Brique - construction et expression - EPFL

archivesma.epfl.ch

Brique - construction et expression - EPFL

Une enclave industrielle s’ouvre à la vie urbaine

Brique - construction et expression

Ann Linder


Enoncé théorique du projet de master en architecture

Ann Linder

EPFL, année académique 2008-2009

Prof. Luca Ortelli, professeur responsable de l’énoncé théorique

En collaboration avec Christa Balmer et Annina Inäbnit


Table des matières

1 Avant-propos 1

2 Brique et Maçonnerie 3

3 La brique à Wedel 9

4 La brique à Hambourg 17

5 L’expression de la construction en briques 39

6 Le visage de l’entreprise Möller 51

7 La construction des bâtiments Möller 63

8 De nouveaux espaces dans d’anciens murs 81

9 Annexes 83

10 Sources 89


1 Avant-propos

Dans le cadre de nos projets de master, nous nous occuperons du site de

l’entreprise Möller-Wedel GmbH au centre de Wedel, près de Hambourg. Il s’agit

d‘un complexe architectural qui s’est développé au fil des années parallèlement à la

croissance de cette entreprise produisant des instruments optiques et portant des

caractéristiques typiques de l’architecture des bâtiments industriels en Allemagne

du Nord. Aujourd’hui la production de l’entreprise n’occupe plus qu’une fraction de

la surface disponible, le reste est vide ou loué à d’autres entreprises. Une nouvelle

construction prévue sur une parcelle adjacente permettra la rationalisation du travail

ainsi que l’optimisation de l’espace. Nous nous sommes intéressées au potentiel de

réaffectation dont dispose ce site en tant qu’ensemble de constructions industrielles

se trouvant au cœur de la ville.

La situation de cette usine au centre d’une petite ville ainsi que les bâtiments en

bon état en font cependant une excellente occasion de repenser la vocation de

ce lieu. Le but des trois énoncés théoriques élaborés à ce sujet est de trouver une

stratégie pour le développement futur de ces bâtiments. Nous espérons profiter de

la collaboration pour approfondir trois aspects théoriques dont chacun nous servira

à l’élaboration des projets de transformation des différentes parties du site.

Ainsi, Annina Inäbnit étudie les aspects urbanistiques de ce lieu, et particulièrement

le rôle que ce site a joué dans le développement de la ville de Wedel et la place qu’il

pourra prendre dans le futur.

Parallèlement, Christa Balmer s’intéresse aux typologies d’usines, au

développement de l’ensemble des bâtiments de l’entreprise Möller et au potentiel

que ceux-ci peuvent présenter lors d’une réaffectation.

Cet énoncé théorique mettra l‘accent sur les matériaux et techniques constructives

utilisées et tentera de donner des principes d‘action à l‘échelle du détail.

Au centre de l’intérêt de ce travail se trouve également la brique en tant que

matériau de construction unifiant l’ensemble des edifices industriels sur le site et

comme matériau caractéristique de la région.

Des connaissances des particularités d’une costruction en terre cuite ainsi que de la

signification et de l’histoire de la brique dans la région de Hambourg permettront de

mieux comprendre l’ensemble des constructions dans leur contexte.

L’analyse de la construction et de son état permettra d’évaluer le potentiel ainsi que

les efforts et interventions nécessaires pour une future réaffectation des espaces.

1


La maçonnerie représentée en ruine

pour montrer la force de la nature:

1: Gravure de la villa d’Hadrien,

Giovanni Battista Piranesi

2: Peinture montrant des hommes

explorant une tombe entre des ruines,

Marco Ricci

2


2 Brique et Maçonnerie

du PASSE dANS LE PRESENT

« Qu’y a-t-il de plus pathétique dans l’architecture que la maçonnerie ? » 1

Par les émotions qu’elle est susceptible de produire et par ses caractéristiques,

la maçonnerie en briques est probablement la chose la plus pathétique en

architecture. Les notions de la couleur, de persistance et de permanence, de

stabilité, de tradition et d’appartenance à un lieu lui sont inhérentes et présentes à

tout moment.

La force et la pesanteur qu’engendre une construction en briques à partir

d’éléments modestes et maniables contiennent même une métaphore de la société

idéale : les individus sont ordonnés pour former une masse unitaire.

La connotation culturelle de la brique comme matériau banal ne tient pas compte

du potentiel, de la complexité et des possibilités diverses dont elle dispose. Mais

par sa qualité abstraite on peut même lui attribuer une valeur intemporelle et une

continuité historique comme peut-être aucun autre matériau ne le présente.

A la fin de la Renaissance, la maçonnerie est souvent utilisée comme sujet pour

représenter la « vanité des efforts de construction face aux forces érosives de la

nature ». 2

Bien que les forces naturelles dégradent les constructions et les détruisent en

partie, ces belles ruines constituées de blocs de pierre ou de briques me semblent

tout à fait en harmonie avec la nature. Cela probablement parce que la brique est

un matériau fait à partir de la terre même et parce qu’elle contient chacun des

quatre éléments : terre, feu, eau et air.

Même si l’érosion laisse des traces et provoque des dégâts, la présence et la

persistance d’une maçonnerie ne perdent jamais de force. Même des fragments

d’un mur évoquent une image de stabilité et de pérennité en résistant aux forces

érosives.

Comme le dit Auguste Perret : « L’architecture c’est ce qui fait les belles ruines ».

La brique, employée de manière savante, me semble être prédestinée à produire les

ruines les plus belles.

Ce côté pathétique de la brique est complété par un côté rationnel : la mise en

œuvre qui suit des règles bien définies tout en laissant une grande liberté, la

modularité et la production industrielle en font un matériau intelligent et raisonnable.

Cette double identité – le côté pathétique et le côté rationnel – fascine d’autant plus

que la brique peut ainsi exprimer les idéologies et les styles les plus divers.

Comme matériau existant dans presque toutes les régions du monde, la brique

3


4

3: Les casernes casematées, Mons,

1820. Divisées en 12 gaines voûtées, dont

l’épaisseur des murs peut atteindre 94 cm.

4: L’église de Saint-François de Sales,

Lièges, avec intérieur néogothique.


contient tout de même le potentiel de donner une identité et un caractère particulier

à une certaine région et de s’adapter aux différentes cultures architecturales.

Si la terre cuite peut sembler le matériau le plus banal, basique et primitif, elle a au

cours de l’histoire produit des résultats fantastiques et des solutions techniques

constructives des plus sophistiquées.

Grace à sa flexibilité et à sa production industrielle, la brique a pu suivre de grandes

évolutions dans l’histoire de la construction et répondre aux besoins changeants de

l’homme. A l’aide des propriétés structurelles d’autres matériaux comme le béton

ou le fer avec lesquels elle entre en combinaison, la brique est encore de nos jours

un matériau de grand intérêt.

Cela est surtout dû à sa grande flexibilité dans la formation d’éléments

architecturaux: elle peut exister comme masse lourde et persistante, mais

également comme surface légère rappelant un tissu ou un tapis.

Elle correspond ainsi à deux des quatre formes de production humaine qu’a

définies Gottfried Semper : Au tissage et à la stéréotomie, qui correspondent

respectivement à la paroi et à l’infrastructure, donc aux éléments comme le remblais

et la terrasse.

La brique peut former des surfaces et remplir des structures comme elle le fait

souvent si elle est combinée avec le béton ou le fer, mais elle peut également former

la masse porteuse et la structure même d’une construction.

La terre cuite n’est pas seulement orientée vers le passé et l’histoire, elle peut en

même temps regarder le futur et s’adapter aux nouvelles exigences. C’est dans

cette double orientation de la brique concernant divers domaines que consiste

probablement son plus grand potentiel comme matériau de construction dont les

qualités sont valables encore aujourd’hui.

Elle est pathétique mais tout de même rationnelle. Elle évoque le passé et l’histoire

mais se prête également pour des constructions modernes. C’est un matériau

banal en soi mais qui peut être utilisé de manière très variée et très complexe. Enfin,

la brique peut être surface et masse, légère et lourde.

5


6

Preojets en brique de Ludwig Mies van

der Rohe. L’intérêt pou le matériau et la

précision de la construction sont ici au

centre de l’attention.

5 et 6: Projet de maison de campagne en

brique, 1924. Perspective et plan.

A chaque brique est attribué sa position

précise.

7: Maison Wolf, Guben, 1925-1927


LE CARACTERE EduCATIF dE LA BRIQuE

„Der Backstein ist ein anderer Lehrmeister. Wie geistvoll ist schon dies kleine,

handliche, für jeden Zweck brauchbare Format. Welche Logik zeigt sein

Verbandsgefüge. Welche Lebendigkeit sein Fugenspiel. Welchen Reichtum besitzt

die einfachste Wandfläche, aber welche Zucht verlangt dieses Material.“

Ludwig Mies Van der Rohe, 1938

Si nous regardons une maçonnerie en briques apparentes, le rapport entre sa

forme et les propriétés du matériau est clairement visible. Les briques et joints sont

identifiables en tant que constituants de la masse et formant un appareillage. Cette

logique interne de la brique donne un caractère très fort à toute construction qui

respecte ces caractéristiques. Lors d’une construction en briques, chaque action

de son créateur est de ce fait visible. L’observateur reconnaît à tout moment ce

que le maçon a fait : la formation de la maçonnerie peut être reconstituée grâce

à la structure visible des modules en terre cuite et de la maille des joints. La trace

de l’artisanat, de la mise en œuvre est constamment présente. Le terme allemand

Mauerwerk, contenant le mot Werk, donc ouvrage, œuvre, explique bien cet aspect

artisanal d’une maçonnerie.

De cette manière, l’observateur peut non seulement comprendre la formation de la

structure, mais il peut également à tout moment contrôler sa qualité.

D’après Fritz Schumacher, ces propriétés du matériau peuvent apporter une

meilleure qualité architecturale par « l’éducation » des constructeurs :

« Unser baulicher Grossstadteindruck wird nur dann anständiger werden, wenn

wir eine architektonische Durchschnittssprache entwickeln, die sich, wenn

sie nachgesprochen wird, möglichst wenig verzerren und verbilden lässt. Der

Backsteinbau hat diese Eigenschaft der Widerstandskraft von Natur aus in

höchstem Masse. » 3

Puisque tous les éléments d’une maçonnerie sont clairement visibles, une solution

arbitraire ou inélégante se manifeste tout de suite. La brique apparente dispose

ainsi d’une protection naturelle contre toute inconséquence et joue un rôle éducatif.

7


8

Images de la ville de Wedel:

1: Les maisons en briques dans le centre historique. Le

sol est également constitué de klinker.

2: Le Bahnhofplatz avec l’ancienne et la nouvelle mairie.

La rampe et le trottoir sont également en briques.


3 La brique à Wedel

L’IMAGE DE LA VILLE

Nous sommes à Wedel, une petite ville de 32’000 habitants à 20 kilomètres à

l’ouest de Hambourg, construite sur l’Elbe, au sud du Schleswig-Holstein. La brique

comme matériau de construction unifiant maisons individuelles, immeubles, églises

et bâtiments représentatifs produit une impression d’uniformité, de caractère du

lieu.

Mais cette forte présence qui nous frappe au premier moment n’existe en effet

que pour quelques endroits de la ville : la partie historique et quelques quartiers

d’habitation constitués de manière homogène. Dans des quartiers plus récents

et également dans le centre, nous trouvons une quantité de constructions faites

d’autres matériaux. Ce qui dans toute la ville provoque une image d’omniprésence

de la terre cuite est surtout l’utilisation de celle-ci non seulement comme élément de

construction pour des bâtiments, mais aussi son emploi pour des éléments urbains.

Nous trouvons dans toute la ville des revêtements de sol de trottoirs et places

entières, des balustrades, des rampes et des murets constitués de briques.

La présence d’un matériau aussi caractéristique dans sa couleur et son expression

ne nous étant pas familier, sa présence continue nous frappe d’autant plus. Non

seulement les maisons banales, mais également les édifices plus représentatifs

comme la mairie sont habillés entièrement en klinker. Pour les parties historiques

de la ville uniformément faites de briques, cette unité du matériau couvrant non

seulement les constructions mais aussi les sols et les murs crée une impression

exceptionnelle, à l’image d’un tissu rouge foncé continuant sur toutes ces surfaces.

Ce n’est pas loin de la rue centrale Bahnhofstrasse, à quelques pas seulement, que

nous voyons émerger, entre des maisons d’habitation et quelques arbres, une tour

accolée à un bâtiment allongé. Le bâtiment appartient au site de l’entreprise Möller

qui fait l’objet de notre analyse.

Les deux parties sont entièrement revêtues de klinker et sont d’une taille et d’une

hauteur considérable dans ce contexte de maisons unifamiliales et d’immeubles.

C’est une image très forte : Un volume d’une géométrie simple, mais d’une énorme

puissance, la brique rouge apparente sur de vastes surfaces percées régulièrement

par des fenêtres de même dimension. Ces ouvertures se répètent avec un rythme

strict et précis. Par leur forme et leurs proportions, ils donnent à cet édifice une

échelle plus domestique qu’industrielle et nous font effectivement plutôt penser à

une affectation autre que la production industrielle.

En ce moment, nous ne savons pas encore que les fenêtres sont en effet d’une

taille plus importante qu’elles ne le paraissent. Toutes les dimensions de l’édifice

9


10

Dans le quartier de petites maisons

individuelles apparaît la tour du

bâtiment 5 de l’entreprise Möller.

3: Vue de la façade sud.

4: Vue depuis le nord. Devant le

bâtiment le parking, à droite des

immeubles d’habitation.

5: La construction récente donnant

sur le Rosengarten qui relie Wedel

à Hambourg.


telles que les hauteurs d’étage sont par conséquent plus amples que l’on s’y

attend. Si le bâtiment n’est pas directement comparé aux maisons voisines, ce saut

d’échelle le fait paraître plus petit qu’il ne l’est en réalité.

UN MATERIAU DE TRADITION

Mais quelle est l’attitude des habitants de Wedel face à la brique, le matériau

traditionnel du lieu? Est-ce un attachement qu’ils ressentent ou plutôt un ennui ?

La terre cuite se présente-t-elle comme un objet de reconnaissance au caractère

fort ou comme quelque chose qui les empêche de produire une architecture dite

moderne et représentative ?

En parlant avec des citadins, il s’avère qu’en général les gens éprouvent une grande

sympathie pour la brique. La notion de durabilité et de persistance, l’image d’une

construction solide, d’un « vrai » mur, est très appréciée. Cependant, si on entend

des voix de la commune et des personnes qui s’occupent du développement et de

l’image de la ville, il parait que la brique est considérée comme peu représentative.

L’image « lourde » de la pierre artificielle ne se prête pas selon eux à des édifices

donnant sur une grande rue liant Wedel à Hambourg qui doivent en quelque

sorte former l’image moderne de la ville. Je dois admettre que cette opinion m’a

beaucoup touchée, puisque pour nous qui venons de l’étranger, le potentiel pour

la ville semble justement se trouver dans une réinterprétation de ce matériau. A

notre avis, celui-ci se prête parfaitement à une application moderne, aussi bien pour

des constructions modestes que pour des bâtiments représentatifs. La présence

d’un nouvel édifice construit en acier et verre, donnant sur cette grande rue de

liaison entre Wedel et Hambourg, et en quelque sorte le bâtiment représentatif du

développement de Wedel, nous a déçu pour l’absence de caractère régional et

d’appartenance à la ville.

LA BRIQUE ET L’ENTREPRISE MÖLLER

Nous nous approchons du site de l’entreprise Möller, lieu de production industrielle

au plein centre de la ville. La firme de tradition fabriquant des appareils et outils

optiques de précision s’est formée et installée à Wedel il y a plus de 150 ans.

Le complex industriel se trouve dans une situation exceptionnelle et est entouré de

deux côtés d’un quartier de petites maisons d’habitation, dans la plupart des cas

construites en briques. Du côté ouest, des immeubles de grande taille, également

en brique mais plus récents, se trouvent entre le site et la Bahnhofstrasse, au nord

une école sépare l’entreprise du Rosengarten. Malgré cette diversité de types

11


6: Vue du bâtiment 5

(au fond) et 1 en arrivant

à l’entreprise depuis

le nord. Au fond les

maisons du quartier

d’habitation.

7: Extrait du plan de

Wedel 1/5000.

Sur le fond gris:

L’ensemble des

bâtiments de l’entreprise

Möller. A l’ouest la

Bahnhofstrasse, au nord

le Rosengarten.

12

Mühlenstraße

Bahnhofstraße

Eichendorffweg

Rosengarten

Bahnhofstraße

Auweidenweg

Beim Hoophof

Beim Hoophof

Auweide

Theaterstraße

Rosengarten

Mühlenweg

Mühlenweg

Mühlenstieg

Auweidenweg


et d’échelles des bâtiments alentours, les constructions de l’entreprise Möller

s’intègrent dans leur contexte. C’est peut-être leur langage simple, presque banal,

qui permet cette confrontation et qui n’empêche pas la coexistence de maisons

d’habitation et de grands bâtiments industriels. La brique comme matériau

appartenant au lieu joue un rôle fondamental dans ce dialogue et unifie les diverses

constructions voisines.

A proximité de la tour avec son aile allongée que nous venons de découvrir se

trouvent 4 autres bâtiments, isolés ou liés entre eux, qui semblent appartenir à la

même famille de construction. Même si une uniformité au niveau du matériau n’est

pas exceptionnelle à ce lieu - quelques endroits de la ville sont très homogènes

avec l’importante présence de la brique - c’est l’image unitaire des édifices qui

impressionne en premier. Le même langage architectural qui unifie les édifices sur le

site de l’entreprise et les mêmes matériaux, éléments et détails qui se retrouvent sur

les diverses constructions créent une unité exceptionnelle. Les volumes de tailles

et proportions diverses semblent être pondérés et composés mais ont en fait été

construits au fur et à mesure entre 1909 et 1942. L’ensemble architectural s‘est

développé parallèlement à la croissance de l’entreprise.

Dans les dernières années, des dépôts, un atelier de galvanoplastie et d’autres

annexes ont complété le fonctionnement de la production. En tant que

constructions purement utilitaires et sans grande valeur architecturale, je n’en

tiendrai pas compte. Mon analyse portera uniquement sur les cinq bâtiments

principaux.

INTEGRATION ET IDENTITE

Ce sont des bâtiments en soi modernes par leur apparence simple, claire et

rationnelle. Une notion d’histoire, de tradition et d’appartenance au lieu n’est tout

de même pas absente, ce qui est surtout dû à l’emploi de la brique. Quel autre

matériau pourrait exprimer toutes ces choses en même temps ?

Pour les bâtiments de la Möller, l’appartenance au lieu et l’intégration dans l’image

de la ville semblent être une évidence. Le langage architectural et la matérialité

représentent le caractère et l’identité propre de l’entreprise.

13


14

Images des cinq bâtiments

principaux de l’entreprise

Möller.

A gauche vers le bas:

8: Bâtiment 1, façade nord.

9: Bâtiment 1, façade ouest.

A droite:

10: Bâtiment 2, façade sud.

Sur la page suivante:

11: Bâtiment 5, façade sud.

12: Bâtiments 3 et 4, façade

nord.


5

12

1

2

9

10

3

8

6 7

11

4

13

13: Plan de situation 1/2000 avec numérotation des

bâtiments et indication des fonctions actuelles.

1: Bureaux, administration

2: Entrepôt, locaux vacants, utilisation étrangère

3: Production

4: Production

5: Bureaux externes, locaux vacants

6: Empaquetage

7: Atelier de galvanoplastie

8: Entrepôt

9: Entrepôt / expédition

10: Entrepôt

11: Centre de distribution des eaux, garages

12: Accueil, parking

13 Production

15


1: Kaispeicher B

au Brooktorhafen,

Speicherstadt,

Hambourg

4 La brique à Hambourg

HAMBOURG : UNE VILLE DE BRIQUES ?

La ville de Hambourg et la brique nous semblent deux choses inséparables. Si nous

entendons « Hambourg », nous pensons tous de suite à une ville qui est dominée

par des constructions en brique. Mais les choses ne sont pas aussi claires que

ça. En effet, si on parle de Hambourg comme Backsteinstadt, il s’agit plutôt d’une

impression générale qui est probablement due aux grands monuments comme

la Speicherstadt ou le Michel. Mais de nos jours, l’image de la ville n’est pas du

tout uniforme. La brique n’a pas toujours connu un statut privilégié, selon les

modes et l’esprit du temps, elle a même été refusée. Nous trouvons, à l’exception

de quelques parties du centre-ville, de la Speicherstadt et de quelques quartiers

périphériques, une grande diversité de styles et de matériaux de construction de

toutes les époques. Ce qui reste en unité construite en briques sont surtout les

quartiers d’habitation des années 20 et 30 qui se sont formées autour de l’ancienne

ville.

Tout de même, il est clair que la brique est en quelque sorte le matériau originaire

de la région hambourgeoise qui crée un fil rouge au cours de son histoire. Il y a

toujours eu des personnages qui voyaient en elle le matériau inhérent à la ville et

qui la propageaient et la déclaraient comme appartenant à la tradition allemande.

Elle servait de support à différents idéologies, comme du mouvement conservatif

de la Heimatschutzbewegung, ou d’un départ dans une nouvelle ère, représenté

parfaitement par le Chilehaus de Fritz Höger.

Comme aucun autre matériau, la pierre artificielle reflète le caractère et la tradition

constructive de Hambourg et lui donne son identité propre.

Mais pourquoi ce matériau a-t il une tradition aussi forte dans cette région, et

pourquoi est-il fortement lié à l’identité de la ville de Hambourg ?

Je propose de prendre Hambourg comme indicateur de la popularité changeante

de la brique au cours du temps dans la région hambourgeoise et les régions voisins

comme le Sud du Schleswig-Holstein où se trouve la ville de Wedel. Il s’agit souvent

de tendances dues à la mode et à l’esprit du temps qui ne diffère probablement

pas dans ces régions voisines. L’influence d’une grande ville aussi proche comme le

représente Hambourg pour Wedel est sûrement importante et il existe en plus une

documentation assez détaillée et complète à ce sujet. Il me semble que Hambourg

montre bien l’attitude envers la brique comme matériau de construction au cours

du temps.

Nous trouvons des facteurs divers qui expliquent la présence continue de la brique

qui a mené au caractère architectural aussi fort de la région.

17


Premièrement il est important de noter que dans la région hambourgeoise ainsi

qu’au Schleswig-Holstein, la pierre naturelle n’est pas présente comme ressource

minérale. Cela pose un problème au niveau de la disponibilité du matériau de

construction.

La pierre comme un matériau couteux, d’autant plus si elle vient d’ailleurs, doit soit

être imoprtée, soit être substituée par un autre matériau à performances physiques

semblables. Les matériaux de base pour fabriquer la brique par contre, l’argile ou la

glaise, se trouvent sur le territoire local, les sols étant sableux et glaiseux

Pour cette région, la brique constitue alors un matériau de construction plus

économique que la pierre naturelle, tant par ses constituants et que par les

distances de transport réduites : les briques sont fabriquées sur place par des

tuileries locales.

Un autre point fondamental est l’aspect de la brique même. Son expression de

solidité et de persistance correspond peut-être mieux que tout autre matériau au

dur climat de Hambourg – ainsi qu’au caractère et à l’attitude des citadins. Le

vent constant venant de la mer, le gel et la pluie sollicitent fortement les bâtiments

et nécessitent une grande résistance de la part des matériaux. La brique semble

hautement qualifiée pour cette tâche – physiquement mais aussi idéologiquement -

et c’est probablement une des plus grandes raisons pour lesquelles on lui attribue

une aussi forte appartenance à cette région.

Fritz Schumacher, directeur de construction de la ville de Hambourg entre 1909

et 1933, explique son choix de la brique comme matériau unifiant la ville comme

suit : « Etwas Herbes, Strenges muss in diesem Klima reifen, zugleich etwas, von

dem man das Gefühl haben musste, dass Nebel und Seewind ihm nichts anhaben

können. Es war mir kein Zweifel, dass nur das alte Baumaterial des norddeutschen

Landstriches, der Backstein, zu diesem Charakter führen konnte. » 1

LE DEVELOPPEMENT DE LA VILLE

La période de l’histoire dans laquelle la brique a connu sa plus grande importance

pour la ville de Hambourg est le moyen-âge. C’est probablement l’unique fois

dans l’histoire où la brique n’a été employée que pour elle-même, par simple

plaisir pour le matériau. L’architecture de l’Italie du Nord sert de modèle dont le

savoir faire et même la main d’œuvre doivent être importés. Le style gothique en

briques est considéré comme étant à la base de la culture allemande et Hambourg

développe des infrastructures telles qu’un hôpital, un monastère et un dôme. Un

grand incendie en 1284 détruit cependant une partie considérable de la ville, dont la

18


Sedimente im Gezeitenbereich

Auensedimente

Terrassen- und Schotterablagerungen

Sande une mächtige sandige Deckschichten

Geschiebemergel/-lehme im Wechsel mit

geringmächtigen Deckschichten

Geschiebemergel/-lehme

Lösse und Lössderivate

Sandlösse

Carbonatgesteine

Tongesteine

Sandsteine

Basische Magmatie und Metamorphite

Bimstuffe

Saure Magmatie und Metamorphite

Hoch- und Niedermoortorfe

Anthropogen veränderte Flächen

Wattflächen

Gewässerflächen

2: Carte des constituants du sol en

Allemagne.

Dans la région de Hambourg et au

Schleswig-Holstein, les sols sont

sableux et glaiseux. Par contre, on ne

trouve pas la pierre naturelle.

3: Chiesa di San

Sepolcro, Santo

Stefano, Bologna, 1088-

1160.

L’architecture de

l’Italie du nord sert de

référence pour des

constructions en briques

à Hambourg.

19


20

4: Beyling-Stift, Hambourg,

1751.

Exemple d’une construction

en colombage.

5: Representation d’une

tuilerie au moyen-age.

Miniature dans la bible de

Wenceslaus.


majorité des maisons normales sont construites en bois. Cet évènement engendre

une politique de subventions qui favorise la construction en brique, qui est, par

rapport au bois, un matériau cher à cette époque-là, mais qui dispose d’une

meilleure résistance au feu. Ainsi, le visage de la ville va être de plus en plus dominé

par la brique.

Durant cette période, le colombage comme système constructif est typique pour

la région. La combinaison de bois foncé et de brique rouge est omniprésente dans

la ville. Pour des raisons d’économie, les briques peuvent êtres utilisées en demiunités

ou posées debout entre les poutres. Comparée à d’autres régions du nord

de l’Allemagne, cette construction connait une expansion unique à Hambourg.

C’est à partir de la renaissance que le crépi devient l’ennemi propre de la brique

et que la ville subit un changement de couleur : elle devient presqu’entièrement

blanche. Mais même si quelques 32 millions de briques sont utilisées par année

pour la construction, le matériau ne convient plus aux gens et est caché derrière du

crépi et du plâtre.

Avec les historismes et classicismes qui sont possibles grâce aux qualités

plastiques de ces matériaux, la bourgeoisie peut imiter le mode de vie des

nobles. Cette tendance est présente non seulement à Hambourg mais dans de

nombreuses autres villes d’Europe.

LE 19 E SIECLE ET LES PREMIERS EFFORTS D’UNE REANIMATION

Karl Friedrich Schinkel, un des architectes allemands les plus importants du 19 e

siècle, emploie la brique systématiquement et en la laissant visible. Influencé par

l’architecture du nord de l’Italie, il acquiert des connaissances lors de ses voyages

et il développe un style bourgeois, fonctionnel et simple :

„Interessanter werden wieder Ferrara und Bologna ; sie haben etwas für uns sehr

Anwendbares, was ebensosehr der Solidität unserer Gebäude, als ihrer Schönheit

Vortheil bringen würde; das ist der Bau mit gebrannten Ziegeln, den man hier

in manchen Kirchen und Palästen in der höchsten Vollkommenheit sieht. Die

Masse aus der dies Material gebrannt ist, begünstigt durch ihre vorzügliche Güte

die Arbeit. [...] Die äussern Façaden, welche eine fehlerhafte Arbeit unter einem

Kalküberzug zu verstecken haben, zeigen die glatteste Ebene, durchschnitten von

den gleichmäßigsten horizontalen Fugen, die der feine Kalk vollkommen ausfüllt und

fast unsichtbar macht. Man gibt sich freilich mehr Mühe, als bei uns, die Form der

Steine fleißig zu machen, sie wohl noch zu schleifen und sorgfältig zu brennen, auch

zu allen Verzierungen und Formen zu machen, und erhöht dadurch die Kosten;

21


aber gegen den Aufwand und die geringe Dauer unserer betünchten Wände mit

der Menge elender Stuckverzierungen würden sich diese Kosten sicher in ein

vortheilhaftes Verhältnis bringen lassen.“ 2

De bons arguments pour l’emploi de la brique comme matériau authentique

qui demande de la précision artisanale et qui permet d’identifier la qualité d’une

construction sont ainsi déjà prononcés.

Tout de même, l’emploi de la brique au 19 e siècle se réduit à la construction de

bâtiments de basse signification comme des bâtiments d’industrie.

Mais les églises aussi sont, presque sans exception, construites en terre cuite. La

construction bien apparente en ce matériau ainsi que ses propriétés correspondent

bien aux l’idéales d’honnêteté, de simplicité et de clarté que formule l’église. La

brique est alors utilisée pour des lieux de travail aussi bien que pour des lieux de

prière, et cela pour des raisons respectivement pratiques, éthiques et religieuses.

Un autre emploi de la brique, comme pour des villas bourgeoises, est impensable à

cette époque-là.

Nous trouvons cependant quelques personnages importants et enthousiastes qui

essayent d’encourager la construction en briques puisqu’ils voient en elle un fort

lien à leur région et des propriétés constructives bien plus adaptées que celles

d’autres matériaux. Ce sont surtout les deux architectes Alexis de Chateauneuf

et Theodor Bülau qui résistent à ce rejet de la brique, mais également Alfred

Lichtwark, directeur de la Hamburger Kunsthalle entre 1886 et 1914. Avec son

Plädoyer für heimatliche Baukunst, il demande la “ästhetische Erziehung der

Bürger“ à Hambourg 3 et souligne la valeur des traditions qui se sont formées au

cours du temps, des formes qui ont leurs origines dans le pays et lesquelles il

faut poursuivre. Sa fascination concerne surtout l’architecture hambourgeoise en

briques du 18 e siècle.

«Von allem, was in Hamburg gebaut ist, müssen wir diesem Stil die Palme

zuerkennen. Er hat sich für die höchsten monumentalen Leistungen und für das

einfachste Wohnhaus gleich wirksam bewiesen durch die Mannichfaltigkeit und

Angemessenheit seiner Mittel, namentlich durch die Verwendung der Farbe statt

der Form […]. In unserem Klima dürfte kaum ein anderer Stil so praktisch und

so wirksam sein. […] Keine andere deutsche Stadt besitzt einen heimischen

bürgerlichen Stil von höherer Leistungs- und Entwicklungsfähigkeit. » 4

Selon lui, le style régional en briques se prête aussi bien pour des édifices

monumentaux que pour des constructions d’importance réduite. Mais cette

référence de bâtiments du 18 e siècle a tendance à disparaître dans la ville. Des

quartiers entiers sont détruits pour faire place à de nouvelles fonctions.

22


Des projets pour des

bâtiments en briques de

Karl Friedrich Schinkel:

6: Vue de la

Bauakademie, Berlin,

1868.

7: Perspective du

Packhof, Berlin, 1829-

32.

23


8: La Speicherstadt, image

d’aujourd’hui.

9: Alexis de Chateauneuf, Alte

Post, 1845-47

24


Un incendie en 1842 nécessite une autre fois la reconstruction d’une grande partie

de la ville. De nombreux architectes arrivaient à Hambourg en espérant trouver

du travail, entre eux Theodor Bülau avec son intention de donner à la brique sa

renaissance bien méritée et de redonner à la ville son image typique. Grace à

l’invention du four Hoffmann qui fournit des briques de qualité constante, cela

devrait être possible : la nouvelle technologie permet une fabrication plus rationnelle

et en grande quantité de la brique. Mais le crépi reste à la mode et la brique

disparait constamment derrière une couche blanche. Et comme la maçonnerie

est cachée, les maçons n’ont non plus besoin d’acquérir le savoir faire pour bien

murer de belles façades en briques apparentes. Bülau quitte Hambourg après la

construction de la Haus der patriotischen Gesellschaft et de seulement 4 maisons

privées.

Alexis de Chateauneuf par contre a plus de succès pour construire des œuvres

importantes en terre cuite : Parmi les architectes de Hambourg qui construisent en

brique, il est même celui le plus important du 19 e siècle.

La hiérarchie des constructions est cependant très claire à cette époque : les

bâtiments d’administration et d’habitation sont les plus favorisés et les bâtiments

d’industrie sont considérés comme de basses tâches. C’est seulement pour ce

dernier groupe de bâtiments peu représentatifs que la brique peut, à la limite, être

employée. Chateauneuf, ne respectant pas ces règles, est convaincu du potentiel

dont dispose la brique pour fournir des résultats les plus durables, et des propriétés

de celle-ci, convenables également pour des édifices de grande importance.

« Vornehmlich in erster Beziehung hoffte ich unser örtliches Material, die gebrannte

Erde, zu schönen Mauerflächen, Gesimsen und Ornamenten anzuwenden. [...] Nur

einige Male habe ich während meiner Praxis wieder diesem Material zu rustiken

Bauwerken mich zuwenden dürfen. Alle Vorstellungen beim Staate, zur Hinweisung

auf die Vervollkommnung dieses Industriezweigs, welches bei großen Staatsbauten

die dauerhaftesten Resultate liefern würde, sind vergeblich gewesen [...].» 5

Comme président de la commission de la reconstruction après l’incendie de

1842, son influence est considérable et l’architecture en brique connait une forte

promotion de sa part. Une de ses œuvres les plus importantes, la alte Post,

construite entre 1845 et 1847, marque un point de rupture dans l’histoire da la

brique à Hambourg. La légèreté de l’architecture de la renaissance est combinée

avec la solidité du matériau, rappelant l’architecture gothique tout en restant sobre

et simple. En somme un édifice qui ne correspond pas aux conventions de l’époque

mais qui suscite une grande admiration encore de nos jours.

C’est seulement 30 à 40 années après, en 1888, que la brique est enfin employée

25


10: Peter Behrens, Technisches

Verwaltungsgebäude der Hoechst AG,

1920-24. Les piliers de la halle centrale

qui rappellent des stalactites. A noter:

le revêtement de sol avec mosaïque est

également en briques.

11: Karl Schneider, Maison Müller-

Drenkberg, 1929. Image de l’époque.

26


pour construire une partie entière de la ville : La Speicherstadt. Ce quartier

d’entrepôts ne se constitue pas de bâtiments nobles, mais la signification qui

est attribuée à la Speicherstadt et en même temps à la brique est tout de même

considérable. Des décorations riches, l’image de palais plutôt que de magasins,

l’unité donné grâce au matériau de couleur rouge foncé ainsi que la position sur

l’eau créent un effet de coulisse fantastique qui est malheureusement beaucoup

moins fort aujourd’hui à cause des nouvelles constructions qui l’entourent. Mais la

brique obtient enfin une réputation comme matériau honnête et fait pour l’éternité.

LE TOURNANT DU SIECLE

Après cette phase optimiste suit d’abord une série d’attaques et même du refus

pour la brique : les changements dans l’art et dans l’architecture à la fin du 19 e

siècle amènent un rejet de tout historisme. La brique qui parle souvent un langage

néogothique et qui représente un matériau de tradition est mal placée dans ce

milieu. Tout de même, comme dans presque toutes ces phases d’une attitude

négative envers la brique, nous trouvons des personnes qui défendent ses

qualités et son importance pour l’identité de la ville de Hambourg. Parallèlement

à ce refus et comme réaction à l’industrialisation des années 90 se forme la

Heimatschutzbewegung, le mouvement pour la protection du patrimoine. Ses

défenseurs souhaitent poursuivre les traditions locales et nationales et créer un lien

entre les gens et leur pays. Avec l’intention d’encourager la vérité constructive et un

emploi des matériaux correspondant à leurs propriétés, le mouvement s’approche

dans l’attitude du Deutscher Werkbund, fondé en 1907. La notion de vérité

constructive exprimée par les briques et la synergie entre art, industrie et artisanat

correspond parfaitement aux idéaux de ce dernier.

L’industrie qui nécessite de nouvelles solutions attribue une nouvelle signification

à la construction en brique. Les œuvres de Behrens pour la AEG ou d’autres

entreprises par exemple sont souvent des manifestes pour l’emploi de la brique

d’une façon nouvelle. Ce n’est plus uniquement pour des raisons pratiques que la

terre cuite est utilisée, mais pour des raisons esthétiques ainsi que pour les qualités

du matériau.

Les membres de la Heimatschutzbewegung ne sont souvent pas conscients du

fait que pendant le 19 e siècle, toutes ces notions avaient déjà été exprimées par

certains architectes. En se référant au style baroque du 18 e siècle, ils considèrent

trop souvent que la brique ne peut pas être combinée à d’autres matériaux

27


comme le béton, l’acier ou le verre. Le mouvement à tendance sentimentale

réclame une architecture tout à fait nationale et populaire. La valeur intemporelle et

l’indépendance de tout style de la brique sont cependant soulignées par d’autres

architectes.

Malgré ces divergences, la brique est le matériau capable d’unifier les divers styles

comme la Reformarchitektur, le Neues Bauen et le Heimatstil. Durant les années

20 surtout, de nouveaux quartiers entièrement en briques sont construits dans les

zones périphériques autour de la ville. Les architectes du Neues Bauen comme Karl

Schneider emploient la brique pour des immeubles, mais ne se limitent cependant

pas à ce seul matériau pour leur architecture.

La maison de ville est substituée par la maison de campagne, tendance

correspondant à l’idée de cité-jardin venant de l’Angleterre. La brique n’est plus

seulement utilisée pour des maisons simples, mais également pour un nombre

considérable de maisons nobles autour de la ville ainsi que pour le nouveau quartier

des bâtiments administratifs, le Kontorhausviertel.

Nous pouvons le considérer comme la première réhabilitation complète de la brique

depuis le moyen-âge. Même les riches commerçants hambourgeois expriment leur

mode de vie à partir de constructions en maçonnerie apparente. Les bâtiments

industriels reçoivent un statut important, on parle de « cathédrales du progrès » et la

brique peut enfin se libérer d’une réputation comme matériau bon marché.

FRITZ HÖGER ET FRITZ SCHUMACHER

C’est avant tout la nomination de Fritz Schumacher comme directeur de la

construction de la ville de Hambourg en 1909 qui fait changer l’image de la ville et

l’importance de la brique pour celle-ci.

L’intention de faire de Hambourg une ville de briques, une Backsteinstadt, et

de lui donner une image uniforme reflétant son caractère est au centre de ses

préoccupations : „Hamburg verlangte einen ganz anderen Baucharakter, als ich ihn

etwa für Mitteldeutschland anzuschlagen gewohnt war. [ ...] Es war mir kein Zweifel,

dass nur das alte Baumaterial des norddeutschen Landstriches, der Backstein,

zu diesem Charakter führen könnte. Ohne viel zu überlegen, sah ich meine

Bauvorstellungen ganz von selber in diesem Material aufgehen.“ 6

De l’avis de Fritz Schumacher, la terre cuite correspond mieux que tout autre

matériau au caractère et au climat de la région et se prête bien pour former une

identité claire et une conception architecturale générale pour Hambourg.

28


12: Le Kontorhausviertel, vue depuis le sud.

De gauche à droite:

Le Gebäude der Landherrenschaften de Albert

Erbe 1906-09, le Chilehaus de Fritz Höger

1922-24, le Messberghof des frères Gerson

1912-24, extension du Bauer-Verlag de Graaf,

Schweger und Partner 1978-80.

29


Schumacher faisant partie des architectes réformateurs comme Behrens

et Tessenow, son architecture se trouve constamment entre tradition et

renouvellement. Il se distancie des styles historiques et cherche une architecture

correspondant au temps actuel, tout en gardant l’histoire de l’architecture comme

fondation pour tout développement nouveau. Il reprend en partie les idées de la

Heimatschutzbewegung et participe à la formation du Deutscher Werkbund. Cette

volonté de faire survivre les traditions, de développer des choses nouvelles à partir

de l’existant sans rupture et „das Festhalten am heimischen Geiste“ 7 est exprimée

dans plusieurs de ses écrits. Le retour aux traditions et leur continuation n’est pas

seulement la cible de Schumacher, mais c’est un thème fondamental après le

tournant du siècle.

Fritz Höger se rend à Hambourg en 1907. Comme architecte indépendant, il

contribue à la construction de la Mönckebergstrasse, rue réalisée sur le tracé du

nouveau métropolitain dont il construit des bâtiments de bureaux et de commerces.

La brique lui semble hautement qualifiée pour une architecture de la grande ville

de renommée mondiale. Tout le long de sa vie il essaie de faire renaître l’idée d’une

architecture typique de l’Allemagne dont il voit le modèle dans l’architecture des

dômes gothiques, l’architecture, selon lui, ur-deutsch.

Les deux architectes, Höger et Schumacher, s’expriment au sujet de la brique et de

son importance pour la ville.

Tandis que Höger ne refuse pas d’attribuer à la brique une valeur idéelle,

Schumacher ne justifie l’utilisation de celle-ci qu’avec des raisons rationnelles,

constructives et artistiques et souligne sa valeur intemporelle :

„Der Stein ist kräftig genug, um ohne jede romantische Nebenansicht ganz aus sich

selbst heraus zu seinen Gebilden zu führen.“ 8

De sa position importante comme directeur de la construction, Fritz Schumacher

réalise un grand nombre de bâtiments publics à fonctions diverses qui marquent

l’image de la ville. Avec ces nombreuses constructions en terre cuite, Hambourg

devrait retrouver son propre caractère architectural. Le développement qu’a la ville

à cette époque ne correspond pas selon Schumacher à son importante. Entourée

d’un pays qui se développe rapidement, il considère nécessaire de lui attribuer de la

signification et de ratrapper le retard :

„Wenn damals in Deutschland von dem Vorwärtsdringen Architektonischer

Bestrebungen die Rede war, gab es nu reine Stimme der Enttäuschung darüber, wie

Hamburg mit seiner großen Kraft unbeweglich zur Seite stand. An der Ausstattung

30


eicher Kaufherrenwohnungen und der Ausstattung seiner Schiffe schien der Strom

des neuen deutschen Kulturlebens spurlos vorüberzugehen, in dem Typus der

Stadtentwicklung und den großen öffentlichen Aufgaben stieß man immer wieder

auf Erscheinungen, die man eigentlich für Überwunden hielt. Wohl konnte man bei

näherem Zusehen wertvolle Einzelbestrebungen erkennen, aber als ganzes schien

die Kraft dieser Stadt noch nicht in den Strom neuerwachenden Lebens einbezogen

zu sein.“ 9

Dans son ambition d’une conception générale pour la ville, il se limite à la brique

come matériau de construction, dont l’unité lui semble plus importante que la

tradition architecturale nord allemande.

Le style combinant renouvellement et tradition, pour lequel la brique semble être

prédestinée, devrait produire un sens de communauté et servir comme référence

pour un langage quotidien du bâti.

„Es galt, einem baulichen Gemeinschaftsgefühl den Boden zu bereiten; jeder meiner

Bauten musste neben seinen Spezialeigenschaften zugleich ein Pionier sein für

einen neuzeitlich entwickelten, als Alltagssprache brauchbaren Backsteinbau.“ 10

A l’intérieur de cette limitation pour la brique comme matériau de construction

unique, il différencie cependant chaque tâche. En réagissant sur la situation et la

fonction de chaque bâtiment, il détermine son caractère individuel et lui attribue

ainsi une solution précise et personnalisée.

Les écoles constituent une grande part de son travail, dont le but est l’éducation

culturelle des citadins. Il les fait agir comme modèle et point de départ pour des

nouveaux quartiers où elles se situent en grand nombre.

Déjà pendant la guerre, Schumacher reconnait le potentiel que peut apporter une

restriction dans les moyens durant une phase de répression et qu’il est impossible

de continuer de la même manière qu’avant la guerre :

„Wer weiß ob nicht, wenn aller äußerliche Aufputz unter dem Hauch der Not zu

Boden sinkt, das Ideal, für das wir bisher vergeblich kämpften, ganz von selber

hervortritt : ein einheitlicher Geist in unserem Schaffen ; statt des bunten Marktes

willkürlich launenhafter Erzeugnisse die strenge Selbstverständlichkeit innerer

Notwendigkeit. […] Auf dem Boden der Einfachheit ist der Grund gelegt zur

Monumentalität.“ 11

Les constructions de Schumacher réalisées après la première guerre mondiale

sont plus sévères, plus sobres que celles de ses dix premières années comme

directeur de la construction. Dans ce changement il répond à une attitude générale

de réduction et de renoncement. Ses bâtiments sont maintenant privés de certains

31


Bâtiments publics de Fritz Schumacher à

Hambourg.

A gauche:

13: Volksschule Lutterothstrasse, 1912

Sur cette page:

14: Finanzbehörde, 1914-26

15: Volksschule Wiesendamm, 1928-29

16: Berufsschule Angerstrasse, 1926-27

33


34

17: Karl Schneider, Immeuble d’habitation

au Habichtplatz, Jarrestadt, image de 1929

18: Diverses représentations du Chilehaus,

1941 et 1925

19: Fritz Höger, Chilehaus, 1922-24. Vue

de la façade sud.


éléments comme des frontons et des toitures inclinées, les ornementations ne

sont plus que très ponctuellement utilisées et ne donnent plus aucune indication

narrative de la fonction du bâti. Le caractère sérieux vient souligné par la brique

klinker qui est maintenant utilisée avant tout.

De grandes interventions sont faits au nord-est de la ville, où de nouveaux quartiers

d’habitation comme la Jarrestadt sous la direction de Schumacher sont en train de

se développer. Ce sont des quantités de m 2 de façades en briques.

Un nouveau besoin pour des bâtiments administratifs séparant le travail de

l’habitation et de l’entreposage produit un nouveau programme architectural : les

Kontorhäuser.

C’est Fritz Höger qui entre 1922 et 1924 construit un des ces premiers édifices, le

Chilehaus, dont l’image restera pour longtemps symbole pour le départ vers une ère

nouvelle de la ville, come le dit l’écrivain Rudolf G. Binding : „Wer dieses Haus nicht

erschüttert betrachtet, weiß nichts vom Mut, nichts von Freiheit, Selbstbewusstsein,

Zuversicht, Unerliegbarkeit, Unbesiegbarkeit.“ 12

Le Chilehaus sert tout de suite comme modèle pour les autres Kontorhäuser, qui

grâce à la règle imposée par Schumacher ont tous des façades en briques. Ainsi se

forme tout un centre d’affaires et de commerce avec une nouvelle typologie, unifié

par un matériau unique.

Cette nouvelle euphorie pour la brique se manifeste clairement dans le cas du

Chilehaus. Höger continue à employer la brique avec une grande virtuosité, ses

bâtiments comme le Sprinkenhof ou la Reemtsmafabrik en témoignent.

Pendant la deuxième guerre mondiale, beaucoup de ces bâtiments en terre cuite

sont détruits : entre eux une grande partie de la Speicherstadt, du Kontorhausviertel

et des quartiers d’habitations formant une ceinture autour du centre-ville. Tandis

que Höger dessine des plans pour la reconstruction de ses bâtiments, Schumacher

quitte la ville et s’adonne à des écrits.

Il est certain que ces deux protagonistes ont influencé de manière considérable

l’image de Hambourg et sa réputation comme Backsteinstadt. Avec leurs

caractères et motifs différents mais avec la même passion pour le matériau, ils

attribuent à la brique une appartenance très forte non seulement à la ville de

Hambourg, mais à toute la région.

35


DES FRAGMENTS DE L’HISTOIRE

Qu’en est-il aujourd’hui de la brique ? Cette tradition de la construction en briques

a-t-elle été poursuite ?

Il est certain qu’on n’accorde actuellement plus une telle importance à ce matériau

de construction comme pendant l’ère des architectes Schumacher et Höger. La

globalisation s’est faite aussi au niveau des constructions.

Dans le centre de la ville moderne, les constructions en briques ne sont souvent

que des fragments historiques qui ont survécus les deux guerres mondiales.

La réalité de la ville ne correspond pas tout à fait à l’image unitaire d’une

Backsteinstadt et nous rappelle la présence constante d’autres matériaux et de

styles pendant toute son histoire.

Dans les nouveaux quartiers de la Hafencity qui sont en train de se former, ce

n’est qu’une minorité des bâtiments qui est constituée en briques. La magnifique

image de la Speicherstadt produit par l’unité matérielle ne servait apparemment pas

comme modèle pour ce nouveau morceau de la ville.

Mais la quantité de bâtiments fantastiques en briques répartis dans la ville et ses

alentours témoigne toujours du fait que la brique reste le matériau d’identification et

de tradition pour la région hambourgeoise.

36


Des bâtiments en

briques qui sont des

points marquants de la

ville d’aujourd’hui:

20: Fritz Schumacher,

Finanzbehörde, 1918-

26.

21: Fritz Höger,

Klöpperhaus, 1912-13.

22: Vue de la Hafencity.

Ce n’est qu’une petite

partie des bâtiments qui

sont construites avec

des briques.

37


38

1: Logments ouvriers à

Bruxelles, 1905.

Les ornements sont faits

avec des briques de

différentes couleurs.


5 L’expression de la construction en briques

LA BRIQUE COMME MATERIAU DE CONSTRUCTION

Si la brique peut sembler être un matériau rigide à possibilités pauvres et réduites,

le contraire est le cas. Mais pour savoir quelles sont les possibilités de construction

et quel est le potentiel d’expression que nous offre la brique, il est important de

connaître non seulement ses caractères positifs et forts, mais également ses limites.

Les contraintes lors de son utilisation ont mené à des inventions et solutions riches

et à un langage particulier.

Nous étudierons les différents aspects de la construction en briques en définissant

les potentiels et les restrictions qu’elle contient. Ces connaissances nous aideront

par la suite à observer et à analyser les bâtiments de l’entreprise Möller à Wedel en

tant que constructions en briques et nous permettront de comprendre comment et

pourquoi ce matériau y a été employé.

LA COULEUR

La couleur est ce que nous voyons en premier et qui est peut-être la chose la plus

caractéristique pour la brique en terre cuite. Une surface construite en briques

apparentes est toujours porteuse d’une forte impression de couleur. Mais que

signifie cela pour la forme d’un bâtiment ?

La forme qui crée des ombres et qui dépend du jeu de ce contraste clair – sombre

perd de l’importance lorsque la surface dispose déjà d’une tonalité forte des

briques. Les ombres ont beaucoup mois d’effet sur ce fond coloré que sur un fond

neutre et clair par exemple en crépi. La forme comme créatrice d’ombres et la

couleur de la brique sont deux choses qui s’annulent presque. Pour un bâtiment en

briques, une forme compliquée perd ainsi de l’importance. Un volume simple est

souvent plus approprié pour une construction en terre cuite.

Il existe une certaine gamme de couleurs qui dépend des composants du matériau:

Les couleurs vont du brun, jaune, orange et rouge vers un violet foncé. Lors de la

production, certaines de ces nuances subissent une grande gradation dans leur

tonalité et clarté. Cela rend par la suite l’image composée d’une maçonnerie plus

vivante, tandis qu’une homogénéité dans la teinte des pierres peut vite engendrer la

monotonie. Comme le dit Fritz Schumacher, ce n’est pas la régularité du matériau

qui le rend plus parfait, mais c’est au contraire l’irrégularité des pierres dans leur

tonalité qui produit une image forte et vivante.

« Das natürliche Entstehen kennt keine Gleichmäßigkeit, in tausend Schattierungen,

wie bei den Blättern einer Pflanze, lässt es die Flächen gleicher Grundfarben

spielen. » 1

39


40

2: Divers types d’assises et exemples d’exécution

des joints.

a) Joint lissé au fer rond

b) Joint plat ou plein

c) Joint biais

d) Joint plat en retrait

e) Joint saillant

La différence des épaisseurs des joints influence

l’image de la maçonnerie:

3: Sigurd Lewerentz, église Saint-Marc,

Björkhagen, 1960. La largeur des joints est égale à

l’épaisseur des briques.

a)

b)

c)

d)

e)


Il semble que lors de la cuite, la brique est rendue vivante et que la trace du feu

est visible dans le matériau. Une couleur de l’intensité dont dispose la brique

serait, sur une grande surface uniforme, insupportable et sans charme. Mais grâce

aux différents éléments de briques il se forme une sorte de jeu, la surface de la

maçonnerie devient animé et pourrait être développée presque jusqu’à l’infini sans

jamais sembler monotone.

LES JOINTS

La formation d’une maçonnerie est visible à partir des joints et de chaque élément

de brique. La couleur claire des joints se distingue nettement du rouge foncé de la

terre cuite et recouvre la surface à l’image d’une maille.

L’apparence d’une maçonnerie diffère fortement selon le traitement des joints qui

définit leur forme et leur couleur.

Des joints presque blancs ou dans des nuances claires forment un fort contraste

avec la brique ce qui rend la couleur de cette dernière encore plus vivante. Cela

met en évidence la construction de la maçonnerie à partir de petits éléments et leur

assemblage.

Des joints sombres voir même noirs par contre génèrent une impression plus calme

et sobre de l’appareillage et soulignent la massivité et l’aspect monolithique d’une

construction.

Par la possibilité d’identifier les différents composants d’un mur, la maille des joints

donne tout de suite une échelle à la surface maçonnée.

L’épaisseur et la finition de la couche de mortier sont deux autres aspects à définir:

si normalement le joint a une épaisseur de 1cm, cette dimension peut tout de

même changer selon l’aspect souhaité ou pour des questions de dimension (la

somme des assises et des joints définit la hauteur d’un mur). Une hauteur irrégulière

des briques peut ainsi également être compensée. Les joints peuvent, selon

leur épaisseur, mener à une image plus stable et dense de la maçonnerie, ou au

contraire à une impression plus légère et détendue.

Lors de la fabrication d’une maçonnerie, le plan des joints se trouve en général à

fleur de la brique. Le mortier dépassant cette ligne après la pose des briques est

enlevé pour produire une surface continue. Cela a souvent été appliqué pour des

briques n’ayant pas d’arrêts précis et dont cette irrégularité des bords peut ainsi

disparaître. Si les pierres de terre cuite ne présentent pas d’imprécisions, les joints

41


peuvent se trouver en retrait pour augmenter l’effet de couches par une subtile ligne

d’ombre. La couche de mortier peut même être façonnée de manière concave ou

convexe, en restant dans le plan des briques ou en le dépassant.

Mais les joints influencent également un autre aspect de la construction et non

seulement celui de l’apparence : A côté de la performance de la brique, c’est

celle des joints qui est déterminante pour la solidité d’une maçonnerie. Comme

en général ce sont les briques qui sont beaucoup plus performantes que leur

liaison par les joints, une diminution de ceux-ci amène à une plus grande solidité

de l’ensemble de la maçonnerie. Cela correspond également à l’impression que

produit l’apparence plus dense d’un appareil.

Le mortier qui connecte toutes les pierres entre elles est en même temps l’élément

le plus faible de la maçonnerie et subit, exposé aux intempéries et à la pollution,

des dégradations. Ces dernières doivent être réduites en choisissant un mélange

adéquat aux conditions dans lesquelles la maçonnerie se trouve, ou en laissant les

joints en retrait par rapport à la surface des briques.

LE MODULE

La brique agit comme module déterminant et rationalisant toute la conception et

l’exécution d’un ouvrage. Le système de ces dimensions modulaires définit toutes

les mesures de l’ensemble des éléments d’une construction. La hauteur totale ne

peut être autre qu’égale à la somme des assises et l’épaisseur des joints. De ce

fait, il est indispensable qu’il intervienne dès le début d’un projet. Idéalement, ce

système permet un assemblage des modules sans devoir les couper.

Les différentes tailles de la brique se situent toujours dans une certaine marge qui

est due à des contraintes techniques et pratiques. Une taille trop importante rend

difficile la mise-en œuvre et le transport à cause du poids, une taille trop petite

diminue l’efficacité et est économiquement mois favorable. Tout de même, il existe

divers formats et tailles. Des normes ont été introduites pour faciliter la construction

plus rationnelle et techniquement avantageuse. Il est clair qu’un petit format permet

une plus grande flexibilité dans les dimensions de la construction et est souvent

appliquée pour des édifices de taille réduite, tandis que des briques plus grandes

se prêtent bien à un avancement plus rapide lors de la construction et à une

impression monumentale de vastes surfaces sans percements.

42


MASSE ET SURFACE

Les propriétés de la brique demandent des surfaces aussi pures et ininterrompues

que possible sur lesquelles l’impression de la couleur et la maille des joints

développent leur force caractéristique.

Si nous parlons de surface, il s’agit effectivement toujours d’une masse murale.

C’est un corps, un volume construit à partir de petits éléments modulaires,

connectés dans deux ou trois dimensions. Et même quand il s’agit par exemple

d’un doublage extérieur en klinker, cette couche de protection n’est jamais

seulement accolée au mur porteur comme une surface de crépi, mais forme

une construction en elle-même. Le croisement de modules peut se faire selon

des possibilités très variées. L’appareillage, donc la manière de mettre en place

les briques dans les trois dimensions, est déterminant pour le caractère d’une

maçonnerie. Les briques peuvent être posés avec le chant parallèle à l’alignement

du mur, briques appelées panneresses, ou dans le sens perpendiculaire, dans

ce cas nommées boutisses. Par la variation du rythme de la pose de ces deux

éléments, la surface obtient des aspects divers : une surface soulignant plutôt le

croisement ou les couches, formant une image plus neutre ou plus décorative.

Ensuite, en posant les briques sur chant ou debout, des arrêts ou certains

endroits spécifiques d’une construction peuvent être soulignés dans leur fonction

particulière.

Même si la brique forme une surface continue, une distinction entre les éléments

constructifs et le remplissage reste toujours lisible : quand il s’agit d’un remplissage,

les briques sont en général liées entre elles seulement dans 2 et non pas dans 3

dimensions comme c’est le cas pour la maçonnerie porteuse.

Les parties sans fonction structurelle primaire peuvent également être traitées

de manière différente: en soulignant les éléments structurels et en posant plus

librement les briques de remplissage, ces dernières sont accentuées et déclarées

comme non porteuses. Des dessins intégrés dans la surface, toujours en utilisant

l’unité de la brique comme même module de base, soulignent ce caractère de

remplissage. Cela peut se faire à l’aide d’un appareillage différent de celui des

éléments porteurs, ou par exemple en tirant quelques pierres ponctuelles vers

l’avant, dépassant légèrement le plan du mur.

43


44

4: Détail de la façade

du Chilehaus construit

par Fritz Höger. Chaque

partie dispose d’un

appareil qui évoque

sa fonction comme

bordure, remplissage,

pilier etc.

5: Détail de la façade

de la Finanzbehörde de

par Fritz Schumacher.

L’appareil des piliers

se diffère clairement de

celui du remplissage

entre les fenêtres qui

rappelle l’image d’un

tissage.

6: Appareils de murs et

parois verticales.


FONCTIONS ET ELEMENTS STRUCTURELS

La brique est non seulement capable de produire des surfaces, mais également des

ossatures et des éléments courbes pour couvrir des espaces. Elle est apte à former

piliers, nervures, murs, voutes et coques, donc touts les éléments nécessaires

pour former et envelopper un espace. A partir de l’appareil, les fonctions

respectives des éléments maçonnés en briques sont clairement exprimées et

lisibles. Le fonctionnement s’exprime lui-même par la direction des briques et par

les joints. Beaucoup de ces techniques comme celle qui sert à couvrir un espace

ne jouent plus un grand rôle pour les constructions contemporaines et elles ont

été remplacées depuis longtemps par d’autres solutions plus performantes.

Mais la formation de voutes représente toujours une apothéose des possibilités

structurelles de la terre cuite.

Du à l’utilisation de la brique comme module de base, il existe cependant quelques

restrictions dans la formation de ces éléments. Toutes les mesures comme la

largeur d’un pilier sont déterminées par l’unité de la brique et ne peuvent pas être

librement choisies. Dès le début, la conception d’une construction se base sur la

taille du module. Avec celui-ci, on dispose d’une certaine échelle d’un, voir d’un

demi ou d’un quart d’un élément.

Cette règle s’applique également aux ouvertures qui doivent respecter le module

du matériau. Et ici, une autre question se pose en plus: Comment résoudre la limite

supérieure d’une fenêtre ou d’une porte ? Des ouvertures peuvent être formés à

l’aide de différentes solutions d’arc, mais toujours dans une certaine limite du point

de vue de la dimension. Si une ouverture veut être faite à l’aide de la brique seule,

les briques doivent former un arc de sorte à ce qu’elles s’imbriquent entre elles.

Autrement, une combinaison avec d’autres matériaux est indispensable.

Nous retrouvons le même problème pour couvrir un espace: Soit on applique la

méthode de l’haubanage pour former des coques de dimension limitée, soit on

emploie d’autres matériaux. En cette difficulté de former des ouvertures consiste

probablement la plus grande restriction d’une construction uniquement en briques.

PLASTICITE ET DECORATION

Par l’impossibilité de créer des formes quelconques à partir de la brique, celle-ci a

développé ses lois esthétiques et techniques propres.

La terre cuite ne travaille pas à partir d’une masse qui est ensuite formée et

45


sculptée, mais elle forme la masse à partir de petits éléments assemblés. La

formation d’éléments tridimensionnels complexes ne correspondant pas aux

propriétés de la pierre artificielle, celle-ci se prête plutôt à former des piliers, bandes

et des volumes simples. Cependant, on peut jouer avec le module de la brique et

produire des effets incroyables. L’architecte Fritz Höger exploitait ces possibilités

avec une grande virtuosité, obtenant ainsi des effets stupéfiants.

L’argile qui constitue la brique peut tout de même être formée avant qu’elle soit

cuite. Ces éléments vont eux aussi s’intégrer dans la maille des joints et doivent

ainsi respecter le module de base.

La répétition de tels motifs en céramique est très facile : par un moule, de

nombreuses pièces peuvent être formées et cuites. Cette production en série

permet une décoration rationnelle et économique.

A l’aide d’ éléments décoratifs en céramique comme les a appliqué par exemple

Fritz Schumacher, l’unité matérielle peut être gardée sans devoir renoncer à des

plastiques ponctuelles. En même temps, il est possible d’appliquer une certaine

gamme de couleurs ou de tonalités. Même des glaçures en diverses couleurs ont

été faites à l’époque, et les couleurs, grâce à la cuite, s’approchent de la tonalité de

la brique et s’intègrent dans l’image unitaire.

Un autre type de décoration et une façon de souligner différentes surfaces d’un

bâtiments plus articulé consiste à utiliser des pierres de couleurs différentes : des

points isolés sur de vastes et lisses surfaces ou des lignes courant le long des bord

sont une manière simple d’ornementer une construction.

LA BRIQUE COME REVETEMENT

Lors de la cuite à haute température, processus nommé frittage, la brique perd

sa porosité et la surface devient légèrement vitrifiée. La céramique ainsi obtenu

s’appelant klinker, brique recuite ou brique hollandaise est parfaitement résistante

aux intempéries : Grace à l’absence de fissures, l’eau n’entre pas dans le matériau

et ne peut donc pas entrainer d’éclatements lors de gel. Ces caractéristiques le

prédestinent à être utilisé comme revêtement. Il est évidemment aussi trop précieux

pour être employé comme structure porteuse et vient de ce fait produit comme

demi, voir un quart de module. La technique de parementer consiste à rajouter une

couche de klinker devant la maçonnerie en briques normales. Il se peut que cette

couche, si un jour elle est trop abimée et dégradée, soit démolie et substituée par

une nouvelle, sans toucher au mur porteur.

46


7: Fritz Höger, Zigarettenfabrik Reemtsma,

Hambourg-Wandsbeck, 1926-29. Image

de l’épque.

8: Détail de la façade. L’image produit par

les briques tournées rappelle de la fumée

qui monte.

47


48

9: Fischauktionshalle Altona,

Hambourg, de Günter Talkenberg,

1984. La construction combine une

structure en acier et des murs en

briques.

10: Construction en colombage. Le

bois forme la structure, la brique sert

à remplir les interstices.


C’est un revêtement qui peut être remplacé si nécessaire mais qui, comparé à

un crépi, est beaucoup plus pérenne que celui-ci. Cette fonction de protection

nécessite une expression propre qui démontre son rôle comme revêtement

non porteur. Pour qu’il se distingue clairement d’une maçonnerie structurelle, le

caractère de la couche de parement doit être souligné par l’appareillage et par des

briques de format et propriétés spéciaux.

LA BRIQUE EN COMBINAISON AVEC D’AUTRES MATERIAUX

La liaison de la brique avec d’autres matériaux réside surtout dans le fait que les

possibilités techniques de la construction avec ce matériau seul sont limitées. Pour

répondre aux besoins de nos jours, la capacité constructive de la terre cuite peut,

là où elle présente des limites, être complétée par la combinaison avec d’autres

matériaux. Par sa grande flexibilité due à la petite taille des éléments formant la

masse, la terre cuite permet une connexion facile.

De cette manière, les aptitudes techniques réduites de la brique ont non seulement

mené à une fusion intelligente avec d’autres matériaux, mais aussi à une élaboration

d’un langage et d’un style propre. Le complément que peut apporter un autre

matériau à la brique est aussi important artistiquement que constructivement.

La combinaison de la brique avec de la pierre naturelle se trouve surtout dans

l’application de profils, corniches, bordures et éléments horizontaux. Idéalement,

la pierre forme un complément et ne reprend que des tâches qui pour la brique

posent des problèmes. La brique développe les masses et surfaces et la pierre est

ponctuellement employée pour former des bords ou des angles et pour répondre à

des problèmes statiques.

En ce qui concerne la liaison de la brique avec le bois, ce sont d’abord les

fenêtres qui jouent un rôle important. Le châssis et les divisions en bois peint

en blanc comme nous le voyons pour la plupart des bâtiments dans la région

hambourgeoise, ressortent clairement sur le fond sombre de la brique.

Pour surmonter des portées horizontales, le bois se prête bien comme complément

et peut de cette manière former des structures de dalles et de toits. Lorsqu’il s’agit

d’une structure en colombage, souvent appliquée lors de constructions de fermes

et de simples maisons bourgeoises durant le 17 e et 18 e siècle, le bois agit comme

structure même et la brique n’a plus qu’à remplir les interstices.

49


Si la structure portante est en acier, le remplissage en briques obtient un tout autre

aspect, les constructions sont plus modernes, industrielles, voir monumentales et

peuvent arriver à des dimensions plus importantes. La même chose vaut pour le

béton armé. Si celui-ci forme l’ossature d’un bâtiment, c’est la brique qui se prête

peut-être le mieux à accomplir la fonction du remplissage et à former la masse et

les surfaces nécessaire pour envelopper les espaces. Grace à sa modularité de

petite taille, elle s’insère facilement dans la structure qui elle aborde des grandes

portées.

La solution qui combine la brique avec de l’acier ou du béton accorde à la terre

cuite un grand potentiel de continuer d’exister en tant que matériau de construction

moderne, avec un langage propre produit par la symbiose de deux, voir même trois

matériaux.

Ce complément des propriétés des deux matériaux permet des constructions pour

lesquelles chaque élément exprime bien son rôle. Idéalement, le fonctionnement

de chaque matériau est bien compréhensible, soit comme structure porteuse ou

comme remplissage.

La grande flexibilité dans l’utilisation de la brique, et surtout aussi sa capacité

d’entrer en symbiose avec d’autres matériaux a entrainé de multiples inventions et a

ouvert un grand nombre de possibilités variées pour la construction.

Pour des questions structurelles, la combinaison de la brique avec d’autres

matériaux est indispensable de nos jours.

50


6 Le visage de l’entreprise Möller

LA COMPOSITION DES FAÇADES

Ce qui depuis l’extérieur est commun à tous les 5 bâtiments de l’entreprise Möller

sont la composition et les matériaux des façades. Chacun des édifices dispose d’un

socle d’un étage ou d’un étage semi-enterré, qui est protégé par un crépi blanc et

qui dépasse le plan de la façade de quelques centimètres. Les murs dans la partie

supérieure sont revêtus de clinquer. Les bâtiments 3, 4 et 5 sont couronnés par un

attique en retrait, le balcon ainsi obtenu court sur tout le périmètre et est délimité

par une balustrade métallique.

Comme nous l’avons déjà vu, les ombres portées sur un mur de briques n’ont

pas un grand effet et les volumes simples et clairs sont ainsi plus appropriés à ce

matériau. Cette règle, si l’on veut, a été parfaitement respectée pour ces bâtiments:

aucun élément ne crée des ombres sur la surface lisse. Des ombres portées sont

uniquement générées par l’articulation et l’agrégation des différents corps des

bâtiments.

Nous trouvons deux types de fenêtres qui se répètent sur les différents bâtiments,

soit en socle, en corps ou en attique : le premier qui est légèrement moins haut

que l’autre et qui se trouve généralement aux derniers et des fois aux avantderniers

étages. Pour le bâtiment 2, ce n’est que la fenêtre moins allongée qui

est appliquée, pour le bâtiment 5 avec la tour, c’est sans exception celle plus

haute. Dans la majorité des cas, ce ne sont malheureusement plus les fenêtres

originales en guillotine et en bois qui sont présentes, car elles ont été remplacées

par des fenêtres en matière plastique. A quelques endroits, comme en attique

des bâtiments 3 et 4 par exemple, les anciennes fenêtres sont encore conservées

et permettent de faire une comparaison avec les nouvelles. Ces dernières ne

reprennent ni le matériau, ni le mécanisme en guillotine, ni le dessin ou la partition.

Elles disposent d’une partie fixe en bas, d’un ouvrant normal dans la partie

centrale et pour celles plus allongées d’un élément opaque et fixe dans la partie

supérieure. Sur les façades sud des bâtiments 3, 4 et 5, des caissons de stores

ont été rajoutés sur la partie opaque en haut des fenêtres. Malgré ce changement

regrettable dans le dessin et le matériau des ouvertures, les fenêtres restent un

élément déterminant de l’aspect des façades et caractérisent, grâce à leur rythme

précis, le visage de l’ensemble des bâtiments.

Les toits ne dépassent la façade que de quelques centimètres, continuant les petits

sauts en avant formés par la pierre ou les briques qui constituent le bord supérieur

du mur. La ligne apparente des toits et extrêmement subtile, d’une hauteur d’un

51


52

1: Une des fenêtres originales depuis l’intérieur.

2: Comparaison des deux types de fenêtre. A gauche la

fenêtre originale à guillotine, à droite la nouvelle fenêtre

avec ouvrant normal et partie opaque en haut.


chéneau seulement, et elle vient soulignée par les éléments décoratifs en pierre ou

en briques se trouvant dessous. La pente de la toiture est tellement faible qu’elle ne

peut pas être vue depuis le niveau de la rue. Seules les gouttières pour évacuer les

eaux qui courent le long des bords indiquent que les toits disposent d’une pente qui

descend vers les façades.

LE REVETEMENT EN KLINKER

La chose la plus caractéristique des constructions de l’entreprise Möller est sans

doute la façade en klinker rouge foncé qui unifie tous les 5 bâtiments principaux.

Mais regardant plus précisément, les briques ont une tonalité variée qui va d’un

orange vers des rouges clairs et plus foncés, voir même vers un violet. Les

façades des bâtiments 3,4 et 5 ont un aspect plus uniforme, les briques restent

dans une seule teinte avec des variations de clarté seulement. Sur les deux autres

constructions (bâtiment 1 et 2) par contre, les briques constituant les façades ont

des tonalités variées, ce qui crée une image très vivante. En plus, des différentes

parties comme des ailes saillantes ou des étages entiers se distinguent légèrement

dans leur couleur d’autres parties de la façade. On comprend que des extensions

sont à l’origine de ces différences de couleur, des rajouts soit d’étages, soit de

nouveau corps. Il s’agit surtout du bâtiment 1 qui est le plus ancien du site et qui

durant sa vie a subi de nombreuses transformations et extensions.

Tout de même, à cause de la reprise de mêmes éléments, l’image d’unité de ces

5 édifices n’est à aucun moment cassée. Dans des anciennes descriptions de la

construction des 4 bâtiments construits plus tard, il est expliqué que pour chaque

étape, les klinkers ont été fournis par la même tuilerie et que les bâtiments ont été

faits exactement d’après l’existant :

„Das Äußere wird dem bestehenden Gebäude genau angeglichen. Ziegel von dem

gleichen Werk, gleiche Fenster, Dach grün gestrichene Pfannenbleche.“ 1

Ce qu’on peut en outre identifier sur les façades sont des taches noires, à quelques

endroits plus prononcées qu’à d’autres. Il s’agit de restes de peinture noire qui

durant la deuxième guerre mondiale recouvrait toutes les façades des bâtiments.

Cette peinture de camouflage a été enlevée plus tard, ils en restent cependant

toujours des traces qui témoignent de ce fait historique.

Toutes les façades disposent de grandes surfaces continues qui sont percées par

les ouvertures et qui rappellent ainsi un tissu. Seul dans le cas de l’édifice 1, des

embrasures en pierre tiennent visiblement debout le parement en klinker au-dessus

53


54

3: Les différentes etapes de construction du

b’atiment 1 sont visibles grâce à la différence

des briques.

4: Les restes de peinture de camouflage

formant des tâches noires sur la façade

(bâtiment 3).

5 et 6: Le bâtiment 1 en 1913 avec éolienne

et en 1918 avec la première extension.


des fenêtres. Pour les autres bâtiments, nous n’avons aucune indication permettant

de savoir comment y est tenu le revêtement.

Les grandes surfaces lisses ne sont à aucun endroit interrompues par des éléments

saillants ou rentrants, mais emballent les volumes à l’image d’une peau continue.

Uniquement les tablettes de fenêtres, formées par des klinkers de format plus plat

et posées de façon inclinées, ressortent légèrement du plan de la façade.

Par l’appareillage des briques, nous pouvons dire que ce n’est pas le mur porteur

qui est apparent, mais un revêtement, une couche de protection qui se trouve

devant la maçonnerie porteuse. Cela explique en même temps le choix pour la

brique klinker : Par l’absence de pores qui laissent infiltrer l’eau, ce type de brique

dispose de propriétés idéales pour résister aux sollicitations météorologiques et va

être employé comme protection de la maçonnerie principale et non pas comme

structure porteuse.

La taille des briques correspond au format klinker, ce sont alors des modules plutôt

petits de 25x12x6.5 cm environ.

Sur la plupart des façades des différents bâtiments, les briques sont posées en

assises de panneresses seules ou de temps en temps interrompues par des

briques de longueur réduite ou par des demi briques posées perpendiculairement

pour rattraper les dimensions. Seul le bâtiment 1 dispose d’un appareil qui alterne

une assise de panneresses avec une assise de boutisses de demi briques.

L’appareil est ainsi fait dans deux dimensions seulement. Le revêtement porte

uniquement son poids propre et n’a pas besoin d’une épaisseur plus importante.

Comme nous l’avons déjà vu, cette fonction non structurelle se manifeste

également dans le traitement des ouvertures, dont aucune indication d’arc ou de

linteau n’est donnée.

Les joints d’assise et les joints montants sont en général d’une épaisseur

normale d’environ 1cm. Il est probable qu’à l’origine ils ont été faits à fleur des

briques, c’est-à-dire sur le même plan, tandis qu’aujourd’hui, ils sont en léger

retrait. La dégradation au cours des années due à l’exposition aux conditions

météorologiques doit être à l’origine de ce phénomène. On voit bien qu’aux endroits

les plus exposés comme les façades en haut de la tour, la dégradation a été plus

forte.

La couleur des joints est de deux tonalités différentes : celle du mortier des bâtiment

1 et 2 est plus jaunâtre, celle des bâtiments 3-5 tend plus vers la tonalité gris. Cela

nous indique une différence dans la composition du mortier lors des diverses étapes

55


de construction.

A quelques endroits, la couleur des briques et celle du mortier forment un contraste

particulièrement fort. A d’autres endroits pourtant, des traces de couleur de

camouflage datant de la guerre son toujours apparent sur les joints et les briques,

ce qui diminue beaucoup ce contraste entre la maille et les klinkers. Les murs

apparaissent par la suite comme surface presque uniforme.

DECORATION ET COMBINAISON DE MATERIAUX

Correspondant à leur fonction pragmatique comme bâtiments industriels, les 5

édifices ne disposent pas au premier coup d’œil de décorations ou d’éléments

plastiques. L’expression rationnelle et sobre est prédominante et souligne leur

destination aussi bien que l’attitude de l’entreprise. Tout de même, des éléments

décoratifs ne sont pas entièrement absents. Mais dans leur caractère subtil et

discret, leur effet est éprouvé d’une manière plutôt inconsciente. Les éléments

décoratifs les plus visibles sont les embrasures en pierre naturelle des fenêtres du

bâtiment 1 qui est le plus ancien.

Ces encadrements sont accompagnés par des corniches dans le même matériau

qui se trouvent sur plusieurs niveaux de la façade. Le bâtiment qui à l’origine ne

comptait que deux étages disposait de cette ligne horizontale en pierre courant

le long de la ligne supérieure de la façade. Par le rajout d’un étage plus tard,

cette ligne se trouve maintenant au milieu de la façade et une autre, identique à

la première, a été mise en place en haut du nouveau mur. Sur la partie du corps

central, les combles rajoutés attribuent de nouveau à la deuxième corniche une

position qui est partiellement au milieu de la façade et non plus à l’arrêt supérieure

du volume. Ces lignes horizontales soulignent ainsi la stratification des étages qui

est en plus accentuée par les différentes couleurs des briques.

En ce qui concerne les autres bâtiments, la ligne en pierre couronnant le volume

a été reprise, mais uniquement pour le volume principal, c’est à dire qu’elle se

trouve à la hauteur du retrait de l’attique. Ce choix correspond aux matériaux de

construction se trouvant derrière le revêtement. La partie inférieure est construite

en maçonnerie porteuse, la partie de l’attique cependant en bois. Les corps des

différents attiques et les étages des combles sont couronnés avec un assemblage

de briques en cascade. Trois rangées de briques sortent progressivement vers le

haut du plan de la façade et forment un élément décoratif mettant en valeur la ligne

supérieure de la construction. Suivant la logique de ces deux bordures différentes,

la partie supérieure de la tour se termine par une corniche en pierre. Cette partie

56


7: Façade sud du bâtiment 5 avec

bordure de briques en cascade. Au

fond: corniche en pierre avant le

retrait de l’attique (partie tour).

8: Les embrasures et corniches en

pierre du bâtiment 1.

57


58

9: Le bâtiment 11

contenant la distribution

et le traitement des eaux.

Malgré sa taille réduite, il

s’intègre parfaitement dans

l’ensemble.

10: Le bâtiment 13, façade

nord. La brique est plus

orange et homogène que

celle du bâtiment 4 à côté.


est bien en retraits mais elle est construite en maçonnerie et non pas en bois pour

pouvoir accueillir les réservoirs d’eau.

La pierre naturelle comme matériau décoratif n’a alors été employée que très

ponctuellement et en différentes quantités pour toutes les étapes de construction.

Cette absence d’éléments décoratifs comme les embrasures en pierre naturelle

des fenêtres représente bien une attitude plus sobre et simple correspondant aux

années de construction plus tardives que celles du bâtiment 1. L’architecture des

bâtiments 3-5 dispose, si l’on veut, d’un langage plus rationnel.

La subtile décoration en brique qui termine l’arrêt supérieur des murs est un moyen

simple mais très efficace pour donner aux bâtiments une certaine élégance.

Dans la banalité, dans le sens positif du mot, et la simplicité des bâtiments se cache

une beauté et une élégance subtile qui fascine leur observateur et qui permet en

même temps la confrontation directe avec les constructions entourant le site.

L’EXTENSION DE 1980

Si nous regardons le bâtiment d’extension (13) qui est adossée à l’arrière du

bâtiment 4 et qui date de 1980, nous voyons que l’architecte Rudolf Steinke

a certes essayé de continuer l’aspect des constructions existantes, mais que

le résultat est quand même assez décevant. Contrairement aux constructions

supplémentaires plus anciennes comme le dépôt pour le matériel (bâtiment 10)

ou le centre de distribution des eaux (bâtiment 11), cette construction ne s’intègre

malheureusement pas dans l’image de l’ensemble. La confrontation directe des

deux maçonneries et des deux langages architecturaux met en évidence leurs

différences.

Comme la nouvelle construction n’est faite que de deux étages, elle ne dispose pas

de socle qui se distingue de la façade en brique. Le rez-de-chaussée n’est séparé

de l’étage que par un bandeau en béton courant autour du volume. Cet élément

continue la ligne horizontale de la corniche en pierre des bâtiments voisins. Ainsi,

le rapport au sol de cette construction récente est déjà fortement différent de celui

des autre bâtiments.

Mais des différences sont aussi visibles en regardant la maçonnerie : les briques

qui sont d’une tonalité plus orange que les plus vieilles et très uniformes dans leur

couleur sont appareillées de manière distincte. Les briques des assises courant

au-dessus et au-dessous des fenêtres sont posées respectivement debout et sur

le chant. Tandis que l’appareil du bâtiment à côté est plus libre et joue avec des

briques de longueur et de tonalités différentes, celui de ce bâtiment est plus régulier

59


60

Les espaces extérieurs.

De haut en bas:

11 et 12: L’espace

extérieur principal entre

les bâtiments 1, 2 et 3.

13 et 14: L’espace

allongé derrière

les bâtiments 3 et

4. Sur l’image de

gauche l’atelier de

galvanoplastie et le

bâtiment 5.

15: L’espace entre

les bâtiments 2 et 11.

L’ancien revêtement

de sol apparait sous

l’asphalte.

16: Le parking, au fond

les bâtiments 3 et 4.


et ne contient que des briques de même taille et couleur. Ainsi, la maçonnerie de

parement semble beaucoup moins légère et vivante, et plus froide par sa couleur.

Pour finir, les fenêtres ne reprennent ni la taille, ni les proportions existantes dans

les anciens bâtiments. Par leur dimension rectangulaire, tout le volume semble se

baisser tandis que les autres constructions tendent plutôt à se dresser vers le haut.

L’élément qui est peut-être le plus réussi est le toit, dont le bord forme une ligne

subtile à l’image des autres constructions.

Même si l’architecte Steinke a repris certains éléments et matériaux, les différences

apparentes donnent à la construction un aspect complètement autre comparé aux

bâtiments plus anciens.

LES VIDES

Par leur unité, les cinq constructions gagnent en force et forment une sorte de

quartier autonome, fait qui est actuellement souligné par la délimitation du site par

une clôture.

Les espaces vides se trouvant entre les volumes sont de dimensions qui rappellent

les cours de quartiers d’habitations ou des petites places dans le tissu d’une ville.

Une grande partie des surfaces est bituminée, mais laisse à certains endroits

apparaître des anciens revêtements en pavés ou en plaques de pierres, à d’autres

endroits, des pavés en ciment couvrent le sol. Ce revêtement minéral donne à ces

surfaces un caractère très urbain, y laissant imaginer une vie publique.

Par l’alternance des dimensions créée par les différentes constructions, les

espaces ont des ambiances et caractéristiques diverses. L’espace qui est délimité

par les bâtiments 1, 2 et 3 est le plus large et le plus fermé sur tous les côtés. Il

a un caractère d’espace central, d’accueil au site. Le vide se trouvant entre les

bâtiments 5, 8, 7 et 1, 3, 4 est plus allongée et forme une sorte de place-ruelle qui

se rétrécit à l’endroit du dépôt de matériel. Le grand vide au sud du bâtiment 5 sert

actuellement comme place de parking. Il est entouré par des arbres et des jardins

et ne semble, de par sa clôture et son différent traitement, plus faire partie du site.

D’autres vides plus petits et plus cachés se trouvent par exemple derrière le

bâtiment 2 et entre celui-ci et le bâtiment 11 abritant le traitement des eaux.

Lors d’une réaffectation des édifices, il serait souhaitable de garder le caractère des

ces surfaces vides comme places minérales et piétonnes, formant des espaces

pour la vie commune. Ainsi, l’ambiance d’un quartier urbain et unifié pourrait être

conservée.

61


62

1: Le bâtiment 5 en

chantier en 1939.

Au fond le bâtiment

1 avec la tour de la

locomobile qui est

aujourd’hui détruite.

2: La surélévation de la

tour du bâtiment 5 en

1941.

La tour sera utilisée pour

la défense aérienne et

pour le réservoir d’eau.


7 La construction des bâtiments Möller

DIVERSES ETAPES DE CONSTRUCTION

Le complexe architectural de la Möller-Wedel s‘est développé au fil des années

parallèlement à la croissance de l’entreprise. Comme le soulignent les diverses

demandes de permis de construire, les 5 bâtiments de l’entreprise sont construits

de façon presque égale, en reprenant chaque fois le dessin de la façade, la

structure et les mêmes matériaux des constructions antérieures.

Le corps central du bâtiment 1 qui est la construction la plus ancienne (la

numérotation suit la chronologie de la réalisation) date de 1909 et a subi de

nombreuses transformations et extensions. Le bâtiment 2 a été acheté par

l’entreprise Möller en 1912 et a par la suite été adapté de manière à ressembler

au bâtiment 1. Lui aussi a été agrandi plusieurs fois en rajoutant un étage ou

de nouvelles parties. La construction de ces deux édifices est de ce fait moins

homogène et difficile à connaître dans tous les détails.

Puisque les bâtiments 3, 4 et 5, réalisés pendant une courte période entre 1937 et

1942 par l’architecte August Ohle respectivement par le bureau de construction de

la Möller, sont construits de manière égale et comme ils sont mieux documentés

que les deux autres, je vais entreprendre l’analyse basée surtout sur ceux-ci. Par la

suite, d’éventuelles différences des bâtiments 1 et 2 peuvent être démontrées.

LA STRUCTURE

Nous trouvons déjà quelques indications sur la construction au niveau de la façade:

comme nous l’avons vu auparavant, la couche de klinker ne fait pas partie de la

structure porteuse. Ce genre de brique n’est en général pas utilisé pour porter des

charges, mais pour protéger le bâtiment contre les intempéries. Apparemment, la

structure porteuse se trouve derrière la couche de briques recuites.

Par la taille et l’affectation des bâtiments nous pouvons comprendre qu’il s’agit

sûrement d’une structure en métal ou en béton qui tient les dalles. Avec les portées

importantes de ce genre de bâtiments, une structure en bois est moins probable.

La charpente métallique A l’intérieur des bâtiments nous devinons une structure

faite de poteaux, sommiers et poutres secondaires, ces dernières intégrées

dans une dalle en béton. Cette structure en profilés métalliques n’est pourtant pas

visible, elle est revêtue de plâtre ou recouverte par de la maçonnerie.

Grâce aux plans de l’époque, nous pouvons comprendre qu’il s’agit d’une structure

en acier qui se compose de deux poutres primaires en profilé I posées sur des

poteaux et traversant longitudinalement les espaces. Des poutres secondaires,

également en profilé I, s’appuient d’une part perpendiculairement sur celles-ci et

63


64

3 et 4: Images de la

structure au rez-dechaussée

du bâtiment 5.

5: Composition de la

structure avec poteaux

et poutres en acier. Les

poutres secondaires

sont englobées dans la

dalle en béton.


d’autre part sur la maçonnerie périphérique. La dalle en béton a été coulée en

englobant ces poutres secondaires dans des sortes de nervures trapézoïdales :

„Die Geschossdecken in Beton zwischen Eisenträgern.“ 1

„Die Trägerdecken werden im Mischungsverhältnis 1:5 geschüttet. Es werden reiner

Elb-Trave-Betonkies und Portland-Zement vom Werk Jtzehoe verwandt.“ 2

Cela engendre un plafond rythmé par ces nervures.

La charge avec laquelle peuvent être sollicitées les dalles correspond dans le cas du

bâtiment 5 à 1000 kg/m 2 pour le rez-de-chaussée et à 500 kg/m 2 pour les étages.

Face à la présence d’une construction presque égale et à une utilisation semblable,

cette valeur devrait être du même ordre de grandeur pour les bâtiments 3 et 4.

Les fondations Aux sous-sols, la portée vient dédoublée par la multiplication

des points d’appui de la structure et ceux-ci se terminent dans des fondations

ponctuelles, également bétonnées :

„Mit dem Betonieren der Fundamente darf nicht eher begonnen werden, als die

verlegten Eisen abgenommen sind.“ 3

Les murs périphériques sont soutenus par des longrines.

Le contreventement La cage d’escalier qui se situe dans la partie de la tour

du bâtiment 5 sert très probablement comme contreventement de la structure.

Dans le cas des autres bâtiments, ce sont des parois intérieures en maçonnerie

qui rigidifient les volumes. Dans un rapport de l’ingénieur Hermann Seeburg du

1981, cela est attesté pour le cas du bâtiment 1 : „Gebäudeaussteifung durch

Mauerwerks-Wandscheiben.“ 4

Le bâtiment 1 présente une particularité au niveau de la structure : la première

partie, construite en 1909, dispose également d’une construction de poutres

métalliques et de dalles bétonnées. Parmi les diverses extensions et transformations

qui ont eu lieu nous trouvons cependant des parties qui sont construites en bois et

chacune de ces extensions présente des propriétés statiques différentes. Cela est

souligné par une mention basée sur un compte rendu des ingénieurs qui date de

1981 :

„Durch die mehrfachen An-, Auf- und Umbauten, die Materialknappheit, die

geringe Materialgüte und die großzügige Handhabung bei baulichen Maßnahmen

während des Krieges ergeben sich zwischen den und auch innerhalb der einzelnen

Stockwerke stark unterschiedliche Tragfähigkeiten der Decken, eine Instabilität des

Gebäudes und zu hohe Bodenpressungen.“ 5

65


Il est ainsi très difficile de connaître l’état, la qualité et les détails de cette structure

hétérogène. Après quelques améliorations ponctuelles qui ont été entreprises suite

à cette étude des ingénieurs, les charges admissibles se situent autour de 200

kg/m 2 . Cela permet une utilisation des locaux par exemple comme bureaux,

mais pas comme archives. Il a fallu renoncer à un renforcement de toutes les

dalles, puisque les coûts auraient équivalu à ceux d’une construction neuve et

l’intervention nécessiterait une évacuation totale du bâtiment.

Concernant le bâtiment 2, il existe très peu de documents, dû au fait que celui-ci a

été racheté par la Möller en 1912. Des adaptations au niveau de la façade et des

extensions respectant les mêmes principes et matériaux de construction que ceux

présents dans le bâtiment 1 ont été entreprises. Dans les parties ajoutées, nous

voyons en conséquence apparaître les mêmes dalles rythmées par les profilés

métalliques intégrés.

La charpente des toits Les derniers étages ainsi que les toits des bâtiments sont

en général tenus par une charpente en bois. Le poids réduit de celle-ci permet

d’appuyer l’attique non pas au dessus de la maçonnerie, mais en retrait de la

façade. Les toits disposent d’une légère pente vers les façades.

En ce qui concerne la tour, les deux derniers étages sont bien en retrait, mais la

façade a été continuée en maçonnerie portante. Des renforcements par des poutres

supplémentaires sont visibles à l’endroit du retrait de la façade. Cette construction

permet d’abriter les 3 bacs à eau qui sont eux faits en béton armé ainsi que de

porter le toit qui est ici fait d’une construction en béton avec une charpente en bois

posant dessus.

L’ENVELOPPE

Les murs Sur les plans de construction de l’époque, nous trouvons des

informations sur la composition et les différentes couches du mur:

A la façade en klinker de 12cm suit une couche d’air de 5cm et le mur porteur en

brique. A celui-ci sont accolés des deux côtés des panneaux isolants « Héraclite »

de 3.5 cm d’épaisseur. Les fenêtres sont posées dans le plan entre le parement en

klinker et la maçonnerie, donc, si l’on, veut à l’endroit de la couche d‘isolation par le

vide et par le panneau isolant « Héraclite ».

L’épaisseur de la maçonnerie varie en fonction de la charge qu’elle doit reprendre.

C’est-à-dire qu’elle est plus importante en bas et diminue vers le haut. Au rez-dechaussée

du bâtiment 5, le mur porteur atteint une épaisseur de 58 cm pour la

66


partie tour à 10 étages et 46 cm pour la partie allongée à 5 étages, tandis qu’aux

derniers étages construits en maçonnerie, celle-ci ne dispose plus que d’une

épaisseur de 12 cm. L’épaisseur totale des murs, incluant toutes les couches, varie

donc entre 38 cm et 84 cm.

Cette différence des dimensions a pour conséquence que le coefficient de

transmission thermique U est d’une valeur moins importante pour la partie inférieure

du mur et qu’elle augmente vers le haut du bâtiment. En bas des bâtiments,

l’isolation est ainsi nettement meilleure qu’aux derniers étages.

Pour la partie la plus faible, nous calculons des valeurs de 0.76 W/m 2 K et pour la

plus importante de 0.54 W/m 2 K. Face à la date de construction des bâtiments,

ces valeurs sont assez surprenantes. Grâce à l’épaisseur des murs et à l’emploi de

panneaux en fibres de bois « Héraclite », l’isolation est relativement bonne.

Pour des raisons d’incertitude au niveau de la construction, le calcul ne tient

pourtant pas compte des ponts de froid dus aux linteaux et aux profilés métalliques

rentrant dans le mur. Pour connaître ces détails, des analyses plus approfondies

seraient nécessaires, ce qui n’était pas possible dans le cadre de ce travail.

Pour atteindre les valeurs d’isolation correspondantes aux exigences

contemporaines de 0.2-0.3 W/m 2 K, une couche d’isolation supplémentaire est

indispensable. Cela pourrait facilement être obtenu à l’aide d’un supplément en

isolation intérieure d’en maximum 10cm d’épaisseur disposant d’une valeur U de

0.045 W/m 2 K. Il se pose cependant la question des problèmes de condensation

dus aux ponts de froid crées par les linteaux ou les profilés métalliques rentrant

dans le mur.

Les fenêtres Les fenêtres originales en bois ne sont plus présentes qu’à quelques

rares endroits. Du point de vue énergétique, le vitrage de celles-ci ne correspond

surement pas aux exigences d’aujourd’hui, mais le cadre devrait par son matériau

présenter des valeurs assez raisonnables. Le mécanisme en guillotine avec des

contrepoids se trouvant dans l’embrasure fonctionne encore parfaitement et

nécessiterait simplement d’un entretient.

Les nouvelles fenêtres qui ont remplacé les anciennes il y a environ 10 ans

disposent d’un vitrage double et d’un cadre en matière plastique, ce qui a

certainement diminué les pertes d’énergie.

Economiquement et écologiquement, un changement de ces fenêtres est

difficilement justifiable, car elles sont dans un très bon état et correspondent aux

67


240.0cm

68

Linteau en béton armé

Tablette de fenêtre en

béton armé

Vide d’air 5.0cm

Maçonnerie

Parement en klinker 12.0cm

Dalle en béton

Profilé métallique dans dalle

Poutre métallique

Poteau métallique

Vide de l’ancienne ventilation

Panneau «Héraclite»

Composition de la dalle:

Revêtement 2cm

Isolation 3.5 cm

Béton 10cm

Isolation 5cm

150.0cm

150.0cm

140.0cm

90.0cm 238.0cm 33.0cm 37.5cm

240.0cm


Estimation du coefficient de transmission thermique U

de la paroi

λ

[W/m 2 ]

épaisseur

[cm]

Brique pleine 1.59 12.0 0.075

Vide non ventilé 5.0 0.180

Panneau fibres de bois 0.1 3.5 0.350

R R

[m 2 K/W] [m 2 K/W]

Brique pleine 0.83 12.0 / 58.0 0.145 0.699

Panneau fibres de bois 0.1 3.5 0.350

Plâtre 0.52 2.0 0.038

Ri 0.130

Re 0.040

Leine minérale 0.045 10.0 2.222

Rt o t 1.308 1.862

Rt o t (+ Laine minérale) 3.530 4.084

U 1.711 0.537

U (+ Laine minérale) 0.283 0.245

6: Détails de construction du bâtiment 5 1/50.

Coupe longitudinale, composition de la dalle.

Coupe transversale, composition de la paroi.

Plan.

7: Estimation du coéfficient de transmission thermique de la paroi.

Hypothèse: complément en isolation de 10cm.

69


exigences thermiques. Pour l’esthétique et pour respect de l’image des bâtiments,

un retour aux fenêtres originales, améliorées dans leur performance thermique,

serait pourtant très souhaitable.

Les toits Par les diverses extensions, les toits ne sont pas tous en bon état.

Couverts à l’origine avec du carton bituminé, ce dernier a été partiellement refait ou

remplacé par de la tôle. D’après les plans de construction, quelques centimètres

d’isolation ont été mis en place et le vide sous la pente, n’étant souvent pas utilisé,

sert d’espace tampon. Pour respecter la ligne subtile du toit qui est visible en

façade, il serait difficile de rajouter de l’isolation à l’extérieur. Il devrait par contre être

possible de rajouter un complément d’isolation sous la structure existante du toit.

LES INSTALLATIONS

Le chauffage A l’origine, les bâtiments 3-5 ont été chauffés à l’air chaud. Pour le

cas du bâtiment 5, celui-ci était aspiré et chauffé au 7e étage du bâtiment et passait

par un canal central vers le bas, où il était distribué sur les différents étages. Ce

canal central toujours existant dispose d’une largeur de 3,3m en haut et descend

jusqu’à 0,5m de largeur au rez-de-chaussée, avec une profondeur constate de

0,8m. Cette épine dorsale est même accessible à l’aide de barres métallique

ancrées au mur englobant ce canal qui forment ainsi une échelle.

Un système de canaux horizontaux passait sous les fenêtres le long de la façade et

formait une sorte de banquette épaisse. Par des petites grilles, l’air chauffé entrait

dans les espaces et était aspiré par des canaux placés au plafond.

Une intervention au niveau du chauffage a eu lieu simultanément avec le

changement des fenêtres: Le système à air chaud à été remplacé par un chauffage

au mazout et des radiateurs. Dans le bâtiment 5, les vides qui contenaient à

l’époque les canaux n’ont pas été enlevés mais simplement revêtus. L’ancienne

tablette de fenêtre qui servait comme place de travail frome aujourd’hui une sorte

de socle.

Sous chaque fenêtre, un nouveau radiateur a été placé devant ce volume.

Lors d’une réaffectation du bâtiment, il faudrait toutefois tenir compte que

l’épaisseur importante du mur et du canal complique de façon considérable l’accès

aux fenêtres, surtout aux étages inférieurs.

Les radiateurs sont distribués par le haut : Depuis le sous-sol, l’eau chaude est

d’abord pompée vers le dernier étage et descend ensuite aux niveaux inférieurs.

Par le faux-plafond, les tubes passent dans les différentes parties de chaque étage

70


8: Schéma de la distribution

du chauffage du bâtiment 5.

Coupe longitudinale et

transversale.

9: Image des radiateurs dans

le bâtiment 5.

La profondeur importante des

murs est encore amplifiée

par les volumes des anciens

canaux passant devant le

parapet. Une démolition de

ces derniers nécessiterait un

déplacement des radiateurs

vers le mur, mais faciliterait

l’accès aux fenêtres.

71


72

10: Détail d’un toit refait.

Les raccords sont dans

un mauvais état, des

infiltrations sont par

endroits visibles.

11: Distrubution et

traitement des eaux

dans le bâtiment 11.

12: L’espace entre le

réservoir d’eau et la

façade dans la tour du

bâtiment 5.


et descendent jusqu’aux corps chauffants.

Face au bon état et à l’âge peu important du chauffage à radiateurs mis-en place,

ce système peut sûrement être repris lors d’une réaffectation.

L’eau Une grande partie de la ville de Wedel est alimentée par l’eau de l’entreprise

Möller, dont plusieurs sources se trouvent notamment sur son propre terrain.

Cette eau est collectée, contrôlée et traitée de manière à garantir de l’eau potable.

Ensuite elle est, selon les besoins temporels de la ville, soit pompée dans le

réservoir se trouvant en haut de la tour du bâtiment 5, soit conduite directement

dans le réseau de Wedel.

Nous trouvons ainsi 3 tuyaux dans le noyau technique de la tour : le premier qui

contient l’eau pompée vers le haut, le deuxième qui contient celle qui descend

vers le réseau municipal et le troisième de diamètre moins important pour l’eau du

déversoir.

L’entreprise Möller prévoit dans un futur proche de ne plus utiliser ce réservoir au

sommet de la tour, bien que l’extraction et la préparation de l’eau seront toujours

pratiquées. Cet espace au dernier étage sera ainsi libéré de sa fonction et pourra

être utilisé pour une affectation autre. Cet espace ne dispose cependant que de

quatre petites fenêtres se trouvant dans l’angle sud-ouest. Il faudra par conséquent

soit prévoir une illumination par des ouvertures zénithales ou une intervention au

niveau de la façade, soit trouver une utilisation qui ne nécessite pas ou peu de

lumière naturelle.

LA QUALITE DES ESPACES

Acoustique A cause de leur épaisseur et de la densité de la brique, les murs

en maçonnerie offrent une très bonne isolation acoustique entre les locaux et

l’extérieur. Entre les étages, les dalles en béton présentent également une bonne

isolation au bruit aérien. Le bruit de choc est absorbé par une couche d’isolation

de 3.5cm et par le revêtement. A l’époque le revêtement était du parquet ou du

linoléum, ce dernier est aujourd’hui remplacé par de la moquette dans le bâtiment

5. Une autre couche d’isolation de 5.0cm se trouve, selon les anciens plans, sous

les dalles, entre les nervures.

Lumière Les fenêtres qui mesurent 2,4 x 1,4m et qui disposent donc d’une surface

vitrée de plus de 3m 2 sont disposées à une distance de 1.1m seulement l’une de

l’autre. L’éclairement des locaux par la lumière naturelle venant des deux côtés

73


74

13: Espace de

fabrication dans le

bâtiment 3 en 1938.

Le revêtement de sol

est en parquet, l’espace

est bien illuminé par les

nombreuses fenêtres.

La structure est ici bien

visible.

14: Le même espace

aujourd’hui, servant de

dépôt.

Le caractère industriel

est pourtant toujours

visible, le parquet est

dans un bon état.


est ainsi très bon, même si la profondeur des espaces se situe entre 12m et 15m.

Cette quantité importante de lumière de jour vient du fait que les locaux ont été

employés pour des travaux de précision, nécessitant une très bonne illumination.

Le confort Du temps de leur réalisation, les bâtiments étaient équipés avec des

installations et outils très modernes pour l’époque :

„Ein Lastenaufzug wird eingebaut, Waschräume und Aborte,

Warmwasserzentralheizung angeschlossen an der vorhandenen Heizung,

Gemeinschaftsraum im Gebäude II, Zentraluhrenanlage und Rundfunkempfang mit

Lautsprechern in den Werksräumen. [...]“ 6

Les bâtiments disposaient d’ascenseurs, d’installations sanitaires, de chauffage,

d’une salle commune pour les employés, d’une horloge centrale et de réception

radio avec des haut-parleurs dans les ateliers.

Même s’ils ont été en partie refaits, toutes ces installations sont aujourd’hui plutôt

vieilles.

Les sols Tandis qu’à l’époque, le sol du bâtiment 5 était revêtu avec du linoléum,

celui-ci a été substitué par de la moquette pour permettre de louer ces espaces

comme bureaux.

Dans la plupart des endroits des bâtiments 3 et 4 le sol est revêtu de parquet. Face

à sa massivité et à sa bonne qualité, il est encore dans un très bon état. Des traces

d’usage sur le bois soulignent le caractère industriel des espaces qui sont d’une

grande qualité.

Par leurs dimensions, le revêtement du sol et le type de fenêtre, ils évoquent

pourtant plus une utilisation culturelle, scolaire ou d’habitation non conventionnelle

que la production industrielle.

75


CLASSIfICATION DES ELEmENTS

76

Etat

Façades Généralement en bon état.

Isolation faible, diffère selon étage

(épaisseur variable).

Traces de couleur de camouflage.

Fenêtres Fenêtres substituées: Bon état, bonne

isolation thermique et acoustique.

Fenêtres originales: Nécessitent

entretien du mécanisme. Faible

isolation.

Toit Papier bituminé refait ou substitué par

de la tôle. Constamment entretenu.

Raccords en mauvais état.

Structure Bâtiment 1 et 2: éventuelles

dégradations cachées, cas de corrosion

aux sous-sols. Bâtiment 3, 4, 5: Bon

état aux étages, dégradations et

corrosion ponctuelle aux sous-sols.

Sécurité, chemins de fuite Une cage d’escalier par bâtiment.

Portes métalliques coupe-feu dans

bâtiments 3 et 4.

Terrain Sol pollué par la production.

Assainissement en cours.


Problèmes Valeur de conservation

Eventuelles problèmes de condensation

lors d’une isolation complémentaire.

Problème économique et

écologique. Nouvelles fenêtres de

bonne performance mais l’aspect,

le mécanisme et le matériau ne

correspondent pas à l’image originale,

souhaitée.

Aspect extérieur à conserver

absolument.

Grande valeur esthétique des anciennes

fenêtres.

Idéalement: Retrouver l’aspect original,

garder les anciennes fenêtres et

remplacer les nouvelles.

Isolation insuffisante. Intérêt de garder l’aspect subtil en

façade. Papier bituminé du point de vue

esthétique préféré à la tôle.

Sécurité feu à vérifier.

Charges admissibles à vérifier pour

bâtiments 1 et 2.

A vérifier et à mettre à jours selon les

nouvelles affectations.

Assainissement encore nécessaire

pendant plusieurs années. Besoin d’un

revêtement étanche à certains endroits.

Structure à conserver dans l’ensemble.

Structure de la dalle nervurée de

préférence à rendre visible pour

retrouver l’aspect industriel.

Valeur de l’aspect minéral du sol,

caractère urbain du site

77


78

Etat

Lumière Bonne illumination grâce à la quantité et

à la taille importante des fenêtres.

Acoustique Isolation acoustique entre les étages

relativement bonne (dalle en béton).

Isolation entre les locaux et l’extérieur

très bonne (épaisseur importante des

murs).

Interventions antérieures:

Chauffage En bon état, fonctionne sans problème.

Radiateur devant chaque fenêtre.

Sanitaire Ponctuellement refaits, de manières

diverses, états divers.

Faux-plafonds Rajoutés lors de l’intervention il y a env.

10 ans (bâtiment 5). En bon état.

Protéction solaire Stores à lamelles, uniquement sur les

façades sud et ouest des bâtiments 3,

4 et 5. En bon état.


Problèmes Valeur de conservation

A cause de la largeur importante des

espaces, des divisions nécessaires

diminuent l’illumination et la générosité

des espaces.

Pour les locaux utilisés comme bureaux,

un plafond acoustique était nécessaire.

Celui ne correspond pas au caractère

industriel des édifices.

Différences pour chaque local et

bâtiment.

Conflit avec hauteur des fenêtres,

plafond les couvre partiellement

(partie opaque des fenêtres). Cache la

structure de la dalle, perte de l’aspect

industriel.

Rajoutés lors du changement des

fenêtres, devant la partie supérieure

opaque.

La transparence des espaces (espace

traversant, allant d’une façade à l’autre)

est si possible à conserver.

Valeur de conservation grand du point

de vue économique.

Peu de valeur car installations

différentes à chaque endroit.

Relativement vieilles.

Uniquement de valeur pratique

(acoustique, faire passer les

installations).

Ne correspondent pas au caractère et à

l’aspect des bâtiments.

79


8 De nouveaux espaces dans d’anciens murs

Se trouvant dans une situation exceptionnelle au centre de Wedel et à proximité de

Hambourg, les bâtiments de l’entreprise Möller font partie de la ville et de la région

par leur matériau de construction.

Du point de vue constructif, les édifices sont très modernes pour l’époque de leur

réalisation et encore aujourd’hui de valeur importante.

Les dalles en béton, les sols en linoléum et l’alimentation par la production

d’électricité propre présentaient des nouveautés et représentent l’attitude ouverte

et moderne du fondateur Johann Diedrich Möller et de son fils Hugo Möller qui le

succéda dans la direction de l’entreprise. L’ensemble des édifices est d’une grande

qualité et toujours dans un bon état, grâce à l’utilisation et l’entretien constant.

A cause des diverses modernisations et petites interventions qui ont déjà eu lieu,

une nouvelle utilisation des bâtiments ne nécessiterait, selon les attentes, que des

dépenses minimales. Cela permettrait une occupation immédiate des édifices.

La question de la sécurité est néanmoins à poser, notamment en ce qui concerne la

sécurité face au feu et les chemins de fuite.

Les interventions qui ont déjà ponctuellement eu lieu posent cependant un

problème au niveau de l’esthétique et du caractère particulier des bâtiments. Alors

que certaines améliorations comme le nouveau système de chauffage restent

tout à fait utilisables, d’autres interventions comme l’échange des fenêtres ou la

transformation en bureaux du bâtiment 5 ne tiennent pas compte de la qualité et

de la spécificité des constructions. Ces éléments semblent souvent étrangers à ces

espaces et ne correspondent pas au passé industriel des lieux. En enlevant ces

interventions qui manquent de concept général et en trouvant d’autres solutions

pour répondre à des besoins bien justifiés, les espaces pourraient retrouver

leur Stimmung particulière et parler de leur histoire industrielle. Le caractère et

l’ambiance des bâtiments peuvent apporter une nouvelle qualité d’espaces dont il

n’existe pas encore d’exemples à Wedel.

Autant par leur typologie que par l’état de la construction, les édifices se

prêtent parfaitement bien à une réaffectation. La neutralité des espaces et leur

flexibilité ainsi que la construction solide et de bonne qualité ouvre le champ à de

nombreuses utilisations possibles. Pour pouvoir définir les interventions nécessaires,

il faudrait cependant tenir compte de l’affectation prévue et du potentiel dont

disposent les espaces. Les deux énoncés théoriques complémentaires de Christa

Balmer et Annina Inäbnit approfondissent ces aspects et contribuent à la définition

d’un programme pour l‘élaboration des trois projets de transformation.

81


9 Annexes

83


84

Sur la page précédente:

Plan du rez-dechaussée

et du sous-sol

du bâtiment 5.

Plans du Baubüro J.D.

Möller, 1939.

Façade sud du bâtiment

5. Plan du Baubüro J.D.

Möller, env. 1939.


Coupe sur le toit de la

tour du bâtiment 5.

Plan du Baubüro J.D.

Möller, env. 1941.

Coupe sur les deux

derniers étages de la

tour du bâtiment 5.

Plan du Baubüro J.D.

Möller, env. 1941.

85


86

Coupes sur le canal

de ventilation dans le

bêtiment 1.

Détail du canal de

ventilation passant

sous les fenêtres et

tablette de fenêtre en

béton courant autour de

l’espace.


Façade sud et nord des

bâtiments 3 et 4. Plans

de l’architecte August

Ohle, 1935/36

87


88

Coupe sur le bâtiment

3 de l’architecte August

Ohle, 1937.

Coupe sur le bâtiments

3 avec liaison au

bâtiment 1 de

l’architecte August Ohle,

1937.


10 Sources

annotations

2 Brique et maçonnerie

1. Andrea DEPLAZES (éd.), Construire l’architecture, p.22

2. ibid., p. 22

3. Fritz SCHUMACHER, Das Wesen des neuzeitlichen Backsteinbaus, p. 46

4 La brique à Hambourg

1. Fritz SCHUMACHER, Stufen des Lebens – Erinnerungen eines Baumeisters,

Stuttgart 1935, p. 289, cité in Dirk MEYHÖFER, Hamburgs Backstein, p. 26-27

2. Alfred FREIHERR ZU WOLZOGEN (Hrsg.), Aus Schinkels Nachlass.

Reisetagebücher, Briefe, Aphorismen, 1. Band, Berlin, 1862, p. 165, cité in

Dörte NICOLAISEN, Studien zur Architektur in Hamburg 1910-1930, p. 185

3. Dörte NICOLAISEN, op. cit., p. 32

4. Alfred Lichtwark, Hermann Kaufmann und die Kunst in Hamburg von 1800-1850,

München, 1893, p. 89, cité in Dörte NICOLAISEN, op. cit., p. 33

5. Alexis de Chateauneuf, Architektonisches Album, Heft, Potsdam, 1840, p. 3, cité

in Dörte NICOLAISEN, op. cit., p. 15-16

6. Fritz SCHUMACHER, op. cit., 1935, p. 288, cité in Dirk MEYHÖFER, op. cit., p.

26-27

7. Fritz SCHUMACHER, Das Bauschaffen der Jetztzeit, und historische

Überlieferung, Leipzig, 1901, p. 28, cité in Dörte NICOLAISEN, op. cit., p.165

8. Fritz SCHUMACHER, op. cit., 1985 [1920], p. 9

9. Fritz SCHUMACHER, op. cit., 1935, p. 285 cité in Dörte NICOLAISEN, op. cit., p.

171

10. ibid., p. 172

11. Fritz SCHUMACHER, Grundlagen der Baukunst, Studien zum Beruf des

Architekten, München, 1916, S. 8 cité in Dörte NICOLAISEN, op. cit., p. 178

12. Rudolf G. BINDIG, Das Chilehaus, Berlin, 1939, cité in Dirk MEYHÖFER, op.

cit., p. 34

5 L’expression de la construction en briques

1. Fritz SCHUMACHER, op.cit., 1985 [1920], p.17

6 Le visage de l’entreprise Möller

1. Kurze Beschreibung des Baues und Begründung etwaiger Abweichungen von

der Baupolizeiordnung, 1935, archives Möller

89


7 La construction des bâtiments Möller

1. J.D. Möller-Wedel, Kurze Beschreibung des Baues und Begründung etwaiger

Abweichungen von der Baupolizeiordnung, 1935, archives Möller

2. J.D. Möller-Wedel, Zum Baugesuch der Firma J.D. Möller Wedel GmbH,

Gebäude 4, 1937, archives Möller

3. Statische Prüfstelle Kiel, Prüfungsvermerke zur statischen Berechnung, 1937,

archives Möller

4. Hermann Seeburg, beratender Ingenieur, Hamburg, Bericht über den Zustand

des Gebäude 1 auf dem Werkgelände in statisch-konstruktiver Hinsicht, 1981,

archives Möller

5. J.D. Möller-Wedel, Auswertung des Berichts der Firma Seeburg über den

Zustand des Gebäudes 1 in statisch-konstruktiver Hinsicht, 1981, archives Möller

6. J.D. Möller-Wedel, Kurze Beschreibung des Baues und Begründung etwaiger

Abweichungen von der Baupolizeiordnung, 1935, Archive Möller

taBLe des iLLustrations

2 Brique et maçonnerie

1: http://www.premiopiranesi.net/download.htm, consulté le 30.12.08

2: http://www.1st-art-gallery.com/search?q=tura, consulté le 30.12.08

3, 4: Giovanni PEIRS, La terre cuite.

5,7: Claire ZIMMERMANN, Mies van der Rohe

6: Andrea DEPLAZES (éd.), Construire l’architecture

3 La brique à Wedel

1-6: Photos personnelles

7: Plan personnel

8-12: Photos personnelles

13: Plan personnel

4 La brique à Hambourg

1, 4, 9, 12: Dirk MEYHÖFER, Hamburgs Backstein

2: http://www.geozentrum-hannover.de/cln_101/nn_325378/DE/Themen/Boden/

Produkte/Karten/BAG__5000.html, consulté le 22.11.2008

3: James W. P. CAMPBELL, William PRYCE, Backstein

5: Giovanni PEIRS, La terre cuite

90


6, 7: Barry BERGDOLL, Karl Friedrich Schinkel

8, 22: Photos personnelles

10: Bernhard BUDERATH (éd.), Peter Behrens: Umbautes Licht

11, 17: Eberhard POOK, Ruth ASSEYER, Hermann HIPP, Karl Schneider Revisited

13: Fritz SCHUMACHER, Hamburger Staatsbauten, Band I

14, 15, 16: Hartmut FRANK (éd.), Fritz Schumacher

18, 19: Piergiacomo BUCCIARELLI, Fritz Höger

20, 21: Reiner SCHRÖDER, Volkwin MARG, Architektur in Hamburg seit 1900

5 L’expression de la construction en briques

1: Giovanni PEIRS, La terre cuite

2: Andrea DEPLAZES (éd.), Construire l’architecture

3: http://flickr.com/photos/peter_bergvall/2290379257/, consulté le 30.12.08

4, 5, 8: Photos personnelles

6: Daniel TREIBER, Etienne FALK, la brique et le projet architectural au XIX e siècle

7: Piergiacomo BUCCIARELLI, Fritz Höger

9: Dirk MEYHÖFER, Hamburgs Backstein

10: Giovanni PEIRS, La terre cuite

6 Le visage de l’entreprise Möller

1, 3, 4, 7-16: Photos personnelles

2: Plans personnels

5, 6: Sabine WEISS, Klaus MÖLLER, J.D. Möller optische Werke Wedel

7 La construction des bâtiments Möller

1, 2, 13: Sabine WEISS, Klaus MÖLLER, J.D. Möller optische Werke Wedel

3, 4, 9-12, 14: Photos personnelles

5-8: Plans personnels

Sur la couverture:

Sabine WEISS, Klaus MÖLLER, J.D. Möller optische Werke Wedel

91


BiBLioGraPHie

Livres:

Hans-Günther ANDRESEN, Bauen in Backstein, in Dieter Lohmeier (éd.), Schriften

der Schleswig-Holsteinischen Landesbibliothek, Band 8, Boyens & Co., Heide in

Holstein, 1989

Barry BERGDOLL, Karl Friedrich Schinkel, An architecture for Prussia, Rizzoli, New

York, 1994

Piergiacomo BUCCIARELLI, Fritz Höger; Hanseatischer Baumeister 1877-1949,

Vice Versa, Berlin-Kreuzberg, 1992 [1991]

Bernhard BUDERATH (éd.), Peter Behrens: Umbautes Licht; das

Verwaltungsgebäude der Hoechst AG, Prestel, München, 1990

James W. P. CAMPBELL, William PRYCE, Backstein; Eine Architekturgeschichte -

von den Anfängen bis zur Gegenwart, Knesebeck, Müchen, 2003

Andrea DEPLAZES (éd.), Architektur konstruieren. Vom Rohmaterial zum Bauwerk -

Ein Handbuch, Birkhäuser, Basel, 2005

Andrea DEPLAZES (éd.), Construire l’architecture: Du matériau brut à l’édifice. Un

manuel, Birkhäuser, Basel, 2008

Hartmut FRANK (éd.), Fritz Schumacher: Reformkultur und Moderne, Hatje,

Stuttgart, 1994

Günther LANGE, Alexis de Chateauneuf; ein Hamburger Baumeister (1799-1853),

Weltarchiv GmbH, Hamburg, 1965

Dirk MEYHÖFER, Hamburgs Backstein; Zur Geschichte des Ziegelbaus in der

Hansestadt, Sautter + Lackmann, Hamburg, 1986

Dirk MEYHÖFER, Der Architekturführer Hamburg, Braun, Berlin, 2007

Dörte NICOLAISEN, Studien zur Architektur in Hamburg 1910-1930, Nijmegen,

1985, Dissertation

92


Giovanni PEIRS, La terre cuite. L’architecture en terre cuite de 1200 à 1940, Pierre

Mardaga, Liège, 1979

Eberhard POOK, Ruth ASSEYER, Hermann HIPP, Karl Schneider Revisited,

Historische und aktuelle Fotografien seiner Architektur, Dölling und Galitz, München-

Hamburg, 2006

Reiner SCHRÖDER, Volkwin MARG, Architektur in Hamburg seit 1900, Junius,

Hamburg, 1993

Fritz SCHUMACHER, Das bauliche Gestalten. Im Anhang A. E. POE, Philosophie

der Komposition, Birkhäuser, Basel, 1991 [1926]

Fritz SCHUMACHER, Das Wesen des neuzeitlichen Backsteinbaus, Georg D.W.

Callwey, München, 1985 [1920]

Fritz SCHUMACHER, Hamburger Staatsbauten, Band I et II, Der Zirkel, Berlin,

1919-21

SERGISON BATES ARCHITECTS, Brick-work: gewicht und präsenz, gta Verlag,

ETH Zürich, 2005

Stadtmuseum Delmenhorst (éd.) in Zusammenarbeit mit dem Deutschen Werkbund

Nord e. V. und Peter Struck, Fritz Höger 1877-1949, Isensee, Oldenburg, 1999

Daniel TREIBER, Etienne FALK, la brique et le projet architectural au XIX e siècle,

Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris, 1984

Sabine WEISS, Klaus MÖLLER, J.D. Möller optische Werke Wedel, 1864 bis 1989,

Sutton, Erfurt, 2006

Claire ZIMMERMANN, Mies van der Rohe, TASCHEN, Köln 2006

93


evues:

DETAIL 10/2005, Bauen mit Mauerwerk, Institut für internationale Architektur-

Dokumentation, München, 2005

HOCHPARTERRE, Backstein: Alter Baustoff, neue Räume, Beilage zu Hochparterre

Nr. 1-2/2007, Zürich, 2007

sites internet:

http://www.geozentrum-hannover.de/cln_101/nn_325378/DE/Themen/Boden/

Produkte/Karten/BAG__5000.html, consulté le 22.11.2008

http://fr.wikipedia.org/wiki/Four_Hoffmann, consulté le 22.11.2008

http://de.wikipedia.org/wiki/Kontorhaus, consulté le 22.11.2008

http://www-energie.arch.ucl.ac.be/CDRom/toitureplate/theorie/tptheochalparoi.

htm, consulté le 10.12.2008

archives consultées:

Archives privées de la Möller-Wedel GmbH

Stadtarchiv Wedel

94

More magazines by this user
Similar magazines