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DANS PEAU D TERROR

DANS PEAU D TERROR

→ Dans la peau d'un

→ Dans la peau d'un terroriste | La revanche du perdant radical crifice leur amènera l’immortalité réelle mais, même ceux dont la motivation première est celle de se battre contre les inégalités d’une société capitaliste oppressante, n’agissent pas pour leurs semblables mais pour euxmêmes, avec comme seul but la maximalisation de leur volonté de puissance, convaincus par l’idée que leur actes leur accorderont une place dans l’histoire. Si chacun d’entre nous possède cette soif d’immortalité, qu’estce qui transforme, chez certains, ce désir du Bien en désir de mort? Quelle est la cause de la transformation d’Ilich Ramírez Sánchez en Carlos? Il semble que là aussi, il soit possible de rappeler une sagesse ancienne, celle de Lucrèce qui, de façon très lucide, reconnaît avec une certaine franchise, un autre trait naturel de l’humanité, à savoir l’idée que l’individu se compare à autrui dans les situations de plénitude : « Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, d’apercevoir du rivage les périls d’autrui » affirme ce dernier dans son poème De rerum natu- 2 | Hans Magnus Enzensberger, Le perdant radical (2006), p. 20 ra. (Puisque cette idée est choquante, il y a fort à parier qu’elle soit vraie.) L’homme se définit par rapport aux échecs et aux malheurs d’autrui. Il ne s’agit pas ici de prendre plaisir dans le malheur d’autrui, mais de prendre conscience de ses propres états et réalisations lorsqu’en face, la misère de l’autre prend forme. L’inverse est aussi vrai, et dans une société où le bonheur s’étale à tout rompre, c’est toujours par rapport au meilleur que le perdant se compare. Renversant pour ainsi dire la devise lucrétienne, la société du spectacle force le sujet à regarder bien dans les yeux les réussites et les succès qui le dépassent, plaçant ce-dernier dans un état de frustration qui lui fera endosser deux principes : 1) celui qui le dépasse est son ennemi et 2) celui qu’il dépasse n’a aucune valeur. Ainsi naît le perdant radical! Plus son voisin lui semble en situation de réussite, plus sa rage se transforme petit à petit en folie meurtrière. Peu importe le sort de ses contemporains, dont l’état est pourtant bien pire que le sien car, pour le perdant radical, c’est sa vie qui compte. Et quant à sa- voir quelles sont les causes de sa déchéance, il n’hésite pas à s’affranchir de toute responsabilité personnelle. C’est autrui le coupable. Et plus cet autre est fort et puissant, plus il sera un ennemi désigné. Mais, dans un deuxième temps, le danger du perdant radical est que chez lui, sa haine est sans limite puisque les pulsions destructrices et autodestructrices se combinent quant à la responsabilité de sa situation : « C’est ma faute. – C’est la faute d’autrui. Ces deux moments ne s’excluent nullement. Bien au contraire : ils s’exacerbent dans un cercle vicieux, dont le perdant radical ne peut se sortir par aucune réflexion; et c’est aussi de ce cercle qu’il tire sa force incroyable » 2 . En détruisant les puissants, il supprime cette injustice dont il était victime, en se détruisant lui-même, il ôte le soupçon que sa vie n’avait aucun sens, profitant au passage d’un moment de gloire faisant de lui un modèle pour d’autres. Quant aux autres perdants qui meurent dans ses actions, ils devraient le remercier, pense-t-il, puisqu’il

→ Dans la peau d'un terroriste | La revanche du perdant radical a pris pour eux la seule décision qui s’imposait, selon la formule célèbre : la fin dans l’effroi plutôt que l’effroi sans fin. Si parfois le perdant radical craque et se transforme en meurtrier, cela semble entrer en contradiction avec la notion d’instinct de conservation : l’individu ne serait-il pas prêt à tout pour conserver sa propre vie? Qu’est-ce qui le pousse à détruire et à se détruire? Suivant la critique nietzschéenne de l’instinct de conservation, il apparaît bien qu’il faille renoncer à cette idée pour comprendre le perdant radical. Or, un tel renoncement est tout à fait en accord avec un autre trait fondamental de la nature humaine : la culture du suicide. Aucune menace, aucune morale n’a pu empêcher l’individu de mettre fin à ses jours, s’il en forme le dessein. D’ailleurs, c’est par cette mort voulue que le perdant radical pense devenir, finalement, un gagnant. En prenant les devants, il sort d’une impuissance dans laquelle il croyait avoir été placé. Sa devise pourrait bien être la phrase de Shakespeare citée par Wilson à Fran- 3 | Ernest Hemingway, L’heure triomphale de Francis Macomber (1946), p. 99 cis Macomber dans la nouvelle d’Hemingway : « Par ma foi, peu m’importe. On ne meurt qu’une fois. Nous devons tous une mort à Dieu et de quelque façon qu’on fasse, qui meurt cette année est quitte pour la prochaine » 3 . Le perdant radical ne reste que rarement isolé, il prend forme en groupe, en organisme, en s’associant avec d’autres perdants qui l’accueillent avec autant de chaleur qu’ils ont besoin de lui. L’énergie pulsionnelle se retrouve ainsi démultipliée. Le sentiment d’impuissance se transforme alors en une force destructrice toute puissante. Ce regroupement est toujours causé par ce qu’Enzensberger appelle « le détonateur idéologique ». Peu importe qu’il soit politique ou religieux, il permet la mobilisation de l’énergie du perdant sous l’égide d’un leadeur qui pense, de manière cynique, que la vie humaine de ses camarades n’a aucune valeur. Là encore, il semble s’agir d’une conséquence de la thèse platonicienne : si la seule chose désirée est le Bien, un bien sûrement tronqué pour le terroriste, il est tout à fait conséquent de considérer tout élément permettant d’atteindre ce bien comme un moyen. Le terroriste, comme Platon, renverse l’idéal éthique kantien : « il faut toujours considérer l’être humain comme une fin et non comme un moyen ». Le terroriste pense exactement le contraire : l’homme ne peut être qu’un moyen, puisqu’il n’y a qu’une seule fin possible, le Bien en tant que but. Il y a une cohérence dans tous ces raisonnements et une fois les préceptes de base analysés, il semble que le perdant radical s’inscrive dans une structure de pensée bien huilée, efficace et inébranlable! C’est cette figure de terroriste en tant que perdant radical que ce panorama présente au travers de films qui montrent comment ce personnage fonctionne à l’intérieur. Carlos, Munich et United Red Army, décortiquent la naissance de ce perdant, quelle est son idéologie, et par quels moyens le monstre prend-il forme, en mettant en avant comment il se pose tantôt en victime, tantôt en bourreau. Il se sert aussi des armes qui lui ont permis de prendre conscience de sa situation : c’est par la so-

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