Malm - ø - EPFL

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Malm - ø

La transformation dʼun lieu

à travers lʼimage du souvenir

Redéfi nition d’un quartier industriel

comme piéce urbain. Mandal, Norvège

Projet de master Art and Architecture Enoncé théorique Décembre 2006 SAR - ENAC - EPFL

Kristin Gabrielsen Professeur Christian Gilot Professeur Arduino Cantàfora Maître EPFL Charles Duboux Expert Fonso Boschetti


« Jeg ved en øde, mægtig kyst

i damp av sjø og tåkespindden

blåner op bak skavl og skum

forslået av salt og regn og vind.

I skyens fl ugt, i fuglens skrik

det bar saa tungt et sind. »

Gabriel Scott


Malm - ø

La transformation dʼun lieu

à travers lʼimage du souvenir

Redéfi nition d’un quartier industriel

comme piéce urbain. Mandal, Norvège

Projet de master Art and Architecture

Enoncé théorique

Decembre 2006

SAR - ENAC - EPFL

Kristin Gabrielsen

Professeur Christian Gilot

Professeur Arduino Cantàfora

Maître EPFL Charles Duboux

Expert extérieur Fonso Boschetti


INTRODUCTION

Le territoire

UN PAYS QUI EMERGE DE LA MER

DE MORN À MANDAL

À LA LATTITUDE 58° NORD

GRANIT, EAU ET SABLE

Le cadre géographique

MANNDALEN (la vallée)

MANDALSELVA (le fl euve)

MANNEFJORDEN (la baie)

ELVEMUNNINGEN (l’embouchure)

SKJÆRGÅRDEN (l’archipel)

Modifi cations naturelles du paysage

Un nœud stratégique

DE LADESTED À VILLE

TROIS QUARTIERS_ MANDAL, KLEVEN ET MALMØ

LES RESSOURCES ECONOMIQUES

DE « VOILE ET BOIS » À « VAPEUR ET METAL »

LA VILLE INDUSTRIELLE

Évolution du bâti autour des éléments stables

7

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Activités industrielles à Nedre Malmø

INDUSTRIES À NEDRE MALMØ

INDUSTRIES À SANDEN

Modifi cations artifi cielles du paysage

DES TERRAINS COMBLES

De la périphérie au centre

MANDAL_ VERS UNE NOUVELLE EPOQUE

LA PERIPHERIE_ « LES VILLAS SATELLITES »

UN CENTRE_ TROIS NOYAUX

Malmø comme pièce urbain

UN TRACE NATUREL

LES RUES ET LES VIDES

LES ROUTES

Impressions de « dedans »

PROPOS

Bibliographie

Annexe

NEDRE MALMØ_ AU NIVEAU POLITIQUE

42

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70

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INTRODUCTION

Pour le projet de master en architecture, j’ai choisi d’intervenir sur Mandal, ma ville

natale certes, mais dont d’autres critères me semblent être opportuns de relever;

Par dessus tout, le paysage m’a marquée. Ma première prise de conscience de

la ville m’est venue non pas de l’intérieur, mais en l’observant depuis un bateau.

Comme le veut la coutume des gens de Mandal, nous sortions souvent de la

ville pour passer des journées entières dans l’archipel. En revenant des îles, le

panorama composé de maisons perchées sur les collines annonçait l’approche

de la ville. Elle disparaissait presque entièrement dans le paysage qui l’entourait.

En entrant dans l’estuaire nous traversions la ville ; vues de là, les maisons

semblaient n’être qu’une légère couche posée sur le paysage. Au fur et à mesure

que nous nous approchions du centre ville, les bâtiments commençaient à se

distinguer au loin.

Le fl euve reste suffi samment large pour rendre possible une prise de distance

vis-à-vis des lieux normalement vécus et ressentis de l’intérieur. En l’absence

de cette perception directe, je gardais en conscience lesdites émotions tout en

l’observant d’un tout autre point de vue.

Quand j’aborde la ville dans laquelle j’ai grandi en tant que projet d’architecture,

ce même rapport me vient à l’esprit. Non seulement mes propres souvenirs, mais

aussi ce qui m’a été transmis à travers des histoires racontées et des images

montrées constituent mon image mentale de Mandal. De par ma formation en

architecture, j’ai appris à porter un autre type de regard sur la ville, une vue de

lointaine, une vue d’ensemble. Mon approche de ce projet urbain à Mandal se

situe à la croisée de notions comme la perception et l’abstraction, entre des lieux

vécus et des localisations abstraites, entre l’expérience d’un paysage et le vol

d’oiseau.

L’image image du futur de Nedre Malm

ø se situe au cœur de mon attention ; un quartier

industriel au centre de la ville, considérable dans un futur proche comme postindustriel.

Dans une commune sans conscience du patrimoine industriel, le

quartier risque fort d’être la proie d’une table rase à la faveur d’une vision à court

terme, à la faveur des intérêts économiques.

À travers ce projet, je propose de placer le quartier de Nedre Malmø dans une

perspective territoriale et historique plus large, rendre ses qualités visibles et

ainsi développer ses potentialités. Nedre Malmø a eu un rôle important dans le

passé et pourrait retrouver un rôle clef dans le futur développement de la ville.

7


Le territoire


UN PAYS QUI ÉMERGE DE LA MER

Après des kilomètres et des kilomètres à travers les paysages plats du nord

de l’Allemagne et du Danemark on arrive à la mer de Skagerak qui sépare le

continent Européen du « Nord ». À encore quelques kilomètres de la côte de la

Norvège, on aperçoit soudain un pays qui se lève à l’horizon. En s’approchant,

on voit des rochers émerger de l’eau. Ce n’est pas plat, comme ça en avait l’air

de loin, mais c’est un paysage de petites montagnes et de collines douces. Les

premières îles sont nues. Le granit est poli par le frottement du glacier et lissé par

les vagues de la mer. L’omniprésence du sel ne permet qu’à de petites plantes,

les plus résistantes, d’y fi xer leurs racines.

Mandal se trouve sur la côte Norvégienne, à l’extrême sud du pays. La ville a

grandi autour de Elvemunningen, l’embouchure du fl euve Mandalselva dans le

Mannefjord, une baie ouverte sur la mer. Le fl euve, la vallée, le fjord, l’archipel et

la mer constituent le cadre géographique dans lequel la ville s’est développée

et se développera encore. À la rencontre de deux eaux, celle du fl euve et celle

de la mer, la ville se situe face à deux forces, deux sources, deux directions. Le

point de rencontre entre le fl euve et la mer a donné naissance à un ladested,

un lieu d’échange, qui a grandi autour des échanges entre l’intérieur du pays et

l’Europe.

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DE MORN À MANDAL

Le nom norrois pour Mandalselva est Morn, probablement dérivé du nom marr, qui

veut dire mer ou eau. Par après le fl euve a donné son nom à la vallée, Mandalen,

au fjord, Mannefjorden, et à plusieurs endroits le long du fl euve et au bord du

fjord. Finalement, le fl euve a indirectement donné son nom à la ville, Mandal, qui

s’est installée autour du Elvemunningen.

11


Le matin Morgen i NY Hellesund, Amaldus Nielsen, 1881

12

« Light gives all things their presence »

Louis I. Kahn.


Vers le soir Henad aften, Amaldus Nielsen, 1895

À LA LATITUDE 58

° NORD

La lumière est un phénomène omniprésent, et qui par sa présence ou son

asbsense donne à l’environnement son caractère primordial. Ce n’est pas la

lumière qui crée les choses, mais elle défi nit la manière dont une chose apparaît. ît. î

Sous un ciel de grands contrastes, le nord est habit habité

par un monde d’atmosphères.

Des nuances variées re-modélisent le paysage ; même lors d’une journée de ciel

couvert, la lumière fi ltrée donne lieu à de nouvelles perceptions. C’est sous la

lumière que l’espace se manifeste. La lumière est en interdépendance avec le

temps. Le ciel est constamment transformé par les changements fréquents du

temps. Les plus petites variations de l’atmosphère évoque de grands spectres de

nuances de couleurs et d’épaisseurs . La rencontre de la lumière fl uctuant avec

l’eau de la mer, avec l’eau du fjord et du fl euve, avec le sable, avec le granit nu

et les collines couvertes par la forêt, donne à Mandal et ses alentour sa grande

palette de lieux et des « stemning » ¹ divers.

¹ En l’absence d’un mot dans la langue française qui exprime la totalité de ce que dénote

stemning, je me permettrai de l’utiliser en norvégien en sachant que Martin Steinman a déjà

introduit le même terme stimmung dans la vocabulaire d’architecture dans la Suisse- Romande.

13


« (…) I am sure that real things do exist, (…) there are earth and

water, the light of the sun, landscape and vegetation. »

Peter Zumptor

14


GRANIT, EAU ET SABLE

C’est à une température de 400°à 600°, sous une énorme pression à 15’000

mètres de profondeur sous terre que les gangues autour de Mandal ont été

formées. Elles appartiennent à la roche primitive de la terre, datant d’une époque

primitive, il y a environ 1000 millions d’années. Un processus de soulèvement

de terrain suivi par les trois forces destructives de désagrégations, d’érosion du

fl euve et d’érosion de la glace, a fait émerger la roche primitive à la surface de la

terre pour ainsi créer une topographie bien précise, ou la morphologie de Mandal

aujourd’hui.

Après le soulèvement de terrain pendant l’ère tertiaire, la pente des fl euves et

des cours d’eau a augmenté et l’eau a pris plus de vitesse. Elle a creusé et frotté

la roche pendant des millions des années, et ainsi les vallées et les falaises ont

gagné en grandeur et en profondeur. A cette époque, le climat était doux, avec

des températures comparables à celles du climat méditerranéen aujourd’hui.

L’eau tiède a ainsi fortement corrodé les gangues pour ensuite les dissoudre,

accentuant la profondeur des vallées.

Mais petit à petit, le climat est devenu de plus en plus froid. La chaleur

méditerranéenne a été remplacée par l’ère glacière. La glace recouvre alors

de grandes parties de l’Europe du nord et de l’ouest. On estime que dans la

région de Mandal, le glacier était d’une épaisseur de 2 à 3 kilomètres. La glace

15


qui remplissait les vallées était comme une masse visqueuse qui se déplaçait

vers l’aval en direction de la mer et polissait les surfaces de rocher creusant les

vallées de plus en plus profondément. Non seulement des rochers détachés et

des pierres ont été amenés par le glacier, mais c’est également toute la terre

du pays qui a été déplacée pour être déposée dans le sud de la Suède, au

Danemark et dans les plaines de l’Allemagne. La montagne nue que la glace

avait laissée derrière elle était rainurée et polie.

Puis la température augmente de nouveau, et nous nous trouvons alors face à

un changement de climat considérable. Les glaciers qui commençent à fondre

à grande vitesse créent une énorme moraine terminale, Raet, qui s’étale de

Stavanger à l’ouest, traverse le sud de la Norvège et la Suède pour arriver en

Finlande à l’est. Les premiers ruisseaux provoqués par la fonte du glacier ont

charriés de’ énormes masses granuleuses et sablonneuses de la moraine pour

remplir et former les vallées en forme de « U » a l’ouverture du fjord Les matériaux

déposés ont créé de grandes plaines sous la mer. Avec le soulagement du poids

du glacier qui fondait, un nouveau soulèvement de terrain a eu lieu, et des parties

de ces grandes plaines sablonneuses ont lentement émergé de l’eau.

16


Résultat de divers processus géologiques, le paysage de Mandal apparaît ît î

aujourd’hui comme une côte basse où des fjords et des vallées pénètrent le

pays, et où le terrain mouvementé est mis en évidence par la rencontre des

terres avec de la mer. Ce qui à l’intérieur des terres constitue des collines et des

vallées se transforme en un paysage d’ îles qui émerge de l’eau lorsqu’on va

vers le large. Le long du fl euve se trouvent des bancs et des plaines de sable.

Les collines de granit de la terre ferme et les îles sont la substance stable autour

de laquelle le sable, déposé ou creusé par l’eau, se fait déplacer, se fait dévier,

pour, à un certain moment et pour un certain temps, s’arrêter. Et à un tel moment

de l’histoire, où de grandes quantités de sables se sont arrêtées juste avant

l’embouchure du fl euve, la ville de Mandal s’est installée sur la plaine, entre la

mer et les collines.

Les relations qui se créent à la rencontre entre l’eau et le granit, entre le granit

et le sable et entre l’eau et le sable, font la singularité du paysage de Mandal.

Les « îles » qui sortent de l’eau ou de la plaine de sable évoquent le contraste

et la stabilité. Les dunes de sable qui descendent doucement sous l’eau nous

rappellent la fragilité et la transformation.

17


Le cadre géographique


« (…) any understanding of the natural environment grows out of a primeval

experience of nature as a multitude of living forces. »

Christian Norberg- Schulz


MANDALEN (la vallée)

Le rôle de la Mandalselva a été d’importance primordiale pour le développement

de la société dans le Mandalen. Elle a donné forme au paysage, créé les

meilleurs terrains pour l’agriculture, fourni aux gens, au bétail et aux plantes l’eau

nécessaire à la vie. Elle a permis de supplémenter les alimentations avec des

poissons Et avant tout, le fl euve a servi de voie de communication principale,

entre les villages de la vallée ainsi qu’entre les villages de l’intérieur du pays et

ceux de la côte.

La vallée Mandalen est, avec ses 140 km, parmi la vallée les plus longue de la

région du sud de la Norvège, Sørlandet. Sa forme actuelle date principalement

de la fi n de la dernière ère glaciaire (il y 10 000 ans). Lorsque le glacier a fondu,

il a laissé une énorme moraine terminale, Raet, qui traversait le Mandalen

perpendiculairement vers Finsland, à environ 40 kilomètres au nord de Mandal.

Un premier fl euve issu du glacier a amené d’ énormes masses de la moraine pour

ainsi remplir le fond de la vallée, donnant à Mandalen sa forme caractéristique

eu « U ». De grandes masses ont également été amenées jusqu’à la mer où une

grande plaine s’étale maintenant de Sandes jusqu’au Mannefjord au sud, et vers

Aurebekk et Jåbekk à l’est.

Soulagé par le poids de la glace qui fondait, un soulèvement de terrain a eu lieu.

La partie avale du Mandalen était encore un bras de la Mer du nord, un fjord,

vers la fi n de la dernière ère glacière. Avec le soulèvement de terrain, le pays

est monté de 42 m à Laudal (environ à 30 km au nord de Mandal), et autour de

8 à 10 m à Skjernøy et Skogsfjorden. Le paysage à l’extrême sud de la vallée

est donc monté lentement et a surgi en dernier de la mer. Le territoire le plus

proche de l’embouchure est devenu une grande plaine à sec. La grande plaine

sablonneuse de la péninsule de Mandal et l’île de Nautholmen (plus tard appelé

Malmø) forment le site où la ville va s’installer.

20


MANDALSELVA (le fl euve)

Au cours du temps, le fl euve a modifi é le paysage à travers lequel il coule.

Le fl euve dépose de la matière pour créer de nouveaux bancs de sable, et il

creuse de nouvelles profondeurs. Depuis le Moyen-Age l’embouchure de la

Mandelselva avait deux bras. Le bras le plus large et le plus profonde passait

entre Nautholmen et Halshauglandet, le plus étroit et le moins profond, nommé

Kvisla, entre Nautholmen et Skinsneslandet. Nautholmen était à l’époque

constitué de Malmøya, actuellement Malmø, et Kastellodden qui étaient reliés

par une dune de sable. La Mandalselva a apporté de grandes masses de sable

qui pour la plus grande partie ont été déposées à l’ouest l’embouchure actuelle

du fl euve. La péninsule sur laquelle le centre de Mandal est bâti, a ainsi été créée

petit à petit et le nouveau terrain a été appelé Sanden, qui veux simplement dire

le Sable. En même temps que le fl euve déposait de la matière sur la rive droite,

il creusait Nautholmen sur la rive gauche. La sortie du fl euve entre Nautholmen

et Halshauglandet devenait de plus en plus étroite, et pendant une grande crue,

probablement dans les années 1630, le fl euve s’est percé un nouveau passage,

séparant le Nautholmen en deux au milieu de l’île entre Kastellodden, à l’extrémité,

et les rochers vers le milieu de l’île. Le changement de la position du lit du fl euve

à l’endroit de son embouchure a été de grande importance quant à l’endroit ou

la ville allait continuer à se développer.

21


MANNEFJORDEN (la baie)

La Mandalselva se jette dans le Mannefjorden, une baie ouverte sur la Mer du

Nord. La baie s’étale depuis l’embouchure du fl euve jusqu’au large entre les îles

Skjernøy et Ryvingen à l’est et Storøy et Hattholmen à l’ouest. Mannefjorden

constitue la partie immergée de la plaine résultant de la moraine, Raet. La plaine

descend graduellement dans la mer et la baie est ainsi très peu profonde.

Le fl euve a toujours apporté de grandes masses de sables dans le fjord, formant

des accumulations de sable près de la sortie du fl euve. La crue du printemps a

en particulier nourri le bandeau de sable qui s’est créé. Depuis le large, la mer a

creusé le bandeau, principalement pendant les tempêtes d’automne et d’hiver.

L’équilibre entre le fl euve qui donne et la mer qui prend a été déterminant quant

à l’accessibilité du fl euve par le fjord.

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ELVEMUNNINGEN (l’embouchure)

L’embouchure du fl euve est un point d’intersection naturel, carrefour des voies

de communication. La vallée et le fl euve mettent en contact de vastes régions

à l’intérieur du pays avec le Mannefjord, qui à son tour relie le Elvemunningen

avec la côte est et ouest de la Norvège ainsi qu’avec le Danemark, le continent

Européenne et les îles de Grand Bretagne. Ces conditions géographiques et

stratégiques ont eu une grande infl uence pour le développement économique de

Mandal et sa région au cours des 16 ème et 17 ème siècles.

23


SKJÆRGÅRDEN (l’archipel)

Comme un fi ltre entre la terre ferme et le large, l’archipel forme une protection

contre les forces continuelles de la nature, au rythme répétitif de la mer. À l’abri

des îles, la mer est apprivoisée. L’archipel a fourni aux habitants de la côte

et aux voyageurs, de nombreux ports naturels. La topographie a joué un rôle

principal dans l’implantation les uthavn, petites agglomérations autour d’un port

de pécheurs, ainsi que pour les ports de marchandise. Pour ceux qui habitaient

la côte, la mer constituait une voie de communication ainsi que leur gagne-pain.

Être près de l’eau tout en étant protégé, avoir un terrain cultivable en même

temps qu’un bon accès à la mer, sont les conditions qui ont donné naissance à

des lieux précis sur les îles le long de la côte. Pour les ports de marchandise,

c’est la profondeur de l’eau ainsi que l’accessibilité dans différentes conditions de

vent, qui ont déterminé leur importance respective.

24


Modifi cations naturelles du paysage

Éléments stables Env. 1600

26


Env. 1620

27

Env. 1640


Un nœud stratégique


DE LADESTED À VILLE

Au début du 16ème siècle, Mandal est une place de marché saisonnier. Pendant

une période d’environ 200 ans, le lieu se développe pour devenir une petite ville

au début du 18ème. Le processus est graduel et irrégulier, mais les étapes sont

clairement défi nissables.

Le commerce est à la base du ladested, un lieu d’échange entre l’intérieur du

pays et le continent européen. Le premier germe de la ville, est constitué par

quatre petites agglomérations qui se développent autour de l’embouchure de

la Mandalselva à partir du 16 ème siècle. Les deux marchandises d’exportation

principales sont le saumon et le bois. L’exportation du bois va prendre le plus

d’importance. Au 16 ème siècle, la Norvège est devenue le fournisseur principal de

bois de toute l’Europe de l’ouest. Les grandes forêts qui descendent jusqu’au bord

de l’eau, l’accès facile à la force hydraulique pour les scieries et les nombreux

ports naturels, sont des conditions importantes pour le rôle de la Norvège sur le

marché européen. Grâce à la proximité du continent, le sud du pays, Sørlandet,

devient la région principale d’exportation du bois. Mandal s’inscrit comme une

région riche en bois avec des conditions optimales pour la communication aussi

bien vers l’intérieur du pays que vers l’Europe. Située au point le plus au sud du

pays, s’ouvrant vers la mer du Nord, la ville est plus proche du marché sur le

continent que toute autre localité du pays.

Pendant la première partie du 16ème siècle, Mandal est une place de marché qui

ne possède pas de population fi xée à demeure. Pendant cette première phase,

le commerce n’est pas encore centralisé. Le bois est vendu directement des

paysans aux acheteurs de l’étranger. Des Allemands, des Ecossais, des Danois,

des Hollandais et d’autres viennent à Kleven, Risøybank et Mannefjorden où

l’échange se fait pendant la saison navigable, en été. Ce type de commerce ne

pouvait pas être à la base d’une grande agglomération puisque toute activité était

liée à la saison, et la population n’était que saisonnière. Le facteur déterminant

pour un développement vers une ville, est l’arrivée d’un nouvel acteur sur la scène

du commerce, le marchand, qui s’établit comme domicilié. Il va prendre le rôle

de médiateur entre les paysans et les acheteurs. L’arrivée des marchands fi xés

à demeure à partir des années 1560, représente le début d’une nouvelle forme

de société. Des artisans, en particulier ceux dont l’activité est liée à l’échange,

commencent à s’installer autour du centre commercial. Petit à petit, un fl ux de

propriétaires d’auberges, des ouvriers et des marins, ainsi que les douaniers

vont également s’établir autour de l’activité d’échange. Le commerce ainsi que

les activités artisanales se répartissent le long de la côte vers l’ouest et l’est,

et le long du fl euve vers le nord. Mais le centre de gravité se situe autour de

l’embouchure de la Mandalselva où le ladested Mandal, va se d développer

à partir

des quatre agglomérations : Spidsbo, De danske boder, Malmø et Kleven.

30


À partir de la deuxième moitié du 16 ème siècle, le commerce se concentre

autour de Mandal. La forêt est exploitée tout le long de la côte et la Mandalselva

relie de grands territoires riches en forêt de l’intérieur du pays avec l’embouchure

du fl euve, avec le fjord et avec la Mer du Nord. De plus, à l’embouchure du fl euve

se situent les deux meilleurs ports du district, Risøybank et Kleven. Un petit

centre, Spidsbo, va se développer près de Risøybank, et sera le lieu d’échange

le plus importante pendant la première moitié du 17ème siècle. Mais lorsque la

structure du commerce évolue, en même temps que la position du lit du fl euve

est modifi ée, autour du 1630, la nouvelle agglomération, De danske boder, boder plus

tard appelé Mandal, qui se développe à l’intérieur de l’embouchure, devient le

centre économique de la région à partir des années 1660.

31

Quatre agglomerations;

Spidsbo, Mandal, Malmø

et Kleven,

extrait de Juels kart, 1708


TROIS QUARTIERS_ MANDAL, KLEVEN ET MALMØ

Après la disparition de l’agglomération originelle de Spidsbo vers la fi n du 17 ème

siècle, trois quartiers de caractère très divers vont constituer ce qui va devenir la

ville de Mandal : Mandal (De danske boder), Kleven et Malmø.

Depuis le milieu du 17 ème siècle, Mandal constitue le quartier central de

l’agglomération. Les commerçants les plus riches y habitent, et les maisons les

plus grandes vont être construites ici. Mandal est le centre administratif accueillant

les fonctionnaires de l’état, l’église, la maison de la justice ainsi que la douane.

La plus grande partie de la population habite à Mandal, scène de la majorité des

activités sociales et des festivités.

Kleven, qui après l’échec de Spidsbo avait remplacé Risøybank comme port le

plus important, se développe autour des activités du port. La vie s’y déroule sur

les quais, dans des baraques de stockage et sur les chantiers navals. Les soirs,

les histoires d’outremer sont racontées dans les auberges et dans les bistros du

quartier. Des capitaines, des lamaneurs et des marins forment la population du

quartier.

Sur l’île de Malmø, les premières maisons d’habitation sont construites à Øvre

Malmø (l’amont de Malmø). À Nedre Malmø (l’aval de Malmø) les maisons

d’habitations arrivent seulement vers la fi n des années 1720. De grandes

variations dans la masse bâtie ainsi qu’une population mélangée, constituent

la caractéristique ristique du quartier à

cette époque. Plusieurs classes sociales y sont

représentées. Mais l’île est déj éj é à, très tôt emprunte d’un caractère artisanal

et industriel, caractère qui va encore se renforcer avec le temps. Un atelier

de forgeron au 17ème siècle, des usines de cordes, un atelier de voilier et des

tanneries au 18ème siècle, et des ateliers navals, des moulins à grain et une

distillerie d’eau-de-vie au 19ème siècle font partie des activités de manufacture

qui se sont installées à Malmø. Il y avait d’autres usines dans le quartier de

Mandal, mais ces activités ne marquaient pas aussi fortement leur quartier que

les établissements à Malmø.

Les trois quartiers sont ainsi déj éj é à très tôt emprunts des mêmes particularités

qu’aujourd’hui : un centre commercial, administratif et social, un quartier portuaire,

et un quartier industriel.

Mandal et Malmø, Lassens kart, 1749

33


LES RESSOURCES ECONOMIQUES

Au cours du 18 ème siècle, quatre ressources économiques font vivre la ville :

le commerce du bois, le commerce des ressources agricoles le commerce au

détail, et la navigation et l’industrie de l’avarie. Ces ressources économiques sont

à la fois liées entre elles et avec les autres activités, artisanales en particulier.

Le commerce du bois et le commerce des ressources agricoles se rejoignent

dépend l’un de l’autre, la navigation est basée sur l’exportation de produits

locaux, un résultat de l’activité commerciale. L’échange avec la mer comme voie

de communication a conduit au développement d’activités liées à la construction

et à la réparation des bateaux. Dans les chantiers navals et dans divers métiers

artisanaux, une grande partie de la population gagne sa vie en réparant le matériel

endommagé par la mer.

Le commerce du bois est également à la base d’une activité importante le long

de la Mandalselva. Plusieurs étapes étaient nécessaires pour amener les troncs

d’arbres de la forêt jusqu aux navires, et les scieries dans la vallée de Mandalen

étaient nombreuses.

Le nouvel élément qui s’ajoute aux ressources économiques pendant la dernière

moitié du 18ème siècle, est la manufacture. Les scieries, les moulins et les

chantiers navals constituent les industries ant

érieures. À partir des années 1740,

toute une série de nouvelles industries s’établissent à Mandal et à Malmø. Des

tanneries, des usines de cuire pour des semelles, des ateliers de crocheteurs

de lin, des usines de savon, des mines de sel, des distilleries d’eau-de-vie, des

fonderies, des fi latures de tabac, des ateliers de tissage, des ateliers de voiles et

des usines de cordes font tous partie de l’industrie pré pr industrielle. Les nouveaux

lieux de production renforcent alors les ressources économiques existant dans

la ville. Les moulins rendent plus rentable le commerce du grain qui était une

marchandise importée, l’usine de corde fournit les chantiers navals avec de la

corde. D’autres usines renforcent les activités locales : Les tanneries rachètent

la sciure de scieries et fournissent les cordonniers avec le cuire, et la fi lature de

tabac fournit le marché local avec du tabac. Ainsi, toutes les usines participent à

rendre la ville entièrement ou partiellement indépendante de l’importation de la

marchandise la plus importante.

34


Mandalselva comme voie de communication principale

Verftet, des chantiers navals à Gismerøya, vue vers Kleven,

35


DE « VOILE ET BOIS » À « VAPEUR ET METAL »

Au cours du 19ème siècle, la navigation est en grande expansion. Ceci est lié à un

commerce au niveau mondial en croissance, et la Norvège est alors la troisième

plus grande nation de navigateurs. Aussi Mandal bénéfi cie des conséquences

positives de cette croissance. Vers la fi n du 19ème siècle, 127 bateaux à voile

appartiennent aux armateurs de Mandal, une fl otte qui donne des emplois à 700

personnes. À ce moment, la ville traverse une époque prestigieuse ; elle est à

considérer comme une ville maritime. Mais la transition vers une autre époque

arrive avec la machine à vapeur. Avec la nouvelle technologie, les bateaux à

vapeur deviennent vite supérieurs aux bateaux à voile, aussi bien au niveau de la

vitesse qu’au niveau de la sécurité. Les anciens navires deviennent aussi démodés

à cause des matériaux utilisés. Jusque là, tous les navires étaient construits en

bois, mais de nouvelles techniques rendent le fer, ou plutôt l’acier, préférable.

Les bateaux en acier étaient plus forts, plus résistants au mauvais temps, et plus

durables. Le grand nombre d’emploi que représentaient les activités maritimes

commence alors à diminuer. De nombreuses jeunes aux chômages quittent

la ville pour chercher de meilleures conditions de vie aux Etats-Unis. Pendant

quelques temps, certains armateurs investissent dans des bateaux en acier,

mais au début du 20ème siècle les compagnies de navigations les plus grandes

font faillite. L’époque de la voile fait alors partie du passé, et il faut chercher de

nouvelles possibilités. À Mandal, on privilégie avant tout l’industrie, l’ingénieur

étant considéré comme un héro qui représente de nouvelles visions, une nouvelle

prospérité, et de nombreux emplois.

36


Mandalselva, 1912

Kleven, un lieu protégé , env. 1900

37


LA VILLE INDUSTRIELLE

Les scieries étaient, hormis les chantiers navals, les entreprises clef pendant

l’époque maritime. Elles fournissaient aux constructeurs navals le matériau de

construction, ainsi qu’aux navires la marchandise la plus importante. Déj éj é à à

l’époque maritime, les scieries commencent à se servir de la vapeur. Et avec cela,

une nouvelle époque est à l’aube, l’époque industrielle. Il n’est plus nécessaire

d’installer ni des scieries ni d’autres entreprises, à proximité d’une chute d’eau.

Au contraire, il s’agit plutôt de s’établir près de l’embouchure ou des ports. Et les

scies à vapeur vont donc s’installer au bord du fl euve à Malmø et à Mandal, à

l’intérieur de la ville.

Au tournant du 20 ème siècle, toute une série d’ industries traditionnelles et

artisanales, les industries préindustrielles, sont dominantes. L’arrivé de l’électricité

en 1909, représente une des conditions les plus importantes pour les nombreux

établissements industriels qui vont venir. Il fallait attendre l’année 1913 pour voir

arriver la première industrie moderne. Spiggerfabrikken, une usine de clous qui

s’installe à Nedre Malmø est considérée comme la première industrie qui « prend

une nouvelle direction »². Nedre Malmø est dès son arrivée, considéré comme le

nouveau Industricentrum de Mandal.

Avec la guère en Europe dont la fi n approche, l’optimisme règne. À partir de 1918,

plusieurs établissements vont voir le jour, et Nedre Malmø va se développer pour

devenir le quartier industriel de la ville.

² Bjørn Slettan, Mandal bys historie, Bind 3, 2006

38


Atelier de tissage, Reperbanen, 1922

Vue de Malmø avec le Reperbanen, env. 1900

39


Évolution du bâti autour des éléments stables

1895 1919

40


1941

41

2000


Activités industrielles à Mandal

Si Nedre Malmö était le premier quartier industriel, le deuxième se situait sur l’autre rive, à Sanden. Möllebukta,

« baie du moulin », était lieu où se concentraient les activités de la rive droite. Ci-dessus est présenté un

abrégé des industries qui se sont établies autour des deux côtes du fl euve. La totalité des activités industrielles

ayant lieu à Nedre Malmö sont présentées alors que, en ce qui concerne Sanden, nous ne citerons ici que

celles ayant laissé des traces encore visibles aujourd’hui.

Avant l’arrivée des industries, Nedre Malmø env. 1900

42

INDUSTRIES À NEDRE MALM MALMØ


Mandals Reberbane, établi en 1775

(usine de corde)

Première production : cordes pour les navires, les

chantiers navals et la pêche

Production actuelle : tuyaux tissés pour les

pompiers, machines de tissage

Premier bâtiment démoli : 1940, détruit par un

incendie

Nouveau bâtiment fi ni: 1942

43

1895

1919

1941

2000

Oluf Lohne A/S Kull og Kokslager, Kokslager « Bådhuset »,

établit à la fi n du 19ème siècle

Activité : stockage de du charbon et de la coke

Activité actuelle : stockage des bateaux de plaisance

pendant l’hiver


Spiggerfabrikken, « Spiggeren », établi en 1913

(usine de clous)

Première production : clous

Production élargie : clous, fi l de fer, cordes d’acier,

fi l de fer barbelé et palissades en fi l de fer

Fin de la production : 2003. L’entreprise est vendue

et déplacée en Suède

Activité actuelle : Spiggeren Næringspark, Mandal

El-installasjon et Fundiatomta. (voit Présentation des

bâtiments du patrimoine industriel à Nedre Malmø)

44

Trafostasjonen, bâti en 1913

(transformateur électrique)

La petite construction symbolise l’arrivé de

l’électricité en 1909. Probablement construit en

même temps que Spiggerfabrikken.


Osmundsen og Gabrielsens Reperbane,

« Lillebanen », établi en 1914 (usine de corde)

Production : cordes de coco, pour l’usage de la

pêche et pour la navigation

Fin de la production : 1975

Bâtiment démoli : 1979

45

1895

1919

1941

2000

Mandal Slip og Mek. Verksted AS, « Slippen »,

établi en 1918. (atelier de réparation de bateaux)

Première activité : chantier naval et atelier

mécanique

Production : moteurs pour des bateaux, carcasses

en métal

Activité actuelle : réparation de bateaux, orientation

vers le domaine de l’offshore


Th. Rasmussens Sønner, Møbelsnekkeri,

(entreprise d’ébéniste)

Production : chaises, tables à manger, commodes

et autres meubles pour des clients privés ainsi que

pour des hôtels et des bâtiments publics

Activité actuelle : rénovation de bâtiments, et

établissement de Kulturfabrikken

46

A/S Det Norske Kokosvæ Kokosv veri, établi en 1920,

(atelier de tissage)

Première production : chemins de table et des

paillassons de coco.

Production élargie : tapis en laine

Production actuelle : tissues en laine pour le

costume national, le bunad


A/S Mandals Papirindustri, « Posen », établi en

1923, (industrie de papier)

Production : sacs de papiers, enveloppes, et autres

articles d’emballage

Production actuelle : sacs de papiers, enveloppes,

et autres articles d’emballage

47

Saanums Sepefabrik A/S, établi en 1923, arrivé à

Nedre Malmø en 1935, (usine de savon)

Première production : savon noir, Janus

Grø Gr nnsåpe

1895

1919

1941

2000

Production élargie : diverses sortes de savons de

ménage.

Fin de la production : 1980

Activité actuelle : le bâtiment est utilisé par Scan

Mudder


Oplandets Sagbruk og Høvleri, (scierie)

Production : bois coupé et rabouté, vente à l’intérieur

du pays, et export vers l’Islande et la Belgique

Fin de la production : 1922

Bâtiment démoli : 1922, détruit par un incendie

48

Ballasthaugen Bruk A/S, « Kassefabrikken », établi

en 1925. (usine de bois)

Activité : découpage et raboutage du bois

Production : revêtement, listels et douves pour la

fabrication de caisses en bois

Fin de la production: dans les années 70

Bâtiment démoli: dans les années 70


1895

1919

1941

2000

Norsk Kjettingfabrik A/S, « Kjettingen »,

établi en 1939

Production : chaînes pour l’activité maritime, les

voitures et l’agriculture

Production déplacée (dans de nouveaux bâtiments à

Nedre Malmø) : 1999

Production actuelle : chaînes pour un marché en

Europe, Australie et Amérique du Nord

Activité actuelle : centre administratif pour cinq lieux

de production

49


Avant l’arrivée des industries, Sanden 1860

50

INDUSTRIES À SANDEN


Mandals Interessentskap A/S, (scierie)

Première production : planches coupées et rabotées

pour la fabrication de fenêtres et des tringle

Production élargie : tous produits pour la

construction en bois pour le marché des maisons

préfabriquées

Activité actuelle : vente de bois pour la construction,

sous le nom Marnar Bruk

51

1895

1919

1941

2000

Mandals Motorfabrikk, (usine de moteur)

Activité première : atelier de service pour moteurs

Production à partir de 1923 : le Marna, un moteur

pour petits bateaux

Production actuelle : production du Marna, la

propriété a été vendue, et l’activité va probablement

déménager à Ballastbrygga à Nedre Malmø.


Mandal Juteveveri, établi en 1925

(atelier de tissage)

Première production : chemins de table et des sacs

tissés.

Production élargie : moquettes en laine, sous le

nom de Mandal Teppeveveri A/S

Production supprimée: dans les années 90

Activité actuelle : projet d’habitation qui prévoit

de démolir les bâtiments existants, permis de

construction pas encore obtenu

52

A/S Norsk Hårgarnspinneri, établi en 1938, (fi lature

de laine)

Première production : laine pour tapis

Production élargie : autres sortes de laine comme

celle utilisée pour l’industrie domestique et pour le

tricot

Activité actuelle: le bâtiment appartient à Mandal

Industrier, Industrier

Production actuelle : articles pour la publicité,


1895

1919

1941

2000

Westermoens Hydrofoil A/S, (chantier naval)

Première production : Le chantier naval commence

à partir des années 50 à produire des bateaux

rapide en bois pour la marine.

Production élargie : des « hydrofoils » et des

« katamarans », des bateaux à grande vitesse,

cette fois en métal.

Production supprimée : 1995

Activité actuelle: Les bâtiments accueillent

aujourd’hui un congloméra.

53


Modifi cations artifi cielles du paysage

1895 1919

54


1941

55

2000


Modifi cations artifi cielles de la rive

modifi cation entre 1895-1919

modifi cation entre 1919-19 1919-1941

modifi cation entre 1941-1968

56


Comblement du fl euve- opérations des années 60

DES TERRAINS COMBLES

À un certain moment, l’homme qui s’est installé sur le terrain vague entre

les collines et la mer a besoin d’assurer sa situation. Il commence à

vouloir contrôler les rives en construisant une limite claire entre l’eau et la

terre. Ce que pendant tous les siècles était en transformation constante

devient un élément « stable ». Et avec ceci, le temps s’arrête. Les rives et

la plaine de sable ne dépendent plus des forces de la nature, mais de la

décision de l’homme.

Les plus grandes décisions ont été prises vers la fi n des années 50 pour

êtres réalisées dans les années 60. L’automobilisme croissant ainsi

qu’une croyance toujours plus forte en l’industrie ont été déterminantes

pour les interventions sur des rives et sur le cours d’eau. Si pendant les

siècles précédents, l’homme s’est « accroché » aux collines, la nouvelle

époque sera une période d’occupation des bords du fl euve et de nouveaux

terrains gagné sur l’eau. Sur la rive droite, toute une baie, Pølsesundet,

a été comblée pour fournir un terrain plat où s’installera la station de bus,

Rutebilstasjonen. Et en aval, sur un tronçon du fl euve, une épaisseur

est gagnée pour y créer Bryggegata, la route qui laissera passer les

nombreuses nouvelles voitures à travers de la ville. De l’autre côté de

Malmø, le bras du fl euve Kvisla, sera canalisé pour ainsi être recouvert.

Le terrain gagné se trouve à la prolongation du quartier industriel, et est

dédié aux nouvelles entreprises et aux industries.

57


Vue de la Rutebilstasjone aujourd’hui

Vue vers le Pølsesundet avant les comblements

58


Vue sur le terrain gagné par le comblement du Kvisla, an avant plan Trygg Nøsted Kjetting

Vue sur la Kvisla avant les comblements

59


De la périphérie au centre

MANDAL_ VERS UNE NOUVELLE EPOQUE

Mandal est actuellement une ville de 13 000 habitants, avec une population

en faible croissance. Située entre Kristiansand à l’est (44 km) et Stavanger à

l’ouest (230 km), la ville perd facilement des établissements d’entreprises et des

commerces dans la concurrence avec ses villes voisines. Et sans être connecté

à un réseau de communication, ni national (train, avion), ni international (bateau,

avion), la ville se trouve hors des grands fl ux des personnes et de l’économie.

Mais en été pendant deux mois, la ville refl eurit comme une destination de

vacances au sud, chère pour les Norvégiens ainsi que pour les étrangers. Le

soleil, les plages de sable, l’archipel et un petit centre ville pittoresque sont les

éléments attractifs.

À considère comme une ville postindustrielle, Mandal se trouve actuellement

confrontée à une nouvelle époque. Les conséquences, suite à la fermeture de

plusieurs activités industrielles, soulèvent des questions aussi important au niveau

spatial qu’au niveau économique. Avec le départ des industries, les parcelles les

plus attractives de la ville se libèrent.

En absence d’un grand dynamique économique, un projet urbain pour une petite

ville est une chose fragile. Il est donc nécessaire d’envisager un développement

qui prend en compte la « faible vitesse » de la ville. Il est important qu’un projet

urbain puisse être réalisé en étapes, et même fonctionner sans que touts les

étapes soit achevé. Il est également important que son succès ne dépende pas

des éléments singuliers, comme pour exemple une passerelle piéton, un sujet

actuellement discuté à Mandal. Il faut que le projet ait un potentiel en soi-même,

indépendant des facteurs externes diffi cilement contrôlables.

60


LA PERIPHERIE_ « LES VILLAS SATELLITES »

Les premières implantations à Mandal se situent sur la plaine, concentrées

autour des éléments stables du paysage, les collines de granit. Une population en

croissance demande plus de logements, et à partir des années 50, les maisons

commencent à grimper les pentes exposés au sud, pour s’installer le long des

collines. Détachés du centre ville, ces nouveaux quartiers d’habitations sont

considérés comme « la campagne » jusqu aux années 70. Dès lors, un nouveau

phénomène apparaît, ît, î celle de

byggefelt, cet à dire des quartiers villas construits

sur les collines. Les quartiers ne comprennent, à part parfois un magasin

d’alimentation, que des maisons unifamiliales, et s’étalent d’une manière éparse

sur des grands territoires. Une sixième colline est actuellement en train d’être

couverte par des « maisons de catalogue », des petits jardins et chaque fois

un garage pour la voiture. Dans la prolongation des quartiers Ime 1 et Ime 2,

le quartier de Ime 3 prend forme. Et un autre terrain est actuellement en train

d’être réglementé pour ce même usage. Une périphérie de quartiers de « villas-

satellites » est à constater.

Le phénomène des « villas- satellites » renforce l’importance de la notion des

centralités. La densifi cation du centre représente une concentration d’énergie

nécessaire pour la vitalité de la ville entière, y compris la périphérie. La structure

du centre doit être suffi samment fort pour tenir ensemble une telle constellation.

61


62

Nature des activités ;

publique, religieuse, culturelle

commerciale

production

tourisme

Trois futurs centralités ;

Mandal

Malmø

Sanden


Rapports visuelles entre les trois centralités

UN CENTRE_ TROIS NOYAUX

Pour ce qui concerne la nature des activités de la ville (tableau Nature des

activités), on distingue fortement la rive droite et la rive gauche. Une troisième

partie qui se différencie par la diversité des fonctions est située sur la rive droite

vers l’embouchure du fl euve. Nous pouvons donc extraire trois centralités

diverses à Mandal : Mandal (le noyau historique), Sanden et Malmø(tableau Trois

futurs centralités). La tectonique géographique propose une notion du centre

composé de trois quartiers à l’échelle de la ville. Les quartiers ont tous une ligne

de contacte avec la rive, en se situant l’un vis-à-vis de l’autre dans une fi gure de

triangle. L’ouverture assurée par le fl euve, permet un entre les quartiers. Dans la

perspective que les quartiers de Malmø et de Sanden abandonnent une grande

partie de la production industrielle actuelle, des activités autres, comme ceux de

« la ville consommatrice » ainsi que des services tertiaires sont à envisager pour

un futur développement.

La caractéristique propre à chacune de ces centralités se rapporte à leur situation

particulière par rapport aux éléments naturelles, ainsi qu’à leur rôle historique.

Une prise de conscience de ces caractéristiques doit être le fondement pour

que chaque quartier puisse se développer pour devenir un noyau fort.. Un futur

développement du centre se fera donc à partir des trois noyaux. Dans un premier

temps, il est important que chaque quartier se développera autour de lui-même

pour assurer un bon fonctionnement interne. Quand les quartiers auront trouvé

leur rôle comme pièce urbain, il va falloir défi nir les liens urbains.

63


Malm-ø comme pièce urbaine

« ø » est l’ancien nom pour øy y qui veut dire île î

UN TRACE NATUREL

La signifi cation du nom Malmø, exprime le premier genius loci ³ de ce lieu, un

ø, une île. La présence de l’eau du fl euve et de la mer a formé l’île, et ensuite

directement et indirectement donné forme aux structures bâtis qui se sont

installées. En 1968, le Kvisla est comblé, et avec le nouveau terrain gagné, un

paysage est « perdu ». Aujourd’hui le tracé du bras du fl euve Kvisla, est lisible

dans les implantations des bâtiments. Datant des différentes époques, ils se

réfèrent au lit du fl euve de plusieurs manières.

La revitalisation de ce tracé naturel présente une ressource pour la redéfi nition du

quartier de Malmø. Il peut devenir structurant pour le développement futur en lui

donnant un sens urbain. L’ancien lit du fl euve devient ainsi la colonne vertébrale

autour de laquelle le développement se fera. De cette manière, la transformation

du quartier ne dépend pas des conditions des bords et des facteurs externes, qui

sont des éléments non contrôlés par le planifi cateur.

Reprendre le tracé du Kvisla pour lui donner un nouveau sens, implique de

s’interroger sur la signifi cation qui est à l’origine de Malm- ø.

³ Genius loci dénote « ce qui est une chose », selon Christian Norberg- Schulz, ou « ce qu’une chose

voudrait être », selon Louis I. Kahn.

Christian Norberg-Schulz, Genius Loci, 1980, p.18

64


Reberbenen se situe sur le seul endroit où il était

possible d’implanter un corps de bâtiment de 400

mètres de long, entre l’eau et les collines, sans se

trouver trop près de la rive.

Les maisons d’habitations qui se construisent petit

à petit au pied des trois collines vont être « arrêtée »

par le long bâtiment. Le Reberbanen va ainsi

devenir une limite entre deux morphologies du bâti,

la maison individuelle et les bâtiments industriels.

Une petite agglomération de maisons

d’habitations s’installera au bord du Kvisla à

Nedre Malmø à partir de la fi n du 19ème siècle.

Aujourd’hui, les maisons apparaissent comme mal

à l’aise entre deux zones industrielles. Seulement

en connaissant l’histoire du bras du fl euve, on

comprend leur implantation à un tel endroit, ainsi

que la légère courbe qu’ils forment. Ils sont le

témoin de la ligne sinueuse, une fois inscrit dans

le paysage.

À Øvre Malmø, les maisons d’habitations se

développaient autour de la route nationale de

l’époque. À l’endroit ou la route fait le plus grand

virage, elle côtoie la courbe du Kvisla, et l’espace

entre la route et le bras du fl euve ne laisse la place

que pour une rangée de maisons. À cet endroit, le

Kvisla est encore ouvert. L’eau circule en amont et

en aval en tuyau souterrain.

Toute une série de bâtiments industriels légers

se sont installés sur le nouveau terrain gagné par

le comblement du Kvisla. Ils se regroupent en deux

parties, où le petit col qui conduit à Kleven fait leur

séparation.

65


LES RUES ET LES VIDES

La structure des bâtiments industriels.

Les six ensembles des bâtiments industriels donnent

forme à une structure de rues et des petits places.

Les façades représentatives donnent toujours

sur la rue, pendant que les espaces de services

extérieurs se trouvent à l’arrière des bâtiments.

Une « tension » se concentre ainsi vers l’intérieur

du système pour créer le cœur de l’Industricentrum.

Vers l’extérieur, des vides résultent des espaces

non défi nis.

La structure crée par les bâtiments industriels

est un grand potentiel pour le développement

d’un nouveau centre à Malmø. Le nouveau

Industricentrum doit reprendre la qualité d’une

« double nature », une nature vers l’intérieur et

une autre vers l’extérieur où le caractère industriel

est conservé. Une double nature fait également

sens en prenant en compte la situation climatique.

« L’extérieur rieur » est fortement exposé au vent froid

venant du nord-ouest, une condition du vent

fréquent à Mandal, pendant que « l’intérieur rieur » offre

des lieux protégés. Une concentration des activités

publiques et commerciales vers l’intérieur est donc

appropriée et nécessaire pour assurer que la vie

trouvera lieux dans les rues et sur les petits places.

À l’extérieur, l’épaisseur vide entre le bâti et l’eau, a

la capacité au niveau spatial et en rapport avec sa

situation riveraine, d’accueillir un programme plus

spécifi que.

66

“intérieur”

“extérieur”


Trois typologie.

Pour répondre aux divers besoins fonctionnels,

chacun des bâtiments industriels ont eu leur forme

et leur système constructif propre. Nous pouvons

les catégoriser selon trois typologies :

- le corps long

- la grand halle

- l’ensemble des bâtiments à cour

Les bâtiments à cour à

Nedre Malmø sont uniques

dans le paysage urbain de Mandal. Ils représentent

une qualité qui enrichit le vocabulaire de la ville.

Entre la rive exposée et les rues protégées, la cour

intérieure offre un troisième espace non seulement

protégé du temps, mais également de la vie

publique de la rue. Indépendamment de la question

de la sauvegarde des bâtiments qui concerne

actuellement les cours, la disposition à cour devrait

être conservé en tant que forme urbaine dans un

futur développement.

67

“le corps long”

“la grand halle”

“le cour”


LES ROUTES

La route Européenne E39 connecte la ville de

Mandal avec Stavanger à l’ouest et Kristiansand et

ensuite Oslo à l’est. La route passe à travers un

tunnel, derrière la ville. Jusqu aux années 90 la E39

traversait le centre historique. L’ancienne route sert

maintenant comme route principale interne. Une

boucle qui se rajoute à cet axe, crée le cercle qui

contourne le centre.

Le transport lourd qui circule entre les friches

industrielles – portuaires et la E39, représente une

circulation importante pour les endroits concernés.

À Nedre Malmø, une grande diminution des camions

dans les rues du quartier est déj éj é à à remarquer après

le départ des plus grandes industries. Les friches

industrielles plus récentes à Saltverket et à Kleven-

Gismerøy sont des endroits en expansion. Et le port

de Kleven- Gismerøy est en train d’agrandir son

marché pour devenir parmi les plus grands ports

au sud du pays. Ceci veut dire que la circulation du

transport lourd va encore augmenter sur la route

qui travers le quartier de Malmø pour connecter le

port et les friches industrielles avec la E39.

Une vision urbaine pour Malmø, doit prendre

en considération l’impact d’une telle route sur le

quartier. Pour que le développement puisse avoir

un potentiel à long terme, la présence de cette route

doit être parmi les éléments essentiels à mettre en

place.

Route Européenne

Rote locale

Route de transport lourd

69


Impressions de « dedans »


Avant A

1968


PROPOS

Dans une perspective élargie, le quartier de Nedre Malmø apparaît ît î comme

étant

plus qu’un quartier industriel. D’un point de vue géographique, il fait partie d’un

grand banc de sable au milieu du fl euve, l’île de Malmø. Dans le scénario envisagé,

le centre de la ville de Mandal se développerait autour des trois centralités, l’entier

du terrain de l’île est considéré comme une centralité en devenir. Malmø, et non

seulement Nedre Malmø, doit être le sujet d’une intervention.

Deux éléments, l’un naturel et l’autre construit, seront les ressources sur lesquelles

le projet devra s’appuyer. La revitalisation du tracé du Kvisla représente une vision

à la fois urbaine et paysagère qui permettrait au quartier un développement à long

terme. Le terrain gagné sur le bras du fl euve est aujourd’hui un terrain vague,

sans qualités spatiales. Plus importante que des « opérations esthétiques » au

bord du fl euve ce serait une opération sur cette colonne vertébrale actuellement

malade. Dans le cadre où l’on se propose de densifi er le centre ville, ce terrain

présente un grand potentiel de par son étalement sur une longueur de 1.5 km.

Envisagée comme une alternative aux « villas satellites », une part importante du

programme sera consacrée aux habitations urbaines.

La structure des bâtiments industriels devra constituer un nouveau centre urbain,

non seulement pour le quartier de Malmø, mais surtout pour la ville dans son entier.

L’ensemble industriel doit conserver son rôle de cœur pour le

Industricentrum à

travers les transformations qui s’imposent.

Il est souhaitable que les trois centralités que sont Mandal, Sanden et Malmø

restent de natures diverses pour qu’elles puissent se compléter tant au niveau du

caractère que des fonctions. Travailler avec ce qui existe déj éj é à représente le moyen

le plus adéquat pour obtenir des qualités et des « stemmninger » différenciant

les centralités les unes des autres. À Mandal, le caractère et le rôle du centre

historique de la ville sont clairs. Petits magasins, cafés et restaurants animent les

rues et les places. Des petites maisons en bois peintes en blanc marquent leurs

limites. À Malmø, le caractère industriel représente un potentiel pour l’identité à

venir du quartier. L’ensemble des industries constitue d’ores et déj éj é à une structure

urbaine très différente de celle que l’on a dans le centre historique. Dans une ville

construite en bois, des bâtiments bruts, en béton, donnent d’emblée un caractère

exceptionnel. Les activités qui y trouvent lieu s’orientent soit vers des petites

manufactures soit vers des activités culturelles. L’héritage matériel et l’ensemble

des valeurs de Nedre Malmø, comme lieu de production, doit être conservé en

tant patrimoine de l’ère industrielle. À Sanden, l’identité actuelle reste encore

moins défi nie que ce qu’on trouve dans les deux autres centralités. En l’absence

d’éléments structurants, un quartier qui se développerait en créant quelque chose

94


de neuf serait envisageable. De plus, la situation géographique entre le fl euve et

la mer, la proximité des plages et de la grande « forêt-parc », Furulunden, en fait

un quartier approprié pour accueillir des activités sportives et de détente. Il est

aussi un quartier attractif pour l’habitat et se profi lerait aisément pour le marché

du tourisme.

Un centre historique, un centre industriel et un « nouveau centre» représentent

pour la ville une constellation des trois pôles. L’image du futur d’un Industricentrum

et d’un nouveau quartier qui s’ajouterait

à l’image actuelle de « la ville blanche »

serait un apport qui permettrait à Mandal de sortir de son « image nostalgique »

pour devenir une ville dynamique pour l’avenir.

95


Bibliographie

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Agders Trykkeri, Flekkefjord 1955

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Fr. Salvesens trykkeri, Mandal 1969

Christian Norberg- Schulz, Existence, Space & Architecture,

Praeger Publishers, New York 1971

Alv Kristiansen,Torgeir Falkum, Sørlandets geologiske oppbygning, , Agder, bygd og by I Norge,

Gyldendal Norsk Forlag, Oslo 1977

Christian Norberg- Schulz, Genius Loci, towards a phenomenology of architecture,

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Rapport Vurdering av bygninger på Nedre Malmø, Mandal kommune 2005, PTL Kristiansand AS

(sondage sur l’état physique des bâtiments)

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Kristin Gabrielsen, Une théorie, un système politique, un projet. Nedre Malmø, Mandal_une étude de cas,

travail de STS, EPFL 2006

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http://www.trygg.no/maindesign.asp?aid=5048&gid=2865

http://www.no.Wikipedia.Org/wiki/toralf-westermoen

97


NEDRE MALMØ_ AU NIVEAU POLITIQUE

Le quartier industriel de Nedre Malmø est devenu un sujet au niveau politique seulement depuis 1998. Jusqu’à

ce moment, l’activité industrielle n’avait jamais été remise en question. En 2003, la commune de Mandal décide

de soumettre le quartier à un plan régulateur, et l’élaboration d’une proposition est commencée en novembre

2004. Le plan régulateur est prévu d’être terminé et accepté en décembre 2006. La proposition n’exprime

aucune idée pour le quartier, et ne considère pas le passé industriel comme héritage du patrimoine ou une

ressource pour le développement. Dans ce contexte, j’ai écrit un article pour le journal local, Lindesnes avis,

pour établir un voix publique qui parle de l’architecture. L’espace architectural est une concrétisation de l’espace

existentiel de chaque un de nous. L’image de cet espace ne correspond pas forcément aux images de tout le

monde. Pour que l’architecture puisse contribuer à la réalisation de l’espace existentiel des autres personnes,

elle doit être conçu comme une affaire publique.4 Dans une société où l’on croit que planifi er l’espace se fait à

travers des outils « administratifs », il est important de relever que l’intérêt public ne sera pas protégé sous des

telles conditions. Dans une culture ou chaque un a l’habitude de construire pour soi-même et sans architecte,

il n’y a pas un « oreille » pour l’architecte. Face à un besoin de développer une vision pour une ville affrontés

à une nouvelle densité à gérer, demande une planifi cation par des professionnels pour résoudre des situations

urbaines, de plus en plus complexes non seulement en cour terme.

Ici, l’article est traduit en français.

Le nouveau Nedre Malmø_ avec ou sans stratégie ?

Au moment même où les politiciens de la ville préparent la dernière phase du plan régulateur pour Nedre Malmø, les

propriétaires fonciers attendent le feu vert pour commencer à démolir les bâtiments industriels, et avec eux, des témoins

physiques d’une époque importante dans l’histoire de la ville. Et nous, les habitants, vivons dans une petite ville mignonne

où seul les petites maisons en bois, peintes en blanc, sont dignes d’être conservées.

Le nouveau plan régulateur détermine principalement la densité de la ville par la hauteur maximale des constructions. Il

assure aussi une structure des rues qui prend en compte les besoins des piétons. Les politiciens soulignent l’importance des

intérêts des propriétaires fonciers, par rapport à la question de garder ou démolir la masse bâtie existante. Il est vrai que

dans la complexité d’une planifi cation urbaine, les facteurs économiques deviennent essentiels. L’avenir de Nedre Malmø

dépend des conditions mises en place pour un développement économiquement intéressant. Mais la question suivante se

pose : Le plan régulateur, donne-t-il une liberté réelle aux propriétaires?

Actuellement la commune est responsable pour la mise en place des nouvelles infrastructures qui vont servir le quartier,

comme des rues, des trottoirs et éventuellement une passerelle piétonne qui traversera le fl euve. Ceci représentera un

certain montant fi nancier. Les propriétaires fonciers vont devoir payer une contribution proportionnelle, cet à dire un

montant basé sur le taux d’utilisation maximal de leur parcelle, et non pas selon l’utilisation réelle. Ceci veut dire que les

propriétaires sont extorqués à une utilisation maximale pour être en mesure de payer ce montant. Dans la majorité des cas,

un taux maximal d’utilisation n’est atteignable qu’en démolissant les bâtiments existants et en bâtissant du neuf. Est-ce

que les politiciens entendent ceci avec la liberté aux propriétaires fonciers ?

Les politiciens de la ville établissent ainsi un plan régulateur qui invite à une tabula rasa totale, qui incite à démolir au lieu

de sauvegarder. Plusieurs propositions de plans urbains ont été présenté ces dernières années, je pense en particulier à ceux

élaborés par Snøhetta (architectes à Oslo) et Kap (architectes à Stavanger) en 2003. Ces deux projets considère que les

bâtiments industriels à Nedre Malmø sont une ressource pour le développement non seulement du quartier, mais aussi de la

4 Je me réfère ici à la théorie de Christian Norberg- Schulz cité dans mon travail de STS, p.6


ville. Dans plusieurs villes norvégienne ainsi qu’en Europe, la réutilisation des anciens bâtiments représente la clef même

pour le succès économique d’un projet. Mais à Mandal, ces bâtiments sont avant tout considérés comme une entrave… Il

me semble que c’est plutôt un manque de volonté, et non pas les bâtiments eux-mêmes qui pose le problème. Buehallene,

Reberbanen, Saanums Sepefabrikk, Båthuset, Kjettingen, Båtservice Verft, Mandal Veveri et Mandal Papirindustri sont

des propriétés dont des parties du bâti représente un potentiel, dont plusieurs ont de bonnes qualités architecturales, et se

prêtent à accueillir diverses activités nouvelles. Les bâtiments industriels sont importants pour notre image mentale de

Nedre Malmø, ils sont nos points de repère en arrivant en ville par bateau, et chacun a sa propre substance matérielle, sa

forme, sa couleur. Ces qualités constituent ensemble une partie importante du caractère du quartier. Dans un stade antérieur

à la planifi cation, il semblait que parmi les politiciens aussi bien que parmi les habitants, il y avait un grand enthousiasme

pour transformer Nedre Malmø en une pièce urbaine qui porterait toujours l’empreinte de son passé brut comme quartier

industriel. Maintenant que les planifi cations se concrétisent pour devenir des chiffres et des faits, cet enthousiasme s’est

transformé à la défensive. La réalité devient trop complexe à maîtriser à l’aide d’un plan régulateur traditionnel. Le plan

régulateur en-soi devient l’entrave.

En exécutant un plan régulateur statique et monotone, les politiciens se trouveront délaissés et sans stratégie devant les

défi s que représente le potentiel à Nedre Malmø. Pour que Nedre Malmø puisse se développer et devenir une pièce urbaine

dynamique et variée, il nous faut comprendre une stratégie d’ensemble, qui permet à la fois une interprétation propre à

chaque parcelle. Avec stratégie égie é j’entend une vision qui trouve des solutions en dé dépit é pit,

et non pas des compromis au dé dépende épende

de. Selon la proposition du plan régulateur de janvier 2006, la vision du plan est de:

- Donner des cadres qui permettent Nedre Malmø à se développer pour devenir un quartier d’activités mixtes avec des

qualités urbaines.

- Donner la priorité aux infrastructures communes ainsi que d’assurer un cahier des charges clair pour l’espace public

accessible à tous les utilisateurs.

- Conserver certains bâtiments, certaines structures et le paysage comme partie du patrimoine du quartier.

Il n’est pas possible de se servir des outils traditionnels, comme on les connaît du contexte politique communal, si on

cherche à permettre un développement économiquement rentable, et au même temps garantir l’intérêt public, qui est la

conservation du patrimoine commun. Une stratégie visionnaire dans ce cas, devra demander des autres conditions que de

réglementer par exemple une hauteur maximale identique pour tout le quartier. Nous avons vu qu’une telle pratique sera

contraire à la vision supérieure de conserver des bâtiments, des structures et le paysage (proposition du plan régulateur). Il

faut non seulement accepter des exceptions à ce règlement, mais quasi obliger aux exceptions que représentent (imot at)

les bâtiments d’intérêt culturel et historique soit sauvegardés et rénovés. Nedre Malmø est peut-être le quartier à Mandal

avec le plus de variétés dans le bâti, et cette caractéristique devrait être maintenu et pourrait être renforcé. Il est imaginable

de permettre un bâtiment plus haut sur une partie d’une parcelle actuellement construite avec une hauteur timide et une

utilisation non-optimale. Un cadre plus élastique représente une autre forme d’utilisation maximale, et permettrait qu’une

partie de nos bâtiments industriels seraient conservés. Ceci remettrait les calculs en équilibre, mais avant tout pourrait

évoquer la diversité dans la ville et permettre des contrastes signifi catifs entre vieux et nouveau.

Des stratégies similaires ont été développées pour des autres quartiers et dans des autres villes. Dans le quartier industriel

Maag- Areal Plus à Zürich la réglementation originelle pour ce qui concerne le taux d’exploitation et les hauteurs des

bâtiments, a été modifi ée pour permettre à chaque (teilgebiet) de conserver leurs atmosphère et caractère propre. Dans des

quartiers des années 60 à Tel-Aviv, ont été permit la construction de tours en échange desquelles une partie des bâtiments

existants ont été conservé. Dans ces deux exemples, la volonté de conserver des bâtiments ainsi que des atmosphères

urbaines ont donné naissance à des solutions originales. L’idée représente une stratégie claire avec un but précis et des

moyens concrets.


Une contre-attaque, tournée contre sa propre vision, est commise par la commune quand elle propose de démolir le

Saanums Sepefabrikk et la partie des bureaux du Kjettingen, comme une tentative de résoudre un problème provisoire.

Le plan régulateur envisage une réorganisation de la circulation en prenant compte des voies d’arrivés, le standard des

rues, livraison et parking. Des doubles voies, ainsi que des trottoirs de 2.5 mètres de deux cotés sont prévus pour les

rues d’entrée- sortie au quartier. La largeur totale est donc de 12 mètres pour ces rues. À la rencontre des industries qui

sont encore actives, ce standard devient diffi cile à obtenir. À la Ballastgata, ceci posera un problème particulier. La rue

est considéré comme une rue d’entrée- sortie, et les 12 mètres qu’il y a actuellement entre le Saanums Sepefabrikk et le

Reberbanen, n’est pas suffi sante pour une circulation dans les deux directions, trottoirs de deux cotées et encore la livraison

pour le Reperbanen (qui se fait actuellement vers l’avant de la partie bureau du bâtiment). Le plan régulateur propose donc

de démolir le Saanums Sepefabrikk et une partie du Kjettingen, pour pouvoir élargir la Ballastgata vers le sud. Selon le

plan régulateur, il y a des possibilités de déplacer la livraison à un autre côté du bâtiment disposant de suffi samment de

place. Pour des raisons économiques de l’entreprise, il est actuellement diffi cile de faire le changement, mais la possibilité

est là. La durée pendant laquelle le Reberbanen sera encore actif comme industrie dans le quartier est incertaine. Mais

il est sûr qu’avec les transformations qui vont trouver lieu à Nedre Malmø dans les années à venir, l’organisation de

livraison devra s’adapter à la nouvelle situation. La livraison dans la Ballastgate est donc à considère comme une solution

provisoire. La Ballastgata va pouvoir fonctionner et également répondre aux exigences de sécurité, en réduisant la largeur

totale du trottoir pendant un temps intermédiaire. La démolition de deux bâtiments à cause d’un problème si provisoire,

semble être la conséquence d’une perspective à court terme plutôt que d’être une solution.

J’ai essayé d’esquisser deux tendences du plan régulateur, d’abord des conséquences indirectes, ensuite une proposition

directe. Dans les deux cas, il s’agit des conditions et des priorités que la commune met en place, consciente ou inconsciente,

comme base pour le développement à Nedre Malmø. Si je nomme des bâtiments concrets pour parler de la sauvegarde

du patrimoine, ça ne veut pas forcément dire que ces bâtiments doivent être nécessairement conservé pour toujours. Il

s’agit d’abord de souligner l’importance d’une transformation graduelle, d’une transformation où des besoins nouveaux

entreront en confrontation avec la structure existante. Petit à petit, cette structure changera, et entre temps des nouveaux

points de repère, des nouveaux porteurs de caractère et des nouveaux raconteurs d’histoire trouveraient leur place.

Au début du 20ème siècle, Nedre Malmø était appelé avec enthousiasme le nouveau industricentrum à Mandal. Il est

diffi cile de s’imaginer un futur Nedre Malmø où toutes les traces de l’histoire soient effacées avant que des nouvelles

soient tracées. Si les responsables pour la mise en place des conditions du développement ne comprennent pas ce que veut

dire laisser une économie apparement gérer le tout, sans avoir une

vision, c’est un « pauvre » Nedre Malmø qui nous attend

à l’avenir. Le tabula rasa n’est jamais une solution pour une transformation à succès. Pour qu’une nouvelle intervention

puisse trouver sa place, elle doit nous faire redécouvrir ce qui existe déjà. Dans les rues et dans les vides de Nedre Malmø,

et derrière les façades brutes des bâtiments, nous avons tous beaucoup à découvrir.

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