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Le réseau<br />

de suivi d’exploitations<br />

bovines en province Sud<br />

Bi<strong>la</strong>n<br />

de suivi 2009<br />

La <strong>Province</strong> s’engage pour l’élevage


2<br />

AVANT-PROPOS<br />

Le dispositif de suivi en réseau d’exploitations bovines a été initié en<br />

2005 suite au recul de <strong>la</strong> production de viande locale. Cette situation<br />

a conduit au constat d’un manque d’anticipation de l’ensemble des<br />

acteurs, professionnels et institutionnels, conduisant <strong>la</strong> province Sud<br />

à s’engager dans <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un réseau de suivi d’exploitations<br />

avec l’appui méthodologique de l’Institut de l’élevage.<br />

Ce dispositif provincial a plusieurs objectifs :<br />

• Accompagner l’évolution des exploitations d’élevage :<br />

• Adapter les systèmes de production aux potentialités et<br />

contraintes locales,<br />

• Vulgariser de nouvelles techniques,<br />

• Rendre accessibles <strong>la</strong> formation et l’information aux<br />

éleveurs.<br />

• Réaliser des diagnostics d’exploitations et é<strong>la</strong>borer des projets<br />

d’instal<strong>la</strong>tion pour le compte des éleveurs.<br />

• Proposer aux éleveurs des objectifs accessibles, leur permettant<br />

de dégager un revenu suffisant dans des conditions de travail<br />

acceptables.<br />

• Produire des références technico-économiques des systèmes<br />

d’élevages.<br />

• Fournir aux décideurs des indicateurs testés et validés d’évolution<br />

et de viabilité des exploitations bovines.<br />

Il se caractérise par :<br />

• Une équipe de 6 personnes (1 coordonnateur et 5 animateurs). 38<br />

exploitations en suivi depuis le 1er janvier 2007.<br />

• Des exploitations réparties sur l’ensemble du territoire provincial<br />

sur une assise foncière privée ou coutumière.<br />

• Des superficies très variables (de 40 ha à 1 200 ha) au total<br />

14 800 ha (sur 120 770 ha consacrés à l’élevage en province Sud).<br />

• Des effectifs al<strong>la</strong>nt de 45 têtes à 1 000 têtes de bétail, représentant<br />

9 500 têtes (sur 60 000 têtes estimées en province Sud).<br />

Il fonctionne sur <strong>la</strong> base de :<br />

• L’établissement d’un contrat moral et de confiance entre l’éleveur<br />

et l’animateur.<br />

• Un accompagnement différencié du technicien animateur (suivi<br />

du troupeau, conseil technique et collecte d’informations, appui<br />

aux démarches administratives et respect des engagements).<br />

• L’accès à l’ensemble des données de l’exploitation (techniques,<br />

économiques, sociales, etc.).<br />

• La réalisation d’un suivi régulier.<br />

• La restitution d’un bi<strong>la</strong>n annuel regroupant une synthèse des<br />

données collectées accompagnée d’indicateurs de performances<br />

techniques et économiques.<br />

TÉMOIGNAGE<br />

Orezzoli René<br />

Intallé depuis 1935, commune de Farino -<br />

240 ha de SAU. 85 vaches conduites en<br />

Système Naisseur. 1,2 UMO – pas de sa<strong>la</strong>rié.<br />

Quelles ont été et quelles sont encore<br />

vos attentes de ce dispositif ?<br />

Au départ rien, sinon s’intégrer à une vision<br />

positive de l’amélioration des réflexions sur<br />

l’élevage et <strong>la</strong> gestion d’une station.<br />

Dans <strong>la</strong> conduite de votre exploitation,<br />

que vous a apporté le réseau ?<br />

Une meilleure lecture du travail administratif<br />

qui était déjà en p<strong>la</strong>ce, et des adjonctions<br />

extrêmement positives dont entre autres<br />

l’IPG.<br />

Quels sont les changements dans <strong>la</strong><br />

conduite de votre exploitation, depuis<br />

votre adhésion au réseau provincial ?<br />

Pas grand-chose à vrai dire au niveau de ma<br />

conduite d’exploitation, mon âge expliquant<br />

ce<strong>la</strong>. Mais ce qui est certain et extrêmement<br />

positif c’est le développement d’une<br />

re<strong>la</strong>tion nouvelle et très constructive entre<br />

l’éleveur que je suis et les fonctionnaires de<br />

terrain qui m’accompagnent.<br />

Pensez-vous que les résultats<br />

techniques de production sont<br />

déterminants pour améliorer les<br />

performances économiques des<br />

exploitations en Nouvelle-Calédonie ?<br />

Bien sûr ! Encore que toutes décisions,<br />

orientations et analyses apparaissant<br />

idylliques sur le papier sont malheureusement<br />

souvent mises à mal par des contraintes<br />

extérieures.<br />

LE RÉSEAU DE SUIVI D’EXPLOITATIONS<br />

BOVINES EN PROVINCE SUD<br />

Données de structures (année 2009)<br />

Éleveurs de bovins en Système Naisseur<br />

Surface fourragère principale 231 ha (27 ha - 690 ha)<br />

Surface en pâturages améliorés 38 % SFP<br />

Main-d’œuvre 1,5 UMO (dont 0,4 sa<strong>la</strong>rié)<br />

Le cheptel<br />

71 vaches de races européennes<br />

et croisées brahmanes<br />

Le chargement 0,4 UGB / ha SFP<br />

Ventes annuelles<br />

Poids vif des animaux commercialisés<br />

*voir lexique en page 23<br />

78 % veaux de boucherie<br />

11 % jeunes bovins<br />

11 % vaches de réforme<br />

1 % taureaux de réforme<br />

pour<br />

222 kg les veaux<br />

300 kg les jeunes bovins<br />

473 kg les vaches de réforme<br />

Éleveurs de bovins en Système Naisseur-Engraisseur (sans achats)<br />

Surface fourragère principale 357 ha (76 ha -840 ha)<br />

Surface en pâturages améliorés 48 % de <strong>la</strong> SFP<br />

Main-d’œuvre 1,7 UMO* (dont 0,4 sa<strong>la</strong>rié)<br />

Le cheptel<br />

90 vaches de races européennes<br />

et croisées<br />

Le chargement 0,4 UGB* / ha SFP<br />

Ventes annuelles<br />

Poids vif des animaux commercialisés<br />

51 % veaux de boucherie<br />

6 % jeunes bovins<br />

23 % GB* mâles<br />

1 % taureaux de réforme<br />

19 % GB* femelles de réforme<br />

pour<br />

210 kg les veaux<br />

391 kg les jeunes bovins<br />

594 kg les GB* mâles<br />

528 kg les GB* femelles de réforme<br />

3


4<br />

PERFORMANCES<br />

DE REPRODUCTION<br />

Généralités<br />

La fertilité : capacité des animaux à se reproduire<br />

La fertilité est caractérisée par le taux de gestation et à défaut par<br />

le taux de vê<strong>la</strong>ge.<br />

Les facteurs d’influences multiples sont principalement liés<br />

aux conditions de mise à <strong>la</strong> reproduction : état sanitaire des<br />

reproducteurs mâles et femelles, âge des reproductrices, durée<br />

de <strong>la</strong> période de saillie.<br />

La fécondité : capacité des animaux à se reproduire dans les<br />

dé<strong>la</strong>is requis<br />

La fécondité est caractérisée par l’Intervalle Vê<strong>la</strong>ge-Vê<strong>la</strong>ge (IVV).<br />

Les facteurs d’influence de l’IVV sont aussi multiples, mais les<br />

principaux restent : le niveau de l’alimentation des reproducteurs<br />

durant <strong>la</strong> période de mise à <strong>la</strong> reproduction et <strong>la</strong> proportion de<br />

primipares dans le troupeau.<br />

TÉMOIGNAGE<br />

Moglia Stephen (SCA BEST)<br />

Installé depuis 2002, commune de Moindou.<br />

270 ha de SAU. 160 vaches mères conduites<br />

en Système Naisseur. 2,5 UMO - 1 sa<strong>la</strong>rié<br />

Voulez-vous nous dire ce qui a motivé<br />

votre adhésion au dispositif de suivi<br />

réseau ?<br />

Au départ c’est à <strong>la</strong> demande des services<br />

provinciaux. Aujourd’hui ces données<br />

techniques et économiques permettent<br />

de comparer mes résultats avec les autres<br />

exploitants. Je peux donc me situer par<br />

rapport à eux et savoir où je vais.<br />

Dans <strong>la</strong> conduite de votre exploitation,<br />

que vous a apporté le réseau ?<br />

Ce<strong>la</strong> a déjà permis une meilleure gestion<br />

de mon troupeau. Une réorganisation<br />

de mon exploitation en fin 2009, avec :<br />

une séparation des troupeaux, <strong>la</strong> mise<br />

en p<strong>la</strong>ce d’un suivi sanitaire, le passage<br />

à une monte saisonnière avec un suivi<br />

échographique des reproductrices.<br />

Quels axes vous semblent prioritaires à<br />

améliorer sur votre exploitation ?<br />

Mes intervalles vê<strong>la</strong>ge, les taux de fertilité<br />

et l’alimentation de mes animaux. En effet,<br />

je pense que je suis trop chargé et cette<br />

année 2010 va être pire. J’ai eu 2 bonnes<br />

années, j’ai gardé les génisses et je me<br />

suis fait p<strong>la</strong>nter comme ce<strong>la</strong>.<br />

Pensez-vous que les résultats<br />

techniques de production sont<br />

déterminants pour améliorer les<br />

performances économiques des<br />

exploitations ?<br />

Tout à fait, c’est obligatoire. Sur une<br />

exploitation, avoir des vaches qui ne<br />

produisent pas ou insuffisamment n’est<br />

pas viable économiquement en mono<br />

production bovine.<br />

Résultats de reproduction (année 2009)<br />

Éleveurs de bovins en Système Naisseur<br />

Résultats Minimum Maximum Objectif<br />

Taux de Vê<strong>la</strong>ge 67% 27% 89% 90%<br />

Productivité numérique 64% 27% 84% 80%<br />

IVV* (jour) 415 390 589 < 375<br />

Taux de renouvellement 8% 0 22% 10-12%<br />

Éleveurs de bovins en Système Naisseur-Engraisseur (sans achats)<br />

Résultats Minimum Maximum Objectif<br />

Taux de Vê<strong>la</strong>ge 73% 44% 97% 90%<br />

Productivité numérique 69% 44% 97% 80%<br />

Taux de renouvellement 14% 0 36% 10-12%<br />

*voir lexique en page 23<br />

5


6<br />

PRODUCTION BRUTE<br />

DE VIANDE VIVE (PBVV) ET<br />

PRODUCTION BRUTE<br />

DE VIANDE VIVE/VACHE MÈRE<br />

(PBVV/VM)<br />

Généralités<br />

PBVV = viande vendue et autoconsommée – animaux achetés<br />

+/- variations d’inventaire<br />

La PBVV donne une notion de <strong>la</strong> dimension économique de <strong>la</strong><br />

structure étudiée.<br />

PBVV/Vache Mère<br />

Ramené à <strong>la</strong> VM ou à l’UGB c’est un indicateur de performance<br />

de production gommant le critère de taille d’exploitation. Il permet<br />

aussi une comparaison des structures entre elles.<br />

TÉMOIGNAGE<br />

Colomina Serge<br />

Nécou, Commune de BOURAIL - 219 ha.<br />

35 vaches conduites en Système Naisseur -<br />

Engraisseur. 1UMO - pas de sa<strong>la</strong>rié.<br />

Qu’est-ce qui a changé dans <strong>la</strong><br />

conduite de votre exploitation depuis<br />

votre adhésion au réseau provincial ?<br />

Un meilleur suivi sur le troupeau, de<br />

meilleures rotations sur les parcelles. On<br />

sait où on va depuis que l’on travaille<br />

ensemble.<br />

2 choses ont foncièrement changé :<br />

En 2008, je suis passé d’une monte<br />

continue à une monte saisonnière (avril<br />

à fin juin) pour avoir des vê<strong>la</strong>ges groupés<br />

avec un suivi précis des reproductrices,<br />

ce qui n’était pas le cas auparavant.<br />

Un bi<strong>la</strong>n annuel des mises bas me<br />

permettra à partir de 2010 <strong>la</strong> réforme<br />

systématique des vaches non productives.<br />

De plus, d’un Système Naisseur-<br />

Engraisseur, je suis en train de développer<br />

un Système Naisseur avec un noyau<br />

améliorateur Brahman qui alimentera en<br />

femelles pures un troupeau commercial<br />

de 60 vaches mères conduit avec des<br />

taureaux Charo<strong>la</strong>is pour une production<br />

d’animaux croisés.<br />

Résultats en Système Naisseur PBVV/VM<br />

*voir lexique en page 23<br />

Résultats Minimum Maximum Objectif<br />

PBVV / VM* 151 kg 38 kg 239 kg 200 à 230 kg<br />

En Système Naisseur <strong>la</strong> productivité numérique de l’année et les poids vifs des animaux<br />

produits influencent directement <strong>la</strong> PBVV/VM de l’exploitation.<br />

Les vaches de réformes, qui ne constituent que 11% des animaux commercialisés,<br />

peuvent représenter jusqu’à 22% du tonnage de viande vive et 25% du revenu dans les<br />

structures les plus performantes.<br />

L’augmentation de <strong>la</strong> production de viande commercialisée est donc très impactée par <strong>la</strong><br />

valeur bouchère des vaches de réformes.<br />

Résultats en Système Naisseur-Engraisseur PBVV/VM (sans achats)<br />

Résultats Minimum Maximum Objectif<br />

PBVV / VM* 228 kg 66 kg 342 kg 300 à 350 kg<br />

En Système Naisseur-Engraisseur les vaches de réformes, qui constituent 19% des<br />

animaux commercialisés, représentent jusqu’à 30% du tonnage de viande produit.<br />

On constate au niveau du réseau une plus grande variabilité entre exploitations dans<br />

<strong>la</strong> qualité et les poids des vaches de réformes que dans celle de gros bovins mâles<br />

où les poids et <strong>la</strong> qualité sont re<strong>la</strong>tivement homogènes.<br />

7


8<br />

Résultats économiques<br />

Éleveurs de bovins en Système Naisseur<br />

Prix moyen<br />

du kg vif vendu<br />

Résultats<br />

Marge Brute / vache 41 295 FCFP<br />

Aides dans<br />

produit brut<br />

Charges<br />

opérationnelles /<br />

produit brut<br />

Charges structures /<br />

total charges<br />

Éleveurs de bovins en Système<br />

Naisseur-Engraisseur (sans achats)<br />

Prix moyen<br />

du kg vif vendu<br />

P<strong>la</strong>ge de<br />

variation<br />

228 FCFP 163 - 351 FCFP<br />

- 27 640<br />

à 79 644 FCFP<br />

24% 7 – 46%<br />

11% 1 – 24%<br />

81% 57 – 97%<br />

Résultats<br />

Marge Brute / vache 67 419 FCFP<br />

Aides dans<br />

produit brut<br />

Charges<br />

opérationnelles /<br />

produit brut<br />

Charges structures /<br />

total charges<br />

*voir lexique en page 23<br />

P<strong>la</strong>ge de<br />

variation<br />

245 FCFP 206 - 291 FCFP<br />

38 894<br />

à 104 330 FCFP<br />

14% 1 – 24%<br />

13% 1 – 42%<br />

75% 52 – 98%<br />

TÉMOIGNAGE<br />

Persan Gaétan et SCA du CAP.<br />

Le Cap, Commune de BOURAIL - 690 ha<br />

SFP. 310 vaches mères conduites en Système<br />

Naisseur avec noyau améliorateur de race<br />

Brahman. 3 UMO - 1 sa<strong>la</strong>rié.<br />

Dans <strong>la</strong> conduite de votre exploitation<br />

que vous a apporté le réseau ?<br />

Le bi<strong>la</strong>n de fin d’année me permet<br />

d’avoir un état des lieux, un bi<strong>la</strong>n des<br />

performances de reproduction et de<br />

production de l’exploitation.<br />

Êtes-vous intéressé par un suivi<br />

technique régulier de votre<br />

exploitation ?<br />

Oui, pour moi c’est un peu une obligation,<br />

trois familles vivent sur l’exploitation. Il<br />

faut donc un réel suivi de l’élevage pour<br />

arriver à des recettes suffisantes pour faire<br />

marcher <strong>la</strong> boutique.<br />

CONCLUSION<br />

ANNÉE 2009<br />

Les performances de reproduction sont encore insuffisantes en 2009.<br />

En Système Naisseur-Engraisseur, l’alimentation et <strong>la</strong> conduite du troupeau<br />

d’embouche (GB mâles) permet <strong>la</strong> production d’animaux de qualité avec<br />

globalement une bonne homogénéité des produits.<br />

Quel que soit leur système de production, les éleveurs du réseau valorisent<br />

les produits de leur troupeau de reproduction. Il est évident qu’un bon<br />

suivi et une bonne conduite de ce dernier impactent de façon majeure <strong>la</strong><br />

production et le revenu de l’exploitant. C’est pourquoi, un travail sur le suivi<br />

et l’alimentation de ce troupeau est souhaitable dans un grand nombre<br />

d’exploitations pour espérer relever les performances de reproduction et de<br />

production.<br />

Enfin, <strong>la</strong> vache de réforme doit être considérée comme un animal de<br />

boucherie à part entière et non comme un sous-produit de l’élevage.<br />

9


10<br />

APPROCHE<br />

DU BILAN<br />

FOURRAGER<br />

En système extensif ou semi extensif,<br />

ce sont : <strong>la</strong> nature du couvert végétal,<br />

ses conditions de développement<br />

(qualité de sol et niveau de pluviométrie)<br />

et d’exploitation, qui déterminent <strong>la</strong><br />

capacité d’accueil des bovins sur une<br />

exploitation.<br />

Afin d’assurer une ressource fourragère<br />

suffisante aux besoins du troupeau<br />

tout au long de l’année, il convient<br />

d’appréhender <strong>la</strong> notion de bi<strong>la</strong>n<br />

fourrager qui dans une première<br />

approche permet à l’éleveur d’identifier<br />

selon les effectifs bovins en présence,<br />

les périodes déficitaires et le niveau de<br />

ces déficits.<br />

Le bi<strong>la</strong>n fourrager se décompose en<br />

quatre phases :<br />

• Évaluer les besoins du troupeau.<br />

• Apprécier de façon simplifiée <strong>la</strong><br />

disponibilité fourragère à l’année<br />

sur le p<strong>la</strong>n quantitatif.<br />

• Anticiper les périodes déficitaires<br />

et évaluer le niveau de déficit.<br />

• Anticiper les mesures d’ajustement.<br />

L’illustration des différentes étapes<br />

de calcul du bi<strong>la</strong>n fourrager présenté<br />

ci-contre concerne une exploitation<br />

de 140 ha de surface totale avec un<br />

troupeau de 102 têtes.<br />

Étape 1 :<br />

Évaluer les besoins<br />

du troupeau<br />

Recenser les animaux par catégories : taureaux, vaches, animaux<br />

de -1 an, etc.<br />

Cette opération est aujourd’hui facilitée par l’Identification Pérenne<br />

Généralisée (IPG) mise en p<strong>la</strong>ce par <strong>la</strong> Chambre d’Agriculture.<br />

L’inventaire qui en découle permet de comptabiliser le nombre d’UGB à<br />

partir de coefficients affectés selon <strong>la</strong> catégorie des animaux et de calculer<br />

les besoins. Il permet également d’évaluer le chargement exprimé en UGB/<br />

ha de SFP.<br />

Catégorie d’animaux<br />

présents<br />

UGB Effectifs<br />

animaux<br />

En considérant qu’une UGB correspond à une consommation de<br />

5 000 kg de matière sèche par an, l’estimation des besoins est<br />

effectuée en multipliant les effectifs par catégorie à <strong>la</strong> valeur UGB<br />

correspondante.<br />

Ainsi les besoins pour l’année du troupeau considéré sont de :<br />

64.75 UGB x 5 000 kg de MS<br />

=<br />

323 750 kg de MS sur l’année<br />

Effectifs<br />

UGB<br />

Nombre de taureaux 1 2 2<br />

Nombre de vaches 0,8 45 36<br />

Animaux présents<br />

- 1 an<br />

Animaux présents<br />

12-24 mois<br />

Animaux présents<br />

24-36 mois<br />

0,3 30 9<br />

0,65 10 6,5<br />

0,75 15 11,25<br />

Effectifs UGB totaux 64,75<br />

Étape 2 :<br />

Apprécier de façon simplifiée<br />

<strong>la</strong> disponibilité fourragère<br />

Décrire <strong>la</strong> surface fourragère principale ainsi que <strong>la</strong> répartition par type de pâturage :<br />

naturel, amélioré, parcours et friches, etc.<br />

Par une approche simplifiée du potentiel fourrager de l’exploitation, exprimé en kg de matière<br />

sèche par ha et par an, il est proposé une c<strong>la</strong>ssification par type de surface fourragère (4<br />

principaux types) et une production moyenne selon le niveau pluviométrique de <strong>la</strong> zone<br />

considérée (3 niveaux de pluviométrie retenus).<br />

L’exploitation prise en exemple comprend une surface totale de 140 ha dont 120 ha de SFP. La<br />

pluviométrie moyenne de <strong>la</strong> zone est comprise entre 800 et 1 000 mm par an. Les pâturages<br />

présents sont c<strong>la</strong>ssés en quatre catégories et selon les surfaces indiquées dans le tableau cidessous<br />

:<br />

Pâturage<br />

La production estimée sur l’année est de : 483 000 kg de matière sèche.<br />

À ce niveau, <strong>la</strong> production annuelle des pâturages de l’exploitation semble couvrir les besoins<br />

des animaux estimés à l’étape 1.<br />

Or, il convient d’introduire, à cette production estimée, l’évolution de <strong>la</strong> pousse de l’herbe qui<br />

varie selon <strong>la</strong> saison. Cette production est exprimée par période et en % de <strong>la</strong> production totale.<br />

Quatre périodes sont définies :<br />

Rendement en<br />

kg de MS/ha/an<br />

Surfaces de<br />

l’exploitation (ha)<br />

Disponibilité<br />

(kg de MS totale)<br />

Parcours / friches (1000 mm) 1000 0 0<br />

Pâturages naturels (1000 mm) 2500 0 0<br />

Pâturages améliorés < 8 ans (1000 mm) 7500 0 0<br />

Pâturages améliorés > 8 ans ( 8 ans (800-1000 mm) 3000 35 126 000<br />

Pâturages améliorés > 8 ans (>1000 mm) 4000 0 0<br />

TOTAL 120 483 000<br />

Mois % Périodes<br />

Novembre à Janvier 20<br />

chaude avec une augmentation progressive<br />

mais limitée des précipitations<br />

Février à Avril 50 chaude et humide<br />

Mai à Juillet 20 saison fraîche<br />

Août à Octobre 10 sèche<br />

11


12<br />

Étape 3 :<br />

Anticiper les périodes déficitaires<br />

et évaluer le niveau de déficit<br />

Calcul du solde disponible par période en kg de MS<br />

Période Ressource en kg de MS Besoin de kg de MS<br />

Il apparaît qu’à <strong>la</strong> période sèche, <strong>la</strong> production des pâturages ne permet pas de couvrir les<br />

besoins du troupeau avec un déficit de 37 637 kg de MS.<br />

Le solde disponible par période n’est qu’une estimation quantitative des besoins et ne<br />

prend pas en compte l’aspect qualitatif. Cette approche vise à identifier les périodes<br />

excédentaires de celles qui sont déficitaires et permet à l’éleveur d’anticiper les besoins du<br />

troupeau et couvrir les éventuels déficits.<br />

Cette estimation grossière doit être affinée par le technicien conseil qui, selon <strong>la</strong> nature du<br />

couvert en présence (niveau de production de l’espèce fourragère présente, associations,<br />

etc.), le niveau d’entretien (amendements, fertilisation, etc.), et le mode d’exploitation de<br />

<strong>la</strong> surface fourragère (rotations, etc.), ajustera son estimation des niveaux de production<br />

du couvert végétal.<br />

Solde<br />

(kg de MS)<br />

Novembre à Janvier 96 600 80 937 0<br />

Février à Avril 241 500 80 937 0<br />

Mai à Juillet 96 600 80 937 0<br />

Août à Octobre 43 300 80 937 -37 637<br />

TOTAL 483 000 323 748<br />

Étape 4 :<br />

Anticiper les mesures d’ajustement<br />

Deux niveaux d’actions sont à envisager par l’éleveur :<br />

Actions sur le troupeau<br />

- Ajuster le chargement en fonction des années normales : éviter <strong>la</strong> surcharge (nombre d’UGB/<br />

ha/an), qui conduit inévitablement à décapitaliser les années sèches. Tenir compte de <strong>la</strong> capacité<br />

de production des pâturages en condition normale et en fonction des mois de l’année ou <strong>la</strong><br />

production d’herbe est <strong>la</strong> plus faible,<br />

- Déstocker avant ou en début de saison sèche : il s’agit de vendre les veaux, les animaux « finis »<br />

et les réformes avant <strong>la</strong> période sèche pour réduire le niveau de chargement des parcelles,<br />

- Saisonnaliser les vê<strong>la</strong>ges en période favorable : mettre en p<strong>la</strong>ce une monte saisonnière pour<br />

des vê<strong>la</strong>ges de début d’année et des sevrages effectués au plus tard fin août. Cette pratique<br />

permet de ne pas trop « tirer » sur les mères qui conservent un état corporel satisfaisant et<br />

reviennent rapidement en chaleur.<br />

Actions sur <strong>la</strong> ressource fourragère<br />

- Prévoir les reports fourragers : conditionner sur les parcelles mécanisables l’excédent de<br />

production des pâturages, et/ou mettre en défens une parcelle exclusivement destinée à <strong>la</strong><br />

production de foin,<br />

- Optimiser <strong>la</strong> gestion fourragère : en fonction du nombre et de <strong>la</strong> taille des troupeaux, mettre en<br />

p<strong>la</strong>ce un cloisonnement adapté pour une rotation optimale qui tient compte du chargement à<br />

l’hectare, du type de couvert végétal, sans oublier le temps de repousse de l’herbe (entre 4 et 6<br />

semaines selon <strong>la</strong> période),<br />

- Augmenter <strong>la</strong> production des pâturages : il s’agit d’imp<strong>la</strong>nter des espèces végétales à meilleur<br />

niveau de productivité, adaptées aux conditions de sol et de milieu de l’exploitation et au mode<br />

d’exploitation. Raisonner <strong>la</strong> fertilisation en fonction de l’affectation des parcelles (animaux en<br />

finition ou troupeau de reproduction), des quantités et périodes d’apport. Mettre en p<strong>la</strong>ce des<br />

parcelles de report dimensionnées aux stocks de foin à constituer pour couvrir les déficits,<br />

- Complémenter : cette pratique doit être raisonnée économiquement en fonction des objectifs<br />

de production et des coûts engagés.<br />

CONCLUSION<br />

1 er niveau d’approche (quantitatif).<br />

2 ème niveau d’approche (qualitatif).<br />

- nécessitant une col<strong>la</strong>boration pour préciser les potentiels fourragers,<br />

- leur mise en adéquations avec les objectifs de production de l’éleveur et <strong>la</strong><br />

gestion des surfaces et des animaux.<br />

13


14<br />

LA STATION<br />

ZOOTECHNIQUE<br />

DE PORT-LAGUERRE<br />

La station zootechnique de Port-Laguerre est <strong>la</strong> station de référence<br />

du réseau bovin de <strong>la</strong> province Sud. A ce titre, elle intègre de façon<br />

dynamique et complémentaire le dispositif de suivi d’exploitations,<br />

dont l’un des objectifs est de comprendre pour mieux agir au service<br />

des professionnels.<br />

Sept agents travaillent aujourd’hui sous <strong>la</strong> responsabilité de Nico<strong>la</strong>s<br />

PEBAY : Mathieu NATUREL, responsable de l’atelier bovin, Eric<br />

MADJENE, responsable de l’atelier mécanique, Patrick MERCIER,<br />

responsable de l’atelier ovin, Joël MATHIEU, technicien, Franck<br />

VELAYOUDON, technicien adjoint, Mickael TUIKALEPA et Christophe<br />

KALATO, ouvriers agricoles.<br />

Nature de l’atelier<br />

Le troupeau<br />

Atelier bovin<br />

Naisseur et engraisseur<br />

Vente de reproducteurs<br />

âgés de 2 ans<br />

80 mères de<br />

race charo<strong>la</strong>ise<br />

Chargement moyen 0,4 UGB/ha<br />

Conduite<br />

des pâturages<br />

Résultats de<br />

reproduction 2009<br />

Fertilisation<br />

minérale<br />

Nature de <strong>la</strong><br />

complémentation<br />

Pâturages tournant toute l’année en<br />

fonction de l’état de <strong>la</strong> ressource et<br />

de <strong>la</strong> lutte contre <strong>la</strong> tique (315 ha de<br />

SFP divisée en 57 parcelles)<br />

Taux de gestation : 89%<br />

Taux de productivité<br />

numérique moyenne : 83%<br />

Moyenne. Plus soutenue sur les<br />

parcelles de foin. Apport de croûte<br />

calcaire pour redresser le pH acide<br />

des sols<br />

Apport ponctuel de foin durant <strong>la</strong><br />

saison des pluies. Distribution de<br />

foin et d’ensi<strong>la</strong>ge de maïs lors du<br />

sevrage en stabu<strong>la</strong>tion. Pierres<br />

à lécher dans les parcelles et en<br />

stabu<strong>la</strong>tion<br />

Les missions de <strong>la</strong> station sont<br />

c<strong>la</strong>irement définies :<br />

- Mise en œuvre d’un ensemble de techniques<br />

éprouvées visant à améliorer <strong>la</strong> production en<br />

élevage bovin et ovin,<br />

- Production et diffusion de références<br />

techniques utilisables par les éleveurs,<br />

- Mise en p<strong>la</strong>ce d’essais démonstratifs dédiés<br />

aux professionnels,<br />

- P<strong>la</strong>teforme pédagogique pour des formations<br />

agricoles,<br />

Pour ce faire, un programme de travail a été<br />

établi en col<strong>la</strong>boration avec les professionnels<br />

afin de répondre à leurs besoins.<br />

AXE 1 :<br />

Mise en p<strong>la</strong>ce de travaux sur<br />

<strong>la</strong> lutte intégrée contre <strong>la</strong> tique<br />

Objectif : Réduire de façon durable <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion de tiques dans les parcelles.<br />

Actions 2009-2010 : Poursuite du protocole mis en œuvre en 2007, avec l’appui des partenaires<br />

IAC et DAVAR :<br />

- mise en défens, de 3 mois minimum, pour chaque parcelle, une fois par an,<br />

- une à deux interventions annuelles à l’aide de « molécules longues actions ».<br />

Cette gestion raisonnée permet de limiter le taux d’infestation des pâturages et donc celui du<br />

troupeau. C’est ainsi qu’un seul traitement a été effectué en 2009 il devrait en être de même pour<br />

2010.<br />

En parallèle, durant cette année et toujours en col<strong>la</strong>boration avec l’IAC et <strong>la</strong> DAVAR, des<br />

travaux ont été entrepris sur l’utilisation d’un tiquicide à base de Géraniol (composant de l’huile<br />

essentielle de Géranium). Les premiers résultats en <strong>la</strong>boratoire ont été concluants et ils devraient<br />

se poursuivre par à <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un essai sur bovins en 2011 sur <strong>la</strong> station.<br />

15


16<br />

AXE 2 :<br />

Développer et promouvoir<br />

<strong>la</strong> génétique charo<strong>la</strong>ise<br />

Objectif : Améliorer les résultats en reproduction, développer le suivi des performances,<br />

et assurer <strong>la</strong> promotion du charo<strong>la</strong>is.<br />

Action 2009-2010 : travaux sur l’insémination artificielle (IA) avec l’appui des partenaires locaux<br />

et métropolitains qui ont permis d’améliorer les taux de réussite (44% des naissances 2010 de<br />

<strong>la</strong> station issues d’IA).<br />

En parallèle, mise en p<strong>la</strong>ce d’une opération de production et de transfert d’embryons (TE) en<br />

frais qui a permis d’obtenir 8 veaux nés sur 10 embryons posés chez 3 sélectionneurs charo<strong>la</strong>is.<br />

Ce genre d’opération devrait se développer dans les années à venir avec <strong>la</strong> création d’une<br />

équipe « transfert d’embryons » sur le territoire.<br />

Dans cette optique, une opération d’initiation à <strong>la</strong> TE a été menée en avril 2010, sur <strong>la</strong> station,<br />

par le Dr Philippe ESCOUFFLAIRE. Durant sa mission, Marine LORTON, inséminatrice à l’UPRA<br />

Bovine, Yves DORSO, vétérinaire de <strong>la</strong> DDR et Pierre-François DELACHARLERIE, vétérinaire<br />

libéral, ont découvert les différents travaux liés à <strong>la</strong> TE.<br />

Le Dr Philippe ESCOUFLAIRE est également intervenu auprès des agents du Bureau des<br />

ruminants et équidés pour leur présenter les bases de <strong>la</strong> reproduction artificielle bovine. Il a<br />

posé 12 embryons charo<strong>la</strong>is sur des génisses de <strong>la</strong> station avec un taux de réussite de 75%.<br />

AXE 3 :<br />

Mise en p<strong>la</strong>ce d’une base de génétique<br />

brahman pour aider les professionnels<br />

dans le travail de sélection<br />

Objectif : Permettre aux sélectionneurs de Brahman d’acquérir de <strong>la</strong> génétique de haut<br />

niveau.<br />

Action 2009-2010 : En 2009, sélection des accouplements pour <strong>la</strong> production d’embryons<br />

brahman « in vitro », en Australie, visant à créer le troupeau pépinière de <strong>la</strong> station. Le 31 mai<br />

2010, le troupeau de 15 femelles gestantes des embryons brahmans est arrivé sur <strong>la</strong> station.<br />

Les naissances ont eu lieu en septembre : 8 mâles et 5 femelles. Il y a eu un veau mort-né et une<br />

femelle a avorté avant terme.<br />

Les mères porteuses devraient de nouveau porter des embryons brahmans sélectionnés,<br />

une nouvelle fois, par les professionnels. Ce troupeau sera géré en col<strong>la</strong>boration avec les<br />

sélectionneurs de <strong>la</strong> race et l’UPRA Bovine afin de définir l’avenir de chaque animal (donneuse<br />

d’embryons, producteur de paillettes, vente, réforme, etc.) et ainsi mieux maîtriser les choix de<br />

sélection et de diffusion sur le territoire.<br />

Atelier fourrage<br />

Objectif : aider les professionnels à améliorer leurs résultats en production fourragère.<br />

Action 2009-2010 : mise en p<strong>la</strong>ce, avec l’appui du CREA, d’un essai démonstratif sur des<br />

mé<strong>la</strong>nges de graminées et de légumineuses enrobées en provenance d’Australie. Le mé<strong>la</strong>nge<br />

n’a pas permis d’obtenir de parcelles diversifiées au niveau de <strong>la</strong> flore, car <strong>la</strong> graminée et <strong>la</strong><br />

légumineuse les plus agressives ont pris le dessus sur les autres.<br />

Seul l’enrobage a donné des résultats intéressants sur le taux de germination et <strong>la</strong> densité des<br />

parcelles.<br />

En 2010, des échanges ont eu lieu avec le CREA en termes de technique culturale simplifiée<br />

(TCS) avec notamment le semis sous couvert végétal (SCV) pour des essais sur <strong>la</strong> station et dans<br />

des élevages privés.<br />

Un « germop<strong>la</strong>sme » devrait voir le jour sur <strong>la</strong> station en 2011. Il devrait permettre de suivre et de<br />

conserver les différentes espèces végétales utilisées en Nouvelle-Calédonie.<br />

17


18<br />

FICHES TECHNIQUES<br />

Maïs ensi<strong>la</strong>ge<br />

Définition<br />

L’ensi<strong>la</strong>ge<br />

C’est un mode de conservation des fourrages humides. La fermentation spontanée du fourrage vert à l’abri de l’oxygène et de<br />

<strong>la</strong> lumière favorise l’action des bactéries anaérobies qui permettent <strong>la</strong> conservation du fourrage. De part sa richesse en sucres,<br />

le maïs est une p<strong>la</strong>nte facile à ensiler, très productive et à haute valeur alimentaire.<br />

Le but de l’ensi<strong>la</strong>ge<br />

- Palier au déficit fourrager annuel d’octobre à décembre afin de maintenir un troupeau productif.<br />

- Alimenter les veaux en période de sevrage afin d’éviter les baisses de croissance.<br />

- Intensifier <strong>la</strong> production et permettre l’embouche en toutes saisons.(finition).<br />

La p<strong>la</strong>nte et ses exigences<br />

Exigences pédoclimatiques<br />

Le maïs est une espèce exigeante en chaleur. Son zéro végétatif se situe à 6°C. Les températures optimales de germination et<br />

de croissance sont respectivement 21-26°C et 21-30°C (Le cycle de développement de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte en fonction des variétés est<br />

d’environ 120 jours).Le maïs exprime son potentiel dans les sols profonds, et d’un ph entre 6 et 7.Une analyse de sol permettra<br />

d’adapter les amendements et de corriger les déséquilibres.<br />

Variétés<br />

Il existe de très nombreuses variétés hybrides. Le choix des variétés se fera donc en fonction des dates de semis voulues par le<br />

producteur (variétés précoces ou tardives) ; <strong>la</strong> Nouvelle-Calédonie est indemne de <strong>la</strong> ma<strong>la</strong>die du charbon des inflorescences, aussi<br />

les contraintes phytosanitaires liées à l’importation des semences sont importantes. Variété utilisée à <strong>la</strong> station zootechnique de<br />

Port-Laguerre : Hycorn 533 (Provenance : Australie).<br />

Calendrier cultural (station zootechnique de Port-Laguerre : maïs non irrigué)<br />

Février / Mars<br />

Mars / Avril<br />

Avril / Mai<br />

Stade levée<br />

Stade 3 / 4 feuilles<br />

Stade 7 / 8 feuilles<br />

Stade récolte<br />

fin Août /<br />

début Septembre<br />

Le cycle dépend des variétés et de <strong>la</strong> saison :<br />

en saison chaude le cycle est plus court qu’en saison fraîche<br />

- préparation de sol et fertilisation phospho-potassique (déchaumage, <strong>la</strong>bour)<br />

- faux semis<br />

- reprise de <strong>la</strong>bour et préparation du lit de semence<br />

(alternance entre travaux mécaniques / effets climatiques)<br />

- semis : 75 000 p<strong>la</strong>nts/ha (20 kg/ha de semences) ; application d’un engrais ;<br />

application d’un insecticide en traitement du sol ; application d’un herbicide en<br />

prélevée de <strong>la</strong> culture.<br />

- vérifier <strong>la</strong> bonne levée de <strong>la</strong> culture ; surveiller les apparitions des ravageurs<br />

surtout des chrysomèles ; les dégâts causés par les grillons et les vers gris sont à<br />

ce stade plus occasionnels.<br />

- surveiller les apparitions des ravageurs notamment les noctuelles et les héliothis<br />

qui s’installent dans le cornet des feuilles au sommet de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte.<br />

Apport d’engrais.<br />

- surveiller l’apparition des ravageurs et positionner si besoin un ultime traitement<br />

insecticide.<br />

- grains pâteux durs : le taux de matière sèche de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte avoisine les 35%.<br />

Itinéraire technique<br />

Préparation du sol<br />

Un bon profil de sol pour <strong>la</strong> culture de maïs peut être obtenu en effectuant successivement et de manière raisonnée (en fonction<br />

du type de sol et en limitant le nombre de passages de tracteur, surtout en sol argileux) différentes opérations culturales.<br />

Par exemple :<br />

Le broyage<br />

Tondobroyeur<br />

Le déchaumage<br />

Pulvériseur à<br />

disques 15 cm<br />

Un <strong>la</strong>bour<br />

Charrue à disques<br />

25 cm<br />

La reprise de <strong>la</strong>bour<br />

Pulvériseur à<br />

disques 15 cm<br />

Le lit de<br />

semences<br />

Vibroculteur ou<br />

herse rotative 1 ou<br />

2 passages<br />

Fertilisation<br />

L’objectif principal d’un p<strong>la</strong>n de fumure est d’apporter les bons engrais, en quantités suffisantes, aux moments opportuns<br />

pour répondre aux besoins de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte.<br />

P<strong>la</strong>n de fumure sur un sol moyennement équilibré prenant en compte les besoins de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte :<br />

N P 2 O 5 K 2 O CaO<br />

21 jours avant le semis 100 170 178<br />

Au semis 100 - - -<br />

20 à 30 jours après le semis 100 - - -<br />

Total unités/ha 200 100 170 178<br />

Semis<br />

Le semis se fait de préférence dans un sol légèrement humide pour assurer une germination régulière sur toute <strong>la</strong> parcelle. La<br />

quantité de semences est de 20-25 kg/ha (suivant <strong>la</strong> taille du grain), avec un écartement de 0,75 m x 0,18 m. Les graines seront<br />

enterrées à 3 cm de profondeur. Densité : environ 75000 pieds/ha.<br />

Irrigation<br />

Les besoins en eau du maïs se situent entre 300 et 660 mm. La capacité en eau du sol est à maintenir à plus de 40% de <strong>la</strong> RFU.<br />

La période critique d’irrigation est 15 à 20 jours avant et après <strong>la</strong> floraison, au moment de <strong>la</strong> formation des fleurs femelles et de<br />

<strong>la</strong> fécondation. Le manque d’eau à cette période se traduit par une baisse de rendement de l’ordre 60%. L’apport horaire<br />

ne doit pas dépasser 10mm.<br />

Protection phytosanitaire<br />

Les chenilles, et notamment les héliothis, représentent le principal problème en culture de maïs. Des mesures prophy<strong>la</strong>ctiques<br />

(nettoyages réguliers des abords des parcelles, <strong>la</strong> rotation des cultures…) sont d’excellents compléments, voire même une<br />

alternative aux traitements insecticides pendant le cycle de <strong>la</strong> culture. La lutte chimique doit être raisonnée pour des raisons<br />

économiques, agronomiques et écologiques. Un herbicide sélectif peut être est appliqué juste avant le semis. Un insecticide<br />

peut être pulvérisé sur <strong>la</strong> culture à <strong>la</strong> germination contre l’attaque des chrysomèles et au stade 7 / 8 feuilles, en préventif pour<br />

limiter les attaques de chenilles. Le producteur aura systématiquement recours aux produits commerciaux autorisés et suivra<br />

les recommandations d’utilisation telles qu’indiquées sur l’étiquette.<br />

19


20<br />

Récolte<br />

Rendement<br />

En Nouvelle-Calédonie, les rendements en vert peuvent variés de 35 à 40 tonnes/ha soit 12 à 14 tonnes de MS/ha. Les rendements<br />

moyens obtenus sur <strong>la</strong> station zootechnique de Port-Laguerre sont de 13 tonnes de MS/ha (sur parcelle non irriguée).<br />

Stade de récolte<br />

La date de récolte est atteinte lorsque le grain est au stade pâteux. La p<strong>la</strong>nte entière présente alors un taux de matière sèche de<br />

35%.(A ce stade le grain s’écrase difficilement et ne <strong>la</strong>isse pas couler de jus). Ce taux d’humidité conditionne <strong>la</strong> bonne qualité de<br />

fermentation et de conservation de l’ensi<strong>la</strong>ge.<br />

Chantier de récolte<br />

Les moyens mis en œuvre doivent être suffisants pour<br />

que l’ensileuse fonctionne de façon continue<br />

et assure un approvisionnement régulier au silo.<br />

Matériels :<br />

- pour <strong>la</strong> récolte : 1 tracteur 90 CV + ensileuse 2 rangs<br />

- pour le transport : 2 tracteurs + remorques<br />

- pour le stockage : 1 tracteur + fourche<br />

L’ensileuse doit être correctement réglée pour hacher finement <strong>la</strong> p<strong>la</strong>nte (brins de 2 à 3 cm maximum) et éc<strong>la</strong>ter le grain. La<br />

finesse de hachage détermine l’aptitude au tassement, à <strong>la</strong> conservation et l’appétence du maïs.<br />

Tassement, stockage et fermeture du silo<br />

Un tassement très méthodique et très poussé, à mesure du remplissage, permet de chasser l’air de <strong>la</strong> masse (air = risques de<br />

moisissures dangereuses pour les animaux). Le silo permet de stocker l’ensi<strong>la</strong>ge, il en existe plusieurs types selon les budgets<br />

(silo taupinière, silo fosse, silo vertical, silo couloir…). Le plus efficace reste le couloir bétonné, mais son coût de fabrication est<br />

élevé. La fermeture a pour but d’isoler l’ensi<strong>la</strong>ge des agents extérieurs tels que l’air et l’eau. L’utilisation d’une bâche en butyle<br />

(200 microns), recouverte de pneus et de terre en bordure est un procédé simple et efficace. L’ensi<strong>la</strong>ge sera stabilisé et pourra<br />

être utilisé 2 mois après fermeture du silo (arrêt des fermentations).<br />

Résultats technico-économiques : coûts de production<br />

1 ha mécanisé non irrigué avec un rendement de 13 t MS/ha<br />

(récolté à 65% d’humidité)<br />

Mise en culture : travaux mécanisés : 17 h<br />

(gyrobroyage, préparation du sol, épandage, semis, traitements)<br />

- Personnel (704 FCFP/h)<br />

- Carburant (127 FCFP/L)<br />

- Lubrifiant<br />

Approvisionnements<br />

- Engrais<br />

- Semences<br />

- Traitements<br />

- Bâche ensi<strong>la</strong>ge<br />

Récolte et stockage : travaux mécanisés et manuels : 24 h<br />

- Personnel (704 FCFP/h)<br />

- Carburant (127 FCFP/L)<br />

- Lubrifiant<br />

29 926 FCFP<br />

12 488 FCFP<br />

14 938 FCFP<br />

2 500 FCFP<br />

102 555 FCFP<br />

39 695 FCFP<br />

31 607 FCFP<br />

14 158 FCFP<br />

17 095 FCFP<br />

53 852 FCFP<br />

32 853 FCFP<br />

15 421 FCFP<br />

5 578 FCFP<br />

Assurance 25 480 FCFP<br />

Charges opérationnelles/ha<br />

Coût de production<br />

Distance<br />

Distance<br />

Champ - Silo :<br />

Champ<br />

500<br />

-<br />

m<br />

silo :<br />

500 m<br />

211 813 FCFP<br />

16 FCFP/kg de MS<br />

Intérêts de l’ensi<strong>la</strong>ge de maïs<br />

Sa valeur énergétique<br />

Elle est nettement supérieure à celles des autres fourrages conservés (foin, ensi<strong>la</strong>ge d’herbe…) grâce à <strong>la</strong> présence du grain.<br />

Exemple avec l’Unité Fourragère par kg de Matière Sèche (valeur énergétique d’un fourrage) :<br />

Fourrages Valeur énergétique<br />

Rhodes Grass 0.47 U.F par kg de MS<br />

Maïs ensi<strong>la</strong>ge 2006 de <strong>la</strong> station 0.75 U.F par kg de MS<br />

Sa valeur alimentaire<br />

Valeur alimentaire de l’ensi<strong>la</strong>ge de <strong>la</strong> station zootechnique de Port-Laguerre, après 1 an en silo :<br />

Données en g/kg/MS Station zootechnique En métropole<br />

PDIN* 69 60<br />

PDIE* 67 70<br />

UFL*/kg 0,63 0,9<br />

UFV*/kg 0,53 0,8<br />

Calcium 3,5 3,5<br />

Phosphore 1,6 2<br />

Ration équilibrée permettant des GMQ de 1100 à 1300 g pour des animaux au sevrage de (7 mois 250-300 kg) :<br />

10 kg maïs ensi<strong>la</strong>ge+ 50 g phosphate bicalcique + 1 kg aliment concentré (source de protéines)/tête/ jour + foin de Rhodes Grass<br />

l’après midi pour favoriser <strong>la</strong> rumination et assurer une meilleur assimi<strong>la</strong>tion des nutriments.<br />

Amélioration des résultats de production<br />

Présence du grain de maïs, riche en amidon, qui permet d’obtenir des GMQ ou une production <strong>la</strong>itière plus élevés qu’avec<br />

les autres fourrages (Unités fourragères plus élevées pour l’ensi<strong>la</strong>ge de maïs). Ce type d’aliment peut être utilisé au sevrage,<br />

en finition ou pour les vaches en <strong>la</strong>ctation. Il porte aussi un intérêt pour <strong>la</strong> préparation des femelles destinées l’insémination<br />

artificielle ou au transfert d’embryon.<br />

Récolte simple et rapide<br />

Nombre d’opérations limitées : coupe + transport + mise au silo. Travaux réalisés en une seule fois, qui permettent d’obtenir un<br />

tonnage de fourrage important sans trop devoir se soucier du climat. À l’inverse le foin : fauche + plusieurs fanages + andainage<br />

et mise en bottes + ramassage + transport + stockage (4 à 5 jours).<br />

Cependant l’ensi<strong>la</strong>ge nécessite des moyens mécaniques et humains importants le jour de <strong>la</strong> récolte : <strong>la</strong> C.U.M.A peut être une<br />

solution.<br />

Les rendements possibles sont importants et nettement supérieurs à ceux des autres fourrages<br />

Le pied de maïs à une densité plus importante que les autres fourrages qui permet d’obtenir de bons rendements.<br />

Exemple en parcelle irriguée :<br />

- 15 à 18 t de MS/ha pour le maïs ensi<strong>la</strong>ge<br />

- 3 à 7 de MS/ha avec du foin en une coupe<br />

Distribution simple et totalement mécanisables<br />

Utilisation d’une désileuse, ou tracteur avec godet…<br />

Pour des renseignements complémentaires vous pouvez contacter les personnes suivantes à <strong>la</strong> direction<br />

du Développement Rural : M. Nico<strong>la</strong>s PEBAY : 35 35 95 / 79 17 93 (Port-Laguerre)<br />

M. Patrick MERCIER : 35 35 95 (Port-Laguerre) - M. Olivier LESTAGE : 44 70 34 (Bourail).<br />

21


22<br />

Lexique<br />

IA<br />

IPG<br />

IVV<br />

MS<br />

PBVV<br />

PDIN<br />

PDIE<br />

SFP<br />

TCS<br />

TE<br />

UFL<br />

UFV<br />

UGB<br />

UMO<br />

VM<br />

Insémination artificielle<br />

Identification pérenne généralisée<br />

Intervalle vê<strong>la</strong>ge-vê<strong>la</strong>ge<br />

Matière sèche<br />

Production brute de viande vive<br />

Teneur en protéines digestibles dans l’intestin, permise par l’azote de l’aliment (en g)<br />

Teneur en protéines digestibles dans l’intestin, permise par l’énergie de l’aliment (en g)<br />

Surface fourragère principale<br />

Technique culturale simplifiée<br />

Transfert d’embryons<br />

Unité fourragère <strong>la</strong>it - quantité d’énergie nette pour <strong>la</strong> production <strong>la</strong>itière contenue dans<br />

un Kg d’orge de référence (croît inférieur à 750g/jour)<br />

Unité fourragère viande - quantité d’énergie nette contenue dans un Kg d’orge de référence<br />

pour l’entretien et le croît chez les animaux à l’engrais (croît supérieur à 750 g/jour)<br />

Unité gros bovins<br />

Unité main-d’œuvre<br />

Vache mère<br />

23


Pour plus d’informations :<br />

Christophe CASSEZ<br />

Responsable du département des productions animales<br />

DDR province Sud<br />

Nouméa : 27 05 95 - 77 36 82<br />

Équipe réseau :<br />

Olivier LESTAGE<br />

Responsable du bureau des Ruminants et équidés et coordonnateur du réseau<br />

Antenne de Bourail : 44 70 34 - 76 91 17<br />

Animateurs du réseau<br />

Antenne DDR de Bourail<br />

Josué MY : 44 70 47<br />

Harold ROGERS : 44 70 04<br />

Antenne DDR de La Foa<br />

Valérie BUISSON : 44 70 39<br />

Julien PRATLONG : 44 70 40<br />

Ludovic WEISS : 44 70 40<br />

Station zootechnique de Port-Laguerre :<br />

Nico<strong>la</strong>s PEBAY<br />

Responsable de <strong>la</strong> station zootechnique<br />

Antenne de Port-Laguerre : 35 35 95 – 79 17 93<br />

cactusstudiographique

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