Dossier Pédagogique : Roméo et Juliette, Charles GOUNOD
Dossier Pédagogique : Roméo et Juliette, Charles GOUNOD
Dossier Pédagogique : Roméo et Juliette, Charles GOUNOD
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La politique éducative <strong>et</strong> culturelle<br />
de l’académie d’Aix-Marseille<br />
Domaine musique – Opéra d’Avignon<br />
Document pédagogique associé 2012-2013<br />
<strong>Dossier</strong> pédagogique : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te de <strong>Charles</strong> Gounod<br />
Réalisé par Isabelle Luban, professeur d’éducation musicale, chargée du service éducatif associé à l’Opéra d’Avignon<br />
Académie d’Aix-Marseille<br />
La politique éducative <strong>et</strong> culturelle de l’académie d’Aix-Marseille<br />
Opéra en actions 2012-2013 -<br />
Responsable du domaine musique DAAC : Isabelle TOURTET<br />
Chargée du service éducatif associé à l’Opéra d’Avignon : Isabelle Luban
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Sommaire :<br />
Le compositeur, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong> : sa vie, ses œuvres page 5<br />
1) Gounod, le début de sa vie<br />
2) L’influence de ses voyages sur la musique<br />
3) Gounod religieux ?<br />
4) Au théâtre<br />
5) Au théâtre lyrique<br />
6) Faust / Mireille / <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
7) Sa mauvaise rencontre en Angl<strong>et</strong>erre<br />
L’origine de Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te page 10<br />
Shakespeare <strong>et</strong> son œuvre the a trale Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te page 11<br />
1) Sa carte d’identité<br />
2) L’auteur, l’œuvre <strong>et</strong> son contexte
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
L’ope ra de Gounod : Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te page 13<br />
1) Sa création<br />
2) Les rôles<br />
3) L’orchestre utilisé<br />
4) L’histoire du livr<strong>et</strong><br />
5) La genèse<br />
6) La musique dans <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Analyse de quelques e le ments de la musique page 20<br />
1) Ouverture <strong>et</strong> prologue<br />
2) Les 4 duos d’amour, le prélude symphonique <strong>et</strong> la ballade<br />
3) Le ball<strong>et</strong><br />
Autour de Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te : œuvres comple mentaires page 37<br />
1) De la littérature à la comédie musicale<br />
a. L’inspiration de Shakespeare<br />
b. La musique renait par la chorégraphie<br />
c. Les reprises lyriques<br />
d. Les reprises cinématographiques
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
2) Histoire des arts<br />
a. L’architecture du théâtre élisabéthain<br />
b. Antiquité : Mythe de Pyrame <strong>et</strong> Thisbé<br />
c. <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te en peinture<br />
d. Autour d’une œuvre de Delacroix : analyse de « <strong>Roméo</strong> devant le tombeau des Capul<strong>et</strong><br />
e. Les films<br />
f. Les comédies musicales<br />
g. Les musiques <strong>et</strong> chansons<br />
Proposition d’une se quence de cours autour de « Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » page 57
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Le compositeur, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong> : sa vie, ses œuvres<br />
1) Gounod, le début de sa vie<br />
<strong>Charles</strong> Gounod est un des musiciens français les plus populaires <strong>et</strong> apparait (avec J. Offenbach) comme le compositeur<br />
officiel du second empire. Son écriture est de tradition française. Il cache malgré tout par son parcours, ses rencontres <strong>et</strong> sa<br />
vie intime une grande complexité dans sa personnalité <strong>et</strong> dans sa musique.<br />
On distingue 3 grandes périodes dans la vie de Gounod :<br />
- Ses années d’apprentissage sous la Restauration <strong>et</strong> la Monarchie de Juill<strong>et</strong> entre 1818 <strong>et</strong> 1839.<br />
- Sa réussite au théâtre sous le Second empire, entre 1852 <strong>et</strong> 1870.<br />
- Sa vieillesse, de 1875 à 1893.
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- <strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Parisien, né le 18 juin 1818, il est le fils d’un peintre. Celui-ci a eu le Prix de Rome en 1783, était Professeur à l’école<br />
Polytechnique, Maitre de dessin des Pages de Louis XVIII <strong>et</strong> mort dès 1823. C’est sa mère qui était pianiste, qui lui enseigna<br />
la musique.<br />
Gounod devient Bachelier en 1836, entre au conservatoire pour le contrepoint, la fugue <strong>et</strong> la composition. Au bout d’une<br />
seule année, il remporte un second prix de Rome avec sa cantate Marie Stuart <strong>et</strong> Rizzio. En 1839, il remporte le premier<br />
prix avec sa cantate Fernand.<br />
2) L’influence des voyages sur sa musique<br />
Il part à Rome rejoindre Ingres un ami de son père, qui fit un portrait de lui. Il lui apprend la peinture ; ce qui lui permit<br />
d’obtenir un premier prix de peinture. Par ses visites du pays, il découvre alors la musique de Palestrina qui influencera son<br />
œuvre jusqu’à la fin de sa vie.<br />
Il poursuit ses voyages par l’Autriche <strong>et</strong> l’Allemagne. A Vienne, il assiste à la flûte enchantée dirigée par Nicolaï. Il va à<br />
Berlin, puis à Leipzig où il sera influencé par Mendelssohn.<br />
3) Gounod religieux ?<br />
A 25 ans, il rentre à Paris. Maître de Chapelle de la paroisse des Missions étrangères, il vit chez sa mère ou en compagnie<br />
d’ecclésiastiques. En février 1846, une fausse annonce dit qu’il vient d’entrer dans les ordres. Mais on le voit souvent porter<br />
l’habit des Dominicains. Tour à tour séducteur ou croyant, il confond parfois le profane <strong>et</strong> le sacré : un jour, à une messe, il<br />
est tellement en extase <strong>et</strong> ému par la musique, qu’il murmure « encore, encore » comme au théâtre.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
4) Au théâtre<br />
A 33 ans, il va débuter à l’opéra : son premier opéra sera Sapho.<br />
En 1854 : La Nonne sanglante.<br />
En 1855 : La fameuse Méditation, « Ave Maria » lui donne une grande célébrité. St Saëns fut émerveillé devant la<br />
transformation du p<strong>et</strong>it Prélude de Bach <strong>et</strong> décida, en 1857, de jouer c<strong>et</strong>te méditation au Cirque des Champs Elysées avec<br />
grand orchestre, chœurs…<br />
Gounod, surmené échoue sur Ivan le terrible. Il sombre dans la démence, est interné à Passy (où ont également séjournés<br />
De Nerval <strong>et</strong> Maupassant). Il inquiète par sa religiosité, <strong>et</strong> sa ferveur mystique un peu exaltée.<br />
5) Au théâtre lyrique<br />
On ne voit jamais Gounod au Grand Opéra mais au théâtre lyrique, ce qui explique l’écriture réduite de ces ouvrages de<br />
demi-caractères, les dialogues parlés <strong>et</strong> le ton intimiste.<br />
Il est passionné par le XVIIème siècle <strong>et</strong> le montre dans ses mélodies : Le corbeau <strong>et</strong> le renard, La cigale <strong>et</strong> la fourmi sont<br />
de p<strong>et</strong>its chefs d’œuvre. Ensuite s’enchainent le Médecin malgré lui, Philémon <strong>et</strong> Baucis, La colombe, Le Bourgeois<br />
gentilhomme.<br />
Il écrit en mai 1855 le nouvel hymne national, la cantate Vive l’empereur.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
6) Faust / Mireille / <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Sur un livr<strong>et</strong> de Barbier <strong>et</strong> Carré, la grande partition de La Damnation parait en 1854, dans un esprit de la renaissance.<br />
Fauré, Debussy <strong>et</strong> Ravel seront très admirateurs, à tel point que ce succès va lui ouvrir les portes de l’opéra.<br />
En 1862, il part en Italie ; Faus triomphe à la Scala de Milan <strong>et</strong> fera le tour de toute l’Europe.<br />
Il va se dépasser par son acharnement au travail avec Mireio, de Mistral sur un livr<strong>et</strong> de Carré, grâce au folklore provençal.<br />
Pour écrire Mireille, il s’est installé à Maillane chez Mistral, puis à St Rémy.<br />
En Avril 1865, il r<strong>et</strong>ourne dans le midi, au bord de la mer, sous le soleil de St Raphaël ; il essaie de faire renaitre Vérone<br />
au Moyen âge. <strong>Roméo</strong> est orchestré en 1866 <strong>et</strong> livré à Carvalho. Les interprètes sont le ténor Michot <strong>et</strong> Mme Carvalho. Il<br />
exige que son ouvrage paraisse avec les dialogues parlés, ce qui n’était pas de coutume à l’opéra de c<strong>et</strong>te époque.<br />
La première de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te a lieu le 27 avril. C’est un immense succès, suivi de 102 représentations, <strong>et</strong> sa première<br />
victoire au théâtre.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
7) Sa mauvaise rencontre en Angl<strong>et</strong>erre<br />
De 1870 à 1874, il part pour Londres <strong>et</strong> va vivre un séjour compliqué, suite à une aventure amoureuse.<br />
Les anglais privilégiant la musique chorale <strong>et</strong> aimant particulièrement le style de Gounod, le nomment dès 1871 chef de la<br />
nouvelle Royal Albert Hall Choral Soci<strong>et</strong>y. Il néglige la musique religieuse pour les soirées mondaines. C’est alors qu’il<br />
entr<strong>et</strong>ient une aventure scandaleuse avec une femme mariée. Passionné par c<strong>et</strong>te maitresse-femme, Mrs Weldon, Gounod<br />
perd plusieurs fois la raison. Malade, il est enlevé par des amis <strong>et</strong> ramené en France. Maladies <strong>et</strong> dépressions s’enchainent. Il<br />
entre en procès pour récupérer son œuvre Polyeucte que Mrs Weldon lui a volée par vengeance de son r<strong>et</strong>our en France <strong>et</strong><br />
qui lui sera rendue quelques années plus tard.<br />
Bouleversé par la mort de son p<strong>et</strong>it-fils, il écrit encore un Requiem plein d’émotion <strong>et</strong> meurt en corrigeant les épreuves le<br />
17 octobre 1893.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
L’origine de Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
En 1554, Matteo Bandello écrit une nouvelle qui raconte les amours tragiques de <strong>Roméo</strong> Capul<strong>et</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te Montaigu.<br />
En 1597 est publié un drame de William Shakespeare, intitulé <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te. « D’une œuvre littéraire émouvante naît<br />
un mythe. On en fera des poèmes, on en tirera des ball<strong>et</strong>s, on en peindra des tableaux, on en chantera des opéras, plus de<br />
25, dont en 1867 ce <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te de <strong>Charles</strong> Gounod. C’est que, plus qu’une histoire d’amour contrariée, c’est la force<br />
vivante de l’Amour qui s’y manifeste. Bien sûr, <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te meurent : nécessité de la tragédie, du mélodrame. Mais<br />
l’essentiel est qu’ils se soient aimés, malgré tout. Car s’il est une force qui peut s’opposer à toutes les guerres de familles <strong>et</strong> de<br />
clans, à tous les racismes, ce ne peut être que l’Amour. D’ailleurs, que r<strong>et</strong>ient-on de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te ? Non qu’ils<br />
meurent précisément, mais qu’ils se sont aimés, qu’ils s’aiment, par delà le temps. » (Source : Avant scène opéra)<br />
« Anecdote : On raconte que la fameuse Adelina Patti, alors femme du marquis de Caux, fut amenée à interpréter le rôle<br />
de Juli<strong>et</strong>te avec le ténor Nicolini comme <strong>Roméo</strong>. Elle en tomba amoureuse <strong>et</strong> l’embrassa, dit-on, vingt-neuf fois pendant la<br />
scène du balcon…puis l’épousa ! »
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Shakespeare <strong>et</strong> son œuvre the a trale Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
1) Sa « carte d’identité » :
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Shakespeare devint vers 1594 un dramaturge reconnu.<br />
2) « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » : l’auteur, l’œuvre <strong>et</strong> son contexte :<br />
A c<strong>et</strong>te époque, le royaume d’Elisab<strong>et</strong>h Ière est en plein essor économique <strong>et</strong> culturel.<br />
« Durant c<strong>et</strong>te Renaissance se développe le courant européen si fécond de<br />
l’humanisme. L’œuvre de Shakespeare, à sa manière, en témoigne puisque <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong><br />
Juli<strong>et</strong>te, en brisant les carcans familiaux <strong>et</strong> politiques de leur temps, ont souhaité atteindre,<br />
par leur amour c<strong>et</strong> idéal d’harmonie tant recherché dans un monde confronté<br />
incessamment aux conflits religieux <strong>et</strong> aux guerres civiles ou politiques. » (Source : Avant<br />
scène opéra)<br />
Il a écrit c<strong>et</strong>te œuvre entre 1593 <strong>et</strong> 1594. C’est une période tragique pour Londres car la<br />
peste se répand dans toute la ville. La pièce fut jouée en 1597 <strong>et</strong> connut un succès<br />
immédiat, malgré la connaissance de l’histoire tragique des deux amants par le public. Il<br />
s’est inspiré d’œuvres de l’Antiquité <strong>et</strong> du Moyen Age comme Pyrame <strong>et</strong> Thisbé <strong>et</strong> la<br />
légende de Tristan <strong>et</strong> Iseut, mais les sources directes de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te sont italiennes<br />
avec « Les amants de Vérone » de Bandello.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
L’ope ra Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te de <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1) Sa création :<br />
C’est un opéra en 5 actes, sur un livr<strong>et</strong> de Jules Barbier <strong>et</strong> Michel Carré d’après Shakespeare, créé à Paris,<br />
au théâtre lyrique impérial, le 27 avril 1867.<br />
Durée : 3 heures environ.<br />
2) Les rôles :<br />
<strong>Roméo</strong> Montaigu Ténor<br />
Stéphano, son page Soprano<br />
Mercutio Baryton<br />
Benvolio Ténor<br />
Duc de Vérone Basse<br />
Frère Laurent Basse<br />
Juli<strong>et</strong>te Capul<strong>et</strong> Soprano<br />
Comte Capul<strong>et</strong>, son père Basse<br />
Tybalt, son cousin Ténor<br />
Gertrude, sa nourrice Mezzo<br />
Comte Pâris, son fiancé Baryton<br />
Grégorio, serviteur Baryton
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3) L’orchestre utilisé<br />
dans c<strong>et</strong> opéra :<br />
Piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, cor anglais, 2<br />
clarin<strong>et</strong>tes, 2 bassons, 4 cors, 2 tromp<strong>et</strong>tes,<br />
2 corn<strong>et</strong>s à piston, 3 trombones, timbales,<br />
grosse caisse, 2 harpes, cordes.<br />
Le cor anglais<br />
Les cordes<br />
La flûte traversière<br />
La clarin<strong>et</strong>te<br />
Le basson
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La tromp<strong>et</strong>te<br />
Le trombone<br />
Le cor<br />
Le corn<strong>et</strong> à pistons
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La grosse caisse<br />
Les timbales<br />
La harpe
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
A Vérone au XIVème siècle.<br />
Prologue :<br />
4) L’histoire du livr<strong>et</strong> de l’opéra de Gounod « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te ».<br />
On apprend que <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te ont payé de leur vie la haine ancestrale <strong>et</strong> sanglante qui oppose leurs familles<br />
respectives, les Montaigu <strong>et</strong> le Capul<strong>et</strong>.<br />
« Vérone vit jadis deux familles rivales ».<br />
Acte I<br />
Dans le palais des Capul<strong>et</strong> se déroule une fête joyeuse à laquelle se joignent <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> ses amis, masqués (I, n°2<br />
« Mab, la reine des mensonges »).<br />
<strong>Roméo</strong> croise, par hasard Juli<strong>et</strong>te : au premier regard, ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre (I, n°4<br />
« Ange adorable »).<br />
Tybalt croit avoir reconnu un Montaigu <strong>et</strong> sort l’épée, mais le comte Capul<strong>et</strong> ordonne que la fête continue<br />
(I, « Que la fête recommence »).<br />
Acte II<br />
<strong>Roméo</strong> s’adresse à Juli<strong>et</strong>te, sous sa fenêtre (II, n°7 « Ah ! Lève- toi, soleil ! »). Juli<strong>et</strong>te paraît au balcon <strong>et</strong> avoue<br />
son amour. Les jeunes gens échangent des serments d’amour. Grégorio, soupçonneux, fait fouiller le jardin, en<br />
vain. <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te se disent adieu (II, « Ah ! Ne fuis pas encore »).
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Acte III :<br />
Dans sa cellule, frère Laurent célèbre en secr<strong>et</strong> le mariage de <strong>Roméo</strong>, entonne une chanson devant le palais des<br />
Capul<strong>et</strong> (III, n°12 « Que fais-tu, blanche tourterelle »).<br />
Les serviteurs en sortent aussitôt. Au cours du combat, <strong>Roméo</strong> blesse Tyblat. Il est banni de la ville par le duc de<br />
Vérone (III, « Ah ! Jour de deuil <strong>et</strong> d’horreur »).<br />
Acte IV :<br />
<strong>Roméo</strong> vient faire ses adieux à Juli<strong>et</strong>te <strong>et</strong> les amants se séparent (IV, « Buvez donc ce breuvage »). Juli<strong>et</strong>te boit le<br />
breuvage (IV « Amour, ranime mon courage »). Dans le palais, Parîs s’apprête à passer l’anneau au doigt de<br />
Juli<strong>et</strong>te, mais elle tombe inanimée.<br />
Acte V :<br />
<strong>Roméo</strong> a appris la mort de Juli<strong>et</strong>te. Fou de douleur, il se rend dans le tombeau des Capul<strong>et</strong> (V « Salut, sombre <strong>et</strong><br />
silencieux »).<br />
Et s’empoisonne devant le corps de Juli<strong>et</strong>te qui s’éveille alors (V, « Viens, fuyons au bout du monde »).<br />
<strong>Roméo</strong> lui avoue son geste (V « Console-toi, pauvre âme »).<br />
Elle se poignarde <strong>et</strong> tous deux meurent enlacés.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
5) La genèse<br />
En 1839, Gounod assiste, très impressionné, à une répétition de la symphonie dramatique <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te de<br />
Berlioz. En 1841, dès son séjour dans la villa Médicis à Rome, il débute la composition d’un opéra, sur un livr<strong>et</strong> de<br />
Romagni. Entre 1865 <strong>et</strong> 1866, il s’investit véritablement à <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te sur le livr<strong>et</strong> de Barbier <strong>et</strong> Carr<strong>et</strong>, lequel<br />
s’appuie sur le texte original de Shakespeare traduit par François-Victor Hugo.<br />
6) La musique dans <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Elle évolue, au cours de l’œuvre, <strong>et</strong> présente une grande diversité d’écritures musicales, de la fugue au ball<strong>et</strong>, de la<br />
ballade à la valse…. L’œuvre est un opéra où les sentiments s’opposent, de l’amour à la mort. Les protagonistes<br />
chantent peu en soliste : on peut entendre « Ballade de la reine Mab » de Mercutio, la chanson de Stephano ou le<br />
récit de frère Laurent, <strong>et</strong> les quatre duos d’amours de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, incontournables.<br />
Partition complète voix + piano :<br />
http://conquest.imslp.info/files/imglnks/usimg/e/e3/IMSLP21548-PMLP49624-Gounod-Rom<strong>et</strong>Juli<strong>et</strong>teVSch.pdf<br />
Ecoute de l’opéra :<br />
http://www.deezer.com/fr/album/299562
Page20<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Analyse de quelques e le ments de la musique<br />
1) Ouverture <strong>et</strong><br />
Prologue<br />
Au début de l'opéra, nait au début du XVIIème siècle, l’ouverture servait souvent à attirer l'attention de l'auditeur,<br />
marquant ainsi le début de la représentation <strong>et</strong> avait peu de rapport avec l’intrigue.<br />
C’est à la période classique qu’elle va véritablement servir d’introduction à l'opéra créant ainsi l'atmosphère de<br />
l’œuvre avec une présentation des thèmes musicaux qui seront chantés.<br />
Comme dans la version originale de l’histoire écrite par Shakespeare, Gounod fait suivre son ouverture par un<br />
prologue dans lequel le chœur commente l’action qui suivra.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Ce début montre<br />
l’opposition entre les 2<br />
familles (Montaigu <strong>et</strong><br />
Capul<strong>et</strong>) : 10 notes<br />
déclamées par les trombones<br />
sur le trémolo menaçant des<br />
cordes. Ce motif est répété 3<br />
fois une tierce plus bas.<br />
Fugato<br />
La tension conflictuelle achève<br />
de se nouer sous la forme d’un<br />
fugato en ré mineur : les 3<br />
premières notes disjointes, le<br />
nerveux tracé des doubles<br />
croches suggèrent l’âpr<strong>et</strong>é du<br />
combat sans merci que se<br />
livrent les deux familles.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Grande formation : orchestre symphonique.<br />
Trois parties structurent c<strong>et</strong> extrait : A B A.<br />
A : prédominance des cuivres (avec un soutien des cordes). L'écriture est verticale : l'ensemble des instruments joue en<br />
homorythmie (le même rythme pour tous), la nuance est forte : sentiment tragique <strong>et</strong> solennel.<br />
B : prédominance des cordes avec une écriture horizontale (du plus aigu au plus grave) : les instruments jouent un<br />
thème musical qui est répété identique à lui-même après son exposition, à la quinte (on parle d'écriture en imitation,<br />
idée de fugue).
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Le fugato des cordes est interrompu par un r<strong>et</strong>our du<br />
thème fatal. Le rideau s’ouvre sur un chœur constitué<br />
par tous les artistes qui interprètent les solos de la<br />
partition (ou par le chœur dans les coulisses). Ce récit<br />
choral n’est autre que le prologue imité de<br />
Shakespeare. Gounod le traite en notes répétées, les<br />
périodes homorythmiques sont ponctuées par des<br />
accords de harpe <strong>et</strong> des triol<strong>et</strong>s pianissimo des<br />
tromp<strong>et</strong>tes. Le rideau se baisse alors.<br />
Prologue<br />
CHOEUR<br />
Vérone vit jadis deux familles rivales,<br />
Les Montaigus, les Capul<strong>et</strong>s,<br />
De leurs guerres sans fin, à toutes deux<br />
fatales,<br />
Ensanglanter le seuil de ses palais.<br />
Comme un rayon vermeil brille en un ciel<br />
d'orage,<br />
Juli<strong>et</strong>te parut, <strong>et</strong> <strong>Roméo</strong> l'aima!<br />
Et tous deux, oubliant le nom qui les<br />
outrage,<br />
Un même amour les enflamma!<br />
Sort funeste! aveugles colères!<br />
Ces malheureux amants payèrent de leurs<br />
jours<br />
La fin des haines séculaires<br />
qui virent naître leurs amours!
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
2) Les 4 duos entre <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
« Quatre duos d’amour, garnis » : « voilà la définition ironique donnée habituellement du meilleur opéra jamais inspiré<br />
par la tragédie de Shakespeare ; jusqu’au fin connaisseur de Gounod qu’est son autobiographe Steven Huebner, qui en<br />
trouve un de trop. Le duo d’amour n’est-il pas le suj<strong>et</strong> de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te ? Aucun de ces quatre duos n’est de trop, tant<br />
chacun représente une situation nouvelle <strong>et</strong> incontournable faisant avancer nos héros vers leur destin tragique » :<br />
1- Coup de foudre (le bal)<br />
2- Epanouissement <strong>et</strong> articulation de la passion (scène du balcon)<br />
3- Assouvissement <strong>et</strong> inassouvissement du désir (matin de la nuit des noces)<br />
4- Ultime sacrifice.<br />
« On imagine mal une adaptation qui ferait l’économie d’une de ces scènes, pas plus qu’une autre façon de les traiter que<br />
Gounod lui-même ».
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
La première rencontre (Le madrigal ) Utilisation d’ une forme musicale ancienne.<br />
<strong>Roméo</strong> chante d’abord <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, sans interrompre, reprend son chant <strong>et</strong> lui répond note pour note. A la fin de ce duo<br />
intimiste, les voix de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te s’unissent pour montrer que leurs âmes ne font plus qu’une.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Le second duo « dépasse le stade de la métaphore pour représenter la pleine réalité des sentiments ; progressant par<br />
paliers de plus en plus intenses, il caractérise à merveille les protagonistes, l’homme « entreprenant », déployant toute<br />
la gloire de son timbre, <strong>et</strong> la femme r<strong>et</strong>enue, prudente, envoutante de tendresse. »<br />
Dans ce duo, le dialogue est renoué sur une longue pédale d’ut majeur des cordes <strong>et</strong> des bois graves qui s’infléchit par degrés<br />
chromatiques jusqu’au sol lorsque <strong>Roméo</strong> confie sa crainte de s’éveiller : rêve ou réalité ?
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Juli<strong>et</strong>te, gravement évoque le mariage en des termes de soumission . Que <strong>Roméo</strong> renonce à elle si sa tendresse n’est que<br />
passade. Mais lui, dans le même mouvement andante , proteste de son amour en un arioso exalté dont l’ample ligne<br />
mélodique<br />
s’élance sur les arpèges des harpes :
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Le troisième duo « joue à fond la carte de la sensualité épanouie, où l’introduction des violoncelles résume l’intensité<br />
des étreintes, les deux voix apaisées chantent ensemble « Nuit d’hyménée », d’abord en parallèle, puis en tendre<br />
imitation, comme un échange de caresses, avant de s’éveiller à nouveau, non seulement à la réalité qui les tourmente,<br />
mais aussi au désir renouvelé, où, tour à tour, l’un <strong>et</strong> l’autre reprennent le motif de la dénégation (« Non ce n’est pas le<br />
jour »), chaque fois un demi-ton plus haut. La musique nous laisse alors imaginer une dernière étreinte avant la<br />
séparation au comble de l’ardeur. »<br />
<strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te commence dès le début du duo à chanter ensemble, à la sixte, contrairement aux autres duos. Les voix<br />
sont soutenues par des accords répétés, sonorité obtenue avec les cordes en sourdine sur la harpe. La voix de Juli<strong>et</strong>te est<br />
ici doublée par le hautbois.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Prélude symphonique<br />
Le sommeil de Juli<strong>et</strong>te<br />
Ce prélude symphonique est le début du<br />
V ème acte. Il est intitulé « Le sommeil de<br />
Juli<strong>et</strong>te ». Les neuf premières mesures<br />
reproduisent les accords étirés comme un<br />
sommeil.<br />
Le tempo est lent (adagio), les cordes en<br />
sourdine, les harpes <strong>et</strong> les flûtes<br />
pianissimo, ce qui donne un climat douteux,<br />
apathique.<br />
Puis s’enchaine un andante , celui-ci<br />
reprend la danse lente sur laquelle le Frère<br />
Laurent décrivait à Juli<strong>et</strong>te les eff<strong>et</strong>s<br />
morbides du soporifique. Le climat<br />
s’éclaircit.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
L’ultime duo sera précédé de ce p<strong>et</strong>it interlude symphonique (« Sommeil de Juli<strong>et</strong>te ») <strong>et</strong> d’un arioso déchirant<br />
de <strong>Roméo</strong>, assez développé pour que l’on reconnaisse l’air du balcon (« Ah lève-toi soleil ! »).<br />
Ils évoquent le passé en reprenant des motifs chantés dans les airs précédents.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Il est inévitable à l’opéra de garder en vie <strong>Roméo</strong> jusqu’au réveil du sommeil de Juli<strong>et</strong>te, contrairement à<br />
l’œuvre de Shakespeare, pour laisser la place à un duo final.<br />
« Seigneur, Seigneur, Pardonnez-nous ! »
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
La ballade<br />
« Les scènes d'introduction de la tragédie ayant été omises, la poétique intervention de Mercutio a<br />
été transférée dans une scène intermédiaire insérée au milieu de la fête chez les Capul<strong>et</strong>. Avec des<br />
moyens différents, Gounod recherche comme l'a fait son modèle Berlioz le mouvement <strong>et</strong><br />
la légèr<strong>et</strong>é. Il adopte également la forme du scherzo évidemment la mieux appropriée ici. »<br />
Sources des éléments d’analyse extraits résumés de la revue « Avant scène opéra »
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Qu’est-ce qu’une ballade ?<br />
Une des formes fixes de la poésie lyrique du Moyen Âge, la ballade est une composition strophique, à l'origine monodique, puis<br />
polyphonique. Il s'agit d'une chanson à danser, formée d'une ou plusieurs strophes identiques <strong>et</strong> reliées entre elles par un refrain.<br />
Chaque strophe comporte deux phrases musicales (la première répétée), suivies généralement du refrain (schématiquement :<br />
AAB+ refrain). Au XIIIe siècle, la ballade est illustrée par les trouvères, notamment Adam de la Halle, au XIVe par les musiciens<br />
de l'Ars nova, comme Guillaume de Machaut, auteur de 42 ballades (1 seule monodique, 16 à deux voix).<br />
Au siècle suivant, la ballade poursuit son développement avec G. Dufay <strong>et</strong> G. Binchois. La plupart des textes mis en musique<br />
parlent d'amour courtois pour une dame chère <strong>et</strong> inaccessible. La forme disparaît à la fin du siècle (BALLATA).<br />
En Angl<strong>et</strong>erre, la ballade, chantée au XIIIe siècle par des ménestrels <strong>et</strong> des jongleurs, épouse la forme des quatrains, <strong>et</strong> la<br />
musique des différentes strophes ne varie pas. Comme la ballata <strong>et</strong> la ballade française, la ballade anglaise n'est pas traitée par les<br />
musiciens du XVIe siècle. Le terme réapparaîtra plus tard pour désigner une pièce narrative (par exemple, Keats, la Belle Dame<br />
sans merci).<br />
En Allemagne, la ballade est également un genre narratif, cultivé au XVIIIe siècle sous l'influence anglaise (par exemple,<br />
Bürger, Lénore). À l'époque du « Sturm und Drang », des poètes romantiques, tels Schiller, Go<strong>et</strong>he, s'inspirent des légendes<br />
anciennes. Schubert, Schumann, Brahms les m<strong>et</strong>tent en musique, avec accompagnement de piano.<br />
Enfin apparaît au XIXe siècle, la ballade instrumentale, dont les 4 ballades pour piano de Chopin sont le modèle. Citons aussi<br />
Fauré (Ballade pour piano <strong>et</strong> orchestre) <strong>et</strong> Ibert (Ballade de la geôle de Reading pour orchestre, d'après O. Wilde).
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
3) Le ball<strong>et</strong><br />
dans l’opéra « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te »<br />
L’admission de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te à l’opéra exigeait de Gounod qu’il écrivît un ball<strong>et</strong> insurpassable.<br />
La partition comprend 7 numéros :<br />
1. Introduction orchestrale animée en mib majeur.<br />
2. « La fiancée des fleurs » : une gracieuse pantomime en sol Majeur.<br />
3. « Les présents » : motif de barcarolle en mi majeur.<br />
4. « La valse des fleurs » : thème confié aux violons, en la majeur.<br />
5. « Danse de la fiancée » : allegr<strong>et</strong>to vivo en ré majeur, avec un intérêt pour le rythme.<br />
6. « La jeune fille au voile » : mouvement de croches en arpèges.<br />
7. « Danse bohémienne » : en sib majeur, d’un pittoresque léger, avec un trio rempli d’appogiatures.<br />
Rien dans ce ball<strong>et</strong> ne nous laisse nous souvenir de l’intense émotion de l’acte précédent (Acte IV) ou imaginer la suite<br />
tragique.<br />
Le ball<strong>et</strong> laisse ici la place à un moment de bonheur <strong>et</strong> de légèr<strong>et</strong>é.<br />
« L’image rayonnante de la fiancée paysanne du ball<strong>et</strong> donnera l’illusion de l’heureuse destinée qui a failli être celle de la<br />
tragique épouse que Juli<strong>et</strong>te est devenue. »
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Qu’est-ce qu’un d’un ball<strong>et</strong> ?<br />
http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/ball<strong>et</strong>/25351
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Autour de Rome o <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te : œuvres comple mentaires.<br />
1) De la littérature à la comédie musicale<br />
a. L’inspiration de Shakespeare<br />
Shakespeare a utilisé des traductions, <strong>et</strong> adaptations en français de Boisteau <strong>et</strong> Belleforest, adaptations qui sillonnèrent l’Europe<br />
littéraire du XVIème siècle.<br />
En 1554, Brooke a été influencé pour écrire son poème par la nouvelle de Bandello, datée de 1561, dont Shakespeare prit<br />
connaissance, selon certaines rumeurs. La date de création du drame de Shakespeare est incertaine : 1595 ou 1596.<br />
b. La musique renait par la chorégraphie<br />
En 1849, Berlioz débute la composition de sa symphonie dramatique avec chœurs, solos de chant, <strong>et</strong> prologue en récitatif choral. Les<br />
paroles sont d’Emile Deschamps, adaptateur avec Alfred de Vigny d’un <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te refusé au théâtre. 7 parties composent c<strong>et</strong>te<br />
symphonie. C<strong>et</strong>te œuvre n’aura pas un réel succès. Plus de 100 ans plus tard, le chorégraphe Georges Skibine se l’appropie <strong>et</strong> crée<br />
une somptueuse version dansée par le Grand Ball<strong>et</strong> du Marquis de Cuevas en 1955, dans la cour Carrée du Louvre.<br />
Onze ans plus tard, sur la même partition, Maurice Béjart « dessine » un de ses chefs d-œuvre; le dénouement conduit au triomphe<br />
d’un message : « Faites l’amour pas la guerre ! ».<br />
Les grandes versions chorégraphiques de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te datent du XXème siècle <strong>et</strong> m<strong>et</strong>trons au devant de la scène des œuvres<br />
musicales oubliées.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Ainsi, après Berlioz, Tchaïkovski subit le même sort avec sa fantaisie-ouverture, chorégraphié par Serge Lifar en 1946.<br />
En revanche, Serge Prokofiev écrit la partition de son <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te pour la scène. En 1934, l’idée d’un ball<strong>et</strong> sur ce suj<strong>et</strong> lui est<br />
donné par le m<strong>et</strong>teur en scène Serge Radlov <strong>et</strong> l’historien du théâtre Adrian Piotrovski. Le Bolchoï de Moscou remplace le Kirov de<br />
Leningrad. L’argument comporte 4 actes <strong>et</strong> 9 tableaux : il respecte les grandes lignes du drame shakespearien, sinon qu’il s’achève par<br />
une fin heureuse, ce qui scandalise le public jusqu’à Londres.<br />
Depuis, d’innombrables versions chorégraphiques sont nées sur la partition de Prokofiev, ainsi que les ball<strong>et</strong>s russes de Diaghilev<br />
créé en 1926 à Monte-Carlo.<br />
Pendant une répétition sans décor, en deux parties, costumée par Max Ernst <strong>et</strong> Miro, Serge Lifar <strong>et</strong> Tamara Karsavina dansent c<strong>et</strong>te<br />
œuvre une œuvre qui fait scandale : une intervention de la police sera nécessaire.<br />
c. Les reprises lyriques<br />
Il existe plus de 25 versions.<br />
Les capul<strong>et</strong>s <strong>et</strong> les Montaigus de Bellini <strong>et</strong> <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te de Gounod sont les œuvres lyriques les plus significatives composées<br />
sur ce suj<strong>et</strong>. Avant Bellini, on recense 4 opéras italiens du même argument : Monescalchi (1784), Zingarelli (1796), Vaccaj (1825) <strong>et</strong><br />
Torriani (1828).
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
d. Les reprises cinématographiques<br />
Des adaptations fidèles ou libres ont été faites au cinéma sur ce mythe.<br />
Renato Castellani réalise en 1954 un film très émouvant.<br />
Comme une peinture italienne de la renaissance, Franco Zeffirelli apporte à son film des allures d’opéra.<br />
« Raisman, en 1937, r<strong>et</strong>rouve ses héros au soir de la Révolution d’Octobre dans la Dernière nuit, <strong>et</strong> dans <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te <strong>et</strong> les<br />
Ténèbres, le tchèque Weiss développe son action au temps des massacres perpétrés par les nazis.<br />
Quant à Robert Wise, il se contente de filmer West side story, la comédie musicale composée par Léonard Bernstein, mise en scène<br />
<strong>et</strong> chorégraphiée par Robbins <strong>et</strong> dont la création théâtrale en 1957 fut le point de départ d’un intarissable succès. Dans le West Side,<br />
quartier populaire de New-York, les sharks (portoricains) <strong>et</strong> les j<strong>et</strong>s (Blancs) s’affrontent en bandes pour la possession dérisoire d’un<br />
territoire. Tony –<strong>Roméo</strong> sera le seul à mourir <strong>et</strong> Maria-Juli<strong>et</strong>te conduira son deuil dans une fraternité r<strong>et</strong>rouvée. »
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
2) HISTOIRE DES ARTS<br />
a. L’architecture du théâtre élisabéthain :<br />
A l’époque de Shakespeare <strong>et</strong> d’Elisab<strong>et</strong>h 1 er , les spectacles se donnaient à ciel ouvert. Certains théâtres étaient circulaires ; l’aire de<br />
jeu, rectangulaire, était recouverte d’un toit pour protéger les comédiens. Les spectateurs aisés étaient assis dans les galeries de<br />
plusieurs étages <strong>et</strong> le public populaire se tenait debout, en bas de la scène, sur un parterre en terre battue. Le décor était très<br />
rudimentaire <strong>et</strong> des pancartes indiquaient les changements de lieu. Il était interdit aux femmes de jouer <strong>et</strong> des jeunes gens assuraient<br />
les rôles féminins.<br />
Durant la représentation, les spectateurs buvaient, mangeaient <strong>et</strong> interpellaient fréquemment les acteurs pour manifester leur<br />
plaisir…ou leur déplaisir.
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b. Antiquité : Le mythe de Pyrame <strong>et</strong> Thisbé<br />
Pyrame était un jeune babylonien amoureux de sa voisine Thisbé mais<br />
leurs parents ne voulaient pas qu’ils se marient. Pour se parler, ils allaient<br />
au fond du jardin <strong>et</strong> se murmuraient des mots doux à travers la fissure du<br />
mur mitoyen.<br />
Un jour, ils décidèrent de s'enfuir <strong>et</strong> se donnèrent rendez-vous loin de la<br />
ville, à la nuit tombée, au pied d'un mûrier. Thisbé arriva la première mais<br />
une lionne, attirée par l'odeur de la jeune fille, survint ; Thisbé s'enfuit dans<br />
une caverne proche <strong>et</strong>, sans faire attention, laissa tomber son foulard que la<br />
lionne déchiqu<strong>et</strong>a <strong>et</strong> macula de sang de sa précédente victime. Sur ses<br />
entrefaites, Pyrame arriva <strong>et</strong>, trouvant le foulard ensanglanté, crut sa bienaimée<br />
dévorée. Décidant de ne point lui survivre, il se poignarda au pied<br />
du mûrier. Thisbé, revenue de sa frayeur, r<strong>et</strong>ourna au lieu de rendez-vous<br />
Découverte des corps de Pyrame <strong>et</strong> Thisbé d'après J. Mignard (1665)<br />
<strong>et</strong> trouva l'affligeant spectacle. Désespérée, elle s'agenouilla auprès de<br />
Pyrame <strong>et</strong>, trouvant le poignard, se donna la mort. Le sang des amoureux se mêla au pied de l'arbre <strong>et</strong> les racines s'en abreuvèrent.<br />
Depuis ce drame, les fruits du mûrier qui étaient blancs à l'origine sont devenus de couleur sombre <strong>et</strong> leur jus pourpre.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
c. « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » en peinture<br />
Francesco Hayez, Le dernier baiser donné par Juli<strong>et</strong>te à<br />
<strong>Roméo</strong> (1823)
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Joseph Wright of Derby, la scène du tombeau. Juli<strong>et</strong>te<br />
avec le cadavre de <strong>Roméo</strong>, (1790-91)<br />
Pi<strong>et</strong>ro Roi, la Mort de Juli<strong>et</strong>te <strong>et</strong> de <strong>Roméo</strong> (1882)
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
d. Autour d’une œuvre<br />
Eugène Delacroix (1798-1863), <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
devant les tombeaux des Capul<strong>et</strong>s, vers 1855<br />
Le romantisme connaît une grande ferveur sous la Restauration. Aussi le théâtre anglais enflamme-t-il<br />
l’imagination des spectateurs, d’un certain Eugène Delacroix notamment. Le jeune homme découvre l’oeuvre de<br />
William Shakespeare en 1825, lors d’un séjour à Londres, <strong>et</strong> assiste avec enthousiasme à diverses pièces<br />
interprétées par Kean <strong>et</strong> Young, acteurs parmi les plus réputés du temps. Le peintre en garda un souvenir si vif<br />
qu’à la cinquantaine passée, il analyse encore, dans son Journal, le génie "autant psychologique que poétique" du<br />
dramaturge anglais. À c<strong>et</strong>te époque, notre artiste reprend aussi les suj<strong>et</strong>s littéraires qui l’ont inspiré dans sa<br />
jeunesse, comme notre papier marouflé sur toile, largement diffusé grâce à la gravure d’Eugène Le Roux.<br />
Présentée à l’Exposition universelle de 1855, l’oeuvre aurait été acquise par Gabriel Delessert avant d’entrer en<br />
1857 dans la collection de T. B. G. Scott, le président de la société des amis des arts de Bordeaux. Impressionné<br />
par le potentiel du récit shakespearien, Delacroix note encore dans son Journal, le 25 mars 1855 : "Il possède une<br />
telle puissance de réalité qu’il nous fait adopter son personnage comme si c’était le portrait d’un homme que<br />
nous eussions connu". Tous les amoureux s’appellent <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te. Depuis la première représentation,<br />
donnée en 1595, ces jeunes gens devenus vite célèbres sont en eff<strong>et</strong> le symbole de la passion impossible.<br />
Notre tableau représente justement le paroxysme de la tragédie des amants de Vérone : <strong>Roméo</strong> Montaigu <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te Capul<strong>et</strong>, appartenant à des familles<br />
déchirées par une antique vend<strong>et</strong>ta, sont irrésistiblement attirés l’un vers l’autre. Ils se marient secrètement, recevant l’aide d’une nourrice <strong>et</strong> d’un moine<br />
complices. Mais la société <strong>et</strong> la tradition les empêcheront de vivre c<strong>et</strong> amour au grand jour...
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
En m<strong>et</strong>teur en scène confirmé, Delacroix transcrit donc le moment où <strong>Roméo</strong>, résolu à mourir sur la tombe de Juli<strong>et</strong>te, entre dans la crypte des Capul<strong>et</strong>s pour<br />
faire ses adieux à sa jeune épouse avant d’avaler la fiole de poison. Tout d’abord, il adopte un format en hauteur pour mieux resserrer la scène. Celle-ci est<br />
centrée sur les amants enlacés, promis à une mort inéluctable. L’austérité <strong>et</strong> la rigueur du décor intensifient encore l’émotion. Travaillant habilement le<br />
contraste des teintes chaudes <strong>et</strong> froides, notre peintre en restitue le caractère pathétique d’une façon magistrale. Le jeu de la lumière, l’entente admirable du<br />
clair obscur <strong>et</strong> la sobriété des couleurs proj<strong>et</strong>tent au cœur de la composition la silhou<strong>et</strong>te diaphane de Juli<strong>et</strong>te... Annonçant les gros plans du cinéma, notre<br />
tableau relève au total d’une gestuelle toute théâtrale. C<strong>et</strong>te image d’une grande histoire d’amour rejoint au panthéon des passions d’autres couples<br />
mythiques, Orphée <strong>et</strong> Eurydice, Tristan <strong>et</strong> Yseult...
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
e) Les films autour de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
La captation filmée d’une pièce<br />
de théâtre représente son<br />
enregistrement. C<strong>et</strong> enregistrement,<br />
qui se veut fidèle au spectacle, est<br />
effectuée sur la scène durant le<br />
temps de la représentation.<br />
Toutefois, selon les prises de vues<br />
<strong>et</strong> les mouvements de caméra, la<br />
captation d’une pièce n’est jamais<br />
totalement neutre. Elle dépend<br />
aussi de la lecture <strong>et</strong> du regard du<br />
réalisateur.<br />
L’adaptation<br />
cinématographique d’une pièce de<br />
théâtre est une forme de réécriture.<br />
Le scénariste <strong>et</strong> le cinéaste peuvent<br />
prendre plus ou moins de distances<br />
avec l’œuvre originale. Les<br />
changements peuvent porter sur<br />
l’époque, les lieux, les personnages,<br />
leurs actions, leur langage…Si les<br />
spectateurs espèrent reconnaitre<br />
les personnages qu’ils connaissent<br />
ainsi que les thèmes universels <strong>et</strong><br />
atemporels de la pièce d’origine, ils<br />
s’attendent aussi à ce que leur<br />
propre époque soit suggérée.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1949<br />
Film d'André Cayatte 1949 : Les amants de Vérone ; dialogues de Jacques Prévert<br />
Acteurs principaux :<br />
Pierre Brasseur (Raffaele), Serge Reggiani (Angelo), Anouk Aimée (Georgia), Louis Salou (Maglia),<br />
Martine Carol (B<strong>et</strong>tina Vardi), Marcel Dalio (Amedeo),<br />
Marianne (La<strong>et</strong>itia),Roland Armontel (Bianchini), René Génin (Le gardien du tombeau),Philippe<br />
Lemaire (Bened<strong>et</strong>ti),Robert Rollis (la doublure),Solange Sicard (Mme Maglia)<br />
Résumé :<br />
Juste après la fin de la deuxième guerre mondiale, un réalisateur décide de tourner, à Venise, une nouvelle version de la tragédie de<br />
Shakespeare, <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te. Accompagnée d'un guide, Raffaelo, la ved<strong>et</strong>te du film, B<strong>et</strong>tina, visite une verrerie à Murano où elle<br />
éblouit le jeune Angelo, souffleur de verre, qui, pour la revoir, se fait engager comme doublure de <strong>Roméo</strong>.<br />
Sur le plateau, Angelo rencontre Georgia, doublure de Juli<strong>et</strong>te. Georgia habite un étonnant palais vénitien où son père, Ettore, se<br />
cache comme son frère Amedeo, de la justice de l'après fascisme. Raffaelo convoite Georgia <strong>et</strong> fait survivre la famille. En dépit de leurs<br />
différences sociales, Angelo <strong>et</strong> Georgia s'aiment : leur histoire ressemble étrangement à celle des héros de Shakespeare<br />
Quand la troupe part pour Vérone, la jeune fille est chaperonnée par La<strong>et</strong>itia, troublante gouvernante. Les deux jeunes amants vivent<br />
un amour impossible <strong>et</strong> Raffaelo tente de faire tuer Angelo. Georgia, rentre à Venise, Angelo est attiré dans le palais. Raffaelo est tué<br />
par erreur <strong>et</strong> Angelo, grièvement blessé lors de sa fuite par Amedeo, va mourir dans les bras de Georgia, sur le plateau du studio. La<br />
jeune fille s'ouvre les veines sur son cadavre.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1968<br />
Film de Franco Zefirelli de 1968 : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Acteurs principaux : Roberto Bisacco, Michael York, Milo O'Shea, Leonard Whiting, Olivia Hussey, John Mc Enery<br />
Résumé :<br />
Le film de Zefirelli adapte très précisément la pièce de Shakespeare<br />
A Vérone, les Capul<strong>et</strong> <strong>et</strong> les Montaigu se livrent une lutte acharnée. Dans un bal masqué, <strong>Roméo</strong><br />
Montaigu rencontre Juli<strong>et</strong>te Capul<strong>et</strong>, <strong>et</strong> ils tombent amoureux l'un de l'autre, au mépris de la haine<br />
de leurs familles. Le lendemain, ils se marient en grand secr<strong>et</strong> dans la chapelle du Frère Laurence.<br />
Provoqué par un Capul<strong>et</strong>, Tybald, <strong>Roméo</strong> refuse le combat, mais son meilleur ami Mercutio est<br />
tué. Pour le venger, <strong>Roméo</strong> tue Tybald. Le jeune homme est exilé loin de Vérone, tandis que Lord<br />
Capul<strong>et</strong> organise en toute hâte le mariage de sa fille avec le comte de Paris, cousin du Prince de<br />
Vérone. Ne sachant que faire, Juli<strong>et</strong>te demande conseil au Frère Laurence; celui-ci lui donne une<br />
potion qui la plongera dans un état léthargique semblable à la mort. Le messager, envoyé à <strong>Roméo</strong><br />
pour le prévenir de la supercherie, arrive trop tard. <strong>Roméo</strong>, désespéré, se suicide sur le corps<br />
inanimé de Juli<strong>et</strong>te. Celle-ci, à son réveil, accomplira le même geste.
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<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1989<br />
Film de Coline Serreau de 1989 : Romuald <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Acteurs principaux : Daniel Auteuil ( Romuald), Firmine Richard (Juli<strong>et</strong>te), Pierre Vernier,<br />
Maxime Leroux, Gilles Privat, Catherine Salviat, Muriel Combeau, Alexandre Basse.<br />
Résumé :<br />
Romuald <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te travaillent depuis dix ans dans la même entreprise de produits laitiers, la société<br />
Blanlait, mais ils ne se sont jamais rencontrés. Et pour cause : Romuald, mari <strong>et</strong> père heureux, en<br />
est le PDG <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, antillaise <strong>et</strong> mère de cinq enfants nés de cinq pères différents, vivant en<br />
banlieu,est femme de ménage. Le destin va pourtant les rapprocher après que Romuald eut été<br />
victime d'une sombre machination. Ses ennuis commencent lorsqu'il fait de Paulin, qui n'est autre que l'amant de sa femme, son bras<br />
droit en le nommant directeur de l'usine de Lyon pour augmenter la production de Yaourts. C<strong>et</strong>te nomination déclenche la jalousie de<br />
Cloqu<strong>et</strong> qui va tout m<strong>et</strong>tre en oeuvre pour nuire à Romuald, en faisant entre autre saboter les cuves de lait. Romuald est limogé. Il se<br />
réfugie chez Juli<strong>et</strong>te qui, ayant découvert que Paulin était l'amant de Françoise, la femme de Romuald, l'accueille <strong>et</strong> le fait accepter par<br />
ses enfants. Avec l'aide de Juli<strong>et</strong>te il va réussir à faire éclater la vérité, à réintégrer ses fonctions. Il épouse Juli<strong>et</strong>te, il sera le père de son<br />
sixième enfant.
Page50<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1997<br />
Film de Baz Luhrmann 1997 Romeo + Juli<strong>et</strong>te<br />
Acteurs principaux : Leonardo Di Caprio (<strong>Roméo</strong>), Claire Danes (Juli<strong>et</strong>te), Harold Perrineau Junior,<br />
Diane Venona, Dash Mihok, John Leguizamo, P<strong>et</strong>e Postl<strong>et</strong>hwaite, Vondie Curtis-Hall, Vincent<br />
Laresca<br />
Résumé :<br />
Respect du texte intégral de Shakespeare, transposé au XXème siècle dans le contexte de la guerre<br />
des gangs aux USA<br />
Mégalopole surpeuplée en proie à la violence, Verona Beach vit sous la coupe de deux grandes familles dirigées par<br />
deux impitoyables capitaines d’industrie, Ted Montague <strong>et</strong> Fulgencio Capul<strong>et</strong>. Lorsque des membres de ces familles se<br />
croisent dans les rues, insultes <strong>et</strong> coups de feu sont aussitôt échangés en de sanglants affrontements que le capitaine<br />
Prince <strong>et</strong> ses policiers ont le plus grand mal à juguler. Un soir, grâce à une invitation que s’est procurée son ami<br />
Mercutio, <strong>Roméo</strong>, l’héritier des Montague, s’introduit dans un bal costumé donné par Fulgencio <strong>et</strong> son épouse Gloria<br />
en l’honneur des fiançailles de leur fille Juli<strong>et</strong>te avec Dave Paris. <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te se sentent irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, mais comment vaincre<br />
l’antagonisme ancestral de leurs clans ? Entre un père borné <strong>et</strong> autoritaire <strong>et</strong> une mère coqu<strong>et</strong>te <strong>et</strong> indifférente, Juli<strong>et</strong>te ne peut compter que sur le soutien<br />
de sa nourrice. Celle-ci fait le lien entre les amoureux <strong>et</strong> organise leur rencontre dans une église où le père Laurence les marie secrètement. Or, dès le<br />
lendemain, Tybalt, le cousin de Juli<strong>et</strong>te, provoque <strong>Roméo</strong>. Son ennemi d’hier étant désormais un parent, le nouveau marié refuse de répondre à c<strong>et</strong>te<br />
agression. Devant l’incompréhensible “lâch<strong>et</strong>é” de son ami, Mercutio intervient <strong>et</strong> meurt de la main de Tybalt. Fou de douleur, <strong>Roméo</strong> tue Tybalt <strong>et</strong> se voit<br />
en conséquence banni à Mantoue par le capitaine Prince. Son père ayant avancé la date de son mariage avec Paris, Juli<strong>et</strong>te, désespérée, s’adresse au père<br />
Laurence. Ce dernier lui procure un puissant narcotique grâce auquel elle pourra, pendant quelques heures, passer pour morte. Simultanément, il prévient<br />
<strong>Roméo</strong> par l<strong>et</strong>tre, mais la missive ne parvient pas à destination. Apprenant par son ami Balthasar la «mort» de Juli<strong>et</strong>te, <strong>Roméo</strong> achète du poison <strong>et</strong> se rend<br />
dans l’église où est exposé le corps de sa bien-aimée. À peine a-t-il avalé le breuvage mortel que Juli<strong>et</strong>te se réveille. Après un ultime serment d’amour,<br />
<strong>Roméo</strong> expire dans les bras de Juli<strong>et</strong>te qui, sans hésiter, se tire une balle dans la tête.
Page51<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
1999<br />
Film de John Madden 1999 : Shakespeare in love<br />
Acteurs principaux : Joseph Fiennes (Shakespeare), Geoffrey Rush (Henslove), Gwyn<strong>et</strong>h<br />
Paltrow (Lady Viola), Colin Firth, Ben Affleck, Judi Dench<br />
Résumé :<br />
Ce film raconte un épisode mystérieux de la vie amoureuse de Shakespeare qui lui aurait<br />
inspiré <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te.<br />
En l'été 1593,à Londres, le jeune poète <strong>et</strong> dramaturge au talent prom<strong>et</strong>teur William Shakespeare, criblé de d<strong>et</strong>tes <strong>et</strong> harcelé par son<br />
commanditaire Henslowe, prom<strong>et</strong> de lui livrer bientôt une nouvelle pièce, "Romeo <strong>et</strong> Ethel, la fille du pirate", dont il ne possède en<br />
fait que le titre. Lady Viola, qui vénère les sonn<strong>et</strong>s de Shakespeare, rêve de devenir actrice, ce qui est rigoureusement interdit aux<br />
femmes. Qu'à cela ne tienne, elle se déguise en garçon <strong>et</strong> décroche le rôle de <strong>Roméo</strong>. William découvre vite l'identité de son jeune<br />
premier <strong>et</strong> en tombe follement amoureux.
Page52<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
f) Les comédies musicales sur le thème de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
1961<br />
Réalisateur : Robert Wise<br />
Film américain 1961<br />
Genre: film musical<br />
Durée: 151 mn<br />
Musique: Leonard Bernstein<br />
Ce film a obtenu 10 Oscars.<br />
Avec Nathalie Wood, Richard Beymer, George Chakiris .<br />
D'après la comédie musicale jouée à Brodway.<br />
Première partie entièrement mu<strong>et</strong>te avec seulement musique <strong>et</strong> danse.<br />
À New York, dans les années 1950, deux gangs de rue rivaux, les J<strong>et</strong>s (Américains de la première génération, fils<br />
d'immigrés irlandais ou Polonais) <strong>et</strong> les Sharks (d'origine portoricaine), font la loi dans le quartier de West Side. Ils<br />
se provoquent <strong>et</strong> s'affrontent à l'occasion. Tony <strong>et</strong> Maria, chacun d’eux attachés à l'un des belligérants, tombent<br />
amoureux, mais le couple doit subir le clivage imposé par leur clan.
Page53<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
2001<br />
Créé le 19 janvier 2001 au Palais des Congrès de Paris.<br />
C<strong>et</strong>te comédie musicale a été produite par Gérard Presgurvic.<br />
Tout au long de sa carrière, Gérard Presgurvic a toujours été fasciné par<br />
l’alliance de la musique <strong>et</strong> de l’image. D’abord tenté par le cinéma, il réalise<br />
plusieurs courts-métrages <strong>et</strong> compose des musiques de films (« La vérité si<br />
je mens », « Moitié-moitié »,...), avant de s’orienter vers la chanson.<br />
Après le succès « culte » de « 5 heures du mat » par Chagrin d'amour, il composera de nombreux tubes pour des<br />
chanteurs français comme Patrick Bruel, Florent Pagny, Mireille Mathieu, Henry Salvador, Liane Foly…<br />
Avec son premier spectacle musical « <strong>Roméo</strong> & Juli<strong>et</strong>te », Gérard Presgurvic réalise un rêve de longue date, unir ses<br />
deux passions, la Comédie <strong>et</strong> la Musique. De ce mariage naît un succès phénoménal. Il réussit un véritable coup de<br />
maître. Créé en janvier 2001 au Palais des Congrès de Paris, « <strong>Roméo</strong> & Juli<strong>et</strong>te » attire près de 2 millions de<br />
spectateurs en France, <strong>et</strong> bat des records de vente avec plus de 6 millions de CD <strong>et</strong> DVD. Le même succès couronne<br />
l’étranger avec 5 millions de spectateurs dans le monde.<br />
On r<strong>et</strong>rouve un casting 2010 <strong>et</strong> un 2012.<br />
Site pour écouter des extraits :<br />
http://www.deezer.com/fr/search/romeo%20<strong>et</strong>%20juli<strong>et</strong>te%20comedie%20musicale
Page54<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
2007<br />
Giuli<strong>et</strong>ta & Romeo est une comédie musicale italienne, dont la première<br />
a été jouée le 1er juin 2007 dans l'arène de Vérone.<br />
Le compositeur est Richard Cocciante <strong>et</strong> le parolier, Pasquale Panella.<br />
La mise en scène est de Sergio Carrubba.<br />
Depuis, elle a été présentée dans plusieurs villes en Italie (Rome, Turin, Milan, Naples <strong>et</strong> autres) <strong>et</strong> à l'avenir<br />
elle sera présentée à d'autres villes italiennes <strong>et</strong> nations européennes.
Page55<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
g) Les musiques <strong>et</strong> chansons sur le thème de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
<strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te a inspiré plusieurs œuvres de jazz, parmi lesquelles la chanson Fever de Peggy Lee. L'album de Duke<br />
Ellington Such Swe<strong>et</strong> Thunder (1957) contient une pièce intitulée The Star-Crossed Lovers, dans laquelle le couple est<br />
représenté par deux saxophones, un ténor <strong>et</strong> un alto ; loin d'être traités à égalité, le saxophone de Juli<strong>et</strong>te domine clairement<br />
la composition.<br />
Dans la musique populaire, la pièce a inspiré des chansons aux The Supremes, à Bruce Springsteen, Taylor Swift, Tom<br />
Waits <strong>et</strong> Lou Reed, ainsi qu'à Dire Straits, dont la chanson Romeo and Juli<strong>et</strong> est sans doute la plus connue du lot.<br />
Le slam <strong>Roméo</strong> kiffe Juli<strong>et</strong>te par Grand Corps Malade imite l’œuvre de Shakespeare de manière plus actuelle, en<br />
racontant l’histoire de deux jeunes de religions différentes <strong>et</strong> très amoureux. Seule la fin change.
Page56<br />
SEQUENCE<br />
CLASSE<br />
DE<br />
Proj<strong>et</strong>s musicaux<br />
1- «America » extrait de West<br />
Side Story/ 2- Création d’un<br />
slam dans l’idée de Grand<br />
Corps Malade “<strong>Roméo</strong> kiffe<br />
Juli<strong>et</strong>te ».<br />
Œuvre (s) de référence<br />
«<strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de<br />
<strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
COMPÉTENCES VISÉES<br />
L’élève apprend les différentes composantes de l’opéra, le fonctionnement de la voix.<br />
Il étudie un thème sous diverses formes : opéra, ball<strong>et</strong>, théâtre, chansons, comédie musicale, film…<br />
Il produit de la musique à l’aide d’un instrument.<br />
Il crée sur le thème étudié <strong>et</strong> utilise l’informatique musicale.<br />
.<br />
Voix & geste<br />
<br />
<br />
Fonctionnement de la voix.<br />
Phraser son expression en fonction d’une intention.<br />
Question transversale :<br />
Musique <strong>et</strong> Arts du langage<br />
Comment une œuvre théâtrale<br />
se transforme-t-elle en musique ?<br />
Vocabulaire<br />
Ouverture<br />
Airs <strong>et</strong> récitatifs<br />
Fugue<br />
Homorythmie<br />
Ternaire<br />
Pédale<br />
Arpège<br />
Slam<br />
Timbre <strong>et</strong> espace<br />
<br />
Forme<br />
<br />
Acoustique du lieu de production <strong>et</strong> diffusion<br />
Les différentes écritures musicales dans l’opéra de<br />
<strong>GOUNOD</strong> : opéra/ fugue/ choral/prélude<br />
symphonique.<br />
COMPÉTENCES ASSOCIEES<br />
Styles<br />
Successif <strong>et</strong> simultané<br />
<br />
Temps <strong>et</strong> rythme<br />
<br />
Homorythmie (Prologue)<br />
Différents tempos d’une œuvre<br />
Socle commun & B 2i : Culture humaniste / Création avec<br />
Audacity<br />
HDA<br />
<br />
1- Peinture : « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong><br />
Juli<strong>et</strong>te devant les<br />
tombeaux des Capul<strong>et</strong> »<br />
de DELACROIX.<br />
<br />
Musiques savantes <strong>et</strong> musiques populaires<br />
Musique accompagnant une image.<br />
2- Film : « <strong>Roméo</strong><br />
+ Juli<strong>et</strong>te » de<br />
LUHRMANN<br />
Arts, ruptures, continuités : le dialogue des arts, analogies, transpositions…<br />
Œuvres complémentaires (au choix)<br />
Ball<strong>et</strong> de Prokofiev « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te »/ Symphonie dramatique de Berlioz « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te ».<br />
Thème du film « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Nino Rota.<br />
Extraits vidéos <strong>et</strong> de chansons de la comédie musicale « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Presgurvic.<br />
Publicité Egoïste de Chanel<br />
3- Le théâtre<br />
élisabéthain <strong>et</strong><br />
Shakespeare
Page57<br />
Séance 1 :<br />
Lecture du Prologue de la pièce de Shakespeare « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong><br />
Juli<strong>et</strong>te » avec fond musical de l’ouverture de l’opéra<br />
« <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Gounod.<br />
Prologue :<br />
Deux familles, égales en noblesse,<br />
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,<br />
Sont entrainés par d’anciennes rancunes à des rixes nouvelles<br />
Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.<br />
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies<br />
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d’amoureux<br />
Dont la ruine néfaste <strong>et</strong> lamentable<br />
Doit ensevelir dans leur tombe l’animosité de leurs parents.<br />
Les terribles péripéties de leur fatal amour<br />
Et les eff<strong>et</strong>s de la rage obstinée de ces familles,<br />
Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,<br />
Vont en deux heures être exposés sur notre scène.<br />
Si vous daignez nous écouter patiemment,<br />
Notre zèle s’efforcera de corriger notre insuffisance.<br />
Vocabulaire <strong>et</strong> notions étudiées :<br />
Opéra/Ouverture/Fugue/Choral/ Trémolo/<br />
Analyse d’écoute : « Ouverture <strong>et</strong> prologue » de l’opéra<br />
« <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Gounod.<br />
• 2 parties : 10 notes déclamées superposées au trémolo des<br />
cordes<br />
• Le fugato/ le choral<br />
‣ Raconter en quelques mots l’histoire de « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong><br />
Juli<strong>et</strong>te ».<br />
‣ Situer Shakespeare <strong>et</strong> dire un mot sur le théâtre élisabéthain.<br />
‣ Qu’est-ce qu’un opéra ?<br />
‣ Qu’est-ce qu’une ouverture dans un opéra ?<br />
Chant : « America » extrait de la comédie musicale « West side<br />
story ».<br />
‣ Le professeur chante <strong>et</strong> s’accompagne au piano.<br />
‣ Echauffement corporel.<br />
‣ Vocalises sur les syllabes A-me-ri-ca<br />
‣ Apprentissage des 2 coupl<strong>et</strong>s parlés en anglais puis parlés en rythme<br />
‣ Apprentissage avec la mélodie.<br />
Shakespeare <strong>et</strong> le Théâtre élisabéthain.
Page58<br />
Séance 2 :<br />
Chant : « America » extrait de la comédie musicale « West side story ».<br />
‣ Suite de l’apprentissage des coupl<strong>et</strong>s 3,4 <strong>et</strong> 5.<br />
‣ Séparation en groupes filles <strong>et</strong> garçons.<br />
‣ Avec accompagnement piano.<br />
Analyse d’écoute : « Nuit d’hyménée » de l’opéra « <strong>Roméo</strong><br />
<strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Gounod.<br />
‣ 3 ème duo de l’opéra<br />
‣ Intervalle de sixte<br />
‣ Duo directement ensemble car ils se connaissent.<br />
‣ Ternaire<br />
‣ Accompagnement : pulsation continue d’accords.<br />
‣ Doublure de la voix de Juli<strong>et</strong>te par le hautbois.<br />
Qui est Gounod ?<br />
Sa période différente de celle de Shakespeare.<br />
Vocabulaire <strong>et</strong> notions étudiées :<br />
Duo/ Air/ Intervalle de sixte/ accords/ternaire
Page59<br />
Séance 3 :<br />
Chant : « America » extrait de la comédie musicale « West side story ».<br />
‣ Extraits vidéos : America <strong>et</strong> Maria<br />
‣ Raconter l’histoire = comparer à <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
‣ Terminer le chant<br />
‣ Travail sur les accents rythmiques (2-3-2-3….)<br />
‣ Exercices rythmiques pour sentir les accents.<br />
Evaluation sur la qualité du chant<br />
Analyse d’écoute : « Ballade de la reine Mab » de l’opéra<br />
« <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Gounod.<br />
‣ La notion de fantastique<br />
‣ Faire chanter le début du thème<br />
‣ La ballade : coupl<strong>et</strong>s <strong>et</strong> refrain/ rimes…<br />
Vocabulaire <strong>et</strong> notions étudiées :<br />
Accents rythmiques/ ballade/ coupl<strong>et</strong>s-refrain/
Page60<br />
Séance 4 :<br />
Analyse d’écoute : « Wedding procession » du ball<strong>et</strong> de<br />
l’opéra « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Gounod. (acte IV)<br />
‣ Musique instrumentale<br />
‣ Les instruments de l’orchestre de c<strong>et</strong> opéra.<br />
Qu’est-ce qu’un ball<strong>et</strong> ?<br />
Pourquoi ce ball<strong>et</strong> dans un opéra ?<br />
Extrait du ball<strong>et</strong> de Prokofiev « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » =<br />
« Danse des chevaliers »<br />
Lien avec la publicité du parfum de Chanel « Egoïste »<br />
http://www.youtube.com/watch?v=Xgbw8VjiBzM<br />
Création : Slam sur le thème de « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te »<br />
‣ Ecoute du slam « <strong>Roméo</strong> kiffe Juli<strong>et</strong>te » de Grand Corps Malade.<br />
‣ Ecriture des paroles par groupes en interdisciplinarité avec le cours de<br />
Français.<br />
‣ Enregistrement de la voix (lecture du texte) à préparer à la maison.<br />
‣ Création d’une boucle.<br />
‣ Montage de la musique en classe = MAO.<br />
Comparaison entre la danse contemporaine du clip<br />
vidéo de « <strong>Roméo</strong> kiffe Juli<strong>et</strong>te » <strong>et</strong> du ball<strong>et</strong>.
Page61<br />
Séance 5 :<br />
Création : Slam sur le thème de « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te »<br />
‣ Suite de la création.<br />
‣ Montage avec Audacity.<br />
‣ Les enregistrements qui n’ont pas pu être faits à la maison seront faits<br />
en classe.<br />
‣ Collage avec une boucle créée <strong>et</strong> la lecture du slam.<br />
Evaluation : sur les écoutes <strong>et</strong> les notions étudiées.<br />
Le travail final sera mis sous clé USB puis noté<br />
= validation B2i
Page62<br />
Séance 6 :<br />
Histoire des arts<br />
Autour de <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
Peinture :<br />
« <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te devant les tombeaux<br />
des Capul<strong>et</strong> » de DELACROIX.<br />
Extrait du film : « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te »<br />
de Zefirelli.<br />
Thème qui peut être chanté ou joué<br />
de Nino Rota.<br />
Extraits de comédies musicales.<br />
Faire une fiche d’histoire des arts sur un des thèmes proposés.
Page63<br />
Socle commun<br />
Une des compétences pourra être validée.
Page64<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Les sources<br />
Sources Textes :<br />
Livre Pièce de théâtre édition Magnard « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te » de Shakespeare (classiques <strong>et</strong> patrimoine).<br />
La revue musicale « Avant scène opéra » « <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te<br />
« Guide de l’opéra » édition Larousse<br />
http://www.theatre-odeon.eu/fichiers/t_downloads/file_738_DA_R_J.pdf<br />
http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Shakespeare/144080<br />
http://www.inlibroveritas.n<strong>et</strong>/lire/oeuvre2124-chapitre3249.html<br />
http://www.alaintruong.com/archives/2008/03/11/8278630.html<br />
http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/ballade/166039
Page65<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
Films sources :<br />
http://www.google.fr/imgres?hl=fr&sa=X&tbo=d&biw=1280&bih=670&tbm=isch&tbnid=02og4CoNoFt43M:&imgrefurl=http://avant-premiere.cine.ch/sortie-film/Les-Amants-de-Verone-<br />
59727&docid=bZ96vPFcmHd_CM&itg=1&imgurl=http://avantpremiere.cine.ch/images/affiches/original/59727_1.jpg&w=600&h=800&ei=BHLQUPXFEoqN4gSdwICoBw&zoom=1&iact=hc&vpx=864&vpy=95&dur=2909&hovh=259&hovw=194&tx=1<br />
16&ty=148&sig=110138689328723500243&page=1&tbnh=140&tbnw=105&start=0&ndsp=32&ved=1t:429,r:6,s:0,i:103<br />
http://www.google.fr/imgres?hl=fr&sa=X&tbo=d&biw=1280&bih=670&tbm=isch&tbnid=1z5XNGm0cN6YYM:&imgrefurl=http://www.fanpop.com/clubs/1968-romeo-and-juli<strong>et</strong>-by-franco-<br />
zeffirelli/images/24658996/title/leonard-whiting-olivia-hussey&docid=GFP1Y0lzhvkjuM&imgurl=http://images5.fanpop.com/image/photos/24600000/Leonard-Whiting-Olivia-Hussey-1968-<br />
romeo-and-juli<strong>et</strong>-by-franco-zeffirelli-24658996-300-<br />
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e=1&tbnh=138&tbnw=174&start=0&ndsp=27&ved=1t:429,r:14,s:0,i:127<br />
http://www.google.fr/imgres?hl=fr&tbo=d&biw=1280&bih=670&tbm=isch&tbnid=kHc5Xd5aFydhVM:&imgrefurl=http://dpstreaming.org/romeo-juli<strong>et</strong>te-streaming/&docid=wd-<br />
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http://www.google.fr/imgres?hl=fr&tbo=d&biw=1280&bih=670&tbm=isch&tbnid=QIx0heBkbDK5XM:&imgrefurl=http://www.cine-fiches.com/comedie/page-<br />
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Page66<br />
<strong>Dossier</strong> <strong>Pédagogique</strong> : <strong>Roméo</strong> <strong>et</strong> Juli<strong>et</strong>te, <strong>Charles</strong> <strong>GOUNOD</strong><br />
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Comédies musicales<br />
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