Côté Vidéothèque - Colaco

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Côté Vidéothèque

JANVIER / FEVRIER / MARS 2012

COLACO

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Le bonheur en suspens...

VOYAGE - DECOUVERTES • Un film de Jacques Alain Raynaud

Tous au Larzac

HISTOIRE • Un film de Christian Rouaud et Clémence Latour

Mali, destination Tombouctou

VOYAGE - DECOUVERTES • Un film de Michel Drachoussoff

Mali au féminin

ARTS PLASTIQUES • Un film de Christian Lallier

Notre enfant, notre bataille

PSYCHOLOGIE - MEDECINE • Un film de Réjane Gonin-Varrod

Et les adultes avec autisme

PSYCHOLOGIE - MEDECINE • Un film de Alain Bouvarel et Michaël Speng

Le baccalauréat, deux siècles d’épreuves

SOCIETE • Un film de Patrick Cabouat

Profession bourreau

HISTOIRE • Un film de Patrick Cabouat et Alain Moreau

Nous / Autres

SOCIETE • Un film de Giovanni Cioni

Migration amoureuse

SOCIETE • Un film de Annie Saint-Pierre

Un paradis perdu

HISTOIRE • Un film de Eric Bitoun

La déchirure - Guerre d’algérie 1954-1962

HISTOIRE • Une série documentaire de Gabriel Le Bornin

Mère à l’adolescence

SOCIÉTÉ • Un film de Claude Couderc

Naissance d’une mère

PSYCHOLOGIE - MÉDECINE • Un film d’Isabelle Bonnet-Murray

Les années Marie Claire

Société • Un film de François Chayé

Les années Sea Sex and Sun

SOCIETE • Un film de Pierric Gantelmi d’Ille

Images de femmes ou le corset social

SOCIETE • Un film de Jean-François Ferrillon

Pesticide mon amour

ECOLOGIE • Un film de Erik Fretel

Eco-crimes : tueurs d’ozone

ECOLOGIE • Série documentaire de Thomas Weidenbach et Heinz Greuling

J’ai rêvé d’un autre monde

SOCIETE • Un film de Didier Bergounhoux

Nous étions des enfants

HISTOIRE • Un film de Jean-Gabriel Carasso • 2011, 52mn

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Le bonheur en suspens...

VOYAGES - DÉCOUVERTES • de Jacques Alain Raynaud • 2011, 52 mn • Scope 2

Un voyage inédit et singulier qui réunit le Bhoutan et le Morvan, une rencontre inattendue

sur les toits du Monde et de l’Europe.

Jacques Alain Raynaud signe ici un documentaire humaniste qui, en mettant en lumière un point de

rencontre entre le Bhoutan et la France, participe à une meilleure compréhension du monde et entend

encourager l’intégration de toutes les cultures.

COLACO

Sujet original s’il en est, ce documentaire nous

emmène de l’Himalaya au Morvan revenant sur

l’implantation du bouddhisme en Bourgogne, avec

notamment, fait peu connu, la reconstruction d’un

pavillon du Bhoutan en Saône-et-Loire. Qui sait en

effet que la Bourgogne, terre d’élection spirituelle,

est aussi un haut lieu de culture bouddhiste en

Europe ?

Le film raconte ainsi l’histoire de la fondation et

du développement de la première congrégation

bouddhiste d’Occident, où ont été formés les

premiers lamas européens. Il montre les rapports

fraternels établis entre des gens que tout semblait

devoir séparer, culture, histoire et géographie

mais qui partagent au final beaucoup de valeurs

communes.

Où l’on rencontre des dizaines de personnages,

maires, conseillers municipaux, instituteurs mais

aussi paysans, intellectuels, artistes, lamas, ou

évêque qui témoignent de cette estime et de cette

amitié.

Où l’on voit notamment les aspirations d’Armand

Dufour, maire de la petite commune de La Boulaye,

aujourd’hui propriétaire du Pavillon bouthanais

(star de l’Exposition Universelle du Millénaire

à Hanovre, en 2000). Une petite commune riche

de cette communauté bouddhiste et qui reçoit

40 000 visiteurs chaque année dans le plus grand

temple bouddhiste d’Europe !

Le film raconte en parallèle les effets de la mondialisation sur le Morvan et

prend de la hauteur avec des prises de vue aériennes. En effet, le débat sur

le Morvan et son histoire profonde nous conduit à survoler tous les sites à

forte spiritualité qui sont dans un rayon de quelques kilomètres : l’abbaye

de Cluny, la Communauté oecuménique de Taizé, le Centre orthodoxe de

Uchon, l’Evêché d’Autan…Ces images aident à comprendre ce Morvan

véritable…

Jacques Alain Raynaud

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Tous au Larzac

HISTOIRE • Un film de Christian Rouaud et Clémence Latour • 2011, 118mn • Aventi

L’un des meilleurs documentaires de l’année 2011 !

A voir absolument.

Un documentaire exemplaire qui mêle la contemplation du

rude paysage aveyronnais à diverses archives d’époque, tout

en réservant la part belle au témoignage rétrospectif des seuls

acteurs de la révolte.

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José... sont quelques uns

des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle

des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible

contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour

sauver leurs terres.

Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant

et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement,

par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare

que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la

colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se

mobilisent et signent un serment : jamais ils ne cèderont leurs

terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces

de l’ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire

entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac

naitront dans toute la France...

Dix ans de résistance, d’intelligence collective et de solidarité,

qui les porteront vers la victoire. Plus que jamais le Larzac est

vivant !

Des critiques unanimes !

Tous au Larzac est comme un fleuve tumultueux, qui charrie

des souvenirs qui conduisent à demain. Le Nouvel Obs

Le récit d’une action collective digne d’un western.

Le Monde

Une véritable et palpitante épopée sociale. Télérama

Voilà un film qui met du baume au coeur. Libération

Ce beau documentaire nous remet les yeux en face des trous.

Les Inrocks

Une véritable leçon d’histoire. L’Humanité

Un réalisateUr engagé :

Christian Rouaud démontre la même qualité que dans son film

précédent, Les Lip, l’imagination au pouvoir (2007), également

consacré à une lutte exemplaire des années 1970. La joyeuse

intelligence de ces deux films consiste à montrer en quoi

consiste cette exemplarité. Indignation populaire contre l’injustice

plutôt que dogmatisme doctrinaire, spontanéité éruptive et

enracinement social de la lutte plutôt qu’action militante. Victoire

enfin, éphémère chez les Lip, durable au Larzac, du droit

du peuple à disposer de lui-même lorsque l’Etat, favorisant les

intérêts qui l’oppressent et le dépouillent, trahit sa légitimité.

Les luttes du Larzac : une résonance contemporaine

La nature originale de cette lutte, qui préfigure le vaste mouvement des «indignés» contemporains, est arrêtée dès le début du mouvement

et ne variera pas : elle est non violente, locale et solidaire. Ce dernier point n’est pas le moindre, eu égard à l’hétérogénéité des

opposants, autochtones et «émigrés», grands et petits propriétaires, paysans et gauchistes, parvenant à maintenir l’unité démocratique

du mouvement. Ce qui change, en revanche, avec le temps, c’est la dimension de la lutte.

A mesure que l’Etat démontre son intransigeance et fait monter la tension, la cause est rejointe à la fois par des activistes de tous

bords et par un réel mouvement de sympathie nationale. Des comités Larzac sont créés partout en France, on renvoie ses bulletins

militaires à tour de bras. Mais c’est une lutte serrée, où l’on se rend coup pour coup.

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Mali, destination Tombouctou

VOYAGES - DECOUVERTES • de Michel Drachoussoff • 2010, 80mn

Michel DrachoUssoff :

Né au Congo, d’origine russe, citoyen

du monde, Michel Drachoussoff

voyage depuis l’enfance. Des pla-

teaux de la Cordillère des Andes aux

rizières du Sud-Est asiatique, des

montagnes du Caucase aux carillons

de Prague, ce curieux du monde em-

plit ses yeux et son coeur d’émotions

qu’il aime nous faire partager grâce à

ses films qu’il présente dans plu-

sieurs circuits de ciné-conférences.

Un pays fascinant, un voyageur hors-pair, des images d’une

sidérante beauté : un documentaire qui donne des ailes !

Michel Drachoussoff nous emmène dans un étonnant

voyage au coeur de l’un des plus fascinants pays

d’Afrique : le Mali.

Avec lui, nous découvrons le fabuleux pays dogon,

Djenné, Mopti, les méandres du fleuve Niger et enfin

Tombouctou, la porte du Sahara.

Dans la région de Gourma, Michel Drachoussoff nous

fait découvrir la passionnante et dramatique migration

annuelle des éléphants du Sahel : le dernier troupeau du

Sahel accomplit chaque année une boucle de plusieurs

centaines de kilomètres, à la recherche d’eau et de

nourriture.

Zooms…

Premières images, premier étonnement : il pleut sur le

Sahel. Des trombes d’eau. Nous sommes sur la falaise

de Bandiagara, au cœur du pays des Dogons, l’un des

peuples les plus étudiés d’Afrique. Un des plus attachants

et des plus mystérieux aussi. Roches rouges, comme la

chaleur du Soleil. Architecture étonnante. Villages accrochés

aux éboulis. Comme pour retenir les pierres.

Chaque geste ici a un sens. Comme la navette sur le métier

à tisser. Comme le son du marteau qui bat le fer. Habitations

troglodytes, failles dans des rocs gigantesques,

maisons à palabres où le toit est bas pour empêcher

quiconque de dominer les autres.

Puis le réalisateur nous emmène dans la cité sainte de Djenné, la

cathédrale de sable, et dont la mosquée est le plus grand bâtiment en

terre du monde. S’y déroule aussi l’un des plus beaux marchés du Mali.

Et puis le Mali, c’est aussi et surtout un fleuve : le Niger. Une boucle

de 1 700 kilomètres, au sommet de laquelle est née une cité prestigieuse,

Tombouctou. Là où le Sahara rencontre le grand fleuve.

Tombouctou, porte du désert, et porte de l’Afrique noire. Trait d’union

entre le monde des nomades et des sédentaires, des éleveurs et des

cultivateurs.

Fascinants Dogons du Mali…

S’il est un peuple d’Afrique qui a échappé à toute influence étrangère,

c’est bien les Dogons du Mali.

Les villages Dogon apparaissent mieux dans la splendeur de leur

architecture remarquable : maisons de famille aux terrasses carrées,

greniers à mil surmontés de toits de paille aigus, vestiges en forme

de niche, le tout accroché aux flancs des rochers. Peut-on imaginer

constructions plus pittoresques ?

Ce cadre physique exceptionnellement heurté et original évoque

l’entrée d’un sanctuaire qu’est en réalité le pays Dogon. Les Dogons

vivent, en effet, dans le monde mystérieux des symboles, signes

hiéroglyphes, couleurs, emblèmes, objet qui, constituant un langage

sans parole, énoncent le rapport de l’homme au monde : c’est le

règne du sacré.

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Mali au féminin

ARTS PLASTIQUES • Un film de Christian Lallier • 2010

Un pays fascinant, un voyageur hors-pair, des images d’une

sidérante beauté : un documentaire qui donne des ailes !

chistian lallier,

réalisateur et anthropologue, est

l’auteur de plusieurs documentaires

d’observation dont “Changement à

Gare du Nord” (1995), “Agence EDF-

GDF, service de Brie-Comte Robert”

(1996) et “Nioro-du-Sahel, une ville

sous tension” (Mali - 1996-1998).

S’intéressant à l’usage de la prise de

vue dans l’enquête ethnographique,

il apparente le film au documentaire

d’observation dont l’objectif est de

rendre compte d’un échange social

ou d’une interaction entre individus,

en somme montrer comment les

individus s’engagent dans l’échange

et construisent les interactions. Pour

cela, Christian Lallier adopte une

démarche d’observation filmante par

référence à l’observation participante.

Très beau projet éditorial mené par les éditions de l’Oeil qui offre une

vision contemporaine, à la fois panoramique et pointue, du Mali et qui

met en évidence l’engagement de femmes dans la société malienne.

De la pertinence et de la variété des textes, à la justesse et la qualité

des photos, tout concourt à faire de cet ouvrage une exploration sensible

et inédite du Mali contemporain à travers les femmes qui le font.

Mali au féminin prolonge l’exposition du même titre qui s’est tenu au musée

de Bretagne du 16 mars au 3 octobre 2010.

Le coffret comprend cinq films documentaires signés

Christian Lallier, les photographies et films de

Fatoumata Diabaté, Youssouf Sogodogo, Alain Amet et

Christian Lallier et des textes de Françoise Berretrot,

Lucie Bruneau-Touré, Salia Malé, Sylvie Robert, Bintou

Sanankoua et Christian Lallier.

Les films documentaires :

Les tournages ont eu lieu entre

octobre et décembre 2008, en

deux phases :

Bamako puis le pays dogon.

Au nombre de cinq, éclectiques,

ils nous montrent la vie des

matrones et accoucheuses

traditionnelles, une griotte malienne,

des femmes engagées

dans les luttes de leur pays,

des associations de femmes qui

travaillent à la transformation de

produits agricoles, et enfin des

femmes de terrain investies dans

le micro-crédit et les tontines.

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L’autisme - Grande cause nationale 2012

PSYCHOLOGIE - MÉDECINE

Le label de Grande Cause Nationale vient d’être attribué pour l’année 2012 au collectif

d’associations « Ensemble pour l’autisme ». Ainsi que l’ont précisé les instances gouvernementales,

ce label permet à des organismes à but non lucratif, souhaitant organiser des

campagnes faisant appel à la générosité publique, d’obtenir des diffusions gratuites sur les

radios et les télévisions publiques.

En janvier 2010, la Haute Autorité de Santé (HAS) publie un document sur l’état des

connaissances sur l’autisme et autres troubles envahissants du développement dans lequel

elle affirme que «les troubles envahissants du développement et les troubles du spectre de

l’autisme recouvrent la même réalité clinique.»

Elle a permis ainsi une avancée décisive avec l’adoption d’une définition du handicap partagée

au plan international :

L’autisme est défini comme un Trouble Envahissant du

Développement (TED), un trouble qui désorganise tous les

domaines du développement psychologique. Il apparaît

précocement dans l’enfance puis concerne tous les âges de

la vie. Il peut altérer dès les premiers mois de vie “la communication

et l’interaction sociale” et se caractérise par un

“répertoire d’intérêts et d’activités restreints, stéréotypé et

répétitif.”

Notre enfant, notre bataille

Un film de Réjane Gonin-Varrod • 2009, 52mn

Un documentaire de grande qualité sur la vie

et les défis de deux familles confrontées

à l’autisme de leurs enfants

Armand a 9 ans. Pierre en a 25. Tous les deux sont atteints

d’une forme d’autisme sévère et vivent aujourd’hui entre

une institution spécialisée et le domicile familial. Pour leurs

parents, la question de l’avenir se pose tous les jours.

Ce documentaire, attentif et sans fioritures, suit deux cas d’enfants autistes de

type Kanner, plus lourds, avec des déficits sévères de communica-

tion, de socialisation, combinés à d‘importants retards mentaux.

On y montre la façon dont se vit le quotidien mais aussi les rêves brisées de ces

familles. Ici pas de commentaire hors champ, aucune explication scientifique ou

génétique, seul le difficile quotidien de parents mais aussi de frères et sœurs est

montré avec retenue et sans jamais tomber dans la sensiblerie.

Un document poignant de réalisme

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L’autisme

PSYCHOLOGIE - MÉDECINE

Et les adultes avec autisme

Un film de Alain Bouvarel et Michaël Speng

les cra en qUestion :

Un Centre de Ressources Autisme s’adresse à tous les publics

concernés par l’autisme et les autres troubles envahissants du développement

:

• Les enfants, les adolescents et les adultes avec trouble autistique

ou autre TED

• Les familles des personnes autistes et les associations de familles

ou de personnes TED

• Les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social, de

l’Education Nationale, des loisirs

• Les organismes et les institutions comme les MDPH, l’Education

Nationale, les centres de formation, les universités, les collectivités

territoriales et administrations déconcentrées de l’Etat.

Un documentaire en trois volets

qui a le mérite d’aborder l’autisme

en pointant la nécessité de

l’accompagnement et du suivi

tant médical que psychologique.

Les deux premières parties sont des

témoignages éloquents retraçant les

doutes et les interrogations de pa-

rents face à un enfant perçu comme

«différent», jusqu’à son entrée dans

l’âge adulte et la rencontre avec

l’équipe du CRA (Centre Ressource

Autisme) adulte.

Dans la dernière partie, chaque

membre du CRA présente sa mission et

son rôle, de l’évaluation au diagnostic en

passant par la mise en place d’une dyna-

mique de réseau ou par la création de liens

entre les différentes institutions et struc-

tures. A l’écoute de leurs paroles trans-

paraît la nécessité et la pertinence d’un

dispositif de Centre Ressources Autisme à

destination des adultes.

Ainsi, en suivant l’équipe du CRA de

Ruffach-Colmar, le documentaire de Alain

Bouvarel et Michaël Speng montre que l’on

peut apporter des pistes et des solutions à ces adultes

non dépistés en leur offrant des perspectives d’avenir

adaptées.

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Le baccalauréat, deux siècles d’épreuves

SOCIÉTÉ • Un film de Patrick Cabouat • 2001, 52mn • Ampersand

Sur les étagères du musée de la Nation, avec Marianne,

la Marseillaise, le drapeau tricolore et le code civil, le bac-

calauréat a pris place parmi les icônes de la République.

Chaque année au mois de juin, la France se donne en

quelque sorte le spectacle de l’efficacité de son système

éducatif. Aux beaux jours, le baccalauréat met la popu-

lation en transe, comme pourrait le faire le dernier grand

rite initiatique d’une société moins tournée vers l’avenir

que vers son passé. Tout se passe comme si la desti-

nation première du baccalauréat était plus sociale que

scolaire, se substituant aux rites de passages disparus :

communion solennelle pour les filles, service militaire

pour les garçons.

“Le baccalauréat, deux siècles d’épreuves” raconte avec

entrain l’histoire de cet examen mythique.

On croit rêver !

Bien sûr, à l’origine, le baccalauréat est une affaire

d’hommes, une affaire de garçons. Il faut attendre 1860

pour que la première femme, Julie-Victoire Daubié, tente

le Baccalauréat. Elle demande de se présenter au Baccalauréat

jusqu’alors réservé aux hommes. On lui oppose un

refus catégorique. Ce n’est qu’en 1861, à 36 ans, qu’elle

est autorisée à soutenir l’examen à la faculté des lettres

de Lyon. Non sans mal, puisqu’on lui conseille de laisser

ignorer autant que possible la date à laquelle elle se présentera

devant le jury. Elle subira avec succès les différentes

épreuves orales et écrites. Et le 17 Août 1861, Julie-Victoire

Daubié sera la première femme admise bachelière ès lettres.

Près d’une année lui sera nécessaire pour se faire délivrer

son diplôme. Et l’Impératrice Eugénie devra provoquer

un conseil des ministres en présence de Napoléon III pour

contraindre Gustave Rouland, Ministre de l’Instruction

publique, à le lui signer.

(Philippe Meirieu, Professeur des universités

en Sciences de l’ éducation)

PASSE TON BAC D’ABORD !

C’est le décret organique du 17 mars 1808 qui a crée le baccalauréat.

Les candidats doivent être âgés d’au moins 16 ans

et l’examen ne comporte que des épreuves orales portant

sur des auteurs grecs et latins, sur la rhétorique, l’histoire, la

géographie et la philosophie. Les premiers bacheliers sont au

nombre de 31.

Ce diplôme, qui a la double particularité de sanctionner la fin

des études secondaires et d’ouvrir l’accès à l’enseignement

supérieur (le baccalauréat est le premier grade universitaire),

va se démocratiser au fil du temps : en 1880, à peine 1 %

d’une classe d’âge obtient le baccalauréat, proportion qui

s’élève à 62,6 % en 2003.

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Profession bourreau

HISTOIRE • Un film de Patrick Cabouat et Alain Moreau • 2001, 52mn

Du Moyen-Age à 1981, date de l’abolition de la peine de mort en

France, ce documentaire télévisé retrace l’historique du métier

d’exécuteur des arrêts criminels, décrit comme une caste en marge

de la société. Troublant.

Un documentaire d’autant plus intéressant que beaucoup de films jusqu’à présent

ont retracé l’histoire de la peine de mort, mais peu se sont penchés sur

la personne détenant la plus lourde tâche dans le processus d’exécution : le

bourreau. Où l’on se rend bien compte que la place du bourreau dans la société

n’a guère évolué et révèle de manière éclatante les rapports complexes que les

hommes ont entretenu et entretiennent avec la peine de mort.

Tout comme la monarchie, la fonction de bourreau se transmet de père en fils.

En Europe occidentale, cette profession née au Moyen-Age arrive intacte au

XXème siècle jusqu’à ses deux derniers représentants mis à la retraite en 1981

avec l’abolition de la peine de mort en France. A travers les interventions d’historiens,

les témoignages d’un descendant d’une lignée de 400 bourreaux et une

riche iconographie recomposée en «tableaux vivants», ce documentaire inspiré

propose le portrait d’une «profession» à part, rejetée par la société mais jugée

pourtant indispensable à son bon fonctionnement.

Le statut de « bourreau »

Nul ne peut dire qui est le bourreau, il n’a aucun statut légal, pas de véritable

existence officielle. Nul texte ne définit sa fonction ; personne, depuis

1790, n’a cherché à fixer dans un texte légal ou administratif ce qu’il devait

être, ni pourquoi il devait être. Le premier texte de l’Assemblée Nationale,

qui choisit la décapitation comme mode d’exécution, la loi du 6 octobre

1791, ne dit pas qui l’appliquera.

Alors que les fonctions les plus banales, les plus quotidiennes, ont été définies

par des textes précis et souvent surabondants, que le statut et le recrutement

du moindre agent municipal, du fonctionnaire le plus subalterne,

le plus humble, font l’objet de décrets, de lois et de règlements d’administration

aussi nombreux que touffus, aucun texte n’a jamais tenté de préciser

qui serait chargé de cette fonction suprêmement importante, capitale :

donner la mort au nom de la société. On délègue à un homme ce pouvoir

exorbitant et monstrueux, dans des conditions indéfinissables, selon des

critères inconnus. Et cela dure depuis des siècles. C’est que personne n’a

jamais souhaité légiférer sur ce genre de sujet, c’est que tout le monde sent

bien, au fond, tout de que cela a d’ignoble.

(Source : Le métier de bourreau : du Moyen-âge à aujourd’hui,

Jacques Delarue)

Profession bourreau est illustré par des

maquettes et une riche iconographie

recomposée en “tableaux vivants”, par les

explications d’un historien de référence,

Jacques Delarue, qui évoque notamment

la période de la Révolution française et les

derniers bourreaux parisiens, les célèbres

André Obrecht et Marcel Chevalier.

Enfin, les témoignages d’un descendant

d’une famille qui compta pas moins

de 400 bourreaux laissera sans aucun doute

le spectateur songeur…

André Albert Obrecht / Marcel Chevalier :

une généalogie de bourreaux français.

La carrière d’Obrecht compte principalement

des condamnés de droit commun, mais il devra

aussi exécuter des membres du F.L.N, de 1958

à 1961. En 1958, il engage dans son équipe son

neveu par alliance, Marcel Chevalier.

Le 28 juillet 1976, il guillotinera son dernier

condamné à mort, Christian Ranucci. Il est mis

à la retraite le 30 septembre 1976, et dès le

lendemain, son neveu Marcel Chevalier obtient

le poste. En 1981, Obrecht entame, avec un

journaliste de «Paris-Match» la rédaction de ses

mémoires, mais exige qu’elles ne paraissent qu’à

titre posthume. Le livre intitulé Le Carnet Noir

du Bourreau, sera édité et publié en 1989.

André Obrecht aura exécuté au total 322

condamnés à mort, dont près de 150, quand il

était l’aide de Deibler, et 65 en tant que chef.

Pour aller plus loin...

A lire : Le métier de bourreau :

du Moyen-âge à aujourd’hui,

Jacques Delarue

A voir : Vers l’abolition universelle de

la peine de mort, Joël Calmette, 2011

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Nous / Autres

SOCIÉTÉ • Un film de Giovanni Cioni • 2003, 72mn • DVDoc

La question est de regarder la contradiction : qu’estce

qu’on peut comprendre de l’autre, de son histoire,

de la distance entre son vécu et son quotidien, de son

rapport aux autres ?

Qu’est ce qu’on peut comprendre de la parole qu’on

nous donne ? Est-ce qu’il n’y a pas dans toute sincérité

un «mentir-vrai»?

Cette interrogation - comprendre l’autre ? - se pose à

travers tout le film, que ce soit face à Helga et Yann,

que ce soit face à leur parole interprétée par les

acteurs.

Il y a une forme d’exil du présent : Helga et Yann sont

des rescapés, dans le sens aussi où ils ont survécu à

leur histoire. Ils sont à la fois des vieux bruxellois et

des rescapés.

Nous / autres parle de cet exil du présent, ce rapport

entre un vécu et le quotidien, et ce, dans une démarche

qui part de la fiction, la parole reconstituée,

à la réalité. C’est un processus de mise à distance

- ce qui ne veut pas dire distanciation ou absence

d’émotion.

Giovanni Cioni.

Un documentaire remarqué dans

de nombreux festivals :

Festival International du Film Francophone

de Namur 2003,

Festival de Bilbao 2003,

Festival Visions du réel de Nyon 2004,

Festival de Douarnenez 2004,

Filmer à tout prix, Bruxelles 2004,

Objectif Doc – Paris 2006, …

Comment comprendre l’autre ?

Un film en forme de puzzle où fiction et documentaire interrogent

la question de l’altérité, de l’autre qu’on est soi-même, du rapport

complexe entre mémoire et présent.

Helga et Yann sont amis depuis longtemps. Ils ont connu la persécution,

la disparition des proches, la misère et l’exil. Ils ont construit une

nouvelle vie. Une vie où être heureux, avec des hauts et des bas, certes,

une vie où on peut s’amuser et surtout ne rien regretter. Helga et Yann

habitent un quartier du centre de Bruxelles, là où vivent d’autres exilés

d’aujourd’hui.

Nous / Autres est un voyage à travers l’histoire de leur existence, à travers

leur présent. Dans ce présent, l’autre, immigré, réfugié, est là. Il habite

la même ville, le même quartier, la même rue.

giovanni cioni :

un auteur humaniste

Cinéaste de l’ambiguïté, de l’instabilité, de la contradic-

tion, Giovanni Cioni est un semeur de troubles, un briseur

de repères, un brouilleur de frontières. Sa biographie

l’explique peut-être. Né à Paris, il a grandi à Bruxelles, a

tourné dans différents pays et vit depuis cinq ans dans la

vallée toscane dont son père est originaire. Aux formes

flatteuses d’une esthétique picturale, il préfère les tâton-

nements d’un cadre peu soucieux de composition,

et associe le spectateur à

une démarche, qui a besoin

du temps pour pleinement

se révéler.

(Télérama, 2011)

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Migration amoureuse

SOCIETE • Un film de Annie Saint-Pierre • 2007, 52mn • DVDoc

Un regard à la fois doux et incisif sur la naïveté des aspirations amoureuses,

en décalage total avec la dure réalité de l’immigration.

A une époque où l’on voyage plus que jamais et où

les nouvelles technologies ne cessent de réduire

les distances, il n’est plus rare de trouver l’amour à

l’étranger. Mais combien d’amoureux, dans l’émotion

de leur rencontre, pensent à des formulaires ? A des

files d’attente ? A l’immigration ?

Documentaire intimiste, Migration amoureuse ac-

compagne les démarches d’immigration de Bruno,

quittant sa Belgique natale pour le Québec de sa

bien-aimée Annie. Qu’est-ce qu’un Belge et une

Québécoise, sans contraintes familiales, sociales,

religieuses ou même morales auraient pu croire ca-

pable de les séparer ?

Rien. Sauf que, dans les faits, toute une batterie de

questions viennent rapidement se poser, notamment

comment établir le pays de leur choix, comment vivre

l’adaptation des premiers mois et comment organi-

ser les retours fréquents pour revoir les proches.

L’amour donne des ailes et le cœur vaillant, mais ce

n’est pas toujours une partie de tout repos !

Migration amoureuse a retenu

l’attention de plusieurs festivals,

parmi lesquels :

Les Etats Généraux du Film Documentaire,

Lussas - France

Doc A Tunis 2009 - Tunisie

Festival du Film d’Amour de Mons –

Belgique

Rendez-vous du Cinéma Québécois –

Canada

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Guerre d’Algérie

HISTOIRE

Une guerre dans laquelle 1,5 millions de soldats

français ont été projetés -30.000 ne sont pas

revenus- ; une guerre qui a entrainé la mort de

centaines de milliers d’Algériens et la destruction

de centaines de villages, qui a déraciné près d’un

millions de Pieds-noirs de leur terre natale et vu

l’abandon et le massacre de milliers de Harkis.

Un paradis perdu

Un film de Eric Bitoun • 2001, 60 mn • Skopia Films

D e u x l e c t u r e s

1962 : L’Arrivée des Pieds-Noirs,

Jean-Jacques Jordi, 2002.

Pieds-Noirs, Mémoires d’exil,

Michèle Baussant, 2002

Actualité : il y a 50 ans, les accords d’Evian

Signés le 18 mars 1962, les accords d’Evian marquent la fin

de la guerre d’Algérie. Ils sont négociés et signés par les

représentants du gouvernement français et les représentants

du Front de Libération Nationale (FLN).

Après des négociations longues et difficiles, la France reconnaît,

par ces accords, l’indépendance de l’Algérie. En concédant

ce texte, le gouvernement français souhaite assurer la

sécurité des personnes et des biens français en Algérie.

Mais les garanties négociées se révèlent rapidement sans

valeur (notamment du fait des actions violentes de l’OAS)

et les communautés française et musulmane en Algérie ont

achevé leur douloureuse séparation peu après mars 1962.

L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 5 juillet 1962. Le départ

brutal de la population française va créer les derniers remous d’un

conflit qui aura duré 8 années. C’est la fin de l’Algérie française. Les

pieds-noirs pleurent désormais leur paradis perdu.

Un paradis perdu propose de suivre le départ d’Algérie de plusieurs

familles de pieds-noirs vers la ville de Sarcelles en 1962.

A l’appui d’archives filmées amateurs et de témoignages, le documen-

taire raconte le départ vers la France, l’arrachement à la terre natale,

l’incompréhension à l’arrivée dans ce nouveau pays et la nécessité de

s’adapter à un nouveau mode de vie et à un nouvel habitat.

Pour rappel...

Après l’âpre accueil en métropole, les pieds-noirs s’intégrèrent

rapidement, contribuant à l’essor économique des années 1960,

notamment dans les régions de Provence, et de Languedoc-

Roussillon. Des villes auparavant endormies ont connu un coup

de fouet économique qui a contribué à leur dynamisme actuel

(Montpellier, Perpignan, Nice, et particulièrement Marseille).

Les grands ensembles de Sarcelles ont accueilli la majorité des

pieds noirs venus s’installer en région parisienne.

COLACO

14


Guerre d’Algérie

HISTOIRE

La Déchirure - Guerre d’Algérie 1954-1962

Une série documentaire (2 x 55mn) de Gabriel Le Bomin, 2012

50 ans après la signature des accords d’Evian et l’indépendance

de l’Algérie, le temps semble venu de raconter

ce conflit en regardant l’histoire en face, sans tabous, ni

silences et de passer de la blessure à l’apaisement. Un

documentaire de référence, à la recherche de la bonne

distance pour que toutes les générations ressentent et

comprennent, de part et d’autre de la Méditerranée, cette

page d’histoire commune.

Les auteurs Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora :

Le premier est réalisateur et scénariste, familier des

images d’archives.

Le second, né à Constantine en 1950, est historien,

spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain et en

particulier de la guerre d’Algérie, à laquelle il a consacré

de nombreux ouvrages et documentaires.

Entretien avec Benjamin Stora :

Pourquoi raconter la guerre d’Algérie aujourd’hui

?

On s’aperçoit, cinquante après, à quel point cette

séquence historique a été déterminante pour toute

notre culture et politique contemporaines. La guerre

d’Algérie représente la matrice de notre époque :

la fin de l’empire colonial et le redéploiement de

la France en direction de l’Europe, la naissance

de la Vème République sous laquelle nous vivons

encore et, bien évidemment, les conséquences

liées à l’immigration, à l’arrivée des pieds-noirs et à

l’expérience des jeunes appelés.

Comment s’est élaborée l’écriture du commentaire

à partir de ces images ?

La principale difficulté, quand on cherche à

raconter huit ans d’une guerre complexe en deux

heures de documentaire, consiste à fluidifier,

clarifier au maximum sans jamais verser dans le

manichéisme. Avec Gabriel Le Bomin, nous avions

le souci de toujours associer le téléspectateur au

film. D’où un jeu permanent entre les images et le

commentaire. Le texte doit expliquer sans surligner,

détailler sans ennuyer, raconter sans simplifier.

Surtout, il doit respecter l’émotion de certaines

images. Parfois, il faut savoir s’autoriser des

silences…

(Extraits)

«Un documentaire exceptionnel» (L’Express, 2012)

«Poignant, parfois oppressant, Guerre d’Algérie, la Déchirure constitue le point

d’orgue de la programmation des chaînes publiques à l’occasion de l’anniversaire

de la signature du cessez-le-feu. Les deux volets de ce documentaire (55 minutes

chacun), qui s’articulent classiquement autour de l’année charnière 1958, couvrent

l’ensemble de la guerre d’Algérie, de la «Toussaint rouge» de 1954 à l’indépendance

en 1962. De nombreux fonds d’archives – notamment ceux de l’Institut

national de l’audiovisuel (INA), de l’armée, mais aussi de télévisions des anciens

pays de l’Est – en ont fourni la matière.

Le récit se nourrit des mémoires, mais son fil conducteur est bien celui de l’histoire,

celle d’une incontrôlable spirale de la violence qui fournit la trame du texte.

Rien n’est passé sous silence. Notamment pas l’extrême cruauté de ces «événements»

que l’on mit trente-sept ans à qualifier officiellement de «guerre».

L’ensemble est clair, équilibré et compréhensible par le plus grand nombre ; en

particulier par les jeunes qui «héritent» encore des soubresauts d’un conflit dont

ils pourront, ici, apercevoir la complexité.» (Le Monde, 2012)

COLACO

Pour poursuivre...

• Un documentaire

La guerre sans nom,

de Bertrand Tavernier et Patrick

Rotman, 1991

• Deux films de fiction : La Bataille

d’Alger, Gillo Pontecorvo, 1965 /

La trahison, Philippe Faucon, 2006

• Un livre Histoire de la guerre d’Algérie,

Benjamin Stora (1954-1962)

15


Mères à l’adolescence

SOCIÉTÉ • Un film de Claude Couderc • 2011, 52 mn

Un documentaire à l’écoute de jeunes mères

dont la parole est ici enregistrée avec une

sensible proximité.

A partir de l’histoire de femmes qui furent il y a 20 ans de très

jeunes mamans de 14 ou 15 ans, Claude Couderc s’inter-

roge sur la situation des mères adolescentes aujourd’hui en

France. Ce documentaire se nourrit d’aller-retours entre les

années difficiles que ces jeunes femmes ont traversées et

leur vie d’aujourd’hui : de nouveaux enfants, de nouveaux

compagnons parfois, des ruptures, elles témoignent chacune

à leur manière de leur reconstruction et de leur combat.

Dans son ouvrage Les grossesses à l’adolescence (1998), C. Le Van relève cinq types de

grossesses chez les jeunes filles interrogées : la grossesse rite d’initiation, la grossesse SOS,

la grossesse insertion, la grossesse identité et la grossesse accidentelle. M. Uzan, dans son

rapport sur la prévention et la prise en charge des grossesses des adolescentes, distingue trois

types de comportements qui pourraient conduire l’adolescente à débuter une grossesse :

la très jeune femme mariée ou vivant en couple (en général de nationalité étrangère, car le mariage

précoce comporte une dimension culturelle importante) ;

la jeune adolescente scolarisée ou étudiante, vivant chez ses parents et chez qui survient une

grossesse accidentelle ;

l’adolescente en grande difficulté, en échec scolaire et professionnel, en rupture avec la famille.

La grossesse est alors un cri, comme un raccourci à une problématique psychologique, sociale

et sanitaire. En effet, ces grossesses surviennent dans un contexte généralement difficile : niveau

socio-économique défavorisé, noyau familial perturbé, échec scolaire, carences affectives

et relationnelles débouchant sur une sexualité précoce. C’est la situation la plus préoccupante.

(Source : Jean-Paul Mouras : Etre mère à l’adolescence)

COLACO

16


Naissance d’une mère

PSYCHOLOGIE - MÉDECINE • Un film d’Isabelle Bonnet-Murray • 2010, 52mn • Cocottes minute

Une enquête sur un phénomène social et intime peu connu :

quand la maternité n’est pas un instinct.

Elles attendent un enfant. Une maternité heureuse. A l’arrivée de leur bébé, tout bascule.

Ces femmes sans antécédents psychiatriques éprouvent des difficultés maternelles qui

peuvent parfois aller jusqu’à la violence physique. L’unité de maternologie de St-Cyrl’Ecole

en région parisienne prend en charge ces mères et leurs bébés, le temps d’un séjour

allant de 1 à 5 mois. L’équipe médicale leur apprend à créer un lien avec leur enfant.

Le documentaire d’Isabelle Bonnet-Murray raconte l’histoire de ces mères, ces pères et

leurs bébés qui ont besoin d’aide pour apprendre à vivre

ensemble. Devenir mère ne serait qu’une disposition de

la nature ? Pas seulement…

Une réalité peu connue

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, environ

10% des mères éprouvent de réelles difficultés avec

leur maternité, après leur accouchement. Sur 800 000

naissances annuelles en France, cela concerne 80 000

femmes. Certains professionnels de la santé avancent

même les chiffres de 15 à 20% de mères en difficulté.

Difficile d’en évaluer l’ampleur et le degré d’intensité, tant

le silence sur la question est encore pesant.

Il ne s’agit pas d’un simple baby blues, qui ne dépasse

pas 3 ou 4 jours, facilement détectable et banalisé par le

corps médical et l’entourage. Dans le cas de la difficulté

maternelle, la souffrance perdure dans le temps et la relation

mère-enfant peut en être altérée pendant plusieurs

années, voire pour la vie. Bien souvent, la société en

général et l’entourage en particulier refusent d’en mesurer

la gravité, car la souffrance des mères va à l’encontre

de l’image douce et heureuse véhiculée par l’arrivée d’un

enfant.

Dans tous les cas, l’histoire de ces mères révèle qu’une partie

de la société peut rencontrer des difficultés face à la maternité.

Cet « accident de parcours » à l’arrivée d’un soi-disant

« heureux événement » peut toucher n’importe quelle famille

et traduit un certain malaise de notre société. La maternologie

répond donc non seulement à un problème majeur de santé

publique mais aussi à un problème de société.

Ce film propose ainsi d’aborder le thème universel de la parentalité,

en questionnant l’image idéalisée de la mère qui vient de

donner la vie. La maternité est-elle innée ? Non, la maternité ne va pas de soi mais va en soi.

Isabelle Bonnet-Murray

A d é c o u v r i r

ce très beau film de fiction allemand :

L’étranger en moi, Emily Atef, 2011

Une jeune maman, incapable

d’éprouver de l’amour pour son enfant,

sombre dans la dépression…

Un troublant portrait de femme traité

dans le style sobre et épuré de la

nouvelle vague allemande.

Ce documentaire d’Isabelle Bonnet-Murray, fruit de plus

d’un an de travail au côté des patientes d’un service de «maternologie»,

a le mérite de mettre en lumière un sujet important

mais peu connu. Le choix d’interroger deux femmes, une

mère sortie de ce service deux ans plus tôt et une autre qui

vient d’y arriver, est judicieux. Des exemples qui illustrent

les problèmes psychologiques et sociaux que rencontrent ces

mamans.

(L’Express, octobre 2010)

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Les années Marie Claire

Société • Un film de François Chayé • 2005, 52mn • Miss Luna Films

Les témoignages de journalistes et collaboratrices

du magazine, de femmes politiques, d’actrices et

de femmes de talents, nous rappellent un demisiècle

d’engagements, de mode et de passions.

Parmi ces témoignages nombreux et passionnants,

relevons ceux de :

Simone Iff, ancienne présidente du planning familial,

Thérèze Clerc, présidente de la maison des femmes

de Montreuil,

Monique Dental, fondatrice du collectif féministe

«Ruptures»,

Clémentine Autain, adjointe à la ville de Paris,

Yvette Roudy, parlementaire honoraire,

Simone Veil, ministre de la Santé de 1974 à 1976,

Christine Ockrent, journaliste,

Nathalie Rheims, écrivain,

Chantal Thomas, créatrice de mode,

Tina Kieffer, directrice actuelle de la rédaction de

Marie Claire.

Quand l’aventure d’un magazine devient une histoire

qui illustre et accompagne l’émancipation de

la femme et toutes les luttes féminines majeures de

la fin du XXème siècle.

Drôle, grave et passionnant !

Le documentaire de François Chayé retrace, à travers

le magazine Marie Claire, l’émancipation des femmes

et leurs combats, déclinant les époques et les femmes

qui les ont faites, entre drames et sourires, sérieux et

légèreté.

Le magazine « Marie Claire », a su traverser le temps,

guettant et faisant les modes, sans se départir d’un

regard féministe. L’aventure de cette publication permet

de retracer l’histoire récente des femmes en France.

Marie Claire, un prénom, une aventure…

Avec quelques 430 millions d’exemplaires vendus

chaque année, les magazines féminins représentent une

part considérable de la presse française. Le mensuel

Marie Claire, créé en 1937 par Jean Prouvost, a marqué

l’avènement de la presse féminine moderne.

Ce magazine se caractérise par la diversité de ses

rubriques. Ses pages sont consacrées à la mode et aux

cosmétiques, au tourisme, à la culture (cinéma, littérature,

musique, spectacles et expositions), ainsi qu’aux

conseils pratiques et recettes de cuisine, sans oublier les

jeux-tests et l’horoscope.

En 2006, Marie Claire était édité dans 24 versions différentes

dans le monde (dont l’Afrique du Sud, la Chine,

les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et le Japon).

COLACO

18


La mode

SOCIETE

Les années Sea Sex and Sun

SOCIETE • Un film de Pierric Gantelmi d’Ille • 2003, 52mn • Miss Luna Films

Images de femmes ou le corset social

SOCIETE • Un film de Jean-François Ferrillon • 2011, 80mn

Un homme s’interroge sur l’image des femmes qui s’offrent à son

regard... Questionnement sur les critères de beauté véhiculés -

imposés ? - par le monde de la mode et ses modèles.

Et peu à peu, le film nous entraîne dans une réflexion sur l’apparence

en déconstruisant les mirages qui peuplent l’univers social,

en s’attardant sur les représentations qui envahissent nos désirs

inconscients.

Créateurs de mode, philosophes, directrices de magazines féminins,

publicitaires, psychanalystes et poètes, dénouent ainsi pour

nous les lacets d’un “corset social” qui emprisonne les femmes, et

auquel il est devenu difficile d’échapper.

Nombreux documents d’archives, images en super 8,

photographies de mode, témoignages de photographes

et de mannequins : un documentaire qui fait la part belle

à la légèreté et au glamour !

“On le sait, l’image de la femme fait vendre (...). Et quelle femme ne s’est pas indignée

dans son for intérieur à la vue de la énième publicité pour le dernier régime

minceur, ne s’est pas inquiétée de ne pas posséder les attributs standard de séduction

lui ouvrant les portes du désir masculin ? (...) Partant du monde de la mode

et du mannequin (...), j’ai essayé de réfléchir sur l’apparence de cette nouvelle

femme «moderne», «belle», «séduisante» et «sexy». Sur ce corset d’aujourd’hui

- désigné par les magazines comme «l’éternel féminin» - et qui conditionne toute

la sphère sociale et les rapports hommes/femmes. Comment cette beauté formelle,

unidimensionnelle, a-t-elle fini par s’imposer dans l’inconscient collectif ?”

Jean-François Ferrillon

Au début des années 70, de jeunes photographes sortent des studios et

proposent une nouvelle vision des femmes et de la mode. Ils vont à la

recherche du Soleil, du ciel éternellement bleu, des plages de sable fin

et d’une mer turquoise.

Parmi eux, Hans Feurer, Justin Jaekin (le réalisateur d’Emmanuelle)

et Jean-Daniel Lorieux, qui s’est mis aux photos de mode un peu par

hasard, après avoir couvert la guerre : je suis parti en Afrique du Nord

pour chercher des endroits qui correspondaient à mes envies, racontet-il,

c’est-à-dire des plages de sable fin, du ciel bleu, du beau temps

perpétuel…

Chacun, photographes et mannequins, commente ces années-là et

ces images qui ont fait la une de tous les grands magazines de mode,

synonymes de révolution sexuelle et de liberté des corps et de l’esprit.

Ils racontent tous à leur façon ces fameuses années sea, sex and sun

chantées par Gainsbourg et qui disent aussi un peu un Paradis perdu…

COLACO

19


Ecologie

SOCIETE

Participant au 25e festival international du film

de nature et d’environnement organisé

à Grenoble par la FRAPNA (Fédération Rhône-

Alpes de Protection de la Nature), Pesticide mon

amour a remporté le deuxième prix parmi les 90

films pré-sélectionnés et les 25 films en compétition

officielle.

Eco-crimes : tueurs d’ozone

Série documentaire de Thomas Weidenbach et Heinz Greuling

• 52mn • Seppia

Éco-Crimes, les crimes écologiques est une série

documentaire de Thomas Weidenbach & Heinz Greuling

découpée en trois parties : Tueurs d’ozone, Pirates des

poissons,Tibet connection (3 x 52’).

La Terre est la plus belle richesse de l’humanité. Pourtant, certains

la détruisent inexorablement. Au travers de témoignages, de

documents et de reconstitutions, les réalisateurs allemands Heinz

Greuling et Thomas Weidenbach reviennent sur les moments

forts de batailles menées pour que cessent ce qu’ils désignent

comme de véritables crimes contre la planète.

Il est question surtout des produits chimiques (aérosols, extincteurs…)

à l’origine de l’immense trou dans la couche d’ozone

au-dessus du Pôle Sud qui détruisent la protection naturelle de la

Terre contre les dangereux rayons ultraviolets du Soleil. Conséquence

: une augmentation dramatique du nombre de cancers de

la peau.

Dès 1987, la communauté internationale tient une conférence à

Montréal. Adopté par 124 pays, le Protocole de Montréal est un

Pesticide mon amour

Un film de Erik Fretel • 2010, 42 mn • LA PONCEUSE ASSOCIATION

Un documentaire sur les méfaits des pesticides utilisés partout dans

nos jardins, aux abords des routes, dans les parcs, le long des voies

ferrées, dans les potagers ou dans nos rues. Un documentaire alarmant

et sans concession, mais non dénué d’humour qui s’adresse à

tous les publics car nous sommes tous concernés !

Les agriculteurs ne sont pas les seuls consommateurs de produits phytosanitaires.

En France, 12% des traitements vendus sont utilisés sur nos

routes, potagers, chemins de fer, parcs, rues, jardins... Pour produire plus,

pour tuer la vermine et pour faire propre, les êtres humains semblent prêts

à tout, au détriment de la biodiversité et de notre santé.

En présentant un état des lieux de l’utilisation et des ravages des produits

toxiques répandus tout autour de nous, Pesticide mon amour soulève de

nombreuses problématiques : quelles sont les conséquences de l’utilisation

des pesticides sur l’écosystème dont nous faisons partie ? Le cocktail

détonant qui donne la mort immédiate aux plantes, aux insectes n’est-il que

la partie immergée de l’iceberg ? Quelle est notre vision de la notion du

“propre” dans nos sociétés ?

En présence d’un spécialiste en matière de pesticides, le documentaire

invite à réfléchir à la situation, à la regarder avec une vision systémique

où chaque être vivant interagit avec les autres, à chercher les moyens de

réagir autrement tout en respectant le monde vivant.

Le message est très clair : les produits incriminés sont dangereux voire

très dangereux, toxiques voire mortels pour l’être humain et ils agressent

dangereusement l’environnement, portant préjudice à la biodiversité, à la

qualité de l’eau mais aussi à la santé humaine.

Il paraît donc, indispensable de réussir à changer notre comportement

et surtout de dépasser notre perception opposant une nature

«sale» à une nature «propre».

accord international visant à diminuer, puis à éliminer à terme,

les rejets de substances coupables de cet appauvrissement de la

couche d’ozone.

Certains Etats, comme la Chine, préfèrent cependant fermer les

yeux sur ce commerce douteux. Julian Newman et Ezra Clarek,

de l’Agence d’enquête environnementale, sont partis en guerre

contre le commerce illégal de ces produits extrêmement nocifs.

Un commerce qui rapporte tout de même jusqu’à 700 millions de

dollars par an…

COLACO

20


J’ai rêvé d’un autre monde

SOCIETE • Un film de Didier Bergounhoux • 2010,48 mn

Entretien

Germain Sahry a fondé et dirige à Pau depuis 20 ans

la plus importante communauté Emmaüs de France.

Il a initié, entre autres, un vaste projet d’échanges

solidaires entre les compagnons de la communauté

et des paysans du plateau Mossi au Burkina Faso,

en créant pour et avec eux une association, l’AIDMR.

L’autonomie des paysans burkinabè et la souveraineté

alimentaire pour tous sont au coeur de ce projet.

Des échanges culturels, professionnels et des travaux

communs, que ce soit à la communauté, dans les

villages, au Burkina comme en France, soudent des

hommes et des amitiés.

Le film de Didier Bergounhoux nous emmène au coeur

des rencontres, des projets de ces femmes et de ces

hommes du Béarn ou d’Afrique et laisse apparaître

des instants de bonheurs partagés, d’émotions ou du

silence, des certitudes comme des doutes. Il permet

aussi de s’interroger sur l’aide au développement et

sur les motivations pour un autre monde que partagent

des hommes d’horizons différents.

DiDier BergoUnhoUx

réalise depuis de nombreuses années des reportages

photographiques en Europe et en Afrique de l’Ouest. Il

est aussi photographe de plateau pour des longs-métrages

(Sia, Siraba, Tasuma, Ouaga-Saga).

Parmi ses documentaires, relevons La Reconnaissance,

L’or Bleu, Au-delà de l’eau, Un fleuve et des

hommes.

Quels sont vos centres d’intérêt ?

L’image bien sur, cinématographique et photographique. J’ai le bonheur de conjuguer

ma passion pour l’image et pour le continent africain en travaillant de temps en temps

sur des longs-métrages africains. C’est magique car tout est dans le champ de la caméra,

mais surtout dans le hors-champ.

Y a-t-il des difficultés particulières pour un photographe français à travailler en Afrique ?

Je ne peux parler que des pays que je connais en Afrique de l’Ouest...Mais je pense qu’on

est accueilli partout dans le monde comme on se présente. Je ne suis pas un paparazzi ni un

bouffeur de pellicules, de ces photographes qui shootent 50 images sur un sujet. Cela veut

dire que je prends mon temps, je n’arrive jamais dans un village bardé de boîtiers, j’utilise

des appareils plutôt discrets, je travaille près des gens, jamais avec un téléobjectif et si je

sens par un regard, un geste, que l’appareil devient une violence pour l’autre, alors je le

remets dans le sac.

Je ne suis pas là pour “voler” mais pour comprendre, apprendre, pour témoigner si je

peux, faire rêver aussi des gens ailleurs qui n’ont pas les moyens ou l’occasion de voyager.

COLACO

21


Nous étions des enfants

HISTOIRE • Un film de Jean-Gabriel Carasso • 2011, 52mn

Quand un événement sort de la condition

humaine, qu’il est invraisemblable

à dire, les gens se taisent… On a peur

de faire du mal à ceux qu’on aime. Si

on parle, on transmet l’horreur. On

risque de traumatiser nos enfants…Pas

facile… C’est seulement à partir des

années 90 qu’on nous autorise à nous

exprimer. …Un récit ne peut être vivant

que s’il est partagé.

Boris Cyrulnik

COLACO • tél. 04 78 33 94 94 • fax. 04 72 18 98 97 • e-mail contact@colaco.fr

18 témoignages d’enfants cachés ou déportés, rescapés des

rafles et des camps de la Seconde Guerre Mondiale : voilà une

parole essentielle que nous donne à entendre cet opus documentaire.

Indispensable.

Le Comité Ecole de la rue Tlemcen est né de la volonté d’anciens

élèves de cette école de Paris, rescapés des rafles et des camps,

d’honorer la mémoire des 1100 enfants juifs du XXe arrondissement,

déportés et exterminés durant la Seconde Guerre Mondiale.

Depuis 1997, à leur initiative, de nombreuses plaques commémoratives

ont été placées dans et hors de nombreuses écoles, des

témoignages ont été réalisés dans les classes et un livre a été

publié, qui garde trace des témoignages et des actions du Comité.

Le coffret comprend :

18 témoignages, singuliers et bouleversants, qui constituent

une autre manière de garder trace et de témoigner de cette

période de l’histoire. Ils ont été recueillis au cours de deux

années de tournage auprès de ces derniers témoins directs,

pour être mis à la disposition des enfants, des enseignants,

des parents, des historiens et de tous ceux qui veulent désormais

se souvenir, pour construire l’avenir.

Un film de synthèse, Nous étions des enfants, reprend de

larges extraits des témoignages des 18 témoins à l’occasion

d’un récit historique croisé. (52’)

Un entretien exclusif avec Boris Cyrulnik, psychiatre,

psychanalyste.

En 1942, alors qu’il grandit à Bordeaux, les parents de Boris

Cyrulnik, juifs russo-polonais, sont arrêtés et déportés.

Abandonné à l’assistance publique, l’enfant est protégé par

son institutrice. Il échappera de peu à la déportation, suite

à une rafle en janvier 1944. Son témoignage et son analyse

complètent l’ensemble des documents et aide à mieux comprendre

les difficultés du témoignage, mais aussi le sens et

la nature du travail de mémoire. (36’)

Jean-gaBriel carasso

Comédien, metteur en scène, auteur et réalisateur

de plusieurs documentaires, il dirige l’Oizeau rare,

association de recherche sur les politiques culturelles.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de

Grenoble, il est spécialiste des questions d’éducation,

artistique et culturelle, auteur de plusieurs

ouvrages dont Nos enfants ont-ils droit à l’art et à

la culture ? Manifeste pour une politique de l’éducation

artistique et culturelle, publié aux Éditions

de l’Attribut en 2005.

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