la gueule - Junior Chamber Biel-Bienne

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la gueule - Junior Chamber Biel-Bienne

la gueule

das Magazin der Junior Chamber International Biel-Bienne

le magazine de la Jeune Chambre Internationale Biel-Bienne

Die sechs Sinne – sehen

Les six sens – voir 3|09

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Inserat Ediprim


Brigitte Kuthy Salvi

Editorial Externe

Le sens de la vue

On m‘a demandé d‘écrire un éditorial pour le magazine de la Jeune

Chambre Économique qui se penche sur la question de la vue.

On m‘a confié le soin de parler du sens de la vue, à moi qui l‘ai perdue

à l‘âge de quinze ans et demi, en 1974.

Il y a bien longtemps que je me pose la question du sens de ce senslà.

Vous le savez, puisque c‘est suite à la lecture de mon premier

livre „Double lumière“, paru en février de cette année aux Editions

de l‘Aire, que vous avez eu l‘idée et l‘envie de me demander cet

éditorial. Dans ce livre, je tente une approche très personnelle et

intime du sens de voir, qu‘on soit ou non privé de cette faculté. Je

n‘ai pas de réponses définitives ni complètes à cette interrogationlà.

Lorsque je voyais, je le faisais avec ce souffle de l‘évidence qui

ne se demande pas une seconde comment serait la vie „sans“. C‘était

une respiration, un mouvement naturel et dû. Il a pu arriver que je

croise un aveugle dans la rue et que je pose sur lui mon regard,

comme sur tout étranger qui éveille la curiosité, ou pour le formuler

de manière plus respectueuse, qui éveille l‘intérêt. Rien de plus.

A Paris où j‘ai vécu les dix premières années de ma vie, je me souviens

que c‘était souvent des non-voyants qui vendaient les billets

de loterie dans la rue. Ils étaient là sur un bout de trottoir et

attendaient, sans émotion apparente qu‘un passant approche et vienne

acheter sa chance. Je trouvais cela ironique, déplacé et ne m‘attar-

la gueule 3/2009 1


dais pas longtemps. C‘est lorsque je suis devenue aveugle moi-même

que ces images me sont revenues à la mémoire avec une clarté surprenante.

J‘ai été très soulagée de ne pas être obligée de me soumettre

à ce qui me semblait, maintenant que j‘étais concernée, une mascarade

humiliante.

Je me suis sentie d‘un seul coup blessée dans ma chair et dans mon

âme, du fait que l‘aveuglement se trouvait en première place des

châtiments humains dans la littérature, dans la philosophie aussi, le

plus souvent. Oedipe s‘était crevé les yeux pour ne plus voir ce qu’il

venait de découvrir et ne pourrait pourtant jamais plus oublier.

Je pense aussi à Homère, dont on croyait les facultés de „clairvoyance“

décuplées du fait de sa cécité ou au devin antique, Tirésias, qui

a dû devenir aveugle pour recevoir le don de double vue. Plus près de

nous, il y a aussi Ray Charles ou Stevie Wonder, musiciens exceptionnels

qui sont toujours évoqués en soulignant leur cécité.

D‘un seul coup, en pleine adolescence, je n‘étais plus extérieure à

regarder ceux que chacun caractérisait notamment par leur „non-vue“,

non, j‘en faisais désormais partie.

Comment trouver une adhésion à la cécité qui la rende supportable?

Comment conserver l‘attachement bien réel au sens de la vue, même si

j‘en étais privée? Mieux, était-il possible de se sentir encore investie

du sens de la vue malgré cet arrachement soudain et sans doute

définitif? Comment ne pas vivre toute une vie avec la nostalgie de ce

passé?

Certaines personnes m‘ont fait des réflexions qui ne trouvaient en

moi aucune résonance : „C‘est mieux d‘être aveugle que sourd, on

est moins coupé du monde...“, „Les aveugles sont en général gais et

ouverts, pas les sourds…“.

Toutes ces généralisations qui voulaient me consoler mais me plongeaient

dans une communauté à laquelle je n‘aurais pas voulu être

mêlée, me faisaient souffrir. Je ne l‘avouais pas car la personne qui

proférait ce genre de convictions cherchait à me consoler et j‘avais

de la compassion pour son désir de bien faire.

Parfois aussi, on me disait qu‘il valait mieux, à tout prendre, être

né aveugle. Ainsi, on ne savait pas ce qu‘on manquait en ne voyant

pas. Bien sûr, c‘était des personnes qui, même inconsciemment, espéraient

bien être épargnés. Ils n‘étaient pas aveugles de naissance,

donc, la seule chose qui pourrait les atteindre serait ce qui m‘a

atteint moi-même et fait si peur.

Pour ne pas perdre la vue de vue, j‘ai eu, j‘ai toujours recours aux

souvenirs des images d‘alors, avant que cela ne soit arrivé. Restent

mes rêves la nuit, où je vois comme avant. Je « reçois » les yeux

de celles et ceux qui m‘entourent et veulent bien me parler, par

2


des mots ou une attitude, de l‘émotion provoquée par ce qui se voit.

L‘écoute attentive, l‘imagination sont aussi deux paramètres précieux

qui me rendent la vue de manière puissante par moments. Tous les

autres sens sont en éveil, en alerte, pour venir au secours de ce

manque terrible. Autour de moi, chacun essaye de partager sa vue et

certains se désespèrent de constater voir si peu. C‘est en voulant me

dire ce qu‘ils voient que cette prise de conscience les frappe parfois

violemment. Certains ne trouvent pas les mots qu‘ils cherchent;

d‘autres trouvent les mots pauvres et déformants.

Ce qui m’importe, c’est d’être associée à cette quête de la beauté

du monde. C’est cela qui donne une intuition de la richesse immense

qu‘offre ce qui peut être vu.

La dernière phrase du post-scriptum du livre „Double lumière“ dit

„Vous qui voyez… „. Rien n‘est plus consolant pour moi que de savoir

que le monde est regardé intensément, avec tous les sens à disposition

et dans tous les sens possibles.

Alors, je me répète : „Vous qui voyez…“

Chaleureusement à vous,

Brigitte Kuthy Salvi

Denys‘09

la gueule 3/2009 3


Remo Zehnder

Edito Intern

Von der Wirklichkeit des Sehens

«Du hast keine Fotokamera in den Urlaub mitgenommen?», fragt mich

meine neue Ferienbekanntschaft ungläubig, nachdem ich ihr erzählt

habe, was ich beruflich mache. Etwas gelangweilt lasse ich mir einige

Fotos ihrer Reise auf dem briefmarkengrossen Display ihrer Digitalkamera

zeigen und muss mir viermal anhören, dass es in Wahrheit viel

schöner gewesen sei. Auf ihren dunklen rehbraunen Augen lese ich in

diesem Moment eine kleine Enttäuschung ab.

Eben. Darum fotografiere ich im Urlaub nicht. Weil der rotgefärbte

Abendhimmel in Wirklichkeit viel schöner ist, als auf dem Foto. Weil

der Wind Salz auf meine Haut und in mein Gesicht trägt, wegen dem

öligen Geruch vom nahen Hafen, dem beruhigenden Rauschen der Wogen

und natürlich wegen meiner entspannten Haltung. Selten gelingt es,

diese Emotionen im Bild festzuhalten.

Statt tausend Bilder zu schiessen, geniesse ich einfach den Moment

und versuche ein Bild in meinem Kopf nach Hause zu nehmen. Dieses ist

dann oft noch viel schöner als die Wirklichkeit!

Sehen heisst wahrnehmen. Beim Sehen setze ich in meinem Alltag als

Berufsfotograf alle Sinne ein. Manchmal brauche ich viele Stunden, um

das oft sehr unspektakuläre Besondere zu erkennen. Um die kleine Geschichte,

die mir ein Gegenstand zu erzählen hat, zu verstehen. Wenn

ich sie verstanden habe, dann fällt es mir leicht, ein gutes Bild zu

machen. Manchmal ist es dann ebenfalls schöner als die Wirklichkeit.

Andere Wirklichkeiten des Sehens haben wir für Sie in dieser la

Gueule-Ausgabe zusammengetragen. Ich wünsche Ihnen beim Lesen gute

Unterhaltung!

Remo Zehnder

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Inhalt

Sommaire

Editorial Externe 1

Edito Intern 4

Inhalt / Sommaire 5

Anlässe / Événements 10

N’y voir que du bleu ! 11

Interview mit Spörri Optik Biel 13

La Lanterne Magique 17

La terre vue d’en bas 21

« VOIR » : UN MOT EN 4 LETTRES… VRAIMENT ? 23

Das Auge – ein besonderes Sinnesorgan 27

Observer, assimiler et peindre 32

Impressum 36

la gueule 3/2009 5


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Anlässe

Événements

Januar / Janvier

JCIS Skimeisterschaft, Adelboden 22.-24.

Afterwork 29.

Februar / Février

Start-up Seminar 04.

Afterwork: traditionelles Treberwurstessen 09.

März / Mars

JCIS Curling Turnier 06.

ordentliche Generalversammlung 20.

Kandidatenanlass 31.

April / Avril

Kulturanlass mit Lions Club Magglinge 14.

Francoformation JCI 23.

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N’y voir que du bleu !

Expressions de la langue française

A la recherche d’expressions de la langue française qui gravitent

autour du sens de la vue et de l’œil on en voit des vertes et des pas

mûres ( !) et ceci notamment une fois que l’on a compris que l’œil

désigne bien souvent – tout comme le nez - un autre orifice du corps

humain. A ne citer, en guise d’exemple, que les expressions suivantes

« ne pas avoir froid aux yeux », « s’en battre l’œil » ou bien

encore « se mettre le doigt dans l’œil ». Déjà lors de mes recherches

pour la dernière publication de ce magazine, mon enthousiasme pour

les origines des expressions avait été quelque peu refroidi par la

quantité d’expressions assez littérales, grivoises et grossières de

la langue française qui se prêtent bien peu à la rédaction d’un article.

Serait-il préférable alors de n’y voir que du bleu ? Aah, voilà

enfin une expression intéressante ! Pourquoi avoir choisi la couleur

du ciel pour signifier que quelqu’un ne comprend rien de rien ? Les

origines remontent au 17ème siècle. Comme il existe aujourd’hui « la

bibliothèque rose » et « la bibliothèque verte » pour les enfants,

il existait à l’époque la « bibliothèque bleue ». Ces brochures à la

couverture de papier bleu racontaient des histoires naïves pleines de

sorcières et de revenants. Ainsi est née d’abord l’expression « conte

bleu » pour désigner des sornettes. Et de là des expressions comme

« en dire des bleues » pour mentir ou encore justement « n’y voir que

du bleu » ont vu le jour. Dans un effort d’illuminer ses concitoyens,

on pourrait imaginer un grand bûcher sur lequel brûleraient tous

ces contes bleus. Suite à quoi leurs lecteurs n’y verraient malheureusement

toujours et encore que du feu … une expression similaire

mais qui se rapporte à un phénomène de persistance rétinienne: si

l’on regarde fixement une lueur très forte pendant un moment, on est

la gueule 3/2009 11


ébloui et ne peut plus distinguer clairement les choses qui nous entourent.

Mais pourquoi se contenter du bleu, si l’on peut tout aussi

bien en voir de toutes les couleurs ? Réflexion qui me ramène à l’expression

dont j’ai usé d’entrée « en voir des vertes et des pas mûres

». Je vous en dois encore l’explication. Malheureusement, cette expression

nous replonge dans les eaux troubles de la langue française.

En 1430, il n’y avait pas encore de redondance dans l’expression. On

disait « en bailler de belles, des vertes et des mûres » où bailler

sans accent circonflexe signifiait « faire croire des choses» et dans

le contexte de cette expression plus précisément « raconter des histoires

licencieuses ». Ces histoires pouvaient donc être belles dans

un sens ironique, vertes au sens de gaillardes ou mûres et donc très

osées ou grivoises. « Le vert » a survécu pour désigner des incidents

ou des paroles désagréables ou bien encore des plaisanteries lourdes.

Aujourd’hui la signification de « vert » fait avant tout réellement

référence à la couleur, symbole dans ce contexte du manque de maturité

et donc acide voire indigeste. Du vert, la transition aux

olives grecques est aisée et celles-ci nous renvoient à la prochaine

expression, licencieuse, elle aussi, je le regrette: « aller se faire

voir chez/par les Grecs ». Comme les Grecs avaient autrefois une

réputation soutenue de pédérastie, la sommation était tout aussi

aimable que d’être envoyé au diable. Mais si mourir il faut, je vous

conseillerais, alors, de voir Naples et mourir (un jeu de mot en fait

car mourir, « morire » en italien est également le nom d’une ville au

bord du Vésuve).

Nathalie Wittig

12


Claudia Mathys Sama

Sachbearbeiterin

Interview mit Spörri Optik Biel

Das Geschäft mit Seh-Hilfen

Was ist Spörri Optik für eine Unternehmung – stellen sie die Unternehmung

bitte kurz vor.

Die Spörri Optik wurde 1903 gegründet, ist seit 1990 eine AG und wird

nun in der 4. Generation von Urs Brassel und Kuno Cajacob geführt.

Unser Name steht für persönliche Beratung der Fehlsichtigen, attraktive

& aktuelle Produkte, zuverlässigen Service und höchste Qualität.

Ein Besuch bei uns soll ein Erlebnis mit Wohlfühleffekt sein. Eines

unserer Mottos lautet: „besser statt billiger“.

Wie viele Angestellte arbeiten bei Ihnen?

Unsere Unternehmung besteht zur Zeit aus 3 diplomierten Augenoptikern/Optometristen

SBAO, 5 Vollzeit Augenoptiker/innen, 7 Augenoptiker/innen

im Teilzeitengagement, 2 Lehrtöchtern (1. & 3. Lehrjahr),

einer Sekretärin zuständig für die Bereiche Buchhaltung, Administration,

Personal & Werbung, und unsere gute Fee, die den Spörri sauber

hält. Insgesamt sind es 19 motivierte Mitarbeiter /innen, die für den

Erfolg von Spörri Optik verantwortlich sind.

Miss Schweiz macht Werbung für Spörri Optik. Wie kam es zu diesem

Engagement?

Wir sind Gründungsmitglied der Visus member, ein Zusammenschluss

führender Augenoptiker der Schweiz. Die Visus member haben sich im

2005 (Miss Schweiz 2004, Fiona Hefti) dafür entschieden, die Miss

Schweiz als Botschafterin für Visus zu engagieren. National geniesst

die Miss-Schweiz Wahl eine beachtliche Aufmerksamkeit und Sympathie.

Für uns ein geeignetes Mittel um das Qualitätslabel Visus, „the leading

opticians“ schweizweit bekannt zu machen.

la gueule 3/2009 13


Die Geschäftsphilosophie von Spörri Optik verspricht den Visus First

Class Service. Was genau ist darunter zu verstehen?

Der Kunde steht im Zentrum all unserer Aktivitäten. Unser Ziel ist,

seine Erwartungen zu übertreffen. Er soll sich von uns getragen

fühlen und die Gewissheit haben, die besten Produkte für seinen optimalen

Sehkomfort zu erhalten. Unser First Class Service steht für

top Betreuung während und vor allem nach dem Kauf der Brille oder

Kontaktlinsen.

Wenn es um die Gesundheit der Augen geht, sind höchste Qualitätsstandards

unerlässlich, denn es laufen mehr als 80% unserer gesamten

Wahrnehmung über unser wichtigstes Sinnesorgan.

Wie läuft Ihre Beratung eigentlich ab? Was sind die zentralen Punkte

und bei welchen Anzeichen sollte man sich einer Beratung / Untersuchung

unterziehen?

Nicht selten sind wir die erste Anlaufstelle bei Sehstörungen und Beschwerden

des visuellen Systems. Unsere Kunden haben den Wunsch nach

ermüdungsfreiem, gesundem und optimalem Sehen. Nach dem Erkennen der

Bedürfnisse und Aufarbeiten der optometrischen Werte (Messwerte, die

das Brillenglas oder die Kontaktlinse definieren), erstellen wir ein

Sehkonzept. Im Zentrum unserer Dienstleistungen stehen die Sehbedürfnisse,

Komfort und gutes Aussehen

Welche Dienstleistungen bieten Sie genau an?

Die Brillenglasbestimmung, die Kontaktlinsenanpassung und Kontrolle,

das Erarbeiten des Sehkonzepts, die Beratung bei der Fassungswahl

(wir haben eine Farb- und Stilberaterin) und die massgeschneiderten

Lösungen für die Sport- und Sonnenbrille sind unsere Kernkompetenzen.

Der Visus First Class Service umfasst ein ganzes Paket an Vorteilen

für unsere Kunden und beinhaltet folgende Punkte: Vollkaskoversicherung

für Korrekturbrillen mit 3-fach Garantie (Vollkaskoversicherung,

Verträglichkeits- und Ersatzteilgarantie), Fachkompetenz in der

Augenoptik, sichere Resultate dank modernster Infrastruktur, bedarfsgerechte

Sehkonzepte nach Mass, Brillenmode-Beratung für schönere

Augen, optometrische Betreuung für mehr Sicherheit, kostenlose Brillenkontrollen,

Qualitätsgarantie für unsere Produkte, V.I.P.-Service

für unsere Kunden (Einladung zu Events), Kulanz bei Reparaturen &

Ersatzteilen, transparente Preise für jedes Budget und einen Memound

Infoservice.

Spörri Optik trägt exklusive die Visus Goldmedaille und bürgt damit

hohen Ansprüchen gerecht zu werden. Was tut Spörri Optik um diesen

hohen Erwartungen der Kunden zu erfüllen?

Mit der Unterzeichnung der Visus Charta (Urkunde) haben wir uns verpflichtet,

die hohen Qualitätsstandards der führenden Augenoptiker

einzuhalten. Jährlich werden durch eine unabhängige Stelle, diese Anforderungen

durch Kundenzufriedenheitsumfragen und einer Inspektion

der Firma, überprüft. Nur nach dem Erfüllen dieser hohen Standards

erhalten wir für ein weiteres Jahr die Visus Goldmedaille.

Wir beschäftigen nur bestens ausgebildetes Personal, besuchen regelmässig

interne & externe Weiterbildungen, investieren jedes Jahr in

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eine Top-Infrastruktur (moderne Maschinen), kaufen nur hochqualitative

Produkte ein, bauen den First Class Service nach Möglichkeit noch

weiter aus zu Gunsten unserer Kunden, und zu guter letzt, fokussieren

wir auf den einzelnen Kunden als Individuum und dessen Augen.

Spörri bietet ja nicht nur Dienstleistungen an, sondern verkauft ja

vor allem Brillen. Was für Produkte bieten sie an?

Seit Jahren sind wir an den internationalen Messen für Brillenmode

als „Trendscouts“ unterwegs. Die Stärke unserer Brillenkollektionen

liegt in der Individualität kleiner aber feiner Labels, welche nicht

selten auch aus der Schweiz stammen. Natürlich, und dies vor allem im

Sonnenbrillenbereich, finden sie bei uns auch die glorreichen Marken

der Couturiers.

Mit welchen Innovationen können sie aufwarten?

Mit Ortho-K-Linsen /auch Nachtlinsen genannt = Orthokeratologie oder

kurz Ortho-K. Das ist ein operationsfreier Vorgang, der die Form

des Auges mit Hilfe von Kontaktlinsen modelliert. Die formgebenden

Linsen werden jeweils über Nacht getragen und ermöglichen tagsüber

gutes Sehen ohne Brille oder Kontaktlinsen. Dank computergesteuerter

Messung und Fertigung ist es heute möglich, die Kurzsichtigkeit

innerhalb von wenigen Tagen zu reduzieren. Die Methode ist sicher

und lässt sich 100% rückgängig machen. Es ist eine gute Alternative

für refraktive Chirurgie (Laser Behandlung). Die Gewöhnung geht sehr

schnell.

Mich interessiert der Unterschied zwischen grünem und grauem Star.

Grüner Star: Ein Glaukom ist eine durch, unter anderem, zu hohen

Augeninnendruck bedingte Schädigung des Sehnervs, die bewirkt, dass

Signale vom Auge nicht mehr ans Gehirn weitergeleitet werden. Der

Prozess erfolgt schmerzlos und meist unbemerkt.

Grauer Star: Als Grauer Star wird die meist stoffwechselbedingte

Trübung der Augenlinse bezeichnet. Durch die Linsenveränderung nimmt

die Sehleistung ab und die Sicht wird zunehmend verschwommen. Erhöhte

Blendempfindlichkeit tritt in der Folge ein, und die Kontraste

werden schwächer.

Was kann dagegen getan werden?

Grüner Star: Behandlungen können die Entwicklung nur aufhalten oder

verlangsamen - die frühzeitige Erkennung ist daher wichtig.

Grauer Star: Die operative Entnahme und der Austausch der trüben

Linse gegen eine klare Kunstlinse ist die einzige wirksame Methode,

um wieder 100% Sehleistung zu erlangen. Anstelle der künstlich eingesetzten

Linse werden auch Kontaktlinsen verwendet.

Was übernehmen die Krankenkassen normalerweise?

Je nach Gesellschaft werden im Rahmen von Zusatzversicherungen häufigere

und/oder höhere Beiträge geleistet als in der obligatorischen

Grundversicherung gewährt werden. In der Grundversicherung ist ein

Beitrag von Fr. 180.-, alle fünf Jahre enthalten. Auf die Höhe der

la gueule 3/2009 15


Vergütungen hat auch die persönlich vereinbarte Franchise einen Einfluss.

Es lohnt sich vor einer Behandlung oder Abklärung, Informationen

bei seinem jeweiligen Krankenversicherer einzuholen.

Alle sprechen von Wirtschaftskrise und rückläufigen Verkäufen. Wie

stark hat sich die aktuelle Wirtschaftslage bei Ihnen ausgewirkt?

Auch wir spüren eine Zurückhaltung des Konsums. Sonnenbrillen im Luxuslabelbereich

waren diesen Sommer markant weniger gefragt. Bei den

Korrektionsbrillen ist erstaunlicherweise der Umsatz nicht rückläufig,

jedoch sind die Kunden sehr sensibel auf höchste Kulanz und Garantien.

Die Kontaktlinsennachfrage ist sogar geringfügig gestiegen.

Besten Dank für dieses interessante Interview.

Stefan Gafner

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Fatima Simon

Présidente

de la Lanterne Magique

La Lanterne Magique

Bien plus que du cinéma

Fatima, avant de parler de la lanterne magique, parlons un peu de toi !

Je suis originaire du Brésil. Je suis mariée et mère de deux filles. De

formation, je suis licenciée en droit au Brésil. J’ai vécu à Lagoa – Rio

de Janeiro chez mes charmants parents jusqu’à mon mariage. Après ma licence

en droit, j’ai pu tirer profit des contacts familiaux et ai trouvé

un emploi dans le Département juridique de l’Etat. Mon supérieur était

le neveu du président de l’époque. J’avais droit à 17 salaires par année.

J’étais une femme indépendante, j’avais une vie très active et je ne suis

venue en Suisse que pour l’amour. J’ai fait la connaissance de mon mari

en novembre 82 chez son frère qui habitait à São Paulo et dont j’avais la

témoin de mariage. Au bout de quelques mois, nous avons décidé de nous

marier même si notre communication se faisait par l’intermédiaire du

dictionnaire et que je devais tout quitter pour le suivre. En juin 1983,

je suis arrivée à Bienne pour rejoindre mon mari. Mes débuts à Bienne

furent très difficiles autant sur le plan psychologique que professionnel.

Ma nouvelle réalité fut liée à un changement brutal de situation et de

statut social. J’ai dû tout réapprendre comme un petit bébé. J’ai commencé

mon intégration en suivant un cours audio-visuel de français. J’ai vite

constaté que les suissesses que je connaissais étaient de vraies fées du

logis. Moi par contre, je ne connaissais pas du tout le côté femme d’intérieur.

J’ai alors décidé de tout apprendre. J’ai suivi des cours de couture,

de tricot, de peinture sur porcelaine, de cuisine, etc. De plus, j’ai

attrapé la maladie des nettoyages de printemps, etc. J’entamais gentiment

le processus d’assimilation. Durant dix ans, j’ai assumé mon rôle de femme

au foyer, de maman à plein temps. Puis, j’ai eu envie de redevenir moimême

et me suis engagée dans le bénévolat. J’ai été très active dans différentes

associations et comme je faisais réellement preuve d’engagement,

la gueule 3/2009 17


on m’a délégué de plus en plus de tâches. J’ai pu mettre à profit mon sens

de l’organisation et des responsabilités, ma flexibilité et les compétences

que j’avais développées au niveau social :

2004 – éluée conseillère de ville – parti Verts de Bienne ;

Présidente d’honneur de Multimondo ;

Membre du comité du CAF – Conseil des affaires francophones du district

bilingue de Bienne,

de La commission d’intégration de Bienne,

de l’Association Bilinguisme +,

de l’Intergroupe – Intégration Bienne,

de Zonta – International Club Bienne et

du Groupement Ensemble pour la Paix.

Dans quelles circonstances, le club cinéma pour enfants, La Lanterne Magique,

a-t-il vu le jour?

Tout commence à Neuchâtel lorsque le centre culturel remarque qu’il

n’existe rien pour les enfants. Quatre passionnés du cinéma, Vincent

Adatte, Frédéric Maire, Yves Nussbaum et Francine Pickel décide alors de

créer un concept de cinéma pour les enfants. C’est ainsi que la Lanterne

Magique voit le jour en 1992 à Neuchâtel qui en est encore aujourd’hui

l’association faîtière. En 1993, elle devient association à but non lucratif.

Dès 1993, le Filmpodium prend contact avec l’association de Neuchâtel

en même temps que la Ville de Berne, vivement intéressée par le concept.

A Bienne, en mars 1994, Mmes Christine Junod (responsable francophone)

et Trudi Lörtscher (responsable germanophones), lancent le concept « La

Lanterne Magique Club Bienne / Die Zauberlaterne Klub Biel », une Lanterne

Magique à l’image de la ville. Ils sont 700 enfants à s’inscrire lors de

la première saison, prêts à assister aux neuf séances, en français ou en

allemand, du mercredi après-midi.

Comment es-tu entrée en contact avec La Lanterne Magique?

En 1994, quand ma fille ainée avait environ sept ans, j’ai découvert l’existence

de la Lanterne Magique, un club cinéma qui m’a d’emblée paru très

intéressant et sympa. J’acheté un abonnement pour la saison et ma fille a

beaucoup apprécié partager ces moments magiques avec ses copines. En 2007,

Mme Junod, recherchait une personne pour s’occuper du secrétariat et je

lui ai proposé Mme Mock. Par la suite, M. Arthur Baratta a démissionné

de son poste de président et on m’a proposé de reprendre sa succession.

Une nouvelle équipe s’est constituée autant pour les séances au cinéma

que pour le travail administratif. Le comité est actuellement composé de

Christine Junod (comptable), Jacqueline Mock (secrétariat), Paulette Melet

(caissière) et de moi-même comme présidente.

D’où vient le nom « La Lanterne Magique » et que signifie-t-il pour toi?

Le nom « la lanterne » représente la projection et « magique » parce qu’il

s’agit d’un concept « magique ». La formule est magique car les enfants

ont la possibilité de découvrir pour la première fois une salle de cinéma

et un film qui joue avec une palette de sentiments et d’émotions ; un film

de qualité adapté à leur âge. C’est une possibilité de faire profiter

tous les enfants de 06 à 12 ans de ces moments magiques qui leur font

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découvrir la diversité et la richesse du cinéma dans le cadre 9 séances

organisées de septembre à juin pour la modique somme de 30 francs (20

francs pour chaque autre enfant de la même famille). Les enfants reçoivent

un journal avec le programme ainsi qu’un petit résumé du film. L’abonnement

offre aussi d’autres prestations telles que la participation à des

concours, à des avant-premières ou des festivals. Lors de nouvelle saison,

les enfants membres découvrent un nouveau programme de films qui leur fait

découvrir toute la diversité et la richesse du cinéma. La Lanterne sera

toujours allumée pour offrir de moments magiques aux enfants.

Peut-on parler d’un succès? Et pourquoi?

Bien sur que c’est un grand succès car les enfants sont de plus en plus

nombreux. Malgré la crise économique, cela reste toujours un succès : La

Lanterne Magique compte aujourd’hui près de 25’000 membres, elle existe

dans 78 villes suisses, avec la participation de plus 800 adultes, pour la

plupart des bénévoles. Elle existe également en Allemagne, en Angleterre,

en Argentine, en Espagne, en France, en Italie, au Maroc et au Sénégal.

De nouveaux clubs sont en cours de création en Suisse, en France et un

premier au Portugal (Porto dès janvier 2010), car il s’agit d’un club de

cinéma unique en son genre et cité comme exemple par les spécialistes

internationaux.

On pourrait argumenter qu’aujourd’hui les enfants passent déjà bien trop

de temps devant les écrans de télé, leur ordinateur ou encore les consoles

de jeux. Ne serait-il pas mieux de les animer à pratiquer du sport ou

des activités de plein air que de leur proposer d’aller au cinéma. Comment

vois-tu cela?

Tu as raison. En ce qui concernant à la télé, le pc, les consoles de jeux,

etc, je ne suis pas trop d’accord que l’enfant passe des heures devant ces

engins. Le développement de l’enfant passe par une confrontation avec le

monde réel qu’il vit en pratiquant une activité physique. L’échange avec

d’autres enfants dans le cadre d’une activité physique ne peut être rempla

par aucune de ces habitudes électroniques. De plus, Il ne faut pas

oublier que les enfants ont besoin de jouer, de crier, de rire, de courir

et de se dépenser. L’abus de la télé, du pc ou des consoles de jeux, nuit

au développement des neurones des enfants, et affecte leur comportement

et leur santé.

Par contre à la Lanterne Magique, il ne s’agit pas seulement de la projection

du film. Les enfants sont accueillis par deux animateurs qui discutent

du film avec eux. Une petite scène est jouée comme dans un théâtre.

Les comédiens animent les séances de façon très vivantes et variées. Leur

animation apporte des clés et des éléments permettant la compréhension du

film et des images. Les émotions cinématographiques sont celles de la vie.

Elles font rire, pleurer, rêver ou un peu peur mais pas trop, tout juste

ce qu’il faut. Sans oublier que tout cela se passe sous l’encadrement

d’adultes présents en permanence dans la salle pour veiller sur eux.

Propos recueillis par Markus Wittig

Les séances restantes pour la saison 2009-2010 de la Lanterne Magique de

la gueule 3/2009 19


Bienne auront lieu les mercredis 27 janvier, 24 février, 17 mars, 21 avril,

26 mai et 16 juin à 13h45 (français) et à 15h45 (allemand) au cinéma Apollo

à la rue Centrale 51a.

Pour en savoir plus, consultez le site : http://www.cine-bazar.org

Inscription possible sous lalanternemagiquebienne@yahoo.fr ou au cinéma

Apollo durant les heures d’ouverture.

La Lanterne magique est à la recherche de sponsors afin de pouvoir

maintenir et améliorer ses prestations. Compte Postal 25-5221-9 (Pour une

somme de Fr. 1’000.-, le logo de l’entreprise est imprimé au dos du

programme et trois abonnements sont offerts pour la saison. Pour une

somme de Fr. 500.-, trois abonnements sont offerts pour la saison.)

20


M. Aldo Quadri

La terre vue d’en bas

Visite du percement du tunnel de Büttenberg

Le 6 octobre, je me suis rendu au pavillon rouge au chemin du Long-

Champ où j‘ai eu l’agrément et le plaisir de pouvoir visiter le

chantier est de l‘A5. J‘ai été accueilli par Monsieur Aldo Quadri de

l‘office des ponts et chaussées du canton de Berne qui est le chef de

projet pour la branche est. Il me propose de commencer la visite par

un court film expliquant le fonctionnement du tunnelier, puis d‘entrer

dans le tunnel et de terminer la visite avec un film donnant un aperçu

global du contournement autoroutier de Bienne.

Le premier film – suivi des explications de Monsieur Quadri – m’apprend

que le tunnelier pèse 2‘500 tonnes et qu’il a fallu environ 150

voyages de camions pour le transporter jusqu’à Bienne et 3 mois pour

le monter. D’une longueur de 110 mètres avec un diamètre de forage de

12,6 mètres, le tunnelier avance d’environ 14 mètres par jour. Environ

fin 2010, le percement du premier tunnel du Büttenberg et du Längholz

sera terminé. La tête de forage et le bouclier seront ensuite démontés

pour être transportés par la route et remontés aux Champs-de-Boujean

pour le percement des deuxièmes tubes. Le rail suiveur (le corps du

tunnelier) sera ramené directement par les tubes déjà creusés.

Avant de commencer la visite, on m’a prêté une paire de bottes, un

casque et un set respiratoire au cas où il y aurait un problème dans

le tunnel. Nous sortons du pavillon pour nous diriger vers l’entrée du

tunnel. Sur notre gauche se dresse un énorme tas de matériel excavé.

Chaque jour, 3 à 4‘000 m3 de détritus sont sortis du tunnel. Un ballet

la gueule 3/2009 21


ininterrompu de camions emmène ce matériel vers les décharges environnantes.

Ce ne sont pas moins de 3 à 400 camions qui sont nécessaires

quotidiennement pour leur transport.

Nous arrivons devant l’entrée du tunnel. Au sol sont posés des rails

pour qu’un train puisse acheminer le matériel et les voussoirs en béton

vers le tunnelier. Les voussoirs sont utilisés pour la construction

des anneaux du tunnel. Au dessus de nous, une conduite d’air

frais et un tapis roulant qui évacue le matériel excavé s’engouffrent

dans le tube. Lorsque nous nous dirigeons vers le tunnelier, je suis

surpris par le fait que la chaleur n’est pas plus prononcée qu’à l’extérieur.

L’air n’est ni étouffant, ni rempli de trop de poussières.

Nous arrivons vers la queue de la machine. Le tunnelier est gigantesque.

Lorsqu’on marche sur ce ver métallique et que l’on voit d’un

côté le tapis roulant, au dessus de sa tête la conduite d’air et sous

ses pieds un bras métallique qui vient prendre les voussoirs pour

les amener à la tête du ‘monstre’, on a l’impression de se trouver

au cœur d’un film de science fiction. Au centre du tunnelier se trouve

le poste de commandement qui permet à travers des moniteurs et des

caméras d’observer les moindres mouvements du tunnelier. Derrière le

poste se trouve un sas qui – en cas de problème (par ex. feu) – peut

accueillir les personnes qui se trouvent dans le tunnel.

Après avoir observé durant un long moment l’avancement du tunnelier

et les ouvriers qui mettent tout en œuvre pour qu’il ne s’arrête pas,

nous retournons vers le pavillon.

En chemin, Monsieur Quadri m’explique que le travail est effectué par

trois équipes sur un rythme hebdomadaire. L’équipe de jour travaille

de 10h00 à 22h00, celle de nuit de 22h00 à 6h00, puis suivent 4 heures

de maintenance. La dernière équipe est en congé. Au bout d’une semaine,

une rotation des équipes est faite.

Je garderai un excellent souvenir de cet après-midi. En ayant eu la

possibilité de visiter le tunnel et de voir comment il est creusé,

c’est un rêve d’enfant qui se réalise. En effet, la construction des

tunnels et les personnes qui travaillent sous terre ou au cœur des

montagnes m’ont toujours fasciné.

Hans Notter

22


« VOIR » :

Un mot en 4 lettres... vraiment ?

Ce matin, en traversant la place de la gare, j’ai remarqué une femme

d’une trentaine d’années… Elle portait des vêtements très clinquants

: jupe verte, veste jaune, sac à main blanc, chaussures marron et

écharpe violette ! J’ai d’abord pensé que c’était une artiste et que

son look était probablement travaillé…mais en la détaillant, je dus

me résigner à l’affreux constat que cette jouvencelle n’entendait

rien à l’harmonie des couleurs… « Vise cette dégaine ! Bref, il y a

plus important dans la vie, comme mon check up annuel chez le médecin.

», pensais-je en pénétrant dans le cabinet. M. Rochat m’examina

sous toutes les coutures, me mirant dans un miroir, m’auscultant

partout et scrutant mes douleurs abdominales, mais il ne put rien

rapporter d’anormal… Puis il me fixa et me cria soudain « Vous n’avez

rien ! Vous êtes une malade imaginaire ! » tout en me flanquant à la

porte… En sortant, j’eus juste le temps d’entrevoir une vieille dame

dans la salle d’attente qui zieutait les biscottos du jeune homme en

face d’elle… Il n’y a pas d’âge pour admirer la beauté, non ? Je me

mis à marcher un peu, tout en contemplant le ciel, pour rejoindre

mon ami Léopold qui m’attendait au café l’Espion. En levant la tête

au ciel, je découvris un balcon où l’on distinguait à peine la silhouette

d’une ménagère nettoyant ses vitres. Décidément, il y a des

gens bizarres… quelle idée de s’adonner à une telle activité par un

jour de pluie !? Puis, je passai devant ma boutique favorite, « Vision

future », et j’aperçus dans la vitrine une paire de lunettes de

soleil en forme de cœur… Décidément, cette journée était peu banale…

Et boum ! A force d’avoir la tête ailleurs, je percutai un homme

d’au moins 150 kg ! Mon nez s’écrasa contre sa poitrine toute mollassonne,

j’en perdis mon sac à main ainsi que mes lunettes optiques.

la gueule 3/2009 23


N’y voyant plus goutte, je discernai ce qui avait l’air d’une masse

informe toute orange semblant se pencher sur moi… « Noooooon, au

secours ! » hurlais-je ! C’est alors que, l’œil aux aguets, je notai

que le gros monsieur me considérait de toute sa hauteur, me tendant

quelque chose : « Vos lunettes, mademoiselle. ». Quelle idiote,

compris-je ! J’ai toujours le chic pour me ridiculiser… Je ne pus

que constater sa civilité et prendre acte de sa gentillesse, non

sans relever sa patiente complaisance. Il dut réaliser que j’étais

gênée… Ne pouvant observer plus longtemps le silence, je touchai du

doigt mon incroyable maladresse. Lui aussi pigea tout de suite en me

considérant des pieds à la tête, étudiant mon visage l’air curieux.

Après qu’il eût suffisamment exploré mes traits, je découvris qu’il

pensait sans doute avoir à faire à une folle et me jeta un regard

dubitatif. Je me rendis compte de mon mutisme et conçus qu’il pouvait

être insultant. Je me visualisais à sa place, et je ne parvins

pas à me représenter ma réaction dans la même situation. Comment

me faire une idée du spectacle que j’offrais, à terre et apeurée

par une simple bedaine ? Il saisit sans doute mon angoisse, car il

me dévisagea une dernière fois, puis s’intéressa à une autre jeune

femme qui passait. Je me redressai et, une fois la vue retrouvée, je

cherchai à me repérer, embrassant l’ensemble de la rue. J’appréhendai

au loin le café où j’avais rendez-vous et reconnus Léopold qui

m’épiait. Je me redressai et courus le rejoindre. Arrivée sur place,

j’avisai Léopold au fond de la salle. « Tu me surveillais ?», lui

fis-je. « Mais non, j’ai identifié les photos du cadavre que tu m’as

mailé… » me lance-t-il. « Tu n’entraves rien ou quoi ? C’est bien un

loup des Pyrénées ! » Je percutai enfin et dus bel et bien en prendre

acte : Léopold m’énervait de toujours … voir juste !

Bip bip bip bip bip bip…..mon réveil qui sonne… Quel drôle de rêve…

Allez, allez, debout, plus une minute à perdre ! Je dois me préparer

pour apparaître au mieux de ma forme pour cette nouvelle journée !

Stefania Di Pietrantonio

24


Sven Harttig

Mitglied der JCBB seit 2003,

Präsident 2006

harttig architekten, Biel

www.harttig-architekten.ch

architektur: sehen

Visite du percement du tunnel de Büttenberg

„Der Bau von Wirklichkeit vollzieht sich dadurch, dass Architektur

sich in Beziehung zu den vorhandenen Dingen und zur Stadt, zu den

Ideen und zur Geschichte setzt.“

Aldo Rossi

Unser Leben lang bewegen wir uns in Räumen unterschiedlichster Art.

Für jede erdenkliche Tätigkeit und jedes Bedürfnis wurden und werden

adäquate Räume erdacht und entwickelt. Bedürfnisse und Tätigkeiten

verändern sich. Architekten versuchen immer wieder von neuem auf diese

gesellschaftlichen Veränderungen angemessene räumliche Lösungen zu

finden.

Architektur ist also ein Spiegel ihrer Gesellschaft, ihrer Kultur und

Evolution. Wir leben in ihr und werden durch sie geprägt. Das breite

Interesse am Veränderungsprozess unserer gebauten Umwelt hält sich

dennoch in Grenzen. Nicht erstaunlich, denn die strategischen und

städtebaulichen Entscheidungen sind einem kleinen Kreis von Spezialisten

vorenthalten. Kommuniziert wird, was entschieden ist.

Seit gut einem Jahr pendle ich zwischen der Schweiz und Norwegen –

genauer Oslo - und verbringe rund einen Drittel meiner Zeit in der

norwegischen Hauptstadt. Die Wirtschaftskrise hat auch da einen grossen

Bogen um die Bauwirtschaft geschlagen. Es wird gebaut und gebaut.

Neue Stadtviertel spriessen wie Pilze aus dem Boden. Die m2-Preise für

Wohn- und Büroflächen klettern ins Unermessliche. Ein Ende ist nicht

abzusehen.

Wie in der Schweiz üblich, werden auch in Norwegen grössere Planerauf-

la gueule 3/2009 25


gaben durch das Verfahren des Architekturwettbewerbs vergeben. Über

den volkswirtschaftlichen Aspekt des Architekturwettbewerbs, die

ausbleibenden Steuermöglichkeiten von Berufsverbänden und den damit

einhergehenden Dumpinglöhnen im Architekturgewerbe möchte ich mich

hier nicht äussern. Sicher ist, dass das Verfahren des Wettbewerbs

hilft, durch das Vergleichen von unterschiedlichen Beiträgen, wichtige

Qualitäten zu erkennen. So kann aus einer Vielzahl von Vorschlägen

(und sehr oft sind es wirklich viele) das beste Projekt prämiert

und – wenn dann nicht doch noch etwas dazwischen kommt – ausgeführt

werden.

Im Unterschied zur Schweiz beschränkt sich die Architekturdiskussion

in der Wettbewerbsphase aber nicht auf einen kleinen Fachkreis von

Juroren. Nach der anonymen Abgabe der Wettbewerbsbeiträge durch deren

Autoren, die Architekten, werden diese in aufwändigen Ausstellungen

an prominenten Orten als erstes der Öffentlichkeit vorgestellt.

In der Tagespresse wird darüber berichtet und debattiert. Einige Wochen

später erst werden die Beiträge dann in einem Fachkreis juriert

und prämiert. Es ist offensichtlich, dass die vorgängige öffentliche

Debatte die Jurierung zu untermalen vermag. Zudem werden das Interesse,

die Sensibilität und das Bewusstsein am städtischen Raum und

unserer gebauten Umwelt in der breiten Öffentlichkeit durch diesen

Prozess gefördert. Städtebau und Architektur erhalten einen Stellenwert

in der öffentlichen Diskussion.

Da ist es doch erstaunlich, dass die Schweiz, welche für ihre direkte

Demokratie weltweit bekannt ist - wo Bürger über jede Gesetzesänderung

abstimmen - die Entscheidungen über ihren Lebensraum einem

kleinen Fachkreis überlassen. Im Unterschied zur Schweiz hat Norwegen

verstanden, dass Städtebau und Architektur nicht nur hochtheoretisch

sondern auch sehr pragmatisch in der breiten Öffentlichkeit diskutiert

werden darf.

Item

Grundlage für eine Diskussion sind aber immer noch gute städtebauliche

und architektonische Projekte – dazu braucht es gute Architekten.

Geprägt durch die in Biel über viele Jahre ansässige Architekturfachhochschule,

kann Biel heute auf eine national anerkannte junge

Architektenschaft blicken. Der Standort Biel war für diese Ausbildung

ideal. Eine geografisch und städtebaulich einzigartige Stadt,

geprägt von der Sprachgrenze mit einem bemerkenswerten, durch diese

Gegebenheiten genährten, kulturellen Leben. Nichts an dieser Stadt

- ausser ihrer Einwohnerzahl und vielleicht den Blumentöpfen auf dem

Zentralplatz – scheint kleinstädtisch. Dieser ideale Nährboden für

die Architekturausbildung wurde aus politischen und wirtschaftlichen

Gründen preisgegeben. Und wer weiss, vielleicht wird dieser Entscheid

unser Stadtbild in Zukunft prägen – eine Frage die aber zum Glück

nicht beweisbar sein wird.

Sven Harttig

26


Das Auge – ein besonderes Sinnesorgan

von Dr. med.Heinz Schmid, Augenarzt i.R., Köniz

Als Charles Darwin 1859 sein berühmtes Buch über die Entstehung der

Arten durch natürliche Selektion schrieb, hatte er während vieler

Jahre Hunderte von Belegen für seine Evolutionstheorie gesammelt.

Trotzdem schrieb er in diesem Werk: „Dass das Auge, mit all seinen

unnachahmlichen Eigenschaften … durch natürliche Selektion entstanden

sein sollte, erscheint mir – ich muss es gestehen – in höchstem

Masse absurd.“ Heute wissen wir, dass diese Entstehung eine Tatsache

ist. Wir wissen auch, dass „das Auge“ in der Evolution nicht einmal,

sondern gleich mehrmals entstanden ist. Das Facettenauge der Insekten,

das Auge des Octopus und das Auge der Säugetiere und Menschen

haben sich aus primitiveren Vorläufern über Millionen von Jahren entwickelt.

Entwicklungsgeschichtlich gesehen ist unser Auge eine Ausstülpung

des Gehirns. Unser Sehnerv ist denn auch von den Hirnhäuten und von

Hirnflüssigkeit umgeben. Er umfasst eine satte Million Nervenfasern,

welche die Seheindrücke der Netzhaut an die „Schaltstellen“ weiterleiten.

Erst hier, namentlich im Sehzentrum des Okzipitalhirns, entsteht

das Bild dessen, was unsere Augen registriert haben.

Doch wenden wir uns wieder dem Auge zu. Es ist zu folgenden Leistungen

fähig:

• bei unterschiedlichsten Lichtverhältnissen die Umgebung

abzubilden (Lichtadaptation)

• ein Farbbild zu entwerfen. Unter den Säugetieren haben nur

Primaten und Menschen ein so ausgeprägtes „trichromatisches“

Farbensehen; alle unsere Haustiere sind Rot-Grün-blind!

la gueule 3/2009 27


• blitzschnell auf Bewegungen zu reagieren und bewegte Objekte

zu verfolgen

• nicht nur ferne, sondern auch nahe Objekte scharf abzubilden

(Akkommodation)

• beide Augen zusammen sind in der Lage, räumlich zu sehen

und Distanzen sehr genau abzuschätzen.

Gerade weil das Auge für uns ein derart wichtiges Organ ist, beunruhigen

uns mögliche Beeinträchtigungen und Krankheiten. Es sei deshalb

auf das Wichtigste eingegangen.

Optische Fehler (Kurz-, Weitsichtigkeit, Astigmatismus): Sie können

mittels Brillen oder Kontaktlinsen in fast allen Fällen optimal

korrigiert werden. Zwar gibt es auch „invasive“ Behandlungsformen

(Laser, eingepflanzte Zweitlinse u.a.). Doch ist hier zu bedenken, dass

diese Eingriffe irreversibel sind und ihre Risiken haben. Es ist deshalb

ratsam, vor einem solchen Schritt die Zweitmeinung eines selbst

nicht operierenden Augenarztes einzuholen.

Die Alterssichtigkeit: Sie ist keine Krankheit, sondern ein natürlicher

Vorgang. Die Linse ist für die Akkommodation d.h. für die Naheinstellung

des Auges verantwortlich. Ihre Elastizität lässt kontinuierlich

nach, so dass der Normalsichtige etwa im Alter von 40 Jahren

„zu kurze Arme kriegt“ und eine Lesebrille benötigt.

Der graue Star (Cataract) ist eine Trübung der Linse. Sie tritt meist

bei älteren Menschen auf. Noch vor 30 Jahren wurde die trübe Linse

einfach operativ entfernt, und die Leute mussten dann eine Starbrille

tragen. Die Fortschritte der Chirurgie haben diesen Eingriff völlig

verändert. Heute wird die Linse aus ihrer Kapsel entfernt und durch

eine Kunstlinse (Implantat) ersetzt, deren Stärke individuell bestimmt

wird. Der Eingriff kann meist ambulant durchgeführt werden.

Nach der Operation ist das Tragen einer Brille für die Ferne oft

nicht (mehr) notwendig.

Der grüne Star (Glaucom) ist eine Erkrankung, die etwa 3% aller Menschen

über 40 befallen kann. Sie ist heimtückisch, weil der Erkrankte

meist davon nichts merkt, bis es fast zu spät ist. Meist, aber nicht

immer, ist der Augendruck erhöht. Das Gesichtsfeld zerfällt langsam,

so dass das Auge nur noch röhrenförmig sehen kann, was die Orientierung

erschwert. Der Augenarzt kann die Erkrankung in einem frühen

Stadium erkennen und behandeln. Weil die Disposition zum grünen Star

vererbt ist, sind Verwandte von Erkrankten besonders gefährdet. Hier

ist eine Kontrolle alle 4 Jahre (ab 40) unbedingt erforderlich.

Die altersbedingte Degeneration der Netzhaut (Maculadegeneration) betrifft

leider recht viele Menschen, meist etwa ab Alter 75, und kann

dazu führen, dass das Lesen immer schwieriger wird. Gewisse Medikamente,

die Vitamine und Zink enthalten, können dagegen einen gewissen

Schutz bieten. Zudem kann eine der beiden Formen von Maculadegeneration

heute mittels Injektion eines neuen Medikaments behandelt und

28


am Fortschreiten gehindert werden. Zudem gibt es für alle älteren

Menschen, die von dieser Erkrankung betroffen sind, einen wichtigen

Trost:: Man wird davon nicht blind; denn es ist nur das Zentrum der

Netzhaut betroffen, während die Peripherie immer noch eine Orientierung

ermöglicht.

Der Schutz der Augen bei Ausführung gefährlicher Sportarten, sowie

allenfalls am Arbeitsplatz, sollte heutzutage selbstverständlich

sein. Kleine Kinder müssen zudem vor zu viel Sonnenlicht durch entsprechende

Kopfbedeckung und Sonnenbrillen geschützt werden. Ihr

Auge ist besonders empfindlich für den schädlichen kurzwelligen Teil

des Sonnenlichts.

Dr. med. Heinz Schmid,

Augenarzt i.R., Köniz


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Isabelle Hofer-Margraitner

Artiste-peintre de Jens

Observer, assimiler et peindre

Le cheminement artistique d’Isabelle Hofer-Margraitner

Isabelle, tu es artiste-peintre, est-il important pour toi que tes

oeuvres soient vues ? Travaillerais-tu différemment si tu n’avais pas

de public ?

Non, mon travail est avant tout une recherche personnelle. J’aime

sentir le plaisir quand je travaille, être totalement absorbée par

ce que je fais jusqu’à ne plus sentir mon corps. D’ailleurs, comme je

travaille beaucoup parterre, lorsqu’au bout de 6 heures j’essaye de

me redresser, cela peut faire très mal. Si j’ai conscience du temps

qui passe, c’est que ce que je fais ne m’intéresse pas vraiment.

..Quant au public, s’il y en a un et si de surcroît il apprécie mon

travail, alors c’est merveilleux!

Comment as-tu découvert la peinture ? Peignait-on dans ta famille ?

Non, je n’ai pas vraiment d’antécédents dans ma famille. Mais j’ai

toujours dessiné dès que j’ai su tenir un crayon et je n’ai jamais

arrêté. Le vrai déclic s’est fait au cours d’un séjour aux Etats-Unis

après l’école secondaire. Là-bas, à la high school, j’avais un prof

d’art fantastique qui m’a montré mes possibilités d’évolution dans

le graphisme. Je n’avais vraiment pas envie de rentrer en Suisse et

lorsque au bout d’un an ma mère est venue me chercher, j’ai négocié

les conditions de mon retour et obtenu de pouvoir postuler pour une

école de Beaux-Arts au lieu d’intégrer comme prévu le lycée.

C’est à Bâle que j’ai fait les beaux arts, section graphisme. Ensuite,

j’ai travaillé plusieurs années dans la publicité, interrompues par

un tour du monde en 1984/85. Puis, en 1987, après la naissance de mon

32


premier fils, j’ai préféré rester à la maison. J’en avais assez de la

publicité. Déjà à l’époque, j’avais envie de fouiller d’autres possibilités

dans le graphisme que le dessin de mode et de faire mon truc

à moi. J’avais besoin de me libérer de l’aspect business et fric du

travail en agence de publicité.

En fait, ce n’est que dix plus tard, que je me suis relancée dans mon

aventure artistique. J’ai en quelque sorte réappris et redécouvert

mes capacités et ma passion en suivant une formation d’Art-thérapeute

à Bellelay.

Ton style, tes techniques et tes sujets, comment ont-ils évolué ?

Après ma formation, je suis repartie dans le graphisme. Mon grand

thème, celui dont tout part et auquel aujourd’hui encore tout revient

est le plaisir de la forme du corps humain. Le torse, la silhouette

et plus récemment le visage. Et peut être, peut-on avancer comme

explication à cela mes antécédents dans le dessin de mode. A cette

époque déjà, le corps m’intéressait tout particulièrement. J’ai commencé

par du figuratif pour m’en détacher de plus en plus. A la fin de

mon premier grand cycle que j’intitule « Personnage », je cherchais

à retrouver les formes du corps humain dans la structure, dans la

matière de mes toiles.

Puis, c’est cette nouvelle technique que j’ai voulu approfondir. Je

l’ai fait en choisissant le thème de « l’écriture ». Mon second cycle

pour ainsi dire. J’ai complètement abandonné le figuratif et la suggestion

du corps pour fouiller la toile. Et en fouillant la toile,

j’ai découvert le mouvement sur lequel je me suis penchée ensuite.

Avec la quête du geste, en faisant de grands jeux de gestes, le pinceau

à la main devant ma toile mon troisième cycle, « trace » a pris

forme. La liberté totale du mouvement a fait appel à son antipode, la

structure graphique - le carré et le rectangle- sur laquelle je me

suis penchée également.

En parallèle, je me suis intéressée aux imprimés. J’ai tenté d’imprimer

par pression des motifs et des structures de différents matériaux

sur la toile. C’est ainsi que j’ai découvert le corps végétal que je

tente également d’incorporer, d’intégrer à mes toiles. Je suis sans

cesse à la quête de nouvelles techniques.

Aujourd’hui, tous les matériaux sont possibles et imaginables. En

général, sur les toiles, je n’utilise que de la dispersion comme

couche de fond, la base de tous mes tableaux. Ensuite, pour la plus

grande partie de mes toiles, j’emploie des pigments et de la peinture

acrylique. Mais je découvre de plus en plus le plaisir de concevoir

des installations. Cela me permet de travailler la matière à pleines

mains. Actuellement, par exemple, je travaille sur le thème du cocon.

Il s’en trouve déjà de toutes sortes dans mon atelier, en fibre de

maïs, en toiles d’araignée, en papier, en tissu, en cellulose et j’en

passe. Et bien des idées foisonnent encore dans mon esprit. C’est

la gueule 3/2009 33


dans le cocon que le corps se crée.

Antérieurement, j’ai développé le thème du vêtement, d’abord celui du

manteau qui protège (comme le cocon) puis celui de la robe que l’on

quitte et change. Ainsi, j’ai conçu une robe en feuilles de romans

que l’on pouvait découvrir récemment encore au musée jurassien des

Arts de Moutier.

Par ailleurs, je m’adonne également à la photographie et au traitement

ultérieur de l’image.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes voyages ! Dernièrement Barcelone, New York et Berlin. Je m’enivre

de l’atmosphère du lieu. Je cherche à m’imprégner d’un maximum de

nouvelles sensations. Je cherche à tout happer, à tout m’assimiler du

regard. Evidemment, je visite également les musées et les galeries d

‘art et si possible je recherche le contact avec les gens et les artistes

locaux. En rentrant, je peins mes impressions ramenées.

Mes lectures ou le travail d’autres artistes - comme concrètement

dans le cas de mon travail sur le thème « yo me quitte la roppa » -

peuvent m’inspirer également. J’aime aussi travailler sur un thème

donné dans le cadre d’expositions collectives comme « JARDIN SECRET »,

« ROUGE », ou la toute dernière exposition en octobre 09 « ENTRE DEUX ».

Isabelle, merci beaucoup pour cette interview.

Propos recueillis par Nathalie Wittig

Pour obtenir plus de précisions et découvrir l’œuvre d’Isabelle Hofer-

Magraitner, visitez le site : www.homepage.bluewin.ch/isajens

34


Installation de Isabelle Hofer-Margraitner

La bibliothèque des archives du château de Holligen (BE)

la gueule 3/2009 35


Impressum

«la gueule»

«la gueule» erscheint drei Mal pro Jahr in einer Auflage von 1200

Exemplaren. Alle Rechte vorbehalten. Nachdruck oder Vervielfältigung

von Artikeln auch auszugsweise nur mit Zustimmung der Redaktion.

Sollten Sie den Erhalt des Heftes nicht wünschen, bitte abmelden

unter: la.gueule@jcbb.ch

«la gueule» paraît trois fois par an. Tirage 1200 exemplaires.

Tous droits réservés. Réimpression ou reproduction des articles aussi

par extraits seulement avec permission de la rédaction.

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Leitung/directeur: Hans Notter

Mitwirkende/équipe: Olga Kholod, Marc Weiss, Markus Wittig,

Nathalie Wittig, Stefan Gafner

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