Dimension 3 n° 2007/3 (juin-juillet 2007)

diplomatie.belgium.be

Dimension 3 n° 2007/3 (juin-juillet 2007)

L E J O U R N A L D E L A C O O P É R A T I O N B E L G E

Bimestriel

JUIN-JUILLET 2007

3

P308613

Editeur responsable : Jan Grauls, Président du comité de Direction, rue des Petits Carmes 15, B-1000 Bruxelles - Bureau de dépôt Bruxelles X

Peuples autochtones

Efficacité de l’aide

Service Public Fédéral affaires étrangères, commerce extérieur et coopération au développement


Dans ce numéro

L E J O U R N A L D E L A

C O O P É R A T I O N B E L G E

2006, les suites du Sommet de la Terre 2

à Curitiba

2007, Forum international des peuples 4

autochtones d’Afrique centrale

© Batwa Rescue Project

Le Fondo Indígena 6

Scouts, toujours… solidaires ! 8

Déclaration de Paris : ensemble, 10

vers une meilleure efficacité de l’aide

Rubrique : La petite dimension 14

Publications 16

Photo de couverture : Indien Yanomami

© Antonio Ribeiro/Gamma Liaison

© Marcel Minnée

© Banque Mondiale

© Jean-Michel Corhay

Editorial

Il était une fois, dans le Nord du Burundi, une communauté de pygmées Batwas. Anciens nomades chasseurs cueilleurs, ils avaient été

poussés à la sédentarisation par la pression démographique sur les terres et la destruction de leur forêt. Quand je les ai rencontrés,

ils avaient installé leur hutte sur une terre dont personne ne voulait, où plus rien ne poussait, à flanc de colline, à la merci des vents et

des coulées de boue, loin d’un point d’eau. Désormais la chasse était interdite et leur principal produit d’échange, la poterie artisanale,

supplantée par des récipients en plastique et en inox, n’avait plus la cote. Cette rencontre m’avait laissé un goût amer: quel avenir pour ce

peuple déraciné et oublié? Dans le monde, ce sont 300 millions d’autochtones qui subissent pour la plupart la destruction de leur milieu, la

discrimination et le mépris de leur culture. Déjà en 1993, Dimension 3 (1/93) traitait du Sommet de la Terre (Rio, 1992) qui reconnaissait

le rôle vital des peuples autochtones dans la préservation de leur environnement. Mais à l’heure qu’il est l’adoption de la Déclaration

des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones se fait toujours attendre. La prochaine réunion de l’Assemblée Générale en

septembre prochain donnera une conclusion positive, espérons-le, à plus de 20 années de négociations (p.3).

Regarder en arrière, c’est aussi prendre note des difficultés rencontrées pour réorienter les processus de façon plus rationnelle. Le constat

était celui-ci : une aide au développement fragmentée et imprévisible, autant de procédures compliquées et coûteuses que de donateurs,

auxquelles devaient faire face des bénéficiaires mal impliqués, aux institutions fragiles… Simplifier, unifier les procédures d’aide, fixer des

objectifs mesurables et en vérifier la progression, impliquer les bénéficiaires dans les définitions et les encourager à s’approprier les projets,

c’est le principe de la Déclaration de Paris (p.10).

Autre défi bien connu de la coopération au développement, les Objectifs du Millénaire, étaient à l’honneur à Bruxelles, cette fois avec les

scouts qui se sont montrés « toujours prêts ! » pour la solidarité (p.8).


La rédaction

DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Peuples autochtones

2006, les suites du Sommet de la Terre

à Curitiba

Rio de Janeiro, juin 1992, le Sommet de la Terre :

écologie, développement durable, biodiversité…

La première Conférence internationale sur l’environnement

et le développement aura en effet

popularisé et permis la compréhension de ces

concepts ou notions devenus fondamentaux

depuis. Elle aura produit le célèbre Agenda 21,

dont le principe 22 reconnaît que les «peuples

autochtones» ont un rôle vital à jouer dans la

gestion de l’environnement et la préservation de

la biodiversité, du fait de leurs connaissances et

pratiques traditionnelles. Elle aura encore produit

la Convention sur la diversité biologique, l’un des

textes internationaux qui évoquent explicitement

le droit à la propriété intellectuelle de ces peuples,

dont l’article 8j stipule ainsi que les Etats ont

l’obligation de «respecter, préserver et maintenir les

connaissances, innovations et pratiques des communautés

autochtones qui présentent un intérêt pour

la conservation et l’utilisation durable de la diversité

biologique».

Dans la lignée des décisions prises en 1992,

la Huitième Conférence des parties sur la

Convention sur la diversité biologique s’est

tenue à Curitiba, au Brésil, en mars 2006. Lors

de cette conférence, certaines questions ont fait

l’objet d’un examen approfondi, et parmi elles, les gouvernements

et les parties ont discuté de l’application de l’article 8j et ils se sont

engagés à :

• établir des mécanismes pour assurer la participation effective des

communautés autochtones et locales dans toute prise de décision

les concernant ;

• respecter, préserver et maintenir les connaissances traditionnelles

relevant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité

biologique ;

• promouvoir une application large de l’article 8j avec l’accord et l’implication

des communautés autochtones et locales concernées ;

• encourager un partage équitable des bénéfices générés par

l’utilisation des connaissances traditionnelles des communautés

autochtones et locales.

Même si chacun de ces engagements est d’égale importance, une

attention toute particulière a été portée par les délégués des communautés

autochtones sur ce dernier point. Ceci en raison du fait

que les connaissances traditionnelles sont de plus en plus souvent

utilisées par les sociétés commerciales pour développer de nouveaux

produits et techniques, sans le consentement libre et informé

des détenteurs de ces savoirs, qui ne reçoivent aucun bénéfice de

cette exploitation.

Un groupe de travail a dès lors été créé afin de faire des propositions

concrètes sur la manière de traduire ces engagements dans la

réalité. Ce groupe de travail aura pour tâche de :

© Minci.gov.ve

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Peuples autochtones

© Minci.gov.ve

• s’assurer que les communautés autochtones et locales obtiennent

une part équitable des bénéfices issus de l’utilisation de leurs

connaissances traditionnelles ;

• s’assurer que les institutions publiques et privés intéressées par

l’utilisation de tels savoirs obtiennent un consentement libre et

informé des communautés autochtones et locales concernées ;

• assister les gouvernements dans le développement d’une législation,

ou tout autre mécanisme, qui assure que les connaissances

traditionnelles sont respectées, préservées et maintenues.

Maintenir un accès sûr à leurs terres et aux ressources essentielles à leur

survie et à leur bien-être.

L’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les

droits des peuples autochtones est, elle, toujours attendue

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

traite de la protection des peuples autochtones contre la

discrimination et le génocide. Elle réaffirme leur droit à maintenir

leurs traditions culturelles propres, et reconnaît leur droit à l’autodétermination,

notamment l’accès sûr à leurs terres et aux ressources

essentielles à leur survie et à leur bien-être.

Le projet de texte est le résultat de plus de vingt années de

délibérations tenues au sein d’un groupe de travail de l’ancienne

Commission des droits de l’homme des Nations Unies, avec la participation

d’organisations représentatives des peuples autochtones.

Le texte a reçu le soutien du Forum permanent des Nations Unies

sur les peuples autochtones et a été adopté le 29 juin 2006, lors de

la première session du nouveau Conseil des droits humains - qui a

remplacé la Commission des droits de l’homme – par 30 voix pour,

2 contre (Canada et Russie) et 11 abstentions. Le Conseil en a

aussitôt recommandé l’adoption finale par l’Assemblée générale.

Cependant, au cours des débats de la Troisième Commission de

l’Assemblée générale, réunie à New-York à la fin novembre 2006, un

amendement déposé par la Namibie, avec entre autres le soutien de

l’Australie, du Canada, de la Nouvelle- Zélande et des Etats-Unis, a

obtenu le report de l’adoption finale pour la fin de la 61 ème session

actuellement en cours, au mois de septembre 2007. •

J-M. C.

2007, Forum international des peuples

autochtones d’Afrique centrale

«Nous, peuples autochtones d’Afrique centrale, réaffirmons notre vision d’une relation respectueuse de tous

les peuples envers notre mère, la terre, et notre engagement à pratiquer ce respect dans nos domaines forestiers

(..). Mais notre respect pour la nature ne doit pas se limiter aux forêts, il doit inclure la terre entière (..)».

A l’issue de leur premier Forum international tenu du 10 au 15 avril dernier à Impfondo, les peuples

autochtones d’Afrique centrale ont en outre voulu attirer l’attention sur les graves problèmes d’expulsion

forcée et d’exclusion systématique des peuples autochtones de leurs terres et territoires

lors de la création des concessions forestières et des aires protégées.

Sous le thème «L’implication des peuples autochtones dans la

gestion durable et la conservation des écosystèmes forestiers

d’Afrique centrale », ce forum était organisé par le gouvernement

congolais et les partenaires multilatéraux du

développement, tels que l’alliance WWF, la Banque mondiale,

l’UNICEF et l’UNESCO. Il regroupait les experts des neuf pays

d’Afrique centrale. L’objectif de ce Forum était de faire connaître les

droits souvent bafoués de ces peuples pygmées.

Ces peuples d’Afrique Centrale sont les premiers occupants de la forêt

équatoriale, après avoir été chassés de leur premier habitat par les Noirs

sahariens qui ont fui l’assèchement du désert du Sahara vers le II ème siècle

avant notre ère. Ils sont répartis dans neuf pays - Burundi, Cameroun,

Congo (Brazzaville), Gabon, Guinée-Equatoriale, Ouganda, République

Centrafricaine, République démocratique du Congo et Rwanda - et

vivent dans de nombreux groupes ethniques différenciés par des facteurs

d’ordre géographique, linguistique, coutumier et technologique.

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Peuples autochtones

© Batwa Rescue Project

Souvent désignés du nom générique de Pygmées, ces peuples

autochtones préfèrent toutefois être distingués par leur nom ethnique

propre: Aka au Congo-Brazzaville et en Centrafrique, Mbuti

en République démocratique du Congo (RDC), Baka au Cameroun,

Babongo au Gabon, Twa au Rwanda et au Burundi.

Estimés à 250.000 individus environ, ils vivent traditionnellement de

la chasse et de la cueillette de ressources forestières sauvages, qu’ils

consomment eux-mêmes ou échangent avec leurs voisins bantous

contre des produits issus de cultures. Leur mode de vie ainsi que

leur savoir-faire ont instauré une culture propice à la préservation

du milieu naturel. Cependant, la dégradation de leur écosystème

du fait de l’exploitation forestière et minière intensive et du développement

d’une agriculture itinérante entraîne la détérioration

accélérée de leur cadre de vie.

«Les communautés autochtones très vulnérables qui vivent dans les zones

forestières denses et humides n’ont jamais bénéficié des produits de l’exploitation

de la forêt, ni des ressources naturelles de leur pays, ni d’une

assistance financière durable de leur Etat», a ainsi déclaré M. Kapupu

Diwa, coordinateur général du Réseau des populations autochtones

et locales d’Afrique centrale sur la gestion durable des écosystèmes

de la forêt. «Comment peut-on, au 21 ème siècle, accepter cette

discrimination entre des communautés et ignorer les droits de certaines

populations d’Afrique centrale ?», a-t-il ajouté.

Pour M. Kapupu Diwa, les concessions et les contrats entre les

gouvernements et les compagnies forestières ou minières prennent

rarement en compte les besoins et les priorités des communautés

autochtones. Ces reproches ont toutefois été relativisés par le

Ministre de l’Economie forestière et de l’Environnement du Congo.

«Les communautés autochtones sont les principaux acteurs de la préservation

et de la gestion durable de la forêt», a assuré le ministre, qui a

tenu à préciser: «Ce sont les exploitations minières et forestières sauvages,

ainsi que le développement de l’agriculture itinérante qui ont contribué

à la destruction du cadre de vie des populations autochtones».

Dans une déclaration publiée à l’issue du Forum, les représentants

autochtones ont attiré l’attention sur les graves problèmes auxquels

leurs communautés sont confrontées lors de la création des

concessions forestières et de l’aménagement d’aires protégées.

© Batwa House

«Nous refusons catégoriquement toute politique sur les forêts qui promeut

la discrimination, l’exclusion et l’expulsion des peuples autochtones

de leurs territoires, entraînant ainsi leur appauvrissement», indique le

texte. S’estimant les «détenteurs de droits légitimes sur les forêts

d’Afrique centrale», ils ont exhorté à un arrêt immédiat de ces pratiques,

«qui aboutissent à la destruction de nos modes de vie», et les ont

condamnées comme «une forme de génocide culturel».

Un mode de vie et un savoir-faire propices à la préservation du milieu

naturel.

DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Peuples autochtones

Les Pygmées souhaitent dès lors être impliqués dans le Plan de

convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale

(Comifac), dont ils demandent la révision pour que soient enfin

garantis les «droits et la participation des peuples autochtones

dans la gestion durable et la conservation des forêts d’Afrique centrale».

Ils exhortent dès lors les Etats d’Afrique centrale à «promouvoir

leur représentation dans les institutions nationales, comme

les Parlements», et à «adopter la Déclaration des Nations Unies

sur les Droits des peuples autochtones» (dont l’adoption finale

par l’Assemblée générale des Nations Unies, reportée depuis

plusieurs années, est prévue pour septembre 2007 – voir article

page 4).


Jean-Michel Corhay

Les Pygmées, entre discriminations et servitude

Selon l’UNICEF, dans un récent rapport sur les Pygmées d’Afrique centrale, parmi les quelque 250.000 Pygmées d’Afrique

centrale, 20% à 30% des enfants meurent avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans. L’organisation dresse le sombre tableau d’une

population «largement discriminée et marginalisée». Les problèmes de ces communautés autochtones, tels qu’énumérés

dans son rapport, parlent d’eux-mêmes: «mortalité infantile très élevée», «discrimination quotidienne», «expropriation aux fins

d’exploitation forestière», «chômage et travail précaire», «servitude», «manque de moyens éducationnels et sanitaires», «grande

pauvreté», «négation des droits fondamentaux», y sont autant de constats accablants.

Mbuti

Depuis sa première rentrée scolaire, François Ababehu-Utauta a

été la risée de ses camarades en raison de sa petite taille, mais cela

ne l’a pas empêché de poursuivre ses études. «Aucun camarade de

classe ne voulait que je m’asseye à côté de lui», se rappele le jeune

homme de 18 ans, qui mesure 1,40 m. «Pour eux, je n’avais pas ce

droit, je n’étais pas comme eux !». Il confie qu’il avait envisagé un

moment d’arrêter ses études pour se consacrer aux activités de la

forêt. «Puis je me suis dit que la liberté était un combat : j’ai dû faire

face aux actes d’incivisme des autres [enfants], mais je n’ai pas arrêté

mes études parce que je savais que je les surmonterais», précise-t-il

ensuite avec fierté.

M. Ababehu-Utauta appartient à la communauté des Mbuti qui vivent

dans la vaste forêt tropicale de l’Ituri, le district nord-oriental de la

République démocratique du Congo (RDC). Contrairement aux

autres membres de sa communauté, M. Ababehu-Utauta a ainsi pu

terminer ses études primaires dans un établissement scolaire créé

par une congrégation catholique dans cette province orientale, où

les enfants autochtones sont majoritaires.

Selon l’un de ses instituteurs, très peu d’écoles acceptent les

enfants issus de communautés autochtones, même si la région

abrite un quart des peuples autochtones vivant dans les forêts

d’Afrique centrale.

«Les conditions de vie des communautés autochtones sont partout les

mêmes en Afrique centrale; aucune de leurs demandes n’est prise en

compte», résume Mme Hélène Aye-Mondo, directrice du Centre

d’action pour le développement durable des autochtones pygmées.

Babongo

Sans acte de naissance, très peu scolarisés, et éloignés des centres

de santé, une grande partie des Pygmées Babongo demeurent des

citoyens de seconde zone, le plus souvent méprisés par leurs

compatriotes. Ils seraient au Gabon entre 15.000 et 20.000 selon

les chiffres des Nations Unies, qui demeurent approximatifs en

l’absence de recensement exhaustif. Ils vivent dans des huttes

adossées aux villages des Bantous, largement majoritaires dans le

pays, ou à l’écart, dans des communautés au coeur de la forêt.

Hélène Nze, présidente de l’ONG Edzengui qui s’occupe de la sauvegarde

des peuples pygmées, vit dans le village bantou de Bitouga,

près de Minvoul, au nord du pays. «Chez nous, les Bantous exploitent

souvent les Pygmées», affirme-t-elle. «Ils disent ‘mon Pygmée’ lorsque

l’un de nous travaille pour eux ; ils nous minimisent car nous venons de

la forêt, nous traitent comme des animaux».

L’isolement du village et sa proximité avec la forêt ne facilitent pas

les choses. «Quand il a plu, c’est très difficile d’accès», souligne M.

Marcel Ngouambe, directeur du centre médical de Minvoul, venu

à Bitouga dans le cadre d’une campagne de vaccination et d’enregistrement

des naissances lancée par les autorités en 2006, en

partenariat avec l’UNICEF. «Quand ils sont malades, les habitants se

soignent avec leurs plantes; Ce n’est qu’en cas de graves complications

qu’ils viennent en ville, mais c’est souvent trop tard», déplore-t-il.

J-M. C.

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Le Fondo Indígena

Peuples autochtones

La Belgique soutient depuis plus de 10 ans déjà le Fondo Indígena, le fonds de soutien pour la

défense des droits des peuples autochtones d’Amérique du Sud et centrale.

Depuis sa création à Madrid en octobre 1992, à l’occasion

du 500 e «anniversaire» de l’arrivée en Amérique

de Christophe Colomb, le Fondo Indígena met tout

en oeuvre pour rétablir les droits fondamentaux des

populations autochtones discriminées. Aussi notre

pays soutient-il pleinement cette initiative. Le Fondo Indígena a tenu sa

28 e assemblée générale au Palais d’Egmont de Bruxelles les 27 et 28

mars derniers.

Le Fondo Indígena est avant tout une plate-forme de concertation et

de dialogue entre les populations autochtones (à travers les organes

de consultation locaux), les gouvernements locaux et les donateurs,

et a pour objectif de soutenir le processus d’auto-développement des

populations indigènes dans chacun des pays concernés, soit un groupe

cible d’au total 50 millions de personnes.

La coopération belge a

choisi les communautés

autochtones comme

groupe cible

prioritaire.

© Marcel Minnée

La Belgique a, d’emblée, accordé son soutien à l’initiative, les peuples

autochtones constituant le groupe cible prioritaire de notre coopération

gouvernementale dans ce continent (notamment en Bolivie, en

Equateur et au Pérou). Elle est en outre le seul pays de l’UE à siéger à

son Conseil d’administration sans être par ailleurs un ex-colonisateur

(le cas, en l’occurrence, de l’Espagne et du Portugal).

Depuis le lancement effectif, en 1996, du Fondo Indígena, dont le siège

est établi à La Paz, notre pays a déjà consigné près de 5 millions EUR

dans le fonds de roulement, qui dispose en conséquence d’un total de

16,3 millions USD. L’initiative s’inscrit dans le sillage des conclusions de

la Conférence mondiale sur l’environnement tenue à Rio de Janeiro en

1992 : la forêt tropicale est en effet le biotope naturel des populations

autochtones.

Dans tous les pays du continent américain, les «indigènes» constituent

d’importantes minorités qui se sont toujours vues systématiquement

opprimées et discriminées. Si leurs droits juridiques et historiques

sont certes désormais formellement reconnus, la mentalité de la

classe dominante (les descendants des Espagnols et des Portugais)

n’a toutefois guère évolué. Il est, dès lors, aussi important de parler

aujourd’hui de «l’Amérique du Sud et centrale» et non plus de «l’Amérique

latine»: si le premier concept a une acception géographique et

neutre, le second renvoie clairement à la langue et à la culture des

conquérants ouest-européens qui, pendant plusieurs siècles, y ont

perpétré un véritable génocide. Aujourd’hui, les autochtones préfèrent

le terme de «Amérindiens», par analogie avec les «Afro-américains»

(les descendants des esclaves noirs importés en Amérique du Nord, du

Sud et centrale). Selon les estimations des Nations Unies, 300 millions

d’«autochtones» vivent de par le monde.

C’est en toute logique que la Belgique a choisi les communautés

autochtones comme groupe cible prioritaire, toutes les études scientifiques

ayant confirmé le lien entre la pauvreté et leurs conditions de

vie.

Les interventions du Fondo Indigena concernent les domaines suivants:

• création de conditions favorables au développement durable;

• réaffirmation de leurs droits fondamentaux;

• formation à une gestion efficace et à la participation;

• réaffirmation de leur identité et promotion de leur culture.

Les gouvernements bolivien, équatorien et péruvien fournissent depuis

plusieurs années de réels efforts en vue de rectifier leurs politiques

antérieures. Ils peuvent dès lors aussi compter sur un appui continu

de la coopération belge au développement.


Jan Reynaers

www.fondoindigena.org

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Le Pont de la solidarité

Scouts, toujours… solidaires !

Dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles, la

DGCD et 200 scouts ont sensibilisé les citoyens

belges aux enjeux des Objectifs du Millénaire

pour le Développement en reliant symboliquement

le Nord et le Sud de la planète.

Le dimanche 29 avril dernier, par une belle journée de

printemps ensoleillée, ce ne sont pas moins de 200

scouts francophones et néerlandophones, âgés de 14

à 18 ans, qui ont retroussé leurs manches afin d’ériger,

dans le Parc du Cinquantenaire à Bruxelles, le plus

grand «Pont de la Solidarité» jamais construit dans le monde. Du

long de ses 200 mètres, cet échafaudage de bois et de cordes a

symboliquement relié le Nord et le Sud de la planète.

Cette initiative de la Direction Générale de la Coopération au

Développement a constitué un événement phare des festivités du

29 avril 2007 organisées par les cinq fédérations belges de scoutisme

à l’occasion du centenaire de leur mouvement. Ces festivités

commémoratives ont été célébrées dans le monde entier par tous

les mouvements scouts autour du thème «One world, One promise».

Ce thème fédérateur étant également au coeur de l’action quotidienne

de la DGCD, celle-ci ne pouvait manquer l’occasion de

s’associer à l’événement.

DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Le Pont de la solidarité

La DGCD souhaitait ainsi maintenir la sensibilisation de la population

belge, et des jeunes en particulier, aux enjeux des Objectifs

du Millénaire pour le Développement (OMD), devenus la référence

principale de la politique de coopération.

Pour mémoire, afin de lutter contre le fléau de la pauvreté, 187

chefs d’Etats et de gouvernements, réunis en 2000 à l’Assemblée

Générale des Nations Unies à New York, ont souscrit à

une déclaration commune. Ils se sont engagés à réduire de moitié

la pauvreté dans le monde d’ici à 2015 en déterminant

huit objectifs clairs, précis et mesurables, les OMD

désormais connus par tous : 1 - Réduire l’extrême

pauvreté et la faim; 2 - Assurer l’éducation primaire

pour tous; 3 - Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation

des femmes; 4 - Réduire la mortalité infantile;

5 - Améliorer la santé maternelle; 6 - Combattre le VIH/

SIDA, le paludisme et d’autres maladies; 7 - Assurer un

environnement durable; 8 - Mettre en place un partenariat

mondial pour le développement.

Le «Pont de la Solidarité Nord-Sud» au Parc du Cinquantenaire

a été assemblé en quatre heures à l’aide de 40 bipieds,

composés de 240 bois de 3 mètres; 60 bois de 6 mètres

pour les traverses; 430 mètres de cordes et 160 brêlages

(nœuds d’assemblage) de 3 mètres.


Texte et photos:

Jean-Michel Corhay

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Efficacité de l’aide

Déclaration de Paris : ensemble, vers une

meilleure efficacité de l’aide

© Banque Mondiale

(de gauche à droite) James D. Wolfensohn et James Adams (Banque mondiale), Richard Manning (Comité Aide au Développement), Haruhiko

Kuroda (Banque asiatique de développement) et Donald Kaberuka (Rwanda) se joignent aux autres participants pour applaudir l’adoption de

la Déclaration de Paris.

La Déclaration de Paris sur l’Efficacité de l’Aide, approuvée à Paris le 2 mars 2005, est une tentative

ambitieuse d’améliorer l’impact de l’aide au développement par la promotion de partenariats

plus efficaces entre pays donateurs et pays bénéficiaires. Deux ans après sa signature, des mécanismes

nouveaux de gestion de l’aide continuent à se mettre en place et l’enquête, qui vient d’être

menée, permettra d’en mesurer les progrès en 2008 et en 2010.

Interview de Guy Beringhs, Conseiller de la Coopération

internationale à la Représentation permanente de la

Belgique auprès de l’Organisation pour la Coopération et

le Développement Économiques (OCDE) et Délégué belge

au Comité d’Aide au Développement (CAD)

Vous avez assisté aux négociations du 2 mars 2005 à Paris.

Quel était votre rôle ?

GB - J’ai en effet participé aux nombreuses réunions

qui se sont tenues à Paris à ce sujet, en ce compris

au Forum lui-même. La rédaction de la Déclaration

de Paris a commencé bien avant le Forum, au sein

du CAD et de son groupe de travail sur l’efficacité

de l’aide. Elle a aussi été largement préparée par

un intense travail de l’Union Européenne à Bruxelles,

animé par la Commission. Cela lui a permis d’animer

les négociations proprement dites qui se sont en effet poursuivies pendant

le Forum à Haut Niveau, où les Ministres eux-mêmes ont négocié

les derniers points de divergence. Pendant le Forum, les délégations de la

Commission et des pays-membres de l’Union Européenne se réunissaient

avant les séances, pour mettre au point des positions communes, qui ont

permis à l’Union d’obtenir un texte final fort proche de ses souhaits.

Quels types de pays étaient présents ?

GB - Les 22 pays-membres du CAD et la Commission Européenne

Ni donateurs

ni bénéficiaires ne

peuvent échapper à

leurs responsabilités,

ce qui crée une

situation de

coresponsabilité.

étaient présents, mais aussi de nombreuses organisations multilatérales :

Nations Unies, Banque Mondiale, Fonds Monétaire International, Banques

Régionales de Développement et surtout de nombreux représentants de

pays bénéficiaires d’Aide Publique au Développement (APD).

Sur quels points les négociations se sont-elles concentrées

?

GB - Les points restant à négocier pendant le

Forum portaient sur la définition d’un certain nombre

d’indicateurs. En effet, la Déclaration comporte

51 engagements des signataires (pays donateurs,

organismes multilatéraux et pays bénéficiaires), mais

seuls 14 indicateurs ont été retenus pour permettre

le monitoring des progrès à accomplir dans chacun

des 5 domaines de la Déclaration (v. p. 11).

Le CAD a reçu mandat d’organiser ensuite la collecte

des valeurs de références de ces indicateurs, des valeurs observées

en 2005 auxquelles comparer les résultats qui seront atteints en 2008,

puis en 2010 (valeurs-cibles), et de revoir certains indicateurs. Il fallait

se mettre d’accord sur la manière d’évaluer la qualité de la gestion des

finances publiques et des mécanismes d’attribution de marchés publics

des pays bénéficiaires de l’APD, pour qu’en parallèle, on puisse se mettre

d’accord sur leur utilisation par les donateurs. L’Union Européenne voulait

donner à la Déclaration de Paris un caractère nettement volontariste,

tandis que les États-Unis, soutenus par le Canada et le Japon, étaient

10 DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Efficacité de l’aide

partisans d’objectifs plus minimalistes en la matière. Finalement, c’est la

position européenne qui a prévalu mais sous certaines réserves des États-

Unis, qui n’ont toujours pas été levées aujourd’hui.

Y a-t-il un rapport entre la Déclaration de Paris et les

Objectifs du Millénaire pour le Développement ?

GB - Le Rapport de Jeffrey Sachs (v. Dimension 3 1/05), rédigé en

2004, montre que de nombreux pays, surtout africains, n’auront pas

atteint en 2015 tous les OMD définis par la Déclaration du Millénaire.

Pour les atteindre, il faut notamment plus de ressources financières et

une aide plus efficace. Le Sommet de Monterrey avait déjà décidé dès

2002 de faire passer l’APD à 0,7% du RIB des pays développés en

2015, c’est-à-dire pratiquement de doubler l’APD afin qu’elle atteigne

130 milliards de dollars en 2015. La Belgique s’est engagée à atteindre

l’objectif des 0,7% du RIB dès 2010. Il faut donc continuer à mettre en

œuvre ces engagements, susciter d’autres contributions financières au

développement (investissements, aide au commerce, etc.) et en améliorer

l’affectation (transferts de fonds des émigrés par exemple), discuter avec

les donateurs (ré)émergeants (comme la Chine, les États et Fonds arabes)

et améliorer la qualité de l’APD.

La Déclaration de Paris constitue donc le troisième pilier des engagements

actuels en matière de développement. La communauté des donateurs,

élargie aux organismes multilatéraux et aux pays en développement, a

ainsi conclu une réflexion approfondie quant aux moyens à mettre en

œuvre pour améliorer l’efficacité de l’APD.

1. Appropriation

(pays partenaires)

2. Alignement

(bailleur de fonds-partenaire)

3. Harmonisation

(bailleur de fonds

bailleur de fonds)

Harmonisation et alignement

Alignement

sur les priorités

des partenaires

Arrangements

communs

Les

partenaires

définissent

les priorités

Procédures

rationalisées

Utilisation

des systèmes

nationaux

Partage de

l’information

Source : OCDE-CAD (2004c)

A quels besoins la Déclaration de Paris répondait-elle ?

GB - On a observé que les coûts de transaction de l’aide internationale

sont élevés, que l’aide est trop fragmentée pour pouvoir être bien gérée,

que des pays, voire des domaines ou secteurs de développement, sont

trop ou insuffisamment couverts, que de trop diverses procédures sont

utilisées pour gérer l’aide, ce qui en rend la gestion trop compliquée et

que le nombre d’interventions dépasse les capacités de gestion des pays

bénéficiaires. Le Président du Nicaragua déclarait au Forum de Paris que

son pays devait gérer simultanément quelque 1650 projets, sans compter

La Déclaration de Paris

« Nous, ministres de pays développés et de pays en développement

chargés de la promotion du développement, et responsables d’organismes

bilatéraux et multilatéraux d’aide au développement, réunis

à Paris le 2 mars 2005, prenons la résolution de mener des actions

ambitieuses, se prêtant à un suivi, afin de réformer nos modalités

d’acheminement et de gestion de l’aide dans la perspective du bilan

après cinq ans, qui doit être effectué plus tard dans l’année dans le

cadre des Nations unies, de la mise en œuvre de la Déclaration du

Millénaire et des Objectifs du Millénaire pour le Développement

(OMD). Comme à Monterrey, nous reconnaissons que si la réalisation

de ces objectifs suppose un accroissement des volumes d’aide

et d’autres ressources affectées au développement, une augmentation

significative de l’efficacité de l’aide est également nécessaire

pour soutenir les efforts déployés par les pays partenaires en vue

de renforcer la gouvernance et d’améliorer les résultats obtenus sur

le front du développement (…) »

Elle contient principalement les engagements suivants :

1. Appropriation et leadership

Les pays en développement assureront effectivement le leadership

de la définition et de la mise en œuvre de leur politique et de leurs

stratégies de développement et la coordination des interventions

concrètes en faveur du développement.

2. Alignement

Les pays donateurs baseront leur aide sur les politiques et

stratégies nationales de développement et utiliseront les institutions

et procédures des pays bénéficiaires, en lieu et place

des leurs.

3. Harmonisation

Les pays donateurs travailleront de manière à voir leurs actions plus

harmonisées, transparentes et collectivement plus efficaces.

4. Gestion des résultats

Les pays donateurs et les pays bénéficiaires gèreront leurs ressources

et amélioreront leurs processus de décision selon les résultats

à atteindre en matière de développement.

5. Responsabilités mutuelles

Les pays donateurs et les pays en développement s’engagent à être

redevables mutuellement en matière de résultats de développement.

DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007

11


Efficacité de l’aide

un nombre équivalent de projets menés par les ONG. La Déclaration de

Paris porte sur les engagements pris pour répondre à ces problèmes,

et établit une méthode permettant d’évaluer les progrès à faire en la

matière d’ici 2010.

Qu’est-ce que, concrètement, l’harmonisation et l’alignement

de l’aide ? Pourquoi est-ce si important ?

GB - L’alignement consiste pour les donateurs et les organismes multilatéraux,

à fournir une aide au développement qui réponde aux politiques,

priorités, stratégies, générales, sectorielles et thématiques des pays

bénéficiaires de l’aide. Cela implique que la responsabilité de conduire le

développement soit laissée aux pays en développement eux-mêmes et

que les donateurs ne se substituent pas à eux. Cela implique aussi que

les pays bénéficiaires assument cette responsabilité. C’est l’appropriation,

mieux connue sous le vocable anglais « ownership ». Cela implique enfin

que, lorsqu’un pays bénéficiaire ne dispose pas des capacités requises

pour assumer la direction des opérations, les donateurs consacrent une

partie suffisante de leur aide à développer leurs capacités. Ni donateurs

ni bénéficiaires ne peuvent donc échapper à leurs responsabilités, ce qui

crée une situation de coresponsabilité. L’alignement consiste aussi pour

les donateurs à accepter d’utiliser les institutions, systèmes et procédures

des pays bénéficiaires en lieu et place de leurs propres instruments.

L’harmonisation consiste pour les donateurs à travailler ensemble : s’assurer

qu’il n’y ait pas de doubles-emplois entre leurs interventions et que

tous les besoins soient couverts, veiller à ce que les études et missions

soient, dans la mesure du possible, réalisées en commun par plusieurs

donateurs. Dans les États fragiles, où les institutions locales sont faibles

et où l’État peut se trouver dans l’incapacité de définir une politique

de développement, il sera d’autant plus important que les donateurs

s’harmonisent pour éviter d’affaiblir les institutions qui subsistent et pour

appuyer celles qui le permettent.

Existe-t-il un système de mesure des progrès accomplis ?

GB - Afin de pouvoir mesurer les progrès accomplis dans la mise en

œuvre de la Déclaration de Paris, il fallait fixer le niveau atteint pour

chaque indicateur au point de départ, les valeurs de référence des

indicateurs. C’est ce qui a été accompli sur base des données de l’aide

publique au développement pour l’année 2005. Une enquête a été

adressée aux pays en développement signataires de la Déclaration de

Paris. Les résultats ont été reçus par l’OCDE, analysés, consolidés, et ont

fait l’objet d’un rapport discuté par le CAD fin 2006. Ils ont été discutés

localement avec les représentants des donateurs, amendés, approuvés et

ils viennent d’être publiés.

Pour chacun des 14 indicateurs, des objectifs ont été fixés avec leurs

valeurs de référence, établies par l’enquête sur base de l’APD reçue

par les pays en développement en 2005. En vue du Forum d’Accra

au Ghana qui aura lieu en septembre 2008, ces valeurs seront comparées

avec celles qui seront calculées sur base de l’APD reçue par

les pays en développement en 2007 et permettront d’examiner les

progrès accomplis à mi-parcours et de prendre les éventuelles mesures

correctives en vue de 2010. En 2011 aura lieu un nouvel exercice

sur base de l’APD reçue en 2010. Il permettra de voir dans quelle

mesure les objectifs auront été atteints.

Quelles sont les autres conclusions de cette enquête ?

GB - Outre les lacunes des systèmes d’enregistrement des statistiques

dans de nombreux pays en développement, des difficultés de concepts

et de définitions sont apparues. Il a donc fallu discuter le sens des

résultats.

L’enquête démontre aussi que la

Déclaration de Paris suscite une

forte attente de changements,

dont tous ne sont pas encore

concrétisés. Les pays en développement

se plaignent de la lenteur

de l’évolution des pratiques des

donateurs, notamment de divergences

entre leurs politiques officielles

et celles menées concrètement

dans les pays bénéficiaires,

du maintien d’une coopération

technique dirigée par les donateurs

et de progrès insuffisants

en matière de déliement de l’APD.

L’enquête démontre cependant

que des efforts significatifs ont été

réalisés par les donateurs pour

mettre en œuvre la Déclaration :

plans d’actions, sensibilisation des

parlements et de l’opinion publique.

60 pays en développement

© FAO

12 DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Efficacité de l’aide

La Déclaration pourrait être considérée en essence comme un contrat entre la communauté

des bailleurs et des bénéficiaires.

But du contrat = améliorer l’efficacité de l’aide

Tous les deux ans, les prestations des bailleurs et des bénéficiaires par rapport aux indicateurs

préétablis sont publiées.

participent d’une manière ou d’une autre

à la mise en œuvre de la Déclaration,

5 à 8 ayant accompli dans ce sens des

progrès importants, 10 à 15 autres montrant

de bons progrès, bien que moins

substantiels, 34 pays ayant pris part à

l’enquête.

L’enquête révèle encore que les coûts de

transaction de l’aide sont élevés pour les

pays bénéficiaires et mentionne à titre

d’exemple que plus de 10.000 missions

ont été réalisées par des donateurs dans

31 pays en développement pour la seule

année 2005, soit une moyenne de 350

missions par pays et par an ! Une meilleure

coordination peut par ailleurs accroître

certains coûts : la préparation des programmes

multi-donateurs nécessiterait ainsi 15

à 20% de ressources et de temps en plus

que celle des projets isolés. L’accroissement

du volume de l’aide et l’émergence de nouveaux

donateurs devraient encore accroître

ces coûts. Certes il s’agit aussi d’un

phénomène transitoire qui s’explique par

la modification des méthodes de coopération. Mais il est indispensable de

donner réponse à ce problème.

L’amélioration de la comptabilisation de l’APD au budget des pays bénéficiaires

devrait permettre d’accroître la transparence, mais implique une

meilleure information des autorités budgétaires des pays bénéficiaires

par les donateurs, une plus grande prévisibilité et un meilleur respect des

échéances par les donateurs, une plus grande motivation et un meilleur

équipement des autorités budgétaires des pays bénéficiaires.

D’autres obstacles limitent la capacité des donateurs à mettre en œuvre

la Déclaration de Paris. Sur le terrain, les objectifs à court terme de chaque

intervention, souvent plus tangibles, entrent en concurrence avec les

objectifs à plus long terme du développement des capacités qu’implique

la Déclaration de Paris.

© Banque Mondiale

James D. Wolfensohn, ex-Président de la Banque mondiale

était aux premières loges des négociations.

Quel est le budget de la Belgique

pour suivre la Déclaration ?

Quelles sont ses implications

dans le travail de terrain et à

l’administration ?

GB - La Belgique n’a pas besoin d’un budget

spécifique pour suivre la Déclaration de

Paris. C’est le mandat naturel de son délégué

au Comité d’Aide au Développement

(CAD) et des agents de la DGCD et

de quelques autres institutions comme le

Service Public Fédéral des Finances et la

Coopération Technique Belge (CTB) qui participent

aux réunions du groupe de Travail

du CAD sur l’Efficacité de l’Aide et de ses

sous-groupes. Par ailleurs, la mise en œuvre

de la Déclaration de Paris implique une collaboration

importante des ambassades et

en particulier des attachés de coopération

présents dans les pays partenaires de la

coopération bilatérale belge qui ont adhéré

à la Déclaration de Paris. Dans un premier

temps en effet, l’alignement et la coordination

locale impliquent un surcroît de travail.

Enfin, la Déclaration de Paris rend nécessaire un véritable changement de

comportement des donateurs pour qu’ils agissent systématiquement dans le

sens de l’amélioration de l’efficacité de l’aide. Toute l’administration est donc

impliquée, et c’est un défi tellement important que le CAD recommande la

mise en œuvre d’incitations pour encourager les fonctionnaires à travailler

dans le sens de la Déclaration de Paris et non plus en fonction de la

logique interne propre à leur administration.


L’interview dans sa version intégrale se trouve sur le site :

www.dgcd.be

La Déclaration se trouve à :

http://www.oecd.org/dataoecd/53/38/34579826.pdf

DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007

13


Rubrique : La petite dimension

La DGCD soutient Deadline 2015, un nouveau

site d’information consacré aux Objectifs du

Millénaire pour le Développement

Le monde est-il en voie d’atteindre les huit objectifs fixés par les

Nations Unies en matière de développement? Parviendrons-nous

à réduire de moitié, d’ici à 2015, le nombre d’individus vivant

dans l’extrême pauvreté? Tous les enfants du monde auront-ils

accès à l’éducation primaire? Existe-t-il un vaccin contre la malaria?

Ceux que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le

Développement préoccupe peuvent désormais compter sur le site

d’information www.deadline2015.be, conçu par l’agence IPS News

en Belgique.

Deadline 2015 rassemble une série d’articles et d’opinions en rapport

avec la lutte contre la faim et la pauvreté, l’éducation, la santé,

l’égalité des sexes ou l’environnement. Grâce à l’agence internationale

Inter Press Service (IPS) et à son réseau de 350 correspondants

installés dans plus de 150 pays, Deadline 2015 peut mettre en

avant ces thématiques, et s’appuyer sur la production de journalistes

locaux pour offrir une autre perspective sur les problématiques

du Sud. A cet égard, IPS International constitue depuis 40 ans un

complément d’information unique à l’offre des grandes agences de

presse internationales.

Pour rester informés des défis qu’il reste à réaliser d’ici à 2015,

surfez sur www.deadline2015.be et abonnez-vous à la lettre d’information

hebdomadaire.


Migration et développement, un site web

en prélude de la réunion du Forum global de juillet

191 millions de personnes vivent dans un pays différent de celui dans lequel elles sont nées. Un tiers de ces migrants viennent

de pays en développement pour trouver du travail dans le Nord, les deux autres tiers migrent du Sud vers une autre

région du Sud, ou encore du Nord vers un pays en développement, estime le Rapport du Secrétaire Général sur les migrations

et le développement. Il constate aussi qu’environ 173 milliards USD sont envoyés par les migrants dans leur pays

d’origine, ce qui constitue une source de développement supérieure aux investissements privés. Au cours de ce siècle, les

migrations vont constituer un phénomène de grande ampleur avec lequel il faudra compter.

C’est ainsi que, à l’issue du dialogue de haut niveau sur les migrations internationales qui a eu lieu à New York en 2006, le Secrétaire Général

des Nations Unies a proposé un Forum mondial sur les Migrations et le développement. Un défi que la Belgique a relevé puisqu’elle s’est proposée

d’organiser et d’accueillir les 9, 10 et 11 juillet prochains à Bruxelles la première réunion du forum. Un événement de haute importance,

première mondiale d’un processus de renforcement des liens entre les politiques de migration et de développement. Tous les Etats membres

des Nations Unies seront invités, les organisations internationales et régionales également, à titre d’observateurs. Environ 600 participants de

haut niveau politique prendront part au volet gouvernemental de cette initiative. Quant à la réunion de la société civile du 9 juillet, coordonnée

par la Fondation Roi Baudouin, elle rassemblera plus de 200 de ses représentants (ONG, diaspora, secteurs académiques et privés).Un rapport

de cette réunion sera discuté le lendemain par les gouvernements.

La première réunion du Forum abordera les deux aspects prioritaires suivants : la migration et le développement socio-économique, et le

renforcement des liens entre les politiques de migration et de développement. Différents groupes discuteront en tables rondes de la mobilité

du travail, de l’impact des transferts de fonds sur le développement, des mécanismes permettant de renforcer la cohérence politique et institutionnelle

dans ces domaines, et de l’établissement de partenariats. D’ores et déjà, une équipe travaille d’arrache-pied sous la direction de

Mme Régine De Clerq à la préparation de cette conférence. Fin avril, celle-ci a mis en ligne un site qui vous permettra d’obtenir toutes les

informations pratiques et de fond : http://www.gfmd-fmmd.org/


14 DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007


Rubrique : La petite dimension

Louvain Développement fête ses 25 ans

Pour l’association, le développement est

bien ce processus de transformation

sociale permanent et dynamique qui

donne aux plus défavorisés la possibilité

de construire une société plus juste

où chacun peut réaliser son potentiel

humain.

Dans les pays d’intervention, une immense

majorité de la population vit encore

dans des conditions inhumaines : peu ont

accès à l’éducation, l’hygiène, la santé,

l’alimentation de base. Les opportunités

d’emplois stables sont fragilisées par le

commerce international inéquitable. Les

préjugés culturels réciproques handicapent

l’épanouissement humain, les modes

de gouvernance entravent la liberté d’agir

et, trop souvent, l’insécurité et la violence

engendrent un mode de vie des plus précaires.

Et pourtant, comme on peut le

voir dans tout contact avec elles, les

populations de ces pays font preuve d’un

potentiel et d’un dynamisme qui forcent

l’admiration dans de telles conditions.

© louvaindev.

Louvain Développement fête cette année son 25 ème anniversaire.

Vingt cinq ans de militantisme, de lutte, de défis, de difficultés

mais aussi de nombreuses réussites sur le terrain.

Louvain Développement intervient dans 3

secteurs :

• Au Sud, Louvain Développement intervient dans les secteurs de la

sécurité alimentaire, des soins de santé primaires et des systèmes

mutualistes.

• Au Nord, Louvain Développement sensibilise, informe et mobilise

la communauté universitaire pour que la solidarité devienne une

réalité au Nord comme au Sud.

• De manière transversale, Louvain Développement travaille au renforcement

des capacités des populations à revendiquer leurs droits

politiques, économiques et sociaux. Une attention particulière est

portée au rôle des femmes dans la vie économique et sociale.

L’équipe :

• Une équipe permanente de 13 professionnels : des agronomes,

médecins, infographistes, secrétaires de direction, ainsi qu’un

ingénieur de gestion, un journaliste, une historienne, aidés par de

nombreux bénévoles et stagiaires.

• Trois coordinations basées sur le terrain, au Congo, au Bénin et

en Bolivie. Deux bureaux, au Cambodge et au Maroc. •

Pour plus d’infos sur Louvain Développement :

www.louvaindev.org

Départ de Myriam De Winter

Après plus de 30 ans de bons et loyaux services à la coopération belge, Myriam De Winter s’en va profiter de sa pension. Arrivée en

1976 à l’AGCD, année durant laquelle elle a conçu le premier numéro de Dimension 3, elle a assuré avec zèle les années qui suivirent la

rédaction en chef du magazine. Une équipe qui l’assistait déjà prend la relève. Ils rendent hommage à la longue expérience de leur ainée

qui les guidera pour les années à venir.


DIMENSION 3 • LE JOURNAL DE LA COOPÉRATION BELGE • 3/2007

15


© Béatrice Petit

Á

En juin 2006, la Belgique et l’Equateur signaient un nouveau programme de

coopération pour la période 2007-2010. Le service communication du SPF

Affaires étrangères vient de publier le dépliant «La coopération belge

au développement en Equateur» dans lequel vous pourrez en lire

davantage sur ce programme. Le dépliant est disponible en néerlandais,

français et espagnol.

La coopération belge

au développement

en Equateur

Service Public Fédéral Affaires étrangères,

Commerce extérieur et Coopération au Développement

DGCD - Direction Générale de la Coopération au Développement

La note politique “La contribution belge à la lutte

internationale contre le VIH/SIDA” qui fut approuvée en

mars 2006 par le Conseil des Ministres, est depuis peu également

disponible en format brochure en néerlandais, français et espagnol.

Ë

Ces deux publications peuvent être obtenues gratuitement auprès de jeroen.francois@diplobel.fed.be

Vous pouvez aussi en télécharger les versions pdf depuis le site www.dgcd.be

CHANGEMENT D’ADRESSE / DEMANDE

D’ABONNEMENT GRATUIT

L E J O U R N A L D E L A

C O O P É R A T I O N B E L G E

Périodique bimestriel de la Direction générale

de la Coopération au Développement (DGCD)

Retourner le cadre dûment complété à :

DGCD - Direction Programmes de Sensibilisation

Dimension 3

Rue des Petits Carmes, 15

1000 Bruxelles (Belgique)

Rédaction:

DGCD - Direction Programmes de

Sensibilisation

Rue des Petits Carmes 15

B-1000 Bruxelles

Tél.: 02/501 48 81 - Fax: 02/501 45 44

E-mail: info.DGCD@diplobel.fed.be

www.diplomatie.be

www.dgcd.be

Secrétariat de rédaction:

Elise Pirsoul

Jean-Michel Corhay

Graphisme et production:

www.inextremis.be

Les articles publiés ne représentent pas

nécessairement le point de vue officiel de

la DGCD ou du gouvernement belge.

La reproduction des articles est autorisée

pour autant que la source soit

mentionnée et qu’une copie de la

publication soit envoyée à la rédaction.

Dimension 3 paraît 5 X par an

Abonnement:

gratuit en Belgique et à l’étranger

Imprimé sur papier blanchi

sans chlore

® NOUVELLE ADRESSE ® DEMANDE D’ABONNEMENT

nom, prénom: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

éventuellement institution: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

rue et : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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