L'exposition Viollet-le-Duc au Grand palais à Paris - Centre des ...
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L’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
<strong>au</strong> <strong>Grand</strong> Palais à <strong>Paris</strong> (1979-1980)<br />
Bruno Foucart<br />
docteur ès <strong>le</strong>ttres, professeur honoraire, université <strong>Paris</strong>-IV,<br />
commissaire général de l’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> à <strong>Paris</strong> en 1980.<br />
La pratique <strong>des</strong> anniversaires, commémorations et célébrations, du privé <strong>au</strong> national, peut<br />
quelquefois lasser ; el<strong>le</strong> a l’avantage de donner <strong>des</strong> états de situation. Comment <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>- <strong>le</strong> - <strong>Duc</strong>,<br />
cent ans après sa mort, réapparaissait-il ? Quel était <strong>au</strong> vrai ce personnage si divers, si comp<strong>le</strong>xe,<br />
si ta<strong>le</strong>ntueux, si présent et si contesté, avec <strong>le</strong>quel <strong>le</strong> patrimoine n’allait plus cesser<br />
de vivre, en mal ou en bien, en guerre ou en paix ? Un véritab<strong>le</strong> revival de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> était<br />
en tout cas en cours, depuis <strong>le</strong>s années 1960, comme en témoignent la thèse de Robert<br />
Midd<strong>le</strong>ton en 1958, <strong>le</strong>s artic<strong>le</strong>s parmi d’<strong>au</strong>tres de Besset et de Revel de 1960 et 1964, comme<br />
<strong>le</strong> confirment la recension de Geert Bekaert dans son À la recherche de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
publié chez Mardaga en 1980 et, bien sûr, la bibliographie réunie dans <strong>le</strong> catalogue de 1980,<br />
où l’année 1965 marque <strong>le</strong> début d’un long, contesté et passionné retour en honneur.<br />
Cette année 1965 était cel<strong>le</strong> où la Caisse nationa<strong>le</strong> <strong>des</strong> monuments historiques (CNMH) célébrait<br />
<strong>le</strong> cent-cinquantième anniversaire de la naissance de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>, <strong>le</strong> 27 janvier 1814.<br />
L’exposition n’eut pas, semb<strong>le</strong>-t-il, tous <strong>le</strong>s égards qu’el<strong>le</strong> <strong>au</strong>rait mérités mais Pierre- Marie<br />
Auzas, cet inspecteur général qui s’était intrépidement voué à Mérimée et <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>,<br />
publiait avec l’actif engagement de Geneviève <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> et de sa sœur, Mme Henriquet,<br />
un f<strong>au</strong>x catalogue qui était une vraie et substantiel<strong>le</strong> biographie-chronologie. La consultation<br />
directe <strong>des</strong> archives familia<strong>le</strong>s transparaissait et donnait toute sa va<strong>le</strong>ur à cette somme qui a<br />
été republiée tel<strong>le</strong> quel<strong>le</strong> en 1980, comme accompagnement de la CNMH <strong>au</strong> centenaire de la<br />
mort de l’artiste survenue <strong>le</strong> 17 septembre 1879, à L<strong>au</strong>sanne.<br />
Le centenaire, précisément, ne pouvait-il donner l’occasion d’un hommage so<strong>le</strong>nnel et raisonné<br />
? Après tant de polémiques <strong>le</strong> temps de la compréhension n’était-il pas venu ? L’idée<br />
de Michel Guy, alors secrétaire d’État à la Culture, était d’initier <strong>le</strong>s nouvel<strong>le</strong>s protections du<br />
xix e et du xx e sièc<strong>le</strong>. Il aimait Pierrefonds comme la villa Savoye et, inversement, Bram Van<br />
Velde comme Gérôme. L’entreprise d’Orsay avait-el<strong>le</strong> un sens si on ne se réconciliait pas avec<br />
<strong>le</strong> plus flamboyant inspirateur du sièc<strong>le</strong> ? L’Association du centenaire de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> 1 avait<br />
<strong>le</strong> sentiment que <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> méritait plus. Michel Guy voulut donc symboliquement que<br />
l’exposition eût lieu dans <strong>le</strong>s Ga<strong>le</strong>ries nationa<strong>le</strong>s du <strong>Grand</strong> Palais. <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> ne serait pas<br />
ainsi limité à son action de rest<strong>au</strong>rateur ; il apparaîtrait comme un créateur universel, un phare.<br />
Convaincu, Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture, donna son accord ; la conjonction<br />
avec l’année du Patrimoine fournissait une bonne opportunité. <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> n’était-il pas<br />
dans l’histoire patrimonia<strong>le</strong> celui qui avait <strong>le</strong> mieux et continûment célébré <strong>le</strong>s noces renouvelées<br />
du passé et du présent ? Ainsi patronnée et baptisée, l’exposition ouvrit <strong>le</strong> 19 février et<br />
se termina <strong>le</strong> 5 mai 1980.<br />
L’honneur du <strong>Grand</strong> Palais fait à un architecte – ce qui n’a pas été renouvelé depuis, fût-ce<br />
pour Le Corbusier ou Perret – impliquait <strong>des</strong> efforts particuliers de présentation. Michel Guy<br />
pensa à Richard Peduzzi ; celui-ci fit confiance à Christian Siret. Avec Bruno Donzet, ils réussirent<br />
à reconstituer <strong>des</strong> espaces, à créer une atmosphère colorée directement prise à la<br />
pa<strong>le</strong>tte de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>. La sal<strong>le</strong> <strong>des</strong> Preuses de Pierrefonds par l’intermédiaire de ses plâtres<br />
ressuscités, <strong>le</strong>s chambres d’Eu et de Roquetaillade avec <strong>le</strong>ur mobilier présent en personne,<br />
et même <strong>le</strong> grand salon du donjon de Pierrefonds, avec <strong>des</strong> éléments de boiserie, apparurent<br />
en trois dimensions. Au secours du commissaire général, la direction de l’architecture avait<br />
envoyé Françoise Bercé et <strong>le</strong> musée d’Orsay, alors en gestation, ainsi qu’Henri Loyrette et<br />
Caroline Matthieu, jeune stagiaire. Il revint donc à cette société <strong>des</strong> quatre de mettre en œuvre<br />
cette « montre » mise en situation par l’équipe Christian Siret-Bruno Donzet.<br />
1. Association dont <strong>le</strong>s animateurs, <strong>au</strong>tour de Michel Guy, son président, étaient son arrière-petite-fil<strong>le</strong> Geneviève <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>,<br />
Jean Musy, directeur de l’Éco<strong>le</strong> <strong>des</strong> be<strong>au</strong>x-arts, Jean-Jacques Aillagon et moi-même.
L’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
<strong>au</strong> <strong>Grand</strong> Palais à <strong>Paris</strong> (1979-1980)<br />
Bruno Foucart<br />
Le parti de l’exposition ne pouvait être que celui de l’universel. Il fallait servir <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
dans tous ses états : rest<strong>au</strong>rateur, constructeur, décorateur, théoricien, artiste ; il fallait <strong>au</strong>ssi et<br />
d’abord que l’homme et sa sensibilité fussent présents. Comment permettre <strong>le</strong>s <strong>le</strong>ctures <strong>le</strong>s<br />
plus compréhensives de celui qui fut une sorte de Léonard-Ju<strong>le</strong>s Vinci-Verne ? L’exposition<br />
se voulut donc comme <strong>le</strong> spectre de l’arc-en-ciel viol<strong>le</strong>t-<strong>le</strong>-ducien. Il fallait qu’el<strong>le</strong> traduise <strong>le</strong>s<br />
diversités du grand homme et qu’en même temps el<strong>le</strong> s’ouvre <strong>au</strong>x différentes approches que<br />
celui-ci permettait. La variété <strong>des</strong> contributions vérifiée par la tab<strong>le</strong> <strong>des</strong> <strong>au</strong>teurs du catalogue<br />
traduit cette préoccupation. Dans cet hosanna il y eut sans doute <strong>des</strong> absents, peut-être <strong>des</strong><br />
oubliés mais sûrement pas d’exclus. Les trente-sept signatures du catalogue, toutes générations<br />
et formations mêlées, conservateurs, inspecteurs, universitaires, indépendants, ancêtres<br />
et jeunes loups représentaient assez fidè<strong>le</strong>ment <strong>le</strong> « viol<strong>le</strong>t-<strong>le</strong>-ducianisme » <strong>des</strong> années 1980.<br />
L’une <strong>des</strong> vertus secondaires de cette exposition est donc d’avoir témoigné, en ces temps<br />
post-modernes, pour l’histoire de l’histoire de l’art et de ses acteurs 2 .<br />
Quant <strong>au</strong>x sections, el<strong>le</strong>s concernaient dans l’ordre <strong>le</strong> rest<strong>au</strong>rateur, <strong>le</strong> constructeur, <strong>le</strong><br />
déco rateur, <strong>le</strong> <strong>des</strong>sinateur, la postérité. Chacune était organisée en dossiers, de sorte que<br />
Pierrefonds était par exemp<strong>le</strong> traité à la fois par Louis Grodecki pour la rest<strong>au</strong>ration, par<br />
Marie- Hélène thibierge pour la sculpture, par Colombe Samoy<strong>au</strong>lt-Ver<strong>le</strong>t pour <strong>le</strong> mobilier, par<br />
François Loyer pour <strong>le</strong> décor peint. Avec ses cinq gran<strong>des</strong> entrées, ses soixante et un dossiers,<br />
ses six cent quarante-neuf numéros, <strong>le</strong> catalogue comptait <strong>des</strong> annexes où l’on trouvait<br />
un premier inventaire <strong>des</strong> <strong>des</strong>sins conservés alors <strong>au</strong> centre de recherches <strong>des</strong> monuments<br />
historiques de Chaillot et une « liste <strong>des</strong> écrits de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> » due à Jean-Jacques Aillagon<br />
– liste inédite et non remplacée à ce jour. Certes il y eut <strong>des</strong> manques comme par exemp<strong>le</strong><br />
<strong>le</strong>s châte<strong>au</strong>x d’Abbadia ou de Pupetières ; l’influence du théoricien <strong>au</strong>rait pu être davantage<br />
approfondie. Mais, en faisant une place privilégiée <strong>au</strong> <strong>des</strong>sinateur, et d’abord celui du massif<br />
<strong>des</strong> Alpes, on suggérait bien que là était l’intuition essentiel<strong>le</strong> de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> : dans l’unité<br />
de l’homme et de l’univers, dans l’analyse logique du créé. Le catalogue avait une ambition :<br />
rester uti<strong>le</strong>. Il semb<strong>le</strong> qu’il n’ait pas encore démérité.<br />
L’exposition du <strong>Grand</strong> Palais s’était très vite transformée en étoi<strong>le</strong> du berger d’une nouvel<strong>le</strong><br />
constellation. À peine la décision prise et connue surgirent de multip<strong>le</strong>s <strong>au</strong>tres propositions.<br />
Cette floraison d’expositions pouvait poser quelques problèmes à un commissariat général<br />
qui risquait de se voir privé de documents essentiels ; el<strong>le</strong> témoignait d’abord de la force du<br />
sig<strong>le</strong> VLD. Les lieux et édifices qui avaient connu ses interventions commençaient enfin à s’en<br />
glorifier, même si à Saint-Sernin de Toulouse un projet de dérest<strong>au</strong>ration se posait en exception.<br />
Des accords sur <strong>le</strong> ca<strong>le</strong>ndrier furent à chaque fois trouvés.<br />
Le festival <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> se déroula sans heurts. De mai à novembre 1979 <strong>le</strong> châte<strong>au</strong> d’Eu,<br />
à partir de ses propres archives, fit l’historique <strong>des</strong> trav<strong>au</strong>x exécutés de 1874 à 1879 pour<br />
<strong>le</strong> comte de <strong>Paris</strong>. Martine Bail<strong>le</strong>ux-Delbecq proposa tout simp<strong>le</strong>ment une nouvel<strong>le</strong> <strong>le</strong>cture<br />
du châte<strong>au</strong>, en l’analysant comme consubstantiel<strong>le</strong>ment « viol<strong>le</strong>t-<strong>le</strong>-ducien » puisque<br />
<strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> réinventait pour Eu <strong>le</strong> mobilier Louis-Philippe-Bidermeier, dans <strong>le</strong> même esprit<br />
d’avant-gardisme qu’à Pierrefonds pour <strong>le</strong> mobilier médiéval. Les meub<strong>le</strong>s de la chambre<br />
dite « dorée » furent exposés à <strong>Paris</strong>. Au musée Bargoin de C<strong>le</strong>rmont-Ferrand, Marie-L<strong>au</strong>re<br />
Hallope<strong>au</strong> présenta <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> en Auvergne. Le parti était celui d’étudier toutes <strong>le</strong>s présences<br />
et activités de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> dans une même région : du voyage de 1831 en Auvergne<br />
jusqu’à l’achèvement de la cathédra<strong>le</strong> de C<strong>le</strong>rmont-Ferrand à partir de 1864, l’ubiquité du<br />
grand homme se vérifiait. Au tour de Lydwine S<strong>au</strong>lnier et Cl<strong>au</strong>de Hohl : <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> dans<br />
l’Yonne fit l’objet d’une enquête comparab<strong>le</strong>. Les chapite<strong>au</strong>x de Vézelay, déposés, rest<strong>au</strong>rés,<br />
2. Nous ne résistons pas <strong>au</strong> plaisir de rappe<strong>le</strong>r <strong>le</strong>s noms <strong>des</strong> « 37 » : Jean-Jacques Aillagon, Martine Bail<strong>le</strong>ux-Delbecq, Cl<strong>au</strong>dine<br />
Berger, Françoise Bercé, Marie-Cl<strong>au</strong>de Béthune, Nico<strong>le</strong> Blondel, Françoise Boudon, Patrick Bracco, Yvonne Brunhammer, Ghislaine<br />
Cazenave, Régine Couenn<strong>au</strong>x, Marcel Durliat, Alain Erlande-Brandenburg, Bruno Foucart, Jacques Foucart-Borvil<strong>le</strong>, Patrick<br />
Gou<strong>le</strong>t, Louis Grodecki, Marie-L<strong>au</strong>re Hallope<strong>au</strong>, Dominique Hervier, Jean-Cl<strong>au</strong>de Lasserre, Bernard L<strong>au</strong>vergeon, Bertrand Lemoine,<br />
Jean-Michel Leni<strong>au</strong>d, Annie Lotte, François Loyer, Henri Loyrette, Catherine Marmoz, Caroline Mathieu, Mathieu Meras, Robin Midd<strong>le</strong>ton,<br />
Jannie Mayer, Françoise Perrot, Léon Pressouyre, Colombe Samoy<strong>au</strong>lt-Ver<strong>le</strong>t, Lydwine S<strong>au</strong>lnier, Marie-Thérèse Thibierge,<br />
Geneviève <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>.
L’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
<strong>au</strong> <strong>Grand</strong> Palais à <strong>Paris</strong> (1979-1980)<br />
Bruno Foucart<br />
firent l’objet d’une présentation particulière. Enfin <strong>le</strong>s catalogues étaient mo<strong>des</strong>tes mais riches<br />
en faits et révélations. Ainsi se <strong>des</strong>sinait ce que pouvait être à l’échelon national un véritab<strong>le</strong><br />
« tout <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> », dont l’exposition de 1980 ne pouvait malgré son amp<strong>le</strong>ur donner une<br />
synthèse, fût-el<strong>le</strong> arborescente.<br />
Deux manifestations tranchaient par <strong>le</strong>ur différence : cel<strong>le</strong>s de L<strong>au</strong>sanne et de l’Éco<strong>le</strong> <strong>des</strong><br />
be<strong>au</strong>x-arts parisienne. L<strong>au</strong>sanne, où <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> vécut ses dernières années et mourut,<br />
se devait de lui offrir un hommage particulier. L’exposition présentée de juin à octobre 1979<br />
célébrait bien sûr <strong>le</strong> rest<strong>au</strong>rateur de la cathédra<strong>le</strong>, mais <strong>au</strong>ssi <strong>le</strong> concepteur de l’exemplaire<br />
cha<strong>le</strong>t « pré-wrightien » de la Vedette que l’on n’avait su ou pu conserver (cette disparition<br />
alors récente était une b<strong>le</strong>ssure vive). Les <strong>des</strong>sins de montagnes apparaissaient comme l’expression<br />
fina<strong>le</strong> et synthétique du grand œuvre de celui qui fut capab<strong>le</strong> de comprendre et de<br />
réunir Notre-Dame de <strong>Paris</strong> et <strong>le</strong> Mont-Blanc dans un même élan. Le catalogue ajoutait <strong>des</strong><br />
contributions généra<strong>le</strong>s, réunissant <strong>des</strong> gran<strong>des</strong> signatures, de Georg Germann à Jacques<br />
Gub<strong>le</strong>r, et de Philippe Junod à Robin Midd<strong>le</strong>ton.<br />
À <strong>Paris</strong>, Geneviève <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>, Jean Musy et Jean-Jacques Aillagon tenaient à ce que que<br />
<strong>le</strong> voyage en Italie (1836-1837) fasse l’objet d’une présentation particulière 3 . La be<strong>au</strong>té <strong>des</strong><br />
<strong>des</strong>sins et aquarel<strong>le</strong>s conservés dans ce que l’on appelait <strong>le</strong> « fonds <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> », <strong>le</strong> retour<br />
dans l’Éco<strong>le</strong> <strong>des</strong> be<strong>au</strong>x-arts qui n’avait pas encore vraiment réparé <strong>le</strong> drame de 1863 justifiait<br />
cette présentation qui, de janvier à mars 1980, dans la chapel<strong>le</strong> réouverte, se révéla un lieu<br />
de grande émotion. Le catalogue était <strong>le</strong> commentaire illustré et pratiquement exh<strong>au</strong>stif de ce<br />
voyage, dont <strong>le</strong> jeune <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> sut renouve<strong>le</strong>r <strong>le</strong>s charmes et <strong>le</strong>s enseignements.<br />
Le centenaire du 17 septembre 1979, marqué par une tel<strong>le</strong> explosion d’expositions, manifestations,<br />
publications, prolongé sur deux ans de 1979 à 1980, célébrait <strong>le</strong> triomphe de<br />
<strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> ; on ne se demanderait plus s’il était bon où méchant : il existait 4 . Mais l’important<br />
était bien dans tous ces nouve<strong>au</strong>x regards convergeant vers un <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> aimab<strong>le</strong>,<br />
et de mieux en mieux aimé. Pierrefonds reconnaissait enfin sa véritab<strong>le</strong> paternité. En republiant,<br />
quatorze ans après sa parution, un texte de Louis Grodecki, admirab<strong>le</strong> de lucidité, en<br />
investissant <strong>le</strong>s sal<strong>le</strong>s du <strong>Grand</strong> Palais avec <strong>le</strong>s plâtres de la sal<strong>le</strong> <strong>des</strong> Preuses et <strong>le</strong>s meub<strong>le</strong>s<br />
références du salon du donjon, enfin, en commandant à Jean-Michel Leni<strong>au</strong>d une présentation<br />
dans <strong>le</strong>s murs de ce que fut cette rest<strong>au</strong>ration-création, <strong>le</strong> châte<strong>au</strong> montrait qu’il était<br />
décidé à assumer fièrement son <strong>des</strong>tin : celui d’avoir été <strong>le</strong> laboratoire et l’atelier du premier<br />
<strong>des</strong> architectes-savants-poètes du xix e sièc<strong>le</strong>.<br />
3. Geneviève <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> avait publié, en 1971, <strong>le</strong>s <strong>le</strong>ttres de ce voyage initiatique.<br />
4. Certes, <strong>le</strong> projet de dérest<strong>au</strong>ration de Saint-Sernin de Toulouse présenté par Yves Boiret et libéra<strong>le</strong>ment accroché <strong>au</strong>x cimaises<br />
du <strong>Grand</strong> Palais désespérait tous ceux qui <strong>le</strong> considéraient <strong>au</strong> mieux comme un anachronisme.
Sommaire<br />
Sous la direction de Christophe Val<strong>le</strong>t,<br />
président du <strong>Centre</strong> <strong>des</strong> monuments nation<strong>au</strong>x<br />
Christophe Val<strong>le</strong>t,<br />
président du <strong>Centre</strong> <strong>des</strong> monuments nation<strong>au</strong>x<br />
Ouverture du colloque<br />
Président de séance : Bruno Foucart,<br />
docteur ès <strong>le</strong>ttres, professeur honoraire<br />
de l’université <strong>Paris</strong>-IV, commissaire général<br />
de l’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>, <strong>Paris</strong>, 1980<br />
L’exposition <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> <strong>au</strong> <strong>Grand</strong> Palais à <strong>Paris</strong> (1979-1980)<br />
Résumé Abstract<br />
Jean Mesqui,<br />
docteur ès <strong>le</strong>ttres, ingénieur général<br />
<strong>des</strong> Ponts et Ch<strong>au</strong>ssées<br />
Le châte<strong>au</strong> du x v e sièc<strong>le</strong>. L’œuvre de Louis d’Orléans à Pierrefonds<br />
Résumé Abstract texte non communiqué<br />
Jean-P<strong>au</strong>l Midant, docteur en histoire,<br />
maître-assistant à l’Éco<strong>le</strong> nationa<strong>le</strong> supérieure<br />
d’architecture de <strong>Paris</strong>-Bel<strong>le</strong>vil<strong>le</strong><br />
Le châte<strong>au</strong> de Pierrefonds reconstruit : résidence ou musée ?<br />
Résumé Abstract<br />
Nicolas F<strong>au</strong>cherre, professeur d’histoire de l’art<br />
à l’université de Nantes (Loire-Atlantique)<br />
Le parc du châte<strong>au</strong> de Pierrefonds, un projet singulier<br />
Résumé Abstract texte non communiqué<br />
Étienne Ponce<strong>le</strong>t, architecte en chef et inspecteur<br />
général <strong>des</strong> monuments historiques<br />
Un châte<strong>au</strong> reconstruit dans <strong>le</strong>s années 1860 (la <strong>le</strong>çon d’architecture)<br />
Résumé Abstract<br />
Jean-Pierre Reverse<strong>au</strong>,<br />
conservateur général du patrimoine,<br />
directeur adjoint du musée de l’Armée, <strong>Paris</strong><br />
Le cabinet d’armes de Napoléon III à Pierrefonds<br />
Résumé Abstract<br />
Martin Bressani,<br />
professeur agrégé, éco<strong>le</strong> d’architecture,<br />
université McGill, Montréal (Canada)<br />
Empire, nation et idéologie militariste chez <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
Résumé Abstract<br />
L<strong>au</strong>rent Baridon, docteur en histoire, professeur<br />
à l’université Pierre-Mendès-France, Grenob<strong>le</strong> (Isère)<br />
Une « histoire naturel<strong>le</strong> à part »:<br />
la sculpture d’invention du châte<strong>au</strong> de Pierrefonds<br />
Résumé Abstract
Sommaire<br />
Président de séance : Jean-Michel Leni<strong>au</strong>d<br />
professeur à l’Éco<strong>le</strong> nationa<strong>le</strong> <strong>des</strong> chartes, directeur<br />
d’étu<strong>des</strong> à l’Éco<strong>le</strong> pratique <strong>des</strong> h<strong>au</strong>tes étu<strong>des</strong>, <strong>Paris</strong><br />
Le chantier de Pierrefonds, œuvre d’État :<br />
nation et spécificités loca<strong>le</strong>s<br />
Résumé Abstract<br />
Aron Vinegar, Assistant Professor,<br />
département d’histoire de l’art,<br />
Ohio State University, Columbus (États-Unis)<br />
La photographie panoramique<br />
et la rest<strong>au</strong>ration du châte<strong>au</strong> de Pierrefonds<br />
Résumé Abstract<br />
Marie-L<strong>au</strong>re Berde<strong>au</strong>x-Le Brazidec,<br />
docteur en archéologie, chercheur associé<br />
à l’UMR 5140, Lattes (Hér<strong>au</strong>lt)<br />
<strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong>, <strong>le</strong>s fouil<strong>le</strong>s de Champlieu et du camp de Saint-Pierre,<br />
et <strong>le</strong> <strong>des</strong>sein archéologique de Napoléon III<br />
Résumé Abstract<br />
Arn<strong>au</strong>d Timbert, docteur en histoire<br />
de l’art médiéval, maître de conférences<br />
à l’université Lil<strong>le</strong>-III-Char<strong>le</strong>s-de-G<strong>au</strong>l<strong>le</strong> (Nord)<br />
Les illustrations du Dictionnaire raisonné :<br />
<strong>le</strong> cas de la cathédra<strong>le</strong> de Noyon et <strong>des</strong> églises de l’Oise<br />
Résumé Abstract<br />
Présidente de séance : Marie-P<strong>au</strong><strong>le</strong> Arn<strong>au</strong>ld,<br />
conservatrice généra<strong>le</strong> du patrimoine,<br />
directrice du musée <strong>des</strong> Monuments français, <strong>Paris</strong><br />
Présentation généra<strong>le</strong> <strong>des</strong> archives publiques<br />
concernant l’œuvre de <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong><br />
Résumé Abstract<br />
Jean-Daniel <strong>Paris</strong>et, conservateur général<br />
du patrimoine, directeur de la Médiathèque<br />
de l’architecture et du patrimoine, <strong>Paris</strong><br />
Les archives <strong>Viol<strong>le</strong>t</strong>-<strong>le</strong>-<strong>Duc</strong> à la Médiathèque<br />
de l’architecture et du patrimoine<br />
Résumé Abstract<br />
Bruno Ricard,<br />
conservateur en chef du patrimoine,<br />
directeur <strong>des</strong> archives départementa<strong>le</strong>s de l’Oise<br />
Le fonds d’archives du châte<strong>au</strong> de Pierrefonds<br />
conservé <strong>au</strong>x archives départementa<strong>le</strong>s de l’Oise<br />
Résumé Abstract<br />
Michel Clément,<br />
directeur de l’Architecture et de Patrimoine<br />
<strong>au</strong> ministère de la Culture<br />
Clôture du colloque