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Communiqué de presse - Centre des monuments nationaux

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Inaugurations le 5 juillet 2011 à 13 heures<br />

Abbaye <strong>de</strong> Montmajour © Marc Tulane – CMN Paris


<strong>Communiqué</strong> <strong>de</strong> <strong>presse</strong><br />

L’origine <strong>de</strong> l’abbaye est liée au culte <strong>de</strong>s morts pratiqué par les moines. Ceux-ci se<br />

chargeaient d’ensevelir les défunts dans les tombes creusées à même le roc,<br />

célébraient les messes <strong>de</strong>mandées par les familles et recevaient en échange les<br />

droits <strong>de</strong> mortalage (testaments).<br />

Erik Nussbicker rappelle cette vocation initiale en disposant dans la nef <strong>de</strong> l’église<br />

abbatiale une installation monumentale. Celle-ci associe <strong>de</strong>s motifs couramment à la<br />

méditation sur la mort. Dans nombre <strong>de</strong> peintures <strong>de</strong> Vanités, la présence d’un<br />

sablier ou d’un insecte vise à rappeler au spectateur sa fin prochaine.<br />

Dans le cadre <strong>de</strong> « Monuments et Animaux », à l’abbaye <strong>de</strong> Montmajour, un<br />

gigantesque sablier <strong>de</strong> tulle est accroché par Erik Nussbicker à la voûte <strong>de</strong> la nef. Au<br />

lieu du sable dont l’écoulement évoque traditionnellement la fuite du temps, le<br />

dispositif abrite le vol d’un essaim <strong>de</strong> mouches vivantes. Carpe diem ! L’installation<br />

« Le temps <strong>de</strong>s mouches » d’Erik Nussbicker nous incite à jouir du temps présent en<br />

nous rappelant que nous sommes mortels.<br />

Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> accueille également l’exposition <strong>de</strong><br />

photographies « Ani<strong>monuments</strong>, voyage sentimental en France » <strong>de</strong> Nicolas Guilbert<br />

dans le cadre <strong>de</strong> « Monuments et Animaux » et <strong>de</strong>s « Rencontres d’Arles ».<br />

Parcourant la France, comme aurait pu le faire un explorateur d’un autre siècle,<br />

Nicolas Guilbert a traqué la présence insolite <strong>de</strong> ces hôtes discrets que sont les<br />

animaux, <strong>de</strong> ces visiteurs clan<strong>de</strong>stins, à poil ou à plume. Insectes, quadrupè<strong>de</strong>s ou<br />

volatiles y paraissent indifférents au caractère symbolique du lieu dans lequel ils se<br />

meuvent. C’est tout au plus un territoire <strong>de</strong> chasse, <strong>de</strong> jeu ou <strong>de</strong> rencontre, avec les<br />

hommes en particulier. Paradoxalement, cette présence animale, « humanise » ces<br />

édifices que l’ampleur <strong>de</strong>s volumes ou le poids <strong>de</strong> l’histoire a pu rendre écrasants.<br />

Ces <strong>de</strong>ux expositions, présentées du 6 juillet au 18 septembre 2011 sous le<br />

commissariat <strong>de</strong> Clau<strong>de</strong> d’Anthenaise, Directeur du Musée <strong>de</strong> la Chasse et <strong>de</strong><br />

la Nature sont inaugurées ce mardi 5 juillet 2011 à 13 heures par Isabelle<br />

Lemesle, Prési<strong>de</strong>nt du <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> et Véronique<br />

Legrand, Administratrice <strong>de</strong> l’abbaye <strong>de</strong> Montmajour.<br />

Nicolas Guilbert, Ani<strong>monuments</strong>, 2010 Courtesy Nicolas Guilbert)


Le temps <strong>de</strong> mouches d’Erik Nussbicker<br />

Le temps <strong>de</strong>s mouches – Erik Nussbicker<br />

« Dans l’abbaye désacralisée <strong>de</strong> Montmajour, Erik Nussbicker exhume par sa<br />

création la sacralité latente du lieu. Un sablier géant confectionné dans <strong>de</strong> la soie,<br />

dressé sur toute la hauteur du bâtiment, abrite à terme <strong>de</strong>s milliers <strong>de</strong> mouches qui<br />

volent et remontent le cours du temps… La vie <strong>de</strong>s insectes est encore plus courte<br />

que celle <strong>de</strong>s hommes. Mais ici les mouches bien nourries, soignées, sont aussi les<br />

artistes d’une œuvre singulière et accè<strong>de</strong>nt pendant quelques instants à<br />

l’immortalité. Ce sablier géant contenant la vie et la mort, accueille ponctuellement<br />

l’artiste lui-même qui médite et mêle sa chair et son âme à celle <strong>de</strong>s mouches.<br />

Ce sablier immense et troublant doit conduire paisiblement le spectateur à regar<strong>de</strong>r<br />

l’être dans toute sa violence et sa beauté étrange. Œuvre <strong>de</strong> recherche pure, Le<br />

temps <strong>de</strong>s mouches nous plonge dans une quête tout à la fois artistique, physique et<br />

métaphysique qui, hors <strong>de</strong> toute polémique, arpente <strong>de</strong>s sentiers peu battus <strong>de</strong> nos<br />

jours. »<br />

Guillaume Clayssen<br />

Œuvres exposées<br />

Le temps <strong>de</strong>s mouches, 2011, installation en soie, feutre, rotin, cornes <strong>de</strong><br />

boeuf,métal, liqui<strong>de</strong> (miel), larves <strong>de</strong> mouches.<br />

Aurore, 2011, grand drap <strong>de</strong> lin, cercle <strong>de</strong> chiures <strong>de</strong> mouches, pinces <strong>de</strong><br />

suspension<br />

Dissolution, 2011, installation vidéo.<br />

© Erik Nussbicker


© Erik Nussbicker<br />

Erik Nussbicker<br />

Né en 1963 à Grenoble, vit et travaille à Paris.<br />

Il a exposé notamment au Jeu <strong>de</strong> Paume, au<br />

<strong>Centre</strong> Georges Pompidou, au CAPC <strong>de</strong><br />

Bor<strong>de</strong>aux, à la Biennale d’Art Contemporain<br />

<strong>de</strong> Lyon, au Musée <strong>de</strong> la Chasse et <strong>de</strong> la<br />

Nature, à la Fondation Deste d’Athènes, au<br />

Musée <strong>de</strong> l’Homme <strong>de</strong> Florence, à la Casa <strong>de</strong><br />

Francia, Mexico.<br />

Erik Nussbicker suit la trame d’une œuvre<br />

protéiforme. Son parcours fait <strong>de</strong> sa recherche<br />

une succession d’expériences au langage<br />

singulier. Il construit ses œuvres comme<br />

d’autres <strong>de</strong>s instruments <strong>de</strong> musique ou <strong>de</strong><br />

mesure, impliquant la présence humaine.<br />

Vivantes, elles se transforment, résonnent et invitent à l’observation <strong>de</strong>s<br />

phénomènes. Elles interpellent notre finalité <strong>de</strong> mortel, notre place dans la nature,<br />

nous renvoient au mystère <strong>de</strong>s origines.<br />

Au gré <strong>de</strong>s lieux et <strong>de</strong>s rencontres, les travaux d’Erik Nussbicker tissent aux fenêtres<br />

<strong>de</strong> l’esprit d’indicibles liens qui nous sont offerts.<br />

Autant d’œuvres et d’épreuves où le temps et la distance ten<strong>de</strong>nt au sacré.<br />

Erik Nussbicker à propos <strong>de</strong> son œuvre, Le temps <strong>de</strong>s mouches :<br />

« Un sablier <strong>de</strong> soie dans un écrin <strong>de</strong> pierre.<br />

À jamais inachevée, l’abbaye <strong>de</strong> Montmajour reçoit une installation éphémère<br />

intitulée :<br />

Le temps <strong>de</strong>s mouches.<br />

Du sol aux voussures <strong>de</strong> la nef s’élance un large fourreau <strong>de</strong> soie transluci<strong>de</strong>. Il<br />

s’amincit à mi-hauteur en un mouvement <strong>de</strong> torsa<strong>de</strong> adoptant la forme d’un sablier.<br />

Trente-cinq cornes <strong>de</strong> bœuf sertissent son embase. Elles couvent la progéniture <strong>de</strong><br />

milliers d’insectes prêts à investir cette volière.<br />

Une fois éclos, l’essaim <strong>de</strong> mouches vole, vit et se nourrit d’eau et <strong>de</strong> miel. L’instinct<br />

leur dicte <strong>de</strong> remonter les parois. Enfin le temps <strong>de</strong>s mouches s’égraine à rebours<br />

dans les replis <strong>de</strong> soie, passant <strong>de</strong> vie à trépas. »<br />

Erik Nussbicker


© Didier Plowy – CMN Paris<br />

Nicolas Guilbert<br />

Peintre, <strong>de</strong>ssinateur et photographe, é en 1958<br />

à Paris.<br />

Illustrateur <strong>de</strong>puis l’adolescence et jusqu’au<br />

milieu <strong>de</strong>s années 90, Nicolas Guilbert a<br />

présenté sa première exposition parisienne en<br />

1984 (“Coco” : <strong>de</strong>ssins et peintures autour d’une<br />

photo <strong>de</strong> Robert Doisneau, Galerie Attitu<strong>de</strong>).<br />

Depuis 25 ans, il a eu plusieurs fois l’occasion <strong>de</strong><br />

montrer les différentes facettes d’une œuvre<br />

élégante et très graphique ayant toujours<br />

privilégié le trait et les supports en papier.<br />

Parallèlement à son itinéraire pictural, il mène un<br />

parcours <strong>de</strong> photographe.<br />

Quand il œuvre en photographie, il choisit <strong>de</strong><br />

renoncer à la séduction <strong>de</strong> la couleur. Ses prises<br />

<strong>de</strong> vue gar<strong>de</strong>nt alors la saveur <strong>de</strong> l’instantané<br />

pour s’inscrire dans la lignée <strong>de</strong>s Garry<br />

Winogrand, Eliott Erwitt ou Michel Van Eeckhoudt. Comme eux, il privilégie une<br />

certaine esthétique du surgissement photographique, saisissant <strong>de</strong> manière<br />

spontanée, la complexité comme la banalité ou les bizarreries <strong>de</strong> la vie quotidienne.<br />

Nicolas Guilbert s’était déjà intéressé à la présence <strong>de</strong> l’animal dans la ville et en a<br />

fait le thème <strong>de</strong> son ouvrage « Animaux & Cie » publié chez Grasset. Il a accepté <strong>de</strong><br />

reprendre ce travail à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> Clau<strong>de</strong> d’Anthenaise, Directeur du musée <strong>de</strong> la<br />

Chasse et <strong>de</strong> la Nature et commissaire <strong>de</strong> la manifestation du <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s<br />

<strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong>, « Monuments et Animaux » et nous présente aujourd’hui son<br />

exposition <strong>de</strong> photographies, « Ani<strong>monuments</strong>, voyage sentimental à travers la<br />

France ».


Monuments et Animaux<br />

Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> participe<br />

activement à la vie culturelle <strong>de</strong>s territoires.<br />

Le développement culturel est en effet, plus<br />

que jamais, au cœur <strong>de</strong> son activité. Chaque<br />

année, cette politique culturelle s’organise<br />

autour d’un thème décliné sur l’ensemble du<br />

réseau.<br />

« Monuments et Animaux » est le thème<br />

retenu pour la saison 2011.<br />

Les <strong>monuments</strong> sont <strong>de</strong>s lieux <strong>de</strong> vie pour les<br />

hommes, mais également pour les animaux qui<br />

les accompagnent. À travers toute la France,<br />

d’avril à octobre 2011, 35 d’entre eux célèbrent<br />

cette présence <strong>de</strong> l’animal à travers une<br />

programmation faisant dialoguer patrimoine et<br />

art contemporain.<br />

Au cours du temps, chiens, chevaux, abeilles,<br />

oiseaux ou bien d’autres bêtes encore, ont, du<br />

château au monastère, habité ces lieux<br />

historiques. C’est ce que rappelle l’intervention<br />

<strong>de</strong>s artistes tels Johan Creten, Berlin<strong>de</strong> <strong>de</strong> Bruyckere, Ugo Rondinone, Gavin<br />

Younge, Erik Nussbicker ou Christian Gonzenbach à travers <strong>de</strong>s oeuvres très<br />

diverses : sculptures, installations, vidéos, photographies, <strong>de</strong>ssins.<br />

Et après avoir, le temps <strong>de</strong> la manifestation nationale Monuments et Animaux,<br />

colonisé divers sites à travers la France, certaines bêtes hiverneront à Paris. Elles<br />

viendront peupler une forêt mystérieuse implantée au sein <strong>de</strong> la Conciergerie. En<br />

s’aventurant dans cet espace sauvage, le public fera d’étranges rencontres. Au gré<br />

<strong>de</strong> sentiers à thème – l’allée <strong>de</strong>s chimères, la route du lac ou le chemin du bout du<br />

mon<strong>de</strong> –, il découvrira <strong>de</strong>s œuvres surprenantes : objets <strong>de</strong> fantasme, miroirs<br />

réfléchissant nos travers et nos faiblesses ou témoins alarmants <strong>de</strong>s grands enjeux<br />

environnementaux, les créatures ici rassemblées illustrent les diverses fonctions <strong>de</strong><br />

l’animal dans l’imaginaire <strong>de</strong> nos contemporains.<br />

Commissaire : Clau<strong>de</strong> d’Anthenaise, Directeur du Musée <strong>de</strong> la Chasse et <strong>de</strong> la<br />

Nature, assisté <strong>de</strong> Raphaël Abrille, Conservateur au Musée <strong>de</strong> la Chasse et <strong>de</strong> la<br />

Nature.<br />

Exposition à la Conciergerie : « Bêtes Off » - Novembre 2011 / Mars 2012<br />

Renseignements : tél. 01 53 40 60 80


Informations pratiques<br />

<strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong><br />

Abbaye <strong>de</strong> Montmajour<br />

Route <strong>de</strong> Fontvieille<br />

13200 Arles<br />

www.<strong>monuments</strong>-<strong>nationaux</strong>.fr<br />

www. montmajour.<strong>monuments</strong>-<strong>nationaux</strong>.fr<br />

Horaires sous réserve<br />

Ouvert<br />

1 er avril au 30 juin, tous les jours, 9h30 à 18h<br />

1 er juillet au 30 septembre, tous les jours, 10h à 18h30<br />

1 er octobre au 31 mars, tous les jours sauf le lundi, 10h à 17h<br />

Fermé<br />

1 er janvier, 1 er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre<br />

Tarifs<br />

Plein tarif : 7<br />

Tarif réduit : 4,50 €<br />

Groupe adultes : 5,50 (à partir <strong>de</strong> 20 personnes)<br />

Groupes scolaires : 30 (20 pour les ZEP ; 35 élèves maximum, avec 2<br />

accompagnateurs inclus ; pour tout accompagnateur supplémentaire, le tarif<br />

"groupes adultes" s’applique)<br />

Gratuité :<br />

Moins <strong>de</strong> 18 ans (accompagné d’un adulte)<br />

18-25 ans (ressortissants <strong>de</strong>s 27 pays <strong>de</strong> l’Union Européenne et rési<strong>de</strong>nts réguliers<br />

non-européens sur le territoire français)<br />

Personne handicapée et son accompagnateur<br />

Deman<strong>de</strong>ur d’emploi


Abbaye <strong>de</strong> Montmajour<br />

Montmajour se dresse sur la vaste plaine marécageuse <strong>de</strong> la vallée <strong>de</strong>s Baux.<br />

A 5 kilomètres d’Arles, le glorieux Mons Major <strong>de</strong>s chartes médiévales n’est qu’une<br />

mo<strong>de</strong>ste butte calcaire <strong>de</strong> 43 mètres d’altitu<strong>de</strong>, qui jadis, formait une véritable île<br />

cernée par <strong>de</strong>s eaux mortes, et dont l’accès ne se faisait qu’en barque. Autour du<br />

marais primitif qui fournissait poisson, gibier, pâturages et plantes d’œuvre, s’était<br />

constitué un riche domaine foncier <strong>de</strong> terres à blé, vignes, oliviers, bois, cours d’eau,<br />

moulins, salines, pêcheries avec leurs serfs, leurs tenanciers et leurs dîmes. Des<br />

moines bénédictins y vécurent selon la règle <strong>de</strong> Saint-Benoît <strong>de</strong> Nurcie jusqu’en<br />

1790. Ils édifièrent <strong>de</strong>ux ensembles monastiques. Le monastère Saint-Pierre (X e -XV e<br />

siècles) : <strong>de</strong> ce premier lieu subsiste l’ermitage Saint-Pierre en partie aménagé dans<br />

le rocher sud. La nécropole rupestre fut construite au sommet <strong>de</strong> la colline et autour<br />

<strong>de</strong> la chapelle funéraire Sainte-Croix (XII e siècle), véritable reliquaire architectural. La<br />

tour Pons <strong>de</strong> l’Orme (XIV e siècle) surplombe ce premier ensemble et offre à son<br />

sommet un panorama vers Arles, Tarascon, La Crau, Les Alpilles. Le monastère<br />

Saint-Maur (XVIII e siècle) : lieu <strong>de</strong> vie <strong>de</strong> la communauté réformée bénédictine <strong>de</strong><br />

Saint-Maur installée à Montmajour en 1639, fut édifié <strong>de</strong> 1703 à 1736. Il est<br />

actuellement en cours <strong>de</strong> restauration avant son ouverture à la visite. À l’origine <strong>de</strong><br />

l’abbaye, étaient présents <strong>de</strong>s hommes ayant choisi la solitu<strong>de</strong> et la méditation sur le<br />

rocher <strong>de</strong> Montmajour. Jadis cerné par <strong>de</strong>s eaux mortes, le but premier du site était<br />

d’accueillir les morts. En quelques décennies, ces hommes donnèrent naissance<br />

avant l’an mille, à une puissante abbaye bénédictine, avec au sommet du rocher une<br />

grandiose abbatiale consacrée à la Vierge. Les gran<strong>de</strong>s familles firent preuve <strong>de</strong><br />

générosité envers l’abbaye qui <strong>de</strong>vint une sorte <strong>de</strong> sanctuaire dynastique. À la fin du<br />

XIII e siècle, l’autorité <strong>de</strong> Montmajour également renforcée par la possession d’une<br />

relique - fragment du bois <strong>de</strong> la vraie croix - couvrait alors 56 prieurés. Ce fut dans le<br />

courant du XIV e siècle que la déca<strong>de</strong>nce <strong>de</strong> l’abbaye débuta, avec la terreur, la<br />

dévastation <strong>de</strong>s terres et <strong>de</strong> la population par le passage <strong>de</strong>s « Gran<strong>de</strong>s<br />

Compagnies », les épidémies <strong>de</strong> peste, <strong>de</strong> famine…<br />

Au XVII e siècle, Montmajour connut grâce à la congrégation <strong>de</strong> Saint-Maur, une<br />

restauration spirituelle et matérielle, ainsi que la construction <strong>de</strong> nouvelles bâtisses ;<br />

les marais furent asséchés permettant l’augmentation <strong>de</strong>s terres cultivables. Après la<br />

Révolution, l’abbaye fut dépouillée <strong>de</strong> ses pierres <strong>de</strong> tailles, <strong>de</strong> ses charpentes… la<br />

réduisant à l’état <strong>de</strong> ruine. Il fallut attendre 1840 pour que Prosper Mérimée,<br />

inspecteur <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> historiques, la fasse classer, et 1981 pour qu’elle soit<br />

inscrite au Patrimoine Mondial <strong>de</strong> l’Humanité <strong>de</strong> l’UNESCO.<br />

L’abbaye <strong>de</strong> Montmajour est ouverte au public par le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong><br />

<strong>nationaux</strong>.


Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong><br />

Présidé par Isabelle Lemesle, le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> est un établissement<br />

public administratif placé sous la tutelle du ministre <strong>de</strong> la Culture et <strong>de</strong> la<br />

Communication. Il conserve, restaure, gère, anime, ouvre à la visite près <strong>de</strong> 100<br />

<strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> propriété <strong>de</strong> l’Etat, au nombre <strong>de</strong>squels : l’Arc <strong>de</strong> triomphe,<br />

l’abbaye du Mont-Saint-Michel, les châteaux d’Angers et d’Azay-le-Ri<strong>de</strong>au, le<br />

château et les remparts <strong>de</strong> la cité <strong>de</strong> Carcassonne ou encore la Sainte-Chapelle du<br />

Palais <strong>de</strong> la Cité, pour n’en citer que quelques-uns. Tous illustrent par leur diversité,<br />

la richesse du patrimoine français <strong>de</strong> toutes les époques : abbayes, châteaux,<br />

grottes préhistoriques, sites archéologiques ou encore villas contemporaines.<br />

Avec près <strong>de</strong> 9 millions <strong>de</strong> visiteurs par an sur l’ensemble <strong>de</strong> son réseau, le <strong>Centre</strong><br />

<strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> est le premier opérateur public culturel et touristique<br />

français.<br />

Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> a pour mission d’assurer en tant que maître<br />

d’ouvrage, la conservation, la restauration et l’entretien <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> placés sous<br />

sa responsabilité mais aussi <strong>de</strong> les mettre en valeur d'en développer l’accessibilité<br />

au plus grand nombre et d'assurer la qualité <strong>de</strong> l'accueil. Il favorise, avec plus <strong>de</strong> 200<br />

manifestations par an, la participation <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> à la vie culturelle et<br />

au développement du tourisme, en concertation avec les directions régionales <strong>de</strong>s<br />

affaires culturelles, les collectivités territoriales et les réseaux d’institutions<br />

culturelles.<br />

Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> assure, en outre, une mission d’éditeur public<br />

sous la marque Éditions du patrimoine. Il contribue ainsi fortement à la connaissance<br />

et à la promotion du patrimoine par l’édition <strong>de</strong> gui<strong>de</strong>s <strong>de</strong> visite, <strong>de</strong> beaux livres -<br />

ouvrages photographiques et ouvrages <strong>de</strong> vulgarisation -, <strong>de</strong> monographies<br />

d’architectes ou d’édifices, <strong>de</strong> textes théoriques, techniques ou scientifiques, <strong>de</strong><br />

livres pour enfants, d’ouvrages pour aveugles et malvoyants et pour sourds et<br />

malentendants.<br />

Le <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s <strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> rassemble près <strong>de</strong> 1400 collaborateurs au<br />

service du public. Son budget total annuel est, en 2011 <strong>de</strong> 130 millions d’euros<br />

alimenté essentiellement par ses propres ressources (billetterie, locations d’espaces,<br />

recettes issues <strong>de</strong>s boutiques et <strong>de</strong>s Éditions du patrimoine, mécénat) mais aussi<br />

par une subvention du ministère <strong>de</strong> la Culture et <strong>de</strong> la Communication dont les <strong>de</strong>ux<br />

tiers sont <strong>de</strong>stinés aux opérations d’entretien et <strong>de</strong> restauration au titre <strong>de</strong>s nouvelles<br />

compétences du <strong>Centre</strong> en matière <strong>de</strong> maîtrise d’ouvrage.


Monuments placés sous la responsabilité du <strong>Centre</strong> <strong>de</strong>s<br />

<strong>monuments</strong> <strong>nationaux</strong> pour être ouverts à la visite<br />

Aquitaine<br />

Grotte <strong>de</strong>s Combarelles<br />

Abri <strong>de</strong> Laugerie-Haute<br />

Abri <strong>de</strong> Cap-Blanc<br />

Grotte <strong>de</strong> Font-<strong>de</strong>-Gaume<br />

Site archéologique <strong>de</strong> Montcaret<br />

Gisement <strong>de</strong> La Ferrassie<br />

Gisement <strong>de</strong> La Micoque<br />

Abri du Poisson<br />

Grotte <strong>de</strong> Teyjat<br />

Gisement du Moustier<br />

Tour Pey-Berland à Bor<strong>de</strong>aux<br />

Abbaye <strong>de</strong> La Sauve-Majeure<br />

Grotte <strong>de</strong> Pair-non-Pair<br />

Château <strong>de</strong> Cadillac<br />

Château <strong>de</strong> Puyguilhem<br />

Auvergne<br />

Château <strong>de</strong> Chareil-Cintrat<br />

Cloître <strong>de</strong> la cathédrale du Puy-en-<br />

Velay<br />

Château d'Aulteribe<br />

Château <strong>de</strong> Villeneuve-Lembron<br />

Bourgogne<br />

Château <strong>de</strong> Bussy-Rabutin<br />

Abbaye <strong>de</strong> Cluny<br />

Bretagne<br />

Maison d'Ernest Renan à Tréguier<br />

Grand cairn <strong>de</strong> Barnenez<br />

Sites mégalithiques <strong>de</strong> Carnac<br />

Site <strong>de</strong>s mégalithes <strong>de</strong><br />

Locmariaquer<br />

<strong>Centre</strong><br />

Crypte et tour <strong>de</strong> la cathédrale<br />

<strong>de</strong> Bourges<br />

Palais Jacques Cœur à Bourges<br />

Tour <strong>de</strong> la cathédrale<br />

<strong>de</strong> Chartres<br />

Château <strong>de</strong> Châteaudun<br />

Château <strong>de</strong> Bouges<br />

Maison <strong>de</strong> George Sand à Nohant<br />

Château d'Azay-le-Ri<strong>de</strong>au<br />

Cloître <strong>de</strong> la Psalette à Tours<br />

Château <strong>de</strong> Fougères-sur-Bièvre<br />

Château <strong>de</strong> Talcy<br />

Champagne-Ar<strong>de</strong>nne<br />

Château <strong>de</strong> La Motte-Tilly<br />

Palais du Tau à Reims<br />

Tours <strong>de</strong> la cathédrale <strong>de</strong> Reims<br />

janvier 2011<br />

Franche-Comté<br />

Cathédrale <strong>de</strong> Besançon<br />

et son horloge astronomique<br />

Paris<br />

Arc <strong>de</strong> triomphe<br />

Chapelle expiatoire<br />

Conciergerie<br />

Domaine national du Palais-Royal<br />

Hôtel <strong>de</strong> Béthune-Sully<br />

Musée <strong>de</strong>s Plans-Reliefs<br />

Panthéon<br />

Sainte-Chapelle<br />

Tours <strong>de</strong> la cathédrale Notre-Dame<br />

Ile-<strong>de</strong>-France<br />

Château <strong>de</strong> Champs-sur-Marne<br />

Château <strong>de</strong> Jossigny<br />

Château <strong>de</strong> Maisons<br />

Villa Savoye à Poissy<br />

Domaine national <strong>de</strong> Rambouillet<br />

Domaine national <strong>de</strong> Saint-Cloud<br />

Maison <strong>de</strong>s Jardies à Sèvres<br />

Basilique cathédrale <strong>de</strong> Saint-Denis<br />

Château <strong>de</strong> Vincennes<br />

Languedoc-Roussillon<br />

Château et remparts <strong>de</strong> la cité<br />

<strong>de</strong> Carcassonne<br />

Tours et remparts d'Aigues-Mortes<br />

Fort Saint-André <strong>de</strong> Villeneuve-lez-<br />

Avignon<br />

Site archéologique et musée<br />

d'Ensérune<br />

Forteresse <strong>de</strong> Salses<br />

Midi-Pyrénées<br />

Site archéologique <strong>de</strong> Montmaurin<br />

Château d'Assier<br />

Château <strong>de</strong> Castelnau-Bretenoux<br />

Château <strong>de</strong> Montal<br />

Abbaye <strong>de</strong> Beaulieu-en-Rouergue<br />

Château <strong>de</strong> Gramont<br />

Nord-Pas-<strong>de</strong>-Calais<br />

Colonne <strong>de</strong> la Gran<strong>de</strong> Armée<br />

à Wimille<br />

Villa Cavrois<br />

Basse-Normandie<br />

Château <strong>de</strong> Carrouges<br />

Abbaye du Mont-Saint-Michel<br />

Haute-Normandie<br />

Abbaye du Bec-Hellouin<br />

Pays-<strong>de</strong>-la-Loire<br />

Château d'Angers<br />

Maison <strong>de</strong> Georges Clemenceau<br />

à Saint-Vincent-sur-Jard<br />

Picardie<br />

Château <strong>de</strong> Coucy<br />

Château <strong>de</strong> Pierrefonds<br />

Tours <strong>de</strong> la cathédrale d'Amiens<br />

Poitou-Charentes<br />

Tour <strong>de</strong> la Lanterne, tour Saint-<br />

Nicolas et tour <strong>de</strong> la Chaîne à La<br />

Rochelle<br />

Château d'Oiron<br />

Abbaye <strong>de</strong> Charroux<br />

Site gallo-romain <strong>de</strong> Sanxay<br />

Provence-Alpes-Côte d'Azur<br />

Place forte <strong>de</strong> Mont-Dauphin<br />

Trophée d'Auguste à La Turbie<br />

Site archéologique <strong>de</strong> Glanum<br />

Château d'If<br />

Abbaye <strong>de</strong> Montmajour<br />

Monastère <strong>de</strong> Saorge<br />

Cloître <strong>de</strong> la cathédrale <strong>de</strong> Fréjus<br />

Abbaye du Thoronet<br />

Rhône-Alpes<br />

Château <strong>de</strong> Voltaire à Ferney<br />

Monastère royal <strong>de</strong> Brou à Bourgen-Bresse

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