Monde Tanzanie - Campaign to End Fistula

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Monde Tanzanie - Campaign to End Fistula

Le téléphone portable contre la

fistule

Dar es Salaam, Tanzanie

Comprehensive Community Based Rehabilitation (CCBRT), l’organisme le

plus spécialisé dans la chirurgie de la fistule en Tanzanie, est en train de

révolutionner la lutte contre la fistule obstétricale par le biais de la téléphonie

mobile pour permettre aux femmes souffrant d’une fistule d’avoir

un meilleur accès aux services qu’il offre.

Selon l’UNFPA, quelque 3700 nouveaux cas de fistule obstétricale sont

enregistrés en Tanzanie chaque année, mais seuls 1000 cas environ sont

traités. “Malheureusement, la plupart des femmes souffrant de la fistule ne

savent pas qu’un traitement existe ou elles ne peuvent simplement pas le

payer,” explique le Directeur général de CCBRT, Erwin Telemans, qui est

aussi responsable de l’initiative du téléphone portable.

Dans son hôpital à Dar es Salaam, CCBRT pratique la chirurgie de la

fistule à titre gracieux, mais, jusqu’à très récemment, les coûts élevés de

transport et de prise en charge ont empêché les survivantes de la fistule

dans les villages isolés de venir se faire soigner. Depuis fin 2009, les

organisations non gouvernementales ont toutefois commencé à utiliser le

système bancaire par téléphonie mobile de VODAFONE, le M-PESA - M

pour “mobile” et PESA “pour argent” en Swahili.

Bénéficiant du soutien de l’UNFPA, cette institution a lancé ce projet

pilote, utilisant le M-PESA pour virer l’argent aux survivantes de la fistule

en sorte qu’elles puissent se rendre à l’hôpital à Dar es Salaam pour y subir

une opération réparatrice.

Les ambassadeurs peuvent retirer l’argent auprès de l’agent local de

M-PESA Vodafone et acheter des billets d’autobus pour les patientes.

Quand celles-ci sont arrivées à l’hôpital, les ambassadeurs recoivent une

petite prime.

Depuis le lancement du projet, le réseau d’ambassadeurs contre la

fistule s’est étendu à toutes les régions du pays et le nombre de femmes

ayant bénéficié d’une intervention chirurgicale a augmenté de 65%. En

2010, 54 ambassadeurs ont référé 129 femmes pour subir une opération

réparatrice via M-PESA. Le projet a été consigné dans un dossier technique

Fistula Care”; pour de plus amples informations, prière de consulter

http://www.fistulacare.org/pages/resources/publications/technical-briefs.php.

Une jeune femme survivante de la fistule ayant bénéficié du projet. “L’ambassadeur a

appelé l’hôpital, reçu l’argent et nous a réservé les billets d’autobus. Nous étions six à

prendre le bus de Mbeya jusqu’à Mbongo, où un chauffeur nous attendait”. Photo: Lisa

Russell, Tanzanie, 2011.

Faits saillants

Menée par l’UNFPA en collaboration avec de nombreux partenaires et

avec le soutien de multiples généreux donateurs, la Campagne pour

éliminer les fistules a pris une ampleur quatre fois plus importante au

cours des sept dernières années. Lancée initialement dans 12 pays, la

Campagne s’est étendue aujourd’hui à 49 pays d’Afrique, d’Asie, du

monde arabe, d’Amérique latine et des Caraïbes.

Du fait de cette croissance, un plus grand nombre de femmes ont accès

aux soins dont elles ont besoin pour prévenir et traiter la fistule, et

retrouvent une vie pleinement productive à la fin du traitement contre la

fistule avec le soutien des gouvernements et des partenaires.

L’UNFPA assure la coordination et sert de secrétariat à la Campagne

mondial pour éliminer les fistules et au Groupe de travail international de

lutte contre la fistule obstétricale, qui représente plus de 50 institutions

nationales et internationales.

Depuis que la Campagne a été lancée en 2003:

• Plus de 20 000 femmes ont été traitées de la fistule avec le soutien

de l’UNFPA.

• Plus de la motié des pays touchés par la Campagne ont intégré la

fistule dans leurs politiques et plans nationaux.

• D’autres pays sont en train de revoir leur politiques de santé reproductive

pour faire en sorte que la fistule y soit pleinement intégrée.

En 2010, avec le soutien de l’UNFPA:

• Plus de 5000 femmes et filles souffrant de la fistule ont reçu un

traitement dans près de 40 pays.

• Plus de 1800 chirurgiens et travailleurs sanitaires ont reçu une

formation.

• Celles qui ont guéri de la fistule dans 18 pays ont lancé des actions

de sensibilisation au niveau de leurs commuautés, fourni un soutien

par les pairs et plaidé en faveur de la prévention de la fistule et de

l’amélioration de la santé maternelle et néo-natale aux niveaux local

et national.

• Le rapport du Secrétaire général sur le “Soutien aux efforts pour

en finir avec la fistule obstétricale”, publié en octobre 2010, a mis

en exergue les grandes avancées dans la lutte contre la fistule, et

néanmoins appelé à renforcer ce soutien et à intensifier les actions

pour en finir avec la fistule.

• La résolution Appuyer les efforts pour en finir avec la fistule obstétricale

a été adoptée par consensus par l’Assemblée générale des Nations

Unies, avec 172 pays qui s’en sont portés coauteurs, et a appelé à

accorder plus d’intérêt et de ressources à la lutte contre la fistule.

• Une couverture médiatique et une sensibilisation améliorées aux

niveaux national et international ont permis d’accroître l’intérêt politique

pour les questions de santé maternelle, notamment la fistule.

• La Campagne pour éliminer les fistules était l’une des rares initiatives

mondiales ayant figuré au sommaire de la publication MDG Good

Practices (OMD Bonnes pratiques). La Campagne a été citée pour

son approche innovante et globale, combinant des interventions

programmatique, technique, de mobilisation et de sensibilisation

aux méthodes de prévention et de traitement de la fistule.

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