Des prodromes d'une guerre civile en France ? - Stalker

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Des prodromes d'une guerre civile en France ? - Stalker

«Le plus dur semble aujourd’hui derrière nous». Voilà ce matin ce que se répètent, pour s’en

convaincre, beaucoup des Français victimes des violences urbaines quand ils constatent que celles-ci

vont peu à peu en diminuant. On aimerait que cela fût vrai, qu’en effet l’heure soit à l’apaisement,

qu’en effet tout rentre dans l’ordre. Or, je ne le crois pas. Le plus gros de la tempête est

malheureusement encore à venir. Pour dire vrai, il se pourrait bien que ces émeutes ne constituent en

réalité qu’une sorte de répétition, même pas générale, de ce qui nous attend d’ici quelques années,

cinq, dix, quinze ans au plus, à savoir une authentique guerre civile interethnique. Je sais bien ce que

cette expression de «guerre civile» peut avoir de choquant pour les belles âmes. Peu importe. Après

quatorze nuits de guérilla urbaine inouïe – mais non pas imprévisible car il fallait bien que cela

survienne – il est temps de parler clair et de dire les choses telles qu’elles sont, d’appeler un chat un

chat. Depuis une semaine, j’ai lu et entendu trop d’inepties sur le sujet.

I. Racailles et «collabos»

Racaille. Commençons par ce mot autour duquel la bien-pensance s’exclame et pousse ses cris

d’orfraie. N’est-il pas surréaliste qu’une polémique soit née et ait enflé autour de ce mot prononcé par

Nicolas Sarkozy ? Comment donc aurait dû parler le Ministre de l’Intérieur ? Eût-il fallu parler de

«garnements», de «chenapans» ou encore comme l’angélique Chevènement de «sauvageons» ? Car

enfin comment appeler, sans choquer personne, et surtout pas nos commissaires politiques de

l’égalitarisme, nos gardes rouges du droit-de-l’hommisme, ces voyous qui brûlent tout sur leur

passage, voitures, bus, centres commerciaux, entreprises, entrepôts, gymnases, écoles, ces délinquants

qui caillassent les forces de l’ordre, les pompiers, les chauffeurs de bus, ces salopards qui vendent leur

drogue à nos enfants et les rackettent, ces barbares qui battent à mort un homme innocent, ces

monstres qui arrosent d’essence et mettent le feu à une femme handicapée ? Existe-t-il même un mot

approprié pour dire à quel degré de folie, de haine, d’inhumanité sont parvenus ces individus ? Ce mot

même de «racaille», bien faible en réalité pour dire ce qu’ils sont, ne choque que les idiots, ceux qui

croient ou font semblant de croire que Sarkozy montrait du doigt TOUS les jeunes des banlieues – ce

qu’il ne fit jamais ! – et les privilégiés, cette gauche idéologue qui habite loin de ces quartiers. Mme

Michèle Stouvenot, éditorialiste au Journal du Dimanche, affirme que l’appellation est «désuète»,

«qu’on ne l’entend plus guère que dans les vieux et bons quartiers de Neuilly». «C’est dire, conclutelle,

si Nicolas Sarkozy ne parle pas comme les gens». Que Mme Stouvenot quitte donc les couloirs

climatisés de son journal ! Elle verra que n’est pas décalé celui qu’elle croit. Ce terme de «racaille»,

ces barbares en herbe (l’expression prend ici tout son sens) l’ont adopté eux-mêmes depuis des années,

revendiquant d’être, en verlan, la «caillera». A tel point, qu’en signe d’identification, de

reconnaissance – réflexe proprement tribal, «communautaire» dirait-on aujourd’hui – le mot de

«kaïra» s’affiche sur leurs sweet-shirt, sur fond de gueule de Pitt Bull.

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