Des prodromes d'une guerre civile en France ? - Stalker

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Des prodromes d'une guerre civile en France ? - Stalker

Notre précédent texte avait suscité bien des discussions et des interprétations, en dépit de son extrême

simplicité. Un simple d’esprit s’étonnait même auprès de Juan Asensio qu’on demande la punition

d’un criminel et s'interrogeait : comment définir un criminel ? À ce degré d’aberration mentale et

morale, que répondre ? Bref. Ces trois faits nouveaux sont l’occasion de préciser notre position. Nous

l’avions fait à plusieurs reprises sur le site de Pierre Cormary, mais il n’est pas inutile – Que dis-je ? Il

est plus que jamais utile de le faire ! – d’actualiser à nouveau, ici-même.

Jean-François Mattei citait le sociologue allemand Max Weber dans le troisième paragraphe de son

article paru dans Le Figaro : le mien ne disait pas autre chose à condition de savoir lire Weber. Et je

citais, toujours chez Cormary, Julien Freund, L’Essence du politique (éd. Sirey, Paris, 1965), car

Freund fut un des grands commentateurs et lecteurs universitaires français de Weber.

«Nous appellerons violence l'explosion de la puissance qui s'attaque directement à la personne et aux

biens des autres (individus ou collectivités) en vue de les dominer par la mort, par la destruction, la

soumission ou la défaite. […] Non seulement la manifestation de la force permet de faire obstacle au

déferlement de la violence, mais il peut y avoir directement antagonisme entre elles, justement parce

que le recours à la violence a en général pour but de rompre un rapport de forces établi. […] En tout

cas il n'y a que la force qui soit capable de contenir et de limiter la violence. […] De ce point de vue,

l'antinomie entre force et droit semble factice; c'est la violence qui s'oppose au droit et au règne de la

loi.»

La République a donc hier décidé de mettre en œuvre ce principe à partir de mercredi et il faut

naturellement la soutenir dans cette épreuve, saluer la décision courageuse de notre Président Jacques

Chirac et de son Premier ministre Dominique de Villepin. Suffiront-elles à ramener l’ordre ? Nous le

verrons bientôt. Dans l’affirmative, tout serait réglé. Dans la négative, il faudra songer à l’Ultima

Ratio : la force armée, et non plus la police civile ou militaire simplement.

Il n’est pas certain, en dépit du fait que les autorités civiles comme religieuses concernées s’entendent

là-dessus, que cela suffira pour des raisons, à présent, bien évidentes : les barbares qui se livrent à ces

actes – on ne doit naturellement nullement les confondre avec le reste des communautés civiles et

religieuses auxquelles ils appartenaient – s’en prennent aussi bien aux biens publics qu’aux biens

privés. Lorsqu’ils s’en prennent aux biens publics, ils les visent comme symbole même de la puissance

publique, comme symbole de l’État. Lorsqu’ils s’en prennent aux biens privés, ils veulent ruiner les

fruits du travail et de la richesse. Ils ne respectent donc plus ni loi pénale, ni loi civile, ni loi religieuse.

Ils se posent hors de toutes ces lois et se reconnaissent membres d’une minorité égarée et haïssable, ne

méritant pas le respect ni la dignité de la cité. Ils n’ont plus, de facto, le droit de cité qu’ils réclament

de cette manière abjecte. Les autorités concernées leur délivrent depuis hier un message sans

équivoque : soit ils décident de se soumettre, soit ils seront soumis de force. C’est une première et

salutaire étape.

Reste une question : celle du rapport des forces. C’est ici que la population civile (y compris la

population civile qui a donné naissance à ces barbares et en porte donc légalement la responsabilité)

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