ValdeMarne n°276 / Février 2011 - Conseil général du Val-de-Marne

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ValdeMarne n°276 / Février 2011 - Conseil général du Val-de-Marne

Le magazine du Conseil général n° 276 / Février 2011

Le VAL-DE-MARNE, plus qu'un département, un service public.

DOSSIER / PAGES 24 À 30

Budget 2011

1,8 milliard d’euros pour améliorer

le quotidien des Val-de-Marnais.

© C. Bardavid

ENTRETIEN

Professeur Laurent

Lantiéri, spécialiste de

la greffe du visage.

Pages 18-19

© D.R.

DÉCOUVERTE

“Arts d’artisans”

à l’écomusée du

Val de Bièvre.

Pages 44-45


SOMMAIRE DU N°276 – FÉVRIER 2011

ÉDITORIAL

L’ÉVÉNEMENT pages 4-5

La révolution numérique

est en marche

L’Île-de-France passera le 8 mars prochain

à la télé tout numérique. Cela signifie l’arrêt

définitif de la diffusion analogique des

principales chaînes nationales. Éclairage.

L’ACTUALITÉ pages 6 à 17

• Santé

• Collèges

• Environnement

• Les chantiers près de chez vous

VAL DE

MARNE

LE MAGAZINE

DU CONSEIL GÉNÉRAL

VIVRE LE VAL-DE-MARNE

© A. Bachellier © Joseph Melin

© Idé

CONSTRUIRE

LE VAL-DE-MARNE

L’ENTRETIEN pages 18-19

Avec Laurent Lantiéri, chef du service

de chirurgie plastique et reconstructrice

à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil.

REPORTAGE pages 20-21

Les personnes handicapées résidant

dans notre département peuvent bénéficier

d’un service de transport adapté, Filival,

pour le prix d’un ticket de bus.

ILS FONT LE VAL-DE-MARNE

pages 22-23

● Hamid Hamani, association CAJT, Thiais

● Éric Seyden, association Parlez Cités,

Le Kremlin-Bicêtre.

● Michel Riousset, président de l’école

des Bords de Marne, Joinville-le-Pont.

DOSSIER pages 24 à 30

Budget 2011 :

développement des

solidarités pour tous

Le Conseil général vient d’adopter, à la

majorité, son budget. Celui-ci entend

répondre aux besoins des Val-de-Marnais

et demande à l’État de compenser

intégralement le financement des allocations

de solidarité RSA, APA et PCH.

DÉBATTRE

EN VAL-DE-MARNE

C’EST VOUS QUI LE DITES

page 31

Forum, courrier, avis. Vous avez la parole.

TRIBUNES pages 32 à 35

Les groupes politiques du Conseil général

donnent leurs points de vue.

BOUGER EN

VAL-DE-MARNE

À L’AFFICHE pages 36 à 41

Danses en Nord

La 16 e Biennale de danse met cap

au Nord avec des compagnies belges,

danoises, norvégiennes… Décollage

le 1 er mars avec Hervé Diasnas, l’homme

qui danse comme un oiseau.

SPORTS pages 42-43

Patinage : trophée

Idriss-Abback

Les 5 et 6 mars, les espoirs français

de la danse sur glace vont se retrouver

à Fontenay-sous-Bois pour la

8 e édition de cette compétition.

DÉCOUVERTE pages 44-45

Écomusée

du Val de Bièvre

L’exposition « Arts d’artisans » présente,

à travers des photos, textes et objets,

l’univers des métiers d’art. Tout un

savoir-faire au service d’une passion.

MÉMOIRE page 46

Durant la Seconde Guerre mondiale,

à la prison de Fresnes, condamnés politiques,

de droits communs et résistants écrivent

leurs dernières lettres. La Maison de l’Histoire

et du Patrimoine les expose aujourd’hui.

VU PAR… page 47

L’allocation personnalisée d’autonomie

(APA), financée par le Conseil général,

permet à des milliers de Val-de-Marnais

en perte d’autonomie de vieillir

dignement chez eux.

CONNAISSANCE DU VAL-DE-MARNE, LE MAGAZINE DU CONSEIL GÉNÉRAL DU VAL-DE-MARNE, n°276, février 2011. Hôtel du département, 94011 Créteil Cedex.

Tél. : 39 94. Courriel : cvm@cg94.fr. Internet : www.cg94.fr. DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Frédéric Houx. DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION :

Alain Germain. RÉDACTEUR EN CHEF : Alain Jégou. RÉDACTION : Jean-Pierre Delahaye, Francine Déverines, Ali Aït-Salah, Laura Podoroski. Avec la collaboration

de Claude Bardavid, Stéphane Le Puill, Laurence Flamand, Élise Lewartowski. SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Anthony Larchet. SECRÉTARIAT : Joëlle Béroule.

RESPONSABLE PÔLE PHOTO : Alain Bachellier. PHOTOTHÈQUE : Joëlle Javiot. INTERNET : Marie Dujardin et web@cg94.fr. VAL-INFO 94 : val-info94@cg94.fr

CRÉATION-RÉALISATION : Pellicam Productions (01 49 08 01 61). IMPRESSION : Grenier (01 46 15 83 00). DISTRIBUTION : Adrexo.

TIRAGE : 581 000 exemplaires. ISSN : 1963 - 2614.

© Erik Berge

© D. R.

Journal imprimé sur

Orbival, une belle victoire pour les

Val-de-Marnais !

Il y a quelques jours, un accord important entre l’État, la Région et les conseils généraux

d’Île-de-France a été conclu portant sur un protocole sur les transports publics, et notamment

sur les projets de métro pour la région capitale.

C’est, j’en suis convaincu, une très belle victoire pour le Val-de-Marne et tous ses habitants.

En effet, le projet de métro Orbival, que nous portons ensemble depuis plus de cinq ans, ainsi

que le prolongement de la ligne 14 jusqu’à Orly sont désormais acquis.

Il reste, bien sûr, des confirmations à obtenir quant aux financements dégagés et à la localisation

de certaines stations qui nous semblent indispensables.

Le consensus qui aujourd’hui se dégage sur une complémentarité entre les différents projets

va concourir à améliorer les déplacements quotidiens de millions de Franciliens. Cet accord est

une excellente nouvelle et un très beau succès.

Nous avons, en Val-de-Marne, été

les premiers, les pionniers en

quelque sorte, à exprimer le besoin

d’une ligne de métro traversant

notre département d’est en ouest.

Nous avons été les premiers à

associer tous les élus concernés,

quelle que soit leur sensibilité, à

mobiliser les acteurs économiques,

sociaux, institutionnels, à appeler

les Val-de-Marnais à soutenir ce

projet innovant.

Depuis, vous êtes plus de 60 000

à vous être engagés en faveur

d’Orbival, vous êtes très nombreux à

avoir participé aux différentes

réunions qui se sont tenues en Valde-Marne

dans le cadre du débat

public engagé à l’automne 2010.

Je suis convaincu que notre mobilisation conjointe, que le consensus qui s’est dégagé en

Val-de-Marne pour porter le projet Orbival ne sont pas étrangers à l’accord qui semble

aujourd’hui se dessiner.

Des engagements, il nous faut maintenant passer aux actes.

Nous avons été les premiers à vouloir le métro pour la banlieue, il nous faut maintenant être

les premiers à pouvoir en bénéficier.

Continuons donc de nous mobiliser pour obtenir l’engagement sans délai des études préalables

au démarrage des travaux, afin que le chantier puisse démarrer dès 2013 et que les premières

rames d’Orbival puissent rouler en 2017.

CHRISTIAN FAVIER

Président du Conseil général du Val-de-Marne

Secrétaire général adjoint de l’Assemblée des départements de France

Christian Favier (à gauche) avec Maurice Leroy, ministre de la Ville, Nathalie Kosciusko-Morizet,

ministre des Transports, Jean-Paul Huchon, président de la Région et les président de conseils

généraux d’Île-de-France, lors de la présentation du protocole État-Région relatif aux transports

publics en Île-de-France, le 26 janvier.

© C. Petit

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Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 3


VIVRE LE VAL-DE-MARNE

© Joseph Melin

L’Île-de-France passera le 8 mars

prochain à la télé tout numérique. Cela

signifie l’arrêt définitif de la diffusion

analogique des principales chaînes

nationales (TF1, France 2, France 3,

France 5/Arte et M6) et son remplacement

par la télévision numérique terrestre

(TNT). Canal +, quant à elle, a

franchi l’étape le 24 novembre dernier.

À la clé, l’accès pour les téléspectateurs

d’un plus grand nombre de

chaînes (jusqu’à 18 chaînes

nationales gratuites) et

une meilleure qualité

d’image et de son. Si

le fameux bandeau

noir apparaît régulièrement

sur votre

écran, pas de doute,

vous êtes concerné

par le changement

qu’il vous faudra opérer.

Vous faites partie

des foyers qui reçoivent les

six principales chaînes, et uniquement

celles-ci, grâce à une antenne

râteau ou une antenne intérieure. Pour

continuer à voir votre petite lucarne et

éviter l’écran noir fatal le 8 mars prochain,

vous devez vous équiper d’un

adaptateur TNT ou acquérir, si vous le

souhaitez, une télé avec la TNT intégrée.

Vous pouvez également décider

de passer à un autre mode de réception.

Les offres ne manquent pas : câble,

satellite, ADSL, fibre optique. Si vous

êtes dans l’expectative, et ne savez sur

quelle chaîne danser, adressez-vous à

un téléconseiller sur la plateforme téléphonique

mise en place par France Télé

Numérique (0 970 818 818, au prix

d’un appel local). Vous obtiendrez une

réponse adaptée à votre situation.

En cas de démarchage intempestif,

ne donnez surtout pas suite… Bien

entendu, les foyers recevant déjà les

L’ÉVÉNEMENT

La révolution

numérique

est en marche

18

chaînes

nationales

gratuites

chaînes de la TNT par une antenne

râteau, une parabole, une box ADSL, la

fibre optique ou le câble ne sont pas

concernés. Ils sont déjà entrés dans l’ère

du numérique. Attention ! Au moment

de l’extinction du signal analogique, les

fréquences d’émission des chaînes en

numérique peuvent changer. Vous

devrez donc lancer une nouvelle

recherche et mémoriser les chaînes sur

chaque poste recevant la télévision

numérique par une

antenne râteau ou intérieure,

y compris sur

les postes recevant

la TNT depuis longtemps.

Vous pouvez

faire appel à

un professionnel

pour vous aider,

mais choisissez bien

votre antenniste ou

revendeur. France Télé

Numérique recommande

de s’adresser à des professionnels

qui se sont engagés en signant la

charte de confiance « Tous au numérique

! ». Ils sont reconnaissables grâce

à un label « Professionnel agréé tous au

numérique ». Pour ceux qui auraient

choisi un mode de réception alternatif,

en privilégiant par exemple l’achat et

l’installation d’une parabole et d’un

décodeur satellite, il est impératif

de demander un devis détaillé avant

toute prestation, avec la ventilation

entre le prix du matériel et celui de

l’installation.

Pour en savoir plus

Télévision

Claude Bardavid

www.tousaunumerique.fr

Tél. : 0 970 818 818.

En page 15, fiche pratique sur les aides

financières accordées (selon conditions)

pour le passage à la télé numérique.

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Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 5


L’ACTUALITÉ

L’ACTUALITÉ

© A. Bachellier

Élus, responsables universitaires et personnels exigent de Claude Évin, directeur de l’ARS, un moratoire

sur la fermeture du service de chirurgie cardiaque à l’hôpital Henri-Mondor.

SANTÉ

Défense du service public

hospitalier

Dans un contexte de réforme hospitalière, personnels, responsables universitaires, syndicats

et élus se mobilisent pour le maintien de la chirurgie cardiaque à Henri-Mondor.

JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES

Les femmes, une histoire toujours en mouvement

En 1970, alors que des milliers de

femmes sont dans la rue pour exiger

l’égalité et le droit à l’avortement, une

jeune historienne, Michelle Perrot,

s’interroge sur le silence de sa discipline

sur la place des femmes dans l’Histoire,

et décide d’y consacrer ses recherches.

De L’Histoire des femmes (1991) qu’elle

codirige avec Georges Duby, à l’Histoire

de chambres (Prix Femina, 2009), ses

travaux sont internationalement reconnus.

Michelle Perrot est l’invitée du Conseil

général à l’occasion du 8 mars. Une

rencontre pour débattre où en sont les

femmes dans l’Histoire, bien sûr, mais

aussi dans la société d’aujourd’hui.

L’année 2010 a vu de grandes remises

en cause aggravant les injustices dont

elles sont victimes (retraite, travail,

santé…). C’est dans ce contexte qu’en

décembre le Conseil général a adopté

un plan pour faire de l’égalité entre les

hommes et les femmes une dimension

incontournable de ses actions. Ce plan

a été élaboré avec des citoyens et des

agents départementaux, dans le cadre

d’ateliers participatifs sur lesquels un

film en ouverture de soirée reviendra.

Au programme également, une partie

spectacle et une exposition sur les

femmes en résistance dans le monde.

La traditionnelle affiche de la journée

a été confiée à Élisabeth Ballet. Elle sera

offerte à tous les participants. F. D.

Pour en savoir plus

Le 8 mars, à partir de 18 h,

à l’hôtel du département, à Créteil.

Tél. : 01 56 72 89 38. www.cg94.fr

Michelle Perrot.

LIEU DE VIE / VILLAGE DE VACANCES DE JEAN-FRANCO / 5 JANVIER

Moment de détente auprès d’un bon feu, avec un thé brûlant au village de Jean-Franco, situé sur le domaine de La Plagne. Les villages

de vacances du Conseil général, Guébriant et Jean-Franco, accueillent chaque année 10 000 Val-de-Marnais, principalement des familles

et des collégiens, pour des séjours de qualité à la montagne. Plus de 1 000 Val-de-Marnais viennent d’y fêter Noël et le Jour de l’An

sous une neige abondante.

© Lea Crespi

L’annonce de fermeture imminente

du service de chirurgie cardiaque du

centre hospitalo-universitaire Henri-

Mondor de Créteil a suscité une très vive

réaction. Une délégation de conseillers

généraux et élus locaux (1) , de personnels

et syndicats conduite par Christian Favier,

président du Conseil général, Laurent

Cathala, député-maire de Créteil, et

Simone Bonnafous, présidente de l’université

Paris-Est Créteil (UPEC) a interpellé

Claude Évin, directeur général de

l’Agence régionale de santé (ARS). Ils ont

exigé un moratoire et l’ouverture d’une

table ronde lors de l’installation, ce

19 janvier, de la conférence territoriale

de santé (2) . Résultat de la négociation :

le service - dont le plateau chirurgical -

pourrait être conservé sous la condition

d’une mutualisation avec le CHU Pitié-

Salpêtrière (Paris 13 e ) autour d’un institut

cardiologique commun. « C’est un

premier pas positif », se sont félicités les

élus et responsables universitaires, « même

s’il faut rester vigilant ». La décision de mise

en œuvre appartient désormais à la direction

de l’Assistance publique - Hôpitaux

de Paris (AP-HP).

Les menaces de fermeture planaient déjà

depuis plusieurs mois. En juin, l’assemblée

départementale avait adopté un

vœu à l’unanimité pour exiger le maintien

d’un service essentiel dans le sud-est

parisien. Le plateau chirurgical de Mondor

est, en effet, l’unique service de proximité

couvrant 24 heures sur 24 les besoins

vitaux de 1,5 million d’habitants en Valde-Marne

et sur une partie de la Seine-et-

Marne. Quelque 432 interventions lourdes

y ont été réalisées en 2010 ; les maladies

cardiovasculaires étant la deuxième cause

de mortalité après le cancer. Ce service

constitue, aussi, un pôle d’excellence

cardiovasculaire, en plein essor, associant

recherche, formation et soins. Soutenu

par les collectivités départementale et

régionale, en lien avec l’université de

Créteil, ce projet contribue au rayonnement

et à l’attractivité du territoire. « La

décision de fermeture remettrait en cause tous

les efforts consentis dans les activités de la filière

santé (le Val-de-Marne est le 2 e département

de France dans ce domaine, ndlr) »

a souligné Christian Favier.

D’autant qu’elle interviendrait dans un

contexte de remise en cause de plusieurs

unités dans le département. Après la fermeture

de la maternité Jean-Rostand

d’Ivry, un plan de restructuration - Loi

hôpital, patient, santé, territoire - prévoit

la suppression de près de 300 lits sur 756

de l’hôpital Charles-Foix au profit de

l’hôpital privé Rothschild (Paris). Une

remise en cause de la gériatrie et du pôle

de gérontechnologie Charles-Foix (voir

Val-de-Marne n°275) dénoncée par les

personnels, les élus et le syndicat CGT

de l’établissement qui a appelé à un

mouvement de grève. Ali Aït-Salah

(1) Parmi les participants : Marie Kennedy, Christian Fournier,

Daniel Breuiller, Brigitte Jeanvoine, Joseph Rossignol,

conseillers généraux.

(2) Composée des acteurs de santé (professionnels, élus et

usagers), elle remplace la conférence sanitaire. C’est Marie

Kennedy, vice-présidente du Conseil général, qui en a été élue

présidente, le 19 janvier.

© Janjak Statkus

VITE DIT…

L’institut de formation en soins infirmiers

Jean-Baptiste-Pussin organise, le 5 février,

une journée portes ouvertes à l’hôpital Esquirol

(Saint-Maurice) pour les Val-de-Marnaises et

Val-de-Marnais intéressés par la carrière et les concours

d’infirmiers. Renseignements : 01 43 96 60 59.

Le lycée Maximilien-Perret (Alfortville) organise

une journée portes ouvertes le 19 mars sur les métiers

de l’énergie et du génie climatique. Découverte des

installations, rencontre avec les formateurs et les

stagiaires engagés en formation. Le GRETA-GEFEN,

groupement d’établissements de formation à l’énergie,

présentera ses formations.Tél. : 01 43 53 52 30.

L’Agence de développement du Val-de-Marne

sera présente au salon international des professionnels

de l’immobilier qui se tiendra à Cannes, du 8 au

11 mars. Objectif : promouvoir le territoire dans sa

dimension internationale, et notamment les grands

projets immobiliers du département : Cœur d’Orly, Ivry

Confluences, etc.

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Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 7


L’ACTUALITÉ

L’ACTUALITÉ

NOMINATION

Un nouveau préfet

FORMATION

Portes ouvertes

sur les métiers

© D. R.

Pierre Dartout a pris ses fonctions

de préfet du Val-de-Marne,

le 30 décembre 2010. Agé de 56 ans,

le nouveau représentant de l’État

dans notre département était,

précédemment, préfet hors cadre

en tant que délégué interministériel

à l’aménagement du territoire. Il est

diplômé de Sciences Po et ancien

élève de l’ENA. Il a été, notamment,

préfet de la Guyane, des Pyrénées-

Orientales, de la Drôme ou encore du

Var. Nous lui souhaitons la bienvenue.

Son prédécesseur, Michel Camux,

s’est vu confier la préfecture de la

région Centre et du Loiret. A. J.

ÉDUCATION

Créer pour exister

Né il y a un an d’un partenariat entre

le Conseil général et l’Éducation

nationale, le projet Théophile est une

démarche expérimentale de

rescolarisation d’élèves en grande

difficulté par la pratique scientifique et

technique. En 2009-2010, une trentaine

d’élèves a été répartie dans quatre

classes relais durant quatre mois,

encadrés par un enseignant et un

médiateur scientifique et technique.

Le résultat de l’aventure est la

réalisation d’un instrument de musique

singulier : l’hydraule*. L. P.

* Ancêtre de l’orgue qui fonctionne en utilisant de l’eau pour

réguler la pression de l’air.

VITE DIT…

Du 20 janvier au 20 mars, le service d’information

et d’orientation (SIO) de l’université Paris-Est - Marnela-Vallée

organise une permanence quotidienne

de (9 h à 17 h, nocturne les mercredis) pour aider et

finaliser les choix des lycéens de l’académie de Créteil sur

Admission PostBac. Renseignements : sio@univ-mlv.fr

et 01 60 95 74 74.

© D. Adam

COLLÈGES

Des bâtiments sécurisés

et sécurisants

La sécurisation est une des préoccupations des établissements

scolaires val-de-marnais. Des dispositifs sont mis en place par le

Conseil général.

« Un collège n’est ni un sous-marin, ni un

coffre-fort. C’est un bâtiment public ouvert sur

la ville, avec une salle de sport et une salle polyvalente

mises à disposition des villes et des associations,

ainsi qu’un espace parents », déclare

Gilles Pironnec de la direction des Bâtiments.

Cependant, depuis quelques

années, des incidents - parfois dramatiques

-, qui se sont produits dans les

enceintes de certains établissements, ont

suscité des inquiétudes dans la communauté

éducative. Pour le Conseil général,

la sécurisation des établissements est au

centre de ses actions. En 2010, il a investi

500 000 euros pour l’installation de clôtures,

caméras, alarmes anti-intrusion et

détecteurs d’incendie. « Un bâtiment étanche

à 100 % est impossible. Pour le sécuriser, nous

mettons des freins aux intrusions en déployant

les dispositifs ayant fait leurs preuves ou en

renforçant ceux déjà existants », explique

Gilles Pironnec. Et ceux-ci sont variés :

La jeunesse au plein air du Val-de-Marne,

réseau laïque pour les vacances et les loisirs éducatifs

des enfants et des jeunes, lance sa campagne de

solidarité et de citoyenneté 2011. Celle-ci se déroulera

du 19 janvier au 30 juin. Des timbres illustrés par des

dessinateurs seront proposés au prix de 2 euros. Les

sommes récoltées seront distribuées sous forme d’aides

au départ en vacances.Tél. : 01 43 95 77 51.

clôture végétalisée, éclairage - intérieur

et extérieur - des bâtiments, fermeture

automatisée des accès en rez-de-chaussée,

alarmes… Mais les moyens techniques ne

remplacent pas la présence des adultes,

indispensable à la vie scolaire et souvent

bien insuffisante. À cela s’ajoute le travail

mené, dans le cadre du projet éducatif

départemental, par des animateurs d’associations

de prévention spécialisée qui

vont à la rencontre des jeunes. Cette

réflexion sur la sécurisation des établissements

se poursuit. En novembre, une

première réunion s’est tenue au collège

Jean-Moulin à Chevilly-Larue avec Alain

Desmarest, Premier vice-président du

Conseil général, Vincent Staneck, inspecteur

académique adjoint et Christian

Hervy, maire et conseiller général, pour

étudier les moyens et les politiques à

mettre en œuvre dans ce domaine.

À suivre… Laura Podoroski

Le 5 mars, la Roseraie du Val-de-Marne

ouvrira ses portes de 10 h à 17 h pour accueillir tous

les amateurs de roses.Au programme, pour découvrir

le jardin autrement : partage des astuces et

savoir-faire horticole, cours de taille par de jardiniers,

visites guidées par les agents d’accueil.Accès et

animation gratuits. www.roseraieduvaldemarne.fr

Tél. : 01 43 99 82 80.

© D. R.

Pour présenter ses formations

en apprentissage, l’Institut national de

formation et d’application (INFA), situé

à Nogent-sur-Marne, ouvre ses portes

le 8 mars à partir de 18 h. Dans le cadre

de son CFA (centre de formation

d’apprentis) multimétiers et du CFA des

métiers du tourisme, l’institut propose,

pour l’année 2011, plusieurs formations

en apprentissage de niveau CAP à

BAC +5. Diplôme d’état d’auxiliaire de

puériculture, assistant son, BTS

négociation et relation client, licence en

tourisme d’affaires, master management

de projets événementiels… divers

secteurs professionnels sont concernés :

développement social, animation,

services à la personne ; audiovisuel et

multimédia ; commerce, vente,

téléservices ; tourisme de loisirs et

d’affaires… En direction des étudiants,

l’INFA propose également des

formations initiales dans les secteurs

du tourisme, du développement social

et médico-social. L. P.

Pour en savoir plus

Institut national de formation et

d’application (INFA).

9, rue Anquetil, à Nogent.

Tél. : 01 45 14 64 03.

www.infa-formation.com

© S. Chambert

VIE ASSOCIATIVE

Proj’aide :

les prochaines formations

Proj’aide, service du Conseil général

dédié à la vie associative, poursuit

son cycle annuel de formations.

Une cinquantaine de cessions a été

programmée pour 2010-2011.

Ces formations s’adressent aux

responsables ou membres actifs des

associations val-de-marnaises, l’objectif

étant de leur apporter un soutien dans la

gestion de leur association. L’accès est

gratuit, après inscription préalable,

et se limite à un membre par association.

La prochaine session se déroulera le

3 février, de 9 h 30 à 17 h, et abordera

les règles et obligations de base de la

comptabilité associative. La cession du

8 février, de 18 h à 21 h, sera consacrée

au chèque emploi associatif : avantages

et inconvénients, opportunité et

modalités d’utilisation. Le 10 février, de

9 h 30 à 17 h, il s’agira de se familiariser

avec les outils nécessaires au lancement

et à la gestion d’un site internet.

En ce début d’année, les Val-de-Marnais

ont pu découvrir le nouvel habillage

du site internet du Conseil général.

Une page d’accueil plus lisible, plus

ergonomique et plus agréable. « Après

quatre ans d’existence, le site du Conseil

général avait besoin d’un petit lifting »,

confie Marie Dujardin, responsable du

multimédia à la direction de la

Communication du Département.

« Nous avons souhaité offrir aux 100 000

internautes que nous accueillons chaque

mois une meilleure navigation. » Aussi,

tout un travail a été mené, en interne,

pour ce « relookage ». Et il est vrai que,

Proj’aide reviendra le 3 mars, de 9 h 30 à

17 h, sur la comptabilité associative pour

une cession de perfectionnement.

À noter qu’une session supplémentaire

sur la recherche de financements privés

est prévue le 1 er mars. « Dans le contexte

actuel de diminution des subventions

publiques, de nombreuses associations

évoquent la nécessité de diversifier leurs

sources de financements, notamment en

faisant appel à des organismes privés »,

explique le coordinateur Laurent Vigreux.

Une attente qui a été fortement exprimée

lors des « Trois heures pour la vie

associative », le 18 octobre dernier.

Ali Aït-Salah

Pour en savoir plus

MÉDIAS

Cg94.fr se refait une beauté

Proj’aide : 27, rue Olof-Palme à Créteil.

Inscriptions : 01 49 56 85 37 ou

projaide@cg94.fr

Fiche contact sur http://projaide.cg94.fr

pour l’usager, la recherche

d’informations ou de services s’avère

simplifiée avec notamment plusieurs

entrées possibles (par thème et par

public). La WebTV y est également plus

visible et, nouveauté : les articles et les

vidéos sont référencés, grâce à

l’utilisation des réseaux sociaux.

Maintenant, l’équipe du multimédia

s’attèle déjà à un chantier d’une autre

importance : la refonte du site prévue

pour début 2012.

Objectifs définis : plus de services en

ligne et d’interactivité avec les usagers.

A. J.

© A. Bachellier

8

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 9


L’ACTUALITÉ / AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Les chantiers près de chez vous

De nombreux travaux d’aménagement concernent, ce mois-ci, l’assainissement, la voirie et les transports.

Ils visent à améliorer les déplacements et le cadre de vie des Val-de-Marnais.

CACHAN

Espaces verts

Rue Marcel-Bonnet (RD 248), entre l’avenue du Président-

Wilson et la rue du Bel-Air.

Renouvellement des arbres d’alignement : 47 pruniers

sont concernés, un diagnostic a fait apparaître que la

plupart d’entre eux sont dangereux car infectés par un

champignon lignivore. Ces arbres seront remplacés,

après abattage en janvier.

Terrassement des fosses de plantation et réfection

des trottoirs, et plantation de 55 cercidiphyllum

(arbre à caramel) en mars.

Le coût des travaux est de 300 000 euros,

financé par le Conseil général.

Reportage photo : Michel Aumercier.

VITRY-SUR-SEINE

Assainissement

Rue du Moulin-Vert.

Deux collecteurs séparés d’eaux usées d’une part,

et d’eaux pluviales d’autre part seront créés,

ainsi qu’un ouvrage de raccordement au réseau d’eau

de Vitry-sur-Seine.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la restructuration

du réseau d’assainissement, accompagnant le

réaménagement de la RD 7 et la réalisation du tramway.

Les travaux sont prévus entre le 14 février et le 8 avril.

Le coût des travaux est de 2,5 millions d’euros.

ALFORTVILLE

Voirie / Transports

Rue Véron, ligne de bus 103 de la RATP.

Aménagement de voirie et des carrefours.

Création de couloirs et de sas réservés aux

bus. Aménagement des arrêts pour faciliter

l’accès aux personnes à mobilité réduite.

Une priorité sera donnée aux bus grâce au

système Parcival de gestion des feux en

temps réel. Objectif : améliorer la

circulation des bus de la ligne 103.

Les travaux, en cours depuis juin 2010,

se dérouleront jusqu’à la fin 2011.

Le coût des travaux est de 2,6 millions

d’euros, financé dans le cadre du plan

de déplacements urbains par la Région,

le Syndicat des transports d’Île-de-France,

le Conseil général et la RATP.

BRY-SUR-MARNE

Assainissement

Boulevard Pasteur, entre l’avenue

Clémenceau et la rue des Hauts-

Guibouts.

Entretien et modernisation du réseau

de canalisation des eaux pluviales et

des eaux usées.

Un alternat par feux tricolores

permettra de maintenir la circulation.

Démarrés fin janvier, les travaux

seront achevés mi-mars.

Le coût des travaux est de 400 000

euros, financé par le Conseil général.

CHAMPIGNY-SUR-MARNE

Voirie

Rue du Bois-L’Abbé (RD 145a).

Fin des travaux de réaménagement de la rue du

Bois-L’Abbé ce mois-ci, entre les avenues du

11-Novembre-1918 et Salvador-Allende : mise à double

sens de la circulation, réorganisation du stationnement.

Rénovation des espaces publics, plantation d’arbres

d’alignement et création de pistes cyclables.

Une première phase de travaux avait été réalisée

en 2008 entre les rues Maurice-Thorez et du

11-Novembre-1918.

Cette opération vise à faciliter les déplacements

(bus de la ligne 208 notamment) et à améliorer le cadre

de vie. Elle accompagne le projet de rénovation urbaine

du quartier des Mordacs.

Le coût des travaux est de 2,9 millions d’euros,

financé par le Conseil général, avec une participation

de l’État (plan Espoir banlieues) et de la Région

(pistes cyclables).

L’HAŸ-LES-ROSES

Voirie / Transports

Rue Dispan et avenue du Général-de-Gaulle

(RD 148).

Création d’un couloir pour le bus de la ligne

172 de la RATP ouvert aux vélos.

Requalification de la voie, plantation

d’arbres et éclairage public.

Mise en service du couloir de bus le

1 er février 2011.

Les travaux de finition, notamment les

plantations, devraient se poursuivre

jusqu’au mois de mars.

Le coût des travaux est de 2,5 millions

d’euros, financé dans le cadre du plan

de déplacements urbains d’Île-de-France

et du plan Espoir banlieues par l’État,

la Région, le Conseil général et le Syndicat

des transports d’Île-de-France.

THIAIS

Aménagement

Carrefour de la Résistance (RD 86).

Réaménagement du carrefour en rond-point.

Création de pistes cyclables et sécurisation des traversées

piétonnes.

Mise en accessibilité des arrêts de bus pour les personnes

à mobilité réduite.

Déplacement de la station de bus « Bas-Marin ».

Réalisation d’un aménagement paysager de qualité avec

de nouvelles plantations.

Le carrefour de la Résistance, ainsi réaménagé, constituera

le terminus ouest de la future ligne de bus Thiais/Pompadour/

Sucy-Bonneuil.

Démarré mi-février, le chantier devrait durer environ dix mois.

Le coût du projet est de 4 millions d’euros, financé par la Région,

le Conseil général, le Syndicat des transports d’Île-de-France

et la RATP.

10

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 11


L’ACTUALITÉ

VOIRIE

Nouveau boulevard urbain

à Champigny

TRANSPORTS

Une vision

partagée du métro

Présentation du

programme de

56 logements

sociaux

à la ZAC

Val-Pompadour,

le 15 janvier.

AMÉNAGEMENT

Logements et activités

économiques à Val-Pompadour

Le lancement d’un nouveau programme de logements de la ZAC départementale

Val-Pompadour marque la naissance d’un quartier conciliant habitat, activité

économique et développement durable.

Le 15 janvier, Christian Favier, président

du Conseil général, Laurent Garnier,

vice-président et président de Sadev 94*,

le maire de Valenton et le président de

l’office IDF habitat ont posé la première

pierre du programme de construction

de 56 logements sociaux. C’est une nouvelle

tranche d’un projet d’aménagement

qui prévoit la réalisation, à terme,

de près de 600 logements en locatif social

et en accession à la propriété. Ces logements,

traversants ou à double orientation,

dotés de toitures et de terrasses

végétalisées et d’un système de récupération

des eaux pluviales, sont économes

en énergie et en eau. Ils s’inscrivent dans

le cadre de la volonté du Conseil général

de soutenir la réalisation de logements

sociaux de qualité, accessibles et respectueux

de l’environnement. À ce titre,

le programme de 58 logements d’I 3F

- entreprise locale pour l’habitat -,

démarré en juin 2010 sur le site, a reçu

le prix architectural « Qualité de l’habitat

social 2008 ». Les constructions de deux

autres immeubles devraient être lancées

en ce début d’année. L’une concerne

64 appartements en accession à la propriété,

l’autre 70 logements en locatif

social. Ces programmes, qui accueilleront

des commerces de proximité en pied

d’immeuble, devraient être livrés début

et mi-2012.

Initiée depuis 2005 - contrat de plan

Région-Département 2000-2006 -, cette

opération d’aménagement vise à reconquérir

et redynamiser des espaces longtemps

délaissés entre la Plaine centrale

et le secteur Seine-Amont. Elle porte sur

une quarantaine d’hectares. Outre les

logements, 140 000 m 2 seront consacrés

à la création d’un parc d’activités et de

bureaux sur la partie nord de la ZAC,

assurant une continuité avec la zone

économique de Créteil. La Sadev 94 vient

de signer mi-décembre une promesse

de vente sur 120 000 m 2 afin d’y accueillir

des entreprises.

Par ailleurs, 4,5 hectares seront consacrés

à des espaces verts et une coulée verte

reliera la forêt domaniale Notre-Dame de

Santeny à la base de loisirs de Créteil.

Ce nouveau quartier sera desservi par le

futur bus sur voie réservée Sucy-Bonneuil-Pompadour-Thais,

en interconnexion

avec le TVM, le RER A, la future

gare RER D Pompadour et la ligne 8 de

métro prolongée à la pointe du lac.

Ali Aït-Salah

* Société d’aménagement et de développement du Val-de-Marne.

Pour en savoir plus

www.cg94.fr rubrique Aménagement.

www.sadev94.fr

© C. Petit

© J. Moulin

D’importants travaux d’aménagement

s’achèvent à Champigny, boulevard

Stalingrad (RD 145). Réalisé par le

Conseil général, ce chantier a permis de

créer un véritable boulevard urbain sur un

axe essentiel de la ville et du département,

reliant les parcs du Plateau et du

Tremblay. Création de deux voies de

circulation dans chaque sens, avec

contre-allées plantées, élargissement

des trottoirs, accessibilité des personnes

à mobilité réduite, création d’une piste

cyclable, sécurisation des carrefours…

les aménagements ont permis d’améliorer

et de sécuriser les déplacements,

permettant toutes les mobilités (voiture,

piéton, vélo, bus…). L’élargissement du

pont SNCF permet désormais une

DEMAIN EN VAL-DE-MARNE

circulation à double sens, et le

stationnement a été réorganisé et

augmenté. La plantation de 298 platanes

ainsi que la rénovation du mobilier et de

l’éclairage public tout le long du boulevard

améliorent l’environnement et le cadre

de vie. Cinq bassins de stockage et

de retenue des eaux pluviales ont été

construits. Engagée depuis 2007 et

réalisée en deux phases, l’opération

a coûté au total 42,5 millions d’euros,

financée par le Conseil général avec une

participation de la Région pour les pistes

cyclables. Ali Aït-Salah

Pour en savoir plus

www.cg94.fr rubrique Infos travaux

Le 26 janvier à Nogent-sur-Marne et

le 27 janvier à Créteil se sont tenues les deux

dernières réunions de synthèse des débats

publics sur les projets de transports Grand

Paris et Arc Express, portés respectivement

par l’État et la Région. Au total, depuis

octobre, quinze débats publics ont permis

à de très nombreux Val-de-Marnais de

réaffirmer la nécessité de créer une ligne de

métro entre l’est et l’ouest du département.

Le même jour, un protocole - signé entre

Maurice Leroy, ministre de la Ville et du

Grand Paris, et Jean-Paul Huchon, président

de la Région Île-de-France - a acté les

propositions avancées par l’association

Orbival depuis cinq ans, soutenues par

60 000 Val-de-Marnais. Cette vision partagée

reprend, en effet, l’intégralité de son tracé et

ses stations, entre Arcueil-Cachan et

Champigny-Bry-Villiers. Présentée

conjointement par les conseils généraux du

Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis,

une double liaison vers l’est desservant

Val de Fontenay est également actée.

De même, le protocole État-Région confirme

le projet de prolongement de la ligne de

métro 14 vers l’aéroport d’Orly, dont une

desserte des quartiers de L’Haÿ-Chevilly.

Un bon point donc pour le démarrage

rapide des travaux d’Orbival, reconnu

comme tronçon prioritaire au sud-est

francilien. A. A.-S.

Dès cet été, une nouvelle ligne de bus sur voie réservée reliera Sucy-Bonneuil (RER A) à Thiais, via Pompadour. Les travaux de voirie (6,5 km

de voie nouvelle et cinq ouvrages d’art) et les aménagements urbains (pistes cyclables, plantations d’arbres, éclairage public…), réalisés par

le Conseil général depuis 2007, se terminent fin mars. Cette ligne comptera neuf nouvelles stations et assurera la correspondance avec la future

gare du RER D Pompadour, le futur terminus de la ligne 8 du métro à la pointe du lac.

VITE DIT…

Développement économique. L’Oréal poursuit son

développement sur le site de Chevilly-Larue en bordure

de la RD 7. L’entreprise vient d’acquérir 20 000 m 2 de

terrain sur lesquels est envisagée la construction de

40 000 m 2 de bureaux et laboratoires. L’Oréal Chevilly

est l’un des trois sites du groupe en recherche et

développement, avec près de 700 salariés.

Aménagement. Le Conseil général vient d’approuver

la convention pluriannuelle 2011-2017 pour la

rénovation du centre-ville de Villeneuve-Saint-Georges.

Un engagement de 12 millions d’euros de la collectivité

dont 1,6 million de soutien au logement social.

Plus d’infos sur www.cg94.fr rubrique Aménagement.

Gérard Delmas, libraire à Nogent-sur-Marne

succède à Christian Pépineau, grossiste en fruits et

légumes, à la présidence de la Chambre de commerce

et d’industrie de Paris (CCIP) Val-de-Marne.

Gérard Delmas dirige la librairie Arthur à Nogent

et possède une autre boutique au Raincy (93).

© La Pixellerie / Atelier Salomon Architectes

12

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 13


L’ACTUALITÉ

MÉDIAS

COMMENT ÇA MARCHE

le 17 décembre

50 000 collégiens du Val-de-Marne équipés

en numérique

D’ici 2013, 50 000 collégiens disposeront

d’un ordinateur portable. Ce plan, d’un montant

de 30 millions d’euros, sera financé sans apport

de l’État.

le 17 décembre

Les premières études du super-métro seront

lancées dans le 94

« La priorité donnée au Val-de-Marne est le résultat

du consensus que nous avons su mener ensemble »,

explique Christian Favier.

le 4 janvier

L’Île-de-France crée son

« service public des énergies »

Reste à s’accorder sur les priorités, alors que toutes

les collectivités n’en sont pas au même stade.

Le Val-de-Marne, boosté par son potentiel naturel,

est ainsi l’un des départements les plus à la pointe de

France concernant la géothermie. Avec ses sept

puits, il chauffe 70 000 logements.

le 7 janvier

Christian Favier : « Nous serons partie

prenante du débat sur la dépendance »

Le président du Conseil général a rappelé que

10 300 Val-de-Marnais bénéficiaient de l’APA et que si,

à l’origine, le coût de cette prestation devait être partagé

par le Département et l’État, aujourd’hui, la répartition

en revient à plus de 70 % pour le Département à moins

de 30% pour l’État.

le 12 janvier

Christian Favier invité de l’émission

« Grand Paris »

Il commente les grands projets du Val-de-Marne pour

2011 : développement économique, transports,

numérique dans les collèges…

❚ le 14 janvier

Le 12/13 et le 19/20

Le Val-de-Marne attaque en justice l’État en raison

du financement du RSA. Interview de Christian Favier.

le 14 janvier

Le Val-de-Marne conteste le RSA en justice

au nom de l’autonomie financière

« L’engagement de ce contentieux constitutionnel

s’inscrit dans l’action que nous menons avec de

nombreux départements de France pour obtenir la

compensation à l’euro dépensé des charges relevant

de la solidarité nationale que l’État nous a

transférées » a précisé Christian Favier, président

PCF du Département dans un communiqué.

ESPACES VERTS

Des parcs au naturel

Aspect impeccable de la Roseraie

du Val-de-Marne à L’Haÿ-les-Roses, soigné

du parc des Cormailles à Ivry, rustique

du parc du Morbras à Ormesson-Sucy,

naturel des îles de la Marne… Avec le

Guide de la gestion différenciée des espaces

verts, chaque lieu est unique dans le

Val-de-Marne. Mis en œuvre progressivement

depuis 2004, ce mode de gestion

plus écologique consiste à adapter l’entretien

des espaces en fonction de leur

nature, de leur situation et de leur

usage. « Avant, on intervenait de manière

intuitive. Maintenant, on laisse la nature

reprendre sa place, mais de manière

contrôlée », explique Daniel Franchellin,

chef du service gestion à la direction

des Espaces verts et du Paysage. Pour

définir les spécificités et besoins de

chaque lieu, quatre « codes qualité »

sont utilisés, accompagnés de préconisations

comme le rythme d’arrosage,

la palette végétale attendue, la fertilisation

des sols et la limitation de

l’usage de produits phytosanitaires

(pesticides). Et ce dernier est l’un des

enjeux majeurs : « On tend vers le zéro

phytosanitaire car quasiment plus aucun

produit n’est utilisé. La démarche préventive

est privilégiée en choisissant des végétaux

locaux plus rustiques », précise-t-il. Autre

effet, la réintroduction d’une biodiver-

VITE DIT…

sité avec le retour des insectes et des

papillons. Le parc traditionnel a un

aspect soigné avec une pelouse verte

tondue. Avec un entretien adapté, le

parc des Lilas à Vitry devient une véritable

petite campagne : « De multiples

ambiances coexistent avec des prairies, de la

pelouse sèche d’été. Lorsque les gens voient

des herbes hautes, ils pensent que l’endroit

est négligé. Notre rôle est de leur faire prendre

conscience de la diversité des milieux et

de son importance », souligne Daniel

Franchellin. Ce guide est un fil conducteur

pour les jardiniers en charge de

la gestion des espaces verts, mais le

Département souhaite partager son

expérience avec un maximum d’acteurs

présents sur le territoire (jardiniers amateurs,

associations, entreprises). Cette

démarche environnementale s’inscrit

dans les actions concrètes pour le développement

durable du plan vert départemental,

voté en 2006. Dans un territoire

urbanisé, la gestion différenciée

permet ainsi de concilier, avec harmonie,

l’accueil du public, le développement

de la biodiversité et la protection des

ressources naturelles. Laura Podoroski

Pour en savoir plus

www.cg94.fr, rubrique Environnement.

© A. Bachellier

© A. Bachellier

Qui peut bénéficier des aides ?

Si vous résidez dans une zone couverte par la TNT,

c’est-à-dire dans laquelle le téléspectateur peut

recevoir les chaînes de la TNT avec une antenne

râteau, vous pouvez bénéficier d’une aide.

Quel est le montant des aides ?

• 25 euros maximum, sous conditions de ressources

et pour des foyers exonérés de redevance, pour

l’acquisition d’un adaptateur TNT, d’un téléviseur TNT

intégrée, ou pour un abonnement au câble, au

satellite ou à l’ADSL ;

• 120 euros maximum, sous conditions de ressources

et pour des foyers exonérés de redevance, pour

l’adaptation, la réorientation ou le remplacement

d’une antenne râteau.

Si vous résidez dans une zone non couverte par

la TNT, vous pouvez bénéficier d’une aide à la

réception d’un montant maximum de 250 euros en

faisant l’acquisition, par exemple, d’une parabole.

Cette aide est attribuée sans condition de ressources.

Rendez-vous sur le site du CSA, www.csa.fr, les cartes

du CSA font foi pour déclencher les aides financières

sur un critère territorial.

Comment en bénéficier ?

Pour bénéficier de ces aides, il vous faut demander

les dossiers auprès du centre d’appel, ou bien en

téléchargeant les formulaires sur le site internet :

www.tousaunumerique.fr

TÉLÉ NUMÉRIQUE

Les aides financières

Afin de permettre à tous d’accéder à la télé

numérique, des aides financières ont été

prévues pour les foyers les plus démunis.

Éclairage.

Attention ! Si vous êtes éligible au fonds d’aide,

vous avez six mois après la date du passage au tout

numérique pour acheter votre matériel.

Aides aux personnes âgées et aux personnes

handicapées.

France Télé Numérique a mis en place une aide

destinée aux personnes âgées de plus de 70 ans

et aux personnes handicapées à 80 % et plus.

En appelant la plateforme téléphonique, la personne

souhaitant bénéficier de cette aide doit la demander.

Elle est ensuite rappelée pour une prise de

rendez-vous et une identification de la personne

qui lui rendra visite. Celle-ci aidera au branchement,

au réglage des chaînes et donnera toutes les

explications relatives à la remémorisation des chaînes.

Le bénéficiaire devra avoir acquis son adaptateur

au préalable.

Cet accompagnement est entièrement gratuit.

Pour éviter tout risque de démarchage malhonnête,

France Télé Numérique ne réalise pas de porte à porte.

Tout se passe dans un premier temps via le centre

d’appel (0970 818 818).

le 15 janvier

Transport : Favier vole au secours

du projet d’accord État-Région

Le responsable communiste, qui milite depuis quatre

ans avec son association Orbival pour la construction

d’un métro en rocade dans le Val-de-Marne, affirme

que promouvoir l’écologie en Île-de-France doit

« d’abord et en priorité » consister à développer les

transports collectifs non polluants.

Nouveau collège. Au retour des vacances

d’hiver, le 28 février, les élèves du collège Karl-

Marx à Villejuif feront leur rentrée dans leur

collège provisoire, terminé après six mois de

travaux. Ils y resteront le temps de la

réhabilitation extension du collège Karl-Marx.

Métiers du cheval. L’école des courses

hippiques de Boissy-Saint-Léger, située au

domaine de Grosbois, ouvre ses portes le

19 mars de 13 h 30 à 16 h 30. L’occasion

de découvrir les formations, de la certification

BEPA au BAC PRO en 3 ans. Pour plus

d’informations : 01 45 69 23 43 et

www.ecole-des-courses-hippiques.fr

Les personnes pouvant bénéficier d’une aide doivent

conserver leur ticket d’achat car le remboursement

se fera sur facture.

© D. R.

14

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011

15


RETOUR EN IMAGES

15 décembre / Villejuif

Présentation au collège Le Centre / Aimé-Césaire du plan

numérique du Conseil général dans les 104 établissements

scolaires du Val-de-Marne. Alain Desmarest, Premier

vice-président en charge des Collèges et de l’Éducation,

a annoncé que ce plan (13 millions d’euros en quatre ans)

portera sur la connexion à haut débit de toutes les salles

de classe, la généralisation des tableaux numériques,

la mise en place d’un espace numérique de travail accessible

aux collégiens, enseignants et parents via Internet…

© J. Paisley

© A. Bachellier

© C. Petit

© C. Petit

Novembre / Chevilly-Larue

Plus de 1 000 tonnes de rails ont été livrées pour équiper la ligne du futur

tramway T7. D’autres livraisons devraient avoir lieu durant le premier trimestre

de cette année. Rappelons que la future ligne de tramway 7 reliera la station

Villejuif / Louis-Aragon, terminus de la ligne de métro 7, et le futur pôle

d’échanges bus / tramway d’Athis-Mons.

4 janvier / Créteil

Au nom du Conseil général, Christian Favier, entouré de

nombreux élus départementaux, a présenté ses vœux de

bonheur, de réussite et de santé à la population et aux

acteurs de la vie départementale. « Ces souhaits ne sont pas

que paroles, ils sont l’expression d’une volonté qui nous anime

tous, la volonté de mieux vivre ensemble, de mieux partager »,

a-t-il tenu à préciser, soulignant qu’en 2011, « notre

collectivité départementale continuera à protéger tous nos

concitoyens, à leur apporter solidarité, justice et proximité ».

17 janvier / Choisy-le-Roi

Le sport scolaire avait rendez-vous au parc interdépartemental

des sports. Plus de 2 000 collégiens et lycéens, venus de

toute la France, ont participé au championnat de France

de cross country de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS).

Au programme, six courses ouvertes aux minimes, cadets

et juniors, filles et garçons.

© J. Paisley

1 er , 2 et 3 décembre / Palais des Congrès, Paris

Le Val-de-Marne, département le plus attractif d’Île-de-France, était présent au

Salon de l’immobilier d’entreprise (Simi). Pendant trois jours, professionnels de

l’immobilier et élus ont échangé et débattu des potentialités offertes aux entreprises

sur notre territoire. Une bonne manière de mettre en valeur les projets

d’aménagement urbain et les principales opérations immobilières.

10 décembre / Ivry-sur-Seine

Le centre de protection maternelle et infantile (PMI) du quartier Ivry-Port a été

rebaptisé centre de PMI Odette-Denis. Résistante pendant la Seconde Guerre

mondiale, Odette Denis a été conseillère générale d’Ivry-sur-Seine de 1967 à

1985, vice-présidente du Conseil général en charge des Affaires sociales, de la

Santé, de l’Enfance et de la Famille. Elle nous a quittés en décembre 2009. Cette

cérémonie s’est tenue en présence notamment de Christian Favier, président

du Conseil général, Pierre Gosnat, député-maire d’Ivry, Marie Kennedy, conseillère

générale déléguée chargée de la Petite Enfance et de l’Enfance…

© C. Petit

16

17


18CONSTRUIRE LE VAL-DE-MARNE

Laurent Lantiéri, le chirurgien spécialiste de la greffe du visage, a été doublement

distingué. Un coup de chapeau lui a été décerné lors de la neuvième édition

des Victoires de la médecine. Quant aux auditeurs de RTL et aux lecteurs du Parisien,

ils l’ont désigné, par leurs votes, personnalité 2010.

Que ressentez-vous devant cette

double reconnaissance : l’une par

vos pairs et l’autre par un public

populaire ?

Laurent Lantiéri : La reconnaissance par

mes pairs, c’est aussi la reconnaissance

d’un travail à long terme. C’est une

reconnaissance aussi bien au plan national

qu’international, puisque je suis

invité par la Société américaine de chirurgie

plastique à faire la conférence

d’enseignement l’année prochaine. Avant

moi, seulement trois Français l’ont faite

en 40 ans. C’est pour moi un très grand

honneur. Quant à la reconnaissance du

grand public, elle me satisfait beaucoup

car elle montre que les valeurs de la

société française, c’est autre chose que

ce que l’on veut bien laisser paraître.

Ce n’est pas uniquement « show-biz et

paillettes ». À travers moi, les gens ont eu

envie de distinguer le système français

de santé, sa médecine.

Vous avez dit que la greffe de

face représentait la grande aventure

scientifique du XXI e siècle…

L. L. : C’est une grande aventure

scientifique et humaine du XXI e siècle, très

clairement. On le voit bien à travers

l’impact que cela a eu, aussi bien en France

que dans les pays du monde entier.

L’aventure de la greffe est quelque chose

d’extrêmement important en terme

d’aventure humaine, au-delà d’une

aventure scientifique. Il y a des patients,

Laurent Lantiéri,chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice

à l’hôpital Henri-Mondor,à Créteil

« Une grande aventure

scientifique et humaine

du XXI e siècle »

© C. Bardavid

Laurent Lantiéri en 4 dates

1986 : Interne

1994 : Chef de clinique

2002 : Professeur

2007 : Première greffe

il y a des chercheurs, il y a des médecins.

Elle implique la société tout entière à

travers des questions autour de la mort,

du corps après la mort, de qui on est, de

notre identité, le visage étant l’expression

d’une certaine identité, même si ce n’est

pas notre identité, et là j’emploie sciemment

le terme de visage. Il n’y a pas que

l’aspect technique, chirurgical. Il y a toute

la réflexion en amont et qui se poursuit

en aval autour du don d’organe, cette

modification par rapport à la pensée de

ce que nous sommes. Jusqu’à l’apparition

de l’aventure de la greffe, cette idée que

l’on pouvait donner une partie de soi est

une idée qui n’existait pas.

Dans le domaine de la chirurgie

réparatrice, y a-t-il encore des

progrès à faire ?

L. L. : Des progrès techniques, sûrement

! Si je savais lesquels, on saurait

les résoudre ! Il y a des situations où

je ne me satisfais pas des résultats. C’est

le cas en chirurgie mammaire. Si nous

avons de très bons résultats, il y a des

aspects à améliorer. Les cicatrices restent

un problème à résoudre. La régénération

des tissus est un vrai sujet en

terme de recherche de chirurgie reconstructrice.

Ne pourrait-on pas régénérer

les tissus ? L’autre aspect, comme dans

toute la médecine, c’est qu’il y a la partie

scientifique de notre savoir et puis

son application à la population. C’est

ce qui fait que cela reste un métier très

humain, en particulier en chirurgie

mammaire. D’énormes progrès restent

à accomplir dans la prise en charge de nos

patientes. Chaque année, 15 000 femmes

subissent une mastectomie. Il n’y en a

que 5 000 qui sont reconstruites correctement,

et certaines qui ne veulent

pas se faire reconstruire. Je suis connu

pour la greffe de face, mais je réalise

aussi beaucoup de reconstructions de

seins. J’ai été l’un des « pionniers », avec

l’apport de nouvelles techniques chirurgicales

et de reconstruction où l’on

n’utilise pas de prothèse, uniquement

les tissus du patient. Et ces techniques

ont du mal à se diffuser en France. Il y

a là vraiment des progrès à faire.

L’histoire de la médecine est

passée par différents stades. Où en

est-on aujourd’hui ?

L. L. : Avant le XIX e siècle, la médecine

était très personnalisée. À la faculté, on

apprenait aux médecins à traiter un

patient à la fois. Au XX e siècle, on est

passé à la médecine de masse. Il faut

revenir à une médecine personnalisée.

Chaque patient est différent pour des

raisons tenant à son histoire. Et la chirurgie

doit reprendre sa place, il s’agit

d’un acte personnel et individuel.

Propos recueillis par Claude Bardavid

REPÈRES

Lors de la 9 e édition des Victoires de la médecine,

six équipes médicales françaises ont été récompensées

pour leurs travaux respectifs en cancérologie,

cardiologie, chirurgie, neurologie, technologie et

dans les réseaux de soins, et un hommage a été rendu

au professeur Lantiéri pour la réalisation d’une greffe

totale du visage, grande première mondiale.

Cette greffe totale du visage s’est déroulée avec succès

les 26 et 27 juin 2010, à l’hôpital Henri-Mondor

de Créteil. L’opération a été effectuée sur un patient

de 35 ans, atteint de maladie génétique,

la neurofibromatose, qui lui déformait le visage.

L’ENTRETIEN

Elle a mobilisé moins d’une dizaine de personnes.

La greffe a porté sur la totalité du visage, y compris les

paupières, leurs muscles, les canaux lacrymaux et les

oreilles.

L’opération a duré 12 heures et l’intervention totale

deux jours, en comptant le prélèvement.

Le professeur Lantiéri a obtenu une nouvelle

autorisation pour cinq greffes qu’il souhaiterait

« consacrer aux grands brûlés ».

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 19

© D. R. / Direction de la communication hôpital Henri-Mondor


REPORTAGE

Chaque conducteur-accompagnateur

reçoit une formation

à la maîtrise du risque routier, ainsi qu’à

la connaissance du handicap, aux

premiers secours et pendant une

dizaine de jours se retrouve en conduite

avec un tuteur. »

Florence Voile, directrice de Filival

20

TRANSPORT / HANDICAP

Les chemins de la solidarité

Les personnes handicapées résidant dans notre département peuvent bénéficier d’un

service de transport adapté, Filival, pour le prix d’un ticket de bus.

7 h 30, à Alfortville. Il fait encore

nuit sur le parking du parc d’activités

Val de Seine. Devant les locaux de

Filival, on discute café à la main, certains

grillent une cigarette. Dans quelques

dizaines de minutes, après avoir reçu

leur feuille de route, les conducteursaccompagnateurs

vont grimper dans le

véhicule qui leur a été affecté pour

transporter les personnes handicapées

qui en ont fait la demande. Ce service de

transport adapté, Filival, cofinancé par

le Conseil général, la Région, le Syndicat

des transports d’Île-de-France (STIF) et les

usagers, est ouvert aux Val-de-Marnais

titulaires d’une carte mentionnant un

taux d’au moins 80 % d’invalidité. Paulo

Dos Santos travaille depuis un an à Filival.

Sa feuille de route a été clairement établie :

elle indique les noms, prénoms et adresses

des personnes à aller chercher, ainsi que

la nature de leur handicap. Aujourd’hui,

il conduira le Master n°35. Dans quelques

instants, nous embarquerons avec lui.

Auparavant, il aura procédé à l’inspection

complète de son véhicule, vérifié

la porte latérale et le marchepied,

l’élévateur, les ceintures de sécurité,

l’extincteur et les éléments permettant

d’arrimer les fauteuils roulants. À

l’accueil, Patricia, la régulatrice, telle

un contrôleur aérien, observe derrière

son écran la situation complète de la

journée. « Ce sont toutes les courses de

la journée, nous avons ainsi une vision

générale de toute notre flottille de véhicules. »

Véritable plaque tournante du service,

elle communique par téléphone, si

besoin est, avec les conducteurs. « Pour

faire une course supplémentaire ou annoncer

une annulation. » Chantal, qui habite

Alfortville a réservé pour 8 h 20. Elle se

rend tous les matins à son travail à Ivry

en faisant appel à Filival, depuis le mois

de septembre. « J’ai des difficultés à me

déplacer, dit-elle, parce que j’ai un handicap.

C’est par le magazine du Conseil général que

j’ai appris l’existence de ce service. C’est bien

pratique. Il me coûte 1,80 euro le trajet. Et le

soir, ils viennent me chercher pour me ramener

chez moi. » Pendant toute la durée du

trajet, Paulo est très attentif à sa

conduite, calcule ses distances de

freinage et modère sa vitesse. C’est lui

qui, une fois arrivés à Ivry, aidera

Chantal à monter l’étage – maudite

panne d’ascenseur ! – jusqu’à son

bureau. Un petit mot gentil, l’aide de

son bras, Paulo est parfait dans son rôle

d’accompagnateur.

Léonel vit en parfaite autonomie

chez lui avec l’aide d’une personne qui

lui fait à manger. Un rendez-vous a été

pris pour 9 h 20. Aujourd’hui, Paulo va

le chercher pour l’emmener à l’Associa-

Reportage photo : Didier Adam

tion des paralysés de France (APF). Il se

déplace grâce à son fauteuil électrique

mais a du mal à se faire comprendre par

ceux qui ne le connaissent pas bien.

Léonel actionne son fauteuil pour le

positionner sur l’élévateur, Paulo l’installe

derrière lui et le sécurise en arrimant les

quatre roues. Une fois la ceinture de

sécurité bouclée, l’équipage démarre. Il

n’aura de cesse pendant tout le trajet de

bavarder avec Paulo qui, au fil du temps,

est devenu un ami. Les plaisanteries

fusent et les rires aussi. Léonel fait

appel aux services de Filival cinq fois

par semaine, ce qui ne l’empêche pas

d’emprunter tout seul les transports en

commun. « Chaque conducteur-accompagnateur,

ils sont 47, reçoit une formation à la

maîtrise du risque routier, explique Florence

Voile, directrice de Filival, ainsi qu’à

la connaissance du handicap, aux premiers

secours et pendant une dizaine de jours se

retrouve en conduite avec un tuteur. »

Une nouvelle procédure de délégation

de service public a été engagée courant

2010 afin de désigner le délégataire pour

les six ans à venir : c’est Flexcité 94 qui a

été de nouveau désigné par l’assemblée

départementale lors de la séance du

13 décembre.

Claude Bardavid

LÉGENDES

1

1 Après avoir inspecté son véhicule, Paulo Dos Santos, conducteur-accompagnateur depuis

un an à Filival, prend en charge Léonel, un usager habitué du service. 2 Florence Voile, directrice

de Filival, explique que chaque conducteur est formé au risque routier, à la connaissance du

handicap et aux premiers secours. 3-4 Avant de partir, Paulo prend un soin tout particulier

à l’installation de chaque usager selon son handicap, toujours avec le sourire ou un petit mot gentil.

5 À l’accueil, Patricia, la régulatrice, voit sur son écran toutes les courses de la journée,

et communique par téléphone avec les conducteurs en cas de besoin.

REPÈRES

S’appuyant sur le principe de

non-discrimination, les tarifs du

service val-de-marnais sont tout à fait

accessibles afin de permettre la liberté

de déplacement des personnes

handicapées. Engagé depuis

longtemps pour l’insertion des

personnes handicapées, le Conseil

général apporte une compensation

annuelle de l’ordre de 300 000 euros

par an, en assurant la différence entre

le tarif prévu par le STIF et celui du

ticket T (ticket de bus et métro

classique vendu à l’unité).

Pour l’année 2011, le tarif maximal

prévu par le STIF est fixé à :

• Zone 1 : 6,6 euros pour une distance

entre 0 et 15 km ;

• Zone 2 : 9,9 euros pour une distance

comprise entre 15 et 30 km ;

2

3

4

5

• Zone 3 : 16,5 euros pour une distance

comprise entre 30 et 50 km ;

• Zone 4 : 33 euros pour une distance

au-dede 50 km.

Grâce à la compensation du Conseil

général, les usagers payent :

• 1 ticket T (soit 1,80 euro) pour une

distance comprise entre 0 et 15 km ;

• 3 tickets T (5,40 euros) pour une distance

comprise entre 15 et 30 km ;

• 5 tickets T (9 euros) pour une distance

comprise entre 30 et 50 km ;

• 7 tickets T (12,60 euros) pour une

distance au-dede 50 km.

En 6 ans, le service a bénéficié à

plus de 2 000 abonnés, avec plus de

350 000 courses.

Pour s’abonner gratuitement, un seul

numéro : 0810 0810 94, taper ensuite

le 1 pour avoir un opérateur en ligne.

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011

21


ILS FONT LE VAL-DE-MARNE

ÉRIC SEYDEN, ASSOCIATION PARLEZ CITÉS,

LE KREMLIN-BICÊTRE

Accélérateur de participation

© M. Aumercier

HAMID HAMANI, ASSOCIATION CAJT*, THIAIS

Arrivé à l’âge de 1 an dans la cité des Grands-Champs, à Thiais, Hamid Hamani est à

l’origine d’un projet de court-métrage qui sera réalisé par des jeunes du collège Albert-Camus

sur ce quartier de 3 000 habitants en pleine rénovation jusqu’en 2014.

La cité des Grands-Champs,

c’est d’abord des supers souvenirs.

Et il ne faudrait pas

l’oublier. » Professionnel de

l’animation, Hamid Hamani,

32 ans, souhaite, au moment où la cité

change radicalement de visage, rendre

hommage « à nos parents, qui ont vécu le

déracinement, qu’ils soient d’origine maghrébine,

portugaise, italienne, espagnole ou autre

et se sont sacrifiés pour notre avenir et à tous

ceux qui, comme moi, ont vécu aux Grands-

Champs et ont réussi. Pas comme Zidane,

mais tout simplement en devenant plombier,

secrétaire ou médecin. »

Encadrés par la société de production

audiovisuelle D2G Films, 24 élèves de

quatrième vont pouvoir découvrir les

métiers du cinéma : écriture de scénario,

tournage, trucages, montage… « Ce courtmétrage

de 26 minutes sera très professionnel.

Et cela grâce au soutien de nos partenaires »,

se félicite Hamid Hamani. Dans le cadre

du contrat urbain de cohésion sociale,

l’État, la Ville de Thiais, le groupe immobilier

3F et le Conseil général ont en

effet apporté 80 % du financement. Et

le cinéma Pathé Belle-Épine projettera

le court-métrage en avant-première le

27 mai à 20 h. « L’autre facteur de réussite de

La plupart des élèves inscrits dans cet atelier audiovisuel

habite les Grands-Champs.

« Élargir notre regard

sur les Grands-Champs »

ce projet, c’est l’engagement fort de l’équipe

du collège et des jeunes » souligne Hamid

Hamani. Un atelier hebdomadaire le

lundi après-midi est organisé dans l’établissement

du début janvier jusqu’au 3 mai

et des séances de tournage sont programmées

le week-end, en soirée ou pendant

les vacances scolaires. Au final, Hamid

Hamani espère bien que ce film permettra

« d’élargir notre regard sur les Grands-Champs

et montrer que les quartiers populaires offrent

une entraide et une solidarité que l’on ne

retrouve pas ailleurs ». Stéphane Le Puill

* Club d’animation des jeunes de Thiais.

« La culture du média citoyen

participatif, c’est faire que tout

le monde s’implique. Il s’agit de

trouver les ressorts qui permettent

à tous, et notamment ceux qui sont

les plus éloignés de la prise de

parole publique, orale ou écrite,

de pouvoir s’exprimer. » Ancien

journaliste scientifique, Éric Seyden

a bifurqué vers l’éducation populaire

à l’occasion de l’essor du web

participatif et des journaux

communautaires apparus au début

des années 2000. Sa rencontre avec

Ghislaine Bassez qui, depuis une

quinzaine d’années, travaille avec

les habitants pour qu’ils organisent

et conçoivent leurs fêtes de quartier,

a été décisive. « Ghislaine avait une

grande expérience de la mobilisation

des gens sur le terrain, et moi j’avais

un parcours éditorial, cela a donné

naissance à Parlez Cités. »

L’association poursuit l’objectif

d’amener des communautés de vie,

quartiers ou établissements

scolaires, à multiplier les échanges

au travers d’un journal publié sur

Internet afin de « mieux se connaître

et se reconnaître ». Neuf projets

sont en cours de création dans

neuf quartiers en Île-de-France,

dont trois dans le Val-de-Marne,

en partenariat avec des centres

sociaux, des MJC et des régies

de quartier.

Lancé début 2010 avec le soutien

du Conseil général et de la

Fondation pour l’enfance, le

web-journal du collège

Francine-Fromont de Fresnes

devrait trouver cette année son

rythme de croisière. « En pratique,

la participation n’a rien de

spontanée. Cela prend du temps,

car cela suppose aussi de la part

de chacun de fournir un travail.

Le résultat final doit tenir la route

au niveau rédactionnel ». À terme,

l’objectif de Parlez Cités est de faire

progressivement de ce web-journal

un lieu d’échanges entre parents,

enseignants et élèves. « C’est

important d’avoir ce type d’initiative

dans le collège car c’est dans cette

tranche d’âge que l’on commence à

se définir en tant que citoyen. »

S. LP.

Pour en savoir plus

Web-journal du collège

Francine-Fromond (Fresnes) :

www.mag3fr.fr

Parlez Cités. Maison des Associations.

11, rue du 14-juillet, au Kremlin-Bicêtre.

Courriel : parlez.cites@laposte.net

Une quinzaine d’élèves a participé à la création du web-journal du collège Francine-Fromond

de Fresnes.

© J. Paisley

© A. Bachellier

MICHEL RIOUSSET, ÉCOLE DES BORDS

DE MARNE, JOINVILLE-LE-PONT

Magie des bords

de Marne

Cézanne, Pissarro, Dunoyer de

Segonzac, le Douanier Rousseau

et d’autres ont planté leur chevalet

en bordure de Marne pour traduire,

selon leur inspiration, la beauté des lieux.

Michel Riousset n’a pu résister longtemps

avant de leur rendre hommage dans un

ouvrage, Les environs de la Marne et leurs

peintres. Il faut dire que tout s’y prêtait : la

propriété familiale acquise par son arrièregrand-père

en 1896, la proximité de la Marne,

les activités sportives sur le fleuve et, bien sûr,

sa passion pour la peinture. « À la suite de ce

livre dans lequel j’associais les plus grands

peintres aux artistes contemporains que j’étais

allé chercher aux quatre coins du département,

nous avons décidé de renforcer les liens entre

ces artistes peintres et moi-même. C’est ainsi

que L’école des Bords de Marne a vu le jour,

il y a 21 ans. » Quand les beaux jours arrivent,

il n’est pas rare de voir en bord de Marne des

peintres taquiner le pinceau. « Nous avons la

chance, contrairement à la Seine où peignaient

tant d’impressionnistes, d’avoir conservé et

mis en valeur notre patrimoine, les berges,

les rives et ces maisons typiques des bords

de Marne. » Cette année, on pourra admirer

le travail de quatorze artistes, membres de

l’école, lors du salon qui se tiendra à Sucy-en-

Brie jusqu’au 6 mars prochain.

Claude Bardavid

École des Bords de Marne, Salon 2011.

Espace Jean-Marie-Poirier, à Sucy-en-Brie.

Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h

et de 14 h à 20 h, le dimanche de 14 h à 20 h.

22

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 23


DOSSIER / BUDGET 2011

1,8milliardd’euros pour améliorer

lequotidiendesVal-de-Marnais

Dossier réalisé par Alain Jégou. Infographies : Idé.

© A. Bachellier

© Joseph Melin

Actions en matière d’éducation, constructions et rénovations de collèges, aides à la personne, développement des transports et circulations douces…

sont notamment au programme du budget 2011 du Conseil général.

© D. R.

Fin janvier, le Conseil général a adopté, à la majorité, son budget. Celui-ci entend répondre aux

besoins des Val-de-Marnais et demande à l’État de compenser intégralement le financement des

allocations de solidarité RSA, APA et PCH.

Réunis en assemblée, le 24 janvier,

les conseillers généraux

ont adopté, à la majorité, le

budget 2011 du Département.

Cet acte, essentiel pour la vie

quotidienne des Val-de-Marnais, traduit

les actions et services que le Département

déploiera tout au long de l’année. Cependant,

cette année, son adoption revêt un

caractère exceptionnel. Comme annoncé

par le président du Conseil général,

Christian Favier, lors de la séance du

13 décembre, et conformément aux

recommandations de l’Assemblée des

départements de France (ADF), les élus ont

souhaité ajouter au budget général de la

collectivité une recette supplémentaire

de 82 millions d’euros. Cette somme correspond

au coût non compensé par l’État

des transferts des trois allocations de solidarité

nationale (pages 28 et 29) : le revenu

de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée

d’autonomie (APA) et la prestation

de compensation du handicap (PCH).

Pour les élus départementaux, le remboursement

de cette « dette » est essentiel. Ils

souhaitent faire respecter un des principes

de la décentralisation. Cette somme est

également nécessaire pour équilibrer le

budget départemental sans réduire le service

public local. D’autant qu’avec la crise

économique, l’ensemble des départements

est confronté à un double phénomène.

D’un côté, une forte augmentation des

dépenses, notamment d’aides sociales, et

de l’autre une perte de recettes. Avec la

réforme de la fiscalité locale, les départements

ne perçoivent déjà plus la taxe

professionnelle. En 2011, ils se sont vus

également retirer la taxe d’habitation.

Aujourd’hui, il ne leur reste que la taxe sur

le foncier bâti pour unique recette fiscale

directe. De ce fait, le Val-de-Marne connaîtra

une perte de recette - par rapport à

2010 - de plus de 70 millions d’euros, soit

un recul de 10 %, l’équivalent de plus de

trois collèges neufs. Vient s’y ajouter le

gel des dotations de l’État pour les trois

années à venir et la décision, prise sans

concertation, de mettre en place en 2011

un système de péréquation sur le produit

des droits de mutations entre l’ensemble

des départements. Une mesure qui risque

de faire perdre au Val-de-Marne quelque

19 millions d’euros. Ces différentes décisions

gouvernementales aggravent la

situation financière d’un grand nombre

de conseils généraux. Une quinzaine

d’entre eux est aujourd’hui au bord de

la cessation de paiement. S’agissant du

Val-de-Marne, la situation est tout autre.

Un récent rapport de la chambre régionale

de la Cours des comptes met d’ailleurs

en avant sa bonne gestion et souligne qu’il

est « légitime que [notre] collectivité s’interroge

sur les perspectives d’avenir qui s’ouvrent à elle,

au regard du caractère contraint de ses dépenses

et du caractère non stabilisé de certaines de ses

ressources. » Avec ce budget, le Département

entend poursuivre son action en

innovant dans un certain nombre de

domaines, avec l’objectif de conforter

les solidarités et améliorer la vie quotidienne

des habitants. Son effort se poursuivra

envers les Val-de-Marnais exclus

du monde du travail ou en proie à de

grandes difficultés, les personnes âgées

et/ou handicapées, la jeunesse et l’éducation,

mais aussi pour le développement

durable, le logement ou les déplacements

(pages 26 et 27). ■

24

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 25


DOSSIER / BUDGET 2011

SOLIDARITÉ

Des actions pour tous

Les départements sont pilotes dans les domaines de l’action sociale et des solidarités en

France. Ils ont un rôle reconnu de protection sociale qui s’amplifie en période de crise

économique. En Val-de-Marne, comme ailleurs, les actions menées s’adressent à toutes

et tous. Exemples de ce qui est prévu en 2011.

© J. Moulin

La crèche

Gisèle-Vatinel,

à Limeil-

Brévannes.

Insertion. Le Département a en charge

le versement du RSA (page 28), dans le

même temps, il développe toute une série

d’actions permettant le suivi et l’insertion

professionnelle des bénéficiaires de cette

allocation universelle de solidarité. En

2011, quelque 9 millions d’euros seront

consacrés à cette mission, dont 1,5 million

pour le suivi personnalisé des allocataires.

De plus, le Conseil général développera

un système de microcrédit accessible

aux personnes en proie à de grandes difficultés

financières et exclues du système

bancaire.

Autonomie et handicap. Le soutien à

domicile et l’amélioration des conditions

de vie au quotidien des plus âgés et des

personnes en situation de handicap font

partie des préoccupations premières du

Département. Des actions partenariales

avec les services de l’État, les communes et

les partenaires associatifs auront pour but,

notamment, d’assurer un meilleur accès

aux services et la professionnalisation des

acteurs de l’aide à domicile, ainsi que l’augmentation

de l’offre de services. 12,5 millions

d’euros (+ 7 %) y seront consacrés.

7 millions d’euros (+ 10,4 %) aideront au

financement des services d’accompagnement

à la vie sociale et services d’accompagnement

médico-social pour les personnes

ET AUSSI

Jeunesse. De nombreuses actions de

soutien aux jeunes se poursuivront au travers

de l’aide à la vie associative, la prévention

spécialisée, aux projets sportifs, culturels,

éducatifs, la promotion des initiatives solidaires,

citoyennes ou encore du soutien à la mobilité

avec la poursuite de la prise en charge à 50 %

de la carte Imagine R. Cette dernière mesure

se traduira en 2011 par une réévaluation de

6,7 %, liée à la fois à une hausse importante

du nombre de bénéficiaires (+ 3 000) et un

relèvement du prix de la carte. 12,8 millions

d’euros serviront à son financement.

handicapées. La prise en charge des frais

d’hébergement des personnes âgées

représentera une enveloppe globale de

52,7 millions d’euros. Enfin, concernant

les personnes handicapées, 2011 verra la

création de 76 places en foyer médicalisé,

dont 47 à Villeneuve-Saint-Georges et 29

à Valenton.

Collèges et éducation. Ce secteur sera

doté d’un budget de fonctionnement, hors

personnel, de près de 35 millions d’euros

(+ 13,7 %). Il servira essentiellement au

fonctionnement des collèges sur les

champs de compétences obligatoires et à

la mise en œuvre du projet éducatif départemental,

« Réussir, ils en sont tous capables ».

14 millions d’euros seront consacrés au

fonctionnement des 104 collèges publics et

la dotation aux collèges privés sous contrat

sera augmentée. Outre le financement d’accès

à Internet, 450 000 euros seront mobilisés

pour des opérations de maintenance

et d’assistance informatique et 60 000 euros

pour l’accompagnement des usagers avec

l’animation d’ateliers numériques pour

les collégiens et leurs parents.

PetiteEnfance.Prèsde68millionsd’euros,

dont 60 millions pour le personnel, serviront

à la qualité d’accueil des petits

Val-de-Marnais dans les 76 crèches départementales.


Aides au logement. Face aux difficultés

que connaissent de nombreux Val-de-Marnais

pour acquérir ou se maintenir dans un

logement, le fonds de solidarité habitat, qui est

de la compétence du Conseil général, sera

pourvu de 7,4 millions d’euros.

Environnement et développement durable.

4,2 millions d’euros (+ 6,4 %) seront déployés

pour garantir la qualité d’accueil et la sécurité

des parcs départementaux. 200 000 euros

serviront à la mise en œuvre du plan climat

départemental.

26

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 27


DOSSIER / BUDGET 2011

La prestation de

compensation du

handicap (PCH),

comme le RSA ou

l’APA, relève de la

solidarité nationale.

DÉMARCHE

Question de justice

Événement sans précédent, le Conseil général, comme de nombreux autres départements, a

décidé de présenter cette année son budget primitif avec l’inscription d’une recette de 82 millions

d’euros, correspondant à la dette de l’État 2011 du fait de la non-compensation des trois allocations

de solidarité nationale que sont le RSA, l’APA et la PCH.

365 millions d’euros de « dette ».

Entre 2002 et 2009, période durant laquelle

les trois prestations universelles de solidarité

(APA, PCH, RSA) ont été transférées aux

départements, l’État, s’il a rempli certaines

de ses obligations, n’a en revanche pas

su anticiper, ni répondre à la forte

évolution de la demande sociale. En effet,

à l’origine, il s’était engagé à les rembourser

intégralement (50 % pour l’APA).

Or depuis, le nombre d’allocataires a

explosé, alors qu’aucun mécanisme

d’évolution des compensations n’a été

prévu. Selon l’ADF*, en 2008, sur près de

12 milliards d’euros dépensés, seulement

8 milliards ont été financés par l’État. Les

4 milliards restants sont restés à la charge

des départements. En Val-de-Marne,

depuis 2004, ce sont quelque 365 millions

d’euros que l’État doit au Département.

Rien qu’en 2009, alors que les dépenses

sociales se sont élevées à 355 millions

d’euros, la compensation n’a été que de

237 millions d’euros.

Constat partagé.

De nombreux rapports - dont le rapport

Jamet, commandé par le Premier ministre

en 2010 - montrent que ce manque est

en majeure partie responsable de la

situation budgétaire dramatique que

connaissent les collectivités départementales.

Inexorablement, l’effet ciseau

entre l’augmentation des dépenses de

solidarité et la réduction continue des

recettes s’aggrave. Ce constat est unanimement

partagé. Le 24 janvier, lors de la

CE QUE DIT LA LOI

Avec une inscription en recette de

fonctionnement du montant de la « dette »

de l’État - estimé à 82 millions d’euros en

2011 au titre du coût du transfert des

trois allocations universelles de solidarité

(RSA,APA, PCH) -, le budget primitif 2011

du Conseil général devrait être déclaré

© J. Melin

séance du Conseil général, le rapport de

la commission chargée de plancher sur

l’état des finances départementales l’a mis

en avant. Demandée par l’opposition

départementale, cette commission insiste

sur la nécessité de trouver des ressources

pérennes pour le Département.

Actions engagées.

En 2010, à l’initiative de six conseils

généraux, dont le Val-de-Marne, l’ADF a

formulé une proposition de loi pour un

financement intégral des trois allocations

de solidarité nationale. Elle est restée lettre

morte. Aujourd’hui, de nombreux départements

ont déposé des contentieux pour

faire respecter la loi. Le 13 janvier, le

conseil général du Val-de-Marne a saisi le

tribunal administratif de Melun sur une

question prioritaire de constitutionnalité

contre le refus de l’État de compenser

en totalité les charges liées au RMI et

au RSA. Il souhaite faire établir par le

Conseil constitutionnel cette entorse à la

Constitution. En inscrivant au budget

général une contribution de l’État de

82 millions d’euros au titre des allocations

de solidarité nationale, le Département

place l’État devant ses responsabilités.

Loin d’être une affaire de gros sous, il joue

son rôle de bouclier social et désire

apporter des réponses aux besoins des

habitants en cette période de crise

économique. ■

* Assemblée des départements de France.

« insincère » par le contrôle de légalité du préfet

du Val-de-Marne. Si aucune décision favorable

n’est prise, un retour pour correction sera

demandé aux conseillers généraux.

Ainsi, un nouveau budget primitif devrait être

présenté à l’assemblée départementale dans

lequel cette recette exceptionnelle serait retirée.

Évolution au fil des ans des financements

des 3 allocations universelles de solidarité :

RSA, APA, PCH

2002

COMPENSATION 2011*

23%

RMI

Revenu

minimum

d’insertion

2002

APA

Allocation

personnalisée

d’autonomie

COMPEN-

SATION

DÉPENSES

2011*

70,36

millions

d’euros

54,15

millions

d’euros restent

à la charge

du Département

16,21

millions

d’euros

2002

PCH

Prestation

de compensation

du handicap

RSA

Revenu

de solidarité

active

COMPENSATION

DÉPENSES

2011*

COMPENSATION 2011*

COMPENSATION

DÉPENSES

2011*

178,4

millions d’euros

52

millions d’euros restent

à la charge

du Département

126,4

millions

d’euros

COMPENSATION 2011*

70,8%

21

millions d’euros

11,05

millions

d’euros restent

à la charge

du Département

9,95

millions

d’euros

* Prévisions

28

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 29


DOSSIER / BUDGET 2011

30

RENCONTRE

« Un budget de vérité et de justice »

Entretien autour du budget départemental avec Pascal Savoldelli, vice-président du

Conseil général chargé des Finances.

Pourquoi avoir décidé d’adopter

ce budget 2011 en y inscrivant les

82 millions d’euros que l’État doit

à notre Département ?

Pascal Savoldelli : Avec d’autres conseils

généraux, nous avons décidé d’adopter

un budget 2011 que nous qualifions de

vérité. Vérité sur les chiffres, car cette

somme correspond exactement au

montant de ce que nous devra l’État en

2011, au titre de son engagement initial

à compenser le coût du transfert des

trois allocations universelles de solidarité

que sont le RSA, l’APA et la PCH. Cela

représente l’équivalent de la construction

cinq collèges neufs. Depuis 2002, en

Val-de-Marne, la charge nette de ces

transferts pour le Département représente

365 millions d’euros, dont 170 millions

pour le seul RMI-RSA. C’est un constat qui

n’est contesté par personne. Or, ces trois

allocations relèvent de la solidarité

nationale. Il est donc juste d’exiger que

l’État arrête de se défausser sur les

collectivités locales. D’autant que ces

82 millions sont nécessaires au Départe-

ment. Avec la crise économique, nos

dépenses sociales augmentent et, dans le

même temps, des mesures gouvernementales

duisent considérablement

nos ressources. C’est le cas de la réforme de

la fiscalité qui retire aux départements la

taxe d’habitation ou du gel des dotations

de l’État pour les trois années à venir.

Le Val-de-Marne est-il le seul

Département engagé dans cette

démarche ?

P. S. : Depuis des mois, avec l’Assemblée

des départements de France (ADF), nous

alertons sur cette situation qui asphyxie

financièrement un grand nombre de

conseils généraux. Nous avons fait des

propositions pour la compensation

intégrale des allocations de solidarité

nationale. Celles-ci sont restées vaines.

Avec la réforme territoriale, on assiste à

l’affaiblissement de l’institution départementale

et des services publics locaux,

pourtant utiles aux populations. Notre

budget, avec cette recette de 82 millions

d’euros, va à l’encontre de cette politique.

C’est une exigence de justice pour les

Val-de-Marnais. Nous refusons de faire

supporter ce « manque à gagner » aux

habitants de notre département, aux

salariés et aux jeunes.

Quelles sont vos priorités pour

l’année en cours ?

P. S. : Malgré ces difficultés, ce budget

se veut utile à l’ensemble des Val-de-

Marnais. Nous souhaitons innover pour

conforter les solidarités, améliorer la

vie quotidienne et construire l’avenir. Je

souligne notre effort pour le logement

social avec une nette revalorisation de

l’effort d’investissement en faveur des

aides à la construction, à la réhabilitation

et au gros entretien, avec une

inscription budgétaire en hausse de

31 %. Il en va de même pour l’éducation

et les collèges, avec une dépense

prévisionnelle d’investissement en

progression de 10,4 % par rapport à

l’année précédente, et la mise en place

d’un outil numérique pour tous les

collégiens. ■

© J. Moulin

Vous ne recevez pas

Val-de-Marne ?

Si vous ne recevez pas le magazine

du Conseil général, vous pouvez nous

l’indiquer en remplissant le formulaire sur

www.cg94.fr/valdemarne, ou en contactant

Jean-Jacques Suzanne : 01 43 99 71 48

jean-jacques.suzanne@cg94.fr

Remerciements…

Le colloque « L’Éducation nouvelle au service d’une

nation à réformer : entre espoirs et réalités (1930-1970) »,

co-organisé par le PAJEP, les Archives départementales

et le musée de la Résistance nationale, sous le

patronage de la Ville de Paris et du Conseil général,

a tenu ses promesses : avancées des connaissances,

richesse du contenu des débats scientifiques et

citoyens... Au nom des organisateurs, en premier lieu

le musée de la Résistance nationale, je vous prie

d’accepter nos plus sincères remerciements.

Guy Krivopissko /Champigny-sur-Marne

Conservateur du patrimoine,

musée de la Résistance nationale

Avis de recherche…

Le portrait de Monsieur Roger Belbéoch

m’encourage à rechercher une information. Une voisine

m’a dit que Monsieur Vincent, agent de police d’origine

cévenole, domicilié à L’Haÿ-les-Roses avait, avec un

collègue, informé des familles juives de ce qui les

menaçait. Quelqu’un a-t-il connu Monsieur Vincent et

pourrait-il en parler ?

Madame R.D. /@L’Haÿ-les-Roses

Si vous avez des informations sur ce sujet,

écrivez-nous à cvm@cg94.fr

Nous transmettrons.

Super librairie…

Je me permets de vous envoyer ce petit mail car

j’ai lu avec grand intérêt votre article sur les librairies

du Val-de-Marne. Je voudrais vous signaler qu’il existe

à Chennevières-sur-Marne une super librairie-café.

Elle a plein de choix et est ouverte à l’heure du midi.

C’est la librairie « Petites histoires entre amis », située

au 46 bis, rue du Général-De-Gaulle.

Elisabeth G. /@Chennevières-sur-Marne

C’EST VOUS QUI LE DITES

Avis à la population

La direction des services de

l’Environnement et de l’Assainissement

(DSEA) va lancer une enquête de

satisfaction auprès de 1 500 foyers

val-de-marnais. L’objectif est d’évaluer

votre satisfaction en matière

d’assainissement, afin de l’adapter à vos

besoins et d’améliorer la qualité du service

rendu. Conçue avec un sociologue,

l’enquête se fait par le biais d’entretiens

téléphoniques (maximum cinq minutes) par

des agents départementaux de mi-février à

fin mars. Elle sera également mise en ligne

sur le site du Conseil général :

www.cg94.fr/enquete-assainissement

Souvenirs, souvenirs…

Le collège Karl-Marx, travaux de rénovation

(Val-de-Marne, n° 274, décembre 2010), 1933,

l’inauguration… j’y étais avec le patronage municipal.

J’ai toujours sur moi la photo (je suis au milieu,

le plus petit des gymnastes), j’ai 6 ans.

Ensuite, page 22, Maurice Rajsus, historien, se rend

au commissariat à la fin de l’occupation, accueilli par

Mulot. Celui qui rafle sa famille est devenu officier,

comme le sinistre Papon qui fit arrêter les juifs

puis les Algériens. J’ai porté l’étoile jaune pendant

l’occupation. J’ai été très sensible à votre article.

Serge D. /Villejuif

Envoyez vos courriers

à Val-de-Marne !

Vous avez un avis, une critique, un coup

de cœur… cette page est la vôtre !

Écrivez-nous à cvm@cg94 ou par courrier

à Val-de-Marne, magazine du Conseil

général, hôtel du département,

94011 cedex.

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 31

DÉBATTRE EN VAL-DE-MARNE


TRIBUNES

TRIBUNES

Groupe Gauche citoyenne

Quand l’État brade les

fondamentaux républicains !

Alors qu’il s’appuie sur des

valeurs fortes de partage, de

solidarité et de respect de l’autre,

notre système républicain vacille

sous les coups de boutoir du

gouvernement. Gauche citoyenne

défend la conception d’une

République juste et solidaire et

s’élève contre la privatisation de la

dépendance et le démantèlement

de l’école publique

Marne 73 millions d’euros en 2010 et

sa dette sera de 82 millions d’euros

en 2011.

Malgré cela, le Conseil général continue

de développer une prise en

charge spécifique, individuelle et

digne, reconnue de tous : aide au soutien

à domicile, transports à moindre

coût avec les cartes Améthyste ou

Rubis…

Après les cadeaux fiscaux aux entreprises

et aux actionnaires (4) , le gouvernement

déroule le tapis rouge aux

établissements d’hébergement privé.

Injustice totale, en particulier parce

que les dépenses de soins et une

partie des frais d’hébergements sont

remboursées par l’Assurance-maladie

et les conseils généraux au titre de

l’APA… Le reste sera à la charge de

ceux qui peuvent payer !

C’est une mesure intolérable et irrespectueuse

pour nos aînés.

Suppression massive de postes à

l’Éducation nationale !

Alors que notre Département met

tout en œuvre pour offrir aux collégiens

des conditions de travail performantes

(5) , l’État prévoit 16 000 nouvelles

suppressions de postes dans

l’Éducation nationale dans son

La dépendance

En métropole, près d’un Français sur

trois aura 60 ans ou plus en 2050 (1) .

La population vieillit, le nombre de

personnes très âgées augmente et,

avec lui, la perte d’autonomie. À

85 ans, une personne sur trois souffre

d’une maladie invalidante, comme

Alzheimer ou Parkinson, ce qui rend

le maintien à domicile difficile.

Sachant que le coût de la dépendance

oscille entre 1 200 et 3 000 euros par

personne et par mois, comment s’en

sortir seul quand on sait qu’un retraité

gagne en moyenne 1 200 euros ?

L’État doit rester le garant de la solidarité

intergénérationnelle !

Il ne serait pas acceptable qu’une

nouvelle branche de la Sécurité

sociale, « le cinquième risque », soit

confiée à des assureurs privés. La

France est déjà le 2 e marché de

contrats d’assurances dépendance

derrière les États-Unis (2) . Demain, la

souscription dès 50 ans d’une assurance

perte d’autonomie liée à l’âge

pourrait bien être obligatoire. Il est

inacceptable que la dépendance soit

soumise aux intérêts du privé. Cela

nuirait en particulier gravement au

caractère universel de l’allocation

personnalisée d’autonomie, l’APA.

L’État a transféré en 2001 la gestion

de l’APA aux départements, mais sans

les recettes correspondantes, alors que

les besoins réels vont croissants !

Ainsi, au titre des dépenses sociales

gérées par notre département (APA,

PCH, RSA (3) ), l’État doit au Val-debudget

2011, dont 571 sur l’Académie

de Créteil : 120 en maternelle,

426 en collèges et lycées, 25 personnels

administratifs.

Classes surchargées, problèmes de

scolarisation des enfants de 3 ans,

manque cruel d’enseignants, enseignants

non remplacés… Tout est fait

pour que les parents abandonnent le

choix de l’école de la République au

profit du privé.

Avec Gauche citoyenne, le Conseil

général continuera à se battre en

s’appuyant sur ses services publics

pour la solidarité entre tous !

Les élus Gauche citoyenne

(1) Projections de l’Insee.

(2) Deux millions de contrats d’assurances dépendance

en France.

(3) PCH, prestation de compensation du handicap ;

RSA, revenu de solidarité active.

(4) Suppression de la taxe professionnelle, bouclier

fiscal, suppression possible de l’impôt de solidarité

sur la fortune (ISF).

(5) Depuis 1986, le Conseil général a investi

1 458 millions d’euros dans la rénovation et/ou

la reconstruction de ses collèges.

Contact : 01 43 99 71 57.

Courriel : edwige.charbit@cg94.fr

© M. Aumercier

Dix mois d’école et

d’opéra au collège

Jules-Ferry de

Maisons-Alfort

Un projet exemplaire d’intégration sociale et de réussite scolaire

par la culture.

En 13 ans de mandat au conseil

général du Val-de-Marne, où j’ai

choisi de ne pas me représenter

afin de me consacrer à mes

activités internationales, je

peux être fier des nombreux

projets que j’ai aidés et soutenus

dans tous les domaines

ducation, culture, sport, espaces

verts, voirie, crèches, logement,

aide sociale, jeunesse, anciens

combattants, solidarité internationale,

emploi...). C’est d’ailleurs

pour cette raison que j’ai

toujours été favorable, à titre

personnel, à la clause générale

de compétence des départements.

L’un de ces projets me semble

devoir être cité en exemple. C’est

le projet « Dix mois d’école et

d’opéra », au collège Jules-Ferry

de Maisons-Alfort, mis en œuvre

par une équipe d’enseignants

passionnés et visionnaires qui

ont compris, mieux que beaucoup

d’hommes politiques, que

la culture peut être un outil très

efficace d’intégration sociale et

de réussite scolaire.

Ce projet a permis pendant

deux ans, de 2008 à 2010, à un

François Duluc

Conseiller général de Maisons-Alfort sud

Président délégué du groupe Majorité

présidentielle

groupe d’élèves de 5 e et de 4 e ,

en majorité issus de l’immigration,

de découvrir le monde de

l’opéra, souvent réservé à un

cercle de privilégiés. Ils ont ainsi

pu assister à des spectacles à

l’opéra Bastille et à l’opéra Garnier,

visiter leurs coulisses et

rencontrer les artistes et les

techniciens qui y travaillent.

Grâce à leurs professeurs, ils ont

pu se rendre au mythique

festival de Bayreuth et se passionner

pour la musique de

Wagner, a priori assez éloignée

de leur univers quotidien... En

Autriche, ils ont assisté à des

spectacles et des répétitions à

l’opéra de Vienne et au Musikverein,

rendu célèbre dans le

monde entier par le concert du

nouvel an.

Toutes ces activités ont été soigneusement

préparées en

amont pendant plusieurs

semaines au sein du collège, ce

qui a largement contribué au

succès du projet. Rares sont les

élèves qui ont décroché en

cours de route et tous reconnaissent

aujourd’hui la chance

qui leur a été donnée de découvrir

un nouveau monde qui les

marquera pour la vie.

Pour permettre à cette initiative

de voir le jour, j’ai réussi à

obtenir une subvention exceptionnelle

de 6 000 euros du

conseil général du Val-de-

Marne, alors que le Département

a toujours refusé de participer

au financement des

voyages des collégiens. Pour

clore le projet, j’ai eu le plaisir

de retrouver les élèves et leurs

professeurs à la fin de l’année

2010 pour une interprétation

mémorable de la 9 e symphonie

de Beethoven par l’orchestre

philharmonique de Vienne.

Voir ce groupe d’adolescents de

Maisons-Alfort sous les dorures

du théâtre des Champs-Élysées,

au milieu des abonnés des

beaux quartiers parisiens, et

faisant preuve d’une attention

et d’une qualité d’écoute

remarquables, demeurera certainement

l’un des meilleurs

souvenirs de mon mandat de

conseiller général.

© Jean-luc Rioult

32

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011

33


TRIBUNES

Groupe communiste

Groupe des élus socialistes et républicains

Dépendance

des personnes âgées,

une remise en cause

inacceptable de la

solidarité nationale

Après les mesures régressives portant sur l’âge et le montant des

retraites, c’est aux secteurs de la santé et de la perte d’autonomie

des personnes âgées que le gouvernement consacre son attention et

avance encore l’une de ses solutions des plus injustes pour réduire la

dépense publique et les services publics.

Il ne se passe pas un jour sans l’annonce

de nouveaux mauvais coups.

Sont menacés de fermeture des centaines

de lits de gériatrie, notamment

à Charles-Foix à Ivry, mais aussi le

service de chirurgie cardio-vasculaire

du CHU Henri-Mondor et éventuellement,

celui de neurochirurgie. Le secteur

de psychiatrie continue à être mis

au pain sec. C’est aussi l’interruption

de séance de vaccination, faute d’approvisionnement,

dans les centres de

santé, le projet de déménagement du

laboratoire de l’Établissement français

du sang de Rungis à Lille.

Ces décisions unilatérales, brutales

font fi des besoins des populations,

de leur qualité de vie, de leurs

contraintes en matière de déplacement.

L’allongement de la durée de vie est

une chance pour vivre mieux mais

soulève la question de la prise en

charge de la dépendance, le moment

venu.

Avec la création d’une 5 e branche de la

Sécurité sociale concernant la dépendance

des personnes âgées, le gouvernement

avance des solutions des plus

injustes qui soient à l’égard de nos

aînés. Cette création conduit à la précarisation

et à l’abaissement du niveau

de qualité des réponses publiques et,

en même temps, ouvre des champs

nouveaux aux appétits du secteur des

banques et des assurances privées.

Il est question d’obligation de contracter,

dès 50 ans, voire 40 ans, une assurance

individuelle, d’accroître le taux

de cotisation de la CSG jusqu’à 7,5 %,

de rétablir un recours sur succession

et de retirer le bénéfice de l’allocation

personnalisée d’autonomie (APA) aux

personnes plus faiblement affectées

(GIR 4). 5 647 Val-de-Marnais se verraient

ainsi supprimer l’APA sur 10 294 ayants

droit actuels.

Santé et confort de vie des aînés sont

recyclés en nouvelles sources de bénéfices

pour ceux qui alimentent les

marchés spéculatifs et gonfler les gros

patrimoines de quelques-uns.

Une autre solution existe, fondée sur

plus de justice fiscale et une meilleure

répartition de la richesse nationale.

Ainsi, en appliquant un prélèvement

modeste de 0,50 % sur les actifs

financiers des entreprises et sociétés,

un produit de 25 milliards d’euros

pourrait être collecté. Il représente un

produit de 400 euros par habitant,

utilisable pour des dépenses d’intérêt

général. Versé aux collectivités, il

Pierre Bell’Lloch

Conseiller général délégué

chargé de l’Emploi et de la Formation

permettrait de financer, sans contribution

supplémentaire des familles et

des personnes, et de nombreux services

dont celui de l’allocation personnalisée

d’autonomie.

Dans le débat parlementaire qui va

s’engager sur la dépendance, les élus

communistes seront attentifs et

feront entendre leur voix.

Notre conception de l’intérêt général

nous place dans une posture offensive

et constructive. Ainsi, le budget

départemental pour 2011 ne céderat-il

en rien face aux décisions injustes

et inégalitaires prises par le gouvernement

et dont les conséquences

sont de plus en plus insupportables

dans la vie quotidienne des habitants,

des salariés, des jeunes et des

moins jeunes. Nous continuerons à

mener les politiques progressistes et

véritablement de gauche, initiées

sous l’impulsion de Michel Germa

puis de Christian Favier et qui font

du Val-de-Marne, un département

toujours plus utile, solidaire et innovant

pour toutes et tous.

PS : En séance du 24 janvier, le groupe communiste

a initié un vœu, porté par l’ensemble de la majorité

de gauche et adopté à l’unanimité pour le maintien

du service de chirurgie cardiaque et le développement

du pôle d’excellence cardiovasculaire du CHU

Henri-Mondor.

© J. Lumien

Le débat sur la

dépendance ne doit pas

se réduire à un problème

de « gros sous »

Le président de la République et le gouvernement ont ouvert un

« grand débat » sur la dépendance, en se limitant toutefois aux

personnes âgées et non à l’ensemble des situations de handicap.

Il faut d’ailleurs leur reconnaître une grande constance, puisque cela fait

plusieurs années qu’ils promettent un texte… avant la fin de l’année.

Le débat est important. Mais la façon

de poser le débat est révélatrice. À

force de parler de « dépendance », on

a le sentiment d’une malédiction alors

que l’allongement de la durée de la

vie, et plus longtemps en bonne santé,

est un progrès.

C’est l’autonomie des personnes dans

tous les aspects de leur vie qui est en

jeu. Il faut donc s’intéresser aux services

à domicile, aux possibilités

d’aménagement des logements ou de

la ville, aux « aidants »… Ceux-ci sont

d’abord des personnes bénévoles, des

gens de la famille, le plus souvent des

femmes, dont le dévouement est

essentiel, leur action est de très loin le

premier « financement » de la dépendance.

Il faut les soutenir, leur faciliter

l’action, notamment quand elles sont

encore au travail, leur ménager des

moments de répit. Les services professionnels

se sont multipliés ces dernières

années sans qu’il y ait de véritable

contrôle de la qualité. Comment

favoriser la professionnalisation de

ces services ? Comment aider les gens

à choisir celui qui leur convient ?

Il faut aussi s’interroger sur le reste

à charge pour les familles et sur les

liens entre le domicile et les établissements.

On le voit, les questions sont d’ampleur…

Or, le débat n’a été lancé que

sur le financement. Un rapport parlementaire,

présenté par la députée UMP

Madame Rosso-Debord, préconise d’exclure

de l’APA les personnes les moins

dépendantes et de recourir à une

assurance privée obligatoire. Madame

Bachelot annonce que les premières

mesures seront inscrites dans le projet

de financement de la Sécurité sociale

de 2012, alors qu’il faudrait une

grande loi-cadre.

Certes, l’accroissement du nombre de

personnes dépendantes, la nécessaire

amélioration de la qualité de la prise

en charge, la réduction des restes

à charge obligent à trouver des

ressources supplémentaires. Mais il

convient de poser le débat pleinement

et sans chercher à dramatiser la situation.

On nous dit qu’il faudra trouver

30 milliards, en oubliant que l’on en

dépense déjà 21, et que seule la différence

est à financer. On oublie que

les aides à la personne sont un des

secteurs les plus dynamiques dans la

création d’emploi.

Christian Fournier

Vice-président du Conseil général

chargé de la Solidarité en faveur des

personnes âgées et des personnes

handicapées

Réaffirmons certains principes fondamentaux

:

• Chaque citoyen a droit à une vie

digne et la solidarité nationale doit

en être le garant ; le système assurantiel

peut arriver en complément, mais

un socle minimal doit être garanti.

• Le financement de cette solidarité

nationale demandera sans doute un

effort qui ne sera acceptable que s’il

est équitablement réparti.

• La situation de chaque personne doit

pouvoir être examinée avec elle pour

déterminer les modes d’action les

plus adaptés ; cela signifie une gestion

au plus près, le département a

montré sa légitimité en ce domaine.

Ce qui est en jeu, c’est bien un choix

de société. Aujourd’hui, le gouvernement

étouffe les collectivités locales et

revient sur la décentralisation. Les incitations

au recours au privé se multiplient.

L’État se désengage de ses responsabilités.

C’est de l’inverse dont nous avons

besoin. Une société se juge à sa

capacité à prendre en charge les

situations difficiles, à assurer la dignité

de chacun.

© J. L. Rioult

34

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011

35


BOUGER EN VAL-DE-MARNE

© Erik Berge

LÉGENDES

Biennale de danse du Val-de-Marne

1 3 4

2

1 (Im)possible. Trois couples tendus vers l’impossible,

mis en scène par Ina Christel Johannessen, grande dame

de la danse norvégienne.

2 Hervé Diasnas. Inventeur du vol dansé, le chorégraphe

val-de-marnais ouvre la Biennale avec une création : Diaphane.

3 L’immédiat. Six personnages dans un chaos indescriptible,

avec le rire pour échappatoire. Un spectacle de Camille Boitel.

4 Migrations. Inspirée des trajets des oiseaux et des

migrants dans le monde, la première création pour patinoire

de la compagnie Mossoux-Bonté.

5 Black’n’blues. Travestissement, parade, joute dansée…

Mark Tompkins attaque les préjugés avec l’arme de la

dérision.

6 Empreintes Massaï. L’hommage de Georges Momboye

emporte la danse traditionnelle massaï sur les chemins

de la modernité.

6

5

La 16 e Biennale met cap au Nord avec des compagnies

belges, danoises, norvégiennes… Décollage le 1 er mars avec

le Val-de-Marnais Hervé Diasnas, l’homme qui danse comme

un oiseau.

Depuis une dizaine d’années, en complicité

avec une compagnie de cirque, le

chorégraphe Hervé Diasnas fait voler ses

danseurs comme des oiseaux. Le 1 er mars

à Fontenay, il ouvrira, avec une création

en « vol dansé » (Diaphane), la 16 e Biennale

de danse. « Danses en Nord », thématique

choisie par Daniel Favier, le nouveau

directeur, est une belle invitation au

voyage et à l’échange. Les compagnies

arrivent cette année du Danemark, de

Grande-Bretagne, de Finlande, de Norvège,

des Pays-Bas et de Belgique, avec notamment

l’accueil de la compagnie Mossoux-

Bonté, pivot du partenariat avec le festival

bruxellois Les Brigittines. Nicole Mossoux

est chorégraphe, Patrick Bonté metteur

en scène. Ils nous proposent un programme

troublant de théâtre-danse,

dont deux créations : Les Buveuses de café à

Villejuif, où l’irruption de l’intime fait

déraper brusquement les conventions

sociales ; et Migrations à Champigny, un

projet pour huit patineurs où il sera

beaucoup question d’oiseaux migrateurs

et de notre condition humaine. La scène

© Anna Solé

belge, l’une des plus inventives du

moment, est très présente dans cette

édition : Michèle Noiret est en création

à Choisy (Minutes opportunes) ; le collectif

Peeping Tom confronte à Alfortville six

danseurs-performers à un décor monumental

(vent, tempête, abris de fortune et

isolement), juste reflet de notre époque

(32, rue Vandenbranden) ; et le 28 février

à Vitry, en prélude à la Biennale, Bud

Blumenthal présentera son projet de dansothèque

numérique mondiale (Dancers).

Plus au Nord, une soirée typiquement

norvégienne réunit au Perreux des jeunes

chorégraphes, et la grande dame de la

danse en Norvège, Ina Christel Johannessen,

dont la toute dernière création,

(Im)possible, interroge le couple et ses multiples

variations. « Fais-moi danser jusqu’à la

fin de l’amour », lui répondra sûrement le

Danois Palle Granhoj dans un autoportrait

dansé sur la musique de Leonard

Cohen (à Vincennes). Échange très yin et

yang avec Carolyn Carlson, qui offrira au

chorégraphe finlandais Tero Saarinen

son mythique solo Blue Lady (à Cachan et

Nord

Saint-Maur). À Créteil, dans un tout autre

registre, la Biennale accueille deux habitués

du festival Exit : un pionnier de la

technologie en danse, l’anglais Wayne Mc

Gregor, et Trash, une compagnie issue de

la scène underground néerlandaise, avec

le premier épisode d’Humanoïd trilogie.

Permettre l’éclosion de

formes nouvelles en

soutenant et accompagnant

les projets, c’est

l’engagement du Centre

de développement

chorégraphique.

Beaucoup de créations

(une douzaine de

coproductions) sont à

l’affiche et les compagnies

françaises ne sont

pas en reste. Après le

succès de L’après-midi

d’un faune et du Sacre du

printemps, on attend avec

impatience l’hommage de

Georges Momboye aux

peuplesnomadesd’Afrique

(Empreintes Massaï, à Orly).

Dans le prolongement de

Fresque, femmes regardant à

gauche, Paco Dècina poursuit

son travail sur l’effacement

avec Non finito

(à Vitry). Claire Jenny réunit

quatre générations de femmes pour évoquer

leurs rapports au corps, aux normes

qui les entravent, et les libertés à conquérir

(Chairs de femmes, au Kremlin-Bicêtre).

Tandis qu’en s’inspirant des minstrels

© Vincent Beaume

shows du XIX e siècle, farces des Blancs

grimés en Noirs, Mark Tompkins déboulonne

les préjugés racistes et sexistes

(Black’n’blues, à Ivry). Une fois créées, les

pièces, il faut les faire tourner. La Biennale,

c’est aussi beaucoup de diffusions, et

l’occasion donc

de voir ou de

revoir Mourad

Merzouki, Thomas

Lebrun, Camille Boitel,

les frères Ben Aïm, Jean

Gaudin se lancer à l’assaut

des murs du MAC/VAL ou

encore Michel Caserta.

L’homme qui porte le chapeau

de toute cette aventure, celui

qui a rêvé un jour que la

danse pouvait grandir en

banlieue, revient pour

une grande fête baptisée

Danse encore !.

Beau titre, beau programme.

C’est à Noisy-le-Grand,

pas si loin…

Pour en savoir plus

© Steve Appel

Francine Déverines

Biennale de danse du Val-de-Marne,

une initiative du Centre de développement

chorégraphique, soutenue par le

Conseil général.

Du 1 er mars au 2 avril dans une quinzaine

de villes et théâtres.

Avant-première : 28 février à Vitry.

Tél. : 01 46 87 06 98.

Rendez-vous / Autourdesspectacles

Entrez dans la danse

Qui n’a jamais rêvé de voler, de marcher

sur les nuages, comme en apesanteur ?

L’expérience est possible le 12 février, à

Fontenay. Le vol dansé, inspiré des bancs

de poissons ou des nuées d’étourneaux,

est une technique pratiquée par le

chorégraphe Hervé Diasnas avec des

danseurs amateurs. Ludique et conviviale,

elle aiguise le sens de l’espace et du

déplacement et produit des sortes de

« migrations chorégraphiques » d’une

dizaine de minutes. Cette initiation est

donnée dans le cadre des « Traversées »,

parcours imaginé par la Biennale pour aider

ses spectateurs à entrer dans la danse par

la pratique, le regard et la parole. À vous de

choisir parmi toutes les propositions qui

sont aussi une excellente occasion de se

rencontrer et de mieux se connaître.

On retiendra, pour notre part, les ateliers

de Camille Boitel, les 5 et 6 mars à Villejuif.

Cette compagnie, distinguée au festival

Mimos 2010, vous invite, parents et enfants,

à partager son univers de bric et de broc, de

danse et de cirque, d’humour et d’humanité.

Tout le programme sur :

www.alabriqueterie.com

Pratique : demander le pass (10 euros) pour

bénéficier de tarifs préférentiels (spectacles

et stages) et d’autres avantages (invitations,

rencontres…).

© D. R.Dansesen

© D. R.

36

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 37


À L’AFFICHE

Musique

« Happy Birthday, mister Sons d’hiver ! »

Théâtre

L’envol recommencé

© Francis Wolff

Pour ses vingt ans, le festival s’offre Miles Davis, James Brown et quelques

autres. Un retour vers le futur détonnant et étonnant.

Cette année, Sons d’hiver rend hommage au grand Miles Davis.

Avril 1970, révolution sur la planète

musique. Pour la première fois, jazz et

rock, les deux mouvements musicaux les

plus populaires du XX e siècle, fusionnent

sur un même vinyle. Riffs de guitare et

basse électriques, percussions, batterie,

clarinette basse, saxophone, piano électrique…

on n’avait encore jamais entendu

cela. Avec Bitches Brew, Miles Davis électrise

tous les instruments de l’orchestre

de jazz, sa trompette comprise, et allume

un feu qui continue de se propager.

Les quarante ans de Bitches Brew coïncidant

avec ses vingt ans d’existence, Sons d’hiver

fête ce double événement avec deux

créations ou recréations : hommage à

Fontenay, avec le trompettiste Graham

Haynes (Bitches Brew revisited), puis à Villejuif

avec un « special evening » proposé par

Greg Tate et son Burnt Sugar The Arkestra

Chamber. Le chef-d’œuvre de Miles Davis

y sera offert dans un écrin très funk,

encadré par les chansons soul de Melvin

Van Peebles (l’inénarrable activiste du

film culte Sweet Sweetback’s baadasssss Song)

et un final original éclairant les liens

entre Miles Davis et James Brown, deux

bandes sons de l’Amérique noire

moderne, à l’origine encore de la plupart

des innovations d’aujourd’hui. On le

vérifiera dans le grand concert hip-hop

de clôture à Créteil avec le rapeur

Kokayi et sa musique entre impro, soul

et punk très représentative de l’afropunk

actuel. Francine Déverines

Pour en savoir plus

4 février, Graham Haynes à Fontenay.

5 février, Burnt Sugar The Arkestra

Ensemble, Hommages à Miles Davis et

James Brown à Villejuif.

8 février, Wadada Leo Smith et

Günter Baby Sommer, Steve Coleman

et Five Elements à Vitry.

10 février, Sylvain Kassap Trio et

L’Impromptu Quartet : Lubat,

Chevillon, Corneloup, Bojan Z à Ivry.

11 février, Carmen Linares à Créteil.

12 février, clôture hip-hop :

Kokayi, Jean Grae, Pharoahe Monch

à Créteil.

Tél. : 01 46 87 31 31 et

www.sonsdhiver.org

Un jeune homme, Treplev, qui

aimerait révolutionner la vie et le

théâtre, écrit une pièce pour Nina dont

il est éperdument amoureux. Tandis

qu’il affronte sa mère, une comédienne

à l’ego démesuré, sa pièce est un échec

et Nina l’abandonne pour suivre un

écrivain à la mode qui l’abandonnera

à son tour… La Mouette, symbole de

l’envol brisé de Nina et Treplev, fut le

premier grand succès théâtral de

© Christian Benedetti

Tchekhov. Trente ans que cette œuvre

habite Christian Benedetti. Il l’a

montée une première fois au sortir du

conservatoire où Antoine Vitez lui

avait fait aimer Tchekhov et la Russie.

Il y revient aujourd’hui, un peu comme

on rentre à la maison, et beaucoup pour

faire bouger le théâtre aujourd’hui :

« Il faut des formes nouvelles. Des formes

nouvelles, voilà ce qu’il faut, et s’il n’y en a pas,

alors, tant qu’à faire, plutôt rien » écrit

Tchekhov, dès l’acte 1. Depuis son

improbable studio logé dans un ancien

entrepôt d’une petite rue d’Alfortville,

Benedetti, découvreur de Bond, Sarah

Kane, Gianina Carbunariu… rouvre la

question à sa manière. Il y a toujours

pour lui, « un combat à mener avec le

théâtre et l’acte de création en général, contre

ce qui s’assigne, capture et fige ». Treplev

reste « ce poète qui doit regarder fixement

dans les yeux son siècle » au risque de sa

vie. F. D.

Le 11 février au pôle culturel d’Alfortville.

Tél. : 01 58 73 29 18.

Du 28 février au 2 avril au Théâtre-Studio

à Alfortville. Tél. : 01 43 76 86 56.

© Valérie Archeno

Chanson

Guidoni réenchante

Prévert

Immense interprète depuis des années de

Prévert (voir le succès de son album Étranges

étrangers), Guidoni retrouve l’univers du poète pour

un nouveau spectacle, avec la complicité de

Fabrice Ravel Chapuis au piano, de Ken et Néry

à la mise en scène. Ambiance à la Prévert bien sûr :

cercle, arène, poussière de la piste, tulle, cloche,

cage à oiseaux, jeu d’ombres et de lumières…

et le chanteur en maître de sa propre cérémonie

pour une galerie de portraits tout droit sortis

du chapeau de Prévert. Imaginé dans le cadre

d’une résidence de création au théâtre Antoine

Vitez, ce spectacle chaleureux a reçu le soutien

du Conseil général et du Festi’Val-de-Marne.

À voir en famille. F. D.

Jusqu’au 13 février au théâtre Antoine-Vitez à Ivry.

Tél. : 01 46 70 21 55.

38

AGENDA

THÉÂTRE/

DANSE

Correria-Agwa

Onze danseurs cariocas originaires

du Brésil, sous la conduite

de Mourad Merzouki, directeur

du CCN du Val-de-Marne.

Époustouflant.

Le 3 février au Perreux.

Tél. : 01 43 24 54 28.

Le 11 février à Choisy.

Tél. : 01 48 90 89 79.

Together, vite !

En résidence au théâtre d’Ivry, la

chorégraphe Norma Claire explore

un monde-mosaïque à partir de la

parole du poète Édouard Glissant :

danse contemporaine et classique,

hip-hop et afro, cirque et

musique… Avec le soutien du

Conseil général.

Du 1 er au 20 mars au théâtre

Antoine-Vitez à Ivry.

Tél. : 01 46 70 21 55.

L’Or

Une société ruinée par sa plus

grande richesse, l’or : le chef-d’œuvre

de Cendrars, incarné par Xavier

Simonin et mis en musique par

Jean-Jacques Milteau.

Jusqu’au 20 février à

Vincennes. Tél. : 01 43 74 73 74.

Du 4 au 13 mars à Saint-Maur.

Tél. : 01 48 89 99 10.

Molière

Grosse actualité avec pas moins

de quatre mises en scène :

Les Fourberies de Scapin par

Colette Roumanoff à Ormesson ;

Le Malade imaginaire par

Alain Gautré à Rungis et par

René Camoin à Saint-Maur :

Le Médecin malgré lui par

Andonis Vouyoucas à Orly.

Le 10 février à Rungis.

Tél. : 01 45 60 79 05.

Le 10 février à Ormesson.

Tél. : 01 45 76 07 08.

Le 4 mars à Orly.

Tél. : 01 48 52 40 85.

Les 6 et 12 mars à Saint-Maur.

Tél. : 01 48 89 99 10.

Un jour j’irai à Vancouver

Molière, Brecht, Sophocle entrent

dans la vie des jeunes de cité et

tout devient possible. Deuxième

volet, après Cité Babel, de la saga

sociale de Rachid Bouali.

Le 4 mars au théâtre André-

Malraux de Chevilly-Larue.

Tél. : 01 41 80 69 69.

Le bout de la route

Dans une maison endeuillée, au bout

d’une route barrée par la montagne,

entre un soir un homme mystérieux

et bienveillant. François Rancillac

rend hommage à Jean Giono.

Le 4 mars au théâtre

de l’Arc-en-ciel à Rungis.

Tél. : 01 45 60 79 05.

Le Misanthrope

Cocufié par Armande Béjart, sa

jeune et légère épouse, moqué par

les petits marquis dont il s’était luimême

tant moqué, Molière trouve

un antidote à sa mélancolie en se

regardant souffrir. Il écrit une

comédie… Mise en scène de

Nicolas Liautard.

Le 7 mars à la Scène Watteau

à Nogent. Tél. : 01 48 72 94 94.

Roméo et Juliette

La plus belle histoire d’amour et

de mort : une jeunesse fracassée

dans un monde qui s’écroule.

Shakespeare mis en scène par

Magali Léris.

Le 5 mars au pôle culturel

d’Alfortville. Tél. : 01 58 73 29 18.

MUSIQUE/

CHANSON

Archimède

Nommés aux Victoires de la musique

2010, deux drôles d’oiseaux,

Fred et Nico, réinventent le rock

français des années 60 et 70.

Le 10 février au centre

Pompidou à Vincennes.

Tél. : 01 53 66 16 70.

Nuit blanche chez Francis

Un cabaret autour des chansons,

saynètes, monologues,

calembours et autres fredaines du

grand Francis Blanche.

Le 10 février au centre

Aragon-Triolet à Orly.

Tél. : 01 48 52 40 85.

Zémire et Azor

La Belle et la Bête transposé dans

un Orient des mille et une nuits, un

opéra-comique d’André-Ernest-

Modeste Grétry (1741-1813) par

les chanteurs et l’ensemble

Lunaisiens.

Le 11 février

au théâtre de Cachan.

Tél. : 01 45 47 72 41.

Loïc Lantoine

Électron libre de la nouvelle scène,

le chant fort en gueule d’un héritier

de Brel, Brassens, Ferré.

Le 11 février au théâtre

Paul-Éluard à Choisy.

Tél. : 01 48 90 89 79.

Black Angels

Autour de cette œuvre de George

Grums écrite en pleine guerre du

Vietnam, le quatuor Béla a tissé un

concert initiatique de l’ombre vers

la lumière.

Le 11 février à l’espace

Malraux au Kremlin-Bicêtre.

Tél. : 01 49 60 62 16.

Cabaret

Une nouvelle édition des cabarets

de Karim Sebbar, en écho avec les

humeurs de notre époque, du côté

de la philosophie et de la

mondialisation.

Le 12 février au centre

Gérard-Philipe et le 26 février

à la Maison pour tous du

Bois-l’Abbé à Champigny.

Tél. : 01 41 77 10 30.

Gourmandises

Mendelssohn pour son goût

sucré-salé, Le Concerto de Tomasi

pour son piquant en bouche,

effet champagne garanti avec

La Symphonie 40 de Mozart…

Un concert gourmet de l’Orchestre

national d’Île-de-France.

Le 5 février à Alfortville.

Tél. : 01 58 73 29 18.

Le 13 février à Bonneuil.

Tél. : 01 45 13 88 24.

Hommage à Jean Ferrat

Une semaine avec l’ami Jean :

concert de Natacha Ezdra (18 et

19 février), rencontre-conférence

et diaporama avec Joël Carpier

(15 février), exposition « Jean des

encres et Jean des sources » :

l’engagement et la poésie de Ferrat

par François Derquenne (du 15 au

26 février).

Jusqu’au 26 février à

Bonneuil. Tél. : 01 45 13 88 24.

Je m’voyais déjà

Six jeunes rejetés d’un énième

casting rêvent d’une seconde

chance. Une comédie musicale de

Laurent Ruquier sur des chansons

d’Aznavour.

Le 19 février à l’espace

Delacroix à Charenton.

Tél. : 01 46 76 67 00.

François Morel

On appréciait le polémiste, on

applaudit le poète et chanteur.

Morel chante sur fond de

lendemains de fêtes, de cas

sociaux et de nappes à carreaux.

Le 4 mars à l’espace Malraux

au Kremlin-Bicêtre.

Tél. : 01 49 60 62 16.

La Rumeur

Un son lourd, une poésie écorchée

écrite à l’encre noire, les membres

du groupe sondent le malaise des

réalités sociales avec un

engagement libre et sincère.

Le 4 mars au Hangar-Tremplin

à Ivry. Tél. : 01 49 60 25 35.

EN FAMILLE

Lettres d’amour de 0 à 10

Ernest tourne en rond dans sa vie

en panne de sens. Une histoire

contemporaine aux allures de

conte... Par la compagnie L’Artifice.

Les 8 et 9 février à la salle

Jacques-Brel à Fontenay.

Tél. : 01 48 75 44 88.

Trio pour un p’tit pois

L’histoire est celle d’un petit pois

« comme celui que l’on peut avoir

dans la tête ». Recréation de

Pascal Ayerbe avec trois compères

jardiniers et des instruments

innombrables (xylophone,

ukulélé…) et improbables (scie

musicale, casseroles…).

Le 9 février à la salle

Georges-Brassens à Villiers.

Tél. : 01 49 41 31 70.

Appartement à louer

Une histoire toute simple

d’animaux disparates, adaptée

d’un classique de la littérature

enfantine. Une création de la

compagnie Neshikot.

Le 9 février à l’espace

Gérard-Philipe à Fontenay.

Tél. : 01 49 74 76 61.

Thomas N’Gijol

Le show à l’américaine d’une figure

du Jamel Comedy Club.

Le 4 mars au théâtre

Romain-Rolland à Villejuif.

Tél. : 01 49 58 17 00.

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 39


À L’AFFICHE

Théâtre

Le récit de la

servante Zerline

Dans une

petite ville

d’Allemagne,

un homme sans

nom, sans passé,

loue une chambre

chez la baronne

W. où sert une

vieille domestique,

Zerline. Dans leur

jeunesse, les deux

femmes se sont

disputé les faveurs

duduisant M. Von Juna… C’est cette histoire

que raconte la vieille Zerline à ce locataire de

passage. Une histoire pleine de mensonges et de

sombres secrets, de désir et d’amour, de frustration

et de haine. Yves Beaunesne adapte à la scène

Les Irresponsables du Viennois Hermann Broch.

Écrite aux États-Unis où il s’était réfugié au début

de la guerre, cette série de nouvelles révèle

le pourrissement d’une société qui va bientôt

porter Hitler au pouvoir. F.D.

© D. R.

Le 3 mars au théâtre de Cachan. Tél. : 01 45 47 72 41.

AGENDA

Mon pantalon est décousu

Qui était mon grand-père quand il

était petit ? Des Années Folles à

Seconde Guerre mondiale,

réponse en chanson avec Laurent

Viel et Marc Wyseur.

Le 5 mars au Sud-Est Théâtre

à Villeneuve-Saint-Georges.

Tél. : 01 43 89 54 39.

BONNE IDÉE

Les rendez-vous du doc

Gratuit sur réservation : « La plainte

de l’impératrice » de la chorégraphe

Pina Bausch (le 12 février) et « Nuage

apportant la nuit » récit onirique de

l’anthropologue Stéphane Breton sur

des images de Papouasie (9 avril).

À Gentilly. Renseignements :

01 41 24 27 10.

Carnaval

Une grande tradition de Thiais

avec, entre autres : une exposition

(du 1 er au 17 mars), le bal de la

reine (le 5 mars), et le défilé (le 13

mars).

À Thiais. Renseignements :

01 48 92 42 42.

Exposition

Philippe Tagli,

pour ouvrir les cages

Dans sa toute nouvelle galerie inaugurée

le mois dernier, l’espace congrès des

Esselières accueille l’art qui bouscule et

fait débat. La première exposition est

consacrée au Villejuifois Philippe Tagli.

Auteur des Gremlins de la cité d’Oz, de Paradis

sans espoir et de Même la neige devient grise

quand elle tombe en banlieue, Tagli explore,

dans son travail d’écrivain et de photographe,

l’univers d’une banlieue qu’il

Xxx

Université populaire

Reprise du débat sur la crise

financière avec Henri Sterdyniak,

corédacteur du Manifeste

d’économistes atterrés (21 février),

les sondages avec Alain Garrigou,

professeur en sciences politiques

(28 février), et une conférenceatelier

« Pour libérer la parole »,

avec Franck Lepage, militant de

l’éducation populaire (7 mars).

Entrée libre à Anis-Gras à

Arcueil. Tél. : 01 46 15 09 84.

EXPOSITION

Gilbert Duranton

Tentative de capturer ou libérer

tous les rêves faits sur la terre,

improbable robe cherchant

déesse voulant faire le tour

de la terre, hémisphère gauche,

hémisphère droit…

L’art de la découpe mis en formes

poétiquement et non sans humour.

En février à la Guinguette

du monde à Ivry,

vernissage le 4 février.

Tél. : 01 46 71 02 05.

© D. R.

Vivants

Photographe attitré du Corbusier,

Lucien Hervé parcourt le monde et

s’attarde sur les hommes qu’il

rencontre. Ému par les gens simples,

il va nourrir son œuvre d’un

humanisme discret et constant.

Du 10 février au 30 avril à la

maison de la photographie

Robert-Doisneau à Gentilly.

Tél. : 01 55 01 04 85.

De l’air

Comme suspendues en plein ciel,

les compositions paysagères de

Brankica Zilovic et les glissements

progressifs vers l’étrange d’Anne

Guillotel.

Jusqu’au 12 février à la

maison des arts de Créteil.

Tél. : 01 45 13 19 19.

Corps coupu corps cousu

Morceaux de corps découpés

dans des magazines, isolés ou

assemblés pour créer des mondes

singuliers... Les collages de Michel

Goudet, artiste haÿssien.

Jusqu’au 23 février au Moulin

de la Bièvre à L’Haÿ-les-Roses.

Tél. : 01 41 98 36 94.

connaît bien. Il livre aujourd’hui un regard

« raciné » comme il dit, raciné du quartier

des Lozaits et de la cité Mermoz où il réside

depuis l’adolescence et qu’il parcourt,

zoom et petit carnet à la main pour des

images et notes à la volée, à la manière du

haïku. Son regard, écorché plutôt que

guerrier, saisit entre ombres et lumières

ces autres « lui-même » que l’on appelle

« jeunes de cité ». Un univers où, analyse

Zérane Girardeau, « La vie - survie - prend

toute la place : l’ennui, les joies, le vide, les coups,

les espoirs, les filles, les embrouilles, les frères, les

désillusions, les drames, la drogue, l’amour. » Un

univers où résiste aussi une lueur : « Une

lueur d’imaginaire et de désir, qu’importent sa

fugacité et sa fragilité. Une lueur poétique qui

rêve aux élans, ces élans qui entrouvriraient les

cages des cités et des esprits. » Cette exposition

au titre éloquent, Comme une louve qui mord

en pleurant, est accompagnée d’un courtmétrage

tout aussi éloquent : L’humanité

ratera la dernière marche. F. D.

Jusqu’au 18 mars aux Esselières,

à Villejuif. Tél. : 01 49 58 30 32.

ÇA SE PASSE

AU MAC/VAL

’Idéo

Dans l’espace d’exposition

temporaire, « Let’s dance »

de la place à « ’Idéo »,

mot mixant « vidéo » et « idée »,

et première grande exposition

monographique en France

d’un des chefs de file de la

performance : Éric Duyckaerts.

Depuis des années, l’artiste

mêle savoir et absurde, prenant

un malin plaisir à saboter les

discours courant sur l’art. Pour le

MAC/VAL, il réalise une dizaine de

vidéos inédites, ainsi que des

nouveaux objets, sculptures,

wall paintings...

Du 5 mars au 5 juin,

expo « ’Idéo »

Le 4 mars, vernissage ouvert

à tous : entrée libre 2011

à partir de 18 h 30 à Vitry.

Tél. 01 43 91 64 20

Tout le programme sur

www.macval.fr

Théâtre

Les grognards

de la République

Après la

famille (Roman

de familles),

puis le travail

(La Fourmilière),

le metteur en

scène Alain Mollot

questionne la

« nation ». Il livre

ce mois-ci, sur ce

sujet on ne peut

plus d’actualité,

une petite forme

conçue pour des

lieux non théâtraux (Les frontières invisibles) et une forme

plateau, Les grognards de la République, dont le texte signé

Guillaume Hasson est issu de témoignages recueillis sur le

terrain. « Que penser aujourd’hui de la “nation” ?

Est-ce que cela veut nécessairement dire “nationalisme”,

peuple “ populisme”, et patrie “fascisme” ? Comment cela

se vit-il en banlieue ? En province ? Selon les générations

(la Résistance, la guerre d’Algérie, Mai 68, l’Europe…), les

classes sociales ou les opinions politiques ? », sont quelquesunes

des questions qui ont traversé l’enquête à Villejuif,

Colombes ou Sochaux. Puis, le réel est venu nourrir la

fiction. F. D.

Du 3 au 5 mars au théâtre Romain-Rolland à Villejuif. Tél. : 01 49 58 17 00.

Le 22 mars au théâtre de l’Arc-en-ciel à Rungis. Tél. : 01 45 60 79 05.

© D. R.

Les objets de ma visite

Dans le cadre d’une résidence

d’artiste, le travail de Patrick

Dekeyser issu de sa rencontre

avec les habitants (interviews

sonores, portraits vidéo,

sculptures…).

Jusqu’au 5 mars

à la maison d’art contemporain

Chaillioux à Fresnes.

Tél. : 01 46 68 58 31.

L’école

des bords de Marne

Dans la lignée de l’école de

Barbizon ou de l’école de Pont-

Aven, seize artistes regroupés

autour de Michel Riousset, inspirés

par la beauté de la rivière.

Jusqu’au 6 mars à l’espace

Jean-Marie Poirier à Sucy.

Tél. : 01 45 90 25 12.

Halles, étals et bazars

Affiches, journaux anciens,

estampes, photographies

racontent 150 ans de commerce

en Île-de-France.

Jusqu’au 29 mai

au musée de Nogent.

Tél. : 01 48 75 51 25.

Renée Levi

L’artiste suisse revient à la brosse,

aux couleurs, à la toile et au

châssis, et au geste de l’artiste

avec le titre, de cette exposition,

« Cursif », qui renvoie au tracé à la

main, à la course, à la vitesse,

dans l’écriture ou la lecture.

Jusqu’au 27 mars

au Credac à Ivry.

Tél. : 01 49 60 25 06.

Dans la nuit la liberté...

En 1940, une chape de plomb

s’abat sur la France.

À l’intérieur et à l’extérieur du pays,

des individus et des petits groupes

s’organisent et résistent.

Leur engagement et la répression

qu’ils subissent forment le thème

cette année de l’exposition

du concours national de la

Résistance et de la Déportation.

Jusqu’au 31 août au musée

de la Résistance nationale

à Champigny.

Tél. : 01 48 81 45 97.

Plus d’infos sur

www.cg94.fr

Carte blanche À DAVID COXALL

CHEF DU SERVICE DÉPARTEMENTAL DE L’ARCHÉOLOGIE

L’archéologie au service

d’un territoire et de ses

habitants

David Coxall.

© Agnes Deschamps

En créant un service

Archéologie à la fin des années

1970, le Conseil général s’est

démarqué en faisant partie des

toutes premières collectivités à

clairement démontrer sa volonté

de jouer un rôle majeur dans la

protection et la gestion du

patrimoine archéologique

de son territoire.

Les actions menées par le service

depuis plus de trente ans ont

permis d’accroître grandement nos

connaissances des différentes

périodes de l’occupation humaine,

dont les vestiges se trouvent

enfouis sous la strate urbaine

de notre époque.

Cette même période a également

vu un changement progressif,

mais très profond, du « paysage »

archéologique, avec le passage

d’une archéologie s’appuyant

sur les forces vives du monde

associatif vers une archéologie

professionnelle chargée de faire

face à la destruction du patrimoine

du sous-sol dans un cadre de plus

en plus réglementé. Une évolution

certes nécessaire, mais trop

souvent au détriment de

l’implication des archéologues

bénévoles dont le soutien et

l’engagement formaient une

véritable passerelle entre les

archéologues et la population

locale.

Toutes ces fouilles ont produit

d’importantes collections

d’objets et de documentations

(photographies, relevés…)

dont notre service assume la

conservation, afin que cette

formidable ressource puisse servir

à la recherche et à la valorisation.

La retransmission à la population

val-de-marnaise des connaissances

acquises par l’archéologie a

toujours constitué l’une de nos

principales missions.

Elle se manifeste à travers de

multiples actions culturelles.

Notre équipe de médiateurs

construit des projets avec

différents publics, notamment

scolaires : l’espace d’aventures

archéologiques, inauguré en

septembre dernier au parc

des Hautes-Bruyères à Villejuif,

constitue un outil de travail très

précieux dans cette démarche.

Par ailleurs, nous apportons

nos connaissances et savoir-faire

aux communes du département

dans l’élaboration d’actions de

mise en valeur de leur patrimoine

archéologique comme, par

exemple cet automne, la

réalisation d’une exposition

avec la Ville de Rungis.

Notre demande d’agrément

auprès du ministère, en matière

d’archéologie préventive,

va nous engager dans une

nouvelle étape. Une fois ce « label »

obtenu, le service sera en mesure

de se positionner comme

opérateur pour les fouilles à

réaliser dans le cadre des projets

d’aménagement, en particulier

ceux dans lesquels le Conseil

général s’est fortement engagé,

comme l’opération d’intérêt

national Orly/Rungis/Seine-Amont.

Cette décision est d’autant

plus importante qu’elle affirme

le rôle de service public de

l’archéologie dans un contexte

de commercialisation et de

privatisation des opérations

de fouilles. David Coxall

40

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 41


SPORT

handball

Laurent Brisson,

directeur de l’US Ivry :

« La qualité sera au

rendez-vous »

Le directeur de l’US Ivry Handball dévoile la

34 e édition du challenge Georges-Marrane qui

se déroulera les 12 et 13 mars.

© D. R.

Cérémonie

Clubs sportifs récompensés

La Nuit du sport, organisée par le Comité départemental olympique et

sportif (CDOS), s’est déroulée le 24 janvier à Ablon, en présence

notamment de Christian Lopès, président du CDOS, Daniel Guérin,

conseiller général délégué aux Sports, et Robert Simon, représentant le

préfet. Cette année, plusieurs clubs sportifs étaient à l’honneur tels que

Rando évasion Île-de-France de Charenton, Créteil-Choisy Rugby, ALFA

Loisirs de L’Haÿ-les-Roses, le club Bayard de Vincennes et le Karaté club

de Charenton, reconnus pour leur travail en direction des personnes

handicapées et leurs actions en matière de prévention.

BOUGER EN VAL-DE-MARNE

Pourquoi le Marrane se déroule cette

année en mars ?

Laurent Brisson : C’est la Fédération française de

handball (FFHB) qui nous a interdit de l’organiser en

janvier car il y avait le tournoi de Bercy. En contrepartie,

elle avait promis que l’équipe de France participerait

au Marrane. Par la suite, elle est revenue sur cette

promesse car l’équipe de France devait se rendre en

Amérique du Sud. En fait, en mars, la France jouera

deux matchs sur le territoire national contre la Serbie.

C’est regrettable, car ces deux équipes auraient dû

participer au tournoi val-de-marnais.

© D. R.

Patinage artistique

En solo ou en couple, de 7 à 20 ans,

garçons et filles vont tracer leurs arabesques

et présenter leurs figures les

plus gracieuses et audacieuses sur la

glace de la patinoire Salvador-Allende,

à Fontenay-sous-Bois. Ce trophée, classé

tournoi de France, réunit chaque année

une trentaine de clubs venus de la

région parisienne et de la France tout

entière. Le Val-de-Marne est représenté

par le club organisateur, la section

danse sur glace de l’Union sportive fontenaysienne

(USF). Pour son président,

Didier Montoursis, cette compétition

est d’un excellent niveau national :

« La relève est là, même s’il nous manque

encore des garçons. Nous travaillons à leur

détection afin de former des couples. » Dès

le samedi matin, à partir de 7 h jusqu’à

23 h, par groupe de catégorie et d’âge,

les jeunes sportifs pénètrent dans

l’arène glacée. Ils sont jugés et évalués

par cinq juges officiels nationaux qui

notent leur prestation sportive, athlétique,

artistique et chorégraphique.

Pour la danse imposée, c’est le même

morceau de musique qui accompagne

les patineurs. Quant au programme

libre, lors de la deuxième journée, il

permet à chaque danseur et couple de

Les espoirs français de la danse sur glace sont attendus,

les 5 et 6 mars à Fontenay-sous-Bois.

Le rendez-vous des jeunes

talents de la danse sur glace

Les 5 et 6 mars, quelque 150 jeunes patineurs vont se retrouver à Fontenay-sous-Bois

lors du 8 e trophée Idriss-Abback, soutenu par le Conseil général.

donner libre cours à leur inspiration

grâce à une musique, choisie par eux,

sur laquelle ils ont pu effectuer tous

leurs entraînements. « J’espère que parmi

tous ces patineurs, nous aurons des enfants

qui participeront aux Jeux olympiques

de 2014 ou 2018 », avance le président

Montoursis. Nous aussi !

Pour en savoir plus

Claude Bardavid

Trophée Idriss-Abback.

Patinoire Salvador-Allende.

40 bis, rue de Rosny à Fontenay-sous-

Bois. Tél. : 01 49 74 74 97. Entrée libre.

Malgré votre déception, le Marrane 2011

s’avère relevé…

L. B. En effet, face à l’USI, il y aura trois équipes ayant

participé au championnat du monde en Suède : une

sélection tchèque, la Tunisie et l’Algérie. Je précise

également que la décision de la FFHB nous a

contraints à revoir le format de notre tournoi. Nous

avons dû réduire le nombre d’équipes participantes

et la formule. Cette année, chaque équipe effectuera

deux matchs. Le samedi, les rencontres auront lieu à

Dreux (28) et au Mesnil-en-Thelle (60). Le dimanche,

la halle Carpentier accueillera la finale et le match

pour la 3e place. Des changements, certes, mais je

peux vous assurer que la qualité sera au rendez-vous.

Qu’apporte ce tournoi à l’USI ?

L. B. : Nous sommes actuellement sixième du championnat.

Au regard de notre budget, nous sommes

à notre place. La confrontation avec des équipes

nationales peut nous donner plus d’expérience.

Daniel Costantini a défini ce tournoi comme un lieu

d’expertise permettant de voir ce que le handball

pouvait être. Dommage que le changement de format

ne puisse pas nous faire jouer des joueurs issus du

centre de formation. Cependant, nous espérons finir

le championnat entre la troisième et la cinquième place.

Nous visons surtout la Coupe de France, un titre que

nous n’avons pas ramené à la maison depuis 1996.

Pour en savoir plus

Propos recueillis par Claude Bardavid

www.usi-hand.fr

www.lemarrane.fr

Les billets peuvent être commandés sur le

site du Marrane.

© M. Aumercier

EN BREF

HANDBALL

Marolles handball organise, le 6 février,

les tournois Mini-hand et Prim’hand.

Ces tournois, qui visent à faire participer

des jeunes du club de Marolles avec

d’autres clubs des communes

environnantes, réunissent au total quatorze

équipes : neuf équipes vont évoluer dans le

tournoi Mini-hand, cinq dans le tournoi

Prim’Hand. Plus de 300 personnes sont

attendues au gymnase municipal de

Marolles. Renseignements : 01 45 69 88 95.

COURSE EN VILLE

Le club Azur Olympique Charenton organise,

le 13 février, la 27 e édition des Foulées

charentonnaises. Au programme, quatre

courses de 1,5 km, 2,4 km jeunes, 5 km et

15 km pour tous. Parcours entièrement sur

route dans le bois de Vincennes et les rues

de Charenton-le-Pont, en deux boucles pour

le 15 km, mesuré label FFA. Cette année,

des nouveautés avec, en remplacement du

6,3 km, un 5 km en individuel ou en couple.

Les enfants seront aussi de la fête avec

plusieurs courses qui leur sont destinées.

Renseignements : 01 46 76 44 00 ou http:

//lesfouleescharentonnaise.asso-web.com

PATINAGE ARTISTIQUE

Fin décembre, la patineuse Maé-Bérénice

Méité de l’ES Vitry patinage est montée

sur la troisième marche du podium des

championnats de France Élite, à Tours.

Elle a été sélectionnée pour participer à

ses premiers championnats d’Europe qui

se sont déroulés en janvier, à Berne.

SPORTS EN VAL-DE-MARNE

SUR CG94.FR

Si vous souhaitez vous renseigner

sur les lieux de pratiques sportives en

Val-de-Marne, sur les actions du Conseil

général dans le domaine du sport, connaître

l’actualité val-de-marnaise ou bien encore

consulter le guide des aides du Conseil

général, une seule adresse : www.cg94.fr,

rubrique Sport.

42

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 43


DÉCOUVERTE

Cette magnifique exposition de l’Écomusée, à Fresnes, s’appuie sur une commande photographique faite à Gabriel Stauffer auprès de trente créateurs et artisans d’art des sept

L’exposition « Arts d’artisans » présente, à travers des photos, textes et objets, l’univers des

métiers d’art. Tout un savoir-faire au service d’une passion.

C’est une belle exposition qui offre

à voir et à découvrir des créateurs travaillant

dans notre département, et

plus précisément en Val de Bièvre.

Comment ne pas être sidéré, d’entrée

de jeu, par la magnifique série de

photos réalisée par Gabriel Stauffer

du maître tourneur Augusto Tozzola

(82 ans), qui donne naissance à un

volume par la grâce de ses paumes et

la pression de ses doigts.

Cette exposition à l’Écomusée du Val

de Bièvre, à Fresnes, s’appuie sur une

commande photographique faite à

Gabriel Stauffer auprès de trente créateurs

et artisans d’art des sept communes

du Val de Bièvre. Commissaire

de l’exposition, Alexandre Delarge

explique la démarche initiée par

l’Écomusée : « Nous voulions parler des

métiers d’art, d’autant plus que, sur notre

territoire, nombre d’entre eux y vivent et y

travaillent. Nous avons choisi quatre artisans

par ville et nous avons voulu mettre à l’honneur

des artisans célèbres jouissant d’une

notoriété internationale, comme la fonderie

d’art Susse ainsi que Lorenzi, le mouleur

de sculptures. » C’est avec deux œuvres

d’art que s’ouvre la présentation des

artisans d’art : le petit Orphée de Zadkine

fondu par Susse, et un esclave de

Michel Ange moulé par Lorenzi. Le

ton est donné. Les artisans d’art sont

de véritables artistes. Des panneaux

explicatifs nous apprennent au gré

de la visite ce que représente le poids

des artisans d’art dans notre pays :

« La France est l’un des seuls pays à avoir

commencé à définir le champ des métiers

d’art et structuré le secteur. » Une liste

considérée comme exhaustive a même

été dressée des métiers d’art. Seules

© D. R.

Écomusée du Val de Bièvre

Jeux de main, jeux d’ar tisans

les personnes déclarant une profession

figurant dans cette liste sont considérées

comme artisans d’art. Virginie

Peyrottes, 32 ans, est restauratrice de

céramique : « Même si c’est parfois difficile,

j’ai la chance de faire un métier que

j’aime, en équipe, dans un cocon familial

où j’organise mon travail en toute indépendance.

» Elle voulait devenir archéologue,

mais une année de formation

chez un artisan restaurateur a fait

basculer sa vie. En 2001, elle crée son

atelier à Cachan et vit de travaux

alimentaires. Ce n’est qu’en 2003

qu’elle se lance vraiment et travaille

pour des particuliers et des antiquaires.

Difficile métier qui demande

beaucoup d’exigence, la restauration

devant être invisible et réversible.

Lors de ses déambulations à travers

ces différents univers, le visiteur ne

© D. R.

communes du Val de Bièvre.

pourra manquer ce petit éléphant,

Ganesh, maquette d’un élément de

décor du spectacle Les Indes Galantes de

Bartabas, durant lequel un éléphant

de 4,50 mètres de haut fait son apparition,

placé sur un flotteur et actionné

depuis la berge. Le décorateur, c’est

Samuel Guitton (43 ans) qui, avec son

CAP d’ébénisterie en poche, s’est s’installé

à Villejuif. Alexandre Delarge

souligne : « Nous voulons valoriser les

métiers d’art, et montrer, en particulier au

jeune public, qu’ils ne sont pas inaccessibles.

Mais il faut savoir que ce sont des

métiers d’engagement, choisis par passion, où

s’expriment des générosités diverses. Pour

certains métiers, il faut dix ans pour devenir

un bon artisan d’art. Ensuite, on

apprend toute sa vie, on fait des découvertes,

on essaye de redécouvrir des savoirfaire,

on fait des rencontres… » Des vocations

naîtront-elles à la suite de cette

exposition ?

Claude Bardavid

© G. Stauffer

Communauté d’agglomération du Val de Bièvre

Arcueil • Cachan • Fresnes • Gentilly • L’Haÿ-les-Roses • Le Kremlin-Bicêtre •Villejuif

Écomusée du Val de Bièvre

Ferme de Cottinville. 41, rue de

Ténine. Tél. : 01 41 24 32 25.

© G. Stauffer © G. Stauffer

© G. Stauffer

© G. Stauffer

© G. Stauffer

© G. Stauffer

BOUGER EN VAL-DE-MARNE

POUR ALLER PLUS LOIN

Arts d’artisans, trente créateurs en Val de

Bièvre. Dix secteurs sont représentés dans

cette exposition : les arts graphiques avec

une restauratrice de tableaux, un imprimeur

lithographe, un photographe, un graphiste ;

le bois avec des ébénistes, un sculpteur,

des encadreurs ; la bijouterie fantaisie avec

une perlière, des créatrices de bijoux ;

la décoration tous matériaux avec des

décorateurs et des peintres en décor ;

la mode ; le métal avec un maréchal-ferrant,

une fonderie d’art ; la pierre avec un tailleur de

pierre ; la terre avec des céramistes, un atelier

de moulage, un maître tourneur ; le textile

avec une tapissière et une créatrice d’étoffes

d’art ; et le verre avec un maître verrier.

En 2006, en France, 217 métiers

représentant plus de 37 000 entreprises,

employaient près de 100 000 personnes.

Les métiers d’art sont répartis en

19 secteurs : art floral, arts du spectacle, arts

et traditions populaires, arts graphiques, arts

mécaniques, bijouterie-joaillerie-orfèvreriehorlogerie,

bois, cuir, décoration, luminaire,

métal, métiers liés à l’architecture, mode,

pierre, tabletterie, terre, textile, verre.

Écomusée du Val de Bièvre. Ferme de

Cottinville. 41, rue Ténine, à Fresnes.

Tél. : 01 41 24 32 25.

Exposition jusqu’au 13 février.

Entrée gratuite.

44

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011 45


MÉMOIRE

1940-1944

Écrire derrière les murs :

lettres de résistants incarcérés à Fresnes

La commande : En finançant des aides techniques et humaines (comme des aides ménagères), l’allocation

personnalisée d’autonomie (APA) permet à 10 400 Val-de-Marnais en perte d’autonomie de bien vieillir chez eux.

93 % d’entre eux se déclarent satisfaits de la qualité des services (étude du Credoc, 2009).

VU PAR…

© Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne.

© Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne.

Transcription de la dernière lettre de Paul Libermann à sa femme et à son fils (prison de Fresnes,

20 mai 1942) ; dactylographiée et certifiée conforme par la mairie de Montauban le 21 avril 1944.

Manuscrit de la dernière lettre de Célestino

Alfonso à ses parents, à sa femme et à son fils

(prison de Fresnes, 21 février 1944).

Durant la Seconde Guerre mondiale, la prison de Fresnes est une antichambre

de la mort. Une division regroupe des « politiques » mêlés à des « droits

communs » sous la tutelle du personnel français. Une autre renferme des

prisonniers condamnés par les tribunaux allemands et remis aux autorités

françaises, mais aussi des résistants placés en isolement par la Gestapo.

Des milliers d’hommes et de femmes

souffrent derrière ces murs. Madeleine

Riffaud, combattante dans les FTP (Francstireurs

et partisans) et condamnée à mort*

pour avoir tué un officier allemand

témoigne de cette oppression dans un

poème écrit en 1944 : « Sept pas de long/

À ma cellule/ Et en longueur/ quatre petits-/

Elle est murée – plus de lumière -/ La fenêtre

de mon cachot./ Et, la porte, elle est verrouillée./

J’ai les menottes dans le dos. »

André Tollet, compagnon de la Libération,

incarcéré de décembre 1940 à septembre

1941, rapporte dans ses mémoires

que « La mort planait sur Fresnes ». Il se souvient

d’un homme allant au poteau

d’exécution : « Il traversait la division entouré

du bruit des bottes des soldats qui l’encadraient.

Ces pas résonnèrent comme un appel dans

toutes les cellules. La prison entière s’éveilla

pour le saluer d’une extraordinaireMarseillaise

et du Chant du départ, à son dernier matin. »

Lorsqu’ils le peuvent, ces hommes et ces

femmes écrivent à leur famille et à leurs

proches avant d’être fusillés. Les mots

sont intimes. Paul Libermann, otage

fusillé au mont Valérien le 20 mai 1942,

termine sa lettre à sa femme et à son fils

en confiant que : « Jusqu’à la dernière minute,

je tiendrai votre photo devant mes yeux. »

Pour en savoir plus

Jusqu’au 25 mars, double exposition sur la

Résistance avec « La vie à en mourir, lettres

de fusillés, 1941-1944 » réalisée par le

musée de la Résistance nationale et

« La Résistance n’appartient pas au passé :

héroïnes du Val-de-Marne » de l’institut

d’histoire sociale à la maison de l’Histoire et

du Patrimoine. Maison de l’Histoire et du

Les propos se font aussi l’écho d’un engagement

fort. « Vive la France ! » semble

crier à ses parents Jacques Baudry, lycéen

de Buffon, exécuté à Issy-les-Moulineaux

le 8 février 1943. « Je sais pourquoi je meurs

et j’en suis fier » explique Célestino Alfonso,

membre du groupe Manouchian, à sa

famille avant son exécution au mont

Valérien, le 21 février 1944.

Tous ont lutté pour la liberté mise en

vers par Paul Éluard : « Et par le pouvoir d’un

mot/ Je recommence ma vie/ Je suis né pour te

connaître/ Pour te nommer/ Liberté. »

Élise Lewartowski

* Elle sera délivrée quelques jours avant l’insurrection

parisienne d’août 1944.

Patrimoine. 15, rue de la Prévoyance,

à Champigny. Renseignements :

01 41 79 27 90 et mhp94@cg94.fr

Jusqu’au 31 août, exposition

« Dans la nuit la liberté ». Musée de la

Résistance nationale. Parc Vercors.

88, avenue Marx-Dormoy, à Champigny.

Renseignements : 01 48 81 33 36.

© Phovoir

46

Le magazine du Conseil général / Numéro 276 / Février 2011

47


16 e

bien

nale

da

anses en nord

du 28 février au 2 avril 2011

centre de développement chorégraphique

e

ded

e dand

nse

dud

val-d

de-marne

e

25 compagnies — 11 créations — 50 représentations — 7 pays

Bud Blumenthal Dancers !

Vitry-sur-Seine — Théâtre Jean Vilar — 28 février et 5 mars

Hervé Diasnas Diaphane [création]

Fontenay-sous-Bois

— Salle Jacques Brel

— 1 er , 3 et 4 mars

Compagnie Mossoux-Bonté Migrations [création]

Champigny-sur-Marne — Patinoire — 2 et 3 mars

Michèle Noiret

Minutes opportunes [création]

Choisy-le-Roi

— Théâtre Paul Éluard — 4 et 5 mars

Paco Dècina Non Finito [création]

Vitry-sur-Seine — Théâtre Jean Vilar — 5 et 6 mars

Peeping Tom 32 rue Vanderbranden

Alfortville — Pôle culturel

— 8 mars

Thomas Lebrun La constellation consternée

Choisy-le-Roi

— Théâtre Paul Éluard — 9 mars

Anthony

Egéa Clash

Le Perreux-sur-Marne — Centre des bords de Marne — 10 mars

Camille Boitel

L’Immédiat

Villejuif - Théâtre Romain Rolland

— 10, 11, 12 mars

Tango Ostinato Ostinato + Christian et François Ben Aïm Valse en trois temps

+ Anthony ny Egéa Clash [forme courte]

Villecresnes

— Salle polyvalente — 12 mars

Hervé Diasnas et Bruno Pradet

(H.B.D.P)2

Bonneuil-sur-Marne — Salle Gérard rd Philipe — 13 mars

Bud Blumenthal Dancers !

Alfortville — Pôle culturel, médiathèque — 15 mars

Wayne McGregor FAR

[création]

+ T.r.a.s.h Disorderly Conduct

[création]

Créteil

— Maison des arts

— 14 et 15 mars

Compagnie Mossoux-Bonté Les Corps magnétiques

Bezons

— Théâtre Paul Éluard — 18

mars

Claire Jenny Chairs (de) Femmes

[création]

+ Pedro Pauwels Sens 1

Le Kremlin-Bicêtre — Espace culturel urel André Malraux — 18 mars

Mourad Merzouki

Correria + Agwa

Choisy-le-Roi

— Théâtre Paul Éluard — 19 mars

Palle Granhøj Dance me to the end on/off off love

Vincennes

— Auditorium Jean-Pierre erre Miquel

— 19 mars

Jean Gaudin fluXS.2

Vitry-sur-Seine — MAC/VAL

AL — 20

mars

Carolyn Carlson Blue Lady [revisited]

Saint Maur-des-Fossés

— Théâtre

— 22 mars

Cachan —

Théâtre — 24 mars

Thomas Lebrun Feue

Choisy-le-Roi

— Théâtre Paul Éluard — 25 mars

Compagnie Mossoux-Bonté Migrations [création]

Fontenay-sous-Bois

— Patinoire — 25 mars

Ina Christel Johannessen (Im) possible [création]

Stian Danielsen I Reckon + Deborah Hay / Ludvig Daae Market

Le Perreux-sur-Marne — Centre des bords de Marne — 26 mars

Georges

Momboye Empreintes Massaï

[création]

Noisy-le-Sec — Théâtre des Bergeries ries

— 27 mars

Orly — Centre culturel Aragon – Triolet

— 29 mars

Michel Caserta Danse encore

Noisy-le-Grand — Espace Michel Simon — 30 mars

Compagnie Mossoux-Bonté Les buveuses de café

[création]

+ Skeleton

Villejuif

— Théâtre Romain Rolland — 31 mars, 1 er

avril

Mark Tompkins BLACK ‘N’BLUES [création]

Ivry-sur-Seine — Théâtre Antoine

Vitez — 1 er

avril

Compagnie Mossoux-Bonté Les Corps magnétiques

+ Les buveuses de café

[création]

et

Impromptu mptu musical interprété par l’Ensemble Octalys

Maisons-Alfort

— Théâtre Claude

Debussy — 2 avril — soirée de clôture

Et aussi, stages, masterclass, rencontres, es, performances dans le RER C…

Programme me détaillé sur simple demande — 01 46 87 06 98

Réservation : reservation@alabriqueterie.com

om

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