Côté Vidéothèque - Colaco

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Côté Vidéothèque

OCTOBRE / NOVEMBRE / DECEMBRE 2009

COLACO


Côté Vidéothèque

Ce magazine vous permettra de découvrir ou de redécouvrir au travers

d’informations complèmentaires, une sélection de programmes.

SOMMAIRE

• Littérature et Théâtre (Histoire personnelle de la littérature française par Jean

d’Ormesson et Olivier Barrot / L’ABC d’Albert Jacquard / Onysos le furieux)

• Médécine (Alzeimer, les thérapies non-médicamenteuses / Le bruit des vagues, hypnose

et douleur / Face au sida / Tabac la conspiration)

• Société (Un imaginaire pour une mondialité à faire / La vie de château / Let’s make

money / Les attracteurs étranges)

• L’école... vu par Bernard Kleindienst

• Abcdaire du jeune lascard périphérique

• Histoire (J’avais oublié / Of time and the city / Apocalypse : La 2ème guerre mondiale

/ Défense de la France)

• Personnalités de la mode (Yves Saint Laurent / Sonia Rykiel / Marc Jacobs et Louis

Vuitton)

• Découvertes (Partages / Sud Nord le kotèba des quartiers)


Littérature

« J’aime les livres. Tout ce

qui touche à la littérature

me fait battre le cœur.

Le triomphe du Cid m’enchante.

La « petite société »

autour de Chateaubriand

et de cette raseuse de Mme

de Staël m’amuse à la

folie. La mort de Lucien de

Rubempré me consterne

autant que Wilde ou le

baron de Charlus. Aragon

me transporte. Et, j’aime

mieux le dire tout de suite,

Proust me fait beaucoup

rire. »

Jean d’Ormesson

Histoire personnelle de

la litterature française

par Jean d’Ormesson

de l’Académie française

et Olivier Barrot

Un fi lm de François Chayé

1997 / 17h16 / couleurs

Raconter mille ans de génie littéraire, et

partager le bonheur de lire, toujours vif

et toujours neuf... Tel est le fi l de cette

«histoire personnelle de la littérature française»

de Jean d’Ormesson, en dialogue

avec Olivier Barrot. Ils convoquent les

grands noms et les grands livres de la

littérature française dans une anthologie

subjective, rassemblés en près de quatrevingts

chapitres. Avec complicité, humour

et savoir, Jean d’Ormesson et Olivier

Barrot racontent une histoire vivante, faite

d’acteurs, de héros, de querelles, de succès

et de passions. Ils tirent le portrait de nos

grands auteurs, dans un brillant tête-à-tête

où l’érudition est toujours, et avant tout,

joyeuse. De Rabelais à Proust, de Voltaire

à Stendhal, chacun de ces écrivains est

d’abord appelé à donner du plaisir.

DVD 1 : Des chansons de geste à La Fontaine. Prologue d’Olivier Barrot.

Des chansons de geste à Chrétien de Troyes / Les premiers romans, les chroniqueurs / Villon / Clément Marot

/ Rabelais / Ronsard et la pléiade / Montaigne / Malherbes / Les précieuses / Descartes / Pascal / Corneille /

La Rochefoucauld / Retz / La Bruyère / La Fontaine / Boileau. Bonus : entretien avec Olivier Barrot

DVD 2 : De Molière à Mme de Staël

Molière / Mme de Sévigné / Mme de Lafayette / Bossuet / Racine / Saint Simon / Montesquieu / Voltaire /

Rousseau / Diderot / d’Alembert / Beaumarchais / La Révolution / Chénier / Mme de Staël / B. Constant

DVD 3 : De Chateaubriand à Flaubert

Chateaubriand / Stendhal / Lamartine / Vigny / Michelet / Dumas / Balzac / Hugo / Mérimée / Gautier /

Nerval / Nodier / Barbey / l’Isle Adam / Musset / G. Sand / Baudelaire / Flaubert

DVD 4 : De Renan à Gide

Renan / Taine / Zola et les naturalistes / Mallarmé / Verlaine / Rimbaud / Anatole France / Maurice Barrès /

Maupassant / Henri Bergson / Jules Renard / Léautaud / Romain Rolland / Charles Péguy / Toulet / Valery

Larbaud / Claudel / Gide

DVD 5 : De Proust à Cocteau

Proust / Valéry / La NRF (Nouvelle Revue Française) / Colette / Sacha Guitry / Jarry / Apollinaire / Roger

Martin du Gard / Jules Romains / Giraudoux / Morand / Les surréalistes / Supervielle / René Char / François

Mauriac / Georges Bernanos / Cendrars / Giono / Saint-John Perse

DVD 6 : De Cocteau à Tardieu

Cocteau / Drieu La Rochelle / Montherlant / L. F. Céline / Pagnol / Achard / Artaud / Genet / Aragon /

E. Bove / H. Calet / A. Vialatte / Michaux / Francis Ponge / Jacques Prévert / Raymond Queneau / Malraux /

Marcel Aymé / Vian / Follain / Tardieu

DVD 7 : De Yourcenar à Pérec

Yourcenar / Simenon / Sartre & Beauvoir / Beckett / Ionesco / Anouilh /Salacrou / Albert Camus / Le nouveau

roman / Barthes / Foucault / Pérec

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et Théâtre

Onysos le furieux

Réalisé par Yves Bénitah, Patrice Pegeault

Récit écrit par le dramaturge Laurent Gaudé et mis en scène par Charlie

Brozzoni. Performance théatrale autant que musicale interprété par le

comédien Carlo Brandt et les musiciens Abdel Sefsaf, Claude Gomez et

Grégory Dargent.

Ce récit épique et initiatique se déploie dans une langue enivrante

qui s’élève comme une mélopée douloureuse, un chant

de tragique solidarité chargée d’amour. Figure archaïque des

prophètes, Onysos choisit le camp des petits, des pauvres, des

simples, des humiliés, des sans voix. Il démasque le silence des

consciences pour nous faire entendre un cri profond, celui des

entrailles, celui de la souffrance, de la laideur de la misère.

L’ABC d’Albert Jacquard

Un fi lm de Guy Beauché, Christophe Camoirano

et Ludovic Vieuille

Cet abécédaire est la rencontre de deux générations.

Une lettre, un mot, trois minutes en compagnie d’Albert

Jacquard pour débattre d’une thématique choisie par des

lycéens et étudiants. Une approche toujours curieuse et

profondément humaniste de questions sociales, culturelles,

scientifi ques ou philosophiques.

A travers 30 thèmes, l’ABC d’Albert Jacquard nous

invite à une réfl exion profonde, compréhensible et

passionnante sur les déséquilibres de nos sociétés,

sur la richesse de nos cultures, sur l’importance de la

rencontre et de l’éducation...

Il nous met en garde contre les dangers qui nous guettent,

les défi s à relever.

«Mon objectif, ce n’est pas de construire la société de

demain, c’est de montrer qu’elle ne doit pas ressembler à

celle d’aujourd’hui.» Albert Jacquard

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Médecine, utiliser l’art et l’hypnose comme thérapie

Alzheimer, les thérapies

non-médicamenteuses

Un fi lm de Eric Elléna, Berna Huebner / 2009

Une implication des malades dans l’art et la création donne des

résultats surprenants. Rita Hayworth et la peintre Hilgos ont

ouvert la voie aux Etats-Unis, cette dernière déclarant un jour :

Je me souviens mieux quand je peins ! Aujourd’hui, des dizaines

d’accueils et de résidences spécialisés utilisent la peinture et les

visites de musée comme méthode thérapeutique effi cace, permettant

d’améliorer la qualité de vie et de renouer le dialogue avec

les soignants et les familles. Les scientifi ques ont découvert que la

maladie épargne les parties du cerveau qui ont trait aux émotions

et à la créativité. Ils reconnaissent aujourd’hui les bienfaits de ces

approches nouvelles.

Le bruit des vagues :

hypnose et douleur

Ce fi lm a été conçu et réalisé avec le Dr Chantal Wood et Antoine

Bioy, en collaboration avec l’équipe de l’Unité d’Evaluation et de

Traitement de la Douleur de l’hôpital Robert Debré / 2009

Pour soulager une douleur aiguë, chronique ou gérer un traumatisme

psychologique, Maïmouna, Jordan, Coline, Amadou, ont

bénéfi cié de séances d’hypnose. Ce sont des temps forts qui ont

transformé leurs vécus. Mais comment fonctionne l’hypnose ?

Est-ce un état naturel ? Quelle est son action sur le système

nerveux ? Quel est son champ d’application ? L’action antalgique

de l’hypnose est maintenant reconnue. Il s’agit d’un outil de

régulation du système de modulation endogène de la douleur.

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Face au Sida, face au tabac

Face au Sida

Un fi lm de Judith du Pasquier / 2008

Dans un box, une infi rmière fait une prise de sang à un jeune

homme récemment contaminé. Penchée, attentive, elle l’interroge

discrètement. A partir de cette scène, le fi lm remonte le temps du

sida, à Bordeaux, avec des soignants et des malades, qui font face

au virus depuis plus de 20 ans. Les récits des premières années

évoquent l’impuissance du corps médical face à la souffrance,

la peur, l’exclusion, la mort. Ces souvenirs laissent place à des

séquences qui dessinent par touches le présent de l’épidémie, la

prise en charge telle qu’elle se pratique depuis l’arrivée des trithérapies

en 1996 : la tension lors d’une consultation, la douceur

d’un geste pourtant technique, l’attention d’un regard, l’angoisse

d’un résultat biologique, la peur des traitements aux effets imprévisibles.

Vies brisées, vies sauvées : sous la menace du sida, des

médecins et leurs patients dialoguent et luttent au corps à corps...

aujourd’hui comme hier.

Tabac la conspiration

Tabac, la conspiration a été récompensé du prix du Meilleur

Scénario Documentaire au Sunny Side of the Doc.

Un fi lm de Nadia Collot / 2005

Pour la première fois au cinéma un document met en lumière

les agissements de l’industrie du tabac depuis plus d’un demisiècle.

Plus de trois ans d’enquête dans le monde ont permis de

démontrer, de décrypter comment l’industrie du tabac parvient,

malgré tout et malgré tous, à conserver, voire à accroître sa toute

puissance au détriment de la santé publique.

«Farouchement militant, le fi lm accumule les effets-chocs (...)

La réalisatrice ne prend pas de gants : elle est en guerre.»

Télérama - Cécile Mury

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Société

Un imaginaire pour une

mondialité à faire

Un fi lm de Federica Bertelli / 2002

avec Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant

Ce fi lm a été réalisé à partir d’entretiens avec

les écrivains martiniquais Patrick Chamoiseau

et Edouard Glissant. Ces derniers évoquent la

capacité des individus et des peuples de changer

leur imaginaire afi n de refonder leur relation au

monde. Explorant les notions de créolisation

qu’Edouard Glissant défi nit comme le métissage

qui produit de l’imprévisible, de mondialité en

opposition à la mondialisation économiste ou

d’identité-relation contre l’affi rmation des identités-racines

qui génère d’innombrables confl its

à travers le monde, ce fi lm propose des perspectives

pour un devenir où le poétique retrouve le

politique, nous sortant d’un monde fi gé dans son

passé avec ses repliements identitaires, son rejet

de l’autre et ses logiques culturelles dépassées.

«Le fi lm passionne quand il se penche sur une réalité toute

proche (...)» Télérama - Mathilde Blottière

«Si le fi lm émeut, ce n’est pas seulement par ses témoignages

accablants (...) mais aussi par la solidarité qui unit ces

femmes (...) simplicité, sincérité et pertinence.»

Africultures.com - Olivier Barlet

La vie de château

Ce documentaire de la jeune cinéaste belge Frédérique Devillez, tourné en

2007, a abordé un sujet brûlant ; les centres pour demandeurs d’asile, qui

sont de plus en plus pris d’assaut par une population généralement masculine

et jeune venue de pays différents.

Au Petit Château règne l’attente. Dans ce centre d’accueil au nom insolite,

des demandeurs d’asile du monde entier comblent le temps en attendant

de savoir si leur demande sera acceptée. Le nom du Petit Château invite au

conte, à l’humour grinçant. Comment trouver pour chacun la singularité du

récit, et au-delà du réfugié, retrouver la personne ? Nous passons ensemble

le pacte de la fi ction : un jeu, une distance avec soi-même, ses désirs, ses

rêves. Le château se peuple ainsi peu à peu d’une princesse qui crache des

serpents, d’un roi magnanime, de fantômes hantant les couloirs...

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Société

Let’s make money

Un fi lm de Erwin Wagenhofer / 2008

Ce fi lm suit notre argent à la trace dans le système fi nancier mondial.

Ce documentaire impressionnant est le tout premier fi lm à démonter

les bases du système libéral et ses conséquences humaines,

démographiques et écologiques.

Les banques introduisent notre argent dans le circuit monétaire

international, si bien que toute personne ayant un compte bancaire

participe sans le savoir au système fi nancier mondial. A travers les

témoignages des différents acteurs de ce système, le réalisateur

nous révèle les risques d’une économie sans garde-fou : paradis

fi scaux, chantage économique, investissements fi ctifs, etc. Ce fi lm

impressionnant montre les dérives du système libéral et ses conséquences

humaines, démographiques et écologiques.

«Rigoureux, synthétique, didactique, Let’s make money s’attaque à l’opacité du

système complexe qu’il décrit.»

Télérama - Mathilde Blottière

«Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la crise sans jamais rien y comprendre

vraiment, Let’s Make Money («Laissez travailler votre argent») vous l’expose

crûment.»

Le Journal du Dimanche - Jean-Luc Bertet

Les attracteurs étranges

Un fi lm de Federica Bertelli / 2007

Ce fi lm, où convergent la parole d’Edouard Glissant, la peinture de Sylvie

Séma et la musique de Bës et Piersy Roos, met en jeu une réfl exion

sur la mondialité loin des systèmes de pensée et des pensées de système.

Explorant les espaces chaotiques du devenir, l’écrivain y aborde le rôle

spécifi que du politique et de l’artistique, l’altermondialisme, la question

complexe des identités, la transformation de l’imaginaire afi n de mieux

percevoir les changements qui affectent le monde.

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L’école... vu par Bernard Kleindienst

Adieu, Barbiana / 1994

Dans les années 1960, un curé, don Lorenzo Milani, arrive dans un hameau perdu en Toscane, Barbiana. L’échec scolaire des enfants,

fi ls et fi lles d’ouvriers agricoles, était patent. Ils étaient recalés aux examens de l’État et, pour certains, la réinscription dans une école

était impossible. Ce prêtre va alors créer une école hors norme. Il rassemble tous ces oubliés de l’institution et va leur imposer une

rude vie scolaire (10 heures de classe par jour, 365 jours par an) mais pendant laquelle le rythme d’acquisition et de compréhension

sera déterminant. Ce documentaire est construit avec des images d’archives et des témoignages des anciens élèves, parents ou amis du

prêtre. Et soutenu par des interviews de personnalités italiennes (comme Pier Paolo Pasolini). Ces anciens élèves ont, bien sûr, tous

réussi aux examens d’État et ont choisi de mener une vie pleine de conviction et de réussite.

Les Enfants de Summerhill / 1997

Summerhill est une école autogérée, fondée en 1921 par A.S. Neill en Angleterre. Elle est connue dans le monde entier grâce au livre

Libres enfants de Summerhill. A quoi ressemble Summerhill ? Pour commencer, les cours sont facultatifs. Les élèves peuvent les

suivre ou ne pas les suivre, selon leur bon vouloir, et cela pour aussi longtemps qu’ils le désirent. Il existe un emploi du temps, mais

il n’est là que pour les professeurs. Summerhill se dresse contre l’école traditionnelle, contre les parents hantés par les standards du

succès (l’argent), contre le système social qui forme des individus manipulés et dociles. Mais que deviennent les élèves de Summerhill

dans le monde d’aujourd’hui ?

Le documentaire, à l’aide d’archives et de témoignages d’anciens élèves (des plus âgés aux plus jeunes) montre, beaucoup plus

qu’une aventure originale, un autre regard, une autre façon d’agir sur cette insertion sociale qu’est l’école obligatoire.

Summerhill est une école pour enfants de cinq à quinze ans dits « diffi ciles ». Fondée en 1921 en Angleterre par le psychanalyste A.S.

Neill (« Libres enfants de Summerhill » 1970, Editions Maspero), elle se dresse contre l’école traditionnelle, contre les parents hantés

par les standards sociaux de l’argent et du succès, contre le système qui forme des individus manipulés et dociles. Les cours y sont

absolument facultatifs. Les élèves sont libres de les suivre, ou de jouer ou de ne rien faire...

En marge des cahiers / 2001

L’école Oscar Romero a été créée un peu par hasard, il y a 20 ans, par des frères des écoles chrétiennes et des jeunes de la banlieue

nord de Paris. Aujourd’hui, elle continue sa mission d’origine : accueillir d’abord et avant tout, les enfants mis hors du système scolaire

classique, dans des lieux où elle devient maintenant le dernier service public.

Le fi lm n’est pas rassurant. Il montre un lieu incroyablement fragile. Le monde qui l’entoure l’est tout autant. La vie, comme on dit,

risque à tout moment de piétiner les démarches, les efforts répétés par des adultes souvent dans le doute. Pourtant les enseignants, les

éducateurs... avec Amar, un ancien élève, croient toujours «qu’au fond de toute personne, même la plus grosse des crapules, il y a un

truc de bien.» Mais il faut chercher.

Le Relais / 2002

La classe-relais de Toulon accueille des élèves exclus par conseils de discipline de différents collèges de la région. Elle les réinsère

ensuite dans l’institution scolaire. Les questions, les problèmes posés dans ce lieu varient suivant les élèves même si leurs comportements,

leurs diffi cultés scolaires... sont souvent semblables ou identiques d’une session à l’autre. Mais pourquoi changer des élèves

rebelles si l’institution scolaire ne change pas, si elle ne se remet pas aussi en cause ? Quel est le but d’un relais et à travers lui, celui

de l’école obligatoire, insertion sociale faite d’adaptation, de soumission, de répression, directes ou masquées ?

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Banlieue

Abcdaire du jeune lascard périphérique

Un fi lm de Djamel Zaoui / 2007

Ancêtres, banlieue, communautarisme, daron, exclusion,

faciès, galère... Au travers de ces réalités mises bout à bout,

ce fi lm, nous plonge au cœur des problèmes de la jeunesse

des cités-banlieues au rythme d’un Abcdaire teinté d’humour

et d’ironie.

NOTE D’INTENTION

Etrange destin que celui de ces cités maudites, à l’écart de la ville, derrière un

mur aveugle, une voie ferrée, un échangeur d’autoroute ou un terrain vague.

L’actualité ramène régulièrement ces banlieues oubliées de la République sous

les feux de la rampe. Depuis le début des années 1980, les banlieues explosent

régulièrement.

A l’origine de ces retours de fl ammes, toujours le même drame : la mort d’une

victime des bavures de l’ordre public. Jamais les événements de Clichy-sous-

Bois en novembre 2005, n’auraient eu de telles répercussions si les quartiers

dits sensibles ne s’étaient trouvés au carrefour de trois crises exacerbées : une

crise sociale, une crise identitaire post-coloniale et une crise de représentation

politique. Et, si le terme « racaille » employé par un ministre en a choqué plus

d’un, il y a bien longtemps, que ce terme est utilisé quotidiennement par bon

nombre pour désigner les habitants de la banlieue.

Après plusieurs décennies de réhabilitation et de débat sur l’insécurité,

l’intégration, le multi-culturalisme, le droit à la différence ou à l’indifférence,

le communautarisme, la discrimination..., la politique de la Ville n’est

pas parvenue à guérir le malaise des banlieues. En effet, en termes d’acquis

sociaux, l’accès à l’emploi, au logement, et la reconnaissance sociale restent

une sinistre blague pour les nombreux RMlstes, stagiaires à perpétuité, chômeurs longue durée, abonnés de l’aide sociale ou jeunes intermittents des

maisons d’arrêts que compte la banlieue.

Aujourd’hui encore, pour celui qui ne l’habite pas, la banlieue reste terra-incognita et le jeune lascar périphérique, le miroir de tous les fantasmes

franco-français sur l’immigration et la misère. Et ce, d’autant plus, qu’il adopte une stratégie d’affi rmation identitaire qui renforce les préjugés négatifs

à son égard, accentue les discriminations dont il est victime et d’alimenter ainsi une spirale sans fi n. Hormis les stéréotypes et les évaluations

techniques des spécialistes, le jeune lascar périphérique demeure encore un grand inconnu.

Etre un jeune lascar de banlieue, ce n’est pas simple et les questions sont complexes ! Comment accepter d’être l’enfant illégitime d’une République

à la mémoire sélective ? Comment faire pour être uniquement français de papiers ? Comment accepter d’être le fruit de tous les échecs des programmes

sociaux et de ne jamais avoir le profi l et la tête de l’emploi ? Comment se construire un avenir lorsque l’on naît dans des cages à lapins,

que l’on pousse dans des cages d’escaliers et que plus tard, le seul objectif est de ne pas se faire mettre en cage ?

Compte tenu du thème abordé, le jeune lascar périphérique miroir des fantasmes

sur l’immigration, et, afi n d’éviter une réalisation fastidieuse, j’ai adopté

le principe d’un ABCdaire : ANCETRES, BOUFFON, COMMUNAUTA-

RISME, DARON, EXCLUSION, FACIES, GALERE...

Ces mots ont été débusqués, au hasard des lectures, entre deux pages de pubs

à la télévision, entre deux tubes à la radio. Cependant, il existe une logique

certaine dans le choix des mots à illustrer, beaucoup de thèmes sont récurrents

d’une séquence à l’autre. Les séquences s’enchaînent, se complètent,

s’opposent, s’interpellent pour ne composer fi nalement qu’un seul et même

tableau. Ce dispositif narratif présente l’avantage d’être simple et de pouvoir

nous livrer les multiples facettes du jeune lascar périphérique en touchant à de

multiples cordes sensibles. Passer d’un thème à l’autre, permet de dissocier

les modèles, de délier les langages avec humour, avec dérision ou ironie pour

« appeler un chat, un chat » et tenter de mettre à mal une bonne fois pour

toute, cet espèce d’apartheid à la bonne franquette.


L’Histoire

NOTE D’INTENTION

De l’arrestation de mes parents, de notre parcours jusqu’à Moissac,

je n’ai aucun souvenir... Trahison de ma mémoire ou pudeur... mes

premiers restes d’enfance datent de la maison de Moissac... et mêmes

ceux-ci demeuraient jusqu’ici enfouis au fond de moi.

Le livre de Catherine Lewertowski a été un électrochoc pour ma

mémoire. Ces mots couchés sur le papier ont en moi réveillé l’envie

de me rappeler de cette période. Ce livre a levé un brouillard que je

m’étais peut-être imposé. Cette prise de conscience, j’ai eu envie d’en

faire un fi lm. Raconter l’histoire de la maison de Moissac, de Shatta et

Bouli, retourner sur les traces de mon enfance sont devenus des actes

essentiels pour moi.

Je souhaite, à travers le témoignage des enfants de Moissac mais aussi

à travers celui des Justes de la région, reconstruire ma mémoire et audelà

ajouter à la mémoire collective le souvenir de ce couple qui a pris

soin de moi et de tout notre groupe.

Les témoignages des enfants de l’époque ne seront pas seulement ceux

d’ « enfants cachés » ou de survivants. Ils témoigneront aussi sur les

sentiments qui les ont accompagnés.

Car pendant cette période, Shatta avait donné à son institution une mission

qui allait bien au-delà de sauver des vies. Généreuse, intelligente,

organisée, courageuse, elle a su sauver les âmes, forger les esprits,

éduquer...

Je veux raconter et comprendre l’histoire des enfants de la Maison de

Moissac pour saisir comment Shatta et Bouli insuffl èrent autant de vie

là où rodait la mort.

J’avais oublié

de Nicolas Ribowski / 2005

Avec mon frère et ma sœur, nous avons rejoint la Maison

des Eclaireurs Israélites de France à Moissac. Là-bas, on

a sauvé ma vie et mon âme...

8 mai 2004 – Je retrouve 200 camarades sur la place

principale de Moissac. Tous orphelins, nous avons entre

65 et 80 ans. Emus, nous nous préparons à une cérémonie

offi cielle : nous nous apprêtons à inaugurer

une place en l’honneur de Shatta et Bouli Simon. Ce

couple nous a sauvé la vie, à tous, entre 1939 et 1945.

Durant la guerre, Shatta et Bouli ont dirigé une maisonrefuge

pour les enfants juifs de France. Ils ont constitué

et organisé, pendant cette trouble et dangereuse période,

un des réseaux les plus extraordinaires de sauvetage

d’enfants.

Dans un magnifi que ouvrage intitulé « Morts ou Juifs »,

Catherine Lewertowski retrace cette fantastique aventure.

Ce livre a été le déclencheur de mon envie de faire un

fi lm autour de la maison de Moissac et de mon enfance ;

Catherine Lewertowski sera mon « guide historique »

dans cette démarche.

Ce documentaire retracera, à travers ma petite histoire,

la grande Histoire de la maison de Moissac ainsi que le

destin de Shatta et Bouli Simon. Ce fi lm sera mon cheminement

vers le passé, à la recherche de mes souvenirs

et en reconstruction d’une certaine mémoire collective en

l’hommage à Shatta et Bouli Simon.

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Période de 1939 à 1950

«Enrobé d’un lyrisme tour à tour mélancolique

et narquois, ce documentaire est plus

que le portrait de Liverpool décrépit au fi l du

temps (...) Plein de chair poétique, littéraire

en diable, le texte est enfl ammé, acéré, ravageur,

fervent, superbe, et son emballage musical

au diapason.» Le Monde

Of time and the city

Un fi lm de de Terence Davies / 2008

Apocalypse : La 2ème guerre mondiale

Un fi lm de Isabelle Clarke et Daniel Costelle

Une série documentaire de 6 épisodes, présentée à l’occasion de la commémoration

du 70e anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre

mondiale :

Episode 1 - L’agression : 1933 - 1939

Episode 2 - L’écrasement : 1939 - 1940

Episode 3 - Le choc : 1940 - 1941

Episode 4 - L’embrasement : 1941 - 1942

Episode 5 - L’étau : 1942 - 1943

Episode 6 - L’enfer : 1944 - 1945

Of Time and the City dessine l’histoire de trois décennies cruciales pour l’Angleterre.

S’appuyant sur un montage d’images d’archives et de prises de vue actuelles, Terence Davies

égraine les souvenirs du Liverpool qui l’a vu grandir, celui des années 40/50, remontant

jusqu’à nos jours, s’attardant sur quelques uns des principaux événements de l’histoire

britannique récente et nous montrant les effets du passage du temps sur sa ville natale, par le

biais de commentaires entre poésie et ironie, mélancolie et colère.

Cinquième long métrage du cinéaste Terence Davies. Même si ses précédentes oeuvres sont

très personnelles, Of Time and the City est la première du genre documentaire. Qualifi é de

poème visuel, le fi lm a pour modèle un classique de Humphrey Jennings, Listen to Britain.

Défense de la France

Un fi lm de Joelle van Effenterre / 2007

En 1941, des lycéens de Louis le Grand et d’Henri IV, des étudiants de la Sorbonne et de l’Ecole

Normale Supérieure, créent un journal clandestin : Défense de la France. En quelques mois ils

vont passer de leurs études studieuses, à la Résistance, puis à la clandestinité... 600 d’entre eux

seront arrêtés, 320 déportés, 130 y laisseront leurs vies. Ce journal, dont ils sont les rédacteurs,

les typographes et les diffuseurs commence au début de l’occupation allemande, de façon très

artisanale, tirant à 3500 exemplaires... Il atteindra 450 000 exemplaires juste avant la libération.

Après la victoire, il deviendra France-Soir...

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Personnalités de la mode

Marc Jacobs et Louis Vuitton

de Loïc Prigent / 2007

Louis Vuitton est la première marque de luxe au monde,

au deuxième rang des marques les plus reconnues après

Microsoft. Un homme, un seul, est responsable de la création :

son nom est Marc Jacobs, il dicte le goût et la tendance de la

marque. Ce documentaire nous présente le travail de ce monstre

de la mode.

Ce documentaire inédit se penche avec humour et glamour

sur cette nouvelle façon de faire de la mode : un regard neuf

et actuel sur la mode, ses bizarreries, ses fulgurances, ses

opportunismes et ses obsessions.

Yves Saint Laurent,

tout terriblement

de Jérome de Missolz

avec les voix de Jeanne Moreau

et Yves Saint Laurent

Tourné durant l’été 1994, dans ses résidences privées de

Paris, Marrakech et Deauville et durant la préparation

de sa dernière collection de haute couture, ce fi lm est un

voyage dans le temps et l’oeuvre du couturier mythique.

A partir des créations de trente ans de collection retrouvées

dans ses archives personnelles et portées par ses

mannequins préférés, le fi lm relate l’histoire de la mode

et des inspirations secrètes, littéraires ou musicales, du

créateur Saint Laurent.

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Mode

EXTRAITS CHOISIS

Sonia Rykiel,

l’intranquille

Face à la caméra de Frédéric Mitterrand (2008), la

créatrice de Saint-Germain joue cartes sur table.

Elle est l’invitée de la collection Empreintes dans un

portrait de 52 minutes riche en archives, livré sur le

mode intime et qui retrace les 40 ans d’une femme

hors pair.

Il y a quarante ans, la petite fi lle du XVIe qui ne

savait pas s’habiller, comme elle se désigne ellemême,

crée sa marque éponyme : Sonia Rykiel. Au

moment de souffl er ses bougies, la dame-en-noirà-la-chevelure-rousse

est devenue la créatrice indémodable

de Saint-Germain-des-Prés. Ecrivain à ses

heures, elle aime les mots autant que les strass et les

couleurs...

« J’ai toujours été rousse, très rousse. Souvent on me demande «pourquoi vous habillez-vous en noir». Je réponds : «Parce que

j’aime les couleurs», mais que, moi avec mes cheveux, j’ai déjà des couleurs tellement violentes que je ne peux pas me mettre une

vraie couleur.

Les collections que je fais, c’est comme raconter une histoire, raconter l’histoire d’une femme. C’est tellement intéressant

d’ajourter un chapitre à chaque saison. Cette femme, je l’écris, en me trompant

parfais, en faisant des ratures, en faisant des ponctuations qui ne sont

pas justes.

L’édifi ce Rykiel, qui ouvre Saint-Germain, est tellement reconnaissable, tellement

identifi é : c’est très important, les vitrines. Accrocher quelqu’un, c’est

très diffi cile. Il ne suffi t pas de mettre un vêtement, il ne suffi t pas de mettre

un objet. Il faut le tourner, lui insuffl er quelque chose comme s’il y avait du

vent ou de l’air.

La démarche Rykiel, c’est marcher les jambes ouvertes, mais très joliment. Il

ne faut jamais empêcher une femme de partir, les jambes en avant, écartées

et avec sa liberté, c’est très important. Si vous marchez «Fermé», vous n’obtenez

rien.

COLACO


Découvertes

Sud Nord le kotèba des quartiers

Réalisation: Gilles Ivan

Mise en scène : Patrick Le Mauff.

Filmé en octobre 2008 au Théâtre Paul-Eluard de Choisy-le-Roi.

Avec Alimata Baldé, Nouhoun Cissé, Hamadoun Kassogué, Didier Mouturat,

Souleymane Ouattara, Michel Sangaré, Ndji Traoré, Diarrah Sanogo

Un directeur de théâtre français demande à un artiste malien désabusé de monter

un kotèba sur la ville de banlieue où il offi cie, c’est-à-dire des saynètes satiriques et

burlesques comme on en joue dans les villages de l’Afrique de l’ouest. Mais c’est

pour des raisons extra artistiques que les acteurs recrutés à Bamako cherchent à

venir en France.

«C’est mené tambour battant par des interprètes qui ont du jus et de l’humour, et

qui prennent un plaisir visible à mastiquer une langue drue, truffée d’équivoques

et de jeux de mots.» L’Humanité

Partages

Un documentaire de Roland Pellarin

COLACO tél. 04 78 33 94 94 fax. 04 72 18 98 97 e-mail contact@colaco.fr

Quand deux générations de touristes solidaires font sécession !

Le tourisme solidaire affi che complet. Particulièrement en Europe où

de nombreux voyages sont mis sur pied chaque année. Etudiants et

retraités se bousculent pour participer à des chantiers de vacances dans

les pays du Sud. Mais les organisations d’entraide ne mélangent jamais

jeunes et adultes. Pourquoi cette séparation ? Grâce à la spécifi cité

du fi lm, ce documentaire va suivre des jeunes à Madagascar, puis des

aînés au Vietnam dans leur quête altruiste, à la recherche de ce que personne

n’a jamais encore démontré : la gêne de l’Autre est-elle soluble

dans nos gènes ?

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