Pierre Bonnard - Fondation Beyeler

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Pierre Bonnard - Fondation Beyeler

Communiqué de presse

Pierre Bonnard

29 janvier –13 mai 2012

À travers l’exposition Pierre Bonnard (1867–1947), la Fondation Beyeler consacre à l’un des

peintres les plus fascinants de l’art moderne la première vaste rétrospective organisée en

Suisse depuis 1999. Elle regroupe plus de 60 toiles de Bonnard provenant de musées

internationaux et de collections privées, offrant ainsi une nouvelle perspective sur l’œuvre de

ce célèbre coloriste français et sur son évolution artistique. Le public est invité à découvrir

l’ensemble de sa création, depuis ses débuts dans le cercle des Nabis jusqu’à ses œuvres

tardives de plus en plus colorées et de plus en plus abstraites, en passant par les travaux

qu’il a réalisés dans l’environnement du symbolisme et de l’impressionnisme. Ces toiles

représentent de célèbres scènes de baigneuses, des vues du jardin de l’artiste, des

représentations de la vie quotidienne ainsi que l’animation des rues de Paris.

Né à Fontenay-aux-Roses près de Paris, Bonnard a surtout peint dans les demeures qu’il a

occupées et dans ses ateliers-logements parisiens. La plupart de ses toiles ont vu le jour

dans sa maison « Ma Roulotte » de Vernonnet en Normandie (de 1912 à 1939) et dans la

villa « Le Bosquet » au Cannet sur la Côte d’Azur (de 1927 à 1947) ainsi que dans les

jardins qui les entouraient. Ce cadre éminemment personnel lui a livré des configurations et

des stimulations propices à ses compositions chromatiques, en même temps que ses sujets

de prédilection. Il y restera fidèle sa vie durant, tout en en variant considérablement la

représentation. Marthe, sa maîtresse puis son épouse à partir de 1925, a été en l’occurrence

son modèle favori. Ce mariage mit fin au ménage à trois entre Bonnard, Marthe et Renée

Monchaty – modèle, muse et maîtresse du peintre depuis 1918 — qui se donna alors la

mort.

Au-delà de tous les « ismes » du début du XX e siècle, Bonnard cultiva son propre style, celui

d’un « autre art moderne » qui devait beaucoup au classicisme français et ne remit jamais en

cause la figuration. C’est avec remarque esprit de suite qu’il a bousculé les limites

traditionnelles entre les genres pour assurer à chacun d'eux un développement nouveau.

Il a créé des natures mortes fort peu conventionnelles, incluant des êtres humains et des

animaux vivants. Le paysage avec la description d’une « nature sauvage » s’oppose sur ses

toiles au paysage urbain animé de Paris. Quant à ses tableaux d’intérieurs, il y fait alterner la

représentation intime de la femme à sa toilette et des vues de salle à manger bourgeoise.

L’exubérance de ses couleurs, parfois franchement incandescentes, l’a rapidement distingué

des impressionnistes. À la différence de ces derniers attachés à saisir l’instant, c’est la durée

et la mémoire des choses que Bonnard peignait dans son atelier. À travers ses compositions

chromatiques, il a su rendre de façon extraordinaire l’impression générale d’un espace tel

que peut le percevoir l’œil humain, une vision très différente de celle d’un objectif

photographique. Ce qui lui tenait le plus à cœur était de représenter par la couleur toutes les

impressions sensorielles.

Si juste après sa mort au milieu du siècle dernier, Bonnard était encore considéré comme le

représentant d’une harmonie superficielle et comme le chroniqueur « inoffensif » d’un

quotidien grand bourgeois, l’exposition itinérante que lui a consacrée en 1984 le Centre

Pompidou de Paris (et que l’on a également pu voir au Kunsthaus de Zurich) a fait découvrir


un peintre qui a évoqué sur ses toiles la profonde inquiétude d’une société vouée à la

disparition. Grâce à de subtiles nuances artistiques, Bonnard a remis en cause cette

fameuse harmonie superficielle, comme en témoignent les dissonances chromatiques, les

interconnections spatiales et les localisations imprécises ou encore une conduite divergente

des personnages.

Dans cette exposition conçue comme une « Maison imaginaire de Bonnard», ses toiles sont

regroupées dans différentes salles consacrées à ses motifs préférés : « La rue », « La salle

à manger », « Intimité », « Le miroir », « Le passage entre intérieur et extérieur » et « Le

grand jardin ».

L’exposition s’ouvre sur la salle « La rue ». Dans ses premières années surtout, Bonnard a

peint des scènes de rues avec des motifs parisiens. Il lui est arrivé à plusieurs reprises de

choisir un nœud de communication particulièrement animé du nord ouest de Paris, pas très

loin de son atelier. Ce lieu est représenté sur deux toiles impressionnantes qui portent le

même titre – Place Clichy (1906/1907 et 1912) – l’une appartenant à une collection

particulière, l’autre conservée au Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou,

Paris.

La deuxième salle contient des représentations d’espaces d’une grande densité

atmosphérique, qui déclinent toutes le motif de la « salle à manger ». Cette pièce a offert à

Bonnard des possibilités constamment renouvelées de jeter un regard souvent plein

d’humour sur l’intérieur bourgeois, comme on peut s’en convaincre avec l’importante toile Le

Café (1915) de la Tate de Londres ou avec La Nappe blanche (1925) du Von der Heydt-

Museum de Wuppertal. Les natures mortes de salle à manger contrastent avec les intérieurs

intimes de la chambre à coucher et de la salle de bain, présentés dans la salle « Intimité ».

Le nu a été un des motifs favoris de Bonnard. Parmi les œuvres majeures de ce domaine, on

peut voir ici L’Homme et la Femme (1900) du Musée d’Orsay de Paris. Représentant

Bonnard et sa maîtresse Marthe, cette toile marque un premier tournant dans l’œuvre de

l’artiste qui, dans cette représentation précoce, d’un effet très moderne par son naturel,

laisse derrière lui les audacieuses simplifications de l’époque « Nabi ». Parallèlement à

d’autres pièces de la maison, c’est surtout le bain qui a inspiré de nombreuses peintures à

Bonnard. À partir de 1908, l’artiste s’intéresse de plus en plus au sujet de la femme à sa

toilette. Par la densité de sa structure spatiale, Le Cabinet de toilette (1932) du Museum of

Modern Art de New York, en offre un excellent exemple. Les motifs de baignoire de Bonnard

sont restés célèbres. L’exposition présente cinq toiles majeures de ce genre : La Source (Nu

dans la baignoire), 1917, provenant d’une collection privée ; Baignoire (Le Bain), 1925, de la

Tate ; Nu à la baignoire (Sortie du bain), 1931, du Musée national d’Art moderne, Centre

Georges Pompidou, Paris; Nu dans le bain (Nu dans la baignoire), 1936–1938, du Musée

d’Art moderne de la Ville de Paris et La Grande Baignoire (Nu), 1937–1939, qui appartient à

un particulier.

On a regroupé des tableaux représentant le motif du miroir, un objet qui agrandit l’espace

pictural et le remet en question. On trouvera ici Le Cabinet de toilette au canapé rose (Nu à

contre-jour), 1908, des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique de Bruxelles, ainsi que

deux autoportraits de l’artiste réalisés devant le miroir de sa chambre à coucher :

Autoportrait (Le Boxeur), 1931, du Musée d’Orsay et Portrait de l’artiste dans la glace du

cabinet de toilette (Autoportrait), 1939–1945, du Musée national d’Art moderne, Centre

Georges Pompidou, Paris.

Une autre salle est consacrée aux rapports - essentiels dans l'oeuvre de Bonnard - entre le

dedans et le dehors; sa vie durant, Bonnard a été fasciné par le thème de la fenêtre qui fait

communiquer l'intérieur avec l'extérieur. On s’en fera une idée exemplaire avec Fenêtre

ouverte sur la Seine (Vernon), 1911/1912, du Musée des Beaux-Arts de Nice et Grande salle

à manger sur le jardin, 1934/1935, du Solomon R. Guggenheim Museum, New York.


L’exposition présente par ailleurs un grand nombre de tableaux de jardin datant de

l’ensemble des phases de création de l’artiste. Depuis le tournant du siècle, la nature est

devenue un motif central des univers picturaux de l’artiste. Aux yeux de l’artiste, le jardin

reproduit un ordre dans lequel se reflète la relation de l’homme avec la nature. Dans son

œuvre de jeunesse, La Partie de croquet, 1892, du Musée d’Orsay, le paysage sert encore

de toile de fond à une harmonie ornementale. Dans ses représentations de nature plus

tardives, Bonnard entremêle le paysage avec le jardin et sa maison, comme le montrent les

célèbres toiles Le Jardin sauvage (La Grande Terrasse), 1918, de la Phillips Collection,

Washington ou Décor à Vernon (La Terrasse à Vernon), 1920/1939, du Metropolitan

Museum of Art de New York.

Cette rétrospective Pierre Bonnard s’inscrit parfaitement dans la tradition de la Fondation

Beyeler qui s’attache à monter des expositions autour d’artistes de la Collection. Dans son

activité de galeriste, Ernst Beyeler a vendu des œuvres de Pierre Bonnard et a réalisé

également une exposition Bonnard dans sa Galerie en 1966. La Collection Beyeler possède

avec Le Dessert (1940) une nature morte tardive de l’artiste.

Le principal établissement prêteur pour cette exposition est le Musée d’Orsay de Paris, avec

quatre œuvres majeures : outre La Partie de croquet, Autoportrait (Le Boxeur) et L’Homme

et la Femme déjà évoqués, il est représenté avec La Symphonie pastorale (Campagne), de

1916–1920. D’autres œuvres remarquables proviennent de la Tate de Londres, du Musée

national d’Art moderne, Centre Pompidou de Paris, du Musée d’Art moderne de la Ville de

Paris, du Museum of Modern Art de New York, du Solomon R. Guggenheim Museum de

New York, du Metropolitan Museum de New York, de la Phillips Collection de Washington,

du Kunstmuseum de Bâle, du Kunsthaus de Zürich ainsi que de collections particulières de

renom, parmi lesquelles il faut tout particulièrement mentionner les héritiers Hahnloser.

Le commissaire de cette exposition est Ulf Küster, conservateur à la Fondation Beyeler.

Le catalogue, en allemand et en anglais, est publié par les éditions Hatje Cantz, Ostfildern. Il

contient des articles d’Evelyn Benesch, Andreas Beyer, Marina Ferretti Bocquillon, Michiko

Kono, Ulf Küster, Beate Söntgen ainsi qu’une biographie de Fiona Hesse. Env.. 176 pages,

Env. 120 illustrations, ISBN 978-3-905632-94-1 (Allemand); ISBN 978-3-905632-95-8

(Anglais).

Images de presse sous http://pressimages.fondationbeyeler.ch

Contact/Presse: Catherine Schott, Head of Public Relations

Tel. + 41 (0)61 645 97 21, presse@fondationbeyeler.ch, www.fondationbeyeler.ch

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen

Heures d’ouverture de la Fondation Beyeler: tous les jours 10h00–18h00, le mercredi jusqu’à 20h00

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