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ilHOEL HÉiÉHÂL - Institut français de l'éducation

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51» Année. - 5» Série. Tome XX<br />

M» 8<br />

83 FEVRIER t884<br />

<strong>ilHOEL</strong> <strong>HÉiÉHÂL</strong><br />

DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE<br />

JOURNAL HEBDOMADAIRE<br />

DES INSTITUTEURS T":^ ^^S INSTITUTRICES<br />

On s'abonne à Paris, cbez MM. Hachette et Cle,<br />

libraires-éditeiirs, honleva/d Satnt-Oermatn, 19,<br />

et dans les départements, cher tous les libraires. — Le<br />

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pour un an. — On ne reçoit pas d'abonnement pour le supplément<br />

IL étt indUpentabU <strong>de</strong> joindre la ban<strong>de</strong> d'un <strong>de</strong>t <strong>de</strong>rniers numéros du journal aux <strong>de</strong>man<strong>de</strong>*<br />

<strong>de</strong> chanoements d'adresse.<br />

En raison <strong>de</strong> l'importance <strong>de</strong>s débats parlementaires <strong>de</strong> cette semaine,<br />

nous avons dii retar<strong>de</strong>r d'un jour le départ du journal.<br />

SOMMAIRE<br />

Partie générale.<br />

ACTES OFFICIELS RELATIFS L'INSTRUCTION PRIMAIRE : Arrêtés : nommant <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> conseils départementaux _ . ^ ;<br />

modifiant une circonscription d'inspection primaire. — r.ïr'PTTlfiir'c» Circulaire rpla^ivD relative à h l'inspection l'incnonfînTi /la <strong>de</strong> l'enseignement' — i. du<br />

<strong>de</strong>ssin dans les écoles normales. — Personnel : nominations ; promotions. — Avis administratifs.<br />

COMPTES RENDUS DES DÉBATS PARLEMENTAIRES ET DocmiEKTs LÉGISLATIFS : Chambre <strong>de</strong>s députés : Lecture, par M. Paul Bert<br />

d'un rapport supplémentaire sur le projet <strong>de</strong> loi relatif à l'organisation <strong>de</strong> l'enseignement primaire ; fixation dû<br />

jour <strong>de</strong> la discussion (IG février). — Suite <strong>de</strong> la discussion : 1° <strong>de</strong> la proposition <strong>de</strong> loi <strong>de</strong> M. Paul Bert sur l'organisation<br />

<strong>de</strong> l'enseignement primaire ; 2° du projet <strong>de</strong> loi relatif à la nomination et au traitement <strong>de</strong>s instituteurs<br />

et <strong>de</strong>s institutrices (19 février).<br />

QUESTIONS ADMINISTRATIVES : La suite <strong>de</strong> la discussion sur la nomination et le traitement <strong>de</strong>s instituteurs (Ch. DEFODON).<br />

PÉDAGOGIE : Doutes sur la discipline, suite (T.).<br />

CORRESPOSDAKCE : Questions scolaires (C. D.).<br />

LIVRES ET MATÉRIEL D'ENSEIGNEMENT : Elémeiits usuels <strong>de</strong>s sciences physiques et naturelles, cours supérieur, par M le<br />

DI- SAFFRAT (C.<br />

D.).<br />

ANNONCES ET AVIS DIVERS.<br />

Partie scolaire.<br />

SEMAINE SCOLAIRE, année 1883-1884 : Directions et exercices, d'après les programmes officiels du 'il juillet<br />

pow les trois cours, élémentaire, moyen, supérieur, <strong>de</strong> l'école primaire : — Instruction civique (Ch. DEFODON); —<br />

Langue <strong>français</strong>e (Ch. DEFODON, h. TRAUTNER, et J. MASSON) ; — Histoire, Géographie (L. TRAUTNER) ; — Arithmétique<br />

et système métrique (S. MAIRE) ; — Géométrie (E. BORAT) ; — Sciences physiques et naturelles (D' SAFFRAÏ) .<br />

— Agriculture et horticulture (Henry SAGNIER); — Hygiène (D' EliePÉCAUT); — Morale (Ch. DEFODON). — Travaux<br />

manuels (écoles <strong>de</strong> filles) (Mme GIRODX).<br />

SOMMAIRE DU SUPPLÉMENT, N» 4, du MANUEL GÉNÉRAL : Partie générale : CHRONIQUE LITTÉRAIRE : La langue<br />

<strong>français</strong>e dans les colonies. — De Pontoise à Stamboul, par M. Edmond About. — Un touriste dans l'Extrême<br />

Orient: M. Cotteau (C. D.). — AGRICULTURE : Revue agricole (Henry SAGNIER). — Partie scolaire : Préparation aux<br />

examens : Sujets <strong>de</strong> composition proposés par le Manuel généi-al : Sujets traités : Sujet <strong>de</strong> langue <strong>français</strong>e :<br />

Analyse <strong>de</strong> la fable <strong>de</strong> Lafontaine : Le Chat, la Belette et le petit Lapin (C. D.). — Sujets <strong>de</strong> langues vivantrs<br />

(L. Kocii). — Sujets à traiter. — Préparation aux examens <strong>de</strong> brevet simple : compte rendu <strong>de</strong>s copies envoyées au<br />

Journal. —Sty'eisdiwî's; Géométrieet arithmétique (E. BURAT). — Z)e«s/(ï linéaire .-Question d'examen (A. BOUGUERET).<br />

ACTES<br />

ARRÊTÉ nommant <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> conseil département<br />

taux.<br />

Corrèze, 21 janvier. — Sont nommés, pour trois ans,<br />

membres du conseil départemental <strong>de</strong> l'instruction publique<br />

<strong>de</strong> la Corrèze, ù dater du 25 janvier 1884 :<br />

OFFICIELS<br />

RELATIFS A L'INSTRUCTION PRIMAIRE<br />

MM. Guériteau,prési<strong>de</strong>nt du tribunal civil <strong>de</strong> Tulle;—'i®<br />

Longy, conseiller général ; — Brugeilles, conseiller géni'<br />

ral; — Renaudie, conseiller général; — Lacombe, anciè""<br />

archiviste du département ; — Plagne, inspecteur pri ^ dimimaire<br />

à Tulle.<br />

Lozère, 21 janvier. — Sont nommés, pour trois an'


66 MANUEL GÉNÊI'^AL DE L'INSTRUCTION PRIMA I^E.<br />

membres du conseil déparlemenlal <strong>de</strong> rjnsfi'Heiion pu -normales. Je.désire,,qu'à leuir» dans chaque établissement<br />

ils trouvent remplis à li'a\,'=n'=e les questionnaires<br />

blique <strong>de</strong> la Lozère, à dater du 25 janvier ISSIt<br />

• MM. Car<strong>de</strong>l, juge d'instruction au tribunal civil <strong>de</strong> contenus dans les trois tableaux ej-i'o'iHs. Vous voudrez<br />

Men<strong>de</strong>; — Geminard, pasteur protestant; — Boiirrillon, bien transmettre sans retard ces fàBi''mulaires à chaque<br />

député, conseiller général ; — Teissier, conseiller général ; directeur ou directrice d'école noïmafe, . en les priant <strong>de</strong><br />

— Daudé, conseiller général ; — Rouviére, conseiller général<br />

; — Cordier, inspecteur primaire à Meiidé.<br />

i®® intéressés, <strong>de</strong> manière à ce qu'il ne reste plus<br />

les remplir immédiatement ou <strong>de</strong> les faire remplir par<br />

a 31M. les inspéctéùrs du <strong>de</strong>ssin qu'à y ajouter leurs<br />

Tienne, 21 janvier. — Sont nommés pour trois ans,, observatjcàis personnelles et l'expression <strong>de</strong> leurs <strong>de</strong>si<strong>de</strong>rata-<br />

i'im <strong>de</strong> ces tableaux ewitient <strong>de</strong>s instructions<br />

membres du conseil départemental <strong>de</strong> l'instruction publique<br />

<strong>de</strong> la Vienne, à dater du 25 janvier 1884 :<br />

relatives à l'inspection <strong>de</strong>s cours <strong>de</strong> <strong>de</strong>ssin; il sera remis,<br />

MM. Salmon, prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la chambre à la cour d'appel en iriylej aux directeurs et directrices, afin qu'ils en<br />

<strong>de</strong> Poitiers; — Gassan, conseiller à la .cour d'appel; — cons'gfYept \in exemplaire dans leurs archives. Les autres<br />

Guitton, pasteur protestant; — Trouvé, conseiller général • '^eronl dressés eh double expédition. Vous voudrez bien<br />

— Simonneau, conseiller généi'al; — Bolly, adjoin> ' conserver dans vos bureaux un exemplaire <strong>de</strong> chacun.<br />

maire <strong>de</strong> Poitiers; — Barreau, inspecteur pri'»-<br />

.le n'ai pas besoin d'ailleurs <strong>de</strong> vous recomman<strong>de</strong>r <strong>de</strong><br />

Poitiers.<br />

-""H'e donner à MM. les inspecteurs toutes les informations ijue<br />

vous possé<strong>de</strong>z sur l'enseignement du <strong>de</strong>ssin et sur les<br />

Seine-et-Marne, 1" février. — Sont n/-<br />

améliorations qu'il vous paraîtra comporter non seulement<br />

dans les écoles normales, mais encore dans les<br />

ans, membres du conseil départemp"' ./mmes, pour trois<br />

^publique <strong>de</strong> Seine-et-Marne, à da*' -'tal <strong>de</strong> l'instruction écoles primaires et supérieures. La connaissance que<br />

. -, . , .er du 14 janvier 1884 :<br />

MM. Louiche, prési<strong>de</strong>nt d'' ,, ,<br />

vous avez <strong>de</strong> votre département, <strong>de</strong> ses ressources et <strong>de</strong><br />

Falle. pasteur protestant ' tribunal civil <strong>de</strong> Melun ; —<br />

ses besoins, sera d'un très précieux secours pour MM. les<br />

seiller général; — lia'-" a Fontainebleau; — Droz, concier<br />

conseiller .don, conseiller général;—Penan-<br />

Recevez, monsieur l'inspecteur, l'assurance <strong>de</strong> ma con-<br />

inspecteurs désignés par l'administration <strong>de</strong>s beaux-arts.<br />

à Meiun. ^ .iiéral; — Hanriot, inspecteur primaire sidération très distinguée,<br />

Le ministre <strong>de</strong> l'inslruction publique<br />

•7.11^/7 •/•—>* .<br />

, A-Loire, M février. — Sont nommés, pour trois<br />

membres du conseil départemental <strong>de</strong> l'instruction<br />

^ .-clique d'Indre-et-Loire, à dater du 15 février 1884 :<br />

iSlM. Gctiih, prési<strong>de</strong>nt du tiibu'nal civil <strong>de</strong> Toiirs; —<br />

Dupin <strong>de</strong> Saint-André, pasteur protestant; ,— Goûin (Eugène),<br />

sénateur, conseille^' géné.ral; —Belle, député, conseiller<br />

général ; — Dardy,conseiller général; —Typhaine,<br />

,, conseiller général; — Savarry, inspecteur primaire à<br />

Tours.<br />

Loiret, 11 février. — Sont nommés, pour trois ans,<br />

membres du conseil départemental <strong>de</strong> l'instruction pu-<br />

' blique du Loiret, à dater du Iti février 1884:<br />

MM. Dumas, premier prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la cour d'appel d'Orléans;<br />

— "Weatcrolt, pasteur protestant; — Robert <strong>de</strong><br />

Massy, sénateur; — Bernier, député, conseiller général ;<br />

,— Sainjon, ingénieur en chef; — Beaugendre, inspecteur<br />

primaire à Orléans.<br />

ARRÊTÉ transférant au l'uy le chef-lieu <strong>de</strong> la circonscription<br />

d'inspection primaire du Monastier<br />

(9 février).<br />

Le ministre <strong>de</strong> linstruction publique et <strong>de</strong>s beaux-arts,<br />

Vu la délibération du conseil départemental <strong>de</strong> l'iristruction<br />

publique <strong>de</strong> la Haute-Loire ;<br />

Vu les rapports du préfet <strong>de</strong> la Ilaute-Loire et du recteur<br />

<strong>de</strong> l'académie <strong>de</strong> Glermorit, en date <strong>de</strong>s IS janvier<br />

et 2 février 1884,<br />

.Arrête :<br />

Le chef-lieu <strong>de</strong> la circonscription d'inspection primaire<br />

fixé au Monaitier, par arrêté du 24 décembre 1880, est<br />

transféré au Puy.<br />

.4. F.\ï:firitriiL<br />

CIRCULAIRE relative à l'inspection <strong>de</strong>. l'enseignement<br />

du <strong>de</strong>ssin dans les écoles normales (6 février).<br />

.Monsieur l'inspecteur, l'étu<strong>de</strong> du <strong>de</strong>ssin a pris et méritait<br />

<strong>de</strong> prendre une place beaucoup plus larye qu'autrefois<br />

dans les écoles normales primaires d'où elle doit se<br />

répandre jusque dans les moindres écoles prirtiairès.<br />

11 importe <strong>de</strong> ne rien négliger pour qlie les sacrifices<br />

consentis par l'Etat en vue <strong>de</strong> développer cet enseignement,<br />

à .certains égards nouveau, produisent tous les<br />

rësmtals qu'dn est, en toit d'en attendi'e. Aussi é'st-il<br />

iiécessàire av'aht fôilt 'iitte <strong>de</strong>s ériquètes régulières et "pé-<br />

•iodiqués line tiennèht aii cqurailt '<strong>de</strong>s efforts accomplis<br />

etdësla'cunës qiii siiïisistént'éiiébre. Afifa d'avoir 'sdUs les<br />

yeux <strong>de</strong>s renseignements nouveaux et précis, j'ai décidé<br />

qtip MM., les inspecteurs spéciaux du <strong>de</strong>ssin feraient'très<br />

irochainement une tournée d'inspection dans les écoles<br />

et <strong>de</strong>s<br />

beatix-arls,<br />

A. FALLIÈEES.<br />

PERSONNEL. — NOMINATIONS.<br />

Adininîstpation<br />

cehti-'ale.<br />

12 février. — M. Maillé, inspecteur primaire du département<br />

<strong>de</strong> la Seine (hors cadre), est délégué à l'administration<br />

centrale, dans les fonctions <strong>de</strong> sous-clief du<br />

<strong>de</strong>uxième bureau <strong>de</strong> la direction <strong>de</strong> l'enseignement primaire.<br />

Administrationi<br />

académiqnc.<br />

Coifiniis d'académie, commis d'inspection académique.<br />

Mâcon, 7 février. — M. Drouillot (Louis), pourvu du<br />

brevet supérieur, instituteur adjoint, est délégué dans<br />

les fonctions <strong>de</strong> commis auxiliaire <strong>de</strong> l'inspection académique<br />

<strong>de</strong> Saone-et-Loire.<br />

Rennes, 11 février. M. Lemoine (Alfred-Alpbonse-<br />

Alexandre), délégué dans les fonctions . <strong>de</strong> commis <strong>de</strong><br />

facadémie <strong>de</strong> Renues, est nommé titulaire (2° classe) <strong>de</strong><br />

ses fonctions. •<br />

Inspectears <strong>de</strong> l'enseignement<br />

primaire.<br />

Paris, 11 février. — M. Gaillard, chargé par intérim<br />

<strong>de</strong>s fonctions d'inspecteur primaire à Paris, par ,arrêté<br />

du 22 avril 1880, est nommé inspecteur primaire à Paris.<br />

Paris, 12 février. — M. Maillé, inspecteur primaire<br />

(1" classe) à Bor<strong>de</strong>aux, est nommé inspecteur primaire "t<br />

du département dè la Seine (hors cadre).<br />

Ecoles normales<br />

kàiti •esse<br />

FItLtiS<br />

primaires.<br />

adjointe.<br />

Ecoles nornlales,.0 février. — Mlle Dubuisson, déléguée,<br />

à titre provisoire, dans les fonctions <strong>de</strong> maîti'esse<br />

adjointe à f école normale d'institutrices <strong>de</strong> Nantes, est<br />

déléguée dans les mêmes fonctions (ordre <strong>de</strong>s lettres) à<br />

l'école normale <strong>de</strong> Rouen, en remplacement do Mlle Pruvot,<br />

qui à reçu une autre <strong>de</strong>stination.<br />

AVIS ADMINISTRATIFS.<br />

NNIITI.'U<br />

Inspection lyvihïalrè —Ëtiibrun; — Laiigeac ; — P'ont-<br />

'Audémer; '—'Sarléne.<br />

Tiifpplïnn /IfR t^rnlpa •nni'ntnl t'H /V In.v f Uni fnvft ^ — Nice.


PARTIE<br />

GÉNÉRALE.<br />

6,5<br />

COMPTES RENDUS DES DÉBATS PARLEMENTAIRES<br />

ET<br />

D O C U M E N T S L É G U S L A . T I F S<br />

CONCBBMT L'instruction PRIMAIRE<br />

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.<br />

Séance du samedi 16 février 1884.<br />

PNÉSIDENCE DE ÎI. IIENJII BEISSON.<br />

tiÇcUire, par M. i>aul Bert, d'un rapport supplémentaire<br />

sur le projet <strong>de</strong> loi relatifs<br />

l'organisation <strong>de</strong> l'cnsei^rnement primaire.<br />

— Fixation du jour <strong>de</strong> la discussio».<br />

M. i.E PRÉSIDEST dit que l'ordre du jour appellerait la<br />

.spite.,<strong>de</strong> la discussion <strong>de</strong>s projets et proposition <strong>de</strong> loi<br />

concernant renseignement, priniaire; la Chambré s'est<br />

arrêtée à l'article ; mais M. Paul Bert, rapporteur <strong>de</strong><br />

la commission, <strong>de</strong>man<strong>de</strong> une suspension <strong>de</strong> séance pour'<br />

terminer un rapport supplémentaire.<br />

Après le délai <strong>de</strong>mandé par l'honorable membre, la parole<br />

lui est donnée pour la lecture <strong>de</strong> son rapport.<br />

M. PAUL BERT lit' ce rapport. La commission du budget<br />

a émis un avis déclarant « qu'il n'est pas possible, <strong>de</strong>vant<br />

l'état actuel <strong>de</strong> nos ressources budgétaires, d'imposer au<br />

budget les chai'ges financières résultant <strong>de</strong>s articles du<br />

projet <strong>de</strong>.loi qui lui ont été renvoyés. «<br />

« Ces charges, dit, M. Paul Bert, lisant son rapport,.<br />

avaient été estimées par M. le rapporteur Jules Roche à,<br />

.une dépense <strong>de</strong> 26 millions (25874200) pour l'année qui<br />

. suivrait le vote <strong>de</strong>. la loi, avec une progression qui porterait<br />

la dépense totale annuelle, soit à 81 millions<br />

(81066 500), soit à 118 millions (117 724 000), dans le laps<br />

. <strong>de</strong> dix à douze ans.<br />

ff En présence <strong>de</strong> l'avis <strong>de</strong> la commission du budget,<br />

nous avons dû soumettre la loi que nous vous présentions<br />

à un examen nouveau; il en est'résulté <strong>de</strong>s modifications<br />

importantes sur lesquelles nous <strong>de</strong>vons <strong>de</strong>s explications<br />

à la Chambre.<br />

..-'sjfo;) —-•a-iijf^<br />

« Les augmentations <strong>de</strong> dépenses résultant <strong>de</strong> notre loi<br />

, peuvent être classées so.us trois rubriques différentes :<br />

« Création et entretien d'écoles maternelles et primaires<br />

.supérieures;<br />

« 2° Modifications dans la direction et l'inspection <strong>de</strong><br />

l'enseignement primaire ; „ .„<br />

« 3° Traitem.ent <strong>de</strong>s instituteurs.<br />

« Examiiions successivenient ces trois points :<br />

« 1» Création et entretien d'écoles maternelles et pri-<br />

,.maires supérieures ;<br />

f Notre article 9 indiq;uait qu'il <strong>de</strong>vait être créé « une<br />

école maternelle où une classe enfantine dans chaque<br />

commune comptant 1500 habitants <strong>de</strong> population agglomérée<br />

»; notre articlq 10 « qu'il serait établi, dans cha-<br />

, que canton, pour chaque sexe, une école primaire supé-<br />

; rieure ou un cours d'enseignement primaire complémentaire.<br />

»<br />

« Ces créations étaient subordonnées dans l'exécution<br />

.aux prescriptions <strong>de</strong> notre article 80 ét <strong>de</strong>rnier, c'està-dire<br />

qu'elles dépendaient <strong>de</strong>s ressources que chaque<br />

année les Chambres jugeraient à propos <strong>de</strong> mettre dans<br />

ce but à la disposition du ministre.<br />

« C'est ce. qui se fait aujourd'hui. Eu réalité, rien n'é-<br />

, tait changé à l'état <strong>de</strong> choses actuel, et il n'y avait <strong>de</strong> ce<br />

chef aucune crainte à concevoir sur l'exagération <strong>de</strong>s<br />

. dépenses.<br />

« M. le rapporteur <strong>de</strong> la commission du budget a cru<br />

•cependant utile <strong>de</strong> calculer avec soin les charges que pouvait<br />

entraîner l'exécution complète du programme. Elles<br />

partent, selon lui, <strong>de</strong> 2 440000 fr., dans l'année, pour<br />

1. Voir le Manuel général <strong>de</strong> 1883.<br />

aboutir en dix à douze ans à 31 700 000 fr. au maximum<br />

et 14 052.500 fr. au minimum.<br />

« Nous aurions <strong>de</strong> ce chef <strong>de</strong>s observations à faire, f<br />

les chiffres ci-<strong>de</strong>ssus rapportés nous paraissent excessifs<br />

« Mais comme, ainsi que nous venons d'avoir l'honneur<br />

<strong>de</strong> vous le faire remarquer, nous ne changions en réalité<br />

absolument rien aux dépenses que chaque année vous<br />

jugez à propos <strong>de</strong> voter, comme nous indiquions seulement<br />

le but vers lequel il nous semblait bon <strong>de</strong> tendre<br />

dans un temps indéterminé, comme en résumé nos arti-<br />

.cles 9 et 10 n'étaient que <strong>de</strong>s programmes théoriques<br />

nous préférons né pas discuter et couper court aux contestations<br />

en les supprimant purement et simplement.<br />

« 2° Direction et inspection <strong>de</strong> l'enseignement primaire.<br />

« L'introduction dans la loi du titre « Directeur départemental<br />

<strong>de</strong> l'enseignement primaire » n'entraînerait<br />

nullement, comme le dit le rapport <strong>de</strong> M. Jules Roche, « la<br />

« création <strong>de</strong> 90 directeurs » , puisque ces directeurs<br />

n'étaient autres que les inspecteurs actuels d'académie<br />

ayant changé <strong>de</strong> titre et un peu d'attributions. 11 était<br />

donc inutile.<strong>de</strong> faire ressortir « cju'ils ne pourraient pas<br />

« avoir une situation inférieure à celle <strong>de</strong>s inspecteurs<br />

« d'académie » puisque ce <strong>de</strong>vaient être les inspecteurs<br />

d'académie eux-mêmes.<br />

« Si le changement d'attribution pouvait avoir une<br />

conséquence budgétaire, c'était, comme nous l'avons<br />

expliqué dans nos rapports antérieurs, en rendant plus<br />

évi<strong>de</strong>nte la nécessité d'une inspection sérieuse <strong>de</strong> l'enseignement<br />

secondaire. Mais ce contre-coup ne pouvait se<br />

faire sentir <strong>de</strong> suite et était, en tout cas, <strong>de</strong> peu d'importance<br />

pécuniaire.<br />

a Ici encore, nous avons préféré éviter la discussion et<br />

supprimer <strong>de</strong> notre proposition le directeur départemental.<br />

Rien n'émpêchera le ministre, s'il le juge à pro -<br />

pos, <strong>de</strong> faire dans un plus grand nombre <strong>de</strong> départe<br />

ments ce qui se fait dans le Nord et la Seine, en organisant<br />

<strong>de</strong>s directions départementales.<br />

« Nous avons égaleinenf, pour les mêmes raisons, renoncé<br />

à la création <strong>de</strong>s postes d'inspectrices départementales<br />

primaires ; mais, bien entendu, les inspectrices<br />

départementales <strong>de</strong> salle d'asile, que nous remplacions<br />

par elles, continuent d'exister et d'être installées au fur et<br />

à mesure <strong>de</strong>s. besoins et d'après les ressources budgé •<br />

taires annuelles.<br />

« Enfin, nous renonçons à l'augmentation progressive<br />

du nombre <strong>de</strong>s inspecteurs primaires que nous avions<br />

cru <strong>de</strong>voir indiquer dans la loi ; elle restera, comme elle<br />

l'a été jusqu'ici, réglée par la loi annuelle <strong>de</strong> finances.<br />

« Eu résumé, sans accepter les critiques dirigées contre<br />

cette partie <strong>de</strong> notre loi, nous y renonçons plutôt que<br />

<strong>de</strong> discuter, et nous faisons disparaître tout entier le chapitre<br />

1" du titre IV. Du même coup est supprimée la dépense<br />

<strong>de</strong> 3 200000 fr. à laquelle l'honorable 51. Jules<br />

Roche estimait les conséquences <strong>de</strong> ses dispositions.<br />

« 3.» Traitement <strong>de</strong>s instituteurs :<br />

« Nous avons, dans notre rapport supplémentaire, estimé<br />

à 22 millions la dépense nécessaire, dès la première<br />

année qui suivra la promulgation <strong>de</strong> la loi, pour faire<br />

profiter les instituteurs <strong>de</strong> la classification nouvelle.<br />

« Cette somme <strong>de</strong>vait, d'après nos estimations, monter<br />

à 41 millions quand la loi serait dans son plein, c'fistà-dire<br />

dans un laps <strong>de</strong> 12 à 15 ans.<br />

« Les calculs <strong>de</strong> l'honorable M. Jules Roche lui donnent<br />

une dépense immédiate <strong>de</strong> 23 484500 francs, et l'amènent<br />

à un chiffre <strong>de</strong> 54 200 000 Ir., dans le laps <strong>de</strong> dix<br />

à douze ans.<br />

« Nous sommes donc à peu près d'accord pour la dé-<br />

,pense initiale. Cependant, nous avons été amenés à diminuer<br />

nos chiffres primitifs. •


iOO MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

« Le total <strong>de</strong> l'augmentation <strong>de</strong> crédit nécessaire pour<br />

faire face, vis-à-vis <strong>de</strong>s 9273 instituteurs actuels, à l'application<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux premiers paragraphes <strong>de</strong> l'ancien article<br />

40, est, d'après les calculs duministère, <strong>de</strong> 19 284 000 fr.<br />

Ce chitfre doit être abaissé notablement, en tenant<br />

compte <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux éléments : 1° les calculs portent au minimum<br />

<strong>de</strong> 1000 francs un nombre- considérable (environ<br />

2600) <strong>de</strong> stagiaires qui, en réalité, ne toucheront que<br />

800 tr. Il y a donc là une défalcation <strong>de</strong> 5 200 000 francs.<br />

« 2° Les instituteurs ne jouiront <strong>de</strong> l'augmentation <strong>de</strong>s<br />

traitements que s'ils ont déjà le temps <strong>de</strong> service qui leur<br />

donnerait droit à l'avancement <strong>de</strong> classe. Or, le calcul du<br />

ministère avait été fait sur tous, sans distinction. En<br />

estimant à 800 000 la diminution <strong>de</strong> ce chef, on ne serait<br />

pas, je pense, au <strong>de</strong>là <strong>de</strong> la vérité.<br />

« Entin, au 3° paragraphe, nous avions inscrit une<br />

dépense supplémentaire <strong>de</strong> 2 millions, <strong>de</strong>stinée à faire<br />

face à certaines situations exceptionnelles. Nous vous<br />

proposons <strong>de</strong> la réduire à 1 million.<br />

« C'est donc une diminution <strong>de</strong> 7 millions sur le chiffre<br />

primitif, ce qui le ramène à 12 2S4 000 francs.<br />

« Les charges résultant <strong>de</strong> l'article 41 ont été évaluées<br />

par nous à 2 millions, et la commission du budget a accepté<br />

ce chiffre.<br />

''<br />

« Enfin, un amen<strong>de</strong>ment, qui a été accepté à l'unanimité<br />

par votre commission, naccor<strong>de</strong> l'augmentation<br />

qu'aux instituteurs laïques, les seuls qui aient à supporter<br />

<strong>de</strong>s charges <strong>de</strong> famille, et pour lesquels on soit sûr<br />

du moins que c'est bien le fonctionnaire lui-même qui<br />

bénéficie <strong>de</strong> la loi.<br />

« Or, il restera, après l'application totale <strong>de</strong> la loi sur<br />

les titres <strong>de</strong> capacité, 12 à 15 000 instituteurs congréganistes.<br />

Si nous supposons que la loi actuelle leur donnait<br />

à chacun une augmentation <strong>de</strong> 250 francs, nous arrivons<br />

Uiie dimuiution d'environ 2 millions,<br />

i Enfin, les charges résultant <strong>de</strong> l'article 46, qu'elle estime<br />

à 200 000 francs, nous paraissent <strong>de</strong>voir être considérées<br />

comme nulles dans l'état actuel <strong>de</strong>s choses. 11 n'y<br />

a pas, en <strong>de</strong>hors du brevet supérieur, déjà rémunéré en<br />

vertu <strong>de</strong> la loi <strong>de</strong> 1875, cinquante certificats d'aptitu<strong>de</strong> à<br />

l'inspection et au professorat entre les mains <strong>de</strong> simples<br />

instituteurs. Le rapport <strong>de</strong> la commission du budget en<br />

les estimant à 2000 est donc bien au-<strong>de</strong>ssous <strong>de</strong>s estimations<br />

réalisables.<br />

« En résumé, nous partons d'une dépense totale immédiate,<br />

<strong>de</strong> 12 284 000 francs et non <strong>de</strong> 23484500 francs.<br />

« Et où allons-nous ?<br />

« A 54 millions, dit M. le rapporteur <strong>de</strong> la commission<br />

du budget, et cela en huit ans (p. 12); à 31 millions,<br />

avions-nous dit, et cela en douze ou quinze ans.<br />

(c L'honorable M. Jules Roche suppose que la progression<br />

actuelle dans le nombre <strong>de</strong>s instituteurs continuera<br />

suivant la même raison, et que les 92 732 <strong>de</strong>viendront en<br />

huit ans 121 752.<br />

« Mais nous <strong>de</strong>vons vous faire observer que cette progression<br />

sera ce que vous voudrez qu'elle soit, puisqu'elle<br />

n'a lieu qu'en vertu <strong>de</strong>s lois <strong>de</strong> finances votées chaque<br />

année. En 1884, il sera créé 3000 postes nouveaux, qui<br />

emploieront la somme <strong>de</strong> 3 millions portée à notre budget.<br />

Tout fait penser qu'au projet <strong>de</strong> budget <strong>de</strong> 1885 ce crédit<br />

sera beaucoup réduit.<br />

s 11 n'est donc pas possible <strong>de</strong> déterminer à l'avance<br />

ia loi <strong>de</strong> progression. Quant au chiffre <strong>de</strong> l'honorable<br />


PARTIE<br />

GÉNÉRALE.<br />

6,5<br />

<strong>de</strong> la commission spéciale, <strong>de</strong>vançant, en quelque sorte, '<br />

la décision <strong>de</strong> la Chambre. Elle s'est réunie aujourd'hui<br />

et elle a supprimé la plupart <strong>de</strong>s dispositions qui entraînaient<br />

<strong>de</strong>s conséquences financières ; elle n'a réservé que<br />

le chapitre 5, relatif au traitement du personnel enseignant.<br />

« D'après le rapport que vient <strong>de</strong> lire l'honorable<br />

M. Paul Bert, il résulte qu'il n'y a plus <strong>de</strong> dispositions<br />

entraînant <strong>de</strong>s conséquences financières que dans le chapitre<br />

5 du projet, intitulé : « Du traitement du personnel<br />

enseignant, s<br />

« Cette décision a simi)lifié les choses, mais elle ne saurait<br />

modifier les résolutions du Gouvernement. Décidé,<br />

comme je l'ai dit tout à l'heure, à ne pas <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r la<br />

création <strong>de</strong> nouveaux impôts, mais désireux <strong>de</strong> voir discuter<br />

une loi qui organise le régime <strong>de</strong> l'enseignement<br />

primaire public et privé, il attendra que la discussion le<br />

conduise à l'examen du chapitre 5, pour poser <strong>de</strong>vant la<br />

Chambre la question qu'il a déjà posée <strong>de</strong>vant la commission<br />

du budget et <strong>de</strong>vant la commission spéciale, et pour<br />

vous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>de</strong> ne pas voter ce qui reste <strong>de</strong>s dispositions<br />

qui entraîneraient <strong>de</strong>s conséquences financières, et<br />

que la commission a cru <strong>de</strong>voir maintenir.<br />

« Telles sont, messieurs, les explications que je crois<br />

<strong>de</strong>voir fournir à la Chambre, afin qu'il soit bien entendu<br />

que, <strong>de</strong> la part du Gouvernement, l'attitu<strong>de</strong> d'hier est<br />

celle d'aujourd'hui et qu'elle restera l'attitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>de</strong>main. »<br />

Par 2G0 voix contre 220 sur 480 votants, la Chambre<br />

repousse le renvoi <strong>de</strong> la discussion à jeudi, réclamé par<br />

quelques membres et fixe cette discussioii au mardi<br />

19 février.<br />

Séance du mardi -19 février 1884.<br />

finances,<br />

Suite <strong>de</strong> la dl.scnssîon : t° <strong>de</strong> la proposition<br />

<strong>de</strong> loi <strong>de</strong> IH. Paul Bert, sur l'organisation<br />

<strong>de</strong> l'enseignement primaire; du projet<br />

<strong>de</strong> loi relatif à la nomination et au traitement<br />

<strong>de</strong>s instituteurs et institutrices'.<br />

M. LE PRÉSIDENT fait Connaître que l'ordre du jour appelle<br />

la suite <strong>de</strong> la discussion : 1» <strong>de</strong> la proposition <strong>de</strong><br />

loi <strong>de</strong> M. Paul Bert, sur l'organsisation et l'enseignement<br />

primaire ; 2° du projet <strong>de</strong> loi relatif à la nomination et au<br />

traitement <strong>de</strong>s instituteurs et institutrices.<br />

La Chambre s'est arrêtée au titre II. — De l'enseignement<br />

public. — Chapitre premier. — De l'établissement<br />

<strong>de</strong>s écoles pubhques.<br />

Avant <strong>de</strong> donner lecture <strong>de</strong>s articles, le prési<strong>de</strong>nt prie<br />

les orateurs <strong>de</strong> suivre attentivement le débat, à cause du<br />

nouveau numérotage <strong>de</strong> certains articles sur lesquels ils<br />

ont l'intention <strong>de</strong> prendre la parole; il prie également les<br />

auteurs <strong>de</strong>s amen<strong>de</strong>ments <strong>de</strong> vérifier si leurs textes cadrent<br />

avec la nouvelle rédaction <strong>de</strong> la commission.<br />

L'article 7 proposé par la commission est ainsi conçu :<br />

_ 8 Art 7.— Toute commune doit être pourvue an moins<br />

d'une école pritnaire publique. Toutefois, le conseil départemental<br />

peut, sous réserve <strong>de</strong> l'approbation du ministre,<br />

autoriser une commune à se réunir à une ou plusieurs<br />

communes voisines pour l'entretien, d'une école.<br />

« Lorsque la commune ou la réunion <strong>de</strong> communes<br />

compte 400 habitants et au-<strong>de</strong>ssus, elle doit avoir au<br />

moins une école spéciale pour les filles, à moins d'être<br />

autorisée par le conseil départemental à remplacer ses<br />

écoles spéciales par <strong>de</strong>s écoles mixtes quant au sexe. »<br />

« L'article 7, mis aux voix, est adopté.<br />

M. LE rniSsiDENT lit le texte <strong>de</strong> l'article 8.<br />

« La circonscription <strong>de</strong>s écoles <strong>de</strong> hameau créés par<br />

application <strong>de</strong> l'article 8 <strong>de</strong> la loi du 20 mars 1883 pourra<br />

s'étendre sur plusieurs communes.<br />

« Les communes intéressées contribuent aux frais <strong>de</strong><br />

construction et d'entretien <strong>de</strong> ces écoles dans <strong>de</strong>s proportions<br />

déterminées par le conseil départemental. »<br />

M. BouiiGEois, à l'occasion <strong>de</strong> l'article 8, dit qu'il désirerait<br />

que, lorsque l'administration songe à créer une école<br />

<strong>de</strong> hameau, il soit tenu compte d'une manière un peu<br />

sérieuse et du vote <strong>de</strong>s conseils muncipaux, et, dans une<br />

mesure plus large, <strong>de</strong>s appréciations du conseil général.<br />

« Il regrette qu'aux termes<strong>de</strong> la loi existante, l'adniinis-<br />

1. Voir Manuel général, année 1885, n°" du 24 novembre,<br />

p. 455.<br />

tration puisse créer une école <strong>de</strong> hameau alors mênie ^e<br />

le conseil municipal s'y oppose, et que le conseil général<br />

a donné un avis défavorable. Dans son département, ditil,<br />

le département <strong>de</strong> la Vendée, on suit, pour la construction<br />

<strong>de</strong>s écoles <strong>de</strong> hameau, une sorte <strong>de</strong> règle géométrique.<br />

a On prend un compas, on met le point d'une dçs<br />

branches sur le chef-lieu <strong>de</strong> la localité et on fait tourner<br />

l'autre branche du compas ; tout ce qui n'est pas commis<br />

dans un périmètre à distance <strong>de</strong> 3 kilomètres 'est gratilie<br />

d'une école <strong>de</strong> hameau. » Il résulte <strong>de</strong> l'application <strong>de</strong> ce<br />

procédé <strong>de</strong> graves inconvénients. L'école du hameau dans<br />

ces conditions est bien souvent une superfètatioti. Et ce<br />

sont ces dépenses inutiles qui empêchent aujourd hui la<br />

proposition <strong>de</strong> loi <strong>de</strong> M. Paul Bert <strong>de</strong> recevoir une complète<br />

satisfaction.<br />

d Si on avait moins prodigué l'argent <strong>de</strong>s contribuables,<br />

vous ne vous trouveriez pas dans cette triste situation<br />

d'avoir peut-être à refuser aux instituteurs le pain dont<br />

ils ont besoin. .4.vant <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s bâtiments scolaires<br />

dont la nécessité ne s'imposait pas, il fallait se souvenir<br />

— permettez-moi une comparaison familière — qu après<br />

avoir doré la cage, il n'y aurait plus <strong>de</strong> pain pour 1 oiseau,<br />

il ne resterait plus rien pour le pauvre instituteur.<br />

Voilà la situation à laquelle on nous a acculés. »<br />

En procédant comme l'a indiqué l'orateur, il arrive<br />

cette monstruosité 'que l'on englobe dans le périmètre<br />

acquis à l'école <strong>de</strong> hameau le chef-lieu d'une^ commune<br />

voisine, or, lorsque dans une commune, il n'y a qu une<br />

classe, un seul instituteur, et que 80 à 90 petits enfants<br />

peut-être sont entassés dans l'école, il serait plus sage, au<br />

point <strong>de</strong> • vue <strong>de</strong>s intérêts <strong>de</strong> l'instruction primaire,<br />

comme au point <strong>de</strong> vue <strong>de</strong> la bonne administration <strong>de</strong>s<br />

<strong>de</strong> doter cette commune d'un maître adjoint et<br />

d'une secon<strong>de</strong> classe, et <strong>de</strong> forcer les. petits enfpts qui<br />

<strong>de</strong>meurent près <strong>de</strong> la commune voisine à aller a 1 école<br />

<strong>de</strong> cette commune. . . •,<br />

M. BOURGEOIS rapporte d'autre part, un bruit qui, dit-it,<br />

a couru, et qu'il espère voir démentir. Peut-être a-t-on<br />

mal rapporté les faits, peut-être est-ce lui qui a mal compris,<br />

mais on a représenté les inspecteurs primaires<br />

et les inspecteurs <strong>de</strong> l'instruction publique comme <strong>de</strong>s<br />

courtiers qui toucheraient une sorte <strong>de</strong> prime par chaque<br />

école <strong>de</strong> hameau. , . .<br />

« On a dit que, pour épargner à l'inspecteur <strong>de</strong>s frais<br />

<strong>de</strong> tournée, auxquels il a droit, il était plus facile <strong>de</strong> lui<br />

allouer cent francs par chaque école <strong>de</strong> hameau qui serait<br />

construite. , . .<br />

« Enfin, l'orateur se sépare <strong>de</strong> M. Paul Bert sur le point<br />

suivant : lorsqu'il s'agit d'instituteurs, il ne mesure pas<br />

leurs mérites et leurs besoins à la longueur ou a la forme<br />

<strong>de</strong> leurs vêtements, et tous ceux qui ren<strong>de</strong>nt <strong>de</strong>s services<br />

aux pères <strong>de</strong> famille, qui se livrent à l'instruction, qui<br />

travaillent, doivent, suivant lui, être payés , retirez-letir<br />

leur qualité d'instituteur si vous voulez, retirez-leur te<br />

droit d'enseigner, mais, jusqu'à ce que vous l'ayez tait, ils<br />

sont égaux aux yeux <strong>de</strong> la loi, aux yeux <strong>de</strong> l instruction,<br />

aux yeux du <strong>de</strong>voir, et vous leur <strong>de</strong>vez une part égalé.<br />

M. FiLLiiiKES, ministre <strong>de</strong> Vinstruction publique et <strong>de</strong>s<br />

beaux-arts, rappelle à la Chambre que les ecoles <strong>de</strong><br />

hameau n'ont pas été instituées par la loi qui est; aujourd'hui<br />

en discussion, mais par l'article 8 <strong>de</strong> la loi nu<br />

20 mars 1883; c'est cette loi qui a décidé que les ccoles<br />

<strong>de</strong> hameau <strong>de</strong>vaient être créées dans un centre <strong>de</strong> population<br />

distant <strong>de</strong> trois kilomètres au moins du chet-lieu,<br />

à la condition, dont n'a pas parlé M. Bourgeois, — que<br />

ces écoles <strong>de</strong>vront, pour être ouvertes, réunir un ettectit<br />

<strong>de</strong> 20 enfants. ,<br />

Quant à la question <strong>de</strong> savoir comment la procédure<br />

suit son cours, c'est encore la loi du 20 mars 188o, qui<br />

l'a réglée. ,<br />

« Cette loi, dit le ministre, a été faite dans un moment<br />

où l'administration se trouvait en présence du mauvais<br />

vouloir <strong>de</strong> cerlains conseils municipaux et <strong>de</strong> certains<br />

conseils généraux; on a décidé alors, et très sagemen ,<br />

que, s'il était indispensable <strong>de</strong> prendre l'avis <strong>de</strong>s consens<br />

même établi, comme garantie, que, lorsque le ministre<br />

serait appelé à déci<strong>de</strong>r la création d'une école <strong>de</strong> hameau,<br />

contrairement à l'avis du conseil général, il serait oblige


MANUEL GÉNÉRAL OÉ Jt.,'INSÎRUyT10N<br />

PKIMAIRE.<br />

^^e spumptlre flréa'aWf ment i',affaire à l'avis, du cofts.qi}<br />

•,4:Etat. B<br />

. Voilà cqm^ept Ips .c}io?es .clflivfnt se paf.s,er,.et si, d.an^<br />

Je département dont p^pie (Jl. Bçiipgepjs, <strong>de</strong>s faits COJJ-<br />

Jtraires à .cette proçéçîiire étaiçpt portés à ma çonnaissanc<br />

îe ministre'n'a pas besoin <strong>de</strong> dire que son premier <strong>de</strong>vo<br />

serait rte r.appelpr les administrateurs a,u respect; <strong>de</strong><br />

• Ipi. .Mais rien <strong>de</strong> pareil.i)e m'a été. signalé,<br />

M..Bourgeois,s'e.^t <strong>de</strong>m?,n,dé ,fi ,P,n ne pn.uyait pas,,çc»pT<br />

• sidérer nos inspecteurs d'aça.démie et nos inspecteui-s<br />

• iprimaires comme <strong>de</strong> .yérifatles courtiers d'écoles tie<br />

.•Ji^my^Ur . .... .<br />

(( Je ne sais p9S, répond le ministre, où l'bonorpbte<br />

;M. BoiirgeoiS;a pris cette e^pressi^ip, mài^ .aucune qu,ali-<br />

-Àçation n'est plus inju^^te,.car ni tes inspecteurs d'académie,<br />

ni les inspecteurs primaires n'ont re.ç" <strong>de</strong> personne,une<br />

mission qui puisse la l(ur attirer. Dévoués à<br />

^urs <strong>de</strong>voirs, ils .éclairent les, communes sur leur situation<br />

: scolaire. »<br />

Quant à la somme <strong>de</strong> iOO (riancs .que l'on considérait<br />

tout à l'heure comme la pri.ijje ,<strong>de</strong> ce prétendu courtage,<br />

M. Fallières rappelle qu'il .a élé institué par spn pr.édé-<br />

-cesseur, il y a 3 on .4 ans,.une. çoijjmi.sgi.pn départern.entale<br />

pour examii^er les plans fit fl.u'elle .cçmprepait, .clans<br />

son sein, un inspecteur .chargé.<strong>de</strong> Viéritipr les travaux à<br />

mesure qu'ils se ppursuiyaiept. Quand il s'est agi <strong>de</strong><br />

, SPl<strong>de</strong>r les pemptes, , on les a . trouvés, .au ministère <strong>de</strong><br />

l'instruction publique, beaucoup trpp.élevés ; ils atte><br />

gnaient pour chaque inspecteur <strong>de</strong>s travaux jusqu'à '5<br />

et 400 fr. par .maison d'école. On pensé alors qu'pn<br />

pouvait contier cette missiOin <strong>de</strong>.suryeillançe aux inspecteurs<br />

prim,aires. Et, cornjne l'on s'est aperçu qu'elle en-<br />

.tr.ainait pour eux certaines dépenses, on a décidé qu'il<br />

leur serait alloué une spmrne <strong>de</strong> fOO francs peur ces<br />

visites qui leur étaient imppsé.es, soit par leur chef,<br />

l'inspecteur d'académie, spit par le ministre. Voilà quel<br />

est le caractère <strong>de</strong> cette in<strong>de</strong>mnité.<br />

« Il ne saurait êti'e q.u,ef.tîDn,. dit 51. J^àllières, d'un<br />

courtage, quand il s'agit <strong>de</strong> c.es fonctionnaires Ijpflnètes<br />

et dévpués, que je tenais, à .défepidre.ici. »<br />

M. Bo.DB.EEI)IS. dit flu'il n'a pas .eu )a pençée .d'attaquer<br />

les inspecté.urs; il.répète, dlaqtre'.part, gu.e...suivant Ipi,<br />

on peut plus utilement fl.yÇil.quefpis emplpyer les <strong>de</strong>niers<br />

<strong>de</strong> l'Etat en agrandissant l'écple commun,aie' primaire<br />

d^une commune linaitropiie, placée dans le périmètre fatidique<br />

<strong>de</strong> 3 kilomètres <strong>de</strong>s p,e);it.s ;gro.i|pes..d'habit3pt.s soisins.<br />

M. Loaoïs critique l'in<strong>de</strong>mnité <strong>de</strong> dOO fr£\nçs, accordée<br />

aux inspecteurs <strong>de</strong> l'enseigne,m.ent .primaire, phargés <strong>de</strong><br />

l'examen <strong>de</strong>s travaux d.es écoles à, construire. « .11 est impossible<br />

<strong>de</strong> placer plus mal fies 100 francs ; il ^st impossible<br />

également qu'un inspecteur .<strong>de</strong>l'in^truRtionp.rimaire<br />

.puisse inspecter la cpnstructipn <strong>de</strong>s écples.<br />

« Cette mission ne rentre pas /ians sa spécialité; tout<br />

le mpn<strong>de</strong> sait cela ; il peut .être un très bpn inspecteur<br />

<strong>de</strong> l'enseignement primaire et ne se connaître, en rien<br />

aux qualités du mortier, <strong>de</strong>s maçonneries et constructions.<br />

Les tournées qu'il doit faire pour inspecter les écoles<br />

ne lui laissent pas .sulfisamment le temps <strong>de</strong> se livrer à<br />

l'inspection <strong>de</strong>s travaux. Il ne peut rien voir et ne voit<br />

rien en tait <strong>de</strong> cpnstructipn d'écples.... En réalité et en<br />

fait, cette prime <strong>de</strong> 100 francs est uniquement un encpuragement<br />

aux inspecteurs primaires pour pousser à la<br />

construction <strong>de</strong>s écoles. »<br />

L'article 8 est adopté.<br />

M. LE PRÉSIDENT lit l'article 9 (ancien 11).<br />

« Le conseil départemental <strong>de</strong>' l'instruction publique,<br />

après avoir pris l'avis <strong>de</strong>s conseils municipaux et celui<br />

<strong>de</strong>s comités cantpnaux, détermine, sous réserve <strong>de</strong> l'approbation<br />

du ministre, le nombre, la nature et le siège<br />

<strong>de</strong>s écoles primaires publiques <strong>de</strong> tput <strong>de</strong>gré qu'il y a lieu<br />

d'établir pu <strong>de</strong> maintenir dans chaque cpmmune, ainsi<br />

que le npmbre <strong>de</strong>s maîtres qui y sent attachés.<br />

« Le cpnseil départemental ppurra, après avis du cpnseil<br />

municipal et du comité cantpnal, a'utpriser un instituteur<br />

PU une institutrice à recevoir <strong>de</strong>s élèves internes<br />

en nombre déterminé et dans <strong>de</strong>s conditions déterminées.<br />

»<br />

L'article 9, mis aux voix, est adopté.<br />

•< Art. 10 (ancien 12). — L'établissement <strong>de</strong>s écoles<br />

primaires publiques <strong>de</strong> tout prdre, le Ipgement <strong>de</strong> chacun<br />

<strong>de</strong>s membres du nerspnnel enseignarjt attachés à ces<br />

é.çples. rçnlrelien pu la locaiipu. <strong>de</strong>s Làtimeufs et <strong>de</strong> leurs<br />

dépendances, i'^cquîisilion et l'entréMen du mobilier fcpjà'iré','le<br />

chauffage et' i;éclairi)ge <strong>de</strong>s classes, la-rémunéraiion<br />

<strong>de</strong>s gens dp service, soiit <strong>de</strong>s d'épenses iobligatoires<br />

pour Ips communfs^ Elles , sont acquittées sur'<strong>de</strong>s ressources<br />

autres que celles qui proviennent <strong>de</strong>s quatre<br />

fçntimes spéciaux, <strong>de</strong> l'enseignement primaire.<br />

Tout.etois,'1''F,ltat peutintèrvehir dans les dépenses <strong>de</strong><br />

const-n'Ction. d'acquisitipq et d'appropriation <strong>de</strong>s locaux,<br />

ainsi que dans l'acq.ùisition du mftbîli.er scolaire, par'<strong>de</strong>s<br />

subventions réglées conformément aux dispositions <strong>de</strong>s<br />

lois du l»'juin 1878, du 2 aoiit 1881 et du 20 mars lS8ô. »<br />

'-:-•• (Adopté:)<br />

« Art.'11 (ancien 79).—Jns.qu'au 51 décembre lS8u,et<br />

pour les cpmmunos qui n'auront pu jusque là se rendre<br />

propriétaires!<strong>de</strong>s immeubles <strong>de</strong>stinés à leurs écoles,l''lîfat<br />

pourra continuer <strong>de</strong> prendre à sa charge tout ou partie<br />

<strong>de</strong> la dépense résultant <strong>de</strong> la location <strong>de</strong>s bâtiments servant<br />

à la tenue <strong>de</strong>s classes ou au lo?ement <strong>de</strong>s maîtres.<br />

Passé ce délai, l'article 10 <strong>de</strong> la présente loi recevra son<br />

entière exécutipn. »<br />

M. r.oKOis ne.-Voit pas d'application possible <strong>de</strong> l'article ll<br />

en discussion «'Jusqu'au 31 décembre 18S.5.... » dit cet<br />

article, les cpmmunes pourront continuer à louer <strong>de</strong>s<br />

bâtiments pour les maisr ns d'écolç, mais passé ce délai<br />

du 51 décembre l'885. elles <strong>de</strong>vront être propriétaires <strong>de</strong><br />

leurs maisons d'école, c'est-à-dire dans un délai <strong>de</strong>-dixhuit<br />

ou'vingt mpis. Or, d'après les renseignements dpnnés<br />

par le Gpuvernement lui-mime, la construction <strong>de</strong>s<br />

maisons d'école exigerait à peu près 700 millions; il<br />

faudra donc que ies communes trouvent cette spmrne<br />

pour se cpnformer aux prescriptipns do la loi? Or, ou<br />

sait, quel est l'élat <strong>de</strong> la caisse <strong>de</strong>s écoles : elle n'a plus <strong>de</strong><br />

fonds ni po.ur allocations <strong>de</strong> subventions ni pour consentir<br />

<strong>de</strong>s emprunts. L'orateur <strong>de</strong>man<strong>de</strong> comment la commission<br />

peut supppser que d'ici au 51 décembre 1885 les<br />

cpmmunes aurpnt pu cpnstruire leurs maispns d'école,<br />

aux termes.<strong>de</strong> cet article 11.<br />

M. P.voL CERT, rapporteur, dit que -d'accerd avec le<br />

ministre, la ccmmission abandonne cet article.<br />

« Art. 11 (anci.en article 15). — L'établissement <strong>de</strong>s<br />

écoles normales avec leur école annexe, l'entretien <strong>de</strong>s<br />

bâtiments,l'acquisition et l'entretien du mpBiliét' çcp/aire,<br />

le chauffage et l'éclairage dçs différents services, ' sont<br />

<strong>de</strong>s dépenses obligatoires oourles départements.'Il y' est<br />

pourvu à l'M<strong>de</strong> d'è ressources départementales autres flue<br />

les quatre centimes sjDéciaux <strong>de</strong> l'enseignement primaire.<br />

« Il en est <strong>de</strong>'même pour les dépenses,nécessitées par<br />

l'installation et le fonctionnement du conseil départemental<br />

et du bureau <strong>de</strong> l'inspecteur d'acadéniie. »'<br />

L'article ii, mis aux voix, est adopté.<br />

CHAPITRE II<br />

De Ventretien <strong>de</strong>s écoles primaires publiques. |<br />

« Art. 12 (ancien 14). ,— La dépense scolaire annuelle<br />

<strong>de</strong> ,l'enseignement primaire public à tous les <strong>de</strong>grés,<br />

comprend :<br />

« l?Les, traitements du perspnnel enseignant <strong>de</strong> tout<br />

ordre;<br />

«2» Le traitement <strong>de</strong>s fonctionnaires chargés <strong>de</strong>'l'inspection<br />

et <strong>de</strong> l'administration;<br />

« 5° L'entretien et le renouvellement du matériel d'enseignement.<br />

« Un règlement d'administration publique et <strong>de</strong>s arrêtés<br />

ministériels rendus après avis du conseil supérieur,<br />

fixeront, pour chaque catégorie d'écoles publiques, le<br />

.nombre et la,nature <strong>de</strong>sphjets formant le matériel obligatoire<br />

d'enseignement, ainsi que les conditions dans ,lès-<br />

quelles il seramisà la disposition <strong>de</strong>sicoles, <strong>de</strong>s maîtres<br />

et <strong>de</strong>s élèves. » — (Adopté.)<br />

« Art. 15 (ancien 15). — Il est pourvu aux dépenses<br />

ordinaires <strong>de</strong> l'enseignement primaire public au .moyen :<br />

« 1° Des dons et legs;<br />

« 1° Des quatre centimes communaux spéciaux à l'instruction<br />

primaire, pu d'une somme égale prélevée sur<br />

les revenus ordinaires <strong>de</strong>s communes, conformément aux<br />

dispositions <strong>de</strong> l'article 2 <strong>de</strong> la loi du 10 juin 1881 sur la<br />

gratuité ;<br />

« 3" Des quatre centimes départementaux créés par les<br />

arfintpsî /iR dp tn tni fin 't.^i in;ii'(ï '1 R?iO -t A fin tn loi fin<br />

^


EARTIE GEJSIÉRALE.<br />

¥<br />

10 avril -1807 e.t ^ dg la loi du J.D.JuiUef. 'IÇTSj.et rendus<br />

obligatoires pàv l'arMclé -{'<strong>de</strong> là l'pi'dtt ie jùiti WSl ;<br />

bu'préïèïçmpnjt's^rjfe. cmrmiéfc.e/<strong>de</strong>^' revqnùs ordinaires,<br />

institué par l'articlfi 3 <strong>de</strong> la loi du ICjum 1,881.<br />

dans les communes, 9Ù, la d,u


iOO<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

man<strong>de</strong> à la Chambre la permission <strong>de</strong> rappeler, car elle<br />

intéresse un grand nomire <strong>de</strong> nos communes.<br />

« Voici ce que je disais à M. le ministre <strong>de</strong> l'instruction<br />

publique, dans la séance du 8 décembre 1882 :<br />

« Avant <strong>de</strong> passer au vote sur l'ensemble du chapitre 54,<br />

je veux appeler l'attention <strong>de</strong> M. le ministre sur une<br />

question d'une importance pratique considérable, qui se<br />

rattache à l'application <strong>de</strong> la loi nouvelle sur la gratuité<br />

<strong>de</strong> l'enseignement primaire.<br />

« Je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> quelle situation est faite, par la loi nouvelle,<br />

aux communes au profit <strong>de</strong>squelles <strong>de</strong>s dons et legs<br />

ont été ou seront consentis au profit <strong>de</strong> l'enseignement<br />

primaire.<br />

« La loi du 16 juin 1881 donne aux communes la faculté<br />

<strong>de</strong> s'exonérer <strong>de</strong>s quatre centimes obligatoires pour le<br />

service <strong>de</strong> l'enseignement primaire, en exerçant im prélèvement<br />

<strong>de</strong> même somme sur le montant <strong>de</strong>s dons et legs.<br />

« Mais cet article ne donne qu'une partie <strong>de</strong> la solution ;<br />

car, quand le prélèvement <strong>de</strong>s quatre centimes sera opéré,<br />

s'il reste un reliquat sur le montant <strong>de</strong>s dons et legs, à<br />

qui sera attribué cet excé<strong>de</strong>nt?<br />

« Sera-t-il attribué à la commune? Continuera-t-elle à<br />

en bénéficier comme par le passé? La subvention à laquelle<br />

la commune a droit sera-t-elle fi.xée sans avoir égard à ce<br />

reliquat, ou, en d'autres termes, entend-on imputer ce<br />

reliquat sur la subvention accordée à la commune?... »<br />

« Et je terminais en disant :<br />

(X L'excé<strong>de</strong>nt doit rester à la disposition <strong>de</strong>s communes,<br />

car une solution contraire créerait à celles-ci une situation<br />

souverainement injuste en droit et en équité ; elle irait à<br />

rencontre <strong>de</strong> la volonté incontestable <strong>de</strong>s testateurs, <strong>de</strong>s<br />

donateurs, <strong>de</strong> laire profiter <strong>de</strong> leurs libéralités non pas<br />

l'Etat, mais les communes.... Dans une pareille question,<br />

qui intéresse à un si haut point un grand nombre <strong>de</strong> nos<br />

communes, il faut une règle fixe et invariable, qui ne<br />

prête pas à controverse.... »<br />

« Et M. le ministre <strong>de</strong> l'instruction publique me répondait<br />

: « Comme je partage absolument l'opinion qui vient<br />

« d'être développée, je ne crois pas avoir besoin d'entrer<br />

« dans <strong>de</strong> longs détails,<br />

« Pour moi, les dons et legs faits aux communes doivent<br />

« entrer en déduction <strong>de</strong>s 4 centimes ordinaires, et, quand<br />

• il y a excé<strong>de</strong>nt, cet excé<strong>de</strong>nt doit être acquis aux com-<br />

K munes ; il ne vient pas en déduction <strong>de</strong>s subventions <strong>de</strong><br />

i l'Etat. Telle est la réponse que je suis heureux d'avoir<br />


PARTIE GÉNÉRALE 73<br />

« Il est pourvu aux dépenses ordinaires <strong>de</strong> l'enseignement<br />

primaire puljlic au moyen....<br />

« 2» Des 4 cenlimes communaux spéciaux à l'instruction<br />

primaire ou d'une somme égale prélevée sur les revenus<br />

ordinaires <strong>de</strong> communes conformément aux dispositions<br />

<strong>de</strong> l'article 2 <strong>de</strong> la loi du Ifi juin 1881 sur la gratuité. »<br />

Et, d'autre part, l'article 2 <strong>de</strong> la loi du 16 juin 1881<br />

porte ce qui suit, dans son <strong>de</strong>uxième alinéa :<br />

« Les communes auront la faculté <strong>de</strong> s'exonérer <strong>de</strong> tout<br />

ou partie <strong>de</strong> ces 4 centimes en inscrivant au budget, avec<br />

la même <strong>de</strong>stination, une somme égale au produit <strong>de</strong>s<br />

centimes supprimés, somme qui pourra être prise, soit<br />

sur les revenus <strong>de</strong>s dons et legs, soit sur une portion.quelconque<br />

<strong>de</strong> leurs ressources ordinaires et extraordinaires. »<br />

Le produit <strong>de</strong>s dons et legs <strong>de</strong>vra donc, dans la pensée<br />

du Gouvernement comme dans la pensée <strong>de</strong> la commission,<br />

décharger d'autant les 4 centimes communaux, et ce ne<br />

sera qu'autant que ce produit ne serait pas suffisant pour<br />

parfaire le montant <strong>de</strong> ces 4 centimes, que l'on prendra<br />

sur les 4 centimes eux-mêmes la somme nécessaire pour<br />

assurer le complément. S'il y a excé<strong>de</strong>nt, les communes<br />

pourront employer cet excé<strong>de</strong>nt aux autres besoins scolaires.<br />

M. BERNARD dit que cette réponse lui donne toute satisfaction.<br />

M. JULES ROCHE se déclare satisfait par la nouvelle rédaction<br />

<strong>de</strong> M. Paul Bert.<br />

M. LE PRÉSIDENT cousulte la Chambre, la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

renvoi à la commission étant maintenue par M Drumel.<br />

Le renvoi à la commission est mis aux voix et prononcé.<br />

M. LE PRÉSIDENT lit le tcxtB <strong>de</strong> l'article 14.<br />

Art. 14. — Les conseils municipaux sont autorisés à<br />

voter six centimes additionnels au principal <strong>de</strong>s quatre<br />

contributions directes, qui seront exclusivement consacrés<br />

soit à <strong>de</strong>s suppléments <strong>de</strong> traitement aux instituteurs<br />

et institutrices, soit à <strong>de</strong>s améliorations au service <strong>de</strong><br />

l'enseignement primaire. »<br />

M. Louois <strong>de</strong>man<strong>de</strong> que la commission donne une explication<br />

sur le sens <strong>de</strong> cet article.<br />

« Tous les conseils municipaux ont le droit <strong>de</strong> voter <strong>de</strong>s<br />

centimes additionnels dans les limites <strong>de</strong> la loi <strong>de</strong>s<br />

finances, c'est-à-dire au nombre <strong>de</strong> 20,'pour les appliquer<br />

à l'instruction primaire, ou à tout autre service communal<br />

; ils n'ont besoin, pour cela, d'une autorisation spéciale.<br />

Je <strong>de</strong>man<strong>de</strong> à la commission si elle entend dire par<br />

son article 14 que les comrnunes peuvent voter ces 6 centimes<br />

dans la limite <strong>de</strong> 20 centimes qu'elles sont autorisées<br />

à voter, et, dans ce cas, l'article serait inutile, ou si<br />

cès 6 centimes qu'elles voteront pour l'instruction primaire<br />

seront considérés comme <strong>de</strong>s csntimes spéciaux,<br />

en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong>s 20 centimes. Il faudrait le dire d'une manière<br />

formelle, car il est impossible <strong>de</strong> le savoir en présence<br />

d'une rédaction aussi vague.<br />

« D'un autre côté, je ne sais pas si M. le ministre <strong>de</strong>s<br />

finances approuvera cette faculté donnée aux communes<br />

<strong>de</strong> créer, en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong>' 20 centimes autorisés par la loi<br />

<strong>de</strong> finances, <strong>de</strong> nouveaux centimes spéciaux, qui s'ajouteront<br />

aux centimes spéciaux pour l'enseignement primaire<br />

et aux centimes spéciaux pour les chemins vicinaux.<br />

« Dans tous le§ cas il faut savoir si ces 6 centimes rentrent<br />

dans les 20 centimes que nous accordons tous les<br />

ans aux communes, ou si ce sont <strong>de</strong>s centimes spéciaux.<br />

0 Dans-ce <strong>de</strong>rnier cas, j'y verrais, pour moi, un certain<br />

danger, parce que cela permettrait d'augmenter<br />

d'une manière considérable les centimes additionnels qui<br />

pèsent lour<strong>de</strong>ment sur la propriété foncière.<br />

« M. LE RAPPORTEUR. Je répouds d'un mot : ils sont en<br />

<strong>de</strong>hors <strong>de</strong>s 20 centimes.<br />

« M. LOROIS. 11 n'était pas inutile <strong>de</strong> le dire. La propriété<br />

foncière aura alors à supporter une nouvelle charge. »<br />

M. GuicRARDdit que l'article critiqué par 51. Lorois n'est<br />

ilue la remise en vigueur <strong>de</strong> la loi <strong>de</strong> 1876, qui, en outre<br />

<strong>de</strong>s centimes obligatoires, accordait aux communes 6 centimes<br />

purement facultatifs, afin <strong>de</strong> les mettre à même <strong>de</strong><br />

compléter le bienfait <strong>de</strong> la loi sur la gratuité <strong>de</strong> l'enseignement<br />

primaire.<br />

Les dispositions <strong>de</strong> l'article 4 <strong>de</strong> cette loi, qui n'a soulevé<br />

aucune difficulté lorsqu'il a été voté, font aujourd'hui<br />

absolument défaut; « car, lorsqu'une commune<br />

sent qu'il est juste d'augmenter le traitement <strong>de</strong> son instituteur<br />

ou <strong>de</strong> son institutrice ou d'ajouter un perfectionnement,<br />

une amélioration à son matériel scolaire, et<br />

qu'elle a épuisé ses centimes facultatifs, elle est obligée<br />

<strong>de</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r au préfet l'autorisation <strong>de</strong> s'imposer extraordinairement,<br />

et, souvent la multiplicité <strong>de</strong>s affaires qui<br />

se pressent dans les bureaux <strong>de</strong> la préfecture occasionne<br />

<strong>de</strong>s retards prolongés qui ren<strong>de</strong>nt impossible la réalisation<br />

<strong>de</strong> ses délibérations ; ainsi lorsqu'une commune veut<br />

récompenser les longs services d'un bon instituteur,<br />

lorsqu'elle juge que son matériel scolaire est insuffisant,<br />

elle n'a même pas la faculté <strong>de</strong> subvenir à ses besoins<br />

avec ses propres ressources.<br />

« Mais l'autorité la plus gran<strong>de</strong> est celle <strong>de</strong> la loi qui a<br />

été votée en 1870. L'article 4 <strong>de</strong> la loi du 20 décembre<br />

1876, après avoir énuméré les différentes ressources qui<br />

étaient obligatoires et qui <strong>de</strong>vaient subvenir'aux nécessités<br />

<strong>de</strong> la gratuité, dans la supposition que ces centimes<br />

obligatoires seraient insuffisants, se termine par cette<br />

<strong>de</strong>rnière disposition :<br />

« Si ces ressources réunies ne suffisaient pas à sub-<br />

« venir à toutes les dépenses d'entretien <strong>de</strong> la gratuité,<br />

« la commune pourrait encore y affecter une nouvelle<br />

« imposition extraordinaire et spéciale <strong>de</strong> six centimes<br />

« additionnels au principal <strong>de</strong>s quatre contributions di-<br />

« rectes. »<br />

« Voilà ce qui existait et n'a jamais été abrogé. Or,<br />

faute d'exécuter cette loi, un certain nombre <strong>de</strong> communes<br />

ne peuvent faire face aux nécessités <strong>de</strong> l'enseignement.<br />

Je ne comprends pas, lorsque l'Etat reconnaît luimême<br />

qu'il est dans l'impossibilité <strong>de</strong> subvenir à tous les<br />

services <strong>de</strong> l'instruction primaire, qu'il refuse aux communes<br />

<strong>de</strong> faire volontairement <strong>de</strong>s sacrifices dans ce but.<br />

(Très bien ! très bien ! ) »<br />

L'orateur appuie l'article^<strong>de</strong> la commission.<br />

M. LE COMTE DE LANjDiMAislînsiste pour que la Chambre<br />

ne vote pas l'article 14, les communes étant déjà surchargées<br />

d'impôts.<br />

Par 424 voix contre 61, sur 485 votants, l'article 14 est<br />

adopté.<br />

M. LE PRÉSIDENT dît que la commission lui a fait savoir<br />

que c'est par erreur que l'article 16.— <strong>de</strong>venu article 15<br />

— a été réimprimé dans la nouvelle distribution. On<br />

passe donc au chapitre 3.<br />

« Du personnel enseignant. — Conditions requise,^<br />

Je lis l'article 17 qui prend le n° 15 à la place <strong>de</strong> l'article<br />

qui avait été reproduit par erreur dans la nouvelle<br />

distribution.<br />

« Art. 15. —L'enseignement dans les écoles publiques<br />

est donné conformément aux prescriptions <strong>de</strong> la loi du<br />

28 mars 1882 et d'après un plan d'étu<strong>de</strong>s qui sera délibéré<br />

en conseil supérieur.<br />

c Pour chaque département, le conseil départemental<br />

arrêtera l'organisation pédagogique <strong>de</strong>s diverses catégories<br />

d'établissements par <strong>de</strong>s règlements spéciaux qui<br />

seront soumis au conseil supérieur <strong>de</strong> l'instruction publique.<br />

»<br />

M. CoMPAYBÉ <strong>de</strong>man<strong>de</strong> que le libellé <strong>de</strong> cet article soit<br />

modifié, le plan d'étu<strong>de</strong>s ayant été délibéré par le conseil<br />

supérieur.<br />

M. LE PRÉSIDENT met aux voix l'article modifié ainsi qu'il<br />

suit :<br />

« L'enseignement dans les écoles publiques est donné<br />

conformément aux prescriptions <strong>de</strong> la loi du 28 mars<br />

1882 et d'après le plan d'étu<strong>de</strong>s délibéré en conseil supérieur.<br />

« Pour chaque département, le conseil départemental<br />

arrête l'organisation pédagogique <strong>de</strong>s diverses catégories<br />

d'établissements par <strong>de</strong>s règlements spéciaux soumis au<br />

conseil supérieur <strong>de</strong> l'instruction publique. »<br />

L'article 15, ainsi rédigé, est mis aux voix et adopté.<br />

Article 18, <strong>de</strong>venu article 16.<br />

« Dans les écoles publiques <strong>de</strong> tout ordre, l'enseignement<br />

est exclusivement conlié à un personnel laïque. »<br />

M. FREPPEL <strong>de</strong>man<strong>de</strong> la suppression pure et simple <strong>de</strong><br />

cet article.<br />

« 51. le rapporteur, dit l'orateur, ne s'est pas trompa<br />

dans son exposé <strong>de</strong>s motifs en disant que cet article contient<br />

la disposition la plus importante du projet <strong>de</strong> loi.<br />

Cet article proclame en effet la laïcisation complète du<br />

personnel dans les écoles publiques; c'est lui qui donnera<br />

au projet <strong>de</strong> loi en discussion son véritable caractère,<br />

en venant aggraver la loi du 28 mai:,sl882. au risqu


iOO<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE.<br />

<strong>de</strong> soulever dans le pays les mêmes difficultés, sinon <strong>de</strong>s<br />

difficultés plus considérables encore, et d'ajouter uii nouvel<br />

aliment à la division <strong>de</strong>s esprits. (Très bien ! très<br />

bien ! à droite.)<br />

a II est vrai qu'après avoir énoncé le principe <strong>de</strong> la<br />

laïcisation complète <strong>de</strong>s écoles publiques, on renoncé à<br />

en poursuivre l'application immédiate, d'après l'article 17,<br />

c'est dans un délai <strong>de</strong> cinq ans pour les .écoles publiques<br />

<strong>de</strong> garçons et dans un délai plus considérable encore pour<br />

les écoles publiques <strong>de</strong> jeunes filles, que <strong>de</strong>vra s'effectuer<br />

la laïcisation proclamée dans l'article 16.<br />


PARTIE GÉNÉRALE.<br />

6,5<br />

« Ma conviction n'a fait que se fortifier sur ces trois<br />

points, et j'espère bien que le temps n'est pas éloigné, où,<br />

<strong>de</strong> concert, nous abrogerons dans cette enceinte une loi<br />

dont l'expérience aura démontré les vices et l'inanité.<br />

(Très bien! très bien! et applaudissements à droite.<br />

~ Inlçrruptions ironiques sur plusieurs bancs à<br />

gauche.)<br />

a Mon Dieu, mèssieurs, si l'espérance est restée au fond<br />

<strong>de</strong> la boîte <strong>de</strong> Pandore, elle n'est pras non plus sortie, que<br />

je sache, <strong>de</strong>s urnes <strong>de</strong> la Chambré <strong>de</strong>s députés. (Rires à<br />

drbite). Il s'est passé dans cette enceinte, <strong>de</strong>puis cent ans,<br />

<strong>de</strong>s choses tellement contradictoires, que je ne désespère<br />

pas <strong>de</strong> voir' niôn désir se réaliser cômpléteniient. (Rires<br />

et applaudissements à droite.)<br />

« Mais enfin quoi qu'il faille penser <strong>de</strong> la loi du 28<br />

mars 1882, je la prends telle qu'elle est et je soutiens<br />

qu'il n'est pas exact <strong>de</strong> dire avec M. le rapporteur qu'elle<br />

a pour conséquence nécessaire d'interdire les écoles publiques<br />

aux instituteurs et aux institutrices congréganistes.<br />

Permettez-moi, en effet, <strong>de</strong> vous faire remarquer<br />

tout d'abord que les membres <strong>de</strong>s congrégations religieuses<br />

sont les meilleurs juges <strong>de</strong> ce qu'ils se doivent à<br />

eux-mômes, <strong>de</strong> leur honneur et <strong>de</strong> leur dignité ; s'ils<br />

avaient pensé que l'observation <strong>de</strong> la loi du 28 mars 1882<br />

fût incompatible avec leur caractère religieux, ils auraient<br />

abandonné vos écoles au len<strong>de</strong>main même <strong>de</strong> la promulgation<br />

<strong>de</strong> cette loi; s'il né l'ont pas fait, c'est qu'ils ont<br />

estimé que la loi du 28 mars 1882 n'avait pas pour résultat<br />

nécessaire <strong>de</strong> leur interdire les écoles publiques.<br />

Né soyez donc pas plus congréganistes que les eongréganistes<br />

eux-mêmes. (Rires approbatifs à droite). Quittez ce<br />

souci, laissez aux intéressés le soin <strong>de</strong> déci<strong>de</strong>r si leur<br />

situation est <strong>de</strong>venue ou non impossible..<br />

«A cette première observation j'en ajouterai une autre.<br />

« Le conseil supérieur <strong>de</strong> l'instruction publique, agissant<br />

dans la plénitu<strong>de</strong> <strong>de</strong>- son mandat légal, a placé, parmi<br />

les matières obligatoires <strong>de</strong> l'enseignement primaire, les<br />

<strong>de</strong>voirs envers Dieu, tels que les dicte la raison naturelle.<br />

Or, messieurs, c'est là un point fort important et<br />

que pour ma part, je suis loin <strong>de</strong> dédaigner, car la religion<br />

révélée a son fon<strong>de</strong>ment dans la raison et dans la. ,<br />

conscience' humaine. (Très bien 1 très bieml èt droite. —<br />

Intenruptlons à gauche.)<br />

« Je^ sais très blêii qUe le^ instituteurs et institutrices<br />

côngféganistes ont le <strong>de</strong>voir d'aller plus loin- et <strong>de</strong> donner<br />

à leurs élèves <strong>l'éducation</strong> et l'instruction chrétienne.<br />

M. le ïapporteur a eu raison-<strong>de</strong>'citer dans son travail' Ifes<br />

Statuts <strong>de</strong>s'frères <strong>de</strong>s écoles chrélîennes qui' sont fbrmelsà<br />

cet égard; mais ces statuts né-disent pas'â quelle heure,<br />

ni dans quel local l'instruction chrétiemlB <strong>de</strong>vra être<br />

donnée» La loi du 28 mars 1882, — j'en appelle à M. le<br />

ministre <strong>de</strong> l'instruction publique, — est également<br />

muette à cet égard : elle n'interdit ni à l'instituteur<br />

laïque ni à Vinstituteur congréganiste <strong>de</strong> donner à' ses<br />

élèves, sur la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong>s parents, en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> l'heure<br />

et du local <strong>de</strong>s classes, l'instruction religieuse.<br />

« Donc; tant que vous ii'aurpz pas fait une autre loi leur<br />

défendant <strong>de</strong> donner l'instruction chrétienne dans les<br />

conditions que je viens d'indiquer, la loi du 28 mars 1882<br />

restera, pour les congréganistes, une gran<strong>de</strong> gêne, une<br />

gran<strong>de</strong> entrave, un grand' obstacle, une gran<strong>de</strong> difllcuHé;<br />

mais elle n'aura pas pour conséquence né<strong>de</strong>'ssaire <strong>de</strong> leur<br />

fermer les écoles publiques; et, par conséquent, le premier<br />

motif allégué par M. le rapporteur, son motif le plus<br />

important et le plus spécieux, n'a aucune éspèce <strong>de</strong> valeur.<br />

Très bien ! très bien ! à droite.)<br />

« J'arrive au second motif invoqué par M. le rapporteur<br />

pour exclure <strong>de</strong>s écoles publiques les instituteurs et<br />

les institutrices congréganistes.<br />

« A l'entendre, l'obéissance qui les lie envers leurs<br />

supérieurs conventuels serait inconciliable avec la sou*-<br />

mission qu'ils doivent à leurs chefs universitaires. Messieurs,<br />

je ne vois aucune espèce <strong>de</strong> raison à cette prétendue<br />

incompatibilité, car les supérieurs religieux et les<br />

chefs universitaires opèrent sur <strong>de</strong>ux terrains tout à-lait<br />

différents, et dans doux sphères qui ne se touchent par<br />

aucun côté.<br />

« Les supérieurs conventuels ont pour mission <strong>de</strong><br />

tracer aux membres <strong>de</strong> leurs communautés les <strong>de</strong>voirs <strong>de</strong><br />

lu vie spirituelle, <strong>de</strong> veiller à l'observation <strong>de</strong> la règle en<br />

ce qui regar<strong>de</strong> la conduite morale et les exercices religieux;<br />

mais quant aux programmes, quant aux métho<strong>de</strong>s.<br />

à_la direction <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s, à la distribution du travail, ils<br />

n'ont rien à y voir dans les écoles publiques; tout cela<br />

est du ressort du chef universitaire.<br />

« M. le rapporteur a cité, dans son travail, un passage<br />

<strong>de</strong>s statuts <strong>de</strong>s frères <strong>de</strong> la doctrine chrétienne;<br />

mais ce passage s'applique aux écoles libres, aux<br />

écoles indopendantes <strong>de</strong> l'Etat, aux écoles où les frères<br />

peuvent se mouvoir à leur gré en toute liberté, mais nullement<br />

aux-écoles <strong>de</strong> l'Etat qui, en 1810, n'existaient pasmême<br />

dans le sens où-nous l'entendons aujourd'hui.<br />

« Oui,.j'ose l'affirmer sans- crainte, en ce qui regar<strong>de</strong> la,<br />

matière pédagogique, la seule en question, les inspecteurs'<br />

d'académie et les inspecteurs primaires rencontrent chez<br />

les instituteurs et les institutrices congréganistes autant<br />

<strong>de</strong> docilité que chez les instituteurs et institutrices<br />

laïques; et même peut-être un peu plus, à cause du secrétariat<br />

<strong>de</strong> mairie qùe vous enlèverez, je l'espère du moins,<br />

aux instituteurs laïques, ou, pour mieux dire, dont vous<br />

les délivrerez, parce que c'est une source incessante <strong>de</strong><br />

conflits, l'instituteur étant porté tout naturellement à s'appuyer<br />

sur le maire, sur le conseil municipal, dont il esfc<br />

le délégué, contre l'inspecteur d'académie et contre l'inspecteur<br />

primaire.<br />

« Eh bien, y a-t-il rien <strong>de</strong> pareil chez les instituteurs<br />

congréganistes ? J'ai l'honneur, si ce n'est pas plutôt une<br />

charge, d'être le supérieur <strong>de</strong> six congrégations religieuses,<br />

et mon mot d'ordre a été invariablement celui-ci.<br />

Quant aux programmes, aux métho<strong>de</strong>s, à la direction <strong>de</strong>s<br />

étu<strong>de</strong>s, et à la distribution du travail, vous n'avez d'ordi-es<br />

à recevoir que <strong>de</strong> l'inspecteur d'académie et <strong>de</strong> l'inspecteur<br />

primaire. Ah I si l'on vous ordonnait <strong>de</strong>s choses<br />

contraires à votre conscience, la question changerait <strong>de</strong><br />

face. (Interruptions ironiques à gauche.)<br />

« Mais, messieurs, est-ce que par hasard l'instituteur<br />

laïque-n'a pas non plus sa conscience... (Très bien! très<br />

bien ! a droite), contre laquelle viendraient échouer également<br />

<strong>de</strong>s ord'res injustes?<br />

« Donc le <strong>de</strong>uxième motif invoqué par M. le rapporteur<br />

n'a pas plus <strong>de</strong> valeur que le premier. ([Nouvelle approbation<br />

à droite,)<br />

« Le troisième motif tiré <strong>de</strong>s gra<strong>de</strong>s et<strong>de</strong>s diplômes tombe<br />

<strong>de</strong> lui-même. C'est une argumentation surannée en présence<br />

<strong>de</strong>là loi du 17 juillet 1881, qui impose les mêmes<br />

brevets <strong>de</strong> capacité aux laïques- et aux congréganistes. Il<br />

ne faut plus en>parler, et la comparaison <strong>de</strong>s succès dans<br />

les examens et dans les- concours prouve- que la parité<br />

n'existe pas moins pour la force <strong>de</strong> l'enseignement que<br />

pour l'exigence <strong>de</strong>s gra<strong>de</strong>s. (Trè bien ! très bien à droite.)<br />

« Je voudrais également n'avoir pas à discuter les raisons<br />

d'ordre moral alléguées par M. le rapporteur pour<br />

interdir les écoles publiques aux instituteurs et institutrices<br />

congréganistes; mais du moment que ces objections se<br />

produisent dans un document aussi considérable qu'im<br />

rapport présenté à la Chambre,-je dois y répondre.<br />

« Pour justifier l'exclusion qu'il <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, M. le rappoiV<br />

teur prétend que les instituteurs et lés'institutrices congréganistes<br />

sont peu propres à former les enfants à la vie<br />

<strong>de</strong> ramilie et à l'activité sociale parce- qu'ils ne sont pas<br />

engagés dans l'état <strong>de</strong> mariage: Je lui ferai remarquai'<br />

d'abord, que si, afin <strong>de</strong> préparer les enfants à la vie dt<br />

famille, il était nécessaire <strong>de</strong> s'engager dans l'état <strong>de</strong> mariage,<br />

pour être conséquent avec lui-même, il <strong>de</strong>vrait<br />

commencer par fermer les écoles publiques à bon nombre<br />

d'instituteurs et aux tois' quarts <strong>de</strong>s institutrices laïques,<br />

qui sont célibataires. (C'est évi<strong>de</strong>nt! à droite.) Et, si l'on<br />

me répond que ceux-là du moins peuvent se marier, je<br />

répliquerai : Toujours est-il qu'ils ne le sont pas. Vous<br />

<strong>de</strong>vriez donc attendre qu'ils fussent mariés avant <strong>de</strong> leur<br />

ouvrir vos écoles; Voilà ce qu'exige la logique. (Très bien<br />

très bien ! à droite.)<br />

« Mais, franchement, messieurs, qu'est-ce qu'on entend<br />

par préparer les enfants à la vie <strong>de</strong> famille? S'agirait-il<br />

par hasard d'enseigner gravement à <strong>de</strong>s enfants <strong>de</strong> dix à<br />

douze ans le co<strong>de</strong> domestique, le co<strong>de</strong> familial, le co<strong>de</strong><br />

conjugal avec tous ses articles? (On rit.) Est-ce que par<br />

hasard, vous allez prétendre, comme je le lisais tout à<br />

l'heure dans un déplorable i manuel d'instruction civique,<br />

que, pour préparer les- enfants à la vie <strong>de</strong>- tamillei il<br />

faut leur expliquer le rôle <strong>de</strong> l'époux et celui dé l'épouse?<br />

« Un pareil procédé serait grotesque s'il n'était odieux-!<br />

, (Très bien ! très bien ! à droite. — Interruptions à gauche.)


iOO<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

Ce qu'il faut inculquer à cet enfant qui \ient à peine <strong>de</strong><br />

quitter les genoux <strong>de</strong> sa mère, ce sont <strong>de</strong>s sentiments d'amour,<br />

<strong>de</strong> respect et d'obéissance envers ses parents ; ce<br />

sont <strong>de</strong>s sentiments <strong>de</strong> fraternité à l'égard <strong>de</strong> son frère et<br />

<strong>de</strong> sa sœur. Yoilà, messieurs, la Traie préparation à la vie<br />

<strong>de</strong> famille. (Très bien ! très bien ! à droite.) Or, un instituteur<br />

célibataire est tout aussi apte à donner cet enseignement<br />

que l'instituteur marié. (Interruptions à gauche.)<br />

« Etrange prétention que la vôtre, messieurs ! Savez-<br />

•vous ce qui se passe à ce propos dans l'Etat d'Europe<br />

qui tient le premier rang dans i'ensei|;nement primaire,<br />

la Saxe? La Saxe a établi, par l'article 18 <strong>de</strong> la loi scolaire<br />

du 26 avril 1873, ce qui suit :<br />

« Les institutrices en fonctions qui se marient doivent<br />

immédiatement, sans pouvoir prétendre à un traitement<br />

<strong>de</strong> disponibilité, déposer leur mandat. « (Exclamations<br />

sur divers bancs.)<br />

« C'est qu'en Saxe on a le bon esprit <strong>de</strong> comprendre<br />

qu'un instituteur exempt <strong>de</strong>s soucis et <strong>de</strong>s préoccupations<br />

<strong>de</strong> la famille a l'esprit plus libre pour se donner tout entier<br />

et sans partage aux enfants étrangers qu'on confie à<br />

ses soins, (nouvelles interruptions à gauche. — Très<br />

bien I très bien ! à droite.)<br />

« C'est que la Saxe a le bon esprit <strong>de</strong> comprendre, en particuher,<br />

que, pour une institutrice, les obligations <strong>de</strong> famille<br />

se concilient difficilement avec les exigences scolaires.<br />

Et, aux Etats-Unis, dans la gran<strong>de</strong> république américaine,<br />

que pense-t-on sur ce point? Voici ce que je lis<br />

dans le rapport sur l'instruction primaire à l'exposition<br />

<strong>de</strong> Phila<strong>de</strong>lphie par M. Buisson :<br />

- « Aux Etats-Unis l'opinion publique est en général tout<br />

a fait opposée au maintien <strong>de</strong>s femmes mariées dans le<br />

personnel scolaire. Il y a même <strong>de</strong>s villes où la question<br />

à été tranchée par <strong>de</strong>s dispositions réglementaires. Ainsi<br />

à New York en 1876. »<br />

« 'Vous pouvez trouver qu'en Saxe, que dans les Etats-<br />

Unis oh est trop exclusif à cet égard : soit ; mais vous le<br />

seriez encore davantage, vous vous engageriez bien plus<br />

loin dans la voie <strong>de</strong> l'intolérance si vous faisiez du célibat<br />

religieux un motif d'exclusion <strong>de</strong>s écoles publiques.<br />

(Trèsbien! très bien! à droite.)<br />

« La <strong>de</strong>uxième raison d'ordre moral mise en avant par<br />

M. le rapporteur, pour fermer les écoles publiques aux<br />

instituteurs et aux institutrices congréganistes, est celleci<br />

: « Ceux-là sont peu propres à former <strong>de</strong>s hommes libres,<br />

à qui le respect <strong>de</strong> la loi n'enlève rien <strong>de</strong> leur dignité<br />

personnelle, et qui se sont liés par <strong>de</strong>s vœux d'humilité<br />

et d'obéissance passive, s<br />

a Je ne fais en vérité pour quoi M. Paul Bert en veut<br />

tant à l'humilité? (Sourires.) 11 y revient dans chacun <strong>de</strong> ses<br />

rapports. L'humilité est pourtant une vertu fondamentale<br />

qui sied à tout le mon<strong>de</strong>, qui est le caractère distinctif<br />

du vrai mérite et <strong>de</strong> la véritable science. Sans doute,<br />

il ne faut pas comprendre l'humilité avec la bassesse, ni<br />

l'obéissance avec la servilité. L'humilité qu'enseignent les<br />

instituteurs et les institutrices congréganistes par leurs<br />

paroles comme par leurs vœux, c'est le «connais-toi toimême<br />

B <strong>de</strong>s Anciens avec la perfection que l'Evangile y<br />

a ajouté; c'est comme le disait un orateur <strong>de</strong> génie, saint<br />

Bernard, c'est la véritable connaissance <strong>de</strong> soi-même. C'est<br />

une appréciation équitable <strong>de</strong> ses défauts, <strong>de</strong> ses faiblesses<br />

dans le but d'y chercher un remè<strong>de</strong>. Et, véritablement,<br />

qu'est-ce que vous trouvez donc <strong>de</strong> dangereux<br />

dans tout cela? (Vifs applaudissements à droite.)<br />

« Si les instituteurs et les institutrices congréganistes<br />

parvenaient à infuser .dans cette société une certaine dose<br />

d'humilité et d'obéissance, serait-ce donc là un si grand<br />

mal? Ne voyez-vous pas que l'orgueil et l'esprit,d'insubordination<br />

sont les <strong>de</strong>ux plaies <strong>de</strong> la société mo<strong>de</strong>rne, que<br />

l'on ne sait plus rien respecter, que l'on ne sait plus<br />

objir à personne?<br />

« Est-ce que l'obéissance et l'humidité empêchent <strong>de</strong><br />

former <strong>de</strong>s hommes libres dont la conscience résiste aux<br />

séductions comme à la peur? Vous savez bien le contraire,<br />

et vous l'avez éprouvé <strong>de</strong>puis quelques années; pour mériter<br />

d'être libre, il faut apprendre à obéir, comme le disait<br />

le plus célèbre <strong>de</strong>s républicains <strong>de</strong> l'ancienne Rome,<br />

Cicéron : « Legum omiies servi sunius ul liberi esse possimus.<br />

» (Très bien! très bien! adroite.)<br />

« illessieurs, je vous <strong>de</strong>man<strong>de</strong> bien pardon <strong>de</strong> tous ces<br />

développements; mais je suis obligé <strong>de</strong> suivre M. le rapporteur<br />

sur le terrain qu'il s'est choisi. (Parlez! parlez !)<br />

« Ceux-là sont peu propres à parler <strong>de</strong> la patrie qui<br />

ont juré d'obéir aveuglément à <strong>de</strong>s chefs étrangers. »<br />

« Voilà bien l'objection que l'on formule d'ordinaire<br />

contre les instituteurs et les institutrices congréganistes;<br />

et j'ai le droit <strong>de</strong> m'en étonner, quand je pense qu'elle<br />

s'adresse à ces frères <strong>de</strong>s écoles chrétiennes qui, en fait<br />

<strong>de</strong> patriotisme, n'ont plus leurs preuves àfaire... (Applaudissements<br />

à droite), eux qui, il y a quelques années, sous<br />

les balles <strong>de</strong> l'ennemi, recueillaient les blessés et ensevelissaient<br />

les morts, forçant ainsi l'admiration et le respect<br />

<strong>de</strong> tous par leur dévouement horo'ique. (Nouveaux applaudissements<br />

sur les mêmes bancs.)<br />

« Mais vous-même, monsieur le rapporteur, il y a quelques<br />

jours, dans un discours que j'ai fort approuvé, vous<br />

avez rendu un hommage public à une religieuse <strong>de</strong><br />

Chàteaudun, à la sœur Jeanne, pour son courage et son<br />

dévouement patriotique en face <strong>de</strong> l'ennemi en 1870.<br />

M. i.E RAPPONTEUN. Et je suis prêt à recommencer !<br />

(t M. FnErpEL. Vous me direz : C'est une exception. Non!<br />

c'est la règle; car ces mêmes sentiments vous les retrouveriez<br />

chez tous les membres <strong>de</strong>s congrégations religieuses.<br />

(Très bien! très bien! et vive adhésion à droite.)<br />

« Maintenant, serrant l'objection <strong>de</strong> plus près et examinons-la<br />

dans son principe. Je commence d'abord par écarter<br />

le mot « aveuglément », qui ne peut être que l'effet<br />

d'une méprise, car la doctrine catholique n'admet pas<br />

l'obéissance aveugle pas plus <strong>de</strong> la part <strong>de</strong>s religieux que<br />

du reste <strong>de</strong>s fidèles. « Que votre obéissance soit raisonnable,<br />

disait saint Pierre.<br />

« Et puis qu'enten<strong>de</strong>z-vous par ces chefs étrangers,<br />

monsieur le rapporteur ? Les chefs <strong>de</strong>s congrégations enseignantes<br />

ne r&i<strong>de</strong>nt pas à l'étranger; ils sont à côté <strong>de</strong><br />

vous ; ils rési<strong>de</strong>nt au milieu <strong>de</strong> vous ; ils <strong>de</strong>meurent rue<br />

Oudinot, rue du Bac, etc. Car je ne suppose pas que vous<br />

vouliez entendre par ce chef étranger le souverain pontife<br />

lui-même. Dans ce cas-là, votre objection passerait par<strong>de</strong>ssus<br />

les chefs <strong>de</strong>s congrégations pour atteindre tous les<br />

catholiques <strong>de</strong> France ; et alors je vous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rais <strong>de</strong><br />

quelle souveraineté vous voulez parler. Est-ce <strong>de</strong> la souveraineté<br />

spirituelle? Le pape, chef spirituel <strong>de</strong> tous les<br />

catholiques, n'est un étranger nulle part. (Très bien ! très<br />

bien! à droite.)<br />

8 Voulez-vous parler <strong>de</strong> la souveraineté temporelle?<br />

Eh bien, pour nous catholiques <strong>français</strong>, le souverain temporel<br />

n'est pas à Rome ; il est en France, dans l'ensemble<br />

<strong>de</strong>s pouvoirs publics... (Interruptions sur divers bancs à<br />

gauche.)<br />

« Je suis bien aise <strong>de</strong> profiter <strong>de</strong> ma présence à la tribune<br />

pour détruire tous ces préjugés. En fait <strong>de</strong> lois civiles<br />

^et temporelles, nous ne connaissons que les lois<br />

<strong>français</strong>es. Voilà notre doctrine. C'est la doctrine qu'enseignent<br />

toutes les congrégations religieuses; autrement l'oji<br />

nierait la distinction <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux puissances; qui est un <strong>de</strong>s<br />

principes fondamentaux du catholicisnne.<br />

« J'espère que, sur ce point, ma réponse vous paraîtra<br />

absolument satisfaisante...<br />

« Eh bien, messieurs, qu'est-ce qu'il reste donc <strong>de</strong>s<br />

imputations dirigées contre les congrégations religieuses?<br />

J'espère qu'il n'en reste rien à vos yeux; et,<br />

cependant, je n'ai pas touché à une <strong>de</strong>rnière raison<br />

d'ordre moral, je vais vous dire pourquoi, non pas que je<br />

sois embarrassé le moins du mon<strong>de</strong> pour la réfuter ; j'ai<br />

là, sous la main, les documents officiels émanés du ministère<br />

<strong>de</strong> la justice; mais j'estime qu'il n'est bon, qu'il<br />

n'est utile, qu'il n'est convenable pour personne, <strong>de</strong> venir<br />

à cette tribune, dresser le bilan comparatif <strong>de</strong> la criminalité<br />

<strong>de</strong>s instituteurs laïques et <strong>de</strong>s instituteurs congréganistes.<br />

Que la presse se livre à ce travail avec plus ou moins<br />

<strong>de</strong> passion, c'est son affaire; mais quand je pense que<br />

ces chiffres, après avoir été portés à la tribune, peuvent<br />

tomber sous les yeux <strong>de</strong>s enfants, j'estime, messieurs,<br />

que le respect dû aux maîtres et aux maîtresses <strong>de</strong> l'une<br />

et <strong>de</strong> l'autre catégorie n'a rien à gagner à ce que la tribune<br />

nationale se fasse sur ce point l'écho <strong>de</strong> la presse.<br />

(Très bien ! très bien ! à droite.)... »<br />

L'orateur laissera donc <strong>de</strong> côté cette question, sauf à y<br />

revenir si la réplique l'amenait sur ce terrain: reprenant<br />

son argumentation au point où il l'avait laissé, il<br />

prévoit une objection.<br />

« Vos raisons peuvent être bonnes, me diront mes<br />

honorables contradicteurs, mais il v a une considération


PARTIE<br />

GÉNÉRALE.<br />

6,5<br />

qui domine tout le reste : En interdisant les écoles publiques<br />

aux instituteurs et aux institutrices congréganistes,<br />

nous déférons, dites-vous, aux vœux <strong>de</strong>s populations,<br />

nous remplissons.la volonté nationale. Yoilà l'argument<br />

que M. le rapporteur a développé tout au long dans<br />

le travail auquel j'ai l'honneur <strong>de</strong> répondre. Comment!<br />

vous le préten<strong>de</strong>z que, vous avez pour vous le vœu <strong>de</strong>s<br />

populations, alors qu'il est <strong>de</strong> notoriété publique que<br />

•chaque fois que vous laïcisez une école et qu'il s'ouvre à<br />

•côté une école libre dirigée par les mêmes maîtres ou les<br />

mômes maîtresses, à l'instant même les parents s'y portent<br />

en foule, <strong>de</strong> telle sorte qu'à Paris comme en province<br />

ces écoles nouvellement créées sont insuffisantes â<br />

contenir les élèves qui s'y pressent <strong>de</strong> toutes parts ! (Dénégation<br />

à gauche. — Très bien! très bien! à droite.)<br />

« Permettez, ici je ne suis plus retenu par <strong>de</strong>s scrupules<br />

<strong>de</strong> délicatesse, je vais faire parler les chiffres. Car<br />

les chiffres sont à cet égard la meilleure <strong>de</strong> toutes les<br />

démonstrations. Je prends donc d'abord le département<br />

<strong>de</strong> la Seine, pour donner l'effectif <strong>de</strong>s écoles avant la<br />

laïcisation et l'effectif <strong>de</strong>s écoles après la laïcisation, et<br />

vous allez voir, par cette simple comparaison, si, comme<br />

vous avez osé le dire, le sentiment populaire est hostile<br />

aux congréganistes. »<br />

M. FKEPPEI. cite une série <strong>de</strong> chiffres statistiques à l'appui<br />

<strong>de</strong> son argumentation, pour les. écoles <strong>de</strong> filles et<br />

pour les écoles <strong>de</strong> garçons à Paris st dans différentes<br />

villes <strong>de</strong>s départements.<br />

L'orateur conclut que <strong>de</strong>vant <strong>de</strong> pareils résultats les<br />

adversaires <strong>de</strong>s congrégations ne peuvent pas prétendre<br />

qu'ils défèrent au vœu <strong>de</strong>s populations.<br />

« Ah ! je sais bien, continue l'orateur, que M. le rai><br />

porteur dans son travail d'ensemble a constaté une diminution<br />

<strong>de</strong> l'élément congréganiste dans les écoles publiques.<br />

Je crois bien avec les écoles que vous laïcisez tous<br />

les jours avec les moyens <strong>de</strong> pression qu'on exerce pour<br />

dépeupler les écoles congréganistes (Exclamations à gauche.<br />

— Vive approbation à droite).<br />

« La raison <strong>de</strong> cette diminution, si diminution il y a,<br />

n'est pas là où on la cherche, dans la libre volonté <strong>de</strong>s<br />

parents, mais dans ce fait notoire, patent, qu'à l'heure<br />

actuelle il n'y a plus un seul fonctionnaire, plus un seul<br />

employé, dépendant <strong>de</strong> l'Etat, du département ou<strong>de</strong>la commune,<br />

que dis-je, pas un manœuvre, pas un balayeur<br />

<strong>de</strong>s rues, qui puisse mettre son enfant dans une école<br />

congréganiste <strong>de</strong> préférence à l'école laïque sans être à<br />

l'instant même dénoncé par les purs et révoqué <strong>de</strong> son<br />

emploi comme clérical, ce qui sous la troisième république<br />

est un crime impardonnable (Nouvelles dénégations<br />

à gauche. — Très bien 1 très bien! à droite).<br />

« Il va sans dire que les chefs <strong>de</strong>s administrations civiles<br />

ne sont pas assez simples ni assez naïfs pour laisser entre<br />

les mains <strong>de</strong> leurs administrés la preuve écrite do leurs<br />

menaces et <strong>de</strong> leurs intimidations, mais ce que je dis là,<br />

tout le mon<strong>de</strong> le sais ; j'en appelle à tous mes collègues <strong>de</strong> la<br />

droite qui sont témoins <strong>de</strong> tout ce qui se passe tous les<br />

jours dans leurs départements. (Oui ! oui ! à droite.)<br />

« Je vais vous en donnw une preuve si vous le désirez.<br />

8 Jusqu'à ces <strong>de</strong>rnières années, les enfants <strong>de</strong> troupe<br />

dont nous parlions hier étaient envoyés indifféremment<br />

soit à <strong>de</strong>s écoles congréganistes, soit à <strong>de</strong>s écoles laïques<br />

; une circulaire d'un ministre <strong>de</strong> la guerre, M. le<br />

général Farre, est venue interdire aux enfants <strong>de</strong> troupe<br />

l'accès <strong>de</strong>s écoles congréganistes.<br />

« M. RANC. Il a bien fait.<br />

« M. FREITEL. Soit. Mais ces agissements <strong>de</strong> l'autorité<br />

militaire ou civile montrent précisément que, s'il y a eu<br />

certaine diminution dans l'ensemble <strong>de</strong>s écoles congréganistes,<br />

il ne faut pas en chercher la raison dans la<br />

volonté libre <strong>de</strong>s parents, mais dans le <strong>de</strong>spotisme <strong>de</strong><br />

ceux qui placent le père <strong>de</strong> famille entre ses préférences<br />

personnelles et le danger <strong>de</strong> perdre son emploi. (Très<br />

bien ! très bien ! à droite.)<br />

« Yous vous récriez, messieurs ; eh bien, il y a un<br />

moyen bien simple <strong>de</strong> me confondre, <strong>de</strong> confondre en<br />

même temps tous mes collègues <strong>de</strong> la droite, c'est <strong>de</strong><br />

consulter les populations. Faites voter les pères et les<br />

mères <strong>de</strong> famille<br />

« Comment I vous osez prétendre que les mères <strong>de</strong><br />

famille n'ont rien à voir dans <strong>l'éducation</strong> <strong>de</strong> leurs enfants<br />

!<br />

« M. GUSTAVE UIVIÎT. iS'ous <strong>de</strong>mandons à donner <strong>de</strong>s<br />

droits aux femmes, parfaitement, mais quand elles seront<br />

instruites.<br />

« M. FREPPEL. Eh bien, messieurs, soit! Yous ne voulez<br />

pas employer ce moyen pourtant si démocratique et<br />

si républicain ; consultez au moins les conseils m.uHicipaux.<br />

(Applaudissements adroite.—Vives ipterruptionsà<br />

gauche et au centre.)<br />

« ...Oui consultez les conseils municipaux sur la question<br />

<strong>de</strong> savoir quelle est la catégorie d'instituteurs quedésirent<br />

les communes. Mais c'est précisément ce quevous<br />

ne voulez pas, et vous ne le voulez pas, parce que<br />

vous savez d'avance que dans la plupart <strong>de</strong>s communes,<br />

les conseillers municipaux, représentants légaux, autorisés<br />

<strong>de</strong>s populations, se prononceraient pour ces dignes<br />

religieuses qui sont entourées <strong>de</strong> l'estime et <strong>de</strong> la confiance<br />

<strong>de</strong> tous. (Applaudissements à droite. — Réclamations<br />

à gauche et à l'extrême gauche.)<br />

« Cette sympathie, si vive, si profon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s populations<br />

pour les congrégations religieuses, vous la constatez<br />

vous-mêmes dans votre rapport. Vous en faites l'aveu à<br />

la page 16 quand vous dites :<br />

«... Or on sait, la pratique le montre chaque jour, combien<br />

le conseil municipal se montre, dans les petites<br />

communes, timoré quand il s'agit, alors même qu'il le<br />

désire, <strong>de</strong> <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r le remplacement <strong>de</strong>s bonnes sœurs<br />

par <strong>de</strong>s institutrices laïques ; et il n'est personne dans<br />

cette Chambre .à qui <strong>de</strong>s maires <strong>de</strong> campagnes, les plus<br />

radicaux du mon<strong>de</strong>, n'aient répondu : « Nous souhaitons<br />

vivement que la loi nous impose la laïcisation <strong>de</strong> l'école,<br />

mais nous ne la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rons pas. »<br />

« Ah ! nous ne la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rons pas ! Vous ne la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rez<br />

pas parce que voiis craignez <strong>de</strong> mécontenter<br />

les populations et <strong>de</strong> ne pas être réélus. (Très bien ! très<br />

bien ! à droite.)<br />

« Vous ne la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rez pas, parce que vous êtes sûrs<br />

d'avance <strong>de</strong> heurter l'opinion publique. Ces maires <strong>de</strong><br />

campagnes, « les plus radicaux du mon<strong>de</strong> », sont vraiment<br />

charmants. (On rit.) Ils ne <strong>de</strong>man<strong>de</strong>nt pas mieux<br />

que <strong>de</strong> rejeter sur les épaules <strong>de</strong>s députés une mesm-e<br />

dont ils redoutent les conséquences pour eux-mêmes.<br />

(Très bien ! très bien ! à droite.)<br />

« Si ce raisonnement ne brille pas par la fierté, il se<br />

recomman<strong>de</strong> à tout le moins par un caractère <strong>de</strong> pru<strong>de</strong>nce<br />

auquel il serait injuste <strong>de</strong> ne pas rendre hommage.<br />

(Très bien ! rires à. droite.)<br />

« Ils n'oublient qu'une chose, « ces maires <strong>de</strong> campagne,<br />

les plus radicaux du mon<strong>de</strong> t, quand ils veulent se<br />

décharger ainsi sur la Chambre <strong>de</strong>s députés d'une mesure<br />

odieuse, c'est que vous aussi, vous êtes soumis à la<br />

réélection ; et que les flots du suffrage universel sont<br />

aussi changeants que les flots <strong>de</strong> la mer.<br />

« Yoilà pourquoi ils veulent nous renvoyer à nous, la<br />

responsabilité <strong>de</strong> cette mesure <strong>de</strong> proscription et d'intolérance.<br />

(Très bien ! à droite.)<br />

c Oui, mesure <strong>de</strong> proscription et d'intolérance, voila<br />

le caractère <strong>de</strong> l'article 16, et c'est pourquoi j'espère que<br />

la Chambre le repoussera, pour maintenir dans les écoles<br />

publiques entre e personnel laïque et le personnel congréganiste,<br />

une émulation qui ne peut que profiter au<br />

développement et au progrès <strong>de</strong> l'instruction primaire....<br />

(Vif assentiment à droite), car l'expérience a démontré<br />

que cette concurrence est fécon<strong>de</strong> et que partout où les<br />

<strong>de</strong>ux catégories d'écoles se trouvent en présence l'une <strong>de</strong><br />

l'autre, chacune en retire son gain.<br />

« En effet, on s'observe davantage sous le coup d'une<br />

comparaison toujours possible. C'est à qui l'emportera sur<br />

son rival dans les examens et dans les concours. Les uns<br />

stimulent les autres pour la partie scientifique; ceux-ci<br />

empêchent ceux-là <strong>de</strong> se relâcher pour la disciplme<br />

matérielle et morale. Tous bénéficient d'un voisinage qui<br />

ne nuit à personne. Voilà l'avantage <strong>de</strong> cette présence<br />

simultanée, <strong>de</strong> ce concours parallèle <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux personnels,<br />

laïque et congréganiste dans les écoles publiques. (Très<br />

bien I très bien ! à droite.)<br />

« Si donc, messieurs, vous vous laissiez entramer a<br />

une exclusion systématique que rien ne justifie, vous<br />

montreriez par là même que ce n'est pas l'intérêt <strong>de</strong><br />

l'instruction primaire qui vous inspire, mais un motif<br />

d'hostilité contre la religion... (Très bien! très bien! à<br />

droite.) Yous ne feriez absolument que poursuivre cette<br />

campagne à outrance contre l'Eglise ([ui n'a rapporté<br />

jusqu'ici à la Républi(iue ni honneur ni profit.


MANUEL aENÉRAL DE L'INSTRDGTION<br />

PRIMAIRE.<br />

«.ai honneur, ear il n'y a ;pas d'iioameur à oppiumer<br />

Sesifaibles....<br />

« Ni profit, car v®«s amoiiateissez ainsii<strong>de</strong>s forces idont<br />

TOUS pourrez avoir gran<strong>de</strong>meat iesoin dans l'avenir.<br />

« ae dis plus ; à la veille <strong>de</strong>s élections municipales,,<br />

vous feriez en acte soBveraxaenient impru<strong>de</strong>nt et impnlitique,<br />

car lorsqu'on saura daîssle pays qu'il y aura une<br />

époque fixe, déterminée., où les mères <strong>de</strong> famiile <strong>de</strong>vront<br />

reeoadulre aux frontières du ïillage ces saintes lilles<br />

qui ont élevé leurs enfants, qui les ont élevées ellesmêmes.,<br />

qui ont visité, secouru, soulagé leurs mala<strong>de</strong>s;<br />

quand «on saura d'avance que <strong>de</strong> pareilles scènes se<br />

renouvelleront sur tous les points da territoire <strong>français</strong>,<br />

eh. bien ! je ne crains pas <strong>de</strong> le dire, La simple annonce<br />

d'une pareille mes,ure causera une vive inquiétu<strong>de</strong> dans<br />

le pays et aura un retentissement plus profond que vous<br />

ne le pensez. (Très bien ! très bien ! à droite.)<br />

« Enfin, messieurs — c'est par là que je termine —<br />

«st-ce bien un article tel que l'article 16, par un article<br />

qui froissera au plus haut <strong>de</strong>gré tous les catholiques <strong>de</strong><br />

France, est-ce bien un pareil article qui convient à cette<br />

majorité, â cette Chambre, <strong>de</strong> répondre au langage, si<br />

conciliant, si modéré, que faisait entendre, hier encore^<br />

le souverain pontife? Vos journaux ont tous applaudi,<br />

vous avez applaudi vous-même à cette parole si pleinei <strong>de</strong><br />

mesure et <strong>de</strong> réserve. Eh bien, qu'est-ce que vous allez<br />

répondre à l'encyclique du Saint-Père2...<br />

« Vous allez lui répondre en expulsant <strong>de</strong>s écoles publiques.<br />

toutes les congrégations religieuses. Eli bien ! si<br />

c'est là toute la réponse que vous avez à faire à l'encyclique<br />

du saint père, iaites-la ! Mais le mon<strong>de</strong> entier saura<br />

qu'à <strong>de</strong>s avances vous avez répondu par <strong>de</strong>s provocations,<br />

qu'à une parole.<strong>de</strong> paix vous avez répondu par un cri <strong>de</strong><br />

guerre ; vous en aurez toute la responsabilité. (Applaudissements<br />

répétés à droite. — L'orateur, en retournant à<br />

son banc, est félicité par ses collègues <strong>de</strong> la droite.)' s<br />

M. LE RAPPORTEUR dit qu'ii répondra très brièvement aux<br />

observations fort modérées qui viennent d'être faites à<br />

rencontre <strong>de</strong> l'article proposé par la commission.<br />

•« S'il est une question sur laquelle presque tous les<br />

membres <strong>de</strong> la majorité républicaine se soient montrés<br />

d'accord aux élections <strong>de</strong>rnières; s'il est une question<br />

d'ont la solution, avec <strong>de</strong>s tempéraments divers, qui sont<br />

du reste indiqués dans notre projet <strong>de</strong> loi,, ait été unanimement<br />

reconnue, unaniment proclamée et inscrite même<br />

dans les programmes électoraux sur lesquels a voté la<br />

France-qui nous a envoyés ici, c'est la question <strong>de</strong> la laïcisation,—<br />

permettez-moi cette expression bien mauvaise<br />

et bien dure, mais qui est <strong>de</strong>venue monnaie courante,—<br />

<strong>de</strong> là laïcisation <strong>de</strong>s écoles publiques.<br />

« M. l'évêque d'Angers a eu raison d'intervenir, et personne<br />

ne s'est étonné <strong>de</strong> son intervention en cette mafiére,<br />

car c'est bien une question-qui regar<strong>de</strong> exclusivepientrEgli^ç<br />

çatholique en tant qu'Eglise, et non pas en<br />

tant que religion.<br />

(( Il n'est pas étonnant qu'un haut dignitaire <strong>de</strong> l'Eglise<br />

soit venu s'opposer à l'exécution d'une partie — la pins<br />

importante peut-être du programme <strong>de</strong> la Révolution<br />

<strong>français</strong>e. (Exclamations à droite.)<br />

,(< Malgré les quelques sourires d'étonnement qui ont<br />

accueilli son discours au moment où il se réclamait <strong>de</strong><br />

la « Déclaration <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong> l'homme », personne n'a<br />

trouvé inopportune son intervention, et tout le mon<strong>de</strong> en<br />

a compris l'importance. Il s'agit, en etfet, d'une disposition<br />

qui peut être considérée comme la clef <strong>de</strong> voûte <strong>de</strong> la loi<br />

que nous vous soumettons.<br />

« C'est la plus importante <strong>de</strong> toutes, non point parce<br />

qu'elle va changer considérablement et immédiatement la<br />

composition du personnel, non point parce qu'elle est, à<br />

ce qu'on dit, à ce qu'on annonce, à ce qu'on prédit, <strong>de</strong><br />

naturp à susciter les passions publiques, mais parce<br />

qu'elle est un nouveau pas en avaut, et l'un <strong>de</strong>s plus considérables<br />

qu'aura faits la Chambre et qu'auront taits nos<br />

prédécesseurs vers cette séparation, qui, tous les jours, fait<br />

iin progrès nouveau, <strong>de</strong>s églises et <strong>de</strong> l'Etat.... (Très<br />

bien! très bien! à gauche.)... vers cette sécularisation<br />

<strong>de</strong>s services publics que, il y a un millier d'années, l'Egliso<br />

détenait à peu près tous, et qui successivement lui ont<br />

été enlevés.<br />

« Elle a perdu et la judicature et l'administration et<br />

maints autres services qui dépendaient d'elle quand ils<br />

n'étaient pas directement et immédiatement entre ses<br />

mains. Il ne lui reste plus aujourd'iiui qu'un seul do ces<br />

services laïques : c'est, pour partie au moins, le service<br />

<strong>de</strong> l'instruction publique. Vous ou vos prédécesseurs —<br />

mais la plupart d'entre vous se sont associés à ces votes<br />

vous avez déjà décidé <strong>de</strong> lui arracher, poiu- partie, ce <strong>de</strong>rnier<br />

reste <strong>de</strong> sa puissance ancienne ; vous lui avez enlevé<br />

l'enseignement lui-même, et vous avez décidé logiquement<br />

que, l'enseignement religieux disparaissant du programme<br />

<strong>de</strong>s écoles publiques, le prêtre ne <strong>de</strong>vait plus intervenir<br />

dans cet enseignement; vous avez abrogé les articles <strong>de</strong>s<br />

lois anciennes qui en faisaient un supérieur, un inspecteur<br />

<strong>de</strong> l'instituteur laïque. (Très bien! très bien!: à.<br />

gauche.)<br />

« Eh bien, cette œuvre, — on nous l'a fait remarquer<br />

à ce moment et beaucoup d'entre nous l'ont bien senti, —<br />

cette œuvre était incomplète, insuffisante, arrêtée à michemin.<br />

Par le fait seul que vous enleviez l'enseignement<br />

religieux <strong>de</strong>s écoles publiques, par le l'ait seul que vous<br />

décidiez que le prêtre n'aurait plus entrée dans l'école^<br />

à aucun litre, vous décidiez ipso facto que ce prêtre ou<br />

ceux qui ont à un certain <strong>de</strong>gré le caractère <strong>de</strong> prêtre...,<br />

(Interruptions à droite), ne pourraient plus enseigner dansl'école,<br />

ei. que la sécularisation du programme entraînaiÈ<br />

par .une conséquence logique et fatale la laïcisation dtii<br />

personnel. (Applaudissements à gauche.)<br />

« C'est là la raison fondamentale.<br />

« Je ne veux pas suivre l'honorable préopinant dans le<br />

détail <strong>de</strong>s critiques qu'il a élevées contre les raisons secondaires<br />

que j'ai fait valoir à l'appui <strong>de</strong> la proposition<br />

qui vous est soumise ; cela nous mènerait trop loin, il<br />

nous suffit <strong>de</strong> nous placer en présence <strong>de</strong> ce fait inéluctable<br />

: que nécessairement et le plus rapi<strong>de</strong>ment possible,<br />

il convient <strong>de</strong> séculariser tous les services <strong>de</strong> l'Etat.,<br />

(Très bien ! très bien !)<br />

8 C'est cette pensée qui nous a dirigés et guidés ; mais<br />

on interpréterait bien mal et votre sentiment et notre<br />

acte législatif, si l'on disait, comme l'a fait tout à l'iieurei<br />

M. Ereppel, que nous déclarons ainsi la guerre à l'Eglise<br />

et surtout que nous déclarons la guerre à la religion.<br />

(Exclamations ironiques à droite.)<br />

ΠNous n'attaquons pas l'Eglise, puisque nous laissons'<br />

l'Eglise et les hommes d'Eglise maîtres chez eux ; [nous^<br />

n'attaquons^ pas la religion; càr je ne sache pas que nous<br />

ayons dit dans notre projet dfe l'oi qu'il-faudrait faire<br />

jiroléssion <strong>de</strong> n'être pas catholique pour pouvoir enseigner<br />

dans une école publique. (Interruptions à droite.)<br />

« Nous avons dit que ce.... — j'hésit'e à employer la<br />

quaUflcaiion dë prêlre, car ce-n'est pas un prêtre proprement<br />

dit....<br />

« Nous avons dit que ce congréganiste, qui a fait un<br />

certain nombre <strong>de</strong> vœuï que nous connaissons tous et<br />

qui, évi<strong>de</strong>mment, s'est ainsi mis en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> la situation<br />

commune à tous les citoyens que cet homme qui s'est mis<br />

par le vœu d'obéissance entre autres' — je ne relève que<br />

celui-là — en lutte avec la loi civile, toutes les fois qu'il<br />

pense que celte loi civile est en contradiction avec les-ordres<br />

<strong>de</strong> ses chefs nous avons décidé qu'il n'entrerait plus<br />

dans l'école à titre <strong>de</strong> professeur, qu'il n'enseignerait<br />

plus.<br />

« Mais il ne faut pas nous dire que nous avons portéatteinte<br />

à la liberté <strong>de</strong> conscience.... (Interruptions à<br />

droite), et ([ue nous avons déclaré que désormais les<br />

fidèles ne pourraient plus être instituteurs, iNous ne nousoccupons<br />

pas <strong>de</strong> la caractéristique religieuse <strong>de</strong>s fonctionnaires<br />

<strong>de</strong> l'Etat; c'est là ce qu'exprime cette sécularisation<br />

qu'on ne veut pas comprendre. Elle consiste à dire que<br />

lorsqu'il s'agit d'une fonction <strong>de</strong> l'Etat, lorsqu'il s'agit <strong>de</strong><br />

droit public, nous ne connaissons pas la classification religieuse,<br />

lâ confession religieuse do nos concitoyens.<br />

(Très hien l très bieni à gauclio.)<br />

M. LE coM-TEDE MAII.LÉ. Mais si, puisque vous les excluez!<br />

« M. LE RAPPonTEUR. Kous ne les excluons à aucun<br />

<strong>de</strong>gré en tant que catholiques ; nous les excluons en tant<br />

que religieux, c'est-à-dire pris dans les liens d'une disciphne<br />

particulière.<br />

« Avons-nous raison <strong>de</strong> le iaire? C'est une autre question.<br />

Vous voyez combien j'évite tout ce qui peut irriter<br />

les passions et susciter <strong>de</strong>s protestations violentes. Vousne<br />

pouvez pas nier que nous ne faisons pas <strong>de</strong> la laïcisation<br />

<strong>de</strong>s écoles une question religieuse : c'est une aues-


PARTIE GÉNÉRlLE. W:<br />

lion d'un tout' autre ordre, une question <strong>de</strong> discipline<br />

générale. (Très bien I très Ijien! à gauclle. — Réclamations<br />

à droite).<br />

« Vous dites que nous avons tort; vous soutenez que<br />

les griefs que nous avons soulevés contre les instituteurs<br />

et les institutrices congrôganistes ne sont pas fondés ;<br />

vous avez discuté avec soin'les allégationis contenues dans<br />

mon rapport. Eh Ijien, quoi que j'aie dit que je ne vous<br />

suivrais pas dans tous les détails <strong>de</strong> votre argumentation,<br />

il ne'm'e paraîtras possible <strong>de</strong> laisser saris réponse cette<br />

affirrriation vraiment un peu extraordinaire, quëlés cnets<br />

dél'Université rencontrent'parmi leurs subordonnés d'ordre<br />

religieiix la mêine docilité, la même soumission, non seulement<br />

aux lois générales du pays, mais aux décrets et<br />

arrêtés interprétatif qu'a rendus l'autorité compétente.<br />

a En'vérité, il nsus est bien difficile d'élever affirmation<br />

contre affirmation. Vous dites que oui ; nous pourrions,<br />

en invoquant notre expérien<strong>de</strong>, répondre que non; ces<br />

affirmations personnelles contradictoires ne porteraient<br />

la conviction dans l'esprit <strong>de</strong> personne.<br />

« Prenons l'avis d'hommes extrêmement môdérés, auxquels<br />

est confiée l'inspection da nos écoles et qui, tous<br />

les ans, ren<strong>de</strong>nt compte à leurs chefs universitaires <strong>de</strong><br />

ce qu'ils ont observé ; consultons las rapports d'inspection<br />

générale; nous constatons ^ue tous sont d'accord pour<br />

montrer que sur tous les points du territoire ils trouvent<br />

auprès <strong>de</strong>s congxéganistës dès difficultés singulières, et<br />

que rinsjîecteur n'est oibéi que lorsque le visiteur a<br />

trouvé qu'il avait raison.<br />

c( Voilà ce dont dis témoignent tous, et j'en ai quantité<br />

<strong>de</strong> preuves empruntées à cettè source dont oa nè peut<br />

récuser l'importance èt l'autorité. i><br />

M. PAUL HEUT cite à l'appui dé sa thèse un passage tiré<br />

d'un rapport d'inspection, générale fait en 1881 sur les<br />

académies <strong>de</strong> Clermont et <strong>de</strong> Lyon. .<br />

_


iOO<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

la bonne voie et que nous marchons bien directement<br />

vers l'exécution complète du programme <strong>de</strong> la Révolution<br />

<strong>français</strong>e. (Applaudissements à gauche.) »<br />

M. FEBDISAND BOÏER prend la parole après M. l'évêque<br />

d'Angers, parce que la question, suivant lui, n'intéresse<br />

pas seulement les évêfjnes et les prêtres, mais bien tous<br />

les hommes qui ont au fond du cœur quelques principes<br />

religieux.<br />

Suivant une expression aussi spirituelle que juste, la<br />

laïcisation consiste à laïciser le laïque, — bientôt, le<br />

maître d'école qui sera soupçonné d'avoir <strong>de</strong>s convictions<br />

religieuses sera proscrit comme un danger.<strong>de</strong> l'école publique.<br />

Et, lorsqu'on aura fait le vi<strong>de</strong> dans les écoles publiques,<br />

on arrivera aux écoles privées. « Il faut en effet<br />

être logique : si affirmer ou laisser paraître <strong>de</strong>s idées<br />

chrétiennes dans l'école est un danger, il faut aussi<br />

proscrire un pareil maître <strong>de</strong>s écoles privées Sans cela,<br />

nous verrons reparaître le fantôme, si habilement exploité,<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux France : la France chrétienne et la France qui<br />

ne croit pas. D<br />

L'orateur n'admet pas les griefs articulés par M. Paul<br />

Bert ; si tous ces griefs étaient vrais, on ne s'expliquerait<br />

vraiment pas que <strong>de</strong>s récompenses nombreuses, — <strong>de</strong>s<br />

médailles, <strong>de</strong>s décorations mêmes, — aient été données<br />

aux frères <strong>de</strong>s écoles chrétiennes, aux sœurs <strong>de</strong> Saint-<br />

A'incent <strong>de</strong> Paul et aux autres ordres enseignants. (Très<br />

bien ! très bien ! à droite.) Il faut oublier <strong>de</strong>s reproches<br />

qui ne sont ici mis en avant que pour faire passer ce que<br />

l'orateur n'hésite point à appeler, avec la permission <strong>de</strong><br />

son auteur, une mauvaise proposilion.<br />

La laïcité du- personnel est le <strong>de</strong>rnier terme <strong>de</strong>s propositions<br />

<strong>de</strong> M. Paul Bert.<br />

d Yous savez tous, dit M. Ferdinand Boyer, — ceux qui<br />

étaient avec moi à l'assemblée nationale ou à la Chambre,<br />

<strong>de</strong>puis le commencement <strong>de</strong> ces discussions, peuvent se<br />

le rappeler, — comment les choses se sont passées.<br />

M. Paul Bert avait rédigé un vaste projet comprenant à la<br />

fois 1 obligation, la laïcité complète et la gratuité. Le ministre<strong>de</strong><br />

l'instruction publique, l'honorable M. Jules Ferry,<br />

ne voulut pas aller aussi vite ; quelles que fussent ses symjathies<br />

pour <strong>de</strong> pareilles nouveautés, il fut effrayé <strong>de</strong> la<br />

lardiesse <strong>de</strong> M. Paul Bert. Le projet d'ensemble fut retiré,<br />

et l'on nous présenta à la place une série <strong>de</strong> propositions,<br />

on eut recours à ce qu'avec infiniment d'esprit l'honorable<br />

M. Paul Bert a appelé t le système diviseur ». On vous<br />

disait alors : Votez d'abord la gratuité, ceci n'engage à<br />

rien <strong>de</strong> plus; vous pourrez toujours repousser plus tard<br />

l'obligation. Et vous avez voté la gratuité, puis l'obligation<br />

et la laïcité <strong>de</strong>s programmes. Cela, messieurs, c'est<br />

l'engrenage : le doigt, le bras, la tête, tout le corps y a<br />

passé. « Achevez votre œuvre, vous dit-on aujourd'hui. »<br />

Je vous <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, moi, <strong>de</strong> vous arrêter : l'œuvre est mauvaise.<br />

prendre<br />

que M. Ferry est réfuté par lui-même et avec lui<br />

le cabinet dont il est le chef. Et puisqu'il a cité Mi-afbeau,<br />

il me sera bien permis <strong>de</strong> lui rappeler cette paiDl®<br />

du grand orateur : « Je ne <strong>de</strong>man<strong>de</strong> pas aux hommes<br />

d'être <strong>de</strong> mon opinion; je leur <strong>de</strong>man<strong>de</strong> d'être <strong>de</strong> la leur, s<br />

r< Aujourd'hui, ce sontnOn seulemeni les congrégal^ns<br />

autorisées que l'on veut exclure <strong>de</strong> l'enseignement, mais<br />

les congrégations autorisées et le clergé séculier.


PARTIE GÉNÉRALE. 81<br />

« Est-il possible d'opposer aux congrégations autorisées<br />

les arguments, même mauvais, qu'on faisait valoir<br />

contre les congrégations non autorisées? l'eut-on dire<br />

aux congrégations autorisées, aux prêtres, comme on le<br />

disait aux congrégations non autorisées et aux jésuites,<br />

vous êtes dans la main <strong>de</strong> vos supérieurs, -perin<strong>de</strong> ac cadaver?<br />

Non, messieurs! non seulement ces religieux sont<br />

Français, mais ils sont autorisés. Tous lés|^rétextes anciens<br />

ont disparu.<br />

« Vous trouviez bon en 1879 <strong>de</strong> ne pas proscrire le<br />

prêtre qui, comme le disait Mirabeau, est «un officier <strong>de</strong><br />

« morale »; vous ne pouvez pas aujourd'hui proscrire <strong>de</strong>s<br />

congrégations enseignantes d'hommes et <strong>de</strong> femmes qui<br />

se sont soumis à l'autorité, qui ont présenté leurs statuts<br />

au conseil d'Etat et qui ont été autorisés à rési<strong>de</strong>r en<br />

France à l'état d'ordre religieux. Ces hommes sont citoyens<br />

<strong>français</strong> comme nous tous, ils sont en règle avec<br />

la loi.<br />

« En vertu <strong>de</strong> cette autorisation qui leur a été accordée<br />

ils se sont <strong>de</strong>stinés à une carrière, ils ont embrassé une<br />

profession qui doit leur donner ies moyens d'existence.<br />

Et maintenant, par une fantaisie du législateur, on les<br />

chasse, on leur enlève, il le faut dire, leur gagne-pain, on<br />

leur interdit l'enseignement dans les écoles publiques. On<br />

dira qu'il leur reste les écoles libres; mais vous savez<br />

bien que les écoles publiques sont les plus nombreuses en<br />

France, et que les écoles libres ne peuvent être établies<br />

et vivre que dans quelques gran<strong>de</strong>s villes. Vous créeriez<br />

ainsi une indignité légale nouvelle, et vous méconnaîtriez<br />

absolument les droits acquis.<br />

« Laissez-moi rappeler un exemple, qui est la condamnation<br />

<strong>de</strong>là loi nouvelle. Dans la loi relative aux brevets <strong>de</strong><br />

capacité, vous avez fait une distinction; vous avez exigé le<br />

brevet <strong>de</strong> tous les instituteurs et institutrices, mais vous<br />

avez laissé en possession <strong>de</strong> leur qualité d'instituteurs<br />

ceux qui exerçaient <strong>de</strong>puis un certain temps. Yous avez<br />

donc respecté les droits acquis. On vous propose aujourd'hui<br />

<strong>de</strong> faire un Ipas <strong>de</strong> plus dans la voie <strong>de</strong> l'illégalité,<br />

<strong>de</strong> méconnaître <strong>de</strong>s situations anciennes et légales, <strong>de</strong><br />

véritables droits acquis, <strong>de</strong> proscrire <strong>de</strong>s citoyens, <strong>de</strong>s<br />

Français qui sont soumis aux lois. Faut-il rappeler les<br />

chefs d'ordre : saint Vincent <strong>de</strong> Paul et le bienheureux<br />

La Salle ? C'est impossible !<br />

L'orateur espère que la Chambre, après avoir réfléchi,<br />

n'hésitera pas à repousser l'article 16 qui n'est pas digne<br />

<strong>de</strong> figurer dans une loi <strong>français</strong>e.<br />

Par 370 voix contre 155, sur 503 votants, la Chambre<br />

adopte l'article 16.<br />

La suite <strong>de</strong> la discussion est renvoyée à jeudi.<br />

QUESTIONS<br />

ADMINISTMTIYES<br />

LA SUITE DE LA DISCUSSION SUR LES TRAI-<br />

TEMENTS ET LA NOMINATION<br />

TEURS.<br />

DES INSTITU-<br />

Pour que nos lecteurs comprennent bien comment<br />

la commission du budget et le gouvernement,<br />

représenté non seulement par le ministre <strong>de</strong>s<br />

finances, mais par le ministre <strong>de</strong> l'instruction publique<br />

et par M. Jules Ferry lui-même, ont pu être<br />

amenés à prendre les résolutions que signalent les<br />

débats parlementaires dont nous venons <strong>de</strong> donner<br />

le compte rendu, il convient que nous reprenions<br />

d'un peu loin les choses.<br />

Le 11 février, en prévision <strong>de</strong>s difficultés budgétaires<br />

qui ne menaçaient que trop le projet <strong>de</strong> loi<br />

sur l'instruction primaire, M. Paul Bert a présenté à<br />

la Chambre un rapport, supplémentaire au nom <strong>de</strong> la<br />

commission, rapport exclusivement consacré à indiquer<br />

les conséquences financières du projet <strong>de</strong> loi.<br />

Nous reproduisons ici la partie la plus importante<br />

<strong>de</strong> ce document.<br />

« La situation individuelle <strong>de</strong> chacun <strong>de</strong> nos 92 752 instituteurs,<br />

dit M. Paul Bert, au point <strong>de</strong> vue du traitement<br />

actuel et <strong>de</strong> la durée <strong>de</strong>s services, a été jelevée exactement,<br />

ce qui permet <strong>de</strong> savoir juste, pour chacun d'eux,<br />

ce que coûterait l'application <strong>de</strong> la loi actuellç.<br />

« Or, en plaçant,, comme le veut l'article 40, chaque instituteur<br />

dans la classe immédiatement supérieure à celle<br />

à laquelle lui donnerait droit son traitement actuel, on<br />

arrive à une augmentation <strong>de</strong> 19 millions (19 284200 fr.).<br />

« Cette classification nouvelle a pour effet d'augmenter<br />

le traitement <strong>de</strong> chaque instituteur d'une somme qui varie<br />

(l'écart <strong>de</strong>s classes étant <strong>de</strong> 300 fr.) <strong>de</strong> 299 fr. à 1 fr. Nous<br />

avons pensé qu'il convenait <strong>de</strong> permettre à l'autorité universitaire<br />

<strong>de</strong> faire un peu plus pour <strong>de</strong> vieux serviteurs à<br />


82 MANUEL GÉNÉRAL M. L'.IN;$TRÏÏGTION PRIMAIRE.<br />

pcernièiîiî nous; a^ons à ; ojputer.,ijjpç d^penpe; dç<br />

•l inill.ion ij.e fraws, env;ii;pi^.<br />

a L'article 9 sUr les éooigs malemrelles.ua dpit,.. d'après<br />

W perisfeîghements venus du- ministère, entnainep- qa'àuç<br />

•dépense ipsigniliante.<br />

k Les autres cônse'imënces financières <strong>de</strong> la loi sont peu<br />

importuntçs. Nous créons un? plaçe d'inspectrice, primaire<br />

par dièRartement; c'est unç dépense maximum <strong>de</strong> i à<br />

aOO 000 fr. ; en out^e, le, nombre <strong>de</strong>s inspecteurs primaires<br />

doit être augmenté. Mais les prescriptions; <strong>de</strong> l'article 89<br />

dominent l'exécution. En inscrivant encore, pour la première<br />

année, une somme <strong>de</strong> 500000 fr. pour tout ce qui<br />

regar<strong>de</strong> l'inspection, ftons faisons largemeiit la part du<br />

néc,ç.ssa,ife.,<br />

« La création <strong>de</strong>s directions départementales i|i'enti-aîçe<br />

aucune charge nouvelle, puisque ces fonctions sont actuellement<br />

remplies par les inspecteurs d'académie. Mais peutêtre<br />

le ministre <strong>de</strong> l'instruction publiijue jugera-t-il bon<br />

d'organiser <strong>de</strong> nouvelles inspections <strong>de</strong> l'enseignement<br />

secondaire, remplaçant avec avantage celles qu'accomplissent<br />

maintenant lés inspecteurs d'académie.<br />

« Il peut y avoir là une dépense <strong>de</strong> 500 000 fr. à 400 000 fr.<br />

Mais elle ne présente aucune urgence, surtout au regard<br />

du <strong>de</strong>uxième paragraphe <strong>de</strong> l'article 59 et, d'ailleurs, ne<br />

ressort pas directement et nécessairement <strong>de</strong> notre loi.<br />

« En résumé, l'addition <strong>de</strong> toutes les dépenses nouvelles<br />

accessoires à la dépense principale <strong>de</strong> Î2 millions<br />

donne une somme totale <strong>de</strong> 25 millions au ]>lus. »<br />

Voilà pour la dépense immédiate; mais cette dépense<br />

ira en augmentant chaque année. M. Paul Bert<br />

a calculé quelle serait la dépense maxima lorsque la<br />

réforme aurait été entièrement réalisée. II arrive à<br />

•il raillions pour le traitement <strong>de</strong>s instituteurs et à<br />

9 millions pour les services accessoires, soit au total<br />

30 millions. M. Paul Bert estime que la pério<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

réalisation complète sera comprise entre dix ans et<br />

dix-huit ans.<br />

« Maintenant, ditril en terminant, commeut l'aire face<br />

à cette augmentation <strong>de</strong>s dépen<strong>de</strong>s'? Les ressources du<br />

budget le permettent-elles'? Faudra-t-il créer <strong>de</strong>s ressources<br />

nouvelles? Votre commission a dû se poser ces<br />

•questions et envisager divers systèmes. Mais il ne lui<br />

appartient pas <strong>de</strong> vous faire <strong>de</strong> proposition <strong>de</strong> cet ordre.<br />

• C'est affaire à régler entre le' gouvernement et vos commissions<br />

<strong>de</strong> budget. »<br />

La commission du budget s'est, en effet, préoccupée,<br />

elle aussi, <strong>de</strong>s conséqnences fmancières du<br />

projet <strong>de</strong> loi <strong>de</strong> M. Paul Bert et, le len<strong>de</strong>main même<br />

du jour où M. Paul Bert présentait son rapport supplémentaire,<br />

M. iules Roche en lisait un attire sur le<br />

même sujet à celte commission.<br />

Dans ce rapport, M. Jules Roche exarnine d'abord<br />

quelle augmentation le budget actuel <strong>de</strong> l'instruclion<br />

primaire <strong>de</strong>vrait subir naturellement en raison <strong>de</strong>s<br />

créations nouvelles déjà prévues par la législation<br />

existante et sans s'occuper <strong>de</strong> la loi complémentaire<br />

en préparation.<br />

Dans cette hypothèse, le budget <strong>de</strong> l'instruction<br />

primaire, qui est actuellement <strong>de</strong> 95 millions, arriverait,<br />

suivant lui, au chilfre <strong>de</strong> 130 millions, rien<br />

que par l'application progressive <strong>de</strong>s lois existantes.<br />

Si l'on considère maintenant l'effet <strong>de</strong> la loi Paul<br />

Bert sur l'élévation du traitement <strong>de</strong>s instituteurs<br />

et les mesures correspondantes, Jl. -Iules Hoche<br />

calcule que, suivant au'on appliquera cette loi par-<br />

:t^elleraeut o,utQtalçrQenl., Iç; ^uppl/jipçoA ,<strong>de</strong>;4éfiepses<br />

sera <strong>de</strong> I75 OM <strong>de</strong> i06 TOIIIIOIIS.<br />

•I|I en résulte que, si' I'OM cpmibi'ne ces <strong>de</strong>ux' causes<br />

'd\'vtjgwfental:io.n, celle , tire^e dje la lé'^i?lai;^ç!n. ; ç,X|îs-<br />

. tante et celle ré.suUa,nt dç ^ loi coBiplémentaw en<br />

préparatiom, le budget <strong>de</strong> l'instruction primaire va-<br />

riera entre 202 et 253 millions.<br />

Comcne on le voit, il j a unénornae çwt entrç les<br />

conclusions <strong>de</strong>s .<strong>de</strong>ux rapporteurs.<br />

D'autre part, à la date du 1.4 février, avait lieu un<br />

conseil <strong>de</strong>s ministres, dont le journal le Temps a<br />

donné en ces ternies le compte rendu :<br />

14 février. — Les ministres se sont réunis ce malin en<br />

conseil <strong>de</strong> cabinet, sous la prési<strong>de</strong>nce <strong>de</strong> M. Jules Ferry,<br />

au ministère <strong>de</strong>s affaires élrangères.<br />

•La séance, qui a été fort longue, tio s'çst terminée qu'à<br />

midi; elle a été presque exclusivement GQflsapvée à la<br />

discussion <strong>de</strong>s questions que soulève la préparation du<br />

budget <strong>de</strong> 1883....<br />

D'une manière générale, le gouvernement a résolu<br />

d'écarter toute dépense nouvelle et, par suite, d'ajourner<br />

tout projet <strong>de</strong> loi qui entraînerait en 1885 <strong>de</strong> nouvelles<br />

charges pour le Trésor.<br />

Enfin, le même jour, le'prési<strong>de</strong>nt du conseil, M. Jules<br />

Ferry, le ministre .<strong>de</strong>s finances, M. ïirard, et le ministre<br />

<strong>de</strong> l'instruction publique, M. Fallières, avaient<br />

une entrevue avec la commission du budget, et il y<br />

était pris <strong>de</strong>s résolutions fort importantes : c'est encore<br />

au Temps que nous emprunterons, à quelques<br />

mots près, le résumé <strong>de</strong> cette entrevue.<br />

n II s'agissait, dit ce journal, <strong>de</strong> déterminer à l'ai<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

quelles ressources on ferait face aux dépenses nouvelles<br />

et considér^iles qu'entraînerait l'application <strong>de</strong> la loi<br />

complémentaire sur l'pqseignement prin(ia|re, si l'çin çe<br />

f^écidait à en <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r le vote aux Chambres.<br />

a ÎN'ous avons donné ici même, il y a pliisieurs jours, le<br />

chiffre exact <strong>de</strong> ces dépenses. I)ès 1885, il y Èjurait 55 millions,<br />

peut-être 30 millions <strong>de</strong> dépenses nouvelles, et le<br />

budget <strong>de</strong> l'instruction primaire, qui est actuellement <strong>de</strong><br />

95 millions, irait grossissant d'année en année, jusqu'à<br />

dépasser 200 millions, rien que par l'effet combiné <strong>de</strong> la<br />

législation existante et <strong>de</strong> la loi nouvelle projetée.<br />

« MM. Jules Ferry et Tirard ont déclaré nettement à la<br />

commission du budget qu'ils <strong>de</strong>mandaient rajournement<br />

du projet <strong>de</strong> loi sur l'enseignement primaire.<br />

« M. Tirard, en particulier, a fait un tafeleau résumé<br />

<strong>de</strong> la situation financière pour démontrer que celle-ci ne<br />

comportait aucune dépense nouvelle, à raison <strong>de</strong> l'absence<br />

<strong>de</strong> ressources disponibles.<br />

« Toutes les recettes sont absorbées par les services<br />

publics, et, pour faire face à <strong>de</strong>s dépen-ses nouvelles, il<br />

faudrait créer <strong>de</strong> nouveaux impôts. Or, cette création serait<br />

absolument impolitique et, d'autre part, notre sifuation<br />

financière l'interdit. M. Tirard a indiqué à ce propos<br />

que les impôts indirects avaient donné, pour le mois <strong>de</strong><br />

janvier 1«84, une insuffisance <strong>de</strong> 9394000 francs, par<br />

rapport aux prévisions budgétaires....<br />

« lîn outre, les statistiques <strong>de</strong> l'importation et <strong>de</strong> l'exportation<br />

font ressortir une diminution considérable en<br />

janvier 1884 sur les importations <strong>de</strong> matières premières<br />

nécessaires à l'industrie. Cette situiition comman<strong>de</strong> donc<br />

une pru<strong>de</strong>nce extrême.<br />

« Le prési<strong>de</strong>nt du conseil a appuyé la déclaration du<br />

ministre <strong>de</strong>s finances touchant l'impossibilité d'établir <strong>de</strong><br />

nouvelles taxes. Il a dit que l'état 4e crise économique et<br />

industrielle aui ne sévit pas particulièrement chez nous.<br />

^<br />

'


'P.i'.'s ,9"', II® 'iW® (jn alffint.fia? .WWIjf^, ilifiçr^isaff d'^Pr<br />

croître les charges <strong>de</strong>s conitn|)uables.<br />

« A cette occasion, le niinistre <strong>de</strong>^'iinances a été amené<br />

ài donner ^avance'quelques indications à la commission<br />

aur (esîcoaditioris dansiiesquelles lei budget <strong>de</strong>'l«85 serait<br />

présçnffi.parie .gouvernement.<br />

En yet^ti <strong>de</strong>s considérations exposées i p-lus haut, fe<br />

a sp^rié <strong>de</strong>^^p faiffig^t louf.es les prppositiçns<br />

<strong>de</strong> dépenses ijouyçU^'s. Ce biiclget Siçra pvf,sqn,e<br />

exactement calqué sur celui <strong>de</strong> 1884. 11 aura qu.elques<br />

légères dépenses supplémentaires, résultant <strong>de</strong> ïa mise<br />

en vigueur <strong>de</strong>s lois déjà votées. Mais, pour y îàiré face,<br />

le gouvernement ne créera aucune nouvelle taxe : il se<br />

bornera à apporter ([uelques modifications à la perception<br />

<strong>de</strong> cerlaiiis droits, pour rectilier cerlaines inégalités,<br />

l'aire cesser certains privilèges, ou enlin écarter certaines<br />

causes <strong>de</strong> frau<strong>de</strong>s au préjudice du Trésor. *<br />

« A la suite <strong>de</strong>s déclarations <strong>de</strong>s ministres, la commission<br />

a émis à i;unanimité moins une voix, et conformément<br />

à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> du gouvernement, l'avis suivant :<br />

« La commission du budget ne pense pas qu'il soit possible,<br />

dans l'état actuel <strong>de</strong>s ressources budgétaires, <strong>de</strong><br />

donner un avis favgrable à celles <strong>de</strong>s dispositions d» projet<br />

<strong>de</strong> loi concernant l'enseignement primaire qui entraîneraient<br />

<strong>de</strong>s dépen<strong>de</strong>s nouvelles.<br />

«il restait à.régler un.autre .point : le:projet en.ques-<br />

•tioR, à .cûté.ci.e d,ii;ppsilio;iS:linanfiièFe,s, rsiiferme <strong>de</strong>s dispositiqns<br />

o.rgi|niques q(ii, jf'ayant auicun effet.jji((^gétaii;e,<br />

ppurpaigni êirs XP.iée? .açtu.ell,emer),t. J|aig cpjninissipn<br />

dit b^get n'était .pas compéfente pour déci<strong>de</strong>r si ces<br />

dispositions <strong>de</strong>vraient êlre exceptées'<strong>de</strong> l'ajpiirnemenl. Il<br />

a été seulement convenu avec le ministre.<strong>de</strong> l'instruction<br />

publique, qui assistait également 'à l'entrevue, que le<br />

gouvernement <strong>de</strong>man<strong>de</strong>rait;â la Chambre <strong>de</strong> -renvoyer le<br />

projet <strong>de</strong> loi tout entier à la commission §péfiiale qui Ta<br />

élaboré. Cette commission verra s'il est ppsable <strong>de</strong> détacher<br />

les articles sans caractère financier pour en ïaire<br />

un ensemble coordonné qui pourrait être voté au cours<br />

<strong>de</strong> cette :session. »<br />

C'est à la .suile .<strong>de</strong> ces circonstances que M. Paul<br />

Uer.t, dans la séance du 16 l'év-mer. est venu lire à la<br />

•CharabEe ion .troisième rapport, lequel a .donné lieu<br />

au.x explications <strong>de</strong> M. Jules Rochie et à la déclara-<br />

'tioii du ministre, que .nous avons.reproduites plus<br />

. haut.<br />

Conformément à la décision <strong>de</strong> la Chambre a eu<br />

lieu aussi la séance du 19 l'éTrier, dans laquelle,<br />

comme nos lecteurs l'auront pu voir, on n'a point<br />

.encore abordé les questions .ffinancières résultant du<br />

projet Paul Bert.<br />

La .cam.ii;iission du .budget reste, d'ailleurs, en présence<br />

du <strong>de</strong>u.\ièine rapport <strong>de</strong> W. Paul Bert, dans les<br />

mêmes dispositions; à ses évaluations M. .Roche a<br />

. opposé, daqs une séance tenue le 18, <strong>de</strong>s chiffres<br />

(lo\i.Yeaux d'après lesquels le rapporteur <strong>de</strong> la commission<br />

spéciale continuerait à se placer bien au-<br />

•<strong>de</strong>sgous <strong>de</strong> la réalité.<br />

« M. Jules npche, dit le Temps, dans son résumé fie<br />

cette séance, établit d'abord que la dépense immédiate<br />

qu'entraînerait la loi Paul Bert, la première année <strong>de</strong> son<br />

fipplicalion, serait exactement <strong>de</strong> 24 643 900 fr., rien<br />

qu'en ce qui ooncei-ne le traitement <strong>de</strong>s instituteurs, et<br />

•non <strong>de</strong> 21 millions, comme le prétend M. Bert.<br />

« Sur les 9 millions que i\L Paul Bert propose d'abandontier,<br />

51. .lulps lloclie proi^vp que la rè.duction ne peut<br />

atteindre en réalité que 5 000 000 fr. D'pù il résulte que<br />

•la dépense immédiate provoquée par la loi Paul Bert<br />

sera, en 18S3, <strong>de</strong> 'iOSKOOO fr., soit en chiffres ronds<br />

21 millions. ,M.' Jt}les Roche s'est préoccijpé ajjssl (Jeis<br />

Ç9r(s,é^qy^nc^s u ltprieur.es, •<br />

« pn tient à la législatipn .existante, le<br />

tuè.L'<strong>de</strong> l'instruction pfimairé, qui s'élève a'9'7. mijiîons,<br />

<strong>de</strong>vra, par <strong>de</strong>s augmentations sùccéssi-Yes, être'^phé à<br />

l''49'millions, rien que par l'applicàtioii ' progressive dés<br />

lois existantes.<br />

« La loi Paul Bert, réduite comme on le sait, d'autre<br />

part, entraînera, à elle seule <strong>de</strong>s dépenses supplémentaire-^<br />

s^éleyant à 07 millions, dont ô7.pour les traitements et<br />

10 ppur les retr,?itps.<br />

.« De spfte gue, si l'on vote la loi Paul Bert, les <strong>de</strong>ux<br />

causes d'^ugmefltalion <strong>de</strong>vant néc.essairement se combiner,<br />

le budget <strong>de</strong> l'instruction primaire sera porté 'à<br />

216 millions lorsque la réforme! aura atteint son plein.<br />

« C'est dans ces conditions que la commission du budget<br />

était appelée, à délibérer <strong>de</strong> nouveau sur la question.<br />

(I Voici le compte rendu <strong>de</strong> la délibération qui s'est engagée<br />

:<br />

« M. Rouvier rappelle que le gouvernement s'était engagé<br />

à <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r le renvoi du projet <strong>de</strong> loi à la commission<br />

spéciale <strong>de</strong> l'enseignement primaire pour qu'elle en<br />

détacliàt et coprdonnât les dispositions sans caractère<br />

financier, ll paraît avoir changé d'avis, puisqu'il a consenti<br />

à abor<strong>de</strong>r la discussion <strong>de</strong>s articles du projet. Dans<br />

ces conditions,'la cotnmission du budget <strong>de</strong>vrait se borner<br />

à faire ressortir les conséquences, financières du projet,<br />

sans s'engager à fond iJans le débat.<br />

« M. Hérault fait remarquer que le gouvernement s'est<br />

montré opposé à foute création'd'impôts. II n'a pas'dbaiidonné<br />

ce terrain. Pourquoi la commission du budget reviendrait-elle<br />

sur l'avis qu'elle a exprimé'?<br />

a M. Jules Rpohe dit qu-ii a été frappé <strong>de</strong> la différence<br />

entre le langage que le ministre <strong>de</strong> l'instruction publiqiie<br />

a tenu au sein <strong>de</strong> la commission du budget et celui qu'il<br />

a.porté à la tribune. Devaiit la commission,.le ministre<br />

avait déclaré qu'il s'opposerait absolument à toute dépense<br />

nouvelle ; à la tribune, le ministre a paiùi se soumettre<br />

d'avance au vote <strong>de</strong> la Chambre, quel quÙl fût. En<br />

conséquence, M. Jules Roche propose iie <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r au<br />

ministre <strong>de</strong> l'instruction publique s'il est décidé à poser<br />

la questipn <strong>de</strong> confiance.<br />

« M. Wilson <strong>de</strong>man<strong>de</strong> s'il y a lieu d'émettre un nouvel<br />

avis.<br />

« M. Sadi Carnot estime que la commission doit se<br />

borner à maintenir les chiffres du rapport <strong>de</strong> M. Jules<br />

Roche.<br />

« M. Ribot appuie l'opinion <strong>de</strong> M. Sadi Carnot et déclare<br />

que la commission n'a pas à remettre en question<br />

l'avis qu'elle a exprimé.<br />

s La motion <strong>de</strong> MM. Sadi Carnot et Ribot est adoptée.<br />

jBn conséqupnce, M. Jules Roche se bornera, dans son rapport<br />

supplémentaire, à rectifier les erreurs <strong>de</strong> chilfres<br />

contenues dans le rapport <strong>de</strong> M. Paul Bert au nom <strong>de</strong> la<br />

commission spéciale <strong>de</strong> l'enseignement primaire et (iont<br />

11 a été donné lecture à la Chambre same.ii. »<br />

Voilà où en sont actuellement les choses. Elles<br />

paraîtront certainement très tristes aux instituteurs.<br />

Nous leur <strong>de</strong>mandons cependant, nous qui ne les<br />

avons jamais encouragés qu'à <strong>de</strong>s revendications<br />

légitimes, <strong>de</strong> ne pas se laisser aller aux suggestions<br />

mauvaises du découragement. Ils savent que, quoi<br />

qu'il arrive, ils ont pour eux les sympathies très Sincères<br />

<strong>de</strong> tous les pouvoirs publics, <strong>de</strong>s Chambres<br />

comme du gouvernement ; ils savent qu'ils ont aussi<br />

les sympathies plus puissantes encore <strong>de</strong> l'opinion<br />

publique, que les prétentions exagérées <strong>de</strong> quelques<br />

impru<strong>de</strong>nts n'ont pas réussi à leur faire perdre.


MANOEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION PRIMA [KE.<br />

Leur situation est extrêmement intéressante, personne<br />

ne l'ignore; les minimums <strong>de</strong>s traitements,<br />

surtout <strong>de</strong>s traitements les plus faibles, sont notoirement<br />

insuffisants, et le provisoire <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières<br />

années a établi un très regrettable trouble, qui empêche<br />

la plupart <strong>de</strong>s maîtres d'être rétribués suivant<br />

leurs efforts. Malgré les dispositions très significatives<br />

<strong>de</strong> la commission du budget, malgré les déclarations<br />

du ministre, sera-t-il permis à la Chambre<br />

<strong>de</strong> trouver, — ce que n'a pas su faire sa commission<br />

spéciale, — quelque coin oublié du budget qui<br />

permette <strong>de</strong> subvenir aux nécessités les plus pressantes<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières catégories d'instituteurs ; nous<br />

voulons, pour notre part, l'espérer encore. Quoi qu'il<br />

en soit, nous sommes très frappés <strong>de</strong> cette pensée<br />

qu'exprimait le journal le Temps dans un <strong>de</strong> ses <strong>de</strong>rniers<br />

numéros : « Le moyen le plus sûr <strong>de</strong> procurer<br />

aux instituteurs l'augmentation <strong>de</strong> traitement qu'ils<br />

atten<strong>de</strong>nt, n'est-ce pas <strong>de</strong> refaire à la République <strong>de</strong><br />

bonnes finances? » Kous voudrions pouvoir faire<br />

entrevoir à nos maîtres quelque chose <strong>de</strong> plus positif<br />

qu'une espérance; nous leur <strong>de</strong>mandons, dans tous<br />

les cas, <strong>de</strong> ne pas oublier, en présence <strong>de</strong>s circonstances<br />

que traverse le pays, qu'ils doivent à tous<br />

l'exemple <strong>de</strong> la soumission virile et du dévouement<br />

patriotique.<br />

Charles<br />

DEFODON.<br />

PÉDAGOGIE<br />

DOUTES TOUCHANT LA DISCIPLINE<br />

(Suite <strong>de</strong> la <strong>de</strong>uxième lettre).<br />

MOYENS DISCIPLINAIRESI (suite). — Emploi <strong>de</strong>s<br />

nionileurs.<br />

M. C. — En résumé, nous voulons donner à no s<br />

élèves un commencement d'éducation militaire et,<br />

pour atteindre ce résultat, leur apprendre l'obéissance,<br />

telle qu'on la pratique au régiment. Mais, au<br />

régiment, l'on apprend <strong>de</strong> plus à comman<strong>de</strong>r. Pourquoi<br />

n'en serait-il pas <strong>de</strong> même chez nous?<br />

M. LE D. — Si nos petits moniteurs, caporaux et<br />

sous-officiers en herbe, prenaient tous à la fois la<br />

parole, il ne me serait guère possible <strong>de</strong> me faire en-<br />

• tendre moi-même. Cependant, je trouve bonne, quan t<br />

au fond, l'idée que M. C. vient d'émettre. Je l'appliquerai<br />

volontiers, en chargeant, <strong>de</strong> temps à autre,<br />

tel ou tel chef <strong>de</strong> section, <strong>de</strong> comman<strong>de</strong>r certains<br />

exercices faciles : Par le flanc droit ! Front ! Par le<br />

flanc gauche ! En avant, marche ! etc.<br />

M. A. — Ces moniteurs auront-ils un rôle à jouer<br />

dans la salle <strong>de</strong> classe ?<br />

ÎI. LE D. — Sans doute.<br />

M. B. — Je crois qu'il ne faut user <strong>de</strong> leur concours<br />

qu'avec la plus gran<strong>de</strong> réserve. Les uns manquent<br />

totalement d'énergie et <strong>de</strong> vigilance. On entend<br />

du bruit... Deman<strong>de</strong>z-leur d'où vient ce tapage :<br />

ils l'ignorent. Ils n'ont vu personne remuer. Ou, s'ils<br />

ontvu les coupables, ils ne veulent pas les désigner,<br />

parce que ceux-ci leur font peur;<br />

D'autres se laissent aisément corrompre ou profitent<br />

<strong>de</strong> leur situation pour satisfaire quelques petites<br />

rancunes. — Tu me marqueras aux sagés : je te donnerai<br />

une belle toupie qui ronfle. — Oui ; donne. —<br />

Toi, tu n'as pas voulu me prêter ton porte-plume, tu<br />

verras, je te marquerai aux dissipés.<br />

D'autres enfin sont beaucoup trop zélés. A tout<br />

instant, ils vous présentent <strong>de</strong>s listes <strong>de</strong> 20, 50, 40<br />

bavards. Si vous les écoutiez, la plupart <strong>de</strong> vos élèves<br />

seraient perpétuellement punis.<br />

Et puis, les injustices <strong>de</strong>s moniteurs provoquent<br />

parfois <strong>de</strong> regrettables discussions entre les maîtres<br />

fit Ip.s fannillps<br />

1. Voirie n" 52 du Manuel oéndrnl <strong>de</strong> 1883.<br />

' M. D. — En raison <strong>de</strong> ces inconvénients, je ne me<br />

sers jamais <strong>de</strong> moniteurs.<br />

M. LE D. — L'emploi <strong>de</strong> ce genre d'auxiliaires a pourtant,<br />

selon moi, <strong>de</strong> sérieux avantages. Pour une cause<br />

quelconque, l'instituteur peut être obligé, pendant<br />

quelques instants, <strong>de</strong> se relâcher <strong>de</strong> sa surveillance<br />

ou <strong>de</strong> quitter la salle <strong>de</strong> classe. Qui le remplacera?<br />

Laissera-t-il, par défiance contre les moniteurs, ses<br />

élèves complètement abandonnés à eux-mêmes?<br />

M. D. — Dans ce cas seul, je prierais l'un <strong>de</strong>s enfants<br />

<strong>de</strong> me suppléer.<br />

M. A. — Il fera mal son service.<br />

M. D. — Pourquoi?<br />

M. A. — Parce que les fonctions <strong>de</strong> moniteur,<br />

comme toutes les fonctions possibles, ne sont exercées<br />

convenablement qu'après un certain apprentissage.<br />

Aucun <strong>de</strong> vos élèves n'ayant appris à vous ai<strong>de</strong>r,<br />

votre surveillant provisoire ressemblerait un peu au<br />

roi Soliveau <strong>de</strong> la fable.<br />

M. LE D. — M. A. me paraît dans le vrai. Les moniteurs<br />

ne s'improvisent pas; il faut les former et,<br />

d'abord, bien les choisir. En les choisissant parmi<br />

les plus sages, les plus fermes et les plus laborieux,<br />

on évitera presque sûrement une partie <strong>de</strong>s difficultés<br />

que M. B. signalait tout à l'heure, celles qui résultent<br />

<strong>de</strong> l'esprit injuste et partial <strong>de</strong> quelques écoliers.<br />

M. C. — Beaucoup <strong>de</strong> maîtres, cependant, préten<strong>de</strong>nt<br />

que les plus mauvais sujets font les meilleurs<br />

moniteurs.<br />

M. LE D. — Comme le loup ferait le meilleur berger!...<br />

A vrai dire, il peut arriver qu'un moniteur,<br />

dont le caractère nous inspirait toute confiance, se<br />

laisse dominer par cet esprit d'injustice et manque<br />

gravement à ses <strong>de</strong>voirs. Qu'on lui inflige, sans hésiter,<br />

une punition exemplaire, et, <strong>de</strong> longtemps, il<br />

ne trouvera point d'imitateurs ! Du reste, je pense,<br />

avec M. B., qu'il ne faut pas abuser du concours <strong>de</strong>s<br />

élèves surveiflants. Suivant moi, le maître doit se<br />

charger lui-même, toutes les fois que cola lui est possible,<br />

du soin <strong>de</strong> faire respecter la disciphne.<br />

M. C. — Dans certaines classes, le moniteur a,<br />

d'une manière constante, la plus gran<strong>de</strong> part <strong>de</strong> la<br />

besogne.<br />

M. I.E D. — Son rôle v est exaeéré.


PARTIE GÉNÉRALE.<br />

6,5<br />

c. _ El pénible.... C'est le rôle d'un homme<br />

et non celui d'un enfant.<br />

M. i.E D. — Aussi importe-t-il <strong>de</strong> bien définir les<br />

attributions <strong>de</strong>s moniteurs.<br />

M. A. — Aurons-nous <strong>de</strong>ux catégories d'ai<strong>de</strong>s, ceux<br />

<strong>de</strong> la cour et ceux <strong>de</strong> la classe 2<br />

M. LE D. — ÎN'ous serions trop aidés !... Ceux <strong>de</strong> la<br />

classe seront les mêmes que ceux <strong>de</strong> la cour?<br />

M. B. — Que feront les caporaux?<br />

M. LE D. — Ils pourront être chargés <strong>de</strong> divers<br />

emplois secondaires, par exemple, <strong>de</strong> distribuer les<br />

livres <strong>de</strong> lecture, les cahiers <strong>de</strong> compositions, etc.<br />

Nous réserverons au sergent une mission plus importante<br />

: il <strong>de</strong>vra surveiller ses camara<strong>de</strong>s, dans les circonstances<br />

où le maître aura besoin d'être suppléé,<br />

au point <strong>de</strong> vue disciplinaire.<br />

Ces fonctions, remarquez-le bien, messieurs, sont<br />

très enviées par les élèves ; elles constituent donc <strong>de</strong><br />

sérieuses récompenses pour ceux qui sont appelés à<br />

les remplir.<br />

(A suivre.) T.<br />

Nous avons reçu <strong>de</strong> M. Denis, instituteur àHendicourt<br />

(Somme) une lettre très intéressante sur la discipline<br />

scolaire. Malheureusement, celte communication est<br />

trop longue pour que nous puissions l'insérer tout<br />

entière dans nos colonnes. Nous voulons, du moins,<br />

indiquer les principales idées qu'elle renferme.<br />

M. Denis commence par mettre en regard <strong>de</strong> notre<br />

discipline actuelle celle du temps passé ; il reconnaît<br />

que les principes pédagogiques appliqués aujourd'hui<br />

sont meilleurs que ceux d'autrefois, mais il fait observer<br />

aussi que l'esprit d'obéissance et <strong>de</strong> respect<br />

tend à s'affaiblir chez les enfants <strong>de</strong> nos écoles.<br />

« Vous savez, dit-il, comment les vieux instituteurs<br />

triomphaient <strong>de</strong>s volontés, mataient les élèves récalcitrants,<br />

en un mot surmontaient tous les obstacles. Qui<br />

sait si, comme votre humble serviteur, vous n'avez pas<br />

eu plus d'une ibis <strong>de</strong>s démêlés avec Martin-bâton? En voilà<br />

un qui faisait consciencieusement sa besogne. Aussi,<br />

quel silence dans les classes ! Comme on prêtait attention<br />

au moindre signe du maître ! Dans la rue même, le souvenir<br />

du terrible Martin était encore <strong>de</strong>vant les yeux. Bien<br />

<strong>de</strong>s petites libertés, qui forment aujourd'hui la monnaie<br />

courante <strong>de</strong>s écoliers, étaient pour nous le fruit défendu :<br />

défense <strong>de</strong> ghsser, <strong>de</strong> courir sur la place, d'aller voir<br />

danser, etc. C'était le temps où l'on guettait au passage le<br />

villageois pour lui adresser un coup <strong>de</strong> chapeau, <strong>de</strong> casquette<br />

ou <strong>de</strong> bonnet : ragoût fort estimé dans les campagnes<br />

et qui <strong>de</strong>vient <strong>de</strong> plus en plus rare.<br />

8 Pour moi, j'aurais fait un long détour afin <strong>de</strong> ne pas<br />

rencontrer mon maître d'école. Venait-il à surgir inopinément,<br />

il semblait qu'un courant électrique vous eût vivement<br />

secoués... Lui, digne et grave, passait en nous<br />

lançant ces mots ; « Soyez bien sages I » Et ma foi, l'on<br />

faisait son possible pour l'être.<br />

« Maintenant, plus <strong>de</strong> frayeur chez les écoliers ; ils sont<br />

avec nous d'une familiarité charmante. Sommes-nous<br />

réellement leurs amis ou nous considèrent-ils seulement<br />

comme <strong>de</strong>s fonctionnaires payés pour les instruire ? Toujours<br />

est il que les casquettes semblent <strong>de</strong> plomb sur les<br />

tètes, les jeux sont bruyants, les farces, les bons tours se<br />

multiplient. Et que disent les villageois, avi<strong>de</strong>s <strong>de</strong> toutes<br />

les marques <strong>de</strong> détérence? — « Non, s'écrient-ils, jamais<br />

les enfants n'ont été si mal instruits. Tas <strong>de</strong> libertins!<br />

Mauvais sujets! » Et, là-<strong>de</strong>ssus, <strong>de</strong> frapper sur le dos du<br />

pauvre instituteur.<br />

1 Eh ! maïs veut-on que nous nous immiscions dans les<br />

affaires <strong>de</strong>s familles, nous constituant juges <strong>de</strong>s actions<br />

commises en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> notre surveillance? Et voudrions-nous<br />

quand même nous faire le commissaire <strong>de</strong><br />

police du quartier ou <strong>de</strong> la commune, que nos efforts<br />

<strong>de</strong>meureraient infructueux. Autre temps, autres mœurs ;<br />

nous ne sommes pas armés pour cela. »<br />

En somme, M. Denis trouve que les règlements<br />

scolaires ne laissent pas assez d'autorité à l'instiluleur.<br />

Nous sommes un peu <strong>de</strong> son avis.<br />

« Quelles punitions la loi met-elle à notre disposition?<br />

La répriman<strong>de</strong>, les mauvais points, la prîvatioxi partielle<br />

<strong>de</strong> recréation, la retenue, l'exclusion temporaire.<br />

Je ne vous engage pas à essayer <strong>de</strong> celle-ci : elle est impraticable<br />

Pour mo:, toutes ces peines sont le plus<br />

souvent illusoires; elles ont à peu près autant <strong>de</strong> valeur<br />

qu'un signe <strong>de</strong> convention auquel serait attachée la désapprobation<br />

du maîlre<br />

a II faudrait un missionnaire pour convertir les parents,<br />

pour leur persua<strong>de</strong>r qu'ils doivent surveiller attentivement<br />

leurs enfants, les accoutumer à l'obéissance, à la<br />

régularité, aux privations — puisque dans ce nion<strong>de</strong>, on<br />

ne fait ni tout ce qu'on veut, ni tout ce qui plaît. Alors<br />

seulement notre attirail <strong>de</strong> punitions sera toujours assez<br />

bien fourni ; la leçon sera faite au milieu du plus profond<br />

silence et <strong>de</strong> l'attention générale ; la tâche imposée<br />

sera exécutée sincèrement et ponctuellement Ce serait<br />

plaisir <strong>de</strong> traiter le premier bambin venu comme un futur<br />

électeur, <strong>de</strong> lui laisser son initiative <strong>de</strong> futur souverain,<br />

guidant le développement normal <strong>de</strong> ses facultés, sans le<br />

contrarier.<br />

a Cela, c'est l'idéal. La réalité, la voici : avant d'établir<br />

notre système disciplinaire sur la raison et les sentiments,<br />

nous avons justement pour mission <strong>de</strong> les faire naître, ces<br />

sentiments, <strong>de</strong> faire jaillir cette raison <strong>de</strong>s profon<strong>de</strong>urs où<br />

elle se tient cachée. En attendant, jetez un coup d'œil sur<br />

cette classe que je veux vous dépeindre. Je ne blesserai<br />

personne en indiquant cet exemple.<br />

« Les élèves sont arrivés <strong>de</strong>puis une heure et plus. Le<br />

signal retentit ; ils viennent tous s'aligner pour la visite<br />

<strong>de</strong> propreté. Regardons leurs pieds Ils ne comprennent<br />

pas qu'on use <strong>de</strong>s brosses pour décrotter les souliers,<br />

le rôle <strong>de</strong>s souliers étant <strong>de</strong> séjourner dans la boue. A<br />

supposer qu'une force quelconque nettoie et cire leurs<br />

chaussures, pour sûr, nos enfants émerveillés les tiendraient<br />

à la main ou sur leurs têtes. Les habits ne sont<br />

pas mieux tenus Et les mains? Peut-on souffrir un<br />

pareil laisser-aller ? Non ; n'est-ce pas ? La propreté, la<br />

bonne tenue préparent à <strong>l'éducation</strong> morale. A quel moyen<br />

aura recours l'instituteur qui prend la direction u'une<br />

pareille classe? Il exposera les meilleures raisons du<br />

mon<strong>de</strong> pour démontrer les avantages <strong>de</strong> la propreté : autant<br />

décrire la lumière à un aveugle ou les sons à un<br />

sourd !<br />

« Prenons un autre exemple; ici, c'est un concert <strong>de</strong><br />

toux qut s'élève <strong>de</strong>s quatre côtés <strong>de</strong> la salle! tes billes<br />

roulent, les pieds reniueht, les poings tombent en ca<strong>de</strong>nce<br />

sur les tables Je me suis trouvé à pareille fête. Qu'on<br />

se mette à la place du patient (c'est <strong>de</strong> l'instituteur que je<br />

parle), et qu'on me dise si, dans un pareil moment, on<br />

penserait à se passer tranquillement les mains dans les<br />

poches !<br />

« On répondra peut-être : Ce cas est exceptionnel; il<br />

est rare <strong>de</strong> rencontrer <strong>de</strong>s enfants insubordonnés à c<br />

point Le prédécesseur du maître actuel avait laissé<br />

péricliter l'autorité entre ses mains, ou bien les enfants,<br />

habitués jusque là à <strong>de</strong>s moyens énergiques,<strong>de</strong> répression,<br />

prennent pour <strong>de</strong> la faiblesse les procédés plus doux <strong>de</strong><br />

leur nouveau professeur. Tout ce que l'on voudra ;


3227<br />

MANUEL GÉNÊBAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE.<br />

• reconnaissons qnela loi ne nous permet pas <strong>de</strong> sortir <strong>de</strong><br />

•cette impasse. Le professeur <strong>de</strong> cours publics, l'orateur<br />

•<strong>de</strong> conférence ont la facïiltô.<strong>de</strong> s'interrompre, dans les cas<br />

i<strong>de</strong> force majeure. l'our ''l'inslituteur, il serait souverai-<br />

•nement ridicule et funeste <strong>de</strong> quitter la place.<br />

« Oui, l'instituteur dont ,jo parle sera tenu d'attendre<br />

le rétablissement <strong>de</strong> l'ordre et du silence. Alors, il pourra<br />

commencer sa leçon au risque <strong>de</strong> la voir fréquemment<br />

interrompue par ses petits auditeurs. .. Où est le bon<br />

•vieux temps, lorsque l'écolier docile se laissait coiffer <strong>de</strong><br />

l'ignoble bonnet d'âne? Prenons gar<strong>de</strong> que les rôles ne<br />

soient bientôt intervertis.<br />

CORRESPONDANCE<br />

« Loin <strong>de</strong> moi la .pensée <strong>de</strong> réhabiliter à un titre quelconque<br />

l'absur<strong>de</strong> discipline <strong>de</strong> nos pères. Je ne sais^ rim<br />

<strong>de</strong> plus abominable qu'un système disciplinaire fpndé sur<br />

les souftrances physiques. S'ensuit-il que le système,opjiosé<br />

soit le meilleur? »<br />

La conclusion <strong>de</strong>.M.Denis, c'est qu'il l'aut r;enforcer<br />

notre discipline, quant au.v moyens àemplojer, nqtre<br />

correspondant avoue qu'il ,ne les a pas trouvés encore.<br />

Nous dirons, quelque chose sur ceiSujet dans<br />

un, prochain numéro. — T.<br />

QUESTIONS<br />

M. N., à L. (Giron<strong>de</strong>).<br />

SCOLAIRES.<br />

Le percepteur est dans son droit en refusant <strong>de</strong> remettre<br />

le montant <strong>de</strong> votre mandat à toute personne qui n'est<br />

point régulièrement pourvue'<strong>de</strong> votre procuration.<br />

. 3L B., à B. (Tarn).<br />

Une institutrice libre qui entre dans l'enseignement pufblic<br />

est nécessairement <strong>de</strong>.la <strong>de</strong>rnière classe, les années<br />

qu'elle a passées dans l'enseignement libre étantconsidérées<br />

comme non avenues au point <strong>de</strong> vue <strong>de</strong> son avancement<br />

dans les écoles communales.<br />

M. G., à G. (Seine-et-Marne).<br />

« J'ai contracté mon engagement décennal l'année <strong>de</strong>rnière<br />

et cet engagement a été accepté. Je tire au sort cette<br />

année. Ai-je quelque nouvelle formaUté à remplir? » —<br />

Pas d'autre que <strong>de</strong> faire valoir votre engagement décennal<br />

<strong>de</strong>vant le conseil <strong>de</strong> revision.<br />

« L'année pendant laquelle Je viens d'exercer après avoir<br />

contracté mon engagement décennal, compte-t-elle pour<br />

l'accomphssement dudit engagement? » — Il n'y a point<br />

<strong>de</strong>.doute à cet.égard.<br />

•<br />

M. P. C. IL, à A.<br />

« J'ai passé 1 an 2; mois et 26 jours à l'école normale<br />

après mes 20 ans. Ce temps doit-il être porté comme<br />

temps <strong>de</strong> services et entrer .en hgne.<strong>de</strong> compte pour la<br />

liquidation <strong>de</strong> ma reti'aite? »<br />

^ Nullement. Les seules années qui. puissent entrer en<br />

ligne <strong>de</strong> compte pour la liquidation <strong>de</strong>. votre retraite sont<br />

celles pendant lesquelles vous avez subi <strong>de</strong>s retenues au<br />

profit <strong>de</strong> la caisse <strong>de</strong>s pensions civiles.<br />

M. T. M. T. —.R.<br />

Dans l'état <strong>de</strong> la réglementation actuelle, « Les. commissions<br />

d'examen tiennent au moins <strong>de</strong>ux sessions par<br />

an pour le brevet élémenlaire et le brevet supérieur,<br />

(décret du 4 janvier 1881, art. 8.) Beaucoup <strong>de</strong> candidats<br />

dites-vous, désireraient que la commission pour l'examen<br />

du certificat d'aptitu<strong>de</strong> pédagogique tînt également <strong>de</strong>ux<br />

sessions par an, dont une en mars. Nous nous associons<br />

volontiers à ce vmu; mais il n'appartient qu'au-ministre<br />

f d'y dormer,suite. C'est donc au ministre luirmême que<br />

. les candidats intéressés doivent s'adrasser.<br />

M. V., à V. (Dordogne). .<br />

a Dans, quelle, catégorie serajrje classé, si; la. loi P, Eêrt<br />

• est votée? » — On ne saurait interpréter, mie loi avant ' 11 est regrettable- qu'une maison' d'école iréeemment<br />

qu'elle n'existe, et vous avez pu voir, dans ce numéro •construite contienne à peine le strict.noeessaireV'Mais la<br />

même, qu'elle soulève bien <strong>de</strong>s diflicultés.<br />

commune ne peut vous oUntr quence qu'elle^ a...Kous<br />

croyons que, mettant à votre disposition la maison<br />

« Un instituteur qui compte 25 années <strong>de</strong> service (à par-<br />

qu'elle possè<strong>de</strong>, elle est en droit <strong>de</strong> ne noint vous conli-<br />

tir <strong>de</strong> l'âge <strong>de</strong> 20 ans) et 45 ans d'âge, peut-il prendre sa<br />

retraite, bien qu'il n'ait aucune inlirmité résultant <strong>de</strong><br />

l'exercice <strong>de</strong> ses fonctions .et le mettant hors d'état <strong>de</strong> les<br />

continuer?» Non, assurément. Dans les condilions,ordinaires,<br />

les droits à la retraite ne sont acquis qu'à cinquante-cinq<br />

ans.<br />

M. R., à,A.<br />

Sans doute on peut, sans, être pourvu du brevet <strong>de</strong>. capacité,<br />

contracter un engagement décennal en qualité <strong>de</strong><br />

maiire d'étu<strong>de</strong> dans un lycée ou collège. Mais à tout le<br />

•moins faut-il possé<strong>de</strong>r un titre qui donne accès à ces<br />

fonctions, le baccalauréat, par exemple.<br />

-Mlle M. L., à C. (Corse).<br />

.Votre école contenant -104 élèves, il y a lieu certainement<br />

d'y créer un poste d'adjointe. Si <strong>de</strong>s propositions<br />

pour cetie création ont été régulièrement faitesj, il • est<br />

étonnant qu'elles .soient restées jusqu'ici sans effet et .<br />

.sans réponse. 11 appartient au maire <strong>de</strong> voire commune<br />

<strong>de</strong>'s'enquérir à ce sujet auprès <strong>de</strong> M. le préfet et, au besoin,<br />

auprès <strong>de</strong> M. le ministre.<br />

. M. X.<br />

8 lin élève-maître d'école normale appelé à satisfaire à<br />

la loi sur le recrutement <strong>de</strong> l'armée, a-t-il le droit d'aller<br />

tirer au sort au clief-lieu du canton habité par ses parents?<br />

» — Nous le pensons.<br />

« Si oui, à qui doit-il s'adresser , en cas <strong>de</strong> refus <strong>de</strong> la<br />

part du directeur <strong>de</strong> l'école? » — Il peut faire intervenir<br />

ses parents, qui, au besoin, s'adresseront à M. l'inspecteur<br />

d'académie.<br />

M. G., à S.-E. (Aveyron).<br />

« La commune a fait construire un .bâtiment'pour<br />

imairie et maison d'école ; on a .ménagé,pour le logement j<br />

<strong>de</strong> l'instituteur .une cuisine et <strong>de</strong>ux petites cbamlires seulement;<br />

le reste <strong>de</strong> la maison est absorbé parles <strong>de</strong>ux<br />

salles <strong>de</strong> classe, le cabinet du maire et la salle du conseil<br />

municipal. Or, je suis marié et j'ai, outre mes vieux parents,<br />

sept enfants et une servante. Impossible <strong>de</strong> nous<br />

loger dans un local si insuffisant, qui n'a, du reste, ni oave<br />

ni bûcher. Dans ce cas, je suis logé dans.-mai• propre<br />

maison et la commune m'avait alloué, jusqu'à ,présenti une<br />

in<strong>de</strong>mnité <strong>de</strong> logement. Or, le conseil ,umnicipal a supprimé<br />

au budget cette in<strong>de</strong>mnité, sous prétexte.que la ,<br />

maison, d'école est terminée; il.suit si bien que je ne puis<br />

habiter ce local avec ma famille, qu'on y a installé mon<br />

adjoint. Ai-je le droit dans cette situation <strong>de</strong> <strong>de</strong>maii<strong>de</strong>r<br />

au conseil'municipal la continuation <strong>de</strong>il'allocalion que<br />

• 'ai touchée jusqu'à ' ce jour commeiin<strong>de</strong>mnitél <strong>de</strong>^logement?<br />

»<br />

'


P'ARTIE fiÉNÉRALË. 87"<br />

nuer, au moins intégrâlefflent, l'in<strong>de</strong>mnité <strong>de</strong> logement<br />

qu'elle vous pnyait jusqu'ici. H en serait autrement si ce<br />

n'était sur votre refus d'occuper ladite maison, qu'elle en<br />

dispose en laveur <strong>de</strong>s maîtres adjoints. C'iîst à vous<br />

d'abord qu'elle doit un logement ou une in<strong>de</strong>mntté eom-<br />

:pensatrice. 11 appartiendi'ait à l'administration <strong>de</strong> placer<br />

un instituteur si chargé <strong>de</strong> famille que vous l'ctes, dans<br />

une commune'OÙ le local scolaire serait moin» insuffisant.<br />

Peut-être po.ufriez-vous l'aire <strong>de</strong>s démarches- en ce<br />

sens auprès <strong>de</strong> vos chefs hiérarchiques.<br />

M. E. M., à P. (Calvados).<br />

« Un instituteur qui quitte l'enseignement après-l'expiration<br />

<strong>de</strong> son engagement décennal, et qui compte, par<br />

censéquent.-pl'uis <strong>de</strong> sept ans <strong>de</strong>-sâïrices i^endas à l'Etat,<br />

peut-iî êlre perceptearit »<br />

^ En principsv rien ne s'y oppjose, croyons-nous. Mais<br />

l'adtainistration compétente peut n'avoir point <strong>de</strong> posteà<br />

donner. Elle- a, d'àMeurs, son^ propre personnel-à<br />

pourvoir.<br />

MS.J., à 0.- (Gorse).<br />

Un'instituteur qui, pendant la» dairêe d'un-'oongé, cè<strong>de</strong>à<br />

son suppléa-ut une paîAie <strong>de</strong> son. tratternent,-rentre dansl'int^i'alité<br />

<strong>de</strong> ce traitemeat dès que-son coagé est expiréet<br />

qui''ii repreaâson ser-vies-- Q'. D.<br />

Le Qévimt : A>TÈ3IILIER.<br />

LÏÏRES ET MATÉRIEL B'ENSEMMiKf<br />

ÉLÉMENTS VSOELS DES SCIENCES PHYSIQUES<br />

•ET NATURELLES, rédigés conformément aux<br />

programmes <strong>de</strong> 1882, avec <strong>de</strong> nombreuses figures;<br />

cours supérieur, par M; le D' SAFFRAY. 2 vol. iii-16<br />

-cartonnés; livre <strong>de</strong> l'élève, 1 vol., 1 fr. 50 c..;<br />

livre du maître, 1 vol., 2 fr. 50 c. Hachette et Cie.<br />

_Notre -ami et collaborateur M. le docteur Saffray<br />

vièn-t dè terminer les six volumes qui constituent<br />

ses éléments u&uels <strong>de</strong>s sciences phyHqiiés et naturelles,<br />

à l'-usage <strong>de</strong>s écoles primaires, et rédigés conformément<br />

aux programmes officiels du 27 juillet<br />

1882.<br />

Prenant le petit élève à l'école enfantine et à la<br />

classe d'initiation, il le conduit pas à pas, dans cet<br />

enseignement si nouveau pour lui, si nouveau aussi<br />

pour les maitres <strong>de</strong> nos écoles, Jusqu'au certificat<br />

d'étu<strong>de</strong>s et mêiïie, on pëut le dire, un peu au <strong>de</strong>là,<br />

le laissant, s'il a su comprendre et s'approprier ses<br />

leçons, soli<strong>de</strong>ment et largement prépré à recevoir<br />

les doctrines plus hautes <strong>de</strong> l'eïiseignement primaire<br />

supérieur.<br />

L'unité <strong>de</strong> vues est très sensible dans ces trois<br />

cours qui s'appuient l'un sur l'autre, qui s'appellent<br />

et qui se complètent; l'unité <strong>de</strong> métho<strong>de</strong> est sensible<br />

aussi : c'est la métho<strong>de</strong> même <strong>de</strong> l'école primaire<br />

appliquée à tout ordre <strong>de</strong> connaissances dérivant<br />

<strong>de</strong>s sens et supposant à la fois l'Observation et<br />

le raisonnement ;. c'es't la ieçon <strong>de</strong> choses, la leçon <strong>de</strong><br />

choses successivement et progressivement dévelop-<br />

. pée, en quelque sorte hiérarchisée.<br />

Les <strong>de</strong>ux volumes du Coiirs supé)'iéttr;tim viennent<br />

<strong>de</strong> paraître, complètent, selon la lettre et l'esprit<br />

d'es programmes officiels, les volumes du Cours<br />

moyen et du Cours élémenlaife.<br />

Bacouragé l'eaRéiTsence, qui s'est pirésentée à?<br />

lui sous la foFnae dassiiccès. Mi Jé-doctew Saffray .y.'<br />

a conservé la;, forme farailière du-.c®urs aïoyen. Dansces<br />

îeçpns qui, tout enr-s'élevant,..restent néanmoinsélémentaires^<br />

le maître n'a pas à se préoccuper <strong>de</strong><br />

développer avec tOHle- sa rigsieur le raisonnement-;<br />

scieHtifique : il se propose seuieœent d'eacourager<br />

- le cours moyen et le co«)'« e'Zemeniaire comprennent et <strong>de</strong>-diriger l'esprit d'observ'ali.&n ; d'ësposer <strong>de</strong>s<br />

i vdlumes, savoir : COUHS MOYEN : livre <strong>de</strong> l'élève. 1 vol. faits applicables à la=vie <strong>de</strong> cliaque jour.,<br />

.iil-16, oart., 90 c.; livre du maUre, i vol. in-16, cart., (» Pour arriver à ee résultat éducatif etî pratique; le<br />

1 fr. 30 c. — COURS ÉLÉMENTAIRE : livre <strong>de</strong> l'élève, 1 vol. maître;, dit M. Safîi'-ay dans sa-, préface-, doit limiterson<br />

programme, choisir les- faits susceptibles- <strong>de</strong>-<br />

in-16, cart., 60 c. ; livre du maître, 1 vol., in-16, cart.,<br />

1 fr. 50 c., même librairie.<br />

produire «ne vive-impression,., les exposer dans-un<br />

langage accessible- à son jeune auditoire.. Pour cela,,<br />

il lui- faut mettre <strong>de</strong> côté le vocabulaire scientifiquecomposé<br />

<strong>de</strong> mots latins et gisees plus ou moins habillés-<br />

à la <strong>français</strong>e. L'abas- <strong>de</strong>s mats techniquesprésente<br />

<strong>de</strong>ux iaconvénients : il entrave la vulgarisation<br />

en rebutant l'élève; iitfait illusion sur les résultats<br />

acq-uis, en. laissant confondre là. mémoire <strong>de</strong>s<br />

mots avec la mémoire <strong>de</strong>s idées, <strong>de</strong>s faits et <strong>de</strong> lewrs<br />

applications. »<br />

iHiprimerie A. LaLure, 9, rue <strong>de</strong> Fleuras, à Paris.<br />

Pour l'enseignement <strong>de</strong> ^ Physique-et <strong>de</strong> la iliimie,<br />

encore plus nouveau, s'il est possible, que tout le<br />

reste du programme <strong>de</strong>s sciences d-observation dans<br />

récole primaire, M. le docteur Saffray s'est attaché à<br />

choisir <strong>de</strong>s expériences très simples, faciles à exécuter<br />

au moyen d'objets usuels et d'appa>reils peu coiiteux.<br />

Dans le livre du maître et dans eelui <strong>de</strong> l'élève, ces<br />

leçons ont reçu un développement plus considérable<br />

que celles <strong>de</strong>s autres parties : les maîtres <strong>de</strong>vront en<br />

tenir compte dans la répartition <strong>de</strong>s heures <strong>de</strong>stinées<br />

à l'enseignement <strong>de</strong>s sciences physiques et naturelles,<br />

afin <strong>de</strong> leur consacrer tout le temps nécessaire.<br />

Les qualités d'exposition qui caractérisent le.style<br />

scientifique <strong>de</strong> M. le docteur Saffray sont bien connues<br />

<strong>de</strong> nos lecteurs. Il,a, avec l'exactitu<strong>de</strong> et la<br />

précision, la clarté et l'agrément : nous ne croyons<br />

pas que les maitres puissent trouver meilleur gui<strong>de</strong><br />

à proposer ou à suivre,.ni meilleur texte àànterpréter,<br />

C. fi.


3229 MANUEL GÉNÊBAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE.<br />

Librairie HACHETTE et Cie,


PKirtIe scolaire M» 8 «3 FEÏ'RIER t884<br />

SEMAINE<br />

SCOLAIRE<br />

DIRECTIONS ET EXERCICES<br />

D'APRÈS LES PROGRAMMES OFFICIELS DU 27 JUILLET 1882,<br />

ANNÉE 1883-1884<br />

COURS<br />

ÉLÉMENTAïaE<br />

LANGUE FRANÇAISE. - Programme et directions.^—<br />

L'adjectif. — Continuation <strong>de</strong>s exèrcices<br />

indiqués dans le <strong>de</strong>rnier numéro. — Le maître appellera<br />

l'altenlion dos enfants sur les adjectifs trouvés par eux ou<br />

donnés par lui, et qui forment leur féminin d'après la<br />

règle générale ; il leur fera formuler cette règle à la suite<br />

<strong>de</strong> nombreux exemples écrits au tableau noir. — C. D.<br />

Exercice <strong>de</strong> copie. — Rlotre rivière — Noire rivière<br />

n'est pas bien large, mais elle est assez profon<strong>de</strong> et<br />

les eaux en sont claires. Sur le bord, il y a <strong>de</strong> loin en<br />

loin <strong>de</strong> grands arbres et <strong>de</strong> petites plantes,, <strong>de</strong>s .joncs qui<br />

sortent leur tête <strong>de</strong> l'eau. La passerelle qui sert <strong>de</strong> pont<br />

est légère et tremble sous les pieds, je n'aime pas trop à<br />

y passer.<br />

(Mme P. BEBGEB et E. BEDHABD, Leçons <strong>de</strong> gra-nimaire<br />

et <strong>de</strong> langue <strong>français</strong>e^).<br />

Dictées (à l'usage <strong>de</strong>s plus avancés). — Ilîots. —<br />

Rivière, large; profond, profon<strong>de</strong>; clair, claire; bord,<br />

jonc, tête, passerelle, pont; léger, légère; tremble (il),<br />

trembler ; pied.<br />

Phrases. — \. La rivière débor<strong>de</strong>. — Nous avons à<br />

traverser un lac profond et large. — Louis est tombé dans<br />

mie profon<strong>de</strong>. — Le ciel est clair et bleu. — Les<br />

ânes ne boivent que <strong>de</strong> l'eau claire.<br />

II. René a la téle légère. — Cette passerelle est peu<br />

soli<strong>de</strong>. — Le bord <strong>de</strong> la rivière- est couvert <strong>de</strong> joncs. —<br />

Des.planches barrent l'entrée du pont; on est entrain <strong>de</strong><br />

le réparer. — Le bois est plus léger que l'eau. — Le coup<br />

<strong>de</strong> canon a fait trembler nos vitres. — Je ne veux pas aller<br />

en bateau ; j'aime mieux voyager à pied.<br />

ÎIL Notre rivière n'est pas bien larg'e ; mais elle es*-<br />

claire et assez prolon<strong>de</strong>. Il y a sur le bord <strong>de</strong>s grands arbres<br />

et <strong>de</strong>s joncs qni sortent leur tête <strong>de</strong> l'eau. La passerelle<br />

est légère et tremble sous les pieds; j'ai toujours<br />

peur quand je marche sur les planches <strong>de</strong> bois dont elle<br />

est faite.<br />

Dictées méthodiques (à l'usage <strong>de</strong>s moins avancés).<br />

— Son et sont. — Mots. — Carton, Léon, Victor,<br />

école (!'), livre, lecture, vache, chèorc, pré, Emile, frère,<br />

dispute.<br />

Phrases. — SOH père lui a acheté \m carton.— Léon<br />

et Victor sont à l'école. — A'ictor est à l'école; il a perdu<br />

son livre <strong>de</strong> leclurc. — Notre vache et noire chèvre sont<br />

dans le p)ré. — Emile a grondé son frère. — Emile et<br />

son Irère sont en dispute. — L. T.<br />

dire. J'ai remercié ma bonne petite mère et je me suis<br />

empressée d'ouvrir la boite. 11 y avait <strong>de</strong>dans une belle<br />

image : c'était le petit Chaperon rouge partant chez sa<br />

grand'mère mala<strong>de</strong>, pour lui porter un pot <strong>de</strong> beurre et<br />

une galette. Je ne pus m'empêclier <strong>de</strong> m'éorier ; « Oh!<br />

les belles couleurs! » et je voulus prendre l'image; mais<br />

elle s'en alla jiar morceaux : d'un côté était la tête <strong>de</strong> l'enfant,<br />

<strong>de</strong> l'autre un bras, ici une jambe, là un pied, .l'allais<br />

pleurer, quand maman me dit : « Essaye <strong>de</strong> raccommo<strong>de</strong>r<br />

la pauvre petite. — Mais je ne puis pas, mère. » Alors,<br />

essayons ensemble. Et, maman aidant, j'ai remis les morceaux<br />

on place.<br />

Sous celle première image, j'en trouvai d'autres qui<br />

représentaient la suite <strong>de</strong> l'histoire du petit Chaperon<br />

rouge. Je les ai démontées et remontées toule seule. Cela<br />

est très amusant! Je me suis bien impatientée une ou<br />

<strong>de</strong>ux foisj mais maintenant, je dérange toutes les pièces<br />

<strong>de</strong> ma boîte et je les replace en quelques minutes.<br />

J'ai montré ce jeu à mon amie Jeanne. Sa mère va lui<br />

en acheter un pareil au mien; seulement, il représentera<br />

l'histoire du Petit Poucet. Quel bonheur! nous jouerons<br />

ensemble à la patience; si cela pouvait nous en donner.<br />

— L. D. (Copie, un peu retouchée, d'une petite fille.)<br />

Redites, <strong>de</strong> mémoire, l'histoire que vous avez entendu<br />

lire. — Qu'est-ce qu'un jeu <strong>de</strong> patience? — D'oii vient ce<br />

nom? — Connaissez-vous l'histoire du petit Cliaperoii<br />

rouge? — Racontez-la-nous.<br />

IL. La Sirène (conte breton). — Il y avait une fois<br />

à l'Isle-Aval* im sabotier; il se maria, bien qu'il n'eût<br />

pour toute fortune que ses <strong>de</strong>ux bras ; il eut beaucoup<br />

d'enfants et il n'avait pas toujours du pain à leur donner.<br />

Souvent il allait à la pêche avec ses petits garçons, car ils<br />

<strong>de</strong>meuraieni tout près <strong>de</strong> la mer.<br />

Un jour, un <strong>de</strong>s enfants dit au père :<br />

(i Nous entendons chanter, mais si bien que jamais on<br />

n'a ou'i ^ une musique pareille. »<br />

Le sabotier vint auprès d'eux, et, comme il n'entendait<br />

rien, il dit à celui qui l'avait appelé :<br />

s Tu rêves, petit, tu me ferais manquer ma pêche si je<br />

restais à t'écouter. »<br />

Le len<strong>de</strong>main, ils ouïrent encore le chant et ils vinrent<br />

prévenir leur père, qui l'entendit aussi.<br />

Un jour qu'il péchait <strong>de</strong>s crevettes", il surprit la Scraine^<br />

qui flottait endormie sur les eaux, et il la prit dans<br />

ses filets. Il était bien content <strong>de</strong> sa capture, car il voyait<br />

un poisson qui était temme jusqu'au milieu du corps ;<br />

mais il fut bien plus surpris quand il l'enlendit parler.<br />

« Je suis, dit-elle, la Seraine <strong>de</strong>s mers; laisse-moi aller<br />

et je t'apporterai tout ce que tu voudras.<br />

Sujets <strong>de</strong> composition <strong>français</strong>e. — I. Mou jeu<br />

«le patience. — Maman m'a apporté hier une jolie<br />

•1. Village <strong>de</strong> Bretagne.<br />

uoîte assez lour<strong>de</strong>. Sur le couvercle on lisait ces mats : 2. Entendu.<br />

« Jeu <strong>de</strong> Viatience ». Je ne savais pas ce oue cela voulait 3. Petite écrevisse <strong>de</strong> mer.<br />

4. Sirène. On appelle ainsi un monstre fabulenf; moiiié<br />

femme, moilié poisson, qui, par la douceur <strong>de</strong> son chant,<br />

1. Libraire llachelte et Cie. Cours élémentaire (livre <strong>de</strong> attirait les navigateurs sm' les écueils <strong>de</strong> la mer <strong>de</strong> Sicile.<br />

} élève), -1 vol. in-16 cart., 0 fr.GO ; livre du maître, 1 vol. La plupart <strong>de</strong>s peuples qui habitent les rivages <strong>de</strong> la mer<br />

in-10 cart.. 1 fr.<br />

placent aussi <strong>de</strong>s sirènes dans leurs contes et légen<strong>de</strong>s.


3231<br />

MANUEL GÉNÊBAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

— Je vais, répondit le saboliev, te faire voir à ma<br />

femme, ensuite je te re^iorterai ii l'eau. »<br />

Il l'emporta dans sa cabane, et dit â sa femme :<br />

« Vois quel poisson j'ai pris. »<br />

Elle en eut presque peur, et elle s'écria :<br />

« Ah! quel singulier poisson, on dirait une femme : elle<br />

Ta peut-être nous jeter <strong>de</strong>s sorts.<br />

— Non, dit la Seraine, je suis la Seraine <strong>de</strong>s mers, et,<br />

loin <strong>de</strong> vous faire du mal, si vous me remettez à l'eau, je<br />

vous donnerai ce que vous voudrez. »<br />

Le sabotier alla la reporter ; autour d'elle la mer était<br />

belle, toute jaune et toute bleue, et, avant <strong>de</strong> quitter le<br />

rivage, elle dit :<br />

« Je te remercie ; tu poux me <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r ce que tu voudras,<br />

je te l'accor<strong>de</strong>rai.<br />

— Merci, répondit le sabotier;'pour le moment, je n'ai<br />

besoin <strong>de</strong> rien. »<br />

Mais il survint une année où tout était clier, et le sabotier<br />

ne savait comment nourrir ses enfants; il alla<br />

guetter la Seraine, qu'il revoyait <strong>de</strong> temps en temps, et,<br />

quand il l'aperçut, il lui dit :<br />

« 5Ia Seraine, je n'ai rien à manger aujourd'hui, ni mes<br />

enfants non plus; nous laisserez-vous mourir <strong>de</strong> faim?<br />

— Tends tes filets, répondit-elle. »<br />

Dès qu'ils furent à l'eau, ils se remplirent <strong>de</strong> tant <strong>de</strong><br />

poissons, que. le sabotier fut obligé d'en laisser. Il revint<br />

à la maison et dit à sa femme :<br />

« Vois, comme j'ai bien péché; c'est la Seraine qui m'a<br />

valu cela.<br />

— Ah! répondit-elle, voilà du poisson en abondance,<br />

mais nous n'avons pas <strong>de</strong> beurre pour le frire, ni <strong>de</strong> pain<br />

pour manger avec. »<br />

Le sabotier retourna au bord <strong>de</strong> la mer, et dit à la Seraine<br />

ce qui lui manquait.<br />

« Retourne à ta maison, lui répondit-elle, je t'assure<br />

qu'il y a maintenant chez toi du pain et du beurre à discrétion.<br />

s<br />

Quand il arriva chez lui, sa femme lui. dit qu'un monsieur<br />

était venu apporter un gros tourteau <strong>de</strong> pain et une<br />

forte motte <strong>de</strong> beurre. Ce jour-là, ils mangèrent tous à<br />

leur faim.<br />

Peu apfès il tit grand froid, et les enfants du sabotier<br />

E'avaient que <strong>de</strong> pauvres habits tout percés : il alla trouver<br />

la Seraine, et lui dit :<br />

« !\Ia Seraine, comment faire? Je n'ai point d'argent et<br />

rien à mettre sur le dos <strong>de</strong> mes petits enfants.<br />

— Retourne chez toi, répondît-elle; dans quelques<br />

heures tu vas avoir <strong>de</strong> quoi les vêlir chau<strong>de</strong>ment. »<br />

Quelques heures après arriva <strong>de</strong> Paris, un gros paquet<br />

pour le sabotier, où il trouva du linge, <strong>de</strong>s lainages, et,<br />

jusqu'à <strong>de</strong>s poupées pour les petites iilles. Les enfants et<br />

leurs parents lurent bien vêtus pour tout l'hiver.<br />

Le sabotier alla remercier la Seraine, qui lui dit :<br />

« Tu m'as prise, et tu ne m'as pas tuée ; pour te récompenser,<br />

tu seras heureux jusqu'à la fin <strong>de</strong> tes jours, et tous<br />

les tiens avec toi. »<br />

Le sabotier vécut jusqu'à un âge avancé, et ses enfants<br />

<strong>de</strong>vinrent tout à fait riches.<br />

P. SÉCULOT [Contes <strong>de</strong>s paysans et <strong>de</strong>s •ptcheurs).<br />

«Le maître fora d'abord comprendre aux ^enfants que<br />

les contes sont <strong>de</strong>s récits absolument faux, inventés à<br />

plaisir, soit pour amuser simplement ceux qui les écoutent<br />

ou les lisent, soit pour leur donner quelque bonne<br />

leçon dont ils puissent tirer profit. Il aura soin <strong>de</strong> dire<br />

et <strong>de</strong> répéter, au besoin, que les fées, les enchanteurs,<br />

les animaux parlants, etc., n'ont jamais existé; mais que<br />

ces personnages imaginaires, qui font <strong>de</strong>s choses prodigieuses,<br />

nous divertissent beaucoup. M. Ch. Defodon, dans<br />

un très remarquable article sur VEnseignement <strong>de</strong> La langue<br />

maternelle axix petits enfants, publié par Y Ami <strong>de</strong><br />

l'Enfance, dit à ce sujet : « Les histoires merveilleuses,<br />

î,(s contes <strong>de</strong> fées, par exemple, doivent-elles être écartées<br />

<strong>de</strong> l'éducatioii <strong>de</strong> la première enfance? Pour ma part, je<br />

ne le crois pas, à la condition que vous fassiez comprendre<br />

à l'enfant que vous ne croyez pas « pour <strong>de</strong> bon » à<br />

l'existence réelle <strong>de</strong> ces êtres et <strong>de</strong> ces faits que voira<br />

imagination évoque <strong>de</strong>vant lui et pour son plaisir. Luimême,<br />

remarqutz-la bien, va aussi loin et plus loin que<br />

vous en fait (ie procédés imaginatifs. Lui-m!ême est personnage<br />

et acleur, dans les mille drames <strong>de</strong> ses jeux, et<br />

il suffira <strong>de</strong> l'averlir poui' qu'il se prêle, si elle l'amuse,<br />

à la. fiction <strong>de</strong> Cendrillon ou <strong>de</strong> la Belle au Bois dormani,<br />

sachant bien et dûment que c'est une ficlion, tout aussi<br />

bien qu'il se prête au rôle <strong>de</strong> cocher ou <strong>de</strong> genclarme, do<br />

cheval ou <strong>de</strong> biche au bois, ayant parfaitement conscience<br />

qu'il n'est véritablement ni cocher, ni gendarme, ni cheval,<br />

ni biche au bois'. »<br />

HISTOIRE. — Programme. — I. Revision générale.<br />

— II. L'an 1000. Le repas <strong>de</strong> chair humaine. — Voir,<br />

pour plus <strong>de</strong> détails, dans le Manuel <strong>de</strong> 18S1-82 et dans<br />

celui <strong>de</strong> 1882-83, les programmes<br />

élémentaire. — L. T.<br />

d'histoire du cours<br />

GÉOGRAPHIE. — Programme. — ILa «erre (suite)<br />

— I. Interrogations sur les leçons précé<strong>de</strong>ntes. — II. Hiviéres,<br />

casca<strong>de</strong>s, lacs, étangs, ruisseaux, canaux. — GHAvonES.<br />

Diverses sortes <strong>de</strong> bateaux pour la navigation lluviale.<br />

Une rivière. Une mare. Une source. Une casca<strong>de</strong>,;<br />

Un lac. Un ruisssau.<br />

tes canx ilonccs. — Développement. — Vous'<br />

savez, mes enfants, ce que c'est qu'un bateau?<br />

— Oui, monsieur.<br />

— Une espèce <strong>de</strong> voiture, n'est-ce pas?<br />

— Son, monsieur; avec les voitures on va sur les chemins,<br />

tandis qu'on se' sert <strong>de</strong>s bateaux pour voyager sur<br />

les rivières. <<br />

— Paul nous parle <strong>de</strong> rivières... mais en a-t-il vu?<br />

— Oui, monsieur :. il y en a une tout près d'ici.<br />

— Eh bien,! supposez que je ne l'aie pas vue, moi, que<br />

je n'aie vu aucune rivière. Je voudrais bieu savoir quelle<br />

est la chose que vous appelez ainsi : pourriez-vous me le<br />

dire?<br />

— Sans doute, monsieur ; figurez-vous <strong>de</strong> l'eau...<br />

beaucoup d'eau...<br />

— Je ne comprends pas très bien. La mare où barbotent<br />

lès oies et les canards du père Guillaume contient<br />

aussi <strong>de</strong> l'ean. Quelle différence faites-vous entre une<br />

mare et une rivière?<br />

— L'eau <strong>de</strong> la mare est tellement sale qu'on n'en voit<br />

pas le fond; elle sent mauvais, surtout pendant les gran<strong>de</strong>s<br />

chaleurs; et puis, elle ne marche point, cette eau-là...<br />

—• La mauvaise o<strong>de</strong>ur qu'elle a lui vient précisépient<br />

<strong>de</strong> son immobilité. Alors l'eau <strong>de</strong> la rivièi-e retii.ue?<br />

— Oui, monsieur.<br />

— Elle s'en va, tantôt vers la droite, tantôt vers la<br />

gauche, comme un balancier d'horloge...?<br />

— Vous vous trompez, monsieur ; elle coule toujours du<br />

même côté.<br />

— Je commence à mieux comprendre; une rivière,<br />

c'est <strong>de</strong> l'eau courante, ou, si vous voulez, un cours d'eau.<br />

Mais d'où sort-il, ce cours d'eau? D'une immense cuve<br />

dont on .aurait laissé le robinet ouvert?...<br />

— N'est-ce pas plutôt <strong>de</strong> la terre qu'il sort?<br />

— Il s'échappe, en effet, <strong>de</strong>s profon<strong>de</strong>urs du soi. Le<br />

point <strong>de</strong> départ d'une rivière — ordinairement un simple<br />

trou — se nomme source. Les sources sont, -en général,<br />

situées sur <strong>de</strong>s hauteurs. Plus l'endroit d'où jaillit la<br />

source est élevé,^ plus le cours d'eau est rapi<strong>de</strong>. Souvent<br />

même l'eau tombe <strong>de</strong> rocher en rocher, avec un grand<br />

bruit, et forme ainsi <strong>de</strong> superbes casca<strong>de</strong>s. D'autres fois,<br />

elle arrive dans un creux, dans une espèce <strong>de</strong> bassin ou<br />

<strong>de</strong> cuvette qu'elle remplit. Cette nappe d'eau, qui se<br />

trouve là comme emprisonnée, prend, suivant sa gran<strong>de</strong>ur,<br />

le nom d'étang ou celui <strong>de</strong> lac.<br />

. Un étang, c'est un petit lac.<br />

Les lacs et surtout les rivières lournissent aux hommes<br />

<strong>de</strong> précieuses ressources. D'abord, l'eau qu'on en tire<br />

remplace avantageusement celle <strong>de</strong>s puits; elle est, presque<br />

toujours, agréable à boire; elle est excellente pour lo<br />

blanchissage,.<br />

— lit l'on y trouve <strong>de</strong>s que pêcheurs at-<br />

Irappenl et qu'ils vont vendre à la ville.<br />

— C'est juste : la pêche fait vivre un certain nombre <strong>de</strong><br />

personnes.<br />

1. Extrait <strong>de</strong>s Ea;erciccs <strong>de</strong> composition <strong>français</strong>e, par<br />

J. Masson. 1 vol. iii-IO, cart., 1 fr. 25. Ilachetle et Cio.


PARTIE<br />

SCOLAIRE.<br />

139-<br />

On péiU aussi, à l'aidé dé tel ou tel cours d'eau, transporter<br />

très loin, sans chevaux ni voitures, <strong>de</strong>s voyageurs<br />

ou <strong>de</strong>s marchandises. De sorte que si je vous <strong>de</strong>mandais :<br />

(t Qu'est-ce qu'une rivière? » il vous serait permis <strong>de</strong><br />

me répondre : « 5Ïà foi, inonsieur, c'est un chemin qui<br />

marche ! »<br />

Je dois ajouter que beaucoup <strong>de</strong> rivières ne sont que<br />

<strong>de</strong> simples )-«(sse(2Ma:, ce qui veut dire qu'elles ne sont ni<br />

assez larges, ni assez proton<strong>de</strong>s pour qu'on puisse naviguer<br />

<strong>de</strong>ssus.<br />

Outre les cours d'eau naturels, il y à <strong>de</strong>s canaùt. Ke<br />

confon<strong>de</strong>z pas un canal avec une rivière. Le lit du canal<br />

a été creusé par la main <strong>de</strong>s hommes, tandis que celui <strong>de</strong>'<br />

la rivière s'est creusé tout seul.<br />

Un canal remplace une rivière où joint <strong>de</strong>ux rivières<br />

entre elles.<br />

Résumé <strong>de</strong> la leçon. — On appelle rivière un cours<br />

à'eau naturel. L'endroit où cornmence_ la rivière se<br />

nomme source.<br />

Plus lé lieu d'où jaillit la source est élevé, plus le<br />

cours d'eau est rapi<strong>de</strong>. Quelquefois, en <strong>de</strong>scendant une<br />

pente, l'eau tombe <strong>de</strong> rocher en rocher avec un grand bruit;<br />

elle forme alors une casca<strong>de</strong>. On nomme lac une nappe<br />

d'eau qui se trouve comme emprisonnée au milieu <strong>de</strong>s<br />

ferres. Un étang est un petit lac. Un cours d'eau étroit,<br />

peu profond et sur lequel il est impossible <strong>de</strong> naviguer,<br />

se nomme un ruisseau. On désigne sous le nom <strong>de</strong> canal<br />

une espèce <strong>de</strong> cours d'eau dont le lit a été creusé par la<br />

main <strong>de</strong> l'homme.<br />

Explications et eseroioes. — Bateau : les différentes<br />

espèces <strong>de</strong> bateaux ? (bateaux <strong>de</strong> promena<strong>de</strong> : canots,<br />

barques à voiles, périssoires, etc.; bateaux <strong>de</strong><br />

pêche; péniches; bateaux à vapeur: transports et remorqueurs,<br />

etc.) — Rivière : dire comment s'appellent les<br />

bords d'un cours d'eau? {Bives). — Immobilité : voir les<br />

explications jointes au texte <strong>de</strong> notre première leçon <strong>de</strong><br />

géographie (octobre 1883). Les eaùx immobiles sont appelées<br />

encore...? (eaux dormantes, eaux stagnantes, eaux<br />

croupissantes). — Balancier : rapprocher balancer. A<br />

quoi sert le balancier d'une horloge ? — Courante, cours :<br />

rapprocher course, courir, etc. — Source : les qualités <strong>de</strong><br />

l'eau <strong>de</strong> source? (limpidité, fraîcheur, etc.). — Jaillir.<br />

Rapprocher jet. De quoi peut dépendre la force d'un jet<br />

d'eau. — Cuvette : petite cuve. — Poisson, pêche : nommer<br />

quelques-unes dés espèces <strong>de</strong> poissons qui habitent<br />

lês lacs et lès rivières [carpe, brochet, trruit'e, taiiché,<br />

ablette, goujon, etc.), et les principaux engins dé la p&v<br />

che fluviale (épervier, nas^e, 'lïgrie, etc.). —• t!n chemin<br />

gui màrche : cette expression est dé l'illustré Pascal. —<br />

Ruisseaux ': ne jjas confondi'e lés ruisseaux 'naturels EiveC<br />

ceux que forment dans'les rues lës eâUx ménagères. —<br />

Cours d'eau naturels : ceux qui ont une source èt dont le<br />

lit s'est créusé sans le secours <strong>de</strong> l'homme. — Lit : l'espace<br />

dans lequel l'eau <strong>de</strong> la rivière s'étend naturellement<br />

Le mot lit, employé au figuré, éveille ici l'idée <strong>de</strong> s'étendre<br />

mollement, tranquillement. — Canal : <strong>de</strong>scription<br />

sommaire d'un canal (quais, barrages, etc.). — L. T.<br />

Erratum : dans la <strong>de</strong>rnière leçon <strong>de</strong> géographie, au<br />

lieu <strong>de</strong> : reflets <strong>de</strong> lave, lire : flots <strong>de</strong> lave. — L. T.<br />

INSTRUCTION CIVIQUE. — Directions. — Sous<br />

avons cherché à montrer que dans un village, dans le<br />

village que nous habitons, chacun, outre ses affaires particulières<br />

et personnelles, a encore d'autres affaires, dont<br />

il doit s'occuper en même temps que tous les autres habitants<br />

du village, parce qu'elles répon<strong>de</strong>nt à <strong>de</strong>s intérêts<br />

qui sont communs. Nous avons dit, par exemple, qu'il<br />

n'importe pas seulement à Pierre ou à Jacques qu'il y ait<br />

une école dans le village, mais que cela importe aussi,<br />

et <strong>de</strong> la même manière, à Thomas, à Lucien, en définitive,<br />

à tous les pères <strong>de</strong> famille du vill.ige. Suivons maintenant<br />

cette idée, en gardant, si l'on veut, le même<br />

exemple. 11 faut qu'il y ait une écolo dans le village ;<br />

mais où la bâtira-t-on? — Sur mon terrain, dit Isidore.<br />

— Non, sur le iaien, dit Philippe. — Celui <strong>de</strong> Durand vaudrait<br />

mieux, dit Antoine, — Je préfère celui <strong>de</strong> Dufour, dit<br />

Ailolplie. Voilà <strong>de</strong>s compétitions, <strong>de</strong>s disjussions. On ne<br />

s'entend pas. Et cependant l'affaii'e est urgente et èlle est<br />

d'intérêt général. Comment se départager et comniént se<br />

déci<strong>de</strong>r? Une idée! Nous allons réunir tous les habitants<br />

du village; puis, <strong>de</strong>vant tout le mon<strong>de</strong>, Isidofe, Philippe,<br />

Durand et Dufour expliqueront les avantages <strong>de</strong> leur terrain<br />

pour la construction <strong>de</strong> l'école ; ensuite, qUaitd on<br />

aura bien entendu leurs explications, on dira à chacun<br />

<strong>de</strong>s habitants : êtes-vous jDour le terrain d'Isidore, pbur<br />

celui <strong>de</strong> Philippe, pour celui <strong>de</strong> Durand, pour celui <strong>de</strong><br />

Dufour? Eh bien! quand on appellera successivement les<br />

noms d'Isidore, <strong>de</strong> Philippe, <strong>de</strong> Durand, <strong>de</strong> Dufour, vou.s<br />

lèverez la main au nom que vous aurez choisi, et celui<br />

qui aura le plus <strong>de</strong> mains levées l'emportera, ce sera sur<br />

son terrain que l'on bâtira l'école. C'est un moyeu d'accord.<br />

cela, et un bon moyen; il s'appelle le suffrage et<br />

on dit que ceux qni lèvent ainsi la main pour Isidore,<br />

Philippe, Durand, Dufour ou tout autre, votent pour<br />

Isidore, Philippe, Durand, Dufour ou tout autre. On dit<br />

aussi que la décision se prend à la pluralité ou à la majorité<br />

<strong>de</strong>s suffrages, à moins qu'il n'y ait unanimité.^<br />

quand tout le mon<strong>de</strong> est d'accord. Quand tout lé mon<strong>de</strong><br />

n'est pas d'accord, ceux qui ne l'etaportent point, cetix<br />

dont les votes sont les moins noiiibrénx forment la minorité.<br />

On dit encore que Philippe,' Isidore, Dtirand, Dufour<br />

qui se présentent, comme dâns l'eSéinple' que noùs avbus<br />

supposé, pour obtenir les suffrages d'une population,<br />

sont <strong>de</strong>s candidats. On se sert enfin du mot <strong>de</strong> voix à la<br />

place du mot suffrage; on dit à un candidat: je vous<br />

donnerai ma voix, c'est-à-dire mon suffrage, c'est-à-dire<br />

je voterai pour vous. — C. D.<br />

ARITHMETIQUE.—Programme.—îtiifSsîoiirsuite).<br />

— Di\'ision d'un nombre inférieur à 10 000 par un nombi-e<br />

inférieur à 100, dont le chiffre;<strong>de</strong>s unités soit très taiblé.<br />

Nous avons publié, dans le Manuel général <strong>de</strong> l'année<br />

<strong>de</strong>rnière, <strong>de</strong> très nombreuses séries d'exercices 'suf ks<br />

quatre opérations; on pourra litilement s'y reporter.<br />

• Caïcral meœtaS. —• l» Addition <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux n'ombres<br />

inférieurs à 71.<br />

2° Soustraction d'un nombre inférieur à 71 d'un nombre<br />

inférieur à 150.<br />

sur les quatre opéra-<br />

Calcul éci'it. —• I. Exercices<br />

tions.<br />

II. Problèmes. — 4. On achète pour 144''une caisse <strong>de</strong><br />

tapioca du poids <strong>de</strong> 77 Kilog. La caitese seule pèse 5 Kg. ;<br />

quel est le prix <strong>de</strong> revient du Kilog. <strong>de</strong> tapioca?<br />

Solulion.l^e poids du tapioca seul est 7 7—-5 = 72 Kilog. ;<br />

Le prix du ICilog. est 144' : 72 = 2 francs.<br />

S. Un ouvrier doit fabriquer 144 objets. I! m a déjà<br />

fait 56. Combien lui faudra-t-il <strong>de</strong>'temps pour, faire le<br />

reste s'il en confectionne 9 par jour?<br />

Sdlution. Il lui resté à faire 144 — 56="10S objets.<br />

Cela lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>ra 108 : 9 = 12 journées.<br />

3. Un train doit parcourir une distance <strong>de</strong> l7Ô Kilbnj.;<br />

il marche avec une viteëée <strong>de</strong>?2 Kiîoiii. à l'héui'e ë't a déjà<br />

parcouru 42 Kilomètres. Dans combien <strong>de</strong> temps seTa-t-A<br />

au terme <strong>de</strong> sa course ?<br />

Solution. 11 lui reste à ïaire 170 — 42 =128 Kilom.<br />

Ce pai'cours exigera 128 : 32 = 4 hëtu-es,<br />

4. Voici <strong>de</strong>s pigeons à 0',Ï5, <strong>de</strong>s poulets à o',2o et s<br />

perdrix à 2',75. Coinbièh aevrai-;te pa'yèr si j'aciîéle 2 perdrix,<br />

5 potllefs'et 4 pigeons? (Sons avons introduit <strong>de</strong>puis<br />

plusieurs semaines dans les exercices dn coiU'S éléiiieiitaire<br />

la nniltiplication dè nombres tepritaant <strong>de</strong>s francs<br />

et <strong>de</strong>s centimes).<br />

Solution. Perdrix 2',75 X 2 = S'',50; poulets 5',23 X ô<br />

= 9'.;5. '<br />

Pigeons 0',73 X 4 = 5^00.<br />

On <strong>de</strong>vra payer 5^50 9',75 -j- = IS',25.<br />

5. Un ouvrier a travaillé du 7 janvier inclus, qui était<br />

un lundi, jusqu'au 9 février inclus, à raison <strong>de</strong> 4' par<br />

jour. Combien a-t-il gagné'pendant cette pério<strong>de</strong>, dont les<br />

(Hmandhes ont été oo'iisaerés au repos?<br />

Solution. Les dates <strong>de</strong>s jours <strong>de</strong> travail ont été 7, 8, 0,<br />

irt .H -19. i.i .ir> Ifl 17 IS -19 — 21. 99.23.24.25.<br />

2ii'— 28, 29, 50,' 51 'janvier,' 1"' février,{.2<br />

fih a.<br />

-V.v fi.


3233<br />

MANUEL GÉNÊBAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

En tout 5 semaines <strong>de</strong> G jours <strong>de</strong> travail, soit 50 jours.<br />

L'ouvrier a gagné X 30 = 120 francs.<br />

C. Autour d'un terrain carré dont le côté mesure 28 mètres,<br />

on a lait poser un Ireillage qui coûte 3' le mètre.<br />

A combien s'élève la dépense?<br />

Solution. Le treillage mesure 4 fois 28 mètres=112 me-<br />

La dépense s'élève à 5'x 112 = 336 francs.<br />


PARTIE<br />

SCOLAIRE.<br />

139-<br />

enfants, bordés d'un ruban <strong>de</strong> soie, <strong>de</strong> laine ou <strong>de</strong> coton<br />

<strong>de</strong> couleur (ce travail ijourrait être fait par <strong>de</strong>s enfants<br />

(lu cours supérieur).<br />

L'ouvrage sera tenu par la main gaucbe entre les<br />

quatre doigts et le pouce; ce <strong>de</strong>rnier maintenant l'étoffe<br />

<strong>de</strong>ssus, les autres doigts placés <strong>de</strong>ssous.<br />

La main droite, armée du dé, prendra l'aiguille qui<br />

<strong>de</strong>vra dès le début être parfailemenl tenue et dans la<br />

position indiquée par la ligure 2. Le milieu <strong>de</strong> l'aiguille<br />

maintenu entre le pouce et l'in<strong>de</strong>x, le- chas appuyé sur<br />

le dé par lequel sera poussée l'aiguille. Avec les <strong>de</strong>ux premiers<br />

doigts on abaissera la pointe <strong>de</strong> l'aiguille pour l'introduire<br />

dans le tissu et former le point. Puis lorsque<br />

celle-ci sera entrée suffisamment dans l'étoffe, et pendant<br />

que le dé la poussera, on saisira <strong>de</strong> nouveau avec les <strong>de</strong>ux<br />

mêmes doigts la partie <strong>de</strong> l'aiguille qui sortira, après<br />

avoir fait le point, et on tirera le fil.<br />

Kous nous étendons un peu longuement sur ces détails,<br />

car les enfants ont presque toujours la mauvaise habitu<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> lever la main entièrement avant d'aller reprendre<br />

l'aiguille, ce qui est long et disgracieux. — Mme GIROUX.<br />

COURS<br />

MOYEN<br />

LANGUE FRANÇAISE. —Directions. — Le ïcrbe.<br />

— La conjugaison. — La secon<strong>de</strong>, la troisième et la quatrième<br />

conjugaison. — Faire conjuguer <strong>de</strong>s verbes <strong>de</strong> ces<br />

trois conjugaisons à certaines formes données, en ayant<br />

soin qu'ils soient enclavés dans une petite phrase. —<br />

Exercices oraux. — Exercices au tableau noir.<br />

Exercices au tableau noir sur le nom et l'article, l'adjectif,<br />

le pronom. — C. D.<br />

Dictées. — I. lia maison <strong>de</strong> Jeanoe d'Arc. —<br />

11 existe à Domrémy, près <strong>de</strong> Yaucouleurs. en Lorraine,<br />

une maison <strong>de</strong> mo<strong>de</strong>ste apparence, qui n'attire les regards<br />

par aucun ornement extérieur, et qui ne se distingue<br />

<strong>de</strong>s habitations voisines que par la couleur plus<br />

sombre qu'elle doit à son ancienneté. Cependant, les<br />

jeunes filles du village la saluent en passant ; quand les<br />

jeunes garçons la contemplent, leurs yeux brillent d'enthousiasme<br />

; les vieillards la montrent à leurs enfants en<br />

versant <strong>de</strong>s larmes d'attendrissement, et les voyageurs<br />

s'inclinent avec respect <strong>de</strong>vant cet humble toit : c'est la<br />

maison <strong>de</strong> Jeanne d'Arc. Elle appartenait, il y a quelques<br />

années, à un paysan nommé Girardin, qui la regardait<br />

avec raison comme son plus précieux héritage, et qui en<br />

était aussi fier que du plus riche domaine.<br />

En 18-17, un Anglais fort riche, voyageant en France, se<br />

détourna <strong>de</strong> plusieurs lieues pour visiter cette maison.<br />

Girardin se lit un plaisir <strong>de</strong> la lui montrer dans le plus<br />

grand détail'.<br />

Explications. — Domrémy : village du département<br />

<strong>de</strong>s Vosges. — Vaucouleurs : chef-lieu <strong>de</strong> canton du département<br />

<strong>de</strong> la Meuse. Jeanne d'Arc vint s'y présenter au<br />

sire <strong>de</strong> Baudricourt, pour lui <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r <strong>de</strong> la conduire<br />

auprès <strong>de</strong> Charles Vil. — Lorraine : situation <strong>de</strong> cette<br />

province. — Apparence : état d'une chose telle qu'elle<br />

apparaît aux regards.— Extérieur : l'opposé <strong>de</strong> ce mot?<br />

[intérieur : remarquer la dilïérence <strong>de</strong> signification <strong>de</strong>s<br />

préfixes in, dans et ex, hors). Rapprocher d'extérieur :<br />

cxierne, externat, exil, exiler, etc., etc. — Ancienneté :<br />

le radical <strong>de</strong> ce substantif? (l'adjectif ancien). — Enthousiasme<br />

: sens primitif : ar<strong>de</strong>ur, transports provenant<br />

d'une inspiration'divine'-^ ; chaleur extrême <strong>de</strong> sentiment.<br />

— Jeanne d'Arc : énumérer les principaux faits accomplis<br />

par cette héroïne. — Paysan : le radical <strong>de</strong> ce mot ? (pays ;<br />

paysage, paysagiste, dépayser, etc.). — Héritage :<br />

ce qu'on recueille par la mort <strong>de</strong> quelqu'un. Rapprocher<br />

héritier, hoir (vieux <strong>français</strong>), déshérence, etc. — Domaine<br />

: synonyme <strong>de</strong> propriété (racine dom, signifiant<br />

' tantôt maitre, tantôt maison : dominical, domicile, dominer,<br />

domination, etc.). •— Dans le plus grand détail :<br />

sans omettre la moindre chose. — L. T.<br />

II. ta foua-mî. —La fourmi paraît savoir que l'hiver<br />

est long, et que. le blé même n'est pas longtemps exposé<br />

dans les champs. Aussi, durant la moisson, elle ne dort<br />

plus. Elle traîne, avec <strong>de</strong> petites serres qu'elle a il la tête,<br />

•1. Certilicat d'étu<strong>de</strong>s primaires. Canton <strong>de</strong> Laigle (Orne).<br />

Communiqué par M. Vilbert, inspecteur primaire <strong>de</strong><br />

Mortagne.<br />

2. F,n. rlnriG. Ihj>ns T^ipn • n.dhtnn tînnfnp.<br />

<strong>de</strong>s grains qui pèsent trois fois plus qu'elle, et elle avance<br />

comme elle peut, à reculons. Quelquefois elle trouve eu<br />

chemin quelque amie qui lui prête secours, mais elle ne<br />

s'y attend pas.<br />

Le grenier où tout doit être porté est public et aucune<br />

ne pense à faire sa provision à part. Ce grenier est composé<br />

<strong>de</strong> plusieurs chambres, qui toutes conimuniquen;<br />

par <strong>de</strong>s galeries, et qui sont toutes creusées si avant, que<br />

les pluies et les neiges <strong>de</strong> l'hiver ne pénètrent point jusqu'à<br />

leur voûte. Ceux qui ont essayé <strong>de</strong> détruire les fourmilières<br />

qui avaient eu le loisir <strong>de</strong> se perfectionner, n'y<br />

ont presque jamais réussi, parce que les rameaux s'en<br />

éten<strong>de</strong>nt trop au large, pour qu'elles se sentent du ravage<br />

qu'on fait à l'entrée'. — L. T.<br />

Sujets <strong>de</strong> composition <strong>français</strong>e. — I. le Pertas ^<br />

doré (conte — Il était une fois un bonhomme qui<br />

avait coutume d'aller faire <strong>de</strong>s fagots dans la forêt ; il ne<br />

gagnait pas beaucoup à ce métier et souvent il se plaignait<br />

<strong>de</strong> son malheureux sort.<br />

Un soir qu'il s'en revenait à la tombée <strong>de</strong> la nuit, il vit<br />

sur une clairière une belle dame vêtue <strong>de</strong> blanc ; il ôta<br />

son bonnet en passant <strong>de</strong>vant elle, et lui souhaita le bonsoir,<br />

comme c'est l'usage à k campagne.<br />

« Bonsoir, mon brave homme, lui répondit la dame,<br />

d'où venez-vous si tard ?<br />

— De faire <strong>de</strong>s fagots dans la forêt, répondit le bonhomme<br />

; c'est un métier qui ne vaut guère.<br />

— Seriez-vous content d'être plus à votre aise ?<br />

— Oui, madame, et pour cela il ne me faudrait guère.<br />

— Si je remplissais d'or ce que vous tenez à la main,<br />

dit-elle enmontrantun petit pot qui servait au bonhomme<br />

à porter sa soupe, seriez-vous bien content ?<br />

— Oh I oui, madame.<br />

— Eh bien, ôtez son couvercle et regar<strong>de</strong>z. »<br />

Le bonhomme découvrit son petit pot et vit qu'il était<br />

plein <strong>de</strong> belles pièces d'or. Il fut d'abord ébloui <strong>de</strong> cette<br />

fortune inattendue, puis il pensa : « Si j'avais eu un grand<br />

pot, il n'en aurait pas plus coûté à la fée <strong>de</strong> l'emplir<br />

d'or. »<br />

11 se gratta l'oreille et dit.<br />

« Je vous remercie bien, madame, mais mon pot est<br />

tout petit, et je n'aurai pas pour longtemps <strong>de</strong> ce qui est<br />

<strong>de</strong>dans. Je voudrais bien aller jusqu'à la maison chercher<br />

un vase un peu plus grand.<br />

— A vos souhaits », répondit la fée.<br />

Le bonhomme courfat à sa cabane et revint le plus vite<br />

qu'il put à la clairière, apportant avec lui aapotaplou, ou<br />

si vous aimez mieux, un <strong>de</strong> ces pots à puiser <strong>de</strong> l'eau qui<br />

sont, comme chacun le sait, <strong>de</strong> gran<strong>de</strong> dimension ; et il<br />

pensait en lui-même à la gran<strong>de</strong> quantité <strong>de</strong> pièces d'or<br />

qu'il pourrait contenir. Mais quand il arriva à l'endroit<br />

où il avait vu la fée, elle avait disparu et la seule chose<br />

qu'il vit, c'est un peu <strong>de</strong> mousse jaunâtre qui garnissait<br />

1. Certificat d'étu<strong>de</strong>s primaires. Canton <strong>de</strong> Moulins<br />

(Grue). Communiqué par M. Yilbertj inspecteur primaire<br />

<strong>de</strong> Mortagne.<br />

2. Ou pertuis : le trou doré.<br />

S. Voir les observations faites au cours élémentaire<br />

Riir Ifls nnnlpçî.


118 MANUEL GÉNÊBAL DE L'INSTRUCTION PRIMAIRE.<br />

iinç Jente d'un gro.s rocUer que <strong>de</strong>puis on a appelé, le<br />

l'ertus doré.<br />

Quand il regarda ddn^ spp petit pot, au lieu d y trouver<br />

<strong>de</strong> l'or, il n'y vit qu'un reatq <strong>de</strong> soupe, et il s'en reloiirna<br />

chez lui, ï"'®" marri d'avoir, }?ar trop<br />

perdu ce que la fée lui avait d'a,bor


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 119<br />

jour^ 2030 francs, que gagneraient 42 liommes en<br />

92iW'a*?<br />

Solution. 2030' est le prix <strong>de</strong> 2!) X 35 ï= 1015 journées<br />

(l'ouvriers.<br />

Et l'on <strong>de</strong>man<strong>de</strong> le prix <strong>de</strong> 92x42 = 3864 journées.<br />

t,e prix d'une journée est 2030' : 1015 = 2',<br />

Donc 42 hommes en 92 jours gagneraient 3864 fois 2',<br />

soit 7728 francs.<br />

fiO. On veut carreler une pièce rectangulaire <strong>de</strong> 4"°,20<br />

(lelonçjsur 3",6D <strong>de</strong>lai-geavec <strong>de</strong>s carreaux carrés <strong>de</strong>0°',20<br />

(le côté. Combien çoi}tera cse travail, si le raille <strong>de</strong> carreaux<br />

v.5iit 22',50 et si l'on paye 0/.,80 par mètre carré pour la<br />

iliain d'œuvre®?<br />

Solution, La superficie <strong>de</strong> la pièce est 4»',2x3°',6<br />

Celle d'un carreau est 2^»x2'''° = 4 décim. carrés.<br />

Eu 1512 dm®, combien <strong>de</strong> fois 4 dm-?<br />

Nombre <strong>de</strong> carreaux 1512 : 4 = 378 à 2',25 le 100,<br />

Valeur <strong>de</strong>s carreaux 2',25 X 3,78 = 8',50,.<br />

Main-d'œuvre 0',8 X 15,12 = 12',10.<br />

Dépense totale 8',50 4-12',10 = 20',60.<br />

SYSTÈME MÉTRIQUE- — Programme. —UJesuires<br />

rte .Çiupcriicîe et mçiiipres <strong>de</strong> volume. (Revision-)<br />

Exercices et problèmes-<br />

1. Exercices. ^ f, Exprimer :<br />

24 Ares en mètres carrés,<br />

liô 740 décim. çarrég en Déeam. carrés,<br />

745 Ares en Hectares,<br />

8'î 600 mètres carrés en Hectares,<br />

l'ia,4 en mètres carrés.<br />

0"'®,725 en décimètres carrés.<br />

0Ha,7 en mètres çarrès.<br />

6420 mètres carrés en Ares,<br />

29 dm^ en centim. carrés.<br />

©•""^Ogs en millim. carrés.<br />

8. Combien y a-t-il :<br />

De mètres carrés dans un <strong>de</strong>mi-Hectare? R. 5000 nl^.<br />

R. 2400 m2.<br />

R. 6Dm2,574<br />

Jl. 7Ha,45.<br />

n. 8Ha,76.<br />

R. 14 000 m-.<br />

R.<br />

R. '/OOO<br />

R. 64A,20.<br />

R. 2900 cm2.<br />

R. 930 mm^.<br />

De centiares dans 6 Décamètres carrés? R. 600 centiares.<br />

D'Hectares dans 2 Kiiom. carj,'{s? R. 200 Hectares,<br />

lie décim. carré? dans un d^-m®? R. 50 dm^.<br />

De centim. carrés dans 5460 lilm^?' R. 54°»^,6.<br />

De Kilom. carrés dans 700 Hectares? R. 7 Km«.<br />

De décim. carrés dans un 10» <strong>de</strong> m-? fi. 10 dm®.<br />

S. Exprimer.:<br />

2 décim. cubes en centim". R. 2000 cm'-<br />

4 stères en décim. cubes. R. 4000 dm».<br />

0'°®,74 en décim. cubes-<br />

R. 740 dm^.<br />

18 570 centim. cubes en décim,cubes- R. 18'i"»,37'.<br />

4doubl9S Décastéres en riiètr. çubes. R. 80 m- cubes.<br />

4. Combien y a-t-il :<br />

De décistères dans 2 mètres cubes'? R. 20 décistères.<br />

De Décastéres dans 28 mètres cubes? R. 2Dst;8.<br />

De décim. cubes dans un dixième <strong>de</strong>m^. R. 100 dm'.<br />

Decentim.cubesdansuncentième<strong>de</strong>m^? R. 10000cm°.<br />

Demillim.cubesdansunmillième<strong>de</strong>m'? Ji. -lOOOOOOmm^.<br />

II. Problèmes. — 1. Que valent 7 <strong>de</strong>mi-Décastères <strong>de</strong><br />

bois à 57' le double stère ?<br />

Solution. 7 <strong>de</strong>mi-Décastères font 7' fois 5 = 35 stères.<br />

Le stère valant 57'-: 2 = 28',50,<br />

35 stères valent 28', 5 x 35 997'; 50.<br />

2. Quel est le prix d'un terrain rectangulaire estimé<br />

8500' l'Hectare et mesurant 108 <strong>de</strong> long sur 85» <strong>de</strong> large?<br />

Solution. Superficie 108» x 85"»—9180 mètres carrés<br />

= 91A 80.<br />

Valeur, à raison <strong>de</strong> 85' l'Are. 85'x 91,8 = 7803'.<br />

3. Calculer, à raison <strong>de</strong> 80' le mètre cube, la valeur<br />

totale <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux blocs <strong>de</strong> pierre dont l'un mesure 3 mètres<br />

cubes 96 décim. cubes et l'autre 36 décim. cubes <strong>de</strong> moins.<br />

Solution. Le 2° bloc mesure 3»=,09G —0"'=,036=3'»=,000 ;<br />

. Le volume- total <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux blocs est S^^ Ogo + 5«>5 QGO<br />

= 6»Mas.<br />

Leur valeur totale est 80' x 6,156 = 492i',48 ou 492';50.<br />

S. MAIRE:<br />

1. Laigle(Orne), filles. Communiqué par H. Vilbert, inspecteur<br />

primaire <strong>de</strong> Mortagne.<br />

2. Paris. Compositions générales du, 21 novembre 18S"i.<br />

— Cours supéi-ieur. — Communiqué par H. Ilardveck,,<br />

mstitnfpni-<br />

GÉOMÉTRIE. — Directions et exercices.<br />

ANGLE INSCKIT DANS UN DEMI-CERCLE<br />

PiioposiTios. Étant donné une <strong>de</strong>mi-circonférence décrite<br />

sur AS comme diamètre, si l'on joint un point quelconque C<br />

<strong>de</strong> la <strong>de</strong>mi-circonférence aux extrémités k et B <strong>de</strong> ce<br />

diamètj-e, l'angle C est droit.<br />

Ou plus simplement :<br />

Tout angle inscrit dans une <strong>de</strong>mi-circonférence eet<br />

droit.<br />

Démonstration.<br />

Menons le rayon 00, les triangles AOC<br />

Fig. 51.<br />

et BOÇ sont isocèles, par suite, le® angles opposés aux<br />

côtés égaux sont égaux; nous avons donc<br />

ACO = CAO,<br />

ECO = CBO,<br />

Et, en ajoutant ces égalités membre à membre, nous<br />

avons donc<br />

ACB — A -I- B.<br />

Mais la somme <strong>de</strong>s trois angles A, B, C du triangle est<br />

égale à 2 droits ; l'angle C étant égal à la nloitié <strong>de</strong> ceitte<br />

somme est un angle droit.<br />

TANGENTE<br />

DÉFinmoN. On appelle tangente à une circonférence<br />

(fig. 51) une droite qui n'a qu'un seul point commun<br />

avec cette courbe.<br />

On voit que si une droite CD qui coupe le cercle 0 aux<br />

points C et D se transporte parallèlement à elle-même et<br />

prend les positions CD',... <strong>de</strong> plus en plus éloignées du<br />

centre, les <strong>de</strong>ux points <strong>de</strong> rencontre primitivement situés<br />

en C et D se rapprocheront <strong>de</strong> plus en plus du point A et<br />

Fig. 52.<br />

Fig. èS.<br />

finiront par se confondre avec lui ; la droite BAC n'aura<br />

plus alors qu'un seul point commun avec la circonféi-ence;<br />

elle lui sera tangente en A. De là résulte la proposition suivante<br />

:<br />

PROPOSITION. La droite perpendiculaire à l'extrémité<br />

d'un rayon est tangente à la circonférence.<br />

DÉJIOKSTRATIOS. Ainsi la droite BC (fig. 52) perpendiculaire<br />

à l'extrémité A du rayon OA est tangente à la circonférence<br />

0.<br />

Remarque.<br />

On arrive également à la notion <strong>de</strong> la tan-<br />

Fig. 34.<br />

gente et à la propriété précé<strong>de</strong>nte en faisant tourner une<br />

sécante CD autour <strong>de</strong> l'un <strong>de</strong>s points d'intersection A qui


120 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

reste fixe <strong>de</strong> manière que le second point vienne se confondre<br />

avec le premier.<br />

En effet, la perpendiculaire OG abaissée <strong>de</strong> 0 sur CD<br />

passe par le milieu G <strong>de</strong> la cor<strong>de</strong> AD et, si celle cor<strong>de</strong> Ali<br />

<strong>de</strong>vient <strong>de</strong> plus en plus petite, le point G se rapproche<br />

<strong>de</strong> A et finit par se confondre avec lui lorsque la sécante CD<br />

est <strong>de</strong>venue la tangente EF, — Si, à partir <strong>de</strong> la position<br />

EF, en continuait à faire tourner la droite mobile CD<br />

elle couperait <strong>de</strong> nouveau la circonférence en <strong>de</strong>ux points<br />

A et B'; elle cesse d'être tangenle dès qu'elle n'e.'it plus<br />

perpendiculaire sur le rayon <strong>de</strong> contact OA.<br />

CONSÉQUENCE. Toiiie tangente à la circonférence est "pcrpendiculaire<br />

au rayon mené au point <strong>de</strong> contact.<br />

TRACÉ DE .LA TAKGEISTE AU CERCLE<br />

PROIILÈME I. Étant donné un cercle et un point A sur<br />

la circonférence <strong>de</strong> ce cercle, mener par ce point une<br />

tangente à ce cercle.<br />

Solution. On mène le rayon OA el l'on élève au point A<br />

la perpendiculaire EF sur ce rayon ; d'après la proposition<br />

précé<strong>de</strong>nte, cette droite est tangente au cercle.<br />

rBOnLÈMElI. D'un point A donné hors d'un cercle 0, mener<br />

<strong>de</strong>s tangentes à ce cercle.<br />

Solution. On joint le point A au cenire 0 (fig. 55) et<br />

sur la droite AO on décrit une circonférence; elle coupe<br />

0 aux poinis E et D; AD, AE sont les <strong>de</strong>ux langenles<br />

cherchées..Eu effet, traçons les rayons OD, OE, les angles<br />

ODA, 0E.\ sont droits puisqu'ils sont inscrits chacun dans<br />

une <strong>de</strong>mi circonférence.<br />

Conséquence. Les <strong>de</strong>ux tangentes menées d'un point<br />

extérieur à un cercle sont égales et la ligne qui joint leur<br />

point <strong>de</strong> concours au cenire est la bissectrice <strong>de</strong> leur angle.<br />

En effet, la figure est syméirique par rapport à OA ;<br />

si on la plie suivant le diamètre OA, la partie supérieure<br />

peut êlre appliquée exactement sur la partie qui est au<strong>de</strong>ssous<br />

<strong>de</strong> OA.<br />

PEOI!I.ÈJIE IN. Mener à un cercle 0 <strong>de</strong>s tangentes parallèles<br />

à une droite donnée AB.<br />

Solution. On abaisse du centre 0 (fig. 56) une perpendiculaire<br />

OCD sur AB; elle coupe le cercle aux points C<br />

etD; ce sont les poinis <strong>de</strong> contact <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux tangentef<br />

A<br />

E c I'<br />

0<br />

y<br />

G U II<br />

Fig. H6.<br />

cherchées. Pour les tracer, il suffit <strong>de</strong> mener EF perpendiculaire<br />

sur OC au point C et Gll perpendiculaire sur OD<br />

au point D.<br />

Ces lignes EF, Gll seront langenles puisqu'elles seront<br />

perpendiculaires chacune à l'extrémité d'un rayon. De<br />

plus, elles seront parallèles à AB, car AB et l'une d'elles.<br />

EF, sont perpendiculaires au même diamètre CD. — E. B^<br />

B<br />

SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES. - Directions.<br />

— Organisation et foiiction.s . «les<br />

feiiilU'S et <strong>de</strong>s lleurs. — Vous commencerez par<br />

rappeler brièvement les notions acquises sur la slructure<br />

<strong>de</strong>s familles. Vous abor<strong>de</strong>rez ensuite l'intéressante question<br />

<strong>de</strong> la transformation <strong>de</strong>s feuilles en écailles, en<br />

vrilles, en e'pines.<br />

Donnez quelques développemrnt.s sur la structure <strong>de</strong><br />

l'épi<strong>de</strong>rme <strong>de</strong>s feuilles et sur le i 61e <strong>de</strong>s stomates.<br />

Tout on consacrant à cette revision le temps qu'elle<br />

comporte, rèsorvez-cn suffisamment pour expliquer et<br />

faire bien comprendre le rôle que joue, dans la feuille,<br />

la matière verte {chlorophylle). Prenant pour exemple<br />

une plante potagère étiolée par ligature ou recouvrement,<br />

indiquez tout d'abord que les feuilles produisent,<br />

sous l'influence <strong>de</strong> la lumière, une matière verte douée<br />

d'une vitalité toute particulière, et qui cesse <strong>de</strong> se produire<br />

dans l'obscurité.<br />

Cette matière est fort curieuse à étudier. Aussitôt<br />

qu'elle est formée, elle se met A travailler au prolit: <strong>de</strong> la<br />

[liante, et cela tant que le jour luit. Voici en quoi consiste<br />

son travail. Les petites bouches <strong>de</strong>s feuilles absorbent<br />

un <strong>de</strong>s gaz <strong>de</strong> l'air : le gaz carbonicpje. Avec ce ga<br />

et l'eau <strong>de</strong> la sève, la matière veite tiouve moyen <strong>de</strong><br />

fabriquer <strong>de</strong> Xamidon, qu'elle emmagasine pendant<br />

toute la journée. Pour fabriquer l'amidon, les feuilles<br />

emploient seulement le carbone du gaz carbonique, qui<br />

est composé <strong>de</strong> carbone et d'oxygène; il en résulte un<br />

excé<strong>de</strong>nt d'oxygène qui s'e'chappe par les bouches.<br />

La nuit venue, il ne se forme plus <strong>de</strong> matièie verte, et<br />

celle qui a travaillé pendant le jour se repose. Pendant ce<br />

temps l'amidon se transforme en sucre, comme il se transforme<br />

dans les cotylédons d'une graine en germination.<br />

Pour qu'une graine entre en germination, il lui faut<br />

<strong>de</strong> l'humidité, <strong>de</strong> la chaleur et <strong>de</strong> l'oxygène. Eh bien,<br />

pour que l'amidon <strong>de</strong>s feuilles se transforme en sucre il<br />

faut aussi tous ces éléments. L'oxygène est puisé dans<br />

l'air par les petites bouches ou stomates; cet oxygène est<br />

employé à brûler certains matériaux pour les transformer,<br />

et, puisqu'il y a combustion, il doit y avoir aussi<br />

dégagement <strong>de</strong> pz carbonique.<br />

Ainsi les feuilles absorbtnt pendant le jour du gaz<br />

carbonique et exhalent pendant la nuit <strong>de</strong> l'oxygène : ou<br />

du moins, pendant ces <strong>de</strong>ux pério<strong>de</strong>s, ces gaz sont<br />

absorbés et exhalés en grand excès, ce qui nous permet<br />

<strong>de</strong> les considérer comme seuls en cause.<br />

Pour prouver que les feuilles dégagent <strong>de</strong> l'oxygène<br />

quand elles sont exposées à la lumière, on fait l'expérience<br />

suivante. Dans uii flacon à large goulot on introduit<br />

<strong>de</strong>s feuilles en pleine végétation, on remplit d'eau et l'on<br />

ferme au moyen d'un bouchon dans lequel s'engage un<br />

tube recourbé qui se prolonge jusqu'au fond" d'un réservoir<br />

d'eau. Dans ce rébervoir est placé, au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong><br />

l'orifice dii tube, un flacon plein d'eau et renversé. Tel<br />

est l'appareil le plus simple que l'on emploie, en chimie,<br />

pour recueillir les gaz. On place l'appareil au soleil, et<br />

bientôt les feuilles, remplissant leuis fonctions ordinaires,<br />

se couvrent <strong>de</strong> petites bulles <strong>de</strong> gaz qui passent<br />

dans le fiacon récepteur. Poir prouver que ce gaz est <strong>de</strong><br />

l'oxygène, on introduit dans le flacon retourné une allumette<br />

qui ne présente plus qu'un point en igiiition, et<br />

aussitôt elle s'enflamme et produit une lumière éclatante.<br />

Le sucre qui se forme dans les cotylédons pendant la<br />

germination sert à nourrir la jeune plante. Ce sucre,<br />

dissous par l'eau dont l'embryon est imprégné, et associé<br />

à une très petite quantité d'autres substances qui accompagnaient<br />

l'amidon dans les cotylédons, tbrme une véritable<br />

sève, complète <strong>de</strong> tout point, dans laquelle la plante<br />

naissante puise les éléments nécessaires à rorganisation<br />

<strong>de</strong> toutes ses parties : elle en fait <strong>de</strong>s. cellules, <strong>de</strong>s fibres,<br />

<strong>de</strong> la matière verte, etc.<br />

De même, le sucre qui se forme, la nuit, aux dépens<br />

<strong>de</strong> l'amidon <strong>de</strong>s feuilles sert à nourrir la plante. Eu elfet,<br />

il se dissout dans l'eau minéralisée que fournissent les<br />

racines, et le mélange produit la sève parfaite. Dans cette<br />

sève les organes do la plante puisent les matériaux<br />

nécessaires à leur accroissement.<br />

Les racines absorbent l'eau du sol pour la fournir à la<br />

plante. Si leur travail est continu, il faut que la plante<br />

per<strong>de</strong> au fur et à mesure l'eau qu'elle reçoit <strong>de</strong>s racines ;<br />

il faut qu'il se produise, à sa surlace, une évaporation<br />

considérable.


PARTIE SCOLAIRE.<br />

139-<br />

Il serait très inWressant <strong>de</strong> faire l'expérience suivante<br />

pour montrer connliien est considérable l'évaporation à la<br />

surface <strong>de</strong>s feuilles.<br />

« Dans ce bocal plonge un gros tube <strong>de</strong> verre qui se<br />

ti'ouvn lierméliqiiement fermé à ta parlie supérieure par<br />

ce rameau leuillu entouré <strong>de</strong> mastic. .Après avoir renversé<br />

le tube pour le remplir d'eau, je l'ai retourné dans<br />

le bocal, et la pression <strong>de</strong> l'air a sulfi pour le maintenir<br />

plein, comme un tube <strong>de</strong> baromètre. Il y a quelques<br />

heures le bocal, dont l'orifice est couvert, était plein<br />

d'eau : vous voyez qu'il en manque déjà une certaine<br />

quantité: dans <strong>de</strong>ux jours il sera vi<strong>de</strong> :les feuilles auront<br />

tout aspiré et (eut rendu à l'atmosphère.<br />

« four vous donner une idée <strong>de</strong> la quantité d'eau évaporée<br />

par les plantes je vous dirai qu'un champ <strong>de</strong> blé<br />

d'hiver évapore d'avril à juin une couche d'eau <strong>de</strong> 0'°,'i5,<br />

et que pour obtenir 1 gramme <strong>de</strong> grains <strong>de</strong> blé il a fallu<br />

que la plante évaporât' 1800 grammes d'eau, n<br />

La chaleur, le vent et la fécheresse <strong>de</strong> l'air activent<br />

l'évaporation à la surface dos feuilles, mais l'agent principal<br />

est la lumière. Pendant la nuit l'évaporation <strong>de</strong>vient<br />

presque insensiiile. Alors l'appel, ïaspiralion cessant à<br />

la partie supérieure, l'absorption se ralentit ou cesse<br />

dans les racines.<br />

.4insi, pendant la nuitla plante semble livrée à un repos<br />

complet. Les feuilles ne travaillent plus à fabriquer<br />

<strong>de</strong> l'amidon, l'évaporation cesse presque entièrement et<br />

par suite les racines font relâche.<br />

Mais pendant ce repos apparent l'amidon se change en<br />

sucre, le sucre se dissout dans la sève, et chaque portion<br />

<strong>de</strong> la plante, puisant dans cette sève, travaille à<br />

s'organiser, à s'accroître : en un mot, c'est pendant la<br />

nuit que la plante rf/père et se nourrit.<br />

Pour digérer, pour transformer les matériaux <strong>de</strong> la<br />

sève, la plante doit absorber <strong>de</strong> l'oxygène etl'employerà <strong>de</strong>s<br />

combuslions qui produisent, comme résidus, du gaz carbonique<br />

et <strong>de</strong> la vapeur d'eau : cette vapeur et ce gaz<br />

sont exhalés en-même temps. Pendant les nuits froi<strong>de</strong>s,<br />

cette transpiration <strong>de</strong> la plante <strong>de</strong>vient sensible, la vapeur<br />

se con<strong>de</strong>nse en gouttelettes qui couvrent les feuilles<br />

<strong>de</strong>'rosée.<br />

Quoique les feuilles soient <strong>de</strong>stinées à dégager <strong>de</strong> la<br />

vapeur d'eau, elles peuvent, en cas d'urgence, suppléer<br />

les racines et absorber <strong>de</strong> l'eau jSour la mêler à la sève.<br />

Si l'on plonge dans un vase plein d'eau un rameau d'une<br />

brandie détachée, cette branche se maintient longtemps<br />

fraîche par suite <strong>de</strong> l'absorption qui se fait à travers les<br />

feuilles immergées.<br />

Pour ce qui concerne la secon<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> cctie leçon,<br />

vous procé<strong>de</strong>rez également par une revision <strong>de</strong>s notions<br />

élémentaires, suivie <strong>de</strong> quelques développements spéciaux<br />

sur l'organisation <strong>de</strong> la fleur et la fécondation.<br />

^ Les explications que vous donnerez sur la structure et<br />

l'organisation <strong>de</strong>s fleurs ne seront bien comprises, et ne<br />

se graveront dans la mémoire que si vous adoptez une<br />

définition <strong>de</strong> la fleur à la fois très correcte, très simple<br />

et très courte. Nous proposons celle-ci : la fleur est une<br />

partie <strong>de</strong> la plante qui contient un ou plusieurs orgaiies<br />

néiiessaires à la production <strong>de</strong>s fruits.<br />

Pour qu'un fruit se forme, il faut <strong>de</strong>ux organes : un<br />

pistil et une étamine. Tantôt ccs <strong>de</strong>ux organes se trouvent<br />

réunis dans une même fleur; tantôt ils existent isolément<br />

sur <strong>de</strong>s fleurs isolées.<br />

En faisant l'analyse <strong>de</strong>scriptive <strong>de</strong> fleurs complètes,<br />

et <strong>de</strong> fleurs incomplètes, que vous pouvez nommer <strong>de</strong>mifleurs,<br />

vous ferez facilement coniprendre en quoi consiste<br />

essentiellement une fleur pour le botaniste.<br />

Ceci étant bien compris, vous donnerez quelques détails<br />

sur lâ manière dont le pollen se trouve disséminé<br />

<strong>de</strong> manière à fécon<strong>de</strong>r l'ovaire, sur les lleurs complètes ou<br />

incomplètes; comment il arrive même sur les ovaires <strong>de</strong><br />

fleurs portées par un individu pistillé, très éloigné <strong>de</strong><br />

l'individu t'taminé.<br />

Pour expliquer la fécondation, vous ferez bien <strong>de</strong> <strong>de</strong>ssiner<br />

au tableau sur une gran<strong>de</strong> échelle, chacune <strong>de</strong>s<br />

phases que vous décrirez. La fleur <strong>de</strong> Stfamoine est un<br />

<strong>de</strong>s meilleurs exemples que vous puissiez choisir.<br />

Au point <strong>de</strong> vue <strong>de</strong> la fécondation, c'est-à-dire <strong>de</strong> la<br />

production <strong>de</strong>s fruits, il y a trois sortes <strong>de</strong> fleurs ; celles<br />

qui sont pourvues du pistil et au moins d'une étamiue;<br />

celles qui possè<strong>de</strong>nt seulement le pisiil; celles qui possè<strong>de</strong>nt<br />

snntpTnnnf t'pfnmiiip. les fJpuY flfirniprPR sortes.<br />

qui sont incomplètes, se trouvent soit réunies sur un<br />

même individu comme chez le châtaignier, soit séparées<br />

sur <strong>de</strong>ux individus comme chez le chanvre.<br />

La parlie du pisiil qui est fixée au réceptacle <strong>de</strong> la<br />

fleur constitue l'ovaire. Coupez en <strong>de</strong>ux un ovaire <strong>de</strong> giroflée.<br />

Bien. Que voyez-vous à l'intérieur? Des rangées<br />

<strong>de</strong> petits organes qui ne sont pas encore <strong>de</strong>s graines, mais<br />

qui sont appelés à le <strong>de</strong>venir. Comme la graine représente,<br />

en quelque sorte, un œuf <strong>de</strong> plante, on appelle<br />

petits œufs, ovules, ces points blanchâtres qui se trouvent<br />

dans l'ovaire ou réservoir d'ceufs.<br />

_ Si l'on supprimait le stigmate d'un pistil, l'ovaire se<br />

sécherait, au lieu <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir un fruit.<br />

^ En supprimant le stigmate, nous empêchons le pollen<br />

d'entrer en communication avec l'ovaire, et celui-ci, <strong>de</strong>meurant<br />

stérile, sèche et se détache. Pour qu'un ovaire<br />

soit fécond, il faut que son stigmate intact reçoive <strong>de</strong>s<br />

grains <strong>de</strong> pollen et que ce pollen entre en communication<br />

avec l'ovaire.<br />

Les anthères, arrivées à maturité, se sont ouvertes, et<br />

le stigmate, couvert <strong>de</strong> grains <strong>de</strong> pollen, ressemble assez<br />

à une pelote garnie d'épingles.<br />

, La surface du stigmate, veloutée et moite, est imprégnée<br />

d'un suc gluant qui retient le pollen et l'humecte peu à peu.<br />

Quand un grain <strong>de</strong> pollen se trouve exposé à l'humidité,<br />

il se conduit en quelque sorte comme une graine<br />

en germination : il végète, et l'on voit sortir d'un petit<br />

orifice un tube très délié qui croît rapi<strong>de</strong>ment. Je représente<br />

ici un grain <strong>de</strong> pollen émettant son tube.<br />

Le pollen, trouvant sur le stigmate les conditions favorables,<br />

entre en végétation : son tube s'introduit dans la<br />

matière spongieuse du stigmate, y puise <strong>de</strong> nouveaux<br />

ahments et, cheminant le long du style, pénètre dans<br />

l'ovaire. Là il rencontre un ovule, perce son enveloppe et<br />

<strong>de</strong>meure stationnaire pendant quelque temps, puis se<br />

trouve absorbé dans la sève et disparaît. Voilà en quoi<br />

consi.'te la fécondation d'une fleur.<br />

Après la fécondation l'ovaire grossit, les ovules grandissent,<br />

la vie du fruit est assurée ; il est noue, comme<br />

disent les jardiniers.<br />

Voyons un peu quelles causes peuvent produire la coulure,<br />

c'est-à-dire la stérilité <strong>de</strong>s fleurs à pistil. Supposons<br />

d'abord qu'il s'agisse <strong>de</strong> fleurs complètes.<br />

Souvent la température <strong>de</strong>vient trop basse, la nuit surtout,<br />

pour que la fleur puisse continuer <strong>de</strong> vivre : elle<br />

ne se congèle pas, mais elle meurt <strong>de</strong> froid. La température<br />

étant convenable, il peut se produire un retard dans<br />

le développement <strong>de</strong>s organes. On constate alors que le<br />

stigmate n'est pas à point quand s'ouvrent les anthères,<br />

ou bien que les anthères s'ouvrent quand le stigmate est<br />

déjà flétri. Dans les <strong>de</strong>ux cas le pollen <strong>de</strong>meure inutile.<br />

Supposons que tout ait marché à souhait : le stigmate<br />

est couvert <strong>de</strong> pollen. Mais voici une pluie inopportune<br />

qui détrempe sa glu, ramollit le pollen, le gonfle outre mesure<br />

et lui fait rompre son enveloppe: voila un fruit perdu.<br />

Les fleurs incomplètes situées sur le même pied courent<br />

un autre risque. Il peut se faire que le pollen <strong>de</strong>s fleurs<br />

étaminées ne tombe pas sur le stigmate <strong>de</strong>s fleurs pîsZîYees.<br />

Enfin, lorsque les fleurs <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux sortes se trouvent sur<br />

<strong>de</strong>ux individus séparés par une assez gran<strong>de</strong> distance, les<br />

chances <strong>de</strong> stérilité sont encore plus nombreuses, puisque<br />

la fécondation dépend <strong>de</strong> la direction du vent qui emporte<br />

le pollen.<br />

Les mouches, les abeilles et d'autres insectes qui vivent<br />

du suc <strong>de</strong>s fleurs se couvrent plus ou moins <strong>de</strong> pollen en<br />

passant sur les étamines. Ensuite elles transportent ce<br />

pollen sur d'autres fleurs oii il se trouve englué par le<br />

s'igmate.<br />

Voilà un service éminent que nous ren<strong>de</strong>nt les insectes,<br />

et principalement les abeilles; nous leur <strong>de</strong>vons, en<br />

gran<strong>de</strong> partie, nos récoltes <strong>de</strong> fruits.<br />

Parfois aussi elles jouent un mauvais tour aux horticulteurs.<br />

Si l'une <strong>de</strong> ces visiteuses dépose sur le stigmate<br />

d'un pétunia rouge un peu <strong>de</strong> pollen cueilli sur un pétunia<br />

blanc, il se produit une variété hybri<strong>de</strong>, c'est-à-dire<br />

qui tient <strong>de</strong> l'un et <strong>de</strong> l'autre. Souvent les horticulteurs<br />

secouent sur uiie fleur, dont ils ont coupé les étamines,<br />

le pollen d'une fleur <strong>de</strong> la même espèce, afin d'obtenir <strong>de</strong>s<br />

variétés par ce procédé, nommé hybridation. S'ils veulent,<br />

au contraire, conserver pure une variété ils la tiennent<br />

à distance dts plantes dont ils redoutent le pollen et la<br />

mpffpnf à l'nhri rlp In viçjitp rtp.K'insftCtes. — D'' S.


122 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

COURS<br />

SUPÉRIEUR<br />

LANGUE FRANÇAISE. — Directions. —le verl>e.<br />

— Emploi <strong>de</strong>s mo<strong>de</strong>s et <strong>de</strong>s temps, suite. — Concordwiee<br />

<strong>de</strong>s temps du subjonctif a-^eo ceux <strong>de</strong>. l'indicatif et du<br />

conditionnel. — Voir toutes les grammaires.— Nombreux<br />

exercices, au tableau noir.<br />

Exercices <strong>de</strong> reyision sur le nom et l'article, l'adjectif,<br />

le pronom.<br />

Exercices d'analyse logique; décomposer en propositions<br />

<strong>de</strong>s phrases choisies dans les dictées ou dans le livre<br />

<strong>de</strong> lecture (exercices oraux). — C. D.<br />

Dictée. — les inoMMuneiits Islstorlqiies en<br />

France. — Les monuments historiques dont le sol <strong>de</strong><br />

la France est couvert font l'admiration et l'envie <strong>de</strong><br />

l'Europe savante. Aussi nombreux et plus variés que ceux<br />

<strong>de</strong> quelques pays voisins, ils n'appartiennent pas seulement<br />

à telle ou telle phase isolée <strong>de</strong> l'histoire, ils forment<br />

une série complète et sans lacune ; <strong>de</strong>puis les Drui<strong>de</strong>s<br />

jusqu'à nos jours, il n'est pas une époque mémorable <strong>de</strong><br />

l'art et <strong>de</strong> la civilisation qui n'ait laissé dans nos contrées<br />

<strong>de</strong>s monuments qui la représentent et l'expliquent. Ainsi,<br />

à côté <strong>de</strong> tombeaux gaulois et <strong>de</strong> pierres celtiques, nous<br />

avons <strong>de</strong>s temples, <strong>de</strong>s aqueducs, <strong>de</strong>s amphithéâtres et<br />

autres vestiges <strong>de</strong> la domination romaine qui peuvent le<br />

disputer aux cliefs-d'œuvre <strong>de</strong> l'Italie : les temps <strong>de</strong> déca<strong>de</strong>nce<br />

et <strong>de</strong> ténèbres nous ont aussi légué leur style<br />

bâtard et dégradé ; mais lorsque le onzième et le <strong>de</strong>uxième<br />

siècle ramènent en Occi<strong>de</strong>nt la vie et la lumière, une<br />

architecture nouvelle apparaît, qui revêt dans chacune<br />

<strong>de</strong> nos provinces, une physionomie distincte, quoique<br />

empreinte d'un caractère commun : mélange singulier <strong>de</strong><br />

l'ancien art <strong>de</strong>s Romains, du goût et du caprice oriental,<br />

<strong>de</strong>s inspirations encore confuses du génie germaniqiie.<br />

Cp genre d'architecture sert <strong>de</strong> transition aux merveilleuses<br />

constructions gothiques qui, pendant les treizième,<br />

quatorzième et quinzième siècles, se suivent sans interruption,<br />

chaque jour plus légères, plus hardies, plus<br />

ornées, jusqu'à ce qu'enfin, succombant sous leur propi'e<br />

richesse elles s'affaissent, s?alourdissent et finissent par<br />

cé<strong>de</strong>r la place à la grâce élégante, msi? passagère, <strong>de</strong> la<br />

Renaissance. Tel est le sppctacle que présente cet admirable<br />

enchaînement <strong>de</strong> nos antiquités nationales et qui fait<br />

<strong>de</strong> notre sol un si précieux objet <strong>de</strong> recherchas et d'étu<strong>de</strong>s.<br />

GDIZOT.<br />

Explications. — Monuments histiriques : ifionuments<br />

dpnt il est parlé dans ïhUtoire. — L'Europe savante ; les<br />

savants <strong>de</strong> l'Europe ; expression figurée. Plus nombi'eux<br />

et plus variés que ceiix <strong>de</strong> quelques pays voisins : les<br />

moniiments <strong>de</strong> l'Allemagne ne forment guère que <strong>de</strong>ux<br />

gran<strong>de</strong>s catégories : édifices féodaux et cathédrales gotliiqites<br />

(celle <strong>de</strong> Worms, celle <strong>de</strong> Cologne, etc.) ; ceux <strong>de</strong><br />

l'Italie, pour la plupart magnifiques, datent principalement<br />

<strong>de</strong> l'époque romaine <strong>de</strong> la Renaissance; l'Espagne a <strong>de</strong>s<br />

monastères, <strong>de</strong>s églises chrétiennes et <strong>de</strong>s spécimens <strong>de</strong><br />

l'architecture mauresque. Nommer quelques-mis <strong>de</strong>s monuments<br />

remarquables, <strong>de</strong> l'Italie et <strong>de</strong> l'Espagne (à Rome :<br />

le cotisée, la colonie Trajane, les ruines <strong>de</strong> divers temples ;<br />

kl basiliqiie <strong>de</strong> Saint-Pierre, te Vatican, le Quirinal, etc. ;<br />

» Pise : la Tour peiichée, le Campo-Sanio ; à Milsn : je<br />

Dôme; etc., etc. ; à Cordoue : la mosquée ; à géville : l'Alcazar;<br />

à Grena<strong>de</strong> : l'Alhambra; près <strong>de</strong> Madrid : l'Escurial;<br />

etc.). — Telle ou telle phase : le sens propre du<br />

mot phases est : apparences diverses <strong>de</strong> la lune et <strong>de</strong><br />

quelques autres astres, suivant la manière dont ils reçois<br />

vent la lumière du soleil ; au figuré, on appelle phases <strong>de</strong>s<br />

cliangements successifs qui interviennent daps certaines<br />

choses. — Us forment u,ne série complète : leurs caractères<br />

différents marquent d'une manière précise la succession<br />

<strong>de</strong>s âges. — Lacune : solution <strong>de</strong> continuité, interruption.<br />

— Mémorable : digne <strong>de</strong> conserver une gran<strong>de</strong> place dans<br />

nos souvenirs. — Pas une époque mémorable <strong>de</strong> l'art et<br />

<strong>de</strong> la civilisation : indiquer quelques-unes <strong>de</strong> ces époques<br />

importantes (l'époque romaine, l'époque féodale, le treizième<br />

siècle, la Renaisstjnce, le. siècle <strong>de</strong> Louis XIY, etc.),<br />

— Et l'expliquent : et en montrent le caractère. Ainsi,<br />

par exemple, les édifices gallo-romains signifient la puissance<br />

<strong>de</strong>s Césars; les châteaux forts synbolisent les<br />

défiances et les discor<strong>de</strong>s <strong>de</strong>s temps féodaux; le style<br />

gothique est l'emblème <strong>de</strong> la piété ar<strong>de</strong>nte <strong>de</strong>s populations<br />

du moyen âge. — Tombeaux gaulois ; ces tomlieaux,<br />

nommés aussi tumuli (au singulier : tumulus], sont <strong>de</strong>s<br />

tertres ou cônes <strong>de</strong> terre; quelques-uns, désignés sous le<br />

nom <strong>de</strong> cairn, sont <strong>de</strong>s amas <strong>de</strong> piçrres. — Pierres celtiques<br />

: ces pierres (men-hir ou pierre longue ; peul-van,<br />

pilier <strong>de</strong> pierre; dol-men, pierre levée ou table <strong>de</strong> pierre;<br />

crom-lekk, pierre <strong>de</strong> Groni ou â'Eésus. etc.) ne méritent<br />

peut-être pa.n la qualilieation <strong>de</strong> celtiques ou celle <strong>de</strong><br />

druidiques, qu'on leiu' donne communément. On a trouvé,<br />

en divers lieux do l'Europe et <strong>de</strong> l'Asie, <strong>de</strong>s monuments<br />

semblables à ceux <strong>de</strong> l'ancienne Gaule; ils semblent appartenir<br />

à l'époque primitive que les savants nomment l'âge<br />

<strong>de</strong> pierre. Notre Bretagne possè<strong>de</strong> encore un grand nomhre<br />

<strong>de</strong> ces pierres (alignements <strong>de</strong> GarasiC. dolmens et menhirs<br />

<strong>de</strong> Lok'Maria-Ke.r, <strong>de</strong> la lan<strong>de</strong> du Ilaut-Brien, etc.).—<br />

Des temples : entre autres, celui d'Auguste et <strong>de</strong> Livie', à<br />

Vienne; celui <strong>de</strong> Diane, à Autun; la Maison-Cai-rée <strong>de</strong><br />

Kîmes, etc. — Des aqueducs : par exemple, le fameux<br />

•pont du Gard. — Des amphithéâtres : les arènes d'Arles,<br />

<strong>de</strong> iSîmes, etc. — Les temps <strong>de</strong> déca<strong>de</strong>nce et <strong>de</strong> ténèbres :<br />

les époques où l'esprit humain se trouva pour ainsi dire<br />

plongé dans une nuit profon<strong>de</strong> (temps mérovingiens;<br />

neuvième et dixième siècles). — Leur style bâtard ; l'architecture<br />

romane, faible dérivation <strong>de</strong> l'art romain. —<br />

Ramènent la lumière : répan<strong>de</strong>nt une certaine clarté dans<br />

les intelligences. — Physionomie : au propre, expression<br />

du visage; caractère, aspect. Remarquer la racine grecque<br />

phys, natui'e (la nature morale, le caractère, l'esprit <strong>de</strong><br />

quelqu'un étant exprimés, dit-on, par la physionofuie <strong>de</strong><br />

cette personne). Rapprocber physique, physiologie, etc.<br />

— Les merveilleuses constructions gothiques : citer quelques-unes<br />

<strong>de</strong>s producticjns les plus remarquables <strong>de</strong> cet<br />

ordre ai'cliilectural, improprement qualifié <strong>de</strong> gothique'^<br />

(NotrC'-Dame <strong>de</strong> Paris, la Sainte-Chapelle, les cathédrales<br />

d'Amiens, <strong>de</strong> Rouen, <strong>de</strong> Laon, etc., etc.). -- La grâce élégante<br />

<strong>de</strong> la Renaissance : les principaux monuments <strong>de</strong><br />

la Renaissance, en notre pays? (les châteaux <strong>de</strong> BloiSi <strong>de</strong><br />

Ghambord, <strong>de</strong> Fontainebleau; les Tuileries, le Louvre <strong>de</strong><br />

Pierre Lescot, etc.). — Antiquités : comment appellet-on<br />

la science qui a pour objet l'étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s monuments<br />

antiques ? {archéologie : littéralement, science (le ce qui<br />

est ançien). ^ L. T.<br />

Sujets <strong>de</strong> jsomposition <strong>français</strong>e. —I. la houille.<br />

— Sommaire. — Ce que c'est que la houille. — Où on la<br />

trouve. — De quoi elle se compose. — D'oii eUe provient.<br />

— Comment on l'extrait. — Ses usages. — Quels sont les,<br />

pays du mon<strong>de</strong> qui fournissent le plus <strong>de</strong> houille. Les'<br />

principaux bassins hoiiillers. <strong>de</strong> la France.<br />

Sujet traité. La houille,, vulgairement appelée charbon<br />

<strong>de</strong> terre, est une substance minérale, qui se trouve<br />

par couches superposées dans le sein <strong>de</strong> la terre. Elle se<br />

compose <strong>de</strong> charbon, <strong>de</strong> bituma, et d'une petite> quantité<br />

<strong>de</strong> matières terreuses. Elle provient <strong>de</strong> -végétaux que les.<br />

révolutions du globe ont enfouis par masses considérables,<br />

il y a un grand nombre <strong>de</strong> siècles. Pour extraire<br />

la houille, on creuse dans les terrains qui en contiennent<br />

<strong>de</strong>s puits, souvent très profonds, et <strong>de</strong>s. galeries horizontales<br />

appelées galeries d'exploitation.' •<br />

Arrivés au milieu dos couches do houille, les mineurs<br />

détachent celle-ci à l'ai<strong>de</strong> d'outils spéciaux, la conduisent<br />

jusqu'aux puits d'extraction dans <strong>de</strong>s wagonnets qui roulent<br />

sur un chemin <strong>de</strong> fer et la montent à l'orifice <strong>de</strong>s<br />

puits dans <strong>de</strong>s bennes ou chariots.<br />

La houille sert à nous chauffer et à faire cuire nos<br />

aliments. Elle est surtout très usitée comme combustible<br />

dans la plupart <strong>de</strong>s industries. On en extrait le gaî<br />

•1. Epouse d'Auguste.<br />

2. Car le^ GotUs n'ont pa? eu d'îrcJùteçtHre spéciale.


PARTIE SCOLAIRE. 139-<br />

(l'éclairage, le coke,, le goudron, etc. Gjtons,. patmi les<br />

pays du mon<strong>de</strong> qui fournissent,acUiellemeutr le^plus <strong>de</strong><br />

liouille : l'Angleterre,, les lîjats-Unis,. l'Allemagne, la,<br />

Francci la Belgique et l'Autriclie-IIongrie..<br />

Les principaux bassins-,Itouillers . <strong>de</strong>; notre pays sont<br />

ceux <strong>de</strong> Valenciennesiet d'Anzia (Nord), <strong>de</strong> Saint-Etienne<br />

(Loire), d'Epinac et, <strong>de</strong> Blanzy (Sa/jneiet-Loire), d'Alais<br />

(Gard), <strong>de</strong> Commentry (Allier).<br />

Paris, Cours supérieur,. (Corrigé du sujet. propos,é, fait<br />

au tableau noir; par leg, élèyes, sous,la .direction<br />

maître.)<br />

II. {Ecoles <strong>de</strong> filUs). — Coxiuiien.t préparert-aaithé'î.<br />

— Le thé, est une excellente boisson hygiénique<br />

quand il est bien ,préparé,, aussi la ménagère doitelle<br />

apporter le plus grand soin à la confectionner, ,<br />

Klle n'emploiera que, du thé <strong>de</strong> première qualité, choisi<br />

daus les thés noirs mélangés, parce que ceux-ci conviennent<br />

à tous-les,tempéraments, tandis que le thé vert est<br />

un excitant;trop actif poiur Ies,per.s0nnes;nei'veu5es.<br />

Il faut environ un.e cuillerée à. café, <strong>de</strong> thé pour faire<br />

une tasse <strong>de</strong> cette:boisson.<br />

Après s'être assuré qi,ie. l'eau qu'on, emploie est bien,<br />

Clti-éeet sans aucun goût, on la verse, bouillante dans la<br />

théière, avant d'y introduire le thé? On jette ensuite cette<br />

eau, puis, aussitôt, on met le thé, ^t on ferme la théière..<br />

La vapeur humi<strong>de</strong>.et chau<strong>de</strong>, qui se. trouve dans celle-ci<br />

force la plante à rendre ,son, ar.ome. Au bout d'un instant,,<br />

on pourra jeter un peu d^eau .bouillante sur le thé, et on.<br />

le laissera infuser ainsi pendant cinq piinutes environ ayant<br />

<strong>de</strong> remplir la théière <strong>de</strong> cette même eau bouillante. Apres<br />

huit ou diximinutes d'infusion, .on sert le. thé dans <strong>de</strong>s.<br />

tasses tiédies au préalable par un bain d'eau chau<strong>de</strong>.<br />

A. Ei (Cours complémentaire.).<br />

III. te papîer. — Sommaire. —^ Avec quoi et comment<br />

fabriquera-t-on le papier? — Différentes, sortes dé<br />

papier. — Principaux usages du papier. {Certificat<br />

d'étu<strong>de</strong>s primaires^.]<br />

HISTOIRE. — Programme. — 1. Revision <strong>de</strong>s,matières<br />

étudiées- précé<strong>de</strong>mment. — II. Conquête <strong>de</strong> l'Angleterre<br />

pan les Normands.,Première pério<strong>de</strong>^ <strong>de</strong>«la hitie<br />

du Sacerdoce et <strong>de</strong> l'Empire : la Querelle <strong>de</strong>s Investitures.<br />

La premiÈi"e,croi.sa<strong>de</strong>. — Voir, pour plus <strong>de</strong>;détails,<br />

dans le n°30 àwManuel.généralàs<br />

d'histoire -universelle.<br />

du<br />

1885, nos ,programmes<br />

Lectures. — Bataille dlUastings. — L'invasion<br />

prenant ainsi, le caractère d',une croisa<strong>de</strong>, une. foule<br />

d'hommes d'armes, affluèrent <strong>de</strong> toute l'Europe près, <strong>de</strong><br />

Guillaume. 11 en.vint <strong>de</strong>.la Flandre et du.Ehin, <strong>de</strong> la Bourgogne.,.<br />

du.Piémont. et.<strong>de</strong> l'Aquitaine, Les Normands, au<br />

contraire, hésitaient à ai<strong>de</strong>r leur seigneur dans une entreprise<br />

hasar<strong>de</strong>use.dont le.succès.poxivait faire <strong>de</strong>.leur.pays;<br />

une province <strong>de</strong> l'AngleteiTe. La Normandie était,, d^ail-.<br />

leurs, menacée par Conau,. duc <strong>de</strong> Bretagne. Ce.jeune<br />

homme avait adressié à, Guillaume le plus outrageant déli.<br />

Toute la Bretagne s'était mise en. mouvement comme'<br />

pour conquérir la. Normandie pendant que celle-ci allait,<br />

conquérir. l'Angleterre. Conan,amenant une.gran<strong>de</strong> armée,<br />

entra , solennellfiment en Normandie, jeune, plein <strong>de</strong> conr<br />

fiance, et.sonnant du,coi', comme, pour appeler l'ennemi,<br />

Mais, pendant qu'il sonnait, les forces lui manquèrent<br />

peu à peu, il laissa aller les rênes :,le cor était empoisonné.<br />

Cette. mort.viiit à point pour Guillaumeo elle le<br />

tira d'un graniî. embarras.; une foule.'<strong>de</strong> Byetons.prirent<br />

parti dans ses troupes, au lieu <strong>de</strong> l'attaquer, etle.suivirent<br />

en. Angleterre.<br />

Le succès <strong>de</strong> Guillaume <strong>de</strong>venait alors presque certain.,<br />

tes Saxons étaient divisés. Le, frère même, <strong>de</strong> Harold<br />

appela les Normands, puis-les Danois, qui, , en elfet, attaquèrent<br />

l'Angleterre, par le nord, tandis que Guillaume<br />

l'envahissait par, le midi. La brusque, attaque <strong>de</strong>s Danois<br />

tut aisément repoussée par Harold, qui les tailla en<br />

pièces. Colle <strong>de</strong> Guillaume fut lente; le, vent lui;manqua<br />

longtemps. Mais l'Angleterre,, ne. pouvait, lui échapper.<br />

J'abord les Normands, avaient sur leurs ennemis'une<br />

i. Chazellcs-sur-Lyon (Loire). Commtmiqué par M. Leydier;<br />

inslilnUJ.ni' à<br />

gran<strong>de</strong> supériorité d'armes et <strong>de</strong> discipline; les Saxons,<br />

combattaient à pied ,-avec <strong>de</strong> courtes lances. Depuis long-,<br />

temps Guillaume faisait; acheter les plus beaux chevaux<br />

en Espagne, en Gascogne et en Auvergne ; c'est peut-être<br />

lui qui a créé ainsi la, bel.le et forteirace <strong>de</strong> nos chevaux<br />

normands. Les Saxons ne:bâ(issaient point <strong>de</strong> châteaux;<br />

ainsi, une.bafaille perdue, tout était perdu, ils nerpouvaieni<br />

guère-.plus se. détendre,; et .cette bataille, il était probablf<br />

qu'ils la, perdraient, combattant dans, un pays <strong>de</strong> plaini<br />

contre une excellente cavalerie.,Une flotte seule.pouvaii.<br />

défendre l'Angleterre; mais celle d'IIarold était si maE;<br />

approvisionnée qu'après avoir croisé quelque-temps dans!<br />

la iSIanche, elle fut obligée dè rentrer, pour -prendre <strong>de</strong>s,<br />

vivres.<br />

'<br />

Guillaume- débarqué, à Hastings, ne rencontra, pas plus<br />

d'armée, que <strong>de</strong> flotte. Harold était alors à l'autre b.out <strong>de</strong>,<br />

l'Angleterre, occupé <strong>de</strong> repousser le? Danois, Il revint,<br />

enfin avec <strong>de</strong>s troupes victorieuses, mais fatiguées, dimir.<br />

nuées, et, dit-on, mécontentes <strong>de</strong> la parcimonie avec laquelle<br />

il,avait partagé: le butin. Lui-rmême;était blessé.<br />

Cependant le Normand ne se hâta point encore. Il chargea;<br />

un moine d'aller dire au Saxon qu'il se contenterait <strong>de</strong><br />

partager le royaume avec lui : « S'il s'obstine, ajouta<br />

Guillaume, à ne point prendre ce que je lui offre, vous<br />

lui direz, <strong>de</strong>vani tous ses gens, qu'il est parjure et menteur,<br />

que lui et tous ceux qui le soutiendront sont excommuniés<br />

<strong>de</strong> la bouche du pape, et que j'en ai la bulle, » Ce<br />

message produisit son effet. Les Saxons doutèrent <strong>de</strong>jeur'<br />

cause. Les trères même d'Ha-rold-T'engagèrent à ne-pas<br />

combattre <strong>de</strong> sa personne, puisque après tout, disaient^,<br />

il?, il avait juré.<br />

Les Normands employèrent la nuit- à-se confesser dévotement,<br />

tandis que les Saxons buvaient, faisaient grand<br />

bi'uit et chantaient .leurs chants• nationaux. Le matin,<br />

l'évêque dé Bayeux, iErère <strong>de</strong> Guillaume, célébra la messe'<br />

etbéïiit les troupes, armé d'un haubert sous-son rochet;<br />

Guillaume lui-même tenait suspendues à.son- col les plus<br />

révérées dès reliques sur lèsquellès Harold avait'juréi et:<br />

faisait porter près <strong>de</strong> lui l'étendard béni par-le pape.<br />

D'abord les- Anglo-Saxons; retranchés <strong>de</strong>rrière <strong>de</strong>s paliésa<strong>de</strong>s,<br />

restèrent sous-les flèches <strong>de</strong>s archers <strong>de</strong> Guillaume,<br />

immobiles et impassibles. Quoique Harold eût l'œil'<br />

crevé d'une flèche, les-NormandS eurent- d'-abord le <strong>de</strong>s-^<br />

sous. La terreur gagnait parmi-eux, le bruit-courait que<br />

le - duc-était tué.; il est vrai qu'il eut dijns .cette bataille-:<br />

trois chevaux- tués sous lui. Mais il se montra, se jet-a<br />

<strong>de</strong>vant'les fuyards et-les arrêta. L'avantage <strong>de</strong>s Saxons fût'<br />

justement'ce qui les perdit. Ils <strong>de</strong>scendirent- en plaine^<br />

et la cavalerie norman<strong>de</strong> reprit le <strong>de</strong>ssus. Les lances prévaltirent<br />

sur les haches. Les redoutes furent enfoncées..<br />

Tout fut tué ou se dispersa (1066) i<br />

Sur la colline où la vieille Angleterre avait péri avec' le •<br />

<strong>de</strong>rnier roi saxon, Guillaume bâtit une belle ; et riche -<br />

abbaye : l'abbaye <strong>de</strong> la Bataille, selon le vœu qu'il avait<br />

fait à saint Martin, patron <strong>de</strong>s soldats <strong>de</strong> la Gaule. On y<br />

lisait naguère encore les noms <strong>de</strong>s conquérants gravés<br />

sur <strong>de</strong>s- tables; c'est le Livre d'or <strong>de</strong> la noblesse d'Angleterre.<br />

Harold fut enterré par. les. moines sur cette; collinei,.<br />

en face <strong>de</strong> la mer. « Il gardait la côte, dit GuiHaume,,<br />

qu'il la,gar<strong>de</strong>; encorei » — MIÇIIJÎLET, Histoire <strong>de</strong>, France...<br />

Explications. — Guillaume : d'ab'ord surnommé le<br />

Bâtard, puis le Conquérant; il succéda en 103-i à son<br />

père Robert le Diable ou le Magnifique, comme duc <strong>de</strong><br />

Normandie. Il régna sur l'Angleterre <strong>de</strong> 1P66 à 1087 sous<br />

le nom <strong>de</strong> Guillaume:!". — L'invasion prenait le caractère<br />

d'ime croisa<strong>de</strong>- : Guillaume avait' obtenu du, pape<br />

Alexandre Il'l'autorisation <strong>de</strong> conquérir le pays- <strong>de</strong>s-Anglo-<br />

Saxons: — Conan ; plusieurs ducs <strong>de</strong> Bretagne se sont;<br />

ainsi nommés.— Harold : fils du c.omte Godwin et frèred'Edith,<br />

femme dii <strong>de</strong>rnier roi Edouard le Confesseur.<br />

Celui-ci avait régné dè 1042.'à 1000. Quelque temps avant<br />

la mort <strong>de</strong> ce prince, Harold, jeté par un naufrage sur<br />

les côtes <strong>de</strong> Normandie, s'était vu contraint <strong>de</strong> jurer à<br />

Gtiillaume qu'il l'ai<strong>de</strong>rait à conquérir l'Angleterre. Il accepta<br />

néanmoins la couronne, que lui décernèrent les<br />

Anglo-Saxons. Mais le Normand le déclara parjure et se<br />

prépara dès lors à envahir la Gran<strong>de</strong>-Bretagne. — Le<br />

frère <strong>de</strong> Harold : Tostig. — Appela les Danois : ce n'était<br />

pas la première fois que les Scandinaves apparaissaient<br />

en Angleterre. Ces peuples avaient même failli s'emparer<br />

cln/iintivAi-noiif rfn tpi'i'itnir^i nno-l.-H.q. PI nsîP.nrRi dfi • Ifinriî


124 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

rois, entre autres Suénon et le célèbre Garnit II, dit le<br />

Grand^ avaient régné sur les bords <strong>de</strong> la Tamise.—<br />

Hasiings : petit port <strong>de</strong> la côte <strong>de</strong> la Manche (coinlé <strong>de</strong><br />

Susses). — Haubert : cotte <strong>de</strong> mailles (iiii couvrait la<br />

poitrine, la gorfïe et les bras et <strong>de</strong>scendait au-<strong>de</strong>ssous<br />

<strong>de</strong> la ceinture. — Rocket : surplis à manches étroites que<br />

portaient les évêques et divers autres ecclésiastiques. —<br />

.4 son col : à son con. — Les plus re'vériies <strong>de</strong>s reliques<br />

sur lesquelles Ilarold avait juré : celui-ci, en effet, avait<br />

iuré sur un amas considérable d'ossements <strong>de</strong> saints<br />

réunis, d'après l'ordre <strong>de</strong> Guillaume, dans une gran<strong>de</strong><br />

cuve et cachés sous un drap. Grâce à cette ruse du Normand,<br />

le parjure d'Harold <strong>de</strong>venait, aux yeux <strong>de</strong> l'Eglise,<br />

un crime irrémissible. — Le livre d'or : livre sur lequel<br />

se faisaient inscrire, dès lage <strong>de</strong> vinf;t-cinq ans, les jeunes<br />

Yéniliens qui coniplaient ou avaient compté parmi leurs<br />

parents <strong>de</strong>s membres du Grand-Conseil<br />

liguraient 480 nobles).<br />

(assemblée où<br />

Devoirs : 1° Raconter, d'après le récit <strong>de</strong> Michelet, la<br />

bataille d'Hastings. — L. T.<br />

GÉOGRAPHIE. — Programme. — la France<br />

(suite). — Anciennes -provinces et départements qu'elles<br />

ont formés. — I. Roussillon; Savoie: Dauphiné. —<br />

II. Comté <strong>de</strong> iSice ; comtat Venaissin; Provence. — Voir,<br />

pour plus <strong>de</strong> détails, dans le Manuel général <strong>de</strong> ISSl-S'i<br />

et dans celui <strong>de</strong> 1882-83, nos programmes <strong>de</strong> géographie<br />

du cours supérieur.<br />

Lectures. — te itaiiphiné. — I. Le Dauphiné est la<br />

plus belle partie <strong>de</strong> la France; il l'emporte <strong>de</strong> beaucoup<br />

sur le Jura et sur les Pyrénées; il l'emporte même sur<br />

l'Auvergne et le Velay. Il possè<strong>de</strong> une gran<strong>de</strong> vallée et <strong>de</strong>s<br />

gorges que la Suisse elle-même pourrait lui envier; quelques-uns<br />

<strong>de</strong> ses glaciers étonnent par leur magnificence<br />

et par leur étendue les touristes qui reviennent <strong>de</strong> l'Oberland<br />

bernois et <strong>de</strong> Chamonix. Si les versants <strong>de</strong> ses montagnes<br />

sont parfois trop ari<strong>de</strong>s, trop dépouillés, les forêis<br />

qu'ils ont heureusement conservées peuvent encore montrer<br />

<strong>de</strong>s arbres merveilleux <strong>de</strong> force, d'élévation, <strong>de</strong><br />

couleur: il donne naissance à <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s rivières, dont<br />

les affluents forment dans leurs vallées d'admirables casca<strong>de</strong>s;<br />

ses eaux minérales guériss- nt un grand nombre<br />

<strong>de</strong> maladies. Le poisson et le gibier y abon<strong>de</strong>nt. Son sol<br />

recèle <strong>de</strong>s mines qui enrichiront, un jour, une population<br />

plus industrieuse et plus éclairée. Ses principales sommités<br />

présentent à ceux qui les gravissent d'immenses et<br />

splendi<strong>de</strong>s panoramas. Son ciel a parfois déjà les teintes<br />

chau<strong>de</strong>s <strong>de</strong> latitu<strong>de</strong>s plus méridionales.— (A. JOAN.NE, dans<br />

le Tour du mon<strong>de</strong> -.)<br />

Explications. — Dauphiné : l'origine du titre <strong>de</strong> dauphin-',<br />

qu'ont porté les fils aines <strong>de</strong>s rois <strong>de</strong> France, date<br />

tortueuses et sombres, et la nouvelle ville, où se trouvent<br />

<strong>de</strong> l'acquisition du Dauphiné (1349). — Velay : partie du<br />

la belle promena<strong>de</strong> dite <strong>de</strong> la Canebi'ere, le Cours Belzunce,<br />

etc. Les principaux monuments <strong>de</strong> Marseill; sont :<br />

Languedoc qui avait pour chef-lieu Le Pmj (ilaute-Loire).<br />

Le Velay est l'une <strong>de</strong>s parties les plus pittoresques <strong>de</strong> la<br />

la calhédrale, l'église Saint-Victor, reste d'une antique<br />

France. — Oberland (c'est-à-dire terre haute : contrée <strong>de</strong><br />

et fameuse abbaye, le Grand-Théâtre, etc. Marseille a vu<br />

la Suisse couverte par les Alpes Bernoises et comprenant<br />

naître : le sculpteur Pvget; Mascaron, orateur religieux;<br />

les ma estueox Eommets <strong>de</strong> la Jungfrau (La Vierge), du<br />

Adolphe Thiers, l'illustre homme d'Etat, et plusieurs<br />

Finsler-Aar-Ilorn (où se trouvent les sources <strong>de</strong> l'iar,<br />

autres personnages remarquables. Indiquer les princi<br />

alfluent du Rhin et cours d'eau principal <strong>de</strong> l'ilelvétie),<br />

paux événements historiques dont cette ville a été le<br />

du Grin<strong>de</strong>lwald (célèbre par son glacier), etc. — Chamonix<br />

ou Chamounix : jolie ville située dans une vallée<br />

théâtre (sièges <strong>de</strong> 1524 et <strong>de</strong> 1526; peste <strong>de</strong> 1720, dévouement<br />

<strong>de</strong> l'évêqueBelzunce,elc.). — Deux gran<strong>de</strong>s chaînes<br />

que dcmne le illont-Blanc. — De couleur : la couleur<br />

dominante est le vert foncé <strong>de</strong>s sapins et <strong>de</strong>s mélèzes. —<br />

Ses eaux minérales : par exemple, celles a'AUevard et<br />

à'Uriaç/e (Isère). — Son sol recèle <strong>de</strong>s mines : les houillères<br />

<strong>de</strong> la vallée du Drac (affluent <strong>de</strong> l'Isère) ; <strong>de</strong>s mines<br />

<strong>de</strong> plomb, <strong>de</strong> fVr, <strong>de</strong> nickel, d'antimoine, <strong>de</strong> cobalt (Allevard,<br />

AUemont-en-Oysans, etc.). — Ses principales sommités<br />

: le pic <strong>de</strong>s Ecrins (plus <strong>de</strong> 4000») ; le<br />

(5055"), le mont Olan '4214"), etc. — L. T.<br />

Pclvoux<br />

-1. Roi d'Angleterre, en 1010; souverain du Danemark et<br />

<strong>de</strong> la -Noi wège; mort en 1030.<br />

2. Publié à la librairie Hachette et Oie.<br />

^ 3. L'un <strong>de</strong>s seigneurs du Dauphiné avait pris ce titre<br />

a cause du poisson qui surmontait son casque.<br />

II. niarscille. — C'est en arrivant à Aix qu'on peut<br />

se faire une idée <strong>de</strong> coite terre si belle dans son aridité<br />

même. C'est en parvenant surlout aux <strong>de</strong>rnières hauteurs<br />

qui renferment i\larseille qu'on est saisi subitement d'un<br />

speclacle magnifique, dont tous les voyageurs ont retenu<br />

le souvenir. Deux gran<strong>de</strong>s chaînes <strong>de</strong> rochers s'entr'ouvreut,<br />

embrassant un vaste espace, et, se prolongeant<br />

dans la mer, viennent expirer irés avant dans les flots :<br />

!\Iarseille est renfermée dans celte enceinte.<br />

Lorsque, arrivant du nord, on parvient sur la première<br />

chaîne, on aperçoit tout à coup le bassin inunense, et son<br />

étendue, son ébiouissaiite clarté vous saisissent d'abord ;<br />

bientôt on est frappé <strong>de</strong> la forme du sol et <strong>de</strong> sa singulière<br />

végétation. Il faut renoncer ici aux croupes arrondies,<br />

à la parure si riclie et si verdoyante <strong>de</strong>s bords <strong>de</strong> la<br />

Saône et <strong>de</strong> la Garonne. Une masse immense <strong>de</strong> calcaire<br />

et <strong>de</strong> grès nzuré forme la première enceinte. Des bancs<br />

élevés s'en détachent, et, se ramifiant dans la plaine, composent<br />

un sol inégal et extrêmement varié. Sur chaque<br />

hauteur s'élèvent <strong>de</strong>s bouquets <strong>de</strong> pins d'Italie, qui forment<br />

d'élégants parasols d'im vert sombre et presque<br />

noir. Des oliviers au vert pâle, à la taille moyenne, <strong>de</strong>scen<strong>de</strong>nt<br />

le long <strong>de</strong>s coteaux et contrastent par leur pâleur<br />

et leur petite masse arrondie avec la stature élancée et le<br />

superbe dôme <strong>de</strong>s pins. A leur pied croît une végétation<br />

basse, épaisse et grisâtre. C'est la sauge piquante et le<br />

thym odorant qui, foulés aux pieds, répan<strong>de</strong>nt un parfum<br />

si doux«t si fort. Au centre du bassin, i\Iarseille, presque<br />

cachée par un coteau long et fiiyant, se montre <strong>de</strong> prolil:<br />

et la silhouette, tantôt cachée par la vapeur, tantôt apparaissant<br />

entre les ondulations du sol, vient se terminer<br />

dans l'azur <strong>de</strong>s mers par la belle tour <strong>de</strong> Saint-Jean. Au<br />

couchant, enfin, s'étend la Méditerranée, qui pousse dans<br />

les ferres <strong>de</strong>s lames argentées ; la Méditerranée, avec les<br />

îles <strong>de</strong> Pomègue et <strong>de</strong> Ratoneau, avec le,château d'If,<br />

avec les flots tantôt calmes ou agités, éclatants ou sombres.<br />

— (A. TIIIEES, le Midi <strong>de</strong> la France.)<br />

Explications. — Aix : anciennement Aquœ-Sextitc,<br />

ainsi nommée parce qu'elle fut bâtie auprès d'une source<br />

d'eau minérale par le consul Sextius (123 av. J.-C.). Archevêché;<br />

cour d'appel; académie. Patrie du botaniste<br />

Tournefort, du peintre Vanloo et du moraliste Vauvenarguei<br />

(dix-liuitième siècle). Aix a été la capitale <strong>de</strong> la<br />

Provence. — Marseille : l'ancienne Massilia, fondée,<br />

dit-on, par <strong>de</strong>s Phocéens, vers l'an OOO av. J. C. (La légen<strong>de</strong><br />

du mariage d'Eirrène et <strong>de</strong> la fdie <strong>de</strong> Nann, chef <strong>de</strong>s<br />

Ségobriges?). Marseille? est la troisième ville <strong>de</strong> France<br />

pour la population et noire premier port <strong>de</strong> commerce.<br />

Elle entretient <strong>de</strong>s relations très actives avec toutes les<br />

parties du mon<strong>de</strong> et spécialement avec le Levant, l'Italie,<br />

l'Afrique septentrionale et occi<strong>de</strong>ntale, l'In<strong>de</strong>, l'extrême<br />

Orient, l'Amérique, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollan<strong>de</strong>.<br />

Elle possè<strong>de</strong> <strong>de</strong>s fabriques <strong>de</strong> savon renommées, <strong>de</strong>s ralfineries,<br />

<strong>de</strong>s fon<strong>de</strong>ries, <strong>de</strong>s ateliers <strong>de</strong> construction navale.<br />

On dislingue à Marseille : la vieille ville, avec <strong>de</strong>s rues<br />

<strong>de</strong> rochers : <strong>de</strong>rnières ramifications <strong>de</strong>s Alpes <strong>de</strong> Provence.<br />

Ces montagnes prennent successivement divers<br />

noms : Eslerel (Var), Monts <strong>de</strong>s Maures et Alpines<br />

(Bouches-du-Rliône). — Calcaire^ : pierre ou craie. —.<br />

Des oliviers : lliuile d'olive est l'une <strong>de</strong>s principales productions<br />

<strong>de</strong> la Provence. — Sauge : plante médicinale<br />

et aromatique dont les usages sont analogues à ceux île la<br />

lavan<strong>de</strong> et du romarin. — Château d'ff : ce château,<br />

situé dans une petite île, a longtemps servi <strong>de</strong> prison<br />

d'Etat; jl a été bâti en 1529.<br />

Devoirs : 1° Carte <strong>de</strong>s anciennes provinces comprises<br />

dans le bassin du Rhône et <strong>de</strong>s départements qu'elles ont<br />

1. Cale est la racine du mot calcium, métal <strong>de</strong> la chaux.<br />

Rapprocher calciner.


PARTIE SCOLAIRE. 139-<br />

formés. 2° ])escription succincte <strong>de</strong> la Provence et du<br />

Dauphiné. — L. T.<br />

INSTRUCTION CIVIQUE. — Directions.— Kotîons<br />


MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

Le pi-ix'<strong>de</strong> vente du mètre est 12250' :'800'=-122',50 : S<br />

= lo',512o.<br />

4. Un père, en mourant, laisse '14'700' à chacun <strong>de</strong> ses<br />

entants. L'un d'eux vient à mourir et sa part eèt divisée<br />

entre les survivants. Sachant que chacun d'eux possè<strong>de</strong><br />

alors 19 600', trouver le montant du bien du père et le<br />

nombre <strong>de</strong>s enfants<br />

Solution. Lapartlaissée parl'énfantaécédèctaitdé'i4'700'.<br />

Le partage <strong>de</strong> cette somme entre les survivants augtnente<br />

'la part <strong>de</strong> chacun <strong>de</strong> 19 600- — l 'i'TOO = 4900'.<br />

Le nonlbre '<strong>de</strong>s survivants'est indiqué par le quotient<br />

U700 : 4900 r= 3.<br />

Le nombre <strong>de</strong>s enfants était donc 4.<br />

La fortune du père s'élevait à 14 700' X 4 = 38 800' ou<br />

d9 600' X 3 = 58 800'.<br />

5. Un ouvrier calcule que pendant'le mois d'octobre, il<br />

a dépensé en moyenne 5',70 par Jour pour sa nourriture<br />

et son entretien; il a payé 30' pour son loyer et il a pu<br />

économiser 11',30. Dites : 1° combien il a gagné par jour,<br />

sachant qu'il a travaillé '26 .jours '-.<br />

Solution. Il a gagné en 20 jours<br />

(5'.70x 51) + 30' + 11',50=114',70H-50'+H',50 = 136'.<br />

Il a gagné par jour 156' : 20 = 6 francs.<br />

G. On vend 12 Hectolitres et <strong>de</strong>mi <strong>de</strong>blé'pesant chacun<br />

76 Kilog., à raison <strong>de</strong> 28',75 le.quinlal, en faisant un gain<br />

<strong>de</strong> 13 p. 100. Combien avait-on acheté chaque Iloctolitre<br />

1. Canton <strong>de</strong> Nocé (Orne). 27 ,iuin 1885.<br />

2. Paris. Compositions générales du 21 novembre 1SS5.<br />

5. Certificat d'étu<strong>de</strong>s primaires.<br />

Solutidn. 28',75 esl^ le prix'd'achàt du quintal, aUgmeiiU;<br />

<strong>de</strong> ses 0,15, c'est-à-dire multiplié par 1,13.<br />

Le quintal avait donc été payé 28',75 :1,13 = 25',44.<br />

Et l'Hectolitre <strong>de</strong> 76 Kg. ou 0';76 revenait à 25',44x0,7lî<br />

= '19',334.<br />

'î. Un bassin à'base rectangulaire a 2"°,95 <strong>de</strong> large sur<br />

4°,25 <strong>de</strong> long. On y verse 55 fois l'eau contenue dans un<br />

tonneau dont la capacité est <strong>de</strong> 3ffl,25. Quelle hauteur<br />

cette eau àtteindra-t-elle dans le bassin '?<br />

Solution. La masse d'eau aura la forme d'Un parallélépipè<strong>de</strong><br />

dont la base mesurera 2'",95x4'»,25 = 12»2,537'g.<br />

Et dont le volume sera 5111,2OX 55=113"1,'?O=11'»=,5Ï5.<br />

"Le volume étant égal au produit <strong>de</strong> k base par la hauteur,<br />

on trouve ici<br />

hauteur <strong>de</strong> l'eau 11^575 :12,5375 = 0",907 environ.<br />

SYSTÈME MÉTRIQUE. - Programme. - Poids<br />

spéci«*iimesi (suite). — Poids <strong>de</strong> l'eau pure. — Calcul<br />

du poiUs d'un corps;.<strong>de</strong> son poids spécifique, <strong>de</strong> son volume.<br />

11 serait bon que les-élèves retinssent <strong>de</strong> mémoire, au<br />

moins en chiffres ronds, les poids spécifiques <strong>de</strong>s principaux<br />

corps soli<strong>de</strong>s, liqui<strong>de</strong>s ou gazeux, et h'eussent<br />

recours aux tablés (juele moins souvent possible. Cômbieii<br />

d'entre- eux n'ont pasda moindre notion <strong>de</strong> ces poids qu'ils<br />

fontintervenir mécaniquement dans leurs calculs<strong>de</strong> chaque<br />

jour! ^ S. MIIIIE.<br />

1. Orne. Canton du Theil. 1885.<br />

GÉOMÉTRIE. — Directions et exercices.<br />

CONSTRUCTION DE TRIANGLES (Suite).<br />

PEOBLÈHB I. Construire un triangle connaisiM.nt <strong>de</strong>ux<br />

•côtes & et h et la hauteur h qui tombe sur l'un <strong>de</strong>ux.<br />

Solution. Sur une droite indéfinie 'XY (fig. 40) on prend<br />

une ligne EC égale au côté a; on lui mène nue parallèle<br />

EF à la distance A, puis, duipoint C comme centre, avec le<br />

côté h pour ràyoii, on décrit un arc <strong>de</strong> cercle; il rencontre<br />

généralement lîF en <strong>de</strong>ux points A et A' qui sont<br />

les sommets <strong>de</strong>s triangles<br />

ABC et A'BC<br />

satisfaisant aux conditions <strong>de</strong> l'énoncé. Ces <strong>de</strong>ux triangles<br />

ne sont pas sujjérposables, et le problème admet <strong>de</strong>ux<br />

solutions.<br />

Fig. .10.<br />

RKîiAnQUE iMPbniASTE. On voit, par ces exertiples, que si<br />

l'on donne trois éléments quelcon(iues d'un triangle, tantôt<br />

il y a'une figure unique, tantôt <strong>de</strong>ux figures distiinctes<br />

satisfaisant aux conditions <strong>de</strong> l'énoncé. Slais îl n'y a<br />

qu'un seul triangle possible lorsque l'on donne<br />

1° Deux côtés'et l'angle'compris;<br />

2° Un côté et les angles;<br />

3" Les trois côtés ;<br />

et <strong>de</strong> ces constructions résultent les trois cas d'égalité <strong>de</strong>s<br />

triangles :<br />

1" Deux triangles sont égaux lorsqu'ils ont un angle<br />

égal compris entre <strong>de</strong>ux côtés égaux chacun à chacun.<br />

2» Lorsqu'ils ont un côté éyat adjacent à <strong>de</strong>ux angles<br />

égaux chacun à chacun.<br />

Lorsqu'ils ont les trois côtés égaux.<br />

Ces trois cas d'égalité sont très importants et très utiles.<br />

En général, lorsqia'on veut prouver que, dans une figure,<br />

<strong>de</strong>ux lignes ou <strong>de</strong>ux angles sont égaux, on cherche à<br />

trouver sur la ligure <strong>de</strong>ux triangles dont ces lîgnes ou<br />

ces angles font partie, et l'on cherche à démontrer l'égalité<br />

<strong>de</strong> ces triangles en s'appuyant sur les trois cas<br />

d'égalité qui précé<strong>de</strong>nt.<br />

MESURE DES ANGLES INSCUITS DASS UN SEGMENT DE CEIICLE.<br />

DÉFINITION. Un angle est hiscril dans un cercle lorsque<br />

son sommet est sur la circonférence.<br />

l'aorosiTTo.v II. Si, Iransporlanl un aMjlc inscrit pàrat-


PiaflE SCOLAIK! -m<br />

Ulement à lui-mime, on mnène son sommet au centre du<br />

cerc.le, il cmnjyremlra entre ses côtés un arc moitié <strong>de</strong><br />

celui qu'il interceptait primitivement.<br />

Démonstration. 1° Soit d'abord l'angle inscrit BAD<br />

(fig. il) dont le côté AD est un diamètre; menons le<br />

diamèli-e EE' parallèle au second côté AB ; les angles BAI)<br />

et EOI> sont égaux comme correspondants et l'on peut<br />

dire que l'on obtient l'angle EOD en transportant l'angle A<br />

parallèlement à 1-ui-même au centre du cercle; je dis que<br />

arc Bl) = 2 ares ED.<br />

En effet, l'on a . :<br />

BD = BE + ED ;<br />

BE = AE' = ED,<br />

donc<br />

BD = 2ED.<br />

2» Considérons le cas où l'angle inscrit BAC (fig. 63)<br />

comprend le centre entre ses <strong>de</strong>ux côtés; si nous le transportons<br />

au centre parallèlement à lui-même, nous aurons<br />

l'angle EOF et il est facile <strong>de</strong> \oir que<br />

arc BEDFG = 2 arasEDF.<br />

En effet, traçant le' diamètre OA, l'on a, d'après ce qui<br />

précè<strong>de</strong>,<br />

BED = 2EB<br />

DfC = 2DF<br />

et, en ajoutant,<br />

BEDFC = 2EDF.<br />

Kg.<br />

5° Si. les côtés <strong>de</strong> l'angle inscrit sont situés du même<br />

côté du centre, après l'avoir transporté au centre en EOF,<br />

on aura encore<br />

arc B:C = 2 arcs EF.<br />

En effet, en menant le diamètre AO, l'on a<br />

BD — 2ED<br />

CD = 2FD<br />

et, en retranchant ces égalités membre à membre,<br />

BC = 2EF.<br />

REMAEQUE. On énonce souvent cette proposition d'iine<br />

manière plus concise en disant :<br />

f/re angle inscrit a pour mesure la moitié <strong>de</strong> l'arc<br />

compris entre ses côtés.<br />

L'exemple suivant montre ce qu'il faut entendre par<br />

cette phrase : supposons que l'angle inscrit BAC intercepte<br />

sur la circonférence un angle <strong>de</strong> 140° ; l'angle au<br />

cenlre EOF comprendra entre .ses côtés un arc <strong>de</strong> 70° et<br />

nous aurons<br />

700<br />

E0F = B0C-1^'X^. .<br />

7<br />

ainsi l'angle BOC sera les g d'un angle droit.<br />

CossÉauEscE I. Tous les angles inscrits dans le même<br />

fegment <strong>de</strong> cercle sont é(/aux.<br />

Ainsi (fig. 43) l'angle liîlC, qui s'appuie sur la cor<strong>de</strong> BC<br />

et dont le sommet est en un point quelconque M <strong>de</strong> l'arc<br />

BMC, reste toujours le même quel que soit le point M. En<br />

effet, si par le centre on menait <strong>de</strong>s parallèles à ses côtés.<br />

Fig. 43. Fig. n.<br />

l'angle au contre obtenu aurait toujours poiu' mesure la<br />

moitié dfi V.-ii-c. — E. R.<br />

AGRICULTURE ET HORTICULTURE. — Production<br />

foUrraffcre. — Prairies. — Les plantes fourragères<br />

sont colles qui servent exclusivement à la nourriture<br />

<strong>de</strong>s animaux domestiques.<br />

Les plantes fourragères sont vivaces ou annuelles. On<br />

récolte celles qui sont vivaces sur <strong>de</strong>s surfaces d'une<br />

étendue variable qu'on appelle prairies. Quant à celles<br />

qui sont annuelles, on les sème et les récolte sur les<br />

terres arables.<br />

La nature et la valeur <strong>de</strong>s plantes fourragères varient<br />

clans <strong>de</strong> très gran<strong>de</strong>s proportions. Là, plupart ont besoin<br />

à la fois <strong>de</strong> chaleur et d'iiumidité pour que la production<br />

soit abondante.<br />

L'origine <strong>de</strong> la prairie est facile à comprendre. Tout<br />

terrain abandonné à lui-même se couvre spontanément<br />

<strong>de</strong> plantes herbacées dont la vigueur et la nature varient<br />

suivant la nature du sol :et le climat.<br />

Ces plantes appartiennent à un grand nombre d'espèces;<br />

elles forment par l'enchevêtrement <strong>de</strong> leurs tiges ce que<br />

l'on appelle le ga^ion ou herbe <strong>de</strong>s prairies.<br />

La prairie naturelle ou permanente est celle dont l'ensemencement<br />

résulte <strong>de</strong> la dissémination naturelle <strong>de</strong>s<br />

graines <strong>de</strong>s plantes, ou celle qui a été faite par le cultivateur<br />

pour durer pendant un grand nombre d'années.<br />

La prairie temporaire, à laquelle on donne aussi le<br />

nom <strong>de</strong> prairie artificielle, est celle qui est créée directement<br />

par le cultivateur, pour ne durer que pendant un'<br />

petit nombre d'années.<br />

Ri l'herbe <strong>de</strong> la prairie naturelle est mangée sur place<br />

par les bestiaux, la prairie reçoit le nom <strong>de</strong> pâturage ou<br />

d'herbage. Si l'on fauche l'herbe pour la conserver à l'état<br />

sec, c'est-à-dire la convertir en foin, on a une prairie<br />

proprement dite.<br />

Chaque nature <strong>de</strong> terrain se couvre d'une végétation<br />

qui lui est propre ; c'est cette végétation spontanée qui<br />

forme le fond <strong>de</strong>s prairies naturelles. Celles-ci ne sont<br />

jamais formées par une seule espèce <strong>de</strong> plantes.; elles<br />

sont constituées par <strong>de</strong>s mélanges, en proportions variables,<br />

<strong>de</strong> plantes herbacées appartenant à un grand nombre<br />

<strong>de</strong> familles nal.urelles, mais parmi lesquelles les<br />

graminées et les légumineuses entrent pour la plus gran<strong>de</strong><br />

part.<br />

Ces plantes ont <strong>de</strong>s qualités nutritives très diverses.<br />

Suivant que les unes ou les autres prédominent dans les<br />

prairies, elles donnent leurs qualités ou leurs défauts à<br />

"l'ensemble du fourrage. On peut les classer en groupes,<br />

d'après la nature <strong>de</strong>s terrains dans lesquels elles poussent<br />

le mieux.<br />

Par exemple, dans les terrains humi<strong>de</strong>s, où l'eau est<br />

souvent en excès, on voit prédominer les plantes les plus<br />

grossières, fétuques, joncs, earex, etc. ; — dans les terrains<br />

frais, les principales plantes <strong>de</strong>s prairies sont les<br />

pûturins, les fléoles, les agrosti<strong>de</strong>s, la houlque, la canche<br />

; — dans les terrains secs, on rencontre surtout<br />

plusieurs espèces <strong>de</strong> fétuques, <strong>de</strong> brome, lé fromcntale,<br />

le dactyle, le trèfle.<br />

Les plantes variées qui forment une prairie naturelle<br />

n'arrivent pas ensemble au <strong>de</strong>gré <strong>de</strong> maturité nécessaire<br />

soit pour la pâture, soit pour la fauchdison.<br />

Une prairie est d'autant meilleure que le plus grand<br />

nombre <strong>de</strong>s plantes qui la forment passent à peu près<br />

en même temps par les diverses phases <strong>de</strong> leur végétation.<br />

,<br />

Le cultivateur doit tenir compte <strong>de</strong> ces conditions<br />

•lorsqu'il sème <strong>de</strong>s graines en vue <strong>de</strong> former une prairie<br />

permanente.<br />

Pour créer une prairie, on peut suivi'e plusieurs métho<strong>de</strong>s.<br />

liais, dans tous les cas, il faut commencer par<br />

niveler le terrain, le débarrasser <strong>de</strong>s chardons et <strong>de</strong>s<br />

arbustes, Yameiddir par le labour, avant <strong>de</strong> lui confier<br />

les graines <strong>de</strong>s plantes qui constitueront la prairie.<br />

Beaucoup <strong>de</strong> cultivateurs se contentent, pour semences,<br />

<strong>de</strong>s balayiires <strong>de</strong>s greniers à foin, qui sont en gran<strong>de</strong><br />

partie constituées par <strong>de</strong>s graines <strong>de</strong> plantes <strong>de</strong>s prairies.<br />

Pour obtenir un produit plus rapi<strong>de</strong> et plus sûr, il convient<br />

d'avoir recours à <strong>de</strong>s semailles directes <strong>de</strong> mélanges<br />

<strong>de</strong> graines. . .<br />

•Voici un exemple <strong>de</strong> ces me'/ffHjfes formant la quantité<br />

<strong>de</strong> araines nécessaires pour semer un hectare : raygrass,<br />

15 kilogrammes ; fétuque <strong>de</strong>s prés, 3 ; vulpain <strong>de</strong>s prés, 3;<br />

fléolo, 3; houlnue, 2; agrosti<strong>de</strong> traçante 2; dactyle,!;<br />

n-Ari,^ nrriiiiniiv.. /(. : trèfle blanc. 5 ; trèfle hybri<strong>de</strong>, 2


128 MANUEL GÉNÉRAL DE L'INSTRDCTION PRIMAIRE.<br />

méliot, 1. — On réunit à part les grosses graines el IPS<br />

petites graines que l'on sème sépnrément; c'est la meilleure<br />

manière <strong>de</strong> faire <strong>de</strong>s semailles régulières.<br />

C'est à \automne qu'il convient <strong>de</strong> faire les semailles<br />

pour créer <strong>de</strong>s prairies. On recouvre la .semence par un<br />

coup herse. Au printemps, on coupe les premières<br />

pousses, puis on fait si la prairie a pris assez <strong>de</strong><br />

vigueur pour que l'on n'ait pas à craindre que la <strong>de</strong>nt<br />

<strong>de</strong>s animaux arrache la jeune herbe.<br />

Quant aux soins clentreiien, ils varient suivant qu'il<br />

s'agit <strong>de</strong> prairies à faucher ou <strong>de</strong> prairies à pâturer.<br />

Pour les prairies fauchahles, les soins consistent à<br />

pratiquer <strong>de</strong>s sarclages, afin <strong>de</strong> détruire les plantes nuisibles.<br />

surtout les charrions; à faire la chasse aux taupes<br />

et à détruire les taupinières; à veiller sur les rigoles,<br />

lorsque les prairies sont soumises à l'irrigation.<br />

Pour les pâturages, il faut avoir les mômes soins; en<br />

outre, il faut veiller à ce que les animaux ne détériorent<br />

pas ; par exemple, si le sol est tellement humi<strong>de</strong> que les<br />

bêtes y impriment l'empreinte <strong>de</strong> leurs pas, il faut les<br />

en éloigner temporairement.<br />

Les meilleurs pâturages sont consacrés aux chevaux,<br />

aux vaches ou aux bêtes bovines à l'engrais ; les autres<br />

sont réservés aux moutons. Le plus souvent, on lais=e les<br />

animaux naître en liberté ; mais si l'on n'a qu'une faible<br />

étendue <strong>de</strong> pâture, il <strong>de</strong>vient avantageux <strong>de</strong> faire pâturer<br />

au piquet. Chaque animal est attaché par une cor<strong>de</strong> à<br />

un piquet fiché dans le sol, qu'on déplace chaque jour, <strong>de</strong><br />

telle sorte que la partie accessible soit seule pâturée.<br />

Dans les prairies fauchées on appelle regain l'herbe<br />

qui repousse après la fauchaison. Le regain est souvent<br />

donné en pâture; certains agriculteurs le récoltent comme<br />

•la première herbe; pour le transformer en foin.<br />

Les prairies ne gar<strong>de</strong>nt leur fertilité qu'à la condition<br />

<strong>de</strong> recevoir <strong>de</strong>s engrais.<br />

L'emploi <strong>de</strong>s engrais est nécessaire pour accroître le<br />

ren<strong>de</strong>ment, aussi bien que pour faire disparaître les plantes<br />

nuisibles, en les étouffant sous une végétation plus<br />

'vigoureuse.<br />

Les pâturages reçoivent les déjections <strong>de</strong>s animaux<br />

qu'ils nourrissent, et, par conséquent, ils n'ont que rarement<br />

besoin d'engrais.<br />

Sur les prairies fauchées, on emploie du fumier, <strong>de</strong>s<br />

engrais liqui<strong>de</strong>s, <strong>de</strong>s enqrais pulvérulents. C'est à la fin<br />

<strong>de</strong> l'hiver, avant la pousse <strong>de</strong> l'herbe, qu'il faut répandre<br />

les engrais sur les prairies.<br />

Les engrais liqui<strong>de</strong>s qui conviennent le mieux pour les<br />

prairies sont ; le -purin additionné d'eau, les eaux grasses,<br />

les eaux vannes <strong>de</strong>s usines.<br />

Parmi les engrais pulvérulents, les composts bien consommés<br />

produisent d'excellents résultats. Il en est <strong>de</strong><br />

même <strong>de</strong>s tourteaux en poudre, du guano, <strong>de</strong> la poudrette.<br />

Dans les terrains aci<strong>de</strong>s et dans celles qui sont<br />

marécageuses, les phosphates fossiles ont d'excellents<br />

effets ; ils font disparaître la mousse, les joncs et autres<br />

plantes <strong>de</strong> la même nature'.<br />

Le ren<strong>de</strong>mement <strong>de</strong>s prairies est très vaiiable. Si le<br />

printemps est très sec, les prairies que l'on ne peut pas<br />

arroser ne donnent presque rien ; s'il manque <strong>de</strong> chaleur<br />

le résultat est le même. Le ren<strong>de</strong>ment varie aussi suivant<br />

le sol, et suivant la nature <strong>de</strong>s plantes qui forment<br />

la prairie.<br />

Le ren<strong>de</strong>ment <strong>de</strong>s prairies soumises à un bon système<br />

d'irrigation, sous le climat chaud du midi, est <strong>de</strong> 8000 à<br />

10 000 kilogrammes <strong>de</strong> foin sec, par hectare, en trois ou<br />

quatre coupes. Dans le centre <strong>de</strong> la France ,et dans les<br />

mêmes conditions, le ren<strong>de</strong>ment est <strong>de</strong> 5000 à 0000 kilogrammes<br />

Les très honnesprairies non irriguées sont celles dont<br />

le ren<strong>de</strong>ment, atteint 5000 kilogrammes <strong>de</strong> foin. Les prairies<br />

<strong>de</strong> qualité ordinaire donnent rarement au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong><br />

4000 kilogrammes. Les prairies médiocres sont celles dont<br />

le ren<strong>de</strong>ment ne dépasse pas 2500 kilogrammes.<br />

I,e foin a une <strong>de</strong>nsité très faible à l'état naturel, c'està-dire<br />

il n'a qu'an poids peu considérable sous un très<br />

gros volum':. Le mètre cube <strong>de</strong> foin bottelé ne ijèse pas<br />

i. Pour la <strong>de</strong>scription <strong>de</strong> ces engrais, voir les Notions<br />

d'agriculture et d'horticulture, par J. A. liarral et 11. Sagnier.<br />

Cours moyen. — Librairie Hachette et Cie.<br />

plus <strong>de</strong> 90 à 1'20 liilogrammes. C'est donc une <strong>de</strong>nrée<br />

d'un transport difficile.<br />

Pour reniire plus facile le commerce du foin, on a imaginé<br />

<strong>de</strong> le soumettre à une forte pression dans <strong>de</strong>s appareils<br />

spéciaux, qu'on appelle presses à fourrages. On<br />

obtient ainsi <strong>de</strong>s masses ou balles dont le poids atteint<br />

<strong>de</strong> 300 à 400 kilogrammes par mètre cube.<br />

Le foin pressé se conserve très bien pendant plusieurs<br />

années, avec toute sa valeur primitive. — II. S.<br />

MORALE. — Directions. — ta société. — La justice,<br />

condition <strong>de</strong> tonte société.<br />

« La justice, dit M. Paul lîour<strong>de</strong>, c'est l'harmonie établie<br />

entre l'individu et la société; c'est le citoyen obtenant<br />

la paix intérieure par l'accomplissement <strong>de</strong> ses <strong>de</strong>voirs,<br />

la patrie jouissant <strong>de</strong> la concor<strong>de</strong> par l'honnêteté<br />

<strong>de</strong> ses membres, et l'un et l'autre atteignant la plénitu<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> la vie dans la pratique <strong>de</strong>s vertus<br />

« .\vec elle, il n'y a ni intérêt particulier, ni intérêt<br />

social opposés l'un à l'autre et se contrariant réciproquement;<br />

il n'y a qu'un intérêt commun auquel l'homme<br />

juste participe dans la me.niro <strong>de</strong> ses forces; considérant<br />

la société comme son milieu naturel, comme le seul où<br />

il puisse vivre, il souffre <strong>de</strong> ce qui l'en éloigne comme<br />

d'une atteinte à son intégrité; il sent qu'il se nuit quand<br />

il nuit aux membres qui la composent ; il les aime comme<br />

une condition <strong>de</strong> sa propre existence, et le moindre dommage<br />

qu'il leur tait subir lui est un mal insupportable<br />

à lui-même. Il ne désire et ne craint rien pour sa personne<br />

qu'il ne désire et ne craigne aussi pour ses compagnons<br />

; il ne se départ jamais <strong>de</strong> leur pensée ; en toutes<br />

choses il a présent à l'esjjrit son caractère d'être sociable;<br />

chacune <strong>de</strong> ses actions étant conforme aux lois <strong>de</strong> la<br />

natui-e lui donne la joie <strong>de</strong> sentir qu'il accomplit sa <strong>de</strong>stinée,<br />

et faire le bien et le possé<strong>de</strong>r <strong>de</strong>viennent pour lui<br />

une seule et mêine chose.<br />

« L'amour du prochain contifnt ainsi sa récompense :<br />

il donne autant <strong>de</strong> joie à celui qui le ressent qu'à ceux qui<br />

en sont l'objet, et il s'alimente <strong>de</strong> son propre fonds, parce<br />

qu'il porte en lui, dans cette jouissance sans cesse renouvelée,<br />

sa raison d'être et pour ainsi dire le principe <strong>de</strong><br />

sa vitalité.<br />

« Etre juste, dit-on ordinairement, c'est rendre aux autres<br />

ce qu'on leur doit; mais il faut observer que rendre<br />

simplementles services qu'on a reçus c'est, pour ainsi dii-e,<br />

ne pas les rendre tout entiers, et, par conséquent,ce n'est<br />

pas être vraiment juste. Dans le service, en effet, il n'y a<br />

pas seulement le concours qui nous est donné, il y a encore<br />

la grâce qui nous est faite. Si le prix du concours peut<br />

être évalué, il n'en est pas <strong>de</strong> même <strong>de</strong> celui <strong>de</strong> la grâce;<br />

on ne saurait la payer autrement que par la gratitu<strong>de</strong>,<br />

qui est une lorme <strong>de</strong> l'amour.<br />

« Rendre simplement les services qu'on a reçus n'est<br />

donc que <strong>de</strong> la légalité parce que la loi ne comman<strong>de</strong><br />

point les sentiments; mais les rendre et en rester reconnaissant<br />

à celui qui les a rendus, voilà vraiment la justice.<br />

C'est pourquoi cette vertu a i)0ur objet l'amour <strong>de</strong> nos<br />

semblables, dont nous empruntons sans cesse le concours.<br />

Puisque nous ne pouvons vivre hors <strong>de</strong> la société, tout<br />

acte d'égoï.-:me. c'est-à-dire tout acte qui lui est nuisible,<br />

est un acte injuste, parce que c'est un acte d'ingratitu<strong>de</strong>.<br />

Ce qui nous est indispensable est comme une partie <strong>de</strong><br />

nous-mêmes, puisque nous n'existerions point si nous en<br />

étions privés; or nos semblables nous étant indispensables,<br />

nous <strong>de</strong>vons les aimer comme nous-mêmes, considérer<br />

leurs intérêts comme communs avec les nôtres<br />

et agir en conséquence; c'est-à-dire, nous abstenir <strong>de</strong><br />

ce qui peut leur nuire et faire ce qui peut leur être<br />

utile''. »<br />

Le maître ajoutera à ces développements quelques<br />

exemples concrets et s'assurera par <strong>de</strong>s interrogations<br />

(lue les enfants ont compris ce que c'est que l'idée <strong>de</strong><br />

justice dans ses rapports avec 1» société et aussi la distinction<br />

qu'il y a lieu do faire entre la stricte légalité et<br />

l'idée morale <strong>de</strong> la justice. — C. D.<br />

Le Patriote, 1 vol in-Ifl, broché, 5 fr. 50 c. Hachette<br />

et Cie.


Année, TTonne VISÏ. S10PS»S.ÉMiEPÎj'î' Ri» 4 S!6 Février 188-1<br />

DE L'INSTRUCTION<br />

PRIMAIR<br />

JOURNAL HEBDOMADAIRE<br />

DES INSTITUTEURS ET DES INSTITUTRICES<br />

ENSEIGNEMENT PRIMAIRE-SUPÉRIEUR - ENSEIGNEMENT COMPLÉMENTAIRE<br />

SOMMAIRE]<br />

Partie<br />

générale.<br />

CHIIOSIQUE I.ITTJIIIAIIIE : La langue <strong>français</strong>e dans les colonies. De Pontoise à Stamboul, par M. Edmond About. —<br />

touriste dans TExirèrae Orient : M. CoUeau (G. D!). — AGUICULTDBE : Revue agricole (Henry SAGXIEB).<br />

Partie<br />

scolaire.<br />

Préparation aux examens ; Sujets <strong>de</strong> composition proposés par le Manuel général : Su)ets traités : Sujet <strong>de</strong> langue<br />

françàisc : Analyse <strong>de</strong>'la fable <strong>de</strong> la Fontaine : Le Chat, la Belette et le petit Lapin (C. D.). — Sujets <strong>de</strong> langues<br />

vivantes (L, Kocii).'— Sujets à traiter. — Préparation aux examens du l)revet timplo : compte rendu <strong>de</strong>s copies<br />

envoyées au journal; sujets à traiter. — Sujets divers : Géométrie et arithmétique (E. BUIIAT). — Dessin linéaire :<br />

Question d'examen (A. boufiuiîniîT).<br />

PARTIE<br />

GENERALE<br />

CHRONIQUE<br />

LITTÉRAIRE<br />

H I S T O R I Q U E EL É C O N O M I Q U E .<br />

LA LftKGUE FRANÇAISE DANS LES<br />

COLONIES.<br />

- DE PONTOISE A STAiWBOUL, PAR M. ED-<br />

TRÊME ORIENT : M. COTTEAU.<br />

Il vient, <strong>de</strong>. se créer une Association sous ce titre :<br />

Alliance <strong>français</strong>e pour la propagation <strong>de</strong> la langue<br />

<strong>français</strong>e dans les colonies et les pays étrangers. Cette<br />

Association a pour programme d'étendre Finlluence<br />

<strong>de</strong> la France en facilitant ses relations sociales et<br />

ses rapports commerciaux avec les différents peuples<br />

par la propagation <strong>de</strong> sa langue. Pour atteindre ce<br />

but, elle se propose <strong>de</strong> soutenir et d'améliorer les<br />

MOND ABOUT. - UN TOURISTE DANS L'EX-<br />

écoles existantes, d'en créer <strong>de</strong> nouvelles, en employant<br />

<strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>s intelligentes et appropriées aux<br />

différents cas particuliers, d'exciter le zèle <strong>de</strong> tous<br />

en dislribnant <strong>de</strong>s récompenses aux mailrcs qui obtiendront<br />

<strong>de</strong> bons résultais et aux élèves qui feront<br />

<strong>de</strong>s progrès.<br />

M. le général Faidiierbe, l'un <strong>de</strong>s fondateurs et<br />

<strong>de</strong>s prési<strong>de</strong>nts d'honneur <strong>de</strong> l'Alliance <strong>français</strong>e,<br />

vient <strong>de</strong> publier dans la Revue scientifique nne série<br />

<strong>de</strong> conseils et d'observations sur la gran<strong>de</strong> question<br />

qui fait l'objet <strong>de</strong> ce; programme. L'illustre chancelier<br />

<strong>de</strong> la Légion d'honneur, l'héroïque combattant<br />

<strong>de</strong> Bapaume et <strong>de</strong> Pont-à-Noyelles n'est pas seulement<br />

un grand homme <strong>de</strong> guerre, c'est aussi un<br />

homme d'école et un linguiste distingué ; pendant le<br />

long séjour qu'il a fait en Algérie, au Sénégal et à la<br />

Gua<strong>de</strong>loupe, il a étudié sérieusement et <strong>de</strong> très près<br />

les langues indigènes et les moyens d'en tirer parti<br />

pour le développement intellectuel et moral <strong>de</strong> ceux<br />

qui s'en servent, et, par suite, les <strong>de</strong>ux questions<br />

étaiil connexes à ses yeux, pour le progrès <strong>de</strong> la


3247<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

France au <strong>de</strong>là <strong>de</strong> la mère patrie. C'est ainsi que,<br />

comme il le rappelle dans cet article, pour faciliter<br />

la propagation du <strong>français</strong> chez les différentes peupla<strong>de</strong>s<br />

du Sénégal, il a publié <strong>de</strong>s éléments <strong>de</strong> grammaire,<br />

<strong>de</strong>s vocabulaires et <strong>de</strong>s recueils <strong>de</strong> phrases<br />

en diverses langues nègres <strong>de</strong> ce pays.<br />

Le général remarque que les populations coloniales<br />

apprennent plus facilement l'anglais que le<br />

<strong>français</strong>.<br />

8 Cela tient uniquement, dit-il, à ce que le verbe anglais<br />

est beaucoup plus simple que le nôtre; caria gran<strong>de</strong><br />

difficulté que ces populations rencontrent pour apprendre<br />

une langue européenne, la seule difficulté sérieuse, pour<br />

ainsi dire, rési<strong>de</strong> dans la complication du verbe; pour<br />

savoir un verbe <strong>français</strong>, il faut retenir une soixantaine<br />

<strong>de</strong> mots eu groupes <strong>de</strong> mots différents. »<br />

Aussi qu'est-il arrivé, par exemple, aux Antilles ?<br />

Les nègres ont créé une sorte <strong>de</strong> <strong>français</strong> approximatif.<br />

a Aux Antilles, dit le général, après la <strong>de</strong>struction <strong>de</strong>s<br />

Indiens, les noirs esclaves amenés d'Afrique parlaient<br />

beaucoup <strong>de</strong> langues différentes, suivant qu'ils provenaient<br />

<strong>de</strong> la Sonégambie, <strong>de</strong> la Guinée, du Congo, ou<br />

même <strong>de</strong> la côte orientale.<br />

« C'était une vraie tour <strong>de</strong> Babel ;. il fallait absolument<br />

trouver un terrain commun pour s'entendre. Aucun <strong>de</strong>s<br />

langages nègres n'avait la puissance <strong>de</strong> s'imposer; le <strong>français</strong><br />

se trouvait nécessairement appelé à jouer ce rôle.<br />

Mais la langue était beaucoup trop compliquée pour <strong>de</strong>s<br />

races qui, dans l'évolution humaine, étaient encore à<br />

l'état sauvage ou en étaient à peine sorties.<br />

« Il se forma pour elles, aux dépens du <strong>français</strong>", un<br />

jargon à leur portée. »<br />

pronom personnel. Exemple : je sais, tu sais, absolument<br />

comme le patois nègre, moin satw, to save. Dans certains<br />

cas, il a gardé les flexions : savons, savez, et il a ajouté<br />

tout <strong>de</strong> même et tout à lait inulilemenl les pronoms personnels<br />

: nous, vous. Enfin, dans d'auti'es cas, il laisse la<br />

désinence : tu aimes, ils aiment, mais (loujours logique I)<br />

il a soin <strong>de</strong> ne pas la prononcer, <strong>de</strong> sorte que là les pronoms<br />

sont inutiles dans la langue écrite, mais nécessaires<br />

dans la langue parlée. »<br />

Nous ne suivrons pas le général dans tous les détails<br />

qu'il donne sur les difficullés d'appropriation<br />

que présente le <strong>français</strong> tant aux créoles <strong>de</strong> nos colonies<br />

d'Amérique qu'aux nègres du Sénégal ou aux<br />

Arabes <strong>de</strong> l'Algérie, bien qu'il y en ait <strong>de</strong> très curieux,<br />

comme par exemple le rapprochement <strong>de</strong> cette<br />

phrase où notre manière <strong>de</strong> penser et <strong>de</strong> dire nous<br />

permet l'emploi <strong>de</strong> cinq infinitifs : Je voulais aller<br />

vous voirpourvous dire <strong>de</strong> continuer à labourer, et <strong>de</strong><br />

cette même phrase telle qu'elle <strong>de</strong>vra se présenter<br />

à l'esprit dans le langage d'un Arabe : Je voulais je<br />

vais je vous vois pour je vous dis vous continuez vous<br />

labourez. Ce sont ces énormes différences d'habitu<strong>de</strong>s<br />

syntaxiques qui ont fait inventer cette langue<br />

sabir que connaissent lous nos soldats, et qui donne<br />

lieu, dit le général Faidlierbe, à ce curieux phénomène<br />

qu'en l'employant « le troupier est persuadé<br />

qu'il parle arabe et l'Arabe est persuadé qu'il parle<br />

<strong>français</strong>. »<br />

Nous arrivons aux conclusions pratiques du général<br />

Faidherbe, aux moyens qu'il signale à l'Alliance<br />

<strong>français</strong>e comme étant les plus propres à répandre<br />

notre langue parmi les populations qui ne la connaissent<br />

pas et à qui il est nécessaire <strong>de</strong> l'enseigner<br />

aux moindres frais et dans le plus bref délai possible.<br />

Et la première chose qu'elles firent, ce fut <strong>de</strong> supprimer<br />

les flexions <strong>de</strong>s verbes. Chaque verbe fut<br />

représenté par un mot unique, généralement l'infinitif,<br />

plus ou moins modifié ou simplifié, comme


SUPPLÉMENT. — PARTIE GÉNÉRALE. 5i<br />

« Ces classes du soir, il faudrait que ce fussent <strong>de</strong>s<br />

hommes <strong>de</strong> bonne volonté, <strong>de</strong>s membres <strong>de</strong> l'Alliance<br />

<strong>français</strong>e, qui les fissent gratuitement : fonctionnaires<br />

civils ou militaires, ou simples particuliers. Leurs services<br />

seraient récompensés par <strong>de</strong>s diplômes d'honneur<br />

que leur décernerait la Société et qui seraient <strong>de</strong>s titres<br />

pour prétendre, par la suite, à <strong>de</strong>s récompenses honorifiques<br />

du gouvernement, palmes et croix. Ces personnes<br />

<strong>de</strong>man<strong>de</strong>raient aux autorités locales une salle pour réunir<br />

une vingtaine d'élèves, Iravailleu^rs, soldats indigènes,<br />

enfants. Elles rendraient compte annuellement au comité<br />

<strong>de</strong> l'Alliance <strong>français</strong>e <strong>de</strong>s résultats qu'elles auraient obtenus<br />

et qu'elles feraient constater par <strong>de</strong>s autorités<br />

locales compétentes que la Société désignerait. On donnerait<br />

<strong>de</strong>s récompenses pécuniaires aux élèves. »<br />

Le général Faidherbe ne s'occupe pas, dit-il, <strong>de</strong>s<br />

classes régulières où l'on enseigne complètement<br />

la langue. Il remarque cependant que, même dans<br />

ces classes, il faudrait consacrer une heure'par jour<br />

à <strong>de</strong>s exercices <strong>de</strong> langage.<br />

« Il faut, dit-il, éviter ce résultat déplorable (que j'ai<br />

quelquefois constaté en inspectant <strong>de</strong>s écoles) d'enfants<br />

ayant un au, <strong>de</strong>ux ans d'étu<strong>de</strong>s, qu'on fait lire <strong>de</strong>vant<br />

vous, qui lisent une page sans faire une faute, mais qui<br />

n'en comprennent pas un mot, comme on s'en assure en<br />

les interrogeant. On a simplement fait perdre à ces enfants<br />

un an ou <strong>de</strong>ux à leur faire faire une gymnastique<br />

<strong>de</strong>s yeux et <strong>de</strong>s organes <strong>de</strong> la voix, sans aucune utilité. »<br />

en miracles; je n'ai rien vu <strong>de</strong> plus étonnant que cette<br />

odyssée dont la poussière estompe encore mon chapeau. »<br />

Lisez-la, cette odyssée, car je me gar<strong>de</strong>rai bien <strong>de</strong><br />

vous la déllorer en cherchant à l'analyser, et vous<br />

verrez que vous n'aurez rien lu non plus <strong>de</strong> si amusant<br />

; sans compter que, sous celte forme légère,<br />

M. About vous laissera <strong>de</strong> tout ce qu'il touche un<br />

souvenir plus vrai et plus vif que bien <strong>de</strong>s gros livres<br />

que vous pourriez avoir lus sur le même sujet avant<br />

ou après.<br />

Mais le livre a plus <strong>de</strong> cent cinquante pages.<br />

L'odyssée <strong>de</strong> Pontoise à Stamboul est, en effet, suivie<br />

<strong>de</strong> plusieurs nouvelles et morceaux détachés, comme,<br />

par exemple Grain <strong>de</strong> plomb, simple et dramatique<br />

histoire d'un jeune chasseur, dont le premier coup<br />

<strong>de</strong> fusil manque <strong>de</strong> faire couper la jambe à son père;<br />

comme Au Petit Trianon, où l'auteur vous montre<br />

comme quoi son intervention personnelle ayant<br />

réussi à faire réparer une injustice commise à<br />

l'égard <strong>de</strong> M. Alexandre-Henri-Marguerite Charpentier,<br />

jardinier en chef au palais national <strong>de</strong> Trianon,<br />

celui-ci, un excellent homme d'ailleurs, en eut une<br />

profon<strong>de</strong> reconnaissance pour M. Thiers ; puis quatre<br />

discours, par lesquels M. About s'est fait la main,<br />

un toast à Victor Hugo, un discours <strong>de</strong> distribution<br />

<strong>de</strong> prix au lycée Charlemagne, que je recomm an<strong>de</strong><br />

particulièrement à nos lecteurs, <strong>de</strong>s adieux au grand<br />

romancier russe Tourguenefl, et enfin un discours<br />

N'est-il pas vrai qu'en <strong>de</strong>hors <strong>de</strong> l'objet spécial que<br />

prononcé à l'inauguration <strong>de</strong> la statue<br />

Dumas.<br />

poursuit le général Faidherbe, il y a ici <strong>de</strong>s questions<br />

<strong>de</strong> métho<strong>de</strong> générale dont nous pouvons tous profiter<br />

? — (Extrait <strong>de</strong> la Revue<br />

Ce sont <strong>de</strong>s perles que ces mélanges.<br />

pédagogique.)<br />

d'Alexandre<br />

Puisque nous sommes sur les livres <strong>de</strong> voyages,<br />

nous appeHerons l'attention <strong>de</strong>s maîtres sur un nouveau<br />

volume <strong>de</strong> ce genre, publié par nos éditeurs,<br />

Mi Edmond About vient d'être élu à l'Académie<br />

sous ce titre : Un touriste dans l'Extrême-Orient, et<br />

<strong>français</strong>e, et cela nous promet, pour le jour <strong>de</strong> la réception<br />

qui emprunte aux événements actuels un intérêt tout<br />

officielle, un <strong>de</strong> ces discours <strong>de</strong> bon sens, <strong>de</strong><br />

spécial ^ L'auteur, M. Edmond Cotleau, chargé par le<br />

bonne humeur et <strong>de</strong> bonne langue, dont il a pris ministèr-e <strong>de</strong> l'instruction publique d'une mission<br />

le secret dans sa très originale personnalité et le scientifique en Sibérie et au Japon, a visité, d'août<br />

modèle au dix-huitième siècle. En attendant, et on<br />

pourrait dire, comme jeton <strong>de</strong> bienvenue, il nous<br />

1881 à janvier 1882, le Japon, la Chine, l'Indo-Chine<br />

et le Tonkin. C'est donc une moisson toute fraîche<br />

offre un volume portant ce titre significatif: De Pontoise<br />

d'impressions et <strong>de</strong> souvenirs que M. Cotteau, lui<br />

à Stamboul'. C'est, comme vous voyez, un aussi, nous apporte <strong>de</strong> ces pays qui nous touchent<br />

récit <strong>de</strong> voyage , récit en cent cinquante pages <strong>de</strong> si prés aujourd'hui, et ces souvenirs sont très<br />

comme sait les faire M. About, en recueillant <strong>de</strong> la intéressants, très vivants. Vous y trouverez, par<br />

pointe <strong>de</strong> sa plus line plume la fleur <strong>de</strong> ses impressions.<br />

exemple , une i<strong>de</strong>scription <strong>de</strong> l'ile d'Haïrian et <strong>de</strong> la<br />

cita<strong>de</strong>lle d'Hanoï, sur les bords <strong>de</strong> ce fleuve Rouge,<br />

où sont engagées nos canonnières. M. Cotteau a vu<br />

i II y a exactement, nous dit-il, treize jours que je<br />

quittais les bords <strong>de</strong> l'Oise pour aller prendre le train<br />

rapi<strong>de</strong> <strong>de</strong> l'Orient à la gare <strong>de</strong> Strasbourg; et, dans ces<br />

treize jours, c'est-à-dire en moins <strong>de</strong> temps qu'il n'en<br />

fallait à Mme <strong>de</strong> Sévigné pour aller <strong>de</strong> Paris à Grignan<br />

je suis allé à Constantinople, je m'y suis promené, instruit<br />

et diverti, et j'en suis revenu sans fatigue, prêt à repartir<br />

<strong>de</strong>main si l'on veut, par la même voiture, pour Madrid ou<br />

Saint-Pétersbourg. Et notez que nous avons fait une halte<br />

<strong>de</strong> vingt-quatre heures dans cette France orientale qtii<br />

s'appelle la Roumanie, assisté à l'inauguration d'un palais<br />

d'été dans les Carpathes, pris le thé avec un roi et une<br />

reine et banqueté somptueusement chez le Bignon <strong>de</strong><br />

Bukarest. On dit avec raison que notre temps est fertile<br />

plusieurs membres « <strong>de</strong> la peu honorable^corporation<br />

<strong>de</strong>s Pavillons noirs », qui ne faisaient pas tant<br />

parler d'eux en décembre 1881 qu'à présent.<br />

K On désigne ainsi, dit M. Cotteau, <strong>de</strong>s ban<strong>de</strong>s <strong>de</strong> brigands,<br />

débris <strong>de</strong>s «ebelles expulsés <strong>de</strong> Chine qui se sont<br />

établis sur la frontière, percevant <strong>de</strong> la façon la plus<br />

arbitraire <strong>de</strong>s droits exorbitants sur les marchandises, et<br />

terrorisant le pays. Le pillage <strong>de</strong> ces gens, sur le haut<br />

fleuve, a été en quelque sorte régularisé par Je gouvernement<br />

<strong>de</strong> Tu-Duc, qui, ne pouvant s'en débarrasser, les<br />

a pris à sa sol<strong>de</strong> ; ce sont, avec les mandarins annamites,<br />

nos seuls ennemis dans ce pays, mais ils ne sont pas<br />

nombreux, 1500 ou 2000 au plus. »<br />

' 1.1 vol. in-lG, broché, 3 fr. 50 c. Hachette et Cie.<br />

1. 1 vol. in-16, broché, 4 fr.


52 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

Les choses ont bien changé <strong>de</strong>puis, comme on<br />

sait.<br />

I Le gouvernement chinois, continue M. Cotteau, aurait<br />

intérêt à la <strong>de</strong>struction <strong>de</strong>s l'avillons noirs, car alors le<br />

commerce <strong>de</strong> la province limitrophe du Ïon-Nan pren^<br />

drait une extension considérable. Les négociants <strong>de</strong><br />

Hong-Kong ne seraient pas fâchés <strong>de</strong> nous voir occuper<br />

définitivement ces contrées ; ce serait pour eux une<br />

source <strong>de</strong> nouveaux débouchés. N'oublions pas, d'un<br />

autre côté, que le Tonkin formait autrefois un Etat indé<br />

pendant. Les Annamites y sont regardés comme <strong>de</strong>s<br />

étrangers, et la population indigène, dont une notable<br />

partie est chrétienne, verrait sans répugnance notre administration<br />

succé<strong>de</strong>r à celle <strong>de</strong>s mandarins. Aujourd'hui<br />

un Tonkinois, s'il a quelques ressources, les dissimule<br />

avec soin; il n'osera même pas acheter <strong>de</strong>s vêtements<br />

neufs, car, si on le croit riche, il sera en butte aux exactions<br />

<strong>de</strong> l'autorité, qui, par tons les moyens possibles,<br />

cherchera à le déponiller <strong>de</strong> ses biens. Il n'y a donc rien<br />

d'étonnant si, malgré les fautes commises autrefois, le<br />

nom <strong>de</strong> la France inspire encore <strong>de</strong> la sympathie à ces<br />

malheureuses populations. Je ne prétends pas dire par là<br />

que lés Tonkinois nous aiment pour nous-mêmes. Il est<br />

évi<strong>de</strong>nt qu'ils préféreraient vivre indépendants ; mais,<br />

comme maintenant ils sont opprimés, et que nous sommes<br />

les premiers Européens venus dans leur pays, ils ne connaissent<br />

que la France et n'ont d'espoir qu'en elle pour<br />

améliorer leur sort; quant aux Anglais <strong>de</strong> Hong-Kong et<br />

<strong>de</strong> Singapour, si leurs journaux sont favorables à nos<br />

projets, c'est, bien entendu, par pur inléi'fit commercial.<br />

Le fait n'en existe pas jnoins. »<br />

Dans une note qui termine son très curieux<br />

chapitre,sur le Tonkin, M. Cotleau exprune le regret<br />

que la France se soit montrée si tard ce qu'elle est<br />

aux Annamites.<br />

a Je persiste à croire, dit-il, qu'à l'époque <strong>de</strong> mon<br />

passage (novembre 1881), la conquête du pays eût été<br />

très facile et n'aurait <strong>de</strong>mandé qu'un petit nombre<br />

d'hommes. Hos hésitations ont donné à l'ennemi le temps<br />

<strong>de</strong> se préparer à la lutte. L'armée régulière annamite<br />

s'est jointe aux Pavillons noirs; nos adversaires, très peu<br />

nombreux dans l'origine, se sont grossis, en outre, d'une<br />

toule d'aventuriers et <strong>de</strong> Chinois chassés (le leur pays.<br />

Mais il né faut pas oublier que la population tonkinoise<br />

ne fait nullement cause commune avec eux, qu'elle soulfre<br />

cruellement <strong>de</strong> la guerre et n'aspire qu'à la voir cesser. Il<br />

en est <strong>de</strong> même <strong>de</strong>s colons et <strong>de</strong>s marchands chinois qui,<br />

<strong>de</strong>puis quelque temps, sont venus en grand nombre se<br />

fixer dans le pays. »<br />

Espérons que ces lieureuses prévisions pourront<br />

se réaliser pour notre pays.<br />

C. D.<br />

AGRICULTURE<br />

REVUE<br />

AGRICOLE<br />

Le nombre <strong>de</strong>s variétés <strong>de</strong> plantes potagères culti-<br />

•vées augmente dans d'assez gran<strong>de</strong>s proportions<br />

chaque année. Les marchands grainiers et les horticulteurs<br />

<strong>de</strong> profession cherchent sans cesse à obtenir<br />

<strong>de</strong> nouvelles variétés qui présentent quelque<br />

supériorité sur celles précé<strong>de</strong>mment connues. C'est<br />

le plus souvent pour accroître leur clientèle ou pour,<br />

remporter <strong>de</strong>s récompenses dans les concours agricoles<br />

qu'ils multiplient ces efforts, efforts certainement<br />

louables quand ils ne dépassent pas le but. En<br />

effet, il arrive parfois que la création <strong>de</strong> nouveaux<br />

noms pour <strong>de</strong>s variétés que l'on croit nouvelles, et<br />

qui ne le sont que parce qu'elles ne sont pas encore<br />

connues <strong>de</strong> ceux qui les cultivent, amène <strong>de</strong>s confusions<br />

regrettables, et crée <strong>de</strong>s synonymies au milieu<br />

<strong>de</strong>squelles il <strong>de</strong>vient difficile parfois <strong>de</strong> se reconnaître.<br />

D'aulre part, il arrive que <strong>de</strong>s variétés réellement<br />

nouvelles ne répon<strong>de</strong>nt pas à ce qu'on en avait<br />

attendu, soit parce que la culture est délicate, soit<br />

parce que les caractères n'en élaient pas suffisamment<br />

fixés quand elles ont été présentées au public,<br />

et que ces caractères ne se sont pas maintenus et<br />

ont même assez rapi<strong>de</strong>ment disparu.<br />

On se trouve donc en présence <strong>de</strong> mécomptes qui<br />

amènent cette conclusion, que beaucoup <strong>de</strong> cultivateurs<br />

se méfient ensuite <strong>de</strong>s nouvelles variétés qui<br />

leur sont offertes, et ne'les acceptent que très difficilement,<br />

dans la crainte <strong>de</strong> voir se renouveler <strong>de</strong>s<br />

acci<strong>de</strong>nts analogues à ceux qu'ils ont antérieurement<br />

éprouvés.<br />

S'il faut toujours marcher avec pru<strong>de</strong>nce dans les<br />

innovations agricoles, il ne faut pas toutefois se<br />

laisser dominer par <strong>de</strong>s craintes exagérées. De ce<br />

que beaucoup <strong>de</strong> plantes, légumes et fruits ont joui<br />

à mi moment d'une, réputation surl'aile, on ne doit<br />

pas conclure que toutes les variétés nouvelles donneront<br />

<strong>de</strong>s déceptions. Mais, avant <strong>de</strong> les adopter, il faut<br />

faire un essai sur une petite échelle, ou bien s'entourer<br />

<strong>de</strong> tous les renseignements dont on peut disposer.<br />

Prenons un exemple. On cultive aussi quinze à<br />

vingt variétés <strong>de</strong> chou-fleur; elles ne sont certes pas<br />

toutes <strong>de</strong> la même valeur, mais ce ne sont pas les<br />

plus récentes qui sont les moins méritantes. Parmi<br />

ces <strong>de</strong>rnières, nous pouvons citer le chou-lleur géant<br />

d'automne; ce chou-fleur, présenté dans le commerce,<br />

il y a peu d'années seulement, est certainement<br />

un <strong>de</strong> ceux qui donnent les produits les plus<br />

abondants et qui peuvent être cultivés avec avantage<br />

dans le plus grand nombre <strong>de</strong> circonslances.<br />

Cette variété est très tardive et très haute <strong>de</strong><br />

pied; elle <strong>de</strong>man<strong>de</strong> à être semée <strong>de</strong> bonne heure au<br />

printemps. D'après <strong>de</strong>s expériences failes par un<br />

jardinier émérile <strong>de</strong>s environs <strong>de</strong> Beauvais, M. Delaville,<br />

et que nous trouvons exposées dans le bulletin<br />

<strong>de</strong> la stalion agronomique <strong>de</strong> l'Oise, ce chou-fleur<br />

peut être recommandé sans réticence à tous les<br />

horliculteurs, dans la plus gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> la France.


SUPPLÉMENT. — PARTIE GÉNÉRALE.<br />

5i<br />

Il n'est pas difficile sur la qualité du terrain; il n'a<br />

besoin, pour se développer régulièrement, ni <strong>de</strong> terreau,<br />

ni <strong>de</strong> paillis épais, ni d'arrosages copieux,<br />

comme la plupart <strong>de</strong>s autres clioux-lleurs. Ce n'est<br />

pas à dire qu'on puisse se dispenser <strong>de</strong> tout soin <strong>de</strong><br />

culture; car aucune plante ne vient bien quand on<br />

ne lui donne pas les soins nécessaires. « Le chou-<br />

(leur géant d'automne, dit M. Delaville, donne <strong>de</strong>s<br />

produits l'année même <strong>de</strong> son semi; le-pourtour <strong>de</strong><br />

ses pommes peut atteindre 0°,90 à 1 métré ; leur<br />

couleur est d'un blanc pur. Des troncs énorxnes <strong>de</strong><br />

grosseur et <strong>de</strong> développement les supportent et laissent<br />

émerger <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s feuilles k nervures médianes<br />

d'une belle couleur argentée. Ce géant <strong>de</strong>s<br />

choux ne donne ses produits que graduellement, quel<br />

que soit l'âge <strong>de</strong>s plants. Cette particularité, eu égard<br />

aux besoins <strong>de</strong>s ménagères, doit être prise en sérieuse<br />

considération. »<br />

Il faut semer ce chou-fleur <strong>de</strong> bonne heure, dés la<br />

fin <strong>de</strong> février; mais on peut retar<strong>de</strong>r les semis jusqu'en<br />

mars ou en avril, lorsque la saison n'est pas<br />

favorable. Le semis fait pendant le mois d'octobre, en<br />

plaçant le plant sous verre à froid, pendant l'hiver,<br />

peut donner <strong>de</strong>s produits au mois <strong>de</strong> juillet prochain.<br />

Dans tons les cas, le mieux est <strong>de</strong> semer sur couche,<br />

et <strong>de</strong> repiquer ensuite les plants en pleine lerre, en<br />

les espaçant <strong>de</strong> 70 à 75 centimètres sur <strong>de</strong>s lignes<br />

distantes <strong>de</strong> 1 méire. On garnit les vi<strong>de</strong>s entre les<br />

lignes par <strong>de</strong>s sala<strong>de</strong>s ou d'autres menues plantes<br />

Le système <strong>de</strong>s cultures intercalaires est une <strong>de</strong>s<br />

meilleures méllio<strong>de</strong>s pour-tirer bon parti <strong>de</strong>s carrés<br />

du jardin consacrés aux plantes potagères.<br />

Parmi les plantes potagères dont la culture se développera<br />

certainement dans un avenir prochain, il<br />

faut citer aussi le cerfeuil tubéreux.Les racines sont<br />

très renflées, un peu semblables aux petites carottes^<br />

d'un gris foncé, avec une chair ferme, très farineuse<br />

et sucrée, avec un goût aromatique spécial. La culture<br />

du cerfeuil tubéreux est facile ; il suffit <strong>de</strong> lui<br />

donner les soins ordinaires <strong>de</strong>s jardins, avec <strong>de</strong>s arrosages<br />

assez abondants. On sème à l'automne les<br />

graines qui ne germent qu'au printemps ; on fait la<br />

récolte au mois <strong>de</strong> septembre ; il est bon <strong>de</strong> gar<strong>de</strong>r<br />

les racines pendant quelques semaines dans un lieu<br />

sec, avant <strong>de</strong> les consommer; leur qualité gagne<br />

beaucoup pendant ce temps. Elles se conservent facilement<br />

pendant l'automne et pendant l'hiver qui<br />

suivent la récolte.<br />

Le commerce <strong>de</strong>s œufs est une <strong>de</strong>s branches importantes<br />

du commerce agricole d'une partie <strong>de</strong> nos<br />

ports <strong>de</strong> la Manche; car c'est surtout en Angleterre<br />

que se fait l'exportation <strong>de</strong>s œufs <strong>de</strong> France. Toutefois,<br />

il est un point sur lequel nous <strong>de</strong>vons insister, c'est<br />

que, tandis que notre commerce d'œufs avec l'Angleterre<br />

<strong>de</strong>meure stationnaire, celui <strong>de</strong> quelques autres<br />

pays augmente dans <strong>de</strong>s proportions considérables.<br />

D'après les tableaux <strong>de</strong> la douane anglaise, il a été<br />

importé dans la Gran<strong>de</strong>-Bretagne : en 1881, pour<br />

58 millions <strong>de</strong> francs en œnfs; en '1882, pour CO millions<br />

; en 1885, pour 68 raillions. La part <strong>de</strong> la France<br />

a été respectivement, pendant ces trois années, <strong>de</strong><br />

51 millions, <strong>de</strong> 28 raillions, et <strong>de</strong> 52 millions <strong>de</strong> francs.<br />

En '1881, nous fournissions à l'Angleterre plus <strong>de</strong> la<br />

moitié <strong>de</strong>s œufs dont elle avait besoin; <strong>de</strong>puis <strong>de</strong>ux<br />

ans, nous en fournissons sensiblement moins.<br />

Pendant le même temps, le commerce <strong>de</strong> la Belgique<br />

avec l'Angleterre, qui était <strong>de</strong> 8 millions et <strong>de</strong>mi <strong>de</strong><br />

francs en 1881, s'est élevé à 15 millions en 1882 et<br />

à 15 millions en 1883; celui <strong>de</strong> l'Allemagne, qui était<br />

<strong>de</strong> 10 millions en 1881, s'est élevé à 12 millions<br />

en 1882 et à 17 millions en 1885.11 y a donc eu progression<br />

sensible dans le commerce <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux pays,<br />

qui ont profité à l'exclusion <strong>de</strong> la France, <strong>de</strong> l'aug--<br />

menlation <strong>de</strong> consommation qui<br />

Angleterre.<br />

s'est produite en<br />

Quelle peut être la cause <strong>de</strong> ce fait? Il est vraisemblable<br />

que c'est la même cause qui a engendré la<br />

crise commerciale, si manifeste, que la France traverse<br />

actuellement. Laissant <strong>de</strong> côté les conditions économiques<br />

<strong>de</strong> la production, il est certain que nos producteurs<br />

et nos commerçants s'habituent trop facilement<br />

à la pensée qu'on viendra les chercher, et<br />

qu'ils n'ont pas à aller au-<strong>de</strong>vant <strong>de</strong>s <strong>de</strong>man<strong>de</strong>s, à les<br />

provoquer par <strong>de</strong>s offres répétées. C'est tout l'opposé<br />

<strong>de</strong> ce qui se pratique dans la plupart <strong>de</strong>s autres pays ;<br />

au fur et à mesure qu'elle augmente, la production<br />

va au-<strong>de</strong>vant <strong>de</strong> nouveaux débouchés, elle cherche à<br />

les créer, et presque toujours elle y arrive. C'est<br />

ainsi que nos concurrents parviennent à pénétrer sur<br />

les marchés où nos produits étaient presque exclusivement<br />

recherchés ; s'ils ne les détrônent pas immédiatement,<br />

ils arrivent à implanter les leurs à côté<br />

et à profiter <strong>de</strong> l'accroissement qui se produit presque<br />

partout dans la consommation. Ils cherchent à contenter<br />

les nouveaux clients qu'ils se sont ainsi procurés;<br />

et il arrive finalement que peu à peu ils supplantent<br />

les anciens fournisseurs. Ce n'est pas <strong>de</strong> la<br />

torpeur qu'il faut reprocher au commerce <strong>français</strong>,<br />

mais une timidité et surtout une trop gran<strong>de</strong> confiance<br />

dans la valeur <strong>de</strong>s produits qu'il a préparés.<br />

Mais cette confiance excessive peut amener aux mêmes<br />

résultats que la torpeur. En tous cas, la production<br />

marchant toujours, <strong>de</strong>s crises <strong>de</strong> pléthore se produisent<br />

par l'abondance <strong>de</strong>s produits offerts, et c'est le<br />

commerce qui en est la première victime.<br />

Un <strong>de</strong>s lecteurs du Mcmuel général m'a écrit pour<br />

me <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r pourquoi je n'insistais pas plus souvent<br />

ici sur la <strong>de</strong>scription <strong>de</strong>s instruments agricoles perfectionnés,<br />

et pourquoi je ne faisais pas ressortir<br />

avec preuves à l'appui, les avantages qui résultent<br />

<strong>de</strong> l'emploi <strong>de</strong> ces instruments.<br />

En ce qui concerne la première partie <strong>de</strong> la question,<br />

je répondrai que la <strong>de</strong>scription <strong>de</strong>s instruments<br />

perfectionnés ne peut venir utilement dans un journal<br />

qu'au moment où ces instruments sont offerts pour<br />

la première fois au public. Ensuite c'est aux ouvrages<br />

spéciaux à réunir et à con<strong>de</strong>nser la <strong>de</strong>scription <strong>de</strong>s<br />

instruments acquis à l'usage. A cet égard, je ne puis<br />

que renvoyer mon aimable correspondant aux Notions<br />

cragriculh/re et dlwrticuUure^mr les écoles primaires<br />

que j'ai publiées avec M. Barrai, pour l'enseignement<br />

<strong>de</strong>s écoles, conformément aux <strong>de</strong>rniers programmes<br />

du ministère <strong>de</strong> l'instruction publique'.<br />

I. llachetle et Cie, Cours élémentaire, 1 vol. in-1G.cart.,


3251<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

Pour la secon<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> la questionne pourrais<br />

faire la même réponse. Toutel'ois, je ne crois pas<br />

<strong>de</strong>voir m'y borner, parce que l'emploi <strong>de</strong> bonnes<br />

machines et d'outils perfectionnés amènera la solution<br />

<strong>de</strong> la crise qui frappe aujourd'hui l'agriculture<br />

<strong>français</strong>e. La Chambre <strong>de</strong>s députés vient <strong>de</strong> déci<strong>de</strong>r<br />

qu'elle ouvrirait une enquête sur la situation <strong>de</strong>s<br />

ouvriers <strong>de</strong> l'industrie et sur celle <strong>de</strong>s ouvriei'S <strong>de</strong><br />

l'agriculture. Des ouvriers <strong>de</strong> l'industrie, je n'ai pas<br />

à parler ici; mais, en ce qui concerne les ouvriers <strong>de</strong><br />

l'agriculture, il est facile <strong>de</strong> prévoir les conclusions<br />

que donnera l'enquête, si elle est bien conduite. Cette<br />

conclusion, la voici en peu <strong>de</strong> mots : c'est que jamais<br />

la situation <strong>de</strong>s ouvriers agricoles n'a été aussi<br />

bonne qu'aujourd'hui, jamais ils n'ont reçu <strong>de</strong>s salaires<br />

aussi élevés. Leur nombre ayant diminué dans<br />

<strong>de</strong>s proportions assez considérables, ils sont <strong>de</strong>venus<br />

les maîtres <strong>de</strong> la situalion, et ils ont imposé leurs<br />

conditions aux agriculteurs. Une gran<strong>de</strong> part <strong>de</strong> la<br />

crise qui atteint aujourd'hui l'agriculture provient<br />

<strong>de</strong> l'élévation du prix <strong>de</strong> la main-d'œuvre ; dans<br />

beaucoup <strong>de</strong> régions, le taux <strong>de</strong>s salaires a doublé<br />

<strong>de</strong>puis quinze à vingt ans, il y a <strong>de</strong>s localités où il a<br />

augmenté dans <strong>de</strong>s proportions encore plus sensibles.<br />

Il en est résulté fatalement que le prix <strong>de</strong> revient<br />

<strong>de</strong>s produits agricoles s'est accru, et que les cultivateurs<br />

ne peuvent lutter avec avantage contre la concurrence<br />

<strong>de</strong>s produits étrangers auxquels toutes les<br />

frontières sont ouvertes. Le petit cultivateur, le<br />

métayer, qui exploite la terre <strong>de</strong> ses propres bras et<br />

avec ceux <strong>de</strong> sa famille, échappe en gran<strong>de</strong> partie à<br />

cette crise; mais celui qui occupe" ou qui loue <strong>de</strong>s<br />

ouvriers se trouve dans la situation la plus difficile,<br />

C'est ici qu'intervient la mécanique, qui permet <strong>de</strong><br />

réduire dans <strong>de</strong> très fortes proportions les prix <strong>de</strong> la<br />

main-d'œuvre. Le cultivateur actif, désireux <strong>de</strong> faire<br />

face à ses affaires, n'hésite plus à acheter <strong>de</strong>s machines<br />

; car il sait que par l'économie qu'il en retire<br />

il gagne rapi<strong>de</strong>ment le prix d'achat, et il sait aussi<br />

qu'il recouvre sa liberté d'action, qu'il peut exécuter<br />

tous ses travaux au moment le plus opportun, et<br />

les conditions les plus avantageuses.<br />

Prenons pour exemple l'instrument le plus usuel,<br />

la charme. S'il fallait exécuter à bras, avec la pioche<br />

ou la bêche, le labour <strong>de</strong>s terres ensemencées en<br />

céréales, la population rurale <strong>de</strong> la France n'y suffirait<br />

pas, car, pour labourer un hectare <strong>de</strong> cette manière,<br />

il Caudrait quatre-vingts journées d'homme<br />

pour chaque labour. Avec la charrue la plus simple<br />

au contraire, un homme et <strong>de</strong>ux chevaux font aisément<br />

quarante ares <strong>de</strong> labour dans une journée <strong>de</strong><br />

dix heures (il s'agit ici seulement <strong>de</strong> labour ordinaire).<br />

Le travail à la charrue exige donc trente fois<br />

moins <strong>de</strong> temps que le travail à bras.<br />

Mais il y a charrue et charrue : les anciennes charrues<br />

étaient généralement médiocres, utilisant assez<br />

mal la force <strong>de</strong> traction. Aujourd'hui, on construit<br />

partout <strong>de</strong> bons instruments, dans lesquels toutes<br />

les parties sont combinées, <strong>de</strong> telle sorte que le<br />

labour soit exécuté sans déperdition <strong>de</strong> force, et<br />

que la terre soit mieux travaillée. Le résultat iinal est<br />

60 c. ; — cours moyen, i vol. in-10, cart., 90 c. ; — cours<br />

supérieur, i vol. in-lB, cart., 1 fr. 50 c. On y trouvera <strong>de</strong><br />

nombreux <strong>de</strong>ssins <strong>de</strong>s meitleucs instruments.<br />

une nouvelle économie dans le travail. Voici sur ce<br />

point le résumé d'observations dues à un agriculteur<br />

distingué du département <strong>de</strong> l'Hérault, qui s'exprime<br />

comme il suit :<br />

« Une charrue ordinaire coi'ile 70 francs; pour 30 francs<br />

<strong>de</strong> plus on en a une supérieure qui fait rendre au sol un<br />

tiers <strong>de</strong> plus, sans plus d'engrais.<br />

« Dons l'Hérault, nous avons encore l'assolement biennal.<br />

Les propriétaires qui pratiquent cet assolement ne<br />

travaillent pas généralement la terre avec <strong>de</strong>s charrufls à<br />

versoir; ils se servent presque tous <strong>de</strong> l'ancien araire romain<br />

: avec cet instrument, les labours sont moins bons<br />

et coûtent cependant plus cher que les labours faits avee<br />

<strong>de</strong>s charrues perfectionnées. Avec ces <strong>de</strong>rnières, nous ne<br />

donnons qu'un labour ; avec l'araire, on est obligé <strong>de</strong><br />

croiser, et le travail est double. Clinque laijour est à la<br />

vériLé un peu moins long, mais l'ensemble coûte <strong>de</strong>ux<br />

fois plus que le travail <strong>de</strong> la cliarrue à versoir.<br />

(I L'araire était, il y a peu <strong>de</strong> temps encore, presque<br />

universellement employé dans notre département. Quand<br />

je me suis mis à la tête <strong>de</strong> l'exploitation que je dirige, il<br />

y a trente ans, les terres n'avaient jamais reçu une<br />

œuvre avee la charrue 4 versoir, et J'ai obtenu un résultat<br />

considérable par la seule substitution d'une charrue à<br />

l'autre ; ainsi, le ren<strong>de</strong>ment, qui était <strong>de</strong> S à Opourl, s'est<br />

élevé immédiatement à 7 et 8 pour i daris les mêmes<br />

terres et dons les mêmes conditions. Aujourd'hui la charrue<br />

à versoir tend à se substituer partout à l'araire <strong>de</strong>s<br />

Romains, mais ce <strong>de</strong>rnier est encore employé malgré<br />

tous ses désavantages. »<br />

Une chari-ue bien faite, exécutant les labours régulièrement<br />

augmente, en outre, la production du sol.<br />

Le progrès ne s'est pas arrêté là. On construit<br />

aujourd'hui <strong>de</strong>s charrues bisocs, c'est-à-dire munies<br />

<strong>de</strong> <strong>de</strong>u.^; socs ouvrant <strong>de</strong>ux raies parallèles dans le<br />

champ, et dont la conduite n'exige qu'un homme et<br />

trois chevaux. Avec une <strong>de</strong> ces charrues on fait autant<br />

et parfois plus <strong>de</strong> besogne qu'avec <strong>de</strong>ux charrues<br />

simples pour lesquelles il faut <strong>de</strong>ux hommes et<br />

quatre chevaux. Il se construit aussi <strong>de</strong>s charrues à<br />

trois et à quatre socs, qui n'exigent <strong>de</strong> leur conducteur<br />

d'autre fatigue que celle dé conduire l'attelage<br />

en le suivant dans le sillon. Enfin, on fabrique en<br />

Amérique <strong>de</strong>s charrues à siège, dont le conducteur<br />

n'a plus besoin <strong>de</strong> marcher sur la terre labourée, et<br />

n'a d'autre travail à exécuter que <strong>de</strong> conduire l'attelage<br />

du haut <strong>de</strong> son siège, et <strong>de</strong> manœuvrer<br />

temps en temps un levier qui relève le soc.<br />

Mais arrêtons-nous au bisoc, et récapitulons les<br />

avantages qui résultent <strong>de</strong> l'emploi d'instruments<br />

perfectionnés.<br />

La charrue la plus simple permet, <strong>de</strong> faire, dans le<br />

même temps , trente fois plus <strong>de</strong> travail que le<br />

labour à bras.<br />

Avec une charrue bien construite, le même<br />

homme fait, avec le même attelage, moitié plus <strong>de</strong><br />

travail.<br />

Enfin, avec une charrue bisoc, le même homme<br />

fait encore <strong>de</strong>ux fois plus <strong>de</strong> travail, à la seule condition<br />

que la force <strong>de</strong> son attelage soit augmentée<br />

seulement <strong>de</strong> moitié.<br />

Tels sont les résultats que l'on obtient avec <strong>de</strong><br />

bonnes machines : ils se résument en un mot, économie,<br />

et, comme conséquence, diminution <strong>de</strong>s prix<br />

<strong>de</strong> revient <strong>de</strong>s récoltes. Il importe que les agricuh<br />

<strong>de</strong>


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 55<br />

teurs soient bien convaincus <strong>de</strong> ces résultats, car<br />

c'est l'adoption <strong>de</strong> bonnes machines qui leur permettra<br />

<strong>de</strong> vaincre les difficultés <strong>de</strong> la situation<br />

actuelle.<br />

Pendant cette semaine, le concours général annuel<br />

d'animaux gras, <strong>de</strong> machines et <strong>de</strong> produits,<br />

s'est tenu au Palais <strong>de</strong> l'Industrie, à Paris, avec<br />

beaucoup d'éclat. Pour la première fois, il y a été<br />

joint une exposition d'enseignement scolaire agricole,<br />

nous aurons à en parler dans une prochaine<br />

revue.<br />

Henry<br />

SAGNIER.<br />

PARTIE<br />

SCOLAIRE<br />

LEÇONS, EXERCICES SPÉCIAUX ET LECTURES<br />

POUR LES MAITRES ET POUR LES ÉLÈVES<br />

SUJETS<br />

TRAITES<br />

NOTE 6,15 copies (ordre alphabétique).<br />

liangue <strong>français</strong>e.<br />

ANALYSE BE TA FAELE DE LA FONTAINE : ^<br />

Le Chat, la Belette et le Petit<br />

Le sujet avait été donné sous cette forme ;<br />

Lapin.<br />

« Vous présenterez à <strong>de</strong>s élèves d'école primaire ou à<br />

<strong>de</strong>s enfants déjà pourvus du certificat d'étu<strong>de</strong> l'analyse <strong>de</strong><br />

la fable <strong>de</strong> la Fontaine : Le Chat, la Belette et le Petit<br />

Lapin.<br />

« Vous insisterez on particulier sur l'explication <strong>de</strong>s<br />

termes dont se sert la Belette pour justifier, à son point<br />

<strong>de</strong> vue, l'usurpation du terrier dont elle s'est emparée. »<br />

Ce sujet; relativement facile, a été, en général, bien<br />

traité. '<br />

Nous avons regu 46 copies, que nous avons partagées<br />

en cinq séries :<br />

NOIE 8, 4 copies (par ordre alphabétique).<br />

M. F. B. (Seine-et-Oise);<br />

M. Ilotteville (Ignaucourt, Somme);<br />

Mlle A. F. (Boufarik, .Algérie);<br />

M. I. Vergez (Roanne, Loire).<br />

NOTE 7, 9 copies (ordre alphabétique).<br />

M. Bravard (Isserteaux, Puy-<strong>de</strong>-Dôme);<br />

Mlle Decharbogne (Versailles);<br />

M. Delseriés (Albertville, Savoie);<br />

M. Uupuys (Le Ménil-Thillot, Vosges);<br />

M. Genet (La Bazoge, Sarthe);<br />

Mlle Lal'ore (Orthez, Basses-Pyrénées);<br />

M. Lepage (Le Mans);<br />

M. Ormancey (Baubigny, Côte-d'Or) ;<br />

M. Salles (Hontpezat d'Agenais, Lot-et-Garonne).<br />

Mlle Bernardbeig (Orthez, Basses-Pyrénées);<br />

M. Blain (Saint-Vallier, Drôme) ;<br />

M. Bonnaud (Benon, Charente-Inférieure);<br />

M. Br. (Ch., Côte-d'Or);<br />

M. Cazenave;<br />

Mlle Chapron (Versailles);<br />

Mlle Dénié (Bor<strong>de</strong>aux);<br />

M. Jamais (Dôle, Jura);<br />

M. Lagrou (Guînes, Pas-<strong>de</strong>-Calais);<br />

Mlle Mazelié (Sainte-Cécile, Tarn-et-Garonne) ;<br />

H. Mitis (Mineroy, Aube);<br />

M. Pecquet (Petit-Quevilly, Seine-Inférieure);<br />

Mlle Sainreau (Saint-Flour, Cantal);<br />

M. Sentourens (Monbrier, Giron<strong>de</strong>);<br />

M. Taillefer (Souel, Tai-n).<br />

NOTE 5, 9 copies (ordre alphabétique).<br />

Mlle Albert (Angers) ;<br />

Mlle Bédouin, sœur M. Raphaël (Château-Neuf-du-<br />

Rhône, Drôme) ;<br />

M. Durif (Lamorge, Haute-Loire) ;<br />

Mlle Grison (Château-Thierry, .4isne);<br />

Mlle Lars (Brest-Recouvrance) ;<br />

Mlle Pelatan (Saint-Flour, Cantal) ;<br />

Mlle Salvat (Bor<strong>de</strong>aux) ;<br />

Mlle Thomas [Dieppe);<br />

Mlle Vaissa<strong>de</strong> (Condom, Gers).<br />

NQTE au-<strong>de</strong>ssous <strong>de</strong> 5, 9 copies.<br />

Nous continuons à recomman<strong>de</strong>r à nos correspondants<br />

et correspondantes <strong>de</strong> traiter bien exactement le sujet cpii<br />

leur est donné, tout le sujet, mais rien que le sujet. Quel<br />

besoin y avait-il, par exemple, <strong>de</strong> donner ici une biographie<br />

<strong>de</strong> la Fontaine, ou <strong>de</strong>s généralités sur la fable, suivies<br />

d'autres généralités sur les fables <strong>de</strong> la Fontaine?<br />

Sur un sujet comme celui-ci, il convenait <strong>de</strong> ne pas se<br />

perdre dans les détails, <strong>de</strong> mettre aussi un certain ordre<br />

dans le développement <strong>de</strong> ces détails. Ainsi <strong>de</strong>s observa-


3253<br />

MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION<br />

PRIMAIRE.<br />

tiens d'iiistoire naturelle ou encore d'étymologie et <strong>de</strong><br />

grammaire, même placées en passant, déconcertent l'attention<br />

<strong>de</strong> l'enfant, lorsque vous lui expliquez le sens<br />

même <strong>de</strong> la fable ou lorsque vous cherchez à lui en faire<br />

saisir les beautés.<br />

Plusieurs correspondants ou correspondantes ont voulu<br />

faire intervenir les élèves dans leurs développements.<br />

C'était une excellente intention. Mais il est arrivé trop<br />

souvent que ce qu'on a mis dans la bouche <strong>de</strong>s enfants<br />

aurait dû. en réalité, être dit par le maître. Il est clair<br />

qu'il ne faut faire, en pareil cas, que <strong>de</strong>s questions auxquelles<br />

les élèves soient censés pouvoir répondre. Autrement,<br />

votre procédé n'est qu'un artifice sans utilité et<br />

sans portée.<br />

Laissant <strong>de</strong> coté la première partie <strong>de</strong> l'analyse, que<br />

presque tous les correspondants ontbien comprise, nousemprunterons<br />

à la copie<strong>de</strong> F. B., dont, à notre grandregret,<br />

nous respectons l'anonyme, ce qui a rapport à la dispute<br />

<strong>de</strong> la Belette et du Lapin ainsi qu'au dénouement <strong>de</strong> la<br />

fable.<br />

La copie <strong>de</strong> M. F. B. n'est peut-être pas, <strong>de</strong> tous<br />

points, la meilleure que nous ayons reçue, mais elle est<br />

simple, sensée, bien appropriée à <strong>de</strong> jeunes élèves.<br />

Après avoir cité la tira<strong>de</strong> <strong>de</strong> la dame au nez pointu,<br />

« la belette, dit M, F. B., touche ici aux questions dé<br />

propriété. Vous entendrez souvent, en effet, qu'il n'y a pas<br />

<strong>de</strong> raisons pour que la fortune appartienne à l'un plutôt<br />

qu'à l'autre. Je tiens à insister un peu sur ce point, afin<br />

<strong>de</strong> vous faire comprendre ce qu'il y a <strong>de</strong> faux dans ces<br />

théories.<br />

« Tout d'abord, qu'est-ce que la belette entend par ces<br />

mots : « le premier occupant ». Elle les emploie dans le<br />

même sens que lorsque nous disons : le premier venu,—<br />

car le premier occupant du terrier, c'est bien le lapin et<br />

non la belette. Sans doute, lorsqu'un individu découvre<br />

une terre inhabitée, inculte, on peut dire qu'elle lui appartient,<br />

mais il sera obligé <strong>de</strong> la fécon<strong>de</strong>r par son travail.<br />

Pensez-vous qu'il entreprendrait un labeur aussi<br />

pénible qu'un défrichement, s'il pouvait craindre qu'un<br />

autre vînt lui enlever cette terre arrosée <strong>de</strong> ses sueurs ? La<br />

possession du terrain ne fait donc que le payer <strong>de</strong> ses<br />

peines. Or, la belette ne s'est pas emparée <strong>de</strong> la terre, mais<br />

du terrier, qui était évi<strong>de</strong>mment le résultat d'une certaine<br />

somme <strong>de</strong> travail accompli soit par le lapin, soit<br />

par ses ancêtres.<br />

« Mais la belette conteste précisément la légitimité <strong>de</strong><br />

la transmission <strong>de</strong>s biens par héritage. ÎN'est-il pas juste,<br />

cependant, que les enfants héritent <strong>de</strong> ce que leurs pères<br />

ont acquis par le travail ? iN'est-ce pas dans l'intention <strong>de</strong><br />

vous laisser quelque chose que vos parents travaillent avec<br />

tant <strong>de</strong> persévérance, alors même que ce qu'ils ont déjà<br />

acquis leur permettrait <strong>de</strong> vivre tranquillement jusqu'à<br />

la fin <strong>de</strong> leurs jours? N'est-ce pas la pensée <strong>de</strong> travailler<br />

à votre bonheur futur qni soutient leur courage?<br />

« Vous comprenez donc avec moi que les raisons invoquées<br />

par la belette sont plus que spécieuses. Mais, comme<br />

nous le disions en commençant, elle a alfaire à un adversaire<br />

inexpérimenté, qui ne sait pas encore défendre<br />

ses droits et qui ne peut invoquer d'autres raisons que<br />

La coutume et l'usage. Vous savez, en effet, que la coutume<br />

remplaçait autrefois la loi écrite. Aussi, loin <strong>de</strong> s'en<br />

tenir à son bon droit, Jean Lapin accepte l'arbitrage <strong>de</strong><br />

Raminagrobis.<br />

«C'était (nous dit La Fontaine) un chat vivant comme<br />

[un dévôt ermite,<br />

« Un chat faisant la chattemite »,<br />

c'est-à-dire la chatte doucereuse.<br />

« Un saint homme <strong>de</strong> chat, bien fourré, gros et gras. »<br />

« Vous comprenez it.ue c'est là un portrait ironique, et<br />

que la Fontaine veut nous dire que ce chat était un hypocrite,<br />

cherchant à se faire passer pour saint et dévot,<br />

afin <strong>de</strong> mieux attirer les gens.<br />

a Grippeminaud (ce nom veut dire chat voleur), Grippeminaud<br />

fait le sourd.<br />

« .... Mes enfants, approchez,<br />

« Approchez : je suis sourd, les ans en sont la cause. »<br />

« Et, aussitôt qu'il voit les <strong>de</strong>ux plai<strong>de</strong>urs à portée do<br />

ses griftes, il les met d'accord en les croquant l'un et<br />

l'autre.<br />

« Voilà un dénouement qui nous rappelle un peu la<br />

fable •.VlluUveet les Plai<strong>de</strong>urs. Mais, dans cette <strong>de</strong>rnière<br />

fable, les pèlerins étaient <strong>de</strong>ux entêtés qui n'avaient pas<br />

su s'entendre, tandis qu'ici le lapin pouvait être fort <strong>de</strong><br />

son bon droit et <strong>de</strong> la justice <strong>de</strong> ses prétentions.<br />

« La saine morale ne justifie donc pas cette fable <strong>de</strong><br />

la Fontaine, car le châtiment du lapin est absolument<br />

immérité. Malheureusement, nous savons que les choses ne<br />

se passent que trop.'ouvent ainsi dans le mon<strong>de</strong>. C'est là ce<br />

que le fabuliste nous apprend dans sa fable : le Loup et<br />

l'Agneau, où il nous dit que « La raison du plus for', est<br />

toujours la meilleure ».<br />

D'ailleurs, la Fontaine prend soin <strong>de</strong> nous dire que sa<br />

fable s'applique surtout à la politique :<br />

« Ceci ressemble fort aux débats qu'ont parfois<br />

« Les petits souverains s'en rapportant aux rois, B<br />

a Nous savons que la justice ne prési<strong>de</strong> pa toujours aux<br />

relations <strong>de</strong>s puissances entre elles, et nous voyons trop<br />

souvent appliquer la maxime tristement fameuse : u La<br />

force prime le droit ».<br />

Une <strong>de</strong>rnière remarque.<br />

D'après quelques traits communs que nous avons re"<br />

trouvés dans plusieurs copies venant <strong>de</strong> localités fort<br />

diverses, nous avons conclu qu'un certain nombre <strong>de</strong> nos<br />

correspondants avaient eu sous les yeux une analy.se plus<br />

ou moins complète <strong>de</strong> la fable. Ils ont lu celte analyse et<br />

ils s'en sont servis : rien <strong>de</strong> mieux; mais pourquoi ne pas<br />

le dire? Est-ce nous qu'ils trompent, ou eux-mêmes?<br />

- C. D.<br />

Langue»<br />

l'ivantes.<br />

Toutes les copies corrigées ne nous étant pas eiicore<br />

parvenues, nous remettons le compte rendu au prochain<br />

numéro.<br />

Corrigés <strong>de</strong>-t sujets proposés dans le n" 1.<br />

Version<br />

alleman<strong>de</strong>.<br />

LE VIEUX GHANU-1'ÈIIE ET SON L'ETIT-FLI.S.<br />

Il y avait une fois un homme tout à fait vieux ; sa<br />

vue était <strong>de</strong>venue trouble il était sourd, et ses genoux<br />

tremblaient. Aussi quand il élait à table, ne pouvant<br />

presque pas teiiir sa cuillère il répandait <strong>de</strong> la soupe sur<br />

la nappe et il lui en coulait même un peu sur le menton.<br />

Son fils et la femme <strong>de</strong> celui-ci s'en dégoûtèrent, et c'est<br />

pourquoi le grand-pore dut; se mettre <strong>de</strong>rrière le puèle<br />

dans un coin, où ils lui donnèrent son manger dans une<br />

écuelle <strong>de</strong> terre et même d'une manière insuffisante. Il<br />

regardait alors tristement la table et ses yeux se remplissaient<br />

<strong>de</strong> larmes. Une l'ois ses mains tremblantes no<br />

purent pas tenir l'écuelle, elle tomba et; se cassa.<br />

La jeune femme gronda; mais il ne dit rien et soupir"<br />

seulement. Elle lui acheta pour quelques sous


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 57<br />

écuelle <strong>de</strong>hois dans laquelle il dut dès lors manger. Un<br />

jour, qu'ils étaient assis, voici que le petit-Iils âgé <strong>de</strong><br />

(jualreans, se mit à ajuster do petites planchettes par<br />

terre. Que fais-tu li'i? <strong>de</strong>manda le père. — « .Te fais une<br />

petite auge ; » répondit l'enfant « pour donner à manger à<br />

'papa et à maman, quand je serai grand! — L'homme et<br />

la femme se regardèrent quelques instants, puis fwirent<br />

par pleurer. Ils allèrent chercher aussitôt le grand-père,<br />

le mirent à table et. à partir <strong>de</strong> ce moment, le firent manger<br />

avec eux, sans rien dire, quand il répandait un peu<br />

<strong>de</strong> soupe.<br />

Irad, d'après les meilleures copies.<br />

Yemion<br />

LIANANGTLK IIU F;HNliI\AI, WA HF.S<br />

BUS<br />

ançilaiise.<br />

SKS SOLDATS AVANT I.A<br />

ER-HILL.<br />

Tenez bon, mes braves, le sol est à vous! Voudriez-vous<br />

l'abandonner aux esclaves? Voulez-vous attendre <strong>de</strong>s tom<br />

beaux plus verdoyants? Espérez-vous obtenir merci?<br />

Quelle pitié éprouvent les tyrans? Enlen<strong>de</strong>z sa voix làbas<br />

dans le bruit du canon, bisez-la sur leur acier menaçant.<br />

Implorez-la, ceux qui en sont arrivés à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong>r.<br />

Craignez-vous <strong>de</strong>s ennemis salariés pour vous luer?<br />

Voulez-vous vous retirer dans vos foyers? Regar<strong>de</strong>z <strong>de</strong>rrière<br />

vous! Vos loyers sont la proie <strong>de</strong>s flammes! Voyez<br />

<strong>de</strong>vant vous! C'est là que sont ceux qui les ont allumés!<br />

Les voilà qui sortent <strong>de</strong>là vallée et qui s'approchent!<br />

Tremblerez-vous? Qu'une pluie <strong>de</strong> plomb, qu'une grêle <strong>de</strong><br />

fer les accueille! Mettez votre confiance dans le Dieu <strong>de</strong>s<br />

batailles ! Tous nous pouvons mourir; tous nous le <strong>de</strong>vons.<br />

Mais où trouver une meilleure place pour rendre la poussière<br />

à la poussière, que celle où le ciel répandra sa rosée<br />

sur le patriote martyr qui y dormira, et où les rochers<br />

élèvent leurs cimes comme pour raconter ses exploits.<br />

Version<br />

italienne.<br />

LE l'ASSEKEAU SOLITAIRE.<br />

Du haut <strong>de</strong> cette vieille tour, passereau solitaire, tu<br />

chantes dans la campagne, jusqu'à la fin du jour ; l'harmonie<br />

résonne dans cette vallée. Le printemps règne dans<br />

l'air et embellit les champs, <strong>de</strong> sorte que le cœiir s'émeut<br />

en les contemplant. On entend bêler les brebis et<br />

mugir les bœufs; les autres oiseaux sont joyeux, s'en vont<br />

à l'eiivi voler dans le ciel sans nuages, fêtant le meilleur<br />

temps <strong>de</strong> leur vie. Toi, pensif et à Jécart, tu contemples<br />

tout; tu ne veux pas <strong>de</strong> compagnons; tu n'aimes pas la<br />

joie et tu évites le bruit. Tu chantes et tu passes ainsi la<br />

plus belle partie <strong>de</strong> l'année et <strong>de</strong> ta vie.<br />

Trad. d'après les meilleures copies.<br />

Version<br />

espagnole.<br />

En ce moment l'étudiant regardait, émerveillé, l'endroit<br />

où il était parvenu, à cause <strong>de</strong>s singulières étrangetés<br />

dont était ornée 1B caverne en question ; le parcimonieux<br />

éclairage consistait dans une lampe k bec, qui se montrait<br />

sur une vieille table grossière, au milieu d'une<br />

quantité <strong>de</strong> papiers, jetés en désordre, couverts <strong>de</strong> signes<br />

mathématiques, avec <strong>de</strong>s éphémérirles ouvertes, <strong>de</strong>ux<br />

sphères et quelques compas et cadrans, indices certains,<br />

que dans la chambre au-<strong>de</strong>ssous habitait quelque astrologue,<br />

maître <strong>de</strong> ce laboratoire confus et <strong>de</strong> cette science<br />

menteuse. Don Cléophas, curieusement, en homme qui s'occupait<br />

d'étu<strong>de</strong> et qui y prenait quelqueplaisir, s'était mis à<br />

louchera tous ces objelsd'astrologie, lorsqu'il entendit un<br />

soupir s'élever du milieu d'eux ; cela lui parut d'abord<br />

une pure imagination ou une illusion <strong>de</strong> la nuit, et il<br />

continua à feuilleter attectivement les écrits d'Eucli<strong>de</strong> et<br />

les prestiges <strong>de</strong> Copernic, attendant d'enlendre le soupir<br />

s'élever une secon<strong>de</strong> fois; il lui parut alors que ce n'était<br />

pas une chimère trompeuse, mais une réalité qui lui<br />

était venue aux oreilles, et il dit avec hardiesse et l'air<br />

cràned'unétudiantqui n'a pas peur: « Qui diable soupire<br />

ici?» Au même moment, une voix lui répondit, qui tenait<br />

<strong>de</strong> celle <strong>de</strong> l'homme et d'une nature inconnue : aC'estmoi,<br />

seigneur écolier, qui suis dans cette fiole, où me retient<br />

prisonnier l'aslrologue qui loge ici-<strong>de</strong>ssous, attendu qu'il<br />

se pique un peu <strong>de</strong> magie noire et qu'il est mon maître<br />

<strong>de</strong>puis <strong>de</strong>ux ans. s Tu es donc un esprit familier ! » dit<br />

l'étudiant.<br />

Trad. d'après les meilleures copies.<br />

Thème allemand.<br />

DEGEGSBNS DES FIIASZOSISCIIEN llINKESDEi'TEEFELS II.\'D CLÉOPIIAS,<br />

Zuerst sah er sich nach allen Seiten um, und da er<br />

sehr erstaunt war, Kiemand in dieser Daclikammer zu<br />

fin<strong>de</strong>n, welche ihm eine sehr son<strong>de</strong>rbare Wohnung zu<br />

sein schien, fing er an, sie mit grosser Genanigkeit zii besehen.<br />

,4n <strong>de</strong>r Decke sah er eine Kupferlampe hangen,<br />

auf einem Tische Biiclier und l'apifre in Unordnutig,<br />

eine llimmeUkugel und Kompasse auf <strong>de</strong>r einen Seite,<br />

Flaschchen und Quadranten auf <strong>de</strong>r an<strong>de</strong>ren : dies liess<br />

ihn fchliessen, dass darunler irgend ein Astrolog -n'ohne,<br />

welcher Beobaclitungen in diesem Schluppwinkel mâche.<br />

Er ûberlegte sich, ob er hier bis morgen bliebe<br />

o<strong>de</strong>r ob er sich eines An<strong>de</strong>rn besiinne, als or neben sich<br />

eineti tiefen Seufzer ausstossen hôrte. Zueist bildcte er<br />

sich ein, es sei ein llinigespinst seines erregten Geistes,<br />

eine TSuschung in <strong>de</strong>r Nacht, darum, ohne darauf zu<br />

achten, verfolgte er seine Betrachtiingen. Aber, da er<br />

nnch einmal seufzen hôrte, zweifelte er nicht mehr,<br />

dass es ein wirkliches Dingsei; und da er Nieman<strong>de</strong>n<br />

im Zimmer sah, dann rief er aus : « Wer, zum Teufel<br />

seufzt hier? » — « Ich bin es, Ilerr Schûler, antwortet.e<br />

ihm sogleich eine Stimrae, die eUvas Ausseror<strong>de</strong>ntliches<br />

an sich hatte, seit einem halben Jahre stecke ich in einer<br />

von diesen zugeslopften Flaschen. In diesem llause vvohn<br />

ein vveiser Astrolog, welcher ein Magier ist : er ist es<br />

welcher durch diè Macht seiner Kunst mich in diesem<br />

engen Gefangniss eingesperrt liait. » — « llir seid also ein<br />

Geist? ); sagte Don Cleophas, ein wenig von <strong>de</strong>r Neuheit<br />

<strong>de</strong>s Abentéuers aufgeregt,<br />

Trad. d'après les meilleures copies.<br />

Thème<br />

anrjlai.s.<br />

JlEETlXG OF THE l'HEXCH DEVIL ON TWO STICKS AND CLEOPIIAS.<br />

At first he looked ail about him and, grently astonished<br />

to find no body in Ihis attic, which appeared to him a<br />

sirange enough apartment, he set himself to examining<br />

it very altentively (carefully). He saew a copper lamp<br />

attached to the ceiling, a confused mass of books and<br />

papers on a table, a globe and compassés on one si<strong>de</strong>,<br />

some phials and some dials on the other which ma<strong>de</strong> him<br />

judge that he was living beneath (below) some astrologer<br />

who had jiist been making obser\alions in this nook. lie<br />

was <strong>de</strong>liberating whelher to remain there until the next<br />

day or décidé upon somelbing else when he heard a long<br />

sigh heaved near him. Ile imagineH at first that it was<br />

some fancy of his agitated miiid, an illusion of the night;<br />

consequently, without stopping there, he continued his<br />

reflections (and Iherefore continued his retlections wiihout<br />

stopping at it). But. liaving again heard a sigh, he no<br />

longer doubled that it was a realily and althoiigh he saw<br />

no one in the roona be cried out newertheless. " Who the<br />

<strong>de</strong>nce is sighing here? "


58 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

bearned astrologer who is amagician; it is lie wlio by<br />

tlie power of lus art l;aeps me confiiied in Ihis narrow<br />

prison. » « You are then a spirit? » said Don Cleoplias,<br />

a little disturbed by the novelty of tbe adventure.<br />

Trad. d'après les meilleures copies.<br />

Thème<br />

INCONTRO DEL DIAT0I.0<br />

Italien.<br />

ZOPPO FRANCESE E DI CLEOFA.<br />

Da principio guardô all'intorno e meravigliato di non<br />

trovare alcnno in qnesta soflitia che gli sembro un appartamento<br />

molto singolare, si mise a consi<strong>de</strong>rarlo con molta<br />

attenzione. Vi<strong>de</strong> attaccata al siiflifo una lampada di ramo e<br />

sopra una tavola libri e carte senza ordine, una sfera,<br />

compagi e da un alira parte iiale e qnadranti,; ciô che gli<br />

iece sospettare che ivi venisse qualche astrologo a fare<br />

le sue osservazioni. Mentre pensava se restai e ivi lino<br />

allo dimani o pure andarsene, senti un profon<strong>de</strong> sospiro,<br />

Prima cre<strong>de</strong>tte essere un fantasma <strong>de</strong>l suo spirito agitato,<br />

un'illusione délia notte e oontinuô quisidi senza restarsi<br />

le sue riflezioni. Ma avendo sentito par la seconda volta<br />

sospirare, non dubitô più che fosse una cosa reale e<br />

benché niuno ve<strong>de</strong>ssenella caméra nonlarciô di gridare :<br />

Chi è che sospira ? dono io signor scolare, gli risposp<br />

una voce che aveva qualche cosa di straordinario ; io ini<br />

trova in una di queste fiale turate da sei raesi. Un sapiente<br />

astronome, il quale e ancora mage abita qui è mi<br />

tiene chiuso in una di queste strette prigioni mediante il<br />

potere délia sua arte. —Voi dunque sicte un spirito, disse<br />

Cleofe, turbato dalla novità <strong>de</strong>ll'awentura.<br />

Trad. d'après les meilleures copies.<br />

Thème<br />

espagnol.<br />

conso EL DLIBLO TOJUELO FIANCÉS ENCONTRO A DON CLEOFAS.<br />

Mirô immédiatamente por todas partes, y atonito <strong>de</strong> no<br />

ver à nadie en aquel <strong>de</strong>svan, que le parcuô una liabitacion<br />

bastante extrafia, se puso â examinarlo con mucha<br />

atencion. Viô una làtnpara colgada <strong>de</strong>l techo, varies libres<br />

y papeles confusamente mezelados en una mesa,<br />

esferas y compases à un lado <strong>de</strong>l cuarto, redomas y cuadrantes<br />

en otro ; <strong>de</strong> lo que coligiô que algun astrologo,<br />

que vivia <strong>de</strong>bajo, subia à hacer observaciones à aquel<br />

paraje retirado. Estaba discurriendo consigo mismo si<br />

aguardaria alli à que amaneciese, ô qué otra résolucion<br />

tomaria, cuando oyô un largo suspiro cerca <strong>de</strong> don<strong>de</strong><br />

estaba. Creyôser esto efecto <strong>de</strong> su imaginacim agitada ô<br />

ilusion <strong>de</strong> la noche ; por esta causa continué en sus reflexiones.<br />

Pei'o oyendo suspirar otravez,no dudô era cosa<br />

cierla; y aunqiie no veia por alli aima nacida, no déjô<br />

por esc <strong>de</strong> pregunlar ; i, Qui en diables suspira aqui ?<br />

Soy yo, senor licenciado, le respondiô una voz algo extraordinaria<br />

: que estoy ya para un ano metido en una <strong>de</strong><br />

estas redomas tapadas. En esta casa vive un sabio astrologo<br />

que esmàgico, y por el po<strong>de</strong>r <strong>de</strong> su arte, me tiene<br />

encerrado en esta cârcel estrecha. i Con qué eresunespiritu<br />

? le dijô don Cleofas, algo lurbado <strong>de</strong> aquella<br />

extrafia aventura.<br />

•Trad. d'après les meilleures copies.<br />

pour titre : Des ouvrages <strong>de</strong> l'esprit, on trouve ce passage<br />

:<br />

« Les synonymes sont plusieurs dictions ou plusieurs<br />

phrases dilTérenles qui signilient une môme chose. I/antitlièse<br />

est une opposition <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux vérités qui se donnent<br />

du jour l'une à l'autre. La métaphore ou la comparaison<br />

emprunte d'une chose étrangère une image sensible et<br />

naturelle d'une vérité. L'hyperbol exprime au <strong>de</strong>là<br />

<strong>de</strong> la vérité pour ramener l'esprit à la mieux connaître...<br />

Les esprits médiocres ne trouven point l'unique<br />

expression , et usent <strong>de</strong> synonymes. Les jeunes<br />

gens sont éblouis <strong>de</strong> l'éclat <strong>de</strong> l'antithèse, et s'en servent.<br />

Les esprits justes, et qui aiment à faire <strong>de</strong>s images qui<br />

soient précises, donnent naturellement dans la comparaison<br />

et la métaphore. Les esprits vifs, pleins <strong>de</strong> feu, et<br />

qu'une vaste imagination emporte hors <strong>de</strong>s règles et <strong>de</strong><br />

la justesse, ne peuvent s'assouvir <strong>de</strong> l'hyperbole... »<br />

Vous direz ce que vous pensez <strong>de</strong> ces définitioHS et <strong>de</strong><br />

ces jugements. — Prendre <strong>de</strong>s exemples.<br />

Histoire.<br />

Secon<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> la lutte du Sacerdoce et <strong>de</strong> l'Empire;<br />

les Guelfes et les Gibelins.<br />

Langues vivantes.<br />

Version<br />

DEH RIESE<br />

alleman<strong>de</strong><br />

ANT.ÏUS<br />

Auf <strong>de</strong>m Wege begegnete llerUules Antâus ; <strong>de</strong>r war ein<br />

•Sohn <strong>de</strong>r Er<strong>de</strong> und gewaltig slark ; <strong>de</strong>r rang mit allen,<br />

die er antraf, und brachte sie um : <strong>de</strong>nn, wenn einer so<br />

stark war, dass er .'i.ntaus zu Bo<strong>de</strong>n warf, so sprang er<br />

gleieh wie<strong>de</strong>r auf, weil die Er<strong>de</strong> seine Mutter war, und<br />

ihn immer stârker machte, vverra er sie berûhrte ; und<br />

wenn er <strong>de</strong>n Gegner nie<strong>de</strong>rgeworfen batte, so brachte er<br />

ihn um. AVie Herkules das merlite, dass Antâus stârker<br />

ward,-vvenn er ihn auf die Er<strong>de</strong> warf, so hob er ihn zwischen<br />

seinen Armen in die Ilahe, dass er die Er<strong>de</strong> auch<br />

nicht mil <strong>de</strong>n Fùssen-berûhrte, und drûckte die Arme so<br />

fest, dass .Antaus starb.<br />

NIEBDIIR.<br />

Question orale à préparer : De l'inversion en allemand.<br />

Version<br />

anglaise<br />

THE sLEii-sose<br />

T)own, down the hill ho"ff swift I go,<br />

Over the ice and over the snow 1<br />

A hor^e or cart I do not lear,<br />

For past them both my sied I steer.<br />

Hurrah, my boy! I am going "down<br />

While you toil up ; but never frown ;<br />

The far hill-top you soon will gain.<br />

And then, wilh ail your might and main,<br />

You '11 dashby me: and then anew,<br />

1 '11 up the ill, to dash by you.<br />

So, on we gli<strong>de</strong>. 0 life of joy!<br />

Such pleasure bas the glad school-boy !<br />

Question orale<br />

en anglais.<br />

GOODRICH.<br />

anxiliaires du futur et du-conditionnel<br />

Version<br />

italienne<br />

SUJETS A TRAITER<br />

Sujet <strong>de</strong> langnc <strong>français</strong>e.<br />

Dans le chapitre <strong>de</strong>s Caractères <strong>de</strong> La Bruyère qui a<br />

LA JÉRUSALEM<br />

DÉLIVRÉE<br />

Celui che sino allor l'anime gran<strong>de</strong><br />

Ad alcun atto d'umiltà non torse ;<br />

Ora ch' o<strong>de</strong> quel nome on<strong>de</strong> ti span<strong>de</strong><br />

Si chiaro suon dagli Etiopi all'Orse,<br />

Gli respon<strong>de</strong> ; farô quanto diman<strong>de</strong>,<br />

Che ne sei <strong>de</strong>gno (e l'arme in man gil perse<br />

Ma la vittoria tua sovr' Altamoro<br />

Ké di gloria fia povera nè d'oro.


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 59<br />

Jle l'oro ciel mio regno, e me le gemme<br />

Hicompreran délia pielosa moglie.<br />

Replica « lui GolTredo : il Ciel non dilemme<br />

Animo tal, clie di tesor s'ixvoglie.<br />

Ciô elle ti vien daU'indiolie mai'emme<br />

Abbiti pure, e ciô clie Persia accoglie ;<br />

Che délia vita alti'iii prezzo non cerco :<br />

Guerreggio in Asia, e non vi cambio o raerco.<br />

TASSO.<br />

Question orale : du pronom relatif en italien,<br />

Version<br />

espagnole<br />

LES LETTRES A L'ÉPOQUE<br />

D'ISABELLE<br />

Por el tiempo en que empezù à reinar Doiia Isabel, la<br />

nobleza ténia como vi'nculado en si el honor y el po<strong>de</strong>r ;<br />

el resto <strong>de</strong>l pueblo casiellano carecia absolutamente <strong>de</strong><br />

consi<strong>de</strong>racion, y A semejanza <strong>de</strong> los aiiliguos ilotas, solo<br />

obraba en materias" <strong>de</strong> interés pûblico como instrumente<br />

<strong>de</strong> la voluntad <strong>de</strong> los nobles y sefialadamente <strong>de</strong> los magnates.<br />

La nobleza, por su par(e, miraba generalmente<br />

con <strong>de</strong>s<strong>de</strong>n la doctrina y las luces ; y creyendo que fo'n<br />

era digna <strong>de</strong> clla la profesion <strong>de</strong> las armas, <strong>de</strong>sprecialm<br />

como bajà y bumil<strong>de</strong> la <strong>de</strong> las leiras. De las pocas personas<br />

<strong>de</strong> esta clase que se apartarnn <strong>de</strong> la régla peneral,<br />

unos <strong>de</strong>jaron en opiniones sn nombre como D. Enrique<br />

<strong>de</strong> Villena, ptros contribuyeron confirmarcon su ejemplo<br />

que la aïicion à las letras se oponia à otras inclinaciones<br />

elevadas y generosas, como sucediô con los mismos<br />

D. Juan II y D. Enrique IV. La educacion <strong>de</strong> los<br />

Reyes Catolicos se ajusta con e.«ta i<strong>de</strong>as, y tuvo cortisima<br />

parte en alla el cuidado <strong>de</strong> adornar el entendimiento.<br />

Doiîa Isabel supo bacerse superior à esta funesta preocupacion<br />

<strong>de</strong> su siglo.<br />

CLEMENCIN,<br />

Question orale : <strong>de</strong> la préposition en espagnol.<br />

Thème'pour toutes les langues.<br />

Le grillon, qui est, comme vous le savez, un petit insecte<br />

noirâtre, <strong>de</strong> lai<strong>de</strong> et cbétive figure, regardait un<br />

jour un beau papillon voltigeant dans la prairie, et il enviait<br />

ses brillantes couleurs. Mais voilà qu'arrive une<br />

troupe d'enfants. « Oh! le joli papillon! dit l'un d'eux;<br />

attrapons-le. » Et, à coups <strong>de</strong> bonnets, <strong>de</strong> chapeaux, <strong>de</strong><br />

mouchoirs, ils cherchent à le saisir. Le malheureux papillon<br />

est bientôt pris; il passe <strong>de</strong> main en main, et les<br />

cruels enfants, sans le vouloir peut-être, lui arrachent les<br />

pattes et les ailes. Le grillon, qui voyait cela, rentre alors<br />

en lui-même : « Ce ne sont pas toujours, se dit-il, les plus<br />

riches et les plus beaux qui en ce mon<strong>de</strong> sont les plus<br />

heureux, n ^C. D.<br />

Les copies seront reçues jusqu'au 5 mars, <strong>de</strong>rnier délai.<br />

L. K.<br />

Solution. Le nombre <strong>de</strong> jours qui s'écoulera_ entre ce<br />

premier départ simultané et le suivant sera évi<strong>de</strong>mment<br />

un multiple commun <strong>de</strong> 20, <strong>de</strong> 24 et <strong>de</strong> 30.<br />

11 s'agit <strong>de</strong> connaîtra le plus petit commun multiple <strong>de</strong><br />

ces trois nombres.<br />

La décomposition en facteurs premiers domie pour plus<br />

petit commun multiple<br />

2 x 2 x 2 x 5 X 5 = 120.<br />

Ainsi, il s'écoulera 120 jours entre le départ simultané<br />

d'aujourd'hui et le suivant.<br />

Pendant cette pério<strong>de</strong>, le 1" vaisseau aura effectué<br />

120 : 20 = 6 voyages.<br />

Le 2° 120 : 24 = 5 voyages, et le 3« 120 : 30 = 4 voyages<br />

!8. Une personne a fait escompter à 5 p. 100, escompte<br />

en <strong>de</strong>hors, un billet payable dans un an. Si le banquier<br />

eût calculé l'escompte en <strong>de</strong>dans, cette personne aurait<br />

touché 4',76 <strong>de</strong> plus. — Trouver d'après cela la valeur<br />

nominale du billet.<br />

Solution. Pour un billet d'une valeur nominale <strong>de</strong> 100',<br />

le calcul est :<br />

D'où<br />

Escompte en <strong>de</strong>hors.<br />

Escompte en <strong>de</strong>dans. |<br />

100'X 100<br />

105<br />

100' donnent 95'<br />

105' donnent 100',<br />

ItiO' — X<br />

= 95',2381.<br />

Par centaine <strong>de</strong> francs, l'escompte en <strong>de</strong>dans donne<br />

donc à la personne qui fait escompter, un bénéfice <strong>de</strong><br />

0',2381 environ sur l'escompte en <strong>de</strong>hors.<br />

En 4',76, combien <strong>de</strong> fois 0',2381?<br />

4,76:0,2381 =20.<br />

Valeur nominale du billet 20 centaines <strong>de</strong> fi-ancs, soit<br />

2000 francs.<br />

COMPOSITION<br />

FRANÇAISE.<br />

S. MAIRE.<br />

1° Devoirs <strong>de</strong>s citoyens envers l'Etat.<br />

Dans la plupart <strong>de</strong>s copies que nous avons reçues, ce<br />

sujet a été traité complètement, avec une clarté d'exposition<br />

et une précision <strong>de</strong> langage que nous ne rencontrons<br />

pas toujours dans les rédactions <strong>de</strong>s a.«pirants au brevet<br />

élémentaire. Malheureusement, nos correspondants ne méritent<br />

pas seuls l'éloge que nous leur adressons : les trois<br />

quarts d'entre eux se sont visiblement inspirés <strong>de</strong> leur<br />

manuel d'instruction civique. Nous disons inspirés, car<br />

la politesse nous dicte cet euphémisme, mais nous pourrions,<br />

sans injustice, nous servir d'un mot pins sévère.<br />

Les jeunes gens qui veulent bien soumettre leurs travaux<br />

à notre appréciation <strong>de</strong>vraient être assez raisonnables<br />

pour comprendre que nous ne leur <strong>de</strong>mandons pas <strong>de</strong>s<br />

reproductions, plus ou moins habilement déguisées, <strong>de</strong> tel<br />

ou tel passage d'un ouvrage classique : une pareille besogne<br />

nous paraît manquer d'intérêt et d'utilité. Que nos<br />

correspondants se contentent donc d'exprimer <strong>de</strong> leur<br />

mieux, mais avec <strong>de</strong>s phrases qui leur appartiennent en<br />

propre, les idées qu'ils ont acquises soit par la lecture,<br />

soit par la réflexion.<br />

PRÉPARATION SPÉCIALE ADX EXAMENS<br />

DU BREVET ÉLÉ.MENTAIRE.<br />

iïnjcts<br />

ti-aitcs.<br />

ARITHMÉTIQUE.<br />

Solutions <strong>de</strong>s prohlhmes d'arithmétique proposés dans le<br />

Supplément n" 3, 43, 2'' colonne.<br />

t. Trois vaisseaux partent <strong>de</strong> Marseille : l'un tous les<br />

20 jours, un autre tous les 24 jours et le Iroisième tous<br />

les 30 jours. Ils quillent ensemble ce port aujourd'hui.—<br />

Calculer dans combien <strong>de</strong> jours ce départ simultané se<br />

reproduira pour la première fois, et combien chaque vaisseau<br />

aura l'ait <strong>de</strong> voyages pendant cette pério<strong>de</strong>.<br />

2° Les clintiinents corporels.<br />

Sommaire. — Frappe-t-on encore généralement les enfants<br />

dans les familles? Pour quelles raisons? Que pensezvous<br />

<strong>de</strong>s châtiments corporels?<br />

Sujet traité. — Rien ne donne lieu à <strong>de</strong>s opinions plus<br />

contradictoires que la question <strong>de</strong>s châtiments corporels.<br />

Les uns disent : « On ne frappe plus les enfants. »<br />

Les autres : « il est utile <strong>de</strong> les frapper, pourvu que<br />

ce soit très modérément et à tilre <strong>de</strong> correction. »<br />

C'est une double erreur.<br />

Sans parler <strong>de</strong>s classes ouvrières, où la violence et la<br />

grossièreté dos parents changent trop souvent les enfants<br />

en victimes et les pères en bourreaux, on frappe encore<br />

quelquefois les enfants dans les maisons d'éducation : on<br />

les frappe encore beaucoup dans les familles.<br />

La vie commune avec les enfants, leur séjour à la maison,<br />

leur présence à table, leur turbulence indisciplinée, les<br />

gâteries dont ils sont l'objet, l'intervention continuelle<br />

<strong>de</strong>s parents dans leurs étu<strong>de</strong>s et leurs plaisirs amènent à


60 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

chaque instant <strong>de</strong>s conflits, <strong>de</strong>s mouvements d'irritation<br />

qui se traduisent en coups, ou, si l'on aime mieux, en<br />

tapes.<br />

Un père arrive pour le déjeuner? Il est <strong>de</strong> plus mauvaise<br />

humeur parce qu'un débiteur qui lui avait promis on<br />

remboursement manque à sa parole ou bien parce qu'il<br />

a échoué dans quelque entreprise. A ce moment l'enlant<br />

commet une élour<strong>de</strong>rie, il brise une tasse, il fait une réponse<br />

peu convenable à sa mère. Le père se lève avec<br />

impalience et le frappe, l'enfant paye pour le débiteur<br />

qui n'a pas payé.<br />

Une mère donne une le'çon à son fils, une leçon <strong>de</strong> musique<br />

par exemple (rien n'irrite les nerfs comme <strong>de</strong><br />

donner <strong>de</strong>s leçons <strong>de</strong> musique). L'enfant est distrait, ou<br />

la mère est contrariée. Une toilette <strong>de</strong> bal qui n'arrive<br />

pas, un mémoire <strong>de</strong> couturière qui lui a atliré <strong>de</strong>s reproches<br />

<strong>de</strong> son mari. L'enfant fait une fausse note?<br />

Malheur à ses doigts! J'ai vu <strong>de</strong>s mères, adrah-ables <strong>de</strong><br />

dévouement dans leurs fondions <strong>de</strong> répétitrices, en arriver,<br />

par impatience <strong>de</strong> la paresse <strong>de</strong> l'enfant ou par désir<br />

passionné <strong>de</strong> ses succès, à le frapper non seulement avec<br />

la main, mais avec une règle. Supposez <strong>de</strong>s parents violents,<br />

ces châtiments peuvent <strong>de</strong>venir un danger pour<br />

l'enfan!; la colère ne mesure pas ses coups. Enfin, légers<br />

ou graves, ils sont loujours une faute, car ils amoindrissent<br />

le père aux yeux du fils.<br />

Quant au prétendu principe <strong>de</strong> la correction paternelle,<br />

il exige dans le correcteur une telle impassibilité, une<br />

telle équité, une telle modération, qu'aucun père aujourd'hui<br />

n'en juge personne capable excepté lui, et qu'il en<br />

est moins capable que personne, y étant plus intéressé<br />

que tout le mon<strong>de</strong>, li'aillpurs, un,mot tranche la question.<br />

Ce n'est plus <strong>de</strong> notre temps. C'est un reste <strong>de</strong> ces époques<br />

grossières où l'on conduisait les soldats à coups <strong>de</strong> plat<br />

<strong>de</strong> sabre, les marins à coups <strong>de</strong> parcette, les enfants à<br />

coups <strong>de</strong> férule, les domestiques à coups <strong>de</strong> canne, les<br />

paysans à coups <strong>de</strong> pied, les femmes parfois à coups <strong>de</strong><br />

cravache. Se lit-on pas dans Saint-Simon que le fils <strong>de</strong>'<br />

Louis XIV était tellement battu par le sage Montausier,<br />

<strong>de</strong>vant le pieux Bossuet, que sa plume échappait à ses<br />

petits doigts gonflés et tout bleus <strong>de</strong> coups? Rejetons tout<br />

ce qui ressemble à ces odieux principesI Ils dégra<strong>de</strong>nt<br />

plus encore celui qui les applique que celui qui les subit.<br />

Nous respirons un autre air! Nous vivons dans un autre<br />

mon<strong>de</strong>! et nous ne voulons pas plus <strong>de</strong> la terreur pour<br />

gouverner les enfants que pour gouverner les hommes.<br />

LEGOUVÉ.<br />

(Les p/rea et les cnfanU au dix-neuvième si'e<strong>de</strong>)'^.<br />

L -<br />

PU.IETS A TR.VlTElt.<br />

ORTHOGRAPHE<br />

L'édncation dans la société<br />

mo<strong>de</strong>rne.<br />

Quelle que soit la part faite aux autres mobiles; —<br />

car elle sera toujours à faire; à travers toutes les modifications<br />

sociales, le fond <strong>de</strong> l'humanité ne se modifie pas;<br />

— nul doute que <strong>l'éducation</strong> doive aujourd'hui prendre<br />

la raison pour principal levier, et, sans se laisser désarmer<br />

<strong>de</strong> l'autorité nécessaire, faire appel à la persuasion, dont<br />

parle si judicieusement Rollin, comme à la force suprême.<br />

Mettre à prolit tout ce que la conscience <strong>de</strong> l'enfant<br />

recèle d'aptitu<strong>de</strong>s morales; lui en faire connaître les directions,<br />

les mauvaises comme les bonnes; l'accoutumer à<br />

voir clair dans son esprit et dans son cœur, à être sincère<br />

et vrai ; lui l'aire faire peu à peu, dans sa conduite, l'essai<br />

et comme l approntissage <strong>de</strong> ses résolutions; aux règles<br />

qu'on lui a données, substituer insensiblement celles qu'il<br />

se donne à la discipline du <strong>de</strong>hors, celles du <strong>de</strong>dans; l'affranchir<br />

non pas d'un coup <strong>de</strong> baguette à la manière<br />

antique, mais jour à jour, en détachant, à chaque progrès,<br />

un <strong>de</strong>s anneaux <strong>de</strong> la chaîne qui attachait sa raison à la<br />

raison d'autrui ; après l'avoir ainsi aidé à s'établir chez<br />

soi en maître, lui apprendre à sortir <strong>de</strong> soi, à so juger, à<br />

se gouverner, comme il jugerait et gouvernerait les autres ;<br />

lui montrer enfin, au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> lui, les gi'an<strong>de</strong>s idées do<br />

<strong>de</strong>voir, public et privé, qui s'imposent à sa condition<br />

humaine et: sociale : tels sont les principes <strong>de</strong> <strong>l'éducation</strong>,<br />

qui <strong>de</strong> la discipline du collège peut faire passer l'enlant<br />

sous la discipline <strong>de</strong> sa propre raison, et qui, en exerçant<br />

sa personnalité morale, la crée.... Le jour où il s'est ainsi<br />

pleinement conquis lui-même, l'enfant cesse d'être im<br />

enfant; il est mùr pour la vie active; il est homme.<br />

0. (il\l(AI\|],<br />

£,e bnt <strong>de</strong> l'instruction primaire.<br />

Le but <strong>de</strong> l'instruction primaire est aujourd'hui nettement<br />

déterminé. Il ne s'agit plus seulement <strong>de</strong> mettre<br />

les enfants en mesure do recevoir les notions <strong>de</strong> la lecture,<br />

<strong>de</strong> récriture et <strong>de</strong> la grammaire ; le <strong>de</strong>voir <strong>de</strong> l'Etat<br />

est <strong>de</strong> veiller à ce que tous soient élevés <strong>de</strong> manière<br />

à <strong>de</strong>venir véritablement dignes <strong>de</strong> ce grand nom <strong>de</strong> citoyen<br />

qui les attend. L'enfcignement primaire doit, jiar<br />

conséquent, renfermer tout ce qui est nécessaire au développement<br />

<strong>de</strong> l'homme et du citoyen, tel que les conditions<br />

actuelles <strong>de</strong> la civilisation franç'jise permettent<br />

<strong>de</strong> le concevoir. En même temps qu'il faut introduire<br />

dans cet enseignement une plus gran<strong>de</strong> somme <strong>de</strong> connaissances,<br />

il faut aussi le l'aire concourir plus directement<br />

à <strong>l'éducation</strong> morale, et particulièrement à la consécration<br />

du grand principe <strong>de</strong> fraternité que nous avons<br />

inscrit sur nos drapeaux, et qu'il est indispensable <strong>de</strong><br />

faire pénétrer et vivre partout dans les coeurs, pour qu'il<br />

soit véritablement immortel. C'est là que l'enseignement<br />

primaire vient se joindre à l'enseignement religieux, qui<br />

n'Obt pas du ressort <strong>de</strong>s écoles, mais auquel nous <strong>de</strong>vons<br />

faire un appel sincère, à quelque culte qu'il se rapporte,<br />

parce qu'il n'y a point <strong>de</strong> base plus soli<strong>de</strong> et plus générale<br />

à l'amour <strong>de</strong>s hommes, que celle qui se déduit <strong>de</strong> l'amour<br />

<strong>de</strong> Dieu.<br />

H. C.\nsoT. (Extrait d'un projet <strong>de</strong> loi sur l'instruction<br />

primaire, 1848).<br />

II. — ÉCRITURE.<br />

1° Grosse cursive, moyenne cursive, ron<strong>de</strong> et bâtar<strong>de</strong>;<br />

le titre <strong>de</strong> la dictée;<br />

2» Fine cursive: les quatre premières Hgnes <strong>de</strong> la<br />

dictée.<br />

III. — .iRITIlMETIQUE.<br />

1. Partager 2941',50 en trois parties telles que la i"<br />

5 8<br />

soit égale aux p' <strong>de</strong> la 2",*et celle-ci égale aux - <strong>de</strong> la<br />

i<br />

y<br />

troisième.<br />

8. Un commerçant achète 275 Heclolitres <strong>de</strong> blé pesant<br />

en moyenne 76 Kg. par Hectolitre, à raison <strong>de</strong> 28' le quintal<br />

métrique. Il lui est accordé un délai pour payer, mais<br />

sur sa <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong> s'acquitter inbmédiatement, on lui consent<br />

un escompte calculé à raison <strong>de</strong> 5 p. 100 l'an, <strong>de</strong><br />

sorte qu'il ne débour.-e que 5778',85. — Quel délai lui<br />

accordait-on?<br />

IV. — COMPOSITION FRANÇAISE.<br />

Le but <strong>de</strong> I'in.


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 61<br />

SUJETS<br />

DIVERS.<br />

ARITHMÉTIQUE, ALGÈBRE, GÉOMÉTRIE, TRIGONOMÉTRIE.<br />

i>rol>Icmc i. On donne un plan P par ses traces,<br />

xp, xp' sur <strong>de</strong>ux plans <strong>de</strong> projections rectangulaires ; elles<br />

font <strong>de</strong>s angles donnés<br />

Txp = a., "ïxp'^a!<br />

avec la ligne <strong>de</strong> terre LT. Calculer l'angle ù que fait la<br />

ligne <strong>de</strong> terre avec le plan P et démontrer la formule<br />

cot9^9= colgV. + colj^V.<br />

Solution. Du point x comme centre, avec un rayon<br />

égal à l'unité, décrivons une sphère-; elle coupera les trois<br />

laces du dièdre dont le sommet est x suivant les arcs <strong>de</strong><br />

cercle<br />

AB, AC, BC.<br />

Pour trouver l'angle 6 <strong>de</strong> LT avec le plan P, il faut projeter<br />

LT sur le plan P par un plan perpendiculaire à P,<br />

l'angle <strong>de</strong> LT avec la projection xD ainsi obtenue est<br />

l'angle 0 cherclié, et nous aurons<br />

AœD = 0.<br />

nous aurons<br />

AK- Ar-î Al'-'<br />

mais il est clair que<br />

AE<br />

AI = tg9,<br />

par fwiséqucnt régalilé précé<strong>de</strong>nte peut s'écrire :<br />

J_ 4. J___L<br />

La sphère décrite du point x comme centre sera coupée<br />

par le plan LTD suivant un arc <strong>de</strong> grand cercle AD<br />

qui mesure l'angle 0.<br />

Pour trouver la relation entre cet angle et les angles<br />

donnés K et menons au point A le plan tangent à la<br />

sphère, il coupera les trois plans kxp, kxp', A.rD suivant<br />

les droites AE, AF', AI tangentes aux arcs AB. AC, AD; Le quadrilatère CA'B'O étant aussi inscriptible, ou a<br />

. et le plan P suivant une droite F'E qui est l'hypoténuse<br />

du triangle EAl'" rectangle en A. — Je dis <strong>de</strong> plus que la<br />

angle n = angle y = 90» — A<br />

droite Al est la hauteur <strong>de</strong> ce triangle.<br />

donc<br />

En elfet le plan tangent EAF' est perpendiculaire à la<br />

m = n = 90» — A<br />

ligne <strong>de</strong> terre et par suite au plan AiD qui passe par<br />

A'=180» — 2A.<br />

LT; mais le plan P est aussi perpendiculaire au planAa:D, Ceci posé, décrivons sur BC comme diamètre unedcraicirconférence,<br />

elle passera par les points B' et C et le<br />

donc l'inteisection <strong>de</strong> P et du plan tangent, ou EF', est<br />

perpendiculaire sur Ait) ; par suite Et" est perpendiculaire<br />

sur )a di oite Al.<br />

triangle BB'C est inscrit dans cette <strong>de</strong>nii-circonlérence;<br />

nous aurons donc<br />

Ceci posé, nous aurons<br />

et comme on peut écrire <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux façons le double <strong>de</strong> la<br />

surface du triangle AEF', nous avons<br />

EF' X AI = AE X AF'<br />

ou en élevant au carré<br />

EF'^X AP = AE^X AF'^!<br />

c'est-à-dire<br />

(nî' + :Vp') Ar- = AE^XAF'^.<br />

Divisons les <strong>de</strong>ux membres <strong>de</strong> cette égalité par le produit<br />

AE-'^XAF-'-ixAI^<br />

cotg-O = cotg-z<br />

ce qui est la relation <strong>de</strong>mandée.<br />

cotg-«',<br />

Pi-obicme 3. On abaisse les trois hauteurs A A', HB', CC<br />

d'un triangle ABC et on joint leurs pinds A', B', C; démontrer<br />

1° que les cotés du triangle A'B'C ainsi formé ont<br />

pour expressions<br />

a cosA, b cosB, ccosB ;<br />

2° que les angles iV',B',C' sont les suppléments <strong>de</strong> 2A, 2B<br />

2G.<br />

Solution. Kous ferons voir d'abord que J.e triangle<br />

A'B'C a pour bissectrices <strong>de</strong> ses angles les trois hauteurs<br />

<strong>de</strong> ABC, et que Ton a par exemple<br />

B'A'C = 180"-2A.<br />

En effet, soit 0 le point <strong>de</strong> rencontre <strong>de</strong>s hauteurs, le<br />

quadrilatèi'e A'BC'O étant inscriptible, on a<br />

ou<br />

ou<br />

angle m = angle B = 90» — A.<br />

sin B'BC -<br />

B'C = BCsin (90"—A)<br />

B'C = A cosA.<br />

Problème 3. On donne un plan P par ses traces xp,<br />

xp' sur <strong>de</strong>ux plans <strong>de</strong> projection faisant entre eux un<br />

angle droit et l'on connaît les angles<br />

= K = 57",<br />

p'xT a' = 510,<br />

que font ces traces avec la ligne <strong>de</strong> terre. On <strong>de</strong>man<strong>de</strong>


62 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

1° De calculer Vwglepxp' que fontenlre elles dans l'espace<br />

les <strong>de</strong>ux traces du plan P ;<br />

2» L'angle que fait le plan avec chacun <strong>de</strong>s plans <strong>de</strong><br />

projection ;<br />

3° L'angle que £ait le plan avec la ligne <strong>de</strong> terre.<br />

Solution. Soit pxp' le plan donné; pour trouver l'angle<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux traces, abaissons d'un point a quelconque <strong>de</strong> la ligne<br />

<strong>de</strong> terre LT la perpendiculaire ab sur xp et la perpendiculaire<br />

aa' sur LT, puis imaginons la droite ba' <strong>de</strong> l'espace<br />

; elle sera perpendiculaire à xp et se rabattra sur le<br />

prolongement <strong>de</strong> ab ; pour trouver la vraie gran<strong>de</strong>ur <strong>de</strong><br />

cette droite ba', il suftit <strong>de</strong> remarquer qu'elle est l'hypoténuse<br />

du triangle rectangle baa' que l'on peut construire<br />

en rabattement sur le plan horizontal; il suffit pour cela<br />

d'élever aa" perpendiculaire sur ab et <strong>de</strong> prendre<br />

aa"=aa'-,<br />

la droite ta" est la vraie gran<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> la droite <strong>de</strong> l'es-'<br />

pace ba' et en porlant sur ab prolongé fcAj = ba", on aura<br />

en Aj le rabattement du point a' et en œAi le rabattement<br />

<strong>de</strong> la trace verticale du plan. Ainsi l'angle<br />

<strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux traces qu'il s'agit <strong>de</strong> calculer.<br />

Or l'on a dans les triangles rectangles abx,<br />

ah = ax sin- a = / sin a<br />

aa' = ax tg a' = ? (g a'<br />

xb — IcoSa<br />

xa' = —^ = xA,.<br />

cos a<br />

est l'angle<br />

aa'x,<br />

Considérons maintenant le triangle Aj.rt qui est rectangle<br />

en ft ; il donne<br />

xb = xky cos pxp",<br />

ou<br />

l<br />

Z cos a : cos pxp".<br />

" ces «<br />

on a donc pour le cosinus <strong>de</strong> l'angle <strong>de</strong>s traces<br />

(1) cos pxp' — cos a cos a'.<br />

Ainsi le cosinus <strong>de</strong> l'angle <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux traces, dans l'espace,<br />

est égal au produit <strong>de</strong>s cosinus <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux angles<br />

que fait chacune <strong>de</strong>s traces avec la ligne <strong>de</strong> terre.<br />

Cherchons maintenant l'angle dièdre suivant xp ; son<br />

rectiligne a été construit, c'est l'angle b du triangle rectangle<br />

aba" ; on a dans ce triangle<br />

® . ab sm «<br />

On aura<br />

donc en appelant it l'angle dièdre suivant xp<br />

tg<br />

tg « = -?—<br />

et en appelant n' l'angle<br />

^<br />

dièdre<br />

sin<br />

suivant<br />

«<br />

xp'<br />

tg a<br />

tgiz'-.<br />

Il ne nous reste plus qu'à trouver l'angle que la ligne<br />

<strong>de</strong> terre lait avec le plan P.<br />

Abaissons du point a la perpendiculaire a\ sur le plan P<br />

et joignons le pied I <strong>de</strong> cette perpendiculaire au point x,<br />

nous aurons en Tœl l'angle cherché.<br />

Il est bien clair que dans le rabattement du triangle haa',<br />

la perpendiculaire al vient se rabattre sur la perpendiculaire<br />

a\i abaissée du point a sur ba" et que l'on a<br />

ou<br />

al = alj = ab sin b,<br />

al = ? sin a sin ic ;<br />

d'autre part, dans le triangle <strong>de</strong> l'espace alx qui est rec- '<br />

.tangle en I, l'on a<br />

«I = ax sin Txl,<br />

d'où<br />

. _ T Z sin a sin n<br />

sinTi!;I= 2 ;<br />

ainsi le sinus <strong>de</strong> l'inclinaison <strong>de</strong> la ligne <strong>de</strong> terre sur le<br />

plan P est donné par la formule<br />

sin txl — sin a sin vt.<br />

APPUCATION<br />

NUMÉRIQUE.<br />

Si nous faisons<br />

« = 57" «' = 310,<br />

nous aurons<br />

1°<br />

cospxp' = cos 37" cos 31°<br />

log cos 37» =: 1,90235<br />

log cos 310 = 1,93307<br />

log cos 1,83542<br />

pxp'


SUPPLÉMENT. — PARTIE SCOLAIRE. 63<br />

2"<br />

4°<br />

tg 51°<br />

log tg 31» = r,77877<br />

C log sin 37° = 0,220.Vt<br />

log tg ;r = 1,99931<br />

= 44» 57'<br />

tg 37»<br />

tg ir':<br />

sin 31»<br />

log tg 37» = 1,87711<br />

C log sin 51» = 0,28816<br />

log tg F = 0,16527<br />

7t' = 55»40'<br />

= sin a sin n<br />

log sin 57» = 1,77946<br />

log sin Ti = 1,84911<br />

log sin (LT.1'J = 1,62857<br />

1 1<br />

cos B =2' sin(90° —B)<br />

On voit donc que le complément <strong>de</strong> l'angle B est égal<br />

à 30°, ou que<br />

C = 60°.<br />

Ainsi les trois angles du triangle sont<br />

A = 45°<br />

B = 60°<br />

0 = 75°.<br />

Problème 5. Quelle doit être la valeur <strong>de</strong> l'angle B<br />

du quadrilatère ABCD pour que ce quadrilatère soit inscriptibie?<br />

Les côtés <strong>de</strong> ce quadrilatère sont :<br />

AB = 5», BC = 4»,<br />

GO = 5», DA=2»',27o.<br />

LT.1> = 25» 10'.<br />

Prohlème 4. Les trois côtés d'im triangle sont<br />

2, v/e et 1+v/3;<br />

calculer les angles <strong>de</strong> ce triangle.<br />

Solution. On sait que l'on a pour déterminer l'un <strong>de</strong>s<br />

angles A du triangle ABC la formule<br />

flî = + — 26c cosA<br />

d'où l'on tire<br />

ta c-i _<br />

cos A :<br />

26c<br />

Ici l'on a en posant<br />

0=2, 6=\/6, c = \ + \l'i,<br />

ou<br />

cos A =<br />

cos A :<br />

(2 + 2s/3)v'6 '<br />

6 + 2^/5 _ 5 + v/5<br />

2^/6(1-fv'â)<br />

e o s A = # ± 4 = - i .<br />

S/b^l + v/5) V/2<br />

Ainsi l'on a<br />

donc<br />

cos A = !^;<br />

À<br />

A = 45°.<br />

v/êCi+Vs)'<br />

De même pour déterminer l'angle B opposé au côté<br />

b = t/6, l'on aura la formule<br />

cos B : 4 + (l + v/5)^-6<br />

4(1+s/à) '<br />

OU<br />

cos B :<br />

2 + 2v/5<br />

"4(1 +v/5) ^<br />

2(1+s/5)<br />

• 4(1 + s/s) •<br />

DESSIN<br />

Solution. Soit ABCD le quadrilatère ; menons la diagonale<br />

AC ; dans le triangle ABC, nous aurons<br />

AC2 = AB^ + BC^ — 2AB.BG cos B,<br />

et dans le triangle ADC<br />

AC^ = AD^ -f CÎ7^ -f 2AD.CD cos B,<br />

car<br />

D=180° —B et cosD= —cosB.<br />

Egalant ces <strong>de</strong>ux valeurs <strong>de</strong> ÂG^ il vient :<br />

AB2 -)- bC^ -f AD2 -f CD'^ = 2(AB X BG + AD x CD) cos B<br />

d'où<br />

AB^xB^-i—AD^ —CD^<br />

cos B =<br />

2{ABxBG + ADXCD)'<br />

substituant aux lignes leurs valeurs numériques, il vient:<br />

25 4-16 — 9 — 5,175625<br />

cos B :<br />

2(204- 3x2,275) '<br />

cos B =•<br />

ce qui est, à très peu près<br />

.\insi<br />

26,824375<br />

53,650<br />

cos B = - •<br />

sin (90° —B) =-. z<br />

donc<br />

90° —B=50°,<br />

B = 60°.<br />

Ainsi l'angle B doit être <strong>de</strong> 60° pour que le quadrilatère<br />

soit inscriptible. — E. BURAT.<br />

LINÉAIRE<br />

ETUDE DE TRAIT ET DE LAVIS<br />

• SOLIDES GÉOMÉTRIQUES<br />

V. CYLINDRES.<br />

(Voy. le Supplément, n° 25 <strong>de</strong> 1882.)<br />

La cinquième planche renferme les projections <strong>de</strong><br />

trois soli<strong>de</strong>s : 1° un cylindre creux reposant sur le plan<br />

horiïontal, coupé par un plan qui est perpendiculaire<br />

au plan yertical et qui fait un angle <strong>de</strong> 30°, avec le plan<br />

horizontal ; 2° le cylindre 'précé<strong>de</strong>nt après une rotation<br />

<strong>de</strong> 90° autour <strong>de</strong> son axe vertical ; 5» un cylindre creux,<br />

coupé suivant l'axe par un plan parallèle au plan vertical<br />

et renfermant, vers son milieu, une cloison horizontale,<br />

qui se trouve également coupée par le plan vertical.<br />

Construction. — La mise en projection <strong>de</strong>s trois soli<strong>de</strong>s,<br />

ayant les sections planes, se fera très facilement au<br />

moyen <strong>de</strong>s cotes indiquées qui expriment <strong>de</strong>s millimètres<br />

et qui seront prises en vraie gran<strong>de</strong>ur. Le contour appa-


64 MANUEL GÉNÉRAL DE L'IINSTKUCTION PRIMAIRE.<br />

rent <strong>de</strong> la surface intérieure <strong>de</strong>? <strong>de</strong>ux premiers cylindres<br />

étant invisible en élévation sera indiqué par <strong>de</strong>s points ronds.<br />

•1" Cylindre. — Le plan sécant étant perpendiculaire<br />

au plan vertical, l'intersection se projette verticalement<br />

suivant la droite 1', 15', qui fait un angle <strong>de</strong> -30° avec<br />

l'horizontale, ou <strong>de</strong> 60° avec la verticale. La ligne<br />

d'ombre propre visible est la génératrice située au<br />

point 10; c'est la ligne <strong>de</strong> contact d'un plan tangent à 45».<br />

2« Cylindre. — Dans la rotation <strong>de</strong> 90° autour <strong>de</strong> l'axe,<br />

tous les points <strong>de</strong> la section plane se transportent horizontalement<br />

en décrivant un arc <strong>de</strong> 00°; ils doivent donc<br />

rester sur <strong>de</strong>s horizontales passant par les points 2',<br />

5', etc., à la rencontre <strong>de</strong>s prcjetantes passant par les<br />

)oints 1, 2, 5, etc. Les points 1' et 13' seront toujours<br />

e plus haut et le plus bas. L'intersection se compose<br />

<strong>de</strong> 2 ellipses concentriques faciles à construire, ane pour<br />

la surface extérieure et une autre pour la surface intérieure<br />

du cylindre.<br />

La ligne d'ombre propre sur la surface extérieure<br />

du cylindre est la génératrice située en avant, à droite<br />

et à 45°. La ligne d'ombre propre intérieure est la<br />

génératrice diamétralement opposée à la précé<strong>de</strong>nte.<br />

Remarque. — Le cylindre porte ombre sur lui-même,<br />

à l'intérieur, suivant une courbe qui est en gran<strong>de</strong> partie<br />

invisible en élévation. La partie visible est un petit<br />

arc d'ellipse qui commence en haut <strong>de</strong> la ligne en pointillé<br />

mixte et vient se terminer sur le bord inféi-ieur du<br />

cylindre, un peu à gaucho <strong>de</strong> l'axe. Cet arc n'a pas été<br />

tracé, mais il s'obtient <strong>de</strong> la même manière que li"f"d"b"<br />

<strong>de</strong> la ligure suivante. Sur le plan horizontal, la courbe<br />

d'ombre portée se projette évi<strong>de</strong>mment suivant le cercle<br />

intérieur, et elle n'a pas d'influence sur le lavis.<br />

3° Cylindre. •— Le rayon lumineux, en suivant l'arête<br />

verticale a, a', a", engendre un plan qui rencontre la surface<br />

intéi'ieure du cylindre suivant la génératrice b, h',<br />

b". Cette génératrice se trouve limitée, une première<br />

fois,'par le rayon ab. a'b', une <strong>de</strong>uxième fois par le rayon<br />

ab, a"b". Quand le rayon lumineux est arrivé à ia position<br />

ab, a'b', il rase l'arête horizontale a'k' et engendre un<br />

autre plan qui rencontre la surface intérieure du cylindre<br />

suivant une <strong>de</strong>mi-ellip?e; mais, a cause <strong>de</strong> l'inclin:iison<br />

particulière <strong>de</strong> ce plan, l'ellipse se projette suivant<br />

un <strong>de</strong>mi-cercle. Quand le rayon lumineux est arrivé<br />

à la po.-ition ab, a"b", il rase l'ai ôte circulaire ah, a"h",<br />

et engendre une portion <strong>de</strong> cylindre qui rencontre la surface<br />

intérieui'e du cylindre donné suivant une portion<br />

d'ellipse K'b". Pour trouver un point <strong>de</strong> cette courbe, considérons<br />

le rayon lumineux qui touche l'arête circulaire<br />

au point c, c". Ce rayon se projette suivant <strong>de</strong>ux lignes<br />

à 43°; il rencontre la'surface intérieure du cylindre en un<br />

point qui se projette nécessairement au point rf <strong>de</strong> la base,<br />

ce qui donne le points/" en élévation. A partir du point A, A",<br />

le rayon ne pénètre plus dans l'intérieur du cylindre.<br />

Traits <strong>de</strong> force. — On mettra <strong>de</strong>s traits <strong>de</strong> force sur<br />

toutes les arêtes vives, droites ou courbes qui séparent<br />

l'ombre <strong>de</strong> la lumière, si l'on veut se borner à taire le<br />

<strong>de</strong>ssin au trait ; mais on n'emploiera que <strong>de</strong>s traits fins<br />

«i l'on doit faire le lavis <strong>de</strong>s ombres.<br />

l'^ilels <strong>de</strong> lumière. — Si l'on veut placer <strong>de</strong>s filets <strong>de</strong><br />

lumière, ce qui nest pas nécessaire à un bon lavis,<br />

comme nous l'avons dit plusieurs fois, on suivra les<br />

arêtes vives qui sont eu trait fin, c'est-à-dire qui séparent<br />

<strong>de</strong>ux surfaces éclairées.<br />

Lavis.—Après avoir pa-ssé ii l'encre noire, en trait<br />

fin, les contours dos soli<strong>de</strong>s, et à j'encre grise très pâle<br />

les lignes <strong>de</strong> dégradé, les filets <strong>de</strong> lumière, et les lignes<br />

d'ombre propre et portée, il faut faire un nettoyage général<br />

avec la gomme élastique ordinaire et commencer<br />

le lavis. Les lignes projetantes, les rayons lumineux, les<br />

lignes <strong>de</strong> construction et les lettres ne sont point passés<br />

à l'encre.<br />

La teinte n° 1 sera d'abord appliquée sur toute l'étendue<br />

<strong>de</strong>s surfaces dans l'ombre propre ou portée, puis elle<br />

sera répétée une ou plusieurs fois dans les ombres portées<br />

d'après les indications du modèle. On préparera ensuite<br />

les teintes n° 2, n° 3, etc., en ajoutant <strong>de</strong> l'eau,<br />

d'après <strong>de</strong>s proportions bien déterminées (Voy. nos articles<br />

précé<strong>de</strong>nts), et l'on formera le dégradé <strong>de</strong>s surfaces<br />

cylindriques. Les numéros et les flèches qui sont sur<br />

les ligures indiquent d'une façon précise l'intensité et<br />

l'étendue <strong>de</strong>s teintes. Quant aux surfaces planes éclairées<br />

comprises entre les cercles et les ellipses concentriques,<br />

on y fera un dégradé très faible avec ia teinte n» J», la<br />

plus faible <strong>de</strong> toutes, en obser.vant que la lumière diminue<br />

par l'éloignement. On se rappelle que, pour la projection<br />

horizontale, l'observateur est placé en haut, et<br />

que, pour la projection verticale, il est placé en avant.<br />

Sur les parties pianos éclairées <strong>de</strong> la 5" figure, on emploiera<br />

les teintes ]i° 5 et iv d'après l'éloignenient.<br />

A. lliiiiiuiaiiiT

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