DGD Rapport annuel 2010 - Belgium

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DGD Rapport annuel 2010 - Belgium

Rapport Annuel

2010

© J.M. Corhay


Remerciements

Ce rapport annuel a été réalisé en collaboration avec:

Maria Aerts, Alain Baetens, Marc Buys, Jean-Michel Corhay, Marc Deneer, Marc Denys, Lutgarde De Greef, Sophie De Groote,

Lieven De La Marche, Erik De Maeyer, Jan De Mets, Erwin De Wandel, Florence Duvieusart, Damien Fontaine, Anne Franklin,

Andrée François, Jeroen François, Corentin Genin, Catherine Gigante, Thomas Hiergens, Jacqueline Lienard, Maarten Lievens,

Jan Luykx, David Maenaut, Dirk Molderez, Francis Monet, Eddy Nierynck, Guido Raedschelders, Elise Pirsoul, Katja Remane, Luc Risch,

Ignace Ronse, Xavier Rouha, Melanie Schellens, Alain Schmitz, Chris Simoens, Cecilia Torrico Ballivián, Geert Vansintjan, Peter Van Acker,

Antoon Van Broeckhoven, Annemarie Van der Avort, Marion Van Offelen, Reinout Van Vaerenbergh, Martine Warck


Table des matières

Avant propos 6

Introduction 9

Première partie : La Coopération belge au développement en 2010 11

1. Les Objectifs du Millénaire : progrès et écueils 11

Inégalités croissantes 11

Rendez-vous in New York 13

2. La Belgique préside l’Union européenne 14

Rencontres et Conseils 14

Les Journées européennes du Développement 2010 14

3. Réformer, évaluer, apprendre… pour une aide plus efficace 16

Peer Review de l’OCDE 16

Réforme de l’aide humanitaire 16

La connaissance et la politique en matière de développement s’associent 18

La Belgique en tant que sector lead donor 19

La gestion axée sur les résultats : de la théorie à la pratique 20

Efficacité de l’aide 21

Deuxième partie : La contribution belge aux Objectifs du Millénaire 23

Objectif du Millénaire 1 : l’extrême pauvreté et la faim 25

Etat des lieux mondial 25

La contribution belge 26

Bolivie. ProCAPAS, davantage de travail et de revenus pour les agriculteurs 27

Bolivie. Inca Pallay, « chaque tissu raconte une histoire différente » 28

Mozambique. Une approche intégrée en matière de sécurité alimentaire 29

Mali. L’élevage et les crédits réduisent la pauvreté 30

Ouganda. La paix apporte la prospérité 31

Ouganda. L’ONG belge Trias aide les paysans à acquérir plus d’indépendance 32

La nouvelle note stratégique : accent sur l’agriculture familiale et une meilleure efficacité 33

3


Objectif du Millénaire 2 : éducation 35

Etat des lieux mondial 35

La contribution belge 36

Bolivie. Formation pratique des jeunes vulnérables 37

Ouganda. Aide budgétaire apportée au ministère de l’Education 38

Education For All : la Fast Track Initiative 39

Outils utiles pour le service environnemental. Interview de Zo Elia Mevanarivo, titulaire d’une bourse du CIUF 40

Objectif du Millénaire 3 : genre 43

Etat des lieux mondial 43

La contribution belge 44

Mali. Les femmes émettent les meilleures propositions pour leur communauté 45

Mali. « Nous vendons plus de blé et de meilleure qualité à Tombouctou ». A la rencontre d’Habibatou Haïdara 46

RD du Congo. La Clinique de la fistule extirpe les femmes de la marginalité 47

Une résolution pour les femmes, la paix et la sécurité. Les femmes sont les forces de maintien de la paix 48

La création d’ONU Femmes. L’égalité des sexes dans le giron des Nations Unies 49

Objectifs du Millénaire 4, 5 et 6 : santé : mortalité infantile, mortalité maternelle et maladies mortelles 51

Etat des lieux mondial 51

La contribution de la Belgique 52

Mozambique. Cohérence au sein de la collaboration universitaire. Le « défi » mozambicain 54

Bolivie. Les investissements dans le domaine de la santé portent leurs fruits à El Alto 55

Bolivie. L’ONG Louvain Développement 56

Bolivie. Programme multisectoriel destiné à lutter contre la sous-alimentation 58

Mali. Les soins de santé dans les régions les plus isolées 59

Ouganda. A la recherche d’une nouvelle dynamique dans les soins de santé 60

Objectif du Millénaire 7 : environnement durable 63

Etat des lieux mondial 63

La contribution belge 64

Bolivie. Stimuler la gestion commune des forêts 66

Bolivie. L’eau et l’assainissement dans les régions isolées 67

Mali. Une gestion intelligente des déchets à Sikasso 68

Ouganda. Amélioration du niveau de vie dans les bidonvilles de Kampala 69

RD du Congo. Une collaboration scientifique plus intense 70

KLIMOS : la connaissance et la politique de développement s’associent 71

Le succès de l’Union européenne à Nagoya. Un instant historique pour notre biodiversité 73

L’année de la biodiversité et zoom sur la RD du Congo 74


Objectif du Millénaire 8 : partenariat mondial 77

Etat des lieux mondial 78

L’Aide publique au développement belge (APD). Le trajet d’évolution garde le cap 79

Cohérence de la politique. Le développement, plus que la coopération au développement à elle seule 80

Innovation en matière de financement du développement. Réduction du fossé dans le domaine du financement 81

Bonne gestion et renforcement institutionnel. Contre la corruption pour une communauté forte 82

Pays précaires. Mieux définir l’aide 83

La Belgique et le MOPAN. Analyse de l’efficacité au sein des institutions internationales 84

Cohérence nécessaire. Défense, diplomatie et coopération au développement 85

Mozambique. Meilleure perception des impôts 86

Mozambique. Harmonisation de la coopération au développement belge et flamande 87

Mali. La Belgique soutient le processus de décentralisation 88

« La population locale a le droit d’être consultée ». Interview d’Arnaud Chaltin, volontaire des Nations unies en Bolivie 89

Contribution via les institutions financières internationales 91

Introduction 91

La stimulation de la croissance contribue à atteindre les Objectifs du Millénaire. Approche de la Banque mondiale 91

-Interview de Gino Alzetta, administrateur à la Banque mondiale 96

Une relation particulière. Le Fonds monétaire international et les Objectifs du Millénaire 97

- Interview de Willy Kiekens, FMI 98

Troisième partie : Sensibilisation en Belgique 99

Annexes 102

Aide publique au développement belge (APD) 2007-2010 103

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement 105

Organigramme de la DGD 106

5


Avant-propos

Ces dernières années, la Coopération belge a connu des évolutions radicales. La mise en œuvre de plusieurs

réformes a mené à une meilleure efficacité de notre aide pour tous nos vecteurs de coopération

et a nettement augmenté l’impact de nos efforts de solidarité internationale.

La coopération belge bilatérale s’est inscrite dans le code de conduite européen en matière d’efficacité

de l’aide: les principes directeurs de notre coopération sont désormais la spécialisation sectorielle et

la coopération déléguée. En ce qui concerne les acteurs indirects, des processus et des structures ont

été développés afin de pouvoir faire appel, sur le terrain comme à Bruxelles, à leur spécificité et leur

complémentarité et d’éviter une dispersion des efforts.

Au niveau de la coopération multilatérale, la politique actuelle de concentration sera poursuivie. Depuis

2009 des contributions affectées à des projets spécifiques sont systématiquement converties en contributions

aux moyens généraux de fonctionnement des organisations multilatérales partenaires: ceci

accroît l’influence de notre pays dans les organes de concertation avec les institutions partenaires et

permet à ces organisations de travailler de manière plus autonome et de réduire les frais de transaction.

De même, en 2010, l’aide humanitaire belge a vu se mettre en place d’importantes réformes qui

doivent mener à un cadre stratégique et réglementaire global et permettre une gestion optimale des

différents financements.

En plus d’une amélioration de la qualité de notre aide, le volume de la Coopération belge au développement

est passé de 0,48 % en 2008 à 0,64 % du PIB en 2010, en vue de l’objectif de croissance, inscrit

dans la loi de 2002, pour les dépenses de la coopération au développement jusqu’à concurrence de 0,7 %

du PIB. Même si l’objectif de 0,7 % n’a pas encore été atteint, ce résultat est le meilleur que notre

coopération ait obtenu depuis l’instauration de cet objectif.

Je me réjouis dès lors que le panel de l’OCDE, qui fin 2009 a audité notre coopération au développement,

ait félicité notre pays des efforts réalisés. L’OCDE estime que la Coopération belge au développement

est, et ce dans plusieurs domaines, un exemple à suivre pour les autres donateurs. L’OCDE attire

en particulier l’attention sur l’augmentation des moyens, les réformes et l’engagement déterminé en

faveur des pays les moins développés et des Etats fragiles.

La Coopération belge au développement a résolument choisi de jouer la carte de l’Afrique dans le cadre

de la lutte contre la pauvreté. Il semble que ces efforts commencent à porter leurs fruits: depuis 2005,

la pauvreté en Afrique a diminué de 1 % par an. En outre, l’impact de la crise financière et économique

est resté relativement limité dans plusieurs pays africains, grâce à une gestion publique fortement

améliorée qui a mené à d’excellentes variables macro-économiques et une résistance suffisante aux

chocs externes. Les investissements directs extérieurs dans nos pays partenaires en Afrique subsaharienne

ont quintuplé, de 6 à 30 milliards USD, dans les dix dernières années : la poursuite du soutien de

mesures dont bénéficie le climat d’investissement doit permettre au secteur privé de devenir le moteur

du développement durable en Afrique.

6 DGD Rapport annuel 2010


En ce qui concerne les Objectifs du Millénaire (OMD), le sommet des Nations Unies en septembre 2010

à New York a démontré un progrès considérable en matière d’éducation et de lutte contre la pauvreté

et la faim. On observe par contre peu de progrès pour les OMD relatifs à la santé. Les résultats globaux

masquent également la diversité qui existe entre les pays: plusieurs pays africains n’atteindront pas

les OMD en 2015.

Il est de notre devoir de rester disponible en tant que donateur et de soutenir les plus pauvres. Notre

pays jouera un rôle actif lors de la quatrième conférence internationale sur les pays les moins développés,

qui a lieu à Istanbul en mai 2011, et appuie un agenda international orienté vers les besoins et les

défis spécifiques à ce groupe de pays.

De plus, lors du sommet sur les Objectifs du Millénaire et durant sa présidence du Conseil de l’Union

européenne en 2010, la Belgique a œuvré pour une attention accrue pour les mécanismes de financement

innovants en faveur du développement et, plus particulièrement, pour une taxe sur les transactions

de change. Etant donné que la croissance économique mondiale ne se traduit pas suffisamment

par des moyens financiers permettant de relever les défis de la globalisation, nous sommes confrontés

à un dilemme de solidarité. Si la communauté internationale n’y apporte pas de réponse, nous risquons

d’être confrontés à une instabilité économique et politique qui mettra en péril le développement dans

le monde.

En même temps, le monde sera confronté à d’énormes défis suite au changement climatique, qui

frapperont d’ abord les populations les plus vulnérables dans les pays les plus pauvres. A Cancún, en

décembre 2010, la délégation de la coopération belge a contribué aux résultats positifs du sommet climatique.

Au cours de 2011, les préparations pour le sommet Rio+20 de 2012, qui tournera autour de la

création d’un cadre institutionnel pour le développement durable, débuteront et la Belgique continuera

à y jouer un rôle important.

Enfin, le dernier rendez-vous important cette année sera le forum sur l’efficacité de l’aide à Busan,

en Corée du Sud. La communauté de donateurs se penchera sur la question de la conversion des

principes de l’efficacité de l’aide de la Déclaration de Paris en résultats de développement concrets.

Ceci me permet d’attirer l’attention, pour conclure, sur la responsabilité partagée de la communauté

des donateurs, d’une part, et des pays partenaires d’autre part, dans la réalisation des objectifs de

développement. Une étude de la Banque mondiale a démontré que des pays avec des institutions

défaillantes, se trouvent généralement dans le groupe des pays qui sont le plus éloignés des OMD. La

bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions publiques dans les

pays partenaires seront donc également en 2011 des priorités politiques qui pourront compter sur le

soutien de la Coopération belge au développement.

Olivier Chastel

Ministre de la Coopération au développement

7


Les 18 pays partenaires de la coopération

gouvernementale belge

Afrique du Nord :

1. Maroc

2. Algérie

Moyen-Orient :

14. Territoires palestiniens

Amérique

latine :

15. Equateur

16. Pérou

17. Bolivie

15

16

17

Afrique de

l’Ouest :

3. Mali

4. Niger

5. Sénégal

6. Bénin

5

1

2

3

6

4

Afrique centrale :

7. République

Démocratique

du Congo

8. Rwanda

9. Burundi

7 8

9

13

14

10

11

12

Afrique de l’Est :

10. Ouganda

11. Tanzanie

12. Mozambique

18

Asie

18. Vietnam

13. Afrique du Sud


Introduction

Ce rapport annuel entend démontrer que l’aide belge au développement peut contribuer aux résultats

obtenus dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il en combine deux autres : le rapport annuel de

la DGD et le rapport annuel au Parlement sur la contribution belge à la réalisation des Objectifs du Millénaire

pour le développement. Le rapport a pour vocation première de présenter des résultats. Il vise

à rendre compte de la façon dont les projets de développement peuvent exercer un impact positif sur

la vie et le bien-être des personnes. Toutefois, son objectif est également de montrer la complexité de

l’aide au développement et de ses domaines, qui empêche parfois des projets rigoureusement planifiés

d’atteindre le résultat escompté.

La première partie du rapport expose les gros dossiers, les tendances prédominantes et les grands

changements qui ont déterminé le cadre dans lequel se sont déroulées les activités principales de la

Coopération belge au développement belge au développement en 2010. Quelle a été la contribution

spécifique de la Belgique au sommet des Objectifs du Millénaire pour le développement à New York ?

Quels points la Belgique a-t-elle placés à l’agenda international dans le cadre de sa présidence de

l’UE ? Comment la collaboration belge au développement tire-t-elle des leçons des évaluations et des

plateformes de connaissance ? Que cherche-t-elle à obtenir par le biais des réorganisations internes ?

Comment met-elle à profit son expertise spécifique ?

La deuxième partie porte plus spécifiquement sur les huit Objectifs du Millénaire pour le développement.

Après avoir dressé un bref portrait de la situation mondiale, le rapport décrit les efforts belges

consentis pour chaque Objectif. Il n’est pas réaliste de prouver et de calculer noir sur blanc dans quelle

mesure la Belgique a contribué à l’accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Par conséquent, ce rapport souhaite montrer la participation belge via une approche non exhaustive,

prise à titre d’exemple. Celle-ci offre un aperçu réel du fonctionnement et des résultats de la Coopération

belge au développement.

Différents cas de pays partenaires illustrent cette approche. Les projets, programmes et interviews

proposés ont surtout pour but de donner la parole aux personnes de terrain, celles-là mêmes qui ressentent

l’impact de l’aide au développement ou mettent concrètement en pratique la collaboration au

développement. Les actions se déroulent surtout en Bolivie, au Mali, en Ouganda et au Mozambique,

quatre des dix-huit pays partenaires de la Belgique, avec l’attention nécessaire pour les diverses

formes et différents canaux d’aide. Un chapitre distinct se consacre plus particulièrement à la contribution

que la Belgique fournit par l’intermédiaire des institutions financières internationales.

Enfin, la troisième partie dresse un aperçu d’un certain nombre d’activités afin de sensibiliser le public

belge à la collaboration au développement. En effet, l’apport de la population de notre pays contribue

également, dans une moindre mesure, au partenariat mondial pour le développement, le but ultime des

Objectifs du Millénaire pour le développement.

9


Les Objectifs du Millénaire

pour le Développement

Que sont les Objectifs du Millénaire ?

Dans la Déclaration du Millénaire de l’an 2000, la communauté internationale a décrit 8 Objectifs du Millénaire pour le développement,

ou, dans leur forme abrégée Objectifs du Millénaire ou OMD. Cette déclaration impose, d’ici 2015, un ambitieux plan d’amélioration

des conditions de vie dans les pays en développement. Au vu du cap précis imposé par les OMD et l’engagement international qu’ils

représentent, la Belgique a rapidement adopté les Objectifs du Millénaire en tant que cadre de référence central.

Réduire l’extrême

pauvreté et

la faim

Assurer l’éducation

primaire

pour tous

Promouvoir l’égalité

des sexes et

l’autonomisation

des femmes

Réduire la

mortalité infantile

Améliorer la santé

maternelle

Combattre le

VIH/SIDA, le paludisme

et d’autres

maladies

Assurer un

environnement

durable

Mettre en place

un partenariat

mondial pour le

développement


Première partie

La Coopération belge au

développement en 2010

1. Les Objectifs du Millénaire : progrès et écueils

En 2010, il ne restait plus que 5 ans pour atteindre les Objectifs du Millénaire, l’occasion donc pour la communauté internationale

de faire le point sur la décennie qui venait de s’écouler afin d’établir un inventaire des progrès réalisés dans le domaine des OMD.

Nous savons désormais que le monde a progressé en la matière, mais également que des efforts plus importants devront être

consentis en ce qui concerne certains objectifs. Cette évaluation intermédiaire fut par conséquent le moment idéal pour déterminer

les moyens nécessaires qui permettront à la communauté internationale de concrétiser l’ensemble des objectifs et la manière

d’accélérer leur réalisation.

Tous les protagonistes s’accordent sur le fait que le bien-être de la population mondiale s’est considérablement amélioré au cours

des dix dernières années. Des millions d’êtres humains sortent du gouffre de la pauvreté et ont désormais accès à l’éducation et

aux soins de santé, sans oublier l’obtention d’un droit de parole politique. Les progrès économiques sont les plus frappants en

Asie, où d’importants résultats en matière de croissance sont très clairement à l’origine de meilleures conditions de vie. Les pays

du Sud ont également traversé la crise économique sans trop de difficultés. Les nations africaines enregistrent à nouveau une

croissance dont les occidentaux ne peuvent que rêver.

Néanmoins, ces progrès ne concernent pas toutes les régions et populations. En outre, rien ne nous permet d’affirmer qu’ils sont

définitifs. Les phénomènes d’envergure planétaire tels que la mondialisation et le changement climatique exigent une approche

différenciée et des solutions innovantes de la part des différents gouvernements.

En ce qui concerne certains Objectifs du Millénaire, les progrès enregistrés ne sont à l’évidence pas encore suffisants. La Belgique

estime que cette situation est préoccupante. Lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies à New York organisé en septembre

2010, notre pays a largement plaidé en faveur d’un profond engagement politique en matière de lutte contre la pauvreté et de

développement humain (voir p. 13). En dépit d’une déclaration finale plus vague que prévu, la Belgique ne cessera de fournir des

efforts au cours des prochaines années afin d’atteindre tous les Objectifs du Millénaire.

Inégalités croissantes

Ces 10 premières années consacrées aux Objectifs du Millénaire nous permettent de tirer quelques leçons, dont l’une des plus importantes

est le fait que les progrès aient été accompagnés d’une croissance des inégalités, tant au niveau international qu’au sein de nombreux pays.

Par rapport au début du millénaire, les opportunités en matière d’éducation, de soins de santé et de travail digne sont réparties de manière

moins égale. Par ailleurs, ce sont généralement les mêmes groupes qui pâtissent de la situation : les femmes, les minorités ethniques et

les populations rurales. Par conséquent, nous devons continuer de concentrer notre aide dans le domaine de l’égalité des chances et du

développement durable.

Une approche unique ne sera à cet égard pas efficace. Plus que jamais, la coopération au développement devra tenir compte du contexte

spécifique de chaque pays, région et population. La moindre problématique en matière de développement requiert une approche particulière

et des moyens individuels. Nous devons diversifier davantage les solutions que nous proposons.

11


Responsabilité collective

La Déclaration du Millénaire de l’an 2000 estime que la thématique des égalités, de la dignité et de la justice

est une « responsabilité collective » partagée par l’ensemble des pays et communautés. Ce principe

est fondamental. Par ailleurs, il ne faut cesser de souligner la responsabilité des pays en développement.

Sans une politique efficace des pouvoirs publics, les moyens mis en œuvre ne peuvent produire tous

leurs effets. Les autorités locales doivent exploiter efficacement les moyens d’aide nationaux. Mais il est

pour ce faire nécessaire de mettre en place un système de gestion convenable et de lutter contre toute

forme de guerre, d’insécurité et de corruption. La Belgique apporte son soutien à ses pays partenaires

afin de concrétiser une telle politique.

Mais les pays donateurs ont, eux aussi, leur part de responsabilité. Seul un climat international favorable

en matière, notamment, de commerce, de transfert de technologie et de migration confèrera un

caractère durable aux progrès des pays du Sud. Il incombe dès lors à la communauté des donateurs d’y

veiller et de créer les conditions nécessaires. Le huitième Objectif du Millénaire fait par ailleurs clairement

référence à ce principe.

La Belgique soutient également cet objectif, raison pour laquelle notre pays poursuit ses efforts afin

d’allouer un budget de 0,7 % du RNB en matière de développement. Mais pour la Belgique, la coopération

au développement ne se limite pas à ces 0,7 %. C’est pour cette raison qu’elle plaide en faveur d’une

taxation des transactions financières internationales, une méthode insuffisamment explorée de nos

jours mais qui pourrait être à l’origine de budgets considérables consacrés au développement.

Des résultats durables sont indissociables d’une cohérence politique (voir p. 80). La politique menée,

notamment dans les domaines de l’agriculture, du commerce, de la migration et de l’énergie entraîne un

impact considérable sur le développement des pays du Sud. Une politique cohérente doit donc permettre

d’éviter que les efforts en matière de coopération au développement ne restent vains.

Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, le défi du

développement des Pays les Moins Avancés n’est pas

seulement une obligation morale. Il est étroitement lié aux

questions de paix, sécurité et stabilité internationales.

Madhav Kumar Nepal, Premier Ministre du Népal .

Journées européennes du développement, Bruxelles, 6-7 décembre 2010

Déclaration de Paris

L’application des principes de la Déclaration de Paris sur l’Efficacité de l’Aide représente une contribution

essentielle à une aide plus efficace (voir p. 21). A cet égard, les pays en développement doivent prendre

leur destin en mains, afin de permettre le renforcement de la propriété et des résultats durables.

Une gestion axée sur les résultats (GAR – voir p. 20) compte parmi les principes essentiels, ce qui

signifie que les interventions concrètes s’inscrivent dans un cadre plus large. Les réalisations à court

terme (outputs) ne sont pas suffisantes : prenons par exemple la construction d’un pont. Il convient de

se poser une question plus générale : pourquoi ce pont a-t-il été construit ? Il s’agit d’un exercice de

réflexion caractérisé par des termes : par ex. à moyen et à court terme (outcome) afin de permettre à la

population locale de trouver du travail dans la ville, sur l’autre rive. A long terme (impact), pour que les

habitants bénéficient de revenus plus élevés afin d’acheter une nourriture de meilleure qualité pour leur

famille ou pour que leurs enfants puissent aller à l’école. Une perspective à long terme est fondamentale.

La contribution belge

La Belgique est-elle capable d’apporter une contribution substantielle dans le domaine des Objectifs

du Millénaire ? Nous comptons parmi les petits pays donateurs. De plus, la concrétisation des OMD

dépend d’autres facteurs tels qu’une gestion correcte, des institutions efficaces et démocratiques, une

répartition des richesses, des investissements privés, etc. La communauté internationale et les pays en

développement jouent à cet égard un rôle crucial.

12 DGD Rapport annuel 2010


On peut donc supposer une contribution belge dans le domain e des OMD, en collaboration avec le pays

partenaire et d’autres donateurs, sans oublier une multitude d’autres facteurs.

Rendez-vous à New York

En matière de développement, 2010 restera avant tout considérée comme l’année d’évaluation des Objectifs

du Millénaire. La communauté internationale s’est réunie en septembre à New York, a dressé un

inventaire des résultats intermédiaires et s’est penchée sur le chemin qu’il reste à parcourir.

En préambule à ce sommet des Nations Unies, des centaines de rapports ont été établis, des débats ont

été menés et des notes de politique ont été rédigées. Les pays ont désormais une idée beaucoup plus

précise de « ce qui fonctionne ou pas ». Ce sommet a ainsi permis de mettre en place une approche

destinée à atteindre plus efficacement les OMD.

Cependant, l’assemblée des Nations Unies ne s’est pas clôturée sur un texte final marquant. Les points

de vue des pays du Nord et du Sud restent profondément divergents en matière, notamment, de droits

de l’homme, d’égalité entre les sexes, d’aide au développement supplémentaire. Le document final reste

dès lors relativement vague. La Belgique a pourtant consenti de nombreux efforts afin de permettre la

rédaction d’une brève déclaration prévoyant un engagement politique profond.

© Rick Bajornas

Des avancées positives

Le sommet doit-il dès lors être considéré comme un échec ? La Coopération belge au développement

n’est pas de cet avis. Nous avons recensé 6 résultats positifs :

- Les 192 Etats membres se sont tous rendus à New York afin de témoigner leur soutien aux Objectifs

du Millénaire, ce qui prouve que la lutte contre la pauvreté compte parmi les préoccupations internationales

essentielles en matière de développement. Le sommet est à cet égard historique car tel était

loin d’être le cas il y a 10 ou 20 ans.

- L’ambiance de travail à New York était extrêmement constructive, très éloignée des tensions qui

règnent parfois dans d’autres assemblées. Au lieu de répéter que les pays donateurs ne respectent

pas leurs engagements en matière d’aide, les pays en développement ont exposé leurs propres efforts.

Tous les pays semblent désormais reconnaître que la concrétisation des Objectifs du Millénaire est une

responsabilité collective.

- L’égalité des sexes fut l’un des thèmes récurrents du sommet. Le document final « Keeping the Promise :

united to achieve the MDGs » revient à diverses reprises sur les inégalités entre les sexes et sur les femmes

en tant que facteur essentiel de développement.

- Le sommet s’est longuement attardé sur les méthodes efficaces sur le terrain et celles qui le sont

moins. Le débat a révélé que les progrès sont optimaux lorsque les pays traduisent les Objectifs du

Millénaire en stratégies adaptées à leur situation spécifique.

13


- Pour de nombreux pays du Sud, le lien entre la paix, la sécurité, le respect des droits de l’homme et le

développement n’apparaît plus comme tabou. Le document final fait clairement la part belle aux droits

de l’homme en tant que facteur essentiel permettant d’atteindre les Objectifs du Millénaire.

- Grâce au soutien actif de notre pays, les participants se sont largement penchés sur les nouveaux

mécanismes de financement. Un groupe d’experts a pu démontrer au monde entier qu’une taxation

des transactions financières internationales est parfaitement réalisable sur le plan technique.

2. La Belgique préside l’Union européenne

La présidence belge de l’Union européenne était placée sous le signe d’une transition rapide

vers la structure institutionnelle de « l’après Lisbonne ». Le Traité de Lisbonne prévoit que le

haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, préside le Conseil

des Affaires étrangères et fixe son agenda, et non plus la présidence tournante de l’Union. Les

compétences ont été redéfinies et les nouveaux rapports testés au cours de l’année 2010.

Rencontres et Conseils

La Coopération belge au développement a organisé fin octobre le premier Conseil informel des Ministres

de la Coopération au développement depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Ce conseil a été

placé sous la présidence du haut représentant, montrant ainsi clairement que la coopération au développement

constitue l’un des fondements de la politique européenne. La Belgique a donné la priorité

à deux dossiers : l’aide budgétaire globale et les sources de financement innovantes. En novembre, le

Conseil formel des Ministres de la Coopération au développement s’est penché sur le Livre vert de la

Commission européenne, énonçant les principes relatifs à la future politique européenne en matière de

développement.

Rencontres internationales

La Belgique a participé à plusieurs rencontres internationales majeures. Le Sommet des Nations Unies

sur les Objectifs du Millénaire a été organisé en septembre à New York. Le Sommet mondial sur la

Biodiversité, qui a passé en revue la Convention sur la Biodiversité, s’est pour sa part tenu en octobre à

Nagoya (Japon). Notre pays, en collaboration avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, y

a joué un rôle essentiel. Lors du Sommet sur le climat organisé en décembre à Cancun, la délégation de

la Coopération belge au développement a permis aux négociations de se clôturer sur une note positive.

Les Journées européennes du Développement 2010

Les Journées européennes du Développement sont organisées chaque année à l’initiative de la Commission

européenne. Depuis leur création en 2006, ces journées sont devenues la rencontre phare annuelle

des professionnels du domaine. En 2010, la Belgique a participé à leur organisation. Nos services ont

donc travaillé en étroite collaboration avec les institutions européennes.

Les Journées européennes du Développement sont un forum d’échange unique sur les questions et les

enjeux de la coopération au développement. Pas moins de 5000 personnes issues des quatre coins de la

planète ont participé aux débats et ont ainsi pu élargir leurs connaissances à propos des sujets brûlants

de la coopération internationale.

A Bruxelles

Les Journées européennes du Développement se sont déroulées à Bruxelles les 6 et 7 décembre. Les

débats se sont articulés autour des thèmes suivants : le Livre vert sur la politique de développement de la

Commission européenne, l’Agenda de l’efficacité de l’aide et les réformes institutionnelles liées à l’entrée

en vigueur du Traité de Lisbonne.

14 DGD Rapport annuel 2010


La Belgique a organisé deux panels politiques de haut niveau :

1. Le panel Post-Lisbonne qui portait sur les réformes de l’aide européenne liées à l’entrée en vigueur

du Traité de Lisbonne;

2. Le panel PMA qui traitait de la nécessité de continuer à accorder une attention particulière aux Pays

les moins avancés (PMA), et notamment à l’Afrique.

Nous avons également organisé deux séminaires techniques portant sur des thèmes chers à la Belgique :

l’efficacité de l’aide et la Domestic Accountability (responsabilisation nationale) ainsi que le travail des enfants

dans le secteur du cacao.

Pour le grand public

À travers le Programme public, les Journées européennes du Développement s’adressaient également

aux citoyens en leur proposant une dizaine d’événements socioculturels, pour la plupart gratuits, en

rapport avec la solidarité internationale. Défilé de mode, concerts, films, ateliers, expositions, spectacles

de danse et concours ont ainsi été organisés à divers endroits de Bruxelles et de sa périphérie. Ce programme

a été organisé et financé par la Coopération belge au développement.

Grâce à son « format ouvert », le forum permettait à tous de participer : ONG, chefs d’entreprise, universités,

responsables politiques, membres du parlement, institutions internationales, autorités locales,

représentants des médias, jeunes, etc. Les groupes de discussion étaient équilibrés, tant sur le plan de

la représentation hommes-femmes que sur celui de l’origine géographique.

© DGD / Dimitri Ardelean

Quelques chiffres sur les Journées européennes

du Développement

5.000 participants issus de 125 pays

2 jours d’échange de points de vue et de débats

250 orateurs

15 panels de haut niveau et 35 séminaires

110 stands au cœur du « Village du développement », le salon des experts

10 jours d’événements socioculturels à Bruxelles

15


3. Réformer, évaluer, apprendre…

pour une aide plus efficace

Au cours des dix dernières années, la Belgique a consenti des efforts considérables afin d’améliorer

la qualité de l’aide au développement. Les besoins des pays en développement occupent

à cet égard une place prépondérante. Ce constat ressort notamment des trois plateformes de

recherche qui soutiennent nos services en matière de connaissances et de préparation des politiques.

En 2010, la gestion axée sur les résultats (GAR) a de plus en plus fait office de fil conducteur.

En outre, l’OCDE a évalué la Coopération belge au développement et nous constatons une

combativité renforcée au niveau des actions humanitaires. La Belgique a joué le rôle dans 13

pays partenaires sur 18 de « sector lead donor » pour la communauté de donateurs.

Peer Review de l’OCDE

Tous les 4 ans, le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE procède à une évaluation de la coopération

au développement de tous les Etats membres. Son rapport formule alors des recommandations

destinées à améliorer le fonctionnement de la politique en matière d’aide au développement. En 2010,

cet examen a eu lieu sous la houlette du Canada et de la Suisse. Le Peer Review a duré 9 mois et, outre

un programme intensif à Bruxelles, comprenait une visite au Burundi.

Le CAD se réjouit de la volonté belge d’allouer un budget de 0,7 % de son RNB à l’aide au développement

et de son souhait d’améliorer son niveau de qualité, surtout en pleine crise économique mondiale. Les

réformes récentes menées par la Belgique peuvent compter sur un soutien inconditionnel au sein des

cercles politiques et de la société civile. L’aide au développement bénéficie ainsi désormais en premier

lieu à nos pays partenaires les plus pauvres. La modernisation de la coopération a débuté il y a deux ans.

Elle prévoit un soutien stratégique multilatéral renforcé, des programmes mieux adaptés aux priorités

des pays partenaires, de nouveaux accords afin d’être en mesure de renforcer les liens avec les acteurs

non gouvernementaux et de mettre en place des méthodes plus efficaces afin d’apporter de l’aide sur

le terrain.

Recommandation

L’enquête est largement consacrée à l’intervention belge dans les Etats les plus vulnérables. Elle propose

la mise en place en Belgique d’une approche interministérielle, visant ainsi une cohérence renforcée

entre les divers domaines politiques (commerce, migration, climat…) qui exercent une influence sur le

développement des pays vulnérables. Le CAD salue le fait que le budget de l’aide humanitaire belge ait

augmenté de 71 % depuis 2004. Lorsque la Belgique aura réformé sa législation, elle sera en mesure

de mieux définir les priorités de son action humanitaire et, de ce fait, contribuera dans une plus large

mesure à la coopération à long terme.

Selon l’enquête, l’aide belge au développement gagnera certainement en efficacité et en utilité lorsque la

majorité des acteurs du domaine du développement auront défini une vision plus commune. La position

de la Direction générale de la Coopération au Développement (DGD) doit être renforcée et ce, afin de jouer

au mieux son rôle stratégique et de coordination.

L’enquête estime également que la Belgique devrait exploiter davantage son expérience sur le terrain

dans le cadre de sa politique en matière de développement. En délégant davantage de compétences

décisionnelles aux bureaux locaux, la politique serait en mesure de mieux tenir compte du contexte local

et d’améliorer l’efficacité de son administration.

16 DGD Rapport annuel 2010


Réforme de l’aide humanitaire

L’aide humanitaire est différente des autres types d’aide offerte par la Coopération belge au développement.

Son seul objectif est de réagir le plus rapidement possible face à une situation d’urgence et ce,

indépendamment de la situation géographique ou des intérêts défendus par la Belgique. Le consensus à

cet égard repose sur les leçons tirées des crises du passé et guide l’intervention belge.

L’aide humanitaire belge est actuellement en pleine transition. En 2010, la DGD s’est à nouveau vue

confier la responsabilité de la gestion de l’ensemble des flux d’aide humanitaire. Les budgets ont été

restructurés et un nouveau cadre réglementaire global est actuellement en cours d’élaboration sur la base

de la Peer Review et des évaluations et consultations avec les stakeholders et spécialistes nationaux et

internationaux. L’étendue, la stratégie, le financement et la gestion sont peu à peu adaptés.

Sur la base d’une évaluation de l’ampleur de la crise, des besoins de la population et des capacités des

partenaires humanitaires multilatéraux et des ONG, les pays en proie aux crises les plus graves ont bénéficié

d’une aide plus importante. Les drames humanitaires qui se jouent en République démocratique du

Congo, en Afghanistan et au Soudan ont donné lieu, cette année, à une aide belge. Un cadre opérationnel

est également disponible depuis cette année permettant à la Belgique d’aider les populations locales à se

préparer aux catastrophes.

© FAO

Mobilisation rapide en cas de catastrophe

En ce qui concerne la mobilisation rapide en cas de catastrophe naturelle, la Belgique a poursuivi ses

investissements dans des projets destinés à permettre aux populations les plus vulnérables de mieux

y faire face. Notre pays a augmenté sa contribution dans certains fonds immédiatement disponibles

en cas de catastrophe. Notre contribution au Central Emergency Response Fund des Nations Unies et

au Disaster Response Emergency Fund de la Croix-Rouge a ainsi permis de débloquer rapidement des

fonds lors du tremblement de terre en Haïti et des inondations au Pakistan, les deux crises majeures de

l’année 2010.

La Belgique a également investi dans des projets spécifiques lorsque certains besoins dépassent les

capacités des autres instruments. La crise pakistanaise s’est lentement aggravée et l’aide a été apportée

en fonction de l’évolution des besoins et selon des processus d’octroi transparents. Le tremblement de

terre qui a secoué Haïti a immédiatement dévasté le pays et la Belgique a réagi de manière flexible aux

besoins urgents et a établi un agenda coordonné de reconstruction en collaboration avec les partenaires

compétents et ce, pour les trois prochaines années.

17


Groupe de travail européen

La présidence belge du Groupe de travail « Aide humanitaire et aide alimentaire » (COHAFA) s’est principalement

consacrée à l’amélioration de son efficacité. Une attention toute particulière a été portée

au renforcement du message humanitaire en tant qu’apport pour les décideurs politiques lors de

crises humanitaires majeures. Les activités du groupe de travail ont revêtu une importance spéciale pour

l’échange d’informations et la coordination européenne durant les catastrophes en Haïti et au Pakistan.

En outre, des accords ont été passés concernant une réaction européenne rapide en cas de crise ainsi

qu’en matière de négociations d’une nouvelle Convention relative à l’aide alimentaire.

La connaissance et la politique en matière de développement

s’associent

Depuis 2009, trois nouvelles plateformes de recherche universitaires apportent leur soutien à la Coopération

belge au développement en matière de connaissances et de préparation des politiques. Concrètement,

les trois projets suivants ont vu le jour dans le courant de l’année 2010.

KLIMOS, la plateforme de recherche sur le climat et la coopération au développement, a mis au point

un instrument d’analyse très utile qui permettra dorénavant d’évaluer l’impact et les risques des projets

belges de coopération au développement et, le cas échéant, de les adapter. L’instrument a été testé au

moyen d’études de cas au Limpopo, en Afrique du Sud. KLIMOS a également fourni à la DGD des informations

relatives au suivi du mécanisme REDD, destiné à récompenser les pays en développement qui

protègent leurs forêts afin de lutter ainsi contre les émissions de CO 2

.

Par le biais d’une étude reconnue dans le monde entier placée sous le thème de « l’aide budgétaire

et du dialogue politique », la plateforme en matière d’efficacité et de structure de l’aide a apporté une

contribution concrète au Livre vert en matière d’appui budgétaire de la Commission européenne. Cette

plateforme de recherche a également travaillé sur l’intégration des sexes dans les nouveaux programmes

de coopération indicatifs axés sur le développement rural.

La plateforme PULSE, qui étudie l’assise de la Coopération belge au développement, a mené une enquête

générale auprès de la population belge. Il est notamment ressorti que les Belges se sentent toujours

extrêmement concernés par la pauvreté des pays du Sud mais qu’ils se montrent de plus en plus critiques

vis-à-vis de la coopération au développement et de l’allocation du budget.

Assises

La troisième édition des « Assises de la Coopération belge au développement », lesquelles, avec 400

participants représentent le forum le plus important pour les professionnels belges de l’aide au dévelop-

© DGD / Dimitri Ardelean

18 DGD Rapport annuel 2010


pement, était placée cette année sous le signe du Sommet du Millénaire des Nations unies organisé à

New York. Divers orateurs tels que Daniel Kaufmann, Jan Vandemoortele, Andris Piebalgs et Amina Az-

Zubair, ont fourni des pistes essentielles qui permettront d’aider à définir le point de vue belge à propos

des Objectifs du Millénaire.

La Belgique en tant que sector lead donor

La Belgique a joué le rôle dans 13 pays partenaires sur 18 de « sector lead (ou co-lead) donor » pour la

communauté de donateurs. Cela signifie que l’attaché de la coopération internationale préside et gère

au niveau du contenu un groupe de concertation sectoriel pour, par exemple, l’agriculture ou les soins de

santé et coordonne les donateurs dans ce secteur.

Reconnaissance de l’expertise sectorielle

Ces groupes de concertation et de coordination sont dirigés soit par le ministère technique du pays

partenaire, le scénario idéal, soit par un donateur actif (bi- ou multilatéral). Il s’agit de plateformes de

concertation entre donateurs et avec les pouvoirs publics du pays partenaire. Les parties discutent des

programmes sectoriels et assurent leur suivi, planifient et coordonnent l’aide et se chargent du dialogue

politique. Le « sector lead » est donc un élément du rayonnement belge.

Dans un certain nombre de cas, il s’agit même de la confirmation d’une expertise belge propre à un

secteur, par exemple dans le domaine des soins de santé au Rwanda. Lorsqu’il s’agit en outre d’un appui

budgétaire sectoriel, le lead se voit également confier une responsabilité (politique) cruciale. L’attaché

est alors assisté par un expert du secteur appartenant à la CTB, l’agence belge de développement. Ces

méthodes, dans le cadre desquelles la Belgique joue un rôle de lead avec appui budgétaire sectoriel, sont

utilisées notamment au Rwanda (santé) et en Tanzanie (administrations locales). Mais la Belgique fait

également office de lead sans appui budgétaire, comme dans le domaine de l’agriculture au Bénin et des

soins de santé au Burundi et au Niger.

Lead donor arrangements

La Déclaration de Paris sur l’harmonisation et la coordination de l’aide fait référence au lead donor et lui

attribue une responsabilité dans la coordination et la répartition des tâches parmi les donneurs et avec les

pays partenaires. Le Code de conduite européen franchit à cet égard une étape supplémentaire et prévoit

également des « lead donor arrangements » dans les secteurs prioritaires, notamment afin de diminuer

les frais de transaction en matière d’aide. Le lead se voit donc attribuer via la coopération déléguée par

les autres donateurs (idéalement silent partners) un mandat lui permettant d’agir en leur nom afin de

mobiliser des moyens, en matière de dialogue politique, de suivi et de rapportage.

19


La gestion axée sur les résultats : de la théorie à la pratique

En 2010, la Coopération belge au développement a poursuivi ses efforts afin d’introduire la gestion axée

sur les résultats (GAR) au sein de la culture d’entreprise.

Choix stratégiques

C’est la raison pour laquelle le SPF Affaires étrangères a posé un choix clair. Le plan de gestion 2010-

2013 s’impose notamment comme objectif stratégique le renforcement de l’impact de l’aide belge au

développement à travers la gestion axée sur les résultats. Cet objectif a été rendu opérationnel dans le

plan de gestion de la DGD et a été transposé dans les plans opérationnels des différentes directions. Certains

services travaillent déjà dans ce sens. Cette méthode porte ses fruits et est à l’origine de nouvelles

législations, méthodes et techniques.

L’année 2010 a vu la création du successeur du Fonds belge de survie (FBS), le Fonds belge pour la

Sécurité alimentaire (FBSA). Celui-ci entend contribuer au maximum à l’amélioration de la sécurité

alimentaire en Afrique subsaharienne. L’évaluation réalisée en 2008 est à l’origine de recommandations

utiles destinées à perfectionner le fonctionnement selon une gestion orientée vers les résultats. L’arrêté

royal et la note stratégique qui doivent être approuvés en 2011 reprennent les principes fondamentaux

de la GAR.

En collaboration avec les ONG

Le dialogue entre la DGD et ses partenaires se concentre également sur une responsabilisation mutuelle

renforcée en fonction de la GAR. En mai 2009, les ONG et le ministre en charge de la Coopération au

développement ont signé un accord à travers lequel ils s’engagent à accroître l’efficacité de l’aide au

développement.

Pour leur part, les ONG s’engagent à systématiser la gestion axée sur les résultats et à rédiger plus régulièrement

des rapports à propos de leur programme et des résultats de leurs projets. L’efficacité devient

dès lors un critère essentiel de l’évaluation des projets des ONG et des programmes de cofinancement.

Certains critères se penchent davantage sur la logique qui se cache derrière les résultats : l’input, les

activités, les résultats à court et moyen termes et l’impact (à long terme). Les premiers rapports des ONG,

remis en 2010, décrivent systématiquement les résultats.

Orienté sur les priorités du pays partenaire

La Coopération belge au développement analyse également l’efficacité à travers les résultats en matière

de développement de ses pays partenaires. Ce principe suppose une orientation sur le dialogue politique,

la programmation, le suivi et l’évaluation des résultats. La Coopération belge au développement a rédigé

à cet égard de nouvelles instructions et a mis au point de nouveaux instruments méthodologiques.

Ils ont été appliqués au sein des commissions mixtes de 2009. Ainsi, le nouveau Programme indicatif

de Coopération (PIC) entre la Belgique et le Pérou se concentre sur deux secteurs : les soins de santé et

une politique environnementale durable. Conformément à la Déclaration de Paris, les interventions sont

adaptées en fonction des priorités du pays.

Le programme-cadre du pays permet d’harmoniser les différents niveaux de résultats du PIC en fonction

des résultats sectoriels du Pérou et des objectifs stratégiques de la politique nationale en matière de collaboration

technique internationale. Un cadre de suivi des résultats reposera sur les indicateurs compris

dans les systèmes nationaux.

Ces exemples illustrent les progrès réalisés par la Coopération belge au développement et ses partenaires

afin d’intégrer la gestion axée sur les résultats dans leurs activités.

20 DGD Rapport annuel 2010


Efficacité de l’aide

Des efforts conséquents ont été fournis au cours des 10 dernières années afin d’améliorer la qualité de

l’aide au développement. Nous tentons dès lors de trouver de nouvelles méthodes qui correspondent davantage

aux besoins des pays en développement. Dans le cadre de la Déclaration de Paris de 2005, plus

d’une centaine de pays (donateurs et bénéficiaires), d’organisations d’aide multilatérales et d’agences de

développement ont accepté d’intégrer à leur politique de développement 5 principes visant à améliorer

l’efficacité de l’aide.

1. Appropriation (ownership) : les pays partenaires exercent une réelle maîtrise sur leur politique de développement

et leurs plans de lutte contre la pauvreté. Les pays donateurs acceptent que le pays partenaire

prenne les décisions.

2. Alignement : les donateurs s’engagent à faire reposer l’aide sur les stratégies, institutions et procédures

nationales. Les donateurs doivent donc éviter de créer des structures parallèles.

3. Harmonisation : les donateurs doivent rationaliser leurs interventions afin d’accroître le niveau d’efficacité

de la coopération au développement conjointe. La transparence et la complémentarité sont à cet

égard essentielles.

4. Gestion orientée vers les résultats : l’aide doit être orientée vers les résultats escomptés et les informations

doivent permettre d’améliorer le processus décisionnel.

5. Responsabilité mutuelle : les donateurs et les pays partenaires analysent ensemble les résultats des

actions. Ils font pour ce faire appel aux mécanismes en vigueur dans le pays partenaire.

Le Programme d’Action d’Accra

Plus de 1700 participants se sont réunis en 2008 à Accra (Ghana) à l’occasion du Troisième Forum de

haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement. Les membres du forum ont ainsi évalué pour

la première fois le niveau de mise en œuvre des principes de la Déclaration de Paris. Le Programme

d’Action d’Accra (PAA) a ainsi été rédigé : il s’agit d’une déclaration internationale destinée à soutenir

les réformes en vue d’accélérer l’instauration d’une coopération au développement efficace et d’atteindre

d’ici 2015 les Objectifs du Millénaire. La PAA se concentre sur les principaux défis techniques et institutionnels

afin d’appliquer intégralement les principes de la Déclaration de Paris.

- Prévisibilité : les pays donateurs fournissent davantage de garanties aux pays partenaires à propos du

nombre d’années durant lesquelles ils apporteront leur aide (aide prévisible). Les pays en développement

renforceront le lien entre les dépenses publiques et les résultats.

- Systèmes des pays : les systèmes des pays partenaires, et non plus ceux des pays donateurs, seront

utilisés afin de gérer l’aide.

- Conditionnalité : les pays donateurs n’imposent plus leurs propres conditions, ils lient des conditions

aux objectifs de développement postulés par le pays en développement.

- Déliement de l’aide : les donateurs élaborent des plans afin de poursuivre le déliement de leur aide.

- Lutte contre la fragmentation de l’aide : les donateurs s’engagent à créer le moins possible de nouveaux

canaux d’aide et à mettre en place un système de répartition commun des tâches.

- Partenariats : tous les protagonistes sont incités à appliquer les principes de la Déclaration de Paris; la

valeur de la coopération Sud-Sud est reconnue.

- Transparence : les pays mettront tout en œuvre afin de créer pour 2010 des évaluations conjointes.

Ce principe exige une plus grande implication du parlement et des citoyens. Les évaluations seront

étayées par des preuves fiables indépendantes.

21


Les prémisses de Busan 2011

Interview d’Isabelle Wittoek, attaché auprès de l’OCDE

Le Quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement

se déroulera fin 2011 à Busan, en Corée du Sud. Cet événement

doit permettre de franchir une étape supplémentaire dans la

mise en œuvre d’une aide au développement plus efficace. Le secteur

de l’aide souhaite dresser un état des lieux 5 ans après la Déclaration

de Paris. De quelle manière les principes ont-ils permis d’obtenir de

meilleurs résultats en matière d’aide au développement ? Quelles sont

les méthodes efficaces et qu’est-il possible d’améliorer ?

Isabelle Wittoek, Attaché de la Coopération internationale à la Représentation

permanente de la Belgique auprès de l’OCDE, revient sur

les discussions menées en 2010 à propos des objectifs du Quatrième

Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement.

N’est-il pas un peu tôt pour procéder à une évaluation ?

Isabelle Wittoek: « Peut-être. Les principes destinés à favoriser une aide

efficace et le PAA n’ont pas encore été suffisamment mis en œuvre dans

les pays partenaires. Mais la situation commence à évoluer. Les pays en

développement prennent de plus en plus de mesures pour mettre en place

un cadre propice à une aide efficace. Soulignons que 80 pays ont participé

à la troisième évaluation de la mise en œuvre des principes.

Depuis 2010, nous assistons également

à une coopération Sud-Sud. Les donateurs

doivent alors apprendre à faire un pas en arrière

car les pays du Sud dialoguent entre eux sans

les pays donateurs

Les objectifs de « Busan » sont ambitieux. L’attention ne se concentrera

peut-être pas tant sur l’application des principes de Paris mais plutôt sur leur

contribution en matière de résultats dans le domaine du développement. La

pression de la société civile a favorisé cette évolution. Elle était déjà largement

plus impliquée à Accra (HLF3 en 2008) qu’à Paris (HLF2 en 2005). Les

ONG ont donc finalement élargi le débat. »

La Corée du Sud organise le Quatrième Forum de haut

niveau sur l’efficacité de l’aide au développement.

Quelle est la vision de la Corée du Sud à propos du programme

d’efficacité de l’aide au développement ?

Isabelle Wittoek: « La Corée du Sud compte parmi les nouveaux pays

donateurs de l’OCDE et du CAD mais jusqu’il y a peu, cette nation bénéficiait

elle-même encore d’une aide. Ce pays est donc un donateur particulier

et se considère comme un exemple des nouveaux donateurs du CAD : un

donateur qui, il y a peu de temps, était encore lui-même bénéficiaire. Grâce

à ce statut, la Corée aborde de nouveaux sujets. L’un des débats les plus

animés de 2010, et sur lequel les ONG ont également insisté, se rapporte

à la question suivante : « Le forum de Busan ne doit-il pas se concentrer

principalement sur l’efficacité du développement et non sur l’efficacité de

l’aide ? » La Corée du Sud insiste vigoureusement sur la place de l’aide au

sein de la problématique plus élargie du développement et souhaite intégrer

« l’aide » au concept plus général de « développement ».

Néanmoins, « l’efficacité en matière de développement » est bien entendu un

concept difficile qu’il n’est pas simple de comprendre. Cet exercice n’est pas

évident pour les donateurs traditionnels qui se concentrent principalement

sur l’aide. Ils ont par conséquent demandé que le forum de Busan se penche

d’abord sur « l’efficacité de l’aide » : que s’est-il passé depuis la Déclaration

de Paris ? En effet, l’agenda de Paris et le Programme d’Action d’Accra (PAA)

n’ont pas encore été entièrement exécutés. En matière de développement,

cinq années représentent une perspective relativement courte. »

22 DGD Rapport annuel 2010

© DGD / Thomas Hiergens

L’élargissement des discussions entraîne de nombreuses

questions. Cela ne risque-t-il pas de troubler

la nature des débats ?

Wittoek: « Dans certains cas, mais la question essentielle reste : de quelle

manière l’aide contribue-t-elle au développement ? Les partenaires entendent

dresser un inventaire précis du rôle de l’aide en matière de développement

et veulent pouvoir le mesurer. Il s’agit d’une tâche complexe. Mais

il ne faut pas pour autant remettre en question les principes de Paris. Nous

ne voulons pas que « Busan » se clôture sur une nouvelle Déclaration, de

nouveaux principes ou un nouvel engagement majeur. Nous souhaitons simplement

un resserrement et un approfondissement des principes actuels. »

Il ne s’agit donc pas d’un simple dialogue Nord-Sud.

Isabelle Wittoek: « Tout à fait, la Déclaration de Paris était un dialogue

Nord-Sud, entre les pays en développement et les donateurs. Depuis 2010,

nous assistons également à une coopération Sud-Sud. Les donateurs

doivent alors apprendre à faire un pas en arrière car les pays du Sud dialoguent

entre eux sans les pays donateurs. Personne ne sait dans quelle voie

la coopération Sud-Sud s’engage. Sa plus-value par rapport à la coopération

classique Nord-Sud reste floue. »

Qu’en est-il des principes en matière d’aide efficace au

sein du dialogue Sud-Sud ?

Isabelle Wittoek: « Le dialogue Sud-Sud au sein des Nations Unies n’a que

peu d’égards pour les principes de Paris. Il se caractérise par un ton différent,

plus radical. De plus en plus de pays en développement se demandent

à quel moment l’aide cessera : ils ne veulent plus en bénéficier car elle les

rend dépendants et indigents. Ils préfèrent se débrouiller. Le Rwanda est un

bel exemple en la matière. »


Deuxième partie

La contribution belge aux

Objectifs du Millénaire

23


24 DGD Rapport annuel 2010

© Bill & Melinda Gates Foundation


Objectif du Millénaire 1

Bannir d’ici 2015 l’extrême pauvreté et la faim

- Réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour

- Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim

Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté international,

fixé à 1,25 dollar par jour, est passé de 1,8 milliards à 1,4

milliards entre 1990 et 2005.

- La proportion de personnes vivant dans une extrême pauvreté

dans les régions en développement est passée de 46 % à 27 %.

On est donc sur la bonne voie pour atteindre la cible mondiale.

- Environ un enfant de moins de cinq ans sur quatre souffre d’insuffisance

pondérale dans le monde en développement, au lieu

de près d’un sur trois en 1990.

L’extrême pauvreté

Le monde est sur la bonne voie pour atteindre la cible des OMD

visant à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la

population vivant avec moins d’un dollar par jour. Dans les régions

en développement, le taux de pauvreté global est passé de 46 %

en 1990 à 27 % en 2005. Les progrès sont soutenus dans beaucoup

de pays en développement, et ce en dépit des revers dus au

ralentissement économique de 2008-2009 et des effets des crises

alimentaire et énergétique. Cependant, même si ces tendances positives

se poursuivent, en 2015, quelque 920 millions de personnes

continueront de vivre sous le seuil international de pauvreté que la

Banque mondiale a relevé à 1,25 dollars par jour en 2008.

Les succès remportés jusqu’à présent sont largement dus à des

avancées extraordinaires en Asie, et principalement en Asie de

l’Est. En un quart de siècle, le taux de pauvreté en Asie de l’Est

a dégringolé pour passer de près de 60 % à moins de 20 %. Le

taux de pauvreté devrait être ramené à environ 5 % en Chine et à

24 % en Inde d’ici 2015. Par contraste, la réduction de l’extrême

pauvreté a peu progressé en Afrique subsaharienne, où le taux de

pauvreté n’a que très peu baissé, puisqu’il est passé de 58 à 51 %

entre 1990 et 2005. L’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Ouest et

certaines régions d’Europe de l’Est et d’Asie centrale sont les rares

régions qui ne devraient pas atteindre la cible OMD de réduction

de la pauvreté.

La faim

Le pourcentage de personnes qui souffrent de la faim diminue,

mais à un rythme peu satisfaisant. Même si la proportion de ceux

qui souffrent de la malnutrition et de la faim a diminué depuis le

début des années 1990, les progrès stagnent depuis 2000-2002.

On estimait en 2010 à 925 millions le nombre de personnes qui

souffraient de faim chronique, un chiffre inférieur à celui de 1,023

milliards enregistré en 2009 mais supérieur à celui de quelque 815

millions, représentant les personnes sous-alimentées en 1990.

Tout programme d’aide menant à la

dépendance est un signe d’échec, et non

un succès. L’aide doit se rendre inutile à

long terme.

Donald Kaberuka, Président de la Banque Africaine

du Développement. Journées européennes du développement,

6-7 décembre 2010

De 1990 à 2008, la proportion d’enfants de moins de cinq ans souffrant

d’insuffisance pondérale est passée de 31 % à 26 % dans

les régions en développement, avec des succès plus marqués en

Asie de l’Est, surtout en Chine. En dépit de ces améliorations, les

progrès actuels ne sont pas assez rapides pour atteindre la cible

OMD, et il est nécessaire de se concentrer sur l’Asie du Sud. Cette

région abrite à elle seule près de la moitié des enfants dénutris de

la planète. Dans toutes les régions en développement, les enfants

des zones rurales risquent près de deux fois plus de souffrir d’insuffisance

pondérale que ceux des zones urbaines.

25


La contribution belge

La sécurité alimentaire au premier plan

En 2008, la Belgique s’est engagée à accroître la part de son budget dédié au développement qui est

consacrée à l’agriculture et à la sécurité alimentaire de 10 % en 2010 à 15 % en 2015. Notre

pays a tenu parole : le budget se trouve actuellement aux alentours des 12 % et constitue un exemple

pour les autres donateurs.

Voici un aperçu de certaines mesures et des résultats obtenus :

- Mise en œuvre du nouveau Fonds belge pour la Sécurité alimentaire (FBSA), successeur du

Fonds belge de Survie, dont le budget prévu s’élève à plus de 250 millions d’euros sur 10 ans. Afin

de tester sa nouvelle structure et son fonctionnement, le fonds a introduit un programme-pilote au

Mozambique (voir p. 29 cas 3) et au Mali.

- Développement du secteur privé dans le domaine de l’agriculture grâce à l’intervention de BIO,

Société belge d’investissement pour les pays en développement.

- Augmentation du budget belge alloué à l’aide alimentaire et révision de la Convention sur l’aide

alimentaire.

- Les contributions au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Ce

groupe mène des recherches scientifiques afin de développer une sécurité alimentaire durable en

faveur des pays pauvres. Depuis quelques années, les contributions ont été sensiblement accrues

pour atteindre 9 millions d’euros (2010).

- Le budget alloué au Fonds international de Développement agricole (FIDA) a quasiment doublé

au cours de la période comprise entre 2010 et 2012. Il s’élève désormais à 7 millions d’euros par an.

Le FIDA octroie des prêts à faible taux d’intérêt dans le cadre de projets agricoles dans des régions

pauvres.

Efficacité renforcée

La Direction Générale de la Coopération au Développement a rédigé une nouvelle note stratégique en

matière d’agriculture et de sécurité alimentaire. Elle entend ainsi améliorer l’efficacité et renforcer les

synergies entre les divers canaux d’aide. La note émane d’un processus de consultation global et sert

de référence aux actions futures dans ce secteur (voir p. 33).

La Belgique a profité de son rôle de présidente de l’Union européenne pour accélérer certains dossiers

importants, tels que celui relatif aux fluctuations de prix dans le secteur agricole, à la problématique

des droits fondamentaux, au lien entre le changement climatique et l’agriculture/la sécurité alimentaire.

Ces dossiers avaient été inscrits à l’ordre du jour de la 36e session du Comité des Nations Unies

de la Sécurité alimentaire. L’UE a joué un rôle essentiel au cours de cette réunion.

Le Fonds belge pour la Sécurité alimentaire en bref

Objectif : la sécurité alimentaire sous toutes ses facettes : disponibilité, accès, stabilité, usage...

Terrain d’action : Afrique subsaharienne, de préférence au sein des zones en proie à une importante

insécurité alimentaire

Groupe cible : les populations les plus vulnérables

Durée : 2010-2022

Budget : 250 millions d’euros

Financement : la Loterie Nationale et la Coopération belge au développement

Mise en œuvre : Agence belge de développement (CTB), des ONG belges et des organisations

multilatérales telles que la FAO et le FIDA

Initiateur : le Parlement belge

Prédécesseurs : le Fonds de survie pour le tiers monde (1983-1998), le Fonds belge de Survie

(1999-2009)

26 DGD Rapport annuel 2010


Cas 1

ProCAPAS, davantage de travail et

de revenus pour les agriculteurs

Bolivie

Les régions rurales boliviennes sont en proie à une pauvreté extrême

et le département de Chuquisaca n’est pas épargné. La lutte

contre la pauvreté compte parmi les priorités du gouvernement

bolivien. L’agence belge de développement CTB souhaite collaborer

avec le gouvernement afin d’améliorer la qualité de vie des petits

paysans des communes de Sucre Rural, Yotala et Poroma. Elle a

donc introduit en 2009 le Programme de Chaînes de production

durables (ProCAPAS), lequel entend, d’une part, stimuler de manière

dynamique les activités agricoles et, d’autre part, favoriser

la sécurité alimentaire dans ces régions isolées. Les opportunités

d’emploi et en matière de revenu d’environ 1800 ménages sont

accrues grâce à une stimulation du secteur des fruits et légumes.

Le programme est entré en vigueur fin 2010 à travers l’introduction

de variétés de plantes et de techniques de production améliorées.

Les paysans ont bénéficié de moyens supplémentaires et ont également

reçu des outils plus performants.

Sucre

A travers l’élargissement de la zone cultivable, la culture des fruits

ne donnera des résultats qu’à moyen terme. ProCAPAS bénéficie du

soutien du programme de sécurité alimentaire (PASA) des autorités

boliviennes qui entendent de cette manière stimuler le développement

économique local.

Témoignages des paysans bénéficiant du programme

ProCAPAS

« Notre terre est bonne, nous nous en occupons comme de nos

enfants. Mais le climat nous joue parfois des tours. Ce n’est

plus comme avant. Lorsqu’il ne pleut pas, nous avons travaillé

inutilement. » (Cirilo Vargas)

« Ici, nous cultivons des fruits et des légumes, mais nos plantes

ont été touchées par des maladies. Grâce au programme et

aux techniciens, nous savons de quelle manière nous pouvons

les contrôler et assurer la sécurité de notre production. Ils ont

également mis de nouveaux outils à notre disposition. Nous les

utilisons chaque jour. » (José Bejarano)

« Ma famille cultive des tomates, nous espérons augmenter

notre production grâce à ProCAPAS. » (Guadalupe Miranda)

« Le programme nous a déjà fourni des semences et des

insecticides. Les techniciens nous ont appris à améliorer nos

plantes. Nous aurons désormais une meilleure récolte et nous

pourrons vendre nos produits à un prix plus élevé. » (Darío Solíz)

© CTB

27


Cas 2

Inca Pallay, « chaque tissu raconte

une histoire différente »

Bolivie

« Inca Pallay », une association d’artisans, a acheté avec ses

propres fonds un bâtiment destiné à abriter un centre artisanal.

Ses membres souhaitaient en effet améliorer la vente de leurs

produits. Cependant, l’état délabré du bâtiment risquait de faire

échouer les projets de l’association.

Sucre

La Coopération belge au développement a débloqué des fonds afin

de rénover l’infrastructure et 220 artisanes issues de 15 communautés

disposent désormais d’un point de vente idéal. De plus,

l’endroit se transforme peu à peu en un véritable centre culturel

au sein duquel les communautés souhaitent perpétuer la culture

Yampara.

© CTB

rude au milieu de cet environnement rural. Nous gagnons notre vie

grâce à l’agriculture et à l’artisanat. La coopération nous permet

d’améliorer notre situation. »

Ignacio Tardío est responsable des ventes au magasin Inca Pallay

à Tarabuco. « Le dimanche, nous réalisons un chiffre d’affaires de

5.000 bolivianos (environ 500 euros). Le centre est très important

pour nous car il nous permet d’exposer nos produits. »

Le centre a permis aux artisanes de stimuler leurs activités. Elles

ont développé une vision commune et l’infrastructure est à l’origine

d’un renforcement de leurs capacités d’entreprenariat. Nous

remarquons un impact économique certain, non seulement chez les

producteurs mais également dans toute la région. Ils sont devenus

plus compétitifs, plus créatifs et plus autonomes. Ils se créent ainsi

des moyens d’échapper à la pauvreté.

Inés Zárate est membre de l’asbl Inca Pallay. « Nos grands-parents

nous ont transmis leurs connaissances et ils nous ont appris à respecter

notre culture. Nous n’avons pas oublié leurs enseignements !

Par le passé, nous vendions nos produits, lorsque nous avions de

la chance, dans les rues de Tarabuco. Nous avons ensuite travaillé

avec quelques magasins, mais les chiffres de vente étaient à chaque

fois décevants. Nos familles attachent une grande importance à

nos produits. Les bénéfices nous permettent d’envoyer nos enfants

à l’école. Mais les revenus liés à l’agriculture sont trop incertains,

alors que notre activité de tissage n’est absolument pas influencée

par les averses de grêle ou par les rayons brûlants du soleil. »

Marciano Chambi est lui aussi membre de l’asbl : « La vie est très

28 DGD Rapport annuel 2010


Cas 3

Une approche intégrée en matière

de sécurité alimentaire

Mozambique

La nouvelle loi sur le Fonds belge pour la Sécurité Alimentaire a été

votée en janvier 2010. Désormais, la Belgique commence par rédiger

pour chaque pays une note de stratégie et ce, en collaboration

avec les autorités du pays concerné et tous les acteurs intéressés.

Maputo

Un projet-pilote a été introduit au Mozambique et au Mali afin de

mesurer les probabilités de succès de cette nouvelle approche.

Nico Bakker est consultant indépendant et décrit l’approche suivie

au Mozambique.

« Une zone d’intervention destinée au futur programme a été

identifiée au Mozambique entre avril et juin 2010, à l’initiative de

la Coopération belge au développement. Le choix repose sur des

analyses menées par l’Institut national de Sécurité alimentaire

(SETSAN) dans les districts les plus défavorisés du Mozambique.

Des agences des Nations Unies, des ONG belges et l’Agence belge

de développement (CTB) ont participé au processus décisionnel.

Le Plan national des catastrophes du Mozambique recense les 30

districts prioritaires, dont la majorité se situe dans les provinces

de Gaza et d’Inhambane. Parmi les 7 districts sélectionnés, 6 font

partie de cette trentaine. Le SETSAN estime que 29.000 habitants

de cette zone présentent des symptômes graves d’insécurité alimentaire

chronique. »

Sur la base des documents disponibles et d’une enquête menée par

leurs soins, Nico Bakker et sa collègue Sophie Teyssier ont procédé

à une analyse des causes principales de l’insécurité alimentaire

dans cette région. Nico Bakker : « Le SETSAN constate que l’insécurité

alimentaire est principalement dûe à la faible productivité

agricole, à laquelle il convient d’ajouter des facteurs environnementaux

tels que le changement climatique et les catastrophes (inondations

et sécheresses), une chute du niveau de fertilité du sol,

etc. L’analyse a permis de recenser 4 questions prioritaires : l’eau,

l’agriculture, les richesses naturelles et les habitudes alimentaires.

Ces facteurs sont indissociables. Nous nous sommes mis d’accord

sur les 4 composants du programme au cours d’un atelier regroupant

toutes les parties concernées : 1) accès à de la nourriture

de bonne qualité, 2) production innovante dans le secteur agricole

et de l’élevage, 3) meilleure gestion des richesses naturelles et 4)

renforcement institutionnel des pouvoirs publics et des paysans. »

La phase pilote rassemble également pour la première fois dans le

cadre d’un même programme la coopération bilatérale et le Fonds

belge pour la Sécurité alimentaire. Nico Bakker : « L’accès à l’eau

constitue le problème principal de nombreuses communautés.

Les femmes de Machaze nous ont confié qu’elles devaient parfois

© Nico Bakker

consacrer 10 heures par jour à la recherche d’eau. La communauté

manque ainsi d’eau et de temps à consacrer à l’agriculture,

à l’éducation des enfants, etc. L’eau devrait dès lors constituer

l’un des fondements du projet. Mais les choses ne sont pas aussi

simples. Les investissements en la matière ont toujours été considérables

mais n’ont, jusqu’à présent, jamais permis d’améliorer de

manière significative la problématique de l’insécurité alimentaire.

Si, en outre, nous n’avons aucune garantie en matière d’entretien

des installations, ces investissements sont vains. Nous proposons

donc des investissements et des activités dans le domaine de l’eau

pour chacun des quatre composants mais nous suivons toujours

une approche intégrée claire en matière de sécurité alimentaire. »

29


Cas 4

L’élevage et les crédits réduisent

la pauvreté

Mali

L’agronome belge d’origine burundaise, Jean Mbayahaga, qui est

également assistant de projet auprès de l’Agence belge de développement

CTB, explique la situation difficile. « La région de Menaka

est victime depuis 1970 de périodes récurrentes de sécheresses.

85 % des bovins n’y ont pas survécu. Le soutien apporté aux éleveurs

du zébu azawak contribue directement à la réduction de la

pauvreté dans le nord du Mali. »

Bamako

Le zébu azawak constitue la nourriture de base de la communauté

des Touaregs, qui consomme principalement des produits laitiers.

Les vaches laitières de cette race comptent parmi les meilleures du

Mali. Le potentiel de production d’une vache suffisamment alimentée

est compris entre 4 et 8 litres, voire 10, par jour.

Près de 400 ménages ont à nouveau reçu du bétail (quatre génisses,

un taureau et un dromadaire). Jean Mbayahaga nous explique

le système de crédit. « Ces familles peuvent rembourser les

animaux en argent liquide ou avec le même nombre de bêtes après

quatre ans d’élevage. Ce système permet de mettre en place des

activités durables après la fin du projet. Le taux de remboursement

est excellent, il atteint 94 %. Grâce à ces moyens, un fonds destinés

à promouvoir l’élevage a pu être créé. Sa gestion est confiée à une

institution spécialisée dans la microfinance. »

Jean Mbayahaga a formé les éleveurs et leur a apporté son aide

afin qu’ils puissent se réunir. Ces coopératives d’éleveurs d’azawak

gèrent un stock de nourriture pour bétail et de produits vétérinaires.

Cette stratégie s’est révélée payante durant la sécheresse

2009-2010. « Les éleveurs ont appris à établir un bilan comptable.

Je viens de les encourager à épargner leur argent et à attendre que

les prix soient au plus haut avant de vendre leurs meilleures bêtes.»

Jean Mbayahaga est actuellement responsable d’un nouveau projet

de soutien aux éleveurs de zébus Maure à Nara, à proximité de la

frontière mauritanienne.

© CTB / Jan Locus

30 DGD Rapport annuel 2010


Cas 5

La paix apporte la prospérité

Ouganda

« Il y a quelques années une majorité de la population du nord

de l’Ouganda vivait encore dans des camps protégés. Des rebelles

itinérants de la Lord’s Resistance Army (LRA) semaient la terreur

dans les villages, rendant ainsi la vie impossible. La population dépendait

donc de l’aide extérieure. Les jeunes ont toujours vécu de

cette manière » confie Joris Beckers. Ce Belge travaille en Ouganda

pour les Nations Unies, plus précisément pour le secrétariat du

« Northern Uganda Recovery and Development Group », un groupe

de donateurs du nord de l’Ouganda qui se réunit chaque mois.

« La majorité des réfugiés ont regagné leur village, où ils peuvent

rependre une vie normale. Les habitants apprennent à subvenir à

leurs besoins et les anciens membres de la LRA sont réintégrés au

sein de la communauté. »

© UN

Kampala

Les revenus de la population sont en hausse. La plupart des habitants

vivent de l’agriculture. Le commerce avec le Soudan enregistre

une forte croissance et représente une source essentielle de

revenus. « Une enquête récemment menée par l’Uganda Bureau of

Statistics indique qu’entre 2004 et 2008, la pauvreté a nettement

reculé dans le nord de l’Ouganda. Mais elle reflète également une

augmentation des inégalités en matière de revenus. »

Les pouvoirs publics tentent de réduire le fossé qui sépare cette

région du reste du pays et ce, à travers la construction de routes,

d’écoles et d’hôpitaux. « Le « software », les professeurs et le

personnel médical sont tout aussi importants. Ces professionnels

ne sont pas toujours enclins à travailler dans des régions isolées.

Les pouvoirs publics tentent donc de rendre le travail dans le nord

de l’Ouganda plus attrayant en leur octroyant des logements convenables.

»

De nombreux efforts sont consentis afin de réintégrer au sein de

la société les anciens combattants de la LRA. « Un projet a ainsi

été mis en place à Gulu dans le cadre duquel les anciens rebelles

sont chargés de gérer conjointement un moulin à maïs. Ils achètent

le maïs et le moulent afin de produire du « posho », l’un des aliments

de base du pays. Mais la réconciliation ne suffit pas, il faut

également donner des perspectives d’avenir aux habitants. Il y a

quelques années, ces hommes représentaient encore une menace,

aujourd’hui, ils sont utiles à la société. »

31


Cas 6

L’ONG belge Trias aide les paysans à

acquérir plus d’indépendance

Ouganda

Depuis quelques années, le pouvoir d’achat des Ougandais a considérablement

augmenté. Un habitant peut désormais dépenser en

moyenne 500 dollars par an. Dans le commerce local, ces 500

dollars représentent 1000 dollars car l’argent sert à acheter des

produits bon marché.

Kampala

L’ONG belge Trias, qui soutient des organisations de paysans ougandais,

a participé à cette croissance du pouvoir d’achat. Paul

Allertz, membre de l’ONG Trias : « En l’espace de trois ans, les paysans

d’Hoima qui participent à notre projet ont vu leur profit augmenter

de 25 à 200 euros par acre (0,42 ha) de riz en trois ans. »

© TRIAS

Trias soutient principalement les organisations agricoles pour la

commercialisation de leurs produits. « Concrètement : nous organisons

une étude de marché et adaptons la production en fonction

de la demande. La production de semences requiert davantage de

connaissances mais sa valeur ajoutée est beaucoup plus élevée. Un

stockage et un emballage corrects augmentent également la valeur

commerciale et, par conséquent, les bénéfices. »

Trias entretient également des contacts réguliers avec des organisations

partenaires actives dans l’octroi de microcrédits. Lorsque

les paysans participent à un projet de Trias, ils peuvent établir un

business plan et utiliser quelques économies. Le système du microcrédit

leur permet de bénéficier de services bancaires réguliers,

étape supplémentaire vers leur autonomie.

Les produits de meilleure qualité et l’application d’une stratégie de

vente plus efficace sont à l’origine d’une stimulation de l’économie

locale. « Kyosaba Abigairi, un paysan d’Hoima, a déjà pu au

bout d’un an entamer la construction d’une nouvelle habitation plus

saine. Il a également acheté une vache. Ses enfants peuvent ainsi

boire le lait mais il est, en outre, en mesure de le vendre et d’augmenter

ses revenus. »

Avec le soutien de la Belgique, Trias développe une structure solide

d’organisations agricoles. A terme, les paysans s’occuperont seuls

des activités inculquées.

32 DGD Rapport annuel 2010


Nouvelle note stratégique

Accent sur l’agriculture familiale et une meilleure efficacité

Afin de renforcer de manière substantielle les activités belges dans le secteur agricole et de la sécurité

alimentaire, la Coopération belge au développement a rédigé en 2010 une nouvelle note stratégique.

Ce document tient compte des évolutions couronnées de succès au niveau international, plus précisément

la nécessité de renforcer l’efficacité de l’aide. La note décrit également les défis que le secteur

agricole devra relever : les fluctuations de prix, l’évolution démographique, l’urbanisation croissante, le

changement de modèle de consommation, la pression croissante sur les ressources naturelles, la détérioration

des conditions de vie et le changement climatique. Elle se termine par une série de domaines

d’expertise sur lesquels la Coopération belge au développement peut se concentrer.

Parmi les recommandations principales, citons le fait que la Belgique dirige de préférence ses actions

sur l’agriculture familiale afin de renforcer la sécurité alimentaire, de contribuer à une croissance

économique durable et à la création d’emplois décents dans le secteur agricole.

Quatre directives

La note aborde quatre actions prioritaires :

1. Améliorer et assurer la production agricole selon le point de vue du développement durable.

2. La commercialisation et la revalorisation de la production, un accès plus aisé aux différents marchés.

3. La gestion du secteur agricole : accroître le rôle de coordination, de médiateur et de législateur des

pouvoirs publics, ainsi que celui de la société civile et des associations agricoles.

4. L’autonomisation collective et individuelle des paysannes.

Ces objectifs et priorités sont le fruit d’un processus de participation auquel ont pris activement part

tous les membres de la Coopération belge au développement et ce, dans le cadre de la Plateforme

belge agriculture et sécurité alimentaire.

La note stratégique fera office de référence fondamentale en ce qui concerne les Programmes indicatifs

de Coopération avec nos pays partenaires. Ceux-ci sont ainsi en mesure de se faire une idée claire

des domaines dans lesquels la Belgique peut leur proposer toute son expertise et leur offrir une valeur

ajoutée. Les interventions du Fonds belge pour la Sécurité alimentaire s’inscrivent également dans ce

cadre, à l’instar de la politique belge en matière d’aide alimentaire.

Par ailleurs, la note permet également de positionner la Belgique par rapport aux organisations internationales

actives dans le secteur.

33


34 DGD Rapport annuel 2010

© CTB / Dieter Telemans


Objectif du Millénaire 2

En 2015, tous les garçons et toutes les filles iront à l’école

Donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- Les inscriptions dans le cycle primaire dans les régions en développement

ont atteint 89 % en 2008, contre 83 % en 2000.

- Les progrès actuels sont trop lents pour atteindre la cible d’ici 2015.

- Environ 69 millions d’enfants en âge scolaire ne sont pas scolarisés.

Près de la moitié d’entre eux (31 millions) habitent l’Afrique

subsaharienne et plus d’un quart (18 millions) l’Asie du Sud.

Inscriptions

En dépit d’importantes avancées dans de nombreux pays, il y a

peu de chances que la cible soit atteinte à temps. Les inscriptions

à l’école primaire sont en augmentation et avaient atteint 89 %

dans le monde en développement en 2008. De 1999 à 2008, la

scolarisation a augmenté de 18 % en Afrique subsaharienne et de

11 et 8 % respectivement en Asie du Sud et en Afrique du Nord.

Mais les progrès sont trop lents pour que d’ici 2015, toutes les filles

et tous les garçons suivent un cycle complet d’enseignement primaire.

Dans la moitié des pays d’Afrique subsaharienne disposant

de données, au moins un quart des enfants en âge de scolarisation

n’allait pas à l’école en 2008.

Taux d’abandon

Les taux d’abandon restent élevés en Afrique subsaharienne. Assurer

l’enseignement primaire universel ne consiste pas seulement

à garantir que tous les enfants soient inscrits. Il faut aussi qu’ils

continuent d’aller en classe. Dans cette région, plus de 30 % des

élèves du primaire abandonnent l’école avant d’atteindre la dernière

année du cycle.

Accessibilité

De plus, il est essentiel d’avoir suffisamment d’enseignants et

de salles de classe pour répondre à la demande. On estime avoir

besoin du double du nombre actuel d’instituteurs en Afrique subsaharienne

pour atteindre la cible de l’éducation primaire en 2015.

35


La contribution belge

Priorité à un enseignement de qualité

Cet objectif reste d’actualité. Influencée par des études internationales et de nouvelles conceptions, la

Coopération belge au développement lui a conféré une dimension supplémentaire : « Tous les enfants,

adolescents et adultes ont droit à un enseignement de qualité qui leur inculque toutes les compétences

et connaissances nécessaires pour participer pleinement au fonctionnement de la société. »

Concrètement, l’élargissement de la dimension du deuxième Objectif du Millénaire signifie que

- tous les enfants ont le droit de fréquenter des écoles de bonne qualité et sûres, où ils apprennent à

lire et à écrire, à développer leurs aptitudes sociales et à prendre des responsabilités ;

- les adolescents et les adultes ont, eux aussi, droit à une formation de base afin de pouvoir trouver

un emploi et générer leurs propres revenus.

Pas moins de 12 % du budget alloué à l’aide au développement sont consacrés à l’éducation et à la formation.

Il s’agit donc d’un domaine essentiel de la Coopération belge au développement. La moitié de

ce budget est destinée à l’enseignement supérieur, c’est-à-dire les universités et bourses d’étude. Le

programme international donne davantage la priorité à l’enseignement élémentaire, auquel la Belgique

consacre environ 6 % de son budget.

L’éduction en République démocratique du Congo

En 2010, la Belgique a franchi une étape essentielle lui permettant d’investir massivement au cours

des prochaines années dans l’éduction et la formation en RDC. Nous apportons principalement notre

soutien à l’enseignement professionnel et technique, tant formel que non formel. L’objectif consiste

à orienter l’enseignement et les formations en fonction des besoins du marché de l’emploi.

Les projets principaux destinés à l’enseignement primaire sont :

- Fournir des manuels scolaires (2007-2010) : tous les élèves et enseignants de troisième et quatrième

années ont reçu un manuel de français et de mathématiques.

- Apprendre aux enseignants à utiliser correctement ces manuels scolaires (2009-2010).

- Un programme de soutien au ministère congolais de l’Education afin qu’il puisse mettre sur pied un

système éducatif efficace.

36 DGD Rapport annuel 2010


Cas 1

Formation pratique des jeunes

vulnérables

Bolivie

La Bolivie compte parmi les rares pays dans lesquels des enfants

font partie de la population carcérale. Avec leur père et leur mère

(les véritables détenus), ils subissent les nombreuses privations et

les conditions de vie précaires propres aux prisons. Tel est le

quotidien de près de 300 enfants de moins de 6 ans qui résident

dans les différentes institutions pénitentiaires de La Paz, la capitale

bolivienne. Leur développement normal est ainsi gravement

hypothéqué. Mais les parents emprisonnés préfèrent tout de même

garder avec eux leurs enfants durant leur détention.

Les établissements pénitentiaires ne sont pas prévus pour accueillir

des enfants. C’est pour cette raison que l’organisation Suma

Qamaña offre des formes alternatives d’enseignement, de détente

et de temps libres. Grâce à un modèle éducatif alternatif, cette association

crée des programmes pratiques destinés à environ 200

petites filles et petits garçons. Toutes les branches ordinaires sont

abordées jusque l’âge de 12 ans. Ensuite, les adolescents suivent

le modèle de l’Escuela de Bellos Oficios (enseignement technique)

où ils peuvent ainsi atteindre le niveau d’ouvrier qualifié dans le

domaine de la couture, de l’horticulture organique, de l’élevage

d’animaux, de la poterie, du graphisme et de la cuisine. Une majorité

des moyens sont consacrés aux équipements de cette dernière

orientation.

Sucre

La Belgique soutient cette association. Son action correspond à

l’objectif poursuivi qui consiste à encourager le développement

humain, dans ce cas, d’enfants défavorisés.

Silvia Álvarez, présidente de l’association : «J’ai moi-même séjourné

dans une prison et je ne pouvais jamais sortir. Heureusement

pour les enfants qui participent à ce projet, de nombreux amis, tels

que l’Agence belge de développement, se sont impliqués dans ce

rêve. »

Les enfants se rendent quelques heures par jour dans ce centre, où

ils disposent de tous les outils pédagogiques leur permettant d’étoffer

leurs connaissances, qu’il s’agisse de situations réelles ou hypothétiques.

« Grâce à ce concept, nous entendons former les individus

capables de prendre en main leur propre destin au sein de leur communauté.

»

© CTB

37


Cas 2

Aide budgétaire apportée au

ministère de l’Education

Ouganda

Jusqu’en 2010, la Belgique a apporté son soutien au ministère

ougandais de l’Education à travers divers projets. Notre pays s’est

notamment chargé de la rénovation et de la construction d’écoles

dans la région de Gulu, zone du nord de l’Ouganda gravement touchée

par la guerre. En 2008, la Belgique et le ministère ont commencé

à s’accorder sur une nouvelle approche : la coopération au

développement via un soutien budgétaire (budget support dans le

jargon), c’est-à-dire un soutien financier direct au ministère concerné

lui permettant de mettre en place ses projets éducatifs. La Belgique

et d’autres pays donateurs suivent la situation de très près.

Kampala

L’Ouganda a désormais

besoin de main-d’œuvre

technique correctement

formée.

En ce qui concerne le secteur éducatif ougandais, la Belgique suit

« l’approche portefeuille » : la combinaison d’un soutien budgétaire

et de projets au sein d’un même secteur. Notre pays fait ainsi

simultanément appel à divers outils afin d’atteindre ses objectifs.

Parmi les buts plus spécifiques, citons le souhait de mettre en place

une stratégie destinée à l’enseignement technique et professionnel

et aux formations professionnelles. Outre le soutien budgétaire

belge dans ce secteur, un projet plus ciblé concerne la formation

des professeurs dans ce domaine et ce, pour les 5 prochaines

années. En effet, le gouvernement ougandais estime que le pays

compte suffisamment de diplômés de l’enseignement universitaire

mais trop peu de professeurs correctement formés dans le domaine

technique.

Godfrey Dhatemwa © One for Ten

Le Commissaire ougandais à la planification du ministère de l’enseignement,

Godfrey Dhatemwa, apprécie cette approche. « Nous

appliquons cette formule de soutien budgétaire depuis 1997. Divers

principaux donateurs, parmi lesquels les Pays-Bas, le Royaume-

Uni et la Communauté européenne, font correspondre leur aide à

notre demande, créant ainsi une approche intégrée. Les donateurs

apportent une contribution financière et le Ministère de l’Education

est chargé d’atteindre les objectifs fixés. » L’aide financière des

pays donateurs représente 30 % du budget alloué à l’enseignement

en Ouganda.

Les principaux indicateurs éducatifs sont prometteurs. Godfrey

Dhatemwa : « 95 % des jeunes Ougandais qui doivent suivre l’enseignement

primaire vont à l’école. Le rapport filles/garçons est

désormais de 50/50, alors qu’il était de 40/60 par le passé. Ce

phénomène est majoritairement dû au soutien des pays donateurs

tels que la Belgique. »

Mais la qualité de l’enseignement primaire continue à poser problème.

Seuls 54 % des élèves terminent à temps leur dernière

année. « De nombreux élèves du primaire stagnent une ou plusieurs

années. Ce problème est dû notamment à l’absentéisme

des enseignants qui n’est pas suffisamment contrôlé. Mais les

parents sont eux aussi responsables, ils n’envoient pas toujours

leurs enfants à l’école. Le chemin est encore long. »

38 DGD Rapport annuel 2010


Cas 3

Education For All : la Fast Track

Initiative

International

En 1990, une nouvelle impulsion a été donnée à la généralisation

de l’enseignement élémentaire grâce à la « Déclaration mondiale

sur l’éducation pour tous » (Education for All) dont l’objectif était

d’envoyer tous les enfants à l’école. La Fast Track Initiative (FTI) doit

aider à atteindre cet objectif plus rapidement.

La FTI est un engagement international destiné à atteindre plus

rapidement les Objectifs du Millénaire 2 (éducation) et 3 (genre).

Lors de sa création en 2002, la FTI n’était qu’une initiative relativement

limitée mais elle s’est rapidement transformée en un gigantesque

partenariat international : 18 pays donateurs et agences de

développement multilatérales et régionales soutiennent 43 pays en

développement. Des organisations privées et des ONG sont également

représentées sous la houlette de la Global Campaign for

Education.

Outils utiles pour le service environnemental

Interview de Zo Elia Mevanarivo, titulaire d’une bourse du CIUF

Depuis le début, la Belgique contribue au financement de la FTI.

Entre 2003 et 2009, la contribution annuelle belge a atteint 1 million

d’euros. En 2010, ce montant est passé à 5 millions. Parmi les

18 pays partenaires de la Belgique, 7 d’entre eux disposent d’un

plan éducatif approuvé par la FTI et bénéficiant d’une aide financière

: le Niger, le Mozambique, le Vietnam, le Mali, le Rwanda, le

Sénégal et le Bénin.

Mozambique

Le Mozambique a adhéré à la FTI en 2003 et a supprimé les frais

de scolarité en 2004. Entre 2002 et 2010, le nombre de nouveaux

élèves inscrits est passé de 3,3 à 5,3 millions. Depuis 2008, le

pays a construit 3.000 locaux scolaires et 20.000 enseignants ont

été engagés.

En 2010, la FTI a décidé d’accorder au Mozambique une deuxième

enveloppe de 90 millions de dollars pour les 3 prochaines années.

39


Outils utiles pour le service environnemental

Interview de Zo Elia Mevanarivo, titulaire d’une bourse du CIUF

Selon vous, quelles sont les principales différences

entre la Belgique et Madagascar ?

Elia Mevanarivo : « Je trouve surtout que tout est propre ici. Mon

pays est très poussiéreux et nos voitures émettent énormément de

gaz d’échappement. Mais je me suis également rendue au Japon

et il y fait encore plus propre. Sur le plan social, je ressens plutôt

un sentiment de « chacun pour soi ». Mais bon, tout se déroule pour

le mieux. »

Parlez-nous de vos relations avec les membres du

groupe.

Elia Mevanarivo : « L’ambiance est très agréable ! Le groupe se

compose principalement d’Africains, mais il compte aussi des Péruviens,

des Haïtiens, et même deux Belges. En tant que femme,

je suis en minorité. Seules quatre femmes font partie du groupe de

24 personnes. »

© DGD / Thomas Hiergens

Depuis plusieurs années, la Coopération belge au développement

subsidie la Commission universitaire pour le développement

au sein du Conseil interuniversitaire de la Communauté

française (CIUF-CUD). Chaque année, la CUD-CIUF octroie 150

bourses d’étude et 70 bourses de stage. Celles-ci permettent à

des personnes issues de pays en développement de suivre des

formations (master ou spécialisation) financées par le CIUF et

correspondant aux besoins de leur pays. Outre le transfert de

connaissances, les formations visent également la rencontre

des cultures.

Elia Mevanarivo travaille à Madagascar au Ministère de l’environnement.

Elle est responsable de formation au Centre de

formation, d’étude et de recherche dans le domaine de la sylviculture.

La bourse du CIUF lui permet d’étudier la gestion de

l’environnement à Arlon (Université de Liège).

Pourquoi avez-vous choisi la Belgique?

Elia Mevanarivo : « Le Master en gestion de l’environnement à Arlon

constituait la formation la plus pertinente pour mon travail. Il était

donc logique que mon choix se porte sur la Belgique. Je m’amuse

beaucoup ici, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter de

nombreux endroits. Je n’ai pas rencontré beaucoup de problèmes à

mon arrivée. Je m’adapte à la nourriture, au froid, aux usages locaux. »

Dans quelle mesure cette formation est-elle importante

pour votre carrière et votre pays?

Elia Mevanarivo : « Elle est très importante. Nous apprenons une

multitude de nouveaux outils tels que la statistique. Le Système

d’information géographique (SIG) est lui aussi extrêmement utile. Il

nous sert à répertorier et à classer toutes nos données. »

Les habitants de Madagascar se préoccupent-ils de

l’environnement ?

Elia Mevanarivo : « Oui, quand même, mais ils ne disposent pas

de moyens, ils n’ont pas d’alternative. Ils ont besoin des forêts pour

survivre et ils doivent travailler leurs terres, même s’ils dégradent

le sol. »

Le Master

en gestion de

l’environnement à

Arlon constituait la

formation la plus

pertinente pour mon

travail.

La situation politique actuelle à Madagascar influence-t-elle

votre travail?

Elia Mevanarivo : « Pas vraiment, la situation s’est stabilisée. Notre

ancien président a offert d’énormes quantités de terres à la Corée

du Sud mais le peuple s’y est opposé. Cet empiètement foncier a

été entièrement stoppé. Certains partenaires, tels que l’USAID, se

sont, il est vrai, retirés du pays mais cela n’a aucun effet sur mon

travail. »

40 DGD Rapport annuel 2010


42 DGD Rapport annuel 2010

© Banque mondiale / Arne Hoel


Objectif du Millénaire 3

En 2015, les hommes et les femmes auront les mêmes droits

Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire

Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- En 2008, dans les régions en développement, il y avait 96

filles inscrites en primaire pour 100 garçons, et 95 filles pour 100

garçons en secondaire.

- La proportion de femmes employées en dehors du secteur

agricole se maintient à 20 % en Asie du Sud, Asie de l’Ouest et

Afrique du Nord.

- Au niveau mondial, la proportion de femmes parlementaires

continue d’augmenter lentement et elle a atteint 19 % en 2010.

On est encore loin de la parité.

Éducation

Les écarts entre les sexes ont diminué en ce qui concerne l’accès à

l’éducation, mais les disparités restent importantes au niveau universitaire

et dans certaines régions en développement. Les ratios

d’inscription des filles en primaire et secondaire ont nettement

augmenté au cours des dernières années. Malgré tout, l’accès à

l’enseignement universitaire reste très inégal, surtout en Afrique

subsaharienne et en Asie du Sud. Dans ces régions, le ratio de

scolarisation filles/garçons est respectivement de 67 et 76 % dans

l’enseignement supérieur. Les taux d’achèvement sont par ailleurs

généralement plus bas chez les femmes que chez les hommes.

La pauvreté reste la principale cause d’inégalité dans l’accès à

l’éducation, surtout pour les filles en âge d’école secondaire. Dans

de nombreuses régions du monde, les femmes et les filles sont

obligées de passer de nombreuses heures à aller chercher de l’eau,

et il arrive souvent que les filles n’aillent pas à l’école en raison du

manque d’installations hygiéniques convenables. Et puis, si elles

sont enceintes, beaucoup se voient refuser l’autorisation de continuer

leurs études. L’enseignement secondaire est particulièrement

important pour l’autonomisation des femmes. Or les filles des ménages

les plus pauvres sont deux fois plus nombreuses à ne pas

être scolarisées à ce niveau que leurs pairs plus riches.

Emploi

En dépit des progrès accomplis, les hommes continuent d’être

plus nombreux que les femmes dans les emplois rémunérés et les

femmes sont souvent reléguées dans des emplois précaires caractérisés

par des rentrées insuffisantes, une productivité faible ainsi

que des conditions de travail inférieures aux normes. La proportion

de femmes occupant un emploi non-agricole rémunéré augmente

lentement. En 2008, elle a atteint 41 % au niveau mondial. Elle ne

dépasse toujours pas 20 % en Asie du Sud, en Afrique du Nord et

en Asie de l’Ouest, et 32 % en Afrique subsaharienne.

Les pays les plus prospères et

concurrentiels sont ceux avec le

moins d’inégalités entre les sexes.

C’est ce dont est convaincue Melanne Verveer, Ambassadeur

des Etats-Unis pour Global Women’s Issues, pour qui soutenir

les jeunes filles et les femmes est l’investissement dans le

développement le plus rentable qui puisse être.

Journées européennes du développement, 6-7 décembre 2010

Même lorsque les femmes ont un emploi, elles sont généralement

moins bien payées et disposent d’une sécurité financière et

d’avantages sociaux moindres que ceux des hommes. Au niveau

mondial, seulement un quart des hauts responsables ou dirigeants

d’entreprise sont de sexe féminin. En Asie de l’Ouest, Asie du Sud et

Afrique du Nord, les femmes détiennent moins de 10 % des postes

de direction.

Représentation politique

Les femmes acquièrent lentement le pouvoir politique, en grande

partie grâce à des quotas et des mesures particulières. Entre 1995

et 2010, la proportion de femmes parlementaires est passée de

11 % à 19 %, soit une progression de 73 %, mais on est encore

loin de la parité entre les sexes. Toutefois dans 58 pays, seulement

10 % des parlementaires, voire moins, sont de sexe féminin.

Les progrès enregistrés par les femmes en termes de représentation

au sein de l’exécutif sont encore plus lents. En 2010, seulement

9 des 151 chefs d’État élus et 11 des 192 chefs de gouvernement

étaient des femmes. Au niveau mondial, celles-ci ne détiennent que

16 % des portefeuilles ministériels.

43


La contribution belge

Intégration du genre dans la politique

L’égalité des sexes, l’abolition de toute forme de discrimination

et l’autonomisation des femmes sont les pierres angulaires de la

croissance et du développement durable, de la lutte contre la pauvreté

et de la concrétisation de tous les Objectifs du Millénaire. Le

Sommet des Objectifs du Millénaire de New York l’a une nouvelle

fois rappelé.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes comptent parmi

les deux thèmes prioritaires du nouveau plan de gestion 2010-

2013 de la Coopération belge au développement (le second étant

l’environnement et le changement climatique). En vertu de la loi

sur le « gender mainstreaming » (l’approche intégrée sur l’égalité

entre les hommes et les femmes), la DGD a élaboré le « gender

budgeting » (la dimension de genre dans le processus budgétaire).

Gender budgeting : l’analyse du budget public en fonction

de ses conséquences (in)directes pour les hommes et les

femmes.

Gender mainstreaming : qualifie une stratégie visant

l’intégration systématique de la dimension de genre dans la

politique du développement et à travers toutes les phases du

cycle d’un projet.

Une plus grande attention portée au genre

Il existe une volonté politique d’augmenter les moyens financiers

destinés aux droits des femmes. 60 % du montant consacré par la

Belgique à des actions de développement (hormis les prêts d’Etat

à Etat et les coûts administratifs de l’agence belge de développement

CTB) ont été alloués en 2009 à l’égalité des sexes en tant

que premier ou second objectif. La DGD souhaite au plus tard d’ici

2013 que 70 % des interventions contribuent à l’égalité entre les

hommes et les femmes.

Nous continuons de concentrer nos efforts sur quatre domaines

d’action :

- les soins de santé et les droits sexuels et reproductifs ;

- les femmes, la paix et la sécurité (en particulier la lutte contre la

violence sexuelle) ;

- l’autonomisation économique des femmes issues de milieux

ruraux ;

- l’éducation (en particulier la formation technique et professionnelle).

concentration. Le PIC de la RDC en est un exemple. Des groupes de

travail préparent la réintégration du genre dans les PIC du Rwanda

et du Vietnam. Les programmes établis par d’autres donateurs

bilatéraux ou multilatéraux veillent, à travers la coopération déléguée,

également à soutenir les gouvernements dans ce domaine.

Quelques exemples :

- la formation professionnelle pour les femmes sénégalaises avec

la coopération luxembourgeoise au développement ;

- l’intégration du genre dans les processus de décentralisation des

autorités publiques au Mali, la réalisation d’un documentaire sur

« le rôle des femmes dans la lutte contre l’insécurité alimentaire

au Mali » avec ONU Femmes ;

- le soutien des élections, et surtout des femmes qui vont voter ou

qui se présentent au scrutin (en Afghanistan aussi), avec le PNUD

au Burundi ;

- la lutte contre les violences sexuelles en RDC à travers une

contribution au « Fonds de stabilisation et de reconstruction »,

créé par le gouvernement congolais et les Nations Unies et géré

par le PNUD ;

- En collaboration avec ONU Femmes, aider le Burundi à concrétiser

son engagement dans le domaine de l’égalité des sexes et de

l’autonomisation des femmes.

Par ailleurs, la moitié des Programmes de micro intervention (PMI)

est réservée aux organisations de femmes. La Belgique souhaite

également attribuer la moitié de ses bourses d’étude à des candidats

féminins.

Contributions à l’égalité des sexes

Notre pays contribue également aux moyens généraux de diverses

organisations multilatérales : ONU Femmes, FNUAP, UNICEF,

PNUD, FAO (le programme DIMITRA), PAM, le Haut commissariat

des Nations Unies aux droits de l’homme, etc.

Tant dans le cadre de l’aide indirecte (ONG) qu’humanitaire ou

bien de celle du Fonds belge pour la Sécurité alimentaire, les programmes

d’intervention prennent en considération le thème du

genre.

Des formations et des outils méthodologiques permettent de

renforcer le niveau de qualité de notre personnel qui occupe ces

postes (les attachés de la coopération internationale). Fin 2010, des

gestionnaires géographiques et thématiques de l’aide humanitaire

et de l’Europa-desk ont suivi une formation spécifique intitulée

« Genre et efficacité de l’aide ». Cette formation a été organisée

dans le cadre du plan d’action européen 2010-2015 sur l’égalité

entre les sexes et l’autonomisation des femmes dans le domaine

de la coopération au développement.

L’autonomisation des femmes issues de milieux ruraux constitue

l’une des quatre priorités de la nouvelle stratégie belge en matière

d’« agriculture et de sécurité alimentaire ».

Au niveau bilatéral, notre pays a consenti au cours des deux dernières

années de nombreux efforts destinés à intégrer le genre dans

les Programmes indicatifs de coopération (PIC) et les secteurs de

44 DGD Rapport annuel 2010


Cas 1

Les femmes émettent les

meilleures propositions pour leur

communauté

Adama Moussa est conseillère dans le domaine de la coopération

locale au développement auprès d’ONU Femmes, le Fonds de développement

de l’ONU pour la femme, et nous explique le projet. « Le

projet «genre et décentralisation» encourage les femmes à participer

au processus décisionnel politique et au processus local de

planification. Ce sont traditionnellement les « terrains de chasse »

des hommes. Chez ONU Femmes, nous respectons l’égalité entre les

hommes et les femmes. Les hommes sont eux aussi représentés. »

Le projet est financé par la Belgique et intervient dans 11 communes

défavorisées des régions de Tombouctou et de Mopti. Trois

communes ont une femme pour maire tandis que trois autres ne

comptent aucune élue au conseil communal. Le projet apporte son

soutien aux femmes bourgmestres et aux femmes qui se présenteront

aux élections communales de 2014.

Les femmes prennent la parole

Afin de permettre aux femmes de participer au processus local de

planification, il est nécessaire de les libérer de leurs tâches ménagères

ainsi que de celles consistant à aller chercher de l’eau, ce

qui prend la majorité de leur temps Il suffit de leur apprendre des

techniques qui simplifieront ces tâches.

Adama Moussa : « Si nous entendons véritablement rassembler

les propositions des femmes pour le processus de planification,

nous devons organiser deux réunions parallèles, l’une avec

les hommes et l’autre avec les femmes. Lors de leur prochaine

assemblée, les femmes devront émettre leurs propositions en premier

afin d’éviter qu’elles n’osent pas prendre la parole par la suite.

Nous devons surtout empêcher que les femmes assistent uniquement

au processus de planification afin de préparer le repas des

Mali

Bamako

autres participants. »

« Les femmes émettent les meilleurs propositions, et ce sont les

hommes qui l’avouent », poursuit Adama Moussa. Les femmes

abordent certains problèmes spécifiques tels que les mariages prématurés.

Elles recommandent également la création de comités de

surveillance qui sonnent l’alarme lorsqu’une jeune fille est retirée

prématurément de l’école. Les femmes actives au sein des conseils

scolaires veillent à ce que les jeunes filles nubiles terminent au

moins leur parcours scolaire.

« Nous avons fait en sorte que ces activités soient intégrées au budget

et aux plans locaux de développement », ajoute Adama Moussa.

« En effet, les activités qui n’ont pas de budget sont généralement

abandonnées. Nous avons signé des conventions de partenariat

avec 11 communes-pilotes afin de mobiliser les moyens nécessaires.

» Le projet a des répercussions tant locales que nationales.

Un guide local a été rédigé et approuvé à l’échelon national.

Le second projet que la Belgique finance via ONU Femmes est la réalisation

d’un documentaire sur le rôle des femmes en matière de sécurité

alimentaire, depuis l’indépendance en 1960 jusqu’à nos jours.

© ONU Femmes

45


Cas 2

« Nous vendons plus de blé et de

meilleure qualité à Tombouctou »

Entretien avec Habibatou Haïdara

Mali

Le blé – « alkama » en Songhaï – est cultivé depuis plusieurs siècles

à Tombouctou. Les femmes le travaillent de manière artisanale. Mais

en dehors des marchés de Tombouctou, leurs produits ne trouvent

pas beaucoup d’acquéreurs. Ce phénomène est dû aux coûts élevés

de production et de transport.

Bamako

Habibatou Haïdara est présidente de l’association Femmes pour le

Développement de Tombouctou et compte parmi les réformateurs

du projet Alkama, destiné à soutenir la filière blé de la région.

Grâce à ses activités, cette veuve de 58 ans parvient à nourrir ses

5 enfants : « J’ai 2 filles, l’aînée est mariée et la cadette est encore

aux études. J’ai aussi 3 garçons au chômage mais titulaires d’un

diplôme ».

Que vous a apporté le projet Alkama?

Haïdara : « Le principal changement est l’augmentation de nos

bénéfices. Le soutien de la Belgique a permis d’améliorer la qualité

et la quantité de nos produits traditionnels. Pour le moment, nous

produisons du couscous en grain, du couscous avec de la sauce, du

blé concassé, du vermicelle, de la semoule, du son, des tartes et du

pain traditionnel. Nous avons amélioré nos méthodes car nous nous

sommes réunies. »

De quelle manière vous organisez-vous?

Haïdara : « Mon association rassemble 39 femmes de Tombouctou.

Elles paient une cotisation mensuelle de 100 CFA (0,15 euro). Nous

avons ouvert un compte en banque sur lequel nous déposons nos

propres fonds afin d’acheter du nouveau matériel. Nous avons également

acheté un stock de blé brut que nous traitons. »

Quelles sont les activités les plus rentables?

Haïdara : « Depuis 2009, nous pouvons vendre nos produits sur

plusieurs marchés. Le projet a financé nos frais de transport. Nous

faisons de la publicité sur les marchés pour nos produits à base de

blé et obtenons ainsi des commandes. Le fait que Tombouctou soit

une ville enclavée est problématique pour la distribution. »

© CTB / Jan Locus

46 DGD Rapport annuel 2010


Cas 3

La Clinique de la fistule extirpe les

femmes de la marginalité

RD Congo

Kinshasa

Madeleine avait 12 ans lorsque ses parents l’ont forcée à se marier

avec un homme plus âgé. Peu de temps après, la jeune fille

était enceinte. L’accouchement s’est déroulé dans des conditions

atroces, le corps du bébé était trop gros pour son petit bassin et

buttait en vain contre les tissus internes. Le fœtus est décédé à

l’issue de quatre jours de travail sans assistance médicale adaptée.

Les tissus qui se trouvaient entre son vagin et sa vessie étaient

déchirés et morts.

Complètement incontinente à 14 ans, rebutante et porteuse de

malchance, Madeleine a été abandonnée par son mari. Depuis ces

horribles événements, elle vivait entièrement isolée dans une hutte

au bout du village. Une jeune fille sans mari et qui ne peut plus donner

naissance, n’existe tout simplement plus : elle est considérée

comme une pestiférée.

Le nombre de femmes atteintes de fistule en RD Congo est

évalué à 100.000. Cette pathologie est causée par un accouchement

prolongé ou par une césarienne incorrectement pratiquée.

Dans 3 % des cas, la déchirure vaginale est provoquée par des

violences sexuelles. La fistule n’est pas mortelle mais elle entraîne

des conséquences sociales dévastatrices.

Médecins Sans Vacances permet à des docteurs occidentaux de

mettre volontairement leurs connaissances au service des pays africains.

Lorsque le docteur De Backer s’est rendu pour la première

fois dans les hôpitaux congolais pour cette ONG, il a été frappé par

le nombre de jeunes filles souffrant de fistule et par leurs besoins. Il

a alors décidé de créer l’asbl « Fistul-Aid » et a pu bénéficier, grâce

à la Coopération belge au développement, des fonds destinés à une

« Fistula clinic » ouverte à l’hôpital Saint-Joseph de Kinshasa. Dr De

Backer : « Ce n’est pas comme en cardiologie, nous pouvons opérer

une fistule avec peu de moyens. »

En effet, l’hôpital et le matériel nécessaire coûtent 85.000 euros et

on peut opérer dans des conditions acceptables. Un gynécologue

congolais, formé par Médecins Sans Vacances, est même capable

de se charger de la moitié des interventions. Des chirurgiens belges

se rendent régulièrement au Congo afin de transmettre leur savoir.

A l’instar des 300 jeunes filles opérées, Madeleine a retrouvé le sourire.

Elle n’est plus rejetée par le village, elle va retrouver sa place

au sein de la communauté et pourra de nouveau avoir des enfants.

Une nouvelle vie commence.

© DGD / Elise Pirsoul

47


Une résolution pour les femmes, la paix et la sécurité

Les femmes sont des forces de maintien de la paix

Lors de conflits, les femmes et les enfants sont les plus vulnérables. Ils sont parfois brutalement

utilisés en tant qu’armes de guerre, comme tel est notamment le cas dans l’Est du Congo. Cependant

l’Afrique centrale ne détient pas le monopole de ce genre de pratique (prenons par exemple le génocide

en Yougoslavie). Mais une fois que les armes se sont tues, les excellentes compétences des femmes

en matière de médiation sont trop souvent ignorées.

Les 10 ans de la résolution « 1325 »

Pourtant, les femmes ont démontré à diverses reprises leurs talents de conciliatrices et de gardiennes

de la paix. Cette idée fut à la base de la résolution relative aux femmes, à la paix et à la sécurité du

Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2000. La Résolution 1325 plaide en faveur de la reconnaissance

et de la promotion du rôle des femmes dans la prévention et la gestion des conflits ainsi qu’en

matière de consolidation de la paix. Les pays membres des Nations Unies ont été priés d’appliquer cette

résolution, de mettre en œuvre un plan national d’action (PNA) et de veiller à protéger suffisamment les

femmes en cas de conflit. Dix ans plus tard, la Résolution 1325 reste un outil essentiel dans le domaine

de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits dans les pays du Sud.

La Coopération belge au développement a déjà rédigé un plan national d’action. A l’échelon international,

elle réclame plus d’attention pour la perspective de genre lors de conflits. La Coopération

belge au développement soutient également des programmes essentiels de lutte contre les violences

sexuelles en RD Congo. Citons à cet égard le programme de stabilisation et de reconstruction des zones

sortant des conflits armés (STAREC). Depuis 2001, la Commission Femmes et Développement perpétue

ce thème au sein et en dehors de la Coopération belge au développement.

De nouveaux indicateurs

Le mardi 26 octobre 2010, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, sous pression de la communauté

internationale et à l’occasion du dixième anniversaire de la Résolution 1325, a adopté une série « d’indicateurs

» permettant de renforcer le monitoring de la mise en œuvre de la résolution. La participation

accrue des femmes pourra désormais être mesurée à l’aide de ces indicateurs. Ceux-ci permettront

également d’élaborer des objectifs et des sanctions idoines et de mieux appliquer la Résolution 1325.

La Belgique et l’Union européenne ont joué un rôle de pionnier essentiel à cet égard. Dans le cadre

de la présidence belge de l’Union européenne et à l’occasion de cet anniversaire, notre pays a organisé

une conférence de haut niveau le 9 septembre à Bruxelles. Des événements se sont également

déroulés à New York et à Genève. Ces rencontres ont permis d’étayer la position de l’Union européenne.

Celle-ci a ainsi pu faire prévaloir son point de vue au sein du Conseil de Sécurité et convaincre les pays

réticents d’adopter les indicateurs contenus dans la résolution 1325.

48 DGD Rapport annuel 2010


La création d’ONU Femmes

L’égalité des sexes dans le giron des Nations Unies

En juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a été marquée par un vote historique instaurant

la création d’ONU Femmes. Cet organisme est chargé d’assurer l’égalité entre les hommes et les

femmes et de renforcer la place de la femme au sein de la société. Cet événement est considéré comme

l’un des moments majeurs du système multilatéral.

Cohérence et efficacité

Depuis quelques années, l’organisation des Nations Unies tente de renforcer sa cohérence et l’efficacité

de ses actions. En juillet 2010, ce processus de réflexion (System Wide Coherence) fut à l’origine

d’une réalisation magnifique : la création d’ONU Femmes (UN Women en anglais), l’entité des Nations

Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

L’organisation est le résultat de la fusion de quatre composantes distinctes du système des Nations

Unies dédiées exclusivement à l’égalité des sexes, renforçant ainsi sa position et son impact.

ONU Femmes entend mettre en œuvre et accélérer la conscientisation en matière d’égalité des sexes

à travers le monde. Elle puise sa force dans la coordination de toutes les activités entreprises par

l’ONU dans ce domaine. ONU Femmes sera en mesure d’anticiper les demandes des pays souhaitant

appliquer une politique et des mesures visant à assurer l’égalité entre les sexes. L’organisation apportera

également son soutien aux autres organes des Nations Unies désireux de mener des actions en

la matière.

Priorités et gestion

L’organisation soutient 5 domaines prioritaires :

- l’augmentation du leadership et de la participation des femmes dans tous les secteurs de la société;

- la fin des violences contre les femmes à travers la prévention et l’implication des hommes;

- l’inscription rapide à l’agenda de la situation des femmes dans les zones en proie à des conflits;

- le renforcement de l’autonomisation économique de la femme, surtout au sein de contexte actuel de

crise international;

- l’inscription de l’égalité des sexes au cœur de la planification et de la budgétisation nationales.

La directrice exécutive de l’organisation n’est autre que Madame Michelle Bachelet. L’expertise et

les relations de l’ancienne présidente chilienne contribueront sans aucun doute au succès des actions

menées par ONU Femmes.

Le soutien de la Belgique à la nouvelle entité

L’égalité des sexes est une priorité pour notre pays. C’est pour cette raison que la Belgique a vigoureusement

soutenu la création d’ONU Femmes. Cette entité compte parmi les organisations partenaires

multilatérales de la Coopération belge au développement. La contribution initiale au Fonds de Développement

des Nations Unies pour la Femme (anciennement UNIFEM) sera automatiquement reversée à

ONU Femmes. En 2010 et 2011, la contribution belge a été augmentée pour atteindre 125.000 euros

par an. Une décision sera prise en 2011 quant à un nouveau programme pluriannuel. La Coopération

belge au développement plaidera alors en faveur d’une augmentation de sa contribution à l’organisation.

49


50 DGD Rapport annuel 2010

© CTB


Objectifs du Millénaire 4, 5 et 6

Le présent rapport annuel aborde simultanément les Objectifs du Millénaire 4, 5 et 6 car ils se concentrent

tous les trois sur la santé.

4. En 2015, la mortalité infantile aura fortement diminué

Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

5. En 2015, moins de femmes décéderont des suites de

leur grossesse

Réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle

6. En 2015, la propagation de maladies comme le sida

et le paludisme sera stoppée

Stopper la propagation du VIH/SIDA et commencer à inverser la tendance actuelle

Maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies, et commencer à inverser la tendance actuelle

Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- Le nombre d’enfants des pays en développement qui meurent

avant l’âge de cinq ans est passé de 100 à 72 pour 1 000 naissances

entre 1990 et 2008. Cependant, près de 9 millions d’enfants

meurent encore chaque année et ce avant d’atteindre leur

cinquième anniversaire.

- Le taux de mortalité maternelle ne diminue que lentement, alors

que la vaste majorité des décès pourrait être évitée. 99 % des

femmes mourant de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement

vivent dans des pays en développement.

- Même si l’accès aux traitements contre le VIH dans les pays en

développement a été multiplié par dix en cinq ans à peine, le VIH

reste la principale cause de mortalité chez les femmes en âge de

procréer dans le monde.

- Le paludisme tue un enfant toutes les 45 secondes dans le

monde. Près de 90 % des décès dus à cette affection ont lieu

en Afrique, où elle compte pour un cinquième de la mortalité

infantile.

Mortalité infantile

Les décès infantiles diminuent, mais pas assez vite. Beaucoup de

pays recensent des progrès considérables dans leur combat contre

la mortalité infantile. Au cours des vingt dernières années, près

d’un tiers des 49 pays les moins avancés sont parvenus à réduire

de 40 % ou plus le taux de mortalité des moins de cinq ans. Malgré

cela, les progrès actuels ne permettront pas d’atteindre la cible

OMD d’une réduction de deux tiers d’ici 2015.

Beaucoup de pays qui ont un taux inacceptable de mortalité infantile,

en particulier en Afrique subsaharienne, n’ont fait que peu ou

pas de progrès ces dernières années. Des taux de fécondité élevés

et la lenteur avec laquelle la mortalité diminue font qu’en chiffres

absolus, le nombre de décès d’enfants a augmenté, passant de 4

millions en 1990 à 4,4 millions en 2008.

Mortalité maternelle

Le taux de mortalité maternelle reste scandaleusement élevé. Cependant,

de nouvelles données montrent que la santé des femmes

pendant la grossesse et l’accouchement s’améliore. Mais nous

sommes encore loin de la baisse annuelle de 5,5 % qui est nécessaire

pour atteindre la cible OMD visant à réduire de trois quarts

le taux de mortalité maternelle d’ici 2015. L’Afrique subsaharienne

a fait des progrès, certains pays ayant vu leur taux de mortalité

maternelle diminuer de moitié entre 1990 et 2008. D’autres régions

comme l’Asie et l’Afrique du Nord ont connu des avancées encore

plus importantes.

La plupart des décès maternels sont évitables. Ces décès peuvent

être évités lorsque les femmes ont accès à des services de santé

génésique, du matériel et des fournitures adéquats ainsi qu’à un

personnel de santé qualifié. Dans toutes les régions, des progrès

ont été faits pour que les femmes enceintes aient accès aux soins

prénatals. En Afrique du Nord, le pourcentage de femmes recevant

51


la visite d’un travailleur de la santé qualifié au moins une fois pendant

leur grossesse a augmenté de 70 %. L’Asie du Sud et l’Asie

de l’Ouest rapportent une hausse de près de 50 %. Les femmes

pauvres vivant dans des zones reculées ont moins de chances de

recevoir des soins adéquats. On estime que répondre à la demande

non satisfaite de contraception pourrait en soi faire baisser - de

près d’un tiers - le nombre de décès maternels.

Prévention du sida et du paludisme

La riposte mondiale au sida a donné des résultats tangibles en

ce qui concerne la réalisation de l’OMD 6. Le nombre de nouvelles

infections au VIH a baissé continuellement depuis son pic

de 3,5 millions en 1996 pour atteindre 2,7 millions en 2008.

Les décès dus à des maladies liées au sida ont également baissé

pour passer de 2,2 millions en 2004 à 2 millions en 2008.

Même si l’épidémie semble s’être stabilisée dans la plupart des

régions, les nouvelles infections au VIH sont en hausse en Europe

de l’Est et en Asie centrale. Au niveau mondial, le nombre de

personnes vivant avec le VIH continue d’augmenter à cause des

effets combinés des nouvelles infections

et de l’impact bénéfique

des thérapies antirétrovirales.

Posséder des connaissances sur

le VIH est la première étape pour

en éviter la transmission.

Les thérapies antirétrovirales ont

gagné du terrain, mais se laissent

toujours dépasser par le rythme de

progression des infections au VIH.

Lorsque ces thérapies ont été lancées

en 2003, 400 000 personnes

seulement en bénéficiaient. Fin

2009, plus de 5 millions d’individus

suivaient le traitement. Mais

chaque année, chaque fois que

deux personnes commencent un

nouveau traitement, cinq autres

sont nouvellement infectées.

La moitié de la population mondiale est exposée au paludisme. On

estime à 243 millions le nombre de cas de paludisme en 2008,

lesquels ont entraîné 863 000 décès, dont 89 % en Afrique. Un

relèvement important du financement a récemment aidé à contrôler

le paludisme. La production mondiale de moustiquaires est passée

de 30 millions à 150 millions par an entre 2004 et 2009. Les

antipaludiques sont maintenant plus faciles à se procurer, même

si la couverture varie énormément d’un pays à l’autre. Les fonds

extérieurs pour le contrôle du paludisme ont augmenté de façon

spectaculaire ces dernières années pour atteindre 1,5 milliards de

dollars en 2009, ce qui est encore loin des 6 milliards jugés nécessaires

rien qu’en 2010 pour atteindre la cible OMD.

La contribution de la Belgique

Un rôle pionnier dans le domaine de la santé

C’est pire que le commerce de la drogue.

Les gens qui achètent de l’héroïne ou de la

cocaïne, savent au moins ce qu’ils achètent

et le font en leur âme et conscience. Ce

n’est pas le cas de la personne dont le

cœur ou le rein est atteint parce qu’il a

acheté un faux médicament ; c’est donc

une tentative de meurtre.

En tant que petit pays, la Belgique peut se targuer d’une longue tradition

en matière de soins de santé internationaux, tant sur le plan de

l’aide humanitaire qu’en ce qui concerne la coopération au développement.

Les pouvoirs publics, les ONG, les institutions académiques et

des particuliers profondément impliqués jouent à cet égard leur rôle.

Le droit à la santé et aux soins et la concrétisation des Objectifs du

Millénaire dans ce domaine comptent parmi les priorités de la Coopération

belge au développement. La Belgique a clairement défini

sa vision et ses domaines prioritaires à ce propos dans la note de

politique sur les soins de santé rédigée en 2009.

Approche multisectorielle et globale

La Belgique inscrit le droit à la santé au sein d’un cadre global, dans

une stratégie de développement plus large. Cette stratégie doit mener

à des améliorations au niveau de la santé et du bien-être matériel

des groupes ethniques les plus

Mo Ibrahim, Président de la Fondation éponyme, comparant le

commerce des faux médicaments - qui tue chaque année 200.000

personnes - à un “tueur silencieux”.

Journées européennes du développement, 6-7 décembre 2010

pauvres. Outre ce domaine, la Belgique

se concentre également sur

l’éducation, l’eau potable, l’hygiène,

l’alimentation, le logement, les

droits des femmes et des enfants…

Le niveau de formation d’une mère

influence ainsi de manière significative

l’état de santé de ses enfants.

Un manque d’eau potable ou

de logement décent est à l’origine

de problèmes sanitaires. Mais les

effets pervers se remarquent aussi

dans le sens inverse. Les problèmes

de santé ont un impact important

sur le développement économique :

absentéisme, baisse d’efficacité de

la population au travail, etc.

Les frais privés élevés pour les traitements

médicaux ne permettent

pas à des milliers de ménages de se sortir de la pauvreté. C’est la

raison pour laquelle le droit universel aux soins de santé de qualité

est à ce point essentiel.

Renforcement du secteur de la santé

La Belgique souligne l’intérêt des soins de santé élémentaires

afin que tous les habitants de la planète puissent bénéficier du droit

à la santé. Notre pays souhaite contribuer au développement de

systèmes de soins de santé plus efficaces dans les pays partenaires.

Ces soins doivent être de qualité et accessibles à toutes

les couches de la population. La Belgique est une grande partisane

d’une meilleure formation du personnel médical, de l’intégration

de la lutte contre des maladies spécifiques et d’un meilleur accès

aux soins de santé.

52 DGD Rapport annuel 2010


L’intérêt de la Belgique pour les soins de santé se traduit également

par une importante contribution financière. En 2010, la Coopération

belge au développement a consacré 136.422.249 euros à ce

secteur. Le montant est réparti à travers plusieurs canaux d’aide.

Des actions mieux définies

Les accords entre les pays donateurs favorisent la collaboration

entre les institutions d’aide au développement ainsi que leur

complémentarité. Cela permet ainsi d’éviter de faire le même travail

ou de mener des actions contradictoires. La Belgique aide les

pays partenaires à établir des plans nationaux de santé, auxquels les

différents pays donateurs peuvent alors apporter leur soutien. A travers

l’aide multilatérale, la Belgique aide également des organisations

internationales telles l’OMS ou ONUSIDA. Celles-ci édictent des directives

afin que l’aide internationale soit aussi efficace que possible.

L’accord sur la migration du personnel médical est un bel

exemple. Certains pays tels que les USA et la Grande-Bretagne

sont victimes d’une pénurie et le personnel d’autres pays comme

le Ghana ou les Philippines souhaite s’expatrier afin de bénéficier

d’un salaire plus élevé. Cependant, le départ de cette main d’œuvre

formée aux frais des pays en développement, menace d’affaiblir

le système de soins de santé de ces nations (fuite des cerveaux).

La Belgique, en collaboration avec l’Union européenne, a contribué

à l’adoption en 2010 du Code of practice par l’Organisation Mondiale

de la Santé (OMS). Des acteurs belges n’ont pas ménagé

leurs efforts pour la mise en œuvre de cette directive équilibrée,

dont l’attention se porte sur le droit à la migration, le respect des

besoins des systèmes de soins de santé dans les pays d’origine et

les compensations dues à la perte de personnel formé

Le Code of practice entend mieux réglementer la

migration du personnel médical

En mai 2010, la 63e Assemblée mondiale de la Santé de

l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a approuvé à

l’unanimité un code of practice global en matière de recrutement

international de personnel médical. Ce code of practice

constitue une directive appelant tous les pays concernés à

se manifester auprès de n’importe quelle institution active

dans le domaine du recrutement de personnel médical.

Harmonisation internationale

Mais au-delà de ces normes internationales, les pays d’exécution

doivent aussi respecter des règles visant un emploi le plus efficace

possible des ressources disponibles. La Déclaration de Paris

de 2005 stipulait d’ailleurs que l’aide internationale devait correspondre

le plus étroitement possible aux plans et procédures nationaux.

La Belgique a signé en mai 2010 l’International Health

Partnership (IHP - Partenariat international pour la Santé). Ses 48

membres sont des pays donateurs ou des pays en développement,

des organisations internationales comme l’OMS, l’UNICEF, la BM,

le Fonds mondial et le secteur privé à l’image de la Fondation Bill

Gates. Tous veulent œuvrer à la réalisation des Objectifs du Millénaire

en matière de santé.

Be-cause Health

Be-cause Health est une plateforme d’échange de connaissances

sur les soins de santé internationaux. Elle rassemble

des institutions académiques, des organisations médicales d’aide

au développement, des ONG, des bureaux d’étude, des services

publics, des organisations partenaires du Sud et des particuliers

issus de divers secteurs et organisations.

Be-cause Health a pour objectif le renforcement du rôle et de

l’efficacité des acteurs de la Coopération belge au développement

en vue de promouvoir un accès universel à des soins de

santé de qualité. La concertation, la coordination et l’organisation

d’activités communes doivent entraîner un plus grand impact sur la

politique internationale de santé, une amélioration des échanges et

de la circulation des connaissances techniques et scientifiques, des

progrès sensibles en matière de coopération entre les différents

acteurs et une meilleure réponse aux besoins du Sud.

Be-cause Health est financée par la Coopération belge au développement

à travers l’accord-cadre avec l’Institut de Médecine

Tropicale (IMT). Au cours de la période 2008-2010, le budget de

Be-cause Health s’élevait à 107.000 euros et celui qui a été prévu

entre 2011-2013 atteint 120.000 euros, soit 40.000 euros par an.

La directive se base sur le principe du droit de migration

du personnel (médical). Elle invite tout de même à ne pas

engager de manière active dans les pays en développement

en proie à une pénurie de personnel. Si tel est néanmoins

le cas, une série de principes éthiques doivent être respectés

: transparence et équité. Les pays développés sont

priés de ne pas affaiblir le caractère durable des systèmes

de soins de santé locaux.

La directive encourage les nations « réceptrices » à apporter

un soutien technique et financier aux systèmes de soins de

santé des pays en développement. Elle souhaite également

que les prestataires de soins puissent mettre à profit leur

expérience dans leur pays d’origine.

53


Cas 1

Cohérence au sein de la

collaboration universitaire

Le « défi » mozambicain

Mozambique

La collaboration entre les universités flamandes est chapeautée

par un organe commun, le Vlaamse Inter-universitaire Raad (VLIR)

(Conseil interuniversitaire flamand). Le programme du VLIR au Mozambique

est unique car il est le seul à tourner autour d’un thème

central : la santé reproductive. Diverses facultés de l’université

Eduardo Mondlane de Maputo et plusieurs institutions universitaires

flamandes collaborent dans ce domaine. Au Mozambique, le programme

est appelé DESAFIO, ce qui signifie « défi ». Mais il s’agit

également de l’acronyme portugais du programme.

Maputo

Les aspects médicaux ne sont pas les seuls à être abordés. La santé

reproductive est également un droit humain souvent transgressé.

Quels sont les moyens juridiques et administratifs disponibles afin

de garantir ces droits ? Comment promouvoir l’égalité des sexes et

les droits spécifiques des femmes ? Il existe naturellement un lien

direct avec la prévention et la lutte contre le sida. De nombreuses

recherches sont nécessaires, non seulement académiques, mais

également afin de recenser les actions concrètes menées sur le

terrain.

Schéma du programme

Projets partiels

Facultés au

Mozambique

Coordinateur belge

Droits de l’homme Faculté de droit Prof. Eva Brems (Gand)

Droits sociaux et

protection

Genre, santé et

questions familiales

Faculté de droit

Sciences sociales

Prof. Yves Jorens (Gand)

Prof. Patrick Meurs

(Louvain)

Santé reproductive Médecine Prof. Kristien Roelens

(Gand)

Hiv/Sida Médecine Prof. Herman Meulemans

(Anvers)

Deux projets transversaux font également partie de ce programme

: développement des compétences et biostatistique. Ils

sont au service des 5 projets partiels thématiques. La biostatistique

est placée sous la responsabilité du professeur Marc Aerts, grâce

auquel l’Université de Hasselt apporte elle aussi son aide au projet.

© Banque mondiale / Eric Miller

En réalité, des scientifiques de la plupart des universités flamandes

sont impliqués dans chaque projet partiel. La coordination académique

générale a été confiée au gynécologue et professeur Marleen

Temmerman (Université de Gand).

54 DGD Rapport annuel 2010


Cas 2

Les investissements dans le

domaine de la santé portent leurs

fruits à El Alto

Avec 1 million d’habitants, la commune d’El Alto, située non loin

de La Paz, la capitale, compte parmi les villes les plus densément

peuplées de Bolivie mais aussi parmi les plus pauvres. 65 % des

habitants y vivent dans la pauvreté et 35 % sont même en proie à

une extrême pauvreté. Jusqu’en 2006, quasiment aucun système

de soins de santé n’y était organisé.

Dans le cadre d’un projet commun destiné à mettre un terme à cette

situation, les autorités nationales et communales ont mis en œuvre

un programme d’amélioration de la qualité des soins de santé.

La Coopération belge au développement a soutenu cette initiative.

Moins de souffrance, plus de santé

Diverses actions ont été mises sur pied entre 2006 et 2010. Citons

notamment l’élargissement, la rénovation et la construction d’une

majeure partie du réseau de santé de première ligne, de l’ensemble

du réseau d’appareils médicaux, de meubles et de matériel informatique.

D’autres services ont également été ajoutés : l’aménagement

d’une unité de soins intensifs pour adultes et pour nourrissons,

d’une unité pédiatrique ainsi que d’une unité publique de dialyse.

Les laboratoires et les services de radiologie et d’échographie ont

amélioré leurs services, permettant ainsi d’accroître leurs capacités

en matière de diagnostic. Le service de chirurgie a pu bénéficier

de nouveaux équipements et a ainsi vu la création de deux unités

de chirurgie par laparoscopie. Un service de soins aux personnes

souffrant de brûlures sera bientôt ouvert. Ce centre doit devenir une

référence, non seulement pour El Alto mais aussi pour l’ensemble

de la région bolivienne de l’Altiplano.

Au début, les centres de santé de première ligne étaient ouverts

6 heures par jour. Aujourd’hui, la plupart travaillent 12 heures par

jour et près d’un tiers fonctionnent 24h/24. L’accès aux soins de

santé a ainsi été largement renforcé. En contrepartie, le ministère

de la Santé publique et des Sports a fourni les moyens nécessaires

permettant de doubler le personnel de soins. Grâce à une convention

avec la Universidad Nacional de Córdoba, en Argentine, les infirmiers

ont pu bénéficier d’une formation spécialisée.

Le taux de mortalité est en baisse

Carlos Laura, président du conseil du quartier de Villa Mercedes « G »,

décrit les changements. « Auparavant, les meubles de notre bureau

étaient en mauvais état, nous n’avions pas d’eau courante, de lumière,

de sanitaires et les services élémentaires manquaient. Les patients

devaient attendre à l’extérieur par tous les temps avant d’être pris en

charge. Seules quelques pierres faisaient office de chaise. Un jour,

nous avons décidé de nous attaquer à cette situation et nous avons

pris contact avec la Coopération belge au développement grâce aux

communes. Cette aide nous a permis d’ouvrir un centre de soins de

première ligne pouvant accueillir les familles dans la dignité. »

Bolivie

Sucre

Les résultats sont immédiatement quantifiables : le taux de mortalité

des mères et des enfants a baissé à la suite de l’amélioration du

système de soins de santé. « Nous sommes désormais capables de

prendre en charge l’ensemble des soins apportés aux femmes souffrant

d’un cancer du col de l’utérus, le type de cancer le plus courant

chez les Boliviennes. Nous avons pu mettre en place ce système de

soins en collaboration avec d’autres instances et organismes internationaux

d’aide au développement. Jusqu’en 2008, El Alto n’avait

pas réellement les moyens de procéder à un test de Papanicolaou

(frottis). Désormais, la commune est en mesure de mener des campagnes

de prévention et de traiter les premiers stades du cancer.

Ces soins sont uniques en leur genre en Bolivie dans le domaine de

la santé publique. »

Ces résultats ont permis de réduire le niveau de pauvreté. Des individus

en bonne santé trouvent plus facilement en emploi.

L’approche intégrale de la santé constitue l’un des aspects essentiels

: depuis la première, deuxième et troisième ligne, avec un

soutien en matière de prévention et de promotion. La participation

active des autorités nationales et communales fut également très

précieuse, sans oublier celle des services sanitaires départementaux

et régionaux. Depuis leurs conseils de quartier, les acteurs sociaux

ont joué leur rôle d’interlocuteur entre les responsables du projet et

la population.

© CTB

55


Cas 3

L’ONG Louvain Développement

Bolivie

L’ONG Louvain Développement (LD) est active au Pérou et en Bolivie

depuis l’an 2000. Grâce à la création d’un bureau de coordination,

elle a été en mesure d’élargir et de perfectionner ses domaines

d’intervention. Elle s’est ainsi spécialisée dans la Sécurité alimentaire

et économique (SAE). L’ONG se concentre sur l’amélioration

des conditions de vie des personnes les plus démunies. L’équipe

assure le suivi technique auprès de ses partenaires. Les actions

sont décrites dans le programme qui s’étend sur 6 ans, financé par

le gouvernement belge.

La deuxième phase du programme (2011-2013) vient de commencer.

Au-delà de l’expertise de chacun de ses membres, la participation

active à divers réseaux d’ONG internationaux permet de

maintenir les connaissances à niveau dans les deux pays. Ce phénomène

entraîne à son tour un impact durable sur la concrétisation

des actions prévues par le programme, lesquelles s’inscrivent parfaitement

dans le cadre des plans d’aide au développement pour la

Bolivie et le Pérou et de la Déclaration du Millénaire.

Le programme de santé se concentre sur les Objectifs du Millénaire

4, 5 et 6 dans le département d’Oruro et de Chuquisaca. Dans le

premier, l’ONG est responsable d’un projet destiné à améliorer le

système local de soins de santé, selon le modèle de la Communauté

interculturelle et familiale des soins de santé.

La participation de la communauté permet d’instaurer un contrôle

social rigoureux des actions destinées à réduire le taux de mortalité

des enfants et des mères et à organiser davantage de campagnes

de vaccination pour les moins de 1 an.

Sucre

La stratégie d’intervention du programme SAE correspond

également au premier Objectif du Millénaire. Les actions ne

discriminent pas les femmes (OMD 3) et maintiennent l’équilibre

entre le respect des ressources naturelles (OMD 7) et la

production grâce au recours à de nouvelles technologies et

informations. L’ONG apporte également son soutien à plus de

100 unités de production rurales réparties à travers 11 communes

du département d’Ouro. L’ONG stimule le développement

d’alternatives économiques en regroupant l’offre et la demande

des Business Development Services (BDS). Ces BDS renforcent

les capacités et connaissances locales et, grâce à une dynamique

économique plus importante, le seuil d’un dollar de revenu

par jour est atteint. Les familles productrices bénéficient de cette

manière d’une activité stable et d’une certaine sécurité d’emploi.

Les instances communales sont également encouragées à investir

dans les unités de production.

© CTB

56 DGD Rapport annuel 2010


“Nous voulons endiguer la sous-alimentation ”

Interview du Dr. Ana Maria Aguilar, de l’agence bolivienne de l’alimentation

Ana Maria Aguilar travaille en tant que coordinatrice au

sein du « Consejo Nacional de Alimentación y Nutrición»

(CT CONAN), l’agence bolivienne de l’alimentation. Elle est

aussi chargée de la coordination du programme multisectoriel

destiné à endiguer la sous-alimentation, le « Programa

Multisectoral Desnutrición Cero » (PMDC).

Quels sont les effets directs du programme ?

Aguilar : « Le taux de sous-alimentation des enfants de moins de

2 ans ne cesse de diminuer, de 27 % en 2003 il est passé à 16 %

en 2010. Une évaluation intermédiaire est prévue pour 2011, elle

confirmera ce pourcentage. »

Quels sont les effets du programme à moyen et à

long terme ?

Aguilar : « Notre objectif final est d’endiguer la sous-alimentation.

Nous nous sommes fixés un but relativement ambitieux mais nous

espérons franchir peu à peu les étapes qui nous permettront d’y

parvenir. Outre l’aide du secteur des soins de santé, celle d’autres

domaines tels que la production, l’agriculture, la distribution de

l’eau et l’assainissement, la justice et l’éducation s’avère également

nécessaire. De plus, la coopération avec les unités et les organisations

sociales locales est elle aussi fondamentale. »

Dans quelle mesure le programme a-t-il contribué à

la réalisation de l’Objectif du Millénaire ?

Aguilar : « Une meilleure alimentation est intrinsèquement liée

à la sécurité alimentaire, laquelle est indissociable du recul de la

pauvreté. Dans un pays où la moitié du taux de mortalité infantile

est due à un problème de sous-alimentation, nous contribuons

visiblement à la réalisation de l’OMD 4 (diminution de la mortalité

infantile). »

© CTB

Quel est votre rôle dans ce programme ?

Aguilar : « Je représente le ministre bolivien de la Santé publique et

des Sports au sein du CT CONAN. Le comité technique du CONAN

est une plateforme composée de 9 ministères, dont celui de l’économie

et de la planification. Je coordonne également la mise en

œuvre du PMDC au niveau national. Je tente d’harmoniser le programme

en fonction de la politique nationale en matière de développement

et des politiques sectorielles destinées à lutter contre la

sous-alimentation infantile. »

Quels sont les changements opérés par le programme

au sein de la communauté et dans la région ?

Aguilar : « Je me suis moi-même plus étroitement impliquée dans

les changements sociétaux de mon pays, en particulier en ce qui

concerne l’élaboration d’une politique sociale inclusive. Le bienêtre

de la population est l’élément fondamental de cette politique

et elle se concentre davantage sur les droits plutôt que sur la bienfaisance.

Lorsque je regarde les résultats évidents du programme,

je ne peux que me réjouir du rôle croissant que jouent les autorités

locales, les organisations sociales et la population elle-même. Il

s’agit de la meilleure garantie de la pérennité de la politique. »

57


Cas 4

Programme multisectoriel destiné

à lutter contre la sous-alimentation

Bolivie

Organisations et comités placés sous le signe

de l’alimentation

Dans le but de lutter contre la sous-alimentation des enfants, la

Bolivie a élaboré un Plan stratégique sectoriel, nettement orienté

sur le niveau communal. Divers comités et institutions ont ainsi

été créés : les UNI – « Unidad de Nutriciòn Integral » (unité de nutrition

intégrale), le COMAN – « Comité Municipal de Alimentación y

Nutrición » (Comité communal d’alimentation et de nutrition).

Les pouvoirs publics ont élaboré une stratégie communale concrétisée

par le « Sistema de Vigilancia Nutricional Comunitaria » (système

de contrôle alimentaire). Les fonctionnaires de la santé ont

formé un réseau à travers lequel ils ont rassemblé des données

en matière d’expériences et de connaissances dans le domaine de

l’alimentation. Ce réseau permet donc de collecter des informations

en permanence. Celles-ci servent alors à orienter les activités communales

et à aborder les situations problématiques. Le programme

a ainsi pu mobiliser la communauté.

La politique nationale est basée sur le modèle de gestion SAFCI

(«Salud Familiar y Comunitaria Intercultural» – santé interculturelle

au sein des familles et de la communauté). Un réseau composé

d’autorités sanitaires locales est créé afin de pouvoir influencer les

instances décisionnelles. Il existe aussi un réseau de fonctionnaires

de la santé chargé de la promotion et de la prévention.

Prime communale

La prime communale (« Incentivo Municipal ») a été mise en œuvre

dans le but de récompenser l’application des stratégies. Le recul de

la sous-alimentation fait partie des indicateurs d’impact. L’accès

d’au moins 30 % des habitants à l’eau potable ou à de l’eau saine

dans les régions rurales et d’au minimum 70 % dans les villes, en

plus d’installations sanitaires adaptées et d’un système éducatif,

compte parmi les exigences.

La prime communale utilise le « Bono Juana Azurduy ». Ce bonus

représente non seulement un stimulant pour l’accès à des ressources

économiques, mais il garantit également que les femmes

se rendent à des visites de contrôle durant leur grossesse et qu’elle

continue ensuite après la naissance de l’enfant à bénéficier d’un

contrôle médical. La prime communale est octroyée uniquement si

au minimum 80 % des femmes enceintes reçoivent le bonus.

Sucre

mener à terme à la résolution du problème de sous-alimentation.

Grâce à cette stratégie, les autorités s’approprient le programme.

Celui-ci a démarré lentement. Au cours des premières années, la

plupart des efforts ont été consentis afin de créer les UNI, les unités

de nutrition intégrale. Dès que la prime communale a été octroyée,

les résultats ont rapidement été observés. Jusqu’en 2009, il n’existait

que 30 COMANES mais ce nombre avait déjà été triplé en 2010

pour atteindre 108. La prime a fait office de catalyseur et sera très

utile pour concrétiser les objectifs en matière de sous-alimentation.

La communauté civile est profondément impliquée, ce qui permet

ainsi d’ancrer véritablement la politique au sein des communautés.

Les responsables et les autorités sont sensibilisés à la thématique.

Ils ne percevront pas le thème de la santé comme un hôpital ou un

médecin mais plutôt comme une multiplicité de facteurs à laquelle

tous les secteurs peuvent contribuer afin d’obtenir de meilleurs

résultats.

La contribution belge à ce programme destiné à

endiguer la sous-alimentation

La France et le Canada financent conjointement le programme et

la Coopération belge au développement a contribué à l’élaboration

du Plan stratégique. Elle a également participé au fonds. Ce soutien

permet de mettre en œuvre au niveau communal le « Programa

Sectorial Desnutrición Cero – PDC ».

Le programme offre une approche innovante à travers une importante

mobilisation sociétale. En Bolivie, les soins de santé sont une

responsabilité communale. Les communes sont ainsi chargées

de prendre des mesures dans les domaines sanitaires complémentaires

: accès à l’eau potable, petit-déjeuner à l’école...

Les obligations sont par ailleurs de nature administrative. Les communes

sélectionnées par le programme doivent suivre ces indicateurs

en permanence et appliquer leurs propres stratégies devant

58 DGD Rapport annuel 2010


Cas 5

Les soins de santé dans les régions

isolées

Mali

Le projet d’aide au développement sanitaire et social (PADSS) entend

améliorer les installations sanitaires de la région de Mopti,

la plus défavorisée du Mali. Trois quarts de la population y vit sous

le seuil de pauvreté et un enfant sur trois meurt avant d’atteindre

l’âge de 6 ans. Afin de pallier cette situation, la Belgique et la France

octroient chacune 8 millions d’euros au gouvernement malien (entre

2003 et 2012).

Ce projet prend en compte les besoins locaux et régionaux. Un nouvel

hôpital moderne, une école de santé et un centre de soins sont

en construction à, respectivement, Sévaré, Mopti et Yaouwarou. Au

niveau local, 13 médecins, dont 2 femmes, ont suivi une formation

et sont employés dans 13 centres de soins entièrement équipés.

Au début, les habitants voyaient

d’un mauvais œil que ce soit

une femme médecin qui soit

chargée de régler leurs problèmes.

Aujourd’hui, ils disent que j’ai un

secret.

Les premiers médecins ont commencé à travailler en janvier 2008.

Madame Ramata Samaké, 34 ans et célibataire, fait partie de cette

équipe et travaille à Boré (à 110 kilomètres de Mopti). Le centre

emploie, entre autres, deux infirmières, une sage-femme et un

pharmacien. La commune de Boré regroupe 36 villages difficilement

accessibles. Au cours des campagnes de vaccination, le docteur

Samaké se rend durant plusieurs jours dans les hameaux les plus

isolés. Pour ce faire, elle emprunte tout d’abord un chameau et,

ensuite, une moto.

N’est-ce pas trop difficile pour une femme médecin de travailler

dans la brousse ?

Dr. Samaké : « Au début, les habitants voyaient d’un mauvais œil

que ce soit une femme médecin qui soit chargée de régler leurs

problèmes. Aujourd’hui, ils disent que j’ai un secret. Ils téléphonent

avant de venir au centre pour être certains que je suis présente. En

2010, j’ai passé 4 jours sur 7 dans les villages dans le cadre des

campagnes de vaccination. Depuis novembre, nous avons formé

deux collaborateurs qui nous aident à vacciner.

Je me rends régulièrement dans les écoles afin de sensibiliser les

élèves à propos du sida, des maladies sexuellement transmissibles,

du planning familial et de l’hygiène. Pendant la saison des pluies,

j’ai organisé des séances d’information sur la malaria. Nous avons

donné des moustiquaires à des enfants d’un an. »

Bamako

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Dr. Samaké : « Au cours des premiers mois, j’ai énormément souffert

de solitude. Je n’avais encore jamais quitté ma famille. De plus,

la région que nous devons couvrir est beaucoup trop étendue pour

un seul centre de soins. Le village le plus éloigné se trouve à 80

kilomètres et est difficilement accessible. »

© Katja Remane

© Katja Remane

Qu’avez-vous réalisé ?

Dr. Samaké : « J’ai réussi à changer le comportement de la population

locale. Par le passé, elle n’avait pas l’habitude de payer pour

sa santé. Aujourd’hui, le centre est autonome. Nous avons bénéficié

du soutien de l’administration communale et d’une association de

femmes. Le reste des frais est notamment couvert par les consultations.

»

59


Cas 6

A la recherche d’une nouvelle

dynamique

Les soins de santé en Ouganda

Ouganda

Une bonne et une mauvaise nouvelle sont à noter à propos du secteur

ougandais de la santé. Commençons par la bonne : chaque

Ougandais a la possibilité de se rendre en moyenne une fois par an

dans un hôpital public. Les soins sont en principe gratuits et ces

hôpitaux connaissent une véritable affluence de patients.

Le bilan sanitaire ougandais fut un véritable succès entre 1999 et

2004. Malheureusement, l’importante amélioration des paramètres

de santé (utilisation des cliniques, immunisation des enfants,

nombre d’accouchements dans les hôpitaux, baisse du nombre de

cas de sida) est en recul depuis 2005. C’est la mauvaise nouvelle.

Luc Geysels de l’Agence belge de développement CTB tente d’expliquer

cette évolution. « Le budget ougandais alloué au secteur de

la santé a doublé depuis 2005 mais les pouvoirs publics ont consacré

une majorité de ce budget à la création de structures administratives.

Les hôpitaux ne bénéficient donc pas directement de cet

argent. Au cours de ces 5 dernières années, ils n’ont d’ailleurs plus

vu leur budget augmenter alors que la demande, elle, ne cesse de

croître. En outre, la population augmente de 3 % chaque année. »

Kampala

Une communauté de donateurs impliquée

La Belgique apporte un soutien budgétaire au Ministère ougandais

de la Santé. Il s’agit d’une aide financière permettant au ministère

de mettre en œuvre ses plans sanitaires. La Belgique et d’autres

pays donateurs suivent la situation de très près. Au-delà de cette

aide globale apportée au plan sanitaire, la Coopération belge au

développement souhaite soutenir plus explicitement l’aspect leadership

et gestion (« renforcement des aptitudes) au sein de ce ministère.

En collaboration avec le Ministère de la Santé, la Belgique

a mis au point à cet égard un projet spécifique. Dans le jargon,

la combinaison d’un soutien budgétaire et de projets au sein d’un

même secteur est appelée « approche-portefeuille » : impliquer

simultanément divers instruments afin de réaliser les objectifs.

La communauté des donateurs est parfaitement organisée en

Ouganda et peut ainsi parler d’une seule voix. A travers des financements

conjoints et une concertation coordonnée à propos des

objectifs à atteindre, elle tente de relancer la dynamique au sein du

Ministère de la Santé.

© Banque mondiale / Curt Carnemark

Le personnel médical est démotivé et peu de contrôles sont organisés,

ce qui est à l’origine d’un taux d’absentéisme de 40 %. Les

hôpitaux de mission prestent environ 40 % des services en matière

de soins de santé en Ouganda. Ils bénéficient de subsides des autorités

mais ils sont également soumis à de fortes pressions.

A la suite de cette concertation, le président a créé l’an dernier une

équipe, certes restreinte, mais efficace. Elle est chargée d’enquêter

sur des cas d’abus au sein du secteur des soins de santé. Environ

80 cas ont déjà été portés en justice. L’équipe s’est attaquée au

commerce de médicaments illégaux et à l’absentéisme.

60 DGD Rapport annuel 2010


62 DGD Rapport annuel 2010

© DGD / Thomas Hiergens


Objectif du Millénaire 7

En 2015, nous serons plus nombreux à vivre dans un

environnement durable

- Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales ; inverser la tendance actuelle à la déperdition

des ressources environnementales

- Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable

- Améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis, d’ici à 2020

Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- Quelque 1,7 milliards de personnes ont eu nouvellement accès

à de l’eau potable et saine depuis 1990. Pourtant, 884 millions

d’individus dans le monde n’ont toujours pas accès à l’eau potable

et 2,6 milliards n’ont pas accès à des services d’hygiène

de base comme des toilettes ou des latrines.

- Au niveau mondial, la cible 2010 de préservation de la biodiversité

n’a pas été atteinte. Si les tendances actuelles se confirment,

la perte de biodiversité continuera jusqu’à la fin du siècle.

- L’amélioration des taudis ne va pas assez vite par rapport au

nombre croissant de pauvres en agglomération urbaine. Le

nombre absolu d’habitants de taudis continue d’augmenter,

avec quelque 828 millions de personnes vivant dans des bidonvilles

aujourd’hui, même si leur pourcentage par rapport à la

population urbaine diminue.

L’eau

Le monde atteindra, voire dépassera la cible de 2015 relative à

l’eau potable si les tendances actuelles se confirment. À cette

date, quelque 86 % de la population des régions en développement

auront accès à des sources améliorées d’eau potable, contre 71 %

en 1990. Quatre régions - l’Afrique du Nord, l’Amérique latine et

les Caraïbes, l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est - ont déjà atteint

la cible. Même si les progrès ont eu lieu essentiellement dans les

zones rurales, celles-ci restent désavantagées. Huit personnes sur

dix sans accès à une source améliorée d’eau potable vivent dans

des zones rurales.

Hygiène

Au rythme actuel, le monde n’atteindra pas la cible visant à diminuer

de moitié la population n’ayant pas accès aux équipements

sanitaires de base comme des toilettes ou des latrines. En 2008,

quelque 2,6 milliards d’habitants de la planète n’avaient pas accès

à une hygiène améliorée. Si la tendance se maintient, ce chiffre

passera à 2,7 milliards en 2015. De larges disparités existent entre

les régions, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud restant à la

traîne. Et l’écart entre zones rurales et urbaines reste immense.

La biodiversité

Le monde n’a pas atteint la cible de 2010 visant à ralentir la perte

de biodiversité. Près de 17 000 espèces végétales et animales

risquent l’extinction aujourd’hui, et le nombre d’espèces menacées

de disparition augmente chaque jour. En dépit d’investissements

accrus, on ne s’attaque pas suffisamment aux principales

causes de la perte de biodiversité (taux élevés de consommation,

perte d’habitat, espèces invasives, pollution et changement climatique).

La déforestation

La déforestation s’est ralentie, mais reste particulièrement rapide

dans certaines régions du monde connaissant la plus grande

diversité biologique. Des programmes de reboisement, combinés

avec l’expansion naturelle des forêts dans certaines régions,

ont permis d’ajouter plus de 7 millions d’hectares de forêts par

an. Grâce à cela, la perte nette de zones forestières pendant la

période 2000-2010 a été réduite à 5,2 millions d’hectares par

an, au lieu des 8,3 millions d’hectares par an constatés en 1990-

2000. L’Amérique du Sud et l’Afrique montrent toujours la plus

grosse perte nette de forêts.

Les taudis

La cible visant à améliorer la vie d’au moins 100 millions d’habitants

des taudis a déjà été doublement atteinte. Au cours des dix

dernières années, plus de 200 millions d’habitants des taudis

ont obtenu un accès à une eau et des équipements sanitaires

améliorés ainsi qu’à des logements durables et moins encombrés,

ce qui a grandement accru leurs chances d’échapper à la

pauvreté, la maladie et l’analphabétisme. Même si la proportion

de la population urbaine vivant dans des bidonvilles est passée de

39 à 33 % au cours des dix dernières années, le nombre absolu

d’habitants de taudis est en hausse dans le monde en développement

et continuera d’augmenter dans un avenir proche. Il serait

à présent d’environ 828 millions, contre 657 millions en 1990 et

767 millions en 2000.

63


La contribution belge

Le monde entier au chevet du climat

Le développement durable compte parmi les thèmes prioritaires de la Coopération belge au développement.

Les projets font le plus possible la part belle aux préoccupations climatiques en tant que thème transversal.

Depuis 2008, la lutte contre le changement climatique occupe également une place essentielle. Pour

la Belgique, la synergie avec d’autres problèmes environnementaux tels que la disparition de la biodiversité

mondiale et la désertification est fondamentale. La pollution des eaux et la gestion des déchets sont des

préoccupations moins médiatisées mais elles sont tout aussi importantes dans la mise en place du développement

durable.

Les négociations sur le climat à Cancun et les pourparlers à propos de la biodiversité à Nagoya ont été les

deux événements marquants de 2010 en matière environnementale. Les pays industrialisés ont été priés

de rendre un rapport sur les méthodes qu’ils comptent employer afin de respecter les engagements financiers

pris à Copenhague. La Belgique a elle aussi consenti des efforts afin de ne pas manquer à l’obligation

selon laquelle les pays industrialisés devraient apporter conjointement 30 milliards de dollars au cours de

la période 2010-2012. Ce « financement à mise en œuvre rapide » doit, d’une part, aider les pays en

développement à prendre des mesures urgentes destinées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre

(adoucir ou modérer) et, d’autre part, encourager leur adaptation au changement climatique (adaptation).

Le renforcement des capacités et le transfert de technologies font partie des thèmes prioritaires du financement

à mise en œuvre rapide.

Contributions multilatérales

Les contributions financières belges à cet Objectif du Millénaire passent principalement par des

institutions internationales telles que le Fonds pour l’environnement mondial et le Programme des Nations

Unies pour l’environnement.

Le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) constitue le mécanisme financier des trois principales

conventions environnementales pour la coopération au développement : le traité sur le climat, le traité

sur la biodiversité et le traité en matière de lutte contre la désertification. Des négociations relatives

aux moyens ont été menées en 2010. Au cours de cette même année, la contribution annuelle belge a

considérablement augmenté : de 11,5 à 17 millions d’euros. De nouveaux accords internationaux destinés

à renforcer les efforts en matière d’environnement durable, expliquent l’augmentation des moyens

octroyés au FEM.

Dans le cadre du financement du climat, la Belgique a augmenté sa contribution au FEM, outre ses engagements,

de 10 millions d’euros pour des investissements dans la gestion durable des forêts. Notre apport de

10 millions d’euros au fonds pour l’adaptation au changement climatique des pays les moins avancés (Least

Developed Countries Fund) s’inscrit également dans le cadre de cet engagement. BIO, la Société belge

d’Investissement pour les pays en développement, a bénéficié de 20 millions d’euros afin de lui permettre

d’investir dans son programme d’énergies renouvelables.

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a pu compter en 2010 sur un apport

volontaire de 3 millions d’euros consacrés aux moyens généraux. La Belgique a décidé de soutenir les

institutions et les programmes des Nations Unies par le biais de contributions aux budgets généraux (core

funding) afin de cette manière de renforcer l’efficacité et la force de ces organisations.

Il convient à cet égard de mentionner « l’Initiative Pauvreté et Environnement » (IPE), une initiative

conjointe du PNUE et du PNUD très importante. L’IPE tente d’intégrer la question environnementale aux

programmes de lutte contre la pauvreté de quatre « ONE UN » pays-pilotes ainsi que des partenaires de

la Belgique : le Mozambique, le Rwanda, la Tanzanie et le Vietnam. Les expériences acquises ont permis

de mener un dialogue politique entre l’Equipe pays des Nations Unies et les pays en développement. L’IPE

a également influencé les directives environnementales du Plan Cadre des Nations Unies pour l’Aide au

Développement (UNDAF).

64 DGD Rapport annuel 2010


A travers la recherche agricole internationale du Groupe consultatif pour la Recherche agricole internationale

(CGIAR), la Belgique soutient la préservation de la biodiversité, l’adaptation au climat et la lutte

contre la désertification. Parmi les exemples concrets, citons la banque de gènes de bananiers de la KU

Leuven (Bioversity’s International Transit Centre) qui bénéficie annuellement d’un soutien financier d’environ

600.000 euros. A travers ses recherches, ce centre reconnu dans le monde entier contribue à la préservation

et à l’amélioration de la banane. Cette action est très importante car la banane constitue l’alimentation

de base de plus de 400 millions de personnes dans les pays du Sud.

Le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA, basé en Syrie) et l’Institut

international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT, basé en Inde), sont

deux centres appartenant au CGIAR chargés de mener des études agricoles dans le domaine de la désertification.

Efforts bilatéraux

La coopération bilatérale accorde une attention croissante au changement climatique dans nos pays

partenaires. Le programme de coopération avec le Maroc fait clairement la part belle à la gestion environnementale

durable et au changement climatique. La Belgique adhère au « Plan vert du Maroc » et soutient

le secteur agricole et aquatique fortement touchés par le changement climatique et la désertification.

Cette action reflète la stratégie belge consistant à s’engager au cours des prochaines années dans la lutte

contre le changement climatique et dans le domaine environnemental à travers la coopération bilatérale et

déléguée. Un cycle de formation interne relatif à l’environnement et au climat, mis en place en 2010, doit

encourager l’application de cette stratégie.

La valeur de l’extraction des ressources sera énorme. Et l’histoire

de l’aide au développement deviendra complètement secondaire si

cet argent est bien géré. Il s’agit de la plus grande opportunité que

l’Afrique ait jamais eue.

Le Professeur Paul Collier, Université d’Oxford, annonçant le lancement de la Charte des Ressources

Naturelles, une série de principes pour guider des gouvernements dans la gestion des ressources naturelles.

Journées européennes du développement, 6-7 décembre 2010

Nos efforts consentis afin d’endiguer la disparition de la biodiversité mondiale se sont notamment traduits

pas une aide apportée à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB). Celui-ci est le

point de concentration national de la Belgique en ce qui concerne la Convention sur la diversité biologique.

L’expertise scientifique de l’IRSNB est notamment exploitée dans le cadre d’un renforcement des capacités

en matière de protection de la biodiversité dans les pays du Sud.

Au cours de l’Année de la biodiversité, la Coopération belge au développement a soutenu une expédition

scientifique sur le Fleuve Congo, entreprise par un consortium d’institutions belges et congolaises. A la

suite de cette initiative, un centre d’étude de la biodiversité a été créé à l’Université de Kisangani.

En 2010, le Prix de la Coopération belge au développement était placé sous le thème de la biodiversité

et entendait récompenser de jeunes chercheurs pour leurs études dans le domaine du développement.

65


Cas 1

Stimuler la gestion commune des

forêts

Bolivie

La Belgique a apporté son soutien à l’initiative du vice-ministre

bolivien de la Coca et du Développement intégral. Une première

phase du projet d’exploitation intégrale et durable des

ressources forestières s’est clôturée en 2010.

D’excellents progrès ont été observés au cours des 3 premières

années d’intervention, tant au sein des organisations sociales, dont

les groupes de population de Yuqui et de Yuracaré, que dans les

institutions locales. Ces dernières sont l’association intercommunale

de Trópico de Cochabamba et les 5 communes de son

territoire.

Le problème principal fut le recul accéléré de la superficie

forestière du à l’abattage volontaire des arbres. Le projet est

parvenu a transformer ce type d’exploitation en un système de gestion

et de commercialisation convenable de la superficie forestière.

Ce changement important a profité à 479 communautés qui vivent

dans les forêts et qui utilisent le bois dans le cadre de diverses

activités.

Le projet était aussi consacré à la structure organisationnelle et

sociale et a pu compter sur une excellente collaboration entre les

communes. Celles-ci ont distribué 6,2 millions de plantes, ce qui

représente plus de 5.000 ha de zones forestières et agricoles.

Sucre

Source de revenus durables

Gerardo Rodríguez, directeur national du projet nous a exposé

quelques facteurs qui ont contribué à son succès. «Nous avons

présenté la vision de la «gestion forestière commune», permettant

ainsi d’impliquer la communauté dans la gestion de ses propres ressources

forestières. Nous souhaitons non seulement que les familles

puissent vivre grâce à ces ressources, mais qu’elles s’assurent également

que les forêts ne soient plus dévalisées.»

Hermenegildo Rojas, agriculteur du Syndicat Nuevo Horizonte–

commune d’Entre Ríos: «Je cultive désormais du tanimbuca, des

amandiers et d’autres variétés sur une superficie de deux hectares.

Des techniciens nous ont enseigné les méthodes de plantation, nous

ont communiqué les distances à respecter, la façon d’élaguer... Je

sais que nous devons faire preuve d’un peu de patience avant de voir

de véritables résultats commerciaux.»

Le fait que certains agriculteurs qui avaient officiellement inscrit

leurs plantations aient pu les utiliser pour bénéficier de prêts leur

permettant de satisfaire d’autres besoins compte parmi les résultats

directs.

A travers cette initiative, cette population peut utiliser ses ressources

(sous la forme de bois ou non). Il existe désormais un meilleur équilibre

entre le prix du bois en tant que matière première et celui du

produit final lorsqu’il quitte la scierie.

© CTB

Bien que le projet ait été lancé il y a seulement 3 ans, il a tout de

même permis de jeter les bases du développement forestier souhaité.

Le projet a non seulement donné une perspective d’avenir à l’économie

locale, mais il est aussi la garantie de la durabilité de l’environnement.

La phase de consolidation du projet doit confirmer cet objectif.

66 DGD Rapport annuel 2010


Cas 2

L’eau et l’assainissement dans les

régions isolées

Bolivie

La Bolivie se caractérise par une très faible densité de population

(8,78 habitants au km²). L’étendue du pays et les conditions

rigoureuses de « l’Altiplano » (massif montagneux situé à 4.000m

d’altitude) rendent la vie difficile. En dépit de l’exode rural vers les

grandes villes telles qu’El Alto, Santa Cruz de la Sierra, La Paz ou

Cochabamba, la population rurale continue à croître légèrement.

Selon les prévisions, en 2015, 3,6 millions de personnes - 1/3 de la

population – vivront encore dans les campagnes, la grosse majorité

dans des communautés de moins de 500 membres.

L’accès à l’eau et à un système d’assainissement est un défi de

taille pour ces habitants qui vivent généralement dans des zones

isolées. Les micro-interventions au sein de ces petites communautés

ne sont pas suffisamment rentables. Il est dès lors plus simple

d’investir dans les zones urbaines. Trop souvent, les investisseurs

ignorent les plus petites communautés rurales.

© Unicef

L’UNICEF fait partie des rares organisations impliquées dans l’amélioration

de l’accès à l’eau et à un système d’assainissement

dans les communautés de moins de 500 habitants. Le 7e Objectif

du Millénaire constitue à cet égard une priorité : réduire de moitié

la population qui n’a pas accès à l’eau et à un système d’assainissement.

Depuis peu, cet accès est considéré comme un droit

humain par les Nations Unies. La Bolivie a lourdement pesé sur

cette décision.

Sucre

Pour Koenraad Vancraeynest, volontaire des Nations Unies pour

l’UNICEF en Bolivie, contribuer aux actions de l’UNICEF fut une

expérience très enrichissante. « Les interventions ne se limitent

pas aux aspects techniques des puits de forage, des systèmes de

pompage ou des toilettes. Les travaux d’infrastructure sont insuffisants

pour engendrer un impact réel sur la santé des enfants et des

familles. Une approche intégrale, ne négligeant pas le développement

communautaire et l’importance de l’hygiène, est essentielle

dans la lutte contre la diarrhée et la mortalité infantile. La Bolivie

compte parmi les régions les plus touchées par ces deux fléaux. Le

fait de se laver régulièrement les mains à l’aide de savon entraîne

déjà une diminution de 44 % des cas de décès dus à la diarrhée. Le

recours à l’assainissement des eaux est à l’origine d’une chute de

36 % de ces cas et l’utilisation correcte des équipements sanitaires

permet de réduire leur nombre de 32 %. »

Pour l’UNICEF, il est fondamental que les communautés rurales disposent

des capacités qui leur permettront à l’avenir de se charger

des interventions dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

C’est la raison pour laquelle la responsabilité de la majorité du cycle

du projet a été confiée à la commune. L’UNICEF apporte son aide

technique et financière. Koenraad Vancraeynest : « Pour chaque

boliviano investi par l’UNICEF au sein de la communauté, la commune

verse un boliviano supplémentaire. Il s’agit d’une évolution

très prometteuse pour les communes soucieuses du développement

durable mais dont le budget est très limité. »

67


Cas 3

Une gestion intelligente des déchets

à Sikasso

Mali

Afin d’améliorer le système de gestion des déchets dans la ville de

Sikasso, dans le sud du pays, la Belgique a investi plus de 2 millions

d’euros dans la construction d’une décharge moderne, la première

du pays. Théoriquement, l’administration de la ville devrait, selon les

principes de décentralisation, être responsable de la poursuite de

l’assainissement des déchets, bien qu’elle ne dispose toujours pas

des moyens financiers ni des connaissances nécessaires. Notre pays

a tout de même dépêché sur place un expert international en déchets,

Nadine Dulac, afin de renforcer la gestion locale de Sissako.

Nadine Dulac avoue que la gestion contrôlée des déchets fait également

partie d’un environnement durable. Pour ce faire, un changement

de mentalité s’impose. « Notre intervention repose sur le principe

des « quatre R » : réduire, revaloriser, recycler et récupérer. Je

suis conseillère auprès des services urbains décentralisés en charge

de l’assainissement et de l’administration de la ville. »

Elle nous cite l’exemple du transport des déchets vers la décharge

et les contrats avec les collecteurs de déchets privés. Nadine Dulac

étudie actuellement dans un quartier les possibilités d’optimiser la

Bamako

collecte des déchets à travers l’utilisation de charrettes (moins polluantes

que les camions). Elle se rend à la fois sur le terrain et sur

internet dans le but de rassembler certaines données telles que la

longueur des rues à balayer ou la densité des quartiers.

Les premiers résultats sont déjà observés. D’après la spécialiste,

Sikasso est beaucoup plus propre que la capitale Bamako. Les deux

marchés de la ville sont nettoyés tous les jours et les poubelles sont

vidées. L’administration de la ville a également eu une excellente

idée : 20 « contrôleurs de l’hygiène » s’assurent que les habitants

jettent leurs déchets dans les poubelles et que les ménages soient

sensibilisés à cette thématique.

© Thomas Hiergens

68 DGD Rapport annuel 2010


Cas 4

Amélioration du niveau de vie dans

les bidonvilles de Kampala

Ouganda

Kampala est la capitale de l’Ouganda. Durant la journée, cette

ville est une véritable fourmilière de près de 3 millions de personnes.

Environ 1,2 million d’entre elles y passe la nuit, et ce

chiffre augmente chaque année de 4 %. Pas moins de 60 % de

ses habitants vivent dans des bidonvilles. Les maisons sont très

exigües et en mauvais état. Elles disposent rarement de sanitaires

et sont à peine reliées au réseau de distribution d’eau potable.

Lorsqu’il pleut, les routes se transforment en bourbier et

les maisons sont inondées car les déchets bloquent l’écoulement

des eaux.

Le développent rapide de la ville représente un véritable cassetête

pour son administration. Les capacités sont insuffisantes et

ne permettent ni de planifier ni de mettre en œuvre l’infrastructure

nécessaire. C’est la raison pour laquelle la Belgique a mis

en place depuis 2006 dans trois quartiers de cette mégalopole

un projet prévoyant l’amélioration du réseau routier, sanitaire et

d’eau potable. Ce projet doit se terminer en 2011. La Belgique

aura alors dépensé 4 millions d’euros sur toute sa durée.

Kampala

Le prix de l’eau est extrêmement démocratique : pour un jerricane

de 20 litres, les habitants paient moins de la moitié du tarif pratiqué

sur le réseau commercial.

Harriet Mbabazi remplit chaque jour ses jerricanes au point de

Kisenyi. « Ce système représente une importante évolution. Je

viens chercher de l’eau tous les jours et j’économise de l’argent.

Je ne dois plus parcourir des kilomètres sur des chemins tortueux

avec mes jerricanes à la main. Le week-end, je vais remplir quatre

jerricanes car je dois nettoyer la maison et faire la lessive. »

L’amélioration du réseau routier et d’égouts prise en charge par

l’Agence belge de développement est un véritable moteur de

développement : les propriétaires d’habitations sont désormais

en mesure de construire de meilleurs logements. De plus, 35

groupes de toilettes publiques ont été bâtis. Ils sont gérés par

des délégués locaux. Pour y accéder, les utilisateurs paient une

modeste contribution.

Les points de distribution d’eau publics améliorent l’accès

à de l’eau potable saine. Une trentaine ont déjà été installés.

Ils rencontrent un tel succès que les autorités envisagent d’en

construire d’autres. Les habitants viennent remplir leurs jerricanes

à ces points d’eau et paient au moyen d’une puce prépayée

insérée dans une clé.

© One for Ten

69


Cas 5

Une collaboration scientifique plus

intense

RD Congo

Kinshasa

Depuis plusieurs années, la coopération belgo-congolaise investit

dans le développement du secteur agricole ainsi que dans la sauvegarde

des écosystèmes forestiers à Kisangani et dans sa région.

Ces activités sont principalement réalisées à travers le Fonds

belge pour la Sécurité alimentaire, la coopération au développement

multilatérale et indirecte. La coopération dans ces domaines

a récemment été largement renforcée.

Le nouveau programme de coopération 2010-13 entre la Belgique

et la RDC retient l’agriculture et le développement rural parmi deux

de ses trois secteurs prioritaires. Par ailleurs, le district de la

Tshopo (Kisangani et sa région) a été choisi pour faire partie des 4

zones d’intervention des activités en matière d’agriculture et de développement

durable. La recherche agronomique se voit attribuer

un rôle essentiel dans le cadre du développement et de l’exécution

des programmes agricoles, pour lesquels des budgets conséquents

ont été débloqués. L’exécution des programmes a été confiée à

l’agence belge de développent CTB.

© DGD / Thomas Hiergens

Dans le cadre du 50e anniversaire de l’indépendance du Congo,

une expédition scientifique internationale a été menée afin de dresser

l’inventaire de la biodiversité sur les rives du Fleuve Congo. Les

scientifiques en sont revenus avec une foule de nouvelles données

et ont découvert des espèces animales inconnues. Cette initiative

a également mené à la création du Centre de la Surveillance de la

Biodiversité à l’Université de Kisangani (UNIKIS). Ces activités, qui

ont également bénéficié du soutien du jardin botanique national de

Belgique (Meise), sont en partie financées par la Coopération belge

au développement, la Politique scientifique et la Loterie Nationale.

Croissance de la collaboration structurelle

Depuis quelques années, la collaboration scientifique belgo-congolaise

s’est intensifiée. Les facultés des sciences et d’agronomie

de l’UNIKIS ont entamé des partenariats avec les universités

belges. Le Conseil interuniversitaire flamand a récemment décidé

d’amplifier structurellement sa collaboration à travers un programme

institutionnel de coopération à long terme intitulé « agriculture/

biodiversité ».

La Politique scientifique fédérale a également pris la décision il y

a peu de financer 2 projets scientifiques au sein de la Man and

Biosphere Reserve à Yangambi, à 100 kilomètres à l’ouest de Kisangani.

Les projets ont pour objectif le renforcement des liens entre

le climat et la biodiversité. La réserve est extrêmement adaptée à

ce type de recherche. En outre, le World Wildlife Fund (WWF) mène

un projet régional, grâce au soutien financier de la Coopération

belge au développement, dans trois Man and Biosphere Reserves

de l’UNESCO, parmi lesquelles la réserve de Yangambi.

De plus, les universités belges et les institutions scientifiques fédérales

se mobilisent pleinement dans le cadre des activités financées

par la Commission européenne, tant à l’UNIKIS qu’au sein de

l’herbarium de Yangambi de l’INERA.

Il est évidemment essentiel de coordonner cette multitude

d’activités au niveau institutionnel et opérationnel. Le recteur de

l’UNIKIS a à cet égard pris l’initiative concernant la coordination

dans son établissement. L’attaché local auprès de la coopération

internationale à Kisangani joue également un rôle essentiel. Pour

terminer, la Coopération belge au développement organise également

la concertation avec l’ensemble des partenaires à Bruxelles.

70 DGD Rapport annuel 2010


La connaissance et la politique de développement s’associent

KLIMOS - la plateforme de recherche sur le Climat et la Coopération au

développement

La plateforme de recherche KLIMOS soutient la Coopération belge au développement à travers l’élaboration

d’une politique respectueuse de l’environnement. Elle mène des recherches en appui à la

politique dans les domaines énergétique et forestier, en matière de sécurité alimentaire et à propos de

l’évaluation de la durabilité.

Des recommandations stratégiques ont été émises en 2010 en ce qui concerne les possibilités relatives

au programme REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) dans les régions

semi-arides et désertiques. KLIMOS plaide non seulement en faveur d’une réduction des émissions de

gaz à effet de serre à travers le ralentissement de la déforestation mais propose également d’étendre

les négociations climatiques sur le programme REDD au REALU (reducing emissions from all land

uses). Cette approche requiert un nouveau regard sur la gestion forestière et de l’écosystème prenant

en compte les émissions de gaz à effet de serre, dont tous les pays sont responsables. De cette

manière, les communautés et pays en voie de développement vulnérables situés dans des régions

arides et semi-arides sont en mesure de prendre part aux initiatives destinées à réduire les émissions

de gaz à effet de serre.

En 2010, une série de formations ont encore été organisées à l’attention du personnel de la DGD

à propos du changement climatiquement et environnemental et la coopération au développement.

KLIMOS s’est chargée de certaines d’entre elles et a apporté un fondement scientifique. La plateforme

continuera au cours des prochaines années à soutenir ce renforcement interne des capacités.

KLIMOS a mis au point un « environmental sustainablility toolkit » (voir interview). Cet outil permet

d’intégrer la thématique environnementale aux accords de partenariat, programmes et projets de la

Coopération belge au développement. En 2010, KLIMOS a principalement travaillé sur la convivialité

et l’application du kit. Une version de démonstration a été testée lors de la préparation de divers programmes

et projets de coopération.

71


Instruments innovants

Interview de Jean Hugé et Tom Waas, chercheurs à la Vrije Universiteit Brussel et

responsables de la création du toolkit de la plateforme KLIMOS.

Que contient exactement ce kit et quel objectif

poursuivez-vous ?

« Il rassemble des informations, méthodes et processus destinés à

intégrer le développement durable, en particulier l’environnement,

au sein de la Coopération belge au développement. Il est adapté à

la DGD. Mais d’autres acteurs doivent également être capables de

l’utiliser. Citons à cet égard l’Agence belge de développement CTB,

les ONG et, bien entendu, les pouvoirs publics dans les pays du Sud.

Le kit se compose de deux parties : une banque de données regorgeant

d’informations et une « screening note » afin de permettre

l’analyse de durabilité environnementale d’un projet ou programme.

Le choix des informations dépend tant de la quantité, du niveau

de compréhension et de l’accessibilité des profanes de la question

environnementale que de leur valeur scientifique. »

S’agit-il d’un « test climatique » ?

« Non et ce, pour deux raisons. Tout d’abord, il ne se limite pas au

climat et englobe d’autres aspects en matière de durabilité environnementale

tels que la biodiversité et la désertification. Mais la

DGD a insisté sur le fait que l’accent soit mis sur le climat. Ensuite,

le kit est un outil d’intégration de la durabilité environnementale.

Il peut servir d’outil d’évaluation et permettre ainsi de corriger au

lieu de tester. De plus, ce kit est un outil pédagogique en matière

de thèmes environnementaux traités et de développement durable

pour tous les acteurs. »

Ce kit peut-il être appliqué à tous les canaux d’aide de

la Coopération belge au développement ?

« Oui, selon que l’utilisateur travaille sur un projet, une note de

base, un Programme indicatif de coopération ou un appui budgétaire.

L’utilisation combinée de la screening note et de la banque de

données a été étudiée en fonction des projets. Vous pouvez donc

répondre aux questions de la note à l’aide des informations mises

à jour issues de la banque de données. Cette dernière est extrêmement

utile dans le cadre de l’élaboration d’une note de base et

d’un programme de coopération car cette opération requiert des

informations rapidement mises à jour. »

Quels sont vos projets à propos du kit ?

« Nous allons le développer peu à peu et apporter quelques modifications

afin de l’améliorer. Nous allons également l’appliquer à des

cas concrets dans des pays du Sud, notamment dans la province de

Limpopo en Afrique du Sud et ce, en collaboration avec les autorités

locales et une université de la région. »

Jean Hugé et Tom Waas

72 DGD Rapport annuel 2010


Le succès de l’Union européenne à Nagoya

Un instant historique pour notre biodiversité

Nagoya (Japon), le 30 novembre 2010, 3 heures du matin. Les membres de la 10e Conférence des

parties à la convention sur la diversité biologique laissent éclater leur joie. A l’issue de longues négociations,

les trois dossiers essentiels ont enfin été approuvés : le Protocole de Nagoya, le plan stratégique

2011-20 en matière de biodiversité et la stratégie de mise en œuvre des moyens.

Des sources génétiques

Les pays caractérisés par une riche biodiversité, principalement ceux du Sud, ont encouragé le Protocole

de Nagoya (également appelé le Protocole ABS). L’accord prévoit un cadre juridique contraignant

en matière d’accès à des sources génétiques. Il met également en place une répartition équitable des

bénéfices provenant de l’exploitation commerciale de ces sources. Concrètement, chaque entreprise

(du secteur pharmaceutique, alimentaire, forestier, de l’horticulture…) souhaitant faire appel à des

sources génétiques dans ses activités commerciales doit au préalable obtenir l’autorisation du pays

d’origine. L’entreprise doit alors dédommager ce pays sous la forme de brevets communs, de sommes

d’argent, de transferts technologiques ou de renforcements de capacités.

De nouveaux moyens

Les pays du Sud ont également obtenu des garanties en matière d’octroi de nouveaux moyens financiers

pour la conservation de leur biodiversité. Ils ont même espéré l’espace d’un instant un engagement

permanent de la part des pays industrialisés. Le Brésil avait ainsi proposé un montant de 200

milliards de dollars sur 10 ans. Mais les membres se sont plutôt mis d’accord sur une définition des

mécanismes financiers au cours des 2 prochaines années et de l’ampleur.

© Thomas Hiergens

Au cours des négociations, les pays du Sud ont insisté sur un renforcement de la coopération au développement

officielle en matière de biodiversité. L’Union européenne a cependant proposé de compléter

cette aide à l’aide de mécanismes financiers innovants (marchés verts, systèmes de perception,

partenariats publics-privés…). Elle s’est heurtée à la méfiance de certains pays qui suspectent les

nations industrialisées de vouloir se soustraire à leurs engagements à travers ces mécanismes. Le

débat est reporté à 2 ans.

Plan stratégique

Pour sa part, l’Union européenne attendait avec impatience un plan stratégique ambitieux et encourageant

pour la période 2011-2020. Le résultat est plutôt médiocre. Le plan contient 20 objectifs pour 5 missions

stratégiques. Les exigences sont moins élevées que prévu en ce qui concerne un certain nombre de ces

objectifs. A l’horizon 2020, seuls 17 % des territoires à travers le monde devront être protégés (contre

13 % actuellement). Aucune mesure concrète n’a été prise pour les forêts. En revanche, la sauvegarde

du milieu marin a été pour sa part renforcée : des mesures ont été définies afin de réduire la pression qui

pèse sur les ressources halieutiques, de protéger les récifs coralliens et de considérer 10 % des régions

maritimes en tant que milieu protecteur.

«Nagoya» n’est pas un «Copenhague bis». Dans ce domaine, la Belgique a assumé avec brio ses fonctions

de présidente de l’Union européenne. L’Union s’est montrée unanime et a su défendre son point de vue

de manière convaincante.

73


L’Année de la Biodiversité et zoom sur la République

démocratique du Congo

L’ONU a déclaré 2010 comme l’Année internationale de la Biodiversité. La Coopération belge au développement

a été tout au long de l’année l’instigatrice de nombreux événements destinés à attirer

l’attention sur la biodiversité mondiale.

Institutions scientifiques fédérales

Les institutions scientifiques fédérales ont mis au point des projets spéciaux afin de renforcer les

connaissances dans le domaine de la biodiversité. Des expéditions, expositions, événements, publications

et projets de recherche ont vu le jour en 2010. Citons à cet égard la grande Fête des abeilles de

l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. A travers ses activités de sensibilisation, la Coopération

belge au développement a également accordé une attention particulière à cette thématique.

Expédition Biodiversité Congo 2010

L’expédition Biodiversité Congo 2010 a démarré en avril. Pas moins de 67 scientifiques ont navigué sur

le Fleuve Congo et ses affluents afin d’étudier pendant 47 jours les ressources biologiques de la forêt

tropicale, l’une des plus méconnues au monde. La DGD a fourni les subsides les plus importants car le

projet présente un large volet sur le renforcement des capacités des scientifiques congolais : soutien

scientifique et matériel, fondation d’un centre sur la biodiversité, rassemblement de collections de référence

propres et développement du monde scientifique congolais.

© DGD / Thomas Hiergens

50e anniversaire de l’indépendance du Congo

L’Année internationale de la Biodiversité et le 50e anniversaire de l’indépendance du Congo représentaient

l’occasion idéale non seulement de lancer l’expédition, mais également d’organiser une multitude

d’activités socioculturelles. Que ce soit au Congo ou en Belgique, le 50e anniversaire a mobilisé des

dizaines de milliers de personnes et ce, avec le soutien de la Coopération belge au développement.

74 DGD Rapport annuel 2010


76 DGD Rapport annuel 2010

© Tim Dirven


Objectif du Millénaire 8

Partenariat mondial pour le développement

- Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non

discriminatoire. Cela suppose un engagement en faveur d’une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la

pauvreté, aux niveaux tant national qu’international.

- S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés. La réalisation de cet objectif suppose l’admission en franchise

et hors contingents de leurs exportations, l’application du programme renforcé d’allégement de la dette des pays

pauvres très endettés, l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, et l’octroi d’une aide publique au

développement plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté.

- Répondre aux besoins particuliers des Etats enclavés et des petits Etats insulaires en développement.

- Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement par des mesures d’ordre national et international

propres à rendre leur endettement viable à long terme.

- En coopération avec les pays en développement, créer des emplois décents et productifs pour les jeunes.

- En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays

en développement.

- En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de

l’information et de la communication, à la portée de tous.

Le partenariat et la responsabilité collective, qui figurent dans

l’OMD 8 explicitement axé sur la politique, sont les pierres angulaires

de la Déclaration du Millénaire de l’an 2000. Une politique

internationale et nationale sont indissociables, raison pour laquelle

l’état des lieux mondial et la contribution belge sont exposés

conjointement dans ce chapitre.

La Déclaration du Millénaire appelle tous les pays à contribuer à la

dignité humaine, à l’égalité et à l’équité. Cette Déclaration estime

que certaines valeurs fondamentales doivent sous-tendre les relations

internationales : liberté, égalité, solidarité, tolérance, respect

de la nature et partage des responsabilités. Dans le chapitre consacré

au développement et à la lutte contre la pauvreté, la Déclaration

du Millénaire mentionne le droit au développement et la nécessité

de créer un contexte propice à ce développement.

Ce deuxième aspect se traduit notamment par le principe de

cohérence des politiques en matière de développement. L’Union

européenne a déjà pris l’initiative dans ce domaine depuis longtemps.

La Déclaration du Millénaire stipule également qu’une

gestion correcte tant au niveau national qu’international est une

condition essentielle afin de réaliser les OMD.

Parmi ces approches globales de l’OMD 8, 6 sous-catégories

ont été définies : (1) l’aide publique au développement (ODA),

(2) une cohérence entre les politiques en matière de développement,

(3) des financements innovants pour le développement, (4)

une gestion correcte et la lutte contre la corruption, (5) les Etats

fragiles et (6) le MOPAN. Voici une description plus détaillée de

ces sous-catégories.

77


Situation actuelle dans le monde

Les faits en bref

- L’aide publique au développement représente pour l’instant 0,31 % du revenu national combiné des

pays développés, soit bien en deçà de la cible onusienne de 0,7 %. Cinq pays donateurs seulement

ont atteint ou dépassé cette cible.

- Le poids de la dette a diminué pour les pays en développement et reste largement en dessous de ses

niveaux historiques.

- Une personne sur six seulement a accès à internet dans le monde en développement.

L’APD

Le niveau de l’aide publique au développement (APD) est de plus en plus élevé, en dépit de la crise

financière, mais l’Afrique n’en reçoit pas assez et l’aide reste en dessous des attentes. Les décaissements

nets d’APD ont atteint un montant historique de près de 120 milliards de dollars en 2009. En

termes réels, cela représente une légère hausse de 0,7 % par rapport à 2008, même si l’APD en dollars

actuels a baissé de plus de deux pour cent. À l’heure actuelle, le niveau 2010 d’APD devrait se situer

aux alentours de 126 milliards de dollars.

Pour la plupart des pays donateurs, l’aide reste largement en deçà de la cible onusienne de 0,7 % du

produit national brut. Cinq pays donateurs seulement ont atteint ou dépassé la cible onusienne : le

Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. L’aide se focalise de plus en plus sur

les pays les plus pauvres, les pays les moins avancés recevant environ un tiers du total des flux d’aide.

L’accès aux marchés

Les pays en développement bénéficient à présent d’un accès aux marchés des pays développés. La

proportion des importations des pays développés, à l’exclusion des armes et du pétrole, en provenance

des pays en développement a atteint près de 80 % en 2008, ce qui représente un véritable bond par

rapport aux 54 % de la décennie précédente. Les droits de douane que touchent les pays développés

sur les produits agricoles, les textiles et les vêtements restent élevés. Mais les pays les moins avancés

bénéficient toujours de tarifs préférentiels, surtout sur les produits agricoles (1,6 % contre 8 % pour

les autres pays en développement).

La dette

Le poids de la dette s’est allégé pour les pays en développement et reste largement en dessous de

ses plus hauts niveaux historiques. Quarante pays remplissent les conditions pour un allégement de la

dette dans le cadre de l’initiative mise en place en faveur des pays pauvres très endettés. Trente-cinq

d’entre eux ont vu leurs futurs remboursements réduits de 57 milliards de dollars, et 28 ont reçu une

aide supplémentaire de 25 milliards de dollars dans le cadre de l’initiative multilatérale pour l’allégement

de la dette.

L’accès aux nouvelles technologies

L’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC) s’étend. Au niveau mondial,

quelque 4,6 milliards de personnes avaient accès à la téléphonie mobile fin 2009 – l’équivalent d’un

abonnement au téléphone cellulaire pour 67 habitants sur 100. La croissance de la téléphonie mobile

est toujours la plus forte dans le monde en développement, où la pénétration a passé la barrière des

50 % fin 2009. L’accès à Internet continue de s’étendre, mais ne concerne toujours pas la majorité des

habitants de la planète. Fin 2008, 23 % de la population mondiale se servaient d’internet. Dans les

régions développées, le pourcentage reste bien plus élevé que dans le monde en développement, où

seulement une personne sur six est en ligne.

78 DGD Rapport annuel 2010


L’aide publique au développement apportée par la Belgique (APD)

Le trajet d’évolution garde le cap

En 2000, le gouvernement belge s’est engagé à atteindre dès 2010 la norme des Nations Unies imposant

aux pays industrialisés de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut (RNB) à la coopération

au développement. L’évolution vers ces 0,7 % a été définie en 2002 par une loi. Les objectifs belges

sont plus ambitieux que ceux de l’Union européenne, laquelle s’est fixé jusqu’à 2015 pour atteindre

cette norme.

Cette évolution a été suivie jusqu’en 2005. En 2006 et 2007, les dépenses à charge du budget fédéral

en matière de coopération au développement ont légèrement baissé, à l’instar des opérations d’allègement

de dette dans le cadre du Club de Paris. Par conséquent, l’aide publique au développement a

à peine atteint 0,43 % en 2007. Ce chiffre correspond quasiment à celui de 2002, l’année au cours de

laquelle l’évolution a été fixée par une loi.

© fauxto digit

Des chiffres historiquement élevés

Afin d’inverser la tendance négative, l’engagement du gouvernement d’atteindre les 0,7 % en 2010 a

été reconfirmé au sein de l’accord gouvernemental de mars 2008. Depuis lors, l’aide publique belge

au développement a augmenté de 0,48 % en 2008 à 0,64 % en 2010. Bien que ce pourcentage soit

historiquement élevé, la Belgique ne respecte pas encore son engagement de 0,7 % en 2010.

Le budget fédéral de la coopération au développement explique la croissance importante de ces dernières

années. En effet, ce budget est passé de 954 millions d’euros en 2007 à près de 1460 millions

en 2010. La remise de dette de la RDC a également contribué à ces bons résultats.

La Belgique occupe la 6e place sur la liste du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE

(données 2009 en pourcentage) et ce, après la Suède, la Norvège, le Luxembourg, le Danemark et les

Pays-Bas. Ces 5 pays ont déjà atteint la norme de 0,7 %.

L’aide publique au développement belge se compose de diverses dépenses :

les contributions inscrites au budget de la coopération au développement (environ 60 % du

total) et à celui d’autres autorités fédérales, une partie des frais d’accueil des réfugiés et des

étudiants issus de pays en voie de développement qui effectuent leurs études en Belgique,

les contributions des régions, communautés, provinces et communes ainsi que les remises

de dettes accordées au niveau international.

79


Cohérence de la politique

Le développement ne se limite pas à la coopération au développement

A l’heure de la mondialisation, les défis de la coopération au développement ne se limitent pas à une

simple aide ordinaire. Ils sont liés à des domaines tels que le changement climatique, la migration,

les investissements, la fiscalité, la technologie et la sécurité. Les décisions prises dans le domaine de

la coopération au développement ne suffisent plus pour ce développement. Prenons l’exemple de la

commercialisation sur les marchés internationaux de produits agricoles issus des pays en voie de développement.

Si, d’une part, on encourage cette pratique mais que, d’autre part, on empêche aux agriculteurs

des pays pauvres d’accéder librement à ces marchés, cette règle n’est ni efficace, ni cohérente.

Une bonne politique en matière de développement est donc largement insuffisante pour atteindre les

Objectifs du Millénaire. Cette politique doit également être reliée aux décisions stratégiques prises dans

d’autres domaines. Depuis quelques années, l’OCDE et l’UE s’appliquent à la mise en œuvre de cette

cohérence afin que l’aide au développement puisse en bénéficier.

OCDE-CAD

La Coopération belge au développement fait partie du Comité d’aide au développement (CAD) de

l’OCDE. Le CAD entend fournir des outils aux donateurs et à leurs pays partenaires dans le but de

favoriser une cohérence politique renforcée. Ce principe repose sur trois étapes : un engagement

politique au plus haut niveau, la mise en œuvre des mécanismes de coordination politique, la création

d’un système d’analyses du contrôle et de l’information.

Néanmoins, le CAD est conscient du fait qu’il n’existe pas de recette universelle adaptée à chaque

situation. Dans certains pays comme la Belgique, la coordination de la politique va au-delà de l’engagement

politique.

Coordination de la politique

A l’instar d’autres pays, la Belgique se trouve dans la situation suivante : la coordination de la politique

fonctionne parfaitement bien mais elle ne constitue pas la garantie d’une politique coordonnée et cohérente

en faveur de la coopération au développement. Concrètement, le SPF Affaires étrangères assure

la coordination durant les réunions avec les représentants d’autres SPF et des institutions fédérales.

L’objectif de ces réunions consiste à définir une position belge unique dans le cadre de la préparation

d’une conférence internationale ou d’un conseil des ministres européens. La Coopération belge au

développement peut à cet égard donner clairement son point de vue et demander que les questions

en matière de développement soient prises en considération. Dans ce cas, il s’agit bel et bien de

coordination de la politique mais pas d’une cohérence en faveur de la coopération au développement.

La migration est un autre exemple. On peut réellement parler de cohérence politique dans ce domaine

en faveur de la coopération au développement lorsque des décisions sont également prises dans

d’autres services publics, en fonction de leur impact sur le développement des pays d’origine des

migrants.

Ces exemples démontrent que la cohérence politique en faveur du développement débute dans le

domaine du leadership politique et exige une volonté politique de l’ensemble du gouvernement. Par

ailleurs, de bons mécanismes de concertation sont nécessaires dans le cadre de leur exécution opérationnelle.

Sur la bonne voie

En 2010, le Comité d’aide au développement a procédé à un examen de la Coopération belge au

développement et a rendu l’avis suivant en matière de cohérence politique : « sur la bonne voie ». Le

CAD suggère que la coopération au développement, avec le soutien des ONG, sensibilise le Parlement

et l’opinion publique afin que le gouvernement dans son ensemble puisse se forger un point de vue

fondamental soutenu par le premier ministre. Des premiers efforts ont été consentis en 2010 avec les

ONG mais le contexte politique belge ralentit ce processus.

80 DGD Rapport annuel 2010


Innovation en matière de financement du développement

Réduction du fossé dans le domaine du financement

En marge du Sommet du Millénaire de New York, la Belgique, le Japon et la France ont organisé un

side-event consacré aux mécanismes de financement innovants. Pas moins de 500 représentants

des différents pays et organisations internationales y ont participé. Cet événement fut l’occasion idéale

d’affirmer le point de vue sur ce domaine relativement récent et de promouvoir une série d’initiatives

éloquentes.

© AFD

L’aide du secteur privé peut être délivrée à un niveau où les

organisations donatrices n’ont pas d’emprise. Mais le manque

d’accès aux financements est un facteur critique pour la

plupart des PME dans l’Afrique sub-saharienne.

Thomas Duve, Directeur du département Afrique de la banque allemande de développement KfW.

Journées européennes du développement, 6-7 décembre 2010

Les mécanismes de financement innovants sont perçus comme l’une des solutions potentielles permettant

de réduire le fossé du financement afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire. La conférence

de New York s’est attardée sur leur application dans le secteur de l’éduction et sur les programmes de

santé (achat de médicaments, lutte contre les pandémies telles que le sida et la malaria, financement

de programmes de vaccination…).

Les membres se sont surtout intéressés au rapport sur la taxation du secteur financier en faveur des

objectifs en matière de développement. L’expert belge, Lieven Denys, entre autres, a démontré qu’une

taxation internationale des opérations de change est parfaitement réalisable, tant sur le plan technique

qu’organisationnel. Mais il manque encore une assise politique suffisamment importante afin

de permettre de mettre en œuvre cette mesure. Au cours de cette conférence, la France, le Japon, la

Norvège, le Brésil et l’Espagne ont d’ores et déjà témoigné leur soutien à cette proposition.

81


Bonne gestion et renforcement institutionnel

Contre la corruption, pour une communauté forte

Les communautés sont caractérisées par des structures officielles (société civile, clans traditionnels,

ONG) et informelles (systèmes parallèles afin de survivre, marché noir, mouvements religieux et

mystiques, etc.). Il est nécessaire de prêter attention à ces deux structures afin de gérer au mieux la

société et de favoriser un réel développement.

Renforcement de la légitimité

Le renforcement des capacités est un instrument qui permet d’améliorer la gestion et pouvant être

appliqué à différents niveaux : institutionnel, organisationnel et individuel. Cet outil renforce la légitimité

et la stabilité des différents éléments qui composent un Etat et une communauté. De cette manière,

l’impact de notre aide et du développement est plus important. Les organes étatiques renforcés sont

en mesure d’exécuter leurs tâches correctement et les pouvoirs sociétaux disposent des outils leur

permettant de suivre cette exécution efficace.

La bonne gouvernance ne peut être imposée de l’extérieur.

Vous pouvez concevoir les systèmes les plus sophistiqués

pour ‘tracer’ l’argent, rien ne fonctionnera tant que la volonté

politique n’existe pas au sein des gouvernements.

Caroline Anstey, Vice-présidente des Affaires extérieures de la Banque Mondiale, évoquant l’approche

de la Banque Mondiale de ne pas faire circuler de l’argent tant que l’aide n’a pas atteint les pauvres.

Journées européennes du développement, 6-7 décembre 2010

La Belgique apporte son soutien à divers acteurs institutionnels. La Coopération au développement

aide les 3 ministères congolais clés sur lesquels se concentre le Programme Indicatif de coopération :

agriculture, développement rural et enseignement technique et professionnel.

La Belgique soutient la lutte contre la corruption

La lutte contre la corruption et une gestion efficace sont les éléments essentiels qui permettront de

réaliser les Objectifs du Millénaire.

Au niveau bilatéral et dans le cadre d’une approche transversale, la Belgique a pris dans les programmes

de coopération avec le Burundi et la RD Congo des mesures de gestion stimulantes et

a prévu des clauses anti-corruption (ces dernières s’appliquent également au programme pour la

Tanzanie). En d’autres termes, la Belgique est disposée à renforcer son soutien au cours des dernières

années du programme de coopération (montant supplémentaire) à condition que les pouvoirs publics

soient en mesure de démontrer des progrès concrets en matière de gestion démocratique et financière.

L’agence belge de développement CTB est également sensible à ces aspects du domaine de la gestion.

Elle fait désormais partie de la plateforme « U4 », l’Anti-Corruption Resource Centre, dont le but est de

favoriser l’échange d’informations et d’organiser des formations.

Au niveau multilatéral, la Belgique est impliquée dans la lutte contre la corruption grâce à sa collaboration

avec la Banque mondiale. Un cadre stratégique a été mis en place pour la période 2008-2011

et ce, afin de permettre de dresser un inventaire de l’expertise technique et des compétences que la

Banque mondiale peut mettre à disposition des pays partenaires de la Belgique. Le cadre repose sur

trois champs d’action, dont la gestion efficace et la lutte contre la corruption. En 2010, notre pays a

organisé à Bruxelles, en collaboration avec la Banque mondiale, une conférence qui s’est clôturée sur

une déclaration en matière d’éthique dans le domaine des affaires et de la gestion efficace en Afrique.

82 DGD Rapport annuel 2010


Pays précaires

Mieux définir l’aide

Il n’apparaît pas clairement que les pays les plus vulnérables (la majorité d’entre eux) peuvent atteindre

les Objectifs du Millénaire. Il est généralement compliqué d’introduire des réformes dans ces pays et

les acteurs clés, les structures étatiques et sociétales, sont relativement faibles. D’autres problèmes

aggravent souvent cette situation : une pauvreté extrême, l’insécurité et la violence, des crises permanentes,

des situations d’après-guerre… Ces pays sont davantage sensibles aux problèmes régionaux

et internationaux tels que la crise économique et financière de ces dernières années.

© Julien Harneis

En 2010, ces pays sont restés à la traîne dans le processus de réalisation des Objectifs du Millénaire.

Certains d’entre eux ont bénéficié d’un soutien renforcé (Afghanistan, Irak, Ethiopie, Pakistan) mais

d’autres sont restés les « parents pauvres de l’aide ». Il est dès lors nécessaire de mieux équilibrer les

canaux d’aide et de les maintenir à un certain niveau pour le long terme. L’aide qui suit une crise peut

être conséquente mais se réduire par la suite alors que les besoins augmentent. Par ailleurs, en raison

de la crise économique qui fait rage en ce moment, certains donateurs réévaluent leurs engagements

en fonction des résultats atteints ou non.

Six pays partenaires de la Belgique sont actuellement vulnérables : le Rwanda, la RD Congo, le Burundi,

le Niger, l’Ouganda et les Territoires palestiniens. Ils représentent une part importante de notre aide

au développement.

83


Efficace et effectif

Dans le cadre d’une aide plus efficace, les membres du Comité d’aide au développement (CAD) se sont

engagés à désigner les actions préjudiciables pour le développement des pays partenaires. La différenciation

en matière d’approche de la politique d’aide au développement est fondamentale bien qu’ils

hésitent encore à concrétiser cette nouvelle approche en raison de sa complexité. Tous les projets,

programmes et leurs modalités d’exécution doivent être réétudiés selon un point de vue plus large :

Comment soutenir au mieux l’agriculture, l’éduction et les soins de santé dans un pays vulnérable ?

En 2010, les pays donateurs les plus progressistes, parmi lesquels la Belgique, ont mis au point une

stratégie spécifique destinée aux nations vulnérables.

Le Réseau international sur les situations de conflit et de fragilité (INCAF), l’un des organe subsidiaires

du CAD, soutient les mesures d’aide des pays donateurs en se basant sur les enseignements tirés

de l’expérience de chacun. La Coopération belge au développement y a participé et a tiré profit des

échanges. Le CAD a publié en 2010 ses directives en matière de soutien international au processus de

renforcement de l’Etat en proie à des situations conflictuelles et à la vulnérabilité, dont les membres se

sont engagés à appliquer la méthode prescrite.

En marge de l’INCAF, le Dialogue international sur la consolidation de la paix et le renforcement de

l’Etat a été officiellement lancé. Ce dialogue réunit les pays donateurs et les nations vulnérables afin

qu’ils puissent échanger leurs points de vue. Ils se sont engagés à rédiger un plan d’action contentant

des recommandations. Il sera présenté fin 2011 au Quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de

l’aide au développement qui se déroulera à Busan en Corée du Sud.

La Belgique et le MOPAN

Analyse de l’efficacité au sein des institutions internationales

Depuis plusieurs années, la Belgique suit les activités du Réseau de mesure des performances des

organisations multilatérales (MOPAN). Après y avoir participé à trois reprises en tant qu’observateur,

notre pays a décidé en février 2010 d’en devenir membre.

Le réseau MOPAN a été créé en 2002 et compte 16 pays membres. Le MOPAN a mis au point un instrument

d’évaluation permettant de mesurer l’efficacité en matière de gestion et institutionnelle des

organisations multilatérales de développement. Il s’agit des principales agences des Nations Unies et

institutions financières internationales. Grâce à un questionnaire, le MOPAN concentre son attention sur

4 volets du domaine de l’efficacité en matière de gestion : les gestions opérationnelle, stratégique,

relationnelle et des connaissances.

Chaque année, le MOPAN analyse l’efficacité de la gestion de 4 ou 5 organisations multilatérales de 10

pays en développement. En 2010, le MOPAN a examiné le Fonds international de Développement agricole

(FIDA), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)

et la Banque asiatique de Développement (BASD). Le fonctionnement interne de ces organisations ainsi

que leurs activités sur le terrain sont évalués et ce, dans les pays en développement suivants : Afghanistan,

Bénin, Colombie, Indonésie, Nicaragua, Rwanda, Sri Lanka, Vietnam et Zambie. Outre sur des enquêtes,

les rapports du MOPAN se basent également sur une étude de la littérature. Il s’agit d’une analyse des

ouvrages disponibles rédigés à propos de divers aspects étudiés par le MOPAN. Cette étude permet

jusqu’à un certain niveau d’objectiver les décisions générales de l’évaluation et de placer la subjectivité

des personnes interrogées dans leur contexte.

La Belgique suit de près ces évaluations car depuis 2009, elle a décidé de maximaliser ses contributions

aux moyens généraux des organisations multilatérales. Par conséquent, la coopération multilatérale

belge peut consacrer une majeure partie de son temps au suivi stratégique, opérationnel et politique.

Le MOPAN permet donc de se faire une idée claire des activités des 21 organisations multilatérales.

84 DGD Rapport annuel 2010


Défense, diplomatie et coopération au développement

Cohérence nécessaire

Le Ministre de la coopération au développement s’occupe de dossiers spécifiques en collaboration avec

d’autres Ministères. Les Ministères de la Coopération au développement, des Affaires étrangères et

de la Défense se penchent ainsi sur l’engagement militaire et civil en Afghanistan, principalement sur

le plan de la démobilisation, du désarmement et du déminage. La faisabilité de l’approche « 3D-LO »

(Diplomacy, Defense, Development, Law and Order) est analysée dans de tels dossiers. Ensemble, ils

mettent au point une politique cohérente afin de permettre des interactions civiles et militaires

.

© US Air Force

Approche commune en RD Congo

La région instable de l’Est du Congo fait face à des infrastructures délabrées et à des conditions de vie atroces.

Elle est en outre confrontée au problème de la réintégration des militaires et des agents de police au

sein de la communauté. Ceux-ci doivent souvent vivre temporairement avec leurs familles dans des camps.

La famille est parfois contrainte de voyager pendant plusieurs mois dans le sillage des militaires. Leur

salaire est alors la seule source de revenu de toute la famille. Les camps n’ont pas été construits pour

ce type d’accueil familial et cette situation provoque en outre des conflits avec la population locale. Les

habitants manquent de moyens et sont par ailleurs confrontés aux nuisances provoquées par les militaires

et agents de police itinérants accompagnés par leur famille.

Dans le cadre du renouvellement de l’armée, le gouvernement congolais a décidé de détacher un régiment

de commandos composé de 600 hommes dans le camp militaire de Kindu. Du côté belge, une

collaboration « 3D » a été mise en place afin d’améliorer l’état de l’infrastructure civile et militaire qui

se trouve actuellement dans un état de délabrement avancé. La formation des militaires est financée

par la Défense, le renouvellement de l’infrastructure militaire du camp par les Affaires étrangères et la

construction des logements pour les familles des militaires par la Coopération au développement.

Les travaux ont débuté fin 2010. L’objectif poursuivi est le suivant :

- construire des logements pour les familles des 623 militaires, avec installations sanitaires (douches

et latrines),

- garantir l’accès à l’eau,

- permettre aux familles des militaires et aux riverains d’accéder aux soins de santé et au

système éducatif,

- développer des activités sociales, dont certaines qui permettront à ces familles de générer un revenu.

85


Cas 1

Meilleure perception des impôts

Mozambique

Depuis plusieurs années, le Mozambique est impliqué dans l’amélioration

de la perception des impôts car le pays passe encore à

côté de nombreux revenus. Les premiers signaux indiquent des

résultats positifs. C’est pour cette raison que la communauté

internationale a décidé de soutenir les efforts de ce pays.

Maputo

L’Autoridade Tributária (« autorité fiscale ») du Mozambique a été

créée en mars 2006 et est le fruit de l’intégration de la douane et

de l’ensemble des services du Ministère des finances. Avant la mise

en place de cette autorité, la perception des impôts était relativement

inefficace. Par conséquent, la réforme des impôts signifie :

- instaurer une législation plus adéquate,

- simplifier les procédures,

- améliorer la perception des impôts,

- introduire des matériels et logiciels adaptés,

- construire des bureaux des contributions,

- veiller à une organisation efficace des services des contributions,

- assurer une bonne formation du personnel,

- informer et identifier les contribuables,

- développer une culture et une éthique spécifiques auprès des

fonctionnaires et du public.

Mettre progressivement un terme à la dépendance

de l’aide

Aider le gouvernement du Mozambique dans ce domaine relève

également de la coopération au développement, au même titre

que la construction d’hôpitaux ou que le soutien du secteur agricole.

Si l’évaluation d’un pays révèle qu’il dépend dans une trop

large mesure des pays donateurs, les efforts des autorités destinés

à réduire cette dépendance méritent alors un soutien inconditionnel.

Actuellement, environ la moitié du budget du Mozambique est

financé par les pays donateurs. Il convient également d’ajouter

une large part d’aide non gouvernementale et des projets qui ne

sont pas inscrits au budget. Le gouvernement mozambicain est

conscient du fait que cette situation ne peut durer indéfiniment.

Certains donateurs ont par conséquent décidé de soutenir l’Autoridade

par le biais d’un fonds commun et d’une expertise technique.

La Belgique a prévu d’y consacrer 3 millions d’euros. Une

première convention, assortie d’un montant de 2 millions d’euros

pour 2010, a été signée le 5 mars 2010 et une expertise technique

a été apportée par l’Agence belge de développement CTB.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que cet argent

est correctement dépensé. L’opinion du FMI envers l’Autoridade

Tributária est positive : dotée d’un management solide, celle-ci a

déjà lancé avec succès la perception des impôts et la première

phase de la réforme, et mis en place une législation fiscale correcte.

Parmi les points d’attention figurent encore une simplification plus

poussée et la mise en place urgente d’un cadastre décentralisé

(enregistrement de toutes les habitations et tous les bâtiments).

Les résultats sont donc prometteurs. Entre 2006 et 2009, les recettes

fiscales ont augmenté nominalement de 70 % et quelque

578.000 nouveaux contribuables ont été «inscrits». Les recettes

perçues en 2009 correspondent à 17,7 % du Produit national brut,

ce qui n’est pas mal du tout.

86 DGD Rapport annuel 2010


Cas 2

Harmonisation de la Coopération

belge au développement et de la

Coopération flamande (VAIS)

Mozambique

La coordination des dons et la répartition des tâches sont deux éléments

essentiels de la coopération au développement. Etant donné

que le Mozambique est un pays partenaire des autorités fédérales

et flamandes, ces deux donateurs harmonisent leurs méthodes.

Maputo

David Maenaut, le représentant du gouvernement flamand en

Afrique australe, nous confie ses impressions : « En tant que petit

pays donateur, nous devons anticiper les différentes formes de

concertation de donateurs à Maputo et y participer. Dans un premier

temps, ceci se déroule en collaboration avec la Coopération

au développement fédérale mais également à travers un dialogue

constructif et des accords prévoyant une répartition correcte des

tâches en matière de coopération européenne. A terme, le Traité

de Lisbonne aura également un impact sur le fonctionnement de

l’Europe dans les pays du Sud. »

Divers secteurs

Au cours de la période 2006-2010, la Flandre a été principalement

active dans deux secteurs. « Le premier est celui des soins de

santé et le second est l’enseignement technique et professionnel.

La Flandre a consacré 4 millions d’euros par an au secteur

des soins de santé et 1 million à l’enseignement professionnel. La

Flandre a prévu de se retirer de ce dernier après 2013. »

Outre son soutien au développement rural et aux énergies renouvelables,

la Coopération au développement fédérale apporte

également son aide au secteur de la santé au Mozambique. Dans

le cadre des accords avec les autres donateurs, une stratégie de

sortie pour la fin 2012 est en cours d’élaboration. Cette décision

est logique d’un point de vue de la répartition des tâches parmi les

donateurs et la plus acceptable pour les autorités du Mozambique

car la Flandre reste active dans le domaine de la santé.

Mais ce n’est pas tout. L’Agence flamande de la Coopération

internationale (VAIS) a dépêché un représentant dans chacun de

ses pays partenaires, donc à Maputo également. Pour des raisons

d’efficacité, la VAIS et la DGD évitent de participer aux même réunions.

La VAIS suit les assemblées du secteur des soins de santé.

La VAIS et la DGD se concertent tous les mois. A l’inverse, la DGD

fournit des informations à la VAIS à propos de la concertation à caractère

plus politique des donateurs : l’état des lieux de la politique

internationale de lutte contre la pauvreté, les réunions des chefs de

poste européens sur les droits de l’homme, etc.

L’harmonisation de la politique de développement des deux autorités

entend donc favoriser la complémentarité et l’efficacité. Les

deux pouvoirs sont ravis de cette collaboration et de ses résultats.

Et bien entendu, le pays partenaire profite d’une distribution efficace

des dons.

87


Cas 3

La Belgique soutient le processus

de décentralisation

Mali

Le 8 décembre 2009, le Mali et ses partenaires ont signé la « Stratégie

commune de soutien mutuel aux pays » (2008-2011). Cette

stratégie est tombée à point nommé pour la Belgique car la DGD

était en train de replanifier son soutien pour la période 2009-2012.

La Belgique est l’un des premiers pays donateurs à concentrer son

aide au Mali dans deux secteurs prioritaires : la sécurité alimentaire,

surtout la promotion de l’élevage et de la pêche et la décentralisation

des pouvoirs publics.

Bamako

Selon les attachés de la coopération internationale de l’ambassade

belge, le gouvernement malien reconnaît l’expertise belge

en matière d’élevage. « Le Mali a demandé notre soutien dans

le domaine de la pêche et de l’élevage. De plus, la Belgique s’est

forgé une expertise en matière de décentralisation administrative.

Le choix de ces deux secteurs n’exclut pas le fait que la Belgique

continue à s’intéresser à des thèmes transversaux tels que la protection

des droits des enfants, l’égalité des sexes et le respect de

l’environnement. »

Afin de planifier plus efficacement l’aide, le Mali et ses pays partenaires

procèdent à de nombreuses concertations. Les tâches sont

également correctement réparties entre les donateurs et ceux-ci

sont complémentaires. Le Mali a créé un organe interministériel

pour l’exécution de la Stratégie Commune.

© CTB

88 DGD Rapport annuel 2010


“La population locale à le droit d’être consultée”

Interview d’Arnaud Chaltin, volontaire pour les Nations Unies en Bolivie

Arnaud Chaltin travaille en tant que volontaire pour les Nations

Unies au sein du Haut Commissariat aux Droits de l’homme en

Bolivie, plus précisément dans le service chargé du suivi des

droits de la population locale et de la lutte contre la discrimination.

Ce travail s’inscrit dans le cadre de la réalisation du

huitième Objectif du Millénaire, à savoir créer un partenariat

pour le développement.

Arnaud Chaltin : « La deuxième Décennie internationale des populations

autochtones a débuté en 2004. La première avait débuté

après l’Année internationale en 1993. Elle entend tout d’abord promouvoir

le développement sur la base du principe d’égalité et du

respect de la diversité culturelle des populations. L’ONU garantit le

droit des populations autochtones de prendre leurs propres décisions

dans le domaine politique, économique, social et culturel. »

Quelle est la situation en Bolivie?

Arnaud Chaltin : « J’ai suivi de près le processus de consultation

d’une mesure légale qui s’adresse clairement aux populations

autochtones. Pour la Bolivie, il s’agissait du premier processus de

consultation d’une telle mesure. Plus de 34 réunions d’information

ont été organisées avec 1.700 responsables locaux, suivies par 27

forums de consultation regroupant 3.000 responsables locaux issus

de tout le pays. Ce droit à la consultation est incontestablement

l’une des conditions essentielles afin de permettre d’exercer le droit

à un développement, une culture et une identité propres.

Citons également l’exemple de la restitution du territoire des Guaraní,

un peuple de l’Alto Parapetí. Dans cette région, une majorité

des Guaraní reste victime d’esclavage et de travail forcé. La restitution

de leur territoire est une règle essentielle dans la lutte contre

cette violation grave des droits de l’homme. Ceci est très important

car il existe un lien spirituel entre la population autochtone et son

territoire. »

Quelle est la signification de ces expériences pour vous?

Arnaud Chaltin : « J’ai énormément appris grâce à mon travail

et aux cours suivis auprès de l’ONU en tant que volontaire. Des

rencontres ont également eu lieu avec, notamment, certains

responsables locaux ou spécialistes des droits des populations

autochtones qui m’ont laissé une grande impression. Mes idées

sur les droits de l’homme ont évolué. Les expériences avec ces

droits autochtones permettent de conférer un caractère universel

aux droits de l’homme. Ils apportent des cultures et des réalités

qui ne faisaient jusqu’à présent pas réellement partie de la vision

traditionnelle des droits de l’homme. »

© UNHCR

89


90 DGD Rapport annuel 2010

© Banque mondiale / Eric Miller


Contribution via les institutions

financières internationales

Introduction

Washington DC, siège de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), forme également la zone d’action de la Coopération

belge au développement depuis longtemps. Deux attachés à la coopération internationale y suivent les activités liées à la coopération

au développement. Le travail de Washington se concentre sur l’influence politique au sein de la Banque mondiale et du FMI. Les experts

suivent également les évolutions de l’Agence des États-Unis pour le Développement international (USAID) et dans diverses cellules de

réflexion telles que le Center for Global Development et le Bank Information Center.

Dans ce chapitre, nous nous intéressons de plus près aux investissements de la Banque mondiale et du FMI au cours des dernières années

et sur leurs résultats dans le domaine des Objectifs du Millénaire. Grâce à son soutien, la Belgique a contribué à ces résultats.

Stimulation de la croissance contribue à atteindre

les Objectifs du Millénaire

Approche de la Banque mondiale

La Banque mondiale octroie une aide financière et technique sous

la forme de dons, de crédits sans intérêt et de cautions à des Etats

souhaitant lutter contre la pauvreté. La Banque mondiale, à laquelle

la Belgique accorde chaque année près de 150 millions d’euros, se

compose de 5 organisations.

1. Des programmes destinés à stimuler la croissance économique,

atténuer les inégalités, améliorer les conditions de vie des populations

et ce, par le biais de dons ou de crédits sans intérêt

octroyés aux 79 pays les plus pauvres via l’Association internationale

de Développement (IDA).

2. Financement de programmes d’équipement analogues à des

taux d’intérêt ordinaires pour les pays à revenu intermédiaire à

travers la Banque internationale pour la Reconstruction et le

Développement (BIRD) qui compte actuellement 185 membres.

3. La Société financière internationale (IFC) finance des prêts et

des investissements afin de stimuler le développement du secteur

privé ou prend des participations dans des entreprises.

4. Le Centre international pour le Règlement des Différends

relatifs aux Investissements (CIRDI).

5. L’Agence multilatérale de Garantie des Investissements afin

de garantir les prêts.

Pour la Banque mondiale, les Objectifs du Millénaire s’inscrivent

dans le prolongement de la lutte contre la pauvreté et de ses ambitions

destinées à favoriser la croissance et à améliorer l’accès aux

services de base.

91


Tant le lancement des Objectifs du Millénaire que la succession de diverses crises ont poussé la

Banque mondiale à définir 5 priorités stratégiques :

- donner priorité aux nations les plus pauvres et vulnérables, principalement en Afrique subsaharienne

;

- créer des opportunités de croissance, surtout dans le secteur agricole et des infrastructures ;

- promouvoir des activités globales et collectives ;

- améliorer davantage la gestion et renforcer la lutte contre la corruption ;

- gérer les risques et se préparer aux crises.

Très récemment, la Banque mondiale a doublé le budget alloué aux prêts de la BIRD et de l’IDA : de

50 milliards de dollars en 2007-2008 à 106 milliards de dollars en 2009-2010.

Nous décrivons ci-après les initiatives prises par la Banque mondiale pour chaque Objectif du Millénaire

afin de les réaliser.

Objectif du Millénaire 1 : réduire l’extrême pauvreté et la faim

Les crises alimentaire, énergétique et économique récentes mettent en péril la réalisation de cet OMD.

En 2010, la Banque mondiale a octroyé une aide de 8,3 milliards de dollars au secteur agricole (contre

4,3 milliards de dollars jusqu’en 2008).

En 2010, l’IDA a consacré 15 milliards de dollars à « L’initiative d’allégement de la dette multilatérale

» dont bénéficient 26 pays, et 1,4 milliard de dollars dans 39 pays à des programmes destinés à

améliorer les conditions sociales des nations les plus pauvres.

Objectif du Millénaire 2 : éducation pour tous

Depuis 1962, la Banque mondiale accorde une attention particulière à l’éducation. L’institution est dans

ce domaine la première source financière externe pour les pays en développement, voire la seule digne

de ce nom dans la plupart d’entre eux.

Depuis 2000, l’IDA a investi plus de 10,2 milliards de dollars dans 112 pays. Grâce à cet argent, 91 millions

d’étudiants ont pu s’inscrire, 3 millions de professeurs ont suivi une formation, plus de 2 millions

de locaux ont été bâtis ou rénovés et environ 300 millions de manuels ont été distribués.

La Banque mondiale joue un rôle essentiel dans de nombreux partenariats internationaux dans le

domaine de l’éducation tels que le programme Education For All - Fast Track Initiative (voir p. 39).

A l’issue du Sommet de New York en septembre 2010, la Banque mondiale a décidé d’augmenter son

aide à l’enseignement élémentaire de 750 millions de dollars en dons et crédits sans intérêt.

92 DGD Rapport annuel 2010


Objectif du Millénaire 3 : promouvoir l’égalité des sexes et

l’autonomisation des femmes

Depuis 2006, la moitié des projets financés par l’IDA ont été en partie consacrés à l’égalité des sexes.

En 2007, la Banque mondiale a lancé le plan d’action pour la parité des sexes, le Gender Action Plan

(GAP), pour plus d’égalité dans certains domaines tels que la propriété terrienne, l’emploi, l’agriculture,

les finances et l’infrastructure. Actuellement, le GAP finance encore 250 projets et travaux de

recherche dans 80 pays. Grâce à ses efforts, entre 1999 et 2008, 9 % supplémentaires de petites filles

ont pu terminer leur parcours scolaire élémentaire.

© Julien Harneis

45 % de l’ensemble des prêts accordés par la Banque mondiale ont intégré depuis 2008 l’égalité des

sexes, contre 35 % deux ans plus tôt. Cette évolution concerne surtout des prêts dans les secteurs

agricole et du développement rural, en matière de politique économique ainsi que dans le domaine du

développement du secteur privé et des infrastructures. Ceci démontre que les investissements réalisés

dans le but de stimuler l’autonomisation économique des femmes ont porté leurs fruits. De plus, ceux

consentis dans le domaine social commencent eux aussi à produire leurs effets.

93


Objectif du Millénaire 4 : réduire la mortalité infantile

La Banque mondiale concentre sa stratégie sur l’amélioration des systèmes nationaux de soins de

santé. Les participants au Sommet du Millénaire de New York ont décidé que la Banque mondiale

se concentrerait sur 35 pays, principalement situés en Asie du Sud et en Extrême-Orient ainsi qu’en

Afrique subsaharienne. Pour ce faire, elle augmentera son budget de 600 millions de dollars.

Au cours des dix dernières années, les programmes de l’IDA ont permis de vacciner 310 millions

d’enfants. Depuis 1995, l’IDA a contribué à la réduction du taux de mortalité des enfants de moins de

5 ans : de 134 à 105 pour 1000 enfants.

La Banque mondiale joue également un rôle dans les partenariats internationaux dans le domaine

des soins de santé. En collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Banque coordonne

le Partenariat international pour la santé et initiatives connexes (IHP+ voir encadré). La Banque

mondiale, le Fonds mondial, l’Alliance mondiale pour la Vaccination et l’Immunisation (GAVI) et l’OMS

planchent actuellement sur la création d’une plateforme de financement unique des systèmes de soins

de santé et ce, dans le but de canaliser le flux des moyens actuels et les nouveaux fonds internationaux.

Le Partenariat international pour la Santé a été lancé en septembre 2007 à Londres. Il

s’agit d’une coalition de gouvernements, de donateurs et d’agences sanitaires internationales

telles que l’OMS et l’UNICEF. Le PIS tend vers de meilleurs résultats en tentant de mettre les

partenaires d’accord sur une stratégie dans le domaine de la santé.

Le symbole « plus » incarne la réunion de diverses initiatives cherchant à atteindre les mêmes

objectifs tels que Providing for Health (P4H), Harmonization for Health in Africa (HHA), etc. La

Belgique fait partie du PIS depuis 2010.

Objectif du Millénaire 5 : améliorer la santé maternelle

Les projets de la Banque mondiale améliorent l’accès des femmes à des systèmes de soins de santé

efficaces et opérationnels. Elle soutient donc des programmes dans le domaine du planning familial,

des initiatives en faveur d’une meilleure alimentation, des accouchements plus sécurisés dans des

hôpitaux et la prévention des maladies.

Grâce au soutien de l’IDA, plus de 8 millions de personnes ont pu accéder à des services de première

nécessité en matière de santé et d’alimentation. Au cours des 5 dernières années, 2,5 millions de

femmes ont bénéficié de soins prénatals.

94 DGD Rapport annuel 2010


Objectif du Millénaire 6 : combattre le VIH/sida, le paludisme et

d’autres maladies

La Banque mondiale est à l’origine d’une initiative consistant à former de nouveaux partenariats de

prêteurs, précisément durant la période au cours de laquelle les contributions à la lutte contre le VIH/

sida ont été revues à la baisse.

Grâce au soutien de l’IDA, 2 millions d’enfants et d’adultes atteints du VIH ont bénéficié d’un traitement

antirétroviral. Entre 2000 et 2010, 33 millions de moustiquaires ont été achetées et distribuées. En

2005, la Banque a lancé le programme Malaria Booster destiné à augmenter l’aide financière et technologique

dans la lutte contre la malaria.

Le Fonds mondial de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme est une institution

financière internationale qui soutient la prévention et le traitement de ces trois maladies

dans 150 pays. Pour ce faire, il fait appel à un important réseau de partenaires composé

d’autres organisations d’aide au développement. Les sommes récoltées par le Fonds mondial

ne servent pas au remplacement ou à la réduction d’autres programmes. Ils sont

destinés à combler certaines lacunes dans les programmes nationaux ou à jouer un rôle

complémentaire dans le cadre des activités d’autres donateurs.

Selon les chiffres du Fonds mondial, 3 millions de personnes bénéficient ainsi d’un traitement

antirétroviral (inhibiteurs du sida), tandis que 7,7 millions de nouveaux cas de tbc ont

été diagnostiqués et traités et 160 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont

été distribuées aux familles.

Objectif du Millénaire 7 : assurer un environnement durable

La Banque mondiale s’efforce de plus en plus d’intégrer la gestion de l’environnement et des ressources

naturelles dans des projets agricoles, aquatiques et d’assainissement et dans l’environnement

urbain. Ces projets représentent 9 % des prêts octroyés au cours des 5 dernières années.

La Banque mondiale a également mis au point un cadre d’investissement pour une énergie plus propre

dans les pays en développement. Les Fonds d’investissements climatiques (FIC) consacrent conjointement

6 milliards de dollars afin d’aider 40 pays à faire face au changement climatique.

La Banque mondiale est le plus gros investisseur externe dans les secteurs de l’alimentation en eau, de

l’assainissement, de l’irrigation et de l’évacuation des eaux usées ainsi que dans la gestion des bassins

fluviaux et des projets aquatiques transfrontaliers. Plus de 113 millions de personnes ont désormais

accès à de l’eau potable. Près de 500.000 points collectifs de distribution d’eau ont été installés ou

remis en service.

Objectif du Millénaire 8 : mettre en place un partenariat mondial

pour le développement

En 1996, la Banque mondiale et le FMI ont lancé l’initiative Pays Pauvres très Endettés (PPTE) afin de

soulager les nations fortement endettées. L’Initiative multilatérale pour l’Allègement de la Dette a vu le

jour dans le but de renforcer les moyens de l’initiative PPTE. De cette manière, les protagonistes entendaient

aider ces pays à atteindre les OMD et en même temps maintenir les capacités de financement

des institutions financières internationales.

Le huitième OMD souhaite également prendre des initiatives afin de réduire le fossé numérique. Avec

7,6 milliards de dollars, la Banque mondiale est le principal investisseur international dans le domaine

du développement des technologies de l’information et de la communication. Elle soutient des projets

dans 95 pays.

95


“La Banque mondiale met à disposition toute une série de services financiers afin

d’atteindre les Objectifs du Millénaire”

Interview de Gino Alzetta, administrateur à la Banque mondiale

La Belgique partage son

représentant au conseil

d’administration du

Groupe de la Banque

mondiale avec 9 autres

pays : la Hongrie, le Kazakhstan,

le Luxembourg,

l’Autriche, la Slovaquie,

la Slovénie, la République

tchèque, la Turquie et la

Biélorussie. La fonction

d’administrateur (Alternate

Executive Director),

© Banque mondiale

actuellement remplie par

le Belge Gino Alzetta, est exercée à tour de rôle par les différents

pays. Monsieur Alzetta nous confie depuis Washington son point de

vue sur la manière dont la Banque mondiale pourra à l’avenir contribuer

plus efficacement à la réalisation des Objectifs du Millénaire.

Les OMD seront-ils atteints dans les délais fixés ?

Alzetta : « Au niveau global, le premier objectif doit pouvoir être

atteint. Il dépendra principalement des progrès de la Chine où le

taux de pauvreté est passé de 78 % à 17 % entre 1981 et 2005.

D’autres régions n’atteindront cependant pas cet objectif, surtout

l’Afrique subsaharienne où en 2005 le taux de pauvreté atteignait

encore 51 %, un chiffre légèrement inférieur à celui enregistré en

1990 (58 %).

En dépit de progrès conséquents dans certains pays, la plupart des

OMD relatifs au développement humain ne seront malheureusement

pas atteints. Ce sont les objectifs en matière de réduction de

la mortalité infantile, d’amélioration de la santé des mères, d’égalité

des sexes, d’achèvement du parcours scolaire élémentaire... »

Quelles sont les raisons ?

Alzetta : « Depuis 4 ans, le monde est confronté à des crises

qui ralentissent le processus : l’augmentation des prix des denrées

alimentaires et de l’énergie ainsi que la crise économique et

financière. Certains pays en développement ont également dû faire

face à d’importantes catastrophes naturelles. La Banque mondiale

estime que fin 2010, 64 millions d’hommes et de femmes ont sombré

dans la pauvreté en raison de la crise économique. De nombreux

pays en développement ont souffert de la chute des prix des

matières premières et de la réduction du nombre d’envois de fonds.

Il est également risqué de fixer des objectifs quantitatifs lorsque la

situation initiale reste méconnue. A l’époque où les Objectifs du Millénaire

ont été définis, les données statistiques disponibles étaient

insuffisantes, voire inexistantes.

Enfin, la réalisation des OMD exige des changements structurels

ainsi qu’une profonde transformation des mentalités : une approche

généralisée des problèmes, le respect des principes de bonne gouvernance,

la modification des relations entre les hommes et les

femmes, le changement de la hiérarchie de valeurs... »

Quels sont les obstacles qui empêchent de résoudre

cette situation ?

Alzetta : « Les pays en développement doivent trouver les moyens

de maintenir une croissance suffisamment élevée et se préparer

correctement à faire face aux déséquilibres conjoncturels externes.

Trois personnes pauvres sur quatre vivent dans des régions rurales

et la plupart d’entre elles dépendent de l’agriculture. Le moment

est donc venu de prendre des mesures en faveur de la production

agricole qui seront destinées à améliorer l’accès aux marchés et qui

réduisent leur dépendance au climat.

Les gouvernements doivent également avoir recours aux ressources

nationales, créer des filets de sécurité pour certains groupes cibles

et protéger leurs dépenses en matière de soins de santé, d’éducation

et d’infrastructure. Ils sont par ailleurs tenus d’améliorer

drastiquement l’accès des plus pauvres à des services de qualité.

Les moyens disponibles pourraient être augmentés en favorisant la

création de systèmes financiers innovants. Une taxe sur les transactions

financières spéculatives est une piste très prometteuse. »

De quelle manière la Banque mondiale peut-elle aider les

pays en développement à faire face à ces défis ?

Alzetta : « Les atouts de la Banque mondiale sont nombreux. Citons

à cet égard l’ampleur des moyens, l’approche nationale centrale, sa

capacité de réaction rapide et sa position qui lui permet de rassembler

les différents partenaires. A travers toute une série de services

financiers et le transfert des connaissances, la Banque mondiale

sera ainsi en mesure de créer des opportunités économiques afin

d’améliorer les conditions de vie de millions de personnes démunies,

tant dans les pays à revenu intermédiaire qu’au sein des

nations à faible revenu.

La Banque mondiale a également obtenu des moyens supplémentaires

de la part des donateurs à la suite des pourparlers au sein de

l’Association internationale de Développement (AID). Ces moyens

seront consacrés aux nations les plus pauvres. »

La Banque mondiale est-elle suffisamment informée

de la situation sur le terrain afin d’être pleinement

efficace ?

Gino Alzetta : « Le processus de réalisation des OMD exige en effet

une importante capacité d’empathie, ce qui est impossible sans

une connaissance ou proximité du terrain. La Banque mondiale

avait déjà entamé sa décentralisation avant qu’il ne soit question

d’OMD. Elle n’a depuis lors cessé de l’intensifier. Près de la moitié

de son personnel envoyé dans les différents pays est employée sur

le terrain. La majorité des directeurs nationaux travaillent dans le

pays dont ils ont la responsabilité. »

Une relation particulière

96 DGD Rapport annuel 2010


Le Fonds monétaire international et les Objectifs du Millénaire

La Coopération belge au développement et le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) n’est pas un partenaire de la Coopération belge au développement

multilatérale. Néanmoins, la collaboration entre les deux institutions se renforce car elles

sont toutes deux conscientes qu’un climat macroéconomique stable est une condition essentielle du

développement durable.

Jusqu’en 2010, la Belgique a donné environ 1 million d’euros par an pour l’organisation de cours de

macroéconomie dispensés à des cadres moyens et supérieurs issus de pays en voie de développement.

Ces nations ont également bénéficié d’une assistance technique sur le plan fiscal et monétaire

ainsi qu’en matière de balance des paiements et de cours de change. En 2010, la Belgique a doublé

sa contribution au FMI, la portant ainsi à 2 millions d’euros. Désormais, l’accent est mis davantage sur

l’accroissement des revenus propres sur le budget des pays en voie de développement afin de réduire

leur dépendance à l’aide.

Croissance économique

En 2010, le FMI a rédigé une note faisant office de contribution au Sommet du Millénaire de New

York. Elle définit la vision du FMI sur sa propre contribution aux OMD, laquelle est très indirecte (voir

également l’interview de Willy Kiekens). Cette note décrit également les changements que l’institution

considère comme nécessaires après la crise financière.

Quoi qu’il en soit, le FMI se concentre sur la croissance économique. Celle-ci est une condition sine qua

non (entre autres) afin de rétablir le « momentum » pour la réalisation des OMD. Cette croissance doit

également lutter réellement contre la pauvreté et bénéficier aux régions et secteurs les plus pauvres.

En préambule à la date butoir de 2015, le FMI considère 5 défis dans le processus de rétablissement

et d’accélération de la croissance dans les pays en développement.

- La croissance dans les pays développés et émergents doit reprendre rapidement. Cette condition

constitue un préalable à la reprise de la croissance dans les pays en développement ;

- Les pays en développement doivent reconstituer leurs réserves sans tarder. Celles-ci leur ont permis

de traverser la crise financière mais elles sont désormais insuffisantes pour qu’ils soient en mesure

de supporter un nouveau choc ;

- Le manque d’infrastructures doit être pallié ;

- Les obstacles au commerce doivent disparaître et les relations commerciales avec des économies

émergentes dynamiques doivent être renforcées ;

- La communauté internationale doit s’engager de manière durable en faveur des Etats fragiles afin de

permettre leur développement.

97


“ La stabilité est une condition essentielle du développement”

Interview de Willy Kiekens

Willy Kiekens siège au sein du

Conseil d’administration du Fonds

monétaire international. Celui-ci se

compose de 24 membres représentant

187 pays. Willy Kiekens est quant à lui

le représentant d’un groupe de 10 pays,

dont la Belgique. Les décisions sont le

fruit d’un consensus. Les membres

© FMI

procèdent à un vote dans des cas

exceptionnels. La valeur du vote de chaque administrateur dépend

alors du poids économique des pays représentés. Willy Kiekens nous

expose les défis auxquels le FMI est actuellement confronté.

Kiekens : « Le FMI est une institution généralement associée aux

grandeurs purement macroéconomiques. Il veille à la politique

monétaire, fiscale et de change d’un pays. Le lien entre les activités

du FMI et la réalisation des Objectifs du Millénaire reste floue pour de

nombreuses personnes. Il n’y a pas de lien direct. Le FMI n’intervient

pas dans l’organisation de l’éduction et des soins de santé, entre

autres. Il est en revanche responsable de la mise en place d’un cadre

au sein duquel les pouvoirs publics, les partenaires en matière de

développement, les ONG et le secteur privé peuvent faire leur travail

aussi efficacement que possible. Prenons par exemple l’allègement

de la dette prévue par l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE)

et l’Initiative multilatérale pour l’Allègement de la Dette (MDRI). Ces

mesures ont permis aux pays qui ont bénéficié d’un allègement de leur

dette d’être désormais en mesure d’impliquer davantage de moyens

dans le domaine, notamment, de l’éducation et des soins de santé,

en lieu et place du règlement de la dette. Il faut évidemment que

ces pays ne contractent plus de dettes insoutenables. A travers ces

initiatives et en veillant à une politique fiscale équilibrée, le FMI a donc

indirectement contribué aux OMD. »

Le FMI a consenti des efforts particuliers afin d’atténuer

les conséquences de la crise financière. Ont-ils eu un

impact sur les OMD ?

Willy Kiekens : « Le FMI n’est pas autorisé à faire le moindre don, il

peut simplement octroyer des prêts. En 2009, le FMI a octroyé pour

3,8 milliards de dollars en nouveaux prêts à faible intérêt aux pays en

développement, soit plus du double par rapport à 2008. Ces prêts sont

plus avantageux que ceux proposés sur le marché. De cette manière,

le FMI atténue l’impact de la crise et contribue indirectement aux OMD.

Le FMI a également créé 250 milliards de « Droits de tirage spéciaux »

supplémentaires. Parmi ces 250 milliards, 8 milliards ont été consacrés

aux pays en développement. Ils peuvent utiliser ces droits de tirage afin

de renforcer leurs réserves ou les vendre contre une monnaie forte.

Enfin, le FMI a également mis sur pied le nouveau Post-Catastrophe

Debt Relief Trust (PCDR). Celui-ci lui permet de procéder à la remise de

la dette des pays touchés par des catastrophes naturelles. Haïti a ainsi

pu bénéficier d’une remise de dette en raison du grave tremblement

de terre de 2010. »

98 DGD Rapport annuel 2010

Des mesures telles que le contrôle de l’inflation et la libre

circulation des capitaux sont à l’origine d’une certaine

macro-stabilité. Néanmoins, des critiques affirment

qu’elles bénéficient principalement aux investisseurs et

aux marchés et non au développement.

Willy Kiekens : « Une politique de développement est indissociable de

la macro-stabilité ». Il est extrêmement compliqué, voire impossible,

de suivre une politique de développement dans un pays où les déficits

fiscaux sont à l’origine de dettes insoutenables. En effet, celles-ci

exigent que les pays y consacrent une partie toujours plus importante

de leurs revenus sous la forme d’obligations de paiement. Il ne faut

pas non plus espérer de développement dans les pays où l’inflation est

tellement importante que la confiance dans la monnaie est ébranlée,

où le manque de stabilité fait fuir les investisseurs potentiels et/ou

les expulse de l’économie formelle. Prenons à présent le contrôle

de l’inflation : lorsque le niveau d’inflation est très élevé, le micro

financement devient extrêmement compliqué, sauf si l’on demande

des taux d’intérêts très hauts ou que l’on octroie des prêts dans

une monnaie étrangère, plus stable, dont le risque lié au cours de

change est supporté par les personnes qui contractent ce prêt. Si une

institution financière ou une ONG enregistre des pertes dans le cadre

des activités de micro financement, son capital de base diminue et

elle n’est plus en mesure d’accorder de crédits aux plus démunis.

Cependant, si l’inflation reste relativement faible et stable, un micro

financement rentable est toujours possible et permet ainsi d’étendre

les activités et d’octroyer des crédits à plus de personnes. »

Comment percevez-vous dans ce cadre le lien entre le

secteur privé et les pouvoirs publics ?

Willy Kiekens : « Le secteur public n’est pas le seul facteur de

croissance économique et de création d’emplois. Le secteur privé

joue également un rôle essentiel dans ce domaine. De nombreux

pays en développement comptent un important secteur informel en

raison d’un climat commercial néfaste. De ce fait, les pouvoirs publics

passent à côté d’une grande quantité de revenus étrangers potentiels.

La macro-stabilité et un climat commercial favorable augmentent

l’attrait du pays pour les investisseurs locaux et étrangers. Le taux

d’emploi bénéficie alors de ce phénomène et provoque une croissance

des revenus nationaux. Ainsi, les pouvoirs publics sont en mesure de

dépenser davantage dans le secteur social. »

Comment tentez-vous de prendre en compte les

remarques locales en matière de développement dans

votre bureau de Washington qui se trouve à des milliers

de kilomètres du terrain ?

Willy Kiekens : « La décision finale est prise à Washington mais elle

est toujours le fruit d’une concertation avec la Banque Nationale de

Belgique, le SPF Finances, et/ou le SPF Affaires étrangères. En ce qui

concerne les 18 pays partenaires de la coopération belge, les décisions

sont toujours prises d’un commun accord avec les attachés de la

coopération internationale de l’ambassade de Belgique à Washington.

Les informations reçues par leurs collègues sur le terrain permettent

alors à la Belgique de se forger un point de vue pendant la réunion.

Ensuite, des contacts sont également pris régulièrement avec les ONG,

tant en Belgique qu’à Washington. »


Troisième partie

Sensibilisation en Belgique

A l’occasion des Journées européennes du développement, la

DGD avait également programmé de nombreuses activités pour le

grand public, dont une série d’événements présentés ci-dessous.

En tant qu’hôte des Journées européennes du développement

organisées en décembre 2010, la DGD a réuni les principaux

acteurs belges du domaine de la coopération au développement

sur le stand belge consacré à cette thématique, qui a même été

honoré par la présence du Prince Philippe !

© Eurotrio

« Shoot against Poverty », un concours pour jeunes photographes

amateurs, a reçu plus de 400 clichés sur le thème de la lutte contre

la pauvreté. Les photos des 20 lauréats ont été exposées sur les

escaliers du Mont des Arts à Bruxelles.

© DGD / Dimitri Ardelean

99


Au cours du défilé de mode original « When fashion meets humanity

» organisé le 6 décembre 2010, 8 créateurs belges ont

reflété à travers leurs créations les 8 Objectifs du Millénaire et ce,

de manière à la fois élégante et captivante. La mode a permis de

sensibiliser un public différent à la thématique de la coopération au

développement.

© DGD / Dimitri Ardelean

En 2010, la Coopération belge au développement a créé un stand

mobile interactif consacré aux Objectifs du Millénaire et à la

contribution de la Belgique dans ce domaine. Ce stand fait principalement

la part belle à un quiz interactif dans le cadre duquel le

visiteur tente d’atteindre symboliquement et de manière ludique les

8 Objectifs du Millénaire en faisant appel à tous ses sens. Le quiz

se compose de 8 consoles de jeu à écran tactile, proposant des

extraits sonores, des jeux de connaissance et de mémoire, sans

oublier un tuyau olfactif.

© DGD / Dimitri Ardelean

En 2010, la DGD a participé pour la première fois à la fête populaire

organisée à Bruxelles à l’occasion de la Fête nationale du

21 juillet. Un stand interactif regroupant diverses animations et

jeux consacrés aux Objectifs du Millénaire donnait la possibilité au

public présent en masse de découvrir les efforts et les résultats

de la Coopération belge au développement dans sa lutte contre la

pauvreté à travers le monde.

© DGD / Dimitri Ardelean

100 DGD Rapport annuel 2010


Dimension 3, le magazine édité par la Coopération belge au développement,

a mis l’accent en 2010 sur 5 thèmes principaux : la biodiversité,

les Etats précaires, le 50e anniversaire de l’indépendance

du Congo, les Objectifs du Millénaire et l’aide multilatérale. Le numéro

consacré aux Objectifs du Millénaire a été traduit en anglais

dans le cadre du Sommet du Millénaire organisé en septembre

2010.

En 2010, la Coopération belge au développement a soutenu

l’exposition de photos « Art in All of Us - World Art Tour » organisée

à Bruxelles et Anvers. Cette exposition, articulée autour

du langage artistique universel, a poussé ses dizaines de milliers

de visiteurs à se poser des questions à propos des cultures, de la

liberté d’expression, des traditions, des différents modes de vie des

personnes si proches et pourtant si différentes...

© Art in All of Us

101


Annexes

Répartition régionale de l’aide DGD

Asie

7%

Amérique du Sud et

centrale

7%

Répartition régionale de l’aide DGD

bilatérale directe

Asie

5%

Amérique du Sud

et centrale

6% Universellement

15%

Afrique du Nord

5%

50%

Universellement

36%

Afrique

69%

Afrique subsaharienne

Répartition régionale de l’aide DGD non gouvernementale

Amérique du Sud

et centrale

16%

Asie

9%

Universellement

36%

39%

Afrique

102 DGD Rapport annuel 2010


Aide publique au développement belge (APD) 2007-2010

Lors de la clôture du rapport annuel, seules les données relatives à la DGD et au SPF Affaires étrangères étaient disponibles. Vous trouverez

à la mi-2011 le tableau APD complet à l’adresse suivante : www.dg-d.be (rubrique Chiffres).

2007 2008 2009 2010

Direction générale Development (DGD)

Coopération gouvernementale

Coopération technique et bourses 129.340.915 160.606.750 178.857.533 207.378.414

Coopération déléguée 7.217.477 18.174.701 29.895.700 25.935.784

Coopération régionale 211.233 2.200.000 9.244.590 8.100.000

Aide budgétaire générale et sectorielle 23.922.936 27.377.140 20.531.193 47.246.017

Aide d’urgence spéciale Afrique Centrale 5.000.000 20.500.000 500.000 0

Microprojets 2.486.964 3.467.803 2.638.488 3.721.098

Frais de gestion CTB 20.306.000 21.032.890 21.512.000 21.431.214

Prêts d’état à état 25.559.245 16.045.620 28.355.900 32.897.662

Sous-total Coopération gouvernementale 214.044.770 269.404.903 291.535.404 346.710.188

Coopération non gouvernementale

ONG financement par programme 99.150.043 99.612.783 125.299.255 117.842.543

VVOB 8.596.316 8.452.767 8.999.999 9.199.998

APEFE 8.524.332 8.094.522 9.000.000 9.200.000

VLIR - Conseil interuniversitaire flamand 26.607.871 28.729.721 30.192.922 30.690.970

CIUF/CUD - Centre interuniversitaire de la CFWB 23.910.341 23.782.966 26.721.492 27.984.233

Institutions scientifiques 13.476.508 14.150.776 15.632.880 17.222.917

Société civile locale 5.007.409 5.999.580 5.387.145 3.633.911

Africalia 2.310.000 2.015.000 2.360.000 2.125.000

Autres non gouvernementales 7.456.760 10.425.793 9.438.774 10.177.268

Sous-total Coopération non gouvernementale 195.039.580 201.263.907 233.032.467 228.076.839

Coopération multilatérale

Contributions multilatérales obligatoires 6.678.391 9.049.347 10.082.195 10.922.064

dont aux NU 6.422.346 8.771.641 9.783.904 10.597.896

Contributions multilatérales volontaires 90.791.450 94.567.930 111.180.728 113.153.830

dont aux NU 62.478.816 65.659.693 81.671.628 79.705.081

Fonds Européen de Développement et Banque 104.860.013 132.560.006 135.044.009 146.608.405

Groupe Banque Mondiale 76.000.000 175.320.000 102.833.000 109.294.000

Banques Régionales de Développement 27.266.541 30.860.353 45.655.381 27.669.325

Conventions environnementales 12.668.806 12.679.354 24.863.448 38.327.148

Annulation multilatérale de dettes 12.832.368 18.674.711 15.060.874 16.150.608

Sous-total coopération multilatérale 331.097.570 473.711.701 444.719.636 462.125.381

Fonds belge pour la Sécurité alimentaire

Gouvernemental/gestion/sensibilisation 4.620.058 13.313.634 8.218.146 2.693.421

Via ONGs 13.363.246 13.843.855 15.681.107 9.181.907

Via organisations multilatérales 12.014.882 6.484.181 7.543.855 4.666.001

Sous-total Fonds belge pour la Sécurité alimentaire 29.998.186 33.641.671 31.443.107 16.541.329

Consolidation de la société 15.168.940 19.183.806 27.112.570 35.201.208

Aide humanitaire et alimentaire 14.598.923 26.960.444 56.057.930 97.983.370

Aide au secteur privé, BIO 28.138.365 44.626.496 142.351.398 118.322.746

Bonification d'intérêts (depuis 2010 budget Affaires étrangères) 11.009.296 13.053.489 18.517.825

Sensibilisation en Belgique (excl. ONGs) 6.944.171 6.022.630 5.494.561 9.935.828

Administration, évaluation, autres 1.958.388 1.213.826 1.505.431 2.673.300

Total DGD 847.998.189 1.089.082.873 1.251.770.330 1.317.570.189

Affaires Étrangères (hors DGD)

Aide d'urgence, B-FAST 23.394.425 25.821.348 24.605.308 560.249

Prévention de conflits / diplomatie préventive 21.795.433 24.013.834 24.037.771 26.716.535

Contributions aux institutions internationales 5.161.131 7.777.018 6.511.771 7.243.111

Bonification d'intérêts (depuis 2010) 16.547.942

Presse / communication / Evaluateur Spécial 846.952 1.063.024 1.037.770 442.753

Frais administratifs (partie APD) 36.799.266 41.867.280 41.446.473 43.581.477

TOTAL Affaires Étrangères (hors DGD) 87.997.207 100.542.504 97.639.093 95.092.068

103


Aide publique au développement belge (APD) 2007-2010

2007 2008 2009 2010

Dépenses APD de la DGD par secteur 2007-2010

Education 105.440.254 115.468.957 154.287.358 12,33% 143.134.301 10,86%

Santé 75.738.967 84.938.392 112.273.622 8,97% 135.494.467 10,28%

Population et santé reproductive 36.639.857 29.335.218 35.385.498 2,83% 31.227.582 2,37%

Eau et assainissement 33.764.456 30.990.032 47.816.899 3,82% 74.920.699 5,69%

Gouvernement et société civile 50.676.020 70.065.684 103.141.309 8,24% 117.816.892 8,94%

Conflits, paix, sécurité 2.798.486 8.665.284 5.912.223 0,47% 4.792.278 0,36%

Services sociaux 39.850.725 37.604.203 45.575.159 3,64% 48.702.574 3,70%

Transport et stockage 17.105.006 16.645.013 90.140.168 7,20% 53.654.162 4,07%

Communications 1.404.459 4.304.987 1.344.275 0,11% -166.943 -0,01%

Energie 3.047.568 13.838.701 42.815.620 3,42% 35.772.914 2,72%

Banques et services financiers 34.000.602 39.993.990 143.127.786 11,43% 122.651.397 9,31%

dont micro crédits 24.607.978 14.078.176 9.184.324 0,73% 18.327.337 1,39%

Entreprises 785.297 573.929 4.088.645 0,33% 4.434.069 0,34%

Agriculture, sylviculture, pêche 51.737.158 76.603.785 107.257.507 8,57% 119.104.535 9,04%

Industrie, industries extractives, construction 12.416.516 17.625.984 38.524.315 3,08% 8.899.591 0,68%

Commerce et tourisme 1.812.535 3.092.093 9.879.801 0,79% 8.599.228 0,65%

Protection de l'environnement 17.916.136 20.121.663 35.195.653 2,81% 39.519.038 3,00%

Multi secteurs 56.570.981 46.604.349 74.516.118 5,95% 60.710.916 4,61%

dont développement rural 23.158.665 18.004.695 20.561.158 1,64% 12.247.800 0,93%

Aide humanitaire 44.636.596 68.850.707 86.976.546 6,95% 126.951.064 9,64%

dont aide alimentaire d'urgence 14.525.000 26.414.849 39.609.292 3,16% 47.186.289 3,58%

Aide alimentaire 154.745 42.885 1.627.827 0,13% 5.084.857 0,39%

Aide budgétaire générale 3.074.042 7.108.376 22.687.903 1,81% 44.922.979 3,41%

Allègement de la dette 12.832.368 18.674.711 22.232.712 1,78% 32.485.948 2,47%

Sensibilisation en Belgique 20.551.301 23.116.659 24.258.042 1,94% 28.409.389 2,16%

Frais administratifs 21.621.578 21.968.192 21.843.431 1,75% 22.254.882 1,69%

Secteur non spécifié 203.422.537 332.758.147 20.861.911 1,67% 48.193.371 3,66%

TOTAL PAR SECTEUR 847.998.189 1.088.991.943 1.251.770.330 100,00% 1.317.570.189 100,00%

104 DGD Rapport annuel 2010


Les Objectifs du Millénaire pour le Développement

1. Réduire l’extrême pauvreté et la faim

- Réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour

- Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim

2. Assurer l’éducation primaire pour tous

- Donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

- Eliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux

de l’enseignement en 2015, au plus tard

4. Réduire la mortalité infantile

- Réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

5. Améliorer la santé maternelle

- Réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle

6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies

- Stopper la propagation du VIH/sida et commencer à inverser la tendance actuelle

- Maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies, et commencer à inverser la tendance actuelle

7. Assurer un environnement durable

- Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales; inverser la tendance actuelle à la déperdition des

ressources environnementales

- Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable

- Améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis, d’ici à 2020

8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

- Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire.

Cela suppose un engagement en faveur d’une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, aux

niveaux tant national qu’international

- S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés. La réalisation de cet objectif suppose l’admission en franchise et

hors contingents de leurs exportations, l’application du programme renforcé d’allégement de la dette des pays pauvres très endettés,

l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, et l’octroi d’une aide publique au développement plus généreuse aux

pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté

- Répondre aux besoins particuliers des Etats enclavés et des petits Etats insulaires en développement

- Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement par des mesures d’ordre national et international propres à

rendre leur endettement viable à long terme

- En coopération avec les pays en développement, créer des emplois décents et productifs pour les jeunes

- En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

- En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information

et de la communication, à la portée de tous

105


Organigramme DGD

Direction générale de la Coopération au développement

D0.0

Secrétariat & Appui

D0.1

Appui à la politique

D1

Programmes

gouvernementaux

D2

Programmes humanitaires et de sécurité

alimentaire

D1.1

Afrique du nord et

Moyen-Orient

D2.1

Aide d’urgence – Réhabilitation

Aide alimentaire

D1.2

Afrique centrale

D2.2

Fonds belge pour la sécurité alimentaire

D1.3

Afrique de l’ouest

D1.4

Afrique austral

et de l’est

D1.5

Amérique latine

et Asie

D1.6

Coopération régionale

106 DGD Rapport annuel 2010


Directeur général D

D0.2

Budget et APD

D3

Programmes non

gouvernementaux

D4

Programmes multilatéraux

et européens

D5

Programmes de

sensibilisation

D3.1

ONG

D4.1

Nations Unies et Institutions

de Bretton Woods

D5.1

Sensibilisation par les tiers

D3.2

Universités

Institutions scientifiques

D4.2

Union européenne

D5.2

Sensibilisation par

la DG D

D3.3

Autres partenaires

D4.3

Fonds

et programmes sectoriels

D3.4

Programmation budgétaire et

contrôle financier pour les programmes

non gouvernementaux

107


Colophon

Rédaction et coordination : Direction générale de la Coopération au développement

Rédaction en chef: Thomas Hiergens

Rédaction finale : Jan De Mets (Jan.De.Mets@fulladsl.be)

Traduction: Data Translations

Conception et réalisation : www.cibecommunicatie.be

Production : Service Communication

Contact : 02/501 81 11

Éditeur responsable : Dirk Achten, Rue des Petits Carmes 15, 1000 Bruxelles

Les données figurant dans la présente publication sont purement informatives.

Elles n’engagent nullement le Service Public Fédéral sur le plan juridique.

Dépôt légal : 0218/2011/16

Mai 2011

www.diplomatie.belgium.be - www.dg-d.be

108 DGD Rapport annuel 2010


Le rapport annuel 2010 de la DGD est une publication du Service Public Fédéral Affaires étrangères,

Commerce extérieur et Coopération au développement.

Disponible gratuitement en français, néerlandais et anglais.


Royaume de belgique

Service public fédéral

affaires étrangères,

commerce extérieur et

coopération au développement

© J.M. Corhay

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