis was known in<br />
Greece throughout the centuries for its great<br />
ecological and economic value. The area<br />
covered by its forests, compared to the total<br />
forested area of Greece, is small and scattered<br />
in various locations. Compared to the<br />
distribution presented by Christensen (1997),<br />
it appears that certain stands as well as<br />
individual trees have been destroyed, mostly<br />
due to human activities and forest fires<br />
(Pantera & Papanastasis 2001, 2003; Pantera<br />
& Panagiotou 2003). Its wide distribution<br />
range has resulted to forests with completely<br />
diverse understorey floristic compositions,<br />
depending on the particular location where<br />
they grow.<br />
It has a wide ecological range. It seems that<br />
annual precipitation and high temperatures do<br />
not affect its distribution in Greece. Ne’eman<br />
(1993) mentions that Openheimer (1947)<br />
recorded high transpiration values of Q. ithaburensis<br />
during the summer months, indicating<br />
that its roots go deep and reach wet soil<br />
even in dry summers. On the contrary, mean<br />
minimum temperature of the coldest month m<br />
lower than 0 oC appears to be a limiting factor<br />
for its distribution. Most of the Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis forests grow in the subhumid<br />
bioclimatic layer. This layer does not<br />
greatly affect the floristic composition since<br />
it is composed either of phrygana (south Peloponnesus)<br />
or of grasses (Thrace). However,<br />
an important factor seems to be the combination<br />
of temperature with the bioclimatic layer<br />
and, subsequently, with the vegetation zone.<br />
The subspecies grows widely in areas with<br />
warm winters of the semi-arid bioclimatic<br />
layer whereas only individual trees sparsely<br />
grow in the humid bioclimatic layer on deep<br />
lowland soils, inside agricultural fields or<br />
stands of other deciduous oaks. Its absence or<br />
presence as individual trees inside agricultural<br />
fields indicate the intense pressure posed to<br />
the species by human activities one of which<br />
being the shift from forest to agricultural land<br />
use which occurred during the past years<br />
(Quezel & Médail 2003).<br />
No preferences to specific bedrocks are<br />
recorded as it grows in all rock types, even on<br />
compacted ones with intermediate crevices or<br />
soil layers. Quezel (1976) and Brickell (1989)<br />
report that Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
develops on deep, moderate deep, shallow,<br />
and very shallow limestone or silica soils,<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Distribution and phytogeographical analysis of Quercus ithaburensis ssp. macrolepis in Greece<br />
with sandy-clay to clay texture and acid to<br />
basic pH. However, most of the areas where<br />
the subspecies is present in Greece have shallow<br />
to moderate deep calcareous soils. This<br />
may be attributed to the competition posed to<br />
the subspecies by other deciduous oaks, to the<br />
destruction of its forests on deep soils by converting<br />
them to agricultural fields as well as<br />
to its adaptation to adverse soil environments.<br />
It only grows on deep soils when it is free of<br />
competition from other forest trees mainly in<br />
dry bioclimates. In areas where both Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis and Quercus pubescens<br />
are present, the former is found in the<br />
poorer and drier sites whereas the latter in the<br />
more wet and productive sites. In dry areas, it<br />
prefers bottomlands rich in clay whereas in<br />
more humid areas limestone with sufficient<br />
clay inside crevices. Radoglou (1996) reports<br />
that 30 years old Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
trees kept their stomata significantly<br />
open even at low soil water availability, low<br />
air humidity, and low water use efficiency.<br />
The same author characterized Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis as a more efficient water<br />
using subspecies compared to Q. pedunculiflora,<br />
Q. ilex, Q. trojana and Q. pubescens.<br />
Raftoyiannis et al. (2008), suggest that<br />
the subspecies sustain water stress by maintaining<br />
the stomata open and, subsequently,<br />
ensuring a continuous water flow and consumption.<br />
The same authors, however, point<br />
out the importance of a deep root system for<br />
such a function. In addition, Brickell (1989)<br />
reported that it tolerates high calcium concentrations<br />
on limestone soils.<br />
Q. ithaburensis ssp. macrolepis mainly<br />
expands from an altitude of 0 to 600-700 m,<br />
values approximately similar to those reported<br />
by Christensen (1997). Its presence is limited<br />
at 700 to 1100 m. This may be attributed to<br />
the temperature decrease as well as to the<br />
intense competition from other deciduous<br />
species prevalent in higher altitudes. A similar<br />
behavior characterizes also other species<br />
of the <strong>Mediterranean</strong> vegetation in Greece,<br />
mostly evergreen broadleaved (Dafis 1973;<br />
Athanasiadis 1986a). The results suggest that<br />
slope inclination and exposure do not restrict<br />
its distribution. However, there is a preference<br />
on the sunny exposures. Even if it is considered<br />
as a xero-thermic subspecies with a high<br />
light demand (Athanasiadis 1986b), it may<br />
partly tolerate shade for some hours of the day<br />
(Huxley 1992). Furthermore, the same author<br />
reports that the young seedlings tolerate<br />
medium levels of side shadowing.<br />
79
A. PANTERA, A. M. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS<br />
80<br />
Most of its forests develop in the mesomediterranean<br />
layer forming sub-associations.<br />
According to Barbero & Quezel (1980), vegetation<br />
sampling in the Rethimno area of<br />
Crete have shown that Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis forms the Quercetosum macrolepidis<br />
sub-association, composed mostly of<br />
phrygana and evergreen broadleaved species.<br />
Another study in the Strofilia forest in northwestern<br />
Peloponnesus has resulted in vegetation<br />
units of the Quercetum macrolepidis desmazerietosum<br />
sub-association, in mixture<br />
with Pinus pinea (Athanasiadis & Gerasimidis<br />
1985). In several regions, however,<br />
Q. ithaburensis ssp. macrolepis is found in<br />
mixture with Juniperus excelsa, Acer sempervirens<br />
etc., which have a different syntaxonomy.<br />
Nevertheless, most of the Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis vegetation types are quite disturbed<br />
by human activities and their in-forest<br />
identity is altered so they cannot be easily<br />
studied and included in the Braun-Branquet<br />
classification system as associations. This is<br />
further supported by the fact that therophytes<br />
outnumber hemicryptophytes and phanerophytes.<br />
Similar results are reported for Pinus<br />
halepensis forests in Greece, where the high<br />
proportion of therophyta are attributed to the<br />
sub-humid with mild winters climate of the<br />
area (Tsitsoni & Karagiannakidou 1992), a<br />
quite similar climate to that characterizing the<br />
distribution area of Q. ithaburensis ssp.<br />
macrolepis. Therophytes may also inrease due<br />
to degradation by human activities and not<br />
only due to dry climate. Additionally, in many<br />
Quercetalia ilicis vegetation types or in the<br />
drier and warmer sub zone of Quercetalia<br />
pubescentis (Carpinion orientalis), there is a<br />
relatively high proportion of therophytes i.e.<br />
Quercus coccifera shrublands (Theodoropoulos<br />
& Athanasiadis 1993), Q. trojana ssp. trojana<br />
forests (Elefteriadou et al. 1998), and<br />
Q. pubescens forests (Fotiadis & Athanasiadis<br />
2004). Light demanding species dominate in<br />
most of the above mentioned forests forming<br />
mostly open and thin-crowned forests. In<br />
forests where less light demanding species<br />
dominate (e.g. Quercus frainetto, Q. petraea<br />
ssp. medwediewii, Tilia tomentosa and Fagus<br />
sylvatica), of cooler and more humid climate<br />
than that of Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests, hemicryptophytes largely dominate<br />
over therophytes (Theodoropoulos & Athanasiadis<br />
1993; Fotiadis & Athanasiadis 2004).<br />
It is of great importance that the physiognomy<br />
of vegetation on the understorey of Q. ithaburensis<br />
ssp. macrolepis forests differentiates<br />
according to the vegetation zone and, subsequently,<br />
to the local climate as well as to grazing<br />
intensity. It forms various vegetation<br />
types, with either phryganic species or evergreen<br />
broadleaved species, or, finally, grasses.<br />
This differentiation is also reflected in the<br />
chorological origin of the species, since in<br />
regions where phrygana prevail there are by<br />
far more types of <strong>Mediterranean</strong> origin, while<br />
in areas where grass species are present, the<br />
sub-<strong>Mediterranean</strong> types are increased. Actually,<br />
combining the chorological spectra per<br />
region with the vegetation zones given by<br />
Dafis (1973), Horvat et al. (1974), Quezel &<br />
Barbero (1985) and Athanasiadis (1986a), it<br />
appears that regions with dominant <strong>Mediterranean</strong><br />
species are found in the Quercetalia<br />
ilicis zone. On the contrary, regions where<br />
species of <strong>Mediterranean</strong> and submediterranean<br />
origin are almost equal in number,<br />
they are found in the transient limit of the<br />
Quercetalia ilicis and to the Quercetalia<br />
pubescentis zones (i.e. Thrace, Lesvos etc).<br />
To conclude, Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
has a wide ecological range in Greece, characterized<br />
by its adaptive capacity to various<br />
climatic and soil environments of the low and<br />
middle altitude zones. Its absence or low presence<br />
in many lowland areas of Greece may be<br />
attributed to the intense human interference<br />
applied to this zone for many years since<br />
ancient times. The subspecies may be used in<br />
regeneration projects in xerothermic areas<br />
where phrygana and thermophilic conifers<br />
dominate and are presently threatened by desertification.<br />
It is suggested that appropriate<br />
measures should be taken with rural people<br />
living close to Q. ithaburensis ssp. macrolepis<br />
forests in order to enhance its proper utilization.<br />
Above all, emphasis should be given to<br />
public education and awareness to promote its<br />
many ecological and economic advantages.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
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ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Submerged macrophytes<br />
as bioindicators for pollution<br />
in Lake Mariut<br />
along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt<br />
Abstract<br />
The fact that Lake Mariut is the only coastal lake<br />
in Egypt with no natural connection with the<br />
<strong>Mediterranean</strong> Sea has further aggravated the<br />
situation through the accumulation of pollutants<br />
in the lake. The effect of different pollutants<br />
on the composition and distribution of<br />
submerged aquatic plant communities in Lake<br />
Mariut (Egypt) was studied. Effects of heavy<br />
metals, nitrates, nitrites and phosphorus in the<br />
water and sediments on the dry weight standing<br />
crop (DWSC) of submerged macrophytes<br />
and their spatial distributions were investigated.<br />
Seven stations (which include 20 sites) were<br />
selected to represent the different pollution<br />
sources. The species-environmental data were<br />
analyzed using Canonical Correspondence<br />
Analysis (CCA). Only five submerged macrophytes<br />
species were recorded in Lake Mariut.<br />
There was an obvious variation in the DWSC of<br />
the species according to the pollution source.<br />
Potamogeton pectinatus and Ceratophyllum<br />
demersum were the best growing species with<br />
maximum DWSC, while C. muricatum, Myriophyllum<br />
spicatum and Najas marina subap.<br />
armata were weakly growing in most stations<br />
particularly the heavily polluted ones. The CCA<br />
ordination showed that dissolved nitrite, iron,<br />
phosphate, salinity and sulphate as well as sediment<br />
copper and cadmium are the most effective<br />
variables on the DWSC of these macrophytes.<br />
C. demersum is more developed in<br />
agricultural polluted areas with high levels of<br />
water phosphate and sulphate and low levels of<br />
water and sediment copper, chromium and<br />
lead. On the other hand, P. pectinatus characterizes<br />
the industrial polluted areas, with high<br />
level of sediment cadmium and low levels of<br />
water copper and chromium. These results were<br />
discussed and compared with other related<br />
studies.<br />
Keywords: heavy metals, sediments, spatial<br />
distribution, pollution.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Tarek M. GALAL 1 , Emad A. M. FARAHAT 1 and Manal FAWZY 2<br />
Introduction<br />
Macrophytes are aquatic plants, growing in or<br />
near water that are emergent, submerged or<br />
floating. Macrophytes are beneficial to lake<br />
because they provide food and settler for fish<br />
and aquatic invertebrates. They are important<br />
component of the aquatic ecosystem not only<br />
as food source for aquatic invertebrates, but<br />
they also act as an efficient accumulator of<br />
heavy metals (Chung & Jeng 1974). They are<br />
unchangeable biological filters and play an<br />
important role in the maintenance of some<br />
functions (e.g. nutrient cycles) of the aquatic<br />
ecosystem.<br />
The occurrence of aquatic macrophytes is<br />
unambiguously related to water chemistry and<br />
using plant species or communities as indicators<br />
or biomonitors is an objective for surveying<br />
water quality (Robach et al. 1996).<br />
Aquatic plants are used in water quality studies<br />
to monitor heavy metals and other pollutants<br />
of water and submerged soils. Their<br />
selective absorption of certain ions combined<br />
with their sedentary nature is a reason for<br />
using hydrophytes as biological monitors<br />
(Sawidis et al. 1995). Aquatic plants could<br />
also be used as bioindicators for water pollution.<br />
For example, Potamogeton pectinatus<br />
and Myriophyllum spicatum are appropriate<br />
indicators for aquatic habitats characterized<br />
1. Botany and Microbiology Department,<br />
Faculty of Science, Helwan University, Egypt<br />
2. Department of Environmental Sciences,<br />
Faculty of Science, Alexandria University, Egypt<br />
83
TAREK M. GALAL, EMAD A. M. FARAHAT, MANAL FAWZY<br />
84<br />
by water of very low photosynthetic active<br />
radiation (linked to high turbidity), chemical<br />
oxygen demand, carbohydrate and sulphate.<br />
They also characterize environment with low<br />
dissolved oxygen concentrations, eutrophication<br />
and alkalinity (Ali et al. 1999). M. spicatum<br />
have removal capacity for some heavy<br />
metals (Wang et al. 1996) and P. pectinatus is<br />
found in abundance at highly polluted sites<br />
with high sediment organic matter content<br />
(Kantrud 1990).<br />
In the recent years, especially after the construction<br />
of the Aswan High Dam, considerable<br />
changes have been observed in the morphology,<br />
water characteristics and biotic<br />
composition of the northern lakes of Egypt<br />
(Mariut, Edku, Burullus, Manzala and Bardawil).<br />
Nowadays, these lakes are threatened<br />
by several factors such as continuous land<br />
reclamation projects, construction of roads<br />
along the north coast, touristic development,<br />
pollution and coastal erosion. All these current<br />
or planned human activities will not only<br />
cause the loss of important unique wetland<br />
habitats but also will create new artificial<br />
ecosystems.<br />
Lake Mariut was subjected to exponential<br />
anthropogenic impact in the last decades.<br />
These impacts result from agricultural, human<br />
and industrial activities which collectively<br />
pollute the water body of the lake. Heavy metals<br />
and much of the industrial wastes can not<br />
be degraded and therefore, accumulate in<br />
water, soil, bottom sediments, and living<br />
organisms. Inappropriate polices for the disposal<br />
of sewage, industrial and agricultural<br />
waste of the Alexandria and El-Beheira Governorates<br />
seem to have no regard for environmental<br />
considerations for decades, and led to<br />
severe deterioration of Lake Mariut, so it has<br />
become the most polluted wetland in Egypt<br />
(Galal 2005). The fact that Lake Mariut is the<br />
only coastal lake in Egypt with no natural<br />
connection with the <strong>Mediterranean</strong> Sea has<br />
further aggravated the situation through the<br />
accumulation of pollutants in the lake. Seawater<br />
would have continually diluted the<br />
detrimental effect of the huge influx of pollutants<br />
discharged into the lake. Moreover,<br />
along the <strong>Mediterranean</strong> west coast of<br />
Alexandria, new seaside resorts have been<br />
established. Although these are not fully occupied<br />
except during the summer months, their<br />
impact on the western arm of Lake Mariut is<br />
bound to affect the western extension of the<br />
lake (Galal 2005).<br />
Many authors (Haslam 1987; Robach et al.<br />
1996; Ali et al. 1999) reported that aquatic<br />
macrophytes varied considerably in their<br />
response to the changes that result from different<br />
human impacts. The effect of pollution<br />
upon the liminological characteristics (Halim<br />
1984; Abdel Moneim et al. 1987) and the<br />
aquatic organisms (Khalil & Awady 1990) of<br />
Lake Mariut was studied. Several ecological<br />
studies demonstrated human impacts on the<br />
aquatic habitats (Woodward 1984; Raven et<br />
al. 1995) with special reference to the distribution<br />
and growth of aquatic macrophytes<br />
(Ali & Soltan 1996; Ali et al. 1998).<br />
The main objectives of the present investigation<br />
are 1) to determine the effect of different<br />
pollutants on the composition and distribution<br />
of submerged aquatic plant communities in<br />
Lake Mariut and 2) to gather evidence on submerged<br />
plants as bioindicators for different<br />
pollutants.<br />
Study site<br />
Lake Mariut is situated along the <strong>Mediterranean</strong><br />
coast of Egypt (31o 2’-31o 12’ N; 29o 51’-29o 59’ E). It is divided by artificial<br />
embankments into four basins (Fig. 1): eastern<br />
basin or main basin with an area of about<br />
27.3 km2 , fish farm basin of about 4.2 km2 and south-western and north-western basins<br />
with a total area of 31.5 km2 . Water depth<br />
varies between 0.50 m and 1.15 m with a<br />
mean depth of 0.80 m. Omoum and Kalaa<br />
drains served previously as the main sources<br />
of water to the lake through a wide opening<br />
situated along its dyke to keep the lake water<br />
at its normal level (Samaan & Abdel-Moneim<br />
1986). Their waters are mixture of agricultural<br />
runoff and sewage effluents contaminated<br />
with industrial wastes discarded from Alexandria<br />
drainage system. The south-western basin<br />
receives discharges from oil and petrochemical<br />
factories. The north-western basin receives<br />
discharges from oil and gas as well as textile<br />
industries (Galal 2005). The bottom sediments<br />
of Mariut Lake, around its periphery,<br />
consist of sandy fill of loose to medium density,<br />
while inside the lake they consist of plastic<br />
gray clay to silt clay with a large fraction<br />
of shell fragments and small percent of<br />
organic materials such as roots and vegetation<br />
with a smell of hydrogen sulphide in these<br />
regions (El-Wakeel 1964).<br />
The climatic features prevailing in the study<br />
area (1950-1975) indicate that January is the<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Submerged macrophytes as bioindicators for pollution in Lake Mariut along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt<br />
coldest month (13.6 o C), while August is the<br />
hottest (26.4 o C) (Table 1). The mean relative<br />
humidity ranges between 62% and 71%,<br />
while the mean evaporation rate varies<br />
between 5.5 mm day -1 and 8.1 mm day -1 . On<br />
the other hand, mean monthly rainfall is<br />
15 mm month -1 .<br />
Materials and Methods<br />
Submerged aquatic plants<br />
Submerged plants, water and sediments samples<br />
were collected from Lake Mariut, during<br />
summer season, along 7 stations (which<br />
include 20 sites) representing the different<br />
sources of pollution and the distribution of<br />
aquatic macrophytes in the lake (Figure 1).<br />
These stations are: S1 heavily polluted by<br />
sewage wastes, S2 by oil and agricultural<br />
drainage wastes, S3 and S4 by many industrial<br />
effluents (e.g. textile industry wastes), S5<br />
and S6 only by agricultural drainage wastes<br />
and S7 heavily polluted by stacks emission<br />
effluents and discharges of the adjacent oil<br />
refineries and vehicles effluents in addition to<br />
agricultural drainage. In each station, 3 sampling<br />
sites (except S7 that comprises 2 sites)<br />
were selected to collect the plant samples<br />
using a grapnel haul (five grapnel hauls per<br />
sampling site). This method gives good comparative<br />
values of presence and abundance<br />
(Ali et al. 1999). Plants were transferred to<br />
the laboratory, washed and separated into different<br />
taxa and identified (Boulos 1999, 2000,<br />
2005). The dry weight standing crop (DWSC)<br />
of each species per grapnel haul was determined<br />
after oven drying at 65 ºC for 24 hours.<br />
The average DWSC was calculated for each<br />
species per sampling site (5 samples/site).<br />
Water and sediments analyses<br />
In the field, 1 liter surface water samples were<br />
collected from each station (three composite<br />
samples) for physicochemical analysis. Water<br />
temperature, pH (using pH meter Model 9107<br />
BN, ORION type), and electrical conductivity<br />
values (conductivity meter 60 Sensor<br />
Operating Instruction Corning) were measured<br />
in situ during day. In the laboratory, dissolved<br />
nutrients were measured using the<br />
standard methods (Allen et al. 1986). Nitrates<br />
were measured using chromotropic acid<br />
method, while the sulphanilamide diazotiza-<br />
Figure 1 – Location map of the selected 7 stations in lake Maruit, Egypt.<br />
Table 1 – Long term averages (1950-1975) of the metereological data<br />
of Dekheila station in the study area (Anonymous 1980).<br />
Metereological variable Range Mean<br />
Maximum air temperature (°C) 17.7-29.5 24.1<br />
Minimum air temperature (°C) 9.6-23.5 16.5<br />
Mean air temperature (°C) 13.6-26.4 20.2<br />
Relative humidity (%) 62.0-71.0 66.0<br />
Evaporation (mm day -1 ) 5.5-8.1 6.9<br />
Rainfall (mm month -1 ) - 15.0<br />
tion was used for determination of nitrites.<br />
Phosphates were determined by the direct colorimetric<br />
Molybdenum blue method, while<br />
sulphates were determined turbidimetrically<br />
as barium sulphate at 500 nm. Cadmium, copper,<br />
iron, manganese, lead and chromium<br />
were determined with Pye Unicam Sp 1900<br />
Recording Flame Atomic Absorption Spectrophotometry<br />
(Allen et al. 1986).<br />
Sediments samples were collected from each<br />
station (three composite samples) using stainless<br />
steel crab. They were dried and sieved<br />
through 2 mm sieve. Soil water extracts of 1:5<br />
were prepared for the determination cadmium,<br />
copper, iron, manganese, lead and<br />
chromium with Pye Unicam Sp 1900 Recording<br />
Flame Atomic Absorption Spectrophotometery<br />
(Allen et al. 1986).<br />
85
TAREK M. GALAL, EMAD A. M. FARAHAT, MANAL FAWZY<br />
86<br />
Data analysis<br />
DECORANA (DCA) ordination (Hill 1979)<br />
was applied to ordinate the zonal vegetation<br />
of the water bodies. The vegetation data and<br />
environmental variables were analyzed together<br />
by Canonical Correspondence Analysis<br />
(CCA) using Canoco for Windows version 4.0<br />
(Ter Braak & Smilauer 1998). After testing<br />
the data for normality, the differences in the<br />
sediment and water variables among the seven<br />
stations were tested using one-way analysis<br />
of variance (ANOVA) according to SPSS<br />
software (SPSS, 1999). A post-hoc test was<br />
applied when differences were significant.<br />
Results<br />
Submerged aquatic macrophytes<br />
Five submerged aquatic macrophytes (Ceratophyllum<br />
demersum L., Ceratophyllum muricatum<br />
Cham, Myriophyllum spicatum L.,<br />
Najas marina subap. armata (H. Lindb.) Horn<br />
and Potamogeton pectinatus L.) were record-<br />
Table 2 – Dry weight sanding crop (g sample -1 ) of the recorded species in the different polluted stations.<br />
DCA-axis2<br />
0<br />
-1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2<br />
S5<br />
A<br />
C<br />
0.6<br />
S6<br />
0.4<br />
S1<br />
S2<br />
0.2<br />
-0.2<br />
-0.4<br />
-0.6<br />
-0.8<br />
-1<br />
-1.2<br />
DCA-axis1<br />
S3<br />
a b<br />
S7<br />
B<br />
D<br />
S4<br />
DCA-axis2<br />
ed along the 7 selected stations in Lake Mariut<br />
(Table 2). Station 6 (S6), representing the<br />
agricultural drainage pollution, is the most<br />
diverse with five submerged aquatic species<br />
but the dominance of C. demersum. On the<br />
other hand, S4 representing the industrial pollution,<br />
is the least diverse occupied by P. pectinatus<br />
and C. demersum. C. demersum and<br />
P. pectinatus were recorded in all the stations<br />
with variable DWSC. The highest DWSC for<br />
C. demersum was obtained in S5 and S2. On<br />
the other hand, the highest DWSC for P. pectinatus<br />
was obtained in S4 and S7 polluted with<br />
industrial wastes. The DWSC of both species<br />
was inversely proportional to each other in all<br />
stations, especially S4, S5 and S7. M. spicatum<br />
had low DWSC in stations 2 and 7<br />
(highly polluted with oil) and slightly higher<br />
in water polluted by agricultural drainage (stations<br />
5 and 6). C. muricatum was collected in<br />
S6 polluted with agricultural drainage.<br />
The DCA ordinations of the 7 polluted stations<br />
based on their floristic composition (Figure<br />
2a) as well as water and sediment chemistry<br />
(Figure 2b) indicated that, four clusters<br />
were separated: A: includes stations S1, S2<br />
Station<br />
Species S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7<br />
Ceratophyllum demersum L. 9.59 17.48 0.02 6.16 53.05 7.11 2.70<br />
Ceratophyllum muricatum Cham. 3.97<br />
Myriophyllum spicatum L. 0.06 2.32 2.38 0.04<br />
Najas marina subap. armata (H. Lindb.) Horn 1.02 0.85 0.35 0.01<br />
Potamogeton pectinatus L. 0.31 0.34 17.78 59.59 0.09 1.03 27.09<br />
15<br />
10<br />
0<br />
-15 -10 -5 0 5 10 15<br />
Figure 2 – DCA ordination of the 7 pollution stations of Lake Mariut based on their floristic composition (a)<br />
and water and sediments chemistry (b).<br />
A<br />
S1<br />
S2<br />
-5<br />
-10<br />
-15<br />
5<br />
S6<br />
B<br />
DCA-axis1<br />
S 7<br />
S3<br />
S5<br />
S4<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
C<br />
D
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Submerged macrophytes as bioindicators for pollution in Lake Mariut along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt<br />
Table 3a – Mean±standard deviation of the sediments heavy metals ( g g -1 ) along the 7 polluted stations in Lake Mariut.<br />
Maximum and minimum values are underlined.<br />
and S6 which are mixed pollution sources,<br />
B: includes S3 and S7 polluted with oil<br />
wastes, C: includes S5 polluted with agricultural<br />
wastes and D: includes S4 polluted with<br />
industrial wastes.<br />
Sediments and water chemistry<br />
Sediment chemical analyses indicated that S2<br />
was highly polluted with heavy metals<br />
(Table 3a), which had the highest values of<br />
copper, iron and manganese. On the other<br />
hand, S6 was the least polluted station with<br />
the lowest chromium, iron and manganese. S5<br />
had the highest value of cadmium, but the<br />
lowest of lead, while S7 had the highest of<br />
chromium and lead.<br />
Water chemistry indicated that S1 had the<br />
highest values of phosphate, nitrate and sulphate,<br />
but the lowest of lead. On the other<br />
hand, S2 had the highest of salinity, copper,<br />
chromium and manganese. Furthermore, the<br />
highest values of nitrite, iron and lead were<br />
recorded in S7 (Table 3b).<br />
Station<br />
Variable S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7<br />
Cd 2.1±2.1 3.1±0.5 3.7±0.3 3.9±0.3 4.0±0.4 3.6±0.3 4.0±0.3<br />
Cu 50±50.1 250±12.8 25±4.1 75±8.6 75±13.3 65±7.0 53±6.3<br />
Cr 167±167.1 113±6.6 210±21.7 170±18.6 195±6.6 150±27.2 225±9.9<br />
Fe 21625±95.3 45425±46.8 14950±156.2 17025±73.7 21925±107.6 13550±402.3 31250±372.0<br />
Mn 525±13.1 1500±18.2 850±66.6 575±31.0 1025±21.9 250±13.9 800±78.1<br />
Pb 160±7.8 145±8.2 118±16.9 100±3.9 88±4.0 158±37.7 210±29.7<br />
Table 3b – Mean±standard deviation of the water chemistry along the 7 polluted stations in Lake Mariut.<br />
Maximum and minimum values are underlined.<br />
Station<br />
Variable S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7<br />
Temp. °C 27.0±0.4 26.5±0.2 27.0±0.6 27.0±0.2 27.3±0.3 27.4±0.4 27.0±0.5<br />
Salinity% 4.6±0.3 6.6±0.3 6.0±0.3 5.9±0.1 4.0±0.3 4.5±0.1 4.2±0.3<br />
pH 8.4±0.3 8.2±0.3 8.0±0.3 8.1±0.4 7.9±0.5 7.8±0.3 7.8±0.2<br />
PO4 549±47.2 434±15.1 183±14.9 100±8.5 130.2±12.8 257.3±6.3 456±7.0<br />
NO3 161±13.2 147±6.2 138.6±8.0 156.8±6.2 150±7.9 143±4.8 141.4±7.5<br />
NO2 113.4±4.9 107.2±6.9 60.2±5.7 18.2±1.6 89.6±2.6 124.6±5.4 207.2±5.9<br />
SO4 7532±58.9 6328±125.7 3584±101.2 1148±23.6 2856±140.3 4340±273.4 4984±292.9<br />
Cd 0.9±0.2 1.2±0.3 1.2±0.1 0.9±0.1 1.1±0.2 1.1±0.1 1.0±0.1<br />
Cu 16.0±1.1 75.0±8.7 6.0±1.3 3.0±0.4 25.0±4.6 19.0±2.7 20.0±2.8<br />
Cr 10.0±1.1 16.3±2.0 8.5±1.5 9.5±1.7 15.0±2.4 10.0±1.9 11.0±2.7<br />
Fe 107.0±4.6 56.0±9.6 48.0±11.4 112.0±25.2 77.0±16.8 80.0±8.6 120.0±17.7<br />
Mn 16.0±3.1 94.0±5.2 30.0±9.5 18.0±2.2 36.0±4.4 6.0±0.8 60.0±9.7<br />
Pb 4.0±0.7 4.3±0.5 25.0±4.5 12.5±2.5 5.0±0.9 21.0±3.6 48.0±8.5<br />
gl -1<br />
Species-environment relationship<br />
(CCA ordination)<br />
The application of CCA ordination (Figure 3)<br />
indicated that inferred ranking of the species<br />
along the more influential environmental variables<br />
can be made by dropping perpendicular<br />
lines from the species co-ordinates to the<br />
environmental arrows. The length and direction<br />
of a line represents a given soil variable<br />
that provides an indication of the importance<br />
and direction of the gradient of environmental<br />
variable change. The angle between two<br />
lines reflects the correlation between the two<br />
variables represented by these lines. Some<br />
sediment variables have significant positive<br />
correlation with each other such as soil manganese<br />
with copper and iron (r = 0.74 and<br />
0.81, respectively; P = 0.05; 0.02), water copper<br />
with sediment copper, iron and manganese<br />
(r = 0.94, 0.89 and 0.77, respectively;<br />
P = 0.001, 0.007, 0.04). From the inter-set<br />
correlations, cadmium, chromium, iron and<br />
lead concentration in water and sediments<br />
were correlated with CCA-axis 1. On the<br />
87
TAREK M. GALAL, EMAD A. M. FARAHAT, MANAL FAWZY<br />
– 1.0<br />
– 0.8 1.0<br />
88<br />
W Pb<br />
W Fe<br />
W Salini<br />
S Cd<br />
Pot pec<br />
S Cr<br />
S Pb<br />
W NO 3<br />
Cer mur<br />
Myr spi<br />
W NO2 W Cd<br />
W SO4 W PO Cer dem<br />
4<br />
Naj mar<br />
W Mn<br />
Figure 3 – CCA ordination showing the correlation between the submerged<br />
aquatic macrophytes and 18 environmental factors in Lake Mariut.<br />
Cer dem = Ceratophyllum demersum, Cer mur = Ceratophyllum<br />
muricatum, Myr spi = Myriophyllum spicatum, Naj mar = Najas<br />
marina subsp. armata and Pot pec = Potamogeton pectinatus.<br />
W NO 2 = water nitrate, W NO 3 = water nitrite, W PO 4 = water<br />
phosphate, W Cu = water copper, W Cr = water chromium,<br />
W Cd = water cadmium, W Fe = water iron, W Mn = water<br />
magnesium, W Pb = water lead, W SO 4 = water sulphate,<br />
S Cu = sediment copper, S Cr = sediment chromium,<br />
S Cd = sediment cadmium, S Fe = sediment iron, S Mn = sediment<br />
manganese, S Pb = sediment lead.<br />
S Fe<br />
S Cu<br />
S Mn<br />
W Cu<br />
W Cr<br />
other hand, manganese concentrations in<br />
water were correlated with axis 2. It is clear<br />
that water chromium, copper, lead, iron and<br />
salinity as well as sediment manganese are the<br />
most effective variables.<br />
C. demersum that dominated the agricultural<br />
polluted areas occupied high levels along<br />
water phosphate and sulphate gradient and<br />
low levels along water and sediment copper,<br />
chromium and lead. On the other hand, P.<br />
pectinatus characterized the industrial polluted<br />
areas and occupied a high level along<br />
sediment cadmium, intermediate level along<br />
water iron, lead and salinity as well as sediment<br />
lead and chromium, and low levels<br />
along water copper and chromium gradients.<br />
Najas marina subsp. armata was found on a<br />
high level along sediment copper gradient and<br />
a low level along sediment cadmium and<br />
water lead gradients.<br />
Discussion<br />
Aquatic vegetation has technical advantages,<br />
the most important of which is that they can<br />
be used as indicators for heavy metal pollution.<br />
The successful living of aquatic macrophytes<br />
in polluted areas is usually due to their<br />
abilities to accumulate metal concentrations<br />
larger than in the surrounding water (Miretzky<br />
et al. 2004; Nimis et al. 2002). Five submerged<br />
aquatic macrophytes were recorded<br />
among the 7 stations in Lake Mariut. These<br />
submerged macrophytes have disappeared<br />
from the places of extreme pollution, near the<br />
mouths of drain discharges. Pollution stress<br />
(i.e. the chemical pollution discharged in the<br />
lake through the factories of sewage effluents)<br />
and disturbance (i.e. the habitat disturbance<br />
resulted by inputs of kinetic energy from high<br />
discharge rate (Ali et al. 1999) may be<br />
responsible for the disappearance of submerged<br />
vegetation from the sites that directly<br />
receive the factories effluents (Ali & Soltan<br />
1996). Five submerged macrophytes were<br />
recorded by Galal (2005), among them Potamogeton<br />
crispus, which was not recorded in<br />
the present study. On the other hand, C. muricatum<br />
was recorded in the present study but<br />
not in the northern lakes of Egypt (Galal<br />
2005). The number of submerged macrophytes<br />
represents 50% of that recorded in the<br />
northern lakes of Egypt and this may be due<br />
to the fact that Lake Mariut is the most polluted<br />
wetland in Egypt (Galal 2005).<br />
The presence of submerged plants is determined<br />
mostly by the quality of the water<br />
(Litav & Agami 1976). Agricultural and urban<br />
runoff may carry large amounts of toxic metals,<br />
pesticides and other organic chemicals,<br />
which may lead to water-quality problems<br />
and decreasing the diversity of aquatic<br />
ecosystem (Mostaghimi et al. 1997). Station<br />
6 (S6) is the most diverse, in which the five<br />
submerged aquatic species were recorded.<br />
Agami (1984) indicated that the largest number<br />
of species was observed in the clean water<br />
section of Amal River (Israel) and the number<br />
of species decreased considerably with<br />
increasing water pollution. On the other hand,<br />
S4 is the least diverse station occupied only<br />
by P. pectinatus and C. demersum. Ali and<br />
Soltan (1996) attributed the extinction of<br />
aquatic macrophytes to the toxic effects of<br />
pollutants from industrial sources.<br />
C. demersum is among the mostly recorded<br />
aquatic weeds in the northern lakes. It is<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Submerged macrophytes as bioindicators for pollution in Lake Mariut along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt<br />
widely distributed in Lake Mariut. C. demersum<br />
is a very dangerous subaquaeous weed of<br />
canals, drains and lakes (Simpson 1932). C.<br />
demersum was recorded in all the studied stations<br />
with its highest DWSC recorded in S5<br />
polluted with agricultural drainages followed<br />
by S2 and S1. These stations were associated<br />
with relatively high values of nitrites, nitrates<br />
and phosphates. This may indicate the ability<br />
of C. demersum to survive in water of high<br />
nutrients. Moreover, this plant could be<br />
regarded as nutrient tolerant hydrophyte (Ali<br />
et al. 2003). Eglin et al. (1996) described C.<br />
demersum as hyper-trophic and polluo-tolerant<br />
species. However, Ali et al. (1999) stated<br />
that C. demersum is a possible indicator for<br />
aquatic habitats characterized by water with<br />
high carbohydrates and low eutrophication<br />
and alkalinity. In their study on small Norwegian<br />
lakes, Mjelde & Faafeng (1997)<br />
observed that most macrophytes-dominated<br />
lakes with Phosphorus concentration above<br />
30 mg m-3 were dominated by C. demersum.<br />
P. pectinatus is a very phenoplastic species<br />
with wide ecological amplitude, found even<br />
in eutrophicated waters (Van Wijk 1986). It<br />
was recorded in all the studied stations with<br />
its highest DWSC recorded in S4 polluted<br />
with industrial wastes. This station was characterized<br />
by relatively high values of sediment<br />
cadmium, chromium and iron as well as water<br />
temperature, salinity and pH. In Spain, P.<br />
pectinatus forms well developed mats in<br />
channels characterized by high temperature,<br />
pH, conductivity as well as sulphates and<br />
chlorides (Aboal et al. 1996). P. pectinatus<br />
was also found in abundance at highly polluted<br />
sites with high sediment organic matter<br />
content (Kantrud 1990). P. pectinatus has<br />
been found to accumulate Cd and Zn and<br />
showed tolerance/toxic response to these phytotoxic<br />
metals (Rai et al. 2003). Moreover it<br />
was found that P. pectinatus accumulate metals<br />
in the order Fe > Mn > Cu > Zn (Singh et<br />
al. 2003). P. pectinatus that grow in surface<br />
water polluted by copper mining industry was<br />
able to survive tissue concentration (in mg/kg)<br />
of up to 920 Cu, 6240 Mn, 98 Co and 59 Ni,<br />
while M. spicatum survived tissue concentration<br />
up to 1040 Cu, 6660 Mn and 57 Cu<br />
(Samecka-Cymerman & Kempers 2004). The<br />
lowest DWSC for P. pectinatus was recorded<br />
in S5 characterized by the highest DWSC of<br />
C. demersum. This station was characterized<br />
by higher values of sediment lead and cadmium.<br />
Yaowakhan et al. (2005) observed that,<br />
at high Pb concentration, C. demersum show-<br />
ed substantial accumulation, i.e. 1,621 mg/kg<br />
at 1 mg/l Pb after 6 days and 6,982 mg/kg at<br />
10 mg/l Pb after 9 days. The relative growth<br />
of plants generally decreased with increase in<br />
Pb concentration. In addition, the variation in<br />
DWSC of both species enhanced us for more<br />
investigation for the mutual interactions and<br />
probable allelochemical effects between them<br />
in water. On the other hand, allelopathy is<br />
suggested to give increased competitive<br />
power to some species of macrophytes and<br />
charophytes even at high level of enrichment<br />
(Wium-Andreson et al. 1983). P. pectinatus<br />
reduces the biomass of C. aspera in the established<br />
phase, probably due to shading. Competition<br />
for light can explain the dominance<br />
of P. pectinatus to C. aspera (Van den Berg et<br />
al. 1998).<br />
M. spicatum had slightly higher DWSC in stations<br />
that receive agricultural pollution, while<br />
DWSC were low in those polluted with oil.<br />
M. spicatum is known to have removal capacity<br />
for some heavy metals (Wang et al. 1996).<br />
Keskinkan et al. (2007) reported that M. spicatum<br />
has a better adsorption capacity than C.<br />
demersum for all the tested metals (Zn, Cu<br />
and Pb). In Lake Nasser, Egypt, Ali & Soltan<br />
(2006) found that M. spicatum had replaced<br />
the originally dominated submerged macrophytes<br />
N. marina subsp. armata. This might<br />
be obvious in the present study, whereas N.<br />
marina was either absent or had a low DWSC<br />
in presence of M. spicatum. Shading by the<br />
taller M. spicatum may be the cause of<br />
reduced growth in N. marina subsp. armata,<br />
although several authors also suggest that M.<br />
spicatum may release allelopathic substances<br />
(Nakai et al. 2000; Gross et al., 1996). The<br />
allelopathic activity of M. spicatum against N.<br />
marina was already suggested by Agami &<br />
Wise (1985) and confirmed by Erhard (2006).<br />
It might be concluded from the present study<br />
that high DWSC values of C. demersum, C.<br />
muricatum and M. spicatum may indicate the<br />
presence of agricultural drainage sources of<br />
pollution, while high value of P. pectinatus<br />
may indicate the presence of industrial<br />
sources. These findings are in accord with Ali<br />
& Soltan (1996).<br />
89
TAREK M. GALAL, EMAD A. M. FARAHAT, MANAL FAWZY<br />
90<br />
Acknowledgements<br />
We are thankful for the Police of Environment<br />
and Water Bodies in Alexandria for their helpful<br />
guidance and facilities to access the different<br />
basins of the lake. Many thanks are also<br />
to Dr Y. Al-Sodany for reviewing the manuscript.<br />
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91
Résumés de thèses<br />
Nathalie VAN DER PUTTEN 2008<br />
Paléoécologie et paléoclimatologie<br />
des îles sub-antarctiques<br />
pour la période post-pléniglaciaire<br />
266 p.<br />
Thèse d’université soutenue le 16 juin 2008 à l’université<br />
de Gand (Belgique), Département de géographie, faculté<br />
des sciences. Thèse en cotutelle, université Paul Cézanne<br />
(Aix-Marseille III), faculté des sciences de Saint-Jérôme<br />
(UMR, IMEP, Département I – Paléoenvironnements et biogéographie<br />
évolutive, Équipe variabilité climatique et<br />
changements environnementaux, bâtiment Villemin, Europôle<br />
de l’Arbois, BP 80, 13545 Aix-en-Provence cedex 04,<br />
France).<br />
Jury – P r Philippe DE MAEYER (université de Gand, Gand, Belgique),<br />
président. P r Bas VAN GEEL (université d’Amsterdam, IBED, Pays-<br />
Bas) et P r Ryszard OCHYRA (Polish Academy of Sciences, Wladyslaw<br />
Szafer Institute of Botany, Cracovie, Pologne), rapporteurs. Philippe<br />
PONEL (C.R. CNRS – IMEP, université Paul Cézanne, Marseille),<br />
examinateur. Jacques-Louis DE BEAULIEU (D.R. émérite – IMEP, université<br />
Paul Cézanne, Marseille) et P r Morgan DE DAPPER (université<br />
de Gand, Gand, Belgique), directeurs de thèse.<br />
Mots clés : paléoécologie, paléoclimatologie, macrorestes<br />
végétaux, bryophytes, graines, fruits, sub-antarctique, Géorgie<br />
du Sud, îles Crozet, Holocène.<br />
Les îles sub-antarctiques sont situées entre c. 60o et 45o de latitude sud. Cette partie de l’hémisphère Sud est<br />
caractérisée par le Front polaire (FP), zone où deux unités<br />
océaniques (les eaux froides antarctiques et les eaux tempérées)<br />
se rencontrent, résultant d’un changement brusque<br />
de la température de l’eau.<br />
Le climat des îles sub-Antarctique se caractérise par un<br />
régime très océanique (saisonnalité réduite) et une température<br />
annuelle moyenne au-dessus de 0 o C. Les îles au sud<br />
du FP (Géorgie du Sud et île Heard) présentent une couverture<br />
de glace importante, contrairement aux îles au nord<br />
du FP. La précipitation annuelle est 800 mm au minimum<br />
mais des différences importantes existent entre les îles ou<br />
même à l’intérieur d’une île ou d’un archipel. Les îles sont<br />
caractérisées par une végétation non arborescente et un<br />
nombre réduit d’espèces de plantes vasculaires (entre 11 et<br />
41 espèces). La majeure partie des zones basses des îles est<br />
couverte par des tourbières où les mousses forment l’élément<br />
dominant.<br />
Les changements paléoclimatiques ont été enregistrés aussi<br />
bien dans les archives terrestres que dans les archives océaniques<br />
et glaciaires. La corrélation entre ces différentes<br />
sources de données est le meilleur moyen pour comprendre<br />
les mécanismes des changements globaux ; c’est par conséquent<br />
une démarche de plus en plus pratiquée. Les courbes<br />
paléoclimatiques des hautes latitudes australes sont<br />
extraites surtout des carottes de glace. La couverture des<br />
fonds océaniques et des zones terrestres est très insuffisante,<br />
et les îles sub-antarctiques en particulier sont à peine<br />
prises en compte dans la discussion sur les paléoclimats.<br />
Néanmoins, pour certains chercheurs le FP représente l’une<br />
des limites les plus importantes dans le système mondial,<br />
plus précisément celle de l’asynchronie climatique entre<br />
l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud.<br />
Le but primordial de cette étude (partie I) est l’élaboration<br />
de connaissances sur la paléoécologie et les paléoclimats<br />
en sub-Antarctique au moyen d’analyses macrorestes végétaux<br />
de séquences organiques, recueillies sur deux îles différentes,<br />
(i) la Géorgie du Sud (au sud du FP) et (ii) l’île<br />
de La Possession (îles Crozet) (au nord du FP). Étant donné<br />
que les îles sub-antarctiques sont à peine étudiées, le développement<br />
d’un indicateur paléoécologique (macrorestes<br />
végétaux) représente un défi important.<br />
Nos recherches ont pu démontrer que les macrorestes végétaux<br />
sont un excellent indicateur des paléoclimats en sub-<br />
Antarctique, en particulier les mousses qui peuvent être<br />
considérées comme les indicateurs de base de cette méthodologie.<br />
À l’île de La Possession et en Géorgie du Sud, de nombreux<br />
changements paléoécologiques très probablement<br />
associés à des changements climatiques ont été registrés.<br />
Les plus importants sont intervenus vers ca. 8 200, ca.<br />
5 300 et ca. 2 800 années calibrées BP et démontrent une<br />
signature globale. Un fait remarquable est qu’un décalage<br />
de quelques siècles a été constaté pour les événements<br />
5 300 et 2 800 années calibrées BP, entre la Géorgie du Sud<br />
(au sud du FP) et l’île de La Possession (au nord du FP).<br />
La partie II traite des problèmes méthodologiques liés à<br />
l’analyse pollinique dans le contexte des îles sub-antarctiques,<br />
caractérisées par un nombre réduit de phanérogames,<br />
une flore peu diversifiée et des conditions climatiques<br />
très spécifiques (fluctuations annuelles très réduites,<br />
présence de vents intenses et constants). Les diagrammes<br />
polliniques que nous avons obtenus pour deux séquences<br />
de Géorgie du Sud comme pour l’île de La Possession ont<br />
été comparés aux données tirées des macrorestes végétaux<br />
et ont permis de tirer des conclusions concernant la valeur<br />
du principe « upland-lowland » et concernant le caractère<br />
de la pluie pollinique. À l’île de La Possession on a pu
constater que le principe « upland-lowland » ne permet pas<br />
de déduire des changements climatiques et que la pluie pollinique<br />
est un mixte complexe d’origine régionale et locale.<br />
Des études de la pluie pollinique actuelle sont nécessaires.<br />
À la Géorgie du Sud la pluie pollinique paraît refléter plutôt<br />
la végétation locale, mais les variations des courbes polliniques<br />
sont trop peu marquées pour que des changements<br />
écologiques puissent en être déduits.<br />
Dans la partie III, l’origine de la flore sub-antarctique du<br />
point de vue paléobotanique est discutée. Les biogéographes<br />
ont toujours été intéressés par les îles sub-antarctiques.<br />
La proximité du continent antarctique, l’isolation<br />
extrême, la genèse des îles et l’évolution quaternaire du climat<br />
sont des facteurs primordiaux concernant la constitution<br />
de la faune et de la flore. Là où une rapide immigration<br />
des espèces avait été retenue initialement comme<br />
unique possibilité, on constate qu’il y a de plus en plus<br />
d’indications quant à la possibilité de survie dans des<br />
conditions extrêmes.<br />
À partir des données paléobotaniques, on peut constater<br />
que la plupart des espèces sont présentes sur les îles dès le<br />
début de la formation des sédiments organiques. Au cours<br />
de la période suivante (donc au moins pendant tout l’Holocène),<br />
la composition de la flore n’a plus changé. Il<br />
n’existe aucun signe ni d’immigration, ni d’extinction des<br />
espèces botaniques. Ce n’est qu’au moment de l’arrivée de<br />
l’homme sur les îles qu’une « vague d’immigration » a<br />
commencé, apportant surtout des espèces d’origine européenne.<br />
Ces constats nous mènent à croire qu’une survie<br />
dans des refuges pendant le maximum glaciaire est plus<br />
probable qu’une immigration post-glaciaire rapide, de plus<br />
les données glaciologiques récentes favorisent l’hypothèse<br />
d’une extension glaciaire plus limitée que celle initialement<br />
envisagée.<br />
On peut conclure de ces résultats que la recherche paléoclimatique<br />
en sub-Antarctique peut contribuer à l’étude du<br />
paléoclimat sur une échelle mondiale. Ceci est confirmé<br />
par les résultats préliminaires d’une campagne de terrain<br />
sur les îles Kerguelen.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Résumés de thèses<br />
Audrey MARCO 2008<br />
Patrons d’espèces végétales introduites<br />
et déterminisme de leur variabilité<br />
dans les territoires urbanisés :<br />
étude de la flore cultivée des jardins<br />
et échappée dans les friches<br />
post-culturales de l’arrière-pays<br />
méditerranéen français<br />
302 p.<br />
Thèse d’université soutenue le 8 décembre 2008 à l’université<br />
de Provence, Centre Saint-Charles (Laboratoire<br />
population environnement développement – LPED, UMR 151<br />
UP/IRD, 3, place Victor Hugo, 13331 Marseille cedex 03,<br />
France).<br />
Jury – P r Thierry GAUQUELIN (université de Provence, Marseille)<br />
président. P r Grégory MAHY (faculté des sciences agronomiques,<br />
Gembloux) et P r Nathalie MACHON (MNHN, Paris), rapporteurs.<br />
Nathalie BLANC (C.R. – LADYSS, Paris) et P r Thierry Gauquelin (université<br />
de Provence, Marseille), examinateurs. Valérie BERTAUDIER-<br />
MONTES (MCF, université de Provence, Marseille) et P r Thierry<br />
DUTOIT (université d’Avignon, IUT), codirecteurs de thèse.<br />
Mots clés : urbanisation, bassin méditerranéen, biodiversité<br />
domestique, espèces invasives, interdisciplinarité, pratiques de<br />
jardinage, traits biologiques et écologiques, interfaces<br />
jardin/friche, pré-adaptation, facilitation.<br />
L ’urbanisation constitue à l’heure actuelle un important<br />
changement des modes d’occupation et d’utilisation<br />
des terres au niveau planétaire, entraînant des modifications<br />
du fonctionnement des écosystèmes et de leur diversité biologique.<br />
Parallèlement à la destruction et à la fragmentation<br />
des habitats naturels, de nouveaux habitats aménagés<br />
par l’homme sont créés en milieux urbanisés, tels que les<br />
espaces verts publics et privés, participant à l’introduction<br />
d’espèces végétales. Sources potentielles d’espèces invasives,<br />
elles sont actuellement reconnues comme la<br />
deuxième cause d’érosion de la biodiversité à l’échelle<br />
mondiale. Afin de mettre en place des politiques de développement<br />
urbain durable pour préserver la biodiversité<br />
dans ces milieux, il est important d’approfondir les<br />
connaissances sur le fonctionnement et la dynamique des<br />
espèces introduites dans ces territoires.<br />
Les objectifs de cette thèse sont donc de comprendre l’organisation<br />
et le déterminisme des assemblages et des<br />
patrons d’espèces végétales introduites dans les nouveaux<br />
territoires urbanisés particulièrement dans l’arrière-pays<br />
méditerranéen français. Parallèlement à une déprise agricole,<br />
ce dernier subit depuis trente ans une urbanisation<br />
sous forme de lotissements pavillonnaires et de pavillons<br />
individuels modifiant profondément les mosaïques paysagères<br />
rurales et participant à l’essor d’une diversité floris-<br />
93
Résumés de thèses<br />
tique domestique. Ce travail, conduit sur une commune<br />
rurale (Lauris [84]) située au sein du parc naturel régional<br />
du Luberon, se situe à l’interface de plusieurs champs disciplinaires<br />
(écologie des communautés, écologie du paysage,<br />
biologie des invasions et sociologie) et met en œuvre<br />
une méthodologie faisant appel à l’approche descriptive,<br />
comparative, corrélative et interdisciplinaire.<br />
La première partie de nos recherches propose une caractérisation<br />
(composition, structure, richesse spécifique) de la<br />
flore cultivée de 120 jardins privatifs répartis le long d’un<br />
gradient d’urbanisation. L’étude de cette diversité végétale<br />
domestique montre la forte richesse et l’hétérogénéité floristiques<br />
de ces espaces. Des variations de la composition<br />
floristique ont également été observées le long du gradient<br />
d’urbanisation et s’expriment par des patrons floristiques<br />
différents selon le type d’urbanisation. Aussi, l’étude des<br />
origines géographiques des espèces et la recherche d’espèces<br />
invasives connues dans cette flore cultivée ont mis<br />
en évidence la présence d’espèces bien adaptées au climat<br />
méditerranéen et un risque potentiel de dissémination et de<br />
colonisation de ces espèces en dehors des jardins. Les<br />
variations floristiques observées ont été recherchées dans<br />
l’action plus ou moins prononcée de facteurs pouvant<br />
influencer les pratiques de plantation. Ainsi, une enquête<br />
interdisciplinaire sociologie-écologie sur la pratique de<br />
plantation a été conduite auprès de 86 jardiniers. L’analyse<br />
des raisons de plantation évoquées montrent l’influence de<br />
facteurs naturels et sociaux dans le choix des espèces cultivées.<br />
Le croisement de ces facteurs avec la fréquence des<br />
espèces précise que l’existence de la norme et de la forte<br />
hétérogénéité floristique résulte de choix de plantation<br />
conjointement influencés d’une part par les valeurs d’esthétique,<br />
de lien social et d’usage des jardiniers amateurs<br />
et d’autre part par les contraintes topo-édapho-climatiques<br />
locales. Cependant, le contexte urbain peut moduler leur<br />
expression le long du gradient d’urbanisation et conduire<br />
à des différences de compositions spécifiques entre zones<br />
de densité de bâti.<br />
La deuxième partie de cette thèse s’est donc intéressée à la<br />
flore échappée des jardins dans les friches post-culturales<br />
adjacentes et potentiellement colonisables par les espèces<br />
cultivées. D’une part sur le plan spécifique, la comparaison<br />
de 19 traits écologiques et biologiques entre espèces<br />
cultivées et espèces échappées a montré que ces dernières<br />
présentaient une plus forte adaptation aux contraintes topoédapho-climatiques<br />
locales (sol calcaire et sol sec), des<br />
capacités de multiplication végétative et une situation en<br />
zone d’interface jardin/friche plus favorable à leur dissémination<br />
en dehors de leur lieu d’introduction. D’autre<br />
part, le développement urbain sous forme de mitage et les<br />
conditions écologiques des friches ont aussi été envisagés<br />
comme facteurs explicatifs de la richesse en espèces échappées<br />
de jardins dans les friches post-culturales. Les nombreuses<br />
interfaces jardin/friche ainsi que la densité de jardins<br />
environnant les friches augmentent ainsi les risques<br />
de dispersion d’espèces cultivées dans ces milieux. Bien<br />
que moins déterminantes dans les processus de dispersion,<br />
la structure de la végétation et les conditions topo-édaphiques<br />
des friches participent à l’établissement des<br />
94<br />
espèces échappées en offrant par exemple des perchoirs<br />
pour les oiseaux, facilitant la dispersion d’espèces cultivées<br />
zoochores.<br />
En conclusion, bien que soumises à un ensemble de « barrières<br />
» de nature géographique, environnementale, reproductive<br />
et de dispersion, les espèces introduites dans de<br />
nouveaux territoires peuvent s’établir avec succès dans les<br />
friches post-culturales du fait d’un ensemble de facteurs<br />
facilitant le passage de ces barrières. Les pratiques de plantation<br />
des jardiniers amateurs augmentent en effet les<br />
risques de dispersion des espèces cultivées en introduisant<br />
des espèces déjà pré-adaptées au contexte environnemental<br />
local et en réduisant les distances de dispersion vers les<br />
milieux d’accueil. Le mitage urbain et la déprise agricole<br />
avancée dans ces territoires constituent de plus des<br />
contextes favorables à la dispersion d’espèces introduites<br />
en rapprochant les milieux d’introduction de milieux d’accueil<br />
favorables. Ces résultats montrent également qu’il est<br />
important d’étudier l’organisation et le déterminisme des<br />
patrons d’espèces végétales introduites à plusieurs niveaux<br />
et par des approches interdisciplinaires car les processus<br />
sous-jacents à leur introduction et à leur dispersion sont le<br />
résultat d’une conjonction de facteurs d’ordre anthropique,<br />
spécifique, local et paysager. La réduction des risques d’invasion<br />
d’espèces ornementales dans ces territoires est possible<br />
en modifiant certaines pratiques de vente auprès des<br />
professionnels de l’horticulture, de plantation et d’aménagement<br />
du territoire auprès des acteurs locaux. Ce travail<br />
montre donc qu’il est nécessaire d’envisager autrement la<br />
gestion de la flore domestique dans ces territoires notamment<br />
en sensibilisant les acteurs à une gestion plus<br />
écologique de cette dernière.<br />
Morteza DJAMALI 2008<br />
Changements paléoenvironnementaux<br />
en Iran au cours des deux derniers<br />
cycles climatiques<br />
(végétation-climat-anthropisation)<br />
198 p.<br />
Thèse d’université soutenue le 16 décembre 2008 à l’Europôle<br />
méditerranéen de l’Arbois (Institut méditerranéen<br />
d’écologie et de paléoécologie – IMEP, UMR CNRS 6116 – université<br />
Paul Cézanne, Europôle méditerranéen de l’Arbois,<br />
BP 80, 13545 Aix-en-Provence cedex 04, France).<br />
Jury – P r Lora STEVENS (assist., California State University, Long<br />
Beach) et P r D r Thomas LITT (Universität Bonn), rapporteurs. Valérie<br />
ANDRIEU-PONEL (MCF, université Paul Cézanne, IMEP). Philippe<br />
PONEL (C. R. IMEP, UMR CNRS 6116) et Hamid LAHIJANI (C. R. Iranian<br />
National Center for Oceanography), examinateurs. Jacques-<br />
Louis DE BEAULIEU (D. R. IMEP, UMR CNRS 6116) et P r Hossein<br />
AKHANI (Assoc., University of Tehran), codirecteurs de thèse.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008
Mots clés : deux derniers cycles climatiques, analyse pollinique,<br />
bryophytes, changement climatique, pluie pollinique actuelle,<br />
dynamique de végétation, l’impact humain, changements<br />
socio-économiques, Iran, Proche-Orient.<br />
Cette étude est une contribution aux recherches palynologiques<br />
dans l’ouest de l’Iran. L’analyse pollinique a<br />
été effectuée sur deux longues séquences lacustres du lac<br />
Urmia (nord-ouest) d’Iran et deux courtes carottes des lacs<br />
Maharlou (sud-ouest) et Almalou (nord-ouest). De plus,<br />
une étude pluie pollinique-végétation dans le nord-est<br />
d’Iran a aidé à interpréter les assemblages polliniques subfossiles.<br />
L’enregistrement pollinique du lac Urmia a permis<br />
pour la première fois de reconstruire les changements<br />
de végétation dans cette région depuis 200 kA, alors que<br />
les séquences précédemment étudiées ne remontaient pas<br />
à plus de 48 kA. Une steppe marquée par une alternance<br />
de Poacées, d’Artemisia et des peuplements xérophytes<br />
épars à Ephedra, Atraphaxis, Pteropyrum et Nitraria<br />
constituaient la végétation dominante pendant les glaciaires<br />
alors que les interglaciaires étaient marqués par une phase<br />
d’expansion des chênaies et des junipéraies. Le dernier<br />
interglaciaire (interglaciaire Sahand, MIS 5e ) a débuté avec<br />
le remplacement abrupt des steppes à Artemisia par les chênaies<br />
et des junipéraies ouvertes et des formations pré-steppiques<br />
à Pistacia et Amygdalus. Le climat paraît avoir été<br />
plus clément qu’aujourd’hui, comme le montre l’importance<br />
des peuplements de Zelkova. La dynamique de la<br />
végétation post-glaciaire diffère de celle du dernier interglaciaire<br />
car l’expansion des chênaies ne se produit qu’à<br />
partir du milieu de l’Holocène (~ 6 500 cal an av. J.-C.).<br />
Le début de l’Holocène est marqué par une période d’expansion<br />
des pelouses/steppes riches en Poacées. L’impact<br />
humain sur la végétation naturelle apparaît clairement à<br />
partir de l’âge du fer (~ 3 500 cal an av. J.-C.) dans le sud<br />
du Zagros (région du lac Maharlou) et dans le nord-ouest<br />
de l’Iran (plateau de l’Azerbaijan iranien). La phase agricole<br />
la plus importante est enregistrée pendant les périodes<br />
impériales perses (culture des céréales et d’arbres fruitiers).<br />
À partir du XVIII e siècle, les effets de l’action humaine sont<br />
les plus importants jamais notés dans l’histoire. L’étude des<br />
spores et des macrorestes fossiles du nord-ouest de l’Iran<br />
a mis en évidence la présence d’espèces relictuelles de<br />
bryophytes (Riella et Meesia) qui montre l’intérêt floristique<br />
et biogéographique de cette zone pour de futures<br />
études botaniques et la mise en place de mesures de protection<br />
de la flore.<br />
ecologia mediterranea – Vol. 34 – 2008<br />
Résumés de thèses<br />
S. RICCI 2008<br />
Stratégies d’hybridation entre rosiers<br />
sauvages et cultivés : approches<br />
génétique, cytologique et moléculaire<br />
228 p.<br />
Thèse d’université soutenue le 23 octobre 2008 à l’université<br />
Paul Cézanne (Aix-Marseille III), faculté des sciences de<br />
Saint-Jérôme (UMR – 6116 IMEP, Département III – Processus<br />
fonctionnels et valorisation de la biodiversité, Équipe de<br />
génétique adaptative et écophysiologie, case 442, 13397<br />
Marseille cedex 20, France).<br />
Jury – Noëlle DORION (président du jury, PR, INH, Angers), rapporteur.<br />
Huguette SALANON (PR, UAPV, Avignon), rapporteur. Laurent<br />
CRESPEL (MCF, INH, Angers), examinateur. Serge GUDIN (directeur,<br />
PR, université Paul Cézanne, Marseille). Manuel LE BRIS<br />
(codirecteur, MCF, université Paul Cézanne, Marseille).<br />
Mots clés : Rosa, hybridations interspécifiques, niveau de<br />
ploïdie, haploïdisation, polyploïdisation, gamètes 2n, cyclines,<br />
méiose.<br />
Le transfert de caractères d’intérêt, tels que des résistances<br />
aux pathogènes, détectés chez des espèces sauvages<br />
de rosier diploïdes (2n = 2x = 14), à des cultivars<br />
tétraploïdes nécessite le contournement des différences de<br />
niveaux de ploïdie.<br />
Parmi les stratégies envisagées, l’utilisation d’un intermédiaire<br />
triploïde fertile en tant que pont génétique (stratégie<br />
du pont triploïde) semble prometteuse quand il est possible<br />
d’en obtenir. Ces individus présentent une méiose particulière<br />
(production de gamètes haploïdes et diploïdes simultanément),<br />
et le transfert de marqueurs moléculaires (donc<br />
de gènes) issus du parent sauvage via des gamètes diploïdes<br />
a été prouvé.<br />
La manipulation artificielle du niveau de ploïdie est au<br />
contraire compliquée. Le doublement chromosomique in<br />
vitro d’espèces sauvages diploïdes, ainsi que l’haploïdisation<br />
de cultivars tétraploïdes par parthénogenèse induite par<br />
du pollen irradié se sont montrés génotypes-dépendants, et<br />
les taux de réussite restent faibles. La technicité mise en<br />
œuvre est par ailleurs importante, réduisant encore leur<br />
intérêt pour des obtenteurs industriels.<br />
L’utilisation de gamètes non réduits produits par des génotypes<br />
diploïdes semble être une voie intéressante, malgré<br />
la complexité et la variabilité de ce caractère, sensible aux<br />
conditions environnementales. Des gènes de cyclines,<br />
RhCYCB1;1 et RhCYCB2;1, qui sont des protéines régulatrices<br />
d’un facteur initiateur des différentes phases de la<br />
mitose, le MPF (pour Maturation Promoting Factor), potentiellement<br />
impliqués dans la régulation de mécanismes<br />
méiotiques, ont été isolés. Ceux-ci pourraient permettre<br />
d’étudier indirectement l’effet de diverses conditions environnementales<br />
sur la microsporogénèse.<br />
95
Fabrication : Transfaire, 04250 Turriers<br />
Dépôt légal février 2009<br />
Impression sur papier recyclé
ecologia mediterranea<br />
Editeur-in-Chief : Pr. Thierry Dutoit<br />
UMR CNRS IRD IMEP<br />
Université d’Avignon, IUT<br />
Site Agroparc BP 1207<br />
84911 Avignon cedex 09<br />
France<br />
Associate editors (UMR CNRS 6116 IRD IMEP)<br />
Dr. Alex Baumel (dynamique et génétique des<br />
populations), Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Élise Buisson (écologie de la restauration, interactions<br />
biotiques), Université d’Avignon.<br />
Dr. Cécile Claret (écologie des invertébrés aquatiques,<br />
hydrobiologie), Université Paul-Cézanne.<br />
Pr. Thierry Dutoit (écologie des communautés végétales),<br />
Université d’Avignon.<br />
Dr. Bruno Fady (génétique des populations, écosystèmes<br />
forestiers), INRA, Avignon.<br />
Pr. Thierry Gauquelin (dendroécologie, écologie<br />
<strong>méditerranéenne</strong>), Université de Provence.<br />
Dr. Raphaël Gros (écologie et microbiologie des sols),<br />
Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Frédéric Guiter (palynologie), Université Paul-<br />
Cézanne.<br />
Pr. Frédéric Médail (biogéographie, biologie de la<br />
conservation), Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Jérôme Orgeas (écologie des invertébrés terrestres),<br />
Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Philippe Ponel (paléoécologie, écologie des invertébrés<br />
terrestres), CNRS, Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Isabelle Schwob (bio-indicateurs, écophysiologie<br />
végétale), Université de Provence.<br />
Dr. Brigitte Talon (pédo-anthracologie, écologie des<br />
écosystèmes forestiers), Université Paul-Cézanne.<br />
Dr. Éric Vidal (interactions biotiques faune-flore,<br />
ornithologie, mammalogie), Université Paul-Cézanne.<br />
Review board<br />
Dr. James Aronson, Montpellier, France<br />
Pr. Marcel Barbero, Marseille, France<br />
Dr. Margaret Brock, Armidale Australia<br />
Dr. Marc Cheylan, Montpellier, France<br />
Dr. Max Debussche, Montpellier, France<br />
Dr. Glenn A. Goodfriend, Washington, USA<br />
Dr. Patrick Grillas, Arles, France<br />
Dr. Joël Guiot, Marseille, France<br />
Dr. Richard J.Hobbs, Midland, Australia<br />
Pr. Serge Kreiter, Montpellier, France<br />
Pr. Edouard Le Floc’h, Montpellier, France<br />
Pr. N.S. Margaris, Mytilene, Greece<br />
Dr. Carlos Ovalle, Chillàn, Chile<br />
Pr. Franco Pedrotti, Camerino, Italy<br />
Dr. Juan M. Pleguezuelos, Granada, Spain<br />
Dr. Philippe Ponel, Marseille, France<br />
Dr. Roger Prodon, Banyuls, France<br />
Pr. Dave M. Richardson, Cape Town, South Africa<br />
Dr. F. Xavier Sans i Serra, Universitad de Barcelona, Spain<br />
Pr. Avi Schmida, Jerusalem, Israel<br />
Dr. Carlo Urbinati, Legnaro Italy<br />
ISSN 0153-8756<br />
Instructions to authors<br />
ecologia mediterranea publishes original research<br />
reports and syntheses in the fields of fundamental and<br />
applied ecology of <strong>Mediterranean</strong> areas, except for<br />
descriptive articles or articles about systematic. The editors<br />
of ecologia mediterranea invite original contributions<br />
in the fields of: bioclimatology, biogeography, conservation<br />
biology, restoration ecology, populations<br />
biology, genetic ecology, landscape ecology, community<br />
ecology, microbial ecology, vegetal and animal ecology,<br />
ecophysiology, palaeoecology, palaeoclimatology,<br />
except marine ecology. Symposium proceedings, review<br />
articles, methodological notes, book reviews, Ph. D. thesis<br />
abstracts and comments on recent papers in ecologia<br />
mediterranea are also published.<br />
Manuscript reviews<br />
Manuscripts are reviewed by appropriate referees, or by<br />
members of the Editorial Board, or by the Editors. The<br />
final decision to accept or reject the manuscript is made<br />
by the Editors. Please send an electronic copy of your<br />
manuscript (doc or rtf files) to our journal (thierry.dutoit<br />
@univ-avignon.fr). When the article is accepted, the<br />
authors should take reviewer’s comments into consideration.<br />
They will send back to the journal Editorial<br />
Office, within 3 months, an electronic copy of the corrected<br />
manuscript (doc or rtf). Pass this delay, the manuscrpt<br />
will be considered as a new submission. Enclose<br />
the original illustrations. Corrected proofs must be<br />
returned to the journal Editorial Office without delay.<br />
Books and monographs to be reviewed must be submitted<br />
to the Editor-in-chief.<br />
Manuscript preparation<br />
TEXT<br />
Manuscripts (typewritten with double spacing and A4<br />
size for paper) should be preferably written in French,<br />
English. If the language is not English, you should join<br />
an English short version and English titles of figures and<br />
tables. The manuscript must be complete: e.g. French<br />
and English titles, author(s) and address(es), French and<br />
English abstracts, an English short version (if English is<br />
not the language used in the article), key-words, text,<br />
references, acknowledgements, figures and tables. For<br />
research papers, the text should normally consist of 4<br />
sections: introduction, methods, results, discussion. In<br />
typing the manuscript, please clearly distinguish titles<br />
from others paragraphs. Titles and subtitles should not<br />
be numbered. Avoid letters to number subtitles. Use<br />
lower-case letter type for names. Do not underline any<br />
word. In English, there is one blank after any punctuation,<br />
never before. Copy editing of manuscripts is performed<br />
by the journal.<br />
AUTHORS<br />
The email address of the corresponding author should<br />
be mentioned on the manuscript. Each author’s address<br />
should be specified. The first time, please precise the<br />
complete address of the correspondent author to which<br />
the proofs should be sent.<br />
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ABSTRACTS, KEYWORDS AND SHORT VERSION<br />
Abstracts should be no longer than 300 words. The English<br />
short version should not exceed one page long<br />
(1,000 words). Do not use more than six keywords. Keywords<br />
should not be present in the title.<br />
REFERENCES<br />
All publications cited in the text should be presented in<br />
a list of references following the text of the manuscript.<br />
The list of references should be arranged alphabetically<br />
on author’s names, and chronologically for each author.<br />
You should abbreviate the titles of periodicals mentioned<br />
in the list of references (except if you are not sure of it).<br />
Check the manuscripts to make sure that all references<br />
are cited and that all citations in the text are included in<br />
the references. Use following system to write the references:<br />
Journal article<br />
Andow D.A., Karieva P., Levin S.A. & Okubo A., 1990.<br />
Spread of invading organisms. J. Ecol. 4: 177-188.<br />
Book<br />
Harper J.L., 1977. Population biology of plants. London,<br />
Academic Press. 300 p.<br />
Book chapters:<br />
May R.M., 1989. Levels of organisation in ecology. In:<br />
Cherret J.M. (ed.), Ecological concepts. Oxford, Blackwell<br />
Scientific Public: 339-363.<br />
Conference proceedings<br />
Grootaert P., 1984. Biodiversity in insects, speciation<br />
and behaviour in Diptera. In: Hoffmann M. & Van der<br />
Veken P. (eds), Proceedings of the symposium on “Biodiversity:<br />
study, exploration, conservation”. Ghent,<br />
18 November 1992: 121-141.<br />
CITATIONS IN-TEXT<br />
The words “figures” and “tables” announced in-text<br />
should be written in extenso and with lower-case letter<br />
type. In the text refer to the author’s name and year of<br />
publication (followed by pages only if it is a quotation).<br />
If a publication is written by more than two authors, the<br />
name of the first author should be used followed by “et<br />
al.” (this indication, however, should never be used in<br />
the list of references: first author and co-authors should<br />
be mentioned in it). Examples: “Since Dupont (1962)<br />
has shown that…”, or “This is in agreement with previous<br />
results (Durand et al. 1990; Dupond & Dupont<br />
1997)…”.<br />
ABBREVIATES, NOMENCLATURE<br />
AND LATIN WORDS<br />
Explanation of a technical abbreviate is required when<br />
the first use. International convention codes for nomenclature<br />
should be used. Latin words should be in italic<br />
(et al., a priori, etc.), particularly for plants or animals’denomination<br />
(the first time, please precise author’s<br />
name: for example, Olea europaea L.).<br />
FIGURES AND TABLES<br />
All illustrations should be submitted separately and they<br />
should be preceded by the figures and tables legends on<br />
a separate page. Figures and tables should be sent ready<br />
to be printed, so their size should be 16 × 22 cm or<br />
8 × 22 cm maximum. All the illustrations being in-text<br />
should be cited, increasing numbered, and should have<br />
a legend. Computerised table columns should not be represented<br />
by signs (: or |).<br />
REPRINTS<br />
Twenty-five reprints and a pdf version will be supplied<br />
free of charge. By request, additional reprints can be<br />
ordered with charge.
ecologia mediterranea<br />
Sommaire – Contents<br />
ISSN 0153-8756<br />
Vol. 34 – 2008<br />
Éditorial – Editorial<br />
ecologia mediterranea, en 2008, une revue d’écologie appliquée<br />
à la biologie de la conservation<br />
T. DUTOIT (éditeur en chef) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3<br />
Structure des infrutescences et capacité fructifère<br />
de deux cytotypes de Lygeum spartum L. de l’ouest algérien<br />
A. DJABEUR, M. KAID-HARCHE, A. M. CATESSON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5<br />
Étude pédoanthacologique à haute résolution spatiale de l’histoire holocène<br />
d’une forêt subalpine (Alpes du Sud, France). Données préliminaires<br />
P. TOUFLAN, B. TALON . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13<br />
Local species richness distribution at “Evolution Canyon” microsite,<br />
Mt. Carmel, Israel<br />
T. PAVLÍC˘EK, E. NEVO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25<br />
Relations pluie pollinique-végétation sur un transect forêt-steppe<br />
dans le Parc national du Golestan, nord-est de l’Iran<br />
M. DJAMALI, J.-L. DE BEAULIEU, P. CAMPAGNE, Y. AJANI, V. ANDRIEU-PONEL,<br />
P. PONEL, M. CHEIKH ALBASSATNEH, S. A. G. LEROY . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35<br />
Sensitivity to land degradation: monitoring ecological<br />
and human factors in a <strong>Mediterranean</strong> Area (1970-2000)<br />
L. SALVATI, M. ZITTI, T. CECCARELLI, L. PERINI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53<br />
Variabilité phénotypique de la phénologie végétative et de la biomasse<br />
d’une espèce d’intérêt écologique et économique au Maroc : Atriplex halimus L.<br />
A. HADDIOUI, M. M. OULD MOHAMED LEMINE, L. H. ZINELABIDINE, S. BOUDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65<br />
Distribution and phytogeographical analysis<br />
of Quercus ithaburensis ssp. macrolepis in Greece<br />
A. PANTERA, A. PAPADOPOULOS, G. FOTIADIS, V. P. PAPANASTASIS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73<br />
Submerged macrophytes as bioindicators for pollution<br />
in Lake Mariut along the <strong>Mediterranean</strong> coast of Egypt<br />
T. M. GALAL, E. A. M. FARAHAT, M. FAWZY . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83<br />
Résumés de thèses – Ph. D summaries<br />
Nathalie VAN DER PUTTEN, Audrey MARCO, Morteza DJAMALI, S. RICCI . . . . . . . . . . . . . . 91<br />
<strong>Revue</strong> indexée dans Pascal-CNRS et Biosis