La promotion de la culture entrepreneuriale et d ... - Grande Région

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La promotion de la culture entrepreneuriale et d ... - Grande Région

Les candidats à la création ou à la reprise d'entreprises ne sont pas assez nombreux dans

la Grande Région. Cette situation s'explique, entre autres, par un manque d'esprit d'entreprise

de la part des jeunes et une fausse culture de l'échec. Quant aux plus audacieux, perdus

dans la jungle administrative, leurs premiers pas vers l'indépendance professionnelle relèvent

souvent du parcours du combattant.

Assumant la présidence de la Grande Région entre mai 2000 et novembre 2001,

le Grand-Duché de Luxembourg s'est fixé pour objectif d'y stimuler, de manière forte et directe,

l'esprit d'entreprise. "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique

des PME concertée dans la Grande Région"constitue le thème central du 6 ème Sommet

de la Grande Région du 12 novembre 2001.

Dans cette perspective, afin de mieux appréhender les motivations et les attentes

des entrepreneurs de la Grande Région, le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg

a commandé une étude qualitative basée sur des interviews avec une cinquantaine

d'entre eux. Réalisée par un consultant externe, Andersen Luxembourg, ses conclusions ont

été communiquées une première fois à l'occasion du forum interrégional des entrepreneurs

du 18 mai 2001 à Mondorf-les-Bains / Luxembourg.

Ce volet de la publication présente, de manière exhaustive, cette étude qui est complétée

d'une bibliographie et d'une liste détaillée de sites internet.

3


Eupen

Namur

Mayence

Luxembourg

Sarrebruck

Metz

Sarre, Sarrebruck

Lorraine, Metz

Grand-Duché de Luxembourg, Luxembourg

5

Rhénanie-Palatinat, Mayence

Wallonie, Namur

Communauté française de Belgique

Wallonie, Eupen

Communauté germanophone de Belgique


La promotion de la culture

entrepreneuriale et d’une politique des PME

concertée dans la Grande Région

7


Table des matières détaillée

1 Préface 13

2 Note introductive 17

3 Synthèse – enseignements, recommandations et conclusion 21

3.1 Enseignements 21

3.2 Les missions envisageables pour la Grande Région 23

3.3 Recommandations 24

3.3.1 Assurer le développement de l’esprit d’entreprise auprès des jeunes 24

3.3.2 Permettre l’accès au capital pour tout projet d’entreprise viable 24

3.3.3 Instituer un "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement" 25

3.3.4 Améliorer la compétitivité des PME par un environnement favorable 25

3.3.5 Permettre l’accès à l’information en créant un portail

"Entrepreneurs & PME de la Grande Région" 26

3.3.6 Faire bénéficier les PME des nouveaux modèles d’entreprise issus des

nouvelles technologies 27

3.3.7 Réaliser le "marché" de la Grande Région pour en faire un "espace d’accès"

aux quatre marchés nationaux 27

3.3.8 Faire de la Grande Région un pôle d’excellence européen pour le

développement des PME, en particulier celles actives dans la société

de l’information 28

3.4 Conclusion 29

4 Champ d’application et méthodologie de l'étude 31

4.1 Contexte 31

4.2 Objectifs de l’étude 31

4.3 Délimitation géographique 32

4.4 Champ d’application 32

4.5 Limites de l’étude 33

4.6 Identification et sélection des entrepreneurs 33

4.6.1 L’identification des entrepreneurs 33

4.6.2 La sélection des entrepreneurs 34

4.6.3 Les entrepreneurs rencontrés 35

4.7 Guide d’entretien 35

9


5 Susciter l’esprit d’entreprise 37

5.1 Caractéristiques de l'esprit d'entreprise et de l'entrepreneur 37

5.1.1 La personnalité de l’entrepreneur 37

5.1.2 Les compétences de l’entrepreneur 38

5.1.3 Les valeurs inculquées à l'entrepreneur par son milieu 38

5.1.4 L'évolution de "l'homme-orchestre" vers l'homme-dirigeant 38

5.2 Motivations pour entreprendre 38

5.2.1 La volonté d'indépendance et de création 38

5.2.2 Le contexte économique 38

5.2.3 La volonté de reprendre l'entreprise familiale 39

5.3 Développement de l'esprit d'entreprise 39

5.3.1 Le cadre familial 39

5.3.2 Le cadre éducatif 39

5.3.3 Le cadre socio-professionnel – susciter l’esprit d’entreprise auprès des salariés 40

5.4 Défis au développement de l’esprit d’entreprise 41

5.4.1 Le cadre réglementaire et administratif 41

5.4.2 Le cadre familial 41

5.4.3 Les appréhensions par rapport à l'entrepreneuriat 41

5.4.4 La perception de l’entrepreneur par l'opinion publique 42

5.4.5 Le cadre financier 42

5.5 Recommandations 43

5.5.1 Le cadre politique 43

5.5.2 Le cadre administratif 43

5.5.3 Le cadre éducatif 44

5.5.4 La réduction de l’appréhension par rapport à l'entrepreneuriat 44

5.5.5 Le conseil et l'aide aux entrepreneurs potentiels par le biais de concours

de plans d’entreprise 45

5.5.6 L'essaimage 46

10

6 Dynamisation des PME 49

6.1 Défis à la dynamisation 49

6.1.1 Les différents défis du cycle de vie d’une PME 49

6.1.2 Les besoins de financement 50

6.1.3 Le marché de financement 51

6.1.4 Le marché du travail 53

6.1.5 La complexité des procédures administratives 53

6.1.6 La multitude de guichets et de portails uniques 53

6.2 Recommandations 54

6.2.1 L’Etablissement interrégional de Garantie et de Financement 54

6.2.2 Les pépinières d’entreprises 55

6.2.3 Les concours de plans d’entreprise 56

6.2.4 Le chèque-conseil 56

6.2.5 Les infrastructures 56

6.2.6 Le marché du travail 56

6.2.7 L'actionnariat des salariés 57

6.2.8 Le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région" 57

6.2.9 La fonction logistique comme outil de développement des PME 60


7 Programmes d’appui 63

7.1 Introduction 63

7.2 Constats 63

7.3 Degré de connaissance et d’utilisation des programmes 65

7.4 Recommandations 68

7.4.1 Le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région" 68

7.4.2 La mise en commun des meilleurs programmes dans la Grande Région 68

8 Vision "Entrepreneurs et PME" pour la Grande Région 71

8.1 Constats et considérations 71

8.2 Trois missions possibles pour la Grande Région 73

8.2.1 Mission 1 – Création des conditions nécessaires à un environnement

propice à la stimulation de l’esprit d’entreprise et à la création de PME 73

8.2.2 Mission 2 – Etablissement de la Grande Région en tant que "marché"

et plate-forme d’accès au marché européen 75

8.2.3 Mission 3 – Hisser la Grande Région parmi les meilleures régions

européennes pour le développement de PME, en particulier celles

actives dans la société de l’information 76

8.3 Structures pour la Grande Région 79

8.3.1 Les instances communes chargées de l’exécution des décisions 79

8.3.2 Groupe "Entrepreneurs de la Grande Région" 80

8.3.3 Chambre professionnelle commune pour la Grande Région 80

8.3.4 Etablissement Interrégional de Garantie et de Financement 80

9 Contexte macro-économique de la Grande Région 83

9.1 Constats 83

9.2 Recommandations 84

9.3 Statistiques macro-économiques de la Grande Région 85

9.3.1 La population 85

9.3.2 Les entreprises 90

10 Annexes 93

10.1 Remerciements 93

10.2 Définition des PME adoptée par la Commission européenne 93

10.3 Chiffres et données clés sur les entrepreneurs rencontrés 95

10.3.1 La catégorisation par secteur des 50 entreprises visitées 95

10.3.2 L'âge des entrepreneurs rencontrés 96

10.3.3 L'origine des entrepreneurs rencontrés 96

10.3.4 La formation des entrepreneurs rencontrés 96

10.3.5 La forme juridique des entreprises visitées 97

10.3.6 La taille des entreprises visitées 97

10.3.7 L'inventaire des programmes d'appui dans la Grande Région les plus

connus par les entrepreneurs rencontrés 98

10.3.8 L'inventaire des programmes d'appui dans la Grande Région les plus

utilisés par les entrepreneurs rencontrés 99

10.4 Index 100

10.4.1 Glossaire 100

10.4.2 Le récapitulatif des cartes, graphiques et tableaux 102

10.5 Bibliographie 102

10.5.1 Les livres consultés 102

10.5.2 Les études consultées 104

10.5.3 Les sites internet consultés 106

10.5.4 Les sites internet mentionnés dans le rapport 113

11


1 Préface

La présente étude, commandée par le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg, offre

l’opportunité unique de réaliser un plaidoyer en faveur des entrepreneurs et des PME.

Cette mission a amené Andersen Luxembourg à revenir sur le chemin parcouru depuis sa

création. Bien que faisant partie d’une organisation mondiale de 85.000 personnes, le bureau

luxembourgeois, créé voilà 21 ans, est passé par toutes les étapes du développement d’une

PME pour atteindre aujourd'hui un effectif de plus de 500 collaborateurs et un chiffre d'affaires

annuel dépassant €40 millions.

Assistant les entreprises de la Grande Région depuis sa création, Andersen était conscient,

en acceptant ce mandat, que de nombreuses réflexions avaient déjà été menées sur

la promotion de l'esprit d'entreprise et la dynamisation des PME. Plutôt que d’exprimer uniquement

ses propres vues sur le sujet ou de compiler les études existantes, Andersen a voulu baser

ses recommandations sur les besoins exprimés par les bénéficiaires de l’étude, à savoir

les entrepreneurs de la Grande Région.

Pour ce faire, cinquante entretiens ont été menés avec des entrepreneurs de la Grande Région.

Bien que cette étude ne prétende à aucune représentativité statistique, le choix de personnalités

reconnues pour leur "esprit d’entreprise" et leur aptitude au développement des PME a permis

de dégager des enseignements et des recommandations applicables à l'ensemble de la Grande

Région.

Les principales recommandations

1 Assurer le développement de "l’esprit d’entreprise" auprès des jeunes.

2 Permettre l’accès au capital pour tout projet d’entreprise viable.

3 Instituer un "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement".

13

4 Améliorer la compétitivité des PME par un environnement favorable.

5 Permettre l’accès à l’information en créant un portail Internet "Entrepreneurs & PME

de la Grande Région".

6 Faire bénéficier les PME de nouveaux modèles d’entreprise issus des nouvelles technologies.


7 Réaliser le "marché" de la Grande Région pour en faire un "espace d’accès" aux quatre

marchés nationaux.

8 Faire de la Grande Région un pôle d’excellence européen pour le développement des PME,

notamment dans le cadre de la société de l’information.

En prévision du 6 ème Sommet des Chefs des Exécutifs de la Grande Région du 12 novembre

2001, nous espérons que ces recommandations permettront aux autorités politiques de

formuler une politique concertée afin de réaliser une Grande Région entrepreneuriale, créatrice

de valeur ajoutée et d’emplois, une Grande Région dans laquelle les entités membres coopèrent

et donnent les moyens aux PME de développer leurs activités dans leur région comme dans les

autres entités membres. L’ambition des responsables politiques de la Grande Région devrait être

de stimuler la volonté d’entreprendre des jeunes et encourager les entrepreneurs à s’aventurer

hors des sentiers battus dans l’optique de devenir un pôle d'excellence en Europe.

Andersen

Luxembourg, juillet 2001

14


2 Note introductive

Le rapport est structuré comme suit.

Chapitre 3

Il synthétise les enseignements et les recommandations pour la Grande Région

et les conclusions de cette étude.

Chapitre 4

Il présente la méthodologie et le champ d'application de l'étude.

Chapitre 5

Il est consacré à la promotion de l'esprit d’entreprise. Il s’agit de décrire les caractéristiques

d'un entrepreneur et d'étudier comment cet esprit d'entreprise peut être suscité dès le plus

jeune âge. Ce chapitre traite de tous les éléments conduisant l'individu jusqu’à la création

effective d’une entreprise. Il part de constats, analyse les défis inhérents à ces constats

et propose un certain nombre de recommandations.

Chapitre 6

Il met en exergue les éléments susceptibles de dynamiser le développement des PME créées.

De nouveau, des constats sont établis, les défis analysés et des recommandations formulées

pour dynamiser les entreprises au niveau de la Grande Région.

Chapitre 7

Il traite des programmes d'appui disponibles pour les entreprises dans les différentes entités

membres. Il ne s'agit pas de les évaluer, mais simplement de déterminer la connaissance qu’en

ont les entrepreneurs. Un certain nombre de recommandations sont proposées dans le but

de remédier aux faiblesses identifiées.

Chapitre 8

Il est consacré à la Grande Région et aux possibilités pour les différentes entités membres

de mettre en place les recommandations détaillées dans les chapitres 5 à 7. Différents éléments

pour une politique concertée en faveur des PME sont proposés afin d'aboutir au chapitre 8

à l’élaboration d'une vision et d'un rôle pour la Grande Région.

17


Chapitre 9

Le contexte macro-économique de la Grande Région est analysé dans le chapitre 9.

Ce document reflète les vues exprimées par les entrepreneurs. Les avis d'Andersen sont

spécifiés en tant que tels.

18


3 Synthèse – enseignements, recommandations

et conclusion

3.1 Enseignements

Les enseignements repris ci-dessous reflètent exclusivement la synthèse des vues exprimées

par les entrepreneurs rencontrés à l'exception des textes en italique qui reflètent l'appréciation

d'Andersen.

Les enseignements relatifs au développement de l’esprit d’entreprise

1 Les motivations pour entreprendre sont la volonté de créer, d’innover, de vivre sa passion

et d’être indépendant. Les autres raisons invoquées sont l’absence d’alternatives

(chômage, restructuration, volonté de rester dans sa région) ou la responsabilité de reprendre

la PME familiale.

2 Les caractéristiques de l’entrepreneur sont la volonté d’innover, l’esprit critique, la prise de

risques, la confiance en soi, la persévérance, la compréhension des besoins du marché et

la traduction de ces besoins en offres attractives. Enfin, les capacités d’animer des hommes

et de déléguer sont essentielles pour assurer le développement d'une PME.

3 Entreprendre, c’est un "état d’esprit". C’est en développant chez les jeunes les caractéristiques

de cet état d'esprit que l’on pourra les motiver pour entreprendre et créer leur PME,

soit à l’issue de leurs études, soit après une ou plusieurs expériences professionnelles.

4 Parmi les nombreux types de défis au développement de l’esprit d’entreprise, il y a lieu

de relever principalement:

· tout d’abord, un défi éducatif: les entrepreneurs estiment que les cursus scolaires et une

majorité d’enseignants ne sont souvent pas à même de susciter chez les jeunes le goût

d’entreprendre

· ensuite, un défi social: entreprendre, c’est s’exposer à l’échec dans une société où l'on est

davantage enclin à punir l’entrepreneur malheureux plutôt qu’à lui reconnaître le mérite

d’avoir essayé. Pour les salariés, entreprendre signifie aussi la perte d’une situation parfois

confortable

· puis, un défi humain: entreprendre et créer une PME exige beaucoup de temps, d’énergie,

au détriment de la vie familiale

· enfin, un défi d’image: une connotation négative serait associée dans le grand public au

statut même d’entrepreneur.

21


5 Les principaux obstacles à la création et au développement des PME énumérés par les

entrepreneurs sont les suivants:

· l’accès au capital auprès des banques, aussi bien lors de la création que lors des phases

de croissance et de maturité, constitue un problème important. Les entrepreneurs estiment

que les banques commerciales délaissent l’activité de crédit aux PME et exigent trop

de garanties

· le manque de collaborateurs qualifiés dans la Grande Région et le manque de moyens pour

les PME de trouver des collaborateurs au-dede ses frontières, ainsi que les contraintes liées

aux autorisations de travail

· les contraintes administratives et réglementaires réduisent la compétitivité des PME.

Le nombre trop important de contraintes, la difficulté d’accès aux informations, de même que

la mise en conformité avec les obligations qu’elles imposent, ne créent pas de valeur ajoutée.

Bien au contraire, ces contraintes engendrent des coûts supplémentaires. Ces coûts sont

d’autant plus lourds que la PME est petite.

6 Deux constats essentiels, bien que non spécifiques à la Grande Région, sont ressortis

des entretiens:

· la transmission à un membre de la famille, à un collaborateur ou à un associé, pose de

nombreux problèmes à la majorité des entrepreneurs. Il en va de même lorsqu’il s’agit

d’assurer la croissance de la PME par l’entrée de collaborateurs dans le capital

· les entrepreneurs ne sont, à notre avis, pas encore suffisamment conscients des opportunités

et défis résultant pour leur PME de l'avènement des nouvelles technologies de l’information.

22

7 La Grande Région ne représente pas une réalité économique pour les entrepreneurs.

Les deux principaux constats sont les suivants:

· les entrepreneurs ne perçoivent pas la Grande Région en tant que "marché". Elle demeure

une notion abstraite. La connaissance et l’intérêt des entrepreneurs pour la Grande Région

diminuent au fur et à mesure qu’on se rapproche de sa périphérie et des pôles économiques

voisins (Strasbourg, Bruxelles, Cologne, Aix-la-Chapelle, etc.). D’ailleurs, la Grande Région se

place, pour les échanges commerciaux, en quatrième position 1 derrière les marchés locaux,

nationaux et européens

· pour une PME dont l’activité commerciale se situe sur le plan local ou national et qui

souhaiterait se développer dans les autres entités membres de la Grande Région, le premier

obstacle réside dans les législations et pratiques réglementaires divergentes. En matière de

création de PME dans une autre entité membre, la difficulté réside dans l’accès à

l’information et à l’investissement en argent et en temps pour effectuer les formalités liées

à une telle création. Concernant le commerce transfrontalier, le risque réside dans la

méconnaissance des procédures de recouvrement en cas de refus de paiement du client.

8 Il existe un grand nombre de programmes d’appui – quelque 185 ont été identifiés par

Andersen – dans les entités membres. Ils émanent de l’Union européenne, des ministères,

des directions régionales, des établissements publics et sociétés de développement local, des

chambres professionnelles, des organisations patronales ou encore d’associations privées

sans but lucratif:

· les entrepreneurs s’interrogent quant à l’utilité d’un tel nombre de programmes. Force est

de constater que les programmes d’appui recensés sont peu connus et peu utilisés par les

entrepreneurs rencontrés

· un entrepreneur ne peut pas aujourd’hui accéder à ces programmes d’appui à partir d’un

seul et unique point de contact dans les entités membres

· enfin, Andersen constate que l’essentiel des programmes d’appui est d’ordre financier

(crédits, financements liés à des mesures spécifiques) visant à dynamiser les PME.

Il n’existe que peu de programmes pérennisés visant à développer l’esprit d’entreprise

auprès des jeunes.

1Ce constat est le résultat des réponses fournies par les entrepreneurs

rencontrés quant à la ventilation du chiffre d'affaires de leur PME


9 Andersen constate qu'il n’existe à l’échelle de la Grande Région que très peu de statistiques

économiques récentes en matière de PME pouvant être comparées entre entités membres et

agrégées au niveau de la Grande Région. Chaque pays dispose certes de ses propres données

statistiques, mais les règles de calcul et les définitions varient d'un pays à l'autre:

· les autorités politiques ne semblent pas disposer de tableau de bord ou de statistiques

récentes et cohérentes qui leur permettent d’évaluer à l’échelle de la Grande Région leur

politique en matière de PME

· un entrepreneur souhaitant tester la viabilité de son projet dans la Grande Région par une

étude de marché ne peut obtenir en un seul endroit, à un prix raisonnable et dans des délais

raisonnables, les informations statistiques nécessaires et cohérentes.

3.2 Les missions envisageables pour la Grande Région

La volonté de formuler une politique concertée pour stimuler l’esprit d’entreprise et

dynamiser les PME ne va pas sans s’interroger sur la valeur ajoutée de la Grande Région

dans ce domaine. Andersen considère que:

· la Grande Région peut créer les conditions permettant à ses PME d’accéder facilement,

non seulement à un marché régional de plus de 11 millions d’habitants, mais aussi à

un marché de 140 millions d’habitants formé par les quatre marchés nationaux et situé

à cheval sur deux cultures

· la Grande Région représente, pour les instances officielles, l’opportunité de développer

des synergies entre les autorités politiques des entités membres et les représentants

des entrepreneurs et des PME, d’échanger les meilleures pratiques et d’accélérer leur

déploiement, de mettre en commun des ressources financières et des infrastructures

existantes, etc.

La formulation d’une politique concertée par les autorités politiques de la Grande Région

devra prendre en compte les considérations suivantes:

· la marge de manœuvre des autorités politiques est restreinte puisque quatre des cinq entités

membres ne disposent pas de pouvoirs souverains et n’ont de compétences que dans

des matières limitées

· l’intérêt des entrepreneurs pour la Grande Région diminue au fur et à mesure que l’on se

rapproche de sa périphérie. Les autorités politiques devront tenir compte de ce phénomène

dans leur politique concertée

· les autorités politiques devront se doter de mécanismes et de moyens pour appliquer

les décisions d’une politique concertée. Elles auront le choix entre une intensification de

la coopération entre entités membres et la création d'institutions communes chargées

d’exécuter la politique concertée en faveur de l’esprit d’entreprise et des PME.

Dans ce contexte, Andersen recommande d’étudier la création d’un "Etablissement

interrégional de Garantie et de Financement", de promouvoir une "Chambre de Commerce,

de l’Industrie et des Métiers" pour la Grande Région ou, à défaut, de stimuler une collaboration

accrue entre toutes les chambres professionnelles / consulaires de la Grande Région.

Andersen propose trois missions possibles pour la Grande Région. Elles seront détaillées

au quatrième chapitre:

· créer les conditions nécessaires à un environnement propice à la stimulation de l’esprit

d’entreprise et à la création de PME

· établir la Grande Région en tant que "marché" pour les PME de la Grande Région, leur

permettant de se développer sans "coûts de friction administratifs et réglementaires" au-de

des frontières. Elle facilitera ensuite l’accès à l’ensemble des marchés nationaux des entités

membres de la Grande Région pour toute PME qui voudra s'y créer ou s'y établir

· hisser la Grande Région parmi les meilleures régions européennes pour le développement

de PME en particulier celles actives dans la société de l’information.

23


3.3 Recommandations

Les recommandations ci-dessous sont le résultat de l’analyse d'Andersen sur base des opinions

et besoins exprimés par les entrepreneurs rencontrés.

3.3.1 Assurer le développement de l’esprit d’entreprise auprès des jeunes

Si l’on veut dynamiser les PME afin de renforcer le développement économique et la création

d’emplois, les objectifs de la Grande Région passent obligatoirement par le développement

de l’esprit d’entreprise. Bien que la grande majorité des PME créées le soient par des entrepreneurs

âgés entre 25 et 40 ans, disposant d’une ou plusieurs expériences professionnelles,

il s’agit de stimuler l’esprit d’entreprise bien en amont dans la vie des personnes.

Il s’agit en particulier de susciter auprès des jeunes la volonté d’innover, le goût du risque,

la confiance en soi, la persévérance dans leurs idées et dans leur engagement, l’esprit critique,

la capacité de transposer un besoin en offre économique, la volonté d’être indépendant et

de vivre sa passion. Une fois cet état d’esprit acquis, il se conserve et permet au moment

opportun de créer une PME, d’en reprendre une ou encore de s’associer avec son supérieur

ou d’autres entrepreneurs pour assurer le développement d’une entreprise.

En premier lieu, les entrepreneurs proposent d’agir dans le domaine de l’éducation.

Ceci nécessitera une concertation entre chambres professionnelles, organisations patronales,

autorités en charge de l’enseignement dans les entités membres, ainsi qu’avec les écoles

et leurs enseignants.

Une première mesure est d’adapter le cursus scolaire pour permettre un échange régulier

entre étudiants et entrepreneurs, enseignants et entrepreneurs. Il s’agit de déployer et

de pérenniser à l’échelle de la Grande Région les quelques initiatives développées autour

du thème "découverte des PME en école", pour permettre aux entrepreneurs ayant réussi

de présenter leur parcours aux étudiants ou aux étudiants de visiter leur PME.

Il s’agit aussi de proposer des échanges entre PME et enseignants afin de les sensibiliser

aux réalités des PME.

24

Une deuxième mesure consiste à offrir des stages en PME aux étudiants et enseignants.

Selon les entrepreneurs, les stages constituent un des meilleurs moyens pour faire connaître

aux jeunes et aux enseignants le rôle de l’entrepreneur et de la PME. Les stages devront

répondre à des critères bien définis d'objectifs, de durée et de suivi.

En second lieu, il s’agit de revaloriser dans l'opinion publique l’image de l’entrepreneur et

le rôle de la PME. Il appartient aux chambres professionnelles et organisations patronales

de susciter l’intérêt des médias pour les PME, les entrepreneurs et l’esprit d’entreprise.

3.3.2 Permettre l’accès au capital pour tout projet d’entreprise viable

Toute personne, et notamment tout jeune, qui possède un projet d’entreprise viable doit

pouvoir avoir accès au capital pour réaliser son idée. De plus, les PME ayant dépassé le stade

de la création doivent pouvoir obtenir les crédits nécessaires pour financer leur expansion.

Nous estimons que le crédit aux PME de la Grande Région présente une opportunité de marché

à exploiter par les banques qui se spécialisent dans ce métier. Au-dedes capitaux propres dont

devra disposer le banquier pour satisfaire aux ratios imposés par les autorités de surveillance, le

métier de crédit aux PME suppose des compétences et des qualifications spécifiques des collaborateurs

en charge des dossiers de crédit, de même qu’une organisation et un processus de décision

différents des autres métiers bancaires. Les autorités politiques de la Grande Région, avec le

support des chambres professionnelles et organisations patronales, devront tenter de persuader

les groupes bancaires de l’intérêt du crédit aux PME de la Grande Région. Elles pourront aussi

offrir aux employés des banques des formations spécialisées en matière de crédits aux PME.

2Andersen est un des partenaires de "Business Initiative asbl" pour le projet "123 Go"


3Andersen a identifié quelque 185 programmes d'appui dans la Grande Région.

Cette liste n'est pas exhaustive. Les programmes d'appui sont de nature opérationnelle,

financière et / ou de sensibilisation. Andersen propose aux autorités politiques de sélectionner

4 ou 5 programmes qu'elles souhaitent déployer sur l'ensemble de la Grande Région.

Nous recommandons aux autorités politiques d’encourager les parties intéressées 2 à développer

davantage les concours de plans d'entreprise dans la Grande Région. Ces concours permettraient

à des entrepreneurs et professionnels expérimentés de conseiller l’entrepreneur en devenir sur

l’opportunité de réaliser le projet d’entreprise ou de le réorienter, de lui proposer un accompagnement

et de le guider pour le financement vers des banques, des "Business-Angels" ou des

fonds de capital-risque et d’améliorer ainsi les chances de succès du projet.

Enfin, Andersen recommande que, pour tout projet jugé viable par les concours de plan d’entreprise,

la Grande Région, via son "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement"

(voir chapitre 6.2.1), garantisse le crédit bancaire pour la création de la PME, voire finance le

capital de départ lorsque l’entrepreneur n’en a pas les moyens.

3.3.3 Instituer un "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement"

Les autorités politiques devraient doter la Grande Région d’un "Etablissement interrégional

de Garantie et de Financement" ou bien étudier la possibilité de modifier et étendre la mission

et le champ d’intervention de l’actuel "Eurefi" www.eurefi.org/animation3b2.htm.

Cet établissement soutiendrait les mesures de la Grande Région à l’aide d’instruments

financiers appropriés tels que prêts, garanties et cautionnements pour les PME. Il en serait

de même pour le développement des PME dans le cadre de la société de l’information

dans la Grande Région.

Cet "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement" interviendrait en particulier

au cours des étapes suivantes:

· assurer que tout entrepreneur ayant un premier projet d’entreprise jugé viable lors d’un

concours de plans d’entreprise puisse obtenir un capital de départ

· d'abord, accorder des garanties / cautionnements pour les entrepreneurs souhaitant

créer une PME

· ensuite, financer les programmes d’appui 3 sélectionnés par les autorités politiques de la

Grande Région pour l’ensemble des PME

· permettre aux entrepreneurs d’accéder, en un seul endroit, aux informations sur le financement

du développement de leur PME dans la Grande Région

· s’accorder avec les entités membres afin de permettre aux PME d’accéder, au travers de

ses services, à la grande diversité des mesures locales et nationales d’accompagnement

financier

· obtenir les fonds alloués par les programmes européens pour les entreprises et ensuite

exécuter ces programmes dans la Grande Région. Il aidera aussi les PME à accéder à

ces programmes.

3.3.4 Améliorer la compétitivité des PME par un environnement favorable

Les autorités politiques de la Grande Région devraient agir pour renforcer les mesures

d’accompagnement et pour créer un environnement administratif favorable au développement

des PME dans les entités membres et dans la Grande Région.

Sur le plan administratif, il s’agit de:

· réaliser les mesures d’amélioration de l’environnement des PME déjà énoncées dans

les entités membres, établir des priorités et communiquer un plan et un calendrier

de mise en œuvre

· évaluer la valeur ajoutée pour les autorités publiques de l’ensemble des procédures (tâches,

pièces, formulaires, demandes, etc.) exigées des PME, puis de supprimer toutes les procédures

dont l’utilité publique ne peut être établie ou faisant double emploi. Pour les procédures

restantes, il conviendra, dans la mesure du possible, de les regrouper et de les simplifier

· rendre possible, grâce à Internet, l’inscription, l’application et le traitement en ligne de toutes

les procédures et pièces exigées par l’administration des PME

25


· évaluer la performance des "guichets uniques" au service des PME, puis adapter les meilleures

pratiques à l’ensemble de la Grande Région; envisager une mise en commun et une gestion

commune des guichets uniques de la Grande Région.

Sur le plan des ressources humaines, les autorités politiques de la Grande Région devraient

se concerter pour aider les PME à trouver et employer une main d’œuvre qualifiée en agissant

sur trois leviers. Bien que les deuxième et troisième leviers ne soient pas de la compétence

des entités membres, excepté le Grand-Duché de Luxembourg, ils n’en sont pas moins essentiels.

Les autorités politiques de la Grande Région peuvent relayer ces propositions auprès de

leurs autorités nationales. Il s’agit de:

· permettre à toutes les PME de la Grande Région de faire connaître via Internet leurs offres

d’emploi relatives au personnel qualifié sur l’ensemble de la Grande Région et au-de

· pour les autorités politiques de la Grande Région, intervenir auprès des autorités nationales

afin d’assouplir les conditions d’obtention des autorisations de travail pour les non-communautaires,

dans le cas de qualifications spécifiques et pour les PME exportant ou travaillant

en dehors de l’Union européenne

· obtenir pour la Grande Région un régime d’exception dans le cadre de la restriction

des mouvements de main d’œuvre en provenance des futurs Etats-membres de

l’Union européenne.

Sur le plan législatif, les entrepreneurs estiment que les autorités politiques de la Grande

Région devraient se faire l’interprète des PME auprès des autorités nationales pour favoriser

une flexibilisation de l'organisation et de la durée du temps de travail. De même, l’échange

de collaborateurs entre PME ayant des actionnaires communs devrait être permis.

3.3.5 Permettre l’accès à l’information en créant un portail "Entrepreneurs & PME

de la Grande Région"

A l’ère d'Internet, les autorités membres de la Grande Région se doivent d’offrir aux PME

un accès centralisé et facile à l’information recherchée sur la Grande Région et ses PME,

de même que le traitement en ligne des démarches administratives. Ainsi, la Grande Région

devrait-elle, en complément aux solutions partielles qui existent déjà, faire créer et animer –

par des appels d’offres au secteur privé – le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande

Région". Celui-ci permettra l’accès aux informations tant demandées par les entrepreneurs

et les PME.

26

Le portail s’organisera pour offrir, avec les chambres professionnelles et organisations

patronales, les services de la Grande Région adaptés aux besoins des PME. Ce portail

offrira notamment les possibilités de:

· permettre aux PME de se présenter et de faire connaître leurs offres et services

· offrir au travers de liens l'accès à d'autres sites Internet proposant des services et informations

utiles aux PME, tels que les sites des chambres professionnelles, de l’Union européenne,

des administrations, etc.

· permettre l’inscription en ligne pour obtenir les autorisations, financements, programmes

d’appui, agréments nécessaires pour le commerce au-dedes frontières nationales qui

découpent la Grande Région

· présenter la Grande Région et ses atouts aux PME et entreprises intéressées à s'y établir

· se former en ligne

· recenser les offres d’emplois pour collaborateurs qualifiés et les stages en entreprise pour

les jeunes et les enseignants

· être le portail d’entrée vers les solutions spécialisées qui permettront de faire bénéficier

les PME des nouveaux modèles d’entreprise issus des nouvelles technologies

· recenser les informations utiles pour des PME, telles que les sites disponibles par zones

d’activités dans la Grande Région.


Il sera nécessaire de prendre en compte les bonnes pratiques déjà existantes au sein des entités

membres ou sur le plan bilatéral et d’en tirer les enseignements pour créer un portail unique

au service des entrepreneurs et PME de la Grande Région.

A l’heure où l’utilisation d’Internet n’est pas encore généralisée dans toutes les PME, il sera

opportun de compléter le "portail entrepreneur" par un "centre d’appel entrepreneur de

la Grande Région" qui permettra de répondre aux questions les plus fréquentes des entrepreneurs

et de les orienter dans leurs démarches.

3.3.6 Faire bénéficier les PME des nouveaux modèles d’entreprise issus des

nouvelles technologies

Les autorités de la Grande Région devraient faciliter aux PME l’accès aux nouveaux modèles

d’entreprise issus des nouvelles technologies par la mise en place de:

· une place de marché électronique d’achats: l’objectif est de disposer de meilleures conditions

d’achats au travers de volumes, de conditions logistiques préétablies et de stimuler l’échange

commercial au sein de la Grande Région. La place de marché permettra à toutes les PME

intéressées de la Grande Région de grouper leurs achats (chimie, emballages, roulements,

moteurs, etc.) et à d’autres PME de la Grande Région d’y répondre. La place de marché sera

ouverte à toutes les autres places de marché et fournisseurs extérieurs à la Grande Région

· un ou des service(s) de mutualisation d’applications informatiques "Application Service

Providers" sur la Grande Région pour permettre à toute PME d’accéder aux meilleurs logiciels

disponibles. L’objectif est de leur permettre de réaliser des économies d’échelle au niveau

de la Grande Région en mettant à leur disposition des applications bureautiques standard,

des programmes "Enterprise Ressource Planning ERP" pré-configurés, des logiciels d’optimisation

logistique et de routage, etc.

· un service d’étalonnage en ligne "Benchmarking", permettant à chaque PME de comparer

sa performance opérationnelle par rapport à d’autres PME de la Grande Région et de pouvoir

disposer de conseils en ligne pour améliorer ses performances et donc sa compétitivité.

3.3.7 Réaliser le "marché" de la Grande Région pour en faire un "espace d’accès"

aux quatre marchés nationaux

Le premier objectif est d’établir la Grande Région en tant que "marché" pour les entrepreneurs

et les PME, leur permettant de se développer sans "coûts de friction administratifs et réglementaires"

au-dedes frontières qui découpent la Grande Région. Les mesures envisageables

consistent à:

· réunir les spécialistes des questions administratives, réglementaires, fiscales et juridiques

des entités membres afin de fournir les réponses aux questions les plus usuelles via

un "centre d’appel" ou le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région"

· offrir l’inscription administrative automatique à toute PME d’une entité membre de la Grande

Région pour s’établir dans une autre entité membre de la Grande Région sans autres frais

et contraintes

· mettre à disposition des "chèques-conseils" qui permettront à toute PME d’acheter

un nombre d’heures de prestations de conseils juridiques, fiscaux, marketing, informatiques

et d’analyses de marché pour des questions ponctuelles dans les entités membres

· étendre sur l’ensemble de la Grande Région les meilleures pratiques des entités membres

(programmes de sensibilisation, programmes de support et programmes opérationnels)

· créer le "répertoire PME Grande Région" sur le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande

Région", permettant aux PME de se présenter sur le World Wide Web et de rechercher des

clients et fournisseurs potentiels au sein de la Grande Région, voire au-dede ses limites

géographiques

· favoriser la constitution de communautés entrepreneuriales à l’échelle de la Grande Région

pour promouvoir les échanges entre secteurs d'activités, pour regrouper les achats de PME,

pour s'étalonner entre PME "Benchmarking", etc.

27


Le deuxième objectif découle du premier puisque la Grande Région devient ainsi un "espace

d’accès" à partir duquel une PME installée dans la Grande Région aura toutes les facilités

pour surmonter les obstacles issus des pratiques législatives et réglementaires des quatre pays.

La Grande Région devient ainsi un marché ouvert sur les 140 millions de consommateurs

des quatre marchés nationaux créant ainsi un avantage économique certain pour ses PME.

La Grande Région en tant que "marché" sera un succès dès l’instant où les entrepreneurs

se tourneront vers les PME de la Grande Région pour y trouver leurs fournisseurs, partenaires

et clients au même titre qu’ils le feraient sur leur territoire national d’origine, l’Europe ou

le monde. La Grande Région sera un succès pour les PME et entrepreneurs dès l’instant qu’être

installé dans la Grande Région sera synonyme pour une PME d’être installé en France, en

Allemagne, en Belgique, au Luxembourg et de pouvoir y entreprendre et échanger avec autant

de facilités que sur son territoire d’origine.

3.3.8 Faire de la Grande Région un pôle d’excellence européen pour

le développement des PME, en particulier celles actives dans la société

de l’information

Quelle que soit l’évolution récente des cours de bourse, la société de l’information et

l’utilisation croissante des nouvelles technologies liées à Internet sont bien réelles. Cette société

de l’information se caractérise par une globalisation croissante, une révolution technologique

généralisée et une compétition accrue pour recruter des collaborateurs compétents. Andersen

estime que la Grande Région devrait avoir une double ambition.

En premier lieu, il y a lieu de sensibiliser et de préparer l’ensemble des PME à saisir les

opportunités et de relever les défis lancés par la société de l’information. Andersen

recommande aux autorités politiques de la Grande Région d’envisager les mesures suivantes.

Sensibiliser par des formations les entrepreneurs de la Grande Région aux défis et opportunités

liés aux nouvelles technologies.

Financer des réseaux de communication à haut débit au travers de la Grande Région.

Aider la recherche de collaborateurs qualifiés pour les PME et assouplir les réglementations

relatives à l’obtention des permis de travail pour les spécialistes.

Permettre l’accès à l’information via un portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région",

faciliter et créer l'apprentissage à distance via le web.

Offrir aux PME l’accès aux nouveaux modèles d’entreprise issus des nouvelles technologies.

En second lieu, il s’agit de développer une stratégie pour hisser la Grande Région parmi

les dix premières régions européennes pour le développement de PME actives dans la société

de l’information.

28

Andersen estime que les nouvelles technologies et les métiers en relation avec la société de

l’information présentent l’opportunité pour la Grande Région de développer et de diversifier

son tissu économique et social.

Andersen estime qu’un des enjeux pour la Grande Région sera de "retenir" les entrepreneurs

et les PME de la société de l’information avec leur capital intellectuel. Il faudra créer un

environnement favorable pour inciter des entrepreneurs d’autres régions à établir leur PME

dans la Grande Région.


Il y a lieu de favoriser le développement de PME en amont et en aval de la chaîne de valeur

des PME actives dans les nouvelles technologies.

Il existe déjà plusieurs initiatives importantes pour développer les métiers, les compétences

et les PME en relation avec la société de l’information. Il s’agira d’évaluer, puis d’accélérer

les bonnes initiatives déjà existantes dans les entités membres en matière d’infrastructures

d’accueil, de conseil et de financement pour PME. Il faudra en particulier évaluer la possibilité

d'une mise en commun d’initiatives similaires au sein de la Grande Région plutôt que

de procéder à une concurrence entre entités financées par des fonds publics.

La Grande Région devrait évaluer les moyens pour assurer une meilleure représentativité

des PME de la société de l’information au sein des chambres professionnelles des entités

membres de la Grande Région.

3.4 Conclusion

Andersen espère que les recommandations de son étude apparaîtront au lecteur comme un

plaidoyer fort en faveur des entrepreneurs et de leurs PME et qu’elles aideront les autorités

politiques à formuler une politique concertée pour la Grande Région.

Une Grande Région:

· dans laquelle les entités membres coopèrent et se donnent les moyens pour permettre

aux PME de développer leurs activités dans leur région d’origine et dans les autres entités

membres

· qui stimule la volonté d’entreprendre dans l’esprit des jeunes

· qui encourage les entrepreneurs, ceux qui prennent des risques et qui s’aventurent hors

des sentiers battus

· qui devient un pôle européen où les PME s’épanouissent dans la société de l’information.

29


4 Champ d’application et méthodologie de l’étude

4.1 Contexte

Suite aux déclarations contenues dans l’accord de coalition d’août 1999 et dans le cadre de

sa Présidence du 6 ème Sommet des Chefs des Exécutifs de la Grande Région, le Gouvernement

du Grand-Duché de Luxembourg a voulu identifier les mesures permettant de promouvoir

davantage l’esprit d’entreprise et de dynamiser les PME par une politique concertée dans la

Grande Région.

Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg et ses partenaires souhaitent formuler

une stratégie pour le développement économique de la Grande Région au travers des PME

et des entrepreneurs.

Ainsi, à court et moyen terme, il s’agit de favoriser les actions permettant de dynamiser

la création de nouvelles PME. Néanmoins, ces actions ne s’adressent qu'aux personnes qui

ont déjà fait le choix de devenir entrepreneur et qu’il est nécessaire d’encourager en ce sens.

Ces actions devraient également avoir comme objectif la promotion de l’esprit d’entreprise

pour favoriser l'émergence de nouveaux entrepreneurs.

Pour réaliser cette étude, Andersen s'est appuyé sur les appréciations et attentes des

entrepreneurs.

Il s’agit de comprendre les motivations, l’environnement et les difficultés que rencontrent

les entrepreneurs d’aujourd’hui et d’en déterminer les impacts sur leur volonté de s’établir

à leur propre compte.

Avec cette étude, les responsables politiques disposeront de recommandations pour formuler

à l’échelle de la Grande Région une politique concertée favorisant les PME existantes, et mettre

en place des mesures stimulant l’esprit d’entreprise et la création de nouvelles PME.

31

4.2 Objectifs de l’étude

Les objectifs de cette étude sont les suivants:

· identifier les mesures permettant de promouvoir l’esprit d’entreprise, élément moteur

pour la création et le développement de PME dans la Grande Région

· identifier les mesures permettant de dynamiser les PME dans la Grande Région

· identifier les "meilleures pratiques" à étendre sur l’ensemble de la Grande Région


· formuler les principes d’une politique concertée pour la promotion de l'esprit d'entreprise

et la dynamisation des PME dans la Grande Région, et définir le rôle de cette dernière

· formuler une vision "Entrepreneurs et PME" pour la Grande Région.

Sur base des observations et commentaires des entrepreneurs, Andersen a formulé des

recommandations pour les instances politiques de la Grande Région permettant de répondre

au mieux aux objectifs énoncés ci-dessus.

4.3 Délimitation géographique

Les entités faisant partie de la Grande Région qui a été définie par rapport à la logique

des sommets politiques, sont:

· le Grand-Duché de Luxembourg

· la Rhénanie-Palatinat, comprenant les anciens "Regierungsbezirke" Trier, Rheinhessen

et Koblenz

· la Sarre

· la Région wallonne, comprenant la Province de Luxembourg, la Province de Liège,

la Province du Hainaut, la Province de Namur et la Province du Brabant-Wallon

· la Communauté germanophone de Belgique

· la Lorraine avec les départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle

et des Vosges.

Hainaut

Brabant-Wallon

Namur

Communauté germanophone

de Belgique

Liège

Province

de Luxembourg

RB Trèves

Luxembourg

Sarre

RB Coblence

RB Rheinhessen-P

32

Meuse

Carte 1 Carte de la Grande Région

Meurthe-et-

Moselle

Moselle

Vosges

4.4 Champ d'application

Les entretiens avec les entrepreneurs constituent la principale source d’information de l’étude.

La valeur ajoutée de cette méthodologie réside dans son caractère empirique et dans l’analyse

des besoins exprimés par les entrepreneurs rencontrés.

Cette étude n’a pas vocation à être lue comme un document scientifique ou statistique.

Il s'agit d'une étude qualitative qui s’appuie sur les observations formulées par les entrepreneurs.

Elle se base sur un échantillon de 50 entretiens. Andersen estime ce nombre suffisant pour

élaborer et valider avec les entrepreneurs des recommandations visant à identifier les éléments

d'une politique concertée pour la Grande Région.

La répartition de ces entretiens en fonction des différentes régions du périmètre concerné a été

fixée et validée par le Comité d’accompagnement 4 sur la base d’une proposition d'Andersen.

4 Le Comité d’accompagnement du thème principal de la Grande Région se compose actuellement

de 22 fonctionnaires des différentes entités membres de la Grande Région et de 4 experts


Andersen désire attirer l'attention du lecteur sur le fait que l'implémentation des recommandations

devra tenir compte que les entités membres ne disposent pas toutes du pouvoir

souverain.

4.5 Limites de l’étude

Conformément au mandat qui lui a été attribué, Andersen s’est focalisé sur les thèmes

qui lui semblaient primordiaux pour l’esprit d’entreprise et la dynamisation des PME 5 .

Le commanditaire de l'étude a souhaité exclure de son champ la fiscalité des PME, l'analyse

des programmes d'appui, l'identification de l'entité membre la plus attractive pour établir

une PME, ainsi que l'analyse des obstacles administratifs.

Néanmoins, leur exclusion du périmètre de l'étude ne réduit en rien l’importance qu’il y a à agir

sur ces éléments par une politique coordonnée au niveau interrégional. Ainsi, certaines

recommandations aborderont tout de même des sujets exclus à l’origine, particulièrement

ceux soulignés par les entrepreneurs eux-mêmes.

5 La définition d'une PME telle qu’adoptée par la Commission européenne se trouve dans l'annexe 10.2

4.6 Identification et sélection des entrepreneurs

Andersen a considéré que cinquante entretiens étaient nécessaires pour servir de base

à l’élaboration de recommandations pragmatiques pour la Grande Région.

4.6.1 L’identification des entrepreneurs

Lors de l’identification des entrepreneurs à rencontrer, Andersen a veillé à ce que ces derniers

répondent le mieux possible aux critères suivants:

· la compréhension du marché, des clients, des fournisseurs, des concurrents et de l’évolution

du marché et de ses défis et opportunités

· la capacité d’identifier les besoins du marché (produits ou services)

· la capacité de transposer les besoins du marché en offre économique

· la création de valeur ajoutée

· la prise de risques

· la réalisation de profits

· l’investissement du capital personnel de l'entrepreneur

· la capacité d’obtenir des financements

· la capacité de motiver et de gérer des collaborateurs

· l’implication des collaborateurs dans la gestion de la PME

· la communication et le partage de la vision avec les clients et collaborateurs

· la compréhension des facteurs-clés de succès de la PME (économiques, financiers, techniques

et humains)

· la création de nouvelles PME et l’investissement dans la PME existante

· la capacité de reprendre des PME existantes

· la capacité de transmission de la PME

· etc.

33


Sur base de ces critères, une première liste d’entrepreneurs à rencontrer a été élaborée par

le Comité d’accompagnement, mis en place par la Présidence luxembourgeoise et par Andersen.

Afin de garantir l’exhaustivité de cette liste, Andersen a pris contact avec les organes ci-après,

permettant ainsi l’identification de 343 noms d’entrepreneurs pouvant potentiellement être

sélectionnés pour les entretiens:

· les organisations patronales

· les organes officiels représentant les entités membres

· les chambres professionnelles

· les représentants sectoriels

· les associations de jeunes dirigeants

· etc.

Sur base de cette liste, 50 entrepreneurs ont été retenus pour participer aux entretiens.

4.6.2 La sélection des entrepreneurs

Les entrepreneurs rencontrés ont été sélectionnés indépendamment de tout secteur

économique spécifique, ainsi que de toute classe d’âge particulière. Andersen s’est efforcé

d’assurer la représentativité de l’échantillon sélectionné, tant par rapport aux trois axes

de sélection repris ci-dessous que sur le plan géographique des entités membres de la Grande

Région.

Nous avons repris ci-dessous les trois axes validés par le Comité de Pilotage et le Comité

d’accompagnement, sur la base desquels la sélection des 50 entrepreneurs a été réalisée.

Axe 1: le cursus de l’entrepreneur

Axe 2: le rayon d’action de la PME

Axe 3: la taille de la PME

Des jeunes entrepreneurs ayant créé

leur PME dans les trois années

suivant la fin de leurs études ou

l’obtention de leur brevet de

maîtrise.

Des entrepreneurs ayant plus

de trois années d’expérience.

D’anciens membres du personnel

ayant racheté en partie ou en

totalité l'entreprise qui les emploie

ou ayant créé leur propre PME.

Les PME travaillant sur le seul

marché local d’une entité membre

de la Grande Région.

Les PME travaillant sur le marché

de la Grande Région.

Les PME travaillant en dehors

de la Grande Région.

Tableau 1 Les axes de sélection des entrepreneurs

Les PME avec un effectif inférieur

à 20 personnes.

Les PME avec un effectif de 20 à

50 personnes.

Les PME avec un effectif de 51 à

250 personnes.

34


4.6.3 Les entrepreneurs rencontrés

Les entretiens se répartissent de la manière suivante entre les différentes entités membres.

Entités membres

Nombre d’entretiens effectués

Communauté germanophone de Belgique 4

Région wallonne 8

Lorraine 12

Sarre 8

Rhénanie-Palatinat 8

Grand-Duché de Luxembourg 10

Total pour la Grande Région 50

Tableau 2 La répartition des entretiens effectués par entité membre

Les entretiens ont eu lieu entre janvier et avril 2001.

4.7 Guide d’entretien

Pour mener à bien les entretiens, et afin de valider l'approche avec le maître d’œuvre, Andersen

a élaboré un guide d’entretien. Ce document comporte 9 grands chapitres.

A savoir:

· l’origine de la PME et les motivations de l’entrepreneur

· les caractéristiques économiques de la PME et son évolution

· les caractéristiques de l’entrepreneur

· les défis posés à l’esprit d’entreprise

· susciter l’esprit d’entreprise chez les jeunes et les salariés

· la dynamisation des PME existantes

· la société de l’information

· la Grande Région

· les programmes d’appui nationaux et régionaux.

35


6Le terme d'entrepreneur utilisé dans ce rapport englobe

aussi bien les hommes-entrepreneurs que les femmes-entrepreneurs

5 Susciter l’esprit d’entreprise

5.1 Caractéristiques de l'esprit d'entreprise et de l'entrepreneur

Selon les entrepreneurs, "l’esprit d’entreprise, c’est avant tout un état d’esprit"

Au cours des différents entretiens, un certain nombre de caractéristiques propres à la notion

d'"entrepreneur" 6 ont été énoncées, à savoir: la volonté d’innover et de prendre des risques,

la confiance en soi, la persévérance, la compréhension des besoins du marché et la traduction

de ces besoins en offre économiquement viable. Le contact humain, la capacité de gérer

les hommes et de déléguer sont également des notions importantes.

Ces caractéristiques sont indépendantes de l’origine, de l’âge et de la situation géographique

des personnes. Elles sont primordiales, car les stimuler équivaut à stimuler l’esprit d’entreprise.

Cette attitude s’acquiert à un jeune âge et se conserve tout au long d’une vie.

Les caractéristiques communes de cet esprit d'entreprise sont décrites ci-dessous.

5.1.1 La personnalité de l’entrepreneur

Une ouverture et une indépendance d’esprit constituent souvent des facteurs décisifs dans

le choix de créer sa propre entreprise.

"Croire en soi-même et en ses idées" est perçu par les entrepreneurs comme une qualité

sans laquelle il est difficile de réussir. Cette caractéristique leur impose de la persévérance

et de la tenacité dans leur tâche ainsi qu’un sens élevé des responsabilités.

Beaucoup d’énergie: l’entrepreneur est le moteur qui fait tourner l’entreprise et il doit dès lors

disposer d’une capacité de travail dépassant largement les huit heures par jour et les cinq jours

par semaine. Ceci est d’autant plus vrai que la structure de l’entreprise est réduite et que

l’entrepreneur est l’homme-orchestre qui fait vivre la PME au quotidien. Les vacances sont

un luxe que les entrepreneurs, surtout dans la phase de lancement de leur entreprise, ne

peuvent se permettre.

Une bonne intuition combinée parfois à une certaine dose d'inconscience complètent

la personnalité de l’entrepreneur. Ceci est d’autant plus vrai pour un jeune entrepreneur n’ayant

pas encore été exposé au défi de la création d’entreprise. Souvent, les entrepreneurs avouent

ne pas toujours avoir eu connaissance des multiples difficultés liées à une création d’entreprise.

37


5.1.2 Les compétences de l’entrepreneur

Capacité de gestion: des compétences en matière de gestion sont indispensables pour diriger

une entreprise. Les entrepreneurs, dans leurs premières démarches, estiment que le manque

de compétences dans ce domaine est l’un des principaux obstacles à la création d’entreprise.

D’après eux, la dichotomie entre le cursus scolaire et la réalité économique ne les prépare pas

suffisamment aux défis que représentent la création et la gestion d'une entreprise.

Capacité commerciale: pour garantir le développement de l’entreprise, la capacité commerciale

est primordiale. Les entrepreneurs disent ne pas toujours disposer de cette compétence lors

de la création de leur PME.

Capacité technique: cette capacité peut être le point de départ de la création d’entreprise.

Elle constitue en tout état de cause un préalable à la création d’entreprises artisanales.

5.1.3 Les valeurs inculquées à l'entrepreneur par son milieu

"L'esprit d'entreprise est avant tout un état d’esprit" qui se développe dès le plus jeune âge.

Il est influencé par le contexte socio-familial, économique, éducatif et par les expériences

vécues. Tous ces facteurs forgent la personnalité de l'enfant et contribuent au développement

des traits de caractère tels que la curiosité, la persévérance, le goût du risque ou l’esprit critique.

Ces caractéristiques, exprimées à maintes reprises par les entrepreneurs, sont des valeurs dont

doit disposer tout entrepreneur désireux de réussir à long terme. En effet, elles déterminent

et influencent les relations avec les clients d'un côté, et avec les collaborateurs de l'autre.

Elles fixent de ce fait, dès le départ, les conditions de réussite ou d'échec de l'entreprise.

5.1.4 L'évolution de "l'homme-orchestre" vers l'homme-dirigeant

Au départ, l’entrepreneur est dans l’obligation de tout faire par lui-même, puis son rôle évolue

avec le développement de la PME. D’ailleurs, cela nécessite des talents entrepreneuriaux

différents selon la phase dans laquelle l’entreprise se trouve. Pour assurer et accélérer

la croissance de sa PME, l’entrepreneur devra passer de "l’homme-orchestre" à un dirigeant

d’entreprise, déléguant un certain nombre de responsabilités à ses collaborateurs ou en

s’adjoignant de nouveaux associés. Cette transition ne s’effectue cependant pas toujours

sans heurts.

Le support d’un personnel ayant des compétences complémentaires à celles de l’entrepreneur

constitue ainsi un atout clé permettant l’expansion des activités et le développement de

nouvelles compétences au sein de l'entreprise.

5.2 Motivations pour entreprendre

5.2.1 La volonté d'indépendance et de création

La motivation première de tout entrepreneur est le désir d’indépendance et la volonté de créer

quelque chose par lui et pour lui.

38

Pour l’ensemble des entrepreneurs rencontrés, les considérations financières ne constituent pas

une motivation suffisante dans leur démarche de création d’entreprise.

5.2.2 Le contexte économique

La situation du marché de l’emploi, une restructuration chez l’ancien employeur ou la volonté

de rester dans une région peuvent aussi être des facteurs motivants pour créer une PME.

Les entrepreneurs évoluant dans un contexte économique local moins favorable s’accordent à

dire que la création d’une PME ne présente pas plus d’inconvénients ou de risques que ceux liés

au chômage.


5.2.3 La volonté de reprendre l'entreprise familiale

Lorsque l'on décide de reprendre l'entreprise familiale, la motivation principale est la volonté

d’en assurer la continuation. L'entrepreneur a très souvent "grandi" avec l'entreprise et la

reprend avec l'ambition de la pérenniser et la développer avec l’idée de pouvoir à son tour

la transmettre.

Cette volonté peut être accentuée par le caractère exemplaire du parcours parental.

Les pressions familiales sous-jacentes pour assurer cette continuation sont un élément

psychologique important à ne pas sous-estimer.

5.3 Développement de l'esprit d'entreprise

5.3.1 Le cadre familial

Pour tout un chacun, le cadre familial joue un rôle déterminant dans l'apprentissage des valeurs

nécessaires à la vie sociale et professionnelle, et en particulier pour l'entrepreneur. Pour beaucoup

d’entrepreneurs rencontrés, les parents, voire les grands-parents, exerçaient déjà une

activité commerciale. Cependant, pour les jeunes n’ayant pas grandi dans un cadre familial

entrepreneurial propice au développement de l’esprit d’entreprise, ce sont les cadres éducatif

et / ou socio-professionnel qui devront prendre la relève.

Paradoxalement, beaucoup d’entrepreneurs rencontrés ont expliqué que leurs enfants

ne désirent pas entreprendre la même aventure qu'eux-mêmes et nous ont donné plusieurs

explications.

Dans un contexte économique favorable, il est souvent tentant pour les jeunes générations

de préférer à la reprise de l'entreprise familiale un emploi bien rémunéré, avec des heures

de travail raisonnables.

Les enfants peuvent manifester une réticence à l’idée de s’investir dans un secteur qui ne

les attire pas particulièrement. Aux dires de certains entrepreneurs ayant eux-mêmes repris

l'entreprise de leurs parents, les jeunes générations se sentent moins obligées qu’eux-mêmes

ne l’étaient de reprendre l'entreprise familiale. Tous les entrepreneurs rencontrés préconisent

d’ailleurs la liberté de choix pour leurs propres enfants.

Les enfants connaissent les inconvénients de l’entrepreneuriat pour avoir vu leurs parents

travailler soirs et week-ends. Nombreux sont donc ceux qui s’interrogent sur l’opportunité

de tels sacrifices dans un contexte favorable à l’emploi salarié.

Il est souvent difficile pour des adultes de reprendre une entreprise que les parents ont créée

et de courir le risque d'être constamment comparés à eux. Les jeunes générations préfèrent

parfois faire leurs preuves loin de l'entreprise familiale même si par la suite elles décident

souvent de "revenir au bercail".

5.3.2 Le cadre éducatif

Lorsque le cadre familial n’offre pas la possibilité d’acquérir l’esprit d’entreprise, ce qui est

le cas pour la majorité des jeunes, ce sont les cadres éducatif et / ou socio-professionnel qui

doivent prendre le relais. Or, les entrepreneurs rencontrés estiment de manière presque unanime

que le monde éducatif, caractérisé par les cursus scolaires et les enseignants, est inopérant pour

stimuler chez les jeunes le goût et les caractéristiques de l’esprit d’entreprise.

39

Les enseignants sont déconnectés de la réalité des métiers qu’ils enseignent et de leurs applications

pratiques. Ils ne sont que rarement en mesure de communiquer, par leur enseignement

et leur comportement, les caractéristiques de l’esprit d’entreprise aux étudiants.


Les programmes scolaires et les enseignants ne sont pas en mesure de présenter la PME

en tant que réalité, d’expliquer sa raison d’être, son rôle et celui de l’entrepreneur dans

la création de richesses pour la région, voire le pays.

L’école, au travers des matières enseignées, accentue et met en évidence les risques inhérents

à la création d'une entreprise telles que le droit commercial, la comptabilité, etc. Sans vouloir

enlever à ces cours l’importance qu’ils méritent, il est regrettable que ces cours ne sensibilisent

pas en même temps les élèves à la création d’entreprises et à la prise des risques.

Les matières enseignées, notamment dans les cours techniques, sont souvent en décalage

ou ne sont pas en phase avec la pratique actuelle des métiers. La collaboration entre

les commissions des programmes d'une part, les chambres professionnelles et les organisations

patronales d'autre part, devrait être revue.

L’échange d’expériences entre les PME, les étudiants et les enseignants est encore trop limité.

5.3.3 Le cadre socio-professionnel – susciter l’esprit d’entreprise

auprès des salariés

Dans leur majorité, les entrepreneurs rencontrés ont eu une ou plusieurs expériences

professionnelles antérieures à la création de leur propre entreprise.

Les chefs d’entreprises, salariés ou entrepreneurs, peuvent exercer un rôle de modèle vis-à-vis

de leurs employés et stagiaires. Ils ont en effet un rôle important à jouer dans le développement

de l’esprit d’entreprise en formant leurs collaborateurs à devenir autonomes, responsables

et compétents.

40

Selon une étude réalisée en France 7 , 17 % des collaborateurs aspirent à devenir indépendants.

L’entrepreneur peut les aider à réaliser cette ambition en bénéficiant directement ou

indirectement des retombées car:

· l’entrepreneur disposera d’un nouvel associé permettant le développement de sa PME

· au travers de l’essaimage 8 , phénomène par lequel l’entrepreneur investit dans l'entreprise qui

sera créée par son collaborateur. L’entrepreneur peut ainsi pérenniser son investissement

de départ.

Néanmoins, les limites à la création de PME par les salariés et à une politique de promotion

par les entrepreneurs sont nombreuses:

· les entrepreneurs envisagent le développement de leurs collaborateurs par rapport aux

besoins de leur propre entreprise. Le départ d’un élément-clé pour créer sa propre entreprise

(suivi éventuellement par une partie du personnel) est redouté du fait de la crainte que

ce dernier ne devienne un concurrent potentiel

· les risques intrinsèques à la création d’entreprise sont de nature à faire hésiter la grande

majorité des salariés.

A partir du moment où le salarié décide de créer son entreprise, l'attitude de l'entrepreneur

peut être de voir en lui soit un concurrent potentiel, soit un futur partenaire. C'est ce dernier

type de comportement qu’il conviendra de favoriser.

La promotion "interne" de l’esprit d’entreprise peut se révéler être une solution pour un

entrepreneur souhaitant céder son affaire. Le collaborateur pourra se révéler un repreneur

motivé et compétent. La question du financement de la transmission est traitée au chapitre 6

"Dynamisation des PME".

7Ifop pour le Salon des Entrepreneurs, "Les 18-40 ans, le travail et l’entreprise de leur rêve", Janvier 2001

8L'essaimage est un projet d'entreprise réalisé par un employé ou un ancien employé avec l'appui de l'employeur


9Ifop pour le Salon des Entrepreneurs, "Les 18-40 ans, le travail et l’entreprise de leur rêve", Janvier 2001

10Citation de Robert Kennedy: "Entrepreneurs made in Europe", Actes du colloque international de Bruxelles

pour la création d'entreprise, 25 février 1999, Jean-Claude Ettinger ed., Academia Bruylant, 1999

5.4 Défis au développement de l’esprit d’entreprise

Une étude française 9 indique que 46 % de la population active a songé, à un moment

donné de leur vie, à créer leur propre entreprise. Les analyses faites démontrent que seulement

4 à 8 % de ces actifs le font réellement. L’écart important entre ces deux pourcentages

nous amène à nous interroger sur les raisons d'une telle différence. Nous avons essayé de

regrouper ci-dessous les principaux défis posés à l’esprit d’entreprise.

5.4.1 Le cadre réglementaire et administratif

La complexité des législations et des procédures administratives constitue un frein à l’esprit

d’entreprise. La mise en conformité et la perspective des démarches administratives à exécuter

pour la création d'une PME, sont décourageantes et sans valeur ajoutée pour nombre

de personnes.

Le sentiment d’un manque de compréhension par l’administration des enjeux propres aux PME

est largement souligné. La collaboration entre les deux parties est ainsi rendue plus difficile.

Enfin, l’adéquation des autorisations réglementaires de faire du commerce est mise en doute

par certains entrepreneurs. Ces autorisations sont destinées à protéger le consommateur

de l’incompétent. Or, les mécanismes du marché s’en chargent. Mis à part certaines professions,

il est préférable de donner à chacun la chance d’établir librement sa PME et de laisser ensuite

le marché – clients, fournisseurs, banquiers, partenaires – juger de la compétence d’un entrepreneur,

plutôt que de laisser l’administration accorder des autorisations uniquement sur

la base de diplômes.

Au Luxembourg en particulier, l’exigence de la maîtrise du français et de l’allemand rend difficile

à de nombreux jeunes l’obtention de leur brevet de maîtrise. Or, les manuels scolaires

des programmes d’artisan ou de technicien ne sont pas toujours disponibles dans la langue

la plus usuelle du candidat, à savoir le français ou l’allemand. L’exigence de pratiquer deux

langues n’améliore nullement la compétence technique du jeune mais peut à l’inverse limiter

ses possibilités d’obtenir un jour le brevet de maîtrise requis et de pouvoir accéder ainsi

à la profession, voire de devenir entrepreneur dans son métier.

5.4.2 Le cadre familial

L’entrepreneur qui crée sa PME est vite confronté à une surcharge de travail importante.

Les semaines de 60 à 80 heures de travail sont courantes. Les week-ends servent souvent

à terminer le travail administratif qui n’a pu être traité pendant la semaine. Ce rythme est

générateur de problèmes importants dans la vie familiale: difficulté de voir grandir ses enfants,

tension avec le conjoint, etc.

Les femmes chefs d'entreprise se trouvent confrontées plus encore à la difficulté de combiner

vie personnelle et gestion de l'entreprise. Le problème des congés de maternité et la difficulté

de s’absenter de son entreprise sont particulièrement flagrants.

5.4.3 Les appréhensions par rapport à l'entrepreneuriat

Un certain nombre d'appréhensions peuvent freiner les individus sur le chemin de l’entrepreneuriat.

Appréhension du risque

"Only those who dare to fail greatly can ever archieve greatly" 10

La création d’une entreprise constitue un risque (en termes d’investissement personnel et

financier, de stabilité et de prise en charge de l’ensemble des responsabilités) qui est d'autant

plus important pour l'individu s’il se trouve à ce moment-là dans une situation de sécurité.

Même si ce risque peut le cas échéant être réduit, chaque entrepreneur a, à un moment donné

de sa vie, choisi de le prendre en décidant pour lui-même que "le jeu en valait la chandelle".

41


Appréhension de se prendre en charge

Les entretiens menés font ressortir une relation entre la situation économique et le nombre

de créations d’entreprises. L’analyse macro-économique menée au chapitre 9 "Contexte macroéconomique

de la Grande Région" tend à confirmer cette appréciation.

Les entrepreneurs du Grand-Duché de Luxembourg, région la plus prospère au sein de

la Grande Région, font ainsi remarquer qu’avec le bien-être économique et social s’est installé

un sentiment de sécurité et d’assurance. Ce sentiment ne favorise guère l’envie d’entreprendre,

de s’accomplir par soi-même et de prendre en charge son avenir, mais entraîne plutôt le désir

d'être pris en charge par la société.

Cependant, plusieurs entrepreneurs issus de régions économiquement moins favorisées

expliquent leur motivation d’entreprendre par leur volonté d'échapper au chômage.

Appréhension de l'échec

L’échec de l’entrepreneur dans le développement de sa PME est le plus souvent synonyme

d’échec financier, c'est-à-dire de faillite de l'entreprise.

La question du traitement des faillites par l’administration et les banques est un enjeu essentiel

pour la promotion de l’esprit d’entreprise. Le droit à l’échec n'est pas reconnu. Le dirigeant

de la PME est le plus souvent considéré comme fautif, de sorte que les lois sur les faillites

et les mesures de reclassement des entrepreneurs ne l’encouragent pas à recréer une PME.

Le Tribunal de Commerce a un rôle à jouer. Le délai de traitement des dossiers de faillite n'est

pas adapté aux réalités économiques. La procédure en matière de déclaration de faillite

peut atteindre, selon les dires des entrepreneurs rencontrés, jusqu'à deux ans, période durant

laquelle le chef d’entreprise se trouve gêné pour relancer sa vie professionnelle. Les conséquences

familiales, sociales, humaines et psychologiques sont lourdes.

Cette attitude "continentale" face à l'échec diffère de celle des pays anglo-saxons où le fait

"d’avoir essayé" est largement valorisé par sa dimension formatrice. Cette approche "punitive"

de l'échec adoptée par les administrations, les institutions financières et l'opinion publique en

général, nuit de façon considérable à la volonté de prendre le risque de créer une entreprise.

5.4.4 La perception de l’entrepreneur par l'opinion publique

Selon certains entrepreneurs rencontrés, l'opinion publique persiste à les considérer comme

des "exploiteurs" dont la seule priorité serait leur propre enrichissement. Cette perception

est à comparer avec celle des pays anglo-saxons dans lesquels on estime qu’un entrepreneur

est un personnage qui a su prendre sa vie en main, qui veut créer une entreprise et qui,

par sa réussite financière, réalise une œuvre bénéfique pour tous.

Les entrepreneurs essaient souvent d'atténuer cette image négative en s’impliquant activement

dans la vie sociale quotidienne de leur région.

42

5.4.5 Le cadre financier

Aujourd’hui, disposer d’un projet d’entreprise n’est plus suffisant en soi. Aux dires des entrepreneurs

rencontrés, l'accès au capital est une des préoccupations-clé de nombreux entrepreneurs

souhaitant créer leur première entreprise.

Cette question sera traitée plus en détail au chapitre 6 "Dynamisation des PME".

Néanmoins, nous avons retenu, au fil des entretiens, comme un enseignement le fait que

les banques affichent une certaine réticence à financer les premiers investissements nécessaires

à la création d’une entreprise.


11"International comparison of the formal requirements and administrative procedures required for the formation of SMEs

of any legal status in the EU and other major countries", Logotech, 1997

12,13 Document de Travail des Services de la Commission, "Etalonnage de la politique des entreprises", Premiers résultats

du tableau de bord, SEC(2000) 1841, 27.10.2000

5.5 Recommandations

5.5.1 Le cadre politique

La dynamisation des PME, créatrices de richesses et d'emplois, est une préoccupation majeure

du monde politique. Les nombreuses initiatives mises en place en témoignent.

Ainsi, Andersen recommande de revaloriser l’image de l’entrepreneur par des rencontres entre

les instances politiques et les chefs d’entreprise d’une part, et la promotion du "métier d’entrepreneur"

au sein des écoles, lycées et universités d’autre part.

En complément de cette démarche, Andersen propose que les organisations patronales et

les chambres professionnelles soient étroitement liées à la sensibilisation de l’opinion publique

sur le rôle moteur des entrepreneurs et des PME en tant que créateurs de valeur.

5.5.2 Le cadre administratif

La création d'une entreprise est un processus dont la complexité et la durée diffèrent d'un pays

à l'autre. En ce qui concerne les autorisations d’établissement et l’enregistrement des entreprises,

la situation varie fortement au sein de l’Union européenne. Ainsi, le nombre de procédures

nécessaires à la création d’une entreprise varie de trois à vingt-huit, et le temps nécessaire,

entre quelques jours et vingt-huit semaines 11 .

A titre d’indication, en 1996 les durées moyennes d’enregistrement 12 d’une nouvelle entreprise

étaient de:

· 5 semaines pour la Belgique

· 6 semaines pour la France

· 1,5 semaines pour le Grand-Duché de Luxembourg

· 16 semaines pour l’Allemagne.

Toujours à titre d’exemple, pour la même année, le nombre de procédures pour l’enregistrement

13 étaient de:

· 7 procédures pour la Belgique

· 16 procédures pour la France

· 5 procédures pour le Grand-Duché de Luxembourg

· 10 procédures pour l’Allemagne.

Les obligations administratives liées à la seule création juridique d'une entreprise sont relativement

transparentes comparées à celles qui se présentent à l'entrepreneur dans la gestion

quotidienne de son entreprise. Nous y reviendrons dans le chapitre 6 "Dynamisation des PME".

Néanmoins, les entrepreneurs rencontrés aspirent unanimement à une simplification de ces

démarches administratives.

Quelques entrepreneurs ont préconisé que les autorités politiques des entités membres

devraient envisager l'élimination d'une grande partie des autorisations réglementaires d’accès

à la profession. Ces autorisations sont destinées à protéger le consommateur de l’incompétent.

Or, les mécanismes du marché s’en chargent. Mis à part certaines professions, il est préférable

de donner à chacun la chance d’établir librement sa PME et de laisser ensuite le marché –

clients, fournisseurs, banquiers, partenaires – juger de la compétence d’un entrepreneur, plutôt

que de laisser l’administration accorder des autorisations uniquement sur la base de diplômes.

Ainsi, pour l'enregistrement des entreprises, les mesures à mettre en œuvre par les entités

membres pourraient reprendre les éléments suivants:

· des guichets uniques pour l’enregistrement des PME

· un formulaire d’enregistrement unique

· un numéro d’enregistrement unique.

Ces mesures exigent une coopération inter-administrative accentuée.

43


5.5.3 Le cadre éducatif

Andersen a identifié ci-dessous quelques leviers sur lesquels l’école et le corps enseignant

pourraient agir pour donner aux jeunes le goût d’entreprendre et de créer afin qu'ils puissent

choisir le métier "d'entrepreneur" comme n’importe quel autre.

Stimuler le goût de la création

Les entrepreneurs souhaitent que l’école soit moins rigide dans ses processus d’apprentissage

afin de favoriser autant que possible l’ouverture d’esprit et un apprentissage tout au long

du processus scolaire et académique et différencié par âge. Dans la vie quotidienne, que l’on

soit entrepreneur ou non, cette faculté de créer ou de penser de manière créative est

importante. Elle permet une plus grande flexibilité et une meilleure capacité d'adaptation.

Afin de s’assurer que le monde de l’entreprise et ses contraintes soient présents dans

les préoccupations du système éducatif, il apparaît nécessaire de familiariser les enseignants

avec le fonctionnement des entreprises. Dès lors, la nécessité de stages en entreprise s’applique

également au corps enseignant.

Adapter les programmes scolaires aux réalités économiques

Les personnes interrogées estiment que les cours dispensés à l’école, et très souvent encore

à l’université, sont trop théoriques et non adaptés aux réalités économiques. De nombreux

facteurs influent sur la réalité économique et le futur entrepreneur devra les maîtriser pour bien

pouvoir gérer et développer son entreprise.

Par ailleurs, la coopération au niveau de la Grande Région devrait permettre aux entités

membres de partager les manuels de formations techniques en langue française et allemande

et ce afin d'offrir une formation en ces deux langues. La résolution de cette problématique est

particulièrement importante pour le Luxembourg.

Combiner la théorie avec la pratique

Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’école met en évidence les risques liés à

la création d'une entreprise. Par ailleurs aux dépens de la pratique, ces cours restent la plupart

du temps théoriques. A cela s’ajoute le fait que chacun des cours ne correspond qu’à un maillon

dans le fonctionnement de l’entreprise. Il manque une vue d’ensemble permettant d'établir

le lien entre ces différents cours et le fonctionnement pratique d'une entreprise.

5.5.4 La réduction de l’appréhension par rapport à l'entrepreneuriat

Sensibilisation des jeunes

Les stages constituent un moyen idéal pour développer une meilleure connaissance de

l’entreprise et du monde professionnel. Ces périodes permettent aux jeunes de développer

des qualités qui les inciteront peut-être à choisir l’entrepreneuriat comme métier.

44

Les entrepreneurs estiment que mettre un jeune au contact d’un entrepreneur constitue

le meilleur moyen d’éveiller en lui la volonté d’entreprendre. Ces stages en PME pour jeunes

pourraient être proposés en collaboration avec les directions d’écoles, les organisations

patronales et facilités au travers des technologies liées à l’Internet (accès en-ligne à une bourse

d’échange de stages en PME).

Afin d’en assurer le succès, plusieurs conditions sont nécessaires:

· une durée minimale de trois mois

· la détermination préalable par l’entreprise et le stagiaire des objectifs du stage

· le suivi du stagiaire durant la durée du stage par un mentor désigné par l’entreprise

· l’évaluation conjointe du stage par l’entreprise et le stagiaire.


14Andersen est partenaire de "Business Initiative asbl" pour le projet "123 Go"

Outre les stages pratiques, des programmes spécifiques de sensibilisation pour jeunes sont

à mettre en œuvre dans les écoles. Il est nécessaire de commencer cette sensibilisation le plus

tôt possible en montrant dans la pratique ce qu’est une entreprise, ses avantages et ce que

sa gestion implique pour son créateur.

En ce sens, une pratique à étendre à l’ensemble de la Grande Région peut être celle mise en

place par la Chambre de commerce et d'industrie de Metz qui, conjointement avec le centre

des jeunes dirigeants d’entreprise, a défini un cours à option pour les élèves d’un lycée de

la ville de Metz. Les élèves, âgés de 12 à 14 ans, participent une fois par semaine à un cours

pratique donné par un chef d’entreprise. Ce cours simule la vie d’une entreprise au sein d’une

classe allant jusqu’à 18 élèves. Le corps enseignant du lycée et la Chambre de commerce ont

conjointement défini le contenu de ce cours. Il s’agit d’un jeu de simulation d’entreprise

dans lequel chaque élève assume un rôle, de sorte que l’ensemble des activités d’une vraie

entreprise y est représenté. Les élèves apprennent non seulement à prendre des décisions en

groupe, mais également à mieux comprendre le fonctionnement quotidien d’une entreprise

et le rôle de l’entrepreneur qui la gère.

Une autre pratique à prendre en considération est celle mise en place par quelques

entrepreneurs membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Liège. Elle vise au

moyen de tests psychologiques à identifier certaines caractéristiques typiques d’un entrepreneur

telles que l’indépendance d’esprit, la prise en charge de soi-même et la créativité.

Dans une seconde phase à mettre en place, un cursus scolaire sera spécialement établi pour

ces entrepreneurs en devenir pour les sensibiliser davantage à l’esprit d’entreprise.

Diminution du risque

Le passage du statut de salarié à celui de créateur d'entreprise constitue un moment difficile,

générateur de risques et d'anxiété, et constitue donc à l'évidence un frein à la création d'entreprises.

En effet, le statut de salarié est assorti de garanties créant les conditions d'une certaine

sécurité, notamment au regard des mécanismes de protection sociale.

En France, l'entrepreneur peut souscrire à une assurance complémentaire visant à l'amélioration

de sa retraite, à la prise en compte d'indemnités journalières en cas de maladie ou d'accident

du travail, et à l'assurance d'un complément de revenu en cas d'échec de son activité.

Il serait intéressant d’étudier la possibilité d’étendre cette pratique aux autres entités membres

de la Grande Région où cela n'existe pas encore.

Sensibilisation auprès du grand public

Les journées d’échanges et / ou de portes ouvertes dans les PME doivent être généralisées

afin de permettre au grand public, aux enseignants et aux jeunes de découvrir le travail

et le fonctionnement des PME. L’ouverture aux différents métiers des PME permettra de former

les jeunes, d’augmenter leur curiosité et d’éveiller leur esprit d’entreprise.

5.5.5 Le conseil et l'aide aux entrepreneurs potentiels par le biais de concours

de plans d’entreprise

Andersen recommande de promouvoir, développer et partager dans l’ensemble de la Grande

Région les programmes de "concours de plans d’entreprise". L’objectif des concours serait

de réduire le risque entrepreneurial au départ et de permettre l’accès au capital. Ces concours,

animés par des organisations privées 14 regroupant des entrepreneurs confirmés et des financiers,

permettront aux "entrepreneurs potentiels" – en fin d’études ou ayant déjà une ou plusieurs

expériences professionnelles – de tester la viabilité de leurs concepts d’entreprise.

45


5.5.6 L'essaimage 15

Afin de promouvoir l’esprit d’entreprise auprès des salariés dans les PME, Andersen estime

que l’essaimage doit être développé. Les mesures à mettre en place doivent encourager

les entrepreneurs à soutenir les collaborateurs qui veulent développer des activités entrepreneuriales

au sein de la PME ou qui désirent créer leur propre entreprise.

La promotion de l'essaimage peut s'articuler autour des avantages réels suivants.

Avantages pour l'entrepreneur:

· création d’une nouvelle PME à partir de la PME d’origine

· participation dans le capital de la nouvelle entreprise et intéressement au résultat

· relation de partenariat et non de concurrence.

Avantages pour le salarié:

· appui financier de l'ancien employeur

· accompagnement de l'essaimé par l'ancien employeur.

Avantages pour la Grande Région:

· développement du tissu local de PME.

Une mesure importante pour favoriser la pratique de l'essaimage serait de permettre à

l'entrepreneur de déduire fiscalement une partie ou la totalité de sa contribution au capital

de l'entreprise nouvellement constituée. Une telle disposition est actuellement possible dans

la fiscalité française. Elle mériterait d’être généralisée.

46

15L'essaimage est un projet d'entreprise réalisé par un employé ou un ancien

employé avec l'appui de l'employeur


6 Dynamisation des PME

6.1 Défis à la dynamisation

6.1.1 Les différents défis du cycle de vie d’une PME

Tout entrepreneur désirant créer son entreprise et se mettre à son compte rencontre des défis

spécifiques liés aux différentes phases de développement de son entreprise.

Ci-dessous, nous avons résumé les défis rencontrés par les entrepreneurs au cours du cycle

de vie de la PME et révélés par les entrepreneurs rencontrés lors des entretiens.

Phases de croissance d’une PME

Problèmes rencontrés

1 Genèse et amorce Besoin d’assistance et d’encadrement dans l'élaboration du plan d’entreprise,

dans la gestion des aspects administratifs et légaux de la création d’entreprise.

Manque de transparence des structures et des méthodes de

financement disponibles.

Manque de préparation face aux formalités administratives

et aux problèmes pratiques de gestion.

Insuffisance de la formation commerciale dans les filières non spécialisées,

notamment pour les artisans.

Image négative de l’entrepreneur auprès de l’opinion publique.

2 Création Importance croissante des garanties à fournir pour obtenir

un financement auprès des banques.

3 Croissance initiale Méconnaissance des alternatives au financement bancaire.

et maturation

Charge de travail administrative: formalités, aspects juridiques et légaux, etc.

Passage de "l’homme-orchestre" au dirigeant qui délègue.

49

Recherche des partenaires au sein ou à l’extérieur de la PME

pour assurer sa croissance.

Besoin de complément de formation en gestion d’entreprise.

Recrutement de personnel qualifié en raison de son coût

et de sa relative "rareté".

Accès à l’innovation technologique.


Phases de croissances d’une PME

Problèmes rencontrés

4 Transmission Droits de succession lors de la transmission de l’entreprise aux héritiers.

Cessation d’activités rentables faute de candidats repreneurs

et d’héritiers.

Difficultés de financement et considérations fiscales à la

reprise de l'entreprise notamment par les employés

de celle-ci.

Garanties liées à la continuité de l’activité et au maintien

de l’emploi en cas de transmission à un repreneur tiers.

5 Cessation Lenteur du traitement administratif des dossiers de faillite.

Pénalisation des entrepreneurs par les pouvoirs publics

et par le secteur bancaire en cas de faillite.

Tableau 3 Les problèmes rencontrés

6.1.2 Les besoins de financement

Les difficultés d'accès au capital de départ, de même que d'obtention d’un financement

supplémentaire, représentent un frein important pour les entrepreneurs dans la création

et le développement de leur entreprise.

Réticences des banques

Les banques jouent un rôle majeur dans le développement des PME par l'apport de fonds

au travers de lignes de crédit, prêts à long terme, etc.

50

Ces fonds ne sont débloqués par les banques que sur la base des garanties fournies par l’entrepreneur,

avec tout ce que cela implique en terme de confusion entre le patrimoine social

de l’entreprise et le patrimoine personnel de son créateur. Les entrepreneurs dénoncent un

phénomène de surenchère des garanties exigées par les banques pour leur permettre d’accéder

aux fonds nécessaires.

Les entrepreneurs attendent des banques qu’elles modifient leur appréhension face au risque

en prenant davantage en compte le projet d’entreprise. Pour ce faire, il faut que les banques

disposent d’équipes spécialisées formées aux pratiques et aux besoins des entrepreneurs.

Ces équipes pourront jouer un rôle de partenaire-conseil et faciliter l'accès aux fonds nécessaires.

Certains des entrepreneurs rencontrés expliquent la réticence des banques par un changement

de stratégie lié au contexte de fusion et d’acquisition en cours. Les banques s’orientent

davantage vers d'autres métiers bancaires à moindre risque et rendement plus élevé que

le crédit aux PME. La conséquence est un ralentissement de l’activité de crédit aux PME.

Donc, même si les banques sont toujours prêtes à octroyer des prêts, les conditions de garantie

sont plus exigeantes. Les entrepreneurs estiment que les outils d’analyse des banques et

la formation des collaborateurs en charge de l’octroi des prêts ne sont pas adaptés à l'analyse

de leur dossier de crédit et au financement du projet d'entreprise.

Capital-investissement

Par capital-investissement, on entend "les marchés fournissant des financements en actions

à une entreprise pendant sa première phase de croissance (démarrage et développement)" 16 .

Dans le cadre de la présente étude, deux types de financements sont proposés.

16, 17Economie européenne, Commission européenne, Direction générale des affaires économiques

et financières, Supplément A, Analyses économiques, No 12 / décembre 1999


18Troisième Table Ronde des Banquiers et des PME, Rapport Final, 19 juin 2000

19Nonobstant le fait que Andersen fasse mention de certaines institutions ou organisations

dans le secteur bancaire, aucune évaluation de l’efficacité ou de l’intégrité de ces institutions /

organisations n’a été faite. Les mentions sont faites à titre purement indicatif.

Investissement par les Business Angels: ce sont des particuliers qui "interviennent

aux premiers stades de la vie de l'entreprise et font la jonction entre les fonds apportés

par la famille, les fondateurs ou les banques, et les sociétés de capital-risque..."

Les réseaux de Business Angels sont en train de se développer dans nos régions, mais

les données disponibles à ce sujet sont trop récentes pour permettre une évaluation fiable.

Cependant, il s’avère que les entrepreneurs rencontrés trouvent le concept pertinent et

estiment que les Business Angels ont un rôle à jouer dans la création et la dynamisation

des PME.

Investissement par des sociétés de capital-risque. "On recense cinq grandes étapes

de financement correspondant aux phases de développement d'une entreprise: capital

d’amorçage, de démarrage, de départ, de développement, de cessation ou de rachat" 17 .

Le capital-risque est généralement considéré comme du capital servant à financer les

troisième et quatrième cycles de financement. Il est plus adapté aux entreprises

qui présentent un fort potentiel d’expansion et une perspective de rendements élevés

pour les investisseurs 18 (essentiellement les entreprises de technologie de pointe).

A défaut d'obtenir un prêt auprès des institutions bancaires, les réseaux des Business Angels

ou des sociétés de capital-risque sont des alternatives à ne pas négliger. Leurs exigences posent

cependant des contraintes supplémentaires aux PME en matière de rentabilité.

6.1.3 Le marché de financement 19

Afin de favoriser le développement des PME et l’esprit d’entreprise, de nombreuses sociétés

de financement, de garantie, de capital-risque ainsi que des réseaux de Business Angels ont vu

le jour dans la Grande Région. Cependant, ces initiatives demeurent très diverses, très spécialisées

et ne couvrent encore que certains domaines, secteurs, tailles de PME, etc. On trouvera

ci-dessous des exemples d’initiatives dans chaque pays membre de la Grande Région.

Belgique

La Belgique a créé la "Société Régionale d’Investissement de Wallonie SA, SRIW"

www.sriw.be/. Celle-ci a été constituée par la Région wallonne en 1979, avec pour mission

le financement des entreprises en développement, la création de nouvelles entreprises et

l’exécution des interventions décidées et financées par le Gouvernement Wallon (missions

déléguées). Au fur et à mesure de son développement, la société a mis en place des outils

spécialisés comme par exemple la "Financière wallonne des PMI SA".

Aujourd’hui la SRIW possède des immobilisations financières de plus de €620 millions

(BEF25 milliards). Les produits utilisés sont principalement la participation au capital, le prêt

convertible, le prêt subordonné, les warrants, etc.

La Belgique possède également un certain nombre de sociétés privées de capital-risque

comme "eCapital" www.e-capital.be. Cette société s’est fixée la mission de fournir des fonds

propres, mais dispose aussi de réseaux d’affaires et de conseils pour les entreprises dans

lesquelles elle investit. Cette société de capital-risque s’est spécialisée dans les capitaux

de développement. Ses critères d’investissement sont un chiffre d’affaires supérieur à

€1,24 millions (BEF50 millions), une croissance du chiffre d’affaires et un cash flow supérieur

à 20 %, ainsi qu'un rendement attendu supérieur à 20 %.

51


Luxembourg

Le Luxembourg a créé la "Société nationale de Crédit et d’Investissement SNCI"

www.snci.lu/default.htm, chargée d’accorder des crédits d’équipement, des prêts à l’innovation,

des prêts à moyen et long terme, ainsi que des crédits à l’exportation. La SNCI est aussi

habilitée à prendre des participations dans des SA et des Sàrl sur autorisation des ministres

compétents. Tous ces prêts et investissements sont attribués selon certains critères:

par exemple, pour les prêts à moyen et long terme, le montant ne peut être inférieur

à €124.000 (BEF5 millions).

Le Luxembourg a également créé la "Société luxembourgeoise de Capital-Développement

CD-PME SA" dont la mission est de renforcer les fonds propres et les assises financières

des PME. La CD-PME fait des prêts participatifs à condition que le bénéficiaire soit

une société de capitaux.

France

La France a créé en 1997 la "Banque du développement des PME" www.bdpme.fr/

website/bdpme.nsf. Coiffant les activités du "Crédit d'équipement des PME"

et de la "Société française de garantie des financements des petites et moyennes Entreprises",

la Banque du développement des PME a pour mission d'accompagner les PME à chaque

étape de leur existence en favorisant leur accès au financement.

La France possède également un certain nombre de sociétés de capital-risque comme

par exemple l’"Union nationale des Investisseurs en Capital pour les Entreprises régionales"

www.unicer.asso.fr. Cette société prend des participations de €30.500 à 152.500

(FRF200.000 à 1.000.000).

Allemagne

L’Allemagne a créé la "Deutsche Ausgleichsbank DtA"www.dta.de qui est une banque

fédérale dont l'objectif est de financer et de conseiller les jeunes entrepreneurs par le biais

de crédits, de garanties et de participations. La DtA concède €5 milliards (DEM10 milliards)

par an à des créateurs d’entreprise et des jeunes entrepreneurs par l’intermédiaire

de 60.000 crédits.

Comme dans les autres pays, on trouve en Allemagne un grand nombre de sociétés

de capital-risque comme la "Seed Capital Brandenburg GmbH" www.scbgmbh.de/index1.htm.

Cette société ne prend que des participations minoritaires et ses investissements sont au

minimum de €102.250 (DEM200.000).

52

Initiatives transfrontalières

Le fonds de capital-risque "Eurefi" www.eurefi.org/default2.htm est un projet novateur pour

la Grande Région. C'est l’un des premiers fonds de capital-risque constitué à l'initiative

de l'Union européenne et d'un ensemble de partenaires privés et publics belges, français

et luxembourgeois. La mission d'Eurefi est de créer des petits groupes transfrontaliers pour

accompagner les entreprises qui souhaitent prendre pied dans le"Pôle européen de

Développement PED" et les marchés limitrophes, ceci afin de développer une activité hors

frontières par le biais d'une implantation, d'un partenariat ou d'un rachat.

Dans notre analyse, nous avons pu constater qu’il existait un nombre important de solutions,

publiques et privées, pour le financement en dette et en capital des PME. La complexité

des marchés de financement en Europe et la difficulté pour les entrepreneurs d'identifier

les intermédiaires limitent souvent leur recherche de financement aux aides de l’Etat et aux

services offerts par leur banque locale.


6.1.4 Le marché du travail

Le développement souvent rapide d'une PME se traduit par un besoin conséquent en ressources

humaines. La grande majorité des entrepreneurs rencontrés nous ont fait part de leur difficulté

à trouver du personnel qualifié sur le marché du travail. Les raisons invoquées sont multiples:

· la situation concurrentielle du marché du travail entre les différentes régions

· l'image d'un métier: ce constat est surtout applicable aux métiers de l'artisanat.

Il faut également préciser que certains entrepreneurs rencontrés sont réticents à l’idée d'augmenter

leur effectif et ce malgré de réelles possibilités de développement. Un certain nombre

de raisons sont invoquées:

· les rigidités du marché du travail: de par le droit du travail, le personnel supplémentaire

embauché lors d’un cycle conjoncturel favorable ne peut être que difficilement congédié en

période de récession. Certains secteurs pour lesquels les cycles conjoncturels sont rapprochés

hésitent ainsi à embaucher des collaborateurs

· les charges sociales importantes

· la complexité administrative liée à l’embauche et à la gestion du personnel

· la difficulté de recruter, dans les domaines spécialisés, du personnel qualifié venant de pays

hors de l'Union européenne.

6.1.5 La complexité des procédures administratives

Les coûts récurrents liés au respect des obligations administratives, réglementaires et

normatives imposées par les pouvoirs publics peuvent être élevés et décourager l'activité

entrepreneuriale. Il est difficile de déterminer et de quantifier la charge temporelle exacte que

représente ces tâches dont l’accomplissement nécessite un investissement important pour la PME.

Pour les jeunes PME ou les PME en phase de croissance, ceci suppose un important investissement

en temps pour déterminer les obligations qu'elles sont tenues de remplir. Dans les

prémices, seules les plus dotées en capital peuvent disposer d’experts pour les assister dans

ces domaines.

Le système des pépinières d’entreprises permet de pallier cette faiblesse en offrant aux jeunes

entreprises des services de ce type. Ce système ne concerne cependant qu’un faible nombre

d’entreprises.

6.1.6 La multitude de guichets et de portails uniques

Le principe du portail et du guichet unique connaît un fort développement depuis plusieurs

années. Ces portails ont pour objectif de faciliter l’accès à l’administration publique afin de

mieux informer l’entrepreneur.

Plusieurs initiatives pour créer un guichet unique national existent déjà ou sont en phase

d’élaboration. Nous pouvons citer par exemple l’"Union wallonne des entreprises" www.uwe.be/

liens_utiles/liens_utiles.html. Son site Internet oriente l’entrepreneur vers les différentes

instances et lui fournit des informations sur les possibilités qui lui sont offertes.

On peut également mentionner le portail de l’Administration française www.service-public.fr.

53


54

6.2 Recommandations

6.2.1 L’Etablissement interrégional de Garantie et de Financement

Considérant les difficultés des entrepreneurs à trouver des financements bancaires pour

la création de leur PME, Andersen estime qu’il existe un réel besoin concernant la création

d’un "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement pour les PME, EIGF-PME".

Cet établissement assurerait en toute neutralité une activité de conseil et de médiation entre

les entreprises et les différentes institutions. Comme stipulé par l’Union européenne, les services

offerts par cet établissement ne devraient pas constituer d'entrave à la concurrence.

Dans un premier temps, sa mission consiste à améliorer la situation en matière de financement

de PME en proposant ses propres instruments. Il devrait être en mesure de délivrer des garanties

et de soutenir les PME de la Grande Région dans toutes leurs activités transfrontalières.

Dans un deuxième temps, si les institutions bancaires en place n’arrivent pas à combler

les manques identifiés dans les phases de genèse / amorce / création, l’EIFG-PME remplirait

ce rôle en répondant aux besoins de financement lors des phases de création et de transmission

de PME.

Cette institution devra assurer l’égalité des chances entre les entrepreneurs de toute la Grande

Région pour accéder au financement de leur entreprise.

L'EIGF-PME devrait disposer des outils suivants.

Garantie et cautionnement

La création d’une institution de garantie bancaire permettant l’accès au capital nécessaire

à la création serait une mesure à envisager par les pouvoirs publics.

Différentes formes de garanties existent dans les entités membres de la Grande Région:

· garantie dans le cas de micro-prêts

· garantie dans le cas de prêts à court terme

· garantie dans le cas de prêts à moyen ou long terme

www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/informations/index.htm

· garantie dans le cas d'avances remboursables 20

· etc.

Crédits et financement

Les entrepreneurs font appel aux crédits bancaires pour financer leurs besoins en capitaux.

Une étude 21 menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris montre que pour plus

de 2 / 3 des PME les apports externes se font par crédit bancaire et par crédit-bail.

Afin d’atténuer la difficulté d’accès au capital, les différentes entités membres ont développé

des crédits adaptés comme:

· les micro-prêts tels que les prêts de lancement existant en Wallonie

mrw.wallonie.be/dgee/dpe/dia/fr/creation/creation-05.htm et en France www.adie.org

· les prêts de création existant en Wallonie 22 et en France

www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/informations/index.htm

· les prêts de lancement 23

· les prêts à court terme

· les prêts à moyen et long terme

· les prêts de croissance ou de progression existant en Wallonie 24

· les prêts de transmission 25 . En ce qui concerne les prêts liés à la transmission, nous estimons

que des véhicules de financement doivent être créés pour permettre à l’acquéreur de PME

de trouver les fonds nécessaires. Quelques idées comme la rente viagère ou le leasing

20 www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/informations/index.htm

21Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, "L’accès des PME au financement bancaire: Comment l’améliorer?";

Rapport présenté par Monsieur Jean-Paul Vermès au nom de la Commission économique et financière et adopté par

l’Assemblée générale du 18 février 1999


22,23,24,25 mrw.wallonie.be/dgee/dpe/dia/fr/creation/creation-05.htm

26 Document de travail des services de la Commission: Etalonnage de la politique des entreprises,

premiers résultats du tableau de bord, Bruxelles, 27 octobre 2000, réf. SEC(2000)1841

immobilier, ont vu le jour, sans toutefois donner satisfaction aux institutions bancaires. Le frein

fiscal lié à la transaction proprement dite pèse sur le développement de ces produits

· les prêts participatifs existants au Luxembourg www.snci.lu.

Capital-risque

Il s'agit de mettre en place des mesures encourageant les personnes privées et / ou les entreprises

à investir leur épargne dans la création de nouvelles entreprises.

Bien que des améliorations importantes aient été réalisées ces dernières années et malgré

une publication de la Commission européenne sur le "Capital-Investissement" 26 identifiant

les obstacles pour le développement de ces financements et proposant un plan d'action en

conséquence, l'Europe se trouve encore à la traîne par rapport aux Etats-Unis.

Dans les différentes entités membres de la Grande Région, toutes les formes de capital-risque

existent. La majorité des initiatives en ce domaine sont des initiatives privées, même si

la "Banque européenne d’Investissement BEI" bei.eu.int a, depuis 1997, complété son intervention

en faveur des entreprises en mettant en place des opérations de capital-risque

destinées aux PME technologiques et à fort potentiel de croissance.

De plus, la Commission européenne a créé depuis 1994 le "Fonds d’Investissement européen"

www.eif.org, doté d’instruments de capital-risque, et des garanties pour soutenir la création,

la croissance et le développement des PME.

Eurefi: une base pour l’Etablissement interrégional de Garantie et de Financement

Les fonds mis à disposition de l’Etablissement interrégional de Garantie et de Financement

"EIGF-PME" devraient provenir d’institutions publiques et / ou privées.

La gestion de l’EIGF-PME devrait être allouée à un organisme privé suite à une soumission

publique et à une attribution de marché selon la législation européenne en vigueur. L’institution

mandatée devra être évaluée régulièrement quant à sa performance et à la réalisation de

ses objectifs et ceci en fonction de critères prédéfinis.

Comme mentionné, l'"Eurefi" www.eurefi.org/animation3b2.htm est une première initiative

interrégionale visant à offrir un certain nombre de véhicules de financement pour les PME.

Nous estimons que cet organisme pourrait être l’un des premiers soumissionnaires aptes

à exécuter ce mandat. Le cas échéant, l'Eurefi devrait revoir ses statuts afin de répondre

aux exigences d’un tel établissement.

L’objectif recherché n’est pas de créer une situation de concurrence déloyale par rapport

aux institutions bancaires, ni aux autres organismes financiers (privés, publics et parapublics).

Nous considérons l’Etablissement interrégional de Garantie et de Financement comme

un moyen de pallier les insuffisances de garanties et de véhicules de financement dans

la Grande Région.

Enfin, l’institution gérant l’EIGF-PME aurait principalement un rôle de coordination et de conseil

dans les démarches de financement spécifiques encore manquantes à ce jour au sein des

entités membres de la Grande Région.

6.2.2 Les pépinières d’entreprises

La multiplication et la concentration des compétences au sein des pépinières d’entreprises

sont importantes. Ces pépinières ont pour mission de subvenir aux besoins des entrepreneurs

en termes de conseils. Les conseils prodigués sont relatifs aux activités connexes à la création

d’une PME (aspects légaux, marketing, informatique, logistique, recherche de partenaires et

choix du site d’exploitation).

55


56

Il s’agira de créer un réseau virtuel de compétences par la mise en commun des connaissances

des pépinières existantes, afin d’aider aux mieux les PME qui bénéficient de leurs services.

In fine, le but est de pouvoir utiliser la pépinière de la Grande Région qui disposera de

la meilleure compétence.

6.2.3 Les concours de plans d’entreprise

Nous estimons qu’il serait opportun de promouvoir des concours de plans d’entreprise.

Ces concours, gérés par des professionnels des secteurs concernés, viseraient à réorienter

les entreprises vers des projets viables. La validation de ces plans d’entreprise donnerait accès

à des financements complémentaires par l’EIGF-PME.

6.2.4 Le chèque-conseil

Afin de remédier aux difficultés que rencontrent les PME pour disposer de conseils d’experts,

notamment lors de la phase de démarrage (poids du financement), nous proposons que

la Grande Région participe à cet effort de financement. Cette participation pourrait se traduire

par la mise en place de chèques-conseils obtenus par le biais d'appels d'offres annuels afin

de sélectionner des cabinets de conseil privés. Ces derniers seraient évalués de manière

systématique par rapport au cahier des charges établi au départ.

6.2.5 Les infrastructures

Les entrepreneurs estiment que les pouvoirs publics ont un rôle moteur à jouer dans la mise

en place d'infrastructures dans la Grande Région. Ils souhaitent notamment:

· la poursuite des efforts de rénovation et de développement des réseaux routiers, ferroviaires

et aéroportuaires

· l’adaptation du réseau de télécommunications aux plus récentes innovations technologiques

· la mise à disposition des nouvelles technologies pour les entreprises, les écoles

et les pouvoirs publics

· la mise en place de plate-formes logistiques.

6.2.6 Le marché du travail

Les entreprises nouvellement créées sont, pour la majorité d’entre elles, de très petite taille

et beaucoup n'emploient aucun salarié.

"Pour remédier à ce problème, plusieurs formules de simplification ont déjà été expérimentées

en France, avec succès, dans des secteurs spécifiques tels que le chèque emploi-service pour

les emplois familiaux ou la vignette pour les intermittents du spectacle.

Il est utile de considérer ces mesures pour les généraliser à tous les secteurs d'entreprise

et à toutes les entités membres de la Grande Région.

Un point intéressant est l’extension des formules de simplification existantes aux très petites

entreprises sous la forme d’un chèque emploi-premier-salarié.

Ce dispositif pourrait être utilisé, par les entreprises, sous des conditions spécifiques, quelles

que soient leur structure juridique et leurs activités.

A l’instar du chèque emploi-service, il constituerait un moyen de paiement, un outil de

déclaration, et permettrait au salarié de se rémunérer en l’encaissant auprès de sa banque

de la même façon qu’un chèque normal" 27 .

Les formalités liées au calcul des cotisations sociales, à leur prélèvement et aux déclarations

d’ordre fiscal, seraient prises en charge par des centres de services communs pour le traitement

administratif des PME en phase de démarrage et de première croissance. Un tel centre de

services pourrait par exemple gérer la première embauche (qui nécessite la mise en place de

27, 28 Rapport sur la simplification de la création d’entreprise, de la vie des créateurs

et de la gestion de leurs entreprises, Jean-Marie Bockel, Député du Haut-Rhin, 23 janvier 2001


29 Economie européenne, Commission européenne, Direction générale des affaires économiques

et financières, Supplément A, Analyses économiques, No 12 / décembre 1999

tout un processus de calcul du salaire, des charges patronales, des cotisations, etc.). Le salarié

recevrait directement de cet organisme une attestation d’emploi, équivalente à un bulletin

de salaire, lui donnant droit à la couverture sociale 28 .

6.2.7 L'actionnariat des salariés

Transmission de PME

La problématique de la transmission de PME est considérée par les entrepreneurs comme

un défi que la plupart n’ont pas encore planifié. Pour la Grande Région, l’enjeu est de s’assurer

de la pérennité des entreprises sur son territoire. Favoriser le processus de transmission

est donc primordial.

Ce travail pourra se faire en informant les entrepreneurs et les dirigeants de PME, en âge de

la retraite, des possibilités de transmission de leur PME. L’objectif est de permettre éventuellement

une entrée précoce de nouveaux collaborateurs ou de partenaires dans le capital.

Les options d'achat d'actions sont détaillées ci-dessous et sont un moyen parmi d'autres pour

préparer la transmission d'une entreprise aux employés.

Option d'achat d'actions "stock options"

"Les stocks options, ou options d'achat d'actions, donnent aux salariés qui en bénéficient

le droit (et non l'obligation) d'acheter, à un certain prix et pour une période déterminée,

un certain nombre d'actions de leur entreprise" 29 .

Les stocks options sont un autre moyen de faire participer les salariés à la gestion

d'une entreprise. Quel que soit le moyen utilisé par l'entrepreneur, de nombreux rapports

confirment que la prise de participation des salariés dans une entreprise a une influence

positive sur le développement de celle-ci.

Une harmonisation de la fiscalité sur ces produits dans un sens favorable aux détenteurs

permettrait d’offrir une rémunération attractive aux salariés des secteurs les plus porteurs.

Considérant les dispositifs qui peuvent exister notamment dans les pays anglo-saxons,

une telle mesure nous semble une réelle nécessité.

Faire participer les salariés au capital de la société est également un moyen de s’assurer

de leur fidélité, de leur motivation, et de disposer, le cas échéant, d’investisseurs à qui céder

l’entreprise.

Les institutions nationales des entités membres de la Grande Région doivent voir dans cet outil

un moyen efficace pour enrayer la fuite des "cerveaux" face aux rémunérations attractives

proposées dans les grandes métropoles en Europe et outre-Atlantique.

6.2.8 Le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région"

Il s'agit de fournir aux entrepreneurs les informations relatives à la politique régionale

et nationale, et de les mettre éventuellement en contact avec d'autres organismes pour toutes

les autres informations dont ils pourraient avoir besoin.

La mise en place d’un portail unique pour la Grande Région nous semble l’un des premiers pas

vers une homogénéisation de l’information accessible aux entrepreneurs, ainsi qu’un moyen

de promotion de la Grande Région elle-même.

L’accès à une source d’informations indépendante permettra aux entreprises de disposer

d’une information sur l’ensemble des moyens de financement disponibles, des possibilités

de formation pour les entrepreneurs et les salariés, et des démarches promotionnelles

à mettre en œuvre.

57


58

Le portail fournira une comparaison et une évaluation des offres de services et produits

des différentes institutions aux entrepreneurs et PME. Son objectif sera de faire connaître

à l’entrepreneur, de façon objective, les différentes possibilités du marché.

Le portail unique et multilingue de la Grande Région devra créer des liens vers les sites les plus

intéressants pour les entrepreneurs dans les domaines précédemment cités.

Un portail Internet "Entrepreneurs & PME de la Grande Région" permettrait de sensibiliser

l'opinion publique à l’esprit d’entreprise. Il serait également pour les entrepreneurs un outil

d'aide à l’analyse et à la prise de décision.

Enfin, le portail devrait communiquer un tableau de bord illustrant les efforts et les progrès

accomplis par les différentes institutions pour promouvoir l’esprit d’entreprise et dynamiser

les PME.

Ce portail permettra d’une part de favoriser l’intégration de la Grande Région et de ses PME

et, d’autre part, de promouvoir l’esprit d’entreprise.

Il pourrait être structuré de la façon suivante.

Le volet opérationnel

A l’heure actuelle, Internet n’est pas encore un outil utilisé par tous les citoyens, soit parce

qu’ils ne se sentent pas à l’aise face à cette nouvelle technologie, soit qu’ils n’ont pas encore

eu le temps de l'utiliser suffisamment, soit qu’ils redoutent un manque de sécurité pour les

informations transmises.

Par conséquent, il conviendra d’instaurer un centre d’appel "Call Center" qui permettra aux

futurs entrepreneurs de se renseigner, d’être conseillés et d’être dirigés vers les différentes

institutions.

Le volet informatif G2G, G2B, G2C 30

En installant un site Internet interactif, toutes les informations nécessaires de toutes les entités

membres seraient disponibles pour les entrepreneurs. Nous proposons les thématiques

suivantes.

Formation

Les institutions de la Grande Région ont pris de multiples initiatives pour les jeunes et pour

les adultes en termes de formation à l’esprit d’entreprise. On peut citer par exemple

l’"Institut de Formation pour les PME" www.ifpme.be en Belgique. Des informations sur

ce dernier sont disponibles sur Internet, mais l’existence d’un tel institut n’est pas forcément

connue au niveau de la Grande Région.

Information sur les marchés et les statistiques

Avant toute création d’entreprise, les entrepreneurs doivent fréquemment fournir aux

banques ou aux institutions publiques un plan d’entreprise et une étude de marché.

Afin de faciliter la réalisation de tels documents, le portail pourra être un accès à des bases

de données d’études statistiques.

Financement public et privé

L’accès au financement (voir chapitre 6.2.1 sur l'Etablissement interrégional de Garantie

et de Financement) est une démarche complexe et critique pour tout créateur d’entreprise.

Le portail unique devra lui faciliter l’accès aux informations concernant les possibilités

de financement et les liens vers les différents acteurs du marché, comme par exemple

la "European Venture Capital Association" www.evca.com pour l’accès au capital-risque,

30G2G: Government to Government; G2B: Government to Business; G2C: Government to Citizen


ou le "Ministère de la Région wallonne" mrw.wallonie.be/dgee/dpe/dia/fr/ pour l’accès aux

aides de l’Etat.

Encadrement des jeunes créateurs d’entreprises

Les entrepreneurs se trouvant dans les phases d’amorçage et de démarrage ont besoin

de conseils en matière de marketing, aspects légaux, économie, etc. En outre, ils ont besoin

d’infrastructures, afin de pouvoir s’installer et démarrer leurs activités.

Aujourd’hui, cet encadrement est offert par les pépinières d’entreprises telles que

le "Technoport de Metz" en Lorraine www.technopole2000.georgiatech-metz.fr

ou en Allemagne www.existenzgruender-netzwerk.de ou les plates-formes d’initiatives

locales offertes par exemple par "France Initiatives Réseaux" www.fir.asso.fr.

Concours

Les concours de plans d’entreprise sont des initiatives qui peuvent permettre aux jeunes

créateurs de tester leurs idées et d’évaluer plus en détail la viabilité de leur projet. De telles

initiatives existent un peu partout dans la Grande Région, mais sont rarement communiquées

dans les autres régions. On peut par exemple citer le concours "123 Go" www.123go.lu

qui est un programme développé parallèlement sur l'ensemble de la Grande Région.

"Application Service Providers"

Le portail devrait rendre accessible sur la Grande Région un service de mutualisation

d’application informatique "Application Service Providers" pour permettre à toute PME

d’accéder aux meilleurs logiciels disponibles afin d’accroître leur efficience. L’objectif est

de faire bénéficier les PME d’économies d’échelle au niveau de la Grande Région en mettant

à leur disposition des applications bureautiques standards, des programmes "Enterprise

Ressource Planning ERP" pré-configurés, des logiciels d’optimisation logistique et de routage,

etc.

Etalonnage en ligne

Le portail devrait permettre aux entrepreneurs d’accéder à un service d’étalonnage en

ligne "Benchmarking". Ainsi, toute PME pourrait se comparer aux autres PME de la Grande

Région et pourrait disposer de conseils en ligne pour améliorer ses performances et donc

sa compétitivité.

Application en ligne

Le portail devra permettre aux entrepreneurs d'être en mesure de remplir en ligne leurs

demandes pour tout service offert sur le site Internet et ce de façon bilingue. L'entité gestionnaire

du portail unique devra traiter les dossiers compris dans son domaine de compétence

et transmettre les autres demandes aux organismes appropriés. Ainsi, tout entrepreneur

aura un guichet unique pour faire ses demandes: dans le domaine de l'enregistrement

de sa société, des procédures administratives et légales, des demandes d'aides en conseil,

des demandes de financement (privé ou public), des demandes de ressources humaines

qualifiées, etc. La réalisation de cette interface sera complexe puisqu’il s’agit de mettre

à disposition et de tenir à jour tous les formulaires en ligne pour l’ensemble des secteurs

et administrations de la Grande Région.

59

Accès aux programmes d’appui

Comme détaillé au chapitre 7.4.1 Le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région",

nous estimons qu’il serait opportun d’utiliser ce portail dans le but de permettre l’accès

à toutes les informations relatives aux programmes d’appui de la Grande Région.


6.2.9 La fonction logistique comme outil de développement des PME

La gestion de la chaîne logistique – composée de la gestion des achats, gestion de la planification

de la production, gestion des stocks semi-finis et finis, gestion du réseau de distribution,

gestion des entrepôts – est aujourd’hui perçue par les professionnels comme un facteur-clé

de succès dans l’environnement compétitif des affaires. Les entreprises s'efforcent constamment

de réduire leurs coûts de fonctionnement en diminuant par exemple leur niveau de stock,

en optimisant leurs processus de fonctionnement, ou encore en améliorant les services et

les produits proposés.

Les entreprises les plus performantes se concentrent sur la rationalisation des flux de produits

et d’informations tant au sein de l’entreprise qu’avec leurs partenaires commerciaux.

Souvent, les PME n’ont un accès aisé ni au savoir-faire, ni aux outils et moyens nécessaires

à l’optimisation de leurs processus.

Une opportunité stratégique pourrait être offerte aux entrepreneurs par la mise en place

d'une infrastructure offrant cet accès aux entreprises de la Grande Région. Cette infrastructure

pourrait prendre la forme d’une plate-forme "logistique", soit physique, soit virtuelle ou encore

d’une combinaison des deux selon un axe double.

Axe de la formation

Rendre les entrepreneurs conscients de l’importance de la chaîne logistique dans la chaîne

de valeur. Il existe un réel besoin de former les chefs d’entreprises et les acteurs économiques

aux principes de base tels que la gestion des achats, la planification de la production,

la gestion des stocks (achats, produits semi-finis & finis), la stratégie de distribution et la

gestion des paiements.

Permettre, au travers d’exercices anonymes d’étalonnage intra-entreprises – de taille

et de secteur équivalent à travers la Grande Région – d’identifier les forces et faiblesses

des PME.

Permettre aux PME d’accéder, grâce au portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région",

aux règles, aux principes et aux meilleures pratiques à mettre en œuvre dans leur entreprise.

Permettre aux PME d’accéder, grâce au centre d’appel, à un réseau d’experts logisticiens.

Ces derniers pourraient nuancer les règles, principes et meilleures pratiques en fonction

de l’environnement spécifique des PME.

60

Axe des infrastructures

Entrepôts partagés dans la Grande Région

La Grande Région pourrait consacrer un espace réservé à l’implantation d'entreprises actives

dans le secteur de la logistique. L’objectif sera de créer un ou plusieurs pôles logistiques qui

concentreront géographiquement tous les intervenants directs ou indirects. S’y retrouveront

des entreprises proposant des services de transport, d’entreposage, d’administration

des transports, etc.

Cette concentration encouragera des synergies entre les acteurs du secteur de la logistique

afin d’offrir un service intégré dépassant le simple territoire national.

L’offre de service, couplée à une bonne visibilité au niveau de la Grande Région, permettra

aux PME de la Grande Région d’avoir accès aux meilleurs services du secteur logistique à des

conditions financières compétitives.


A l’offre de service proposée pourront s’ajouter des formules du type "Third Party Logistics

3PL" qui offriront aux PME de la Grande Région la possibilité de sous-traiter une partie

ou la totalité de leurs activités logistiques: transport, entreposage, achats, service clientèle.

L’objectif est de permettre aux PME de la Grande Région de se concentrer sur leurs activités

principales et non sur celles qui demeurent annexes. Les PME de la Grande Région

obtiendront ainsi un avantage compétitif en améliorant la gestion de leur chaîne logistique.

Finalement, nous attirons l’attention sur le fait que l’avènement de l’Euro va changer

la donne quant aux prix des transports et des activités connexes à la chaîne logistique

(achats, ventes, conditions de transports, assurances, incotermes, etc.). La transparence liée

à l'Euro va forcer les fournisseurs de services à redéfinir leur politique de prix.

Mise en œuvre d’une plate-forme électronique commune d’achat

Etant donné le volume d’achat généré par les entreprises dans la Grande Région, la mise

en place d’une plate-forme électronique d’achat permettrait aux entrepreneurs concernés

de tirer profit de prix d’achat plus compétitifs. Afin de garantir le flux continu de production

des PME industrielles concernées, nous estimons que les produits considérés dans une première

phase seront des produits non-stratégiques au processus de production. Néanmoins, ces achats

standard pourront être gérés par cette plate-forme électronique à l'aide d’un catalogue

standardisé et ce, avec un flux d’approbation et de paiement simple.

Les avantages de l’utilisation de la plate-forme logistique et de la plate-forme électronique

consistent, pour les PME de la Grande Région, à adopter des stratégies logistiques et

à bénéficier des moyens mis en œuvre par les grandes entreprises.

61


7 Programmes d’appui

7.1 Introduction

L’évaluation des programmes d’appui aux PME dans les différentes régions ne constituait pas

un objectif de la présente étude. Néanmoins, s’agissant de définir des mesures d’appui

aux PME, il était important de juger du degré d’utilisation par les entreprises des programmes

déjà en place, afin de déterminer les "meilleures pratiques" dans les entités membres, c’est-àdire

des programmes pouvant être partagés, puis appliqués au niveau de la Grande Région.

Il est à noter que les réseaux d'appui n'ont pas été considérés dans la présente étude.

Un certain nombre d'organismes ont été contactés pour collecter des informations sur

les programmes d'appui offerts aux entreprises dans les différentes entités membres.

La liste des programmes recensés a ensuite été présentée aux entrepreneurs et complétée au

fur et à mesure des entretiens; parallèlement les observations et commentaires des entrepreneurs

étaient recueillis. Malheureusement, nous n'avons pas pu nous assurer de l’exhaustivité de

cette liste. Dès lors, les graphiques et statistiques ci-dessous ne prétendent pas s'appliquer

à l'intégralité des programmes existants dans la Grande Région.

7.2 Constats

Au travers des entretiens, nous nous sommes aperçus des faits suivants.

Le nombre important de programmes disponibles, dont:

· une proportion élevée de programmes d’appui d’ordre financier

· une proportion faible de programmes de sensibilisation

· une proportion faible de programmes d’appui d’ordre opérationnel.

Le faible degré de connaissance et d'utilisation des programmes.

Les raisons suivantes, non exhaustives, peuvent expliquer les faibles niveaux de connaissance

et d'utilisation des programmes.

63

· Manque de transparence

Un entrepreneur voulant créer sa PME n’a, le plus souvent, pas les fonds propres suffisants

pour couvrir tous les besoins financiers des mois nécessaires avant que son activité puisse

démarrer. Les entrepreneurs estiment que les aides publiques pour couvrir cette période seront

utiles seulement si elles sont disponibles endéans des délais très courts.


Malheureusement, l’obtention de ces aides s’avère le plus souvent extrêmement difficile.

Avant même de soumettre un projet, il convient de procéder à un fastidieux travail

de recensement des dispositifs existants. Il s’agit de déterminer à quelle aide on peut

prétendre (locale, régionale, nationale ou européenne, d'origine publique ou privée). Il

convient ensuite d’évaluer si l'on remplit les conditions d’éligibilité. Certains entrepreneurs

rencontrés nous ont affirmé qu’ils employaient une personne à plein temps chargée de

"dénicher" les aides auxquelles l’entreprise peut prétendre.

Cette situation apparaît paradoxale lorsque l’on sait qu’une entreprise nouvellement créée

peut difficilement investir du temps et de l'argent dans ce type de tâche, alors même que ce

sont précisément ces entreprises qui ont le plus besoin de ces aides.

Les entrepreneurs expriment un vif désir d’information. La majorité d’entre eux s’adresse

actuellement aux chambres consulaires ou réseaux d'appui. Or, aux vues des nombreuses

aides existantes, ces dernières n'ont pas toujours une vue complète sur l’ensemble des

dispositifs disponibles.

La compilation de la liste de programmes pour les besoins de cette étude a nécessité de

multiples contacts de la part d'Andersen avec les différents organismes et une recherche

approfondie sur Internet. Il est à noter qu’aucun de nos interlocuteurs dans les chambres

professionnelles ou organisations patronales ne nous a renseignés sur l’existence des sites

Internet faisant l’inventaire des programmes.

La Commission européenne a mis en place un réseau de 270 "Euro-Info-Centres EIC" à

travers l’Europe avec comme mission d’assurer l’interface entre les institutions européennes

et les PME. Leurs activités sont principalement orientées vers des programmes européens.

Dans le même ordre d’idée, et en s'inspirant des EIC europa.eu.int/comm/enterprise/networks/

eic/eic.html de la Commission européenne, il serait utile d’installer des centres de documentation

et d’orientation où les entrepreneurs pourraient se renseigner, se faire conseiller et

recevoir de la documentation concernant les possibilités s’offrant à eux.

En conclusion, aucun guichet unique proposant des informations sur la totalité des

programmes de la Grande Région n'est actuellement disponible. Des initiatives récentes

de programmes sur Internet améliorent dans certaines entités membres l’accès à ces

programmes. Cependant, ces initiatives n’en sont qu‘à leurs débuts et exigent que

l’entrepreneur soit un utilisateur chevronné de Internet pour les identifier.

64

· Mise en oeuvre des aides

La problématique des délais a été mentionnée par la majeure partie des entrepreneurs

rencontrés. Les dossiers à constituer par l'entrepreneur pour l'obtention des aides sont

conséquents, les acteurs impliqués nombreux et les contrôles multiples. En effet, il est très

difficile pour un entrepreneur de planifier un investissement lorsqu'il ne sait pas si le financement

public lui sera accordé ou non.

Une fois le financement accordé, les délais de règlement peuvent également s'avérer longs,

de sorte qu'il n'est pas rare que l'entrepreneur soit obligé de préfinancer tout ou partie

de son investissement. Ces délais ont donc des impacts significatifs sur la trésorerie

des entreprises.

Sur le plan fiscal, les subventions en capital constituent des revenus imposables.


7.3 Degré de connaissance et d’utilisation des programmes

Nous avons pu identifier quelque 185 programmes d’appui aux niveaux régional, national et

européen. Dans cette liste, les programmes stimulant l’esprit d’entreprise ne sont pas présents

dans une proportion suffisante. Les aides sont davantage orientées vers les PME ayant déjà

franchi le cap de la genèse / amorce, et concernent plutôt le développement et la consolidation

de cette croissance.

Les graphiques suivants analysent l’utilisation des moyens existants. Ils se basent sur les

résultats obtenus auprès des 50 entrepreneurs interrogés et ne peuvent donc prétendre

à l’exhaustivité.

Le graphique 1 montre que sur la totalité des programmes recensés, 61 % (barre de gauche)

sont connus et 26 % (barre de droite) sont utilisés. La ligne orange représente le taux d'utilisation

des programmes par rapport à leur connaissance: un peu plus de 40 % des programmes

connus sont effectivement utilisés. On notera que, s'agissant des programmes connus et utilisés,

un seul entrepreneur connaissant la totalité des programmes serait suffisant pour que la barre

de gauche atteigne les 100 %.

Ces pourcentages varient fortement selon les régions. Le taux d'utilisation des programmes par

rapport à leur connaissance est élevé pour les programmes belges, wallons et de la Communauté

germanophone de Belgique, alors qu'il est très bas pour la Sarre, voire nul pour les programmes

européens et de l’espace Saar-Lor-Lux (quelques entrepreneurs les connaissent, mais aucun

des entrepreneurs rencontrés ne les utilise).

Un taux élevé peut s'expliquer par les facteurs suivants:

· la connaissance des programmes est corrélée à une bonne communication sur leur existence

· l’utilisation des programmes dépend largement de leur adéquation aux besoins

des entrepreneurs et de procédures d'obtention simples.

Pourcentage

100 %

90 %

80 %

70 %

60 %

50 %

40 %

30 %

20 %

10 %

0 %

Régions d'origine des

programmes d'appui

Total

Europe

Saar-Lor-Lux

Belgique

Wallonie

Comm. germ.

Allemagne

Rhénanie-Palatinat

Sarre

Luxembourg

Lorraine

Taux de connaissance des programmes d'appui

Taux d'utilisation des programmes d'appui

Taux d'utilisation des programmes d'appui par rapport à leur degré de connaissance

Graphique 1 Taux de connaissance et d’utilisation des programmes

d’appui par région d’origine des programmes d’appui

65

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"


Le graphique 2 représente le degré de connaissance des programmes.

La droite orange symbolise la distribution idéale, tandis que les barres représentent

la concentration de la connaissance réelle des programmes. Il ressort que plus de 30 %

des entrepreneurs rencontrés ne connaissent aucun programme.

A noter que lors des entretiens, plusieurs entrepreneurs nous ont demandé de pouvoir disposer

d’informations sur les programmes dont nous leur apprenions alors l'existence.

Nombre de nominations des programmes d'appui

250

200

150

100

50

0

Droite d'une distribution homogène

0 % 25 % 50 % 75 % 100 %

Pourcentage des entrepreneurs rencontrés

Graphique 2 Concentration de la connaissance sur les programmes

d’appui

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

L'utilisation des programmes est concentrée sur un petit nombre d’entrepreneurs ainsi que le

montre le graphique 3. Un manque de communication et des méthodes inadaptées pour

l’instruction des demandes sont peut-être à la source de ce phénomène. L'utilisation de ces

programmes apparaît trop compliquée, de sorte que seules quelques entreprises en bénéficient.

Une autre raison peut être l'inadéquation entre les programmes et les besoins des entreprises.

120

66

Nombre d'utilisation des programmes d'appui

100

80

60

40

20

0

Droite d'une distribution homogène

0 % 25 % 50 % 75 % 100 %

Pourcentage des entrepreneurs rencontrés

Graphique 3 Concentration de l’utilisation des programmes d’appui

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"


Le graphique 4 montre que les types de programmes dans les différentes régions sont

essentiellement concentrés sur les incitations financières et les crédits qui représentent presque

50 % de l’ensemble des programmes identifiés.

Pourcentage

30 %

25 %

20 %

15 %

10 %

5 %

0 %

Catégorie des programmes

d’appui

1,1 %

26,1 %

22,8 %

13,6 % 15,2 %

2,2 % 2,7 % 3,3 % 4,3 % 6,0 % 2,7 %

coopération

réduction des coûts

capital

garantie

contacts

conseils

info

sensibilisation

divers

crédit

aide

Graphique 4 31 Distribution des programmes d’appui existants dans

la Grande Région

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

Lorsque l'on étudie les catégories du graphique 4 pour les comparer avec les données sur

l'utilisation et la connaissance des programmes, on obtient le graphique 5.

70

74

31, 32Sont incluses dans "divers" les pépinières d'entreprises,

les aides à l'innovation et les aides pour l'établissement de "business plans"

Nomination des types de programmes

60

50

40

30

20

10

0

Types de programmes

2

6

2

15

nomination des programmes connus

1

11 9 9 8

1 2

3

6

15

coopération

garantie

contacts

conseils

info

capital

sensibilisation

réduction des coûts

crédit

divers

aide

nomination des programmes utilisés

Graphique 5 32 Nomination des programmes connus et utilisés,

catégorisés selon leurs types

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

52

Les barres représentent les différents types de programmes connus et la courbe orange

représente les programmes utilisés. On remarque des différences importantes entre les types de

programmes les plus cités. Ainsi, les incitations financières représentent 26,1 % (graphique 4)

de la totalité des programmes. Et, dans cette catégorie, seuls 60 % des programmes nommés

sont utilisés. Cette analyse peut s’opérer pour les autres catégories recensées précédemment.

43

27

45

67


7.4 Recommandations

7.4.1 Le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région"

Dans le cadre du chapitre relatif à la dynamisation des PME, une des recommandations

énoncée a été la mise en place d'un portail permettant aux entrepreneurs de pouvoir disposer

de toutes les informations sur la Grande Région.

Cet outil doit recenser les programmes et initiatives disponibles pour les entreprises de

la Grande Région. Les programmes présentés seront classés en fonction des besoins spécifiques

auxquels ils répondent. Le site doit être en mesure d’indiquer les conditions d'obtention, ainsi

que les coordonnées des personnes à contacter pour obtenir des informations complémentaires.

La mise en place d'une telle plate-forme permettrait également aux instances politiques

de disposer de statistiques nécessaires sur l'utilisation des programmes et de les adapter

le cas échéant.

7.4.2 La mise en commun des meilleurs programmes dans la Grande Région

Nous avons établi ici une liste d’initiatives que les entrepreneurs rencontrés estiment

intéressantes pour être étendues à toute la Grande Région.

Catégories des initiatives

Sensibilisation

Financement

Support

Nom des initiatives

Découverte des PME à l’école

Echanges PME-Enseignement

Etablissement interrégional de Garantie et de Financement

MBA Entrepreneur

Carte de visite des entreprises

Chèque premier salarié

Chèque-conseil

Opérationnelle

"123 Go"

Chèques à l’innovation

Tableau 4 Initiatives à partager sur la Grande Région

La Grande Région ne doit pas limiter les différentes initiatives à quelques-unes des entités

membres, mais les appliquer à l'ensemble des entités membres de la Grande Région.

Cette dernière peut fournir une plate-forme plus large pour faire connaître les programmes

et les initiatives existantes, les rendre accessibles à un plus grand nombre d’entrepreneurs

et faciliter cet accès.

68

Nous proposons la création d’un bureau d’assistance technique de la Grande Région qui

s’assure:

· de la communication des programmes

· de l’accès des PME aux programmes

· du partage des programmes sur la Grande Région.


8 Vision "Entrepreneurs et PME"

pour la Grande Région

8.1 Constats et considérations

Les entrepreneurs rencontrés ne perçoivent pas la Grande Région en tant que "marché" ou

en tant que réalité économique. Leurs échanges commerciaux en valeur s’effectuent en effet

d’abord sur les marchés local, national et européen. Le marché de la Grande Région vient

seulement en quatrième position.

De plus, on constate que la connaissance et l’intérêt porté à la Grande Région sont décroissants

au fur et à mesure que l'on se rapproche de sa périphérie géographique ainsi que des pôles

économiques des régions voisines (comme Strasbourg, Bruxelles, Aix-la-Chapelle, Cologne).

Ainsi, l'importance de la Grande Région pour un entrepreneur établi dans les Vosges est

différente de celle que lui attribue un entrepreneur du Luxembourg, de Trèves ou de Metz.

Force est de constater que l'entrepreneur travaille d’abord dans son pays d’origine. Ceci est

dû au fait que travailler au-dedes frontières exige des coûts supplémentaires et représente

des risques additionnels inhérents à un nouvel environnement réglementaire et législatif.

Au-dedes accords institutionnels régissant la coopération entre les autorités politiques, il

n’existe pas de charte ou de document au niveau de la Grande Région qui décrive les objectifs

et moyens en matière de politique des PME ou encore d’esprit d’entreprise.

Les principaux obstacles mentionnés par les entrepreneurs au développement du commerce

au-dedes frontières administratives qui délimitent la Grande Région sont les suivants.

La divergence des législations et réglementations qui nécessite un investissement en temps

et argent pour être surmontée, mais qui constitue également un risque dans l’exécution

des échanges commerciaux. En effet, recouvrir une créance dans une autre entité membre

crée des problèmes et des surcoûts puisque les procédures de recouvrement sont différentes

d’un pays à l’autre.

71

La difficulté de l’accès à l’information sur les pratiques réglementaires et administratives

dans les entités membres de la Grande Région. Il en va de même pour obtenir des informations

sur la disponibilité de terrains en zone d’activités ou sur des partenaires potentiels dans

les entités membres. Les entrepreneurs indiquent que les guichets uniques fonctionnent avec

un succès mitigé selon les régions. Les barrières de la langue sont mentionnées fréquemment

par les entrepreneurs, à l’exception des entrepreneurs luxembourgeois.


Enfin, nous avons été surpris de constater lors des entretiens que pour la majorité des

entrepreneurs, les technologies liées à l'Internet ne constituent ni une opportunité,

ni une menace. Il serait essentiel de réaliser à l’échelle de la Grande Région des programmes

pour sensibiliser les entrepreneurs aux possibilités et menaces liées aux NTIC 33 et à la société

de l’information.

Aussi, deux interrogations peuvent être soulevées:

· quelles sont les mesures à mettre en place pour obtenir une politique concertée dans la

Grande Région visant à promouvoir l’esprit d’entreprise et à dynamiser les PME?

· quel rôle peut-on attribuer à la "Grande Région" dans le cadre d’une politique concertée?

Développer une politique économique concertée à l’échelle de la Grande Région suppose non

seulement une intention et des objectifs communs, mais requiert aussi des autorités politiques

qu’elles s’accordent sur la valeur ajoutée que la Grande Région, sise entre des nations

souveraines et l'Union européenne 34 , peut apporter à ses entrepreneurs et PME.

Il s’agira aussi de déterminer les mécanismes et règles qui feront qu’une entité membre de

la Grande Région privilégiera plutôt l’intérêt commun de la Grande Région que le sien.

C’est en générant des résultats concrets pour ses entités membres en matière de PME et de

développement de l’esprit d’entreprise que la Grande Région s’imposera en tant que réalité.

Il en va de même pour les entrepreneurs. Bien que bâti sur des intérêts communs, le concept

de "Grande Région" relève d’une création artificielle. L’entrepreneur va où l’opportunité se

trouve, que ce soit dans la Grande Région ou ailleurs. En effet, si une entreprise veut étendre

ses activités, le choix se fera uniquement en fonction de considérations économiques et indépendamment

de considérations liées à la Grande Région. La Grande Région n'est intéressante pour

un entrepreneur que si elle est en mesure de lui offrir des opportunités allant au-dede celles

qu'il trouverait dans son pays d'origine. Il s'agit donc pour la Grande Région de créer et

de mettre en évidence ces opportunités pour les PME.

72

Le territoire des entités membres de la Grande Région est bordé de pôles d’attraction puissants:

Cologne pour la Rhénanie-Palatinat, Bruxelles pour la Wallonie, Strasbourg, Bâle et Paris pour

la Lorraine, Aix-la-Chapelle pour partie de la Communauté germanophone. Dans un premier

temps, la Grande Région, en tant qu’entité économique, suscitera probablement plus d’intérêt

en son cœur géographique, à savoir la Province de Luxembourg, la Province de Liège, la région

autour de Trèves ("Regierungsbezirk Trier" de la Rhénanie-Palatinat), de la Sarre et la région

autour de Thionville, Metz, Nancy et Verdun (située géographiquement au Nord des départements

de la Moselle, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle), et le Luxembourg.

Quel serait alors le rôle de la Grande Région? La Grande Région offre des opportunités à saisir

et la possibilité de formuler en commun une réponse aux défis qui se posent à chaque entité.

Du point de vue des opportunités, elle bénéficie de l’expérience des entités membres

pour créer à l’échelle de la Grande Région un environnement propice au développement

des PME. Elle peut assumer ainsi un rôle d'accélérateur des mesures économiques

nationales, de partage des meilleures pratiques, et de mise en commun des ressources

financières et des infrastructures pour la création d'un environnement favorable au

développement des PME. Enfin, la Grande Région présente pour ses PME un marché potentiel

de 11 millions d’habitants et constitue une plate-forme idéale d’accès aux quatre marchés

nationaux des entités membres, soit 146 millions d’habitants. La Grande Région devrait

mettre en place le contexte favorable au déploiement des activités des entreprises. Il s’agit

principalement de leur permettre de se développer de façon durable et de contribuer ainsi à

la création de valeur ajoutée pour la région.

33Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication

34La problématique des objectifs et mécanismes communs de décision à l’échelle

de la Grande Région s’applique bien sûr à de nombreux autres domaines que

la promotion de l’esprit d’entreprise et la dynamisation des PME


Du point de vue des défis, la Grande Région est en concurrence avec d’autres régions et villes

d’Europe pour sa seule matière première, à savoir le capital intellectuel et les qualifications de

ses ressortissants. Il est à noter qu’il existe dans les entités membres de nombreuses initiatives

pour développer les métiers, les compétences et les PME de la société de l’information.

35Cette mesure relève de la compétence des pays dont les entités membres font partie

8.2 Trois missions possibles pour la Grande Région

Il en découle trois missions possibles pour la Grande Région.

1 Création des conditions nécessaires à un environnement propice à la stimulation de l’esprit

d’entreprise et à la création de PME.

2 Etablissement de la Grande Région en tant que "marché" et plate-forme d’accès

au marché européen.

3 Hisser la Grande Région parmi les meilleures régions européennes pour le développement

des PME actives notamment dans le domaine de la société de l’information en particulier.

8.2.1 Mission 1 – Création des conditions nécessaires à un environnement propice

à la stimulation de l’esprit d’entreprise et à la création de PME

La Grande Région aura pour mission de créer un environnement favorable au développement

des PME, donnant ainsi naissance à une valeur ajoutée économique forte et non pas à une

simple création d’emplois. Elle assumera cinq rôles:

· accélérateur des mesures économiques nationales et de partage des meilleures pratiques

· information et accompagnement des PME

· coordination

· développement des infrastructures

· soutien au recrutement de personnes qualifiées.

Les mesures en relation avec ces objectifs ont déjà été décrites en partie aux chapitres 5 et 6

traitant de l’esprit d’entreprise et de la dynamisation des PME. Pour rappel, les principales

mesures visant à développer l’esprit d’entreprise consistent à:

· permettre la "découverte de la PME et de l’esprit d’entreprise en école",

avec adaptation des cursus scolaires

· créer une bourse d’échange de stages en PME pour jeunes

· simplifier et réduire la charge de travail administratif

· simplifier les conditions d’accès à la profession

· étendre à l’ensemble de la Grande Région les meilleurs programmes d’appui des entités

membres pour la promotion de l’esprit d’entreprise et la dynamisation des PME.

De même, les principales mesures en relation avec la dynamisation des PME sont:

· la promotion des connaissances et des échanges entre PME, visant à créer une communauté

d’intérêt à l’échelle de la Grande Région et un réseau de spécialisation avec une masse

critique importante

· la création d’infrastructures communes de support. Celles-ci peuvent être des pépinières,

des réseaux de télécommunications à haut débit, des infrastructures routières, ferroviaires

et autres favorisant le flux de personnes et de marchandises, de même que la création

de centres de formation spécialisés

· l’amélioration de l’accès aux informations grâce à un portail "Entrepreneurs & PME

de la Grande Région" affichant les programmes, les entreprises de la Grande Région, etc.

· l’aide au recrutement de collaborateurs qualifiés et l’assouplissement, dans des situations

spécifiques, des autorisations de travail pour les ressortissants issus de pays autres que ceux

de l’Union européenne 35

73


· la promotion des concours de plans d’entreprise 36 (évalués quant au fond par des professionnels

connaissant les entreprises pour y avoir travaillé) encourageant les meilleures idées,

réorientant les idées sans plan d’entreprise valable et permettant l’accès à des financements

· la réalisation des mesures d’amélioration de l’environnement des PME déjà annoncées

dans les entités membres

· l’intervention auprès des autorités nationales des entités membres pour créer un environnement

administratif et réglementaire favorable. Il s’agit aussi d’assouplir, sinon de supprimer,

les contraintes liées à la prestation d’heures supplémentaires et à l’échange de collaborateurs

entre PME d’un même groupe 37

· la simplification de l’accès au capital pour tout projet d’entreprise viable, de même que

pour l’expansion de la PME. Il s’agit par ailleurs de persuader les groupes bancaires

de l’intérêt d’accorder des prêts aux PME de la Grande Région

· l’assistance des PME qui souhaitent exporter hors de la Grande Région. Elle sera relative

aux aspects légaux, douaniers et commerciaux. Il s’agit également de faciliter l’accès

à des spécialistes de la chaîne logistique

· le soutien à la revalorisation dans le grand public de l’image et du rôle de l’entrepreneur

et de la PME. Il appartient aux chambres professionnelles et associations patronales

de susciter l’intérêt des médias à communiquer au sujet des PME, des entrepreneurs

et de l’esprit d’entreprise 38 .

74

La Grande Région aura un rôle d’information et d’accompagnement des PME. Si l’on veut créer

une Grande Région économique, cela suppose que les partenaires impliqués aient des pratiques

législatives et réglementaires similaires. Or, trop de divergences subsistent entre les règlements

nationaux et constituent ainsi un frein important au développement commercial et économique

de la Grande Région. Ces différences obligent les entrepreneurs à se familiariser avec les règles

et les législations de chaque entité membre. La volonté politique de favoriser un développement

intra-régional des activités économiques doit entraîner une réduction de ces barrières afin de

maximaliser les bénéfices de la régionalisation pour les PME. La décision des entrepreneurs

d’investir au-dedes frontières n'en sera que facilitée.

La Grande Région aura un rôle de coordination. Nous avons présenté dans les chapitres

précédents les défis à relever pour développer l’esprit d’entreprise, dynamiser les PME, et avons

soumis un certain nombre de recommandations pour y arriver. Ces recommandations seront

à appliquer dans chaque entité membre composant la Grande Région. Le rôle imparti à

cette dernière sera de promouvoir ces recommandations, de faciliter leur déploiement et

de veiller à la coordination et à la cohérence de la mise en œuvre conformément à la vision

et aux objectifs de la Grande Région.

La Grande Région aura un rôle de développement des infrastructures. Les entrepreneurs

estiment que les pouvoirs publics se doivent de continuer à développer les infrastructures

de base: réseaux routiers, ferroviaires, aéroportuaires et des télécommunications.

Néanmoins, il s'agit également de promouvoir le développement rapide du réseau de transferts

de données à haut débit, tout comme l'accès à l’Internet à des prix compétitifs, de portails

électroniques d'échange de données, d'achat et de vente, etc. Etant donnés les investissements

importants liés à ces demandes et leur utilité publique, les pouvoirs publics ont un rôle

de catalyseur à jouer surtout dans la perspective de hisser la Grande Région parmi les meilleures

régions européennes favorisant la création, l'implantation et le développement des entreprises

en général et celles du secteur des NTIC / société de l’information en particulier.

La Grande Région aura un rôle de soutien dans le recrutement de personnes qualifiées. Comme

nous l'avons déjà mentionné, la recherche de personnel qualifié n'est pas chose aisée pour

la plupart des entreprises. A cela s'ajoute le fait que pour les plus petites entreprises ou celles

nouvellement créées, l'embauche des premiers salariés constitue un investissement important

36 Andersen est un des partenaires de l’initiative "123 Go", concours de plans d’entreprise organisé dans la Grande

Région. La contribution d'Andersen est la mise à disposition de "coach" pour assister les jeunes entrepreneurs dans

leurs premières démarches sur la base de l’expérience et du vécu d'Andersen.

37,38,39Cette mesure relève de la compétence des pays dont les entités membres font partie


de la part de l'entreprise et dès lors, un risque. En effet, le marché du travail en Europe n'offre

souvent pas la flexibilité indispensable au bon fonctionnement d'une entreprise connaissant

des fluctuations importantes d'activité selon des cycles plus ou moins longs.

Avec la globalisation des marchés et l'expansion des activités au-dedes frontières nationales,

voire européennes, il est dommage de constater que le recrutement de personnel reste encore

le plus souvent limité au seul espace européen. En effet, il est très difficile de recruter en dehors

des frontières de l'Union européenne, alors que certains secteurs d'activités, comme le secteur

des nouvelles technologies et de l'information, souffrent d'un manque important de ressources

humaines qualifiées. Le recrutement en dehors des frontières européennes se justifie également

pour les PME voulant se développer à l'étranger et acquérir des connaissances des marchés

locaux. Il s'agit de faciliter le recrutement de ces personnes dans des cas spécifiques répondant

à des critères définis et non pas de pratiquer le "dumping social" dans la Grande Région.

Le recrutement en dehors de l'Union européenne d'aujourd'hui est également à considérer

dans la perspective de son élargissement futur 39 .

Les trois critères suivants devraient permettre à la Grande Région d’évaluer le degré de succès

de la mission de développement de l’esprit d’entreprise et de création de PME.

Ainsi, Andersen préconise:

· un taux de création de PME par rapport au stock d’entreprises supérieur de 50 %

à la moyenne de l’Union européenne

· un taux "d’entrepreneurs" relatif à la population active supérieur de 50 % à la moyenne

de l’Union européenne

· un taux de survie des PME après cinq années identiques, voire supérieure de 25 %

à la moyenne de l’Union européenne.

8.2.2 Mission 2 – Etablissement de la Grande Région en tant que "marché"

et plate-forme d’accès au marché européen

Cette mission vise à établir la Grande Région en tant que "marché" pour les entrepreneurs

et les PME, leur permettant de se développer sans coûts de friction administratifs et réglementaires

au travers des frontières qui découpent la Grande Région.

La Grande Région possède un double potentiel économique:

· elle représente un marché de 11 millions d’habitants, chacune de ses entités disposant

d’infrastructures, d’expériences et de pratiques pouvant être partagées au bénéfice

de toutes les autres entités membres

· son territoire est ouvert sur quatre marchés nationaux, situés au cœur de l‘Union européenne

et comptant une population totale d'environ 146 millions d’habitants. Pour une PME,

travailler au-dedes barrières administratives de la Grande Région est synonyme de pouvoir

travailler au-dedes barrières administratives de ces quatre pays.

Les autorités politiques de la Grande Région faciliteront dans une première phase l’accès de

toute PME des entités membres au marché de la Grande Région, puis l’accès à l’ensemble

des quatre marchés nationaux des entités membres composant la Grande Région. La vision

à long terme est la mise en place d’un "marché" de près de onze millions d’habitants ouvert

sur l'Europe et le monde.

75

Les mesures proposées sont les suivantes.

Regrouper les spécialistes des questions administratives, réglementaires, fiscales et juridiques

des entités membres et fournir les réponses aux questions les plus usuelles via un "centre

d’appel" ou via le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région".


Assister toute PME de la Grande Région qui souhaite s’établir dans une autre entité membre:

automatisation des demandes d’autorisations, assistance et conseil relatifs aux systèmes

juridiques et fiscaux des entités membres voisines.

Fournir des "chèques-conseils" permettant à toute PME d’acheter un nombre d’heures

de prestations de conseils juridiques et fiscaux pour des questions ponctuelles dans les entités

membres. La Grande Région achètera les services de conseil par des appels d’offres en bloc

et les traduira en chèques-conseils à employer par les PME.

Offrir, à terme, l’inscription administrative automatique à toute PME d’une entité membre

de la Grande Région pour s’établir dans une autre entité membre de la Grande Région,

sans frais ni contraintes.

Assister les PME de la Grande Région dans l’exportation en dehors de la Grande Région.

Pour permettre aux PME de se développer sur le marché en dehors de la Grande Région,

les entrepreneurs ont besoin d’une assistance relative aux aspects légaux, douaniers et

commerciaux.

Créer le "répertoire PME Grande Région" sur le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande

Région", permettant aux PME de se présenter sur le Web mondial, de rechercher

des clients et fournisseurs potentiels au sein de la Grande Région, favorisant la constitution

de communautés entrepreneuriales et sectorielles à l’échelle de la Grande Région.

Déployer et accélérer la mise en commun des meilleures pratiques des entités membres

(programmes de sensibilisation, de support et opérationnels).

Trois critères de succès permettront d'évaluer la réalisation de la Grande Région en tant

que "marché".

La possibilité pour toute PME de la Grande Région d’accéder aux autres entités membres

avec la même facilité que d’accéder à son marché d’origine et sans coûts supplémentaires.

La Grande Région formera une unité économique dès l’instant où les entrepreneurs auront

acquis le réflexe de rechercher leurs fournisseurs, partenaires et clients en priorité dans

la Grande Région et non plus seulement sur leur territoire national d’origine. Cet objectif doit

cependant être secondaire puisque les PME de la Grande Région doivent être encouragées

à travailler en Europe et dans le monde.

76

La Grande Région sera un succès pour les PME et entrepreneurs dès lors que leur présence

dans la Grande Région sera synonyme d’une présence en France, en Allemagne, en Belgique

et au Luxembourg, et qu’entreprendre et échanger pourra s’y faire avec autant de facilités

que sur son territoire d’origine.

8.2.3 Mission 3 – Hisser la Grande Région parmi les meilleures régions européennes

pour le développement de PME, en particulier celles actives dans la

société de l’information

Cette mission vise d’une part à ce que chaque PME de la Grande Région prenne conscience des

nouvelles technologies et puisse en bénéficier si elle le désire, et d’autre part à créer un

environnement favorable au développement du secteur des NTIC 40 / société de l’information.

Nous estimons que les nouvelles technologies et les métiers en relation avec la société

de l’information permettent de développer et de diversifier le tissu économique et social de

la Grande Région. Elles permettent aussi de donner une nouvelle vision du futur pour

une région dont la principale matière première est le capital intellectuel de ses habitants.

40Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication


Il existe au travers des entités membres de nombreuses initiatives pour développer les métiers,

compétences et PME en relation avec la société de l’information. Le rôle de la Grande Région

devrait être la mise en œuvre d’une stratégie commune pour promouvoir et retenir dans

la Grande Région les PME du secteur des NTIC / société de l’information et constituer un pôle

d’attraction pour celles des autres régions. Pour ce faire, un accent particulier devra être mis sur

une spécialisation par entité membre, un partage et un accès aux infrastructures, une définition

des priorités, une allocation optimale des ressources, etc. Andersen propose que l’objectif pour

la Grande Région soit de générer d’ici 10 à 15 ans 30 % de son PIB grâce aux PME actives

dans et autour de la société de l’information.

Il s’agira d’évaluer, puis d’accélérer les bonnes initiatives déjà existantes dans les entités

membres en matière d’infrastructures d’accueil, de conseil et de financement pour les PME

de la société de l’information. Il faudra en particulier évaluer la possibilité de mise en commun

d’initiatives similaires au sein de la Grande Région, plutôt que de procéder à une concurrence

d’entités financées par des fonds publics. Enfin, la présence de PME "click et brique" actives

dans l’exécution de la chaîne de valeur physique, devrait permettre d’inciter des entrepreneurs

et PME d’autres régions à s’établir dans la Grande Région.

Les mesures à mettre en œuvre recouvrent des thèmes variés:

· agir sur la formation des entrepreneurs, afin de les sensibiliser aux avantages

des nouvelles technologies

· mettre à disposition les technologies et les infrastructures adaptées

· aider à la recherche de collaborateurs qualifiés au sein de la Grande Région et de l’Union

européenne et faciliter l’emploi de ressortissants de pays non-européens.

Nous sommes d’avis que ces technologies affecteront de plus en plus tous les secteurs, ainsi

que tous les types de PME quelle que soit leur taille. Les entrepreneurs rencontrés n’échappent

pas à ces problématiques. Leur clientèle est de plus en plus mondiale et tous recherchent

des collaborateurs disposant de compétences appropriées. Nous estimons que les autorités

politiques de la Grande Région devraient créer un cadre et un contexte favorables à la réussite

des PME dans la société de l’information.

Portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région"

A l’ère de l’Internet, la Grande Région se doit d’offrir aux entrepreneurs et PME un traitement

en ligne des démarches administratives ainsi qu’un accès centralisé et facile à l’information

ayant trait à la Grande Région et à ses PME. Ainsi, la Grande Région devrait-elle faire créer

et animer – par des appels d’offres au secteur privé – le portail "Entrepreneurs & PME de

la Grande Région". Celui-ci permettra l’accès aux informations tant demandées par les entrepreneurs

et PME et facilitera l’ensemble des mesures envisagées pour développer l’esprit

d’entreprise et dynamiser les PME.

Le portail s’organisera pour offrir – avec les chambres professionnelles et associations

patronales – les services de la Grande Région adaptés aux besoins des PME. Il permettra

aux PME:

· de s'inscrire en ligne pour obtenir les autorisations, financements, programmes d’appui,

agréments nécessaires pour le commerce au dedes frontières nationales découpant

la Grande Région

· d’accéder aux ressources de la Grande Région notamment pour faciliter le commerce

au travers des frontières administratives de la Grande Région, de même que de prendre

connaissance des sites disponibles par zones d’activités dans la Grande Région

· de se présenter sur la Grande Régionet le mondeet de faire connaître leurs offres

· de publier les offres d’emplois pour collaborateurs qualifiés, et de stages en entreprise

pour jeunes

77


· d’accéder à des centres de ressources administratives partagés et d’obtenir le traitement

en ligne de leurs applications

· d’accéder aux concours d’entreprise

· d’échanger entre elles et avec les chambres professionnelles

· d’obtenir des formations techniques et des formations de gestion en ligne

· de s’étalonner "Benchmarking" entre elles afin d’améliorer leurs performances respectives

· d’accéder aux solutions spécialisées qui permettront de faire bénéficier les PME de nouveaux

modèles d’entreprise issus des nouvelles technologies.

Il sera nécessaire de prendre en compte les bonnes pratiques déjà existantes au sein des entités

membres et sur le plan bilatéral, et d’en tirer les enseignements pour créer un portail unique

au service des entrepreneurs et PME de la Grande Région.

A l’heure où l’utilisation de l’Internet n’est pas encore généralisée dans toutes les PME, il serait

opportun de compléter le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région" par un "centre

d’appel entrepreneur de la Grande Région" qui permettra de répondre aux questions les plus

fréquentes des entrepreneurs et d’orienter leurs démarches.

Représentation des PME et entrepreneurs de la société de l’information

Andersen recommande également à la Grande Région d’étudier les moyens d’assurer une

meilleure représentation des PME et entrepreneurs de la société de l’information dans

les chambres professionnelles et associations patronales. Trois options sont envisageables.

La première serait la création d’une chambre professionnelle supplémentaire traitant

exclusivement des intérêts des entreprises de la société de l’information. Ceci générerait

une scission entre les PME traditionnelles et celles de la société de l’information.

Option qui semble aux yeux de Andersen peu favorable vu le besoin de cohésion entre

les entreprises traditionnelles et celles de la société de l’information.

La deuxième serait une réorganisation des chambres professionnelles existantes, en tout cas

dans le pouvoir décisionnel de celles-ci afin de donner l’importance appropriée aux entreprises

de la société de l’information.

La troisième option serait la fusion des chambres professionnelles de tous les secteurs

d’activités en une seule chambre professionnelle tout en veillant à la représentativité des

différents secteurs d’activités en fonction d’une clé de répartition appropriée. Ceci permettrait

de générer une cohésion suffisante dans le dialogue avec les instances politiques, en tirant

les bénéfices de l’impact de la société de l’information sur les entreprises traditionnelles.

Faire bénéficier les PME de nouveaux modèles d’entreprise issus des nouvelles technologies

La Grande Région devrait faciliter aux PME l’accès à de nouveaux modèles d’entreprise issus

des nouvelles technologies. Ainsi, la Grande Région devrait faire créer et faire animer –

au travers d’appels d’offres aux spécialistes du secteur privé – les services suivants.

78

Une "place de marché électronique d’achats". L’objectif est de disposer de meilleures

conditions d’achat au travers de volumes et conditions logistiques préétablies et de stimuler

l’échange commercial au sein de la Grande Région. La place de marché permettra à toutes

les PME intéressées de la Grande Région de grouper leurs achats (chimie, emballages,

roulements, moteurs, etc.) et à d’autres PME de la Grande Région d’y répondre. La place

de marché sera ouverte sur toutes autres places de marché et fournisseurs extérieurs

à la Grande Région.

Un ou des services de mutualisation de service informatique "Application Service Provider"

sur la Grande Région pour permettre à toute PME d’accéder aux meilleurs logiciels disponibles


afin d’accroître leur efficience. L’objectif est de faire bénéficier les PME d’économies d’échelle

au niveau de la Grande Région en leur mettant à disposition des applications bureautique

standard, des programmes ERP pré-configurés, des logiciels d’optimisation logistique et

de routage, etc.

Un service d’étalonnage en ligne "Benchmarking", permettant à chaque PME de comparer

sa performance aux PME de la Grande Région, et de pouvoir disposer de conseils en ligne

pour améliorer ses performances et donc sa compétitivité.

8.3 Structures pour la Grande Région

Andersen estime que les autorités politiques auront à décider des structures qu’elles entendent

créer pour l’exécution de leur politique.

8.3.1 Les instances communes chargées de l’exécution des décisions

Nous recommandons à la Grande Région de se doter d’une instance commune chargée

d’exécuter les décisions d’une politique concertée en matière de promotion de l’esprit

d’entreprise et de dynamisation des PME. Cette instance ne devra en aucun cas créer par

elle-même les services prévus et concurrencer ainsi le secteur privé, mais fera plutôt appel,

via des appels d’offres, au secteur privé pour fournir les prestations.

L’instance chargée d’appliquer les décisions de la Grande Région réalisera entre autres les

activités suivantes.

La gestion du portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région".

L’extension à l’ensemble de la Grande Région des meilleurs programmes d’appui des entités

membres pour la promotion de l’esprit d’entreprise et la dynamisation des PME.

L’assistance à toute PME de la Grande Région pour s’établir dans les autres entités membres:

automatisation des demandes d’autorisations, chèque-conseil pour prestations de conseil

dans les domaines juridiques et fiscaux.

L’aide à la constitution de grappes sectorielles entre PME et de réseaux spécialisés pour

constituer des masses critiques à l’échelle de la Grande Région. Ceci implique, entre autres,

l’accès et l’échange d’informations par le biais du portail "Entrepreneurs & PME de la Grande

Région" et l’utilisation des nouvelles technologies pour faire bénéficier les PME de nouveaux

modèles d’entreprise.

La création et le financement par l’"Etablissement interrégional de Garantie et de

Financement" des infrastructures communes pour le développement des PME et des NTIC /

société de l’information. Celles-ci peuvent être des pépinières, des réseaux de télécommunications

à haut débit, des centres de formation spécialisés, des zones d’activités, etc.

La mise à disposition de centres de services communs pour le traitement administratif

des PME en phase de démarrage et de première croissance.

79

La représentation et la prise en compte de la Grande Région en tant que "Région" dans

l’Union européenne.

La mise en place d’un tableau de bord unique, cohérent et permanent pour la Grande Région,

reprenant des indicateurs économiques communs et des statistiques communes pour

la Grande Région. Ceci pourra être réalisé au sein du groupe de travail statistique à l’échelle

de la Grande Région.


L’objet sera de pouvoir planifier, suivre et évaluer la politique de la Grande Région en matière

de PME et d’esprit d’entreprise.

8.3.2 Groupe "Entrepreneurs de la Grande Région"

Andersen propose la mise en place d’un groupe "Entrepreneurs de la Grande Région".

Il se composera d'entrepreneurs et assumera auprès des autorités politiques de la Grande

Région un rôle consultatif dans les projets, la définition des priorités, objectifs etlais

d’une politique concertée en faveur des entrepreneurs et des PME 41 . Ce groupe sera amené

à évaluer les résultats concrets obtenus.

8.3.3 Chambre professionnelle commune pour la Grande Région

La Grande Région devrait se doter d’une "Chambre professionnelle de la Grande Région",

regroupant l’ensemble des chambres de la Grande Région.

8.3.4 Etablissement interrégional de Garantie et de Financement

Les autorités politiques devraient doter la Grande Région d’un "Etablissement interrégional

de Garantie et de Financement" ou bien étudier la possibilité de modifier et étendre la mission

et le champ d’intervention de l’actuelle Eurefi.

Cet établissement soutiendrait les mesures de la Grande Région à l’aide d’instruments

financiers appropriés tels que prêts, garanties et cautionnements pour les PME. Il en serait

de même pour le développement des PME dans le cadre de la société de l’information dans

la Grande Région.

Cet "Etablissement interrégional de Garantie et de Financement" interviendrait en particulier

au cours des étapes suivantes.

Assurer que tout entrepreneur ayant un premier projet d’entreprise jugé viable lors

d’un concours de plans d’entreprise puisse obtenir un capital de départ.

D'abord, accorder des garanties / cautionnements pour les entrepreneurs souhaitant

créer une PME.

Ensuite, financer les programmes d’appui 42 sélectionnés par les autorités politiques de

la Grande Région pour l’ensemble des PME.

80

Permettre aux entrepreneurs d’accéder, en un seul endroit, aux informations sur le financement

du développement de leur PME dans la Grande Région.

S’accorder avec les entités membres afin de permettre aux PME d’accéder, au travers de ses

services, à la grande diversité des mesures locales et nationales d’accompagnement financier.

Obtenir les fonds alloués par les programmes européens pour les entreprises et ensuite

exécuter ces programmes dans la Grande Région. Il aidera aussi les PME à accéder

à ces programmes.

Nous avons proposé ci-dessus la création de certaines entités destinées à faciliter le

développement de l’esprit d’entreprise et de dynamisation des PME de la Grande Région.

Il appartient aux autorités politiques de décider si elles souhaitent créer de nouvelles structures

et de nouvelles procédures. En fait, il s’agit surtout de mieux coordonner et de tirer parti de

ce qui existe souvent déjà. Le cas échéant, les autorités politiques, de concert avec toutes

les parties intéressées – chambres consulaires et organisations patronales – devront décider

des meilleures formes de coopération.

41La Direction générale "Entreprise" de l'Union européenne a constitué un groupe

d'entrepreneurs pour la conseiller sur le bien-fondé de ses recommandations


42Andersen a identifié quelque 185 programmes d'appui dans la Grande Région.

Cette liste n'est pas exhaustive. Les programmes d'appui sont de nature opérationnelle,

financière et / ou de sensibilisation. Andersen propose aux autorités politiques de sélectionner

4 ou 5 programmes qu'elles souhaitent déployer sur l'ensemble de la Grande Région.

81


9 Contexte macro-économique

de la Grande Région

9.1 Constats

L’étude avait aussi pour objet d’analyser le contexte macro-économique des entités membres

de la Grande Région sous l’angle des PME et de la création de PME, et ce dans les limites

des données disponibles dans les instituts statistiques officiels des entités membres de

la Grande Région.

L’évolution du nombre de PME, du nombre de créations de PME par rapport au nombre de

faillites et de l'importance de la contribution des PME au PIB d'une région sont autant d'indicateurs

économiques permettant d'identifier le rôle moteur des PME dans l'économie de

la Grande Région. De plus, ces indicateurs permettent d'apprécier les politiques économiques

mises en œuvre par les autorités politiques nationales.

Deux points ont parus essentiels à Andersen sur le plan macro-économique.

Premièrement, les instances politiques et les administrations nationales doivent disposer d'un

tableau de bord pour pouvoir suivre l’activité économique de leur région et mesurer l’impact

de leurs décisions.

Deuxièmement, les entrepreneurs doivent pouvoir disposer de statistiques pour apprécier les

potentialités du marché afin d'identifier les opportunités de développement de leur région

d’origine et de la Grande Région. Ils seront alors en mesure d’élaborer des études de marché

qui leur permettront d'apprécier les opportunités liées à leur projet d’entreprise.

Or, Andersen constate les faits suivants.

Il n’existe quasiment pas de statistiques économiques récentes et cohérentes en matière

de PME pouvant être comparées entre entités membres et agrégées au niveau de la Grande

Région, tant les règles de calcul et les définitions varient d'un pays à l'autre. Il existe cependant

un groupe de travail au niveau de la Grande Région, composé de représentants

des différents organismes statistiques et qui a été constitué pour la publication de l'annuaire

statistique de la Grande Région. Cet annuaire n’est pas encore en état de présenter

des données récentes et cohérentes sur les points suivants: le nombre de PME dans

la Grande Région, leurs secteurs d’activité, leur poids dans le PIB de la Grande Région,

l’emploi dans ces PME, etc.

83


La disponibilité des données statistiques varie selon les pays des entités membres.

De nombreuses statistiques existent déjà. Le problème semble plutôt résider dans

leur homogénéisation au niveau de la Grande Région et dans leur accessibilité. Ainsi,

les définitions de PME dans les statistiques régionales diffèrent malgré la définition proposée

par l’Union européenne. A l’exception de l’INSEE en France qui a pu fournir d’excellentes

données en réponse à notre demande, les autres instituts statistiques ne répondent qu'en

partie aux questions posées. Les réponses qui ont été communiquées à Andersen par

ces derniers reposaient sur des chiffres datant de cinq à dix ans. Les données ne sont pas

comparables entre régions. Lorsque l’information est disponible, alors les délais d’obtention,

pour une partie de nos requêtes, ont varié entre six et douze semaines. Enfin, l’acquisition

de ces informations statistiques engendre des coûts non négligeables. Les autorités politiques

ne disposent donc pas encore de tableau de bord qui leur permettrait d’évaluer à l’échelle

de la Grande Région leur politique en matière de PME.

Un entrepreneur souhaitant tester la viabilité de son projet d’entreprise dans la Grande

Région par une étude de marché ne peut pas obtenir l'ensemble des informations statistiques

en un seul endroit, gratuitement ou à un prix modéré et dans des délais raisonnables. Il devra

investir un temps significatif, sans garantie d’aboutir, pour tenter d’obtenir des statistiques à

l’échelle de la Grande Région. La difficulté d'accès à des statistiques sur la Grande Région et

le coût associé à leur obtention et aux délais d'approvisionnement sont autant de facteurs qui

freinent les entrepreneurs dans l'identification des opportunités d'investissement, c'est-à-dire

dans le développement de leur entreprise.

9.2 Recommandations

Un objectif à poursuivre à court et moyen terme est de disposer de statistiques harmonisées

et pérennisées à l’échelle de la Grande Région. Un premier pas serait l’harmonisation

des définitions et des modes de calcul ou plutôt la mise en pratique des définitions et modes

de calcul définis au niveau communautaire, mais non appliqués de façon systématique par

les instituts statistiques nationaux ou régionaux.

Nous recommandons d’accélérer les travaux entamés par le groupe de travail statistique sur

la Grande Région et surtout de pérenniser ses efforts de collecte et de production de statistiques

et d’indicateurs macro-économiques. Il y aura lieu de publier les objectifs et les délais

fixés, de donner les moyens au groupe pour les réaliser, de définir un calendrier de travail

et d’évaluer les résultats obtenus.

Il conviendra d’élaborer un tableau de bord d’indicateurs et de statistiques économiques pour

pouvoir planifier, suivre et évaluer la politique de la Grande Région. En effet, si l'on désire

mettre en œuvre des mesures favorisant la création et le développement de PME au niveau de

la Grande Région, il est impératif de pouvoir mesurer l’efficacité et l’utilisation de ces mesures.

Les statistiques constituent des indicateurs indispensables à cette vérification.

84

La Grande Région devrait publier les statistiques disponibles pour la Grande Région sur

le portail "Entrepreneurs & PME de la Grande Région". De plus, la Grande Région devrait

mettre en place avec les instituts statistiques nationaux des accords permettant de fournir

aux entrepreneurs de la Grande Région des statistiques à tarif préférentiel.


9.3 Statistiques macro-économiques de la Grande Région

En l'absence de données suffisamment précises quant aux PME et à leur poids dans l'économie

de la Grande Région, Andersen produit ci-dessous des données sur la population, le chômage,

l'éducation et le tissu économique de la Grande Région.

Il est important de noter qu'il a été nécessaire de consolider les données de plusieurs sources

statistiques et que par conséquent leur cohérence ne peut être garantie.

9.3.1 La population

L'évolution de la population est primordiale aussi bien pour les PME que pour les instances

politiques de la Grande Région.

4,5

4,0

3,5

Nombre d'habitants en millions

3,0

2,5

2,0

1,5

1,0

0,5

0

Année

2010

2020

2030

graphique 6

2040

Sarre

Rhénanie-Palatinat

Lorraine

Luxembourg

Wallonie

Graphique 6 Projections de l’évolution de la population par région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1;

les chiffres de la Communauté germanophone sont inclus dans ceux de la Wallonie

Le graphique 6 montre que les entités membres connaissent des évolutions différentes.

Le Grand-Duché de Luxembourg devrait connaître une très forte croissance, la Wallonie devrait

connaître une légère croissance tandis que l'évolution de la population sera négative pour

les trois autres régions. Entre 2000 et 2040, la Grande Région connaîtra une baisse de

sa population totale. Cette évolution négative démontre le besoin de définir un projet

d'ensemble pour la Grande Région.

La structure de la population par classe d'âge est reproduite dans le tableau 5.

Ces données permettent d'identifier le potentiel de créateurs d'entreprises nouvelles.

Une analyse plus détaillée par classe d’âge a été publiée dans l’Atlas Démographique et Social

de la Grande Région. Les données utilisées datent cependant de janvier 1995.

85


Classe d'âge

Total

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

Sarre

1.074.223 100 %

218.308 20 %

593.018 53 %

262.897 24 %

38.023 3 %

Lorraine

2.310.000 100 %

609.000 26 %

1.240.000 52 %

461.000 19 %

74.000 3 %

Luxembourg

429.200 100 %

104.447 24 %

242.890 55 %

81.863 18 %

13.392 3 %

Hommes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

520.441 100 %

112.039 21 %

301.013 57 %

107.389 20 %

9.598 2 %

1.129.900 100 %

312.400 27 %

625.000 54 %

192.500 17 %

21.600 2 %

211.250 100 %

53.707 25 %

123.588 57 %

33.955 16 %

3.850 2 %

Femmes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

553.782 100 %

106.296 18 %

292.005 50 %

155.508 27 %

28.425 5 %

1.180.100 100 %

296.600 24 %

615.000 50 %

268.500 22 %

52.400 4 %

217.950 100 %

50.740 22 %

119.302 52 %

47.908 21 %

9.542 4 %

Classe d'âge

Total

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

Rhénanie-Palatinat

4.024.969 100 %

880.175 21 %

2.213.806 53 %

930.988 22 %

146.584 4 %

Wallonie

3.261.982 100 %

808.089 24 %

1.750.397 52 %

705.561 21 %

110.263 3 %

Communauté germanophone

de Belgique

70.472 100 %

17.471 25 %

38.052 54 %

12.884 18 %

2.065 3 %

Hommes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

1.972.267 100 %

451.379 22 %

1.134.252 56 %

386.636 19 %

39.888 2 %

1.650.152 100 %

413.108 26 %

878.425 55 %

289.275 18 %

30.318 2 %

34.942 100 %

8.982 26 %

19.477 56 %

5.943 17 %

540 2 %

Femmes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

2.052.702 100 %

428.796 20 %

1.079.554 50 %

544.352 25 %

106.696 5 %

1.681.714 100 %

394.981 22 %

871.972 49 %

416.286 24 %

79.945 5 %

35.530 100 %

8.489 24 %

18.575 52 %

6.941 20 %

1.525 4 %

Classe d'âge

Total

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

Grande Région

11.170.846 100 %

2.637.490 23 %

6.078.163 53 %

2.455.193 21 %

384.327 3 %

Hommes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

5.518.952 100 %

1.351.615 24 %

3.081.755 55 %

1.015.698 18 %

105.794 2 %

86

Femmes

0-19*

20-59*

80>X>=60*

X>=80*

5.721.778 100 %

1.285.902 21 %

2.996.408 50 %

1.439.495 24 %

276.533 5 %

* Les données par classe d'âge sont des estimations établies

par les auteurs de l'Annuaire Statistique 2000 de Saar, Lor, Lux,

Rheinland-Pfalz, Wallonie

Tableau 5 Structure de la population par classe d’âge

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, p. 24


Les flux de travailleurs frontaliers sont essentiels dans l'analyse du marché du travail, car ils

influencent le potentiel économique d’une région au détriment d'une autre.

00

Flux sortant Flux entrant

Sarre

14.679 40.636

Lorraine 64.600 1.324

Luxembourg 587 75.361

Rhénanie-Palatinat 31.140 13.598

Wallonie 23.084 3.171

Total

134.090 personnes

Wallonie

2.800

271

100

Lorraine

Rhénanie-

Palatinat

122

graphique 7

100

11.258

22.600

Trèves 11.376

Lux. 2.403

16

38.900

19.682

Sarre

124

200

2.000

20.900

100

900

Graphique 7 Flux des travailleurs frontaliers de la Grande Région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, p.55.

Données de Sarre et Rhénanie-Palatinat de 1998, données de Lorraine et du GD Luxembourg de 1999.

Le graphique 7 représente le flux de travailleurs frontaliers. Il montre des différences substantielles

entre les différentes régions. Le Luxembourg draine les travailleurs de toutes les régions

voisines. Il en va de même, quoique dans une moindre mesure, pour la Sarre. Ce flux de travailleurs

d'une région vers une autre crée des difficultés aux entrepreneurs, notamment dans le cas

des petites PME. Les flux des travailleurs indiquent que sur le plan de la main d'œuvre,

la Grande Région constitue davantage une réalité. Ces flux soulignent également l'importance

de stimuler la création de PME dans les entités membres fortement exportatrices de travailleurs

et le besoin pour la Grande Région d'aider les PME à recruter des collaborateurs qualifiés

sur l'ensemble de l'Union européenne et au-delà.

87


Outre un important flux négatif de travailleurs frontaliers, la Wallonie et la Lorraine connaissent

les taux de chômage les plus élevés de la Grande Région comme le montre le graphique 8.

16 %

14 %

Pourcentage

12 %

10 %

8 %

6 %

4 %

2 %

0 %

Année

1990

1991

1992

1993

1994

graphique 8

1995

1996

1997

1998

Wallonie

Lorraine

Sarre

Rhénanie-Palatinat

Luxembourg

Graphique 8 Evolution du taux de chômage harmonisé par région

Source: Données de 1987, 1991, 1996, 1997, 1998: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie,

sept. 2000 ISBN 2-11-055521-1, p. 58. Données de 1990: Portrait des Régions, ISBN 2-87988-002-5, Mesure du Bureau

international du Travail. Données de 1992, 1993, 1994: Annuaire Statistique 1996 Saar, Lor, Lux, RP, Wallonie,

ISBN 2-11-055499-1, p. 50. Données de 1995: Atlas démographique et social de la Grande Région, 1999.

La Lorraine, la Wallonie et le Luxembourg enregistrent les taux de chômage les plus élevés chez

les moins de 25 ans (graphique 9) par opposition à la Sarre et la Rhénanie-Palatinat dont

les taux sont les plus faibles de la Grande Région.

60 %

50 %

40 %

30 %

20 %

Pourcentage

10 %

0 %

Régions

1982

1996

1999

Wallonie

Lorraine

Luxembourg

Rhénanie-Palatinat

Sarre

88

Graphique 9 Pourcentages par région des chômeurs

de moins de 25 ans

Source: Atlas démographique et social de la Grande Région, 1999

En dépit de ces taux de chômage élevés, le manque de main d’œuvre demeure l’un

des principaux défis posés aux entrepreneurs.

Un pourcentage de jeunes chômeurs élevé, combiné avec une demande en main d'œuvre

importante représentée par les flux de travailleurs entrant soulève en effet la question

de l'adéquation entre les formations dispensées aux jeunes et les besoins réels des entreprises.


Cette question s'applique surtout au Grand-Duché de Luxembourg. Dans ce cas, on doit

également s'interroger sur l'existence d'une mentalité privilégiant la sécurité et donc peu

favorable à l'envie d'entreprendre.

Art, Sciences artistiques 4 %

Ingénierie 16 %

Sport 1 %

Lettres,

Sciences humaines 27 %

decine 5 %

Mathématiques,

Sciences 16 %

Droit, Economie,

Sciences sociales 31 %

graphique 10

Lettres, Sciences humaines

Droit, Economie, Sciences sociales

Mathématiques, Sciences

decine

Ingénierie

Sport

Art, Sciences artistiques

Graphique 10 Répartition des étudiants universitaires de la Grande

Région par spécialité

Source: Annuaire Statistique 2000, Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1

Les données statistiques dont Andersen dispose ne concernent que les étudiants de niveau

universitaire (graphique 10).

Des statistiques unifiées sur la répartition des étudiants entre les différentes filières techniques

au niveau de la Grande Région n'ont pas pu être obtenues. Il est impossible pour Andersen

de vérifier le sentiment des entrepreneurs sur l’adéquation entre les formations dispensées aux

jeunes et leurs besoins. Considérant l’importance de ce point, une étude devrait être envisagée

par les autorités de la Grande Région.

89


9.3.2 Les entreprises

Le graphique 11 indique l'importance du secteur tertiaire pour l'ensemble de la Grande Région

dans la création de valeur ajoutée brute par secteur d'activité.

Wallonie

Rhénanie-Palatinat

graphique 11

Luxembourg

Lorraine

Régions

Sarre

Pourcentage

0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 %

agriculture, sylviculture, pêche industrie manufacturière secteur tertiaire

industrie, énergie, eau, mines construction

Graphique 11 Valeur ajoutée brute au prix du marché par secteur

d’activité selectionné et par région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, p. 77.

Données de la Sarre, de Rhénanie-Palatinat et du GD Luxembourg de 1998, données de la Lorraine de 1996, données

de la Wallonie de 1997.

14 %

12 %

10 %

8 %

6 %

4 %

2 %

Pourcentage

0 %

-2 %

-4 %

Année

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Rhénanie-Palatinat Wallonie Lorraine Sarre Luxembourg

Graphique 12 Evolution du PIB par région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, pp. 76-77

90

Le graphique 12 montre une évolution du PIB par région relativement homogène à l’exception

du Luxembourg pour lequel la prédominance du secteur financier explique une évolution

toujours positive, à l’opposé des autres entités membres en 1996 et 1997.


40.000

35.000

30.000

25.000

20.000

15.000

10.000

5.000

Euro

0

Année

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

Luxembourg

Sarre

Rhénanie-Palatinat

Lorraine

Wallonie

Union européenne

Graphique 13 Evolution du PIB par habitant et par région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, pp. 76-77.

Pour les données UE, Annuaire Eurostat 2001, le guide statistique de l'Europe, Office des publications officielles

des Communautés européennes, Luxembourg.

L'évolution du PIB par habitant (graphique 13) confirme l’analyse du PIB par région: homogénéité

entre les régions, sur-performance du Luxembourg. Le Grand-Duché de Luxembourg est

la seule entité membre dont le PIB est largement supérieur à celui de la moyenne européenne.

Une analyse de l'Observatoire européen des PME de 1996, se rapportant à l'année 1992,

fournit une indication de taux d’initiative entrepreneuriale corrélé au PIB par habitant et

au taux de chômage. Il apparaît que le taux d'initiative entrepreneuriale a tendance à croître

avec l’augmentation du taux de chômage et la diminution de la croissance du PIB 43 .

43 Source: Observatoire européen des PME, p.144, 1996, ISBN 90-371-0597-1

44 Source: Ministère des Classes Moyennes, du Tourisme et du Logement du Grand-Duché de Luxembourg

Nombre d'entreprises

18.000

16.000

14.000

12.000

10.000

8.000

6.000

4.000

2.000

0

Régions

Sarre

Lorraine

Rhénanie-Palatinat

Wallonie

industrie manufacturière construction commerce services

Graphique 14 Catégorisation des créations d’entreprises 1998

par secteur d’activité et par région

Source: Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000, ISBN 2-11-055521-1, p. 80

Le graphique 14 montre la catégorisation des nouvelles entreprises par secteur d'activité.

Pour les quatre entités membres étudiées, la majorité des créations se situe dans le secteur

des services et du commerce. Au Grand-Duché de Luxembourg, le nombre net de créations

d'entreprises s'élève en moyenne de 500 à 600 entreprises par an 44 .

91


45Document 396x0280

96/280/CE: Recommandation de la Commission, du 3 avril 1996, concernant la définition

des petites et moyennes entreprises, Journal officiel n° L 107 du 30.04.1996 pp. 0004-0009

10 Annexes

10.1 Remerciements

Ce rapport est basé sur les résultats des rencontres avec les entrepreneurs de la Grande Région.

Il va sans dire que sans leur participation, ce rapport n'aurait pu voir le jour sous sa forme

actuelle.

Nous tenons donc à remercier en premier lieu les entrepreneurs qui ont bien voulu participer à

cette étude et qui, malgré un agenda extrêmement chargé, ont consacré à Andersen quelques

heures de leur temps. C'est grâce à leurs observations et commentaires critiques, mais

constructifs, qu'Andersen a pu rédiger et valider des recommandations. Il est apparu à Andersen

que la mise en œuvre de celles-ci répondrait aux espoirs que les entrepreneurs placent dans

le développement de l'Europe et plus particulièrement de la Grande Région.

Nos plus sincères remerciements vont également aux différentes chambres professionnelles,

organisations patronales et associations des jeunes dirigeants qu'Andersen a contactées dans

le cadre de cette étude.

Un grand merci également aux représentants des instances politiques de la Grande Région, aux

membres du Comité d'accompagnement et du Comité de pilotage pour le temps qu'ils ont bien

voulu consacrer à cette étude et pour leur motivation afin que les recommandations contenues

dans le rapport voient le jour et contribuent à stimuler le développement de la Grande Région

en général et celui des entreprises en particulier.

Il ne nous est malheureusement pas possible d'énumérer toutes les personnes ayant contribué

de près ou de loin à la bonne finalisation de cette étude, mais nous tenons à les remercier ici

pour leur appui et leur soutien.

10.2 Définition des PME adoptée par la Commission européenne 45

Article premier

1 Les petites et moyennes entreprises, ci-après dénommées "PME", sont définies comme

des entreprises:

· employant moins de 250 personnes

· et dont: soit le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 40 millions d'écus,

soit le total du bilan annuel n'excède pas 27 millions d'écus

· et qui respectent le critère de l'indépendance tel qu'il est défini au paragraphe 3.

93


2 Lorsqu'il est nécessaire d'établir une distinction entre une petite et une moyenne entreprise,

la "petite entreprise" est définie comme une entreprise:

· employant moins de 50 personnes

· et dont: soit le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 7 millions d'écus,

soit le total du bilan annuel n'excède pas 5 millions d'écus

· et qui respecte le critère de l'indépendance tel qu'il est défini au paragraphe 3.

3 Sont considérées comme indépendantes les entreprises qui ne sont pas détenues à hauteur

de 25 % ou plus du capital ou des droits de vote par une entreprise ou conjointement

par plusieurs entreprises ne correspondant pas à la définition de la PME ou de la petite

entreprise, selon le cas. Ce seuil peut être dépassé dans deux cas:

· si l'entreprise est détenue par des sociétés publiques de participation, des sociétés de capital

à risque ou des investisseurs institutionnels et à la condition que ceux-ci n'exercent, à titre

individuel ou conjointement, aucun contrôle sur l'entreprise

· s'il résulte de la dispersion du capital qu'il est impossible de savoir qui le détient et que

l'entreprise déclare qu'elle peut légitimement présumer ne pas être détenue à 25% ou plus

par une entreprise ou conjointement par plusieurs entreprises qui ne correspondent pas à

la définition de la PME ou de la petite entreprise, selon le cas.

4 Pour le calcul des seuils mentionnés aux paragraphes 1 et 2, il convient d'additionner

les données de l'entreprise bénéficiaire et de toutes les entreprises dont elle détient

directement ou indirectement 25 % ou plus du capital ou des droits de vote.

5 Lorsqu'il est nécessaire de distinguer les micro-entreprises des autres types de PME, celles-ci

sont définies comme des entreprises employant moins de 10 salariés.

6 Lorsqu'une entreprise, à la date de clôture du bilan, vient de dépasser, dans un sens ou dans

un autre, les seuils de l'effectif ou les seuils financiers énoncés, cette circonstance ne lui fait

acquérir ou perdre la qualité de "PME", "entreprise moyenne", "petite entreprise" ou

"micro-entreprise" que si elle se reproduit pendant deux exercices consécutifs.

7 Le nombre de personnes employées correspond au nombre d'unités de travail-année "UTA",

c'est-à-dire au nombre de salariés employés à temps plein pendant une année, le travail

à temps partiel ou le travail saisonnier étant des fractions d'UTA. L'année à prendre en

considération est celle du dernier exercice comptable clôturé.

8 Les seuils retenus pour le chiffre d'affaires ou le total de bilan sont ceux afférents au dernier

exercice clôturé de douze mois. Dans le cas d'une entreprise nouvellement créée et dont

les comptes n'ont pas encore été clôturés, les seuils à considérer font l'objet d'une estimation

de bonne foi en cours d'exercice.

94

Article 2

La Commission modifie les plafonds retenus pour le chiffre d'affaires et le total du bilan autant

que de besoin et normalement tous les quatre ans, à compter de l'adoption de la présente

recommandation, pour tenir compte des évolutions économiques dans la Communauté.

Article 3

1 La Commission s'engage à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que la définition

des PME énoncée à l'article 1 er s'applique à l'ensemble des programmes qu'elle gère et dans

lesquels les termes "PME", "entreprise moyenne", "petite entreprise" ou "micro-entreprise"

sont mentionnés.


2 La Commission s'engage à prendre les mesures nécessaires pour adapter les statistiques

qu'elle établit selon les classes de taille suivantes:

· 0 salarié

· 1 à 9 salariés

· 10 à 49 salariés

· 50 à 249 salariés

· 250 à 499 salariés

· 500 salariés et plus.

3 À titre transitoire, les programmes communautaires actuels qui définissent les PME selon

des critères différents de ceux énoncés à l'article 1 er continueront de produire leurs effets

et de bénéficier aux entreprises qui, lors de l'adoption desdits programmes, étaient

considérées comme des PME. Toute modification, dans ces programmes, de la définition

des PME, ne pourra se faire qu'à la condition d'adopter la définition contenue dans

la présente recommandation en remplaçant la définition divergente par une référence à

la présente recommandation. Ce régime transitoire devrait en principe prendre fin au plus tard

le 31 décembre 1997. Néanmoins, les engagements juridiques pris par la Commission sur

la base de ces programmes ne seront pas affectés.

4 Lorsque la quatrième directive 78/660/CEE sera modifiée, la Commission proposera que

les critères de définition des PME actuellement en vigueur soient remplacés par une référence

à la définition contenue dans la présente recommandation.

5 Toute disposition adoptée par la Commission qui ferait mention des termes "PME",

"entreprise moyenne", "petite entreprise" ou "micro-entreprise" ou de quelque autre terme

similaire se référera à la définition contenue dans la présente recommandation.

10.3 Chiffres et données clés sur les entrepreneurs rencontrés

10.3.1 La catégorisation par secteur des 50 entreprises visitées

50 %

Nombre d'entreprises

40 %

30 %

20 %

10 %

0 %

industrie

construction

commerce

service

divers

Secteur d'activité (les secteurs de l'information

et des technologies sont inclus dans l'activité "service")

Graphique 15 Répartition des entreprises rencontrées selon

les secteurs d’activité

95

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"; Annuaire Statistique 2000 Saar, Lor, Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie, sept. 2000,

ISBN 2-11-055521-1, p. 80


Industrie Construction Commerce Services Divers

NACE D NACE F NACE G NACE H à O divers

15-18, 20-22, 45 50-52 55, 60-67, reste

24-37 72-74, 80,

85, 90, 92,93

Tableau 6 Catégorisation des entreprises

Les secteurs correspondent aux définitions NACE dont les références figurent ci-dessus.

10.3.2 L’âge des entrepreneurs rencontrés

Groupe d'âge 25-39 ans 40-54 ans >=55 ans

Entrepreneurs rencontrés % 30 % 50 % 20 %

Tableau 7 Age des entrepreneurs rencontrés

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

10.3.3 L'origine des entrepreneurs rencontrés

Origine de l’entrepreneur

Pourcentage

Entrepreneur jeune ayant créé sa PME dans les

trois années suivant la fin de ses études 20 %

Entrepreneur ayant plus de 3 années d’expérience 34 %

Ancien membre du personnel ayant racheté en partie

ou en totalité l’entreprise qui l'emploie ou ayant créé

sa propre entreprise 8 %

Entreprise familiale – reprise 38 %

Tableau 8 Origine des entrepreneurs rencontrés

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

10.3.4 La formation des entrepreneurs rencontrés

Formation de l’entrepreneur

Pourcentage

Secondaire 6 %

Formation professionnelle 38 %

Universitaire 56 %

Tableau 9 Formation des entrepreneurs rencontrés

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

96

La grande majorité des entrepreneurs rencontrés a suivi soit une formation technique

(brevet de maîtrise), soit une formation universitaire.


10.3.5 La forme juridique des entreprises visitées

SA Sàrl Société de personnes

Pourcentage 64 % 32 % 4 %

Tableau 10 Forme juridique des entreprises visitées

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

La grande majorité des créations de PME se fait sous le régime de Société de capitaux

avec une limitation de la responsabilité sous-jacente. Ce choix traduit une volonté de circonscrire

les risques financiers au seul patrimoine de la société. Ces régimes rendent également

aisée l’entrée de nouveaux investisseurs dans une perspective de développement ou de

transfert de la société.

10.3.6 La taille des entreprises visitées

Taille de la PME

Pourcentage

< 20 personnes 20 %

20 à 50 personnes 34 %

51 à 100 personnes 22 %

101 à 250 personnes 24 %

Tableau 11 Taille des entreprises visitées

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

97


10.3.7 L'inventaire des programmes d'appui dans la Grande Région les plus connus

par les entrepreneurs rencontrés

Pays Intitulé Gestion

EU Darlehen der Europäischen Investitionsbank EIB

S-L-L Business Initiative – "123 Go" B.I. asbl

Eurefi Fonds de capital-risque transfrontalier

Eurefi

Saar-Lor-Lux Kontaktbörse für mittelständische Unternehmen

BE Plan plus un – nouveaux employeurs ONSS

Plan plus deux-plus trois

ONSS

Aides fiscales

WA Avance récupérable (recherche appliquée ou de développement) DGTRE

First-enterprise (engagement / formation de jeunes chercheurs)

DGTRE

Prime d'emploi

MRW

Aide à la consultance

MRW

Cartes de visite d'entreprise

Awex

Primes à l'investissement

CGB Gabb-Erstberaternetzwerk WFG

Starterfonds der Ostbelgieninvest AG

WFG

Investitionsprämie

WFG

Beihilfen bei Personaleinstellungen

WFG

Beratungshilfe der wallonischen Region

WFG

D Kfw-Mittelstandsprogramm KfW

ERP-Beteiligungsprogramm

KfW

ERP-Innovationsprogramm

KfW

ERP-Eigenkapitalhilfe-Programm zur Förderung selbstständiger Existenzen DtA

DtA-Umweltprogramm

DtA

RP

Erfinderpreis Rheinland-Pfalz

Messeförderungsprogramm

Innovationspreis

Technologieberatungsprogramm (Bitt-Programm)

Zuschüsse für die Markteinführung von innovativen Produkten

IHK

ISB

SL Investitionsförderung KBG

KfW-Investitionsprogramm "Steinkohle-Standorte"-Beteiligungsvariante

SIKB

SIKB-Ergänzungsfinanzierungsprogramm

SIKB

Zentrale für Produktivität und Technologie Saar

ZPT

Kompetenzzentrum für elektronischen Geschäftsverkehr

Iwi

Wissens- und Technologietransfer

KWT

Beteiligungskapital

SWG

98

LOR

Programme Ardan (formation et accompagnement de porteurs de projets)

Pépinières d'entreprises

Aide à la consultance

Aide à l'investissement

Aide à l'embauche

LUX Caravane 2000

CD-PME Société luxembourgeoise à Capital-Développement pour les PME

Prix "Jeune créateur d'entreprise"

Luxinnovation GIE

Pépinières d'entreprises (Technoport, Mediaport)

Prêts à l'investissement SNCI

Euro Info Centres

SNCI

CdM

MIX

MIX

SNCI

CCI / CdM


10.3.7 L'inventaire des programmes d'appui dans la Grande Région les plus connus par les

entrepreneurs ONSS = Office national rencontrés de Sécurité Sociale

MRW = Ministère de la Région wallonne

Awex = Agence wallonne à l'Exportation

WFG = Wirtschaftsförderungsgesellschaft Ostbelgiens

KfW = Kreditanstalt für Wiederaufbau

IHK = Industrie- und Handelskammern

ISB = Investitions- und Strukturbank Rheinland-Pfalz

KBG = Saarländische Kapitalbeteiligungsgesellschaft

CdM = Chambre des Métiers

Mix = Différentes organisations luxembourgeoises

SNCI = Société nationale de Crédit et d'Investissement

CCI = Chambre de Commerce du Grand-Duché du Luxembourg

Tableau 12 Les programmes d’appui les plus connus dans la Grande Région

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

10.3.8 L'inventaire des programmes d'appui dans la Grande Région les plus utilisés

par les entrepreneurs rencontrés

Pays Intitulé Gestion

BE Plan plus un – nouveaux employeurs ONSS

Plan plus deux-plus trois

ONSS

Aides fiscales

WA Avance récupérable (recherche appliquée ou de développement) DGTRE

First-entreprise (engagement / formation de jeunes chercheurs)

DGTRE

Prime d'emploi

MRW

Aide à la consultance

MRW

Cartes de visite d'entreprise

Awex

CGB Investitionsprämie WFG

Beihilfen bei Personaleinstellungen

WFG

Beratungshilfe der wallonischen Region

WFG

D ERP-Regionalprogramm KfW

KfW-Mittelstandsprogramm

KfW

ERP-Beteiligungsprogramm

KfW

ERP-Innovationsprogramm

KfW

ERP-Eigenkapitalhilfe-Programm zur Förderung selbstständiger Existenzen

(EKH-Programm)

DtA

ERP-Existenzgründungsprogramm

DtA

DtA-Umweltprogramm

DtA

RP

Erfinderpreis Rheinland-Pfalz

Messeförderungsprogramm

Innovationspreis

Mittelstandförderungsprogramm

Technologieberatungsprogramm (Bitt-Programm)

Zuschüsse für die Markteinführung von

innovativen Produkten

Outputorientierte Innovationsförderung

ISB

IHK

ISB

ISB

99

SL Investitionsförderung KBG

LOR

Prime régionale à la création d'entreprises PRCE

Aide à l'investissement

Aide à la formation

Aide à l'embauche


LUX Prêts à l'investissement SNCI SNCI

Loi-cadre industrie-régime R&D

Etat

Régime d'amortissement par annuités décroissantes

Etat

Centre d'accueil et d'information Commerce extérieur

CCI

ONSS = Office national de Sécurité Sociale

MRW = Ministère de la Région wallonne

Awex = Agence wallonne à l'Exportation

WFG = Wirtschaftsförderungsgesellschaft Ostbelgiens

KfW = Kreditanstalt für Wiederaufbau

IHK = Industrie- und Handelskammern

ISB = Investitions- und Strukturbank Rheinland-Pfalz

KBG = Saarländische Kapitalbeteiligungsgesellschaft

CdM = Chambre des Métiers

Mix = Différentes organisations luxembourgeoises

SNCI = Société nationale de Crédit et d'Investissement

CCI = Chambre de Commerce du Grand-Duché de Luxembourg

Tableau 13 Inventaire des programmes d’appui les plus utilisés dans la Grande Région

Source: Andersen 2001, Etude "La promotion de la culture entrepreneuriale et d'une politique des PME concertée

dans la Grande Région"

100

10.4 Index

10.4.1 Glossaire

Bourse des valeurs / marché boursier

Marché sur lequel des titres sont achetés et vendus. Sa fonction essentielle est de permettre

aux entreprises, aux pouvoirs publics et aux collectivités locales de réunir des capitaux en

vendant des titres aux investisseurs.

Business Angels

Particuliers qui investissent directement dans des entreprises non cotées, nouvelles et

en expansion. Les Business Angels apportent généralement des financements en échange

d’une participation en actions dans l’entreprise, ils peuvent également procurer d’autres

financements à long terme.

Capital-développement

Financement pour la croissance et l’expansion d’une entreprise.

Capital-investissement

Marchés fournissant des financements en actions à une entreprise pendant sa première

croissance ( démarrage et développement). Dans le cadre de la présente communication,

trois types de financement sont concernés:

· Investissement informel par les Business Angels

· Capital-risque

· Marchés boursiers spécialisés dans les PME et les entreprises à forte croissance.

Capital-risque

Il s’agit d’investissements effectués dans des entreprises non cotées en bourse par

des entreprises qui agissent pour compte propre ou pour compte de tiers. On recense quatre

grandes étapes de financement correspondant aux étapes du développement d’une entreprise

à base de capital-risque: capital d’amorçage, de démarrage, de départ, d’expansion,

de remplacement ou de rachat 46 .

Capital d’amorçage "Seed capital"

Le financement fourni pour chercher, évaluer et développer un concept de base.

46 Economie européenne, Commission européenne, Direction générale des affaires économiques

et financières, Supplément A, Analyses économiques, No 12 / décembre 1999; Extraits des définitions


Capital de démarrage "Start-up capital"

Fourni aux entreprises pour le développement de leurs produits et la commercialisation initiale

de ceux-ci.

Capital de départ "Early stage capital"

Financement accordé aux entreprises avant qu’elles ne commencent la fabrication commerciale

et les ventes et avant qu’elles ne fassent des bénéfices. Englobe le financement d’amorçage

(seed) et de démarrage (start-up).

Capital de remplacement

Achat d’actions détenues dans une entreprise par une autre société de capital-risque ou par un

ou plusieurs autres actionnaires.

Capitalisation boursière

Le prix d’une action multiplié par le nombre total d’actions en circulation. L’évaluation boursière

totale d’une société par actions. Par extension, l’évaluation totale des sociétés cotées sur une

place boursière.

Capitaux propres

Valeur des actions et bénéfices non distribués d’une société.

Directive comptable

Directives 78/660/CEE et 83/349/CEE.

Directive concernant les services d’investissement

Directive 93/22/CEE. Elle prévoit un "passeport" européen pour les entreprises d’investissement

(courtiers, contrepartistes, etc.) et donne le droit aux bourses électroniques d’installer leurs

terminaux dans d’autres États membres.

Fonds de capital-risque

Fonds de type fermé créé pour réaliser des investissements de capital-risque.

Investisseurs institutionnels

Ce terme fait principalement référence aux compagnies d’assurance, aux fonds de retraite

et aux fonds d’investissement qui collectent l’épargne et fournissent des fonds aux marchés.

Il recouvre l’ensemble des investisseurs publics et privés disposant d’une large assise financière

et qui investissent à long terme dans l’économie. On pourra citer les banques, les compagnies

d’assurance, les fonds de garantie des retraites, …

Marché de capitaux

Un marché dans lequel des capitaux à long terme sont réunis par l’industrie et le commerce,

les pouvoirs publics et les collectivités locales. Les bourses des valeurs font partie du marché

des capitaux.

Micro-crédit

Prêts de très faible montant, accordés par des établissements spécialisés.

101

Option d’achat d’actions

Option proposée aux employés et / ou aux cadres d’acheter des actions à prix fixe.

Rachat d’entreprises par les cadres "Management buy-out"

Rachat par les cadres (ou d’autres investisseurs) de leur entreprise ou d’une ligne

de produits de celle-ci.


10.4.2 Le récapitulatif des cartes, graphiques et tableaux

Carte 1 Carte de la Grande Région 32

Graphique 1 Taux de connaissance et d'utilisation des programmes d'appui

par région d’origine des programmes d’appui 65

Graphique 2 Concentration de la connaissance sur les programmes d'appui 66

Graphique 3 Concentration de l'utilisation des programmes d'appui 66

Graphique 4 Distribution des programmes d’appui existant dans la Grande Région 67

Graphique 5 Nomination des programmes connus et utilisés,

catégorisés selon leur type 67

Graphique 6 Projections de l'évolution de la population par région 85

Graphique 7 Flux des travailleurs frontaliers dans la Grande Région 87

Graphique 8 Evolution du taux de chômage harmonisé par région 88

Graphique 9 Pourcentage par région des chômeurs de moins de 25 ans 88

Graphique 10 Répartition par spécialisation des étudiants universitaires

de la Grande Région 89

Graphique 11 Valeur ajoutée brute au prix du marché par secteur d'activité

sélectionné et par région 90

Graphique 12 Evolution du PIB par région 90

Graphique 13 Evolution du PIB par habitant et par région 91

Graphique 14 Catégorisation des créations d'entreprises 1998 par secteur

d'activité et par région 91

Graphique 15 Répartition des entreprises rencontrées selon les secteurs

d'activités 95

Tableau 1 Axes de sélection des entrepreneurs 32

Tableau 2 Répartition des entretiens effectués par entité membre 33

Tableau 3 Problèmes rencontrés 47

Tableau 4 Initiatives à partager sur la Grande Région 68

Tableau 5 Structure de la population par classe d’âge 86

Tableau 6 Catégorisation des entreprises 96

Tableau 7 Age des entrepreneurs rencontrés 96

Tableau 8 Origine des entrepreneurs rencontrés 96

Tableau 9 Formation des entrepreneurs rencontrés 96

Tableau 10 Forme juridique des entreprises visitées 97

Tableau 11 Taille des entreprises visitées 97

Tableau 12

Tableau 13

Inventaire des programmes d'appui les plus connus

dans la Grande Région 98

Inventaire des programmes d'appui les plus utilisés

dans la Grande Région 99

102

10.5 Bibliographie

10.5.1 Les livres consultés

· Administration de l’emploi Adem, "Bulletin luxembourgeois de l’emploi", nº 1, janvier 2001

· Arbeitsgruppe "Statistik" der Großregion unter Zusammenarbeit der statistischen Ämter der

Großregion Saar-Lor-Lux, Rheinland-Pfalz, Wallonie,"Statistisches Jahrbuch 2000",

ISBN 2-11-055521-1, septembre 2000

· Arbeitsgruppe "Statistik" der Großregion unter Zusammenarbeit der statistischen Ämter der

Großregion Saar-Lor-Lux, Trier / Westpfalz, Wallonie, "Statistisches Jahrbuch 1996",

ISBN 2-11-055499-1, mai 1996

· Arbeitsmarktbeobachtungsstelle Ostbelgien Abeo, "Angaben zur Bevölkerung der Ostkantone

1999", août 2000

· Arbeitsmarktbeobachtungsstelle Ostbelgien Abeo, "Beschäftigung in den Ostkantonen und

in der deutschsprachigen Gemeinschaft Belgiens 1997", avril 1999

· Arbeitsmarktbeobachtungsstelle Ostbelgien Abeo, "Die deutschsprachige Gemeinschaft


Belgiens in Zahlen", 1999

· Arbeitsmarktbeobachtungsstelle Ostbelgien Abeo, "Sammelmappe Sozial- und Wirtschaftsstatistiken",

avril 2000

· Commission européenne, "Observatoire européen des PME – Quatrième Rapport Annuel

1996", ISBN 90-371-0597-1, 1996

· Commission européenne, "Observatoire européen des PME – Sixième Rapport 2000",

ISBN 92-828-8665-4, 2000

· Communauté germanophone de Belgique, "Statistisches Jahrbuch des Unterrichtswesens

der deutschsprachigen Gemeinschaft 2000", 2000

· van Elkan Marco, Institut für Mittelstandsökonomie an der Universität Trier eV, “Vademekum

des rheinland-pfälzischen Mittelstandes", Mayence, août 2000

· Ettinger Jean-Claude, "Entrepreneurs made in Europe", Actes du colloque international

de Bruxelles pour la création d’entreprise 25 février 1999, ISBN 2-87209-559-4, 1999

· European Employment Services Eures, "Infos transfrontalier", ISBN 2-87987-266-9, Année 7,

nº 2, octobre 2000

· European Employment Services Eures, "Travailler sans frontières dans la Grande Région",

ISBN 2-87987-240-5, octobre 1999

· Forem Eupen / St. Vith, "Tätigkeitsbericht 98", 1999

· Forem Eupen / St. Vith, "Tätigkeitsbericht 99"

· Gruber Marc, "Der Wandel von Erfolgsfaktoren mittelständischer Unternehmen",

ISBN 3-8244-0536-9, Deutscher Universitäts-Verlag GmbH, Wiesbaden 2000

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Le créateur d’entreprise lorrain – trois ans après", ISBN 2-11-055516-5, mars 1999

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE,

“Les produits intérieurs bruts régionaux – Sources et Méthodes”,

ISBN 2-11-066280-4, avril 1996

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau de bord de la création d’entreprises en Lorraine 1999",

ISBN 2-11-055520-3, avril 2000

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE,

"Nomenclatures d’activités et de produits françaises", ISBN 2-11-074791-9, novembre 1999

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: répartition de la population par âge aux recensements 1990 et 1999"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution du PIB 1982-96 et 1994-98"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution 1989-99 de l’emploi salarié par secteur"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution du nombre de travailleurs frontaliers"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution 1982-99 du taux de chômage"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution 1993-2000 du nombre de créations d’entreprises par secteur

d’activité et par taille"

· Institut national de la Statistique et des Etudes économiques INSEE – Lorraine,

"Tableau: évolution 1989-2000 du nombre de défaillances par secteur d’activité et par taille"

· Ministère de l'Economie du Grand-Duché de Luxembourg, "Facts about Luxembourg"

· Ministère de l'Economie du Grand-Duché de Luxembourg, "Investir au Luxembourg"

· Organisation de Coopération et de Développement économiques OCDE,

"Les meilleures politiques pour les petites et moyennes entreprises – Edition 1997",

ISBN 92-64-26012-9, 1998

· Organisation de Coopération et de Développement économiques OCDE,

"Stimuler l’esprit d‘entreprise", ISBN 92-64-26139-7, 1998

103


· Service des études et de la statistique – Ministère de la Région wallonne,

"Annuaire statistique de la Wallonie – Module économique 1999", ISBN 2-87401-062-6,1999

· Service des études et de la statistique – Ministère de la région wallonne,

"Annuaire statistique de la Wallonie – Module social 1999", ISBN 2-87401-077-4, 1999

· Statec Luxembourg, "Annuaire statistique du Luxembourg 1999", ISSN 0076-1575,

décembre 1999

· Statec Luxembourg, "La population du Luxembourg", 1996

· Statec Luxembourg, "Les entreprises luxembourgeoises – répertoire alphabétique",

ISBN 2-87988-031-9, juillet 2000

· Statistische Ämter der Großregion, "Bevölkerungs- und Sozial-Atlas der Großregion",

Imprimerie Graphic Press sàrl, Mamer

· Statistisches Landesamt Rheinland-Pfalz, "Das Handwerk in Rheinland-Pfalz 1995",

ISSN 1433-5727, mars 1997

· Statistisches Landesamt Rheinland-Pfalz, "Die Unternehmen und Arbeitsstätten des Handels

und Gastgewerbes in Rheinland-Pfalz 1993", ISSN 1433-6367, mars 1997

· Statistisches Landesamt Rheinland-Pfalz, "Rheinland-Pfalz heute 2000 / 2001",

ISSN 0174-2876, novembre 2000

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Auszubildene 1990-1999",

BS, B II 5 j 1990-1999

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Baugewerbe, Ausbaugewerbe",

Ell2 j 95-99

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Bevölkerung", FS, AI3 j 90-99

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Erwerbstätigkeit, Wohnortkonzept",

MZ, AI5 / AVI2 95-99

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Grenzgänger / Einpendler FR / Lux",

BA, AVI 5 S 92-98

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Handel- und Gastgewerbe",

G / HGZ 1+2 1994 / 1996

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Handwerk – Unternehmen,

Beschäftigte, Umsatz 1995", HWZ 95, EV1 s / 95

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Produzierendes Gewerbe / NACE

C+D 1995-1998", Sonderhefte Nº 187, 194, 198

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Soz.vers.pfl. Besch. Arbeitnehmer",

BS, B II 5 j 1990-1999

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Studierende vom WS 1990 / 91

– WS 1999 / 2000", HS, BIII 1 hj

· Statistisches Landesamt Saarland,"Statistische Berichte: Umsatzsteuerstatistik", 1997, 1998

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Unternehmensinsolvenzen 1995-

2000", Ins. JI1 j 94-98, janvier 2001

· Statistisches Landesamt Saarland, "Statistische Berichte: Volkswirtschaftliche

Gesamtrechnungen 1991-1999", VGR, Pl1 j 91-00, septembre 2000

· Union wallone des Entreprises, "Rapport sur la situation économique de la Wallonie

juin 2000".

104

10.5.2 Les études consultées

· Actualisation du plan d’action en faveur des PME adopté en Conseil de Gouvernement,

2.2.2001

· Andersen & Growth Plus, "Not Just Peanuts – The annual benchmark report", 2000

· Andersen & National Small Business United, "Survey of small and mid-sized businesses –

Trends for 2000", 2000

· Andersen, "Studie über die Integration der mittelständischen Unternehmen in der

Großregion", octobre 1991

· Arthur Andersen, "Le commerce de la Ville de Luxembourg", 1993


· Best, "Rapport de la Task-Force: Simplification de l’environnement des entreprises",

volumes 1 & 2, 1998

· Bockel Jean-Marie, député du Haut-Rhin, "Rapport sur la simplification de la création

d’entreprise, de la vie des créateurs et de la gestion de leurs entreprises", 23.1.2001

· Bundesverband der deutschen Industrie eV, "Innovationspolitik für Deutschland –

Massnahmen in zukunftsträchtigen Feldern", septembre 1999

· Ceps / Instead, "Infos Grande Région: Présentation-Définitions-Comparabilité"

· Chambre de commerce du Grand-Duché de Luxembourg & Centre de Recherche Public –

Gabriel Lippmann, "Commerce électronique et Internet dans les entreprises du Grand-Duché

de Luxembourg", 5.4.2001

· Chambre de commerce et d’industrie de Paris, "L’accès des PME au Financement bancaire:

Comment l’améliorer?", Rapport présenté par Monsieur Jean-Paul Vermès au nom de

la Commission économique et financière et adopté par l’Assemblée générale du 18 février

1999

· Comité économique et social de la Grande Région, "Esprit d’Entreprise", 10.1.2001

· Commission européenne, Communication de la Commission au Conseil,

"Promotion de l’esprit d’entreprise et de la compétitivité", Réponse de la Commission

au rapport et aux recommandations de la Task-Force Best, COM(98) 550 final, 30.9.1998

· Commission européenne, Communication de la Commission au Parlement européen, au

Conseil, au Comité économique et social et au Comité des Régions, "Rapport d’évaluation du

troisième programme pluriannuel pour les petites et moyennes entreprises PME dans l’Union

européenne 1997-2000", COM(99) 319, 29.6.1999

· Commission européenne, Communication "Le capital-investissement: clé de la création

d’emplois dans l’Union européenne", avril 1998

· Commission européenne, Communication "Analyse d’instruments financiers communautaires

spécifiques destinés aux PME", COM(2000) 653 final, 18.10.2000

· Commission européenne, Communication "La transmission des petites et moyennes

entreprises", JO C 93, 28.3.1998

· Commission européenne, Direction générale des Affaires économiques et financières,

Economie européenne, Supplément A, Analyses économiques, nº 12 / décembre 1999

· Commission européenne, Direction générale "Entreprise", "Flash Eurobaromètre 83 –

Esprit d’Entreprise", 12.10.2000

· Commission européenne, Direction générale "Entreprise", "Young entrepreneurs, women

entrepreneurs, ethnic minority entrepreneurs and co-entrepreneurs in the European Union

and central and eastern Europe", juillet 2000

· Commission européenne, Document de Travail des Services de la Commission, "Cap sur

l’entreprise Europe – Programme de travail pour la politique d’entreprise 2000-05",

SEC(2000) 771, 8.5.2000

· Commission européenne, Document de Travail des Services de la Commission, "Des progrès

à faire pour une politique d’entreprise au service de la compétitivité européenne", SEC(2000)

1942, 9.11.2000

· Commission européenne, Document de Travail des Services de la Commission, "Etalonnage

de la politique des entreprises", Premiers résultats du tableau de bord, SEC(2000) 1841,

27.10.2000

· Commission européenne, Document de Travail des Services de la Commission, "Rapport sur la

mise en œuvre du plan d’action pour la promotion de l’esprit d’entreprise et la compétitivité",

SEC(2000) 1825, volumes 1 & 2, 27.10.2000

· Commission européenne, Document de Travail des Services de la Commission, "Résumé

des résultats des activités liées aux bonnes pratiques dans le domaine de la politique

d’entreprise", SEC(2000) 1824, 26.10.2000

· Communauté européenne, "Plan d’action pour la promotion de l’esprit d’entreprise

et de la compétitivité", 1999

105


· Commission européenne, Rapport de la Commission au Conseil, au Parlement européen,

au Comité économique et social et au Comité des Régions, "Construire une Europe

entrepreneuriale: Les activités de l’Union en faveur des petites et moyennes entreprises

PME", COM(2001) 98 final, 1.3.2001

· Conseil régional de Lorraine, "Le Projet lorrain 2000-2006", 16 et 17.11.1999

· Deloitte & Touche Consulting, "La compétitivité du commerce de détail luxembourgeois

et du commerce urbain", 1998

· Fédération des jeunes Dirigeants d'Entreprise du Luxembourg, "La compétitivité

du Luxembourg dans la Grande Région", 1996

· Fedil, "Compte rendu du Groupe de Travail Nouvelle Economie – R & D", nº / réf.: RL /ch,

9.8.2000

· Fedil, "Echo de l’industrie – Lancement officiel du concours 123 Go", décembre 2000

· Friob Norbert, "L'Ethique dans l'entreprise", 1999

· Harvard Business Review, "Encouraging Innovation and Entrepreneurship", 1984

· Ifop pour Le Salon des Entrepreneurs, "Les 18-40 ans, le travail et l’entreprise de leur rêve",

18.1.2001

· Ilres SA, "Les achats transfrontaliers", 1993

· Institut für Mittelstandsforschung Bonn, "SMEs in Germany – Facts and Figures 2000", 2000

· Institut für Mittelstandsökonomie an der Universität Trier eV, "Umfrage zur Existenzgündung",

19.12.2000

· Logotech, International comparison of the formal requirements and administrative procedures

required for the formation of SMEs of any legal status in the EU and other major countries,

1997

· Ministère de la Culture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Groupe de travail

"Objectifs de formations, contenus et programmes pour formations entrepreneuriales",

réf.: Wpol, 12.12.2000

· Ministère de la Culture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, "Aufbau eines

Lehrangebotes in der Unternehmerausbildung", Pol Wagner, 2000

· Ministère du Travail et de l’Emploi & Inspection générale des Finances,"Plan d’action national

pour l’emploi", Rapport national 1999

· OCDE, "Stimuler l'esprit d'entreprise, la stratégie de l'OCDE pour l'emploi", 1998

· Statec Luxembourg, "Les principales entreprises luxembourgeoises d’après les effectifs

occupés – Edition juin 2000", janvier 2000

· Troisième Table ronde des Banquiers et des PME, "Rapport Final", 19.6.2000

· Union des Confédérations de l’Industrie et des Employeurs d’Europe Unice, "Unice

Benchmarking Report 2000", 2000.

106

10.5.3 Les sites internet consultés

Belgique

Chambres de commerce

www.cci.be/federation

www.iccwbo.be/index.html

www.ccib.irisnet.be

www.ccic.be

www.ccinamur.be

www.ccilg.be

www.ccilb.be

www.honet.be/ccit

www.ccibw.be

www.euregio.net/ihkeupen

www.cciv.be

www.ccim.be/ccimc

www.db.ccilg.be/CCILg/DealGate/

FramesFr.htm

Fédération des Chambres de Commerce

Chambre de Commerce

CCI Bruxelles

CCI Charleroi

CCI Namur

CCI Liège

CCI Luxembourg belge

CCI Tournai

CCI Brabant Wallon

IHK Eupen

CCI Verviers

CCI Mouscron Comines

Le moniteur belge des actifs d'entreprise


Financement

www.bnb.be

www.sriw.be

www.e-capital.be

www.waban.be

Formation

www.ifpme.be

cyberecoles.wallonie.be

Organisations patronales

www.uwe.be

www.ucm.be

www.feb.be

www.jci.be

www.uwe.be/liens_utiles/liens_utiles.html

www.abb-bvb.be

Programmes

www.123go-creation.org

www.jdew.com

www.plato.be

Pouvoir exécutif

belgium.fgov.be

www.cmlag.fgov.be

www.ofisa.be

gov.wallonie.be/hp/hp.asp

mrw.wallonie.be/mrw

www.wallonie.be

mrw.wallonie.be/dgee/dpe/dia/fr

awex.wallonie.be

www.cesrw.be

www.e-wallonie.net

dialogue.wallonie.be

Pouvoir législatif

parlement.wallonie.be

R & D

mrw.wallonie.be/dgtre

Start-ups

www.lme.be

www.ceeiwallons.be

Autres

www.liegeonline.be

Banque nationale de Belgique

Société régionale d’Investissement wallonne

Fonds d’entrepreneurs pour les entrepreneurs

Wallonia Business Angels Networks

Institut de formation des PME

Equipement informatique des écoles

Union wallone des Entreprises

Union des Classes moyennes

Fédération des Entreprises de Belgique

Junior Chamber Belgium

Guide Web aux entrepreneurs UWE

Belgian Bankers Association

"123 Go" concours de business plan

Journée découverte entreprise

Plato Vlaanderen

Gouvernement belge online

Ministry of small Entreprises

Office for foreign investors

Le Gouvernement wallon

Ministère de la Région wallonne

Carrefour de la Région wallonne

Ministère de la Région wallonne / Site économie

Agence wallonne à l’exportation

Conseil économique et social de la Région

wallonne

Initiative du Ministre wallon de l'Economie,

des PME, de la Recherche et des Technologies

nouvelles

Aperçu des activités du Ministère de la Région

wallonne

Le Parlement wallon

DG de la Recherche et de la Technologie

La Maison de l’Entreprise CEEI

Groupement des Centres européens d'Entreprise

et d'Innovation de Wallonie

Liège online

107


108

France

Chambres de commerce

www.meuse.cci.fr

www.moselle.cci.fr

www.nancy.cci.fr

www.epinal.cci.fr

www.lorraine.cci.fr

www.uccife.org

Chambres des métiers

www.apcm.com

www.cm-vosges.fr

e-Business

portail.net-entreprises.fr

Financement

www.bdpme.fr

www.socama.com

www.garantiebancaire.net

www.unicer.asso.fr

www.business-village.fr

www.cigale.org

www.club-lor.com

www.adie.org

www.love-money.org

www.banque-france.fr

Institut statistique

www.insee.fr

Organisations patronales

www.cgpme.org

www.feef.org

www.medef.fr

www.jcef.org

jcenancy.free.fr

www.ffcgea.fr

www.artifrance.fr/upa

www.afei.com/fr/fr-index.htm

www.afb.fr

Programmes

www.defijeunes.fr

www.amergence.fr/pouce

Autres

www.maisondesentreprises.com

CCI Meuse

CCI Moselle

CCI Meurthe-et-Moselle

CCI Epinal

Annuaire des CCI Chambre régionale

de Lorraine

Union des CCI françaises à l’étranger

Assemblée permanente des Chambres

de Métiers

Chambre des Métiers des Vosges

Net entreprises

Banque de Développement des PME

Cautionnement des Entreprises artisanales

Fonds de Garantie pour accès au crédit

Union des Investisseurs en Capital

Business Village

Fédération des Cigales

Club Lorrain des Affaires

Association pour le Droit à l’Initiative

économique

Association Love Money

Banque de France

INSEE

Confédération générale des PME

Fédération des Entreprises françaises

Mouvements des Entreprises françaises

Jeune Chambre économique française

Jeune Chambre économique de Nancy

Fédération française des Centres de gestion

et d’économie de l’artisanat

Union professionnelle artisanale

Association française des Entreprises

d’investissement

Association des Banques françaises

Défi jeune

Le coup de pouces aux jeunes

Maison des Entreprises


Pouvoir exécutif

www.premier-ministre.gouv.fr

www.service-public.fr

www.elysee.fr

www.minefi.gouv.fr

www.interieur.gouv.fr

www.education.gouv.fr

www.commerce-exterieur.gouv.fr

Sommaire.htm

www.apce.com

www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr

www.meuse.pref.gouv.fr

www.moselle.pref.gouv.fr

www.meurthe-et-moselle.pref.gouv.fr

Pouvoir législatif

www.assemblee-nationale.fr

index.shtml

www.senat.fr

www.cr-lorraine.fr/webcrl2000.htm

Start-ups

www.idil.org

www.reseau-entreprendre.org

www.fir.asso.fr

www.boutiques-de-gestion.com

www.bourse-des-initiatives.com

www.eficea.org

www.enterweb.org

cessionstransmissions.ipengroup.com

www.i-pme.com/frameset_fr

www.pme-affaires.com

www.tpe-pme.com

www.pepinieres-elan.asso.fr

www.aeropole-sud-lorraine.com

Portail du Gouvernement

Portail du Service public

Présidence de la République

Ministère de l’Economie

Ministère de l’Intérieur

Ministère de l’Education nationale

Commerce extérieur

Agence pour la Création d’Entreprises

Secrétariat aux PME

Préfecture de la Meuse

Préfecture de la Moselle

Préfecture de Meurthe-et-Moselle

Assemblée nationale

Sénat

Conseil régional de Lorraine

Idil Institut de Développement des Initiatives

lorraines

Réseau entreprendre

France Initiative Réseau

Boutiques de Gestion

Bourse d’Initiative

Création d’entreprises

Le site du développement des entreprises

Cessions & transmissions

Partenaires d’entreprises

PME affaires

Le Web de l’entreprise

Réseau des dirigeants des pépinières

Aéropole-Sud-Lorraine

Allemagne

Chambres de commerce

www.saarland.ihk.de

www.ihk-trier.de

www.ihk-koblenz.de

www.aachen.ihk.de

www.ihk.de/ludwigshafen

www.wuppertal.ihk.de/

beruf-start/index.html

www.ihk-stuttgart.de/frameset_

externes.php?link=/foerdermittel/main.

htm&zurueck=angebot/datenbanken/

index.html

www.existenzgruendungsboerse.ihk.de

www.ihk.de

IHK Saarland

IHK Trier

IHK Koblenz

IHK Aachen

IHK Ludwigshafen

IHK Start in den Beruf

IHK Fördermittel

IHK Existenzgründer Datenbank

IHK Online

62.159.18.52 IHK-Außenwirtschaft im Internet

109


110

Chambres des métiers

www.hwk.trier.de

hwk-saarland.de

www.hwk-pfalz.de

www.hwk-koblenz.de

www.hwk.de

e-Business

www.handwerker-online.de

www.mittelstanddirekt.de

www.e-startup.org

www.e-trade-center.com

www.startup-tv.de

Financement

www.dta.de

www.kfw.de/de

www.aspect-online.de

www.bundesbank.de

www.ikb.de

www.isb.rlp.de

www.sikb.de

www.business-angels.de

www.n-u-k.de/welcome.asp

www.germanincubator.com

www.venture-capital-forum.de/

index01.htm

www.venturelist.com

www.venturescape.com

Formation

www.schulweb.de

www.bmbf.de

www.bibb.de

www.bildungsserver.de

www.ame-ag.de

www.uni-osnabrueck.de

Institut statistique

www.statistik-bund.de

Organisations patronales

www.hvbg.de

www.internet-messe.de

www.deutscherwirtschaftsverband.de

www.igu.de

www.wjd.de

www.bvk-ev.de

www.bdb.de

www1.vrnet.de/webdbs/xa/xa0006.nsf

Handwerkskammer Trier

Handwerkskammer Saarland

Handwerkskammer Pfalz

Handwerkskammer Koblenz

Handwerkskammer Rheinhessen

Handwerker online

Mittelstand Direkt

E-Start up

E-Trade Center

Start-up TV

Deutsche Ausgleichbank

Kreditanstalt für Wiederaufbau

Online Vergleich der Banken & Versicherung

Deutsche Bundesbank

Deutsche Industriebank AG

Industrie- und Strukturbank

Saarländische Investitions- und Kreditbank

Business Angels Netzwerk Deutschland

Netzwerk und Know-how

German Incubator

Venture Capital Forum

Venture List

Venturescape

School online

Bundesminister für Bildung & Forschung

Bundesminister für Berufsbildung

Deutscher Bildungsserver

Akademie für Mittelstand & Entrepreneurship

Universität Osnabrück

Statistisches Bundesamt

Berufsgenossenschaften

Berufsverband mittelständige Wirtschaft

Deutscher Wirtschaftsverband

Interessengemeinschaft der Unternehmer

Wirtschaftsjunioren Deutschland

Kapitalbeteiligungsgesellschaften

Bundesverband deutscher Banken

Sparkassen & Raiffeisenbanken


Programmes

www.subventionen.de

www.unternehmerpreis.de

Pouvoir exécutif

www.bundesregierung.de

www.rlp.de

www.rlp-inform.rlp.de/site2k

www.saarland.de

www.auswaertiges-amt.de

Pouvoir législatif

www.bundestag.de

www.bundesrat.de

Start-ups

www.existenzgruender-netzwerk.de

www.adt-online.de

www.kmu-netzwerk.de

www.gruenderstadt.de

www.go-online.nrw.de

www.liraz.com

www.new-work.de

www.cut-os.de/index.htm

Autres

www.region-trier.de

Portal für Fördermittel

Unternehmenspreis Mittelstand

Bundesregierung Deutschland

Landesregierung Rheinland-Pfalz

Rheinland-Pfalz Informationen

Saarland

Auswärtiges Amt

Deutscher Bundestag

Bundesrat

Existenzgründer Netzwerk

Netzwerk deutscher Innovationszentren

KMU Netzwerk Europa

Die Gründerstadt

Gründungsoffensive Online

ABCs for SMEs

New Work Rheinland-Pfalz

Startzentrum Osnabrück

Initiative Region Trier

Luxembourg

Chambre de commerce

www.cc.lu

Chambre des métiers

www.chambre-des-metiers.lu

e-Business

www.isoc.lu

Financement

www.snci.lu/default.htm

www.eurefi.org

Instituts statistiques

www.statec.lu

www.eureslux.org

Organisations patronales

www.fedil.lu

www.apsi.lu

www.artisanat.lu

Programme

www.123go.lu

Chambre de Commerce

Chambre des Métiers

Internet Society Luxembourg

Société nationale de Crédit et d’Investissement

Eurefi

Statec

Eures

Fedil

APSI

Fédération des Artisans

"123 Go"

111


Pouvoir exécutif

www.gouvernement.lu

Pouvoir législatif

www.chd.lu

R & D

www.luxinnovation.lu

Start-ups

www.technoport.lu

Autres

www.jci.lu

www.fuse.lu

Gouvernement

Chambres des Députés

Luxinnovation

Technoport Schlassgoart

Jeune Chambre économique

Fondation des Universitaires en Sciences

économiques

112

Grande Région et Union européenne

Chambre de commerce

www.eurochambres.be

www.leguichet.org

e-Business

europa.eu.int/ispo

europa.eu.int/business/fr

europa.eu.int/comm/information

_society/eeurope

www3.ecommission.com

Financement

www.ecb.int

bei.eu.int

www.eif.org

www.eban.org

europa.eu.int/comm/enterprise/

entrepreneurship/financing/

business_angels.htm

www.bis.org

www.evca.com

Instituts statistiques

europa.eu.int/comm/eurostat/

Public/datashop/print-catalogue/FR?

catalogue=Eurostat

europa.eu.int/comm/employment_

social/elm/eures/fr/indexfr.htm

Pouvoirs exécutifs

www.europa.eu.int

europa.eu.int/comm/enterprise/

enterprise_policy/analysis/observatory.htm

www.benchnet.com/index.htm

Eurochambres

Guide transfrontalier de la création d’entreprise

Société de l’Information

Guichet unique aux Entreprises

e-Europe

e-Commission

European central Bank

Banque européenne d’Investissement

Fond européen d’Investissement

European Business Angels Network

Business Angels

Bank for internal Settlements

European Venture Capital Association

Eurostat

Eures

L’Union européenne online

The European Observatory of SMEs

Benchnet


R & D

www.eebic.be

lu.espacenet.com

Autres

www.ueapme.com

www.unice.org

www.jcie.com

EEBIC Innovation Portal

Espace de la propriété intellectuelle

Union européenne de l’Artisanat et des PME

European Employer and Business Lobby

Junior Chamber in Europe

10.5.4 Les sites internet mentionnés dans le rapport

Belgique

Société régionale d’Investissement

de Wallonie SA

www.sriw.be

Sociétés privées de Capital-risque

www.e-capital.be

Union wallonne des Entreprises

www.uwe.be/liens_utiles/liens_utiles.html

Institut de Formation pour les PME www.ifpme.be

Ministère de la Région wallonne

mrw.wallonie.be/dgee/dpe/dia/fr

Allemagne

Deutsche Ausgleichsbank

Seed Capital Brandenburg

Existenzgründer Neztwerk

France

Banque du Développement des PME

Union nationale des Investisseurs en

Capital pour les Entreprises régionales

Administration française

Ministère de l’Economie et des Finances

Association pour le Droit à l’Initiative

économique

Technopôle Metz 2000

France Initiatives Réseaux

www.dta.de

www.scb-gmbh.de/index1.htm

www.existenzgruender-netzwerk.de

www.bdpme.fr/website/bdpme.nsf

www.unicer.asso.fr

www.service-public.fr

www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/

informations/index.htm

www.adie.org

www.technopole2000.georgiatech-metz.fr

www.fir.asso.fr

Luxembourg

Société nationale de Crédit

et d’Investissement

www.snci.lu/default.htm

"123 Go" www.123go.lu

Union européenne

Banque européenne d’Investissement

Fond d’Investissement européen

Eurefi

European Venture Capital Association

Commission européenne – Euro Info Centre

www.bei.eu.int

www.eif.org

www.eurefi.org/animation3b2.htm

www.evca.com

europa.eu.int/comm/enterprise/networks/

eic/eic.html

113


Ces dernières années, on a notamment constaté que le nombre de créations d'entreprises

stagnait et que l’on ne trouvait pas suffisamment de candidats à la reprise de sociétés.

Face à cette problématique, le Grand-Duché de Luxembourg a mis à profit ses 18 mois de

présidence de la Grande Région pour en cerner les causes et proposer des solutions.

Dans cette perspective s'est déroulé, le 18 mai 2001 à Mondorf-les-Bains / Luxembourg,

un forum interrégional, véritable plate-forme de réflexion et d'action pour les partenaires concernés

en vue de promouvoir la culture entrepreneuriale et définir une politique concertée

des petites et moyennes entreprises dans la Grande Région, thème central du 6 ème Sommet

de la Grande Région du 12 novembre 2001.

Cette publication regroupe les textes présentés à l'occasion de ce forum avec une première

partie consacrée à l'étude commandée par le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg,

et une seconde partie reprenant les interventions des orateurs de renom invités ainsi que

les propositions des groupes de réflexion.

Cet ouvrage est accompagné d'une vidéo présentant les témoignages de plusieurs entrepreneurs

ayant relevé avec succès le défi de la création d'entreprise.

Ministère

de l’Economie

Ministère d’Etat

Ministère des Classes

moyennes, du Tourisme

et du Logement

Cofinancé par

le Fonds social

européen

INTERPUB’ Luxembourg

ISBN 2-87999-132-3

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