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La sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire

32 Les citoyens

32 Les citoyens formulent deux questions pour la personne de référence: • Dans quelle mesure ces antibiotiques sont-ils nocifs pour la santé humaine? • Y a-t-il des médicaments interdits? La personne de référence (Yvan Dejaegher) donne l’explication suivante: Explication à la question 1: • Il existe deux sortes d’antibiotiques. Il y a d’abord les antibiotiques qui sont utilisés dans l’alimentation. Ce sont en d’autres mots des additifs qui suivent la même procédure lourde (présentation d’un dossier). On ne retrouve pas ces antibiotiques dans la viande. D’autre part, on a les antibiotiques remèdes (contribution à une compréhension correcte d’un concept) • Il existe deux possibilités d’administrer l’antibiotique en tant que ‘remède’. Il peut être administré au niveau de l’élevage ou ajouté dans les aliments composés pour traiter une maladie précise. Ce sont donc de vrais médicaments. Ils sont ajoutés pour lutter préventivement contre le développement de bactéries dans les intestins. (concrétisation du problème) • Depuis peu, l’eff et des antibiotiques peut être imité par, entre autres, un mélange d’acides, l’usage de probiotiques… Il y a 5 ans, les porcelets mouraient s’il n’y avait pas d’antibiotiques. Deux pays n’utilisent pas d’additifs, la Suède et le Danemark. Dans ces pays, on utilise beaucoup plus de médicaments au niveau de l’élevage. Il y a 6-7 ans, la Suède faisait fi gure de pionnière, ils avaient fait peu d’études. D’autres pays utilisent encore des antibiotiques en tant qu’additifs car il existe un risque élevé que ces bactéries se développent rapidement et que l’animal meure. (indication d’alternatives) • En Belgique, il est prévu d’abolir l’ajout d’antibiotiques l’année prochaine. Ce n’est pas toujours facile de justifi er cette décision vis-à-vis du consommateur. Cela a une connotation négative. L’antibiotique s’accompagne aussi d’allergies et de résistance. (indication d’une évolution dans la politique) Explication à la question 2: • Vous devez vous représenter cela comme ça. On a de grands silos de matières premières. Elles vont dans un mélangeur et on y ajoute des antibiotiques. C’est donc une grande marmite. Quand on a fabriqué de la nourriture avec antibiotiques, on passe à d’autres aliments, qui peuvent dès lors être contaminés. (concrétisation du problème) • Le risque zéro n’existe pas. Vous ne pouvez pas aller tout nettoyer avec votre brosse à dents. Mais nous avons un système de contrôle qui nous permet de mesurer combien d’aliments B vont dans les aliments A. Nous analysons cela. Nous savons que nous ne pouvons pas dépasser une certaine norme. Nous savons que nous avons autant de contaminations, par ex. dix pour cent. (explication au point de vue scientifi que sur les risques) • La science va toujours plus loin et trouve toujours des normes plus sévères. On est donc en train de nettoyer pour arriver à la norme de 10g, et bientôt, on ne trouvera que 5g. Donc ce que nous demandons aux pouvoirs publics: quand vous trouvez de nouvelles normes, communiquez-les nous. S’il s’avère que nous devons trop rincer, nous n’allons plus fabriquer ce produit. (explication au point de vue économique sur le problème)

• Réaction à la question d’un citoyen ‘Une production séparée est-elle possible?’: 95% des entreprises sont des PME et c’est très diffi cile pour elles, si on les oblige à organiser des chaînes de production séparées. Il n’y a que les grandes entreprises qui peuvent se le permettre. (explication au point de vue économique sur le problème) • Réaction à la question d’un citoyen ‘Pourquoi discute-t-on de ces antibiotiques s’ils ne sont pas nocifs? Pourquoi les mesurer?’: Le problème, c’est que nous parlons en fait de produits interdits. On fabrique des aliments composés pour volaille avec un additif. Tout de suite après, on fabrique des aliments pour cochons. Il y a un peu de ces aliments pour volaille dans les aliments pour cochons. Or c’est interdit pour le porc (explication à une vision politique du problème) Les citoyens arrivent aux considérations suivantes: Importance d’une norme, mais la souplesse et la diff érentiation de son contenu font l’objet de nombreuses questions: • Je ne veux pas en juger, si ce n’est pas nocif pour l’homme, ce n’est pas nécessaire pour moi. Mais s’il y a une qualifi cation pour la norme, c’est qu’il y a une raison à cela. Et cela, je veux le savoir. • Pouvons-nous être larges dans la norme? La norme peut-elle être relevée? Laisse-t-on passer certaines choses? • La norme n’est là que pour garantir une certaine qualité. Mais pourquoi les gens font-ils tant de problèmes avec la viande? Est-ce une question d’ignorance ou avons-nous aff aire à une hystérie de masse? • Si on applique de telles normes aux usines qui fabriquent des aliments pour bétail, c’est parce qu’elles trichent aussi. • Il faut aussi que cela reste techniquement acceptable, on doit pouvoir encore produire. • Allons-nous donc atténuer ou renforcer la norme? Si nous utilisons l’antibiotique comme additif, on peut l’interpréter de manière plus souple mais s’il s’agit de médicaments, elle doit devenir plus sévère. • Les fermiers ont peur d’être pris sur le fait. Établissez d’autres normes de manière à ce que les gens ne doivent plus se sentir ‘menacés’. On peut alors parler d’autre chose. Je me sentirais coupable si je devais travailler dans un tel système. • À l’abattoir, on vérifi e la présence de résidus chez les porcs et si on est attrapé, on est puni de la même manière que pour des hormones. Pas de prix plus élevé: • Si on devient vraiment plus sévère, cela fera aussi une diff érence dans le prix. • Mais ne doit-on pas laisser mourir les porcs sans plus? Car il s’agit quand même des mauvais spécimens. Chez les humains, il en va de même aussi, quand nous ne fonctionnons plus, nous mourrons aussi. Nous ne pouvons pas poser la question de la mort inutile d’animaux. Nous devenons très vieux et c’est aussi à cause des produits médicaux. Que veulent les agriculteurs alors? Plus d’argent pour avoir la possibilité de traiter leur animaux avec des médicaments? Je pense que l’agriculteur le souhaite mais que le consommateur ne le souhaite pas. J’en suis convaincu, les gens ne veulent pas payer plus pour cela. 33

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