evolution des dispositifs d'alerte aux pollutions accidentelles depuis ...

oieau.org

evolution des dispositifs d'alerte aux pollutions accidentelles depuis ...

Emilie HAUSER Janvier 2004

Benoit MARBACH

Nicolas REGAL

Antoine GUIBERT

POLYTECH’MONTPELLIER

UNIVERSITE MONTPELLIER II SCIENCES ET TECHNIQUES

DU LANGUEDOC

PLACE EUGENE BATAILLON-34095 MONTPELLIER CEDEX 5

Département Sciences et Technologie de l’Eau

TEL : 04 67 14 36 62 – FAX : 04 67 14 45 14

OFFICE INTERNATIONAL DE L’EAU

Service National d’Information et de Documentation

sur l’Eau

15 rue E. Chamberland – 87065 LIMOGES Cédex

Tél : 05 55 11 47 80 – Fax : 05 55 11 47 48


SOMMAIRE

DISPOSITIFS D’ALERTE EN EAU DOUCE……………………………………….…... 2

o Détection de l’alerte…………………………………………………………… 2

o Gestion de la crise par la préfecture…………………………………...…….2

o Evolution des dispositifs depuis 10 ans…………….…………….………….4

o Schéma du dispositif d’alerte actuel………………………………………… 5

PARTICULARITE DES RESEAUX D’EAU POTABLE ET D’ASSAINISSEMENT… .6

o Notion de crise…………………………………………………………………. 6

o Formation de la cellule de crise……………………………………………… 6

o Gestion de la crise…………………………………………………….………. 6

o Communication inter-services……………………………………………….. 6

o Fin de la crise………………………………………………………….. ……… 7

INFORMATION DE LA POPULATION……………………………………………. 7

o Information des consommateurs…………………………………………….. 7

o Processus d’information……………………………………………………….7

ETUDE DU PLAN POLMAR………………………………………………………………8

o Organisation nationale et responsabilités…………………………………...8

o Organisation opérationnelle………………………………………………….. 9

o Réponse opérationnelle………………………………………………………. 9

o Stratégie de lutte en mer………………………………………………………9

o Stratégie de lutte à terre……………………………………………………….9

o Ressources……………………………………………………………………..10

BIBLIOGRAPHIE………………………………………………………………………….. 12


« Flash spécial France Info : un camion contenant des matières chimiques hautement

toxiques vient de se renverser sur l’autoroute A7 à hauteur de Mornas. Les secours viennent

d’arriver sur place et tentent de résorber au plus vite la pollution, d’une ampleur considérable

vis à vis de l’environnement. »

Dans de telles situations, la mise en place rapide d’un dispositif d’alerte est à

appliquer. Les pollutions accidentelles pouvant survenir à n’importe quel moment, il est

nécessaire pour les secours d’avoir un plan de conduite d’urgence.

Ce présent document traite des dispositifs d’alerte aux pollutions accidentelles, en

exposant plus précisément leur évolution aux cours des dix dernières années. Il aborde dans

un premier temps la notion de pollution accidentelle et son dispositif actuel dans le domaine

public, ensuite il décrit la situation abordé dans le domaine privé, avant de considérer

l’évolution d’un cas concret, le plan POLMAR.

LES DISPOSITIFS D’ALERTE AUX POLLUTIONS ACCIDENTELLES, EXEMPLE DU

DOMAINE PUBLIC.

Une pollution accidentelle qualifie tout incident ou rejet inhabituel dans un cours

d’eau susceptible de provoquer une brusque détérioration (visuelle ou mesurée) de la qualité

de l’eau. Elle peut mettre en danger la santé, avoir des conséquences sur les activités

humaines, menacer la flore, le milieu, et entraîner la destruction partielle ou totale de la

faune aquatique.

o LA DETECTION DE L’ALERTE.

Une organisation rigoureuse est nécessaire pour minimiser au maximum les risques.

Il est donc indispensable de détecter à temps l’alerte, de la gérer et de prendre des mesures

de sauvegarde. Plusieurs étapes sont progressivement franchies.

En premier lieu, la détection de la pollution se fait généralement grâce à un témoin de

l’accident qui constate les dommages causés, comme la mort de poissons, une odeur

particulière, une couleur de l’eau suspecte…Il est alors tenu de donner l’alerte en contactant

la gendarmerie, les pompiers, la mairie… L’information est directement transmise à la

préfecture si besoin il y a.

Il est rare que la mise en évidence de la pollution soit faite par des capteurs (ex :

station d’alerte sur les fleuves…). En effet, cela nécessiterait la prise en compte de multiples

paramètres, ce qui ne suffirait toujours pas pour pouvoir caractériser toutes les pollutions

possibles. La pollution étant accidentelle, il est impossible de prévoir quelle substance sera

déversée dans le cours d’eau, d’autant plus que celle-ci n’affectera pas forcément les

paramètres couramment mesurés tels que le pH, l’oxygène dissous… L’alimentation en eau

potable peut toutefois être contrôlée par des stations d’alerte, bien qu’elles ne déterminent

pas de façon exhaustive la qualité des eaux. [1]

Pour les eaux industrielles, les entreprises sont tenues de prévenir les services compétents

en cas de rejet accidentel.

o LA GESTION DE LA CRISE PAR LA PREFECTURE.

Une fois l’alerte communiquée à la préfecture, le préfet dirige une cellule pour

identifier la pollution et établir des mesures appropriées. Pour ce faire, une évaluation de la

pollution est effectuée grâce à une analyse menée par des experts. La suite du plan d’action

sera différente en fonction de la nature et de la gravité de la pollution. On peut voir sur le

graphe 1 la nature des polluants, en moyenne, au cours des dix dernières années environ.


Graphe1:Nature des polluants entre 1986 et

2000

18%

36%

hydrocarbures

16%

produits

chimiques

matières

organiques

divers

30%

Plus précisément, le SIRACED PC (Service Interministériel Régional des Affaires Civiles,

Economiques, de Défense et de Protection Civile) est un service de la préfecture qui gère la

pollution en matière de sécurité civile ou de défense. On parle de sécurité civile quand il

s’agit d’une pollution causée par un risque technologique ou naturel. La défense concerne

plutôt une dégradation ou un acte de malveillance.

Selon l’importance de l’accident, les mesures établies auront une ampleur variable. On

définit plusieurs niveaux d’alerte :

• Le niveau zéro concerne une pollution banale, sans gravité. Seuls les pompiers

et la mairie interviennent.

• Le niveau un caractérise une pollution qui va être gérée par la mairie, la vigilance

est de rigueur et le suivi des évènements est assuré par la commune. Une

communication par téléphone est suffisante.

• Pour le niveau deux, un petit déploiement de moyens est effectué, la pollution

est en effet plus sérieuse. Une cellule de suivi constituée d’experts est

rassemblée, avec une mise en place d’une politique de communication.

• On parle de niveau trois lorsque la pollution est grave. Un plan de conduite est

alors déclenché par un Poste de Commandement ou PC.

Traitement d’une alerte de niveau trois.

Dans le cas d’une alerte de niveau trois, l’impact de la pollution détermine le plan à mettre en

place :

• Plan TMD si un Transport de Matières Dangereuses est à l’origine de la pollution.

La préfecture travaillera en collaboration avec la DRIRE (Direction Régionale de

l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement).

• Plan Eau Potable si la consommation d’eau peut être affectée, la DDASS

(Direction des Affaires Sanitaires et Sociales) est immédiatement avertie. Plus

généralement, elle intervient si la santé des hommes est mise en jeu, c'est-à-dire

si un captage d’eau potable ou des eaux de loisirs (baignades…) sont touchés.

• Plan Eaux Intérieures si la pollution touche les fleuves. La MISE (Mission Inter-

Services de l’Eau) sera alors contactée ou la police de l’eau.

• Plan Polmar en cas de pollution des eaux marines. La DIDAM (Direction

Intérieure Des Affaires Maritimes), qui gère le littoral, est prévenue.

Pour une alerte d’un tel niveau, un PC de crise est réuni au sein du SIRACED PC, avec à sa

tête un état major qui conseille le préfet. Il est chargé de recueillir les informations, de suivre


les évènements et leur évolution. Une synthèse est ainsi élaborée, le bilan des évènements

est dressé. Il doit également savoir anticiper et mettre en place des mesures appropriées. En

particulier, si un réseau de distribution est concerné, il doit déterminer s’il peut être maintenu

en activité. Il doit aussi décider si certains usages doivent être restreints, ou même fermés

dans certaines conditions exceptionnelles. Ce PC doit prévoir le secours à la population et

envisager si besoin un approvisionnement en eau potable. Les opérations doivent être

planifiées pour pouvoir revenir le plus rapidement possible à un état normal.

De plus, il faut établir une cellule de communication qui centralise les comptes-rendus

successifs. Elle transmet les synthèses destinées à la mairie, aux autorités et les

communiqués à la population, aux personnes vulnérables, et permet ainsi de respecter le

droit de savoir durant la crise. Cela rend les citoyens acteurs de la crise. Par exemple, les

agriculteurs doivent être avertis de la pollution en cas de contamination de l’eau

d’abreuvement du bétail ou d’irrigation.

Pour gérer au mieux l’alerte, le responsable du SIRACED PC est doté du pouvoir de

réquisition illimité. Il peut de cette manière réquisitionner les personnes jugées nécessaires

pour lutter contre la pollution, à n’importe quel moment. Ce pouvoir est évidemment encadré

par le droit : il faut qu’il y ait une urgence en matière de sécurité civile pour qu’il puisse en

disposer.

Un PC opérationnel est constitué sur place dans le but d’appliquer les décisions.

Il faut noter que les plans sont adaptables au cas par cas. Il s’agit en fait de plans de

conduite car on ne peut pas prédéfinir les mesures exactes à appliquer puisqu’il s’agit de

situations imprévues et extrêmement variables selon la nature du polluant. On peut donc

simplement établir des plans de conduite adaptable à chaque situation, servant de

« schémas directeurs » et permettant ainsi de traiter l’imprévu.

Le plan ORSEC, quant à lui, est en fait un plan généraliste, une chaîne de

commandements qui permet une répartition des moyens financiers avec une aide des

communes avoisinantes et une mise à disposition de leurs matériels. Par ailleurs, lorsque ce

plan est déclenché, les dispositifs de secours décrits précédemment sont déjà mis en place.

Il s’agit donc d’une « officialisation » de l’évènement, qui présente un effet psychologique

pour la population. Celle-ci sait de cette manière que l’Etat est conscient de la gravité de la

situation. Il rassure les citoyens. [2]

O

EVOLUTION DES DISPOSITIFS D’ALERTE DEPUIS DIX ANS

Les mesures adoptées visent essentiellement à protéger la population et

l’alimentation en eau potable. Mais les milieux naturels tels les fleuves et rivières sont

aujourd’hui aussi pris en compte, ce qui n’était pas le cas dix ans en arrière.

La législation sur la gestion des pollutions accidentelles existe depuis 1987-90, exceptée

pour les pollutions marines qui seront détaillées ultérieurement. Mais la façon d’appliquer

cette réglementation a changé. L’organisation est meilleure maintenant car la demande

sociale est plus importante depuis cinq ou six ans. Les médias et les associations, par la

pression qu’ils exercent, ont provoqué ces dernières années une volonté plus forte de

protection de l’environnement et donc une application plus rigoureuse des textes concernant

ce type de pollution. Une pollution n’endommageant que le site naturel, sans risque pour la

population, était en effet délaissée il y a dix ans. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. [2]

Par ailleurs, l’évolution des dispositifs d’alerte aux pollutions accidentelles se remarque par

la mise en place progressive de stations d’alerte le long des cours d’eau, à des endroits

stratégiques pour l’alimentation en eau potable. Elles sont souvent gérées par le Conseil

Général ou par le Laboratoire Départemental de l’Eau.

Ces stations permettent la mesure en continu de certains paramètres, dont la dérive

importante peut signaler la présence d’un rejet anormal et donner la possibilité au traiteur

d’eau de réagir avant l’arrivée du flux polluant à la prise d’eau. Les paramètres couramment

mesurés sont le pH, la turbidité, le carbone organique total, l’oxygène dissous, et


éventuellement les éléments traces (les métaux lourds notamment), les hydrocarbures et

l’azote ammoniacal.

En outre, pour parfaire les plans abordés précédemment, les différents bassins et

départements peuvent mettre en place des SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et

de Gestion de l’Environnement) et ou des plans départementaux de secours, par exemple.

Enfin, on peut noter que l’évolution peut porter sur des mesures de prévention pour

limiter les risques. Ainsi, des systèmes de collecteurs de ruissellement sur les autoroutes

peuvent être mis en place pour recueillir des produits toxiques en cas de renversement de

camion… Ceci illustre une mesure de prévention, qui contribue à l’amélioration du traitement

des pollutions accidentelles, bien qu’il soit impossible d’éviter tous les risques.

Le schéma suivant explique le dispositif d’alerte actuel aux pollutions accidentelles :

SCHEMA TYPE DU DISPOSITIF D’ALERTE LORS D’UNE POLLUTION ACCIDENTELLE

Pollution accidentelle

Indicateurs visuels ou olfactifs de pollution

Ex : poissons morts, couleurs anormales, odeurs…

Témoin(s) de la pollution

Ex : pêcheur, promeneur…

1 ers secours

Ex : gendarmerie, pompiers, mairie…

Préfecture

SIRACED PC

MISE DASS DRIRE DIREN DIDAM

Travail en collaboration sous la direction du SIRACED PC afin de résorber la pollution


POLLUTION ACCIDENTELLE DES RESEAUX DE DISTRIBUTION D’EAU ET

D’ASSAINISSEMENT

A ce jour, tous les acteurs de la collecte et de la dépollution des eaux usées ainsi que

ceux de la distribution de l’eau se sont posés des questions à propos des mesures de

sécurité à mettre en place pour assurer en continu un maintien de la qualité. Pour cela toutes

les grandes compagnies telles la Générale des eaux, la Lyonnaise des eaux… ont mis en

place des procédures pour assurer la maîtrise des procédés de dépollution et la distribution

d’eau potable.

Mais aujourd’hui, ces acteurs du monde de l’eau se veulent aussi réactifs en cas de pollution

accidentelle. C’est pourquoi des procédures sont présentes en cas de crise, c’est-à-dire

d’une situation grave pouvant mettre en péril le service, la santé publique ou

l'environnement. [4]

o QU’EST-CE QU’UNE CRISE ?

Une crise peut être générée soit par une non-conformité (pollution non maîtrisée,

gastro-entérites en eau potable, poissons morts en assainissement…) soit par un événement

d’origine externe à la compagnie (pollution en amont des ressources, …)

La procédure en question décrit « l’organisation mise en place en cas de situation

nécessitant la mise en œuvre d’autres moyens que ceux habituellement utilisés pour assurer

la continuité des services » (Générale des eaux). Elle entraîne des actions dont l’entière

maîtrise peut dépasser le cadre de l’agence concernée. D’autres acteurs comme la direction

régionale, les Services de la Préfecture, … peuvent être amenés à intervenir.

o

FORMATION DE LA CELLULE DE CRISE

Tout d’abord est formée une cellule de crise interne. Elle sera composée du Comité

Provisoire, placé sous l’autorité du Directeur Régional, du Directeur de Centre Opérationnel

ou du Directeur d’Agence selon l’ampleur de la crise, chargé de la coordination des

interventions propres à la situation de crise.

o

GESTION INTERNE DE LA CRISE

Au départ, ces plans d’action sont mis en route par des phénomènes ou catastrophes

naturelles (orages, gel, inondations…), une pollution de la ressource ou en réseau, voire des

incidents techniques conduisant à des problèmes de qualité ou de distribution.

Lorsque la crise est déclenchée, le Directeur d’agence prévient immédiatement le Directeur

de Centre Opérationnel et le Directeur Régional.

Alors la cellule de crise est mise en place. Elle a pour mission de s’assurer de la mise à

disposition de moyens techniques et humains, d’organiser en liaison avec le Suivi Qualité

Local les prélèvements et analyses nécessaires, ainsi qu’assurer le lien avec les autorités

préfectorales concernées.

o

COMMUNICATION ENTRE SERVICES

Le Directeur d’Agence ou de Centre Opérationnel s’assure d’une communication

régulière avec la collectivité et la Ddass si la crise concerne l’eau potable, la collectivité et le

service de la police de l’eau si c’est l’assainissement qui est concerné, et les médias pour

l’information des populations concernées et pour valoriser les actions mises en œuvre par

les entreprises en question.


o

FIN DE LA CRISE ET RETOUR A LA NORMALE

C’est le responsable de la cellule de crise qui va diagnostiquer le retour à la situation

normale et décider de la levée de la situation de crise.

Il organise une réunion de fin de crise pour analyser le déroulement de celle-ci et identifier

éventuellement les améliorations à apporter. Enfin, il va constituer et archiver un dossier de

crise contenant tous les éléments tels que compte rendu de réunion de crise, courriers et fax

envoyés aux intervenants extérieurs, résultats d’analyse, etc.

INFORMATION EN TEMPS REEL DES CONSOMMATEURS EN CAS DE POLLUTION

ACCIDENTELLE

Auparavant désintéressés, les Français sont devenus en quelques dizaines d’années

très préoccupés par la qualité de leur eau. Cette tendance a surtout progressé au cours

des dernières années, et les Français cherchent à éviter le risque par une meilleure maîtrise

de l’information.

Par exemple, Lyonnaise des eaux France a mis en place un nouveau service, unique dans

son secteur d’activités, qui permet d’informer par téléphone, en deux heures maximum, un

ensemble de foyers correspondant à une population de 60 000 personnes en cas d’incident

majeur sur le réseau de distribution d’eau potable . Ce service est mis en œuvre si l’incident

est susceptible d’altérer la qualité de l’eau pouvant entraîner un risque sanitaire.

Sa mise en œuvre est le fruit d’une décision avec la collectivité locale sous le contrôle des

préfectures et des autorités sanitaires départementales.

Ce service comprend tout d’abord un message d’alerte annonçant des mesures de

précaution à prendre par la population concernée et un message d’annonce de fin de crise.

0 PROCESSUS D’INFORMATION

Lors d’une crise sur le réseau de distribution, l’information chemine par étapes.

Premièrement une cellule de crise en concertation avec ses équipes opérationnelles locales,

la collectivité locale concernée, les autorités sanitaires et le préfet, décident de la mise en

œuvre ou non de la procédure d’information après examen de la situation. Ensuite les

responsables définissent une zone géographique concernée. Après l’enregistrement du

message vocal les habitants de la commune concernée sont appelés sur leur téléphone fixe

et reçoivent le message de prévention. Pour garantir la réception du message par une

personne et non un répondeur, le destinataire valide l’écoute du message en appuyant sur

une touche du clavier téléphonique. Puis en fin de crise, une nouvelle série d’appels est

lancée pour informer les gens d’un retour à la normale du service de distribution de l’eau. [3]

DESCRIPTION GENERALE DU DISPOSITIF NATIONAL DU PLAN POLMAR [5]

L’organisation de la lutte contre la pollution marine accidentelle a été mise en place

par l’Instruction POLMAR du 12 octobre 1978, applicable non seulement à la pollution par

hydrocarbures mais aussi aux rejets de toute substance susceptible de porter atteinte au

milieu marin. Une mise à jour des textes relatifs au dispositif a fait l’objet d’une nouvelle

Instruction POLMAR, le 04 mars 2002. Elle concerne la lutte contre la pollution du milieu

marin, résultant d’un accident ou d’une avarie qui entraîne ou risque d’entraîner le

déversement d’hydrocarbures ou de tout autre produit. Les mesures à prendre face à cette

menace sont de trois sortes :

• les mesures de prévention pour éviter que de telles pollutions se produisent,


• les mesures de préparation à la lutte qui permettent de donner aux autorités

responsables les moyens d'intervenir rapidement en cas d'accident,

• les mesures de lutte qui visent à en limiter les conséquences.

Le dispositif national fait une distinction entre la lutte contre la pollution en mer et la lutte

contre la pollution à terre. L’application du Plan POLMAR mer est confiée aux Préfets

Maritimes sous l’autorité du Premier Ministre. Celle du Plan POLMAR terre est confiée aux

Préfets des départements concernés sous l’autorité du Ministre de l’Intérieur.

0 ORGANISATION NATIONALE ET RESPONSABILITES

Le Préfet Maritime est chargé d’organiser et de diriger les opérations en mer, ceci

dans les limites de sa région. Lorsqu’un désastre ou une menace de désastre est d’une

gravité ou d’une complexité telle qu’il est impossible de ne faire appel qu’à des moyens

ordinaires, le Préfet Maritime déclenche le Plan POLMAR mer, qui lui donne accès non

seulement aux ressources mises à la disposition des autorités locales, mais également à des

ressources privées ou à des ressources réquisitionnées, ou encore à des ressources sous

contrat. Le déclenchement du Plan POLMAR donne accès au fonds d’intervention géré par

le ministère de l’Environnement pour la prise en charge de dépenses de personnel et de

matériel.

Il rend compte au Premier Ministre, au Ministre de la Défense, au Ministre de

l’Environnement et des Transports. Le Ministre de l’Intérieur et les Préfets des départements

et des zones de défense éventuellement concernés sont également informés. Le Préfet

Maritime prévient simultanément le Centre de Documentation, de Recherche et

d’Expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), dont les experts et les

moyens sont mis sur-le-champ à sa disposition. Le déclenchement et la fin du Plan POLMAR

mer font l’objet d’arrêtés pris par le Préfet Maritime.

Chaque département littoral doit établir et tenir à jour, sous l’autorité du Préfet, un plan de

secours spécialisé POLMAR terre en concertation étroite avec les élus locaux et les usagers

du milieu marin. Chaque plan définit l’organisation générale de la lutte permettant la

mobilisation et la coordination de l’ensemble des moyens disponibles. Il comprend un

inventaire des matériels et des produits antipollution disponibles, une liste des zones à

protéger en priorité, ainsi que des plans de mise en place et de maintien des barrières

antipollution.

0 ORGANISATION OPERATIONNELLE

Le Préfet Maritime dirige toutes les opérations de lutte en mer. Les actions sont

conduites à partir d’un poste de commandement situé à la préfecture maritime (PC fixe).

Pour faciliter la conduite des opérations sur place, il peut détacher un échelon avancé de

commandement (PC opérationnel) qui s’installe à l’endroit le plus favorable. Le Préfet

Maritime tient informés de l’évolution de toute menace de pollution du littoral les Préfets de

départements, de manière à permettre sans délai la réunion de l’état major de direction de

lutte à terre.

A terre, le Préfet du département ou son représentant désigné est le directeur des opérations

de lutte. Il est assisté d’un état major qu’il constitue avec les représentants des services

extérieurs départementaux et régionaux. Il dispose en plus des moyens des collectivités

locales, des moyens privés conventionnés ou réquisitionnés. La conduite des opérations est

réalisée à partir d’un PC fixe (préfecture) et éventuellement d’un PC avancé situé à l’endroit

le plus favorable.


0 REPONSE OPERATIONNELLE

Pour la lutte en mer, le Préfet Maritime conduit les opérations avec les moyens de la

Marine et des administrations dont il coordonne l’action en mer. Il peut faire appel aux

moyens disponibles des coopératives pétrolières disposant de matériel antipollution (ex :

FOST, OSRL). Il peut activer les ressources de lutte disponibles dans le cadre d’accords

bilatéraux (Convention Manche Plan avec la Grande Bretagne) ou régionaux (parties

contractantes de l’Accord de Bonn).

La lutte sur le littoral est assurée par les services déconcentrés de l’Etat. Le Préfet de

département peut demander le concours des moyens nationaux de la Sécurité Civile et de la

Défense Nationale. Par ailleurs, il dispose, en plus des moyens des collectivités locales et de

l’ensemble des moyens disponibles des administrations, des moyens privés conventionnés

ou réquisitionnés.

0 STRATEGIES DE LUTTE EN MER

L’éventail des choix opérationnels est à la fois large et restreint, chaque option est

limitée par de nombreux facteurs, le délai d’intervention et l’état de la mer étant les plus

importants. Ces choix peuvent être regroupés par secteur d’intervention :

• les actions à la source ou près de la source pour stopper le déversement, alléger le

navire ou la barge, confiner à la source et récupérer, disperser à la source,

• les actions en haute mer pour confiner par barrages et récupérer à l’aide de pompes

et de récupérateurs, chaluter par barrages récupérateurs ou chaluts de surface,

disperser chimiquement,

• les actions à proximité du littoral pour protéger les zones sensibles du littoral, confiner

et récupérer, traiter faiblement au dispersant sous surveillance écologique.

0 STRATEGIES DE LUTTE A TERRE

La première priorité dans la lutte sur le littoral est de protéger les sites sensibles, tels

qu’ils sont préalablement définis dans les plans de secours spécialisés POLMAR terre. Le

nettoyage du littoral constitue également une priorité majeure, prenant en compte le bénéfice

net pour l’environnement, concept pris au sens large touchant à la fois les aspects

écologiques et économiques du littoral.

Lutte en mer

0 RESSOURCES

Les matériels de lutte antipollution en mer sont stockés dans différents centres de

stockage et d’intervention, répartis sur les trois façades maritimes métropolitaines et en

Outre-Mer. Les centres les plus importants sont Cherbourg, Le Havre (Manche/Mer du

Nord), Brest, Lorient (Atlantique) et Toulon (Méditerranée). Au total, ce sont plus de 11 km

de barrages, 54 récupérateurs, 64 pompes et 1 400 m³ de dispersants mobilisables pour la

lutte en mer.

Lutte à terre

Outre les moyens courants dont dispose l’ensemble des administrations, 13 centres

de stockage et d’intervention POLMAR terre sont répartis sur l’ensemble du littoral français

(8 en métropole; 5 Outre-Mer).

Ces centres stockent et entretiennent des matériels nécessaires à la lutte contre les

pollutions marines.


Quelques chiffres peuvent indiquer l’importance des moyens disponibles : 33 km de

barrages, 140 pompes, 80 récupérateurs, 370 réservoirs de stockage.

Ces moyens sont à la disposition des Préfets dès le déclenchement du plan POLMAR terre.

Bilan

Au total, cumulant les stocks disponibles dans le cadre des plans POLMAR mer et

terre et par d’autres partenaires (ports, pompiers, coopérative privée), ce sont environ 55 km

de barrages, 172 récupérateurs, 241 pompes, 574 réservoirs et bacs de stockage, 426

nettoyeurs de plages et environ 1 500 m³ de dispersants mis à la disposition des autorités en

cas de pollution accidentelle du milieu marin.

Préparation à la lutte, exercices

Le succès du dispositif de lutte antipollution dépend de la qualité de sa préparation et

de sa mise en œuvre. Il est donc essentiel que les dispositions prévues par l’instruction

POLMAR soient testées et que le personnel chargé de sa mise en œuvre soit entraîné. C’est

donc à cet effet que les Préfets et les Préfets Maritimes organisent des exercices de

simulation en mer et à terre permettant de former à la fois les personnes responsables de

l’Etat Major et celles chargées de la mise en œuvre du matériel sur le terrain.

0 RESSOURCES NATIONALES SPECIALISEES

Ressources d’intervention spécialisées : unités de formation de la Sécurité Civile

Cinq sections d’intervention, de 30 hommes chacune, ont été mises sur pied au sein

de deux unités de formation de la Sécurité Civile. Ces sections sont indépendantes, et sont

capables d’intervenir très rapidement. Elles peuvent travailler sans renfort pendant 48 heures

dans le cadre d’un opération de lutte contre la pollution. Chacune des sections dispose de

son propre matériel de pompage, de collecte et de stockage, ainsi que de ses propres

moyens de transport et de liaison.

Service des gardes-côtes des douanes françaises

Ce sont les autorités douanières qui déploient les aéronefs chargés de la

télédétection aérienne de la pollution marine. A cet effet, le service des gardes-côtes des

douanes françaises dispose de deux aéronefs équipés de plusieurs dispositifs de

télédétection qui peuvent être rapidement mis en service en cas de pollution marine

accidentelle.

Le rôle de ces aéronefs est de déceler les nappes, de contribuer à l’évaluation scientifique

des risques, de contrôler la diffusion de la pollution, et de guider les équipements

d’intervention jusqu’à la zone.

Le Cedre

Le Cedre a été créé par le Gouvernement français afin d’améliorer la technologie de

lutte contre la pollution et de renseigner les autorités chargées de la lutte sur cette

technologie.

Le Cedre peut être consulté en cas de pollution accidentelle en mer, mais n’a aucune

compétence en matière d’exécution des opérations d’intervention. Si le plan POLMAR est

mis en action, il met ses ressources et son personnel à la disposition des Préfets et des

Préfets Maritimes chargés de lutter contre la pollution, afin de fournir tous les conseils et

toute l’aide que ces autorités sont susceptibles de lui demander.


Du fait de la sensibilisation croissante de la population envers l’environnement, les

dispositifs d’alerte aux pollutions accidentelles n’ont fait que se perfectionner durant les dix

dernières années. On peut fort logiquement penser que ce phénomène va continuer, étant

donné la part de plus en plus importante qu’occupe l’environnement dans la société

d’aujourd’hui. De plus, les accidents survenus ces dernières années conduisent à

l’amélioration progressive des dispositifs d’alerte. Cependant, même si la gestion de la crise

peut être plus performante, l’apparition de la crise en elle même ne peut pas être évitée.

BIBLIOGRAPHIE

[1] M.CHAUVIERE, MISE, Montpellier. Entretien en octobre 2003

[2] M.DARTIES, responsable SIRACED PC, préfecture Hérault. Entretien en octobre 2003

[3] LYONNAISE DES EAUX, communiqué de presse

[4] M. HEBER-SUFFRIN, responsable du service sécurité/qualité/environnement de la

Générale des Eaux, Montpellier. Document internet, 5p.

[5] LES ACCORDS DE BONN


RESUME

Les dispositifs d’alerte en cas de pollution accidentelle se doivent d’être les plus efficaces

possibles en raison des risques engendrés pour le milieu naturel. Leur évolution depuis une

dizaine d’années s’est faite en même temps qu’un changement des mentalités de la

population, plus soucieux dorénavant du sort de son environnement.


MOTS CLES

Eau, pollution accidentelle, dispositifs d’alerte, cellule de crise, polmar.

SUMMARY

The alarm device in the event of accidental pollution has to be really efficient because of the

risks generated for the environment. The evolution of the alarms over the last decade has

been accompanied with a change in the mentality of the population, who are now more

concerned with their environment.

KEY WORDS

Water, accidental pollution, alarm device, crisis cell.

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