Energie nucleaire.pdf - Jugend und Wirtschaft

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Energie nucleaire.pdf - Jugend und Wirtschaft

I n p u t

Actualités concernant l’économie, la politique

et la société destinées aux élèves

Energie nucléaire

Le rôle de la production d’électricité d’origine nucléaire

aujourd’hui et demain

JUGEND UND WIRTSCHAFT

JEUNESSE ET ECONOMIE

GIOVENTÙ ED ECONOMIA


Sommaire

Chapitre 1:

Sans électricité, presque

tout s’arrêterait

Quel est le dénominateur commun entre

un téléviseur, un feu de circulation, un

réfrigérateur et un baladeur MP3? Ils

fonctionnent tous à l’électricité. Sans elle,

toute l’économie serait aujourd’hui paralysée,

et la vie impensable dans les ménages.

Prestation de base, l’électricité est

devenue un facteur de survie.

Chapitre 4:

Rôle futur de l’énergie nucléaire

Les changements climatiques et la hausse

des prix des agents énergétiques fossiles

conduisent à un nouvel essor de l’énergie

nucléaire dans le monde. Bon nombre

de pays projettent la construction de

nouveaux réacteurs. Qu’en est-il de la

Suisse?

Chapitre 6:

Gestion des déchets

Les centrales nucléaires, comme la médecine,

l’industrie et la recherche, produisent

divers types de déchets radioactifs.

La gestion des résidus issus de l’exploitation

des centrales nucléaires est un processus

en plusieurs étapes, soumis à la

surveillance des autorités.

Page 4

Economie, société

Page 11

Technique, politique, société, écologie

Page 17

Technique, politique

Chapitre 2:

La clé, c’est la stabilité –

de la centrale au consommateur

La production d’électricité ne constitue

qu’une première étape, puisque le courant

doit, en fin de compte, aussi être

livré aux consommateurs et aux con -

sommatrices. Mais comment est-il acheminé

jusque chez eux?

Page 7

Economie, technique

Chapitre 3:

Perspectives: avenir

de l’électricité en Suisse

Les besoins en énergie ne cessent de croître

dans le monde. L’essor économique

des anciens pays émergents tels que l’Inde

et la Chine entraîne une forte hausse de

la demande en pétrole, en gaz et en charbon.

Or les prix de ces agents énergétiques

enregistrent d’importantes fluctuations

et l’on escompte qu’ils prennent l’ascenseur

à l’avenir. Cette évolution risque

d’engendrer un transfert vers d’autres

vecteurs d’énergie et une consommation

accrue de courant électrique. L’utilisation

de pétrole, de gaz et de charbon contribue

cependant au réchauffement global

du climat. C’est pourquoi les modes de

production d’électricité durables, exempts

d’émissions de CO 2 , occuperont une place

toujours plus importante à l’avenir.

Page 9

Politique, écologie

Chapitre 5:

Fonctionnement

d’une centrale nucléaire

A l’instar des autres centrales thermiques,

une centrale nucléaire produit de l’élec -

tricité à partir de la chaleur. C’est l’uranium,

métal légèrement radioactif, qui

sert de combustible; cet élément chimique

se caractérise par une forte densité

énergé tique.

Page 16

Technique

Interview

avec Horst-Michael Prasser

Professeur, systèmes d’énergie nucléaire,

Ecole polytechnique fédérale de Zurich

EPFZ

Interview

avec Céline Boulet

Etudiante de la filière master en génie

nucléaire

Page 20

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 3


Sans électricité,

presque tout s’arrêterait

Quel est le dénominateur commun entre un téléviseur, un feu de circulation,

un réfrigérateur et un baladeur MP3? Ils fonctionnent tous à l’électricité. Sans

elle, toute l’économie serait aujourd’hui paralysée, et la vie impensable dans

les ménages. Prestation de base, l’électricité est devenue un facteur de survie.

La consommation d’énergie a fortement

augmenté en Suisse depuis les

années cinquante du siècle dernier.

Ce constat s’applique aussi bien aux

combustibles fossiles (pétrole, gaz

naturel, essence) qu’à l’électricité. La

hausse s’explique par la croissance

constante de la consommation, par

l’expansion continue de l’économie

et le désir général de mobilité. L’année

2007 fait cependant exception:

en raison des températures hiver -

nales extrêmement clémentes qui

ont fait baisser la consommation

pour le chauffage, on a en effet enregistré

pour la première fois depuis dix

ans un léger recul de la consommation

énergétique en Suisse. Mais

c’était vraiment l’exception: pour

preuve, l’augmentation de 2,3% de

la consommation dès 2008. Notre

pays ne pourrait plus se passer d’électricité.

L’électricité dans l’industrie

et le secteur des services

L’économie s’arrêterait sans électricité,

devenue un facteur de production

incontournable. La compétitivité

de l’économie suisse dépend d’un

approvisionnement en électricité fiable

et avantageux. Depuis 1995, l’industrie

et le secteur des services ont

Principales unités de mesure (système d’unités SI)

Unité de puissance pour production et consommation d’électricité

1 watt = 1 joule / 1 seconde (1 joule = 0,239 calorie)

1000 watts = 1 kilowatt (kW)

1’000’0000 watts = 1000 kW = 1 mégawatt (MW)

Unité d’énergie pour production et consommation d’électricité

1 kilowattheure (kWh) = 1000 x 1 watt x 1 heure

1000 kWh = 1 mégawattheure (MWh)

1’000’000 kWh = 1000 MWh = 1 gigawattheure (GWh)

1’000’000’000 kWh = 1’000’000 MWh = 1000 GWh = 1 térawattheure (1TWh)

Exemple d’utilisation: 1 kWh permet de regarder la télévision (appareil LCD) pendant

une dizaine d’heures, d’éclairer une pièce avec une ampoule de 40 W pendant 25 heures

ou de rouler un bon km à bord d’une voiture de classe moyenne (valeurs indicatives)

Pas de musique sans électricité: représentations en plein air et

autres grandes manifestations consomment des quantités de courant

considérables.

consommé chaque année un peu

plus d’énergie, avec une première

stabilisation en 2007.

L’électricité dans les ménages

Grâce aux réfrigérateurs et aux

congélateurs, les denrées alimentaires

avariées sont devenues rares.

Les appareils électriques facilitent la

vie de tous les jours et contribuent à

un niveau de vie élevé et à une meilleure

santé: aspirateur, machine à laver,

lave-vaisselle et une large palette

d’appareils électroniques de loisirs relèvent

aujourd’hui de l’évidence.

Mais ce confort engendre chaque année

une hausse de la consommation

de courant. Par rapport à l’utilisation

d’électricité dans l’industrie, les arts

et métiers et le secteur des services, la

consommation des ménages est

montée en flèche ces 35 dernières

années. Ce sont les appareils produisant

de la chaleur ou du froid (réfri-

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 4


gérateurs et congélateurs, cuisinières

et fours, p. ex.) qui sont les plus gourmands

en électricité.

Importance de l’industrie

électrique pour l’économie

nationale

La production suisse d’électricité ne

joue pas uniquement un rôle important

au niveau de l’approvisionnement.

L’économie électrique est aussi

une branche industrielle décisive en

termes de politique régionale, de finances

et d’emploi:

Quelque 20’000 personnes travaillent

en Suisse dans le secteur

de l’industrie électrique. Ces emplois

sont d’autant plus importants

qu’ils se trouvent en grande

partie dans des régions plutôt isolées

et défavorisées sur le plan

économique.

Les entreprises de la branche électrique

investissent chaque année

plus de deux milliards de francs

dans des biens immobiliers, des

installations, des équipements et

des participations. Or des entreprises

et des salariés d’autres secteurs

vivent de ces investissements.

Les entreprises électriques versent

chaque année aux pouvoirs publics

(Confédération, cantons,

communes) un milliard de francs

environ d’impôts et de redevances.

Elles livrent du courant à

leur commune de site gratuitement

ou à des conditions préférentielles,

ce dont profitent aussi

largement les cantons de montagne.

C’est la consommation

qui détermine la production

L’électricité ne peut pas être stockée,

sauf en très faibles quantités dans les

batteries. Ce que nous prélevons

24 heures sur 24 de la prise électrique,

sans l’avoir préalablement

commandé, doit être produit simultanément

par l’alternateur d’une

centrale électrique. Pour éviter que le

réseau de transport ne s’écroule, il

faut y injecter du courant dans une

quantité équivalant à celle que les

consommateurs prélèvent du même

réseau au même moment. La production

est gérée dans les centres de distribution

des entreprises d’interconnexion

électrique. Selon la consom-

Consommation d’énergie en Suisse

En térajoules, selon les agents énergétiques

(1 térajoule = 0.2778 GWh, unités voir page 4)

1'000'000

900'000

800'000

700'000

600'000

500'000

400'000

300'000

200'000

100'000

Déchets industriels

Gaz

Chaleur à distance

Electricité

Autres énergies renouvelables

Bois

Carburants

Produits pétroliers

Charbon

0

1910 1950 2000 05

La consommation d’électricité de la Suisse a plus que quadruplé depuis

le milieu des années cinquante du siècle dernier. Source: OFEN 2008

Consommation d’électricité selon

les groupes de clients

Industrie et

artisanat 33,0%

Agriculture 1,8%

Transports 8,2%

mation d’électricité, des turbines

des centrales à accumulation sont

connectées ou déconnectées, manuellement

ou par télécommande.

Il existe des périodes de pointe

(pics) et des périodes creuses en

matière de consommation d’électricité.

Pendant les pics, le prix du courant

électrique est bien sûr plus élevé

que lorsque la demande est faible.

L’électricité de pointe est donc plus

chère que l’énergie en ruban. La

consommation d’électricité suit en

principe trois cycles:

Ménages 30,7%

Services 26,3%

En 2007, l’industrie, le secteur des arts et métiers et les services ont absorbé

quelque 60% de la consommation totale d’électricité. Dans l’industrie et les arts

et métiers, l’électricité sert surtout à la fabrication de biens. Les ménages

consomment presque un tiers de la production totale d’électricité

de la Suisse. Source: OFEN 2008

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 5


Production d’électricité pendant la journée

(MW)

10000

9000

8000

7000

6000

5000

4000

3000

Centrales à accumulation

Centrales au fil de l’au

Centrales thermiques classiques

ouvrables, lorsque les usines et les

bureaux travaillent et que tous les

magasins sont ouverts, la consommation

d’électricité est plus élevée

que pendant le week-end.

Cycle saisonnier: la demande

d’électricité augmente à mesure

que les jours raccourcissent pendant

le semestre d’hiver. La tombée

du jour précoce est compensée

par de la lumière électrique. La

préparation d’eau chaude et le

chauffage exigent de l’électricité,

et on cuisine aussi plus souvent

des plats chauds en hiver. Enfin,

c’est la haute saison des chemins

de fer de montagne et des téléskis.

2000

1000

Centrales nucléaires

0

0 4 8 12 16 20 24h

Pendant la journée, la production d’électricité s’aligne sur les besoins des consommateurs.

Les centrales au fil de l’eau aménagées sur les rivières et les fleuves ainsi que les centrales

nucléaires fournissent de l’électricité en ruban. Les centrales à accumulation dans

les Alpes sont importantes pour l’alimentation en électricité de pointe. Source: AES 2008

Cycle de 24 heures: le matin,

quand le travail commence dans

la plupart des entreprises, et à

midi, au moment où l’on fait la

cuisine tandis que le travail se

poursuit, la consommation d’électricité

augmente fortement. Après

les heures de pointe du soir consacrées

aux loisirs, et lorsque de

nombreux chauffe-eau électriques

s’arrêtent au bout de

quelques heures de rechargement,

c’est une période creuse de

faible demande qui s’installe pendant

la deuxième moitié de la nuit.

Cycle hebdomadaire: les besoins

électriques fluctuent également

au cours de la semaine. Les jours

DÉFINITIONS

Energie (électricité) en ruban: quantité d’électricité produite 24 heures sur

24 et couvrant les besoins de base.

Alternateur: machine qui transforme l’énergie mécanique en énergie

électrique.

Centrale nucléaire: centrale qui produit de la chaleur par la fission de l’uranium

et où de l’électricité est ensuite produite dans des turbines à vapeur.

Centrale au fil de l’eau: centrale hydraulique qui utilise la faible déclivité d’un

fleuve ou d’une rivière pour produire de l’électricité.

Centrale à accumulation: centrale hydraulique qui accumule de l’eau dans

un lac de retenue, afin de l’utiliser selon les besoins pour la production

d’électricité.

Energie (électricité) de pointe: électricité produite pour couvrir les pics de

la demande le matin, à midi et le soir.

Turbine: machine qui, au moyen d’ailettes, transforme en énergie mécanique

l’énergie d’un flux de gaz, de vapeur ou d’eau.

La demande d’électricité est couverte

par divers types de centrales. Dans le

cas des centrales au fil de l’eau, la

production d’électricité est directement

tributaire du débit d’eau disponible

sur le moment; la possibilité

de régler le volume de la production

est par conséquent minime. La marge

de manœuvre en matière de production

étant également limitée pour les

centrales nucléaires, celles-ci fonctionnent

la plupart du temps à pleine

charge comme les installations au fil

de l’eau. Ces centrales assurent ainsi

l’approvisionnement de base ( électricité

en ruban). Il est, en revanche,

facile de régler la production des centrales

à accumulation dans les Alpes

au moyen de l’enclenchement ou du

déclenchement de certaines turbines.

En Suisse, les centrales à accumulation

servent à couvrir les pics de la demande

( électricité de pointe). Le

courant de pointe si recherché est par

contre fourni par les centrales à gaz,

QUESTIONS TEST

1. Quelle est l’importance de l’électricité

dans le mix énergétique?

2. Quel est le rôle des centrales nucléaires

dans l’approvisionnement en

électricité de la Suisse?

3. Interprétez avec vos propres mots le

graphique «Production d’électricité

pendant la journée».

4. Quelle est la différence entre électricité

en ruban et électricité de pointe?

5. Expliquez l’importance de l’industrie

électrique pour l’économie nationale.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 6


Stabilité déterminante,

de la centrale à la prise

La production d’électricité ne constitue qu’une première étape, puisque le courant

doit, en fin de compte, aussi être livré aux consommateurs et aux consommatrices.

Mais comment est-il acheminé jusque chez eux?

L’électricité sort de la prise de courant,

tout le monde le sait. Cette

évidence (pour la Suisse) s’appelle

la «sécurité d’approvisionnement».

Mais qu’entend-on par là? En termes

d’électricité, cette sécurité ne désigne

rien d’autre que la nécessité de disposer

en tout temps de capacités de

production et de puissance suffisantes.

La stabilité de la tension du

réseau électrique doit par ailleurs être

assurée en permanence, ce qui se fait

en principe par l’enclenchement et le

déclenchement de turbines. S’il y a

trop d’électricité dans le réseau,

l’énergie produite devient «réactive»,

c’est-à-dire que les alternateurs des

centrales absorbent une partie de

l’électricité du réseau. Les fluctuations

de puissance importantes et imprévues

menacent la stabilité du réseau

et portent une atteinte directe à

la sécurité d’approvisionnement.

Elles peuvent entraîner rapidement

des pannes d’électricité à grande

échelle.

De la centrale au consommateur

Le parcours de l’électricité commence

dans les alternateurs des centrales.

Ensuite, des transformateurs portent

la tension de l’électricité à 230’000

volts (230 kV) ou à 380’000 volts

(380 kV) pour permettre le transport

par des lignes à très haute tension.

Car plus la tension est élevée, moins

les pertes de transport sont importantes.

Après cela, la tension est ramenée

à des valeurs à nouveau plus faibles

dans des postes de couplage et de

transformation aménagés à proximité

des consommateurs, en vue

d’assurer la distribution primaire et

secondaire jusqu’aux particuliers.

L’électricité est acheminée par des

lignes à moyenne tension vers les

gros consommateurs (p. ex. les clients

industriels) ainsi qu’aux postes de

transformation des quartiers urbains

et des villages, où la tension est abaissée

au niveau d’utilisation de 230 ou

400 volts, habituelle dans les ménages

et vient ainsi alimenter chaque

maison.

Environ 80% des quelque

250’000 km (soit six fois le tour de la

Terre) du réseau suisse à moyenne et

à basse tension ont été enterrés. Le

réseau à très haute tension, long de

6700 km environ, a été aménagé essentiellement

en réseau électrique

aérien. La pose en pleine terre des câbles

à haute tension a en effet été refusée

pour des motifs d’ordre écologique,

économique, juridique et

technique.

Le consommateur final prélève

donc son électricité non pas directement

d’une centrale, mais de sociétés

d’approvisionnement – le plus souvent

des services industriels communaux

– qui déterminent le prix de

vente payé par lui. Les écarts de prix

résultent des conventions passées entre

les services communaux, cantonaux

et les entreprises d’électricité

nationales, ainsi que des prix de revient

différents selon le type de production

et les coûts de transit du courant.

Réseau d’interconnexion

avec l’Europe

L’approvisionnement énergétique de

la Suisse présente une structure décentralisée.

Une poignée de grandes

centrales et des centaines de petites

installations électriques injectent du

courant dans le réseau. C’est là une

solution judicieuse, car plus les centrales

raccordées au réseau sont

nombreuses, moins l’on risque des

pannes pour cause de surcharge ou

de perturbations dans le réseau. Les

entreprises électriques suisses ont

donc commencé très tôt à regrouper

leurs réseaux. La société nationale

pour l’exploitation du réseau swissgrid

est chargée depuis le 15 décembre

2006 de l’exploitation du réseau

suisse à très haute tension. L’entreprise

surveille, dirige et gère le réseau

de transport et en règle l’accès selon

des critères transparents uniformes.

Pivot de l’approvisionnement en électricité: le réseau suisse à haute

tension est fortement sollicité, surtout aux frontières du pays.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 7


A

C

De la centrale au consommateur

Centrale

Elle peut ainsi équilibrer surplus et

manques d’électricité entre les différentes

régions, améliorer le taux

d’utilisation des centrales électriques

et, donc, leur rentabilité; la sécurité

d’approvisionnement, préalable du

bon fonctionnement de l’économie,

est ainsi assurée. La Suisse et son réseau

électrique ne sont toutefois pas

isolés. Les réseaux européens à haute

tension sont eux aussi interconnectés,

ce qui permet d’optimiser la production

et le transport d’énergie électrique

et de trouver un remède rapide

aux pannes et aux dysfonctionnements;

la sécurité d’approvisionnement

s’en trouve ainsi encore accrue.

Le réseau suisse à très haute tension

a toutefois atteint les limites de sa capacité

en de nombreux endroits.

C’est précisément autour de sa frontière

nord que notre pays peine de

plus en plus à importer de l’électricité.

Quiconque veut construire de

nouvelles lignes à haute tension se

heurte en effet à une vive opposition

et à une marée de recours. Nous

avons tous besoin d’électricité, mais

les pylônes électriques portent atteinte

au paysage.

L’électricité, une marchandise

commercialisable

Le réseau européen d’interconnexion

Commerce d’électricité avec l’étranger

Année

Hiver

Réseau à très haute tension

220/380 kV

D

1,2 4,1

Réseau de distribution

6–36 kV

Réseau de répartition

50–150 kV

Autres pays

0,3

0,2

Réseau à faible tension

230/400 V

C’est en traversant plusieurs paliers de baisse de tension que l’électricité arrive

de la centrale à la prise de courant. Source: AES 2008

n’est pas seulement performant en

cas de pannes et de perturbations; il

constitue aussi, sur le marché européen

libéralisé, la base du commerce

international d’électricité. A l’heure

actuelle, l’électricité est achetée là où

elle est produite au meilleur prix. Les

Italiens, qui importent plus de 20%

de leur électricité, s’en procurent par

exemple auprès des centrales à charbon

de la République tchèque. Cette

électricité est ensuite transportée en

Italie par les réseaux européen et

suisse. L’électricité est aussi une marchandise

qui, à l’instar des actions ou

des options, est négociée en bourse,

comme sur le marché boursier spécialisé

European Energy Exchange (EEX)

à Leipzig (D).

Des sociétés étrangères achètent

du courant de pointe à la Suisse afin

de couvrir leurs pics de demande.

Pendant la nuit et le week-end,

lorsque la consommation d’électricité

est faible, la Suisse arrête ses centrales

alpines. L’eau si précieuse reste

ainsi dans les lacs de barrage. Elle est

remontée par pompage au moyen

d’électricité en ruban bon marché

pendant les heures creuses.

La production varie non seulement

en fonction des heures de la

journée, mais aussi selon les saisons.

Ainsi, les turbines des centrales au fil

de l’eau tournent à plein régime

après la fonte des neiges en été, alors

même que les besoins en électricité

diminuent: le surplus d’électricité hydraulique

est donc exporté pendant

la saison estivale. A l’inverse, la Suisse

consomme jusqu’à 20% de plus

d’électricité pendant le semestre d’hiver,

à un moment où le débit des rivières

est nettement inférieur qu’en

été puisque les précipitations tombent

sous forme de neige. Pendant

les mois d’hiver, l’approvisionnement

électrique de la Suisse dépend donc

fortement des centrales nucléaires et

F

22,1

12,1

Solde exportateur 2007

2,062 TWh

24,3

I

Solde des importations et des exportations de l’économie d’électricité suisse

en 2007, en milliards de kWh. Source: OFEN 2008

13,9

1,6

1,5

A

Solde importateur hiver 2006/2007

3,649 TWh

QUESTIONS TEST

1. Quels avantages le réseau européen

d’interconnexion présente-t-il pour

la Suisse?

2. De quels pays la Suisse importe-t-elle

essentiellement de l’électricité?

Vers quels pays exporte-t-elle avant

tout son électricité?

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 8


Perspectives: avenir

de l’électricité en Suisse

Les besoins en énergie ne cessent de croître dans le monde. L’essor économique de

pays émergents tels que l’Inde et la Chine entraîne une forte hausse de la demande en

pétrole, en gaz et en charbon. Or les prix de ces agents énergétiques enregistrent d’importantes

fluctuations. Cette évolution risque d’engendrer une consommation accrue

d’électricité. L’utilisation d’agents énergétiques fossiles contribue cependant au réchauffement

global du climat. Les modes de production d’électricité durables, exempts

d’émissions de CO 2 , occuperont donc une place toujours plus importante à l’avenir.

Consommation d’électricité

toujours croissante

L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a

actualisé en juillet 2007 ses «Perspectives

énergétiques 2035» en dégageant

la direction que pourrait emprunter

dans les deux prochaines décennies

la consommation énergétique

en général, et la consommation

d’électricité en particulier. Le premier

scénario «Poursuite de la politique

actuelle» se fonde sur une hausse de

29% de la demande d’électricité

jusqu’en 2035. En dépit du progrès

technique et de mesures d’économie

et d’incitation supplémentaires,

l’OFEN escompte dans deux autres

scénarios une progression de la

consommation d’électricité de 13 à

22.5%. Même le quatrième scénario

d’une «Société à 2000 watts» ne

conduit qu’à une réduction de 2%

environ de la consommation d’électricité,

sous réserve que la consommation

de pétrole – agent énergétique

nuisible pour le climat – soit diminuée

de moitié et qu’il soit remplacé partiellement

par des sources de production

d’électricité durables (voir encadré).

Une étude réalisée par le groupe

énergétique Axpo évoque elle aussi

une hausse toujours croissante de la

consommation d’électricité, d’abord

de l’ordre de 1 à 2% chaque année,

puis de 0,5 à 1% jusqu’en 2050.

Recul des capacités de production

Alors même que toutes les prévisions

font état d’une hausse plus ou moins

forte de la consommation d’électricité,

la Suisse disposera de moins

en moins d’électricité. Les contrats

d’importation de courant conclus

avec Electricité de France (EDF) –

L’étiquetteEnergie fait état

de la consommation énergétique

d’un appareil.

droits de prélèvement d’un volume

de quelque 2000 MW, soit la puissance

cumulée de Gösgen et de

Leibstadt, les deux plus grandes centrales

nucléaires suisses – expireront

progressivement à partir de 2018.

Même si la date de la mise hors service

des centrales les plus anciennes

Economiser de l’énergie en consommant

plus de courant n’est pas contradictoire

(Beznau 1 et 2, Mühleberg) n’est pas

encore fixée, elle pointe à l’horizon.

De même, certaines installations nucléaires

vieillissantes seront progressivement

mises à l’arrêt à l’étranger.

S’y ajoute que la Suisse n’est pas le

seul pays à avoir besoin d’énergie. Le

courant disponible sur le marché européen

devrait même se raréfier plus

tôt que chez nous. Nous devons

donc, dans un proche avenir, nous attendre

à un recul substantiel des capacités

de production de notre pays

au même titre que de ses possibilités

d’importer du courant.

Déficit d’approvisionnement

L’évolution en sens contraire de la

consommation et de la production

d’électricité constitue un défi à long

terme. Selon l’OFEN, on escompte

qu’à partir de 2018 à 2020, la production

indigène et les droits de prélèvement

n’arriveront plus à couvrir la

demande d’électricité moyenne pendant

le semestre d’hiver; d’où une

menace pour la sécurité d’approvi-

Le remplacement des vieux chauffages électriques et des chaudières à mazout par des pompes

à chaleur permet d’obtenir le même avantage (une température ambiante agréable) avec

moins. Les mesures destinées à augmenter l’efficacité énergétique peuvent cependant aussi

conduire à une consommation accrue d’électricité. L’exemple suivant démontre que ce n’est

pas contradictoire: lorsqu’une pompe à chaleur vient remplacer un chauffage à mazout, on

économise globalement de l’énergie – en l’occurrence, du mazout. Pour faire fonctionner la

pompe à chaleur, il faut un tiers environ de l’énergie nécessaire auparavant. Mais la pompe à

chaleur a besoin d’électricité, et la consommation augmente en conséquence. Autre exemple:

les maisons Minergie consomment moins d’énergie que les constructions traditionnelles.

L’installation dans ces maisons de systèmes d’aération douce exige toutefois des ventilateurs

actionnés à l’électricité.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 9


Evolution de la production d’électricité

et des besoins en Suisse

TWh

50

40

30

20

10

Consommation nationale plus consommation des pompes d’accumulation (scén. I)

0

1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050

Semestre hivernal

■ Nucléaire

■ Hydraulique

■ Droits de prélèvement

Energies renouvelables

L’OFEN présente différents scénarios dans son étude étendue «Perspectives énergétiques

2035»: selon l’évolution de la consommation de courant, la Suisse peut s’attendre à une

pénurie croissante à partir de 2020 au plus tard, si aucune nouvelle centrale n’est con -

struite. Cela vaut également pour le scénario de la Société à 2000 watts (scénario IV) lequel

repose sur une augmentation considérable de l’efficacité énergétique et sur une baisse

simultanée de la demande d’électricité. Source: OFEN 2007

sionnement des ménages et des entreprises

ainsi qu’un renchérissement

massif des prix de l’électricité. D’où

encore un affaiblissement de la place

économique Suisse. «Les chiffres devraient

nous secouer», a déclaré Walter

Steinmann, directeur de l’OFEN,

Scénario I

Scénario II

Scénario III

Scénario IV

■ Couplage chaleur-force

et centrales fossiles

lors de la présentation des premiers

résultats de l’étude de son office.

DÉFINITIONS

Développement durable: développement permettant de couvrir les besoins actuels des

points de vue écologique, économique et sociétal sans compromettre la possibilité pour

les générations futures de satisfaire les leurs. Ces trois aspects sont tributaires les uns des

autres et sont considérés comme d’égale valeur.

Efficacité énergétique: degré d’efficacité de l’énergie ou de l’électricité utilisée, donc

rapport entre le coût et le bénéfice.

Standard Minergie: norme de construction volontaire et label de qualité pour les bâtiments.

Cette notion désigne une utilisation parcimonieuse de l’énergie avec un recours

substantiel aux énergies renouvelables pour une qualité de vie égale sinon meilleure.

Société à 2000 watts: modèle de politique énergétique développé à l’EPFZ selon lequel

chaque individu pourrait vivre en consommant un tiers environ de l’énergie qu’il utilise

aujourd’hui, sans pour autant renoncer à sa qualité de vie. Cela s’inscrit dans une valeur

moyenne de 2000 watts de puissance continue (consommation moyenne de 24 h sur 24

pendant toute l’année) par personne. En termes de consommation d’électricité, ce serait

cibler une réduction de 1’200 watts actuellement à 1’000 watts environ. Le principal

potentiel d’économie résiderait dans les agents énergétiques fossiles (utilisés pour les

transports et le chauffage).

Economies d’électricité

et nouvelles centrales

Les économies d’électricité constituent,

en l’espèce, une parade importante

contre les futurs problèmes

d’approvisionnement: elles permettent,

d’une part, de diminuer la

consommation d’électricité, d’autre

part, d’améliorer l’efficacité énergétique.

Selon une étude réalisée par

Infras sur demande de l’OFEN, l’entreprise

de conseil mandatée estime

que l’achat d’appareils plus efficaces

et une utilisation plus consciente de

l’électricité permettraient aux seuls

ménages suisses d’économiser 6.7

milliards de kWh, soit l’équivalent

d’un tiers de la consommation globale

des particuliers. Que pourraient

donc faire concrètement les ménages?

L’achat de nouveaux appareils est

une bonne occasion d’économiser de

l’électricité: chaque appareil est désormais

muni d’une étiquette indiquant

sa performance énergétique

classée de A (particulièrement économe)

à G (très gourmand). C’est

surtout dans le cas des gros appareils

électroménagers – cuisinière électrique,

réfrigérateur, congélateur,

lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle

ou humidificateur – que l’acquisition

de produits A permet de réaliser des

économies d’énergie considérables,

économies qui se répercutent tout

aussi agréablement sur le porte-monnaie.

Des efforts sont déployés aujourd’hui

pour interdire la vente, en

Suisse, d’appareils dévoreurs d’énergie.

Mais même les efforts les plus

drastiques dans ce domaine ne pourront

à eux seuls combler la pénurie

qui menace. On peut donc s’inter -

roger sur le type des centrales à

construire afin de garantir, à l’avenir

aussi, un approvisionnement en électricité

sûr, économique et respec-

QUESTIONS TEST

1. Comment l’augmentation de l’effi -

cacité énergétique peut-elle conduire

à une consommation accrue d’élec -

tricité?

2. Pourquoi les prévisions relatives au

recul de la production d’électricité

en Suisse se réfèrent-elles à l’année

2020?

3. Comment économiser de l’électricité

dans les ménages sans perte de

confort?

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 10


Rôle futur de

l’énergie nucléaire

Les changements climatiques et la hausse des prix des agents énergétiques

fossiles conduisent à un nouvel essor de l’énergie nucléaire dans le monde.

Bon nombre de pays projettent la construction de nouveaux réacteurs.

Qu’en est-il de la Suisse?

Au cours des cinquante premières années

de son utilisation civile, l’énergie

nucléaire est devenue un pilier essentiel

de l’approvisionnement mondial

en électricité. Après le coup d’envoi

donné en 1956 à la centrale britannique

de Calder Hall, la puissance installée

a augmenté en flèche: représentant

un peu plus de 5’000 MW en

1965, elle dépassait les 375’000 MW

fin 2006, soit l’équivalent de 16%

environ de la production mondiale

d’électricité.

Les besoins croissants en électricité

et l’ascension des prix du gaz et

du pétrole ont, depuis, entraîné un

boom mondial de la construction de

centrales. A l’heure actuelle, 48 centrales

nucléaires sont en chantier,

dont 29 en Asie (Chine, Inde et Corée

du Sud en particulier), 14 en Europe

de l’Est et une en Finlande et en

France respectivement. Bon nombre

d’autres installations sont en voie de

planification.

Suisse: force hydraulique

et énergie nucléaire

Les centrales hydrauliques produisent

quelque 55% de l’électricité de notre

pays. La Suisse exploite en outre cinq

centrales nucléaires sur quatre sites –

Beznau 1 et 2, Mühleberg, Gösgen

et Leibstadt – installations ayant

fourni 40% de notre courant en

2007. Prises ensemble, les centrales

thermiques conventionnelles et

les nouvelles énergies renouve -

lables ont couvert environ 5% de la

production en 2007.

Lorsque les centrales nucléaires

suisses seront progressivement mises

hors service à partir de 2020, des économies

même très importantes ne

suffiront pas à combler le déficit d’approvisionnement,

et cela d’autant

moins que la consommation d’électricité

continuera d’augmenter. Or les

importations d’électricité ne sont pas

une solution à long terme; la Suisse

deviendrait trop dépendante de

l’étranger, et la sécurité de son approvisionnement

s’en trouverait menacée.

Nos pays voisins connaissant eux

aussi une pénurie croissante d’élec -

tricité, il faut par ailleurs s’attendre

à une hausse des prix du courant. Il

serait donc judicieux de continuer à

produire de l’électricité indigène.

C’est sur cette toile de fond qu’en

2008, des demandes d’autorisation

générale pour de nouvelles centrales

nucléaires ont été déposées pour la

première fois depuis des décennies

en Suisse. Le groupe énergétique

Alpiq (anciennement: ATEL) projette

Les tours de refroidissement comme celles de Gösgen (photo) ou de Leibstadt (page de couverture)

ne sont pas une particularité des centrales nucléaires. Les autres installations thermiques en sont elles

aussi dotées. Le panache qui s’échappe de la tour est de la pure vapeur d’eau.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 11


Les centrales nucléaires dans le monde

Russie

31

Canada

22

USA

104

Arménie

Pakistan 2

1

Chine

11

Japon 54

Corée du Sud 20

Mexique

2

Inde

17

Taiwan

6

Brésil

2

Afrique du Sud

2

2

Argentine

Nombre de centrales nucléaires dans le monde: 441

Puissance totale: 372’700 MW

Part dans la production mondiale d’électricité: 16%

4 Finlande

Suède

Grande-Bretagne

10

19

Pays-Bas

1 Lituanie

1

Allemagne

Belgique 7 17

Rép. tchèque 15

6

Ukraine

4 Slovaquie

France 59

5

4

Suisse

1 Hongrie 2 Roumanie

Espagne

Slovénie 2 Bulgarie

8

La part du nucléaire dans l’approvisionnement en électricité

des pays équipés de centrales nucléaires varie entre 2% (Chine)

et 77% (France). Pour l’Europe occidentale, cette part est

d’un tiers en moyenne. Source: Forum nucléaire suisse 2009

mise à l’approbation du Parlement.

La décision que celui-ci prendra étant

sujette au référendum facultatif, il

est très probable que le peuple suisse

tranchera la question aux urnes. On

admet aujourd’hui qu’un tel scrutin

n’aura pas lieu avant 2013.

Production d’électricité:

exigences multiples

La production de grandes quantités

d’électricité est liée à des exigences rigoureuses.

Les centrales doivent non

ainsi la construction d’une nouvelle

installation dans le Niederamt soleurois,

à côté de la centrale nucléaire

de Gösgen. Quant aux entreprises

d’électricité Axpo et BKW FMB, elles

prévoient toutes deux la construction,

sur les sites actuels, de centrales

nucléaires de remplacement pour

Beznau 1 et 2 et Mühleberg. Ces demandes

sont actuellement examinées

par l’autorité compétente, et si

le Conseil fédéral accorde les autorisations

générales, l’affaire sera souseulement

produire de l’électricité

mais encore contribuer à la sécurité

de l’approvisionnement. La Suisse a

surtout besoin d’énergie en ruban, ce

qui revient à dire que les installations

de production doivent fournir de

l’électricité de manière constante et

programmable. Il est par ailleurs souhaitable

que la production d’électricité

n’entraîne pas de dépendance

trop forte de l’étranger. La production

devrait aussi être économique,

donc par trop chère. Les nouvelles

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 12


Production d’électricité et gaz à effet de serre

Emissions de gaz à effet de serre

(équivalents-CO2) en grammes par kWh

1250

1000

750

500

250

0

1231

Lignite

1078

Charbon

885

Pétrole

Le mix énergétique suisse se compose de 40% d’énergie nucléaire et de 55%

de force hydraulique. La production d’électricité est donc pratiquement

exempte d’émissions de CO 2 . C’est pourquoi la Suisse compte parmi les pays

producteurs d’électricité les plus respectueux du climat. Cela se reflète dans les

rejets globaux de CO 2 de notre pays: avec des émissions annuelles de quelque

6 tonnes de CO 2 par habitant, la Suisse fait excellente figure parmi les pays

occidentaux. Source: PSI, 2007

centrales électriques sont tenues de

satisfaire à d’autres exigences encore:

leur mode de production doit, en effet,

être compatible avec le protocole

de Kyoto, signé par la Suisse

dans le cadre de la protection globale

du climat, et faire l’objet d’une acceptation

suffisante de la part de la

population.

Les options possibles sont notamment

la poursuite de l’utilisation du

nucléaire, le développement de la

force hydraulique, la construction de

centrales combinées à gaz et l’encouragement

de nouvelles technologies

en vue de l’utilisation d’énergies renouvelables

telles que le solaire et

l’éolien.

644

Gaz

426

Gaz combiné

Valeurs pour les systèmes

d’approvisionnement électriques

actuels en Europe et en Suisse

8

Nucléaire

4

Hydraulique

78

Photovoltaïque

17

Eolien

Energie nucléaire: question

d’acceptation par la société

Produisant de grandes quantités

d’électricité de manière régulière (en

ruban), les centrales nucléaires sont

donc précieuses en termes de stabilité

du réseau et de sécurité d’approvisionnement.

L’électricité d’origine

nucléaire n’engendre pratiquement

pas de gaz à effet de serre et permet

d’atteindre les objectifs visant à réduire

les rejets de CO 2 (voir graphique).

Contrairement au pétrole et

au gaz, l’uranium – le combustible

utilisé – provient majoritairement de

pays connaissant des conditions politiques

stables. Son prix est relativement

constant et les réserves sont

suffisantes pour l’avenir. Il n’en va pas

de même pour le pétrole et le gaz

dont les cours enregistrent d’importantes

fluctuations; selon les experts,

leurs prix ne manqueront pas de

prendre l’ascenseur à l’avenir. Si l’on

considère le prix de revient global, les

coûts du kWh nucléaire se situent autour

de 4 à 5 centimes, ce qui est relativement

favorable.

Ce qui pénalise les centrales nucléaires,

c’est la durée exigée pour les

autorisations et la construction, soit

une quinzaine d’années. Ces installations

produisent par ailleurs des déchets

radioactifs. La faisabilité technique

d’un dépôt de stockage final

en couches géologiques profondes

en Suisse est scientifiquement admise,

ce qui remplit certes une condition

légale déterminante pour la

construction de nouvelles centrales

nucléaires dans notre pays; les projets

soulèvent toutefois une opposition

politique et sociale chaque fois plus

forte dans les régions de site potentielles.

En dépit des multiples mesures de

sûreté, l’exploitation d’une installation

nucléaire implique un risque résiduel

d’accident, avec des conséquences

plus ou moins néfastes pour

l’homme et l’environnement.

L’avenir du nucléaire dépend dans

une large mesure de son acceptation

par la société. Des sondages récents

Les centrales hydrauliques livrent quelque 55% de l’électricité en

Suisse et constituent ainsi la principale source d’approvisionnement

en courant. La part des centrales nucléaires est de 40%. Les turbines

des centrales au fil de l’eau sont actionnées par l’eau d’un fleuve ou

d’une rivière. Sur la photo, la centrale au fil de l’Aar de Wildegg-Brugg.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 13


Recourir au solaire pour la production d’électricité revient très cher,

mais l’utiliser pour chauffer de l’eau est en revanche judicieux. Sur

la photo, une installation solaire à Aathal, dans le canton de Zurich.

Avis partagés sur l’énergie nucléaire

Sur mandat de l’OFEN, une enquête représentative a été conduite en juillet 2008 auprès

de 1’026 citoyens suisses de toutes les régions du pays. En voici les principaux

résultats:

52% se prononcent partiellement ou totalement contre la production nucléaire

d’électricité. 40% seulement y sont favorables. En Suisse, le refus de l’énergie nucléaire

est donc plus net que dans l’UE, où 45% des gens y sont opposés.

S’il existait une solution sûre et durable pour la gestion des déchets radioactifs,

37% des opposants au nucléaire changeraient d’avis, alors que la majorité (53%)

camperait sur ses positions. Les citoyens s’estimant bien informés sur les déchets

radioactifs sont mieux disposés envers l’énergie nucléaire.

Une majorité considérable des personnes interrogées voit également les avantages

de l’énergie nucléaire, notamment en ce qui concerne la diversification des

sources d’énergie (66%) ainsi que la diminution des émissions de gaz à effet de

serre (65%) et la réduction de la dépendance au pétrole (57%).

77% des personnes interrogées considèrent que les plus gros inconvénients du

nucléaire sont les risques d’accidents et la menace d’attentats terroristes. 72%

ne pourraient pas habiter à proximité d’une centrale nucléaire.

A la demande de swissnuclear, un sondage représentatif similaire a été réalisé pour

la neuvième fois en octobre 2008 auprès de 2’205 personnes. Même si les avis restent

partagés, cette enquête relève cependant que l’attitude face au nucléaire continue

d’évoluer dans le sens positif:

70% des personnes consultées jugent les centrales nucléaires actuelles indispensables

pour l’approvisionnement de la Suisse, alors que 23% d’entre elles ne partagent

pas cette opinion.

79% de la population suisse estiment que nos installations sont plutôt sûres, alors

que 15% les considèrent comme plutôt peu sûres.

46% des voix estiment que la Suisse aura besoin de nouvelles centrales nucléaires,

44% des personnes consultées pensent en revanche qu’elle pourra s’en

passer grâce aux mesures d’économie.

Interrogés sur la façon dont ils voteraient si un scrutin était organisé le week-end

suivant concernant le remplacement d’une centrale nucléaire, 47% des sondés

voteraient oui et 43%, non.

Sources: OFEN 2008, swissnuclear 2008

montrent que les avis de la population

suisse restent partagés en ce qui

concerne la construction de centrales

de remplacement (voir encadré). En

novembre 2008, le corps électoral de

la ville de Zurich a approuvé une modification

de la constitution communale

prévoyant une réduction des

émissions de CO 2 et une sortie à long

terme du nucléaire. Des projets similaires

sont en préparation dans d’autres

villes.

Mais ceux et celles qui se prononcent

contre la production nucléaire se

doivent de proposer des solutions de

substitution. Quelles sont-elles et

peuvent-elles satisfaire aux exigences

d’une production d’électricité orientée

vers l’avenir?

Force hydraulique:

possibilité d’extension limitée

L’électricité d’origine hydraulique est

propre et respectueuse du climat,

puisque la production des centrales

n’engendre pas de gaz à effet de

serre nocifs pour le climat. Les

énormes ressources d’eau – ressources

renouvelables – de la Suisse

nous rendent en même temps plus

indépendants de l’étranger. La production

de courant dans les centrales

au fil de l’eau livre l’électricité en ruban

indispensable pour l’approvisionnement

de base. Les centrales à accumulation

garantissent l’alimentation

dans les périodes de pointe. Coûtant

de 4 à 13 centimes par kWh, l’électricité

livrée pour l’énergie en ruban est

bon marché. Mais selon les «Perspectives

énergétiques 2035» de l’OFEN,

la majorité des sites favorables est

d’ores et déjà mise en valeur. En raison

des procédures d’autorisation de

longue haleine et de considérations

relevant de la protection de l’environnement,

les experts de l’OFEN ne

croient toutefois pas au lancement

de nouveaux projets de grande envergure.

Centrales à gaz:

mauvaises pour le climat

Les centrales combinées à gaz peuvent

produire de grandes quantités

d’électricité et de chaleur et sont en

mesure d’assurer une partie de l’approvisionnement

de base. Du fait de

leur temps de réaction rapide, elles

peuvent aussi répondre à des pics de

demande. La chaleur produite dans

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 14


les centrales combinées est utilisée

comme chaleur à distance à des fins

de chauffage. Les délais de construction

sont courts, la performance est

bonne. Pour couvrir les besoins en

électricité dès 2020, il faudrait

construire cinq à dix centrales de ce

type. Point négatif: le gaz nécessaire

pour la production d’électricité doit

être importé de Russie, ce qui entraîne

une hausse de la dépendance

de l’étranger. Les prix du gaz ont par

ailleurs fortement augmenté ces derniers

temps, or ils déterminent à 70%

le coût de l’électricité livrée par ce

type de centrales. Enfin, celles-ci rejettent

du CO 2 et contribuent donc

au réchauffement climatique global.

L’estimation des coûts de production

fait état de 8 à 12 centimes par kWh.

DÉFINITIONS

Energies éolienne et solaire:

limites naturelles

Les centrales éoliennes fournissent

une électricité propre et écologique.

L’éolien renouvelable connaît un

boom spectaculaire à l’étranger, par

exemple en Mer du Nord, où le vent

souffle régulièrement et où l’espace

disponible permet l’aménagement

de grands parcs d’éoliennes. En

Suisse, on trouve des endroits appropriés

dans le Jura, dans les Préalpes et

les Alpes. Ces centrales ne fournissent

de l’électricité que lorsque le

vent souffle et non pas, malheureusement,

quand on a besoin d’électricité.

Leur production étant imprévisible,

elles ne peuvent donc pas fournir

de l’énergie en ruban et contribuer

ainsi à la sécurité de l’approvisionnement.

Défenseurs du paysage et du

patrimoine témoignent, par ailleurs,

d’une hostilité croissante face à

l’aménagement de grandes éoliennes.

L’importation serait-elle donc

la solution? Non, car les autres pays

producteurs utilisent eux-mêmes

l’énergie éolienne qu’ils produisent

dans le but surtout de pouvoir respecter

les exigences du protocole

de Kyoto. L’électricité éolienne reste

aujourd’hui sensiblement plus chère

que le courant d’origine hydraulique

ou nucléaire. Selon l’Institut Paul-

Scherrer (PSI), les coûts de production

pourraient se situer entre 12.9 et

14.3 centimes par kWh d’ici à 2020.

Tout comme l’éolien, l’énergie solaire

est respectueuse du climat,

puisqu’elle produit de l’électricité

sans émissions de CO 2 . Mais elle est,

elle aussi, soumise à des limites naturelles.

Les installations ne produisent

Référendum facultatif: selon l’article 141 de la Constitution fédérale, 50’000 citoyens et

citoyennes ayant droit de vote ou huit cantons, peuvent dans les 100 jours suivant la publication

d’une décision du Parlement, demander une votation populaire sur cette décision.

Chaleur à distance: provenant d’un centre de production de chaleur, elle est acheminée

jusqu’au consommateur par un système de conduites pour le chauffage et la préparation

d’eau chaude.

Centrale thermique conventionnelle: centrale qui produit de la chaleur par la com -

bustion d’agents fossiles (charbon, fioul, gaz naturel) ainsi que de l’électricité dans des

turbines à vapeur.

Nouvelles énergies renouvelables: parmi celles qui sont utilisées en Suisse pour la

production de courant, on peut mentionner l’incinération des ordures, la biomasse

(p.ex. bois, biogaz issu de l’agriculture), le biogaz issu de l’épuration des eaux usées, les

énergies éolienne et solaire (photovoltaïque).

Protocole de Kyoto: décidé en 1997 à Kyoto, au Japon, il oblige les pays industrialisés à

réduire concrètement leurs émissions de gaz à effet de serre. La Suisse s’est ainsi engagée

à réduire ses émissions de 8% par rapport à 1990. Le protocole de Kyoto expirera en 2012.

Des négociations sont en cours pour la conclusion d’un accord destiné à prendre la relève.

Radioactivité, radioactif: propriété naturelle de certaines matières de se transformer

sans influence extérieure et d’émettre ainsi un rayonnement caractéristique. Selon la

nature, la dose et la durée de l’exposition, celle-ci peut ou non présenter de graves dangers

pour la santé. Les doses infimes contenues dans de nombreuses denrées alimentaires

et dans l’eau que nous buvons sont inoffensives pour l’homme et l’animal. Il en va de

même pour le rayonnement cosmique qui augmente avec l’altitude. L’unité SI utilisée

pour mesurer la radioactivité est le becquerel.

en effet de l’électricité que lorsque le

soleil brille, et non pas quand on en

aurait besoin. Pas plus que l’éolien, le

solaire ne saurait donc assurer l’approvisionnement

de base continu

(énergie en ruban). De plus, le courant

solaire reste encore assez cher, la

production de 1 Wh coûtant actuellement

entre 60 et 120 centimes.

Géothermie: quel potentiel?

Le terme de géothermie désigne l’utilisation

de la chaleur terrestre. Celleci

étant constante, c’est-à-dire disponible

et gérable à toute heure de la

journée et en toute saison, elle pourrait

donc livrer de l’énergie en ruban.

La chaleur du sous-sol peut être mise

à profit pour le chauffage à l’aide de

sondes géothermiques, cela pratiquement

partout où la protection de

la nappe phréatique le permet. L’économie

énergétique y voit un important

potentiel. A l’instar des autres

ressources renouvelables, la géothermie

n’engendre pratiquement pas de

CO 2 . Mais cette technologie en est

encore à ses tout débuts. Plusieurs secousses

partant des puits de forage

ayant été enregistrées, un projet pilote

lancé à Bâle a, par exemple, dû

être interrompu pour des raisons de

sécurité; des dégâts ont été annoncés

dans un rayon de 15 km. On procède

actuellement à une analyse des

risques approfondie et l’on ne sait

pas encore si le projet sera poursuivi.

Selon les estimations des experts,

les coûts futurs de l’électricité géothermique

se situeraient entre 7 et 15

QUESTIONS TEST

1. Quels sont les trois pays du monde

à exploiter le plus grand nombre de

centrales nucléaires?

2. Quelle est la part du nucléaire dans

l’approvisionnement énergétique

de nos pays voisins?

3. Comparez les divers modes de production

d’électricité en fonction du

critère de la sécurité d’approvision -

nement.

4. Comparez les modes de production

sous l’angle de la compétitivité.

5. Quelles formes de production d’électricité

sont selon vous durables, lesquelles

ne le sont pas? Justifiez votre

réponse.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 15


Fonctionnement

d’une centrale nucléaire

A l’instar des autres centrales thermiques, une centrale nucléaire produit de

l’électricité à partir de la chaleur. C’est l’uranium, métal légèrement radioactif,

qui sert de combustible; cet élément chimique se caractérise par une forte

densité énergétique.

Fonctionnement d’une centrale nucléaire

Vapeur d’eau

Bâtiment réacteur

Cuve du réacteur

Turbine à vapeur

Tour de

refroidissement

Vapeur

Alternateur

Transformateur

Crayons combustibles

Eau alimentaire Condensateur Circuit de refroidissement

Source: AES 2008

Une centrale nucléaire se différencie

d’une installation thermique alimentée

au fioul, au gaz ou au charbon

par le mode d’obtention de la chaleur.

Dans les centrales à combustible

fossile, la chaleur est produite par la

combustion de fioul, de gaz ou de

charbon, alors que dans les centrales

nucléaires, c’est l’uranium qui sert de

combustible. Comme toute matière,

Le combustible uranium

l’uranium se compose d’atomes.

C’est la fission de ses noyaux dans un

réacteur nucléaire qui produit de la

chaleur, d’où le nom de centrale nucléaire

ou centrale atomique. Cette

chaleur produit à son tour de la vapeur

qui est amenée à une turbine,

laquelle actionne un alternateur. Pour

des motifs relevant de la physique, les

centrales thermiques, quel que soit

L’uranium est un métal faiblement radioactif que l’on trouve presque partout dans

le monde. Il est extrait dans des mines sous forme d’oxyde d’uranium. Il y en a aussi

dans les phosphates et l’eau de mer. L’uranium est utilisé exclusivement pour la fission

nucléaire, et il n’en existe pas d’autres utilisations. On l’extrait en Australie, au

Canada et en Afrique du Sud, pays qui disposent des plus grandes réserves d’uranium

avec les Etats-Unis et le Kazakhstan. A l’heure actuelle, la moitié environ de

l’uranium nécessaire provient de sources secondaires, notamment du démantèlement

d’armements nucléaires. Le coût de l’uranium n’a qu’un très faible impact sur

le prix de l’électricité puisqu’il ne représente que 5% de son prix de revient.

leur type, ne peuvent transformer en

énergie électrique qu’une partie de la

chaleur qu’elles produisent. C’est

pourquoi les deux tranches de Beznau

sont connectées à un réseau de

chaleur à distance qui fournit de la

chaleur à la région. La centrale de

Gösgen livre elle aussi de la chaleur

industrielle à une entreprise voisine.

A défaut d’un tel réseau, la chaleur

résiduelle sous forme de vapeur est

retransformée (condensée) en eau et

renvoyée dans le circuit pour une

nouvelle production de vapeur. Les

systèmes de refroidissement du réacteur

et le circuit de la vapeur sont fermés

et séparés l’un de l’autre. On

peut donc utiliser directement de

l’eau de mer ou de l’eau d’un fleuve

pour le refroidissement du circuit de

la vapeur. Si c’est impossible pour des

raisons liées à la protection des eaux,

le refroidissement se fait par le biais

d’une tour de réfrigération.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 16


Techniquement résolue:

la gestion des déchets

Les centrales nucléaires, comme la médecine, l’industrie et la recherche,

produisent divers types de déchets radioactifs. La gestion des résidus issus

de l’exploitation des centrales nucléaires est un processus en plusieurs étapes,

soumis à la surveillance des autorités.

Les divers types de déchets radioactifs

doivent tous être traités et évacués de

manière appropriée. En Suisse, ces

déchets sont attribués aux catégories

suivantes selon leur radiotoxicité, leur

période de demi-vie et la composition

des substances qu’ils contiennent:

Déchets de haute activité (DHA):

assemblages combustibles irradiés

qui ne seront plus réutilisés et produits

de fission vitrifiés issus du retraitement

d’assemblages usés.

Déchets alphatoxiques (DAT): déchets

dont la teneur en émetteurs

alpha dépasse la valeur de 20’000

becquerels par gramme de déchet

conditionné. Ces déchets

proviennent surtout du retraitement

d’assemblages combustibles

usés.

Déchets de faible et de moyenne

activité (DFMA): tous les autres

déchets radioactifs.

Stockage intermédiaire

Les déchets radioactifs sont entreposés

aujourd’hui dans divers dépôts de

stockage intermédiaire: dépôts intermédiaires

auprès des centrales nucléaires

elles-mêmes, dépôt de

stockage intermédiaire de la Confédération

(déchets radioactifs issus de

la médecine, de l’industrie et de la recherche)

et Centre de stockage intermédiaire

de Würenlingen (ZWILAG),

mis en service en 2001. Ces installations

font l’objet d’une surveillance

permanente et sont contrôlées régulièrement

par les autorités. La Suisse

dispose de l’espace de stockage nécessaire

pour entreposer la totalité

des déchets radioactifs pendant la

prochaine décennie. Les DHA doivent

d’abord refroidir pendant une quarantaine

d’années avant de pouvoir

être transférés dans un dépôt profond.

Les installations de conditionnement

des déchets permettent de

leur donner une forme se prêtant au

stockage final: les déchets de haute

activité issus du retraitement sont

coulés dans du verre, et les blocs de

verre sont ensuite emballés dans des

conteneurs en acier à paroi épaisse.

Les assemblages combustibles usés

sont emballés directement dans des

conteneurs de sûreté, eux aussi à paroi

épaisse. Quant aux déchets de faible

et de moyenne activité, ils sont le

plus souvent mélangés à du ciment et

scellés dans des fûts.

Parcours jusqu’au dépôt de

stockage en couches géologiques

profondes

La Loi sur l’énergie nucléaire exige

que les déchets radioactifs produits

en Suisse soient, en principe, évacués

dans notre pays. Cette évacuation

doit se faire de manière à protéger

Schéma de gestion des déchets radioactifs

Assemblages combustibles neufs

AC

Retraitement

Déchets

de haute

activité DHA

vitrifiés

Exploitation

AC

usés

Entreposage

AC/DHA

Démantèlement

Conditionnement

DAT

Dépôt géologique profond

AC/DHA/DAT

Médecine, industrie,

recherche

Déchets

alphatoxiques

DAT

Déchets

de faible et

de moyenne

activité DFMA

Entreposage

DFMA

Dépôt géologique profond

DFMA

Les déchets radioactifs résultent de l’exploitation et du démantèlement des centrales nucléaires ainsi que de la réhabilitation des sites. Ils sont

aussi produits en aval des technologies nucléaires appliquées en médecine, dans l’industrie et dans la recherche. Les divers types de déchets

doivent être traités différemment avant leur évacuation dans des dépôts de stockage en couches géologiques profondes. Source: Nagra 2009

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 17


Avant de pouvoir être transférés dans un dépôt de stockage en couches

géologiques profondes, les déchets de haute activité doivent refroidir

dans le centre de stockage intermédiaire de Würenlingen.

durablement l’homme et l’environnement.

Pour les déchets DFMA, cela

signifie leur scellement sûr pendant

30’000 ans, période au bout de laquelle

ils atteignent une radiotoxicité

comparable à celle du granite. La radiotoxicité

des déchets DHA retrouve

après environ 200’000 ans le niveau

du minerai d’uranium naturel utilisé à

l’origine pour la fabrication des

crayons combustibles.

Le concept suisse de gestion des

déchets radioactifs prévoit à cette fin

l’aménagement de deux dépôts de

stockage dans des couches géologiques

profondes, le premier pour les

déchets DHA, les assemblages combustibles

usés et les déchets alphatoxiques,

le second pour les déchets

DFMA. Ces dépôts seront aménagés

à plusieurs centaines de mètres de

profondeur dans des formations rocheuses

appropriées. La fermeture

d’un dépôt sera précédée d’une

longue période d’observation et de

contrôle. A cette fin, des déchets seront

stockés dans un dépôt pilote, où

les conditions de stockage seront les

mêmes que dans le dépôt principal.

Le dépôt pilote continuera à être surveillé

après la fermeture du dépôt

principal.

La première étape de l’aménagement

d’un dépôt géologique profond

est purement technique: il s’agit

de démontrer la faisabilité du

stockage final des déchets radioactifs.

Le Conseil fédéral décide si cette

preuve est ou non apportée et se

fonde pour ce faire sur les travaux de

Beznau est la première centrale nucléaire suisse à avoir publié en 2008

un écobilan exhaustif, englobant l’ensemble du cycle du combustible

depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à l’évacuation des déchets dans

un dépôt en profondeur.

recherches géologiques de la Nagra.

Il a conclu, dès 1988, que la Nagra

avait entièrement démontré la

faisabilité du stockage final des

DFMA, sur mandat des milieux astreints

à l’obligation d’évacuer leurs

déchets. Il est arrivé à la même

conclusion pour les DHA à la fin du

mois de juin 2006.

La démonstration de la faisabilité

du stockage final ayant été faite, le

plan sectoriel «Dépôts en couches

géologiques profondes» a été mis en

chantier. Le Conseil fédéral a approuvé

début avril 2008 le concept

élaboré en la matière par l’OFEN,

concept qui précise les procédures et

les critères déterminants pour le choix

des sites de dépôts géologiques profonds

en Suisse. La Confédération assume

un rôle de direction dans cette

sélection en assurant la coordination

entre tous les acteurs. La Nagra est,

quant à elle, responsable des aspects

scientifiques et techniques. La sécurité

à long terme de l’homme et de

l’environnement reste le critère prioritaire

de la sélection. Les sites retenus

devront par ailleurs disposer de

capacités suffisantes pour accueillir

les déchets qui seront produits par les

centrales nucléaires de remplacement.

Enfin, des aspects liés à la société,

à l’économie et à l’aménagement

du territoire jouent, eux aussi,

un rôle très important.

Compte tenu des critères et des

aspects prédéfinis, la Nagra a désigné

des régions d’implantation potentielles

qui conduiront progressivement

à la sélection de sites concrets

pour l’aménagement de dépôts de

stock-age profonds. L’OFEN a présenté

ces régions le 6 novembre

2008: le Bözberg (AG), la partie nord

de la Lägern (AG/ZH) et le Weinland

zurichois (TG/ZH) pour les déchets

DHA et le Bözberg (AG), le pied sud

du Jura (AG/SO), le Südranden (SH),

le Wellenberg (NW/OW) et le Weinland

zurichois (TG/ZH) pour les déchets

DFMA.

La sélection des sites se déroulera

selon une procédure participative et

transparente en collaboration avec

les offices fédéraux compétents, les

cantons et les communes ainsi

qu’avec des autorités de Suisse et de

l’étranger. La population et les organisations

concernées de notre pays

auront l’occasion de s’exprimer.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 18


Les demandes d’autorisation générale

pour la construction de dépôts

géologiques profonds présentées ultérieurement

par les milieux astreints

à l’obligation d’évacuer leurs déchets

devront être approuvées d’abord par

le Conseil fédéral, ensuite par le Parlement.

La décision du Parlement

étant soumise au référendum facultatif,

si celui-ci aboutit, c’est le peuple

qui tranchera au final. L’objectif des

autorités est de mettre en service les

dépôts de stockage en couches géologiques

profondes avant le milieu de

ce siècle.

Fonds de désaffectation et

fonds de gestion des déchets

Le prix de production de l’électricité

nucléaire inclut les coûts de la gestion

des déchets radioactifs ainsi que de la

désaffectation et du démantèlement

ultérieurs des installations (env. 0.8

ct./kWh). Conformément au principe

du pollueur-payeur, les producteurs

suisses de déchets radioactifs sont tenus

de les évacuer à leurs frais. Ils s’acquittent

déjà régulièrement des coûts

de gestion engendrés, par exemple,

par le retraitement du combustible

usé, les recherches de la Nagra et la

construction de dépôts intermédiaires.

Les coûts de désaffectation,

ainsi que ceux qui seront engendrés

après l’arrêt définitif des centrales

nucléaires, sont financés au moyen

des cotisations versées par les exploitants

de centrale dans deux fonds indépendants:

le Fonds pour la désaffectation

des installations nucléaires

et le Fonds de gestion des déchets radioactifs

provenant des centrales nu-

Espace nécessaire au stockage des déchets

Selon les calculs de la Nagra, les déchets radioactifs produits en Suisse sur une période de

50 ans exigent au total un espace de 100’000 m 3 .

Type de déchets Volume Ce volume correspond à un

cube présentant une arête de

DHA env. 7300 m 3 20 m

Déchets de haute activité, assemblages

combustibles usés (y compris les

conteneurs de sécurité épais pour

le stockage géologique en profondeur)

DFMA de centrales nucléaires env. 60’000 m 3 39 m

Déchets de faible et moyenne activité

issus de l’exploitation et de la désaffectation

des cinq centrales nucléaires

suisses, ainsi que de la réhabilitation

des sites (emballés pour le stockage)

DFMA issus de la médecine,

de l’industrie et de la recherche env. 33’000 m 3 32 m

(emballés pour le stockage)

Ce volume de 100’000 m3 correspond à peu près à l’aile de la gare ferroviaire de Zurich

montrée sur la photo.

Source: Nagra 2007, photo: Comet

DÉFINITIONS

Becquerel: appelé comme tel en hommage au physicien français Antoine Henri Becquerel,

le becquerel est l’unité SI qui sert à désigner la radioactivité. Elle correspond

à une désintégration atomique par seconde. 1 Bq = une désintégration par seconde.

Démonstration de la faisabilité du stockage final: fournit une réponse à la question

de savoir si le stockage final des déchets radioactifs en formations géologiques

profondes est possible en Suisse. La démonstration comprend trois volets: preuve

de l’aptitude du site, preuve de la faisabilité technique et preuve de la sécurité.

Nagra: abréviation de «Société coopérative pour l’entreposage de déchets radio -

actifs». Sur mandat des exploitants de centrale nucléaire et de la Confédération,

la Nagra réalise les travaux de recherche, d’exploration et de projet nécessaires pour

la gestion des déchets radioactifs.

Plan sectoriel: instrument de planification de la Confédération prévu par la Loi

fédérale sur l’aménagement du territoire pour les installations infrastructurelles d’importance

nationale.

QUESTIONS TEST

1. D’où proviennent les déchets radioactifs

en Suisse?

2. Pour quelles raisons deux dépôts différents

sont-ils prévus pour les déchets radio -

actifs?

3. Pourquoi faut-il des installations de

stockage intermédiaire?

4. Quelles sont les étapes de la sélection d’un

site pour l’aménagement d’un dépôt en

couches géologiques profondes en Suisse?

5. Qui assume les coûts de la gestion des

déchets radioactifs et de la désaffectation

des centrales nucléaires après leur mise

hors service?

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 19


Interview avec

Horst-Michael Prasser

Professeur, systèmes d’énergie nucléaire, Ecole polytechnique fédérale

de Zurich EPFZ

En bref: comment fonctionne

l’énergie nucléaire?

Prasser: les centrales nucléaires actuelles

utilisent l’énergie qui se libère

lors de la fission des noyaux d’uranium.

Les neutrons nécessaires au déclenchement

de la réaction sont générés

en tant que sous-produits lors

de la fission, ce qui donne lieu à une

réaction en chaîne auto-entretenue.

Dans les réacteurs en service aujourd’hui,

les neutrons sont freinés

avant de déclencher de nouvelles fissions,

ce qui permet à la réaction en

chaîne de se produire plus facilement.

L’eau est utilisée comme frein.

C’est cette technologie éprouvée qui

fait fonctionner les centrales nucléaires

suisses.

Il est moins facile de réutiliser immédiatement

pour d’autres fissions

les neutrons non freinés. Cela pré -

senterait cependant l’avantage d’une

meilleure mise à profit de l’isotope

d’uranium 238, plus difficilement

fissible; or cet isotope représente

la quasi-totalité de la masse de

l’uranium naturel, et l’on disposerait

de ce fait d’une quantité de com -

bustible bien plus importante. C’est

là un domaine de recherche et de

développement: de nouvelles filières

de réacteurs maîtrisant cette transformation

permettraient de produire

de l’électricité pendant plusieurs milliers

d’années avec les stocks d’uranium

actuellement disponibles. Cette

technologie est celle des surgénérateurs.

La fusion constitue la troisième

possibilité d’utiliser l’énergie nucléaire.

Elle est toutefois très compliquée

à réaliser puisqu’elle ne repose

pas sur le principe de la réaction en

chaîne. D’une part, la réaction de fusion

doit être entretenue par un apport

énergétique extérieur continu,

d’autre part, il subsiste pas mal de

problèmes liés aux très hautes températures

du plasma qui en résultent. Le

projet international ITER vise à trouver

de premières solutions.

Selon un sondage représentatif

réalisé en 2008 sur mandat

de l’OFEN, 75% des personnes

inter rogées estiment que le risque

d’accidents est l’inconvénient

majeur de l’énergie nucléaire.

Cette préoccupation est-elle

fondée?

Prasser: la forte radioactivité qui se

forme dans le combustible lors du

fonctionnement d’un réacteur con s -

titue l’inconvénient majeur de l’éner -

gie nucléaire. Il est néanmoins possible

de contenir ce risque en évitant

les rejets de substances radioactives

dans l’environnement. Une technique

de sûreté fiable, du personnel

qualifié et une bonne culture en matière

de sécurité sont nécessaires à

cette fin. Ces trois conditions sont

remplies en Suisse. L’existence d’une

autorité de surveillance indépendante

est, elle aussi, très importante.

L’énergie nucléaire est-elle

compatible avec la protection

du climat?

Prasser: l’énergie nucléaire représente

une mise en pratique de la protection

du climat. Elle allie, en effet,

des émissions de CO 2 minimales avec

une disponibilité constante, et cela à

des prix de production d’électricité

quasiment imbattables. Le nucléaire

et la grande hydraulique sont les

seuls à pouvoir concurrencer avec

succès les agents énergétiques fossiles

sans une intervention de l’Etat

au niveau de la réglementation des

prix. Mais au-delà de l’aspect des gaz

nocifs pour le climat, l’énergie nucléaire

comporte encore d’autres

avantages écologiques si l’on considère

l’ensemble du cycle énergétique

et la consommation totale de matières

premières nécessaires à la

construction des installations. On oublie

le plus souvent que les chantiers

exigent aussi l’utilisation de grandes

quantités de cuivre, de fer, d’aluminium

et de béton. Or l’énergie nucléaire

est bien moins gourmande sur

ce point que la plupart des sources

d’énergie renouvelables. Il s’ensuit

que son impact spécifique sur l’environnement

et la santé est moindre

que celui que l’on constate, par

exemple, dans le cas des cellules solaires

ou des installations éoliennes.

Et cela malgré l’existence des mines

d’uranium sans lesquelles les centrales

nucléaires seraient privées de

combustible. Bien sûr, cela ne veut

pas dire que l’on devrait renoncer à

construire des installations photovoltaïques

ou des générateurs éoliens;

il s’agit seulement de diminuer la

Horst-Michael Presser (né en 1955), a fait des

études en génie nucléaire à Moscou, a passé son doctorat

en 1984 à Zittau et a été nommé en avril 2006

professeur ordinaire en systèmes d’énergie nucléaire

à l’EPF de Zurich. Il a travaillé pendant vingt ans dans

la recherche sur la sûreté des réacteurs et plus par -

ticulièrement sur les problèmes d’écoulement, en

dernier lieu comme directeur des départements Ana -

lyse des incidents et Dynamique expérimentale des

thermofluides à l’Institut de recherche sur la sécurité

du Centre de recherche de Rossendorf, près de

Dresde. En collaboration avec d’autres professeurs, il

a mis sur pied un master en systèmes d’énergie nucléaire,

un cursus proposé conjointement pas l’EPFZ et

l’EPFL depuis 2008. Il consacre ses heures de loisirs au

piano et à l’escalade. www.master-nuclear.ch

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 20


consommation d’énergie fossile et de

ne pas essayer de remplacer l’énergie

nucléaire.

Que pensez-vous de la décision

de l’Allemagne de sortir du

nucléaire?

Prasser: c’est une grande erreur, car

on constate d’ores et déjà que seule

la construction de nouvelles centrales

au charbon peut assurer la sécurité

de l’approvisionnement du pays.

Les réserves d’uranium ne sont pas

non plus illimitées. Les centrales

nucléaires risquent-elles, un jour,

d’être mises à l’arrêt faute de combustible?

Prasser: les réserves d’uranium sont

bien plus répandues qu’il n’est communément

admis. En ce qui concerne

les gisements déjà explorés dont l’exploitation

pourrait commencer à tout

moment, ils recèlent de l’uranium

pour 80 ans environ au niveau de

consommation actuel. On estime que

les ressources de l’uranium exploitable

à moins de 130 dollars américains

le kilo suffiraient par ailleurs pour 160

ans. Même à ce niveau des coûts, la

part de l’uranium dans le prix de

l’électricité représente moins de 0.3

centime par kWh, ce qui laisse une

marge importante en termes de

coûts et de quantités exploitables. A

l’avenir, il sera par ailleurs possible de

recourir à des gisements non conventionnels,

par exemple à l’uranium

contenu dans le minerai de cuivre, les

roches phosphatées et même la

houille ou l’eau de mer qui, elle,

contient de l’uranium pour des milliers

d’années.

Des changements surviendront

également au niveau des besoins.

Bien sûr, ceux-ci augmenteront si le

nucléaire connaît un nouvel essor,

mais les nouveaux réacteurs consomment

environ la moitié moins d’uranium

par kWh que le parc nucléaire

actuel. On pourra donc quasiment

doubler la puissance installée sans

pour autant diminuer l’étendue des

ressources connues dont j’ai parlé ciavant.

Si l’on parvenait un jour à fabriquer

les surgénérateurs en série, il

ne faudrait plus que très peu d’uranium

naturel. Ainsi, le nucléaire recèle

de nombreux potentiels puissants

pour un approvisionnement en

combustible à long terme.

L’énergie nucléaire n’est pas une

nouvelle technologie. Qu’en est-il

toutefois des innovations de ces

dernières années?

Prasser: au cours des dernières décennies,

la recherche dans le domaine

de la sécurité des réacteurs a

fait un immense bond en avant. Au

moment de la construction des centrales

nucléaires les plus anciennes

encore en service aujourd’hui, l’occurrence

de dégâts sur le cœur du

réacteur misait sur une base de 1000

à 10’000 ans par installation. Personne

ne le savait au juste puisque les

méthodes d’analyse, devenues la

norme aujourd’hui, n’existaient pas

encore. La probabilité d’un incident

s’inscrit de nos jours dans une perspective

de plus de 100’000 ans, voire

d’un million d’années; en outre, une

fusion du cœur ne conduirait plus

nécessairement à des émissions radioactives

catastrophiques dans l’environnement.

Ce constat est permis à

la lumière des mesures de rééquipement

étendues qui ont été prises en

réponse à la recherche sur la sûreté

des réacteurs. Les nouveaux types de

réacteurs dont disposent désormais

les centrales modernes justifient

d’une probabilité encore plus faible

de fusions du cœur. Ces installations

sont par ailleurs équipées pour la première

fois de systèmes automatiques

permettant de confiner la radioactivité

de manière sûre dans le bâtiment

du réacteur, au cas où un tel accident

devrait quand même se produire.

Des recherches intensives continuent

d’être menées pour améliorer

l’efficacité des centrales et leur sécurité,

diminuer le volume des déchets

radioactifs et fournir de la chaleur industrielle

à l’industrie chimique, par

exemple en vue de la fabrication

d’hydrogène comme carburant de

demain. On parle également de réacteurs

de 4 e génération. La Suisse participe

à de nombreux projets internationaux,

ainsi qu’au développement

de sources neutroniques pour les

réacteurs dits de transmutation. Le

prototype d’une telle source a été

testé au PSI. Il devrait un jour permettre

de transformer en isotopes à vie

courte des éléments de haute activité

à vie longue contenus dans les déchets

nucléaires. Cet essai s’appelle

MEGAPIE et a été un franc succès

pour les chercheurs à Würenlingen.

Interview

avec Céline

Boulet

Etudiante de la filière

master en génie nucléaire.

Pourquoi avez-vous choisi de suivre

le programme de maîtrise en génie

nucléaire?

Boulet: Après un bachelor en phy -

sique, je souhaitais appliquer mes

connaissances à un domaine plus

concret, en particulier à celui de

l’énergie.

Comment jugez-vous vos débouchés

professionnels après le diplôme?

Boulet: La question de l’énergie est

plus que jamais d’actualité, ce qui me

rend plutôt positive concernant les

offres d’emploi. Etant donné que

le renouvelable n’est pas suffisant et

que le plasma n’est pas encore réalisable,

le nucléaire s’impose comme

une solution.

Le nucléaire libère d’énormes

énergies. N’avez-vous pas des

doutes à propos de cela?

Boulet: Plus j’en apprends dans le

domaine du nucléaire et plus je suis

convaincue que c’est une ressource

sûre. Bien évidemment, le risque zéro

n’existe pas, mais je pense sincèrement

que les avantages du nucléaire

surpassent de loin ce qui peut lui être

reproché.

Céline Boulet (née en 1988) a achevé

avec succès ses études bachelor en physique

à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale

de Lausanne). Elle a terminé sa troisième

année dans le cadre du programme

Erasmus à l’Imperial College de Londres.

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 21


Sources

Office fédéral de l’énergie (OFEN): Perspectives

énergétiques 2035, tome 5: Analyse et évaluation

de l’offre d’électricité, Berne: 2007

Office fédéral de l’énergie (OFEN): Chercher ensemble

un site approprié. Le plan sectoriel «Dépôts

en couches géologiques profondes». Berne:

2008

Office fédéral de l’énergie (OFEN); Statistique

globale suisse de l’énergie 2007. Berne: 2008

Office fédéral de l’énergie (OFEN); Statistique

suisse de l’électricité 2007. Berne: 2008

Inspection fédérale de la sécurité nucléaire

(IFSN): Schéma du fonctionnement d’une centrale

nucléaire. Villigen: 2002

Koelzer W.: Lexikon zur Kernenergie. Karlsruhe

2001.

Nagra: nagra Focus no 4. Wettingen: 2003

Forum nucléaire suisse: Les centrales nucléaires

dans le monde. Berne: 2008

Institut Paul-Scherrer (PSI): Le point sur l’énergie

no 18. La société à 2000 watts: Norme ou panneau

indicateur? Villigen: 2007

Institut Paul-Scherrer (PSI): Nouvelles énergies renouvelables

et nouvelles installations nucléaires:

potentiels et coûts. Rapport du PSI no 05-04. Villigen

2005.

Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents

(Suva): Rayonnements ionisants. Lucerne:

2002

Swissnuclear: Enquête sur l’énergie nucléaire. 9e

sondage. Olten: 2008

Association des entreprises électriques suisses.

Graphiques sur l’électricité. Aarau: 2008.

Liens

Politique/Administration

Office fédéral de l’énergie (OFEN)

Office fédéral de la santé publique (OFSP)

Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFNS)

«Perspectives énergétiques 2035» de l’OFEN

Centrales nucléaires

Centrale nucléaire de Leibstadt

Centrale nucléaire de Gösgen

Centrale nucléaire de Mühleberg

Centrale nucléaire de Beznau

www.energie-suisse.ch

www.bag.admin.ch

www.ensi.ch

www.energie-perspektiven.ch

www.kkl.ch

www.kkg.ch

www.fmb.ch

www.nok.ch

Organisations/Entreprises

Forum suisse de l’énergie

www.energie-energy.ch

Standard Minergie

www.minergie.ch

Société coopérative nationale pour le stockage

de déchets radioactifs (Nagra)

www.nagra.ch

Forum nucléaire suisse

www.forumnucleaire.ch

Conseil suisse de l’énergie

www.energie-energy.ch

Fondation suisse de l’énergie

www.energiestiftung.ch

Société suisse des ingénieurs nucléaires (SOSIN)

www.sns-online.ch

swissgrid, exploitant du réseau de transport

www.swissgrid.ch

swissnuclear

www.swissnuclear.ch

Association des entreprises électriques suisses (AES)

www.strom.ch

Site Internet de l’AES sur le thème de l’électricité pour

les enseignants, les étudiants et les personnes intéressées www.poweron.ch

Portail «Savoir» et «Information» sur

l’énergie nucléaire

www.energienucleaire.ch

World Wildlife Fund (WWF) Suisse

www.wwf.ch

Centre de stockage intermédiaire de Würenlingen (ZWILAG) www.zwilag.ch

Recherche/Formation

Institut Paul-Scherrer

Master en sciences d’ingénierie nucléaire

de l’EPFL et de l’ETH de Zurich

www.psi.ch

www.master-nuclear.ch

Impressum

Editeur:

2e édition revue et augmentée, 2009

Auteur: Adrian Flückiger, Berthoud

Direction de projet: Bernhard Probst, Zurich

Lecture et révision: Monika Wyss, Dürnten; Barbara Lehmann, Berne

Conseils: Adrian Sulzer, swissnuclear

Traduction: Paule Valiquer, Bienne

JUGEND UND WIRTSCHAFT

JEUNESSE ET ECONOMIE

GIOVENTÙ ED ECONOMIA

Mise en pages: Büro eigenart, Stefan Schaer, Berne, www.eigenartlayout.ch

Impression: Kalt-Zehnder-Druck AG, Zoug, www.kalt.ch

Illustrations: Bee Kaufmann, www.gutundschoen.ch, Zurich: pages 8, 16, 17

Photos: centrale nucléaire de Leibstadt: photo de couverture, page 3; Keystone: pages 4,

7, 11, 16; Axpo: pages 13, 18; swissnuclear: page 14; Nagra/Comet: page 18

Images:

Il n’a pas toujours été possible de retrouver les titulaires des droits pour les textes et les

illustrations. Les prétentions justifiées et justifiables sont prises en charge dans le cadre des

conventions usuelles. Tous droits réservés © 2009 Jeunesse et économie, Thalwil/Suisse

Energie nucléaire | Input 1/2009 | Page 22


Set didactique Input

Une offre pour diversifier l’enseignement au niveau secondaire supérieur

Les sets didactiques comprennent en règle générale une brochure pour les élèves. Celle-ci

est accompagnée d’un commentaire à l’intention du personnel enseignant ainsi que d’une

E-lesson, disponibles gratuitement sur Internet. Les sets didactiques traitent de thèmes

con cernant l’économie, la société et la politique.

Prix (port en sus):

Exemplaire à l’unité: Fr. 6.–

Set à 10 exemplaires: Fr. 20.–

Abonnement (4 éditions d’Input + 1 Input Spécial): Fr. 30.–

L’adresse de commande se trouve au dos du cahier

E-Lesson

Brochures Input

Les cahiers Input sont des brochures à

l’intention des élèves. Ils traitent de

thèmes d’actualité concernant l’économie,

la société et la politique.

Chaque cahier Input contient:

Des informations de base relatives

à chaque thème

Deux interviews de personnalités

Des exercices relatifs à chaque

chapitre

Une bibliographie et une liste

de liens électroniques

Commentaire à

l’intention du personnel

enseignant

Le commentaire à l’intention du personnel

enseignant ainsi que des présen -

tations sous forme de transparents sont

disponibles à l’adresse:

www.jugend-wirtschaft.ch/input

On trouve à disposition sur www.jugendwirtschaft.ch

des programmes d’E-learning

relatifs aux thèmes abordés. Ces

E-lessons sont complémentaires des brochures

Input.

Les E-lessons comprennent:

Trois à cinq modules interactifs.

Ceux-ci appuient la phase

d’apprentissage du thème traité.

Un test final. Il peut être utilisé

comme préparation à une inter -

rogation ou comme outil de

con solidation des connaissances

acquises.

Le commentaire à l’intention du personnel

enseignant comprend:

Les solutions des exercices

Des présentations sous forme

de graphiques

Des articles de presse


Information sur l’énergie nucléaire

Couvrant quelque 40% des besoins énergétiques de la Suisse, l’énergie nucléaire

revêt une grande importance pour notre pays. Cela fait d’elle la principale source

d’énergie après la force hydraulique (env. 55%). Le nucléaire est toutefois contesté

par certains: ce sont surtout les déchets radioactifs qui préoccupent les

esprits. La publication que voici présente les principes de base dans ce domaine

ainsi que les principaux aspects techniques, juridiques, politiques, sociétaux et

écologiques liés à l’énergie nucléaire.

Cahier:

A/F/I

Commentaire à l’intention du personnel enseignant: A/F/I

JUGEND UND WIRTSCHAFT

JEUNESSE ET ECONOMIE

GIOVENTÙ ED ECONOMIA

Secrétariat central:

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Publications Input 2009

Input 1/2009 Energie nucléaire (A/F/I)

Input 2/2009 Mobil kommunizieren (A avec E-Lesson)

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Input 4/2009 LandWirtschaft (A)

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Input 2/2008: Finanzplatz Schweiz (A avec E-Lesson)

Input 3/2008: Mobilität (A)

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Spécial Input

Spécial Input 2007: La mutation démographique: un défi pour l’avenir

Spécial Input 2006: Working Poor

Vous trouverez les E-lessons, les E-Input et les autres titres Input à l’adresse

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