Monde Tanzanie - Campaign to End Fistula

endfistula.org

Monde Tanzanie - Campaign to End Fistula

Editorial

La Campagne pour éliminer les fistules doit maintenant passer à une

vitesse supérieure. Avec l’établissement de partenariats nouveaux

et revigorés, la Campagne s’emploiera encore plus énergiquement à

éliminer les ravages de la fistule obstétricale.

Une mesure importante à prendre dans les prochains mois et au-delà

consistera à bien connaître agents, actions et lieux d’intervention

s’agissant de la fistule. Faisant fond sur l’excellent travail effectué par

d’autres institutions, l’UNFPA coopérera étroitement avec la Fondation

pour la fistule, Direct Relief International et d’autres partenaires aux fins

de dresser un inventaire et de rassembler l’information sur les centres,

les experts et les activités de lutte contre la fistule dans le monde.

Il s’agit certes d’un projet ambitieux et stimulant, et nous espérons

qu’il fournira des indications précises sur ce qui est fait dans le monde

pour en finir avec la fistule et remédiera au déficit d’information.

L’autre priorité en 2011 est d’adopter une meilleure approche en

matière de coordination de la lutte contre la fistule à l’échelle mondiale

- prévention, traitement de qualité, réintégration sociale, recherche,

données et sensibilisation - pour faire en sorte que la Campagne se

poursuive dans un esprit de collaboration, sur la base d’objectifs

internationalement convenus.

Dand ce numéro de Dépêches et dans les prochains, le lecteur

trouvera de plus en plus d’articles consacrés aux importants succès

remportés par nos nombreux partenaires sur le terrain, ainsi qu’aux

difficultés qu’ils rencontrent et à leurs plans pour l’avenir. Ces articles

de fond présenteront les vrais acteurs et relateront leurs histoires,

qui rendent la lutte contre la fistule trés difficile, mais néanmoins

extrêmement enrichissante. Bonne lecture!

Gillian Slinger

Coordinatrice, Campagne pour éliminer les fistules

Qu’est-ce que la fistule?

La fistule obstétricale est une lésion due à l’accouchement provoquée par

un travail prolongé avec obstruction, en l’absence de l’intervention chirurgicale

voulue, généralement une césarienne. Lors d’un travail prolongé

sans assistance médicale, la pression prolongée de la tête du bébé

sur le pelvis de la parturiente endommage les tissus mous, provoquant

une ouverture - ou fistule - entre le vagin et la vessie et /ou le rectum.

La pression empêche le flux sanguin d’irriguer les tissus, provoquant

une nécrose. Les tissus finissent par s’effilocher, ce qui endommage la

structure originale du vagin. Il en résulte une fuite constante d’urine et/ou

de matière fécale à travers le vagin. On estime à plus de deux millions le

nombre de femmes souffrant de cette infection dans le monde, avec près

de 100 000 nouveaux cas enegistrés chaque année. La fistule est évitable,

et aussi bien curable, dans la majorité des cas.

PHOTO DE COUVERTURE: Mbathio LO, 43 ans, retourne chez elle après une intervention

contre la fistule couronnée de succès à l’hôpital Grand Yoff de Dakar. Elle a vécu 25

ans avec une fistule, sans savoir au début que cette maladie était curable. Guérie, elle

veut maintenant ouvrir un restaurant.

Photo: Etienne Franca, Campagne pour éliminer les fistules, Sénégal, 2010.

Ambassadeurs pour une maternité

sans risques

par Allison Shigo, Healing Hands of Joy

Selon un rapport publié en 2010 par USAID, 93% des femmes en

Ethiopie accouchent à domicile, dans la plupart de cas sans l’aide

d’une infirmière diplômée, ce qui les rend ainsi plus vulnérables aux

complications et aux invalidités dues à l’accouchement, notamment

la fistule obstétricale. La situation est désespérée, et les experts

estiment qu’une évolution des pratiques culturelles s’agissant des

naissances ne peut intervenir qu’à l’intérieur des communautés.

Berhidda Redda, 33 ans, survivante de la fistule qui réside à

Adiweyane, un petit village à une heure environ de la capitale de la

région de Tigray, au nord de l’Ethiopie, en est une preuve vivante.

“J’ai habité avec ma petite fille dans une pièce unique, subsistant

grâce à l’exploitation d’un petit lopin de terre que je cultivais moimême”,

affirme Mme Redda. “Mon mari a demandé le divorce il y a

18 ans lorsqu’il a découvert que j’avais développé une fistule lors de

ma première grossesse. Pour tous, au village, j’étais celle qui était

‘affublée’ d’une fistule.”

Bien qu’elle ait pu recevoir un traitement, Mme Redda a continué

de souffrir l’opprobre et de subir la honte à cause de son problème

de santé. Mais grâce au programme de formation prodigué par

Ambassadeurs pour une maternité sans risques de Healing Hands

of Joy, un projet qui autonomise les survivantes de la fistule et qui

leur apprend à plaider en faveur d’une meilleure santé maternelle,

elle a pu reprendre confiance en elle-même et forcer le respect

dans son village.

“Avant l’intervention chirurgicale, j’étais mal considérée par mes

voisins et même par ma famille. Aujourd’hui, la situation s’améliore

doucement, car j’ai appris que la fistule n’est pas une malédiction du

Ciel, mais une simple lésion dont on peut guérir. Je veux en savoir plus

sur ce problème et aider les autres,” affirme-t-elle.

Lorsque Healing Hands of Joy a créé un nouveau centre de formation

pour les survivantes de la fistule à Mekelle, Mme Redda a été la

première élève d’Ambassaddeurs pour une maternié sans risques.

Mme Redda a passé les quatre prochaines semaines à travailler

dur pour s’initier au programme de Healing Hands of Joy, élaboré en

partenariat avec le Bureau de santé du Tigray, notamment à suivre les

cours sur la santé maternelle, les causes de la fistule, les méthodes de

prévention et les bienfaits d’un accouchement dans les règles.

Grâce à sa volonté, à sa détermination et à son désir d’apprendre,

elle peut être un facteur de changement dans sa communauté et

combler le déficit crucial en matière de santé maternelle en fournissant

des conseils à titre volontaire.

Mme Redda est active à présent au sein de sa communauté,

surveillant les grossesses et parlant avec assurance de son cas pour

éviter à d’autres mères de connaître le même calvaire qu’elle. Elle est

aussi fière de posséder sa propre affaire. Grâce à la formation qu’elle

a suivie et au petit prêt qu’elle a obtenu pour lancer son affaire et

qu’elle doit rembourser en une année, elle a ouvert un magasin chez

elle où elle vend du café, des paniers, des foulards, des biscuits, des

allumettes et d’autres produits.

On trouvera d’autres textes à:

www.endfistula.org

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